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Full text of "La Pharmacopée de Bauderon, revvë, et exactement corrigée en plus de treize cens endroits, des fautes qui s'étoient glissées dans les precedentes editions. et de nouveau augmentée de plusieurs remarques fort utiles, tant sur la theriaque...par François Verny. Derniere edition"

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PHARMACOPEE 

D  E 

BAUDERON. 

AVEC  JLES  RE/VARÇIVES 

DE  FRANCOI  S  VERN  Yi 

f 

Divisée  en  deux  Livres. 


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MACdPEE 

D  E  R  O  N, 

EXACTEMENT  CORRIGE'E 
en  plus  de  treize  cens  endroits,  des  fautes  qui  s’étoient 
glifsees  dans  les  precedentes  éditions. 

ET  DE  NOr^EAr  AVG  M  E  HT  E  E  DE 
plitjïeurs  Kemarc^ms  fort  utiles Mnt  fur  la  Theriaque,  ou  il  efl  amplement 
traité  de  fes  SuhjiitutSj  que  fur  d'autres  Compof lions  curieufes  ^  nectai¬ 
res  aux  Médecins ,  Apothicaires ,  Chirurgiens ,  ^  autres. 

Avec  la  réponfe  à  l’Apologie  de  lean  Zvvelfer ,  Médecin  de  fa  Majefté 

Impériale  j  &  un  examen  des  ingrediensde  laConfedion  d’Alkcrmes  ' 
qu’il  a  inventée  &  décrite  dans  fa  Pîiarmacopée  Royale. 

FRANÇOIS  VERNYj  Maître  ^Apothicaire  luré  en  la  Faeulté  dg 
^  tJJdedecine  à  Montpelier, 

N. 


M.  J) a  LXXlt 
Privilège 


GIR 

en  rue  Mercrere ,  à  la 


A  MESSIEVRS 


LES  CELEBRES  ET  SINCERES 

PHARMACIENS 

DV:  ROYAVME. 

L  ny  A  perfome  de  <vom ,  M E  SS  IB  VR  Sj 
qui  ne  fçache  le  nombre  conjtderahle  des  Phar¬ 
maciens  qui  font  dans  le  Royaume  i  ^  qui  na- 
rvouë  que  dans  cette  multitude ,  il  s'en  rencontre 
de  trois  fortes  à  caufe  de  leur  maniéré  differente 
d'agir.  Jjes  premiers  font  ceux  qui  connoffam  parfaitement 
leur  Art ,  l'exercent  en  gens  de  bien ,  ^  le  pratiquent  a<-vec  hon¬ 
neur.  Les  féconds  font  ceux  qui  n  ayant  qu’une  legere  teinture 
du  fujet  qu  iis  traitent  font  obligés  de  s'arrêter  à  l'écorce.  Les 
derniers  enfn,  poufsés  d'un  mountement  déréglé  d'anjaricej  ne 
trai-vaillent  que  pour  s'acquérir  du  bien  i  ^  cef  fans  doute  ce 
dernier  motif  qui  eft  la  caufe  la  plus  commune  0’  la  plus  ge¬ 
nerale  du  defordre  que  nom  njoyons  en  la  Ccmpoftton  des  Me- 
dicamens  :  Car  f  les  premiers  qui  font  bien  nuerses  en  leur  Art» 


qJ  fdeles  dans  ï exercice  de  leur  charge  y  s  appliquent  exaSle- 
ment  à  tout  ce  qui  regarde  leur  Sujet ,  ^  ne  manquent  jamais 
en  la  compofition  des  medicamens  i  il  efl  à  craindre  que  les 
féconds  quoyque  gens  de  bien  ri  ayant  pas  une  entière  connoijfance 
des  medicamens  rien  corrompent  afsés  fou'vant  la  compoftion 
par  la  maw^j^.ife  préparation  ou  fuhjîitutton  qu'ils  en  font.  Ces 
féconds  ne  font  pas  f  blâmables  que  les  derniers  ,  maïs  cela 
n  empêche  pas  quils  ne  foient  coupables  de  tous  les  manquemens 
qu'ils  font  pour  ne  donner  pas  toute  l'étude  ^  toute  l' application 
qu'il  faut  à  leur  Art.  Ce  font  enfin  les  derniers  qui  font  les  pim 
à  craindre  y  puifque  l'acidité  infatiable  qu’ils  ont  de  gagner 
du  bien  J  leur  fait  contre  leur  propre  connoijfance,  tronquer  les 
principaux  ^  les  pim  précieux  ingrediens  des  Compofitions. 
Dans  ces  trois  firtes  de  Pharmaciens ,  je  ne  <tjoïs  que  les  pre¬ 
miers  qui  puijfent  mériter  ^  porter  le  nom  du  pim  important 
^  pim  necefiaire  de  tom  les  Arts  ,  encore  que  la  famé  des  hom¬ 
mes  leur  foit  également  commife.  Ce  fi  a  nsom  aujfi,  MES- 
S I E  VRS  y  â  qui  je  donne  aasec  toute  l’affeBion  dont  je  fuis 
capable  cette  fécondé  Edition  de  mes  Remarques  fur  Bauderon  » 
cefl  a  ruons  a  qui  je  les  pre fente  s  ce  fl  âruom  ,  qui  les  deevés 
recervoir  fous  ruêtre  proteBion  ,  puifqu  elles  worn  regardent 
comme  fes  ProteBeurs.  /’ejpere  que  tvom  aurés  la  bonté  de  leur 
donner  quelque  heure  de  relâche  de  ruos  occupations  ordinaires, 
pour  les  lire  de  fujpendre ,  s'il  ryom  plait ,  nfos  jugemens 
fur  des  nouaselles  pensées  que  fay  mis  en  aruant  jufquâ  ce  que 
rvom  y  ayés  bien  fait  reflexion.  Si  je  ne  me  fers  point  de  puijfan- 
ce  pour  foutenir  mon  Oururage  ,  c’efi  parce  que  je  nay  point 
rvoulu  le  donner  qu’â  des  perfonnes  capables  d’en  jager.  ZJom 
êtes ,  M  E  S  S I E  KRS  y  les  feuls  qui  pourvés  pénétrer  les 


ahus  de  ceufi  qui  par  leur  mauruaife  foy  ou  leur  ignorance , 
rarvalent  tout  autant  notre  profejjien  que  njom  la  releues.  Si 
les  princes  ^  les  Kou  ont  autrefois  composé  de  leurs  propres 
mains  les Remedes ,  ne  denuons-nom pas j  MESSIE  VR Sj 
d’un  commun  accord  relenjer  les  ruines  que  ces  féconds  der¬ 
niers  pharmaciens  ont  déjà  fait  à  notre  Profejfon  t  Ceji  le 
feul  moyen  qui  nom  rejîe  pour  la  rendre  plus  flonjfante  que  ja¬ 
mais  i  ^  cefl  aufi  par  là  que  mm  pouvons  nom  rendre  agréa¬ 
bles  à  Dieu  j  utiles  à  nkre  prochain  recommandables  à  nos 
fuccejfeurs }  cejî  le  fouhait , 

^ESSIEVRS, 


De  vôtre  tres-humble  &  tres- 
obcïflànt  fcrvîteur 
F.  VERNY. 


AD  D.  D.  BRIC  I  VM  BAVDERONVM, 
celeberiimum  Mediciiiæ  Doâ:orem,nccnon  Hippocia' 
tis,Galenij&  Avicennæ  vindicem  fidelifTimum, 

EPIGRAMMA. 

H I  très  fmt,  MedkU  qui  imt  frxceptts  mdendi. 

Nec  tutum  alteriui  dogmata  velle  fequi. 
lîerum  fcripta  trium  mendù  Junt  ohfitd  :  verum 
B  R.  I  c  J  us  hic  nobit  fro  tribut  unm  eriî. 

Scripfit  in  bencvoli  &  obfequentis  animi  fymboluiîï, 

lACOBVS  PELERINVS  DcIphinas,Mecîic. 

Do£tor,  &  apud  Matifconcnfes  Prafticus. 


ERVDITISSIMO  D.  D. 

FRANCISCO  VERNY, 

ARTIS  PH  ARMACEVTICÆ 
Magiftro  Monfpelienfi  peritilTimo, 

EF  IGRAMMA. 

G<  Allis  ccdc  locum  Mcdids ,  Germane  Machao  : 

f  Hoc  te  dcvidum  Pharmacus  ipfc  docct. 

Aftra  petunt  Ve  rny  Codices ,  domitdque  Zuvelfcr, 
Gymnajfîum  femper  Monrpelicnfe  micat. 

Demirare  virum ,  Medicos  qui  falvat  honores, 

Cujus  &  affiduus  régnât  in  orbe  labor. 

Cunda  trahunt  l#cum ,  tempus ,  mors,  longa  vctuftas  t 
Ve  RNY  fcripta  mancnt,  funcrc  fola  carent. 

Debitæ  obfervantiæ  fauftæque  acclamationis  ergô  apponebat 
Carolus  Decamps  Magiftcr  Pharmacopœus  jiiratus 
Maffilieniîs ,  necnon  olim  Tyro  obfequentiffimiis. 


AD  a  SAVVAGEON 

D  I  s  T  I  C  H  O  N. 


PHarmacofœa,  :^tav  lateritia  ^mniam , 

Mamorea  en  demm ,  cen  rediviva  vente. 

I.  B  A  L  c  E  T  D.  M.  CoIIegio 
Medicor.  Lugdun.  Aggregacus. 


AD  D.  SAVVAGEON 

PHARMAGOPOEÆ  BAVDERONI 

instavratorem. 


EPIGRAMMA. 


HzÆc  Ji  Pompeius  jam  grmdia  lemmata  cernât, 
Ve  viètor  quondam  Pontica  fcriniola. 
SjntheJin  ut  vili  fcripam  medicsmine  rifit^ 

Sic  ingens  mérita  Jiemmate  âonet  ofus. 

Sedula  Gracerum  nam  qua  mjrothecia  condunt , 
Struxit  quidqaid  Arahs  ingeniofa  mmus. 
Amborum  J^oliu  feliei  forte  trumphms, 

Et  qua  gens ,  poprio  marte  ,  Latinct  dédit. 
Emderii  hîc  congeïia  nitent ,  ceu  divite  cornu , 

Et  mufis  nati  munere  Spuagii. 

Non  aliunde  Pet  as  Panaceam ,  Moly ,  Nepenthes: 

Hîc  ,  fi  fub  ccelo  efi ,  Utet. 


Hvgo  de  Vavx 
Canonic.Sc  Archidiac.Aufcitanas. 


PHAR 


FHARMACÊVTICIS  VTRIVSQVE  BAVDERONIL 
Eum  Parentis ,  tuiïi  Filii  ,  laboribus  gratulatur  hoc 
É  P  I  G  R  A  M  M  A  T  E, 

PKS  fo  IL  LA  RD,  Patmm  Maâfconenfm. 

INteftina ,  Iccur ,  Gerebrum ,  Cor,  Vifcera ,  Peâ:us, 
Demoeritus  ferro  vidic,  &  edocuit. 

Hippocrates  pepulic  potu  variance  dolores , 

Hic  fontes  aperit  fanguinis ,  ille.fecat. 

Dclicias  alter  prohibée, Venerémque  reeufat. 

Hic  calido  jeeori  vina  inimica  vetat. 

Denique  diverfos  Medicus  fîbi  vendicat  ufîis^,, 

.  Vc  morbùs  variâ  fcdulitate  necen 
Qois  tamen,  ô  noftri  Bavderi  Epidaurius  ævis,, 
Doâ:iùs,&fflehùs  te  docuifle  fèrecj, 

Dulcia  mellifluo  tu  condis  Pharraaca  fuccoj. 

Vtile  cum  dulci  jungis ,  amara  Refis. 

Inque  tuis  fecura  tradas  pngnantia  libris,. 

Te  colit  Ægrotus ,  te  quoque  Sanus  amat;. 

Sic  liber  hic  totum  Medicinæ  continct  orbein-,, 

Afpera  jucundis  rnifeet,  arnica  tnalis. 

Qiicm  Pater  cdiderac  divine  ex  fçmine  Natumi 
fiLivs  ,  haûd  mirura  eft,  Fratrem  iterum  genuih. 

Caftoris  alternes  fie  Pollux  prerogat  annes , 

Hoc Pater  incepit ,  Filivs  egit  iter. 

Confusdque  Patri  naturâ  tempera  reddit, 

Prdque  annis  cencum,  fæcula  mille  dabit.  . 
î^ulla  iènefceiiti.vîs  eft  tam  fertilis  herbæ,, 

Quam  qnæ  primævo  vere  repente  viret. 

Quid  mirare  Sehem  juvenis  fi  Filius  omet  5  : 
ïmberbis  hdedicis ,  femper  Apollo  fuit. - 


J::i>  WIM 


^DVIS  AV  LECTÆVR. 

O  V  R  fàtisfeirè  à  ma  curioficé  &  au  deiîèin  que  j’avois. 
de  m'éclaircir  for  les  difficidcez  que  nous  rencontrons  fou- 
vent  en  quelques  compolî rions,. tant  des  Anciens  que  des 
Modernes  ,  touchant  les  ingtediens  malins  &  delctcres 
qu'ils  y  font  entrer ,  fans  autre  prepration  ny  correétion, 
pour  l'ordinaire ,  que  la  feule  trituration  :  il  me  vint  en 
pensée  de  recourir  à  nôtre  Pharmacopée  de  Bauderon, 
qui  explique  fort  utilement  beaucoup  de  difficultcz  qui  lè  rencontrent  dans 
les  compolîtions  qu'il,  y  décrit,  &  par  fes  paraphralès  &  mélanges  il  en- 
foigne  des  moyens  pour  les  biens  achever ,  ce  qui  a  fait  dire  à  quelques- 
uns  de  la  profeflîon  que  cet  Autheur  n'y  auoit  rien  omis  pour  la  perfedion 
de  fon  ouvrage.  Si  je  l'appelle  notre  Phannacopée ,  c'cft  à  raifon  de  la  naif- 
fonce  de  fon  Inventeur  ,  Sc  de  l'approbation  generale  que  tous  les  Apo¬ 
thicaires  du  Royaume  luy  ont  donnée  dépuis  plus  de  foixante-dix  ans ,  qu’ils 
s’en  fervent  pour  dilpenfer  leurs  plus  célébrés  compohtions  Officinales  :  où 
je  puis  adjoûter  encores  pour  prenne  de  fon  excellence  deux  exemples  qui 
confirment  cette  vérité  >  tirés  de  ce  que  les  nations  étrangères  l’ont  eue  en 
grande  eftime,  comme  les  Anglois ,  lefquels  pour  en  recueillir  des  fruits  di¬ 
gnes  de  leur  labeur ,  la  tournèrent  en  langue  Latine ,  Sc  la  firent  imprimer 
in  folio  à  Londres ,  en  l’an  1635).  &  long-tems  auparauant  eux  les  Atcmans 
l’avoient  traduite  aux  propres  idiomes  de  leur  langue ,  &  fait  imprimer  in 
oclavo  à  Strasbourg,  en  l’an  159J.  afin  d'en  tirer  de  plus  grands  avanta¬ 
ges.  Mais  en  parcourant  cette  dode  paraphrafe  ,  je  fois  iî  forpris  d’y  re¬ 
marquer  un  nombre  inconcevable  de  fautes ,  qu’elles  me  firent  à  mêmc- 
tems  paffer  du  defir  de  m'inftruire  à  celuy  d’en  entreprendre  la  corredion, 
nonoBftant  beaucoup  de  difficultés  qui  me  parurent  en  foule.'  Et  parce  qu’il 
n'étoit  pas  poffible  de  me  dignement  acquiter  de  cette  corredion  fur  un 
des  plus  nouueaux  exemplaires ,  j’eu  moyen  pour  découvrir  les  fautes  plus 
à  fonds  ,  afin  de- les  prendre  en  leur  fource,de  recouvrer  un  exemplaire  de 
chacune  des  quatre' premières  éditions ,  qui  furent  imprimées  à  Lyon,  la  pre¬ 
mière  par  Behoît  Rigaud,  en  l’an  i  588.  la  féconde  par  Etienne  Servain, 
en  l’an  1595.1a  troiziémc  Sc  quatrième  par  Pierre  Rigaud,  en  l’an  1603. 
Sc  1607.Sc  commençay  mon  travail  for  la  derniere  de  celles  de  Ican  loft, 
imprimées  à  Paris ,  en  l’an  1650.  que  je  trouvay  la  plus  dépravée  ,  au  lieu 
qu’elle  devoit  être  la  plus  correde ,  parce  que  Sauvageon  qui  y  a  ajouté 
la  Faculté  des  compofitions,  l’a  voit  reuéuc  corrigée,  Sc  augmentée -depuis 
pai  j  ligues  à  une  fécondé  fois, 

le 


e  Z 


QÂd-vis  au  LeBeur. 

le  ine  fîiis  employé  à  la  correélion  de  ces  fautes  pendant  nn  Hyvcr  le 
plus  ibignenfement  que  les  occupations  ordinaires  de  ma  profeil  on  me 
îbnt  pû  permettre  ,  &  non  fans  beaucoup  de  peine ,  d’autant  que  pour 
découvrir  >  comme  j’ay  déjà  dith  les  fautes  à  fonds  de  quantité  de  com- 
pofitions ,  il  m’a  fallu  examiner  diverlès  Pharmacopées  j  outre  les  fu s-nom¬ 
mées  pour  aller  jufques  à  laj  naiilànce  d’icelles  »  afin  d’en  être  plus  afléuré» 
où  j’ay  remarqué,  qu’on  avoit  négligé  de  les  exaétement  corriger  en  cha¬ 
que  impreffion,  ainfi  qu’on  en  peut  juger,  par  les  fautes  qui  fc  gliffercnt  en 
la  première  édition  ,  qui  ne  hirent  corrigées  qu’en  partie  en  la  féconde  :  & 
en  cette  fécondé  on  en  trouve  d’autres  qu’on  ne  corrigea  point  en  la  troi- 
ziéme ,  Sc  ainfi  des  autres.  Et  quoy  que  Bricius ,  &  Gratian ,  Bauderon 
pere  &  fils  y  ayent  feit  diverfès  revifions  ,  comme  il  nous  paroît  par  la 
fiziéme  édition,  tant  pour  y  ajouter  de  nouvelles  compofitions  que  pour 
en  corriger  les  erreurs ,  neantmoins  ils  en  laifferent  pafler  quelques-unes 
de  confiderables ,  les  unes  pr  mégarde ,  les  autres  pour  ne  les  avoir  pas 
bien  confiderées.  Mais  ceux  qui  font  venus  après  eux  par  une  négligence 
extraordinaire,  ont  omis  en  des  compofitions  dépuis  un  jufques  à  deux 
&  trois  ingrediens ,  &  en  d’autres  ils  ont  fiipposc  l’once  pour  la  drachme, 
&  les  drachmes  pour  les  grains ,  comme  aulîî  ils  ont  omis  des  compofi- 
tions  toutes  entières. 

Toutes  ces  fautes  font  d'une  importance  tres-conffderable  ,  comme  ü 
fora  plus  amplement  remarqué  en  chacune  defdites  compofitions  ,  lelquel- 
les  rejaillüTent  le  plus  fouvent  contre  l’honneur  de- M'eflleurs  les  Médecins  & 
des  Apothicaires  ,  &  qui  font  grand  tort  an  public. 

Aprez  avoir  bien  reconnu  ce  defordre  je  n’ay  rien  épargné  pour  re- 
couurer  les  meilleures  œuvres  ,  &  les  plus  correéfes  éditions  des  Autheurs 
qui  ont  inventé  les  compofitions  que  Bauderon  a  inférées  dans  fa  Para- 
phrafo  :  Enfuitc  je  l’ay  augmentée  de  quelques  compofitions  Officinales, 
&  d’autres  qui  font  d’un  ufoge  aflèz  frequent,  que  tu  trouueras  marquées 
ainfi.  *  Comme  aulîî  en  y  ajoâtant  la  defcription  de  la  Confeélion  d’Al- 
kennes  foivant  loubert ,  il  a  été  de  mon  devoir  de  répondre  à  la  calom¬ 
nie  que  nous  fait  le  fieur  lean  Zvvelfer ,  Médecin  de  (à  Majefté  Impériale, 
en  fon  animadverfion  for  ladite  Confeûion  dans  la  Pharmacopée  d’Aufo 
bourg,  imprimée  à  Roterdam,  en  l’an  Ces  remarques  m’auroienc 

fourny  beaucoup  d’autre  matière  fi  jem’yfulTe  voulu  attacher,  oùj’aurois 
foit  voir  que  la  fiift'îànce  emporte  certains  hommes  au  delà  des  limites  de 
leur  capacité  ,  fi  la  brièveté  que  je  me  fuis  proposé  de  garder  me  l’i-ût  per¬ 
mis,  m’étant  feulement  arrêté  à  fon  lyrop  Aceteux ,  composé  de  Mefiié, 
à  celuy  d’Armoifo  de  Matthieu  ,  pour  montrer  au  doigt  l’erreur  d’un  des. 
plus  recens  Ecrivains ,  qui  a  voulu  aveuglérnent  trop  deferer  au  fentimentr 
du  fieur  Zvvelfer. 

Et  parce  que  nous  avons  certaines  compofitions  qui  font  fort  ufitées  à 
caufe  de  leurs  rares  vertus,  comme  le  Diamargaricum frigidum ,,les  Con- 

feélions 


oAdvi^  4U  Leâeur. 

fe(5tions  d’Alkeniics,  de  Hyacinthe,  le  Mithridat,  la  Theriaque  &  autres,  à 
l’exemple  de  Meflieurs  les  Médecins  d’Ausbonrg  ,  en  leur  Pharmacopée  in 
folio ,  j’ay  exadement  double  leurs  deferiptions  jufques  à  douze  fois ,  en 
faveur  &  pour  le  foulagement  des  vrais  difpenfateurs  d’icelles  ,  qui  feroient 
moins  verlèz  en  la  fupputation  des  poids  ,  pour  éviter  les  fautes  qui  s’en 
pourraient  enfiiivre. 

Outre  cela  j’ay  beaucoup  ajouté  ou  retranché,  tant  aux  paraphràfes  &  mé¬ 
langes  de  Bauderon,  qu’au  modus  faciendi  que  quelques  autres  Autheurs 
donnent  en  leurs  compofitions.  Et  fur  une  difficulté  qui  fut  proposée  à  nô¬ 
tre  compagnie ,  en  l’an  lôjj.par  Mefficurs  les  Apothicaires  d’Aix  en  Pro¬ 
vence  ,  j’y  ay  ajouté  la  première  defeription  de  cinq  differentes  Hieres,  que 
Nicolaus  Alexandrinus  attribué  à  Logodius ,  un  des  véritables  motifs  qui  me 
pcrfùada  à  faire  des  remarques  fur  les  compofitions  de  Bauderon  >  parce 
qu’ils  l’avoient  baillée  en  chef-d’œuvre  à  un  Afpirant  à  leur  maîtrife,au 
jugement  duquel  il  y  eut  de  grandes  conteftations  entre  les  maîtres  Apo¬ 
thicaires,  où  Mefficurs  les  Médecins  prirent  intereft  comme  nous  dirons 
en  fon  lieu. 

Avant  que  finir  je  pafféray  de  la  confideration  de  tout  ce  deffiis  à  la  né¬ 
gligence  des  Autheurs  Pharmacographes  ,  qui  au  lieu  d’attribuer  certaines 
compofitions  qu’ils  ont  incorporées  dans  leurs  Pharmacopées  ou  Antidotaires, 
à  leurs  légitimes  Inventeurs ,  les  ont  fouvent  referées  à  d’autres.  Et  cette  er¬ 
reur  nous  paroît  particulièrement  au  regard  des  quatre  Nicolas ,  fçavoir  de 
Nicolaus  Alexandrinus,  Nicolaus Myrepfiis  Alexandrinus ,  Nicolaus  Præpo- 
fitus ,  &  Nicolaus  Salernitanus ,  que  quelques-uns  confondent  les  uns  avec 
les  autres,  pour  n’avoir  fcai,  ny  veu,&  conneu  les  œuvres  d’un  chacun, 
qui  eft  la  caufe  qu’ils  prennent  bien  fouvent  Salernitanus  (  qu’ils  appellent 
le  moins  conneu  de  tous  )  pour  Alexandrinus ,  &  Myreplus  pour  Præpofi- 
tus ,  ce  qui  eft  fort  contraire  à  la  vérité. 

Car  il  eft  à  remarquer  que  Nicolaus  Alex^drinus  eft  un  des  vieux  Au¬ 
theurs  Grecs  de  la  Médecine ,  ainfi  qu’il  eft  dit  au  titre  de  fon  livre  de  la  cora- 
pofition  des  raedicamens ,  fiiivant  les  lieux,  traduit  du  Grec  en  Latin, par 
Nicolaus  Reginus  Calaber  en  ces  mots ,  NicoUi  Alexandrini  Medici  Gr** 
ci  vetufiijfmi  liber  de  comfefitiene  Medkamentorum  feemdwm  loca ,  &Cr  ' 
des  œuvres  duquel  je  fuis  muny  de  même  que  de  celles  de  Nicolaus  My¬ 
repfiis  Alexandrinus  auffi  Grec  de  nation,  traduites  en  Latin  par  Fuchfius,  le¬ 
quel  parut  quelques  fieclcs  aprez  parmy  les  recens  de  fà  nation ,  fiiivant  que 
nous  apprenons  de  Petriis  Caftellanus  ,  Profefléur  aux  lettres  Grecques  en 
l’Academie  de  Louvain ,  au  traitté  qu’il  a  fait  de  la  vie  des  Médecins  illu- 
ftres ,  où  il  dit,  Nicolam  Myreffm  Alexandrintu  vulgo  Pr&fofitta  mmk 
f3atur,recenti0imü  Graeü  adnumerandm ,  &c.  Il  florilloit  en  l’an  1155. 
&divifà  fon  Difpenfaire  en  48.  Seéfions  dans  lequel  fe  trouve  quantité  de 
compofitions  qu’il  a  tirées  des  œuvres  de  ce  premier.  Et  pour  Nicolaus  Præ- 
pofitus*  il  nous  eft  familièrement  connu  par  fon  doétc  Difpenfaire  diverfos 

é  3  fois 


^âvis  au  Le&eur. 

;fois  imprimé  avec  les  Annotations  de  Plateariiis  ,  depuis  i"an  14^8.  Mais 
pour  Nicolaus  Saletnitanus,  que  nous  trouvons  fouvcnt  cité  par  nôtre  Au- 
theur  au  tittre  de  quelques  compofitions ,  quelle  recherche  que  j  aye  fcca 
Élire  je  n"ay  peu  jufqiies  icy  le  connoittc  par  (es  œuvres  j  neantmoins  il  y  a 
quelques  Autheurs  qui  luy  attribuent  f  mais  mal  à  propos  )  le  petit  Antidotai- 
re  J  qui  eft  à  la  fin  du  foppiement  des  œuvres  de  Mefiié  >  avec  les  Annotations 
de  Platearius ,  lôus  le  nom  fimplemenc  de  Amidoteirmm  Nkolai  ;  car  le 
contraire  de  cela  le  vérifié  en  la  table  generale  de  la  matière  contenue  dans  le 
fuldit  fiipplement  de  Meüùé  j  oùü  eft  écrit  en  ^xo^tcs  tcxmcs ,  Antidotariu  m 
farvum  Nkolai  Prapofiti  yàc  ces  paroles  &  de  ce  qui  précédé  ,  il  eft  tres- 
faciledc  juger  que  Nicolaus  Salernitanus  ("  prefiipposé  qu"il  y  en  ait  unjna 
rien  contribué  à  cet  Antidotaire  1  à  moins  dé  confondre  encore  une  fois  Ni¬ 
colaus  Præpofitus  avec  Nicolaus  Salerniranus,  &  que  ces  deux  ne  foient  qu'un  j 
parce  que  Nicolaus  Præpofitus  étoit  de  SalernCjComme  rapporte  Wander  Lin¬ 
den  en  fon  livre  de  Scriptis  Medicis  -,  mais  ce  que  je  trouve  d’opposé  encore 
à  mon  fontimentjcft  qu'il  y  a  quelques  Autheurs  qui  font  quatre  Nicolas 
tous  differens  j  comme  de  Serre  D-  M-  Interprète  de  Rcnou ,,  qui  les  diftin- 
gue  par  noms  &  fitr-noms ,  &  en  donne  le  portrait  de  chacun  en  particu¬ 
lier  ,  dans  la  planche  en  taille-douce  qu'il  a  fait  mettre  au  frontilpice  de  fon 
édition  in  foÜo,  de  l’an  1Ê37. 

Il  faut  que  je  témoigne  auffi  en  faveur  de  la  vérité  que  de  146.  compo- 
fitions  qui  font  décrites  par  ordre  alphabétique  dans  le  petit  Antidotaire  de 
Nicolas  Prevoft,  en  avoir  vérifié  «i  3.  de  mot  à  niotjqui  ont  été  prilés  de  Nico¬ 
las  Alexandrin,  &  de  ?4.  compofitions  que  Bauderon  décrit  dans  là  Para- 
phrafe ,  fous  le  nom  de  Nicolas  de  Salerne ,  il  y  en  a  13.  qui  ont  été  prifos  de 
Nicolas  Alexandrin  &  de  celles  qu'il  attribue  à  Nicolas  Myreplîis  Alexan¬ 
drin,  il  s’en  trouve  de  même  1 6.  de  Nicolas  Alexandrin.  Et  de  là  nous  devons 
conclurre  que  ceS  trois  derniers  Autheurs  (  bien  que  je  n'en '  avoué  que 
deux  )  ont  tous  puisé  en  partie  pour  grofEr  leurs  Dilpenlàires  dans  les  œu¬ 
vres  de  ce  premier.  Voilà  comme  cette  erreur  qui  eft  de  petite  confidera- 
tion ,  attendu  qu’elle  n'augmente  ny  ne  diminué  la  vertu  des  compofitions, 
s'eft  glifsée  multipliée  d’un  Autheur  à  l’autre  :  fi  eft-ce  neantmoins 
que  j’en  ay  bien  voulu  faire  la  recherche  pour  rendre  à  chacun  ce  qui  liry 
appartient,  &  pour  la  làtisfacfion  des  curieux  de  la  profeffion,  aprez  avoir 
corrigé  le  tout ’,  afin  que  fi  on  avoit  befoin  de  recourir  à  la  fource  d’au¬ 
cune  de  ces  compofitions ,  on  la  pût  trouver  plus  facilement. 

Il  y  avoit  grande  apparence  qu’aprez  avoir  exaétement  corrigé  la  preceden¬ 
te  édition  de  la  Pharmacopée  de  Bauderon ,  des  fautes  qui  s'étoient  ramafsées 
dépuis  long- tems,  par  les  frequentes  éditions  qui  en  avoient. été  faites  fans 
les  corriger  (  comme  nous  avons  déjà  dit  )  elle  devait  fortir  au  jour  com¬ 
me  un  vray  original  repurgé  de  toute  forte  de  fautes";  mais  perfonne  de 
plus  fiirpris  que  moy ,  de  la  voir  venir  en  un  état  autant  déplorable  par  Iç 
nombre  des  foutes  quelle  contient,  que  celle  for  laquelle  je  les  ayois  corri- 


f 


oAdvls  au  Leéîeur. 

gces  j  ce  qui  m’obligea  à  raême-tcms  en  avoir  recen  le  premier  exem¬ 
plaire  de  le  revoir  fans  perdre  un  momenï  pour  en  dreffer  un  Errata,  à  def 
tin  de  le  faire  promptement  imprimer  ,  afin  de  le  pouvoir  ajouter  à  cha¬ 
que  exemplaire  j  mais  l’impreflion  m’en  fût  refusée  par  les  Libraires  qui 
l’a  voient  feit  imprimer  :  voyant  ce  refus  j’eu  un  plus  grand  defîr  de  corriger 
cette  édition  de  nouveau,  &  par  même  moyen  dy  ajouter  des  nouveUes 
pensées  ,  &  à  cet  effet  je  fis  une  copie  fortexaétc  de  tout  le  Bauderon,  d’au- 
rant  que  je  trouvay  en  ce  (èul  volume  des  fautes  de  même  nature ,  &  en  £ 
grand  nombre  que  celles  que  j’avois  trouvées  dans  les  autres  cy-devant  im¬ 
primés  ,  comme  d’omiffions  d’ingrediens  dans  la  defeription  de  diverfès’ 
eompofitions ,  de  dofes  changées  &  d’autres  omifes  ,  comme  auffi  de  remar¬ 
ques  toutes  entières ,  bref  pour  le  dire  en  moins  de  paroles ,  les  fautes  que 
j’ay  corrigées  en  cette  ftule  édition  paffent  au  delà  de  1300,  comme  om 
peut  voir  par  l’Errata  que  j’en  ay  drefsé. 

L’augmentation  que  j’en  ay  faite  en  cette  féconde  édition  eflr  eonfidera- 
ble,  &  va  environ  jufques  à  la  fizicme  partie  du  volume.  En  quelques  en¬ 
droits  je  n’ay.  point  fait  difficulté  de  me  retraéfer,  &  de  changer  beaucoup' 
de  chofes  pour  les  mettre  en  meilleur  ordre:  Et  en  derniet  lieu ,  je  l’ay  au¬ 
gmentée  d’une  nouvelle  réponee  que  j’ày  faite  à  Zvvelfer  fur  les  mêmes- 
Syrops  Aceteux,  composé:  de  Mefùé  ,  &  fur  celiiy  d’Armoife  de  Matthieu,- 
&  ffir  la  Confeétion  d’Alkermes  de  Montpelier.  Et  pour  ne  refter  pas  dans> 
les' limites  de  nôtre  querelle,  je  l’ay  de  nouveau  attaqué  fir  la  Confeétion. 
d’Alkermes  qu’il  a  décrite  dans  fa  Pharmacopée  Royale. 

En  tout  mon  procédé ,  cher  Leébeur ,  quelle  liberté  que  je  me  (bis  don¬ 
née,  je  n’ay  nullement  prétendu  de  m’égaler  àMelîieurs  les  Médecins,  ny 
encore  moins  de  glofer  fur  leurs  doétes  écrits  ;  mais  comme  je  me  (îiis- 
inlènfiblement  attaché,  à  un  (îijet  qui  regarde  l’honneur  de  la  f  Pharmacie,- 
j’ay  crtu  d’en  pouvoir  ufèr  de  la  (brte  ,  n’ayant  eu  autre  visée  que  celle' 
d’aider  aux  gens  d’honneur  de  nôtre  profeffion,  à-  reparer  les  brèches  que. 
Pignorance,  &  la  monftrueulè  avarice  y  font  tous  les  jours  ;  neantmoins  je  (ûis 
tout  perfuadé  que  quelques  elprits  envieux  &  mal-faifàns,  préoccupez'  de.- 
pafllon  me  pourront  blâmer  ;  mais  mon  honneur  (èra  afléz  reparé,moyen- 
nantquc  j’aye  Papprobation  de  ces  juges  équitables,  qui  prendront  la  pei¬ 
ne  de  lire  mon  petit  labeur,  au  jugement  defquels  je  me  (bûmets  cnticre-- 
ment  ,  &  lors  qu’ils  y  remarqueront  quelques  fautes,  je  ne  doute  pas  auffiî 
qu’ils  ne  confiderent  que  le  don.  d’un  homme  (ans  lettres ,  n’eft  pas  de  fça- 
voir  tout.  Ce  (èra  le  nioycn,  cher  LeCleur,  de  m’encourager  à  le  revoir 
par  une  treiziéme  fois,*  où  je  te  donneray  encore  ,  Dieu  aidant,  de  nouvcl^- 
i(3s  preuves  de  mon  zçle  >  qui  eft  cncicremenc  porté,  à  te  (àtisfaire.- 


^RCrMEN  T. 


Nous  avons  divisé  cette  Paraphrafe  en  deux  Livres  jauiqnels  font  décrits 
les  remedes  tant  internes  qu  externes ,  qui  communément  fe  préparent 
&  tiennent  aux  Boutiques. 

LIVRE  PREMIER 

Contient  les  internes ,  lec[uel  nom  avons  divise'  en  en&e  BeSHom. 

La  première  contient  les  Condits,  &  Conforves. 

La  leconde  les  Sucs  épaiffis ,  &  les  Syrops. 

La  treizième  les  Eclegracs  ou  Loochs. 

La  quatrième  les  Poudres  aromatiques  des  Eleétuaires. 

La  cinquième  les  Opiates. 

La  fiziéme  les  Confeètions  ou  Eleétuaires  mois ,  altcratifs. 

La  feptiéme  les  Tablettes,  tant  Amples  que  composées. 

La  huitième  les  Eleétuaires  purgatifs  mois. 

La  neuvième  les  Hieres. 

La  diziéme  les  Pilules. 

La  onzième  les  Trochifques. 

LIVRE  SECOND 

Contient  les  remedes  externes ,  lequel  nous  avons  diuise 
en  quatre  Serions. 

La  première  eft  des  huiles  Amples  &  compofez. 

La  féconde  des  Onguents. 

La  treizième  des  Cerats. 

La  quatrième  &  derniere,  eft  des  Emplâtres. 

Finalement  un  traitté  fommaire  des  poids  &  mefùres  mentionnés  par  les 
Autheurs  des  CompoAdons ,  &  pour  le  jourd'huy  pratiqués ,  le  tout  en 
faveur  des  Apothicaires  moins  verfez. 

Enfemble  une  Table  ample  &  familière  du  tout. 


REMAR 


ï 


REMARQVES 


S  V  R  LA 

PARAPHRASE 

DE  LA 

PHARMACOPEE 

DE  BAVDERON. 

LIVRE  PREMIER. 

SECTION  PREMIERE. 

T>es  Condits  ,  ott  Confitures  en  general. 

O  U  s  traittcrons  liment  ,  &  même  de  médicament. 

des  Condits,  ou  Nous  confiions  les  plantes ,  ou  leurs 

Confitures ,  avant  parties ,  pour  quatre  railbns  principa-  pm~ 

tout  autre  rcmede,  les.  La  première  ,  pour  les  rendre 

dont  nous  parle-  plus  agréables.  La  féconde  ,  pour 

ions  cy-aprez,  par-  conlèrver  longuement  leur  vertu.  La  " 

ce  qu’ils  font  dele-  troifiéme,  pour  augmenter  leur  force 

âables  an  palais  ,  plus  familiers  à  trop  debile  ,  Sc  rendre  leur  aélioa 

nôtre  nature ,  &  peuvent  ièrvir  d’a-  meilleure  paf  le  mélange  d’autres. 

A  La 


Livre  1.  Seâion  L 


La  quatrième  >  pour  réfréner  ou  du 
tout  ôter  leur  qualité  contraire  à  nos 
delïèins  ;  foit  par  la  trituration  j  infu- 
fion  J  coétion  >  al^tion  >  uftion  ,  ou 
lotion  >  en  retenant  celle  qui  nous  ert 
utile  ;  ainfi  qu^on  pourra  remarquer 
par  les  difeours  lui  vans, 
e^uand  La  partie  de  la  plante  fe  doit  con- 
it  faut  fire  lors  qu’elle  eft  en  là  plus  grande 
confire  valeur ,  &  non  autrement ,  ainlî  que 
Iç  décrivent  Diolcoride^»  fa  F  reface, 
&iapre2  luy  Gai.  Exeifiple.  Les  Ra¬ 
pines  qui  font  d  une  fubftance  déliée, 
rare  &  legere ,  fe  doivent  confire  au 
Printems ,  lors  qu’elles  commencent 
à. pulluler ,  auparavant  que  leur  vertu 
principale  Ibit  transférée  aux  fiieilles 
&  à  la  tige.  Comme  lont  les  racines 


Des  Confitures 


en  par- 


T)e  Raàicihm  Ss.tyni  , 
Cynsjorchis. 

G  Es  deux  racines  font  peu  dilîèm- 
blables  en  vertu  :  aulfi  le  confi- 


font-elles  l’une  comme  l’autre.  La 
diftcrence  eft  au  choix  du  Cynoforchis^ 
pu  Co  'müon  de  chien  ;■  parce  que  de 
plufieur^  elpeces  qu’il  y  en  a  nous 
prenons  celle  qui  produit  deux  raci¬ 
nes  rondes  &  tubereufes  ,  dont  l’une 
eft  beaucoup  plus  groffè  que  l’autre^ 
Et  parce  qu’elles  font  de  dilFembla- 
ou  Æhe ,  de  Buglojfe  ,  de  blés  vertus  pour  les  heétiques  ,  & 


Cichorée,  3c  plufieurs  autres.  Au  con¬ 
traire  celles  qui  font  de  fubftance 
grollè,  denfe,  pcfantë,  &  qui  abon¬ 
dent  en  humidité  auperlluë  ,  le  doi¬ 
vent  confire  en  Automne  ,  lors  que 
les  fciiiUes  commencent  à  choir  >  & 
que  leur  humidité  fuperfluë  eft  con- 
fumée  par  la  chaleur  de  l’Eté ,  y  re- 
ftant  feulement  la  radicale  &  prin¬ 
cipale  tequife  au  fojet  pour  lequel 
on  les  confit  :  Comme  font  celles 
éflnuta  Campana  ,  de  Satyrium 


mal-adroits  au  jeu  des  Dames  muet¬ 
tes  &  rabatuës ,  pous  prenons  la  plus 
grolîë  &  la  mieux  nourrie  :  &  l’autre 
(parce  qu’elle  eft  conmaire  à  Venus) 
nous  la  laiftoPA  Auffi  parce  qu’elle 
eft  petite,  flétrie,  &:  peu  focculente, 
félon  Diofcoridc.  Quant  au  Satyrium-). 
de  deux  efpeces  que  Diofeoride  en 
décrit ,  nous  n’avons  point  en  ce  pars 
la  première,  dépeinte  par  Matthiole, 
mais  feulement  la  féconde  ,  fiirnom- 
mée  Erythronium ,  qui  fe  cultive  foi- 
à’Eriâ,  de  Sci/le ,  &c  plufieurs  autres,  gneuferaent  en  nos  jardins  ,  que  le 

Et  non  feulement  il  feut  obferver  la  vulgaire  appelle  de  laquel- 

fàifon  -,  mais  auflî  que  l’Air  foit  dair  le  les  fueüles  font  fort  dilîémblables 


r  que  1' 

&  ferain  ,  &  la  Lune  en  fon  plein  < 
proche  delà,  fi  faire  fè  peut  :  car  alors 
ces  racines  ont  plus  de  vigueur , 
en  les  conôfint  elles  fé  tfinainuent 


à  la  première  efpece  décrite  par  Dic)f- 
coride  ,  &  non  des  autres  marques- 
Car  fà  fleur  eft  petite ,  de  figure,  ap¬ 
prochante  au  Volubilis  ,  tenninant 
en  cinq  pointes  de  couleiu' :  blaircke» 
tirant  for  le  pâle  ,  du-miliai  de  la¬ 
quelle  fortent  cinq  grains  jannesjlon,- 
-guets,  foûtenu  ehaeun  de  fon  propre 
]pyat,-&  au  'milicu.un  petit  boutort 
va-ti 


Des  Condits. 


viarl  J  de  meilie  qn’en  nôtre  lys  blanc 
&  vulgaire ,  auquel  elle  rellèmble  en¬ 
core  en  odeur  s  bien  qu'elle  ne  fait  fi 
pénétrante  ,  mais  de  beaucoup  plus 
leuëve.  Son  fruit  eft  rond ,  &  plus 
gros  que  celuy  qui  contient  la  graine 
du  lin  de  couleur  de  vert  détrempé, 
à  l’entour  duquel  font  certains  traits 
diftihgucs  en  forme  de  croilïâns  poiir- 
tüs ,  ainfi  que  la  fleur.  La  ièmence  y 
eft  cnclofe  (  lors  de  fa  maturité  )  elle 
eft  menue ,  dure ,  &  roulTe  ,  comme 
celle  du  domeâiqae.  Ses 

racines  font  flbreufos  au  commence¬ 
ment,  &  blanches  :  au  bout  delquel- 
lès  viennent  des  racines  rondes,  (non 
dilTemblables  aux  petits  boutons  de 
la  racine  de  Filifendula  )  blanches 
tant  dehors  que  dedans  ,  éc  tcndrelet- 
tes  ;  lelqu'elles  venues  à  leur  perfe- 
ülion  ,  font  couvertes  d’une  pelure, 
ou  membrane  fort  menue  ôc  déliée 
d’une  couleur  rouge  ,  d’où  elles  ont 
pris  le  nom  à‘ Erythronium ,  &  de¬ 
meurent  toujours  blanches  en  toute 
leur  fiibftance  ,  &  font  tubereufes 
comme  les  Tuhera  de  Diofooride,  ap- 
pellé  en  François  Truffes,  les  unes 
groffès  ,  les  autres  moindres  ,  félon 
leur  culture  ,  ôc  la  nature  du  lieu  ou 
elles  croiflènt.  Leur  faveur  eft  fade, 
&  toutefois  d’alfez  bon  goût.  Leur 
temperature  eft  flatulcnte ,  chaude  3c 
humide  au  premier  degré  ,  qui  les 
rend  utile  aux  couards ,  maleficiés ,  ôC 
non  propres  au  fervice  des  Dames, 
lelquels  en  pourront  manger  le  foir 
s’allant  coucher ,  &  le  matin  loin  du 
repas  ,  en  telle  quantité  qu’il  leur 
plairra  ,  étant  confites  comme  nous 
dirons  cy-aprez.  Les  Afthmatiques, 
Phthifiques ,  &  Atrophiés ,  en  pour¬ 
ront  aulfi  ufer  de  même  le  matin. 


&  à  la  fin  de  leur  repas. 

Cette  plante  eft  tellement  féconde 
que  fi  là  tige  eft  couchée  ou  proui- 
gnée  en  terre  (  comme  la  vigne  )  avec 
les  fueilles  (  pourvu  que  la  fomiéité 
paroiflè  dehors  )  deux  &  trois  fois 
l’année  ,  d’une  elle  en  produira  plus 
de  cinquante  j  8c  pour  cela  fi  on  la 
laiflè  croître  en  là  perfeélion ,  elle  ne 
lairra  de  produire  lès  fleurs  &  fiuits, 
comme  fi  cela  n’étoit  pas.  La  diffé¬ 
rence  qu’on  y  trouvera  fera  que  les 
dernieres  racines  ne  foront  pas  fi  grofo 
lès  que  les  premières  ,  pour  n’avôîf 
foffîlàmment  fejourné  en  terre ,  ny  eu 
le  loifir  d’atteindre  la  grofîèur  des 
meres  racines  premières. 

Pour  les  confire  fort  au  miel  dé 
Languedoc'  ou  de  Provence  ,  ou  aii 
fuccre  pour  les  plus  délicats  ,  il  leè 
faut  cueillir  lors  qu’elles  font  en  Va'- 
leur,  au  plein  de  la  Lune  d’Oétobrëî 
Etant  ainfi  choifies  en  les  confilànt 
elles  fe  flétriflènt  moins.  Scelles  ont 

J)!us  de  force.  Celles  de  Cynoforchü 
é  doivent  auflî  cueillir  au  plein  de  là 
Lune  au  Printems  (  auparavant  que 
leur  vertu  foit  transférée  aux  fueilles 
8c  aux  tiges  )  6c  non  en  Automne ÿ 
l’une  6c  l’autre  le  confiront  de  mêméi 
Ainfi  prenés-en  telle  quantité  qu’il 
vous  plairra,  que  vous  laverés  6c  cuk 
rés  en  quantité  fiiffilànte  d’eau  ,  jufè 
ques  à  ce  qu’elles  foient  fort  tendres'; 
puis  elles  feront  fèchées  avec  des  lin¬ 
ges  blancs.  La  decoeftion  clarifiée  fo¬ 
ra  cuitte  avec  pareille  quantité  de  miel 
écume  6c  cnit  (  ou  de  fucre  de  Ma¬ 
dère  )  que  de  racines  'en  fÿrop.  Puis 
on  y  mettra  lefdites  racines  foit  Sa- 
ty  rium ,  ou  comllon  de  chien  (  deffèi- 
chées  )  pour  les  cuire  au-  fÿrop  5  en 
forte  qu’elles  fo  puiffène  garder  toute 
A  Z  l’année 


4  Livre  I. 

Tannée  fans  fc  corrompre  ou  moifir. 
Etant  refroidies  elles  feront  gardées 
en  des  pots  de  terre  vernifles,  qu  on 
couvrira  &  gardera  au  belbin.  Les 
heéliques  en  ulèront  le  matin ,  &  i 
la  fin  de  leur  repas  j  comme  j'ay  dit 
cy-devant  :  &  les  coiiards  ,  foient 
hommes  ou  femmes ,  en  ulèront  le 
matin ,  &  le  loir  s'allans  coucher  ,  en 
tellè  quantité  qu'il  leur  plaira. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

Es  ^uth.eurs  Botaniques  ont 
donné  le  notn  de  Satyrium  &  de 
Cynoforchis  a  diverfes  plantes  , 
raifin  de  la  figure  de  leurs  racines 
ou  des  ejfets  quelles  produifient  (fiui~ 
•vant  le  commun  fientiment  )  pour  ai¬ 
der  au  jeu  d'amour ,  foui  cette  dif¬ 
férence  ,  que  celtes  qui  ne  portent 
quune  racine  en  forme  de  ■tefticuley_ 
ils  tes  ont  appellées  Satyrium  ,  & 
celles  qui  en  portent  deux ,  Otchis  ou. 
Cynolbrchis ,,  d'autres  qui  expor¬ 
tent  trois  Triorcbis ,  &  celles  qui  en 
portent  quatre  Thetriorchis,(^  celles 
qui  ont  leurs  racines  divifées  comme 
les  doigts  de  la  main,  Palma  Chrifti, 
De  toutes  ces  plantes  l'auteur  de  la. 
Paraphrafe  dit  qu'il  faut  choifir  les 
plus  grofes  racines  &  les.  plus  unies 
pour  fervir  aux.  Dames  t  mais  quant 
au  Satyrium  Erythronium  qu'il  vient 
de  nom  décrire  ,  je  trouve  que  fà 
defcription  nous  donne  autant  ou 
pim  d'embarras  que  la  figure  que 
Jlséattkiole  rapporte  en  Ion  commen¬ 
taire  fur  Diofèoride ,  &  les  deux  en- 
fémble  >  ont  mis  en  peine  les  Botani¬ 
ques  pour  le  pajîé  ,  aujfi.  bien  que 
ceux  d'aprefent  de  fçavoit  au  vray? 
te  que  ce  fi  car  il’ nom  décrit  la 


Seâion  L 

racine  de  /'Helianthemum  Indicum 
tuberofiim  J  qui  efi  le  Flos  Solis  Far- 
ncfianus ,  ou  /'Aiter  Peruvianus  tube- 
rolrrs  de  Fab.  Columna ,  qui  fait  une 
tige  fort  haute  &  au  bout  d'icelle 
une  fleur  jaune  ,  fort  femblable  à 
celle  de  /’lnula  campana ,  &  il  nom 
dit  que yfa  fleur  efi  blanche  :  &  fion 
erreur  efi  qu'il  prend  la  racine  de 
Tartoufles  ou  Toupinamboul ,  &  la 
fleur  du  Satyrium  Erythronium  de 
Taberna  Montaniisj  &  de  ces  deux 
plantes  il  en  fait  une  pour  ne  les 
avoir  pas  bien  entendues. 

Neanmoins  afin  que  ceux  qui  efi- 
perent  du  fecours  en  leurs  maux  ne 
foient  point  fiufitrés  en  Leur  attente,, 
de  celuy  qu'ils  croyent  recevoir  du 
Satyriun>  Erythronium  confit  ,  on 
pourra  luy  fubftituer  le  Cynolbrchis 
major  de  Lobel ,  que  pour  le  bien 
confire  il  le  faut  cueillir  en  pleine 
Lune  de  Mars  ,  ou  de  Septembre,, 
environ  l'un  ou  l'autre  Equinoxe 
car  alors  les  racines  font  pim  ver- 
tueufes  &  toutes  remplies  de  leur 
humeur  naturelle  :  les_  ayant  bien 
choifies,  mondées,  &  lavées,  il  les faut 
ejfuyer  entre  deux  linges  blancs  ,  & 
les  faire  cuire  a  fec  dans  une  cloche 
de  cuifine,  ou  l'on  fait  cuire  les  fiuits, 
ou  bien  au  four  avec  le  pain  blanc 
dans  un  pot  de  terre  vernie ,  couvert 
de  pâte  -,  &  quand  elles  feront  égale¬ 
ment  molles  ,  on  les  tirera  du  feu ,  dp 
dans  un  poêlon  â  part  on  fera  cuire 
du  Juccre  en  confifiance  d'un  Jyrop 
fimple ,  dans  lequel  on  jettera  les  ra¬ 
cines  avec  un  petit  noïiet  de  canelle 
fine ,  &  la  cuit  te  fiera  continuée  juji- 
ques  â  la  confifiance  d'un  EleSluaire 
liquide  :  Ou  bien  qui.  voudra  ,  les 
racines,  étant  cuittes  ,  les  piler  dans^ 


JDts  Condits.  5 


un  mortier  de  marbre ,  &  y  ajouter 
fur  une  partie  d'icelle  s,  une  partie  & 
demie  defuccre  en  poudre ,  la  garde¬ 
ront  en  forme  de  conferve  liquide. 

Ceux-cy  feront  encore  mieux  qui 
prendront  deux  livres  d'une  forte  de- 
cjÜion faite  de  la  racine  de  Satyrinm 
clarifiée  avec  demy  livre  de  fuccre, 
&  cuiront  le  tout  en  forme  de  gelée. 


•De  Radicihus  Symphyti  majons , 
Indu  ,  S"  InuU  Cam- 
pana ,  Acoti. 

C Es  racines  ( comme  plufîeurs  au¬ 
tres  }  fe  confifènt  comme  les  pre¬ 
cedentes  ,  hormis  qu’on  ne  les  confit 
pas  entières  :  mais  coupées  à  rodelles 
ou  en  long  j  parce  qu’elles  font  trop 
groflès  :  &  auflî  parce  que  celles  qui 
font  ameres  ,  comme  V Inula  Cam- 
pana  j  fe  doivent  tremper  quelques 
iours  auparavant  en  eau  claire  ,  &  la 
changer  chacun  jour  pour  diminuer 
leur  amertume.  Celles  dont  les  per- 
fonnes  faines  n’ulènt  point  ,  mais 
feulement  les  malades  ,  comme  de 
Symphytum  ,  d’/w  Acore ,  &c.  Je 
ferois  d’avis  qu’aprez  qu’elles  fo- 
rpient  foffilâmment  cuittes  en  l’eau, 
elles  fiiflent  pilées  dans  un  mortier 
de  marbre ,  avec  un  pilon  de  bois ,  & 
paifées  à  travers  le  tamis  renyerfo  j  Sc 
ajoutées  au  focre  un  peu  plus  cuit  que 
le  fyrop  ordinaire ,  étant  encore  s  fur 
le  feu  pour  les  recuire  enlèmble ,  juf- 
qu’à  ce  que  leur  humidité  excremen- 
teufe  fut  confirmée  :  puis  on  les  reC 
forrerok  pour  les  garder  au  befoin. 
Ainfî  ces  racines  foparées  de  leurs  fi- 
lamens  font  plus  agréables  au  palais, 
pour  l’Apothicaire  plus,  ailées  à; 


mettre  en  œuvre.  Celles  A'Enule 
Campane  ainfî  confites  feroient  fort 
bonnes  :  mais  veu  que  ceux  qui  font 
foins  s’en  fervent  pour  fe  precaution- 
ner  contre  la  pefte  ,  on  les  confiia 
coupées" en  long  ou  en  rouelles ,  pour 
les  réduire  en  confiture  lèche  ou  li- 
uide ,  afin  de  contenter  un  chacun, 
faire  fe  peut. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

N  la  même  Saifon  cy-devant  al¬ 
léguée  du  mois  de  Mars ,  ou  de 
Septembre  ,  un  peu  plutôt  ou  pim 
tard ,  U  faut  prendre  les  racines  cy- 
dejfm  jpecifiées ,  a  la  referve  de  celle 
de  TA  corus  ,  qu'on  fera  cuire  comme. 
il  efi  cy-devant  dit  par  l'Autheur 
de  la  Paraphrafe ,  &  les  autres  dans 
une  cloche  comme. a  été  remarqué  d 
la  precedente  confiture  ,  fi  mieux  on 
aime  les  faire  bouillir  dans  l'eau  ; 
pendant  leur  cuitte  il  les  faut  re¬ 
garder  de  tems  a,  autre ,  &  les  tour¬ 
ner  de  peur  quelles  ne  fe  brûlent,  & 
afin  quelles  fe  puijfent  cuire  égale¬ 
ment  de  tous  cote'f,  jufques  a  une 
moUejfe  convenable  ;  cependant  vous: 
fere^  faire  un  fyrop  clarifié  avec  de 
la  cajfonnade  blanche  ,  dans  lequel 
il  faut  jetter  telle  des  fufdites  racines 
qu’il  votu  plaira  ,  t ayant  premiè¬ 
rement  coupée  en  long  ou  en  tra¬ 
vers  fuivant  fa  grojfeur ,  &  cuire  le 
tout  enfemhle-jufques  d  perfeElio», 
Ceux  qui  voudront  affoihHr  ou  du' 
tout  emporter  la  faveur  acre  &  ame- 
re  de  /’Enule  Campane  ,  la  coupe¬ 
ront  par  rouelles  &  ïa' feront  trem¬ 
per  plus  OU'  moins  dans,  une  forte 
le ffiv e ,  faite  d’une  partie  .de  chaux- 
vive  ,  &  de  trois  parties  de  cendres 


Livre  L  SeBion  L 


6 

de  Serment  ou  de  Tamaris  ifidvant 
tju’ils  'ùoudrom  rabatre  la  force  de 
fr  faveur  ,  l'en  ayaAt  retirée  ,  la 
mettront  tremper  dans  de  Veau  de 
fontaine ,  &  la  changeront  uni  fois 
'  le  four  ,  infqàés  }i  ce  que  toute  la 
qualité  dé  l-alèffi-vè  en  fo'tt  fepdrée, 
apre\^ils  la  feront  bouillir  ,  la 
confiront  comme  a  été  dk  cp -devant 
des  autres. 

le  ne  voudrais  pas  neanmoins  pra¬ 
tiquer  une  telle  méthode  a  moins  que 
ce  ne  fut  poUr  des  perfonnes  fi  déli¬ 
cates  qu'ils  n'en  pàjfènt  ufer  autre* 
m'ent  5  parce  qu'en  dépouillant  cetté 
racine  de  fa  faveur  amere  &  mordi- 
cante  ,  on  luy  ote  fies  principales 
vertus. 


De  Radicihus  Buglofii  „  Borra- 
ginis ,  é'  Cichorii ,  Scor~ 
ê^nerx. 

CE  s  racines  fè  confilènt  de  même 
que  nous  avons  dit  de  celles  de 
Satyrium  ,  Erythronium  ,  &  Cyno- 
forchis ,  ou  coùillon  de  chien,  hormis 
qu’il  faut  ôter  le  cœur  ou  matrice  qui 
eft  au  dedans  ,  &  les  couper  en  long, 
ou  les  lailïêr  entières  :  puis  les  laver 
&C  cuire  en  l’eau  jufques  à  ce  qu’elles 
foieat  tendres.  Aprez  on  les  fechera 
d’un  linge  blanc  ,  &c  la  decoôlion 
ièra  clarifiée  avec  le  lucre ,  s’il  ett  im¬ 
pur  &  aubihs  d'œufs  ,  &  coulée  à 
travers  le  blanchet,  pour  en  cuire  un 
lÿrop  à  perfedion.  Cela  fait  ,  &  la 
baffine  étant  encore  fiir  le  feu ,  on  y 
jettera  les  racines  cuittes  eh  l’eau  & 
léchées ,  pour  les  cuire  enfemble  juf¬ 
ques  à  la  conlbmptidn  de  leur  humi¬ 
dité  fuperftuë  :  afin  qu’elles  fe  puif- 


fent  garder  julques  au  tems  que  là 
neceflité  le  rcquarra. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

'^utheur  de  la  Paraphrafe  veut 
que  lés  racines  de  BuglolTe ,  de 
Borrache,  &  dé  Cid\oïs,&  fiaient  cott- 
pées  en  long  &  mondées  de  leur 
cœur  ,  comme  atijf  celle  de  Scorze- 
nere  qtie  jy  ay  ajoutée  ,  &  en  fuite 
qu'on  les  laue.  Mon  fentiment  efi  de 
faire  le  contraire  pour  le  -.dernier, 
fans  nîen  expliquer  ,  l'airtifie  le 
comprendra  ajfe’f-,  &  de  commencer 
cette  operation  par  la  lotion  exte-y 
rieure  defdites  racines ,  &  s'il  y  a 
quelque  chofe  de  fuperflu  il  fera  ré- 
tranché  avec  un  couteau-,  âpre f  on 
les  coupera  pour  en  tirer  le  cœur  des 
trois  premières  :  &  au  furplus  on  y 
pourra  procéder  comme  il  a  été  cy- 
defus  enfeigné. 


De  Radice  Eryngti. 

L'Erynginm  appellé  en  François  Sgcacul 
liippofé  parSylvius  ce  nue 
Sc  quelques  autres  pour  le  Secacul  éeft. 
dès  Arabes.  C’etoit  une  racine  qu’on 
apportoit  autrefois  des  Indes  Orien¬ 
tales  ;  connuë  de  peu  de  gens  aujonr- 
d’huy  ,  laquelle  Rondelet  én  fin  Of- 
ficine  ,  ou  Boutique  ,  eftime  què  ce 
Ibit  ce  que  les  Epiciers  appellent  Gin-i 
gemhre  Meehin.  Qui  voudra  fçavoir 
ce  que  c’eft ,  qu’il  iilé  cè  que  Sera- 
pion  de  grande  authorité  entre  les 
Arabes  &  fort  Ancien  en  a  écrit  au 
livre  des  Simples  chap.2<).  &  au 
traité  7 .  chap^y  5 .  Et  aprez  luy'  Avi¬ 
cenne  au  Hure  i.  chap.  o>.  &  au 
traité 


Des  Condîts,  7 


tuaité  J .  du  Hwe  &  eu  fis  Syno¬ 
nymes  ■.•auffi  Hali  fils  d'Abbas^c^zi. 
dcfque-ls  il  poima  fçavoir  ce  que  c’eft. 
Aux  lardins  d'Alep  ville  de  Syrie, 
on  Guîtive  une  plante  fort  fèmblable 
de  tige  &  de  feuilles  à  nôtre  Pafti- 
nacu  >  qu’aucuns  eftiment  être  le  vray 
Secacul  des  Arabes.  VEryngium 
ayant  pyelque  fèinblable  vertu  que  le 
SefMjil  J  iûta  confit  ainfi ,  en  attenr- 
d^int  qu’on  nous  en  apporte  du  yray 
Comme  |ès‘ Indes,  Prenés-en  deux  livres  mon- 
m  doit  dehors  de  toute  vilenie ,  & 

‘urici  âp  cceiir  qid  eft  au  dedans ,  que  vous 
ne  d'?.-  couper é  s  par  pièces  longiies ,  coinme 
lyngiûL  cï’un  dpigt,  que  vous  fejfés  (  p^r  l’ef- 
paç,e  de  vingt-quapre  hfpres  ),infiilèr 
en  eau  fiir  les  cendres  chaudes  ,  afin 
qu’elles  loient  plus  tendres.  Le  jour 
lüiyant ,  &  en  la  rnêiue  eau  on  les  fe¬ 
ra  bouillir  julqu’à  ce  qu’elles  foient 
fort  molles  &  tendres  r  puis  on  les 
elïiiyera  avec  un  linge  blanc ,  tomme 
nous  avons  dit  cy-devant.  Cela  fait 
nous  les  larderons  de  gerofles  &  gin- 
geinbrè  (  comme  cnleigne  Mefiié  en 
fin  Grabadin  ,  ou  ^ntidotaire  ,  di- 
)  puis  nous  clarifierons  nôtre 
Iiictre ,  s’il  eft  impur,  avec  la  dçco- 
êtion ,  &  aubins  d’œuf.  La  colature 
paflée  plufieurs  fois  à  travers  le  blau- 
chet ,  ou  chaufte  à  Hypoeras  eft  cuippe 
en  fyrop  :  puis  nous  y  ajpûrerons  nqs 
racines,  lelqiielles  nous  aromatizons 
de  canelle,  gef ofle  ,  &  gingembre 
CQncafiés  ,  n)is  dans  un  ncüet  envi¬ 
ron  demy  once  de  chacun  ,  lequel 
nous  exprimerons  fbuvent  afin  d’au¬ 
gmenter  leur  vertu  debile.  Aucuns 
laii'Ient  tremper  toute  l’année  le  no¬ 
dule  au  lyrop  :  ce  qu’il  n’eft  befôin  de 
Éiire,,attendu  que  jfe  vertu  y  eft  tranf 
feréep3rre.^xelfion..  Les  xacioes  fe¬ 


ront  relTerrées  &c  gardées  au  befoin, 
dans  leurs  pots  bien  couyerts,çomme 
nous'  avons  dit  cy-deyant.  Les  racines 
À’^pium,  à’ Hippofilinum ,  ou  Oins 
atru,en  grande  Ache,  faut- 

fement  appellée  aux  Boutiques  Aerro- 
felinum  Macedonicum  ,  différant  du 
Smyrnium^  Levifticu.lttm  le  Bau- 
cia  des  Arabes ,  qui  eft  le  Pafiinaca 
hortenfis.Sc  le  Sijkrum  de  Diofeoride, 
en  François  Chervis  :  &  les  Carottes, 

&  plufieurs  autres  auffi  (  que  j,c  lailfe 
poiu-  garder  la  brièveté  )  fe  confilènE 
çomxisV Eryngium.  Quant  aux  ra¬ 
cines  étrangères ,  Qomme  le  Gingem¬ 
bre  verd ,,  le  Secacul  ou  Gingembre 
Mcchin,  ou  P^aftinaca  Syriaca ,  la 
Zedoaria ,  &c.  lè  doivent  confire  ré¬ 
centes  ,  &  aux  lieux  où  elles  croiilenr, 

.&  les  acheter  confites  ,  ainfi  qu’on 
nous  les  apporte  de  Levant  en  benne 
quantité. 

REmARQJ/E. 

Our  confire  notre  Eryngium ,  U 
nefi  nullement  ne  ce ff air  e  dlobfer- 
ver  ce  que  1‘ Autheur  de  la  Para- 
phrafi  nous  rapporte  de  JiSefué,  non 
p^  comrne  fi  trouvant  en  partie  con¬ 
traire  a  fin  texte ,  rnaù  cornme  étant 
inutile.  Pour  les  confire  plus  briève¬ 
ment  ,  il  faut  prendre  &  choifir  les 
plus  grojfies  racines  d’Eryngium- ,  les 
nettoyer  en  dehors  ,  &  en  tirer  le 
certtr ,  aprelf  les  ,  faire  boüillir  dans 
fil  eau  de  fintaine  '\ufiqua  ce  quelles- 
fiient  tenfires  &  les, étendre  fitr  un 
linge  blanc  ,  &  pendant  que  l'eau 
s'éc.oulera  on  clarifiera  le  fiuccre ,  ou  ' 
bien  on  dejpimera  de  beau  miel  de 
fisfarbonne  ,pour  lequel  il,  plut  en¬ 
tendre  du.  meilleur  ,  &  l'ayant  coulé 


8  Livre  L 

&  cuit  en  confidence  de  J}rop  ,  vous 
y  jetterés  vos  racines  avec  un  petit 
no  'ùet  de  Gerofle ,  &  de  Canelle ,  que 
■  vous  exprimerés  fouvent  durant  la 
cuijpm.  ^ 


De  Conicihus. 

LEs  Efcorces  de  Citrons ,  de  Li¬ 
mons  ,  d’Orangcs  &  femblables, 
confire  fe  confifenc  de  cette  façon.  Prenés 
tes  E-  telle  quantité  de  ces  écorces^  ou  d"au- 
cerces^  très  qui  participent  d’amcrtumej  qu"il 
vous  plairra  :  faites-Ies  tremper  par 
l’efpace  de  vingt-quatre  heures  fur  les 
cendres  chaudes  en  lefîîve  douce  (  qui 
fe  fait  d’un  nodule  de  cendres  trem¬ 
pé  en  eau  claire  )  poiirce  qu'elles  font 
difficiles  à  cuire  à  caufè  de  leur  fiib- 
ftance  dure,  Apres  on  les  cuira  en 
d’autre  eau  3  jufqii’à  ce  qu’elles  foient 
tendres  :  puis  on  les  eflùyera  avec 
linges  blancs  ,  &c  cuira  avec  autant 
pefont  de  fïiccre  de  Madere  un  peu 
plus  cuit  qu’un  fyrop,  jufqu’à  ce  que 
leur  humidité  aqueufè  fe  fbit  confïi- 
mée  :  puis  on  les  reflerrera  au  befoin 
dans  leurs  pots  ,  pour  les  convertir  en 
Za  ma-  Confiture  lèche.  Etant  ainfî  confites  il 
niere  de  les  faut  legerement  laver  avec  l’eau 
fane  ci-  ^  ouïes  racler  avec  un  couteau 
fiches  plonger  dans  du  fîiecre  fin 

cuit  en  Eleéluaire  folide  ,  &  les  y 
lailïèr  prendre  deux  ou  trois  bouil¬ 
lons  :  puis  les  ôter  avec  une  fourchet¬ 
te  d’alrgcnt  ,  &  les  difpofer  fïir  du 
papier  blanc ,  ou  fiir  des  ais  de  bois 
vnies  &  lifTées  pous  les  tenir  dans 
une  étuve  ,  ou  au  Soleil  chaud ,  ou 
dans  un  four  tempéré  en  chaleur, 
l’efpace  de  quelques  jours  ,  afin  de 
confomer  peu  à  peu  l’humidité  qui  y 


Seâion  /, 

feroit  reftée  ;  &  ayant  acquis  une 
croûte ,  elles  feront  mifos  en  lieu  fec, 

&  ainfî  fe  maintiendront  long-tcms 
claires  ,  &  feront  fort  agréables  au 
palais.  Toutefois  je  confèille  aux  jeu¬ 
nes  Apothicaires  de  voir  travailler 
les  Maîtres  Confifeurs  ,  pour  erre 
plus  afsûrés  en  voyant  qu’en  lifànt 
les  écrits  d’autiuy  :  .Parce  qu’auffi 
tous  ne  travaillent  de  meme  façon 
les  vns  que  les  autres. 

REMARQ^VE. 

IL  y  aurait  beaucoup  a  dire  fur  la  ^ 
façon  de  confire  lès  fiufdites  écor¬ 
ces  ,  que  f omets  d  dejfein  pour  nô¬ 
tre  pas  bien  de  nôtre  fujet  ,  je  me 
contenter ay  &  crey  de  mieux  fiatis- 
faire  l’airtifie  ,  d'ajouter  icy  la  mé¬ 
thode  de  faire  la  Confierve  de  l'écor¬ 
ce  &  de  la  pulpe  de  limon ,  qui  n'efi 
pas  commune,  &  que  je  nay  trouvée 
dans  aucun  aiutheur. 

PreneX^  l'écorce  &  la  pulpe  des 
Limons  (  aprel^avoir  extrait  le  fine 
de  cette  derniere  ,  &  feparé  la  fie- 
mence  J  la  quantité  qu'il  vous  plai¬ 
ra  ,  metteXj-les  dans  un  pot  de  terre 
vernie  avec  JufiiJante  quantité  d'eau 
de  fontaine ,  faites-les  cuire  jujqu'à  ' 
ce  que  le  tout  foit  réduit  en  pâte,  que 
vousrenverJèreT^dans  un  mortier  de 
marbre ,  les  pilereX^  &  pafiereX,par 
un  tamis  avec  une  fpatule  de  boit , 

&  y  ajoûtereX^  autant  pefant  de 
fuccre ,  ou  un  peu  plus ,  &  les  cui- 
rel^enfemble  dans  le  même  pot ,  afin 
qu'il  n'y  refie  point  d'humidité  fu- 
perfiué  ,  pour  éviter  la  corruption 
qui  s'en  pourroit  enfuivre  dans  peu 
de  jours  -,  ce  la  fait  vous  enfermerez,  la 
Confierve  dans  de  petites  boites  de 
Cotignac 


Des  Condits,  9 

Càtîgnac  four  s‘en  jervir  au  befoin.  gucdoc  ,  ou  d’Elpagne,  ou  de  Pro- 
Elle  efi  merveiileufe  four  fortifier  vence  defpumé  &  cuit ,  &  les  gar- 
Vefiomach  ,  refifte  a  la  fourriture  der  avec  leur  fÿiop ,  pource  que  le 
des  humeurs ,  tue  les  vers ,  &  fort  miel  eft  plus  convenable  à  ce  que 
de  frefiervatif  contre  la  fefie.  nous  avons  dit ,  que  le  fuccre. 


De  Cadihm  LaBuu  ^  & 
Scoljmi. 

ENtre  les  tiges  communément 
nous  confiions  celles  de  Laiétuës 
&  d'Amehaux  :  celles-là  pour  repii- 
mer  la  lèif  des  plus  altérez ,  qui  pour 
leur  laveur  agréable  s'appellent  Gor¬ 
ge  d'uinges.  Celles-cy  pour  réchauf¬ 
fa  les  poulmons  refroidis  de  quelque 
n^ere  que  ce  loit  :  en  incilànt ,  at¬ 
ténuant  ,  &  detergeant  les  matières 
craflès  ,  &  vilquenfes  y  contenues. 
Auffi  pour  émouvoir  au  jeu  des  Da¬ 
mes  les  plus  couards  &  maleficiez. 

Celles  des  Laiélnes  fe  doivent 
cueillir  un  peu  aprez  qu'elles  font 
montées  en  tige  &  encore  tendres, 
non  Iprs  qu'elles  produilènt  leurs 
fleurs  &  femences  ,  pour  être  alors 
trop  dures.  Aprez  il  les  faut  peler  de 
leur  peau  ,  puis  les  bouillir  en  eau 
julqu’à  ce  qu'elles  Ibient  fort  ten¬ 
dres  :  les  fecher  à  l'ombre  aérée  en¬ 
tre  deux  linges ,  ou  avec  le  linge  mê¬ 
me  les  effuyer  ,  puis  les  recuire  au 
fùccre  cuit  en  fyrop  ,  ainfi  qu'il  a 
été  dit  aux  racines  de  Satyrium  ôc 
Cynoforchis 3  cy-devant,  pour  les  gar¬ 
der  au  b'eloin.  Pour  les  réduire  en 
confiture  lèche,  il  faut  faire  comme 
nous  avons  dit  des  écorces. 

Les  Cardes  blanches  fè  doivent 
confire  de  même  que  celles  de  Lai- 
étucs,  excepté  qu'au  lieu  de  fliccre, 
il  faut  prendre  du  miel  blanc  de  Lan- 


REMARQVE. 

Avant  que  faire  bouillir  les  ti¬ 
ges  des  Laibluës  &  des  -drti- 
chauds  ,  il  les  faut  faire  tremper 
dans  une  eau  fel  médiocre  par  quel¬ 
ques  jours ,  ptm  apre\^  dans  de  l‘eau 
de  fontaine ,  quon  changera  fouvent 
pour  les  deffaler.  Cette  préparation 
fe  fait  3  fuivant  quelques-uns ,  peur 
ouvrir  le  corps  de  ces  plantes  far 
l’entremife  du  fel,  afin  quelles  foient 
plus  facilement  pénétrées  par  le  fuc¬ 
cre  3  &  four  raffermir  leur  mollejfe. 
l'avoue  bien  que  la  faumeure  les  ou¬ 
vre  ;  mais  auffi  que  fuivant  quel¬ 
ques  autres  ,  que  ceft  plutôt  pour 
couvrir  ou  furmonter  leur  faveur 
infipide  ,  &  les  rendre  plus  agréa¬ 
bles  au  palais.  l’obmets  a  deffein 
d'autres  chofes  far  les  raifons  cy- 
devant  alléguées  que  fe  pourrois  di¬ 
re  3  parce  que  le  fujet  ne  nous  regar¬ 
de  que  de  loin  ,  renuoyant  le  fur- 
plus  aux  Maîtres  Confifeurs. 


De  VruButm  Conâitura 
in  genere. 

TOus  fruits  en  general  Ibient  é- 
trangers  ou  non ,  communément 
fe  confifent  au  fiiccre  ,  ez  régions 
mêmes  où  ils  naiflènt  recens  &  en¬ 
tiers  ,  ou  leurs  parties  feulement , 
étant  meurs  ou  non ,  pour  les  tranf- 
porter  ez  régions  où  ils  ne  naiflènt 
B  point 


lo  Livre  L 

point  &  s"en  aider  en  toute  fàifcn  au 
defaut  des  recens.  Comme  les  My^ 
robolans ,  la  Aiufcdde  ,  la  Cajfe ,  dr 
autres.  De  ceux  (jui-naiflênc  en  nô¬ 
tre  région  »  les  uns  fe  confilênt  en¬ 
tiers  ôc  avant  leur  maturité  au  fuc- 
cre  ou  au  miel  :  comme  les  Noix , 
Amandes  ^  Aigras ,  &c.  Les  autres 
étans  meurs  j  comme  le  Ber  ber  is 
nommé  Epine  Vinette, Griottes ,yb(e- 
Xifes ,  Poires,  Abricots,  8cc.  Ou  leurs 
parties  comme  la pu/pe  de  Coings ,  de 
Courges,  de  Prunes,  ^c.  leurselcor- 
çes  3  comme  de  Ci-trons,  d' Oranges, 
0“  de  limons. 

REMARQ3^E. 

E  nefçauroû  taire plus.longrtemps 
une  vérité  qui  me  femble  avoir,  de¬ 
meuré  trop  cachée  fans  r examiner 
en  pajfant ,  puis  qu’elle  a  été  negli,. 
gée  par  des  gra/ids  hommes  de  la 
Médecine.  Ce  rPefi  pas  que  je  veuil¬ 
le  les  taxer  d’ignorance  ,  'mais  je 
veux  dire  que  te  confentement  & 
Vapprobation  que  les  Ecrivains  fe 
font  donne  sj^les  uns  aux  autres  fan.t. 
faire  réflexion  fur  les  vertus,  de  la 
Cajfe  confite  ,  Vont  fait  fajfer  d’un 
commun  accord  jufques  a  nous  pour 
un  médicament  purgatif,  ce  qui  ne 
peut  etre  d’elle-même  que  par  acci¬ 
dent  ,  en  y  mêlant  quelque  violeo't 
purgatif.  GpU’e  fi  on  me  difiit  que  les 
fleurs  du  Caffier  confites  en  leur  ma¬ 
turité  font  purgatives  ,  'je  le  pour- 
rois  concéder  :  mais  je  vous  conjure 
Curieux,  de  confiderer  tous  les  fruits, 
foit  en  general  ou  en  particulier ,  & 
d’examiner  leurs  qualité &  leurs 
vertus  en  .leur  premier  âge.  quand 
ils  font,  tendres  é"  verfls  fqsîi  eft  le 


SeB'îon  L 

temr  auquel  on  confit  Cajfe  ,  ^ 
vous  y  remarquerez^  les  diflèrent^ 
qualité^  ^  vertus  qu’ils  doivent 
avoir  quand  ils  ont  aquis  leur  par¬ 
faite  n/sityrité.  En  leur  premier  âge 
leurs  fiscs  font  cruds  &  indigefis,  & 
font  tous  acerbes ,  &  adflringens  j  ej/r 
quand  leurs  fiscs  font  cuits  &  dige- 
reZ  en  toutes  leurs  parties  fur  leur 
plante  ,  qui  efl  lors  que  les  fiuits 
font  parvenus,  en  leur  parfaite  gran¬ 
deur  &  maturité  ;  peur  lors  la  Çafi 
fe  efl; purgative,  &pojfed,e  les  vraya 
qualitez.  &•  vertus'  dont  la.  nature 
l’a  revêtue ,  &  non  autrement ,,  ^ 
ainfi.  des  autres  fiuits.  Et  ce  qui 
nous,  découvre  d’autant  plus  cét  er¬ 
reur  ,&  qui  nouSi  donne  a  connottre 
la  fourberie,  de  ceux  qui  la  confifent 
efi ,  qu’une  once  de  leur  Cajfe  confi¬ 
te  ,  où  le  fùccre  fait  la  plus  grande 
partie  du  poids  ,  purge  jdus  que  ne 
fiauroient  faire  deux  onces  de  pure 
pulpe  de  Cajfe  bien  meure.  Ce  qui 
n  arriverait  'jamais  ,  ny  d’une  fa^on 
dy  d’autre ,  que  par.  le  tnélange  ou 
addition  qu’on  y  faitjde  la  Scammo- 
néje  ,  ou  de.  tel  autre  purgatif  vio¬ 
lent  :•  &  par  ainfi  Mejfleurs  les  Mé¬ 
decins  qui  ont  la  foy  pour  ce  reme- 
de ,  font  doublement  abufés  de  croi¬ 
re  que  la  Cajfe  confite  purge  en  lu¬ 
brifiant  &  en  humeBant  ,  au  con¬ 
traire  elle  purge  par  accident  en  at¬ 
tirant.  fj^e  fi  on  ne  voit  pas  de  mau- 
vaifis  fuittes  en  cette  purgation  ,  ce¬ 
la  procédé  de  ce  que  la  malignité  de 
la  Scammonée  fe  trouve  corrigée  par 
l'adfiriêlion  de  la  Cajfe  ,  comme 
quand  on  fait  cuire  la  Scammonée 
dans  un  Coing. 

Ceux-là  ne  font  pas  moins  abufes 
que  ceux  qui  s’abfiiennent  d’ufer  de 
loi 


ia  Manne  >  fur  lafoy  qa^ils  a]oùterit 
aux  écrits  de  certains  -Autheurs, 
qui  difent  que  les  Marchands  de  la 
"prerhiere  main  ,  arroufent  la  Man¬ 
ne  avec  quelque  liqueur  en  laquelle 
on  a  dijfout  de  la  Scammonée  ,  où  ils 
ly  mêlent  en  poudré  pour  la  rendre 
pim  purgative  ,  qui  efi  une  autre 
erreur  nàn  rhoins  inveterée  que  la 
première  -,  particulièrement  ch  t'aies 
Mjpagnols ,  qui  n  in  ufeHt  point ,  s’il 
en  faut'  croire,  nos  Marchands  qui 
leur  portent  des  drogues  pour  ven¬ 
dre. 

'  De  fruduum  conditura  in 
fpede. 

De  Nucihm. 

P  Renez  telle  quantité  de  Noix  (  an 
mois  de  loin  >  avant  qu’elles  foient 
dures)  qu’il  vous  plairra.,  que  voiis 
pelerez  &  percerez  à  travers  &  de 
long  en  long ,  avec  une  longue  éguil- 
le  de  bois  j  ou  poinçon ,  que  lairrez 
tremper  en  eau  claire  neuf  ou  dix 
jours ,  pour  diminuer  leur  alnertume: 
laquelle  eau  vous  changerez  chaque 
jour  ;  puis  vous  les  ferez  cuire  en 
d’autre  eau  julqii’à  ce  qu’elles  foient 
tendres.  Aprez  il  les  faut  elTuyer  avec 
un  linge  blanc  ,  &  les  larder  avec 
clous  de  gerofies  &  cànelle  incifée 
en  long  (  auparavant  trempée  en  eau 
pour  la  ramollir  )  ez  trous  auparavant 
faits. 

Quelques-uns  au  lieu  de  gèroOes, 
y  mettent  de  l’écorce  d’orange  fechè 
&  coupée  en  long  &  prime  :  &  pour 
le  firccre  du  miel  blanc  pour  les  pair- 
vres.  Cela  fait,on  prend  plus  pefànt  dé 


Dm  Condits,  ti 

fuccre  que  dfc  noix  >  qii  oh  fait  cuire 
avec  eau ,  en  lÿrop  :  puis  on  y  met  les 
noix  ainli  lardées  j  pour  les  reaxire 
jufqu’à  ce  que  leùr  humidité  foitcon- 
fumée ,  &  fe  puilïént  garder  avec  leUr 
lÿrop  longuement  fans  fè  pouvoir 
gâter. 

D’autres  (  les  noix  étant  cuites  & 
lardées  ,  comme  nous  avons  dit  )  les 
mettent  en  latr  pot ,  &  ne  les  font 
cuire  avec  le  lÿrop  ,  mais  le  verlènt 
par  delfus  étant  à  demy  froid  ,  lequel 
étant  décuit  par  leur  humidité  j  lé 
recuifent  &  verlènt  par  dellùs  les 
noix.  Ils  continuent  ainfi  autant  de 
fois  q^u’il  fe  décuit ,  puis  les  lailïènt  &c 
gardent  au  belbin.  Ils  font  cela  afin 
qu’elles  foient  plus  tendres.  Cette  fa-  fouf 
çon  eft  fort  laborieufe  &  longue,  que  faire 
je  ne  puis  approuver  ,  mais  la  pre- 
mierè  qui  le  pratique  prelque  par  tout, 

Pour  faire  que  les  noix  ne  foient  noi-  toû]ourt 
res ,  mais  toûjours  blanches ,  du  com-  blachts. 
mencement  il  les  faut  peler  julqu’à 
la  moyenne  écorce  ,  ôc  ineoh'tinent 
les  mettre  en  eau  claire  ,  attendant 
qu’elles  foient  toutes  pelées  :  puis  làns 
les  percer  ,  ny  larder,  lés  cuire  en 
quantité  lùffifante  d’câü  &  de  foccré: 
comme  nous  avons  dit  des  precèdén- 
tes;ainfi  elles  feront  toûjours  blahches. 


R  E  M  A  R  QJV  E. 

P\Our  confire  les  noix  blanches  il 
faut  choifir  des  grojfes ,  qui  foient 
tendres  &  unies  en  la  fifperficie , 
les  peler  délicatement  jufques  au 
blanc  &  incontinent  lès  fètter  dahs 
l’eau  fioide  :  aprez.  il  les  put  faire 
bouillir  légèrement  dans  cette  mêrfle 
eâu  &  les  étendre  fur  Un  linge  blanc, 
étant  èjfiyées  ,  les  faUt  Urdir  dvéc 
B  i  de 


1 1.  Livre  1. 

de  V écorce  de  Citron  confite  au  fiée, 
(tr  d’un  peüt  brin  de  fine  Canelle  , 
&  avec  de  Cajfionnade  blanche  cla¬ 
rifiée  cuite  en  fiyrof  ,  les  faut  jetter 
dedans  ,  &  cuire  le  tout  enfiernble 
fiur  un  petit  fieu  un  peu  moins  cjuen 
eleüuaire  liquide  j  &  pour  empêcher 
que  le  Jyrap  ne  fie  candijfe  ,  on  y 
pourra  ajouter  demy  once  de  miel 
blanc  exemt  d’odeur  ,  &  de  faveur 
defiagreable  fiur  deux  livres  de  fiuc- 
cre  ,  &  cette  addition  fie  doit  faire  à 
mefiure  que  l’on  veut  couler  le fyrop. 

Ceux  qui  y  vaudront  ajouter  vn 
petit  noüet  de  deux  grains  de  mufic, 
&  autant  de  bon  ambre  gris ,  la  con¬ 
fiture  en  fiera  de  beaucoup  plus  efii- 
mée  &  agréable. 


Ve  Primomm.,  Fyrorum,  Malomm, 
Perfiicorum ,  Armeniacoram ,  (jr 
fracocium  fruStmm  conditura. 

TOus  ces  fruits  Ce  confifènt  de 
meme  forte ,  lors  qu’ils  font  pref- 
que  meurs  ,  &  non  du  tout.  Première¬ 
ment  il  les  faut  peler  de  leur  prime 
peau  J  puis  les  faire  boüillir  avec 
pareille  quantité  de  foccre  fin  en  eau 
fulEfànte  ,  jufqu’à  ce  qu’ils  foient 
tendres  j  &  ie  puilTent  garder  fans  fe 
corrompre  :  aprez  on  les  mettra  dans 
des  pots  qui  feront  couverts  (  étans, 
froids  )  de  papier  blanc. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

IL  efi  vray  que  tous  ces  fruits  fe 
peuvent  confire  de  même  façon  j 
mais  il  convient  d'être  plus  précis 
de  leur  quantité ,  avec  celle  du  fisc- 
ere  x  &  d’y  procéder  plus  methodi- 


SeÛion  L 

quement  que  l’Autheur  de  la  Pars^ 
phrafie  n’enfieigne.  En  premier  lieu 
il  fujfit ,  par  exemple  ,  de  prendre 
deux  parties  de  prunes  choifies  & 
pelées  comme  a  été  dit  cy-dejfius^ 
fur  une  partie  de  fiuccre  ,  lequel  cla¬ 
rifié  ,  coulé  ,  &  un  peu  moins  cuit 
qu’en  fimple  fyrop  ,  il  y  faut  jetter 
les  prunes  ,  &  les  cuire  lentement 
enfiernble ,  jufques  d  ce  que  le  fyrop 
les  ait  entièrement  pénétrées  ,  éf 
tiré  toute  leur  humidité  fiuperfiu'é  : 
ce  que  vous  cannottrez.  quand  elles 
auront  changé  de  couleur ,  &  quelles 
fieront  également  molles  :  alors  il  les 
faudra  tirer  avec  un  cuiUier  d’ar¬ 
gent ,  &  lespreffer  doucement  con¬ 
tre  le  bord  de  la  bajfine  pour  leur 
faire  rendre  le  fyrop  ,  puis  il  les  faut 
ranger  fur  un  plat-bafifin ,  étans  froi¬ 
des  ,  les  mettre  dans  des  tajfies  de 
verre  ,  &  cependant  continuer  la 
cuitte  du  fuccre  ,  jufiq^es  a  la  confî- 
ftence  d’ur.e  gelée  :  la  baffine  tirée 
du  feu  ,  &  le  fyrop  étant  d  demy 
fioidvous  le  verfiereffiur  le  fruit- 


Ve  Amygdale. 

LEs  amandes  douces  fe  confifent 
au  feccre,  &  au  miel  blanc  ,  mais 
diverfement. 

Premièrement  recentes  &  avec  leur 
écorce  au  mois  de  luillet ,  comme 
nous  avons  dit  des  noix  ,  hormis 
qu’il  ne  les  faut  pas  infufer ,  ny  per¬ 
cer,  ny  larder. 

Secondement  fechées ,  &  feparées; 
de  leur  grolfe  écorce  &  petite  peau,, 
au  fecCTe  en  forme  de  dragée.  Dé¬ 
clarer  comme  la  dragée  fe  doit  faire, 
cela  fe  doit  plutôt  apprendre  à  l’œiL.. 


Des  Condits. 


en  voyant  travailler  les  Maîtres ,  qu’à 
lire  les  écrits  d’autmy. 

En  troifiémc  lieu  avec  miel  blanc, 
dont  on  fait  des  No^m  &  Torrons  ; 
confitures  alfez  plailantes  (  même- 
-  ment  les  Torrons ,  8c  particulièrement 
en  Provence ,  &  Languedoc ,  ôc  non 
ailleurs  ,  que  je  fçache. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

POur  confire  les  amandes  en  li¬ 
quide  ,  il  les  faut  prendre  au 
mois  de  luin ,  avant  que  leur  écor¬ 
ce  ligneufe  paroiffe  ,  choifir  des  plus 
grojfes ,  les  plus  unies  font  d  préfé¬ 
rer  ,  les  peler  délicatement  0“  les 
\etter  dans  l’eau  fiaiche  ,  les  ayant 
achevé  de  peler  les  faut  cuire  dans 
la  même  eau  ,  &  quant  au  furplusy 
procéder  comme  aux  noix  ,  fans  les 
clouer  ny  larder. 


Te  Olivis. 

LEs  Olives  ne  fe  confiiènt  au  fiic- 
cre  ny  au  miel  :  mais  à  la  iàumu- 
rc  ,  ou  eau  iàlée  ,  en  les  y  laiiîânt 
tremper  julqu’à  ce  qu’elles  fe  ioient 
fuffifamment  deipoüillées  de  leur 
amermme  ,  étant  encore  vertes  & 
non  meures.  Ceux  qui  les  confiiènt 
pour  leur  ufage ,  &  non  pour  les  ven¬ 
dre  ,  les  incizent  auparavant ,  pour 
les  rendre  plutôt  confites. 

REMARQVE. 

LEs  Olives  fe  confifent  diverjè- 
ment  étant  vertes ,  Les  uns  choi- 
fijfent  des  plus  grojfes  „  &  les  font 
tremper  dans  l’ean  l’e^ace  de  quin- 


15 

z.e  jours  ou  un  mois ,  &  les  changent 
tous  les  purs  pour  leur  oter  une 
partie  de  leur  amertume  ;  mais  ils 
n’avancent  pas  beaucoup  :  apre"^  ils 
les  mettent  dans  de  l’eau ,  avec  une 
quantité  convenable  de  fel ,  fuivant 
l’intention  qu’ils  ont  de  les  garder 
plus  ou  moins  ,  &  les  enferment 
dans  des  vaijfeaux  propres.  D’au¬ 
tres  qui  les  confifent  pour  leur  ufa¬ 
ge  ,  comme  dit  Baud.  les  incifent  & 
les  font  tremper  environ  quinz.e 
purSjÇj!'^  changent  d’eau  tous  les  purs. 
D’autres  les  écrafent  avec  un  petit 
maillet  ,  &  les  font  tremper  dans 
l’eau  huit  ou  dix  jours ,  &  les  chan¬ 
gent  comme  nous  àvons  dit  :  ceux-cy 
emportent  par  le  moyen  de  la  lotion 
&  de  l’infufion  toute  leur  amertume, 
parce  quelle  efl  attachée  d  la  partie 
aqueufe^des  Olives  ,  &  non  dl’olea- 
gineufe  ,  comme  il  fera  plus  am¬ 
plement  remarque  cy-aprea.  D’au¬ 
tres  encore  les  confifent  quand  elles 
font  meures  &  toutes  noires ,  procé¬ 
dant  d  l’infufion  de  quinze  purs  ott  ' 
environ  ,  &  les  lavent  &  changent 
d'eau  tous  les  jours.  Finalement  ces 
trois  derniers  les  mettent  dans  des 
cruches  de  terre  vernie  avec  du  fel, 
des  fommitez.  de  fenouil ,  des  feuil¬ 
les  de  laurier  ,  ou  d’écorce  d’orange 
feche ,  &  de  J’eau ,  &  objèrvent  les 
proportions  de  l’eau  &  du  fel  ,  fùi- 
vant  qu’on  les  veut  garder. 

Ceux  qui  défirent  de  les  manger 
fi  t'ot  qu’ils  les  ont  mifes  en  l’eau  fèl, 
ils  prennent  des  plus  belles  ejpeces 
qui  ne  font  point  vermolu  'ès  ,  comme 
celles  qui  rapportent  de  plus  pref^ 
Informe  d’une  amande  verte ,  apre^ 
avec  quatre  livres  de  cendres  de 
Tamaris  ,  pu  de  tel  autre  bois  qm 


Livre  /.  Section  I. 


14 

abonde  en  fel  ^ui  foient  bien  brû¬ 
lées  ,  &  environ  dix  onces  de  chaux 
vive ,  mêle  fit  les  deux  derniers  en- 
femhle  ,  &  en  font  une  couche  au 
fond  d'un  harril ,  &  par  de  fus  une 
d’ Olive ,  &  continuent  ainfi  )ufqu  a, 
ce  quils  07n  employé  toutes  les  Oli¬ 
ves  qu-ils  veulent  confire  ,  ^  cou¬ 
vrent  les  dernieres  de  cendres  , 
aprè’f  verfent  par  deffus  d'eau  de 
fontaine  qui  fkrmonte  deux  travers 
de  doigts  ,  Istifent  toutes  ces  cho- 
fes  enfemble  ,  tant  que  les  Olives 
ayent  perdu  entièrement  leur  amer¬ 
tume  ,  ce  qu’ils  reconnoifent  en  m⬠
chant  une  ;  alors  ils  verfent  leur 
mélange  dans  un  panier  ,  &  y  jet¬ 
tent  de  l’eau  par  de  fus ,  pour  en  fe- 
parer  les  cendres  ;  cela  fait  ils  font 
tremper  les  Olives  dans  de  l’eau 
claire  ,  &  la  changent  une  fois  le 
jour  ,  reiterent  cette  operation  jufi 
ques  a  ce  que  Veau  ne  change  plus 
de  couleur  ,  ny  de  faveur  en  vingt- 
quatre  heures  ,  &  que  les  Olives 
foient  comme  infipides  :  &  en  der¬ 
nier  lieu  les  mettent  dans  un  vaifeau 
propre, & y  jettent  de  fus  une  eau  fel, 
un  peu  plus  que  médiocre,  &  le  même 
jour  on  en  peut  manger.  Cette  forte 
de  confiture  approche  fort  d’une  au¬ 
tre  qui  fe  fait  au  favon  :  mais  celle- 
cy  efi  beaucoup  plus  falutaire  ,  & 
de  meilleur  goût. 


*I>e  Cerajls. 

P  Renés  deux  livres  de  grollès 
griottes,  ou  meriiès,  bien  meures, 
dont  les  queues  foient  coupées  parle 
milieu ,  que  vous  mettrés  dans  une 
baffine  for  le  feu  clair  ,  &  non  fii- 


meux  i  avec  fort  peu  d'eau ,  ou  avec 
du  foc  d’autres  griottes  j  qui  voudra 
qu’elles  foient  plus  aigres  (luai,  la 
couleur  n’en  fera  pas  fi  belle  j  de  ver¬ 
sés  par  deli’us  une  livre  de  fiicre  fin 
groHiereraent  pilé ,  pour  les  cuire  en- 
lèmble  julqiies  à  là  perfedion-Durant 
la  cuitte ,  il  faut  ôter  l’écume  qui  na¬ 
ge  par  delfos  avec  une  cueillere  d’ar¬ 
gent  ou  d’autre  matière.  Aprez  on  les 
refièrrera  toutes  chaudes  dans  des  pots 
dé  verre ,  8c  du  firôp  par  defiiis  ,  ce 
qu’il  en  faudra  pour  les  couvrir  5  3c 
étant  refroidies ,  feront  couvertes  de 
■papier  blanc  >  &  gardées  au  befoin. 

REM  ARQVE. 

L  convient  de  prendre  les  griottes 

un  peu  avant  quelles  foient  entiè¬ 
rement  meures ,  leur  couper  comme 
on  a  dit  la  moitié  de  la  queue ,  & 
Jùr  deux  livres  il  faut  mettre  une 
livre  de  fucre ,  &  dans  un  poêlon 
faire  une  couche  de  l’un  Ô'  une  de 
l’autre  j  &  au  fonds  dudit  poêlon 
enuiron  une  once  de  fuc  de  griottes 
des  plus  aigpres  \  du  commancement 
on  les  cuira  fur  un  petit  feu  lent , 
&  pour  le  furplus  il  faut  fuivre 
Bauderon. 


rDâ  Oxydcmtha  ,  Vuk 
immaturk. 

IE  n’entens  pas  parler  icy  de  l’O- 
xyacantha  des  Grecs,amer  au  goût, 
qui  cft  le  fruit  de  notre  aubelpin;  mais 
de  celiiy  des  Arabes  nommé  BerberU, 
d’une  faveur  aigre  :  lequel  fe  confit 
de  même  façon  que  les  aigras.  Ainfi 
prenés  telle  quantité  qu’il  vous  plair- 


*Des  Condits.  15 

ra ,  foit  de  Berberis  ou  des  Aigras,  _ _  . 

avec  autant  pefànc  de  fucre  fin ,  que  “  !  "  "* 

vous  fêtés  cuire  dans  une  baffine ,  fur  •De  Bitlfa  jruêfmm  in  genere. 
un  feu  d^r ,  avec  une  petite  quanti¬ 
té  d'eau  j  jtifqu  a  ce  qu’ils  foient  cuits  T  A  Pulpe  ou  chair  des  fruits 

d’une  confiftance  convenable  >  com-  JL/  confit  diveiièment  félon  la  volon- 
me  nous  avons  dit  des  griottes  :  car  té  d’un  chacun  j  qui  lèroit  difficile  à 
qui  fçaura  bien  confire  l’un ,  fçaura  décrire  par  le  menu,  &  au  long.  Tou- 
;^uiîî  bien  confire  l’autre.  tefois  j’en  donncray  quelques  exem¬ 

ples  ,  qui  pourront  lèrvir  aux  autres  : 
R  E  M  A  R  Q. V  E.  comme  des  Pofijîres,o\i  gros  Citrons, 

ôc  des  Courges  qu’on  appelle  Car- 

PfOttr  avoir  des  aigras  confits,  qui  bajfat:  nom  dérivé  de  l’Efpagnol  qui 
[oient  verts  &  de  faveur  fort  appelle  nos  Courges  ,  Carbajfes  .* 
agréable  ,  vous  choifirés  des  fins  comme  les  plus  ufitées ,  &  fe  confi- 
gros  grains ,  que-  vous  diviferés  en  ftnt  de  même  façon.  L’écorce  du 
deux ,  en  ôterés  les  pépins  ,  &  les  fruit  (loit  des  (joiirges ,  ou  Ponfîres) 
mettrés  dans  un  pot  de  terre  vernie  ôtée,  la  poulpe  içra  coupées  en  lar- 
avec  de  l'eau  ,  leur  donnerés  une  geur  de  deux  doigts  feloii  la  lon- 
legere  ébullition,  apreT^  vous  ren-  gueur  du  fruit,  &  de l’épeiîèur  d’un 
verferés  le  tout  fur  un  linge  blanc  gros  dos  de  couteau.  Pour  la  rendre 
pour  les  faire  égouter  :  &  fier  une  plus  ferme  vous  l’infuferés  en  fau- 
livre  de  fruit  vous  prendrés  huit  meure ,  ou  eau  falée  (comme  les  Oli- 
onces  de  fucre  fin  en  poudre  avec  ves  )  l’efpace  de  quelques  jours ,  & 
deux  onces  d’eâu  de  fontaine  :  le  fu~  lors  qu’on  la  voudra  confire  il  la  fau- 
cre  difibut  fur  un  petit  feu ,  vous  y  d!;a  tremper  en  eau  douce,  un  ou  deux 
jetterés  vos  aigras ,  &  cuir és  le  tout-  jours  pour  ôter  la  iàleurc.  Aprez  on 
lentement  en  confifiance  d'une  petite  lafera  cuire  en  quantité  fiffifanted’au- 
gelée.  tre  eau  ,  ju(q.ua  ce  qu’elle  Ibit  ten- 

Pour  le  Berberis  ,  votts  prendrés  dre  ,  puis  (  comme  nous  avons  déjà 
une  livre  fucre  fin  en  poudre  avec  dît  )  on  la  fèicheta  avec  des  hnges 
quatre  onces  d'eau,  de  fontaine  ,  &  blancs  ,  puis  on  la  recuira  avec  le  ui- 
vous  procéder  és  comme  dejfus  pour  crc  cuit  en  firop ,  comme  il  a  été  dit 
le  firop  ,  dans,  lequel  vous  jetterés  au  rang  des  racines  ,  ou  bien  on  y 
douiçe  onces  de  Berberis  qui  fhit  verfèça  plufieurs  fois  du  fucre  cuit  en 
bien  meur  ,  &  en  petites  grappes ,  firop,  &  à  demi  chaud,  comme  nous 
&  les  cuirés  enfimhle ,  comme  nous  avons  dit  cy-devant  des  noix  :  me- 
avons  dit  cy-deffus.  thodeque  je  ne  puis  approuver.  Pour 

les  réduire  en  confiture  fèiche ,  on  fe¬ 
ra  de  même  qu’il  a  été  dit  des  écorces 
&  des  tiges. 


De 


i6  Livre  L 


De  Pulpa  fruduum  ia 
fpecie. 

De  Pulpa  Cyâoniorum. 

La  chair  ou  pulpe  de  Coings ,  fè 
confit  en  quartiers  ,  ou  en  Coti- 
gnac  ,  comme  nous  dirons. 

Prenés  de  gros  Coings  qui  ibient 
meurs ,  que  vous  divifèrés  en  cinq  ou 
fix  parties  ,  que  vous  pelerés  &  nec- 
toyerés  de  leur  femence ,  membrane 
interne  ôc  de  tout  ce  qui  apparoîtra 
être  graveleux ,  deux  livres  ;  &  une 
livre  6c  demie  ou  deux  de  fucre  de 
Madère ,  que  vous  ferés  cuire  en- 
femble  dans  une  baffine  avec  beau¬ 
coup  d’eau  for  le  feu  clair ,  8c  non  fu¬ 
meux  jufqu’à  ce  que  le  fyrop  foit  cuit 
en  EleeStuaire  mol,  en  ôtant  toujours 
l’ccume,  qui  nage  delîùs  avec  une 
cuillère.  Puis  on  les  ageancerafons  les 
rompre  dans  leurs  pots  :  aprez  on  y 
verfera  du  fyrop  ce  qu’il  en  faudra 
pour  les  couvrir.  Le  tout  refroidy 
fera  couvert  de  papier  blanc  &  ferré 
dans  un  lieu  fec  au  befbin. 

Le  Cotignac  fc  fait  de  même,  hor¬ 
mis  que  pour  le  faire  plus  beau,  il  faut 
choilîr  des  Coings  qui  foient  un  peu 
plus  verds  que  pour  les  quartiers  j 
ôc  durant  la  cuitte ,  il  ne  les  faut  gue- 
rcs  remuer  :  finon  lors  qu’ils  feront 
tendres ,  &  qualî  cuits ,  avec  un  pi¬ 
lon  ou  fpatulc  de  bois  (  afin  de  ne 
luy  faire  perdre  fe  couleur  vermeillè, 
&  rouge  )  pour  les  brifer.  La  cuitte 
fe  connoît  quand  le  cotignac  laiflè 
la  baffine  nette  au  tour  &  au  fonds  -, 
ou  fi  la  pottion  qu’on  met  for  une  afo 


SeBion  L 

fiette ,  étant  refroidie ,  demeure  fer¬ 
me  ,  &  couchée  doucement  du  doigt 
n’adhere.  Alors  &  promtement  ôtée 
de  delfos  le  feu,  elle  fe  doit  mettre 
dans  des  boëtes  de  fopin ,  difpofées 
par  rang  for  une  banque  ou  table: 
quelquès  heures  aprez  on  les  peut 
reilèrrer ,  comme  nous  avons  dit  des 
quartiers.  Ceux  qui  mettent  deux 
parties  de  coing  8c  une  de  fitccrc  , 
font  leur  Cotignac  plus  adftringent  ; 
mais  moins  beau  8c  agréable  au  goût: 
au  contraire  ceux  qui  y  metuont  une 
portion  égale  de  fuccre  &  de  coings, 
l’auront  plus  beau ,  plus  agréable ,  8c 
moins  adftringent. 

REMARQVE. 

CEux  qui  voudront  avoir  des 
coings  incomparablement  mieux 
confits  que  les  precedent ,  &  ahbre- 
ger  le  tems  quon  y  employé  à  l’or¬ 
dinaire  pour  les  confire  ',,  choifiront 
des  coings  des  plus  gros ,  qui  fiaient 
meurs ,  unis ,  odorant ,  cotonnesc  au 
dejfius ,  dr  on  les  coupera  comme  cy- 
dejfus  y  en  quptre  ou  en  fix  pièces, 
fiuivant  la  grojfeur  ,  mondés  dedans 
&  dehors ,  les  pièces  fieront  rangées 
dans  un  pot  de  terre  à  fieu  vitré , 
une  fiur  V autre  par  couches  ,  conti¬ 
nuant  ainfi  jufiques  d  ce  que  le  pot 
fiait  plein  ,  quon  fermera  d’un  gros 
papier  ,  ou  pour  mieux  faire ,  d’un 
■  couvercle  de  terre  ,  qui  ferme  jufie- 
ment ,  &  avec  de  lapafie  on  calera 
les  jointures  pour  empêcher  l’éva¬ 
poration  ;  aprez.  .  on  mettra  le  pot 
dans  un  four ,  aprez  en  avoir  tiré 
le  pain  pendant  toute  une  nuit ,  le 
lendemain  avant  que  d’ouvrir  le 
pot ,  il  faut  préparer  un  Jyrop  film- 


^es  Condits,  17 


■pie  composé  de  fuccre ,  &  de  la  de- 
coSlion  de  la  pelure  des  coings ,  & 
fur  ttn  petit  feu  cuire  le  tout  enfern- 
hle  en  ele&uaire  mol la  hajfme  ti¬ 
rée  du  feuy&  la  confiture  a  demy  re¬ 
froidie  ,  on  la  ferrera  dans  des  pots 
de  terre  ,  &  de  cepe  façon  on  aura 
une  confiture  fort  excellente  ,  qui 
ne  fe  retirera  point ,  comme  il  ar¬ 
rive  bien  fouvent  en  la  façon  pre¬ 
cedente. 

De  même  pour  le  Cotignac  en  bo'ê- 
te ,  on  peut  faire  cuire  les  coings  au 
four ,  comme  dejfus  ,  &  fur  chaque 
livre  de  chair  ,  on  y  mettra  une  li¬ 
vre  &  quatre  onces  de  belle  Caf 
fonnade  ,  clarifiée  &  cuitte  en  Jy- 
rop  fimple  ,  pour  des  deux  enfem- 
ble  ,  en  pourfuivre  la  cuitte  com¬ 
me  en  feigne  l’Autheur  de  la  Pa- 
raphrafe. 


Diacyàonium  pttrganSx 

CÈux  qai  voudront  faire  un  Coti¬ 
gnac  laxatif,  an  precedent  &  lors 
qu’il  eft  cuit ,  &  la  baffine  ôtée  de 
delïùs  le  feu ,  fur  deux  livres  de  Coti¬ 
gnac  de  vingt- quatre  onces  ,  on  y 
mettra  demy  once  de  Scammonée 
(  pour  les  plus  délicats  )  ou  fix  dra¬ 
chmes  J  &  deux  fcrupules  de  Candie 
fubtilement  pulverifée  :  qui  reviendra 
à  demy  fcrupule  de  Scammonée  pour 
chacune  once  de  Cotignac  :  quantité 
lùfEfante  pour  purger  la  colère  de 
ceux  qui  font  faciles  à  émouvoir ,  & 
lî  délicats  qu’ils  ne  peuvent  ufer  de 
pilules  ny  médecines  purgatives  ,  ou 
qui  n’en  veulent  ufer.  Il  faut  trom¬ 
per  cette  ïbrtc  de  gens  pour  leur  pro¬ 
fit.  S’il  eft  queftion  de  purger  le 


phlegme  ,  au  liai  de  la  Scammonée 
on  y  mettra  une  once  de  fin  Turbith, 
&  quatre  fcrupules  de  Gingembre 
pour  deux  livres  de  Cotignac ,  la  baf¬ 
fine  étant  ôtée  de  delTus  le  feu.  Ou 
bien  fi  l’on  veut  purger  la  bile ,  & 
le  phlegme  épais  &  vifqueux  ,  on 
prendra  la  moitié  de  l’un  &  de  l’au¬ 
tre  ,  qu’on  mêlera  comme  nous  avons 
dit  J  ainfi  on  aura  im  remede  familier 
&  agréable.  Ces  drogues  ne  chan¬ 
gent  point  le  goût  du  Cotignac  ,  & 
la  couleur  n’eft  guere  moindre  que 
fans  dles.  La  dofe  doit  être  limitée 
félon  l’âge ,  le  fexe ,  la  fàifon  &  le 
tempérament  des  malades  ,  de  pbs. 
ou  moins. 

R  E  M  A  R  dV  E. 

QPoy  quil  y  ait  de  l'incompati- 
bilité  entre  l^aêlion  des  medi- 
carnens  adilringens ,  &  de  ceux  qui 
font  purgatifs  ,  quand  ils  font  mêlés 
&  donnez.,  enfemble  ,  d  caufe  de 
leurs  effets  directement  contraires: 
fi  eSt-ce  neanmoins  que  Vufage  l'a 
emporté  parmy  quelques-uns  fur  le 
Cotignac  ,  d'y  ajouter  de  la  Scam¬ 
monée  &  autres  pour  le  rendre  la¬ 
xatif ,  où  il  y  aurait  beaucoup  de 
chofes  d  relever  de  même  que  fur 
la  Cajfe  confite  ,  que  ’fobmettray , 
cfr  me  reduiray  ,  pour  remplir  cet¬ 
te  Remarque  ,  de  dire  qu’il  con¬ 
vient!  pour  ce  faire  ,  de  compofer 
un  Cotignac  expref  ,  d'une  partie 
de  coings  gros  &  bien  meurs ,  qui  ne 
foient  point  aigres,  avec  deux  parties 
de  fuccre  ,  &  entre  autres  chofes  de 
prendre  garde  avant  que  d’y  mêler 
la  Scammonée  ,  que  les  coings  foient 
bien  cuits ,  &  la  pulpe  fubtile  ,com- 
C  me 


1 8  Livre  L 

me  fi  elle  était  pafiée  a  travers  un 
tamis ,  four  éviter  les  mauvais  ac- 
ciàens  qui  s’en  fourraient  enfiui- 
vre  J  faute  de  n  avoir  fas  égale¬ 
ment  mêlé  la  Scammonée  en  toutes 
les  parties  du  Cotignac. 


Diacynerhodon. 

La  pulpe  du  fruit  de  Cynorho- 
don  ,  ou  Rofe  canine ,  que  nô¬ 
tre  vulgaire  appelle  Eglantier  ,  Sc 
Gratecul  ,  par  antiphrafe  ,  fe  con¬ 
fît  de  même  que  nous  avons  dit 
du  Cotignac  :  en  rellèrrant  elle 
brîfè  le  fable  aux  reins  des  graue- 
leux. 

rem  ARQJ^E. 

Le  fiuit  du  Cynorhodon  fie  con¬ 
fit  diverfement ,  lors  qu’il  s’a¬ 
git,  de  l’employer  pour  l’intemperie 
chaude  dujvye,  ou  par  moitié  aprez. 
V avoir  mondé ,  ou  en  confirve ,  ain- 
fi  que  Bauderon  enfeigne.  pour  la 
même  affeélion  ,  ou  bien  four  le 
calcul. 

Prenez,  de  ce  fiuit  le  plus  gros 
&  le  mieux  naurry  ,  au  mois  de 
Septembre  ,  un  peu  avant  qu’il  fait 
meur ,  mondé  de  fa  graine ,  &  d’un 
petit  poil  qui  l’environne  ^  aprez. 
vous  le  ferez  cuire  dans  une  deco- 
Bion  hépatique  ,  &  réfrigérante , 
ju/ques  a  ce  qu’il  fit  tendre  ,^alers 
vous  coulerez  votre  deicoétion  ,  & 
vous  étendrez  le  fruit  Jùr  'mmn- 
ge  blanc. 

Pendant  qu’il  s’égoutera ,  vous 
cuirez  une  livre  de  fuccre  ,  avec 
la  decoélion  en  confiBence  de  jy- 


Seâion  L 

rop  ,  dans  lequel  vous  jetterez  pa. 
reille  quantité  de  fruit  ,  &  conti¬ 
nuerez  la  coBion  fur  un  feu  mo¬ 
déré  ,  'iufqu’en  fa  perfeBion  ,  que 
vous  ferrerez  dans  des  pots  pour 
le  befoin. 

Eour  le  calcul  ,  le  modus  fa- 
eiendi  ne  différé  en  rien  ,  finoru 
qu’au  lieu  de  la  decoBion  hépati¬ 
que  &  refiigerante  ,  il  fe  faut  fer- 
vir  d'une  decoBion  faite  avec  les 
femences  de  la  grande  Bardane ,  & 
de  Lingua  Avis ,  qui  eB  celle  du 
Erefne. 

On  préparé  de  même  ta  Confer- 
ve  de  Cynorhodon  a  mode  de  Coti¬ 
gnac  J  en  cuifant  la  pulpe  aprez 
l’avoir  pafiee  par  le  tamis  renver- 
fé ,  avec  pareille  quantité  de  fuc¬ 
cre  ,  ou  un  peu  plus ,  pour  la  ren¬ 
dre  plus  agréable  :  aprez  la  faut- 
loger  dans  des  bo'étes  de  fapin. 

On  en  peut  faire  de  même  ,  une 
fort  belle  &  agréable  gelée  en  cui¬ 
fant  long-tems  le  fi-uit  mondé  com¬ 
me  deffus  ,  &  divifé  en  quatre  , 
en  fuffifante  quantité  d’eau  ,  la  cji- 
lature  &  forte  expreffion  faitzj  , 
fera  clarifiée  avec  du  fuccre  cuits 
enfemble  ,  en  une  confifienee  re- 
quife. 

La  plus  commune  façon  de  le 
confire  a  prefent ,  efi  qu  aprez  avoir 
bien  exaBemen  t  mondé  le  fiuit ,  on 
le  met  à  la  cave  dans  un  ptat  baf 
fin  ,  par-deux  ou  trois  fois  vingt- 
quatre  fieures  ,  jufqu’a  ce  qu’il  fait 
moî,  aprez  on  le  paffe  par  un  tamie 
fubtil,  &  on  y  a]oute  fur  um  partie^ 
autant  pefant  de  fisccre  en  poudre^ 
ou  un  peu  plus  ,  fuivant  le  go^  des 
perfonnes  j  mais  je  n’approuve  point 
cette  nouvelle  methaéte. 

Jîe 


Des  Condits.  19 


.  'De  Foliemm  'mà  'itma. 

Le  s  herbes  qu’on  veut  confire, 
ou  elles  font  de  leur  nature  hu¬ 
mides,  oufeiches.  Si  elles  font  hu¬ 
mides  ,  il  en  faut  tirer  le  füc ,  &  le 
cuire  avec  deux  fois  autant  de  fuccre 
en  forme  de  fÿrop,  ou  un  peu  plus: 
puis  y  ajoûterés  le  marc  ou  refi- 
dence  de  ce  fuc  exadement  pilé  en 
un  mortier  de  marbre,  avec  un  pi¬ 
lon  de' bois  ,  le  fyrop  étant  encore 
fiir  le  feu  &  chaud  :  aprez  il  les  faut 
ferrer  &  garder  en  leur  pot. 

Si  elles  font  lèiches  comme  VAh- 
finthe  Pontic ,  CaŸilli  Uenerü  ôi  Ce- 
terach  :  il  faut  premièrement  ôter  les 
branehetes  &  queues ,  puis  les  piler 
au  mortier  de  marbre  fort  exacte¬ 
ment,  &  y  ajouter  deiix  fois  autant 
de  foccre  pulvérisé  :  Et  derechef  le 
tout  étant  bien  incorporé  ,  fora  tenu 
au  Soleil  en  fon  pot  quelques  jours, 
&  remué  par  fois ,  &  gardé  au  be- 
foin. 

Quelques-uns,  &  fort  bien,  font 
une  dccoélion  à  part  de  ces  herbes 
foiches  pour  fuppléer  au  defaut  du  fuc, 
en  laquelle  ils  font  fondre  leur  fuccre 
fin,  &  cuire  en  forme  d’Electuaire 
mol  :  puis  y, ajoutent  leur  herbe  triée 
&  curieufoment  battue  comme  nous 
avons  dit  :  laquelle  incorporée  avec 
le  foccre  &  refroidie  ,  ils  gardent  au 
befoin.  Cette  méthode  eft  meilleure 
que  la  première.  . 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

LP-r  fueilles  ,  les  fleurs  &  les 
fruits ,  fe  confifem  bien  [auvent 


<tu  vinaigre comme  le  fenouil  ma¬ 
rin  ,  les  tiges  de  pourpier  &  au¬ 
tres  ,  les  mêmes  fe  peuvent  attffl 
confire  en  l'eau  fel.  Dans  l'eau  de 
vie  fe  confifent  de  même  les  griot¬ 
tes  ,  les  abricots  vers  &  autres ,  ^ 
les  petits  Concombres  au  vinaigre, 
le  ne  diray  rien  en  particulier 
d'aucunes  de  ces  confitures ,  a  caufe 
quelles  font  fort  peu  en  ufage  en  la 
Medecine. 


•De  Florum  conàitma  in  genere. 

QVoyque  de  toute  fleur  fo  puiflê 
faire  de  la  Conforve  :  fi  eft-ce 
que  fufoge  en  a  retenu  aucunes ,  8c 
non  les  autres.  De  celles  qui  font  en 
ufàge ,  les  unes  font  humides  de  leur 
nature  ,  comme  Violes ,  Buglojfe , 
Borraches  ,  Cichorée ,  Nénuphar, 
&c.  Les  antres  font  foiches,  comme 
de  Tamaris,  de  Stœchas ,  de  Sauge, 
8c  de  Rofmarin  ,  &c.  Les  autres 
tiennent  le  milieu,  comme  de  Ro- 
fes,  é&  Betoine ,  8cc.  Aucuns 'font 
d’avis  que  celles  qui  font  humides , 
foient  à  demi  foichées  au  Soleil ,  en¬ 
tre  deux  linges,  afin  de  diminuer 
une  partie  de  leur  humidité  j  puis 
'  étant  pilées  au  mortier,  y  ajourer  le 
double  de  foccre  fin,  grolfierement pi¬ 
lé,  &  le  tout  bien  incorporé  ilslegar-.- 
dent  au  Soleil  dans  vn  pot  de  terre 
vernilfé  :  &  une  fois  le  jour  avec  une 
fpatule  remuent  leur  Conforve ,  dé 
bouchent  fort  bien  leur  pot  d’un' 
double  papier  ou  parchemin  mouil¬ 
lé  ,  afin  que  la  vertu  aërée  des  fleurs 
ne  fe  perde.  Prefentement  la  pluf- 
part  des  Cônfonies  fo  fait  quafi  de 
même  ,  hormis  qu’on  ne  fait  point 


X  O  Liure  L 

feicher  les  flairs  j  pour  humides 
qu’elles  foient  de  leur  nature  :  mais 
toutes  récentes  (  car  fouvent  en  les 
fèicliant  j  lair  couleur  naïve  fè  perd, 
indice  certain ,  ou  que  leur  vertu  eft 
du  tout  perdue  j  ou  une  bonne  partie, 
ainfi  que  Mefué  enfèigne  dodement 
Comme  livre  des  /impies  purgatifs  cha- 
on  fait  pitre  de  la  Rofe  )  on  les  pile  ,  puis 
lesCon-  on  y  ajoute  deux  fois  autant  de  fte- 
ferves.  ^  5g  jg  tout  incorporé  ,  on  les 
garde  dans  des  pots  couverts  ,  poul¬ 
ies  railôns  déduites  ,  qu’on  tient 
vn  mois  au  Soleil  ,  ou  quarante 
jours  ,  &  on  les  remue  deux  ou 
trois  fois  la  fèmaine  ,  afin  que  la 
chaleur  du  Soleil  les  cuife  de  toutes 
parts. 

'Erreur  Ceux-îa  ne  font  pas  bien ,  qui  cou- 
reproH-  vrent  leur  pot  d’un  fimple  papier, 
qu’ils  percent  avec  une  grolfe  épin¬ 
gle  ;  durant  le  temps  qu’ils  tiennent 
leur  pot  au  Soleil  :  au  contraire  ,  il 
doit  être  bien  couvert,  de  peur  que  la 
va-tu  de  la  fleur  ne  s’exhale. 

remarqve. 

Qmy  bon  expofer  les  Confer- 
ves  au  Soleil  par  trente  ou 
epuarante  ]ottrs  }  ce  nejl  à  autre 
intention  que  pour  les  faire  fer¬ 
menter  i  a  quoy  bon  cette  fermen¬ 
tation  ?  ejl-ce  pour  leur  augmen¬ 
ter  leur  vertu ,  ott  faire  que  celle  de 
Vvn  fe  communique  plus  facilement 
à  l’autre  ?  non  ,  car  en  pilant  le 
fuccre  avec  les  Fleurs ,  celle-cy  à 
finjiant  communique  fa  vertu  à 
l’autre  fans  autre  artifice  j  fi  c’efl 
pour  les  mieux  vnir ,  il  n’y  a  qu’à 
les  piler  plus  long-tems  en femblex 
Ji  cefi  pour  faire  digérer  &  cuire 


SeBion  h 

quelque  humidité  fup'erfiu'è  qui  fait 
en  la  fleur,  il  n’y  a  qu’à  la  faire  fei¬ 
cher  auparauant. 


De  Florum  Conditura  in 
fpecie. 

Conferva  Rofarum  mollü. 

CE  que  Mefiié  difiinEl.e,.  appelle 
Zaccharum  Rgfatum,  Ndcolaus 
en  fon  Antidotaire  l’appelle  Rhodo- 
faccharum  ,  &  nous ,  Conferve  de 
Rofes ,  qui  le  fait  ainfi.  Prenés  une 
partie  de  rôles  rouges ,  dont  les  on¬ 
gles  loient  coupées  avec  un  couteau 
ou  cizeau.  Nous  appelions  ongle 
la  partie  blanche  qui  eft  au  bout  des 
fueïlles  des  fleurs  de  la  Rofe ,  &  non 
ces  petits  grains  jaunes  qui' font  au 
milieu  de  la  Rofe,  lefquels  feichés 
font  noirs ,  qu’aucuns  ignorans  ap¬ 
pellent  Antheram ,  nom  d’une  com- 
pofitio^dont  fait  mention  Diolcori- 
de ,  &  Gahen  Hure  6.  des  Médica¬ 
ments  locaux  ,  ufitée  de  leur  temps, 
&  non  pour  le  prefent  :  car  la  femen- 
ce  eft  contenue  au  fruit ,  qui  étant 
meur  eft  rouge. 

Donc  les  Rofes  ainfi  coupées  feront 
.curieufement  pilées  en  un  mortier 'de 
marbre  ,  avec  un  pilon  de  bois ,  puis 
on  y  ajoutera  une  partie  de  fuccre 
fin  qu’on  incorporera  enfemble  ,  & 
gardera  en  fon  pot  ,  qui  ne  loit  du 
tout  plein  :  puis  on  les  mettra  au  So¬ 
leil  bien  couvert ,  comme  nous  auons 
dit  l’elpace  de  trente  ou  quarante 
jours  ,  en  le  remuant  chaque  jour 
avec  une  fpatule  ,  afin  que  la  chaleur 
pénétré  par  tout.  Ainfi  cette  confer- 


Dôi  Condits, 


i 


ve  fè  garde  deux  ans  j  tres-belle  j  & 
tres-agreable. 

Quelques-vns  font  diflbudre  le 
fiiccre  en  eau  Rofè  5  &  le  font  cuire 
en  Eleduaire  :  puis  y  meflent  leurs 
Rôles  curieuferaent  inondées  &c  pi¬ 
lées  au  mortier  j  comme  nous  venons 
de  dire ,  &  y  ajoutent  un  peu  de  ver¬ 
jus  d’Aigras ,  ou  lue  d’oranges ,  qui 
luy  donne  une  belle  couleur ,  laquelle 
il  garde  un  an  fans  changer ,  pourveu 
que  la  Conlcrve  Ibit  mile  en  fon  pot 
un  peu  chaude  pour  luy  donner  une 
petite  croûte  par  de/îiis  j  qui  empêche 
que  l’air  qui  l’environne  ne  change 
(a  couleur. 

REMARQ^VE. 

méthode  que  Bauderon  vient 
de  nom  donner  pour  les  Confer- 
ves  des  fleurs  ,  efl  tirée  de  la  Se- 
Elion  quatrième  du  Grabadin  de 
Jl-fefité  ,  lequel  veut,- que  fur  une 
partie  de  fleurs  ,  quon  en  mette  trois 
de  fuccre  ,  ce  que  Bauderon  a  ré¬ 
duit  pour  augmenter  leur  vertu, 
fur  vne  partie  de  fleurs  a  deux  par¬ 
ties  de  fuccre  :  de  cette  derniere 
façon,  les  Conferves  en  feront  moins 
agréables  au  palais  ,  df  par  con- 
fequent  beaucoup  pltu  vtiles  ,  df 
SJ  faut  tenir  fans  les  expo  fer  au 
Soleil. 

'  A  cette  façon  de  Conferve ,  jen 
ajouteraj  une  qui  n  efl:  posa  mépri- 
fer  qui  fe  fait  en  prenant  telle 
fleur  quon  voudra  ,  foit.  de  celles 
qui  abondent  en  humidité  vifqueu- 
fe  ,  comme  la  Buglojfe ,  Borrache, 
Nénuphar ,  &  autres:  ou  bien  de 
celles  qui  font  tes  moins  humides 
comme  de  Tamaris ,  de  Stcechas  & 


autres  ,  qu’il  faut  '  faire  feicher 
promptement  au  Soleil,  ou  il  l’om¬ 
bre  fuiuant  la  nature  de  la  fleur, 
apres  l’avoir  mife  en  poudre  mé¬ 
diocre  ,  ou  fubtile  ,  confiderant 
toujours  fa  durée  ,  il  la  faut  hume- 
Ber  d’une  bonne  déco  B  ion  ou  infu- 
Jîon  de  la  même  fleur  ,  jufqu’a  ce 
quelle  foit  en  conflftance  :  que  fi  on 
V avait  pilée  avec  fon  propre  fuc, 
&  fur  une  once  &  demie  de  ladite 
poudre  avant  qu  être  humeBée  j  on 
y  mêlera  une  livre  de  fuccre  en 
poudre  fubtile ,  dans  un  mortier  de 
marbre  ,  pour  être  ferrée  dans  un 
pot  bien  couvert.  Telle  Conferve 
fera  plus  agréable  augoufl  &  à  la 
veu  'è ,  &  aura  plus  grande  ver¬ 
tu  que  les  autres  preferites  cy- 


Conferva  Rofarum  foUda. 

P  Renés  une  once  de  Rofes  f⬠
ches  ,  auparavant  mondées  de 
leurs  ongles  ^  comme  les  preceden¬ 
tes  ,  que  vous  reduirés  en  poudre 
fubtile  ,  &  l’arroLiferés  de  trois 
drachmes  ,  demy  once  de  fixe 
d’Aigras  ou  de  Limons  :  puis  vous 
prendrés  une  livre  de  feccré  fin  que 
vous  ferés  diiîbudre  en  eau  Rolè ,  & 
cuire  en  Eleétuaire  folide  i  après  la 
baffine  ,  ou  calîètte  étant  tirée  du 
feu  J  vous  y  mêlerés  la  poudre  de 
Rôles  arroLifé'e  ou  humeâée  com¬ 
me  nous  avons  dit.  Le  tour  prclque 
refroidy  (  avec  une  Ipatule  de  bois 
large  fur  le  devant  )  lèra  mis  par 
morceaux ,  Inr  un  papier  blanc  >  Sc 
gardé  dans  des  pots  de  verre  bou¬ 
chés  ,  ou  boê'tes  bien  couvertes ,  pour 
C  5  s’en 


Lièvre 

s'en  fèrvir  au  bclôin.'  Le  üîic  y  eft 
feulement  mis  pour  lity  donner  la 
couleur  vérmeille ,  &  non  pour  chan¬ 
ger  ou  augmenter  fa  vertu ,  laquelle 
il  garde  lix  mois ,  pourveii  que  1  air 
ne  la  touche.  PaiTé  fix  mois  ,  cette 
couleur  fe  fl  eftrit  3  peu  à  peu  lors 
ià  vertu  eft  moindre  que  de  la  liqui¬ 
de  J  au  contraire  étant  reeente  elle  a 
pareille  force  :  parce  que  demy  livre 
de  rofes  recentes  mondées ,  &  fei- 
chées ,  ne  revient  au  plus  qu’à  une 
once  J  comme  chacun  peut  expéri¬ 
menter, 

REMARQVE. 

’^utheur  de  la  Paraphrafe  nom 
enfeigne  le  moyen  de  faire  la 
Conferve  de  Rofe  folide ,  ou  en  ro¬ 
che  avec  addition  fur  une  once  de 
Rofe,  de  trois  ou  quatre  drachmes 
de  verjus  ou  fuc  de  limon  ;  cette  mé¬ 
thode  neft  point  receué  ny  approu¬ 
vée  de  beaucoup  de  Médecins ,  à 
caufe  de  l’aigreur  qu’ils  difent  être 
ennemie  de  la  poiürine.  Mais  il  fe  . 
pre fente  encore  une  autre  difficulté, 
qui  eft ,  quavec  une  telle  quantité 
d’aigreur  ,  on  ne  f  attrait  réduire 
la  conferve  en  morceaux ,  a  caufe 
que  l’acidité  en  telle  quantité  dé¬ 
cuit  le  fuccre  en  façon  qu’on  ne  le 
peut  recuire  fans  brûler  la  compo- 
fition  :  mais  puis  que  nôtre  Autheur 
veut  quelle  fait  belle  en  couleur  ,  & 
qu’on  en  puijfe  ufer  fans  apprehen- 
Jîon,  j’en  propoferay  une,  qui  efi  tout 
à  fait  belle ,  agréable  ,  &  falutaire, 
qui  fera  bien  receué. 
w  Prenés  des  boutons  de  Rofes  rou- 
Confer-  mondées  de  leurs  ongles  quan- 
ve  de  tiié  Juffifante  :  tirés-en  la  teinture 


h  SeBion  L 

fuivant  l’Art  avec  de  bonne  Pau  T^ofefei. 
Rofe  &,  quelques  gouttes,  d’efprit  * 

de  Souphre  ;  coulés  cette  teinture. 

^  r  ■  r  •  I  ,  vtmn, 

GT  faites  promptement  jetcher  les 

Rofes  a  l’ombre  ,  &  les  pilez,  fùbti- 
lement  ;  pendant  le  temps  de  la 
trituration  ,  vom  ferés  cuire  une 
livre  de.  fuccre  fin  en  Eleéiuaire  ' 
folide ,  (fr  y  mèlerés  une  once  deux 
drachmes  de  poudre  defdites  Rofes, 

&  après  vous  jetterés  vôtre  Confer¬ 
ve  en  morceaux,  de  cette  façon ,  elle 
fera  fort  belle  ,  &  d’vn  rouge  fort 
éclatant. 

Nous  faifons  quantité  de  compo- 
fitions ,  qui  ont  pris  le  nom  de  la 
Rofe  ,  parce  quelle  leur  fert  de 
bafe  ,  que  Schrôderus  a  nombrées 
jufques  a  trente  fept ,  toutes  diffe¬ 
rentes  ,  fans  que  parmy  ce  lie  s -la, 
on  y  puijfe  comprendre  ,  les  deux 
deferiptions  cy-deffus  mentionnées , 
ny  encore  moins  la  fuivante  ,  qui 
n’efl  pas  moindre  que  les  autres, 
qui  fe  compofe  du  marc  des  Rofes 
comme  a  été  dit  cy-deffus  ,  après 
l’avoir  legerement  exprimé  ,  il  le 
faut  piler  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  ,  le  paffer  a  travers  un  tamis 
renverfé ,  &  après  il  y  faut  mêler 
autant  pefant  de  fuccre  que  de 
fleur ,  le  tout  exactement  mélangé, 
fera  ferré  dans  des  boittes  de  Sa¬ 
pin  en  façon  de  Cotignac.  Elle  efi 
fort  rafiaichiffante  battue  avec  de  ' 

l'eau  ,  agréable  au  goufi  ,  &  qui 
defaltere  les  malades  ,  en  la  tenant 
dans  la  bouche  j  fert  auffi  au  vomif- 
fement  ,  &  arrête  la  fluxion. 


De 


Des  Condits.  i  x 


Ve  Confervis  VioUmm , 
NywfhM  ,  Cdthd ,  é  Ulij 
convnlly. 

Le  s  Conferves  de  Violes  ,  de 
Buglojfe,  de  Borrache,  de  Blanc 
d'Eau,  nommé  Nymfh&a  ,  &c  iVe- 
nuphar,  de  Soucy ,  &c  de  B^guet ,  fè 
font  de  même  que  la  Conlèrve  de 
Rôles  5  fait  liquide  ou  folide ,  hor¬ 
mis  qu’au  lieu  des  ongles  des  Rôles, 
il  faut  ôter  la  partie  herbue  ,  qui  eft 
le  pied  des  Fioit} ,  Nénuphar ,  Bu¬ 
glojfe  ,  ôc  Borrache ,  qu’on  gardera 
au  beloin. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

VOyês  la  Remarque  de  laCon- 
ferve  de  Rofe  liquide  ,  fui- 
vant  laquelle  on  en  pourra  vfer 
en  celle-cy  ,  de  même  qu'en  cel¬ 
le-là. 


Conferva  Elorum  Tamar  'tfci. 

CE  rte  Conlèrue  fe  fait  com¬ 
me  nous  avons  dit  des  her¬ 
bes  feiches  ,  ou  peu  humides  de 
leur  nature.  Ainlî  prenés  telle  quan¬ 
tité  de  fleurs  de  Tamaris  recente 
qu’il  vous  plairra  ,  que  vous  forés 
bouillir  en  eau.  La  colature  fera  cla¬ 
rifiée  ,  avec  aubins  d’œuf  »’  coulée, 
&  avec  une  livre  de  lîicere  fin  cuit- 
te  en  Eleétuaire  mol  ;  puis  vous  y 
mêlerés  demy  livre  d’autres  fleurs 
de  Tamaris  bien  mondées  de  leurs 
tiges  &  branchettes  ,  &  pilées  au 
mortier  de  marbre,  &  pilon  de  bois. 


pour  garder  le  tout  en  Ibn  pot  bien 
couvert  pour  la  necelîité.  Les  Con- 
ferues  de  purs  de  Betoine  ,  de  Sau¬ 
ge,  de  Rofrnarin,  de  Stœchas,  de  Pri- 
mula  veris,  &c.  fe  peuvent  faire  com¬ 
me  la  Conforve  de  Rofes ,  ou  de  Ta¬ 
maris. 

R  E  M  A  R  CLV  E. 

L  faut  prendre  les  purs  de  Ta¬ 
maris  en  boutons  avant  quelles 
foient  éclofes  ,  &  fans  les  piler, 
après  les  avoir  exaüement  mon¬ 
dées  ,  on  en  mêlera  fix  onces  dans 
une  Hure  de  pccre  clarip  comme 
enfeigne  Bauderon  ,  quon  fera  cui¬ 
re  en  confijlence  de  Conferve  j  étant 
pûide  ,  elle  fera  ferrée  dans  un 
pot  bien  couvert  ;  ou  bien  après 
avoir  mondé  cette  même  pur  on 
la  fera  foigneujèment  feicher,  après 
on  la  mettra  en  poudre ,  &  ayant  été 
hufneêtée ,  comme  a  été  dit  cy-de- 
vant  en  la  Conferve  de  Rofe  liqui¬ 
de  ,  on  la  rüêlera  avec  le  pccre 
en  poudre  ,  &  feront  pendant  une 
heure  &  demy  battus  enfimble  dans 
un  mortier  de  marbre  ,  avec  un  pi¬ 
lon  de  bois. 


Confervft  Mellis  Rofarum. 

GE  que  les  Arabes  appellent  Gene- 
liabin  ,  les  Grecs  Rhodomel, 
les  Latins  mel  Rofatum  ,  eft  nôtre 
miel  Rofat.  Du  temps  de  Mefué  la 
Conforve  de  miel  Rofat  fo  faifoit  en 
trois  maniérés, 

I .  La  première  ,  avec  une  par¬ 
tie  de  Rofos  recentes ,  non  du  tout 
épanouies  &  contufos ,  &  trois  fois 
mitanic 


2-4  Lkjre  I. 

autant  de  miel  deljpuraé  j  qu  on  cui- 
ioit  enfèmble. 

2.  La  fécondé,  avec  égales  por¬ 
tions  de  fie  de  Rofes  rouges ,  & 
lîiiel  deipumé ,  &  s’apelloit  miel  Ro~ 
fat  coulé. 

3 .  La  troifiéme  avec  Rofès  &  fuc 
une  partie  &  demie  ,  &  trois  par¬ 
ties  de  miel ,  qu’ils  cuiiôient  &  gar- 
doient. 

Pour  le  prefènt ,  la  prémiere  ma¬ 
niéré  fe  pratique ,  ainfi  que  Meiùé 
enleigne  en  la  diftinSlion  quatriè¬ 
me  ,  hormis  qu  on  ne  fait  pas  feicher 
les  -Rôles  à  demy ,  mais  récentes  &c 
épanouies  ,  &  lèparées  de  leurs  bou¬ 
tons  &  grains  jaunes ,  on  les  con- 
eaflé  au  mortier  de  marbre  avec  un 
pilon  de  bois  :  puis  miles  en  un 
grand  pot  de  terre  vernilfé  ,  étroit 
d’emboucheure  ,  on  y  verfe  trois 
fois  autant  pelant  de  mief  éciimé 
tout  chaud  :  lequel  étant  bouché  on 
Texpofe  au  Soleil  douze  ou  quinze 
jours  ,  ou  vint-quatre  heures  liir  les 
cendres  chaudes ,  lî  la  neceffité  ne  le 
permet.  Lors  qu  on  s’en  veut  lèrvir, 
ou  un  peu  auparauant ,  on  en  prend 
une  portion ,  y  ajoutant  un  peu  d  eau 
Rolè  qu’on  fait  bouillir  :  &  on  le 
garde  au  befoin  aprez  l’avoir  expri- 
Aivit  mé  &  cuit.  Ce  miel  s’appelle  miel 
peur  Rofat  coulé-  Au  lieu  de  l’eau  Rolè, 
mhl  ^  trouverois  meilleur  qu’on  y  mît 
chaque  livre  de  miel  ,  trois 
fort  ex-  ou  quatre  onces  de  fuc  d’autres  Ro- 
ceüint.  lès  ,  &  qu’au  lieu  d’une  infulîon, 
on  en  fît  trois.  Ainlî  ce  miel  Rolàt 
ièroit  tres-exccUent ,  à  ce  que  Mefué 
promet. 


Seâîon  J. 

REMARQUE. 

IL  eft  a  remarquer  que  Bauderon, 
en  la  premier?  Edition  de  fa 
Pharmacopée  &  en  toutes  les  au¬ 
tres  a  manqué  en  la  troifiéme  def- 
cription  quil  nom  rapporte  dti  miel 
Rofat  j  en  ce  qu’il  ne  demande  que 
de  Rofes  ,  &  de  leur  fuc  une  par- 
-  tie  &  demie  ,  &  trois  parties  de 
miel ,  &  encore .  s’il  en  faut  croire 
un  exemplaire  in  oélavo  dé  Atefué 
imprimé  à  Venife  en  l’an  1513.  il 
n’y  efi  demandé  que  deux  parties 
de  miel  ,  fur  la  même  quantité 
d’une  partie  &  demie  de  chacun 
de  Ro/e ,  &  de  fuc ,  c  efi  a  quoy  il 
faut  prendre  garde. 

Pour  bien  compofer  le  mtel  Ro¬ 
fat ,  il  ne  faut  point  infufer  les  Re- 
fes  dans  le  miel  ,  mais  prendre  le 
double  de  Rofes  que  Mefué  demande, 
&  les  infufer  en  diverfes  fois  dans 
d’eau  de  fontaine  ,  &  cuire  fur  un 
feu  lent  ladite  infufion  avec  la 
quantité  du  Miel  que  l’Autheur  y 
demande.  Faifant  ainfi  le  miel 
fera  beaucoup  pim  excellent ,  &  le 
temps  abrégé. 


De  melle  Anthofato. 

QVoj  qiiAnthos  lôit  un  nom 
general  ,  &c  commun  à  toute 
fleur  ,  lî  eft-ce  que  les  Médecins  par 
excellence  le  prennent  pour  efpece  & 
fleur  du  Rojmarin  ,  laquelle  mê¬ 
lée  avec  trois  fois  autant  de  miel  def- 
pumé  comme  nous  ayons  dit  du  miel 
Rofat,  ils  l’appellent  mel  Anthofa- 
ttm>  Sc  les  Arabes  Alchichil,  ou 
Alkî 


D  ts  Condits.  Z 


Alkikil-  Quand  on  le  voudra  faire 
bouillir ,  aü  lieu  de  Teau  ou  du  fiic, 
il  y  faut  mettre  du  vin  ,  ou  fembla- 
ble  quaontité  de  decoélion  faite  avec 
d’autre  fleur  de  Rofmarw.  Ainfl  il 
fera  excellent ,  à  ce  qu’il  promet.  Le 
miel  Violât  fè  fait  de  même  que  le 
Rofat. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

L  efi  très-important ,  fi  on  defire 

de  tonferver  les  principales  ver¬ 
tus  de  Ik  fieur  du  Rofinarin ,  dans 
le  miel  Anthofat  d’y  procéder  un 
peu  plus  méthodiquement  que  défi- 
fus  ,  qtti  doit  être  en  prenant  une 
livre  des  fufdites  fleurs  bien  con¬ 
ditionnées  ,  &  la  divifer  en  trois 
parties.  La  première,  fera  concafée 
&  mife  dans  vn  pot  de  terre  vernie^ 
étroit  d’emboucheure  ,  fur  laquelle 
on  verfera  huit  onces  d’eau  chaude, 
le  pot  exaBement  fermé ,  &  mis  en 
vne  chaleur  moderèe  l’ejpace  de 
trois  heures.  La  colature  &  ex- 
preffion  faite  ,  fera  remife  dans  le 
même  pot  ,  avec  la  fécondé  partie 
des  fleurs  concajfees ,  &  fermé  com¬ 
me  devant ,  fur  une  même  chaleur, 
l’ejpace  de  quatre  à  cinq  heures,  de¬ 
rechef  fera  coulée  &  exprimée , 
aprel^  faut  procéder  a  la  troifiéme 
infufion ,  obfervant  les  precedentes, 
excepté  pour  le  iems  ,  qui  doit  être 
plus  long  ,  a  caufe  que  l’infufion  efi 
plus  empreinte  de  la  vertu  des 
fleurs.  Cependant  on  prendra  deux 
livres  de  miel  blanc  du  plus  vieux, 
qui  ne  joit  point  aqueux ,  qu’on  fera 
éuapoAer  fur  une  lente  chaleur  un- 
peu  defonphlegme  :  cela  fait ,  on  y 
mêlera  l’infufion  pour  les  réduire 


en  me  confifiance  convenable  fans 
le/ faire  bouillir.  P'bila ,  comme  je 
croy,  le  plus  méthodique  moyen, pour 
ne  perdre  point  les  qualiteX^  &  ver¬ 
tus  des  fleurs  de  Rofinarin. 

Les  moins  méthodiques  de  notre 
Profefiion  ,  remarqueront  aujfi  pour 
les  infufions  ordinaires  des  autres 
miels ,  quand  ils  les  voudront  cou¬ 
ler,  de  n’y  ajouter  point  d’humidité 
comme  on  pratique  ;  mais  aprez. 
leur  avoir  fait  prendre  me  ebullfi- 
tion  ,  de  les  couler  par  un  tamis, 
&  de  prejfer  les  fleurs  autant 
qu’il  fe  pourra  ;  puis  aprez,  on  let 
fera  cuire  dans  une  petite  quanti¬ 
té  d’eau ,  pour  en  attirer  par  l’aide 
de  l’exprejfion  les  vertus  que  la 
fubfiance  crajfe  du  miel  n’a  peu 
faire  ,  puis  on  cuira  derechef  les 
deux  enfemble  en  confifiance  peur 
le  garder  au  befoin. 


De  Melle  Mercuriali. 

Renez  du  fiic  de  Mercuriale, 
appellée  des  Grecs  Linoz.iHis ,  & 
miel  parties  égales  ,  qu’on  purifiera 
enfemble  ,  &  cuira  en  forme  de  Sy- 
rop  ,  qu’on  gardera  au  befoin  :  oa 
s’en  fèrt  auflî  aux  Clyfteres.  L’Au- 
theijr  nous  cft  incertain. 

REMARQUE. 

IL  faut  laijfer  purifier  par  refi- 
dence  le  fuc  de  la  Mercuriale, 
avant  que  le  mêler  avec  le  miel 
crud  ,  &  l’augmenter  de  quatre 
onces  pour  livre  de  miel. 

Ceux  qui  feront  évaporer  le  fuc 
de  Mercuriale  par  moitié  ,  &  U 
D  cuirom 


Livre  1. 

cuiront  avec  parties  égales  de 
miel ,  la  compojition  fera  beaucoup 
efficacieufe. 


De  Melle  ScilUtko, 

CE  mielefi  fort  peu  ufité,  &  fè  fait 
liniî  ;  Prenez  une  -partie  de  S  cil¬ 
les  préparées  comme  il  fera  dit  en  la 
Seéion  fuivante  ^  en  l’Oxymcl  Scil- 
litic  >  &  trois  parties  de  miel  écumé^^^ 
le  plus  vieux  ièra  le.  meilleirr  :  le 
tout  fera  mis  dans  un  pot  de  terre 
vernifsé  &  tenu  au  Soleil  ,  ou  autre 
lieu  chaud ,  &  par  fois  remué  ,  afin 
que  la  chaleur  donne  également  de- 
toutes  parts.  Les  Scilles  ne  fc  doi¬ 
vent  ôter  du  miel  comme  nous  di¬ 
rons  en  la  préparation  du  Vin-aigrc 
Scilhtic,  finon  lors  qu  on  s'en  vou¬ 
dra  ièrvir.  Alors  en  y  ajoutant  un 
peu  de  vin ,  on  les  fera  cuire  auec 
leur  miel  ,  &  exprimera  pour  s’en 
fer  vit., 

REMARQ.VE. 

POur  rendre  le  miel  Scillitic,. 

plui  puijfant  ,  on  prendra  une 
partie  de  lamines  de  Scilles  [ei~ 
chées  au  four  ,  comme,  nom  dirons; 
cy-aprex. ,  en  la  remarque  du  Vin¬ 
aigre  Scillitic  ,  les  ayant  incijeef 
fors  menu  ,  fur  quatre  parties  de 
miel  defpumé  ,  qui  e fi  une  partie 
pim  que  Bauderon  n  en  demande,, 
a  caufe  delà  dejficcation  des  Scil¬ 
les  \  parce  quelles  font  pim  mordi- 
cantes  de.  cette  façon  ,  qu  elles  ne 
fçaur oient  être  d  lafapm  de  Diofeo- 
ridc’i  Les  ayant  meleL^  enfemble, 
on  lies  fira  infiiféf  comme,  en  feigne. 


Seüion  L 

Bauderon  dans  un  pot  de  terre  à 
feu  afin  quon  les  y  puijfe  faire  boilil- 
lir quand  on  le  voudra  couler ,  ^ 
à  la  colature  en  y  procédera  ainfi 
qu’il  a  été  déclaré  en  la  Remarque 
■du  miel  Anthôfat ,  pour  faire  pajfer 
toute  la  vertu  des  Scilles  dans  b. 
miel. 


De  Melle  Taffttlate.. 

SYlvius  en  fes  doétes  annotations^ 
for  Mefoé  appelle  ce  Miel  Sapam 
uvarum  pajfarum  ;  pour  Mel  Pafiu- 
latum ,  retenant  la  commune  appella¬ 
tion  ,  je  l'ay  rédigé  en  la  prefonte  Se¬ 
ction  plutôt  qu’en  la  foivante:  &  il 
fo  fait  ainfi.  Prenez  une  liure  de  rai- 
fins  gras  &  fecs. ,  foit  d’Augibis,. 
qu’on  apporte  d’E  (pagne  ou  du  Lan¬ 
guedoc  ,  ou  de  ceux  de  Damas  /  ville, 
principale  de  Syrie  ,  dont  les  grains 
îbient  oftez  que  vous  infuforez  en 
troisiivres  d’eau  chaude  environ  vint 
quatre  heures  puis  les  cuirez  fur  le 
feu,  julques  à  la  confomption  de  la 
moitié  >  ou  des  deux  tiers.'  Apres  on 
les  exprimera  fortement,  avec  une  toi¬ 
le  neufve.  La  colature  fera  cuitte  avec 
une  livre  de  miel  écume ,  en  forme  de 
SyropVqu’on  gardera  au  befoin..  Au¬ 
cuns  eftiment  Matthieu  des  Degrez; 
Italien  ,  en  avoir  été  l’inventeur  au-, 
confeil  qu’il  a  écrit  pour  la  Lepre.. 

REM  ARQ^VE. 

A.  colature  des  Raifins  faite,  lai 
.  faut  laijfer  repofer  quelques  heu¬ 
res  avant  de  la  faire  cuire  avec  lé 
miel.  Il  fiait  prendre  du  miel  blanc 
du.  mois  de  May.  Il  faut:  obferver 


De^  Conâiîs.  17 

étufft  que  U  decoSlloff  fait  faite  dans  pour  en  ufer  de  chacun  au  befoin. 

un  fat  de  terre  vernijfé. 

•KK-Ê®-  -s^-  •E®^-  ’m-m> 


De  Melle  Anacardirto. 

Ceux  qui  habitent  aux  lieux  ,  où 
naiilènt  les  Anacardes  ,  ou  qui 
ont  moyen  d’en  recouvrer  de  recens 
peuvent  faire  le  miel  Anacardin,  com¬ 
me  enfeigne  Alzarauius.  A  fçavoir 
qu’il  faut  piler  les  Anacardes  recens, 
&  les  bouillir  en  eau  ,  jufques  à  ce 
qu’elle  foie  ceinte  d’une  couleur  rouge 
obfcure  :  puis  avec  une  cuillère  d’ar¬ 
gent  amaller  ce  qui  nage  delTus ,  &c 
le  garder  pour  s’en  forvir  pour  miel 
Anacardin.  Ou  prendre  la  colamre 
des  Anacardes  recens  pilés  ,  &  cuits 
(comme  nous  avons  dit  )  &  la  faut 
faire  cuire  ayec  miel  defpumé,  en  for¬ 
te  que  le  tout  fo  puiffo  garder  fans  fe 
corrompre,  pour  la  neceffité. 

Ceux  qui  n’auront  pas  la  commo¬ 
dité  de  recouvrer  des  Anacardes  re- 
ceus  ,  qu’ils  prennent  des  focs  ,  tels 
qu’on  les  apporte  des  Indes  ,  qu’ils 
pileront  groflierement  ;  &c  feront 
trempez  fopt  jours  en  petite  quantité 
de  vin-aigre  :  le  huitième  jour  les 
feront  bouillir  en  eau  ,  julqu’à  la 
confomption  de  la  moitié  :  puis  les 
faut  exprimer.  La  colature  fora  bouil¬ 
lie  avec  miel  defpumé ,  en  confidence 
qu'ils  fo  puilftnt  garder  au  befoin , 
fans  fo  corrompre.  Voilà  tant  en  ge¬ 
neral  qu’en  particulier  la  -  maniéré  de 
faire  les  Condits,  &  Conforves  ,  tant 
au  miel  qu’avec  le  foccre,  &  qui  com¬ 
munément  font  vfitées.  Suivant  cette 
méthode  on  en  pourra  confire  d’au¬ 
tres  non  mentionnez  ,  foit  racines,  ti- 
gesj.écorces,  fruits, pulpes,  ou  fleurs. 


SECTION  IL 

Des  Sucs. 

De  Sapis  in  genere. 

QVoy  que  Chriftophorus  &  quel¬ 
ques  autres  mettent  de  la  ^fFe- 
rence  entre  Roh ,  &  Robub  ,  il  n’y  en 
a  pourtant  point,  comme  on  peut  col¬ 
liger  des  écrits  des  Arabes ,  comme 
de  Serapion  traîné  feptiéme,  chapi¬ 
tre  "vint  cinquiénte.  Avicenne ,  livre 
cinejuiéme  ,  au  commsnetment  du 
neufviéme  traittJ.  Rhafîs,  &  Mefué 
au  commencement  de  la  ftxiéme  di- 
fiinBion  ;  hormis  que  par  Rob  ou 
Robub  lîmplement  &  fans  addi¬ 
tion  mis ,  ils  ont  entendu  nôtre  vin 
cuit,  appellé  des  Latins  Sapa  ,  Se- 
ranum  ,  &c  Defrutum  comme  des 
Grecs,  to  eépavov  ,  OU  ereîpavov  ÔC 
(Mt  :  car  toutes  &  quantesfois  qu’ils 
ont  voulu  îîgnifier  autre  chofo ,  ils  y 
ont  ajouté  le  nom  de  la  plantc,comme 
Rob  Abfinthij,  Eupatoriji^c.  Donc 
Rob  ou  Robub  n’efl  autre  chofo  qu’un 
foc  foui ,  confomé  de  fon  humidité  au 
Soleil ,  ou  fur  le  feu ,  de  forte  tp’il  fo 
pLiilïê longuement  garder  fins  corrup¬ 
tion  :  comme  Alo  'é ,  Acacia ,  Hypo- 
ciflû,Suc.  Glycyrrhiz.a,Fin  cuit,  &c. 
Que  s’il  y  a  outre  le  foc  de  le  plante, 
quelque  miel  ou  fuccre  pour  la  con- 
forver  ,  il  perd  fon  appellation  de 
Rob  Jimple  ,  &  eft  appellé  compofé  ; 
comme  Rob  mororum,  Nucum^  Piro- 
rum ,  Berberù,  Ceraforumi  Ornpha- 
cij,  &c. 


2.8 


Livre  L  Se  Si  ion  I  /. 


*I)e  Supis  fim^licihm  in  (paie. 

LERob^t  emphafcj  &  fîmplement 
mis,  que  nous  avons  dit  être  nô¬ 
tre  vin -cuit ,  fè  fait  en  trois  maniérés. 
L  une  eft  appellée  du  vulgaire  ,  Rai- 
finée ,  qui  fe  fait  de  grumes  de  Rai- 
fins  meurs  ,  cuites  dans  un  .grand 
cliauderon ,  iàns  liqueur ,  puis  palfées 
à  travers  un  tamis  renverfé ,  ou  grot 
iè  toile  neuve  ,  &  la  pulpe  reciiitte 
julqu'à  ce  qu’elle  s’épaiffillê  comme 
miel ,  qu’on  garde.  L’autre  fc  fait  de 
mouft  gardé  quelques  jours  ,  lequel 
par  le  teras  acquiert  certaine  acrimo¬ 
nie  ,  qui  empêche  qu’on  n’en  Içauroit 
faire  de  bon  &  de  louable  vin  cuit. 
Or  cft-il  que  ny  les  anciens ,  ny  les 
modernes  Médecins  ne  fe  fervent  ny 
de  l’vn  ny  de  l’autre  vin  cuit  men¬ 
tionné- cy-deffiis  mais  du  fuivant. 

La  troifiéme,  &  très  -  excellente 
maniéré  fè  fait  de  mouft  tout  recent, 
de  Raifins  blancs  bien  meurs ,  de 
bonne  plante  ,  &  provenus  en  bon 
terroir ,  cuit  fur  le  feu  clair  ,  dans  un 
chaud'eron  ju%r’i  la  confbmption 
des  deux  tiers  ,  en  ôtant  toujours  l’é- 
Giirae  qui  nage  par  deffiis ,  afin  qu’il 
foit  plus  clair,  beau  &  agréable.  Il 
n’eft  pas  befoin  de  choifir  des  Rai- 
fins  noirs  pour  rendre  le  vin  cuit  rou¬ 
ge  :  car  en  bouillant  il  acquiert  aC- 
fez  de  couleur ,  &  il  en  eû  plus  doux 
&  plus  anodin  que  çeluy  qpi  eft  fait 
de  Raifins  noirs  ,  il  échauflfc  &  hu- 
meéle,  il  nourrit  &  lâche  le  ventre. 
Non  feulement  les  Grecs ,  mais  auflî 
les  Arabes  en  leurs  compofitions, 

{  comniFau  fyrop  à’ Epithyme,  J)ia- 
marmn  ,  Üiacoàion)  &  les  moder¬ 


nes  en  la  curation  de  plufieurs  mala¬ 
dies  internes  &  externes  ,  s’en  font 
'  fèrvis ,  &  fervent  journellement.  Les 
cuiûniers  auffi  à  faire  des  fàullès  de 
tres-bon  goût.  Quant  aux  autres  ef- 
peces  de  Roh  ou  Rohuh  fimples ,  tous 
prennent  le  firrnom  de  la  plante  dont 
ils  font  faits  ,  &  fc  préparent  les  uns 
comme  les  autres ,  en  cette  maniéré  : 

Prenez  dix  livres  de  fiic  quel  qu’il  commt 
foit,  que  vous  ferez  bouillir  fur  le  ü fam 
feu  clair ,  jufqu  à  la  confomption  de 
la  moitié  :  puis  vous  le  coulerez  ,  &  fansai- 
lailfcrez  raflbir.  Aprez  ce  qui  fera  ditiort 
clair  &  net  fera  recuit ,  jufqu’à  ce 
qu’il  s’épaie^ire  à  la  confiftence  d’un 
vin  cuit ,  ou  d’un  fÿrop ,  ou  miel  def- 
pumé.  Ces  fucs  ainfi  confumez  de 
leur  humidité  aque^e  ,  fe  garderont 
dedans  des  vaifléaux  de  verre  ,  ou  de 
terre  yernilfée  quelques  mois ,  fans  fc 
gâter.  Si  on  y  ajoute  quelque  peu 
de  fiiccrc  ,  ou  miel ,  ils  fe  garderont 
davantage.  Le  meilleur  eft  de  les  pré¬ 
parer  au  tems  de  la  neceffité  ;  comme 
font  les  fiics  à’^hfimhe ,  &  à’Eupa- 
toire  ,  pour  les  pilules  Aggregatives, 

&  ailleurs  mentionnées  par  Mefué. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

Le  Sapa  duquel  nos  ^utheurs 
ont  retenu  Rufage  ,  fe  doit  pré¬ 
parer  un  peu  plut  méthodiquement 
que  Bauderon  ne  nom  rapporte.  En 
premier  lieu  ,.poHr  l’extraSlion  du 
moufi  des  Rat  fins  blancs,  U  ne  le 
faut  pas  faire  cuire  (comme  il  dit) 
dans  un  chaudron  d  caufe  du  long 
fi  jour  quil  y  feroit ,  qui  le  rendrait 
un  peu  acre  ,  comme  j'ay  fiuvetjt 
expérimenté  ,  maie  dans  un  grand 
pot  de  terre  plombé.  ,  l ayant  au¬ 
paravant 


Des  Rolf  OH  Sucs, 


^9 


m  blmcbet-  Se¬ 
condement  apre"^  l’avoir  fait  éva¬ 
porer  jnfqu’à  ce  qu’il  ait  acquis  la 
conjîfience  médiocre  d'une  gelée , 
'VOUS  le  coulereX^  derechef  ^ar  une 
manche  d  Hipocras  pour  en  fepa- 
rer  entièrement  les  fèces  j  étant  fioid 
vous  le  ferrerej^  dans  une  bouteille 
bien  bouchée  pour  vous  en  fervir  au 
befoin.  La  différence  qu’il  y  a  de 
cette  préparation  d  la  precedente, 
.femble  être  fort  petite  ,mais  au  goût 
&  en  fes  effets  ,  vous  les  trouverel^^ 
grandement  differentes^ 


De  Sapis  compofîtts. 

Lïamomm.  D.  N.  Alexandrini. 


ôcéj  fans  avoir  égard  au  dire  de  Pla- 
tearius  à  la  fin  du  commentaire  qu'il 
a  fait  for  le  Diamqrum.  Première¬ 
ment  ,  parce  que  ce  fyrop  eft  de  l’in¬ 
vention  des  Grecs ,  qui  ne  font  point 
mention  du  vin  cuit  :  ainfi  qu’on 
peut  voir  en  Gai.  livre  6.  des  Medi- 
camens  locaux.  Paul  Ægincte  Uv.  7. 
chap.iq,  Æce  liv.2.  chap.^^.Tî:a.il- 
lan  liv.  4.  Myrepfos  JèÙion  5.  Se¬ 
condement  parce  que  l’adftriélion  du 
foc  de  Meures  n’efb  fi  grande  qu’il 
ait  befoin  d’autre  correébif ,  pour  ré¬ 
primer  fon  âpreté ,  Sc  fie  cité  3  que  du 
miel  même  :  car  il  refout  afièz  par 
^  fa  chaleur  3  &  digéré  la  matière  dé- 
coiilée  3  fons  l’aide  du  vin  c-uit ,  &  les 
conlèrve.  Davantage  il  fo  peut  tou¬ 
jours  ajouter  3,  s’il  étoit  befoin  ,  ôü 
non  ôter» 


Succimororum  batinorum  ,id  eff, 
Rubi  humilis,  Ub.  unam. 

Mororum  Celfi,id  eft,  domefticorum 
ex  arbore  pendentium. 

Mellis  optimi  dejpumati ,  utriujque, 
lib.  dhnidiam. 

Sapa,  noftratis ,  une.  très.  , 

Coquantur  fimul  cum  facilitate ,  do- 
nec  Syrupi  crafftudinem  nanc'if- 
cantur ,  &  ufui  reponantur. 

paraphrase. 

De  plnfieurs  deferiptions  du  Dia- 
rnorum,  nous  avons  retenu  cel- 
le-cy  3  comme  la  plus  ufitée  r  laquelle 
Salernitanns  a  empruntée  de  la  cin¬ 
quième  diftinélion  de  Mefiié  chan¬ 
geant  feulement  la  dofe  des  medica- 
mens  ainfi  qu’on  peut  voir  3  confé¬ 
rant  les.  deux  deferiptions  cnfomble. 
le  ferois  d’avis  que  le  vin  cuit  fût 


LE  MELANGE. 

Pour  operer  méthodiquement 
folon  la  dodrine  des  Grecs  Sc  des 
Arabes  j  il  faut  choifir  des  Meures 
tant  fouvages  que  domeftiqnes  3  qui 
ne  foient  du  tout  meures  mais  qui 
participent  quelque  peu  de  l'a  verdu¬ 
re  3  dont  on  prendra  deux  parties  des 
fauvages  3  &  une  des  domeftiqnes  : 
d’où  il  fout  tirer  plus  grande  quantité 
de  firc  qn’il  n’eft  requis ,  pource  qu’il 
le  faut  bouillir  fiir  le  feu  clair,  jufo 
qu’à  ce  que  la  tierce  partie  foit  con- 
fomée,  &  le  laiftèr  ralîbir  :  &  dii  plus 
clair  &  net  j  en  prendre  une  livre  & 
demie ,  qui  eft  la  dolc  icy  requife  des 
deux  fucs  ;  aufquels  on  ajoutera  de- 
my  livre  de  miel  blanc  écumé  3  qu  on 
fera  cuire  enfemble  en  forme  de  fy- 
rop  :  puis  on  y  peut  ajouter  le  vin 
aiit  la  baffine  étant  hors  du  fen. 


JO  Livre  1. 

f  qiü  ne  voudra  lîiivre  mon  opinion. 
Le  tout  refroidy  fera  gardé  au 
foin, 

LES  FA  CVL  te  Z. 

Il  fcrt  aux  vlceres  corrofifs  de  la 
touche  &  du  palais  ,  aux  maux  de 
.dents  ,  aux  gencives  gâtées ,  &  à  tou¬ 
tes  les  maladies  de  la  bouche  en  gar- 
garifine. 

le  plie  les  Apothicaires  peu  foi- 
.tijfemët  gueux  dc  leur  honneur  ,  &  de  leur 
pour  les  devoir  envers  les  malades  j  de  ne 
Apothi-  pli^is  brouillera  &  s’adonner  du  tout 
tmes.  V  ^  qyj-  gfj.  jg  igm-  ^ 

ne  prendre  exculc  qu’ils  n’entendent 
.  la  langue  Latine ,  &  qu’ils  ndnt  des 
Doéleurs  pour  les  inftrufre  :  car  il  y 
en  a  d’aucuns  qui  pechent  plus  par 
malice  &  cupidité  delbrdonnée ,  que 
par  ignorance.  Car  quand  ils  com- 
Erreurs  pofent  leur  Diamorum ,  ils  prennent 
des  A-  leurs  fites  non  purifiés  ,  &  le  miel 

criid  qu’ils  font  cuire  en  fyrop  j  ou 
€Aires,  .  O  •  ,  n.  r 

vin  cuit  :  &  puis  c  elt  tout ,  le  con- 

tentans.  qu’il  Ibit  fait  mal  ou  bien  : 
qui  eft  caufe  que  les  Médecins  font 
ffuftrés  de  leur  intention,  au  préju¬ 
dice  des  malades.  Au  commencement 
des  inflammations  de  la  bouche  ,  le 
liic  feul  dépuré  eft  meilleur  que  le 
Diamorurn.  Que  fi  l’inflammation  eft 
fi  grande  que  l'adflxiétion  ne  lôit  fiif- 
filante  pour  empêcher  la  fluxion ,  on 
pouri-a  ufer  du  Dianucum  luivant, 
ou  y  ajouter  une  decoélion  de  medi- 
camens  adftringens.  Au  contraire  en 
l’accroilTemcnt ,  &  état  du  mal ,  le 
Diamorum  eft  meilleur  que  le  fiic 
Icul.  Galien. 


Seâion  î  L 

REM  ARQVE. 

BAuderofi  ne  d étant  poi' explique 
''fi  preciséme.A  dans  fin  mélan¬ 
ge  du  Diamorum  ,  pour  le  regard 
des  Meures  fduvages  quil  convient 
dy  employer^  comme  U  a  fait  dans 
la  defcription  ,  quand  il  a  dit  If. 
fucci  Moromm  batinorum  ,  id  eft, 
Rubi  humilis  :  ceH  ce  qui  a  donné 
lieu  dans  nos  Officines ,  d'employer 
les  Meures  du  Riibus  major  ,  firu- 
étu  nigro,  en  la  place  de  celles  du 
Ru  bus  minor  ,  fruétu  cæiuleo ,  qui 
efi  le  Chaiiiæûatos  des  Grecs  ,  &  le 
Rubus  hunâlis  des  Latins.  Cette 
erreur  n’efi  pas  petite ,  car  ces  der¬ 
nières  étant  de  beaucoup  plus  ex¬ 
cellentes  ,  comme  plus  médicinales 
que  les  premières  ,  pour  les  affie- 
élions  cy-dejfus  dites  par  Sauvageon: 
cejl  d  quoy  l'artifie  doit  faire  re- 
fiexion  ,  &  fe  corriger  a  l'avenir, 
puis  quil  luy  fera  auffii  facile  de  re¬ 
couvrer  les  Meures  du  petit  Ronce, 
qui  vient  en  quantité  dans  les  chams 
cultes  0“  incultes  qui  font  de  couleur 
perfe ,  ou  bleue ,  &  de  faveur  douce 
&  aigre. 

Les  Grecs  &  les  Arabes  ont  aujfi 
diverfement  décrit  le  Diamorum, 
quoy  que  ny  le^s  uns  ny  les  autres, 
ne  demandent  les  Meures  un  peu 
vertes  ,  comme  fait  nôtre  Paraphra- 
éie  ,  ny  de  faire  confumer  les  fiscs 
d’un  tiers  :  en  cela  il  s'efi  avisé 
d’ augmenter  la  vertu  adfiringeante 
Cr  refiigerante  de  la  compofition -, 
mais  pour  obferver  cela,  U  efi  très- 
important  que  le  Pharmacien  fça- 
che  les  raifins  pourquoy  cela  fie  pra¬ 
tique  ainfi ,  afin  que  par  la  connoif- 
fiance 


Des  Küh  ou  Sucs,  xi 


fànce  qnit  en  aura ,  il  fait  d’autànt 
flui  perfitadé  a  faire  fin  devoir , 
pour  éviter  l'erreur  ou  V ignoran¬ 
ce  nout  jette  le  plus  fiuvent.  La 
premkre  raifin  comme  je  viens  de 
dire ,  efi  que  le  fuc  de  Meures  fiit 
tiré  avant  leur  entière  maturité  ^ 
c  efi  afin  quil  en  fait  plus  adfirin-^ 
géant  ,  &  plus  rafraichijfant.  La 
fécondé ,  quil  fiit  évaporé  d'un  tiers, 
pour  en  feparer  la  partie  plus  aqueu-- 
fi  r  qpe  nom  appelions  flegme ,  ma¬ 
tière  entièrement  inutile  pour  la 
curation  des  ulcérés  de  la  hotiche, 
&  cette  évaporation  fi  doit  faire 
dans  un  vaijfeau  de  terre  ,  ou  de 
verre  ,  &  non  comme  dit  Nicolaus. 
Alexandrinus  ^  que  le  miel  avec  let 
fiscs ,  foie nt  cuits  dans  un  vaiffiau 
de  cuivre  efiamé  j  &  lors  qu'on  fira 
cette,  évaporation  &  coSlion  ,  ce  fe¬ 
ra  par  un  petit  degre  de  feu  ,  afin 
que  les  ejprits  les  pim  volatils  ne 
tnontent  avec  1er  flegme. 

Et  pour  finir ,  je  tiens  avec  Pla- 
teatins  ,  que  le  vin  cuit  n'en  doit 
point  être  rejette ,  puis  que  fin  in¬ 
venteur  l'y  fait  entrer  (  quoy  que 
B'audèron  tâche  de  faire  voir  que. 
le  Sapa  n'a  point  été  connu  des  an¬ 
ciens  Grecs.)  l'adjouteray  de  plus, 
que  la  quantité  de  miel  ne  fu fit  pas, 
^  qu'iL  le  faut  augmenter  de  trois 
onces.. 


Dianncum  fimplex  D.  Mef  . 

Skcci  nucum  iuglandium  viri- 
dium,  lunio  menfe'  extraéli  &  de- 
purati  lib.  quatuor. 

Mellis  dejpumati.  lib.  duos. 

Goquantur  i'n  Syrupi  craffitudinem,- 
fit  ujui  repomnmr.. 


PARAPHRASE. 

IE  ne  fois  point  d  avis  que  les  Apo¬ 
thicaires  tiennent  préparé  en  leurs 
Boutiques  j  autre  Dtanucum  que  le 
foidit  ;  pource  que  les  doéles  &  bien 
expérimentés  Médecins  ,  foivant  la- 
doétrine  de  Gai.  livre  6.  des  Me- 
dicamens  locaux  ,  y  fçauront  bien 
ajouter  ce  qu'ils  connoîtront  être 
necelFaire  folon  les  quatre  tems  du 
mal.  La  méthode  de  le  compofer  eft 
femblable  à  celle  que  nous  avons  dé¬ 
clarée  au  precedent  Diamorum. 

LES  EACVLTEZ. 

n  eft  plus  puiiTant  que  le  Eiamtr- 
rum  de  plus  efficace  aux  deflu-- 
xions  acres  8c  tenues  ,  qui  tombent 
de  la  tête  for  la  trachée  artere  ,  les- 
poulinons  la  poitrine  5  qui  mena¬ 
cent  d'inflammation  3  de  foj[Focation3J 
&  même  de  la^  mort.  Jl  eft  propre  aux- 
enfans,  aux  femmes,  &  à  ceux  quiiôntt 
d'un  tempei'ament  humide. 

REMARaV  E. 

Rictus  ,.  &  Gratian  Rauderon 
pere  &  fils ,  en  toutes  leurs  édi¬ 
tions  jufques  â  la  première  de  Sau¬ 
vageon  ,  attribuent  la  compofition' 
du  DianuCum  fimplex  â  Méfié ,  qui: 
n'a  fait  que  la  do  fer  tant  feulement,, 
qmy  qu'en  leur  P'araphrafi  ils  nous, 
donnent  â  connoitre  que  Galien  en 
eft  l'inventeur  ,  comn^e  nous  dirons 
cy-aprez.  Et  Sauvageon  en  fis  trois: 
éditions ,  l'attribué  a  Nicolas  ,fàns' 
fi  déterminer  a  quel-  U  efi<  vray 
que.  Nicolaus  Alèxandrinus  ew  donne: 

mee 


3  2.  Livre  L 

une  defcription  au  chap.  iii.  fous 
le  nom  de  Diacarcon  ,  mais  plus 
compofé ,  ^  bien  different  de  celuy- 
cy  ,  comme'  fait  aujf  Nicolaiis  Præ- 
pofims  ;  qui  me  fait  dire  quil  sefi 
trompé ,  &  que  Galien  en  eft  le  vray 
&  légitimé  inventeur ,  tant  du  fim- 
ple  que  du  composé,  ainfi  qu’on  lit 
en  fon  6.  livre  preallegué  de  la  com- 
pofition  des  Mcdicamens  ,  Cuvant 
les  lieux ,  chap.  premier  de  Stomarico 
medicamento  ex  juicibus  ,  duquel 
lieu  Mefué  a  emprunté  fa  defcri- 
ption  &  dofée  ,  qui  efi  le  fujet  pour- 
quoy  on  la  luy  attribué  ,  comme  je 
■viens  de  dire  ,  &  à  cette  conf  de- 
ration  ,  je  nay  point  voulu  changer 
le  nom  de  l’Autheur  que  Bauderon 
luy  a  donné. 

Bauderon  &  Jifefué  ne  s’ accor¬ 
dent  point  de  la  faifon  qu’il  faut  ex¬ 
traire  le  fuc  de  l’écorce,  des  noix 
vertes  ,  non  plus  qUe  de  la  métho¬ 
de  dont  il  faut  compofer  le  Dianu- 
cum  car  Mefué  veut  qu’on  receùil- 
le  les  noix  pendant  la  Canicule, 
&  Bauderon  au  mois  de  luin.  Me¬ 
fué  veut  auffi  qu’on  faffe  prendre 
une  ébullition  au  fuc  ,  &  en  quatre 
livres  ,  qu’on  y  mêle  deux  livres 
de  miel  crud  ,  &  qu’on  les  cuife 
enfemble  :  au  contraire  Bauderon 
veut  qu’on  prenne  deux  livres  de 
miel  %ejpumé ,  &  avec  quatre  livres 
de  ftc  dépuré  qu’on  les  cuife  en 
forme  de  Jyrop.  Il  eft  aisé  a  un  ar- 
tifte  de  concilier  ces  deux  Autheurs 
fur  l’ebuüition  du  fuc  que  l’un  de¬ 
mande  ,&  de  la  dépuration  de  l’au¬ 
tre  :  mais  quant^d  la  diéfroportion 
qu’il  y  a  de  loft  quantité  du  fuc  à 
celle  du  miel  ,  il  me  femble  n’être 
point  recevable  ,  puis  que  l’expe- 


SeBîon  IL 

rience  nous  fait  voir  a  l’œil  ,  que 
pUif  long-tems  on  fait  cuire  certains 
miels  ,  plus  il  s’en  fepare  d’écume, 
par  l’humidité  furabondante  qui  la 
détache  de  fon  corps  ou  elle  abonde, 
&  la  fait  nager  au  deffus  j  &  qui  le 
voudrait  cuire  jufqu’d  une  entière 
defpumation  ,y  entretenant  toujours 
d’humidité  ,  il  pafferoit  enfin  pref 
que  entièrement  en  écume  ,  &  n’en 
refteroit  que  tres-peu  dans  la  li¬ 
queur  qu’on  leftroit  cuire  :  par  ainfi 
ie  dis ,  qu’il  y  a  du  miel  plus  impur 
&  pim  venteux  l’un  que  l’autre , 
&  qu’il  faut  prendre  du  meilleur. 

Pour  donc  regler  la  dofe  du  fuc 
avec  celle  du  miel ,  ie  voudrais  pren¬ 
dre  de  ce  premier  feiz.e  onces  ,  &  de 
ce  dernier  douTje  onces ,  &  les  faire 
cuire  enfemble ,  ayant  premièrement 
tiré  le  fuc  des  noix  au  tems  pref 
crit  par  Mefué  ,  apre\^  être  reposé 
par  l’ejpace  de  vingt-quatre  heures. 


Sapa  Ribes  ,  Berberis ,  &  Om- 
pbacii  :  D.  Mef. 

Of.  Succi  utriufvis  ftuüus  ,  libras 
decern. 

Coque  igni  lento  ad  tertio,  partis  con- 
fumptionem. 

Cola  ,  &  fubfidere  permit  te  ,  donec 

’•  clarefcat. 

Clarum  deinde  igni  clementi  perco- 
que  ad  iuftam  craffitudinem  quo 
fervari  poffit . 

Confulo  ,  ut  Sacchari  albi  lib.  duo 
addantur ,  &  coquantur  in  Syru- 
pum  :  fie  iucundior  évadé t  ,  & 

■  diutius  durabit. 

PARA 


Des  Koh  OH  Sucs. 


PARAPHRASE. 

Pour  la  grande  affinité  que  nôtre 
grofelier  domcftique  a  avec  le  Ri~ 
décrit  par  Serapion  chaf.  x^i.  du 
livre  des  Simples  .■  fon  fruit  rouge  à 
bon  droit  doit  être  fupposé  pour  le 
Ribes.  C'eft  pourquoy ,  pour  faire  le 
Rob  de  Ribes ,  on  prendra  dix  livres 
de  fiic  de  nos  Grofeles  ronges  que 
Valeriole  ebfervat.i.  du  livre  fécond, 
eltime  être  une  cfpece  de  l’Oxyacan- 
tha  (  apporté  des  Indes  )  qu’on  fera 
bouillir  ',  julqu’à  tant  que  la  troifiéme 
partie  loit  confiimée.  Aprez  qu’il  fera 
coulé  &  raffis ,  le  plus  clair  fera  re¬ 
cuit,  jufqu’à  ce  qu’il  loit  épais  com- 
tne  vin  cuit ,  &  qu'il  iè  puiflè  garder, 
le  lèrois  d’avis  que  fiir  telle  quantité 
de  fiic,  on  y  ajoutât  deux  livres  de 
fuccre  :  par  ce  moyen  il  fe  garderoit 
plus  long-tems ,  &  feroit  plus  agréa¬ 
ble  au  palais  ,  ôc  fa  vertu  ne  feroit 
moindre ,  étant  cuit  en  confiftence  de 
fyrop.  Le  Rob  de  verjus  ,  nommé 
des  Grecs  Omphacium ,  8c  celuy  de 
Berberü  ,  (  pris  pour  V  Oxjacantha 
des  Grecs  )  que  nous  appelions  en 
François,  Ejpifie  Vinette ,  ou  Ber- 
beris,  fera  fait  ainfi  que  nousjavons 
dit  de  celuy  de  Ribes. 

LES  FACVLTEZ. 

Ces  trois  compofitions  refrigerent 
en  general,  adftreignent ,  fortifient  le 
cœur  &  l’eftomach  ,  8c  arrêtent  le 
vomidenient.  Elles  different  toutes- 
fdis  en  cela ,  que  le  verjus  réfrigéré 
davantage  :  le  Berberis  eft  plus  ad- 
ftringent  :  &  le  Ribes  plus  agréable 
au  palais. 


55 

REMARCLVE.  . 

BAuderon  mus  veut  persuader , 
quil  y  a  grande  affinité  enfre 
.nôtre  Ribes  vulgaire ,  &  celuy  des 
Arabes  ;  mais  au  contraire  ,  )e  trou¬ 
ve  qu'il  y  a  grande  différence,  tant 
en  leurs  genres  qu'en  leurs  effeces, 
en  ce  que  le  nôtre  efl  un  arbriffeau, 
&  celuy  des  Arabes ,  Jùivant  Selon 
&  Ranvuolfius  ,  qui  le  deferivent 
tel  qu'ils  l'ont  vu  fur  le  mont  Li¬ 
ban ,  &  dans  un  'lardin  en  la  ville 
d'Alep  ,  efl  fort  diffemblable  au 
nôtre  en  toutes  fes  parties  ,  excepté 
en  quelque  rapport ,  que  le  fisc  des 
fiuits  ,  ou  Capreoles  fuivant  les  in¬ 
terprètes  des  Arabes  peuvent  avoir 
en  leurs  qualité z.  &  vertus.  l'ay 
voulu  dire  cela  ,  avant  que  paffer  au 
modus  faciendi  ,  pour  inciter  le  le- 
6teur  curieux  de  fin  honneur  ,  d'ap¬ 
prendre  par  la  leSlure  des  bons  Au- 
theurs ,  la  différence  qu'il  y  a  de  l'un 
a  l'autre. 

Bauderon  veut  aujfl  fuivant  Me- 
fué ,  qu'on  faffe  évaporer  les  fucs  de 
Ribes  ,  Berberis  &  Omphacii  d'un 
tiers ,  puis ,  qu’on  les  cotde ,  &  que 
derechef  on  les  faffe  evaporer  ,  iuf 
qu'a  ce  qu’un  chacun  en  particulier 
ait  acquis  l'êpaiffeur  du  vin  cuit  : 
cela  fe  peut  pratiquer  pour  le  fuc 
de  Ribes ,  qui  ne  fe  pourrait  confer- 
ver  fans  artifice  ;  mais  que  pour 
ceux  d' Epine  vinette ,  &  de  ver  'jus, 
on  les  brûlerait  plutôt  que  de  -leur 
aquerir  par  voye  de  coétion  la  confi- 
flence  du  Sapa,  a  eau  fe  de  leur  aci.- 
dité  &  tenuité  de  juhfiance.  Gjise  fi  on 
y  voulait  ajouter  le  fuccre  pour  les 
conferver,  il  n'en  efl  pas  befiin, parce 
E  que 


Livre  L  Seâtion  //. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 


34 

que  comme  un  chacun  f^ait,  ils  fi 
confirment,  d’euy-mêmes  avec  toute 
leur  humidité  efiant  bien  dépuré^ 
&  homhe\y  autrement  le  fuccre  y 
étant  y  il  n‘y  auroit point  de  différen¬ 
ce  entre  le  Sapa  &  le  Syrop  y  Jî  ce 
n’efi  qu’entant  que  ces  premiers  au- 
roient  acquis  un  très-mauvais  goût 
par  l’évaporation  de  leur  flegme,  au 
contraire  de  ces  derniers  qui  l’ont 
fort  agréable. 


Rob  Ceraroruiû  acidorum 

iS'nXov, 

Slff.  Succi  Cèrafirum  acidorum  de- 
pur  ati  y  tb.  quatuor. 

Sacchari  albi ,  Ib.  duos. 

Coquantur  fimul  ad  iuflam,  crajjî- 
tiem  y  &  ufui  reponantur,. 

PARAPHRASE. 

La  gelée  des  Griottes  Sc  Meriiès 
fè  peut  mettre  au  rang  de  Rob, 
laquelle  eft  tres-belle  ,  &  plaifinte 
au  palais  des  fcbricitans. ,  étant  faite 
avec  quatre  livres  de  fue  dépuré  ,  & 
deux  livres  de  fiiccre  fin  ,  comme 
nous  avons  dit  cy-deffiis.  Quelques- 
uns  de  nos  Apothicaires  la  font  avec 
k  pulpe  palTée  (  &  non  avec  le  fuc  ) 
deux  parties ,  &  une  de  fiiccre  ,  êc 
ils  la  gardent  au  befoin  dans  des  pots 
de  terre  verniflèz ,  ou  de  verre- 

LES  FA  CELTE  Z.. 

Elle  appaili  la  grande  chaleur 
des  fievres  &;  relifte  à,  la  putrefa- 
âion.-  '  ' 


CE  Rob  y  ou  Celée  de  Griottes 
doit  être  cuit  dans  un  vaiffeau 
de  terre  plombé ,  fur  un  petit  feu 
avec  une  partie  &  demie  de  fuc  , 
&  une  partie  de  fuccre  j  parce  que: 
fi  la  quantité  du  fuc  ex  ce  doit  celle 
du  fuccre  de  la  moitié,  par  la  lon¬ 
gue  coéiion  ,  U  acquerrait  un  goût 
defagreable- 


Miva  Cydoniorum  fimplexSc 
compofîta,D.  Met 

y:.  Succi  Cydoniorum  acidorum,. 
Ub.  viginti. 

Coque  ad  médias.,  deinde  infknde 

Fini  veteris  optimi ,  Ub.  decem, 

JFLellis  deflumati  ,  vel  facchari  al¬ 
bi  y  Ut  fit  gratior  ,  lih.fix. 

Coquantur  ad  jufiam  crajfitudinem,- 
fi fimplicem  compofiturus  es. 

Si  compofitam  ,  aromatifetur  pul- 
ver.e  fequenti. 

y.  Cinnamomi fileEH. 

Cardamomi ,  utriufque  drach..  tres^. 

Caryophillorum. 

Crociy. 

Trochif.  Gallia  mofehata  ,  fingul.. 
drach.  duos.. 

Zingiheris ,. 

JHaBiches  y 

Xyloaloes  ,  fiu  ligni  Aloes.. 

Macis ,  fingul.  drach.  unam  &  di- 
mid. 

Mofihi ,  firupul.  unum.. 

Fiatpulvis  findone  ligatus ,  &  inter- 
caquendum  flequenter  expreffus.. 


Des  Rob  ou  Sucs.  35 


T>ARAP  H  RA  SE. 

CEtte  gelée  ou  Mive  j  tant  fimpic 
que  composée  eft  décdce  par 
Mefué  en  fin  Grahadin  ,  diftinStion 
fixiéme  :  laquelle  a  été  plus  ufitée  du 
palTé  que  maintenant ,  encore  qu’el¬ 
le  jfoit  fort  excellente  ;  parce  que 
nous  en  faifons  d’upe  autre  façon, 
plus  claire  &  plus  agréable  ,  &  à 
moins  de  frais. 

Manie-  Ainfi  ,  prenez  telle  quantité  de 
7»ire  la  tout  meurs ,  qu’il  vous 

g(Ue  de  plaitra,  lelquds  nettoyrez  non  de  leur 
Coing,  pelure  ,  mais  de  leurs  (èraences  & 
membranes  (  moins  foigneulèment 
que  pour  le  Cotignac  )  ^ue  vous  cou¬ 
perez  en  quartiers  &  ferez  bouillir 
en  grande  quantité  d’eau  ,  jufqu’à  ce 
qu’ils  foient  fort  tendres.  Aptez  les 
faut  fort  exprimer  avec  une  toile  neu¬ 
ve  :  puis  prendre  deux  livres  de  la  dé¬ 
coction  ,  &  une  livre  de  fiiccre  fin, 
qu’on  fera  cuire  fans  aucune  clarifi¬ 
cation  lîir  des  charbons  allumez ,  en 
une  baflîne  bien  nette  Sc  claire ,  en 
ôtant  toujours  l’écume  qui  nage  par 
delliis  avec  une  fpatule ,  ou  -cueillere 
d’argent ,  jufqu’à-ce  qu’ils  foient  fof- 
filàmment  cuits  ,  pour  les  jetter  for 
-des  moules  de  bois  ,  expreflement 
gravez  pour  cela  ,  &  auparavant 
içpüillez  en  eau  ,  puis  efRiyez  avec 
e^Boi  éponge  nette.  Cela  étant  fait,  & 
ire  lors  refroidis ,  on  les  releve  des  mou- 

la  1rs  pour  les  mettre  dans  des  boëtes 
gelée  fe.  de  lapin  ,  &  les  garder  au  befoin. 
racutte.  La  fe  connoît  lî  une  goutte 
chaude  mile  for  une  affiette  bien  net¬ 
te  ,  étant  refroidie,  le  releve  net  :  alors 
foudainement  faut  ôter  la  balfine  de 
dclIiis  le  feu  ,  afin  que  la  gelée  ne 


fe  noircilïc.  Durant  la  cuitte  ne  la 
faut  remuer ,  ny  couvrir ,  ny  la  cuire 
à  grand  feu.  Les  faîîis  s’en  lcrvent  à 
la  vohipté ,  &  les  malades  pour  le 
recouvrement  de  leur  lànté.  Si  avant 
la  cuitte  on  l’aromatifo  feulement 
de  canelle ,  macis ,  on  miifcade  con- 
calTez  ,  (  &  de  chacun  quantité  con¬ 
venable  )  &  mis  en  un  noüet  l’expri¬ 
mant  fouvent  ,  elle  foppléera  au  de¬ 
faut  de  celle  de  Mcfoé  co|>.poséc,  & 
elle  fora  plus  agréable  au  palais  des 
malades  que  la  fienne. 

LES  FACVLTEZ. 

Elle  excite  l’apetit,  aide  la  coction, 
corrobore  l’eftomach  &  le  foye  ,  de¬ 
vant  le  repas ,  elle  arrête  le  vomiilè- 
ment  j  &  aprez,  elle  appaife  le  flux 
de  ventre. 

REMARQVE. 

BAuderon  nom  dit  avoir  tiré  la 
defiriftion  de  la  gelée  de  Coings, 
de  Mefué  diftinéb.  6.  de  fon  Grab.  & 
neanmoins  je  la  trouve  differente  e» 
t^uelquee  endroits ,  ainfi  que  i’ay  vé¬ 
rifié  avec  un  vieux  Mefiué  lettre 
Gothique  de  Van  1541.  &  avec  un 
nouveau  de  Vénife  de  Van  1623.  la 
première  différence  efi  en  la  façon  de 
cuire  le  fitc  des  Coings  le  vin  que 
Mefué  veut  quils  cuifent  enfemble, 
jufquà  l'évaporation  d'un  tiers  j 
aprelf  qu'on  cuife  les  deux  tiers  re- 
fians  avec  fix  livres  de  miel  -,  & 
Bauderon  fait  evaporer  fin  fuc  de 
coings,  jufquà  la  moitié,  aprez, ,  fait 
recuire  enfemble  le  vin ,  le  fuc  &  le 
miel  ;  j’approuve  cette  derniere 
pratique  comme  pim  méthodique. 


Livre  h 

&  four  les  dofes  du  fuc  &  du  vin 
elles  excédent  de  la  moitié ,  &  au 
lieu  du  miel  dejpumê  qui  le  l'y 
voudrait  mettre  ,  jefiime  que  le  crud 
y  conviendrait  mieux ,  &  en  un  mot 
ny  l‘un ,  ny  l’autre ,  ny  convierinent 
foint ,  comme  fait  le  fuccre.  Si  on 
diminue  la  quantité  des  fucs,  il  fatit 
femhlablement  diminuer  la  quantité 
des  aromats  chacun  fuivant  leur 
'  dolf.  ^ 


,  'De  lulepis  ingenere. 

IV'lef ,  ou  luleb ,  eft  un  nom  Peifi- 
que  qui  lignifie  potion  plaifante, 
que  les  derniers  Grecsxoïnme  Adua- 
rius  ,  &  Simeon  ont  appelle 
«srior  &  ^•éXamov.  Par  lequel  ils  ont 
entendu  un  Syrop  fimple,  &  moins 
cuit  Ibit  qu^’il  fut  fait  d'eaux  diftillées, 
comme  de  Rofes ,  de  violes  j  &cc.  ou 
de  decodèion  fimplc ,  comme  le  fui¬ 
vant  delujubes  :  onde  quelque  lîic 
purifié  au  Soleil ,  ou  lùr  le  feu^  avec 
îîiccre ,  &c  non  avec  le  miel  ;  ainli 
qu’on  peut  voir  en  la  lîxiéme  diftin- 
âidn  deMelué. 

Pour  le  jourd’huy ,  &  louvcnt  par 
les  Mededns  (  improprement  par¬ 
lant  )  il  le  prend  pour  un  digeftif, 
que  les  anciens  Grecs  appelloient 
«jrpe^oT/a-jUa^  ,  id  ejl  ,  frapotiones, 
ou  avantcoureur  des  purgations  vni- 
verfelles.  Le  lulep  pour  être  fort 
Cm  pie  J  &  moins  cuit  que  le  Syropj 
eft  fort  gracieux  aux  malades  :  aulfi 
ne  le  garde-il  fi  long-temps ,  princi¬ 
palement  s'il  eft  fait  auec  decoélion 
comme  celuy  de  lujubes  ^qui  cftl'oc- 
cafion  qu'on  iie  les  préparé ,  finon  au 
befoin,  &  en  petite  quantité.  Lopi- 


Seâion  IL 

nion  de  Chriftophorus  ne  doit  être 
receué  au  commentaire  qu'il  a  fait 
fiir  la  fixiéme  diftinétion  de  Mefiiéa 
dilànt  >  que  le  lulep  fe  cuit  d'avanta¬ 
ge  que  le  Syrop.  Peut-être  que  de 
ion  temps  le  lulep  fe  cuifoit  plus: 
pour  aujourd'huy  tout  le  contraire. 
Voilà  comme  on  le  peut  exeufer. 


De  lulepis  in  fpecie. 

lulepm  Rofarum  é‘  'violmm^ 
D.  Mef. 

Aqua  Rofarum  ,  vel  Violarum 
in  alembico  vitreo  diSiillata, , 
lib.  très. 

Sacchari  albi,  lib. duos.  Coque  vten- 
di  temfore. 

R  ARA?  HRASt. 

QVoyque  les  eaux  diftillées  fe 
puilTent  garder- fèulês  un  an_j  Sc 
encore  plus  avec  le  fiiccre  :  fi  eft- ce 
que  ces  luleps  ne  le  doivent  prepa- 
ttr,  finon  lors  qu'on  s'en  veut  fèrvir> 
pource  que  leur  qualité  réfrigérante 
le  perd  par  la  longueur  de  temps» 
encore  plus  fôudainement  par  la  cha¬ 
leur  du  fiiccre  :  auffi  qu'il  n'en  eft  fi 
beau,  ny  fi  plaifant.  Les  avares  Apo¬ 
thicaires  »  qui  font  plus  curieux-  de 
leur  gain  ,  que  du  profit  des  malades» 
&  contre  l'intention  des  Autheurs, 
font  diiroudre  leur  fuccre  en  eau  de 
fontaine  ,  ôc  étant  cuit ,  y  ajoutent 
deux  ou  trois  onces  d'eau  rolè  ,  ou 
de  viole  ,  pour  dire  qu'il  y  en  a ,  ôc 
ne  laiftênt  de  le  vendre  aufiî  cher» 
qu'un  antre  qui  y  aura  mis  la  quan¬ 
tité  requife  d'eau  diftillée. 


On  h 
nomrm 

lulep 
Alexa- 
dtin,  & 
Royal- 


LES 


Dei  luleps. 


17 


LES  F  A  Cr LTE  Z. 

Le  lulep  Rofàc  éteint  rardenr  des 
fièvres ,  de  la  poitrine  ,  de  l’efto- 
mach  ,  &  appaife  la  foif.  Le  Violât 
appaifè  anflî  la  foif,  &  ardeur  des 
fievres  j  inflammations  ,  pleurefie, 
âpreté  de  gorge ,  &  de  la  poitrine. 

remarqve. 

LEs  Anciens  avaient  de  coutu¬ 
me  de  mettre  quantité  de  Jùc- 
cre,  ou  de  fyrop  dans  les  juleps  quils 
preferivoient  d  leurs  malades  ,  qui 
efi  la  caufe  quen  nous  décrivant 
ces  Juleps  ,  ils  ont  gardé  les  memes 
dofes  :  ce  que  .nous  ne  pratiquons 
point  d  prefent  ;  d  caufe  de  la  gran¬ 
de  répugnance  que  les  malades  ont 
pour  la  douceur  des  remedes  par¬ 
ticulièrement  pour  les  potions ,  ce 
qui  nom  oblige  en  compofant  les  lu¬ 
lep  s  Alexandrins ,  fur  huit  ou  dix 
onces  d’eau  de  n’y  mettre  qu’une  once 
&  demie ,  ou  pour  le  pUts  deux  on¬ 
ces  de  fuccre  fin  &  leur  faifons 
prendre  une  legere  ébullition. 

r aurais  fujet  en  ce  rencontre  de 
dire  mon  fentiment  Co77tre  les  qua- 
litez.  &  vertm  que  Mejfieurs  les 
AJedecins  donnent  d  l’eau  Rofe  di- 
fiillée  ,  fi  je  ne  jugeais  qu’à  fera 
pim  d  propos  de  le  reCerver  ,  au 
traitté  des  eaux  difidlées  ,  qui 
fuit  ;  ou  J  en  ay  dé'ja  dit  quel¬ 
que  ehofe. 


lulepus  kijubarum  ,  feu  Zizy- 
phorum,  D.  MeC 

Zizypha  feu  lujubas  magnas 
&  pingues ,  centum  numéro. 
Aqua  fontü  ,  lib.  quatuor. 

Coque  ad  médias,  cum  Sacchari  albi. 
.  lihra  una ,  in  lulepum. 

eakaphrase. 

QVoyqué  ce  lulep  fbit  fônverain 
à  la  toux  5  &  fort  agréable,  & 
peu  vfité  :  je  n’ay  pourtant  pas  laiC- 
fé  de  Tinfèrer  icy  pour  fervir  d’exem¬ 
ple  aux  jeunes  M^eçins ,  &  non  en¬ 
core  foUîfàmment  verfez  en  la  pra¬ 
tique  ;  ou  de  le  préparer  ,  ou  à  Tirai- 
tation  de  Mefiié  en  compofèr  d’au- 
.  très  5  pour  s’en  fervir  iëlon  que  l’oc- 
eafion  le  demandera. 

LE  MELANGE. 

Renez  cent  Jujubes  des  plus 
groflès  &  recentes  qu’on  aura, 
lelquelles  rompues  ,  on  fera  bouillir 
en  quatre  livres  d’eau ,  jufqu’à  la  con- 
fomption  de  la  moitié.  La  colature 
fera  clarifiée  avec  blancs  d’œuft  ,  & 
avec  une  livre  de  Calïbnnade  blan¬ 
che  de  Madere,  pour  le  tout  cuire, 
(  aprez  les  avoir  coulez  )  en  forme 
de  .Svrop  ,  ou  lulep  fimple  ,  du- 
quel*on  ufera  prefentement  feul,  oi 
avec  de  la  ptifene  durant  la  foif. 

LES  FACVLTEZ^ 

Il  fert  à  râpreré  5e  la  gi>rge ,  Sc 

1  la  toux  ,  &  à  faciliter  If  crachat, 
E  }  d’au 


38  Lime  L 

d’aucscnt  qu’il  l’incraffè  :  &  partanc 
il  eft  convenable  à  l’enroueure  ,  & 
à  la  pleurefie. 

remarqve. 

Efuê  àemanàe  la  confomption 
de  la  moitié  de  la  decoBion-, 
maii  il  faffit  quelle  fait  confumée 
d‘un  tiers  5  &  pour  la  quantité  du 
fuccre  ,  de  même  elle  efl  trop  gran¬ 
de  ,  puis  que  ce  nefi  que  pour  fai¬ 
re  un  lulep  ,  quon  ne  doit  prépa¬ 
rer  qu’au  temps  que  la  necejfité  le 
requiert. 


De  Sjrupîs'in  genere. 

L’Apothicaire  doit  être  plus  cu¬ 
rieux  de  bien  fçavoir  travailler 
en  fon  Art  3  que  de  trop  curieufe- 
incnt  rechercher  l’etymoIogie  des 
noms  :  pour  ce  que  cela  tuy  lèrt  lèu- 
lement  à  contenter  fon  elprit  &  rien 
plus.  Toutesfois  pour  contenter  les 
plus  curieux,  il  faut  qu’ils  fçaehent 
qii’Adtuarius  livre  cinquième ,  cha¬ 
pitre  premier  ,  dit  que  ce  nom  de 
Syrop  eft  etranger  &  barbare  ,  & 
qu’il  faut  dire  Serapium.  Aucuns 
l’ont  dérivé  de  Syria  &  opoi ,  comme 
qui  diroit  liqueur  de  Syrie ,  parce 
que  peut-être  les  Médecins  de  ce 
pais  ont  été  les  premiers  qui  en  ayent 
tifë ,  &  donné  telle  appellation.  De 
iioy  j’eftime  que  ce  nom  lôitcom- 
poH  de  (svftù ,  id  efi,  traho ,  &  o'jsoc, 
id  ejl  liquor  ;  parce  que  je  voy  nos 
Syrops  être  compolèz,  ou  de  lues 
ou  de  decoétiÿis  de  racines  ,  her¬ 
bes  ,  ftiits,  lemences  ,  &  fleurs, 
qu’on  tire  pr  expreffion  forte  des 


Seéîion  î  I. 

mains ,  &  (  elles  lôuvent  ne  fiiffilâns 
pas  )  avec  les  preflès. 


De  l'invention  des  Syreps. 

LEs  Syrops  ont  été  inventez  pour 
daix  raifons  principales ,  à  fça¬ 
voir  pour  la  laveur ,  &  la  durée  :  car 
les  Médecins  anciens  voyant  le  nom¬ 
bre  des  maladies  s’accroître  de  Jour 
en  jour  ,  &  en  toute  làilon,  âge, 
fexe  &  tempérament  :  &  que  leurs 
fucs  ,  liqueurs  ,  infufions  &  deco- 
étions  faites  de  racines"* ,  herbes , 
fruits ,  femences  &  fleurs  (  dont  ils 
fe  lèrvoient  ordinairement  )  ne  le 
poLivoient  garder  toute  l’année ,  fans 
fe  corrompre ,  ils  fe  font  avifoz  de 
foicher ,  leurs  focs  au  Soleil ,  puis 
for  le  feu  :  afin  de  eonfomer  l’humidi¬ 
té  aqueufo  (  caufo  de  leur  prompte 
corruption)  &  les  ont  appelles  Roh  8c 
Robuh  :  les  autres  Siraon  :  les  autres 
Sapa  ,  delquels  nous  avons  parlé 
cy-devant.  Davantage  confiderans 
leur  faveur  ingrate ,  &  que  nonob- 
flrant  cette  exficcation  ,  il  ne  foffifoit 
pour  l’un  &  l’autre  ,  ils  ont  com¬ 
mencé  d’y  ajouter  du  foccrc  :  &  tels 
focs  ainfi  dulcifiez  ils  ont  appellé  ïu- 
lep  ou  Syrop  fimple  :  &  ont  trouvé 
par  expérience  que  tels  remedes  fe 
gardoient  plus  long -temps  (  & 
étoient  propres  à  digerer  ,  ou  pré¬ 
parer  les  humeurs  avant  leur  purga¬ 
tion  ,  au  lieu  d’Apozeme  )  en  leur 
vertu  ,  &  étoient  fort  agréables  aux 
malades.  Finalement  comme  les  hom¬ 
mes  fe  font  addonnés  à  la  volupté, 

8c  fe  font  rendus  mois  &  délicats, 

&  plus  valétudinaires  ,  on  a  été  con¬ 
traint  pour  s’accommoder  à  leur 
palais. 


Des  Imeps,  5^ 


palais ,  <ie  compofer  des  remedes  de 
toute  fkçon,  &  pour  corriger  laraer- 
tume  ,  ou  autre  fàusur  ingrate  >  y 
mêler  non  feulement  du  miel  ou  du 
fuccre  ;  mais  auffi  Raifins  ,  Figues, 
Prunes  ,  Reglilfc  ,  &  chofes  fera- 
blables  pour  rendre  leur  aêlion  meil¬ 
leure  ,  &  plus  falubte  :  ce  qui  a  été 
délors.  oblèrvé  de  Siecle  en  Siè¬ 
cle  julques  à  nous.  Tel  genre  de 
remede  eft  appeüé  par  Nicolas  My- 
reps.  Apôâ'Si  >  nom  à  luy  parti¬ 
culier,  ôc  de  nul  autre  vfitéque  je 
fçaehe. 

ife  Vv-  Leur  vlàge  fe  prend  des  efièds 

fageits  qy'ils  produilènt  ,  leiquels  le  con- 
noiflèntnonlèulement,  tant  par  leurs 
qualitez  premières ,  que  fécondés,  &c 
tierces  :  mais  auffi  par  1  affinité  par¬ 
ticulière  qifils  ont  avec  certaines  par¬ 
ties  de  nôtre  corps  ,  plûtôt  qu’avec 
les  autres ,  &  parleurs  proprietez  Ipe- 
cifiqnes ,  &  occultes. 

Le  premier  effed  fe  prend  des  qua¬ 
tre  qualitez  premières  par  lelquelles 
nous  échaufons  le  corps  humain  re- 
froidy  de  quelque  matière  froide, 
quelle  qu’elle  loit,  ainfi  queleSyrop 
de  Calament ,  de  Mente  ,  de  Stee~ 
cas  ;  &c.  Au  contraire  nous  refroi- 
düTons  celuy  qui  eft  trop  échaufé 
de  fievre,,ou  autrement  parle  Syrop 
de  Nénuphar ,  àe  Violes  ,  à^e. Grena¬ 
des  ,  &c.  Ainfi.  des  autres  deux  qua¬ 
litez  feiche  &  humide.  Le  fécond 
effet,  vient  des  qualitez  fécondes ,  & 
troifiémes  par  lefquelles  nous  ref- 
ferrons  les  conduits  pr  trop  ouvers 
&  laxcs  comme  par  celuy  de  Myr- 
thilles ,  àe-Càings  de  Rojes  feiches,. 
de  Berberis ,  S>zc..  Au  contraire  nous' 
ouvrons  les  conduits,  bouchez  & 
lellerrez;  par  celuy  des  cinq:  radness 


aperitiites,  à'Eupatoîre,  à^Armoîfe, 
&c.enincilànt,  &  atténuant  les  ma¬ 
tières,  craffes  &  vifqueufês ,  qui  opi- 
lent  fecilemeht  les  conduits  étroits. 
D’autres  poia'  incrafièr  les  matiè¬ 
res  trop  tenues  &  fiibtiles ,  comme 
celuy  de  Pavot,  de  Violes ,  de  T>ia- 
codium,  &c. 

D’autres  pour  deterger  ce  qui  eft 
trop  adhérant  :  commme  le  miel  Ro- 
fai ,  ôcc. 

D’autres  pour  lenir  8c  adoucir  les 
âpretez ,  comme  de  la  trachée  artere, 
&  poulmons  :  tel  que  celuy  de  /u- 
jubes ,  de  Pas  à’ Afne  ,  ou  Tujfilago, 
Capilli  veneris.  Violât. 

Le  troifiéme  effet  le  prend  de 
ceux  qui  ont  retenu  l’appellation  de 
la  partie  à  laquelle  principalement 
ils  font  deftinez  comme  Céphali¬ 
ques  pour  la  tête ,  celuy  de  Betoi- 
ne ,  de  Stœchas ,  Oxymel  Scillitiquey 
miel  Rofat ,  Anthofat. 

Thoraciques  ,  pour  la  poitrine: 
comme  celuy  de  Prajfio ,  de  Tujjila- 
gine  ,  de  lu]ubes ,  d’jpyjfope  ,  ôcc. 
Stomachiques  8c  Gaîlriques  ••  pour 
l’eftomaeh  8c  ventricule  :  comme 
celuy  de  Manthe  ,  df  Abfinthe  ,  &c.. 
Cardiaque  ,  pour  le  cœur,  comme 
de  M.elijfe  ,  de  Buglojfe.  Nephri- 
tiques  ,  pour  les  reins ,  comme  de 
Althaa  ,  Betonica  ,  de  Raphano, 
ôcc.  Hépatiques  ,  pour  le  foye  : 
comme  celuy  Endive ,  de  Cicho- 
rée ,  Ôcc.  Splenitiques  ,  pour  la  rate, 
de  Scolopendrio  ,  de  Chamœdrys,, 
de  Calament.  Hyïieriques ,  pour 
là  matrice ,  comme  celuy  d’Armoip,- 
ôcc.  Arthritiques ,  pour  les  join- 
mres  ;  V  Oxymel  S'cillitique. 

Ceux  du;  quatrième  efïet  agiflènr 
par  leur,  forme  eirentiellé  ,;ou  feculté.' 

ccle; 


40  Livre  1. 

celefte  ,  ou  iîmilitnde  de  fiibftance , 
c’efl:  tout  un  :  lefquels  purgent  avec 
chois  l’humeur  qui  leur  eft  propre 
&  familière ,  (largement  parlant  :  car 
purgation  éft  œuvre  de  nature ,  & 
non  des  Medicamens  :  )  ou  ils  refi- 
ftent  aîix  venins  font  dits  Ale- 
xitaires. 

Des  purgatifs  ,  les  uns  purgent 
la  cholere  comme  celuy  de  Cichorée 
compofée  avec  Rheubarbe  :  le  J^io- 
lat  feit  du  Suc ,  ou  de  neuf  infuilons: 
les  autres  purgent  les  ferofitez  j  com¬ 
me  celuy  de  Rofes ,  fait  aulfi  de  plu- 
fîeurs  infulîons.  D’autres  purgent  la 
melancholie ,  comme  celuy  de  Fume- 
terre  compofé  ,  ou  à’Epithyme  ,  de 
Femmes ,  «Scc.  D’autres  le  Phlegme,  . 
comme  le  miel  Mercurid.  Le  fang 
le  purge  par  la  Phebotomic ,  &  non 
par  medicamens  avec  elebtion  :  car 
ceux  qui  purgent  le  làng  ,  doivent 
être  mis  plutôt  au  rang  des  venins, 
que  des  medicamens  purgatifs.  Les 
Syrops  Alexitaires  ou  Amuletes  font 
en  grand  nombre  :  comme  celuy 
de  Acetojitate  Citrij  ,  Limonum , 
Arantior,um  ,  Omphacij  ,  Granato- 
rum  ,  &c. 

De  la  dijference  des  Syrops. 

La  différence  qu’il  y  a  des  lyrops, 
eft  aulîî  grande  qu’il  y  en  a  de  for¬ 
tes  :  qui  fo  peuvent  neantmoins  rap¬ 
porter  à  deux  ,  à  fçavoir ,  ou  qu’ils 
font  fimples  ou  compofez.  Nous 
appelions  un  lyrop  fimple  (  non  qu’il 
foit  tel  J  car  tous  font  compoîèz) 
celuy  qui  eft  moins  compofé ,  qu’un 
autre  de  femblable  nom  :  comme  le 
fyrop  Aceteux  lîmplc,  au  refpeêt  de 
celuy  qui  eft  plus  compofé  ,  Oxymel 


SeBion  IL 

fîmple  &  compofé.  Les  compoféz 
fé  peuvent  derechef  diuifér  en  trois: 
car  ils  font  ou  alteratifs ,  ou  purga¬ 
tifs  ,  ou  alexitaires.  Les  alteratifs  & 
alexitaires ,  où  ils  font  chauds ,  froids, 
fées  ou  humides  -,  les  purgatifs  (  en 
tant  qu’ils  font  tels  )  ils  font  chauds, 
moins  toutesfois  les  uns  que  les  au¬ 
tres  ;  dont  les  uns  purgent  la  cho¬ 
lere  ,  les  autres  la  melancholie ,  les 
autres  le  phlegme  ou  les  ferofitez.  Il 
fiiut  maintenant  déclarer  en  parti¬ 
culier  ,  qui  font  les  fimples ,  &  qui 
lés  compofez. 

REM  ARC^VE. 

A  vertu  des  Syrops  ne  peut  hre 
que  de  tres-petite  confiderution, 
fi  l'Artifie  qui  les  compofé  ny  em¬ 
ployé  tout  les  foins  que  l’Art  re¬ 
quiert  ,  l’experience  nous  confirme 
cette  vérité ,  que  fur  dix  drachmes 
de  jyrop  fimple  cuit  en  fa  )ufie 
confifience  il  ne  s’y  trouve  que 
deux  drachmes  de  liqueur  pour  don¬ 
ner  corps  au  Syrop  ,  qui  en  contien¬ 
nent  toute  la  vertu  :  il  efi  vray  que 
les  Syrops  compofe'if  contiennent  dor- 
vantage  de  liqueur ,  les  uns  ^lus , 
les  autres  moins  ,  &  cela  dépend 
de  la  quantité  de  la  decoSlion  ou 
des  fucs,  qui  les  compofent  ,  comme 
aujfi  de  leur  vifeofité ,  c’efl  la  caufe 
pourquoy  nous  ne  voyons  le  plut 
fouvent  que  de  faibles  effets  en 
leur  operation ,  a  raifon  du  peu  de 
vertu  qu’ils  poffedent  :  ce  qui  doit 
perfuader  V Artifie  d  'être  fort  exact 
en  la  compofition  d’iceux  &  de 
ponSluellement  obfêrver  les  ordon¬ 
nances  des  Autheurs  fans  retran¬ 
cher  aucun  des  ingrédient  ny  de 
leur 


Dùs  Sjrops  Jlmples,  41 


leurs  dofes, moyennant  que  les  réglés 
generales  y  foient  bien  obfervées, 
autrement  l‘Àpothicaire  experimen^ 
té  y  doit  pourvoir  fi  elles  ont  été  né¬ 
gligées  ,  comme  il  fera  remarqué 
cy-apreX^  en  quelques  et^droits  de 
cette  Sellion. 


De  Sympis  fîmplicibus  in 
fpecie. 

SympMs  Acetatus  fmfl  D.  Mef. 

Sacchari  dlbi ,  lib.  quinque. 

Aqua  fontü,  lib.  quatuor. 

Coquantur  in  vafe  vitreato  ad  di- 
midias  yfemper  dejpumando,  car- 
bonibus  accenfis  ,  aut  flamma 
exigua  ,  &  fine  fumo.  Tune 
adde 

Aceti  vini  albi  clari  ,  lib.  duos, 
aut. 

Si  valentiorem  requiris  ,  Ub.tres. 

Si  valentijfmum  >  lib.  quatuor  :  & 
percoque  in  Syrupum  vfui  repo- 
nendum, 

PARAPHRASE. 

CE  fÿrop  eft  décrit  par  Mefiié 
en  la  diBinSb.  6.  lequel  ne  diffè¬ 
re  de  l'Oxyinel  lîmple ,  décrie  par 
Galien  au  livre  quatrième  de  la 
fanté ,  finon  du  fuccrc  pour  le  mïel, 
&  n’eft  lî  ancien  :  car  du  temps 
de  Gai.  le  fiiccre  étoit  fort  rare.  L'un 
&  l'autre  incilènt ,  atténuent ,  de  dé¬ 
tergent  les  matières  craiïcs  ^  &  vit 
queulès.  Le  Syrop  Aceteux  aux 
hommes  &  maladies  bilieufes  eft 
meilleur ,  plus  beau  Sc  plus  agréa¬ 


ble  que  l’Oxymel  :  au  contraire  ce- 
Iiiy-cy  aux  complexions  froides  & 
aux  maladies  caufées  de  phlegme  eft 
meilleur  que  l'autre,  àcaulè  du  miel. 

L'un  &  l'autre  à  caufe  du  Vinai¬ 
gre  ,  font  contraires  à  la  matrice ,  à  - 
la  poitrine,  à  ia melancholie ,  &  alix 
parties  Ipermatiques ,  félon  le  divin 
Hippocrate  lib.  Acutorum.  La  dofè  Nota. 
du  Vinaigre  doit  être  laiiîée  au  ju¬ 
gement  du  pmdent  Apothicaire  qui 
le  compofèra  ,  félon  l'ordonnan¬ 
ce  du  Médecin  ,  &  la  force  d'ice- 
luy  de  plus  ou  moins.  Toutes  fois 
il  vaut  mieux  y  en  mettre  moins 
que  plus  ,  parce  qu'il  eft  plus  fa¬ 
cile  d'y  en  ajoûter  ,  que  d'en  di¬ 
minuer, 

LE  MELANGE. 

Prenez  cinq  livres  de  fuccre  fin, 
de  quatre  livres  d’eau  de  fontaine, 
que  vous  ferez  bouillir ,  comme  dit 
Mefiié  fur  les  charbons  allumez 
(pour  caufe  de  la  fumée  )  dans  une 
baffine  étamée,  ou  dedans  un  pot 
de  terre  vernie ,  jufqu’à  la  confomp- 
tion  de  la  moitié  ,  en  ôtant  toujours 
l’écume  qui  nage  par  delfus.  Le  Sy¬ 
rop  étant  quafi  de  non  du  tout  cuit, 
on  y  ajoutera  peu  à  peu  deux  livres 
de  bon  Vinaigre  blanc ,  qu’on  fera 
cuire  enfémble  ,  jufqu'à  ce  qu'il 
foit  un  peu  moins  cuit ,  qu'à  l’ordir 
dinaire,  pour  ce  que  le  vinaigre  re- 
fifte  à  la  corruption ,  &  le  confer- 
vera.  loint  qu’il  fé  peut  faire  en 
tout  temps  ,  de  d'autant  qu'il  eft 
recert  ,  d’autant  plus  il  eft  agréa¬ 
ble  :  l'Apothicaire  donc  en  fera  moins 
s’il  veut.  S’il  eft  queftion  d’être  plus 
fort  ,  au  lieu  de  deux  livres  de 
F  yinai 


4^  Livre  1. 

vinaigre,  on  y  en  mettra  trois  :  & 
s'il  ne  fù/îit  de  trois ,  on  y  en  met¬ 
tra  .quatre,  ainii  que  l’Autheiir  veut, 
à  rimitation  de  Galien  ,  au  livre 
frealleguê  ,  qui  compofe  d’Oxy- 
mel  ,  foible  ,  de  fort  Se  de  mé¬ 
diocre. 

Ceux-là  font  dignes  de  grande 
reprehenfion,  qui  pour  faire  leur  Sy- 
rop  plus  clair  ,  le  compofènt  avec 
vinaige  diftillé  ,  lequel  par  fon  acri¬ 
monie  corrode  le  ventricule  des  ma¬ 
lades  ,  &  tous  les  vifccres.  Pour 
la  foule  confideration  de  la  couleur, 
il  ne  faut  caufer  tant  de  maux.  loint 
que  s’il  eft  fait  avec  du  fùccre  fin, 
ou  caiîbnnade  de  Madere  clarifiée, 
&  vinaigre  blanc ,  il  fora  allèz  clair 
&  plaifant.  De  même  errent  ceux 
qui  le  font  fans  eau  ,  avec  le  foui 
vinaigre,  &  foccre  :  car  leau  y  eft 
mifo  pour  reprimer  l’acrimonie  du 
vinaigre.  Ceux  qui  ne  fç  auront  con- 
noître  la  cuitte  des  fÿrops  ,  qu’ils 
iifent  ce  que  Sylvius  a  dodement 
recueilly  ,  au  livre  Jècoud^,4e  fa 
Pharmacopée  ,  chapitre  de  la  co- 
élian  ;  là  ils  treuveront  dequoy  fe 
contenter.  < 

ZES  FAcrZTEZ. 

A  caufo  du  vinaigre  il  eft  plus  pro-r 
pre  aux  bilieux  ,  qu’aux  atrabilaires 
&  aiix^ hommes  qu’aux  femmes ,  par¬ 
ce  qu’il  eft  contraire  à  la  matrice  au 
dire  d’Hippocrate  lib.viB.acut.  Il  in- 
cifo  la  pituite,  ouvre  les  obftrudions, 
provoque  l’vrine  j  &  refifte  aux  ve¬ 
nins  a  &  à  la  pourriture. 


Seâion  IL 

REMARQUE. 

Auderon  blâme  (  fans  raifi» 
avec  fon  Paraphrafie)  les  Apo¬ 
thicaires  (jui  font  le  Syrop  Aceteux 
fans  eau ,  ce  n’efi  pas  pour  exeufer 
ceux-là  qui  le  pratiquent  ,  mais 
pour  tirer  de  l’erreur  ceux  qui  le 
croyent  ;  &  voicy  mes  raifons  que 
je  tire  de  l’experience.  La  fub- 
fiance  de  l'eau  avec  celle  du  vinai¬ 
gre  ne  conviennent  point  enfemble 
a  rai  fon  de  leur  compofitien ,  qu'en 
tant  quelles  font  humides  j  car  les 
ayant  mêlées  enfemble ,  il  efi  tres- 
aifé  de  les  feparer  l’une  de  l’aur 
tre ,  par  la  diBillation  en  un  petit 
degré  de  feu ,  l'eau  montera  la  pre¬ 
mière  ,  comme  la  pim  volatile  fans 
aucune  acidité  ,  &  en  fuite  le 
phtegme  qui  fait  la  quatrième  par¬ 
tie  du  vinaigre  ,  quand  il  efi  du 
pim  fort  ,  &  ce  qui  refie  dans  la 
Cucurbite  efi  de  beaucoup  pim  ai¬ 
gre  ,  le  phlegme  en  étant  feparé,. 
&  c'efi  cette  derniere  partie  qui 
reîie  dans  le  Syrop  aprez.  l'avoir 
cuit  en  fa  perfeBion.  Si  doneques 
nom  clarifions  cinq  livres  de  Caf- 
fonnade  de  Madere  avec  quatre 
livres  d’eau  ;  quand  il  les  faudra 
pajfer  par  le  blanehet  ,  une  partie 
du  Syrop  reSlera  dans  le  couloir 
ou  dejj'm  pour  ny  avoir  pas  ajfez. 
d’humidité  ,  cela  n'efi  rien  ,  on  la 
peut  augmenter  :  mais  pour  le  cui¬ 
re  comme  Méfié  veut ,  &  y  ajou¬ 
ter  peu  à  peu  le  vinaigre ,  je  de¬ 
mande  lequel  des  deux  s’évapore - 
:ta  le  premier  j  fins  contredit  ce 
fera  l’eau  comme  je  viens  de  dire 
qui  fera  place  au  vinaigre ,  &  plut 
m 


Des  Syrops  fimples,  4^5 


<m  cuira  le  Sj/rop  ,  phi  il  acquer¬ 
ra  d’aigreur  ,  parce  quapres  l’éva¬ 
poration  de  l'eau  ,  le  phlegme  du 
•vinaigre  s’évapore  comme  plus  at¬ 
taché  que  l’eau  ,  &  plus  leger  que 
l’ejprit  du  Vinaigre ,  &  ainfi  i’ ai¬ 
greur  du  Syrop  fera  plus  firte.  Ét 
partant  le  Paraphrafie  n’a  peu  ju- 
fiement  blâmer  ceux  qui  font  ce 
Syrop  fans  eau ,  puis  que  par  V ébul¬ 
lition  ,  tout  ce  qui  efi  purement 
aqueux  s’évapore  le  premier. 

Pour  abréger  cette  operation  il 
faut  prendre  cinq  livres  de  fuccre 
fin  :  le  mettre  en  pièces ,  &  dans 
un  vaijfeau  de  terre  plombé  ;  &  y 
•verfer  dejf^s  deux  livres  de  vinai¬ 
gre  blanc  ,  &  huit  onces  d’eau  de 
fintaine  ,  puis  a  la  vapeur  du  bain 
faut  cuire  le  tout  enferme  de  Syrop. 
Ceux  qui  defireront  de  l’avoir  plus 
fort  ,  retrancheront  quatre  onces 
d’eau ,  &  augmenteront  le  vinaigre 
de  demy  livre  j  &  ceux  qui  le  de¬ 
fireront  encores  plus  pmjfant  ,  en 
ôteront  entièrement  l’eau,  &  y  met¬ 
tront  trois  livres  de  fort  vinaigre 
blanc:  de  cette  façon,  on  aura  un 
Syrop  beaucoup  plus  agréable  que 
le  precedent ,  &  qui  le  furpajfera 
en  vertu. 

§luelques-uns  pourront  m’accu- 
fer  d'avoir  emprunté  le  modiis  fa- 
ciendi  du  Syrop  Aceteux  de  l’ani- 
maduerfion  que  Zvvelfor  Médecin 
de  l’Empereur  a  faite  furjle  meme 
Syrop  dans  la  Pharmacopée  d’Aus- 
bourg ,  ou  bien  de  ce  nouveau  écri¬ 
vain,  &  reformateur  de  la  Médeci¬ 
ne  Galenique  fin  difiiple  :  mais  ceux 
qui  me  connoi fient  témoigneront  la 
vérité  en  ma  faveur. 


Oxyfaccharum  fimplcx  D.Ni- 
col.  Myrepfi. 

iLgl.  Sacchari  optimi ,  lib.  unam. 
Succi  mali  Punici  depurati ,  vnc. 
oElo. 

Aceti  vini  albi ,  vnc.  quatuor;. 
Coque  in  Syrupum. 

PARAPHRASE. 

CEt  Oxylacchar  efl:  décrie  par 
Nicolas  Myreplùs  Alexandrin 
en  la  feélion  trente-feptiéme  ,  cha¬ 
pitre  vint-uniéme  du  livre  des  An¬ 
tidotes  :  lequel  a  pris  le  nom  de  là 
balè ,  le  flic  de  grenades  aigres.  Sa 
vertu  réfrigérante  eft  augmentée  par 
le  vinaigre  ,  le  fùccre  modéré  leur  ai- 
greutj  les  conferve  6c  rend  leur  aftion 
meilleure. 

LE  MELANGE. 

Le  fuccre  fin  fe  doit  icy  fondre 
au  fie  de  grenades  purifié  au  fo- 
leil  J  &  paiTé  à  travers  un  blanchet 
ou  chaulTe  à  Hipocras  ,  &  non  en 
l’eau  (  comme  avons  dit  au  precc-* 
dent  Syrop  )  pourcc  que  l’aigreur  du 
fuc  de  .grenades  h’eft  fi  ennemie  des 
parties  fpermatiques  j  comme  le  vi¬ 
naigre. 

Il  fera  aiit  dans  un  lèmblable 
vaillcau  qu’avons  dit  au  Syrop  Acc- 
teux  :  &  fiir  la  fin  le  vinaigre  y  fera 
ajouté  J  pour  aprez  le  garder  au  be- 
Ibin.  Son  iilàge  efl:  beaucoup  plus 
afliiré  en  tout  âge  ,  fexe  ,  fiiiion , 
&  maladies  biiieufes  ,  pituiteulès, 
&  pai'des  Iperraatiques  ,  que  le  pre- 
F  2  cedenv 


44  Livre  L  SeSiion  IL 


cedent  ;  parce  qu’il  y  a  moins  de 
vinaigre- 

LES  FACFLTE  Z. 

IL  a  les  mêmes  vertus  que  le  Syrop 
Aceteiix  lîmple  ,  lefqiielles  atté¬ 
nuent  en  partie  ;  partie  temperent 
&  corroborent  :  &  convient  où 
il  y  a  mélange  d’humeurs  j  Sc  pour 
cette  occafion  eft  propre  aux  fievres 
erratiques. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

L  fam  éviter  de  faire  cuire  l'O- 
xj/faccharum  dans  une  bajfine 
êtamée  comme  confeille  le  Para- 
phrafie  au  Syrop  Aceteux  ;  des 
deux  qu'il  nomme ,  il  faut  Je  fervir 
du  vaijfeau  de  terre  vernijje.  Et 
pour  le  modus  faciendi  J  on  fera  cui¬ 
re  indifféremment  les  fucs  &  le 
fuccre  enfemble  ,  ainfi  que  Nicol. 
Myrepf  enfeigne.  Ou  bien  qui 
prendra  fei\e  onces  fuccre  fin  en 
poudre  fubtile  y  le  mettra  dans  un 
vai0au  de  terre  vernie ,  &  verfera 
dejfm  fix  onces  fuc  de  grenades  ai¬ 
gres  bien  dépuré ,  &  trois  onces  de 
fort  vinaigre  blanc ,&  ala vapeur 
du  B.  M.  les  fera  cuire  enferme  de 
Syrop,  ainfi,  il  fera  pim  agréable 
qualafa^on  cy -dejfm. 


De  Syrupis  Acetojimis  Citrij  ,  Li- 
momm  ,  Omphac^ ,  Granato- 
vum^  e  fmco  Oxaüdis,  Oxyacan- 
tha,  Ribei,  Armtiorum^  é‘  Cy- 
doniorum ,  D.  A4. 

PARAPHRASE. 

Tous  ces  Syrops  fe  font  l’iiln 
comme  l’autre.  Prenez  fept  li¬ 
vres  de  fuc  de  l’un  des  fîtes  nom¬ 
mez  qui  foit  purifié  au  Soleil ,  ou  fi 
la  neceffité  contraint  d’attendre  ,  ou 
que  la  faifon  ne  le  permette  j  fîir  Le 
feu  avec  aubins  d’œufs ,  lequel  vous 
coulerez  par  un  blanchet  j  ou  chaullè 
àhipocras  ou  par  le  feutre  s’il  eft  vif- 
queux  :  comme  ,  celuy  de  Limons, 
Acetofitatis  Citrÿ,8cians  expreffion: 
afin  que  peu  de  jours  aprez  tcLSyrop 
ne  fe  candiftè ,  dont  la  vifquôfité  eft  la 
feule  caufc^'Dans-teHîic  ainfi  purifiée 
fera  cuit  fo  fticcre,  comme  nous  avons 
dit  de  VOxyfaccharum,&c  Syrop  A- 
ceteux  fimple.  Si  prefentement  on  en 
veut  ufèijon  y  pourra  laiftèr  pour  cha¬ 
que  livre  de  fuccre  quatre  onces  de  li¬ 
queur  :  afin  qu’il  foit  plus  agréable,  fi- 
non  trois  onces  fùffiront,  &  ne  fe  cor¬ 
rompra. 

Mefîié  aufÿrop  de  grenades  donne 
un  bon  confeil  pour  le  rendre  plus 
cordial  qui  ne  fe  pratique  point  main¬ 
tenant  i  c’eft  qu’au  fuc  il  fait  trem¬ 
per  quelques  heures  &  fur  les  cen¬ 
dres  chaudes ,  de  la  fbye  crue  ,  teinte 
auparavant  au  fiic  de  chermes ,  juf- 
qu’à  ce  qu’il  en  foit  rouge.  Ceux  qui 
feront  fur  les  lieux  où  la  graine  de 
chermes  croît  ,  comme  au  Langue¬ 
doc  &  Provence  ,  pourront  tein¬ 
dre 


Syrops  fimples.  '45 


dre  leur  foye  crue  >  avec  fbri  fnc 
Sc  faire  ce  que  nous  avons  die.  Ceux 
qui  n'ont  telle  commodité ,  prendront 
de  la  foye  crue  &  de  la  graine  feche, 
laquelle  contufè  feront  bouillir  avec 
la  foye  au  fuc  de  Grenades ,  julqu’à 
tant  qu'il  en  devienne  rouge ,  qu'ils 
exprimeront.  Et  la  colature  r affile  Sc 
coulée  par  le  blanchet  ,  fera  cuitte 
avec  le  lèiccre  comme  nous  avons  dit. 
Il  eft  plus  cordial  &  fortifie  plus  les 
vilccres  que  celuy  èf  Oranges,  Celuy 
de  Ver]m  réfrigéré  plus  que  nul  autre. 
Celuy  de  Coings  eft  plus  adftringcnt. 
Celuy  à’Oz.eille  pour  delbpiler  eft 
meilleur.  Celuy  de  Limons  &  de  Ci¬ 
trons,  ,  tant  pour  la  vermine  Sc  cor¬ 
ruption  des  humeurs  j  que  pour  les 
venins  j  poifon  Sc  pefte  ,  font  meil¬ 
leurs  que  tous  les  autres  . 

LES  EACVLTEZ. 

Dit  [y-  Le  Sjrop  de  fuc  de  Citron  ,  éteint 
rop  de  l’ardeur  de  la  bile  flaye  Sc  des  fièvres 
Citron,  chaudes  Sc  peftilentes  ,  principale¬ 
ment  en  une  conftitution  d'Eté  pe- 
ftilent  J  Sc  appailè  puilîàmment  la 
foif  Sc  refifte  à  l’yvrongneric. 
fy-  Le  Syrop  de  lÂmons  réfrigéré  Sc 
^LitiMns  puilTàmmenc  que  le  pre¬ 

cedent  :  il  rcfifbe  à  la  pourrimre  ,  &  à 
la  pefte ,  fert  contre  les  vers  ,  Sc  rabat 
la  chaleur  vehenaente  des  fièvres  :  cor¬ 
rige  la  putréfaction  Sc  crudité  des 
humeurs. 

fy-  Le  Syrop  de  Vêrjm  profite  au 
rîr\w  ’  arrête  le  vomiffiement ,  &  le 

flux  de  ventre  bilieux  :  appaifolafoif, 
tempere  la  chaleur  des  vifoercs  ,  re¬ 
crée  l’eftomach  époinçonné  des  hu¬ 
meurs  chaudes.  Il  eft  convenable  aux 
fièvres  büicufés,  aux  venins,  &  à  la 
pefte;  -  ,  : 


Le  Syrop  de  Grenades  aigres  eft  Du Jÿ. 
.excellent  aux  fièvres  biliculès  Sc  en-  rof  de 
cores  aux  pituiteulès ,  ou  il  y  a  grande 
chaleur. 

Le  Syrop  de  fuc  d’Oz.eille  eft  fort  Du  fy~ 
ufifé  aux  fièvres  bilieufes  &  peftilen- 
tes  ;  il  éteint  la  chaleur  enflammée  du 
cœur  ,  du  ventricule  ,  Sc  autres  vit 
ceres. 

Le  Syrop  d’ Epine  vinette  ,  tout  DuCy- 
ainfi  que  le  Syrop  de  Ribes  de  Mefoé  rop  I'e- 
réfrigéré ,  aftreint ,  Sc  partant  il  coiv  vi. 
robore.le  cœur  Sc  l'cftomach  échauf- 
fez  &^en  appaife  la  ferveur  ,  &  la 
foif  J  &  les  vomiiremens  &  flux  de 
ventre  bilieux  qu’il  modéré. 

Le  Syrop  de  Coings  fortifie  l’efto-  Dufy- 
mach ,  arrête  auffi  le  vomilfomcnt  Sc  rop  de 
flux  de  ventre  J  convient  aux  dyfon-  Coings, 
teries  &  affedions  celiaques  :  comme 
auffi  à  ceux  qui  crachent  le  fang  ,  Sc 
au  flux  immodéré  des  mois  Sc  des  he- 
morrhoïdes  ,  &  appaifo  les  fluxions 
qui  tombent  de  la  tête  for  la  poiuine, 

Sc  parties  inferieures, 

REMARQVE. 

BAuderon  en  nous  décrivant  celr 
Syrop  s  ,  s"efi  fervy  a  peu  pref^ 
de  la  méthode  de  Méfié ,  aujfi  les 
a-t-il  tirex.  en  partie  de  fon  Antido- 
taire  ;  mais  parce  qu  en  faifant  cuire 
les  fucs  qui  les  compofent ,  jufqu  à 
la  confomption  d’un  tiers ,  ou  de  la 
moitié ,  comme  ils  preferivent ,  pour 
puis  apref^,  comme  dit  Mefué ,  les 
recuire  derechef  avec  le  fuccre,  pour 
leur  donner  la  forme  de  Syrop  ,  co 
ferait  leur  acquérir  un  très-mauvais 
goût  ,  au  lieu  qu’ils  doivent  etre 
agréables  ,  qui  efi  une  partie-  du 
fujetpo^r  lequel  ils  ont  été  inventés 
F  3  cc^ 


4  5  Livre  L 

comme  a  été  cy-àevant  dit  par  no¬ 
tre  Paraphrafte.  Pour  empêcher  que 
cela  n arrive  ,  il  faut  procéder  en- 
ces  Syropsde  la  même  façon  que  nom 
venons  de  dire  en  VOxyfacchar ,  oh- 
fervant  toujours  que  les  fucs  foient 
des  pim  recens ,  &  bien  purifiez, ,  & 
leur  dofe  avec  celle  du  fuccre  gar¬ 
dées  ,  &  de  les  faire  cuire  au  B.  M- 
tels  Syrops  feront  préférables  en  tout 
à  tom  les  autres  qui  font  compo'fés 
aîafaçon~ordiîiaire. 


Syrnpus  de  Forais  flmpl. 

D.  Mef. 

OfL.  Succorum  pomorum  acidorum,  & 
dulcium  redolentium  »  utriufque 
lib.  quinque. 

Coquantur  ad  dimidias  :  deinde  bi- 
duo  refidere  permitte ,  donec  cla- 
refcànt  ;■  tune  colentur  ,  &  cum 
facchari  ,  lib.  tribm  fiat  Syrupm. 

Gpfidam  huic  fucco  nondum  per  refi- 
dentiam  purgato ,  immer gunt  Se- 
ricum  crudum ,  Cocco  baphica  re- 
centi  tinElum ,  donec  is  rubéfiât, 
Cocci  ac  Serici  facultatem  re- 
ceperit  :  ficque  efi  prafiantior. 

T -ARA  P II  RA  SE. 

ENcore  que  ce  Syrop  fbit  moins 
ufité  que  le  compole  que  nous  dé¬ 
crirons  au  rang  des  purgatifs ,  Ci  eft- 
ce  qu’il  eft  fort  fouyerain  aux  fynco- 
pes  ,  palpitations  de  cœur,  au  vomif- 
îcment  bilieux ,  à  exciter  l’apetit ,  ap- 
paifèr  la  foif,  &  refîfter  à  la  pourritu¬ 
re  des  humeui-s ,  notamment  (i  la  foye 
crue  eft  teinte  au  iîic  de  la  graine  d’é¬ 
carlate  ,  ôc  eft  trempée  ou  infusée  au 


SeBîon  11, 

fuc  de  pommes  :  ou  qu’en  iceluy  on 
falfe  bouillir  quelque  peu  de  la  graine 
d’écarlate  contufe  ,  avec  de  la  foys 
cruë  (  comme  ayons  dit  au  fyrop  de 
Grenades  )  jufqu’à  ce  qu’il  devienne 
rouge.  Puis  étant  raflîs,  clair  8c  coulé, 
on  y  cuira  le  iiiccre  en  confiftence 
convenable ,  à  ce  qu’il  fè  puiflè  gar¬ 
der  au  belbin.  Plus  les  pommes  feront 
odorantes,  le  fÿrop  en  fera  d’autant 
meilleur. 

ZES  FACFLTE  Z. 

Il  fortifie  le  cœur ,  &  guérit  la 
fyncope  &  palpitation  du  cœur,  8c 
tempere  l’huméur  mclancholique. 

R  E  M  A  R  dV  E. 

'Autheur  de  ce  Syrop  &  celuy 
de  la  Paraphrafe  demandent 
que  les  fucs  des  pommes ,  tant  des 
aigres  que  des  douces  foient  confu- 
més  de  la  moitié  ,  &  que  derechef 
foient  cuits  enfemble  avec  le  fuccre, 
&  réduits  en  forme  de  jyrop.  Il  me 
femble  que  cette  pratique  ne  doit 
point  être  reçue  chés  nom  ,  quand  ce 
ne  firoit  qu’à  caufe  des  deux  diver- 
fes  coïtions  qu’ils  prefirivent  défai¬ 
re  ,  puis  qu’une  feule  coltion  y  peut 
fhffire. 

En  outre ,  à  quoy  faire  cette  gran¬ 
de  confomption ,  à  moins  que  l’Au- 
theur  eût  prétendu  faire  évaporer 
quelque  humidité  qu’il  eût  figée  fu- 
perfiuë ,  appréhendant  quelle  ne  cau¬ 
sât  de  la  corruption  dans  le  Jyrop  ; 
ce  qui  nefi  point  à  craindre  ,Juivant 
notre  pratique  ordinaire  :  ou  bien 
pour  réduire  toutes  les  vertus  des 
fucs  des  pommes  ,  qui  font  éparfis 
dans 


T>es  Syrofs  Jïmples.  47 


àms  cette  quantité  de  dix  livres, 
four  les  enferrer  dans  une  beaucoup 
plus  petite  quantité  d'enuiron  fei^ 
onces ,  qu‘il  en  peut  refier  apres^  les 
deux  confomptions  ,  pour  donner 
corps  de  ]}rop  à  trente  fix  onces  de 
fuccre  qu’il  y  demande.  Mais  en  ou¬ 
tre  il  faut  confiderer  que  devien¬ 
dront  les  parties  les  plus  fubtiles 
qui  composent  l’odeur  flagrante  des 
pommes  ?  particulièrement  des  dou¬ 
ces  ,  où  refide  en  partie  la  vertu 
quelles  ont  de  réjouir  &  fortifier  le 
cœur ,  &  de  recréer  le  cerveau.  Sans 
nulle  dijflculté  elle  fe  difilperoit,  & 
de  plus  ce  qui  refieroit  feroit  altéré 
par  le  feu  ,particulierement  les  qua¬ 
lités  &  vertus  du  fuc  de  pommes  ai¬ 
gres  ,  comme  nom  venons  de  dire  au 
Rob  de  Berberis ,  &  de  Fêrjm. 

fefiime  donc  la  vraye  méthode 
de  le  compofer  être  telle ,  de  prendre 
du  fuc  de  pommes  doucés  &  odoran¬ 
tes  ,  &  du  fuc  de  pommes  aigres 
bien  meures  &  dépurées  de  chacun 
une  livre  ,  fuccre  fin  trois  livres , 
meles  ces  matières  enfemble  ,  dans 
un  baffin  d’étain  ,&  kla  vapeur  du 
bain  faites-les  cuire  en  conjîfience 
de  Jyrop  ,  lequel  ne  cedera  en  rien 
au  precedent. 


Syrupus  Refis  ficcis  incerti 
Auétoris. 

Rofarum  rubrarum  ficcarum  , 
.  lib.  unarn. 

Jnfunde  horis  14.  in  aqua  lib.  qua¬ 
tuor  fuper  cineres  calidos. 
aîltero  die  coque  ad  tertio,  partis 
confumptionem.  Expreffum  clari- 
ficetur  cura  Sacchari  albi  lib. 


duab.  &  percoquantur  in  Jyru- 
pum.  Si  ex  tribus  Rofarum  ficca¬ 
rum  infufionibus  fiat  ad  omnia 
potentior  erit. 

A'RAP  HRASE. 

CE  fÿrop  eft  de  rinvention  des 
modernes ,  &  non  des  anciens  j 
mais  je  n’ay  encore  pu  fçavoir  qui  en 
a  été  Tinventeur.  S'il  eft  fait  avec  trois 
infufîons  de  rofes  feches  ,  il  fera 
beaucoup  meilleur  qu'avec  une  feule  : 
tant  à  corroborer  qu'à  arrêter  toute 
évacuation  demeftirée.  Il  lè  doit  un 
peu  plus  cuire  que  les  lÿrops  aigres, 
afin  qu'il  ne  s'aigriflTe  par  la  chaleur 
de  l'Eté ,  indice  certain  de  fa  corru¬ 
ption  ,  qui  le  rend  inutile  aux  mala¬ 
des.  Pour  éviter  cela,  il  ne  le  faut 
préparer  finon  lors  qu’on  s'en  vou¬ 
dra  lèrvir ,  &  en  petite  quantité  :  car 
nous  gardons  toute  l’année  des  rofes 
feches. 

ZES  FACVLTEZ. 

Il  eft  fort  recommandé  pour  toute 
forte  de  flux  de  ventre,  &  pôur  cor¬ 
roborer  les  parties  internes  ,  &  dou¬ 
cement  deterger  les  ulcérés  ,  &  les 
agglutiner  :  il  arrête  le  vomiirement, 
provoque  le  fommeil  ,  &  arrête  les 
fluxions  fobtiles» 

REMARQVE. 

BAuderon  attribué  ce  Syrop 
modernes  ,  )e  n’ay  pu  fçavoir  juf- 
ques  à  prefent  de  qui  il  efi  ;  mais 
tout  ce  que  fen  puis  dire  d’afiûré , 
que  la  defeription  efi  tellement  d/- 
pravée  qu’à  peine  ay-)e  pu  trouver 
deux  Pharmacopées  qui  h  décri¬ 
vent 


48  Livre  L 

-vent  de  même  faç.on  ;  &  de  toutes  je 
nen  ay  point  -vu  me  moins  propor¬ 
tionnée  en  dofe  que  celle-cy,en  ce  quil 
efi  demandé  me  livre  de  rofes  feches 
infufées  en  quatre  livres  d’eau  tiede 
par  24.  heures,& aprez  il  veut  qu’on 
fafe  confumer  l’infujîon  d’un  tiers, 
&  que  Ji  derechef  on  infufe  (en  tren¬ 
te  onces  ou  environ  de  la  colature  ) 
une  livre  de  rofes ,  comme  dit  efi ,  eéf 
qu’on  la  répété  par  une  troifiéme  fois, 
que  le  Jyrop  en  fera  beaucoup  meil¬ 
leur  }  cela  ne  fe  peut ,  à  caufe  que 
l’humidité  y  manquerait  pour  les  in- 
fufer  &  cuire,  &  ainfiil  fe  faut  con¬ 
tenter  d’une  livre  &-  demy  de  rofes 
qu’il  faut  divifer  en  trois  infufions, 
fans  les  faire  bouillir  ny  confumer, 
que  les  bien  chauffer  particulière¬ 
ment  la  fécondé  &  la  derniere  fur 
les  cendres  chaudes  par  24.  heures 
chacune ,  dans  un  vaiffeau  bien  clos, 
&  aprez.  aveç  deux  livres  de  fuccre 
en  faire  le  Jyrop  félon  l’art. 

Ou  bien  ceux  qui  defireront  avoir 
un  Jyrop  qui  ne  cedera  en  rien  au 
precedent ,  au  contraire  qui  fera  de 
beaucoup  plus  agréable  ,  tant  en  fa 
couleur  qu’en  fa  faveur ,  y  procéde¬ 
ront  ainfi  ,  &  prendront  dix  onces 
de  rofes  rouges fiches,  ils  en  mettront 
la  moitié  dans,  un  vaijfeau  de  verre, 
&  verfiront  dejfus  trente  onces  d’eau 
de  fontaine  :  le  vaijfeau  clos  fera  tenu 
en  une  chaleur  de  cendres  l’ejpace  de 
fix  heures,  apre1(ony  ajoutera  tren¬ 
te  gouttes  pour  le  plus  de  bon  -ejprit 
de  fiulphre,  &  on  agitera  un  peu  ces 
matières  pour  le  faire  communiquer 
également  par  tout ,  &  deux  heures 
aprelj  la  colature  &  legere  expref- 
fion  faite  fera  remife  dans  le  vaif 
fiau  avec  l’autre  partie  de  rofes ,  & 


SeBîon  IL 

fur  une  femblable  chaleur  que  dejfus, 
on  les  tiendra  en  digefiion  pendant 
,  huit  heures  ou  un  peu  plus  :  la  cola¬ 
ture  &  exprejfion  derechef  faite ,  & 
repofée  pour  en  fiparer  les  fices  par 
inclination,  on  en  prendra  vingt  on¬ 
ces  &  trente  deux  onces  de  fuccre  fin 
mis  en  poudre  ,  &  pour  la  coéiion  on 
y  procédera  comme  a  été  cy-devarvt, 
dit  au  Jyrop  aceteux. 


Infufio  Rofamm  Sc  Violarum 
D.  MeC 

Foliorum  Jlorum  Rofarum  aut 
Fiolarum  recentium,  lib.fex. 

Horis  oéto  macerentur  in  lib.  quin- 
decim  aquss  calefaéia,  in  vafe  ter- 
reo  vitre ato,firiB;i  oris,  opercula- 
to ,  pofiea  colentur.  Eidem  aqua 
calefaélss ,  Rofarum  aut  Violarum 
recentium  tantunde/n  rurfus  im- 
mittaiur,  eaque  per  idem  éfatium 
macerentur ,  dein  colentur  5  id  Ji 
velis  firvare ,  oleo  aff^ufi ,  &  eo- 
dem  vafe  bene  operculato  dies  qua- 
draginta  in  fila  :  vocatur  id  Mu- 
charurn  Rofarum  aut  Violarum. 

Syrupus  Rofatns  fimplex,  D.  M. 

Pr&diélsi  infufionis  Rofarum  cla- 
rificata, 

Sacchari  optimi  ,  utriufque  pares 
portiones. 

Coque  in Jyrupum ,  ufui  reponendum. 
Syaipus  Violatns  fimplex ,  D.  M. 

'if.  Infufionis  pradiéta  Violarum 
clarificata , 

Sacchari  optimi ,  utriufque  pares  porr 
tiones. 

Coque  injyrupum,  ufui  reponendum. 

PARA 


PARAP  HRASE. 

MEfoé  appelle  Einfufion  feiile> 
foie  de  Kofes,,  ou  Violes  Mii- 
charum  3  de  laquelle  nous  fàifons  nos 
Syrops  jGmples  de  rôles  &  violes, 
qui  ne  different  d'icelle  ,  que  du  liic- 
cre  que  nous  y  avons  ad  jouté,  tant 
pour  la  durée  que  pour  la  làveur.Nous 
trouvons  par  experiéce  que  les  Sirops 
lîmples  l'urpallènt  en  vertu  le  lulep 
violât  &  roîàt,  fait  avec  fiiccre  &  eau 
diftiltée  ,  qu'Aétuarius  appelle 
Aeér/o)'.  Il  convient  à  tout  âge,  Icxe, 
làifon ,  &  tempérament ,  &  même  le 
rolàt  aux  maladies  delà  poitrine:  pour 
caufe  de  fa  legere  adftrid;ion,au  com¬ 
mencement  des  fluxions  en  icelle. 

ZE  MELANGE. 
Prenés  environ  quinze  livres  d’eau 
de  fontaine  chaude,  &  y  verfés  envi¬ 
ron  fix  livres  de  rofes  pâles  ,  ou  vio¬ 
les  recentes  que  vous  infuferés  dans 
un  pot  de  terre  vernifle ,  étroit  d’em- 
boucheure  ,  l’efpace  de  huit  heures, 
afin  qu’étant  bien  bouché,  la  vertu  ne 
s’exhale.  Aprez  icelle  eau  réchauffée, 
la  faut  couler  &  exprimer  les  rôles  ou 
violes,  &c  en  la  colature  y  mettre  de¬ 
rechef  ,  pareille  quantité  de  rofes  ou 
violes  ,  &  au  même  pot ,  qu’on  infu- 
fera  auflî  pendant  huit  heures ,  &  ex¬ 
primera  non  violemment,  afin  de  n’a- 
tirer  par  icelle  certaine  acrimonie  ,  & 
vifeofité  fâcheufe ,  qui  eft  en  la  partie 
herbue  des  violes.  L’infufion  fera 
gardée  dans  des  phioles  (  y  mettant 
par  defllis  un  peu  d’huile  d’olive  )  au 
Soleil  quelques  femaines  (  ou  comme 
nous  pratiquons  )  la  colature  fera  cla¬ 
rifiée  avec  aubins  d’œufs'',  coulée  à 
travers  le  blanchet  ,  ou  chaulleàhi- 


JÜes  Syrops  Jtmfles,  4^ 

pocras  ,  &c  auec  pareille  quantité  de 
liicere  fin  de  Madere ,  cuite  en  Syrop: 
ainll  long-tems  par  le  Iticcre  la  vertu 
eft  gardée.  Icy  nous  ne  préparons  le 
Syrop  rofat  avec  deux  infufionsrmais 
avec  neuf  &  dix ,  que  nous  décrirons 
au  rang  des  Syrops  purgatifs. 

Quelques  Apothicaires  curiaix  de 
donner  à  leur  Syrop  violât,  la  couleur 
même  des  violes  fontles  infuflons  co¬ 
rne  nous  avons  dit.  En  outre  ils  mon-  Vour 
dent  les  violes  de  leur  partie  herbue,  /«'re 
i  comme  s’ils  vouloient  feire  de  la  con- 
ferve,environ  deux  onces,qu’ils  pilent 
en  un  mortier  de  marbre,  &  mifes  fur  aye  la 
une  étamine  neufve ,  &  le  Syrop  cuit,  couleur 
&  Ibrtant  de  deflîis  le  feu  le  verlènt 
par  delTûs  deux  ou  trois  fois  :  ainfi  il 
retient  la  couleur,&  odeur  des  violes, 
pourveu  qu’aprez  on  nclefaffe  bouil¬ 
lir.  Que  fl  l’humidité  des  violes  de- 
cuit  le  Syrop  ,  le  faut  tenir  en  une 
étuve ,  ou  autre  lieu  chaud  :  afin  que 
peu  à  peu  telle  humidité  s’évapore, & 
fc  puiflé  longuement  garder,  ou  au¬ 
paravant  que  le  verltr  lùr  les  violes 
contufés ,  le  cuire  un  peu  plus.  Les 
autres ,  des  violes  triées  (  comme  dit 
eftjen  tirent  du  fuc  environ  deux  on¬ 
ces  ,  qu’ils  adjoûtent  au  Syrop  cuit  à 
perfcâion  j  la  baffine  ôtée  de  delkis 
le  feu.  L’une  &  l’autre  maniéré  eft 
louable  &c  plaifante  Quelquefois  l’af-  ' 
fluence  des  malades  eft  fi  grande,  que 
tel  Syrop  &  les  infuflons  même  gar¬ 
dées,  défaillent  avant  que  l'année  loit 
paffée  ,  &  qu’on  en  pniflê  préparer 
de  nouveau,  de  forte  que  les  Apothi¬ 
caires  font  contraints  de  taire  des  in- 
fufions  de  violes  feiches,  comme  nous 
avons  dit  des  recentes.  En  cas  de  ne- 
cefîîté  cela  eft-tolerable  autrement 
non  :  pourveu  que  les  violes ,  par  cx- 
G  ficca 


Liure  L  SeBion  IL 


ficcation  mal  gouvernée  ,  ou  par  la 
longueur  du  tems ,  n’ayent  perdu  leur 
naïue  couleur.  Que  fi  cela  étoit ,  el¬ 
les  n  auroient  non  plus  de  vertu  que 
de  la  paille.  Qu’elles  ibient  net¬ 
toyées  de  toute  ordure  i  qui  fc  trou¬ 
ve  par  dedans  ,  la  quantité  de  trois 
onces  pour  chacune  livre  d’eau  ,  & 
qu’on  les  infufc  en  l’eau  chaude  un 
jour,  &  qu’on  leur  donne  une  feule 
ébullition ,  &  non  plus  ,.y  ajoutant 
telle  quantité  de  fuccre  qu’il  eft  re¬ 
quis  ,  on  fera  un  Syrop  duquel  on 
s’aidera  en  attendant  mieux. 

LJES  FJCFLTEZ. 

Le  Syrop  rofat  tempère  les  hu¬ 
meurs  trop  chaudes  ,  évacue  les  lè- 
rofitez  non  feulement  de  la  premiè¬ 
re  région  du^  corps  ,  mais  aulfi  des 
parties  éloignées ,  fi  on  en  prend  eh 
plus  grande  quantité.  Le  recent  a  la 
faculté  purgative  plus  grande  que  le 
viel.  On  le  peut  donner  avec  alfeu- 
rance  aux  enfans ,  aux  vieillards  ,  & 
aux  femmes  greffes. 

.  Le  Syrop  violât  rabat  l’acrimo¬ 
nie  de  la  bile  ,  terapere  la  chaleur 
des  vifeeres  ,  lâche  le  ventre  en  lé¬ 
nifiant  ,  &  profite  aux  maladies  de 
la  poitrine  ,  il  eft  propre  au  com¬ 
mencement  aux  inflammations  de 
côté &  à  l’âpreté  de  la  trachée  ar¬ 
tère,  &  en  l’ardeur  des  fièvres  aiguës, 
&  appaiiè  la  foi£  [ 

\ 

REMÀRCLVE. 

L/ué  veut  gue  les  injvjîofis 
de  rofes  ,  é^er  violes  fiiem 
exposées  par  quarante  jours  au  fo-^ 
leil ,  &  Bauderon  s'y  accorde ,  & 


veut  quon  prene  cinq  livres  de 
chacune  de  ces  infujîons ,  &  quon 
les  clarifie  avec  pareille  quantité 
de  fuccre  pour  en  faire  un  Syrop  fe- 
parément.  Pour  repondre  au  pre¬ 
mier  il  nefl  pas  necejfaire  d’ex- 
pofer  ces  infujîons  au  foleil  parti- . 
culierement  celle  de  violes  ,  puis 
que  V  intention  de  BLefué  na  été 
que  pour  les  faire  depurer  par  re- 
fidence  ,  pour  les  garder  au  be- 
foin  ,  &  cela  fe  peut  faire  plus 
utilement  en  un  lieu  frais  qu'au 
foleil.  Pour  un  fécond  ,  nôtre  Pa- 
raphrafte  fiait  bien  que  par  la  feu¬ 
le  colature  d  travers  la  manche  a 
hipocras  deux  fois  reiterée  ,  que  ce¬ 
la  fuffit  autant  que  fi  on  avait  mis 
un  blanc  d'œuf  pour  livre  de  fuc¬ 
cre.  Et  quant  au  troifiéme  ,  qui 
regarde  la  quantité  du  fuccre  & 
de  Vinfufion  ,  elle  ne  doit  point 
être  égale  ,  pour  les  raifons  allé¬ 
guées  en  la  remarque  du  Byrop 
Aceteux  ;  cette  derniere  doit  être 
augmentée  pour  le  moins  d'un  tiers, 
fi  on  defire  que  les  Syrops  filent 
pim  efficacieux ,  autrement  ils  font 
tres-foibles  ,  dr  en  les  cuifant  il 
faut  ûbferver  que  ce  fait  fur  un 
petit  feu  ,  a  quoy  l'Artifie-  doit 
prendre  garde  comme  très -impor¬ 
tant  ,  ce  que  la  pim  grande  par¬ 
tie  pratique  autrement^ ,  c' eft  par¬ 
ce  quils  le  commettent  d  leurs 
apprentifs  ou  ferviteurs  ,  qui  ne 
confiderent  pas  toujours  ce  qu'ile 
font. 

Et  pour  le  Syrop  violât  il  y 
faut  procéder  tout  autrement.  Si¬ 
tôt  apret^  avoir  fait  Vinfufion  des 
fleurs  exaôiement  mondées  &  ré¬ 
centes  la  plus  belle  qui  fé  pourra/. 


T^es  Sjrops  Jimples.  5  2 


fans  addition  aucune  ,  il  U  faut 
ferrer  dans  une  bouteille  ,  &  la 
laijfer  r’ajfeoir  trois  heures  durant, 
^  cependant  on  triturera  du  fuc- 
cre  fin  du  plus  blanc  &  du  plus 
fec  :  puis  on  prendra  parties  éga¬ 
les  d'infufion  &  de  fuccre ,  &  dans 
un  vaijjeau  d’étain  ,  à  la  vapeur 
de  l’eau  chaude  on  les  fera  cuire, 
(remuant  par  fois  du  commence¬ 
ment  avec  une  cueHlere  d’argent) 
ju/^ues  en  fa  perfeHion  ,  l’ayant 
tiré  du  feu  en  l’écumera.  le  ne 
m'expliqueray  p(^  davantage  ,  il 
me  fufiit  de  dire  que  de  cette  fa- 
fo»  le  Syrop  en  fera  tres-beau,fort 
excellent ,  &  qui  tiendra  long-tems 
fa  couleur. 


Syrupus  Adiantinus  inceiti 
Audoris. 

“yi,  Adianti  albi  ,  id  efi  ,  Capil- 
li  veneris  d  fordibus  diligenter 
mundati ,  &  parum  incif ,  quan¬ 
tum  fujficitr 

Infunde  in  aqua  calente  horis  duo- 
decim  in  vafe  terreo  vitrato, 
oris  ftrilili  ,  operculato  ,  dein- 
de  femel  fervefac.  Colatura  in- 
pce 

Sacchari  albijftmî ,  lib.  quatuor, 

Clarificentur  ,  colentur  &  perco- 
quantur  in  Syrupum  ufui  repo- 
nendum, 

P  Ai.  AP  H  RASE, 

QVoy  que  l’Autheur  de  ce  Sy¬ 
rop  nous  foit  incertain  :  il  a 
pourtant  été  pris  de  celuy  que  Me- 


flié  décrit  en  fon  Antidotaire  di- 
ftinlHon  fixiéme  ,  fait  de  deux  on¬ 
ces  de  reglille  ,  cinq  i  onces  capil- 
li  Veneris  trempé  en  quatre  livres 
d  eau  vingtr.quatre  heures ,  cuit  à  la 
moitié.  La  colature  clarifiée  avec  eau 
de  capiU  Veneris  &  fîiccre  de  cha¬ 
cun  huit  onces ,  cuits  en  Syrop  qu'il 
garde,  ainfi  que  lavons  décrit.  licft 
fort  ufité  en  Languedoc  ,  Proven¬ 
ce  &  ailleurs  où  fe  trouve  du  vray 
Capilli  veneris ,  fort  beau  &  plai- 
fant.  Alt  lieu  de  celny-là  nous  en 
ufons  dun  autre  ,  compofé  de  plu- 
fieurs  Capillaires  ,  tel  que  le  dé¬ 
crirons  au  rang  des  Syrops  alte- 
ratifs  compoles  :  moins  beau  &  plai- 
lànt ,  &  moindre  en  vertu  queTau- 
tre. 

LE  MELANGE. 

Prenez  quantité  lùffifànte  du  vray 
Capilli  veneris  ,  nettoyé  de  toutes 
racines  ,  fouilles  mortes  ,  &  ordu¬ 
res  ,  qu’indforez  &  tremperez  en 
eau  chaude  ,  un  jour  entier  dans 
un  pot  de  terre  vernifTé  ,  qui  fe¬ 
ra  bouché.  Le  jour  fùivant  il  liiffira 
luy  donner  un  bouillon  fer  le  fou;  ■ 
pourïe  que  fe  vertu  eft  feperficiel- 
le  &  facile  à  refoudre.  Aprez  qu'il 
fera  exprimé  ,  la  colamre  fera  cla¬ 
rifiée  avec  aubins  d'œufs  &  cou¬ 
lée  :  &  fer  cinq  livres  de  deco- 
élion  ,  on  mettra  quatre  livres  de 
foccre  qu’on  cuira  en  Syrop  ,  qui 
fera  gardé  au  befoin. 

LES  FACVLTE  Z. 

Il  eft  propre  aux  intçmperatu- 
res  chaudes  de  la  poitrine  ,  ouvre 
G  i  les  - 


Lièvre  1.  Seâwn  IL 


•ks  obftruébions  >  faeilke  la  relpira- 
tion>  &  appaifc  la  toux. 

REMARQVE. 

CE  Syrop  ëfi  le  plus  u^té  en 
cette  ville  qtt  aucun  autre ,  tant 
par  ceux  qui  font  en  fanté  qui  en 
prennent  par  delice  ,  que  par  les 
malades  qui  s  en  fervent  par  ne- 
cejfité  outre  la  débité  ■  que  nous 
en  faifons  pour  en  fournir  tant  en 
beaucoup  d'endroits  de  la  France 
qui  font  privez,  de  la  vraye  plan¬ 
te  J  que  dans  les  pays  étrangers. 
Et  cette  grande  débité  efi  caufe 
que  diverfes  perfonnes  qui  font 
hors  de  notre  profijfton  poujfez. 
d'une  avarice  infatiable  fe  mêlent 
de  le  compofer  en  cachette  le  plus 
mal  quils  fçavent  ,  fans  y  obfer- 
ver  les  réglés  de  nôtre  uirt  qu’ils 
ignorent,  le  diray'  auffi  à  mon 
grand  regret  j  que  quelques  -  uns 
de  notre  profejfion  non  moins  pouf 
fef  d’avarice  que  ceux  qui  n’ont 
point  le  titre  de  le  faire  en  abu- 
fent  grandement  aux  dépens  de 
leur  confcience  ,  que  pour  le  ren¬ 
dre  plus  agréable  ils  y  mettent  le 
moins  de  capillaire  qu’ils  peuvent 
pour  éviter  que  te  Syrop  ne  fen¬ 
te  point  l’herbe.  Cela  ne  doit  pjtur- 
tant  pas  empêcher  l’.Artifie  de  ré¬ 
gler  la  quantité  de  l’herbe  fiii- 
vant  les  doéles  préceptes  de  l’Art 
avec  celle  de  l’eau  &  du  fuccre. 
Parce  que  le  capillaire  na  aucun 
mauvais  goût  qui  en  puijfe  rendre 
le  Syrop  defagreable  au  palais  des 
flus  délicats  ;  damant  que  nous 
l’employons  aux  affections  chaudes 
de  la  poittine  ,  pmx  faciliter  la. 


respiration  ,  &  ouvrir  les  opila¬ 
tions.  le  nen  diray  pas  davanta¬ 
ge  fur  ce  fujet ,  fi  le  curieux  d  re¬ 
cours  au  Traité  de  l’Adianthon  que 
Monfieur  Formy  Médecin  en  a 
fait ,  il  y  trouvera  fans  doute  de- 
quoy  fatis faire  fin  offrit ,  il  y  ver¬ 
ra  auffi  un  bon  nombre  de  remedes 
que  nous  tirons  de  cette  plante. 

Pour  donc  procéder  methodiquè- 
ment  en  fa  compofition  ,  il  faut 
prendre  quatre  poignées  d’Adian- 
thon  magnura  qui  efi  le  vray  Ca- 
pilli  veneris  ,  ehoifi ,  incisé  &  .mon¬ 
dé  comme  deffus ,  &  le  )etter  dans 
une  livre  &  demy  d’eau  de  fontai¬ 
ne  prefie  a  bouillir  ,  &  dans  un 
vaijfeau  de  terre  on  l’infufera  au 
chaud  par  un  ]our  entier  ,  le  len¬ 
demain  fans  le  faire  cuire  ,  faut 
couler  l’ijjfufion  &  la  clarifier  avec 
une  livre  de  caffonnade  blanche,  & 
procéder  comme  deffus. 


Syruptis  Nymphæx ,  incerti 
Audoris. 

Cf.  Foliorum  forum  Nymph&a  al- 
'  ba,  lib.duas. 

Semel  fervefac  in  aqua  ,  tib.  tri¬ 
bus. 

Colatura  fi  cadern  florum  quanti- 
toi  bis  aut  ter  incoquatur  ,  hic 
Syrupus  ad  omnia  erit  effica- 
cior.  Colamra  clarificata  coqua- 
tur  cum 

Sacchari  albi  ,  lih.  duab.  in  Syru- 
pum. 


PA 


Des  Sjrops /impies,  5  3 

lafoifj  &  des  Sèvres  ,  inCralFe  lès  Im- 


^ARAPHRASE. 

En  quelques  lieux  ce  Syrdp  fe 
préparé  lèlon  la  prefènte  defcri- 
ption  :  en  d’autres ,  félon  celle  que 
François  Piedmontois  a  composée, 
que  nous  déclarerons  au  rang  des 
compolèz.  Ceux  qui  fliivenc  cette 
defcription  ,  compolènt  leur  Syrop 
avec  trois  infufions ,  afin  qu’il  ait  plus 
de  vertu  comme  s’enfuit. 

LE  MELANGE. 

Prenez  la  fleur  blanche  feulement 
du  Nénuphar  ,  appelle  en  François 
blanc  d’eau  ,  parce  qu’il  croît  dans 
les* eaux,  &  rejcttez  les  fueilles  vçr- 
'  tes  qui  l’enuelopent  ,  &  les  grains 
jaunes  qui  font  au  dedans ,  la  quan¬ 
tité  requife  ,  que  vous  ferez  trem¬ 
per  une  nuit  fir  les  cendres  chau¬ 
des  en  eau  dans  un  pot  de  terre  ver- 
nilfé  qui  fbit  bouché  :  le  lendemain 
vous  leur  ferez  prendre  un  bouillon 
fùc  le  feu  ,  puis  vous  les  expriraerczi 
&  derechef  y  mettez  tremper  autant 
de  fleurs  comme  devant  :  puis  les 
faire  bouillir  &  exprimer  :  &  pour  la 
troifiéme  fois  vous  en  ferez  de  même, 
comme  eft  dit.  La  colature  ièra  cla¬ 
rifiée  ,  &  cuite  avec  deux  livres 
de  fuccre  fin  de  Madere  à  petit  feu 
en  Syrop  ,  qui  fera  gardé  au  be- 
foin. 

LES  FACrLTEZ. 

Il  rafiraichit,  appaife  les  fonges 
veneriens ,  retient  le  flux  immodéré 
de  laièmence,  provoque  le  fbmmeil, 
tempéré  la  chaleur  des  vi£:eres ,  de 


meurs  fiibtiles. 

S’enfuit  desSyrops  fimples,  qu’on 
fait  avec  fuc  d’herbes. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

Auderon  fans  y  p enfer  eft  tom~ 
hé  dans  une  faute  pim  gran~ 
de  que  celle  du  Syrop  de  rofe  fei- 
che  ,  en  ce  qu’il  veut  qu’on  infu- 
fe  deux  livres  de  fleurs  de  Nénu¬ 
phar  dans  trois  livres  d’eau  ,  cp- 
quon  répété  jufques  a  trois  fois  ta 
même  infufton  :  cette  fratique  ne 
peut  point  être  receué  a  caufe  de  la 
difproportion  qu’il  y  a  entre  la  quan¬ 
tité  de  la  fleur  &  celle- de  l’eau ,  ^ 
du  fuccre. 

La  modération  doit  être  telle, 
qu’on  prendra  huit  ou  dix  onces 
pour  le  pim  de  fleur  de  Nymphéa 
mondée  ,  comme  dit  eft  ,  fùr  laquel¬ 
le  faut  verfer  trois  livres  d’eau  de 
fontaine  bien  chaude  ,  le  tout  en¬ 
fermé  dans  un  pot  de  terre'  plom¬ 
bé  fera  tenu  fur  les  cendres  chau¬ 
des  par  vingt-quatre  heures  ;  auant 
la  couler  la  faut  faire  chaufer  juf- 
qu’a ce  quelle  commencera  de  bo'ùil- 
lir  ,  0“^  répéter  l’infufion  par  trois 
fois  obfervant  l’Ordre  de.  la  pre¬ 
mière  ,  apre1(^faut  clarifier  la  ca- 
lature  avec  deux  blancs  d’œufs  & 
deux  livres  de  caftonnade  blanche-, 
&  peur  la  cuite  on  procédera  com¬ 
me  deffm.. 


54 


Livre 


Syrupus  Incybi  fativijD.NicoI. 
Præpofîci. 

Sticci  Endivis,  fativa  ,  a  fdce 
furgati ,  lib-  o£lo, 

Sacchari  albi ,  lib.  quinque  &  fem- 
Coque.in  fj/rupum, 

PARAP  HRASE. 

CE  Syrop  ne  fs  doit  faire  avec 
flic  d'Endive  vulgaire ,  qui  n’eft 
autre  chofè  que  la  laiduë  fàuvage  de 
Diofcoride  qui  jette  du  laidt  »  &  eft 
amere  :  ains  de  l’Endive  domeftique, 
appellée  Scatiole  ,  nom  dépravé  de 
Seriole  ,  ou  petite  Serü ,  ou  Cicho-. 
rée  domeftique ,  que  les  Latins  nom¬ 
ment  Intybum.  Le  fixe  purifié  au  So¬ 
leil  fera  ebrifié  avec  aubins  d’œufs, 
&  le  fùccre  s’il  eft  impur  ,  com¬ 
me  la  caffônnade  :  puis  étant  à  demy 
\  froid  ,  fera  coulé  par  le  blanchet, 
ou  chauflè  à  Hipocras ,  puis  cuit  en 
Syrop. 

"Enettr  Ceux-là  ne  font  ^icn ,  qui  cou- 
repou-  lent incontinant  que  leur  flic,  deco- 
élion ,  ou  Syrop  fortent  de  deflùs  le 
feu  ,  &  n’attendent  qu’il  fôit  à  demy 
refroidyjpource  que  la  chaleur  aéluel- 
le  brûle  le  blanchet ,  &  fait  pallèr  à 
travers  d’iceluy  ,  la  partie  plus  tenue 
de  la  refidence,  qui  eft  caufe  qu’a- 
prez  ils  ne  font  fi  beaux.  Cecy  fè  doit 
obfèrver  non  feulement  aux  Syrops, 
mais  auffi  aux  Apozemes. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  eft  tres-propre  pour  adoucir  la 
ferveur  du  foye,  5c  celle  des  fievres, 


7.  SeBîon  IL 

ôc  pour  rabatre  la  fiirie  de  la  bile; 
il  convient  auffi  à  la  pleurefie. 

REMARCLVE. 

L‘Amheur  de  la  Paraphrajè  notu 
a  voulu  faire  naître  une  diffi¬ 
culté  ,  que  je  ne  connais  point ,  quil 
dit  être,  entre  V Endive  vulgaire 
cultivée,  que  quelques-uns  prennent 
pour  la  laiéluê  fauvage  de  Diofeori- 
de,&  1‘ Endive  dôme fiique, que  quel¬ 
ques  autres  appellent  Scanola  :  & 
fi  encor  es  il  y.  en  a  d’autres ,  qui 
donnent  le  nom  de  Scariola  a  la 
laiétué  fauvage  de  Diofcoride  ,  ^ 
ainfi  ils  confondent  par  leurs  fyno- 
nymes  les  plantes  les  unes  avec  les 
autres  ,  à  raifon  de  quelque  petit 
rapport  quelles  peuvent  avoir,  com¬ 
me  il  fera  remarqué  plus  precife- 
mentfurle  Syrop  de  Cichorée .  Afais 
quoy  quil  en  fait ,  je  nay  jamais 
veu  prendre  dans  nos  boutiques, 
bien  que  Label  die ,  que  la  Scario- 
le  efi  l’Endive  de  nos  officines,  pour 
I  Endive  domeflique  ,  dautant  que 
celle-cy  efi  une  plante ,  qui  eji  fami¬ 
lièrement  connue  de  tous ,  tant  de 
ceux  de  notre  profeffiion  ,  que  de 
ceux  du  dehors ,  Ô‘  cultivée  dans 
nos  jardins  ,  de  laquelle  nous  de¬ 
vons  prendre  le  fuc  dépuré  fur  le 
feu  &  non  au  Soleil  ,  pour  la  lon¬ 
gueur  du  tems  quil  y  faudrait ,  qui 
ferait  que  le  fuc  tendrait  plutôt  à 
la  corruption  ,  qud  la  purification. 


Syrupus 

/ 


JD  es  Syrops  /Impies. 


Syrupus  Fumariæ  üraplex ,  in- 
certi  Audoris. 

Succi  FumariA  depurati  &  cia- 
rificati, 

Sacchari  albi  utriufque  pares  por- 
tiones. 

Coque  in  Syrupum  ufni  necejfario. 

PARAPHRASE. 

CE  Syrop  fè  préparé  comme  le 
precedent.  Nous  y  avons  mis 
areille  quantité  de  fnccre  que  du 
ic  pour  corriger  ià  grande  amer¬ 
tume  3  &  pour  le  rendre  plus  gra¬ 
cieux. 

REMARQVE. 

Le  mélange  n’eft  point  dilTemblable 
an  precedent. 

T  Ornes  les  comportions  qui  n  ont 
point  d’Autheur  certain  font 
pour  e ordinaire  diverfsment  décri¬ 
tes  &  dosées.  Bauderon  nom  donne 
ce  Syrop  composé  de  parties  égales' 
defuc  &  de  fuccre,&  dit  ta  raifon 
pourquoy  •  Joubert  le  décrit  dans 
fs  oeuvres  &  le  compofe  de  trois 
livres  de  fuc  &  de  cinq  livres  de 
fuccre  :■  les  Afedecins  d’AuJbourg 
en  Alemagne  dans  leur  pharmaco¬ 
pée  le  compopnt  de  quatre  livres 
de  fuc  &  de.  deux  livres  &  demy 
de  fuccre.  Ces  deux  premiers  n’ont 
eu,  autre  vijee  en  le  décrivant  ain- 
fi  >  que  de  rabatre  l’amertume  du 
Juc  de  Fumet  erre  par  la  douceuv 
du  fuccre ,  furquoy  nom  ne  devons: 


avoir  égard ,  veu  que  ce  Syrop  efi 
pour  un  ufage  necejfaire  ,  &  non 
pour  plaire  au  goût  comme  quel¬ 
ques  autres  qu’il  y  en  a ,  en  outre, 
que  de  le  préparer  ainjî ,  particu¬ 
lièrement  comme  loubert  le  décrit, 
il  s’en  perdrait  une  partie  dedans 
ou  dejfm  le  couloir  ,  ce  qui  me  fait 
dire  que  pour  le  rendre  pim  vers 
tueux  il  faut  fuivre  les  Médecins 
d’ Aujbourg  &  on  ne  perdra  rien. 

Et  ceux  qui  voudront  fuivre  Bau¬ 
deron  &  Joubert  dr  le  compofer 
comme  ils  le  décrivent  ,  prendront 
le  Juc  de  Fumet  erre  clarifié  dr  dé¬ 
puré  Jur,  le  feu  ,  filtré  par  la  car¬ 
te  ,  &  avec  du  fuccre  fin  dans  un 
bajfin  conuvenable  au  B.M.  les  cui¬ 
ront  en  forme  de  Syrop  5  &  de  cet¬ 
te  façon  on  Jùivra  la  defeription  de 
celuy  qu  on  - voudra. 

Il  efi  encor  es  à  obferver  de  quel¬ 
le  ejpece  de  Fumeterre  on  doit  pren¬ 
dre  pour  en  tirer  le  fuc  ,  des  di- 
verfes  efieces  que  les  Botaniques 
nom  décrivent  ,&  que  nom  r'encon- 
trons  d  la  campagne  ,  parce  qu’il 
y  en  a  qui  ne  conviennent  point, 
à  raifon  de  leur  qualité  contraire 
.  a  celles  de  ce  Sirop  ,  comme  cette 
ejpece  que  Myconim  décrit, que  quel¬ 
ques-uns  nomment  Fumaria  tenui  ■ 
folio  ,  &  celle  que  Eodonée  appelle 
Fumaria  phragmites  ,  &  dî autres 
Fumaria  major  urens ,  l’une  &  l’au¬ 
tre  ont  beaucoup  de  raport  d  la 
vulgaire ,  qui  leur  doit  être  préfé¬ 
rée  ,  d  moins  que  ce  foit  par  l’avis- 
du  doSle  Médecin. 


SyrupuS' 


Livre  L 


Syrupus  Bugloflî ,  vel  Borragi- 
nis  fîmplex. 

^ .  Succi  utrlufvü  herbàt,  clarifica- 
ti  &  adhuc  calidi ,  lib.  oblo. 
Florum  ejufdem  herba ,  lib.  unam. 
Semel  ferve fiant ,  colentur ,  &  cum 
Sacchari  albi ,  lib.  quatuor. 

Coque  in  Syrupum. 

paraphrase. 

SI  TApothicaire  tient  en  fa  bou¬ 
tique  le  Syrop  de  pommes  Amples, 
ainfi  que  layons  tcanlcrit de  Mefîié, 
il  s’en  pourra  feryir  au  lieu  de  ceux- 
cy  de  Bugloflè  ,  ou  Borraches  :  auffi 
s’il  confit  les  racines  ainfi  qu’ayons 
dit  au  rang  de  condits,  le  Syrop  d’icel¬ 
les  pourra  fcppléer  le  défaut  de  ceux- 
ey  ,  ou  qui  aura  celuy  de  Borraches 
fe  pallèra  de  l’autrerpource  qu’ils  ont 
tous  lèmblables  yertus. 

Z£  MELANGE. 

Ces  Syrops  fe  doiyent  préparer 
au  Prihtemsjlorfque  les  herbes  abon¬ 
dent  en  humidité ,  &  rendent  quan¬ 
tité  de  fuc ,  &  non  l’Eté  ;  car  alors 
le  fiic  eft  fi  petit ,  &  fi  vifqueux,  que 
difficilement  en  peut-on  tirer  fans 
addition  d’eau  ,  encore  que  l’hetbe 
contufe  fut  tenue  deux  jours  en  une 
cave  ,  ou  chauffée  fur  le  feu.  Donc  ce 
fiic  doit  être  purifié  au  Soleil ,  &c  cla¬ 
rifié  (  pour  ce  que  de  fa  nature  il  eft 
vifqueux  )  fur  le  feu  ,  y  ajoutant  fur 
la  fin  les  fleurs  de  Buglollè  ,  ou  de 
•Borraches  ,  Sc  leur  donner  une  ébul¬ 
lition  ,  ou  les  y  lailîèr  tremper  quel- 


SeBion  1 L 

ques  heures ,  la  baffine  étant  couver¬ 
te  d’une  double  toile,  puis  Icgerement 
les  exprimer ,  &  paflèr  deux  ou  trois 
fois  la  colature  à  travers  le  bianchet, 
pour  la  rendre  plus  claire.  Cela  fait, 
on  y  mettra  le  fiiccre  fin  &  non  la  cal- 
fonnade,pour  cuire  le  tout  en  Syrop. 

LES  FACFLTEZ. 

Ces  deux  Syrops  fortifient  princi¬ 
palement  le  cœurôc  leréjoùillènc,& 
difeutent  la  palpitation  &  fyncope, 
aident  aux  melancholiques»  &  ma¬ 
niaques  j  &  auffi  aux  ratteleux. 

REMARQUE. 

Anderon  fait  difficulté  d  faire 
ces  Syrops  en  tout  terns ,  &  veut 
quon  les  préparé  au  Printems,  lors 
que  la  Bugloffie  \&  la  Borrache 
abondent  en  humidité  ,  cela  e fi  bon 
eu  égard  aux  fleurs  pour  les  avoir 
recent  es }  mais  autrement  on  les  peut 
compofer  fuivant  le  climat  en  toute 
faifon  &  tirer  le  fuc  des  plantes 
fans  aucune  addition  d'eau  ,  en  y 
procédant  ainfi.  Prene\  les  fueilles 
&  tiges  de  l'une  ou  de  l’autre  Bor¬ 
rache  la  quantité  convenable  ;  ne- 
toyeT^les  de  toute  faletê,&  les  ineb- 
fez,  menu  &  les  pileT^  dans  un  mor¬ 
tier  de  marbre  ,  &  apreT^dans  une 
baffiine  a  fonds,  large  fur  un  feu  mé¬ 
diocre  ,  les  remuereX^  continüelle- 
ment  -avec  une  Jpatule  de  bois  lar¬ 
ge  de  quatre  doigts,  &  qttand  la 
chaleur  aura  également  pénétré  tou¬ 
te  la  plante  ,  il  en  faut  tirer  le 
fuc  d  la  preffie ,  qui  en  fortira  dé¬ 
pouillé  de  fa  mucofité  avec  gran¬ 
de  facilité ,  lequel  l'ayant  clarifié 


57 


Des  Syrop  's  fimples. 

fur  le  feu  &  non  au  Soleil ,  pour  les 

raifons  dites  au  Jyrop  d’ Endive, jt  R  E  M  A  R  Q^V  E. 

ferés  infufer  vos  fleurs,  ainfi  quil  efi 

porté  par  la  defcription.  §^i  naura  E  Sjrop  fe  doit  cuire  dans  un- 

point  de  fleurs  recenses  y  en  mettra  \^pot  ou  vaijfeau  de  terre  plombé 
des  feches  de  la  même  année  ,  bien  à  caufe  de  l’acidité  du  Juc  d’Ozeil- 
conditionnées ,  la  quantité  de  deux  le  ,  &  fur  un  feu  médiocre ,  comme 
onces ,  &  en  ce  rencontre  la  quanti-  les  autres  qui  font  compoz-és  de  fem- 
té  du  juc  doit  être  modérée  de  deux  blahle  liqueur  ,  pour  les  raifons  ja 
livres.  dites  à  l’Oxyfaccharum.  Et  parce 

Cette  façon  d’extraire  le  fuc  des  que  l’aigreur  de  l’Ojeille  ejl  foible, 
plantes  vifqueufes  aprez.  les  avoir  je  voudroü  y  mettre  deux  parties 
pilées  qu’on  met  à  la  cave  ejl  a  re-  de  fuc  fur  une  de  juccre ,  pour  faire 
jetter ,  parce  que  les  fies  s’alterettt,  un  Jyrop  plus  ejfcacieux  &  plus 
par  la  chaleur  étrangère  qui  s’y  en-  agréable, 
gendre,  qui  leur  acquiert  une  mau- 
vaife  odeur  &  leur  donne  un  mau- 
vais  goût. 


h  Syrupum  âe  fucco  Acetofe. 


De  Syrupis  compofitis 
alterantibus. 

Syrupm  aeetatm  compof.  D.^M. 
Radicum  Apii, 


Le  fyrop  du  fiic  d’GzeilIc  (  félon 
Mclùé  )  fe  fait  avec  trois  livres  de 
fûc  purifié  au  Soleil  j  ou  fur  le  feu ,  &  Fœniculi , 
deux  livres  de  fuccre  de  Madere  ,  lÿtybi ,  fîng.  une.  très, 
comme  les  precedens ,  pour  s'en  fer-  Semimim  Apii , 
vir  à  la  neceflîté.  le  lairray  celuy  de  Fœniculi , 

Myrthillesj  pource  qu'en  peu  de  lieux  Aniji ,  Jîng.  une.  unam. 

s'en  trouve  de  récentes ,  pour  en  tirer  Seminis  Intybi  feu  Endivia  fativa, 

le  fuc  requis ,  &c  me  contenteray  du  une.  femtji. 

composé  facile  à  faire  :  &  qui  a  fèm-  H&c  omnia  igni  lento  coquantur  ad 

blabfe  vertu  ,  ainfi  qu'il  fera  décrit  dimidias  in  aqua  fontana  ,  libris 

cy-aprez.  decenu. 

le  laillè  auffi  plnfieurs  autres  fy-  Exprejfionç  adde  , 
rops ,  les  uns  pour  n’être  ufités ,  les  Sacchari  albi ,  lib.  très. 
autres  pour  n  erre  düîémblables  en  Clarificentur,  colentur,  &  coquantur 
vertus  aux  precedens  ou  fîiivans,  dont  in  Jÿrupum.  Sub  finem  addenda 

on  fe  pourra  fervir  en  leur  lieu.  Main-  Aceti  acris  quantum  libet  pro 

tenant  s'enfuit  des  coropofes ,  &  qui  variü  feopis ,  ut  in  Jyrupo  acetata 
font  alteratifs ,  puis  des  purgatifs.  fimplici  diximus. 


H 


5» 


Livre  1. 

ARA  P  H  RA  SE. 

CE  fyropa  pris  le  notti  de  ù  bafe 
le  vinaigre  :  le  flirnom  pour  mec- 
tre  différence  d'avec  le  fimple ,  décrit  ■ 
au  commencement  de  cette  Scélion. 
Les  racines  d'Ache  &  Fenouil  y  lonr 
mifes  pour  delbpiler  les  conduits 
bouchez  qui  font  au  foye  3  ratte  & 
reins.  Les  femences  3  pour  incizer  & 
atteniier  le  phlegme  épais  &  gluanr, 
&  confumer  les  vents  ,  &  conduire 
la  partie  plus  tenue  des  humeurs ,  par 
la  voye  de  l'vrine.  La  racine  &  fe- 
mence  d’Endive  y  font  mis  pour 
conduire  la  vertu  de  la  bafè  au  foye. 
Le  Succre  pourdeterger ,  rendre  leur 
action  meilleure  ,  &  conlèrver  leur 
vertu. 

LE  ME  L  A  IL  GE. 

Au  commencement  de  la  deco- 
étion  faut  mettre  les  racines  de  Fe¬ 
nouil  &  d'Ache  3  mondées  de  leur 
cœur  3  &  contulès  au  mortier  de  mar¬ 
bre  avec  un  pilon  de  bois  ,  ou  inci¬ 
sées  :  aprez  celles  d'Endive  ou  Sca- 
riole  3  (  pource  qu'elles  n'endurent  fi 
longue  decoétion  )  auffi  mondées  & 
contufes.  Vn  peu  aprez  on  y  met¬ 
tra  les  lèmences  de  Fenouil  3  d’Ache3 
&  Anis  3  &  un  peu  avant  la  fin  3  -cel¬ 
les  d'Endive3  en  forte  que  l'eau  re¬ 
vienne  à  la  moitié. -La  decoétion  ti¬ 
rée  hors  du  feu  ,  fera  couverte  3  & 
icelle  à  demy  refroidie  3  fera  expri¬ 
mée.  La  colature  fera  clarifiée  3  cou¬ 
lée  3  &  cuitte  avec  le  fuccre  fin  en 
fyrop  3  dans  un  pot  de  terre  vernilîés 
y  ajoutant  fur  la  fin  la  quantité  du 
vinaigre  blanc  requife  3  félon  l'indi- 


SeÛion  I  L 

cation  prife  du  mal  3  &  de  force 
de  plus  ou  moins  3  comme  il  a  été 
déclaré  au  lyrop  aceteux  fimple.  Il 
ne  le  faut  cuire  dans  une  baflinc  de 
cuivres  afin  qu'en  bouillant  3  d'icel¬ 
le  il  n’attire  certaine  acrimonie  nuifi- 
ble  aux  malades, 

LES  EACVLTEZ. 

Il  incife  &  deterge  la  bile  crafle  & 
difficile  à  arracher  ,  &  la  pituite  3  ou¬ 
vre  les  obffiuétions  du  foye  ,  de  la 
ratte  &  des  reins. 

REM  ARdVE. 

A  vanité  de  certains  Pfeudo- 
çhirnifiei  efi  parvenué  en  un  Ji 
haut  degré  d! arrogance  ,  qu’elle  a 
effacé  &  efface  tous  les  iours  de  l’ef 
prit  de  quelques-uns  tous  les  plus 
heauy  traits  des  préceptes  de  la 
Medecine  Galenique,  qu'ils  s’étalent 
acquis  par  une  longue  &  pénible 
étude.  Ceux-là  meme  qui  les  avaient 
fuccés  comme  on  parle  avec  le  laiét, 
ne  fe  font  pas  rendus  moins  fufeepti- 
bles  de  cette  corruption  ,  puis  que 
par  la  medifance  de  leurs  langues, 
&  la  calomnie  de  leurs  écrits ,  ils 
tâchent  à  détruire  toute  la  gloire 
que  cette  tres-ancienne  Medecine 
s’eft  aquife  depuis  plufîeurs  fiecles. 
Mais  lors  quils  veulent  comme  ils 
difent ,  corriger  l’abus  de  certaines 
compofîtiens  ,  le  plus  fouvent  ils  ne 
fçavent  où  ils  en  font ,  &  de  quelle 
façon  ils  s’y  doivent  prendre ,  ainfî 
que  Zvuelfer  en  fin  Animadverfîon 
fur  le  fyrop  aceteux  composé  de 
Mefué  dans  la  Pharmacopée  d'Aufi 
bourg  i  &  fin  nouveau  feélateur  & 


Des  Syrops 

copifte  )  qtii  veulent  avec  deux  H- 
vres  de  vinaigre  dlfiillé  enlever  le 
fel  volatile  des  racines  &  des  fe- 
mences  qui  le  compofent  par  la  di~ 
fiiUation  au  B.  M.  jufques  au  fec , 
&  en  fuitte ,  cuire  le  marc  de  cette 
difiillation  dans  trois  livres  d'eau 
commune  ,  a  la  confomption  des 
deux  tiers  ,  &  avec  une  livré  de 
la  colature  de  cette  decoétion  cla- 
ri^ée  cuire  trots  livres  de  Jùccre^ 
fin  en  fuccre  refit  ,  .  &  en  aprez. 
avec  leur  vinaigre  difiillé  empreint 
de  la  vertu  des  fifdits  ingrédient 
dijjoudre  derechef  ce  fuccre  ,  pour 
le  faire  recuire  au  B.  Ai.  en  forme 
de  fyrop,  Voilà  une  belle  fa^on  de 
procéder  >  digne  d'être  admirée  de 
tous  les  bons  Artifies  de  nêtn^ 
profeffton.  ^e  s’ils  daignent  pren¬ 
dre  la  peine  de  bien  &  exaéiement 
confiderer  ,  tout  ce  que  ]’ay  touché 
de  cette  operation  ,  que  de  ce  que 
jy  obmets  à  dejfein ,  pour  être  plus 
ficcint ,  ils  y  remarqueront  prefque 
autant  de  fautes  qu'il  y  a  de  mots, 
que  je  releverois  fort  à  propos  né- 
tolt  que  ■  je  ni  éloigner  ois jpar  trop 
de  mon  fi  jet  ,  renvoyant  le’ fur- 
plus  ,  fi  quelqu'un  d’eux  m'en  fait 
naître  une  nouvelle  occafion. 

Si  je  me  retraéle  de  mon  premier 
modus  faciendi  ,  ce  n’efi  pas  pour 
adhérer  à  aucun  des  fifdits ,  parti¬ 
culièrement  au  dernier  ,  mais  pour 
en  donner  un  plus  metljodique ,  di¬ 
gne  d'être  préféré  à  tous  les  au¬ 
tres. 

Prenef^  les  racines  de  Fenouil, 
d‘.Ache  ,  d' Endive  ,  &  non  de  la 
Scariole  ,  comme  veut  Bauderon-, 
en  fin  mélange ,  mondées ,  incifées  & 
legerement  concafées  ,  mettes -les 


cômpofezj,  5  9 

dans  un  pot  de  terre  vernie  &  par 
dejjus  trois  livres  d'eau  chaude ,  le 
pot  bien  couvert,  fera  tenu  en  mar 
ceratien  fur  les  cendres  chaudes 
fix  heures  durant,  &  en  une  pim 
grande  chaleur ,  on  les  fera  cuirez 
fifqu’à  la  confomption  de  la  troi- 
fiéme  parais  :  apre\^  on  y  ajoutera 
les  fimences  concajiées  ,  le  pot  exa- 
êlement  firrné  ,  on  les  fira  infufir 
par  un  même  ejpace  de  tems  ,  & 
degré  de  chaleur  que  devant  ,  dé 
fur  la  fin  les  matières  feront  chauf¬ 
fées  ,  jufquà  ce  quelles  foient  prê¬ 
tes  à  bouiUir  ,  le  pot  tiré  du  fiu, 
&  à  demy  refioidy  ,  la  colature^ 
en  fera  faite  par  un  linge  denfLs, 
&  la  liqueur  reposée  pendante 
vingt-quatre  heures  ,  fera  fiparée 
de  fis  feces  par  inclination  ,  & 
cuitte  à  la  vapeur  de  l'eau  chau¬ 
de  avec  deux  livres  de  fuccre  fin, 
&  fur  la  fin  on  y  adjoûtera  cinq 
onces  du  plus  fort  vinaigre  blanc, 
&  bien  clair ,  &  ainfi  on  aura  un 
fyrop  doué  des  véritables  qualités 
df  vertus  des  ingrediens  qui  /o 
compofent,. 


Oxyraccharum  compof  D. 
Nîcol.  Præpof. 

Radicum  Fœniculi, 

“Rufci , 

Affaragi  & 

^rarninis , 

Herbarum  Capilliveneris , 

Lingua  Cervina  ,  feu  Phyllitidis 
Diofcorid. 

Scolopendrii  ,  fiu  aijplenii,  vulg» 
Çeterach , 

Pa 


H  i 


éo  Livre  L  SeBion  IL 


Polytrkhi  ,  feu  Trichamanes 
Viofc. 

fiefaticA  , 

Violarum:,  fngul.  lib.una,7n. 

Radices  'mundatA  ,  contuft  ,  un  a 
.  cum  herbis  incifis  triduo  ma- 
cerentur  in  fucco  granatorum 
acidorum.  G^^arto.  die  parum 
buUiant  ,  &  cum  forti  expref 
fione  colentur.  CoUtura  clarifi- 
eetur  ,  coletur ,  & .  cum  Saccha- 
ri  albi  quantitate  fujfcienti  per- 
coquaiur  in  Syrupum  ufui  repo~ 
nendum. 

PARAPHRASE. 

PR&pofitus  a  retiré  cét  Oxyiàc- 
char  du  chap.i.  4.  &  9.  du  li¬ 
me  5 .  d’ AÜuarim ,  en  ôtant  quel¬ 
ques  medicaniens  trop  chauds,  &  en 
y  fiibftitiiant  d  autres  plus  temperez 
&  convenables  à  ce  qu'il  promet, 
que  ceux  qu'il  y  d'écrit.  La  bafè  cft 
le  fuc  de  grenades  aigres  ;  dont  il  n’a 
peu  prendre  le  nom  :  pource  que  deux 
autres  en  Mefcé  en  avoient  pris  lem: 
appellation.  La  vertu  refirigerante  de 
la  baie  eft  augmentée  par  l'Hepati- 
■que ,  &  par  icelle  conduite  au  foye. 
Les  racines  y  font  miles  pour  delo- 
piler,  &  conduire  là  vertu  aux  reins  & 
vefcie.  Les  capiliàires  à  la  ratte  ,  les 
violes  pour  corriger  leur  lîccité ,  ôf 
le  foccre  pour  rendre  leur  action 
meilleure  &  les  eonforver. 

LE  MELANGE.. 

Les  racines  foront  premièrement 
mondéet  dehors  &  dedans ,  &  cu- 
lieui  ment  coacalïées ,  afin  que  leur 
vertu  fort  plutôt  transférée  en  la  de- 


coélion ,  lelquclles  on  infiifora  deux 
jours  entiers  fur  les  cendres  chaudes 
dans  un  pot  de  terre  vemiffe  ,  avec 
grande  quantité  du  fuc  de  grenades 
aigles.  Le  troifiéme  jour  on  y  ajou¬ 
tera  les  herbes  incifées.  Le  quatriè¬ 
me  on  les  fera  bouillir  for  le  feu 
clair  au  même  pot  :  puis  le  tout  à 
dem'y  refroidy  ,  on  l’exprimera  bien 
fort.  La  colature  fora  clarifiée  avec 
aubins  d'œufs,  &  avec  pareille  quan¬ 
tité  de  lliccfe  fin  ,  fora  cuitte  au  me¬ 
me  pot  en  fyrop ,,  un  peu  moins  cuit 
que  les  autres  faits  de  foies  ,  ou  de- 
coétions  d’herbes  ,  afin  qu'il  foie 
plus  beau  &  plus  gracieux  ,  &  ne 
lairra  de  fe  garder  :  car  le  foc  fons 
foiccre  fo  garde  encore  mieux  qu’a¬ 
vec  iceluy  ;  c’eft  un  lÿrop  autant 
excellent  qu’autre  qu’on  pourroit 
trouver. 

LES  FACFLTEZ. 

Pris  en  brcuuage  il  profite  aux 
corps  échauffoz  :  aux  fièvres  lon¬ 
gues  caufées  du  fang  ou  bile  :  à  la 
chaleur  du  foye  &  de  la  ratte  t 
aux  obftruétions  de  ces  deux  vif- 
ceres. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

Vtre  les  qualitez.  &  'vertm 
contraires  ,  que  nous  remar¬ 
quons  aux  fmples  qui  compofent 
ce  Syrop ,  je  treuve  y  avoir  beau¬ 
coup  d’autres  chofes  à  relever ,  com¬ 
me  de  ce  que  Nicolas  Prevofl  ,  ou 
celuy  duquel  il  a  tiré  fa  defc?  iption 
a  doje  les  racines  &_  les  herbes  à' 
une  livre  de  chacune ,  qui  revien¬ 
nent  a  dix  livres  en  tout  j  fi  bien 


Des  Syrops.  compofez^. 


lay  tremi  la  defcription  que 
£aud.  now  rapporte  conforme  avec 
celles  de  trois  pifpenfaires  de  dif¬ 
ferentes  éditions  de  Nicolas  Prevofi 
des  années  15  3  5^.  &  ijSi. 

Cela  nefi  pas  croyable  quil  ait 
été  ainfi  décrit  à  moins ,  que  ce  (y - 
rop  eut  été  d'un  grandiffime  ufage 
du  temps  de  fin  inventeur  ,  ou  que 
cette  erreur  fiit  venue  des  pre¬ 
mières  Imprejfions  de  fis  oeuvres. 
jMais  encores  quand  toutes  les  do- 
fes  fer  oient  moindres  ,  &  mieux 
proportionnées  ,  les  unes  avec  les 
autres ,  qu  elles  ne  font  pas,  fi  eft-ce 
neantmoins  ,  quil  y  a  beaucoup  à 
redire  touchant  le  modus  faciendi: 
car  il  faut  confiderer ,  que  par  l’in- 
fufion  &  coélion  prefiripte  des  fuf- 
dits  ingrediens  ,  toute  l'acidité 
du  fuc  de  grenade  ferait  tellement 
dijfoute  &  divifée  dans  la  quanti¬ 
té  de  l’humeur  aqueufe  &  fuper- 
flu'é  des  fimples ,  quelle  y  ferait  com¬ 
me  perdue  quoy  quelle  ne  s'évapo¬ 
re  point  par  la  chaleur  comme  nom 
dirons  de  femblables  acides  cy- 
apre\_,  que  pour  la  tirer  de  cette 
grande  humidité ,  il  faudrait  faire 
cuire  long-temps  la  colature  de  la 
decoSlion  avec  le  fuccre  ,  qui  féroit 
un  travail  fuperflu  ,  qui  pourrait 
même  altérer  la  vertu  du  fyrop, 
par  la  trop  longue  coElion.  Pour 
donc  corriger  tout  ce  que  dejfus,  & 
regler  la  defiription  de  ce  Jyrop 
en  toutes  fis  parties  ,  &  qu'il  fiit 
doué,  des  véritables  qualitel^  (fr 
vertus  qu'on  luy  attribué  ,  confide- 
re  que  la  plus  grande  partie  d'icel¬ 
les  confifient  dans  le  fisc  de  grena¬ 
des  aigres  >  c’efi  pourquoy  ,  onfira 
diligemment  fiicher  les  racines  & 


61 

les  herbes  chacune^  à  part ,  &  au 
lieu  des  fueJles  de  violettes  ,  on 
prendra  demy  once  des  fleurs  -,  & 
on  pefera  de  chacune  des  racines  & 
des  fueilles  fix  drachmes  le  tout 
incifé  fort  menu  ,  fera  mis  dans  un 
matras  ,  &  par  dejfus  on  verfera 
deux  liimes  du  fuc  de  grenades  du 
pim  aigre  ,  clair  &  bien  purifié  j 
le  vaijjéau  bouché  fera  tenu  en  une 
chaleur  temperée  par  vint- quatre 
heures  5  apre\^  on  le  coulera  dt  ex¬ 
primera  legerernent  le  marc  fera 
remis  dans  le  matras  avec  deux 
livres  de  nouveau  fuc  de  grenades 
aigres  ,  &  par  le  même  efpace  de 
temps  ,  dr  chaleur  que  defius  feront 
macerez.,  puis  la  colature  dr  exprejl- 
fion  derechef  faite  ,  la  fdut  laijfer 
rajfeoir  par  une  ejpace  de  temps 
convenable  ,  pour  en  pouvoir  fepa- 
rer  les  feces  par  inclination  ,  & 
la  liqueur  fira  cuite  en  forme  de 
Jyrop  avec  pareil  poids  de  fuccre 
fin  dans  un  vaijfeau  de  terre ,  com¬ 
me  -nom  avons  dit  en  l'Oxyfac- 
châr  fimple ,  &  Jûr  la  fin  on  y 
a'joütera  deux  onces  du  Juc  d'He- 
patique  dépuré ,  en  la  place  de 
l’herbe. 

Vn  de  nos  célébrés  Chanceliers 
&  Profejfeur  Royal  ,  en  médecine 
de  cette  faculté ,  df  les  JiPedecins 
d’uiusbourg  en  leurs  Pharmaco¬ 
pées  ,  ont  changé  quelque  chofè  en 
la  defcription  de  ce  Jyrop  ;  ce  pre¬ 
mier  par  conjeêlure’^omme  il  par¬ 
le  ,  y  a  mis  la  racine  de  perfil 
pour  celle  de  Fenouil  ,  la  racine 
d’Ache  pour  V Hépatique  ,  & 
l'Hdianton  album  pour  les  Jùeil- 
les  de  violes  :  Et  ces  derniers  ont 
changé  la  dofi  des  ingrediens,  & 
H  J  l'onf 


6%  Livre  1. 

l'ont  réduite  k  me  ■  once  de  cha¬ 
cun  ,  au  lieu  d'une  livre  ,  &  ré¬ 
glé  le  fuc  de  grenades  a  huit  Hures 
&  demy  ,  &  le  fuccre  a  quatre 
livres  j  mais  encores  ,  la  dispro¬ 
portion  de  ces  deux  derniers  ejt 
grande. 


Des  Syrops  Thoraciques. 

Syrupus  de  Glycyrrhizd , 

D.  Me/. 

Glycyrrhiza  ra/a  &  çontuja, 
une.  duos. 

-■Adianti  alhi  ,  feu  Capilli  veneris, 
unc.unam. 

Hyffopi  ficca  ,  une.  dimid. 

Macerentur  Jîmul  horis  14.  itt 
aqu&  fluvia  vel  fontana ,  Ubris 
quatuor. 

Coque  ad  dimidiae  exprejfum  cla- 
rificatum ,  cum  Mellis  optimi  & 
deéfumati  ,  &  Sacchari  albijfi- 
mi  & 

Penidiarum,/tngul,  unc.oBo. 

Aqua  Rofarum,unc. fex. 

Percoquantur  in  Syrupum. 

paraphrase. 

CE  Syrop  a  pris  le  nom  de  fà 
balè,  lareglilîe,  (à  vertu  atté¬ 
nuative  &  incifive  eft  augmentée 
par  l’Hylïbpe  &  Capilli  veneris ,  la 
deterfive  ,  par  le  miel,  penides,  & 
fuccre  3  qui  auffi  donnent  la  laveur, 
&  les  confervent.  L'eau  rolè  y  cft 
mile  pour  arrêter  les  fluxions  trop 
tenues  ,  qui  fluent  en  la  poitrine* 
par  fa  Icgere  adftridion  *  &  pour 


SeBion  IL 

la  corroborer  :  ainfi  que  doélement 
Galien  au  12.  de  fa  méthode, 
nous  a  lailfé  par  écrit.  C  cft  poiir- 
quoy  ce  lyrop  au  commencement 
des  fluxions  ,  eft  meilleur  que  les 
fuivans. 

LE  MELANGE. 

La  Reglifle  ratiflee  &  contulc 
fera  inflilée  aucc  le  Capilli  vene¬ 
ris  ,  &c  l'Hyflope  nouveiiement  lèi- 
chée,  dans  qiiacre  livres  d'eau  ,.1'et 
pace  de  vint  quatre  heures  fir  les 
cendres  chaudes  ,  en  un  pot  de  terre 
verniflé.  Le  jour  fuivant  on  leur  fe¬ 
ra  prendre  deux  ou  trois  bouillons 
pour  le  plus  ,  au  meme  pot  liir  les 
charbons  allumez  (  pource  qu’ils 
n’endurent  longue  decoâion  )  puis 
on  les  exprimera.  La  colature  fe¬ 
ra  clarifiée  avec  les  Penides  ,  fuc- 
cte  ,  8c  miel  blanc  auparavant 
écume  ,  cuit ,  &  pcfé  ,  afin  que 
le  lyrop  en  foit  plus  beau  :  puis 
fera  coulée  par  le  blanchet  ,  pour 
le  tout  cuire  en  fyrop  :  flir  la  fin 
duquel  Peau  rofe  fera  ajourée.  Le 
Syrop  lufElàmment  cuit  ,  fera  gar¬ 
dé  en  £bn  pot  ,  pour  s’en  fervir  au 
belbin. 

LES  PA  cri  TE  Z. 

Il  arrefte  les  humeurs  qui  décou¬ 
lent  du  cerveau  feir  les  poulmons 
au  commencement  du  mal  ,  cuit 
ceux  qui  font  coulez  :  convient  à 
la  toux  *  nettoyé  la  poitrine  &  le 
poulmon. 


RE 


6^ 


Dej  Sjrops  compofezj. 


R  E  M  A  R  av  E. 


DAns  ce  Syrop  de  même  qu'en 
beaucoup  d’autres  les  Au~ 
theurs  rîont  point  obfervé  les  réglés 
generales  qu’ils  ont  prefcrites':  aux 
uns  ils  font  entrer  beaucoup  de  fim- 
ples  ,  comme  en  l'Oxyfacchar  de 
Nicolas  Prevofi  ,  &  en  d’autres 
tres-peu  ,  comme  au  prejent ,  dans 
lequel  entrent  feulement  trois  onces 
&  demy  de  racines  ou  d’herbes  in- 
fufées  &  cuites  dans  quatre  livres 
d’eau  de  pluye  ,  le  tout  de  tres-pe- 
tite  coblion  ,  neanmoins  Mefué 
veut  qudpreX^  les  avoir  infufées, 
on  fajfe  c  on  fumer  la  liqueur  de  la 
moitié ,  ce  qui  nefe  peut  fans  alté¬ 
rer  la  vertu  de  la  decoBion ,  qui  a 
plus  de  befoin  qu’on  double  ou  tri¬ 
ple  la  dofe  des  fufdits  ingrediens, 
&  qu’on  les  infufe  fur  les  cendres 
chaudes  par  vint  quatre  heures, 
dans  trois  livres  d’eau  fans  aug¬ 
menter  le  miel,  le  fuccre  ny  l'eau 
Rofe. 


Syrtipus  Tuflîlaginis  ,  incerti 
Audtoris. 

Tujfilaginis  recentk  ,■  manip^ 
fex. 

Capilli  veneris  (  huius  penuria  fume 
P olytricon ,  )  manip.  duos. 

^yjfopi,fuç& 

,  manip.  unum 

GlycyrrhiXy  recentis  raf&&  contu- 
f^ ,  une.  duos. 

Technicè  coquantur  in  aqtsapluvîs, 
‘velfontis 

^^prejfo  clarîficato ,  &  colato  inisce, 

^cchari  albi ,  lib.tr es. 


Coquantur  in  Syrupum. 

PARAPHRASE. 

La  bafè  de  ce  Syrop,  eft  le  Be- 
chion  des 'Grecs  ,  nommé  Tujji- 
lago  des  LatinSa  &  Farfara  des  Ara¬ 
bes,  mis  au  commencement  &  en  plus 
grande  quantité  qu’autre  qui  îbit, 
dont  il  a  pris  le  nom.  Tous  les  au¬ 
tres  y  font  mis  pour  fortifier  fa  ver¬ 
tu  foible.  Il  a  prefque  femblablc 
vertu  que  le  precedent  ,  hormis 
qu’il  ne  participe  point  d’aftriétion, 
&  eft  moins  convenable  au  com¬ 
mencement  des  maladies  de  la  poi¬ 
trine  :  au  contraire  meilleur  en 
l’accroiftèment  du  mal.  Il  eft  fort 
plaifant. 

LE  MELANGE. 

Pour  le  compofer  il  fuffit  de  qua¬ 
tre  liures  d’eau  :  pour  ce  que  ces 
quatre  ingrediens  n’endlirent  lon¬ 
gue  dccoélion.  La  ccïlature  fera  cla¬ 
rifiée  avec  caftbnnade  blanche,  puis 
le  tout  coulé  fora  cuit  en  fyrop  ,  & 
gardé. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  eft  propre  à  la  pleurefoe  ,  i 
l’afthme  ,  à  l’âpreté  de  la  trachée  ar¬ 
tère,  à  cuire  le  crachat,  à  l’attirer  & 
cjcpulfer. 

REM  ARQVE. 

BAuâeron  veut  qu  on  cuife  neuf 
manipules  d’herbes  &  deux  on¬ 
ces  de  reglijfe  en  quatre  livres 
d’eau  de  pluye  ,  ce  qui  ne  fe  peut 
faire 


^4  Livre  1, 

faire  aînfi  qu'ont  tres-bien  remarqué 
loubert  &  du  Renou  tres-Doéles 
perfonnages  -,  le  premier  en  deman-^ 
de  quantité  fujffante  ,&  le  dernier 
apreX^  en  avoir  conféré  avec  les 
vrais  maîtres  Artiétes  dit  ,  quil 
en  faut  prendre  fept  livres ,  autre¬ 
ment , on  ne  f  aurait  tirer  la  vertu 
des  fimples  comme,  il  faut ,  ny  on 
ne  pourrait  non  plui  pajfer  lejyrop 
par  le  hlanchet  faute  de  liqueur 
pour  liquifier  fuffifamment  le  fuc- 
cre.  Le  moyen  pour  y  procéder 
fera  tel ,  quon  prendra  la  quan¬ 
tité  cy  -  dejfui  prefcripte  de  Tujfi- 
lage  bien  nettoyée  &  incifée  me¬ 
nu  ,  on  luy  fera  prendre  une  ébul¬ 
lition  dans  fix  livres  d'eau  de  fon¬ 
taine  ,  &  fur  la  fin  ,  y  faut  jet- 
ter  l'Hyjfope  incifé  menu ,  &  ren-  • 
verfer  le  tout  dans  un  pot  de 
terre  ,  dans  lequel  fera  le  Capil- 
li  veneris  coupé  menu  ,  &  la  re- 
gliffe  raclée  ,  contufée  &  inci¬ 
fée  ,  pour  le  tout  faire  infufer 
fur  les  cendres  chaudes  pendant 
vint  -  quatre  heures  :  apreic  faut 
augmenter  le  feu  ,  &  luy  don- 
der  une  fécondé  &  legere  ébul¬ 
lition  ,  &  avec  la  colature  faut 
clarifier  les  trois  livres  de  fuc- 
cre  ,  &  les  cuire  en  forme  de 
.  Syrop. 


Syrupus  V.  Gapilbrium,  incerti 
Audoris. 

Tritm  Adiantorumy^ 
albi,nigri  &  vulgarisi  | 
ScolopendrijfiuAJpleni],  '^manipMn> 
vulgo  Ceterach,  J 
Sa  Iv  ta,  vit  a  ,Jingul.  J 


SeBion  IL 

ClycyrrhiXjt  rafa  &  contufg,  ,  une. 
duos.  - 

JiLacera  horas  ii.  in  aqua  calida. 
Deinde  femel  atque  iterum  fer- 
vefac.  Exprejfum  clarificatum 
cum 

Sacchari  albi  ,  lib.  quatuor  ,  co- 
quatur  in  Syrupum. 

PARAPBRASE. 

Combien  que  piofeoride  &  Gai. 

n'ayent  diviie  les  elpeces  de  ca¬ 
pillaires  :  pource  peut-être  qu'elles 
ont  prefqiie  feniblables  vertus  ,  ou 
que  long  -  temps  auparavant  eux, 
Theophrafte  les  avoit  divifées, 
au  livre  feptiéme  chapitre  treiz.e 
de  l'HiFioire  des  plantes.  Les  mo¬ 
dernes  les  ont  diuifées  en  cinq  dif¬ 
ferentes  eipeces  ,  difànt  V Adian¬ 
tum  album  ,  ou  Capilli  veneris ,  être 
le  Callitricum  de  Diofeoride  ,  Sc 
l'Adiantum  nigrum  ,  être  le  Po-  cinq 
lytrichum  ,  ou  Trichomanes  de 
Diofeoride.-  Que  Polytrichum  ,  &  dijrânk 
Callitrichum  foient  plantes  diver- 
fès  ,  Galien  le  démontré  au  pre¬ 
mier  livre  des  Medicamens  lo¬ 
caux.  La  troifîéme  efpece  d'Adian- 
tum  a  jufqu’aujoiird’huy  retenu  le 
nom  commun  entre  tous  ,  lequel 
pour  avoir  les  flieillcs  fcmblables 
à  la  fiigiere  ,  &  naître  au  pied  des 
arbres  ,  notamment  des  chefnes , 
eil  appellé  Dry  opter  is  ,  &  Fili- 
cula.  Quant  au  Salvia  vit  a,  nom¬ 
mé  d'aucuns  Ruta  muraria ,  &  au 
Ceterach  ,  nommé  Scolopendrium  / 

&  Alflenium  ,  ils  font  fî  fre¬ 
quents  en  ce  pays  ,  qu’il  n’y  a 
Apothicaire  qui  ne  les  connoilfe. 

Ce  Syrop  a  retenu  l’appellation  de 


Des  Syrops  compofeZj, 


la  bafe  ,  qui  font  les  cinq  elpeces 
de  Capillaires  moyennement  chauds, 
&:  apentits  &c  deterfift.  Nous  à  l'i¬ 
mitation  de  Melîié  y  avons  ajou¬ 
te  la  Keglille  ,  tant  pour  augmenter 
la  vertu  deterfiue  de  la  balè  ,  que 
pour  ienir  de  faciliter  le  crachat ,  & 
la  relj’iration.  Le  foccre  y  eft  mis 
pour  corriger  lapreté  de  la  bafe, 
rendre  fon  adlion  meilleure  ,  & 
conlèrver  fa  vertu  facile  à  fe  re¬ 
foudre. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  foigneufeinent  nettoyer 
les  herbes  de  toutes  immondices 
làns  les  laver  ,  pource  que  leur  ver-' 
tu  eft  foperficielle  ,  laquelle  par  la 
lotion  fe  pourroit  diminuer.  Que 
fi  elles  font  terreufès  ,  on  les  lave¬ 
ra  fans  les  exprimer,  puis  les  in- 
cifer,  &  infufer  avec  la  regliflè  ra¬ 
clée  &  contuféc  en  eau  chaude ,  les 
cuire  ,  &  exprimer  comme  avons 
dit  aux  deux  precedents.  La  colacu- 
re  clarifiée ,  fera  avec  le  fiiccre  cuite 
en  Syrop. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  temperc  &c  cuit  la  bile  ,  in- 
cifè  la  pituite  ,  rend  l'humeur  me- 
lanchohquc  plus  facile  à  la  purga¬ 
tion,  &  par  un  long  ufage  les  éva¬ 
cue  doucement  par  les  lêlles  ,  pro¬ 
voque  le  crachat  ,  incifo  les  hu¬ 
meurs  contenues  aux  bronchies  du 
poulmon,  les  cuit  &  aide  à  les  cra¬ 
cher. 


R  E  M  A  R  Q^y  E. 

L ‘Inégalité  eft  grande  entre  les 
ingrédient  qut  compofent  les  Sy~. 
rops,  comme  il  a  été  cy-devant're- 
marqué ,  aux  uns  on  ny  treuve  pas 
la  quantité  de  liqueur  qu'il  y  de- 
vroit  avoir  pour  cuire  les  ftmples 
qui  en  compofent  les  vertus  :  aux 
autres  on  y  treuve  tres-peu  de  ftrn- 
ples ,  &  quantité  d'eau  &  de  fuccre» 
comme  d  celuy-cy  ,  que  fur  cinq  ma¬ 
nipules  '  de  Capillaires  &  deux  on¬ 
ces  de  reglijfe  eft  demandé  quatre 
livres  de  Juccre  ,  que  pour  les  cla¬ 
rifier  &  cuire  en  Syrop  ,  du  moins 
il  faut  prendre  ftx  livres  d'eau  pour 
faire  la  decoQion  (  quoy  que  la  Pa- 
raphrafe  die  ,  )  -  jugez,  je  vous  prie 
quelle  pourra  être  la  vertu  de  ce 
Syrop  ,  ft  celuy  qui  le  compofe  ne 
diminué  la  quantité  du  fuccre  ,pour 
le  moins  de  la  moitié  ,  ou  s'il  ne 
double ,  ou  triyle  les  Capillaires,  au¬ 
trement  ce  fera  un  Syrop  de  nul' 
effet  ,  a  quoy  il  eft  tr&-important 
de  faire  confideration ,  afin  que  les 
pauvres  malades  ne  J oient  pas  fru- 
ftrez  du  foulagement  en  leurs  maux 
qu'ils  eéperent  de  nos  remedes  i  pour 
le  furplus ,  faut  procéder  ainfi  que 
Bauderon  enfeigne. 


Syrupus  de  Hyflbpo,  D-M- 

13^.  Hyffopi  snediocriter  ftccfi, 

Radicum  Apq 

Fœniculi, 

Glycyrrhifa  ,  fing.  drach.  decem. 
Adianti  albi  (  hujus  defebiu  fume 
Polytrichum  )  drach.  fex. 

I  Ber 


66  Livre  /. 

Hordei  mandat i  3  drach.  quat. 
Sermnum  malu& 

Cy  doniorum,{ 

Tragacanthi  ,fing.  drach.  très. 
Ziz-yphorurn  ,  id  eji  Ju)uharurn, 
AUxarum  ,  id  eJi  Sebefien,  uriufque 
num.xxx. 

Pajfularum  ab  aeinis  mundatar.vnc. 

mam  &  femij?. 

FicHum  pinguium  ficcaruni:, 
DaStylorum  pinguium,  utrmfque  x. 
nmner. 

Coquantur  ex  arte  in  aqua  fufficien- 
ti ,  &  in  ’iure  percolato  coque 
Fenidiarum  albarum ,  lib.  duas  >  in 
Syrupum. 

PARAPHRASE. 

A  bafè  eft  THylIope,  dont  cc  Sy- 
rop  a  pris  le  nom.  Sa  vertu  inci- 
five ,  atténuative  j  &  aperitive,  eft  au¬ 
gmenté  par  les  racines ,  &  Adian- 
ton,  la.  deterfive»  &  incraflànte  eft 
augmentée  par  la  reglilFe ,  orge  mon¬ 
dé  ,  fruits  &  lèmences ,  gomme  Tra- 
gacanth ,  qui  auflî  en  lenilFant  corri¬ 
gent  la  ficcité  de  la  balè  j  Sc  racines. 
Les  Penides  y  aident  j  conlèrvent  le 
tout,  ôc  rendent  1  aétion  meilleure.  - 
Aucuns  cotre  l’intention  de  Ibn  Au- 
theur  y  ajoutent  des  racines  de  perûl, 
our  defbpiler,celles  d’ache  &  fenouil 
fuSifent.  Exprez  Melùé  veut  qu’on 
prenne  des  penides  ftites  de  beau 
fuccre ,  8c  non  de  caftonnade  groflie- 
rc  ;  pource  que  pour  la  blanchir ,  on 
y  ajoute  de  l’araydon ,  qui  eft  caufe 
que  telles  penides  rendent  le  Syrop 
trouble  &  ingrat  ;  ainfi  qu’il,  a  été 
annoté  par  Cnriftophorus, 6ç  aprez 
luy  par  Sylvius  en  leurs  écrits  Jùr 
Mefue\ 


Seâion  IL 

LE  MELANGE. 

Premièrement  en  quantité  fiiffi- 
ûncc  d’eau  lèra  boüilly  quelque  elpa- 
ce  de  tems  l’orge  :  puis  on  y  met¬ 
tra  le.s  racines  dedans  &  dehors  mon¬ 
dées  ,  concalfées  ,  un  peu  aprez  les 
fruits ,  la  femence  de  mauve  &  la 
regliftè  raclée  Sc  contulè.  La  grai¬ 
ne  de  coings ,  &  gomme  tragacanth 
concafles  ,  feront  mis  en  un  noüet 
large  ,  &  fpacieux  :  (  pource  que  la 
gomme  s’enfle  bien  fort  )  lequel 
on  fera  bouillir  avec  les  autres  :  & 
non  au  Syrop, comme  aucuns  font: 
finalement  l’Hyflbpe  &  Capilli  Vene~ 
w.La  bafline  ôtée  de  defliis  le  feu,lè- 
ra  couverte  d’une  toile.,  jufqu’à  ce 
que  la  dccodion  foit  à  demy  raftoi- 
die ,  alors  on  l’exprimera.  La  colatu- 
re  feule  fera  clarifiée,  &  coulée  à  tra¬ 
vers  le  blanchet  :  puis  avec!  les  peni¬ 
des  blanches,  faites  fans  amydon,  fe¬ 
ront  cuits  en  Syrop  qu’on  gardera. 
Ceux  qui  n’auront  point  de  felles  pe¬ 
nides  ,  plutôt  que  prendre  de  celles 
qui  font  faites  de  caftonnade  moyen¬ 
ne  ,  qu’ils  prennent  du  fuccre  fin  ,  & 
miel. blanc  defpumé,de  chacun  une 
livre.Fernel.  Ce  Syrop  tient  le  milieu 
entre  celuy  de  reglifte ,  &  le  fîiivanr, 
aux  maladies  delà  poiétrinc; pris  avec, 
une  décoction  peétorale,  tant  en  l’an- 
gment  qu’en  l’état  du  mal:  pris  avec 
une  decoélion  aperitive ,  il  fèrvira  à 
comminuer  le  fable  retenu  aux  reins. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  eft  propre  à  l’afthme ,  à  la  toux, 
aux  douleurs  de  poitrine  de  caufe 
froide  :  levé  les  obftruélions ,  provo- 
que 


Ties  Syrops  Compofez,.  6y 

qwe  !ês  mois ,  &  par  ià  force  decer-  cre  y  efl  jette  ,  on  ne  fçauroit  à  cat.~ 
fine  chalïê  le.  huuieurs  craaes  des  fe  de  La  vifcojité  de  l'un  ,  &  de  La 
reins ,  &  de  la  veiiie,  Jîccké  de  l'atitre  :  de  les  malaxer 

enfemble  entre  les  mains  on  tie  fçau~ 

R  E  M  A  R  QV  E.  fitccre 

ne  donnerait  fas  le  tems ,  &  quand 

BAuderon  dans  la  Paraphraje  de  chaleur  du  fuccre  le  permettrait. 

ce  Syrop  dtt ,  que  Mefué  veut  ficcité  de  l'am.y  don  absorber  oit 

qu'on  prenne  des  penides  faites  de  entièrement  cette  humeur  gluante 
beau  fuccre  pour  éviter  celles  qui  ^  vifqueufe ,  qui  donne  le  tems  con- 
fent  faites  avec  de  la  cajfonnade  'Venable  à  ceux  qui  font  diligent 
moyenne ,  ou  grojfiere  ,  que  pour  les  ^  entendus ,  en  ce  travail  de  tirer 
blanchir  on  y  met  de  l’amy  don ,  ain-  fuccre  fur  le  crochet ,  qui  e  fi 

fi  qu’il  a  été  annoté  par  Chrifiopho-  feule  caufe  qu’il  fe  blanchit 
rus ,  &  Sylvius.  Pour  le  regard  de  .  merveille  &  fe  rend  poreux ,  &  le~ 
Afefué  il  demande  fimplement  Peni-  ger ,  marques  infalUbles  de  fa  bon- 
diarum  albaram,y^;?r  s’expliquer  da-  ^é.  Et  quand  on  efi  obligé  de  fai- 
vantage.  Et  ChriBophorus  dans  fon  penides  avec  du  fuccre  fin. 

Commentaire  n'en  dit  mot  aujfi  j  il  en  y  ajoute  la  decoBion  d’orge  pour 
efi  vray  que  Sylvius  dtt ,  qu’il  faut  l' engraifer, autrement  on  ne  lesfiau- 

prendre  de  celles  qui  font  faites  de  ^oit  tirer  fur  le  crochet  ,  ny  les 
fuccre  fin ,  parce  qu’a  celles  qui  font  blanchir ,  encore  moins  les  entrèlaf 
faites  de  Cajfonnade  on  y  ajoute  de  l’avoue  bien  ,  que  ceux  qui  les 

l’amydon.  Si  Bauderon  Sylvius  travaillent  quand  ils  commencent 

avaient  conneu  ce  travail,  fans  dou-  manier  leur  fuccre  pour  le  met¬ 
te  ils  n  auraient  point  parlé  de  la  tre  Jur  le  crochet,  afin  d'empêcher 
forte  ,  aujfi  je  ne  les  excujeroü  point  tqu'il  n  adhéré  a  leurs,  mains  ,  les 
comme  je  fais  ,  d'avoir  dit  qu’on  frottent  avec  de  l’amydon  en  potsm 
mêle  de  l’amydon  dans  les  penides  dre  fubtile  ,  &  a  même-tems  les  fe- 

qu’on  fait  avec  de  la  cajfonnade ,  ce  codent  5  afin  de  n’en  prendre  pas  da- 

qui  ne  s’ efi  jamais  pratiqué  avec  leun-  vantage  que  ce  qui  fe  peut  atta- 

fupport ,  &  ne  fe  pourrait  pratiquer  cher  à  des  mains  friches ,  &  quand 
quand  on  le  voudrait  faire  ;  car  pour  la  chaleur  du  fuccre  commence  a 

y  meler  de  l’amydon  il  faudrait  que  diminuer  ,  on  laijfe  l’amydon  pour 
ce  fut  pendant  la  cuite  du  Syrop,  ou  fr  fervir  d’huile  d’amandes  douces, 
bien  quand  le  fuccre  efi  cuit  avant  eu  de  beurre  frais,  le  diray  encoj^  . 
le  jetter  fur  le  marbre ,  ou  bien  qu’on  fe,  que  quand  il  ferait  inévitable 
les  malaxat  entre  les  mains. Pour  le  de  trouver  des  penides  fans  amydon^ 
premier  cela  ne  fr  peut  .parce  qu’il  que  par  la  feule  clarification  il  fr 
ne  frrv irait  en  rien  ,  au  contraire  fepareroit  &  reBeroit  fur  le  couloir 
lamydon  empêcherait  la  cuite  du  avec  l’écume  du  fuccre  &  les  fe- 

fuccre  &  le  ferait  brûler:  de  lernê-  ces  de  la  decoBion.  C’efi  pour  qùoy 
Ier,  aujfi  fur  le  marbre  quand  le  fuc-  il  fasst  fuivre  Mefué ,  &  prendre 

l  Z  des 


éB 


Livre  1.  Section  1 L 


4es  pltu  blanches  qui  [oient  po- 
renfei  ,  &  legeres  ,  non  pas  pour 
crainte  de  l'amydon  j  mais  parce 
que  les  roujfes  nom  pas  donné  loi- 
fir  de  les  tirer_  ,  c'efi  la  caufe>pour- 
qmy  elles  font  pefantes  &  roujfes ,  & 
moindres  en  vertu.  La  gomme  tra- 
giicanth  J  &  la  'femence  de  coings 
feront  mifis  en  leur  rang  dans  la 
decoélion  avec  les  autyes  ingrediens 
fans  noùet.  Et  la  quantité  de  l’eau 
fera  limitée  a  cinq  livres  &  demy, 
&  les  ingrédient  augmentez,  d’un 
quart. 

Ceux  qui  voudront  diif  enfer  ce 
Syrop  fuivant  loubert ,  prendront 
garde  aux  dofes  qui  font  defeélueu- 
fes  en  deux  endroits. 


S ym pus  de  Pra{îio,D.M. 

Prajfi]  alhi  &  viridisitmc.duas. 

Glycyrrhi\a  rafa  &  contufa,  une. 
unam.  . 

Hyjfopi  jîcca 

Capilli  Veneris ,  id  ejl  Adianti  albi, 
utriufque  drach.fex. 

Radicum  Apq 

Fœnictili, 

Calaminthes  montanA, 

Seminis  Aniji,  Jîng.  drach.  quinq. 

Radicis  Ireos. 

Se'minü  maluâ.,& 

Eœnugreci ,  fing.  drach.  très. 

Semin.  Uni ,  & 

Rombacis  mundat.vice  Cydoniorum, 
utriufque  drach.  duasf 

Pafularum  enucleatarum,  unc.duast 
Perperam  quinque  legit  Sylu. 

Eicuum  pinguinm  ,,  numéro  quin- 
decim. 

Coquantur  in  librts  oSo  aqua  ad 


médias.  Expreffum  clarijicatum 
dr  colatum  coque  cum 
Penidiarum ,  &  -  , 

Mellis  deéfumati,  utriufque  libÀua- 
btu  ,  in  Syrupum. 

PARAP  H  RAS  E. 

CE  Syrop  a  pris  le  nom  de  là  ba- 
fe  le  mamibe  blanc  3  appelle  des 
Grecs  Prajfium  :  en  vertu  &  en  odeur 
bien  diffèrent  du  Ballote  ,  appellé  des 
ignorans  Marrubium,  nigrum  fort 
puant.  La  vertu  incifive  de  la  bafe^ 
&  atténuative  des  matières  cralffes  & 
■  vilqueufes  3  eft  augmentée  par  les  ra¬ 
cines  aperitives ,  Hyjfope, 

&  Adiaton  ;  la  deterlîve  &  expe- 
étorative ,  par  le  miel  écume  3  figues, 
raifins  3  femenees  3  racines  d'iris  & 
reglilLe  :  celle-cy  par  fa  legere  adftri- 
tion  corrobore  âflez  fuffîlàmrncnt  la 
vertu  expultrice  des  poulmohs  3  & 
poiéliine ,  fans  qu’il  foit  beloin  de 
l’aide  de  la  femence  de  coings  3  au 
lieu  de  laquelle  nous  avons  mis  cel¬ 
le  de  coron  3  comme  fingulierc  aux 
cffèéls  3  qui  par  Méfié  luy  font  at¬ 
tribuez.  Les  Semences  de  lin  Sc  de 
fœnugrec  y  font  mifes  pour  digerer3 
ramollir  3  &  reprimer  las  inflamma¬ 
tions  des  poulmons  :  l’anis  pour  con- 
fumer  les  vents ,  que  le  lin  3  les  fruits 
&  femenees  douces  engendrent  au 
corps  3  mêmement  des  pulmoniqueS3 
&  phlegmatiqucs.  Les  penides  &  miel 
y  font  mis  pour  adoucir  &  corroborer 
l’âpreté  &  fîccité  de  la  trachée  artere» 
&  rendre  Faélion  meilleure  de  la  bafo, 
ôc  des  autres ,  &  les  conforver.  Il  eft 
fort  fouverain  à  la  declinaifon  d’une 
pleurefie ,  peripneumonie  3  &  autres 
maladies  peélorales,  en  quelque  ma¬ 
niéré  qu’il  foit  pris.- 


LE 


Des  Syrops  compofeZi.  6^ 


LE,  mélange. 

En  premier  lieu  ,  en  huit  Evres 
d’eau ,  il  faut  cuire  les  racines  de  fe¬ 
nouil  ,  &  d’ache  mondées  de  leur 
cœur  3  &  coneaifées  ,  enfemble  cel¬ 
le  d’iris  coupée  en  roiielles.  Icel¬ 
les  à  demi  cuites  »  on  y  mettra  les 
herbes  de  calament  3  &  praiîlumj  & 
l’anis.  Vn  peu  aprez  les  autres  lêmen- 
ces  ,  les  fruits  &  reglifle  3  finalement 
l'Hyjfope  &  Capiili  venerü.  Quel¬ 
ques-uns  font  d’avis  de  mettre  les  lé- 
mences  de  lin  ,  de  fenugrec  ,  &  de 
Malve  3  dans  un  noüet  à  part  3  afin 
'que  la  decoétion  ne  foit  vi^ueulè. 
Cela  n’y  fert  ^-riEn  3  fcit  qu’on  le 
faife  ainfj-  ,  ou  comme  nous  auons 
ditj  la  decoétion  n’en  eft  pas  plus  vif- 
qweufè  :  Pour  ce  je  laiffc  cela  au  ju¬ 
gement  d’un  chacun  :  car  l’une  &c 
l’aiatre  façon  eft  bonne.  La  deco¬ 
étion  à  demi  froide  ,  fera  exprimée: 
la  colaturc  fera  clarifiée  avec  le  miel 
auparavant  écumé  3  &  les  penides 
blanches  :  puis  le  tout  étant  coulé 
par  le  blanchet,  fera  cuit  en  Syrop3 
qu’on  gardera  au  beibin. 

LES  EACVLTE  Z. 

Il  incife  pniiEmment  3  atténué, 
deterge  ,  Sc  nettoye  la  poitrine  & 
les  jjoulmons  ,  Sc  eft  merveilleux 
aux  maladies  inveterées,  tarifées  d’u¬ 
ne  pituite  cralfe  &  lente  ,  comme 
font  l’afthme  ,  la  toux  ,  l’empyemc, 
la  péripneumonie  3  &  à  la  pleiire- 
fie  en  la  declinai/bn ,  s’il  n’y  avoir 
dànger  de  fiifibcation  ,  d’autant 
qu’il  excede  un  peu  en  chaleur  : 
il  eft  convena,ble  pour  ce  refpeét 


aux  vieillards  &  aux  temperamens 
froids. 

R  E  M  A  R  qj  £. 

La  defeription  du  Syrop  de  Praf- 
\fio  n‘eft  point  conforme  dam  tous 
les  exemplaires  de  Mefué ,  qui  fout 
de  differentes  éditions  :  les  vieux 
en  lettre  gothique  ne  demandent 
d’Hyffope  ,  &  d'Adianton ,  de  cha¬ 
cun  que  fix  drachmes ,  &  les  nou¬ 
veaux  de  Vinife  apud  luntas ,  em. 
demandent  de  chacun  fix  onces. 
Ces  derniers  fans  doute  ont  tiré 
leur  defeription  d’un  petit  exem¬ 
plaire  inoüavo  imprimé  auffi  d  Vê- 
nife  en  l'an  1 . 1 5 .  qui  dit  Hy/lbpi, 
Capiili  vener.  ana  uncias  fox.  Baude- 
ron  y  a  ajouté  du  fien  la  femence  de 
coton  au  lieu  de  celle  de  coings. 
APefué  dans  aucun  de  fes  exemplai¬ 
res  ne  demande  point  de  liqueur 
pour-  cuire  les  Jïmples ,  &  Bander  on 
y  a  duffi  ajouté  huit  livres  d’eau,  & 
quon  les  faffe  cuire  Jufquà  la  eon- 
fomptian  de  la  moitié.  Les  JiPoines 
en.  leur  Commentaire  fur  Aîefué  ont 
augmenté  la  dofe  du  Capiili  veneris 
de  deux  drachmes'&  diminué' celte 
des  Penides  d’une  livre &  ne  de¬ 
mandent  non  plus  que  te  texte  de 
liqueur  pour  la  decoétion.  louhert 
ejt  confirme  à  Baud.eron  ,  excepté 
que  de  deux  livres  de  miel  il  en  a 
yetrançhé  une  livre.  De  tomes  ces 
contrariété^^,  il'  n’efi  pas  mal-aisé 
de  juger  d’où  procèdent  telles  fau¬ 
tes  ,  les  unes  viennent  du  coté  des 
Imprimeurs  quand  ils  mettent  le 
Caraéiere  de  l’once  pour  celuy  de  la 
drachme ,  comme  ils  peuvent  avoir 
fait  icy  ,  &  les  mitres  procèdent  des 
Interprètes  des  Arabes,ou  des  pre- 
I  5  miers 


ÿo  Liure  1, 

jmlers  Copifies  des  Oeuvres  de  Me- 
fué  avant  que  nom  eujfwns  l’ufage 
de  V Imprimerie.  quil  en  fait, 

je  fuivray  volontiers  fin  Autheur 
en  la  dofe  de  cinq  onces  de  pafieril- 
le  qutl  demande  en  quelques-uns  de 
fis  exemplaires,  veu  la  petite  quan¬ 
tité  qutl  ya  d'autres  ingrédient  (& 
comme  Jinguliere  aux  effets  qu'on 
luy  attribué  )  qui  ne  pefent  qu  envi¬ 
ron  treize  onces  ,  fur  quatre  livres 
de  penides  ou  de  miel ,  qui  ne  fint 
pas  capables  de  communiquer  pim 
de  vertu  a  ce  Syrop  qu'ils  en  pope- 
dent  :  &  pour  la  confomption  de  la 
moitié,  il  fuffit  quelle  fait  d'un  tiers 
de  la  decoüton.  Avant  finir  je  diray 
que  Bauderon  entend  pour  PralLj 
albi  &  viridis  de  prendre  le  Praf- 
fium  blanc  qui  foit  recent. 


Syrupus  Nymphææ  ,  D.  Fran- 
cifci  Pcdemontani. 

y:.  Foliorum  fiorum  Nymphaa  al- 
ba,  une.  duos. 

Nymph&a  lûtes,  (  quam  ungulam 
caballinam  aquaticam  vocat  Au- 
Ilor,) 

Seminum  pjyllij  integri ,  & 

Acetofit, 

Fadicum  Fœniculi  ,  fingul.  unc^ 
unam. 

Seminum  4.  firigidorum  maiorumt 
omnium  uncias  duos ,  vel  fingulo- 
rum  une.  dimid.  4.  firigidorum 
minorum ,  omnium  unciam  dimt- 
diam  vel  fiingulorum  ,  drachm. 
unam ,  qu&  efi  quarta  pars. 

Coquantur  in  aqua  Horde uColatuta 
•çlarifieatacum 


SeBion  IL 

Sacchari  albi ,  libret  ma  :  coquatur 
in  Syrupum. 

Sub  finem  addenda, 

Acéti  vini  albi,  & 

Suc  ci  Granatorum  acidorum  ,utriufi 
que  uncias  duos, 

Aromatï\etur  cum  Spodq  & 
Santali  albi,utriufque  drach.  una. 
Nardi  Indices,  drach.  fimiji. 

TABAFHRASÉ. 

CE  Syrop  eft  nommé  compofé» 
au  refpcéb  de  celuy  que  nous 
avons  décrit  au  rang  des  Syrops  fim- 
ples.  Il  a  pris  le  nom  de  là  bafe  y  les 
Heurs  de  nénuphar  blanches  &  jau¬ 
nes  miles  au  commencement  ,  qui 
Ibnt  froides  au  croifiéme  degré  y  & 
au  fécond  humides  félon  Serapion  au 
chap.  144.  du  livre  des  fimples,  qui 
ne  répugné  à  i  opinion  des  Grecs,  qui 
ladilènt  froide  &  lèichej  pource  que 
ceux-cy  parlent  des  racines  &  femen- 
ces  j  &  Serapion  &  aprez  luy  les  au¬ 
tres  Arabes  ,  &  ceux  qui  les  ont  lui-, 
vis  J  des  fleurs  :  du  nombre  delquels, 
eft  Franc.  Pederaontanus,  qui  décrit 
ce  Sy  top  au  chap.  z.  delà  curation 
de  l'intemperie  chaude  du  fioye ,  en, 
fies  additions  fur  ta  pratique  de 
Mefiuê. 

La  vertu  refrigerative  de  la  bafe, 
eft  augmentée  par  toutes  les  lèmen-, 
CCS  qui  conduilènt  la  bile  parla  voye, 
de  l’urine.  Les  racines  de  fenouil  y 
font  mifes  pour  delbpiler  les  veines; 
meferaïques ,  &  du  foye ,  &  y  con- 
duirela  vertu  delà  bafe  ,  qui  de  Iby. 
n  y  pourroit  parvenir  :  &  pour  corri¬ 
ger  la  vertu  narcotique  du  Plÿllium. 
Le  Santal  j  Spodium  &:  Nard  Indi¬ 
que  y  y  Ibnt  mis  pour  la  defenlè  du 


JDei  Syrops  compofiz^.  j  i 


foyej  &  des  autres  vifceres.  Le  vin¬ 
aigre  &  fac  de  grenades  pour  répri¬ 
mer  Lacrimonie  de  la  bile  j  &  cha- 
leur'demelùrée  du  foye ,  &  des  autres 
vifceres ,  la  decodion  d  orge ,  pour 
corriger  la  lîccité  des  femences  ,  & 
racines  de  fenouil ,  le  fiiccre  pour  la 
faveur ,  &  pour  conferver  la  vertu. 

Z£  MELANGE. 

Premièrement  en  quantité  fufEfan- 
te  d  eau  j  &  long-tems  il  faut  cuire 
l’orge  entier  trié  :  puis  on  y  mettra 
les  racines  de  fenouil  nertoyées  de¬ 
hors  &  dedans  de  leur  cœur.  Quel¬ 
que  tems  aprez  j  pn  y  mettra  les  fe¬ 
mences  ,  &  pfyllium  entier  mis  à 
part  en  un  noliet  large  &  Ipacieux. 
Finalement  les  fleurs  de  nénuphar, 
ou  blanc  d  eau  feparées  de  leur  par¬ 
tie  verte  &  herbue  ,  comme  il  a  été 
dit  au  Syrop  de  nénuphar  Ample  La 
decôétion  à  demi  refroidie ,  fera  ex¬ 
primée  :  puis  clarifiée  &  aromatizée 
du  Santal ,  Nard  ,  &  Sp.odium  con- 
caflez  ;  incontinent  aprez  il  faut  ôter 
la  baflîne  de  defliis  le  feu,  &  la  cou¬ 
vrir  :  un  peu  aprez  la  couler  :  aprez 
on  y  ajoutera  le  fiiccre  ,  qu’on  fera 
cuire  dans  un  pot  de  terre  vernilfé, 
ou  dans  une  baflîne  étamée  en  con- 
fiftance  de  Syrop  :  puis  on  y  mettra 
le  vin-aigre  &  fuc  de  grenades^qu’on 
fera  recuire  ,  jufqu’à  ce  qu’il  foit  ré¬ 
duit  en  Syrop  pour  être  gardée 
Icy  l’Auteur ,  peu  verfé  en  la  con- 
noilîànce  des  Amples ,  pour  unguia, 
Caballina  at^uatica  ,  entend  la  fleur 
de  nénuphar  jaune  ,  &  non  la  fleur 
du  Bechion  ou  Tuffilago ,  que  le  vul¬ 
gaire  appelle  ungulam  CabalHnamy 
hi  nos,  François  Pas  de  Cheval ,  qui 


auflî  lait  la  fleur  jaune  :  car  le  mot 
d’aquatica  par  luy  ajouté  ,  montre 
ouvertement  qu’il  n'entend  la  fleur 
dudit  TuJfilago._  Joint  que  le  nénu¬ 
phar  jaune  convient  mieux  à  ce  que 
le  Syrop  promet,  que  le  pas  de  Che¬ 
val  ou  d’Afne. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  efteint  la  ferveur  de  la  bile  fla- 
ve,  &  partant  allégé  pnilïàmment  les 
fièvres  ardentes  &  autres  aiguës  :  il 
provoque  auffi  le  fommeil. 

R  E  M  A  R  CLV  E. 

Auderon  &  quelques  autres, qui 
décrivent  le  Sjrop  de  Nymphaa 
compofé  prennent  pour  unguia  Ca- 
balhna  aquatica  la  fleur  de  nénuphar 
jaune  ,  dequoy  je  fuis  étonné  &  en 
peine  de  fçavoir  fur  quoy  ils  fe  fon¬ 
dent  ,  bien  quen  apparence  il  f  ?m- 
ble  que  fon  inventeur  s’en  foit  aJfeuL 
expliqué  en  ajoutant  le  mot  de  aqua¬ 
tica  i  ceux  de  unguia  Cabû\inâ,pour 
donner  à  connaître  la  différence  qui 
efi  entre  le  nénuphar  jaune  &  la 
Tûfftlage  ,  qu’on  appelle  proprement 
ungulam  Caballinam  :  mais  cela  ne 
fuffit  point  ,  pour  me  perfuader  à  le 
croire, d’autant  qu’aucun  des  plus  fa¬ 
meux  Botaniques  de  ma  connoiffan- 
ce, comme  font  Theophrajle,Diofcori- 
de,  Pline,  Avicenne,Serapion,Mat- 
thiole  ,  Cordas ,  Clufius ,  Dodonaus, 
Fabius,  Columna ,  Lobelius,  Camera- 
n^^xen  fbn  Epithome,  Matthiole , ou. 
en  fôn  Hortus  Medicus ,  Ehalius, 
Gefnerus,  Fuchfius,,J>alechamp ,  ou 
l’hiftoire  des  plantes- de  Lyqn,  Gaff 
Bauhin  fur  Matthiole,  en  fon  Ihnax 


72. 


Liure  L  SeBion  II, 


&  Phytopinax,  Tragm,le  grand  her¬ 
bier  Franjùis,  V Herbolario  de  Fran- 
cefco  Smfovino  ,  &  Jean  Bauhin 
le  plui  recent  qui  a  colligé  fur  tom 
les  autres  ,  je  veux  dire  qui  ayent 
fait  femblant  d’appeller  le  nénu¬ 
phar  jaune  unguia  Caballina  aquati- 
ca  J  bien  efl  vray  que  ce  dernier 
dit  au  3  j).  livre  chap.  i .  de  ion  hiitoi- 
re  des  plantes ,  quun  certain  Mé¬ 
decin  PiémontQÜ  fait  entrer  dans 
fan  Syrop  de  Nyrnphaa  les  jicurs 
des  deux  nénuphar  blanc  &  jau¬ 
ne.  Et  Gajpard  Bauhin  fur  Mat- 
thiole  és  fynonymes  de  la  Tujjilage, 
écrit  3  que  Cordus  &  Dodonaus  dans 
leurs  hifloires  des  plantes.  Ce  der¬ 
nier  dans  fa  Françoife ,  appellent  la 
Tufllage  nénuphar  terrcltre  Ara- 
bum  }  &  au  contraire  lacobus  de 
Manlius  Alexandrinus  en  fon  Lu- 
ininare  majus ,  chap.  iti.  de  l'Ete- 
Jtuaire  de  Farfara ,  dit  que  les  Mo¬ 
dernes  appellent  le  Farfara  unguia 


les  fleurs  du  nénuphar  jaune,  qu'il 
aurait  aufji-tot  écrit ,  &  beaucoup 
plus  correctement  yL.  Florum  Nym- 
phææ  aliæ  ,  Nyn.phaæ  lutææ 
ana  Uncias  duas  ,  comme  ,  Flo- 
mm  Nymphææ  albæ  ,  uncias  duas, 
unguîæ  Cabaiiinæ  aquaricæ  unciam 
imam  ,  pmjqu  elles  font  de  même  ef- 
pece  ,  &  fort  femblables  en  quali¬ 
tés.  &  vertus  y  qui  ne  different 
que  de  tres-peu  il  les  aurait  mifes 
fous  une  même  dofe ,  &  ne  fe  ferait 
pas  fervi  d’un  terme  obfcur  pour 
rendre  la  préparation  de  ce  Syrop 
douteufe ,  parce  que  la  coutume  des 
Autheurs  efl,  en  décrivant  les  com- 
pofltions  des  Dijperfaires  d’éclair- 
ctr  les  difficulttz. ,  quand  il  y  en  a, 
P  lut  àt  que  d’en  faire  naître.  Si  bien 
le  Nymphaa  blanc  &  le  jaune , 
ayent  rei^eu  divers  fynonymes  ,  ils 
ont  êtes,  décrits,  &  conneus  a  même 
tems  par  les  plus  anciens  Botani¬ 
ques  Theophrafie  ,  &  Diofcoride 


Caballina ,  &  taxe  d’ignorance  auffi  fous  le  même  nom  de  Nymphaa,  que 


mal  à  propos  ceux  qui  difent  quil 
croit  dans  les  vignes  ,  comme  quand 
il  enflait  deux  effeces ,  l’une  à  fleur 
blanche  ,  &  l’autre  a  fleur  rouge 
qu’il  fait  croître  dans  les  eaux,  qui 
ne  font  autre  chofe  que  les  deux 
grandes  efleces  de  notre  nénuphar. 
De  toutes  ces  contraires  opinions, 
Fuchfius  au  livre  qu’il  a  fait  de  la 


les  connoiffons.  Aprez.  ces  rai¬ 
forts  j’en  pourrois  alléguer  d'autres 
en  quantité ,  que  j’obmettray  d  def- 
fein  de  n'être  plus  long  ,  pour  me 
ranger  au  fentiment  de  Fuchfius, 
puifque  fuivant  Gai.  au  fixiéme 
livre  des  fimples  medtcamens  ,  la 
Tuffdage  recente  appliquée  fur  les 
' r.flàrhmaaions  leur  donne  grand 


compofition  des  medicamens , prend  foulagement  ,  &  en  ce  rencontre 
ce  Syrop  unguia  Caballina  aqua-  U  faut  prendre  de  la  plus'aquati- 


tica  en  fa  propre  fignification ,  pour 
le  pas  d’Afne  ,  ou  Tuffdage  j  & 
quant  a  moy,  j’ay  peine  à  croire  que 
fi  l’intention  de  François  Piedman- 
tois  l’Autheur  de  ce  Syrop  ,  fi  peu 
versé  qu’il  ait  été  en  l’intelligence 


que. 

Bauderon  non  plus  que  l’inven¬ 
teur  de  ce  Syrop  dans  fonmelange  ne 
dit  rien  touchant  les  femences  froi¬ 
des  grandes, s’ U  les  faut  concaffer,ou 
les  faire  cuire  entières, ou  bien  s’il  les 


des  fimples  ,  fufi  été  d’y  admettre  faut  monder  de  leurs\écorces]  a 


fon 


75 


Des  Sjrops  compofez^* 


fin  quelles  font  différantes  en  ver¬ 
tus  ,  comme  dit  Fernel  en  fa  Thé¬ 
rapeutique  livre  cinquième ,  chapi¬ 
tre  quatrième  ,  quêtant  cuites  en¬ 
tières,  leur  decoèlion  deffeiche  mé¬ 
diocrement  ,  incife ,  nettoye  &  ôte 
les  lentilles  du  vifage  &c.  §l^e 
fi  on  les  nettoye  de  leur  écorce , 
apre\^  on  les  pile  ,  &  faffe  cuire 
dans  l'eau  d’orge ,  elles  '  adoudffent 
les  ardeurs  du  fang  ,  &  convien¬ 
nent  en  tout  à  l’intention  de  nôtre 
Autheur. 

Le  Pjyllium  fera  mis  avec  les 
autres  femences  fans  l’enfermer 
dans  un  linge. 


Syrupus  lujubiniis  feu  Zizy- 
phorura ,  D.  Mef 

Ziz.ypha ,  feu  jujubas  ,  n.fexa- 
ginta. 

Hordei  mundati  ,  a  cortice  exte- 
riore , 

Glycyrrhifa  rafa  ,  &  contufe , 
Capilli  Venerü  ,  vel  hujus  loco  Poly- 
trichi  ,fing.  une.  unam, 

Violarum , 

Seminum  Jlfalua  ,  vtriufque  drach. 
quinq. 

Cydoniorum , 

Papaveris  albi, 

Melonis , 

LaSluca  j 

Gummi  Tragacanthi ,  finguL  drach. 

très ,  alij  4. 

Coquantur  ex  arte  in  aqua  fuffeien- 
ti  :  Expreffum  per  fe  clarificatum 
&  coîatum  coquatur  in  Syru- 


paraphrase. 

La  bafe  de  ce  Syrop  font  les  lu- 
jubes ,  dont  H  a  pris  le  nom  : 
leur  vertu  incraflânte  eft  augmentée 
par  la  gomme  Tragacanth,  orge  mon¬ 
de,  les  femences  de  coings ,  de  Pavot 
&  laiéliiës  ;  la  deterfîve  par  les  vio¬ 
les,  ôc  reglilïc,  &  femence  de  melons, 
de  mauves ,  &  de  Capilli  veneris  ;  le 
fîiccre  y  ett  mis  pour  adoucir,  &  con- 
ferver  leur  vertu. 

Ce  Syrop,  entre  le  violât,  &  celuy 
de  pavot ,  pour  incralïèr  les  rhe  umçs 
par  trop  tenues ,  tient  le  milieu. 

LE  MELANGE. 

Premièrement  il  faut  cuire  allèz 
long-teras  l’orge  mondé ,  en  quantité 
fuffifante  d’eau  ;  puis  on  y  ajoutera 
les  jujubes  ,  apres  la  reglilfe  raclée, 
&  contufe ,  les  femences  de  mauves, 
&  de  pavot  :  &  dans  un  nouët  large 
&  fpacieux,  od  feront  la  gomme  Tra- 
gacanth  ,  &  graines  de  coings ,  (  la¬ 
quelle  s’enfle  bien  fort  )  finalement 
le  Capilli  veneris ,  &  femence  de  me¬ 
lons  un  peu  concalfée.  Apres  il  faut 
ôter  la  bafline  de  defliis  le  feu ,  &  la 
couvrir  :  puis  le  tout  étant  à  demy  re- 
froidy,  fèrà  exprimé.  Aprez ,  la  cola- 
ture  fera  clarifiée  feule ,  &  fans  fiiccrc 
avec  aubins  d’œufs,  afin  que  plus  fa¬ 
cilement  elle  palfe  à  travers  le  blanchet 
pour  caufè  de  fa  vifeolîté ,  qui  feroit 
encore  plus  grande  fi  le  fuccre  y  étoit. 
La  colarure  avec  le  fîiccre  fin ,  (  5c 
non  avec  la  calîbnnade  )  fera  cuïttc 
en  fÿrop  qu’on  gardera.  Ceux  qui 
font  bouillir  leur  nouct  au  fyrop 
aprez  la  decoéèion  clarifiée  ,  èc 
K  non 


74  Livre  L  Seâton  11. 


non  comme  nous  avons  déclaré ,  & 
le  laillènt  tremper  ,  en  icelny  toute 
Tannée ,  font  un  Syrop  moins  beau, 
plus  trouble  ,  vi%.teux  S>c  delâ- 
greable. 

LES  F  ACVLTE  Z. 

Il  arrête  &  incrallè  les  humeurs 
iîibtiles,  qui  tombent  hjr  le  ppulmon, 
Sc  eft  propre  à  l’enroUeure ,  à  la  toux, 
&  à  la  pleurefie. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

Fs  exemplaires  de  JlFefué ,  tant 
les  manufcrits ,  que  les  impri¬ 
mez.  different  de  beaucoup  les  uns 
des  autres  en  la  defcriptiqn  du  Syrop 
de  ju]ubes  j  de  cinq  que  fen  ay  en 
main  de  differentes  éditions  ,  un  de 
Van  1513.  &  un  autre  de  1514. 
difent  )u]ubariim  lib.  x.  comme  fait 
auffi  un  vieux  manvifcrit  que  fay 
en  mon  pouvoir  ,  &  ceux  de  Venîfe 
apud  Pumas  de  l’an  1615.  juju- 
barum  fexaginta  ,  violarum  & 
femin.  rnalua ,  ana  une.  quinq.  &  le 
manuferit  dit  violarum ,  &c.  ana 
drarh.  quinq.  VAutheur  du  Lumi- 
nare  ma\m ,  efi  tombé  dans  la  meme 
erreur  en  difant  y:.  ]upibarum  lib.x. 
violarum  ,  &  femin.  malua  ana  une. 
quinque. 

Voilà  des  fautes  qui  méritent  d'é- 
tre  connues  d’un  chacun ,  afin  de  n’y 
être  p(is  furpris  ,  la  première  def 
quelles  efl  arrivée  de  quelque  Mé¬ 
fié  manuferit  par  le  defaut  du  copi- 
fie  qui  ayant  voulu  mettre  jujuba- 
rum  numéro  Ix.  il  fepara  d’un  point 
l  de  X.  &  du  depuis  on  a  pris  cela 
pour  fc.  X.  &'  celle  de  cinq  onces. 


pour  cinq  drachmes  ,  l’Imprimeur 
a  changé  le  car  aller  e  de  V  çnce 
pour  cfluy  de  la  drachme.  Ban¬ 
der  on  /étant .  apperçeu  de  ce  de- 
fordre  l’a  évité  fans  dire  mot.  Et 
d’une  chûfe  je  ni  étonne  ,  que  comme 
il  a  été  fort  exaSl ,  &  fin  Commen¬ 
tateur  qui  eft  venu  long-tems  apres^ 
luy  ,  ayent  laiffé  confus  en  je  ne 
fiay  combien  de  receptes  huit  drach¬ 
mes  pour  une  once  ,  ainfi  qu’on 
peut  vérifier  ,  je.  ne  diray  pas  en 
un  ,  mais  en  tous  les  exemplaires 
de  Mefné  de  quelle  édition  qu’ils 
fiient  ,  on  trouve  cela  tellement 
conforme ,  qu’il  n’y  a  rien  de  plus 
commun  ,  je  Vay  vérifié  en  plus  de 
cent  endroits  ,  fans  jamais  y  avoir 
treuvé  faute.  Les  üLoines  même  en 
leur  Commentaire  l’ont  fi  bien  obfer- 
ve  quils  font  conformes  en  toutes 
les  deferiptions.  Il  en  eft  de  même 
des  demy  onces  ,  avec  les  quatre 
drachmes  ;  en  la  defeription  de  ce 
Syrop  Méfié  dit  Capilli  veneris, 
Ih  &  un  peu  plus  bas  Liquiritia 
Hordei  mundati  ana  p,viij  en  ce- 
luy  de  Eupatorio  ,  on  lit  rad. 
Apij,  &c.  ana  ^ij.  &  immédiate¬ 
ment  apreT^Liquiritia  ,  &c.  ana 
&  au  Triphera  Perfica  Caffu- 
tha  fimunciam  ,  &  plus  bas  ,  Anifi, 
■^iiij.  par  ainfi  il  faut  entend)  e,  que 
l’once  eft  cornpofée  de  neuf  drach¬ 
mes  &  non  de  huit  ,  comme  nous 
pratiquons  tous  les  jours.  Nico- 
laus  Saler?: itanus  qu’on  appelle ,  ^ 
autres  Vont  ainfi  pratiqué  ,  de  fa¬ 
çon  que  nous  errons  e?i  toutes  nos 
compojîtions  qui  fint  dofées  de  la 
forte.  J’ay  voulu  faire  cette  pe¬ 
tite  digrejfion  en  pafi'ant  pour  en 
advertir  les  moins  ftudieux  ,  non 
pas 


75 


Des  Syrops  compofez». 


pas  pour  en  vouloir  corriger  Vabtu, 
mais  pour  le  faire  conno.tre.  le 
retourheray  au  Syrop  pour  en  fai¬ 
re  la  decoüion  avec  cinq  livres 
d‘eau  ,  on  fera  boitiller  V orge  mon¬ 
dé ,  qui  ne  dois  pas  cuire  fi  long¬ 
temps  comme  s’il  était  entier  ,aprel^ 
on  mettra  chaque  ingrédient  fui- 
vant  l’ordre  prefcrit  par  Baude- 
ron ,  fans  faire  un  nou  'ét  ny  de  la 
gomme  ny  des  femences  :  le 
tout  fera  cuit  ]ufqu  à  la  confomp- 
tion  d’un  tiers  ,  &  de  la  cola- 
ture  on  clarifiera  avec  un  blanc 
d’œuf  deux  livres  de  cajfonnade, 
&  pour  le  furplm  procéder  com¬ 
me  deffus. 


SyriipLis  dePapauerc  Rhæade 
incerti  Audoris. 

yi.  Infufionis  foliorum  Florum  Pa- 
paveris  rubri  bis  aut  ter  itérât  a, 
lib.  duos. 

Sacchari  albi ,  lih.unam  &  dimid. 
Sacchari  Rofati,  une.  quatuor 
Coquantur  in  Syrupurn. 

PARAPHRASE. 

L’Autheiir  de  ce  Syrop  nous  eft 
incertain  à  ce  qu  on  péiic  rei- 
cueillir,  des  commentaires  de  Mat- 
thiole  fur  Diofeoride.  Plufieurs  Mé¬ 
decins  pour  le  jourd'huy  s'en  fer¬ 
vent  heureufement  au  commence¬ 
ment  des  pleurefies  à  caufè  de  fa  lé¬ 
gère  adftriâioh  ,  &  qu'il  provoque 
le  lommeil ,  purge  les  poulmons ,  & 
les  fortifie. 


LE  MELANGE. 

Ce  Syrop  fè  fait  comme  le  roAt 
fimple  J  que  nous  avons  décrit  cy-de- 
vant  avec  deux  ou  trois  infufions.  La 
colaturé  fera  clarifiée  ,  &  cuitte  en 
Syrop  J  avec  l'un  &  l'autrcj  fuccre. 
Ceux  qui  n'y  voudront  point  mettre 
de  fuccre  rofàt  ^  y  en  mettront  au¬ 
tant  pelant  d'autre  >  avec  deux  onces 
'  d'eau  rofe  3  &  ne  feront  pas  m,al, 
à  caufe  de  fpt}  adftiiâion  requilè  au 
commencement  des  fluxions  en  la 
poitrine. 

LES  ^ACFL  TE  Z. 

Il  convient  à  la  pleurefie  au  com¬ 
mencement,  prouoqiie  le  fômmeil  par 
fa  vertu  narcotique,  épaiflît  l’humeur 
déliée ,  &  modéré  les  ardeurs  de  tête, 
&  les  inflammations  des  yeux  ,  félon 
Diofeoride. 

RE  M  ARQ.V  E. 

Auderon  en  nom  décrivant  ce 
Syrop  ne  réglé  point  la  quan¬ 
tité  de  la  fleur  qu  il  faut  pour  fai¬ 
re  les  infufions  j  &  au  mélange 
qu’il  en  donne  ,  il  dit  qu’il  y  faut 
procéder  comme  au  Jyrop  rofat fim¬ 
ple.  Cette  méthode  eft  fort  receva¬ 
ble ,  mais  pour  le  rendre  plus  ejflca- 
ce  ,  il  faut  prendre  huit  onces  de 
fleur  mondée  &  recente ,  laquelle  mi- 
fé  dans  un  pot  de  terre ,  faut  verftf 
dejfus  deux  livres  &  demy  d’eau  de 
fvntainé  prêté  a  hokillir  ,  que  ferez 
infùfer  fur  les  cendres  chaudes  pen¬ 
dant  huit  heures,  &  aprez-  l’avoir 
coulée  ,  y  faut  rémettre  pareille 
K  a  quare 


J 6  Livre  L 

quantité  de  fleurs ,  ‘  &  réitérer  cette 
operation  ptjquk  une  quatrième 
flis  ,  &  ainfl  il  y  aura  trente  deux 
onces  de  fleurs  :  cela  fait ,  avec  deux 
livres  de  fuccre  rofat,  dans  une  baf- 
fine  a  la  vapeur  de  l'eau  les  cuirez, 
en  Syrop  ;  que  pour  empêcher  quil 
ne  fe  candijfe  dans  le  pot ,  y  ajoute¬ 
rez.  une  once  de  miel  blanc  ,  étant 
froid  fera  ferré  pour  le  hefoin. 


Syrupus  de  Papavere  fioiplex, 
D.Mef. 

2^.  Capitum  Papaveris  albi  & 

■  Nigri  cum  feminibus  magnitudine 
mediocrium  ac  recentium,vtriufq. 
drach.  fexaginta. 

JiPacerentur  horis  is^.in  aqua  plu- 
via,  lib.quatuor  ,  &  coquantur, 
donec  tabefeant.  Exprejfum  cla- 
rifiçatum  cum 
Sacchari  albi ,  & 

Penidiarum  ,  Utriufq.  une.  qua¬ 
tuor  >  vel  fex  cum  aliis  (  quibus 
lubens  fubfcribo  )  percoquantur 
in  Syrupum. 

Si  decoElo  addiderü, 

Seminum  LaBuca  ,  & 
F'iolarum,vtriufq.  une.  unam,fup- 
plebit  vicem  eim  ,  qui  a  Mé¬ 
fié  deferibitur  in  Eclegmate  Pa- 
paverino. 


Syrupus  de  Papavere  compoH 
D.  Mef. 

Capitum  PapauerU  albi ,  & 

.  jNigri  cum  femine  ,vtriufq.  drach. 
quinquaginta. 

Seminis  Laüuc&i  drach.quadraginta 


SeBion  IL 

Adianti  ’atbi  ,  feu  Capilli  veneris, 
drach .  quind&cim. 

Ziz.ypha  feu  lujubas  ,  num.  tri- 
ginta  , 

Seminum  Malua ,  & 

Cydoniorum  ,  vtriufque  drachm. 

GlycyrrhiXy.  recentis  rafa  &  con- 
tufa ,  drach.  qui'hq. 

Coque  in  lib.  quatuor  aqua  pluvia, 
vel  fontis  ad  médias.  Colatum yla- 
rificatum  cum 
Sacchari  albi  & 

Penidiarum  ,  vtriufq.  une.  oélo.  Ca- 
quanturin  Syrupum. 

PARA-PHRASE. 

MEfiié  a  tranferit  fon  Syrop  de 
Pavot  iîmple  du  Diacodinm 
de  Galien  qui  le  décrit  au  livre  fèp- 
tiéme  des  Medicamens  félon  les 
genres ,  chapitre  deuxième  ;  lequel 
'cA  plus  vficé  que  le  compofé  :  pour- 
ce  qu’il  a  fémblable  vertu  que  le 
Diacodion  ,  de  maniéré  que  qtii 
aura  l’un  ,  fè  pourra  paffer  de 
l’autre. 

Quelques-vns  à  faute  d’avoir  des 
têtes  de  Pavot ,  telles  qu’il  eft  requis, 
le  font  avec  la  fémencc feule,  au  lieu 
duquel  pour  être  de  peu  de  vertu, 
)e  leur  confeille  de  difpenfer  le  com¬ 
pofé  ,  tel  que  l’avons  tranferit  de 
îbn  Autheur  même  Mefùé.  La  bafe, 
font  les  têtes  de  Pavot  ,  dont  il  a 
pris  le  nom  :  les  Penides  &  fuccre 
y  font  mis  ,  tant  pour  adoucir  & 
deterger ,  que  pour  incraflér  &  con- 
forver  leur  vertu. 


LE 


77 


D&5  Syrops 

LE  M  E  LA  N  QE. 

P  Renez  des  têtes  de  Payot  blanc  & 
noir  J  de  grollèur  moyenne  ,  ôc 
qui  entre  vert  &  fcc  tiennent  le  mi¬ 
lieu  J  non  prilès  en  lieu  humide  & 
marécageux  (  pource  que  leur  humi¬ 
dité  eil  trop  crue  j  aqueule  &  inuti¬ 
le)  la  quantité  requilè ,  qu'on  infu- 
fera,  en  quatre  livres  d’eau  de  pluye 
ou  de  fontaine  ,  l’efpace  de  vingt- 
quatre  heures  hir  les  cendres  chau¬ 
des.  Le  jour  Itiivant  on  les  fera  bouil¬ 
lir  jufqu’à  ce  que  la  quatrième  par¬ 
tie  Ibit  environ  conlommée  ,  ou  que 
les  têtes  de  Pavot  foient  molles  & 
flétries  ,  &  que  facilement  on  en 
puilfe  tirer  (  par  forte  expreflîon  ) 
l’humidité  fucculente.  Aprez  il  faut 
clarifier  la  colature  j  comme  nous 
avons  dit  aux  précédons ,  &  avec  les 
Penides  j  &  le  liiccre  ,  le  tout  cuire 
en  fyrop  i  qu’on  gardera  au  befoin. 
Pour  le  regard  du  composé  >  jaçoit 
que  Mefué  ne  fpecifie  pas  les  têtes 
de  Pavot  comme  au  precedent  ,  fî 
eft-ce  que  fi  on  les  prend ,  &  choifit 
comme  il  a  été  dit  ,  le  fyrop  fera 
beaucoup  plus  puiflànt ,  que  s’il  eft 
fyit  avec  les  lèmenccs  lèules. 

LES  EACVEtEZ. 

On  s  'en  fèrt  aux  toux  Icches  >  aux 
defluxions  accompagnées  de  rêve¬ 
ries.  Lors  de  l’ulàge  il  y  faut  mêler 
quelques  remedcs  chauds ,  poiu:  cor¬ 
riger  cette  vertu  narcotique  ,  pour 
iuy  lèrvir  de  véhiculé. 


compofez» 

REM  ARQ_VE. 

E  treuve  en  ce  Syrop  ,  aujfi  bien-- 

quen  d’autres  ,  beaucoup  de  con- 
tradifiion  ,  tant  pour  raifon  des 
dofes ,  que  pour  le  modus  faciendi. 
En  premier  lieu  Mefué  ordonne^, 
quatre  onces  de  Penides  &  autant 
de  Jùcere  ,  Jur  dixhuit  onces  d’in- 
fujton  ou  decoBion  :  loubert  &  au¬ 
tres  ,  augmentent  le  fuccre  &  les 
Penides  de  la  moitié  ,  &  ne  forvt, 
pas  çonfumer  l’humidité  que  d’une 
livre  &  demy  ,  difant  apreT^  Ga¬ 
lien  ,  en  la  defcription  du  Diaco- 
dium  ,  que  la  falfant  bouillir  da¬ 
vantage  J  cela  diminuëroit  fa  ver¬ 
tu  réfrigérante.  Avec  le  fùpport  de 
ces  deux  grands  hommes  ,  je  diray 
que.  l’exjterience  &  la  raifon  m’ont 
enfeigne  depuis  long-tems ,  que  fai- 
fant  ce  fyrop  eyaBement  fkivaivt- 
Mefué ,  &  augmentant  la  liqueur 
de  la  decoBion  de  deux  livres,  que 
de  deux  drachmes  jufqud  demy 
once  pour  le  plus  qu’on  en  donne 
dans  un  lulep  ,  il  fait  des  effets 
merveilleux  pour  arrêter  les  flu¬ 
xions  ,  provoquer  le  fommeil  , 

Il  n'efi  donc  pas  à  craindre  que  la- 
vertu  fomnifere  s’évanoüiffe  par  une 
longue  coBion  ,  puis  quelle  ne  con- 
f fie  pas  en  des  parties  tenues  eff 
fubtiles  ny  aériennes  ,  ains  en  des 
crajfes  &  terrefires  j  au  contraire 
fa  malignité  canfifie  en  un  fouphre 
narcotic  ,  crud  ,  indigefi  puant, 
lequel  par  le  moyen  d’une  longue  co¬ 
Bion,  fe  difipe,  &  par  ainfi  il g  faut 
procéder  fuivant  Mefué.  ' 


78 


Livre  L  Seâion  11, 


Des  Syrops  deflinés  pour  le 
ventricule. 

Syru^us  de  Abfmthio  major,  ■ 
D.  Mef.  “ 

Abfinthii  Pontici  fiu  Romani, 
Ub.femiji. 

Rofarum  rubrarum  ,  une.  duoi. 
Nardi  Indicut, ,  drach.  très. 

Kini  albi ,  optimi  &  antiqui, 

Succi  Cydoniorum  ,  utriufque  Ub. 
duos  &  femiji. 

Macerentur  fimul  horis  24.  fuper 
>  cineres  calidos  :  deinde  coquan.. 
tur  ad  médias  ;  colatum  clarifica- 
tum  ,  cum  facchari  albi  (  vicz^ 
mellis  defjumati  ,  ut  fit  jucun- 
dior  )  lib.  duabus  ,  coquatur  iru 
fyrupum. 

TARAPHRASE. 

CE  fyrop  eft  nommé  de  fà  bafè 
l’Abfinthe  Pontique  ,  ôc  grand, 
pour  mettre  différence  d'avec  l’autre 
moins:composé  &  ufité  que  le  pref. 
cric.  L’aftridion  de  la  bafè  eft  aug¬ 
mentée  par  le  fiic  de  Coings  &  Ro- 
fès  :  le  Nard  indique  conduit  fa  ver¬ 
tu  au  foye.  Le  vin  blanc  aromatic 
corrobore  le  cœur ,  &  corrige  la  fîc- 
cité  de  la  baie.  Le  Succre  deterge 
moins  que  le  Miel  écumé  ,  mais  le 
Syrop  en  eft  plus  plailànt ,  il  rend  l’a- 
éliôn  meilleure  ,  &  confèrve  la  ver¬ 
tu.  Au  contraire  s’il  eft  fait  avec  le 
Miel ,  il  fera  plus  propre  aux  Chirur¬ 
giens  qu’avec  le  fùccre  pourcc  qu’il 
deterge  plus. 


LE  MELANGE. 

Prenez  l’Abfinthe  ou  Aluinc  bien 
net  &  lèc,que  vous  inflifercz  avec  les 
Rofes  &  le  Nard  Indique  incifé,  dans 
un  pot  de  terre  vernillë  ,  au  fuc  de 
Coings  ,  &  vin  blanc  ftir  les  cendres 
chaudes  environ  vingt-quatre  heures. 
Le  jour  fuivant  on  leur  fera  prendre 
fur  le  feu  clair  &  non  fumeux  ,  au 
même  pot  deux  ou  trois  bouillons, 
puis  étans  à  demy  froids  on  les  ex¬ 
primera  :  aprez  la  colature  fera  cla¬ 
rifiée  avec  le  fuccre  ,  (  ou  miel  au¬ 
paravant  écumé  &  pefé  )  la  quantité 
requife  &  coulée  ,  &  le  tout  fera 
cuit  en  fyrop  ,  qui  fe  puilTe  garder 
au  befein.  Pour  les  Chirurgiens,  Pre¬ 
nez  une  livre  d’Abfinthc  vulgaire  fec, 
que  vous  ferez  bouillir  en  trois  livres 
d’eau  &  une  de  vin ,  qui  revienne  au 
tiers.  La  colamre  fera  cuitte  en  lyrop 
avec  une  livre  de  miel  écumé  &c  cuit 
à  parc  qu’on  gardera. 

LES  FACVLTE  Z. 

Il  fortifie  le  ventricule,  le  foye ,  & 
les  autres  organes  dédiés  à  la  nutri¬ 
tion  :  excite  l 'appétit,  aide  à  guérir  la 
jaunillè,  difciite  les  vents ,  &  difpofe 
les  humeurs  à  la  voye  des  fellcs  & 
des  urines ,  félon  Diofeoride. 

Diale  ms  de  Ahfinthio. 

IE  ne  m’étonne  point  fi  les  Apothi¬ 
caires  ont  été  en  grand  doute  au 
pallë  ,  de  quel  Abfinthc  ,  ou  Abfince 
ils  dévoient  compofer  le  prefent  iy- 
rop ,  ou  du  nôtre  vulgaire  ,  fiirnom- 
mé  d'aucuns  Ruftic ,  Ôc  rejetté  de  plu- 
fieurs 


^es  Sjrops  campofeZj.  79 


ficurs  doctes  Médecins  :  ou  du  ptit, 
cultivé  avec  tant  de  foin  en  pliiueurs 
jardins  du  Royaume  de  France  ,  & 
reconamandc  de  plufîeurs  tant  Méde¬ 
cins  qu'Apothicaires.  Attendu  que 
les  mieux  yerfèz  en  la  connoiflànce 
des  plantes ,  jufques  à  prefênt  ne  fc 
font  pû  accorder  :  &  chacun  étant 
fondé  d’authoritez  &  raifons  départ 
&  d'autre,  la  qiieftion  en  eft  demeu¬ 
rée  indecife.  laçoit  que  mon  inten¬ 
tion  ne  foit  pas  de  reprendre  les  au¬ 
tres  ,  ny  de  troubler  le  repos  des  dé¬ 
funts  par  ma  cenfore  :  mais  de  para- 
phrafer  tant  foulement  les  compofi- 
tions  de  nos  majeurs ,  en  faveur  des 
Apothicaires  François  moins  verfoz. 
Toucesfois  avec  l’honneur  Sc  reipeét 
que  nous  devons  aux  uns  &  aux  au¬ 
tres  ,  il  me  femble  qu’il  ne  fora  hors 
de  propos  ,  il  fur  telle  diffiailté  j’en 
dis  mon  opinion  pour  la  refoudre,  la¬ 
quelle  étant  fondée  for  l’authorité 
même  de  Diofooride ,  de  Galien ,  3c 
des  Arabes  ,  pourra  être  reçue  & 
approuvée.  Que  s’il  s’en  trouve  quel¬ 
que  autre  mieux  fondé  que  moy,  d’au- 
thorité,  raifons,  &  expérience,  j’a- 
bandonneray  volontiers  les  miennes, 
pour  foivre  les  fîennes.  Veu  donc 
que  la  difficulté  coniîfte  non  au  nom¬ 
bre  &  différence  des  Abfinces  on  Al- 
vines ,  (nom  dérivé  d’Aloë  à  caufo  de 
fon  amertume  )  car  Diofooride  &  Ga¬ 
lien  n’en  ont  décrit  que  de  trois  dif¬ 
férences  à  foavoir  ,  Santonic  ,  Scri~ 
fhium  ou  Aiarin  ,  &  Pontic ,  que 
Mefoé  furnomme  Romain.)  Mais  en 
1  eleétion  &  chois  de  l’une  de  ces  efo 
peces  ,  il  faut  fçavoir  que  des  deux 
premières  l’on  s’accorde  ,  &  non  du 
Pontic.  Ceux  qui  tiennent  que  ce  pe¬ 
tit  foit  le  vray  Pontic  des  Grecs  3c 


Arabes  ,  fo  fondent  principalement 
fur  le  texte  de  Gai.  en  fonz.iéme  livre 
de  la  méthode  curative,  chap,  1 6 .  qui 
dit  que ,  -Efi  tum  folio ,  tum  fore  Ion., 
gè ,  quam  c&tera  Abjînthia  minore  ; 
odor  quoque  huic  non  modo  ,  non  in- 
fuavis  ,  verum  etiam  arcmaticum 
quid  praferens  Tontzs  Iclquelles  mar¬ 
ques  fo  trouvent  certainement  en  cét 
Abfînthe  petit  Mais  auffi  ils  ne  con- 
fiderent  pas  les  autres  marques  autant 
ou  plus  neceiïàires ,  décrites  ailleurs 
par  les  mêmes  Diofe-  Gai.  &  Arabes, 
làns  lefquelles  il  ne  peut  être  tenu 
pour  le  vray  Abfinthe  Pontic  ou  Ro¬ 
main  de  Mefoé.  (C’eft  tout  un.)  Qu’il 
foit  ainfi,  nôtre  Abfinthe  vulgaire  cÆ 
branchn  comme  Arthemijîa  pre¬ 
mière  ,  décrite  par  Diofooride,  li  eft  Marque 
vrayement  Barypicron  ou  Bathypi-  du  vray 
cron,  id  efi,  prôfunde  amarum.  Il  eft 
chaud  au  premier  degré,  &  foc  à  la  fin  * 
du  focond.  Son  adftiiélion  eft  grande,  .uuîgai- 
par  laquelle  il  fortifie  les  vifoeres  af-  rt. 
fbiblis,  Et  outré  fon  amertume  gran¬ 
de  ,  il  participe  de  nitrofité ,  qui  eft 
caufo  qu’il  purge  par  le  fiege  ,  &  par 
la  voyede  l’urine,  la  matière  bilieufo 
contenue  an  ventricule,  &  au  foye.  Il 
eft  aromatic  &  de  bonne  odeur ,  au 
relpeét  du  Marin,  &  Santonic.  H  tuë 
les  vers  ,  tant  intérieurement  pris 
qu’exterieurement  appliqué.  Toutes 
lefquelles  marques  fe  trouvent  en  nô¬ 
tre  Abfinthe  vulgaire ,  &  non  au  petit, 
que  pliificurs  &  mal  ,  fiirnommenc 
Pontic.  Touchant  la  petitellè  des 
feuilles  mentionnées  par  Gai.  au  lieu 
preallegué  :  je  répondray  avec  Ron¬ 
delet  Sc  Pena  ,  qu’en  ce  lieu  le  texte 
de  Galien  eft  dépravé ,  Sc  que  où  nous 
liions  ,  St  (poAAa  f^nepovipa.  id  eft ,  fo¬ 
lia  minora  ;  il  faut  lire  ipt/Ma  pf.a- 

upcTipa 


8o  Livre  1. 

K-portp»,  id  ejt folia  majora.  La  faute  a 
été  facile  aux  Imprimeurs ,  ou  à  ceux 
<jui  avoient  écrit  les  livres  de  Galien 
à  la  'aiti  de  mettre  un  /  pour  un  a,  & 
il  ne  iaut  pas  s'arrêter  à  une  marque 
fi  frêle  pour  ailùrer  une  doétrine.  Ce 
texte  ainfi  corrigé ,  il  fe  trouvera  que 
nôtre  Abfinthe  vulgaire  ,  fùrnom- 
mé  Ruftic  >  eft  le  vray  Pontic  des 
Grec ,  ôc  Romain  de  Mefué  ,  ainfi 
appellé  par  luy ,  pource  qu’il  croît  de 
foy  Sc  fans  ariifice,  en  grande  quanti¬ 
té  parmy  les  mafiircs ,  &  ruines  de 
l’antique  Rome.  Que  celuy  de  Rome 
foie  fèmblable  à  nôtre  vulgaire,  & 
non  au  nôtre  petit,  je  m’en  rapporte 
à  tous  ceux  qui  l’ont  vu  &  confideré 
de  prez  ,  foient  Médecins  ou  Apo¬ 
thicaires  qui  y  ont  été.  Excepté  que 
fceluy  de  Rome,  qui  croît  ez  lieux 
maigres  ,  &  non  cultivez,  a  fà  tige, 
branches  &  feuilles  un  peu  moindres 
q^ue  le  nôtre  qui  croît  ez  jardins  ar- 
roufez  ,  &  meliorez.  Quant  à  fa  for¬ 
ce  je  confefleray  toujours  nôtre  vul¬ 
gaire  ,  &  qui  croît  en  France  ,  être 
moindre  que  celuy  qui  croît  en  Pon¬ 
te  ,  en  Cappadoce  ,  Sc  Cir  le  mont 
Taiirus  :  ou  que  celuy  qui  croît  à  Ro¬ 
me  ,  qui  font  régions  beaucoup  plus 
chaudes  que  la  France.  le  fçay  auffi 
par  le  témoignage  d’Hippocrates  Sc. 
de  Platon ,  que  la  nature  communique 
des  forces  Sc  vertus  aux  plantes ,  ou¬ 
tre  i’influance  des  AftreS ,  en  certains 
lieux ,  qu’elle  dénié  en  d’autres.  Pour 
cela  l’appellation  ne  fè  change  point. 
Quelqu’un  pourrait  dire  que  plufieurs 
doctes  Médecins  de  nôtre  tems  ont 
préféré  ce  petit  Abfinthe ,  à  nôtre 
vulgaire,  Sc  en  ont  ufé  avec  heureux 
fitccez.  le  le  confclFe  ,  &  ne  le  re¬ 
jette  pas  de  l’ufage  de  la  Médecine, 


Section  IL 

l’en  ay  ufe  moy-mênae  fôuvcnt  pour 
m’accommoder  au  palais  des  plus 
délicats  ,  aimant  mieux  leur  aider  i 
en  quelque  chofe ,  que  rien  ,  pour 
l’amertume  grande  de  nôtre  Ab¬ 
finthe  vulgaire  ,  odieufe  à  plu¬ 
fieurs.  Car  ce  petit  eft  moins  amer 
&  adftringent ,  &  fi  eft  aromatic  & 
de  bonne  odeur.  Voilà  pourquoy 
nous  en  avons  ufe  &  ufons.  Les 
curieux  répliquent,  difàns  :  Si  l’Ab-  objefii 
finthe  vulgîiire  &  Ruftic  eft  le  vray 
Pontic  des  anciens,  comme  je  l’af-"^  ’ 

fùre  :  ce  petit  tant  recommandé  ne 
peut  être  le  Santonic ,  ny  le  Marin , 
veu  que  Diofeoride  &  Galien  n’en 
décrivent  que  trois  :  que  fera- ce  ?  le 
faut-il  rejetter  du  rang  des  Aluines, 
ou  en  conftituer  une  quatrième  ef- 
pece  ?  le  dis  qù’il  vaut  mieux  le 
conftituer  au  rang  des  Aluines,  que 
de  le  rejetter  :  voire  le  furnommer 
petit  Pontic ,  Sc  nôtre  vulgaire  grand 
Pontic  ,  à  caufè  de  fes  tiges  ,  bran¬ 
ches  ,  feuilles,  fleurs,  femences,& 
vertus  qui  font  plus  grandes.  Ainfi  il  y 
aura  de  deux  fortes  d’Abfinthe  Pon¬ 
tic  ,  l’un  grand ,  qui  eft  nôtre  vul¬ 
gaire,  &  l’autre  petit,  à  l’imitation  de 
Diofeoride ,  qui  décrit  de  deux  for¬ 
tes  d’Arthemifia ,  l’une  à  grandes,  &- 
l’autre  à  petites  feuilles.  De  ce  que 
deflùs  je  conclus  que  nôtre  Abfin¬ 
the  vulgaire  ,  eft  le  vray  Pontic  des 
Grecs  &  Romains  ,  décrit  par  Mé¬ 
fié  ,  qui  different  du  nom  feulement, 

&  non  d’efpecc.  Pource'  je  con- 
feille  aux  Apothicaires  de  préparer 
leur  fÿrop  avec  nôtre  Abfinthe  vul¬ 
gaire  ,  Sc  qu’ils  en  ufènt  en  toutes 
leurs  compofîtions  ,  &  ordonnances 
que  les  Médecins  leur  envoyèrent.  Si 
au  contraire  pour  les  confiderations 
que 


I)ù5  Syrops  compofeZj,  8i 


que  delîlis>  on  ne  leur  commande  de 
prendre  du  périr  ponric  ;  &  afan  qu’ils 
at  ibienr  fruftrez  de  leur  inrenrion, 
&  l'Apothicaire  relevé  de  peine  ,  ce 
fera  bien  fair  à  eux  de  fpecifier  ,  le¬ 
quel  iis  veulent  qu’on  prennCjy  ajoû- 
tanc  magnum  iêu  ma]us  >  011  parvum 
(m  minus. 

.REMARQVE. 

BAuderon  &  Mefué  de  Vênife 
afud  luntas,ne  conviennent  f  oint 
four  la  doje  de  L' Ahjinthe, parce  que 
fans  doute  ce  premier  a  emprunté  La 
defcnption  de  fin  Sj/rop  d  Abjînthe 
des  vieux  exemplaires  de  JÜefué  en 
lettre  Gothique  ,  ou  de  Fâldegrifi, 
avec  lefqueis  il  efi  conforme,  &  pour 
ce  dernier  )e  ne  puis  comprendre  d"où 
ejl-ce  quil  a  tranferit  la  Jienne ,  oit 
il  fait  entrer  deux  livres  d’Abfinthe 
Romain  ,  qui  font  onces ,  au  lieu 
que  les  vieux  nen  demandent  que  6.' 
onces,  &  pour  le  furplm ,  ils  ne  diffe¬ 
rent  en  rien,  tant  pour  les  ingrédient 
que  pour  les  dofis.raurois  volontiers 
cru  que  cette  difformité  eufi  procédé 
‘les  Imprimeurs , fans  une  annotation 
<iui  efi  en  la  marge  marquée  par  une 
Tj  qui  renvoyé  immédiatement  avant 
la  dofe  de  1‘AbJinthe ,  en  laquelle  on 
y  lit ,  vulgaris  lib.  fimifi.  qui  ne  fi- 
gtJifie  pas  comme  quelques  -  uns  fi 
fourraient  imaginer  de  prendre  de¬ 
mi  livre  d’Abjinthe  vulgaire  j  mais 
elle  veut  dire  quen  laverfion  vulgai¬ 
re  de  Alefké ,  U  nefi  demandé  que 
demi  livre  d'Ahfinthe  ,  à  laquelle 
dofe  il  fefaut  tenir ,  &  aux  vieux 
exemplaires ,  ainfi  que  font  les  Moi¬ 
nes  en  leur  Commentaire . 

Maù  quant  au  modm  faciédiM  efi 


très  a  propos  de  le  corriger  ,  du  delà 
de  ce  qu'il  en  a  été  dit  en  la  précédé  te 
édition ,  afin  que  le  Sj/rop  en  fait  pim 
puijjant  :  Et  four  ce  faire ,  on  pren¬ 
dra  de  l'Abjinthe  pontic  fie  qu’on 
appelle  che\^  nous  ,  qui  efi  Abjin- 
thmm  tenm  folio  Dodonai,  l’ayant 
incisé  fi  menu  qu’il  fi  pourra  ,  les 
rofes  &  ffina  nard  de  même  ,  feront 
mis  dans  un  matras  avec  du  bon  vin 
blanc ,  &  du  fuc  de  coings,  clairs  & 
bien  depurez.  de  chacun  une  livre  & 
demie,  l’ayant  bouché ,  fera  tenu  par 
Z  4.  heures  en  une  chaleur  convena¬ 
ble  :  la  colature  &  l’expreffion  faite, 
la  liqueur  fera  mifi  dans  une phiolt 
jufqu’a  l’entiere  défécation, puis  avec 
deux  livres  &  demie  de  fuccre  fin, on 
les  fera  cuire  dans  une  terrine  corne 
a  été  cy -devant  dit  en  l’Oxyfacchar. 

Et  pour  le  Syrop  d’AbJynthe  fim- 
ple  qui  n’a  autre  ernploy  que  pour 
les  play  es,  que  Baud.  rapporte  dans 
fin  mélangé.  Il  faut  prendre  demi 
livre  d’Abfinthe  vulgaire  ,  ou  com¬ 
mun  de  nos  boutiques,  l’infifer  &  le 
cuire  dans  deux  livres  d'eau ,  la  co¬ 
lature  &  repofition  faite  ,  avec  une 
Hure  &  demie  de  beau  miel  ,&  un- 
peu  de  vin  qu’on  y  a  joutera  en  tems 
&  lieu  feront  cuits  en  Syrops. 


Syrupus  Meothæ  maior» 

D.  Mci: 

y:.  Succi  Cydoniorum  dulciut», 

Succi  Cydoniorum  muforum,^ 

Succi  Granatorum  dulcium, 

Succi  Granatorum  acidorum, 

Succi  Granatorum  muforurn, 

Menthe,  ficce,fing.lib.und  &  fimifi.- 
Rofarum  rubrarum,  une.  duos. 

h  M* 


Livre  L 

JUfacerentur  fimul  horis  24.  Dem- 
de  coquantur  ad  dimidioi  in  va- 
fe  terreo  vitreato.  Exprejfum  cla- 
rificetnr  &  aromatiz.etur  cum 
Trochifi.Gall.  mofchata,  drach.duab. 
.Sacchari  albi,  lib.  duab. 

Coquanmr  in  Sytupum^ 

PARAPHRASE. 

La  bafe  de  ce  Syrop  eft  la  menthe, 
dont  il  a  pris  le  nom.  Les  fiics  & 
rofes  y  font  rnis  pour  augmenter  ladr 
ftriction  de  la  bafo ,  &  corroborer  le 
ventricule  contre  les  hoquets ,  &  la 
paffion  cholérique  ,  &  empêcher  les 
vomiffemens  ,  Diofcoridc.  Les  Tro- 
chifques  de  Gallia  mofchata  y  font 
mis  pour  la  defenfo  du  cœur,  cerveau, 
&  matrice.  Le  foccrepour  corriger 
l'acrimonie  des  Lies  &  ficcité  de  la 
bafo,&  les  conièrver.  Ce  mot  de 
forum  fignifîe  mediorum  ou  aigre- 
doux  en  un  mot  :  pour  ce  qu'il  parti¬ 
cipe  de  doux  ,  &  aigre.  Ceux  qui 
n'auront  des  coings  &  grenades  ai- 
gre-douces  ,  qu'ils  prennent  égale 
portion  du  foc  aigre  ,  &c  doux ,  &  les 
mêlent  :  ainfi  feront  un  moyen  qui 
fera  tel  que  Mefoé  requiert. 

LE  MELANGE. 

Prenez  fopt  livres  &  demie  des 
focs  icy  requis  ,  &  en  iceux  trempez 
k  menthe  lèiche,  &  non  verte,  à  eau- 
fo  de  fon  Lumidité  crue,  &  venteuft, 
l'eipace  de  24.  heures,  avec  les  rofos, 
&  for  les  cendres  chaudes ,  dans  un 
pot  de  terre  vernilTé  ,  &  non  en  une 
baflînede  cuivre.  Le  jour  foivant ils 
feront  conliimez  à  la  moitié  dans  le 
Même  pot,  üir  les  charbons  allumez. 


S  edi  ton  IL 

La  menthe  foiche  endure  plus  longue 
depaélion  que  la  verte  :  joint  qu'elle 
confome  une  partie  des  lues  par  fa  lîc- 
cité ,  de  forte  que  pour  venir  à  la  moi¬ 
tié,  elle  ne  cuira  pas  trop.  La  colature 
fera  clarifiée  (  comme  dit  eftj  avec  la 
calTonnade  ,  &  aromatizée  avec  le 
Gallia  mofchata  groffierement  pilé,  le 
pot  étant  hors  du  feu  (  lequel  il  faut 
couvrir ,  afin  que  la  vertu  ne  s’exha¬ 
le  :  )  demi  heure  aprez  le  tout  fera 
coulé  par  le  blanchet  ,  &  cuir  à  petit 
feu  en  confiftence  de  Syrop  ,  pour  le 
garder  au  befoin.  Ceux  qui  ne  le 
voudront  aromatizer  f  comme  avons 
dit  ^  qu'ils  mettent  les  Trochifques 
pilez  en  un  noüetque  par  fois  ils  ex¬ 
primeront  au  Syrop  durant  fa.  cuitte, 
'&  le  fofpendront  au  pot ,  ou  le  Syrop 
fera  gardé  toute  l'année. 

LES  F  A  CELTE  Z. 

Il  corrobore  l’eftomach  par  fa  cha¬ 
leur  modérée  ,  ôc  legere  adftridion 
aide  à  k  co6rion,>,appaife  les  nauféesi, 
le  vomilfement  ,  le  hoquet  &  la  lien- 
terie. 

REMARQVE. 

'Advouë  d’ avoir  été  furpris  en  la 

defeription  du  Syrop  de  menthe,& 
de  ne  inêtre  point  apérçeu  de  ma 
Jùrprife ,  que  lors  que  i'ayfait  le  re¬ 
cueil  des  fautes  de  Pimprejfion  :  &■ 
afin  qud  l’avenir  ceux  qui  le  pré¬ 
pareront  ne  tombent  pas  dans  la  mê¬ 
me  faute ,  ou  fi  on  le  donnait  en  chef- 
d’œuvre  a  un  aéfirant  a  la  maltrife 
pour  l’inquieter  fur  la  diverfité  der 
fucs  ,  i’ay  feparé  les  fkes  qui  fem- 
éloient  comme  confits  en  deux  lignet 


Des  SyroPs  compofeZj, 


€gntinu'ès  ,  &  les  ay  7nü  en  ordre 
fort  intelligible.  Et  parce  que  fept 
livres  &  demine  fufifent point, pour 
infufer  &  cuire, comme  l’auteur  de¬ 
mande  une  livre  &  demi  de  menthe 
feîthe  ,  &  deux  onces  de  rofes  ,  fans 
les  augmenter  de  heaucoup,par  ainfi- 
il  y  aurait  une  dijproportion  fi  gran¬ 
de,  qutl  ne  s'en  efi  point  veu  prefque 
de  femhlable ,  en  ce  qu'il  fie  trouve¬ 
rait  y  avoir  pim  de  huit  livres  de 
liqueur  pour  cuire  enSyrop  deux  li¬ 
vres  de  fuccre  ou  en  fa  place  deux 
livres  de  miel.  Sur  cette  difficulté, 
avant  depaffier  au  vray  mélangé ,  je 
voudrais  fiavoir  de  ces  jeunes  cen- 
feurs ,  qui  fi  mêlent  de  vouloir  re¬ 
prendre  les  écrits  de  ceux  qui  tra¬ 
vaillent  pour  les  infiruire'  fans  les 
avoir  vem  ,  fi  on  préparait  ce  Syrop 
fuivant  l’ordre  de  Méfié ,  que  de¬ 
viendraient  je  vous  prie  ,  les  parties 
ffiiritueufis  qui  compofint  en  partie 
les  vertus  de  la  menthe,  fi  elles  ne  fi 
diffiperoient  point  en  l’air  par  une 
longue  coétion ,  &  s’il  neft  pasper- 
mis  en  tels  rencontres  à  un  Artifire 
de  proportionner  les  liqueurs  avec  le 
fuccre  ,  pour  mieux  confirver  les 
qudlitez.  &  vertus  de  ce  qu’il  com- 
pofe  fans  déroger  rien  en.  à  l'in¬ 
tention  de  l’Autheur.  Pour  procé¬ 
der  donques  avec  toute  la  méthode 
requifi  au  mélangé  de  ce  Syrop  ,  il 
faut  prendre  quatre  livres  des  fies 
fismentionne'f  bien  dépuré'^  ,  fix 
onces  de  menthe  nouvellement  fi¬ 
chée  &  incisée  fort menu ,  avec  cinq 
drachmes  de  rofes.&  mettre  le  tout 
dans  un  pot  de  terre  vernijfé,exa£ie- 
ment  couvert  fur  les  cendres  chau¬ 
des  par  24.  heures,  aprez.  on  y  aug¬ 
mentera  le  feu  une  heure  durant  .jufi 


85 

qu’à  ce  que  la  matière  fait  prefire  à 
bouillir,  la  colature  faite ,  &  le  marc 
fort  exprimé ,  on  procédera  a  une  fé¬ 
condé  ,  &  jufqu'à  une  troifiéme  infu- 
fion  ,  obfirvant  en  tout  la  première, 
cela  fait  &  l'infufion  reposée  dans 
une phiole pendant  it^.heures,le pim 
clair  fiparé  avec  3 .  livres  de  fuccre 
feront  cuits  dans  une  terrine  vernie 
a  la  vapeur  de  l’eau  chaude ,  &  fir 
la  fin  on  y  ajoutera  la  colature  de 
deux  drachmes  de  Gallia  mefehata 
mifes  en  poudre,  &  infusées  dans  un 
matroi  bien  bouché  avec  deux  onces 
d’un  des  fifdits  fies  ,  pour  le  tout 
être  réduit  en  confiftence  de  Syrop. 


Syrupus  Myrthinus  compofî- 
tus ,  D.  Fernelij. 

Ofi.  Baccharum  Myrthi,unc.duai  & 
fimifi. 

Santali  albi 

Rhois  cultnariq,  vulgo  Sumach, 

Balaufiiorum, 

Baccharum  Oxyacantha  ,  feu  Bi¥- 
herù. 

Rofarum  ruhrarum,fingul.unc.unaim 
&  fem.  alii  ‘^xv. 

Meifilorum,lib.dimidiam:alii.  550. 

Contufis  omnibrn  coquantur  in  lib. 
oBo  aqua  ad  ténias.  Expreffie  ad- 
de  Succorum  Cydoniorum,  & 
Granatorurn,  vel  Pomorum  a- 
grejlium,utriufque  lib.duas. 

Sacchari  albi,  lib.  quinque.  Fiat  Sy- 
rupm. 

P>ARAPHRASE. 

CEnx  qui  n’auront  pas  la  eomiuo- 
dité  de  recouvrer  des  Myrtilles 
La  rç 


8  4  Livre  1. 

rccentes  pour  en  tirer  le  fuc,5£  faire  le 
Syrop  iîmple  décrit  par  Mefùé  pour¬ 
ront  préparer  le  prefent  composé, 
comme  ayant  femblablc  faculté  que 
le  fimple ,  lequel  avons  tianfcrit  de 
Fernel  livre  feptiême  de  fa  méthode. 
La  balè  font  les  myrtilles  dont  il  a 
pris  le  nom.  Les  autres  medicamens 
y  font  mis  pour  augmenter  l'adftri- 
élion  de  la  balè  comme  les  liics  pour 
le  faire  penetrer  ,  par  leur  tenuité 
de  parties  :  le  Santal  y  eft  mis  pour 
k  défenfe  du  foye  ,  contre  leur  nui- 
lànce  ;  le  fucccc  pour  corriger  leur 
fîccité  ,  rendre  leur  aélion  meilleure, 
&  les  conferver. 

LE  MELANGE. 

Le  tout  concafsé  excepté  le  San¬ 
tal  qui  fera  mis  à  part  enlèmble  fe¬ 
ra  cuit  en  huit  livres  d’eau ,  tant  que 
les  deux  tiers  foient  confumez.  La 
colature  avec  les  focs,  &  foccre  re¬ 
quis  ,  feront  clarifiés  comme  a  été 
dit,  &  aromatizez  avec  le  Santal  con¬ 
cafsé  ,  &  puis  coulez  par  le  blan- 
chet ,  étant  â  demy  froids.  Le  tou- 
fera  cuit  en  un  pot  de  terre  vernif- 
sé  (  pour  caulè  de  l’aigreur  des  focs, 
qui  de  la  baffine  de  cuivre  attireroit 
une  acrimonie  nuilîble  à  l’eftomach 
des  malades  )  en  forme  de  Syrop, 
qui  fera  gardé  au  befoin. 

LES  FACVLTEZ. 

H  fortifie  le  ventricule  &  les  vif- 
«cres  :  arrête  les  flux  de  ventre  in¬ 
vétérez  ,  toute  corruption  de  fang, 
&  toute  forte  de  fluxions  du  cer.» 
veau. 


SeBion  1 1. 

R  E  M  A  R  CLV  E 

LEs  ingrediens  qui  compofent  ce 
Syrop  pefent  en  tout  feiz,e  on¬ 
ces  3  l’eau  pour  les  cuire  efi  limi¬ 
tée  par  fin  Autheur  à  huit  livret: 
cette  quantité  d’eau  excede  de  beau¬ 
coup  ,  &  Jùffira  d’y  en  mettre  qua¬ 
tre  livres, &  au  lieu  de  faire  bouil¬ 
lir  les  /impies  ,  il  ne  faut  que  les 
faire  infufer  qui  fera  beaucoup  meil¬ 
leur  ,  aprez.  les  avoir  concafsé, par 
l’eéface  de  vingt-quatre  heures  dans 
un  pot  bien  couvert  ,  en  une  cha¬ 
leur  modérée.  Avant  de  les  couler 
leur  donner  une  ébullition  ,  &  à 
iceux  on  pindra  les  Jucs  bien  dé¬ 
purez.  j  Bauderon  en  faveur  de  ceux 
qui  nont  point  de  fuc  de  grenades 
y  fait  entrer  celuy  de  pommes  fau- 
vages ,  .&  pour  le  furplus  ,il  y  faut 
procéder  fuivant  Fernel  ,  &  non 
Bauderon ,  qui  dit  dans  fin  mélan¬ 
ge  ,  qu’il  faut  aromatiT^r  le  Syrop 
avec  le  fantal  blanc. 

Le  Sumach  eft  appelle  Rhm  culi- 
narium ,  parce  qu  anciennement  on 
fie  fervoit  dans  'les  cuifines  de  la 
femence  pour  mettre  fur  les  vian¬ 
des,  comme  auftï  pour  les  diftinguer 
des  autres  efteces^ 


Syrupus  Sympliyti,D.Ferneli}. 

Radicum  &  Cymarum  Symphy- 
ti  mapris ,  & 

Symphyti  minoré  ,  utriufque 
manip.  très. 

Rofarum  rubarum, 

Betonica, 

Flantaginé,. 


Des  Sjrops  comfofezt. 


PimpinelU 
Fotygoni ,  feu  Cetitinoàis,, 

Scahiofa,. 

Tujfdaginü,  fingul.  manip.  duos. 
Ex  his  omnibus  recentihm  contujîs 
exprime  fuccum  ,  qui  coquatur 
&  exprimatur  ad  lih~  très ,  ad¬ 
denda:, 

Sacchari  albi,  lib.  duos  &  femij?. 

Coquantur  in  Syrupum. 

Tabidü  ,  Phthificis ,  &  Hmoptoi- 
eù  falutarem. 

PARAPHRASE. 

CE  Syrop  a  pris  le  nom  de  fa 
balè  les  racines  &  lommitez  du 
Symphytum  grand  &  petit  :  leur  ad- 
liridion  eft  augmentée  par  le  Poly- 
gonum ,  ou  Centinodia ,  &  les  rôles: 
&  icelle  conduite  à  là  poidtrine  par 
le  Tufllago,  &  Scabieufe  ;  au  foye 
&  reins  J  par  le  plantain,  betoine, 
&  pimpinelle.  Le  lùccre  y  eft  mis 

Eut  corriger  leur  riccité  ,  rendre 
ir  adbion  meilleure  ,  &  les  coa- 
ferver. 

LE  MELANGE. 


gj 

LES  FACFLTEZ. 

Il  nettoye  doucement  la  fanie  & 
le  pus  des  ulcérés  du  poulmon,  fans 
danger  aucun  d’hemorrhagic ,  &  cor¬ 
robore  auffi  les  poulmons. 

REMARQVE. 

A  quantité  des  racines ,  &  des 
herbes  qui  entrent  dans  ce  Sy¬ 
rop  ne  fe  montent  qua  vingt-qua¬ 
tre  manipules,  lefquelles  ne  peuvent 
fujfre  pour  rendre  environ  fix  li¬ 
vres  de  fuc  qu  il  faut ,  parce  que 
le  clarifiant  feul  ,  avant  le  mêler 
avec  deux  livres  ^  demy  de  fiuc- 
cre  four  être  derechef  clarifiez,  en- 
femble ,  il  déchet  de  beaucoup  :  cefi 
pourquoy  il  les  faut  augmenter  :  & 
celuy  qui  s'en  voudra  plus  digne¬ 
ment  acquitter  ,  tirera  chacun  des 
fucs  feparément ,  &  iceux  éfure\^ 
en  prendra  quatre  livres  en  tout, 
ebfervant  les  dofes  des  quatre  pre¬ 
miers,  qui  efi  plus  grande  d'un  tiers 
que  celle  des  autres  fuivans. 


Ce  Syrop  fe  doit  préparer  au 
mois  de  May  ,  lorlque  les  rofes  font 
récentes ,  &  les  herbes  en  leur  vi¬ 
gueur.  Toutes  enfemble  ,  les  ra¬ 
cines  &  Ibii  mitez  au  mortier  lè- 
ront  pilées  ,  dont  on  tirera  le  liic  r 
&  Cl  c"eft  en  autre  fàifon ,  dans  le 
fuc ,  on  fera  bouillir  les  rofes  fei- 
ches.  Les  lues  ,  &  lexpreffion  d’i¬ 
celles  feront  clarifiez  avec  le  fiiccre, 
coulez  &  cuits  en  Syrop,  qu’on  gap. 
dera  au  beform 


S’enfuit  des  Syrops,qni  font 
pour  le  foye,  &  ratte. 

Syrupm  Bizantinm  Jîmp.  &  ecmp. 
E  Mef.- 

Of.  Succorum  Intybi  ,id  efi  Endi- 
via  demeftica 
Apij ,  utriufque  lib.  duos. 
Lupuli,  & 

CEugloffi,  vel  Borragin.  utriuf¬ 
que  lib.  unam. 

L  i 


Suces 


s  6  Livre  1. 

Sitcci  fimel  fervefiant  &  purgentur, 
in  quihut  coque, 

Sacchari  albi ,  lib'.  duM  &  femij?. 

Si  Syrupurn  fimplicem  compofimrtu 
es  5  fin  mtem  compofitum,  fuccü 
fie  depuratis  fiquentia  coque. 

5^.  Rofarum  rubrarum ,  une.  duos. 

Glpcyrrhisfi  recentis  &  rafa ,  une. 
dimid. 

Seminùm  jinifi, 

Fœnieuli ,  ■& 

:Apij ,  fing.  drach.  très. 

SpicA  Nardi ,  drach.  duos. 

Éxprejfo  clarificato ,  &  arematiaa- 
to  Nardo  Indica  inijce 

Sacchari  albi  pohdm  praferiptum, 

.  id  efidib.  duos  &  femijfem  ;  & 

•»  coque  in  fiyrupum.Sub  finem fi ad- 
diderù  Aceti  vint  albi  lib.  duos, 
&  rurfm  in  fjrupi  crajfitudi- 
nem  coquantur  ;  fupplebit  vicem 
Syriipi  Acetati  compofiti ,  ut  eo 
carere  pojfts. 

PARAPHRASE. 

CE  Syrop  eft  appelle  par  quel¬ 
ques-uns  Dinarim  ,  du  nom 
Arabe, qui  lignifie  diuretique,ou  pur¬ 
geant  les  urereres ,  ou  félon  les  au¬ 
tres  du  nom  d’une  monnoye  d’argent, 
nommée  des  anciens  Grecs  Denier, 
qui.  valoir  de  nôtre  monnoye  de  Fran¬ 
ce  trois  lois  &  demy  ;  félon  .la  fiip- 
pntanon  de  Budée  au  livre  qu’il  a 
fait  de  Ajfe.  Il  eft  aufli  nommé  Bi- 
x.antinus,  du  nom  de  Bizance,  pour 
le.joiird’huy  appellée  Conftantinople 
ville  Capitale  de  Syrie,  où  il  éroit 
fort  en  ulàge  :  ou  pource  (  peut-être) 
que  les  Médecins  de  Conftantinople 
en  ont  été  les  inventeurs.  La  bafe 


SeBion  IL 

font  les  fiics  d’Endive,  &d’Ache; 
leur  vertu  incifive  &  atténuative  des 
matières  crallés  &  vilqueufes  ,  qui 
opilenc  le  .foye,  ratte  ôi  reins  ,  eft 
augmentée  par  le  vinaigre  :  la  deter- 
five  par  la  regliilé  :  les  femences  y 
font  miles  pour  conliimer  les  vents, 
&  corriger  la  froideur  du  vinaigre, 
&  les  rôles  pour  la  dcfenlè  du  vem 
tricule  contre  l’injure  du  vinaigre, 
&le  Nard  Indique  ,  pour  celle  du 
,  foye  :  le  fuc  de  bugloflè  y  eft,  mis 
pour  la  defenfe  du  coeur  :  celuy  de 
lupule  pour  conduire  la  vertu  de  la 
balè  à  la  ratte  :  le  lùccre  rend  leur 
adion  meilleure  ,  &  les  conferve. 

LE  MELANGE. 

Prenez  les  lues  j)urifiez  au  Soleil, 
ou  lîir  le  feu aulquels  ferez  en  pre¬ 
mier  lieu  bouillir  les  femences  ;  puis 
la  reglilïè  raclée ,  contufe ,  finale¬ 
ment  les  rofes.  La  colature  fera  cla¬ 
rifiée  avec  le  fuccre  ,  &  aromatizée 
avec  le  Nard  Indique  incisé  menu, 
puis  à  demy  refroidie  fera  coulée  par 
le  blanchet.  Aprez  dans  un  pot  de 
terre  vernifsé  ou  baffine  étannée ,  le 
tout  fera  cuit  en  Syrop  avec  le  vi¬ 
naigre  blanc ,  qui  eft  beaucoup  meil¬ 
leur  que  le  rouge ,  tant  pour  la  coii- 
leur ,  que  pour  la  pénétration  .plus’ 
grande.  Le  composé,  pource  qu’il 
a  plus  de  force  que  le  fimple  ,  eft 
plus  ufité.  Ceux  qui  auront  ce  Syro^ 
en  leurs  boutiques ,  fè  pourront  pal¬ 
ier  du  Syrop  Aceteux  composé. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  incîfe  ,  il  atténué ,  il  ouvre  les 
obftrudions  du  foye ,  de  la  ratte  & 
du 


Des  Syrofs  Compofez^,  '  %j 


do  mefçntère  :  il  cft  propre  à  la  j  aii^ 
tà&,  provoque  les  mois,  &  guérit 
les  fièvres  putrides,  tant  bilienfes  que 
phlegmatiques,difliciles  &c  rebelles. 

REMARQJ/E. 

yî  defcriftion  de  ces  deux  Sy- 
rofs  pmfle  &  composé ,  efi  fi- 
dellement  rapportée  par  Bauderon. 
Les  dofes  fout  conformes  dans  tous 
les  exemplaires  de  2\4efué ,  au  moins 
dans  les  cinq  de  differentes  éditions 
que'fay  en  main.  Le  modmfacien- 
di  de  Bauderon  me  femble  devoir 
être  obfervê. 


Syrupus  Intybi  compoEt. 
D.  Gentilis. 

5^.  Succorum  Jntybi  fativi  ,  Jeu 
Seriola  domeftica ,  df 

Hepatica  depuratorum,utriuf- 
que  lib.  très. 

Hordei  integri  à  fordibus  mundati. 

Adianti  albi ,  feu  Capilli  Veneris, 

Seminum  fiigidorum  majorum, 
fing.  une.  unam. 

Bofarum  ruhrarum 

Violarum, 

Lentis  paluffris, 

Bolythrici ,  fing.  une.  dimidiam. 

Technicè  coquantur  in  fuccis.  Ex.~ 
preffum  clarificatum  ,  &  aroma~ 
tiz.atum , 

Santalorum  albi,  & 
rubri,  & 

Vva  Oxyacantha,feu  Berberis,Jînff 
drach.  un  a, 

Cinnamoml ,  drach.  dimid.  eoletur 
&  cum 

Sacchari  albi ,  lib.  quatuor  ,  coqua- 
tur  in  fyrupum.  ' 


Delevi  lignum  Alo'és Corticem  Ci- 
trii ,  dr  femen  Cydoniorum  :  qu'od 
ilia  amara  fint ,  hac  vero  fna  mu~ 
cagine  fyrupum  vitient ,  &  feo- 
pis  propojttis  parum  ,  aut  nihil 
conveniant. 

BARAfHRASE.  ' 

C'^E  Syrop  eft  furnommé  compo- 
jsé ,  pat  fon  Authair  Gentilis  de 
Fulgineo ,  commentateur  d’Avicen¬ 
ne ,  à  la  différence  du  fimple ,  décrit 
au  rang  des  Syrops  fimples.  La  bafè 
eftlefuc  d’Endive,-autrement  appel¬ 
le  Scariole ,  dont  il  a- pris  le  nom.  Sa 
faculté  refrigeratiye  eft  augmentée 
parlefuc  d’Hepatique,&  parla  lentil¬ 
le  d’eau.  L’aperitive  par  l’orge  entier. 
Capillaires ,  &  femences  froides  ,  qui 
conduifènt  la  bille  par  la  voye  de 
l’urine.  Les  fleurs  de  violes  y  font 
mifos  pour  la  defenfe  du  cœur  :  les 
rofos  pour  celle  du  ventricule  :  les 
fandanx  ,  &  berberis ,  du  foye ,  ratte, 
&  reins  :  la  canelle  ,  des  autres  vifo 
ceres  ,  &  pour  refifter  à  la  pourri¬ 
ture  des  humeurs  ,  &  modérer  par  fa 
chaleur ,  la  froideur  de  l’Heparique, 
Sc  lentille  d’eau ,  &  bafè  :  le  foccre 
pour  la  faveur  &  conforvation  des. 
efpeces. 

LE  MELANGE. 

Premièrement  dans  les  fîtes  dépu¬ 
rez  au  Soleil,  ou  fur  le  feu,  il  fout 
faire  cuire  l’orge  l’efpace  de  quelque 
temsrpuis  on  y  mettra  la  lentille  d’eau 
&  les  Capillaires  ,  aprez  les  fomen- 
ces  froides  contufcs  avec  un  pilon 
de  bois ,  finalement  les  rofés,  &  vio¬ 
les.  Cette  decoétion  à  demy  refroi- 


88  Livre  /.  SeBion  1 L 

die  fera  exprimée  >  &  clarifiée  avec  theur  du  Thefaurttt  \AromataHt. 
le  J(ùccre,s'il  eft  impiir,&  airomatizée  rum  :  ce  dernier  attribué  la  defcri. 
avec  les  fancaiix ,  berberis ,  &  canel-  ption  à  Centilü,  &  neanmoins  U  y 


le  concallez.  Le  tout  ayant  etc  tire 
hors  du  ieu  ,  &  couvert  d  un  linge 
environ  demy  heure  j  fera  coulé  par 
le  blanchct:  puis  cuit  en  Syrop,  qui 
fera  gardé  en  Ion  pot  au  beloin. 

lay  diftrait  de  la  prefente  de/cri- 
ption  le  bois  d’alocs  Üc  l’écorce  de 
citron  pour  être  trop  chauds  :  &  la 
graine  de  coings  auili  j  à  eaufe  de  la 
vifeofité  :  le  tout  peur  être  jeu  con¬ 
venable  à  ce  qu'il  promet. 

LES  FAC  FETEZ. 

Il  refirigere  &  humede ,  leve  les 
obftrudions  ,  corrige  les'  intemjge- 
ties  chaudes  du  foye  ôc  des  rems, 
rompt  l’acrimonie  delà  bile  :  on  l’or¬ 
donne  utilement,  la  première  région 
du  corps  étant  nettoyée ,  ou  la  madè¬ 
re  étant  cuitte. 

REMARQUE. 

E  nay  peu  conférer  la  defeription 
de  ce  Syrop  avec  celle  de  Ôenti~ 
lüipour  ne  l’avoir  peu  treuver  dans 
le  Commentaire  qu’il  a  fait  fur  Avi¬ 
cenne  ,  mais  tout  ce  que  je  puis  di¬ 
re  de  véritable ,  c’efi  qu’ayant  vou  • 
lu  confionter  cette  defeription  avec 
d’autres  ,]e  les  ay  treuvées  fort  dif. 
ferentes  en  quelques  endroits.  Les 
Médecins  d’AuJbourg  le  décrivent, 
l’Autheur  du  Luminare  ma]m,ce- 
luy  du  Lumen  Apothecariorum,  du 
Thefaurus  Aromatariorum  \  &  Fa- 
lerius  Cordus ,  lefquels  font  tous  dif¬ 
férons  en  dofes  &  en  nombre  (tin- 
grediens.  Les  pim  conformes  font 
Bauderon  &  Paulm  Suardm,  l’Au^ 


fait  entrer  les  fleurs  de  Nénuphar, 
de  laquelle  les  autres  ne  font  point- 
mention.  Pour  le  modm  faciendi  il 
s’en  faut  tenir  a  Bauderon. 


Syrupus  Cicliorii  compofic.  D. 
Nicol.  Florent. 

Hordei  integrl  a  fordibusrepur- 
gati,  une.  quatuor 
Radicum  Apq, 

FœnicuLi, 

Afparagi  ,  fing.  une.  duos. 
Herbarum  Intybt  latifolÿ ,  feu  En- 
divia  fativa ,  & 

Intybi  angufii  folqfeu  Seriolg, 
Cichorij  erratici  tseri  florem  pur- 
pureum  gerentis, 

Taraxaconis,  feu  dentis  leonis, 
fing.  manip.  duos. 

Gcerbita ,  id  efl  Senchi  levis ,  feu 
laüucA  leporis  , 

LaStuca  fativa, 

LaStuca  fylveftris ,  vulgo  Endivia 
dteitur  ,  &  fpinas  in  dorfo  folto- 
rum  hahet 

Lichenis ,  feu  Hepatica, 

Fumaria, 

Lupuli,  fing.  manip.  unum. 

Adianti  albi ,  feu  Capilli  Vèneris,  & 
Callitrichi  Gai.  idem. 

Adianti  nigri  ,  feu  Polytrichi ,  & 
Trichomanes,  idem 
Adianti  vulgaris ,  feu  Dryepteris 
vel  Filictda,  idem 
AJplenij ,  feu  fcolopendrij ,  vulgo  Ce- 
terach, 

Clycyrrhi^a  recentis  rafe ,  &  pa- 
rum  contufa, 

Bacha 


\  Des  Syrpps 

Baccarum  HaUcacabi,hu]m,.ut  hor- 
dei,  alij  codices  habent  une.  qua¬ 
tuor  ,  qua  quantitai  ma'pr  vide- 
tur  feopo  ab  authore  propojito  .•  ob 
id  emendatiorem  fequor  feminis 
CufcutA,  Jtng.  drach.  fex. 
Coquantilr  ex  ^arte  in  lib.  duodecm 
aqua  ,  aut  quantum  fÆcit ,  ad 
tertia  partis  confumptmiem.  Co- 
lato  clarificatd  dijfolue. 

Sacchari  albi,  lib.  fex  ,  &  coque  in 
Syrupum. 

Addunt  nonnuUi  libris  Jîngulis-  Sac¬ 
chari,  Rhabarbari  feleSii ,  une. 
dimid. 

Nardi  indica  fcrupulos  quatuor,  at 
duo.  fuficiunt  (id  illius  faculta- 
tem  intendendam,  levis  &  potens 
curn  fit. 

NonnuUi  contra  mentern  Autho- 
,ris  Rhabarbarum  duplicant  :  alij 
triplicant  imo  quadruplicant  ;  quod 
non  prtibo  ;  fed  potiits  utendi  tem-^ 
pore  addendum  ,  fi  necefiitae  côgat, 
&  medicus  imperaverit  :  quoniam 
hic  Syrupui  ad  aperiendum  meatm 
reclufos,  &  roborandum  vifeera  ,  ejl 
accommodatus  ,  non  ad  purgandum. 
tAd  hac  vis  Rhabarbari  purga- 
trix  cpolione ,  &  dimina  ajfervatio- 
ne  dh%i  in  auras. 

T^ARAPHRASE.  y 

CE  Syrop  eft  écrit  par  fon  Au- 
cheur  Nicolas  Florentin  »  au  li¬ 
vre  cinquième  ,  chap.  de  l’opilation 
du  feye:  il  eft  lùrnommé  composé 
au  refpeét  du  fimple  (  qui  le  fait  de 
huit  livres  de  fuc  de  cichoréc  puri- 
fiéi  &  clarifié  avec  cinq  livres  de  lîic- 
cre.j  11  a  pris  le  nom  de  là  bafe  les 
quatre  elpeces  de  cichorées  *  miles  au 


'  compofeZj,  89 

fécond  ordre  ^  ayant  gardé  celuy  que 
TApothicare  doit  oblèrver  en  déco» 
élion:,  en  commençant  par  la  pliis 
grande  dolè  j  venant  toujours  en  di¬ 
minuant  ,  à  l’imitation  d’Androma- 
■  chc  en  Ibn  Theriaque. 

La  vertu  defopilative  de  la  bafe, 
eft  augmentée  par  l’orge  entier ,  &c 
racines  aperitiyes  :  la  deterlive  par  les 
Capillaires  &  regliflè  :  la  refrigera- 
tive  par  l’hepatique,  laiétuë,  &  Ci- 
cerbita  ;  la  corroborative  de  tous  les 
vilceies  j  par  l’adftriÆion  du  Rheur 
barbe  y  8c  Nard  Indique. 

Leur  vertu  eft  conduite  à  la  ratte 
par  les  Lupules,  Fumeterre,  Cetcrach, 
8c  Culcuta  :  aux  reins  par  l’Alke- 
Jeenge.  De  maniéré  que  qui  voudra 
confiderer  de  prez  fa  compofition ,  il 
jugera  ce  fyrop  être  plus  convenable 
aux  maladies  compliquées  ,  qu’aux 
fimple».  fièvres  ardentes  ,  tierces  ou 
peftilentes  ,  .&  autres  lèmblàbles.  Le 
luccrc  y  eft  mis  pur  le  goût,^&  pour 
rendre  Ion  action  meilleure ,  8c  eon- 
ferver  le  tout. 

LE  MELANGE. 

En  dix  ou  douze  livres  d’eau  ,  il 
faut  premièrement  faire  bouillir  for¬ 
ge  entier  8c  non  mondé  de  Ion  écor¬ 
ce  externe.  Iceluy  étant  à  demy  cuit, 
on  y  ajoutera  les  jracinès^môndées 
de  leur  cœur ,  8c  incisées  ou  concaf- 
sées.  Aprez  on  y  mettra  les  efpeces 
de  cichorée ,  8c  les  femences  8c  Ce- 
terach  :  un  peu  aprez  la-'regliflè  ra¬ 
clée  8c  çoneufè  &  les  autres  hér- 
bes  :  finalement  les  elpecés  d’Adian- 
tum.  La  treizième  partie  de  l’eau 
étant  confirmée ,  ou  environ  le  tout 
à  demy  refroidy  fera  exprimé.  Il 
M  faut 


Lhre  h  SeSiionIL 

les  FACrLTEZ. 


90 

^aut  clarifier  avec  des  aubins  d'œufs 
la  colature  &  le  fuccre ,  s'il  cil  im- 
puf  :  puis  couler  le  roue  par  le  blan- 
cheCj  &  finalement  cuire  en  Syrop. 
Durant  la  cuitte  ,  on  exprimera  fou- 
vent  le  Rheubarbe,  &  Nard  Indi¬ 
que  concallèz  ,  &  mis  en  un  noHetj 
qu'on  gardera  pour  s'en  fervir  au  be- 
foin. 

Quelques-uns  infulcnt  leur  Rheu- 
barbe  avec  le  Nard  Indique  en  une 
partie  de  la  deeoûion  'clarifiée,  de 
leur  Syrop  étant  cuit  à  perfeâion ,  y 
jettent  l'expreffion ,  la  baffine  étant 
hors  du  feu ,  afin  qu'il  loit  plus  pur¬ 
gatif,  ne  confiderans  pas  que  ce  Sy¬ 
rop  n'cft  pas  tarit  pour  purger  la  bi¬ 
le  &  pituite,  que  pour  corroborer 
les  vilceres  ^par  l'allriélion  du  Rheu¬ 
barbe  &  Nard  indique,  laquelle  eft 
au  centre  ,  comme  la  vertu  purgati¬ 
ve  en  la  furface'.  Pource  je  ne  fuis 
as  d'avis  que  les  Apothicaires  dou- 
lent,  triplent ,  quadruplent  la  doiè 
du  Rheubarbe ,&  Nard  Indique,  li 
exprez  le  Médecin  doéte ,  &  expert 
en  Ion  Art ,  pour  quelque  confidera- 
tion  à  luy  inconnue ,  ne  le  comman¬ 
de.  Ce  qu'il  fçatiroit  bien  faire  en  la 
neceffité,  &  en  telle  quantité  qu'il 
connoîtra  être  expedient,lèlon  la  ma¬ 
ladie  ,  le  tems  d’icelle  ,  la  fdlôn,l.’â- 
gc  &  tempérament  de  fon  malâde, 
&  fera  :  beaucoup  meilleur  que  faire 
ainfi  qu'ils  fiant. 

En  quelques  exemplaires  o;i  lit  Or¬ 
ge  mendé,  ôç  Aikekenge  de  chacun 
deux  onces  /en  d'aunes  plus  correéls, 
Jtx  drachmes  d’Alkekenge  que  j’ay 
fjiuy  :  po!  ree  qu'il  m’a  kmblé  que 
cette  dofe  étoit  fiu.  fante  à  tout  ce 
que  ce  Syrop  promet. 


Il  ouvre  les  gbllriiélions  du  foye, 
de  la  ratte ,  des  reins  ;  fortifie  le  cœur 

■  &  les  vilceres ,  fi  la  dolè  du  Rheubar¬ 
be  n'ell  point  augmentée.  Mais  fi  elle 
l'eft ,  coi^e  on  le  fait  d’ordinaire, 
il  purge  Wlicement ,  &  peut  conve¬ 
nir  à  tout  âge  :  il  chafl'e  la  bifopar 
les  urines  :  reme'die  à  la  pefté  &  au 
charbon  ;  Ôc  eft  utile  au  commence- 
luent  des  fièvres  chaudes. 

R  E  M  Â  R  Oy  E. 

Onjiderant  un  jour  ta  diifen- 
fation  des  fimples,qui  compofent 
le  Syrop  de  ciçhorée,  que  favoisfait 
faire  dans  ma  boutique  ,  &  l’indu- 
firie  de  fon  inventeur  ,  d’avoir  af- 
femblé  tant  de  fimples  ,  douez  de 
differentes  qualité^.  &  vertus ,  afn 
de  remplir  diverfes  indications,  potsr 
furvenir  aux  affetlions  du  foye ,  de 
la  ratte ,  &  des  reins  ;  ]'e  laiffe  d 
part  les  autres  effets  quilproduft, 
pour  concturre  apre'^  cela  :  que  -ce 

■  n’efl  pas  fans  caufe  fi  chaque  Au- 
theur  des  Differifaires  en  a  inféré  ta 
defeription  dans  fon  œuvre.  2\/[ais 
defirant  de  fçavoir  au  vray ,  s’ils- 
av oient  tous  obfervé  la  vraye  deferi¬ 
ption  de  fon  Autheur ,  par  un  exa¬ 
men  particulier  que  )’en  ay  fait ,  d 
peine  en  ay-,e  treuvé  trois,qm  foient 
CO?  formes  en  leurs  defertptions  :  dans, 
les  uns  ’y  ay  remarqué ,  y  avoir 
faute  de  quelques  fimples ,  aux  unes 
plus  aux  autres  moins  ,&  en  d’au¬ 
tres  on  y  a  changé  certaines  défis-, 
comme  dans  la  première  &  fécon¬ 
dé  édition  de  Bauderon  ,  la  dofe 

de 


Des  Syrops  Compofez^.  -9 1 


àe  l'Orge  y  n'efi  que  de  deux  oncee, 
&  depuis  la  troiüéme  édition  ]uf~ 
qu'a  prefent ,  dans  toutes  les  autres, 
la  dofe  efl  de  quatre  onces  ,  ce  qui 
nous  découure  l'erreur  manifefte- 
ment  :  car  la  d'oje  de  l'orge  ne  doit 
être  fuivant  PJicolaus  Florentinus 
fon  inventeur  ',  Sermon  cinquième, 
traitté  cinquième  ,  Chapitre  quin¬ 
ziéme  de  l’opilation  du  fo/e  ,  que 
d’une  once ,  '&  celle  de  VAlkeken- 
ge  de  même  ,  ainfi  que  ]ay  véri¬ 
fié  avec  ■  une  fidele  coppie  ,  d’une 
defiription  tirée  de  fies  œuvres ,  qui 
m'a  été  envoyée  par  un  des  fi^avans 
&  curieux  Médecins  de  ce  fieçle, 
que  ]e  rapporteray  cy-aprez  mot  a 
mot  ,  pour  faire  voir  la  différen¬ 
ce  qu’il  y  a  de  celles- qui  font  alté¬ 
rées  a  celle^cy.  Et  la  plus  correBe 
que  nous  trouvons  dans  nos  Diipen- 
fiaires  ,  efl  celie._  que  le  fiçavant 
curieux  Loïiis  Oviedo  boticario  en 
Madrid ,  rapporte  dans  fion  libro 
tercero  de  la  methodo'ice  qui  me  fait 
dire  que  toutes  les  fautes  qui  fie  font 
glifsées  par  mégarde  dans  les  au¬ 
tres  ,  doivent  être  corrigées ,  &  les 
defcriptions  rendues  conformes  à  cel¬ 
le  de  Nicolaus  Florentinus. 

Outre  ces  erreurs  j  ceux  de  notre 
profeffîon ,  qui  ne  font  pçint  verfe\^ 
en  la  connoiffance  des  fimples  ,  y 
treuvent  une  confuflon  ,  qui  ne  leur 
efl  pas  petite  fur  les  plantes  ,  que 
le  s  Am  heur  s  ■  nomme  nt_  Inty  hum  an- 
gufti  fol.  feu  Scriolam,  avec.Laêiu- 
ca  Sylveflri  qua  ’vulgo  Endivia  di- 
citur ,  fpinas  in  dorfo  foliorum  ha- 
^ens  ,  que  plufleurs  prennent  pour 
deux-  plantes  differentes  ,  comme 
elles  le  font  aufli  &  d’ahtres  'les 
confondent  en  une  feule  plante ,  en 


donnant  le  nom  de  l’une  a  l'autre» 
^  fondeX^  fur  la  conftiflon  des  Syno¬ 
nymes,  qu’on  leur  a  donné.  Maïs 
p^ur  les  Jiflinguer  fuccinUement, 
fans  m'arrêter  a  toutes  les  raifons 
qui  s’y  pourroient  dire,  &  pour  ^gar¬ 
der  la  brièveté  qui  nous  efl  recom¬ 
mandée  ,  je  ne  ■me  ferviray  que  de 
celles  qu’on  tire  du  fe ns  commun, 
qui  feront  juger  a  un  chacun  de. 
cette sverité ,  en  logeant  chacune  de 
ces  plantes  fous  leur  vray  'genre , 
&  ainfi  on  trouvera  que  Inty bunt 
lati  foin  efl  la  Cichorée  ,  ou  En¬ 
dive  cultivée  d  fueilles  larges,  (  qui 
efl  la  Scariole  de  quelques-uns  )  par 
la  reffemblance  des  parties  quelles 
ont  les  unes  avec  les  autres  .-  efr 
pour  LaBuca  Sylvefiris  ,que  dans 
nos  officines  en  appelle  imp'ropre- 
mett  Scariola  ,  il  faut  entendre  cet¬ 
te-  même  plante  ,  qu'on  nomme  La- 
Buca  ffiina  ip,  dorfo,  qui  efl  du  gen¬ 
re  des.  laiBuês  par  la  même  rej- 
femblance  quemous  venons  de  dire-, 
de  laquelle  il  y  a  deux  effeces,que  le 
doBe  lean  Baudoin  décrit  ,  èr  ne 
différent  finon  ,  qu'il  y  en  a  une  qui 
a  les  fueilles  plus  larges  -fans  in- 
cifion, garnies  de  petites  dents  com¬ 
me  une  feie  ,  ce  qui  a  donné  fujet 
a  quelques-uns  de  l'appeller  Serrio- 
la,  &  fient  l’Opium,  qui  efl  la  vraye 
laiBu  'é  fauvage  de  Dalechamp  ;  & 
l'autre  qu’on'  appelle  laiBu'é  fauva¬ 
ge  de  Matthiole  ,  a  les  fueilles  fort 
découpées  ,  ne'  font-  point  l’O¬ 
pium.  Gjuant  au  reBe  elles  font  fem- 
blables  en  tiges  en  fleurs  ,  papos  & 
femences.  .  _ 

Et  pour  l’intelligence  de  It:tybum 
angufli  foin  ,  que  Bauderofi  met  en 
la  place  de  Endivia  Sylvefiris,  que 
M  2  Ni 


5)1 


Livre  1.  SeBion  IL 


Nicolas  Florentin  demande  ;  U  faut 
entendre  auec  Tragns  &  autres  le 
Sonchus  aifer,  quoy  quil  nait  point 
tout  le  rapport  requis  apec  l’En4j’~ 
ve  cultivée. 

Et  parce  que  nom  mefurons  pour 
V ordinaire  les  herbes  recentes  par 
manipules,  &  que  nous  ne  pratiquons 
peint  de  les  pefer ,  comme  Nicolaus 
Florentinus  fait  des  Capillaires,'fefti‘ 
me  que  nous  en  dettons  prendre  me 
manipule  de  chacun ,  au  lieu  de  fx 
drachmes.  Ét  pour  finir  il  faut  cuire 
les  finiples  duns  la  quatké prejcripte 
d'eau  defotaine,&  obferver  le  rnodus 
faciendi  de  Bauderon.  Et  pource  que 
Jùr  chaque  livre  de  fuccre  il  y  faut 
ajouter  l'infufion  de  demy  once  de 
Rheubarbe,  &  de  quatre  fcrupules  de 
Nard  Indique,  cela  fe  doit  entendre 
fur  chaque  livre  de  Syrop  plus  cuit 
qu'a  l’ordinaire ,  qui  font  dou^j  on¬ 
ces  ,  &  non  feiz.e ,  comme  il  arrive  le 
plus  fouvent  au  préjudice  des  pau¬ 
vres  malades’. 


Vera  dcfcripc.  Sympus  de  Ci- 
choreo  D.N.  Florent, 

Endivia  domefiica,  & 
Sylvefirk, 

GichoreaJ/dr 

Taraxaconis,  an.manip.  duos, 
Cicerbita, 

Epatica, 

Scariola 

LaBuca, 

Fumiterra, 

Eupulorum ,  an.  manip.  unum. 
Hordei  non  excorticati, 

.Alkekengi,  an.  me.  mam. 
JLiquiritia. 


Capillorim  vener. 

^  Ceterach, 

Polytrici, 
uidianti^’  . 

Cufcuta  ,-Jn.  drach.fex. 

Radicum  fœniculi, 

.Apj,.& 

oifparagi ,  an.  une.  duos. 
Ferveant  in  aquà  fufiîcienti  &  co- 
lentur ,  &  cum  Saccharo  albo  fo- 
lido  fiat  Syrupus  pro  cujus  una- 
quaque  libra  ponantur  ad  deco- 
quendum  drachmas  quatuor  Rha- 
barbari  eleiii  fcrupulos  quatuor 
fiica  ligata  inpetiarara'qua  fie- 
pe  exprimetur  donec  Syrupus  fit 
perfeïtè  decoBus.  Dofis  fiq.  cum 
aqua  Emulfionis  feminum-  com- 
*muniurn  fiigidorum. 


Syrupus  de  Eupatorib,D.M. 

If.  Eupatorii  Æefvel  Gracorum, 
feu  Agrimonia  noflratis, 

Radicum  Intybi  fativi  ,  feu  Endi- 
vitS  fativa, 

Fœniculi  i& 

Apii  ;  fing.  une.  duos. 
Glycyrrhïl%  recentis  rafâ  (ÿ* 
contufa, 

Schœnanthi ,  feu  florü  lunci  odorati 
&  non  paies. ,  qus  pro  flore  ven- 
ditur  feminü  eufeuta, 

Abfinthii  Pontici  majorù  feu  vul- 
garis ,  &  ■ 

Rofarurn  rubrarum  ,  fing.  -drach. 

fix.  ■ 

Capilli  Véneriâ ,  vel  ejus  penurid 
Polytrichi,  < 

Bedegaris.,  td  efi ,  fins  albs  :  fu¬ 
me  Gard,  bened.  vel  Chamsleon 
album  Diofe. 


Sucha 


Des  Sjrops  compofez^,  9  5 


Snchahi  id  efi  ,  Sfins,  xdrabic.  (  fu¬ 
me  Jpongiam  Cj/norrhodi  eim  fs-, 
nuri'a)  ■ 

Florum,.aut  Radicum  Buglofi, 
Semifium  FœniçuU,  &  . 

Anifiifing.  drach.  quinq.  i 
Rhaharhari  optimi, 

Miiftiches,  utfiufq.dr.uch .  très. 

Spici  Nardir, 

Afarl,  ■  . 

Fétu  ludkiyfing:  drach.  duos. 
Coquantur  ex  arte  in  aqua  lib.  oElo 
ad  tertiâ  partis  confumptionem, 

,  &  cum.  Sacchari  albt  ,  lih.  tpua- 

Sucçorum  Apü,  & 

Endivia  depuratorum  ,  utriufq.  lib. 
duab.  pércoquantur  in  Syru- 
pum. 

•  PARAPHRASE. 

VEii  que  le  fondement  d.e  ce  Sy- 
rop  efl:  l’Eî^atoire ,  duquel  il  a 
.pris  le  nomaSc  iceluy  mis  par  Meliié 
au  troifiéme  ordre  &  en  moindre 
quantité  qu’il  h’eft  requis  pour-,  Èon- 
ftituqg  une  bafe  :  jei’ay  mis  au  com¬ 
mencement  3  &  en  femblable  quanti¬ 
té  que  les  Racines.  Sa  vertu  foible  ins-  '* 
cifive  3  atténuative  3  &  aperitive’i  eft 
.augmentée  par  le  lue  d’Açhe;3  &jira- 
cines  d’Afarum  :  la  deteriîvc  3  par  la. 
regliflèj  &  les  capillaires  :  la  conlom- 
ptive  3  &  relblutive  des  vents  par  les 
fernences  efanis  ,  &  fcnopil.  Le  foc 
d’endive ,  &  les  rofos  y  font  mifes 
pour  modérer  la  chaleur  démçforée 
du  foye  :  la  buglolîè  la  ficcité  de  la 
bafcj  des  racines  fcmences.L’Ab- 
tinthe3  &  maftic  y  font  mis  pour  la 
def  nfe  du  ventricule  :  le.  Bedègar3  & 
S^ichahasCelle  du  foye  :  le  Schœnante, 


&  Ciifcute,  de  là  ratte  :  le  Folium  de 
la  matrice.  Le  rheubarbe  fortifié  par 
le  Nard  Indique,  y  eft  mis  pour  con¬ 
duire  les  ferofitez  parda  voye  de  l’u¬ 
rine  3  &  corroborer  le  foye  par  leur 
aftriétion  3  comme  le  principal  mem¬ 
bre  3  pour  lequel  ce  Syrop  à  été  com- 
pofé  avec  l’a^é  qu’il  reçoit  du  Ca¬ 
baret  ou  Afonjm  Lefoccrey'eftmis, 
tant  pour  detei^er  3  que  pour  le  goût, 
l'adion  &t  conforvation  des  autres  in-' 
grediens. 

LE  MELANGE. 

En  huit.jjfees  d’eau  où  environ, 
il  faut  faire'  bouillir  quelque  tems 
les  racines  nettoyées  dedans  &  de¬ 
hors  3  conc^flées  3  pu  incifecs  :  puis 
y  fooûter  l’Eupatoiré  ,,  les  fomences, 
AL:nim3&  Bedegar  &  Suchaha3l'Ab- 
finühe  pontic  vray3  qui  eft  nôtre  vul¬ 
gaire  3  &  ia  reglille  raclée  &.  contu- 
le,  Finalement  le  Çàpilli  veneris, 
Schœnante  3  &  Folium  :.forlafîn  le 
Maftic,  &  les  fleurs.  Si  on,  prénd  les 
raciifies''d5’  'buglolîè  ,  il  les  faudra  met-^ 
tre  auec  les  autres  an  premier  i'âng. 
La  colature  fora  clarifiée  avec  les 
focs  depurez  j  '&  foccre  avec  aubins 
d’œufs  puis  coulée  &  cuite  en  Sy¬ 
rop,  qui  foràfeforré  en  fon,  pot  pour 
le  befoin.'  Le  rheubarbe  fora  ou  in- 
fiifé  à  part  avec  le  Nard  indic  en 
une  partie  des  focs  ,  &  il  faudra  jet- 
ter  au  Syrop  cuit  l’cxpreflion  :  ou 
en  un  noüet,  pour  durant  la  cuite  du 
Syrop,  fouvent  l’exprimer  ,  comme 
il  a  été  dit  au  precedent  Syrop  de  ci- 
chorée. 


M  5 


94 


Lime  1,  SeBion  IL 


LES  FACFLTE  Z. 

Il  corrobore  le  ventricule  &  le 
foye  ,  ouvre  lés  obftrudlions,  digère 
par  fa  ckaleur  ,  'qui  le  rend  propre 
contre  Thydropi^e  commençante  & 
contre  la  douleur  des  bypochondres, 
&  vieilles  fièvres ,  qiii  renycrlênt  la 
force  du  ventricule  &  du  foye  >  diffi- 
pe  les  vents ,  &  combat  fintempera- 
ture  froide. 

Du  Bedegar  ^  Suchahu. 

Quoy  que  lepiqc Jonche  appel- 
I  lée  des  Grecs  M.ÿ._cu^&a.x^v■M .  &c  des 

Arabis ,  Bedcgai: ,  fcit  coj^inué  de  peu 
de  gens  j  pour  la  diverficé  desopi-^ 
nions  des  herboriftes  écrivains ,  non 
plus  que  le  Suchaha  des  Arabes  ou 
épine  Arabique  j  &  que  Tun  &  l’au¬ 
tre  ibient  eipece  de  chardon-  :  fi  eft- 
ce  3  qu’il  ne  faut  pas  eftimer  i  que  l’é¬ 
pine  Arabique  foit  même  plante  que 
l’épine  del’Egipte.  Car  celle-çy  eft 
un  arbre  ’Üuqijel  fort  la  -gomme  Ara- 
-  bique  ,  &  Acacia  vraye  :  l’autre  eft 
une  herbe  qui  approche  en  vertu  au 
Bedegar.  Pour  feniblables  difficultez 
il  ne  faut  pas  laillêr  ce  Syropen  ar¬ 
riéré  J  mais  plutôt  ufor  de  uicccda- 
nées  3  comme  on  a  de  coûmme  en 
plufieurs  autreç  compofitions  :  pôur 
fes  grandes  &  rares  vertus  >  princi¬ 
palement  à  la  Cachexie  ,  &  -Hydro- 
pifie  3  en  corroborant  tous  les  vif- 
ceres  3  ôc  eninciiànt3  atténuant  3  & 
ouvrant  les  conduits  bouehés3&:  con- 
fiimant  les  vents  qui  s’engendrent  au 
corps. 

Quels  Donc  pour  l’épine  blanche  3  on 
Succe-  pourra  prendre  les  racines  du  Cha- 


■mæleon  blancs  ou  celles  de  Nénuphar 
blanc,  ou  de  chardon  bénit  (  comme  pout'iç 
convenables  à  la  Cachexie,  &  à  l’Hy-  Bede. 
dropifiej  faciles  à  recouvrer- par  tout.  S”- 
Et  au  lieu  de  Suchaha  3  on  pourra 
prendre  l’éponge  qui  croît  fiir  le  Cy- 
norrhodon ,  ou  rôle  caryne  3  qui  n’eft 
de  mauvaifo  odeur3  &  {àveur3  laquelle 
par  fon  adftriétiô  fortilîb  merveilleu-^ 
lèment  tous  les  vifeeres  afïbiblisfprin- 
cipalement  le  ventriculc3&  foyejfour- 
çcs  de  l’une  &  l’autre  maladie  3  ou  la 
racine  du  chardon  qui  aies  fueilles  ta* 
chetées  de  Idanc  que  Matthiole  efti«- 
me  être  l’épine  blanche  3  &  Dale- 
champ  l’épine  Arabique.  Ainfi  fài- 
lànt3ce  Syrop  n’aura  pas  moindre  ver¬ 
tu  3  que  fi  les  vrayes  épines  blanche,- 
&c  Arabique  y  étoient. 

Ceux  auflî  qui  n’auront  ps  l’Eu- 
patoire  de  Mefué  (  qui  eft  félon  Mat¬ 
thiole  )  r Agératum  de  Diofooride 
pourront  librement  prendre  celuy  des 
Grfcs  3  qui  eft  nôtre^Agrimoine  vul¬ 
gaire.  Pour  le  Folium  Ind'um  ,  ou 
JHalabathrum  des  Grecs  ,  &  Scha- 
nante,il  n’eft  pas  befoin  de  chercher 
des  fuccedanées  3  pource  qu’à  Lyon 
&  ailleurs3  il  s’en  trouve  de  vraye.S3  & 
en  affez  bonne  quantité,  &:  à  prix  rai- 
fonn'able. 

R  E  M  A  R  QJ/  £• 

Donc  ce  Syrop  non  plut  qu’en 
beaucoup  d’autres  fon  inven¬ 
teur  na  point  obfervê  les  réglés  que 
l’Art  preferit  en  une  decoÜion-,  car 
en  premier  lieu  ,il  efi  à  remarquer, 
quil-ny  entre  des  racines  ,  d’her¬ 
bes  ,  fleurs  ,  &  femehees  ou  excroij- 
fànees  que  ï<'.  onces,  &  Mefué  veut 
qu’on'  les  cuife  emhuit  livres  d’eau, 
juf 


Des  Syrops  comfojezS,  95 


jufqu’à  U  confomption  d‘un  tiers ,  & 
encore  quon y  a]oîtie  les  fitcs  d’-d- 
che  &  d' Endive  quantité  fuffifante 
que  Baûderon.  &  autres  devant  & 
aprez.  luy  reduifent  a  quatre  livres, 
qui  font  _deux  livres  de  chacun.  Je 
vousprie  de  amfiderer  quelle  vertu 
peut  attirer  une  Jî  grande  qtiantité 
dP_eau,d'une  fi  petite  quantité  de  fim- 
pjes,  qui  font  à  raifon  de  deux  onces 
pour  livre  d'eau,&  quatre  livres  de 
fuccre  fur  neuf  livres  quatre  onces 
de  decoBion  évaporée  d'un  tiers  ou 
de  fucs  ,  qui  eft  une  diéf  roportion 
tres-grande  qui  mérité  modération, 
de  laquelle  nom  dirons  un  mot  aprez. 
avoir  rapporté  la  différence  qui  eji 
entre  les  dofes  des  trois  exemplaires 
de  Mefué  de  differentes  éditions  que 
fay  en  main  i  d'auec  les  Moines  qui 
Vont  commenté ,  Vuiutheur  du  Lu- 
minare  Ma]m  ,  celuy  du  Lumen 
Apothecariorum.  On  Ut  dans  les 
trois  premières  Glycyrrhiz.a  recen- 
tis,  Schœnanti ,  feminis  Cufeuta,  Ab- 
Ji^thij  Pontici ,  &  Rofarum  rubra- 
rum  ana  drachmas  fex  ,  &  ces  trois 
derniers  demandent  de  chacun  de 
ces  ingrédient  ana  drachmas  fexde- 
cim.  Ily  a  quantité  d'autres  Phar¬ 
macopées  qui  décrivent  ce  Syrop  de 
même  que  Eauderonice  qui  me  ferait 
■croire  qu  U  y  aurait  erreUr  du  côté 
des  Imprimeurs  ,  fi  je  n  avais  leu 
dans  un  vieux  Mefue  manufcrit 
Glycyrrhizià  &c.ana^  drachmas  fex- 
decim.  Pour  donc  remedier  à  la  mo¬ 
dération  de  la  decoSlion ,  je  voudrais 
augmenter  d'un  tiers  la  dofe  des  in- 
gredi'enyquila  compofent  ,&  en fix 
livres  d'eau  les  cuire  a  la  confomp¬ 
tion  d'un  tiePs,&puis  à  la  clarifica¬ 
tion  y  aputer  une  livre  de  fuc  d'A- 


che ,  &  autant  de  celuy  d’ Endive 
bien  depurez.  &  filtrez., pour  au  fur- 
plus  procéder, ainfi  qu  enfeigne Eaud- 


Syrtipus  Stœchadis  fimplD.M. 

Stœchadis  Arabica  ,  drach.  tri- 
ginta. 

Thymi. 

Calaminthes  rnomana,  & 
Origani,fing.  drach. decem. 

Seminis  Anifi,  drach.  feptem. 
Paffularum  enucleatarum,unc.  qua- 

Coquantur  in  libris  decem  aqu&  ad 
médias. 

Expreffum  clarificatum  coque  cum 
Mellis  optirni  deffumati  vel  Saccha- 
ri(fi  vis  délie atius,fed  inefficacius) 
lib.  quinque,  in  Syrupum 
Condiatur  pulvere  fequenti, 

Calami  aromatici  ,  feu  Acori.veri, 
~perperam  Calami'  aromat.  tîomi- 
nati, 

Cinnamomi 

Zingiberis  ,  in  panno  lineo  ligato- 
rum,fing.  drach. unam  &  femifî. 
Delevi  Pyrethrum, Piper  longum,& 
'  nigrum ,  Crocum  ,  Spicam  Hardi, 
:  quia  calidiora  :  Zingiber  ,  quia 
bis  repetitum . 

‘PARAPHRASE. 

rE  Syrop  a  pris  le  nom  de  fa  balè 
les  fleurs  de  Stœchas ,  qui  n’eft 
moins  hépatique  ,  &  fpleniquc  ,  que 
eephalique,  en  tantqu'il  defopile  tous 
les  viïceres  :  au  témoignage  de  Diof- 
coride  livre  3.  chap.  17.  &-  de  Gai. 
livre  8.  des  fimples  :  comme  le  té¬ 
moigné  auffi  Serapion  au  chap.ty-du^ 
livre 


aé  Lime  L  SeBion  IL 


livre  des  Jtmples.  Ce  qui  m'a  induit 
de  retenir  plutôt  la  première  delcrip- 
tion 5 que lautre  plus  compolce :  qui 
reçoit  du  Pyrethre,Poivre,&  pluiîeurs 
autres  medicamens  par  trop  chaudsj 
pour,  ne  pas  trop  échauffer  les  viïce- 
res  :  defquels  il  vaut  mieux  conlcrv’er 
la  chaleurjque  tout  à  coup  la  détruire. 
C^e  fi  on  s'en  veut  fèridr  aux  mala¬ 
dies  froides  du  cerveau  J  on  le  pourra 
aifément  faire  avec  une  décoction  ca¬ 
pitale  tant  chaude  qu'on  pourra  -  La 
bafè  participe  de  deux  qualitez  :  l'une 
ténue ,  fiibtile,  &  ignée,  incifiyé,  atte- 
niiatiue ,  &  defopilative  :  l'autre  ter- 
reftre,  &  aftringente,  par  laquelle  elle 
corrobore  tous  les  vifccres  afïôiblis. 
Sa  vertu  aperitive  efl:  fortifiée  par  le 
'Lhym ,  Origan,  &  Calament.  La  de- 
terfive  efl:  augmentée  par  les  raifins 
gras ,  &  miel ,  qui  au  (fi  conlèrvc;  là 
vertu  &  donne  la  faveur.  La  refblu- 
tive  des  vents  ,  l’cfl  par  l'anis.  La 
Canne  odorantes  la  Canelle ,  &:le 
Gingembre  y  fondis  pour  corrobo¬ 
rer  les  vifeeres  ,  &  corriger  leur  in¬ 
tempérie  froide. 

LE  MELA.NGE. 

En  huit  ou  dix  livres  d'eau  ,  ofî 
fera  premièrement  bouillir  le  Cala¬ 
ment  ,  Origan;  l'Anis  ,  &  Thym  :  un 
peu  aprez  on  y  mettra  les  raifins  gras 
mondez  de  leurs  grains ,  le  Stœchas: 
pource  qu'il  endure  aflez  longue  dcr 
côétion ,  au  refpeét  des  autres  fleurs, 
jiifqu’àlaconfbmption  environ  delà 
moitié  de  l'eau.  La  décoction  étant  à 
demi  refroidie ,  fera  exprimée  :  puis 
clarifiéedvecle  miel  auparavant  &  à 
part  écumé ,  cuit  &  pefé  :  ou  an  lieu 
d'iceluy ,  du  fîiccre  peur  les  plus  dé¬ 


licats',  mais  moins  vigoureux  ;  puis  à 
demi  refroidie ,  fera  coulée  à  travers 
le  blanchet ,  pour  cuire  le  tout  en  Sy- 
rop  qui  fera  gardé  au  befbin.  Vn  peu 
auparavant  qu’il  foit  du  tout  cuit ,  on 
y  trempera  fou  vent ,  &  exprimera  le 
noüet  attaché  d'un  long  filet,compo- 
fé  avec  la  Canne  odorante ,  ou  au  lieu 
d'icelle  d'Acorc  vray,  faulfêment  ap- 
pellé  és  boutiques  Cdam\ts  aromati- 
cta,  ou  Came  odorante,  la  Canelle  & 
Giiigembce  ,  afin  que  fà  vertu  fbit 
transférée  au  Syrop  :  puis  on  le  pour-, 
ra  hardiment  rejetter  ,  plutôt  que  de 
le  laillêr  tremper  toute  1- année  au  Sy¬ 
rop  ,  comme  n'ayant  point  de  verni. 

LES  FACFL  TE  Z. 

Il  foulage  toutes  les  indifpofitions 
froides  du.  ccrveaiî,  &des  nerfs  com¬ 
me  la  paralyfic ,  l’épilepfie  ,  la  con- 
vulfion,  la  convulfion  canine, le  trem¬ 
blement  fortifie  l'cflomach  ,  leveles 
obflruélions  du  foye  &  des  autres 
vifeeres ,  empêche  la  pourriture.  * 

REMARaVE. 

Efué  ne preferit  point  la  quan¬ 
tité  d’eau  quil  convient,  pour 
faire  la  decoBion  des  fmples  -qui 
compofent  les  vertus  de  ce  Sjyrop,& 
le  Paraphrafie  veut  qu’on  en  pren¬ 
ne  jùfqu  a  10. livres  pour  cuire  it. on¬ 
ces  &  demi  de  raifins  fecs,  ou  d’her¬ 
bes  qui  ont  leurs  vertus  en  la  fiuper- 
ficie  ,  comme  étant' dduées  de  quali- 
teX^  chaudes ,  &  de  Jubfiance  tenue, 
qu’a  la  moindre  chaleur  toute  leur 
principale  vertu  s^envolerot^  ;  en 
cela  il  excede  de  beaucoup  ,  com¬ 
me  aujfi  quand  il  en  demande  la 

•  i  ,  Æ'/i  « 


97 


Des  Syrops  compofez>» 


confomptîon  de  la  moitié ,  toutes fiû 
fans  prétendre  de  choquer  l'autho- 
rité  d‘un  fi  excellent  perfonnage , 
je  puis  dire ,  quil  ny  faut  pas  pro¬ 
céder  comme  il  enfeigne  ,  fi  on  de- 
fitre  de  conferver  la  vertu  céphali¬ 
que  des  fufdits  fimples  ;  mais  quil 
faut  en  quatre  livres  efi  d.emy 
d'eau  de  fontaine  cuire  les  raifins 
monde'i!^  ,  jufqua  la  confimption 
d'un  tiers  ,  &  mettre  la  colature 
dans  un  matras ,  avec  le  Stœchas 
jirabic ,  Thym,  Calament  de  mon¬ 
tagne  ,  Origan ,  &  anis ,  incifez.  & 
eoncajfez.  ,  le  tout  exaélement  fer¬ 
mé  ,  le  matras  fera  mis  en  une  cha- 
fieur  convenable  l’ejpace  de  24.  heu¬ 
res  ;  Jur  la  fin  on  augmentera  le 
feu  une  heure  durant  ,  le  vaiffeau 
à  demy  froid  en  fera  retiré ,  &  la 
matière  coulée  &  fortement  expri¬ 
mée  :  la  colature  repofee  comme  il 
eft-  cy-devant  fréquemment  dit ,  des 
decoélions  compofées  d' aromats  ,pour 
en  feparer  les  feces  par  inclination, 
fera  pinte  avec  deux  livres  de  fuc- 
cre  fin  en  poudre  &  autant  de 
beau  miel  ,  &  dans  une  terrine 
commode  par  une  lente  chaleur ,  on 
les  cuira  en  forme  de  Syrop ,  &  fur 
la  fin  ,  on  y  apùtera  l'infufion 
qu'on  aura  faite  feparement  en  pe¬ 
tite  quantité  de  liqueur  félon  l'art, 
des  fimples  ,  qui  compofent  le 
nouét. 

Bauderon  a  retranché  de  ce  Jj/- 
rop  le  Pyrethre  ,le  Poivre  long  ,  le 
Gingembre  ,  &  autres  que  loubert 
a  retenus. 


Syrupns  Ciiamæcîryos  ,  D-  B.  ' 
Bauderon. 

yz.ChamsLdryos  cum  floribus,mc.oéio. 
Scolopendrij,  id  efi,Alplenij,  unc.tres. 
Corticum  Radic.Capparum,  une. duos. 
<iAcori  veri(Calami  aromat.  falso  in 
ojficinis  nuncupati  ) 

Schœnanti  ,feu  lùnci  odorOti , 

Nardi  Indica , 

Seminum  Petrofelinj ,  & 

çAénifi,  fing.  drach.Jex. 

Contufa  biduo,  in  aqua ,  &  vini  albi,. 
vtriufq.  lib.  trib.  fuper  cineres  ca- 
lidos  macerentur.  Deinde  p arum 
coquantur ,  &  exprimantur.  Se¬ 
cundo  maceratione  iterata  parum 
coque.]  Exprejfum  clarificetur ,  & 
cum  Sacchari  albi  ,  velmellis  défi- 
pumati,  libris  tribus,  coque  in  Jy- 
rupum  ,condiendum. 

Cinnamomi ,  drach.  duahus. 

PARAPHRASE. 

CE  Syrop  prend  le  nom  de  fà  bafê 
le  Chamædrys.  Sa  vertu  incilîve, 
atténuative  ,  &  desopilative ,  eft  aug¬ 
mentée  par  l'écorce  .de  cappres,  & 
vin  blanc  :  l’Acore  vray,  &  Ceterach, 
font  mis  pour  remollir  la  dureté  de 
ratte.  Diofeoride  &  Galien.  Les  fe- 
mcnces  pour  conlumer  les  vents  :  le 
miel  ponr  deterger  les  matières  vif- 
queufes  &  conferver  I4  bafe  :  la  cand¬ 
ie  pour  refifter  à  la  pourriture  des  hu¬ 
meurs  J  &  corroborer  le  ventricule:  le 
Nard  Indique,le  foye  :  ôc  le  jonc  odo¬ 
rant  ,  la  ratte  :  l'eau  pour  corriger  la 
ficcité  i  tant  de  la  bafe ,  que  des  autres 
medicamens. 

N 


L£ 


Livre  1.  SeSiion  1 1, 


LE  MELANGE. 


Il  font  premièrement  infufer  les 
racines ,  écorces  ,  &  femences  con- 
callées ,  avec  les  herbes ,  Schœman- 
te,  &  Nard  Indic  incilé,  deux  jours 
entiers  fur  les  cendres  chaudes ,  dans 
un  pot  de  terre  vernilîe ,  étroit  d'em- 
boueheurc ,  au  vin  blanc  j  Si  eau  re- 
quife  3  qui  foit  couvert.  Le  jour  fui- 
vant  il  faut  qu’ils  bouillent  deux  ou 
trois  bouillons  fur  le  feu  clair ,  &  au 
même  pot  :  puis  les  exprimer.  En 
l’expreffion  de  nouveau  on  infufèra 
fèmblable  quantité  de  drogues  pré¬ 
parées  ,  comme  dit  eft ,  autres  deux 
jours  3  &  au  même  pot  qui  foit  cou¬ 
vert  :  lefquelles  le  troiliérae  jour  cui¬ 
ront  comme  delfus.  '  La  colature  fe¬ 
ra  clarifiée  avec  le  foccre  'pour  les 
plus  délicats  :  ou  miel  auparavant 
éciimé  3  Si  aromatizé  de  la  canelle 
contufe  3  aprez  couverte  3  &  étant  à 
demy  refiroidie  ,  fera  coulée  3  pour 
cuire  le  tout  en  Syrop  3  qui  fera  gardé 
pour  les  ratelcux.  La  dofe  fera  de 
deux  ou  trois  cueillerées  le  matin  feu¬ 
lement  3  avec  du  vin  blanc. 

De  ce  Syrop  i’en  ay  ufé  avec  heu¬ 
reux  fiiccez  en  la  perfbnne  d’un  jeu¬ 
ne  gentil- homme  nommé  le  fleur  de 
Berins  3  l’an  de  fàlut  15-85.  de¬ 
meurant  pour  lors  au  château  de 
Corfan  en  Breflê  ,  à  deux  heux  de 
Mafeon. 

LES  FAcrLTEZ. 

Il  iricife  &  deterge  les  humeurs 
«raffes  &  lentes  :  ouvre  les  obftru- 
•éfions  de  l’inteftin  duodénum  &  ües 
autres  vifeeres  :  provoque  les  urines, 
&  les  mois. 


R  E  M  A  R  QJ  E. 

A  méthode  que  VAutheur  de 
la  Paraphrafe  a  obfèrve'e  au 
mélange  du  Syrop  de  Chamadrüi 
nom  donne  a  connottre  quel  était 
fon  genie  en  la  compofition  des  Me- 
dicamens ,  ^  comme  qmy  il  multi~ 
pliait  les  êtres  par  un  ordre  fort 
régulier  pour  conferver  la  -vertu 
des  Jîmples  ;  &  cela  nom  parait  en 
la  première  infujton  qu'il  fait  des 
ingrediens  qui  le  compofent  pour 
attirer  fans  précipitation  la  -vertu 
d'iceux.  Et  apre'^par  une  fécondé 
infufion  de  la  colature  verfée  fur 
des  nouveaux  ing-rediens ,  il  renfor¬ 
çait  les  vertm  de  la  première.  Ce 
procédé  eft  digne  d’un  homme  judi¬ 
cieux  que  l'Artifte  doit  imiter  pour 
fe  dignement  acquiter  ,  de  fon  de¬ 
voir.  le  vo-ddrois  feulement  faire 
les  infufions  preferiptes  fans  les  fai¬ 
re  homllir  ,  &  cuire  la  colature 
■avec  le  fuccre  d  la  vapeur  de 
l’eau  3  comme  il  a  été  déjà  fou- 
vent  répété. 

Il  eft  d  remarquer  que  la  deferip- 
tion  de  ce  Syrop  a  été  attribuée  par 
B.Baud.  d  BenediBm  Textor  jufques 
en  la  quatrième  édition  de  cette 
Paraphrafe  ,  &  G.  Bauderon  en 
revoyant  le  travail  de  fon  pere  & 
le  bel  ordre  quil  avait  obfervé  en 
fin  mélange,  le  luy  a  attribué. 


Syrupus  Scolopendrij ,  D.  Fer- 
nclij. 

jft,.  Radicum  Polypedq  mundati , 
Buglojji ,  & 

Bot 


Des  Sjrops  compofeZj. 


Borraginis, 

Cortkum  Rad.  Caffarum,  & 
Tamarifchfing-  une.  duM. 

■  Seolopendrij  Jeu  uS^lenij  ,  manip. 
•  très 
LupuU, 

Capilli  veneris. 

Cufcuta, 

Melijfa ,  fing.  manip.dms.  ■ 
Cequantur  in  aqua  lihrü  novem, 
>  dum  ad  quinque  redeant.  Cola- 
to  adde 

Sac  char  i  albi  >  lib.  quatuor  j  perco- 

■  qmntur  in  Syrupum  expurga- 

■  tum  &  clarum. 

paraphrase. 

CE  Syrop  eft  difpofë  félon  l’ordre 
g[ue  l’Apothicaire  doit  garder 
en  la  decodion  des  lîmples.  Il  a  pris 
le  nom  de  fa  bafe  le  Cetcrach  j  mis 
au  fécond  ordre.  Sa  vertu  incifiuej 
atténuative  &  aperitive ,  eft  augmen¬ 
tée  par  les  écorces  de  Cappres  & 
Tamaris  :  la  remollitive  j  par  les 
racines  de  Buglollè  ,  Borrache ,  & 
Lupule  ;  la  deterfiue  par  la  Meliflè, 
&  fùccre  ,  qui  en  outre  donne  la 
faveur  ,  rend  l’adtion  meilleure , 
&  conferve  le  tout  :  la  Cufcute  par 
fonadftridtion  corrobore  la  ratte  :  le 
Polypode  chaife  benignemenc  le 
phlegme  ,  &  la  melancholie  qui 
l’endurcillènt. 

Ce  Syrop  eft  plus  foible  que  le 
precedent  de  Chamædris  ,  &  plus 
pnilfant  que  celuy  de  Tuffignana, 
tranferit  par  loubert  en  fa  Pharma¬ 
copée.  Ceux  qui  auront  le  prefènt 
fe  pourront  paflèr  du  precedent  ;  Ôc 
au  contraire  :  afin  queT’Apothicai- 
re  ne  foit  trop  chargé  de  fî  grande 


99 

diuerfité  de  comportions  j  pour  leur 
fbulagement  ,  je  dclîrerois  que  les 
Médecins  qui  font  aux  Villes ,  avi- 
fàllènt  quelles  maladies  y  font  plus 
frequentes  ,  ôc  que  félon  icelles  ,  ils 
leur  commandalfent  feulement  de 
préparer  les  compofîtions  principa¬ 
les  ;  ôc  qu’on  en  tint  feulement 
une  de  plufieurs  qui  approchent  en 
vertu  :  ainfi  ils  feroient  fort  fbula- 
gez  ,  &  tant  de  compofitions  ne 
fe  gatteroient  pas  ,  à  leur  grand 
préjudice ,  ôc  au  détriment  des  ma¬ 
lades. 

ZE  MELANGE. 

En  neuf  livres  d’eau  3  on  fera 
bouillir  enfèmble  le  Polypode  con- 
calîe  3  les  écorces  3  ôc  racines  :  un 
peu  aprez  on  y  ajoutera  les  her¬ 
bes  3  finalement  le  Cufcuta  3  que 
le  tout  revienne  à  la  moitié.  La  co- 
lature  fera  clarifiée  avec  le  fùccre, 
■ôc  coulée  par  le  blanchet  :  puis 
de  tout  'fera  cuit  en  Syrop  3  qu’on 
gardera  en  fbn  pot  ,  pour  la  ne- 
ceffité. 

.  LES  FACFLTE^. 

Il  extenuë  la  melancholie  grof 
fîere  ôc  terreftre  3  l’amollit  3  rend 
fluide  :  delivre  la  ratte  d’obftrudion 
&  tumeur  :  &  eft  fort  convenable  à 
la  melancholie  3  aux  fievres  quartes. 
ôc  longues. 

REMARQ_VE. 

IE  m’eflonne  fort  que  Bauderon. 

pour  être  entendu  en  la  matière 
medicale  ,  comme  il  était ,  ait  mis  en 
N  a  cette 


loo  Livre  1. 

cette  dejcription  Capillorum  cufm- 
t.A  ,  veljimihü  ejuTdem  au  lieu  de 
dire  Capilli  veneris  ,  cufcuta  vel 
ferninis  e  jufdem  j  par  fa  fa^on  de 
parler  il  entend  qu'on  prenne  les 
filaments  qui  portent  la  femence 
de  Cufcute  &  en  leur  defaut  la 
femence  ;  j’efiime  ce  premier  de 
très  petite  'vertu  d  l’égal  de  la 
femence  ,  &  de  cette  façon  il  re¬ 
jette  le  Capilli  venerü  ,  qui  efi  par 
exprez.  demandé  par  Fernel ,  ainfi 
que  fay  vérifié  par  trois  exemplai¬ 
res  de  diverfes  éditions  deux  Lati¬ 
nes  des  années  1577.  &  1604.& 
l’autre  Françaife  de  l’année  i  o. 
lefquelles  font  confirmées^  par  les 
JHedecins  d’uiujbourg ,  de  Londres 
en  -Angleterre  ,  &  par  ceux  de 
Lyon  en  leurs  Pharmacopées ,  tout  y 
demandent  le  Capilli  veneris.  Et 
Bauderon  en  toutes  les  éditions  de 
fa  Pharmacopée  a  authorijé  cette 
faute  que  fay  corrigée  en  la  dejcrip¬ 
tion  cy-dejfm. 


Des  Syrops  deftinez  pour 
les  Reins,  veffie,  & 
matrice. 

Syrtipm  de  q^uinopue  Radicihus  in- 
certi  Aurions. 

Radicum  Apij  ,  feu  Eleofelin'i 
Cracorum , 

Fœniculi , 

Petrofelini , 

-Ajparagi  & 

Rufci,  fingul.  une.  duos  ,  alq 
quatuor. 


Se â ion  JL 

Coquantur  in  aqua ,  lib.fex.  t(d  ter- 
tia  partis  confumptionem. 
Exprtjfum  clarificatum  ,  &'  cola¬ 
tum  ,  coquitur -cum, 

Sacchari  albi  ,  libris  tribus  in  Sy- 
rupum. 

çyAdde  fub  finem  Aceti  acris,  une. 
oélo. 

Si  decoého  addideris 
Seminum  Apij , 

Fœniculi  ,& 

Petrofelini,  fing.unc.unamfup- 
plebit  vicem.  Syrupi  Acetofi 
compofiti,vt  eo  carere  pof- 
fis  :  quoniam  hic  Syruput 
efi  ad  omnia  efiicacior  ca- 
terü  ejufdem  nominû.Syru- 
pum  de  duabus  radicibus 
,  conjulto  pratermifimus. 

PARAPHRASE. 

L’Aiuheiir  de  ce  Syrop  nous  élt 
incertain  lequel  a  pris  le  nom 
de  la  bafe  les  cinq  racines  aperi- 
tives.  Leur  vertu  eft  accélérée  par 
la  tenuité  du  vinaigre  :  le  fiiccre 
corrige  leur  lîccité  ,  donne  le  goût, 
rend  Tadion  meilleure  ,  &  les  con- 
iprve.  Ceux  qui  y  voudront  ajou¬ 
ter  les  lèmences  de  Fenoiiil ,  d'A- 
che ,  &  de  Perlîl ,  fe  pourront  pal^ 
fer  du  Syrop  Aceteux  compofé ,  & 
qui  approchera  bien  fort  en  vertu 
de  celuy  de  Bizanee  compofé  >  cy- 
deyant  décrit.  , 

LE  MELANGE. 

Les  racines  mondées  de  leur 
cœur  ,  &  concalTées  feront  bouil¬ 
lies  en  eau  ou  Hydromel  aqueux, 
afin  qu’il  Ibit  plus  deterfif ,  juC- 
qu’a 


DùS  Syrops 

qu’à  la  conlomption  de  la  tsoi- 
tié  :  la  colature  fera  clarifiée  avec 
le  fùccre  s’il  eft  impur  ,  ainfi  qu’il 
a  été  fôuvent  dit  ^  puis  coulée.  Le 
tout  fera  cuit  dans  un  pot  de  ter¬ 
re  vernilfé  en  Syrop  :  £ir  la  fin 
duquel  on  ajoutera  peu  à  peu  le 
vinaigre  blanc  ,  pour  le  recuire  en 
forme  convenable  qu’il  fe  puiflè 
garder  làns  cormption.  Coidus , 
&  Fernel  mettent  des  racines  de  cha¬ 
cune  quatre  onces  ,  qui  font  en 
tout  vingt  onces  ,  quantité  fiffi-' 
fante  pour  trois  livres  de  ficcre. 
Et  ceux  qui  en  mettront  moins , 
leur  Syrop  en  toutes  choies  fera 
moindre. 

Z£S  FACrLTE  Z. 

Il  deterge  &  extenuë  la  pituite 
cralïè  &  lente,  ôte  les  obftruélions 
du  foye  &  de  tous  les  vilceres  ,  & 
leurs  tumeurs  :  guérit  les  pâles  cou¬ 
leurs  des  filles ,  provoque  les  urines, 
diffipe  les  vents,  guérit  les  fievres  & 
maladk-s  rebelles  ,  challé  k  fablon 
des  reins. 

REMARQ.VE. 

’Autheur  de  la  Paraphrafe ,  dit 
^ue  ce  Syrop  na  point  d’An- 
theur  certain  ,  neantrnoins  je  trou~ 
Ve  que  Chrifiephorm  Georg.  le  dé~ 
crit  en  V annotation  quil  a  faite 
au  Secaniahin  de  Radicibm,  de  Jide- 
fué  ,  avec  la  différence  tant  feule¬ 
ment  de  la  quantité  de  l’eau  pour 
faire  la  decoSlion ,  du  miel  au  lieu 
de  ficcre  ,  &  de  la  quantité  du 
Vinaigre  ,  qu’il  en  met  dou^e  on- 
ses  pour  huit.  Il  faut  fuivre  le 


compofcK,.  loi 

modui  faciendi  de  Bauderon  pour 
.  la  confamption  du  tiers  de  la  de¬ 
coSlion  &  non  de  la  moitié  comme 
il  dit  en  fon  Mélangé  :  Et  pour  la 
dofe  des  racines  il  faut  fuivre  Cor- 
dus  &  Fernel. 


•Syrupus  Althææ,  D.Fcrnelij. 

Radicum  Althaa,  une. duos. 
Cicerum  rubrorum,  unc.unam- 
Radicum  Graminü 
Afpkragi , 

Glycyrrht^a  mundata, 

Vkarum  Paffarum  enucleatarurn , 
fing.  une.  dimidiam, 

Gymarum  Althaa 
Malua , 

A  Helxines  ,feU  Parietaria, 
PimpinelU 
Plantaginis 

Adianti  albi  ,  feu  Capilli  venerù, 
feu  Callitrichi  Gai.  &, 

Nigri ,  feu  Polytrichi ,  Jtng. 
mantp.unum, 

ffp^atuor  feminum  figidorum  map- 
rum ,  & 

Minorum,fing.  drach.treSj. 
Coquantur  ex  arte  in  aqua  libris 
fex  ,  dum  quatuor  fuperffnt ,  & 
cum 

Sacchari  albi ,  libris  quatuor ,  fiat 
Syrupui. 

PARAPHRASE. 

CE  Syrop  a  pris  le  nom  de  û 
baft,  la  racine  de  Bifiuauve  ap- 
pellée  des  Grecs  Althæa  ,  nom  déri¬ 
vé  du  verbe  Grec  àxd-aiv&v  ,  id  eflr 
mederi  :  rai/è  au  commencement  & 
en  plus  grande  quantité  qu’autre  qui 
N  i  y 


Livre  I.  .SeBîon  IL 

LES  FACFLTE  Z. 


I  ol 

y,  foit.  Sa  vertu  relaxante  &  deter- 
fîtie ,  efl:  augmentée  par  les  fommi- 
tez  des  Mauves ,  Bifmaûves  j  Parié¬ 
taire,  regliilè ,  &  raifîns  gras  mon¬ 
dez  de  leurs  pépins.  Les  racines  de 
gramen  ,  d'Alperges  ,  poix  rou¬ 
ges  ,  Pimpinelle  ,  Capilli  vene- 
ris  ,  &c  Polythric  ,  y  font  mis  pour 
conduire  la  matière  purulente  ,  & 
pitLiiteufe  ,  par  la  voye  de  l’uri¬ 
ne.  Le  plantain  &  ■  les  feraences 
froides  y  font  miles  pour  brifer  le 
gros  làble  y  retenu  ,  &  reprimer 
l’acrimonie  de  l’urine.  Le  liiccre 
pour  tenir  la  laveur  &  conlèrver 
leur  vertu. 

LE  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  decodion, 
les  racines  lcront  mifes  ;  au  lècond 
les  herbes ,  raifins  ,  pois  rouges  ,  & 
la  reglilFe  raclée  &  contulè  ;  au  troi- 
liéme  les  Capillaires ,  &  femences 
Êoides  tant  grandes  que  petites ,  qui 
font  huit ,  à  foavoir  pour  les  gran¬ 
des,  celles  de  Concombre,  de  Me¬ 
lons,  de  citrouilles  &  de  courges: 
pour  les  petites  ,  celles  de  laiétuè's, 
de  Pourpier,  d’Endive,  &  de  cicho- 
rée.  De  lix  livres  d’eau  ,  on  fera  en 
force  qu’il  y  en  relie  environ  quatre: 
aprez  le  tout  fera  coulé  &  exprimé: 
la  colarure  fera  clarifiée  avec  aubins 
d’œufs  :  puis  coulée  &  avec  de  luc- 
cre  fin  cuite  en  Syrop ,  qui  fora  gardé 
au  befoin  dans  fon  pot.  Si  là  vertu 
eft  moindre  que  du  foiivant  de  Betoi- 
ne  ,  auffifon  ufage  eft  beaucoup  plus 
alfeuré ,  à  caufe  du  vinaigre  foillicic, 
qui  y  entre. 


Il  nettoye  doucement  la  pituite 
craffe,  qui  bouche  les  reins ,  la  lanie 
purulente  ,  &  le  làble  d’iceiix  ,  fans 
évidente  chaleur  ,  &  adoucit  l’ardeur 
de  l’urine. 

REMARQVE. 

Ans  ce  Sjrop  fi  bien  quen 
beaucoup  d’autres  ,  il  ny  en¬ 
tre  que  fort  peu  de  racines ,  d’her¬ 
bes  ,  &  de  femences  ,  &  quantité 
de  fuccre  a  proportion  d’icelles  ,  de 
façon  qu’un  Syrop  ainfi  compofé  ne 
fçauroit  être  doiié  que  de  tres-pe- 
tite  "vertu  ,  puis  quelle  doit  pro¬ 
céder  des  fimples  qui  le  compofent, 
&  non  du  fuccre  ny  de  l'eau  qui 
n’y  font  employez. ,  l’un  pour  attirer 
la  vertu  ,dés  fimples  par  voye  d’in- 
fufion  ou  decoUion  :  dt  l’autre  pour 
donner  la  firme  au  Syrop  ,  &  pour 
conferver  le  tout ,  puis  que  la  cho- 
fe  efi  toute  connue ,  &  que  la  dofe 
des  fiyrops  n’efi  plus  d  prefent  de 
trois  à  quatre  onces  comme  és  fie- 
cles  derniers ,  df  que  le  plus  qu’on 
en  donne  efi  d’une  once  jufqu’à 
deux  pour  le  plus ,  &  que  fur  dix 
drachmes  de  Jyrop  tel  que  celuy 
d’Althea  ,  ny  fçauroit  avoir  envi¬ 
ron  que  deux  drachmes  de  liqueur, 
comme  fay  déjà  dit  cy-devant  au 
chapitre  de  la  différence  des  (y- 
rops  ,  c’efi  pourquoy  je  puis  dire, 
fans  faire  tort  d  la  réputation  du 
doéle  Fernel ,  qu’il  faut  doubler  la 
dofe  de  chaqtie  ingrédient.  &  au 
lieu  de  fix  livres  d’eau  pour  les  cui¬ 
re  on  en  mettra  huit  livres ,  quon 
redui 


Des  Sjrops  compofez^. 


réduira  à  la  confomption  d'un  tiers, 
^  les  quatre  livres  de  fuccrè  fe¬ 
ront  clarifiées  avec  la  colature. 
Ceux  qui  voudront  préparer  ce  Jy- 
rop  fuivant  la  dejcription  de  la 
Thérapeutique  Françoife  de  Fer- 
nel  ,  feront  aduertis  de  prendre 
garde  à  deux  fautes  confiderables 
qu’il  y  a  \  la  première  efi  ,  que 
l’ Imprimeur  a  omis  les  fueilles  de 
Mauves  ,  &  la  fécondé  efi  ,  qu’au 
lieu  de  trois  drachmes  de  chacune 
des  quatre  femences  froides  gran¬ 
des  ,  &  de  chacune  des  quatre 
petites  que  l’Autheur  y  demande, 
il  en  a  mis  trois  onces  de  cha- 


Syrnpus  Betonicæ  ,  D.  B, 
Bauderon. 

hfi.  Radicum  Affaragi  ,  uncias 
Althaa  , 

Cichorij  fativi, 

Radicum  Cichorij  erratici ,  Jîng.unc. 
unam  &  femifi. 

GlyçyrrhisLa , 

Seminum  Cucumeris ,  & 

Milij  Solis , 

Folytrichi  feu  Trichomanes , 
Diofc. 

Carie  arum ,  fin  g.  drach.  fex. 

Succi  Betonica  depurati  ,  libras 
fex. 

Coquantur  ex  arte  ad  fucci  tertia 
partis  confumptionem  ,  &  eo- 
lentur. 

Fxprejfo  clarificaio  iniiee 

Mellü  deffumati ,  lib.tres ,  &  per- 
coque  in  Syrupum.  Addenda  fub 
finem. 


105 

Aceti  Scillitici ,  lib.  duos ,  qui  cort" 
diatur. 

Cinnamomi  feleSti  panno  lineo  raro 
excepti,  unciam  unam,’’ufuique  re- 
ponatur.  , 

PARAPHRASE. 

L’Autheur  de  ce  livre  avoir  feic 
irEprimer  ce  Syrop  fous  le  nom 
de  maître  Benoît  Textor  Médecin 
(  qui  rioriflôit  fous  le  régné  des 
Rois  de  France  ,  François  11.  Sc 
Charles  IX.)  pour  avoir  veu  au 
croc  dun  Apothicaire  parmy  plu- 
fîeurs  autres  remedes,  quelque  cho- 
fe  de  femblable  écrit  de  fa.  main. 
Mais  confrontant  l’une  des  deforip- 
'  tions  avec  l’autre ,  j’ay  trenvé  cel- 
le-cy  plus  facile  à  düpenfer  ,  plus 
méthodique  ,  &  plus,  correde  en 
'  fes  do  'e-  ,  &  ingrediens  ,  &  d’un 
effet  plus  grand  à  ce  qu’elle  pro¬ 
met.  Ce  qui  m’a  donné  occafion 
de  ne  frauder  maître  Brice  Bau¬ 
deron  mon  Pere  de  fon  labeur  6c 
expérience  ,  qui  i’a  dérobé^  de  l’ou- 
bly  J  &  tiré  du  milieu  des  cornets 
des  boutiques  ,  pour  en  faire  part 
au  public  J  &  le  premier  la  met¬ 
tre  en  lurâiere  ,  joint  que  c’efl 
luy  ,  qui  a  baptiaé  telle  coinvofi- 
tion  du  tiltre  qu’elle  porte  ,  pour  le 
jourd'huy  fur  le  front  ,  &  qui  luy 
fait  tenir  rang  en  cet  œuvre.  Il 
luy  a  donc  donné  le  nom  de  la  . 
bafo  ,  qui  eft  le  foc  de  Betoine  dé¬ 
puré  J  mis  en  plus  grande  quan¬ 
tité  qu’aucun  autre  ingrédient.  Sa 
vertu  foible  incifîve’  ,  ôc  atténua¬ 
tive  des  matières  cralfes  &  vifqueu- 
fes  ,  qui  retiennent  aux  reins  le 
fable  ,  d’où  s’engendrent  les  picr- 
reSi, 


10  4  Livre  L 

res  ,  eft  fortifiée  par  le  vinaigre 
Scillitic  :  la  vertu  apericive  eft  aug¬ 
mentée  >  par  les  racines  d'Aiper- 
ges  ,  &  Polytric  :  la  detcrfive, 
par  les  racines  d'Althæa  ,  reglillê  , 
&  figues  :  les  lêmences  y  font  mi- 
fes  pour  conduire  leur  vertu  aux 
reins  ,  &  velîîe  ,  &  comminuer 
le  (àble  :  les  deux  ciclioréeSj  pour 
corriger  l’intempcrature  chaude  des 
reins  ,  &  foye  ,  par  1  aide  qu'ils 
reçoivent  des  lêmences  froides  :  la 
canelle  y  eft  mile  ,  en  telle  quanti¬ 
té  pour  corriger  la  nuilànce  du  vi¬ 
naigre  icillitic  J  ennemy  des  parties 
fpermaciques  :  le  miel  outre  ce  qu'il 
aide  la  vertu  deterfive  ,  rend  leur 
aêtion  meilleure  ,  &  conferve  leur 
vertu. 

LE  MELANGE. 

^Au  mois  d'Avfil  >  Sc  May,  avant 
que  la  Betoine  produife  fes  tiges 
&  lès  Heurs  ,  il  faut  tirer  du  fuc, 
la  quantité  requife  ,  auquel  étant 
purifié  auparavant  lùr  le  feu  ,  ou 
au  Soleil  ,  on  cuira  premièrement 
les  racines  :  puis  la  cichorée,  mi¬ 
lium  Solis ,  la  regliftê  ,  &  les  figues: 
aprez  on  y  mettra  le  Polytric  ,  & 
femences  froides  ,  concaifées  juf- 
qu'à  la  conlomption  de  la  tierce 
partie  du  fuc.  Xa  decodion  à  de- 
my  refroidie  fera  exprimée.  La  co- 
lature  lèra  clarifiée  avec  le  miel 
écumé  ,  &  coulée  par  le  blanchet, 
aprez  le  tout  lèra  cuit  ,  dans  un 
pot  de  terre  vernilîé  avec  le  vinai¬ 
gre.  Sûr  la  fin  de  la  cuitte  ,  on  y 
trempera  la  canelle  concafl’ce  ,  & 
mile  en  un  noüet  ,  pour  fouvent 
exprimer  ,  afin  que  là  vertu  y  puiftc 


SeBlon  IL 

.  être  transférée  ,  &  fa  refidencc  inu- 
■  tile  rcjettée  ,  ou  üans  l’exprimer, 
tremper  le  nodule  dans  le  Syrop 
chaud,  &  le  liilpendre  au  pot ,  où  fl 
lèra  relèrré,  pour  s’en  fervir  au  beloin. 
Il  eft  meilleur  de  louvent  exprimer 
le  nodule  &  le  rejetter,  que  feulement 
le  laiftèr  tremper. 

LES  FACVL  TE  Z. 

Il  nettoyé  puiflàmment  les  reins, 
&  la  veffic  de  la  pituite  crallè ,  Sc 
les  libéré  des  obftruétions  :  brife  les 
pierres  &  en  challè  le  fablon  ôc  gra¬ 
vier  :  aide  ôc  guérit  la  fuppreflîon 
d'urine  :  profite  à  l’eftomach ,  aide  là 
CO  dion  s’il  eft  préparé  làns  le  vinai¬ 
gre  fcillitic. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

E  Sjrop  fe  trouvt  décrit  juf- 
ques  en  la  quatrième  édition 
de  la  Pharmacopée  de  Bauderon 
de  même  que  celuy  de  Chamedrys, 

(  ainji  que  jay  peu  vérifier  )  fom  le 
nom  de  BenediSti  Textorü  j  &  Bau¬ 
deron  fils,  comme  fi  veux  croire  les  a  ■ 
attribue^  a  Bricim  Bauderon  fion 
pere  ,  mais  fi  ne  fçay  en  quelle  Edi¬ 
tion  ^a  été ,  fans  qu’il  s’y  trouve  quoy 
que  ce  foit  d’ augmenté  ny  de  dimi¬ 
nué  ,  &  dans  fia  Paraphrafe  il  dit 
les  raifions  pourquoy  il  a  changé  le 
nom  de  l’Autheur  de  celuy-cy.  le 
trouve  fians  luy  faire  tort ,  qu  elles  ne 
font  point  recevables  ;  mais  comme  il 
n  importe  en  rien  pour  la  bonté  du  Jy- 
rop  de  qui  qu’il  foit ,  fi  diray  feule¬ 
ment,  que  fi  on  préparé  ce  jyrop  ain- 
fi  qu’il  efi  décrit  ,  qu’on  le  pourra 
auffi  bien  appeller  Oxymel  fcillitic 


Des  Sjrops  comfofez,.  105 


eemposé  que  Syrop  de  Betoine  ,  par 
les  raifons  cy-devant  alléguées  au 
Syrop  Aceteux  ,  que  je  repeteray 
pour  en  rafraîchir  la  mémoire  de 
VArtifle. 

En  premier  lieu,  les  racines ,  her~ 
bes,  &  femehces  font  cuites  en  fix  li¬ 
vres  du  fuc  de  Betoine  a  la  conforn- 
ption  d‘un  tiers  :  en  fécond  lieu  les 
quatre  livres  reélans  les  faut  clari¬ 
fier  avec  trois  livres  de  miel  de  fu¬ 
mé  &'les  cuire  en  Syrop  ,  &  fur  la 
fin  il  y  faut  ajouter  deux  livres  de 
vinaigre  fcillitic  :  par  une  longue  co- 
Bion  qu’il  convient  faire,  toute  l’hu¬ 
midité  la  plus  volatile  s’évaporera, 
&  neflemeurera  pour  toute  liqueur 
que  le  vinaigre  tellement  deflegmé, 
qui  rendra  le  Syrop  '  extrêmement 
piquant  &  defagreahle  .-pour  éviter 
cela,  il  faut  diminuer  la  quantité  du 
vinaigre  fcillitic, pour  le  moins  de.  la 
moitié  ;  confideré  que  la  longue  co- 
Stion,  caufe  une  grande  dejpumation, 
&  par  ainfî  les  trois  livres  de  miel 
diminueroient  de  beaucoup  ;  de  cette 
fa^on  la  vertu  des  medicamens  s’y 
trouuera  mieux  proportionnée  qu  au¬ 
trement  avec  le  miel,  &  le  vinaigre 
fcillitic  &  le  Syrop ^  fera  beaucoup 
plus  agréable  &  pim  efficace. 


Syrupus  Raphani  ,  D. 
Fernelij. 

y:.  Radicum.  Raphani  fativi,  & 
Sylvefiris,  utriufq.unc.unam. 
Saxifagix, 

Rufci,  f 

Radicum  Levijlici,feu  Ligufiicî, 
Eryngij. 

Anonidù,feu  Refia  Bovis, 


Eetrofelini ,  & 
Fœniculi,fing.unc,dimid. 
Herbarum  Betonica, 

Pimpinella, 

Pulegij 

Cymarum  unie  a, 

Nafiurtq. 

Chrithmi  ,  (  huim penuria  La- 
ueris.J)iofc.& 

Callitrichi  ,feu  Capilli  veneris, 
fing.manip.  unum. 

FruÜuum  Halicacabi,feu  Alkehen- 
gi,& 

Iu]ubaru,utriufq. paria  decem. 
Serninum  Ocymi ,  id  efi,  Bafiliconis, 
Perfonata  ,  vulgo  Bardana 
majoris. 

Petrofelini  JlPacedonici  ,  vel 
Apij,  illud  fi  défit-, 

Sefeleos  Maffiilienfis, 

Carvi, 

Dmci  Cretici, 

Lithofpermi ,  id  efi ,  Afilq,fi- 
lis,  & 

Cortic.  Radicis  Lauri  ,  vel  Cappa- 
rum,fing.  drach.  duos. 

Vvarum  Paffiarum  ab  acinis  purga- 
tarum,  & 

Glycyrrhiaa,  utriufq.drach.fex. 
Coquantur  quo  decet  ordine  in  aqutt, 
lib.  decem ,  dum  fex  fuperfint ,  è 
quibus  cum 

Eacchari  ,  lib.  quatuor,  & 

JlPellis  deffiumati ,  lib.duah.  fiat  Sy¬ 
rupus  clarm  &  conditm. 
Ctnnamomi,  uncia  una,  &  - 
Nucis  .2ldofchata,uncia  dimidia. 

PARAPHRASE. 

S’il  eft  queftion  de  compoler  ,  & 
garder  un  Syrop  aux  boutiques 
pour  comminuer  le  calcul  de.vuider  le 
làblc  des  graveleux  ,  je  (crois  d’avis 
O  .  quç 


jo6  Livre  LSeBton  IL 


que  le  prelènt  fiat  préféré  à  tout  autre, 
pour  être  compofé  de  medicamcns 
trcs-cxceIlens,approHvez  de  toute  an¬ 
tiquité,  faciles  à  recou vrèi',  de  peu  de 
frais ,  &  difpofez  d  un  gentil  artifice, 
ainfi  que  tout  homme  doâe  pourra 
juger  en  les  examinant.  Son  u/àge  fe¬ 
ra  aprez  les  purgations  univerfelles, 
&  les  grandes  douleurs  ceffées  :  à  ce 
que  par  là  chaleur  il  ne  les  augmente, 
en  conduifant  les  humeurs  aux  reins, 
&  qu’il  nexcite  la  fièvre  :  &  lors 
qu  on  connoît  celuy  d’Althæa ,  &  de 
Betoine  n’ccre  pas  fiifîifàns ,  ny  aflèz 
forts. 

Il  a  pris  le  nom  de  fa  bafe  les  ra¬ 
cines  de  refort  domeftique  &  fàuva- 
ge,  mifès  au  commencement,  comme 
principales  Sc  fouveraines  à*commi- 
nuer  le  calcul  &  gravier  tant  des  reins 
que  de  la’  veffie.  Les  autres  racines, 
écorces  ,  herbes  femences  &  Alice- 
Kcnge  y  font  mifes  ,  pour  fortifier  la 
vertu  de  la  bafe  incifive  ,  atténuative, 
aperitive ,  &  refolutive  des  vents,  qui 
s’engendrent  en  ceux  qui  font  fùjets 
àlagravelle.  Les  Jujubes  ,  les  raifins 
gras.  Si  regliffe,  y  font  mis  pour  de- 
terger  le  phlegme  des  reins ,  qui  com¬ 
me  colle  retient  le  gravier.  Le  miel  y 
aide  beaucoup  ,  lequel  en  outre  avec 
k  fuccre,  corrige  la  ficcité  des  racines, 
&■  femences  ôc  les  confèrve.  La  ca- 
nelle  &  mufeade  corroborent  le  ven¬ 
tricule  ,  comme  premier  recevant ,  5c 
refiftenta  la  nuilance  de  la  bafe  :  ainfî 
ce  Syrop  eft  très- excellent  pourveu 
qu’on  s’en  fçache  fervir  comme  il 
faut. 

LÆ  MELANGE. 

Dans- dix  livres  d’eau  ,  première¬ 
ment  on  fera  bouillir  les  racines  de 


refort,  coupées  par  roüellçs  ,  &  les 
autres  mondées  de  leur  cœur,&  con- 
caflëes ,  par  quelque  tems  :  aprez  oit 
y  mettra  les  éorces  ,  les  herbes  &  fe¬ 
mences  concaffées  :  un  peu  aprez  on 
y  mettra  les  fruits ,  la  reglilïè,  &  Ca- 
pilli  venais,  ou  ('iceluy  'dcfaillant;),du 
Polytric  ,  que  nous  avons  dit  être 
l’Adiantum  noir  ,  ou  Trichomams 
de  Diofe.  jufqu’à  la  confomption  du 
tiers.  La  colaturefcra  clarifiée  avec  le 
miel  écume  ,  5c  fuccre  :  puis  coulée 
par  le  blanchcf ,  pour  cuire  le  tout  en 
Syrop  ,  qui  fera  aromatizé  avec  la 
canelle  &  inufoade  concafîèz ,  5c  mis 
en  un  noüet  ,"Comme  il  a  été  dit  cy- 
deffiis  au  Syrop  de.Betoine. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  nettoye  plus  puilïàmment  les 
reins  &  la  vcflîe,  que  le  Syrop  de  Be¬ 
toine  ,  brifè  les  pierres,  chalfe  le  gra 
vier.  Si  guérit  la  fuppreffion  d’urine. 

R  E  M  A  R  CiV  E. 

Auderon  rapporte  mot  à  mot  la 
defeription  de  ce  Syrop  fkivant 
Fernel  ,  duquel  il  en  efi  comme  de 
beaucoup  d’autres  ,  qu’il  y  a  plus  de 
fuccre  &  de  miel  qu’il  ne  faudrait, 
chacun  y  advifera  en  le  compofant 
d’ augmenter  la  dofe  des  ingrédient, 
afin  qu’ils  ayent  pim  de  proportion 
avec  le  fuccre  &  le  miel.  Ceux  qui  h 
voudront  dijpenfer  fuivant  la  Thé¬ 
rapeutique  Françoifè  de^  Fernel, pren¬ 
dront  garde  a  la  dofe  des  femences, 
qu’au  lieu  qu’il  y  a  dans  les  vieux 
exemplaires  Semin.  Ocymi  ,Barda- 
na,  &c.ana  drachntas  duas,&  dans 
celle-là  ,il  y  a  ,  S'emin.  Ocymi ,  Bar- 
dan&. 


Des  Syrofs  compofez» 


dallât,  &c.  ottA  HHC.  duM.  Telles  fau¬ 
tes  font  conjiderables  &  importan¬ 
tes,  en  ce  qu'il  en  peut  ariverde  me¬ 
me  en  quelqu  autre  rencontre  qui 
pourroit  caufer  de  grand  defordre, 
ou  même  la  mort. 


107 

Contufa  rnacerentur  horü  14.  in  Ub. 
oCto  Hydromellis,&  coquantur  ad 
lihras  quinque  &  cura 
Sacchari,  lib.  quinque,  percoquantur 
in  Syrupum  conditum. 
Cinnamomi,  uncia  uha,  & 

Spica  JSfardi,  drach.  tribus. 


Syrapiis  Arthemifîæ ,  D. 
Fernclij. 

Arthemifia,  Manip.  duos. 
Radicum  Iridis  nofiratis, 

Helenq,feu  Inula  Campana, 
Rubis,  rnaprü. 

Poeonis, 

Libtftici  ,  feu  Liguftici ,  aut 
Levifici, 

Fœniculi,fing.  unc.dimid. 
Herbarum  Pulegq, 

Origant, 

Calaminth.  montans, 

Nepiths,  vulgo  Cataria  herba 
dibta, 

Melijfophylli  ,feu  Melijfs, 
Sabina,. 

Sampfuchi, 

Hyjfopi, 

Prajfi]  albi. 

Herbarum  'Charnsdryos, 
Chamspitheos , 

Hyperici  cum  flore, 

Parthenq  cum  flore  ,  feu  Ma- 
tricaris ,  & 

Betonics,  fing,  manip.  unum. 
Serninum  Anijt, 

Petrojfelini. 

FœnïcuU, 

Ocymi,  id  efi,Bafüiconis, 
Dauci  Cretici, 

Gith  ,  feu  Melanthq  ',  vulgo 
Nigella  Romana,  & 
Buths,flng.drach.tres. 


PARAPHRASE. 

FErncl  a  compofe  ce  Syrop  j  fcr  ce- 
luy  de  Matthieu  des  Degrés  cy- 
aprez  décrit ,  mais  de  medicamens  fa¬ 
ciles  à  recouvrer ,  &  exquis  pour  fà- 
tisfaire  aux  effets  qu’il  promctaSc  avec, 
plus  d’artifice:&  jeferois  d’avis  qu’il 
fuft  fubrogé  en  fon  lieu.  Il  a  pris  le 
nom  de  la  bafe  l’Armoife  mifè  au 
commencement.  Les  racines,  herbes, 
&  femences  ,  y  font  mifes  pour  aug¬ 
menter  la  vertu  incifive ,  atténuative, 
&  defopilative  (  des  vifeeres  opilez)- 
de  la  baie,  &  pour  rofoudre  les  vents 
qui  s’engendrent  du  flegme  vifqueLix 
par  refolution  :  la  canelle  y  efl;  mife 
pour  la  defencc  du  ventricule  &  ma¬ 
trice  ,  &  le  Nard  indique ,  pour  celle 
du  foye ,  &  ratte  ,  le  luccre  deterge, 
adoucit ,  donne  la  faveur  ,  &  conler- 
ve  leur  vertu. 

LE  MELA  JA  GE. 

Pourveu  que  les  racines  foient  mon¬ 
dées  dedans  &  dehors,  &  fort  concaf- 
fees,elles  feront  auffi-tôt  cuites  que  les 
herbes  &  lèmences.  Pour  ce ,  le  tout 
fera  infufé  dans  huit  livres  d’I^dro- 
mel ,  l’elpace  de  14.  heures  ,  uir  les 
cendres  chaudes ,  dans  un  pot  de  ter¬ 
re  vernilïé,&  couvert. Le  jair  fuivant 
au  même  pot,  le  tout  (èra  cuir,jufqa’à 
fa,  confomption  du  tiers  :  la  colatitre 
fera  clarifiée  avec  le  fuccre ,  Sc  coulée, 
O  ^  pour 


io8  Liure  L 

pour  cuire  le  tour  en,Syrop,  qu’il  faut 
aromatizer  avec  la  canelle  &  Nard 
indic  concalFez  ,  &c  mis  en  un  noüet 
coraineil  a  été  dit  au  SyropdcBetoi- 
ne,  lequel  fera  gardé  pour  la  necelÏÏté. 

LES  EACVELEZ. 

Il  provoque  puiflammcnt  les  mois 
fupprimez,  ou  qui  coulent  lentement, 
appaifeles  fiiffbcarionsA'  fubverfions 
de  matrice  ,  dil'ciîteles  vents  ,  donne 
air  aux  conduits  reircrrez,  &  fortiMe 
les  nerfs. 

REMARQUE. 

E  Sj/rop  d‘Armoife  de  Fernel 
na  point  toute  la  quantité  de  li~ 
queur  qu  il  y  cotivient  pour  pouvoir 
attirer  par  la  coStion.  l" entière  vertu 
des  racines  ,  fueilles  &  femences  ; 
d’autant  qu’on  ne  les  pourroit  bouil¬ 
lir  chacune  en  leur  rang  le  tems  qu’il 
faudrait  pour  y  être  cuites  :  en  ou¬ 
tre  ,  que  de  faire  confumer  la  deco- 
£lion  de  trois  livres  .  il  n’en  referait 
sque  cinq  livres  ,  qui  efi  la  même 
quantité  que  du  fuccre  y  avec  laqnel-  ' 
le  on  ne  pourrait  non  pim  ,  apre\^ 
avoir  clarifié  les  deux  enfemhle  les 
couler  ,  qu’il  nen  demeure  quantité 
dans  le  couloir  de  drap,  a  caufe  que 
la  decoéiion  efi  crajfe  &  vifqueufi, 
pour  y  remedier ,  &  a  la  conferua- 
tien  de  lawertu  des  fimples,  qui  font 
cotnpofez.  d’une  fubfiance  tenue  & 
fuhtile.Dans  les  huit  livres  d’hydro¬ 
mel  on  fera  cuire  toutes  les  racines, 
l’Armoife  ,  le  Marruhium  ,  Cama- 
drys ,  Camepytis ,  Hypericon  &  Be- 
foine  ,  chacune  en  fon  rang  ,fufqu’à 
_  ia  cpnfomption  d’un  tiers  j  la  cola- 


SeBion  //. 

ture  &  exprejfion  faite,  on  la  verfera 
chaudetnent  fur  les  autres  fimples, 
les  ayant  préalablement  incifez.  & 
concaJfeTf.  ces  matières  ainfi  mêlées, 
feront  mifes  dans  un  vaijfeau  exa¬ 
ctement  bouché ,  qu’on  tiendra  du¬ 
rant  ly.heures  fur  les  cendres  chau¬ 
des  ,  &  fur  la  fin  ,  le  feu  y  fera  aug¬ 
menté  l’eiface  d’une  heure,  le  vaif 
feau  retiré  ',  &  les  matières  a  demi 
refroidies  front  derechef  coulées, 
&  exprimées ,  les  feces  feparées  par 
refidence,  &  la  decoCtion  vuidée  par 
inclination  ,  il  en  faut  prendre  qua¬ 
tre  Hures  avec  cinq  livres  de  fuccre, 
&  les  faire  cuire  enfemble  a  la  va¬ 
peur  de  l’eau  bouillante comme  nom 
avons  déjà  fouvent  répété.  La  canel¬ 
le  ,  &  le  Spica  Nard ,  feront  inftfez. 
dans  une  petite  quantité  de  liqueur, 
&  la  colature  ajoutée  au  Syrop  en¬ 
viron  la  fin  de  la  cuite. 

Nota  que  ceux  qui  voudront  com- 
pofer  ce  Syrop, fuivant  la  Thérapeu¬ 
tique  Erançoife  de  Fernel, prendront 
garde  à  deux  fautes  qu’il  y  ada  pre¬ 
mière  efi,  qu’on  a  obmis  en  la  defcri- 
ptionl’Hyfiope  :  la  fécondé  ,  qu’aux 
femences  qui  font  d’anü,deperfil,Û"c. 
dans  les .  exemplaires  Latins  plus 
corrêQs,on  y  lit  ana  drachmas  très, 
&  dans  la  Françoife ,  on  a  écrit  de 
chacune  trois  onces., 


Syriipus  Arthemifîæ,  D.  Maf» 
thæi  è  Gradibus. 

Arthemifia,  manip.dms. 

Fulegij. 

Calaminthes, 

Origani, 

Melifét, 

Perfi 


Des  Sjrops  comfofez^\ 


109 


I 

1 


ç  Hu\ui  nominis  variiz 
I  jpecies.  Non 

mâculata  ujurpan- 
da,  quia  efi  acris. 
Aiaculata  vero,Jri- 
gida  efi  &  adfirin- 
gens,  ciendü  menfi- 
hm  inefta. 


SahiriA, 

Sampfuchi, 

Folior.  InuU  Campana, 
Cham&dryos,  ' 

Cham&pity  os . 

Hyperici, 

Matricaria  cum  flore. 

Centaurn  minoris 

Ruta 

Betonica, 

f  LaBuca  efi  afini  te- 
fie  Avicenna  li- 
bro  2.  cap.  1^.  & 
445>-  quA  efi  An- 
chufA  fi’ecies.HAC 
effebUhtts  titulo  e- 
nunciatis  apprimè 
convenit  tefiihm 
Diofconde  &  A- 
vicenna.  Verunta- 
AlbugelifiAA  men  videtur  no- 
men  fuijfe  detor- 
tum  d  BuglojfoSyl- 
vefiri^pro  Echia 
Diofcor.  Alcibia- 
co  diblo  ,  ah  Au- 
thore  ufiûrpato.  V- 
tram  fimr.asparum 
refçrt,quia  ambéo 
fient  ejujdem  fa., 
cultatfs. 

Radicum  Fœniculi, 

Apit  ^  feu  Eleofelini  Grâce- 
rum. 

Fetrofelini^ 


AJparagi, 

Rufci, 

SaxifragiA. 

Inula  CampanA, 

Diblamm, 

Cyperi, 

RubÎA  tinÜorum, 

Iridü  nofiratù , 

PceontA ,  fiffgul.  manip.  unum. 

Seminum  luniperi, 

Smyrnn ,  -vel  Levifiici, 
Petrofelini, 

Apq, 

Anifi, 

Githfeu  Melanthü,'vulgo  Ni- 
geÜA  Romana, 

Carpobalfami,  vel  e]m  loco  fè- 
min.  Terehinthi  arborés 

Coîii  albi ,  ex  Arabia  allati, 

Afaru 

Pyrethri, 

CajfiA  lignAA  aromaticA,, 

Cardamorni, 

Calarni  aromatici  officinarum  loco 
vert  Calarni  aromat.  & 

Phu,id  efi ,  VklerianA  major. fingul. 
unc.femifi. 

Gp^ajfata  macerentur  horis  24.  irt 
aqua  fiuviali.  Eeinde  coque  ad 
médiat.  Tune  auferantur  ab  igne^ 
dumaqua  tepuerit  rfiieentur  ma- 
«ibtts  omnia  ,  &  .colentur.  Ex- 
prejfum  clarificatum  &  colatum 
cum 

Sacchari  -,  & 

Meüis  delfumati  aquts  partibutyto- 
quantur  in  Syrupum  qui  cen- 
diatur. 

Gnnamorni  feleBi  ,  uncia  dimidia. 

Mardi  IndicA  ,  drothmis  duabus. 
Abfque  Aceto  debet  prApararis 
quia  utero  adverfatur ,  monenter 
Hippocrate. 

O  J  Paâ 


Livre  L  Section  IL 


I  lo 


PARAP  HRASE. 

IE  nauois  pas  délibéré  d’inièrer 
icy  la  prefente  defcription,me  con¬ 
tentant  de  celle  de  Fernelj  cy-delîùs 
décrite ,  n’eût  été  qu’elle  eft  receue  j 
&  approuvée  de  plulîeurs,  tant  pour 
fa  vertu ,  &  iorcc  grand-c ,  que  pour 
le  donner  en  chef-d’œuvre  aux  jeu¬ 
nes  Apothicaires  ,  pour  la  difliculté 
qu’il  y  a  au  mélange  i  lelquels  déli¬ 
rant  gratifier ,  j ’enlèigneray  deux  ma¬ 
niérés  ,  qui  ne  dérogeront  en  rien 
aux  préceptes,  de  Mefiié  aprez  que 
j  ’auray  déclaré  lomraairement  ce  qu’il 
écrit  à  la  fin  du  fécond  Theoreme 
Réglé  du  premier  livre.  A  fçavoir  que  les 
generale  medicamens  qui  Ibnt  d’une  fubllan- 
’  pelante  ,  &  malîive ,  endu- 
Aion&  inhifion ,  &  decoftion. 

infujio.  contraire  ceux  qui  font  d’une 
lubftance  molle ,  legere  j  &  rare  3  ou 
qui  ont  leur  vertu  à  la  lurface ,  en¬ 
durent  une  legere  infulîon  &  deco- 
étion.  Ceux  qui  tiennent  le  milieu 
entre  ces  deux  extremitez  ,  endure¬ 
ront  aufli  une  moyenne  infulîon  & 
dccoéèion.  Or  eft-il  que  de  toutes  les 
parties  des  plantes  ,  il  s’en  creuve 
qui  participent  de  ces  trois  fubftan- 
cesj  félon  lefquelles  il  faut  garder 
l’ordre  en  infulîon  &  decoétion,  pour 
en  avoir  la  verm  qu’on  prétend.  Ce 
qui  lé  peut  pratiquer  au  prelént  Syrop, 
qui  eft  décrit  par  fon  Autheur  Mat¬ 
thieu  des  Degrez  au  Commentaire 
qu’il  a  composé  fur  le  neuvième  li¬ 
vre  de  Rhajîs ,  dédié  au  Roy  Alman- 
chapitre  à  provoquer  le$  me n- 
firues  aux  femmes. 


LE  MELANGE. 

Supposé  ce  que  ddlîis ,  il  faut  dit 
polér  tous  les  medicamens  en  trois 
ordres  lélon  leurs  lùbftances ,  &  en 
faire  trois  infulîons  feparées ,  &  di- 
ftinctes.  A  fçavoir  qu’il  faut  mettre 
les  racines  mondées  au  dedans  de 
leur  cœur  (  celles  qui  en  ont  )  &  de¬ 
hors  de  toute  ordure ,  &  concalsées 
au  mortier ,  dedans  un  pot  de  ter¬ 
re  vernifsé  3  for  les  cendres  chau¬ 
des  3  avec  moyenne  quantité  d’eau 
chaude3  l’elpace  de  vingt-quatre  heu¬ 
res  3  qui  foie  couvert.  Huit  heures 
aprez  en  un  autre  pot  de  terre  ver¬ 
nifsé  3  on  mettra  les  herbes  &  lé- 
mences  concalsées  3  aulfi  avec  eau 
chaude ,  &  for  les  cendres  chaudes3 
&  qui  foit  couvert.  Huit  antres  heu¬ 
res  aprez  en  un  autre  pot  à  part  on 
infoléra  avec  eau  chaude  le  Pyrethre3 
Alàrum  3  Coftus3  Canne  odorante. 
Cardamome,  &  Carpobalfame ,  (ou 
leurs  foccedanées  les  Cubebes  ,  ou 
la  lémence  de  Lentilque.ou  de  Tere- 
binthe.  Pena:)aulîî  for  les  cendres 
chaudes  ,  &  couvert.  Le  lendemain, 
on  fera  premièrement  bouillir  for  un 
feu  clair  &  non.fiimeux ,  les  racines 
dans  une  balîîne ,  &  icelles  à  demy 
cuites  3  on  y  ajoutera  les  herbes ,  ôc 
femences  qui  font  chaudes ,  &  mifes 
ait  fécond  pot  ,  qui  auront  infusé 
feize  heures ,  &  quand  elles  léront 
qualî  cuites  3  on  y  ajoutera  ce  qui  fe¬ 
ra-  au  dernier  pot  auffi  chaud ,  &  qui 
aura  infusé  huit  heures  léulement, 
qui  prendront  deux  ,  ou  trois  bouil¬ 
lons.  Cela  fait ,  on  ôtera  la  baffine 
de  delfos  le  feu  ,  laquelle  couverte 
d’une  double  toile,  on  lairraàdemy 
refroi 


Des  Syrops  CompofeZj. 


rcfroiclir  :  pnisÆvec  les  iTiains  on  frot¬ 
tera  le  tout  5  qu"on  exprimera  fort, 
&  ferme.  La  colature  fera  clarifiée 
avec  blancs  d’cenfs ,  avec  miel  écii- 
mé,  &  fùccre  ,  de  chacun  deux  li¬ 
vres  ,  puis  coulée  par  le  blanchet. 
Aprez  le  tout  fera  cuit  en  Syrop, 
&  aromarizé  de  la  Canelle ,  &  Nard 
Indique  concallèz  &  mis  en  un  noüet, 
ainfi  qu'il  a  été  dit  au  Syrop  de  Be- 
toinc  pour  le  garder  au  belôin. 

1*  je-  La  féconde  maniéré,  de  compofèr 
cmie  ce  Syrop  ,  moins  laborieufè  que  la 
munie-  précédente,  félon  les  préceptes  des 
anciens,  &  ne  répugnant  à  l’inten¬ 
tion  de  l’Autheur ,  eft  telle.  Premiè¬ 
rement  en  dix  livres  d’eau ,  foit  de 
pluye  ou  de' fontaine ,  on  fera  bouil¬ 
lir  les  racines  d’Enule  Campane,Iris, 
&  Pivoine  coupées  en  rouelles  ,  & 
celles  de  Fenouil  concaflces ,  dont  le 
cœur  fbit  ôté.  Vn  peu  aprez  on  y 
ajoutera  celles  de  Perfîl,  &  d’Achc, 
mondées  aulfide  leur  cœnrj&  cel¬ 
les  de  Valériane,  d’Afperges,  Brufcus, 
Rubia  major,Cypere,&  Saxifi.age  cô- 
caffées.  Vn  peu  aprez  on  y  mettra  les 
herbes  qui  endurent  plus  longue  co- 
étion ,  comme  Sabine  ,  Chamædrys, 
Chamæpytis,  Betoine,Enule  Campa- 
nefPerlîcaria  non  maculata,&  les  fe- 
mences  de  Genevre,  Leviftic  ,  Pcr- 
fîl ,  &c.  concaflces  :  un  peu  apres  le 
Calament ,  Origan ,  Pulege ,  Armoi- 
fè ,  Matricaire ,  Melillc ,  Marjolaine, 
Rue,  Hypericon,  Centaurée  petite, 
l’Echion  de  Diofcoride  vulgairement 
appelle  Bugloflè  fàuvage  (  differente 
de  la  vraye  Bugloffe  ,  ou  Borrache 
fauvage  J  appcllée  de  l’Autheur  peu 
versé  en  la  connoifïànce  des  fîmples 
Albugeliffa.  Aprez  on  y  mettra  le 
Cabaret  dit  Afarum  Pyrctbre ,  ôc 


III 

Coftus  concalTez.  Sur  la  finie  Car¬ 
damome,  le  Carfobalfàmej  la  Can¬ 
ne  odorante,  la  grolle  Canelle, pour 
la  Caflë  aromatique  des  Grecs  ,  en 
forte  que  le  tout  revienne  à  la  moi¬ 
tié  ou  environ  de  l’eau  prifc,  Aprez 
le  tout  fera  versé  dans  un  pot  de  ter¬ 
re  vernifsé  ,  &■  bouché  ,  qu’on  lairra 
infxifèr  vingt-quatre  heures.  Le  jour 
fiiivant  on  les  fera  réchauffer ,  pour 
le  tout  frotter  entre  les  mains  ,  &  ex¬ 
primer.  La  colature  fera  clarifiée,  cou¬ 
lée,  &  aroraatizée,  comme  avons  dit, 
pour  cuire  le  tout  en  Syrop  ,  avec 
le  fuccre ,  &  miel  éeumé  ,  pour  le 
garder  au  befôin.  L’une  &  l’autre  ma¬ 
niéré  eft  bonne.  l’açoit  quel’Autheur 
confeille  fur  la  fin  d’y  ajouter  le  vi¬ 
naigre  pour  incifèr  ,  &  atténuer  le 
flegme  ,  qui  opile  les  veines  de  la 
matrice  ,  &  empêche  le  flux  men- 
ftrual,  il  n’y  eft  pourtant  pas  propre, 
mais  nuifîble ,  comme  ennemy  d’i¬ 
celle  principalement  ,  &  des  autres 
parties  fpermatiques.  Hippocrate  par¬ 
tie  treizième,  lib.'vijt.acut. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  remedie  aux  maladies  de  la  ma¬ 
trice,  &  provoque  les  mois,  corro¬ 
bore  les  nerfs ,  -ouvre  les  pores  ,  Hc 
corrige  le  fàng. 

REMARCLVE. 

BAuàeron  en  beaucoup  de  com~ 
jpofitions  ,  cy-àevant  &  apreXj^ 
s’ eft  fervy  de  la  [ouftraEtion  pour 
la  quantité  de  certains  ingrediens 
aux  compofttioins  ,  quand  il  luy  a: 
Jimblé y  avoir  de  l’excez,- en  leurs 
dofes ,  ^  de  V addition  en  d‘autres^ 
quand 


ni  Livre  1 

^mfid  ils  luy  ont  paru  n'y  être  pat 
en  une  dofe  deuëment  requife  &  pro¬ 
portionnée  pour  correffondre  à  cel¬ 
les  des  autres  ingrédient-, maü  en  cel- 
le-cy,qm  avoit  grand  hefoin  de  luy 
augmenter  la  liqueur ,  il  a  refiraint 
VArtifle,  contre  l’intention  de  Mat¬ 
thieu  des  DegreT^,  comme  je  diray 
cy-aprez,.  En  fécond  lieu  ,  il  efl  à 
remarquer  deT^  l'entrée  de  cette  def  ■ 
cription ,  qu’il  a  laifsé  dans  la  con- 
fujion  ,  tout  ainji  qu’il  les  a  treu- 
vées  dans  fon  Autheur  les  dofes 
des  racines  avec  celles  des  herbes, 
tant  des  jeiches  que  des  humides, 
mefurant  les  unes  &  les  autres  par 
manipules ,  ce  qui  n’appartient  tant 
feulement  qu’aux  herbes-, car  pour  les 
racines, fait  qu  elles  foient  feiches,ou 
recenses ,  on  les  doit  pefer  ,  comme 
ont  pratiqué  les  Médecins  de  Lon¬ 
dres  en  Angleterre ,  en  la  defcri- 
ption  du  prefent  Syrop ,  en  difant 
Pulegii ,  Calamithes  ,  êfc.  ana  M.j. 
&  Radie.  Fœniculi ,  Apii ,  &c.  ana 
unciarn  unam  :  il  ejl  vray  ,  que  des 
racines  recent  es  on  en  doit  mettre 
une  once  &  derny  ,  a  caufe  de  leur 
humidité ,  pour  ne  s’éloigner  point 
de  l’intention  de  l’ Autheur ,  qui  en 
demande  une  manipule  de  chacu¬ 
ne  ,  qui  pefe  plus  d'une  once  ;  & 
pour  celles  de  Cyperus ,  &  de  Pi~ 
'voine  ,  il  fuffira  d’y  en  métré  une 
once  de  chacune  ;  En  troiXjéme  lieu, 
Matthieu  demande  que  les  racines, 
fueilles ,  fuit  s  ,  &  femences  foient 
infusées ,  &  cuittes  en  quantité  fuf- 
fifante  d’eau  de  fleuve  ,  que  Baude- 
ron_  en  fon  mélange  réduit  a  dix 
livres  ,  quantité  qui  ne  Juffit  point, 
à  moins  de  laijfer  la  vertu  des  mé¬ 
dicaments  dans  leurs  corps,  parfau- 


SeBion  IL 

te  de  menftru'é  pour  l’attirer i  ce  que 
les  Médecins  d'Angleterre  ayant 
preveu  ,  l’ont  augmentée  de  deux  li¬ 
vres  ,  quantité  qui  n’efi  pas  enco- 
res  fuffifante  ,  &  il  y  en  faudrait 
mettre  jufques  d  quatorze  livres: 
En  quatrième  lieu  V Autheur  de¬ 
mande  quantité  fuflifante  de  Juccre 
&  de  miel,parties  égalés,  &  Baude- 
ron  les  réduit  d  deux  livres  de  cha¬ 
cun  ,  où  i’eflime  qu’il  en  faut  mettre 
jufques  d  fix  livres  poids  de  médeci¬ 
ne  des  deux.  Pour  donques  corriger 
&  abréger  tout  ce  defus,Jùivant  mon 
fentitnent ,  on  prendra  une  once  & 
demy  de  chaque  racine  recente  ,  & 
une  once  de  feiches ,  les  ayant  pré¬ 
parées  comme  en  feigne  nôtre  Para- 
phrafie ,  on  les  fera  cuire  dans  neuf 
livres  d’eau  avec  les  herbes  non  odo¬ 
rantes  ,  chacune  en  leur  rang  ,  & 
ordre ,  comme  il  efi  cy-dejjùs  pref- 
crit  ,  ]ufqud  la  confomption  d’un 
tiers ,  (f  dans  la  celature  tous  les 
aromats  feront  jnfùfez,  &  cuits  de 
même  qu’il  a  été  cy -  devant  dit 
au  Syrop  precedent  d’Armoife  de 
Fernel. 

Zvvelfer  en  fon  adnimaverjïon 
fur  le  Syrop  d’Armoife  de  Mat¬ 
thieu  ,-  &  fon  nouveau  adhérant, 
au  premier  tome  de  fon  traitté  de 
la  Chimie ,  font  d’accord  qu’on  pro¬ 
cédé  de  même  en  ce  Syrop ,  qu’au 
Syrop  Aceteux  composé  ,  qu’on  en 
diflile  les  ingrediens  jufqu’au  Jec, 
aprez.  avec  de  nouvelle  liqueur  qu’on 
cuife  le  marc  jufques  à  la  confom¬ 
ption  des  deux  tiers  ,  comme  nous 
dirons  plus  particulièrement  cy- 
aprez.,  &  de  la  colature  clarifiée 
en  cuire  le  fuccre  en  eleéluaire  foli- 
de,pour  puis  aprez.  le  dijfoudre  avec 
la 


Des  Syrops  Compofez^.  i  r  5 


Itt  liqueur  jpiritueufe  quon  aura,  H-' 
rée  par  la  diBillation  ,  &  au  bain 
marie  réduire  le  tout  en  confiBan- 
çe  de  Syrop.  <iAveup.ement  aujfi 
grand  quil  en  puijfe  etre  de  s'ima¬ 
giner  ,  qu’avec  la  décoction  de  qua¬ 
rante  trois  ingrédient,  lefquels,quoy 
qu’ils  ayent  fouffert  la  diflillation, 
il  y  en  a  beaucoup  qui  ont  confer- 
vé  leur  vifcofité ,  &  leur  cole  (  ce 
qu’ils  ne  m’oÇeroient  nier  )  on  puif- 
jè  cuire  du  Juccre  enferme  d’Ele- 
Buaire  folide  fans  le  brûler  avec  une 
telle  liqueur ,  à  caufe  de  la  vifcofité 
qui  fe  rencontre  en  la  decoElion  &  au 
fuecre  ,  comme  fiavent  tres-bien  les 
moins  éclairetz,  en  notre  profejfion, 
qu’il  efi  impofiible  de  pouvoir  faire 
autrement  :  fi  celuy  qui  doit  confer- 
ver  la  vertu  dei  ingrédient ,  a  per¬ 
du  fa  vertu  confervatrice ,  &  chan¬ 
gé  de  qualité  avec  celle  de  la  dé¬ 
coction  des  ingrédient  :  quelle  ad¬ 
dition  qu’on  y  fajfe ,  la  compofition 
ne  vaudra  \amait  celle  qui  fera  mé¬ 
thodiquement  faite  a  l’ancienne  mo¬ 
de  ( qu’ils  appellent.  )  Et  )e  m’éton¬ 
ne  grandement  du  procédé  de  ces 
deux  hommes ,  le  premier  qui  fe  dit 
en  quelque  endroit  de  fes  œuvres 
avoir  été  feElateur  de  la  Pharmacie 
l’eiface  de  fei^e  années,&  l’aure  fils 
d’un  pere  tres-exaCt  réchercheur  da 
vrays  préceptes  de  la  Pharmacie, 
quaprez.  en  avoir  fuccé  les  mêmes 
préceptes  avec  le  laid,  exercé  lon¬ 
gues  années  la  même  profejfion  ,  y 
ayent  fi  peu  profité  pour  o'Jer  parler' 
delà  forte  ]e  le  pardonneroü  a  un 
apprentif  de  fix  mois  -,  mais  à  leur 
égard  qui  fe  difent  fçavans  ,  nonj 
c’ejt  à  dire ,  que  s’ils  ont  manqué  en 
ces  rencontres ,  je  vous  prie  de  croire. 


qu'ils  n  en  font  pas  moins  dans  leur 
Chimie  qu’ils  exaltent  fi  fort. 


Syrupus  è  Calaminchc,  D-Me/? 

Calaminthes  domedica  ,  & 

Sy  Ivefiris,  utriujque  une.  duos. 
Seminum  Liguftici  ,  feu  Levidici 
&  Chefim  Arabum, 

Dauci  Cretici ,  & 

Sshœnanti,  fing.  drach.  quin^. 
Fvarum  Pajfarum  expurgatarum, 
lib.  femijl. 

JiPellis  optimi  deéfumati ,  vel 
Sacchari  albi ,  lib.  duos. 

Coquantur  in  aqua ,  vt  deeet ,  fiat 
Syrupus. 

PARAPHRASE. 

PAr  le  Calament  domeftique,Me- 
fué  entend  la  première  efpece  fur-, 
nommée  des  montagnes  &  domefti- 
ftiqiie  ,  comme  le  plus  ufité.  Par  le 
fauvage,  la  fécondé  efpece  ,&  moins 
ufitée.  Voyez Diofc. livre  3.  chap.j  4. ^ 
car  le  Calament  ne  fe  cultive  point 
^ans  les  jardins.  La  bafe  eft  le  Ca¬ 
lament  donc  il  a  pris  le  nom  :  les 
femenccs  y  font  raifes  pour  confu- 
mer  les  vents  ■,  &  pour  augmenter 
la  vertu  incifiue  >  atténuative  ,  & 
aperitive  de  la  bafe  :  la  deterfiue  Pcft 
par  les  raifins  gras ,  &  le  miel.  Le 
Schœnànte  y  eft  mis  pour  fortifier 
les  vifeeres.  Ceux  qui  n’aurOnt  les 
deux  elpeces  de  Calament  icy  re- 
quilès  ,  qu’ils  doublent  la  dolê  de 
celuy  qu’ils  auront ,  plutôt  que  pren¬ 
dre  l'herbe  au  chat,  qui  n’eft  la 
troiziéme  efpece  de  Calament»  dé¬ 
crite  par  Dioicoride  »  que  nos  Apo- 
P  thicai 


fi4  Livre  1. 

thicaires ,  &  n:al  à  propos  appel¬ 
lent  Nepeta. 

LE  MELANGE. 

Le  Calameht,  les  fen:iencesj&  rai- 
fins  mondez  de  leurs  pépins ,  feront 
bouillis  en  quatre  liyrés  d  eau  juf- 
qu  a  la  moitié ,  y  ajoutant  for  la  fin 
leSchœnante,  qui  fbufFre  plus  lon¬ 
gue  coélion  >  que  beaucoup  d'autres. 
La  colature  fep  clarifiée  avec  le  miel 
écume,  ou  le  foccrepour  les  plus  dc- 
ficats ,  puis  coulée  :  pour  le  tout  aii- 
re  en  Syrop,  qu’on  gardera  pour  les 
toux  invétérées  &  afthmatiques  ,  & 
pour  ceux  qui  ont  le  foye  ou  ratte 
durs ,  &  en  teins  d’Hy ver. 

LES  WACVLTEZ^ 

Il  efl;  propre  à  1  afthme,  aux  toux 
inveterées,  aux  intempéries  froides 
des  vilceres^aux  ratteleux  &  aux  vieil¬ 
lards  ;  nettoyé  la  poiélrinej&  le  ven- 
triciJe  de  la  pituite. 

REMARQVE. 

La  deferiftim  de  ce  Syrop  nous 
efi  ^delement  rapportée  par 
Bauderofiy  &  fi  treuve  toute  confir¬ 
me  dans  cinq  exemplaires  de  diffe¬ 
rentes  éditions  de  Meiué  que  'fay  en 
main.  Il  y  aurait  a  redire  fur  ' le  Ca- 
lament  domeffique  de  Méfié  y  fi  les 
Autheurs  ne  convenaient  pointyqu'il 
faut  prendre  celuy-des  montagnes, 
pour  le  domeBique  ;  parce  que  nous 
le  treuvons  plus  fréquemment  dans- 
les  jardins  que  le  commun.,  quivient 
icy  &  ailleurs  en  quantité  fur  le  bord 
des  chemins, &  lieux  incultes.  Le  me 
reduiray  fiulemejit  au.  moJusfàcien- 


SeBîon  IJ, 

■  diy  q'ui  doit  être  tel  qui  celuy  du  Sy¬ 
rop  de  Stœchade ,  excepté  qu'il  ne 
faut  prendre  que  trois  livres  d'eau 
pour  faire'  la  decoBion  des  raifins, 
&  l’infufion  des  autres  fimples. 


Syrupus  Nkotianæ  majoF. 
D.Augcrii. 

Succi  Nicotianamajoris  yfitpra 
ignem  depurati ,  & 

Penidiarum  ,  ana  lib.  fimifi. 

Coque  in  Syrupum. 

^  PARAPHRASE. 

CE  Syrop  a  pris  le  nom  de  la  Ni- 
cotiane ,  autrement  appellé  7a- 
bacum,  Petum ,  -St  herbe  de  la  Reine: 
parce  que  lean  Nicotius,Ambaflàdair 
pour  le  Roy  de  France  en  Portugal, 
fut  le  premier  qui  l’envoya  à  la  Reine, 
pour  fes  rares  vertus  à  piufieurs  mala¬ 
dies  internes ,  &  externes,digne  d’u¬ 
ne  grande  Princellè  :  convenable  aux 
afthmatics ,  aux  cruditez  d’eftomach, 
aux  gouttes  ,  &  opilations  de  la  ratte, 
&  à  mondificr  les  ulcérés,  quels  qu’ils 
foient  fans  douleur. 

LE  MELANGE. 

Le  mélange  n’eft  autre  que  celuy 
dés  autres  Syrops  cy-devant  décrits. 
Traittons  maintenant  des  cfpeces 
d’Oxymel  ,  qui  tiennent  heu  de  Sy¬ 
rops  alteratifs. 

LES  FAGFLTEZ. 

Il  fert  à  l’allhme  à  la  crudité  d’e- 
flomach,  à  la  goutte, à  l’obRruélion 
de 


Des  Syrops 

de  la  ratte ,  &  à  deterger  fans  dou¬ 
leur  ks  ulcérés. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

E  Sjirop  à  ce  qiue  'fay  vérifié 
peut  avoir  été  tiré  des  œuvres 
d’Augerius  qui  le  décrit  d  peu  pre"^ 
de  la  forte  que  Bauderon  le  rappor¬ 
te.  Et  Neander  Médecin  d  Leyden 
dans  fa  Tabacologie  le  décrit  aujji 
de  même  ,  &  l'attribué  audit  Auge- 
riui,qui  efi  le  fujet  de  l'addition  que 
i’ay  fait  de  fon  nom  au  titre  dudit 
Syrop.  Pour  le  compofer  félon  l'Art, 
il  convient  de  clarifier  le  fuc  avec 
un  blanc  d'œuf,  &  avec  pareil  poids 
de  Pehides  dans  un  vaijfeau  de  ter¬ 
re  d  la  vapeur  de  l'eau  on  les  cui¬ 
ra  en  firme  de  Syrop. 


De  Oxymellis  dÜFerentiis. 

Oxymel  fimplex ,  D.  Gai. 

y..  Aceti  vini  albi  acerrimi ,  lib. 
unam. 

Mellis  optimi,  lib.  duos. 

<iAqua  fontü ,  lib.  quatuor. . 

Mel  cum  aqua  coquitur,jpuma  inté¬ 
rim  detra£ta,quam fi  multum  mel 
egerat,malum  efi:ob  id  diutius  co- 
quendum.  Cptimurn  vero  (  quale 
Gallia  EJarbonenfis ,  &  Provincia 
nobis  fuppeditant  )  minimum  fu¬ 
ma  evomit,  &  brevijfimo  tempo- 
re  coquitur.  Si  vis  Oxymel  valen- 
tius,mifce  tantum  Aceti,quantum 
mellis,  aqua  duplum.  Sed  citm  una 
omnibus  menfura  non  placeat  :  & 
hi  ace  fatum  ,  illi  mellitum  rnagis 
ament ,  pro  cujufque  palato  ,  & 
necejfitate  mifeeatur.  ^ugtmobrem 


parandum  erit ,  utendi  tempore, 
m  in  Syrupo  Acetato  fimplici 
annotavimus. 


1?  AR  AP  UKASE. 

CE  que  ks  Grecs  appelkncOxy- 
meUles  Latins  Acetum  mulfitm,. 
ks  Arabes  Secaniabin  ••  lequel  ablplu- 
ment  mis ,  le  doit  prendre  pour  l’O- 
xymel  fimpk  ;  ainfi  furnomroé  pour 
mettre  difference  d’avec  les  autres  de 
kmblabk  noni  plus  compokz.  L’Au- 
theur  d’iccliiy  eft  Galr-<i«  quatrième 
livre  de  l'a  famé,  chapitre  vingt-un. 
Il  différé  du  Syrop  Acetux ,  décrit  au 
commencement  de  cetcé  feétion ,  du 
miel  feulement  qui  eft  mis  au  lieu  du 
fùccre  :  car  Mefué  compofè  du  Syrop 
Aceteux  foibkjmediocre:,  &  fort,  âuf- 
fi  bien  que  Galie.nj  d’Oxymel  fimple. 
Le  fbibk  fe  fait  avec  une  partie  de 
vinaigre,deux  de'mielj&:  quatre  d’eau. 
Le  moyen ,  avec  une  partie,  &  demie 
de  vinaigre ,  deux  de  miel,  &  quatre 
d’eau.  Le  fort  avec  égale  portion  de 
vinaigre  &  de  miel  ;  &  deux  fois  au¬ 
tant  d’eau.  La  bafe  eft  le  vinaigre  in- 
cifif,attenuatif,  &  refblutif  des  madè¬ 
res  craflès  &  vifqiieuks,,  en  quelque 
part  qu’elles  foient,  fil t-ce  aux  .jointu¬ 
res  ,  U  nous  croyons  à  ce  que  Galien 
nous  en  a  laifsé  par  écrit  au  huit  'iéme 
de  fa  méthode  curative.  Le  miel  y 
eft  mis  pour  deterger,  pour  la  faveur, 
pour  rendre  Con  aétion  meilleure ,  Sc 
confèrver  la  vertu  de  la  bafè.  L'eau  y 
eft  mifè  pour  trois  railons  déclarée* 
pat  Mefiié ,  afin  que  je  ne  fraude 
perfônne  de  l’honneur  qui  luy  apar- 
tient.  La  première ,  afin  que  le  jriicl 
par  une  longue  aiite,  perde  là  fiatuo- 
fité.  La  féconde,  afin  que  pkis  aisc- 
P  1  ment 


ïi6  Livre  1.  Seâion  IL 


ment  &  mieux  il  foit  écume.  La  troi- 
ziéme  ,  afin  que  la  vertu  de  l'Oxy- 
mel  foit  diftribuée  plus  aisément  par 
tout  le  corps  ,  &  pour  reprimer  l'a- 
l^rreur  crimonie  du  vinaigre.  De  quoy  on 
reprou-  peut  colliger  combien  font  .crorapez 
les  maladesdes  Medecins,&  ceux  qui 
le  compofont  avec  le  foui  vinaigre, 
&  le  miel  :  non  moins  ceux  qui  le 
font  avec  le  vinaigre  diftillé,  du  tout 
corrofif,  &  nuifible  au  venuicule,  & 
à  tous  les  vifoeres.  La  quantité  du  vi¬ 
naigre  doit  être  limitée  folon  la  for¬ 
ce  i  &  comme  le  mal  le  requerra ,  & 

>  le  palais  du  malade ,  folon  le  plus  ou 
i  moins ,  ce  que  facilement  par  la  fa- 
veur  fo  connoltra.  Pource  l’Apothi¬ 
caire  qui  ne  connoit  pas  les  maladies, 
ny  leurs  caufos,ny  l’intention  du  Mé¬ 
decin  qui  l’ordonne  ,  fo  doit  conten¬ 
ter  de  tenir  dans  fa,  boutique  un 
Oxymel  foible’,  tel  que  nous  l’avons 
décrit  :  car  il  eft  plus  facile  d’y  ajou¬ 
ter  du  vinaigre  ,  s’il  eft  befoin  ,  que 
d’en  ôter. 

LE  MELANGE. 

Prenez  la  quantité  de  l’eau  èc  du 
miel  requife  ,  que  vous  ferez  bouillir 
for  le  feu  clair ,  &  non  fumeux ,  dans 
une  balfine  étannée ,  ou  dans  un  pot 
de  terre  vernifoé  ,  en  ôtant  toûjours 
l’écume  qui  nage  defliis  :  puis  peu  à 
peu  y  ajouterez  le  vinaigre  blanc, 
fort  éc  acre ,  pour  le  bouillir  avec  le 
refte  qu’il  ne  foit  plus  crud  ,  &  aye 
confiftence  de  Syrop  qui  fo  puilfe 
garder  au  befoin.  Encore  qu’il  foit  un 
peu  moins  cuit,  pour  être  plus  plai- 
font  ,  il  ne  lairra  de^  fo  garder  ,  pour 
caiifo  du  vinaigre,  &  du  miel  ,  qui 
de  foy  s’épaiffit. 


LES  FACrLTEZ.  ' 

Il  incifo  Sc  deterge  les  humeurs 
cralfos,  lentes,  &pitukeufes,  ouvre 
les  obftruétions  ,  facilite  le  crachat, 
&  la  relpiration. 

REMARQVE. 

’Aurm  heaucoMp  plpu  a  dire  fw 

ces  trois  fortes  d‘Oxjmel  foible, mé¬ 
diocre  ,  &  fort  fi  \e  ne  m^en  etoü 
déjà  expliqué  en  partie  fur  le  Sj- 
rop  Aceteux  fimple  de  Mefué:  Et 
parce  que  le  fujet  eji  un  peu  diffe¬ 
rent ,]  en  diray  encores  un-mot, pour 
de  nouveau  defkbufer  l’eéfrit  de 
ceux  qui  n’y  voyent  pas  clair  en 
plein  rnidy  ,  &  commencer ay-  par 
rOxymel  que  Galien  &  Bauderon 
appellent  faible  ,  qu’ils  compofent  de 
deux  livres  de  miel ,  de  quatre  livres 
d’eau ,  &  d’une  livre  de  vinaigre 
tres-fart.  Il  a  femblé  à  ces  deux 
grands  hommes ,  que  la  quantité  de 
quatre  livres  d’eau  de  fontaine  de- 
voit  être  capable  de  rahbatre  &  de 
reprijpzer  l’acrimonie  du  vinaigre, 
c’efl  en  quoy  ils  fe  font  mépris  j  car 
l’eau  ne  fert  fimplement  que  pour  li- 
quifier  le  miel  &  en  feparer  V écume 
par  l’aide  de  la  chaleur  dufesp  ,puis 
qu’il  n’y  en  doit  refier  que  pour  luy 
donner  la  confifiance  de  Syrop ,  ce  la 
fait  en  y  a)oùtant  puis  apre'^  une  li¬ 
vre  de  vinaigre  blanc  ,firt  &  acre 
pour  en  continuer  la  cuite ,  V expé¬ 
rience  nous  confirme  cette  vérité,  que 
l’eau  qui  a  re  fié  dans  le  miel  aprez. 
la  deffnmationai'vec  la  partie  aqueu- 
fi  ou  la  moins  noble  (  que  quelques- 
uns  appellent  phlegme  du  vinaigre) 
s’évaporent  les  premières  en  ho'ùil- 


-  Des  Syrop: 

tant ,  &  encores  de  la  partie  la  plus 
faible  de  l'efjrit  du  vinaigre ,  de  fa¬ 
çon  que  ce  qui  refie  du  vinaigre 
dans  le  miel  étant  cuit  en  Syrop  efi 
environ  de  trois  onces  pour  livre  le¬ 
quel  efi  tré's  acre  pour  être  plus  que 
dephlegrné,  &  ainfi  un  tel  Oxymel 
ne  pourra  être  appelle  faible  ,  quà 
raifon  de  la  crafiïcie  du  miel  qui  ra¬ 
bat  avec  fa  douceur  la  pointe  du 
vinaigre  &  non  d  ràifon  de  la  quan¬ 
tité  de  l’eau. 

Si  nous  pafions  plus  avant  èn  l’e¬ 
xamen  de  l’ Oxymel  médiocre  ,  & 
fort ,  fi  bien  le  mélangé  des  matières 
qui  les  compofent  fait  different  pour 
la  dofe  du  vinaigre,  nous  trouverons 
que  neanmoins  en  leurs  vertus  ils 
feront  moindres  &  d’une  faveur 
bien  defagreable  d  caufe  d’une  plus 
grande  évaporation  du  vinaigre-» 
qu’il  convient  faire  pour  les  rédui¬ 
re  en  une  confifience  convenable. 

Et  pour  remedier  d  tout  ce  deffus, 
il  faut  prendre  deux  livres  de  beau 
miel  vieux  qui  ne  fait  point  aqueux, 
comme  de  celuy  de  Narbonne  &  le 
faire  deéfmner  ,  apres^Jùr  un  petit 
feu  le  cuire  &  remettre  en  fa  pre¬ 
mière  confifience ,  &  avec  douoie  on¬ 
ces  de  fort  vinaigre  on  les  cuira  en 
forme  de  Syrop  d  la  vapeur  de  l’eau 
chaude  dans  un  vaiffeau  de  terre. 
§ï^e  fi  on  defire  d’en  faire  un  médio¬ 
cre  ,  ep-  un  plus  fort  ,  il  ne  faut 
qu  augmenter  le  vinaigre  de  vtngt'- 
a  trente  onces  ,  &  procéder  comme 
deffus,  &  de  la  forte,  ils  feront  beau¬ 
coup  plus  agréables  ,  &  incompa- 
rable?nent  meilleurs  que  les  prece¬ 
dents. 


Oxymel  Scilliticum ,  D.  M. 


Of.  Aceti  Scillitici ,  lib.  duos. 

Mollis  optimi  ex  aqua  defpumati 
coSti  lib.  très. 

Coquantur ,  ut  in  Oxymelle  fimplici 
diximus. 

paraphrase. 

POurveu  que  TApothicaire  ayeen 
ià  boutique  le  vjnaigi'e  Icillitic ,  il 
lùffit  :  car  céc  Oxymel  le  peut  faire  en 
tout  tems  ,  &  tôCj  &  en  telle  quanti¬ 
té  qu’il  voudra  ;  il  ne  différé  du  pre^^ 
cedent,  que  du  vinaigre  fcillitic,  d^nt 
il  eft  furnommé.  Le  mélangé  ferâ  de 
même  que  nous  avons  dit  au  prece¬ 
dent. 

LES  FACFLTE Z. 

Il  lêpare  les  humeurs  crafTes  & 
lentes  ,  &  pourcc  il  eft  propre  aux 
maladies  du  ventricule  &  des  autres 
vifeeres  caufées  de  ces  humeurs:gue- 
rit  les  roots  acides,  &  rincontinence 
d’imne. 

REMARQVE. 

PI  Our  faire  V  Oxymel  fcilUtie  ,  iH 
faut  prendre  trois  livres  de  beau 
miel  vieux  de  Narbonne  deéfumédr 
cuit  comme  a  été  dit  au  precedent, & 
avec  la  quantitépreferite  de  bon  vi¬ 
naigre  fcillitic  tel  que  le  décrirons^' 
cy-aprez. ,  on  les  fera  cuire  enfemble 
dans-  un  vaiffeau  de  terre  d  la  va¬ 
peur  de  l’eau  ,  ou  fur  une  chaleur 
modérée  fans  les  faire  boüllir.. 

P  J  Ack 


Lime  L  SeBion  IL 


Acetàn  Scttliticum  ex  Diofcoride, 
^  Mefuao. 

PRencz  telle  quantité  qu’il  vous 
plairra  des  lamines  de  (cilles  blan¬ 
ches  ,  du  milieu  (  qui  font  entre  l'é¬ 
corce,  &  le  cœur  )  pource  que  les  ex- 
terncs  font  fans  fuc  >  &  inutiles  ;  cel¬ 
les  qui  font  fi  proches  du  cœur,  font 
par  trop  humides.  Icelles  ainfi  choi- 
fies,  feront  eniilées  l’une  aprez  l’autfe 
avec  un  petit  morceau  de  la  tige  de 
fenouil  recent ,  ou  autre  entre  deux, 
afin  qu’elles  ne  fo  touchent,  &  foient 
plutôt  feichées  :  aprez  on  les  expofe- 
ra  à  l’ombre  ,  en  lieu  fort  acré  exempt 
de  pouffiere ,  &  de  toute  autre  vilai- 
nie  ,  l’elpace  de  quarante  -jours  ,  afin 
de  confiimer  leur  humidité  fiipcrfluë, 
&  la  rendre  moins  acre.  Cela  fait, 
for  une  Hvre  de  S  cilles  fciches,  &  rai- 
fes  en  une  phiole ,  on  verfora  huit  li¬ 
vres  de  bon  vinaigre  blanc  ,  &  fort 
clair,  laquelle  bien  bouchée ,  on  tien¬ 
dra'  au  foieil  chaud  d’Eté  ,  ou  dans 
une  étuve  l’elpace  de  quarante  jours; 
GU  de  fept  ou  huit  jours  for  les  cen¬ 
dres  chaudes,  fi  la  comihodité  du  fo¬ 
ieil  ,  &  le  loifir  ne  le  permet  :  aprez 
la  Seille  fera  éprainte  &  jettée;puis  le 
vinaigre  étant  raffis  ,  ce  qui  fera  de 
purifié ,  ièra  mis  dans  une  phiole  bien 
bouchée  qu’on  gardera  pour  s’en  ai¬ 
der  au»  befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

Le  vinaigre  fcillitic  eft  efh'cace'îon- 
tre  les  indifpofitions  fioides  &  rebel¬ 
les  du  cerveau  contre  l’épilepfi  ,' ,  &  le 
vertigo  :  guérit  les  gencives  lâches 


&  pourries ,  fortifie  les  dents ,  rend 
la  bouche  de  bonne  odeur,&  en  chaf- 
fe  la  puanteur  ;  foulage  les  organes  de 
la  retiration ,  &  les  nctioye  ;  forti¬ 
fie  les  mufcles  du  lamix  ,  &  rend  la 
voix  claire  :  nctcoyc  l’eftomach  de  fos 
humeurs  putrides,  excite i’appetit, ai¬ 
de  à  la  coélion ,  nettoye  aufli  le  foye, 
&  la  ratte ,  &  adoucit  leurs  douleurs: 
fortifie  la  vertu  retentrice  des  inte- 
ftins ,  de  de  la  veifie,  aide  à  l'a  foflbca- 
tion  de  la  matrice  ,  &  aux  indifpofi- 
tions  des  jointures  :  atténué  les  hu¬ 
meurs  cralics  ,  incile  celles,  qui  font 
lentes ,  &  les  rend  pi  us  propres  &  fa¬ 
ciles  à  l’expulfion ,  &  quelquefois  la 
bile  noire  :  il  affermit  ies  corps  mois 
&  laxes  ,  l,es  maintient  en  ia  vigueur 
de  la  jeunellè  ,  les  preicrv&de  pourri¬ 
ture  ,  les  rend  de  bon  teint ,  fi  ce  n’é- 
toit  qu’il  amaigrit  par  un  long  ulage. 

R  E  iM  A  R  QJ/  E. 

Le  nombre  des  excellentes  vertus 
que  Diofcoride,  Mefné  &  Jidat- 
thiole  attribuent  au  vinaigre  fcilli¬ 
tic  eft  grandement  conjiderable ,qu  il 
mérité  bien  ,  que  ceux  qui  le  prépa¬ 
rent  ob fervent  exactement  une  vrayt 
&  légitimé  préparation  :  Et  comme 
elle  confifte  particulièrement  en  Va- 
prejt  des  lamines, ou  écailles  des  Scil- 
les  ,  qui  eft  à  la  vérité  dificile  ,fui- 
vant  que  Difeoride  &  autres  lepre- 
ferivent ,  c‘ejt  là  àuffi  où  l’Artifie 
doit  infifter ,  &  fuppléer  à  quelque 
défaut ,  fi  point  H  y  en  a  :  mais  an 
contraire  ,  comwie  c'eft  une  compofi- 
tion  des  plus  fimples,  il  y  a  beaucoup 
d‘ Apothicaires  qui  croyer.t  quelle 
n’efi  pas  digne  de  leur  attention  & 
par  ainfi  eUe  eft  négligée  de  même 
que 


Des  Sjrops  compofeZj.  IÏ  9 


■  ^ue  bemcoup  d’autres  ,  &  lè  plus 
fouvent  conimife  k  des  perfonnes  qui 
'ne  [gavent  ce  qu  ils  font  5  car  les  uns 
la  compofent  avec  des  Scilles  récen¬ 
tes  ,  &  tes  autres  les  font  fèicher  au¬ 
tant  quils  peuvent  ,  ou  qu’ils  fça- 
vent.  Les  premiers  fint  tres-mal,  & 
far  leur  préparation ,  ils  privent  le 
vinaigre  fcillitic  de  toute  forte  de 
vertus ,  avec  le  fupport  de  Diofcori- 
de  ,  qui  dit ,  quil^n  efi  plus  incijif 
Et  les  derniers  ne  fanaient  faire 
feicher  a  l’ombre  en  trois  fiü  quaran¬ 
te  purs  les  écailles  des  Scilles  ,  en 
l’état  qu’il  faut  qu  elles  foient ,  pour 
les  mettre  en  injùfion  dans  le  vi¬ 
naigre. Et  que  pour  abhreger  le  tems, 
&  amener  cette  operation  au  point 
qu’il  faut  fuivant  l’intention  de  fin 
aiutheur  il  faut  prendre  des  Scil¬ 
les  blanches  ,  ou  rouges  ,  &  en  fi- 
parer  les  écailles  ,  qu’on  mettra  fur 
une  aix  ,  &  dans  un  four  ,  oit  l’on 
cuit  le  fkin  blanç  vingt-quatre  heu¬ 
res  aprez.  l’en  avoir  tiré ,  &  les  y 
■faut  laijfer  pendant  quelques  heu- 
res,  jufquk  ce  qu  elles  foien\  fiiehes, 
les  ayant  tirées  ,  &  incisées  on  en 
mettra  douze  onces  dans  une  gran¬ 
de  phiole  avec  huit  livres  de  bon 
vinaigre  blanc  y& pour  le  furplusan 
pourra  procéder  fuivant  Bauderon. 

Ceux  qui  appréhenderont  que  les 
Scilles  fi  brûlent  en  les  fàifant  fei¬ 
cher  au  four ,  fi  mieux  ils  aiment, 
apre"^  les  avoir  nettoyées  en  dehors, 
les  enveloper ont  avec  de  la  pâte,  & 
les  feront  cuire  dans  le  four ,  aprez. 
ils  en  diviferont  les  écailles ,  &fur 
une  table  bien  nette  ,  en  un  Beu  fie, 
&  aéré  les  feront  feicher  ,  de/quel¬ 
les  en  aprez  compoferont  leur  vinai¬ 
gre  comme  de jfus.. 


Vajouteray  que  les  Autheurs  fe 
fint  grandement  trompez  de  dire, 
que  la  Scille  étant  feichée  efi  moins 
acre  que  lorfqu’elle  abonde  en  fin 
humidité  naturelle  ,  puifque  je  fuis 
.  pleinement  perfuadé  de  cette  vérité, 
fondé  fier  l’ expérience  &  fur  la  rai- 
fin  ,  que  fin  humidité  efi  toute  fk- 
perflué  &  excrementeufe,  &  que  par 
l’ ex  fie  cation  fin  acrimonie ,  qui  était 
diffoute  dans  fin  humidité  fe  rnani- 
fefie  davantage. 


Oxymcl  compofitum  feu  dia- 
recicum  incerti  Audoris. 

Ofi.  Radicum  Apq  ,  feu  Eleofelini 
Gracorum, 

FœnicuU, 

Petrofelini. 

Rufici,  & 

AJparagi,fing.  une.  duos. 
Serninum  FœnicuU,  & 

Apij,fing.  une.  unam. 
Coquantur  indib.duod.  Aqua  ad  mé¬ 
dias.  Exprejfum  clarificatum  curm 
Mellu  quantitate  idonea ,  Coquatur 
in  Syrupum. 

Addenda  fub  finem  Acetivini  albi, 
lib.  unam  ufui  repenendum- 
Si  loco  Aceti  vulgarù  ,  Scilliticum 
fubfiituos 

Oxymel  Scylliticum  compofitum  ha- 
bebis. 

PARAPHRASE. 

CEt  compofé  >  à 

eaulè  des  racines ,  &  fèmenecs 
qu’il  reçoit  de  plnsqnelefîmplecy- 
devant  décrit  t  iteftaufli  fùmomïoé; 
diuretie*  ou  apéritif  de  la  vertu  qu’ü 
leçoic 


Ito 


Livre  L  SeBion  IL 


reçoit  des  racines  aperitives  ,  qui  y 
font  mifcs  pour  augmenter  la  vertu 
incifive  ,  atténuative ,  &  aperitive  de 
la  baie  le  vinaigrcjcomme  les  femen- 
ces  pour  modérer  la  froideur  d’ice- 
luy  ,  iSc  pour  confîimer  les  vents  ,  le 
^Tiiel  pour  deterger ,  donner  la  faveur, 
&  confèrver  le  tour. 

LE  MELANGE. 

Les  racines  mondées  de  leur  cœur 
&  concafîées  feront  bouillies  dans 
dix  ou  douze  livres  d'eau  ;  &  icelles  à 
demi  cuites,  on  y  ajoutera  les  femen- 
ces  contufès  jufqu'à  la  confomption 
de  la  moitié.  La  eolaturc  fera  clari¬ 
fiée  avec  aubins  d'œufs  ,  &  codée 
par  le  blanchet  ,  puis  on  y  ajoutera 
quantité  fuffifànte  de  miel  blanc  de 
Languedoc ,  ou  de  Provence  dans  un 
pot  de  terre  vernilfé ,  le  tout  fera  cuit 
avec  le  vinaigre  en  confidence  con¬ 
venable  ,  qu'il  fè  puifïe  garder  au 
befoin.  Durant  la  cuite ,  il  faut  tou¬ 
jours  ôter  l'écume  qui  nage  delfus, 
ainfi  qu'il  a  été  dit  au  precedent. 

LES  F  A  cr LTE  Z, 

Il  ineifè  &  deterge  les  humeurs 
craflès  &  lentes  :  ouvre  les  obftru- 
étions  du  foye  ,  de  la  ratte  ,  &  des 
reins,  chaffe  les  ordures  de  la  vellîe, 
provoque  l'urine  &  les  fùeurs, 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

Et  Oxymel  de  même  que  le  Sy^ 
rop  de  ^ifjque  \Radtcibus  cy~ 
devant  décrit  ,  ont  été  tirez,  mot  à 
mot  du  Commentaire  de  Chrifiopho- 
rus  Georgitu  quil  a  fait  fur  le  Se^ 


caniabin  de  duabtu  radicibtu  de 
Mefué,  &  ne  different  l'un  de  Vau¬ 
tre  ,  que  de  fort  feu  par  exemple 
en  ce  premier  eji  demandé  ftx  livres 
d'eau  pour  cuire  tous  les  ingrediens 
de  la  decoUion  ,  &  en  ce  dernier  il 
en  eft  demandé  ju/ques  a  douz.e  li¬ 
vres.  Ce  premier  demande  du  fuC- 
cre ,  &  ce  dernier  du  miel,  a  caufe 
du  nom  de  la  compofition  ;  ce  pre¬ 
mier  ne  demande  que  huit  onces  de 
vinaigre  y&  ce  dernier  en-  met  une 
livre  ,  de  plus,  ce  premier  demande 
la  femence  de  Perfil ,  &  ce  dernier 
avec  Chrifiophorus  n  en  font  nulle 
mention  i&pour  le  furplus ,  toutes 
les  autres  dofes  font  conformes  avec 
le  nombre  des  ingrediens.  Il  y  a  des 
petites  raifons  fur  la  diverfité  def- 
dites  dofes  que  je  pafferay.fans  m’y 
arrêter, pour  dire,  que  quiconque  au¬ 
ra  une  de  ces  compofitions  ,fe pourra 
aisément  paffer  de  Vautre  .-neanmoins 
pour  favorifer  les  moins  verfez.  en 
notre  Art>  qui  voudront  preferer  cét 
Oxymel  au  Syrop  de  T.Radicibus,ils 
prendront  garde  que  Bauderon  a  re¬ 
tenu  la  dofe  de  IO.OU  ■  1.  livres  d’eau 
pour  cuire  ii.  onces  de  racines  ou  fe- 
mences ,  &  que  la  proportion  quon 
doit  garder  entre  les  fimples  &  la 
liqueur  pour  les  cuire  nef  point  ob- 
feruée  &  pour  la  quantité  du  miel, 
il  la  laiffe  a  la  direêlion  de  VArti- 
fie.  Pour  donc  abbreger  cette  longue 
coElion,<& proportionner  les  uns  avec 
les  autres ,  il  faut  prendre  les  raci¬ 
nes  â’ache  ,  de  fenouil  ,  de  perfil, 
apre7J.es  auoir  mondées  dedans  & 
dehors  &  pefées ,  celles  de  Brüficus 
&  d’Afferges pelées  &  leur  cœur  ti¬ 
ré  ,  feront  aujji  pefées  &  toutes  inci¬ 
sées  ou  concafiées  ,  dans  4 .  ou  5 . 

livres 


iir 


Des  Syrops 

livres  d^em  pour  le  plus ,  on  leur 
fera  prendre  deux  ébullitions ,  puis 
on  y  jettera  les  femences  concajfées, 
^  à  même  temps  on  renverfera  le 
tout  dans  un  pot  de  terre  bien  cou¬ 
vert  &  fur  les  cendres  chaudes 
par  vint  quatre  heures  feront  infu- 
fées  j  avant  les  couler ,  on  leur  fera, 
prendre  derechef  une  ébullition ,  & 
la  colature  fera  clarifiée  avec  deux 
livres  &  demy  de  beau  miel  vieux 
&  non  aqueux  fur  la  fin  on  y 
ajoutera  dou^J  onces  de  bon  vinai¬ 
gre  blanc. 

Fmhfius  Hure  i.  chap.  de  la 
compofition  des  Jifedicamens  ne  met 
que  deux  livres  de  miel ,  &  Jîx  on¬ 
ces  de  Vinaigre. 


De  Oxjmelle  Scilliûeo  compojîto. 

LOxymel  Scillicic  compofe  >  ou 
diuretic ,  ne  difF.'re  point  du  fùf' 
dit  en  nombre  &  quantité  de  Medi- 
caraentr’,  mais  dii  fèul  vinaigre  Seil- 
litic  J  pour  le  vulgaire ,  ny  auffi  en 
la  méthode  de  le  compofer.  Mainte¬ 
nant  fuivant  nôtre  première  diviiîon, 
aprez  avoir  traitté  des  Syrops  fim- 
ples ,  &  compofe  j  tant  Alexitaires 
que  chauds ,  &  froids  ,  qui  digèrent 
les  humeurs  :  s’enfuit  les  purgatifs,  en 
commençant  par  les  moins  compolèz. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

L  faut  procéder  de  même  en  cet 
Oxymel  Scillitic  ,  quau  precedent 
compofé ,  excepté  qu’il  faut  prendre 
le  vinaigre  fcillitic  au  lieu  du  fimple, 
le  plus  Vieux  fera  le  meilleur  &  le 


purgatifs. 


De  Syrupis  purganribus. 

Syràpus  fionm  Perficorum  incerti 
Aiithoris. 

y:.  Florum  Perficorum  in  menfi 
Martio  colleHorum ,  ac  recextium^ 
lib.duas. 

Macerenturin  aquatepida,  lib.fex 
horis  I  i.fuper  cineres calidosva- 
fe  operculato  :  deinde  femelferue- 
fiant,  &  exprimantur.  Tum  récen¬ 
tes  injiciuntur  &  infunduntur  vt 
fiupra  :  hisque  abjeSü  ,  aliis 
tertio  4.^.6.-/.^.  & fivisnono  fub- 
fiituuntur,  dum  liqmr ,  facultatif 
eorum  plurimum  ebiberit.  In  qui 
facchari  albi  lib. quatuor  dijfolve, 
&  coque  in  fyrupum.  Bilem  & 
aquas  purgat  ,  verrnefque  ene- 
cat ,  ideo  pueris  utilis'. 

PARAPHRASE. 

FOntanon  décrit  un  autre  Syrop 
de  femblable  nom  que  cettuy-cy, 
non  uiîté  que  je  fçache  :  toutesfois 
fi  quelqu’un  s’en  veut  aider  ,  il  le 
pourra  faire  comme  il  enfeigne  en  là 
pratique ,  avec  deux  livres  de  fiic  tiré 
des  Pefches  avant  leur  maturité  >  & 
iceluy  cuit  à  la  moitié ,  &  raffis ,  il 
prendra  la  portion  plus  claire ,  qu’il 
clarifiera  ,  &  aromatizera  de  Santal 
citrin ,  &c  cuit  en  Syrop ,  avec  quan¬ 
tité  lùffilànte  de  Succre ,  &  y  ajoutera 
lurla  fin  ,  trois  onces  de  fiicde  Gre¬ 
nades.  L’Authçur  de  ce  Syrop  nous 
eft  incertain. 


^112, 


Liure  1. 

LE  MELANGE. 

Prenez  la  quantité  Ipecifiée  des 
fleurs  de  Pefchcr  non  eontulès ,  afin 
qu'elles  foient  plus  purgatives  ,  que 
vous  ferez  tremper  avec  l'eau  chau¬ 
de  dix  ou  douze  heures- dans  im  pôt 
de  terre  verniflé  étroit  d'emboucheu- 
re ,  qu'on  couvrira.  Aprez  on  leur 
fera  prendre  fer  le  feu  un  bouillon, 
puis  on  les  exprimera.  Dans  Ja  cola- 
turc  nouvelles  fleurs  s'infiiferont  & 
cuiront  au  même  pot,  comme  dit  eft, 
&  IcEont  ainfi  changées  -  ^lufieurs 
jours  :  car  plus  il  y  aura  d'infiifions, 
de  tant  plus  en  lèra-il  vigoureux.  La 
colatiirc  fera  finalement  clarifiée  ,  & 
coulée  par  le  blanchet  t  puis  avec 
fùccre  fin  le  tout  fera  cuit  en  Sy- 
rop  ,  qu'on  gardera  au  befoin.  Les 
decoéiions  ,  &  infi.ifions  laxati¬ 
ves  non  clarifiées  ,  purgent  plus 
que  celles  qui  font  clarifiées  fur 
le  feu. 

LES  F  ACFLTE  Z. 

Il  purge  les  eaux  &.  la  bile,  tuë 
les  vers  ,  delivre  les  obftruétions 
du  Mefentere  ,  ouvre  les  con- 
diflfs ,  incilè  &  evacuë  les  humeurs 
craflés. 

REMARQ^V  E. 

IL  efl  inconcevable ,  &  du  tout 
mpojjible  'jtiavec  fix  livra, 
d’eau  que  Bauderon  demande  pour 
infiifén  fei.z.e  ou  dixhuit  livres  de 
feurs  de  Eefcher  quelles  puijfent 
j[uffre  pour  attirer  (  quoy  qu  en  di- 
'Hejfa  inf/ijîons  ).  toute  la.  vertu  qui 


Se  B  ton  IL 

efi  contenue  dans  cette  quantité- 
de  fleurs  :  car  plue  la  fubBance  d’un 
fmple  efl  rare  ou  legere  ,  comme 
efl  de  celle-cy.  ,  l’eau  en  attire,  moins 
la  vertu  a  caufe  quelle  efl  beau¬ 
coup  divjfée  ,  ce  qui  ne  ferait  pas 
d’un  autre  flmple  qui  ferait  d’une 
fubflance  denfe  ou  plus  compacte,  ou 
elle  efl  plus  unie  ,  &  ne  fort  en  rien 
de  dire  que  l’eau  a  divers  pores, 
comme  parlent  les  Philofophes ,  que 
quand  il  y  en  a  un  qui  efl  fuffijàm- 
ment  imbu  ,  ou  empreigne  de  la 
vertu  d’un  flmple  ,  celuy  -  la  fem- 
ble  boucher  tous  les  autres  pores, 
&  rend  l’eau  tout  d  fait  incapa¬ 
ble  de  pouvoir  attirer  davantage 
la  vertu  d  un  même  flmple  ,  par 
exemple  ,  il  en  efl  icy  de  même, 
comme  de  l’eau  &  du  Sel ,  ce  pre¬ 
mier  ayant  dijfout  &  ravy  a  foy 
ce  dernier  jufques  d  la  quatrième 
partie ,  ou  un  peu  plus,  de  fon  poids, 
laijfe  comme  on  dit  ajfes^  impropre¬ 
ment  ,  regorger  le  furplus  ,  &  au 
contraire  ,fl  on-luy  donne  d  dsjfois— 
dre  un  autre  fubflance  de  nature 
faline ,  elle  agira  de  nouveau  d  la 
diflolution  d’icelle  en  pareil  poids 
que  de  la  precedente  ,  &  enco- 
res  d’autres  apre\  ,  en  pareil 
poids,.  &c. 

Or  donc  ,  puis-  que  c’efl  un  ar¬ 
rêt  irrevocable  ,  étahly  en  la  na¬ 
ture ,  que  l'art  ne.flauroit  furmon- 
ter  ,  &  qu’il  en  arrive  de  même  en 
toutes  fortes  d’infuflons ,  &  de  dé¬ 
collions  ,  par  ainfl  il  fera  pim  d' 
propos ,  tant  pour  ne  travailler  pas 
en  vain  ,  que  pour  éviter  le  temps 
perdu  ,  les  dépenfes  inutiles  ,  &  Ju- 
perflts'és  &  pour  mietsx  faciliter  le 
pajfage  de  la  vertu  d’un  flmple: 

dans 


Des  Syrop s  purgatifs.  •  itj 


■^am  ii^dêur  ou  l'on  infu  fe  ,  de 
ptoportionner  l'eau  aU'CC  les  fleurs, 
(ÿ-  Us  vertus  d'icelles,  &  de  con- 
caffèr  médiocrement  ces  dernieres 
pour  les  mflufler  ainfi  que  dejfltu ,  & 
de  renouveller  l'influfion  )ufqua  une 
quatrième  flots  tant  feulement ,  & 
de  la  forte  il  y  aura  huit  livres  de 
fleurs  fur  fix  livres  d'eau  ,  contre 
tous  les  préceptes  de  nos  réglés  ge-~ 
nérales ,  &  la  raifon  quitle  veulent 
point ,  que  la  liqueur  dejlinée  pour 
être  empreinte  des  qualiteT^df  ver¬ 
tus  des  fîmples  par  infufion  ou  par 
decoüion  foit  en  moindre  quantité 
que  les  fimples  qui  la  luy  doivent 
communiquer,  le  ne  m’en  exp tique- 
ray  p  ai  d’avantage ,  pour  en  avoir 
ajfe'f  dit  des  l’entrée  de  cette  re¬ 
marque  ,  il  fliffira  que  les  judicieux 
en  notre  profeffion  rn  entendent. 

'  Meflieurs  les  Médecins  de  Lon¬ 
dres  en  Angleterre ,  &  ceux  d'Aus- 
bourg  en  Allemagne  dans  leurs 
Dijpenfaires  ont  bien  jugé  de  cette 
vérité  ,  que  la  quantité  des  fleurs 
excedoit  celle  de  l’eau  en  cette  in¬ 
fufion  ,  puis  qu’ils  l’ont  réduite  a 
la  réitération  de  quatre  d  cinq  fois 
pour  le  pim  j  mais  tout  cela  nefl 
rien  a  mon  égard.  On  dira  comme 
certains  ont  déjà  dit  ,  que  j’entre- 
prens  beaucoup  de  contredire  au 
doêles  écrits  de  tant  de  fameux  & 
célébrés  Médecins  ,  qui  ont  inven¬ 
te  les  compofltions ,  &  de  ceux  qui 
les  ont  approuvées  depuis  tant  de 
fiecles  ,  à  ceux  -  là  je  réponds  ,  que 
lés  frequentes  expériences  que  i’ay 
faites  avec  plaifir  depuis  longues 
années  en  ma  profejfion  ,  m’ont  dé¬ 
couvert  au  vray  ce  que  i'ofe  bien 
mettre  fur  le  papier  ,  fans  toutes^ 


fois  m’en  glorifier  an  préjudice  de 
l'honneur  de  Mejfieurs  les  Méde¬ 
cins  que  j’honore. 


Syrnpüs  Rofatus  folutiuus, 
D.Mef. 

Foliorum  florum  rofarum  palli- 
darum,vel  Damafeenarum  ,feu 
'  Mofchatellarum  ,  ab  odore  Mdf- 
chi  (  quia  purgantiores  )  libras 
fex ,  Macerentur  horis  o£lo  inli.. 
bris  quindecim  Çqu&  caléfafta  ,  in 
VAfe  terreo  vitrato  ,  jiriéti  oris, 
esque  operculato  :  Poflea  colen- 
tur.  Eidem  aqu&  calefaüne  Ro¬ 
farum  recentium  tantundem  im- 
mittitur  ,  &  tandiu  macerentur, 
colentur  ,  jifque  abjeCiis  alia  3. 
4-  5.^.7.  B.^.Jubflituuntur.  Pnir- 
tio  hujm  ajfervari  poteft  in  an- 
num,  in  vafe  vitreo  ,  oleo  afu- 
fo ,  benè  operculato.  Altéra  vero 
p  'ortio  ' ,  cum  pari  pondéré  Saccha- 
ri  albi  coquitur  in  Syrupum.  No- 
ftri  Pharmacopaj  in  libris  fîngu- 
lis  Sacchari ,  infufum  Rhabarba- 
rum ,  cum  Nardo  Indica,  aut  cin- 
namorno  unciarum  duarum  inji- 
ciunt,  ut  fit  magis  cholagogm,  vo- 
cantque  flyrop  Rofat.  folntiu.  cum 
Rhabarbaro.  Poft  rnenflem  vera 
Jextum parvarum  efltvirium,quia 
vis  ejm  purgatrix  evanefeit.  Con- 
flultim  ejfet ,  vtendi  tempore  mif-_ 
cere  Rhabarbanim  ptÿ>  variis  feo- 
pis  :  neque  profeBo  ex  contufis 
rofis ,  neque  ex  earum  fucco ,  per- 
inde  eflicax  fluerit  Syrupus. 

0.^ 


PA 


12-4  Livre  /. 

-  P  Ara  P  H  RAS  B- 

CE  Syrop  fait  de  netjf  ou  dix  in- 
Rifions  eft  furnommé  purgatif, 
à  la  différence  de  celuy  que  nous 
avons  décrit  au  commencement  de 
cette  Sedion  ,  qui  fe  fait  du  Mu- 
charum ,  ou  de  deux  infufions  de  ro- 
fès  ,  beaucoup  moins  purgatif,  que 
cettiiy-cy,  lequel  neantmoins  on  ap¬ 
pelle  fîmplc,  à  la  différence  de  cèluy 
qui  reçoit  de  plus  le  Rheubarbe ,  ou 
TAgaric  ,  ou  lê  Senne.  le  treuverois 
meilleur  qu'ils  y  fii/Tent  ajoü'tez  ;  lors 
qu'on  en  veut  ufèr  ,  &  non  lors 
qu’on  prépare  le  Syrop  pour  le  gar¬ 
der  un  an  :  pour  ce  que  pailé  fix 
mois  ,  la  vertu  purgative  s'exhale, 
&  eft  de  peu  de  vigueur.  Celuy 
qu'op  fait  des  Infùfions  derofes  in¬ 
carnates,  pâles,  &  mufcatelles,  eft  plus 
purgatif  ,  que  celuy  qu'on  fait  du 
fuc  de  Rôles  ,  ou  des  Roiès  con-. 
tufes. 

LE  MELANGE. 

TjRenez  une  partie  de  rôles  pâles, 
J.  ou  Damalcines  fort  odorantes, 
que  mettrez  dans  un  pot  de  terre 
vernifle  étroit  d’emboucheure  ,  en¬ 
tières  &  non  concalïées,  auparavant 
déflorées,  &  liir  icelles  verferez  deux 
parties  &  demie  d’eau  chaude ,  aprez 
on  couvrira  le  pot ,  &  lairra-on  infu- 
fer  environ  huit  heures  ,  les  rofes 
fur  les  cendres  chaudes ,  aprez  on  les 
remettra  avec  le  pot  ,  ou  dans  une 
bafline ,  fur  le  feu  clair ,  &  non  fu¬ 
meux  ,  julques  à  ce  qu’elles  loient 
fort  chaudes,  &  prêtes  à  bouillir,  puis 
on  les  exprimera  avec  une  toile  neuf- 


SeBion  l  L 

ve.  La  éolature  fera  derechef  verlee 
fur  d’autres  rofes  auflî  déflorées ,  en 
pareille  quantité  que  devant  ,  aufli 
raifes  au  même  pot ,  qui  fera  couvert, 

&  s’infuferont  comme  deuant ,  aprez 
on  les  rechauffera  ,  &  exprimera; 
ainlî  continuant  neuf  ou  dix  jours, 
par  chacun  d’iceux  changeant  les 
rofes  comme. dit  eft.  Ceux  qui  vou¬ 
dront  faire  plus  grande  quantité  din- 
fufion,-le  pourront  facilement  faire, 
en  doublant  ou  triplant  les  Rofes ,  & 
l’eau.  On  peut  garder  telles  '  iniài- 
lions  un  an  fauxS  corruption  dan-  des 
phioies  qui  loient  pleines ,  en  y  met¬ 
tant  un  peu  d’huile  d'olive  par  def- 
fus  ,  &  les  bouchant  bien  de  Gofc 
ton  avec  double  papier  ,  afin  que 
l’odeur  &  ■  la  vertu  aérée ,  ne  fe  per¬ 
dent,  Si  on  veut  parachever  le  lyrop, 
il  faut  laiflêr  raffeoir  l'infufion  ,  jul- 
q  -  ’à  ce  qu’elle  '  foit  claire  au  Soleil 
lans  la  clarifier,  aprez  on  y  ajoutera 
femblable  poids  de  feica-e  de  Madere - 
fin  &  net  ou  un  peu  moins  pour  cuire 
le  tout  enfemble  en  lyrop,  qu'on  gar¬ 
dera  au  befoin. 

Ceux  qui  infuferont  deux  onces-  Pu»!’ 
de  fin  Rheubarbe  pour  chacune  li-  /'*"'* 
vre  de  feccre ,  avec  trois  drachmes  de  ” 
canelle,  ou  deux  de  Nard  Indic  avec 
une  portion  de  l’infufion  à  part,l’efpa-  cW*- 
ce  d’une  nuit,  &  au  lyrop  un  peu  plus  ÿiyu, 
cuit  qu’a  l’ordinaire  ,  la  bafline  étant 
hors  du  feu ,  y  ajouteront  la  colature, 
où  expreflîon  du  Rheubarbe ,  feront 
un  fyrop  Cholagogue.  Ceux  qui  au  Vùut 
lieu  du  Rheubarbe  ,  y  infuferont  au-  /'**« 
tant  d' Agaric  trochilqué  &  de  fel 
Gemme.dans  l’inftifion ,  &  au  Syrop 
cuit,  &encores  chaud,  y  ajouteront  ,mi»’ 
l'expreflîon .  d’iceluy  ,  feront  un  ly-  gn- 
rop  rofat  Phlçgmagogue.  Et  ceux 
qui 


Des  Sjrops  purgatifs.  i  i  5 


qui  voudront  avoir  un  Syrop  roiàt 
Vf,  "  laxatif  &  Menelagogue  ,  infufe- 
Mene-  tout  trois  onces  de  Senne  de  Le- 
hgogue.  yant  mondé  »  ôc  demy  once  d’Anis 
concairé  >  en  une  partie  de  Tinfii- 
fiondes  rofes ,  Cir  les  cendres  chau¬ 
des  fix  .  ou  huit  heures  ,  puis  leur 
donneront  un  ou  deux  boüillonSj 
Sc  l'exprimeront  ,  puis  ajoilteront 
au  fyrop  cuit  la  colature  j  qu'ils  fe¬ 
ront  recuire  ■(  s'il  écoit  trop  décuit) 
afin  qu'il  Ce  puillè  garder.  Que  s’ils 
veulent  qu’il  Ipitj  &  Cholagogiie> 
&  Phlegmagogue ,  ils  prendront  une 
once  d’ Agaric  trochifqué  ,  &  au¬ 
tant  de  Rlieubarbe  ,  &  une  drach¬ 
me  de  Nard  Indic  ,  Sc  autant  de 
fel  Gemme ,  qu’ils  infiiferont ,  expri- 
.  meront ,  &  ajouteront  au  fyrop ,  ain- 
fi qu’il  a  été  dit,  ôc  ainfi  auront  ce 
qu'ils  défirent.  Toutesfois  je  treu- 
vc  meilleur  de  les  y  ajoûter  ,  lors 
qu’on  s’en  vftit  fèrvir  ,  félon  plus 
ou  moins  que  la  necelîïté  le  requiert, 
que  de  les  y  mettre  lors  qu’on  le 
préparé  pour  le  garder  long-temps: 
car  en  cela  le  Médecin  doit  plû- 
tcrî-  regarder  au  profit  du  mala¬ 
de  ,  qu'à  la  commodité  de .  l’Apo¬ 
thicaire  ,  pour  ce  qu’il  y  va  de  fon 
honneur. 

ZÆS  FACFLTE  Z. 

Ce  Syrop  ,  s'il  eft  fait  de  rôles 
incarnates  ou  mufquées  ,  purge  les 
humeurs  fereulès  :  fi  on  y  ajou¬ 
te  le  Rheubarbe,,  avec  le  Nard  In¬ 
dic  ,  il  purge  la  bile  i  comu  e  aulîi 
la  pituite  ,  fi  on  y  ajoute  l'Aga¬ 
ric  avec  le  fel  fbffile  ;  &  la  mc- 
lancholk  ,  fi  on  y  ajoute  la  Senné 
avee  la  femence  d’anis ,  &  des  ge- 


rofles  entiers  :  il  corrobore  par  fa 
legere  adftriélion ,  l’eftomach  &  le« 
autres  vifeeres. 

R  E  M  A  R  dV  E. 

L  y  a  encarts  plui  a  corriger  fur 

les  infufions  du  Syrop  rofat ,  qu  en 
celles  du  Syrop  de  fleurs  de  Pef- 
cher  par  ce  quil  efl  moins  pojfl- 
ble  d’attirer  toute  la  vertu  des 
refis  avec  la  quttntité  de  quinze 
livres  d’eau  ,  par  les  raifins  qu& 
je  viens  de  dire  ;  par  ce  que  les 
fleurs  de  chacune  des  infufions  de 
ce  dernier  ne  font  que  la  quatrié~ 
me  partie  de  l'eau  qui  en  doit  ti~ 
rer  les  vertus  ,  &  en  ce  premier, 
il  n'y  entre  que  deux  parties  &  de-  ' 
my  d’eau  fur  uhe  de  rofis  ,  &  fi 
encores  notre  Autheur  a  ajouté  ert 
fa  Paraphrafe  :  ce  Syrop  fait  de 
neuf  ou  dix  injufions  ,  &c\  “Par 
quelle  addrejfe  ,  je  vous  prie ,  ceux 
qui  feront  huit  ,  neuf  ,  ou  dix 
infufions  ,  pourront  attirer  avec 
quin^  livres  d'eau  la  vertu  pur¬ 
gative  de  quarente  huit  ,■  cinquan¬ 
te  quatre  ou  fixante  livres  de  re¬ 
fis  P  les  raifins  cy  -  devant  allé¬ 
guées  en  font  voir  clairement  l’irn- 
poffihilité.  §l^e  fi  cela  était ,  le  Jy- 
rop  rofat  feroit  un  puiffant  purga¬ 
tif,  par  l'exemple  des  Pilules  An¬ 
géliques  fimples  ,  tefquelles  parmy 
quelques  Moines  pafiènt  pour  un  fi¬ 
er  et  particulier,  &  pour  un  excellent 
purgatif,  de  quinz.e  d  vint  grains 
par  dofie  ;  mais  en  cela  ,  ils  ravif- 
fent  la  gloire  qui  en  efl  deuë  au  do- 
lie  Rofenberg  fameux  Medocin  , 
qui  les  décrit  dans  fa  Rhodologia 
livre  i.  chap.  iSf.  qui  ne  font  autre 
Q  i  ch» 


Livre  L  Seâion  1 1, 


1x6 

chofe  que  l' Aloës  fuccotrin  dirent 
dans  le  fuc  de  rofes  ,  &  defeiché 
au  Sdeil  pur  diverfes  fois  :  &  au 
contraire  nous  voyons  que  nôtre 
Syrop  Rofat  ,  fi  exaüement  quil 
fait  compofê  il  ne  purge  que  tres- 
p£u  ;  ce  qui  fait  voir  k  l'oeil,  quune 
partie  des  infafions  font  inutiles  & 
ny  fervent  de  rien  :  voila  pourquoy 
par  les  raifons  déjà  dites  au  pre¬ 
cedent  Syrop  ■  ,  il  efi  de  tres- 
grande  importance  à  ceux  qui  com- 
pofent  les  Médicaments  d’appor¬ 
ter  toute  l’attention  pojfible  de 
leur  ejprit  aux  dijfculteTi  qui  fe 
prefentent  quelques  fois  &  bien  fou- 
vent  dans  les  compofitions ,  pour  évi¬ 
ter  l'embarras  que  les  Autheurs  fans 
y  P  enfer  ont  laiffé  gliffer  dans  les 
dejcriptions  d’icelles,  &  bien  fauvent 
il  ne  faut  fi  étroiSiement  s’attacher 
à  la  lettre  ,  comme  il  y  en  a  qui 
font  inconfideramment  ,  &  quelque¬ 
fois  rnalicieufement  quand  la  chofe 
nous  efi  bien'  connue  ,  eomtne  celle- 
cyi,  qu’il  ne  nous  fait  permis ,  au  con¬ 
traire  ,  c’efi  de  nôtre  devoir  d'y  ap¬ 
porter  nôtre  modération ,  apreTf  en 
auoir  conféré  avec  les  dobtes  &  en- 
tendm  Medeyins.  Il  efi  vray  que  le 
plus  fouvent  ,  beaucoup  de  fautes 
arrivent  aujft  par  l’avarice  des 
Imprimeurs ,  faute  d’avoir  de  bons 
CorreEleurs  ,  qui  entendent  la  Mé¬ 
decine. 

Tour  doncques  modérer  ces  Ion-’ 
gués  &  fuperflu'es  infufions ,  &  en 
tne  retraçant  de  ce  que  ;’ay  dit  en 
la  première  Edition  ,  je  prefcriray 
deux  formules  qui  me  femblent  des 
plus  correbles ,  (jf  les  mieux  propor¬ 
tionnées  ,  que  ’je  connoijfe  ,  &  fans 
difficulté  ,  les  Syrops  en  feront 


beaucoup  meilleurs  qua  l’ordinaire. 
Tour  la  première ,  on  obfervera  la 
■  quantité  de  -l’eau  qui  doit  être 
très  -  pure  comme  de  fontaine  ,  & 
celle  des  rofes  cy-def[m  prefcriptest 
que  l’on  cueilhra  en  un  terns  ferain 
&  non  pluvieux  ,  avant  quelles 
foient  entièrement  efclofes ,  &  que 
le , Soleil  les  ait  échaujjées  ,  éplu¬ 
chées  &  concajfées  quelles  foient, 
quoy  que  Bauderon  deffende  ce  der¬ 
nier  ,  on  les  jettera  foudain  daps  un 
grand  pot  de  terre  vernie  ,  avec 
l’eau  chaude  ,  iceluy  exablement 
couvert  que  rien  ne  refiire  ,  & 
fur  un  feu  lent  feront  tenues  l’elfa- 
ce  de  huit  heures  ,  aprez.  te.  feu  fe¬ 
ra  augmenté  une  demy  heure  du¬ 
rant  ,pui-  l’infufion  repofée  hors  du 
feu ,  fera  coulée  &  fort  exprimée, 
laqueüe  remife  dans  le  pot  avec  pa¬ 
reille  quantité  de  rofes  ,  on  y  pro¬ 
cédera  de  même ,  jufques  a  une  qua¬ 
trième  infufion  tant  feulement ,  &  il 
en  faut  faire  deux  par  jour ,  &  ainfi 
il  y  aura  vint  quatre  livres  de  rofes, 
fur  quinze  livres  d’eau, quantité  fufii- 
fante  &  au  delà ,  pour  faire  un  jyrop 
rofat  folutif  ,  tel  jju’on  le  fiauroit 
fouhaitter. 

Et  ceux  qui  defireront  avoir  un 
Syrop  plus  puijfant  &  plus  métho¬ 
diquement  compop  fe  ferviront  de 
cette  fécondé  formule  ,  &  pren¬ 
dront  une  telle  quantité  de  rofes 
cueillies  df  épluchées  ,  comme  dit 
efi,  le  fuc  diligemment  tiré  &  ropefé 
par  vint  quatre  heures  dans  une 
phiole  qui  fait  pleine  &  bouchée, 
on  en  feparera  la  fecule  ou  mucofité 
par  inclination  ,  &  par  la  colatu- 
re  à  travers  la  chaujfe  à  hipocras, 
&  fur  feize  livres  ,  on  mettra  en 
infu 


Sjrops  purgatifs.  ï  17 


infufià'n  deux  livres  de  fueilles  de 
rofes  cueillies  comme  dejfus  dans  un 
vaijfeau  de  terre,  vitrée  exactement 
bouchée  fur  une  chaleur  modérée 
qu'on  augmentera  fur  la  fin,  tant  que 
la  liqueur  fait  frète  d  bouillir  ;  le 
vaiffeau  tiré  du  feu  ,  &  la  ma¬ 
tière  d  demy  refroidie  ,  la  cola- 
ture  &  l’exfrefrioh  en  fera  faite, 
&  l'infufion  reiterée  trois  \ours  de 
fritte  d  deux  infrfions  far  jour.- 
cela  fait  ,  il  en  faut  f  rendre  Jèi- 
ze  livres ,  &  les  mettre  dans  un 
ailemhic  de  verre  >  les  ]ointures  ca¬ 
lées  iavec  fin  récif  ient  ;  fera  pofi 
dansde  fihle  &  far  un  fetit  de¬ 
gré.^  de  feu  ,  on  en  tirera  la  qua¬ 
trième  fartie  ,  les  dou^e  livres^  re¬ 
flans  i,  les  feces  fifarées ,  avec  fareil 
fpids  de  fuccre  en  foudre  ,  & 
deux  onces  de  beau  miel  feront 
cuits  enfemble  far  fimfle  evafo- 
ration  dans  un  vaiffeau  de  ter¬ 
re  ,  en  confiftence  de  frrof  ,  quon 
ferrera  étant  froid  four  le  befoin. 

Et  comme  le  fîtes  fiuvent  a 
Montfeliers  Meffieurs  les  Méde¬ 
cins  nous  ordonnent  le  fyrof  re¬ 
fit  folutif  comfosé  arvec  Senné ,  & 
aigaric  ,  &  que  nôtre  Parafhra- 
fte  dit  en  fin  mélange  d’infrfer 
ces  deux  derniers  dans  une  far¬ 
tie  de  l'infufion  de  refis  ,  cela 
fi.  devroit  faire  ainfi  -,  mais  far 
ce  que  l'infufion  fi  trouve  beau- 
couf  chargée  de  fleur  ,  je  ferais 
d'avis ,  fans  avoir  égard  a  la  di- 
verfitê  des  fores  qui  font  contenus 
en  Veau ,  de  mettre  à  infufer  fur 
les  cendres  chaudes  far  vint  qua¬ 
tre  heures ,  quatre  once  de  Senné  de 
Eeuant  mondé  ,  avec  deux  drach¬ 
mes.  de  Coriandre  concaffê  ,  dans 


deux  livres  d'eau  de  fontaine  ,  & 
fur  .  la  fin  leur  donner  une  ébulli¬ 
tion  ;  la  .colature  &  l'exfreffion 
faite  fy  voudrois  de  nouveau 
infufer  fix  heures  dtvrant ,  fur  une 
chaleur  lente  &  entretenue  ,  qua¬ 
tre  onces  d' Agaric  récemment  tro- 
chifqué  ;  la  colature  ,  &  l'exfreffion 
derechef  faite  ,  l'infrfion  re^ofie 
fendant  un  jour  ,  &  fefarée  de 
fis  feces  far  la  carte  ,  ou  fafier 
gris ,  fera  evaforée  lentement ,.  & 
réduite  en  confiftence  de  Rob ,  fuü 
afrez  mélée  avec  quarante  huit 
onces  de  Syrof  rofat  folutif,  four 
s'en  fervir  au  befoin.  Et  comme 
je  croy  que  ce  travail  ne  fourroip 
fas  toujours  bien  reuffir ,  farticu- 
lierernent  entre  les  mains  de  ceux' 
qui  n'entendent  foint  ce  qu'on  y 
doit  obferver  ,  je  finiray  cette  for¬ 
mule  en  leur  faveur  ,  &  diray 
qu'au  lieu  de  tenir  ce  frrof  ainfi 
frefaré  dans  leurs  boutiques  y, 
quand  il  leur  fera  frefirit ,  dans 
quelque  remede  magiftral  qu'ils 
fourrant  augmenter  ou  ajouter 
le  Senné  de  la  deçoÜion  de  deux; 
firuf  ules  ,.  &  autant  de  l'Agaric,, 
far  once  de  frrof  Rofàt  folutif &' 
de  la  forte  ils  accomf  liront  l'inten¬ 
tion  du  Médecin. 

Outre  ces  trois  formules  de  fr¬ 
rof  Rofat  furgatif  ,  il  y  en  a  en- 
cores  d'autres  ,  qui  ne  font  foinP 
connues  de  tous  les  Apothicaires ,, 
&  même  des  flus  vfitez  ,  &  cela’, 
frocede  de  leur  négligence  &  ava¬ 
rice  ,  ainfi  que  nous  avons  veu 
de  nôtre  temfs  a  nôtre  grand  re¬ 
gret  confondre  le  frrof  Rofat  fi- 
lutif ,  avec  le  comfosé  de  Senné,. 
.&  Agaric  :  &  ceux  que;  nous 


liS  Livre  L 

n  avons  point  en  ufage  ,  font  com¬ 
me  celHj!  de  lidefué  de  deux  in- 
fufions  appelle  fyrupHS  Muccha- 
rnm  rofarurn  ;  celuy  de  M.onta- 
nm  ,  fyrupus  rofatm  laxatiuus , 
feu  Hellehoratm  ,  autre  du  même 
aiutheur  jyrupm  rofatm  compofi- 
ms  fine  Helleboro  autre  Jyrupm 
rofatm  compofitm  Gt^ercetani  ,  au¬ 
tre  Jyrupm  rofatm  folutiuus  cum 
ityigarico.  Voila  tous  les  plus 
ufitez,  qui  font  décrits  dans  les 
Pharmacopées  -,  IL  y  en  a  d'au¬ 
tres  ,  qui  font  décrits  dans  les  œu¬ 
vres  des  Autheurs  ,  qui  nous  peu¬ 
vent  être  ordonnez.  ,  quil  eji  ne- 
cejfaire  que  l' Apothicaire  fâche  où 
les  trouver. 


Syrupus  Violatus  foluciuus,, 
D.  Mcf. 

Hic  Syrupus  etiam  fit  ex  novem 
infufionibus ,  ut  Rofatus  prafcrip- 
tus  ,  abfque  Rhabarbaro  aut 
Agarico  ,  nifi  utendi  tempore, 
quod  plnrimum  laudo.  Pur  gan¬ 
tier  efi  eo  qui'  fit  è  fucco  vio- 
,  larum.  Bilem  fine  adfiriSHo- 
ne  purgat  ;  affeblibus  calidü  pe- 
Borü,  cordü ,  hepatü,  lienû ,  &c. 
fuccurrit. 

paraphrase. 

CE  Syrop icy  à  Mafcon par  nous 
a  été  ufité  avec  heureux  hiccez; 
il  le  fait  comme  le  precedent  rofàt, 
avec  neuf  inflifions  de  violes  ré¬ 
centes  J  hormis  qu"il  ne  les  faut 
pas  beaucoup  cxprinacr  ,  afin  de 
n’attirer  de  la  partie  herbue  »  cer- 


SeBion  IL 

taine  vilcofité  ,  &  acrimonie  ,  qui 
eft  des  -  agréable ,  &  répugnante  à 
ce  qu’on  prétend.  Il  ne  faut  (  non 
plus  que  les  rofes  )  les  concafler: 
ainfi  ce  fyrop  eft  plus  purgatif,  que 
celuy  qui  eft  fait  du  fuc  des  violes. 
La  quantité  du  liiccrc  &  mélange 
ne  diftèrerit  point  du  rofat  laxatif 
lirtiple  preferit. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  eft  propre  à  la  poitrine  &  aux 
poulmons  mai  dilpolèz  :  il  facili¬ 
te  le  crachat  >  d’autant  qu’il  n’a 
aucune  adftriction  :  &  évacue  la 
bile. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

Auderon  attribué  ce  Syrop  à 
/kfejùé  &  le  compofe  comme  le 
rofat.  Par  la  confrontation  des 
deferiptions  ,  on  peut  juger  ,  que 
c  efi  l'Autheur  de  la  Paraphrafi, 
qui  l'a  en  partie  iuventé  apréf^fiyl- 
vim ,  fur  l' Annotation  qu'il  a  faite 
aux  Syrops  V'iolat,  &  Rofat  de  Me- 
fué.  Il  efi  encore  pim  mal-aifé  d' em¬ 
pêcher  la  corruption  de  l’infufion 
de  celuy-cy ,  laquelle  on  ne  f  aurait 
garder  quatre  jours  ,  fans  une  fen- 
fible  alteration  ,  à  moins  de  faire 
trois  injùfions  par  jour ,  ainfi  que 
fay  fouvent  expérimenté  ,  &  cela 
procédé  d'une  humeur  vifqueufe 
qui  efi  en  la  fleur ,  qui  ne  fie  Jepare 
point  ,  comme  celle  qui  efi  en  la 
Rofe.  '  - 


Syru 


Des  Syrops  purgatifs.  1 2. 9 


Syrupus  de  Pomis  Regis  Sa¬ 
per,  D.  Mef. 

y:.  Succormn  Pomorum  fragran- 
tium,  lih.  très. 

Buglojft,  & 

Borraginis  ,  depuratorum  , 
urtiupj.  lih.  duos. 

Polliculorum  Senn&  mtsndatorum , 
une.  quatuor 

Seminis  Anifi  ,  zinc,  dimidiam 

Croci,drach.duas. 

Sacchari  alhi,  lib.  très. 

FoUiculi  Senna  parum  contriti  cum 
Anifohoris  iq.macerentur  in  fuc~ 
cû}deinde  femel  ,  aut  hüferve- 
fiant  &  colentur.  E.xprejfum  cla¬ 
rifie  atum,  &  colatum  cum  Sac- 
charo  coquaturin  Syrupum.  Cro- 
CHi  autem  panno  hineo  ligatus  in¬ 
ter  coquendum  infiricetur. 

PARAPHRASE. 

CE  Syrop  eft  nommé  du  nom  de 
Sapor ,  Roy  des  Medes  &  Perfes 
qui  fubj ligua  Valenan  Empereur  de 
Rome  J 1  an  aprez  la  nativité  de  nôtre 
Seigneur  le  fus  ~  Chiift  ,  deux  cens 
fôixante ,  pour  lequel  il  fît  compofé. 
De  cecy  on  peur  colliger  ce  Syrop 
avoir  été  composé  long  tems  avant 
le  régné  de  Godcfi'oy  de  Boüilfon, 
qui  conquêta  la  Paleftine,  ludée  & 
Syrie  l'an  mil  nonante-neuf  ,  ''nvi- 
ron  lequel  tems  Mefiié  florilîoit  en 
Damas  ville  de  Syrie.  Quelques-uns 
tiennent  qu’il  vivoit  au  rems  du  Pa¬ 
pe  Adrian  qui  fiiil:  un  peu  aprez ,  cela 
•P -ut  être  qu'il  ait  été  du  tems  de  l’un 
&  de  l  autre.  Il  le  décrit  en  (à  prati¬ 


que  J  au  chap.  de  la  Manie,  &  Me- 
lancholie  fianguine,8c  non  en  Ion  An- 
ddotaire,  La  bafe  eft  le  fiic  de  pom¬ 
mes  odorantes  rois  au  commenec- 
menrjdontilaprisleftxrnom.Les  fîtes 
de  Buglofle ,  &  Borrache  j  y  font  mis 
pour  augmenter  la  vertu  cardiaque  de 
la  bafo  5  &  corriger  la  iîccité  de  la 
melancholic ,  le  Lnné  pour  la  béni¬ 
gnement  purger  :  l’anis  ^  pour  forti¬ 
fier  l’aclion  tardive  du  fonné  >  pour 
confumer  les  vents,  &  incifor  les  ma- 
^  dores  cralïès&  terreftres ,  que  le  fon- 
^^é  purge ,  le  faffran  y  eft  nus  ,  tant 
'pour  la  génération  des  efprits  vitaux 
(  que  la  melancholie  éteint  par  là  froi¬ 
deur  )  que  pour  conduire  la  faculté 
des  fiscs  julqu’au  cœur  ,  le  fiiccre 
pour  la  laveur  ,  &  pour  la  confierva- 
tion  des  autres. 

LE  MELANGE. 

Dans  les  fines  purifiez  an  foleil ,  ou 
fiur  le  feu  ,  on  mettra  les  gouftes  ou 
follicules  de  fienné,&  l’anis  concalTés, 
qui  tremperont  environ  ^  1  heures  en 
un  lieu  chaud  ,  dans  un  pot  de  terre 
vernilîë.  Ceux  qui  n’auront  pas  tant 
,  de  goiilîès  ,  qu’ils  parachèvent  le 
poids ,  des  fieilles  de  fonné  foigneu- 
fiement  mondées  de  leurs  bûches  , 
rerre  ,  pierres  ,  &  pouffiere  qu’on  y 
trouve.  Les  fucilles  pour  être  alfiez 
tenues  &  brifiées ,  n’eft  pas  befoin  de 
les  concadèr.  Le  jour  fiuivant  on  leur 
donnera  deux  ou  trois  bouillons  fiir 
le  fou  claii-  au  même  Pot  >  puis  on 
les  exprimera.  La  colature  fora  pallëe 
à  travers  le  blanehct  deux  ou  trois 
fois,  afin  qu’elle  foit  plus  claire  :  puis 
on  y  ajoutera  le  fiuccre  de  Madè¬ 
re  ,  pour  cuire  le  tout  en  Syrop, 
R  auquel 


13  0  L'mre  1, 

auquel  un  peu  avant  là  cuite  on  trem¬ 
pera  le  noliet  où  le  fafFran  lèra  mis, 
pour  lexprimer  fouvent afin  que  fa 
verni  y  foit  transférée  ;  ainfl  ce  iyrop 
fera  gardé  au  befoin. 

LES  EACVLTE  Z. 

Ce  Syrop  eft  non  fêiilcment  pro¬ 
pre  à  la  manie,  &  a  la  mclancholie  en¬ 
gendrée  de  la  bile  flave  &  adufte  : 
mais  aulîî  à  la  demangeaifon  ,  à  la 
gale,  à  la  lepre  &  aux  autres  maladies 
du  cuir  ,  caufëcs  par  des  humeurs 
adultes. 

remarque. 

Auderon  eft  du  nombre  de  ceux 
qui  aputent  U  [ernênce  d'unis  en 
lu  defeription  de  ce  Syrop  pour  fer- 
i/ir  de  correilif  uux  follicules  de  fen- 
né  cruignunt  les  trenchées  du  ven¬ 
tre,  dequey  JiEefué  (  uvec  ruifon)  ne 
fuit  point  mention  ,  on  pourrait  pojfi- 
ble  dire  que  c’efi  a  cuufe  qu'il  uttri- 
hué  un  peu  plus  de  chuleur  uux  gouf- 
fes  qu  uux  fueilles  de  fenné^pur  uinji 
plufieurs  Autheurs  l'ont  imité  & 
d’uutres  non. 

Pour  promptement  &  méthodi¬ 
quement  procéder  .ù  la  compojîtion 
du  fufdit  Syrop.  Il  faut  incifer  fort 
menu  &  bien  piler  feparément  labu- 
glojfe  &  la  borrache  Jîtot  les  avoir 
cueillie  s, puis  upreT^das  une  bajfine  à 
fonds  large, on  les  mettra  l'une  upref^ 
l'autre  fur  le  feu  &  avec  une  Jpatule 
de  bois  on  les  remuera  pfquà  ce  que 
d’herbe  foit  également  échauffée  &  fa 
vifeofîté  confumée  ;  aprez.  dans  un 
fac  de  'toile  on  en  tirera  le  fuc  a  la 
preffe,&  de  cette  façon  les  fiscs  for- 


SeBion  IL 

tirent  de  leurs  plantes  dépuré z.  fans 
autre  artifice  a  moins  que  les  herbes 
neuffent  été  fuffifamment  chauffées 
&  leur  vifeofîté  bien  digerée  ,  en  ce 
cas  par  une  legert  ébullition  &  par 
la  colature  ils  feront  rendus  propres 
avec  le  fuc  de  pommes  dépuré  pour 
attirer  la  vertu  purgative  des  gouf- 
fes  de  fenné. 

Et  parce  que  tous  les  Syrops  font 
vifqueux  &  cettuy-cy  encore  plus 
que  d'autres  a  raifon  de  la  quantité 
des  fiscs  ou  du  fiuccre  qui  le  cotnpo- 
fient,  qui  efi  la  caufie  qu'une  partie  de 
la  vertu  du  fiaffran  refie  dans  le 
noùet,que  pour  l’éviter  je  fuis  d’avis 
d'incifier  le  fiaffran  &  de  l’infufier 
chaudement  dans  deux  onces  des  fiuf- 
dits  fines,  la  teinture  fieparée  par  in¬ 
clination,  on  y  en  remettra  deux  on¬ 
ces  de  nouveau  pour  en  extraire  l’ en¬ 
tière  vertu  ,  laquelle  teinture  fiera 
ajoutée  au  Syrop  fur  la  fin  de  fia  cuite 
ou  bien  on  y  diffoudra  deux  ficrupu- 
les  d’extrait  de  fiaffran ,  &  pour  le 
fiurplus  on  fuivra  Bauderon. 


Syrupus  Fumariæ  major, D-M. 

Myrobalanor.  citrearum,  & 
Cepularum,  utriufiq.  drach. 
viginti. 

Florum  Borraginis  ,  vel  Buglofiî, 
Violarum, 

Abfinth^  pontici  majoris  ,  fieu  vul- 
-  garis,& 

Cuficuta,fing.  une.  unam. 
ClycyrrhiXjii 
Seminis  Anifî, 

Rofiarum,fing.  une.  dimid. 

Epithymi,  & 

Polipodq  mis  dati,utriufiq. drach. fiept. 


Des  Syrops  purgatifs,  j  5 1 


frmorum ,  numéro  eentum ,  vel  lib. 
femijs-  cum  atiü 

Pajfulartm  exacinatarHm,Uh.femiji. 
Tamarindorum,  & 

Pulpiü  Cajfi£,  fifiuU  ,  utriufq.  une. 
duoi. 

Coquantur  in  libris  decem  aqua  fon- 
tana  ad  tertioi 
Colamra  adde 
Succi  Fumaria  depurati,  & 

Sacchari  albi  >  utriufque  lib.  très, 
fiat  Syrup. 

Dédit  a  opéra  Anifium  addidi  ad  fia~ 
tmm  confumptionem  ,  quod  pra~ 
termifijfie  videtur  Auetor. 

PARAPHRASE. 

CE  Syrop  a  pris  le  nom  de  fa  bafe 
le  lue  de  Fumeterre  ,  la  faculté 
purgative  duquel  eft  augmentée  par 
les  Myrobaknsjainlî  qucMelïié  cnlei- 
gne  au  ch.  de  la  Fumeterre,  du  livre 
des  fimples purgatifs.  Il  eft  llirnom- 
mé  grand.pour  mettre  différence  d’a¬ 
vec  un  autre  de  femblable  nom  moins 
compofé  i  décrit  aufsi  par  Mefué  qui 
n’eft  point  en  ulàge.  Au  lieu  de  cet- 
tuy-cy  nous  ufons  du  fimple  tel  que 
nous  l’auons  décrit  au  rang  des  Sy¬ 
rops  lîraples.  Les  fleurs  y  font  mims 
pour  corriger  la  ficcité ,  &  âpreté  des 
Myrobalans ,  &  pour  la  defenfc  du 
cœur  :  le  Polypode’,  les  Prunes ,  les 
Tamarinds,  la  CalTe»  &  Epithymej  y 
font  mis.  pour  purger  doucement  la 
bile  jaune  &  noire  j  &  le  phlegme  de 
la  ratte  &  du  foye  :  le  Cufcuta  con¬ 
duit  leur  vertu  à  la  ratte  &  la  fortifie: 
commerAbfinthe  &  les  rolcs,le  ven¬ 
tricule  &  le  foye  :  la  reglillè  &  les  rai- 
fins  gras  y  font  mis  pour  deterger  tel¬ 
les  humeurs  &  les  conduire  aux  reins# 


L’anis  y  eft  mis  pour  confumer  les 
vents  ,  que  le  Polypode  &  les  autres 
medicamens  doux  engendrent ,  mê- 
roement  de  ceux  qui  y  font  difpofez. 
Mefoé  au  chap.  du  Polypode  ,  &  ail¬ 
leurs.  Le  fuccre  rend  leur  aétion  meil¬ 
leure  ,  plus  plailànte ,  &les  conlèrve. 
Ceux  qui  auront  en  leurs  boutiques 
ce  Syrop  »  fo  palîèront  de  ccluy  d’E- 
pithyme  ,  &  au  contraire, j’ay  voulu 
neanmoins  icy  inférer  l’un  &  l’autre, 
afin  qu’un  chacun  choifilfe  celuy  des 
deux  qu’il  aimera  le  mieux. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  icy  faire  trois  infufions  di- 
ftinétes  avec  le  lire.  L’une  des  My- 
robolans  mondez  de  leurs  os ,  &  con- 
eaifez  dans  un  petit  pot  de  verre ,  ou 
d’étain  5  ou  de  terre  verniffé  fur  les 
cendres  chaudes  ,  avec  une  partie  du 
foc  de  Fumeterre  j  la  quantité  qu’il 
fora  befoin.  La  focondc  &  troifiéme, 
de  la  Gaffe  &  Tamarinds ,  chacun  à 
part  ,  &  pcfoz  en  plus  grands  poids 
qu’il  n’eft  requis  pour  caufo  du  dé¬ 
chet,  En  ces  deux  ,  peu  de  fuc  fuf- 
fira  ,  car  ce  qu’on  y  met  eft  afin  qu’ils 
palTênt  plus  facilement  par  le  tamis 
renuerfé  :  le  refte  du  fuc  fera  gardé 
pour  l’adjouter  à  la  decoétion  faite 
comme  s’enfiiit. 

Dans  dix  livres  l’eau  ,  on  bouilli¬ 
ra  premièrement  le  Polypode  nettoyé 
&  concalfé ,  pour  ce  qu’il  abonde  en 
humidité  fupetfluë  ,  laquelle  il  perd 
par  une  alfez  longue  decoélion ,  &c 
aprez  la  purgative  fe  manifefte  ,  &C 
non  plutôt  :  contre  l’opinion  d’au¬ 
cuns  ,  qui  eftiment  qu’elle  foit  en  la 
furface  ,  &  défendent  qii’ôn  ne  le 
falfc  bouillir  :  mais  qu’on  l’infïifo 
R.  Z  corn 


Liure  L  SeBion  IL 


comme  on  feroic  du  rheubarbe ,  ou 
autre  femblable  purgatif.  Le  Polypo- 
de  étant  à  demi  cuit ,  on  y  ajoutera 
les  Prunes-fèparées  de  leurs  os  ,  cent 
Prunes  ainfi  i'eparées  de  leurs  os  ne 
pcfent  gueres^plus  ny  moins  que  de 
demi  livre ,  qui  eft  le  poids  requis 
par  quelques-uns  ,  les  raifins  mon¬ 
dez  de  leurs'pepins-j  la  femence  de 
Cufcute  ,  l’Abiînthe  &  la  regliffe 
raclée  &  contufe  ;  finalement  les  rô¬ 
les  ,  l’Epithyme ,  &  fleurs  de  bugloC- 
le  3  ou  bourraches  >  &  violes.  Le  tout 
à  demi  refroidi  lèra  exprimé  3  la  co- 
latLirc  avec,  le  refte  du  fuc  feront 
coulés  par  le  blanchet  3  puis  avec  da 
liiccre  cuits  en  forme  de  Syrop.  Lu- 
rant  la  cuite  d'iceluy  3  on  paflera  la 
Caflè  (  accommodée  comme  avons 
dit^  fur  le  tamis  avec  une  cueillere 
d'argent  ou  fpatule  jde  bois  :  de  mê¬ 
me  les  Tamarinds  (  un  peu  aupara¬ 
vant  pilez  au  mortier  de  marbre  3 
avec  un  pilon  de  bois^  aprez  3  on  ex¬ 
primera  les  Myrobalans  bien  chauf¬ 
fez  llir  les  cendres  3  fans  qu'ils  bouil¬ 
lent.  Le  Syrop  étant  cuit  3  on  y  dé¬ 
trempera  premièrement  les  Tama¬ 
rinds  3  la  baffine  étant  encore  lùr  le 
feu  3  avec  un  pilon  de  bois  3  pource 
qu’ils  endurent  plus  de  decoétion  que 
les  autres  3  puis  la  Cafre3  finalement 
on  y  mettra  la  colature  des  Myro¬ 
balans  3  aiiifî  failânt  la  vertu  purga¬ 
tive  de  ces  trois  ne  fera  pas  perdue. 
Cette  méthode  eft  conform.e  à  la  do¬ 
ctrine  des  anciens  3  &  le  peut  friivre 
en  chef-d'œuvre. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  corrobore  le  ventricule  &  le 
foye  3  ouvre  les  obftruélions  ,  guérit 


les  maladies  du  cuir  ,  qui  naiiïêia 
d'humeurs  làlées  ou  brûlées ,  comme 
le  mai  qu’on  appelle  de  S,  Main,  la  lea 
pre,  l'herpe  &  toute  forte  de  galle. 

REMARQ^VE. 

La  defeription  du  S/rop  de  Eu- 
maria  major  ,  [efi  tellement  dé¬ 
pravée  dans'  les  Antidotaires  de 
differentes  éditions  de  Mefué  quil 
ferait  trop  long  d’en  vouloir  rappor¬ 
ter  par  le  menu  &'  en  partitiulief 
tputes  les  defeéluoftez.  ,je  pàffert^ 
feulement  fuccinUement  fur  celles 
qui  me  paroiffent  les  plus  confdera- 
bles  ,  pour  la  Jktüfaébion  des  cu¬ 
rieux  en  notre  profeffion  ,  ^  peur 
le  foulagement  de  ceux  qui  y  afpi~. 
rent  avec  honneur ,  &  diray  en  pre¬ 
mier , Heu  3  que  le  Mefué  de  Venife 
apud  luntas  de  l’an  1623.  dofe  les 
Myrobalans  par  ana  xx.  &  d’au¬ 
tres  3  efttmme  celuy  de  Valgrifus  par 
ana  ^xx.  Et  an  lit  dans  ce  pre¬ 
mier  forum  Eiolarum  ,  Borraginu 
vel  Bugloffi  Violarum^Abfinthij^&c. 
Et  en  d'autres  ,  forum  Borraginis, 
vel  Bugloffa  ,  Eiolarum  vel  Ab- 
finthij  ,  &c.  Et  encore  en  d’autres 
forum  Borraginis  ,  Bugloffi ,  Eiola¬ 
rum  &  Abfinthij  ,  <!rc.  On  lit  auf- 
fi  dans  ceux  de-  luntas  &  Ealgri- 
fium  Prunorum  numéro  centum , 
Evarum  Paffarum  enucleatarum  li- 
brarn  dimidiam  >  &  en  d’autrès, 
Prunorum  enucleatorUm  ,  Eaffu- 
larum  enucleatarum  ana  lib.  fe- 
mijff.  Eoila  une  difcordance  tres- 
grande ,  qui  caufe  une  confufon  qui 
nef  petite  ,  qu’on  ne  peut  bonne¬ 
ment  comprendre  d’oit  precedent  tels 
changemens  ,  à  moins  que  ce  fait  des 
diver 


Des  Sjrops  purgatifs,  1 3  3 


diverges  verjlons  des  œuvres  de  Me^ 
gué,  &  des  diverges  coppies  manug- 
erites,qHien  avaient  été  faites  avant 
que  V Imprimerie  fut  vfitêe  ;  mais 
encor  es ,  vient  enjititte  ce  qu’on  Ut 
dans  les  cinq  exemplaires  dîjferens 
en  éditions ,  que  fay  en  main ,  Co¬ 
que  in  libris  decem  aqua  ad  libr. 
geptem'  congumptie^nem  ,  quelle  ap¬ 
parence  y  a  t’il  d:e-faire  cuire  en¬ 
viron  57.  onces  d’ ingrédient  idtms- 
10.  livres  d’eau  jugquà  la  confom- 
ption  de  7.  livres ,  &  les  3 .  livres 
re flans  avec  les  ingrédient  feraient 
une  pâte ,  qnon  ne  f  aurait  geparer 
par  la  colature.  Voila  pour quoy  il  y 
faut  procéder  comme  nous  dirons, 
aprei^  avoir  dit  un  mot  en  pafant 
fur  le  Cajgia  fiflula  ,  pour  éviter  la 
chicane  qu’on  pourrait  faire  naître, 
fi  on  prenait  les  mots  de  Cajgta  fi- 
ftula  en  leur  propre  fignification,  il 
faudrait  prendre  deux  onces  de  Gaf¬ 
fe  en  bâton ,  &  les  cuire  avec  les  au¬ 
tres  ingrediens  ;  mais  ce  n’efl  pas 
l’intention  de  l’Autheur ,  quoy  qu’il 
ne  s’en  explique  peint  ,  comme  il 
fait  ailleurs  :  car  ces  deux  onces  ne 
contiendraient  qu’une  demy  once  de 
pulpe  de  Cajge  ,  c’efi  pourquoy  il  la 
faut  tirer  de  la  canne  ,  en  feparer 
le  noyau  &  pefer  avec  fa  filique 
deux  onces  ,  &  autant  de  Tarna- 
rinds  avec  une  livre  de  fuc  de  Fu¬ 
met  erre  dépuré  dans  un  vaijfeau  de 
terre  vernie ,  on  fera  prendre  une 
ébullition  à  ces  deux  derniers-,  aprez. 
on  y  mettra  la  Cage  pour  en  con¬ 
tinuer  l’infiifion  l’eépace  de  fix  heu¬ 
res  fur  une  chaleur  lente  ,  qu’il  fau¬ 
dra  remuer  fouvent  avec  une  Jpatu- 
le  de  bois  ,  afin  que  les  pulpes  fe  dé¬ 
tachent  de  leurs  parties  adhérantes, 


&  fur  la  fin  on  les  chaufera  jugques 
a  ce  quelles  commencent  â bouillir-, 
la  colature ,  &  l’expreffion  forte¬ 
ment  faite,  on  la  clarifiera  par  la  co¬ 
ta  ture  deux  ou  trois  fois  -  reiterée  à 
travers  une  petite  manche  de  toile. 
Cependant  en  fix  livres  d’eau  de 
fontaine  en  fera  cuire  le  Polypode, 
&  les  autres  ingrediens ,  chacun  en 
leur  rang  &  ordre  ,  jugques  à  la 
-^ngàmption  d’un  tiers.  La  colatu¬ 
re  avec  le  guccre  feront  clarifie'^ 
engemble ,  &  pendant  la  cuite  qui 
ge  doit  faire  fur  un  petit  feu ,  en  y 
ajoutera  peu  'â  peu  l’infufion  de  la 
Cage  &  des  Tamarinds.  Voila  le 
modus  faciendi ,  qui  doit  être  pra¬ 
tiqué  ;  &  la  dofe  des  prunes  rédui¬ 
tes  â  demy  livre  ,  &  les  fleurs  de 
bugloge  y  doivent  être  admifes. 


Symptis  de  Epithymo,  D.  MeH  - 

Ofi.  Epitfimi  boni  Cretenfis,drach, 
viginti. 

JHyrobalanorum  Indarum,& 

Citrearum  ,  utriugque  drach 
quindecim. 

Seminum  Cufcuta ,  & 

Fumaria,  utriugque  drach.  de¬ 
cem. 

Thymi, 

Calaminthes. 

Bugloffi, 

Stœchadis, 

GlycyrrhiXy, 

Polypodii  querni, 

Agarici  albi, 

Myrobalanorum  Emblicarum,& 
Bellericarum,  fing.  drach. gex. 
Seminum  Fœniculi ,  & 

Anifi, 


R  }  Roga 


Livre  I,  SeSiion  IL 


1 3  4 

Rofarum  rubrarmn^jtng.drach.duoi 
&  femiji. 

Pruna ,  numéro  viginti. 

Tamarin dorum,  me.  tS-fimifî. 

PaJJularum  mundatar ,  me.  qua¬ 
tuor. 

Sacchari  albi ,  lib.  quatuor. 

Rob  ,  id  efi  Saj>a  vint  albi  optimi, 
lib.  duos. 

Coquantur  ex  arte  in  aqu&  ,  lib.  o6lo 
ad  médias. 

Deinde  remota  ab  igné ,  macerentur 
noEle  una  ;  recalefaüa  expriman- 
tur ,  expreffum  cum  Sapa  &  Sac- 
charo  coquanur  in  Syrupum. 

paraphrase. 

CE  Syrop  à  pris  le  nom  de  ù. 

bafe  l’Epichyme  mis  au  com¬ 
mencement  3  duquel  la  vertu  purga¬ 
tive  foible,  eft  augmentée  par  les 
Myrobalans.Agaric3Polypode3&  Ta- 
marinds ,  la  tardiveté  delquels  eft  ac¬ 
célérée  par  la  tenuité  du  ThyimCala- 
ment  &  Stœchas^  en  ouvrant  les  con¬ 
duits  bouchez  du  foye,  ratte,  &  reins 
en  incilànt ,  &  atténuant  les  matières 
crailès.  Les  Tamarinds,&  Prunes  y 
font  mifes  pour  refrener  Pacrimonie 
de  la  bile  :  le  vin  cuit3&  Raifins  gras 
pour  deterger  &  corriger  la  iîccité 
des  Myrobalans  j  l’Anis  &  Fenouil, 
pour  confumer  les  vents,  Sc  corri¬ 
ger  la  nuilànce  du  Polypode,&  Aga¬ 
ric.  Le  Stœchas  conduit  leur  vertu  au 
foye ,  comme  les  fèmences  de  Fume- 
terre  &  de  Culcute  àla  ratte  :  laRe- 
glifte  aux  reins  ,  aux  poulmons  & 
poiétrine,  le  T.hym,  &  Calamcnc. 
Les  rôles  y  font  mifes  pour  la  de- 
fenfe  dit  ventricule,  les  fleurs ,  ou  ra¬ 
cines  de  Bugloflc  du  cœur  contre  la 


nuilànce  des  purgatifs;  le  fuccre  rend 
leur  aétion  meilleure,  donne  la  la¬ 
veur  ,  &  conlcrve  la  vertu  de  tous 
cnlcmble.  Ce  Syrop  eft  en  partie  alv 
teratif,  &  en  partie  purgatif  du  phler 
gme  làlé ,  &  mclancholic  ,  qu’il  pur¬ 
ge  par  le  liege  ,  &  par  la  voye  de 
Purine. 

LE  MELANGE. 

Dans  huit  livres -d’eau  allez  long- 
tems ,  on  fera  bouillir  le  Polypode 
curieulèment  mondé  &  concafsé,puis 
on  y  mettra  le  Calament  ,les  Icmen- 
ces,  &  les  prunes  incisées.  Vn  peu 
aprez  les  raifins  mondez  de  leurs  pé¬ 
pins  ,  &  la  reglifl'e  raclée ,  &  contu- 
lè  ,  le  Stœchas  ,  &  le  Thym  ,  fina¬ 
lement  PEpithyrne,les  rofes  &  fleurs 
de  Buglolfe ,  aprez  le  tout  fera  expri¬ 
mé.  En  une  partie  de  la  colature, 
on  infufera  les  Myrobalans  mondez 
de  leurs  os  ,  fur  les  cendres  . chaudes, 
comme  nous  avons  dit  au  precedent 
Syrop,  A  part ,  en  une  autre  partie, 
enfemble  infiiferont  PAgaric  troebif 
que  (  pource  qu’il  eft  moins  nuifi- 
bleà  Peftomach)  &  Tamarinds  aufli 
en  un  autre  pot  à  part ,  cominc  dit 
eft.  Le  refte  de  la  decoclion  fera  cou¬ 
lé  par  le  blanchet ,  &  avec  le  fic- 
cre,  cuit  en  Syrop.  Sur  la  fin  de  là 
cuite,  on  y  ajoutera  le  vin  cuir,  puis 
Pexpreflion  des  deux  infiifions  chau¬ 
des  ,  pour  cuire  le  tout  enlèmblc 
derechef  en  confiftance  convenable 
qu’il  le  puilïè  garder  au  belbin  ,  fans 
fe  corrompre.  Ce  Syrop  eft  moins 
delàgreable ,  &  purgatif  que  le  pre¬ 
cedent  de  Fumeterre. 


LES 


Des  SyroPs  purgatifs,  1 3  5 


LES  F  A  cr LTE  Z. 

.  Il  évacue  la  bile  noire  j  &  les  au¬ 
tres  humeurs  brûlées  -,  8c  pour  ce  il 
eftpropre  aux  maladies  qui  en  font 
engendrées ,  comme  la  leprcj  le  can¬ 
cer  ,  les  ulcérés  malins  fiftuleux ,  ôc 
toute  forte  de  galle  rebelle  Sc  ma¬ 
ligne. 

R  E  M  A  R  QJ/  E. 

A  defcripHon  du  Syrop  d‘Epi- 
thyme  nejt  poi  moins  dépravée 
&  corrompue  que  la  precedente ,  & 
cette  vérité  eft  confirmée  par  tou¬ 
tes  les  Pharmacopées  qui  ont  été 
drefsées  avant  l’imprejjïon  des  œu¬ 
vres  de  JlLefué  à  Vinife ,  apud  lun- 
toi  anm  1 6  n .  qui  décrivent  ce  Sy¬ 
rop  ,  nom  donnent  laivraye  deficri- 
ption  d’iceluy  ,  comme  fon .  inven¬ 
teur  Va  pratiquée ,  &  au  contraire, 
ceux  qui  Vont  tirée  de  luntas  an- 
no  1 6  r  J obmettçnt  de  même  que 
luy  les  Myrohalans  Citrins ,  &  les 
Indiens ,  &  au  lieu  que  la  dofe  de 
I  Epithy me  doit  être  de  lo.  drach- 
mes,elle  nefi  dans  ce  dernier  que  de 
quin\e  drachmes ,  0“  dans  V édition 
tnoEavo  de  Venise,  apud  Gregorium 
de  Gregoriis  anno  1513.  on  y  Ut 
Pàfiularum  enucleatarum  drachmas 
quatuor  ,  au  lieu  de  lire  Pajfula- 
rum  enucleatarum  uncias  quatuor, 
& .  dans  tom  les  exemplaires  de 
Mefiué  que  fay  veu  s'efi  glifisé  une 
autre  faute  ,  ou  Von  lit  IJl,.  Epithy- 
mi  boni  hortenfis ,  au  lieu  de  lire 
Epithymi  boni  Cretenfis ,  pour 
■faire  la  différence  du  meilleur  ou 
moindre  ;  car  celuy  de  Crete  efl  de 
beaucoup  préférable  à  celuy  de  Sy- 
Lie  ,  fkivant  Mefiué  chap.  ï6.  des 


medicamens  bénins  ,  qui  efi  le  fiujet 
que  'fay  ajouté  ces  mots  de  boni 
Cretenfis  a  celuy  de  Epithymi  en  la 
deficription  cy-deffm. 

Et  pour  le  modm  faciendi ,  on  y 
procédera  comme  au  Syrop  de  Stœ- 
chade  faifiant  cuire  le  Polypode,  0 
les  autres  ingrediens  qui  ne  font  point 
aromatiques  chacun  en  fon  rang ,  0 
dans  la  colature  fieparée  de  fies  fè¬ 
ces,  on  infufiera  dans  un  vaiffeauclos 
0  bien  couvert, V Epithyme  de  Cre¬ 
te  ,  le  Thym  ,  le  Calament  de  mon¬ 
tagne  (  qui  efl  de  beaucoup  prefera- 
■ble  au /vulgaire  par  les  raifons  que 
nom  dirons  cyaprez.  en  la  remarque 
de  la  Theriaque  )  fleurs  de  Bugloffe, 
Stœchas ,  Rofies ,  Agaric,  0  VAnü 
concafsé ,  0  les  autres  incifèX^fiort 
menu,  0  le  Sapa  fera  ajouté  fur  la 
fin  de  la  cuite  du  Syrop. 


Syrupus  Hydragogus ,  D.  B. 
Baud. 

5^.  Succi  Baccarum  Rhamni  Ca- 
thartici  depurati, 

Sacckari  alhi  ,  ana  lib.  femifi.  co¬ 
que  in  Syrupum  condiendum. 

Cinnamomi ,  0 

Maflicü ,  ana  drach.  duah.  in  no-' 
dulo  ligatis  ,  qui  fiapius  inter 
eequendum  exprimatur  ,  deinde 
reiieiendus. 

PA  RAP  H  RASE. 

L'Aurheur  de  ce  Syrop  eft  M.  B. 

Bauderon  mon  pere ,  lequel  par- 
my  fos  écrits  qu’il  a  elabouré  pour 
mon  (inftriiélion  ,  fait  grand  cas  du 
foccez  qu’il  en  a  eu,  depuis  letems 


1 5  6  Livre  1, 

qu’il  l’a  réduit  en  iifage,  aiiffi  luy  a 
t']l  donné  le  nom  de  ïbn  effet  ^  plu¬ 
tôt  que  de  là  balè  j  poiirc.e  qu’il  éva¬ 
cue  les  eaux  des  Hydropiques  ^  la  pi¬ 
tuite,  &  les  lerofitez  qui  tombent  fur 
les  pieds  ,  &  jambes  des  Caclieéti- 
qiies ,  &  mal  habituez.  La  canelle  y 
cft  mile  pour  corriger  la  nuilànce  de 
la  balè  ,  qui  eft  le  fruit  du  Rham- 
7im  purgatif ,  appellé  de  nos  François 
Nerprun  ,  le  Maftich  pour  fortifier 
reftomach ,  &  le  fiiccre  pour  le  goût, 
la  cofervation  ,  &  rendre  l’action 
meilleure. 

En  Oétobre  il  faut  amaffer  le  fruit 
de  ce  Nerprun ,  qui  eft  noir ,  étant 
meur ,  &  le  concailer  ,  &  laifl'er  en¬ 
viron  quatre  jours  dedans  un  pot  de 
terre  vernilsé ,  en  un  lieu  chaudjtpuis 
l’exprimer  ,  &  le  clarifier  fiir  le  feu. 
La  quantité  requife  ,  avec  femblable 
dofe  de  fuccre  blanc  &  net  fera  cui-  ■ 
te  en  Syrop  :  durant  la  cuite  on  y 
plongera  ion  vent  le  noüet ,  qui  con¬ 
tiendra  la  canelle  concafsée  &,le  Ma¬ 
ftich  de  même  ,  pour  l’exprimer  à 
divcrlès  fois ,  afin  que  leur  vertu  y 
lôit  transférée  ,  puis  le  rejetter ,  & 
lira  meilleur  que  l’y  lailïer  tempé¬ 
rer  toute  l’année. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  évacué'  les  humeurs  ferenfes  des 
Hydropiqiies ,  &  la  pituite  par  les  uri¬ 
nes  :  il  eft  excellent  à  la  cachexie. 
■Voila  pour  les  Syrops,  parlons  main¬ 
tenant  des  Eclegmes. 

REMARQUE. 

GRatianBauderondonne  Vinven- 
tien  du  Sjirop  de  Rhamnue  Cu- 


Seciion  IL 

tharticui  ou  Hydmgogm  a  Bricim 
Bauderon  [on  pere  ,  quoy  quil  n’en 
fait  ny  l'Autheurny  le  correEleur, 
&  que  dans  fa  pratique  tl  nenfaf 
fe  aucune  mention ,  au  préjudice  de 
JïLathiole ,  &  de  Dalechamp  qui  le 
décrivent  dans  leurs  œuvres  long 
tems  avant  Bauderon,  &  'pour  une 
preuve  plus  claire  de  cette  vérité, 
c‘eji  que  ce  Syrop  ne.  fût  ajouté  dans 
fa  Pharmacopée ,  quaprez.  la  qua¬ 
trième  édition  qui  fut  en  1‘ an  1607. 
Et  ce  premier  le  décrit  en  fes  Com¬ 
mentaires  fifr  Diofeoride  ,  au  livre 
premier  chap.  101.  Et  Dalechamp 
en  donne  deux  deferiptions  dans  fon 
hiftoire  des  plantes ,  au  livre  deuTyé- 
me  chapitre  onzième:  La  première 
defeription  efl  la  même  de  Matthio- 
le,  &  la  fécondé  efi  celle  de  nôtre 
Paraphrjafle  5  les  deux  premières 
font  mieux  proportionnées  &  plus 
correBes  à  raifon  du  fie  ,  &  du  fic- 
cre  que  la  dernier e  de  Dalechamp 
avec  celle  de  Bauderon ,  qui  ne  font 
quune  ;  de  là  il  ’nefi pas  difficile  de 
juger  d‘ou  eft-ce  quelle  a  été  prife 
mot  a  mot ,  fins  y  avoir  rien  de 
changé ,  que  le  fuccre  pour  le  miel-, 
Venons  maintenant  au  rnodus  facien- 
di  ,  difons  que  pour  y  procéder 
méthodiquement  ,  il  faut  prendre 
le  fuiB  du  Rhamnus  an  tems  de  fa 
parfaite  maturité  d'un  arbre  quif  en 
aura  porté  quantité ,  qui  fera  fii- 
vant  le  climat  ou  terroir  à  la  fin  du 
mois  d'Aouft  ,  de  Septembre ,  d'O- 
Bobre ,  ou  de  Novembre  ;qu  il  faut 
êcrafer  dans  une  terrine  fur  une 
lente  chaleur ,  pour  rompre  la  vif- 
cofté  du  fie ,  comme  nous  avons  dit 
de  la  Bugloffie  au  Syrôp  de  Pomis 
Sapor ,  duquel  fie  en  prendrez  deux 
livres. 


Des  Loochs. 

livret ,  &  du  fuccre  ,  ou  en  fa  fia-  vant ,  que  couché  à  la  fcnverlè  pour 
ce  du  miel  une  livre  &  demy ,  &  caufc  de  l’Epiglotte ,  qui  inclinant  à 
^uant  au  furflut  procéderez,  fui-  icelle  parc  ,  empêche  le  paflàge  du 
vant  Matthiole  ,  &  vaut  aurez,  un  Looch.  Ea  forme  j  ou  conliftencc 
Syrop  tel  qu'il  faut.  doit  tenir  le  milieu  entre  Syrop  ,  ôc 

-  Opiate ,  afin  qu’il  lèiournc  à  la  bou- 
che  plus  qu’iceluy  ,  &  moins  que 
SECTION  III  cettui-cy  ;  il  fè  peut  adaptec  à  tout 
âge,  lcxe>  &(àilons. 

De  Eclegmatis ,  feu  Ijooch  in  — - - 

De  Eclegmatis  in  fpecie. 


Es  Grecs  appellent  iKxiïixATci,  Sc 
que  les  Latins  nom- 
ment  LinSlum,  3c  nous  luivans  les 
Arabes  Zool>,  Sc  Looch.  C’eft  un  mé¬ 
dicament  propre  &  particulier  à  la 
trachée  artere ,  poulmons ,  Sc  poiétri- 
ne ,  &  non  pour  les  autres  "parties. 
Il  a  été  inventé  des  anciens  pour  di- 
verfes  intentions  :  quelquefois  pour 
incraffer  &  arrêter  les  humeurs  par 
trop  tenues  &  fubriles  ,  qui  y  décou¬ 
lent  ,  &  fe  compolc  de  mecücamens 
adfttingens ,  &  gluans,  ou  vilqueux. 
Par  fois ,  pour  incilèr  &  atténuer  les 
matières-  par  trop  craifes  ,  &  vilqneu- 
Ces  ,  Sc  fe  compolc  de  medicameiis 
aères  &  amers  j  mais  en  moindre 
quantité.  Par  fois  ,  pour  deterger, 
adoucir  ,  Sc  corriger  l’âpreté  &  fic- 
cité  de  l’artere  âpre,  poulmons,  & 
poiéfrine  :  Sc  fc  compofe  de  medi- 
camens  doux  &  gluans  ,  ainfi  que 
nous  verrons  en  parriculier  par  les 
fuivans  Sc  plus  ufitez,  L’ufàge  eft  la 
nuit  &  le  jour ,  Sc  loin  du  repas  ,  en 
le  lailfant  glillèr  bellement ,  &  ne  l’a-  , 
valer  fôudainement ,  afin  que  la  plus 
grande  portion  tombe  en  la  poiêtri- 
nc  &  non  au  ventricule  :  le  malade 
étant  droit  ou  courbé  plutôt  eu  de- 


Eclegma  de  Caulibus ,  D.Gordom. 

Succi  Caulium  depurati  ,  lib. 
unam. 

Sacchari  albi ,  & 

MeUU  deffumati,  utriufque  para 
portions ,  feu  Ub.  dimidiam. 
Coquantur  ad  )uîiam  crajfititm. 
Deinde  adde  Croci  tenuijfmè  tri- 
ti ,  drach.  très. 

Fiat  Eclegma. 

PARAPHRASE. 

CE  Looch  eft  décrit  par  Gor¬ 
don  en  fâ  Ptatique,  particule 
quatre  chapitre  huit  de  la  curation 
de  l'Afthme  ;  lequel  à  l’imitation 
des  Anciens ,  luy  a  imposé  le  nom 
de  là  baie  ,  le  foc  de  choux.  Sa  ver¬ 
tu  incifive ,  &  atténuative  des  ma¬ 
tières  craflês  Sc  vifqpeufos,  eft  au¬ 
gmentée  par  le  faffran  :  la  deterfi- 
ve  par  le  miel  éeumé  ,  Sc  focfcre  fin, 
qui  donnent  corps  au  Looch ,  &  con- 
forvent  fa  vertu  ,  attendant  le  tems 
de  s’en  pouvoir  fervir. 


S  LE 


Livre  L  Seâion  II L 


LE  MELANGE. 

Faites  purifier  premièrement  vô¬ 
tre  fùc  de  choux  domeftiques  au 
Soleil  ou  fur  le  feu  ;  puis  avec  le 
miel  écume ,  &  le  ficcre  fera  cuit 
un  peu  plus  qu’un  Syrop  ,  auquel 
on  détrempera  le  fàfFran  fiibtilement 
pulvérisé ,  la  balline  ôtée  de  deiTus 
le  feu  J  puis  fera  agité  avec  un  pilon 
de  bois ,  jufqu’à  ce  qu’il  foit  froid, 
pour  le  garder  au  beîbin. 

LES  EACVLTEZ. 

11  eft  propre  à  toutes  les  affeôlions 
de  la  poiétrinc,  de  quelque  part  qu’el¬ 
les  procèdent. 

REMARQJE. 

En  cêt  Eclegme  Bauderon  de.. 

mande  amant  de  fuc  que  de 
fuccre  &  de  miel  contre  Vintention 
de  [on  Autheur  ,  qui  met  la  dofe 
dei  deux  derniers  d  la  diferetien  de 
V Article  :  or  donc  pour  tes  propor¬ 
tionner  félon  fArt ,  faut  prendre 
une -livre  du  fuc  de  choux  dépu¬ 
ré  fur  le  feu  &  non  au  Soleil,  & 
trois  quarterons  de  fuccre  &  de 
miel ,  &  les  clarifier  &  cuire  tous 
enfemble  ,  &  le  faffran  y  fera  ajou¬ 
té  en  teinture  (  &  non  en  fub- 
Jlance  )  extraitte  avec  du  fisc  fort 
dépuré ,  autrement' y  étant  en  pou¬ 
dre  ,  quoy  que  leger ,  étant  imbu 
du  Syrop  ny  ayant  point  dé  autres 
poudres ,  il  defeendroit  au  fonds  du 
pot. 


Eclegma  de  Scilla  Empl.  D.  M. 

3^.  Suc  ci  ScilU ,  & 

Mellis  defpumati  ,  utriufque  pares 
portiones. 

Coquantur  fimul  in  Eclegmatis  craf- 
fitudinem ,  &  ufui  reponantur. 

PARAPHRASE. 

L’Autheur  de  ce  Looch ,  eft  Afcle- 
piades  ,  ainfi  que  Gai.  livre  fe- 
ptiéme  des  medicamens  locaux ,  en- 
feigne ,  duquel  M'efiié  l’a  tranferit 
en  fa  diflinélion  cinquième.  La  ba- 
fe  eft  le  fîic  de  S  cilles  ,  dont  il  a  pris 
le  nom  :  fa  vertu  incifiive  ,  atténua¬ 
tive  des  matières  craftès  &  vifqueu- 
fes  eft  fi  grande  qu’elle  n’a  befoin 
d’aide.  ;  la  deterfive  eft  aidée  par  le 
miel  écumé  ;  &  par  le  même ,  fa  fa¬ 
veur  fâcheufe  eft  corrigée  ,  &  fa 
vertu  confèrvée.  La  dofe  eft  de  deux 
drachmes  à  jeun  en  Hyver  ,  pour  les 
vieillards  ,  &  ceux  qui  font  d’une 
complexion  froide ,  &  qui  font  afth- 
matiques  ,  &  qui  ne  .peuvent  refpi- 
rer  qu’avec  grande  peine  &  diflS- 
culté  ,  &  qui  ne  font  point  délicats. 

Aux  délicats  le  precedent  fait  de 
choux  leur  fera  plus  facile  ,  &  gra¬ 
cieux. 

LE  MELANGE. 

■  Pource  qu’en  ce  pars  ,  la  chaleur  M-anh- 
du  Soleil  n’eft  pas  fuffifànte  pour  reAeù- 
ex  traire  le  fiic  des  S  cilles,  (  pour  fûp-  y" 
pléer  le  defaut  )  pour  le  jourd’huy 
on  le  tire  par  la  chaleur  d’un  four, 
ou  des  cendres  chaudes  :  ainfi  prenez 
des 


Des  Loochs. 


des  Scilles  vrayes  iî  faire  fc  peut,  ou 
en  leur  lieu  du  Pancratium  ,  que 
vous  monderez  de  leur  écorce  ex¬ 
terne  J  fîlamens ,  racines  inutiles  j  & 
cœur  J  pour  les  raifons  déclarées  au 
vinaigre  S cillitique,  la  quantité  qu’il 
vous  plairra  :  il  les  faut  couper  avec 
un  couteau  d’ivoire,  ou  d’os, ou  de 
bois  &  non  de  metail,  &  en  rem¬ 
plir  un  pot  de  terre ,  &  le  couvrir 
de  fbn  couvercle  ,  puis  l’enfèvelir 
•dans  les  cendres  chaudes  quelque 
teins  ,  ou  le  mettre  dans  un  four 
chaud  5  aprez  les  exprimer  toutes 
chaudes.  Ainfi  faifànt,  fbrtira  aflèz 
bonne  quantité  de  fuc  ,  lequel  avec 
fèinblable  quantité  de  miel  écumé, 
fera  cuit  à  l’épaiflèur  du  miel ,  qui 
fera  ainfi  garde  au  befôin. 

La  S  cille  mâle  différé  de  la  femel- 
mâle  é  le,  en  ce  qu’elle  eft  un  peu  plus  blan- 
fmelle  che  en  dedans ,  que  la  femelle  ,  & 
7iZîi  Pancratium,  &  en  tout 

■  plus  vigoureufe. 

Le  Looch  de  Scille  composé ,  que 
Mefiié  décrit  pour  l’Afthme ,  n’eft 
en  ufàge  pour  caufe  de  Çan  ingra¬ 
titude,  &  üvciu-  ficheufè ,  joint  auffi 
que  le  fiifdit  fimple  ,  eft  alfez  fitf- 
fifant  à  tout  ce  qu’il  promet  ,  fans 
qu’il  en  faille  rechercha:  ,  &  com- 
pofer  d’autres  plus  forts ,  bc  plus 
ingrats. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  rend  facile  à  l’cxpulfion  la  ma¬ 
tière  craflè ,  lente  &  difficile  à  cui¬ 
re  ,  contenue  es  organes  de  la  refpi- 
ration  ,  &  foulage  la  difficulté  de 
refpircr ,  &  la  douleur  de  côté  qui 
en  font  causées. 


REMARQV  E. 

B  Audenn  nom  a  tronqué  cet  Ecle- 
^gmCytant  en  la  defcription,qu  au 
mélange  quil  en  a  donné ,  en  met¬ 
tant  pareille  quantité  de  fuc  que  de 
miel.  Mefué  demande  de  l’un  &  de 
l'autre ,  lei  partm  qui  font  convena¬ 
bles  pour  le  compofer  :  par  cette  fa¬ 
çon  de  parler, il  faut  entendre, que  la 
quantité  du  fuc  doit  être  pim  grande 
que  celle  du  miel ,  du  moins  de  la 
quatrième  partie ,  autrement  on  rte 
les  fçauroit  couler  ,  fans  en  perdre 
beaucoup,  Ji  le  fuc  nejl  bien  purifié, 
comme  aufii  le  miel,  &  peur  le  fur- 
plm ,  on  y  peut  procéder  fuivant 
Bauderon  pour  l'aprêt  des  Scilles ,  ou 
bien  on  les  fera  cuire  à  t^emy  toutes 
entières  dans  de'J.a  pâte,  &  le  fisper- 
fiu  en  étant  feparé ,  du  bon  on  en  ti¬ 
rera  le  fuc. 


E'cicgma  ex  Pulmonc  vulpis, 
D.  Mef. 

Pulmonis  vulpis  praparati  & 
ficcati 

Succi  Glycyrrhiléji, 

Adianti  albi,  id  efi  Capilli  Véneris, 
Seminum  Fœniculi ,  & 

Anifi,fing.  pares portiones. 
Confies  cum  Saccêiaro,in  aquaPimpi- 
nella  Joluto,  &  coélo  :  vel  cum  fuc- 
co  Myrtino,  ut  valentiîts  roboret- 

FARAPHRASE. 

Efué  décrit  ce  Looch  en  fâ  Pra¬ 
tique  ,  &  non  en  fon  Antido- 
taire ,  au  chapitre  de  la  Phthifie, 
lequel  il  a  emprunté  d’Avicenne  li- 


140  ^  Lhre  1, 

vre  3.  fin  lo.  traitté  5.  chapitre  6. 
ajoutant  feulement:  f  Anis ,  &  leRob 
de  Myrtilles.  '  L’eau  n’e/l  pas  Ipe- 
cifice  par  Avicenne,  &  Mefùé  j  mais 
par  Sylvius.  Il  a  pris  le  nom  de  fà 
baie  le  Poulmon  de  Renard  ,  mis  an 
commencement ,  comme  le  principal 
agent. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  en  premier  lien  pulverilèr 
les  feraences  ,  le  fùc  de  Regliflc ,  & 
Poiilmons  de  Renard  préparez  enlèm- 
ble ,  dans  un  mortier  de  bronze  fort 
lubtilement,  puis  le  Capillus  Vencris, 
ou  en  Ion  lieu  de  Polytric ,  qui  eft 
i’Adianthon  noir ,  curieufement  net¬ 
toyé  ,  &  pilé  en  un  mortier  de  mar¬ 
bre  ,  &  pilon  de  bois.  Aprez  on  y 
ajoutera  les  poudresipuis  avec  un  Sy- 
rop  feit  avec  le  fiiccre  &  eau  de  Pim- 
pinelle  ,  ou  de  Scabieiilè ,  ou  de  pas 
l’Aine , ou  avec  un  Syrop  de  Capillus 
Vencris,  ou  de  Myrtilles,  pour  le  Rob 
Myrtin  ,  s’il  eftqueftion  de  corrobo¬ 
rer  fort,  ou  d’autre  de  fèmblable  fa- 
Culté,on  en  fera  un  Looch  de  moyen¬ 
ne  confiftence ,  qu’on  gardera  au  be- 
foia. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  eft  principalement  propre  à  la 
Phthi/îc  ,  dautant  qu’il  confolidc  les 
vlceres  de  la  poitrine  Sc  du  poulmon. 


Section  11 L 

Four  rdeBion ,  la  préparation  du 
Poulmon  de  Renard ,  &  les  condi¬ 
tions  qu'il  doit  avoir  ,  voyez.  Syl- 
vim  qui  en  traitte  amplement  au 
livre  qu'il  a  fait  de  la  maniéré  de 
bien  choifir  &  préparer  les  médi¬ 
cament  fimples. 


Eclegma  de  Papavere ,  D.Mef 

Seminis  Papaveris  albi ,  drach.. 
vigintiquinque. 

Amygdalarum  dulc.  excorticatar. 

Nucleorum  Pini, 

Gummi  Arabici ,  & 

Tragacanthi, 

Succi  Glycyrrhi\a  ,  Jlng.  '  drach. 
decem. 

Amyli, 

Seminum  Portulaca, 

LaStuca ,  & 

Cydoniorum  ,fing.  drach.  qua¬ 
tuor. 

Croci,  drach.  unam. 

Penidiarum  albarum,  une.  quatuor. 

Syrupi  Papaueris  albi  &  nigri  cutn 
fimine  LaÜuc.  &  Violü  fa£li 
quantum  fujfcit  \  fiat  Eclegma. 

Syrupfu  de  Papavere  fimplex  D.M. 
à  nobis  tranferiptus ,  hu'ius  fiupple- 
bit  vicem  :  prafirtirn  fi  decoElo 
addiderts  fimin.  laSluc.  &  vio- 
larum. 


R  E  M  A  R  QV  E. 


CE  loRch  ne  différé  en  rien  dé 
celuy  de  Mefiué,  que  de  l’eau  de 
Pimpinede ,  ou  de  telle  autre  conve¬ 
nable  d  la  maladie  pour  cuire  le  fuc- 
cre ,  qui  y  en  doit  avoir  trois  parties 
fut  une  des  ingrédient  triturables. 


PARAPHRASE. 

CE  LooCh  a  pris  le  nom  deiâbafè 
le  Syrop  &  la  lèmencé  de  Pavot: 
fa  vertu  incraftànte  eft  augmentée  par 
l’amydon,&  les  gommes  Arabique,. 
Tragacanth,&  les  fèmence-s  de  pour¬ 
pier  ,  de  laicluë,  &  de  coings  .  la  de- 
terfive,  par  les  amandes  douces,  les 
pignons,. 


Des  Loochs,  iai 


pignons  ,  les  Peràdes  ,  &  fùc  de  re- 
glilîe  ,  qui  aiiffi  en  adoucifîànt ,  cor¬ 
rigent  la  lîccité  &  âpreté  de  la  tra¬ 
chée  artere,  &  facilitent  le  fouffle.  Le 
Syrop  de  Pavot  qu’on  préparé  aux 
boutiques,  pourra  foppléer  le  defaut 
de  cettuy-cy ,  qui  provoque  le  fôm- 
meil  ,  &  donnera  le  corps  à  tout 
le  refte.  Pource  fi  on  fè  veut  fervir 
de  ce  Looeh  pour  provoquer  le  fôm- 
jmeil ,  ou  pour  incralîcr  quelque  hu¬ 
meur  fîibtile ,  on  en  pourra  uièr  deux 
heures  aprez  le  fouper ,  environ  de¬ 
mi  once,  ou  une  cueillerée  deux  heu¬ 
res  aprez  dîner.  Pour  les  autres  ma- 
ladics,en  moindre  quantité  &c  loin  du 
repas,pour  caufè  du  ventricule,qui  en 
reçoit  toujours  quelque  portion, quoy 
que  le  malade  falfe. 

LE  MELANGE. 

A  part  il  faut  premièrement  piler 
les  gommes  dans  un  mortier  &  pi¬ 
lon  de  bronze  chaud ,  puis  en  peler  ce 
qu’il  en  faut,  à  caufe  du  dechet.  L’a- 
mydon  fera  pilé  à  part  :  les  amandes 
&  Pignons  mondez  liir  un  papier 
blanc  avec  un  trancher ,  ou  couteau 
de  Cordonnier  feront  incisés ,  puis 
lùbtüisées  au  mortier  avec  l’amydon, 
&  les  Fenides  blanches  bien  feiches. 
Enlèmble  fe  pulverifetont  les  lèmen- 
ces ,  &  le  lïic  de  regliflè.  Le  faffran 
fe  pulverifera  à  part  :  aprez  toutes 
les  poudres  feront  mêlées  au  mortier, 
&  détrempées  avec  le  Syrop  de  Pa¬ 
vot  ,  ce  qu’il  faudra  pour  Iny  donner 
la  forme  convenable ,  qu’on  gardera 
pour  s’en  fèrvir  au  befbin. 


LES  FACrLTE Z. 

Il  aide  à  la  toux  ,  &  à  l’âpreté  du 
gofîer  née  d’une  Huxion  fîibtile  (  que 
le  crachat  liquide  dénoté  :  car  elle  le 
cuit  &  incrafle.^  Il  convient  auffi  aux 
fièvres  ardentes ,  à  la  douleur  de  poi- 
étrine ,  &  àla  pleurefie. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

LEs  exemplaires  de  Mejué  ne 
font  pas  tom  conformes  en  la  de- 
feription  de  l’Eclegme  de  Papave- 
re  ,  ceux  des  années  1513.  1^14. 

1623.  demandent  0,. onces 
de  Fenides ,&  celuy  de  l’an  1541. 
nen  demande  que  quatre  drachmes, 
laubert  en  la  Pharmacopée,  qui  ejl 
dans  fes  œuvres  ,  &  en  la  Françot/è 
feparée  a  fait  la  même  faute  ou  l’ Im¬ 
primeur  en  fin  abfence  ,  d’avoir  'mü 
4.  drachmes  de  Fenides  peur  4.  on¬ 
ces  3  comme  aujfi  il  a  retenu  la  dofe 
de  trois  drachmes  d’amydon  avec  les 
Moines  qui  ont  commenté  Méfié, 
c’efi  à  quoy  il  faut  prendre  garde 
exaélement.  Et  aux  trois  éditions 
de  Bauderonpar  Sauvageon  ^  on  y  a 
obmis  le  fafran ,  que  fay  remis  en  la 
defeription  cy-dejfus- 
Au  lieu  d’acher  les  Pignons, &  les 
amandes  avec  un  couteauyin  les  peut 
pajfer  par  un  tamis  renversé  ,  en 
les  frottant  dejfus ,  paieront  facile¬ 
ment  i  pour  le  fiirplué  faut  précéder 
comme  Bauderon  enfeigne. 


Eclegma  de  Pineis,  D.Mef. 

If.  Carnium  DaBylorum  Cheiron,id 
eft,fulvgrHm,drach.trigintaqui>iq. 

S  3  Nui 


1 42-  Livre  L  SeBton  1  IL 


JSfucleorum  Fini  ,drach.trigwta. 
^mygdalarnm  àulcium  excortica- 
tarum, 

Avdlmarum  ajfatarum, 

Gunimi  Tragacanthi, 

Arahici, 

Glycyrrhi\£, 

Suc  ci  Glycyrrhiz.&, 

Amili, 

Capilli  veneris ,  vel  Polytrichi  (  fi 
veriui  défit,} 

Radie. Ireos,fing.  unc.femift. 

Mellis  Pafiulartm  ,  feu  Sapa  Pajfu- 
larum  idem. 

Biityri  recentis]  & 

Sacchari  albi,fixg.drach.  quatuor 
(  nonuuUi  mendosè  legunt  unciat 
quatuor  ) 

Atnygdalarum  amararum ,  drachm. 

treSi 

Mellis  optimi  defpumati ,  quantum 
fufficit  ,fiat  Looch. 

rPARAPHRASE. 

CE  Looch  J  ou  Eclegtne  a  pris  le 
nom  de  la  bafe  des  Pignons^que 
nous  n’avons  point  mis  au  commen¬ 
cement  J  comme  fait  Mefiié ,  mais  les 
Dattes  ,  pource  que  la  dofè  de  ceux- 
cy  furpafle  celle  de  ceux-là  ,  ftivant 
nôtre  premier  delTèin  ,  à  l’imitation 
d’Andromache  en  fà  Theriaque  j  & 
de  Damocrates.  Les  Dattes  font  icy 
mifes  en  plus  grande  quantité  qu’au¬ 
tre  qui  Ibit  :  pource  qu'elles  font  tres- 
excellentesà  la  poitrine  ,  &  que  par 
leur  adftridion  elles  la  fortifient ,  & 
celle  de  la  balè  par  trop  foible  ,  & 
par  ce  moyen  empêchent  que  les  flu¬ 
xions  3  ou  catarrhes  n’y  tombent.  La 
verm  incralîànte  eft  augmentée  par 
les  gommes ,  &  aroydon  ;  la  deterfo 


vc ,  &  lenitive ,  par  le  miel  éeuméj 
foccre,  beurrej)  miel  Pafsulat  ou  Rob, 
les  amandes  douces  >  &  regliflè ,  qui 
donnent  aufli  la  laveur  &  confcrvent 
le  tout.  La  racine  d’iris ,  le  Capillus 
veneris  ,  &  les  amandes  ameres  ,  y 
font  mis  pour  incifer  j  &  atténuer  les 
matières  cralles  &  vilqueufos  ,  rete¬ 
nues  aux  pouimons ,  &  à  la  poitrine: 
les  Noifettes  au  Avellaines  rôties  que 
les  Grecs  appellent  MTrJoKitpjce,  y  font 
mifes  pourmeurir  les  catarrhes,à  quoy 
elles  font  bonnes.  Diofe.  Quelques- 
uns  (  èc  mal  j^fent  de  Rob  ou  miel 
Palliilat ,  de  beurre ,  &  foccre  de  cha¬ 
cun  4.  onces  pour  4.  drachmes  eiti- 
mans  que  la  faute  prouient  des  Impri¬ 
meurs  ,  qui  ont  pris  5 ,  dragme,  pour 
J  once,  ce  qui  n’eft  pas  vray-lembla- 
le  :  car  telle  dofe  rendroit  ce  Looch 
Calfez  plaifent  de  foy)  fâcheux  &  de- 
iagreablc  >  &  de  moindre  faculté  j  à 
ce  que  luy  attribue  fon  Autheur. 

££  MELANGE. 

Enfemble  il  faut  pulverifer  les  ra¬ 
cines  d’iris  J  &  reglilfe  raclée  &  cou¬ 
pée  par  petits  morceaux  ,  .&c  fuc  de 
reglilfe ,  &  Noifettes  rôties ,  l’amy- 
don  à  part-  Les  gommes  feront  pi¬ 
lées  comme  nous  avons  dit  au  pre¬ 
cedent  Looch  J  puis  on  en  pefera  ce 
qu’il  fendra  ,  &  les  Pignons  recens 
(  Cl  faire  fe  peut  )  finon  une  nuit  en 
eau  tiede ,,  s’infuferont  pour  leur  ôter 
l’acrimonie  acquife  du  tems  ,  &  fe¬ 
ront  feichez  d’un  linge  blanc.  Iceux 
ainfi  accoutrez  avec  les  amandes 
douces  ,  &  ameres  pelées  de  leurs 
pellicules  ,  for  un  papier  blanc  feront 
curieufement  incisées  auec  un  tran- 
chet  de  Cordonnier  (  comme  cy-def- 


Des  Loochs.  145 


fus  nous  avons  dit  )  &  gardées. 
Aprez  on  pilera  dans  le  mortier  de 
marbre  le  Capillus  veneris  bien  net¬ 
toyé  3  puis  on  y  ajoutera  les  Dattes 
bien  nettoyées  j  .dedans  &  dehors, 
qu’on  pilera  exaétement  enlèmble, 
puis  on  y  ajoutera  le  rob  ou  miel  de 
Pallliles ,  ou  au  lieu  d’iceluy  ,  de  leur 
pulpe  autant  qu’il  eft  requis,  puis  on  y 
mettra  les  Pignons  ,  &  amandes  in- 
cifées  (  comme  dit  eft  )  qu’on  aura 
relubtiliïees  avec  l’amydon  &  fuccre 
pilverifèz  ,  &'lcs  poudres  èc  gom¬ 
mes,  comme  il  a  été  dit  au  precedent 
Looch  Aprez  le  beurre ,  finalement 
en  y  ajoutera  du  miel  écumé  à  part, 
&  cuit  autant  qu’il  fera  necelîaire 
pour  luy  donner  forme  convenable. 
Il  vaudroit  mieux  en  faire  moins  & 
Ibuvent  ,  qu’une  fi  grande -quantité, 
poLirce  qu’aprez  fix  mois  il  fe  rancit, 
&  acquiert  une  acrimonie  fachenlè,& 
nuifible  aux  malades ,  encor  qu’on  y 
mette  beaucoup  de  miel. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  convient  à  la  toux  invétérée  ,  à 
la  difficulté  derefpirer,  &àrafthme, 
il  incifè  &  atténué  les  Humeurs  craf- 
fes  de  la  poitrine. 

REMARQVE. '• 

LEs  amandes  douces  &  ameres 
avec  les  noifettes  feront  legere- 
rnent  pelées  &  pafsées  par  un  tamis 
renverfé,enfemhle  les  Lignons,  com¬ 
me  il  a  été  dit  au  Looch  de  Papaue- 
re  ;  Et  quant  aux  Dattes  aprea  les 
avoir  mondez,  dedans  &■  dehors, 
je  les  voudrois  infufer  &  cuire  dans 
une  decoélion  de  Capillaire  ,  comme 


on  les  fait  infufer  &  cuire  dans  le 
vin  blanc  pour  le  Diaphœnic  ,  & 
les  réduire  en  confiflence  convena¬ 
ble  pour  être  mêlées  avec  les  autres 
ingrediens. 

Bauderon  dit  que  ceux  qui  lifent 
Mellis  Pafularum  ,  Butyri  recentjs 
&  Sacchari  albi  fngulorum  uncios 
quatuor,  pour  drachrnas  quatuor  li¬ 
fent  mal ,  &  que  la  faute  provient 
des  Imprimeurs  ,  qui  ont  pris  5, 
drachme ,  pour  once  ,  ce  qui  nefi^ 
pas  vray-femblable  ,  car  telles  dofes 
rendraient  ce  Looch  plaifant  qui  de 
foy  efi  fâcheux  &  defagreable  ,  & 
de  moindre  faculté.  Au  contraire 
je  dis  que  les  remedes  deflinezpour 
la  poitrine  doivent  être  plaifans 
agréables  au  palais  ;  Et  pour  lesfa- 
cultez  il  efi  fort  ajfeuré ,  que  le  mieé 
Pajfulat,le  beurre ,  &  le  fuccre  ,  en 
communiqueront  plus  au  Looch, fi  on 
y  en  met  quatre  onces  de  chacun, que 
ne  fiauroient  faire  une  plus  grande 
quantité  de  miel  defiumé  qu’il  y 
faudrait  mettre  en  leur  place  pour 
donner  la  confiflence  aux  medica- 
mens  triturables,fi  on  n’y  en  mettait 
qu’une  demi  once  de  chacun  de  ces 
treis,par  ainfi,il  fufiira  d’une  moin¬ 
dre  &  plus  petite  quantité  de  miel 
delfumé  pour  incorporer  le  tout-, 
que  fi  on  veut  encores  réduire  les 
quatre  onces  de  fuccre  en  Syrop  il 
faudra  moins  de  miel. 


Eclegma  Sanum  experttim,. 
D.  Mei: 

Vvarum  Pajfarum  ub  arillis 
purgatarum, 

Ficmm  recens  ftccarum,  _ 


144  Lime  1,  SeBion  11 L 


Daüylorum  fînguium ,  fingul.  me. 
duos. 

iujuharum,  & 

Sebefiem  ,  utriufque  numéro  tri- 
ginta, 

Seminum  Fœnugr&ci,  drachm.  quin^ 
que. 

Lini, 

Anifi, 

Fœniculi,  * 

çHorum  trinm  non- 
I  nulli  codices  ha~ 

Hypfi  fcc,  I 

.  J  femilfem  &  non 
Cmnamomt,  < 

I V  unctii,  lemillem. 
OyyrrU^,  I 

1  ego  codicem  un- 
tiquurn. 

Cal amin  thés ,  & 

Jreos,fing.  unc.dimid. 

Capilli  veneris,  manip.  urntm. 
Coquantur  omnia  in  Ub. quatuor aqua 
ad  médias.  Colatum  coque  cum 
Penidiarum ,  lib.  duabus  ,  ad  mellü 
crajfitudinem  ;  tune  adde  fequent. 
pulverata 

Pineorum  reeentium  depellato-^ 
rum,  drach.  quinque: 
Amygdalarum  dulc.  à  cortice  mun~ 
datarum , 

Glycyrrhil^a  mandata 
Gummi  Tragacanthi,  & , 

Arabici,  & 

Amyli,Jîng.  drach.  très, 
RadicisAreos,  drach. duastjiat  Ecleg, 

PARAPHRASE. 

CE  Looch  a  pris  le  nom  de  fa  ver¬ 
tu  ,  par  l'experiencc  que  fon  Au- 
theiir  Mefné  ,  &  depuis  plu:fienrs  en 
ont  faite.  Il  tient  le  milieu  entre  ce- 
luy  de  Pignons  &  de  Scille ,  car  il  in- 


cilè,  attenuëj  &  deterge  plus  que  luy» 
8c  eft  moins  defagrcable  que  cettuy- 
cy.  Il  eft  nuifible  aux  bilieux  en  Etc, 
'&  à  ceux  qui  ont  la  fièvre.  La  balè 
eft  triple  :  l’une  incilîve  &  atténuative 
des  matières  craftès  &  gluantes  :  l’au¬ 
tre  eft  deterfive  :  la  troifiéme  incirat 
iànte  des  matières  trop  fubtiles. 

LE  MELANGE. 

Premièrement  faut  faire  la  poudre 
comme  s’enfuie.  Les  racines  d’Jris, 
&  de  regliflè  lèront  pulverifées  en- 
fèmble ,  8c  tamilees  fubtilement ,  l’a- 
mydon  à  part,  enlèmble  les  gommes, 
avant  qu’être  pefées  (  comme  il  a  été 
déclaré  au  Looch  de  Pavot  )  les  Pi¬ 
gnons  ,  &  amandes  lèront  auffi  inci- 
fées  lîir  le  papier  blanc  avec  le  tran- 
chet  d’un  Cordonnier ,  puis  rclùbtili- 
fées  au  mortier  avec  l’amydon ,  les 
gommes  8c  racines  :  ainfi  feront  gar¬ 
dées  pour  les  mêler  au  lùivant  Syrop, 
fait  comme  s’enfuit. 

En  quatre  livres  d’eau  il  finit  pre¬ 
mièrement  cuire  la  racine  d’iris  cou¬ 
pée  en  roiielles ,  ou  concalfée.  Icelle 
à  demi  cuite  on  y  mettra  les  lèmen- 
ces  ,  8c  Calament  ;  un  peu  aprez  tous 
les  fruits ,  &  la  regliffe  raclçe  &  con- 
tufe  j  un  peu  aprez  l’HylIb^,  &  Ca- 
pillus  veneris  ,  finalemenifla  canelle, 
(beaucoup  meilleure  que  l’Efcaviflbn, 
prilè  d’aucuns  pour  la  Cafte  aromati¬ 
que  )  pource  qu’elle  n’endure  deco- 
âion.  Cela  fait  on  lairra  refroidir  la 
baflîne  ,  étant  couverte  d’une  double 
toile.  Etant  à  demi  refroidie,  parla 
même  toile  le  tout  lèra  exprimé,  &  la 
colaturc  clarifiée  avec  aubins  d’œufs, 
&  coulée  à  travers  le  blanchet  :  icelle 
^vec  les  Penides  on  cuira  en  Syrop, 
ou 


^es  Loochs, 


eu  un  peu  plus  3  là  bafline  ôtée  de 
deflus  le  feu  peu  à  peu  on  y  dillôu- 
dra  les  poudres  préparées  exprez 
avec  un  pilon  de  bois  3  duquel  di¬ 
ligemment  le  tout  fera  agité  ,  jiifqul 
ce  qu'il  foit  bien  blanc  3  il  vaut  mieux 
en  dilpenfer  peu  3  &  fôuvent  3  que 
beaucoup  3  pour  les  raifons  dites  au 
Looch  precedent.  Tous  les  prece¬ 
dents  Loochs  3  ont  été  plus  ufitez 
pour  le  palfé  3  qu'ils  ne  font  au- 
jourd'huy. 

L£S  F ACFLTEZ. 

Il  foulage  la  toux  3  &  l’afperité  de 
goficr  caulëe  de  froid  3  &  incilè  auflî 
les  humeurs  cralîês  du  thorax  3  &  du 
poulmon. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

IÉ  treuve  grande  dijference  aux 
dofef  de  la  deferiftion  de  cet 
Eclegme  ,  entre  les  exemplaires  de 
Mefuê  3  des  années  1 5  4 1  1613. 

dans  ceux-cy  on  lit  Hyjfopi  Sicca, 
Cinnamomi  &  Uquiritia  ana  drach. 
femifî.  comme  il  a  été  cy  -  devant 
dit  3  ^  dans  ceux  des  années  1313. 

^  1514-  E^jjfopi  ficca  ,  &c.  ana 
une.  femifî.  ces  derniers  font  con~ 
firmex.  par  les  Moines  ,  loubert, 
les  Médecins  d’ Ausbourg^  par  ceux 
f  Angleterre ,  par  le  Luminare  ma- 
ius.  &  par  nôtre  Autheur  ,  tous 
lefquels  ont  obfervé  la  vraye  def- 
cription.  Et  quant  au  rmduifacien- 
di  ,  quatre  livres  d'eau  ne  fçauroient 
fuffire  pour  faire  cuire  les  ingre- 
diens  qui  le  compofent ,  quoy  qu'ils 
ue  pefent  qu  environ  de  treiz.e  on- 
,  non  pas  qu'ils  foient 


ï  45 

de  Imgue  &  de  dijfcUe  coÜion,mais 
parer  qu’il  y  en  a  qui  abforbenit 
quantité  de  liqueur  ,  &  d'autrei 
qui  rendent  la  decoEbion  fort  vif 
queufe ,  confderé  en  atttre,qu'il  nem 
eji  pas  icy  comme  dé  un  Syrop ,  que  la 
decoUion  en  contient  toutes  les  prin¬ 
cipales  vertus  :  mais  il  y  a  des  pou¬ 
dres  qui  fuppléent  à  la  foiblejfe  d’i¬ 
celle,  &  par  cette  raifon  il  faut  cui¬ 
re  en  cinq  livres  d’eau  chacun  en  fon 
rang  la  racine  d’iris ,  les  fruits,  les 
femences ,  la  reglijfe  ,  le  Capillaire, 
à  la  confomption  d’un  tiers  ;  la  colai- 
ture  faite  ,  les  fe ces  feparées  ,  fera 
cuite  en  Syrop  avec  les  Penides  ,& 
on  y  ajoutera  fur  la  fin  l’infufion  de 
l'Hyjfope  exactement  faite,enfemble 
-  de  la  cane  lie, &  du  Calament  de  mon- 
'■  tagne,dans  laquelle  on  aura  dijfout 
les  Pignons  &  les  amandes  pilées 
fubtilement  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  &  pafsées  par  un  linge  ,  &. fina¬ 
lement  le  poudre. 

■i^-  -KK-  -m-  -m-  -m-  -m-  -m- 

SECTION  IV. 

De  Pul-verihm  Aromaticü 
EleBuariomm  ingenere. 

N  cette  Seétion  nous  avons 

délibéré  de  feulement  traittec 
des  poudres  aromatiques  ,  dont  les 
Eleetnaires  font  compofez..  Pource 
il  faut  que  l'Apothicaire  l'çache  pour- 
quoy  elles  ont  été  inventées3  &  pour- 
quoy  plutôt  de  medicamens  aro- 
inatics ,  que  d'autres  3  &  d’où  eft  ve¬ 
nu  le  nom  d’EleEtuaire. 

Les  Poudres  fe  font  par  trimra- 
tion  3  qui  n’eft  autre  choie  qu'une 
T  co* 


Selon 
hs  pttr- 
tiesjliett 
^  intt- 
iion  di- 
verfe, 
les  pou¬ 
dres  doi¬ 
ves  é:re 
plue  ou. 
moins 
fubti- 
Iss. 


Livre  1.  Seâton  IV. 


14^ 

convenable  comminution  des  tnedi- 
camens  faite  en  friant  ,  on  en  fra- 
pant  dans  un  mortier  de  fer  ou  de 
bronze  avec  un  pilon  de  même  ma¬ 
tière  ou  de  marbre  ou  de  pierre ,  ou 
de  bois  ,  ou  iûr  un  porphyre  j,  avec 
une  petite  meule  ,  &  c"tft  pour  (qua¬ 
tre  railbns  principales. 

La  première  ,  afin  que  par  nô¬ 
tre  chaleur  naturelle  ils  fôient  plus 
facilement  réduits  de  puiiTance  eii. 
àêlion  5  foit  chauds  >  froids fècsr 
ou  huiuides. 

La  féconde  ,  afin  de  les  mêler 
plus  commodément  enfemble  &  que 
mutuellement  agillànt  l’un  contre 
l’autre  ,  en  refulte  une  faculté  con¬ 
venable  à  nos  deilcins. 

La  troifîéme  ,  afin  de  feparer  la 
vertu  contraire  ,  &  retenir  celle  qui 
convient  à  nôtre  intention  :  com- 
fne'^  le  Cumin  ,  Afarum  ,  rheubar- 
be  &:c.  grollkrement  pulverifez  l⬠
chent  le  ventre ,  &  fubtilement  pro¬ 
voquent  les  urines ,  Gai.  au  e,.  de  la 

La  quatrième  ,  afin  de  corriger 
leur  nuifance  ,  tels  font  les  acres  : 
car  plus  ils  font,  grollîers ,  dautant 
plus  font-, ils  nuilîbles  au  ventricule, 
inteftins,  &c. 

Or  eA-il  ,  que  les  poudres  fui-- 
■  vantes  ,  toutes  ne  fè  doivent  pas 
pulverifer  ,  &  tamifèr  de  même  :  car 
celles  qui  font  deftinées  pour  le  ven¬ 
tricule  ,  ou  pour  les  inteftins ,  ou 
pour  Gonfumer  les  vents ,  ou  pour 
boucher  les  conduits  par  tiop  ou¬ 
verts ,  ou  defquelles  on  craint  que. 
la  vertu  aérée  &  fùperficielle  ne. 
fè  perde  :  ne  doivent  être  fit  fubti- 
les  ,  que  fi  c’étoit  pour  le  foye,. 
tatte  )  reins ,  vcflîe ,  ôc  mattrice  :  ou 


qu’on  voulut  qu’elles  fulTent  tôt  fer-  ' 
mentées  :  ou  pour  ouvrir  les  con¬ 
duits  bouchez  &  palier  à  travers 
les  étroits  :  ou  que  ce  fut  pour  in- 
eifer, atténuer  ,  &  deterger  quelque 
matière  crafîè  ,  Ôc  vilqueufe.  Enr 
eore  plus  fubtdcs  doivent  être  cel¬ 
les  qui  font  deftinées  pour  les  poul¬ 
inons  ,  poitrine  j  trachée-artere,  cœur 
&  jointures  :  car  dautant  plus  que 
les  parties  font  éloignées  du  ven¬ 
tricule  (  qui  eft  le  premier  recevant) 
de  tant  plus  doivent-elles  être  fub- 
tiles  :  mêmement  fi  ce  font  pierre¬ 
ries  ,  Corail ,  Perles  ,  &  les  fembla- 
bles  ,  qui  pour  leur  grauité  demeu¬ 
rent  au  fonds  du  ventricule  ,  ôc  ne 
fe  diftribuent  point ,  ou  fort  peu.  le 
laifte  celles  ^ui  font  pour  les  yeux, 
qui  doivent  être  tres-fubtiles  ,  à  cau- 
fe  du  fentiment  exquis  .de  la  mem¬ 
brane  adnate  ou  conjoniftive.  Gai. 
en  plufîcurs  lieux  des  livres  des  me- 
dicamens  locaux. 

L’ordre  que  doit  garder  l’Apo¬ 
thicaire  en  la  trituration  eft  enfei- 
gné  par  Mefîié  au  dernier  chapitre 
du  fécond  Theorcme  ,  ôc  ample-  ■ 
ment  aprez  luy  par  Sylvius  ,  au  li¬ 
vre  1.  de  fa  pharmacopée  chap.  de 
la  Trituration  ,  là  il  pourra  recourir, 
ôi  apprendre  tout  ce  qu’il  en  doit 
fçavoir. 

Ces  Poudres  font  compofees  de  pour- 
medicamens  aromatics  plutôt  que  f»"; 
d’autres  ,  pource  que  letir  bonne 
odeur,  eft  perfeverante  ,  &  plus  con- 
venable  pour  corroborer  les  vifeeres 
^  pour  lefquels  elles  ont  été  principa-  arome- 
lement  inventées  ,  ôc  pour  la  ge- 
neratipn  des  efprits  animaux  ,  vi-  ’ 
taux  i  'Ôc  naturels  ,  que  les  au-  dau- 
très  médicaments  non  aronCvi«.  très  » 


Des  Foudres  Aromatiques.  1 47 


Quels  ils  font  Diofcoride  Tenfeig- 
ne  au  premier  livre  de  la  matière 
médicinale ,  &  aprez  liry  les  Aucheurs 
de  ces  poudres. 

Elles  font  la  matière  des  Eledtuai- 
fes  folides  ,  &  mois  ,  alteratifs  ,  & 
alexitaircs,  Quoy  que  le  nom  à‘E- 
le^iuaire  félon  fa  hgnifieation  ,  ü 
puillè  adapter  à  tout  médicament 
interne  ,  pource  qu’ils  font  choifis 
plus  cnrieulèment ,  que  pour  les  ex¬ 
ternes,  Si  eft-ce  que  par  excellen¬ 
ce  il  convient  ,  &  fe  prend  feule¬ 
ment  pour  les  poudres  aromatiques, 
alexicaires  ,  alteratives  ,  &  purga- 
tiuesjdont  font  compofoz  les  An¬ 
tidotes  ,  ou  Eleéluaircs  folides  & 
mois  j  ainiî  qu’amplement  en  la  pre- 
fènte ,  &  foivantc  Sedtion  il  fera  dé¬ 
clare. 

ejueUe  Touchant  la  dofo  des  poudres 
pour  les  Eleduaires  qu’il  faut  ob- 
ctnvtet  Icrver  en  chacune  livre  de  foccre ,  ou 
Attique  C  au  lieu  duquel  nous 
livre  de  thons  de  ccluy  qu’on  apporte  de  Lan- 
fucere  guedoc  ,  ou  de  Pîouence  )  il  faut 
^  7Ôh  ^  faveur  plaifonte 

dres  ingrate  ,  Hc  au  palais  des  mala- 

romati-  des  ,  ou  que  la  necefljté  grande  le 
quesaus  requiert  (  comme  à  la  perte  ou  inor- 
éleSu/ii  fure  piqueure  des  bêtes  veni- 
7rèmie-  •  )  Car  il  n’y  a  doute ,  que  tant 

refro-  P^tis  grande  fera  ladofede  lapou- 
prt'm  dre ,  &  moindre  celle  du  fuccte  ,  de 
5«e  l’en  tant  plus  fera  vigoureux  l’Eleduaire. 
der^Mx  l’ufoge  à  retenu  ùn  moyen  ,  à 

fieâ/ai  .^Ç^t^oir  que  celles  qui  de  foy  font 
reî<ie/«'plaifantes  au  palaîs,  comme  les pou- 
ffdre  dres  digeftives  qu’on  iife  devant  &' 
repas ,  ou  qu’on  dilîbut  en 
quelque  liqueur  ,  ou  bouillon  des 
malades  ,  on  y  met  une  once  &  de¬ 
mie  pour  livre  de  fuccre,  qui  re¬ 


vient  à  une  drachme  de  poudre, 
pour  chacune  once  de  fuccre.  Des 
autres  qui  ne  font  fi  plaifmtes  ,  & 
qui  font  dertinées  aux  parties  princi¬ 
pales  ,&  vifoeres  ,  il  furtit  d’une  on¬ 
ce  de  poudre ,  qui  revient  à  deux 
fcmpules  pour  chacune  once  de  fuc¬ 
cre.  De  celles  qui  font  fort  ingrat- 
tes ,  ou  quaild  les  malades  /ont  fort 
délicats  ,  il  furtit  de  quatre ,  ou  lîx 
drachmes.  De  la  quantité  requife  aux 
Eleéluaires  mois ,  alteratifs ,  purga¬ 
tifs  ,  ou  alexitaircs  ,  nous  le  décla¬ 
rerons  en  leur  lieu.  De  fçavoir  l’u- 
foge  des  Eleéhiaires ,  il  appartient 
au  Médecin  ,  &  non  à  l’Apothicai¬ 
re.  La  forme  ou  figure  foit  oblon- 
gue ,  ronde,  ou  quarrée  ,  ou  eh  lo- 
zenge  ,  fera  lafsée  à  la  diferetion' 
de  celuy  qui  le  compofe  ,  attendu 
que  cela  ne  diminue  ny  augmente  la 
vertu  de  la  compo/ition. 


De  Pulveribus  aromaticis 
Elecluariorum  ia 
fpecie. 

Piilvis  aromatic.  Caryo^hyllatty 
DMef. 


Ceiryophyllomm  ,  drachm.fe- 
ftem. 

Rafarum  rubrarum,  ah  mguib.  mm- 
datar.  mc.femifî. 

Glycj/rrhiT^  raf<t ,  &  mviuitim  con- 
ci/a, 

Trochife.  Gallia  mofchata,umufque 
drdch.  duM. 

Jtiacif, 

Zedoaria, 

Galanga  minoris, 

T  ^  Sm 


T  a 


1 4^  L  SeBion  1 V. 


Santdi  citrinL 
Trochifc.  Diarhedaff. 

Ci'naamomi, 

Ligni  Aloés, 

Spictn  Nardi, 

Piperis  longi. 

Ambre,  cineritie,  & 

Heyl  id  efi  Cardamomi  ma]ork,  Jîn- 
gul.  drach.  unam. 

Folij  Indi  ,  feu  Malabathri  Greco^ 

Cubebarum ,  utriufq.fcrup.  duos, 
JlFofihi  Orientalis  ,  fcrup.  dimi- 
dium. 

Fiat  pulvü 

Syrupi  de  Citreo  quantum  fujficit,fi 
Elebïuarium  molle  compojîturtu  es. 
Si  folidum  ,  Sacchari  aqua  Rofarum 
fiillatitia  folmi  quant,  [ujf.  fiat 
■  EleÜuarium  in  Rhombos. 

^  A  RA  P  H  RA  SE. 

L'Autheur  de  cette  poudre  eft  Me- 
fué  par  luy-décrite  en  la  premiè¬ 
re  partie  ,  diftinétion  première  de 
fbn  Antidotaîre.  Le  nom  provient 
des  drogues  Aromatiques  j  dont  el¬ 
le  eft  compofée  3  le  liirnom  de  fa 
bafe  3  les  gerofles  mis  au  commen¬ 
cement  3  &  en  plus  grande  quanti¬ 
té  qu'autre  qui  y  fçit.  La  chaleur  d’i- 
ceux  eft  modérée  par  lés  rôles  :  leur 
ftccité  3  par  la  reglifte  ;  leur  tenuité 
par  1  adftriéèion  du  Nard  indique3 
Santal  3  &  Trochifc.  Diarhoddn:  la 
canede  y  eft  mife  pour  reiîfter  à  'la 
pourriture  des  humeurs  qui  lont  au 
ventricule  :  le  poivre  3  ôc  Cardamo¬ 
me  3  pour  conliimer  les  vents  qui  y 
(ont  éç  aux  intcftins  :  leMaftich3  Ga- 
langa  &  Macis  3  pour  corroborer  le 
ventricule  :  les  Tfocliilques  de  Gallia 


mofchatajle  Mufc  &  Ambre,Ie  cœur» 
cerveau  ôc  matrice  :  le  Folium  ,  Li~ 
gnum  Alo'és  ,  6c  Zedoaire  y  aident 
beaucoup  :  le  Santal  3  ôc  Nard  for¬ 
tifient  le  foye. 

Le  ^crofîe  eft  la  fieiir  ôc  non  le  Lege, 
fruit  d  un  arbre  defteiehé  qui  croît 
aux  Iles  Moluques  :  qui  en  voudra  , 
fjavoir  davantage  3  qu'il  lile  Garcia 
du  lardin  qui  a  pratiqué  aux  Indes  fruiB 
Orientales  trente  ans  3  au  livre  qu'il 
a  compofé  drogues  aromati- 
ques. 

c  efi  un 

LE  MELANGE. 

éntn 

Il  faut  piler  enlèmble  le  Santal ,  le 
bois  d'Aldés  3  la  Zeodoaire  3  &  Ga-  i,n(iui 
langaj'à  iceux  tamilèz  une  fois  ,  on  mit 
adjouteta  le  Nard  indic  incifé  3  la  ttur  d» 
canelle  ,  les  gerofles  3  la  reglillè  ra-_^“ 
clée3&  incifée  menii3un  peu  aprez  on  ^ 
y  adjoutera  les  rofcs,les  Cubebes^ 
le  Folium ,  le  poivre  3  la  graine  de 
Paradis ,  &  le  Macis  3  pour  piler  le 
tout  3  ôc  tamifer  à  travers  le  tamis, 
àcedeftiné. 

Aprez  il  faut  piler  les  Trochif-  ^ 
ques  3  l'Ambre ,  ôc  Mufc  avec  quel- 
que  goutte  d'eau  ro(è3puis  toute  en-  drequtl 
(èmbie  feront  mêlées  au  mortierjpour  pMt 
les  garder  dans  un  pot  de  verre ,  cou- 
vert  d'un  papier  double,  afin  que  leur 
vertu  a'érée,  &  fuperficielle  né  feper-  fifccrt. 
de  ,  qu’on  gardera  au  beloin.  S 'il  eft 
queftion  d'en  compofer  des  tabletes, 
pour  chacune  once  de  poudre  on 
prendra  une  livre  de  fïicrre  fin  dilfout 
en  eau  ro(è  :  lequel  cuit  à  perfeôion, 
hors  du  feu  ôc  à  demi  froidjon  y  ajou¬ 
tera  peu  à  peu  la  poudrèj^c  icelle  bien 
mêlée,  la  pâte  fera  mife  (ùr  un  papier 
blanc  frotté  d’une  amandejSc  étendue 
avec 


Des  Poudres  Aromatiques,  149 


avec  un  pilon  de  bois  j  auffi  frotté  de 
la  même  amande ,  puis  on  la  coupera, 
en  lozenges  ou  tablettes  quarréçs 
dont  on  le  fervira. 

Ceux  qui  en  voudront  faire  un 
Ecleéluaire  mol ,  au  lien  du  fuccre, 
prendront  du  Syrop  fait  avec  l’écorce 
de  citron  J  la  quantité  qu’il  fera  ne- 
celïâke  ,  pour  la  conlèrvation  des 
cfpeces  5  qui  eft  trois  onces  de  pou¬ 
dres  pour  chacune  de  Syrop,  foit  qu'il 
foie  tait  avec  le  fuccre.ou  le  miel  écu- 
iné,  &  cuit  à  perfeélion. 

LES  F. A  CV  LTE  Z. 

Cette  poudre  corrobore  le  coeur, 
&  tous  les  vifeeres  du  ventre  infe¬ 
rieur  J  arrête  les  nausées  &  ie  vo- 
millement  jdifljpe  les  vents ,  &  em¬ 
pêche  la  putretaélion  dés  humeurs 
dans  l’eftomach. 

REM  ARQjy  E. 

QVicon'que  j'i^endra  la  peine  de 
conférer  les  vieux  avec  les  nou¬ 
veaux  exemplaires  des  œuvres  de 
Mefué  trouvera  la  différence  quil 
y  a  entre  les  uns  &  les  autres  en  la  deff 
cription  de  V Aromaticum  Caryo- 
phyllatum,  &  jugera  quelle  procédé 
desécrivains  avant  que  V Imprimerie 
fut  en  ufage  ,  ou  des  Imprimeurs . 
Dans  les  vieux  ,  le  mufe  &  l’am¬ 
bre  gris  y  entrent ,  &  dans  les  nou¬ 
veaux  de  Vénife  apud  luntasil  nen 
efifait  aucune  mention  ,  comme  dans 
un  que  j'ay  en  main  de  l’an 
Cefl:  ce  qui  doit  obliger  les  Phar- 
m'acographes  de  foigneufeme-it  con¬ 
férer  les  dtferiptions  des  uns  &  des 
autres  Dilfenpiires  pour  éviter  de 


telles  fautes.  Comme  aujfi  ceux  qui 
dijpenfent  les  compnptions  doivent 
rechercher  les  plus  légitimés,  &  plus 
corrells ,  &  particulièrement  quand 
nous  trouvons  dans  une  defeription, 
comme  en  cetle-cy ,  ou  il  e  fi  /impie- 
ment  écrit  Trochifei  Diarhodonis, 
fçavoir  de  quels  il  faut  prendre,  ou 
ceux  qui  font  décrits  par  jMefué ,  ou 
bien  de  ceux  qui  font  décrits  par  Ni- 
colaus  Alexandrinus  Médecin  Grec-, 
fans  diffculté  en  ce  rencontre  il  faut 
prendre  ceux  que  Mefué  décrit ,  (ÿ* 
quand  il  fe  rencontrera  qu’un  Mé¬ 
decin  Arabe  ,  autre  que  Mefité  dé¬ 
crira  une  compofition ,  ou  les  Tro- 
chifques  de  Diarhodon  y  feront  de¬ 
mandez. ,  fans  s’expliquer  de  quels, 
P  arm  on  fentiment, je  préférerais  ceux 
de  celuy  de  la  même  nation  aux 
autres:  Il  en  doit  être  de  même  des 
compojitions  que  les  Médecins  Grecs 
décrivent,  pour  lefquels  on  doit  tou¬ 
jours  prendre  les  Trochifques  de 
Diarhodon  de  JSIicolas  Alexandrin, 
a  moins  que  par  exprez.  l’Autheur 
en  demandât  d’autres ,  &  ainfi  des 
autres  Grecs. 


Pulvis  Aromarici  Rofati^D. 
Gabriëiis. 

If.  Rofarum  rubrarum,  drach.  quin- 
decim. 

Glycyrrhiza  rafa ,  drach. feptem, 
Cinnamomi  eptimi,  drach.  quinque, 
Ligni  Alo'és  ,  & 

S.intali  citrini  ,  utriufque  drach. 

■Gümmi  Tragacanthi ,  & 

Arabici, utriufque  drach.  duos 
&  fcrup.duos. 


15  0  Livre  L 

Caryophyllorum ,  & 

Macü',  vtriufq.drach.duM  &  femiJS. 
Spicéi  Nardi,drach.duas. 

Nucis  Miffchat£, 

Çardamomi  mapris ,  & 

Galanga  minork  ,fingul.  drachm 
unam.  ^ 

ylmhr£,  cineritia,  ,fcrup.  duos. 
Afofchi  Orient alis  ,  fcrup.  unum. 
Fiat  pulvis. 

Sacchari  aqua  Rofarum  foluti,quan~ 
tum  fnfficit:fiat  Ele6luarium. 

PA  KAP  H  RA’S  E. 

Ette  poudre  eft  décrite  par  Me- 
fiié  au  lieu  preallegué,  qui  la  ré¬ 
féré  à  fon  Autheur ,  qui  luy  a  donné 
le  nom  d'Aromaticum  ,  pour  caiifè 
des  drogues  aromatiques  dont  elle  eft 
composée ,  comme  le  lùrnom  de  R.o- 
iat  J  à  caulè  des  Rôles  miles  au  com¬ 
mencement  ,  qui  tiennent  lieu  de  ba- 
fe.  Tous  les  autres  médicaments  y 
font  mis ,  tant  pour  fortifier  la  balè 
que  le  ventricule ,  cerveau ,  cœur ,  & 
autres  vÜceres. 

EE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  incilèr  le  San¬ 
tal  &  bois  d’Aloës  ,  par  petites  piè¬ 
ces  J  &  les  concalîèr  fort  au  mor¬ 
tier  ,  puis  on  y  ajoutera  la  reglifie.  ra¬ 
clée  &c  coupée  par  petits  morceaux, 
&  le  Nard  Indique  incisé  avec  les 
cilèaux.  Le  tout  à  demy  pulvérisé  & 
tamisé  ,  on  y  ajoutera  les  Gerofles, 
la  Canelle  ,  le  Galanga ,  le  Macis,  la 
Mufeade,  &  Cardamome  :  finalement 
les  Rofes  ronges  mondées  de  leurs 
ongles. 

Apart  Si  dans  un  mortier,  &  pilon 


Sedtion  IF. 

chauds ,  il  faut  pulverilk  les  Gom¬ 
mes  Tragacantli ,  5c  Arabique ,  puis 
on  en  pelêra  la  quantité  requile,l’am- 
bre  auifi  &  le  mule  à  part  facilement 
fe  pulverilcront  au  mortier,  y  ajou¬ 
tant  une  goutte  d’eau  rofe.  Cela 
fait  toutes  les  poudres  ièront  mê¬ 
lées  au  mortier  ôc  foigneufement  gar¬ 
dées,  comme  avons  dit  en  la  pre¬ 
cedente  poudre ,  'pour  en  compofer 
Eletftuaire  Iblide  ,  ou  mol ,  en  gar¬ 
dant  fcmblable  proportion  de  la  pou-' 
dre  au  fiicçie  ou,  Syrop  rofat  fim- 
ple ,  ou  de  citron ,  '  qui  a  été  déclaré 
au  precedent. 

L  ES  FACFLTE  Z. 

Par  fa  chaleur  modérée  elle  for¬ 
tifie  le  cerveau ,  le  cœur  &  l’efto- 
mach  &  tons  les  autres  vifeeres  na-- 
wrels  ,  excite  l’appetit ,  aide  la  co- 
élion ,  corrige  l’humidité  excremen- 
teulè  de  l’eftomach',  &  auffi  la  pour¬ 
riture  qui  en  peut  être  engendrée  :  & 
partant  eft  mervcilleufement  propre 
à  ceux  qui  relevent  de  maladie ,  & 
aux  foiblcs. 

R  E  M  A  R  Qjy  £. 

La  defeription  de  cette  poudré  fe 
trouve  conforme  dans  les  divers 
exemplaires  de  Mefué  que  fay  en 
main ,  &  différé  feulement  de  quel¬ 
que  petite  dofe  avec  les  Moines  qui 
ont  commenté  fon  Antidotaire  ;  Bau- 
âeron  différé  auffi  de  ce  premier ,  en 
ce  qu'il  a  écrit  Çardamomi  mapris, 
&  dans  ce  premier  eft  fimplement 
écrit  ,  Çardamomi ,  pour  lequel  il 
faut  entendre  le  plus  ufité  qui  eft  le 
minus.  Pour  le  furplus,  le  modus  fa- 
ciendi 


Des  Poudres 

ciendi  de  Bauderon  doit  être  obfèr- 
vé.  a  la  referve  de  V Ambre  grüiUjue 
pour  le  le  mettre  en  pour  dre ,  afin 
qu’il  n  adhéré  au  mortier  ny  au  pi¬ 
lon  ,  on  pilera  la  quatrième  partie, 
d’une  noix  mufcade,  qui  engraijfera 
par  fin  onEtuofité  le  fonds  du  mor¬ 
tier  ,  avec  l’ambre  gris  jufques  a 
me  fubtilité  convenable  a  la  pou¬ 
dre  (  on  en  fera  de  même  du  ?nufc) 
avec  laquelle  ils  feront  mêleT^exa- 
Qement. 


Pulvis  Eleétnarii  Dianifî, 
D.  Mef: 

Seminis  Anifi ,  drach.  viginti. 

Glycyrrhiz-a  raja,  &  incifa, 

MaBiches  ,  utriufque  me.  unam. 

Seminum  Carvi-,  é" 

Fmiculi, 

Macis, 

Qalanga  tenuioris,. 

Zingiberis ,  & 

Cinnarnomi  ,fing.  drach.  quinque.. 

Tr.ium  Piperum, 

Galaminthes  montana, 

Byrethri,  & 

Cajfa  lignea  aromatica, fing.  drach.. 
duos. 

SSeyl ,  id  efl  ,  Cardamomi  majoris 
(quia  potentim  minore  ,  licet  hoc 
magis  fit  aromaticum.) 

Garyophyllorum,. 

Cubeharum, 

Croci  Orient alis,. 

Spica  Nardi ,  fing..  drach.  mam 
femifi. 

Sacchari  albi  ,.unc. duos,  fiat  pulvis 
melle'  dejpumato  excipiendm  ,  fi 
Eleètuarium  molle  compofiturtti- 
es  :  fil  ver  0  folidum ,  Saccharo, 


Aromatiques.  151 

PARAPHRASE.  . 

CEtte  poudre  eft  décrite  par  Me- 
fiié  en  ion  Antidotaire  ^  diftin- 
étion  première  de  la  première  partie. 
La  baie  eft  Eanis  dont  elle  a  pris 
le  nom  ,  là  vertu  incifîve  &  atténua¬ 
tive  du  phlegme  épais ,  &  confum- 
ptive  des  vents ,  eft  augmentée  par  la 
Caflè^aromatique  ,  Canelle ,  Carda¬ 
mome,  Pyrcthre,  icmences,  Zingem- 
bre ,  Macis,  Cubebes ,  Gerofle,  Ga- 
lange,  &c.4cur  ficcité  eft  modérée  par 
la  reglidë  :  leur  tenuité  &  laxité  des 
vifeeres  eft  reprimée  par  1  adftriction. 
du  Nard  indique  :  leiuccrey  eft  mis 
tant  pour  leur  confervation,  que  pour, 
les  rendre  plus  agréables. 

LE  MELANGE. 

Premièrement  lâut  bien  concaffer 
les  racines ,  puis  on  y  ajoûtera  les- 
écorcesjfemences  &  fruits:finalement 
le  Calamenc,  &  Macis..  A  part  faut 
piler  le  Maftic  (  avec  quelques  gout¬ 
tes  d'eau,  )  &  le  fafthn ,  puis  le  tout 
fera  mêlé  au  mortier ,.  comme  a  été 
dit  &  gardé  au  befoin. 

Le  filcere  y  fera  ajouté,  lors  qu  on 
s’en  voudra  fervir  :  car  s’il  y  étoic. 
mis  au  commencement ,  &  qu’il  fât. 
befoin  de  garder  la  poudre  plus  d’un, 
an ,  à  caufe  de  fbn  humidité  ,  il  s’y 
engendra'oit  de  petits  vers  comme 
auffi  aux  Trochife  de  Camphre  ,  & 
poudre  Diarrhodon ,  indice  certain  de. 
putrefaélion.  Qui  de  cette  poudre 
voudra  compofèr  un  Eleétuaire  mol, 
prendra  le  quadruple  de  miel  écume 
&  cuit  :  fi  un  Eleétuaire  fblide  une 
livre  de  fiiccre ,  pour  chacune  once  de 
poudre,. 


Livre  L  SeBion  IV. 


1  ï  5  2, 

poudre  J  comme  a  été  dit  en  TAroma- 
ticum  Caryophyllatum. 

LES  FJcrLTEZ. 

Elle  guérit  tonte  intemperature 
■froide  du  ventricule,  causée  dune 
pituite  crue  ,  ou  des  vents ,  &  la  toux , 
invétérée  entretenue  d’une  caufè 
froide. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

BAuderon  au  '  mélange  de  cette  ' 
'poudre  nom  donne  par  avis  de 
'  ne  point  mêler  le  fuccre  dans  icelle 
i^ue  lors  quon  s'en  voudra  fervir, 
parce  dit  il  que  l'humidité  qui  fe 
treuve  dans  ladite  poudre^,  fi  onia 
garde  pim  d'un  am  ,  fera  caufe  qu'il 
s'y  engendrera  des  vers.  Cette  pou¬ 
dre  neft  du  tout  point  humide ,  fi- 
bien  il  y  entre  quelques  ingrediens, 
qui  naturellement  fie  vermouluent, 
fi  efi-ce  neantmoins  que  cette  femen- 
ee  qui  les  y  engendre  efi  entièrement 
détruite  par  la  trituration  ou  fubti- 
lifdtion  de  leurs  parties,  &  au  con¬ 
traire  le  fuccre  quoy  qu'en  poudre  il 
peut  cdnferver  les  autres  ejpeces  à 
tout  le  moins  il  empêchera  que  les 
aromats  n'exhaleront  pas  fi  facile¬ 
ment  les  pim  fubtiles,  &  tenues  par» 
ties  qui  font  en  eux  ,&  que  quand 
même  il  y  auroit  quelque  humidité. 
Cela  ne  ferait  pas  la  caufe  ite  la  gé¬ 
nération  des  vers  (  quoy  que  l'humi¬ 
de  foit  un  des  principes  de  la  putré¬ 
faction  )  ainfi  que  nom  voyons  au 
Liatragacanth  fioid  &  autres-,  mais 
elle  ferait  caufe  que  la  poudre  fe  gru- 
meleroit  i  fi  on  ne  la  ténoit  pas  bien 
bouchée  en  tems  humide ,  ce  quon. 


doit  faire  en  tout  tems  &  j^ifon 
pour  en  conferver  les  vertus  :  cefi 
pourquoy  p  fuis  du  fentiment  qu'ort 
mêle  le  fuccre  dans  cette  poudre  âu 
moment  de  fa  compofition  ,  afin  de 
tpieux  obferver  les  juBes  proportions 
de  l’un  avec  l’autre. 


Pulvis  Diacalaminthes,  D.Ni- 
col.  Alexand. 

Calaminthes  montana.  ■' 
Pulegii, 

Piperis  Nigri 

Seminum  Sifeleos  Majflienfis,  & 
Petrofelini  JlLacedonici,  fing.drach,. 

très  &  ferup,  duos. 

Libifiici  ,  feu  Levifiici  ,  drach.  duo* 
&  fer/tp.  unUm.  ■ 

Ameos  Alexandrini, 

Anifi, 

Summitatum  Thymi, 

Cinnamomi  ,& 

Zingiberis  ,fingul.  ferup.  duos. 
Seminis  Apq ,  ferup.  unum. 

Mellis  dejpumati  quantum  fuficit, 
fi  molle  EleBuarium ,  vel  ' 
Sacchari ,  fi  folidum  requiris. 

PARAPHRASE. 

CEtte  poudre  ,  ainfi  que  l’avons 
tilnicrite  de  Nicolaus  Myrepfus 
Alexandrinus ,  au  i.  des  Antidotes, 
chap.ioj.  eft  par  tout  approuvée,  plu¬ 
tôt  que  celle  de  Gai.  au  livre  de  la 
Santé,ny  celle  qu’Avicenne,&  MefiSé 
nousontlaifsée  par  écrit.SalernitanuS 
y  ajoute  de  plus  i’Hyflbpe.  &  au  lieu 
de  la  ièmenec  d'Anis  il  y  met  de  celle 
d’Anech,&  de  levifticiim  quatre  icru- 
pules,pour  deux  drachmes  un  ferup.  ils 
lônt  d’accord  du  refte. 


Elle 


Des  Foudres  jdromatiqueï.  1 5  5 


Elle  a  pris  le  nom  de  fa  bafe  le 
Calament  ,  mis  au  eommencement  : 
fon  ufàgc  3  dit  Salernitanns ,  eft  aprez 
le  repas  3  feule,  avec  un  peu  de  viny 
ou  la  groiïcur  d’une  ayelaine  3  étant 
mêlee  ayec  le  miel  écume  3  lequel 
pour  être  plus  chaud  que  le  üiccrc, 
à  caufe  de  fa  tenuité  de  parties  3  y 
convient  mieux  à  chaifer  les  hu¬ 
meurs  du  dedans  au  dehors  :  Galien. 
Pource  la  poudre  doit  être  fort  iub- 
tile  pour  les  raifons  cy-devant  dé¬ 
clarées. 

Z£  MELANGE. 

Le  tout  enferable  fera  pulverile 
au  mortier  ,  &  fubtilement  tamiféi 
&  mellé  avec  le  quadruple  de  miel 
écLimé  &  cuit  en  eleétuaire  mol  3  ou 
avec  le  fuccre  3  pour  les  plus  dé¬ 
licats. 

Icy  faut  choifir  &  preferer  le  Ca¬ 
lament  des  Montagnes  3  aux  autres 
efpeces  décrites  par  Diolcoride  com¬ 
me  le  plus  excellent  en  tout. 

LES‘  FACFL  TE  Z. 

Elle  a  la  vertu  de  titer  les  eaux 
&  la  bile  ;  de  tuer  les  vers  :  elle  li¬ 
béré  les  obftruélions  du  mc{èntere3 
ouvre  les  conduits  3  &  incife  les  hu¬ 
meurs  cralles. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

B  Auderon  ne  pouvait  pas  de  moins 
^faire  ,  que  d'attribuer  cette  pou~ 
dre  a  Nkolaus  Myrepfm  Alexan- 
drinui  ,  parce  qu'il  avait  fon  An- 
tidotaire  en  main  ,  &  nous  donne  a 
connaître  en  beaucoup  d’endroits  de 


fa  Paraphrafe  ,  quil  était  privé 
des  œuvres  de  Nieolaus  Alexandri- 
nus  qui  a  décrit  cette  poudre  long.- 
temps  avant  luy  dans  fon  livre  de 
la  compofition  des  Médicaments 
fuivant  les  lieux  au  chap. 17  y .  fous 
le  nom  de  Diacalaminthes  magnum. 
Ce  premier  l'en  ayant  tirée ,  pour 
l'inferer  dans  fon  Antidotaire  avec 
beaucoup  d’autres  comme  nous  ferons 
voir  cy-aprez. ,  defquelles  )'ay  cor¬ 
rigé  le  nom  de  l'Autheur  de  même 
qu’en  celle-cy. 

Bauderon  contre  fon  ordinaire ,  & 
je  ne  fay  pourquoy  ,  a  omis  dans 
fon  mélangé  l’ordre  de  la  tritura¬ 
tion  i  à  quoy  l’Artifie  prendra 
garde  ,  &  commencera  fa  poudre 
par  les  fimples  les  plus  durs,  com¬ 
me  par  les  racines  &  écorces  \  étant 
à  demy  pilées  ,  U  y  ajoutera  les 
Jèmences  ,  ^  finalement  les  her¬ 
bes ,  dr  du  tout  en  fera  fait  une  pou¬ 
dre  fubtile. 


Pulvis  Elcéluariura  Diambræ, 
D.Mef. 

Ctnnamoni  optimi  vel  CanelU 
feleSta, 

Doronici ,  vel  fi  rnavis  Angelica,. 
aut  Helenij. 

Macis. 

Caryophyllorum , 

Nucis  mofchata , 

Folij  Indi  ,  feu  Malabathri  Grâce- 
rum  3  & 

Galanga  tenuioris ,  fingul.  drachm. 
très. 

Santali  citrini, 

Ligni  Alo'és ,  & 

Piperis  longi  ,fing.drach.duas. 

V  l^ingi 


1  54  Livre  1. 

Zingiherü  ,  drachmam  mam  & 
femiJS. 

Spic£.  Nardi, 

Cardarnomi  maj'tirù^,  & 

minork,  fing.  drach.  marn^ 
iAmbriz  ,  Aureum  unum  ,  id  efi, 
fcrup.  quatuor. 

JHofchi  ,  drach..  dirnidiam.  Fiat 


PARAPHRASE. 

CEtte  poudre  à  pris  le  nom  de  fk 
bafc  l'Ambre  ,  comme  du  plus 
excellent  médicament  aromatic  qu'el¬ 
le  contienne.  Sa  vcitn  efl:  augmentée 
par  le  mule  ,  &  les  autres  aromati¬ 
ques  y  la  chaleur  &  tenuité  delqnels 
cft  modérée  ,  par  l'adftriétion  du 
Santal ,  bois  d'Aloës  »  &  Nard  In¬ 
dique. 

jSijloi-  il  me  fèmble  l'opiiiion  de  Platoif 
re  de  enfa  republique,  &  ,  être 

iAm  véritable  ,  difant  que  l'opmion  de 
plufîeurs  n'eft  pas  toujours  la  meil¬ 
leure  :  mais  bien  fouvent  d’un  lèul, 
GU  de  deux  ,  ce  que  nous  experimenr 
tons  en  l'hiftoïre  de  l'Ambre  :  car 
Aéiuarius  ,  &  Simeon  Grecs  ;  Sera- 
pion,  &  Avicenne  Arabes  j  &  plu- 
fieurs  des  modernes  j  qui  les  ont  vou¬ 
lu  fuivre  en  ont  écrit  fi  diverferaent, 
qu'on  nefçauroit  à  quoy  s'en  rcÉbu- 
dre  J  n’ét-oit  Garcie  du  lardin  j  hom¬ 
me  deéle  J  de  grande  h;  drure ,  &  fort 
curieux  de  fçavoir  la  vérité  >  non 
lofiemenc  de  l’Ambre  j  mais  auffi 
de  plufieurs  autres  drogues  aroma- 
dques  qui  croilïènt  aux  Indes  Orien¬ 
tales  y  lequel  par  lès  diligences  j  en 
l'cfpace  de  trente  ans  ,  qu'il  a  prati¬ 
qué  en  ces  lieux  là  j  (  comme  ayant 
■veu  la  plufpart  de  ce  qu'ii-îious  a 


SeBîon  JV» 

lailïe.par  écrit  )  clE  plus  digne  de 
•croire  que  tous  les  autres  enlèinbïéi, 
qui  en  ont  parlé  pr  ouïr  dire'r'& 
confufement.  Par  fes  doéles  écritiïj,' 
nous  apprenons  que  l’Ambre  n’eft 
pas  le  Sperme  de  la  Baleine  ,  ou  cé' 
quelepoillon  Azel  vomit  au  rivage 
de  la  mer,  mais  plûtôt(ce  qui  eft  vray 
femblable en  ce  que  nous  en  pou¬ 
vons  juger  de  celuy  qu'on  nous  ap¬ 
porte  du  Levant  ,  &  d’ailleurs  ) 
une  certaine  terre  rare  ,  graflê  ,  dé 
là  nature  fongueulè.  ,  làns  odeùif 
quand  on  l’amaire  ,  ou  qu'on  la  troit-^’ 
ve  au  rivage  de  la  mer,  pour  cauld 
de  l'humidité  marine  &  fuperfluëi! 
de  laquelle  étant  dépouillée  ,  manife- 
fte  Ibn  odeur  plailànte  ,  &  tant  de- 
firée  des  Médecins,  &  Parfumeurs, 
&  eft  de  même_^  couleur  que  la  terré 
où  il  croift.  Il  s'en  urouve  grandê- 
quantiré  en  Sofola  ,  partie  d'Ethiô- 
■pie,  habitée  des  Mores,  jufqu’à  Bra-' 
va ,  auffi  en  Zeilan  ,  &  en  Guienne'â 
mais  ce  qui  s’en  trouve  au  rivage  dW" 
la  mer  d'Aquitaine  ,  ou  GuienneS 
ne  croit  pas  là ,  luais  vient  des  lieuà^ 
fiildits'  par  la  mer,  qui  flottant  con* 
tre  le  rivage  de  ces  Illes  ,  mintf 
la  terre  &:  agitée  par  les  vents  con¬ 
traires  le  poiiffie  aux  autres  rivages! 
comme  naturellement  elle  fait  tout: 
aune  excrement.  L’Ambre  noir  ne' 
vaut  rien ,  le  blanc  eft  falfifié  ,  ainfi; 
qu'on  peut  voir  en  Avicenne  li¬ 
vre  2.  chap.  65.  &  en  Serapion  aà' 
chap.i'96,  du  livre  des  Simples  lé? 
gris  eft  bon. 

LE  MELANGE.  ; 

L’ordre  en  trituration ,  mélange ,  5û 
garde  ,  que  doit  obfèrver  l’Apothi- 
caircj,; 


Des  Foudres  Jrôman^ues.  1 5  5 


cms',  a' e&  point  diffi;tent  à  celuy 
qpc  nous  avons  déclaré  en  TAroma- 
ticiiro  Catyophyllatum,  &  R.ofatam 
.^ecedencs  j  aiifqiiels  il  pourra  recou¬ 
rir  >  fl  bon  luy  îeinble. 

L£S  FACFLTEZ. 

Elle  échaufe  ,  corrobore  &  rc- 
joüic  le  cerveau  ,  le  cœur ,  le  vencri- 
aile ,  èc  tout  le  ventre  inferieur  :  aide 
à".la  codion  :  lèrt  aux  aiFedions 
d'e  la  matrice  :  &  ell:  particulière¬ 
ment  propre  aux  vieillards  ,  &  aux 
feiijtnes. 

REMARQJE. 

BAuderon  en  décrivant  cette 
compojîtion  ,  Ji  bien  qu'en  beau- 
coup  d'autres  ,  a  mît  par  ordre  les 
i'Ogrediens ,  commentant  par  la  pim 
grande  dofe  ,  &  continué  en  dimi¬ 
nuant  ,  finijfdnt  par  la  moindre  : 
&  k  expliqué  les  termes  qu'il  a 
jugé  ohfcurs  &  donné  de  fuhftituts 
aux  médicaments  qu'il  a  creu  être 
necejfaire.  Par  exemple ,  au  Diam- 
bra  de  Mefué  il  efi  demandé  Fo¬ 
lium  Indum  ,  ou  il  a  ajouté  feu 
Malahàthrum  Gr&corum  ,  de^uoy 
je  m  étonne  ,  qu'en  une',  compofition 
des  Arabes  il  vueille  faire  entper 
le.  Mal abathrum  des  Grecs  ,■  puü 
que  fuivant  Diofeoride  livre  pre- 
tnier  chapitre  onz.e  ,  c'eft  une  fueille 
qui  vient  dans’  les  maréts  fans  ra¬ 
cine  comme  les  Lentilles  ,  &c.  que 
tiout  né  connoijfons  point  ,  qtii  efi 
une  marque  qu'il  précédé,  de  quel¬ 
que  femence  monfirueufe  ,  qui  ne 
peut  être  qu'il  n'ait  des  qualitef 
contraires  au  notre ,  qui  croit  fur  un 


grand  arbre  ainfi  que  nom  rappàrt^ 
Garde  du  lardin  en  fon  hifioire  de^ 
drogues  aromatiques  livre  i  .chap.i^- 
qui  efi  d’odeur  approchant  au  Spica 
Nard,  &c. 

Et  de  l'Ambre  gris  ,  qu'il  dit 
être  au  rapport  du  fufdit  Autheur 
au  premier  chapitre  de  fon  hifioire 
une  terre  grajfe  fans  odeur  quand 
on  l'amajfe ,  &c,  §luoy  qu'il  ait  de¬ 
meuré  l'efface  de  trente  ans  dans  le 
Levantyil  ne  nom  donne  pa*  une 
vraye  lumière  de  la  nature  de  /’  Am¬ 
bre  gris,  c  efi  pour quoy  il  s’en  faut 
tenir  a  l'opinion  la  pim  generale, 
que  ce  fi  un  Bitume,  Pour  la  tritu¬ 
ration  d’iceluy  ,  on  y  procédera  com¬ 
me  avons  dit  en  V Arornaticum  Ro- 
.  fatum. 

L'Ambre  gris  me  fournit  une  pe¬ 
tite  di^rejfon  que  l'Artifie  curieux 
ne  dédaignera  point  ,  attendu  le 
peu  de  connoiffance  que  prefque  tom 
ceux  qui  en  ont  écrit  jufquau'jour- 
d'huy  en  ont  eu  ,  qui  efi  ce  que 
nom  appelions  Sperma  Ceti  ,  que 
quelques-uns  prennent  pour  un 
Ambre  blanc  ,  d'autres  pour  un 
Bitume  ,  &  d'autres  pour  la  fleur 
de  mer  ,  &  encor  es  d'autres  difent 
que  c'efi  la  vraye  femence  que  le 
mafle  de  la  Baleine  qu’on  appelle  en 
Latin  Orca  ejacule  de  fon  membre 
quand  il  s’accouple  avec  lafemellci 
mais  j'ofe  ajfurer  le  contraire  de 
toutes  ces  opinions  cy-dejfm ,  &■  dire 
que  cette  matière  grajfe,  blanche  & 
écailleufe  dite  Sperma  Ceti  nefi  au¬ 
tre  chofe  que  le  cerveau  de  la  Ba¬ 
leine  mâle  préparé  ainfi  qu'il  efi  dé¬ 
crit  fur  la  fin  du  chap.  f  i .  de  l'Am¬ 
bre  gris  du  docle  Commentaire  fut 
Diofeoride  de  Jacques  &  Paul,  Cori- 
V  a  tant 


15$  '  Livre  L 

pmt  pere  &  fils  maîtres  Apothi- 
citirés  à  Poitiers.  Pour  preuve  de 
èette  vérité  fay  encore  le  témoigna- 
de  monfieur  Verdier  ,  marchand 
'iBroguifie  a  Bayonne  qui  le  préparé 
-fierettement  ;  &  un  morceau  de  la 
firetniere  rnatiere  qui  nia  été  donné 
par  un  de  mes  amis. 


Suivis  Diacinnamomi, D.Mef. 

Cinnamomi  Jùbtilis  &  eleSti, 

'  drach.  quindecim. 

Cinnami ,  id  efi ,  Cinnamomi  crqfi-  ' 
fiîoris , 

BnuU  Campana  ,  vtriufiq.  drach. 
quatuor. 

Galanga,  drach.  feptem. 

'Caryophyllorum , 

Piperis  longi , 

Gardamomi  majoris , 

'■  Aîinoris, 

':>Zitigiyeris , 

Macis, 

PSlucis  Mofichata  , 

■Mgni  Aloés,fing.  drach.  très. 

Grocii  drach.  unàrn. 

Mofchi  Oriental.  Scrup. duos. 

Zucchari  thabar^et ,  drachm.quin- 
que  : 

Confice  cum  Melle  dejpurnato.  Et 
quandoque  ponitur  iu  eo  duplum 
ponderis  medicinarum  de  Zuc- 
charo  pulverifato ,  fine  Melle ,  & 
accipitur  ficut  fujfiufi. 

PARAPHRASE. 

SEmpion  au  livre  des  limpics ,  cha¬ 
pitre  tèé.  &c  aprez  luy  Avicenne 
livre  i.  chap.27.aprezDiofcoride,& 
•^Galien  3  ont  décrit  le  Cinnamomcs 


Seâion  JF. 

ou  Canelle  ,  &  fês  elpeces.  La  meil¬ 
leure  canelle  par  emphafe  3  &  làns  ad¬ 
dition  les  Arabes  1  ont  appellée  Dar- 
cheni,  qui  fignifie  en  langue  Perfique 
bois  de  la  Chine  :  avec  addition  ils 
ont  exprimé  l’elpece  qu’ils  ont  en¬ 
tendu  3  comme  à  fait  Meliié  en  cet 
Eledtuaire ,  qui  appelle  la  bonne  Ca¬ 
nelle  JDarcheni,  &  la  groffierc  Ci;/- 
nami.  Pour  ce  celuy  qui  a  traduit  le 
texte  de  Mehié  3  d’Arabe  en  Latin3  en 
cet  endroit  s’eft  trompé  3  traduilànt 
Cinnami  ,  (  qui  étoit  le  lùrnom  de 
Darcheni)  Cïm»»  3  contre  l’intention 
de  fon  Autheiir  :  ce  qui  m’aoccaiîon- 
né  aprez  Fuchfius  de  i’ôteir  comme 
inutile  à  ce  qu’il  promet. 

Garcia  au  livre  qu’il  a  compofe 
des  drogues  aromatiques  Indiqucs3 
dit  que  les  Annales  de  la  ville  d’Or- 
mus  3  on  Taprobane  3  font  mention 
qu’au  palîé  arriva  en  leur  port  en 
même  tei'HpS3  quarante  Navires  char¬ 
gées  d’elpiceries  3  conduites  par  les 
Marchands  de  la  Chine3qu’ils  avoient 
acheptées ,  tant  en  Zeilan  3  &  Mala- 
var3  qu’en  lava  3  dont  la  plus  grande 
partie  étoit  de  Canelle  3  qui  n’étoit  fi 
bonne  l’une  que  l’autre  :  car  celle 
qu’ils  avoient  acheptée  en  Zeilan 
étoit  beaucoup  meilleure  3  que  l’autre 
acheptée  en  Malavar  &  lava.  Cette 
différence  ne  provenoit  que  de  la 
bonté  &  clcmcnce  du  terroir  3  où 
namrelkment  3  &  fans  artifice  croif- 
fent.ces  arbres  3  ce  qui  eft  confirmé 
par  Platon  en  fon  Tiraée3&parl’ex- 
pericnce3  à  fçavoir  que  la  nature  dé¬ 
part  aux  plantes  quelque  chofê  de 
particulier  en  certains  lieux  qu’elle 
dénié  ailleurs.  Ceux  d’Ormus  éton¬ 
nez  de  voir  en  même  temps  arri¬ 
ver  en  leur  port  tant  de  vailfeaux. 


Des  Poudres  Aromatiques,  -  157 


4Cj’fi  grande  quantité  de  Canelle> 
&  lune  meilleure  que  l'autre,  achep- 
«nt  une  partie  d’icelle  ,  deman- 
ïloient  à  ces  Marchands  de  la  Chi- 
aie ,  d’où  ils  l'apportoient ,  ôc  com- 
,ine  ils  la  nommoient.  Eux  répsn- 
;ds»ient  qu'elle  naiilbit  en  leurs  païs, 
ëc  en  Ethiopie  de  certains  arbres  là- 
xrez  ,  dont  une  partie  étoit  pour  fa- 
aûnfier  aux  Dieux,  l’autre  pour  le  Roy, 
,&,le  reftc  pour  les  Prêtres  ,  &  qu'ils 
d’àvoient  eue  avec  grande  difiîculté: 
■^fi  pour  mieux  vendre  leur  ca- 
,ndlc  &  autres  efpiceries  ,  ils  leur 
apoftoient  ce  menlonge  pour  la  ve- 
xké.  Quant  au  nom  ,  ceux  d’Or- 
mus  appellerent  Darchem  ,  la  ca¬ 
ndie  que  ces  Marchands  avoient 
acheptée  en  Zeilan,  comme  étant 
h  plus  excellente  &  meilleure  qui 
<y  hift  (  nom  qui  lignifie  boü  de 
la  Chine  ,  comme  avons  dit  :  )  la¬ 
quelle  appellation  les  Arabes  com- 
«nie  voifins  d’Ormus  ont  retenue  , 
:ainfi  qu'on  peut  voir  en  Serapion, 
&  Avicenne  ,  au  livre  prealiegué. 
jGes  marchands  (  ou  plutoft  im- 
rpolleurs  )  n’ayant  peu  débiter  ,  8c 
..vendre  là  à  Ormus  -,  toute  leur 
marchandilc ,  8c  voyans  qu’on  avoit 
'fait  plus  d’eftime  de  celle  de  Zei- 
ilan  ,  que  de  l’autre  acheptée  en 

-  Malavar  ,  &  laua  ,  ils  conduilî- 
rent  en  Alexandrie  le  relie  ,  où  les 
'Grecs  arrivèrent  de  toutes  pars , 

:pour  y  achepter  de  toutes  fortes  de 
-mârchandilè  qui  leur  ell  necelïài- 
Ec.  Ces  impofteurs  délibérez  de 
)  tromper  les  Grecs  auffi  bien  que 

-  Ceux  d’Ormus  ,  leur  difaot  une 
chofe  pour  une  autre  ,  iînpofe- 
rent  divers  noms  à  la  canellc  ,  fé¬ 
lon  la  bonté  d'icelle.  Ce  qui  leur 


étoit  facile  ,  vendans  ce  qui  aupa- 
vant  étoit  inconnu  aux  Grecs  :  ain- 
fî  ils  nommèrent  la  meilleure  ca- 
nelle  Cinnamomum  ,  qui  fignifie 
bois  odorant  ,  ou  A  morne  ,  ap¬ 
porté  de  la  Chine..  L’autre  moin¬ 
dre  Caifmanis  noin  vulgaire  à  la 
region.de  Malavar,  &  de,  lava  ou 
laoa  ,  où  ils  l'avoient  acheptée, 
qui  fignifie  bois  doux.  De  ces  deux 
mots  les  Grecs  en  ont  fait  un  ,  qu’ils 
ont  appellé  CaJJÎam  :  ce  qui  a  don¬ 
né  occafîon  &  matière  ,  tant  à  Diof- 
coride ,  &  Galien  ,  qu’aux  Arabes, 
&  autres  qui  font  venus  depuis  eux, 
-d’eflimer  qu’il  y  avoit  plufieurs 
efpces  de  Cinnamome  ,  ou  canel- 
le ,  &  Callè  ,  &  d’errer  les  ayans 
fuivis.  Ainfi  nous  &  la  pofterité  fo¬ 
rons  redevables  à  Garcia,  de  nous 
avoir  alTèuré  par  fes  diligences,  de 
la  vérité  de  l’hifloire.  Pource  ,  foi- 
vant  ce  que  delliis  ,  tant  en  cet  Ele- 
éluaire  qu’aux  Antidotes  ,  pour  le 
Cinnamome  ,  il  ne  faut  pas  pren¬ 
dre  de  canellc  au  double  (  comme 
Galien  au  premier  livre  des  Antidotes 
&  ailleurs  confeille  )  veu  que  c’efl 
même  chofe  ,  mais  il  faut  choi- 
fir  de  la  meilleure  qu’on  pourra 
trouver. 

LE  MELANGE. 

Premièrement  il  faut  concalfor  le 
bois  d’Alocs  &  les  racines  'd’Enule 
Campane  ,  Galanga  8c  Gingembre, 
puis  on  y  ajoutera  l’une  &  l’aume  ca- 
nelle,  les  gerofles  ,  poivre  ,  Carda¬ 
mome  ,  mufoade  &  Macis  :  le  tout 
étant  pulverifé  >  &  tamifé  on  y  ajou¬ 
tera  le  faffianà  part  pulverifé.  De  cet¬ 
te  poudre  avec  le  foccre ,  on  feraim 
V  5  Ele 


I  j  s  Livre  h 

Ele^uaire  iàÜde ,  on  un  mol  avec  du 
raiei  écumé  j  comme  dit  Mellié  pour 
lèriiir.  Pont  le  jourd’huy  il  eft 
peu  uilcé. 

LES  FACFLTEZ. 

Elle  aide  à  la  codlion  ,  &  empê¬ 
che  la  pourxicure  de  la  pituite  :  elle 
facilite  la  diftribution  de  la  nourriture 
par  lc.:Corps, 

R  E  M  A  R  QJ/  E. 

DAns  la  defcription  du  Diacin- 
namornurn  de  JHefué  refie  une 
difficulté  qui  nefi  poi  bien  refolué 
pan  Bauderon  ,  ny  far  les  autres 
Atîitheurs  des  Antidotaires  ,  ce  qui 
leur  a'  été  un  fujet  de  le  décrire 
dirnerfiement  ,  fians  doute  a  caufe 
des  diverfes  éditions  quon  a  fai¬ 
tes  des  oeuvres  de  JlEeJué  3  Le  ma- 
nufcrit  que  fay  en  main ,  &  les  di- 
Vj^rs  exemplaires  imprime'^  que  fay 
veuâ  ,  &  fi  fouvent  citeT^font  foy 
de  cette  vérité  >  dans  les  uns  on  lit, 
Darfeni,  Cirnini,  &c.  dans  d'autres 
Cinnarnorni  craffii  ,  Cirnini  ,  &c. 
&  encores  en  d’autres  Darfeni  Cin- 
nami  ,  &c.  Le  grand  rapport 

q^'il  y  a  entre  ces  deux  mots  de 
Csnnami ,  d“  Cirnini  a  furprù  quel¬ 
ques  Autheurs  qui  les  o'nt  confon- 
'  dus  fans  y  pe'nfer  ,  croyant  poffii- 
ble^  que  les  imprimeurs  euffient  fait 
cette  faute  ,  ou  pour  ne  les  enten¬ 
dre  pas  :  les  vns  ont  retenu  dans 
leur  defcriptiçn  de  mot  de  Cinna- 
mi  ,  &  Les  autres ,  celuy  de  Ci- 
mfii  grandement  diffierens  en  leur 
^Jignification.  Fuchfius  &  V  .-lu- 
t^ur.  de  la  ‘Faraphrajè  difent 


SeBion  I  V. 

que  Cinnami  efi  le  furnorn  de  Dar^ 
cheni  ,  ou  Darfeni  ,  &  -aceufent 
l'ïnterprete  de  Aiejué  ,  d’avoir 
mal  traduit  Cinnami  pour  Cirnini, 
Si  cela  était  André  de  Alpaga 
interprété  des  Synonymes  d' Avi¬ 
cenne  ferait  tombé  dans  la  mê¬ 
me  erreur  ,  qui  dit  en  propres 
termes  ,  Cherfe  vel  Kerfe  apud 
Arabes  efi  nomen  commune  ad 
omnem  corticem  ,  fed  abfolutè  di- 
^um  accipiendo  pro  cortice  Cin- 
namomi  maxime  groffio.  Darfeni 
vero  apud  Arabes  efi  Cinnamo- 
mum  magis  aromaticum.  Cherfe  igi- 
tur  diffiert  d  Darfeni ,  ficut  cortex 
magis  aromatica  &  cortex  minus 
aromatica.  Et  per  Cinnamum  apud 
Latinos  intelligendum  efi  Cinnamo- 
mum  groffium  non  multum  aroma¬ 
ticum  ,  &  per  Cinnamomum ,  intel¬ 
ligendum  efi  corticem  fubtilem  Cin- 
namomi  magk  aromaticam.  Mat- 
th&us  Sylvaticus  da:ns  fes  Pande- 
éies  l’explique  dnffii  de  la  forte, 
mais  plus  fuceinÛement.  FeSlime 
qu’apres  ces  témoignages  nous  ne 
devons  pas  croire  que  Cinnami  fait 
le  furnorn  de  Darfeni ,  puis  qu’ils 
différent  de  beaucoup  ,  &  les  de¬ 
vons  feparer  fans  tout  es  fois  préten¬ 
dre  de  choquer ,  ny  Bauderon  ny 
Fuchfius  ,  comme  ont  fait  Nicolaus 
Prapofitus,  Cronenburgius ,  FAerius 
Cor  dus,  laeob.  de  JUtanliis,^lsÿ.ric.  de 
Augufiis,  Paulus  Suaràus ,  le  Ricet- 
tario  di  Fieren\a,  &  beaucoup  d’au¬ 
tres  ,  qui  admettent  le  Cumin  en  fa 
place, &  ceux  qui  le  rejettent  font  les 
Médecins  d’  tufiourg,  ceux  d’ An¬ 
gleterre  Condenberg,  Fuchfius  &  au¬ 
tres  ,  &  d’une  chofe  je  ni  étonne  que 
ce  dernier  veuille ,  que  pour  le  Cin¬ 
namum 


Va  Toudres  Aromatiques.  1 5  9 


nanutm  on  mette  en  cette  comfojî- 
tion  de  U  Canelle  de  vil  pris ,  ce  qui 
choque  direÜement  l’intention  de 
Mefué  j  car  bien  que  le  mot  de  Cin^ 
namurn  fignifio  de  la  Canelle  qui 
tiejt  pas  beaucoup  aromatique  :  ce 
nefi  pas  qutl  faille  entendre  de 
celle  dont  le  temps  a  difipé  la  bon¬ 
ne  odeur  ,  ou  a  proprement  par¬ 
ler  fa  légitimé  faveur  ,  au  con¬ 
traire  puis  que  le  Darcheni  y  efi 
déjà  employé  ,  qui  efi  la  plus 
fne  Canelle  ,  il  faut  prendre  pour 
le  Cinnami  ,  cette  grojfe  Canelle 
qui  efi  d’une  faveur  piquante  , 
un  peu  defagreable  au  ^oufi ,  rap¬ 
portant  d  celuy  de  notre  JJpic , 
&  cefi.  cette  eéfece  qu’on  appelle, 
non  beaucoup  aromatique  ,  par  ce 
quelle  efi  privée  de  la,  fuavité  du 
Darcheni  ;  car  autant  vaudroit-il 
y  mettre  du  bois  commun  ,  que  d'y 
mettre  de  celle  que  Fuchfius  appelle 
de  vil  pris  ,  &  lacobus  de  Manliis 
Scanijfon. 

Bauderon  différé  auffi  généra¬ 
lement  en  tomes  fes  éditions 
d’avec  Mefué  ,  du  fuccre  qu’il  a 
ohmis  d  deffein  ou  autrement ,  de¬ 
puis  fa  premiers  jufqu’d  fa  der¬ 
nière.  T en  puis  parler  ainfi  pour 
avoir  en  main  ,  &  vérifié  fur 

I.  2.  3.  4.  (gr  trois  autres  des 
dernieres  éditions  de  fa  Pharma-- 
copée.  Tous  les  cinq  exemplaires 
de  Mefué  cy- devant  citez,  difent 
Zucchari  Tabarz.eth  vncias  quin— 
que  Turenon  ,  Valerius  Cor  dus , 
Gondenberg  ,■  les  Médecins  d’Aus- 
bourg  ,  ceux  d’ Angleterre  ,  Fuch¬ 
fius  ,  &  autres  n’en  demandent  que 
cinq  drachmes  ,  d  laquelle  dofe  je 
me  rangeray  tres-vol entiers  ,  par-  , 


ce  que  le  fuccre  n’y  efi  mis  que  pour 
rendre  la  poudre  plus  agréable, 
moins  il  y  aura  de  fuccre  plus  ,eUe 
aura  de  vertu. 


Pulvis  Diagalangae,  D.Mef 

Galanga  tenuioris  ,  ex  China 
allata  -,  & 

Ligni  Alo'és  ,  vtriufque  drachnu 
fex. 

Caryophyllorum , 

Macis ,  & 

Keifim,  id  efi  ,  Seminù  Levifitcl, 
fin  g.  drach.  duos.  /■ 

Zingiberü 

Macropiperis  ,  id  efi,  Piperis  tonèij, 
Piperisalbi, 

Cinnamorni , 

Calami  aromatici ,  fin  g.  drach.  unàrh' 
&  femifi. 

Succi  Calaminthes ,.  ' 

Suc  ci  Mentha,  '\''' 

Heyl,  id  efi  Cardamomi  majoris ,  ex. 

Serapione , 

Spica  Nardi 

Seminum  Apij,.  ■ 

Fœniculi ,  ■ 

Carui ,  ■  '- 

oMnifi  ifing-draeh.  unam  ,fikF 
pulvis  Sacchari  albi\  f' fi- 
EleEluarium  folidum  )  •  aut' 
Mellis  defpumati  (  fi  moit  ¬ 
ié  re quiris)  quantum  fùffi- 
cit  ,  fiat  Eleéluarium 
repone. 

PARAPHRASE, 

La  bafe  eft  le  Galanga  mis  atf 
commencement,  dont  cet  Ek-' 
âviaire  a  pris  le  nom.  Sa  vertu  eft 

COîl; 


ïéo  Livre  1,  SeUion  I V. 


conduite  au  cerveau  par  les  gero- 
flesj  Macis  ,  &  gingembre  :  aux 
poulmons  par  le  Calament  :  au 
foye  par  le  Nard  Indic  ,  &  Canne 
odorante  :  aux  reins  ,  veille  ôc  ma¬ 
trice  j  par  les  lèmences.  Les  autres  y 
four  mis  pour  fortifier  le  ventricule, 
ôc  corriger  fon  intempérie  trop  froi¬ 
de,  avec  l’aide  des  autres ,  en  incifont 
&  atténuant  le  phlegme  qui  y  cil  re¬ 
tenu  ,  &  refolvant  les  vents ,  ou  va¬ 
peurs  craifes.  s 

Nous  avons  de  deux  fortes  de 
Galanga  ,  l’vn  grand  &  moindre 
en  vertu  ,  qui  croît  en  grande  quan' 
tiré  en  lava",  ou  laoa  ,  ôc  Ma- 
lavar.  L’autre  petit  ,  qui  eft  fort 
excellent  ,  icy  &  ailleurs  requis, 
&  qui  croît  en  la  Chine ,  qui  eft 
un  grand  ôc  riche  Royaume  j  de  là 
on  l’apporte  aux  Indes  &c  en  Por¬ 
tugal  ,  ôc  à  nous.  Quelques-uns 
(  &  mal  )  eftiment  que  c’eft  le  Cy- 
pere  Babylonic  ,  pour  ce  qu’on  l’ap¬ 
porte  tant  du  grand  Cairfc  d’Egypte, 
q^  de  Syrie ,  à  Venifo  ,  &  de  la 
à'Marfcille ,  &  à  Lyon  :  pour  ce 
auifi  que  d’odeur  ,  &  de  figure , 
il  rellèmble  fort  audit  Cypere ,  h'orfo 
mis  qu’il  eft  plus  acre  au  goût  & 
plus  roux.  On  ne  nous  apporte  pas 
les  racines  entières  ,  mais  coupées. 

Il  a  été  inconnu  aux  anciens  Grecs, 
ôc  non  à  Adbuarius  ôc  Serapion  cha¬ 
pitre  332. 

L£  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  trituration, 
feront  .mis  le  bois  d’Aloës ,  les  ra¬ 
cines  ,  ôc  écorces  :  au  focond  les 
fomences  ôc  fruits  :  au  dernier  les 
herbes  ,  ôC  macis.  La  poudre  ne 


doit  être  par  trop  fubtile  ,  mais 
médiocre  :  elle,  fera  gardée  com¬ 
me  il  a  été  dit  ,  pour  au  befoin 
en  faire  Eleéluaire  folidc  avec  le 
fuccre  ,  ou  mol  avec  quantité  luffi- 
fante  de  miel  defpumé  &  cuit ,’  s’il 
eft  requis. 

LES  FACULTE  Z. 

Elle  guérit  l’intemperature  froi¬ 
de  de  l’eftomach  ôc  du  foye  ,  Ôc 
pource  aide  à  la  coétion  ,  appaife 
les  roéls  acides  ,  ôc  dÜEpe  puif- 
fàmmcnt  les  vents  ,  ôc  les  enfi  cu¬ 
res  qui  en  font  catifées  :  rend  l’ha- 
leine  agréable  ,  &  en  empefehe  la 
puanteur. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

Le  s  vieux  &  les  nouveaux 
examflaires  de  Mefué  ne  s'ac¬ 
cordent  -point  en  la  defeription  du 
Diagalanga  ,  ceux  des  années  1313. 
15  14.  &  1541. /««r  tom  confor¬ 
mes  ,  df  ceux  de  Venife  apud  lun-^ 
tas  des  années  \(>oz.  &  162.^. font 
defeSlueux  de  la  Spica  Nard ,  &  de 
la  femenee  d'anis  :  les  Moines  ^ui 
ont  commenté  Mefué  ne  different 
point  des  premiers  non  plus  ejue 
Bauderon  ,  excepté  que  Sauva¬ 
geon  en  fes  trois  éditions  qu’il  a 
veués  &  reveuès  ,  a  toujours  ob- 
mis  la  Mente ,  &  dix  onces  de  fuc¬ 
cre  taharTjjth  :  ce  dernier  a  étére  fft- 
té  en  toutes  les  éditions  de  Bauderon 
&  d'vn  bon  nombre  d’autres  Dijpen- 
faires  fans  dire  les  raifons  pour¬ 
quoi  ,  &  .ceux  qui  l’ont  retenu, 
font  les  Médecins  de  Florence  dans 
leur  Ricettario  ,  Cronenburgius , 
l’Au 


T!>es  Poudrer  Aromatiques.  i  ê  i 


VJutheur  du  Luminure  ma,]ti4),celuy 
du  Thefaurtu  Aromuturiorum  ,  & 
celuy  du  Lumen  Apothecariorum, 
au  lieu  de  dix  oncee  ,  ils  en  mettent 
dix  drachmes  J' eBime  que  cette  der¬ 
nière  dofe  luy  convient  mieux  pour 
garder  la  compojîtion  en  poudre,(t" 
d’ailleurs  '  f  avoué  bien  que  la  dofe 
de  dix  onces  ny  doit  point  être  mê¬ 
lée,  fi  cenefipour  en  fairé  un  Ele- 
Buaire  liquide, autrement  la  quan¬ 
tité  du  fuccre  i  JurpaJferoit  en  poids 
déplus  de  deux  fo'is  les  autres  efiéces 
qui  compofent  ladite  poudre ,  &  la 
r endroit  par  trop  foible  en  fon  ope¬ 
ration  a  moins  d’en  augmenter  la 
dofe'de  beaucoup.  Mefué  pourtant 
l’ayant  voulu  ainfi,  a  entendu  quil 
y  fut  mis  en  poudre  ,  &  qu’avec  fitf- 
fifante  quantité  de  miel  defiumé  en 
en  formât  un  EleBuaire  mol ,  pour 
en  donner  par  dofe  depuis  deux 
drachmes  pfqu’â  trois  ,  &  quelques 
grains  fuivant  le  poids  qu’on  croît 
etre  de  Salernitanus ,  â  quoy  l’Ar- 
tifie  prendra  garde  ,  &  fur  tout 
s  il  en  defire  former  un  EleBuaire 
folide.  Il  fe  prefente  encore  icy  une 
autre  difficulté  ,  fiaveir  quefi-ce 
qu  entend  Mefué  &  notre  Para- 
phrafie  par  Mentha  ficca ,  &  Ca- 
laminthes  ficca  ,  il  femble  que  l’ad¬ 
dition  de  ces  mots  de  ficca  foit  fit- 
perflué  en  ce  rencontre ,  puifque  nous 
ne  pratiquons  point  de  mettre  en 
poudre  des  herbes  recentes  avec  des 
médicaments  fecs.  A  cela  ]e  répon- 
dray  que  c’efi  une  faute  de  l’Impri¬ 
meur  eu  égard  â  Mefué  ,  &  que 
Bauderon  l’a  authonsée  par  mêgar- 
de ,  attendu  quelle  fe  treuve  dans 
toutes  fes  Pharmacopées  dépuis  la 
première  jufquen  fa  derniere  3  car 


au  lieu  de  mettre  fucci  Mentha,  & 
fucci  Calaminthes ,  il  a  changé  les 
mets  de' fucci , pour  celuy  deficca,f 
ainfi  qu’il  fe  vérifié  par  le  Z12. 
chapitre  des  Antidotes  de  Nicolaut 
My  repfm  Alexandrinus ,  d’où  Me¬ 
fué  a  tiré  cette  compofition ,  par  lef-: 
quels  fucs  il  faut  entendre  qu’ils- 
foient  épaiffis  &  deffieichelf  pour  la 
pouvoir  réduire  en  poudre  avec  les 
autres  eéfeces. 


Pulvis  Diarrliodonis  Abbatis 
D.  Nicol.  Salem  ir. 

Rofarum  rubrar.  ab  unguibm 
mundatar ,  & 

Sacchari  cryflallini ,  utriufque-  uncsf. 

unam,  drach.tr ef 
Santalorum  albi ,  & 

Rubri ,  utriufque  drach.  duos 
&  femifî. 

Gummium  Tragacanthi ,  & 

Arabici, 

Spodii ,  fing.  fcrup.  duos. 

Afari, 

Spica  Hardi, 

Mafiicha, 

Cardarnomi, 

Croci, 

JÇylaleés ,  id  ejl ,  ligni  Alo  'éS,. 
Caryophyllorum, 

Trochifcorum  Gallia  mofchata, 
Cinnamorni  ,feu  CanelU  feleBa, 

Succi  Glycyrrhilji, 

Rhabarbari,vel potius  Rhapontid, 
Seminum  Anifi, 

Fœniculi  ‘ 

Ocimi  id  efi  Bafiliconü, 

Berberis, 

Intybi,feu  SerioU, 

Portulaca, 

papa 


X 


Livre  1.  SeSHon  IV. 


\6-l 

Papaveris  albi ,  & 

Se’min.  4.  frigidorum  major,  mund. 

fin  g.  fer  up.  mum. 

OJfis  è  corde  Cervi  ^  & 
Margaritarum  ,  utriufque  ferup. 
femifi. 

Caphura,  Gra.  feptem.fi  vel  haps 
loco  tantundem  flerum  violarum, 
vel  Jfienupharu  ,  quia  Caphura 
ingrati  efi  faporis.) 

Mofehi,  Gra.  tria. femifi.  ex  ’artt  fiat 
pulvis.  ^ 

'Skcchari  4lbi  aqua  Rofarum  foluti 
'  qoantum  fujficit ,  fiat  EleElua- 
rium. 

PARAPHRASE. 

SAcernicanus  a  empmnté  cette  def- 
cription  de  Nicolaus  Myrepfiis 
Alexandriniis  au  premier  des  Anti¬ 
dotes  chapitre  54.  lequel  y  a  ajouté 
de  plusjdu  Corail,  du  Cryftal,  femen- 
ces  de  Laiétuë  &  de  Mandragore,  ■ 
de  chacun,  un  ïcriipiile ,  que  Salerni- 
tanus  comme  fiiperflus  en  a  diftraip 
L'Autheur  eft  un  Abbé,  ou  Prefî- 
dent ,  ou  Chancelier  de  quelque  Vni- 
verfité ,  qui  n’eft  nomme  ,  lequel  luy 
a  imposé  le  nom  de  là  bafe  les  Ro- 
fes ,  appellées  des  Grecs  Rhodos  ,  & 
Rhodon ,  par  nous  miles  au  commen¬ 
cement  ,  &c  par  Nicolas  à  la  fin.  Sa 
vertu  gaftrique  ou  aidant  les  fon- 
étions  des  vilceres  naturels  ,  -eft  au¬ 
gmentée  par  le  Maflichî ,  Candie,  & 
boisèd'AloésiPHepatique  par  k  Nard 
Indique,  S  podium  ,  Berberis,  Sca- 
riole  ,  ôc  Santal  :  la  Cardiaque ,  par 
les  Trochilques  de  Gallia  molchata, 
Gerofles ,  Ocimum  ,  perles ,  os  dé 
cceur  de  cerf ,  &  mufe  3  là  vertu  eft 
conduite  aux  reins  &  relfie ,  par  les 


lèmences,  &  Cardamome  ;  par  le  lire 
de  regliire,&  liiccre  candit,âux  poul- 
mons  ;  bien  que ,  quelques-uns  ayent 
eftimé  ,  que  le  lîiccrc  candit  y  eft 
mis  pour  conferver  les  efpeces  ;  ce 
qui  eft  viliblement  fiiux.  Qu’ainfi 
ne  foit ,  qu’en  une  prtic  de  la.  pou¬ 
dre  il  y  aie  du  lùccre  candit ,  §:  non 
en  l’autre  ,  &  que  les  deux  loient  mi¬ 
les  en  femblables  pots ,  Sc»  bouchez 
l’un  comme' l’autre  ,  &  gardez  de 
même  :  En  moins  d’un  an  on  verra 
celle  ,  où  le  lîiccré  aura  été  mis  plei¬ 
ne  d’Araignes ,  &  petite  vermine,  in¬ 
dice  certain  de  putrefadion  :  &  en 
l’autre  pot  nullement.  Qui  démon¬ 
tré  le  fuccre  candit  y  avoir  été  mis 
pour  les  potilmons ,  &  non  pour  la 
confervation  des  elpeees.  le  ferôis 
d’avis  qu’il  y  lut  mis ,  lors  qu’on  s’en 
voudroit  fervir ,  &  non  plutôt  pour 
les  railbn s ‘déduites  :  &  qu’au  lieu  du 
Rheubarbe,  on  prît  le  Rhapontic, 
pource  qu’il  eft  ici  queftion  de  cor¬ 
roborer  les  vilceres  &  non  de  pur¬ 
ger  :  à  quoy  il  eft  meilleur  que  le 
Rheubarbe.  Ce  qui  eft  conforme  à 
l’opinion  d’Avicenne  au  livre  qu’il  a 
feit  des  forces  du  cœur  ,  traitté  fé¬ 
cond  ,  &  chapitre  lècond  ,  où  il  dé¬ 
fend  exprez  de  mêler  des  médica¬ 
ments  cardiaques  avec  les  purgatifs, 
lî  CC''  n’eft  pour  purger  du  foye  ,  & 
du  cœur ,  la  bile ,  &  pituite  ■  y  con- 
tei»ë  ,  ainfi  que  le  même  Avicen¬ 
ne  au  livre  5.  traitté  z.  chapitre  4. 
traitant  de  la  curation  du  tremble¬ 
ment  &  palpitation  du  cœur  échauf¬ 
fé  ,  enlèigne.  :  mais  ce  n’eft  pas  icy 
de  même.  Ceux  qui  n’auront  point 
moyen  de  recouvrer  du  vray  Rha¬ 
pontic ,  qu’ils  prennent  la  refidence, 
ou  fece  du^Rheubarbe.  exprimée  de 
quelq 


Des  Poudres  ^romatiéjitics.  565 


quelque  médecine  j  &  deiîeichée  j  & 
donc  la  faculté  purgative  ell:  ôtée. 
Les  gommes  ,  le  fiic  de  reglilïè  ,  &c 
femences  ie  Pavot ,  y  inis  pour 
concemperer  la  chaleur,  &  tenui¬ 
té  des  médicaments  chauds ,  &  fub- 
tils.  Le  Camphre  y  eft  mis  pour  par¬ 
la  tenuité  de  parties  faire  penetrer 
la  vertu  de  la  balê  plus  Ibudaine- 
ment,  àquoy  luffiroit  les  autres  mé¬ 
dicaments  chauds  qui  y  entrent.  Au 
lieu  d’iceliiy  (  pource  que  Ibn  odeur, 
&  laveur  eft  mal  plaifante  à  plu- 
fieurs  malades  )  lî  on  y  met  autant 
pelant  de  fleurs  de  Violes  ,  ou  de 
Nénuphar, la  compofition  n’en  lèra 
de  moindre -vertu,  au  contraire  meil¬ 
leure. 

LE  MELANGE. 

Il  feut  premièrement  fort  concaC- 
fer  au  mortier  de  bronze  ,  les  San- 
taux  ,  &  bois  d’Aloè's ,  puis  y  ajou¬ 
ter  l’Afarum ,  &  Nard  Indic  incisé 
avec  les  cilèaux  ,  la  canelle  ,  les  ge- 
rofles ,  &  les  lèraences  mondées  de 
leurs  écorces  ,  mêmement  celles  des 
Melons,  de  Concombre^  de  Courges, 

Si  de  Citrouilles  ;  lefquelles  par  leur 
•  onélnollté  empêcheront  l’exhalation 
da  la  poudre  :  aprez  l’os  du  cœur 
de  cerf,  limé  ou  incisé  menu  :  fina¬ 
lement  les.  Rôles,  Cardamome,.  & 
lire  de  reglifîè. 

Il  faut  piler  à  parc  les  gommes 
en  un  mortier ,  avec  un  pilon  chaud 
avant  que  les  peler ,  à  caufe' du  dé¬ 
chet  en  les  pilant:  aiiflî  le  Spodium, 
le  Maftic,  avec  une  goutte  d’eau  ,  le 
faftran  ,  les  Trochifques  de  Gallia 
molchata ,  le  Rhapontic  ou  la  re-  . 
^hd.ence  ou  fece  du  Rheubârbe,’lc  llic- 


cre  candit ,  fi  on  s’en  veut  prelèn- 
temenc  fervir,  le  Camphre ,  le  mule, 
&  les  perles,  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  ,  ou  lùr  un  porphyre  avec  une 
petite  meule.  Cela  fait  les  poudres 
peu  à  peu  fe  mêleront  au  mortier 
enlèmble  ,  Sc  fe  garderont  dans  un 
pot  de  verre,  bouché  d’un  papier  dou¬ 
ble,  ou  d’un  parchemin  moüiüéjpour 
en  compofer  des  tablettes  avec  fiic- 
cre  de  Madere  diflôut  en  eau  rolè, 
quand  il  fera  teins. 

LES  FACFLTE  Z. 

Elle  corrobore  le  ventricule  &  le 
flaye ,  aide  à  la  coétion  ,  provoque 
l'appetit ,  difljpe  les  vents  ,  appailè 
les  rods ,  rend  l’haleine  agréable, 
tempere  la  chaleur  des  vilceres,  Ôc 
corrige  l’impreflîon  que  la  chaleur  a 
pu  faire  au  cor^s. 

REMARQVE. 

* 

BAuderon  ne  confeillé'^l^oint  de 
mettre  le  fuccre  candit  dans  cet¬ 
te  pendre  non  pim  que  dans  celle 
de  Dianifi  ,  cy-devant  décrite  que 
lors  quon  s’en  -  voudra  fervir  ,  à 
caufe  dit'il ,  des^araignes  ,  &  pe¬ 
tites  vermines  que  s’y  engendrejtti 
fans  doute,  il  s’efi  apperceu  de  ce¬ 
la  cheT^quelque  Apothicaire  de  vil¬ 
lage,  aujft  peu  foigneux  de  fin  hon¬ 
neur  y  que  capable  en  fin  Art  j  qui 
ayant  négligé  de  fermer  le  pof  de 
fa  poudre  comme  il  faut ,  l’air  i’a- 
voit  pénétré  &-  hume  blé  d'  caufe 
des  rofes  du  fuccre  candit  par¬ 
ticulièrement  ,  qui  le  fuccent ,  & 

,  l’attirent  comme  f éponge ,  attire 
Vèau  i’y  éïàtint  éngéndref_que1- 

X  i  qttes 


1^4  Livre  h 

ques  fctits  vers  &  c.ragnes  ,  qui 
ne  fenvent  procéder  du  fuccre  can¬ 
die  ,  mais  plutôt  des  rofes  ,  à  rai- 
fon  d'une  femence  monrireufe  qu  el¬ 
les  ont  en  elles  ,  qui  ne  s'en  fe- 
pare  point ,  que  le  premier  Eté  de 
leur  cueillette  ne  foit  pafsé  ,  & 
cela  fe  remarque  aux  Rofes  de  Pro¬ 
vins  ,  &  particulièrement  en  cel¬ 
les  de  ce  pays  icy  qui.  croijfent  en 
des  lieux  bas  ,  ombrageux  &  a 
l'abry  ,  &  Jur  tout  ,  fi  on  les  cueil¬ 
le  avant  que  le  Soleil  leur  aye  en¬ 
tièrement  dijfipé  l'kumidité  de  la 
rosée ,  qui  efi  tombée  dejfus ,  laquel¬ 
le  les  pénétré  cfr  s’imbibe  dans  les 
fueilles  ,  quoy  quon  les  face  exa¬ 
ctement  feicher  au  Soleil'  :  elle  s'y 
infinué,  &.  s’y  épaiffit  fort  étroitte- 
ment  ,  avec  un  certain  glu  qui  efi 
naturel  a  la  rofe  ,  lequel  venant 
derechef  a  s’humeSler  par  l’attra- 
Ction  de  l’air  humide,  qui  jympa- 
tife  beaucoup  auec  la  rosée  fe  ra¬ 
mollit.  :  alors  ces  petits  vers  s’en-% 
gendrent  enfemble  des  petits  fila- 
mens  comme  ceux  des  aragnées  ÿ 
que  fi  on  ne  prenait  un  foin  par¬ 
ticulier  de  les  pajfer  &  repajfer 
par  un  crible  ,  &  de  les  expo- 
fer  à  même  tems  au  Soleil  le  plus 
ardent ,  dans  peu  de  tems  les  ro¬ 
fes  feraient  entièrement  mangées 
de  ces  petits  animaux.  La  même 
produâion  de  vermine  fe  manife- 
fie  dans  le  ,  vinaigre  rofat  ,  du¬ 
rant  une  année  ou  deux  aprez.  y 
avoir  mis  des  rofes  ,  df  y  vivent 
fuivant  que  le  vinaigre  partici¬ 
pe  du  plus  ou  du  moins  de  phleg- 
me.  l’aurois  encore  matière  de  di¬ 
re  d’autres  belles  curiofiteT^  fur  le 
glu ,  qui  efi  contenu  dans  les  ro- 


Seâ  'ton  IV^ 

fies  ,  &  fur  la  gelée  qui  s'en  peut 
faire  fans  feu  &  fans  fuccre  par 
la  feule  teinture  ,  ■  n’étoit  la  crain¬ 
te  que  fay.  de  groffir  par  trop  ce 
volume  en  m'éloignant  de  mon  fu- 
)et  par  de  trop  pequentes  digref- 
fions  que  je  fuis  contraint  de  fai-'' 
re.  E>our  y  donques  revenir ,  cha¬ 
cun  jugera  comme  quoy  l'Authettr 
de  la  Paraphrafe  s’ efi  trompé ,  de 
dire  que  le  fucce  candit  engendre 
de  la  vermine  ,  &  des  aragnes 
dans  les  '  poudres  ^  puis  qu'il  efi 
plus  pur  de  beaucoup  que  les  au¬ 
tres  fuccre  s ,  &  qu’il  conferve  les 
autres  eéfeces.  Et  pour  le  Rheu- 
barbe  ,  il  n'importe  pas  de  beau¬ 
coup  d'y  ‘ fubfiituer  le  Rhapontic, 
quoy  qu  Avicenne  die,  parce  que 
la  vertu  purgative  d'un  fcrupule  ' 
de  Rheubarbe  nefi  nullement  con- 
fiderahle  fur  quatre  onces, &  demy 
de  poudre  ,  où  il  n'y  a  peint  d'au¬ 
tre  purgatif  ainfi  qu'un  chacun  peut 
voir ,  qui  ne  revient  environ  qu'a 
cinq  grains  de  Rheubarbe  par  once 
de  poudre.  ! 


Pulvis  Xyîaloës^  D.  Mef- 

y:.  Ligni  Alo'és  crudi ,  ex  India 
allati, 

Rofarum  rubrarum  ,  utriufque  unc- 
unam. 

CaryophyUorum, 

Spica.  Nardi, 

Macis, 

Nucis  Mofehata,  - 
Trochifeor.  Gallia  tnofehata, 
Cubebarum, 

Cardamomi  majorés ,  & 


Mifio 


Des  Poudres  j^romat^^ques  .  i  ^5 


JMinoriSi 

Mafiiches. 

Cinnamomi  >  fin  Canelhz  feUeta, 
Çyperi, 

Schœnanthi ,  id  efi  ,florü  lunci  odo^ 
Zodoarinii 

Radicum  Behen  albi  ,  vel  huim  pe- 
mria  Radie.  BugloJJt, 

Behen  rubri ,  huim  lo  'co  fume 
Radie.  Borraginis 

Foly  Indi,feu  Malabathri  Gracoru, 
Seriei  erudi, 

Margaritarum, 

Coralli  rubri, 

Sueeini  ,feu  Eleilri  Gracorum ,  feu 
K  arabe  -Arabum, 

Foliorum  Citrÿ  Jteeorum, 

Corticum  Citrÿ. 

Alfelengemife ,  id  efl,femin.  Ocimi 
Caryophyllati, 

Sampfuchi,  id  efi,  Ma\oranA,  , 
Sijymbriy  aquatiei ,  feu  Ment  a.  a- 
quaticA, 

Ment  a  fieea, 

Riperü  longi,  &. 

Zkgiberü  ,fing.  une.  dimidiam. 
Ambra,  drach.  unarn  &  'dimid. 
Mofehi  Orientalis ferjip.unum. 

Fiat  puhiâ  ufui  reponendM. 

§lÿ,um  Eleüuariurn  molle  eompofi- 
turui  erù ,  excipe  melle  eonferva-^ 
tionis  Myrobalanor.  Embliearum 
&  Mina  Cydoniorum  aromatiz.a- 
ta.  Si  vero  folidum  in  rhombos, 
Saeeharo  in  aqua  Rofarnm  fiilla- 
titia  foluto  exeipiatur. 

B  ARA  P  HRA  SE.  ' 

CEc  Eîednaire  a  pris  le  nom  de 
là  bafe  le  bois  d"  .Hoêij  appelle 
«les  Grecs  Agalloehum ,  &  Xylaloe^ 


duquel  la  faculté  cardiaque  ,  &  hé¬ 
patique  eft  augmentée  par  les  autres 
medicamens  aromatics  ,  en  incifanc 
5c  atténuant  le  phlegme  épais ,  qui 
par  fa  Froideur  réfrigéré  trop  tels  yif- 
ceres.  Les  rofes  y  font  mifes  pour  mo¬ 
dérer  leur  chaleur  ,  5c  les  racines  de 
Buglollc  5c  de  Borrache  (  au  lieu  de 
Behen  blanc  &  ronge, fuppofëes  pour 
le  jourd'huy  ,  pour  les  vrayes  fans 
odeur  5c  vercu)pour  corriger  leur  ficci- 
té.Le  Maftich,  CoraiI,5c  Carabé  par 
leuradftridion  empêchent  la  tenuité 
dhceux  ,  5c  les  retiennent  au  ventri¬ 
cule  5  afin  qu’il  foit  fortifié  ,  5c  que 
leur  vertu  y  fojourne  plus  long-tems. 

LE  MELANGE. 

Premièrement  il  faut  concallèr  le 
bois  d’Alocs ,  puis  on  y  ajoutera  les 
racines  de  Cypere,  Zcdoaire,deBu- 
glûlle ,  ,ôc  Borraches  (  au  lieu  de  Be¬ 
hen  blanc  5c  rouge  )  le  Nard  indi¬ 
que  inciié  ,  les  écorces  decanellcs  de 
citron,  de  Gingembre,  Segerofles: 
aprez  les  Cubebes,  le  Sclicenanthe, 
Cardamomes ,  poivre,  le  Macis ,  la 
mufeade ,  le  folium ,  les  fomences,  5c 
herbes ,  finalement  les  rofes  mondées 
de  leurs  ongles  ,  5c  defleichées.  Le 
tout  pilé  5c  taraifé  fera  gardé  dans  un 
papier.  Aprez  on  incifera  fort  mcmi  ManU- 
le  Sericum  crudum  ,  lequel  dans  un 
mortier  de  marbre ,  ( avec  un  pilon 
de  metail  )  on  pilera  avec  les  Perles,  sericumf 
le  Corail  rouge  ,  5c  Carabe  fort  ai-  fans  le 
fément  fans  humidité  :  ainfi  que  Se-  rttir, 
rapion  au  chap.  1 8.  du  livre  des  fim- 
ples  ,’ noHsalaifîe  par  écrit,  5c«fans 
qu’il  foit  befoin  de  le  rodr  ,  ou  brû¬ 
ler  pour  le  réduire  en  poudre  :  car 
par  ce  moyen  il  perd  ü  vertu  cardia- 
X  }  «liTC 


Lime  l  SeBion  I V. 


6ié 

-que  icy  requife  i  &  acquiert  une 
chaleur  étrangère  j  nuifible  aux  vit 
eeres." 

Faut  pulvérifèr  à  part  les  Trochit 
que^'fle  Gallia  mofehata  ,  le  Matlic 
f  comme  il  a  été  cy  -  devant  dit  ) 
TAmbre  gris  6c  le  Mufe.  Cela  fait, 
peu  à  peu  les  poudres  feront  foutes 
mêlées  cnfemble  au  mortier  de  mar¬ 
bre  J  &  gardées  en  leur  pot  de  ver-' 
re  bien  couvert  pour  s’en  lèrvir  au 
beloin. 

Qui  voudra  compolèr  un  Ele- 
âuaire  folide  >  le  fuccre  lèra  dit 
fout  en  eau  rofe  ,  &  cuit  en  confi- 
ftence  convenable  :  auquel  pour  cha¬ 
cune  livre  on  y  mêlera  une  once  de 
poudre.  Si  un  Electuaire  mol,  la  pou¬ 
dre  fera  mêlée  avec  le  quadruple  de 
miel  où  les  Myrobalans  Emblics  , 
ou  Cepules  ont  été  confits  ,  &  ge¬ 
lée  de  coins  aromatizée  (  comme  il  a 
été  déclaré  en  la  Scétion  deuxième j 
autant  de  l’un  que  de  l’autre  ,  ainfi 
que  Mefùé  enfeigne. . 

Pour  l' Agallochum  ,  ou  Xylalo'é, 
ou  bois  d’AJoës  crud ,  Mefué  entend 
le  plus  exquis ,  tel  qu’il  croît  aux  In¬ 
des, ,  &  eft  dépouillé  de  fon  humi¬ 
dité  lîiperflué  ,  fok  pour  avoir  été 
enterré  un  an  (  coffune  difènt  Sera- 
pion  au  livre  des  fimples  ,  clïap.  197. 
&  Simeon  Grec  entre  les  derniers 
qui  ont  écrit  J  ou  non  :  pource  que 
fon  odeur  ne  confifte  en  fon  écor¬ 
ce  ,  ny  au  bois  ,  mais  au  cçeur  ainfi 
que  dit  Garcia.  Audi  crud  te  peut 
entendre  eeluy  j  qui  n’a  féjourné 
aux  torrens  &  rivières  des  Indes, 
où  iPeroît ,  qui  venans  à  fe  débor¬ 
der  ,  emmenent  quelques  branches 
au  Gange  ,  &  lieux  circonvoifins 
qui  font  eaux  chaudes  ,•  pour  la  gran-* 


de  chaleur  du  foleil  qu’il  fait  en  ce 
païs-là  ,  où  fejournant  ,  il  acquiert 
une  cuite ,  &  perd  ton  odeur  ôc  ver¬ 
tu.  Le  bon  eft  rare  &  cher  pour  le 
jourd’huy,  principalement  âyant  tou¬ 
tes  les  marques  ,  que  Diofeoridé  li¬ 
vre  premier  chapitre  ving-un,  &,Se- 
rapion  luy  attribuent.  Du  tems  que 
les  Chrétiens  tenoient  Rhodes ,  les 
Chevaliers  avoient  moyen  d’en  re¬ 
couvrer  du  vray  ,  duquel  ils  fài- 
foient  faire  des  chapelets  pour  leur 
bonne  odeur  qu’ils  envoyoient  à 
leurs  parehs.  Maintenant  qu’ils  ont 
perdu  Rhodes ,  ils  ont  auffi  perdu  le 
moyen  de  recouvrer  du  vray  bois 
d’Aloës. 

Z£S  FA  cr LTE  Z. 

Elle  guérit  les  maladies  fioides 
du  cœur  ,  du  ventricule  &  du  foye, 
5c  corrobore  toutes  ces  parties  :  5c 
pour  ce  remedie  à  la  palpitation  du 
coeur  &  à  la  fyncopc  ,  réjouit ,  fa- 
vorifè  la  coélion  ,  5c  rend  l’haleine 
de  bonne  odeur. 

REM-ARQ.VE., 

E  mélange  que  Bauderôn  a  don¬ 
né  en  cette  poudre  ,  ne  doit 
point  être  ohfervé  ,  pour  le  regard 
du  Sericum  crudurn  ,  Corail  ,  Per¬ 
les  y  &  Succinum. 

La  foye  doit  être  incisée  fùrt  me¬ 
nu  &  mife  au  premier  ordre  dé  la 
trituration  avec  le  bois  d’Aloés  & 
baîus  long-tems  enfemhle ,  les  ayans 
au  préalable  hume  liés  avec  de  l’eau 
rofe  y  &  confecutivement  il  y  faut 
ajouter  les  autres  matières  chacune 
en  fon  rang  y  pour  le  tout  être  pajfé 


Dei  Poudres  Aromatiques.  i  éy 


ftikilement  en  un  tamis  de,  fine  foje.  • 
Et  pour  le  Corail  ^  Perles ,  &  Succi- 
num, doivent  être  préparez,  ehdcun  k 
part  fur  un  Porphire  tres-fubtile- 
ment ,  ou  comme  quelques-uns  difent 
in  Jlchool  ,&  non  dans  le  mortier 
de  marbre  avec  un  pilon  de  rnétail, 
comme  enfeigne  Baud. après  Serapion, 
aw  livre  &  chap.fus-alleguez.  /pour 
les  raifins  que  je  diray  çy-apref^  au, 
Eiamargaritum  frigidnm.  V Am¬ 
bre  gris  fe  mettra  facilement  en  pou¬ 
dre  fans  adhérer  au  mortier ,  fi ph y , 
prpcede.  comme  nptu  avons  cy-de-, 
vant  dit  en  l’Aromaticum,Gabrie- 
lis.  Bans  le  Mefué  commenté  par 
Cofiius ,  imprimé  en  tan  i&x^.k  f^e- 
nife.par  luntas  on  y  a  oublié  la  mar- 
jolaine.. 


Ptiîvls  Diatrium  Pipereoii, 

"  D.  Galeni. 

'  Df.  Trium  Piperum ,  fing.  drachm, 
quinquaginta,  " 

Zingiberis, 

Comarum  Thimi  cum  flore,  & 

Seminis  Anifi,fing.  drachlodto. 

Fiat  pùlvis  ufui  reponendus ,  vel  ex- 
cipe  mette  dejpumato  ,  fi  EleBua- 
.  rium  molle  cemponere  cupis. 

.  ^ARAFHRASEv 

L’Anrheur  eft  Gai.  au  livre  4.  de 
la  fanré  ,  chap.  5.  lequel  rejette 
les  defcriptions  de  {èmblable  nom, 
pour  être  compolees  de  plus  grand 
nombre  de  medicamens  qu^il  n'efl: 
belôin.  La  bafe  font  les  trois  efpe- 
ces  de  poivres  ,  miles  au  commen¬ 
cement  ,  dont  cette  poudre  a  pris  le 


nom  :  leur  vertu  incifive  ,  .atténuati¬ 
ve  ,  &  conlomptive  eft  augmentée 
par  les  autres  :  fon  ufage  en  fera  ,  le 
corps  ayant  été  purgé. 

Les  3,  clpeccs  de  poivre  necroif-  Hifleirt 
lent  pas  fur  un  lèul  arbre  (  comme 
pour  ouir  dire  nous  ont  écrit  DioC- 
coride  livre  z .  chap.  i  f  o.  Galien  li¬ 
vre  S.  des  fimplcs  ,  èc  Pline  liurjs  1 2. 
chap.  7.  )  mais  de  trois  ,  ainlî  que 
Garcia  du  lardin  ,  au  livre  prealle- 
gué  ,  témoigne.  Il  eft  vray  que  les 
arbres, qui  produilènt  le  poivre  blanc, 

&noir,  lonrlî  femblables,quon  ne 
les  peut diftinguer  lun de Lautre ,  fi* 
non  lors  que  leur  fruit  eft  meur ,  ou 
par  ceux  du  pais  qui  ont  accoutumé 
de  cultiver  tels  arbres ,  comme  la  vi¬ 
gne  qui  produit  le  raifin  blanc  ,  d  a- 
vec  celle  qui  produit  le  noir.  Celüy 
qui  produit  le  poivre  long,  eft  du  tout 
dilîèmblable  aux  autres ,  qui  portent 
le  blanc, &  le  noir  ,  &  de  région  fort 
diftante:car  le  blanc  &  le  noir,  croif- 
fent  en  fort  grande  quantité  en  la  ré¬ 
gion  de  Malavar,  &  aux  Iles  proche 
de  lava.Sunda,  Cuda,  &  autres  lieux 
mariiimcs.,  &  non  au  mont  Caucafè 
comme,  écrit  Pline.  Combien  cette 
montagne  eft  diftante  de  ces  régions,, 
chacun  le  peut  voir  parla  Topogra¬ 
phie.  Le  poivre  long  croît  en  Bcnga- 
la  ,  région  diftante  de  Malavar,  de- 
5-00.  lieues.  Le  vulgaire  des  lndes,&: 
dTtalieeftime  (  &  mal  )  le  poivre  re- 
ftigerer,  encore  qu’il  échauffé,  &  défi- 
feiche  au  3  .degré.Le  poivre  long  n’eft 
pas  de  fi  longue  durée  que  le  blanc  Sc 
le  noir,ponr  caulè  de  quelque  humidi¬ 
té  fuperfluë,dontil  abonde  :  le  blanc 
eft  plus  acre  que  le  noir  ,  le  long  eft 
plus  utile  à  l’eftomach  Gai,  au  livre  p. 
des  medicamens  locaux. 


Z£S 


Liure  L  SeBion  IV. 


ié8 

LES  FACULTE  Z. 

Elle  indlè  la  pituite  ctalTe  ,  &  dit- 
ciice  les  vents  j  aide  à  la  coition  de 
l'eftomach ,  &  aux  ro6ts  acides. 

REMARqVE. 

P\Ar  expreX^  Galien  demande  le 
poivre^  long  j  qui  ne  foit  point  ca¬ 
rié  :  lenàir  quil  ne  fait  pas  petit ,  ri¬ 
dé  ,  ny  d’écorce  grojfe  ;  qne  le  blanc 
fait  groS'&  majjif:  que  le  Thym  fait 
pris  &  cueilly  en  •  un  lien  haut  & 
aride.  Bauderon  ayant  ohmis  toutes 
ces  marques  qui  Jont  confiderables 
pour  l’éleélisn  des  poivres ,  je  les  ay 
voulu  rapporter  en  ce  lieu  ,  afin  que 
les  burieux  qui  difienferont  cette 
poudre  ne  négligent  point  l’inten¬ 
tion  de  l’Autheur  ,  Comme  nom  ne 
voyons  que  trop  fiouvent  a  notre 
grand  regret  négliger  l’éleEtion  des 
ingrediens  en  des  compofitions  mê¬ 
me  di {pensées  en  public ,  comme  cy- 
apreX^  il  en  fera  touché  quelque 
chofi  aux  compofitions  que  nom  ap¬ 
pelions  Cardinales..  Il  ne  dit  pas 
non  pim  que  Galien  fon  inven¬ 
teur  ,  en  quel  temps  il  convient  de 
compofer  ladite  poudre  ,  pour  l’a¬ 
voir  en  fa  pim  haute  perfeSlion , 
à  quoy  je  fuppléeray  ,  en  difant , 
que  ee  doit  être  au  mois  de  May, 
fi-tot  quôn  aura  cueilly  ,  &  feiché 
l<i  fornmitê  du  Thym  ,  entre  deux 
papiers  ,  en  temps  fee  ,  &  à 
l’ombre. 


Pulvis  Rofatæ  Novellæ, D. 
Nicol.  Alexand. 

Rofarum  rubrar. 

Glycyrrhix.es, 

Sacchari  (  cum  Salernitano,  )  fingul. 

drach.  novem,fcrup.duos  &  femif. 
Cinnamomi,  drach.  duos, fcrup.  duos, 
& gr.duo,  cum  Salernitano, 
Caryophyllorum, 

Spices  Nardi, 

Galanges  tenuioris ,  ex  China  ad  nos 
allâtes, 

Zingiberisy 

Zedoaries, 

Nucis  Mofchatet, 

Styracis  Calamites 
Cardamomi,  & 

Seminis  Apq  ,fing.  fcrup,  unum ,  & 
gran.  oîio. 

Sacchari  aut  Mellis  Atttfi  quan¬ 
tum  fufficit,  fiat  EleSiuaritêht  foli- 
dum  ,  aut  molle  ,  utendi  tenfporcr 
vel  pulv.  ufui  reponatur. 

taraphrase. 

NIcolaus  Myrepfl  ^  Alcxandrinus 
décrit  cette  poudre  au  premier 
des  Antidotes  chap.  204.  qui  a  rete¬ 
nu  l'appellation  Latine  ,  qui  aupara¬ 
vant  luy  avoir  été  impofép  »  nom 
de  fà  bafe  les  rôles.  Le  furnomde 
Novella ,  y  a  été  ajouté  (  à  ce  qu'écrit 
Salernitanus  )  pour  montrer  qu’elle 
eft  pofterieure  à  une  autre  ,  qui  rece- 
uoit  du  fouphre  vif.  On  i?cut  dire 
auffi  qu’elle  eft  ainlî  lurnoraméej 
pourcc  que  par  là  chaleur  elle  cor¬ 
rige  l’intemperie  froide  des  vïfceres, 
comme  des  ppulmons ,  cœur ,  ven- 
trieule. 


Des  Poudres  Aromatiques,  i 


triaile,  &  foye,  en  incifànc,  atténuant 
&  detergeanc  le  phlegme  épais^qii'el- 
ie  conduit  par  la  voye  de  1  urine.  Ain- 
fi  tels  vilcercs  renais  en  leur  premier 
état,  les  malades  reprenent  leur  naïve 
couleur,  de  façon  qu'il fcmble  qu’ils 
foint  renouveliez,  &  rajeunis.  Le  fuc« 
cre ,  &  regliflé  ,  y  font  mis  pour  cor¬ 
riger  la  fcicherellê  des  medicamens 
aroinatics,  &  conferver  leur  vertu. 

LE  MELANGE. 

Au  commencement  de  la  tritura¬ 
tion  ,  il  faut  mettfeles  racines  de  Ga- 
langa,  Zedoaire,  &  la  regliilè  raclée, 
&  incifée  ,  comme  aû/Ii  le  Nard  in¬ 
dique  ,  &  Gingembre  :  aprez  on  y 
mettra  la  candie  ,  les  gerofles ,  muf- 
cade,  le  Cardamome  ,-i^ânis  ,  &  les 
rc/ïès.  A  part  il  faut  piler  le  fuccre 
candit  ("  fi  on  s’en  veut  fervir  prefèn- 
temeht,  ilnonfànsiceluy ,  s’il  eft  que- 
ftion  de  long- teins  garder  la  poudre^ 
&  le  Styrax  calamite ,  avec  quelques 
gouttes  d’eau  :  aprez  toutes  les  pou¬ 
dres  feront  mêlées  dans  un  mortier, 
puis  ferrées  dans  leur  pot ,  pour  s’en 
îèrvir  au  •befoin. 

LÉS  FACFLTEZ. 

Elle  eft  fort  propre  à  la  chaleur  & 
feicheréflède  l’cftomach  ,  du  cœur, 
du  foye,  &,du  poulmon  :  appailèla 
foifjSc  le  vomiflement  :  guérit  la  dé¬ 
bilité  d’eftomach  ,  ^  adftreint  les 
parties  tropdaxes  :  le  conforte  en  la 
paflîon  cardiàque  :  réprimé  les.  fueurs 
diaphouetiques  :  &  fortifie  ceux  qui 
font  débiles ,  à  caufe  de  .quelque  lon¬ 
gue  maladie. 


RE  MARQJE. 

La  poudre  de  RofatA  noue(ldi,e^ 
de  Nicoloi  Alexandrin ,  &  non 
de  Nicolas  Myrepf  comme  dit  Ban¬ 
deront  &  Çe  trouve  décrite  de  mot  à 
mot  (cila  referve  des  dofes.qui  font 
un  peu  differentes  )  dans  fon  livre 
de  la  comptftion  des  medicamens 
fus  allégué  chap.  S6i.  qui  efi  le  fujet, 
quefa)!  corrigé  le  nom  de  VAutheur.. 

Four  la  compofition  de  cette  pou¬ 
dre  ,  il  faut  choijir  un  tems  fec,  com¬ 
me  aujfi  pour  toute  forte  d'autre  où 
les  rofes  entrent  &  le  fuccre  candit, 
&  y  mêler  hardiment  ce  dernier 
fans  apprehenfion  aucune  ,  comme 
avons  dit  au  Diarhodon  &  ailleurs.' 
le  Styrax  en  larme,  ou  autre  moyen- 
ndt  qu'il  foit  du  rouge  en  petit  grain- 
fer  a  pilé  avec  les  autres  matières,^ 
pajfer  le  toM  dans  un  tamis  de  foye 
fubtil  ,&  la  poudre  fera  exaUemerit 
ferrée  dans  un  vafe  de  verre  étroit 
d'emhoucheure. 


Pulvis  Eicéluar.  Ducis ,  D-Ni- 
col.  Aiexand. 

Seminis  Anifi ,  drach.  duos  ,& 
gra.fexdecim, 

Clycyrrhila,  recentis  ,rafa  &  tninu- 
tim  concifa, 

Maftiches  ,  utriufq,  ferup.  duos  & 
gra.  quin^. 

Chamadryos^ 

Zingiberis, 

Cinnamomi, 

Galanga  tenuioris  ,  qualis  ex  China 
adfirmr, 

Seminum  Fœniculi,  & 

Y 


Cartii, 


*7° 


Livre  L  Se^ion  JK 


Carui,fing.fcrHp.unum3&gra. 


Dauci  Cretici, 

Amomi  >  huiui  defeEin  Acori 
veri, 

X^locajfiA  ,id,  efi  Cajfia  lignes  are- 
matica, 

Qtlaminthes  mentam, 

Pyrethri, 

Piperis  alhi,  & 

Longi, 

Cyperi, 

Schœtiamhes, 

Ireos, 

polij  Indi ,  ÇeH  Alaîabathri  GrAco- 
rumt& 

Afari,fing-  fcrup.unum. 

Spica  IndicAt 
Crociy 

Gummium  Araiici,& 

Tragacanthi, 

Calami  aromat,  Officifiarum  Jcilicet 
loco  veri  deficientis. 
Caryophyllorumy 
Cubebarum, 

Carpobalfami  (  huius  penuria  fume 
femen  Lemifci  PenA  )■ 

Baccarum  Imiperiy 
Cardamomi, 

Seminum  Anethiy 

Levifiici  ,  '*feu  Liguftki  >  vel 
Lihyfiici, 

Hippofelini  Diofcorid^  vulgo 
Alexandri  dibliy 
Sileris  montmi 
Afparugi, 

Otrÿy 

AmeoSy 

Pi^icA, 

Ocimi,  id  efi,  BafiUconîs,. 

folk  ,  feu  Zithoffermi 
GrAcorumi 
SaxifiagiA, 


4.  frigidarum  7m]6r.  mndA. 
tor-  d  cortice, 

"SeriolA,  ' 

Petrofelim, 

Radicum  Pextaphylli, 

Acori  veri  ,  feu  Calami  anma- 
tici  Ojfcinar.' 

Rhabarbari, 

Rhapontici, 

Behèn  albi ,  hujtu  loco  fume  ra¬ 
die.  Bugloffh 

Behen  rubri ,  hujus  loco  fumf 
radie.  Borraginis. 

Nucis  MyrifiicA  ,  id  efi  ,  Nucis 
MofehatA,  ■* 

Zigni  Aloësyér 

Styrdeis  calamit.fwg.  gr.quindecm, 
Penidiorum,drach.cptinqHe. 

Fiat  pulviî  ufui  reponendus  :  vel 
melle  .Mttico  dejpumato  excipién- 
dus  in  EleStuarium  molle  :  àut 
Saccharo  albo  pro  delicatiorihus 
in  FleQuarium  folidum. 

PARAPHRASE. 

CEt  Eleétuaire  a  été  compofê 
par  un  Abbé  ou  Chancelier  d’p- 
ne  Vniveifité  en  Mèdecin'e  j  grand 
Praticien  en  la  faveur  d  un  Rogier» 
Duc  de  Fouille  &  Calabre  fils  de  Ro¬ 
bert  .Guifeard  Roy  de  Cidle  ,  qui  re- 
gnoit  en  I  an  .1088.  étant  lors  P^pe 
Vrbain  fécond  :  &  du  tems  que  Go¬ 
defroy  de  Bouillon  alla  à  la  conquê- 
Ntc  de  la  Terre  Sainte  >  où  fut  Tanare- 
de  fils  dudit  Rogicr  ,  lequel  étoit  de- 
tenu  non  d’une  maladie  5  mais  dcplu- 
fîeurs  :  à  fçavoir  d’une  indigeftiomSi 
ventofîté  d'eftomach  &  inteftins,d’u- 
ne  iliaque  paffion,  &  calcul  aux  reins* 
dont  il  fut  guéri  par  le  moyen  de  cét 
Ekduaire ,  la  caufe.  antécédente  ôtée. 

Ce. 


Dej  Foudres  Aromatiques, 


Ce  ^  occafionné  Salernitanus 
comme  curieux  du  bien  de  la  poftc- 
rité  d’en  redÿer  la  delcription  dans 
fon  Antidocaire,  afin  qu’il  fut  loifibic 
à  un  chacun  de  s’cn  pouvoir  lcrvir  en 
cas  lêmblable. 

Z£  MELANGE. 

Au-  premier  rang  de  trituration  >  il 
faut  mettre  le  bois  d’Aloes ,  les  raci¬ 
nes  &  écorces  ;  au  a.  les  lèmences  & 
les  fruits:au  5.  les  herbes  &  les  fleurs/ 
A  part  il  faut  pulverifer  les  gommes  au 
mortier  &  pilon  chauds  ,  avant  que 
les  peler  :  le  Maftich,  &  Styrax  cala- . 
mite  avec  quelque  goutte  d’eau  j  le 
faffian  &  les  Penides  defïèichées. 
Aprez  toutes  lèront  mêlées  au  mor¬ 
tier  &  gardées  au  befoih,  ou  d’iGclIes 
avec  le  quadruple  de  miel  écume  >  on 
compoferaun  Eleétuaire  mol,  dont  on 
le  fervira. 

LES  FAcrLTEZ. 

Il  convient  à  i’indigeftionôc  vents 
de  l’cftomach  ,  des  inteftins  &  de  l’i- 
leum  ;  &  adoucit  la  douleur  de  la 
pierre. 

R  E  M  A  R  QJ/  E. 

Nlcolaks  Alexandrinus  ch.  308. 

ne  demande  point  que  les  ^.fe- 
mences  froides  grandes  [oient  mon~ 
dees  de  leurs  écorces  :  Bauderon ,  la 
Pharmacopée  d’ Ausbourg  ,  &  au¬ 
tres  les  demandent  môndées,  pour 
lors  elles  ne  [ont  pas  fi  aperitives, 
mais  cela  [e  [ait ,  afin  que  leur  6n- 
élüofitéfiit  plus  grande, pour  mieux 
temperer  la  chaleur  &  fiecité  des 
autres  ingrediens  qui  [ont  chauds  & 
*peritifs>Lf  Stjras  fera  mêlé  &bat¬ 


I7I 

tu  dans  le  mortier  mec  tout  le  corps 
de  la  poudre, comme  a  été  déjà  dit  au 
Rofiita  novella. 


Pulvis  contra  Epilcplîam  in- 
certi  Audoris. 

’jfiL.  Sacchari  candi,  une.  duos, 
Magifierij  Cranq  Humani,  unc.fèm. 

Vhgula  Alcis,  drach.  duos. 
Radicum  Poeoniamarû  decrejeente 
Luna  efiojfa, 

Diétamni  albi, 

F^fci  Gj^ercini ,  & 

Seminis  Pœonia,  ana  drach.  très. 
Sem.  Atriplicù,  drach.  duos. 
Margaritarum  praparatar.  j 
Magifierij  Coralli  rubri,  & 

Rafitra  Eborü  ,  ana  [crupul. 
duos 

Folisrum  Auri ,  numéro  viginti, 
Mo[chi  Orientais ,  gra.  quatuor. 
Mi[ce,fiat pulvü  tenuiffmas. 

.  REMARQ^VE. 

‘Ay  infère  la  defcriptlon  de  la 
poudre  de  Gouttette  dans  cette 
Pharmacopée  pour  deux  raifons,  la 
première  ,  pour  [atùfaire  à  ta  pro- 
mejfe  que  Cathelan  un  de  nos  Collè¬ 
gues  Maître  Apothicaire  de  cette 
ville  avoit  faite  k  la  fin  de  [on  trai¬ 
té  des  eaux  difiilées  parlant  du  vi¬ 
naigre  difiillé  de  l'y  ajouter  :  la  fé¬ 
condé  ,  a  raifon  du  grand  employ 
quon  en  [ait  ordinairement  en  Lan¬ 
guedoc  ejf  en  Provence  pour  toute 
forte  d’âge  &  de  fixe  :  les  nations 
étrangères  même  ,  ayant  reconnu  [es 
rares  vertus  en  ufent  beaucoup, qu’ils 
envoyent  quérir  H' Montpelier,  ouil 
Y  .Z  y 


172-  Livre  L  SeBion  IV, 


y  a  quelques-uns  àes  Maîtres  apo¬ 
thicaires  qui  la  préparent  fort  fidè¬ 
lement  J  fuivant  l'ancienne  defcrip- 
tion  ,  qui -a  été  des  pim  approuvées 
'■jufques  à  prefent  ;  mais  afin  qud  l'a¬ 
venir  ils  fiaient  incomp arahlement 
mieux  fidtüfiaits  de  l'honneur  qu’ils 
nom  font  de  recourir  a  nos  cornpofi- 
tionspour  adoucir  leurs  maux,  je  me 
fuis  licentié  ,  aprez.  en  avoir  conféré 
avec  Mejfieurs  nos  Médecins  ,pour 
en  augmenter  fies  rares  vertus  de  re¬ 
former  la  préparation  du  Crâne  Hu¬ 
main  ,  du  Corail  rouge..  de  l’ongle 
d’Hellend ,  &  delà  rafiure  d’ivoire, 
au  Heu  qu’on  avoit  de  coutume  d’y 
mettre  les  deux  premiers  aprez.  une 
fimple  &  grejfiere  préparation  fur  le 
porphyre ,  &  les  deux  derniers  tom 
entiers  :  en  leur  place ,  j’y  faits  en¬ 
tre  leurs  Magifieres  j,  qui  contien¬ 
nent,  comme  les  vrays  Artifiys  fiça- 
venp  t'^ejthien  les  principales  ver- 
tm  d’m  ils  font  extraits  (  quoy  que 
quelques-uns-  fiçaehent  dire  du  con¬ 
traire  )■  ce  qui  refie  aprez.  leur  ex¬ 
traction  dans  le  marc  efi  tout  -a  fait 
hors  d’ufiage  „  comme  inutile.  Si  on 
dit  que  fay  de  beaucoup  diminué  la 
dofie  des  Magifieres,à  cela  il  efi  aisé 
de  répondre,en  âifiant,que  dans  cette 
petite  quantité  il  y  a  pim  de  t/ertu, 
qu’il  ny  en  a  pas  dans  cette  gran¬ 
de  quantité  de  la  dofie.  du  Cr-ane  Hu¬ 
main,  de  l’Ongle  d’Hellend  ,  de  la 
rafiùre  d’ivotre ,  &  du  Corail  rouge, 
qui  entraient  en.  la  precedente  def- 
cription. 

Pour  procéder  méthodiquement  à 
ta  diéf  enfation  de  cette  poudre  ,  il 
faut  tirer  de  la  terre  la  racine  de 
Pivoine  mâle  au  décroit  de  la  Lune, 
-&  la  faire  f  icher  fioigneufiement  a 


l’ombre  :  le  Crâne  Humain  doit  être 
choifi ,  s’il  efi  pojfiible  ,  d’un  homme 
fanfuin,  de  bonne  confiitution  ,  d’un 
âge  médiocre,  &  s’il  fie  peut  qu’il  ait 
été  d’un  pendu ,  â  tout  le  moins  il  ne 
faut  pas  qu’il  ait  été  en  terre  ,  &  le 
rajper  fi  délié  qu’il  fe  pourra  :  de  mê¬ 
me  il  faudra  ralper  l’ongle  du  pied, 
ou  de  la  corne  que  l’Hellend  .mâle 
perte  fur  la  tête  quand  il  efi  tra¬ 
vaillé  du  haut  mal ,  de  la  rafiure  d’i¬ 
voire,  on  prendra  la  pim  nette  &  ré¬ 
cente  :  &  le  corail  rouge  fubtilem'ent 
pulvérisé  ,  d’un  chacun  feparément 
en  faut  extraire  leur  Magifiere  avec 
des  menfirues  convenables ,  &  les 
précipiter  &  laver  de  même  avec 
des  liqueurs  douées  de  facultez.  con¬ 
tre  l’Epilepfie  ;  le  Guy  deyhejhe  fe¬ 
ra  choifi  du  vray  ,  &  non  du  fuppo- 
sé.  ^La  racine  de  Pivoine ,  &  le  Di- 
élam  blanc  ,  chacune  mondée ■&  net¬ 
toyée  front  pilées  enfmble  ,  apre^ 
on  y  mettra  la  fernence  d’ Arrache, & 
fur  la'fitt  celle  de  Pivoine  monàép 
de  fin  écorce , pour  le  tout  êtrepafié 
fubtilement  par  le  tamis  de  fiye.  A 
part ,  faut  triturer  le  fuccre  candit, 
&  le  pajfer  par  le  tamis  -,  le  Muf 
fera  pulvérisé  avec  les  Perles  pré¬ 
parées  ,  &  peu  â  peu ,  on  y  ajomera 
les  Magifieres  ,  en  fuite  le  fuccre 
candit ,  &  en  dernier  lieu  la  poudre 
des.,  végétaux  ,  le  tout  exaSlement 
mêlé.,  on  y  divifra  les  fueille s  d’or, 
pour  puis  aprez.  ferrer  la  poudre 
dans  un  vaijfieau  de  verre  étroit 
d’emboiicheure  bien  couvert  ,  pour 
empêcher  que  l’air  humide  ne  la  pé¬ 
nétré.  Je  ne  diray  rien  de  fis:  vertus 
ny  de  fa  dofie ,  lai  fiant  cela  au  doÜe 
&  fiavant  J\fiede,ein.. 


Piuvis 


Des  Poudres  Aromatiques.  1 7  5 


Pulvis  Diaireos  fimplex,  incerti 
Auétoris. 

Iridü  Illyricit  ,  aut  FlarentinAy 
.  .me.  dimidiarn. 

Pulvis  ■  EleBuarii  Diatragacar.thi 
.frigidi  ,& 

Succhari  crySiaUini,utriufque  drach. 
duos. 

Fiat  pulvis  ufui  repomndtis  ,  vel 
excipiendus  cum  Sacchari  albif- 
.  fimi  libra  una  ,  aqua,  Tujfilagi- 
nis ,  vel  Seabiofe  foluti ,  in  Ele- 
Pluarium  [olidum. 

PARAPHRASE^ 

L’Autheur  de  cet  Eleckuaire  nous 
eft  iriccrcain  >  la  balè  duquel  eft 
l’Iris  d’Efclavonie  ,  ou  de  Florence 
(  qui  n’aura  de  celiiy  d’Efclavonie) 
fa  chaleur  eft  modérée  par  la  poudre 
deDiatragacanthj'&fà  ficcité  par  le 
fucefe  candie. 

LE  ME  L  ANGE. 

Il  faut  fîibtileinenc  pnlverifcr  l’I¬ 
ris  &  le  fuccre  candir  chacun  à  part, 
puis  feront  mêlez  avec  la  poudre  de 
Diatragscantli  nouvellement  prepa^ 
réc  ,  &  gardée  au  befoin.  Sur  cette 
quantité  de  pondre ,  il  faut  prendre 
une  livre  de  fîiccre  de  Madere ,  fort 
blanc  qu’on  fera  fondre  en  eau  de 
Scabieulè  ,  ou  d’Vngula  Caballina, 
ou  autre  convenable  en  forme  d’E- 
Icduairc  folide  ,  lequel  hors  du  feu 
avec  Un  pilon  de  bois.,  en  la  baiïînc 
agité  &  blanchi*  avec  le  blanc 
d  un  œuf  :  puis  on' y  ajoutera  la  pou¬ 


dre,  pour  d’icelle  pâte  étendue  fur  une 
fiieille  de  papier  blanc  ,  avec  le  pi¬ 
lon  ,  ou  fpatule  en  former  des  tablet¬ 
tes  quarrées  du  poids  d’une  drachme, 
qu’on  gardera  en  lieu  fec,  au  tems 
de  la  necelfité. 

LES  FACFLTEZ. 

Elle  atténué'  benignement  les  hu- 
meius  du  thorax  &  du  poulmon ,  en 
facilite  l’expc^oration  :  &  eft  propre 
aux  maladies  chaudes  en  l’augmenta¬ 
tion, &  aux  froides  qui  font  legeres. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

Ette  poudre  pour  n  avoir  point 
d’Amheur  certavn  ,  efi  tou¬ 
jours  conforme  dans  beaucoup  de 
dijpenfaires gu  je  Vay  veu'ê ,  de  quoy 
je  rnefbnne  affez.  -,  car  telles  compa- 
fitions  pour  V ordinaire  font'  toutes 
dépravées.  Les  Medecins-  de  Lon¬ 
dres  par  dejfm  beaucoup  d'autres, 
V attribuent  d  Nicolas  Prapojîtm 
qui  la  décrit ,  d  l’opinion  defquels 
je  donne  mon  fentiment  ,  comme 
étant  le  plus  vieux  Diéfenfaire,  qui 
la  décrive  ,  imprimé  d  Lyon  par 
Claude  Tulpin  en  l’an  1 48^1  .Sj^and' 
on  voudra  réduire  cette  poudre  en. 
Eleéluaire  Jolide ,  &  y  ajouter  le 
blanc  d’au  f  pour  le  faire  plus  blanc, 
au  lieu  de  le  mettre  avant  la  pou¬ 
dre  i  comme  Rauderon  l’enfiigne  ,  il 
ne  le  faut  mettre  qu’apre’^pour  évi¬ 
ter  qu’il  ne  Je  cuife  par  la  chaleur 
du  Jùccre ,  laquelle  efi  plus  modérée 
apre'Jjy  avoir  mêlé  la  poudre.  Si  om 
n’efi  pas  prefsé  pour  faire  lefdites 
tablettes ,  il  faut,  prendre  du  fuc¬ 
cre  fin  blanc  &  bien  fec  fubtile- 


Livre  L  SeBion  IV, 


*74 

ment  ptilverisé ,  &  infufer  me  dra¬ 
chme  de  gomme  Tragacarah  de  la 
pim  blanche  &  déliée, dans  une  fnjji- 
fante  quantité  d'eau  rofe,  ou  comme 
dit  Baud.dds  d’eau  d'f^ngula  Caballi- 
na ,  à  laquelle  il  faut  ajouter  fur  la 
fin  la  poudre, &  agiter  le  tout  enfem- 
hle  fort  long.  lems  dans  Un  mortier 
de  marbre  avec  un  pilon  de  bois; 
puis  y  mêler  peu  d  peu  le  fuccre. 
^yfu  lieu  de  l'infufion  de  la  gomjne 
Tragacanth  ,  qui  prendra  un  blanc 
dlœuf ,  &  l’y  mêlera  comme  a  été 
dit  dans  le  mortier  de  marbre  avec 
la  poudre  ,  &  les  agitera  long  tems 
enfcmble  ,y  mêleant  le  fuccre  tres- 
fubtil  en  la  forme  que  dejfus  ,  & 
étendant  cette  pâte  fur  un  papier 
blanc,  enfermera  des  tablettes  qu’on 
fera  feichejr  à  l'ombre  ,  qui  feront 
tres-belles,&  de  beaucoup  plus  agréa¬ 
bles  ,  que  celles  qui  font  cuites  fur 
lefèu. 


Pulvis  Dîajrcos  Salomonis, 
D-Nicol.Alcxand. 

Iridis  Illyric  SL  ,aut  Florentin  a, 
une.  unam. 
fulegii, 

Byf]'opi,& 

Glycyrrhiza ,  fîng.  ârach.fex. 
Caricarftm  fine  acinis,  . 

Carnis  Palmularum ,  id  e fl ,  Daily  * 
lorum ,  & 

Paffularum  enucleatarum  ,  fing, 
drach.  très  &  femifi. 

Gummi  Tragacanthi, 
u4myU  ,  (h<ie  prsitiermifit  fialerni- 
tanus,) 

Cinnarnomi, 

Zingiberis, 


Piperis, 

jimygdalarum  dulc.  & 

Nucleorum  Pineorum,fing.  drachm. 
très. 

Styracis  rubri ,  Calamites  ad  omnia 
efficacior, drach.  duas,fcrup.unum, 
ff.  pulvis  qui  înellis  Attici  ,  aut 
Sacchari  ,  quantltat.  fuf^cient. 
aptetur  in  EleEluarium  ufui  repo- 
nendum. 

PARAP  H  RAS  E. 

CEtte  poudre  a  été  premièrement 
inventée  par  un  Médecin  nom¬ 
mé  Salon. on  ,  &  par  Nicolas  My- 
repfùs  tranferite  au  premier  'des  An¬ 
tidotes,  chapitre  103.  La  baie  eft 
la  racine  d’iris,  donc  elle  a  pris  le 
nom.  Sa  vertu  emolliente  eft  augmen¬ 
tée  par  le  Styrax  :  la  deterlîvc  ,  par 
les  amandes  ,  pignons,  raifins  gras, 
&  figues  :  les  herbes  ,  la  canellc,  le 
Gingembre  ,  &  poivre ,  y  ibnr  mis 
pour  incifer ,  Sc  atténuer  les  matiè¬ 
res  crades ,  &  viiquenfes  contenues 
en  la  poiétrine  ,  &  aux  poulmons: 
la  ficcité  de  ceux-cy  eft  modérée  par 
la  reghflê,  Tragacanth  ,<Si  amydon: 
leur  tenuité  grande  ,  eft  retenue  par 
l’adftrition  des  dattes  :  le  iîiccre  ,  ou 
miel  y  font  mis  pour  leur  conferya- 
tion ,  &  pour  donner  la  forme. 

LE  MELANGE. 

L’iris  étant  concafsé  ,  on  y  ajou¬ 
tera  la  reglide  mondée  Sc  incisée, 
puis  le  gingembre,  &  canell'e  :  aprez 
les  herbes  ,  amandes  ,  pignons  & 
poivre ,  pour  le  tout  pulverÜèr  ,  SC 
tamilcr,  fobtilement.  Les  dattes  mon¬ 
dées,  lt.5  figues  grafles,  &  les  rai- 


Des  Poudres  Aromatiques.  1 7  5 


fins  mondez  de  leurs  pépins  feront 
pilez  au  mortier  de  marbre,  avec  un 
pilon  de  bois  ,  &  pallèz  à  travers  le 
tamis  renversé  avec  une  ipatule.  Il 
faut  pulverifèr  à  part  l’amydon ,  &  Iç 
Styrax  calamite ,  plutôt  que  le  rouge 
qu'on  treuve  aux  boutiques  ,  indi¬ 
gne  d’être  mis  aux  compofitioas  qui 
^nt  deftinées  pour  l'intérieur  ,  &  la 
gomme  Tragacanth  ,  comme  il  a  été 
pluileurs  fois  déclaré.  Cela  fait  peu 
à  peu  les  fruits  feront  deflèichez 
arec  la  poudre  en  frottant ,  &  non 
en  frappant  à  coups  de  pilon  ,  pour 
le  tout  garder  au  beioin  :  ou  la  mê¬ 
ler  avec  quantité  fuffifançe  de  miel 
blanc,  ou  Æiccre  en  eléctuaire  mol, 
ou  iolide ,  ainiî  qu’il  fera  preferit 
pp  le  A^edecin ,  pour  la  commodi¬ 
té  des  malades ,  en  gardant  la  dofe 
convenable. 

LES  TACVLTE'Z. 

H  convient  à  ceux  qui  ont  la  toux, 
&  difficulté  de  rcfpiration  :  il  foula¬ 
ge  1  enroiieure  provenant  de  caulè 
froide, 

rem  ARCLVE. 

La  poudre  de  Diajreos  Sedomo- 
nis  doit  être  attribuée  a  Nico- 
lauiAlexandrinusplutèt  qjt  d'êSficot. 

■t^ytepf.  q^ui  bien  quil  nen  fait  pas 
I  inventeur, fi  efi-ce  néanmoins  que 
comme  beaucoup  pim  ancien  que  ce 
de/nier  qui  Va  tirée  de  mot  d  mot 
du  chapitre  i  xç)  .de  fion  livre  de  la 
compofition  des  medicamens  locaux 
i^aüegué  ,\luy  doit  plutôt  appar- 

Lfkolam  Myrepfus  de  qui  Eaui, 


a  emprunté  fa  defçriptien ,  demande 
que  les  figues  fiaient  mondées  de  leurs 
petits  grains, &  ce  dernier  nen  fait 
point  de  mention  dans fion  mélange, & 
cela  fie  doit  obfierver ,  a  caufie  de 
leur  vertu  contraire  ,pour  cette  rai- 
fion  J  ay  ajouté  a  la  deficription  aprei. 
Cartcarum  les  mots  fine  acinis ,  qui 
efi  le  propre  terme  de  VAutheur  ^ 
&  pouf  ce  faire  ,  il  faut  choifir 
des  figues  des  plus  grajfes ,  &  mieux 
conditionnées  ,  &  Les  pajfer  fans  les 
piler ,  ny  les  faire  cuire  d  travers 
un  tamis  de  crin  renversé  bien  fiub- 
til  j  les  amandes  de  rnème  ne  font 
point  demandées  par  aucun  de  ces 
Autheurs  d‘être  mondées  ,  ce  qu‘il 
ne  faut  point  négliger  dé  faire  par 
la  même  rajfion  que  des  figues.  Les 
Afedetins  d’ Aufibdurg  ,  &  ceux  de 
Londres  en  leurs' Pharmacopées  de» 
mandent  dans  cette  poudre  les  aman¬ 
des  ameres ,  d  quoy  nous  ne  pouvons 
aquieficer  peur  deux  raifions ,  la  pre¬ 
mière  que  N.-Alexand.  ny  N. My- 
repfi.  n’en  fient  point  de  mention ,  eév 
difient  fimplement  Amygdalarum, 
par  cette  façon  de  parler  ,  il  faut 
prendre  des  deux  effeces  la  plus  fa¬ 
milière  qui  font  les  douces ,  eu  égard, 
auffi  d  l’intention  de  VAutheur  ^  la: 
feconde,eft  que  Bauderon par  exprez 
les  fpecifie.  Ce  dernier  re  ']ette  le  Sty¬ 
rax  rouge ,  que  VAutheur  y  deman¬ 
de ,  difiant  ne  valoir  rien  pour  les 
compofitions  internes ,  il  m’en  excu- 
fiera ,  s’il  avoit  exaêlement  confide- 
ré  toutes  les  eéfeces  de  Styrax  ,fians 
difficulté  il  n  aurait  pas  condamné 
le  rouge  ,puis  que  la  vérité  efi  telle 
qu’il  efi  le  fécond  en  bonté. 

Ceux  qui  compofieront  cette  pou¬ 
dre  d  deffiew  de  la  garder  dans; 

kufS: 


17^  Li'vre  L 

leurs  boutiques  comme  un  remede 
Officinal',  apre-'^  avoir  fait  la  pou¬ 
dre  des  matières  triturables,  dn  paf- 
sé  les  pulpes ,  pileront  les  amandes 
&  les  pignons  dans  un  mortier  de 
marbre  blanc ,  aprezji  mêleront  les 
pulpes  &  finalement  la  poudre ,  & 
continueront  de  les  battre  un  lodg 
tems  jufques  a  ce  que  le  tout  fiqit 
■bien  mêlé ,  cela  fait  on  en  formera 
de  petits  Trochifques  qui  feront  fei- 
cheT^  à  l'ombre ,  étans  fecs  les  met¬ 
tront  en  poudre  fubtile ,  quils  gar¬ 
deront  comme  les  autres  dans  un 
pot  de  verre  bien  bouché  -voilà  la 
vraje  méthode  d'y  procéder. 


Piilvis  Diatragacanthi  frigidi, 
D.  Nicol.  Alexand. 

éfil.  Penidiarum,  une.  très. 

Gummi  Tragacanthi  albiffimi,  une. 
duos. 

Arabici,  drach.  decem. 
.Amyli ,  une.  dimid. 

Seminum  Papaveris  albi,drach.  très, 
4.  fiigidorum  major  munda- 
tor.  & 

GlycyrrhiTjt,  recentù  rafz ,  &  minu- 
tim  incifa,fing.  drach.  duos. 
Caphura ,  ferup.  dimidium. 

Fiat  pulvü  ufui  reponendm,  vel fiat 
EleBuari^tm  cum 
Saccharo  albo,  quod  ufui  reponetur. 

PARAPHRASE. 

C>Et  Elc(3:uaire  a  pris  le  nom  de 
j{k  baie  la  Gomme  tragacanth. 
Sa  vertu  incraflànte  eft  augmentée 
par  la  gomme  Arabique,  l’amydon  & 
lêmence  de  Pavot.  C^oy  que  Myte- 


Se&ion  IV. 

plus  faiïc  mention  de  la  lèmence  d'or¬ 
tie  J  fort  Ibuveraine  pour  purger  la  pi¬ 
tuite  cralTè  ,  &  vilquetile  des  poui- 
mons ,  félon'  le  témoignage  de  Gai. 
au  livre  6.  des  fimples  :  &  de  la  fe- 
mencede  Pavot  blanc ,  pour  incraffer 
la  pituite  tenue ,  qui  découlé  du  cer¬ 
veau  aux  poulinons.  Tay  neantmoins 
avec  Salernitanus  retrenché  ladite 
femence  d  ortie  ,  parce  qu’elle  rend 
toute  la  compolîtion  fort  defagrea- 
ble ,  &  de  mauvailè  couleur  ,  &:  rete¬ 
nu  celle  de  Pavot,  quoy  que  Salcrni- 
tanus>  ny  les  autres  qui  l’ont  fiiivy 
n’en  faifé  mention  ,  pour  la  raifon 
que  dciTiis.  Le  Camphre  eft  icy  rois 
en  petite  quantité  ,  pource  qu’il  eft 
delagreable ,  &  que  fa  tenuité,  de  pa¬ 
ries  eft  allez  liiMànte,  avec  l’aide  des 
femences  froides,  de  faire  pénétrer 
la  froideur  incraflànte  de  la  bafe, qui 
de  foy  ne  le  pourroit  faire.  La  re- 
glilïé  y  eft  mife  pour  deterger  les  ma¬ 
tières  contenues  aux  poulmons.  Le 
fùccre  donne  le  goût,  Sc  conferve 
leur  vertu. 

ZE  MELANGE. 

Il  fiiut  pulverifer  cnlèmble  la  re- 
glilfe  rarifsée ,  &  incisée ,  &  les  fe¬ 
mences  de  Pavot.  A  part  l’amydon,  le 
Camphré,  &Penides.  Les  gommes 
Tragacanth  ,&  Arabique ,  chacune-à 
part  feront  pulvérisées  dans  un  mor¬ 
tier  de  bronze  chaud  ,  avant  que  les 
pefer  ,  à  caufe  du  df  cher,  tes  quatre 
femences  froides  mondées  de  leurs 
écorces  ,  feront  incisées ,  tant  menu 
que  faire  fè  pourra,fur  un  papier  blanc 
avec  un  trancher  de  Cordonnier, 
puis  refïibtilisées  au  mortier  arec  les 
Gommes ,  l’amydon  Si  Penides  def^ 
feichées. 


Des  Poudrés 

feichées.,  &  le  refte  de  là  poudre, 
pour  le  tout  garder  au  belbin.  Ceux 
qui  voudront -garder  la  poudre  long¬ 
temps  ,  n'y  doivent  ajouter  'les 
quatre  feraences  froides  ,  ny  cel¬ 
le  de  Pavot  blanc  j  mais  lors  qu'ils 
s'en  voudront  aider  :  pource  qu'en 
moins  de 'trois  mois  ,  apres  elle  fe 
rancit-,  &  eft  fi  deiàgrcable  ,  que 
les  malades  n'en  peuvent  vfer.  Ce 
qui  n'advient  pas  ,  fi  elles  y  font 
miles  ,  lors  qu'on  s'en, veut  lèrvir. 
Toute_  la  poudre  contient  fept  on¬ 
ces  ,  SS  demy  forupule..  Les  femen- 
ces  froides  &  de  Pavot  reviennent 
à  onze  drachmes  ,  qui  eft  pour  cha¬ 
cune  once  de  poudre  vingt  grains 
Sc  demy  ,  pour  chaque  femenc.e 
froide  ,  ou  à  huitante  deux  .grains 
pour  les  quatre ,  conftituant  la  drach¬ 
me  de  feptante  deux  grains ,  ou  de 
vint  quatre  pour  le  fcrupule  ,  ôc  de 
la  femence  de  Pavot ,  à  trente  grains 
'  âc  demy  ,  pour  chaque  once  de  pou¬ 
dre.  Les  Tablettes  feront  laites  de 
même  que  nous  avons  dit  au  ,Diaj- 
■reos  fimple, 

Z£S  FACVLTEZ. 

Elle  eft  propre  à  tous  les  vices 
de  la  poitrine  Sc,  des  poulmons,  à 
la  peripneumofue  ,  pleurefie  ,  à  la 
phthifie,  à  la  toux  chaude  avec  fiè¬ 
vre  &  à  l'âpreté  du  gofier,  &  de  la 
trachée  artere. 

R’EMARQVE. 

L  Equivoque  qtte  beaucoup  d‘Au- 
theurs  om  fait  en  donnant  le 
travail  de  Vun  à  l’autre ,  parait 
tti  beaucoup  d’endroits  de  cette 


j4romatiqueSr  ijy 

Pharmacopée  ,  comme  en  la  poudre 
Diatragacanth  ,  '  que  Bauderon  au 
tribué,,  à  Nicolam  Myrepfiu  Ale- 
xandrinm  ,  &.  neantmoins  elle  efi 
décrite ,  long-temps  avant  ’luy  par 
Nicolaui  Alexandrinm  au  chapi- 
tre  de  fin  livre  fus  allégué. 

Et  bien  que  ces  deuk  Autheurs  ne 
diferent  que  d’un  mot  en  leur  nom, 
ce  dernier  a  écrit  long-temps  avant 
ce  premier  ,  comme  )'ay  cy-devant 
dit ,  &  cette  conformité  de  noms, 
avec  la  rareté  des.  œuvres  de  J!éi- 
colam  Alexandrinm ,  ont  donné  Ije» 
a  l’équivoque  que  j’ay  corrigé  au 
titre  de  la  compojîtion. 

Bauderon  a  retranché  la  femence 
d’ Ortie  ,  &  beaucoup  d’autres  dans 
leurs  Diéfenfaires  du  Diatraga-^ 
canth.  loubert  en  a  aufii  retranché 
la  femence  de  Pavot ,  &  n’a  retenu 
que  les  femences  froides  ;  aprefint 
nous  n’y  employons ,  ny  celles  qu’on 
a  retrenché ,  ny  celle  qu'-on  a  rete¬ 
nu ,  a  caufe  comme  il  a  été  dit  par 
Bauderon  ,  quelles  fer  oient  rancir 
la  poudre  en  peu  de  temps  ^  le  Cam¬ 
phre  n’y  efi  pas  non  pim  employé 
à  raifon  de  fin  odeur  facheufi ,  & 
de  fa  faveur  ingratte  ,  en  y  fera- 
toupurs  a  temps  ,  pour  les  y  mefier 
quand  on  s’en  voudra  fervir.^and 
on  voudra  former  des  Tablettes  de 
cette  poudre  ,  on  y  procédera  de 
meme  ,  qu’il  a  été  remarqué  au 
Djajreos. 


Pulvis  Diapenkîion, D. Nicol. 
Alcxand. 

y:.  Penidhrurn,  tmc.  duas,drach.fem. 
Nudeorum  Pineorurn , 

Z  Amyg 


lyS  Livre  L 

ty4my gàalamm  àulcinm  munda- 
tar. 

Seminis  Paf/iverk  al  ht ,  Jing.drach. 
tref ,  &  fcrttp.  unmn. 

Cinnamomi  ^  ^  ^ 

Zimihm  V“ 

Succi  Glycyrrhi\a  , 

Cnmmium  Tragacanthi ,  &  „ 
ty^rahici\ 

Seminum  qüatmr  fiigidor ,  majoruih 
mundator ,  & 

'  tAmyli ,  finguL  drach.  mam  ,  & 

Caphura,  gra,  oBo. 

Fiat  pulvû  eycipiendus  Saccharo 
aqua  Fiolarum  ftillatitia  foluto, 
&  coÜo  in  EleBuarium. 

Si  Cinnamomum  Caryophyllorum  y 
&  Zingiber  addantur.  Diape- 
nidion  cum  jpeciebm  nuncupabi- 
tur.  Si  verb  pr&termittantur , 
Diapenidion  Jîne  jpeciebm  nomi- 
nabitur. 


PARAPHRASE. 


SAlernitanus  a  emprunté  cette 
defcription  dcMyrepCis  au  pre¬ 
mier  des  Antidotes  ,  chapitre  517.. 
en'  changeant  fènlement  la  doic , 
&  non  les  medicamcns.  La  balè 
de  cet  Eleétiiaire  ,  font  les  Peni- 
des  5  dont  il  a  pris  le  nom  :  leur 
vertu  incrallânte  eft  augmentée  par 
les  gommes  ,  l’Ainydon  ,  &  fe- 
mences  de  Pavot  ;  la  deterfîve  par 
les  Pignons  J  Amandes  douces  ,  & 
fcc  de  Reglilïè  :  les  fcmences  ,  & 
Camphre  y  font  mis ,  pour  condui¬ 
re  leur  vertu  julqu'aux  poulraons, 
par  leur  tenuité  de  parties  :  la  canel- 
le,  gerofle,  &  gingembre,  pour  in- 


SeBion  J  K 

cifer  ,  &  atténuer  le  phicgmc  épais 
y  contenu.  Si  ces  trois  derniers  n’y 
font ,  cet  Eleduaire  fera  appelle  Dia¬ 
penidion  fine  Ipeciebus  :  s’ils  y  font,' 
on  l’appellera  Diapenidion  cum  Ipe¬ 
ciebus. 

LE  MELANGE.  ■ 

Premièrement  il  font  pulverilèr 
enfomble  ,  la  canelle  ,  le  gerofle, 
le  gingembre  ,  le  fiic  de  reglilïè, 
&;  la  femence  de,pvot.  Sur  un 
papier  blanc  il  faut  incifor  l6s  Pig¬ 
nons  ,  les  amandes  pelées  ,  &  fomen- 
ces’ froides  (  mondées  de  leurs  écor¬ 
ces  ,  )  tant  menu  qu’il  fe  pourra , 
avec  un  couteau  bu  trancher  de  Cor¬ 
donnier  :  puis  bn  les  relEibtililèra 
avéc  les  Penides  delTeichées ,  l’amy- 
don  ,  &  ’  les  gommes  pulvërifées 
(comme  fouvent  nous  avons  dit  ) 
&  les  autres  poudres  :  le  camphré 
fera  piilverifé  à  part.  Cela  fait  on 
fera  ce  que  l’un  &  l’autre  Nicolas 
enfoignent  :  c’eft  qu’en  une  livre 
d’eau  on  fera  un  peu  boüilhr  trois  on¬ 
ces  de  violes  recentes  jufqu’à  ceque 
l’eau  en  Ibit  teinte.  Dans  la  colature 
on  cuira  une  livre  de  fiiccre  fin  à  per- 
fcélion  :  puis  la  baffine  ôtée  de  dfef 
fiis  le  feu  ,  on  y  raellera  peu  à  peu 
les  poudres ,  &  finalement  le  C^n- 
phre  :  le  tout  refroidy  fera  gardé  au. 
befoin. 

LES  FAcrLTEZ. 

Elle  convient  à  la  toux  ,  à  la 
pleurefie,  à  l’inflammation  du  poul- 
mon  ,  à  râpreté  du  gofier  ,  à  l’en- 
roiieure  ,  &c  contre  toute  indifî»- 
ficion  de  poitrine  :  bref  à  la  courte 


Des  Poudres  Aromatiques. 


haleine  ,  aux  ,  phchifiquçs ,  &  em- 
pyemadques. 

REMARQVE. 

CEtte  foudre  de  Diupenidion , 
que  Bauderon  dit  Avoir  été 
erfifrmtée  par  Salernitanm  de 
Myrepjîus  à  caufe  de  quelque  pe¬ 
tit  ehangement  quil  y  a  fait  aux 
dofes  la  luy  attribué.  La  vérité 
ejl  telle  ,  quelle  nefi  vy  de  Vun 
ny  de  l’autre  j  car  Nicolaui  Ale- 
.  xandrinm  en  fon  divre  preallegué 
la  décrit  au  iç)t.  chapitre  ,  fom  le 
mm  de  Diapenidioti  magnum  ,  au¬ 
quel  on  le  doit  plutofi  deferer  qnd 
aucun  autre. 

Cette  poudre  non  pim  que  la 
precedente  ,  ne  fe  peut  compofer^ 
avec  les  fiuits  &  fernences  ,  pour 
la  garder  a  caufe  de  leur  onSluo- 
fité  (  ny  la  former  en  Trochi/ques 
pour  la  leur  dejfeicher  (  comme  au 
Biajréts  Salomonis  )  qu’au  moment 
qu'on  la  veut  employer.  le  m’éton¬ 
ne  encore  une  fois  de  ce  que  l’ Au- 
theur  de  la  Faraphrafe  ne  s’eft  ex¬ 
pliqué  qu’a  demy  ,  dans  quelques 
defcriptions  ,  comme  au  Diatraga- 
canth  d’une  chofe  qu’il  n’a  pas 
ignoré ,  puis  qu’en  fon  traitté  des 
poids  Cf  mefsres ,  il' nom  le  donne 
à  connoifire  ,  &  quoy  quelle  fait 
de  petite  importance  ,  je  repeteray 
ce  que  fen  ay  cy-devant  dit  au 
Syrop  de  luptbes ,  qui  eft  ,  que  l’on¬ 
ce  de  l’inconneu  Nicolam  Salernita- 
nui  différé  de  la  nôtre  ,  en  ce  quel¬ 
le  efi  compofée  de  neuf  drachmes 
trente  fix  grains  ,  ainjî  que  Bau¬ 
deron  s’en  explique  en  paffant  au 
Diapenidion  en  difant  Caphura 


I7P 

fcrupul.  unim  tertiam  partem  feu 
grana  oélo  ,  qui  efi  a  raifon  de 
vint  quatre  grains  le  fcrupule  ;  & 
dans  tom  les  exemplaires  de  Ni¬ 
colam  Salernitanm  ,  on  y  lit  Pe- 
nidiàrum  drachmas-  fexdecim  & 
femifé.  yéf  dans  ceux  de  Bauderon. 
Penidiarum  'pncias  duos  &  drachm. 
femifi.  voilà  une  grande  contradi- 
'  Elion  de  ce  dernier  dans  une  mê¬ 
me  compofition  de  faire  en  un  en¬ 
droit  le  fcrupule  de  vint  quatre  - 
grains  ,  &  en  un  autre  prendre 
feize  drachmes  &  demy ,  de  nôtre 
poids  ordinaire  ,  pour  deux  onces 
&  demy  drachme  du  poids  de  Sa¬ 
lernitanm  ,  oit  il  y  manque  ,  cent 
nonante  huit  grains  qui  font  deux 
drachmes  cinquante  quatre  grains 
pim  que  nôtre  poids  vulgaire.  G^ue. 
fi  Salernitanm  eufi  entendu  de 
mettre  deux  onces  Cf  derrty  drach¬ 
me  de  Penïdes  ,  il  auroit  fait  com¬ 
me  nôtre  aiutheur  ,  &  dit  Penidia¬ 
rum  f,ij  Ce' que  ]e  releve  pre-^ 
fentement ,  nefi  pas  de  grande  im¬ 
portance  5  c’efi  plutofi  pour  en. ^ad- 
vertir  'V Artifie  qu  autrement ,  puis 
qu'il  nimporte  en  rien  de  quelle 
façon  quon  compofe  les  drachmes, 
moyennant  que  les  douze  onces  qui  i 
compofent  la  livre  ,  ne  fvient  com- 
pofées  que.  de  huit  drachmes  ,  & 
chaque  drachrne  de  trois  fcrupules, 

&  le  fcrupule  de  vint  grains -,  que 
fi  les  fcrupules  de/quelles  on  fe  fert 
pour  pefcr  les  ingrédient  d’une  com¬ 
pofition  ,  font  confiruites  de  vint 
quatre  grains ,  les  drachmes  le  doi¬ 
vent  être  de  feptante  deux  grains, 
les  onces  de  cinq  cens  feptante  fix 
grains ,  &  par  même  raifon  la  li¬ 
vre  de  laquelle  on  fe  feruira  pour  , 
Z  a  pe 


Livre  L  Seâion  IV, 


180 

fefer  le  fitccre  >  le  miel ,  ou  tel  au¬ 
tre  médicament  ,  doit  être  compo- 
fée  de  dou\e  onces  ,  &  chaque 

once  ,  -Àe  cinq  cens  feptante  Jix 
grains  ,  &  les  drachmes ,  &  les 
fcrupules  à  proportion  ,  qui  efi  le 
poids  du  Grecs  &  du  Latins., 
&  ainji  on  évitera  toute  forte  de 
defordre. 

Cette  faute  efi  legere  a  l’égal 
d’une  autre  qui  efi  à  remarquer 
dans  lu  Pharmacopées  d’un  de  nos 
illufiru  profefieurs  tant  Latines  que 
Françoifu ,  où  il  efi  écrit  Penidia- 
rum  uncias  fexdecim  &  femijfem, 
au  lieu  de  drachmat  fexdecim  & 
femijfem,  cette  faute  à  dire  la  vé¬ 
rité  na  \amais  procédé  de  la  plume 
de  ce  grand  homme  ,  mais  bien  de 
l’ Imprimeur  comme  il  efi  aifé  a 
croire ,  qu’au  lieu  de  mettre  le  cha- 
raElere  de  la  5.  il  a  mis  celuy  de 
comme  aujfi  il  efi  arrivé  dans  la 
même  défcription  ,  qu’au  lieu  d’écri¬ 
re  Âmy  li  candidijfmi ,  on  a  écrit 
uimyli ,  &  au  dejfous  Candi ,  fupple 
facchari ,  ce  qui  ne  fe  treuve  en  au¬ 
cun  autre  Dijpenfaire ,  &  qui  de¬ 
meure  fort  bien  vérifié  qu  'en  cet  en¬ 
droit, on  doitlire  .Amyli  candidijfmi, 
ainji  qu’on  voit  dans  toutes  les  Phar¬ 
macopées  ,  qui-  décrivent  le  Diape- 
nidion  ;  de  plus  au  lieu  de  la  troi- 
fiéme  partie  d’un  fcrupule  de  Cam¬ 
phre  ,  il  ny  en  efi  demandé  que  deux 
grains.  l’ay  voulu  advertir  ceux 
qui  pourroient  dijpenfer  cette  pou¬ 
dre  félon  loubert ,  afin  d’ éviter  telles 
fautes. 


Pulvis  Diahyflbpi ,  D.Nicol. 
Alexand. 

ê^.HyJfopi  ficcA , 

.  Radicis  Ireos , 

Alelanopiperis  »  id  efi  Piperis  ni- 
gri  ,  & 

Thymi  ,  fingut.  drachmas  tri- 
ginta. 

Gliconq ,  id  efi  Pulegq , 

'Thymbra ,  id  efi  Satureja, 

Pegahi ,  id  efi  Rut  a , 

Cymini  ,  fingul.  drachmas  vi- 
ginti , 

Carnis  DaHylorum , 

f  H  AC  duo  ad- 
1  duntur  a 
Nieol.PrA- 
pofito  ,  quA 

Ghmrdxf.  i  ""  'T- 

y  J  K,  ’  I  riuntur  in 

icodice  ,  Ni- 
col.  Salerni- 
^  tani. 

Caricarjam  pinguium , 

Pajfularum  enucleatarum ,  & 
Seminurn  ALarathri ,  id  efi  Foenicu- 
li ,  fing.  drach.  decem , 

Anifi  , 

Carui , 

Levifiici  ,  feu  Ligufiici ,  aut 
Lybifiici,&  ' 

Zingiberis  ,  fing.  drach.  quinqUe. 
Fiat  pulvis  ex  arte  ,  melle  excipien- 
dus  in  EleHuarium  molle. 

PARAPHRASE. 

Le  s  quatre  medicarnens  mis  au 
commencement  fervent  de  bafc, 
neantmoins  cette  poudre  a  pris  fon 
>  nom 


Des  Poudres  Aromatiques.  1 8 1 


nom  de  la  feule  Hylîbpe  :  four  ce 
que  d’autres  precedentes  ,  tant  de 
l’Iris  ,  que  du  Poivre  en  lont  nom¬ 
mées.  Leur  vertu  incifîve  ,  &  at¬ 
ténuative  cfl;  augmentée  par  les 
herbes  ,  &  Gingembre  :  la  deter- 
five  pr  les  figues ,  &  raifins  gras  : 
leur  chaleur  ^  âpreté  5  &  ficcité  »  eft 
modérée  par  la  gomme  &  reglif- 
fe  ;  les  Daétes  par  leur  aftriblion 
legerc  corroborent  la  poiurine  3  & 
poulmons  :  les  feraences  eonfument 
les  vents  qui  font  au  ventricule ,  & 
inteftins  ,  &  conduifent  par  la  voye 
de  l’urine  la  matière  incifée ,  ôc  de- 
tergée  par  la  bafe  :  le  miel  y  eft 
adjouté  3  pour  la  confervation  d’i¬ 
celle. 

LE  MELANGE. 

Au  commencement  il  faut  con- 
caflèr  la  racine  d’iris  :  puis  on  y 
ajoutera  ,1a  reglifte  incifée  ,  &  le 
gingembre  ,  aprez  on  y  mettra 
les  femences  ,  &  le  Poivre ,  puis 
les  herbes.  Il  faut  pulverifer  à 
part  la  gomme  Tragacanth  ,  &  les 
fruits  gras  ,  ainfi  que  nous  avons 
dit  en  la  poudre  Diajreos  compo- 
fée.  Cette  poudre  fera  gardée  3 
pour  la  mefler  avec,  le  miel  écu- 
mé  3  ou  fiiccre  ,  ainfi  qu’il  fera  ne- 
celîàire. 

les  eacvltez. 

Elle  profite  à  la  douleur  de  te- 
fte  canfee  d’humeur  froide  3  elle 
deffeiche  la  luette  3  nettoyé  l’âpre 
artere  3  appaife  la  joux  3  corrige 
toutes  les  indifpofitions  froides  du 
thorax  3  &  de  l’eftomach  3  aide  à  la 


coéfion  3  eft  aufïi  fort  propre  à  la 
plcurefie&  àl’empyeme. 

REMARQJ/^E. 

NIcolaus  Alexandrinm  en  fin 
livre  de  la  comfofition  des 
médicaments  fus  allégué  chafi~ 
tre  i  09.  defirit  cette  poudre  fous 
le  nom  de  Diahyjfppi  ,  ce  qui 
nous  fait  voir  quelle  luy  appar¬ 
tient  3  &  non  au  fuppofé  Nico- 
lausEalernitanus  ,  duquel  fay  cor¬ 
rigé  le  nom  ,  au  titre  de  la  com- 
pofitien. 

Bauderon  veut  qiion  prenne 
pour  le  Peganon  la  Rue  domefti- 
que  au  lieu  quil  faut  prendre  la 
petite  Rué  fauvage.  fl  y  en  a 
qui  pour  le  Glechon  ou  Blechon, 
mettent,  le  Mentafirum ,  ^  d’au¬ 
tres  le  Calament  :  mais  j’efiime 
quil  s’en  faut  tenir  d  Bauderon  qui 
efi  conforme  d  Nicol.  Alexand.  df 
prendre  le  Pulegium  regale.  Cet¬ 
te  pourdre  fe  pourra  préparer  en 
un  temps  fie  pour  la  garder  au  be- 
fiin  ,  moyennant  qu’on  malaxe  la 
poudre  fubtile  ,  avec  la  pulpe  des 
fruits  3  &  qu’on  en  forme,  des  Tro- 
chifques  ,  comme  a  été  cy-devant 
dit  au  Diajreos  Salomonû.  Bauderon 
dit  que  la  Gomme  Tragacanth ,  .& 
la  reglijfe  ont  été  adjoutées  en  cette 
poudre  par  Nicolaus  Prapofitus , 
mais  la  defeription  de  NicohAle- 
xandrinm  qui  eft  de  beaucoup  plus 
ancienne  nam  fait  voir  le  contraircy 
ou  il  efi  fait  mention  de  l’une  &  de 
l’autre. 


Pulvis 


i8i  Livre  L  S eâ ion  IV, 


Pulvis  Diapraflij  ,  D.  Nicol. 
Alexand. 

Of.  ^rajfii  viridü  ,  id  eft  recens 
fie c an ,  drach.  quinq.  &  femifs. 
Gummi  Tragacafahi , 

Jslucleorum  Fini  mundatorum , 
çyimygdalarum  dulcium, 
PtBacwrum  , 

Carnis  paStylorum , 

Pajfttlarum  enucleatarum  > 

Ficuum  pingumm ,  fin  g.  drach.  très 
&  femiji. 

Gnnamomi , 

Caryophyllorum , 

■Nucü  mofehata. 

Macis , 

Ligni  Alo  'és , 

Galanga  tenuiorU  ,  qualis  ex  China 
ad  nos^defertur. 

Zingiberü , 

Zedoria , 

Spica  Nardi, 

GlycyrrhiX^  ,  ^ 

Rhapontici  vert , 

«M^acardij  t 
Styraeü  calamita , 

MaSliches  , 

Myrrha , 

Galbant , 

Terebinthina 

Iridis, 

ayfrifiolochia  rotunda , 

Corticum  radicum  Capparis yfinguU 
drach.  duast 
Gentiana  y  ■ 

Piperis  nigri  y 
Seminum  Anifi  y 
Fœniduli  y 
I  yinethl  y 
Saxifiaghy 


Sinoni 


f  Efi  Apium  monta- 
J  numyfcH  Diofeor. 
Oreofilinam  :  di- 
verfitm  a  Petro- 
fielino  M^scedoni- 
co  Eftreatico ,  te- 
jitbm^  Diofiorid,' 
&  Galeno.  Et  fi 
Aiithor  Pande- 
biarum  &  Pla- 
teariuty  &  e]us  fe- 
quaces ,  idem  exi-  ' 

I  filment  ejfe  Pe- 
trofelinum  agre- 
I  fie,  feu  montanum 

Macedonicum. 

Apq  vulgaris  ,fingul.  drachm. 
duos. 

HermodaHylorurn , 

CaFianea , 

Origani , 

FPeucedani  y 
Schœnanti  y 
Grâamomi , 

Piperis  albi, 

Semin.  Carnabadij,  id  efi,  Carui , 

LyhiFiici ,  feu  LigufiiciyVulgo  . 
Levifiici , 

Vincetoxici ,  feu  Afclepiadis  herba, 
fing.drach.  unam  &  femifi.gr.  i  .6. 
Balfami  y  &  non  Balfamita  ,  etiam 
cum  Salernitano  ,  vt  videre  efi 
non  in  fimplicium  enumeratio- 
ne  ,  fed  in  fine  methodi  compo- 
nendi , 

DiStamni  potius  y  quam  Abrotani 
cum  Myrepfo  •  quoniam  hoc  fio- 
macho  adverfatur  ,  Galch.  lib.6. 
fimp.  medicam.  Illud  'uèrb  huic 
Antidoto  apprime  eonvenit  '. 

Cofiiy 

‘Pyrethri, 

^ulegq. 

Thym 


DùJ  Poudres  Aromaîiiitdes.  ^  183 


ThymhrA,  id  eft,  Satureia , 

Seminum  Pœonint, , 

Ocimi,  id  ejl,  Bafiliconidy 
^Iperü  iongi,  cum  Salernitano. 
Amomi ,  (Mt  fuccedAnci  Ac^ri  ve- 

Eruhfiff  Orobi,Jtng.  JExagium  mum 
gra.  duo. 

(  Hoc  fondm  malè  vertit  Sulerni- 
tanus  drach.unam  ,  eo  ipfo  Au- 
thore  J  cum  fit  fexta  unctApars) 
Xylohalfumi ,  (  hujm  loco  fume  fur- 
culos  Lentifci  Pena  ) 

Cajfu  lignea  aromatica, 

Coralli  rubri , 

RafurA  Eboris, 

Carpobalfami  ,  hujtu  loco  fume  fe- 
mm  Terebinthi  ,  vel  Lentif¬ 
ci ,  & 

Lanci  Cretici  ,  fingul.  drachm. 

femifi. 

Mofchi  , 

Ambarü,  & 

Ojfis  cor  dis  Cervini ,  fing.gra.  qua- 
tmrdecim. 

Sacchari ,  vel  mellis  dejpumati  ,  lib. 
quatuor 

Etat  EleB^uarîum  molle. 

paraphrase. 


CEtte  pondre  ,  ou  Ele6tuaire  eft 
décrire  par'JvliGolaus  Myrepfius 
Alcxand.  au  premier  des  Antidotes 
chapitre  89.  laquelle  a  pris  le  nom 
de  fa  bafe  le  Marrube  blanc  appelle 
des  Grecs  Praflîon  ,  lequel  convient 
à  tous  les  Vifeeres  ,  &  principale¬ 
ment  aux  poulinons ,  pour  les  mala¬ 
dies  defquels ,  &  poitrine ,  cet  Ele- 
ânaire^  a  été  compofé.  Le  Styrax, 
les  Châtaignes ,  le  Maftich  ,  les  Dat¬ 
tes  &  la  gomme  Tragacanth ,  y  font 


mis  pour  incraflçr  les  rheumes  fub- 
tils  ,  qui  du  cerveau  tombent  llir  les 
pouhnons  :  leur  vertu  eft  conduite 
au  cerveau  j  par  la  Pivoine,  Ocimum, 
gerofle,  macis  ,  mulcade,  &  Ana¬ 
cardes.  La  vertu  incilîve,  &  atté¬ 
nuative  des  matières  craftès ,  &,  vif- 
queulès  de  la  balè ,  eft  augmentée 
par  le  Pyrcthre',  Zedoaire  ,  poivre, 
gingembre,  Cardamome,  Origan,  &c 
Pulege  :  leur  chaleur  eft  modérée 
par  le  Corail.  La  faculté  deterfive 
de  la  balè  eft  augmentée  par  4  Téré¬ 
benthine  ,  Gentiane  ,  Ariftoloche  , 
Hermodaéles ,  Cappres ,  Figues  ,  Pi- 
ftaches,Raifins ,  Amandes,  Myrrhe,. 
&  Pignons.  Les  lèmences  y  font 
mifes  ,  pour  coftduire  par  la  voye 
de  1  urine  telles  matières  fubtilifées.. 
Le  Galanga  ,  le  bois  d’Aloës  &  Ca- 
Belle  y  font  miles  pour  la  defence 
du  ventricule  ,  contre  la  nuilànce 
des  Hermodaétes ,  Anacardes ,  Pyre- 
thre  ,  &  Coftus  ;  le  Nard  Indic,. 
Schœnanthe  &  Rhapontic ,  y  lonc 
mis  à  caufe  du  foye  :  le  Galbanura- 
èc  Styrax  ,  pour  ramollir  Ja  dureté' 
des  vilceres  :  le  Baume  ,  &  lès  par¬ 
ties,  la  Gaffe  aromatique ,  le  Diétam,» 
Cofte,  Mule,  Ambre  pour  caulè’ 
de  la  matrice  :  iTvoire  &  os  de  cœiur 
de  Cerf  pour  le  cœur  :  la  vertu  dc; 
la  bafe  eft  conduite  aux  poulmons- 
par  le  Thymbrc  ,  Iris  ,  reglillè ,  &. 
Pucedane  ,  qui  guerilfent  les  njala- 
dies  d'iceux  a.vec  Laide,  mutuel  des^ 
autres, 

LE  MERLAN  GE. 

Au  commencement  il  faut  concaf- 
fer  le  bois  d’Aloè's ,  &  Xyloballàme; 
ou  Ibn  fiiccedanée  le  Santal  citrin,. 


î84  Livre  L  SeSiion  IV, 


ou  les  fejettons  de  Lentifc  ,  ou  de 
Terebinthe  »  qui  font  faciles  à  recou¬ 
vrer  ,  &  qui  ont  quafî  fcmblable 
vci'cu  5  puis  on  y  ajoutera  les  ra¬ 
cines  de  Gentiane,  d’Ariftoloche  ron¬ 
de,  d'iris ,  Coftus  ,  Peucedane  Ze- 
doaire  ,  laregliilê  raclée,  &incilee, 
le  Gingembre  ,  Rhapontic ,  Hermo- 
dattes,  Pyrechre,  Pivoine  ,  &  l'os  du 
cœur  de  Cerf  limé  :  à  parler  propre¬ 
ment  c’eft  plutoft  un  cartilage  qu'un 
os ,  au  lieu  duquel  on  peut  prendre 
celuy  qu'on  treuve  dans  le  cœur  d’un 
bœuf. 

'  Au  fécond  rang  le  Galbanum 
nettoyé  de  toute  ordnre ,  les  aman¬ 
des  mondées  de,  leurs  écorces ,  les 
Pignons  &  Piftache’s  aulfi  mondéesj 
ceux-cy  en  petite  quantité  avec  beau¬ 
coup  d’autres  fecs  facilement  fe  pul- 
verilèront ,  &  empêcheront  l’exhala¬ 
tion  de  la  poudre  ,  les  écorces  de 
Cappres,  de  Canelle,  Calfc  aroma¬ 
tique  ,  le  Nard  Indic  incifé,  le  Di- 
étam  ,  les  GeroHes  ,  la  Mulcade ,  & 
Macis ,  routes  les  femences ,  le  Poi¬ 
vre  ,  Carpobalfame  ou  fon  fucceda- 
née  les  Cubebes ,  ou  la  femence  de 
Lentifc  ou  de  Tercbinthe,  Anacardes, 
l'écorce  de  Chaftaigne,  Cardamome, 
Hermodaétes  Sc  Peucedane. 

Au  troifiéme  rang  les  herbes  fèi- 
ches ,  &  fchœnanthe  ;  le  tout  fubti- 
lesnent  pulverifé  &  tamile  fera  gar¬ 
dé.  Il  faut  pulvcrifer  à  part  la  gom¬ 
me  Tragacanth  (  ainfi  qu'il  a  été  dit) 
le  Styrax  calamite ,  le  Maftich  avec 
quelque  goutte  d’eau  ,  pour  empê¬ 
cher  qu’il  n’adhere  au  mortier ,  &: 
s’exhale  :  la  Myrrhe,  le  Corail ,  l’I¬ 
voire  ,  le  Mule ,  '&  Ambre.  Il  faut 
piler  enfemble  au  mortier  de  mar¬ 
bre  les  Figues ,  les  Dattes  mondées 


de  leurs  os ,  &  pellicules  ,  &  les  rai- 
fins  mondez  de  leurs  pépins ,  &  les 
palfcr  à  travers  le  tamis  renverfé 
avec  une  cueillere  d'argent ,  ou  une 
fpatulc  :  aprez  on  y  ajoutera  la  Te- 
rebinthine ,  &  Baume  de  ludéc ,  ou 
fbn  fuccedanée  l’huile  de  Mufeade, 
ou  de  gerofles ,  ou  le  S  taéfe ,  qui  eft 
la  liqueur ,  que  par  expreflion  on  tire 
de  la  Myrrhe  recente ,  qu'il  n’eft  fa¬ 
cile  à  tous  de  recouvrer.  A  ces  cinq 
ingrediens  ainfi  meflez  ,  peu  à  peu 
on  ajoutera  dans  un  moptier  fpa- 
cieux  les  poudres  fiifdites  ,  s’il  eft 
queftion  de  les  garder  ainfi.  Que  s’il 
eft  queftion  fiir  le  champ  d’en-com- 
pofer  un  Eleéiuaire  mol,  on  prendra 
quatre  livres  de  miel  blanc  defpumé, 
ic  cuit  auquel  étant  encore  chaud ,  & 
la  badine  hors  du  feu ,  on  deftrem- 
pera  les  figues ,  Dattes  ,  &  raifins 
pilez ,  &  paffêz  par  le  tamis  „  comme 
auons  dit,  puis  la  Terebinthine  ,  Sc 
peu  à  peu  les  poudres  ;  finalement  le 
baume,  ou  fbn  fuccedanée ,  pour  gar¬ 
der  le  tout  au  befoin. 

Le  texte  de  Nicolaus  Salernita- 
nus  eft  dépravé  en  ce  lieu  ,  où  l'on 
lit  Balfàraitæ  (  qui  eft  la  mente  aqua¬ 
tique  )  pour  Balfamum ,  lequel  lim- 
plement  mis ,  fè  prend  pour  l’Opo- 
balfeme  des  Grecs ,  qui  eft  le  prin¬ 
cipal  de  la  plante ,  lequel  a  été  fuivy 
par  Nicolaus  Præpofitüs  ,  &  de  plu- 
fieurs  autres.  Qu’ainfi  ne  fbit  ,  le 
même  Salernitanus  au  mélange  qu'il 
enfeigne  eft  d’avis  que  le  Baume  , 
(ainfi  l'a- il  écrie  )  l’Ambre  &  le  Mufe 
fbyent  meflez  au  miel ,  apres  tous  les 
autres  :  ce  que  confirme  Platearius 
à  la  fin  du  commentaire  qu’il  écrit 
fiir  le  Diapraflium.  D’où  il  appert, 
que  l’erreur  n’eft  pas  provenue  de 


'Des  Poudres  Aromatiques. 


luy  }  mais  plutoll  des  Imprimeurs. 
Quæ  fj/Præpolîciis  &  les  autres  qui 
ou:  fait  imprimer  des  Dilpeniàires, 
culîênt  pris  la  peine  da  lire  tout  ce 
chapitre  ,  &  le  conférer  avec  celuy 
de  'Myrepliis  ,  duquel  il  l'avoir  de 
mot  à  mot  tcanfcric  :  ils  eulïènt  fa¬ 
cilement  jugé  qu'il  entendoit  le  Bal- 
famum  »  &  non  Ballàmitam  j  ideft> 
Mentham  aquaticam. 

LES  FACFLTE  Z. 

ELIc  foulage  les  tabides ,  ceux  qui 
ont  la  toux  3  &i  ceux  qui  font 
lûbjets  aux  defluxions  du  cerveau. 
Comme  auffi  à  la  débilité  de  la  veuc, 
aux  vices  du  palais. ,  aux  puanteurs 
de  la  bouche  ,  &  en  general  à 
toutes  maladies  accompagnées  de 
toux  :  brife  les  pierres  &  làciliré 
l’urine  3  provoque  les  mois  :  &  fait 
changer  &  adoucit  les  fievres  quoti¬ 
diennes  &  quartes. 

REMARQJVE. 

IE  nay  peu  fçauoir  d’où  efi-ce 
que  Nicolaui  Myrepfui  Alexan- 
drinui  a  tiré  la  defcription  de 
cette  poudre ,  &  pour  quelle  raifon 
il  y  fait  entrer  les  Chafiaignes  ,  veu 
que  Nicolaui  Alexandrinus  la  dé- 
criuant  fous  le  mm  de  Diaprajfium 
Magnum  au  chapitre  164.  de  fin- 
livre  préallegué  nen  fait  nulle  men¬ 
tion  3  ny  encores  beaucoup  d’au¬ 
tres  Autheurs  dans  leurs  Anti- 
dotaires  ,  que  je  nay  point  co'r- 
,  comme  le  nom  de  My- 
yepfus. 

Le  nombre  des  médicaments  Jîm- 
ples  qui  compofent  cette  poudre  fi 


iSî 

monte  jufques  a  fiixante  fipt  fui~ 
vant  Adyrepfus ,  elle  me  fimble  plu¬ 
tôt  une  confnfion  qu’un  remede^..fi 
donner  ^fiulagement  aux  maladies 
que.  fin  inventeur  luy  attribue  ; 
Jï  on  confidere  les  dofis  on  y  re¬ 
marquera  la  meme,  confufion  d’a¬ 
voir  dit  Fincetoxici,  fingul.  dràch- 
mam  unam  &  dimidiam  ,  ,&  gra- 
num  3  unum ,  &  femis.  Fefiime  que 
tous  ces  defirdres  font  eaufe  que  cet 
Eleétuaire  ne  fi  point  en  ufage  ;  de 
plus  il  efi  à  remarquer ,  qués  der¬ 
nières  imprefiions  de  Bauderon  des 
années  1639.1648.  1650.  impref- 
fion  de  Paris  3  &  16$  i.  imprefilon 
de  Ro'ùen3on y  a  obmis  le  Macis 3&  le 
bois  d’ Alo  'és ,  que  )’ay  remis  en  cette 
édition  ,  fautes  remarquables  qui 
ont  procédé  du  Commentateur  &  de 
l’Imprimeur ,  pour  n’avoir  pas  exa¬ 
ctement  corrigé  les  fautes. 


Pulvis  Diacymini,  D.  Nicol. 
Salernit. 

Cymini  pridie  in  aceto  infujî , 
&  exficçati.  drachm.  oCto  ,  & 
firup.unum. 

Clnnamomi , 

Caryophyllorum3  utriufq.  drach.  duos 
■é-fimtfi 
Zingiberù ,  &  > 

Piperis  nigri  3  vtriufq.  drach.  duos, 
&  gra.  quinq. 

Galanga  tenuioris , 

Thymbra3  id  efi  Saturtia ,  & 
Calaminthes  ,  fing.  drachm.  urarn, 
firup.  duoj. 

Seminum  Lybifiici ,  vulgo  Levifii- 

Ameos  ,  utriufque  drachm. 

A  a  unani. 


iî6  ,  Livre  L  Se  Lit  on  IV* 


unam  -,  &  gra.  oSlodeciTÿ.  \ 
Piperü  làngi ,  drach.  unam. 

Nardi  Jndica, 

Cardamomi  ,  (  hujui  non  meminit 
Mjrepfm  )  ' 

Nucü  mofchata  yJîngul.fçrHp.  duos 
&  femij?.  ,  : 

Fiat  pulvù  vfui  reponendm  ,  vel 
excipie.ndM  Mellü  jlttici  d'eJpUT 
mati  aut  S^cchari  aibi ,  quanti~ 
tate  fiijficienti  in  EleÜuarinm. 
Dofis  erit  drach.  trium  cum  vina 
poft  paslum. 

PARAPHRASE. 

SAlerniranus'  a  empruncé  cette 
defciiption  "de  Myrepliis  ,  au 
premier  des  A  ntidotes,  chapitre  i  o,o. 
lequel  y  ajoute  de  plus  le  Carda¬ 
mome  i  &c  change  feulement  le 
poids.  Sa  vertu  indfive  i  &c  atté¬ 
nuative  eft  augmentée  par  la  tenui¬ 
té  du  vinaigre  ,  poivre  long  ,  Sc 
noir  >  C  ardamome  »,  &  Gingembre: 
la'confomptive  des  vents  l'efl:  par  les 
fenaences  :  le  gerpfle  &  mulcade 
conduifent  fa  vertu  au  cerveau  :  le 
Thymbra  ou  Saturée»  à  la  poiétrrne: 
le  Galanga  ,  &  candie  y  font  mis 
pour  le'ventricule;&  le  Nard  Indi¬ 
que»  pour  le  foye  :  le  Calamcnt»  pour 
la  matrice  :  le  Ciccre  »  ou  miel  blanc» 
y  eft  mis  pour  le  goût  »  &  conferva-r 
tipiî.  des  elpeces. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  concafler 
le  Galanga  ,  &  gingembre  :  puis  on 
y  ajoutera  la  candie  ,  le  Nard  In- 
dic  ineifé  ,  le  gerofle  »  poivre  Sc 
Cardamome  ;  aprez  les  femences , 


herbes,  &  la  mulcade.'Le  tout  moyen¬ 
nement  piilverifé  »  &  tamifé  fera  gar¬ 
dé  au  beioin. 

LES  EACVLTEZ. 

Elle  corrige  la  froideur  de  la  te¬ 
lle'  »  de  la  poitrine»  &  de  1  ellomacli: 
difcute  les,'  vents  :  foulage  les  fievres, 
quartes. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

Icolatti  ALexandrinm  deferit 
cette  pondre, ,  &  l'appelle  Dia- 
cyminum  magnum  au  chap.tp  i.fotu 
le  même  nombre  d'ingrediens  »  & 
dofes  que  dejfm  ,,excepté  du  Carda¬ 
mome  ,  &  d  raifon  de  cela  jen’ay. 
point  changé  le  nom  de  l'Auteur  du 
titre  de  la  compofition  »  bien  que  je 
foü  tout  perfuadé  quelle  appartient 
a  Nicol'.  Alexand.  preferableme-nt 
à  tout  autre. 

Puif  que  le  dejfein  de  Nicolajti 
Salernitanm  {  que  certains  ap¬ 
pellent  )  étoit  d' augmenter  la  ver¬ 
tu  incifme  »  &  atténuative  de  cet 
EleStuaire  ,  en  y  ajoutant  le.  Car¬ 
damome.  Baùderon^peuvoit  fans  con¬ 
tredit  ajouter  à  la  femence  d’Ameos 
le  furnom  d' Alexandrin ,  parce  que, 
celle  qui  vient  dl Alexandrie  eji  de 
beaucoup  plut  vigoureufe  que  la  no¬ 
tre  dôme  Bique  ,  qui  efiun  z.ere-  en 
comparaifon  j  de  pim  que  c'eji  la 
vraye  femence  d'Ameos  qui  vient 
du  pays  du  premier  inventeur  de 
laxompofition  Nicolam  Alexandri- 
nus,  quelle  luy  étoit  fi  familière  qu’il 
nen  connoijfoitpoÿnt  d'autre,  &  par 
cette  raifon  il  l’appelloit  fimplement 
Ameos,  Toutes  &  quantes  fois  qsie 
nous 


Dei  Poudres  Aromatiques.  1 87 


mv.s  trouvons  ce  met  che"^  Nico- 
laus  Mjrepfus  Alexandrinus  &_ 
antres  Grecs,  il  faut  tan  jours  pren¬ 
dre  la  femence  d'xirneos  qui  a  l'o¬ 
deur  de  VOrigan  comme  vray  Jile- 
xandrin. 


Piilvis  Diathamaron,  D-Nicol. 
Myrepf.  Alex. 

Jnthophyllornm  ,  id  eft  ,  Caryo- 
phyllorum  magnorum ,  (iicet  no- 
men  hoc  florem  Caryophyllorum 
fgnificet  )  & 

Zingiberii,  utriufq.drach.  quinque 
-fcrup.nnum,  &  gran.fexdecim. 
Cinnamomi ,  & 

Caryophyllorum  parvorum  ,vtriufq. 
drach.  quatuor ,  ferup.  unum ,  & 
gran.fexdecim. 

Carnium  Datlylorum  ,  tantundem, 
Galanga  tenuiorü  ,  ex  China  al- 
lata , 

Spicm  Nardi , 

Zedoaria , 

Cofii, 

Pyrethri , 

Gummi  Tragacanthi  albi , 

Coralli  rubri , 

Rhapontici , 

Saliunca,  id  efi,Spica  Celtica, 
ylnacardij , 

Ojfmm  DaSlylorum , 

Carpobalfami ,  vel  fuccedanei  ejus 
Cubebarum,  cUm  Galeno. 
eël  feminù  Terebinthi  arborés , 
vel  Lentifci, 

Semi/7.  Anifi  & 
luniperi , 

Trium  Piperum ,  fing-  drach.  unam, 
ferup.  duos,  &  gran.  oEio. 

C>Jfs  Cor  dis  Cervini. 


Foliorum  Auri  puri  ,  potius  quam 
limatura  ejufdem , 

Argenti  ,&  non  limaturA,fing. 
ferup .  duos,  &  dimidhtm, 
Margaritarum'\  horum  triurn  non 
integrarum,&  ^  meminit  Salerni- 
perforatarum,  tan. 

Blatij  BiXantij,fing.Exagium  femij?. 

hoc  efi  ferup.  dues. 

Rame'nti  eboris ,  & 

Ambaris  ,  vtriufq.  ferup.  ûnum, 
gran.feptem. 

Afofchi,gran.  tria.  Hujus  Salerni- 
tan.  habet  Serupul.  unum  ,  & 
grana  feptem  ,  &  Ambaris  ferup. 
unum,  in  reliquis  conveniunt.  Fiat 
pulvis  ufui  reponendus  :  vel  cum 
Saccharo ,  au  melle  Attico  def- 
pumato  ,  aptetur  in  EleEluarium. 

P  A  RAP  HRASE. 

"XyTYrepfiis  dcfcric  cette  poudre 
J.VJLfous  le  nom  de  Diacameron, 
mot  dépravé  de  Diacomeron  qui 
iîgnifie  (  par  antiphrafè  )  contre  la 
mort ,  ou  maladie  ,  au  premier  des 
Antidotes  chap.39.  Lq  nom.  Diatha- 
maronViy  convient  mieux,  que  celuy 
de  Diacomeron  ou  Diacameron , 
comme  Salernitanus ,  Præpofitus  & 
quelques  autres  aprez  eux  écrivent^ 
pour  canfe  de  la  chair,  &  os  de  Dat¬ 
tes  ,  qui  y  entrent  en  allez  bonne 
quantité,  que  les  Arabes  appellent 
Thamar  ,  doii  eft  venu  le  npm  de 
Diathamaron ,  c’eftàdire, 
tion  de  Dattes.  Cette  defeription  eft 
bien  differente  d  une  autre  de  fèmbla- 
ble  nom  par  Myrepfus  décrite  en  la 
même  feébion  ch^.zy.fort purgative 
qui  n’eft  point  vlîtsc.  Le  gerofle 
■  -gros,&  le  petit,  le  poivre,  Cofte,  gin- 
A  a  2,  gembre. 


i88  Livre  L 

gembrcj  Anacardes ,  Cinamome  ,  & 
Zedoaire ,  y  font  mis  pour  incifèr ,  & 
atténuer  les  matières  crallès  ,  rete¬ 
nues  aux  bronchiés  des  poulraons, 
ou  ventricule,  inteftins ,  &  matrice: 
leur  lîccité  eft  corrigée  parla  gomme 
Tragacantlî  :  leur  faculté  eft  con¬ 
duite  aux  poulmons ,  par  les  Dattes: 
à  la  matrice  par  le  Galanga ,  Carpo- 
baUamè,  Mufc,  &  Ambre  :  aux  reins 
par  les  femehces  ;  Tos  de  cœur  de 
Cerf,  Ivoire,  Perles ,  Or,  &  Argent, 
corroborent  le  cœur  :,  le  Corail ,  & 
os  de  Dattes  par  leur  adftriction  re¬ 
tiennent  la  tenuité  des  drogues  aro¬ 
matiques  :  le  Pyrethre  ,  Cofte  ,  Se 
poivre  fortifient  le  ventricule,  comme 
le  Nard  Indique,  Rhapontic,&  Nard 
Celtique  le  foye.  En  l’Antidotaire  de 
Nicolaus  Salernitanus  defaut  le  poi¬ 
vre  noir ,  les  perles,  Sc  ongle  odoran¬ 
te,  lelquels  pour  être  convenables  en 
cebte  poudre  à  ce  qu’elle  promet ,  je 
ne  les  ay  pas  voulu  ôter. 

LE  MELANGE. 

Enfemble  il  faut  pulvcrilèr  Sc  ta- 
milèrle  Coftus,Pyrerhre,  ongle  odo¬ 
rante  ,  Galanga  ,  Zedoria,  les  os  des 
dattes ,  &  l’os  de  cœur  de  Cerf  li¬ 
mez  ,  le  gingembre ,  Rhapontic ,  le  ' 
nard  Indique ,  Sc  Celtique  incifez  , 
le  gerofle  gros ,  Sc  petit ,  la  canelle. 
Anacardes ,  les  Cubebes  ,  ou  la  fe- 
mence  de  Lentifc  (  pour  le  Carpo- 
balfame  )  les  fèraences  Sc  poivre. 
La  pulpe  des  Dattes  incifée  fe  peut 
pulverifer  avec  les  fùfdits.  A  part 
il  faut  pulverifer  la  gomme  Tra- 
gacanth,  comme  cy- devant  a  été 
déclaré  :  le  corail ,  &  les  perles ,  en¬ 
tières  ,  Sc  percéesjou  le  double  d’icel- 


Seâwn  IV, 

les,  qui  n’aura  de  celles-ey ,  ffe  pnlve» 
riferont  au  mortier  de  marbre  enfem¬ 
ble, ou  fur  un  porphyre  avec  une  petite 
•meule,  y  ajoutant  quelques  gouttes 
d’eait  afin  que  ne  s’exhalent  :  l’Ivoire, 
l’Ambre,  Sc  mufc ,  feront  pulverifez 
au  mortier  de  bronze.  Cela  fait  tou¬ 
tes  les  poudres  ,  l’une  aprez  l’autre, 
feront  doucement  meflées  au  mor¬ 
tier,  avec  la  quantité  requife  de  l’or 
Sc  argent  en  fueilles  ,  qui  fera  beau¬ 
coup  meilleur,  que  l’un  Sc  l’autre  li¬ 
mez  :  car  encores  qu’aprez  ils  loient 
pulverifez  au  mortier  j  fi  eft- ce  que 
par  leur  gravité ,  ils  ne  laiflént  pas  de 
demeurer  au  fonds  du  ventricule ,  Sc 
ne  le  diftribuent ,  Sc  font  de  peu  de 
valeur.  De  cette  poudre  on  fera  un 
Eleétuaire  folidc  avec  le  fuccre,  ou 
mol  avec  miel  écume  quand  il  fera 
befoin.  L’on  s’en  fert  avec  du  vin 
foir  Sc  matin. 

LES  EACVLTEZ. 

Elle  eft  propre  aux  phthifiques ,  à 
ceux  qui  ont  la  toux  ,  aux  douleurs 
d’eflomach ,  Sc  à  toute  imbécillité  du 
corps  :  elle  foulage  aulîi  la  débilité- 
des  reins  :  &  reveille  l’appetit  venc- 
rien  endoimy. 

R  E  M  A  R  QJV  E. 

La  foudre  Eiathamaron  doit 
être  attribuée  d  Nicolam  Ale- 
xandritim ,  plutôt  qud  Nicol.  My- 
repfm  Alexandrinui,  quoyque  fçache 
dire  nôtre  Paraphrafie ,  comme  le 
pitié  ancien  qui  la  décrit  au  cha¬ 
pitre  I  6 1 .  foin  le  nom  de  JDiacame- 
ron  magnum ,  dans  fin  livre  preal- 
legué.  Elle  y  différé  feulement 


Des  Poudres  Aromatiques,  1 


de  l'ongle  odorante  ,  des  perles, 
du  poivre  noir ,  &  au  lieu  de  l’^mo- 
me ,  qu  Alexandrintu  y  demande, 
JlSyrepfus  y  met  la  femence  de  Ge¬ 
névrier.  Cette  différence  neantmoins, 
efl  caufe  que  je  nay  point  changé  le 
nom  de  VAutheur. 

Pour  mettre  l’ambre  gris  en  pou¬ 
dre  ,  &  qui  n  adhéré  point  au  mor¬ 
tier,  il  faut  piler  la  quatrième  par¬ 
tie  À' une  amande  ,  &  y  jetter  i'am- 
bre  gris ,  &  le  triturer  legerement: 
aprez  y  faut  ajouter  le  rnufc ,  & 
continuer  la  trituration  ,  ]ufqud  ce 
qu'ils  foient  fubtils  ,  aufquels  join- 
dreX^  le  corail  rouge  &  les  perles 
préparées  fur  un  porphyre  ,  &  non 
triturez  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  ,  ny  fur  une  pierre  de  même  na¬ 
ture  ,  { pour  les  raifons  cyaprez  al¬ 
léguées  au  Diamargaritum  fiigi- 
dum  )  comme  dit  V Autheur  du  mé¬ 
lange  :  les  aya'nt  exaüement  mê¬ 
lez  ,  petit  a  petit  on  y  mêlera  le 
corps  de  la  poudre  fubtilement  ta¬ 
misée  ,  &  derechef  pour  les  mêler 
plus  également ,  il  la  faut  repajfer 
par -le  même  tamis  :  apre'fla  faut 
etendre  fur  une  fueille  de  grand  pa¬ 
pier  pour  y  mêler  les  fueilles  d'or,  & 
d'argent ,  comme  avons  dit  en  la 
poudre  contre  V epilepfie ,& /la  ferrer 
pour  le  befoin. 


Pulvis  Eleâ:uar.  Anaieptid ,  feu 
RefumpcivijD-Fcrndii. 

Penidiorum  ,  une.  dimidiam. 
Succi  Glycyrrhiza, 

Amp  U, 

Seminum  Papaveris  alhi, 

Portulaca, 


LaEiuca ,  &■ 

Seriola  /  fingul.  drach.  très. 
Gummium  Arabici, 

Tragacanthi ,  utriufque  drach. 
duas,fcrup.  duos. 

Rofarum  rubrarum ,  & 
Glycyrrhiza ,  utriufque  drach.duas, 
&  gran.quinque. 

Seminum  quatuor  figidorum  major, 
mundator. 

Cydoniorum, 

Malva, 

Bembacis, 

Violarum, 

Strobylorum  ,  id  efl  ,  Nucleorum 
Pini, 

PiSîaeior.  recentium  ,vice  Berberis, 
Amygdalarum  dulcium, 

Pulpa  SebeÜen  ,fing.  drach.  duos. 
Santalorum  albi ,  dr 

Rubri  ,  utriufque  ferup.  q'ua- 

Caryophyllorum, 

Spodii,& 

Cinnarnomi ,  fin  g.  drach.  unam. 
Croci-,  grana  quinque. 

Fiat  pulvis  ufiii  reponendus, 

Vél  excipiendds  tripla  Syrupi  Fio- 
lati  ,  in  fileéluarium  molle  ,  fie. 
enim  diu  oonfervatur  ,  nec  ran- 
cefeit. 

FA  RAPHRASE. 

CEt  Electnaire  a  pris  le  nom  de 
fort  effet,  pource  qu’il  remet  les 
forces  des  malades  abatus  de  longue 
maladie  De  plniîeurs  delcriptions, 
nous  avons  choifi  cette-cy ,  décrite 
par  Fernel  au  fèptiéme  de  fa  métho¬ 
de  ,  laquelle  il  a  composée  lùr  celle 
que  Nicolaus  Præpofitus  décrit ,  & 
cettuy-cy  la  fîenne  de  Nicolaus  Mj- 
'  A  a  J  repuis 


lO  Lime  1,  SeBion  IV. 


rcpius  au  premieî  des  Antidotes,  cha¬ 
pitre  »  I  J  7 .  en  changeant  quelques 
médicaments  ,  &  leur  dofe ,  &  en 
•leur  lieu,  en  fuppolànt  d'autres  plus 
convenables  à  ce  qu'il  promet.  l'ay 
changé  l'ordre  feulement ,  &  non  les 
medicamens ,  ny  leurs  dolès  ,  lequel 
j’ay  difposé  lèlon  icelle  ,  commen¬ 
çant  par  la  plus  grande  i  &  finillànt 
par  la  moindre.  La  bafe  n'eft  ^as 
un  lèul  médicament,  mais  plufieürs 
thoraciques...  Les  geroflës'&  faifian 
y  lont  mis  pour  corroborer  le  cer¬ 
veau  ;  la  graine  de  coings  ,  la  poi- 
étrine  :  les  rofes  le  ventricule  :  les 
Santaux  ,  &  Spodium  le  foye  :  la 
candie,  la  matrice  :  les  Icmences, 
pour  conduire  par  la  voye  de  l'u¬ 
rine  ,  les  reftes  des  longues  mala¬ 
dies  ,  qui  fouvent  font  caufos  de  re- 
cheutes  ,  &  finalement  de  la  mort  : 
poiircc  qu’elles  empicchent  la  dige- 
ftioh  &  diftribution  de  l’aliment  ne- 
cellàire  à  la  nourriture  des  parties; 
les  Penides ,  Amydon ,  &  Gommes 
corrigent  l’àpreté  tk.  ficcité  des  San- 
taiix ,  &  gerofles  ;  le  fyrop  violât  y 
eft  mis  pour  la  laveur ,  k  conferva- 
tion  de  toutes  les  autres. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  concaflèr  les 
Santaux ,  ..puis  on  y  ajoutera  la  re- 
glilîè  raclée  &  incisée ,  &  fon  foc, 
ia  candie  gerofles  ;  un  peu  aprez 
les  femences  de  coings,  de  mau¬ 
ve  ,  de  violes  ,  de  pavot ,  pourpier, 
laiâ:ué',&  de  cichorée  domefl:ique,ou 
Scariole.  Finalement  les  rôles,  pour 
le  tout  pulverifer  ^  &  fobtilement  ta- 
rnisé  pour  mêler  avec  les  autres  pou¬ 
dres  foivantes. 


Apart ,  il  faut  pulverifer  les  gom¬ 
mes  au  mortier  de  bronze  ,  &  pi_ 
Ion  chauds ,  avant  que  les  peler,  pour 
caulè  du  déchetjl'Amydon, Spodium, 
&  Saffran.  Les  Penides  feichées  fe¬ 
ront  aiuij  pulvérisées  à  part.  La  pul¬ 
pe  des  Sebelles  en  fi  petite  quanti¬ 
té  le  peut  facilement  pulverifer,  & 
tamilèr  avec  les  autres  fucs  :  les 
amandes,  piftaches  ,  &  , pignons  avec 
la  graine  de  coton ,  &  les  quatre  fe¬ 
mences  froides  mondées  de  leurs 
écorces  feront  incisées  fur  une  ftieil- 
le  de  papier  blanc  ,  avec  un  tranchet 
de  Cordonnier  ,  tant  menu  que  fai¬ 
re  fe  pourra  ,  aprez  ôn  les  fubtilife- 
ra  au  mortier  &  pilon  avec  les  Pe¬ 
nides  ,  &  amydon  >  gommes  Spode, 
&  les  autres  poudres  cy-devant  dé¬ 
clarées  ;  d'icelle  avec  le  triple  ,  ou 
quadruple  du  tout ,  de  lyrop  violât 
cuit  à  perfedion  ,  on  fera  un  Ele- 
étuaire  mol  ,  qui  fe  gardera  long 
tems  ,  làns  fe  moifir.  Que  s'il  eft 
queftion  d'en  compofer  un  Eleduai- 
re  folide  ,  on  prendra  du  fiiccrc  au 
quadruple,  ou  fextuple,  qui  revien¬ 
dra  à  deux  onces  de  poudre  pour 
chaque  livre  de  liiccre,,  &  fuifira, 
lequel  fera  dilfoût  en  eau  diftilléc  de 
violes  par  alambic  de  verre ,  &  ice- 
luy  aiit  à  perfedion  peu  à  peu  ,•  la 
baffine  hors  du  feu  ,  on  y  mêlera 
les  poudres  dont  on  formera  des  ta¬ 
blettes,  ou  petits  morceaux  en  forme 
de  conferve  de  rôle  feiche,ou  Figno¬ 
lât  ,  dont  on  ufera  au  commence¬ 
ment,  au  milieu  &  à  la  fin  des  re¬ 
pas  ,  &  fouvent  en  telle  quantité 
qu'il  plairra  au  malade.  Si  on  veut 
garder  la  poudre  long  tems ,  avant 
que  de  l’employer ,  l'Apothicaire  dif¬ 
férera  d’y  mettre  lefoites  amandes, 
pifta 


Tiei  Fomres  A romatiqtées. 


piftachcs,  pignonsj  8c  femcnces  olea- 
gineufesj  julqu'à  ce  qu’il  s'en  vou¬ 
dra  fer  vira  pource  qu'elles  fe  rancif- 
fentjôc  rendent  toucê  la  poudre  lidef- 
agréable ,  que  lus  malades  n'en  fçau- 
roient  nier  3  de  maniéré  que  c'ell  per¬ 
dre  le  teins  8c  leur  argent. 

LES  EACVLTEZ. 

Elle  rellanre  les  forces  abbatuces, 
guérit  la  douleur  d'cftomach ,  la  Ij  n- 
cope  8c  défaillance  de  cœur ,  refait 
le  corps  extenué  par  quelque  évacua¬ 
tion  immodérée  que  ce  loit  :  lou- 
lage  les  tabides  &  atrophiez  ,  en 
les  humectant,  nourrilïânt  ,  8c  cor¬ 
roborant. 

R  E  M  A  R  QJV  E. 

FErnel  en  décrivant  cet  EleSimi- 
re  ne  demande  point  que  les  fe- 
‘mencSfroides  fôient  mondées  de  leurs 
écorces.  Nicolam  Myrepfm  Alexan- 
drinut  d'en  il  a  été  tiré  par  Fer¬ 
mi  nen  fait  aucune  mention  ,  ny 
les  Médecins  de  Londres  qui  le  dé¬ 
crivent  dans  leur  Pharmacopée.  En 
cela  nous  les  devons  imiter  ,  aprez. 
les  avoir  bien  laveés  &  frottées  dans 
I  eau  avec  les  mains  ,  &  ejfuyées' 


d‘un  linge  blanc  ,  les  ayant  fait 
feicher  ,  on  en,  prendra  le  poids 
requis  pour  être  mifes  toutes  entiè¬ 
res  avec  les  autres  ingrediens-  dans 
le  mortier ,  &  cef  fuivant  Fernel, 
ainfi  que  'fay  cy-devant  dit  au  Sy- 
rop  de  Nénuphar  composé  ,  livre 
cinquième  ,  chapitre.,  quatrième  de 
fa  Fherapeutique  ,  où  il  dit  que 
la  decoSlion  des  femences  foides.  cui¬ 
tes  toutes  entières ,  dejfeiche  médio¬ 
crement  ,  incife  ,  nettoye  ,  de  forte 
qu'elle  ête  'aujf-  les  lentilles  du  vt- 
fage  ,  &  par  confequent  '  purge  le 
foye ,  &  les  reins  ' ,  &  provoque  les 
urines.  iQue  fi  on  les  nettoye  dé"  leurs 
écorces  ,  &  qu'on  les  pile.&  dijfol- 
ve  dans  de  l'eau  d'orge  elles  adou- 
cijfent  les  ardeurs  du  fang  &  de 
V urine  ,  &.  ne  detergent  pas  tant 3 
&  par  cette  raifon  elles  conviennent 
mieux  a  l'intention  de.  Fernel. 

Dans  l'édition  de  l'an  i6oSf.de  la 
Thérapeutique  de  Fernel ,  imprejfon 
de  Geneve^autrement  diète  Aurelia- 
na  3  on  a  omis  dans  cette  compofi- 
tion  la  femence  Àe  laièlu  'é.  Il  eft 
à  noter  que  les  Penides,  pifiacheSi 
pigmns  J  tÎT  amandes  doivent  être 
contées  pour  Syrop,  Qr  non  pour  Pott- 
dre  comme  tiu  Diaphcenic. 


Pulvis 


Livre  L  SeSîion  IV^- 


i^z 


Pulvis  Diamargarici  frigldi  compofîti  inccrci  Audoris. 


^.Trium  Smtdorü, 
Ilorum  violarum, 
Sem.Melo.excort.& 
Troch.  Diarrhodon. 
Serici  crudi, 

OJfis  cor  dis  Cermni, 
Spodii, 

J)oromct  Romani, 
B.ehen  abi, 

Behen  rubri, 

Spictt  Nardi ,  & 
Croci, 

Raz.ur&  Eboris, 
jMargarit.  integrar. 
Jbîargarit.  perfirat. 
JLapidü  Saphyrorü, 
Hyacinthorum, 
Smaragdorum, 
lafpid.  viridium, 
Ligni  uilo'és, 
Berninis  Intybi, 
Oxalidis, 
-jimbarit ,  & 
Boliorum  Aurii 
Caphurx, 

Jbfofihi, 

Technicé  fiat  pulvis. 


/mplo. 

iuplo. 

quadru. 

plo. 

fextupU. 

oSuplo. 

dsclplo. 

duoiecu^ 

pu. 

fing. 

m- 

3%‘ 

^VÜj. 

^Xip. 

IXVj. 

^XX. 

^xxiiij. 

> 

fimg. 

d^. 

düij. 

dviij. 

dxip. 

dxvj. 

dxx. 

dxxiiij. 

■  ;•  1 

fing. 

5^5. 

3j. 

î-ÿ- 

g.iiij. 

35r. 

g.viij. 

1 

m- 

Bvj. 

g.xij. 

3%- 

dvi^. 

l-xvj. 

5v. 

3x. 

g.xx. 

3^i- 

dxÿ- 

g.xxiiij 

PARA 


Des  Foudres  Aromatiques.  1 9  5 

q>ARAPHRASE.  LE  MELANGE. 


CEtte  poudre  tant  ufitéc  >  n'eft  de 
Nicolaç,  mais  de  quelque  autre  à 
nous  incertain ,  çe  qui  a  donné  occa- 
fion  à  plufieurs  d  y  ajouter  ou  dimi¬ 
nuer  quelque  chofc.  Elle  a  pris  le  nom 
delà  bafe  les  perles,  appellées  des 
Grecs  Margarita.  Nous  luy  avons 
donné  le  furnom  de  composé  ,  à  la 
différence  du  fimple  prefcrit ,  appellé 
Tulgairement  Manus  Chrijii  per  la¬ 
ta.  La  vertu  carcüaquc  des  perles  eft 
augmentée  par  1  ambre  gris  i  mule, 
fueillesdoql’ivoire,pierres,precieufcs, 
l’os  de  cœur  de  cerf ,  &  la  foye  crue  : 
le  bois  d’aloéSjle  camphre,  &  làffiran 
y  font  mis,  pour  conduire  par  leur 
tenuité  de  parties ,  la  vertu  de  la  bafè 
&des  autres  terreftres  jufqu’au  cœur: 
les  fleurs  de  violes ,  femences  &  ra¬ 
cines  de  bugloflé  ,  &  borraches  ("mi- 
fes  au  lieu  du  Bchcn  blanc  &  rouge, 
de  peu  ou  de  nulle  vertu,  &  fîipposées 
pour  les  vrayes  )  y  font  miles  pour 
corriger  leur  cpcireur ,  ou  crafficie  & 
liccité  :  les  Trochifcs  de  Diarrhodon, 
&  G.alanga  (  mis  au  lieu  du  Doronic, 
non  cordial ,  mais  efpece  d’Aconite, 
&c  veneneux,felon  Matthiole)  y  font 
mis  pour  corroborer  le  ventricule  :les 
S;  ntaiix,  le  Nard  Indic ,  &  Spode  des 
Arabes ,  le  foye.  Quelques  uns  foi- 
vans  l’opinion  de  Platearius,au  Com¬ 
mentaire  qu’il  a  écrit  for  le  Diamar- 
gariton,  chaud  de  Nicolaus  Salerni- 
tanus  y  mettent  de  rofos  fomblable- 
poids  que  des  Santaux,  pour  caufe  du 
ventricule ,  ce  qui  n’efi:  de  befoin,  at¬ 
tendu  que  lesTrochilcs  y  entrent,  & 
font  ce  qu’ils  défirent. 


Premiércmentil  faut  incilèr  la  foye 
crue  avec  cilcaux  fort  menu  &  lapul- 
verifer  au  mortier  de  marbre  avec  un 
pilon  de  bronze ,  avec  les  perles ,  co¬ 
rail  ,  &  pierres  precieufes  en  frottant 
ainfi  que  .Scrapion  au  livre  des  fim- 
ples,  chap.28.&  âprez  luy  Abenzoar, 
au  traitté  la.  chap.z.  de  fon  Thefir, 
enfeignent,  plutôt  que  la  rôtir ,  com¬ 
me  confeille  Avicénne  &  ceux  qui 
l’ont  fuivy  :  pource  que  par  l’alîàtion 
elle  perd  là  vertu  cordiale  icy  rcqui- 
fe,  &  en  acquiert  une  étrangère,  con¬ 
traire  aux.vifceres  des  malades, par 
trop  échauffez. 

A  part  il  faut  pulverilèr  lùbtilemcnt, 
lesTrochilcs  de  Diarrhodon,le  Spode, 
le  fafftan ,  l’ivoire,  rambre,le  mufo,& 
Camphre.  Enfomble  il  faut  piler  avec 
les  Santaux  concaffez ,  le  Nard  Indi¬ 
que  incisé ,  le  Galanga  ou  Angélique, 
la  lemence  de  melons  mondée  de  fon 
écorce ,  l’os  du  cœur  dé  cerf  limé  ôc 
incisé  menu,ou  ccluy  d’un  bœuf  :  les 
racines  de  bugloflé ,  &  bourraches 
deffeichées ,  le  bois  d’aleës,  &  les  Ic- 
mences,'  d’Endive,  &  d’Ozeille,  & 
fleurs.  Ces  matières  ainfi  pulvérisées, 
&c  fiibtilement  tamisées,  leront  mê¬ 
lées  enfomble  au  mortier  :  puis  on  y 
ajoutera  les  fueilles  d’or  le  poids  re¬ 
quis  ,  qui  feront  beaucoup  meilleures 
que  l’or  limé  &  pulvérisé,  pour  les 
raifons.  cy-devantdeclarées,  aprez  le 
tout  fera  gardé  au  befoin. 

LES  FACVLTE  Z. 

Il  fortifie  les  forces  débiles,  aide  à 
la  ^ncope ,  à  la  toux  ;  recrée  les  afth- 
matiques ,  tabides  ,  ôc  ceux  qui  font 
B  b  exte 


î  ^  4  ÎSi^fé  L  SeBîon  ï  F, 


extenuez  &abbatus  de  quelque  lon¬ 
gue  maladie  de  caulè  chaude ,  &  les 
récablit  en  leur  première  vigueur. 

REMARQVE. 

B^uderon  en  fa  Paraphrafi  dit 
qu'il  faut  triturer  la  foye  crue 
■avec  let  perla , pierres  precteufes 
le  corail  dans  un  mortier  de  marbre 
avec  un  pilon  de  bronz.e.  Son  dire 
eft  fondé  fur  Serapion  j  &  fur  Ahen- 
'x.oar^qtioy  qu’ils  ayent  été  des  grands 
hommes  ,  nous  ne  devons  pas  les  imi~ 
ter  en  ce  rencontre  ,  parce  quen 
premier  lieu  ,  la  foye  crue  en  la 
f-ayant  comme  ils  difent  contre  le 
mortier  ,  par  fa  legereté  elle  s'en- 
'Voleroit  comme  des  l^egers  atomes; 
pour  un  fécond,  les  perles ,  &  les  pier¬ 
res  precieufes ,  à  caufe  de  leur  foli- 
dité  rongeroient  le  mortier ,  &  ain- 
Ji  le  poids  defdites  pierreries  s’au¬ 
gmenterait  de  plus  de  trois  quarts 
avant  qu'elles  fujfent  a  demy  fubtili- 
sées ,  &  faut  toujours  obferver ,  que 
l'agent  fait  plus  dur  que  le  patient, 
autrement  on  ne  les  f  aurait  jamais 
bien  Jkbtilifer  ;  pour  un  troïjiéme, 
il  dit  de  les  triturer  avec  le  corail, 
or  il  ne  fe  trouve  point  en  aucun 
Diifenfaire  de  Bauderon ,  depuis  la 
première  édition,  'jufqu’à  la  derniè¬ 
re  ,  qu'il  y  ait  été  demandé  du  co¬ 
rail  que  dans  le  Diamargarit.fi- 
gid.  que  Nicolaus  Prapofitus  décrit, 
qui  efi  bien  différent  du  nôtre  ,  où 
il  fait  entrer  le  corail  rouge ,  &  le 
blanc ,  i'efiime  qu'il  a  dit  cela  par 
rnégarde.  Pour  donc  corriger  cette 
'pratique  ,  fen  propoferay  une  plut 
méthodique ,  &  tout  à  fait  utile, com¬ 
me  a  été  cy-devant  dit  en  la  poudre 
de  Xyloalo  'ès  j  pour  le  regard  de  la 


foye  tru'é  ,  on  la  doif  incipr  jvh 
ptenUf  ^  battre  au  commencement 
avec  les  Santaux  arroufe'^^  de  boripe 
eau  rofe  effencifiée,jufques  a  ce  quf's 
fient  fubtils ,  &c.  Et  pour  les  fàf. 
ments  précieux ,  chacun  a  part  doit 
être  préparé  tres-fubtilement  fur  un 
Porphyre  &  réduit  en  Alchool.  ft 
parce  que  cette  compofition  na  point 
d'Autheur  certain  ,  &  que  les  Tro- 
chifques  de  Diarrhodon  y  entrent, jl 
efi  neceffaire  de  f  avoir  de  quels 
nous  y  devons  mettre ,  puifque  nous 
fimmes  incertains  , fie’ efi  un  Gre,ç, 
un  Latin ,  ou  un  Arabe, qui  a  inven¬ 
té  le  Diamargarit.  figid.  Sur  cette 
diffculté  je  donneray  mon  fentiment, 
endifant  que  nom  y  devons  employer 
ceux  de  ALcfué ,  veu  qu'il  y  entre 
plus  de  rofes ,  qu’a  ceux  de  Nicolam 
Alexandrinus,  &  que  dans  le  î)tk- 
margarit.  figid.  décrit  par  Baude¬ 
ron  nf  entre  point  de  rofes ,  comme 
fait  dans  celuy  de  lùubert, auquel  il 
efi  demandé  par  exprez,  lès  Trochif 
ques  de  Nicolam  Alexandrinm. 

Et  comme  le  Diamargarit.  figid. 
efi  de  fequent  ufage  en  cette  -ville 
de  Montpellier ,  &  que  bien  fouvent 
on  nom  l’ordonne  ’jufques  a  une  de- 
my- once  à  la  fois  dans  une  Epithé- 
me  liquide  ,  'fay  'jugé  a  propos  de 
doubler  la  recepte  diverfes  fois ,  afin 
que  chacun  choififfe  la  dofe  qui  luy 
fera  la  pim  convenable  fuivant  te 
travail  de  fa  boutique. 


Pulvis  Dianthos ,  D.  Nicol. 
Alexandrin!.  - 

Jf.  Florum  Rorifinarini,unc.unam. 
Rofaruvt  rubrarum. 


Florum 


Des  Poudrer  Aromathuef'.  15^  ^ 


J^ornm  Vlolarum  3  & 

'Gljfc^>'rhi\a ,  fin  g.  drach.fex. 
Çaryophjllorum, 

Spicm  Nardi, 
fifucis  Mofehatity 

.  ÇalangA  tenuioris  qualü  ex  Chi¬ 
na  adfertur, 

Cinnamorni,  vel  canella  feleBa> 
Zingiberû, 

Zedoaria  ,  (hfi'jm  non  meminitMy- 
::  repfiu,) 

Maeù, 

Èigni  aloës  yvel  Santali  citrei  tan- 
tundem, 

Cardamomi, 

Serninû  Anifi ,  & 

Anethi  ,  fing.  ferup.  quatuor, 
etiam  cum  .Aïîuario  ,  licet 
Myrepf.  légat,  fing. ferup. 
unurn. 

liât  puhü  qui  faccharo(fi  EleBua- 
,  rium  foUdum  )  aut  Melle  deëpu- 
7nato(fi  molle  requirû)  excipiatur. 

paraphrase. 

SAlernicanus  a  emprunte  cette  des¬ 
cription  au  premier  des  Antido¬ 
tes  ,  chapitre  64.  qui  ne  fait  mention: 
du  Zedoaire  proposé  par  Aiïiuariusj 
&  les  autres,  &  met  ftir  la  fin  de  chav 
cun  ,  un  fcrupule  pour  quatre,  le 
croy  qu’icy,auflî  bien  qu"en  plufieurs 
;autres  lieux ,  le  texte  Grec  de  Myrc- 
pÇis  eft  dépravé  :  car  un  Icnipulc  de 
chacun  feroit  trop  peu  ,  félon  la  pro^ 
portion  de  la  bafe,,&  des  autres  Sri- 
vans-,  pour  làtisfaire  à  ce  que  Nica- 
ïàTtr  promet;  Çette  poudre  a  pris  le 
nom  de  fa  bafe,  la  fleur  du  Romarin, 
que  les  derniers  Grecs  ont  appellé 
j  c’eft  à  dire  fleur,  prenant  le 
genre  pour  l'efpece ,  comme  par  ex¬ 
cellence  :  de  forte  que  çenom  eft  tet 


lement  engravé ,  qu’il  n  y  a  Apothi¬ 
caire  interrogé  de  ce  qu'il  entend  par 
Anthos ,  qu’il  ne  réponde  Ibudaine-.- 
ment  la  fleur  du  Rorharin,  que  Diof^ 
coride  &  Galien  appellent  Libanotin 
coronariam.  Sa  vertu  incilîve ,  atte-^ 
nuative,&  aperitive,  eft  augmentée 
par  les  lèmences  &  drogues  aroma¬ 
tiques  :  la  detei  five,  par  la  regliflè  & 
miel  :  les  Violes  y  font  mifos  pour 
contemperer  leur  chaleur  :  les  Rofes 
&  Nard  Indique,  pour  fortifier  par 
leur  adftriélion  les  vifoeres  affoiblis.- 

LE  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  trituration  fe¬ 
ront  mis  le  bois  d’AlocSjOU  fonfùc- 
cedannée  le  Santal  citrin ,  &  les  raci¬ 
nes.  Au  fécond  les  Gerofles,la  Cand¬ 
ie  ,  femences  Cardamome,  Macis,& 
Mufeade.  Au  treizième  les  Rofès, 
Rôinarin  ,  &  les  Violes  :  le  toutfub- 
tilement  pulvérisé ,  fera  gardé  en  fon. 
pot  de  verre  couvert  d^ùn  papier 
double,  pour  en  compofèr  des  tablet¬ 
tes  ,011  Eleéluairc  mol  avec  le  midi 
écumé ,  ainfi  qu’il  a  été  déclaré. 

LES:  FACKLTEZ. 

Elle  recrée  le  cerveau  débile,  arrê¬ 
te  fès  defluxions,.  adoucit  la  mdam- 
cholie,qui  naît  fàns  fojet  :  &  remedie' 
à  la  défaillance  &  lâcheté. de  cœur.. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

BAudéron  pour  n‘avoir  vete  lets 
œuvres  de  Nicolaus  Alexandri- 
nus  a  fouvent.  équivoque  au  titre- 
des  compofitions  de  fit  Pharmaco¬ 
pée  ^en  prenant  un  Nicolas  pour 
l’autre  5  comme  en  cette  floudre  de- 
JDianthos,qfiil  approprie  a  Nicolaùs 
Bb  Saler)' 


'  Livre  L 

Sdlernitanm ,  &  neantmoins  elle  a 
été  prife  mot  à  mot  par  Nicolam 
Pr&pofittu ,  (  l’Autheur  de  l'Ami-- 
'  dbtaire ,  que  plujieurs  attribuent  a 
Nicolam  Salernitanm  )  du  chapi¬ 
tre  116.  du  livre  de  la  compojition 
d&  medicamens  locaux  de  Nicolam 
Alexandrinm  ,  en  faveur  duquel 
jay  corrigé  le  nom  de  Salernitanm 
du  titre  de  la  compojition. 

■  Cette  poudre  pour  être  douée  des 
véritables  qualite\^&  vertm  que  fin 
Autheur  luy  attribué  ,  fi  doit  corn- 
pofir  au  mois  de  Mars,  ou  d' Avril, 
afin  d'y  employer  tes  fleurs  de  ro¬ 
marin  ,  &  de  violes  nouvellement 
'  fiichées  i.car  lors  quelles  font  gar¬ 
dées  ,  dans  peu  de  tems  elles  per¬ 
dent  leur  naïve  couleur  ,  &  beau¬ 
coup  de  leur  vertu  ;  le  meilleur  ejl 
aujfl ,  fi-tot  avoir  composé  la  pou¬ 
dre  d'en  faire  un  Eleéluaire ,  a  celle 
fin  que  la  vertu  en  fiit  mieux  confer- 
vée.  Platearim  dit,  que  la  Joudre 
conferve  fa  vertu,  deux  années ,  ce 
que  je  ne  crois  pas. 


Pulvis  Diaraofchi  dnlcis.-D.M. 

Mofchi  ,fcrup.  duos. 

Behen  albi ,  vel  tantundem  rad.  Eu- 
giofli, 

Behen  rubri ,  vel  tantund.  rad.Bor- 
raginis. 

Foin  Indi  ,  feu  Malabathri  Graco- 
rum, 

Spicsi  Indic&,& 

Caryophyllorum  ,fing.  drach.  unam. 

Z.it^giberis , 

Cubebarum ,  0“ 

Piperislongi  ,fing.  drach.  unam& 
femif. 


Seàion  IV» 

Croci, 

Doronici  :  vel  fi  mauls  tantundem 
rad.  Angelica  ,  vel  Galanga  mi- 
noris, 

Zedoaria, 

Xyloalo'és,  (huius  penuria  fume  tan¬ 
tundem  Santali  citrq ,  & 

Maeis ,  fing.  drach.  duos. 
Margaritarum  Jplendidarum, 
Serici  crudi  &  non  ufti ,  quoniam 
uftione  vis  cardiaca  hic  expetita 
arnitiitur 

Succini ,  id  efi  Karabe, 

Coralli  rubri. 

Gain  a  Mofihata  ,  & 

Seminis  Ocimi  citrati  ,  fing.  drach. 

duits  ,&  femifl.  . 

Sacchari  ftillatitio  liquore  Buglojfi 
filuti  quantum  fujflcit  :  fiat  El'e- 
éluar.  in  Rhombos. 

P  ARAP  HRASE. 

L 'Autheur  de  cette  poudre  cftMc- 
foéjdiftinition  prernicrcde  la  pre¬ 
mière  partie  des  Eleduaires,  qui  luy 
a  imposé  le  nom  de  là  baie ,  le  mufc 
comme  seluy  qui  tient  le  premier 
rang  entre  les  odeurs  :  le  Hirnora  de 
doux  y  eft  misjàla  dilFrence  de  l’autre 
de  fbmblable  nom ,  fiirnommé  amer> 
qui  contient  de  plus  d’Abfinthe  ,  SC; 
de  rofes,  de  chacun  nrois  drachmes;' 
d’aloës  lavéjdemyonce;deCaftorj  & 
de  Chefin ,  qui  eft  le  Ligufticum  des 
Grecs ,  vulgairement  dit  Leviflicum, 
de  chacun  une  drachme,  de  caneile, 
une  drachme  &  demie  ,  &  d’alo'és 
non  lavé  deux  drachmes  &  demie.  Ce 
Diamofchum  eft  fi  amer  &  ingrat, 
que  peu  de  malades  en  peuvent  ufer,§e 
le  préparé  peu  louvent.  Pource  il  fiif- 
fit  que  l’Apothicaire  tienne  en  la  bou- 


Des  Poudres  Aromatïques.  1 9  7 


tiqué  le  doux  :  làuf  d  y  ajouter 4cs 
iifogues  ameres  fufdices ,  fi  la  necef’ 
ifité  le  requiert.  La  vertu  cardiaque 
de  la  balè  eft  fortifiée  par  les  perles, 
foye  eruè' ,  les  Trochiies,  de  Gdlia 
.^ofihata ,  l'Ocimumcitratum  ,  faf- 
fran.  de  racines  de  buglolîè  &  bor- 
raches,  pour  le  Behen  blanc  &  rouge: 
,lcs  autres  conduifent  leur  vertu  au 
'•cerveau ,  &  fortifient  les  vilcércs  :  la 
n  chaleur  de  ceux-cy  eft  temperée  par 
la  froideur  du  Corail  &  Cârabé ,  ou 
Ambre  jaune. 

LE  MELANGE. 

Enlèmble  il  faut  pulverifer  les 
■■Perles,  C-orail ,  Carabé  ,  &  la  ibye 
,cruë  incifée  fort  menu  dedans  un 
mortier  de  marbre,  &  pilon  de  bron¬ 
ze,  pour  les  raifons  déclarées  en  la 
poudre  de  Diamarg.  fiigid.  Au  mor¬ 
tier  de  bronze ,  il  faut  piler  enfem- 
■ble  le  bois  d’Aloè's  ou  Santal  citrin 
-  les  racines  de  Zedoaire ,  de  Galan- 
ga ,  ou  d' Angélique ,  pour  le  Doro- 
nic  ,  de  buglolîè  &  de  borraches, 
pour  le  Behen  blanc  &  rouge  ,  gin¬ 
gembre  ,  &  le  nard  Indic  incifé. 
Aprez  on  y  ajoutera  les  gerofles, 
le  Falium  iniieum ,  les  cubebes  ,  le 
poivre ,  de  la  graine  à’Ocymum ,  ou 
Bafilic  citronné  ,  ainfi  nommé  pour 
fa  bonne  odeur  ,  approchante  à  celle 
du  Citron ,  plutôt  que  de  la  Melilîè, 
appelléc  des  Latins  Citrago  ,  diffe¬ 
rent  de  cet  Ocymum  ,  ainfi  qu  on 
peut  colliger  des  doétes  écrits  de 
Serapion  au  livre  des  fimples ,  cha¬ 
pitre  1 5  6i  I Ç7.  &  1 J 8.  &  aprez  de 
Matthiole,  fur  le  deuxième  livre  cha- 
pitre  r  3  5.  de  Diofcoridc.  Finalement 
on  y  mettra  le  Macis,  A  part  d  faut 


pulverifer  les  Trochifes  de  CÆa 
mofehata ,  le  faffran  &  mufe  :  aprez 
que  le  tout  fera  pubverife  &  ta- 
mife  fùbtilement ,  on  les  méfiera 
peu  à  peu  au  mortier ,  &  gardera  au 
befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

Elle  eft  propre  aux  maladies  froides 
du  cerveau,ou  il  n’y  apointdefievre, 
à  la  melancholie  &  à  la  triftelîè  qui 
.  l’accompagne  fans  caufè  évidente  :  au 
vertigo  ,  à  l’epilepfîè  ,  à  la  paraly- 
fie ,  à,  la  convulfîon  de  bouche  ,  à 
palpitation  de  cœur  ,  aux  maladies 
de  poulmon ,  ôc  à  la  difficulté  de 
refpirer. 

REM  ARQ.V  E. 

Es  cin<}  exemplaires  de  divet- 
fes  imprejfions  de  Mefué  que 
nom  avons  cy  -  devant  en  quelques 
endroits  citeT^  font  tom  conformes 
tant  en  dofes  quen  nombre  d'ingre- 
diens  avec  la  defeription  de  Bau~ 
deron, excepté  les  Moines  quau  lieu 
d'écrire  Gallia  ,  Ocimi  citrati ,  ana 
drachmas  dued  &  femiji.  ils  difent 
Gain  a ,  Ocimi  citrati ,  ana  drach- 
mam  unam  &  fitniji.  loubert  aujjl 
dijfere  de  beaucoup  en  la  dofe  du 
Mufe  ,  tant  des  exemplaires  de 
Mefué ,  que  de  beaucoup  d'autres 
Pharmacopées  ,  ou  il  n'en  efi  de~ 
mandé  que  deux  fcrupules,  &  nôtre 
célébré  Chancelier  en  met  une  drach¬ 
me  ,  &  deux  fcrupules,  c'efi  à  quoy 
il  faut  prendre  garde. 

La  bonne  opinion  que  Bauderon 
avait  conceué  de  la  doctrine  de  Se¬ 
rapion.  a  fait ,  qu'au  mélange  qu'il 


1^8  Livre  L 

nom  a  donné  de  cette  potidre  ,  il 
perjifié  toujours  de  dire  ,  ejue.  les 
perles  ,  Çorail  ,  Çarabé  0“  foyje 
crue  ,  feront  fubtilifex.  dans  le 
mortier  de  marbre  &  pilon  de 
bronz.e  ce  n’ejl  pas  pour  taxer 
ces  deux  grands  hommes  d‘igno~ 
rance  ,  d'autant  qu'ils  nont  point 
exercé  notre  profejfion  que,  pour 
oüirdire ,  ils  n'en  peuvent  pas  fça- 
jvoir  toutes  les  particularité;^ ,  c'efi 
en  quoy  ils  font  excufables  ,  puif- 
que  telles,  préparations  ne  fe  peu¬ 
vent  faire  ainfi  ,  fans  commettre 
me  faute  des  plus  grojfieres  par  les 
raifons  cy -devant  alléguées, par ti- 
mlierement  au  Viarnarg.  frigid. 
Jl  faut  que  les  perles ,  le  Corail , 
&  Carabe ,  foient  pefez.  &  prépa¬ 
rez.  chacun  à  part  fur  le  Porphy¬ 
re  avec  l’eau  rofe  ,  ou  autre  li¬ 
queur  convenable  ;  les  marques 
d’une,  vraye  préparation  confftent 
premièrement  ,,  en  ce  que.  ces  ma¬ 
tières  foient  très- fubtiles ,  &  quên 
les  frétant  entre  deux  ongles  ,  on 
ne  fente  quoy  que  ce  fiit  de  rude,, 
ou  en  les  mettant  fur  la.  langue, 
les  frottant  contre  le  palais  ,  on 
ne  fente  rien  de  grojfier  ;  fec,onde- 
ment ,.  aprez.  les  avoir  jetîées  far 
da  papier  blanc  ,  &  quelles  foient 
bien  feiches  ,  il  les  faut  repefer 
'Jî  elïes^  ont  augmenté  de  poids  ^ 
cette  augmentation  procédé  de  la 
pierre,  fùr  laquelle  ont  été  broyées, 
eu  de  la  moulette  ,  alors  les  faut 
rejet  ter  comme  impures  &  de  fort 
petite  valeur,  La  troifiéme  mar¬ 
que  ef  ,.  que  chafque  pierrerie  ou 
fragment  rapporte  a  peu  pre^fe 
couleur ,  particulièrement  les  blan-. 
tksa..  les  l^phyrs ,  le  Iltipü  La* 


Seaionir. 

zul]  ,  &  autres.  Et  pour  celles 
qui  nont  qu’un  petit  atome  de  cou¬ 
leur  comme  on  dit ,  &  qui  font 
diaphanes  contiennent  beaucoup  de 
blancheur  5  cela  fe  void  manife- 
fiament  ,  quand  elles  font  préparées,, 
changent  entièrement  de  couleur, 
&  ne  leur  rejie  plus  qu’un  petit 
nuage  ,  tellès.  font  les  Emeraudes, 
Topafes  ,  Hyacinthes  Orientales 
&  autres. 

Gluand  Mefîeurs  lès  Médecins 
fe  voudront  garder  de  Jurprife  tou¬ 
chant  la  préparation  defdites  pier* 
reries  j  il  ne  faut  fi  ce  n’èfi  qu’ilsr 
les  confiderent  ,  fi  elles  font  blan¬ 
ches  ,  comme  les  perles ,  ce  qu’ils 
ne:  rencontreront  que  trop  fouvent,. 
ils  pourront  hardiment  infer er  de 
là  ,  que  telles  pierreries  ne  va-. 
lent  rien  ,.  &  qu  bn  les  a  prépa¬ 
rées  fsr  une  pierre  molle  ,  de  la- 
quefle  elles,  ont  tiré.beautoup  d’ aug¬ 
menta ,  qui  s’en  va  quelquefois  à- 
plus  de  deux  tiers,  ou  trois  quarts 
&  celles  quen  aura  préparé  fur, 
le  marbre  j afp é  font  diff elles  de 
juger  par  là  couleur  à  caufe  de¬ 
là  variété  des  couleurs  du  mar¬ 
bre  ,.  à  l’égal  de  celles  qui  font 
préparées  Jur.  V écaille,  de  mer  qui, 
efi  molle.  La  quatrième  marque- 
à’ Une  louable  préparation  fe  con¬ 
naît  quand  on  les.  met  en  pou¬ 
dre.  dans  le  mortier  ,  &  pilon  de 
bronze  -, .  c’  efi  quelles  doivent  être 
douces  fous  le  pilon  ,.  &  ne  faire  - 
non  plus  de.  bruit,  que  fi  c  était  de 
la  plus  finCi  Cerufi.  Voilà  peur  lès 
fragmens  ,.  reftè  maintenant-  la. 
foye  crue  ,  qu’il  faut  mettre  en- 
poudre  à  coups  dè  pilon  ,.  comme-j 
a  été  dit.  OH  JLiàmargarit.frigidumt 


Deâ  f  mares  Aromatiques,  1^  9 


r^  aillettrs  ;  qui  voudra  empêcher 
qnelk  ne  s'exhale ,  la  pourra  pré¬ 
parer  ainjî. 

Prenez,  de  la  foye  crue  êcharpie 
feparêe  de  la  filojee  quinciferez.  fi 
délié  qu’il  fe  pourra’ Jùr  un  tamis 
de  foye  renverfé  qui  [oit  bien  fitb- 
til  :  apre^la  faut  froter  tout  dou¬ 
cement  jùr  iceluy  avec  une  carte, 
elle  pafera  fans  qu'il  s'en  perde  que 
tres-peu  ,&  de  la  forte  fera  fi  fub- 
tile  qu’on  fiauroit  defirer ,  de  la¬ 
quelle  on  prendra  de  poids  requis 
peur  ajottter  à  la  poudre ,  quand 
elle  fera  achevée  de  tamifer  ,  & 
ainfi  le  poids  fe  trouvera  entier  de 
la  foye ,  &  rty  manquera  point  en 
partie  ,  comme  quand  on  la'  pile 
dans  le  mortier  avec  les  autres  in- 
grediens ,  car  comme' elle  efi  de  fib- 
jl'ance  rare  ,  elle  s'envole.  Cette 
m'ethoque  efi'  fort  fin guliere  ,  qui  ne 
fe  pratique  que  fort  rarement  par 
quelques  curieux  ,  neantmoins  l'in¬ 
vention  en  efi  belle,  bonne  &  utile. 


Pulvis  Elcéluarij  de  Gemmis, 
D.McC 

Trochifeor.  Diarrbod’onis, 

Ligni  Alo  'ès  (  hujus  loco  fume  San- 
tali  citrini)  utriufqv^v. 

Zedoaria , 

Doronici ,  vel  Angelica  ',  vel  He- 
lenij , 

Corticis  Citrii  ficci , 

Jldacis , 

Alfeleniemifce ,  id  efi',  fem.  Ocymi 
caryophyllati 
Ambra  cineritia ,  ét 
Margaritarum  fplendidaruiû  ,fing- 
drach.  duos. 


Fragmenter .  Saphyri  > 

Hy  acinthi  > 

Sardij , 

Granatorum  > 

Smaragdi 
Cinnamomi , 

Zerumbet ,  (  efi  altéra  ZedoOfta' 
fiecies  )  & 

Galanga  ,  fing.  drach.  unarri  ,  &' 
dirnid. 

Radicum  Behen  albi ,  vel  tantun- 
dem  rad.  Buglojft , 

Behen  rubri,  vel  taniund.  rad. 
Borragin. 

Caryophyllorum  , 

Zingiberü , 

Piperis  longi , 

Spica  Indica , 

Folij  Indi  ,  feu  Mdabathri  Gr'a- 
corum. 

Croci  optimi, 

Heyl ,  id  efi,  Cardamomi  major.fihg. 

drach.  unam , 

Coralli  rubri , 

Succini ,  vulgo  Karahe ,  & 

Rafura  Eboris, 

Folior.  Auri ,  & 

e>4rgenti,fing.fcrup.  dups. 
Mofehi  Oriental,  drach.  femifik 
Ex  arte  fiat  pulvis , 

Sacchari  aqua  Buglojfi  foluti,  quan¬ 
tum  fufiieit ,  fi  EleÜuariuin  foli- 
dum  compofiturus  es.  Si  vero  mol¬ 
le,  pulvis  excipiatur  aquis parti- 
bus  MellisRofati ,  efi  Sprupi  con- 
ferV'at.  \Myrobadan.  Émbliçf&. 
ufùi  repone. 

Scfaolia  in  Smaragdum. 

Contexm  Mefi.  Arabice  feriptm 
habet  Peruz.egi,  &  non  Feruzegi,  ut 
exemplaria  nofira'  Latitia,  Facilù' 
fuit 


zoo 


Livre  L 

fuit  TjpographilapftUiF.  fro  P.re- 
ponentis.  NumFeruXtgiffi  Authori 
‘FandeSlarum  credendum  efi  fian- 
mm  metallum  fonat  ;  Peruaegi  vero 
efi  lapis  ErajîW  ,  feu  Turchefia  no- 
fira,&  mn  Smaragdui  [ut  per  per  am 
vertit  inter  près  Mefué  )  qui  uira- 
bibus  nmnüUis  vocatur  Zamarrut 
&  Zarnorat ,  aliis  vers  Zabarzet , 
&  Tabarzet  dicitur.  Imerpres  for- 
fan  Smaragdum  Brana  pr&tulit  , 
quod-  hic  gemm^  non  fit ,  d  quibus 
hoi  Elebluarium  nominatur ,  &  nul- 
lius'  frè  in  medicina  fit  ufus  ,  itle 
vero  inter  gemmas  principatum  ob- 
tineat  ,  magnarumque  fit  virinmy 
ad  effeBus  titulo  enunciatos.  Gp^a- 
mobr.em  his  duBus  forfan  rationi- 
bus  interpres  pro  Peruzegi  ,  feu 
Erano  ,  vel  Turchefia  nofira  ,  Srna- 
ragdum  JùppoJuit^ 

PARAPHRASE. 

CEtte  poudre  a  pris  le  nom  de  ià 
baie  les  pierres  prccieufcs  ap- 
pellées  des  '  Latins  Gemma ,  à  la  dif¬ 
férence  de  ZParmor,Saxum ,  Cos  & 
Silex  t  elles  doivent  étred-'ime  fîib- 
ftance  fort  vive  Sc  polie»  d’une  cou¬ 
leur  naïfve,  lèreinc  &  nette  ,  qui 
remplilfe  La  veuë  de  celuy  qui  les 
co'ntemple  :  dures  en  leur  attouche¬ 
ment  5,  de  forte  que  difficilement  les 
peut- on  émier  par  la  lime  ,  au  refpedt 
deCditès  Jkfarmor,  Saxum,  Cos,& 
Silex.  Ceux  qui  en  voudront fçavoir 
davantage ,  qu’ils  lifent  Plinej  Albert 
le  Grand  ,  &:  quelques  autres  qui  en 
ont  écrit  des  livres  entiers  :  ou  qu’ils 
fréquentent  les  dodes  ,  &  expéri¬ 
mentez  lapidaires ,  dcfqucls  ils  ap¬ 
prendront  tout  ce  qu’il  en  faut  fja- 


SeSion  IV. 

voir.  Comme  le  Diamant  en  dureté 
&  bonne  grâce  j  tient  le  premier 
rang  entre  les  pierres  precieufès  :  auffi 
l’Emeraude  en  beauté  :  le  Saphyr" 
bleu  en  allegrcffe  :  le  Carboucle ,  & 
Rubis  en  fplendeur:  l’Opale  en  va¬ 
riété  de  couleur  :  le  Chryfblite  en 
netteté.  Ceux  qui  pour  Peruzegi 
qui  fignifie  la  Turquoifè ,  ainll  que 
nous  avons  déclaré,  prendront  l’Eme¬ 
raude  pour  être  fort  cordiale  ,  & 
couvenable 'en  cette  poudre,  feront 
bien  :  auffi  ceux  qui  pour  le  Zurum- 

prendront  la  fécondé  efpece  de 
Zedoairc,  ou  au  defaut  d’icelle  la  ca¬ 
ndie  ,  félon  Poffidonius ,  feront  bien 
auffi.  De  même  pour  le  Doronic  , 
la  racine  d’Enule  Campane ,  ou  cel¬ 
le  d’Angelique  :  &  pour  le  Behen 
blanc,  &  rouge,  celles  de  buglolîè 
&  de  bourraches  delïcichéés.  üinfi 
faifànt ,  la  poudre  fera  plus  conve¬ 
nable  à  tout  ce  que  Mefué  promet, 
l’ay  difpofe  les  ingrediens  chacun 
en  fon  ordre  ,  félon  la  doétrine 
d’Andromache. 

LE  MELANGE. 

Les  Trochifes  de  Diarrhodon ,  le 
Mufe,  l’Ambre  gris,  l’Ivoire  , 
Saffran  ,  chacun  à  part  feront  fiib- 
tilement  pulveriféz.  Les  Perles,  Co¬ 
rail  ,  Carabe  ,  &  pierres  prècieu- 
fes  feront  pulverifées  enfèmble  fut 
un  Porphyre  avec  une  petite  meu¬ 
le  ,  ou  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  avec  un  pilon  ,  &  quelques 
gouttes  d’eau  Rofe  (afin  que  les 
parties  tenues  ne  s’exhalent  )  fort 
fî-ibtilement  :  autrement  par  leur 
gravité  elles  demeureroient  au  fonds 
du  ventricule  ,  ne  fe  diftribueroient 
point 


X)es  Tomres  Aromatiques»  loi 


point  parmy  les  veines  capillaires , 
&  ne  le  pourroicnt  réduire  de  piiif- 
fance  en  adion  -,  Sc  par  confequent 
feroienc  inutiles.  Enlcmble  auffi ,  & 
dans  un  mortier  de  bronze  ,  il  faut 
premièrement  piler  le  bois  d’Aloës  > 
Sc  racines  de  Zedoaire  ,  les  fîiccc- 
danées  du  Zurumbec  ,  Doronic , 
Behen  blanc  Sc  rouge,  l’écorce  de 
Citron  ,  le  Gingembre ,  Sc  Nard 
Indique  incifé  :  à  ceux  -  cy  demy 
piilverifez ,  on  y  ajoutera  la  canel- 
îe ,  Gerofle ,  Folium  Indum  ,  Poi¬ 
vre,  Cardamome,  ôc  Ocymum  ci- 
tratum  ,  finalement  le  Macis.  Le 
tout  liibrileraent  pnluerifé  &  tami- 
fé  ,  fera  peu  à  peu  mêlé  avec  les 
autres  poudres  pulyerifées  à  part  & 
icrreiies  :  aprez  on  ajoutera  les 
leillcs  d’Or  &  d’Argent ,  la  quan¬ 
tité  requife  ,  pour  garder  le  tout 
dans  un  pot  de  verre,,  couvert  d’un 
ppier  double  ,  pour  s'en  lèrvir  au 
bdoin.  Qtii  de  cette  poudre  vou¬ 
dra  compofer  un  Eleétuaire  mol  en 
forme  d’Opiace  ,  pour  une  once  de 
poudre  il  y  faut  mettre  deux  onces 
de  miel  Rofac  coulé  ,  &  autant  de 
Syrop  ,  où  les  Myrobalans  ErabÜ- 
ques  auront  été  confits ,  qui  eft  le 
quadruple  d’icclle  ainfi  que  dit 
Melïié,  Si  un  Eleétuaire  folide,  com¬ 
me  il  le  préparé  pour  le  jonrd’huy, 
poiir  chaque  once  de  poudre  ,  il 
Eut  prendre  une  livre  ou  douze  on¬ 
ces  defuccrefin,  &  iceluy  dillbudie 
en  eau  de  buglollè  Sc  cuire  en  Ele¬ 
étuaire  folide.  Il  revient  à  deux  foru- 
pules  de  poudre  pour  chacune,  once 
de;,fuccrc. 


LES  FACFLTEZ. 

Il  fort  contre  les  maladies  froides 
du  cerveau  ,  du  coeur ,  du  ventricule, 
du  foye  ,  de  la  matrice.  Il  recrée 
les  melancholiques  lans  fiijet  ,  & 
les  folitaires  timides  ,  &  les  incite 
aux .  bonnes  mœurs  ,  corrige  la 
lyncope  Sc  palpitation  de  cœur  >  for¬ 
tifie  l’eftomach  débilité  de  quel¬ 
que  incemperature  froide,  &  ayant 
rendu  là  coétion  Sc  celle  du  fdye 
meilleure  ,  rcnd.aufli  le  teint  meil¬ 
leur  ,  &  l'odeur  du  corps  agréable 
à  caufe  des  chofes  precieufos  qui  y 
entrent,  il  eft  plus  ulîté  des  grands 
que  des  autres. 

REMARQVE. 

E  s  Trochifques  de  Diarrhg- 
don  quon  doit  mettre  dans  cet¬ 
te  poudre  ou  EleSluaire  feront  ceux 
de  Méfié  ,  puü  qu'il  eft  1‘ A  utheur 
de  la  poudre  de  même  que  des  Tro¬ 
chifques.  Depuis  les  trois  dernieres 
éditions  de  Bauderon  ,  par  Sauva¬ 
geon,.  l'Ir/iprimeur ,  par  rnefgarde  a 
donné  la  gloire  de  cette  compofi- 
tion  d  Nicolas  en  mettant  un  N. 
pour  M.  tcu  titre  d'icelle  que  fay 
corrigé ,  l'Ivoire  ne  fera  point  tri¬ 
turé  d  part  comme  Bauderon  en- 
feigne  en  fin  mélange,  d  moins  qu'il 
fufl  préparé philofiphiquernent  com¬ 
me  difent  lesChymiftes  non  vulgai¬ 
res  ;  les  Perles ,  Corail ,  Pierreries, 
&  Carahé,ne.  doivent  être aujfi pre- 
parel^que  chacun  d  part  fur  un  Por¬ 
phyre  ,  comme  venons  de  dire  en  la 
precedente  Remarque  &  ailleurs  ; 
l'Ambre  gris  fera  trituré  avec  dix 
C  c  grains 


1.0  2.  Livre  J, 

grains  pefant  de  Macü  ,  pour  em¬ 
pêcher  qu’il  ne  s’attache  au  mor¬ 
tier  &  au  pilon.  Entre  Mefué ,  & 
les  JiEoines  qui  ont  commenté  fin 
Grahadin  ,  ne  s’accordent  point 
pour  la  dofi  des  Perles ,  ce  premier 
demande  Albarum  Margaritarum 
drachmoi  duos ,  &  ces  derniers  ^  di- 
fent  Albarum  M.argaritarum , 
drachmoi  très  ,  les  uns  &  les  autres 
font  fidvis^  comme  Mefué ,  des  Mé¬ 
decins  d’Aufiourg  en  Alemagne,  ^ 
autres,  &  les  Moines  par  les  Mé¬ 
decins  de  Lyon  en  leur  Pharmaco¬ 
pée  ,  &  de  Condemberg ,  l’Autheur 
du  Guidon  des  Apothicaires  ,-&c. 
Et  quant  d  moy  fefiime  que  ces 
derniers  doivent  être  fuivù  ,  puis 
que  cette  poudre  eji  appellée  par 
quelques-uns  Diamargarhum,  ainfi 
que  nom  dirons ,  au  traitté  des  cause 
difiillées  de  Cathelan ,  parlant  de 
l’eau  de  vie  de  Matthiole. 


Pui'vis  Lætitfæ,  D.  Nicol. 
SaJérnit. 

Seminis  Ocimi  caryophyllati, 
Croci  optimi , 

Zedoaria , 

Xylohalfami  ,  vel  furculor.  Lentifii, 
vel  Terebinthi  (Pena  ) 
Caryophyllorum , 

Corticis  Citrÿ  mali , 

Galanga  tenuioris  ,  ex  China  de- 
lata  y 
Mslcis  y 

Nucis  mofehata ,  & 

/Styracis  calamites, fins,  dracb,  duos, 
&fimijfem. 

Seminis  Anijt  y 
MafuraEborüy 


Section  IV, 

.  Thymi , 

Spithymi,  & 

ùhlargaritarum  ,  fingtd.  drachm. 
unam. 

z/imbaris  cineritq , 

eJM ejehi  Orientalis , 

Caphura,  & 

OJfis  è  corde  Cerui  ,  fingul.  drach.. 
femifi. 

Foliorum  Auri ,  & 

ArgentiyUtriufq.firup.fimifi. 

Sacchari  ■  aqua  Borraginü  filuti , 
quantum  fuÿicit  ,  fiat  EleÜua- 
rium  in  tabellas.-  Si  molle  cupü, 
Saccharum  filvatur  fuccorum  Po- 
morum  redolentium,  Cydoniorum, 
&  Borraginü',  vini  veteris  optimi 
aquis  partibus  ;  hoc  e fi  quantum 
defpumando,  &  coquendo  Saccha- 
ro  faits  erit  iin  Eleêluarium  mol¬ 
le  ,  &  firvetur  ufui. 

PARAPHRASE. 

CEt  Eleduaire  n’tft  pas  de  Ga- 
lierij  comme  eftirae  Nicolaus  Sa- 
lernitanns  ,'mais  de  quelque  autre  à 
nous  inconnu  :  car  Galien  ne  conneut 
jamais  EAmbre  gris,  le  mule,  le  cam¬ 
phre  jny  les  Perles  qui  y  entrent.  lia 
pris  le  nom  de  fbn  effet ,  pource  qu’il 
donne  une  joye  indicible  à  ceux  qui 
en  ufent ,  pour  être  compofe  de  me- 
dicamens  cordiaux ,  &  qui  fortifient 
tous  les  vifeeres  affbiblis  par  longue 
maladie,  ainfi  qifon  peut  voir  exa¬ 
minant  les  ingrediens.  Le  meflange 
fera  facile ,  à  celuy  qui  confiderera  ce 
que  j’en  ay  auparavant  déclaré  ,  & 
que  nous  en  écrirons  cy-aprez.  Il  fè 
peut  préparer  en  forme  -Iblide  ,  ÔC 
molle ,  comme  dit  eft  au  texte. 


LES 


Des  Poudres  Aromatiques.  105 


les  eacfltez. 

Il  rend  le  cœuf  alegre  ,  &  le 
teint  agréable  ,  aide  à  la  coélion, 
retarde  la  yieillellè. 

R  E  M  A  R  Q_V  E. 

Velc^ues-uns  tiennent  àuecNi- 
colam  Salernit,  (qm  Bauderon 
appelle  ainfi  )  &  Cordta ,  que  cette 
compojîtion  efl  de  Galien, ce  qui  nefi 
pas  croyable  pour  les  raifons  allé¬ 
guées  par  l’Autheur  de  la  Paraphra- 
fi  :  mais  de  qui  quelle  fait  ,ilefi  à 
remarquer  que  la  différence  qu’il  y  a 
entre  l’Epithyme  de  Crete  ou  des 
Grecs,  avec  celuy  des  Arabes  efl 
grande,  qui  me  fait  dire  fans  m’ar¬ 
rêter  au  premier  tome  des  Icônes  de 
Label  qui  des  deux  nen  fait  qu’un, 
que  nous  devons  préférer  ce  premier 
a  ce  dernier  ,  tout  autant  qu’il  nous 
fera  poffible,ainJi  que  Mefué  qui  efl 
Arabe,  l’a  cy -devant  pratiqué  en  fin 
.  Syrop  d’Epithyme  ,  quand  il  a  dit 
dans  fis  exemplaires  plus  correts  , 
l^.Epithymi  boni  Cretenfls,  &c.  St 
sifin  que  l’Epithyme  des  Grecs  fiit 
diflingué  de  nôtre  vulgaire  ,qui  efl 
celuy  des  Arabes ,  qu’un  chacun  con- 
fiott,  '-je  rapporteray  la  defeription 
que  Diofeoride  de  la  verflon  de 
Ruellius  en  donne  auUvre  ^.ch.171. 
on  ces  mots.  Epithymum  flos  efl  è 
’Ehytno  durior  Saturcia  fimili,  capi¬ 
tula  habet  tenuia  ,  &  levia ,  &  in  eis 
caudiculas,  quafi  capillamenta,  &e. 
Et  pour  éviter  de  ne  tomber  pas  dans 
la  confuflon  ,  il  ne  faut  point  fuivre 
Hefmoulins  en  fa  verflon  Françoifi 
'de  ce  chapitre  qui  l’a  tourné  atnfl. 


L'Spithyme  goutte  ,  ou  teigne  de 
Thym,  efl  la  fleur  du  Thym  ,  &c. 
car  l’addition  qu’il  y  a  faite  des 
mots  de  goutte ,  ou  teigne  de  Thym, 
confond  l’Epithyme  des  Grecs  avec 
celuy  des  Arabes. 


Pulvis  Eleduarii  Lætificantis, 
D.  Rhafis. 

yi.Meliffa, 

Gorticis  Citrq  mali, 

Caryaphyllorum , 

Trochifi.  Gallia  mofchâta, 

JiLafliches , 

Croci  Orientalis,  vel  potioris 
Cinnamomi,  feu  CanelU  feleüa, 
Nucis  Myriflica  ,  id  efl  ,  Nucis 
■  Mofehata , 

Cardamomi , 

N eheremifi.  id  efl,  PaonU ,  feu  Ro- 
fle  Aflnina, 

Radicurn  Behen  albi ,  vel  radicum 
,  Buglofli, 

Behen  rubri  ,  vel  Rad.  Borra- 
ginis. 

Zedoaria , 

Dorenici  ,  vel  hujus  loco  fume  Rad. 

Helenij.  .  . 

Seminis  Ocimi  majoris , 

Ocimi  Caryophyllati,flngulor. 
pares  portiones. 

Jlpofehi ,  denarij  partem  decimam, 
feu  grana  oUo ,  fiat  pulvis. 
Sàcchari  aqua  Meliffa  filuti  quan¬ 
tum  fuffeit ,  fiat  EleUuarium  in 
tabellas.  Si  vero  EleBuarium, 
molle  compofiturus  es ,  Myroba- 
lanorum  Cepularum  ,  n.  viginti, 
Myrob.  Emblkorum .n.trigintUi 
conterantur  BLyrobalani  pingui 
Minerua,fiu  craflè,&  coquantur 
Ce  Z  in 


2.04  Livre  L 

in  aqu£  libris  tribus,^  ad  reniai, 

'  '&  ’ exfrimantur.  Colamra,  adds 
Mellis  defpmiari  lib.  unam.  & 
Jîmul  coquanmr  ,  qmufque  uni- 
verfa  aqua  abfumatur.  T^oflrerno, 
tribus  hu'-jus  deceüi  Mellis  par-  ■ 
tibus, partent  unam  pulveris  pra- 
Jcripti  ad'pcito  :  hoc  efi  une.  qua¬ 
tuor  in  libroi  Jinguloi  mellis. 

PARAPHRASE. 

''Autheur  de  cet  Eledtuaire  eft 
_Rhafis  au  neufviérae  livre  de 
fbn  Continent  J  qu"il  dédie  à  Alman- 
fbr  Roy  des  Perfes,  à  la  fin  du  cha¬ 
pitre  de  la  rnelancholie.  Il  a  pris  le 
nom  de  fon  effet  ,  comme  le  prece¬ 
dent,  pour  ce  qu’il  ceftaure  les  efprits, 
&c  la  nâïfvc  couleur  debiffée  par- 
longues  maladies  ,  en  forti  filant  le 
ventrieiiic  :  de  maniéré  que  les  ma¬ 
lades  joLiïirent  long  -  temps  de  la 
fànté  ,  &  fèmble  qu’ils  rajeuniflenr. 
Sa  vertu  n’eft  pas  .moindre  que  du 
pecedent ,  pnrquoy  l’Apothicaire  qui 
aura  l’iinjfe  pourra  paflèr  del’autrè,y 
ajoutant  ce  qui  l;;y  eft  commandé  par 
ledod:c  &  expérimenté  Médecin,  en 
temps  &  lieu. 

LE  MELANGE. 


Secîion  IV. 

d’un  denier  ,  qui  pelé  un  peu  pins 
qu’une  drachme  ,  pour  ce  que  les 
lèpt  deniers  font  l’once.  Quelques 
exemplaires  lilent  en  ce  lieu  drach¬ 
me  &  non  denier  ,  qui  feroît  un 
peu  moins  que  nous  n’avons  dit.  Le 
tout  curieufement  puiverifé  &  méfié 
fera  gardé  dans  un  pot  de  verre  bien 
bouché  J  pour  en  faire  un  Electuaire 
lolide  OH  mol.  Si  un  mol  en  forme 
d’Opiate ,  il  fâut  prendre  la  chair  de 
vingt  Myrobalans  Ccpulcs,  Sc  des 
Embliques  trente  ,  lefqucls  concat 
lèz\  on  fera  bouillir  en  trois  livres 
d’eau,  jufqu’à  la  confomption  des 
deux  tiers  qu’on  exprimera.  Eh  la 
colature  on,  fera  bouillir  une  livre 
de  miel  auparavant  écumé  ,  &  cuit 
j  niques  à  ce  que  la  colature  loir  con- 
fumée  ;  apres  la  bafîine  hors  du  feu, 
&:  le  Syrop  à  demy  refroidy  on  y 
ajoutera  peu  à  peu  quatre  onces  de 
la  poudre  ,  pour  garder  le  tout  au 
befoin. 

LES  FACVLTE  Z. 

Il  profite  merveilleuflmcnr  aiTx  af- 
feéfions  du  cœur  ,  du  ventricule  ôc 
du  foye  :  à  la  palpitation  du  cœur  qu’il 
rejouyt  puiflàmment  :  fortifie  la  co- 
dfion ,  ôc  embellir  la  couleur. 


Au  premier  rang  de  trituration 
il  faut  mettre  les  racines  &  écor- 
eps  de  Citron  :  au  fécond  les  lémen- 
ceSj  Canelle,  MelifTe,  Gerofles,  & 
Mufeade  ;  au  tiers.  &  chacun  à  part, 
les  Troehilcs  de  Gallia  Mofehata ,  le 
Maftich  ,  le  Safïran  ,  &  mufe.  La 
quantité  "de  chacun  peut-être  de 
.dçmy  once,  &  du  mule  fruit  grains, 
qui  eft  environ  la  dixiéme  partie 


RE  M  ARdVE. 

IE  trouve  la  compojition  du  L&ti- 
ficans  de  Rhajîs  fort  irreguliere, 
fait  aux  ingrédient  qui  font  do- 
fez.,  ou  en  ceux  qui  ne  le  font  pas,  & 
ne  pourrais  croire  qu'il  frft  écha- 
pé  de  la  plume  de .  fon  inventeur 
d'y  avoir  inféré  fèize  ingrédient, 
fins  les  avoir  dofez  ,  &  quil  fe 


Des  Foudres  Aromatiques,  105 


.fk  conttmê  de  dire  omnium  mu 
:  fartes  aqudes  ,  &.  immédiatement 
afreX^quil  eât  dit  Mojehi- quantum 
eji  décima  fars  drachm.  unitts ,  & 
derechef  aujji  qu’il  eût  dosé  les  M)- 
robalans  far  nombre  ,  l’eau  four  les 
cuire  ,  &  le  miel  four  donner  corfs 
à  l’EleBuaire  far  foidsj’aurois  vo¬ 
lontiers  imfuté  cette  faute  à  l’Im- 
frimeur  ,  fans  y  avoir  neanmoins 
beafùcouf  d’afparence  a  caufè  de  ces 
mots  de  ana  fares  fortiones,  que  j’ay 
leu  dans  les  œuvres  de  Rhajîs ,  de 
l’an  i4t)7.  &  dans  le  Commentaire 
que  Sillanus  a  fait  fur  le  ÿ .  livre  de 
Rhafs  y  dédié  au  Roy  Æmanforyde 
l’an  1517.  de  loannes  de  Tornamira 
de  l’an  1521.  de  Matthaus  de  Gra- 
di  de  l’an  1527.  de  Galeatitu  de 
l’an  de  Gérard  de  Solo  d'e 

l’an  1 504.  &  ^ue  tous  les  fufdits 
raf fartent  la  meme  comfofition  dans 
l’ordre  que  dejfus ,  .ce  qui  fait  dire, 
que  Rhafs  en  a  usé  comme  les  f  re¬ 
ntiers  Grecs  ,  qui  ont  dans  leurs 
écrits  dosé  beaucoup  de  cempoftions 
de  la  forte.  Bauderon  s’efi  trompé 
en  fa  deferiptien  quand  il  a  écrit, 
Mofehi  y  denarii  partem  decimam, 
au  lieu  d’écrire  Jldofchi  quantum  efi 
décima  pars  drachm.  unius. 

Les  trois  éditions  de  Sauvageon 
font  defeSlueufes  en  cette  defeription, 
non  feulement  de  l’Ocimûm  Caryo- 
phyllatum  y  mais  aufft  du  terme  dont 
I  .Âutheur  s’efi  fervy  pour  dofer  les 
feize  premiers  ingrediens  d’icelle, 
qui  efi  y  omnium  ana  fartes  aquales, 
iny  remis  l’un  &  l’autre. 


Pulvis  Ele3:Liarii  liberantis, 
D.VaLCordi. 

Boli  Armens,  fr&parata. 

Terra  figillata  vera,utriufque  drach. 
très. 

Radie.  TormentilU, 

Seminum  Acetofa, 

Endivia,  *■ 

Coriandri  praparatiy& 

Corticis  Citrii  mali ,  fing.  drachm. 

unam  &  fem. 

Santalorum  omnium, 

DiSlamni  albi  ,fing.  drach.  unam. 
Penidiarum  yCét 

Sacchari  cryfialliniy  utriufque  ferup. 
duos. 

Margaritar.  filendidarum, 
CoraÏÏorum  albi ,  & 

Rubri, 

Carabe,  feu  Süccini,  éf  EléSlriyidem, 
Rafura  Eboris, 

Spodii  'Arabum  ,  fcilicet  ,  &  non 
Gracorum, 

Offis  è  corde  Cerui ,  vel  Bovis, 
Radieum  Behen  albi ,  vel  hu'ius  loco 
rad-  Buglof 

Behen  rubri  ,  vel  hujm  loctt 
jad.  Borrag. 

Doronici  ,  vel  hujus  loco  rad.  An¬ 
gel.  vel  Jnula  Camp. 

Cardamomiy 

Aiaeü, 

Ligni  Aloés ,  vel  hujus  loco  Santa- 
It  citrini, 

Caffia  lignea  aromatica, 

Croci, 

Zedoaria,& 

Cinnamomi  ,fing.  drach.  femip. 
Lafidum  Smaragdi,  loco  ejm  Hyei- 
cinthi  ,  au  Granati, 

Ce  5  Hyd! 


zoô  Livre  L 

Hyacinthi , 

Granati , 

Serici  crudi  minutim  inciji, 

Florum  Nempharü» 

Buglojfi ,  & 

Rofarurn  ruhrar.  fing.  fcrup. 
unufn. 

Caphurdi ,  gran.  feptem. 

Mofchi  Orientais ,  & 

Arnbarù ,  tttriufque  gran.  tria. 
Technicè  fiat  pulvis  ufai  reponen- 
dus ,  vel  cum  Sacchari  albi  aqua 
B'ûglojfi.  quantitate  fufiicienti  fo- 
lutifiat  Elebtuarium  in  tabellas. 

paraphrase. 

L’Autheur  de  cette  excellente 
poudre  mcft  incertain,  décrite 
neantmoins  par  Valerius  Cordus,  du¬ 
quel  je  l’ay  tranlcrite.  Elle  a  pris 
le  nom  de  fôn  effet ,  pource  qu'el¬ 
le  delivre  les  hommes  de  pcfte  ,  & 
prcfervc  les  làins  d'icelle. 

Le  mélange  n’eft  diiïëmblablc  à 
celuy  qu'avons  déclaré  au  Diamar- 
garit.  frigid.  composé. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  eft  bon  contre  la  pefte  ,  pre- 
ferve  le  corps  de  l'air  peftiferé,  &  les 
humeurs  aulfi  de  corruption. 


SeBion  I V. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

IE  n'ay  pat^-tot  '  découvert  une 
faute  confiderable  dans  la  deficri- 
ption  d'une  compofition  de  cette 
Pharmacopée  ,  quk  même  tems  U 
ne  s'en  prefiente  d’autres ,  &  cela  ne 
procédé  bien  fouvent  que  de  l'ava¬ 
rice  des  imprimeurs ,  qui  devraient 
avoir  des  bons  Correcteurs,  entendus 
fuivant  les  matières  qu'ils  impri¬ 
ment, particulièrement  en  ce  qui  con¬ 
cerne  la  Medecine  &  la  compofi¬ 
tion  des  me  die  amen  s  ,  U  faut  être 
deux  en  la  correBion  de  chaque  de- 
feription  de  compofition, pour  éviter 
les  omtjfions  des  ingrediens  ,  le  chan¬ 
gement  de  l’un  en  l'autre  ,  &  de 
leurs  dofes  ,  comme  il  eft  arrivé 
dans  cette  poudre  ,  ou  Valer.  Cor¬ 
dus  fait  entrer  les  Hyacinthes,cem- 
me  fait  aujft  Baud.  en  fies  Pharma¬ 
copées  indoutLe  des  années  if88. 
1596.  &  >  607.  &  en  celle  de  Lon¬ 
dres  infolio  ,  elles  y  entrent  auftl, 
&  dans  les  trois  dernieres  éditions 
de  Sauvageon  ,  on  les  y  a  obmifes, 
&  on  y  a  fait  entrer  deux  fois  le 
DiCtam  blanc  ,  pour  une  fois  que 
Cordus  l'y  demande  :  en  corrigeant 
le  tout ,  j’ay  remis  la  defeription  en 
fin  premier  état. 


Pulvis 


Des  Foudres  Aromatiques. 


xoj 


Confe£tio  de  Hyacinthe ,  D.  louberti. 


%.LapidH  Hyacm- 

i» 

in 

in 

in 

I  in 

in 

1  H*» 

thor.  ^ 

Jimplo. 

duplo. 

quadru¬ 

fextu- 

I  e^uplo. 

décu¬ 

.\duode‘ 

Cordli  rubri. 

pla. 

pla. 

i 

pla. 

\cuph. 

Boli  Armend>  & 

1 

l- 

|. 

Terra  figillata. 

ana. 

3«îÿJ.  %ix. 

Vh- 

l'^h 

Granorum  tinBorum 
Radicum  DiBamni, 

3^9- 

^.V. 

zvj. 

TormenîUla, 

Seminis  Citrii  mun- 
dati, 

Croci  oftimi. 

Myrrha, 

Rofarum  rubrarum. 

Smtalorum  omnium» 

OJfis  è  eorde  Cerui» 
Cornu  Cerui  ufti, 
Seminum  Acetofa  »  & 
Tertulaca 

Rafura  Eborie, 

ana. 

Biiij. 

Bviij. 

^v.Bj. 

11- 

3^. 

ii.S. 

i*/- 

j 

9^. 

Biiij. 

Lapidum  Saphyroru, 

Smaraq^diy  1 

Topulü, 

Margaritarum, 
Serici  crudi,  j 

Foliorum  Auri,&  1 

Argenté, 

dÿ. 

Biiij. 

Bviij. 

Sv.Bj. 

5^i- 

lu 

Caphura, 

Mefchi  Orientais, & 

Bij. 

Ambarü,  ana.' 

Syrupi  de  Limonibtu  1  il 

g.v. 

l.x. 

%.XX. 

‘g.xxx. 

g.xl.  I 

Id- 

gJx. 

fine  aqua  parati. 

! 

1^.v. 

lb.;e.  • 

tb.A:;c. 

l.xxv. 

Ibi 

Fiat  ConfeBio.  A 

i 

Iviq. 

iÿ-  I 

liiÿ. 

i?.  i 

^Uij.-  1  3^- 

xxxj. 

TARA 


O  8  L  'mre  L  SeBton  IV. 


paraphra^se. 

L'Authciir  de  cette  Confeétion 
m'eft  incertain,  de  laqiiclie  long 
tcms  avant  1  avenement  de  M*  lou- 
bert  ont  usé  &  ufent  les  Médecins 
de  Moncpelier  ,  au  lieu  de  la  con¬ 
fection  Alkerines  ,  fi  le  malade  à 
flux  de  ventre,  pour  caufe  du  La¬ 
pis  Lazuli ,  qui  y  entre  en  alfez  bon¬ 
ne  quantité.  Sa  .vertu  n’tft  pas  moin¬ 
dre  que  de  laprecedence,de  lotte  que 
qui  aura  l'une  ,  le  pourra  palier  de 
l'autre.  Elle  a  pris  le  nom  de  là  ba- 
fe  les  pierres  de  Hyacinthe  ,  mifes 
au’coramenceraent. 

LE  MELANGE. 

Le  mélange  ell  femblable  à  celuy 
que  nous  avons  décrit  au  Diamar- 
garitum  frigidum  composé. 

LES  PACVLTEZ. 

Cét  Antidote  lèrt  à  la  précau¬ 
tion  &  à  la  cure  de  la  pelle  ,  &  pour  le 
foutien  des'  forces  :  il  dilcute  la  me- 
lancholie,  &  a  les  mêmes  vertus  que 
la  confeétion  Alkerines. 

REMARQUE. 

Our  Us  rdiÇans-çy -devant  di¬ 
tes ,  'fay  exaStement  doublé,  juf- 
ques  à  dou"^  fiés  la  defeription  de 
la  Confeélion  de  Hyacinthe  ,  en  fa¬ 
veur  de  ceux  qui  en  débitent^  beau¬ 
coup  pour-  les  relever  de  la  peine  de 
fupputer  les  dofes  ,  &  pour  éviter, . 
que  les  moins  verfez.  en  la  doublant 
diyerfes  fois  ne  cemrnijfent  quelque 


faute  au  poids ,  ainf  que  nous  l'a^ 
vons  cy -devant  relevé  en  divers  en¬ 
droits.  Et  en.  cette  compofition  U 
efi  arrivé  aux  dernieres  éditions 
de  cette  Pharmacophée  des  années 
i6}s>.  1648.,  &  i6;o.  que  l’Au- 
theur  des  faculté"^ ,  avec  l'Impri¬ 
meur  ,  &  le  Correéleur  y  ont  obmis' 
les  Perles,  ^e  fi  ceux  qui  difpen- 
fent  les  compofitions  ne  prennent  un 
foin  particulier  telles  omijfions, 
elles  ne  peuvent  que  fe  multiplier, 
au  grand  regret  des  gens  d'honneur 
qui  exercent  notre  profejfion  ,  G"  au. 
notable  préjudice  .du  public.  Mais 
fi  d’un  coté  ces  fautes  deplaifent  a 
ceux  ’cy  ,  elles  favoriferont  dautant 
plus  ces  faifeurs  de  compofitions 
tronquées  ,  &  falfifiées ,  qui  en  re¬ 
tranchent  les  drogues  de  prix  ,  & 
en  fubfiituent  de  rnattvaifes  j  ou  bien 
qui  les  fabriquent  du  débris  de  leurs 
vieilles  drogues ,  comme  nous  voyons 
tous  les  jours ,  au  grand  mépris  des 
Ordonnances  ,  &  des  Hrtêts  des 
Parlements  ,  &  de  notre -tres-cele- 
bre ,  dr  illufire  Fhiverfite  de  Mé¬ 
decine  ,  ravaler  nos  plus  célébrés 
compofitions  ,  que  les  plus~ grands 
Roys  ',  les  Princes  les  plus  fa- . 
meux  Médecins  de  l’antiqip.te  3  ont 
daigné.,  compofer  de  leurs' propres 
mains  :  comme  le  Mithridat  ,  la 
T'heriaque  ,  les  Conf  étions  ..Alker- 
mes,  de  Hyacinthe^&  autres.  Si  ces  > 
compofitions  qui  partent  des  mains  de 
ces  gens-là ,  ne  font  plus  l'effet  quel-  r 
les  faifoient  anciennement-,  quand 
elles  partaient  de  •  celles  de  ces 
grands  Monarques ,  &  de  ces  fça- 
vans  Médecins  ,  la  caufi  nen  efi 
pas  'inconnue  :  1^  nombre  des  fuhfli- 
tuts  quon  y  admet ,  le  donne  affez 


^es  Poudres 

à  conmitre  aux  entendus  de  nôtre 
profejfion  ,&  le  vil  fris  quon  les 
donne  aux  moins  oculeX^ ,  qui  les 
acheftent  leur  doit  faire  connoU 
tre  aujft  quelles  font  grandement 
falfifiées,  les  foires  &  les  marcher 
en  fourmillent ,  &  font  toutes  plei¬ 
nes  de  ces  vilaines  compofitions ,  qui 
la  plus  grand  partie, n  ont  pour  tou¬ 
te  vertu  que  le  nom  quon  leur  donne. 

C’efi  a  mon  grand  regret ,  fi  je 
m'écarte  de  mon  fu]et  par  des  fre¬ 
quentes  digrejftons  ;  le  pim  fou- 
vent  pour  y  être  attiré  par  l'ava¬ 
rice  infatiable  de  quelques-uns  de 
nôtre  profejfion ,  ou  il  y  aurait  ma¬ 
tière  ae  groffr  un  volume  ,  fi  mon 
dejfein  nétoit  de  pajfer  fuccinéle- 
ment  fur  cette  Pharmacopée  la 
plus  accomplie  qui  ait  encore  pa¬ 
ru  au  jour  ;  mais  comme  mon  de- 
fir  efl  de  découvrir  les  erreurs  qui 
me  font  connues  ,  afin  d'obliger 
ceux  qui  les  commettent  de  s‘en 
corriger  s'ils  en  font  capables  ,  je 
ne  puis  éviter  la  prolixité  en  beau¬ 
coup  de  rencontres  ,  &  de  nufer 
fouvent  de  redites ,  &  contre  ceux- 
là  même  qu'on  eftime  des  pim  inté¬ 
grés  en  leurs  compofitions  ,  que 
pour  rendre  la  couleur  de  leur  Con- 
feôlion  “de  Hyacinthe  pim  agréa¬ 
ble  à  la  veu'é  ;  certains  en  re¬ 
tranchent  le  Santal  rouge ,  les  au¬ 
tres  les  Rofes ,  les  autres  les  Sa- 
phyrs  ,  les  autres  la  Myrrhe ,  les 
autres  le  Camphre ,  les  autres  les 
fueilles  d'Or,  les  autres  la  Soye  crue. 
J-es  uns  difent  pour  leurs  raifons, 
que  ces  trois  premiers  noircijfent  la 
ConfeSHon,les  autres  que  la  Myrrhe 
la  rend  amere  &  de  mauvais  goût, 
hss  autres  que  le  Camphre  y  efi  in- 


Aromatiques. 

fup  or  table  par  fon  odeur  ,  comme  la 
vérité  efi  telle,  les  autres  que  l’Or, 
&  l'Argent  y  font  entièrement  in¬ 
utiles  ,  &  qu’ils  n'y  fervent  que 
d'ornement ,  &  en  retranchent  l’Cr, 
a  caufe  qu'il  efl  le  pim  cher ,  &  luy 
fubBituent  l'Argent  ,  d' autres  dt- 
fent  que  la  Soye  crue  n'a  point  de 
vertu  ,  &  en  outre  quelle  efl  caufè 
par  fa  legereté  ,  que  la  Confection 
s’élève  &  boïtilt.  Apreit.  avoir  fait 
la  diéiraClion  des  médicaments , com¬ 
me  bon  leur  femble ,  ils  augmentent 
la  dofe  du  Saffran  ,  pour  en  rehauf 
fer  la  couleur  ,  en  façon  que  fon 
odeur  furmonte  tout  le  rt^e.  De  tou-- 
tes  les  raifons  ey  -  dejfus  alléguées, 
il  n’y  en  a  aucune  qui  puiffe  être- 
recevable ,  apreT^  celle  du  Camphre-, 
au  contraire,  il  ne  faut  rien  innover 
en  cette  Confection  ,  foit  pour  le  re¬ 
gard  de  la  couleur  ,  ou  de  la  fa¬ 
veur  ;  car  il  nejl  pas  permis  pour 
fatisfaire  à  nos  fens,de  tromper  nô¬ 
tre  prochain  au  préjudice  de  nôtre 
intérieur.  Et  combien  que  tom  les 
ingrediens  y  foient  en  leur  légitimé 
dofe  ,  la  couleur  ne  rejle  pas  d’en 
être  fort  agréable  &  la  faveur  aujfi. 
Gjue  l’Or  &  l’Argent  n’y  foient  mis, 
comme  parlent  les  avaricieux,  pour- 
la  rendre  pim  éclatante  j  fi  efi-ce 
qu’il  ne  les  en  faut  point  tirer  :  & 
fur  ce  qnon  dit ,  que  la  Confection 
s’élève,  &  fe  fermente,  cela  ne  prot- 
cede  point  de  la  legereté  de  la  Soye 
crue ,  comme  quelques-uns  fe  font 
perfuadez..  Les  moins  oculeT^  en  la 
Chimie  ,  difent  que  cette  élévation 
ou  fermentation  efl  causée  par  l’aci¬ 
dité  du  fuc  de  limon ,  laquelle  agif- 
fknt  contre  les  terres  ,  &  pierre¬ 
ries,  fait  que  la  compofition  s’élève, 

D  d  comme 


:£ï6 


'Livre  L  SeBïm  IFi 


comme  <{Hanà  on  jette  du  mnaigre  volume  entier ,  four  les  di^culter, 
fur  de  la  terre  feiche.  le  fçay  bien  qui  s'y  rencontrent^neantmoins par¬ 
que  cette  raifon  ne  fera  point  £im-  ce  que  divers  Autheurs  en  ont  fait 
prejfion  dans  l’ej^rit  de  ceux,  qui  du  traitte^^ particuliers  ,  &  qu'ils 
font  confirmez,  dans  cette  erreur,  y  ojn  ohmis  de  relever  l'erreur,  que 
puis  qu'en  d'autru  compofitions  ,  où  quelquu-  uns  commettent  en  l’ele- 
le  fuc  de  ümon  n'y  entre  point,  Rion  ^  préparation  d'aucuns  des 
ny  autre  liqueur  acide  ,  elles  ne  ingrediens.  le  diray  que  ceux-là 
laiffent  pas  neantmoins  de  hottil-  font,  mal ,  qui  prennent  les  largons 
lir  i  mais  à  cela  il  eji  aisé  de.  ré-  .du  Puy  enVelay  ,pour  les  Hyacin- 
pondre  ,  que  dans  /?^  compofîtions  thés  Orientales  ^  le  verre  que  les 
où  les- pierreries  :  &  les  terfes  fui/-  faux  loaliers  ûrent  des  cailloux 
tilement  pulvérisées  entrent ,  com-  blancs ,  &  du  cryfial  par  l'àrt  du 
me  matière  feich&  ,  &  terreSlres,  fia  ,  &  qu'ils:  colorent  comme  Us 
venant  à  être  imbibées  de  Syrop,  veulent  pour  les  Topaz.es ,  &  pour 
quoy  qu'il  ne  foit  foint  acide,  les  les  émeraudes  ,  les  perles  Occidenta- 
Compofition's  s'élèvent ,  &  boitillent  les  ,  pour  les  Orientales ,  que  pour 
ou  plutôt  ,  ou  pltts  tard  ,  fuivant  éviter  telles  erreurs  ,  ils  fe  doivent 
quelles  abondent  en  fels  fixe  ou  vo-  inéiruire  avec  les  loaliers ,  ou  avec 
iatih:  cr  pour  les  compofîtions  où  les  Orphevres  expérimente^.  Ve  leur 
il  n'y  entre  point  de  pierreries ,  ny  préparation ,  ou  fubtilifation  furie 
des  terres  ,.  que  cette  élévation ,  ou  Porphyre  ,■  je  n'en  diray  rien  ,  afin 
firvefcence  ,  ne  fe  fait  que  quelque  dé  nufir  de  redite  :  l'ArtiSle  aura 


eksdeUr  da  ingrediens  &  d'une  hu-  dre  de  Gemmés. 
midité  crue  -&  indigelte  du  Syrop,  H  n'y  a  pas  moins  à  redire  con- 
par'  l'entremife-de  la  chalet,,-  tdé  tre  ceux  qui  pre-nnent  U  premier 

l’air  ,  &  non  de  la  legereté  de  la  Pci  qu'ils  rencanîrent  pt/ur  le  vray 

fiye  crue ,  ny  d'aucun  autre  medi-  Vol  d' Arménie  :  à  ceux-là  llautho- 

cament.  Cela  fujfira  pour  fatisfai-  rité  des  Dr oguijle s  leur  fu fit ,  moi¬ 
re  aux  objeHions  que  ceux  qui  tra-  y  enflant  qu'ils  les.  afieurent  quand:. 

vaillent  de  leur  tête  ,  me  pourraient  Ht  le  leur  vendent  ,  qu  il  efi  du  plus- 

apporter.  beau  &  du  meilleur ,  au  préjudice 

Et  comme  la  plus  grand'  partie  de  la  connoifiance  que  la  leSture  des 

des  medicamens  qui  compofent  cet-  bons  Autheurs  leur  en  peut  appren- 

te  célébré  &  tant  renommée  Gon-  dre  ,  &  ainfi  les  compofitions  font 

féSlion  (‘  les  mtiveilltux  effets  de  ‘  le  plus  fouvet.t  hroüillées  par  der. 

laquelle  fen  ay  refienty  en  ma  per-  terres  ,  qui  n'ont  pour  toute  vertu: 

fonne  )  font  rares  &  précieux ,  dont  q-'‘e  celle  d’être  aâFlrii gentes  & 
la  Vrajfi.  connoifikncé  cfi  jvrt  difi  'deficcatives  ;  au  coniraire  du  vray: 
ficile  ,  ils  ne  mériteraient  pas  d'y  Bol  ü’ Arménie ,  que  fiiivant  Galien,. 

-fitire  une  fintfile  remarque  ,  mais  un  Hvre  neuvième ,  chapitre  fiptiéme. 


/ 


dess 


Dej  Poi^idr&s  Âfomaîiques*  m 


■âts  jîmples  médicaments  ,  emre  les 
mtres  venus ,  il  dit  s^CÜ  efi  ex¬ 
cellent  centre^  la  pefie  ,  fondé  fur 
les  frequentes  expériences  quil  en  o- 
veu  :  cette  Autherité  doit  fuffire, 
pour  nom  faire  rechercher  curieu- 
fement  le  vray ,  les  marques  duquel 
font,  quil  fait  d'un  rouge  pâle,fria- 
Ue ,  do  'X  au  manier  ,  quand  on  le 
divife  n  pièces  ,  il  parait  en  de¬ 
dans  comrnf  des  petites  écailles, 
d’un  rouge  tirant  fur  le  citrin,  mé¬ 
diocrement  pefant  -,  de  toutes  les  ter¬ 
res  adflrin^entes ,  elle  efi  la  moins 
adhérante  a  la  langue  en  fon  exté¬ 
rieur  ,  il  fe  fend  dans  la  bouche 
comme  beurre  ,  &  fe  dijfout  aisé¬ 
ment  dans  l’eau  ,  fans  donner  au¬ 
cune  refidenfe  pierreujc  ou  fablon- 


Pour  Vos  du  cmir  de  cerf,  que 
plufieurs  Autheurs  luy  fubfiituent 
celuy  du  cœur  de  bœuf,  a  raiÇon 
des  vertm  qu’ils  luy  attribuent  fort 
aprechantes  a  celles  de  ce  premier; 
f’Fiime  qu’il  y  a  quelque  chofe  de 
vray  femblable  ,  d  raifon  de  l’ex¬ 
cellence  des  parties  qui  les  produi- 
fent ,  &  ceux  qui  ne  pourront  pas 
recouvrer  le  premier  ,  y  pourront 
fuhfiituer  ce  dernier  ,  &  au.  défaut 
des  deux  la  corne  de  cerf 

Mais  quant  a  Vufiion  de  la  cor¬ 
ne  de  cerf ,  je  ne  puis  fouferire  au 
fentirnent  de  l’Autheur  de  cette- 
Confeblion  ,  par  les  raiforts  que  nô¬ 
tre- Autheur  de  la  Paraphrafe  a  cy- 
devant  alléguées  au  mélange  de  la 
poudre  du  Diamargarit-um  figidum, 
qui  dit ,  que  de  rôtir  la  fiye  crue  , 
c  efi  luy  emporter  fa  vertu  cardia¬ 
que  ,  &  luy  en  acquérir  une  étran¬ 
gère.  De  mtrne  il  efi  k  remarquer,- 


que  la  corne  de  cerf  crus  ,  qui  a 
la  faculté  de  rejifier  k  la  pourritu¬ 
re  des  humeurs  ,  &  d’en  corriger  la. 
malignité  ,  de  provoquer  la  Jùeur, 
de  cor/oborer  l’humide  radical ,  & 
de  tuer  les  vers  5  toss»  lefquels  ef¬ 
fets  ne  peuvent  procéder  ,  que  de 
fon  fel  volatil  ,  &  de  la  mucofité, 
qui  s’en  tire  pxtr  la  decoVtion  fai¬ 
te  avec  Veau  commune  ,  pour  en  ex¬ 
traire  la  gelée ,  df  par  le  moyen  de 
VuUïon,  l'un  &  Vautre  font  entier 
rement  détruits ,  &  esnfumez.  :  ce 
qui  a  été  fort  bien  obfervé  par  les 
fiavans  &  expérimentes^  Médecins 
d’Anvers  :  quand  ils  on  écrit  en  la 
defeription  de  la  ConfeBion  de  -Hya-  . 
cinthe  de  leur  Pharmacopée  de  l'an 
1 6  b  O. Cor  nu  Cervi  fine  ighe  calcina- 
ti  :  &  Petrus  k  CaSîro,  en  fon  traitté 
de  la  fièvre  purpurine ,  au  chapitre 
de  la  ConfeBion  de  Hyacinthe,  com¬ 
me  on  la  diVfenfe  k  Florence  ,  met. 
Cornu  Cerui  philofophicè  prapara- 
ti.  Et  quoy  que  les  Médecins  rno- 
dernes  fâchent  dire  ,  que  la  corne- 
de  cerf  brûlée-  jufques  k  blancheur ^ 
refifie  k  la  pourriture  des  humeurs, 
arrête  le  flux  de  ventre  ,  tué  les 
vers ,  é’  provoque  la  fueur  :  c’efi 
ce  qui  nefi  pas  croyable  ,  k  moins 
que  la  petite  quantité  de  fel  fixe, 
qui  s’en  peut  tirer  ,  aprez.  que  la 
corne  de  cerf  a  été  ouverte  par 
l’art  du  feu ,  contienne  en  foy  tous 
ces  divers  efets  ,  ce  qui  efi  abfur- 
de ,  &  snoins  croyable  que  le  pre¬ 
cedent.  le  laijfe  k  part  les  vertus 
que  Diofeoride  luy  attribué  au  li¬ 
vre  Z.  chapitre  52.  de  fon  hffi.bi- 
re  des  animaux  ,  quoy  que  plus 
vray  femblables.  le  puis  dh  e  ,  que 
comme  Vin-virition  de  brûler  la  corne 
Dd  Z  de 


2,12.  Livre  L 

de  cerf  éfi.«^enne  depuis  Biafc  ari¬ 
de  ,  que  c’était  en  un  tems  ,  que  la 
Æedecine  était  grandement  fierile, 
^  la  préparation  des  médicaments 
fart  defeétueufe,on  croyait  fans  dou¬ 
te  ,  que  c’était  le  moyen  de  la  pou¬ 
voir  mettre  en  poudre  que  de  la 
brûler  :  mais ,  comme  le  feu  dijftpe, 
ainjî  que  je  viens  de  dire  ,fes  prin¬ 
cipales  qualitez.  &  vertus,  U  vaut 
mieux  l’employer  crue  ejue  brûlée  ;  & 
ceux  qui  la.  voudront  préparer  phi- 
lofophiquement  y  procéderont  com¬ 
me  s’enfuit ,  moyennant  que  cette 
préparation  fe  fajfe  adroitement,  & 
a  la  vapeur  d’une  decoéiion  ,qui  luy 
communique  quelque  vertu  conve¬ 
nable  aux  fiennes.  Il  faut  cheifir 
le  bois  d’un  cerf  qui  ait  été  pris  a 
ta  chajfe  en  fa  plus  grande  vigueur, 
qui  eft  environ  le  mois  d’Aoufl ,  & 
de  Septembre  ,  &  le  couper  en  peti¬ 
tes  pièces  de  la  longueur  d’un  doigt, 
&  les  attacher  avec  un  gros  filet, 
puis  mettre  des  bâtons  en  travers  du 
haut  d’une  cucurbite  à  refrigera- 
toire  ,  qu’on  aura  garny  de  rofes 
pour  difiiller ,  ou  de  quelque  autre, 
plante  convenable  ,  &  attacher  lei 
filets  en  forte  que  la  corne  de  cerf 
fait  fujpenduë  d’un  pied  au  dejfus 
de  la  liqueur  ;  aprez.  il  faut  cou¬ 
vrir  la  courge  de  fin  chapiteau ,  & 
donner  le  fiu  mediacre,  qui  fera  con¬ 
tinué,  jufques  a  ce  que  la  corne  fioit 
fnfifàmment,  &  également  pénétrée, 

&  cela  arrivera  ,  dans  deux  ou  trois 
jours  tpour  lors  elle  fera  friable  ,  & 
s’amollira  en  état  d’être  mife  fier  le 
Porphyre-,  pour  la  fiubtilifer  &  for- 
tmer  en  petits  Trochifis.-dr  ainfi  cette, 
préparation  fira  de  beaucoup  prefi- 
rabk  a.  celle  de  L’ordinaire- 


Se  mon  IV. 

Il  eft  aujfi  très  -  important  d’or 
vertir  ceux  qui  négligent  de  s’in- 
ftruire  en  la  cannoijfance  des  mé¬ 
dicaments  ,  qu’ils  n’employent  plus 
un  certain  bois  ,  qui  eft  de  cou¬ 
leur  d’un  rouge  pâle  ,  de  fubftan- 
ce  entre  rare  ,  &  denfie  ,  un  peu 
plus  haut  en  couleur  que.  le  Bre- 
fil  ,  au  lieu  du  vray  Santal  rou¬ 
ge  qu’on  nous  apporte  des  Indes 
Orientales ,  de  la  contrée  de  Tona- 
fiarin  ou  Târnajfery  ,  deçà  le  fleuve 
du  Gange  ,  qui  doit  être  jans  fa¬ 
veur  ,  que  les  Latins  appellent  infi- 
pide ,  &  les  Grecs  apios ,  de  fub- 
ftance  beaucoup  plus  compacte  ,  den- 
fie  &  dure ,.  que  ce  premier ,  &  de 
couleur  rouge  fort  obfcure  ,  tirant 
fur  le  noir,  qui  ne  donne  point  de 
teinture ,  â  caufe  de  fa  folidité ,  à 
l’égal  du  Brefil ,  co'ntre  ce  quen  a 
écrit  Garcia  Abhorre ,  qui  dit,  qu’il 
ne  teint  aucunement  j  de  quoy  je 
l’exeufe  ,  parce  quil  n’en  parle  que 
pour  o  'üir  dire ,  &  moy  par  expé¬ 
rience.. 

L’erreur  n’eft  pas  moindre^  de 
ceux  ,  qui  prennent  pour  Granatin- 
éiorum  ,  la  pellicule  ou  écorce  du 
Kermes  ,  pour  fa  vraye  &  precieu- 
fe  moelle  quelle  enferme  de  confi- 
ftence  liquide ,  qui  fe  réduit  par  fa 
maturité  fans  artifice  ,  en  une  pou¬ 
dre  fort  rouge  ,  qui  fort  d’elle-mê¬ 
me  par  le  trou  de  fin  écorce  ou  en- 
velope ,  du  côté  qu’elle  adhérait  au 
bois ,  ou  k  la  fiseitle  eC un  peut  ar- 
brijfeau  appellé  Ilex  bacctfera ,  où 
elle  s’engendre.  Que  fi  on  cueille  cet¬ 
te  graine  ou  excroifance  avant  un 
ce-nain  degré  de  maturité,  elle  em¬ 
porte  une  petite  membrane  fort  dé¬ 
liée  ,  qui  botuhe  le  trou  ,  &  la  pulpe- 


Ti es  Voudres  Aromatiques.  i  i  | 


efl  humide  ,  venant  a  fe  depU 
cher  ,  fe  divife  en  ptks  grains 
d'un  chacun  d’iceux  s'engen¬ 
drent  des  petits  vermillons  de  cou¬ 
leur  fort  rouge  ,  lefquels  ne  trou¬ 
vant  point  d'ouverture,  percent  leur 
coque  ou  envelope  &  s'attachent 
aux  environs  d'icelle  ,  que  pour 
les  feparer  ,  on  les  pap  a  travers 
un  crible.  Si  on  ne  les  éteint  avec 
du  fort  vinaigre  ,  ^Is  fautelent ,  & 
voletent ,  comme  petits  moucherons, 
tant  que  leur  hurnïdïté  naturel¬ 
le  fait  dippée  :  alors  ils  devien¬ 
nent  blancs  ,  &  meurent  fans  au¬ 
cune  vertu  ,  ce  tjui  efi  à  remar¬ 
quer.  Ce  fera  donques  cette  pou¬ 
dre  rouge  quil  faut  éteindre  ,pour 
mettre  dans  nos  eompof  fions  ,  fi-tSt 
quelle  commence  de  s'animer  ,  & 
qu'on  la  voit  remuer  ,  en  Varrou- 
fant  avec  du  bon  fuc  de  limon 
deflegmé  d'un  quart ,  &  la  pahrir 
entre  les  mains  ,  &  la  faire  fei- 
cher  en  petits  Trochijcs ,  ainjt  pré¬ 
parée  ,  la  faut  préférer  d  fon  ecor- 
ce  eu  coque ,  que  quelques  Autheurs 
par  mépris  Vont  faite  appeller  par 
Pline  Quifquilium  ,  qui  Jignifie 
une  chofe  de  néant  en  comparaifon 
de  la  poudre  j  ce  que  Selon  a  fort 
bien  obfervé  en  fon  premier  livre, 
chapitre  dixfeptiéme  de  fes  obferva- 
tions ,  qu'elle  vaut  mieux  pour  tein¬ 
dre  ,  ér  coûte  quatre  fois  plus  que  la 
coque  ,  que  nous  ne  devons  jamais 
mette  dans  nos  eompof  fions ,  qu'au- 
defaut  de  la  foudre. 

La  brièveté  icy  requife ,  ou  les 
divers  écrits  ,  qui  ont  été  faits 
fitr  cette  Confeéiion  ,  comme  a  été 
cy-depus  dit  ,  me  font  omettre  les 
autres  ingrediens  ,&  clarre  ce  dif 


cours  par  la  Terre  fgillée  le  Sy- 
rop  de  limon  :  cette  première  noue 
efi  inconnue  d  caufe  de  fa  rare¬ 
té  ,  &  par  un  fatras  de  ceremo¬ 
nies  que  les  Turcs  obfervent  pour 
la  tirer  de  fon  fein  ,  comme  a  re¬ 
marqué  de  fes  propres  yeux  le  do- 
6le  Selon  au  premier  livre  de  fes 
obfervations,  chapitre  vingt-neuviè¬ 
me  ,  c'eft  pourquoy  il  s'en  faut  te¬ 
nir  d  fon  Jkbélitut ,  qui  efi  le  vray 
Sol  Oriental ,  tel  que  nous  l'avons 
cy-devant  décrit. 

Le  Syrop  de  limon  qui  doit  don- 
nerlla  forme  d  cette  Confeélion  &  en 
conferver  toutes  les  effeces  ,  fera 
composé  de  trois  livres  de  fuccre,  d* 
de  vingt  onces  de  fuc  de  limon  bien 
dépuré  &  cuits  enfemble  dans  un 
vaipeau  de  terre  vernie ,  d  la  va¬ 
peur  de  l'eau  bouillante. 


Pulvis  contra  peftem  ,  D.Batrd. 

Soli  Armena  ver  a  aqua  Scabio- 
fa  praparatAj  unciam  unam, 
Terra  figillata  vers,  ,  fi  fieri  pote  fi, 
une.  dimidiam. 

Radicum  Tormentills, ,  & 

Angelica  >  utriufque  drachm. 

Corticis  Citrii  mali, 

Seminum  Citrii  mundati, 

Acetofs, 

Portulaca, 

Cardui  benediVti,& 

Radicum  DiBamni  yfing.  draehm. 
unam  &  femifi. 

Enula  Camp  an  a 
Sugloph 
Sorraginis, 

Zedoari», 


E>sî  J 


Tuni 


2,14  Liwe  L 

Tunlcii  )  id  èfi  Be  t  onie  a  al- 
tilis , 

Rafura  Eborû , 

Ojjü  è  corde  Cervi,vel  Bovis , 
Cinnamomi , 

Nucis  mofehata , 

Folior.  Melijfz  ficcorum  , 

Lapidum  Smaragde , 

Hyn,cinthi , 

Cranatorum , 

Saphyrorum  y 
Coratli  rubri , 

Jliargaritarum  Splendida- 
rum  ,& 

Bofarum  rubrarum  ,  fingul.  drach. 
ünam. 

Mofehi  Orientais ,  & 
uimbarû ,  utriufq.fcrup.femij?. 

Fiat  pulvis.  Ex  hoc  pulvere  va¬ 
ria  concinnentur  pràjidia  pro  cu- 
jufque  laborantü  palato  ,  tempe- 
rie,  atate ,  fexu ,  tempore ,  &  re- 
gione.  Sufplebit  vicem  puLverü 
de  Bolo ,  &  Bez.oardici ,  ut  ca- 
rere  pojfis. 

PARAPHRASE. 

L^nferipcion  de  cetre  pondre  dé¬ 
claré  îk  veetn  ,  bquelle  pourra 
fuppléer  le  defaut  de  la  poudre  Be- 
zoardique ,  &  de  Bolo  j  qui  fe  prépa¬ 
ré  communément  aux  ^boutiques , 
pour  êu'e  méthodiquement  compo- . 
fée  de  Médicaments  cboiiîsj  &  ap¬ 
prouvez  de- plufieurs  fîecles  ,  &  par 
nous  Ipecialemcnt  cette  année  i  586. 
icy  à  Mafeon  &  lieux  circonvoifins, 
tant  pour  la  précaution  j  que  pour  la 
guerifon  de  plufieurs  malades  de  pe- 
lte.Sa  bafe  eft  entièrement  Alexitaire, 
ainfi  qu’on  verra ,  examinant  tous  les 
ingrediens. 


SeBïon  IV'. 

LE  MELANGE.  . 

Il  faut  pulveiifèr  chacun  à  part,, 
le  Bol  Oriental  lavé  plufieurs  fois 
avec  eau  de  Scabienie  ,  &  fe;chéi 
la  Terre'  fcellée  ,  l’Ivoire ,  le  Mule, 
&  l’Ambre.  Sur  un  porphyre  ,  on. 
marbre ,  il  faut  pulveriler  enfemble 
les  pierreries  ,  &  le  (.  oraif  ,  arrou-. 
fez  de  quelques  gouttes  d’eau  rofe 
(afin  qii’elles  n’exhalent  )  tant  fubtil 
qu’il  fera  poflâble  ,  afin  que  par  la 
nature  ,  ils  fe  puiilënt  réduire  de 
puilîànce  en  action ,  &  le  diftribuer 
par  les  conduits  étroits ,  ainfi  qu’il  a 
été  dit  cj-devant.  Au  mortier  &  pi¬ 
lon  de  metail ,  il  faut  premièrement 
pulveriler  les  racines,  écorces  ,  &c  os 
de  cœur  de  Cerf  limé  ,  ou  incifé  fort 
menu  :  puis  on  y- ajoutera  les  femen- 
ces,  la  Noix  ihulcade ,  la  Melifle  ,  ôc 
finalement  les  rôles  rouges  lèichées, 
&  mondées  de  leurs  ongles.  Le  tout 
tamilé  liibtilcment  ,  fera  peu  à  peu 
méfié  avec  les  poudres  lufditcs, 
pour  le  tout  garder  dans  un  pot  de 
verre,  bouché  d’un  double  papier, 
pour  s’en  fervir  au  befoin. 

LES  F  A  cr LTE  Z. 

Cette  pondre  efl  auffi  excel¬ 
lente  ,  tant  ptour  la  cure  ,  que  pour- 
la  prefervation  de  la  pelle  ,  de 
quelque  canlè  qu’elle  nailfe  :  voi-  ■ 
rc  à  toute  forte  d’âge  ,  &  en  tout 
temps. 


RE' 


D&s  Foudres  jtiromatiô^ues.  2.  i  j 


R E  M  A  R  QV  E. 

Auderon  pour  rendre  fa  pou¬ 
dre  plui  recommandable  ,  ordon¬ 
ne  que  le  Bol  Oriental  fait  lavé 
diverfes  fois  en  eau  de  Scabieufe  , 
cela  ne  peut  être  que  pour  deux  rai- 
fons  principales  ,  la  première  pour 
en  feparer  quelque  matière  étran¬ 
gère  ,  comme  fable  ou  petites  pier¬ 
res ,  que  par  fois  on  trouve  parmy 
la  mine  5  la  fécondé  ,  afin  de .  luy 
augmenter  fit .  vertu  Æexitaire  j 
l'omets  a  dejfein  de  parler  des  au¬ 
tres  deux  intentions  peurquoy  la 
lotion  dej  médicaments  fe  fait ,  par 
ce  quelles  ne  conviennent  k  notre 
fujet  :  f  avoué  bien  pour  la  premiè¬ 
re  .raifon  que  l'intention  de  Bau- 
deroh  à  été  bonne ,  mais  je  foûtiens 
aufi,.  que  de  laver  phfieurs  fois  le 
Bol ,  quoy  que  la  lotion  fe  fajfe  avec 
une  liqueur  qui  femble  k  plufieurs 
avoir  quelque  vertu  Jpecifique  con- 
'  tre  le  venin  ,  comme  la  plante  de 
la  Scabieufe ,  d'ou  elle  efi  extraite, 
que  neantmoins  les  frequentes  lo¬ 
tions  diminueroient  incomparable- 
vient  pim  la  vertu  cardiaque  & 
adflringente  du  Bol  ,  que  l'eau  n'y 
fiauroit  communiquer  les  fiennes , 
parce  que  leseaués  dif  idées  de  tous  les 
fimples  de  cette  nature  font  privées 
des  principales  vertus  de  leur  plan¬ 
te ,  en  ce  quelles  refient  dans  le 
marc  de  la  difiillation ,  comme  nous 
dirons  cy-apre\  au  traitté  des 
eaux  difiillées  fimples  ;  de  façon  que 
fi  le  Bol  né  fe  trouve  fdhlonneux, 
eu  pierreux  ,  il  ne  le  faut  point  la- 
tser  du  tout  ,  &  que  quand  il  le 
fera,  U  fufiîra  pour  lors  d'une  feu¬ 


le  lotion ,  qui  doit  être  faite  auec 
le  fiic  dépuré  de  la  Scabieufe  mi~ 
neuve  de  Camerarius  j  que  bien  les 
qualité"^  &  vertus  de  Bol  ne  con- 
Jifient  pas  en  un  fiel  ,  n'y  en  un  fisc, 
mais  comme^  une  terre  douce  ,  graf 
fe ,  &  jpongieu  fe  ,  fe  réduit  toute 
en  limon  dans  l'eau  ,  &  s’y  divife 
en  très  -fubtiles  parties  ,  &  par 
ainfi  les  frequentes  lotions  luy  em¬ 
portent  facilement,  de  fin  adfiri- 
étion,  comme  il  efi  aifé  de  remarquer 
en  fin  goût  aprez.  l’en  avoir  exabie- 
ment  fe  parée. 

Bauderon  en  abandonnant  Sera- 
pion  pour  la  préparation  des  pier¬ 
reries  ,  efi  tombé  par  mégarde  dans 
un  autre  erreur  en  cette  compofi- 
tion  -,  difant  que  les  pierreries  &  Le 
Corail  fieront  préparez,  enfemble  Jur 
le  porphyre  ou  fur  un  marbre  ^  il  ne 
faut  jamais  préparer  divers  fiag- 
rnents  enfemble  ,  a  caufe  de  la  du¬ 
reté  des  uns  -,  &  de  la  tendrejfe 
des  autres  j  mais  chacun  k  part , 
non.  fur  un  marbre  ,  par  ce  qu'il 
efi  mol  ,  mais-  fur  un  porphyre , 
comme  a  été  cy-devant  dit  y 
faut  aller  fi  exaEtement  qu'il  fe 
pQurfa  pour  éviter  qu'ils  n'aug¬ 
mentent  de  poids  ,  &  ne  diminuent 
de  leur  vertu.  Lé  Ambre  gris  fera 
trituré  avec  quatre  ou  cinq  grains 
de  femence  de  Citron  mondez.  .. 


Pulvis  Pleres  Arcontîcon  ,  ici 
efl:,  implcns  principale ,  D- 
N.  Salernit. 

Gnnamomi  y 
Ckryophyüor'um  r 


Livre  L  Seâion  IV, 


%lé 

f,igni  Aloës,vel  hujus  penuria  San~ 
tali  citrini. 

Calanga  tenuioris ,  ex  China  aUata, 
Spica  Indica  , 

Nucü  mofehata, 

Zingtberis , 

Spoaij , 

Schananthi 
Cyperi , 

Hojarum  ruhrarum,  & 

Vtolarum ,  fingul.  drachm.  unam, 
&  gran.  xv. 

Folij  Indi  ,  fiu  Malabathri  Grx- 
corum. 

Glycyrrhiz^A , 

Jldaftiches , 

Styraeü  calamites  , 

Sampfuchi ,  feu  JÜajorana, 
Balfami,(cum  Myrepf.  potins  quant 
Balfamita  cum  Salernit.quoniam 
in  virib.  recolligendis  efi  effi¬ 
cacité  ) 

Seminum  Ocymi ,  & 

Cardamomi , 

Afacrepiperù ,  id  efi ,  Piperù  longi, 
Leucepiperü ,  id  efi ,  Piperù  albi, 
(hujté  non  meminit  JkCprepf.) 
Gorticum ,  vel  filiorurn  Citrq  ma- 

Baccarum  Myrtillorum,fing.fcrup. 

duos,  dr  gran.  quinq. 
Margaritarum  ,  (  has  pratermifit 
Myrepfiu.) 

Radicum  Behen  albi  ,  vel  harum 
loco  rad.  Buglofii , 

Behen  ruhri ,  vel  harum  loco 
Rad.  Borraginis. 

Coralli  ruhri ,  & 

Serici  crudi,  fing.fcrupul.  unum,  & 
gran.duo&  fimifi. 

Mofehi ,  grana  feptem  &  femiffi. 
Caphura,  grana  quinque  , 

Technice  fiat  pulvù  :  Sacçhari  albi 


quantum  fufficit,fiat  êleSluarium 
Jolidum,  vel  rnelle  cum  Syrupo  Ro. 
fato  fimplici. 

PARAPHRASE. 

CEt  Eleduaire  a  pris  le  nom  de 
(bn  cftec  admirable ,  en  reftau- 
tant  ou  réparant  les  forces  des  mala¬ 
des,  perdues  parla  vehemence,  ou 
longueur  des  maladies ,  pour  ce  qu'il 
corrige  le  vice  qui  refte  au  vifeeres, 
de  forte  que  les  malades  recouvrent 
par  ion  uiàge  leur  iânté  ,  &  par 
ainfi  font  promptement  refaits.  Ni- 
colaus  Salcrnitanus  à  tranforit  cet 
Eledfuaire  de  Nicolaus  Myrepfus  du 
premier  des  Antidotes,chap.i45>.  de 
mot  à  mot ,  hormis  qu’il  y  a  ajouté 
du  poivre  blanc  &  des  perles ,  plus 
que  Myrepfus,  &  met  la  Balfamitc 
(qui  eft  nôtre  Menthe  aquaciquc)pour 
le  Bahàme  des  Grecs ,  lequel  fimple- 
ment  &  Êqs  addition  mis  fe  prend 
toujours  pour  la  principale  partie  du 
Baume,  qui  eft  l’Opobaliàme,  lequel 
eft  plus  convenable  à  reftaurer  les 
forces  perdues  des  malades  ,  que  la 
Baliàmite.  Ceux  qui  n’auront  du  vray 
Baume  de  ludée,  pourront  prendre 
iàns  difficulté,  l’huile  de  Gerofle  ou 
de  Mufeades  ,  ou  la  liqueur  de  la 
Myrrhe  recente  ,  qui  eft  le  vray  S  ra¬ 
die,  des  anciens  tiré  par  expreffion. 
Pour  le  Behen  blanc  &  rouge  ,  on 
prendra /les  racines  de  bugloffe  ôc 
de  borraches.  Ceux  qui  craindront 
le  Camphre'  pour  fon  ingratitude , 
pourront  prendre  autant  pefant  de 
flieilles  de  Meliflc  ,  ou  femence  de 
chardon  bénit,  pour  être  convena¬ 
bles  à  ce  que  deiîîis. 

LE 


Dei  Poudres  Aromatiques. 


tï7 


LIS.  MELANGE. 

Le  Sericum  ou  Soyc  j  ne  fe 
4oic  pas  brûler  ,  comme  Salerni- 
tanus  requiert  :  par  ce  qu’il  perd. 
fa.  vertu  cordiale  ,  &  acquiert  un 
en^pyreume  nuifible  aux  vifcercs  : 
mais  fe  doit  jacifer  fort  menu, 
&  pulverifêr  avec  les  Perles  3c 
Corail  ,  comme  il  a  été  dit  en  la 
poudre  de  Xylaloës  &  Diâmarga- 
ritum  fiigidum.  A  part  il  faut  pi¬ 
ler  le  Spode,  le  Styrax,  leMaftich, 
Mufe  ,  &  Camphre.  Au  mortier 
de  bronze  ,  il  faut  premièrement 
pulverilèr  le  bois  d’Aloës ,  les  raci¬ 
nes  ,  &  écorces  de  Citron ,  un  peu 
aprez  la  Canelle  ,  Gerofles  ,  Gin¬ 
gembre,  Sc  Schœnanthe,  le  Folium 
Indic.,  leBafîlic,  Cardamome,  Poi¬ 
vre  ,  &  Myrtylles  j  finalement  la 
Manuguette ,  Rôles  &  violes.  Les 
poudres  curieulèment  pulverifccs,& 
tamilees ,  peu  à  peu  feront  meflées 
avec  le  Baume  ,  ou  Ibn  fuccedanée, 
pour  garder  le  tout  au  befoin  dans 
ion  pot, 

LES  FACULTE  Z. 

Elle  corrobore  le  cerveau  }  ai- 
guilè  les  fens  ,  reftituë  la  mé¬ 
moire  perduë  ,  aide  aux  Epilepti¬ 
ques  :  elle  recrée  les  afthmati- 
ques  ,  les  melancholiques  »  & 
ceux  qui  ont  l’humeur  un  peu  fu- 
jette  à  rever  :  3c  rellaure  ceux  qui 
lônt  extenuez  ,  de  quelque  longue 
maladie. 


R  E  M  A  R  QV  E. 

Le  peu  de  connoijfance  qtfe  tee 
Médecins  recens  ont  eu  des 
etuvres  de  Nicotaus  Alexandrins^ 
ejl  caufe  que  plufieurs  d'iceux  ont 
erré  en  leurs  Pharmacopées  ,  de 
même  que  l'Autheur  de  notre  Para~ 
phrafe  en  cette  poudre  de  Pleres 
Arconticon ,  quils  attribuent  d  Ni- 
colasts  Salernitanns  que  félon  quel¬ 
ques-uns  il  na]amaü  été  ,  au  pré¬ 
judice  de  l'honneur  qui  en  efi  deu 
%  Nicolaus  Alexandrinm  ,  qui  la 
décrit  mot  d  mot,  à  la  rejfrve  du 
Poivre  blanc  ,  &  du  Muje  ,  da,ns 
fin  livre  de  la  compojîüon  des  Mé¬ 
dicaments  locaux  chap. r  j  o. 

Si  les  Pharmacopées  ne  s'accor¬ 
dent  point  en  la  dejeription  de  cet¬ 
te  poudre  ,  il  en  faut  rapporter  la 
caufe  ,  aux  additions  que  Nice- 
latts  Salernitansu  y  a  faites  ,  par 
exemple ,  en  l’exemplaire  Grec ,  H 
y  efi  demandé  le  ■  Balfamum  ,  & 
au  Latin  Balfimita  ,  qui  fine 
deux  Médicaments  bien  différents-, 
le  prethier  efi  la  liqueur  du  Bau¬ 
me  de  Syrie  ,  &  le  dernier  efi  la 
Menthe  aquatique  ;  en  l'exemplai¬ 
re  Grec  ,  nefi  point  fait  mentiote 
du  Poivre  blanc  ,  &  au  contraire 
le  Latin  le  demande  ;  l’exemplai¬ 
re  Grec  demande  les  fueilles  de 
Citron  ,  &  le  Latin  l'écorce  :  l'e¬ 
xemplaire  Latin  met  les  Perles 
avant  le  Behen  &  les  appelle  Gem- 
marum ,  le  Grec  n'en  fait  point  men¬ 
tion  ,  &  en  d'autres  font  appellées 
Margaritarum  ,  toutes  ces  esntra- 
rietez. ,  ont  donné  lieu  d  la  diverfite 
des  defiriptions  que  notes  trouvons 
E  e  dans 


Livre  1.  SeâionlV.  / 


t  r8 

dans  les  JDiJpetifaires ,  comme  aajfi 
les  diverfes  defcriptions  quon  nous 
a  fait  du  Behen  hlanc  &  rouge, 
efi  caufe  quon  nemploye  point 
leurs  racines  ,  &  quon  fuhfiime  en 
leur  place  ,  celle  de  huglojfe. ,  &  de 
borraches. 

Le  mélange  de  la  foye  crue ,  des 
Perles  ^  du  Corail ,  ne  doit  point 
être  obfervé,  que  comme  avons  dit  au 
Diamargaritum  fiigidum. 


Pulvis  Dîatriaran'talijD-  Nicol. 
,,  Alexaiid. 

Trium  Santal  or  um , 

Rofarum  rubrarum,  & 

Zuccare  vel  Z-accharia  ,  id  efi, 
Semin.  Pjyllij  (  Sic  legendum  cen- 
fet  potius  quam  Saccare  vel  Cuc- 
•  care,id  efiyCicuU  )  fing.  folidos 
duos ,  feu  firup.oBo. 

Rhabarbari ,  vel  potius  Rhapontici 
veri, 

Spodq , 

Succi  Glycyrrhiz^a , 

Semihù  Portulaca ,  fingul.  folidum 
unum  &  femi fi.  feu  drach.  duos, 
Amy  li , 

Gummi  .Arabici ,  & 

Tragacanthi , 

Semin.  quatuor  fiigidor.  rna'prum 
'  mandat.  & 

Jntybi ,  id  efi,  SerioU  , fingul. 
folidum  unum  ,feu  fcrupul. 
quatuor. 

Caphura  ,fcrup.  unum  ,  &  femijfem, 
ex  arte  fiat  pulvû.  Nonnulli  qua- 
druplicant  pondus  Rofarum,  quod 
non  pro:bo. 


P  ARAP  HRASE. 

SAlernitaniis  a  tïanfcrit  cette  de^ 
cription  de  Nicol.  Myrepf  de  mot 
à  mot  du  premier  des  Antidotes 
chapitre  213.  honnis  qu"à  la  fin  My- 
repuis  y  met  demy  once  de  Violes, 
&  Salernitanus  ,  aprez  les  Santaux, 
lePfyllium  froid  au  fécond  degré,. 
&  temperé  en  fîccité ,  &  humidité, 
Galen.  in  fine  hb.  8.  fimplicium ,  & 
non  Ion  écorce  froide  au  troifiéme, 
&  fà  mo'élle  chaude  au  quatrième  de¬ 
gré  ;  comme  ont  voulu  Avicenne  & 
Mefué  &  ceux'qui  les  ont  fîiivis.  le 
ne  fuis  d’avis  que  l’Apothicaire 
prenne  la  graine  de  Ciguë ,  pour  être 
une  plante  veneneufe  ,  au  tefmoi- 
gnage  de  toute  l’antiquité ,  &  de  l’ex- 
perience  maîtrelfe  des  arts  r  mais  le 
Pfyllium,  ouïes  Violes  fùivànt l’opi¬ 
nion  de  Myrepfts  autheur  Grec  : 
comme  auffi  de  ne  quadrupler  les 
Rofes ,  mais  fe  contenter  de  ce  qui 
eft  ,  pour  être  fuffifantes  avec  le 
Spode  ,  Rhapontic-  ,  &  les  San¬ 
taux  ,  de  corroborer  par  leur  ad- 
ftriétion ,  le  ventricule  ,  foye  ,  & 
antres  vifeeres  ,  &  réprimer  leur 
chaleur  immodérée.  La  bafe  font 
les  trois  Santaux  ,  dont  cette  pou¬ 
dre  a  pris  fon  appellation  ,  la  fic- 
cité  ,  &  âpreté  defquels  eft  mo¬ 
dérée  par  la  vifeofité  du  Pfyllium, 
Gommes ,  &  fuc  de  Regliiîe.  Les 
femences  ,  &  Camphre  ,  par  leur 
tenuité  de  parties  ,  conduilènt  par 
la  voye  de  l’urine  la  bile  ,  &  fero- 
fîté  qui  échauffent  les  vifeeres.  Au 
lieu  de  la  Rheubarbe  .je  ferois  d’a¬ 
vis  qu’on  prift  le  Rhapiontic  ,  pour 
ce  qu’il  corrobore  le  vifeeres  ,  par 


Des  Poudres  Aromatiques,  119 

îôn  adftri^ion*,  &  ne  purge  point  dres  fliÛites  pour  puiS'  apres  les 
comme  la  Rheùbarbc  ,  attendu  que  inefler.  aveC;  les  fîiivantes.  Il  fauî 
pour  le  jourd’huy  3  on  en  peut  fa-  premièrement  incilèr  ,  &  concafler, 
cilement  recouvrer  du  vray.  loint'  les  Santaux  &  les  arroulèr  d'eau 
que  Myreplùs  3  Salernitanus.&  plu-  Rofè  3  les  pulverilcr  3  &  tamifer, 
fleurs  autres  qui  les  ont  fuivis  ,  ont  fùbtilement  ,  &  puis  on  ,  y  peut 
cflimé  lé  Rheubarbe  des  Arabes,  ajouter  le  Rhapontic 3  le-Piÿllium, 
&  le  Rhapontic  de  Diolcoride ,  &  &  Scariole  3  finalement  les  Rolès. 

de  Galien  être  même  plante  3  ce  Aprez  le  tout  fera  meflé  ,  &  gardé 

qui  eft  du  tout  faux.  l’aymerois  au  befbin. 

beaucoup  mieux  qu’on  prifl:  la  refi- 

dence  du  Rheubarbe  exprimé  3  aprez  LES  F  A  C  VL  TE  Z. 
avoir  infufé ,  s’il  n’y  a  moyen  de  re¬ 
couvrer  du  vray  Rhapontic  3  qui  ne  Elle  corrige  l’intemperature  chau- 
purge  point.  de  du  foye  ,  de  emporte  ce  qui  ^luy 

Solidum  >  ou  Exagium  3  eft  le  rette  d’obftmcHon  3  &  guérit  la  jau- 
ce^ut  poids  anciennement  ufi-  niflè  :  elle  corrobore  auffi  le  foye  & 

làtZ.  contient  la  flxiéme  partie  ventricule, 

d’une  once  3  qui  font  quatre  feru- 

pules  3  &  non  une  drachme  &  de*  R  E  M  A  R  O  V  E. 

mie.  ■  Qiii  ne  voudra-  avec  Salerni- 

tanus  3  Saladin  3  Prepofitus.,  &  n  a -pat  tant  feulement  ra- 

quelques  autres  qui  les  ont  voulu  V^'Z7  la  gloire  a  Vautheur  de 

fliivre  mettre  neuf  drachmes  en  l’on-  cette  compofitienqui  efi  Nicolam 

ce  pour  huit.  Alexandrinm  ,  pour  la  donner  a 

un  autre  5  mais  quelques  autheurs 
L  E  M  E  L  A  N  G  E.  A'ntidotariographes  ont  changé  le 

mot  de  Saccharum ,  que  fon  Au- 
Chaciin  à  part  ,  il  faut  pulve-  thenr  demande  en  la  defeription  quil 

rifer  le  Rhapontic  ,  ou  refidence  nom  en  donne  fom  le  nom  de  Dia~ 
du  Rheubarbe  exprimé  3  le  Spode,  triafantali  alterum  ,  au  chapi¬ 

tre  de  Regliflè  ,  l’Amydon  >  &  tre  ç>  i  z.  de  fon  livre  fm  allégué. 
Camphre  :  enfemble  les  gommes  pour  le  met  de  Zucare  vel  Zac- 
Arabique  &  Tragacanth  3  avant  charia,  qui  font  bien  différons  en 
que  les  peler  3  pour  ce  qu’en  les  fignification  -,  le  curieux  aura  re- 
triturant  une  portion  s’exhale  ,  de  cours  au  livre  cinquième  des  Ept- 
lôrte  qu’enfin  le  poids  requis  ne  très  de  Mathiole ,  &  a  la  Phar- 
lè  trouve.  Les  quatre  lèmences  macopée  de  Luys  de  Oviedo  Boti- 
froides  mondées  de  leur  écorce  3  le-  cario  en  Madrid,  ou  U  trouvera  de- 
tout  hachées  fur  un  papier  blanc  quoy  fe  fatisfaire  fur  ces  mots , 
avec  Un  trancher ,  ou  couteau  de  pour  lefquels  les  uns  y  mettent  la 
Cordonnier  ,  puis  refiibtilîfées  au  femence  de  Pfyllium ,  d'autres  la 
itiortier  avec -  les  Gommes  &  pou-  femence  de  Ciguë ,  d'autres  fuivant 

Es  Z  l'An 


xï,o  Livre  L  SeâionlV, 


l’jiutheur  ,  y  metttnt  le  fuccre , 
&  d'autres  n'y  mettent  ny  l'un ,  ny 
l'autre  :  &  equant  d  moy  ,  je  fuü 
du  fentiment  de  Nicolam  Âle- 
xandrinui  d'y  mettre  le  fuccre  & 
de  rejetter  taute  forte  d'autre  in¬ 
terprétation  ,  eu  en  imitant  les 
Pharmacopées  de  Uuremherg ,  par 
Cor  dm  de  l'an  1598.  &  de  Vvol- 
kramer ,  de  l'an  1666.  ejui  mettent 
le  fuccre  Candit  violât ,  d"  pour  le 
Spode  la  rafure  d' Ivoire. 

De  tom  ceux  qui  décrivent  cette 
poudre  ,  je  n’en  ay  point  trouvé  de 
pim  conforme  d  l’aiutheur  que  Ber¬ 
nard  Dejfennio  de  Cronemheurg, 
qui  la  décrit  dans  fon  livre  de  la 
compofition  des  Médicaments  fans 
femence  de  Scariole  ,  &  tom  les 
autres  la  l'y  font  entrer.  Et  pour 
les  femences  froides ,  j'efiime  qu'on 
les  y  doit  employer  toutes  entiè¬ 
res,  apres  les  avoir  bien  choijies ,  la¬ 
vées  ,  &  feichées,comme  nous  dirons 
cy-apres^  en  nôtre  addition  ,  Jur  la 
decoSlion  commune  de  ^  Médecin e 
en  l'.4ppendix  livre  fécond  feélion 
troifiéme  ,  &  e'eft parce  que  la  pou¬ 
dre  vaut  contre  l'iHerie ,  &  quelle 
fert  pour  emporter  le  refie  des  opi¬ 
lations  ,  ou  l'écorce  defdites  femen¬ 
ces  aide  beaucoup. 


Diaîacca  magna ,  D-  MeH 

y:.  Eacca  abluta  , 

Rhavedfeni ,  utriufq.  drach.  duos. 
Spica  Nardi , 

Mafiiehes , 

Semin.  -Apij  , 
jimeos  , 

Emisuliy. 


Anifi  r 

Coliculorum  Scheenanthi, 

Abfinthij 
Succi  Supatorij , 

Sabine , 

Amygdalarum  amararum, 

Cofii, 

Myrrhe  » 

Rubie  tinHorum , 

Afari, 

jirifiolochie  rotunde , 

Gentiane  > 

Croci , 

Cinnamomi , 

Hyffopi  ficce , 

Caffie  lignée  aromatiee, 

Comarum  Schœnanthi 

Bdellij,  fing.  drach.  unam  &  femifi’ 

Piperü  nigri ,  & 

Zingiberis  ,  utriufq.  drachm.unam 
fiat  pulvis  ufui  reponendm. 

Vel  Myrrham  ,  &  Bdellium  vi- 
no  infunde  :  cetera  tere ,  &  em- 
nia  Melle  deljumato  excipey& 
vfui  repone. 

PARAT  HRASE. 


CEt  Eleftuaire  eft  décrit  par  Mo- 
fué  en  la  fécondé  partie  de  la  pre¬ 
mière  diftinâion  qui  luy  a  impofe  le 
nom  de  fa  balè  la  Gomme  Lacccj 
mife  au  commencement ,  laquelle  par 
la  lotion  acquiert  une  tenuité  &  ape- 
rition  plus  grande.  Sa  verni  incifive 
atténuative  j  &  deterlivc  des  matières, 
craflès  &  vilqueulès  ,  eft  conduite 
aux  poulinons  par  l'Hyiïbpe  ,  & 
Amandes  amercs  J  au  foye  par  leftic 
d’Abfinthe,  &  d’Eupatoire  de  Melùé 
(qui  eftlèlon  Matthiolc  fAgeratum- 
de  Diolcoride  )  le  Rhaponticj  pour  le 
Rheiibarbc ,  (  pour  les  raifons  cy-de- 
Yantdeclarées)5c  Nard  Indique  :  à  la 
matà: 


Des  Foudres  Aromathue s,  iit 


matrice,  par  k  Sabine,  Aiillolochc 
&  Gentiane  :  à  la  ratce  ,  reins  ,  & 
veflie,  parl’Afarum,'  Rubia  rindo- 
nim,  &  femences  d'Ache,  d’Anis, 
Ameos ,  Fuenoüil  &  Coftus  ,  le  Ma- 
ftic.  Poivre,  Gingembre,  SafFran: 
laCanelle&  Calïè  aromatique, qui 
different  feulement  de  la  namre  & 
bonté  du  lieu  où  elles  croiflènt,  com¬ 
me  nous  avons  déclaré  en  la  pou¬ 
dre  Diacinnamomum  ,  y  font  mis 
tant  pour confumer  les  vents,  &  au¬ 
gmenter  la  vertu  incifîvc  de  la  ba¬ 
ie  ,  que  pour  fortifier  le  ventricule 
premier  lecevanc  :  la  Myrrhe  ,  & 
Bdellium  y  font  mis  pour  ramollir 
la  dureté  des  vifeeres  :  le  miel  pour 
deterger  &  conferver  le  tout. 

LES  EACVLTEZ. 

H  fortifie  le  ventricule,  &  le  foye, 
libéré  les  obftrudions  du  foye  :  dif- 
fout  la  dureté  diccluy ,  &  guérit  la 
cachexie  &  fhydropifîe  qui  en  naif- 
fent,  provoque  les  urines  ,  &  brifè 
la  pierre  des  reins  &  de  la  veilic. 

REMARQVE. 

LEs  diverfes  verfions  c^uon  a  fai¬ 
tes  des  exH'vres  de  jCiefué ,  eut 
causé  beaucoup  de  difficultés  ejuc 
nous  rencontrons  dans  les  deftri- 
ptions  de  cet  Autheur  ,  qui  brouil¬ 
lent  bien  fouvent  ceux  qui  font  cu¬ 
rieux  de  les  foudre  ,  par  exemple, 
dans  le  Dialacca  magna  nous  lifons 
aux  exemplaires  infilio  de  luntas 
de  l'an  1623.  fucci  Ahfir.thii,  & 
fitcci  Eupatorii ,  &c.  &  dans  deux 
petits  inoBavo  que  fay  en  main,  le 
premier  de  Venife  apud  Gregoriurn 


de  Gregoriis  de  l'an  J  i.  &  l'au¬ 
tre  de  Lyon  apud  Benediüum  Bon- 
nyn,  de  l'an  1540.  on  y  lit  fimple- 
ment  Abfnfhii  ,  &  en  fuitte  fucci 
Eupatorii  ,  &c.  dans  les  mêmes 
exemplaires  on  y  lit  aujf  Gummi 
Lacca  abluta  ,  &  Rhavedfem  ana 
drachmoi  duos  ,&  en  d'autres  Gum¬ 
mi  Lacca  abluta  &  Rhavedfeni  ana 
drachmas  très.  lie  plus  il  s'y  pre- 
fente  encore  une  autre  difficulté  qui 
eft  confiderable ,  &  qui  mérité  d'ê¬ 
tre  expliquée  ,  en  ce  que  Afefité  a 
fait  entrer  dans  cette  compoftion 
le  Scheenantum  par  deux  foû,  la  pre¬ 
mière  fous  le  nom  de  Squinanti  ou 
Schœnanti  ,&  la  fécondé  fous  celuy- 
de  Cymarum  Squinanti  ou  Schœ¬ 
nanti  ;  &  quoy  quen  apparence  ces 
deux  noms  ne  fgnifient  qu'une  mê¬ 
me  chofe ,  fi  eft-ce  neanmoins  qu’il 
y  a  grande  différence, bien  que  l’Au- 
theur  ou  fes  interprètes  nayent 
point  exprimé  qu’a  demy  les  par¬ 
ties  qu’il  en  faut  prendre  chaque 
fois.  Cette  confufion  a  donné  lieu  d 
l’Autheur  de  la  Paraphrafe  ,  # 
a  d’autres  de  ne  le  mettre  qu'une 
fois  dans  leur  defeription ,  s’ima¬ 
ginant  fans  doute ,  qu'une  des  deux 
étoit  une  addition  faite  par  mégar- 
de,&  à  l’aventure  ,  d  eaufe  de  la 
reffemblance  des  noms  &  de  leur  fi- 
gmfication.  Qipe  peur  l'intelligence 
du  mot  de  Schœnanti  fimplement, 
que  JHe filé  employé  dans  fa  deferi¬ 
ption  ,  il  faut  entendre  cette  peti¬ 
te  tige  ronde  qui  croît  au  milieu 
de  la  plante,  qui  eft  nôtre  lonc  odo¬ 
rant  ,  que  pour  le  rendre  plus  in¬ 
telligible  fay  ajouté  d  nôtre  deferi¬ 
ption  le  mot  de  Coliculorum  d  ce¬ 
luy  de  Schœnanti  ,  d  l'imitation  de 
£  e  3  Euch.  . 


Livre  L  Seëton  I V* 


Fuchfim-,  du  ùmdon  des  Apothir-, 
caires ,  &  des  Médecins  d'AuJbourg. . 
Et  en  fuite  fe  pre fente  le  Cima- 
rurn  Schœri^nti  avec  une  dtficulté 
que  je  ne  puis  foudre,  fa^s  choquer 
en  apparence  les  propres  termes  de 
Méfié  ,  quon  ne  peut  expliquer 
que  pour  les  fleurs  du  même  lonc 
odorant ,  que  je  foùtiens  avec  la 
vérité ,  que  fi  on  defire  d’avoir  les 
deux  parties  les  plus  parfaites ,  & 
qui  ■  contiennent  tomes  les  vertus 
differentes  qu'on  att.tribué  d  la  plan¬ 
te  fuivant  l’intention  de  Mefué , 
qu’il  faut  prendre  le  pied  ou  les 
fleurs,  font  attachées  ,  ou  bien  pour 
fatis faire  les  errans  ■  de  notre  pro- 
fèjfiien ,  qui  ne  font  qu’en  trop  grand 
nombre ,  les  pieds  &  les  fleurs  en- 
femble  &  ne  les  feparer  point  l’un 
d’avec  l’autre  ,  comme  il  fe  prati¬ 
que  pour  l’ordinaire  avec  grand 
foin  ,  pour  les  employer  dans  les 
cornpofitions  ,  fans  confiderer  qu  el¬ 
les  font  de  beaucoup  inferieures  aux 
pieds  oit  elles  eroijfent  -,  qu’a  les  m⬠
cher  font  d’une  faveur  aiguë ,  fub- 
tile  &  pénétrante  ,  accornpagnée  de 
quelque  fuavité ,  au  contraire  des 
fleurs  ,  qui  ne  participent  que  fort 
peu  de  ces  qualité^. 

Pour  les  raifons  Jus  alléguées, 
fay  remis  le  Shœnantum  que  Bau- 
deron  'en  avoit  rejetté  \  mais,  on  me 
repartira  fans  doute ,  que  c’ejl  en 
vain  qu’on  fait  entrer  deux  fois  un 
ingrédient  dans  une  même  compo- 
fition  3  d  quoy  je  réponds  qu’il  ejl 
vray  ,  mais  que  ce  font  derx  par¬ 
ties  d’une  plante  qui  pojfedent  des 
vertus  differentes  ,  &  que  quand 
cela  ne  ferait  point ,  on  les  y  doit 
mettre  par  la  même  raifon  que  nous 


y  mettons  le  Cinnamome  &  le  Cafi 
fia  lignea',  qui  ne  different  pas  de. 
beaucoup  ,  &  le  plus  fouvent  on 
prend  nôtre  Canelle  ordinaire  pour 
les  deux  ,  ne  faifant  confijler  leur 
différence  ,  que  de  l’écorce  épaiffe 
d  la  plus  déliée. 


Laccæ  præparatio. 

Ariéîolochia  longa ,  &  j 
Schœnanthi  ,  utriufique  uneiam  fe- 
miJS. 

Coque  in  aqua  libra  una,  ad  quar- 
ta  partis  confumptionem, 

Colatura  infferge  ,  Lacca  integra, 
uncias  quatuor  ,  qua  lento  igni 
coquatur  ,  donec  aqua  fit  coloris 
fanguinei  ,  aut  quicquid  in  Lac“ 
ca  boni  fuerit  ,  fit  dijjolutum, 
tune  per  pannum  lineum  ,  aut 
filtrum  cola  :  &  rémanentes  for-, 
des  reiic.e.Excolatam  vero  aquam 
rubram ,  lentis  prunis  ad  mellis 
craffit.udinem  coquito,  &  tepidam 
majfam  in  Trochifeos  Jèrmato ,  & 
ujui  reponito. 

paraphrase. 

La  Lacque  n’eft  pas  le  Canca- 
mum  des  Grecs ,  laquelle  eft  ar-  lac^ui 
tificielle,  ou  nacurelle.  £cs  Peintres  î«V- 
lè  1er  vent  ,  plus  louvenr  de  celle-là 
que  les  Médecins,  dont  nous  n’en- 
tendons  icy  parler.  La  naturelle  n’eft 
autre  choie  que  la  larme  ou  gom¬ 
me  de  certains  grands  arbres ,  com¬ 
me  .Noyers ,  qui  croilïènt  en  gran¬ 
de  quantité  en  Pegu ,  5c  Martaban, 
qui  font  Provinces  des  Indes  Orien¬ 
tales.,  quafi  lèmblables  de  fiieilles. 


De^  Pomres  Aromatiques, 


au  Prunier.  Les  fourmis  de  ces 
pais- là  >  lelabourenr  dune  indii- 
ftrie  naturelle  ,  '&  artihce  admira¬ 
ble  :  en  iiicçant  Phümeur  des  bran¬ 
ches  les  plus  jeunes  &  tendres  j  k 
Gomme  demeure  ■  congelée  aufditès 
branches  ,  &  ibuvent  on  y  trouve 
des  ailes  de  fourmis.  La  meilleure 
eft  celle  qui  eft  -la  plus  nette ,  la¬ 
quelle  mâchée  j  teint  la  iàlive  en  rou¬ 
ge  ,  &  eft  appellée  des  >  habitans 
du  lieu  Trec  ,  &  des  Arabes  >  Per¬ 
les  J  &  Turcs  ,  Lot  J  Somutri ,  pour 
Sainatra,aujourd’huy  appellée  Tapro- 
bana.  Non  que  Samàtra  ibit  Pro¬ 
vince  de  PegUj  où  croj.t  la  Laçque, 
ou  proche  de  là  :  mais  pource  qu'il 
s’en  apporte  là  fort  grande  quantité 
des  Indes' Orientales,  comme  au  prin¬ 
cipal  port  des  Indes ,  où  les  Arabes, 
Pcrfes,  &  Turcs  arrivent  de  toutes 
parts ,  pour  y  acheter  des  drogues, 
&  autres  marchandilès  qui  en  vien¬ 
nent  ,  qui  eft  l'occafron  qu'ils  l'ap¬ 
pellent  Lot  Somutri  j  de  là  le  tranf. 
porte  en  divers  lieux  d'Arabie,  & 
en  Alep,  ville  de  Syrie  ;  de  là  à  Con- 
ftantinople,  Alexandrie,  Venilè,  Mar- 
feille,  Lyon  &  ailleurs. 

LE  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  trituration 
il  faut  mettre  les  racines  ,  au  fécond 
toutes  les  femences  ,  écorces ,  & 
Schœnanthe  incisé  fort  menu, prin¬ 
cipalement  fi  c'eft  la  paille ,  qui  en¬ 
dure  longue  trituration ,  que  fi  c'eft 
k  fleur  il  ne  la  faut  point  incilèr. 
Encore  que  Mefué  demande  deux 
fois,  &  en  même  ordre  ,  du  Schce- 
nanthe,  il  fiiflîra  d'une.  Finalement 
ks  amandes  ameres  ,  &  herbes’.  Si 


l’Apothicaire  veut  garder  la  poudre, 
la  Myrrhe,  &  Bdellium  menu  incisez, 
avec  les  autres  fecs ,  fe  pulvcriicront 
facilement.  Il  faut  pulverifèr  à  parc 
le  Maftic  6c  Saffran. 

S'il  eft  queftion  d'en  compofèr 
un  Eleéluaire  mol ,  il  lâu^  infûfieJa 
Myrrhe  &  Bdellium  ,  comme  dit 
Mefué ,  en  vin  fur  les  cendies  chau¬ 
des  ,  puis  les  cuire,,  en  confiftence  du 
miel  ,  qu'on  ajoutera  au  quadruple 
du  tout  de  Mic-l  blanc ,  auparavant 
écumé  &  cuit,  apiez  on  y  mêlera 
les  poudres  ,  pour  le  tout  garder  au 
beloin.  Si  les  lues  d'Abfinthe  ,  & 
d’Iupatoire  font  fecs,,  ils  fe  pulve- 
riferont  aisément  avec  les  autres , 
s’ils  font  recens  on  les  ajoutera  au 
miel  encore  chaud  auparavant  la  Myr¬ 
rhe  ,  Bdellium  &  poudres.  Pour  cha¬ 
cune  livre. de  miel  écumé,  faut  trpis 
onces  de  poudre. 

REMARQ^VE. 

DVRenou  &  autres  nom  veu¬ 
lent  perfuader  que  la  Gamme 
Lacque  Je  pouvait  dijfoudre  dans 
toute  forte  de  liqueur  aqueuje ,  ce 
qui  a  fans  doute  donné  lieu  k  cer¬ 
tains  de  ceux  qui  ont  décrit  fa  pré¬ 
paration  de  croire  qu  elle  fe  dijfou- 
droit  facilement  dans  la  decoBion. 
cj>  -  dejjm  prefcripte  d’Arijfoloche 
longue  &  le  Schœnanthe.  Lierre  Cou- 
demberg  l’Autheur  du  Guidon  des 
Apothicaires ,  étant  pleinement  per- 
Juadé  que  c  était  la  vérité  même, 
prit  de  la  occafion  dé  taxer  d’igno¬ 
rance  le  premier  inventeur  de  cet¬ 
te  préparation  ,  dijànt  qu’il  ne  eon- 
neijfoit  point  la  nature  de  la  Eac- 
que ,  de  ce  qu’il  la  foifoit  bouillir 
dans 


dans  la  fufdite  decoüien ,  &  qu’a- 
frez.  il  jettoit  Veau  qui  centemit 
A^ec  fa  couleur  rouge  tout  ce  qui  ejt 
di  pur  &  d'ejfcace  en  la  Lacque,& 
nè  gardait  que  la  fondraille  ,  qui 
n  eft  que  la  crajfe  &  hachette  de 
ladite  Gomme  pour  en  former  cet 
Troçhifques ,  &  enfuite  U  dit ,  qu’il 
enfeignera  une  meilleure  façon  de  la 
préparer ,  qui  ejl  la  rnême  que  Bau~ 
dèron  décrit  cy-dejfut. 

’  le  puis  hardiment  répondre  con¬ 
tre  cette  préparation  que  Couden- 
berg  dit  etre  la  meilleure  >  &  dire 
de  luy  fans  l'offencer  ce  quil  a 
dit  du  premier  inventeur  d'icelle, 
qu’il  n’a  jamais  luy-même  conneu 
eri  aucune  façon  ny  extérieurement 
à  la  façon  des  DroguiBes ,  ny  feien- 
tifiquement  a  la  façon  des  Méde¬ 
cins  la  nature  de  la  Gomme  Lacque, 
&  en  (Qualité  d’ Apothicaire ,  avant 
que  d’ écrire  de  La  forte ,  il  le  devait 
obferver  ,  pour  s’inBruire  de  la  vé¬ 
rité  ,  qui  vaut  incomparablement 
mieux  que  d'en  parler  par  ouyr  di¬ 
re  :  car  au  contraire  notre  Gomme 
Lacque  ne  fe  dijfout  point  dans  la 
decoBion  de  la  racine  d’Arifioloche 
longue  dt"  du  Schœnanthos ,  fait  par 
voye  d'.infufon  ,  ou  de  coBion  com¬ 
me  il  dit  y  &  la  raifon  de  cela  efi, 
quelle  participe  de  la  nature  des 
Gemma  refina  -,  que  pour  une  plus 
claire  intelligence  .  il  fera  à  propos 
de  dire  fuccinBement  qu  elle  efi  leur 
compefition  y  afin  que  l’ArtiBe  le 
puijfe  mieux  comprendre.  La  Gomr 
ma  procèdent  d’un  fisc  terreBreyCras 
&  aqueux  y  &  la  Refina  d’un  fuc 
gras  &  Oléagineux,  ca  deux  matiè¬ 
res  de  nature  contraira  jointa  en- 
femble  forment  un  mixte,  &  font  un 


Livre  L  SeSiion  IV» 


ajfemblage  naturel,que  l'artifice  d'u-» 
ne  telle  decoBion  ne  fçauroit  péné¬ 
trer  eu  l'ouvrir  pour  en  tirer  U 
vraye  teinture ,  &  encore  moins  la 
dijfoudre ,  non  plu*  que  la  liqueurs 
Oleagineufa  ,  quoy  quelle  participe 
de  l’un  &  de  l’autre ,  dans  la  unes 
&  la  autra  de  ca  liqueurs,  elle  fait 
quelque  femhlant  de  s’y  ramollir, 
defeend  au  fonds  du  vaijfeau  en 
majfe  ,  que  fi  on  prejfe  le  feu  elle 
fe  bruleroit  plutôt  que  de  fe  dijfou- 
dre  ,  que  fi  on  la  veut  dijfoudre 
eu  Uquifier  d  fec  fans  liqueur ,  elle 
s’amollit ,  mais  fi  on  la  prejfe  aujfi 
elle  fe  brûle  ,  &  ne  fe  ramollit 
plus.  Il  n'y  a  que  je  fçaehe  ,  que 
l’ejprit  tartarisé  de  la  grande  Lu¬ 
naire  ,  qui  la  dijfolue  foudainement 
fur  une  lente  chaleur.  La  Lacque 
étant  donc  de  cette  nature ,  comme 
il  nous  efi  confirmé  par  diverfa 
experienca  ,  que  la  liqueur  ou  de¬ 
coBion  preferite  ny  peut  nullement 
convenir  pour  la  préparer  fuivant 
l’intention  de  Condenberg  n  ayant 
pas  la  force  d’ouvrir  &  de  péné¬ 
trer  cette  étroitte  union  de  la  na¬ 
ture  ,  avec  le  fupport  des  Autheurs 
Grecs ,  Arabes  &  Latins  qui  l’ont 
fuggeré,  je  diray  ,  que  s’il  paroU 
quelque  teinture ,  aprez.  l’avoir  fai- 
tecuire  dedans  ,  elle  procédé  en  par¬ 
tie  de  l’AriBoloche  longue  &  du 
Schœnanthum  ,  qu’en  ayant  fait 
bouillir  demy  once  de  chacun  dans 
douz.e  onces  d'eau  de  fontaine  a  la 
confomption  d’un  quart ,  cette  de¬ 
coBion  ne  rapportera  -  elle  pas  une 
couleur  rouge  tirant  Jkr  le  jau¬ 
ne  ;  puis  jettant  dans  icelle  quatre 
onces  de  Gomme  Lacque ,  recuifant 
le  tout  jufques  d  ce ,  comme  ils  par¬ 
lent. 


Dis  Poudres  Aromatiques,  zt< 


lent  que  la  liqueur  ait  acquit  la 
couleur  de  fang  *  ce  qui  ne  peut 
être  par  les  raifons  déjà  dites  par 
voys  de  la  dijfolution  de  la  Gom¬ 
me  Lacque  ,  parce  quapre'^  l'a¬ 
voir  faite  cuire ,  comme  il  efl  pref- 
crit  >  on  la  tire  de  la  décoction , 
au  même  poids  qu'on  l’y  a  mife 
fins  diminution  de  fin  poids,  l'a¬ 
voué  bien  que  la  couleur  de  la  de- 
eoSion  s'augmente  en  deux  façons, 
la  première ,  k  raifin  de  la  con- 
fimption  de  l'humidité  ,  la  fécon¬ 
dé  ,  de  ce  que  quelque  peu  de  bois 
êu  des  ailes  des  fourmis  ,  qui  font 
mêlel^  parmy  luy  communiquent, 
ce  qui  me  fait  conclurre  ,  que  cet¬ 
te  préparation  efi  abujîve  fuivant 
leur  fins  ,  &  en  domteray  une  au¬ 
tre  de  beaucàup  pltes  préférable-,  ti¬ 
rée  du  chapitre  59.  dudoSle  Com¬ 
mentaire  fur  Diofeoride  de  Paul 
&  lacques  Contant  pere  &  fils,mai- 
tres  Apothicaires  a  Poitiers  ,  telle 
que  s’enfuit. 

Laccæ  præparatio. 

Of,  Ariflolochia  longs, ,  & 
Schœnanthi  ,  utriufque  une.  unam. 
Aqua  fontis  ,  uncias  decem. 
Coquantur  donec  tertia  pars  con- 
fumatur  ,  &  cola  :  in  colatura 
iniqce  Laces  a  quifquilijs  man¬ 
dat  s  ,  &  pulverifats  uncias  qua¬ 
tuor  ,  &  dimitte  madefiere  per 
diemintegrum  :  deinde  Sole  ,vel 
cineribus  tepide  ficca  &  Trechifi 
cos  finge  &  mis  utere. 

l'ay  augmenté  la  do/e'  de  l’eau 
pour  faire  la  decoüion  jufques  à 
dix  onces  ,  dans  laquelle  on  cuipa 
i  AriBolocht  longue  coupée  à  tran¬ 


ches  ,  a  la  confimption  d’un  tiers, 
la  colature  faite ,  la  decoHion  fera 
versée  fur  la  fleur  du  lonc  odorant 
avec  fin  pied  ,  comme  il  a  été  dit 
en  la  Remarque  du  Dialacca ,  dans 
un  pot  de  terre  bien  couvert  ,  & 
fur  les  cendres  chaudes ,  aprez.  24, 
heures  d’infufion  ,  la  faut  faire 
confumer  environ  a  la  reduélion 
de  trois  onces  ,  &  la. recouler  ,& 
de  cette  colature  il  en  faut  hume- 
lier  la  Gomme  Lacque  dhoifie ,  fub- 
tilement  triturée  ,  que  tiendreï^  en- 
lieu  chaud  par  un  jour  naturel ,  le 
lendemain  ferez,  lentement  évapo¬ 
rer  l’humidité  fur  les  cendres  chau¬ 
des  ou  au  Soleil ,  &  en  formere^ 
des  petits  Trochifques  que  garderez, 
au  befiin. 


Diacurcuma  magna,  D-MeH 

yi.  Croci  optimi, 

Afari, 

Semimm  Petrofelini, 

Dauci  Cretici, 

Anifi  ,  & 

Apii  yjîng.  uneiam  fimifi. 
Rauedfeeni ,  id  ej}  Rhabarb.  vel  po- 
tius  Rhapontiei 
Meu  Athamantici, 

Spies  Indics  ,/ing.  drachmat  fix. 
Scordii 

Scolopendrii ,  & 

Succi  Glycyrrhizs  ,  Jing.  drachm. 

duos  &  femifi, 

Cojli, 

Cajfts  lignes  aromat. 

Schœnanthi, 

Carpobalfami ,  vel  femin.  Lentifci, 
vel  Terebinthi  arboris. 

Myrrhsf 

F  f  Radk> 


Livre  1. 

Radie.  Erythrodani,  feu  Rubia  ti- 
notorum, 

Succor.  ^bfnthii  Pont.  majoris,ve.l 
ruflivi  J  &  vulg.  id  efi, 

Eupatorii  Jbfef  vel  Agrimor- 
nia  noflratis 

Olei  Balfarni,  vel  Garyophyl.  vel 
IPucü  JUfofihat.fngulorum,drach. 
duae, 

Calami  aromatici  vert  ^vel  effeina- 
rum ,  & 

Gnnarnomi ,  utriufque  drach.  unam 
&  femiji. 

GummiTragacanthi ,  drach. unam. 

■  Eiat  pulvü  perfe^  reponendm ,  vel 
mette  dejpumato  excipiendui, 

PARAPHRA  SE. 

MEfîié  décrit  cet  Elêdtnaire  au 
lieu  preallegué  :  fou  infeription 
eft  un  nom  Arabe  fignifianf  diver- 
{cs  choies  :  car  Serapion  au  chapi- 
'  tre  306.  du  livre  des  iîmples ,  dit  que 
‘Gnreuma,  fignifie  la  Chelidoine.  Or 
"je  ne  vois  point  que  Mefiié  l’aye 
■ainli  entendu  j  veu  qü'cn  toute  cette 
Gompofition  la  Chelidoine  n’y  en¬ 
tre  aucunement.  Le  même  Serapion 
&  Avicenne  en  leurs  Synonymes^  di- 
fent  que  Curcuma  fignifie  la  racine 
‘dont  les  teinturiers  le  fervent  ,  que 
des  Grecs  ont  appelle  Erychrodanon, 
mifè  par  Mefiié  au  troi2iéme  rang, 
&  par  nous  au  quatrième ,  ce  qui  fc- 
roit  plus  vray  fcmblable  que  la  pre¬ 
mière  opinion.  Les  uns  efliment  que 
-Gurarma  foit  ce  que  nous  appelions 
vulgairement  Terre  mérité.  D’autres 
eftiment  que  ce  vocable  Curcuma, 
•fôit  dépravé  de  Diacrocon  ,  c’eft  à 
dire  compofition  de  SafFran,  mis  au 
coimnencement  Sc  en  grande  quan- 


Seaionir. 

tiré  tenant  lieu  de  la  bafe ,  laquelle 
appellation  jufques  icy  a  été  retenue. 
De  moy  j’eftime  que  ce  nom  foit  ge¬ 
neral,  &  par  les  Arabes  pris  pour 
toute  chofè ,  qui  peut  teindre  en  jau¬ 
ne  ,  comme  Cheudoine  ,  Rubia  ma¬ 
jor,  Terre  mérité,  SaÉFran,&c.  Ce 
qui  a  donne  occafion  aux  Interpré¬ 
tés,  d’interpreter  diverfement  ce  nom. 
Ladftriélion  legere  du  SafFran  eft 
augmentée  èc  conduite  au  foye  par 
les  fncs  ,  Rhapontic  ,  Schœnanthe, 
&  Nard  Indique.La  Canne  odorante, 
la  Myrrhe,  Scordeum,  Carpobalfe- 
me ,  &  Opobalfàme  ou  leurs  fucce- 
danées  conduifent  fà  verni  à  la  ma¬ 
trice  :  le  Meom  Athamàntic ,  le  Co- 
ftus  ,  Afarum  ,  Rubia  tindorum ,  fe- 
mences  &  le  Ceterach  ,  à  la  ratte, 
reins  &veffie:la  Canelle ,  &  Cafîè 
aromatique ,  y  font  mis  pour  le  ven¬ 
tricule  i  &  pour  refifter  à  la  pour¬ 
riture  des  humeurs  :  le  foc  de  Re- 
■  gliflè  &  gomme  de  Tragacanth  y 
font  mis  pour  corriger  la  chaleur, 
&  ficcité  des  precedents  ,  le  miel 
pour  deterger  les  matières  cralFes,  Sc 
vifqueufos  retenues  aux  vifoeres ,  & 
conferver  le  tout. 

LE  MELANGE.  . 

L  ordre  doit  être  obfervé  en  la 
trituration  ainfi  qu’il  a  été  dit  au 
Dialacca.  La  poudre  parachevée  ,  il 
faut  que  l’Apothicairé  confidere,s’il 
la  veut  garder  long  tera's ,  ou  non, 
eu  s’il  en  veut  faire  un  Eleduairc 
folide  ,  ou  mol  en  forme  d’Opiatc. 
S’il  veut  garder  la  poudre  long  tems, 
il  n’y  doit  m.cler  le  fîiccedanée  de 
l’huile  de  baume,  finon  lors  qu’il 
en  voudra  ufor  ,\utrement  toute  la 
poudre.- 


Des  Poudres  Aromatiques.  117 


-poudre  deuiendroit  rance ,  ingratte 
&  moindre  en  peu  de  temS;.  Que 
s'il  avoir  du  vray  Baume  de  luaee, 
il  l’y  pourroit  mêler  ,  pource  qu'il 
ne  rancir  point.  S'il  en  veut  ufer 
prefcntemcnt ,  ou  compofer  Eledbuai- 
re  mol  j  il  doit  mêler  ledit  liicceda- 
née  de  Baume  peu  à  peu  avec  la 
poudre  au  mortier  »  ou  bien  le  diC- 
foudre  avec  le  miel  écume  &  cuit 
la  badine  ôtée  de  delîus  le  feu  avec 
un  pilon  de  bois  >  puis  il  pourra  y 
ajouter  peu  à  peu  les  poudres  j  en 
remuant  toujours  ,  afin  qu’il  n'y  ait 
des  grumeaux.  Etant  refroidy  le  tout 
fera  gardé  dans  fon  pot  bien  cou¬ 
vert,  pour  s’en  fervir  au  belbin, 
ainfi  il  fe  garde  long  tems.  La  dofe 
de  la  poudre  en  Eleétuairc  mol ,  eft 
trois  onces  pour  chaaine  livre  de  miel 
ccumé  &  cuit.  Si  en  Eleéluaire  fo~ 
lide  il  fitffit  de  lix  draclimes ,  ou  de- 
my  once  pour  chacune  livre  de  lùc- 
cre  pour  les  plus  délicats  ,  à  cau- 
fe  de  Ion  amertume  ,  ainfi  qu’il  a 
«té  dit. 

Z£S  FACVLTEZ. 

Elle  guérit  les  maladies  froides  & 
longues  de  l’eftomaçh,  du  foye,  de  la 
ratte  &  les  lÿmptomes  qui  en  pro¬ 
viennent  ,  les  obftruélions ,  l’hydro- 
pifie ,  la  cachexie ,  la  couleur  du  corps 
viciée  :  empêche  la  corruption  des 
humeurs  dans  le  ventricule,  &  qu’il 
ne  s’enfle  point  de  vents  groflîers: 
appailè  les  douleurs  des  reins  &  de 
la  velcie  provenans  de  caulè  froi¬ 
de  ,  ou  d'obftruélion ,  &  provoque 
l’urine. 


REMARCLVE. 

LEs  trois  dermeres  éditions  de 
'Bander on  far  lean  lofi  font  de- 
feUueufes  en  la  defeription  du  Dia- 
curcuma',  en  ce  quil  y  manque  la 
JiSyrrhe ,  par  la  négligence  du  Cor¬ 
recteur  &  de  1‘ Imprimeur  :  ces  fau¬ 
tes  ainfi  frequentes  font  dangereu- 
fis ,  &  importent  beaucoup ,  par¬ 
ticulièrement  s'il  fe  recontre  qu'on 
obmette  un  eu  deux  Jpecifiques  qui 
firent  finis  da-ns  une  compefitien, 
qui  la  rendront  toute  à  fait  inha¬ 
bile  &  ne  fera  du  tout  rien  contre 
la  maladie  pour  laquelle  elle  aura 
été  inventée  j  pour  éviter  ces  incon- 
veniens ,  il  efi  abfolument  necefiki- 
re  de  conférer  les  D  ilfenfaires  les 
plus  fideles  &  ceux  qu'on  croit  les 
plus  correbls-,  autrement  on  ne  fçau- 
roit  éviter  de  tomber  en  faute,. au 
grand  préjudice  du  public.  Il  efifi 
remarquer  que  les  Moines  en  leur 
defeription  ne  fi  rapportent  pg.jnt 
avec  quatre  divers  exemplaires  d^ 
Mefué ,  fur  lefquels  je  travaille, 
en  ce  qu'ils  difent  Rauedfeni  ,Phu, 
Meu ,  cr  Spica  Hardi ,  ana  draé-f. 
fex.  Les  Médecins  d’Aufbourg  en 
leur.  Pharmacopée  les  ont  imiter, 
non  autres  ,  ainfi  que  fay  peu 
vérifier ,  &  au  contraire ,  en  mes 
quatre  exemplaires  de  Mefué  ,  ny 
dans  mon  rnanuferit ,  il  n'efi  nul¬ 
lement  fait  mention  de  la  Valéria¬ 
ne ,  elr  difent  fimplernent  Rauedfi- 
ni,  Meu  &  Spica  Jsfardi,ana  drach- 
mas  fex  ,  &  cela  procédé  des  diveiy- 
fis  éditions  qui  ont  été  faites  fmr 
divers  rnanuferit  s  des  œuvres  ,dt 
Mefué ,  parce  que  limpreffon  né- 
F  f  Z  toit 


2. 1 8  Livre  L  Seâion  J  V, 


toit  foi  encore  en  ufage  de  fon  tems, 
nom  nom  en  tiendrons  à  la  defcri- 
ption  que  Bauderon  nom  en  a  laif- 
si  i  âpre X.  y  avoir  a]oàté  la  Myrrhe 
comme  j’ay  fait  en  la  dejcription 
ey-dejfm.  le  ne  diray  rien  touchant 
Vetymologie  de  cette  compojition, 
jeftime  que  l’Autheur  de  la  Para- 
phrafe  y  a  'amplement  fatisfùt  ,je 
diray  feulement  fur  fon  mélange, 
que  bien  quon  ait  a  garder  cette 
compofition  en  poudre ,  il  ne  faut 
pas  laijfer  d'y  mêler  l’ Opobalfame, 
^  eu  fon  fubSlitut ,  qui  ne  font  que 
deux  drachmes  ,fur  huit  onces  deux 
drachmes  de  poudre ,  cette  addition 
fi  doit  faire  dans  '  un  mortier  ,  la 
poudre  fubtilement  tamisée  peu  à 
peu  en  triturant  s’imbibera  ,  &  fi 
mêlera  fort  exaÜement, 


Pulvis  Eledluarii  luftini,  D. 
Nicol.  Alexand. 

Cinnamomi  ,  feu  CanelU  fe- 
leSla, 

Cajfa  lignea  aromatica. 

Foin  Indi  ,  feu  Malabathri  Gra- 
corum, 

Hyffpi  ficca, 

Pulegii, 

Arthemifa, 

Radicum  Cofli, 

Nardi  JndicA 
Arifiolochia  longa,  & 
Rotunda, 

Jjelenii,id  efljnuhs,  Campana, 
Pentaphylli ,  id  efi  ^uinque 

Piperis  albi, 

Erui ,  feu  Orobi  veri, 

Seminum  Petrofilini, 


Olufatri,fiu  NippofiUni  ..cj 
Leviéîici  ,feu  Liguftici,&  Lk 
bifiici,  idem. 

Vrtica,  ..a 

Milii  Solü  ,  feu  Lithofpermi 
Graeorum, 

Saxifagia, 

Aéfaragi, 

Silerü  montani, 

Apii  ,  feu  Eleofelini  Gr&coc 
rum, 

Anethi,  il 

Ruta,  ‘iti 

Gtrii  mali, 

Fœniculi, 

Anifi, 

Baccarum  Iuniperi>  & 

Lauri  ,  fingulor.  drachmam 
unam ,  &  femijfem.  ■  à» 

Fiat  pulvis  quantitate  fuficiend 
Mellù  defpumati  excipiendm,tkl 
fine  Melle  ufiti  reponatur. 

n 

PARAPHRASE. 

SAlernitanus  dit  que  luftin  Empe¬ 
reur  des  Romains  a  été  l'inveip- 
teur  de  cet  Elcâuaire ,  liiy  impofant 
fon  nom ,  comme  compofition  digne 
de  luy,  &  d'Empcreur  pour  là  gran¬ 
de  vertu.  La  bafè  eft  entièrement  diu¬ 
rétique  5  &  brife  -  pierre  ,  horfinis 
quelques  ingrediens,quiy  font  mis 
pour  corroborer  les  vifecres ,  &  renr 
dre  leur  adion  meilleure.  '  j 

LE  MELANGE.  J 
Au  premier  rang  de  trimration  ^l 
faut  mettre  les  racines  ,  au  fécond  Ite 
femences ,  Canelle  &  Gaffe ,  au  der¬ 
nier  les  herbes  feiches  :  le  tout  fiil> 
tilcment  pulvérisé  &  tamisé  fera  gar¬ 
dé  en  fon  pot  de  verre  bien  bouché» 
pour 


Des  Poudres  Aromatiques. 


pour  arec  fiiccre  difibut  en  eau  de 
saxifrage,  en  faire  Eledtuaire  foli.- 
de:ou  avec  miel  blanc  écumé  &  cuit, 
un  Eleâuaire  mol,  ou  autre  genre  de 
remede  ,  tel.  qu’il  fera  advisé. 

LES  FACFLTE  Z. 

Elle  eft  propre  aux  douleurs  des 
reins,  brife  les  pierres  ,  ehaiîe  le  gra¬ 
vier  ,  diflbut  la  ftrangurie ,  principa¬ 
lement  causée  d’humeurs  cralTes  & 
mucilagineufès. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

QVby  quil  femhle  que  NiceUm 
que  certains  furnomment  Sa- 
lernitanus  ,ait  ajouté  en  l’Eleéluai- 
re  de  lufiin  l‘Arifioloche  longue, 
&  la  femence  d’Anù ,  je  ne  ravi- 
ray  point  l'honneur  qui  en  efi  deu 
à  Nicolam  Alexandrintü  ,  qui  efi 
le  premier  des  Nicolas  qui  le  décrit 
aprex.  fon  inventeur  fous  le  nom  de 
luBinum  au  chapitre  de  fon  li¬ 

vre  fus  allégué  ,&  en  fa  faveur  j‘ay 
corrigé  le  nom  de  Salernitanus. 

Bauderon  tant  en  fes  vieilles  édi¬ 
tions  quen  fis  nouvelles ,  a  mis  le 
Spica  Nard  au  rang  des  racines, 
c  efi  à  dire  qu'il  l'appelle  racine  , 
comme  U  a  fait  aujfi  en  l’ertiplâtre 
pro  matrice  de  Textor ,  je  ne  fiay 
pourquoy ,  cela  peut  donner  occafien 
à  quelques-uns  qui  voudront  exa- 
ïiement  diff enfer  cet  EleBuairede 
prendre  la^  partie  ligneufe  d'iceluy 
qui  efi  fans  vertu,  au  moins  qu  il  en 
pojfede  peu  a  l'égal  des  filamens  eu 
cheveux  qui  l' environnent  -,  ou  bien 
certains  fibres  comme  filets  qui  font 
les  vrayes  racines,  la  vertu  defquels 


efi  auffi  tres-petite  j  en  cela  il  fau^ 
imiter  Nicolaus  Alexandrinm  qui 
demande fimplement  le  Spica  Nardt 
pour  lequel  il  faut  entendre  la  par¬ 
tie  la  plus  excellente,  qui  efi  la  plus 
aromatique, feparée  de  la  terre  fable  ^ 
poujfiere,  racines,  bois,&  telles  autres, 
chofes  étrangères  ,^ou  moins  utiles. 


Pulvis  Eleâuarli  Lithontri-, 
pticon,D.N.Alcx. 

"yf.  Nardi  Indica, 

Zingiberü, 

Xylobalfami ,  vel  furculor.  Lentifcf 
vel  Terebinthi, 

Acori  veri  ,vulgo  Calami  aromatici 
ofiieinar.  nuneufati, 

Cinnamomi, 

Peucedani, 

Meu  Athamantici, 

Trium  Piperum,& 

Saxifiagia  ,  fing.  drach.  duos,  & 
fem^é. 

Opobalfami,  vel  Olei  Caryophill.  vel 
Nucis  Mofehata, 
Caryophyllorum, 

CoSîi, 

Rhaphontici  ,  vel  Rhabarb.  (  quia 
arenulas  comminuit  )  tenuijfime 
pulverati 
Glycyrrhifjt, 

Cyperi, 

Gummi  Tragacanthi, 

Seminum  Olufatri ,  feu  Hippofelini 
vulgo  Alexandri, 

Apii 

Ameos ,  cum.  Nicol.  Pr&pof.  &  non 
Salernit. 

Aéfaragi 

Ocimi ,  id  efi ,  Bafiliconis, 

FrticA 

Ff  5  Ctr'd 


ajô  Livre  L 

Citrijmdi  ,  & 

Ckamiidrjigs,  fing.  drachm.mam,  & 


gfm.  XV. 

Folij  Indici ,  feu  Jl^dahathri  Gra- 
corum. 

Croci  , 

Schœnanthi, 

CàjfiA  ligne  a  arematkei  < 

Bdellij , 

JFafiiches  , 

’ .  1  H&c  tria  addit  Prap. 

LÎv^Zi  / 

folis  ifeu  Lithojfermi  Graco- 


P^etrofelini  Macedonici  ,  vel  no- 
flratù , 

Sileris  montani  , 

Sinoni ,  feu  u4pij  montani ,  feu  Pe- 
trofelini  agreftü  ,  vel  Oreofelini 
Diofcorid. 

Cardamomi , 
dnethi  , 

Suphorbij, 

Lapidis  Lyncis , 

Oleorum  Nardini ,  & 

Mofchelini ,  fngul.fcrup.  unum,  & 
gran.  quatuor. 

Sacchari  vel  Mellîs  deffumati 
quantum  fufficit  :  fiat  Eleilua- 
rium. 


paraphrase. 


L’Autheiir  de  cette  pondre  tant 
excellente  ,  nous  eft  incertain  , 
décrite  neantmoins  par  Salernitanus 
en  fon  Anddotaire  J  à  laquelle  Nico- 
laus  PræpolîtLiSj  a  ajouté  les  fenien- 
ces  d'Ameos ,  Amomum  &  Ligufti- 
cum»  vulgairement  dit  Levifticumj 
&  la  racine  d’iris.  Son  appellation 
(déclaré  alTez  fa  vertu  ;  car  Lithon- 


SeBkn  IV,  ^ 

tripticon,  lignifie  brife-pierre  ,  pour . 
ce  qu  elle  cbmminuë  le  gros  fable, 
&  calcul  retenu  aux  reins  ,  &  à  la 
velfie.  Sa  balè  n’eft  un  médicament 
léul,  mais  plufieurs  enlcmble.  Quel¬ 
ques-uns  d’iceux  y  font  mis  ,  pour 
corriger  leur  âpreté  &  ficcité ,  com¬ 
me  les  huiles ,  le  Bdellium,  Rcglilfc, 
gomme  Tragacanth  :  les  autres  pour 
fortifier  le  ventricule  ,  comme  le 
Maftich ,  la  Canelle ,  Calfe  aromati¬ 
que,  gingembre,  ûlFran ,  &  gerofles  ; 
d’autres  le  foye  ,  comme  le  Nard  In- 
dicj Rhapontic,  Folium,  &  Schœ- 
nanthe  ,  d’autres  la  ratcc  &  matri-. 
ce  ,  comme  le  Chamedris  ,  Iris, 
Meon,  Cypere ,  Xylobalfame,  Opo- 
ballàme,  &c.  Son  ulàge  fera  aprez 
les  purgations  uniuerfellcs  ,  &  Ic' 
matin  leulement  ,  plus  ou  moins , 
félon  1  âge,  foxe,  faifon  &  région. 

LE  ME  L  AH  GE. 

Au  commencement  de  la  tritura-r 
tion  ,  il  faut  mettre  le  bois  d’Alocs^ 
ou  Santal  citrin &  les  rejettons  de 
Lentiique  ,  ou  de  Tcrebinthe  foloni, 
Pena,  pour  le  Xilobalfàme,  &  les, 
racines  :  au  milieu  les  femences, 
Canelle  ,  Calïè ,  gerofles ,  gingem¬ 
bre,  Schœnanthe,  &  Chamedrys: 
puis  on  y  ajoutera  les  huiles ,  &:  le.; 
ïîiccedanée  du  Baume ,  qui  empêche-' 
ront  leur  exhalation  &  qu’ils  n’adhe- 
rent  au  mortier.- 

Il  faut  piler  à  part  le  faffran ,  Ma- 
IHc,  Lapis,  Lyncis  &  le  Bdellium 
avec  une  partie  de  la  femence  de,^ 
Citron ,  afin  qu’il  n’adhere  au  mor-^ 
tier  ,  &  l’Euphorbe  ,  avec  le  relie.;, 
de  laditte  lèmence  de  Citron  ,  afia, 
qu’il  n’exhale  &  ofïèncc  celuy  qn» 


T) es  Foudres  Aromatiques.  1 3 1 


le  pulverilc  :  la  gomme  Tragacanth 
au  mortier  &  pilon  chauds  ,  avant 
■qu'en  peler  ce  qu'il  en  faut.  Le  tout 
lubcilemenc  pulverifé  fera  mellé  en- 
■lèmble ,  &  gardé  pour  s’en  lèrvir 
au  beloin.  Qm  voudra  compolèr 
üh  Eleétuaire  lolide  ,  prendra  une 
once  de  la  poudre  pour  chacune  li¬ 
vre  de  liiccre  :  fi  un  mol  en  forme 
d’Opiace,  il  faut  prendre  le  triplcj  ou 
quadruple  de  fuccre  pour  les  plus 
délicats ,  ou  autant  de  miel  blanc 
éatmé  &  cuit  pour  les  autres  moin¬ 
dres.  Il  fe  conferve  plus  long-temps 
en' cette  forme  ,  qu’autrement  car 
là  poudre  en  peu  de  temps ,  à  caulè 
dés'  huiles  fe  rancit  :  &  en  foane 
Iblidc,  l’air  reloue  f  icilement  la  vertu, 
ce  que  ne  fera  ,  ainlî  qu'avons  dit  6n 
la  poudre  Inftine. 

LES  EACVLTEZ. 

Elle  appaife  les  douleurs  des  lom¬ 
bes  ,  chalîè  le  fablon  des  reins  & 
dé  la  veflie  foulage  la  douleur 
néphrétique  &  la  düficulté  d'uri- 
né ,  amenuilè  la  pierre ,  prilè  avec 
le  liic  de  Pariétaire,  ou  la  decoétion 
de  refbrt. 

REMARQ.VE. 

SI  VinconneH  SalernîtAnm  avait 
'parlé  &  dit  l’Autheur  d’oit  il 
a  tranferit  VEleEluaire  Lithontrip, 
il  aurait  fait  éviter  l‘dbm  qui  t’en 
efi  enfuivy  en  heaucoup  de  Phar^ 
rnacopées  que  par  mégarde  les  Au~ 
theurs  d'icelles  ont  privé  ]ufques 
icy  Nicolaus  Alexandrimu  ,  de 
I  honneur  qui  luy  efi  deu  prefe~ 
^dblement  ^ux  autres  d'avoir 


crit  le  premier  cet  EleÜttaire  ,  fous 
le  nom  de  Lithontripon  magnum 
au  chapitre  4  5  5.  dt.  fin  livre  fus 
allégué ,  fous  le  même  nombre ,  & 
dofis  des  ingrédient  que  dejfus ,  ex¬ 
cepté  en  la  derniere  dofi  de  Bau- 
deron  qu'on  y  lit  Oleorum  Nar- 
dini  &  Mufeelini  ,  fingul.  fcrupul. 
unum  ,  &  gran.  quatuor  ,  au  lieu 
de  lire  ,  comme  dans  Ale'xandri- 
nus  ,  Olei  JSIardini  dr  Jbfufielini 
ana  fcrupulos'  duos ,  qui  efi  la  hui¬ 
tième  partie  de  la  dofi  des-  ingré¬ 
dient  que  Bauderon  a  obferué  de 
toute  la  defeription  de  Nicol.  Ale- 
xandrinus.  Et  pour  les  femences 
d'Ameos ,  de  Levifiieum  ,  d'Amo- 
mum  &  la  racine  d'iris  ,  ils  n'y 
ont  point  été  ajoutez,  par  JSIico- 
laus  Prapofitus ,  comme  il  dit  ,puis 
que  l'ancienne  defeription  en  fait 
mention.  Certains  exemplaires  de 
Nicolas  qu'on  appelle  Salernita- 
nus  des  années  1541.  &  lézj.  de 
luntcü  font  fautifs  ,  au  lieu  d'y 
lire' Opobalfami  ,  on  y  lit  Opopa- 
naci ,  &  dans  celuy  de  1623.  au 
lieu  de  lire  J^lobalfami  ,  on  y  lit 
Xyloalo  'ès.  La  poudre  doit  être  tres- 
fubtile ,  afin  que  fa  vertu  fe  pmffe 
plus  facilement  porter  aux  parties 
destinées. 


Pnivis  Diacydonicen  fine  Ipe— 
ciebtis ,  à.S»\ov’ 

Rofarum  rubrarum ,  mciam  di-^ 
midiam. 

Trium  Santal  or  um ,  & 

Coriandri  prapa^ati,  ana.  drachm. 
duos. 

Seminum  Acetofit , 

(  ^orr 


lii  Livre  L  SeMton  IV, 


PortuUcA , 

Berberü  , 

Cortic.  grmorum  Sumach, 
Gummium  Arabici  ajfi ,  & 

TragAcanthi  ,  ana.  drachm. 
mam. 

Mafiichety 

SmgHinU  Draconh  in  lachry- 
mü  , 

Succini ,  vulgo  Carabe  ,  & 

Spedij  Arabnm,  ana  drach.  femiji- 
Caphura,  gran.  duo,  &  femiJS. 

Fmt  pulvü  ufui  reponendus. 

PARAPHRASE. 

L’Authem-  de  cette  poudre -m'efl: 

incertain,  &  fi  je  ne  voy  point 
pourquoy  on  la  doive  ainfi  nommer, 
par  ce  qu’il  n  y  entre  ny  Coings  ny 
partie  d’iceux ,  fi  ce  n’eft  pour  fupri- 
mer  la  mémoire  des  autres  poudres 
de  lèmblable  nom  ,  deferiptes  par 
Myrcpfiis ,  Mefiié  &  Salernicanus  en 
leurs  Ancidotaires ,  où  il  entre  des 
coings ,  des  elpicerics  ôc  mule  ,•  pour 
rechaiifer  &  fortifier  les  vilceres  re¬ 
froidis  ,  qui  ne  fon^  plus  en  ufage ,  à 
caille  de  leur  ingratitude  :  au  lieu  def- 
quels  aucuns  fe  fervent  du  Mina 
Cydoniorum ,  compole  par  Melùé  & 
cy-devant  décrit , .  qui  a  lèmblable 
vertu ,  &  n’eft  ingrate  au  palais  des 
malades.  l’ay  emprunté  cette  deferip- 
tion  de  la  Pharmacopée  de  loubert. 
Sa  balè  font  les  rofes  miles  au  com¬ 
mencement,  delquelles  elle  n'a  peu 
prendre  Ibn  appellation ,  à  caulc  de 
la  poudre  Diarhodon  ,  qui  en  ctoit 
nommée.  Leur  verm  réfrigérante  eft 
augmentée  par  les  Santaux ,  Sc  lè- 
menccs  d’Ozeille,  Pourpier  &  autres. 
Leuradfi:Liélionreft,parle  Sang  de 


Dragon  en  larme ,  tel  qu’on  l’appor¬ 
te  pour  le  jourd’huy ,  des  Iflcs  Cana¬ 
ries  ,  qiie  Ion  appelle  fortunées ,  &  le 
Carabe  ou  Ambre  jaune.  LeMaftieh 
y  eft  mis  tant  pour  fortifier  le  ventri¬ 
cule  ,  que  pour  conferver  fa  chaleur 
naturelle ,  &  contemperer  la  froideur 
des  autres.  Les  gommes  y  lônt  miles 
pour  incralfer  les  humeurs  par  trop 
aqueufes  ,  qui  louvent  découlent  en 
quantité  du  cerveau  dedans  le  ventri¬ 
cule  ,  d  oü  s’enlùivent  des  vomillè- 
raents  Sc  flux  du  ventre,  Sc  auffi  pour 
y  retenir  plus  long-temps  leur  vertu 
en  la  partie  malade  :  veu  que  1  aétion 
de  nos  remedes  ne  le  peut  faire  en  un 
inftant,  &  encor  pour  corriger  l’acri¬ 
monie  de  la  bile  ,  qui  échauffe  les 
yifeeres.  Le  Camphre  y  eft  mis  en 
petite  quantité  ,  àcaulè  delôn  ingra- 
timde  Sc  pour  lèrvir  de  véhiculé  aux 
adftringents.  On  pourra  nier  diver- 
fement  de  perte  poudre ,  ou  avec  un 
œuf  mollet ,  au  poids  de  demy  drach¬ 
me,  ou  une  drachme  entière,  avec  du 
vin,  plus  ou  moins ,  félon  la  facilité 
du  malade,  ou  Ibn  âge ,  ou  Ton  tem¬ 
pérament,  ou  l’intention  du  Médecin: 
ou  en  compolèrdes  tablettes  ou  pou¬ 
dres  digeftives ,  ou  conflit ,  ou  autre 
forme  de  remede.  Si  des  Tablettes 
pour  chacune  once  de  fuccre  »  on  y 
mettra  deux  lcrupules ,  ou  une  drach¬ 
me  de  poudre.  Si  une  poudre  dige- 
ftive,  deux  drachmes  pour  chacune 
once  de  fijccre.  Si  un  Conflit  ou  Opia- 
te,  trois  drachmes ,  pour  chacune  on¬ 
ce  de  Conferves  convenable  au' mal: 
dont  on  prendra  loir  Sc  matin ,  ôc 
aufli  aprez  le  repas. 

LE 


D&5  Vouâres  Aromatiques. 


LE  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  trituration  g  il 
iàiit  mettre  les  trois  Santaux  incifèz 
menu  :  au  fécond  toutes  les  femences, 
&  au  troifiéme  les  rofes  mondées  de 
leurs  ongles.  A  parc  il  faut  pulverifer 
le  MalHch  g  avec  quelques  gouttes 
d’eau  J  afin  qu’il  n’adfiere  au  mortier: 
l’es  gommes  auffi  avant  que  les  peler, 
à  eaufe  de  leur  dechet  dedans  un  mor¬ 
tier  &  pilon  chauds.  L’Ambre  jaune, 
le  Spode  des  Arabes ,  pris  pour  l’An- 
ril^dc  des  Grecs  g  le  lang  de  dragon, 
Sc  le  Camphre  avec  demy  goutte 
d’tiuile.  Cela  fait  toutes  les  poudres 
feront  mélées,  &ç  gardées  au  befoi^. 

LES  FA  CFLTE  Z. 

■  Elle  arrête  les  fluxions  qui  decou- 
îént  dans  l’eftomaich  ,  aide  ôc  fortifie 
là  coétion  :  &  appailè  le  vomifièment 
&  flux  de  ventre. 

REMARCtVE. 

BAuderon  dit  avoir  tiré  cette  pou¬ 
dre  de  U  Pharmacopée  de  lou- 
bert, comme  il  y  a  grande  apparence, 
a  eaufe  de  la  conformité  il  y  a 
d‘me  defeription  à  l’autre  ,  &  il  a 
■ajoute  tant  feulement  deux  mots  ,  le 
premier  efl  au  fang  de  Dragon,  qu’il 
dit  de  prendre  celuy  qui  efi  en  lar- 
we,  le  fécond  au  Spode  ,  qui  veut 
■q»  on  prenne  celuy  des  Arabes  com- 
tne  plus  convenable  d  fin  intention. 
Le  Carabe  ou  Succinum  fera  préparé 
fur  le  Porphyre,  fi  on  defire  qu’il  fait 
jubtil ,  autrement  U  elb  toû  'ours 
grojfier. 


^51 


Pulvis  Eleduarij  Cioci  Marcis, 
D.  B.  Bauder. 

Ofi.  Diélamni  Cretenfis  fixci ,  fub- 
tiliter  triti ,  vel  ejm  penuria, 

Salvia  fubtiliter  pulverifata,  ferup, 
unum. 

Cinnamomi  interioris  ,  drachm. 
femifi. 

Pul.  Eleéluarq  de  Gemmés ,  defirip- 
tionü  Méfiai,  ferup.  duos. 

Pul.  Diarhodonis  Abbatis ,  drachm. 
unam. 

Scobis ,  id  efi  ,  limsUura  Chalybis, 
aut 

Ferri  optimé  praparata',  une.  femifi. 
Fiat  pulvis  ufiii  repotiendus ,  vel 
cum 

Sacchari  tabarz.et ,  aqua  Graminis, 
aut  Melijfa  filuti  unciis  decem, 
fiat  EleSkuarium  filidurn  in 
Rhombos  pondérantes  drachma* 
■duos  aut  très. 

paraphrase. 

MAître  Brice  Bauderon  mon  pe- 
re  eft  rAutheur  de  cette  poudre, 
lequel  par  fa  longue  expérience  nous 
rend  certains  de  Ion  effet,  &  s’en  lèit 
tous  les  jours ,  contre  les  pâles  cou¬ 
leurs  &  obftruébions  ,  tantôt  en  pou¬ 
dre  avec  quelque  liqueur  ,  tantôt  en 
tablettes ,  tantôt  en  opiacé,  lèlon  le 
goiift  des  malades.  Il  luy  a  donné 
le  nom  de  Crocus  Marcis  ,  c’eft  1 
dire  làffran  de  Mars  ,  à  railôn  de 
la  balè  ,  qui  tft  la  limeure  de'fèr, 
ou  d’acier  mife  en  plus  grande  do- 
fe  que  tout  autre  ingrédient.  Il  là 
lùrnomme  de  Mars  ,  dautant  que. 

G  g  tels 


SeBion  IV. 


W3  4  Livre  h 

tels  métaux  s’approprient  à  Mars, 
comme  étans  iîijcts  à  fes  inflnances, 
&  domination  ,  ainfi  que  le  Cuy- 
vre  à  Venus  ;  le  Plôrnb  à  Saturne: 
rOr  au  Soleil  :  l’Argent  à  la  Lune: 
&  ainü  des  autres  ,  (  ce  qui  ne  fait 
rien  à  nôtre  traitté.  Il  l'appelle  Saf- 
fran ,  pour  caufc  de  fa  couleur  jaune 
quelle  a,  peu  diilemblable  à  celle  du 
SafFran  en  poudre.  Sa  verni  foible  à 
dcibpiler  les  vifeeres  eft  augmentée 

isar  le  Diétam  :  fa  tardiveté  eft  acce- 
crée  par  la  Canelle ,  qui  luy  ièrt  de 
véhiculé ,  pour  la  conduire  au  me- 
fentere  ,  au  foye ,  à  la  rattc  &  ma¬ 
trice.  La  poudre  Diarhodon  y  eft 
mife ,  tant  pour  la  defence  du  ven¬ 
tricule  ,  Sc  foye  ,  que  pour  les  forti¬ 
fier,  reprimer  leur  chaleur  ,  aider  la 
coétion. ,  &  cônfiimer  les  ventofî- 
tez  de  1 ’eftomach,  La  poudre  dé 
Gemmis  y  entre  pour  le  cerveau  , 
matrice  ,  Sc  pour  le  cœur ,  qu'il  for¬ 
tifie  ,  &  preferve  de  iyncopes  ,  Sc  pal¬ 
pitations,  &  chaftè  la  trifteflè ,  &  cha¬ 
grin  des  malades  . 

MELANGE. 

Plufîeurs  ont  coutume  de  prépa¬ 
rer  le  fer  ,  &  acier  pour  le  reduiré  à 
L’uiàge  de  Medecîbe  :  mais  diverfe- 
ment ,  fi  bien  qu’on  peut  dire  que 
Martcm  fùo  quifque  marte  parat  : 
ce  qui  fait  la  diflSailté  en  cette  pou¬ 
dre.  La  meilleure  façon  que  je 
içache  ,  eft  ainfi  que  l’Aucheur  le 
pratique  de  calciner  le  fer  ou  acier 
auparavant  limez  dans  un  creuiet 
par  reverbei-ation  :  cette  limeure 
étant  fort  rouge,  la  faut  jetter  dans 
ifeau  Roiè  ,  Sc  amaftèr  ce  qui  na- 
gp  par  delTus  ,  Sc  le  plus  grolîxet. 


qui  va  au  fonds  ,  le  pulverifer  au 
mortier  de  bronze,  &  de  nouveau 
le  calciner  comme  devant ,  &  le  jet¬ 
ter  en  d'autre  eau  roiè  ,  ou  vihai- 
gre  rofàt ,  mettant  toujours  à  part 
ce  qui  nage  par  deflùs.  Et  ainfi 
continuer  de  pulverifer  ,  &  calci¬ 
ner  le  refidu  ,  au  même  creufet, 
jufqucs  à  ce  que  le  tout  foie  fi  fub- 
til  ,  qu’à  peine  il  fe  puiflè  pren¬ 
dre  avec  les  doigrs.  Autrement  par 
fà  gravité  &  pefanteur  ,  elle  demeu- 
reroit  au  fonds  du  ventricule ,  fens 
fe  diftribuer  par  le  mefentere  ,  Sc 
vifocres ,  aufquels  l'Autheur  prétend 
qu’elle  foit  portée  ,  pour  en  voir 
l’effet  avec  heureux  fîiccez.  A  cet¬ 
te  limeure  ainfi  préparée  ,  on  y 
ajoutera  les  autres  ingrediens  pul- 
verifez  chacun  à  part ,  pour  garder 
le  tout  au  befoin.  De  cette  pou¬ 
dre  ,  on  en  pourra  compofer  des 
Tablettes,  Opiate,  Pilules  ,  &  autre 
genre  de  remede  ,  félon  la  necelfi- 
té,  par  l’avis  du  dode  &  expert  Mé¬ 
decin.  La  dofo  pour  chacune  once 
de  Succre  fora  deux  fcrupules ,  ou 
une  drachme  pour  le  plus  ,  &  ce 
aux  moins  délicats  ,  &  plus  robuftes, 
fi  on  en  veut  compofor  des  Tablet¬ 
tes.  Deux  drachmes  ,  fi  on  la  veut 
réduire  en  forme  d’Opiate ,  pour  cha¬ 
cune  once  de  conforve  :  fi  des  Pilu¬ 
les  ,  fc  pourra  mêler  avec  Syrop  de 
Capillaire ,  ou  autre  que  le  Mcdecin 
avifora  ,  y  ajoutant  demy  once  d’A- 
loës  Socotrin  tel  qu'on  nous  l'app'or- 
te  des  Iflcs  Socotorines,  lavéeneau 
deMeliflèou  de  Gramen,  pour  incor¬ 
porer  l'c  tout  enfomble ,  &  faire  une 
maffe  que  l’on  gardera  au  befoin. 

LES 


Des  Foudres  Aromatiques,  155 

tlon  de  l'Autheur],  je  dis\qu'il  fattt 
LES  F  A  CVLTE  Z.  fuhflituer  a  fon  Crocus  Munis  le 
Calybs  fondu  avec  lefouphre,  puis 
Il  cft  eftimé  propre  à  corroborer  reverberé  avec  autant  pefant  de 
le  foye  &  la  ratce  ,  &  à  libérer  les  fouphre  en  poudre  ,  comme  enfeig- 
yilceres  de  lairs  obftm(5tions  :  par-  ttent  Davijfon  en  fa  Pyrotechnie ,  & 
tant  il  eft  excellent  arax  pâles  cou-  Barlet  en  fa  Teotechnie. 
leurs  des  filles  >  &  à  provoquer  -  _ _ _ 


les  mois. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

La  méthode  de  compofer  ,  para- 
phrafer  ,  -é*  de  mefanger  les 
Médicaments  de  Gratian  Bauderm 
fils  ne  correjpond  point  a  celle  de 
Brice  Bauderon  fon  pere.  Cette 
■  diference  paroit  en.  U  defcription 
’  de  cet  EleBuaire  de  Crocus  Mar- 
tis  ,  qui  fufi  ajoutée  dans  cette 
Pharmacopée  ,  par  ce  premier  en 
revoyant  le  travail  de  fon  pere 
aprez.  la  quatrième  édition  ,  en 
l’an  1607.  Et  ce  nefl  pas  fans  rai~ 
fon  quil  a  dit  dans  fin  rnélange , 
Martem  fuo  quifque  Marte  paraf, 
car  de  la  préparation  de  l’Acier 
dépend  tout  l’effet  de  l’EleEluaire, 
&  ceüe-la  même  quil  y  prefirit  n’y 
convient  point  ,parce  quen  paffant 
&  repaffant  le  fer  dans  le  feu ,  il 
fi  dépouille  de  fin  vitriol,  qui  con¬ 
tient  en  fiy  la  vertu  aperitive ,  & 
ny  demeure  que  la  terrefire  qui 
eft  opilative  &  adftringente.  ^el- 
ques  autres  pourroient  encores  re¬ 
lever  ,  de  ce  quil  éteint  fon  fer  dans 
l’eau  rofi  ,  qu’ils  difent  être  ad- 
firingente,  mais  comme  'je  n’ appoint 
de  foy  pour  fin  adflrîBton ,  jay  vou¬ 
lu  dire  cela  en  paffant  pour  faire 
l'oit  que  j’y  ay  pris  garde  ;  &  avant 
finir , pour  mieux  accomplir  l’inten- 


Pulvis  Hydragogus  ,  D.  B. 
Bauderoni. 

Radicis  latap,  une,  dimidiam. 
Rad.  Mechoacan  ver  a  ,  &  non  Bryo- 
nia ,  drach.  duos. 

Rhabarbari  eleBi,  & 

Cinnamomi,  ana.fcrup.  quatuor. 
Serninum  Ebuli ,  & 

Anifi , 

Foliorum  Braffîca  marina ,  Diofeo- 
rid.  id  eft,  Soldanella ,  an.  drach. 
unam. 

Fiat  pulvis  fubtilis,  ufui  fer- 
vandus. 

PARAPHRASE. 

Le  s  hydropifies  font  fi  frequen¬ 
tes  au  climat  où  M.  B.  Bauderon 
mon  pere  ,  exerce  la  Medecine , 
qu’il  a  été  contraint  de  compofèr  la 
prefènte  poudre ,  de  laquelle  ;e  fais 
part  au  public  pour  fubvenir ,  &  re¬ 
médier  à  icelles  >  veu  que  dans  les 
boutiques  des  Apothicaires  ,  on  n’y 
trouvoit  aucun  re-mede  préparé  pour 
cet  effet.  De  cette  poudre  on  en  pour¬ 
ra  donner  fcurement  avec  du  vin 
blanc  5  ou  autre  liqueur  convenable, 
le  poids  djime  drachme  jufques  à 
deux  pour  les  plus  robuftes ,  ou  en 
Compofer  Tablettes ,  Opiates ,  &c  aû- 
•tres  formes  de  remedes,îelon.le  goût 
'  Gg  Z  des 


Livre  L 

'4es  malades  j  &  induft'rie  du  Méde¬ 
cin;  Elle  a  été  furnommée  de  fon 
Autheiu-  Hydragogue  ,  pour  eaulè  de 
.fon  eftct.  Sa  baie  eft  la  -  racine  de 
lalap  mifo  au  commencement.  Sa 
vertu  foible  eft  augmentée  par  la 
racine  de  Mechoacan  ,  par  la  fe- 
menee  d’Hieble  ,  Soldaneile  >  Sc 
Rheiibarbe  s  afin  d’évacuer  les 
eaux  par  le  fiege  >  avec  facilité 
■parlavoye  des.  urines..  La  Canelle  y 
eft  mifo  pour  la  defenfo  du  ventri¬ 
cule  ,  &  autres  vifoeres  ,  contre  la 
nuifànce  des  hydragogues ,  &  forti¬ 
fier  iccux  vifoeres  :  &  1 ’anis  pour 
confiimer  les  vents  qui  fouvent  les 
accompagnent. 

£E  MELANGE. 

Le  tout'fe  peut  pulverifor  enfom- 
ble,  &c  foibtilement  tamifor ,  horfi- 
mis  le  Rlieubarbe  qui  fo  doit  pulve¬ 
rifor  à  parc  ,  le  plus  foibtil  que  faire 
fo  pourra  ^  ce  qui  ne-  fo  feroit  com¬ 
modément  avec  les  autres,  ingre- 
diens.  Telle  poudre  mélangée  fora 
gardée,  au  befoin.. 

LES  FA  CTL  TE  Z.. 

Elle  éyacuë  les  eaux  des  hydropi- 
qnes  fans  ennuy  »  enleve  les  obftru- 
àit)ns  des  vifoeres  &  les  corro¬ 
bore  3.  prife  en  quelque  liqueur 
convenable. 

REMARQJE. 

GRatian  Bmderon  décriuant 
cette  poudre  demande  le 
'i/ray  Mechoacan  &  non  la  Bryo- 
ma  J  qui  ejl  la  racine  quon  y,  mêle 


Seoîion  IV^ 

four  nouifurprendre,fourraififtd'e 

la  grande  rejfemklance  quelles  ont, 
&  ne  nous  donne  pas  les  marques  ny 
le  moyen  pour  Les  fçavoir  difiin. 
guer  y  ce  que  je  feray  en  fin  dé¬ 
faut ,  en  difant,  qu'elles  different  en 
deux  façons  principales,  la  première 
eft  qUe  les  tranches  du  Mechoacan 
font  unies  en  leur  fuperficie ,  douces 
au  manier;  &  en  leur  intérieur  font 
^  égalés^  &  par  confiquent  denfes,  é- 
la  Bryonia  eft  rahoteufe  ,  ridée' 
en  dehors  &  en  de  dans,  qui  la  rend 
un  peu  plus  rare  que  le  Mechoacan, 
en  outre  la  Bryonia  eft  amere  ,  (ÿ* 
le--Mechoacan  eft  infipide  :  voi¬ 
la  les  marques  effentielles  pour  les 
pouvoir  bien  diftinguer  -,  par  le 
moyen  defquelles  nul  ne  fourra 
être  furprü  d  moins  qu'on  y 
apporte  plus  grand  artifice.  Four 
bien  préparer  cette  poudre  ,  faut 
choifir  du  lalaf  qui  fait  reft- 
neux  ,  comp alite ,  blanc  3  &  uni: 
que  la  Soldaneile  ,  ait  été  cueillie 
en  fleur ,  &  promptement  feichée  ; 
&  la  femence  d'HiebU  ,  cueillie  en 
fa  maturité  ,.  diligemment  feichée, 
dr  quelle  ne  fait  que  d'une  année. 
Cette  poudre  différé  de  celle  que 
B.  Bauderon  décrit  dans  fa  prati¬ 
que  au  chapitre  6^.  de  la  curation: 
de  l'hydropifte  Aftites. 


Pulvis  ad’  Puerperarum  tormi- 
na  5  D.  B.  Baud. 

Seminis  Satureia,  drag.duas. 
Radie.  Sy.mphyti  majorés  ,  drach. 
unam. 

Nûcleerum  Perficorum  mundato- 
rumifr 


Des  Pomres  Aromatimes.  %  3  7 


^ueU  ASt>fihat£  ,  an.fcrup.  duos. 
Sncciiii,  drach.fem'iji. 

Jmbaris  cineritii  ,  fcruf.^  mum  fi 
dives  faerit ,  vel  fcrupul.  femif- 
fem  ,fi  rninm  dives  :  fiat  pulvü 
ufm  fiervandm. 

’Jhfis  ejl  très  aut  firupul.  qttatmr 
cum  vino  albo,  fiefi  expers  fe- 
brü  y  am  cum  jure  pulli  fi  febris 
adefi. 

TARAPHKASE. 

CEtte  pondre  a  pris  le  nom  de 
fon  effet.  Sa  balè  eft  la  fèmen- 
ce  de  Satureja  ,  virlgairement  ap- 
pellée  Sarriette  ;  Sa  vertu  deterfive 
,eft  augmentée  par  le  Symphytum 
grand  j  &  noyaux  de  Pêches  :  elle  eft 
conduite  à  la  matrice  par  la  Noix 
mulcade.  Ambre  gris  :  le  Carabe, 
,011  Ambre  jaune  y  eft  mis  pour  jla 
fortifier  par  fbn  adftridion.  Sa  do- 
fe  fera  une  drachme  ou  quatre  fcrit- 
pules  avec  vin  blanc,  n'y  ayant  point 
de  fievre ,  ou  avec  le  bouillon  d  un 
poulet ,  s'il  y  a  fievre.  Quant  au  mé¬ 
lange,  chaque  ingrédient  le  doitpul- 
verifer  à  part  fans  autre  artifice,  puis 
les  mêler,  &  garder  pour  la  neceffité. 

LES  F  AcVLTE  Z. 

Cette  poudre  difeute  les  vents  de 
la  matrice  &  des  inteftins  ^  &  net¬ 
toyé  la  matrice  de  fes  ordures  &  la 
fortifie. 

REMARQVE 

Aud.eron  ti  dyant  point  defignê 
de  quelle  e^ece  de  Saturée  il 
fallait  prendre  la  Jemence ,  des  trois 
efieces  que  les  Autheurs  nous  en  dé¬ 


crivent  pour  la  compofition  de  fis 
poudre.  Par  mon  fentisnent ,  feBi- 
me  quil  faut  prendre  de  celle  que 
Clufius  appelle  Fhymbra  légitima^ 
&  Bauhin  Satureja  Gretica  ,  d'au¬ 
tres  Satureja  femper  virent ,  qui  efi 
la  plus  ligneufe  &  la  plus  rare  de 
toutes  :  elle  fleurit  en  OElobre  ,  au 
Printems  &  en  Eté  ,&  efi  plus  car- 
minative  que  les  autres  ejpeces. 

La  racine  de  Symphytum  ,  la 
Noix  nmfcade,  les  tiôyaux  de  Pechesy 
&  la  femence  de  Saturée,  Je  mettront 
en  poudre  tom  enfemble ,  &  l'Am¬ 
bre  gris  a  part  fera  pulvérisé  avec 
la  moitié  d'un  noyau  de  Pêche  ,& 
mêlé  avec  le  reBant  :  le  Car abé pré¬ 
paré  Jhr  le  Porphyre  ,  fera  rnis 
aujfi  en  poudre  feparément  ,  pour 
puis  aprez.  joindre  &  mêler  le  tous 
enfemble  pour  garder  au  bejôin. 


Pulyis  adPuerorum  Entcioce- 
len  5  D.  B.  Band. 

Radie.  Symphyti  majeris,  & 

Herniaria  y  ana  drach.  duas. 

Rad.  Sigilli  Beats,  Pdari&yid  efi, Gy - 
claminis ,  Ciffanthemen  ,  feu  Cijfo- 
phyllon  diBi ,  &  non  radie,  vitis 
nigra,  & 

Radie.  Sigilli  Salomonis ,  feu  Poli- 
gonati  Diofcor.^an.  drach.  unam,. 
&  femifi. 

Cineris  Lymacum  rubrorum.  drach.- 
unam. 

Fiat  pulvis  ,  de  quo  initio  pafiusdfi 
fiolvetur  drachm.  fernijs.  in  parva 
quantitate  pultis  ,  dando  reli- 
qnum  pultis  ,  in  quo  nullus  pul-  < 
vis  inerit,fie  per  multos  dies  cens- 
tinuando, 

PAi 


G  g  3 


AjS  hivre  /.  SeBion  V, 

PARAPHRASE. 


IE  ne  tiens  l'invention  de  cette  pou¬ 
dre  ,  que  de  M-  Brice  Bauderon 
mon  peic  pour  l’en  avoir  veu  ufer 
heureuièmcnt  en  divers  lieux.  Il  |  a 
liirnommée  de  lôn  efFet  ,  dans  les 
écrits  non  encor  imprimez ,  &  d  oij 
je  l’ay  tranrcrite.  S.a  bafe  eft  la  ra¬ 
cine  du  grand  Syrnphytum ,  vulgai¬ 
rement  appelle  Confire ,  mife  au  com¬ 
mencement  :  donc  la  vertu  adftrin- 
gente  (  icy  feulement  requife  )  eft 
augmentée  &  forcitiée  par  l'Hernia- 
ria  (  appellée  petite  Rcnquée  )  &  le 
Polygonaton  ,  ou  Genouillet ,  nom¬ 
mée  aux  boutiques  Sigillum  Salo- 
monis.  Les  cendres  des  Limaçons, 
&  la  lèconde  elpece  de  pain  de  Pour¬ 
ceau  appellée  Cilfanthemon  ,  aux 
boutiques  Sigillum  Beatæ  Mariæ ,  y 
font  mifes  pour  par  leur  ficcité  ablbr- 
ber ,  &  confiimer  l’humidité  fiiper- 
fluc  qui  abonde  aux  enfans  ,  &  ac¬ 
compagne  ordinairement  la  defcen- 
te  des  inteftinsî  dans  le  fcrotum: 
joint  auffi  que  pat  leur  propriété 
occulte  elles  fervent  à  l'intention  de 
l’Autheuc. 

LE  MELANGE. 

Les  Limaces  rouges  fè  doivent 
calciner  dans  un  pot  de  terre  ,  & 
pulverifcr  :  les  racines  defléichées  fe¬ 
ront  auffi  réduites  en  poudre ,  puis 
mêlées  enfemble  ,  &  gardçes  pour 
I  ufage  fu0t. 


nies  des  petits  enfans ,  fàns  ulèr  «le 
bandage. 

REMARQUE. 

Eux  qui  voudront  préparer  cet¬ 
te  poudre  fuivant  la  defcri- 
ption  de  l'édition  infolio  de  Lon¬ 
dres  ,  prendront  garde  a^une  faute 
conjiderable  ,  qui  procédé  de  la  né¬ 
gligence  du  Correcteur  en  la  dofe 
du  Sigillumi  Beata  Maria  ,  &  du 
Sigillum  Salomonis  ,  au  lieu  de  lire 
ana  drachmam  unam  &  femiffem, 
qui  efl  la  vraye  dofe  ,  on  y  lit  ana 
drachmam  femiffem. 

Bauderon  ne  s'explique  pas  affez. 
uand  il  dit  Cineris  Limacum  ru- 
rarum  ,  a  raifon  des  diverfis  ejpe- 
ces  de  Lymaces  ,  &  de  Lyma^ons 
que  nous  avons.  Ces  premières  naif- 
fent  nues  fans  coquille  ,  &  ces  der¬ 
nières  portent  coquilles  j  les  unes 
&  les  autres  font  propres  pour  l'her- 
nie  >  particulièrement  les  Lymaces 
qui  font  de  couleur  roujfes  fans  co¬ 
quille  i  elle  s'engendrent  dans  les 
lieux  humides ,  comme  dans  les  ca¬ 
ves  ,  dans  les  puys ,  &  autres  lieux 
has  &  humides ,  &  font  de  la  grof- 
feur  du  petit  doigt ,  lefquelles  Bau¬ 
deron  veut  &  entend  qu’on  préféré 
aux  autres. 

-m-  •««‘J-  m 

SECTION  V* 
Des  Opiates. 

De  Opiatis  in  généré. 


LES  FACVL  TE  Z. 

Cette  poudre  par  fà  vertu  empla- 
ârique  &  adftringehte  guérit  les  hcr- 


I^PiATE  eft  un 'genre  d’Anti- 
dote ,  ou  Elcéluairc  mol  »  ainfi 
nommé  pour  caufe  de  l’Opium  quf  y 


Des  optâtes.  %  ^  ^ 


entre ,  ou  iiutre  médicament  narço- 
tic  J  Clji  ftnpefîanc ,  qui  lùpplée  fon 
defaut.  Les  anciens  ôc  modernes 
en  u.'ènt,  ou  pour  concilier  le  fom- 
Hieil  J  ou  pour  appaifer  quelque  gran¬ 
de  douleur  que  les  Anodins  n  ont 
peu  faire  ,  ou  incraller  ,  &  appaifer 
quelque  vehemente  fluxion  3  qui  du 
cerveau  tombe  en  la  poidbeine,  poul- 
mons,  ventricule ,  &c.  ou  pour  arrê¬ 
ter  quelque  hemorrhagié, 

Tacoic  que  leur  ufàge  ne  foit  dan¬ 
gereux  ,  s’ils  ne  font  pris  en  quan¬ 
tité  J  comme  témoigne  Gai.  au  livre 
des  Amples,  chapitre  18.  &  19. 
fl  eft-ce  qu"on  n’en  doit  ufèr  que 
lîx  mois  aprez  qu’ils  auront  été  com- 
pofez ,  durant  lelqucls  ils  fc  fermen¬ 
tent  ,  &  le  maintiennent  pour  la 
plus  part  julques  à  fix  ans  :  aprez 
ils  font  de  peu  ou  de  nulle  vertu, 
pource  que  leur  faculté  narcotique 
eû  évanoiiie  :  félon  Avicenne  livrer, 
fen  4.  chapitre  50.  Il  y  en  a  quel¬ 
ques  autres  qui  fè  maintiennent  plus 
long  teins  en  leur  force  :  comme 
l’Aiirce  Alexandrine ,  la  Theriaque, 
Mitridat ,  à  caufè  de  la  grande  quan¬ 
tité  d’Opinm  qu’elles  reçoivent.  Pour 
provoquer  le  fommeilj  nous  en  ufons 
l’aprez  -  fouper  environ  l’heure  que 
le  malade  fc  fbuloit  coucher  en  fan- 
té  ;  pour  les  grandes  douleurs  ,  8c 
arrêter  l’hemorrhagie  ,  le  matin  le. 
ventricule  étant  vuidé  d’alimcns  :  & 
quatre  heures  avant  fouper ,  &  aprez 
fouper  pour  incralfcr  les  fluxions. 

REM  ARQVE. 

BAuderen  dit  qn'il  ne  faut  faim 
ufer  des  Optâtes  de  fix  mois 
apre\jUur  mélange,  a  caufe  du.dan^ 


ger  qu’il  y  a  ,  pour  rai  fen  de  l’O¬ 
pium  ou  autre  médicament  .narco- 
tic ,  ou  fiupefiant  qui  entrent  dans 
leur  compofition  ;  il  faut  difiinguer 
des  optâtes ,  fi  c’efi  du  Mithridat, 
de  la  Theriaque  &  tels  autres  qui 
ne  font  point  deflinez,  pour  pro¬ 
voquer  le  fommeil ,  de  ceux-là  on 
en  peut  ufer  fi-tôt  que  le  mélange 
en  efi  exactement  jpait  pendant  les 
fix  premiers  mois ,  à  raifon  de  leuri 
effets,  qui  font  fuivant  quelques- 
uns  d’appaifer  les  douleurs  ,  d'in- 
eraffer  les  fluxions  fubtiles  ,  d’ar¬ 
rêter  le  flux  de  ventre  ,  de  rabat¬ 
tre  &  adoucir  l’acrimonie  des  hu¬ 
meurs,  Du  Laudanum ,  des  Pilules 
de  Cynogleffe  &  autres ,  de  ceux-cy 
à  la  vérité ,  il  y  en  a  beaucoup  qui 
s’abfiiennent  fans  beaucoup  de  rai- 
fons  d’en  ufer  que  les  fix  mois  de 
la  fermentation  ne  foient  faffez, 
que  fi  par  quelque  neceffité  ils  y 
font  contrains  ,  ils  nen  donnent  que 
la  demy  dofe  ,  ou  le  quart ,  peur 
éviter  les  fâcheux  accidens  qui  ac¬ 
compagnent  d’ordinaire  leur  opera¬ 
tion  ,  (qui  font ,  un  fommeil  grave, 
pendant  lequel  les  malades  font 
travaille  K.  de  fanges  fâcheux  &  im¬ 
portuns  y  &  qu’à  leur  reveil  ils  ne 
fe  trouvent  peint  foulagef,  leur  re¬ 
fiant  une  pefanteur  de  tête  ,  cela 
arrive  nen  pas  à  raifon  d’une  ex¬ 
trême  froideur  qui  fait  en  l’Opium, 
comme  aucuns  croyent ,  car  il  efi. 
chaud ,  mais  par  une  vapeur  grof- 
fiere  qui  part  d’un  fouphre  puant, 
crud  &  indigefi  ,  fiupefiant  &  ed- 
yvrant  qui  efi  en  luy. 

l’ay  remarqué  ces  accidens  ar¬ 
river  fouventefois , particulièrement 

fi  U  corps  efi  impur ,  &  qui  finit 
painti 


2.4 O  Livre  7. 

foint  été  évacué  par  purgatian  & 
faignée,  comme  aujfi  cela  peut  ar~ 
river  fi  on  négligé  la  préparation 
de  1‘ Opium  ;  que  fi  on  donnoit  par 
exemple  quatre  grains  de  Lauda¬ 
num  nouvellement  composé  pour 
provoquer  le  fommeil  tant  feule¬ 
ment,  les  accidens  feraient  encor  es 
plus  fâcheux  ,  &  plus  dangereux, 
&  la  mort  s'en  pourroit  enfuivre, 
comme  fay  veu  arriver  quelque 
fois  -,  &  au  contraire  quand  lesnar- 
cotics  font  d'un  âge  médiocre ,  alors 
ils  opèrent  fans  aucun  des  accidens 
fufdits  ,fi  on  garde  les  précautions 
requifes.  Du  Mithridat  &  de  la 
Theriaqtie  ,  il  ferait  a  fouhaiter 
qu'on  en  usât  point  pour  Antidote 
quaprez.  la  fermentation  de  fix 
mois  ;  car  alors  ils  font  un  effet 
beaucoup  plus  vigoureux ,  par  l'u¬ 
nion  étroite  des  qualitez.  &  vertus 
des  medicamens  qui  les  compofent, 
que  plufieurs  rapportent  au  feul 
Opium ,  difant  que  fa  froideur  pré¬ 
dominé  par  deffus  la  chaleur  des  au¬ 
tres  ;  mais  ils  fe  trompent  grande¬ 
ment. 


De  Opiatis  in  fpecie. 


1^.  Capita  decem  Papaveris  magni- 
tudine  mediocri  ,  in  aqua  fex- 
tario  uno,  vel  quantitate  fuffcien- 
ti,  macéra  horas  ce,.  (  fi  humi- 
diora ,  vel  hiduo  ,fi ficciora,  )  fu- 
per  cineres  calidos.  Coquantur 
dum  jiaccida  fuerint ,  ad  Jucci 
extraUionem.  Expreffo  liquori 


SeBïon  V. 

diffolue  medium  pondus  Sapa ,  vel 
Penidiarum  &  Sacchari  non  mol¬ 
lis  ,  quia  acrius  &  calidius  quam 
par  fit }  &  coque  ad  juBam  craf 
fitiem ,  ut  fervari  pojft.  Si  com- 
pofitum  defideras  ,  ex  Mefusti 
prafcripto  ,  unicuique  libra  Dia~ 
coda  fimplicis  pulvis  fequens 
inijciatur. 

Acacia  ver  a ,  vel  noélratis, 
Hypociftidos, 

Myrrha, 

■  Croci  optimi ,  & 

Balauftii ,  fing.  drach.  unam, 
Trochifcorum  Ramich  ,  une.  dimi- 
diam. 

Fiat  pulvis  utendi.  tempore  mif- 
cendus. 

PAR  AP  H  RASE. 

Açoit  qite  rOpiiim  n'entre  en  cet¬ 
te  compofition,  fi  eft-cc  que  les 
têtes  de  Pavot ,  dont  il  fe  fait ,  fup- 
pléent  fdn  defaut ,  &  merire  par  con- 
lequent  d'être  mis  au  rang  des  Opt⬠
tes  ,  &  non  ailleurs.  Galien  en  eft 
l'Autheur  ,  au  livre  7.  des  medica¬ 
mens  locaux  ,  chapitre  deux  duquel 
l’avons  tranferit.  Au  lieu  du  miel, 
pour  ce  qu'il  eft  chaud  &  acre, 
avec  Meftié  lommes  d'avis  d'y  met¬ 
tre  du  Succre  &  de  Penides  ,  fem- 
'blable  poids  que  du  vin  cuit.  La  bafe 
font  les  têtes  de  Pavot,  appellées 
des  Grecs  KaiTe/tq  dont  il  a  pris  le 
nom.  La  poudre  ne  s'y  doit  mettre, 
linon  au  tems  qu'il  fera  befoin  de 
plus  grande  adftridion  :  le  vin  cuit, 
Penides ,  ou  fuccre  y  font  mis  pour 
corriger  la  liccité ,  &c  âpreté  tant  de 
la  bafe  ,  que  des  poudres ,  deterger 
&  rendre  leur  atftion  meilleure ,  & 
conferyer  leur  vertu. 


Diacoàium  fimplex,  (ff  compsjitum 
D.  Gai. 


le 


Des  Optâtes.  2,41 

Rome  dix  d'eau ,  ou  de  vin ,  demo- 
LIE  MELANGE.  yennc  fiibftance.  L'huile  eft  plus  lé¬ 
ger  que  l’eau ,  ou  le  vin  d’une  ncu- 
Prenez  des  têtes  de  Pavot  blanc  viéme  partie  ^  le  miel  d’un  tiers  plus 
Si  noir,  de  moyenne  grolïèur ,  qui  ne  pelant.  Exemple  ,  fi  le  Sextier  pelc 
foient  humides  ny  lèichcs  ,  mais  qui  vingt  onces  d’eau  ou  de  vin  ,  il  pe- 
participenc  des  deux  ,  car  les  fei-  fera  dix-huit  onces  d’huile  ,  &  de 
ches  ont  peu  de  fiic  ,  les  humides  en  miel  trente  onces.  Au  traitté  des 
ont  trop ,  &  iceluy  crud  ,  ôc  aqueux  poids  &  mclùres  ,  nous  en  parlerons 
efl:  debile  j  ainfi  choifies  ,  il  les  famr'-^lus  amplement ,  Dieu  aidant  à  k 
infulêr  plus  ou  moins,  lèlon  quel-  fin'd^  ce  livre,  en  faveur  des  Apo- 
les  participent  plus  ou  moins  d’hu-  tbicairès  moins  verlèz. 
midité ,  Si  ficcité ,  que  ferez  un  peu 

boiiillir  en  quantité  liiffilànte  d’eau  LES  F  A  CFLTEZ. 
de  pluye ,  ou  de  fontaine  ,  fur  les 

cendres  chaudes ,  fi  elles  font  reeen-  Le  Diacedium  efl;  convenable  aux 

tes ,  &  molles  :  pource  dit  Galien  catharres  fiibtüs  ,  qui  tombent  du 

que  leur  vertu  réfrigérante  ,  icy  rc-  cerveau  lîir  les  poulmons  ,  ôc  à  la. 

quife  fe  perd  par  la  cuite  :  au  con-  toux  Sc  rêveries  qui  lès  fi  vent. 


REMARQJE. 

IL  vaut  quafi  autant  ne  faire 
point  le  Diacodium  que  'de  le 


traire  fi  elles  font  un  peu  lèiches, 
il  les  faut  cuire  un  peu  plus  julques 
à  ce  qu’elles  foient  flétries  ,  &  mol¬ 
les  ,  lùivant  l’opinion  d’Oribalc,  li¬ 
vre  5 .  chapitre  1 8.  de  fes  Collcéta- 
nées,  en  forte  que  par  forte  expref'  faire ,  fi  on  nobferve  ponUueUement 
fion  ,  on  en  puiflè  tirer  le  fuc  ,  &  1‘ Autheur  :  cette  compofition  ejl 

non  les  cuire  julqu’à  la  conlbmption  comme  nous  avons  dit  au  Latifi- 
de  la  moitié  ,  ou  des  deux  tiers  de  cans  de  Rhafis  fans  dofe ,  ce  qui  efi 
l’eau,  comme  quelques-uns  font  d’a-  grandement  prejudiciable ,  au  tems 
vis.  Sur  douze  onces  de  fiic ,  on  où  nous  fommes  ,  où  l'avarice  & 

mettra  trois  onces  de  vin  cuit  ,  ou  l’ignorance  tiennent  le  haut  bout  en. 

autant  de  Penides ,  ôc  fuccre ,  qui  toutes  les  proftjfions  ,  &  particu- 

fera  la  moitié  de  douze,  qu’on  fera  lierement  dans  la  notre  ,  qui  font 

cuire  à  petit  feu  clair  ,  &  non  fii-  mêprifer  les  remedes  qui  nous  font 
«leux  en  confiflence  d’un  Looch,  qui  ^cs  plus  chers  ,  chacun  les  compo- 
tienne  le  milieu  entre  Syrop  &Opia-  fi  ù  fa  mode,  jamais  tant  de  Pharr 
te,  qu’on  gardera  pour  s’en  forvir  macopées pour  les  y  drejfer ,  jamais 
a  la  neceflitÿ.  ta-at  d’ Apothicaires  comme  il y  a,(^ 

Sextarius  eft  le  nom  d’une  me-  jamais  moins  de  vraysPharmaciens, 
fore  ancienne,  qui  fignifie  la  fizié-  &  c’efi  merveille  le  plus  fiuvent 
me  partie  d’une  autre  plus  grande,  quand  ils  rencontrent. 
nommée  Congius,& Oms,  qnipe-  le  m'étonne  que  ce  grand  genie 
foit  en  Athènes  neuf  livres  ,  Sc  à  de  la  Mcd,ecine  Galien,  duquel  la 

H  h  repu 


X42.  Lhre  1. 

reputatim  retentit  par  tout  Vf^ni~ 
vers  s‘en  efi  pafsé  fi  legerement, 
veu  que  V expérience,  luy  donnait 
à  connaître  toutes  chofes  en  exer¬ 
çant  les  trois  partie  d’icelle  ,  fans 
doute  il  ne  croyait  pas  que  fa  ré¬ 
putation  pafsat  par  tant  de  fiecles 
Or  puis  quelle  efi  venue  )ufques 
au  notre  ,  il  efi  tres-juBe  que  nous 
la  confiderions ,  tant  a  raifon'de  fes 
doBes  écrits  que  de  fen  antiquité, 
&  que  s’il  a  laifsé  quelque  cho- 
fe  a  dire  ,  nous  devons  accorte- 
ment  y  fuppléer  ,  &  confiderer 
que  les  premiers  qui  ont  exercé  la 
Jldedecine  n’ont  peu  la  perjèéiion- 
ner.  Sans  choquer  fin  AutHôrité  que 
je  revere  beaucoup  ,  je  diray ,  que 
pour  compofer  le  Diacodium  ,  U 
faut  prendre  vingt-quatre  grojfis 
têtes  de  Pavot  blanc  ,  lors  quelles 
font  en  leur  parfaite  maturité  ,  & 
plus  abondantes  en  humidité  ,  les 
faut  incifer  fort  menu  ,  &  Aes  in- 
fufer  dans  un  pot  de  terre  avec 
quatre  ou  cinq  livres  d’eau  de  pluy  e 
ou  de  fontaine  par  vingt -quatre 
heures  fur  les  cendres  chaudes ,  le 
pot  découvert  ,  aprez.  les  faut  fai¬ 
re  houillir  jufques  a  la  confirnption 
de  la  moitié  ,  le  pot  tiré  du  feu, 
&  d  demy  refroidy  ,  la  matière  fe¬ 
ra  coulée  &  fortement  exprimée  a 
la  prejfe  ,  de  cette  colature  on  en 
clarifiera  avec  un  blanc  d’œuf  dou- 
ze  onces,  de  Penides  &  Succre  Can- 
dit  ,  fix  onces  de  chacun ,  pour  l& 
cuire  en  confiiBehce  convenable, pour 
y  ajouter  les  poudres  ,  fi  la  necejfité 
le.  requiert. 


Seüton  FI 


Requies,  D.Nicolai  Myrepfi. 

SlJL.  Rofarum  rubrarum,& 
Violarum  ,  utriufque  drachm.  très 
(  hoc  pondus  Myrepfus  pr&ter- 
mifit }  addit  Saler nit anus,) 
Opii,  vel  Meconii, 

Serninum  Hyofcyami, 

Papaveris  albi, 

Intybi,feu  SerioU  fativi,. 
LaBuctz, 

Portulaca, 

Pfyllii, 

Cortic.  radie.  JlAandr agora, 

Nucis  Mofehata, 

Cinnamomi, , 

Zingiberis ,  fing.  drachm.  unami& 
femifi,  (  hujm  non  meminit  Sa- 
lernitanus.) 

Sacchari  Cryfiallini  ,  feu  Candi, 
drachm.  unam  ('  Salernitanus  ut 
alior.  habet  drachm.  unam,  & 
femifi.) 

Trium  Santalor..  (  cum  Salernitam, 
nam  Citrini  meminit  Myrepfi) 
Spodii ,  & 

Tragacanthi,.fing.  ferup.  duos,  gran. 
quinque. 

Technice  fiat  pulvis  ufui  reponen- 
dus  ,  vel  cum  lulepo  Rofato  pa- 
retur  Opiata  ufui.  Mel  quoniam 
calidius ,  &  acrius  efi  ,  minus 
convenit ,  ob  id  reijciendum  cen- 
ferem. 

PARAP  HRmASE. 

"KTlcolaus  Myrepfiis  Alexandri- 
mis  au  premier,  des  Antidotes, 
chapitre  io J.  décrit  cette  Ofiate, 


145 


Des  Optâtes, 


pource  qu’en  provoquant  le  fommcil 
elle  donne  repos  ,  &  forces  aux  ma¬ 
lades  affoiblis  par  la  düliparion  des 
cfprits  3  &  confomption  de  l’humi¬ 
dité  radicale,  qui  fe  fait  par  la 
chaleur  deme&rée  des  fievres  con¬ 
tinués  ,  qui  defleiche  les  membra- 
•ncs  du  cerveau  ,  &  tout  le  corps. 
La  bafe  font  les  Rofes  ,  &  les  Vio¬ 
les  mifes  au  commencement.  Leur 
vertu  réfrigérante  eft  augmentée  par 
l’Opium ,  lufquiamc ,  Mandragore, 
&  Pavot.  La  Mufoade,  Canelle,  & 
GingembrCjCor'rigent  la  nuiiance  des 
Narcotics  par  leur  chaleur,  &  les 
font  pénétrer  par  leur  tenuité  de  par¬ 
ties,  &  fortifient  le  ventricule,  com¬ 
me  celuy  qui  en  reçoit  l’impreflion 
le  premier.  Les  Santaux  &  S  podium 
y  font  mis  pour  la  defence  du  foye, 
fource  des  veinés  &  du  fàng  où  gît 
la  matière  de  la  fievre.  Les  fèmen- 
cens  d’Endive,  de  Laiéhié,  &  de 
Pourpier  ,  pour  conduire  la  bile  &c 
ferofitez  par  la  voye  de  l’urine.  Le 
Succre  Candit  &  Gomme  Traga- 
canth  ,  y  font  mis  avec  le  fomen 
Plyllii ,  pour  deterger  la  matière  craf- 
fe  , lenir ,  &  corriger  lapretc, &  fic- 
cité  de  toute  la  compofirion.  Le  Sy- 
mp  Rofat  fait  avec  le  Succre  Sc 
l’eau  Rofo  (  entant  qu’il  réfrigéré) 
eft  plus  convenable  aux  délires  ,  & 
fievres  continués  ,  que  le  miel  (  qui 
eft  chaud  )  où  il  faudroit  diminuer 
la  dofe  de  la  Mufeade  j  de  la  Ca- 
nelle ,  &  du  Gingembre ,  lequel  y 
eft  mis  pour  deterger  ,  le  tout  con- 
ferver  ,  &  rendre  l’action  meil¬ 
leure. 


le  me  LAN  GE. 

Premièrement  il  faut  curieiifement 
concaflèr  les  Santaux  avec  quelques 
gouttes  d’eau  Rofe ,  puis  on  y  met¬ 
tra  l’écorce  de  Mandragore,  Cand¬ 
ie  ,  Noix  Mufeade ,  Gingembre  ;  un 
peuaprez  on  y  mettra  l’Opium ,  (  ou 
en  fon  defaut  le  Méconium ,  au  dou¬ 
ble,  qu’on  vend  pour  le  jourd’hny 
pour  l’Opium  vray ,  &  mal  )  &  tou¬ 
tes  les  feraences  :  finalement  les  Ro¬ 
fes  &  Violes.  Il  faut  pulverifor  à 
part  le  Succre ,  le  Spode ,  &  Traga- 
canth  avec  les  autres ,  qui  feront  mê¬ 
lés  enfemble  au  mortier.  La  poii- 
diè  fera  gardée  à  part  dans  fon  pot: 
ou  avec  le  triple  de  lulep  Rofat  cuit 
à  perfeétion  de  Syrop  mêlez,  &  gar¬ 
dé  au  befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

Cette  Opiate  convient  aux  fie¬ 
vres  continués  &  ardentes  ,  Sc  ap¬ 
pliquée  aux  temples,  &  aux  artè¬ 
res  des  mains,  elle  appaife  la  dou¬ 
leur  de  cœur,  &  provoque  le  fom- 
meil ,  Sc  prifo  intérieurement  fait 
doucement  repofer. 

REMARQVE. 

Ç'Auvageon  en  tout  a  jet  éditions 
\^dans  la  defeription  du  Requies 
Nicolai,  en  fon  mélange ,  &  an  Mi- 
thridatfait  parler  Baud.  autrement 
ejuil  na  fait  en  aucune  de  fes  edi~ 
tions  precedentes ,  &  contre  l’inten¬ 
tion  des  inventeurs  de  ces  compo- 
fitions ,  en  difant  Opü  vel  Meconii 
ad  duplum  quia  imhecillius  Opio,au 
lieu  que  Baud.  dit  Jîmplement  Opih 
velMeconii.  Dans  aucun  autre  Dif- 
Hh  2  pe-nfai 


z44  Livre  1. 

f  enfaire  que  je  connoijfe,  én  n'y  trott- 
vera  jamais,  qu’au  defaut  du  vray 
Opium  ,  fait  demandé  le  double  du 
Méconium  ,  non  pas  même  en  la 
defiription  du  Laudanum.  IL  efi  vé¬ 
ritable  que  fi  on  fuivoit  fon  inten¬ 
tion,  les  remedes  magiîtraux  que 
nous  cornpofons  dans  lefquels  ceux- 
ey  entrevoient  ,  feroient  beaucoup 
pernicieux  ,  &  au  lieu  que  nous 
avons  de  coutume  d'employer  pen¬ 
dant  les  fix  premiers  mois  de  la 
fermentation  de  la  Theriaque  &  du 
Mithridat  pour  arrêter  les  fuper- 
purgations  causées  par  des  medi- 
eamens  violans  ,  &  autres  telles 
affeélions  ,  on  n’oferait  s’en  fervir, 
fans  en  avoir  quelque  finiUre  dan¬ 
ger  ,  fi  on  ne  moderoit  la  dofe  de  La 
compofition  de  la  moitié ,  d  caufe 
de  la  double  dofe  du  Méconium, 
flui  bien  qu'il  fait  plus  foible  que 
le  vray  Opium,il  ne  laijfepas  quand 
il  efi  préparé  comme  il  faut  au 
Laudanum  d  fimple  dofe  &  en  d’au¬ 
tres  compofitions ,  qu'il  ne  fajfe  de 
merveilleux  effets  ,  foit  pour  pro¬ 
voquer  le  fommeil ,  arrêter  les  flu¬ 
xions,  appaifer  les  douleurs ,  incrafi 
fer  les  humeurs  ,  ^  femblables  cy- 
devant  alléguez,  en  la  première 
remarque  de  cette  Seélion ,  &  com¬ 
me  nous  alléguerons  encores  an  pre- 
.  mier  âge  de  la  Theriaque ,  que  les 
doBes  en  la  Médecine  luy  ont  attri¬ 
bué ,  c'efi  pourquoy ,  tous  ceux  qui 
auront  ta  crainte  de  Dieu ,  efr  qui 
feront  verses  en  leur  proféjfion  ne 
doubleront  jamais  ta  dofe  du  Me- 
conjum  dans  teurs  compofitions  o fr¬ 
einâtes  ,  ny  magiBrales. 

Mais  pour  ne  reprouver  pas  en¬ 
tièrement  l’intention,  de  l'Autheur 


SeBion  K 

des  facultez.  des  compofitions  de: 
nôtre  Pharmacopée  ,  ]e  diray  que. 
le  fujet  qu'il  a  eu  de  parler  de  la 
forte  efi  double  •,  fans  neanmoins 
qu'il  s’en  foit  expliqué  qu'en  par¬ 
tie  ,  en  difant  que  le  Méconium, 
efi  plus  imbecille  en  fis  vertus  que. 
l’Opium  :  la  raifin  de  cela  efi, qu'on 
extraiB  le  Méconium  indifférem¬ 
ment  par  expreffion  du  fite  de  tou¬ 
te  la  plante  du  Pavot ,  fuivant  le 
fentiment  de  quelques-uns ,  &  l’O¬ 
pium  fi  tire  par  incifion  des  feules 
têtes  dudit  Pavot ,  comme  rappor¬ 
te  fidèlement  le  doBe  Selon  au  troi- 
z.iéme  livre  de  fis  obfervations, 
chapitre  fii^f  »  qtii  efi  un  fuc  gras, 
laiBeux  ,  qui  contient  un  fiuphre 
beaucoup  plus  fiupefaBifque  le  refit 
de  la  plante  qui  rend  un  fuc  verd, 
fluide  &  aqueux  :  la  féconde  regarde 
les  impur etez.  qu'm  y  mêle  pour  en 
augmenter  le  poids  ,  qui  font  quel¬ 
ques  fueille  s  de  la  planté  ,&  quan¬ 
tité  de  feces  qui  fartent  d’icelle 
par  La  forte  expreffion  qu’on  en 
fait ,  qui  fait  plus  de  la  moitié 
de  la  majfe ,  &  ainfi  la  vertu  du 
Méconium  efi  plus  imbecille.  pi¬ 
ques  autres  tiennent  fuivant  le  rap¬ 
port  qui  leur  en  a  été  fait  par 
gens  du  pais  qti'on  fofiBique  l’O¬ 
pium  avec  du  fiye  de  bœuf,  que 
pour  éviter  l'une  &.  l'amre.,&  que. 
nos  compofitions  ne  foient  defè- 
Bueufes  de  la  vertu  narcotique  de 
POpium  ,  il  en  faut  feparer  les 
impur  etez.  par  voye  de  dijfolutien, 
colature  &  évaporation  ,  l’ayant 
préalablement  coupé  kpetites  tran¬ 
ches,  avec  un  couteau  un  peu  chaud,, 
aprez.  le  faut  étendre  fur  une  pU- 
tine  de  fer  chaude  ou  autre,  que 
murm 


Des  Optâtes. 


tournerez,  de  fois  h  autre  four  évi¬ 
ter  quil  ne  fe  dejfeiche  trop  fou- 
dain  ,  ou  quil  ne  fe  brhle  :  étant 
Jec  &  depoiii/lé  de  fa  mauvaife 
odeur  ou  conjîéîe  en  partie  fa  mau- 
vaife  &  pernicieufe  operation,  le 
mettrez,  en  poudre  ,  &  le  dijfou- 
dre'^dans  une  petite  quantité  d‘ eau 
chaude ,  aiguisée  de  quelques  gout¬ 
tes  d’eéfrit  de  feuphre  ,  ou  de  vi¬ 
triol  ,  le  tout  mis  dans  un  pot  de 
terre  vitré  ,  le  tiendrez,  fur  une 
chaleur  modérée  par  trois  ou  qua¬ 
tre  heures ,  efe  le  coulerez  chaude¬ 
ment  à  travers  un  linge  denfe  ou 
ferré ,  l‘expreJfion  legerement  faite 
dans  un  autre  vaijfeau  de  terre  ver¬ 
nie  à  fonds  large ,  la  ferez  évapo¬ 
rer  à  la  vapeur  de  l'eau  chaude,, 
jufques  a  ce  quil  fe  pourra  mettre 
en  poudre  avec  les  autres  ingré¬ 
dient  ,  duquel  en  faut  prendre  le 
poids  requis  par  l'Autheur. 

Nicolaus  Myrepfus  Alexandri- 
nus  ,  &  loub'ert  demandent  la  fe- 
mence  de  la  Mandragore  ,  au  lieu 
d'icelle  Bauderon  tes  Médecins 
d' Aufhourg^eux  de  Londres  & plu- 
fieurs  autres  en  leurs  Pharmacopées 
demandent  l’écarce  de  la  racine, 
fans  doute  a  raifon  que  c’efl  ta  par¬ 
tie  la  plus  froide  de’  toute  la  plan¬ 
te  ,  fuivant  Galien  ,  livre  feptiéme 
des  femples  medicamens.. 


Antidotum  Afyncritum ,  D. 
AeluariL 

Of.  Opq  t  draeh.  fex, 

Myrrha,  drachm.quinque  &  ferup. 
duos. 

Piperü  nigri ,  & 


145 

Semin.  Petrofelini,  uriufque  drach. 
quinque. 

Api},  & 

Sinapeos  ,  utriufque  drachm. 
quatuor. 

lunci  odorati,feu  Schœnant.  drach- 
mas  très. 

Amomi,  aut  fuccedanei  e]us  Cube- 
barum,  & 

Styracis  calamites ,  utriufque  drach. 
,  duos. 

Magmatü  Hedycroi  ,  drach.  unam, 
&  fcrupul.  duos. 

Cajfea  lignea  aromatica, 

Piperit  albi  ,& 

Semin.  Sifeleos  ,  fin  gui.  ferup.  qua¬ 
tuor. 

Fiat  pulvis  cum  omnium  tripler 
Mellù  deéfumati  excipiendm  & 
ufui  ajfervandus.  Opium,  Sapa 
dulci  macerandum  ,  donec  ti¬ 
que  feat.  Styracem  Mette  dedu- 
étum ,  vel  didutfum  ufurpa  ,  & 
retiqua  Uvigata  jnfeerge  in  Opia- 
ta  crajfitudinem. 

paraphrase.. 

CEt  Antidote ,  ou  Opiate ,  eft  dé¬ 
crit  par  Aétuarius  au  livre  cin¬ 
quième  ,  chapitre  fiziéme  de  fà  Mé¬ 
thode  curative,  lequel  a  pris  le  nüm. 
de  fon  effet  nomparcil ,  poiirce  qu'â* 
ne  cede  point  en  vertu  aux  aunes.. 
La  baie  cft  TOpium  mis  au  com¬ 
mencement  :  ià  nuifànce  eft  corri¬ 
gée  par  la  Myrrhe ,  Poivre  ,  de  Caf- 
lé  aromatique ,  lefquels  en  outre  for¬ 
tifient  le  ventricule ,  incifent  les  ma¬ 
tières  craflès ,  &  luy  fervent  de  vé¬ 
hiculé  :  le  Schœnanthe  par  fon  ad- 
ftriétion  corrobore  le  fcye:.les  lè- 
mencea  conduifent  la  vertu' de 'læ 
Hir  J.  bafc 


bafe  aux  reins  &  veflîe ,  &  conft- 
ment  les  vents  ;  comme  l'Amome 
&  l’Hedychroon ,  8c  le  Styrax  à  la 
matrice ,  &  detergent  les  mucofitcz 
<jui  y  font  j  avec  l'aide  du  vin  cuit, 
8c  miel  qu’ils  y  reçoivent  &  qui  don¬ 
nent  corps  à  la  compoiîrion  ,  rendent 
fon  adion  meilleure ,  8c  confervent 
les  elpeces. 

Z£  MÉLANGE. 

Premièrement  il  faut  infufer  l’O¬ 
pium  en  du  vin  cuit,  for  les  cendres 
chaudes  ,  coupé  en  petits  morceaux, 
afin  qu’il  foit  plutôt  fondu  :  aprez  il 
faut  pulverifer  les  femenccs ,  Poivre, 
Sçhœnanthe  ,  8c  canelle  dans  un 
mortier  de  bronze ,  8c  les  tamifer. 
A  part  il  faut  piler  la  Myrrhe  ,  les 
Trochifos ,  8c  Styrax.  Cela  fait ,  on 
prendra  le  triple  du  tout  ,  de  miel 
blanc  écumé  ,  &  cuit  ,  auquel  étant 
encore  chaud  on  y  dillôudra  le  Sty¬ 
rax  :  aprez  on  y  mettra  l’Opium 
dilibut  avec  le  vin  cuit ,  la  bafline 
ôtée  de  delfos  le  feu  ,  on  y  ajou¬ 
tera  peu  à  peu  les  poudres  ,  pour, 
le  tout  étant  refroidi ,  le  garder  au 
befoin. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  appaife  les  vieilles  douleurs  de 
tête  :  adoucit  'les  affections  vertigi- 
neuiès  8c  epileptiques  :  affoupit  les 
grandes  veilles  ,  ,8c  reprime  la  fu¬ 
reur  8c  alienation  d’efprit  :  tempere 
les  grandes  douleurs  des  yeux  :  re¬ 
médie  aux  defluxions  ,  douleurs  de 
dents  ,  diJfficulté  de  reipirer  :  g.uerit 
la  toux  inveterée ,  les  inflammations 
humides  8c  foiches  de  la  poiélrine  8c 


)ulmon,  lequel  il  épuife  de  tou-'', 
te  force  d’humidité  :  épailîit  les  cra¬ 
chats  fobtils ,  &  les  rend  plus  faciles 
à  l’excretion.  Il  n’eft  pas  moins  pro¬ 
pre  à  l’eftomach  ,  car  il  abforbe  fa 
trop  grande  humidité ,  diminue  fes 
naufées,  chaflele  hoquet,  appaife  le 
vomiflèment ,  refout  en  roàs  toute 
forte  d’inflation  d’eftomach  ,  &  de 
ventre  :  profite  à  la  jannilfe ,  à  lame- 
lancholic,  à  la  fievre  quarte  &  aux 
affeétions  accompagnées  de  chagrin; 
enlevé  la  dureté  de  la  ratte  :  rend  le 
teint  meilleur  :  ôte  les  obftruclions, 
provoque  l’urine  ,  chalfe  le  gravier. 
Il  eft  aulîî  fingulier  aux  fymptomes 
de  la  matrice  ,  à  la  colique ,  bref  à 
plufieurs  autres  indilpolitions ,  félon 
Aétuarius. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

I'Ay  changé  la  f  réparation  ou 
purification  de  l’Opium  ou  Mé¬ 
conium  en  la  remarque  du  Requies 
Nicolai  ,  comme  ayant  jugé  y  con¬ 
venir  mieux  quen  cet  Antidote , 
dans  lequel  on  employera  le  Méco¬ 
nium  purifié ,  comme  il  y  efi  pref- 
^rit ,  qui  Je  mettra  en  poudre  (fans 
l’infufer  en  du  vin  cuit ,  comme  en- 
feigne  l’Autheur  du  mélange  )  avec 
les  autres  ingrediens  ,  enfemhle  la 
Myrrhe ,  les  Trochifques  d’Hedy- 
chroi ,  le  Styrax,  &  pour  le  Jonc 
odorant ,  on  prendra  la  partie  la 
plsss  excellente  de  la  plante ,  qui  eft 
le  pied  ou  bout  du  Jonc  qui  porte  ^ 
la  fleur  J  comme  nom  avons  dit  cy- 
devant  en  la  remarque  du  Dialacca 
magna. 

Philo 


Livre  /.  SeBion  V. 

du 


Des  Optâtes.  .  147 


Philonium  magnum ,  feu  Ro- 
manum,  D.N.Âlex. 

Piperk  albi , 

Hyofcyarni  alhi,  utriufq.  drachm. 
qutfiq. 

Opij,drach.  duos ,  &  dimid. 

CaJJia  ligne&  aromatics, ,  & 

Cinnamomi,  utriufq.  drachm.  unam 
&  ferniji. 

Seminis  ^pij  i 

Euphorbq ,  & 

Cofti  ,fingul.  drach.unam,  {Jîhujta 
loco  tântundem  Myrrhe  vel  Ca- 
fiorei  fumpferù  hâfis  erit  emen- 
datior.  ) 

Seminum  ‘Petrofeliui 
Fœniculi ,  & 

,  Dauci  Cretici,fing.fcrup.duos, 
&  gr an.  quinq. 

Nardi  Indice  , 

Pyrethri ,  & 

Zedoarie  ,  Jîngul.  grana  quin- 
decim. 

Croci  ,  fcrup.  dimidinm. 

Mellts  optimi  def^umati,  omnium 
triplex  pondm  :  ex  une  paretur 
Opiata  ufeii  ajferuanda. 

Hoc  Philonium  fimiles  obtinet  •vî¬ 
tes  ,  quas  habet  Laudanum  Spa- 
gyricorum  ab  eis  celebratum  ;  ut 
eo  carere  pojfis. 

paraphrase. 

CEtte  Opiate  a  pris  le  nom  de 
Ion  inventeur,  nommé  Philon 
excellent  Médecin  &  Philolôphe 
Grec  natif  de  Tharfè  ,  pays  de  ïàint 
Paul  l’Apôtre  ,  lequel  pratiqnoit  à 
Rome  lors  qu’il  le  compoli  en  yers 


Elegiaques.  (  Galien  livre  neuviè¬ 
me  des  Medicamens  locaux,  chapi¬ 
tre  quatrième.)  Du  depuis  les  Méde¬ 
cins  y  ont  ajouté,  &  l’ont  furnommè 
grand,  pour  mettre  différence  des  au¬ 
tres  ,  de  fèmblai  le  Jiom  ,  moindres 
en  vertu  ;  &  Roraanum  ,  pour  ce 
qvi’il  a  ètè  premièrement  vfitè  par 
l’Autheur  même,  &  des  autres  Mé¬ 
decins  à  Rome.  La  bafè  eft  l’Opium: 
fa.  vertu  narcotique  eft  augmentée 
par  la  lufquiame ,  leur  niiiwnce  eft 
corrigée  par  l’Euphorbe  ,  fafFrany  ôc 
Caftor  mis  pour  par  leur  tenuité  de 
parties ,  incifer  &  atténuer  les  ma¬ 
tières  crallès ,  &c  vifqueufès ,  eonfîi- 
mer  les  vents  ,  &  faire  pénétrer  la 
vertu  narcotique  de  la  bafe  plus  pro¬ 
fondément,  &  corroborer  les  vilce- 
res  :  le  Miel  pour  deterger  ,  rendre 
l’aéliqn  meilleure ,  &  confèrver  leur, 
vertu. 

LE  MELANGE. 

A,  parc  il  faut  pulyerifèr  le  fàffran, 
&  l’Euphorbe  :  le  refte  fc  pulverife- 
ra  facilement  enfèmble,  &  taraifera,. 
puis  le  tout  fera  mêlé.  Cela  fait ,  on. 
prendra  du  miel  blanc  écumé,  Sc  cuit. 
le  triple  de  la  poudre  ,  laquelle  la. 
baffine  ôtée  de  dellus  le  feu,  Sc  le 
miel  encore  chaud  fera  mêlé  pai  k 
peu,‘&le  tout  gardé  au  befbin.  On. 
ne  doit  ufèr  de  cette  Opiate  de  fix 
mois  aprez  pour  la  quantité  de  Inf^ 
quiame,  &  Opium  qui  y  encrent.  Dix 
ans  aprez,  leur  froideur  eft  furmon-- 
tée  par  les  autres  medicamens  chauds, 
&par  confèquent  eft  de  peu,  ou  de. 
nulle  valeur. 

La  dofe  pour  les  robuftes  ,  eft  la: 
grolïèiir  dmne  avellaine  5,  pour  les 
debii 


X4S  Livre  L 

dcbiles ,  d’une  fere  :  pour  les  enfans, 
d’un  pois  chiche  ,  avec  une  deco- 
6tion  convenable.  Galen.  12.  Me- 
thodi. 

LES  FACFLTEZ. 

On  le  donne  en  la  plcurefie  ,  co¬ 
lique  &  en  toute  douleur  interne  :  il 
provoque  le  Ibmmeil  ,  arrête  le  fang 
qui  fluë  des  parties  internes  :  il  eft 
excellent  aux  naulées.  Il  appaife  les 
douleurs  du  ventre ,  du  foye  ,  de  la 
latte,  des  reins  caiifées  d’intempera- 
qire  froide  ,  de  vents  &  d’humeurs 
crues,  &  faitpaiTcr  le  hoquet. 

REMARQ.VE. 

CEtte  Opiate  a  été  tranferite  du 
chapitre  771.  du  livre  de  Ni- 
colam  Alexmdrinm  &  différé  feu¬ 
lement  de  L’Opium ,  &  de  la  dofe 
du  faffran  que  Salernitanm  nen 
met  que  detny  fcrupule ,  pour  demy 
drachme ,  nonobfiant  ce  \‘ay  corrigé 
le  nom  de  l’Autheur  d’où  Baudersn 
l'a  tranferite ,  par  ce  que  jeflime 
que  l’ Imprimeur  a  omit  l’Opium, 
comme  auffi  changé  la  dofe  du 
faffran. 

Il  faut  icy  exallement  préparer 
le  Méconium,  comme  V avons  décrit 
au  Requies  Nicolai ,  &  l’Euphorbe 
auffi  doit  être  préparée  avant  que 
l’employer  en  cette  compofition  ,  & 
en  toute  autre  defiinée  intérieure¬ 
ment  ,  pour  modérer  fon  acri¬ 
monie, 

le  m’étonne  de  ce  que  Bauderon 
qui  étoit  fort  prudent  ait  voulu 
preferire  la  dofe  du  Philonium  Ro- 
manum ,  à  lagroffeur  d’une  avellai- 


SeBion  V, 

ne  pour  les  plus  robufies ,  &c.  En 
cela  il  n’a  point  fuivy  Nicolaus  Sa- 
lernitanus  qu’il  appelle ,  duquel  il  a^ 
emprunté  la  defeription  cy-deffus, 
ny  Nicotatu  Alexandrinut ,  qui  di- 
fent,  Datur  in  modum  faba  «Ægyp- 
tiaca.  le  ne  diéfuteray  point  icy  de 
la  groffeur  de  la  feve  d’Egypte, 
avec  celle  de  l'avellaine  -,  mais  je 
diray  qu’il  y  peut  avoir  du  dan¬ 
ger  de  le  donner  ainfi ,  parce  qu’il 
y  entre  deux  grains  d' Opium  par 
drachme  ,  &  que  nous  avons  des 
neifettes  ouavellaines  que  d’en  don¬ 
ner  de  leur  groffeur ,  on  en  donne- 
roit  jufqu’a  trois  drachmes  ,  qui 
contiendroiant  fx  grains  d’ Opium: 
qui  fans  difficulté  cauferoient  quel¬ 
que  finifire  accident.  C’efi  pour- 
quoy  toute  précaution  obfervée ,  j'e- 
fiime  qu’on  doit  regler  la  dofe ,  com¬ 
me  celle  du  Philonium  Perficum  dé¬ 
puis  demy  drachme  jufques  à  une 
drachme.  Et  pour  le  Poivre  blanc, 
de  même  qu’au  fuivant ,  il  faut  lire 
feminis  Papaveris  albi. 


Philonium  Pcrficiim  ,  D.  MeÜ 

TyL.  Seminum  Papaveris  albi,  & 
Hyofcyamhalbi,utriufq.drach. 
viginti , 

Opi]  ,& 

Terra  Sigillata ,  utriufque  drach. 
decem. 

Sedenegi,  id  efl,  Lapidis  Hamatitis, 
CrocijUtriufq.  drach.  quinque. 
Caftorei , 

Spica  Indica, 

Euphorbq , 

Pyrethri , 

Margaritarum  integrarum , 


Kara 


D&t  Opiates.  149 


fCnrAhe,  feu  Succini , 

ZedoariA , 

'  Doronki  vel  tantmdem  Snuiœ  Cam- 
pan£,  & 

TrachiÇcormn  Rarnkh  ,  fin  g.  drach. 
moim. 

Caphura  rfcrup.  unnm. 

Mellis  Rgftti  omnium  triplex  pon¬ 
dus,  fiat  Opiata.  Défis  erit  à 
drachm.  femfi.  ad  drachmam 
unam  cum  fucco  Arnoglojfi,  aut 
aqua  Rofarum ,  cum  pauco  vini 
riihri  puri. 

PARAP  H  RASE. 

CEtteOpiate  ne  fe  trouve  point 
en  l’Antidotaire  de  Meiùé  ;  mais 
à  la  fin  du  chapitre  du  flux  de  fan  g 
par  la  boiiche,de  fa  Pratique,  lequel 
il  a  emprunté  d’Avicenne  Canon  5 . 
lômme  r .  traitté  i .  qui  met  au  com¬ 
mencement  le  Poivre  blanc  &  non  le 
Pavot  :  qui  demonftre  que  nos  exem¬ 
plaires  en  ce  lieu  font  dépravez,  joint 
que  j’ay  leu  en  un  exemplaire  fort 
vieux  de  Mefué  Piperis  albi,&  nonPa- 
paveris  albi,auffi  qu’en  nulle  deferip- 
tion  nous  ne  lifons  Papaveris ,  mais 
Piperis ,  lequel  a  grande  vertu  de  re¬ 
primer  la  mauvaife  qualité  du  luC- 
quiame,  &  Opium ,  &  non  le  Pavot, 
duquel  il  eft  la  liqueur  qui  fort  des 
tetes  de  ce  dernier.  La  bafe  eft  IX)- 
pium  8c  lufquiame,  leur  nuiiànce  eft 
corrigée  par  le  Caftor,  Euphorbe  8c 
faffran  :  leur  vertu  incraflante  eft  aug¬ 
mentée  par  laTelre  fcellée,  ou  Bol 
de  Levant ,  Pierre  Hematice,&  Tro- 
chife  de  Ramich.  Les  autres  y  font 
iras  pour ,  par  leur  tenuité  de  parties 
incifer  ,  atténuer  ,  &  deterger  les 
matières  erafles  &  viiqueufes,  &  pour 


les  faire  penctrer  jufques  aux  parties 
les  plus  éloignées  ,  &  corroborer  le 
ventricule,  foye,  cœur,  ratte  ,  reins, 
veffie,  &  matrice.  Le  miel  deterge 
donne  corps ,  conforve  les  efpeces,  8c 
rend  leur  aétien  meilleure. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  piler  chacim  à  part  la  Terre 
foellée  ou  le  Bol  d’ Arménie  qui  n’aura 
de  la  vraye,  la  pierre  Hématite ,  le  faf¬ 
fran,  l’Euphorbe,  les  Perles ,  le  Kara- 
bé ,  le  Camphre ,  8c  les  Trochifes  de 
Ramich  :  les  autres  fe  peuvent  pulvc- 
rifor  enfemble  8c  tamifer  fi  fubtilc- 
ment  qu’on  voudra ,  puis  on  Les  mêle¬ 
ra  avec  les  fusnommez.  Le  miel  rofàc 
coulé  cuit  8c  pefé  au  triple  des  pou¬ 
dres,  la  baffine  ôtée  de  delliis  le  feu, 
&  à  demy  froid,  on  la  l’y  mêlera  peu 
à  peu,  pour  le  tout  étant  froid ,  le  fer¬ 
rer  au  befoin. 

LES  FACFLTEZ. 

Cette  Opiatc  arrête  le  fàng  de 
quelque  part  qu’il  fluë,  comme  celuy 
des  purgations  immodérées ,  des  he- 
morrhoides  &  de  toute  excrétion 
d’iccluy ,  foit  par  le  fiege  ;  retient  le 
fœtus,  8c  empêche  l’avortement. 

REMARQJ/E. 

LS  s  quatre  different  exemplaires 
en  éditions  que  fay  fouvent  ci¬ 
tez.  de  Mefué ,  &  le  manuferk ,  dé¬ 
crivent  le  PMonium  Perficum  au 
lieu  fus  allégué  par  l'Autheurde  la 
Paraphrafe,en  propres  terme6,1tfi.Pa- 
paveris  albt,  &c.  &  au  contraire  en 
quantité  dé autres  Autheurs  nom 
li  lifons 


ijô  Lhre  J. 

Ufons  dans  leurs  Diffenfaires  Pipe- 
ris  albi  &  dans  ceux  de  Bruxelles, 
de  Luys  Oviedo  Boticario  en  Bda- 
drid ,  de  J^aterim  Cordm  ,  du  The- 
Jjiurus  xiromatariorum &  Lumen 
,  Âpothecariorum ,  nous  y  liforis  aujft 
Papaver,  albi,  ainjt  que  fay  vérifié, 
dequoy  je  demeure  fiurpris ,  &  fi  ce 
nefi  pas  un  erreur  de  V Interprète 
d’Avicenne  ou  des  premiers  Im¬ 
primeurs  de  ces  œuvres  ,  comme  il 
ny  à  que  trop  d'apparence ,  je  vou¬ 
drais  bien  fiçavoir  de  ceux  qui  y  ad¬ 
mettent  le  poivre ,  fur  quoy  ils  fie  fon¬ 
dent,  à  moins  que  ce  fait  fur  l'autha- 
rité  d’ Avicenne  qui  le  décrit  ainfi-, 
mais  cela  étant  on  le  luy  devait  at¬ 
tribuer  plutôt  qu’à  Me  fié ,  comme 
fiant  tous  ceux  qui  le  décrivent.  le 
doute  aujfi  ,fi  vingt  drachmes  de  fie- 
mence  de  Pavot  blanc  fiéroient  capa¬ 
bles  d'avoir  fiait  quelque  imprejfiion 
dans  leur  ejprit ,  pour  leur  faire  ap¬ 
préhender  quelque  mauvais  fiuccez 
veu  la  quantité  de  Narcotiques  qui 
entrent  dans  la  compofition,  &  qu'en 
fiaplace  on  y  ait  mis  le  poivre ,  pour 
les  corriger ,  c  efi  en  quey  il  n'y  a, 
rien  à  craindre, car  cette  fmence  n'a 
rien  qui  approche  des  qualitez  & 
vertui  de  l’  Opium  non  plus  que  là  fie- 
mence  de  la  lufquiame  blanche  qui 
rafi'aichijfient  firnplemét  fit  elles  parti¬ 
cipaient  de  quelque  mauvaifie  qualité 
étant  recent  es  ,  ce  qui  n'efi  pas  croya¬ 
ble,  en  perdant  leur  humidité  elle  fie 
perdrait  de  même  que  la  vertu  nar¬ 
cotique  des  têtes  de  Pavot  fie  perd, 
par  la  deficcation  de  leur  humidité. 
Il  y  aurait  de  jolies  chofies  à  dire  fur 
ce  fiu-et,  que  j'omettray  ,  étant  fiatis- 
fdit  de  la  vetité  par  l’experience 
qfie  f  en  ay  faite  en  beaucoup  de  ren- 


Seâion  V, 

contres..  gifeft-il  donc  a  craindre  ? 
fiera-ce  l’Opium,à  caufie  que  certains 
difient  qu'il  efi  froid  au  quatrième 
degré,  quand  cela  fierait ,  qu’il  en  efi 
bien  éloigné  ,  âpre  fient  nous  mus  fier- 
vons  intérieurement  de  fion  extrait 
tout  pur,  il  y  a  en  cor  es  dans  la  corn, 
pofition  d'ingrediens  chauds  qui  k 
furmontent  de  beaucoup  en  poids  qui 
corrigeroient  fiafioideur  :  de  pim  la 
fiupputation faite,  ellepefie  huit  oûces 
cinq  drachmes  ,  fans  y  comprendre 
l'Opium  &  trente  onces  de  miel  Ro- 
fint  coulé  pour  incorporer  la  poudré, 
de  là  on  peut  juger  qu’il  n’y  d  d’O- 
pium  en  fiubftance  qu  environ  fii- 
^  grains ,  par  once  d’Eleêtuaire , 
revenant  à  deux  grains  par  dràkh- 
me,  &  la  dofie  efi  de  demy  jufiqùehà. 
une  drachme  ,  c’eft  pour  quoy  ,  en  me 
rangeant  du  côté  de  Mefiué  &■  de 
ceux  qui  admettent  la  fiemence  de 
Pavot  blanc  dans  cette  Opiate ,  fay 
remis  la  deficription  fiuivdnt  [on 
Autheur. 

Vhe  autre  difficulté  fie  pre fiente  fr 
le  Scedenegi  j  ou  Sedenegi  ,  que  l’in- 
terprete  des  Synonymes  de  Mefé  ex¬ 
plique  pour  Blatta  Biz.antia  :  &■  ee- 
luy_  d'Avicenne  luy  donne  diverfis 
explications,  une  fois  l'explique  pour 
Hématites,  une  autrefois  pour  Àn^- 
lon,  &  autrefois  pour  Seminis  GrarM- 
torum  ;  &  en  Serapion  pour  Lapis 
H&matites.  Ceux  qui  n'auront  pas 
l'un,  fie  pourront  fiervir  de  l’autre,  en 
prenant  toîtjours  le  plus  adftring^t. 
L’Opium  ,  fiera  purifié  comme  itefi 
cy- devant  dit  en  la  Remarque  du 
Requies  Nicolai  -,  l’Euphorbe  de  me¬ 
me  doit  être  corrigé  par  une  prépa¬ 
ration  qui  luy  rabate  fion  acrimonie- 

Mafâ: 


Des  Optâtes,  151 

mis  au  triple  donne  la  forme  Sc  con- 
ferve  le  tout. 

Mufa  Ænea  five  Zazenea ,  feu 

Egetea.  ^  ^  E  L  ^  N  G  E. 


Cafiorei, 

Myrrhét, , 

Opij, 

Piperü  longi ,  & 

...  Nigri, 

Calbani , 

CiruMmomi , 

Radicum  Ehu,  id  efi,  Vhleriamt  ma- 
]orü, 

Meu  vel  fuccedami  ejm  femi- 
nis  Sifeleos. 

Bauci  Cretici , 

J.fari,  & 

Croci,J(fig.  unciam  femip. 

Fiat  pulvis  Melle  delpumato  ,  ,  vel 
Sapa  excipiendus  in  Opiatam. 

paraphrase. 

MVfa ,  eft  le  nom  de  rAutheur 
de  cette  Opiate ,  grand  Phi- 
lofophe ,  Sc  Médecin  :  le  furnom 
d’Ænea  vient  de  fa  couleur  j  appro¬ 
chante  à  l'Airain,  La  bafe  eft  le  Ca- 
ftoreum  mis  au  commencement  : 
fa  veftuinciiîvej  atténuative  j  deter- 
five  &  conlbmptive  ,  eft  augmentée 
par  les  autres  ingrediens  ,  qui  aulE 
conduifent  û  vertu  -en  divers  vifee- 
res  ;  l’Opium  y  eft  mis  pour  repri¬ 
mer  leur  grande  chaleur ,  ôc  empê¬ 
cher  leur  exhalation  foudaine  ,  Sc 
les  rendre  de  plus  longue  durée, 
&  aprez  à  fe  fermenter.  On  n’en 
doit  ufer  que  le  corps  auparavant 
n’ayt  été  purgé  ,  3c  non  de¬ 
vant  fjx  mois  ;  le  Miel  ou  vin  cuit 


L’Opium  &:  Galbanum  avec  les 
autres  facilement  fe  pulveriferont ,  Sc 
à  part  la  Myrrhe  &  fafttan  :  le 
Miel  écumé  &  cuit  ,  ou  le  vin  cuit 
mis  au  triple'  ,  fera  mêlé  avec  lés 
poudres  peu  à  peu  étant  encores 
chaud  ,  puis  le  tout  fera  gardé  au 
belbin.  C’eft  un  excellent  remede 
(quoy  qu’il  fbit  peu  ufité  )  pour  appi- 
fer  lesgrandes  douleurs  procedées 
de  la  pituite  vitrée. 

ZES  FACFLTE  Z. 

Elle  corrige  l’intemperie  froide, 
diffipe  les  vents,,  3c  appaife  les  dou¬ 
leurs  d’eftomach ,  du  colon  ,  de  la 
ihacrice  &  des  vents  qui  en  procè¬ 
dent.  Remédié  à  la  difficulté  d’uri¬ 
ne  :  rend  les  femmes  fécondés  pris 
iiiterieurement  ,  &  en  peflâire  avec 
laine  &  huile  de  lis  mis  au  col  de 
la  matricel 

REM  ARQ.V  E. 

Auvageon  en  voyant  &  revoyant 
cette  Pharmacopée ,  an  lieu  d’en 
corriger  les  fautes,  comme  il  dit  avoir 
fait  en  fin  avis  au  leüeur,  il  efi  tres- 
veritiéle  qu’il  les  a  plutôt  multi¬ 
pliées  que  corrigées  ,  ainfi  qu’il  pa¬ 
rait, que  de  fix  defiriptiens  de  com- 
pofition  ,,  il  en  a  laijfé  une  d’impar¬ 
faite ,  c’efi  d  dire  quil  a  faute  ou 
ot/iis  quelque  ingrédient  ,  dépravé 
quelque  dofe,  ou  autrement ,  comme 
en  celle-cy,oH  il  a  oublié  le  Cinnamo- 
I  i  Z  mum- 


Livre  L 

mum.  Ces  ^utes  font  fi  frequentes 
qu'il  eft  diffcile  de  fie  pouvoir  fervir 
d'aucune  de  ces  trois  éditions  fans 
tomber  »n  ces  erreurs  ,  à  caufe  qu  el¬ 
les  font  également  fautives  ;  qui 
prendra  la  peine  de  le.  vérifier , 
me  fiaura  gré  du  foin  que  fay. 
pris  de  travailler  fur  Bauderon 
pour  reparer  les  breches  que  les 
f-equentes  éditions  qui  s'en  font  fai¬ 
tes  y  ont  laijfé glijfer  en  très-grand 
■nombre  qui  la  rnena^oient  d'une  en¬ 
tière  ruine^ 

En  pafant  outre  pour  continuer 
mon  defiein  »  fay  remarqué  que 
Bauderon  dit  Seminis  vel  radie. 
Meu  (  vel  fuccedanei  ejus  femi- 
nis  Sifeleos  )  Au  premier  ,  Âfefaé 
en  tous  mes  exemplaires  avec  les 
Moines  demande  le  Meu  ,  qui 
ejé  la  racine  comme  la  partie  la 
plus  excellente  de  la  plante  &  non 
la  femence  :  Au  fécond  il  met  pour 
'  fuccedanêe  la  femence  du  Sefeli , 
au  lieu  que  Méfié  demande  pour 
fubfiitut  du  Meu  le  Pfy Ilium ,  le¬ 
quel  fentiment  il  faut  Jkivre  plu¬ 
tôt  qu’aucun  autre  ,  par  ce  qu'on 
luy  attribue  la  compofition.  L'O¬ 
pium  doit  être  purifié  ,  comme 
avons  dit  &  dirons  encores  en 
la  Theriaque  ,  pour  rafiaichir  la 
mémoire  de  l’Artifie.  l'ay  remis 
•  le  Cinnarnomum  en  la  defeription 
cy-deffus. 


Aurea  Alexandrina,  D.  Nicol. 
Alexand.. 

Afari , 

Carpobalfami  ,  vel  hujùs  loco  fume 
femen  Terebinthi ,  vel  Lentifci, 


SeSlion  V, 

vel  Cubebas  ex  Galeno.  ,,v 
Seminis  Hyofeyami  albi  ,  finguL 
drach.  duos  &  femifi.  ■ 
Caryophyllorum , 

Opij  Thebaici  tanquam  optimiy 
Myrrha ,  & 

Cyperiyfing.  drach.duas, 

Balfami  vel  fuccedanei  Olei  Caryo¬ 
phyllorum,  vel  Nue.  Mofehate, 
Cinnamomi  optimi ,  vel  Canella  fe- 
leBa , 

Folij  Indici  ,  feu  Malabat hri , 
Zedoaria , 

Zingiberis , 

Coin , 

Coralli  rubri , 

Cajfia  ligne  a  aromatica , 

Euphorbq, 

Tragacanthi, 

Ehuris  , 

Styracis  calamites 
Salvia  ,  cum  Myrepf  potius  quam 
Saliunca  cum  Salernit. 

Meu  Athamantici , 

Cardamomi ,  cum  Salernit.  &  non. 

cum  Myrepfa. 

Seminis  Sefeleos , 

Sinapi,  cum  Myrepfo  potius  quant 
Napi  cum  Salernit. 

Saxifiagia 
Anethi ,  & , 

Anifi  yfitig.  drach.  unam. 

Xjtloaloes ,  hujus  penuria  fume  San- 
talum  citrinum. 

Rhapontici  ,  cum  Myrepfo  potius 
quam  Rhaharb.  cum  Salem. 

-  Trochifeor.  Alipta  mofehata, 
Caftorei , 

Spica  Nardi , 

Galanga  ex  China  ad  nos  allata  > 
Opopanacis , 

Anacardij , 

Mafiiehes 


Des  Opium.  255 


SHlfhurii  ■•vivl ,  feu  crudi  >  Ô'  ignem 
experth 
F«oni£, 

Eryngii, 

Rofarum  ruhrarum. 

Thymi, 

Acori  •veri  ,  feu  Calami  (H'omatici 
officinarum. 

Pulegii 

AriJlolochiiii  longit) 

Gentiane, 

Corticis  radicum  JlSandragore, 
Cham&dryos 

Phu ,  id  efi ,  Valériane  ma]orü, 

'  Baccarum  Lauri, 

Semin.  Ameos ,  (ÿ" 

Dauci  cnm  Salernit.  &  mn 
cum  Afyrepfo. 

Piperii  longi ,  & 

Albi  ,  (  hujus  penuria  Jùm, 
nigri  tantundem.) 
'ACylohalfami ,  vel  furculorum  Len- 
tifci ,  vel  Terebinthi 
^min.  Amemi ,  vel  fuccedanei  ejus 
Va  Acori  veri  cnm  Galeno. 
Carnabadii ,  id  efi ,  Carvi, 
Petrefelini  Jidacedonici ,  vel  ejus 
penuria  nofiratk , 

Lybtfiici,  vulgo  Levifiici, 

Buthe , 

Sinoni ,  feu  Apii  montani  ,  fin  cul . 

dracLfemiji  ^ 

'Poliorum  Auri  purij& 

Argenti, 

BSar garitarum  fitendidarum,- 
Blatte  Bisianne,^ 

OJJis  cordis  Gemini  ,fingul.fcrHpul. 

unurn  gran.  xiij. 

Pamenti  Eboris 

Calami  aromatici  veri  ,  fin  autem 
Acori  veri ,  & 

Pyrethri ,  fing.gr an.  novern ,  &  non- 
Myrepfo,. 


JlSellü  Attici  ,  vel  Sacchari  albi 
quantum  fuffcit. 

Technicè  paretur  Opiata ,  ufiti  re- 
ponenda . 

Scholia. 

Si  hec  defcriptio  conferatur  cum 
ea  Nicolai  Myrepfi  SeBione  i .  An- 
tidotorum  ,  cap.  i.  feptem  defide- 
rantur ,  nempe  Garnis  Palmularum 
feu  EaByli ,  Rad.  Behen  albi  ,  & 
rubri ,  fingul.  drachm.  femiji.  La- 
pidis  Saphyri,  Smaragdi  ,&  laifi- 
dis ,  fingulorum  drachm.  i .  Nucis 
Avellane ,  drach.  q.  Contra  in  ea 
Myrepfi  Cardamomum  defidera~ 
tur.  In  reliquis  canfentiunt. 

T  ARA  P  H  RA  SE. 

CEtte  Opiacé  (  comme  les  fui- 
vantesj  eilvrayement  Antido¬ 
te  ,  laquelle  a  pris  le  nom  de  l’Or 
qui  y  entre ,  bien  qu'en  petite  quan-- 
tité ,  &  le  lîirnom  d'un  grand  Mé¬ 
decin  &  Philolophe,  nommé  Ale- 
xandte  J  qui  l'a  inventée ,  &  le  pre¬ 
mier  mis  en  ulàge,  &  Salernicanus 
l'a .  empruntée  de  Myrepfus  au  licit 
prèallegi'é.  La  bafe  cft  l'Opium ,  la. 
vertu  réfrigérante  &  flupefaclivejdu- 
quel  eft  augmentée  par  le  lufquia- 
mc  blanc  >  &  écorce  de  Mandrago¬ 
re  ;  leur  nui/ànce  eft  corrigée  par  la. 
Myrrhe ,  Euphorbe  Caftor  &  Ana¬ 
cardes,  Leur  vertu  eft  conduite  an 
cerveau  par  les  Gerolies ,  Sauge  ,  Pi¬ 
voine  j  bois  d'Aloes Caftor  &  En¬ 
cens  :  aux  poulinons  5c  poiébrine 
par  le  Souphre  vif  j  Thym ,  Pulegej. 
ôc  Gomme  Tragacanth  :  au  cœur  par. 
les  Marguerites  ou  Perles  j.Blatta  Bi- 
li  3  zan. 


2,^4  Livre  L 

zanria ,  Or  j  Argent  >  os  de  cœur  de 
Cerf,  &  Ivoire  :  au  ventricule  par 
le  Maftich  ,  Canelle  ,  Callè  aroma¬ 
tique  ,  Gingembre,  Poivre  ,  Galan- 
ga  ,  Rôles ,  &  Corail  qui  le  forti¬ 
fient  :  à  la  ratte  ,  reins  ,  vcffie  ,  ma¬ 
trice  ,  &  foye ,  toutes  les  fèmences. 
Cardamome  ,  Acore ,  Canne  odo¬ 
rante  ,  Gentiane,  Ari'ftoloclie ,  Cha- 
mædrys,  le  Baume  &  les  parties, la 
Valeriane,lesTrDdi.ilGS  d’Alipta  moC- 
ehata ,  le  Rliapontic  ,  bois  d’Aloës, 
Meori, Folium  Indum  ,  Zedoaire,&c. 
tous  lelquels  incifent,  atténuent,  dé¬ 
tergent  ,  &  confument  les  vents, 
defbpilent  les  conduits  bouchez  par 
le  pblegme  cras ,  épais  &  vifqueuy, 
&c  font  pénétrer  la  vertu  de  la  ba¬ 
ie,  jufques  aux  parties  les  plus  éloi¬ 
gnées.  Le  Styrax  ,  &  Opopanax ,  y 
font  mis  pour  ramollir  la  dureté  du 
foye  &  de  la  ratte  ,  qui  y  pourroit 
être,  &  nettoyer  la  matière  y  re¬ 
tenue.  Le  miel  eft  icy  meilleur  que 
le  foccre  ,  lequel  rend  leur  aérion 
meilleure ,  donne  la  laveur  ,  confer- 
ve  longuement  leur  vertu.  De  ma¬ 
niéré  qu  on  peut  dire  que  cet  An¬ 
tidote  eft  une  boutique  d’Apothi- 
cairc  enclofc  en  un  pot ,  à  toute  for¬ 
te  de  maladies  froides  du  cerveau, 
poulinons,  ventricule,  inteftins,  foye, 
ratte,  reins ,  vcflje  ,  matrice ,  &  join¬ 
tures  ,  &  vrayement  A  urée ,  &  di¬ 
gne  d’être  préférée  à  baucoup  d’au¬ 
tres, 

LE  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  trituration 
on  metra  les  bois ,  racines  ,  écor¬ 
ces  ,  os  de  cœur  de  cer-f  limé  & 
l*0Hgle  odorante.  Au  fécond  oh 


Seâion  V. 

mettra  toutes  les  Icmences  fruits, 
Opopanax  ,  Caftor  ,  l’Opium  inci¬ 
sé  ,  l’huile  de  Gerofle  ou  Mulcadc, 
pour  le  Baume  de  ludée  ,  qui  em¬ 
pêchera  que  rien  n’adhere  au  mor¬ 
tier  ,  ou  pilon ,  &■  n’exhale.  Au  trei¬ 
ziéme  rang  on  mettra  les  herbes ,  le 
Thym ,  &  les  Rofes. 

À  part  il  faut  pulverifer  la  Myr¬ 
rhe ,  l’Euphorbe ,  le  Corail ,  &  Per¬ 
les  J  la  Gomme  Tragacanth,  l’En¬ 
cens  ,  le  Styrax ,  les  Trochifos  d’A¬ 
lipta  Mofehata ,  le  Maftich  ,  le  Sou- 
phre  vif,  &  l’Ivoire.  Cela  fait,  tou¬ 
tes  ces  matières  lèront  mêlées  au 
mortier  ,  piiis  on  y  ajoutera  les 
fueilles  d’Or  ,  &  d’Argent  :  aprez 
on  prendra  trois  fois  autant  pe- 
fant  de  miel  blanc  écumé  &  cuit, 
en  iccluy  encore  chaud  ,  la  baflîne 
ôtée  de  deffus  le  feu  on  dilibudra, 
ou  mêlera  la  poudre  peu  à  peu  ,  pour 
le  tout  refroidy  conferver  dans  un 
.  pot  au  befoin.  L’on  ne  doit  ufer 
de  cet  Antidote,  ou  Opiate,  dqftx 
mois  aprez  là  compofition  ,  pour- 
ce  que  la  vertu  de  l’Opium  domi- 
nç  ,  que  la  fermentation  n’eft 
pas  encore  faite  ,  fi  ce  n’eft  pour 
quelque  douleur  procedée  de  matiè¬ 
re  chaude.  Vn  an  aprez  elle  coiti^ 
mence  d’entrer  en  fa  force  jnfques  à 
quatre  ,  de  là  julqu’à  huit  ou  dix  fe 
maintient ,  puis  commence  peu  à  peu 
à  diminuer. 

LES  FACVLTE  Z. 

Cette  Opiate  eft  excellente  aux 
fluxions  du  cerveau  causées  de  ffoîdj 
dont  elle  appaife  foudain  la  dou-- 
leur  ,  arrête  les  larmes  des  yeux, 
gueflt  les  douleurs -des  -dents  ,,pri- 


Des  Opiatts, 


fe  en  breuvage,  &  appliquée  :  foa- 
lage  entièrement  les  cpilcpfies  Ibu- 
daines  :  appaife  les  mouvemens  ex- 
ceflifs  &  déréglez  des  furiaix ,  & 
toute  lorte  dd  douleurs  de  tête,  en 
general.  Elle  aide  aulE  aux  phthi- 
liqueSià  ceux  qui  onrdes  toux  in¬ 
vétérées  ,  iSc  qui  ne  crachent  qu'à 
peine; aux  affections  cardiaques,  & 
à,  ceux  qui  crachent  le  fang.  Elle 
eft  encores  propre  à  la  déclination 
des  maladies  de  côté  &  des  vifee- 
res  :  brife  les  pierres ,  guérit  la  dif¬ 
ficulté  d'urine,  &  difcute  tous  les 
vents  de  la  matrice.  Prife  devant  l  ac- 
cez  ,  elle  foulage  les  fievres  quo- 
tidienes,  tierces,  &  quartes.  Bret  qui 
ufêra  fÔLivent  de  cet  Antidote ,  ne 
fera  point  flijet  ny  à  l'apoplexie,ny  à 
la  colique. 

REMARQyE. 

TOus  les  quatre  Nicolas  les  pins 
connem  qui  ont  écrit  de  la  com- 
pejîtien  des  medicamens  ^fça-voir  Ni- 
colaus  Aléxandrinus,Nicolam  Jlsfj/- 
repfus  AlexandrinuSi  Nicolaus  Pra- 
pojitus,  &  celuy  qu  on  appelle  Ni- 
eolaus  Salernitanus  ^  décrivent  dez.. 
l'entrée  de  leurs  x4(itidotaires  l‘Au- 
ree  Alexandrine  :  ces  quatre  Au- 
theurs  devaient  mettre  en  peine  Bau- 
deron  ,  feus  le  nom  do  qui  il  la  de- 
"voit  rapporter ,  fans  contredit ,  s'il 
eut  veu  les  oeuvres  de  ce  premier, 
comme  le  plus  ancien  des  quatre,  ■ 
il  la  luy  aurait'  attribuée ,  plutôt 
qu'a  Salernitanus  ,  tant  pour  l'a¬ 
voir  décrite  le  premier  ,  que  pour 
luy  avoir  donné  le  furnorn  quelle 
porte ,  fuivant  quelques  -  uns. _  Et 
quoy  que  dans  le  livre  qu’il  a  coms- 


^55 

posé  des  medicamens  locaux  ,  U 
ait  emprunté  de  divers  Autheurs, 
pour  fatisfaire  ,  ainfi  qu’il  dit  en- 
fin  Ep/tre.  au.  Leüeur  ,  à  la  per- 
fuafion  d'aucuns  de  fis  amü  ,  U  y 
a  inféré  beaucoup  de  compofitions 
qui  ne  font  pas  de  fin  invention, 
Celle-cy  s'y  trouve  ,  comme  je  viens 
de  dire  au  premier  chapitre  plpu 
correétement  décrite  que  chez,  les 
autres  Nicolas  ,  .je  ne  ni  arrêt  eray. 
point  a  relever  les  defeéiuofitez.  des 
unes  &  des  autres  ,  non  pim  que 
de  celle  qui  efi  décrite  en  l’Anno¬ 
tation  quAgricola  a  faite  fur  la 
même  compofition  de  Nicolam  Ale¬ 
xandrins  i  mais  la  vérité  efi,qu’ en¬ 
tre  les  Autheurs  qui  la  décrivent» 
il  s’en  trouve  peu  qui  en  donnent 
une  vraye  defeription  ,  qu’il  fl’y 
ait  faute  de  quelque  ingrédient, 
ou  en  leurs  dofes.  Bander  on  en  fa 
première  édition  de  l'an  1588.  en 
fa  fécondé  de  l’an  1  ^  troi'jjéme 
de  l’an  1603.  &  quatrième  de  l'an 
160 J.  en  ceü.e  qui  efiimpriméé in- 
folio  en  Angleterre  ,  l’an  1035». 
Antidot  air  es  de  Nicolam  Myre-- 
P  fus  Alexanârinus ,  de  Nicolaus- 
Pr&votius ,  &  de  Nicolaus  Saler-- 
nitanus ,  on  y  lit  Fol.  Auri  purî, 
Argenti ,  Margaritarum  aïbarum, . 
Blatta  BiXantia  ,  &  Offis  cordis  ^ 
Ceruini ,  fingul.  gran.  xiiij.  au  lieu 
que  dans  Nicelaus  Alexandrinus, 
on  y  lit  Folior.  Auri  puri ,  Ar.gem- 
ti ,  &c.  ana  fcrupul.  unum  &  gran. 
xtij.  qui  eft  la  légitimé  dofi  que  ' 
nous  devons  retenir  avec  Bernard 
Dejfennio  de  Crunenburg.  Et  dans 
toutes  les  éditions  de  le  an  loft,  com¬ 
mentées  par  Sauvageon  ,  &.  dans  - 
celles  qu'on  a  imprimées  du  depuis, . 

l’errcurr 


Livre  h 

l’erreur  efi  incomparablement  plus 
grande  en  ce  qu’en  y  lit  Foliorum 
Auri  ,  Argenti  ,  &c.  fingulorum 
drachmoi  quatuordeeim,  C’efi  ce  qui 
doit  faire  rejetter^  de  nos  boutiques 
toutes  ces  Pharmacopées  fautives 
qui  courent ,  puifque  l’authorité  de 
ceux  fous  lefquels  elles  s’impriment 
tous  les  jours  en  authorifent  les 
fautes  ,  qui  s’y  glijfent  par  leur  né¬ 
gligence.  En  cela  Mejfieurs  les  Mé¬ 
decins  ,  les  Apothicaires  peu  foi- 
neux  de  leur  honneur ,  &  le  pu- 
lic  particulièrement  '  ny  peuvent 
être  que  trompez..  l'efiime  en  avoir 
affe"^  dit ,  pour  avertir  un  chacun 


Se&ion  V. 

fur  les  fautes  de  cette  compojîtion, 
pour  pajfer  au  mélange  de  Baude- 
ron,  qui  veut  que  le  Baume  ou  fort 
fuhéîitut  foit  mêlé  avec  les  ingre- 
diens  ,  pendant  qu’on  les  pilera, 
pour  empêcher  que  rien  n  adhéré 
au  mortier ,  &  n’exhale  j  au  con¬ 
traire  j’efiime  que  la  poudre  faite 
&  pafsée  il  le  faut  mettre  dans 
un  mortier ,  &  y  '\gnêler  peu  d  peu 
en  triturant  la  poudre  ,  &  ainji 
fa  vertu  ne  fe  dijfipera  point ,  com- 
elle  feroit  en  partie  ,  fi  on  le  hat- 
toit  avec  les  autres  ingred'iens. L’O¬ 
pium  fera  préparé  comme  a  été  cy- 
devant  dit. 


Michtidatium  Damocratis  ex  Galeno. 


Myrrha  optima, 
Croci  Corycii, 

Agarici  probati, 

Zingiberis, 

Cinnamomi, 

Nardi  indica, 

Thuris  Mafculi,& 
Semin.  Thlafeos, 
Sifeleos  Majfilienf. 
Opobalfami, 
Schœnanthi, 

Stœchad.  Arab. 

CoFii  Candidi, 
Galbant, 

Terebinthina, 

Piperü  longi, 
CaSlorei, 

Succi  Hypocifiidos , 
Styracis  calamita, 
Opopanacis ,  er 
Foliq  Indi, 


fing. 


in 

in  1  in 

•in 

in  (  in  I  in  '' 

fimpU. 

Auplo.  \qtMdm- 
^plo. 

fextu- 

plo. 

oHuplo.  decu-  Uuoâe^ 

\  >plo.  \cttplt. 

Iv. 


lvij&. 


Iq.  ^iiij.  Iv].  Iviij. 


Ix.  .^xijS. 


Ixv. 


M-  U- 


Cajfn  nigrA  aremat. 
•J^oliimontani, 

Piperü  albi, 

Scordii  Crete»p, 

Sem.  D^uci  Creticî, 

Carpohalfami, 

Tmhifcor.  Cypheos,  & 

^iij.ù. 

i^-39- 

Ivii- 

Iviij. 

3-»-/. 

Bdellif, 

fing. 

3W9. 

ix. 

&B. 

JSfardi  CelHca, 
Gm.Arxbici  vermic. 
Petrefilini  Maeedo- 

niciy 

Opii  Thebaici, 
Qtrdamomi  minor. 
Smin.  Fœniculi, 

Rad.  Gentiane, 

Rofarum  rubrarum ,  & 
Diüamni  Cretici, 

fmg. 

3^' 

3^- 

Vh- 

^vij» 

^vj. 

39- 

B. 

Smin.  Anijî, 
Rttdic.Acori  veri. 

Ari, 

Ph}i,& 

Sagapeni, 

r>'»g- 

3%- 

ii.&. 

Im- 

liij. 

liiij.B. 

Mm  Athamdntici, 
Acacia  vera. 

Fentrii  Scinci ,  & 

Smin.  Hypericï, 

fing. 

3^- 

3^- 

5XV. 

1^.(5. 

Fini  optimi, 
MelliiAttici  de^f  uma- 

5®/- 

l 

q-fi 

f-y: 

^.fi 

ti.triplum. 

feu. 

m.ix. 

1^.xix.  1k.xxx 

fe. 

ft. 

fb. 

fb. 

\viiA. 

m.G.^ 

viij. 

Iviij. 

Ixxvij. 

!  xcv]. 

cxvj. 

m- 

^lix. 

li.S. 

Ivj. 

\  lx.6. 

!«/• . 

Kk  para 


^  5  8  Livre  h 

TAKAPHRASE. 

CEt  Antidote  ou  Opiàte  a  pris 
le  nom  de  fon  inventeur  ,  ce 
grand  Mithridates  Roy  de  Pont ,  & 
Bithynie  :  je  dis  grand ,  non  ièulc- 
raent  pour  avoir  polFedé  pluficurs 
Royaumes  &  Provinces  ,  mais  de 
fçavoir  &  expérience  ,  qui  parloir 
fans  truchement  de  vingt-deux  for¬ 
tes  de  langues  ,  &  s'étoit  acquis 
qiialî  rentière  connoiflànce  des  Mcdi- 
cames  Alexitaires^lefqiielsil  éprou- 
voic  fiir  ceux  qui  par  leur  méfaits 
avoient  mérité  la  mort,  par  poifons, 
Sc  qui  avoient  etc  mordus  ,  ou  pi¬ 
quez  de  quelque  bête  veneneufo, 
ou  enragée.  Galien  raconte  que  de 
fon  tems ,  Attalus  Roy  de  Pergame 
en  fàifoit  de  même.  Ce  Roy  Mi¬ 
thridates  craignant  d’être  empoifon- 
né  par  ics  ennemis  ou  envieux,  com- 
pofà  cet  Antidote,  des  plus  exquis, 

&  approtrvez  Medicamens  qu’il  eon- 
noiflbit ,  afin  qu’eiï  tout  événement 
il  eut  un  rernede  iîngulier ,  &  afleu- 
rë  pour  s’en  fervir  au  hefoin ,  le¬ 
quel  il  portoit  ordinairement ,  &  en 
afoit  chacun  jour  à  jeun  ,  &  s’y  ac¬ 
coutuma  en  forte  que  fè  voyant  ré¬ 
duit  à  l’extremité  ,  préférant  la  mort 
à  îa  vie,  &  foachant  que  tombant 
ei;itre  les  mains  de  Pompée  ,  il  fè- 
lüit  înenë  captif  à  Rome  ,  il  tenta 
pluileurs  poifons  ,  &  animaux  vé¬ 
néneux  ,  pour  accélérer  l’heure  de  fa 
mort,  ce  qu’il  ne  peut ,  tant  il  avoir 
auparavant  continué  l’ufiige  de  cet 
Ahtjdofe.  Ce  conhderé  ,  il  fè  fit 
îueri  par  un  fien  cfclave  qu’il  aimoit 
î.iqiiement.  Qui  en  voudra  fçavoir 
-  y.wtage  3  qifïl  lifc  Vaiere  ^Plutar- 


SeUion  V, 

que,  Appian  Alexandrin  ,  &  les  au¬ 
tres  Hiftoriographes ,  qui  ont  écrit 
de  luy  des  livres  entiers.  Il  florifloit 
environ  cent  ans  avant  la  Mort  & 
Palîîon  de  nôtre  Sauveur  Iesus- 
Christ.  La  recepte  fut  trouvée 
par  Pompée  même ,  écrite  de  fa 
main  dans  les  coffies  d’iceliiy  ,  la¬ 
quelle  il  porta  à  Rome  ,  &  long 
tems  aprez  fut  mifè  en  carmes  He- 
xaimetres ,  par  un  excellent  Medecii;i, 
nommé  Damocrate,  &  depuis  tranC- 
crite  par  Galien ,  au  livre  deuziéme 
des  Antidotes ,  ainfi  pour  le  jour- 
d’huy  nous  la  pratiquons,  comme 
la  plus  ailéurce  de  toutes  les  autres. 
La  bafe-|eft  entièrement  Alexicaire, 
&  cardiaque,  pource  que  la  natu¬ 
re  des  poifons ,  &  venins  qui  pro¬ 
viennent  de  la  piqueure  des  bétes 
veneneufès,eft  de  détruire  nôtre  na¬ 
ture,  &  nôtre  vie,  qui  confifte  au 
cœur.  Tels  font  les  Ijrochics  de  Cy- 
phi  dont  parlerons  en  la  Seâion 
diziéme  des  Trochifos  ,  l’Aron  ,  le 
Diëtam ,  Gentiane ,  l’Anis  ,  le  Per- 
fîl  Macedonic  ,  le  Cardamome ,  le 
Daiiciis  ,  le  Scordeuna  ,  le  Poliiim, 
le  Poivre  ,  le  Cailor  ,  le  Coftiis, 
l’Opobalfàme ,  &  fôn  ftuit,  laCaC 
fè.  Candie,  le  Sagapenum,  l’Aga¬ 
ric  ,  le  Galbanum  Hypericon  ,  les 
reins  du  Crocodille  du  Nil  >  nom¬ 
mé  Seine ,  &c.  Les  autres,  medica¬ 
mens  aromatics  ,  y  font  mis  pour 
conduire  leur  vertu  au  cerveau  ,  en 
la  poiétrine ,  ventriaile  ,.  foye ,  rat- 
te,  reins  ,  veflïc  ,, matrice,  &  joini- 
ëtures  ,  &  les  corroborer  par  leur 
légère  adftriéfion  :  tels  font  la  Va¬ 
lériane  le  Meon ,  l’Acore ,  Hyperi- 
eon,  Colîiis  ,  Stœchas  ,  Agaric,Nard 
Indique  ,  &  Celtique  ,  le  Folium 


Des  Optâtes,  t 


Schœnanthe,  Thiaipi ,  Sefeli  >  Gin¬ 
gembre  >  SafFran ,  Myrrhcj&c. 

Les  autres ,  comjjïc  le  foc  d’Hy- 
pciftis ,  Acacia ,  Rofcs  ,  &c.  y  font 
mis  pur  corriger  la  tenuité  des  fofo 
dits  medicamens  incififs  ,  atténua¬ 
tifs  &  conforaptifs  des  matières 
cralTes,  &  vifqueufos ,  qui  font  con¬ 
tenues  aux  vilceres  ,  &  empecher 
leur  exhalaifon  foudaine  ;  comme 
l’Opium  pur  corriger  leur  grande 
chaleur  ,  conforver  longuement  leur 
verni ,  attendant  que  leur  fermen¬ 
tation  ou  coéFion  foit  faite  :  comme 
aiilïi  la  Gomme  Arabique  pour  cor¬ 
riger  leur  ficcité.  Le  Galbaniim,Sa- 
gapemira  >  Oppanax  >  Styrax  ,  Te- 
rebinthinej  Bdellium  »  Myrihe,  En¬ 
cens,  y  font  mis,  tant  pur  deter- 
ger  les  matières  crallês  Ôc  viiqneu- 
iès  que  pour  ramollir  la  dureté  des 
vifeeres ,  fi  aucune  y  en  a.  ■  Le  miel, 

&  le  vin  y  aident  beaucoup ,  don¬ 
nent  la  faveur  ,  rendent  leur  adion 
meilleure ,  &c  conforvent  le  tout.  De 
forte  que  cet  Antidote  pour  la  cu¬ 
ration  des  maladies  froides,  Sepoi- 
fons,  ne  cede  au  Theriaque,  ny  à 
l’Auréc  Alexandrine,  vray  eft  que 
pour  la  piqueure ,  &  morfure  des  bê¬ 
tes  veneneufos ,  il  eft  moindre,  com¬ 
me  nous  dirons  cy-aprez.Galenus. 

LE  MELANGE. 

Au  vin  de  Falcrnc ,  Malvoifie ,  ou 
autre  tres-excellent,  &  vieil ,  il  faut 
infulèr  chacqn  à  part,  l’Opium  cou¬ 
pé  par  petites  pièces ,  le  Galbanum, 
îiagapeniun  ,  Opopanax ,  Bdellium, 
ïdypociftis ,  Acacia ,  la  Gomme  Ara¬ 
bique,  &  Myrrhe  ,  mêmement  s  lis 
font  fort  recens,  de  le  Styrax  s’il  eft 


recent,  ou  tel  à  peu  prez  qn’on  l’ap- 
portoit  de  Pamphilie  dans  des  can¬ 
nes  ,  dp  tems  de  Galien  ,  le  tout  for 
les  cendres  chaudes  :  durant  les  in- 
fufions  ,  la  pudre  fe  Fera,  comme 
s’enfoit.  L'Agaric  rappé ,  avec  le  vin» 
fora  premièrement  formé  en  Trochifo, 
&  feiché ,  puis  à  part  pulvérisé.  Au 
premier  rang  de  triturahon  ,  foront 
mifos  les  racines  de  Gentiane  fnci- 
sées,  Meôn,  A  cote ,  Phu  ,  ou  Va- 
ferianc.  Gingembre  ,  Goftus^,'&  le 
Nard  Indique  incisé  :  mv  lecond  le 
Naéd  Celtique  ,  le  Caftor ,  Folium, 
Cimelle  ,  Cafle  arptmtique  ,  Stœ- 
chas  ,  &  toutes  les  femences  ,  âc 
Trochifos  de  Cypri  :  au  troisième  les 
herbes ,  &  Rofos. 

A  part  il  faut  pulverifèc  l’Encens, 
le  SafFran ,  &  Gomme  Arabique ,  fi 
elle  eft  feiche.  Les  poudres  fiibtiles, 
Sc  mêlées ,  feront  gardées  pur  les 
mêler  avec  les  autres  :  aprez  il  faut 
couler  les  liqueurs ,  Gommes  &  focs, 

&  les  cuire  jufqu’à  la  confomption, 
ou  à  pu  prez  du  vin  qu’on  y  aura 
mis  :  puis  on  prendra  du  miel  blanc, 
de  Languedoc ,  ou  de  Provence ,  qur 
ne  c^de  à  ccluy  d’Attique,  pourveu 
qu’il  foit  bien  choifî,  le  triple  du  tout, 
étant  aupravant  écume  ,  &cuit,  au¬ 
quel  on  mêlera  peu  à  pu  les  Gom¬ 
mes  ,  liqueurs ,  Sc  fucs ,  puis  on  y 
ajoutera  les  poudres ,  la  balfine  ôtés 
de  delfus  le  feu ,  &  ta  Therebinthine. 
On  continuera  de  rem'iicr  le  tout 
avec  un  pilon  de  bois,  jufqu’à  ce 
qu’il  foit  froid  :  aprez  le  tout  fera 
gardé  dans  un  pot  de  terre  vernifsé, 
qui  ne  foit  du  tout  plein,  afin  qii’ea 
bouillant  il  ne  verfo  par  dellus.  Le 
premier  mois  par  chacun  jour ,  foir 
&  matin  les  faut  rcmüér  avec  une 
K  k  Z  longue 


Livre  1.  Seâion  V» 


%6o 

longue  Sc  forte  Ipatule, on  pilon  de 
,boisj  environ  dcmy  heure.  ;  le  deuzic- 
me  mois  de  quatre  en  quatre  jours 
.une  fois  ;  le- treizième  une  fois  la  lè- 
^^naine  :  le  quatrième  trois  fois  le 
pnois  :  le  cinquième ,  deux  fois  ;  le  fi- 
zième  ,  une  fois.  Cela  fait  j  faut  cu- 
iieufement  couvrir  le  pot  d  un  par¬ 
chemin  moiiillè  »  &  le  tenir  en  lieu 
chaud  J,  fi  hair  n'eft  pas  tel ,  afin  que 
la  concoètion  (bit  plutôt  faite  :  avant 
fix  mois  on  n"en  dc«  point  ufer. 
Jeeux  pallèz  pour  les  maladies  chau¬ 
des  pour  appaifer  les  grandes  dou¬ 
leurs  ,  ou  pour  inerallêr  les  humeurs 
que  la  vertu  de  hOpium  domine, 
on  en  pourra  feurement  ulèr  en  pe- 
,titc  quantité  ,  icelle  fiirmontèe  parla 
chaleur  des  autres  medicamens  :  cet 
Antidote  eft  tres-lbuverain  aux  ma¬ 
ladies  froides  du  cerveauqointures  & 
de  tous  les  vifeeres,  ,  aux  poilbns, 
morfiires  &  piqueures  des  bêtes  ve- 
neneul!ès,3«:  à  la  pefte.  Sa  vertu  croît 
.depuis  quatre  ans  julqucs  à  douze,& 
fe  maintient  jufques  à  vingt  :  içeux 
pafièz,  fa  vertu  peu  à  peu  diminue. 
Lors  qu  elle  eft  en  fa  force,  pour  la 
curation  des  maladies  chaudes,  elle 
ne  convient  nÿ  aux  bilieux  ,  ny  en 
£tè  ,  aux  régions  chaudes  ,  aux  en- 
fans  ,  ny  à  ceux  qui  Ibnt  de  rare  tex¬ 
ture.  A  la  précaution,  la  quantité  doit 
être  moindre  qujà  la  curatioB,  &  pour 
les  venins  non  feulement  le  matin, 
mais  aulfi  le  loir ,  au  triple  pour  Te- 
minant  danger ,  fans  avoir  égard  à 
ia  région  ,  iaifon ,  âge  ,  tempéra¬ 
ment  ,  &  fexe ,  horfmis  qu'aux  en- 
iàns  il  enfant  moins,  que  pour  ceux 
qui  ont  pris  leur  entier  accroifle- 
memt. 


Z£S  FACFLTEZ. 

Il  approche  des  vertus  duThenâ- 
que  ,  &  eft  plus  efficace  contre  beai- 
coup  d  alimens  &  medicamens'  dan¬ 
gereux,  quoy  qu'inferieur' en  vertu  au 
Theriaque  pour  la  cure  de  la  mor- 
Itire  du  vipere.  Il  eft  particulièrement 
propre  aux  fluxions  invétérées  du 
•  ventricule,  &  du  thorax ,  &  à  tous  les 
vieux  vlceres  &  ablcez  des  parties  in- 
ternes  :  foulage  les  tabides ,  &  les  en- 
fleures  de  ventre  :  corrige  &  remet 
l'appetir,  &  donne  au  corps  une  vive 
couleur  :  brife  les  pierres ,  &  guérît 
la  difficulté  d'urine.  Aiguife  la  veiic 
dé  ceux  qui  en  iifènt  fôuvent.  Challè 
l'enfant  mort  au  ventre  de  la  mere. 
Convient  à  toutes  les  maladies  froi¬ 
des  des  femmes ,  même  à  celles  qui . 
ne  conçoivent  point ,  &  à  la  melan- 
çholie.Commc  anffi  à  toutes  fortes  de 
douleurs  froides  de  tête ,  des  oreilles, 
des  dents,  aux  yeux  larmoyans ,  aux 
maux  de  bouche,  du  palais,  des  oreil¬ 
les  ,  appliqué  en  forme  d'emplâtre,  il 
n'eft  pas  moins  excellent  à  la  paraly- 
fie-,  à  l'apoplexie,  à  l'epilcplie ,  à  la 
Gonvnlfion,  à  la  céphalée  ou  douleur 
de  tête  invaerée ,  à  la  migraine,  à  la 
manie ,  à  la  dureté  d'ouye ,  à  la  fqui- 
nance ,  à  l'afthme ,  au  crachement  de 
fang,àlalienterie  &  dylTcntcrie,  mnt 
pris  qu'appliqué,à  la  fievre  quotidien¬ 
ne  &  quarte ,  au  commencement  des 
accez ,  la  matiere  étant  cuite  à  la  grof- 
feur  d'une  Avcllaine  dans  du  vin ,  ou 
decoétion  de  Sauge  ,  ou  de  menthe, 
diminué  le  froid  &  frilîbn  ,  au  com¬ 
mencement  de  ces  fievres ,  fi  on  en 
frotte  l'épine  du  dos  avec,  de  l’eau 


Deâ  Optâtes. 
R  E  M  A  R  dV  E- 


NOus  avons  grande  obligation  a 
Démocrate  &  Galien ,  de  nom 
"avoir  par  leurs  foins  confervé  la  pu¬ 
reté  de  la  defcription  du  Adithridat, 
au  lieu  que  nom  voyons  un  nombre 
infini  d'autres  compofitions  ,  qui  en 
moins  de  trois  ou  quatre  fiecles  ',  ont 
été  entièrement  renverfées ,  &  cel- 
le-cy  qui  a  fin  origine  depuis  pim 
de  feize  fiecles  ,  elle  s’efi  toujours 
maintenue.  Sans  doute  il  en  faut 
donner  la  plmgrandegloireal'-Au- 
thorité  de  ce  grand  geni.e  de  la  mé¬ 
decine  Galien ,  &  quoy  que  l'excel¬ 
lence  de  cet  Antidote  eh  ait  émeu 
beaucoup  d'y  ajouter  des  ingrédient 
&  d'en  retrancher  d'autres  j  comme 
nous  voyons ,  en  la  defcription  de 
Paul  tÆginete  rapportée  par  lou- 
bert ,  celle  de  Manard  ^  de  Nicolas 
Prévôt ,  d' Andromachm  par  l'En- 
chiridium  Dijpenfarium  :  toutes  ces 
defcriptions  ont  été  augmentées ,  ou 
diminuées  j  par  exemple ,  en  celle  de 
Nicolas  Prévôt, il  y  ontre  \o%.ingre- 
diens ,  i^ui  furpajfi  en  nombre  toutes 
les  autres  defcriptions  de  Afithridat. 
Notre  Bauderon  d’entre  toutes  ces 
defcriptions  d  voulu  orner  fa  Phar¬ 
macopée  de  la  pim  légitimé  ,  comme 
}a  pim  approuvée,  qui  efi  toute  con- 
.  forme  a  ce  lie  de  Galien  ;  c'efi  pour- 
quoy  i  il  s'en  faut  tenir  à  fa  prépara¬ 
tion ,  é"  n'efl  permis  en  confcience 
'denabufir  -,  comme  plufieurs  Apo¬ 
thicaires  font  d  la  honte  &  confufion 
des  gens  d'honneur,  je  n'en  diray  pas 
davantage  renvoyant  la  refit  d  la 
Thériaque.. 


réi 

Sauvageon  a  fait  doubler  en  fis 
additions  fur  Bauderon  là  défi  de 
l’Opium  au  Mithridat ,  &  au  Re- 
quies  Nicolai  (  cornrhe  a  été  cy-de- 
vant  dit)  es^es  Editions  des  années 
I G 3 p.r64f  ^  1 6  50 .  <■»  difant  dans 
cette  defiripdion  Opij  Thebaici,  (hu- 
jus penuria  fime  Méconium  ad  du- 
plum)qui  efi  le  contraire  de  ce  que  ce 
dernier  d  écrit  en  fis  Editions  des 
années  i6oy\&'en- 

cores  en  l'Edition  de  Londres  en 
Angleterre  in  folio ,  de  l'an  i6}S>.où 
l’on  lit fimplement  Opij  Thebaici, hu- 
jm penuria  fumn  Méconium ,  il  fait 
mention  du  Méconium ,  pour  le  met¬ 
tre  au  defifaut  duvray  Ôp,ium,fansy 
augmenter  la  dofi,  &  la  préparation 
en  fera  faite  comme  avons  dit  au  Re- 
quies  Nicolai.  Et  pour  les  gommes,, 
larmes  ,  ^  autres  fucs  '  étant  bien 
choifis  ,  chacun  fera  mis  èn  fin  rang 
dans  le  mortier  avec  les  autres  in- 
gredien's  pour  le  tout  être  réduit  en 
poudre ,  &  pajfé  par  un  tamis  media-- 
crement fubtil,  d  la  referve  de  la  Te- 
rebinthine  &  Baume  de  ludée  ou  fin  . 
fuccedanée,  qui  feront  mêlez  les  pre¬ 
miers  avec  quelques  livres  de  miel 
chaud  dans  la  bajfihe,  '&  en  fuitie  on 
y  mêler apeu  d  peu  la  poudre. 

Et  par  ce  que  cette  compofition 
efi  de  grand  débité  d  Montpelier, 
j'enay  doublé  la  defcription  plufieurs' 
fois,cornme  de  quelques  autres ,  & 
moyenant  qu'on  y  mette  de  bons 
ingrédient  bien  choifis  &  mondez 
au  poids  requis,on  verra  que  le  Mi- 
thridat  n'efi  en  rien  inferieur  d  la 
Theriaque  :  qui  prendra  la  peine  de 
bien  examiuer  les  deux  defcriptions^ 
jugera  de  cette  vérité. 

Kk  3:  Th&.- 


I 

Livre LSeBkn  Fi 


Thetiaca  Andromachi  Senioris. 

Trechifcor.  ScilU 

fimplo. 

duplo. 

f  quadru 
>ph. 

in 

■  fextu- 
plo. 

1  t^api 

’o.\d!^X. 

’ph. 

\duiidi. 

'cuph. 

Hcor. 

Vifern, 

Magmat.  Heây- 
croj 

Ivi. 

Ixij. 

^xxiiij. 

^xxxv] 

.  ^xlviif 

1 

Piperis  longi , 

Opij  Thebaici , 

Iriiis  Illyric* , 

Florum  Rofartm  ru- 
brarum , 

Succi  Glycyrrhi^ji , 
Seminü  Buniadü, 
Scordÿ  Cretici , 
Opobalfami , 
Cimantomi ,  & 

fîng 

Ixij. 

Ixviij 

.  ^xxiiif. 

■  î 

Agarici  albi, 

Cofii  Candidi , 

Nardi  IndicA , 

ComA  DiElamni  Cretici, 
Rhapontici , 

Radie.  Pentaphytti, 
Zingiberis  non 
cariafi , 

VènieiUor.Prajfii  albi, 
Stachadü  Arabica  , 
Schœnanthi 

Semin.  Petrofelini  Ma- 
cedonici , 

Calaminthes  montana, 
CaJfiA  ligne  A  ver  a, 

Craci  Corycij 

Piperis  albi, 

Nigri, 

Afyrrha  Trogloditidis, 
Thurü  mafiuli ,  & 

li.5. 

In 

^ix. 

Pii‘ 

^XV. 

Ixviij. 

Therehinthina  Chia ,  Jîtig.  ; 

i 

\i.ù. 

liij.  ; 

i 

lvjj.6. 

f/..; 

Radt 

K4dicm  GentUnt 
Acori  vert, 

Meu  Athamatici, 
J>hu,  id  efi ,  me- 

riana , 

Nardi  Ce  hic  a, 
Amomi  , 
Ùim&fytheos, 

Comt,  Hyperici , 

Sem.  Ameos  Alexandr. 
Thlajpeos. 

Anifi , 

Fœnicult , 

Sifeleos  Maffi- 
lienjis. 

Ciirdamomi 
noris. 

Mulahathri , 
ComtPolÿCretenJts 
Cam&dryos  , 

Carpohalfami , 

Succi  Bypocifiidos  > 

Acacia  ver  a , 
GummiArahiciVermi- 
culati , 

Styracü  calamita  , 

'^orra  Lemnia, 

(Sialcitidü,  ^ 

Sagapeni, 

^^dic.  Ârifi-olochia  te^ 

mû 

^^àntauriintimrü, 

dJauct  Cretici  ^  , 

^fopanacii , 

Galbatii  puri  , 

^J^fninisIuLici,  &  ' 

f^fiorei,  -  I 


eptmi 

fis 


"PARA 


zé4  Lhre  l 

P  ARAP  HRASE. 

L  a  Theriaque  fût  pireimiereiTicnt 
compolée  par  Andromache  de 
Candie,  premier  Médecin  en  dodri- 
ne  &  expérience  de  ce  cruel  Néron, 
fixiéme  Empereur  des  Romains ,  qui 
fit  mourir  Saint  Pierre  &  S.Paul  Apô¬ 
tres  ,  fon  maître  Seneque  ôc  fs.  propre 
mere  ,  outre  pliifieurs  autres  cruau- 
tez.  qu’il  exerça  durant  douze  ans 
qu’il  régna.  Andromache  luy  im- 
pofa  le  nom  de  Galene  ,  qui  figni- 
fie  tranquille  ,  pour  ce  que  ceux 
qui  étoient  atteins  de  pefte  ,  ou 
avoient  été  empoifonnez  ,  ou  mor¬ 
dus  de  quelque  bête  veneiieufc, 
étoient  guéris  par  fon  viàge  ,  & 
faits  tranquilles.  Long-temps  aprez 
les  Médecins  la  nommèrent  Thé¬ 
riaque  à  l’imitation  de  Nicandre 
Poète  Grec,  &  Médecin  fort  expert, 
qui  vivoit  du  temps  d’Attalus ,  qui 
uibjugUa  les  Gallogrecs',  qui  appel¬ 
le  Theriaque  tout  médicament  ale- 
xitaire  ,  ainfî  qu’on  peut  voir  par 
le  livre  qu’il  en  a  compofé ,  comme 
auffi  par  les  ingrediens  de  cet  Anti-  ’ 
dotej laquelle  appellation  jufqu’à  pre- 
fent  a  été  retenue  :  ainfi  a  fait  Ga¬ 
lien  qui  appelle  les  Auls  Theriaque 
des  pauvres.  Aucuns  dérivent  ce 
nôin ,  «TTo  T«  id  eft,  à  fera  fe- 

viffima  >  hoc  eft,  viperajquafi 

vivipara  ,  quod  vivos  piariac  catulos, 
tefte  Ariftotele  cap.  vltimo  hiftor. 
Animalium  lib.y.  Elle  fût  compose 
par  Andromache.  en  carmes  Elegia- 
ques  8c  tirée  du  Mitbridat  en  chan¬ 
geant  quelques  Medicamens  ;  au 
lieu  deîquels  il  en  mit  d’autres 
plus  convenables  à  la  morfiire ,  &: 


,  SeBion  V, 

piqueure  des  bêtes  veneneufes,  eh-’ 
viron  cent  quarante  ans  aprezi  De¬ 
puis  fon  fils  ,  nommé  aullî  Andro- 
machc ,  &  Damocrate  y  ont  ajou¬ 
té  ,  de  plus  la  Canelle ,  l’Agaric ,  & 
Acore  ,  &  en  quelques  endroits 
changé  la  dofe  des  Medicamens  :  & 
où  le  pere  met  au  deuxième  rang  le 
poivre  long ,  Damocrates  met  le  poi¬ 
vre  noir  :  au  contraire  le  long  où  An¬ 
dromache  met  le  noir.  Ils  font  d’ac¬ 
cord  pour  tout  le  refte.  Nous  avons 
foivy  la  defeription  du  pere  qui  a 
cait  en  vers  Elegiaqucs ,  plutôt  que 
celle  du  fils  qui  a  écrit  en  profe,  pour 
ce  qu’elle  eft  plus  facile  à  dépraver 
que  la  poèfie. 

Quelques-uns  demandent  pour- 
quoy  Andromache  a  plutôt  pris  de 
la  chair  de  vipere ,  que  d’autre  for¬ 
te  de  Serpens  plus  fréquentez.,  & 
faciles  à  recouvrer.  Il  y  a  deux  rai- 
fons.  La  première  ,  pour  ce  que 
les  autres  forpens  ont  leur  venin  non 
feulement  à  la  tête  ,  queue ,  graillé, 
&  entrailles  ,  mais  aulfi  en  leur, 
chair  ,  &  non  la  vipere  qui  l’a  à 
la  tête ,  queue  ,  graillé ,  &  entrail¬ 
les,  qu’on  rejette.  Et  pour  corriger 
ce  peu  qui  y  pourroit  refter ,  on  la 
fait  cuire  en  eau  ,  avec  un  peu  de 
•fel  ,  8c  beaucoup  d’Anech  ,  qui 
refifte  aullî  aux  venins.  Ainfi  elle 
eft  rendue  fort  falubre.  L’autre 
raifon  eft  que  là  chair  eft  moins 
tabifique  que  des  autres  forpens  : 
Galien  en  plufieurs  lieux  de  fos 
œuures.  La  bafo  eft  la  chair  de 
Vipere  ,  ©u  les  Trochifos  qui  en 
font  faits  :  fa  verm  Alcxitaire  eft 
augmentée  ,  par  les  Trochifos  de 
Scille  ,  8c  d’Hedychroon.  Le 
Poivre  ,  Scordeum  ,  Caftor  ,  &■ 


Des  Optâtes,  ±6$ 


Agaric  qui  n’eft  pas  icy  mis  com¬ 
me  purgatif  J  mais  comme  Alcxi- 
taire.  (  Diofcoride  &  Galien  )  Pen- 
taphyllum  ,  Gentiane  ,  Ariftolo- 
ehe  >  Didam  ,  la  Canelie  ,  Sc 
Calïè  aromatique  »  le  Colins ,  Car¬ 
damome  J  femence  de  Navanx ,  de 
Thlafpi  J  &  la  Terre  ligillée.  Les 
autres  Mcdicanaens  aromatics  y  font 
mis  pour  incilèr  ,  Sc  atténuer  les 
matières  crades  ,  &  pour  corro¬ 
borer  les  vifoeres  ,  par  leur  légè¬ 
re  adftridion  :  tels  font  le  Nard 
Indique ,  &  Celtique ,  le  Gingem¬ 
bre  ,  Schœnanthe  ^  le  Folium  In- 
dum  J  le  Mcon  ,  l'Acore  j  iTris , 
Styrax ,  Sc  Stoechas  ,  le  Rhapon- 
tic  J  Praflium  ,  l’Opoballàme ,  ou 
fon  Iticccdanée  l'huile  de  Gerofle , 
où  de  Mufeade  ,  la  Valériane  j  Scc. 
Les  autres  pour  deterger  ,  Sc  ra¬ 
mollir  la  dureté  des  vifoeres  fi  au¬ 
cune  y  en  a  :  tels  font  la  Myr¬ 
rhe  J  l'Encens  ,  le  Galbanum ,  Sa- 
gapenum  ,  Opopanax  ,  Styrax  cala¬ 
mite  ,  Terebinthine  ,  &c.  Les  au¬ 
tres  pou#  réprimer  leur  tenuité  Sc 
ficcité  :  telles  font  les  Rofos  ,  le 
foc  de  Reglid'e  ,  la  gomme  Ara¬ 
bique,  l’Acacia  ,  Hypociftis  ,  Scc. 
L’Opium  y  eft  mis  pour  corriger 
leur  chaleur  ,  &  empêcher  leur 
exhalation  foudaine  ,  afin  que  de 
plufieurs  qualitez  contraires ,  mu¬ 
tuellement  agifoant  l'une  contre  l’au¬ 
tre,  en  refiilte  une  Alexitaire,  c’eft 
a  dire  ,  convenable  aux  venins  Sc 
poifons.  Sa  vertu  narcotique  ,  Sc 
ntiifonte  ell  corrigée  par  le  Caftor, 
latfran  ,  5c  Myrrhe  :  les  femen- 
■cés  y  font  njifos  pour  confuraer  les 
matières  flatulçntes  ,  rcfiiler  aux  ve- 
mns  5  qu’ils  condiufont  par  la  v.oye 


de  l’urine  :  le  vin  ,  pour  conduire 
la  vertu  de  ,1a  bafe  ,  Sc  des  au¬ 
tres  Alexitaires  jufqiics  au  cœur, 
que  les  venins  combattent  directe¬ 
ment  ,  par  une  puidance  focictte, 
plutôt  qu’autre  partie  qui  foit. 
Le  Miel  y  ell  mis  pour  deter¬ 
ger  >  Sc  rendre  leur  aélion  meil¬ 
leure  ,  donner  la  forme ,  Sc  conferver 
le  tout. 

Si  l’Apoticaire  ell  verfo  com¬ 
me  il  doit  être  en  la  matière  Mé¬ 
dicinale  ,  &  ne  veut  épargner  la 
dépenfo  ,  Sc  fraix  qu’il  convient 
icy  foire  ,  il  pourra  facilement  re¬ 
couvrer  du  vray  Cfonamome  ,  8c 
Calfe  noire  aromatique  qu’Andro- 
mache  requiert  ,  du  vray  Folium 
Indique,  de  la  fleur  du  lonc  odo¬ 
rant  ,  du  Collus  ,  du  Rhapontic  , 
du  Poivre  blanc  ,  &  non  du  noir 
écorché  ,  du  Meon ,  du  vray  Per- 
fil  de  Macedoine,  du  vray  Opium, 
du  Callor  ,  fons  ^qu'il  foit  con¬ 
traint  d’ufer  d’Antibalomene  ,  ou 
fuccedanée  ,  dautant  que  les, Por¬ 
tugais  ,  Sc  Elpagnols  ,  qui  fou- 
'uent  navigant  aux  Indes  Orien¬ 
tales  ,  Sc  Occidentales  ,  nous  en 
apportent  des  vrais.  Pour  le  re¬ 
gard  du  vray  Airome ,  jufqu’àpre- 
îent  on  ne  nous  en  a  apporté  ,  qui 
ait  toutes  les  marques  que  Diofoo- 
ridc  luy  attribue  ,  au  lieu  duquel 
par  l’advis  de  Galien  ,  nous  pren¬ 
drons  de  l’Acore  vray  ,  appellé 
aux  boutiques  Canne  odorante,  Sc 
pour  le  fruit  du  Baume  ,  nous 
prendrons  les  Cubebes  ,  ou  la  fe- 
mence  de  Lentifo  ,  ou  de  Tere- 
binthe  alTez  frequens  en  plufieurs 
lieux  de  France  ,  pour  l’Opobal- 
fome  l’huile  de  Gerofle  ,  ou  de 
L 1  Mufoa 


Livre  L  SeBton  VI 


id6 

Mufcade  J  qui  ne  pourra  avoir  le 
Stafte  >  qui  eft  la  liqueur  de  la. 
Myrrhe  recente  tirée  par  expref- 
Hon  :  pour  l’Alpalathe  ,  qui  entre, 
aux  Trochifcs  Hedychroon  ,  on 
prendra  le  Santal  citrin  :  car  du 
bois  d’Aloës  il  s'en  trouve  peu  du 
vray.  Nous  avons  auffi  de  la  vraye 
gomme  Arabique  &  du  vray  Aca¬ 
cia.  Ainfi.  nous  aurons  une  The-- 
riaque  ,  Mithridat  &,  Aurée  Ale- 
xandrine ,  tres-excellentes ,  &  entiè¬ 
rement  neceiraireS'5,pour  leurs  rares 
vertus. 


AyaAt)4/;  âe  Chalcilîâe. . 

gjuatre  Cordus  Fuchfius  ,  Fernel,  Plan- 
raifons  ^  ^  quelques  autres  font  d’advis 
d  Oter  de  la  Theriaque  le  Chalcite 
%)uUnt  pour  quatre  raifons.  Ce  quejç  ne 
Oter  U  puis  bonnement  approuver,  étant 
Chalci-  contraire  à  l'intention  de  l’Autheur 
^TherU  compofition.  Leur  premie- 

que.  raifon  eft  qu'elle  y  eft  feulement 

mifè  pour  la  noircir.  La  fécondé 
qu’elle  eft,  d'une  faveur  defagrea- 
ble.  La  troifîéme  qu'elle  eft  écha- 
rotique  ,  &  que  par  fon  acrimo¬ 
nie  ,  elle  blelïè  les  vifeeres.  La 
quatrième  ,  qu'aucun  des  anciens- 
n'en  a  ufe  intérieurement. 
népenfe'  La  première  fèmble  frivolé  ,  pour 
èlapre  gçj-e  fondée  fur  l’Opinion  commu- 
ne  du  peuple  ,  qui  vivoit  à  Ro- 
pour  U'  temps  de  Galien  ,  à  ce 

chahi-  qu'il  en  écrit  au  premier  livre  des 
1»-  Antidotes  ,  qui  n'eftimoit  une  The¬ 
riaque  être  bonne  j  ü  elle  eût  été 
d'autre  couleur  que  noire.  Cou¬ 
leur  .  à  la  vérité  qui  provient  d’i¬ 
celle  Chalcite  ,  quoy  qu’elle  y  foit 
nÿfe  en  petite  quantité..  Pe  telle 


opinion  J  avec  jufte  fojet  j  Al  n’en 
fmt  état  fçaehant  très -bien  que 
l’intention  de  fon  Autheur  étoit 
bien  autre  ,  &  .  que  telle  couleur 
n'augmente  ny  diminue  la  ver¬ 
tu  J  auffi  Andromache  n’y  penfa- 
il  jamais. 

A  la  fécondé  nous  répondons ,  , 
que  maintenant  que  la  Chalcite 
en  feroit  oftee  ,  la  Theriaque 
n'en  fèroit  pas  plus  plaifknte,  pour  mi/w. 
le  grand  nombre  d’autres  medi-, 
camens  fort  defàgreables  qui  y  en¬ 
trent  ,  comme  le  Bitume  ,  le  Ca- 
ftor  ,  les  Liqueurs  de  Galbanuin, 
Sagapenum  j,  Opopanax  ^  les  ra¬ 
cines  de  Gentiane  ,  d’Ariftolo- 
che  J  &.  plufîeurs  autres.  Les 
autres  deux  raifons  ,  quoy  que 
plus  conftderables. ,  ne  font  tou¬ 
tes  fois  allez  fuffifàntes  ,  pour  nous 
induire  à  fùivre  leur  opinion. 

Aia  troifîéme  qu'elle  eft  écha- 
rôti  que  J  &  qu'elle  bleflè  les  vit-fiitU 
ceres  par  fon  acrimonie.  Cette  rai-  mifii- 
fon  pourrait  avoir  lieu  ,  fi  on  en 
donnoit  quantité  feule  ,  &  ,cruë> 
non  calcinée.  ,  3c  accompagnée 
de  cqrrcétifs  ,  comme  icy.  l’y 
ajoute  l’autorité  de  Diofeoride  ,  & 
des  autres  Grecs  ^  qui  difent 
qu'elle  eft  moyennement  corrolî- 
ve  au  refpeét  du  Calcanthinn  ,  ou 
Vitriol.  Le  bien  qu’Andromache. 
efperoit  d'en  tirer  ,  eft. que  par 
la  calcination ,  .  il  en  diniinuoit  tel¬ 
lement  fon  acrimonie  ,  qu’elle 
ne  pou  voit  blelTer  les  vifeeres  > 
comme  ils  allèguent  :  &  fî  pat 
icelle  il  augmentoit  fa  ficcitéj  pour 
abforber  le  virus  des  belfes  ve- 
neneufes  ,  qui  étoit  fà  principale 
int^ention  ,  ayec  l’aide  qu’elle  re- 
cevoit. 


ceVoic  des  antres  medicamens ,  ten- 
'  dans  à  même  fin  :  &  par  fa  teniii- 

té  de  parties  faire  pénétrer  la  craf' 
fitie  des  terreftres  >  &  adftrin- 
gents  5  comme  les  Rofès ,  Acacia, 
Hypocillis  ,  &c.  Et  pour  corri¬ 
ger  fon  âpreté  reliante  aprez  iu- 
.  ftion ,  il  y  a  mis  le  fuc  de  reglille, 
la  gomme  Arabique  ,  l’Opobalfa- 
'  ;  mum  ,  &c.  Ainfi  par  tel  artifice 
'  elle  eft  rendue  tellement  falubre, 
qu’elle  ne  peut  offenfèr  le  ventricule 
ny  autre  partie  interne.  — . 
Rdÿwjé  ^  quatrième  nous  répondons 
'  à  l»  que  leur  conlcquence  n  eft  pas  bon- 
fmrié.  ne,  car  fi  les  plus  anciens  qu’An- 
dromache  n"en  ont  ufé  intérieure¬ 
ment ,  donc  luy  ny  la  pofterité.n’en 
dévoient  ufer.  Il  eft  vray  lêmbla- 
ble  qu’il  l’avoit  expérimenté  ailleurs 
&  en  avoir  éprouvé  des  admirables 
effets,  inconnus  à  fes  devanciers, 

•  &  fort  utiles  à  ce  qu’il  pretendoit, 

dont  il  a  voulu  faire  part  à  la  po- 
fterité  ,  laquelle  luy  en  fera  tenue 
à  jamais.  Et  pour  plus  grande 
preuve  de  mon  dire  ,  je  produiray 
les  mêmes  Autheurs  fiis  -  mention¬ 
nez,  &  tous  les  autres  modernes, 
qui  advouëront  librement  avec  l’ex- 
perience  ,  que  tous  ceux  qui  ont 
ufé  de  la  Thériaque  fiiite  avec  la 
Chalcite,  n’en  ont  receu  domma¬ 
ge  ,  au  contraire  du  profit  &  du 
contentement  ,  pourveu  qu’on  en 
■aye  ule  en  temps  &  lieu  ,  &  à 
propos  ,  comme  fit  jadis  Galien 
qui  par  l’ulàge  d'icelle  ,  guérît  le 
Philolophe  Eudeme  ,  d’une  triple 
quarte.  La  même  expérience  nous 
a  appris  ,  que  l’huile  de  vitriol  tiré 
a  la  Chymique  (  qui  eft  beaucoup 
plus  corrofif  qije  la  Ch'àlcitè  cmè) 


±6y 

pris  en  petite  quantité  ,  eft  utile 
aux  Afthmatics  3c  graveleux.  Da¬ 
vantage  les  plus  anciens  qu’An- 
dromache  nous  ont  enlèigné  ,  que 
le  vitriol  calciné  étoit  l’Antidote 
des  Champignons ,  de  toute  leur  na¬ 
ture  veneneux  ,  intérieurement  prins 
le  poids  d’une  drachme ,  avec  une 
once  de  fuc  de  Citron  ,  &  quel¬ 
que  eau  cordiale  ,  foit  de  Buglof' 
iè  ou  de  Chardon  bénit.  Que  s’ils 
en  ont  ule  intérieurement  avec  heu¬ 
reux  fiiccez  ;  pourquoy  n’en  ufè- 
rons  -  nous  à  leur  imitation  étant 
calcinée  ,  accoispgnée  de  corre- 
étif  jaour  rendre  fon  aélion  meilleu¬ 
re  ,  en  petite  quantité  ,  &  moins 
corrofive  que  le  Vitriol.  Il  n’y  a 
point  de  doute  s’il  me  fèmble  en 
cela.  Partant  je  concluds  des  fiifdi- 
tes  Authoritez  ,  raifons ,  &  expe- 
riences ,  que  la  Chalcite  eft  tres-utii 
le  &  necellâire  à  la  Theriaque  & 
qu’on  ne  la  pertt  ,-  ny  doit  fejetter, 
fans  faire  tort  au  public  ,  &  à  fon 
Autheur  même. 

LE  MELANGE. 

Le  mélange  ,  conforvation  & 
ulàge  n’eft  dillèmblable  à  celuy 
qu’avons  déclaré  au  Mithridat  pre¬ 
cedent  ,  auquel  on  aura  recours, 
que  je  lailfepour  ne  redire  plufieurs 
fois  une  même  choie.  Car  qui 
fçaura  faire  l’un,  il  fçaura  bicniài» 
te  l’autre. 


L1  2 


'Des  Optâtes, 


LES 


Livre  L  SeBion  V, 


lU 


LES  FACVLTEZ. 

La  Theriaqiie  eft  cfEcacc  contre 
le  venin  du  Pavot,  de  la  Ciguë, 
lurquiame,  &  Aconit:contre  les  Can¬ 
tharides  ,  la  morfure  du  vipere ,  & 
du  chien.  eiu'agé..r~ElIe  ne  l'cft  pas 
moins  contre  la  piqueure  du  Icor- 
pion  ,  &  autres  animaux  féroces ,  ôc 
contre  la  potion  de  toutes  fortes  de 
venins  ,  &  beaucoup  de  maladies 
tant  chaudes  que  froides  ,  félon  le 
tems  qu'il  y  a  qu'elle  eft  faite,  com¬ 
me,  aux  grandes  intempéries  chau¬ 
des  de  l'orifice  de  l'eftomach  ,  aux 
'^ntofitez  d'iceliiy ,  à  la  colique 
causée  de  vents ,  à  la  phthyfie  dans 
fon  commencement,  à  l'afthme,pîeu- 
refie  ,  empyeme  ,  jaunilîè ,  hydropi- 
fîe  ,  à  toutes  les  elpeces  de  convul- 
fi(5n,à  l’ulcere  de  la  velîîe,  à  la  dif¬ 
ficulté  d'urine  ,  à  la  fàtyriafè,  à  la 
douleur  des  reins ,  à  la  pefte ,  &  à 
beaucoup  d'autres  maladies  prelque 
innombrables ,  qui  Ibnt  décrites  au 
livre  des  facilitez  de  la  Theriaque 
par  Galien,  Qi^nt  à  la  cure  d'un 
venin  qu'on  aura  pris  ,  il  en  faut 
prendre  deux  fois  tous  les  jours, 
quatre  ou  cinq  fois  plus  que  la  dofe 
iimple.  Aux  maux  cy-dcHûs  propofez, 
elle  doit  être  d'un  âge  mediocte  :  car 
la  recente  y  feroit  fort  contraire,  la 
force  de  l'Opium  n,  étant  pas  encore 
rabbatuë  :  &  cette-ey  prifc  en  petite 
quantité  ftupefie,  provoque  le  fbm- 
meil,  &  incrallç  les  humeurs  ftibriles. 
le  conclurray  lès  vertus  avec  Galien, 
qui  dit  que  la  Theriaque  (  celle  qui  a 
pafsé  deux  ou  trois  ans  )  confrime 
les  humeurs  vitieux,ne  plus  ne  moins 
qu’un  feu  purgatif. 


Difeours  Apologétique  fm  la  wme 
Chalcite,fm  par  M.Gratim  ■ 
Sauàeron  DM.  * 

Ayant  déduit  ce  que  deflus  pour 
la  defenfe  d'A  ndromache ,  l’occafion 
fè  prefente  maintenant  commode  de  -tr. 
defendre  la  caufè  de  mon  pere ,  Au-  >(« 
theur  de  cette  Paraphrafe  ,  &  ré-  ”  -,1 
pondre  à  monficur  Fontaine  (  le- 
quel  de  prefent  exerce  l’Art  de  Me- 
decine  à  Aix  en  Provence  fur  ce  -ikini 
qu’il  dit ,  dans  un  petit  traitté  fur  la  ar 
Theriaque  mis  par  luy  en  lumière 
l’année  léoa.  imprimé  en  Avignon 
infeize,page  i  j  r.  &  i  ?  3. lequel  par¬ 
lant  de  la  Chalcite ,  dit  ,  (^’on  la  f'/i- 
peut  ordonner  contre  le  Fungus  ou 
Champignon,  fans  qu’elle  y  foit  emf- 
ployée  pour  faire  pénétrer ,  ny  deter- 
ger  ,  comme  quelques-uns  ont  ima¬ 
giné.  Cette  Thefe  s’adreiîànt  dire- 
dement  à  mon  dit  pere  ,  Autheufr 
de  ce  volume ,  quoy  qu'il  taife  fon 
nom  ;  je  n’ay  peu  moins  pour  fa 
defenfe ,  &  pour  mon  honneur ,  qui  ■;  ^ 
releve  du  fîen ,  que  de  faire  voir  au- 
dit  fieur  Fontaine ,  &  à  la  pofterité 
que  les  conceptions  de  l’Authenr 
qu’il  a  voulu  qualifier  imaginaires  font 
raifonnables  ,  &  trop  mieux  fondées 
que  les  fiennes.  Mais  dautant  que 
la  flifdite  Thefe  contient  deux  par¬ 
ties  ,  l'une  affirmative ,  &  l’autre  né¬ 
gative  ,  laiflànt  à  part  toute  Philo- 
nicie,  &  modérant  toute  pafl.ondc 
mots ,  je  divifèray  ce  prefent  difeours 
auffi  en  deux  parties  ,  &  répondray 
à  chacune  d’icelles  ,  pour  faire  voir 
à  l’œil ,  &  toucher  au  doigt,  que  la 
Chalcite  ne  fe  peut  utilement  ,  ny 
feurenjent  ordonner  au  Fungus ,  ai 
Cham. 


Des  Optâtes,  1 6^ 


Champignon  de  toute  fa  nature  ve- 
neneux  ,  &  fuffit  de  dire  qu  on  la 
peut  ordonner  an  Fnngus  ,  parce 
qu’on  en  pourroit  dire  de  même 
d’une  autre  drogue  ,  mais  il  faut 
rendre  raifon  de  fbn  dire,  &  pour- 
quoy 

g««/re  Les  chemins  que  je  dçjare  tenir 
mojen!  '  pour  méthodiquement  arriver  ,  & 
fm  re-  peine",  à  telle  connoilïànce ,  & 
conclufion ,  font  quatre.  Le  premier 
ilfteur  traiccera  de  la  différence  des  Cham- 
riniai-  pignons.  Le  fécond  de  leur  tempe- 
»t.  rament.  Le  treizième  de  leurs  fym- 
pcomes.  Finalement  j’expoforay  le 
lieu  de  Galien ,  for  lequel  j’eftime 
que  ledit  ficur  Fontaine  a  fonde  la 
première  partie  de  fo  l'hefo.  De  là 
je  paffèray  à  la  féconde  partie ,  puis 
je  concliutay  for  l’une  &c  for  l’autre. 

Les  Champignons  fo  peuvent  ré¬ 
duire  en  deux  différences,  félon  les 
Grecs ,  &  Serapion  chapitre  3  5  2.  du 
livre  des  lîmples  medicamens ,  fça- 
voir  en  bons  ,  ou  fàlubres ,  &  mau¬ 
vais,  ou  infàlubres. 

Be  U  En  ce  difoours  je  ne  pretens  point 
différé-  parier  des  bons,  ou  fàlubres ,  pour 
qu’ils  ne  nuifént  point ,  s’ils 
P‘m»s  pris  en  trop  grande  quan- 

Cite,  ou  qu’ils  ayent  éiè  mal  allài- 
fonnez  par  les  Cuifiniers.  Qi^e  s’il 
en  anive  quelque  accident ,  le  peu¬ 
ple  ayant  appris  de  ficelé  en  fieçle, 
ffue  le  feul  vomilîément  y  fîiffilbit, 
pour  Je  jourd’huy  n’envoye  pas  qué¬ 
rir  les  Médecins.  Au  j’ay  fr  bon¬ 
ne  opinion  du  ficur  Fontaine,  qu’en 
tel  accident  il  ne  voudioit  ordon¬ 
ner  la  Chalcite,  foit  cmé  ,  foit  cal¬ 
cinée.  Ce  fera  donc  des  malins ,  ou 
infàlubres,  defquels  luy  ,  Sc  moy  en¬ 
tendons  parler  en  ce  'difeours. 


Ceux-cy  font  fi  malins  Ôc  vene- 
neux ,  qu’ils  peuvent  tuer  une  per- 
fonne  en  moins  de  deux  jours  ,  s’il 
n’y  eft  promptement  poUrveu  ,  par 
quelque  doâe ,  &  expert  Médecin, 
qui  fçache  ordonner  à  propos  le  con- 
trepoifon  necelîaire,  tel  que  cy-de- 
vant  a  été  décrit  par  mon  pere ,  ou 
quelque  autre  de  ceux  que  le  Po'cte 
Nicandre  enféigne,  au  livre  qu’il  a 
composé  en  vers  hexamètres  des 
Alexitaires  ,  au  chapitre  des  Cham¬ 
pignons  ,  &  aprez  luy  Diofooiidc, 
livre  ô.chaptrre  2  3.  Galien  au  livre  2. 
des  Antidotes,  Paul  Æginete,livre  5. 
chapitre  j4.  A'étius,  livre  j  3.  chapi¬ 
tre  73.  Avicenne,  livre  2,  chapitre 
275.  &  au  hvre  4.  fen  6.  for  la  fin 
du  premier  traitté ,  chapitre  10.  Se- 
rapion  apres  Galien,  chap.386. 

De  dire  que  les  Champignons  ve-  Du  terni 
neneux ,  froids'  &  humides  au  troi-  peramët 
ziéme  degré,  félon  Avicenne  tuent 
les  hommes  par  un  tel  tempérament, 
il  n’y  a  apparence  de  le  croire  r  car  dicamh 
il  faudroit  alïèoir  un  pareil  jugement  chauds^ 
for  les  Laiclués ,  &  autres  plantes 
fïoides  &  humides  en  femblablc  de- 
gré  ,  qui  ne  le  font, mais  au  contrai- 
te,  nourrifiènt,  &  refirigerent  l’ex-  ftët  aux- 
cez  de  la  grande  chaleur  des.  febri-  wnins 
citans,  en  quelque  âge,  &  faifon, 
ou  climat-  qu  on  foit ,  &  avec  heu-  chum- 
reux  fuccez  :  tant  s’en  faut  qu’elles  pignons 
tuent,  comme  font  les  Champignons  mentiS- 
d’un  tel  tempérament.  Maintenant  "H^he- 
ibfaut  fçavoir.  fi  la  Chalcite  cham 
de  ,  &  feiche  au  troiziéme  degré,. 
peut  par  fon  tempérament  fhrmon--  dreamis- 
ter  la  vertu  des  Champignons  froids 
&  huroides.au  troizién  e  degré,  ou 
par  fa  forme  fpecifiqne ,  on  fimili- 
tude  de  fobffance.  ’D.e  moy  je  a-oy  ckns  JSp 
L  l  I  qu’elle. 


Jont  fet’ 
vis  au 

des 

Cham- 

.pignons. 


170  Livre  1. 

.  qu  elle  ne  le  fait  ny  par  l*un  ny  par 
l’autre.  Si  elle  les  corabattoit  par  fes 
qualitez  premières  ,  nous  avons  plu- 
iîeurs  medicamens  chauds,  &  fecs, 
en  pareil  degré  ,  qui  ne  le  font  point, 
comme  le  Mufc ,  rAraomnm ,  l’A- 
.farum,le  Cyclamen  ,  le  Gerofle,le 
Diétam ,  le  Thym  ,  i’Ellebore  noir, 
l’Anis  ,  le  Fœnoüil ,  l’Hyfbpe  ,  le 
■vray  Acore  ,  la  Sarriette  ,  le  Scor- 
dium,les  Ails ,  Oignons,  &  autres 
qui  ne  le  font  ,  jaçoit  que  la  plus 
part  d’iceux  refiftent  aux  venins ,  & 
non  aux  Champignons.  Bien  confef- 
feray-je,  que  les  Aucheurs  ey-dc- 
vant  alléguez  iè  lontfervis  au  venin 
ides  Champignons ,  de  medicamens 
froids ,  dhauds ,  &  fecs  au  troiziéme 
&  quatrième  dep  é,commc  du  Chal- 
canthum  calane  ,  des  cendres  faites 
de  Cleraatis  ou  Volubilis,  de  farinent 
de  vigne ,  &  poirier  làuyage ,  de  lie 
de  vin  brûlée  ,  de  fien  de  Geline, 
de  Nitre  ,  Sel  Indique,  de  Pyre- 
thre,de  Moutarde,  de  Nafturcium 
fauvage,  ou  Ibciis,  des  fies  de  Re¬ 
fort,  ou  de  Calament ,  &  de  Citron, 
&  de  vinaigre  ,  &  des  Syrops  faits 
d’Abûnthe ,  de  Melillè ,  racine  d’A- 
riftoloche  ,  de  Panax ,  de  Rué  ,  les 
uns  chauds  &  les  autres  froids.  Let 
quels  à  la  vérité  f  outre  le  vomilfe- 
ment ,  &  le  bon  vin  pour  la  defen- 
fe  du  cœur,  que  les  venins  attaquent 
direélement  )  refiftent  à  celuy  des 
Champignons  ,  non  par  leurs  pre¬ 
mières  qualitez  ,  comme  dit  eft,  mais 
par  leur  lîmilitudé  de  lùbftance  ,  qui 
ne  fe  connoît  que  par  leurs  e&ts, 
&  de  laquelle  on  ne  peut  rendre 
raifon  valable  ,  parce  que  cela  liir- 
palfe  l’entendement  humain. 

■Que  la  Chalcite  le  paille  com- 


SeBion  V. 

batre  par  cette  forme  fpccifice , coiii-  ’ 
me  pourroit  alléguer  ledit  finir  Fon-  ' 
taine  ou  autre  pour  luy  ,  cela  ne 
fe  peut  ;  car  ou  il  tiendroit  telle  ex¬ 
périence  des  anciens  ,  ou  des  moder¬ 
nes,  ou  de  luy-même.  S’il  la  tient 
des  anciens  ,  quelqu’un  l’auroit  te-  ■  V 
marqué  d’eux  au  (fi  bien  que  luy ,  & 
nous  en  eût  été  donné  avis  pour 
les  imiter ,  pour  naoy  jè  n’en  trou-  ' 
ve  rien  par  leurs  dodes  écrits.  Si 
des  modernes ,  il  ne  doit  pas  fup- 
primer  leurs  noms,  pour  s’attribuer 
ce  qui  ne  luy  appartenoit  point.  n 

Si  c’eft  de  Ibn  expcrience  :  puis 
qu’il  en  traittoit ,  &  venoit  à  pro-,, 
pos ,  il  fe  devoir  déclarer ,  &  nous  ; 
enfeigner  la  façon  de  la  donner, 
cnié  ,  ou  calcinée  ,  la  quantité , 
avec  quelle  liqueur ,  félon  la  région 
chaude  où  il  habite ,  la  faiibn,  l’âge, 
le  fexe ,  &  on  luy  en  eût  fçeu  gré, 
ou  bien  du  tout  s’en  taire ,  s’il  le  te- 
noit  pour  fecret.  Ce  que  n’ayant  pas  .-.îii 
fait  il  fe  donne  légitimé  fijct  de 
blâme,  &  croît,  que  s’il  eût  fuivy 
le  confeil  d’Horace,  il  le  fût  retenu, 
fans  taxer  l’Autheur  de  cette  Para- 
phralè 

Les  fymptomes  qui  accompagnent^  j,  M 
ceux  qui  ont  mangé  des  Chainpi-  ïpi'^ 
gnons  font  fi  grands ,  qu’ils  donnent. 
une  erreur  non  petite  au  malade ,  i,s 
aux  alfiftans ,  à  fçavoir,  douleur  d’e-  chim- 
ftomach  infupportable ,  vomilfement  fip» 
cholérique,  inflation  de  ventre,  fueurs 
froides ,  fyncopes  frequentes,  avec 
une  difficulté  de  refpirer  fi  grande, 
qu’il  fomble  au  malade  quon  l’é¬ 
trangle  ,  notamment  fi  tels  Champi¬ 
gnons  ont  été  pris  au  pied  de  quelT 
que  arbre  pourry  ,  ou  en  lieu  ou 
quelque  bête  Veneneufè  aye  fejour^- 


Dts  Optâtes,  171 


né,  coitime  crapjiut ,  vipère ,  ferpent, 
ou  autre,  ou  qull  y  aye  quelque  vieil 
haillon  de  drap  de  quelque  payfant 
là  poiUTy,:  ou  quelque  clou  ou  fer  en- 
roüülé  au  pied  d'iceux  ,  qui  peuvent 
augmenter  leur  venin. 

D»f»tr-  à  montier  fiir  quelle  autho- 

dvmt  rité  ledit  fu'ur  Fontaine  a  peu  fon- 
ii  lif  der  fon  opinion  i,  pour  aiiéurer  la 
(remu-  poftedré  qu’on  pouvoir  ordonner  la 
’tJdè'la  Chalcite  contre  le  venin  des  Cham- 
xhefe  pignons  :  car  il  efl  vray  femblable, 
die  fleur  qu'un  homme  doébe  comme  luy  ne 
Fob/u;.  vbudroit  pas  expofer  en  public  une 
telle  Thelc  ,  iàns  fondement.  En 
attendant  fa  déclaration  >  ou  d’autre 
pour  luy,  j’eftime  que  ce  foit  fîir 
cè  que  Galien  en  a  écrit  au  livre  9. 
dès  fîmples  medicamens ,  chapitre  du 
Vitriol, où  il  dit,  qu’au  voyage  qu’il 
fit  en  Cypre ,  il  vid  une  montagne 
percée  de  nature  rare  ,  qu’à  l’entrée 
d^ièelle  il  y  avoir  une  naine  qui  conte- 
Hijloke  noit  en  ioy  le  Sory  ,  la  Chalcite, 
cS-  ^  l’Ærain  :  de  laquelle  de- 

te,Mi-  couloir  ordinairement  tant  de  jour 
é  ùe  nuit ,  une  eau  de  pluye  (  qui 
(JE-  l’abbreuvoit  j  d’un  certain  lac,  di- 
«'*•  fiant  d’icelle  d’une  fiade,  ou  1 2  5 .  pas 
■  géométriques  ,  laquelle  retenoit  la 
couleur, l’odeur,  &  la  faveur  defdits 
quatre  minéraux,  &  étoit icelle  eau 
portée  par  des  éclaves  ,  dans  certai¬ 
nes  Pifeines  quarrées  faites  de  Plomb 
.  (  P^'^ce  que  le  Vitriol  confîime  les- 
■  vaiflèaux  faits  d’autre  matière  )  ou 
telle  eau  fe  congeloit  en  Vitriol, 
qù  il  appellè  Caleanthum ,  fans  au¬ 
tre  artifice  ,  que  celuy.  de  la  provi- 
dente  nature ,  non  autrement  que  le 
Verdet  à  Moncpelier,  fur  les  lamines 
de  Cuivre  :  &  que  de  tel  lieu  il  en 
apporta  une  groiïè  pièce,  qu’il  gar- 


doit  foigneufement  ,  &  que^  vingt 
ans  aprez  il  auoit  remarqué  qu’une 
partie  dïcelie  degéneroit  en  Chal¬ 
cite.  Si  le  dire  de  Galien  contenoit 
vérité  ,  le  fîeur.  Fontaine  fèroit  bien 
fondé,  le  contraire  apparoillant  très- 
mal.  .Cette  opinion  le  trouve,  avoir 
été  fuivie  par  Paul  Æginete ,  Sera- 
pion ,  Sylvius  ,  &  quelques  autres,- 
qui  fans  plus  curieufe  recherche,  ont; 
ajoûté  foy  à  fès  écrits  comme  à  un 
oracle.  A  ce  fondement  j’ajoûteray 
pour  le  fîeur  Fontaine  l’authoiité 
d’un  tel  perfonnage,  receuë  parmy 
les  écholes  de  Medecine,  &  com¬ 
me  d’un  témoin  oculaire ,  auquel  on 
doit  ajouter  plus  de  foy  ,  qu'à  dix 
autres  ,  qui  parlent  par  oUir  dire,  fc-  - 
Ion  Plaute  inTruculehto,  àétc  deux, 
feene  fix.  Voilà,s’il  me  femble  le  fon-  - 
dement  dudit  Fontaine.  Maintenant 
il  fàut  montrer  que  tel  '  fondement  : 
ne  peut  fùbfîfter  ,  par  les  raifbns- 
fuivantes ,  même  par  l’authorité  de 
Galien  &  l’experience,' 

Si  la  montagne  eut  feulement  con-  B-aifens  - 
tenu  la  Chalcite  ,  &  que  le  Calcan-  contre- 
thum  ou  Vitriol ,  &  la  Chalcite  fuf.  fi»-’ 
fent  une  même  chofè ,  il  y  auroit 
eu  apparence  que'  l’eau  qui  en  pro-  ^ontai^ 
venoit,eût  peu  retourner  à  fon  princi-  ne. 
pc,quoy  que  tres-difficilement;le  con^ 
traire  apparoilfant  par  fes  écrits  mê¬ 
mes  ,  on  jugera  que  cela  ne  fc  peut 
faire,  ny  croire,  puis  que' la  monta¬ 
gne  contenoit  les  quatre  mineraux,& 
que  l’eau  qui  en  diftilloir,,  en  retenoit 
la  couleur ,  l’odeur  &  faueur  :  quelle, 
apparence  y  a-il,  dc  croire  quelle  puif 
fe  plutôt  dégénérer  en  l’iin  qu’en 
l’autre  ;  étans  le  Sory  ,  la  '  Chalcite,  . 

&  Mifÿ  ,  n  ,  contigus  l’un  à  l’au¬ 
tre  ,  qu’à  peine  les  pouvoit-il  difiin- 


2,yz,  Livre  L 

guet  J  ainfî  que  Galien  confeiTe.’  Il 
eft  beaucoup  plus  vray-fèmblable, 
ce  qu'il  écrit  au  chapitre  precedent 
du  Mify  ,  que  du  même  voyage  il 
en  apporta  une  groilè  piece  j  qui 
contenoit  ces  trois  minéraux  ,  Sory, 
Chalcite  ,  &c  Miiÿ  ,  &  que  vingt 
ans  aprez  il  avoir  remarqué  ,  que 
le  Sory  commençoit  à  degenerer  en 
Chalcite ,  &  cette  cy  en  Mifÿ  :  ce 
que  la  nature  peut  faire ,  dautant 
qu'ils  ne  font  differens  que  de  grof- 
feur  &  tenuité  de  parties.  Mais  de 
vouloir  nous  aileurer  qu’une  eau  de 
pluye  qui  abbreuve  une  montagne, 
laquelle  contient  quatre  minéraux, 
deîqüels  elle  attire  î'odcur  ,  la  cou¬ 
leur  &  faveur ,  pnillè  plutôt  dégé¬ 
nérer  en  l’un  qu'en  l'autre  minerai, 
il  eft  impoffiblc  à  la  nature  par  laps 
de  tems  de  le  faire.  Bien  eft  il  vray, 
que  tout  Vitriol  de  quelque  climat 
qu'il  provienne ,  tant  foit-ü  exaéte- 
ment  envelopé  &  gardé  qu'on  vou¬ 
dra  par  fiicceffion  de  tems  ,  perd  une 
partie  de  fon  luftre  en  la  fùrfacc ,  & 
de  fà  force  ,  ainfî  que  l'experience 
nous  en  rend  maîtres.  Mais  qu'il 
change  de  namre ,  &  qu’il  quitte  fa 
forme  par  l’impreffion  ou  introdu¬ 
ction  d’une  autre,  c’eft  un  abus  de 
le  croire. 

Quant  à  Paul  Æginete,  Serapion, 
Sylvius ,  &  autres  qui  ont  fuivy  l’o¬ 
pinion  de  Galien  ,  pour  doCtes  qu'ils 
ayent  étez  ,  ils  ne  font  du  tout  ex- 
cufables ,  pour  avoir  trop  légère¬ 
ment  creu  à  fes  écrits.  Nous  pou¬ 
vons  dire  de  luy  qu’il  a  été  homme 
comme  nous  ,  &  par  confèquent 
fautif,  &  ce  que  fbuvent  il  difoit 
d'Hippocrate  ,  auquel  il  ne  vouloit 
croire,  fi  la  raifon  &  l'experience  ne 


SeBion  V, 

le  contraignoient  à  ce  faire,  qui  fo« 
les  deux  poinéts  pour  prouver  quel.  ' 
que  chofe  ,  ainfi  qu'il  le  déclaré  au 
premier  commentaire  qu’il  a  fait  fur 
le  livre  d’Hippocrate  ,  des  humeurs 
en  la  partie  fèptiéme. 

Que  1^  Chalcite,  &  Calcanthum,  u  u 
ou  Vitriol  foit  une  même  chofè,  ôc'fenZ  \ 
qu’ils  ayent  même  tvertu  l'une  que  \ 
l'autre,  je  ne  fçaehe  homme  de  fain  "i 
entendement  >  pour  peu  qu  il  foie 
versé  en  la  connoifîànce  des  dro-  »vieli 
gués ,  qui  le  confeiîè.  L'un  eft  mi-  Chdci. 
ncral  &  naturel ,  l’autre  non  ,  mais 
une  eau  congelée  fans  artifice  dans 
une  pifeine  :  auffi  comme  diflcmbla- 
bles  ,  Diofeoride,  Galien,  Avicenne 
Sc  autres  les  ont  diftinguez  par  cha¬ 
pitres  particuliers.  S'il  eft  queftiort 
de  recouvir  à'  l’experience  ,  on  ne 
trouvera  qu’aucun  des  Grecs  ,  ny 
des  Arabes,  ny  des  Latins  fe  fbient 
jamais  fervis  delà  Chalcite  auFun- 
gus ,  mais  tous  ont  approuvé  le  Vi¬ 
triol.  Et  pour  montrer  que  Galien 
a  choppé  non  feulement  en  ce  lieu, 
mais  auffi  ailleurs  ,  je  me  conten- 
teray  d’entre  plufieurs  palïàges  de 
rapporter  le  fiiivant,  pour  ne  fôrtir 
hors  de  nôtre  Theriaque  ,  qui  fer- 
vira  d’avis  à  nos  Apothicaires  Fran¬ 
çois. 

Au  premier  des  Antidotes  ,  cha-  edi» 
pitre  1 5.  &  au  livre  de  la  Theriaque 
à  Pifbn ,  chapitre  i  o.  il  dit  que  la 
bonne  Canelle,  qu’il  appelle  Calfe, 
dégénéré  en  Cinnamome  ,  &  que  le 
moindre  Cinnamome  eft  meilleur, 
que  la  meilleure  Canelle,qu'onpour- 
roitchoifir,  lequel  mâché  fént  la  Rué, 
ce  qui  eft  faux.  Car  le  bon  Cinna¬ 
mome  duquel  il  fait  tant  d’état ,  & 
tel  qu'on  l'avoit  apporté  à  Rome, 
ait 


Des  Optâtes. 


^71 


au  tems  des  Empereurs  Ti'ajanj&: 
Adrian ,  venoit  de  Zeilan ,  Provin¬ 
ce  fort  éloignée  des  1-ndes  Orien¬ 
tales  >  où  les  armes  d'Alexandre 
le  Grand  ,  ny  celles  des  Romains 
ne  font  parvenués  ,  &  pour  lors 
non  Cl  frequentes  qu'elles  font  pour 
le  jourd'huy.  Et  la  moindre  Ca- 
nelle  dont  il  fait  fi  peu  d'état, 
écoit  apportée  des  Provinces  de 
Malavar  &  lava  ,  où  naturellement 
tels  arbres  croilicnt  en  grande  quan¬ 
tité  &  fans  artifice  ,  du  tout  fom- 
blables  les  uns  aux  autres.  La  di- 
ftance  des  liaix  ne  peut  changer 
l'elpece  5  car  la  différence  qu'on  y 
remarque  de  la  nature  &  bonté  du 
terroir,  &  de  la  clemence  de  l'air 
de  Zeilan  plus  propre  à  l'être  de 
la  Canellc  ,  que  celuy  de  Mala¬ 
var  ,  &  lava  ,  félon  l'authorité  des 
Anciens  ,  &  l'expericnce  maîtref- 
Cs  des  Arts  én  font  foy.  L'autho¬ 
rité  Ce  peut  tirer  d'Hippocrate  ,  du 
livre  4.  des  maladies  ,  parlant  du 
Sylphiuimou  Lafer,  &  au  livre  de 
l’Air ,  des  lieux  ,  &  des  Eaux ,  & 
aprez  luy  de  Platon  eii  fon  Tiraée, 
&  du  Poète  Virgile ,  au  deuziéme  des 
Georgiques  ,  qui  nous  en  alfeurent. 
L'ppenience  fe  void  en  ce  païs  d'un 
meme  plan  de  vigne ,  lequel  planté 
en  certain  lieu,  produira  du  vin  beau¬ 
coup  mcflleur  qu'en  d’autre. 

Pour  reftituer  ce  paflagC'  de  Ga¬ 
lien  ,  &  l'cxculèr  plutôt  que  de  l'ac- 
eufer  &  s’approcher  de  plus  prez 
â  la  vérité  de  l’hiftoire  ,  j'cftime 
que,  où  nous  lifons  Tnyavi^eiv,  il  fâu- 
droit  lire  0piyun^&v ,  parce»  que  la 
bonne  Carrelle ,  ou  Cinnamome  ap¬ 
proche  plus  de  l'odeur  &  faveur  de 
LOrigan ,  que  de  la  Rué.  De  cette 


ôpinion  je  rir'cn  rapporteray  toûjout^ 
au  jugement  des  plus  doftes ,  &  pafo 
foray  fous  filence  ,  ce  qui  ett'  écrit 
force  firjet  cy-devattt,  for  la  pou*- 
dre  de  Diacinnamomum ,  aprez  Gar¬ 
de  du  lardin.  le  m'en  remets  enco- 
res  à  ce  que  les  Efpagnols  qrri  voya¬ 
gent  fouvent  en  ces  régions  loing- 
taines  nous  en  allèurent ,  qui  nous 
en  apportent  grande  quantité  de  tres- 
bonne  ,  laquelle  mâchée  ne  fent 
point  la  Rué.  Partant  fi  je  fois  creu, 
il  foffira  à  l’Apothicaire  de  choi- 
fir  de  la  meilleure  Canelle  qu'il  pour¬ 
ra  recouvrer  pour  le  bon  ôc  vray 
Cinnamome,  lors  qïi’il  voudra  com- 
pofer  fon  Theriaque  ,  ou  autre  An¬ 
tidote  ,  fans  doubler  fo  dofc ,  com¬ 
me  Galien  confoille  ,  attendu  que 
c’eft  même  chofe.  La  différence  en 
bonté ,  que  les  Grecs  y  avoient  re¬ 
marqué  ,  leur  a  donné  fiijet  d’eftis;, 
mer  qu’il  y  en  avoit  plufieurs  efpe- 
ces ,  comme  des  plantes  en  nombre 
de  fix ,  quoy  qu’il.n’y  en  aye  que 
d’une  forte. 

Retournant  au  propos  de  la  Chal- 
citc  ,  attendu  qu’elle  ne  peut  rc- 
fifter  an  venin  des  Champignons 
par  fon  tempérament ,  &  n’cft  pas 
leur  Alexitaire  ,  par  l’authorité  des 
Autheurs  fus  alléguez  ,  ny  julques 
à  prefont  expérimentée  d’aucun  des 
Médecins  modernes  ,  qui  aye  écrit 
eu  égard  au  danger  eminant  qu’i- 
ceux  Champignons  apportent  à 
ceux  qui  en  ont  mangé  ,  je  fiiis 
d’avis  que  quand  l’occafion  lè  pre- 
Icntera  d’y  remédier  qu’on  làiflê 
la  Chalcite ,  (  làns  s’arrêter  au  di-  ceux 
re  du  fieur  Fontaine  )  pour  fo  fervir  qui  ont 
du  Vitriol  Calciné ,  qui  eft  aflèmé, 
facile  à  trouver,qui  ne  le  falfific  point,  P 
Mm  ôc 


?<74  Livre  L 

5c  eft  cîe  vil  prix  ^  Sc  conncu  de 
çous.  Au  contraire  la  Chalcite  elî 
jrarca  conneuë  de  pcU  de  gens  ,  qui 
çft  chere  qui  vient  de  loing  ,  non 
encore  expcrùnentée.  Ma  raiion  eft 
que  lors  que  le  médecin  y  eft  ap- 
,  pelle ,  fouvent  le  venin  a  déjà  gai- 
gné  le  cœur,  Sc  les  forces  du  ma- 
Ude  font  tellement  abbatuës  ,  qu'il 
n’en  peut  venir  à  bouc  par  le  reme^ 
de  Alexitaire  qu’il  ordonne  ,  pour 
puiftânt  quil  Ibit,  comment  le  fera- 
ü  .par  un  moindre  ?  Qui  lèroit  tant 
dépouveu  de  dodrine ,  de  jugement, 
&  d’expcrience  ,  qui  voudroit  laiC- 
£èr  le  certain  pour  l’incertain,  ex¬ 
périmenter  un  nouveau  rcmede  ,  au 
péril  de  la  vie  de  Ibn  prochain ,  le¬ 
quel  il  ne  voudroit  ièulemenc  voir, 
s’il  étoic  tombé  en  tel  inconve- 
niantjchercher  au  loing  ce  qu’il  a  à  la 
porte  ,  &  achepter  Wen  cher  ,  ce 
qu’il  peut  avoir  à  vil  prix  ?  Nous  ne 
fomnies  plus  au  teins  des  Roys  Mi- 
thridates,  Attalus,  qui  faifbient  leurs 
expériences  fur  des  criminels  &  non 
fur  d’autres.Serons-nous  pires  qu’eux, 

fnfu 

^®"cl>-irre,que  la  Chalcite  ne  fc  put 
U  far-  utilement ,  ny  Êurement  donner  con- 
tie  de  la  cre  le  venin  des  Champignons ,  com- 
Thefe  i^e  l’alîciire  ledit  fieur  Fontaine ,  & 
tmrlu  fondement  eft  mal  allèurc, 

ne.  4Poy  P'i^  «le  Galien  ,  interprété 
de  ce  grand  Hippocrate. 

Contre^  Maintenant  rtfte  à  voir,  fi  lafè- 
^  ficj-  eonde  partie  de  fa  Tlrefe  fera  mieux 
Je  de  t'a  que  la  première  ,,  que  par 

Thefe  .  icelle  il  nie  que  la  Chalcite  foit  mi- 
dnidit  û  au  Theriaque  pour  la  faire  pene- 
Vea.'at.  trer  ,  &  deterger,  comme  l’Autheur 
1  ’a  écrit  en  cette  Paraphrafè  ,  pour 
l’inftrudiondes  Apothicaires  moins 


Se&ion  V* 

verfez ,  Sc  non  pour  les  dodes.  Oj 
pour  donner  coup  à  l’opinion  d^i 
fieur  Fontaine  ,  .&  le  renverfer ,  ou¬ 
tre  les  raifons  &  expériences  ,  je 
me  ferviray  tant  de  l’authoritc  des  j 
anciens  Grecs  ,  Diolcoride ,  Galien, 

&  Paul  Ægincte ,  que  des  Arabes 
Avicenne,  &  modernes  ,  en  divers 
lieux  de  leurs  écrits  (  la  cotte  def- 
qnels  attiediroit  le  Ledeiir  pour  être 
trop  longue  )  qui  la  detruifet.  Cet¬ 
te  lèule  railbn  me  iervira  d’Achit 
le  &  de  bouclier  ,  fçavoir  que  tous 
medicamens  agiflènt  ou  de  leur  for¬ 
me  cftentielle,  ou  par  leurs  quali- 
tez  premières ,  ou  fécondes.  Cy-de-  , 
vant  nous  avons  montré  ,  que  la 
Chalcite  ne  pouvoir  combattre  Je 
venin  des  Champignons,  par  fa  for¬ 
me  s  ny  par  fès  qualitez  première). 

Il  refte  donc  à  voir ,  fi  elle  le  pour¬ 
ra  faire  par  les  fécondés ,  ou  non} 
ce  que  l’Autheur  mon  pere  en  a 
écrit,  par  quelques- unes  de  fès  qiia- 
litez  premières  &:  fécondes ,  qui  fogt 
en  nombre  de  cinq  ,  à  f^voir  cha-  niiài\ 
leur,  ficcité,  tenuité  de  parties,  de- 
terfion  ,  &  adftridion,  defquell?s 
en  peut  tirer  des  confequenccs  tvqn 
moins  afléurées,  que  celle  qui  6*^ 
dire  être  jour  ,  lors  que  le  blond  Sç- 
leil  gallope  fà  carrieic  ,  fur  l’orizon 
de  nôtre  hemifphere..  ^ 

Par  fà  clialeur  manifefte  au  goipj  '•  **■ 
avec  l’aide  mutuelle  de  plufieurs  au- 
très  drogues  chaudes  qui  entrent  au 
Theriaque  ,  elle  potma  modercrf'a 
froideur  de  l’Opium  ,'  icy  mis  p 
quantité..  Par  la  ficcité  .  apruc  par  ^ 
l’uftion  elle  pourra  delléicher  ab-  J®' 
forher  l’humeur  virulent  des  bêtèp^U" 
neneufés ,  qui  étoit  l’intention  prie,?** 
pale  d’Andromachc,.  &  pour  refij^cf 


à  ia  pouttiturc  des  hiutaenrs  ,  fonr- 
cede  plufîeurs  iiialadies,  aitfqiielles 
le  Theriaque  s’adapte  heureufement. 
V  R*i-  par  fa  tenuité  de  parties  auflî  ai- 
dce  d'auffes  ingrediens  elle  fait  pct- 

netrer  la  crâflitie  des  medicaraens 

freids  &  adltringens  ,  comme  l’O- 

piiuâ  ,  Acacia  ,  Hypociftis  ,  Ter- 
4.  R*/-  re  figillée  ,  Rofes  ,  8c  autres.  Par 
/«».  fa  vertu  deterfive,  elle  peut  deter- 

■i  ger  les  matières  de  la  plus  grand’ 

partie  des  maladies  froides  ,  tant 
du  cerveau  que  des  joinâures  ,  fé¬ 
lon  Diolcoride ,  Galien  »  Avicenne 
ç.  Rai-  &  autres.  Par  fon  adftriétion  non 
/»».  petite  ,  elle  pourra  empccher  la  fou- 
daine  exhalation  de  pluiieurs  me- 
dicamens  de  facile  refolution  >  qui 
entrent  en  grand  nombre  audit  The¬ 
riaque  ,  &  fervira  encore  à  la  fer- 
inentatioru.y  necciîàire  ,  avec  l’ai¬ 
de  de  l’Opium»  &  des  autres  ter- 
ïeftres. 

Des  fofoites  raifons  non  pro¬ 
blématiques  mais  certaines  ,  les  do¬ 
ctes  jugeront  s’il  leur  plait,  lequel 
des  deux  eft  mieux  fonde  »  ou  luy 
d’avoir  nié  que  la  Chalçite  foit  mi- 
fe  au  Theriaque  pour  decerger  ».  8c 
la  faire  pénétrer  :  çù  l’Autheur  l’a- 
voit  écrit  au  difeours  qu’il  en  a  fait, 
attendu  qu’elle  n’eft  Alexitaire  au 
venin  des  Champignons ,  ainfî  qu’il 
i’aflèure  en  la  première  partie  de  fz 
Thefe. 

De  révoquer  en  doute  que  le 
Theriaque  de  moyen  âge  ,  ne  puiC- 
fe  fervir  au  venin  des  Champi¬ 
gnons  de  toute  leur  nature  véné¬ 
neux  ,  tel  que  cy- devant  ont  été 
dépeints ,  ce  foroit  pr  trop  montrer 
fon  ignorance.  Non  pas  pource 
qu’il  jj  entre  de  la  Chaicite  ,  mais 


pour  le  relped  de  plufieurs  Ale- 
xitaires  au  Fungus  cy  -  devant  dé¬ 
clarez  :  comme  le  Calainent  ,  la 
racine  d’AriftoIoche,  l’Origan  »  &c. 
qui  entrent  au  Theriaque  ,  &  qui 
pr  une  mutuelle  aélion»  en  font 
refolter  une  commune  »  &  conve¬ 
nable  ,  non  feulement  à  la  morfii- 
re  ôc  piqueure  des  bêtes  veneneu- 
fos  »  &  à  tous  venins  8c  poifons  : 
mais  anffi  à  la  guerifon  de  plur- 
fleurs  maladies  chaudes  lors  qu’el¬ 
le  eft  encore  recente  ,  &  que  la 
froideur  de  l’Opium  domine  la  cha¬ 
leur  des  autres  ingrediens  :  &  en¬ 
cor  au  maladies  froides  »  lors  que  la 
froideur  de  l’Opinm  eft  furmontée 
par  la  chaleur  ,  tant  de  la  Chaicite, 
que  des  autres  médicaments  chauds, 
ez  années  foivantes. 

Des  raifons  »  authoritez  & 
riences  fus-dcclarées ,  on  peut  coh- 
dure  »  que  la  Thefè  du  fieur  Fon¬ 
taine  »  foie  en  fa  partie  affinuati- 
ve ,  foit  négative ,  foie  en  fon  fon¬ 
dement  pris  des  écrits  de  Galien, 
demeure  entièrement  détruite ,  par 
confèquent  non  recevable.  Toutes-  , 
fois  s’il  a  d’autres  raifons  qui  foient 
meilleures  que  les  miennes  ,  fon-  ■ 
dées  fur  l’authorité  ,&  l’cxpericn- 
ce ,  il  me  fera  plaifir  de  les  pro¬ 
duire  au  jour  ,  pour  le  bien  de 
la  pofterité  ,  avec  promellè  auffi- 
tôt  qu’elles  feront  parvenues  à  ma 
connoiiIance»d’abandonner  les  mien¬ 
nes  ,  &  non  autrement.  Au  con¬ 
traire  ,  fx  je  les  vois  fàtyriques  ,  6c 
inciviles  »  je  ne  luy  feray  pas  l’hoiV 
neur  de  hiy  répondre  ;  mais  je  te 
lairray  en  fon  opinion. 


M  sa  i  RE 


2.76  Livre  IL  SeBion  IL 


REMARQJ/E. 

LEs  admirables  effets  ^uon  a  re¬ 
marqué  en  la  Theriaque  fidè¬ 
lement  diéfensée  Vont  rendue  fi  re¬ 
commandable  &  d'un  fi  frequent 
ufage  que  'jufiques  aux  moindres  & 
fhesi  Its  plus  éloignées  de  toutes  les 
nations  on  la  met  en  pratique  ,  les 
uns  pour  avoir  o'ùi  publier  fis  ver¬ 
tus  les  autres  fondett,  fittr  diverfies 
fpcperiences  qu  ils  en  ont  fait  ,fans 
néanmoins  que  pour  la  plus  grand 
part  de  ceux  qui  s’en  fervent' ,  fafi- 
fient  différences,  de  la  bonne  avec 
la  mauvaifie  non  plus  que  des  Ân- 
tftdns  &  Orviétans  compofie"^  par 
des  perfionnes  fans  adveu  ,  auffi  ne 
joùiffent-ils  pas  de  fies  véritables  ef¬ 
fets.  .Autrefois  il  nétoit  permis 
qu’aux  Médecins  des  Empereurs  de 
l’ancienne  Rome  de  compofier  la 
Theriaque  de  laquelle  ils  fiaifioie-nt 
des  prefiens  a  leur  plus  itimes  amy.s, 
^  a'infi  l’ufage  n’en  éteit  que  par- 
my  les  grands.  Mais  comme  l'Au- 
theur  de  la  nature  a  créé  toutes 
efiofies  indifféremment  pour  fiervir  à 
momme ,  il  a  voulu  nous  faire  jouir 
également  des  fruits  incomparables 
de  ce  grand  Antidote  ,  qui  fem- 
bloit  n’avoir  été  inventé  que  pour 
défendre  la  vie  de  ces  anciens  Em¬ 
pereurs  des  invafions  clandestines 
de  ta  mort  ,i^e  qui  a  fait  que  l’u- 
ffige  en  efi  venu  jufiques  k  nous  :  tout 
ce^qu’il  y  a  de  plus  a  regretter  ejt^ 
de  ce  quelle  s’efl  rendue  fi  com¬ 
mune  ,  particulièrement  dans  les 
pays  QU  nom  fiommes  depuis  que 
l’ avarice ,  l’ignorance  &  la  méchan¬ 
ceté  ont  poufisé  i’ homme  par  un  ex¬ 


trême  defir  de  gaigner  ,  k  foiiiStr 
fies  mains  pleines  de  rapine ,  pour  la 
compofier  d’ingrediens  vils  &  ab- 
jets  ,  que  fi  elle  étoit  également 
bien  diSfensée  ,  &  qu’on  la  repur- 
geat  de  tous  les  fiubSlituts  mal  aàa- 
ptéX^,  que  plufieurs  y  font-  entrer, 
fis  rares  vertm  reluiraient  de  tous 
cotez.  ,  &  nôtre  profeffion  en  fe¬ 
rait  plus  honorée.  Les  anciens  l’ont 
eue  en  une  fi  haut  eSi'ime  ,  qu’ils 
l’ont  diverfiement  confiderée  fui- 
vant  V âge ,  comme  Avicenne  au  li¬ 
vre  cinquième  ,  traitté  premier  des 
Thériaques  ,  luy  attribué  tous  âges, 
même  la  vie  &  la  mort.  En  la 
Theriaque  (  dit-il  )  fie  trouvent 
l’enfance  ,  la  puberté  ,  l’adolefcen- 
ce ,  la  vuilleffe  &  la  mort  j  elle  \ 
parvient  k  fon  enfance  aprez,  fiix 
mois  ,  apreX^  elle  entre  en  fia  pu¬ 
berté  &  accroiffement ,  auquel  elle 
perfiSie  dix  ans  aux  régions  chau¬ 
des  ,  &  vingt  ans  en  celles  qui 
font  froides  ,  enfuite  de  fa  puber¬ 
té  ,  elle  demeure  dix  ou  vingt  an¬ 
nées  en  état  de  confiéîance ,  de  là 
elle  vient  k  décliner  apréX^  tren¬ 
te  ou  quarante  ans  ,  enfin  elle  efi 
entièrement  dépo'ûillée  de  la  .ver¬ 
tu  de  Theriaque  d'ans  cinquante 
OH  fixante  ans  ,  fiuivant  le/quels 
elle  produit  divers  effets  diffe- 
rens  les  uns  des  autris  ,  ou  je 
ne  m’arréterdy  point  k  prepint, 
pour  n’adherer  au  fientiment  des 
Anciens ,  ce  que  'fen  dis  ce  n’efi 
qtte  pour  faire  voir  le  foin  qu’ils 
ont  apporté  k  la  cempofition  d’un 
fi  excellent  Antidote,  &  l’exaBe 
recherche  qu’ils  ont  fait  de  fis 
âges,  &  des  vertus  qu’ils  luy  ont 
attribué  ,  en  comparaifon  de  ces 


dvarickuii  qui  far  leur  mauvaife 
confcieuee  ,  Le  compofént  le  moins 
bien  qu’ils  peuvent ,  dans  cette  vil¬ 
le  même ,  qui  efi  comme  le  lieu  na¬ 
tal  de  la  Médecine ,  d’ou  les  com- 
pofitions  devraient  fortir  aujfi  pu¬ 
res  que  l’eau  qui  découle  des  fiur~ 
ces  du  fleuve  Teare ,  qui  fuivant 
Bariut  font  les  meilleures  &^les 
plui  belles  du  monde  ,  &  au  dire 
de  ceux  du  pais ,  elles  font  des  plus 
falutaires  pour  la  Medecine  ,  je 
veux  donc  dire  que  par  la  feujlra- 
>üion  qu’ils  y  font  de  fa  hafe  &  des 
principaux  ingrediens ,  ou  par  le 
mélange  d’autres  m,auvaifes  dro¬ 
gues  ,  qui  feraient  horreur  d  tou¬ 
te  la  terre  de  le  dire  par  le  menu, 
ils  le  privent  entièrement  du  nom 
de  Theriaque ,  &  en  un  moment  ils 
font  par  maniéré  de  dire  ce  que  le 
tems  ne  peut  faire  ,  fuivant  les  An¬ 
ciens ,  qu’en  cinquante  ou  foixan- 
te  ans ,  pour  lors  ils  n’y  épargnent 
point  entre  autres  fimples  la  Va¬ 
lériane  ,  la  Gentiane  ,  le  Meu  ,  les 
plus  vieilles  gommes  avec  leurs  im- 
puretez.  ,  leur  font  les  meilleures, 
pour  relever  l’odeur  des  herbes  & 
fleurs  Theriacales ,  qui  quoy  qu’el¬ 
les  croijfent  en  abondance  dans  le 
pais  ,  bien  fonvent  ne  fuffifent  point 
pour  ajfouvir  leur  dete fiable  avari¬ 
ce  fans  faire  conflderation ,  que  pour 
I  ordinaire  elles  valent  très -peu, 
comme  pour  n  avoir  pas  obfervê  le 
tems  de  la  colleflion  ,  celuy  de  la 
défécation,  ou  pour  avoir  négligé 
le  lieu  de  leur  repofition.  Enfin  c’eji 
un  creve-eœur  aux  gens  d'honneur 
de  notre  profeffion,  de  voir  nos  plus 
célébrés  compojïtions  profanées  au 
point  que  nom  les  voyons  ,  nom  en 


Des  Opium. 

entendons  des  plaintes  de  tom  üotex,, 
nous  nous  en  J  'aifijfons  ,  leur  faifons 
faire  le  proce‘^&  condamner  au  feu, 
mais  tout  cela  nefl  pas  capable 
d’arrêter  l’avarice  d’aucuns ,  qui 
eft  cette  ancienne  mere  de  toute  for¬ 
te  de  fourberies  &  de  malices  ,  qui 
leur  fait  oublier,  que  de  foufîrai- 
re  les  principaux  ingrediens  d’une 
compofltion  ,  c’eji  dérober  la  famé 
de  fin  prochain  ,  de  quoy  ils  ren¬ 
dront  compte  devant  Dieu. 

le  pajferay  outre  &  dir-ay  encore 
qu’il  y  en  a  quelques-uns  de  ceux 
qui  apre\jn  avoir  fait  la  dijpenfa- 
tion  publique  avec  toute  la  pompe 
&  filemnité  qu’on  peut  apporter 
au  pim  fameux  Antidote  que  nous 
ayons  en  toute  la  Medecine  Gale- 
nique,  qui  a  autrefois  furmonté  les 
plus  cruels  venins ,  tant  des  végé¬ 
taux  des  animaux  ,  que  des  miné¬ 
raux.  Le  témoignage  de  Galien  efi 
digne  de  foy  ,  de  ce  qu’il  dit ,  que 
plufieuïs  Empereurs  de  Rome  & 
Princes  ,  ont  été  garantis  du  poi- 
fin  par  fin  ufage  :  le  veux  dire 
donc  de  quelques-uns  de  ceux  qui 
aprez,  en  avoir  fait  la  poudre  &  le 
mélange  filon  les  réglés  de  l’Art, 
dans  cette  filemnité publique,en  leur 
particulier  &en  cachette,  ils  y  fine 
un  autre  mplange  d’une  fécondé 
Eheriaque,  composé  du  rebut  &  des 
‘  triailles  des  drogues  de  la  première, 
le  pim  fiuvent  fans  y  ebferver  ny 
poids  ,ny  mefure  ,&  la  débitent  au 
moment  que  tout  efi  mélangé  ,fans 
attendre  que  cette  fermentation  ,  & 
les  divers  âges  qui  leur  fint  fi  ex- 
prejfement  recommandez  par  les  An¬ 
ciens  fiient  accomplis,  de fquels  dé¬ 
pend, comme  ils  difent)  la  ferfiSiosn- 
M  m  3  dt¥ 


lyS  Lhre  h 

de  V Antidote  &  ^  divers  Effets 
qu'ils  luy  attribuent  comme  en  fort 
premier  âge  ,  quand  elle  eft^exaEie- 
ment  compofêe  queUe  pronjoque  le 
fsmmeil,  appaife  les  douleurs,  arrête 
la  fluxion  épaijfit  la  fuhtilité  des 
humeurs  '&  rabat  leur  acrimonie 
Juivant  le  feritiment  d'aucuns  ,  & 
faivant  quelques  autres ,  elle  ejl  nui- 
fible  a  ceux  qui  en  ufint  contre  les 
maladies  malignes  j  car  au  lieu  de 
ehajfer  le  venin  en  dehors,  au  con~ 
traire  en  incràfant  la  humeurs  ,  le 
retient  en  dedans ,  &  le  concentre 
&  c’e'fi  pour  ne  fçavoir  ,  ou  ne  vou-^ 
loir  pas  faire  cette  différence  d’àga, 
ce  qui  efl  pernicieux  a  leur  égard-. 
Son  âge  médiocre  félon  Galien ,  du¬ 
re  jufqua  k  douze  ans  ,  &  partici¬ 
pe  du  premier  &  du  fécond  âge  i 
mais  en  fa  vieilleffe  qui  s'étend  juf¬ 
qua  a  vingt  ou  vingt  cinq  ans, 
étant  alors  parfaitement  mêlée ,  & 
fermentée  ,  elle  déployé  yâ  vertus 
avec  plus  de  vigueur  ;  car  elle  pre- 
ferve  le  cœur  de  toute  forte  de  ve¬ 
nins  &  fert  d' Antidote  contre  la 
pefie ,  &  contre  la  morfure  des  bêtes 
venimeufa. 

Encore  diray-je  que  je  refle  fort 
étonné  de,  ce  que  dépuis  fi  long¬ 
temps  que  la  Médecine  fleurit 
dans  Montpelier  qu'aucun  de  ceux 
qui  ont  eu  en  partage  la  dtreEiion 
de  la  compofition  des  Medicamens, 
n'aye  daigné  d'entreprendre  de  cor¬ 
riger  l'abus  qui  fe  commet  ordinai¬ 
rement  ,  en  fubftituant  pour  la 
compofition  de  cet  Antidote  &  dm 
Trochifqua  d'Hedyeroi-  environ  a 
la  quatrième  partie  des  ingrédient 
de' plus  importans  des  autres  lef- 
qjids  nont  point  de  rapport ,  pour 


SeBion  F, 

la  plut  grand  partie  ,  avec  les  qua^ 
litez  &  vertus ,  de  ceux  que  les 
Inventeurs  de  ces  compofitions  y 
ont  fait  entrer  ,  comme  a  la  Scille 
quelques-uns  y  fubfiituent  le  Nar- 
ciffe  Oriental  de  Svvertius  ,  au 
Baume  de  ludée  ,  l'huile  de  Muf- 
cade  ,  ■©"  ceux  qui  veulent  enché¬ 
rir  par  diffus  ceux-la  y  fubjlituent 
l'huile  de  Gerofle  ,  au  Coftus  Ara¬ 
bicas,  le  Zedoaria  au  Rhapontic  â 
la  Rheubarbe  a  la  Gaffe  ligneufe , 
la  Canelle  au  Calament  de  montag¬ 
ne  ,  le  vulgaire  a  la  Terehinthinè 
de  Chie  la  commune  ,  a  l'Amomum^ 
l'Acorus  verus  a  la  fueille  d'Inde, 
le  gerofle  au  fruit  du  Baume  ,  les 
Cubebes  a  l'Jicacia  vera  ,  l’Acacia 
nofiras  ,  au  Calamus  aromaticui 
l'Acorus  verus ,  au  bois  du  Baume 
le  Santal  citrin ,  a  la  terre  Lem- 
nienne  la  terre  Sigillée  commune  r 
a  l'Aéfalath  le  Santal  citrin  ,  & 
au  Marum  la  Matrioaire.  En  ce 
rencontre  ,  il  ri  a  de  rien  fervy  k  un- 
fameux  Chancelier  de  l'école ,  qu’il 
ait  dit  en  fa  Pharmacopée  ,  qu’il 
n’efl  ja  befoin  de  fubfiituer  aucuns 
fimples ,  pour  le  Malobathron  ,  Co¬ 
ftus  Rhapontic  ,  &c.  fi  feulement 
on  veut  être  foigneux  &  diligent  a 
s'en  enquérir.  Si  ces  paroles  nont 
fait  aucune  impreffion  en  leurs 
ejprits ,  pour  ces  trois  fimples  non- 
plus  que  pour  les  autres  fus  nom¬ 
mez  ;  p'efi  qu'ils  fe  flattent  en  di- 
fant  que  tels  Medicamens  ne  font 
plus  en  cours  de  marchandife  ,  ou 
bien  que  s'il  s’en  trouve  quelques- 
uns  qu'ils  n'ont  pas  les  marques , 
que  les  Anciens  leur  on  donne, 
&  ainfi  il  vaut  mieux  d’y  en  fub¬ 
fiituer  d'autres],  que  \nou3  connoif- 


Des  Optâtes. 


foNs  que  les  Autheurs  nom  ont 
frefcrits ,  que  de  recevoir  ceux-là. 
Cette  réponfe  ne  peut  être  rappor¬ 
tée  qu’à  nôtre  nonchalance ,  d'avoir 
négligé  jufques-icp  une  connoijfan- 
ce  fi  requife  à  nôtre  honneur  &  fi 
utile  au  public ,  à  laquelle  les  Apo¬ 
thicaires  des  moindres  villes  dû 
Royaume  font  fort  oppofea:.  ,  &' 
nous  font  honte  ,  fur  ce  qûils  s'é- 
forcent  de  tout  leur  pouvoir  d’ad¬ 
mettre  le  moins  de  Jubfiituts  qu’ils 
peuvent  en  leur  Theriaque.  §l^e  fi 
autrefois  il  y  a  eu  des  ASaîtres 
apothicaires  à  Lyon  ,  qui  par 
leur  curieufe  recherche  l’ayent 
compefée  avec  deux  fuhfiituts  tant 
feulement  ;  pourquoy  ne  la  ferons 
nous  pas  fi  nom  avons  de  L amour 
pour  nom  même  ,  en  nom  dépar¬ 
tant  de  ce  detefiable  defir  de 
gagner ,  &  en  imitant  non  feule¬ 
ment  de  tout  nôtre  pouvoir  ceux 
qui  font  bien  ,  mais  nous  devons 
tacher  de  furmonter  leur  vertu  j  Si 
nous  voulons  iouyr  un  jour  du  fruit 
de  nos  labeurs. 

^  Si  en  un  temps  que  la  navigation 
net  oit  point  connue  Galien  &  fis 
devanciers  ont  décrit  &  employé 
tous  les  ingrediens  de  la  Theria¬ 
que  :  pourquoy  ne  conneifirons  & 
employerons-nous  pas  de  même ,  les 
ttns ,  que  les  autres ,  attendu  que 
par  lart  de  la  navigation  nous 
avons  aujourd’huy  la  connoijfance 
de  diverfes  terres  ,  régions  ,  & 
Royaumes  que  ceux  des  fieclerpaf- 
fil^ne  eonnoijfoient  point,  d’où  les 
drogues  les  plus  rares  &  preeieu- 
fet  de  cet  Antidote  viennent.  Gjy^e 
fi  les  Grecs  les  Latins  &  les  Jr a- 
hes,  ne  conviennent  point  de  toutes 


les  parties  de  la  defiripiien  ,  des, 
’fufdits  ingrediens ,  il  n’efi  pas  diffié 
cile  de  les  concilier  enfimble  , 
de  faire  voir  qne  le  plus  fiuvent 
ceux  qui  ont  traduit  les  oeuvres, 
des  Grecs  ,  des  Latins  ,  é"  des- 
Arahes  ne  les  ont  point  tournées 
d'une  langue  en  une  autre ,  en  leur 
vray  fins ,  à  moins  que  ce  fioit  été 
l’Autheur  même  qui  ait  fait  la  tra- 
duôlion  de  fis  oeuvres ,  &  ainfi  on  4. 
dépravé  &  altéré  les  meilleures, 
penfées  des  premiers  écrivains , 
comme  il  fera  remarqué ,  en  quelr 
que  endroit  cy-aprez.  ,  qui  efl  la 
raifon  qu’on  ne  doit  pas  trouver 
étrange  ,  fi  non  feulement  les  fuf- 
dits  ingrediens  ,  mais  un  nombre 
infiny  d’autres  nont  point  'toutes 
les  marques  que  les  Autheurs  leur 
ont  donné  ,  par  ee  que  chaque  in¬ 
terprété  a  fuivy  fin  propre  finsj. 
pour  n’avoir  fieu  pénétrer  celuy  de 
qui  ils  traduifoient  les  œuvres  ^ 
p^irticulierernent  au  rencontre  des 
mots  qui  reçoivent  diverfes  explU 
cations  ,  mais  pour  toute  réponfi  y 
&  pour  preuve  de  cette  vérité ,  il 
nous  doit fuffire  d’examiner  exaEle- 
ment  ,  fila  ScilLe  rouge  ,  que  nom 
employons  dans  nôtre  Theriaque 
n^'efi  la  même  que  celle  des  An¬ 
ciens  en  vertu  ^  ou  s’il  ejt  abfiolu- 
ment  necefiaire  d’y  employer  la 
blanche ,  fi  le  Coftus  Arabicus,  le 
Rhapontic  ,  la  Cajfia  lignea  ,  le 
Calaminta  mont  an  a  ,  le  Terehin- 
thine  de  Chie ,  l’Amomum ,  lu  Fo¬ 
lium  Indum  ,  le  Carpobalfamum  i 
l’Acacia ,  le  Xylobalfamum  ,  le  Cas, 
lamus  aromaticus  ,  le  Chalcitis,. 
l’AIfalath,  &  le  Mururn  ne  font 
les  rnêmü  fimpUt  qpf  f>os  Anciens 


Livre  L  SeBion  V, 


iSo 

ent  dêcritt  &  employez,  dans  cet 
Antidote  ,  &  s‘U  ne  tient  qu'à 
nom  de  les  y  employer ,  pour  une 
plui  grande  perfeSlion  de  la  com- 
pojition.  Voilà  ce  qui  nia  émeu , 
en  cette  fécondé  édition  ,  de  di¬ 
re  mon  fentiment  fur  chacun  d’i- 
ceux  ,  enfemhle  fur  quelques  au¬ 
tres  fimples  ,  le  tout  en  faveur 
des  vrays  dijpenfateurs  de  cet  An¬ 
tidote  ,  &  commenceray  par  la 
Scille. 

De  la  Scille. 

Cet  Oignon  ,  fuivant  quelques 
Botaniques  efi  divifé  en  deux 
eéfeces  ,  f  avoir  en  male  &  fe¬ 
melle  -,  iun  efi  blanc  &  l'autre  rou¬ 
ge  ,  celuy-là  efi  le  mâle  ,  &  cet- 
tuy-cy  la  femelle.  Anguillara  en 
fait  une  troiftéme  efiece  ,  qui  efi 
l' Epimenidium  de  'Theophrafie , 
quii.  appelle  Scilla  vera  &  légi¬ 
tima  ;  mais  parce  quelle  efi  co¬ 
rne  fiihle  ,  &  de  faveur  agréable, 
je  nen  parler ay  pas  davantage , 
à  raifon  que  nous  ne  nous  en  fer- 
vons  point  en  Afedecine  ,  la  rou¬ 
ge  efi  décrite  &  depeinte  prefque 
dans  toutes  les  Hiftoires  des  plan¬ 
tes  ,  &  Clujms  qui  efi  le  premier 
de  ma  connoijfance  ,  qui  a  donné 
la  figure  de  la  blancîoe  ,  la  décrit 
dans  fin  fécond  livre  des  plan¬ 
tes  curieufes ,  fous  le  nom  de  Scil¬ 
la  Hifianica  ,  pour  en  avoir  vêts 
quantité  en  divers  endroits  de 
l’Eéfagne  ,  Diofeoride  &  Clufius 
appellent  cette  première  Pancra- 
tium  ,  d'où  vient  qu'il  y  a  des 
JlPaifires  Apothicaires  pour  parot- 
tre  pim  fideles  difpenfitteurs  des 


Trochifques  de  Scille  ,  qui  la  rejet-  ■ 
tent ,  &  prennent  à  ce  qu'ils  di- 
fint  la  blanche.  Si  ceux  la  fai- 
fiient  réflexion  fur  le  mot  de  Pan- 
cratium  qui  fignifie  fuivant  l'inter- 
pretation  de  Dalechamp ,  un  reme- 
de  qui  chajfe  &  furmonte  toutes 
maladies  ,  fans  difficulté  ,  ils  la 
prefereroient  à  toute  autre  efieee 
au  lieu  de  la  rejetter.  Mais  enco¬ 
re  quelques  -  uns  de  ceux  -  cy  ne 
prennent  pas  garde  à  une  plus 
grande  erreur  ,  qu'ils  commettent 
qui  efi  au  lieu  de  prendre  la  Scil¬ 
le  blanche  ,  comme  ils  difent ,  ils 
prennent  le^Narciffie  Oriental  de 
Svvertius  qui  efi  une  grojfe  bulbe 
blanche  ronde  comme  une  boule  de 
neuf  à  dix  livres  pefant ,  cotnpofée 
de  tuniques,  ou  écailles ,  comme  les 
autres  JSlarciJfes  ,  qui  porte  fes 
fueilles  longues ,  crajfes  &  rondes  , 
à  l’extremité  ,  laquelle  a  des  ver¬ 
tus  bien  differentes  à  celles  de  la 
Scille  blanche  ,  qui  efi  un  autre 
Oignon  beaucoup  plus  moindre  du 
poids  ,  d’environ  deux  à  trois  li¬ 
vres  ,  fis  fueïUes  font  un  petit  pim 
larges ,  moins  craffes  ,  &  plus  poin¬ 
tues.  En  voila  affelj^  pour  faire 
voir  en  quoy  ces  deux  Oignons 
different  ,  afin  d'éviter  à  l'adve¬ 
nir  qu'on  ne  prenne  pas  l'un  pour 
l'autre. 

Diofeoride  au  lieu  de  nous  dé¬ 
crire  la  vraye  Scille  ,  s'efl  con¬ 
tenté  de  noM  décrire  feulement 
fis  qualitez. ,  vertus ,  &  prépara¬ 
tions  ,  ce  qui  me  fait  croire  ,  qu'il 
ne  la  connoiffoit  point.  Et  en  fuite 
par  un  chapitre  particulier ,  U  dé¬ 
crit  la  Scille  rouge  ,  fous  le  nom  de 
Pancratium  ,  difant  être  une  greffe 


Des  Optâtes.  i  8  i 


lulhe  qui  porte  des  fueilles  [em- 
blMes  A  celles  du  Lis  ,  mais  un 
■peu  plus  longues  ,  t  "efi  ce  qui  a 
donné  lieu  a  Clufius  de  l’appeller 
aujfi  Pancratium  ;  mais  en  ce  ren¬ 
contre  fefiime  qu'ils  fe  font  troni- 
■peT^  5  car  ceft  hors  de  difpute  que 
la  Scille  rouge  avec  la  blanche , 
qu'ils  difent  être  la  vraye,  ne  [oient 
deux  e/peces  d'un  même  genre ,  qui 
ont  été  bien  divifées  en  mâle  & 
femelle ,  tant  par  l’affinité  &  ref- 
femblance ,  quelles  ont  en  leurs  ra¬ 
cines  ou  bulbes , fueilles  , fleurs  ,fe- 
mences  ,  quen  leurs  qmliteü  & 
vertus ,  outre^  quelles  eroiffient  & 
viennent  enfemble  ,  en  un  terroir 
■humide  &  marécageux  ;  elles  com¬ 
mencent  égallement  de  pouffer  la 
tige  de  leurs  fueilles  en  Décem¬ 
bre  &  les  fueilles  durent  vertes 
jufques  en  May  &  luin  ,  aprex. 
elles  fe  feichent  fans  qu'il  paroiffe 
aucune  tige.  Ceux-là  s’abufent 
auffi ,  qui  difent  que  l’une  fait  la 
fueille  noire  ,  &  que  l'autre  la 
fait  blanche  ;  car  toutes  deux  la 
font  verte  ,  avec  la  diftin&ion  du 
plus  ou  du  moins.  De  même  ^ue 
ceux  qui  ont  écrit  que  la  vraye 
Scille  fleuriffoit  trois  fois  l’an  :  du 
raifonnement  des  uns ,  é"  des  au¬ 
tres  ,  nom  pouvons  inferer  quils  en 
parlent  par  ouyr  dire,  parce  quil¬ 
les  ne  fleuriffent  qu'une  feule  fois 
I  ^n ,  qui  eft  environ  l’equinoxe  de 
I  Automne  ,  alors  leur  tige  com¬ 
mence  de  pouffer  ,  &  monte  toute 
nue  fans  aucune  fueille  (  fuivant 
que  les  bulbes  font  plus  ou  moins 
greffes  )  jufques  à  la  hauteur ,  de 
fipt  a  huit  pans  ,  la  fleur  efl  blan- 
fl^>  firt  petite  ,  en  forme  d’étoi¬ 


le  ,  &  commence  de  s'éclorre  par 
le  bas  de  la  tige  ,  &  dure  plus 

qu'aucune  autre  fleur  ,  de  manié¬ 
ré  que  la  femence  des  premières 
fleurs  ejl  à  demy  meure  avant  que 
la  fleur  de  la  fommité ,  fait  paf- 
sée. 

-Aprex.  avoir  dit  en  quoy  ces 
deux  bulbes  fe  reffemblent  j  il  efl 
bien  raifinnable  auffi  de  dire  en 
quoy  elles  different ,  dautant  plus 
qu'il  y  a  quantité  de  perfonnes, 
qui  en  fint  mention  dans  leurs 
écrits  ••  neantmoins  je  nen  ay  veu 
aucun  que  ceux  qui  peuvent  l'a¬ 
voir  appris  de  Clufius  ,  qui  en 
rapportent  1‘ entière  vérité  ,  parti¬ 
culièrement  de  la  blanche  ,  que 
quoy  que  nous  fioyons  au  pays  ,  oit 
mus  en  pouvons  facilement  recou¬ 
vrer  ,  aucun  de  ceux  avec  qui  )’en 
ay  conféré  ,  ne  m'ont  fçeu  dire , 
ce  quelle  efi  pour  me  rafraifichir 
la  mémoire  de  ce  que  fen  vis, 

U  y  a  environ  trente  cinq  ans  -, 
qu'un  marinier  qui  vernit  des  cô¬ 
tes  de  Barbarie  ,  rnen  fift  prefent 
àéune  bonne  quantité  des  deux 
eéfeces  ,  oit  je  remarquay  tant  feu¬ 
lement  trois  chofes  ,  qui  les  difiitt- 
guent  ,  fi  bien  qu'un  enfant  en 
fçauroit  faire  la  différence ,  la  pre¬ 
mière  par  la  couleur  ,  la  fécondé, 
par  la  groffeur  ,  &  la  troifiéme, 
par  la  faveur.  La  couleur ,  comme 
mus  avons  déjà  dit  dumafle  ,  efi 
toujours  blanche  ,  de  la  femelle 
rouge  ,  le  mâle  efi:  fort  petit  ,  à 
l'égal  de  la  femelle  ,  le  mâle  efé 
de  beaucoup  plus  acre  ,  que  la 
femelle.  Il  nef  pas  difficile  d'en 
donner  la  raifon  -,  car  qui  que  ce 
fait,  qui  fora  reflexion  fur  la  grof 


iSi  Livre  L 

feur  de  ees  d'eux  Oignons  ,  le  com>- 
prendvA  (kffez;  ,  fans  que  ]e  m’en 
explique  davantage  ,  d’àù  vient, 
qu’il  efi  plus  malin  ce  qui  le. 
de.vroit  fairje  rejetter  plutôt  ,  que 
de  l’admettre  dans  les  çampofi- 
tions  5  il  efi  vray  que  .  de  la  fa¬ 
çon  que  les  ylpothicaires^  campe- 
fent  les  Trochifques  de.  Scille-  pour 
l’ordinaire  j  il  n’importe  pas  quel¬ 
le  des  Scille  s,,  qu’ils  y  . employant 
par  ce  que  lestr  qualité  -j  '  pour  fi 
acre  quelle  fait ,  fe  trouve  entiè¬ 
rement  émoujfée,  par.  la  coélion ,  ou 
par,  la  trop  grande  quantité  de 
farine  d’Orobe  qu’ils  méfient ,  avec 
la  pulpe  d’icelle.  Et  la  verttL  d’in- 
cifer  à’ atténuer- ,  &  de  deter- 
ger  les  matières  erafiès  ,  efi.  anéan¬ 
tie,  comme  nous  dirons  plus  am¬ 
plement  en  fon  lieu  -,  c’efi  pour- 
quey  ,.  il  convient  d’en  corri¬ 
ger  la  méthode  j  .ain fi  .qu’il  fe¬ 
ra  remarqué,  au  me  fine  endroit, 
^  de  prendre  la  Scille  rouge , 
par  les  raifans  ,  cyr  devant  dé¬ 
clarées.. 

Des  Troclîifques  de  Vipères, 

En  ce  rencontre je.  me  fuis  pro- 
pofé  de  pajfer  fuccinBement  fur  les 
Trochifques  des  Vtperes  ,  des  din- 
eiens ,  quoyque  ce  foit  un  des  prin¬ 
cipaux  le  plus  confiderable  in¬ 
grédient  de  la  Theriaque ,  oit  nom 
paroit  mapififiement  l’erreur  de  la 
compofitiqn  ,  que  pour  ne  changer 
point  l’ordre  que  j’ày  cy -  devant 
obfervé  ,  en  la  première  édition  ,  eu 
pour  n’ufer  de.  vaines  redites  ,  je 
ranvoye  le  furplm  en  fon  lieu  ,  oh 
l’.on  verra,  les  raifons  que  j’y  ay 


SeÛion  V, 

ajoutées .  fondées  fur  les  diverfii 
abjections,  qui  m’.ont  été  faites  ,  en 
ma.  precedente  Remarque  ,  ou  le 
Le.Beur  desinterejfé  de  l’opinion 
des  .Anciens  ;  trouvera  fans  diff- 
culte  quelque  fathfaCtion  ;  Mais 
quant  a  .ceux  .qui  font  pleinement 
abre.uve\^  de  la  vieille  erreur ,  par¬ 
ce  quelle  leur  efi  Authorifée  de¬ 
puis  plufieurs  fiecles ,  par  de. grands 
perfonnages  ;  c’efi  pour  cela  qu’il 
efi  très  -difficile  d’effacer  de  leurs 
eéfrits  ,  l’imprejfion  qu’une  trop 
facile  croyance  y  a  fait  dautant 
qu’ils  appuyent.  leur  foy  ,  fans 
s’informer  de  la  vérité  ,  fur  le 
dire  d’autruy  ,  &  donnent  tout  à 
la  lettre^  Les  raifons  ny  les  ex¬ 
périences  ,  ne  font  ^oint  capables 
de  perfuader  ceux-là  à  fe  déter¬ 
miner  à  quelque  chofe  de  meilleur, 
Voilà  pourquoy  ,  je  ne  me  promets 
pas  beaucoup  d’eux  ,.  quoy  qu’ils 
ayent  des  yeux  -  pour  y ,  voir ,  & 
des  oreilles  pour  ouyr  ,  il  me  fuf- 
fit  que  j’en  vois  venir  beaucoup 
d’autres  en  foule  ,  les  uns  qui 
embraffent fans  hefiter  la  véri¬ 
té  ,  &  les  autres  fe  diéfofent  à 
renoncer  entiereruent  à  l’erreur 
étans  feulement  retenus  ,  par  quel¬ 
que  legere  -confideration  qui  efi 
la  caufe  que  je  me  dépars  ,  encore 
de  ces.  timides  ,  &  les  laijfe  en 
cét  état  pour  me  tourner  du 
cofié  de  ceux  qui  rejettent  les- 
Trochifques  de  Vipères  des  An¬ 
ciens  ,  ,&  qui  admettent  en  leur 
Theriaque  les  Vipères  fiches  ,fans: 
les  réduire  en  Trochifques. 

Si  je  ne  me  trompe  nous  avons^ 
deux  raifons  principales ,  qui  nous 
perfuadent  à  réduire  les 

feh 


Des  Optâtes. 


feiches ,  en  foudre  fuhtile  ,  four 
en  former  des  Trochif^ues  -,  la  fre- 
miere  efi  ,  quil  J  a  beaucouf  de 
ferfonnes  ,  qui  ont  grande^  adver- 
fion  four  les  Serfetts  ,  &  même 
fuivant  quelques  Autheurs  ,  quil 
y  a  eu  des  femmes  enceintes ,  qui 
fe  font  blefées  à  leur  veu'é  ,  quoy- 
que  la  Vifere  ait  de  grandes 
vertus  ,  comme  Serfent  ,  elle  efi 
en  erand  horreur  ,  farmy  quel¬ 
ques  ms  ,  tant  à  raifin  des  fune- 
fies'accidens  quelle  caufe  far  fa 
morfure  ;  que  de  ce  que  Satan 
frifl  la  forme 'd’un  Serfent,  four 
feduire  notre  fremiere  rnere  ,  à 
defein  de  la  f  ordre  à  ]amaû  ,  & 
toute  fa  fojhrité  ,  ■  &■  ainfi  cette 
excellente  compoption  de  la  Thé¬ 
riaque -,  qui  a  été  autrefois  les 
déliées  de  VS^fnftreur  Antonin , 
ayant  la  Vif  ère  four  hafe‘,  four- 
roit  être  abhorrée  -,  ■&  décriée  de 
tous  ceux  fui  font  touchez,  d’un 
fi  fufie  réjfehfiment.  La  fécondé 
raifih  ,  efi  très  -  importante  en  ce 
que  fés' rif  ères  ftichés  font  difii- 
les  à  être  mifes  en  foudre  d  çaa- 
fé  ' qu  elles  ont  U  chair  fibreufe , 
de  fubBdbce  rare  &  jpongieufe , 
que  leurs  vertèbres  font  d'une 
fùbftance  dure  ,  denfe  &  corn- 
faite  ,  que  de  les  filer  avec  tes 
autres  ingrédient  de  la  comfofi- 
iion  ,  ils  refieroient  tous  les  der¬ 
niers  en  la  pulverifation^  Et  com¬ 
me  four  l’ordinaire  on  commet 
la  refidenCe  de  cette  foudre ,  pour 
la- fat  achever  de- fubtilifer  ,  duv 
Serviteurs  ,  eu-  aux  Afprentifs 
des  boutiques  ,  lefquels  ennuyeT^  de 
la  foUdité  de' fis  hs  ,  ne  lès  fou- 
vant  mettre'  en  poudre  qu’avec 


grand  peine  nen  connoijfam 'pas 
la  valeur  ,  four  avoir  flùtot  fait 
ils  la  jettent  imprudemment  ,  en 
affés  bonue  quantité  ,  fans  fia-^ 
voir  ce  qu'ils  font  ,  &  ainfi' une 
grande  partie  de  la  principale 
vertu  des  Tiferes  ,  manque  'en  la 
Theriaque  ,  au  lieu  que  quand 
on  en  firme  des  Trochifques  (  com¬ 
me  nom  dirons  plus  amplement 
en  fin  lieu  )  avec  le  mucildge 
de  la  gomme  Arabique  -,  toute  la 
vertu  entière  de  la  dofe  des  Vi¬ 
pères  ,  que  l’Autheur  y  demande, 
s'y  trouve  fans  diminution  d’Un 
grain.  Voilà  les  raifons  pourquoy 
tant  pour  confirver  le  nom  de 
Trochifque  ,  que  V entière  vertu 
des  Viper  es  ,  mon  fient  iment  efi  de 
les  réduire  en  poudre  fubtile  ,  puis 
aprez  en  Trochifques.  l’entends 
encore  une  fois  ,  quelques-uns  de 
Ceux  qui  ne  connoiffint  pas  ou  gifi 
la  grande  vertu  de  U  vipere  ,  qui 
me  répondront  que  les  Os  en  font 
entièrement  privez  ,  lefquels  pour 
toute  réponfe  ,  je  renvoyé  à  l’ex- 
perience  ,  que  fuivant  Averrho'ét 
une  feule  vaut  plus  que  »  plu- 
fieurs  raifons ,  c  efi  d’elle  auffi  que 
nous  apprenons  tous  les  purs  ,  les 
chofes  que  ceux  des  fiecles  paffez 
ont  ignoré. 

On  'verra  auff  en  fin  lieu  met 
raifons-,  fhr  la  quantité  de  Trochif- 
ques-  qui  entré  dans  le  Theriaque, 
fçavoir  s’il  en  faut  prendre  le  mê¬ 
me  poids ,  que  de  ceux  des  Anciens 
ok  .s’il' le  faut  diminuer , parce  quil 
h’y-  entre  point  de  pain. 


Nn  i  Des 


184  Livre  J, 

Des  Tiocliirques  d’He- 

dychroon,  ' 

L' Heàychroon  nefi  pa6:  un  des 
moindres  rnedicarnens.  de  ceux  qui 
compofent  les.  excellentes  vertus  de 
nôtre  Theriaque  5  car.  fa  cornpofition 
feule  fert  d‘ Antidote  à  la pefie  &. 
convient  aux  maladies  ou  il  y  a  du 
venin-  Mais  ce  qui  me  choque  le. 
plus,  efl  de  voir  ,■  que  de  dix  neufin^ 
grediens,  qui  y  entrent  par  la  négli¬ 
gence  d” aucuns ,  ou  par  un  pur  dejtr 
de  gagner  ,  des-autres  ils  y  fuhjii- 
tuent  jufques  à  neuf  ou  dix  ingré¬ 
dient.  ,  comme  nous,  déduirons  en 
fuite  chacun  en  fin  rang,,  fuivant 
l’ordre  de  la  defcription,  qui'eflunè 
des  plus  grandes  erreurs  qu  on  f⬠
che  commettre  parce  quils  ren- 
verfent  ou.  changent  par  leurs  quà- 
litez..  &  vertus  contraires ,  quils 
ont  avec  ceux  à  qui  on  les  fubfii- 
tue  les  principalis  vertus  du  com- 
pofé,  comme  a  été  dit.  Far  exemple 
au  Marum  ,  quelques-uns  y  fuffii- 
tuent  la  Matricaire ,  &.  d'autres  la. 
Mas-plaine.  Gpui  efi  celuy  de  la  pro- 
feffion,  pour  P  eu  intelligent  qu'il  fait, 
en  la  connoijfance.  des  plantes,  qu'il 
ne  juge  de  la  grande  différence  de 
ces  deux  plantes ,  fçavoir  du  Ma¬ 
rum  df  de  la  Matricaire ,  tant  par 
le  lieu  de  leur  naiffance ,  que.  prin¬ 
cipalement  par  leurs  qualitex..  & 
vertus  >  car  le.  Marum  eft  une 
plante  vivace  ,  qui  croifi  fur  les 
montagnes  ,  és  pays  chauds  ,'  & 
la  Matricaire  efi  une  plante  an¬ 
nuelle  ,  qui  vient  parmy  les  che¬ 
mins  emWageux  des  jardins  ,  le 
Marum  efi  d'une  odeur  &  faveur 


SeBion  V. 

fi  forte  &  fi  pénétrante  ,  qu’on  ne 
la  peut  fouffrir ,.  &  néanmoins  fua-. 
v.e,  marque  que  c’efi  un  ingrédient 
digne  de  la  cornpofition  de  ces  Tro- 
chifques  ;  dr  au  contraire  la  Ma¬ 
tricaire  n'efi  rien  en  comparaifon,. 
&  fon  principal  employ  nefl-  autre 
que  pour  les  affeétiens  hyfieri- 
ques  ,  qui  efi  un  ufitge  bien  diffe¬ 
rent  de  l’intention  de  celuy  qui 
inventa  cette  cornpofition  ,  pour 
fervir  de  parfum  tant  feulement,, 
le  n’en  diray  pas  davantage,  puis¬ 
que  le  moindre  Apprentif  de  la 
Botanique  ,  efi  capable  de  pouvoir 
juger  du  refie.  C’efi  pourquoy  ,  il 
faut  non  feulement  rejetter  la  Ma¬ 
tricaire  &  la  Marjolaine  5  mais 
toute  autre  efpece  qu'on  luy  pour¬ 
rait  fisbfiituer  de  Marum  ,  puif- 
qu'il  ne  dépend  que  de  nous  de 
recouvrer  ,  fans  beaucoup  de  pei¬ 
ne  ,  &  à  peu  de  frais  le  vray  qui  efi 
celuy  qui  nous  efi  reprefenté  ,  par 
la  figure  que  Matthiole  en  donne, 
au  troifiéme  livre  chap.^-z./ùr  JDiof 
coride  qui  fait  la  fleur ,  comme  le 
Càiament,  &  à  fon  defaut,  on  y  four¬ 
ra  fubfiituer  le  Marum  Mafiichen 
redolens ,  qui  efi  plus  commun. 

De  rAfpalath. 

Peur  l’Affialath  quelques-uns 
luy  fnbftituent  le  bois  d’Aloés,  &. 
d’autres  le  Santal  citrin.  Ces  pre¬ 
miers  (ont  fondef^  en  raifon ,  &  les 
autres  non  ,  à  caufe  du  grand  rap¬ 
port  que  le  bois  d’Alo  'és  a,  avec  l’Af- 
palath ,  duquel  le  Santal  citrin  ,  fi 
trouve  de  beaucoup  inferieur  en 
fes  qualités  dr  vertus.  C’efi,  .  pour¬ 
quoy  de  fept  eéfeces  d’Ajfialath  que 


Des  Optâtes,  1 8  5 


Ga^fard  Bauhin  en  donne  dans 
fin  Pinax  ,fi  on  ne  peut  recouvrer 
le  premier  qui  a  fin  écorce  de  cou¬ 
leur  cendrée,  le  hoü  fort  majfifde 
couleur  purpurine  tirant  fur  l'ohfi 
cur,  &  d’odeur  agréable  j  il  y  faut 
fubfiituer  celuy  qu’on  appelle  ÂJpa- 
lathui  rofem ,  qui  efi  facile  a  re^ 
couvrer ,  d’Holande  ,  ou  de  Vénife,. 
lequel,  pour  [es  rares  ver  tut  luy  con¬ 
vient  mieux  qy aucune  autre  eéfe- 
tesfans  s’arrêter  à  Diofioride ,  qui 
dit,  que  l’yîjpalath  efi  un  petit  ar- 
brijfeau  épineux,  d’ou  vient  fans 
doute ,  que  certains  aiutheurs  ont 
pris  oçcafion  de  donner  le  nom  d’aî- 
fialathué  fecundui  Monfpellienfis,aH 
GeniSia  Spartium Jpinofùmmajut  La¬ 
bel,  Mais  quoy  qu’il  en  foit,  cette 
plante  n’a  aucun  rapport  avec  la 
defcription  de  celuy  des  Anciens, 
qu’en  ce  quelle  efi  un  petit  arbrifi 
fixu  garny  d’épines  recourbées.  ' 

Du  ScliGenanthos. 

-Sekoenanthos  efi  un  nom  Grec, 
qui  fignifie  fleur  de  lonc ,  que  pour 
la  difcerner  des.autres,  on  y  a  ajou¬ 
té  le  furnom  d’odorant  ,  laquelle 
pur  par  le  fentiment  des  Anciens- 
&  des  modernes,  efi  receué  en  la- 
Medecine ,  pour  la  pltu  excettente 
partie  de  tout  le  refie  de  la-  plan¬ 
te-,  mais  apre\.l’ avoir  bien  exami¬ 
née  en  toutes  fis  parties  ,  je  diray 
4vec.  tout  le  reSpeB  que  je  dois  à 
nos  majeurs ,  que  la  fleur  que  mus 
appelions  Sekoenanthos  ,  efi  de  beau¬ 
coup  inferieure  en  vertu  au  pied 
qui  la  porte,  &  cette  vérité  fi  dé¬ 
couvre  par  le  fentiment  de  la  lan- 
ainfi  j’efiime  que  .  cette  par¬ 


tie  du  pied  de  la  fleur  ,  doit  être 
preferée  a  la  fleur  en  toutes  les 
compofitiont ,  aprez.  l’avoir  exaéte- 
ment  feparée  de  tout  ce  qui  s’y 
peut  trouver  n’être  pas  de  la  qua¬ 
lité  requifi. 

Du  Calamus  aromadcus. 

Pour  le  Calamus  aromaticus  qui- 
efi  un  petit  rofiau  ,  ou  canne  aro¬ 
matique  ,  qui  croit  en  divers  en¬ 
droits  des  Indes ,  particulièrement 
en  Egypte  -,  on  y  fubftitué  la  raci¬ 
ne  â’Acorus  ver  us  ,  fans  beaucoup 
de  raifon  ,  &  cette  fubHitution  efi 
généralement  receué  de  toutes  les 
nations ,  ainfi  que  nous  apprenons 
de  leurs  Pharmacopées  jufques-là, 
que  fi  on  demandait  à  certains  de 
ceux  qui  l’approuvent ,  la  différen¬ 
ce  qu’il  y  a  entre  le  Calamus  aro-  ■ 
maticus  ,  &  l’Acorus  verus  ,  il- 
ne.  sien  trouverait  pojflble  pas  de 
cent.  un.  qui  les  fient  bien  difcer¬ 
ner  l’un  de  l’autre  ,  tant  cét  er¬ 
reur  a  receu  d’authorité  parmy- 
nous  ,  mais  neantmoins  comme  er¬ 
reur  ,  il  n’y  a  rien  de  plus  facile 
que  de  l’abandonner ,  d’autant  plus 
que  VAcorus  verus  ,  ne  correéfond 
point  en  fis  vertus  ,  à  celles  du  Ca¬ 
lamus  aromaticus  ,  qui  nous  efi 
aufii  facile  que  le  Spica  Nard  à  ■ 
recouvrer,  ^ue  s’il  ne  nous  efi  pas 
aufii  fiequent  dans  le  cours  des  mar- 
chflndifes ,  cela  ne  procédé  que  du 
peu  d’employ  que  nous  en  faifens, 
fondez,  fur  ce  qu  aucuns  difent  qu’il 
ne  s’en  treuve  point  du  véritable, 
&  que  ce  petit  rofeau  qu’on  dit 
être  le  Calamus  aromaticus,  efi  pri- 
véUes  légitimés  marques  que  les^- 

M».  An- 


Livre  I.  Se^ion  V. 


t.%6 

Anciens  luy  ont  donné  »  &  ainjî 
flufieurs  le  rejettent.  Encore  une 
autre  raifon  ,  qui  fa^vorife  beaucoup 
ceux  qui  le  connoijfent ,  &  qui  ne 
l'employent  point ,  dans  leurs  com- 
pofitions^  efi  .que  pour  l'ordinaire 
on  le  <vend  jufques  à  dix  francs  la 
livre  ,  &  pource  qui  efi  de  l‘A~ 
corus  verus de  plus  cher  que  je  l’aye 
veu  U  na  jamais  excedé  feisie  fols 
la  livre  »  quelle  rareté  qu'il  y  en 
ait, eu.,  &  ainjî.  le  prétexté  efi. beau, 
à  ceux-cy  d'y  fubBitMer  l’Acerus 
verus ,  afin  d'épargner  leur  bour^ 
fie  ,c  efi  en  quoy  .  ils  en  .ufent  mal, 
eér  ne  fiauroient  exeufer  leur  ava¬ 
rice  fur  les  paroles  du  doBe  Co¬ 
lin,  Apothicaire  de  Lyon,  en  fes. 
Annotations  qu  il  a-fait  Jur  Garde 
:du  lardin,  oh  il  dit,  que  nous  n'a¬ 
vons  point  de  Calamus  odoratus,  que 
ce  petit  Rofeau  que  Les  Epiciers 
de  Lyon  nous  vendent  fi  amer  & 
point  aromatique  >  ny  odorant  ,  ne 
l'efi  point.  A  cela  je.  réponds ,  que 
le  mot  d'aromatique  n’efi'  pas  tou¬ 
jours  pris  pour  odorant ,  ce  fi  à  dire 
pour  une  bonne  odeur  ,  mais  an  le 
prend  communément  pour  drogue, 
qui  participe  de  quelque  odeur  ,foit 
bonne  eu  m.auvaife ,  &.  pour  le  fur- 
plus.,  CO  qui  favorife  de  .beaucoup 
mon  fentiment  efi,  l' Annotation  que 
Palludanus  dolîeur  en  Afedfcine  a 
fait  fur  rinfeoth  ,  chapitre  8  de 
fon  livre  des  drogues  &  herbes  des 
Indes ,  dont  voicy  fes  propres  ter¬ 
mes  ,  le  vray.  &  pur  Rofeau  aro¬ 
matique  efi  décrit  par  le  fieur  Char¬ 
les  de  VEfelufe  ,  en  fis  doBes  An¬ 
notations  fur  Gardas  ab  Horto  ,  je 
luy  on  avois  fait  prefent  de  quel¬ 
ques  pièces  que  j'aveis  apportées 


d’Egypte,  la  ou  il  abonde ,  &yefr 
d’un  'grand  ufage  :  ils  le  nomment 
Cajfab  Eldelreira  ,  c'eft  un  menu 
Rofeau,  qui-  étant  encore  frais  efr  de 
couleur  d'or  pâle,  difiingué  en  beau- 
coup  de  neuds  aisé  à  rompre  en 
pièces  ,  jpon^ieux  par  le  dedans ,  tjr 
femblable  a  de  toiles  d'araignée, 
de  .couleur  blanche ,  ayant  quelque 
lenteur ,  revêche  au  palais- quand 
OH  le  mange  car  il  efr  aigre  & 
amer  :  plufieurs  on  font  venir  d’E¬ 
gypte,  qu’ils  mêlent  avec  leur  Thé¬ 
riaque ,  &  en  ufent  pour  faire  ve¬ 
nir  &. aider  les  mois  des  femmes, 

-  Et  Tcoicy  encore  ce  que  nous  ap¬ 
prenons  du  .fécond  livre  ,  chapitre 
35 des  ohfervations  de  Selon,  étant 
au.  .Caire-. ,  cherchant  diligemment 
plufieurs.  drogues  ,  defquellesles  Au- 
thèuKs  om.  écrit ,  j'ay  reconneu  qu’il 
y  en  a  beaucoup  en  ufage  ,  que  les 
Marchands  ne  mm  apportent  point, 
comme  le  Nitre ,  l’Acacia  ,  le  Ca¬ 
lamus  oderatm  ,  l'Amomurn  :  le  Co- 
fiué,le  Ben  album,  &  plufieurs  au¬ 
tres  femblables. 

Rroifer  Alpînus ,  qui  a  écrit  de 
lu  Mededne  des  Egyptiens  ,  dit 
en  fin  livre  cinquième,  chapitre  10. 
que  le  Calamus  aromaticus  qui  vient 
en  Egypte  -,  efr  celuy  des  Anciens, 
&  qu'ils- s’en  fervent  dans  la  Thé¬ 
riaque  y  &  dans  toutes  les  .autres  ' 
compofitions  ois  il  efi  requis. 

Garcia  -ab  Horto  qui  a  demeu¬ 
ré.  dans  les  Indes  Orientales  l’efra-  ■ 
ce.  de  trente  ans ,  en  qualité  de 
Médecin  du  JGce-Roy  de  Portugal, 
ayant  fait  fon  principal  fe'pur.  en 
Guz,arate,  Belaguate,&  â  Goa,dit 
qu'on  plante  le  Calamui  aromaticus  ■ 
dans  les  jardins  ;  je  pourrois  encore 
alléguer 


Des  0 fiâtes,  %%j 


«Uegaer  à'mtres  uSuthenrs  ^tù  ont 
veu  cette  plante  dans  le  pais  ou 
elle  croit)  fi  le  témoignage  oculai¬ 
re  de  ces  quatre  célébrés  ptrjônna- 
ges  qui  ont  faitjong  fie  jour  dans 
le  pais  fufnommé  &  eb/er-vé ,  par¬ 
ticulièrement  ce  qui  concerne  les 
drogues  rares  qui  y  nàijfent  ,  ne 
prevaloit  de  beaucoup  par  dejfw 
tout  ce  que  les  Anciens  en  ont  pu 
écrire  ,  parce  qu’ils,  n’ont  parlé 
que  par  o  'uir  dire  ■ ,  eit  ainfi  il 
faut  conclurre  que  nous  avons  le 
vray  Calamm  aromaticui  qu’ils 
nous  ont  décrit ,  &  que  c’efi  de  no~ 
tre  devoir  de  l’employer  dans  nos 
Thériaques  -,  &  d’en  rejetter  VA- 
corus  verusjpour  fatisfaire  à  l’inten¬ 
tion  de  VAutheur  ,  fans  faire  con~ 
fiàeratkn  qu’il  coûte  dix  francs  la 
livre ,  &  fan  JubBitut  n’en  coûte 
que  dix  à  douz,e  fols  la  livre  j  com¬ 
me  a  été  dit. 

Du  Coftns. 

La  diverfité  d’opinions  des  Au- 
theurs  modernes  fur  le  Coftm,  a  cau¬ 
sé  de  la  confufionparmy  nous, les  uns 
en  ont  fait  diverfes  efpeces  ,&  les 
autres  ont  dit  qu’il  n’y  eU  avoit; 
qu'une  feule,  le  fentiment.  de  ceux- 
cy  ne.  s’ accorde  point-  avec  celuy  de 
Biojcoride ,  qui.  en  fait  trois  eéfeces,. 
encore  moins  avec  GaVf  ard  Bauhin 
qui  en  marque  huit  en  fin  Thea- 
thre  Botanic  ,  livre  premier  ,  fi- 
élion  6.  chapitre,  iq.  mais  de  tou¬ 
tes  ces  effeces  je.  ne-  prétend  parler 
que  de  celtes  de  Diofioride ,  parce 
que  de  fin  tems  les  autres  n’ étaient 
ny  conneués ,  ny  en  ufage ,  Ô’  voi- 
cy.  comme  Démoulins  &  Dupinet, 


fis  interprétés  François  ,  expliquent 
fin  texte  ;  le  premier  &  le  plus 
exquis  Cofius  efi  l’Arabie  blanc, 
leger  d’une  fort  fuave  odeur,  le  fé¬ 
cond  aprest.  efitceluy  d’Indie, plein, 
leger ,  noir  àomme  la  Ferüle ,  celuy 
de  Syrie  tient  le  fiers  ra^ng ,  lequel 
efi  pefiant ,  de  couleur  de  buis  ,  fin 
odeur  blejfe  le  nez,  &c.  De  ces  trois 
efpeces  il  faut  employer  dans  cet¬ 
te  compofitien  ,  &  par  tout  ailleurs 
la  première  )  comme  la  plus  excel¬ 
lente  ,  qui  efh  le  CoBus  Arabicus, 
lequel  a  caufi  du  grand  rapport 
qu’il  a  avec  le  Gingembre  ,  tant  en 
fa  forme  externe  qu’interne  ,  exce¬ 
pté  en  fa  faveur  ,  cela  a  donné 
lieu  a  quelques-uns  de  l’appeller 
Coflus  Arabicus  ,  Zingiberis  effigie,, 
&  a  fin  defaut  on  luy  fubfUtuera- 
le  Cofius  Indiens,  qui  fint  la  Vio¬ 
lette  ,  facile.  a  recouvrer  de  Jblar- 
fiille  ,  que  Diofioride  nous  a  dé¬ 
claré  être  le  fécond  en  bonté.  ,■  ce 
qui  nous  êfi  confirmé  par  le  doEle 
Colin  en  fin  An fiotatioh. ,  fur  le- 
chapitre  du  premier  livre  fus- 
allegué  de  Garcia  ab  Horto  , -plutôt' 
que  d’y  fubJlituer  le-  Zedoaria  lon- 
ga  ,‘avec  lequel  il  Ve  Convient  pas 
fi  bien  y  qUoy  que  quelques-uns- 
veuillent-  dire,  être  une  effiece  de 
Cofius ,  que  les  Anciens  Grecs  n’ont- 
point  conneu. 

le  relie  fort'  étonné  de  ce  que 
Laurent  Catalan  ,  jadis  notre  Col¬ 
lègue, nous  fait  lire  in  fin  trait  té  de, 
la  Theriaque,  que  Diofioride  a  écrit  - 
qu’il  y  a  trois  fortes  de  Cofius ,  l’un 
Arabique  de  couleur  de  buis ,  . l’au¬ 
tre  Indique  noir  &  pefànt  ,  &  le 
rneilleur  ,  le  Syriaque  ,  lequeli  efi 
amer ,  &  de  couleur  blanche  :  lé.  ne. 

ppisi 


2,88  Livre  L 

fuü  mimaginer  de  quel  interprè¬ 
te  de  Diojcoride  il  a  pris  ces  paro¬ 
les  ,  fi  direSlement  opposées  k  cel- 
le-cy  dejfus  par  nous  alléguées,  au¬ 
tant  capables  de  brouiller  Vefirit 
de  ceux  qui  s'y  arrêteront ,  quel¬ 
les  font  contraires  au  véritable 
texte  de  l'Autheur  qu'il  nous  allé¬ 
gué  ,  qui  efi  un  vray  moyen  pour 
attirer  dans  -  l'erreur  ceux  qui  n'y 
font  pas ,  d'y  confirmer  ceux  qui  y 
font  déjà,  &  d'augmenter  le  nom¬ 
bre  des  fubélituts  au  lieu  de  les 
.retrancher. 

Du  Cinnamome. 

Tefiime  que  celuy-la  employer  oit 
mal  fin  tems  ,  qtii  voudrait  entre¬ 
prendre  de  recueillir  du  fentiment 
de  ceux  qui  ont  écrit  du  Cinnamo- 
.mum,la  véritable  connoijfance  d'ice- 
lay  ,  d'autant  qu'ils  nous  l'ont  ren¬ 
du  fi  rare  par  les  écrits  qu'ils  nous 
en  ont  laifsé ,  qu’il  nous  ferait  du 
tout  hors  d'eéferance  d'en  recou¬ 
vrer  du  véritable ,  s'il  ne  nous  étoit 
fi  familier  comme  il  efi  ^  mais  fans 
■nous  arrêter  davantage  aux  diver- 
fes  opinions  que  nous  rencontrons 
fi  fouvent  fur  cette  matière  ,  fans 
beaucoup  de  fondement ,  nous  pou¬ 
vons  dire  ,  l'honneur  fauve  de  nos 
majeurs  ,  que  ce  que  les  Anciens 
Hébreux,  comme  Moife  au  ;  o.  cha¬ 
pitre  de  l'Exode  ,  a  appellé  Chinna- 
snom  ,  ou  Gnnamomom,  les  Grecs  & 
les  Latins ,  Cinnamomum  ,  les  Per- 
fes  &  les  Arabes,I)archeni  ou  Dar- 
feni  ,  nous  l'appelions  CaneJle ,  qui 
efi  le  vray  Cinnamomum  des  An¬ 
ciens  ,  qui  doit  être  d'une  odeur 
fuqve  ,  de  faveur  douce  &  piquan- 


SeBïon  V. 

te ,  qui  n  échauffe  pas  beaucoup  U 
langue ,  de  couleur  rouge ,  ou  fauve, 
d'écorce  greffe  ou  déliée,  qui  fi  cou¬ 
pe  net.  Voila  en  peu  de  mots  le 
moyen  de  choifir  le  vray  Cinna¬ 
mome  que  nous  devons  employer 
dans  cet  Antidote, moyennant  qu'il 
excelle  en  toutes  les  fufdites  mar¬ 
ques  ,  autrement  il  vaut  mieux  n'y 
en  mettre  du  tout  point  ,  partieu- 
Aierement  s'il  en  faut  croire  à  Ga¬ 
lien  en  fin  livre  des  Antidotes, 
&  ailleurs  qui  dit,  que  la  Théria¬ 
que  efi  bonne  ou  mauvaife  ,fuivant 
la  quantité  du  Cinnamome  qu'on 
y  a  mû. 

Du  Xilobalfamum. 

Si  les  Autheurs  des  fiecles  plus 
éloignés  n'ont  point  convenu  entre 
eux  de  la  pla-nte  du  Baume ,  U  ne 
faut  pas  s'étonner  fi  aujourd'huy^ 
nous  avons  fujet  de  douter  de  tout 
ce  qu'ils  nous  en  ont  laifsé  par  leurs 
écrits  de  même  que  du  Cinnamo¬ 
mum  :  en  ce  que  les  uns  on  dit,  que 
la  plante  du  Baume  efi  de  la  hau¬ 
teur  du  Violier  blanc  ,  &  fis  fueil- 
les  font  femblables  a  celles  de  la 
Rué  ,  ou  du  Pyracantha  ,  les  autres 
ont  dit,  être  femblable  en  hauteur  au 
Grenadier,  d'autres  a  la  Mirrhe, 
d'autres  qu'il  avoit  la  fueille  com¬ 
me  celle  du  Pin  ,  d'autres  que  la 
fueille  a  du  rapport  avec  celle  de 
la.  Vigne  ,  &  encore  d'autres  la 
font  femblable  k  celle  de  l’Ortie. 
Toutes  ces  diverfes  opinions  ont  per- 
fuadé  aux  plus  crédules  de  la  pro- 
feffion ,  que  la  plante  du  Baume  de 
ludée  n  étoit  plus  ,  eu  bien  quelle 
étoit  grandement  rare  ,  puis  qu'un 
chacun 


Des  Optâtes, 


chacm  de  ceux  qui  en  ont  écrit 
tn  avaient  forgé  me  de  leur  tête\: 
neantrnoins  je  ne  Jkü  pas  de  leur 
fentiment ,  parce  que  je  fçaj  quil 
y  a  diverfes  plantes,  qui  rendent 
chacune  en  fon  eéfece  une  excellente 
liqueur  Balfamique ,  comme  Parbre 
qui  rend  le  Baume  de  Tolu  ,  qm  efi 
une  ejpece  de  Pin  ,  d'ou  vient  que 
fa  liqueur  fs  concret  en  forme  de  re- 
ftne  ;  un  autre  qui  rend  celujf  du 
Peru  en  la  nouvelle  Ejpagne ,  qui  efi 
de  deux  fartes ,  un  blanc  &  l’autre 
rouge  ebfcur  ,  qui  porte  l'a  feuille 
approchante  a  celle  du  Grenadier: 
la  troix.iéTne  ,  eft  celuy  des  a4nciens 
tant  renommé ,  que  plufeurs  tien¬ 
nent  être  entièrement  perdu , parce 
qu’ils  ne  ^  trouvent  point  de  liqueur 
qui  réponde  h  la  fuave  odeur  ima¬ 
ginaire  ,  que  ceux  qui  ne  Pont  ja¬ 
mais  veu  luy  attribuent,  de  laquelle 
nous  parlerons  cy-aprez.  en  fon  lieu. 
De  la  plante  de  ce  dernier  nous  ne 
devons  nullement  douter  ,  puifque 
nous  avons  pour  témoins  oculaires 
de  cette  vérité  deux  illuBres  perfon- 
nages,  Prolfer  Alpinus  &  Belon,  qui 
ont  obfervé  en  divers  tems  dans  le 
lardin  de  la  Materée  en  Egypte,  oit 
cette  plante  efi  foigneufernent  cul¬ 
tivée ,  tout  autant  que  fa  dignité  re¬ 
quérait  ,  qui  efi  celle  de  laqueUe  nom 
entendons  de  parler  prefentement  : 
fuivant  Belon,  livre  i.  chapitre  jç).  . 
des  obfervations  :  elle  a  fon  bois  vê¬ 
tu  de  deux  écorces  ,  la  première  efi 
rougeâtre  par  le  dehors,  (jr  couvre 
comme  un  parchemin  l’autre  de  défi- 
fous  qui  efi  verte  ,  qui  touche  le  bois: 
cette  écorce  goûtée.,  baille  une  fa- 
toeur  entre  l’Encens ,  &  la  fueille.  de 
“éerebinthe,  approchant  de  la  faveur . 


de  Sariete  fauvage  ,  qui  efi  une  fa¬ 
veur  fort  plaifante ,  laquelle  frottée 
entre  les  doigts  tient  de  l’odeur  du 
Cardamome ,  le  bois  efi  blanc ,  &  na 
non  plus  de  faveur  'ny  d'odeur  qu’un 
autre  bois  inutile.  Il  dit  encores  quil 
eût  moyen  d’avoir  un  rameau  de  la 
plante  du  Baume  de  la  Materée, 
lequel^ayant  fait  feicher  ,  &  confe-, 
ré  avec  le  Xilobalfamum,qui  fe  vend 
ez.  boutiques  des  Marchands, je  l’ay 
trouvé  convenir  en  toutes  marques. 

Les  opinions  des  Amheurs  qui 
ont  écrit  du  Baume ,  font  fi  diver¬ 
fes  (  dit  ce  grand  perfonnage  )  que 
fi  je  ne  Peujfe  veu  moy-même  ,  'je  n'en 
euffe  aTj  écrire  un  feul  mot  aprez, 
eux  :  Or pource  que  ]'en  ay  veu  Par- 
briffeau  &  bien  eonfideré ,  il  m'a 
femblé  ben  d'en  parler  ainfi  :  j'ay 
trouvé  par  expérience  ,  que  le  bois 
nommé  vulgairement  Xytobalfamum, 
qui  efi.  vendu  par  les  Marchands,, 
apporté  de  l'Arabie  heureufe  ,  con¬ 
vient  avec  celuy  d'Egypte ,  qui  e^ 
cultivé  à  la  Materée ,  &  faut  de 
deux  chofes  Pune  ,  ou  bien  que  le 
bois  nommé  Xylobalfamum  ,  &  le 
fruit  nommé  Carpobalfamum  ,  tels 
que  nous  les  avons  en  cours  de  Mar- 
chandife  foient  faux  ,  au  bien  que 
celujc  qui  efi  cultivé  en  Egypte  au 
jardin  de  la  Materée ,  qu’on  efiime 
être  vray  Baume ,  fait  faux  j  car  les 
voyant  convenir  en  toutes  chofes , fa- 
chant  bien  que  c' efi  tout  un ,  je  veux 
maintenir  &  canclurre  ,  que  celuy 
qu'on  vend  fout  le  nom  du  bois  de 
Baume  ,  efi  celuy  qui  de  tout  tems 
a  été  en  ujage. 

ApreX,  un  témoignage  de  cette 
derniere  force  &  celuy  de  Prolfer 
Alpinus  ,  que  pour  être  plus  bref, 

O  O  je 


z^o  Livre  IL  Seéîion  IL 


je:  ne  rapponeraji  point  ,  'il  nota 
efi  grandement  honteux  de  faire 
entrer  dans  les  Trochifques  d‘He- 
dychroi  far  deux  feü  ,  le  Santal 
citrin  four  fublîituer  une  fois  d  la 
place  de  l‘Âjpalath,  &  une  autre 
fois,  a  celle  du  Xylohalfa?nurn ,  veu 
ejuil  ne  tient  qua  nous  de  recou¬ 
vrer.  lu  vrays:  fmfles  que^  Vu4û- 
theur  y  demande ,  comme  a  été  dé¬ 
jà  allégué ,  d’autant  plus  que  nous 
fomrnu  fuffifàmment  certifiez,  que 
nous  lu  pouvons  facilement  recou¬ 
vrer  tels  que  lu  Anciens  lu  y  ont. 
employez  ,  d'ailleurs  la  confcience 
nous  oblige  ,  de  ne  rien  négliger 
ny  épargner  four  la  perfeélion  de 
nos  compofitions,  &  ainfi  il  faut  re- 
jetter  tous  lu  fubliituts.  mal  apro- 
priez  comme  cettuy  cy ,  four  y  ad¬ 
mettre  le  Xylobalfamam  ,  le  vray 
&  légitimé  ingrédient , /que  l'inven¬ 
teur  de  cuTrochififuu'd'Hedychroi 
y  demande. 

De  rOpobalfamum. 

Lu  Anciens  Autheurs  qui  ont 
traitté  de  la  plante  du  Paume  ,  ont 
etc  fi  confus  à  l'égal  de  quelquu- 
yjts.  du  derniers  fi'èclu ,  en  la  de- 
,  fcription  d'icelle ,  comme  il  a,  été 
déjà  remarqué ,  tant  four  la  gran¬ 
deur  de  la  plante  que  pour  la  for¬ 
me  des  fueillu ,  qu’ils  en  ont  con¬ 
fondu  tellement-  lu  eéfecu ,  comme 
de  celle  qui  porte  le  Paume  de  Tolu, 
celle  du  Paume  de  la  nouvelle  Eéfa- 
gne ,  avec  celle  qui  porte  le  vray 
Paume  icy  requis  ,  qu'au  lieu  de 
leur  en  donner  quelque  lumière,, 
cela  leur  a  entièrement,  obfcur- 
cy  ,  ce.  que  Diofcoride  &  autru  en 


ont  écrit  de  véritable ,  en  telle  ma. 
niere ,  que  ce  qu'ils  en  ont  dit  de 
plus  fincere  ,  a  pafsé  dans  leurs 
efprits  pour  faible.  Apref^il  en  efi. 
venu  d'autru  qui  ont  dit ,  que  la 
liqueur  de  la  plante  qui  rend  le 
vray  Paume, fur pajfe  en  bonne  odeur 
celle  de  l'Ambre  gris  ,  du  Adufi, 
&  de  la  Civette  ,  ce  qui  contre, 
bue  beaucoup  pour  intimider  quel, 
qsies-uns  de  ceux  qui  compofent'la 
Theriaque  publiquement  (  d  qui 
l'honneur  &  la  curiofité  nont  rien 
fait  épargner  pour  en  recouvrer) 
qui  nofent  l'fi  mettre  crainte  defàil. 
liratimant  mieux  y  fubélituer  l'hui¬ 
le  de  JÜufcade  ,  qui  na  point  les 
conditions  d'un  véritable  fubliim, 
&  en  cela  ils  fe  trompent  grande¬ 
ment,  car  comment  veulent-ils  qu'u¬ 
ne  liqueur  qui  participe  de  l'odeur 
&  de  la  faveur  de  l'Encens,  & 
des  fueilles  de  Terebinthe ,  rende 
une  odeur  plus  excellente  que\cella 
du  JlLufc,  de  l'Ambre  gris  ,&  delà 
Civette  ;  Projper  Alpinm ,  homme: 
de  grand  fiavoir ,  témoin  digne  de 
creance, pour  l'avoir  veu  defesyeux 
au  chapitre  cinquième  de  fin  Dia¬ 
logue  ,  ou  il  traittc  des  vray  es  mar¬ 
ques  du  Paume  ,  dit  que  cette  li¬ 
queur  au  firtir  de  la  plante, efi  de 
couleur  blanche  ou  de  couleur  ver¬ 
te  ,  ou  de  couleur  d'huile  trouble, 
fort  femblable  de  *  fa  fubBance  & 
de  fa  couleur  audit  huile ,  ou  bien 
d'une  couleur  dorée  reluifante,  d'u¬ 
ne  fubflance  fort  tenue  &  firt  clai¬ 
re  :  celuy  qui  fera  d'une  des  fifdi- 
tes  marques,  aura  une  odeur  vebe- 
mente  ,  &  tant  plus  il  fera  recent, 
tant  plus  vehemente  fera  fin  odeur,, 
qui  je  rapporte  à  celle  de  Terebin- 


D&i  Optâtes.  191 


the. ,  avec  une  fenteur  fuave, 
pim  deUBable  a  notre  odorat: 
Il  a  un  goût  un  peu  arner  ad- 
firingent ,  avec  une  médiocre  mor- 
dicàtion ,  fort  leger  &  fubtil ,  fort 
facile  d  fe  dijfoudre  :  J^e  fi  on  en 
jette,  une  goutte  dans  un  plein  ver¬ 
re  d'eau ,  il  defcend  à  fonds  & 
remonte  foudain  ,  s'étend  fur  toute 
la  fuperficie  de  l'eau  ,  fans  y  pa- 
rohre  non  pim  que  s'il  y  étoit  dif- 
JoHt ,  &  avec  une  paille  on  le  ra- 
majfe  entièrement  pim  folide  qu'il 
n étoit  quand  on  l'y  a  jetté.  'Foi- 
là  dei  marques  fort  ejfentielles  de 
cette  tant  renommée  liqueur  ,  que 
Profper  Alpinm  a  obfirvés  par  di- 
verfes  fois  dans  le  jardin  de  la  Ma- 
terée  ,  qui  s'accordent  -en  partie 
avec  celles  de  Diofcorlde ,  &  autres 
Anciens,  fe  laijfe  beaucoup  d'au¬ 
tres  raifons  confiderables  pour  abré¬ 
ger  ,  ou  le  curieux  pourra  avoir 
recours  pour  s'en  inîlruire  ,  eu  il 
trouvera  le  tout  divisé  en  fept  cha¬ 
pitres ,  le  premier  contient  un  dif- 
cours  en  forme  de  Dialogue ,  de  la 
plante  du  Baume ,  de  fa  liqueur,  de 
fin  fuit  &  dp  fes  verges  ;  le  fécond, 
file  Baume  &  fis  autres  parties  font 
en  nature ,  &  en  quel  lieu  ils  font 
produits,- le  troisième,  décrit  le  Bau¬ 
me  tér  psn  fuit  J  le  quatrième  ,  d'oît 
Ion  peut  tirer  lavraye  connoijfan- 
ce  du  Baume  ,  dt  ceux  des  Anciens 
qui  l'ont  décrit  au  vray  :  le  cin¬ 
quième ,  le  moyen  de  difcerner  le 
vray^  Baume  d'avec  le  falfifié  :  le 
fitjeme  ,  la  vraye  connoijfance  du 
“Vray  fruit  du  Baume  ,&defis  ver- 
gesjé"  le  feptiéme  ,  contient  le  tren- 
ueuf-vieme  chapitre  du. fécond  li- 
'^re  des  obfirvattens  du  dofîè  Se¬ 


lon ,  cy-  devant  cité  ,  touchant  la 
plante  du  Baume ,  avec  les  raifons 
pourquoy  il  l'y  a  ajouté,  \iprez, 
cela  je  ne  doute  point  qu'à  L'ave>- 
nir ,  le  Leiteur  curieux  ne  tache  de 
recouvrer  de  Fénife  cette  liqueur, 
pour  n'employer  pim  l'huile  de 
APufcade  ,  lequel  comme  a  été  dit, 
n'approche  en  rien  des  vertm  at¬ 
tribuées  à  cet  excellent  médicament, 
eu  bien  s'il  faut  avoir  recours  à 
quelque  fubftitut  ,  il  vaut  mieux 
prendre  le  Baume  blanc  du  Peru, 
&  A  fin  defaut  le  rouge  ,  l'un  dr 
l'autre  font  doués  de  pim  grandes 
&  pim  fitngulieres  vertm  que  l'hui¬ 
le  de  Jldufiade ,  lequel  outre  cela 
a  caufe  qu’on  le  tire  par  forte  ex- 
prefiîon  il  efi  impur.  On  me  pour- 
roit  faire  la  même  objeBion  Jur  le 
Baume  noir  du  Peru,  en  difant  fui- 
vant  quelques-uns,  quon  le  tire  par 
voye  de  coBion  ,  que  cela  fait  ou 
non  ,  il  différé  beaucoup  des  vertm 
de  l'huile  de  Mufiade  ,  &  on  le 
doit  préférer. 

Du  Carpobalfamum. 

Pour  le  Carpobalfamum  on  a  de 
coutume  depuis  que  lès  Arabes  ont 
écrit  de  la  Médecine  ,  de  fubBituer 
en  fa  place  les  Cubebes,  qui  vien¬ 
nent  de  l'Jfie.  de  laoa  ,  parce  qu'ils 
croyaient  que  le  fiuit  que  nom 
avons  du  Baume  ne  fut  pas  le  vray  , 
&  que  les  Cubebes  correjpondoient, 
tant  en  leurs  qualitef^  qu’en  leurs 
vertm  ,  à  iceluy ,  fondez. ,  fans  dou¬ 
te  fur  l'authorité  de  Diofioride, 
qui  dit ,  que  l'on  choifijfe  le  fiuit  du 
Baume  ,  plein  ,  grand ,  pefdnt ,  d'un 
goût  moràicant ,  brûlant  quelque 
O  O  2  peu 


Livre  1. 

f€tt  en  la  bouche  ,  ayant  aucune¬ 
ment  l'odeUr  du  Baume.  Et  les  Cu- 
bebes,  fuivant  JHatthicle  font  chau¬ 
des  &  feiches  au  commencement  du 
troisième  degré ,  decjuoy  )e  ne  m'é¬ 
tonne  -pas ,  car  l'imprejjion  que  leur 
chaleur  fait  en  les  mâchant  fur 
la  langue  ,  pendant  deux  heures, 
certifie  cette  vérité  ;  voilà  la  rai- 
fon  pourquoy  elles  ne  conviennent 
point  pour  être  fubfiituées  en  la 
-place  du  Carpobalfame  ,  qui  eft 
plus  tempéré  ,  outre  la  vertu  par¬ 
ticulière  qu'il  a  de  refifier  con¬ 
tre  la  morfure  des  ferpens ,  ce  que 
ne  font  les  Cubehes ,  &  ainfi  on  ne 
tes  doit  point  admettre  en  aucu¬ 
ne  compofition ,  â  moins  de  vou- 
loiy^y^rendre  les  paroles  de  JDiof 
eeride  au  fens  de  la  lettre ,  &  de 
preferer  Id ,  qualités  des  Cubehes 
â  celles  du  Carpobalfitme  ,  quand  il 
dit ,  que  le  Carpobalfame  efi  de  fa¬ 
veur  mordicanth  &  brûlante ,  mais 
tes  mots  qui  fuivent  immédiate¬ 
ment  aprez. ,  rabattent  beaucoup  de 
ta  force  des  premiers  ,  qui  difent 
que  ce  fi-uit  nefi  que  quelque  peu 
brûlant  en  ta  bouche  ,  -  comme  a  été 
dit  cy-dejfus  .*  La  raifon  &  L'ex- 
ferience  nous  font  voir  d'ailleurs, 
que  fi  le  Carpobalfame  étoit  mor- 
dicant  &  brûlant ,  il  s’enfuivroit, 
que  fon  bois  appellé  XHobalfame, 
qui  efi-  comme  infipide ,  participe¬ 
rait  en  quelque  façon  de  cette  qua¬ 
lité  mordicante  brûlante ,  ^ 
fin  écorce  ferait  plus  aromatique 
qu'elle  nefi  pas  >.  &  quand  les  Cu- 
bebes  canviendr oient  direüement 
en  tout  avec  le  Carpobalfame ,  il 
y  aurait  toujours  beaucoup  â  re- 
4ire  ,  fuivant  Le  récit  que.  Gar- 


Seâion 

cia  nb  Horte  nom  fait  ,  d’avoir 
appris  par  des  Portuguais  dignes 
de  foy  ,  qui  avaient  demeuré  lor.a 
terns  en  l’Ifle  de  laoa  ,  que  les 
habitant  font  bouillir  ce  fruit  avant 
que  le  laijfer  tranéforter,  hors  de 
leurs  pais,  craignant  qu'il  ne  fit 
femé  en  autre  part  :  Cela  étant 
ce  fruit  reçoit  de  l'alteration  en 
tontes  fes  parties  ;  mais  on  me 
pourra  repartir ,  que  le  fruit  du 
Baume  n  a  point  les  marques  qm 
Diofeoride  luy  donne  ,  comme  d'ê¬ 
tre  jaune  ,  plein  ,  grand  &  pe- 
fant  :  â  cela  je  réponds  ,  que  pour 
la  couleur  jaune  ,  il  faut  enten¬ 
dre  cela  pendant  que  le  fuit  efi 
meur  &  recent  :  car  aprez  l’avoir 
fait  feicher  l’écorce  vient  d’un  rou¬ 
ge  obfcur ,  comme  les  Noix  qui  font 
vertes  en  leur  écorce,  tant  en  de- 
dans  qu’en  dehors  ,.  étant  feiches 
deviennent  noires  &  ridées  par  la 
privation  de  l’humidité  ,  &  ainfi 
des  autres  fruits  qui  perdent  leur 
couleur  naturelle  par  l’exficcation. 
Pource  qui  efi  des  autres  marques 
qu’il  doit  être  plein ,  grand  &  pe- 
fant ,  il  les  faut  rapporter  de  mê¬ 
me  â  l’humidité  naturelle,  contenué 
■  en  fon  écorce  charnue  ,  laquelle 
étant  dijfipée  le  fruit  en  devient 
plus  menu  ,  leger  &  ridé.  Il  arri¬ 
ve  la  même  chofe  au  noyau  qu'on- 
trouve  enfermé  dans  une  autre  écor¬ 
ce  ligneufe  , ,  lequel  participe  de 
deux  humidités ,  une  qui  efr  aqueu- 
fi  &  l’autre  oleagineufe ,  l'une  & 
l'autre  avec  le  tems  fie  diffipent ,  le 
noyé  au  fie  retrefft ,  devient  plus  le¬ 
ger  &  moins  plein.  Quant  â  U  fa¬ 
veur,  qui  efl  de  -tous  les  fens  le  plus 
affuré  pour  l'eleilion  des  medka- 
mtMs. 


Des  Optâtes.  195 

ftients ,  parce  qu’il  nous  dêcouvie  le  en  Eté  par  la  grande  chaleur  du  So~ 
degré  de  la  température ,  ou  deXin-  leil ,  on  brûle  la  terre  avec  le  boü 
température  d’iceluy  ,par  fin  moyén^^ecfui  y  efi,  que  fi  on  ne  faifiit  cela, 
nous  apprenons  qu’en  mâchant  le  le  JÜalabathron  ny  renahroit  plus. 
Carpohalfame  ,  l’imprejfion  qu’il  fait  De  ces  paroles  il  faut  inferer  ,  que 
fur  la  langue  nefi  point  a  compa-  Diofioride  n’a  point  eu  la  vraye 
rer  â  celle  que  les  Cubebes  y  font,  connoijfance  de  la  Fueille  d’Inde 
qui  eji  de  beaucoup  plus  forte  &  de  ainfi  que  nous  l’avons, &  que  la  dé¬ 
plus  longue  durée  ,  comme  a  été  fiription  qu’il  en  donne,efi  caufi  que 
déjà  dit.  Abdachin  répondant  â  plufieurs  le  rejettent  mal  â  propos 
Alpin  en  fin  dialogue  fur  la  plan-  de  leur  Theriaque,&  y  fubfiituent 
te  du  Baume ,  dit ,  que  le  Carpobal-  fans  raifon  le  Gerojie  ,  avec  lequel 
famé  a  quelque  pointe  quand  on  le  il  ne  convient  nullement  r  il  ferait 
mâche  :  par  cette  pointe  il  faut  beaucoup  plus  â  propos  d’y  fublii- 
entendre  ce  que  Diofioride  appelle  tuer,  fuivant  Galien, le  Nard  Indic-, 
unpeumordicant  &  brûlant.  Apresj^  maüparce qu’il  coûteplus  delamoi- 
toutes  les  raifins  fus-alleguées ,  tant  tié  que  la  Fueille  d’Inde,ceux-lâ pre- 
fur  le  XUobalfame ,  Opobalfame  que  ferent  l’avantage  de  leur  bourfe  â 
Carpohalfame,  nous  devons  employer  celuy  de  leur  honneur ,  &  jt’ofiroient 
les  parties  de  cette  plante  les  plus  fi  dejfendre  fur  ce  qu’il  ne  faut  ja- 
recentes  qu’on  les  pourra  recouvrer,  mais  fubélituer  un  fimple  pour  un 
&  rejetter  toute  forte  de  fuhfiituts..  .  autre  qui  entre  déjà  une  fois  en  une 
„  . ,  ,  ,  ,  compofition  ,  farce  que  ceux-là  me» 

Dl.  Malabathron.  ^  fubfiituent  pour  l’ordinaire  le 

Si  les  Anciens  Grecs  qui  nnt  écrit  Santal  citrin  à  l’Aéfalath  ,  eés  au 
de  la  Botanique ,  n’ont  point  été  fi-  bois  de  Baume  ils  n’ofiroient  aujfi 
déliés  en  la  de  fiription  de  beaucoup  m’attegucr  que  prefenternent  le  Gero- 
de  plantes  ,nous  les  devons  verita-  fie  coûte  autant  que  le  Spica  Nard, 
bletnent  excufer ,  dautant  qu’ils  ont  &  ainfi  ils  ne  gaignent  rien, cela  efi 
plutôt  écrit  par  o'ùir  dire  que  par  véritable  -,  mais  toute  leur  plus  in- 
fiience ,  en  un  tems  ou  toutes  chofes  genieufi  adreffi ,  ne  fiauroit  me  défi 
gifoient  dans  les  tenebres,  d’oû' vient  avouer,  qu’ils  ernployent  prefque 
que  leurs  fuccefeurs. ,  par  l’aide  de  le  Gerofle  fins  monder  ,  &  que  le 
la  navigation , ayant  porté  leur  eu-  Spica  Nard  decheoit  de  la  moitié 
tiofité  plus  avant ,  nous  ont  décou-  pour  en  fiparer  le  mauvais,  &  eom- 
vert  la  vérité  de  beaucoup  de  chofes  me  cela  il  coûte  toujours  au  dou- 
que  nous  aurions  ignoré ,  comme  du  ble.  Sans  nous  arrêter  au  prix  des 
Felium  Indum ,  de  qui  Diofeoride  médicaments ,  ny  a  la  rareté  d’i- 
dit ,  aucuns  croyent  que  le  Mal  ah  a-  ceux  ,  la  curiofité  de  celuy  qui  com- 
thron  croit  dans  les paluns  des  In-  pofi  la  Theriaque  ,  le'  doit-  porter' 
des ,  nageant  fur  l’eau fans  racine  â  ne  rien  oublier  ,  pour  s’infiruire' 
comme  les  dentilles  des  marets  ,&  fur  toutes  les  difiicultez.  qui-  fi' 
cneorcs  on  dit ,  que  les  eaux  taries,  prefentent  en  beaucoup  de  fimptes,’. 

O  O  j  pom--- 


Livre  L 

four  n  admettre  fai  tant  de  fuhjfi- 
tuts ,  comme  on  le  fratique  &  de 
bien  examiner  ceux  qu’il  ne  feut 
éviter  d’y  mettre,  afin  de  ne  commet¬ 
tre  foint  de  fautes  an  defavan- 
tage  de  fin  frochain  ,  qu’il  doit 
aimer  comme  luy  thème.  Rejettons 
donc  tout  ces  fubftituts  mal  adap¬ 
tés,  &  admettons  icy  &  far  tout, ou 
il  eft  requis  te  vray  Folium  Indum 
qu’il  faut  choifir  du'  fins  recent, 
du  fins  beau  ,  &  du  flus  entier, 
fans  avoir  égard  ,  qu’il  ne  crdifi 
foint  dans  les  f aluns  ;  mais  que 
c’efi  la  véritable  fueille  d’un  grand 
arbre  qui  vient  loing  des  eaux. 
Gyue  quant  a  fis  autres  mar¬ 
ques  ,  il  nefi  pas  beaucoup  éloig¬ 
né  de  celles  que  Diofioride  donne 
au  Jien. 

Du  Spica  Nard. 

que  le  Spica  Nard  ,  ne 
fait  pas  du  nombre  des  ingrediens, 
a  la  place  duquel  on  en  fubîlitué 
di autres  ,  neantmoins  je  l’ay  voulu 
loger  icy  ,  parmy  les  fubfiitués  dé 
la  Theriaque  ,  pour  advertir  en 
pàjfant  les  fideles  difienfateurs  d’i¬ 
celle  ,  qu’il  ne  fuffit  pas  de  choifir 
du  plus  beau  ,  du  plus  relent ,  &  du 
plus  odorant  ;  mais  encore  aprex. 
l'avoir  bien  nettoyé ,  &  fiparé  de 
toutes  fortes  d’impureté ,  qu’il  im¬ 
porte  beaucoup  de  rie  le  point  mê¬ 
ler  avec  les  autres  ingrediens, 
poitr  le  mettre  en  poudre  ,  qu’on  ne 
l’aye  préalablement  inciféfort  menu, 
par  ce  qu  autrement  la  plus  grand 
partie  d’iceluy  paffiroit  a  travers 
le  tamis  a  mode  de  petits  poils  quel 
foin  qu’on  en  fiache  prendre. 


Seâion  F, 

De  la  Caffia  lignea. 

Si  le  Cinnamome  a  re^eu  diver- 
fis  appellations  par  les  Nations 
étrangères  ou  par  les  Marchands, 
qui  l’ont  tranjporté  d’un  Royaume 
en  un  autrç.  La  Cajfia  lignea  qui 
en  eft  une  véritable  eftece ,  n’a  pas 
eu  un  meilleur  fort  ,  en  ce  qu’il  y 
a  des  jiutheurs  ,  qui  difent  que 
le  Cinnamome  ,  la  Cajfia  lignea,  & 
la  Canette  ne  diffèrent  point  que 
du  plus ,  ou  du  moins  de  bonté  ,  & 
parlent  fi  confufement  de  ces  ma¬ 
tières  ,  qu’on  ne  peut  prefque  rien 
comprendre  de  tout  leur  difiours: 
car  tantôt  ils  difent  comme  Garcia 
ab  Horto ,  par  un  raifonnement  fon¬ 
dé  fur  un  ouyr  dire  ,  qu’il  n’y  a 
perfinne  qui  puiffe  dire ,  avoir  veu 
de  la  Caffia  lignea  differente  de  la 
Canelle ,  &  d’autres  difent  comme 
Galien,  au  premier  des  Antidotes 
que  la  bonne  Canelle  fi  convertit 
en  Cinnamome  ,  ce  qui  n’eft  pas 
poffible  ,  puis  que  ces  deux  ne  font 
qu’un  ,  comme  nous  l’avons  cy-de- 
vant  dit.  Peur  la  defiription  de  la 
Cajfia  lignea  des  Anciens  ,  j’avoue 
quelle  eft  defeéhueuft  -,  fi  les  Mo¬ 
dernes  fi  fuffent  pris  garde  ,  d’y 
ajouter  ce  que  ces  premiers  y  ont 
oublié  ,  je  rriaffeure  qu’ils  en  aù- 
roient  eu  uné  entiers  connoiffance, 
telle  que  nous  l’avons  riujourd’huy, 
mais  au  contraire  ils  ont  obfiurcy 
par  leurs  divers  fintiments ,  toute 
la  lumière  que  les  Anciens  nous 
en  ont  laiffé.  Et  quoy  qu’il  en  foit, 
ils  ne  peuvent  rien  conclurre  en 
leur  faveur  ,  puifque  cette  différen¬ 
ce  eft  connue ,  par  des  marques  fort 


Des  Opiates,  1^5 


fenfîhles ,  qne  nom  dirons  en  fmtte. 
D'Ailleurs  ce  ferait  Accufer  la  fain- 
te  Scriture  d'erreur  ,  qui  nom  ap¬ 
prend  au  trentième  chapitre  ,  de 
l'Exode  verfet  1 3 .  ^à,.que  Dieu 
commanda  d  Moyfe  ,  de  prendre  de 
la  Myrrhe  choifie  du  Cinnamome, 
du  Kofeau  aromatique,  &  de  Cajfa, 
pour  compo  fer  l'huile  fainte  ,  pour 
l'onüion  du  Tabernacle.  Ce  pajfage 
efi  authentique  &  releve  de  beau¬ 
coup' ,  ce  que  les  Anciens  en  ont 
écrit  plufieurs  fiecles  aprex.  ,  & 
noM  fait  voir  ,  que  fi  le  faint  SJprit 
fait  différence  entre  le  Cinnamo- 
mum  &-la  Caffia  lignea  ,  que  nom 
ne  devons  point  confondre  l’un 
avec  l'autre ,  ny  douter  de  cette 
vérité ,  qui  nom  efi  encore  confir¬ 
mée  par  cet  excellent  ingrédient 
que  nom  employons  tom  les  jours 
dans  nos  compofitions ,  qui  efi  bien 
different  de  toutes  les  autres  ejpe- 
ces  de  Cinnamomum ,  que  je  puis 
divifer  en  deux  a  raifon  de  la 
couleur ,  &  de  la  groffeur  j  car  pour 
leurs  qualités,.  &  v.ertm  ,  elles  ne 
different-  en  rien.  La  première  efi 
de  couleur  rouge  obfcur ,  tirée  d'un 
■boü  affez.  gros  ,  &  la  fécondé  efi 
de  couleur  rouffe ,  tirée  de  branches 
pim  déliées  ,  les -deux  font  d’une 
fub fiance  pim  denfe  ,  &  pim 
compaUe  ,  que  le  Cinnamomum, 
&  fe  coupent  net.  fans  aucun 
éclat  de  faveur  douce  &  piquan¬ 
te  ,  firt  mucilagineufe  ,  quand  on 
la  mafche. 

fjwlques  -  ms  ont  voulu  dire 
que  la  mucofité  de  la  Cajfia  lignea, 
procédait  de  corruption  ,  par  le 
long  fe'jour  quelle  faifoit  fur  la 
^er.,,dans.  les  vaiffeaux  &  que 


la  Canelle  y  efi  de  même  fort  fu- 
jette  ,  ce  que  je^  ne  puis  me  perfua- 
der ,  dautant  qtte  la  Canelle  ,  non 
pim  que  la  Ct^fff*  lignea,  ne  par¬ 
ticipe  d’aucune  humidité  excre- 
menteufe  y  ny  fuperflué ,  de  laquel¬ 
le  cette  prétendue  corruption  , . 
puiffe  dépendre ,  ny  en  tout  ,  ny 
en  partie. 

Si  la  mucofité  de  la  Çafiia  lig¬ 
nea  procedoit  de  corruption  il  s’en- 
fuivreit  que  fa  faveur  douce  ,  & 
picquante  fe  perdrait  d.  même- 
temps  ,  au  contraire  la  mucofité  efi 
une  marque  effentielle  de  la  bonté 
de  la  Caffia  lignea ,  qui  efi  natu¬ 
rellement  liée  avec  fa  faveur  dou¬ 
ce  &  picquante,  que  l’une  ne  peur 
p(û  périr  fans  l’autre  ,  &  toutes: 
periffent  enfemble  ,  lors  quelle  pert 
fa  vertu  ,  doncques  ce  ne  fera 
pas  le  féjour  quelle  fait  fur  la 
mer  ,  qui  luy  acquiert  cette  mu¬ 
cofité. 

De  dire  que  cette  prétendue' 
corruption  efi  caufe  que  nom  voyons 
pim  de  Caffia  lignea  &  de  Canelle 
qui  ne  valent  rien  ,  que  de  bonnes  -, 
c’efi  ce  qu’il  ne  faut  pas  aujfi  croire, 
par  ce  que  les  Aîedicamens  de 
cette  nature  ne  font  nullement  fu- 
jets  d  corruption  ,  comme  a  été  ' 
déjà  dit  -,  au  contraire  y  refifient 
beaucoup. 

Il  y  auroit  pim  d’apparence  s'il 
m’efi  permis  de  croire  ce  qu’un  ’ 
de  mes  bons  amis  m’a  dit  avoir 
veu  pratiquer  d  un  Marchand 
Droguifie  d’Amfierdam  qui  pre¬ 
nait  quantité  de  bonne  Canelle  en¬ 
tière  ,  &  la  mettait  toute  droite 
dans  une  grande  vejfie  de  cuivre, . 
avec  de  l’eau  ,  pour  en  tirer  par  - 
met 


2.9^  Livre  L 

me  léger e  difiiUatien  l'huile ,  aprem 
il  retirait  fil  Orne  lie ,  &  la  faifoit 
fekher  en  diligence  au  Soleil ,  étant 
fieiche  ,  il  la  mêlait  parmj/  d’autre 
benne  ,  quoyque  ie  ne  trouve  rien 
de  plut  aifié  à  faire  ;  neatitrnoins 
eu  égard  h  cette  ■  forte  de  fourbe¬ 
rie  ;  fay  bien  de  la  peine  à  me  le 
perfuader ,  je  croirais  plutôt  que  la 
bonté  de  la  CaneUe  &  de  la  Cajfta 
lignea  fie  perdrait  ,  ou  par  la  col- 
leblion-  ,  lors  quoh  tire  ces  écorces 
de  leur  arbre  an  peu  avant  ,  ou 
aprez.  la  vraye  faifon  ,  ou  pour 
l’exficcation  le  temps  n  étant  pas 
propre ,  ou  pour  les  avoir  laijfé  de¬ 
meurer  trop  a  l’air. 

Gluant  au  furplm  la  Cajfia  lig¬ 
nea  nous  donne  une  autre  marque 
fort  ajfeurée  de  fa  bonté,  lors  quelle 
ejl  mefiée  dans  la  Theriaque  ,  & 
autres  compojîtions  liquides  t fit  mu- 
^ojité  y  parait  manifefiement  ,  en 
ce  quelle  rend  les  compojîtions  fort 
gluantes  ,  &  Jî  elle  n’ejl  pas  bonne, 
favifcojîté  ny  parait  du  tout  point 
comme  dujfi  fi  on  la  pile  &  qu’on 
la  mette  dans  l’eau  de  fontaine 
froide  ,  foudain  en  les  remuant ,  Je 
fait  une  gelée  d’une  faveur  &  cou¬ 
leur  admirable  ;  c’efi  pourquoy  ,  il 
faut  toujours  choifir  de  la  meilleu¬ 
re  ,  pour  rendre  cet  Antidote  plus 
efficace. 

De  l’Amomum. 

La  négligence  de  certains  de  nos 
devanciers  a  été  fi  grande  par  le 
paffié ,  que  je  puis  dire  fans  les  of- 
fencer ,  quelle  ejî  parvenue  jufques 
à  nous  en  un  fi  haut  degré ,  qu’cde^fi 
caufe  que  quantité  de  perfonnesde 


Seüion  V* 

nôtre  profejfion ,  fe  feraient  infiruitt 
en  la  connoijfance  du  vray  Amo- 
mum ,  damant  plus  que  la  defirip. 
tion  que  Diofeoride  en  donne  ,  y 
convient  fort  bien  ,  particulière¬ 
ment  ,  quand  il  parle  du  Pontic. 
Mais  que  disje  la  négligence  ,j’ap. 
perçois  encore  l'avarice  noire  qui  en 
augmente  fis  progrès. ,  fout  prétex¬ 
te  de  ce  que  les  Grecs  ,  les  Latins 
&  les  Arabes  ne  font  point  d’ac¬ 
cord  en  la  defiription  d’iceluy.  Les 
uns  difint  comme  Diofeoride  que 
l’Amomum  ejl  fait  en  forme  d’une 
petite  grappe  de  raifin.  Les  Ara- 
-  bes  L'appeUent  en  leur  langue  Ha- 
mama  ,  ou  Hamemis  ,  qui  fignifie 
pied  de  pigeon  ,  que  quelques-uns 
prennent  mal  a  propos ,  pour  le  Gé¬ 
ranium  alterum  Diofeoridis  ,  au 
lieu  qu’il  faut  entendre  la  plante 
qu’on  nomme  Amomum  ,  ou  Jmo- 
mis ,  de  laquelle  les  Médecins  de 
Niz.amoxa  Roy  du  Royaume  de 
Decan ,  firent  pre fient  d’un  petit 
rameau  ,  d  Garcia  ab  Horto ,  qui 
s’accordoit  fort  bien  avec  la  deferip- 
tion  de  Diofeoride  -,  &  neantmoitis 
Colin  qui  a  commenté  fin  hijloire, 
nous  donne  le  fourtrait  ,  de  celuy 
qui  fut  envoyé  de  la  farneufe  ville 
d’Ormu\^  en  Arabie  ,  d  Falerand- 
Douvre  qui  n  avait  ny  odeur ,  ny 
faveur  remarquable. 

Cordus  Lonicerus ,  &  autres  fiù- 
tiennent  que  l’Amomum  efi  la  Ro- 
fe  de  Hierico ,  fondez,  fans  dame,  de 
ce  que  fa  graine  ejl  entajfée  en  for¬ 
me  de  grappe  de  raifin.  De  toutes 
ces  differentes  opinions  ,  l’avarice 
qui  ne  dort  jamais ,  &  qui  travaille 
fans  ceffe  d  trouver  des  moyens, 
pour  mettre  fa  bourfe  d  couvert. 


Des  Opîafes,  \  .:  2:97 


iep  rangée  du  coté  de  Galien  ,  qui 
Jùlfiitue  à  VAmomum  racemofum , 
r Accrus  vertu  j  parce  quil  ne 
coke  que  de  huit  à  doutée  fols  la 
livre  ,  &  VAmomum  racemofum  , 
qû  ejé  le  véritable  ,  que  nous  de¬ 
vons  employer  dans  cet  Antidote, 
^  par  tout  ou  il  efi  requis ,  coûte 
pour  l'ordinaire  de  neuf,  à  dix ,  & 
doute  francs  la  livre  ,  &  apre- 
fent  qu’il  efi  un  peu  rare  ,  il  en 
vaut  dix  huit  la  livre.  Voila  d’où 
procédé  le  grand  nombre  des  fub- 
fiituts  de  la  Theriaque  ,  a  raifon 
que  tous  les  ingrédient  qui  font  un 
peu  rares  defquels  les  Autheurs 
ne  conviennent  point  en  leurs  def- 
criptions  ,  &  qui  font  chers  ,  de 
là  ceux  qui  méprifent  leur  hon¬ 
neur  g  ne  defirant  pat  s’infiruire 
de  la  véritable  cmneifiance  defdits 
ingrédient  ,  au  préjudice  de  leur 
propre  confcience  ,  recourent  a 
un  fuccedanée  ,  fans  l'examiner, 
s'il  efi  de  la  même  force  que  l’ingre- 
dient ,  pour  lequel  on  le  fubfiitue ,  il 
leur  fujft  peur  calmer  quelque  pe¬ 
tite  dijfculté  ',  qui  pourrait  refier 
dans  leur  ejprit ,  de  ravaler  le  pris 
de  la  compofition ,  &  ainfi  ils  trou¬ 
vent  une  double  fatüfaVlion , "en  dé¬ 
robant  la  fanté  du  public  ,  mais 
ceux-là  ne  doivent  être  imitet  en 
aucune  façon. 

De  l’Opium. 

Apret  avoir  parcouru  tous  les 
fuccedanées  que  quelques-uns  ont 
de  coufiume  de  faire  entrer  dans  la 
eompofiûon  des  Trochifques-  d’ He- 
dycbrei,  je  reviens  fur  mes  pas, 
pour  reprendre  ceux  de  la  Théria¬ 


que  ,  d’eù  je  ni  étais  un  pÊu  écarté^ 
&  diray  ,  quoy  que  les  fiecles  pajfet 
ayent  reçeu  le  fiiec onium ,  'dans  les 
plus  célébrés  cornpofiti0ns,fans  avoir 
égard  qu'il  différait  beaucoup  d’a-r 
vec  l'Opium  des  Anciens ,, qui  était 
la.  pure  &  véritable  larme ,  qunn 
tirait  par  incifion  de  la  tête  du 
pavot ,  qu  Andromachus  a  employé 
en  celle-cy  ,  de  la  pureté  de  laquelle 
nom  femmes  entièrement  privez. 
qu’il  faut  pour  les  imiter  de  plus 
prefi  que  nous  pourrons  ,feparer  de 
notre  Aïeconium'  par  art  ,  ce  que 
l’avarice  ,  ennemie  mortelle  de  la 
vertu,  y  a  méfié ,  pour  le  purifier,, 
à  celle  fin  de  rendre  notie  Anti¬ 
dote  pim  conforme  en  toutes  fis 
vertm ,  à  celuy  des  Anciens  non  pas 
que  ce  fait  un  moyen ,  pour  luy  aug¬ 
menter  fa  froideur ,  comme  quelques- 
uns  fe  pourraient  imaginer  ,  notam¬ 
ment  ceux  qtii  refient  encore  dans 
cette  croyance  ,  quil  efi  froid  au- 
quatriéme  degré ,  puis  que  fa  faveur 
acre  &  amere ,  nom  prouve  manife- 
fiernent  fa  chaleur ,  cè  qui  nom  efi 
confirme  par  Afatthiole,  en  fon  Com¬ 
mentaire  fur  Diofcoride  ,  livre  4. 
chap.60.  où  il  dit  que  l’Opium  efi 
amer  ,  &  acre  ,  &  qu’il  vlce- 
re  la  bouche.  Ce  nefi  pas  qui 
cetjte  qualité  ulcerative  ,  procédé 
du  mélange  qu'on  y  fait  ,  qui  nefi 
a  autre  intention  ,  que  pour  len 
augmenter  le  poids  ,  au  contrai¬ 
re  ,  cela  procédé  de  la  nature  de 
la  larme  des  te  fies  du  pavot.  Be- 
lon  aujfi  nous  le  certifie  en  fis 
ebfervations  ,  Hure  &  ■  chapitre 
cy  -  devant  alléguez  au  Requies 
Nicolaj ,  où.  il  dit  que  le  meilleur 
Opium  efi  fort  amer ,  chaud  au  goût 
Pp  tant 


2,98  Livre  /. 

tant  quil  enfiamme  'La  bouche,  car  le 
fuc  quon  exprime  des  fueilles,  &  des 
tiges  du  pavot ,  ne  participe  point 
d'amertume  ,  ny  d’acrimonie ,  com¬ 
me  fait  le  pur  Opium,  d’où  nous 
inférons  .que  le  fisc  en  ejl  plus 
temperé  &  que  le  Méconium  efi 
beaucoup  plus  faible  en  fin  opera¬ 
tion  que  l’Opium  ,  a  caufi  du  mé¬ 
lange  qu’on  y  fait  du  jfuc  du  refle 
de  la  plante  de  pavot.  Outre  ce 
mélange  une  perfinne  digne  de  foy, 
m’a  afieuré  d’avoir  appris  ,  d’un 
efçiave  Titre  ,  que  les  Marchands 
du  pays  mêlent  avec  l’Opium , 
avant  qu’il  fait  diflribué  par  les 
T’rovinces  du  foy  e  de  boeuf  dejfeiché, 

mis  en  poudre  ;  comme  a  été  cy- 
devant  dit  J,  nous  y  trouvons  aujfi 
par  fois  du  gravier  &  des  fueilles 
de  la  plante  parmy.  Toutes  ces  im- 
puretez. ,  bien  conjîderées  en  doivent 
etre  exaUement  feparées  ,  ainfi  que 
nous  nettoyons  tous  les  autres  ingre- 
diens  en  leur  fuperficie.  Le  moyen 
d'y  procéder  méthodiquement  eft  de 
choijir  d’ Opium,  qui  fait  dur  & 
compare  ,  de  'couleur  roufe ,  luifant 
en  dedans ,  d'une  odeur  facheufe  , 
&  quant  au  furplrn  ,  en  y  pro¬ 
cédera  ainfi  qu’il  eft  preferit  en 
notre  Remarque  ,  fur  le  Requies 
Nicolai. 

le  fitis  tout  perfuadé  que  cette 
purification  d’Opium  n’agpréera 
point  à  \eux  qui  n'en  connoiffent  pat 
la  nature  ,  s'imaginant  poffible 
qu  elle  eft  p‘àndéme?,t  prejudicia¬ 
ble  ,  &  quelle  doit  deftruire  fit 
.  vertu  ,  fans  confiderer  que  tout  ce 
' quon.sen  fipare  eft  étranger  de  la 
larme  &  fans  vertu  ,  &  qu’il  y  a 
été  ajp.ûté  malicieufirnent  ,  comme 


Seâhn  V. 

nous  ve.nons  fie,  dire  ,  &  que  la  ml. 
me  neceftlté  qui  nous  oblige  de  fe- 
parer  la  terre ,  &  les  autres  par- 
ties  inutiles  du  Nard  Celtique ,  é" 
autres  de  cette  compofition  ,  nous 
oblige  aufti  de  feparer  de  l Opium, 
tout  ce  qui  s’y  trouve  d’étranger, pour 
le  rendre  plus  puijfqnt.  Si  cette  rai- 
fin  avait  lieu,  en  vain  nous^  le  purs- 
fierons  pour  le  Laudanum.  Mais 
fans  nom  arrêter  davantage  en  fi 
beau  chemin ,  pajfons  outre  &  fans 
en  diminuer  la  do fe  de  l’Opium  pu- 
rifié  ,  il  en  faut  prendre  le  même 
poids  que  l’Autheur  y  en  demande, 
pour  ne  déroger  en  rien  d  fin  in¬ 
tention. 

Du  fuc  de  Rcgliflc. 

Nom  n’avons  prefque  aucun  in¬ 
grédient  pim  familier-  que  le  fue 
de  Reglijfe  ,  dautant  que  qui  que 
ce  foi‘t,  le  travaille  du  bien  ,  ou  mal, 
d’où  vient  aujfi  que  nom  n'avons 
point  d’ingredient  plus  brouillé , 
&  altéré  tant  en  fis  qualité^  & 
vertus  quen  fa  propre  fuhfiance 
que  celuy-cy  ;  car  plufieurs  ■  pour 
décevoir  le  palais  de  la  bouche  des 
plus  délicats  ,  &  le  rendre  plus 
agréable  au gouft  y  a'pùtent  lefuc- 
ere  en  poudre  ,  en  ajfez.  bonne  quan¬ 
tité.  Et  d’autres ,  parce  qu’il  refie 
gluant  apreX^  l’avoir  dejfekhé  ^  & 
qu’il  fi  ramollit ,  particulièrement 
en  un  temps  humide  ,  ceux-là  y 
ajoutent  de  gomme  Tragacamh  ou 
d’ Arabique ,  d’autres  d’ Acacia  ne- 
ftras  &  telles  autres  matières ,  pour 
le  tenir  en  une  con fi  fiance  ferme, 
mais  toutes  ces  préparations.,  font 
rejettables  ,.puis  que.  fans  aucun 


Des  Optâtes, 


mjpÇf ,  par  ie  moyen  de  la  feu- 
lefecHle  de  la.  .RègUjfe  ,  "le  fuc 
s'entreilerii  fendant  '  un  temps  en 
me  énnfifiance  mille  fans  s’éten¬ 
dre  ny  adhérer  aucutiement  ,  & 
qui  en  outre  ,  efi  d'un  goût  fort 
agreahle. 

Autrefois  on  nous  èn  apportait 
d’E^agne  qui  était  ajfe^^  bon  j 
mais  aprefent  le  meilleur  ne  vaut 
rien,  d  caufe  quil  efi  amer  &  cet¬ 
te  'amertume  froce'de  du  feu  ,  qui 
luy  a  confume  &  brufié  en  partie 
fin  humidité  gluante  ,  dé ou  dépend 
l’extreme  douceur  de  la  Regliffi  , 
&  rend  le  fuc  de  mauvais  geufi. 
Mais  tous  ceux  qui  defireront  de 
fi  fatisfaire  ,  prendront  la  peine  de 
le  préparer  ,  fur  laquelle  prépara¬ 
tion,  ]e  ne  diray  que  deux  mots, 
d'autant  quelle  efi  fort  fimple  ,  & 
connue  de  tous  ceux  qui  Vont  veu 
préparer  une  feule  fois ,  moyennant 
qu'on  ny  a]oute  rien  d'étranger ,  & 
que  l’on  faffe  evaporer  fur  un  feu 
lent  l’humidité  en  remuant  fou'vent 
avec  une  Jpatule  de  bois ,  principa¬ 
lement  fur  la  fin  ,  &  que  la  fecule 
n’en  fait  point  feparée  ,  le  fuc  fera 
tel  qu’il  faut  &  furpajfera  toüs  les 
autres  fucs  en  bonté  pour  la- 
forte. 

S’il  n'y  avait  parmy  nous  ,  que 
de  gens  d’honneur  ,  que  nous 
fujfwns  pay  e'^  de  nos  fiins  extraor¬ 
dinaires  ;  je  ferois  du  fentiment  de 
h  préparer  fans  feu  ,  comme  quel¬ 
ques-uns  fçavent  très  -  bien  faire, 
'dors  ce  fuc  efi  d’une  faveur  agrea- 

,  qui  ne  fent  point  lamedecine, 
de  couleur  roujfe ,  clair,  &iranf- 
parent. 


*■59 

Du  Bunias. 

Ce  n' efi  pas  fans  caufe  ,  fi  la  ma¬ 
tière  medicale  efi  brouillée  ,  & 
confufe  ,  eh  ce  qui  concerne  les  ch'o- 
fes  rares  &  precieufes  ,  qtii  vien¬ 
nent  de  join,  &  des  contrées  moins 
connues  ,  veu  que  celles  qui  nous 
font  les  plus-  familières  ,  .  &  con¬ 
nues  d’un  chacun  font ,  confufes  & 
broüillées  ,  à  rai  fin  de  leurs 'noms 
ou  des  eéfeces ,  comme  nous  voyons 
au  naveau  domefiique  ,  qui  nous 
donne  fa  racine  pour  aliment , 
dr  fa  femenee  pour  médicament  j 
Neantrnoins  ,  par  ce  qu’il  y  en  a 
de  deux  eépeces ,  l'une  domefiique 
&  Vautre  fauvage  ;  cela  a  donne 
lieu  a  quelques-uns  mal  verfez.  en 
la  connoijfance  des  fimples  ,  d'ap- 
peller  la  domefiique  Bunias ,  &  U 
fauvage  Bunion.  Et  d'autres  au 
contraire  ,  ont  appefié  laAornéfii- 
que  Bunion  ,  &  la  fauvage  Bunias 
fans  confiderer ,  que  ces  deux  noms, 
fignifient  deux  plantes  >  bien  diffe¬ 
rentes  en  effeces.  Car  lé  nom  de 
Bunias  efi  donné  par  les  Grecs,  au 
Naveau  ,  a  raifin  de  fit  figure. ,  oip 
a  caufe  du  lieu  ou  il  craifi  j  c’efi  à- 
fiçavoir  un  lieu  pierreux  &  élevé, 
appellé  par  les  memes  Âutheurs 
Bunoi.  Et  Bunion  efi  le  fiom  d’une 
plante  ,  nommée  de  qtielque s-uns 
Bulhocafianum  ,  qui  porte  dombel- 
les  bien  differente  du  Bunias  ,  ou 
Naveau.  Cette  co-nfufion  de  noms, 
peut  dériver  en  'partie  de.  Vaffinit'é^ 
eu  re'jfemblance  de  ces  ’sleux  mots. 
Mais  fans  nous  y  arrêter  d’ avanta¬ 
ge  C  non  plus  que  fur  une  troïfiéme 
'‘tVf  ecé*'  décrite  par  Gafiard  Bauhi» 
P  P  2  en 


3  00  Livre  L  Se  B  ton  V, 


en  fin  Troàrome  ,  fins  le  nom  de 
NapMS  Sylueftris  Cretica  )  difins 
laquelle  de!  deux  femences  doit 
être  preferée  pour  cet  Antidote, 
de  ladomeflique ,  ou  de,  la  fauva- 
ge.  Vansladefiription  delà  Thé¬ 
riaque  ,  que  Galien  nom  rapporte 
écrite  en  vers  Elegiaques  ,par  An- 
dromachm  ,  quil  dédie  à  Pifin ,  il 
dit  en  propres  termes.  Et  dulcù 
tantum  Serninis  inde  Napi.  Et  au 
-  livre  de  ufu  ad  Parnphihum,  Seminis 
JVapi,id  efi,  Rapi  agrefiü.  Et  Lacu- 
na  en  fin  Epitome  de  Galien,  dit 
Seminis  Napi  Sylvefiris  quem  Bu- 
niada  appeUant. 

Andromachm  fimble  nous  vou¬ 
loir  faire  naifire  une  diffculté, 
quand  U  demande  la  fimence  de 
Naveau  ,  douce  pour  laquelle  il 
faudroit  entendre  ,  fi  on  voulait 
prendre  fis  paroles  au  fins  de  la 
lettre  ,  celle  du  Jslaveau  domefiique: 
qui  nefi  pas  fi  forte  en  fa  faveur, 
que  celle  du  Naveau  fauvage  j  mais 
la  difficulté  ceffie  ,  en  ce  que  du 
temps  dé  Andromachm,  il  nefi  point 
fait  mention  du  Naveau  domefiique', 
de  là  il  faut  conclurre  ,  quil  j  a 
grande  apparence  ,  ■  que  l’intention 
d’ Andromachm  par  le  mot  de  dul- 
cis  à  voulit  faire  différence  feule¬ 
ment  entre  la  fimence  de  la  Mou¬ 
tarde  ,  &  celle  du  Naveau ,  d’au¬ 
tant  que  quelques-uns  confondent 
lefiplanties  ,  qui  les  portent  l’une 
avec  l'antre  ,  &  fit  raifon  a  été 
par  ce  que  la  fimence  de  la  Mou¬ 
tarde  efi  beaucoup  plus  acre  que 
ce  lit  du  Nave'au.  Et  pour  conci¬ 
lier  toutes  ces  opinions  ,  par  mon 
fintiment  ,  il  faut  employer  dans 
çet  Antidote  la  fiemence  du  Na¬ 


veau  fauvage  de  Crete ,  décrit  com¬ 
me  a  été  déjà  allégué  par  Gaff.Bau- 
hin  ,  comme  la  plus  excellente  de 
toutes  ;  ce  qui  fie  rapporte  altffi  au 
fientiment  de  Galien  ,  en  l’eXamen 
qu’il  fait  ,  des  ingrediens  de  ta 
Thériaque. 

Du  Scoidium. 

Je  ne  trouve  rien  qui  fioit  digne 
de  relever  fur  la  plante  du  So¬ 
dium  ,  à  raifon  quelle  efi  connue 
de  tous ,  &  facile  à  recouvrer.  Je 
diray  feulement  que  de  cinq  efpe- 
ces  dont  Gaffiard  Bauhin  fait  men¬ 
tion  ,  dans  fin  Pinax  ,  qu’il  faut 
prendre  la  fécondé  ,  qu’il  nomme 
Scordium  Creticum  lanuginofum  j 
par  ce  quelle  a  plus  de  rapport, 
avec  celuy  de  Crete  ,  tant  en  fa 
forme  extérieure  ,  qu’en  fis  qua- 
litez.  &  vertus  ,  qui  le  voudra 
faire  venir  de  Crete  ,  il  en  fera 
encore  mieux. 

Du  Nard  Celtîc. 

La  neglicence  d’aucuns  nous  pa¬ 
rait  bien  fouvent  en  la  difie'nfa- 
tign  des  ingrediens  de  la  Théria¬ 
que  ,  particulièrement ,  à  ceux  qui 
montrent  au  deffm  de  leur  ho  'éte,pour 
pim  grande  parade  les  fueilles  du 
Nard  Celtie  au  deffus  des  racines'^ 
pour  la  fleur  ,  &  quand  cette  freille 
ferait  la  fleur  du  Nard  Celtie ,  ainfi 
qu’ils  eroyent  la  compofition  en  fereit 
moindre  ,  par  ce  que  la  vertu  de 
l'une  vaut  autant  que  celle  de  l’ autre',' 
N  toutes  deux  font  de  beaucoup  in¬ 
ferieures  à  la  racine  ;  c’efi  pourquoy 
ils  nom  convient  apre'^  auoir  choifi 


Des  Optâtes,  \  o  r 


Sh  flm  recent ,  Au  plus  grès  &  Au 
mieux  conditionné^  ,■  qui  ne  foit  point 
gâté  en  AeAans  ,  à  saufe  que  ceux 
qui  le  cueillent  le  mettent  en  petits 
paquets  h  me  fur  e  qu  ils  l’ont  tiré  Ae 
la  terre,  de  bien  exaéiement  feparer 
la  racine  avec  fes  petits  flamens, 
de  toute  fuperfiuite  ,  &  d’une  autre 
petite  plante  qui  fe  trouve  parmy, 
appellée  Hirculu»  ,  bien  différente 
en  odeur  &  en  vertu  Au  NarA 
Celtic. 

Da  Rjhiapomic. 

Ce  qui  a  Aonné  lieu  a  nospreAe- 
ceffeurs  Ae  fiibBituer  la  Rheubar- 
be  au  Rhapentic  ,  ça  été  quelque 
reffemblance  qu’ils  ont  remarqué 
,entre  cet  deux  racines , comme  Ver- 
giliué  fur  Diofeoride,,  qui  a  vou¬ 
lu  dire ,  que  le  Rhapontic  &  la 
Rheubarhe  ne  different  feulement 
quen  l'odeur  :  je  ne  m’ arréteray 
point  aux  raifons  contraires ,  par¬ 
ce  que  la  chafe  parle  d’elle -ntê- 
me  ,  dr  fe  vérifié  clairement ,  en 
conférant  les  Autheurs  qui  en  ont 
écrit  ,  une  racine  avec  l’au¬ 
tre  j  mais  comme  fans  doute ,  les 
paroles  fufdites,  de  Vergilius,  ont  fait 
grande  impreffion  dans  l’eéfrit  Ae 
ceux  qui  donnent  tout  au  premier 
Autheur  quils  lifent ,  foit  qu’il 
foit  approuvé  ou  nom  ,  fanss’snfor. 
mer  plus  avant  de  la  vérité,  leur 
négligence  les  endort  profondément 
dans  l'erreur ,  de  telle  fapbn  quils 
font  incapables  de  goûter  les  rai¬ 
fons  de  ceux  qui  en  ont  fineere- 
ment  écrit  :  ou  bien  de  ce  quils 
peuvent  s’imaginer  que  nom  na- 
"vons  pim  le  vray  Rhapontic,  d  cau- 


fe  de  fa  rareté  :  néanmoins  je  n’e. 
fiirne  rien  de  fi  facile  à  recou¬ 
vrer  ;  &  de  le  rendre  attffi  com¬ 
mun  que  la  Rheuharbe  ,puifique  cet¬ 
te  rareté  ne  dépend  que  du  peu 
d'employ  que  nom  en  faifions  :  car 
fi  tom  ceux  qui  cempofient  cet.  An¬ 
tidote  étoient  curieux  d’en  recou¬ 
vrer  ,  on  nom  en  apperteroit  de 
tom  les  endroits  ou  il  croit.  Vn  exem¬ 
ple  de  cette  vérité ,  efi  que  dutems 
que  la  Rheuharbe  valait  en  ce  pais 
foixante  francs  la  livre ,  pour  lors 
il  nom  vint  du  Rhapontic  en  Jt 
grande  abondance  ,  qu’il  ne  valloit 
k  Marfeille  que  quarante  a  cin¬ 
quante  fols  la  livre  du  pim  beau, 
&  k  mefiure  que  la  Rheuharbe  eût 
fion  cours  pim  libre ,  il  rahaiffa  de 
prix ,  &  celuy  du  Rhapontic' com¬ 
mença  d’augmenter  ,  &  d’être  plus 
rare  dans  le  commerce.  Aprez.  tou¬ 
tes  ces  raifions  ,  il  efi  de  notre  de¬ 
voir  de  ne  rien  négliger  en  une 
cornpofition  fi  importante  &  d'en 
bannir  les  fubfiituts ,  princ' paiement 
ceux  qui  ne  participent  point  de 
la  vertu  principale  ,  pour  raifon 
de  laquelle  Andromachus  les  y  a 
mis,  comme  la  Rheuharbe  qui  efi 
privée  de  celle  de  refifier  a  la  mor- 
fure  des  bêtes  venimeufies  ,  ainfi  que 
fait  le  Rhapontic ,  &  il  fierait  plus 
a  propos  d’y  fiibBituer  la  racine 
de  la  grande  Centaurée  de  Mat- 
thiole ,  qui  efi-  le  Rhapintic  de  Ira- 
gus ,k  caufe  de  fin  adBriBion  ,  ou¬ 
tre  que  fuivant  Matthiole  ,  fin  fisc 
pris  intérieurement  ,&  appliqué  ex¬ 
térieurement ,  convient, à  la  r^orfu- 
re  des  ferpens. 


Pp  3 


Du 


3  oi  Lhre  L 

DuCalameiît  de  montagne. 

Ceux  qui  ne  conneijfent  point  l’e- 
jpece  10,  pim  efficace  de  Calantent, 
de'  troù  que  Diofeoride  en  décrit, 
'&  qui  n  entendent  point  les  Syno¬ 
nymes  que  les  j^utheurs'  leur  ont 
donné ,  employent  pour  l'ordinaire 
dans  la  comp'ofition  de  cet  Antido~ 
te ,  la  fécondé,  effiece  qui  efl  de  beau¬ 
coup  inferieure  à  la  première.  Du 
ténts  de  Diofeoride  ,  quelques-uns 
Vappelloient  Pulegium  Jylvefére  ,  a 
caufe  de  fin  odeur ,  nom  que  Dodon 
d  retenu  en  fin  hifioire  des  Plan¬ 
tes.  Andromache  le  jeune ,  avec  les 
Latins, l'ont  app'ellée  JVepeta.  Brafi 
fand^  prend  pour  la  fécondé  ejpece 
de  Calament ,  la  plante  qu'aucuns 
nomment  Herba  Gattaria.  Cette  di- 
verfité  d'opinions ,  embarraffie  tom 
ceux  qui  négligent  de  s'appliquer 
a  la  connoiffiance  des  fimples  ,  qui 
efl  la  -'cdufe  qu'ils  confondent  les 
effieces  ,-&  prennent  le  plus  fouvent 
la  moindre-'  pour  la  plus  excellen¬ 
te-,  comme  nous^  voyons  en  cette 
celebry  compofltion  ,  qu'ils  en  ex¬ 
cluent  ICi  Calamintha  montana  ,  que 
pour  fis  rares  vertm  ,  on  doit  pre- 
fefer  aux  autres  effieces  :  Vbyés  Diof 
coride ,  Galien  ,  &  l'experience.  Ce¬ 
la  doit  non  feulement  inciter  les 
vrdys  Diffienfateurs  d'icelle  ;  mais 
encores  ceux  qui  la  négligent ,  de 
n'fl  employer  point  d'autre  ejpece 
que  la  première,  que  nos  plus  voi- 
fines  montaghes  portent  en  quan¬ 
tité  pour  fournir  fuffifamment  d  nos 
compofitions.  le  paffie  fim  Jîlen- 
ce  une  antre  ejpece  que  ]e  n'ay. 
encore  point  veu'é ,  décrite  par  Lo- 


Seâwn  V, 

bel,  fous  le  nom  de  Calamintha  mon¬ 
tana  praflantior. 

De  la  Tetebinthine. 

Nom  avons  divers  arbres  qui 
produifent  la  'Refine  liquide  ,  quon 
appelle  communément  Terebinthine, 
de  toutes  lefquelles  effieces  ,  je  ne 
prétends  point  de  parler  en  par¬ 
ticulier  non  pim  que  de  leur  li¬ 
queur-  le  diray  feulement  un  mot 
en  paffiant  fur  cinq  effieces  de  ces 
Refînes  liquides  ,  qui  font  les  plus 
en  ufage  ,  &  le  nom  des  arbres  qui 
les  portent  :  le  premier  efl ,  le  Te- 
rebinthus ,  qui  a  donné  le  nom  de 
Terebinthine  d  la  liqueur  qui  en  dé¬ 
coulé  :  le  fécond  efl ,  le  Lentifque; 
le  troiXiéme  ,  la  J[delez.e  :  le  qua¬ 
trième  ,  le  Sapin  :  &  le  cinquième, 
le  Pin  ,  l'humeur  qui  flue  de  ces 
quatre  derniers  arbres  ,  efl  auffii  ap- 
pellée  Terebinthine  ,  d  raifon  du 
rapport  que  leur  liqueur  a  avec 
celle  du  Terebinthus  :  les  deux  pre¬ 
mières  Refines  font  blanches  ,  flui¬ 
des  ,  tranffiarantes  comme  le  ver¬ 
re  ,  on  les  diBingue  par  l'odeur, 
en  ce  qu'une  fent  le  Terebinthus, 
&  l'autre  le  Lentifque  ;  les  derme- 
res  font  de  couleur  roujfi ,  ou  de 
jaune  pale  ,  moins  transparentes  que 
les  premières  ,  retenant  chacune 
l'odeur  de  l'arbre  d'ou  elles  ont 
été  tirées  ,  &  participent  un  peu 
de  celle  du  Terebinthm.  G^uyint  d 
l' ejpece  que  nom  devons  préférer 
pour  la  compofition  de  cet  Antido¬ 
te  ,  c  efl  fans  diffiute  celle  qui  pro¬ 
vient  du  Terebinthm ,  comme  la  plus 
excellente  ,  &•  d  fin  defaut  on  y 
pourra  fubéiituer  celle  du  Lent'if- 
"  que, 


303 


Dej  Optatej, 


que }  qni':efi  U  fecoi^de  en  honte,  h 
ne  me.rrêteray  feint  icy  à  dire  d’ou 
on  nota  apporte  la  'vraye  Terebin- 
thine  ,  dautant  que  ceux  qui  ont 
écrit  de  cette  matière  ,  Vont  fi  fou- 
vent  répété ,  que  ce  feroit  mal  em¬ 
ployer  le  tems  d‘en  parler  davan¬ 
tage.  Tout  ce  qu'il  yak  ohferver, 
éjl  de  choifir  la  plus  recente  de  ces 
deux  premières ,  parce  qu'avec  le 
tems  la  partie  plus  fubtile  d’icel- 
lès  fe  dijfpe  infenfihlem'ent  en  Vair, 
ainfi  que  la  folidité ,  quelles  acquiè¬ 
rent  3  &  la'  diminution  de  leurs 
poids  nous  fait  remarquer  ;  Pour  les 
qualités  &  vertus  des  autres  trois 
efeces  de  Terebinthine  ,  elles  ont 
grand'  analogie  enfemble ,  &  ne  font 
point  difficiles  k  recouvrer  ,  parce 
que  les  arbres  d'ou  elles  découlent  ne 
fe  trouvent  pas  éloignés  de  nous. 

Da  Polium  montanum. 

Gaffard  Bauhin  en  fon  Pinax, 
fait  quatre  efpeces  de  Polium  mon¬ 
tanum  ,  &  fix  de  Maritimum ,  & 
Diefeoride  n'en  décrit  que  deux 
efpeces  ,&  donne  les  principale  ver¬ 
tus  aceluy  qui  porte  la  fleur  blan- 
the ,  (fr  au  contraire  >  d'autre  pré¬ 
fèrent  celuy  qui  a  le  fueille  & 
fleurs  ]aune  l'ay  fouvent  conféré 
l'un  avec  l'antre ,  &  trouvé  l'o¬ 
deur  de  celuy-cy  moindre  que  cel¬ 
le  du  precedent ,  fuivant  donc  An- 
dromachus ,  &  fon  devancier  ,  qui 
n'ont  point  conneu  d'autre  efpece 
que  celles  de  Dio floride,  il  faut  pren¬ 
dre  du  blanc  le  plus  odorant ,  qui 
vient  fur  les  montagnes ,  en  un  pais 
chaud ,  &  laiffer  les  autre  comme 
'inferieurs .. 


Du  Styi'.ax  çalan^^c,  ou  en 
larnicV 

Ceux  qui  préfèrent  VintereB  de 
la  bourfe  k  l'honneur  de  nôtre  pro- 
ftfflon  trouvent  en  ce  rencontre  quel¬ 
que  douceur ,  quand  ils  employent 
dans  cet  Antidote  le  Styrax,  en 
balote ,  qui  contient  en  foy  autant 
de  feieure  du  bois  de.  V arbre  qui  le 
porte  ,  qu'on  en  peut  malaxer  avec 
du  Styrax  liquide ,  quand  il  flu'é  de 
l'arbre  ,  au  lieu  d'imiter  ms  An¬ 
ciens  qui  y  ont  iouflurs  employé  la 
pure  &  vraye  larme  que  l'arbre 
qui  luy  a  donné  le, nom,  produit-, 
une  once  de  laquelle  coûte  autant 
ou  pdus  qu'une  livre  de  Styrax  com¬ 
mun  -,  &  ainfi  ils  épargnent  beau¬ 
coup.  le  puis  dire  fans  dejfein  de 
fâcher  perfonne ,  que  '{en  cannois  de 
ceux  même  qui  difpenfent^  la  Thé¬ 
riaque  en  public ,  que  s'ils  y  o fient 
mettre  le  Styrax  liquide  ,  qu’ils  le 
feraient ,  parce  que  fon  prix  efl  tout 
k  fait  vil  y  au  lieu  que  celuy  qu'on 
vend  en  -balote:,  coûte  environ  un 
écu  la  livre  :  le  ne  doute  peu  aujfi 
qu'ils  ne  foient  capables  de  faire 
encore  pis,  quand  ils  travaillent  a 
huù-chs ,fous  certaine  croyance  qu'en 
donnant  leur  cempofitien  k  un  bas 
prix  de  mettre  leur  confcience  k 
couvert,  comme  a  été  déjà  dit  j  mais 
ces  pauvres  abandonnés  ,  quel  repos 
peuvent-ils  trouver  en  leur  ame, 
de  dérober  fi  atrocement  la  fanté  de 
leur  prochain  ,  qui  leur  doit  etre 
aujfi  chere.que  la  leur  propre,  l'en  ^ 
pourrpis  dire  davantage ,  fi  {et ois 
perfuadé  de  leur  toucher  Ve  cœur, 
^  de  pouvoir  adoficir  la.voracité  de 
eettsî 


304  Livre  IL  SeBion  IL 


cette  monBrneufe  avarice  qui  lef gou¬ 
verne  ,  comme  il  na  été  que  trop  fou- 
vent  allégué  en  quelques  autres  ren¬ 
contres  :  le  me  dépars  donc  de  ceux- 
là  pour  reprendre  la  véritable  lar¬ 
me  du  Styrax  ,  qui  doit  etre  em¬ 
ployée  dans  cette  excellente  com- 
pofition  ,  que  la  cupidité  de  cer¬ 
tains  Miareharids  ,  fait  quils  la 
hroùillent  &  la  fophifiiquent ,  fe  fer- 
vans  pour  ce  fujet  de  diverfes  ma¬ 
tières  pour  faire  le  corps  ;  les  plus 
grojfiers  fe  fervent  du  vieux  Gal- 
hanum  en  larme ,  de  V  Amoniac ,  ou 
de  telle  autre  larme  :  &  les  plus 
adroits  y  employent  les  larmes  du 
Benjoin  :  /&'  uns  &  les  autres  cou¬ 
vrent  adroitement  ces  larmes  étran¬ 
gères  de  celle  du  Styrax, quils  amol¬ 
lirent  ,  puis  le  font  feicher  5  mats 
toute  ieur  fourberie  fe  découvre  par 
le  moyen  du  feu  :  Et  pour  cet  effet, 
il  faut  ouvrir  quelqu’une  des  lar¬ 
mes  de  celuy  quon  craint  être  fal- 
Jîfié ,  &  tirer  de  la  ?natiere  du  mi¬ 
lieu  avec  l^  pointe  d'un  couteau, 
&  la  i ester  fur  un  charbon  allumé, 
la  fumée  qui  s'en  enlevera  donne¬ 
ra  à  connoitre  par  fin  odeur  la  pu¬ 
reté  ou  l'irnpureté  de  la  larme.  Ces 
brouillons  feroient  non  feulement  ex- 
cufables  j  mais  grandement  loua¬ 
bles  ,Ji  au  lieu  de  s'occuper  à  con¬ 
trefaire  le  Styrax  en  larme  ,  ils 
s'occupoient  à  ■  tirer  &  feparer  tout 
ce  qu'il  y  a  de  pur  dans  le  Sty¬ 
rax  en  balote ,  qui  efi  anjfi  aisé  à 
ftire ,  que  de  contrefaire  la  vraye 
larme,  &  il  leur  en  reviendroit  au¬ 
tant  de  profit  ,fans  blejfer  leur  c»n- 
fcience.  Aprez.  avoir  bien  exami¬ 
né  cette  forte  de  Styrax  ,  il  faut 
choifir  du  plus  pur  pour  notre  fiu- 


verain  Antidote,  &  en  rejetter  tou. 
te  forte  d'autres  efpeces  ,  comme  ne 
convenant  peint  à  l'intention  de 
l'Autheur. 

DuPerfilde  Macedoine. 

Le  Perfil  de  Macedoine  efi  une 
des  quinfe  efpeces  d’Apium,  dont 
G-  Bauhin  fait  mention  dans  fin  Pi- 
nax  ,  la  femence  duquel  ne  reçoit 
point  de  fubéîitut  d'aucun  de  ceux 
qui  aiment  leur  honneur ,  d'autant 
quelle  leur  efi  familièrement  con- 
nue  ,  &  facile  à  recouvrer ,  il  n'y 
a  que  le  prix  qui  en  rebute  plu- 
fieurs ,  leur  faifant  fubBituer  en  fa 
place  la  femence  du  Perfil  vulgai¬ 
re  ,  parce  qu’il  ne  coûte  que  trois 
ou  quatre  fols  la  livre  ,  &  le  Ma¬ 
cédonien  vaut  par  fois  jufques  à 
douze  francs  la  livre.  Nous  avons 
encore  une  autre  forte  de  perfonna- 
ges  ignorant  la  connoiffance  d'ice- 
luy  ,  qui  mettent  en  fa  place  la  fe¬ 
mence  du  Sefeli  de  montagne  :  cehx- 
là  fe  doivent  infiruire  en  la  con¬ 
noiffance  ■  des  médicaments  firnples, 
préalablement  que  d'en  entrepren¬ 
dre  la  compofition  ;  car  celuy  qui 
efi  capable  d'une  telle  faute ,  efi  bien 
capable  d'autres  :  oe  nefi  pas  fans 
caufe,fi  anciennement  il  n  était  per¬ 
mis  {  comme  a  été  déjà  dit  )  qu'aux. 
Médecins  des  Empereurs  de  l'an-  • 
cienne  Rome  ,  de  compofer  la  Thé¬ 
riaque  ,  &  c  était  par  deux  raifonsj  ’ 
la  I .  damant  quils  avaient  la  con¬ 
noiffance  de  toutes  les  parties  de  la 
eompefition:&  la  t.  qu'il  ne  leur  nû- 
quoit  ny  argent, ny  crédit,  pour  faire 
venir  des  regi&ns  les  plus  éloignées, 
les  véritables  ingrediens  d'icelle. 


Des  optâtes,^  305 


De  la  Terre  Lemuiene. 

L'eftime  quon  a  eu  mtrefok  de 
la  terre  Lemniene  ,  l'a  fait  paf- 
fer  four  un,  fouverain  remede  ,  ca- 
pahle  de  dompter  toute  forte  de  ve¬ 
nins  ,  qui  fîit  le  fujet  que  Galien 
fe  porta  en  l’Ifle  de  Lemnos  ,pour 
ebferver  toutes  chofes  dignes  de  fa 
curiofité  ,  tant  pour  découvrir  la 
fourberie  des  affronteurs  qui  la  fo~ 
phiîliquoient  de  fon  tems ,  que  pour 
en  recouvrer  de  la  vraye  pour  fon 
ufage  :  '-je  laijfe  a  part  tout  ce 
qu'il  y  remarqua ,  pour  dire  que 
fen  ay  fouvent  veu  de  couleur  & 
d'odeur  bien  differentes,  marquée  de 
divers  caraBeres  ,  que  neantmoins 
chacun  de  ceux  qui  les  avaient ,  di- 
foient  icelles  être  véritables  -,  ce 
qui  ne  fe  peut  connaître  par  aucu¬ 
ne  marque  extérieure ,  que  par  leur 
operation  :  j' avoué  d'en  avoir  une 
fois  employé  à  Chalon  fur  Saône, 
chek.  monfeur  Betaud ,  maître  ,Apo- 
thicaire  ,  dont  un  Commandeur  de 
Malthe  de  fes  amis  luy  en  avait 
fait  prefent  ,  difant  l’avoir  ap¬ 
portée  de  l'Ife  de  Lemnos ,  laquelle 
mefembloit  être  de  fubfiance  plus 
rare  dr  pl^s  Jpongieufe  qu  aucu¬ 
ne  autre  que  j'en  aye  depuis  veu, 
■qui  exhalait  en  la  triturant  une 
odeur  fort  douce  &  agréable  ,  reti¬ 
rant  à  celle  du  Müfc.  Mais  de  tou¬ 
tes  ces  différences  de  couleurs  ,  d'o- 
deurs^  ^  diver fes  marques  & 

caraüeres  ,  U  faut  conclurre ,  que 
tout  cela  procédé  de  fourberie ,  plu¬ 
tôt  que  4e  la  nature  de  la  terre, 
attendu  que  le  doEle  &  curieux 
Selon  qui  a  fait  long  fejotir  dans 


l'Ife  de  Lemnos ,  ou  il  s’éfi  exa- 
üement  enquis,  jujques  à  la  moindre 
circenSiance  ,  concernant  ladite  ter¬ 
re  ,  &  l’a  veué  tirer  de  fon  fsin, 
avec  toute  la  ceremonie  requife, 
fans  qu'tl  nous  faffe  mention  de  fon 
odeur  ny  faveur  ,  non  pim  que  Ga¬ 
lien  ,  comme  il  a  fait  ey^devant ,  de 
quelqu'une  de  fes  effeces  qu'il  avait 
ramafsées  à  Confiantinople ,  &  ain- 
ft  feftime  que  nous  devons  rejet- 
ter  toutes  ces  differentes  effeces  de 
terre  ,  comme  fupposées  &  brouil¬ 
lées ,  a  m,oins  d'en-  recouvrer  qui 
fut  authentiquement  certifiée ,  autre¬ 
ment  il  faut  prendre  en  fa  place  le 
vray  Bol  d' Arménie  ,  tel  que  nom 
l'avons  brièvement  décrit  cy  -  de¬ 
vant  en  la  remarque  de  la  Confe- 
Bim  de  Hyacinthe, 

Du  Chalcitis. 

le  ne  connais  point  de  tom  les 
fubftitnts  qu'on  fait  entrer  dans  la 
Theriaque ,  aucun  qui  ait  fes  qua¬ 
lités:.  &  vertus  mieux  proportion- 
nées,&  pim  conformes  l'un  avec  l’au¬ 
tre  ,  que  le  Chalcitis  artificiel  a  les 
fiennes  avec  celles  du  Chalcitis  na¬ 
turel  ,  &  ce  nefir  pas  auffi  fans  rai- 
fin  ,  parce  qu'ils  procèdent  tom 
deux  d'un  même  principe  ,.ne  diffe¬ 
rent  que  du  degré  de  coBien  &  de 
l’Artifie  qui  les  travaille  ;  néant- 
moins  quelques-uns  condamnent 
Chalcitis  artifieiel,&  le  rejettent  ;  ce 
d  quoy  je  ne  puis  confentir  jufques  d  ce 
que  leurs  raifins  me  le  perfuaderent 
plus  fort.  Cependant  quand  je  ne 
trouver  ay  point  de  Chalcitis  natu¬ 
rel  y  je  ne  feray  point  de  façon  de  me 
fervir  de  l'artificiel ,  qui  ne  fait  pat 
entie 


3  0^  Livre  1. 

tntkremët  rubifiéje  plui  approchant 
jjuil  fe  pourra  de  la  '  'faveur  ,  & 
couleur  du  naturel.  le  rn  étonne  auf- 
Jt  de  ce  c^ùe  des  f  avant  hommes, 
comme  Coxdus  ,  Fuchfus  ,  Fernel, 
Flantius  &  autr^es  ,  fient  d'avis 
e^uon  otè  le  Chatcitis  de  la  Théria¬ 
que, pour  lesraifons  fus-alleguées  pàr 
F Autheur-  ke  la  Paraphrafe  ,  dau- 
tant  qu'il  y  efi  .Jt  necejfaire ,  &  en 
fort  petite  quantité ,  qui  efi  demy 
once  fur  quaforz.e  livres ,  poids  de 
table  de  compofition  ,  qui  revient  a 
1  J. .  grains  cÉf  f.  pour  livre  .•■''ju¬ 
ger.  je  vous  prie  quel  defirdre  peut 
coûter  une  fi  petite  quantité  de  Chal- 
çitis ,  dans  un  corps ,  qui  efi  d'en¬ 
viron  — .  de  grain  pour  dragme  de 
Theriaque  ,  qui  efi  la  dofe  ordinai¬ 
re  ,  que  quand  il  y  en  "auroit  deux 
grains  pour  dragme  elle  en  ferait 
meilleure. 

Le  plus  feuvent  les  grands  hom¬ 
mes  eu  Medec'tne  parlent  par  o  ’üir 
dire  ,  plutôt  que  par  expérience, 
d'où  vient  que  beaucoup  d'ahfiur- 
dités  fe  pajfent  d'une  ^lume  en  une 
autre  ,  par  l' amhor'ité  &  approba¬ 
tion  que  les  derniers  écrivains  don¬ 
nent  aux  premiers.  Ces  mêmes  Au- 
theurs  auraient  été  bien  fiirpris ,  fi 
dans  mte  feule  dofe  de  quatre  on¬ 
ces  de  potion  pour  prendre  en  une 
feule  fois  ,  ils,  y  eujfent  trouvé 
demy  once  d'eéfrit  de  Tartre  ,  tiré 
par  la  cornue ,  avec  un  fgrup'ule  d'e- 
Jprit  de  F'itriol  bien  àefiegmé ,  que 
f  ay  f auvent  exhibé  par  l'avis  d'un 
des  habiles  JiLedecins  de  ce  fie- 
cle  ,  fans  apprehenfion  d'aucune  cor- 
rofion ,  ny  que  'fen  ’aye  jamais  veu 
aucun  mauvais  fiuccez. ,  au  contrai¬ 
re  des  effets  admirables  pour  l'hyr 


Seükn  V» 

dropifie  :  je  nen  diray  pas  davan. 
tage  ,  puifque  Bauderon  leur  a  fuf. 
fifamment  répondu. 

Des  femences  d’Anis  &dè 
Fœnoüil. 

'Comme  ces  deux  femences  fint 
pour  l'ordinaire  ordonnées  enfer/u 
ble  ,  particulièrement  quand  il  s'f 
git  de  difeuter  les  vents  ,  je  les  aj 
comprifes  toutes  deux  dans  cettêr,eç 
marque  ,  fans  tout  es  fois  qu'il  y  ait 
guere  de  chofe  a  relever  .■  je  dtrky 
feulement ,  que  pour  une  plus  gr^. 
de  perféSlion  de  nôtre  Antidote, qu‘}l 
faut  choifir  l'ejpece  de  chacune,  d'i¬ 
celles  la  plus  parfaite,  en  vertu, pf 
exemple  de  l'Anis  de  deux '^eifecjs 
que  nous  en  avons  ,  ' il  faut  préférer 
celuy  qui  vient  d'Effagne  a  eel^ 
qu'on  apporte  de  Malte ,  la  rkifip 
de  cela  efi,  qu'il  efi  plus  gros,  mienne 
nourry ,  eîr  qui  rend  par  la  difiij- 
Ivtion  &  par  l'exprejfion,  beaucoup 
plus  d'huile  ,  que  celuy  de  l’TJle  de 
Malte  ;  Et  pour  la  femence  de  Fce- 
no’ûil  ,  il  faut  prendre  du  fauvage 
&  laiffer  le  doux ,  qui  n'a  peint  été. 
conneu  des  Anciens.  Ces  deux  f- 
mences  doivent  être  mondées  grain 
a  grain,  &  en  couper  là  queue , [dns 
les  frotter  entre  les  mains ,  les  plus 
vertes  &  les  plus  recentes  font  lis 
meilleures.  '■ 

De  l’Acacia.  ■' 

Ceux  qui  ont  plus  grand  defir  de 
gagner,  font  ceux-là  même  qui  sft- 
tachent  le  plus  aux  fubftituts  de  la 
Theriaque ,  comme  nous  avons  déjà 
remarqué;  particulièrement  quand 
le  fubfiitutefi  de  vil  prix  ,  &  ainfj 


Dej  Optâtes,  507 


H  leur  importe  peu  '  que  les  chofes 
foknt  faites  dans  L'ordre  ,  comme 
now  voyons  en  l'Acacia  notlrasyvel 
Germanie,  qu'ils  fuhSiitueni  .a  l'A¬ 
cacia  ver  a ,  qu’au  lieu  d'extraire  le 
fuc  liquide  des  petites  prunes  fau- 
vages  un  peu  avant  leur  maturité, 
afin  qu’étant  dejfeiché  qu’il  appro¬ 
che  plut  par  fon  aigreur  des  quali- 
tez  &  vertus  de  l'Acacia  ver  a ,  ils 
attendent  que  ce  petit  fruit  fait  meur, 
■le  font  hoüillir  dans  l’eau ,  &  paf- 
fent  la  pulpe  a  travers  un  tamis 
de  crin  renversé ,  puis  font  épaif- 
fir  cette  matière  en  forme  folide, 
apreX^  cela,  elle  ne  participe  point 
pour  l’ordinaire  de  l’aigreur  ,  ny 
de  la  fiipticité  ,  comme  fait  le  fuc 
ipaijfy  :  voilà  ■  pourquoy  il  faut  re- 
jetter  de  cette  compofition  cette  for¬ 
te  d’ Acacia  noéiras  ,  particulière¬ 
ment  celle  qui  e fi  faite  de  la  pul¬ 
pe  ,  &  prendre  1‘ étrangère  qui  vient 
du  Levant, 

De  rAtiftoloche  tenue; 

Il  n'y  a  rien  qui  ait  tant  contri¬ 
bué  aux  erreurs  de  la'Theriaeftie,que 
les  differentes  efpeces  que  nous  avons 
■d  un  meme  ingrédient ,  principale¬ 
ment  quand  totites  les  eéfeces  d'ice- 
luy  ,  n'ont  pas  été  connues  &  décri¬ 
tes  toutes  à  la  fois  :  ]oînt  a  cela  la  né¬ 
gligence  que  nos  devanciers  df  nous 
y  avons  apporté,  au  lieu  de  nous  in- 
flruire  en  leur  vraye  connoiffance: 

exemple  de  cette  vérité  nous  pa- 
roit  en  l’AriHoloche  clématite  ou 
tenue,  que  l'Autheury  demande,  au 
lieu  de  laquelle  quelques-uns  y  font 
fiiccederla  Pifiolocl^ia,ou  Polyrrhy- 
fin^  de  Pline  ;  afiufànt'du  mot  de  te- 
fiais ,  duquel  Andrornach'm'  pere  èX 


fils  ,fe  font  fervis  pour  defigner  la 
troifiéme  eéfece  d’AriBoloche ,  qui 
était  décrite  de  leur  tems,  qu'ils  mê- 
loient  dans  leur  Theriaque ,  en  l'at¬ 
tribuant  à  la  tendreffe  des  filamens 
de  la  Pifioîochia  :  car  de  neufejpeces 
que  Daléchamp  èn  décrit, lean  Bau- 
hin  huit ,  Clujîus  fx ,  Gaffard  Bau- 
hin  fur  Matthiole ,  Lohel  &  Came- 
rarius  quatre  chacun ,  celle-là ,  &  la 
Pifioîochia  altéra  fempervirens  Clu- 
fj ,  ont  leurs  racines  plus  déliées ,  & 
tenues  qu'aucune  des  'autres  efpeces, 
c’efi  ce  qui  a  donné  lieu  à  'cet  er¬ 
reur  que  ]e  dis  être  triple  ;  la  pre¬ 
mière  procédé  de  ce  que  tous  les  Bo¬ 
taniques  l’appellent  PiUolochia  ,  & 
aucun  ne  l'appelle  AriBolochia  te¬ 
nais  :  la  deuXféme  efi ,  que  ceux  qui 
l'y  emplpyent  de  deux  efpeces  qu’il 
y  en  a  ,  y  devr oient  préférer  la  Pi- 
fiolochia  femper  virens,  comme  plan¬ 
te  vivace ,  fans  difficulté,  elle  pbffede 
plus  d’humidité  radicale  ,  qui  efi  le 
principe  de  vie,  que  l’annuelle  qui 
demeure  plus  de  fix  mois  cachée 
dans  le  fein  de  la  terre  :  la  troisiè¬ 
me  ,  que  TheophraHe  ny  Viofeori- 
de,  n’ont  ny  connue ,  ny  décrite  ,  & 
par  confequent  Andromachm  pere 
&  fils ,  n’ont  jamais  eu  la  pensée 
d'employer  dans  leur  Theriaque, 
autre  efpeee  d’Arifioloché  que  la 
Clématite  ,  qu’ils  appellent  tenue ,  eu 
égard  à  la  groffeur  des  raeines  de  la 
ronde  &  de  la  longue ,  qui  étaient 
feulement  décrites  {jr  connues  de 
leurs  tems  ;  Car  le  premier  qui  a  dé¬ 
crit  l’annuelle  quelques  fecles  apres 
eux, ça  été  Pli'ae, Galien  même, qui  efi 
venu  au  fécond  fiecle  apres  la  mort 
de  nètre  Seigneur ^lefu-Chrifi,  h’ en 

'fait  point  'mention  dans  fin  livre  des 
Qjj  1  medi 


o'8  Livre  L 

medicamésis  fmple6.'  Ma.it  fur  ce 
quon  me  pourrait  repartir ,  que  let 
qualités  &  vertm  de  là  Piflolochia 
conviennent  ^mieux  a  la  Theriaque, 
que_  celle  de  r Arifiolochia  tenuü 
d’Andromd'chm  ,  fondef  fur  l'au- 
thorité  de  Galien  ,  'qui  dit ,  quelle 
eft  plut  propre  pour  les  Onguents, 
qu  aucune  autre  ejpece  ,  a  caufe  de 
fon  aromaticitéi  ce  que  'f avoue  j  ?nait 
U  faut  distinguer  d‘ Onguents  ,  & 
f  avoir  de  Galien,  &  des  Anciens  fes 
devanciers  ,  quefi-ce  quils  ont  en- 
'iendu  ^àr  le  mot  £  Onguent.  le  ne 
m' arreteray  point  à  particularifer 
tout  ce  qui  en  dépend, pour  pajfer  le 
plus  fuceinSlement  que  mon  fujet  le 
requiert ,  fur  ce  que  je  ne  puis  évi¬ 
ter  de  dire ,  que  les  Anciens  compo- 
foient  leurs  Onguents  pour  quatre 
fins  ou  ufages  :  les  uns  en  forme  liqui¬ 
de  ,&  les  autres  en  forme  folide  :  les 
premiers  étaient  deBinés  pour  le  lu¬ 
xe ,  &  pour  la  volupté  ,  composés 
d’huiles  &  des  plus  exquis  aromats, 
dont  les  Perfes  &  autres  peuples 
Orientaux  fe  fervoient  en  leurs  fie- 
fiins  ,  non  pour  les  manger  ;  mais  ils 
s’en  oignaient  la  barbe  ,  les  cheveux, 
&  en  frottaient  leurs  linges  :  les  fé¬ 
conds,  étaient  deitinés  pour  la  necef- 
fité  des  Athlettes,  qui  s’en  oignaient 
le  corps  avant  que  de  fe  prefenter  à 
la  lutte  :  les  troisièmes ,  étaient  pour 
la  famé ,  composés  d’huiles  ,graijfes, 

'  cire  ,  poudres  ,  &  autres  qui  font 
'  nos  officinaux  :  &  les  qtiatriémes, 

'  éteient  folides  comme  l’ Hedy  chroon, 
les  Trochifques  de  Cypheos ,  &  au- 
‘  très  ;  l’ufitge  de  ces  derniers  était 
intérieurement  pour  la  fantê,  &  ex¬ 
térieurement  pour'  les  parfums  ',  çÿ 
■  embaumement  des  corps  rnorts.Celuy- 


SeBton  V, 

cy  avec  les  premiers  ,  furent  appelles 
par  les  Anciens  Grecs  Myra  ou  My- 
ron ,  &  Archilochm  put  le  premier 
qui  leur  donna  le  nom  d’Onguent, 
d’ou  vient  qu’on  appelloit  ancienne-, 
m'es  du  nom  de  Vhguentarii,  ceux  qui 
des  compofoient.De  ces  quatre  fortes 
d’ Onguents, Galien  &  ceux  qui  l’ont 
précédé ,  n’entendent  parler  que  des 
premiers  liquides  ,  &  des  derniers 
folides ,  qui  font  composés  d’ aromats 
exquis ,  comme  il  efi  dit  en  l’Exode, 
chap.^o.  verfii-  &  is,.  &  zÿ.  que 
■Moife  appelle  L’huile  de  l’onüion 
fiainte ,  &  en  S.Marc  ch.  14.  verfi. 
nôtre  Seigneur  lefus-Chrifl  'étant  à 
table  chez.  Simon  le  Lepreux  ,  il 
vint  une  femme  qui  avait  une  boite 
d’Onguent  d’Afpic  liquide  précieux, 
&  elle  rompit  la  boite  &  épandit 
l’Onguent  fur  la  tête  d’iceluy  .•  &  au 
chap.\  6 .  que  Marie  Magdelene  ,  & 
Marie  mere  de  Jacques  achetèrent 
des  Onguents  aromatiques ,  pour  ve¬ 
nir  embaumer  le  précieux  corps  de 
N.  Seigneur  lefus-Chrift.  le  veux 
dan  que  s  dire  que  fi  dans  lacompofi- 
tion  de  femblables  Onguents  aroma¬ 
tiques,  l’Arifioloche  clématite  ou  te¬ 
nue,  y  tenait  fon  rang  ,  fans  difficul¬ 
té  nous  l’y  devons  faire  tenir  dans 
nos  Thériaques ,  preferablement  à 
toute  autre  ejpece  d’AriBoloche  :  & 
ne  fert  en  rien  quon  allégué  ,  que  U 
Piflolochia  a  été  receu'é  dans  des 
Thériaques  i publiques  ,  difpensées 
dans  les  meilleures  villes  de  France, 
ainfi  qu’on  peut  colliger  de  divers 
écrits ,  parce  que  c’efl  une  erreur  de 
prendre  une  eflece  pour  une  autre, 
que  l’inventeur  de  la  compofitien,ny 
les  Anciens  qui  l’ont  devancé  n’ont 
'point  connue. 

D» 


Des  Optâtes,  3  09 


Du  Caftor. 

Ce  nout  appelions  en  Méde¬ 
cine  Cajlor  ,  font  deux  bourfes  na¬ 
turellement  jointes  enfemble ,  plei¬ 
nes  d’une  fubfiance  ,  aqueufe  la¬ 
quelle  efiant  feiche  ,  fe  met  facile¬ 
ment  en  poudre.  Et  d  coté  de  cha¬ 
que  bourfe  ,  il  s’j  en  trouve  une  au¬ 
tre  plus  petite  ,pleine  d’un  fuc  gras 
&. huileux,  de  c  on  fi  fi  an  ce  de  Bau¬ 
me , qui  s’épaijft  &  fie  concret  plu¬ 
tôt  ,  ou  pim  tard  ,fuivant  la  natu¬ 
re  de  l’animal  ;  &  le  fuc  contenu 
dans  les  bources  ,  de  nature  & 
fubfiance  aqueufe  ,  épais,  concret , 
&  qui  fe  met  facilement  en  poudre, 
comme  nom  venons  de  dire ,  efi  de  ' 
couleur  tantôt  brune ,  tirant  fur  le 
noir,  &  quelques  fois  de  couleur  gri- 
■fafire  ,  d’une  odeur  fœtide  ,  tant 
l’un  que  l’autre  :  le  meilleur  nom 
:  efi  apporté  du  Royaume  du  Eont, 
ce  que  Damocrates  n’a  point  ig¬ 
noré ,  en  ordonnant  dans  fon  Mi- 
.  thridat  de  la  Cafiorée  ,  qui  vient 
de  cette  région  ;  &  ceux-là  fe 
trompent  grandetnent ,  qui  luy  pré¬ 
fèrent  celuy  qu’on  apporte  du  long 
du  Rhin  en  Allemagne  ,  qui  efi 
pim  infirmé  ,  comme  dit  Cardan, 
en  fon  livre  dixiéme  de  la  fubti- 
lité ,  fondant  leur  opinion  fur  Xyl- 
lander  en  la  traduôlion  de  Stra- 
bon ,  qui  a  tourné  le  mot  Grec  de . 
pharmacodes  ,  pour  veneneux..  ,  .au 
lieu  de  dire  plus  médicamenteux, 
ou  pljfs  utile  en  Medecine bien 
que  le  mot  de  pharmacodes  ,  fig- 
nifie  l'un  &  l’autre.  Et  en  fé¬ 
cond  lieu  ,  ceux-là  errent  &  font 
mal  infiruits ,  qui  mêlent  dans  leurs 


Antidotes  Aa  fubfiance  oleagineufe 
du  Cafior  ,  au  lieu  de  celle  qui  efi 
aqueufe  j  Jtar  ce  que  cette  première 
efi  defiineé  pour  les  Huiles  ,  Bau¬ 
mes  &  Onguents ,  (  comme  il  fera 
obfervê  en  U  Remarque  de  l’huile 
de  Cafior  fimple  ,  &  au  Baume  de 
Guidon  )  &,  cette-cy  ,  doit  être  em¬ 
ployée  dans  les  Antidotes ,  comme 
en  la  Theriaque  &  autres. 

Du  vin. 

Il  n.  efi  pas  tant  feulement  necef 
faire  de  fubfiituer  du  pim  excellent 
vin  du  pays  à  celuy  de  Falerne, 
pour  mêler,  dans  cet  Antidote ,  qu’il 
ne  foit  aufii  très-important  de  fia- 
voir  comme  quoy  nom  le  l'y  devons 
utilement  employer  ,  &  en  quelle 
quantité.  Les  uns  comme  fon  inven¬ 
teur  preferit ,  en  veulent  di.jfoudre 
les  fiscs  épaijfis ,  les  Gommes  ,  &  le 
Chalcitü  ,  les  autres  tiennent 
que  cette  dijfolution  efi  autant  inu¬ 
tile. &  dommageable  que  fuperfiu'è, 
&  fe  reduifent  à  le  faire  cuiry ,  & 
bouillir  avec  le  miel.  Mais  la  pra¬ 
tique  des  uns  &■  des  autres^  efi  éga¬ 
lement  condamnable  ,  par  'cette 
raifon  ,  qui  ne  reçoit  point  de  ré¬ 
pliqué  ,  qui  efi,  que  la  partie  la  pim 
noble  du  vin  efi  toute  eterée,  ou  ful- 
phurée ,  comme  on  le  voudra  enten¬ 
dre  ,  ou  efi  contenue  la  principale 
vertu  d’iceluy  ,  qui  s’évapore  &  fe 
dijfipe  foudain  en  ‘cuifant.  Et  quand 
on  en  dijfout  les  gommes ,  qui  parti¬ 
cipent  de  beaucoup  de  chaleur  com¬ 
me  le  Sagapenum ,  le  Galbanum,  la 
Myrrhe,  le  St/rax  & l’Opopanax, 
leurs  parties  les  pim  tenues  &  fubti- 
les  fe  dijfipent  en  l'air,  lors  qu  on  fait 
Q_c[  3  éva 


O  Livre  L  SeSiion  V. 


évaporer  le  'vitt-r^our  les  réduire 
en  une  conjifiance  convenable  a  les 
pouvoir  mêler  dans  la  Theriaque, 
à  quojrpiire  do'ne  je  vous  prie  cette 
dijfolution  ,  puis  que .  les  gommes 
que  nous  y  employa-^ ,  font  en  lar¬ 
me  les,  plus  pures  qu’on  les  peut 
recouvrer  ,  &  qu’elles  fe  mettent 
facilement  en  poudre  f  avec  les  au¬ 
tres  ingrédient  ,  ce  que  les  An¬ 
ciens  nont  pas  fans  doute  creu. 
Apre!-  ces  deux  raifons ,  qui  font 
tres-importan^es ,  il  s’en  prefente  en¬ 
core  une  troifiéme  ,  qui  fait  voir 
que  le  poids*  de  l’Opium  ,  du  fuc 
de  Reglijfe,  de  l’hypociftis,  de  l’Aca¬ 
cia  ,  du  C  'alcitis ,,  ^  des  gommes 
fus  -  nommées ,  /augmente  de  beau¬ 
coup  par  leur  dijfolution  dans  le 
vin  :  ■  par  ce  qu’il  faut  de  toute  ne- 
ceffité ,  qu’il  leur  refie  d’humidité 
k  fujffanee  ,  pour  les  tenir  en  une 
confifiance  plus  molle  que  ces  ma¬ 
tières  nétoient  avant  les  difioudre, 
a^n  de  les  .pouvoir  plus  utilement 
mêler  auec  le  miel  chaud  ,  comme 
a  été  déjà  dit  &  l’humidité  fu- 
perfiue  du  menfirue ,  qui  leur  refie 
efi  de  nulle  valeur  ;  -  nèantmoins ,  U 
en  faut  tripler  le  miel  de  fin  poids, 
qui  affaiblit  encord  toute  la  compo- 
Jîtion.  On  me  pourra .  fans  doute 
répondre ,  que  pour  les  Jùcs  &  les 
gommes  ,  ainfi  diffoutes  avec^  le  vin, 
on  ne  les  conte  point  comme  in¬ 
grédient  triturables  y  mais  qü’on 
les  paffe  comme  yniel  &  qinfi  il 
en  revient  un  pim  grand  avanta¬ 
ge  a  ta.  compofition  de  ce  quelles 
tiennent  lieu  de  miel.  A  quoy  je 
répons  &  dis  ,  que  *de  quelle  façon 
qu’on  employé  lefdits  fu’cs  &  gom¬ 
més  dans  la  Theriaque ,  qu’il  y  Va 


toujours  du  defehet  de  la  compofi- 
tion  :  par  ce  que  les  parties  tenues 
&  fubtiles  d'es  gommes,  &  du  vin 
(  comme  nous  avons  déjà  dit  )  fi 
font  dijfipées  en  cuifant ,  lefquelles 
rehaujjiroieht  pim  les  effets  de  U 
Theriaque  ,  fi  elles  s’y  trouvaient 
entières ,  que  la  quantité  du  miel, 
qu’on  en.  diminuerait  pour  le  poids 
des  fuc  s  ,  des  gommes  &  du  vin. 
Toutes  ces  raiforts  bien  confiderées, 
feront  voir  que  c  efi  la  véritable 
méthode  qu’il  faut  garder  pour  fi 
dignement  acquiter  de  jon  de¬ 
voir ,  en  la  compofition  de  cet  An¬ 
tidote. 

Andromachus  le  vieux ,  &  An- 
dremachus  le  jeune  ,  limitent  la 
quantité  du  miel  pour  incorporer 
ij)m  les  ingrediens  de  leur  defirip- 
tion,  a  dix  livres  ,  le  vieux  de¬ 
mande  quantité  fufffante  de^vin, 
&  le  jeune ,  le  réglé  a  trois  livres, 
quatre  onces  ,  quantité  qui  excede 
damant  que  nous  n’avons  ny  fiscs, 
ny.  gommes  a  diffoudre  ,  &  par¬ 
tant  ,  la  pouvons  régler  fans  déro¬ 
ger  a  fin  Authorité  ,  a  une  livre- 
fix  onces ,  poids  de  table  ,  ou  pour 
le  plus  a  deux  livres  ',  &  de  cette 
quantité  ,  il  en  faut  prendre  une- 
partie  ,  plus  ou  moins  ,  pour  hff 
meéler  les  ingrediens  ,  pe'ndant 
qu’on  les  mettra  en  poudre  ,  fui- 
vant  te  temps  fec  ou  humide ,  pour 
.  empêcher  que  rien  ne  s’exhale  ,  & 
le  refiant  fera  mêle  avec  le  triple 
poids  .de  miel  dejjumé ,  un  peu  plus 
cuii  qu’a  l’ordinaire  ,  afin  qu^  fans 
le' remettre  fur  le  feu  ,  U  fiit  en 
une  confifiance  convenable  de  Jy-, 
rop  ,  à  pouvoir  eonfirver  toutes  les 
effeeet  ,  ë’  leur  donne/  uri' corps 


Des  Optâtes, 


d’eleStuaire  mol.  Voila  la  vra^e 
pour  employer  utilement 
lé  vin  dans  ta  Theriaque.  ,  fans 
diminution  aucune  de  fa  vertu.  . 

Apre'f  avoir  examiné  tous  les 
fubflituts  que  je  connoü  de  la  Thé¬ 
riaque  -,  enfemble  quelques  autres 
ingrediens  ou  \ay  creu  devoir  dire 
mon  fentiment  ,  il  efi  maintenant 
de  mon  devoir  de  dire  le  plus  Juc- 

cintement  quil  fe  pourra  ,  de  la 
maniéré  quon  doit  procéder  a  les 
mettre  en  poudre ,  avec  les  autres 
fmples  j  afin  que  toutes  chofes  con¬ 
courent  ,  pour  rendre  la  compojï- 
'  tion  plus  excellente.  G^uelques-uns 
gardent  l'ordre  de  la  trituration 
prefcripte  ,  fuivant  les  réglés  de 
l’Art  &  commencent  leur  poudre 
par  les  bois ,  racines ,  écorces ,  fe- 
mences ,  fueitles  &  fleurs.  Gpt^elques 
autres  divifent  les  ingrédient  par 
clajfes ,  &  font  mieux  que  nous  (  a 
la  referve  ,  de  ce  qu’ils  difolvent 
les'  fucs  &  les  gommes  dans  du  vin) 
qui  gardons  l’ordre  de  la  deferip- 
tion  ,  &  mettons  les  ingré^iens, 
chacun  d  fin  rang  dans  le  mortier  y 
pour  les  concajfer  en  prefence  de 
Mèjfieurs  les  Médecins ,  &  mai- 
fires  Apothicaires  ,  qui  font  dépu¬ 
tez.  pour  ajflfter  au  poids.  Mais 
de  quelle  fa^on  quon  y  ppcede ,  il  y 
faut  prendre  un  foin  tres-particu- 
lier ,  pour  bien ,  &  exaÜement  mê¬ 
ler  tous  les  fufdits  ingrediens  ,  & 
les  pajfer  premièrement , par  un  ta¬ 
mis  couvert  de  crin  greffier ,  aprez 
les  avoir  entièrement  pajfef,  il  faut 
uepajfer  cette  poudre  grojfiere ,  par 
un  autre  tamis  de  foy  e  plus  fuhti{y 
^  commencer  par  là,  ou  l'on  a  finy 
^  première  poudre  ,  &  repiler  le 


grojfier  jiffques  a  la  fin.,  Varrou- 
ftnt  par  fois ,  avec  d’excellent  vin, 
comme  a  -été  dit  quand  on  s’apper- 
çoit  quelle  s’exhalé..  Tout  cela  fait, 
damant  que  la  partie  la  plus  dure 
des  ingrediens  refle.  toujours  la 
derniere  ,  comme  il  paroit ,  par  la 
couleur  de  la  poudre  ;  il  la  faut 
meler  peu  d  peu  ,  dans  un  grand 
chauderon  ,  ou  bajftne  d  "dragée , 
jufques  à  ce  que  la  couleur  fait 
égalé  en  toutes  fes^  parties  ,  autre¬ 
ment  le  mélange  avec  le  miel ,  né 
fiauroit  jamais  être  égal.  ' ,  '  quelle 
agitation  quon  y  fient  faire. 

Les  Autheurs  font  en  diff  uie , 
de  la  faifin  la  plus  propre  quon 
doit  obferver ,  pour  faire  le  'mélan~ 
ge  delà  Theriaqüe ,  les'  uns  veu¬ 
lent  que  ce  foit  celle  dû  Printemps, 
les  autres  celle  de  l’Eté  ,  &  les 
atttres  ceUe  de  l’Automne &  tous 
rejettent  la  faifin  de  l’Hyver ,  que 
je  neflkne  pas  être  la  'moindre  de 
toutes.  La  principale-  raifion  des 
uns  &  des  autres  ,  '  ejl  fondée  fur 
la  fermentation  ,  qjsi  efi  la  caufe 
pourquoy  Us  fe  fervent  'Â^nne  fai¬ 
fin  chaude ,  ou  temperée  ,  pour  imi¬ 
ter  de  plus  prez  les  Anciens  ,  qui 
expofiient  le.  vafe  de  leur  T heria-^ 
que  au  fiéleil ,  pour  ddvancer  Pa- 
Bion  d.é  la  fermentation  ,  &  dîr 
'fient  que  la  faifin  _  de  THyver ,  luy 
efi  dire  Bernent  contraire  ,  d  caufe  ■ 
de  fa  froideur  -,  qui  concentre  ,  sf 
endort  les  ejpritp  fermentatifs.  A 
quoy  je  pourrais  répondre ,  finnon 
defiein  étojt  d’adherer  d  cette  opi-, 
nion  ,  que  la  fermentation  ne  Je  ' 
doit  point  faire  ,  par  l’entremifé 
de  la  chaleur  du  Soleil  en  echduf- 
fitnt  le  vafi ,  la  raifin  eji  que  la 
chaleun 


3 1  i.  Livre  I, 

chaleur  Solaire  dijftperoit  la  vertu 
de  la  Theriaque  ,  plutôt  que  de 
l’exalter  ,  au  contraire  le  fioid  re¬ 
pouffe  la  chaleur  des  ingrediens 
au  dedans  de  la  compojîtion ,  alors 
elle  efi  plus  unie ,  &  plus  vigoureu- 
fe  ,  pour  agir  naturellement  d’elle 
même ,  plus  utilement  ,  '  ne  dif- 
Jtpant  pas  tant  d’elfrit  ,  comme  U 
s’en  dijfipe  ,  par  l'aide  de  la 
chaleur  du  Soleil  ,  cela  fait  dit  en 
paffant. 

le  répond  au  premier  ,  &  dis 
que  la  faifin  la  plus  propre  qu’il 
faut  0 b fe rv er  ,  pour  faire  le  mélan¬ 
ge  de  la  Theriaque  ,  efi  celle  de 
la  fin  de  l'Automne  :  par  ce  que 
dépuü  le  commencement  du  Prin¬ 
temps  ,  on  a  _  tout  te  loifir  qu’il 
faut  pour  préparer  les  Trochifques 
de  Scille  ,  de  Viper  es  ,  d'Hedy- 
ehro)  ,  '&  d'ajfembler  les  racines, 
herbes  ,  fleurs  ,  &  femences  ,  de 
nettoyer  &  d'ajufier  tous  les  autres 
ingrediens  qui  y  entrent ,  &  ainfi 
il  n’y  en  a  pas  un  de  furannê ,  de 
tous  ceux  qui  dépendent  de  nous, 
au  lieu  que  fi  on  compofe  la  The¬ 
riaque  ,  a  la  faifon  du  Printemps, 
les  herbes  ,  &  les  fleurs  fie  ternif- 
fent  ,  &  perdent  de  leur  naive 
couleur  ,  d’une  faifon  d  l'autre ,  & 
par  confequent  ,  diminuent  beau-- 
coup  de  leur  iPertu.  Ceux  qui  veu¬ 
lent  la  faifon  de  L’Eté ,  Us  y  ern- 
ployent  de  même  la  plus  'grande 
partie  des  herbes.,  &  fleurs  fur  an¬ 
nées.  Et  ceux  de  l’Automne  ,  ap¬ 
prochent  plus  de  la  vraye  faifon  : 
mais  encorrn  font  ils  privez,  de  la 
femence  de  Sefeli ,  qui  efi  de  toutes 
les  femences  ,  la  plus  fujette  d  fe 
carier ,  car  fouvent  je  l’ay  cueillie 


Seâîon  V, 

cariée  Jefius  la  plante. 

Pour  ce  qui  regarde  la  fermen¬ 
tation,  je  l’efiime  plus  dommagea¬ 
ble  que  necejfaire  ,  quoy  que  les' 
Autheurs  demeurent  d’ accord,  qu’il 
ne  fe  faut  point  fervir  de  la  The¬ 
riaque  J  qu’en  certain  cas  comme  a 
été  cy-devant  allégué  que  la  fer¬ 
mentation  n’en  fait  faite,  laquelle' 
s’accomplit  en  fix  mois.  Et  c'efi 
afin  fuivant  quelques-uns  ,  que  la 
fioideur  de  l'Opium  ,  foit  furmon-  ' 
tée  parla  chaleur  des  autres  ingre-’ 
diens  :  mais  nous  ne  femmes  plus 
au  temps  de  parler  de  la  forte, 
d’autant  que  l’Opium  n’efi  main¬ 
tenant  plus  fi'oid  au  quatrième  de¬ 
gré  ,  comme  en  la  voulu  faire  croi¬ 
re  par  le  pafié.  Et  quoy  qu’en  ma 
precedente  Edition  ,  faye  voulu 
cenjurer  ceux  qui  expofent  en  ven¬ 
te  leur  Theriaque  ,  fi  tôt  l’avoir 
mélangée  &  reprefenté  les  divers 
effets  qu’on  luy  attribue  fuivant 
fis  divers  âges  ,  en  ce  rencontre 
fay  fait  femblant  de  tenir  l’opinion 
des  Anciens  ,  pour  tâche  f  de  rame¬ 
ner  ceux  qui  abufent  de  fa  compo- 
fition  depuis  long-temps  ;  piais  à 
prefent  que  je  vois  comme  l’o'â  dit, 
que  la  rnefure  efi  comble  ,  je  ne 
Jfaurois  plus  dijfimuler  une  vérité 
fi  importante ,,  aprez.  ni être  enga¬ 
gé  d  l’examen  des  fubfiituts  ,  qu’on 
fait  entrer  dans  un  fi  feuverain 
Antidote  i  qui  me  contraint  ^  de  di¬ 
re  qu’une  Theriaque  ,  fi  têt  être 
mélangée  ,  comme  nous  venons  de 
dire  ,  quelle  a  plus  de  vertu  ,  que 
celle  qu’il  y  aura  dix  ans ,  que  le 
mélange  en  aura  été  fait.  Cette 
nouvelle  opinion  ,  me  .fera  pajfer 
dans  l’elfrit  de  plufieUrs  ,  pour 
ridi 


Des  0 fiat  es,  5 1 5 


vUkde ,  il  n'y  mm  que  ceux  qui 
feront  refexion  fur  mon  mifonne^ 
ment  avec  un  e^rit  libre  &  dejin- 
terejfé  qui  l'uppuyent.  La  raifon 
eft  que  lu  vertu  des  ingrédient  en 
particulier  ne  s’augmente  point  par 
le  temps ,  étant  mêlés  avec  le  miel, 
U  ny  a  que  la  communication  ,  & 
l'union  qui  fe  fait  de  la  vertu  d’nn 
médicament  à  l’autre,  ^  du  total,  il 
en  refaite  divers  effets  3  c’efi  a  dire 
que  les  qualitez.  &  vertus  des  médi¬ 
caments  ,  qui  font  de  femblables  de¬ 
gré  z,  de  rareté  &  denfitéfe  joignent 
&  s’uniffent  enfemble ,  &  alors  ils 
produifent  un  plus  grand  effet  :  mais 
que  dy-je  un  plus  grand  effet  ;  la  pou¬ 
dre  de  la  Theriaque  donnée  feule,  ne 
fera-elle  pas  le  même  effet  que  la 
vieille  Theriaque  un  moment  après 
l’avoir  faite  &  exaétement  mélée, 
comme  a  été  déjà  dit ,  &  bien  uny 
toutes  les  parties  des  ingrediens  en~ 
femble,fans  attendre  aucune  fermen~ 
tation  ,  ouy  &  avec  plus  de  force, 
ayant  été  bien  fubtilifés ,  la  commu¬ 
nication  de  la  vertu  des  ingrediens 
fimblablesffe  fait  plus  foudain ,  l’une 
avec  l’autrè,que  fi  chaque  ingreÀient 
avoit  été  mis  en  poudre  feparement, 
puis  joins  enfemble  avec  le  miel,  qui 
rebouche  leur  vertu. 

Fne  des  principales  raifons,de  trois 
qu’il  y  en  a  que  les  Autheurs  ont  eu 
de  mêler  les  medicamens  en  poudre 
avec  le  miel-,n’a  été  que  pour  confer- 
ver  plus  long-temps  la  vertu  des  efie- 
ces-,  car  pour  la  deuxième  raifon  qui 
tfi  d  caufe  qu’il  effort  mondificatif 
ny  pour  la  troifiéme,  que  par  fa  dou- 
t^eur,  il  adoucit  l’âpreté  &  l’amertu-, 
me  des  ejpeces,  tout  cela  ne  contribué 
aux  excellentes  venus  des  in¬ 


grediens  fimples  de  ta  Theriaque, 
non  plus  que  l’âge,  ny  le  temps  qui  les 
détrTiifint. 

Ce  qui  nous  trompe  particulière¬ 
ment  en  ce  rencontre  efi  le  fentiment 
de  l’odorat  qui  nous  fait  juger  que  la 
Theriaque  de  deux  ou  trois  ans  efi 
meilleure  que  la  recente,par  la  feule 
odeur  que  les  ingrediens  exhalent, 
au  contraire  de  la  nouv'elle  ou  récen¬ 
te  ,  de  laquelle  l’odeur  des  ingrediens 
demeure  envelepêe,&  comme  concen¬ 
trée  dans  le  triple  poids  du  miel ,  qui 
par  fa  craffité  empêche  d’exhaler  leur 
odeur, &  dans  la  Theriaque  de  deux 
ou  trois  ans  toute  l’odeur  des  ingre¬ 
diens  qui  avoit  demeuré  concentrée, 
pendant  quelque  temps  s’efi  commu¬ 
niquée  en  toutes  les  parties  du  miel, 
&  en  la  fuperficie  :  ce  qui  fait  que 
l’odeur  en  efi  plus  forte,  &  alors  cèt- 
te  Theriaque  femble  â  quelques-uns 
être  meilleure  que  la  recente  ;  mais 
ceux-lâ  fe  trompent  grandement  en 
ce  que  l’odeur  qui  nous  frappe  le 
nez.  procédé  de  la  vertu  ignée  des 
ingrediens  ,  que  plus  il  s’en  'exhale 
plus  la  vertu  de  la  compofition  dé¬ 
chet  &  finalement ,  c’efi  ce  qui  don¬ 
ne  la  mort  à  la  Theriaque.  A  quey  le 
fentiment  du  Chevalier  Dygby  An- 
glois  ne  s’accorde  point  peur  la  du¬ 
rée  des  odeurs  en  la  page  jo'.&ji. 
de  jon  difcours  in  oUave  de  la  poudre 
de  Sympathie,  ou  il  dit  que  l’ambre 
gris ,  &  les  peaux  d’Æffagne  ,  en¬ 
voyé  nt  hors  d’eux  leur  odeur  ,  cent 
ans  durant  fans  fe  diminuer ,  ny  en 
quantité  ny  en  odeur.  Si  cela  était 
la  Theriaque  ne  mourroit  jamais. 
Mais  noM  apprenons  de  l’expe- 
rience,  que  fi  on  expofeâ  l'air  un  peu 
de.  bonne  Theriaque  ,  au  fonds  d’un 
'  Rr  pot 


}i4 


Livre  1.  SeBion  V, 


pot  cptien  moins  d’un  an on  aura  de  pHtrefaBhnt  en  ce  que  par fin  moyen 
la  peine  de  cenncifire  ce  que  ÿ’à  il  fi  fait ,  comme  une  tranjmutatién 
été.  Ceft  pourquoy ,  il  ne  faut  pim  de  fubfiance  dans  toute  la  matière, 
tenir  ce  langage  :  quoy  qrie  ce  fait  fermentée.  Puis  que  le  grand  chan:- 
unfintiment  general ,  que  la  The-  gement ,  qui  fi  fait  dans  nos  contpé. 
riaque  vieille  efi  la  meilleure  ,  puis  fitions  efi  avoué  de  nom  tom  j  c'éf 
que  l’expérience  nom  fait  voir  le  a  dire  entre  les  Galenifles ,  et  lés 

*Paracelfiftes ,  que  devons-nous  at¬ 


tendre  de  ben  ,  de  cet  enlevertiem 
ou  efervefcence ,  qui  fi  fait  en  k 
Theriaque ,  quon  appelle  commispe- 
rnent  fermentation  ,  que  pour  IW- 
celerer  ,  Galien  veut  quon  expofe 


que  l'expérience 
contraire. 

■  Vhe  autre  preuve  qui  fortifie  de 
beaucoup  mon  raifinnemeut  efi 
quon  prenne  une  pareille  quantité 
de  Theriaque ,  de  la  pim  recense, 

&  d’une  autre  de  tel  âge  quon 
voudra  également  bien  dijpenfées  ;  fi  par  fois  au  Soleil  pendant  deux 

on  les  goûte  on  trouvera  la  recense  mois  ,  la  compofition  dans  le  meme 

pim  forte  en  fa  faveur  que  la  vieil-  vaifieau ,  qui  a  firvy  pour  enfdifi 

le.  Ou  bien  fi  en  les  amodie  fur  le  le  mélange  ,  &  quon  la  reméi 

revers  de  la  mfin  ,  on  verra  des  fortement ,  afin  que  par  la  chahitr 
deux  laquelle  rendra  l’odeur  plus  des  rayons  du  Soleil ,  toute  la  mdfi 
forte  ,  f  avoué  que  la  faveur  &  l’o-  fi  en  fut  mieux  pénétrée  ,  &  fdPs 
deur  de  la  vieille  frappera  pim  fou-  doute  aufii  afin  que  l’extreme  foi- 
dain  les  fins,  que  la  recense ,  par  les  deur  qu’il  croy  ait  être  en  l’Opiuèt, 
raifins  cy-devant  alléguées ,  par  ce  fi  cuijît ,  &  fe  digérât  avec  lespé-i 
que  l'odeur  des  ingrediens  fe  trouve  ties  chaudes  des  autres  ingredièii?. 
égale  en  toute  la  majfi ,  tant  en  dé-  Mais  aujourd’huy  ,  que  l’OpiM 
hors  qu’en  dedans  ,  &  celle  de  la  re-  efi  mieux  examiné ,  &  connu  qûHl 
censé  efi  toute  concentrée  dans  la  n’a  été  par  le  paffé ,  &  qu’on  re- 
majfe,  comme  a  été  déjà  dit.  connoifi  quil  participe  d’une  fà- 

l’ay  cy-devant  au ffi  allégué ,  que  veur  amere ,  &  acre  ,  tout  tnfiirii 

la  fermentation  de  la  Theriaque  ,  ble ,  qui.  efi  une  faveur  que  les 

est  oit  pim  prejudiciable  qu’utile  .•  ciens  ont  toujours  dit ,  que  les 
voicy  comme  \e  le  prouve  ,  j’avoue  caments  purgatifs ,  qui  en  parneU 
que  les  matières  liquides,  qui  fi  fer-  pent,  font  des  pim  malins  ,  eu  égard 
mentent  far  leur  propre  chaleur  âleurchaleur&acrimonie,délâ- 
naturelle ,  artificielle  ,  ou  étrangère  nom  devons  conclurre  que  l'Oplttïn 
que  les  unes  font  exaltées ,  comme  le  efi  chaud ,  puis  qu’il  efi  amer ,  & 
vin  quand  il  boiiilt  dans  le  tonneam  acre ,  comme  nom  avons  déjà  ditj 
&  lés  autres  font  grandement  alte-  £t  ne  firt  de  rien  qu’en  nom  allé-; 
rées par  l’exemple  du  même  vin ,  qui  gue  qu’il  y  a  deux  fortes  de  favçùé- 
efi  en  fa  perfèéHon,quand  il  fi  tourne  amere  ;  la  première  ,  qui  a  la  cha- 

en  vinaigre  ,  d’où  vient  que  nom  leur ,  pour  fa  caufi  efficiente  ,  &  là 

fimrnes  d’accord  avec  les  Chimifies,.  féconde  la  froideur,  &  que  la  caufé^ 
que  la  ferment Atien  approche  de  la.  materielle  du.  deux,  dépend  toûfttrf 


Des  Optâtes, 


^  terrefire^ 
fur.  laquelle  le  chaud  &  le  froid  agif- 
fint  diverfement  fuivant  leurs  qua~ 
liiez.  '&  font  diverfet  amertumes, 
que  Galien  réduit  a  deux  ,  Vnne 
defquelles  eft  chaude  ,  comme  celle 
de.  la  Colocynthe ,  &  l’autre  froide, 
comme  celle  qui  eft  en  l’Opium  j  mais 
puis  que  cette  matière  efr  au  de  la  de 
ma  portée -,  je  laijfe  la  decifron  du 
furplus  à  Mefrieurs  les  Médecins, 
pour  venir  aux  effets,  que  la  fermen¬ 
tation  produit  en  nos  compofitions. 

ffn  premier  lieu,  il  efr  a  remarquer 
àl’ouverture  d’unvaiffeau  de  "Thé¬ 
riaque,  fi  elle  hoïïilt  l’alteration  ma- 
nifrfle  parait  en  la  remuant ,  par 
le  moyen  d’une  vapeur  aigre  furpafr 
fant  celle  des  aromats,  qui  s’élève,  & 
frappe  l’odorat.  On  me  répondra 
que  cette  vapeur  aigre  procédé  de 
l’ejprit  fermentatif  provenant  du 
choc  &  du  combat  des  parties  de  la 
compofition,  les  unes  contre  les  autres 
aidées  toutes  fois  du  Chalcitis  de  l’A¬ 
cacia  &  de  l’ Hypocifiis. 

. ,  Si  c  était  un  ejprit  fermentatif  qui 
en  fût  la  caufe  l’odeur  en  ferait  pref- 
que  imperceptible ,  &  il  s’enfuivroit, 
quepaffé  les  premiers  fix  mois  ,  qui 
efr  le  terme  complet  ( comme  parlent 
les  Anciens  )  de  la  première  coélion 
de  la  Theriaque ,  que  cette  aigreur 
fe  perdrait  entièrement ,  au  contrai¬ 
re  nous  voyons  en  beaucoup  de  ren¬ 
contres  quelle  paffe  outre ,  &  dure 
^affi  long-temps  que  la  compofition 
tfi  en  nature  ,  qui  e fi  une  marquyain- 
faillihle  ,  que  cette  fermentation  a 
paffe  de  l’alteration, -à  la  corruption, 
^fans  diffculté ,  fiiivant  nôtre  défi¬ 
nition  a  changé  en  quelque  façon , 
K^Mion  du  médicament. 


5  'î 

Le  levain  qt^and  on  le  détrempe 
avec  de  l'eau  chaude ,  &  qu’on  y 
mêle  un  peu  de  farine  ,  du  foir  att 
lendemain  ,  l’aigreur  que  le  levain 
a  communiqué  à  ce  mélange  ,  efl  de 
beaucoup  augmentée  ,  &  quand  de¬ 
rechef  on  y  mêle  quantité  de  fari¬ 
ne  avec  de  l’eau  chaude  pour  faire 
du  pain ,  cette  première  matière  fer¬ 
mentée, perd  entièrement  fin  aigreur 
en  fermentant  toute  la  pâte ,  que  fi 
on  laiffe  cette  pâte  une  heure  plus, 
ou  moins,  fuivant  la  faifin ,  fans  la 
faire  cuire  au  fiur  ,  il  fe  fàh  une 
troifiême  fermentation  ,  qui  dégé¬ 
néré  en  corruption  ,  qui  aigrit  la 
pâte  de  telle  maniéré ,  que  la  cha¬ 
leur  du  four  en  cuifant  le  pain ,  ne 
la  peut  dijfiper  ,  fi  fort  elle  efi  em¬ 
preinte  dans  la  fubflance  de  ladite 
pâte  qu’on  n'en  fiauroit  manger  le 
pain,,  fans  en  recevoir  de  l’incom¬ 
modité ,  qui  efi  une  vraye  marque  de 
corruption  caufie  par  la  fermenta¬ 
tion. Il  fe  fait  encore  au  pain  cuit  une 
cinquième  fermentation  ,  qui  parait 
lors  qu’il  fe  moifit, laquelle  fermenta¬ 
tion  dépend  de  diverfes  caufisfuivam 
la  couleur  de  la  moififfure  ,  que  je 
laiffe  a  part  pour  reprendre  celle 
qui  regarde  nos  compofitions. 

En  fécond  lieu  ce  que  nous  voyons 
arriver  â  la  Theriaque,  arrive  plus 
fiequemment ,  aux  Eleltuaires  liqui¬ 
des  qui  font  de  moindre  compofition, 
comme  aujfi  aux  Confirves  ,  ^- 

rops  fimples  ,  &  compofés  ,  â  ces 
derniers  particulièrement  ,  quoy 
qu’ils  ayent  été  cuits  en  bonne 
confifrance  ,  ferrés  froids  &  bien 
bouchés,  peu  de  temps  après, il  fe  fait 
une  fermentation  imperceptible  ,  qui 
décuit  lefdits  Syrops  ,  &  â  même 
Rr  Z  temps 


5  té  Livre  L 

'té^nps  eti  voit  m  deffus  une  petite 
ep  aration  a  mode  d’écume  autour 
des  bouteilles  ,  qui  dépend  à  peu 
prés  de  la  couleur  du  Sjrop ,  &  fe 
moijijfent  fouvent  au  dejfus ,  quand 
découvre  les  bouteilles ,  il  en  fort 
“  une  vapeur ,  qui  font  par  fais  l’ai- 
’gre  ,  &  par  fois  le  chanfi  ournoyfi. 

''  Jiprés  ce  changement  de  canfifiance 
d’odeur  &  de  faveur  ,  il  ne  faut 
point  révoquer  en  doute  ,  que  les 
'  S^taps  ne  foyent  altérez,  en  leurs 
qualite\^  &  vertus. 

lepajfe  fans  m’arrêter  fur  ce  que 
'  la  fermentation  caufe  aux  EleBuai- 
res  mois  &  conferves  pour  garder 
'  la  brièveté  icy  requife  &  pour  évi¬ 
ter  les  redites  attendu  que  le  fuc- 
eés  ne  différé  guere  de  celuy  de  la 
Theriaque  &  finiray  par  l’exemple 
de  la  cqrruptian  ,  qui  procédé  de  la 
fermentation  aux  eaux  diflillées , 
quoy  quelles  ne  regardent  pas  dire- 
Uement  notre  Jujet  ,  cet  exemple 
pourra  faire  quelque  imprefion 
dans  l’eéf  rit  de  ceux  qui  creyent 
aveuglement ,  a  tout  ce  que  les  An¬ 
ciens  ont  écrit  ,  comme  à  des  Ora¬ 
cles  &  fortifiera  toujours  mon  opi¬ 
nion  fur  la  Theriaque.  La  fermen¬ 
tation  qui  fe  fait  en  quelques-unes 
des  eaux  diftillées  ,  fimples ,  procédé 
en  partie  du  peu  de  vertu ,  quelles 
contiennent  de  laplante ,  d’où  elles 
ont  été  tirées,  de  quelle  maniéré  qu’on 
les  fâche  difiiUer',  comme  nous  dirons 
plpu  amplement  en  fn  lieu,  elle  nous 
eft  fi  cachée  que  celle  des  Syreps, 
fans  quons’apperçoive  d’aucun  mou¬ 
vement ,  qui  en  fepare  neanmoins 
une  mucofité  qu’on  void  nager  dans 
'  l’eau  i  que  avant  que  s’en  feparer 
toute  la  vertu  d’icelle  j  était  conte- 


Seüion  V, 

nue,  &  ceux-là  fe  trempent  gran¬ 
dement  qui  croyent  que  cette  muea- 
fité  efi  une  défécation  ou  purifica¬ 
tion  defdites  Eaux  :  au  contraire 
c’efila  defiruBion  totale  du  peu  de 
vertu  quelles  pojfedent ,  qui  altéré  à 
l’infiant  l'odeur  ,  &  la  faveur  ;  ce 
qui  fait  dire  aux  moins  ocules^,  que 
telles  eaux  fentent  l’empyreume ,  ou 
bien  la  fumée ,  mais  ils  n’approchent 
point  du  but ,  puis  que  cela  procédé 
d’une  vraye  corruption  caufée  par 
la  fermentation. 

Les  Baux  compofées  font  moins 
fis  jettes  à  cette  fermentation  ou  cor¬ 
ruption,  que  les  fimples,  à  raifon  des 
aromats,  qui  entrent  en  leur  compofi- 
tion  ,plm  ou  moins  elles  en  font  com- 
pofees  ,  aujf  elles  fe  fermentent  ou 
plutôt  ou  plsss  tard  :  neanmoins  Us 
mieux  compofées  &  les  mieux  difiil- 
'  lées  ,  fit  elles  participent  de  quelque 
flegme  nous  voyons  qu'avec  le  temfs 
elles  y  viennent.  Les  intelligens  en 
favent  la  raifon,  que  je  n’explique- 
ray  pas  davantage. 

De  toutes  les  raifons  cy-dejfu  al¬ 
léguées  ,  nous  devons  conclurre , 
que  la  fermentation  de  la  Theria¬ 
que  ,  qu'on  croifi  être  abfolumént. 
necejfaire  efi  hiutile  ,,  &  même  en 
beaucoup  de  rencontres  prejudicia¬ 
ble  i  c’ef  pourquoyil  la  faut  éviter 
tout  autant  qu’on  la  juge  necejfaire', 
&  n  appréhender  point  l'ufage  de 
la  Theriaque  nouvellement  mélan¬ 
gée  ,  pour  quelle  maladie  que 
ce  [oit ,  ou  elle  convient ,  à  raifon 
de  rOpium,ny  autrement  :  car  fi 
elle  provoque  le  fimmeil  pendant 
qu’elle  efi  recente ,  l’ expérience  m’a 
fait  voir  qu  elle  produit  le  meme 
effet  dans  un  âge  déjà  avance. 


Dei  optâtes.  517 


(jr  feU  ne  fera  p ai  àifictle  a  croi¬ 
re  à  ceux  qui  favent  que  l'Opium 
efi  chaud,  &  qu’il  n’agit  point  com¬ 
me  froid. 

,  .  Ceux  qui  voudront  diffenfer  la 
]  fheriaque  ,fuivant  la  defcripHon 
qui  eft  dans  le  traitté  que  Laurent 
Cathelan  en  a  fait ,  prendront  gar¬ 
de  à  une  notable  faute  qui  s’ efi  glif 
.  fie  en  la  quatrième  dofe  des  ingre- 
^}diens,  ou  l’on  lit  Iridü  Jllyrica,  &c. 
Jfifques  à  Terebinthina  ana  uncioi 
fex  (  qui  efi  la  fin  de  la  cinquième 
.  dofe  )  au  lieu  que  dans  l'original, 
par  tout  ailleurs  dans  les  defcri- 
ptions  correèles  de  la  Theriaque, 
on  lit  Iridis  Illyrica ,  Rofarum  ru- 
..  brarum ,  Succi  Glycyrrhi^a  ,  Semi- 
,y,Tiii  Buniadis ,  Scerdei  Cretici ,  Opo- 
■ybalfami  Syriact  ,  Cinnamomi ,  & 

■  \Agarici ,  ana  unciai  duodecim  :  & 
.ainfi  on  avait  confondu  la  dofe  des 
premiers  huit  ingrediens  qui  efi  de 
,ydouz.e  onces  chacun ,  avec  celle  des 
.  •  dix-huit  fuivans ,  qui  n'efi  que  de 
fix  onces  chacun. 


Therîaca  DiatcfTaroiîjD.Mef. 

y,.  Radicnm  Gentiana, 
Ariètolochia  rotunda, 
Baccarum  Lauri ,  & 

Myrrha ,  fingul.  uneias  duos, 

Ornnia  curiosè  trita  mette  deèfu- 
mato  excipiantur.  Nonnulli  tri- 
plum ,  alii  quadruplum  mellis 
inijciendum  cenfnt.  ^i  tri- 
plum ,  efiicaciorern  &  minus  pa- 
lato  gratam,  Gfû  veto  quadru¬ 
plum  ,  minus  inejfrcaciôrem  ,  & 
gratiorem  palato  conficiunt.  At 
veteres  non  tara  palati  quam 


morborum  curandorum  fuerunt 
fiudiofi. 

PARAPHRASE. 

CEt  Antidote ,  quoy  qu’il  ne  re¬ 
çoive  pas  l’Opium ,  pour  être 
mis  en  cette-Sedion  J  fi  m’a-il  fcm- 
blé  bon  de  l’y  mettre  pourlbn  ap¬ 
pellation  &  vertu  ,  encores  qu’il  foit 
moindre  que  le  precedent  »  il  eft 
fort  convenable  pour  les  pauvres. 
Mefué  le  décrit  au  commencement 
de  la  fécondé  partie ,  de  la  premiè¬ 
re  diftinélion.  Son  nom  Diateflà- 
ron  3  fignifie  quatre  ,  qui  eft  le  nom¬ 
bre  des  medicamens  qui  le  compo- 
lènt.  Le  miel  n’eft  pas  du  nombre, 
mais  y  eft  mis  feulement  pour  cor¬ 
riger  leur  laveur  ingratte  ,  rendre 
leur  adion  meilleure  ,  êc  conlèrvcr 
leur  vertu. 

LE  MELANGE. 

Il  feut  pulverilèr  enfèmble  les  ra¬ 
cines  &:  bayes  de  Laurier  fort  lùb- 
tilcment ,  &  la  Myrrhe  à  part,  aprez 
on  ajeûtera  la  poudre  au  triple  de 
miel  blanc  écume.,  cuit  &  encore 
chaud,  puis  le  tout  fera  gardé  au 
befoin. 

LES  P ACVLTEZ. 

Elle  profite  aux  affedipns  froi¬ 
des  ,  tant  du  cerveau  ,  comme  à  l’e- 
pil  eplie,  paraly fie ,  con vulfion  canine, 
que  du  vcntricr-le ,  comme  à  l’inila- 
tion  &  douleur  qui  en  procédé  à  la 
codion  tardive,  &  aulli  du  foye,. 
comme  à  l'hydropifie, cachexie, ob- 
ftrudions,  à  la  piqueure  dit  Scorpion, 
&  venin  avalé. 

KE 


Rr  5 


Livre  IL  Seéîion  1 L 


518 

remarqve. 

Pour  compofer  méthodiquement 
U  Theriaque  Diaeejfaron,  U  faut 
prendre  les  bayes  de  laurier  Jîx 
mois  aprez.  les  avoir  cueillies  bien 
meures  ,  &  en  feparer  les  écorces 
du  noyau  ,  pour  de  ces  premières 
en  pefer  le  poids  requis  ',  comme  lu 
partie  la  plus  excellente ,  qui  con¬ 
tient  auec  l’huile  les  principales 
vertus  de  ce  fruit ,  ainfi  qua  tres- 
b'^en  reconnu  Diofcoride  en  fon  pre¬ 
mier  livre  ,  chapitre,  de  l’hui¬ 
le  Laurin.  L’ expérience  aujji  nous 
le  confirme ,  par  le  témoignage  de 
ceux  qui  en  tirent  la  graijfe  ou 
l’huile ,  comme  je  diray  plus  ample¬ 
ment  en  fon  lieu.  Et  aux  autres  in- 
grediens ,  on  ne  doit  point  négliger 
ny  l’eleElion ,  ny  le  poids  (  comme 
il  n  arrive  que  trop  fouvent  d  ceux 
qui  la  compofent  )  fi  en  defire  que 
fis  effets  répondent  aux  vertus  que 
jdîefué  luy  attribué. 


Triphera  magna,  D.  Nicol. 
Alex. 

Opii  Thebaici ,  drach.  duos. 
Cinnamomi,  vel  Canella  feleéla, 
Coryophillorum, 

Galanga  ,  ex  China  tranflata, 

Spica  Indica, 

Zedoaria, 

Zingiberü, 

CoSii  candidi  ex  Arabia, 

Styracis  Calamites ,  (  Codex  Saler- 
nit.  mendosè  habet  Calamenti ) 
Calami  aromatici ,  vel  e jus  defiséln 
offcinarum. 


Cyperi  (  hujus  non  meminit  Saltr- 
nit.  habet  Myrepfus) 

Iridis  Illirica,  aut  Florentina, 
Radicum  Peucedani, 

Acoriveri,  {Calami  aromatici 
falso  nominati ) 

Corticis  radie.  Mandragora, 

Spica  Celtica, 

Rofiarum  ruhrarum, 

Piperis  nigri, 

Semin>  Anifi, 

‘Petrofelini  Afaeedonici ,  vel 
noéiratû, 

Sinoni  ,  feu  Apii  montan.  quod  efi 
.  diverfum  à  Petrofelin.  Maee- 
donic. 

Diojcorid.  hujus  loco  Salernitan.  Cy- 
minum  habet.  Verum  utrum  fu¬ 
mas  par  um  refert  :  quoniam  am- 
bo  fient  ejufdem  facultatis 
Apii  ,feu  Eleofelini  Gracorum 
Fmniculi, 

Dauci  Cretici, 

Hyofeyami  albi ,  & 

Ocymi,id  efi  Bafiliconü,fing.drach% 
unam 

Hyffopum  ficcam  d  Myrepf.  feri- 
ptam  relinquo,  quod  ejus  non  me- 
minerit  Saler  nit. ne  que  aliij  quip- 
pe  quod  alia  juffeiant  ad  effeélus 
titulo  enunciatos.  Mellis  optimi 
deéfumati  omnium  triplex  pon¬ 
dus  fiat  Opiata  ufui  reponenda. 

TA  RAPHRASE.  ' 

CEtte  Opiate  par  Antiphralè  eft 
appellée  Tryphera  ^  id  efl:  j  de- 
licaca,  parce  qu'elle  donne  joye5& 
repos  à  ceux,  &  celles  qui  en  ufent: 
car  de  là  laveur  elle  eft  fort  defagrea- 
ble.  Ce  liirnom  luy  a  été  impsé 
pour  mettre  différence  d'ayeç  rautre 
de 


Des  Optâtes. 


de  femblable  nom ,  non  moindre  en 
nombre  de  medicamens ,  &  faculcé. 
Elle  eft  décrite  par  Nicolaiis  Myre- 
pfus  Alexandriniis ,  au  premier  des 
Antidotes ,  chapitre  z  i  o.  La  bafè  eft 
r©pium ,  la  vertu  incraflânte  &  rc- 
frigerative  j  duquel  eft  augmentée 
par  réeorce  de  Mandragore  ,  fè- 
mencc  de  lufquiame  3  leur  nuifance 
eft  corrigée  par  les  Gerofles ,  Gin¬ 
gembre  &  Poivre  noir  ,  leur  vertu 
eft  conduite  à  la  poiiftrînc  par  ll- 
ris  &  Styrax  ,  au  foyc  &  ratte  par 
le  Nard  Indique  ,  Celtique  &  Can¬ 
ne  odorante  :  à  la  matrice  par  l’Aco- 
re ,  Coftus ,  Cypere ,  Pcucedane  ,  & 
Zedoaire.  Le  Galanga,  Canelle,  & 
Rolès ,  y  l©nt  mis  pour  la  defence 
du  ventricule ,  contre  la  nuilànce  des 
narcotics  ;  les  femcnces  y  font  miles 
pour  incilèr  &  atténuer  les  matières 
cralTcs  &  confùmer  les  vents ,  qu’el¬ 
les  conduilèîlt  par  les  urines  &c  men- 
ftriiës.  H  n’eft  befbin  de  diljDenlèr 
cette  Opiate  fans  Opium  ,  comme 
quelques-uns  eftiment ,  pour  la  Mart- 
dragore,  &  lulquiame  qui  y  entrent, 
&  que  tous  les  autres  ingrediens  y 
font  rais  pour  fbn  relped  :  auffi  que 
pafsé  deux  ou  trois  ans  ,  ^  vertu  nar¬ 
cotique  eft  furmontée  par  les  au¬ 
tres  medicamens  chauds ,  &  conve¬ 
nables  aux  maladies  froides  du  ven¬ 
tricule  &  matrice  :  attendant  cela, 
eemc  qui  la  craindront ,  pourront  fèu- 
rement  ufer  de  la  Benedi(fte  ,  s’il 
eft  queftion  de  purger. 

LE  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  trituration ,  il 
faut  mettre  les  racines  de  Galanga, 
Cypere,  Gingembre,  Zedoaire ,  Co- 


M9 

ftus ,  l’Iris  de  Florence  (  pour  celuy 
de  Sclavonie  J  l’Acore,  le  Pucedan, 
&  les  écorces  de  Mandragore  ,  la 
Canelle,  Gerofles  ,  Nard  Indique-în- 
çisé ,  &  Canne  odorante.  Au  fécond 
rand  l’Opium  incisé  par  petits  mor¬ 
ceaux  ,  le  Spica  Celtica  ,  le  Poivré, 
toutes  les  femcnces ,  &  Rofés.  A  part 
il  faut  pulverifer  le  Styrax  calamite 
avec  quelque  amande  ,  ou  gouttes 
d’huile,  afin  qu’il  n’adhere  au  mor¬ 
tier  ,  puis  le  tout  fera  mêlé  &  gardé 
au  befoin.  Qui  voudra  compofer’uri 
Eleéluaire  folide  ,  on  y  mettra  une 
once  de  poudre  ,  pour  chacune  livre 
deSuGCire,  ou  fix  drachmes,  oude- 
my  once  pour  les  plus  delicaps.  Si 
un  mol,  &  vray  Opiate,  on  pren¬ 
dra  le  triple  de  miel  blanc  de  Lan¬ 
guedoc,  éclimé,  cuit  &  encore  chaud, 
la  bafline  ôtée  de  defliis  le  feu ,  au¬ 
quel  peu  à  peu  on  ajoutera  les  pou¬ 
dres  ,  qu’on  gardera  au  befoin  dans 
fbn  pot  bien  couvert. 

,  LES  FACVLTEZ. 

Elle  eft  propre  contre  toutes  les 
maladies  de  la  matrice  ,  proyenanS' 
de  froidure ,  avec  une  decoélion  con¬ 
venable.  On  l’applique  en  forme  de 
pefléire  avec  la  poudre  d'Armoifé, 
&  l’huile  de  Mufeade  :  &  aux  mala¬ 
dies  d’eftomach  ('dont  elle  corrobo¬ 
re  la  débilité  )  avec  du  vin  à  jeun. 
Elle  arrête  le  flux  immodéré  du  ven¬ 
tre  ,  &  des  hemorrhoides  :  guérit  la 
cachexie ,  cuit  les  humeurs  crues ,  & 
fortifie  la  velîic. 

,  S’enfiiit  des  Conférions ,  on  Eler- 
étuaires  moIs,tant  alteratifs,que  pur¬ 
gatifs. 

BLE- 


EUIIk- 

sireque 


•  Vivifia 
des  Ele- 
Suaires 


l%o  Livre  L 

REMARQUE. 

SI  Bauderon  avait  tant  fait  peu 
ouy  parler  des  œuvres  de  Nice- 
laus  Alexandrimis  ,  fefiirne  quil 
ne  ferait  jamais  tombé  dans  L’erreur 
de  luy  preferer  Nicolaus  Myre~ 
pfus  Alexandrinus ,  comme  il  a  fait 
en  beaucoup  de  compofitions ,  ainfi 
que  i’ay  cy-devant  dit ,  en  cel- 
le-cy  qu’il  luy  a  ràvy  la  gloire  de 
la  defcription  qu’il  en  donne  au 
chap.^0%.  de  fin  livre  preallegué. 

La  petite  quantité  de  narcotiques 
qui  entrent  dans  cette  Opiate  ,  ne 
doit  pas  faire  négliger  la  prépara¬ 
tion  de  l’Opion  ,  par  ce  moyen  l'o- 
peration  en  fera  plus  feure  y&pour 
le  Styrax  on  le  mettra  en  poudre 
avec  les  autres  ingrédient ,  cfi  non 
à  part. 


SECTION  VI. 


De  Elecluarijs  in  genere. 

Y-devant  nous  avons  traitté  des 
Poudres  Aromatiques ,  comme 
étant  la  matière  des  Opiates ,  Anti¬ 
dotes  J  Eleduaires  mois ,  &  Iblides. 
Maintenant  il  faut  traitter  des  Con¬ 
fections  J  ou  Elecluaires  alteratifs  Sc 
purgatifs  :  aprez  avoir  montré  que 
c’eft  J  &  leur  ulàge.'  EleCluaire  c’eft 
un  genre  de  remede ,  composé  de 
pluueurs  medicamens,  curieufemenc 
choilîs,  vulgairement  appellé  Con¬ 
fection.  Les  EleCluaires  font  mois, 
ou  fondes  ,  alteratifs  ,  ou  purgatifs. 
Nous  traitterons  premièrement  de 


SeBion  VL 

ceux-là  ,  pource  qu’ils  nuifent  moins 
à  nôtre  nature  que  ceux-cy ,  &  qu’il 
faut  fuivant  les  loix  de  la  méthode 
curative  ,  premièrement  digérer  & 
altérer  les  humeurs  peccantes  en  qua¬ 
lité  avant  que  purger.  De  ceux-cy,  îùm- 
les  uns  font  plus  plaLlàns,&  cordiaux,  n  ih 
les  autres  moins ,  &  plus  fâcheux. 

Les  Anciens  les  ont  inventez ,  pour 
avoir  moyen  en  tout  tems  ,  lài- 
fon  ,  ôc  âge  de  furvenir  prompte¬ 
ment  aux  maladies ,  qui  fouvent  ne. 
donnent  pas  le  loilîr  au  Médecin 
d'en  pouvoir  compofor  d’autres,  & 
attendre  que  leur  fermentation,  ou 
coClion  nccelï’aire  en  plufieurs  foie 
faite. 

La  quantité  des  poudres  ,  pour 
chacune  livre  de  luccre  ,  ou  miel  U 
écumé ,  communément  eft  trois  on- 
ces ,  làns  y  comprendre  les  Tama- 
tinds,Caire,  Manne,  Penides,&: 
Fraits,  comme  Dattes,  Amandes,  Pi-  /»««. 
gnons,  Piftaches,  Figues,  Raifins,&c. 
qu’il  faut  plutôt  nombrer  au  rang 
du  miel ,  ou  foccre ,  que  des  poudres. 
Davantage  ,  c’eft  choie  bien  alfeurée, 
que  plus  il  y  aura  de  poudres  &  moins 
de  fu.ccre ,  ou  miel  >  l’EleCtuaire  de 
tant  plus  aura  de  force  ,  aulfi  fera-il 
plus  ingrat.  Au  contraire  celuy  qui 
en  aura  moins  fora  plus  foible  ,  & 
plus  plailânt  au  palais.  Des  folides 
ôc  mois  ,  qui  recevront  autant  de 
poudres  les  uns  que  les  autres  ,  le 
mol  gardera  plus  long  tems  là  vertu, 
ôc  aura  plus  de  force  que  le  folide,  . 
principalement  s’il  y  eft  requis  une 
formentation  ,  lînon  pour  l’heure 
prefonte  ,  le  folide  fo  diftribuë  plus 
facilement  par  tout ,.  ôc  attire  les  hu¬ 
meurs  épars  en  divers  lieux,  qui  luy 
font  propres ,  ôc  familiers.  La  raift^ 


Des  EleSluairts  mois,  x  2,  i 


«ftj  que  le  lôlide  par  fa  rareté  f  l'air  y 
pénétrant ,  )  refont  plus  facilement 
fa  vertu  purgative  que  le  mol  ,  à 
caulè  de  1  humidité  qui  empêche  la 
tranlpiration.  Les  poudres,  plus  elles 
feront  fibtiles ,  de  tant  plutôt  fera 
fermenté  l'Elecluaire,  &  là  diftribu- 
tion  plus  facile  par  les  conduits 
étroits.  L'ulàge  eît  principalement 
le  matin ,  trois  ou  quatre  heures 
ayant  dîner,  plus  ou  moins,  félon 
le  tempérament  du  malade  ,  &  fes 
forces ,  Ibn  âge ,  fexe ,  làifori  &  tems 
des  maladies. 


DeEleduarijsin  fpecie. 

ConfeBio  Alkeme$,D.Mef. 

IJé.  Sucei  Pemorum  odoriferorum,  & 

AcjUA  Rofarum ,  utriufque  Ub.  mam 
&  femiji. 

Serici  crudi  fucca  Granorum  Tin- 
^.omm  recenter  tmBi  ,  Ub- 
mam. 

Infmdantur  fîmul  horù  14.  deinde 
paulüper  coquamur  ,  donee  ti¬ 
quons  ifii  rubeam.  J^os  (  ex- 
pnjfa ,  &  abjeBo  Serica,  )  éoque 

Succhari  optimî ,  drachm.  1 5  o.  vel 
libra  um  dimidia ,  &  drach.fex 
ud  mellis  crajfuudinem. 

■^b  igné  depofitü ,  &  adhuc  caleit- 
tibus,  tuijèc 

Amhr s,  cruda  minutim  conciÇ& ,  un- 
ciam  dimidiam  :  qua  liquaîa,imi- 
cepulvenm  fequentem. 

T-  Ligni  Aloes  crudi  optimi ,  vel 
Santals  citrini ,  & 

J^urchenijd  efi ,  Cinnamomi  feleBi, 
utriufque  drach.fçx. 


Lapidis  Cianei ,  id efi , Laz.ûli,uBi 
&  loti, 

ASargaritarurn  albarum ,  utriufque 
drach .  duos. 

Toliorum  Auri  optimi, drach.  unam. 
Mofehi  Orientalis  optimi  ,  ferup. , 
unum. 

Fiat  EleBuarium  ,  in  vafe  vitrât» 
diligenter  obturato  reponendum. 

TARAPHRASE. 

CEt  Eleétuaire,  pour  fà grande' 
vertu  cordiale  ,  merire  d’être 
mis  au  commencemenr  de  tous  les 
Eleébuaires  mois,  lequel  a  pris  Ion 
nom  de  là  ba/è  la  Soye  teinte  au  lire 
qu’on  tire  de  la  graine ,  dont  on  ceint 
en  efearlace,  que  les  Arabes  appel¬ 
lent  Kermes ,  comme  les  Grecs  Coc- 
con  Baphicon ,  &  les  Latins  Granum 
tin6torium,&  inferStorium.  C’eft  une 
certaine  graine  qui  croît  au  pied  & 
au  milieu  des  fueilles  d’un  arbrilîèau 
appcUé  llex  glandifera ,  &  æquifo- 
lia ,  à  foliorum  fimilitudine ,  de  la  . 
grolTeur  d’un  poids  blanc ,  qui 
cueille  au  mois  de  May,  &  de  Juin, 
non  plutôt,  ny  plus  tard  pleine  d’un 
(ùc  rouge ,  dont  on  teint  la  Soye  crue 
pour  cet  Eleétuaire.  Iceluy  à  mefij- 
re  qu’il  fe  deflèiche ,  tombe  en  pouf- 
lîere,  &  fè  convertit  en  petits  ver- 
milïèaux ,  qui  aprez  volenc  comme 
mouches,  d’où  eft  venu  le  nom  de 
vermillon.  Si  elle  eft  foudain  lèi- 
chécau  Soleil  ardent  ou  fur  une  cha¬ 
leur  médiocre,  cela  n’avient  point, 
Q^e  s’il  arrive  la  feule  afperfion  du 
vinaigre  les  tue. L’on  en  amalfe  gran¬ 
de  quantité  en  Provence  ,  &  au  Lan¬ 
guedoc  ,  prez  de  Montpclier.  C’eft 
une  manne  pour  les  pauvres ,  quand 


5  2. 2.  Livre  1. 

il  y  en  a  quantiré.  La  vertu  de  la 
bafe  eft  augmentée  par  les  Çerles, 
Ambrcj  Mule,  &  Oiv  La  pierre  d'A- 
2ur  J  par  l’uftion  ;  &c  lotion  j  perd  là 
vertu  vomitive,  &  |)urgative  ,  &  fon 
acrimonie  (  &  non  cordiale,  icy  re- 
quife  )  laquelle  en  petite  quantité, 
ne  peut  émouvoir  les  humeurs ,  ny 
fe  convertir  en  leur  namre  ,  mais 
rabaiflér  les  vapeurs  melancholiques, 
qui  de  la  ratte  montent  au  cœur,& 
cerveau  :  voyez  Avicenne  au  livre 
qu'il  a  composé  des  forces  du  cœur, 
traitté  lècond  ,  chapitre  deuziéme. 
Le  bois  d’Aloés  ,  Cinnaqjome  & 
eau  Rôle  y  font  mis  pour  corrobo¬ 
rer  les  viteeres  par  leur  legere  ad- 
ftriétion ,  comme  le  fuc  de  Pommes 
pour  corriger  1  âpreté  ,  &  ûccité  d'i- 
cenx  :  le  Succre  pour  rendre  leur 
aétion  &  faveur  meilleure,  &  le  tout 
conferver  au  befoin. 

Pluiîeurs  doctes  Médecins  confe- 
S#ns  cette  defoription  avec  celle  que 
Mefoé  décrit  au  livre  des  fimples 
medicaihens  purgatifs. ,  chapitre  de  la 
pierre^  étoilée ,  ont  eftimé  que  la  fau¬ 
té  qu  on  remarque  és  dofes ,  prove- 
noit  des  premiers  Ecrivains ,  ou  Im-  ‘ 
primeurs.  Quelques  auttes  plus  idiots 
en  ont  rejette  la  faute  for  fon  Au- 
theur  même,  &  en  parlent  félon  leur 
paffion ,  fondée  for  des  raifons  telles 
quelles ,  làns  conhderer  les  diverfes 
indications  airatives,  qu’on  peut  col¬ 
liger  de  fes  écrits  mêmes  ,  qui  font 
doubles. 

En  celle  qu’il  fornomme  de  fa  ba¬ 
fe  la  pierre  étoillée,  fa  première  in¬ 
dication  étoit  de  purger  par  le  fiege 
au  moyen  d’icelie,',  les  humeurs  adu- 
-ftes  &  melancholiques  ,  qui  cau- 
foisnc  fouveat  epilephe ,  manie ,  roc- 


SeBion  VL 

iancholie  hypochondriaqae.  C’efi 
pourqiioy  il  ie  contentoit  de  la  co- 
étion  pour  toute  préparation ,  & 
pour  luy  ôter  fa  vertu  vomitive ,  8c 
retenir  la  purgative  qui  y  eft  necef- 
faire. 

La  foconde  indication  ,  étoit  de 
corriger  fa  nuifonce  brûlante  des  vif- 
ceres ,  étant  un  médicament  indica¬ 
tif  ,  abfteriîf ,  putrefaélif  &  ulceratif, 
par  le  mélange  des  autres  ingrediens, 
qui  fortifient  le  cœur  ,  le  cerveau,  la 
matrice,  ôc  de  régénérer  les  efprits, 
en  chalfant  au  loing  toute  caufe  de 
triftcllè  ,  &  fuivant  l’experience’  de 
lès  devanciers ,  pour  chacune  livre 
de  Sucere ,  y  a  rais  une  once  de  ladi¬ 
te  picire  étoillée. 

Touchant  celle  qu’il  furnomme 
Alkermes,-  écrite  en  fon  Gra^jadin 
GU  Antidotaire  ,  fon  intention  étoit 
bien  autre  qu’en  ;la  precedente.  Car 
il  ne  pretendoit  purger  telles  hu¬ 
meurs  terreftres  ,  mais  rabailfer  feu¬ 
lement  &  doucement  les  vapeurs  me¬ 
lancholiques  ,  qui  montoient  de  la 
ratte  au  cœur  &  au  cerveau ,  qui  cau- 
foient  triftclfe ,  p^rovenant  de  caufe 
non  manifefte  ,  fondé  for  l’authorité. 
d’Avicenne,  au  liyre  fus  cotté.  C’eft 
pourquoy  il  s’eft  qontenté  de  deux' 
drachmes  de  ladite  pierre  ,  quantité 
fufolànte  pour  rabattre  telles  vapeurs. 
Et  pour  la  rendre  daiitant  plus  falu- 
bre,ilne  s’eft  pas  contenté  de  ,1a 
lotion ,  comme  en  la  première  -,  mais 
a  voulu  qu’elle  fût  clarifiée  ,  peut 
luy  ôter  telle  vertu  purgative,  vomi¬ 
tive  ,  &  fon  acrimonie ,  &  retenir 
la  cardiaque  y  necclîàire.  Son  autre 
intention  &c  principale  étoit  de  re- 
ftaiircr  les  efprits  &  forces  des  ma¬ 
lades  abbamès  par  les  , 'grandes  & 
malignes- 


Des  EleBuaircs  mois,  zi 


malignes  maladies ,  en  fortifiant  le 
cœur  prémicr  vivant,  &  dernier  mou¬ 
rant  ,  le  cerveau ,  matrice ,  &  autres 
vifeeres ,  par  le  mélange  de  TAm- 
bre  gris ,  du  Mufe  Oriental,  de  fOr, 
du  bois  l’Aloés ,  des  Perles  &  de  la 
Canelle. 

La  dolè  de  la  pierre  d’A2ur  icy 
fpecifice,cft  aifez  grande  pour  faire  ce 
qu’il  defiroic.  Que  fi  elle  eût  été  lèm- 
blable  à  l’autre  lus  mentionnée ,  elle 
eût  fait  le  contraire  au  préjudice  des 
malades  ,  quelque  lotion  ôc  uftion 
qu’on  y  eût  peu  apporter.  La  quanti¬ 
té  Viflî  d’Ambrc  gris ,  &  Mule  fuffi- 
fent  :  cettuy-cy  étant  leger  5c  delà— 
greablc  ,  eut  rendu  cette  Confeétion 
lidefagreâblc  qui  l’eft  afièz  de  {&y) 
qu’on  n’en  eût  peu  ufer. 

’fencc  lieu  le  Sexquialtere  de  I.  du 
Gard  Apothicaire  d’Avignon ,  n’eft 
çonfidcrabIe,ainfi  qu’il  a  voulu  intro¬ 
duire  dans  fa  fueille  de  papier  pliée 
en  8.  imprimée  à  Aix  en  Provence, 
par.Iean  Thololàn  ,  l’an  i  609. 

Par  Ion  difeours ,  je  n’y  connois 
qu’un  babil  animé  de  l’aveugle  paffion 
de  ccluy  qui  luy  a  fiiggeré  les  raifons, 
pour  contrecarrer  Meilleurs  les  Pro- 
leiTeurs  Royaux  de  l’Vniverfité  de 
Montpelier  mes  maîtres,  qui  ont  l’et 
prit.plus  vif,  &  fubtil,  qu’il  n’a  la  dé¬ 
marché  pefante ,  &  fuis  contraint  de 
diredelny  aprez  Theocrire,  que  le 
H  One  A3-nyala.v  tp;|/  »pt<ri  ,  SuS  COntra 
Mincryam  certare  fufeepit  ,  que  je 
trouve  auflî  froides  que  de  l’eau  de 
fontaine,  lors  que  le  Soleil  monté  en 
fon  Pyroiis ,  échauffe  le  Lion,  pour  ac¬ 
croître  la  foif  de  la  Canicule.  Et  l’Im¬ 
primeur  qui  luy  a  fervy  de  lumière, 
fout  faire  éclatter  fon  indiferette 
ignorance,  n’eût  pas  eu  débit  de  ce 


petit  avorton  ,  làns  l’expedient  de 
Martial ,  epigrame  3 .  livre  f. 

Et  mgram  cko  raptus  in  culi- 

Cordyloi  madid^  tegat  papyro,^ 
Vèl  Thnrü  piperifque  fit  cuiullus. 
Partant  je  fuis  d’avis  qu’on  fë  tienne 
à  cette  delcription  fidellemcnt  tran- 
ferite  de  fbn  Aiitheur,  làns  augmenter 
ny  diminuer  les  dolcs  qui  y  lbnt,pour 
les  raifons  que  deffûs  ,  &ne  faire  tort 
à  Mefué ,  &  à  ceux  qui  depuis  luy  en 
ont  usé  heureulèment ,  &  encore  le 
pratique  &  fe  pratiquera  par  tout, 
quoy  qu’il  gazoiiille. 

LE  MELANGE. 

Dans  la  colatureon  fera  cuire  le  fiic- 
cre  un  peu  plus  que  Syrop ,  auquel 
étant  encore  chaud,  &  hors  du  feu,on 
jettera  l’Ambre  gris  &  le  Mufe  puU 
verilèz,  &  détrempez  au  mortier  avec 
un  peu  d’eau  Rofe  ,  qu’on  remuera 
jufqu’à  ce  qu’ils  foient  bien  fondus, & 
qu’il  n’y  aye  plus  de  grumaux.  Puis 
on  y  ajoûtera  les  poudres  avec  l’Or 
mêlé.  Le  tout  étant  froid ,  fera  dans 
Ibn  pot  bien  couvert  gardé  au  belôin. 

Quelques-uns  teignent  la  foyé 
crue  bien  charpie  au  fiic  de  Kermes 
tant  lèulement ,  puis  la  font  tremper 
au  fiic  de  Pommes  &  eau  Rofè  24. 
heures  :  puis  la  font  un  peu  bouillir, 
l’expriment  5c  cuifènt  la  colature  avec 
le  Siiccre ,  dey  ajoutent  l’Ambre ,  5c 
Poudres,  ainfi  que  Mefué  enlèigne 
icy,  &  au  Syrop  de  Pomme  fimple, 
diftinétioh  6.  Toutesfois  la  premiè¬ 
re  manière  eft  meilleure,  à  caulèdu 
fuc  de  Kermes ,  qui  y  entre  en  quan¬ 
tité  ,  que  nous  fommes  d’avis  d’y 
iirettre  ,  pour  donner  plus  de  force  à 
S  s  Z  l’Ele 


52,4  Livre  1.  Se&ion  VI. 

r£leétn^ire.  Quelqnes-uns  &  mal  à 
faute  du  fiic ,  prennent  de  la  graine 
qu'ils  infulènt  avec  la  Soye  crue  au 
fiic  de  Pommes ,  &  eau  Rolè ,  &  la 
font  bouillir  ,  l'expriment  &  ciii- 
Icntjcomme  dit  eft  Mais  tel  Elebtuai- 
re  n'a  pas  telle  energie  qu  étant  fait 
av«c  le  fuc  de  Kerraes  recent. 


LES  FACFLTEZ. 

La  Confedlion  Alkermes  eft  un 
excellent  remede  à  la  palpitation  de 
cœur*  à  la  fyneope*  à  la  trifteflè  na¬ 
turelle*  c'ctt  à  dire  qui  n'a  aucune 
caufe  évidente  :  &  foulage  ceux  qui 
font  langoureux  *  &  ceux  qui  font 
abbatus  de  longues  maladies  *  &  qui 
commencent  à  fe  remettre,  enrefai- 
fànt  les  forces. 

-  REMARQYE. 

DA)7s  la  defcriftion  de  la  Con- 
feliioa  Alkjnnes  de  JlLefué  Jè 
frefentent  quatre  difficultés  confi- 
derables  *  que  prefque  tous  les  Au- 
theurs  des  Dijpeujaires  ont  laipé 
fajfer  fans  dire  mot  ;  la  première  re¬ 
garde  la  quantité  de  la  Soye  eru'é, 
qui  parçlt  a  quelques-uns  être  trop 
grande  à  raifon  de  celle  du  ptc  de 
Eommes  &  de  l'eau  Rop  pour  l'in- 
ftifer  &,  la  cuire  :  la  fécondé  *  la  pré¬ 
paration  du  Lapis  Lasuli  ;  la  troi- 
^  siéme,  la  dofe  d'iceluy  :  &  la  qua¬ 
trième  ,  la  quantité  d’ Ambre  gris 
quon.  y  doit  mettre^ 

Tour  répondre  a  la  première ,  je 
diray  que  Adefié n'a  ffimais  entendu 
de  prendre  une  livre  de  Soye  crue 
pour  la  faire  teindre  dans  du  fie  de 
Kermes,  comme  il  y  en  a  beaucoup 


qui  s'imaginent,  &  en  fuite  l'infufer 
&  cuire  dans  trois  livres  d'eau  Ro- 
fe,&  du  fuc  de  Pommes,  afin  de  ti¬ 
rer  la  teinture  de  l'un ,  &  la  vertu 
de  l'autre ,  puis  quil  eft  dit  en  pro¬ 
pres  termes  dans  la  vieille  verfion 
de  fies  œuvres  ,  yé,.  Setam  tinBam 
ex  Kermes  cireiter  libram.  mam,& 
dans  la  nouvelle, y,. Serici  fucci  gra- 
norum  tinBorum  recenter  tinüi  li¬ 
bram  unam  ;  mais  fin  intention  a 
été  de  prendre  une  quantité  fuffi- 
fante  qui  peut  être  environ  de. trois 
à  quatre  onces  de  Soye  crue ,  bien 
écharpie  ,  fiparée  de  fa  filosêe ,  ephi 
eft  la  partie  la  plus  grojfiere ,  (com¬ 
me  il  fera  plus  arnplement  décla¬ 
ré  cy-apre\^  )  quon  la  fajfe  imbi¬ 
ber  &  teindre  dans  du  fuc  de  Ker¬ 
mes  récemment  extrait ,  &  aprei. 
l'avoir  retirée ,  qu'on  en  pefie  me 
livre  toute  imbué  &  mouillée  du 
fuc  ,  &  non  comme  dit  Sylvius  en 
fan  Commentaire  fiir  Mefué ,  aprez. 
l'avoir  fait  feicher  pendant  trois 
jours  ,  &  qu'on  la  mette  en  infu- 
fion  avec  les  trois  livres  du  fuc  de  ' 
Pommes  &  d'eau  Rofe  par  un  jour 
naturel  fur  les  cendres  chaudes ,  & 
fur  la  fin  ,  leur  faut  faire  prendre 
une  legere  ébullition  ,  les  couler.^ 
&  l'exprejfion  faite ,  cuire  la  cola- 
ture  avec  le  fuccre. 

Mais  cela  ne  fuffit  pas  fi  l’Ar-  . 
tiéie  curieux  n'eft  precifement  in- 
ftruit  de  la  juBe  quantité  de  Sop 
crue  ,  qu'il  faut  prendre  pour  en 
avoir  une  livre  ,  lors  quelle  fera 
imbué  &  teinte  du  fuc  de  Kermes 
quand  il  s'agira  d'un  effay  de  mai- 
trife  :  pour  ce  faire ,  il  faut  pren¬ 
dre  un  foin  particulier  de  faire  fi¬ 
cher  la  Soye  qui  luy  aura  fervy  en 


Des  Eleâualres  mois,  %  ^ 


rinfiipo»  precedente  ,  de  laquelle 
il  aura  tiré  la  teinture  de  celuy- 
Ik,  &  l^  vertu  de  celle-cy  ,  par 
l'entremife  du  fuc  de  Pommes  ,  & 
de  l'eau  rofe  5  puis  il  l'a  pefera  ,  & 
ainfi  il  f^aura  au  vray  ,  la  jufie 
quantité  qu'il  luy  en  faudra  :  & 
pour  refaire  la  meme  operation  ,  il 
naura  qu'a  obferver  la  confijiance 
du  fuc  de  Kermes ,  afin  de  mettre  un 
peu  plus ,  ou  un  peu  moins  de  foye, 
fuivant  qu'il  fera  plus  eu  moins 
aqueux. 

Et  ceux  qui  defirerent  avoir  une 
Cenfeélion  plus  excellente ,  &  abré¬ 
ger  le  travail  du  Syrop  de  Kermes, 
feront  infufer  leur  quantité  de  foye 
crue  dans  celle  du  fisc  de  Pommes, 
&  de  l’eau  rofe ,  comme  il  efi  pref- 
crit  en  la  confiélion  Alk^rmes  de 
Montpelier  ,  &  dans  la  colatu- 
re  y  feront  cuire  le  fuccre  ,  un 
peu  plus  qu'en  confijiance  d'Ele- 
üuaire  mol ,  puis  y  méfieront  don¬ 
ne  onces  de  pulpe  de  graine  de 
Kermes  bien  fubtile ,  &  de  bonne 
confijiance  ,  &  par  cette  métho¬ 
de  toute  la  Confeélion  en  fera 
meilleure. 

La  fécondé  difficulté  regarde 
la  préparation  du  Lapis  lanuli , 
fur  laquelle  il  faut  confîderer 
quelle  a  été  l’intention  de  Mé¬ 
fié  ,  quand  il  a  dit  Lapidis  la- 
K.uli  loti  &  praparati.  Les  diver- 
fes  qualités  ^  vertus  qu'on  a  don¬ 
né  a  cette  pierre  ^  a  fait  fembler 
a  quelques  -  uns  ,  que  la  prépa¬ 
ration.  de  Mefué  était  defcéiueu- 
f  ,  &  a  quelques  autres  ambi¬ 
guë  ;  qui  efi  le  fujet  des  diverfes 
explications  ,  qu'on  a  voulu  don¬ 
ner  a  ces  mots  de  loti,.  &  praparatL 


Les  premiers  interprétés  de  ta  pa¬ 
role  non  écrite  ont  été  les  Moines 
en  leur  commentaire  fur  l'Antido- 
taire  de  Mefué  ,  qui  foîitiennent, 
que  pour  le  mot  de  loti  ,  comme 
c'efi  la  vérité ,  il  faut  entendre  ‘la 
lotion  qu'on  pratique  au  Lapis 
lajuli  ,  par  trente  fois  réitérée 
avec  l’eau  commune  :  qui  fe  fait 
a  deffein  de  luy  diminuer  fin  acri¬ 
monie  fuperficielle  ,  qui  paroit  ma- 
nifeffement  au  fentiment  de  l'odo¬ 
rat  ,  &  de  la  langue  après  avoir 
divifé  une  greffe  piece  en  des  pe¬ 
tits  morceaux  :  &  peur  celuy  de 
praparati  ,  qu’il  faut  entendre  la 
lotion  par  dix  fois  reiterée  avec 
.l'eau  rofe  ;  ce  qui  efi  directement 
contraire  a  l'intention  de  fAutheur, 
qui  a  été  de  luy  augmenter  par  cet¬ 
te  fécondé  lotion ,  fa  vertu  cardia¬ 
que.  Les  autres  comme  Pafehat 
Apothicaire  de  Beaiers  ,  en  fa  de-  ' 
monfiration  des  abus  (  comme  il 
parle  )  fur  la  Confection  Alkey- 
me's  en  la  page  ii  2 ,  dit ,  que  M^- 
fué  par  le  mot  de  praparati ,  en¬ 
tend,  que  Le  Lapis  laz.uli  fait  brû¬ 
le  avant  le  laver  ;  mais  ceux  qui 
ont  figé  ta  préparation  du  Lapis 
lafuli  defeEtueufi  ,  &  qui  y  ont 
ajouté  le  mot  de  ujli ,  comme  lou- 
bert  en  fa  Confection  Alkermes , 
&  r  dutheur  de  la  Paraphrafe , 
ont  bien  creu  que  le  mot  de  prapa- 
rati  ne  fignifie  pas  qu'il  fût  brû¬ 
lé  ,  ce  qui  me  fait  dire  que  ces 
premiers  ,  avec  ce  dernier  tru¬ 
chement  de  Méfié  ,  ont  entière¬ 
ment  ignoré  fin  intention  t  car  fi 
ce  qu’ils  mettent  en  avant  était 
vray  ,  la  langue  Arabique  fe¬ 
rait  bien  fierile ,  fi  elle,  newoit  pas 
Sf  ÿ  un. 


31^  Livre  I. 

m  mot  propre,  qui  en  langue  Latine 
nom  eut  peu  exprimer  ,  que  la  fé¬ 
condé  lotion  du  Lapis  laz.uli ,  faite 
avec  l’eau  rofe,  eut  été  une  prépara¬ 
tion  differente  de  ta  première  ;  fi  elle 
différé  en  l’intention  ,  qui  efi  de  lujt 
augmenter  feulement  fa  vertu  car¬ 
diaque  ,  comme  il  a  été  dit ,  a  tout  Le 
moins ,  elle  ne  différé  point  delà  pre¬ 
mière  ,  quant  au  nom  de  lotion  i  ou 
bien  pour  répondre  à  Pafchal ,  fi  la 
même  langue  Arabique  n’eut  pas  eu 
un  avare  mot  ,  pour  fignifier  fon 
ufiion  pretendu  'é ,  elle  ferait  encores 
pim  re freinte  ,  &  le  contraire  de 
tout  ce  deffm  fie  vérifié  par  les  dalles 
préceptes  que  Mefué  novu  en  a  laijfé 
au  fécond  de  fes  Theoremes ,  tr au¬ 
tant  de  la  préparation  des  medica- 
mens ,  tant  en  general  qu’en  parti¬ 
culier ,  quand  il  parle  de  l'affatien 
d'iceux  ,  &  dans  fon  Antidotaire 
en  l'Onguent  de  Cerufe,  où  il  a  écrit, 
Plumbi  adufti  ,&c.  &  dans  ces  Pi¬ 
lules  de  Lapide  Armeno,  quand  il  a 
écrit  Lapidés  Arment  loti  &  pra- 
parati  ,  d’où  s’enfuit  que  le  mot  de 
praparati ,  ne  pourra  être  interprété 
ou  entendu  pour  la  lotion  des  APoi- 
nej^^  non  pim  que  pour  l’ufiion  de 
Pafchal  ;  mais  pour  la  fubtilifation 
quAnom  en  faifons  fur  le  Porphyre 
après  la  lotion  ;  car  de  brûler  la 
pierre  Arménienne ,ce  ferait  luy  em¬ 
porter  fa  vertu  purgative  (  fuivant 
le  fentiment  d’aucuns ,)  icy  requife. 
Sans  difficulté  on  me  répondra  ,  que 
fi  la.vertu  purgative  de  celle-cy,  eft 
abfalument  neceffaire  dans  ces  Pi¬ 
lules  ,  que  la  vertu,  purgative  du 
Lapis  lalluli ,  nefi  pas  moins  con¬ 
traire  aux  vertus  quon  attribue  à  La 
Confeétion  Alkermes,  ce  que  je  pour- 


SeBion  VL 

rois  concéder  ,  s'il  y  entrait  en  uni 
quantité  à  pouvoir  purger  &  chan¬ 
ger  fies  principales  vertm  ;  mais 
quant  il  y  en  entrerait  douze  drach¬ 
mes ,  comme  veulent  quelques-uns, 
cela  n’eft  pas  concluant  qu'il  le  fait- 
le  brûler ,  pour  luy  difftper  fa  ver¬ 
tu  purgative  ,  puis  qu’il  n’en  re¬ 
viendrait  qu  environ  de  deux  grains 
&  un  tiers  par  drachme  de  Con- 
feSlion ,  &  la  dofe  du  Lapis  lazu- 
li  ,  fuivant  les  interprétés  de  Me¬ 
fué  ,  efi  depuis  une  drachme, 
iufques  a  deux  &  demy  ,  & 
d’Averroes  depuis  demy  drachme 
jufques  à  une. 

La  troifiéme  difficulté  regarde  la 
quantité  du  Lapis  lazuli,  fur  la¬ 
quelle  les  Moines  i  &  Pafchal  fe 
font  beaucoup  eferimez  ,  pour  per- 
fuader  un  chacun  d’y  en  mettre  dou¬ 
ze  drachmes  :  la  pim  forte  raifon 
que  ces  premiers  allèguent ,  eft  que 
dans  tom  les  exernplaires  tnanuf- 
crits ,  qu’ils  ont  veu  des  oeuvres  de 
Mefué  ,  il  en  eft  demandé  douze 
drachmes ,  &  qu’il  efi  évident ,  que 
fi  cet  Autheur  eût  entendu  de  n’y 
en  mettre  que  deux  drachmes ,  il 
aurait  écrit  Lapidis  lazuli  loti  & 
praparati ,  &  Margaritarum ,  ana 
drachmas  duos  ;  mais  il  a  écrit  La¬ 
pidis  lazuli  loti  &  praparati  drach¬ 
mas  duodecim ,  Margaritarum  al- 
barum  drachmas  duos  ;  &  par  ain- 
fi  c’efi  une  faute  des  premiers  écri¬ 
vains  ,  ou  des  premiers  Imprimeurs 
des  œuvres  de  Mefué  ,  non  feule¬ 
ment  en  cette  compofition  ;  mais 
dans  toute'  autre  ,  où  il  fe  rencon¬ 
trera  deux  ingrédient  immédiate¬ 
ment  &  feparement  dofés  de  meme 
poids  ,  s’ils  ne  font  joints  enfemble 
par 


Des  EleBuatres  mois,  x%j 


par  les  mots  de  ma. ,  oh  f  ar  arn- 
horm  mais  fi  cette  raifort  avait 
lien  ,  quantité  de  cemfofitions  de 
Mefué feroient  corrernfkés  en  ieurs 
dofes  ,  particulièrement  dans  les 
éditions  Gothiques ,  par  ce  quil  en 
a  fouvent  ufe  de  la  forte ,  de  mettre 
deux  ou  trois  ingrédient  de  fuite, 
&à  chacun  une  même  dofe  fepa- 
ïée,  Galien  en  a  ufé  aujfi  de  même 
dans  fin  livre  de  la  Theriaque  .a 
Pifin  &  dans  celuy  des  Antidotes, 
le  pourrais  alléguer  quantité  d'Au- 
theurs  anciens ,  modernes ,  &  mê¬ 
me  des  plus  recens  ,  qui  ront  de 
même  pratiqué  ,  &  le  pratiquent 
encores.  le  ne  refuteray  point  leurs 
autres  raifons  comme  ne  le  mé¬ 
ritant  pas  ,  cetles-cy  fuffifent  pour 
faire  connaître  leur  erreur ,  de  dire 
que  dans  tous  les  exemplaires  ma- 
nufirits  qu’ils  ont  veu ,  il  eji  de¬ 
mandé  douze  drachmes  de  Lapis 
lazuli ,  ce  que  )e  leur  concédé  pour 
la  ConfeBion  de  Lapide  Stellato , 
'mais  pour  la  ConfeBion  Alkermes, 
je  le  nie.  De  leur  temps  les  exem¬ 
plaires  rnanufcrits  des  œuvres  de 
Mefué  nétoient  pas  fi  communs 
pour  en  avoir  veu  divers ,  au  con¬ 
traire  fen  ay  un  fort  ancien ,  dans 
lequel  la  dofe  du  Lapis  lazuli  n'efi 
que  de  deux  drachmes ,  comme  des 
Perles.  "" 

La  quatrième  difficulté ,  quoy 
qu’elle  ne  fait  fi  connue  que  les  au¬ 
tres  ,  je  ne  l’ay  voulu  omettre  ,pour 
fiavoir  s’il  faut  prendre  fix  drach¬ 
mes  d' Ambre  gris ,  comme  Pafchal 
s'efl  imaginé,  fondé  fur  ce  que  dans 
la  defiription  de  la  ConfeBion  de 
Lapide  Stellato  ,  Mefué  y  en  de- 
ttuinde  fix  drachmes  ,  &  de  la  il 


inféré  ,  que  la  defiription  de  ta 
ConfeBion  Alkermes^  de  fin  Antido- 
taire ,  doit  être  conforme  a.  la  pre- 
'  cedente ,  .  &  les  Moines  difint  le 
contraire  ,  que  les  Imprimeurs  ont 
tranfpofé  la  dofe  de  l’Ambre  gris, 
a  celle  du  bois  d’Aloés  ,&  du  Dar- 
feni ,  &  quil  faut  lire  Ambre  gri- 
fa  ,  unciarn  fimiffiem ,  Ligni  Aloés, 
&  Darfini ,  ana  drachmas fix ,  par 
ce  que  les  deux  doivent  être  confir¬ 
mes  :  en  cela  les  uns  &  les  'autres 
s’enfilent  dans,  des  erreurs  contrai¬ 
res  én  des  endroits  ,  &  en  d’autres 
font  d’accord  t  comme  auffit  de  di- 
né  que  Mefué  na  décrit  aucune 
autre  •aornpofition  ,  dans  fin  livre 
des  fimples  ,  quil  rapporte  puis, 
apres  dans  fin  Antidotaire  ,  que 
celle  de  Lapide  Stellato  mais  le 
contraire  de  cela  ,  fi  vérifié  par  le 
chapitre  quatrième  de  la  Colocyn- 
the  ,  par  le  feptiéme  de  l’Iris  fau- 
vage ,  &  par  le  vingt  -  deuxième 
du  Melereon ,  je  n  allegueray  point 
les  autres  chapitres  du  même  livre, 
où  il  en  décrit  d’autres  compofi- 
tions  quil  rapporte  de  même  dans- 
fin  Antidotaire  ,  que  f omets  à- 
deffiein ,  pour  nôtre  pas  de  fin  in¬ 
vention  ,  comme  les  fus  alléguées, 
le  diray  feulement  ,  que  générale¬ 
ment  dans  tous  les  exemplaires  de 
differentes'  éditions  que  fay  veu  de 
Mefué  l'fy  ay  trouvé  deux  diffe¬ 
rentes  deferiptions  de  ConfeBion' 
Alkermes  ,  fous  deux  noms  diffé¬ 
rons  ,  qui  different  en  quelques  do¬ 
fes  &  non  au  nombre  des  ingre- 
diens  ,.  neantmo'ms  chacune  d’icel¬ 
les  en  leur  particulier  font  confor¬ 
mes  ,  tant  en  la  dofe  des  medica- 
mens,  qu’au  nombre  d’iceux  •,  comme" 
danss 


5^8  Livre  1, 

dans  le  manufcrit  que  )'ay  en  main, 
^  és  éditions  de  f^incentius  de  For- 
tonanü  ,  de  l'an  1 5  zj.  de  Grego- 
rita  de  Gregoriis  ,  ï  J  }  }.  de  Bene- 

didits  Bonyn^  i^^^.de . >5  4i- 

de  Vincentim  Vklgrifim  ,  1572.  de 
luntas  i6ij.  ok  toujours  eft  de¬ 
mandé  dans  la  ConfeSiion  de  Lapi¬ 
de  Stellato ,  tant  dans  la  nouvelle 
^ue  dans  la  vieille  verjion ,  Ambra 
grïfa  drachmae  fex  ,  Ligni  Alo  'és, 
■&  Darfeni  ,  ana  mciam  fimij?. 
Lapidü  la^uli  loti  &  praparati, 
drachmas  duodecim  ,  &€.  &  au 
contraire  dans  la  ConfeSlisn  ^l- 
kermes  efi  femblablement  toujours 
demandé  fur  la  même  dofe  de  Sy- 
rop  de  là  precedente ,  jimbra  grijfk, 
mciam  femif.  Ligni  Aloes  ,  & 
Darfeni  ana  drachmat  fex-  ,  La- 
fidü  la^^uli  loti  &  prafaratidrach- 


SeBion  VL 

mas  duos  ,  &c.  De  la  conformité 
des  dofes  de  chacune  de  ces  Confé¬ 
rions  en  particulier  ,  il  faut  de 
toute  neceffité  conclurre ,  qu'il  n’efi 
pas  ^ojfible  ,  que  fi  Mefué  les  avait 
dofées  de  même  fa^on  ,  &  que  les 
deux  n'eujfent  été  qu'une  ,  que 
dans  quelqu'un  des  exemplaires 
cy-dejfus  citez.  ,  &  dans  un  nom¬ 
bre  d’autres  que  fay  veu,  les  deux 
defi  riptions  en  quelque  endroit  fe¬ 
raient  conformes  ;  de  maniéré,  que 
pour  n  errer  avec  les  errans  ,  pour 
la  Conferion  Alkermes,  il  s’en  faut 
tenir  a  la  deficription  de  l'Antido- 
taire  de  Mefiué  fans  xhanger  au¬ 
cune  des  défis ,  ny  rien  ajouter  d  la 
préparation  du  Lapis  laTjuli  ,  d 
moins  que  par  exprès  ,  -cela  fut 
prefirit  par  le  doêle  &  expert^ 
Médecin- 


Con 


Des  EleBuaires  mois. 


31^ 


Confcâiio  Alkcrmcs  Monfpelicnfium. 


^.Smci  Pofnorum  dul- 

. 

in 

• 

in, 

in  1 

in 

cium,  &  Aqtrn  Ro~ 

fimflo. 

duflo. 

qnadric-lfextu- 

oBupîo,  \decuplo. 

duode- 

ftmm  (  in  quihus 

flo.  I 

plo.  1 

cuplo. 

Set&  Ub.  ma  périt 
fer  diem  naturalem 

ib./. 

Vb.ij. 

lib.iïÿ. 

lib.-y;. 

ib.wjf. 

Iib.A;.  ■ 

&.xq. 

infufa  ex- 

1 

|. 

frejfa.) 

ana. 

Mh.vj.  ' 

\ih.ix. 

lib.  xij. 

lib.;vvj 

fis. 

Sucd  Granornm  Ker- 

1  ,  1 

xviiq. 

Saccharifolidi, 

tb./. 

lib.^. 

Vb.üij. 

lib.«ÿ.  lib.z/;. 
tb.Wÿ.  ph.xij!. 

^.vii].\ 

l^.xvj. 

lïb.;»:. 

tbnVJf. 

&.XÛ. 

Ib. 

Coque  ad  mellü  ptjfau- 

xxiiif. 

dinem  -,  reniotü  ab 

igné ,  ■&  etiamnum 
-  ..^calid,  adde. 

Ambra  cruda  minutim 

! 

incife. 

Sine  ut  liquefcat ,  dein~ 

Sÿ- 

3^9- 

m- 

^xvj. 

^XX. 

^xxiiq} 

de  admifce  fequeti- 
tia  fulverata ,  vide- 

1 

licet. 

1 

Ligni  Aloës  crudi ,  vel 
S^ntali  citrini,  &  ' 
Darfeni ,  id  efi.  Cinna- 
momi  eléüijfmi, 
Lafidü  Lazuli  loti  & 

ana. 

^xxHÿ, 

^xxxvy 

^xlviij. 

Zlx. 

^{xxif. 

fraparati 

Margaritarum  alharu, 
Auri  boni ,  (ÿ* 

ana. 

3?- 

3«5f* 

^xvfi 

Sxx. 

1  ^xxiii/. 

Mofchi  Orientalü , 
Confiée  fecundum  ar- 

ana. 

3/* 

3^- 

3«9-  1 

3^/- 

5X‘ 

!  ^xif. 

ttm. 

1 

1 

Tt  REMAR 


îjo  Livre  1.  Seûmn  VL 


R  E  M  A  R  Q,V  E. 

En  farcourant  la  Pharmaeopee 
de  Bauderon ,  il  me  tomba  entre 
les  mains  celle  d’jiujbourg  en  Alle¬ 
magne  corrigée  par  Jean,  Zvvelfer 
JlPedecin  de  V Empereur ,  (  comme 
celle  de  Bauderon  a  été  corrigée  par 
Sauvageon  )  imprimé  à  Roterdam  en 
l’an  i  5 .  où  je  remarquaj  en  l’A- 
nimadiierjîon ,  _qu  ïl  a  faite  fur  la 
ConfeSion  Alkermes  ,  de  Montpe- 
lier,  comme  il  a  voulu  donner  a  con- 
nôttre  y  &  faire  voir  à  un  chacun 
par  cette  defcriptien  ,  que  toute  la 
compoftien  ou  Cenfeéiien  de  ceux 
de  Montpelier ,  étant  préparée ,  ou 
faite  contient  en  tout  trois  livres, 
deux  ou  trois  onces  :  mais  que  cel¬ 
le  de  Mefuê  cy-de fus  décrite  ,  n’a 
plus  d’une  livre  deux  onces  ,  ^ 
partant  qu’elle  furpajfe  en  poids,, 
celle  de  Mefué  de  plus  de  deux  li¬ 
vres  ,  bien  que  néanmoins  ,  pour 
la  dofe  des  'drogues  precieufes  qui 
y  entrent  ,  elle-  n’ait  de  plus  que 
trois  drachmes  de  Canelle ,  &  au¬ 
tant  de  bois  d’rJloés  ,  ou  en  la 
place  d’keluy  le  Santal  citrin , 
de  rnufc  deux  fcrupules  ,  ér  de- 
viy  drachme  de  fueitlps  d’or,  d’où 
appert  que  ceux  de  Montpelier  ex¬ 
cédent  de  beauaoup  au  poids  du 
fuccre ,  eu  égard  aux  autres  dro¬ 
gues  qui  y  entrent  ,  avec  la  quan¬ 
tité  defqueües.  la  dofe  du  fuccre  n’a 
aucune  proportion  ,(jr  par  confe- 
quent,  que  la  defcriptien  faîte  par 
Mefué  étant  plus  exaRe  en  la  dofe 
&  poids  du  fuccre  , &  des  drogues,  a 
aujfi  des  qualités  &  des  vertus  plus 
efcacieujes,  c’efi  pour qmy  U  ne  fe 


peut  ajfés  étonner ,  de-te  que  les  Au. 
theurs  rejettent  fi  inconfiderement 
&  fi  imprudemrnent  la  compofition 
de  Mefué  -,  mais  qu’au  contraire  ih 
fuivent  feulement  celle  de  Montpe- 
lier  &  de  Lyon, 

Il  y  ferait  allé  du  mien ,  me  trou¬ 
vant  la  plume  a  la  main  de  pafer 
fins  filence  les  inveBives  du  fiem 
Zvvelfer ,  particulièrement  fi  je  ne 
faifids  voir  que  mal  a.  propos ,  fans, 
fondement  ny  raifon  ,  il  ./en  efi 
voulu  prendre  contre  notre  Confi- 
Bion  Alkermes  de  Montpelier , 
dés  l'entrée  de  fon  difcours  ,  il  y  a 
trois  fautes  remarquables  à  confi- 
derer . ,  qui  me  font  dire  qu'il  efi 
ignorant  ou  malicieux.  La  premiè¬ 
re  fe  juflifie  d’elle  même ,  &  peut 
être  reconnue  d’un  chapun  a  l'ou¬ 
verture  du  livre,  fur  ce  qu’il  dit,  que 
nôtre  Confeélion  efi  de  beaucoup 
augmentée  de  fuccre  ;  par  fon  rai- 
fomement  je  puis  dire  qu’il  s’en  efi 
pajfé  à  la  legere  en  fa  prétendue 
correRion  de  laEharmacopée  d’Aus- 
b0urg\,  n’y  ayant  ggy  .que  de  fa  tête, 
fans  fueilleter  les  bons  Aut heurs, 
principalement  fon  inventeur  Me- 
fùé  j  car  fi  cela  n  était ,  fans  dou¬ 
te  tout  préoccupé  qu’il  efi  contre 
la  Medecine  Galenique ,  il  fe  feroit 
qpperceu  ,  que  la  dejeriptien  de  la 
ConfeRion  Alkermes  de  Mefué, 
&  ceUe  que  nous  compofons  tous  les 
'jours  dans  nos.  boutiques ,  font  fek- 
blahles  en  nombre  d’ingrediens ,  » 
la  7-eferve  d’une,  petite  differente  en 
lor  dofe  d’iceux ,  comme  il  fera  dit 
plus  amplement  en  fon  lieu  ;  é'  cel¬ 
le  que  Meffieurs-  les  Mcdeeins 
d’ Aujbourg  ,  décrivent  dans  leur 
Bharmaeopée  fousle.ti.txe.de  Mcfa^r 


Des  Ele^uaires  mois. 


Uy  appArtient  HeritAblejnentj,  niAis 

eUe  ne  contient  qtte  la  moitié  de  la 
dofe  de  toas  les  ingrediem  de,  , cel¬ 
le  de  Mefité  ,  dlhfi  qu'un  chacun 
peut  voir.  Et  que  fi  Zvvelfer 
eujl  rnis  le  ne^  eksns  le  Grababin 
de  ce  premier,  pojfible  fe  fer  oit-il 
apperceu  de  cette  vérité  ,  &  ne 
nom  aurait  jamais  imputé  le  bl⬠
me  d'une  faute  ,  de  laquelle  il 
en  efl  lup  rriême  l'Autheur  ,  &  ce¬ 
la  ejl  arrivé  ,  lors  qü'il  a  confé¬ 
ré  la  defcription  de  nôtre'  Confe- 
üion  .avec  celle  de  l' Antïdotaire 
d' Au  four  g  ,  qui  h'cakfe''  ou  de 
la  rareté  quils  ont'  ,  des  '  princi¬ 
paux  medicaméns  q'ui  la  eompo- 
fent  ,  eu  du  petit  ufage  qu’iîi  en 
avaient  pour  lors  lès  fiekrs  Mé¬ 
decins  en  drejfant  leur  Pharmaco¬ 
pée  ne  prirent  que  la  moitié  de  la 
dofe ,  de  la' defcription  de  celle  de 
Mefué. 

La  fécondé  faute  quel  y  d  â^e- 
marquer ,  nefipas  de  moindre  im¬ 
portance  que  la  première  ,  en  ce 
qu’il  dit  Lapidis  Cyànei  loti  & 
praparati  ,  margaritarum  alba- 
rum ,  ana  drachmas  duos.  G^ue  s'il 
eut  de  même  daigné  dignement 
-  s’acquitter  de  fan  dejfein  ,  il  nau- 
roit  non  plus  négligé  de  Voir  la 
defcription  de  Mefùé  ,  qui  lup 
aurait  appris  en  tous  fes  exemplai¬ 
res  ,  que  pour  faire  la  moitié  de 
la  defcription  de  fa  CdrfeStion  Al- 
kermes  ,  U  faillok  écrire  ,  Lapi¬ 
dis  Cyanei  loti  &  praparati ,  Mar¬ 
garitarum  albarum  ,  ana  drach- 
mam  unam  ,  &'  non  drachmas 
duos,  f^oilà  comme  quoy  le  fleur 
Zvvelfer  s'efi  enlajfé  en -ce  s  deux 
fautes  par  fa  négligence ,  pour  avoir 


n* 

voulu  fttivre  la  Pharmacopée  dei 
Médecins  d' Aujbourg  des  années 
^S97-  1613.(^1646.  qui  ont  par 
leur  faute  ,  ou  de  celle  des  Impri¬ 
meurs  ,  ou  il  y  a  le  plus  d'apparence^ 
mis  deux  drachmes  dé  ' chacun  de 
pierre  d‘Az.ur  ,  de  Marguerites^ 
pour  une  drachme  de  chacune.  Luy 
qui  fe  dit  être  le  correSleur  de  cette 
Pharmacopée  y  devoii  prendre  gar¬ 
de  ,  plutôt  que  d'en  aùthorifer  les 
fautes  par  fa  negligénce. 

Sa  troifiéme  faute  dépend  de  la 
première  ,  quand  U  dit  qué  nôtre 
Confe^ion  Alkermes  efi  augmen¬ 
tée  de  'béaûcoup  de  fuccrè  ,  (fi  le 
preuve  ainfi  j  la  CohfeElion  Al¬ 
kermes  de  Mefué  ne  pefe  en'  tout 
qu’une  livre  deux  onces ,  '&  celle  de 
Montpelier  en  pefe  trois  livres  deux 
OH  trois  onces ,  'qui  furpajfe  celle  de 
Mefué  de  plus  de  deux  livres  ;  ea 
eela  il  Confie  du  côntraire  ,  car  tout 
bien  fùpputé  efLArtifie  ,on  trouvera 
que  lentiére'dofe  de  Mefué  pefe  de 
nôtre  poids  de  Médecine  environ 
trois  livres  .-  voila  comme  il  fait 
connoitre  fon  aveuglement  f  ou  bien 
fa  malice  de  nous  impofer  dé  la  for¬ 
te  ,  &  fait  un  bruit  extreme  fans  au¬ 
tre  fondement  que  'celuy  de  fon  ima¬ 
gination  contre  Mefiieurs  les  Méde¬ 
cins  de  Montpelier ,  &  de  Lyon ,  (fi 
de  tant  d’autres  âoSles  perfonnages 
quiles  ontfuivis&'les  fuiventtout 
les  purs. 

Et  par  ce  qu'il  efl  raifonnahle 
qu’on  fait  infiruit  d’où  vient  que 
dans  nôtre  Gonfeffion  Alkermes , 
H  y  a  quelques  dofes  des  ingrediens 
changées  ,  &  quelle  pefe  plus, 
que  ceie  de  Mefué  environ  de  fix 
onces ,  &  que  e'efl  ic'y  le  Ueu  pro- 


1 3 1  Lièvre  1. 

mis  OH  il  s’en  faut  fuccinB: entent 
expliquer  j  je  dira/  que-cette  ad¬ 
dition  fe  fijl lors  que  l'a  defcrip- 
tion  de  cette  ConfeBian  fut  corrigée 
par  les  fleurs  le  an- Falco',  Guillau¬ 
me  Rondelet  ,  &  feglée  far  les 
peurs  loubert ,  &  Dortofnan ,  tous 
quatre  fameux  &  célébrés  Pro- 
fejfeurs  Royaux  de  VVinverfitê  de 
Aïedecine  à  Monipelier.'  La  dtf- 
criptian  de  laquelle  fe  trouve  dans 
les  œuvres  in  folio  de  ce  premier, 
&  en  fa  Pharmacopée  in  oSlavo, 
&  in  douice  :  comme  aujfi  dans 
le  grand  Diffenfaire  de  ce  der¬ 
nier  ,  ainfi  qu  elle  fut  par  eux  -dref- 
fée  ,  oit  le  curieux  pourra ‘avoir 
recours  ,  s’il  dipr'e  de  fe  fatis- 
faire.  •  ,  - 

Zvvelfer  continuant  a  detra- 
éler  de  notre  •  ConfeShion  Æker- 
me  ,  dit  que  les  François ,  &  les 
autres  ■  nations  étrangères  fe  moé- 
quem  d’eux  ,  '  de  -  ce  qu’ils  ont  du 
fuc ,  ou  Syrop  de  Kérrnes ,  qu’ils 
pourr oient  faire  une  meilleure  Con- 
feSlion  Ækérmes  ,  que.  celle  que 

nous  leur  envoyons  : 'à  cela  il  efi 
aifé  de  répondre,  &  de  dire  que 

nôtre  adverfaire-  veut  perfiiader 

les  moins  oèulez.  ,  &  leur  fippofe 
le  rnenfonge  pour  la  vérité.  Les 
François ,  &  toutes  les.  nations  étran¬ 
gères  fans  en  excepter  une ,  con- 
noijfent  trop  bien,  dépuù  environ 
un  fiecle  quelle  efi  la  valeur  de 
nôtre  ConfeBion  Zlkefmes  (  quand 
elle  efi  conipofée  d’une’  bonne  main, 
f  entends  parler  de  ceux'' qui  font 
intégrés  en  leurs  confidences  )  par 
les  merveilleux  effets  qu’ils  en  ont 
reffenty  ,  &  qu’ils  en  reffentent 

teui  les  jours  par  fin  ufage.  Len- 


Se&ion  VL 

voy  frequent  que  nous  en  faifint 
che\^  toutes  les  nations  étrange^ 
res  certifie  cette  vérité  en  nôtre, 
faveur.  —  ■ 

'  N’ efi -ce  point  impofer  d  la  veri- 
té ,  quand  il  dit  de  pouvoir  faire  en 
fin  pays  auffi  commodément  que  nous 
une  auffi  effeacieufi  ConfeBion 
d’ jilkermes  ,■  ou  les  chofis  princi¬ 
pales  ,  comme  la  bafi  &  autres  y 
manquent,  le  veux  bien  quUl  aye 
du  Syrop  de  Kermes ,  mais  il  ne 
fiait  pas  quelle  efi-  fa  compofition, 
le  plus  fouvent  ou  pour  l’ordinaire 
compofé  avec  la  pulpe  de  Kemes 
de  la  première  cueillette  ;  par  ce 
qu’il  efi  d  beaucoup  meilleur  mar¬ 
ché  ,  d  caufi  qu’il  furabonde  en 
humidité  fuperflu  'é  ,  &  par  confie- 
quent  ,  il  efi  de  moindre  vertu  ,  au 
lieu  de  prendre  du  pim  meur ,  &  qui 
efi  moins  aqueux  ,  &  fur-  une  partie 
de  pulpe ,  ils  y  en  mêlent 'trais ,  ou 
quatre  parties  de  fuccre  &  quelque¬ 
fois  du  fuccre  rouge  au  lieu  du  blanc, 
&  même  du  Miel,  pour  deux  parties 
du  fuccre  blanc  en  poudre  ,  fans  fuc 
de  Pommes  ,  ean  rofe  ,  ny  foyecruê, 
comme  l’Autheur  y  demande  ,  & 
il  arrive  que  quelques-uns  de  ceux 
qui  le  compofint ,  pour  couvrir  leur 
impofiure&  pafièr  pour  des  gens  de 
probité ,  qu  ils  y  introduifent  par 
leur  artifice  une  amertume  étrangè¬ 
re,  je  ne  diray-  pas  avec  quoy  s  •<./>/■ 
comment  pour  ne  le  donner  pas  deen- 
noître  ,  je  me  contentera  mon  grand 
regret),  d’en  avoir  découvert  quelque 
chofi,  &  cela  fe  fait  afm  de  décevoir 
les  plus  entendm.  S^^efi  on  defirefia- 
voir  ceux  qui  le  pratiquent  de  la  for¬ 
te,  ce  font  certains  broùillons  d’ Apo¬ 
thicaires  OH  Lroguifies  de  eette  ville 


Des  EleéJuaires  mois. 


même  &  des  environs  ,  qui  le  pim 
fouvent  le  vendent  fous  le  nom 
des  maîtres  Apothkaires  qui  ont  la 
réputation  de  bien  &  fidellernent 
compofer  leurs  médicaments.  Ayant 
donc  composé  leur  Syrop  de  Ker~ 
mes  le  moins  bien  quils  ont  pû,/ui- 
vant  que  leur  deteBable  avarice 
les  a  fuggerés  i  ils  l’envoient  aux 
pais  étrangers ,  &  ainfi  ils  cher¬ 
chent  à  s’enrichir  fous  l’apparence 
d'un  moindre  gain.  '  Si  la  bafe  &, 
le  fondement:  de  la  compofition  de 
Monfieur  Zvvelfer  ne  vaut  rien, 
il  efi.  à  croire  que  de  quelle  bonté 
que  les  autres  effeces  qui  la  cempo- 
fent  puijfsnt  être,  que  la  Confeéiion 
fera  toujours  4e  beaucoup  inferieure 
à  la  notre, 

■  En  ,troiz.iéme  lieu, je  rne  ftns 
obligé  de  relever  contre  luy  ,  de  ce 
qu’il  dit.  que  la  foye  eru  'é  ne  con¬ 
tribué  point  de  vertu  à  cet  Ele- 
iluaire ,  ou  Confe&ion  ,  parce  que 
fi  elle  a  quelque  vertu  avant  que 
d’être  mifie  en  œuvre  ,,  quelle  l’a 
perdue  il  y  a  long  tems ,  à  caufe  des 
lotions  yCoBions ,  &  diverfes  prépa¬ 
rations  qu  elle  repsit,  comme  il  a  feu- 
vent  veu  de  fes  propres  yeux. 

Si  notre  Adverfaire  avoit  été 
clair- voyant  dans  le  pais  ois  il  dit 
avoir  veu  préparer  la  foye ,  &  qu’il 
eut  été  curieux  d’en  écrire  la  vé¬ 
rité,  il  aurait  remarqué  que  la  foye 
que  nous  employons  en  notre  Con- 
feUion  ,  eir  par  tout  ailleurs  dans 
les  autres  cempofitions  ,  efi  la  foye 
eru'é,  ainfi  appellée  parce  quelle  n’a 
fouffert  ny  lotion  ,  ny  coSlion  ,  ny 
pafsé  fous  aucun  autre  degré  de 
préparation  5  mais  fans  doute  il  fon¬ 
de.  fin  raifonnement  fur  loubert. 


H  5 

qui  demande  fimplement  dans  la. 
defeription  de  cette  ConfeSlien  Seta, 
fans  s’expliquer  comme  fait  Mefué, 
qui  dit  Serici  crudi  par  la., plume 
de., fes  interprètes,  cefi  donc  dans  la 
foye  eru'é  que  nous  employons  ,  qui 
n’a  jamais  été  mo  'ùillée ,  lavée  An- 
fusée  ,  ny  çu  'itte ,  comme  il  dit  mal 
à  propos  ,  qui'  a  confervé  toutes  les 
belles  qualités  ejr  vertus  qu  Avicen¬ 
ne  luy  attribué ,  au  livre  qu’il  a 
fait  des  forces  du  cœur ,  traitté  deu- 
siiéme.  Sericum  ex  fortibus  Jatifi- 
cantibm  efi.  :  excellentius  tamçn  efi 
crudum.  Sed  quandoque  eadit  in 
ufurn  coBum.,  potiffmè  fi  non  fuerit 
tinBum.  Efi  autern  calidum  &  fic- 
cum  in, primo  &,infunt  ei  fifbti- 
litas ,  &  raritas ,  &  parvitas ,  atque 
fulgor ,  &  proprietas  .Utificandi ,  & 
confortandi  cor  ,  ad  qued  'pivatur 
pradiBis ,  un  de  dilatât  fiiritum dr 
folidat  ,abBergit ,  df  clarificat ,  & 
iUuminat  :  nec  tarnen  e'jiss  conforta- 
tio  tantum,  uni  appropriatur  fiirir 
tui ,  fed  efi  potius  cohveniens  fuh- 
fiantia  Jpiritus  cu'jujlibet  ,  itaque 
confort  fpir'itui  animato  ;  quod  pa~ 
tet  ex  eo  quod  vifurn  confortât .,  fi 
oculi  ex  ipfo,  collyriT^ntur.  ■:  patet 
etiam  propterea  quiai  confert  me- 
moria ,  &  quod  Jpiritum.  praterea 
confortât ,  qui  exifiit  in  hepate  quoi- 
impinguatio  manifeBat  :  phtaum  efi 
autem  quod  non  impinguat  ,propte.- 
rea  quod  tempérât  corpus  ;  relinqui- 
tur  ergo ,  quod  .facit  hoc ,  quia  con¬ 
fortât  jpiritum  naturalem  ad  r,u- 
triendi  aBionem  perfeBius  caufan-  . 
dam.  Viimur  etiam  eo  fine  expref- 
fione..  Aprez,.  le  témoignage  d’Avi¬ 
cenne  il  ne  faut  plus  douter  des  ex- 
céHentes  qualités  &  vertus  de  la  foy  e 
Te  i  cru'i.. 


Livre  1 L  SeBion  VL 


M4 

crue.  Seraphn  au  livre  det  fimpla» 
chapitre  z8.  nom  rapporte  le  fen- 
timent .  de  quelques  autres  Mede~ 
cins  fur  les  vertm  d’icelle  ^qui  n’y 
dérobent  point  ce  que  la  nature 
luy  a  libéralement  départy ,[  que  j’o- 
mettray  pour  n’ufer  point  de  redi¬ 
te  ,  ou  le  curieux  pourra  avoir  re¬ 
cours.  ' 

Pafhns  a  la  fécondé  rt^fon  que 
Zvvelfer  allégué  pour  re'fett'er  la 
foye  de  notre  tant  .renommée  Coà- 
feélion  Alkerrnes  ,  parce  (  dit-il  ) 
qu’il  y  d  une  qualité  maligne  à 
caufe  des  vers  oU'  papillons  ,  qui 
font  pourris  dedans  ,  ce  que  dé¬ 
couvre  la  mauvaife  fenteur  de  la 
fiye,  quand  on  la  Cuit ,  &  qu’on  la 
préparé ,  ainfi  qu’il  a  diligemment 
remarqué. 

Notre  Adverfaire  a  tiré  ces  pa¬ 
roles  en  partie  du  traitté  de  ia 
Confeélion  Alkerrnes  de  Laurens 
Cathelan  ,  &  non  d’ailleurs  qui  ne 
P ajferont  jamais  pour  texte  d’ Evan¬ 
gile  ,  que  parmy  les  parejfeux  de 
nôtre  Art ,  &  l’autre  partie  il  l’a 
forgée  dans  fin  imagination.  Pen¬ 
dant  qu’il,  a  voyage  il  a  tres-mal 
employ  é  fan  tems  ,  &  n’a  point  ob- 
fervé  avec  tranquillité  d’eéfrit ,  ce 
qu’il  vient  de’ dire ,  oit  bien  on  ne 
luy  a  point  fiurny  de'  légitimés  mé¬ 
moires  ,  puis  qu’il  efi  fort  certain, 
que  la  fiye  des  Coccons  c'Cuds  a  la 
façon  que  nous  les  employons  efi  la 
vraye  fiye  crué,(&  non  le  byjfus  des 
Anciens  ,  comme  quelques-uns  fi 
font  perfuadês ,  )  que  Mefué  veut 
&  entend  qu’on  employé  dans  fis 
ConfeSlions  de  Lapide  Stellato,  & 
à’ Alkerrnes ,  &  pour  toutes  les  au- 
res  tompof  tiens  décrites  par  les 


■Arabes,fuivant  l’Annotation  deCa- 
fiaus  au  Commentaire  qu’il  a  fait  fir 
la  GnfeSlion  Alkerrnes  de  Mefué 
en  ces  mots ,  Hoc  fumendum  in  Mt- 
dicinà,  ufum.  Neque  aùtem  Sèrka 
fila  qua  interdum  fumi  vidlinm 
oppertuna  fient ,  fed  ipfimet  fèllicu- 
U  deligendiprobatijfmi,  nullumfaf- 
fi  artificium,  detraèta  externa  &  in¬ 
terna  veluti  aranea. 

Et  fur  ce  quel  dit  que  lés  vers 
meurent  dans  les  Coccons ,  &  les 
corrompent ,  avec  fottfupport  il  im- 
pofe  a  la  vérité ,  &  c'efi  une  mau- 
vaife  obfirvatioH  qu’il  a  faite,  s'il 
av oit  leu  le  vingt-huitième  chapi¬ 
tre  fus-allegué  de  Serapion ,  &  le 
trentëfiaiéme  du  troiz.iéme  livre  de 
la  matière  medicale  de  Renou,pof- 
fible  aur oit-il  changé  d’opinioh  ;  vsi- 
cy  ce_que  ce  premier  dit  :  Quandt 
vermiculus  texit  Setam  fuper  fe ,  & 
finit  coopèrturam  e]us  quando  di- 
mittitur  donéc  perforât  telam  il- 
lam  '^&  egreditur ,  inde  deVenit  ex 
hoc  'habrifem  &  ‘Ken-,  &  quan¬ 
do  dimittitur  in  Sole  donec  moritur 
Vernis  devenir  inde  Seta.  Et  ce 
dernier  dit  aprez  la  même  chofe, 
quoy  qu’il  fait  entaché  dë  l'er¬ 
reur  de  nôtre  Adverfaire-  que  la. 
fiye  crue  n’a  point  de  vertu.  Ceux 
qui  habitent  les  pais  oit  l’âft  nour¬ 
rit'  dès  Vers  'à  fiye  ,  confirment  ces 
deux  authorités  depuis  les  plus 
grands  fufqkes  auX  pim  petits  cha¬ 
cun  en  ferait  une  véritable  hifioi- 
re  ,  en  mon  particulier  'je  l’ay  ob- 
fervê  diverfis  fois  en  ce  pais  qu’en 
moins  de  neuf  a  dix  jours  aprez 
que  les^vers  ont  parachevé  leurs- 
Coccons ,  du  même  corps  &  de  In 
même  fubflance  du  ver  a  fiye,fans 
changer 


Des  EleBuaires  mois. 


chafiger  de  nature  ,  fort  un  papil¬ 
lon  divisé  en  mâle  &  femelle ,  qui 
perce  le  fourreau  ,  ou  le  Coccon  dans 
lequel  il  s‘ était  enfermé,  fins  quil 
sert  enfuiv.e  aucune  mort  ny  pour¬ 
riture  ;  apreT^  fur  un  drap  noir  on 
parie  le  mâle  avec  la  femelle  pour 
les  faire  acoup  Ier  pour  la  produBien 
de  leur  fimence  &  la  confervatien 
de  leur  effece ,  fans  que  pendant 
le  fejeur  que  le  ver  a  foye  fait 
dans  fin  étuy  ou  Coccon  U  y  laijfi 
aucune  tache  de  fis  excremens  ,ny 
puanteur  ,  qu’une  fimple  &  déliée 
dépoiiille  ,  fius  laquelle  ilefi  â  re¬ 
marquer  ,  fi  on  ouvre  le  Coccon 
avant  que  le  papillon  fiit  éclos, 
on  le  .  voit  remuer  comme  à  travers 
un  verre  .,  &  l’en  distingue  par¬ 
faitement  toutes  les  parties  exté¬ 
rieures  de  fa  derniere  forme ,  &  le 
plus  foHVent  en  fartant  de  fon  Coc¬ 
con  ,  il  .emporte  fa  dépouille  ,  bien 
loin  d'y  .laiffir  .  aucune  mauvaife 
qualité,  comme  prefupofe  nôtre  .Ad- 
verfaire ,  au  contraire  il  leur  refie 
une.  odeur  agréable  ,  qui  a  même  la 
faculté  de  corroborer  le  cerveau; 
que  s’il  arrive  ,  mais  bien  rare¬ 
ment  ,  que  par  quelque  infirmité 
du  ver ,  ou  de  quelque,  caufe  exter¬ 
ne  quil  meure  dedans  ,  fi  le  Cec- 
ton  eft  taché,  on  le  rejette  ,  quil  fiit 
taché  0.U  non ,  il  na  point  de  mau¬ 
vaife  odeur. 

Et  fur  ce  que  Zvvelfir  dit  de  la 
mauvaife  qualité  de  la  foye  quand 
on  la  fait  chaufer  dans  l’eau  ,  qui 
ofi  lorfque  des  Ceccons  on  la  devui- 


33  5 

odeur-,  fi  ce  fi  ou  des  Coccons  ,  ou 
dss  vers  qui  font  dedans  étoufés 
par  la  chaleur  de  l’eau.  Sans  répli¬ 
qué ,  il  ny  a  ml  de  ceux  quifia- 
vent  comment  cela  fe  fait ,  qui  ne 
dit  que  cette  puanteur  ,  ou  quafité 
maligne  qu’il  appelle, ne  procédé  que 
des  vers, parce  qu’aprez.  que  les  Coc¬ 
cons  fin  devuidés,  les  vers  qui  font 
humides  par  leur  pefanteur  defeen- 
dent  au  fonds  de  la  chaudière ,  & 
s’y  corrompent ,  alors  cette  eau  rend 
une  mauvaife  odeur  -,  &  ce  qui  en¬ 
core  contribué  â  cela  ,. .  efi  que  les 
ouvriers  aprex.  les  .avoir  tirés  de 
la  chaudière  les  jettent  contre  leur 
fourneau  :  Cette  odeur  efi  a  la  vé¬ 
rité  defagreable  k  ceux  qui  ne  l’ont 
point  accoutumée &  les  autres  la 
fouffrent  fans  incommodité  ;  mais 
quoy  qu’il  en  fait  cela  ne  fait  rien 
contre  nôtre  foye  cru'é,  parce  que 
nom  n  employons  point  celle  qui  a 
été  devuidée,  comme  il  a  été  cy-de- 
vant  diti 

En  fuitte  nôtre  Adverjàire  fait 
voir  l'extreme  defir  quil  a  d’ê¬ 
tre  Juivy  en  fon  opinion  ,  pour  fai¬ 
re  rejetter  la  fiye\  ente  de  nôtre 
ConfiBion  Alkçrtnes,  en  difant  qu’il 
ne  croit  pas  que  l’opinion  de  Me- 
fué  ait  été  d’admettre  en  la  Con- 
feBion  de  cet  EleBuaire  fi  exaBe- 
rnent  la  fiye  ,  Jî  elle  n’efi  premiè¬ 
rement  irnbué  &  teinte  du\fuc  des 
grains  du  Kermes  ;  parce  que  fi 
elle  avait  quelque  vertu  ,  elle  l’ au¬ 
rait  entièrement  perdue  en  fis  co- 
Bions ,  lettons ,  &  autres  diverfis 


de  en  échaveau,  j’avouë  que  dans  préparations  ■;  mais  feulement  que 
^<s  lieux  oit  l’on  la  tire  il  y  fent  peut  -  être  -,  il  -fi  firt  de  la  fiye 
peu  mauvais ,  mais  il  faut  fia-,  lors  quelle  efi  imbu  'é  du  fuc  de  Ker- 
vùï  d-’où  procédé  cette  mmvaifi  mes ,  peur  puis  âpre z.  tirer  la  tem- 


tura 


3  Livre  L 

mre  du  Kermes  de  ladite  foye ,  & 
cela  efi  fi  vrayfemblable  ,  farce 
que  fans  doute  dans  le  -pays  d'A¬ 
rabie  ou  il  vivoit  ,il  navoit  alors 
point  tout  à  fait  de  ce  fuc ,  ny  des 
grains  ,  ny  du  fruit  de  Kertnu ,  ou 
bien  pour  le  rnoins  quil  ne  l'avàit 
pas  en  fuffifante  quantité  ;  mais  nom 
(  dit-il.)  avons  afrea  de  ce  fuc  ,  & 
beaucoup  pim  encores  des  grains  du 
Kermes  ,  avec  lefquels  en  tout  pays 
en  teint  la  foye. 

Four  répondre  au  premier  poinü 
je  diray  que  l'intention  de  Mefué 
a  été  double  en  mettant  la  foye 
crue  dans  ces  Confebiions  ,  &  la 
faifant  imbiber  dans  le  fuc  du  Ker¬ 
mes  ,  pour  puis  apreK.  l'infrifer  par 
vingt-quatre  heures  t  &  la  cuire 
dans  le  fuc  de  Pommes  ,  &- l'eau 
Rofe  pour  fa  première  intention ,  il 
a  voulu  tirer  par  voye  d'infufion 
toute  la  fubfiance  vertu  du  fuc 
du  Kermes  avec  le  fuc  de  Pom¬ 
mes  &  l'eau  Rofe  :  &  fa  féconde 
intention  a  été  à  celle  fin  d’attirer 
la  vertu  de  la  foye  crue,  tant  par 
l’aide  de  l’infufion ,  que  principa¬ 
lement  par  celle  -  de  la  cobiion ,  & 
puis  par  l'expreffion  en  feparer ,  & 
entièrement  attirer  tout  ce  qui  s’en 
peut  extraire  par  cette  voye  :  Koi- 
la  l’intention  brièvement  expliquée 
de  Aîejué.  JlPais  encores  diray-je 
que  je  ne  puis  m'imaginer  fur  quoy 
Zvvelfer  fonde  fon  foible  raifon- 
nement  pour  une  fécondé  fois ,  que 
fi  la  foye  avait  quelque  vertu,  elle 
i’auroit  entièrement  perdue  en  ces 
lotions ,  câblions ,  &c.  ^sy  qu’il 
me  femble  y  avoir  cy-devant  fufr- 
fifamment  répondu-,  dr  prouvé  le 
contraire  par  des  bonnes  authorités. 


Seêiion  VL 

parce  qu'il  ufe  de  répétition  ,  je 
l'accompareray  à  certains  eifrits 
que  lors  qu'ils  ont  conceu  quelque 
fantaifie  ,  bien  quelle  frit  direble- 
ment  contraire  à  la  vérité ,  il  leur 
efi  impoffible  de  s'en  defabufer,& 
de  s’empêcher  de  faire  voir  leur 
erreur  par  écrit  ,  tel  efi  notre  Ad- 
verfaire ,  qui  pourra  avoir  leu  ou 
o  'ûir  dire  a  quelqu'un  que  la  foye 
crue  navoit  aucune  vertu  en -mé¬ 
decine  ,  fans  confiderer  que  la  na¬ 
ture  n'a  rien  créé  qui  n'ait  des  qua¬ 
lités  &  vertus  pour  foulager  l’hom¬ 
me  dans  fis  langueurs ,  dr  fans  au¬ 
cune  expérience  ,  la  force  de  fk  con¬ 
ception  le  luy  a  fait  repeter ,  oit  U 
auroh'été  beaucoup  plus  avantageux 
pour  luy  de  fe  taire  que  d'en  par¬ 
ler  fi  fhuvent. 

Par  cette  fécondé  réponce  je  croy 
de  luy  fermer  la  bouche  ,  au  moyen 
de  quelques  exemples  tirés  des  plut 
vieux  haillons  du  linge  ,■  qui  a  les 
bien  confiderer  dépuis  leur  origi¬ 
ne  ,  on  trouvera  quils  on  pafsé  par 
un  nombre  infiny  de  lexives  ,  & 
autant  de  lotions  ,  lefquels  fuivant 
le  dire  de  notre  Adverfaire ,  de- 
vroient  avoir  entièrement  perdu 
toutes  les  vertus  que  le  linge  a  ap¬ 
porté  de  fa  plante  ;  mais  au  con¬ 
traire  nous  voyons  le  vieux  linge 
brûlé  qu'il  arrête  le  fang  ,  q»t 
la  charpie  deterge  &  confume  lu 
chairs  fuperfLues  des  play  es,  &  l‘(- 
fprit  qu’on  tire  du  papier  être  ex¬ 
cellent  pour  les  dertes.  Apre'fees 
trois  exemples  qui  font  fans  répli¬ 
qué  ,  confirmés  par  une  longue  fri¬ 
te  d’experiences  ,  dépuis  plufiieiffs 
fiecles,  que  notre  Adverfaire  efn- 
ce  de  fin  imagination  ,  que  lu  na- 


Des  Eiedtu^es  mois.  357 

iHYt  na  point  été  rnaratre  h  U  autrement ,  fi  ce  n‘efi,que  fi  Me- 


foye  crue  &  qtielle.  ne  Va  pat  re- 
vêtu  'é  de  moins  nobles  qualités  & 
vertus  pour  la  Médecine  ,  quel¬ 
le  Iny  a  donné  de  V éclat ,  &  du 
prix  parmy  les  grands,  entre  les 
chofes  qui  fervent  pour  l'ornement 
du  corps  humain.  Q^e  quand  mê¬ 
me  elle  auroit  pafsé  par  les  lotions, 

■  collions  ,  &  autres  préparations 
imaginaires  de  Zvvelfer  »  qu’elle 
n. auroit  pas  moins,  cenfervé  les  bel¬ 
les  qualités  '&  vertus  quelle  pofi- 
fede  de  même  que  le  linge.  Mais 
on  me  pourroit  icy  foutenir  le  men- 
fonge  par  fon  femblable  ,  &  di¬ 
re  que  h  linge  a  emprunté  tous 
les  effets  fus-alkgués  du  fiel  qui  luy 
a  été  communiqué  des  frequentes 
lexives  qu’il  a  fouffertes ,  fi  les  lo¬ 
tions  qui  ont  fuivy  apre^  na- 
V oient  emporté  toute  la  faleure  ,  & 
.quand  cela  ne  Juffiroit  pas  pour  les 
fatisfaire  ,  je  dis  qu’il  y  a  quanti¬ 
té  de  linge  qui  n’eft  jamais  pafi 
sé  par  aucune  lexive ,  comme  le 
■fin  &  délié  ,  qui  fait  les  mêmes  ef¬ 
fets.  l'en  pourrois  dire  davanta¬ 
ge  fur  la  faéture  du  papier  pour 
fatisfaire  les  hommes  qui  font  rai- 
fonnables  j  car  pour  les  autres, 
plus-  on  raifonne  moins  on  les  fia- 
tisfait. 

Et  pour  le  fécond  point ,  qui  re¬ 
garde  le  peut  être ,  qud  dit  que 
Mefué  a  tâché  de  tirer  la  tein¬ 
ture  de  la  Joye  imbué  du  fuc  du 
Kermes  ,  qu'il  a  ordonné  de  l’ex¬ 
traire  ainfi  ,  parce  que  fans  dou¬ 
te ,  dans  le  pais  d’ .Arabie  oit  il  vi- 
"^oit  il  n'avoit  alors  point  tout  â 
fittt  de  ce  fuc  ,  ny  des  grains  ,  &c. 
tela'''ne  mérité  point  "de  ,  réponce. 


fué  neut  eu  à  commandement  le 
fuc  recent  du  Kermes  ,  qu’il  ne  V au¬ 
roit  jamais  ordonné  en  ces  termes 
If.  Seriei  cr^ài  fucco  granorurntin- 
élorum  recenser  tindsi  tb/.  U  paroit 
bien  par  cette  fa^on  de  parler, 
que  Mefué  n’étoit  pas  privé  du  fuc 
de.  Kermes  recent ,  cfi  qu’il  Valait 
en  abondance. 

Quant-  au  troix.iéme  point  il  dit, 
qu’il  a  aJfeX^  du  fuc  &  beaucoup 
plus  de  grains  de  Kermes  avec, 
lefquels  on  teint  la  fioye  en  tout 
pais ,  voulant  dire  qu’il  peut  com¬ 
modément  avec  iceux  faire  un  Sy- 
rop ,  puis  qu'on  en  teinêl  la  fioye, 
fa  confequenee  efi  mauvaife  &  tres- 
pernicieufe -,  fi  fa  curiofité  l’eât  per- 
fiuadé  à  s’inBruire  exaBement  des 
teinêluriers  à  foye  il  auroit  appris 
que  la  foye  teinBe  en  cramoifi ,  fie 
teinB  avec  la  Cochenille ,  la  ter¬ 
re  Mérité,  V  Ar finie,  &  autres  d,ro- 
gues  ,  &.  les  autres  rouges  fi  font 
avec  le  bois  de  Brefil  ,  &  autres. 
Or  ce  ne  fera  pas  ny  de  fon  fuc 
fec  ,  non  pim  que  de  fa  graine  de 
Kermes  feiche  ,  qu’on  pourra  fai¬ 
re  un  Syrop  en  tout  pais,  ny  en¬ 
core  moins  d’en  teindre  la  foye 
fans  emprunter  l’aide  de  quelques 
autres  dro.gues  ,  ainfi  que  les  tei»- 
Buriers  pratiquent  :  &  qu’il  ap¬ 
prenne  que  le  Kermes  avec  fon  fuc 
■defiiehés  ne  font  employés  que  pour 
teindre  les  draps  de  laines  ,  com¬ 
me  a  remarqué  fort  a  propos  & 
écrit  de  fa  main  le  doBe  &  fia- 
vant  en  Medecine  P.Langier  pe- 
re ,  un  des  grands  botaniques  de  fon 
tems  ,  dans  le  premier  Lvre  du 
plantes  rares  de  Clufitu  que  j’ay 
V  V  en 


3  38 

e?2  n  on  fouvoir  ,  au  chapitre  fit- 
'jiiéme  de  Vllex  coccigera  en  ces  ter¬ 
mes  ,  Graine  d'efcarlate  ,  &  Cra- 
rnoijy  ,  ne  different  finon  ^que  celle- 
là  •va  fur  les  laines  feulement ,  &'^ 
cettuy-cy  fur  la  foye  :  il'  me  ré¬ 
pondra  fans  doute, que  fi  on  en  teinEl 
les  draps les  laines,  quon  en 
pourra  bien  tirer  la  teinSlure  pour 
en  faire  un  Syrop ,  ce  que  pavoiie 
à  la  fa^oiî  des  teinüur'iers  ,  en  y 
_  ajoutant  des  drogues  étrangères  de 
notre  Confeflion ,  qui  ont  des  qua¬ 
lités.  &  vertui  grandement  contrai¬ 
res  a  'icelle  5  comme  il  enfeigne 
luy-meme  en  fin  "  prétendu  magi- 
Jtere  ,  qu  il  veut  tirer  de  la  pelicu- 
le  du  Kermes  fiichée.par  le  moyen, 
de.. l'equ,  commune  aiguisée  de  quel¬ 
ques  gouttes  de  ' liqueur  de  Tartre, 
&  puis  précipité  la  te'müure  avec 
l’eau  d’Æum  ,  pour  fervir  de  ba- 
fi'à  fa  nobilijfime  Confié Elion  Æ^er- 
mes  quil  appelle  dans  fa  Pharma¬ 
copée  B-oyale  mais  que  ne  dirions- 
nous  point  contre  cette'  doElrine, 
fi:' le  deffein  que  nous  avons  fiait 
d’écrire  fucçinElement  ne  notes  dif- 
penfoit  de  montrer  au  doigt  tous 
les  defauts  qui  font  en  fa  dite  Con- 
JvSion  y  que  ’fobmets  pour  réfuter 
fo'n  magiEiere  du  EEermes,  qui  regar¬ 
de  de  pim  prez.  nôtre  fujet.  En 
premier  lieu  ",  il  employé  la  partie 
la  moins  noble  du  Kermes ,  comme 
il  a  éfé  cy-devant  remarqué  en  la 
ConfeElion  de  Hyacinthe  -,  fin  pro¬ 
cédé  nous  fait  conriottre  iey  fibien 
qu  ailleurs  qu'il  écrit  indifféremment 
des  •chqfis  tout  ce  qu’il  s’imagine, 
fans  aucune  expérience ,  comme  d’a- 
■voir  la  graine  de  Kermes fin 
fisc  en  fin  pouvoir ,  ainfi  qu’il  dit. 


comme  l’on  parle 
corps ,  c’efi  à  dire  de- 
prendre  celle-là,  au  lieu  de  celuys 
cy  -,  mais  encor  es  que  ne  dirons- 
nous  pas  d’entendre  difiourir  .ce 
grand  ChymiEie  avec  fin  Latin  em¬ 
prunté,  on  dirait  qu’il  poffe de  tou-' 
tes  les  plus  belles  lumières  de  la  - 
Chymie  ,  fi  les  fautes  quon  décou'- 
vr.e  dans  fin  travail  ne  faifiient 
voirie  contraire.  Quia  'jamais  -00% 
ny  o  'ùi  dire  ,  de  tirer  un  magi- 
fiere  d’une  excreiffance  vegetables 
qui  nefi  ny  gommeufi  ,  ny  mucila-i 
gineufe  ,  ny  refineufe  ,  telle  que  U 
pelicule  du  Kermes.  le  veux  bien 
qu’il  s’en  tire  une  teinElure ,  mais 
quen  la  précipitant  comme  il  en- 
fiigne  ,  il  s’en  fepare  me  matiè¬ 
re  en  fort  petite  quantité  ,  qu’a- 
pres  l’avoir  fait  fiieher ,  elle  n’au¬ 
ra  ny  la  couleur  ,  ny  l’odeur,  ny 
la  faveur  de  la  pelicule  du  Ker¬ 
mes  ,  non  pim  que  le  magiEleri. 
qu’on  tire  de  fin  fuc  deffeiché  de 
la  façon  fufdite  5  l’un  &  l’autre 
ainfi  préparés  font  auffi  infipideS . 
qu’une  terre  morte  ,  &  entièrement 
dèpo  'ùillés  de  leurs  qualités  G"  ver^ 
tm  :  &  au  contraire  leurs  quaîi^ 
tés  &  vertus  demeurent  dans  la 
liqueur  aprez.  la  précipitation  faitfi 
avec  celles  de  la  liqpeur  de  Tat- 
tre  &  de  l'Alum  3  de  façon  que  'je 
puis  hardiment  conclurre  ,  que^^  - 
que  Zvvelfer  appelle  MagiEiere, 
efi  d  ipropreme-nt  parler  wne  déféca¬ 
tion  ,  ou  feparation  des  impuretés 
de  la  teinElure  de  la  graine  du 
Kermes.  Arriéré  donques  U'n  tel 
Médecin  qui  pour  fatisfaire  et' fa 
pajfion  veut  pér.fuader  les  plus  cre^ 
dules  de  compofir-  un  ^rop  per- 


Livre  /;  SeBion  VL 

&-.de  préférer 
l'ombre  au 


Des-  EleBuaires  mob,  5  3  9 


mUitx  de  la  forte  ,  four  en  fai- 
re  me  îneilleure  Confe5iion  en  foh 
pays  &‘  ailleurs ,  ou  la  drogua  la 
pim  excellenta  d'icelle  j  manquent, 
que  celle  que  nom  leur  envoyons 
de  Montpe lier, qui  efi  la  terre  com¬ 
me  natale  de  la  JUedecine  où  tout 
y  abonde  ,  notamment  la  bafe  de  cet 
£le£luaire. 

Zvvelfir  aprez.  s' être  inutile¬ 
ment  lafsé  fans  fondement  ny  rai- 
fen ,  comme  nom  avons,  cy-devant 
dit  ,  pour  bannir  la  .foye  crue  de 
la  ConfeBion  Alkermes  ;  de  quel¬ 
les  raifons  qu.il.  ait  feu.  fe  fervir, 
fay  droit  non  pas.  de  dire  de  luy\ 
ce  qu'il  a  dit  de  Laurens  Cathei- 
Un ,  que  fin  difiours  n'efi.  que  Mai- 
ferie,  mais  que  fin  autherité  ne  fau- 
roit  prévaloir  fur  celles  de  Mefiiê, 
d'. Avicenne, de  Nicoiam  Myrepfiu, 
de  Valeriui  Cor  dus ,  ^  autres  que 
la  poTlerité  honorera  à  jamais-,  qui 
font  entrer  la  fiye  crue  dans  leurs 
plus  célébrés  compofitions  cordiales. 

Plus  Zvvelfer  s'attache  a  nô¬ 
tre  ConfeBion  ,  plus  U  s'y  embar- 
rajfe  ,Ü  dit ,  que  pour  fondre  i' Am¬ 
bre  gris  on  :  y  petit  ajouter  quel¬ 
ques  gouttes  d’huile  de  Canelle , 
Rofat  ,  ou  tel  autre.  Il  efi  fort 
peu  prévoyant  pour  un  homme  qui 
a  exercé  la  Pharmacie  d'elf ace  de 
feize  années  entières  ,  ainfi  qu'il 
dit  en  l'epitre  de  fin  Appendix: 

de  plus  encores ,  aprez.  avoir  en- 
fiigné  la  Chymie  en  Italie  ,  de  ne 
eonfderer  pas ,  que  de  mettre  fur 
quel  degré  de  feu  que  ce  fui ,  Vhui- 
le ,  de  Canelle  .  avec  l'Ambre  gris 
pour  le  liquéfier ,  que  les  pim  jpiri- 
fueufes  parties  de  lun  &  de  l’au- 
^^e  s' évanouir  oient  en  l'air ,  &  la 


ÇonfeBiqn  en  ferait  moindre  :  li¬ 
quéfier  .  l’Ambre  gris  hvee  l’huile 
Rojat  ",  ne  ferait  pas  moins  ridicu¬ 
le  &  inouy  ,  de  fie  fervir.  d’un  hui¬ 
le.  qui  ne  convient,  point  pour  pren¬ 
dre  intérieurement  ;  hormis  qu'il 
■voulut  entendre  ,  comme  \e>  veux 
croire  ,  de  celuy  qu'on  extrait  des 
Rofes  par  l'art  du  feu  ,  qui  efi. 
beadcoup  plus  rare  que  l'Ambre 
grisjmême  ,  &  .lie  ..convient  non 
plus  .à  cette  liquefiâBion.  que  ..les 
precedents  pour  être  d'une  ..fub- 
ftance.  trop  tenujè  &  ^fubtile qui 
s'envolerait  de  même  avec  lesiplus 
Jpiritueufes  parties- de  l'Ambre  gris-, 
que.  s'il  a  tant  de  paffion  pour  le 
le  liquéfier  ,  qu'il  fuive  l’intention 
de-Mefué.,  &■  qu'il  le  fa  fi  fon¬ 
dre  dans  le  Syrop  ,  comme  quel¬ 
ques-uns  pratiquent  :  il  .  le  firoit 
fans  doute  ,  fi  Cathelan  ne  l'avoit 
intimidé ,  quand  il  a  dit  dans  fin 
traitté  de  la  ConfeBion  -  Alkermes, 
qu'il  ny  a  que  Iny  qui  le  fâche  bien 
fondre ,  &  qu’Ü  ejt  extrêmement 
difficile  a  le  fçavoir  mêler ,  atifi 
efi-il  d  ceux  qui  ne  connqifint  pas 
la  nature  de  l’Ambre  gris  &'  cel¬ 
le  du  Syrop  ,  n’en  ■  déplaife  d  Cathe¬ 
lan  ,  il  a  eu  des  Collègues  qui  l’en- 
tendoient  pour  le.  moinss  au£i  bien 
que  luy .  fans  ofincer  fa'  mémoire  • 
fi  ces  paroles  ont  fait  quelque  im- 
prejfion  dans  l’eîprit  de-  Zvvel¬ 
fer  ,  &  quelles  luy  ayent  donné 
de  Happreherifion  ,  il  n'a  qu’a  le 
mettre  en  poudre  ,  ce  qu'il  fera,  fa¬ 
cilement  ,&fe  divifera  en  des-.par- 
ties-  beaucoup-plus  fubtiles ,  qu'on 
ne  fçauKoit ,  jamais  faire  ,  de  quel¬ 
le  façon  qu’on  le  liquéfié  dans-,  le 
Syrop ,  fans  craindre  qu’il  fe  gru- 
V  r  Z  méle-p 


540  Livre  î. 

■mêle  ;  &  de  la  forte  il  eonferve- 
ra  fans  comfaraifon  mieux  fes  ver¬ 
tus  quen  le  liqtiefant  la  di- 
firihution  s'en  fera  dans  nos  corps 
par  l'aide  de  ■  la  chaleur  naturel¬ 
le  plus  effcacement  j  car  cette  par¬ 
tie  la  plus  fuhtUe  qui  embaume 
Vaiv  en  le  liquefia-rit ,  celle-là  mê¬ 
me  reBamera  toutes  les  facultés, 
tant  animales  ,  vitales  ,  que  natu¬ 
relles  ,  comme  les  plus  aériennes  el¬ 
les  s'évaporent  les  premières  ,  & 
n'y  refîe  puis  aprez,-  que  les  par¬ 
ties  crajfes  &  pefantes.  De  dire 
quen  foudre  il  neft  pas  fi  péné¬ 
trant  à  l'odorat  ,  &  que  partant 
la  ConfeQion  en  fera  moindre ,  l'ex- 
perience  fait  voir  le  contraire  ;  fi 
on  fait  chauffer  la  Confeéiion  Al- 
kermes  diffoute  dans  quelque  liqueur, 
elle  rendra  pour  lors  une  odeur  in-, 
comparablement  plus  fuave  ,  par¬ 
ce  que  l'ambre  gris  contient  tous 


SeBïon  VL 

fes  eéfrits  ,  au  contraire  de  celle  ou 
il  aura  été  liquifié.  le  n'ay  rien  dit 
qui  ne  foit  aujfi  véritable  ,  qu'il  , . 
efi  aisé  de  le  vérifier  -,  l' expérience 
rendra  un  chacun  fçavant  qui  en 
voudra  prendre  la  peine. 

l'ay  laifsé  d'autres  petites  cho- 
fes  à  relever  fur  l'Animadverfion 
de  Zvvelfer  ,  comme  je  fsray  en-  ■ 
cor  es  fur  fon  Appendix ,  parce  que 
fan  premier  période  efi  un  abbregéy 
de  redites  ,ou  il  a  été  fuffifamment 
répondu  :  &  quant  au  fécond  & 
dernier  période  ,  quoy  que  fes  rai- 
fons  foient  paffablement  bonnes ,  la 
réponfe  que  j'y  pourrais  faire  ferait 
fant  difficulté  foùtenable  ,  tant  par 
l'experience  que  par  l'authorité , fi 
mon  déffein  n'étoit  de  finir  cette 
réponfe  qui  n'a  été  que  trop  longue, 
pour  reprendre  la  fùitte  des  com- 
pofitions  de  ^Autheur  de  cette  Ba- 
raphrafe. 


Des  EleBuaires  mois. 


Eleduarium  fcn  Opiata  Salomonis ,  D.  louberti. 


Corticts-  Citri  Sac- 

tu 

i» 

in 

in 

in 

;  in 

charo  cond. 

l'pmplo. 

dttplo. 

quddrH- 

fextu- 

oHuplo. 

■■  decuplo. 

1  duode- 

Saechari  folidi  fulve- 

1 

Ipk. 

plo. 

1 

Kuplo. 

rifati , 

Confervd  Rofarum  ru- 

ana. 

1'^%- 

Ixvj. 

'^xxxij. 

^xlviij 

llxiii}. 

Ixcv). 

trarm. 

i 

Jcetofü , 

ConfcrvA  Buglojft,  & 

ma. 

liiij. 

Iviij. 

fxij. 

Ixvj. 

i*- 

’^xxiiij. 

Helenij, 

ma. 

!/• 

liiq. 

Iviij. 

%xij. 

Mithridatij  veteris, 
ConfervA  fiarum  Rorif- 

3^i- 

^xÿ. 

mmm , 

ana. 

^xxiiÿ. 

^xxxvj. 

“^xlvitj. 

L. 

Zlx. 

^Ixxij. 

Seminum  contra  Ver- 

Or 

met  CT 

Citri  mmdati 
Cinnmomi,  & 

ana. 

§«• 

y- 

14 

Inq. 

14- 

Oirytfhyllorum, 

Radie.  DiBamni  albi 

ana. 

3î/' 

5»ÿ- 

^Viij. 

^xij. 

^xvj. 

'zxx^ 

^XXiii/. 

Seminis  Cardui  benedi- 

m  y&  j 

Corticii  G  tri  Jiecï , 

Ligné  Alo  'és , 

Grdamomi  minoris. 

ana. 

3»f?. 

5*V- 

3î/j. 

lix. 

^xq. 

'^xv. 

^XViij, 

Macii  y 

Radie.  Gentian&y  & 
Rafura  Grnu  Cerui ,  j 
Grana  Jmiperi  in  Ace- 

ana. 

3i- 

5h’ 

^iiq.  j 

34' 

m  j 

ZX. 

Zxq- 

to  Scillitico  per  m- 
Lteminfufa, 

n. 

XXV. 

n.k.. 

na.  . 

n.el.  . 

fl.  cc. 

n.ccl. 

n.ccc. 

Ryrup  Acetojitatü  Ci- 

j 

j 

tri  y  vel  Limonum 

1 

.  j 

^Hantum  fuffeit. 

louant. 

quant.  '  quant.  '* 

•quant,  quant. 

quant. 

quant- 

fhffic.. 

Fiat  Opiata. 

J 

Cuffic.  fuffic.  fitffc.  fuÆc,  fuffic.  Jfuffic. 

Tu  3 


3  42-  -Livre  l 

PARAPHRASE. 

CEt  Eleduaire  ou  0.piace  ,  a 
pris  le  nom  de  fon  inventeur ,  à 
nous  incertain  3  ainfl  nommé  excel¬ 
lent  Médecin  ,  à  ce  qu  on  peut  col¬ 
liger  de  cette  dèfciiption ,  méthodi¬ 
quement  coitipofée  iî  c’eft  celuy 
qui  a  compoféla  poudre  DiajreoSj  ou 
un  autre,  je  ne- le  puis  alEeurer.  le 
Tay  empruntée  de  la  Pharmacopée 
de  M.  loub'ert  ,  pour'  ce  qu'en  nul 
autre  Aucheur  elle  ne  le  trouve.  La 
b'alè  eft  l’écorce  de  citron  confite, 
&  feiche,  &  la  lèmence  ;  fà  vertu 
alexifaire  eft:  augmentée  par  le  Mi- 
rhridat ,  conferve  d’Enule  Gampa- 
ne  /&  deBuglofiè,  os 'de  cœur  de 
Cerf,  Gentiane  ,  Cardamome ,  Di- 
dfâm  ,"  femence  contre  les  vers  ,  &c 
de  Chardon  bénit.  Le  Macis ,  Ca- 
ncllé  ,  Gerofles,  &  bois  d’Aloës  y 
font  mis  pour  'fortifier  les  vilceres, 
&incifer,  atténuer  ,  &deterger  les 
matierès'craffés,  &  vifqueufès,  que 
la  graine  de  genevre  conduit  par  la 
voye  de  l’urine.  La  Cônferye  de  ro- 
fès',  fortifie  le  ventricule  par  fà  lé¬ 
gère  adftriétiod.  Laconlèrved’ozeil- 
le  ,  &  Syrop  de  limons  ou  de  ci¬ 
trons  ,'  avec  le  fùccrè  ■  eorrigent  leur 
chaleur  j  -réiident  leur  aélion  meilleu¬ 
re  ,  donnent  la  forme  &  confèrvenfc 
leur  vertu. 

LE  MELANGE. 

L’os  de  cœur  de  Cerfiimé,  fepul- 
verifera  facilement  avec  le  bois  d’A¬ 
loës  concallé  ,  les  racines  de  Gen¬ 
tiane  ,  Diétam ,  de  chardon  bénit ,  la 
Cànelle ,  écorce  de  citron  ,  gerofle. 


SeBion  V  L 

femences  de  genevre  ;  de  Citron,  ' 
contre  les  vers ,  Cardamome  &  Ma¬ 
cis  ,  le  tout  fùbtilement  pulverifé, 
&  tamifé  fera  ajouté  aux  confetves 
d’Enule  Campane  ,  &  écorces  de 
Citron  confites  &  battues  en  un 
mortier  de  marbre  à  part  :  puis  on  y 
ajoutera  le  Mithridat  ,  les  autres 
confier ves  ,  &  fuccre  pulverifé  à 
part.  Aprez  on  y  ajoutera. du  Sy¬ 
rop  ,.  telle  quantité  qu’on  verr» 
être  neceflàirc  pour  luy  donner 
corps ,  &  çonferver  le  tout ,  pour 
s’en  fèrvir  en  temps  de  pefte,  &  con¬ 
tre  les,  vers &  pourriture  des 
humeurs.  -ÿ;, 

LES  FAcrLTEZ:^ 

Elle  convient  aux  maladies  pefti-^. 
lentes  &c  contagieulès  ,  conoborë 
les  parties  nobles  ,  chafre  lapourrK 
ture ,  tuë  les  vers  ,  allégé  les  nau- 
fées  &  envies  de  vomir ,  &  fortifié 
ceux  qui  font  foibles  de  quelque  cau- 
fe  que  ce  foie.  " 

REMARQ.VE. 

C'^Omme  i'Op^ate  Salomonù  efi' 
^ort  ujitée  a  Montpelier,&  qM 
sy  en  débité  beaucoup  pour  envoyer 
dehors ,  'fay  doublé  jufques  a  doute 
fois  la  defeription  ,  mur  les  raifi'nf 
cy-devant  dites  :  ér parce  qu  il  rna‘ 
femblé y  avoir  quelque  chofe  à  redi¬ 
re  fur  les  dofes  de  certains  infre-^ 
diens,  quil  f  avoitplui'd'appare^' 
ce  quelles  avoient  été  dépravées. f 
que  réglées  de  la  forte  pdrfon  inven¬ 
teur ,  je  les  ayajuftées  mife^' 
en  meilleur  ordre ,  fans  neantmmy 
avoir  en  rien  dérogé  aux  qualitit.' 


Des  Ele  Suaire  s  mois,  343 


vertus  de  ladite  comfofition  ,  & 
enfajfant  ,  l‘Artifie  fera  adverty 
quilnen  pretende  canfe.d'ig- 
neranee  pefera  les  ingre- 

diens  de  ne  faire  la  livre  que.  de 
dûuz.e  onces, &  non  de  feiz.e,  com¬ 
me,  laplui  grand  partie  ont  accou¬ 
tumé  de  faire  ,  la  demy  livre  ,  le 
quart, &  le  demy  quart  à  proportion', 
cefl  ainfi  qu’il  le  faut  pratiquer ,  en 
qtte  compofition  &  en  toute  autre, 
à  moins  que.  par  exprez.  l‘Autheur 
s’enfut  expliqué.  Vay  voulu  donner 
cét  avis  fçachant  de  la  fa^on  que 
beaucoup  s’en  acquirent  ,  les  uns 
feignent  de  fçavoir  quel  efi  nôtre 
poids  de  Médecine  ,  les  autres  l’ig¬ 
norent.  tout  à  fait ,  J  &  voila  de  la 
forte  ,  comme  le  public  efi  trompé, 
particulièrement  en  cette  compofi- 
tion  ,  ainfi  que  ’fay  remarqué  che^ 
quelques  avares  &  cupides  ,  & 

en  .  d’autres  rencontres  plus  im- 
pPKtans. 

Bauderon  &  DurenoU  difenf 
avoir  emprunté  cette  defcription  de 
la  Pharmacopée  de  loubert ,  &  pro¬ 
ie  fient  ne  V  'avoir trouvée  ailleurs,^!' 
fi  bien  ils  ayent  obfervé  les  defes  des 
ingrédient  pour  la  moitié  de  la  dite 
defcription,  ils  ont  pourtant  omis  à 
defein  ou  autrement  la  préparation 
du  Semencontra ,  que  loubert  de¬ 
mande  en  propres  termes  ,  Seminis 
contra  praparati ,  fans  neanmoins 
expliquer  la  préparation  d’iceluy. 
Amatus  Lufitanus  le  préparé  de 
la  forte  :  aprez  l’avoir  bien  mondé  & 
netfoye  de  toute  forte  d’ordures-,  il:. 

deu.Y  ou  trois  heures  durant . 
dans  du  fort  vinaigre  ,  aprez  le 
"ncrfe,  par  inclination ,  &  fait  fei- . 
f  er  la  fernence.:  yefiime  que,  quand 


on  le  préparera  de  la  forte,  qu’il  nen 
fera  que  mieux  ,  ou  bien  au  lieu  du 
■  vinaigre  ,  qu'on  le  fera  infufer  dans 
du  fuc  de  limon'depuré  ,  qu’il  fera 
deuément  préparé. 

Ceux-là  font  à  réprendre  qui  au 
lieu  de  mettre  le  fuccŸe  dans,  la  pou¬ 
dre  ignorent  l’intention  de  l’Au- 
theur  ,  augmentent  la  dofe-  de  beau¬ 
coup  ,  &  le  cuifent  avec  l'eau  com¬ 
mune  en  Syrop  ,  pour  en  incorporer 
la  poudre ,  &  cr’oyent  'que  le  Syrop 
de  Limon  y  efi  mis  tant  feulement 
pour  en  humeSler  l’écorce  de  Citron 
afin  quelle  fe  puijfe  mieux  piler  & 
pajfer  par  le  tamis  renverfé  avec  les 
Conferves ,  puis  mêlent  le  tout  en- 
fiemble.  ^  '  • 

Ceux-cy  doivent  être  tresfièvere- 
ment  repris,  qui  au  lieu  de  l’écorce 
de  Citron  confite  au  fitccre  &  au 
fec  .,  y  fubfiituent  par  une  avarice 
detefiable  les  écorces  de  Lirnon  con¬ 
fites  au  liquide  le  plus  fouuent  au 
miel  ;  Et  que  dirons'-  noufi' ie  ceux- 
là' que  la  même  avarice  les  porte 
aüffi ,  au  lieufie  la  dite  écorce  de 
Citron,  d’y  mettre  des  Noix  c  on  fi-,  ^ 
tes  au  miel  :  à  la  vérité  &  les  uns 
&  les  autres  devr oient  être  punis  & 
fequefirez  delafocieté  des  hommes, 
comme  on  a  veu  autrefois  pour-:  de 
femblables  Jujets ,  ainfi  que  rappor¬ 
tent  Saladin,  &  Nppolaifs.Prapofitm 
au  premier  chapitre  (des  conditions 
que  l'Apothicaire  doit  avoir  )  dans 
foh  Dïfienfaire, 

Le  modus  faciendi  de  Bauderon 
doit  être  obfervé.  .  ' 


Ele 


144 


Livre  1.  SeBion  VL 


Elcduarium  de  Baccis  Lauri, 
D.  Rhafis. 

y:,.  FoUorum  Rut  et  Jîccorum,  drach. 
decem. 

Sagapeni,  drach.  quatuor. 
Opopànacü,  drach.  trcs. 

Caflorei  , 

Baccarum  Lauri , 

Acori  vert, 

Seminum  Ameos. 

Cymini, 

Leviflici ,  ' 

NigelU  Romana ,  ’ 

Carui  , 

Alexandrini , 

Dauci  Cretici , 

Piperii'mgri ,  & 

Longi , 

Arftygdalarum  amararum. 

Orïgani , 

JiLeuïaflri  ,fing.  drach.  duae. 

BFeéis  deffumati  &  coSti  omnium 
par  pondue  j  fiat  ex  arte  EleStua- 
rium.  Dofis  erit  Nucis  Avella- 
net  infiar  ,  cum  deco6io  conve- 
nienti. 

P  ARAPHRASE. 

CEt  Eleânaire  a  pris  le  nom  des  , 
Bayes  de  Laurier  ,  lequel  eft  dé¬ 
crit  par  fôn  Autheur  Rhafis  auneuf- 
viéme  livre',  qu  il  a  dédié  au  Roy  des 
Perfes  Almanîor  Ion  Mecenas  ,  cha¬ 
pitre  7i.  La  baie  les  fueilles  de  Rue 
îèiches  miles  au  commencement. 
Leur  faculté  incifive ,  attenuatiye ,  & 
confbmptive  des  vents ,  qui  s'engen¬ 
drent  en  nos  corps ,  par  relolution  du 
phiegme  yifqueux  retenu'au  ventricu¬ 


le,  &  inteftins ,  eft  augmentée  par  le 
Caftor,  femences.  Bayes  de  Laurierj& 
herbes  :  les  gommes  &  amandes 
amercs  y  font  mifes  pour  detergcr  tel 
phiegme  :  le  Poiyre ,  &  Acore ,  forti¬ 
fient  le  ventricule  ,  &  tous  les  vifoc- 
res  :  le  miel  deterge ,  donne  la  faveur, 
rend  l'aéfion  meilleure ,  conferve  le 
tout.  Ceux  qui  contre  l’intentionde 
Ibn  autheur  doubleront  ou  tripleront 
la  dolè  du  miel ,  feront  un  Eleéliiaire 
plus  foiblc  :  car  la  force  ne  provient 
pas  du  miel ,  mais  des  autres  ingre- 
diens. 

LE  MELANGE. 

Les  Gommes,  &  le  Caftor icy  mis. 
en  petite  quantité  incifées  par  petits 
morceaux  ,  facilement  fe  pulverife- 
ront  avec  tons  les  autres  ingrediens 
coneallèz  enfcmble.  Icy  n’ett  befoin 
de  tant  fubtilifer  les  poudres, que  pour 
plufieurs  autres  Eleétuaires ,  pour  les 
raifbns  déclarées  au  cqmmencement 
de  la  quatrième  Sedion.  Au  miel  écu- 
mé,  &  cuit,  pefé,  &  encore  chaud  (la 
balîîne  ôtée  de  delfus  le  feu)'  on  y  mê¬ 
lera  peu  à  peu  les  poudres  :  puis  le 
tout  fera  gardé  au  befoin.  La  dofe  eft 
de  la  groflèur  d’une  avellaine,avcc une 
once  de  vin  vieil  &  tiède ,  on  une  dc- 
codion  incifive,  atténuative  du  phieg¬ 
me  &  confomptive  des  vents. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  eft  profitable  à  la  colique  &  ü* 
liaque  palIîon,aux  douleurs  des  in¬ 
teftins  procedans  de  crudité  ,  Sc  de 
vent ,  aux  borborigmes  &  murmures 
du  ventre,  &  à  ceux  qui  font  des  rods 


Des  Elecîùaires  mols>  545- 


remarqve. 

CEt  EleBuaire-  efi  décrit  par 
Rhafis  au  chap.j  2 .  de  colica  & 
illiaca  pajfioae ,  iiu  neufviéme  livre 
fm  allégué  de  la  pratique  de  loan- 
nes  de  Tornamira  ]adù  célébré  Chan¬ 
celier  en'l'Vhiverfité  de  Medecine 
de  Montpelier,  &  non  au-.j  i .  comme 
Bauderon  le  cite. 

Il  efi  aujfi  à  remarquer  que  dans 
la  defcription  de  l'Authettr  de 
la  Paraphrafe  ,  il  s'jt  trouve  une 
faute  confiderable  ,  fur  ce  quil 
mue  fait  lire  Carui  avec  cette  ad¬ 
dition  Alexandrini  ,  quil  prend 
pour  m  feul  fimple  ,  &  neantmoins 
en  ce  rencontre  ,  ils  en  fignifient 
deux  &  en  fritte  Petrofelini.  laco- 
buiManlim  en  fon  Luminare  md]m, 
&  quelques  autres  nous  font  voir 
l'erreur  être  double  ,  parce  ejuen  li- 
fant  fmplement  Alexandri  ouAle- 
xandrini ,  U  vaut  autant  que  fi 
nom  lifions  avec  les  Interprétés  de 
Rhafis Serninis  Alexandrini ,  qui  efi 
lafemence  de  l’herbe  d'Alexandre 
que  JlSatthiole  appelle  Smyrnion, 
a  caufe  que  la  femence  a  la  faveur 
de  la  Myrrhe  ,  d'autres  Apium 
Macedonicum  ,  dfc.  Et  Cari  ou 
Carui ,  comme  chacun  fait  ,  efi  la 
femence  non  pas  des  Carotes ,  cern- 
difent  les  Moines  en  leur 
Commentaire  fur  Mefué  j  mais 
dune  plante  qui  rejfemble  au  Pa- 
ftinaca  fylvefiris.  La  meilleure 
"Vient  de  La  région  de  Carie ,  d'où 
quelques-uns  efiiment  quelle  a  pris 
ff  dénomination  &  Bauderon  ne 
étant  point  apperceu  de  ce  Syno- 
ttme  a  creu  que  le  mot  d' Alexandri 


ou  Alexandrini ,  avoit  été  ajoûtf 
par  excellence ,  a  celuy  de  Carui,  & 
ainfi  il  a  retenu  deux  noms  dans  fa 
defcription  qui  fignifient  le  Carui 
d' Alexand'rie ,  &  a  été  frivy  de 
quantité  d'autres^  utheurs  Phar- 
rnacographes  ,  d  quoy  l'Arti^e  doit 
prendre  garde,  l’ay  remis  la  defcrip¬ 
tion  en  fon  entier  frivant  Rhafis. 

Des  Bayes  de  Laurier ,  il  nen 
faut  prendre  que  l'écyrce  ,  comme 
notu  avons  cy-devant  dit  en  la,  Re¬ 
marque  de  la  Thériaque  Diataf- 
faron.  , 

Dans  cette  compofition  &  généra¬ 
lement  en  toute  autre ,  tant  interne, 
qu'externe,  il  faut  mettre  les  gemmes 
en  poudre  avec  les  autres  ingre-, 
diens, parce  qu'en  les  diffolvant  danr 
le  vin  les  parties  les  plus frbtiles  d'i¬ 
celles  s'évaporent  ,  &  diminuent 
beaucoup  de  leur  vertu. 

Cy-devatit  p  ne  m'étois  point  ap,- 
perceu  que  Rhafis  ne  demande  qu  au¬ 
tant  pefant  de  miel  qu'il  y  a  de  pou¬ 
dres  pour  donner  la  forme  d  cet  Ele- 
Ituaire  j  )e  dis  qu’on  ne  le  f  aurait 
garder  en  forme  liquide .,  comme  les 
autres  \  fi  on  ne  triple  le  miel,çfi pour 
lors , il  faudra  augmenter  la  dofe  fui- 
vant  que  le  mal  le  requerra. 


Confedio  Anacardinaj  D.McC 

y:.  Tiperis  pigri ,  & 

Longi , 

Myrobalanor.  Cepulartm^ 
Embliçarum ,  - 
Bellericarum , 

Jnddntm  , 

lunde  bedufier,  id  efi,Cafiorei  ,fing. 
drach.  duos , 

Cy 


XX 


3  4^  L 

Cyperi.,  drAch.  quatuor. , 

■Cofii  Qindidi  ex  Arabia  y 

■^At}acardij ,  ■ 

Zuchari ,  fin  Sac'chari  %tbqrzet , 
id  efiyoptimi  , 

Burungi ,  vel  Berungi  cum  Avi- 
cennu  ,  - 

Baccarum-  Lâuri ,  finguL.  drachm. 

Butyri  vaceini ,  & 

Mellii  defiumati,  utriufij. pares  por- 
tiones,  vel  mriufque  uncias  quin- 
que  &  fimijfem. 

Scholia  fuper  Burungi, 

Ber  Burungi  ,  vel  Berungi ,  qnid 
intelligat  Me  filé  non  efi' faci¬ 

le  judicare  ;  quandoquidem  non 
conveniunt  Authores.  Alij  Cu- 
bebas  :  alij  femen  Eruca  :  alij 
Melanthiij  ;  alij  Melijfa  ejfe 
'■■■■  autumant  r  utrurn  borum  fumât 
Pharmacopaus  y  partim  refert, 
quod  fingula  caleant  tertio  ordi- 
ne ,  &  titulo  affeUibsfi  enunciatis 
quàdrent. 

BARAPHRASE. 

MEfîié  décrit  eecte  Confe(3:ion> 
ou  Elediiairc  Anacardine  ».  à 
la  fin  de  la  lèconde  partie  j  de  la  pre¬ 
mière  diftindion  ,  laquelle  il  a  em¬ 
pruntée  de  mot  à  mot  d'Avicenne  li¬ 
vre  .£im.  i.  traitré  i.  hormis  qu'il 
ne  fait  mention  des  Myrobalans  Ce- 
pnles.  La  bafe  font  les  Anacardes  , 
dont  cet  Eleduaire  a  pris  Ibn  appel¬ 
lation  :  leur  vertu  incifive  &  atténua¬ 
tive  du  phlegme  cras ,  épais  retenu  au 
cerveau»  ventricule  &  inteftins  ^eft 
augmentée  par  le  Cofliis  »  Caftor  » 


SeBion  VL 

Burungi  ,  ou  la  femence  de  Melan- 
thium ,  ou  de  Melillè  :  la  ednfomp- 
tive  de  la  matière  flatulente,  eft  aug¬ 
mentée  par  le  Poivre  ,  &  Bayes  Je 
Laurier  :  la  deterfive  par  le  fccere, 
&  miel  :  le  Cypere  &  Myrobalans 
y  font  mis  pour  corroborer  les  vifee- 
res  par  leur  aftridion  ,  &  reprimer 
la  tenuité  de  la  bafe  ,  &  des  autres 
mcdicaraens  chauds  :  le  Beurre  pour 
addoucir,  &  corriger  l’âprété  &  ficci^é 
de  toute  la  compofition.  Ainll  donc 
bien  accompagnée  de  corredifon  ne 
doit  pas  craindre  qu’elle  caufe,  fiè¬ 
vres  ephemeres ,  ou  hediques,  ou  pu¬ 
trides  :  pourveu  qu'on  n'excede  trois 
drachmes  pour  chacune  prife. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  eoncaircr  le 
Cypere ,  &  Coftus  :  puis  on  y  ajou¬ 
tera  le  Caftor,leslèmences,&  Myro¬ 
balans  qu'on  pulverilêra  enfemble. 
A  part  il  feut  piler  les  Anacardes 
mondez  de  leur  écorce,  &  le  fuccre, 
puis  mêler  le  tout,  cela  fait ,  on  pren¬ 
dra  la  quantité  requilè  de  miel  blanc 
&  écume,  auquel  on  ajoutera  fenibla- 
ble  poids  de  beurre  frais ,  &  non  falc, 
&  bien  purifié  :  puis  la  bailine  otee 
de  defliis  le  feu ,  on  y  ajoutera  peu  a 
peu  les  poudres.  Les  Anacardes  ont 
pris  leur  nom  de  la  fîmilitude  qu'ils 
ont  au  cœur  d’vn  oyfcau  ,  fort  fecs 
pour  être  apportez  de  loing ,  comme 
de  Cananor,CaleciiC,Carobaya,&  Dç" 
cam,  pays  des  Indes  Orientales,  parla 
navigation  des  Portugais  ,  &  Elpag" 
trois.  On  nous  en  apporte  auffi  de  la 
Poüille,  &  Sicile.  La  partie  principa¬ 
le  d'iceux  confifte  en  une  liqueur  Re- 
fineufe,  qui  eû  entre  les  deux  écorces. 

^  ■  Ceux 


Eïeâuairej  Tfi'ols,  3.47 


Ceux  qui  auront  moyen  de  recouvrei; 
des  Anacardes  reçens  ,  ou  voudronc 
prendre  la  peine  de  les  concafler  , 
tremper  en  eau ,  les  boiiillir,  &  amaf- 
fer  eequi  nage  par  defliis  ,  &  y  met¬ 
tre  telle  liqueur^  leur  Confcdlion'aura 
plus  de  force,  qu'étant  faite  avec  les 
noyaux,  qui  ne  iont  chauds  au  fécond 
degré  complet.  L’Antidote  des  Ana¬ 
cardes  ,  c  eft  le  laid  de  Vache ,  du 
l’huile  de  noix,  beu  aprez,  fi  on  trou- 
voit  par  expérience  qu’ils  fuifent  vé¬ 
néneux,  comme  quelques-uns  l’alFeu- 
rent  :  de  moy  j’en  doute. 

LES  F  ACVLTE  Z. 

Il  eft  propre  aux  indifpofitions 
froides  de  tout  le  ventre  inferieur ,  ôc 
du  cerveau ,  purifie  le  fàng,  &  par  ce 
moyen  l’efprit  animal  en 'étant  plus 
pur  &  fiibtil ,  rend  tous  les  fins,  l’i¬ 
magination,  l’intelled,  &c  la  mémoi¬ 
re  plus  vifs ,  fortifie  ôc  donne  un  bon 
teint  à  tout  le  corps. 


on  leur  donne  diverfes  interpréta¬ 
tions  que  .je  pajferajt  fans  m'y  arrê¬ 
ter  que  fur  celuy_  de  Berungi ,  pour 
lequel  il  faut  entendre  l'Ocymura 
aquaticum  &  rejetter  toutes  les  au¬ 
tres  expliquations  quon  leur  donne, 
comme  contraires  a  l'intention  d'A¬ 
vicenne  ,  inventeur  de  cette  com- 
pofîtion ,  qui  en  décrit  les  vertus  en 
fon  livre  i.  chap. lo  y.  fout  le  mm 
de  Bedarungi  qui  efi  la  plante  quon 
appelle  Irinut ,  ou  Ocymum  aquati¬ 
cum  Matthioli. 

Mefué  &  autres  défendent  l'ufa- 
ge  de  la  CenfeHion  Anacardine 
avant fix  mois  ,  d  caufe  de  l'acrimo¬ 
nie  &  malignité  des;  Anacardes, 
quils  y  employent  fans  préparation: 
peur  abbreger  ce  temps  ^  éviter 
tels  inconveniens ,  il  efi  d  propos  de 
les  préparer  ,  comme  pratiquent 
Mejfieurs  les  Médecins  d' Au fiqur g 
en  leur  Pharmacopée  ,  &  par  ce 
moyen  l'ufage  en  fera  plutôt  permis 
fans  aucun  danger. 


REMARQ.VE. 

LEs  Interprètes  des  Arabes  ne 
font  pas  toujours  conformes  in 
la  traduHion  de  certains  mots,  com¬ 
me  nous  voyons  bien  fouvent  dans 
quelques  deferiptions  des  compofi- 
tions  qui  leur  appartiennent  ,  par 
exemple  dans  la  ConfeHion  Anacar¬ 
dine  le  mot  de  Burungi,  vel  Berungi, 
que^  nôtre  Paraphrase  a  retenu  fe 
trouve  altéré  ou  changé'  dans  d'au¬ 
tres  Pharmacopées  en  Bederugi ,  Be- 
derongi,  Buderongi  ,  Bederingi ,  Be- 
nngi  ,  Berongi ,  &  Bodaringi ,  tous 
lefquels  mots  ne  devraient  fignifîer 
qnün  même  fimple  ,  &  neanmoins^ 


Micleta,  D.  NicoI.Alcxand. 

Myrobalanor.  pitre  arum, 
Indarum ,  & 

Cepularum  , 

Séminis  Cardami ,  id  efi ,  Nafiurcq, 
fing.drach.duai'&femijé. 
Myrobalanor.  B'ellericarum,& 

Emblicarum,vtriufq.  drachm. 
duos. 

Semînum  Cyrnini , 

Anifi,' 

'  Ameos , 

Carui  ,& 

F&ntculi  ,fîng.drach.  unam 
feniffi. 

Xx  2  My 


Xx  2 


348  Livre  L 

MyrobàUni  ab  ojjjbus  purgat^  Jh- 
'■  pertegulam’/hjel  batiHum  ckndens 
ajfentur  ,  &  Jimul  pulverifentur. 
Reliqua  ajpergantur  Aceto  &  hu- 
meStentur  per  ni)£hem  :  mane  ex- 
ficcentur ,  &.  ajfenUir^  donec  vi- 
deantur  denigrdri  ,  mod,o  non 
urantur.  Tandem  pulverifentur, 
&  mifceàntur  Myrebalanis  & 
pulveri  fequenti, 

^.Spodij, 

Balaufiiornm , 

Smmch , 

Maftiches  (  hu‘]m  meminit  Myrep- 
fm)& 

Gimmi  uirahici ,  fing.  drach,  matn 
&  gran:  xv. 

Fricentur  omnia  Oleo  Rofato  ,  & 
excipiantnr  Syrupo  jÇfyrthino  , 
ujhi  reponantur. 

F  ARAP  HRASE. 

SAlerniranus  a  empranté  cette 
defcription  de  '■  'N  icolaus  Myrep- 
fiis  Altxanddnns  au  premier  des 
Antidotes  chapitre  aco.  laquelle 
pour  être  dépravée  ,  nous  ne  l’a¬ 
vons  pas  voulu  Itiivre-  Micleta  lig¬ 
nifie  lèlon  Salernitanus  meme  >  ex¬ 
périmentée  au  flux  démefiiré  du 
flege  ,  &c  Hemorrhoides  ,  la  cau- 
fe  auparavant-  ôtée.  La  bafe  font 
les*  Myrobalans  i  la  vertu  purgati¬ 
ve  delqtiels  eft  ôtée  par  l’allàtion 
ou  torrefiiétion  :  '  leur  adftriétion 
icy  requife  ,  effc  augmentée  par  le 
Spode  a  Sumach  i  Bàlauftes  ,  Ma- 
ftich  ,  &  gomme  Arabique.  Les 
ièmenccs  y  font  mifes  pour  inci- 
fer  ,  atténuer  le  phlegmc  épais  , 
qui  aux  inteftins  retient  la  bile ,  & 
la  conduit  par  la  voye  de  hirine. 


Seüion  VL 

&  pour  confiimer  les  vents.  loint 
qu’elles  acquièrent  une  tenuité 
plus  grande  ,,  par  leur  infurion 
au  vinaigre  ,  &  torrefaftion ,  afin 
de  faire  penetrer  la  craiîitie  des 
Myrobalans  ,  &c  medicamens  ad- 
ftringents.  L’huile  rolàt  y  eft  itds 
pour  corriger  l’àpreté,  ficcité,  & 
l’empyreume  ,  tant  de  la  bafe ,  que 
fèmences  ,  acquilè  par  l’alfadon: 
le  Syrop  Myrthin  mis  au  triple  du 
tout  donne  la  forme  i  rend  l’aétion 
meilleure-  ,  augmente  l’aftriébion 
des  autres  ,  &  conlèrve  le  tout  au 
belbin, 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  infufer  toutes 
les  lèmences ,  une  nuiét  entière  avec 
peu  de  vinaigre  ;  puis  le  lendemain 
les  torrifier  mifes  en  forme  de  pâte 
fiir  une  tuile  ,  ou  pelle  à  feu  cliaudej 
en  les  remuant  avec  une  Ipatule 
jufqu’à  ce  qu’elles  commencent  à 
noircir,  aprez  on  les  pilera,  les  Myrb- 
balans  fèparezde  leurs  os,  foontde 
même  torrifiez ,  pulverilèz ,  &c  mê¬ 
lez  avec  les  fèmences  ,  &  poudres  de 
Sumach  ,  &  de  Balauftes  enfemble 

Eilvcrifez  :  comme  à  part  le  feront 
Sjpode,  Maftich,  &  gomme  Arabi¬ 
que.  Cela  fait,  étant  mifes  au  mor¬ 
tier  ,  on  y  ajoutera  l’huile  rolàt ,  pour 
les  frotter  long' temps,  avec  le  pilon, 
ou  entre  les  deux  mains  :  apres  on  pe- 
fèra  trois  fois  autant  de  Syrop  Myr¬ 
thin,  qu’on  chauffera ,  pour  peu  àpeu 
y  ajouter  les  poudres ,  &  le  tout  gar¬ 
der  en  fon  pot ,  au  temps  de  la  ne- 
ceffité. 

LES 


D&s  Tablettes  oti  EleBuair&s  folidùs.  349 


les  eacvltez. 

Elle  convient  3  à  caufe  de  ion  ad- 
ftridion  >  à  toute  forte  de  flux  de 
ventre  &  des  heraorrhoydes ,  &  aux 
inflammations  des  inteflins. 

remarque. 

compojïtion  de  Micleta 
jefi  de  NicoLans  Alexandrinus, 
chapitre  62,6.  &  non  de  Salernita- 
nus  ,  ny  de  JlLyrepJus  ;  fi  elle  efi 
diverfement  décrite  dans  les  Difi- 
penfaires  ,  cette  différence  procédé 
de  ce  que  les  ms  l’ont  tirée  de 
Nicolaus  Myrepfus  ,  &  les  autres 
de  Nicolaus  Salernitanus. 

Avant  terrifier  les  Myrobalans, 
il  les  faut  piler  greffier ement  & 
prendre  garde  en  les  terrifiant  quils 
ne  brûlent  :  les  fiemences  fieront  tant 
fiulentent  arreusées  &  non  infu¬ 
sées  avec  du  fart  vinaigre  &  Jeu- 
vent  remuées  afin  quelles  [oient  pé¬ 
nétrées  de  tous  cotés  ,  &  pendant 
qu  elles  feront  fur  le  feu ,  il  faut  te¬ 
nir  l’œil  que  la  couleur  ne  fe  chan¬ 
ge  point  3  car  fi  ellefe  change ,  c’efi 
une  marque  certaine  que  le  feu  les 
altéré.  Faut  auffi  tres-exaâenient 
ohferver  avant  que  fiotter  les  in- 
grediens  avec  l’huile  Rofat  quils 
[oient  en  poudre  groffiere  ,  &  de 
n’y  mettre  pas  beaucoup  d’huile  ;  il 
faut  qu’il  y  feulement 

pour  humcBer  tant  [oit  peu  leur 
grande  ficcité  pour  ernpecher  qu’ils 
n‘ adhèrent^  point  ny  d  l’eftomachy 
ny  aux  inieSiinsy  que  fi  on  y  en  met 
pus  qu’il  fig  lEleBuaire  ne 

fira  pas  tout  l’effet  qu  an  luy  (Utri. 


hué  3  au  contraire  au  lieu  de  re- 
ftreindre  ,  il  lubrifiera  &  maintien¬ 
dra,  le,  flux  de  ventre.  ■ 

•'■m-  ’î^-  4-  -ss-j- 

SECTION  VII. 

De  Tahellis  in  genere. 

I  bien  il  fomble  que  rAutheiir 
Wi.i  de  la  Paraphrafo  n’ait  rien  obmis 
pour  rornement  de  fa  Pharmaco¬ 
pée  3  afin  de  la  rendre  plus  iiniver- 
ièlle  par  1  aflèmblage  qu’il  y  a  fait 
d’un  grand,  npmbre  de  compofitiohs, 
qui  excede  preique  toutes  les  au¬ 
tres  ,  &c  que  parmy  icelles  il  y  err 
ait  beaucoup  qui  font  inutiles  à  nô¬ 
tre  égard  ,  il  l’a  laiisée  neantmoins 
defedbueufe  de  quelques  autres  com- 
poiîtions  3  lefquelles  fans  doute  de' 
fon  teins  n’étoient  pas  d’ufàge  iî  fre¬ 
quent  qu’à  prefent  3  ce  qui  rri’a  obli¬ 
gé  de  les  y  ajouter  3  comme  font  le 
luccre  Rofat  »  le  foccrc  d’Alchæa  3  les 
Tablettes  d’Alkermes3avec  lelquellcs 
j’ay  joint  les  foivantes  que'j’ay  ti¬ 
rées  de  l’endroit  ou  Baiideron  les 
avoit  placées  pour  en  faire  une  Se- 
élion  particulière  qui  font  le  Manus 
Chrifti  perlata  ;  &  bien  que  kde  foc- 
coRofarum,  le,Diacarthami3Ôc  le  de 
Citro  folutif  3  foient  d’un  ufage3  & 
de  vertus 3  bien  differentes  des  au¬ 
tres  3  à  raifon  de  leurs  effets  3  je  les 
ay  mis  en  la  meme  Seélion ,  &  logé 
entre  les  Eleétuaires  mois  ,&  les  pur¬ 
gatifs,  comme  l’endroit  qui  m’afem- 
bïé  le  plus  propre.. 


Xx  5 


Saedu 


350 


Livre  L  Se^ion  VH. 


Saccharutn  Rofatum. 

Sacchari  albijjîmi ,  une.  fex- 
decim. 

Aqus  Rofarum  'eptim& ,  une.  fex. 

Quantité  d'Autheurs  ont  négligé 
d'inferer  dans  leurs  Pharmacopées 
notre  .fuccre  Rofat,pokr  nétrt  com¬ 
posé  que  de  deux  ingrediens  ,  qui 
efi.  la  cAufe ,  comme  je  crôy  en  par¬ 
tie  ,  que  certains  de  parmy  nous, 
portés  de  peu  de  çharité  pour  leur 
prochain  ,  en  ont  grandement  abu¬ 
sé  ,  eé}"  en  abufent  tous  les  purs  en 
le.  compofant  ,  ce  qui  m"a  émeu 
avec  fin  ufage ,  qui  efi  fort  fre¬ 
quent  d'ajouter  cette  formule  dans 
ce  Diéfenfaire  ,'pour  tâcher  de  ra¬ 
mener  les  dévoyés ,  bien  que  de 
quelle  fa^on  qu’on  y  procédé ,  ce  fe¬ 
ra  toupurs  un  remede  de  petite  ver¬ 
tu,  dont  le  mélange  fera  tel  j  Qu’on 
prendra  fiizx  onces  de  fuccre  fin 
dr  bien  fie  en  poudre ,  avec  fix  ou 
Sept  onces  pour  le  plus  de  bonne  eau 
Rofe  effincifiée  ,  p'  n’entend  point 
de  celle  qui  efi  tirée  des  Rofes  fer¬ 
mentées  ,  mais  de  celle  qui  efi  ar- 
tiSie'ment  tirée  avec  l’ejfence  par 
le  refigeratoire ,  aprez,  on  les  fera 
cuire  enfimble  fur  un  petit  feu,  fufi 
ques  à.  la  première  cuite  de  fuccre 
Rofat  ic’efi  â  dire  que  de  feiz.e  on¬ 
ces  de  fitecre  ,  il  y  en-  doit  avoir 
dix-huit  onces  en  tablettes ,  &  dans 
ces  deux  onces  d’augmçnt  ,  c’efi  là 
où  gtt  toute  la  vertu  de  l’edu  Rofe, 
qui  efi  quelque  fois  le  fujet  qu’on 
le  donne  en  chef-d’œuvre.  Le  fuccre 
Rofat  n’efi.,  ny  adïirigent,  ny  incraf- 
fant }  comme  L’on  s’imagine. 


Diamargaricum  fîmplex  ,  feu 
Manus  Chriftijcum  Perlis: 
inceiti  Audoris.  '  ' 

JMéargaritarum  fuper  ptrphy- 
rium  fubtilijfmè  tritar.  une.  di- 
mid. 

Sacchari  optimi  aqua  Rofarum,  vel 
Bugtofii  foluti  &  coéH,lib.'unam: 
fiant  rotula  parvi  digiti  figprà, 
vel  tahella  ufui  necefiarim. 

PARAPHRASE.  ; 

CEt  Elcdiiaire  eft  de  l’invention 
des  modernes ,  qui  luy  ont  im¬ 
posé  le  nom  des  Mains  de  Chriffi, 
pour  fa  grande  vertu ,  Epitliete  mal 
adapté  :  poiirce  que  la  proportiop 
&  fimilitude  d’une  chofe  finie  à  une 
infinie  eft  nulle ,  ëc  fèroit  mieux  fait 
de  l’appeller  Eleduaire  de  Perles 
fimple  qu’autrement  j  ou  Diainarga- 
ritum  lîmplex.  Pourveu  que  l’Apo¬ 
thicaire  tienne  ordinairement  en  h 
boutique  des  Perles  pulvérisées  fur 
un  porphyre  avec  une  petite  meulcj 
&  un  peu  d’eau  Rolè,  afin  d’empe- 
cher  leur  exhalation  ,  ou  dans  un 
mortier  de  marbre  il  fiffit ,  car  en 
tout  tems ,  &  au  beloin  >  &  tôt  il  Ce 
peut  faire  ,  en  prenant  deray  once  cls 
Perles  pour  chacune  livre  de  dou¬ 
ze  onces  de  fuccre  fin,  dilfouc  ep 
eau  Rofe  on  de  Bugloffe  ,  ou  autre 
,eaù  éordiale.  La  forme  ou  figuré  fe* 
ra  oblongue  ou  autre  telle  qu’il 
ra  au  malade,ou  au  Médecin  ou  à  l’A¬ 
pothicaire.  Les  Perles  naturellement 
ne  font  point  percées ,  mais  par  l’àtf 
&  induftrie  des  artifans  :  elles  font 
appéllées 


Dei  Tablettes  ou  EleBuaires  foîides,  ?  5  i 


appellées  des  Grecs  Margaritæ  ,  & 
'des  Latins  Vniones.  Les  meilleures 
,(onc  les  plus  grollès  ,  claires  ,  ron¬ 
des  j  &  unies  :  les  moindres  font  les 
petites,  telles  dont  on  ufe  en  médeci¬ 
ne.  Elles  s’engendrent  en  la  chair  de 
certaines  çoquilles  peu  diflemblables 
des  huitres,  le  long  du  promontoire 
Comorin ,  juiques  en  Zeilan  des  In¬ 
des,  Orientales.  Il  s’en  trouve  auffi 
,  aux  Indes  Occidentales ,  mais  moin- 
^djtes  en  tqntes  choies.  Celles  qu’on 
pêche  aprez  la  pleine  Lune ,  fo  di¬ 
minuent  &  fletriirent  par  focceffion 
de  teins ,  &  non  celles  qui  font  pri- 
fes  auparavant.  Les  grollès  Perles  fo 
, trouvent  aux  coquilles  qui  Ce  nour- 
lillcnt  en  la  furface  de  l’eau  :  les 
petites  en  celles  qui  fo  nourrilFent 
au  fonds.  Le  nombre  eft  incertain, 
aux  unes  plus ,  aux  autres  moins ,  fé¬ 
lon  la  grolfour  de  la  coquille,  Gar¬ 
cia  ab  Horto. 

Z£S  FACVLTEZ. 

Il  foulage  les  forces  abbatuës, 
les  fièvres  ardentes  &  autres  mala¬ 
dies  de  la  forte. 

REMARQ^VE. 

CEs  Tablettes  pour  n  avoir  point 
d'Autheur  certain  yfe  trouvent 
prefque  en  tous  les  DiCfenJkires  dé¬ 
crites  de  même  façon  ,  en  cela  il 
paroit  CapprobatioH  quun  chacun 
leur  a  donné.  jUejfieurs  les  Mede- 
cipis  d' Au fbour g  y  ajoutent  quel- 
<^ues  go tftt es  d’huile  de  Canelie,pour 
les  rendre  plus  excellentes  :  ceux  de 
Londres ,  neuf  a  dix  fueilles  d’Or^ 
cens-  de  Bruxelles  au  pais  bas  en 
leur  Pharmacopée  de  l’an  1641. 


n’y  mettent  que  deux  dragmes  de 
Perles  fur  une  livre  de  fuccre  ,  fe- 
fiime  qu’il  y  en  faut  pottr  le  moins 
demy  once.  Ceux-  qui  y  voudront 
mettre  deux  drachmes  du  Magifie- 
re  de  Perles,  arti élément  fait  ,  ^ 
deux  grains  d’ Ambre  gris  fur  une 
livre  de  fuccre  de  doùfe .  onces ,  les 
Tablettes  en  feront  de  beaucoup  meil¬ 
leures  ,  au  lieu  des  Perles  en  fiih- 
ftance.  Ceux  qui  fe  voudront  fer- 
vir  du  blanc  d’ œuf  pour -.les  blan¬ 
chir  ,  comme  a  été  cy-devqnt  dit  au 
Eiajrcos ,  les  auront  tres-b elles. 


Sacchatuni  Altbææ  incerti 
Audoris. 

Pulpa  Radicum  Aithaa  in  la-  7^ 
Ehe  dulci  ad  mollitiem  eeaéiarum, 

’^iij.  vel  ’^Uiç.  , , 

Sacchari  albijfirni  ^  ^xvf 

Si  le  fuccre  ou  Tablettes  d’Althaa 
ont,  receu  de  l’approbation  parrny 
quelques-uns  dfi  ngus,  c’ejf  fans  dou¬ 
te  ,  qu’ils  n’en  cennoifènt  que  le 
nom  ;  car  la  verifé efl'f  quelles  ont 
fort  peu  de  vertu  ,  con^deré  la  pe-  \ 
tite  quantité  de  pulpe  d’Althaa  'qui 
y  eptre  laquelle  étant^Jeichée  dans 
lé;  corps  du  fuccre  ,  &  fin  '{humi¬ 
dité  fuperüuë  confumée  ,  fe  [réduit 
prefque  en  un  rien,.&  par  ainfi-ceux 
qui  en  ufint,  sHls  en  reçoivent  quel¬ 
que  fiulagement,.c’efi  plutôt  du  fuc¬ 
cre, eu  par  opinion-,  que  par  aucun 
ejfet  finfible  qui  procédé  de  V Al- 
thaa.  Mais  puis  .qu’il  conyient  de 
rernçplir  cette  Seïlipn  de  quelques- 
cçmpof  fions  ufitées,  fy  ay  a]oû.ré cd- 
It-cy  qui  fera  dofthle  enfin  mélange.. 

Pour 


3  5  ^  Livre  L 

Pour  procéder  m  premier  j  il  faut 
prendre  les  racines  d'Althaa  r^ecen- 
tes ,  apre\^  les  avoir  bien  lavées ,  & 
fuperficiellement  raclées  >  en  les  cou¬ 
pera  par  trenches  fort  déliées  i  & 
avec  ^qnantUé  fufffante  de  laiSt  de 
Chevre  récemment  tire ,  on  les  fera 
cuire  ,  la  colature  faite  les  racines, 
feront  un^_p eu  exprimées ,  &  pilées 
dsans  un  mortier  de  marbre  ,  paf- 
sées  par  an  tamù  de  crin  fubtil. 

part,  le  Jù.ecre.  fera  mis  en  pou¬ 
dre  fisbtile,,  pour,  être  mêlé  avec  la 
pulpe  .  que  ficelle  ne  fuffijeit  point, 
pour  incorporer  tout  le  fuccre  ,  il y 
en  faudroit  ajouter  JkJfJamment,  ou 
bien  y  mêler  un  peu  de  mucilage 
de  Gomme  Tragacanth.  La  maffe 
étendue  fur-  une  fueille  de  papier 
blanc  fera  coupée  en  tablettes , 
quon  fera  feicher  a  l'ombre. 

Pour  le  fécond  mélange  ,  il  faut 
prendre  la  racine  d’Althaa  récem¬ 
ment  &  diligemment  feichée  ,  pilée, 
&  pafsée  par  un  tamis  fubtil  deux 
onces  -,  fùcfire  fin ,  dijfout  en  eau  Ro- 
Jef^&  cuit  en  Eleétuaire  folide  fei- 
z.e  onces  j  les  ayant  exaêlement 
mêlés  enfemhle  p  le  fuccre  encores 
chaud  fi  on  defire  de  le  blanchir, 
on  y  a]outera  la  moitié  d'un  blanc 
d’oeuf,  &  le  tout  fera  diligemment 
agité  tant  que  la  chaletir  le  per¬ 
mettra  ,  après  la  majfe  fera  éten¬ 
due  fur  du  papier ,  roulée  &  cou¬ 
pée  comme  dejfus.  Ce  mélange  efi 
pim  laborieux  que  le  precedent-, 
mais  auffi  les  Tablettes  font  de 
beaucoup  préférables  aux  prece¬ 
dentes. 


Seâîon  VIL 


Tabcllæ  vivificances ,  feu  AI-  ^ 
kermesjMonrpelieufes.  ’  * 

Sacchari  albijfimi ,  Ub.  duos 
Aquarum  Rofarum ,  & 

Napha  ,  ana  une.  quatuor 
Confeêiionis  Alarmes  defeript.  Me- 
fuai ,  une.  unam.  \ 

Ambra  grifa  ,  drach.  mam, 
MagiSîerii  Margaritarum ,  drach. 
femifi. 

Mofehi  Orientais  boni,  fcrup.unum, 
Fiant  Tabella. 

l'appelle  les  Tablettes  d’ Alarmes . 
vivificantes  ,  à  raifon  de  leurs  ra¬ 
res  effets  que  l' Art iéte..  curieux  /»- 
géra  furpaffer  ceux  de  la  Confisüm 
Alkermes  ,  lefquelles  nous  cowpo- 
fons  fiequemment  en  cette  ville  pour 
des  perfonnes  de  haute  condition: 
&  parce  quelles  ne  fe  trouvent 
point  décrites  ailleurs  dans  nos  Pif 
penfaires  -,  pen  ay  voulu  faire  part 
au  public  ,y  ayant  été  perfuadé  far 
de  mes  intimes  d’en  inferer.  la  de- 
feription  parrny  mes  Remarques  teh 
le  quelles  fe  doivent  compofer  pour 
être  douées  des  vertus  qui  corre- 
Jpondent  à  leur  titre.  Et  parce  que 
du  mélange  des  compofitions  bien 
fouvent  leurs  effets  en  dépendent, 
j’en  prefenray  un,qui  étant  bien  oh- 
fervé,  je  l’eHime  fort  probable  ,  qui 
ejl  de  mettre  en  poudre,  chacun  a 
part  l’ Ambre  gris ,  fie  Mufe  ,  à' le 
MagiBere  de  Perles,  les  deux  pre¬ 
miers  avec  un  feu  de  fuccre  auff 
fubtils  qu’ils  fe.  pourront ,  pour  etre 
mêlés  avec  la  ConfeBion  Alker- 


Des  Dahleltes  ou  EleéJuaires  foliâes. 


femM^  /i'Z'raj  de  fuccre  fin 

bien  fee  ,  qui  font  vingt-quatre  on- 
ca  avec  les  eaux  de  Naphe  ,  &  de 
Rofe  ,fiir  m  petit  feu  en  confifien^ 
ce  un  peu  pim  quen  fuccre  Ro~ 
fat  ;  le  poilon  tiré  du  feu ,  lé  fiiccre 
un  peu  moins  quà  demy  fi-oid,ony 
mêlera  exaUement  &  diligemment 
la  ConfeBion  Alkertnes ,  &  la  maf- 
fe  fera  jettée  fur  une  fueille  de  pa¬ 
pier  blanc, pour  la  rouler  &  couper 
en  Tablettes ,  l’ayant  prealahletnent 
que  la  couper  couverte  de  fueilles 
d'Or.  Si  bien  que  ce  mélange  fait  le 
plus  méthodique  que  je  connoifie ,  on 
ne  laijfera  peut-être  pas  d’y  trouver 
à  redire,  de  ce  que  je  ne  fais  point  li¬ 
quéfier  l’Ambre  gris  dans  le  fuccre, 
comme  plufieurs  pratiquent  ;  mais 
j’eBime  aujfi  que  quand  ceux-là  fe¬ 
ront  reflexion  fur  la  fubtilité  de 
l’Ambre  gris  mis  en  poudre ,  que 
la  chaleur  du  fuccre  le  dijfoudra 
foudain  ,  comme  il  a  été  cy-devant 
dit  en  la  Confection  Alkermes  de 
Montpelier  changeront  d’opinion  ; 
&  encores  veux-je  dire  qu’iP  fe 
divifera  en  des  parties  impercepti¬ 
bles  ,  ce  qu’il  ne  pourroit  faire  en 
le  diffolvant  feparément  dans  le  fitc- 
tre  chaud. 


Eleduarium  de  Succo  Rofa- 
riim,  D.  Nicol.  Alex. 

3^.  Succi  Rofarum  rubrar.  dépura¬ 
it ,  & 

Sacchari  albi ,.  utriufque  lib.ttnam, 
une.  quatuor, 

Diaerydii ,  une.  unam  fernij?. 
Tnurn  Santalorum,fing.  drach.fex. 
Spodii,  drach.  très. 


353 

Caphtsra  ,  fcrupul.  unum. 

Fiat  EleCiuarium. 

<FARAPBRASE. 

SAlernicanns  a  composé  eet  EÏe- 
étuaire  iîtr  le  Rolat  purgatif  dé¬ 
crit  par  Myreplùs  au  premier  des 
Antidotes,  chapitre  i  &  duquel 
il  a  ôté  le  Rheubarbe  ,  &  le  Tr.rbith, 
fur  le  precedent  en  fiippolànt  les 
Santaux,  le  Spode,  Sc  le  Camphre 
pour  la  Manne,les  Trochilcs  de  Spo- 
dio ,  d'Oxyacantha  &  SafFtan.  La  ba- 
fe  eft  le  fuc  de  Rofes ,  la  vertu  pur¬ 
gative  duquel  eft  augmentée  par  le 
Diagredc  :  les  Santaux  y  font  mis 
pour  la  defence  du  foye  ,  contre  l’in¬ 
jure  du  Diagrede,  comme  le  Spode 
du  ventricule.  Le  Camphre  icy  mis 
en  petite  quantité ,  par  fa  tenuité  de 
parties ,  les  fait  penetrer  jufqucs  aux 
parties  les  plus  éloignées  du  centre. 
Quelques-uns  pour  ion  ingratitude, 
font  d’avis  d’y  mettre  en  ,fon  lieu 
la  Gomme  Tragacanth ,  ou  Maftich, 
tant  pour  le  ventricule,  que  pour  ren¬ 
dre  lubrique  le  Diagrede ,  Sc  empê¬ 
cher  qù’ii  n’offcnce  les  vifeeres.  L’A¬ 
pothicaire  peut  fuivre  çet  avis  ,  s’il 
prend  de  la  Scammonée  au  lieu  de 
Diagrede,  fmon  il  neft  beloin  d’y 
ajouter  autre  çhofe.  Le  fuccre  don¬ 
ne  la  faveur  plaifante  „  rend  leur 
aétiori  meilleure ,  &  conlèrve  le  tout. 
Pour  le  jourd’hiiy  on  le  Æduit  en 
forme  folide. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  pulverifër 
les  Santaux  au  mortier  de  bronze 
de -les  arroLilèr  d’un  peu  d’eau  Rofe, 
Y|y;  afin 


3  54  Livre  I. 

afin  que  la  partie  plus  tenue  ne  s’ex¬ 
hale  J  &  les  palier  par  un  tamis  fort 
fubtiL  II  faut  pulverifer  à  part  le 
Diagrede  ,  le  Spode  ,  &  Gomme 
Tfagacanth  »  ou  Maftich  poiir  le 
Camphre  j.  cela  fait  ,  on  cuira  non 
lentement  le  luccrc  fin  3  &  non  de 
la'  Calîonnade  pour  caufè  de  la  vil^ 
cofité  du  foc  de  Rofos  rouges  dé¬ 
puré  au  Soleil.  Car  plus  il  fojourne 
Îiîr  le  feu ,  de  tant  plus  il  le  rend 
vilqnaix  -,  de  maniéré  qu’on  ne  le 
peut  réduire  en  forme  folide  :  puis 
ôté  de  deilùs  le  feu,  &  un  peu  re- 
fioidy  3  on  y  ajoutera  les  Santanx, 
Spode  j  &  Maftich  ,  ou  Gomme 
Tragacanrh  ;  finalement  le  Diagre¬ 
de,  aprez  la  pâte  fora  étendue  foir 
une  fiieille  de  papier  blanc  frottée 
d’une  Amande  pelée ,  qui  fora  beau¬ 
coup  mieux  que  d’afperger  de  la 
poudre  par  delIus  &  delîbus  ( com¬ 
me  font  quelques-uns  )  pour  en  for¬ 
mer  des  Tablettes  du  poids  envi¬ 
ron  de  demy  once  ,  qu’on  gardera  au 
befoin. 

LES  FACFLTEZ. 

n  pmrge.  la  bile  fl  ave  fans  ennuy  : 

&  eft  propre  aux  douleurs  des  join¬ 
tures  nées  d’humeurs  chaudes,  & 
aux  fievres  tierces. 

REMARQVE. 

BAuàtron  dit  ^ue  Salernitanuia 
composé  le  de  Succo  RoJarum,Jur 
l'Eleüuaire  Rvfat  purgatif  de  My~ 
repfm  ,  &  neantmoins  il  nom  pa¬ 
rait  du  contraire  par  la  defeription 
que  Nicolam  Alexandrinm  en  don- 
ns.  mot  _Æ  mot  en  fin  livre  de  Isk 


Secîîon  VIL 

compoftion  des  medkamens  locaux 
chapitre  309.  ce  qui  m‘a  donné  fu. 
jet  de  corriger  le  nom  de  l’Autheur. 
Le  Modm  faciendi  de  Bamleron 
doit  être  obfirvê  ,  excepté  qu'il  ne 
faut  feint prejfer  le  feu  pour  cuire 
le  fitccre  avec  le  fuc  :  car  par  ce 
moyen  en  nauroit  pas  le  tems  de 
bien  cenfiderer  leur  cuitte  lors  qu'on 
en  met  fur  une  ajfiette  ,  &  on  y 
peurreit  être  furprû,  &  la  manquer, 
parce  quelle  efi  un^  peu  difficile  à 
la  bien  rencontrer.  Le  fuc  de  Ro- 
fis  doit  être  de  fx  mois  ,  bien 
feparé  de  fa  refdence ,  &  de  l'hui¬ 
le  quon  met  deffim  pour  le  con- 
firver. 


Eleétuarium  Diacarthami ,  D. 
Amaldi  V  illanovani.  . 

5-^.  Zingiherü  albi,  & 

Jidanna  granuloft ,  utriufque  draek 
duos, 

Liadacrydii ,  drach.  très, 

JlLedulU  fiminü  Garthami, 

Pul.  Jpecierum  Liatragacanthi  fri- 
gidi 

Hermodaéiylorum ,  fngul.  unc.di- 
mid. 

Turbith  eleéli ,  drach,  fex.  x 

Mellis  Rnfati,  colati, . 

Garnis  Cydoniorum ,  &, 

Sacchari  cryéiaUini  ,  fngul.  une. 
unam, 

Sacchari  albi  aqua  filuti  &  te- 
êli ,  triplum ,  hôc  eft  uncias  no- 

Fiat  Eleêluarium  in  Tabellas  3  fon¬ 
da  uncia  fimifi. 


Be^  TaMetteâ  ou  EleBuaires  follâes,  355 

PARAP  H  RASE, 


L'Autheuc  de  cet  Elcâiiaire ,  cft 
Arnaud  de  Villeneuve  ,  excel¬ 
lent  Médecin  >  qui  Hoiilloic  du  tenis 
d'Erafae ,  Martin  Lu  cher ,  &  Pe- 
trus  Aponenfisj'dic  Ganciliacocj  l’an 
de  falut  lyio.  décrit  au  traitté  a. 
fomme  2.  diftinéiion  7.  de  la  cu¬ 
ration  de  la  fievre' hemitritée.  Le¬ 
quel  n’a  pris  le  nom  de  fa  bafè  le 
Turbith  3  pource  que  quatre  autres 
deferipcions  eh  a  voient  pris  leur 
appellation  :  mais  de  la  moelle  du 
Carthame  3  que  les  Grecs  appellent 
Cnicum.  La  faculté  foible  du  Tur- 
iitli  »  &  Cartharae  eft  fortifiée  par 
le  Gingembre ,  en  incifànt  &  atté¬ 
nuant  le  phle^me  épais  &  vifqueux: 
fa  faculté  tardive  ,cft  accélérée  par 
le  Diagrede  (  fi  cet  Eleâuairc  cft 
fait  avec  la  Scammonée  j  il  en  fe¬ 
ra  plus  purgatif.  )  Sa  vertu  eft  con¬ 
duite  aux  jointures  par  les  Hermo- 
daétes  :  leur  nuifance  eft  corrigée 
pr  le  Cotignac  ,  qui  par  fon  ad- 
ftriélion  fortifie  le  ventricule  ,  Sc 
autres  vifeeres  ,  &  cmpcche  que  la 
Seammonée  (  oû  le  Diagrede  )  ne 
fort  portée  foudainement  en  l’habi¬ 
tude  de  tout  le  corps  ;  Ij);  pou¬ 
dre  de  Diatragacanch  y  eft  mife  pour 
modérer  la  chaleur  &  fiecité  des 
purgatifs  :  le  Miel  Rofàt ,  la  Man- 
5  &  Succre  y  font  mis-  pour  de- 
terger  le  phlegme  ,  rendre  l’aélion 
meilleure  3  donner  la  formes  &  con- 
ferver  le  tout  au  befoin. 

LE  MELANGE, 

Il  faut  ciirieufcment  monder  le 
Carthame  de  fon  écorce  3  lequel  pilé 


avec  le  Turbith  3  Gingembre,  Sc 
Hermodaéles  empechera  leur  exha¬ 
lation.  Il  faut  pulverifor  à  part  k 
Seammonée  (  ou  le  Diagrede  )  & 
fuccre  candie,  aufquels  on  ajoute¬ 
ra  la  poudre  de  Diatragacanrh ,  nou¬ 
vellement  préparée  pour  caufe  des 
fèmences  froides  ,  qui  en  peu  de 
tems  la  rancillent,  aprez  il  faut  pi¬ 
ler  au  mortier  de  marbre  avec  un 
pilon  de  bois  le  Cotignac  ,  auquel 
aprez  on  ajoûtera  le  Miel  Rofat  & 
Manne  nettoyée,  &  on  les  paflèra 
for  un  tamis  avec  une  fpatule.  Cela 
(ait  3-  on  fera  cuire  neuf  onces  de 
foccrefin  pour  le  plus  avec  eau  com^ 
mune,  en  forme  convenable,  au¬ 
quel  de  encore  chaud  ,  on  mêlera  le 
Cotignac,  Miel  Rofat ,  &  Manne  : 
puis  on  y  ajoûtera  la  poudre.  L’E- 
leduaire  étant  à  demy  froid ,  on  en 
formera  des  Tablettes  d’environ  de¬ 
my'  once  piece ,  qu’on  gardera  à  k 
neceflité. 

LES  FACrLTEZ. 

Il  eft  merveillcufoment  propre  à. 
purger  k  pituite ,  &  la  bile ,  &  pour 
ce  il  convient  aux  fièvres  pkuitcu- 
fos  &  com|)liquées. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

CEtte  compojirion  ma.  donné 
tant  de  peine  &  pltu  inutile¬ 
ment  qu  aucune  autre  de  ce  Dijpen- 
faire  pour  la  recherche  de  l’origi¬ 
nal  de  fa  defeription  dans  les  eeu- 
ntres-  dé  fon  inventeur  ,  qu’on  dit 
être  Arnaud  de  Villeneuve  ,  quels 
f)ins  que  je  me  fois  donnéstvec  quel¬ 
ques-uns  de  ânes  arnu  qui  ont  dai- 
Yy  Z 


3  5  é  Livre  I. 

gné  d'en  prendre  la  peine  ,  nom  ny 
avons  rien  peu  trouver  ,  particu¬ 
lièrement  au  chapitre  de  la  fievre 
hemitritée  de  fes  œuvres  eh  notre 
ParaphrâHe  la  citeàl  ny  en  eft  fait 
mention  d'un  feul  mot, tant  dans  des 
exemplaires  en  vieille  lettre  des  an¬ 
nées  1514.  &  15  i  O.  cpue  dans  ce- 
luy  qui  ejir  en  lettre  ■  nouvelle  d'im- 
prejfion  de  Baie  avec  le  Commen¬ 
taire  de  Nicolas  Taurei  ,  de  l'an 
1585.  Ce  qui  me  fait  dire  que  Bau- 
deron  s'efi  méconté  en  ce  rencontre 
de  meme  que  quand  il  a  dit  en  fa 
Paraphrafe  qu  Arnaud  de  Ville- 
neuve  forijfoit  en  l’an  jjio.  du 
tems  de  Martin  Luther  ,’  d’Eraf 
me  ,  &  dé  Petrm  Aponenfis  ,  dit 
Conc  liator.  Il  efl  bien  vray  - que  ces 
deux  premiers  vivaient  &  florif- 
foient  en  ce  tems-la  ,  mais  que  pour 
Arnaud  de  Villeneuve ,  Campegnis 
nous  fait  lire  le  contraire  dans  fa 
vie  ,  qui  efi  à  l'entrée  de  fis  œu¬ 
vres  imprimées  à  Lyon  par  Guil¬ 
laume  Huyon  en  l'an  1520.  en  ces 
ternies ,  Nafcitur  igitur  in  Pro- 
vincia  Narhonenfl  in  oppido  quo- 
dam  Villanova  d  Chriéii  nativitate 
M.  CCC.  eo  ferme  tempare  quo  Pe¬ 
trm  Aponenfis  diélus  Conciliator  ac 
Raymundm  Lullius  clarebant ,  c'efl 
contre  toute  forte  d'apparéee  qu  Ar¬ 
naud  de  VtUeneuve  ait  fieury  en 
l'âge  de  Z  Z  O.  ans  ,  comme  Bauderon 
nous  veut  faire  accroire  ,  ou  bien  il 
faut  qu'il  entende  parler  de  quel¬ 
que  autre  Arnaud  de  Villeneuve, 
ou  que  celuy-cy  eut  fait  quelques 
pièces  qui  fiaient  détachées  de  fis 
œuvres ,  &  que  nous  n'avons  point; 
Ce  qui  me  fait  dire  qué  fi  Baude¬ 
ron  a  manqué  au  premier  qu'il  a 


Se  B  ion  VIL 

manqué  aujjî  en  ce  dernier. Et  la  dif 
ficulté  qu’Jl  y  ' a  de  trouver  la  vraye 
defiription  de  cet  •  EleEtuaire  efi 
eaufe  de  la  variété  des  recepteà 
dans  nos  Diéfenfaires ,  eu  bien  s'il 
en  faut  croire  François  Alexander, 
qui  dit  qu' Arnaud  de  Villeneuve  a 
diverfirnent  décrit  le  JDiacartha- 
mi'  en  quelques  endroits  de  fes  œu¬ 
vres  ce  qui  m’efi  entièrement  in- 
eonneu .  : 


Elcâ:uarium  de  Citro  roliui- 
vum,  D.B.Baud.  '  ■ 

yi.  Zingiberis  albi ,  & 

Seminis  Anifi  ,  utriufque  drachm: 
unam, 

Pul,  Diatragacanthi  figidi  ré¬ 
centes, 

Corticù  Citri  Saccharo  conditâ.,' 
Conferva  florum  Violarum  ,& 

Borraginis  vel  Rad.  Bugkjf 
cond. 

Eiadacrydii ,  fing.  une.  dimidian. 
Turhith  cleEti ,  drach.  quinque^ 
Senne,  mundate ,  drach -fex. 
Sacchari  albi  ,  aqua  Buglofi ,  vel^ 
Borraginis  foluti  &  coEti ,  uneias 
decem. 

Fiat  EleEluarium  in  Tabellas  pon- 
do  une.  femis  ,  quod  ufui  repo-, 
natur. 

paraphrase. 

L'Authenr  de  cet  Eleûuaire  eft 
M.B.Bauderon  mon  perc ,  &fi 
je  fçay  qu^il  a  été  premièrement  ufttc 
par  les  Médecins  de  Montpelicr,ain- 
lî  qu  on  peut  colliger  des  écrits  de 
Nicolaus  Præpofîtus ,  &  de  Guy  de 
Caiilia<^ 


Des  tablettes  ou  EleBuaires  folides,  357 


Cauliacaiitraitcé?-  dodtiine  i.  cha¬ 
pitre  Z .  de  fa  Chirurgie  :  mais  non 
pas  en  cec  ordre  ,  ny  avec  telle  pro¬ 
portion  de  fes  dofes  :  il  le  fait  prépa¬ 
rer  à  'Mafcon  >  où  il  pratique  depuis 
quarante  ans  en  ça,  ainfi  qu'il  efticy 
décrit,  &  s'enefl:  louvent  fervy ,  & 
moy  à  fon  imitation  m’en  fers  tous 
les  jours  avec  heureux  fucccz.  Il  luy 
adonné  le  nom  de  l'écorce  de  Ci¬ 
tron  ,  qui  y  entre ,  comme  du  princi¬ 
pal  cortedif ,  contre  la  nuifance  du 
Diagte4e,  Turbith,  &  Senne.  La  bafè 
lont  ces  crois  purgatifs  ,  qui  le  don¬ 
nent  aide  l'un  à  l'autre  ,  ^  fçavoir  le 
Diagredc  accéléré  la  tardivetc  du 
Turbith ,  &  Senné  ,  au  contraire  la 
tardiveté  de  ceux-cy  reprime  la  célé¬ 
rité  d'iceluy  :  le  Gingembre  &  anis, 
y  font  mis  tant  pour  inciler ,  atté¬ 
nuer  le  phlegme  ,  &  confirmer  les 
vents  ,  que  pour  fortifier  la  vertu 
foible  du  Turbith  ,  &  du  Senné. 
La  Conferve  de  violes  y  eft  mile 
pour  modérer  leur  chaleur  ,  &  lîc- 
cité  ;  ce'le  de  Borrache ,  ou  de  Bu- 
glollè  ,  pour  la  defence  du  cœur, 
contre  la  nuifance  du  Diagrede ,  l'é¬ 
corce  de  Citron  pour  le  ventricule, 
contre  la  nuilàncc  du  Turbith ,  Sen¬ 
né  ,  &  Diagrede  :  la  poudre  de  Dia- 
tragacanth  ,  pour  les  poulmons  ,  & 
avec  le  fnccre.pour  deterger ,  adou¬ 
cir,  donner  la  forme ,  &  eonferver  les 
efpeces  :  bref,  c’eft  un  Catholicon 
femilrer ,  qui  purge  làns  nuilànce ,  les 
trois  humeurs, 

LE  MELANGE. 

Au  mortier  de  bronze ,  il  faut 
piler  le  Turbith,  Gingembre  ,  l'anis 
&  Senné' ,  &  à  part  le  Diagrede, 


qu'on  mêlera  avet  la  poudre  de  Dia- 
tragacanth  ,  nouvellement  faite.  Au 
mortier  de  inarbre  il  faut  piler  l'écor¬ 
ce  de  Citron ,  puis  on  y  ajoutera  les 
Conferves  :  aprez  on  prendra  dix 
onces  de  fiiccre  fin ,  dilibut  en  eau  de 
Buglolfc  ou  de  Bourrache,  qu'on  ciü- 
ra  en  forme  convenable ,  pour  y  mê¬ 
ler  les  conlèrves  ,.  la  baffine,  étant 
encores  fiir  le  feu.  Le  tout  étant  un 
peu  refroidy  ,  on  y  ajoutera  peu  à 
pieu  la  poudre  ,  finalement  le  Dia¬ 
grede  ,  &  Diacragacanth.  De  telle 
pâte  encore  chaude  on  formera  des 
Tablettes  du  poids  de  demy  once, 
comme  nous  avons  dit  en  TEle- 
éluaire  Rofat  de  Nicolaiis  Alexan^ 
drinus.  Ceux-là  font  à  reprendre, 
qui  gardent  une  pc^rtion  de  la  pou¬ 
dre  ,  pour  mettre  fur  le  papier ,  Sc 
par  delîhs  la  pâte ,  afin  qu'elle  n'a- 
dhere  au  biftortier  ,  qu’on  la  roule 
&  qu’elle  s’étende  plus  facilement. 
Pourveu  que  le  papier.ôc  le  biftortier 
foient  frottez  d’une  amande  pelée,  & 
que  T'Eleétuaire  fbit  fufElàmraent 
cuir,  &  non  trop,  ü  s’étendra  faci¬ 
lement  &  n'adherera  point  au  biftor¬ 
tier  ,  ny  au  papier  :  car  ainfi  qu'ils 
fonti  ils  diminuent  la  vertu  defEle- 
étuaire  la  poudre  n’étant  pas  par  tou¬ 
te  la  fiibftance  mêlée ,  &  fenrentée' 
comme  il  faut.  , 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  purgelàns  nuilànce  l’une  &-l’aH- 
tre  bile,  &Ia  pituite  des  jointures  t 
fortifie  le  ventricule  &  les  antres  vif- 
ceres ,  &  difeute  les  vents. 


Yy  }  KE 


558  Livre  1.  SeBion  VI  IL 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 


BRietHi  Bauderon  pifques  en  la 
quatrième  édition  de  fa  Pharma- 
copée,  &  en  la  Paraphrafe  fur  VEle- 
üuaire  de  Citro ,  dit  que  1‘Autheur 
de  cette  cornpofitien  nous  efi  incer¬ 
tain-  ,  &  quil  a  été  premièrement 
ufté  par  les  fldedecins  de  Afontpe- 
lier,  &c.  E t  Gratian  Bauderon  fis  y 
revoyant  le  travail  de  fin  pere  la 
luy  attribué ,  comme  s’il  en  était 
l’Aütheur  ,  ce  quil  ne  peut  a  bon 
droit  dire  :  puis  que  la  defiription 
a  paru  long-temps  avant  la  Phar¬ 
macopée  de  fin  pere  ,  ainfi  quil 
avoué  luy-même.  loubert  l’attribué 
d  Guy  de  Cauliac  qui  le  décrit  ,  & 
la  première  édition  de  fis  œuvres 
fut  imprimée  d  Vénife  en  l'an  1 499, 
long-temps  avant  la  première  édi¬ 
tion  de  Bauderon,  &  par  canfequent 
eUe  doit  être  plutôt  attribuée  a  ce 
premier,  quk  ce  dernier ,  veu  que  la 
première  édition  de  fa  Pharmacopée 
na  paru  que  l’an  1^  6$.  que  s'il  a 
changé  la  Confirve  de  la  racine  de 
Bugloffe  ypour  l’Anis  ,  &  quelques 
dofis,  il  Je  peut  vanter  de  l’avoir 
corrigée,&  non  inventée ,  comme  nom 
voyons  que  Mèjfiekrs  les  Médecins 
de  Lyon  ,  ceux  d’Aujbourg  en  leurs 
Pharmacopées  Vont  pratiqué  ,  ces 
premiers  aux  Pilules  Cocchées  mi¬ 
neures,  &  ces  derniers  enl’EleVbuai^ 
re  Alkerrnes  de  Noftradamm  ,  & 
fin  pere  en  la  fécondé  defcription  de 
la  Confection  Hamecb  quil  donne  en 
la  Seêlion  finvante- 


SECTION  VIII. 

Des  EleBudres  purga¬ 
tifs  mois. 

Auderon  a  caufe  du  grand  rap¬ 
port  quil  y  a  entre  les  ELe- 
Ctuaires  mois  ou  alteratifs ,  &  les 
Laxatifs  ,  tant  d  raifin  de  leur  coti- 
fftence  ,  que  pour  la  quantité  du 
miel  ou  du  fuccre ,  que  pour  celle 
des  poudres  qui  y  entrent  en  leur 
compofition ,  nen  a  fait  qu'une  Se¬ 
ction.  Il  rna  femblé  bon  de  la  divi- 
fer  en  deux  ,  &  de  loger  entre  icel¬ 
les  la  SeCiion  des  Tablettes  &  Ele- 
Cluaires  filides  ,  comme  a  été  cy- 
devant  dit ,  au  commencement  de 
leur  SeCiion. 


Eleduarinm  Diacatholicoo,  D. 
Nicol.  Salernic. 

yi.  Polypodij  querni  contuf ,  lib. 
unam. 

Seminü  Fœniculi  ,  une.  très  {  cum 
lacobo  de  Manliis  ,  &  aliù) 
&  coque  diu  in  aqua  fuffeienti, 
&  cola.  In  duabtts  partibm  cola- 
tura ,  coque , 

Sacchari  albi  ,  lib.oClo,  ad  Syrupi 
crajfitiem  :  deinde  dijfilve. 

çH&cduohu- 
j  meCtétur  ex 

Pulpa  Cajfia  ,  &  î  parte  altéra 
Tamarin dorum,,  colature,,at 
1  facilius  cer- 
V.  nantun 

Pul 


T^es  EleBuaires purgatifs.  359- 

‘ThI.  Senn&  mundatâ,  ,  Jîngul.  me.  Luminare  majus  ,  Cordus ,  &  qiieU 
gff;o.  ques  autres  Dodeurs.  E-e  -4e  cekiy 

J^haharhari  feleEli ,  quieft  en  la  poudre  j  &  Senne,  par 

Smin.Violarùm ,  (  quia  fotentius  lanis,  lequel  i'ncifê,  &  atténué  le 
furgat  flere  )  phlegme ,  &  conlitme  les  vents  ^  qui 

Polyfodjj  querni  mmdati ,  &  d’iceluy  s’engendrent  aux  inteftins, 

Semin.  Anifi,Jtng.  une.  quatuor.  &  ventricule  ,  &c  appaife  leurs  tran- 
Semin. quatuor  frigidorummundater.  chées  qui  proviennent  du  phlegme, 
unc.mam.  &  non  du  Polypode ,  &  Senné.  La 

Glycjrrhi^a  rafa,  reglülè,  &  fèraences  froides ,  y  font 

Penidiarum,  &  mifos  pour  ôter  les  oppilations ,  qui 

Sacchari  Cryftallini  ,  fingul.  une.  pourroient  empêcher  l’attradion  des 
femifi.  purgatifs  >  èc  pour  conduire  les  fo- 

Fiat  EleÜuarium.  rofitez,par  la  voye  de  l’urine  :  le  foc- 

cre  rend  leur  adion  meilleure  &c  con- 
PARAPHRASE.  le  tout. 

MYrepfos  au  premier  des  Anti-  LE  MELANGE. 

dotes  chapin-e  yoi.  &  J05.  ' 

décrit  deux  Eleduaires  de  fombla-  pour  ce  que  la  vertu  purgative  du  Ohfer- 
ble  nom  ;  mais  diilèmblables  en  ver-  Polypode  n’eft  pas  en  la  forface,  "^atioa.  ] 
tu,  &  nombre  de  medicamens ,  qui  comme  de  plufîeurs  autres  ;  mais  au 
ne  font  aujourd’huy  ufitez.  Nous  centre,  &  que  par  fon  humidité  ex-  h 
avons  difpofë  les  medicamens ,  félon  cremeniaifo  il  provoque  la  naufée,  cuire. 
l’ordre  qu’il  faut  garder  au  mélange,  il  ell  befoin  de  le  cuire  allez  long- 
Le  nom  lignifie  vniuerfel  ,  pouree  temps,  avec  le  Fœqpüil  en  quantité 
qu’il  purge  univerfollement  de  tout  foffilàntc  d’eau  comme  Meluécnfeig- 
fe  corps  la  cholere ,  le  phlegme ,  &  ne ,  &  ne  fc  contenter  d’une  fimple 
la  mclancholie,  làns  aucune  nuilàn-  infufion ,  comme  aucuns  font.  Deux 
ee  du  malade.  La  première  bafo  qui  parties  delà  colature d’iccluy ,  forone 
purge  la  cholere,  eft  la  Galle,  &  avec  le  foecre  blanc  &•  net ,  cuites pn 
Rheubarbe.  Les  Tanrarinds,  &  la  confiftance  d’un  Syrop  parfaitement 
lèmence  des  violes ,  qui  y  font  mis  cuit.  L’autre  partie  d’icelle  forvira 
pour  augmenter  leur  vertu  purgati-  pourhumeéterlacalfo,  &  Tamarinds, 
ve,  &  réfréner  l’acrimonie  de  la  bile,  s’ils  font  focs ,  afin  qu’ils  palïènt  plus 
&  la  chaleur  du  Rheubarbe  :  comme  facilement  à  travers  le  tamis  renverfé: 
lesPenides ,  &  fuccre  candit,  fa  fie-  de  il  fendra  pefor  chacun  à  part,  &r 
cité.  La  foconde  bafo  eft  le  Polypo-  l’humidité  qu’on  y  aura  mifo  ,  pour 
de,  &  Senné  qui  purgent  lephleg-  foa  voir  le  déchet  ,  &  fi  le  poids  requis 
me ,  &  la  melancholie  :  la  nuifance  y  fora.  Durant  ce  ,  la  poudre  fo  fera 
d  iceluy  eft  corrigée  par  la  coéfion,  comme  il  s’enfuit; 

&  femence  de  fœnoüil ,  qui  avons  II  faut  premièrement  concalTer  le 
mis  avec  Manlius  Autheurdu  grand  Polypode  mondé  :  puis  on  y  ajoutera 


i6o  Livre  I,  SeBton  VI  I  L 


la  regliflè  raclée  >  &:incifée.  Vn  peu 
aprez  on  y  mettra  I  anis,  &  la  fèmen- 
ce  de  Violes  ,  pour  ce  qu  elle  purge 
plus  que  les  fieursjfinalement  le  Sen- 
né  nettoyé  de  toutes  pierres,  pouflie- 
re,buches,  &c  fueiiles  mortes.  Et  pour 
cmpelcher  leur  exhalation ,  on  y  met¬ 
tra  une  partie  des  femences  froides 
mondées  de  leurs  écorces  (  fi  le  Poli- 
pode  eft  fort  rccent  )  ou  toutes  s’il  eft 
fort  lèc.  li  faut  piilverilèr  à  part  le 
Rheubarbe,Ies  Penides,&:  fûccre  can¬ 
die,  puis  le  tout  lcra  curieufemenc  mé- 
ié  au  mortier.  Cela  fait  au  Syrop  cuit, 
comme  dit  eft,  on  détrempera  fiir  le 
feu ,  &  peu  à  peu  (  avec  un  pilon  de 
bois)les  Tamarinds,&  la  callè, pliez 
comme  dit  eft.  Puis  la  baffineôtée 
de  delliisle  feu ,  on  y  ajoutera  les  pou¬ 
dres  peu  à  peu ,  pour  le  tout  refroidy 
relèrrer  au  befoin. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  purge  toutes  les  humeurs  avec 
choix.  Il  convient  mêmes  aux  mala¬ 
dies  aigues  :  car  il  ramollit ,  atténué, 
&  corrobore.  Il  foulage  les  affections 
du  foye,  de  la  ratte,  la  podagre  ,  &  au¬ 
tres  douleurs  articulaires  :  les  fievres 
tierces ,  quartes ,  &  quotidiennes  ,  & 
douleurs  de  tête. 

R  E  M  A  R  av  E. 

NIcolam  Alexandrinns  décrit  le 
CathvUeon  en  fon  livre  fm  allé¬ 
gué  au  chap.4fj^i.  fous  le  même  nom 
que  deffiu  un  peu  different  de  celuy- 
cy  ,  quant  aux  dojh  &  au  nombre 
dei  ingrediens  &  non  de  la  femence 
de  fœnoüii  quil  y  fait  entrer  pour 
correêHfdu  Pelypodeffur  quoy  Bafi- 


deron  s’efi  trompé  d’avoir  dit  qat 
Aianlim  ,  Cordut  &  autres  l‘y 
avoient  apùté ,  ce  qui  ne  peut  être-, 
par  ce  que  celuy-lk  a  écrit  long-tems  ' 
avant  ceux-cy. 

le  ne  fçache  point  de  cempofum 
plus  familièrement  ujîtée  que  le  Ca- 
tholic0n,&  ce  frequent  ufage  fait 
quelle  efi  connu'é  de  tous ,  onia  com- 
pofe  par  toute  la  France  ,  &  chez 
toutes  les  nations  étrangères  :  mais 
je  puis  auffi  affeurer  n'avoir  trouvé 
que  la  première  édition  de  Bauderon 
avec  le  Dijpenfaire  de  Lyon ,  qui 
nous  la  décrivent  fidèlement  fui- 
vant  Nicolaus  Salernitanus  (  que 
certains  appellent)  car  depuis  la  fé¬ 
condé  editio-n  de  Bauderon ,  qui  ef  • 
de  Van  1 5  55.  loubert ,  les 

ALedecins  de  Tholoze  ,  les  Au- 
theurs  du  Luminare  majus,  du  Lu¬ 
men  Apothecariorum,  du  Thefaùrus 
Aromatariorum  ,  les  Médecins  de 
Londres,  ceux  d’AuJbourg ,  de  Bru¬ 
xelles  ,  d' Anvers  ,  Luy  s  de  Oviedo 
Bothicario  en  Madrid,Cordus,Fuch- 
fitis,  Sylvius ,  Nicolaus  Pr&pofitüs, 
Durenou  ,  &  autres  en  leurs  Phar¬ 
macopées  qui  ferait  plus  ennuyeux 
qu’utile  de  les  reciter ,  ont  tous  una¬ 
nimement  equivoqué  en  la  dofe  des 
quatre  femences  froides  grandes  au 
lieu  de  deux  dragmes  de  chacune 
qui  font  une  once  ,  ils  en  ont  nu 
dans  leurs  deferiptions  ,  une  ortee 
de  chacune  ,  comme  nous  avons  exa- 
élément  obfervé  avec  Nicolaus  Ale- 
xandrinus  &  les  quatre  exemplaires 
de  differentes  éditions  cy -devant  ci¬ 
tez.  de  Nicolaus  Sqlernitanus  ,  dou 
Bauderon  a  emprunté  fa  defeription, 
dans  tous  lefquels  on  lit ,  Seminurn 
quatuor  frigidorum  majorum  unciam 


Des  EleBuaires  purgatifs  mois.  y6i 


mm  >  ^  première  édition 

de  l'Âittheur  de  la  Paraphrafe  pour 
Ji  miéttx  '  faire  entendre  eft  écrit, 
Stminum  quatuor  figidorum  rtia- 
joritm  mmdatorum  unciam  unam, 
ntl  fingulorum  drachmae  duos, 
mais  en  fa  fécondé  édition  l‘er- 
teur  s  y  glijfa  y  &  on  a  toujours 
écrit  jufques'  en  nos  Rentarques 
Seminum  quatuor  fiigid:  rnajorum 
fngulorum'.^j,  qui  ejl  -une  faute 
maniftflement  connue  ,  de  prendre 
quatre  onces  de  ces  femences ,  pour 
une  once  ,  il  ne  refie  plus  finon 
que  de  la  corriger  à  Vàdvenir 
comme  fay  fait  en  la  defcriptiori 
cy-dejfus  ,  &  de  né  mettre  qu  une 
once  defdites  quatre  femences  froi¬ 
des  grandes  que  VAutheur  y  de¬ 
mande  en  fa  vraye  defcription  ,fur 
huit  livres  de  fuccre.  Cette  faute 
tfi  confiderahle ,  &  s’efi  ainfi  Au- 
thorifée  &  communiquée  d‘un  écri¬ 
vain  à  l’autre  par  mégarde  quand 
ils  oht  drejfé  leurs  Pharmacopées, 
&.quoy  quelle  ne-  foit  peint  capa¬ 
ble  d’autre  mal  que  d’ afoihlir ■  la 
vertu  purgative  de  la  compofition 
comme  l’experience  nom  a  fait,  voir 
de  puis  long-tems ,  je  n-ày  pas  lai  fié 
do  la  relever  pour  la  faire  connoi- 
tre  a  un  chacun  ,  parce  que  nom 
ne  fcaurions  être  dfiez.  exats  peur 
conferver  en  leur  entier  les  deferip- 
tions  des  compofitions  avec  leurs 
qualitef^  'vertus,  quand  elles  font 
approuvées  par  une  longue  fuitte 
d’experiances ,  comme  ceUe-cy, 
Aujsiurd’huy  certains  compofent 
le  Catholicon  double  de  Senné ,  &  de 
Sheubarhe,&  mettent  une-partie  du 
éenné,  jfi^de  la  Rheuharbe  en  poudre, 
l’autre  en  infufion  dans  une  par¬ 


tie  de  la  decoéhion  dû  Polypede, 
ainfi  que  l’ont  écrit  Durenou  &  les 
Médecins  de  'la  faculté  de  Paris, 
dans  leur  Confebbion  univerfede  l’ef- 
quels  'ne  doivent  point  être  imite'fi, 
quoy  que  l’eau  ait  dùverspores,  com¬ 
me  a  - été  dit  au  Sy  rop  de- fleur  de 
Pêcher  ,  quand  elle  efi'  ‘empreinte 
fufijamment  de  lamucofiïé  d’un  in¬ 
grédient  telle^que  celle,  que  le  Poly- 
pode  rend  par  une  hngue  coêlion 
elle  bouche  en  quelque  façon  l’orifice 
des  autres  pores  qui  font  vuides  -,  Cr 
empêche  qu’ils  ne  font  pas  l’entiere 
attraction  de  la  vertu  des  autres  fim- 
ples ,  comme  du  Senné, de  la  Rheubar- 
be,&  de  leurs  correctifs, &  ainfi  leur 
vertu  refie  en  partie  dans  leurs 
corps.  De  pim  s’il  en  faut  croire  cer¬ 
tains  Galenifies  &  Paracelfifles  ,  qui 
difent  que  la  vertu  purgative  de  la. 
Rheuharbe  confifie  en  un  fel  volatil, 
qui  fe  difiipe  facilement  par  la  cha¬ 
leur ,  cela  étant  il  vaut  doncques 
mieux  de  les  mettre  en  poudre  avec  les 
autres fimples  qu’en  infufion,  puis  que 
fans  augmenter  la  quantité  du  fuccre 
il  y  en  ad  fuffifance  pour  faire  le  mé¬ 
lange  &  pour  conferver  la  compçfi- 
tion  :  car  huit  livres  de  psccr-e  s  fiiXp 
onces  de  Pulpe ,  de  Çafie  &  d.e  Tama- 
rinds  ,  tout  cela  fait  avec-l’augment 
que  le  fuccre  donne  étant-  cuit  en  Jy- 
rop  onsLC  livres  &  quelques  onces,  l'a 
poudre  peji  }  .livres  z  .onces  sr  demy, 
defaço  qu'il  y. aura  cnviro  ^divrey.de 
jyrop,pour  livre  de  poudre  :  outre  que 
pour  l’ordinaire  ,  on yn^  do.uble  que  la 
Rheuharbe, &  non  le^^^^.LAjeùtez.  d 
cela,  que  Platearimgn  fon  chnentai- 
re  fiir  le  Cathoticon,dit  que  fi  on  veut 
de  plus  fort  purger  la  melancholie, 
eu'purifiérl  efang,quil  y  faut  ajouter 
Z  Z  l’Ejé 


l6%  Livre L  Seâion  VI IL 


t'Epichyaie  j  fi  la  dtolere  la  BLhen- 
barbe,  &c.  lin'entend  point  qu’ils 
fbyenc  infufcz  mais  qu’on  les  rnec- 
tre  en  poudre  >,  voilà  pourquoy  nous 
devons  pulverifer  le  Senne  &  la. 
Rheubarbe ,  pour  les  doubler  en  cet 
Eleduaire. 


CatlioIIcon  fimplex,  D.  Fernel. 

Radicum  Helenij , 

Bugloffi ‘ 

Cichorij , 
jiltllAA, 

Polypody  tjuerni  , 

Serninü  Cnici ,  feu  Carthami  contuf. 

fing.  une.  duos. 

Stcechadü , 

Hyjfopi, 

Melifophylli , 

Eupatorij  veri 
udfplenÿ , 

Betenica , 

.yirthemifie. ,  Jing.  m.ÿi 
ïïvarum  Pajfarum  expurgatarum  » 
une.  très. 

Semin.  quatuor  jrigidor.  majorum, 
^nifi  ,  & 

Glyccyrrhiz.£ ,  .fingul.  dràch.  très. 
Goquantur  omnia  ex  arte  in  likrü 
decem  Hydromellù  ,  dumfeptem 
fuperfim.  pn  colato  jure  macéra 
horü  xy. 

Polior.  Sènna  mundatorumjib.unam 
&femifi. 

Agarici  alhi,lib.  femi^. 

Zingiberü^  mc.unam . 

Aliqmnt'um  bulHant ,  &  in  exprefo 
liquore  dijfolve,  Pulpa  Mixario- 
rum,  lih.femifl'. 

talior.  Senna  mundator.  tenuijfime 
uitor.um.iiiji 


Syrupi  Infufionis  Rofar.  pallidar. 
lib.  mam. 

BPellis  optimi  expumati ,  lib.  duos. 
Percoquantur  igné  lento  in  Mellù 
temperaturam  infj^ergenào  fub 
finem. 

Rh'abarbari  elebti,  & 

Cinnamomi  eleiti,  Mriufq.mc.mam. 
Santali  çitrini ,  unc.femif. 

Nucis  Mofehata ,  drach.  duos. 

Fiat  EleSluarium  ufui  reponendm^ 

LES  FACVLTEZ. 

H  tire  &  purge  benignement  tou¬ 
tes  fortes  d’humeurs  de  quelque  partie 
du  corps  que  ce  foit,  qu’il  y.  ait  fievre 
ou  non.  On  le  peut  même  donner 
fourement  aux  enfâns ,  aux  vieillards* 
&  aux  femmes  grolfes. 

REMARQ.VE. 

IE  demeure  étonné  de  deux  fautes^ 
remarquables  ,  que  Sauvageon  » 
laijfé  glijfer,  en  inférant  la  àeferif 
tion  du  Catholicon  fimple  de  Fernel 
dans  la  Pharmacopée  de  Bauderon. 
La  première  efi,que  Fernel  y  deman- 
Syrupi  Infufionis  Refarum  Pallida- 
rum  lib.  unam  ,  &  dans  Sauva¬ 
geon  on  lit.yinfitfionû  Rofarum patli- 
darum  ^.unam,  Vomijfion  du  mot  de 
Syrupi  n’efi  pas  de  petite  importan¬ 
ce  :  car  fi  on  mêlait  dans  cet  Ele- 
Huaire  de  Finfitfion  de  Rofes ,  pour 
du  Syrep  Rvfat ,  U  s'enfuivreit,  quil 
la  faudrait  faire  bouillir  &  cuire, 
avec  le  miel  en  confiftance  d  Ele- 
üuaire ,  &  elle  fe  confiumeroit ,  &  If 
compefition  n  aurait  pas  de  Jyrep  a 
Jùjfifânce  pour  la  conferver ,  au  lieu 
que  le  fyrop  y  efi  mis  ,  pour  deux 


^es  Eleâuaires purgatifs  mois,  5^5 


raifotfi')  la  première  comme  purga¬ 
tif,  &  fécondé  avec  le  miel ,  pour 
donner  corps  à  l’ EleEluaire  ,  & 
conferver  toutes  les  efpeces ,  cette 
vérité fe  trouve  confirmée  parle  di- 
re^  de  Fernel ,  Do  fis  g/,  tota  comp.o- 
fitio  exifiit  lib.  quatuor  ,  dofes  funt 
circiter  quinquaginta.  Ge  qui  ne 
pourroit  être  autrement  ,  fi  on  p 
mettoit  l'infufion  des  Rofes  pâles, 
au  lieu  du  firop  Rofat  ;  par  ce 
quelle  fie  con fumer  oit  cuifant 

avec  le  miel,  comme  dit  efl  ,  &  le 
poids  d’environ  quatre  livres ,  que 
pefe  toute  la  cornpofition  fuivant 
Fernel  ne  s’y  trouverait  point.  La 
fécondé  faute  ,  regarde  les  quatre 
femences  froides  grandes ,  que  l’Au- 
theur  demande  fimplement  en  ces 
termes.  Seminum  quatuor  frigidorum 
majorum  ,  &  Sauvageon  y  a  ajou¬ 
te  du  fien  le  met  de  mundatorum, 
contre  l’intention  de  Fernel ,  ^ue 
t^il  eût  voulu  quelles  eujfent  été 
mondées  ,  U  s’en  ferait  auffi  bien 
expliqué  icy ,  comme  il  a  fait  im¬ 
médiatement  aprez.  en  fon  grand 
Catholicon  ,  &  en  d’autres  en¬ 
droits ,  quand  il  a  écrit  Seminum 
quatuor  frigidorum  mundatorum. 
De  dire  que  le  mot  de  mundato¬ 
rum  fait  une  omijfion  de  l’Impri¬ 
meur  ,  cela  rîefi  point  i  par  l’exa- 
tnen  que  ’fen  ay  fait  ,  avec  les 
exemplaires  de  differentes  éditions, 
que  j’ay  trouvez,  tons  conformes  ; 
^  ce  qui  prouve  encores  que  c’efi 
I  intention  de  l’Autheur,  de  les  y 
employer  entières  avec  leurs  écor- 
ees  ;  c’efl  afin  qu  elles  fiaient  plus 
aperitives  &  deterfives  ,  ainfi  qu’il 
a  écrit  au  cinquième  livre  chap.  4. 
de  fa  Terapentique.  S'.fnini  praci<‘ 


pua  vis  efl  ;  epuod  integrum  fi  coqui- 
tur,  jufeulo  refi-igerato ,  modice  fic- 
cat ,  incidit ,  &  abflergit ,  vt  etiam 
lentes  in  fade  deleat ,  ac  propterea 
jecur  ac  renes  expurgat ,  urinafque 
ciet.  ^upd  vero  expurgatum  fuerit 
tritum  aquaque  hordei  exceptumi 
Sanguin ts  &  urina  ar dores  lenit 
minmque  ficcat.  Aprezeeta  j’efii- 
me  qu’il  ne  faut  point  hefiter  de  les 
y  mettre  toutes  entières  ,c  efl  adiré 
concaffées  avec  leurs  écorces  &  en 
toute  antre  cornpofition  ,fi  on  ne  veut 
dire  Bernent  contrevenir  â  l’inten¬ 
tion  des  Autheurs  d'icelles. 

Refie  maintenant  aprez.  la  corre- 
Bion  de  ces  deux  fautes  d’examiner 
le  modus  faciendi  du  doéte  Fernel,& 
de  dire  qu’aprez.  avoir  cuit  plus  de 
vingt fix  onces  5  tàntracinesffueilles, 
fleurs,  fruits,  que  femences,  dans  dix 
livres  d’Hydromel,&  derechef  d’in- 
fufer  &  cuire  dans  fept  livres  de  la 
colature  dix  huit  onces  de  Senné,fix 
onces  d’ Agaric ,  &  une  once  de  Gin¬ 
gembre  ,  que  cela  ne  fe  peut  faire 
fans  qu’il  refie  une  grande  partis  de 
la  vertu  des  fimples  ,  de  la  derniers 
infufion  &  decoBion  dans  leur  marc, 
comme  auffi  de  diffoudre  dans  la  cl- 
lature  de  cette  derniers  decoBion  la 
pulpe  des  Sebefies  ,  la  poudre  &  les 
Syrops.  Four  y  procéder  plus  métho¬ 
diquement  ,  il  fiant  prendre  doul^e  li¬ 
vres  d’Hydromel,  &  y  faire  boùillir 
les  racines,  les  unes  concaffées  ■&  les 
autres  incifées  menu, gardant  l’ordre 
de  la  decoBion  ,  de  mettre  les  plus 
dures  les  premières  :  apreX^on y  met¬ 
tra  les  autres  iugrediéns  en.leurrang 
&  ordre  ,  &  la  decoBion  .con fumée 
d’environ  trois  livres ,  on  couvrira 
exaBement  le  pot,  qui  fera  tenu  ireit 
Z  Z  1  -  ose 


3^4  Livre  L 

9U  quatre  heures  ,  fur.  les  cendres 
ehaudes  ,  la  colature  &  l’expreffwn 
legerement  faite ,  &  repofée pendant 
quelques  heures. pour  la  feparerde 
fesfecesfera  refnife  dan, s  le  même  pot 
avec  le  Senne  mondé,  couvert  comme 
dejfus  &  fur  une  chaleur  proportion¬ 
née  a  la  matière  qu  on  infufe  ^elpace 
de  douXj  heur  es. Ceux  qui  y  voudront 
mettre  ' une  drachme  de  fel  de  Tartre, 
ou  deux  drachme  de  liqueur  de 
Tartre  tireront  mieux  la  vertu  du 
S,enhé  qu’on  ne  fauroit  faire  autre¬ 
ment-,.  âpre  Z.  on  y  mettra  dans  un 
no  'uet  l’ ^ga-ric  trochifqué ,  bien  que 
l’Autheur  ne  le  demande  paiainji, 
cajnme  nom  voyons  quilyfait  entrer 
le  Gingembre  pour  le  corriger  , 
nom  le  faifons  afin  que  l’ Jlgaric  no- 
cupe  pas  tant  de  place  ,  &  que  fa 
vertu  fit  pim  unie',  &  que  la  deco- 
Eliqn  le  puïjfe  mieux  pénétrer  ,  & 
l’attirer.  L’infujton  fera  continuée 
fur  une  chaleur  un  peu  pim  modérée 
par  la  même  ejpace  que  dejfm ,  ’&fur 
lasfin  augmentée , coulée  ,e  xprirnée , re¬ 
pofée,  &  bien,  defecée  ,  quelle  fait  par 
rejide.nce,la  faut  faire  évaporer  com¬ 
me  il  a  été  cy- devant  dit ,  au  fyrop 
Rofat  compofé  avec  S.df  A.  jufquesà 
une  confiftence  convenable,  qu’on  la 
puiffe  mêler  avec  le  Jyrop.  Rofat, .& 
le  niiel  cuit  &  defiumé  ,  pour  incor¬ 
porer  avecia  poudre  &  la  pulpe  des 
Sebèfies  fpr.  réduire  le  tout  en  bonne 
&  deu'é  forme  l’Eleétuaire. 

,  Ti  yphera  Perfïca.,  D.  MefI 

y:.  Skccorum  Solani , 

Intybi  ,  feu  En  divin  fa- 
tîvn. 


SeB'ion  VI IL 

■dpij  depuraterum  ,  fing.  Uh. 
duos. 

Lupuli ,  etiam  depurati ,  Uh. 
unam. 

In  his  technice  coque 
Tiolarum  ficcar.  (  recentium  potim 
cenferem)  lib .  unam. 

Folliculorurn  Sennâ,,unc.dueu.  ■ 
Jlgarici  trochifeati  fcilicet  ,  me- 
unam. 

Trunorum  'Damafeenorum,  n.  quü- 
quaginta. 

Seminis  Cafuthn  id  ef ,  Cufcuts, 
unc.femip. 

Myrobalanorum.  Citreorum, 
Cepularum  ,& 

Tndarum  ,  oleo  violar.  m 
oimygdalar.  dulcium  con~ 
firicatarum  ,  finguL  me. 
duos. 

JSéonulli  mendofe  legunt  fing.drack 
nas. 

Spica  Hardi ,  drach.  très. 

Coque  pruna  igné  lento ,  donec  likra 
Kna  aut  dua  fuperftnt  :  cui  in]ue. 
Spithymi  ,  drach.  quadraginta,.  . 
&  Jldyrebolanos  oleo  confiricatas 
vt  dixi ,  (êr  bulliant  fimul  unka 
ebullitiene  ,  &  exprimante.  In 
parte  una  colaturn  dijfolve, 

Cajfia  filiularis ,  une.  quatuor. 
Tamarin dorum,  une.  très. 

Manna ,  une.  unam.  &  femij^. 
Sacchariviolati  ,feu  Conferva  vith-  ’ 
lar.  lib.  unam. 

In  parte  reliqua  colati ,  & 

Aceti  ,  libra  una  ,  coque  igni. 
lento 

Sacchari  albiffimi  ,  lib.  très  ,  in 
fyrupi  crajfitiem  ,  deinde  difolve. 
]\4ànna ,  Cajfiam  ,  &  Tamarin- 
dos  :  poftremo  pulverem  feqnen- 
t.em.  adjicies. 

'Of.Rh-A 


jD^i  Eleé^uaires  purgatifs  mois,  / 


Oj.  -  Rhaharhari  eptimJ ,  me.  dttas, 
ji^jirohaUnortm  Citrearurn  ,  une 
nnam  &  fem. 

'  Ceptdarum ,  & 

Indanm,  utriufque.  une.  unam. 
Belkricarum, 

Ernblicarum ,  & 

Smimm  Anijî  ,fing.  une.  fimij?. 
Fumarid, 

Trochifeorum  Diarhodonü, 

Maeü, 

Maftichei, 

Cnbebarjm, 

Spodii,. 

Santali  citrini ,  & 

Seminum  quatuor  figidorum  maj$- 
rum  tnundator.  fingulorum,draeh. 
dntu  &  femijt. 

Spic£  Indien  ,  drach.  duoi. 

Fiat  pulvü  guttis  aliquot  olei  vio- 
lati  alfergendus ,  &  eonjrican- 
dus ,  priufquam  confsEtioni  mif- 
ceatur  ,  &  vajî  reponatur. 

T'ARAP  H  RA  SE. 

La  diSEculcé  qu’il  y  a-  en  la  com- 
pofîtion  de  cet  EleeStuaire  don¬ 
ne  occafion  aux  vieux  Apothicaires 
de  le  donner  en  chef-d’œuvre  aux 
jeunes  ,  qui  le  veulent  paffer  maî¬ 
tres.  La  première  eft  en  la  dofè  des 
médicaments  qui  femble  être  dépra¬ 
vée  en  divers  endroits ,  {bit  par  l’er¬ 
reur  des  Imprimeurs ,  ou  non  ,  car 
les  uns  lifent  des  quatre  fucs  puri-' 
fiez  3  de  chacun  deux  livres  3  aufquels 
je  n’acquielcerois  volontiers  ;  les  au¬ 
tres  lifent  des  trois  premiers  de  cha¬ 
cun  deux  livres  ,  &  de  celuy  de  Lu- 
puleunc  tant  feulement  que  j’ay  fui- 
''y-  ’La  fécondé  eft  aux  Violes  ^qui 
entrent  en  la  decoêtiorrj  car.Ies  uns 


lifent  trois  drachmes  ,  les  autres  une 
livre.  Il  me  femble  que  trois  drach¬ 
mes  de  Violes  feiches  ne  fuffifent 
pas  quoy,  qu’elles  foient  legeres  8c 
qu’un  peu  aprez  il  demande  dou¬ 
ze  onces  (  qui  valent  une  livre  )  de 
fuccre  violât ,  qui  n’eft  autre  cho¬ 
ie  que  nôtre  Conferve.  Ceux  qui 
auront  la  commodité  d’y  mettre  des 
Violes  recentes  ,  ils  y  en  mettront 
le  poids  requis  ,  qui  eft -  une  livre, 
finon  trois  onces  de  feiches  ,  qui 
pourront  venir  à  la  livre  recente. 
Telle  eft  mon  opinion  pour  ne  dé¬ 
roger  à  l’Autheur,ny  aux  exemplai¬ 
res  que  j’ay  eu  en  main  &  n’y  ajou¬ 
ter  du  mien.  La  troiziéme  eft  aux  My- 
robalans  :  car  aucuns- lifent  Citrins, 
Cepules3&  Indes  de  chacun  deux  on¬ 
ces  ,  les  autres  deux  drachmes  :  la 
faute  a  été  facile  à  l’Imprimeur  po- 
lànt  le  charaélere  de  drachme  pour- 
once.  La  dofe  des  precedents ,  & 
fuivants  démontré  que  Mefué  a  en¬ 
tendu  deux  onces  plutôt  que  deux 
drachmes.  Quelques-uns  y  ajoiitènt' 
trois  drachmes  de  Rofes ,  comme 
des  Violes  ,  &  Nard  Indique  ,  ce 
qui  n’eft  pas  necelfaire  pour  caufe 
des -Trochifes  de  Diarhodon  qui  y 
entrent  ,  &  que  Meftié  n’en  fait’ 
mention.  Le  nom  de  Tryphera  li¬ 
gnifie  Pelicate ,  pour  les  raiforis  dé¬ 
clarées  au  precedent.  Le  lurnom  de 
Perfica  y  eft  mis ,  pour  montrer  que 
les  'Médecins  des  Pèrfes  l’ont  in¬ 
ventée  3  ôc  mife  premièrement  en  ufà- 
ge.  Sa  vertu  eft  univerlèllc,  pourcc 
qu’elle  purge  avec  choix  l’une  &  l’au¬ 
tre  bile  3,  ôc  la  pimite. 


Zz  5 


LE 


5^^ 


Livre  L  SeÛton  Vîlh 


LE  MELANGE. 


au  mortier  de  marbre  avec  un  pi% 
de  bois,  &  palFera  fur  le  tamis  ren¬ 
versé.  La  Caflè  rcçente  ferapafsée 


Il  faut  premièrement  purifier  les  au  triple  ,  finon  au  quadruple,  fi 

'  fiics  au  Soleil ,  ou  fur  le  feu  :  puis  elle  eft.  moins  recente  ,  &  pesée 

les  pefer  &  en  iceux  cuire  premie-  comme  les  Tamarinds,  fans  l’imme- 

rement  les  pruneaux ,  &  le  Cufcuta  éter.  L’autre  partie  de  la  colacurc 

concalsé  ;  un  peu  aprez  on  y  mettra'  avec  le  vinaigre,  Sc  fuccre  fera  cui- 
le  Seriné  nettoyé  ,  comme  dit  eft,  te  un  peu  plus  que  Syrop ,  dans  un 

qu’il  n  eft  befoin  de  concalfcr  ,  car  pot  de  terre  vernifsé  ,  ou  dans  une 

il  n’en  purge  davantage  ,  de  s’il  en  baflîne  de  cuivre  étannée ,  pour  cau- 

rend  la  decoétion  plus  vifqueufe,  fe  du  vinaigre ,  qui  acquerroit  acri- 

principaleiricnc  fi  on  prend  les  fiieil-  monie ,  à  catife  du  cuivre  ,  auquel 

les.  Au  contraire,  fi  on  prend  les  on  détrempera  les  Tamarinds,  Man- 

folliculés ,  comme  Mefué  demande  ne ,  Cafte ,  &  la  Conlèrve  de  Violes, 

( parce  qu’elles  purgent  plus  que  les  puis  la  baftine  ôtée  de  dclfus  le  feu, 

fueilles  )  il  les  faudroit  un  peu  con-  on  y  ajoûtera  peu  à  peu  la  poudre 

calfer  ;  aprez  on  y  mettra  l’Agaric  faite  comme  s’enfuit, 

tiochifqué  concafsé,  &  IcsMyroba-  Au  Santal  duément  concafsé  on 
ïans  concaftez,  &  confriquez  d’hui-  ajoûtera  le  Nard  Indique  incisé,  les 

le  violât ,  ou  d’Amandes  douces,  femences  de  Fumeterre ,  Si  d’Anis, 

iceux  ayans  pris  un  bouillon,  on  y  les  Myrobalans,  Cubebes  ,  femen- 

mettra  les  Violes  ,  l’Epithyme  ,  &  ces  froides  mondées  de  leurs  écot- 

Nard  Indique  incisé.  Cela  fait,  ces,  le  Rlieubarbe,  Macis,  &  Tro¬ 
ie  tout  fera  mis  dans  une  terrine  chife  de  Diarrhodon,  qui  feront  pilez 

vernifsée,  ou  plat  d’étain  creux  ,  &  enfèmble.  Il  faut  pulverifèrà  part  le 

couvert,  où  il  fèjournera  jufqu’à  ce  Maftie,  &  Spodium  ,pour  toutes  les 

que  le  tout  foit  à  demy  refroidy  :  poudres  mêlées  ,  '  confriquer  avec 

apr^z  on  l’exprimera  diligemment,  huile  Violât ,  afin  de  corriger  l’âprc- 

&  dans  la  colature  remifè  fiir  le  feu,  té ,  &  ficcité  des  Myrobalans ,  qui 

on  jettera  la  Conlèrve  de  Violes,  &  fans  cela  offenlèroient  Teftomach  des 

étant  prête  à  bouillir ,  on  l’exprime-  malades  (  Mefué  au  chapitre  des  My- 

ra.  Si  les  Violes  de  la  Conferve  robalans.)  Ainfi  le  tout  bien  mêlan- 

fônt  curieufement  nettoyées  de  la  gé ,  fera  gardé  au  befoin. 

partie  herbacée,  &  diligemment  pi¬ 
lées  ,  on  la  pourra  dilToudre  avec  la  LES  FA  CF'L  TE  Z- 

Callè,  &  Tamarinds ,  le  Syrop  étant 

cuit.  D’une  partie,  de  la  colature  il  L’on  fe  fert  de  cet  Eleétuaice  aux 
faut  humeéber  les  Tamarinds  mon-  fievres  aiguës  ,  interaperawrè  chau- 
dez  de  leurs  os  (  &  pelè^  d’un  tiers  de  du  ventricule  &  du  foye  ,  lots 
plus  qu’il  n’eft  requis ,  pour  canfè  qu’elles  régnent  en  un  Eté  peftif^to, 
du  dechet  )  qu’on  tienchra  fur  les  &  en  Autonne  :  8c  en  toutes  les  • 


de  foyc  ^ 

commode  la  veuë  ,  à  caille  des  hu¬ 
meurs  bilieufes. 


D&î  Eleâuatra  purgatifs  mois.  3^7 

iccs.  Il  appaifè  la  Ibif,  guérit  la. jau-  point  de  Lupuls  en  quantité  pottr 
nilTe  chaude  j  qui  vient  d  oblhuëtion  en  tirer  le  Juc  quil  faut ,  ny  enco- 
difcute  la  hifïlifion  qui  in-  re  moins  du  Solanurn ,  &  en  la  fai- 
fin  des  Lupuls  &  du  Solanurn ,  on 
ne  trouve  point  non  plus  des  Vio¬ 
les  recentes.  Et  pour  une  ficondoy 
R  E  M  A  R  Q_y  E.  ^ recentes  mon¬ 

dées  comme  il  efi  requis  ,  nen  don- 

E\Auderon  a  épluché  quelques  dif-  neront  ]amais  plus  haut  d'une  on- 
fcultés  qui  fi  trouvent  en  la  ce  &  demy  de  fiiches.  le  ue  pre- 
defcription  du  Tryphera  Perjîca  qui  tend  point  icy  de  blâmer  Mefue 
ont  procédé, non  pus  des  Imprimeurs,  de  ce  quil  demande  dans  cet  Ele- 

mais  bien  des  divers  manufirits  étuaire  des-firnples  hors  leur  faifin 

qui  jurent  faits  des  œuvres  de  ÎMIe-  a  nôtre  égard  ,  attendu  qu'il  pou- 

fié  avant  que  l’ujàge  de  l’Impri-  voit  être  fous  uti  clymat  beaucoup 

merie  fût  ,  ou  bien  des  diverfes  ver-  différent  du  nôtre ,  comme  auffi  fis 
fions  qui  en  ont  été  faites  3  mais  il  premiers  inventeurs ,  les  Médecins 
me  femhle  quil  y  en  relie  encores  de  Per  fis  pouvaient  avoir  en  même 
quelques-unes.  La  première  me  pa-  fàifin  les  Lupuls,  le  Solanurn  .  V En- 
roît  aux  Violes  recentes  ,  que  Bau-  dive  ,  efi  L'Ache  pour  en  tirer  les 
deron  aprez.  quelques  exemplaires  fitcs  ,  &  les  Violes  recentes  pour 
de  Mefué  ,  comme  ceux  de .  Venife  mettre  dans  la  ’  deceSlion.  Aprez. 
par  Vincent  Valdegrife  de  l'an  if6i.  ces  difficultés  s'en  pre fente  une  atir 
tre  qui  ejl  fort  importante,  pour  rai- 
fin  de  la  chicane  quon  apporte  à: 
ceux  qui  afpirent  d  la  maurifi  des 
Apothicaires ,  c'efi  d  fpaVoir,  com¬ 
me  quoy  pouvoir  cuire  3  2,  encer 
d’ingrediens ,  les  uns  qui  fiuffrent 
une  coHion  confiderable ,  comme  les 
Pruneaux ,  &  les  Myrobalans  ,  ler 
autres  qui  font  d'une  fubftance  ra- 
comme  les  Violes  recentes ,  en- 


&  de  Imtes  de  l'an  1623.  veut 
quon  y  en  mette  de  recentes  une  li¬ 
vre ,  d  qui  en  aura  la  commodité, 

&  en  leur  deffaut  trois  onces  de  fii¬ 
ches  ,  au  lieu  que  Mefué  que  fay 
en  manufirit  ,  &  les  Moines  qui 
l’ont  commenté ,  n'en  demandent  de 
feiches  ou  recentes  que  trois  drach- 
tnes ,  quantité  qui  me  fimble  devoir 
fuffire  pour  la  quantité  de  l'Ele- 
duaire  ,  veu  qu’il  y  entre  encohes  cores  plus  les  fiiches, les  follicules  de 

une  livre  de  fuccre  Violât  ,  par  Senne. ,  l'Agaric ,  &  en  dernier  lieu 

lequel  H  faut  entendre  la  Canfirve  quarante  drachmes  d'Epithyme,qui 
de  Violes  liquide ,  comme  dit  le  P  a-  eft  encores  de  fiebSlance  plus  rare  que 

taphraFle  ,  ou  bien  filon  d'autres  le  les  autres  ,  tous  lefquels  ingrédient' 

Syrop  Violât  nouvellement  dilfen-  font  capables  d'abflrber  les  fept  U- 

se  de  diverfes  infufons  ;  pour  la  vres  des  fiscs  prefcrits  que  l'Au- 

premiere  il  ejl  impoffible  d'y  pots-  theur  y  demande  pour  les  cuire,  ce 
'‘fer  fatisfaire, puis  qu'en,  la  faifin  .  qui  me  perfuade.de  croire  qu'il  y 
des  Violes.rec.ent6s ,  il  ne  fi  trouvée  d'autres  faufes  en  la  defiription 

de:- 


i6î  :  Livre  L  SeBion  Vl IL 


de  Bemàeron  ,  Ainji  qu’on  peut  ve^ 
rifier  far  lei  trois  exeiaplaires  des 
oeuvres  de  Mefué  cy-dejfus  citést  & 
far  les  .Moines  en  la  dofe  des  My- 
robolans  qui  entrent  en  la  decoüion, 
au  lieu  qu'on  lit  dans  ic eux  :My~ 
robalanorum  Citrearurn,  Cepularum, 
&  Indarum  ,  ana  drachrnas  duos, 
dans  Bauderon  \Myrobalanorum 
Cit  'fearum  ,  &c.  ana  uncias  duos ,  les 
P^iôles  déduites ,  &  les  Myrobalans, 
il  y  aurbif  des  fucs  à  fuffifâncé 
pour  cuire  &  infufer  le'  reflam  des 
tn'gredièns:  l'ay  voulu  donner  cet 
avis'  d  VArtisle  ,  avant  pajfer  au 
modus  facien'di  fuivant  la  defcri- 
ption  de  Bauderon.  En  premier  lieu 
i(  faut  prendre  le  poids  requis  de 
chacun  -des  fucs  ,  bien  exaUemem 
&  feparément  purifiés ,  &  en  ieeux 
dans  un  pot  de  terre  plombé  cuire 
les  Pruneaux  mondés  ,  &  la  fe- 
mence  de  Cufcute  cohcafsée ,  un  peu 
aprez.  les  fotUeules.  de  Senne  inci¬ 
sées  &  legerement  concafsées  ,  ■  les 
JlPytob'alans  mondés ,  voncafsés  df 
confriqués  avec  l'huile  requisse  tout 
ayant  cuit  chacun  en  fan  rang  fi¬ 
xa  infusé  par  '  vingt-quatre  heures 
en  lieu  chaud  ,  aprez.  fizuP  augmen¬ 
ter  le  feu,  &  luy  donner'tine  ébul¬ 
lition  ,  &  les  .  .  'àouler  'h  demy  foid 
&  bien  exprimer'  le  .tosit  ,  derechef 
dans  la  même  cotature  &  au  mê¬ 
me  pot ,  faut-  jetter  les  p^ieles  ,  l'A¬ 
garic  ,  le  Spica  Nard ,  &  l'Epithy- 
me  ,  les  derniers  feront  incifi'ifauf- 
fimenu  qu'il  fi  pourra,  &  les  faut 
faire  chauffer  jufqu’d  ce  qu'ils  com¬ 
menceront  k  bouillir  ,  le  pot  étant 
bien  couvert ,  demeurera  en  infu- 
fion  comme  defftssy  &  pour  le  fur- 
pltts  on  procédera  fuivant  Baude¬ 


ron  :  cette  façon  il  y  aura  de 

liqueur  k  fuffifance  ,  &  les  infufions 
&  eoElions  ne  diminueront  "'en  rien 
de  leur  vertu ,  au  contraire  ell'èfe- 
ra  pim  grande. 


Tryphera  Sarraccnica,  D.Ni- 
co  I  Alexand. 

'ffL.  Sacchari,  une.  très ,  (  hujmnon 
meminit  Myrepf)  ' 

Corticum  Myrohalanorum  Citrsa- 
rum ,  " 

O-vyphœnici  ,  id  efi  ,  Tamàr'tndo- 
rum  ,& 

MedulU  Cajfia  fiftuU  ,  fingul.  une. 

ptnam  &  femijt 
Manne  ,&■: 

Myr-obàlanôrum  Cepularuni ,  urinf 
que  drach.  fix.  fcrüpul.  duos  ,  Sh 
taria,id  efi,gran.  frumèmt  quin- 
que,  '  '  ’  ^ 

'  B'ellericarum  ,  & 

Emblicarum  ,  utriufiue  une., 
■femifi.  gran.  quatuor ,  mtn- 
:  ' défi  Codex  Myrepf  hdet.. 
'^û.  gran.  quatuor. 
Rhaharbari  Indi ,  & 

Vielarum  recentium  ,  vel  feminù, 
utriufque  unciam  fimiff' 
Seminis  Anifi  ,-& 

Fœniculi  ,  utriufque  ârachm. 
duos  &  gran.  quinâecim.'^ 
Spica  Indiea ,  (  cum  Myrepf<a>4 
Maliiches  cum  SalernitÀno,)& 
Macis  ,  utriufque  drachmàm  unaMs 
gran.  fiptemdgr  femifi'  ■ 

In  libris  duabm  aqua  tealida,  irif 

ce ,  E'iolarum  recentium,  { fi'-tet' 
num  fit  tempm  )  une.  tres!  fin 
autem  confirvà  i^iolarum  fej'étl* 
mcias  noVern.  BnlUant  paMi^- 
aqM 


Des  EleBuaires  purgatifs  mois,  5  6"^ 


Ac^UA  furpureo  colore  tingatur. 
ColatnrA  coque  ,  Sacchari  uncÎAt 
viginti  ,fi  violai  recentes  injece- 
rü  ;  Jî  Coyifervam  ,  quatuordecim 
fufficient  :  quoniam  in  uncijs  ne- 
vern  Conferva  funt  Sacchari  une. 
[ex  ,  qu&  quatuordecim  junSla 
viginti  efficiunt  ( quAntitoi  hic  ex- 
petita  J  PercoEto  Syrupo  dijfol- 
ve  Manna ,  Tamarindos ,  eè'  Caf- 
fiam.  Denique  pulveretn  teimijji- 
mè  l&vigatum. 

PAS.APH  rase. 

SAIemitanus  a  emprunté  cette  de- 
feription  de  mot  à  mot  de  Nicol. 
Myrepîiis  au  premier  des  Antidotes, 
chapitre  zoc;.  hormis  que  des  der¬ 
niers  Myrobalans  ^  il  lit  demy  drach¬ 
me,  pour  demy  once.  L'erreur  eft 
facile  à  un  Imprimeur  mal  versé  de 
pofer  3.  pour  l’ay  retenu  le  Nard 
Indic  mentionné  par  Myrepfîis  au 
lieu  du  Maftich  fpecifié  par  Saler- 
nitanus ,  pour  les  raifons  que  nous 
dirons  maintenant.  Son  nom  par 
Antiphrafte  fignifie  delictite  &  plai- 
fànte.  Le  furnom  vient  des  Méde¬ 
cins  Sarralïns ,  qui  lont  inventée  & 
mis  en  ufage.  Mefué  diftinétion  deu- 
ziéme,  en  décrit  une  de  femblable 
l'om ,  difFerente  en  nombre  de  mé¬ 
dicaments  &  vertu  ,  qui  n'cft  ulî- 
tee  :  mais  cette-cy  décrite  par  Ni- 
colaus  Salcrnitanus.  La  bafe  chola- 
gogue  font  les  Myrobalans  Citrins, 
Thamarinds ,  &  Callè  :  leur  vertu 
eft  augmentée  par  le  Rheubarbe ,  & 
Violes  qui  auffi  corrigent  l'âpreté 
&  liccité  des  Myrobalans  &  Rheu¬ 
barbe.  Le  Macis  fortifie  le  ventri¬ 
cule  contre  leur  nuifànce,&  le  Nard 


Indique  le  foye  :  les’  lèmences  y 
font  mifes  pour  confumer  les  vents, 
incifèr  &  atténuer  les  matières  craC- 
CS ,  &  icdles  conduire  par  la  voye 
de  i’urine  ,  &  delbpiler  :  la  Manne 
&  Succre  detergent,  &  confèrvent 
le  tout. 

LE  MELANGE. 

le  ferois  d’avis  qu’en  pulverifânc 
les  Myrobalans  on  y  ajoutât  un  peu 
d'huile  d'Amandes  douces,  tant  pour 
empêcher  leur  exhalation ,  que  pour 
corriger  leur  nuifànce.  Le  Nard  In¬ 
dique  ,  le  Macis  ,  &  les  femences 
feront  pulverifez  enfembde  ,  &  le 
Rheubarbe  à  part ,  pour  mêler  le 
tout  &  le  garder.  Cela  fait ,  on  pren¬ 
dra  deux  livres  d'eau  bouillante ,  à 
laquelle  on  jettera  trois  onces  de 
Violes  récentes ,  &  mondées  (  fi  c’eft 
le  mois  de  Mars  )  aufquellcs  on 
donnera  un  feul  bouillon  ,  afin  de 
colorer  l'èau  :  aprez  on  les  expri¬ 
mera  Icgerement.  D'une  partie  de 
la  colature  lèront  humeétez  les  Tha¬ 
marinds  mondez  ,  chauffez ,  pilez  & 
pafTez  comme  la  Cafïè ,  fur  le  tamis, 
avec  une  Ipatule ,  comme  il  a  été  dit; 
au  refte  de  la  colature  il  faut  met¬ 
tre  vingt  onces  de  fuccre  blanc ,  & 
net ,  fi  on  a  pris  des  Violes  recen¬ 
tes  :  finon  quatorze  onces  fi  on  prend 
de  la  Conferve ,  pource  qu’en  neuf 
onces  de  Conferve  y  a  fix  onces 
de  Succre  &  trois  de  Violes  ,  qui 
revient  tant  de  l’un  que  de  l'autre 
au  poids  requis  ,  qu’on  fera  cuire 
un  peu  plus  que  Syrop,  auquel  la 
baffîne  étant  encore  fur  le  feu  o» 
détrempera  la  Manne  ,  la  Confer¬ 
ve,  lesTaraarinds  ,  &  la  Caflè  :  puis 
Aaa  ,ic 


37^  /. 

ie  tout  à  demj'  refroidy ,  peu  à  peu 
on  y  ajoûtera  les  poudres.  Cet  Ele- 
diuaire  fera  gardé  dans  un  pot  de  ter¬ 
re  vernifsécj  attendant  la  neceffitc 
pour  s'en  fovir. 

LES  EACFLTEZ. 

Elle  eft  efficace  pour  ceux  qui 
ont  la  jaunilfe ,  pour  les  hépatiques 
&c  melancholiques  ,  &  contre  tous 
les  maux  de  tête  ,  &  d’eftomach,- 
&  des  hypochondres  J  qui  naiflène 
de  melancholie ,  ou  de  bile  fl  ave  brû¬ 
lée.  Comme  audi  contre  la  fievre 
•double  tierce.  Elle  fortifie  la  veuéj. 
&c  refait  lé  tcinéE 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

A  Trichera  Ssirracenica  efi  dé¬ 
crite  par  Nicolam  Alexandri- 
nm  en  fon  livre  preallegué ,  chapi¬ 
tre  Et  quoy  que  la  defeription 
cy-dejfpts  différé  un  peu  en  quelque 
dofe  de  ceÜe-cy  ,&  non  des  ingre- 
diens ,  je  n  ay  pas  laifsé  de  corri¬ 
ger  le  nom  de  VAutheur  a  quiBau- 
deron  V  avait  attribuée  ;  car  ces  fau¬ 
tes  precedent  des  Imprimeurs ,  & 
de  Nicolam  Myrepfm  Alexandrin. 
&  de  Salernitanm  quon  appelle. 

Bauderon  obferve  exactement  le 
rnodm  faciendi  .de  fon  Autheurj 
mais  quant  à  la  dofe  du  fuccre  il 
na  point  fuivy  Vedition  de  Grego- 
ry  de  Gregorÿs  de  Vénife  de  Van 
151?.  ny  de  BenediCi  Bonnyn 
de  Lyon  de  Van  i  s  Ao .  qui  deman¬ 
dent  quatre  onces  de  fuccre  , ,  au 
lieu  que  luntas  de  Vénife  de  Van 
}6z}.  n’en  demande  que  trois  on¬ 
ces  ,  qu’il  a  Jùivy,  auquel  il  s’en 


SeBion  VI IL 

faut  tenir  ,  y  ayant  affe^.  du  fuc. 
cre  d’ailleurs  pour  conferver  la 
elfe  ces. 


Caffia  cum  Saccharo  pro  Cly- 
fteribuSjD.Nicol.  Præp. 

Foliorum  Malva, 
Mercurialü, 

^Beta,, 

Parietaria, 

Violaria ,  dr 

Elorum  ejufdem  >  fingul.  manipul 
unurn. 

Abfinthii  Pontici  ma]oris,feu  vul- 
gar.  manip.  femiJS. 

Coquantur  in  aqua Jùffcienti.Colatk- 
ra  laventur  Canna  Caffia,  &  cum 
Sacchari  libra  una  &  dimidid,  co¬ 
quantur  'ad  me  lits  crajfitudinem: 
deinde  diffolve. 

Medulla  Caffia  diligenter purgatt, 
lib-  unam  &  repone. 

Si  vice  Sacchari,  mel  defumatum 
fubÿciatur,  Caffia  cum  molle  mm- 
cupabitur. 

P  ARAP  HRASE. 

De  la  pulpe  de  Calîè  quelques- 
uns  font  divers  Eieâuaircs, 
aufqucs  ils  ajoutent  le  ffirnom  de  la 
bafe,  foit  M'anne,  Senne  3  S'earamb- 
'  née  5  Rheubarbe ,  &c.  qui  les  confti- 
tuent ,  qu'il  n'eft  pas  befoin  de  tenir 
aux  boutiques  ,  pource  qu’en-  tout 
tems  les  Médecins  y  ajouteront  ce 
qu'ils  verront  être  nccelfaircj  joint 
que  la  Caflè  s'enaigrit  facilement  du 
loir  au  matin  ,  encores  plus  3  fl  elle  eft. 
gardée  longuement  feule. 


LE 


Des  EleBuaires  purgatifs  mois,  571 


LE  MELANGE. 

Le  irêlange  éft  facile  :  car  il  ne 
faut  que  aiire  les  herbes  en  quatre 
livres  d’eau^  qui  reviennent  à  la  moi- 
ricj  &  de  la  colacure  en  laver  les 
cannes  de  lîi  Caflè ,  Sx.  avec  'le  fùc- 
cre  la 'bouillir  &:  cuire  en  Eleétuai- 
re  mol  j  puis  là  balïine  encore  fur 
le  ici!  i  y  dilfoudfe  une  livre  de  pul¬ 
pe  de  Caflè  receimnent  extraite,  Sc¬ 
ie  tout  garder.  Quelques -uns  au  lieu 
du  fliccre  y  mettent  du  miel  écume 
&  cuit  femblable" pdids ,  &  le  nom¬ 
ment  Caflîa  cum  mellc. 

LES  F  ACF  LTE  Z. 

Çette  Opiate  fâche  doucement  le 
ventre,  tempéré  1  ardeur  des  fïevres, 

&  l'inflammation  des  vllceres. 

REMARQJv^E. 

NIcolaus  Pr&pojitui  ne  met  que 
demy  livre  de  miel  fur  une  li- 
"vre  de  pulpe  de  Cajfe,  &  Baude- 
ron  prévoyant  le  danger  quil  y 
avoit ,  il  a  mis  en  fa  place  une  U~ 
Wf  &  demy  de  fuccre ,  atttrement 
^  EleSiuaire  ne  fe  confèrveroit  pas 
qthnx.e  purs  fitns  s’aigrir  ,  &  fe 
perdrait  entièrement ,  fi  on  ny  au¬ 
gmentait  le  fuccre  :  ceux  qui  le  vou¬ 
dront  compofer  avec  le  miel  y  en 
mettront  deux  livres  de  dejpumé  & 
cuit  en  EleHuaire. 


Elci^uanum  Lenitivum  ,incer- 
,ti  Anéboris. 

3^-  Senna  mandat  a. 


Poîypodii  quercini ,  & 

Pajfularum  mandat arutn ,  fing,  une. 
duos, 

Mercurialii manipul.  unum  &  fe- 
rniji. 

Hordei.  mundati, 

Adianthi  nigri,feu  Pdlytrichi,& 
Seminis  Fiolarum ,  vel  forum  re- 
centium ,  fng.  manip.  unum, 
lujuharum ,  & 

Seheiien ,  utriufque  num.  viginti, 
Prunorum  enucleatorum ,  & 
Tamartndorum  ,  uriufque  drachm, 
fex. 

Glycyrrhiza ,  unc.  femif. 

Coquantur  ex  artis  praferipto  ,  in 
aqua  fufficienti.  Colatura  diffolve 
Pulparum  Càjfia  fiSluUi 
Tamarindorum ,  & 

Prunorum  dulcium, 

Sacchari  eptimi ,  & 

Sacchari  Fiolati ,  fingul.  une.  fex. 
femper  mbvendo  Jpatula  ,  donec 
refcixerint.  Demum  in  libras  fn- 
"‘gulas  EleSluarii  adde  pulveris 
Senna  mandata ,  une.  unam  &  Ce- 
mifî. 

Seminis  Anifi ,  drachm.  duos,  (  hoe 
addidi  ad  fatuum  difcujfonem, 
quos  dulcia  prbereant,  ,  &  ad 
Senna  câBtgationem  )  &  ufui 
reponantur. 

PARAPHRASE. 

L’Autheur  de  cet  Electuaire  nous 
efl:  incertain,  lequel  a  pris  le  nom 
de  fon  effet,  &  non  de  la  balè,  qui 
eft  Cholagogue ,  &  Phlegmagogue. 

La  Cholagogue  eft  la  Caflè  ;  l-v  ver- 
m  purgative  eft  augmentée  par  les 
Tamarinds,  Primes,  ôc  Violes.  La 
Phlegmagogue  eft  le  Senné  :  {a  vertu 
Aaa  2  eft 


Livre  1.  Se0ïon  VI IL 

LES  FACVLTEZ. 


37^ 

cft  augmentée  par  le  Polipode  ;  les 
fruits,  &  Orge  conduiient  leur  ver¬ 
tu  à  la  poidrine  ,  &  au  foye,.  les 
Tamarinds  &  Prunes' à  la  raue,  la 
Mercuriale ,  &  Violes'i  aux  reins,:  la 
Reglillè  ,  Polytric  ,  &  Anis  ,  qui 
delopile,.  intilè  le  phlegmc  ,  coniu- 
me  les  vents  &  corrige  le  Polypo- 
de,  &  Senne  ,  le  fiiccie  violât  &  fin, 
corrigent  la  lîccité  du  Senné  ,adGU- 
cilicnt ,  .detcrgeiît , ■donnent  la  la¬ 
veur  ,  Si.  ciÿnfèéivent-le,  tout» 

LE  MELA ^V.E. 

Il  faut  premièrement  bouillir  le 
Polypode  cbncafsé  &  l'Orge  en  eau, 
puis  on  y  ajoutera  les  Pruneaux ,  un 
peu  aprez  les  Railîns  ,  Sébeftes ,  & 
lujubes  ,aprez'les  Tamarinds,  Mer¬ 
curiale,  Reglillè  i  &  Senné,  finale- 
mènt  le  Polytric Violes,  puis  le 
tout  à  demy  refroidy ,  fera  exprimé. 
D’une  partie  de  la  colature  feront  bu- 
mcdèz  les  Tamarinds’ mondez  & 
palîèz  à  rr^Y^rs  tamis  comme  la 
Caire,&  Pruneaux.  L’autre  parue  fera 
cuite  en  Syràj3„  a.veç;le  fiïçcre ,  auquel . 
étant  encore  bif  le  feu  '  on  '  détrem¬ 
pera  les  Tamarinds  ,  Prunes  ,^C'allc, 
&  Succre  Violât  j  qui  éft  nôtre  Con- 
ferve.  -  Aprez  iîir  toute  la  compo- 
fition  à  deipy  refroidie  ,  on  ajoute¬ 
ra  trois  oni^s  &  lîx  drachmes  de 
Senne  bien  nettoyé  ,  Sicinc^  drach¬ 
mes  d’ Anis  en  poudre,  qui  revient 
juftement  à  une  once  &  deinie  de 
Senné  ,  &  deux  drachmes  d’Anis 
pour  chacune  livre  d’Eléduaire.  Ain- 
fi  le  tout  fera  mis  en  un  pot  vernit 
sé  &  gardé  au  beloin. 


Il  eû  propre  aux  fievres  engen¬ 
drées'  de  pourriture  d’humêùrs,  & 
à  la  pleurefie  :  rend  le.  ventre  flui- 
de  ,  &  purge  innocciumenc  l’imc  & 
l’autre  bile. 

ÏIEMARQVE. 

Et  EleSuaire  efi  décrit  par 
rAutheur  du  L^tninArc  ma- 
,  lequel  met  au  lieu  du  Sen¬ 
né  les ^Eollicules  ,  tant  en  infufiejç 
quen  fubftance.-les  Médecins  dAu- 
Jhourg  attfibuent  cet  EleSuaire  a 
Florenzéola  i  je  ne  fpay  quel  Au- 
thi^ur  cejt  :  ceux  de  Londres^  y, 
mettent  deux  livres  de  fuccre  au 
lieu  de  Jîx  onces  ,  j’eBime  qu'ils, 
ont  eu  raifin  dj  ce  faire  ,  j?arce 
quon  ne  ppauroii^ garder  de  cor¬ 
ruption  cette  compoftion  un  an  fans- 
qu'elle  ne  fe  gâtât ,  à  caufe  de' la. 
grande  qttantité  de  pulpes.  &  du, 
peu  de  Juccre.  jQjsaiii  k  moy  je, 
fuù  du  fentirnent  qu'il  faut  au¬ 
gmenter  le  fuccre  pour  la  confer- 
vation  du  total ,  mais  qu'il  file¬ 
ra  feulement,  d'j  én  ajouter  une  II- 1 
vre,&  dou1(e  mees  qu’il  y  en  a  dé¬ 
jà  J  compris  le  fitccre  jfiolat  (  pour 
lequel  j’entends  noire  Syrop  Vio¬ 
lât  artiSlement  fait  de  diverfesin- 
fufions  &  non  la  Conferve  )  ils  fe¬ 
ront  deux  livres  f  quantité,  raifon- 
nable  pour  conferver  rEleHùdire,. 
moyennant  que  les  pulpesl  foient 
bien  '  dejfeichées  ^  &  ainfi  il  y  aura- 
quelques  onces  pim  de  fuccre  que 
des  autres  efeces. 


^es  EleBmires purgkîtfsmols.  375 


Elccfluarium  Dia  Scbcften,  D. 
Barth.  IWpncagnanæ, 

Pulpar.  Sehefter? , 

Prmorüm ,  & 

Tamarin dorttm  (  ex  aqua  vie- 
larum^  Lihra  una  extraHa- 
yam  )  fin  g.  une',  qui'nque. 
Succorum  Ireos  ,  &  . 

.Auguria,  id  efi,  ‘Melonû  mag- 
ni  Tndiçi  ,,  utriufque  une. 
fex. 

Sudei  Mercurialû,  uni. quatuor. 
Penidiarum,  une.  oSto  Coque  ad  )h- 
fiamùrafitudinern  :  deinde  dif- 
folve  pulpai  ereta's ,  ^ 

3iaprmi  fmplïeü , .  Ub.  unam  & 
dimidP 

Pulv.  femin.  violarum  (  quia  po- 
"  tentiué  purgeât  flore )■■  & 

quatuor fiigidorum  major anun- 
da'ter.fing.  une.  unam. 
Diadacry  iij ,  draeh.tr es  &  femîfi. 
Fiât  Sleiluarium  uflui  re'ponendum.  ‘ 

PARAP  HRASE. 

CEt  El'tdnaire  .a  çris  le  nom  des^ 
Sebeftes  mife's’âu  coinmence- 
meht/décrit  par  Montagnana,  au  dix 
neufiéme  chapftre  de  foa  Àntidotaire 
page’468.  La  bafe  cft  le  Edaprunum  - 
firaple,  fa  vertu  eft  augmentée  par  les 
F>aîies,  TamarinSj&  SebefteSjqui  ne 
purgent  mopjs  que  les  Prunes!  Ægi- 
aée ■  livre  feptiéme,  leur  tardiveté 
cft  accelcréè  par  le  Diagfcdc.Les  fucs„ 
eau  de  violes ,  &  femences  y  font  mi  ? , 
pour  deterger  le  phlegrac ,  delopilc 
&  purger  par  la  voye  dé-l’urine  les 
Coûtez  J  Si  éteindre  la  chaleur  de- 


meliirée  des  vifeeres  :  les  Penides 
pour  corriger  la  ficcité  du  Diagrede», 
rendre  leur  adion  meilleure  ,  &  aider 
à  la  confervation  du  tout. 

z'k  MELANGE.. 

.  L’Autheur  même  ehfeigne  le  mé¬ 
lange  J  lequel  aprez  avoir  infufé  les 
Sebeftes  en  Peau  de  violes  ,  les  fait 
boiiillir  en  icelle,  &  les  Sucs  avec 
les  Prunes,  Tamarinds ,  &  femences, 
jufqu’à  la  confumption  de  la  moitié, 
puis  il  ks  exprime.  En  la  colature 
il  cuit  les  Penides  eii  Elednairc, 
puis  y  dillbiit  le*Diaprunum  ,  &  fur 
la  ^n  ,  la  baffine  à  demy  refroidie  le 
Diagredepulverifé,  &  garde  le  tout 
aû  befoin.'  Cette  méthode  eft  facile, 
&  louable,  ’ 

Les  Mitres  pour  d'ortner  plus  de 
vertu  à  cet  Éledtuaire  ,  ^nt  d'avis 
d’inftiféïles  Sebeftes  en  l'eau  de  vio¬ 
les’,  &  Prufes  ^  afin  de  plus  facile¬ 
ment  feparcr  leur  pulpe  des  os  ,  la 
quantité  rcquik  :  puis  les  font  bouil¬ 
lir  *  avec  Içs  iûcs  ,  &  eau ,  les  pi- 
lént-ay. mortier  de  marbre  ,  les  paC- 
fent  ’a  travers  le  tamis  &  les  gar¬ 
dent,  ■D'une  p  a;  tie  de  la  colature ,  ils 
Eymfdent  les  Tamarinds ,  les,  pilent 
.■&^:i^ent  comme  k  s  Prunes ,  &  Se- 
•  IbeKeè-  :  L’autre  partie  ils,  la  cuifènt 
avedlcs  Penides  en  Elcduaire,  pins 
y  a^^ûté'nt  leldites  piilpes,Tamarinds,, 
Diapruiiiim ,  &  les  femences  mon- 
•déeS  ,  .&  pulvcrifees  ;  finaj^nent  le 
Diagrede  puluerife  ,  &  relferrent  k 
tout  J  méthode  fort  bonne. 


A  3'a  3 


LES 


-374  Livre  L  Se^ion  VJ  1 L 


LES  FA  CFLTE  Z. 

C’eft  un  purgatif  propre  pour  les 
fièvres  tierces  intermittentes,  &  con¬ 
tinues  exquiles ,  dont  il  modéré  l’a- 
crimonic ,  appailè  la  loif  &  les  veil¬ 
les.,  &  chaüé  les  humeur^  acres  par 
les  -urines. 

ÎIEMARQVE.  . 

Auderon  rapporte  fidellement 
cet  EleStuaire  ainfi  que  faj  pu 
•vérifier, avec  l‘Antidotaire  de  M.oh- 
tagnana ,  imprimé  a  V~ehtfe  ,  apud 
Gajparem  Bindonum  ,  arme  1-56^. 
maü  je  doute  fi  ^intention  de  ce 
dernier  a  été  d’y  faire  entrer  qua¬ 
tre  onces  des  quatre  femences  fioi- 
des , grandes  fur  environ  quatre  li¬ 
vres  d’Eleüuaire  ,fans  y  compren¬ 
dre  celles  qui  font  déjà  entrées  dans 
le  Diaprunum  :  je  ne  puis  de  moins 
croire  que  cela  ne  foit  une  faute  de 
l’ Imprimeur ,  au  lieu  d’écrire  femin. 
natuor  fiigid.  majorum  mundator. 
j.  il  n'ait  écrit  ana  |j.  &  au  furplus 
il  fe  prefente  une  autre  faute  confi- 
derable,  qui  efl  que  huit  onces  de  Pe- 
nides  ne  fiauroient  conferver  vingt 
onces  de  pulpe  ,  ou  de  poudre  qui 
y  entre  ,  de  dire  que  la  pulpe  doive 
tenir  lieu  de  fuccre  ,  cette  raifon 
n’a  point  de  lieu,  il  faut  difîinguer, 
&  dire  que  cela  fe  pourroit  en  un 
autre  Eleptuaire  ou  le  fuccre. y  fi-  * 
roit  en  .une  dofe  &  quantité  fujfi- 
fante  pour  pouvoir  incorporer  & 
conferver  toutes  les  ejpeces  qui  le 
compofent  par  fa  vifiofîté ,  étant  cui¬ 
te  &  digerée  ,  &  que  la  pulpe  y  fut 
eh  petite  quantité ,  alors  on  la  peut 


pajfer  pour  fuccre  ;  mais  quand 
c'efi  dans  un  EleBuaire ,  comipe  ce- 
luy  de  Cajfia  cum  Saccharo  ,  du  Le- 
nitivum  ,  ■&  en  cettuy-cy  ,  que  la 
quantité  de  la  pulpe  excede  du  dou¬ 
ble  le  fuccre ,  elle  caufiroit  (  comme 
a  été  cy-devant  dit  )  l’entier. e  per¬ 
te  de  tels  EleBuaires  ;  à  raifon  que 
fin  humiditéyefi  purement  &  firh- 
plement  aqueufi,  grandement  Jitjet-' 
te  d  corruption,  qui  commêhce  par 
l’aigreur  ;  ou  bien  fi  on  dejfeichoit 
par  trop  ladite  pulpes  la  ficcité  d'i¬ 
celle  attireroit  en  peu  de  tems  tou¬ 
te...^  l’humidité  vifqueufe  du  fuccre 
ne  s'y  trouvant  pas  en  une  quantité 
proportionnée, l’un  feroit  périr  l’au¬ 
tre.  C’pfi  peurquoy  en  cet  EleBuai- 
re  comme  ' aux  fus  -  nommés  ,  il  jt 
faut  augmenter  la  dofe  du  fuccre, 
fi  on  àefire  le  garder  comme  un  re-, 
mede  Officinal  .pour  le  morfi  juf 
ques  A  deux  livres  y  compris  . les  8. 
onces  de  Penides ,  &  fi  ençeres.  on 
ne  le  fiauroit  garder  long  tems. 

Le  Modlu  faciendi  de  Monta- 
gnana  ne  doit  point  être  fitivy, 
mais  celuy  de  Bauderon  ,  excepfi 
qu’il  faut  bien&  exaBement  piler 
les  fimencès  fioifies  mondé^^  dans 
un  mortier  de  marbre  &  pilon  fie 
bois  avec  le  fuc  d’/reos  dépuré,  en 
forte  que  le  tout  puijfe  paffier  a  tra¬ 
vers  une  ^  étamine  fine  ,.  ou  bien  a. 
travers  un  tamts  fubttl  renverse, 
aprez.  à  la  vapeur  du  bain  dans 
un  vaiffieau  de  terre  vernifiée  éva¬ 
porer  l’humidité  fuperfiu  'é ,  jufques 
à  la  confiBence  des  autres  pulpes, 
&  la  femence  de  F'ioles  fera  mfie 
en  poudre  fubtile  ,pour  le  tout  être 
mêlé  avec  le  fuccre. 

Diap« 


Des  EleBualres  furgatifs  mois. 

Fiat  EleEluarium  ufui  necejfa 


37f 


Diaprunum  fimpl.  D.  Nicol.  Diaprunum  compofitum  ejtif- 
Alexand.  deai  N.Alcxand. 


y:.  Frunorwm  Damafcen.  dulc.  ac 
maturorum ,  n.  centum. 

Qquantur  in  parva  quantîtate 
'  aqnt,  3  donec  dijfolvi  videantur: 
deinde  fuper  cribrum  inverfum 
vaji  impofitum  trajkiantur  cor- 
ticês,  &  ojfd repciantHr ,  &  pulpa 
reponatur.  In  percolato  jure  prti- 
norum  coque , 

Fiolarum  recenter  ficcarum,  unciam 
dimidiam  (  Salernitan.  habet  fef- 
■  quimciam )  &  exprimantur. 
CoUtura  coque  in  Syrupi  crajfttudi- 
nem,  Sacchari  albi,  lib,duas. 
Deinde  dijfolve  - 

Pulpa  Prunorur»  perfe  inipijfata, 
lih.  unam. 

Tamarindorum ,  & 

Medulh  CaJftafiftuU,  utriujq,  une, 
unam. 

Pdverem  Santalormn  Albi  é" 

Ruhri. 

Spodij,  dr  .  ■ 

Rhabarbarioptimi ,  fin  g.  drach.tres. 
( Huic  Salernit.fubjungit  Cinnamo- 
mum  3  quod  pratermittendum  du- 

Rofarum  rubrarum , 

Fiolarum  , . 

^minum  Portulaca , 

Ditybi,feH  Seriola ,  & 
Oxyacantha  ,  vulgo  Ber- 
berü  3 

Sùcci  Glycyrrhiza ,  & 

Gummi  Tragacanthi ,  fing.  dràch. 
duoi. 

Sttninum  quatuor  frigidor.  major, 
tnundator. fing.drach.  unam. 


Ofi.  Diaprmi  fimplicis  praferipti  & 
adhuc  calidi  lih.  unam  ,  Scammo- 
nif  pr&parati  une.  dimidiam  ,  & 
non  draeh.  feptem  cum  Salernit. 
vt  fit  ferupuiui  mue  Diacrydij 
in  une.  fingul.  Diapruni ,  quan- 
titM  idonea  in  purgando  corpo- 
re  :  fiat  Eleüuarium  nfui  re- 
ponendum. 

paraphrase: 

Nous  appelions  Diaprunum  fim- 
ple,  ccluy  qui  ne  reçoit  le  Dia- 
grede  :  compofe3  ccluy.où  il  entre. 
La  bafe  eft  Ja  pulpe  des  Prunes  dou¬ 
ces,  dont  il  a  pris  le  nom:  û  vertu 
purgative  ell  augmentée  par  la  Galle, 
Violes  T  Tamarinds  ,  &  Rheubarbe: 
leur  tardiveté  eft  accélérée  par  le  Dia- 
grede  :  la  chalsur  de  cettuy-cy,  &  du 
Rheubarbe  eft  modérée  par  les 
Violes  ,  8c  leur  ftccité  par  le  ftie 
de  Reglillè  ,•  &  Tragacanth.  Lés 
Rofès  y  'font  mifès  pour  la  defenfè 
du  ventricule  ,  contre  la  nuilàncc 
des  Prunes,  Galïè',  &  Tamarinds: 
les  Santaux  ,  &  Spodium  ,  forti¬ 
fient  le  foye  par  leur  legere  adftri- 
étion  :  les  femences  y  font  mifos, 
pour  dcfopiler  les  conduits  bouchez, 
&  conduire  la  bile  par  la  voye  de 
l’urine  :  fe  foccre ,  pour  leur  confer- 
vation,  ôc  rendre  leur  aéèion  meil¬ 
leure. 


37<^  Livre  L  SeBion  VI  î  L 


LE  MELANGE. 

Premièrement  il  faut  bouillir  les 
Prunes  de  Damas  recentes ,  meures 
&  douces  ,  en  moyenne  quantité 
d“eau  ,  jufqu’à  la  confompcion  en¬ 
viron  de  la  tierce  partie  :  darîs  la  co- 
llature  on  fera  boiiillir  demy  once  de 
femence  de  Violes  ,  pource  quelle 
eft  plus  purgative  que  les  Seurs, 
auflî  qu/cn  toute  laifon  j  il  s'en  trou¬ 
ve  facilement ,  &  ell  en  fa  vigueur , 
&  fou  vent  les  Heurs  ,pour  avoir  été 
mal  conditionnées  en  les  foiehant, 
ont  perdu  leur  naïfve  couleur  >  &  yer- 
tu.  Sinon  on  prendra  vneonce  3c  de¬ 
my  de  cônlèrve  de  violes  fine  (  où 
il  y  a  demy  once  de  violes  mondées, 
&une  once  de  fuccre  ,  laquelle  on 
diminuera  des  deux  livres  qui  y  en¬ 
trent)  qu’on  jettera  àlacolature  ,  3ç 
ieelle  prête  à  boü(^lir ,  fera  exprimée. 
Cela  fait  on  fera  cuire  le  foccre,  avec 
la  colature  des  violes ,  en  confiftcnce 
de  fyrop ,  ou  un  peu  |tIus,  Les  Prunes 
feront  palfées  fur  un  tamis  renvcrfé 
(fous  leq'tiel  y  aye  un  plat  creux)  avec 
une  cueillere ,  ou  la  main  même ,  en 
forte  qu’il  n’y  refte  que  les  os,  & 
peau  qu’on  jettera.  La  pulpe  palïee, 
fora  à  part  dans  le  plat  même  ,  ou 
caflette  feichée  de  fon  humidité  fu- 
perfluë  (  qui  caufcroit  une  facile  cor¬ 
ruption  de  l’Eleétuaire  )  fiir  un  petit 
feu ,  puis  fora  paifée  derechef  par  le 
tamis  ,  &  diflbute  au  fyrop ,  avec  la , 
Callè ,  &  Tamarinds  humeétez,  avec 
une  partie  .de  l’eau  de  Prunes ,  &  paf- 
foz  fou-  le  tamis  ,  comme  pluficurs 
fois  il  a  été  déclaré  :  finalement  la 
poudre  (  la  baffine  ôtée  de  delîiis 
le  feu  ,  &  à  demy  refroidie  )  la¬ 


quelle  fe  fera  ainfi.  Il  fontpremie- 
rement  Concafler  les  Santaux':  puis 
on  y  ajoutera  le  Rheubarb'e  ,  le  foc 
de  Reglilfe  ,  la  gomme  Tragacantli, 
3c  toutes,  les  femences  ;  les  qiia- 
tre  froides  mondées  en  petite  quan¬ 
tité  empêcheront  l’exhalation  des 
autres ,  3c  qu’ils  n’adherent  au  mor¬ 
tier,  pour  caufo  du  foc  dè  reglilfe: for 
la  fin  on  y  ajoutera  les  rofes  ,  & 
violes. 

A  part  il  faut  pulverifor  le  Spo; 
diura  ,  &  Diagrede  (  qui  fora  jtus  à 
part  pour  le  Diaprunum  compofé) 
Myrepfiis  au  premier  des  Antidotes, 
chap.  88.  ne  Ipecifie  point  la  dofodu 
Diagrede.  Salerniranns  y.  en  met 
fept  drachmes  pour  chacune  livre 
de  Diapninum  ,  quantité  trop  gran¬ 
de.  Il  fufht  de  demy  once  ,  qui  re¬ 
vient  à  UH  forupuie  de  Diagre^cte, 
pour  chacune  once  d’Electuaire, 
quantité  fufSfanfe  pour  purger  fans  ■ 
nuifonce.  l’ay  ôté  la  candie  ,  .pour 
ce  que  Myrepfos  n’en  fait  niep- 
tion ,  mais  Salcrnitanus ,  &  qu’elle 
eft  trop  chaude  pour  les  fievres  ar¬ 
dentes. 

LES  FACFLTEZ. 

Le  Diaprunum  fimpie  convient 
aux  fievres  continués  &  intermitten¬ 
tes  caufecs  de  bile  ,  &  auffi  aux  ma¬ 
ladies  de  caufo  chaude ,  &  à  celles 
du  poulmon ,  du  thorax ,  des  rdnSj^e 
lavefîie,  en  lâchant  le  ventre.  Le 
compofé  a  les  mêmes  vertus  ,  mais.u 
purge  plus  puifïâmment  la  bile* 


RE 


Des  EleBmires  purgatifs  mois. 


377 


REMARQ.V  E. 

N  Icolaui  AlcKandrinm  au  cha¬ 
pitre  ii7.  de  feu  Hure  de  la 
cmpofition  du  médicaments  beaux 
décrit  le  Diaprunü  ,  mot  à  mot  de 
même  que  Bauderon.,  quiefl  le  fujet 
que  fay  rayé  le  nom  de  Myrepftu. 

Il  fe  rencontre  fort  peu  de  comfo- 
f  lions  dans  cette  Pharmacopée  qui 
foient  fi  exaliément  décrites  dans 
les  autres  Dijpenfaires  que  celle-ey: 
fay  vérifié  cette  vérité  avec  beau¬ 
coup  d’autres,  &  nay  trouvé  aucuns 
qui  foient  différent  quen  feu  de 
chtfe,  comme  en  quelques-uns ,  eu  la 
femence  de  melon  n y  entre  point, 
fefiime  que  cela  procédé  -,  ou  par 
omijfion,  OH  de  ce  que  Nicolatu  Âle- 
xandrinus  n  employé  dans  fa  deferip- 
tkn  que  trots  femences  froidei gran¬ 
des  ,fiavoir  celles  de  citrouilles ,  me¬ 
lons,  &  Cucurbites ,  &  a  laijfé  celles 
de  concombres , fi  l’ Imprimeur  ne  les 
aMlfis.  Nicolaus  Myrepfus  Ale- 
xandrinm  apud  Balthazarem  Ar- 
noletum  Lugduni  anno  1550.  de¬ 
mande  des  quatre  femences  fioides 
grandes  mondées  de  chacune  deux . 
drachmes. Les  Dijpenfaires  de  Lyon, 
&  d’Arnfierdam  &  autres  Vont  fui- 
vy ,  mais  le  nombre  efi  de  beaucoup 
plus  grand  de  ceux  que  fay  conféré 
qui  nen  demandent  avec  l’Aùtheur 
qu’une  drachme  de  chacune  avec  lefe 
quels  il  fefaut  tenir.  Pour  la  canelle, 
il  y  en  a  quantité  qui  Vont  tetenué, 
&  d’autres  qui  Vont  rayée  avec  Bau¬ 
deron  ,  par  ce  que  A/yrepfus  nen  fait 
point  mention ,  comme  fait  Nic.Ale- 
nandrinm,nonob fiant  qu’il  efi  le  plus 
ancien  des  Nicolas  qui  le  décrit. 


Eleduanum  de  , 

D.Mef, 

Succorum  Buglojfi, 

Borraginü ,  ^ 

Intybi  ,  id  efi  ,  Endivia  fa- 
tiva ,  '& 

Apij  depuratorum  .  finguL  Hb. 
duos. 

Eumaria  dépurât,  une,  très. 

In  his  infunde  horü  viginti  qua-, 

Semin.  Cajfutha  ,  id  efi  ,  Cufcu- 
ta,& 

Anifi , 

Folliculorum  Senna  mundatorum , 

Afari  ,  firigul.  me.  femifi.  (  hu- 
jus  mendosé  legitür- ,  une.  qua¬ 
tuor  pro  drachm.  quatuor ,  cuve 
Myrepfo  qui  P 0 fier ior  fitit  Mé¬ 
fié  'capite  zi^^  ‘lib.1.  Antido- 
torum.)  , 

Adianti  albi  ^  feu  Capilli  Vénérés, 
manip.  unum. 

Spica  Nardi  ,  drach.  duos  ,  femel 
fervefiant. 

Praterea  adde. 

Violarum  viridinm  ,  vel  ficcarum, 
une.  très. 

Epithymi ,  une.  duos ,  femel  quoque 
fervefiant. 

Cola  &  exprime.  Colato  macéra 
horis  viginti  quatuor, 

Seminis  Pfÿllq  integri  ,  me.  très, 
quavis  hora  agitando.  Pofi  ex¬ 
prime  totam  mucilaginem  in  cu- 
jus  libris  quatuor  coque  igni  lente 
ad  Syrupi  crajfitiem, 

Sacchari,  libras  très,  cum  Myrepfo, 
potius  quam  libras  duos ,  &  fé- 
miffem ,  cum  Mefue.  Tune  inijee 
B  b  b  ptuve 


378  Livre I,  Seüion  V l IL 


fulveretn  fequentem. 

Diacrydij ,  une.  très,  cum  Myrep/o, 
&  nm  une.  très,  ,  &  femijf. 
cfim  Mefite  Troehifeorum  de 
Spodio , 

Diarhodonts ,  & 

De  Rhabarbaro ,  Jîngul.  une. 
unam. 

De  Berberis ,  une.  dimidiam, 
Vechnicè  paretur  EleBuarium. 

PARAPHRASE. 

Le  texte  de  Nicolaus  Myrepïiis: 

Alexandrimis  ,  qui  a  tranfcrit  de 
mot  à  mot  cet  Eleduaire  de  Mefiié 
demonftrc  nos  exemplaires  en.  ce  lieu 
avoir  été  dépravez  ;  car  Mefué  de¬ 
mande  d'Alarura  quatre  onces  »  pour 
quatre  drachmes  :  lerreur  çft  faci¬ 
le,  à.  rimpriroeur  pofanc  pur  5. 
Sc  du  fuccre  deux  livres  &  demy, 
pour  trois  :  ^.trois  onces  &  de- 
my  de  Diagrede  ,  pour  crois  onces 
feulement  J  qui  revient  à  deux  faii- 
piiles  de  ^ammonée  pour,  chacune, 
once  de  ftecre  quantité  plus  que 
fiffifoite  :  car  la  commune  dofe  eft 
douze  grains  ,  ainfi  que  luy  meme 
enfeigne  au^  chapitre  de  laScammo- 
née.  Quanta  fAiàrum,  ilny  apoint 
diappaience  que.  quatre  pnees ,  puif- 
fent  avoir  lieu ,  attendu  qu'il  til  fort- 
deiàgreable  au  gouft  ^  plein  d  une 
amertume  infLiportable  :  qu'if  .eft 
chaud  fec  au  troifiéme  degré  »  & 
moins  convenable  à  la  bile,  qui  d§, 
(à  nature  étant  fort  chaude  ,  cayfe 
ftevre  continué' ,  iélerie  ,  &  inflam¬ 
mation  de  foye  ,  aufquelks  mala¬ 
dies  .il  1  adapte  :  auffi  qu'il  oftènee 
l'eftomach.  Cet  Eletftuaire  a  pris  lé 
.nom.  dju.  Pallium  j  qui  y  entre  en. 


alfez  bonne  quantité  ,  &  non  defa 
baie  la  Scammonée  ,  la  chaleut  & 
acrimonie  de  laquelle,  eft  modérée  par 
le  Pfyllium,qui.par  fa  len.teur>Qu  vif- 
cofîcé  la  rend  lubrique la  ficcité  de 
la  bafe  eft  corrigée  par  les  fuesde 
Borraches,  &Buglofle:  lefued’En- 
dive  y  eft  mis  pour  conduire  fa  ver¬ 
tu  au  foye ,  Çjurce  des  fievres  conti¬ 
nués  ,  éc.  de  la  bile  ,  qu'il  refiigerc: 
les  Trochifcs  de  Rheubarbe ,  &  le 
nard  Indique  par  leur  adfttiftion  le 
corroborent ,  comme  ceux  de  Dh- 
rhodon  ,  le  ventricule  :  &  ceux  de. 
Spode  ,  le  cœur ,  contre  la  nuifance 
de  la  bafe  :  le  Senné  ,  &  Epithy- 
me,  aidez  des  lèmences  d'Anis,  & 
Cufcute  y  font  mis  pour  purger  la 
melancholie  terreftre ,  qui  caulè  in¬ 
flammation  à  la  Vatee  &  l'ifterie 
noire  par  le  fiegq.  Les  .fucs  d’Ache, 
&  de  Fumeterre  ,  le  CapiUns  Vene- 
ris  ,  êc  Cabaret  y  font  mis  tant 
pour  defoppiler ,  que  polir  conduire 
par  la  voye  de  l'urine ,  l'une  ôc  l’au¬ 
tre  bile  6c  ferofleez  :  les  Troçhif#de 
Berberis  pour  fortifier  les  reins,  à  tra¬ 
vers  defquels  relies  humeurs  acres  paf- 
Icnt  :  le  üicçi'e  donne  la  faveur,  SC. 
confèrve  le  tout, 

£E  MELANGE- 

Premièrement  dans  les  fucs  puri¬ 
fiez  fur  le  feu,  ou  au  Soleil,  infuferont 
lè  Cabaret  ;  &  femences  contufe^  le 
Capillus  vendis  incifé,,leSetmé  bien 
nettoyé,  &  nard  Indique  incile  vingt 
quatre  heures  fur  ies  cendres  chaude* 
avec  les- violes,  .&  Epithym,e:  lejottï 
lùivant ,-  on  leur  donnera  nn  ou  deux 
bo'uillons  pour  le  plus,aprez  on  les  ex- 
primera.En  une  partiede  la  colawreoa 


Des  Eleâtumres  purgatifs  mois.  579 


iéra  infiifêr  par  vingt-quatre  heu¬ 
res  J  le  Piÿlliüm  entier  éc  non  con- 
cafsé  J  auflî  fitr  les  cendres  '  chaii- 
des.,  ou  en  -ancre  lien  chaud  >  foie 
à  l'ahry  du  Sôleil  ardent  ,  ou  de¬ 
dans  line  ctuve.  Le  lendemain  on 
l’exprimera  ,  &•  le  mucilage  fera  gar¬ 
dé  à  parc,  pour  l’ajoâter  au  Syrop, 
fait  avec  le"  rèfte  de  la  colatiire, 
&  lùccre  rcqbïs  ,  puis  on  y  ajou¬ 
tera  les  Trochifos  pulVerifez  cha¬ 
cun  à  parc.  Finalement  le  Diagrede 
ulveiifez  ,  pour  garde'r  le  tout  au 
efoin. 

LES  F  A  cr  LTE  Z. 

Cet  Eleétuaire  eft  excellent  aux 
fievres  îebelles ,  aiguës  8c  ' arden^ 
teSj  à  la  céphalagie ,  &.  vertige'  pro¬ 
cédant'  d’une  vapeur  biliedë ,  à  la 
jaunilfe  ,  à  l’intemperatüre  chau¬ 
de  du  foyè  :  §c  purge  dune  8c  l'au¬ 
tre  bile.  ' 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

C>Ef  EUEuaîre  ^  diverfemnt 
jdecrit  four  raifon  des  dofes  de 
sjUei<}u&  ingrediens  ,  comme  de  l’A- 
Tous  mes  quatre  exemplai¬ 
res  de  Mefué ,  comme  aujfi  le  ma- 
tiuferit  que  j’ay  en  main ,  en  de¬ 
mandent  quatre  onces  ,  &  beaucoup 
d’autres  Ditfenfaires  ,  comme  ce- 
luy  de  loubert  Je  Guidon  des  Apo¬ 
thicaires  ,  Fuchjifu ,  #  autres  ,  qui 
U  en  demandent  qu'une  demy  once, 
LAutheur  du  Luminare.  maqm , 
eduy  du  Lumen  Apethecariorum, 
^  le  Thefaurm  Asotnatariérum^ont 
puivy  Mefui  en  la  dofe  de  quatre 
onçei  .  croire  qûe  Me¬ 


fué  a  entendu  d'y  en  mettre  quatrse 
onces ,  &  non  quatre  drachmes,con- 
Jîderé  qu'il  n’y  entre  quen  deco- 
Bion ,  ou  toute  la  vertu  des  ingre¬ 
diens  n'en  efi  ymais  attirée.  LFe 
même  la  quantité  de  deux  livres 
&  demy  de  fuccre  eft  fort  bien  ob- 
fervée  dans  tes  cinq  exemplaires  cy- 
devant  citez,  de  differentes  éditions, 
&  dans  le  Commentaire  des  Moi¬ 
nes  fur  Mefué,  La  dofe  aujfi  de  la 
Scammonée  préparée  de  trois  on¬ 
ces  &  demye  s'y  trouve  rttenu'épat 
quelques-uns  &  de  beaucoup  d'an¬ 
tres  Autheurs  diminuée  de  demy 
once  ;  quoy  qu'il  en  fait  f  efime  qu'il 
s’en  faut  tenir  d  la  deferiptian  de 
Bauderon.  Four  le  modm  facitndi 
de  l'infufion  en  le  pourra  fuivre  -, 
mais  non  pas  en  la  façon  d’extrai¬ 
re  le  mucilage  de  la  femence  de 
P fy Ilium,  &  voicy  la  méthode,  qu’il 
faut  tenir.  Prenez,  le  poids  requis 
de  femence'- de  P  fy  Ilium  ,  bien  mon¬ 
dée  ,  que  ]etterés ,  dans  huit  onces 
de  fuc  de  Borrache  Buglojfe  ,  & 
d' Endive  ,  bien  dépurés  &  filtrés 
par  la  carte ,  le  tout  dans  un  vaif- 
feau  de  terre  vitré  par  vingt- qua¬ 
tre  heures  au  ftoid  ,  &  non  fur  au¬ 
cune  chaleur ,  pour  les  raiftns  que 
dirons  cy-aprez. ,  le  lendemain  avec 
une  Jpatule  de  bois  faut  agiter  la  ma¬ 
tière  jufqu'à, ce  quelle  fait  en  con¬ 
fidence  fort  épaiffe  ,  &  la  paffer 
par  un  tamis  renversé  fubtil  ,  fur 
■  lequel  mucilage  petit  à  petit  y  ajoâ- 
terés  le  Syrop  un  peu  plus  cuit 
qu'à  l’ordinaire  &  fi  la  confiden¬ 
ce  du  Syrop  n'eft  pas  affè'{^  ferme, 
il  en  faut  faire  evaporer  fur  une 
lente  chaleur  l'humidité  fùperfluc, 
&  in  dernier  lieu  y  mêlerés  les 
B  bb  a  pou 


3  Livre  1.  SeBion  V 1 1 1. 


poudres  Atnfi  que  Bauderon  l’en- 
feigne. 

La  raifon  pourquoy  ]e  ne, me  fers 
point  des  fucs  d’Ache  ,  &  de  Fu- 
meterre  pour  tirer  la  mucofité  du 
Pjy Ilium ,  eji  leur  chaleur ,  &  ver¬ 
tu  incifive  &  aperitive  quils  ont,., 
que  i’eBime  directement  contraires 
pour  l'extraClion  des  mucilages  j  ^ 
pour  une  même  raifon.  qui  eft  fort 
approchante  ,  je  dis  quil  ne  faut 
point  fe  fervir  d’aucune  chaleur 
pour  avancer  ladite  extrâClion ,  a 
raifon  que  cette  vifcofitê  fe  trouve 
en  la  fuperficie  de  la  femence ,  que 
la  chaleur  raréfié  plutôt  que  de  l’é- 
paijfir  en  faifant  penetr.er  l’humidi¬ 
té  dans  l’écorce. 


Eleûuariunn  Rofatuni ,  D.M. 

êifi.  Suc  ci  Ro/arum  rubrar.  comple- 
tarurn ,  lib.  quatuor. 

Sacchari  albi  ,  lib.  ttnam  df’  dimi- 
diam , 

Mann  a  recentü  ,  une.  fex- 

Scammanii  Antiocheni ,  une.  unam 
&  femij^. 

Coque  fiamma  lenta,  ad  mellis  craf 
fitudinem.  Tune  adde  pulverem 
fequentem  > 

Trochi/coriim  de  Spodio  ,  une.  unam. 

Oxyacantha,  feu  Berberüsunc. 
femiji. 

GaUia  Mofehata ,  & 

CrSci ,  utriufque  drach.  duos.. 

Fiat  EleCkuarium. 

paraphrase. 

CEt  Eleânaire  a  pris  le  nom  de 
&  baie  le  iùc  de  R.olês  rouges 


n.is  au  commencement  :  fa  vertu 
purgative  eft  accelerée-par  la  Sca®- 
monée,  raaimonie .  de  laquelle  çft 
corrigée  par  l’ebullirion ,  6c  par 
Manne  eft  rendue' lubrique  :  là  nui- 
lance  du  cœur  eft  corrigée  par  les 
Trochifes  de  Gallia  Mofchat|,,  & 
des  autres  vil'ceres,par  les  Trodhifes 
deSpode,  de  Ber beris,  6c  Saffran. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  cuire  le  fuc 
de  Rofes  purifié  avec  le  fiiccre  un 
peu  plus  que  Syrop  :  puis  on  y  ajpû- 
tera  du  Diagrede  pulvérisé  au  lieu, de 
Scammonéé^  Les  Trochifes  6c  Saf¬ 
fran,  feront  piilverifez  chacun  à  part 
6c  mis  à  la  baffine  hors  du  fcu,.ôc 
à  demy  refroidie ,  pour  le  tout  gar¬ 
der  en  Eleétuaire  fort  moi  :  pour- 
ce  que  d'iceluy  on  en  malaxe  les  Pi¬ 
lules  aggregatives  :  comme  nous'di- 
rons  cy-aprez., 

LES  FACVLTEZ: 

Il  purge  benignement  la  bile, 
poiirce  il  eft  làlubre  aux  affeâions 
bilieufès ,  comme  à  h  goutte  chau¬ 
de  ,  à  la  douleur  de  tête  6c  vertige 
engendrez  de  bile  »  â  la  douleur  'des 
yeux ,  6c  à  la  jauniflè. 

REMARQVE- 

MEfué  nom  fait  lire  dans  fin 
EleBuaire  Rofat  fucci  Refi~ 
rum  ruhrarum  complet arUm ,  Beu- 
deron  ny  les  autres  Aatheurs  qui 
le  déerivent  dans  leurs  Pharmaco¬ 
pées  n’expliquent  point  le  mot  de 
completarum  qu’en  partie,  quoy  q^^ 
l'imper 


B&s  Eleâuaired  purgatifs  mois.  jSx 


'l’importance  du  [upt  en  demande 
me  entière  explication  que  pour 
y  fatisfaire ,  il  faut  entendre  avec 
les  Autheurs  du  Lumen  Apothe- 
cariorum ,  &  du  Thefaurm  Aroma- 
tariorurn ,  un  fuc  extraiéi  de  Ro- 
fes  incarnates  qui  fiient  en  leur 
parfaite  maturité ,  car  alors  les  qua¬ 
tre  fuhéîances  qui  compofent  leurs 
differentes  qualités  &  vertus  fe  trou¬ 
vent  en  leur  degré  de  perfeSion, 
particulièrement  l'ignée  icy  requi- 
fe  ,  de  laquelle  dépend  la  faveur 
amere ,  la  couleur  incarnate  ou  rou¬ 
ge  ,&  la  vertu  purgative  des  Re¬ 
fis  ;  mais  cela  ne  fuffit  pas  ,  puis 
quils  ne  donnent  point  les  marques 
de  leur  parfaite  maturité  ,  ny  le 
tems  de  les  cueillir  ,  qui  doit  être 
le  matin  lors  que  les  boutons  des 
Refis  font  a  demy  envers,  un  peu 
après  le  levé  du  Soleil ,  avant  qu'el¬ 
les  ayent  été  échauffées  par  fes 
rayons ,  &  en  un  tems  ferain  ,  com¬ 
me  a  été  cy- devant  dit  en  la  Re¬ 
marque  du  Syrep  Rofat  folutif 
Ajoutés  à  cela  que  JlLeJùé  pour  les 
mieux  difeerner  de  celles  qui  font 
devenues  pâles  pour  y  avoir  plus,  de 
tems  quelles  font  éclofes  ,par  l'ex¬ 
cellence  de  leur  couleur  vermeille, 
a  voulu  écrire  après  les  mots  de 
fucci  Rofarum  eeluy  de  ruhrarum. 
il  efl  auffi  â  remarquer  ,  que  phu 
cette  couleur  naturelle  les  domine 
quelles  font  plus  ameres  ,  &  que  fi 
on  dijfere  de  les  cueillir  après  qu'el- 
ies  feront  entièrement  eclofes  ,  & 
Çlue  le  Soleil  les  aura  échauffées, 
pour  lors  elles  auront  perdu  avec 
leur  naïve  couleur  vne  partie  de 
leur  amertume  ,  &  par  cenfequent 
de  leur  vertu  purgative.  Ce  qui  efi 


autant  remarquable  que  les  raiforfi 
qu'on  en  peut  donner  font  curieu 
fes ,  qu’il  convient  taire  afin  d'ab- 
hreger  -,  pour  dire  que  dans  toutes 
les  compôfitions  purgatives  ,  oit  le 
fuc  de  Rojes  rouges  y  efi  demandé, 
qu’il  faut  prendre  le  fuc  des  Rofes 
incarnates  qui  font  purgatives ,  & 
non  le  fuc  des  Rofes  vrayement  rou¬ 
ges  qui  font  adHringentes  ,  comme 
pratiquent  pour  l’ordinaire  certains 
Apothicaires ,  qui  s’attachent  plu¬ 
tôt  au  fens  de  la  lettre  qu'à  l’in¬ 
tention  des  Autheurs. 

Cet  exemple  doit  fervir  à  l’Ar- 
tiBe  qui  a  fon  honneur  en  recom¬ 
mandation  ,  &  de  la  charité  pour 
fon  prochain  ,  en  la  colleEHon  des 
autres  fleurs  qui  font  de  femblable 
ou  approchante  nature  que  les  Ro¬ 
fes  ,  fait  pour  les  employer  récen¬ 
tes  ,  ou  pour  les  garder  feiches  dans 
fa  boutique  ,  peur  n'employer  pas  a 
l'avenir  des  rtmedes  morts  privés 
de  toute  fortes  de  vertus  ,  comme  il 
n'arrive  que  trop  fouvent  au  préju¬ 
dice  des  pauvres  malades. 

Il  ne  fervir  oit  prefque  en  rien 
d’avoir  cy-dejfus  donné  l’explication 
du  mot  de  completarum  ,  &  preferit 
le  tems  de  la  colletlion  des  Rofes, 
fi  je  ne  difoü  encores ,  qu’il  efi  de 
la  même  importance  immédiatement 
après  les  avoir  cueillies  de  les  éplu¬ 
cher ,  piler  &  d'en  tirer  le  fuc  ,& 
à  même  tems  le  ^ferrer  dans  une 
phiele  qui  foit  pleine,  bien  bouchée, 
&  la  tenir  en  lieu  fiais  (  &  non 
au  Soleil  )  deux  fois  vingt- quatre 
heures  ;  la  défécation  faite  on  le 
filtrera ,  &  quant  au  fiirplus  on  pro- 
'  codera  comme  Bauderon  enfiigne.. 
Et  ceux  qui  voudront  fuivre  &  fai- 
B  b  b  3  re 


381  Livre  L 

re  cuire  la  Scammonnêe  dans  le  Sy- 
rop,  peur  la  corriger  en  prendront 
une  once  fix  drachmes  qui  foit  bien 
choifie  &  la  mettront  .■  en  poudre 
Jùbtile ,  &  avec  cinq  onces  de  fisc 
de  Rofes  filtré  feront  mis  dans  •  un 
matras  ,  &  en  digeSiion  péndant 
vingt-quatre  heures  à  la  vapeur  du 
bain  ,  le  lendemainfiuy  feront  pren¬ 
dre  une  legere  ébullition  ,  après  on 
pajfera  le  tout  a  travers  un  litige 
^  &  l’exprimeront  fortement.  Cepen¬ 
dant  on  fera  cuire  lentement  l’au¬ 
tre  partie  du  fisc  avec  Te'  fiuccre  & 
la  Jlïame  en  confiSîance  d’ Eleüuai- 
re  liquide ,  l’ayant  coulé  par  un  lin¬ 
ge  ,  les  deux  colatures  pintes  enfem- 
ble  feront  mifes  derechef  fisr  un  feu 
lent  pour  en  faire  évaporer  l’humi¬ 
dité  fitperfiu  'é,  cela  fait  le  Syrop  a 
demyfioid,  on  y  ntêlera  les  poudres. 

Ceux  qui  voudront  préparer  cet 
EleUuaire  fuivant  loubert ,  feront 
avertis  de  prendre  garde ,  que  dans 
fis  Pharmacopées  tant  Latines  que 
Erançoifes ,  s’efi  glifsê  une  notable 
faute  ,  qui  procédé  par  mon  fenti- 
ment  des  Imprimeurs ,  qui  au  lieu 
de  dire  Scammonii  unciam  unam  & 
femijfem,  ils  ont  dit  Scammonii  un¬ 
ciam  fimijfem. 

Il  efi  aujfi  à  remarquer  que  Pau- 
deron  a  ajouté  en  cette  compofition 
très- a  propos  au  mot  de  Ga Ilia  ,  que 
Jliefué  y  démànde  fimplement  en 
tous  fis  exemplaires  le  fiirnom  de 
J[iofchata,dequoy  p  m  étonne  néant- 
moins  puis  qu'en  ! Emplâtre  Dia- 
pheenicum  calidum  ,  il  a  adhéré  au 
fintiment  de  Thomas  de  Garbo  >  qui 
a  changé  le  même  mot  de  Ga/iia, 
qui  efi  le  Gallia  JlLofchata pour  Gal- 
lam  quercus. 


SeBion  VllL 


Eleâ-uarium  DiaphœnicLim, 

D.MeC; 

StJL,  ^DaElyloruni  Chcyron,id  efifiuU 
uorûmfeu  immdturorùm  triduo  in 
aceto  maceratornm ,  drachm.  cen- 
tum,  feu  une.  duodecim.  &  femifi 
Penidiorum  hordeatorum  drachm. 

quinquagîhta,  feu  unc‘.  fex.&^ 
Turbith  optimi  ,  drachm.  triginta 
quinque. 

Amygdalarum  dulcium  a  cortice 
purgatar.  drach.  triginta 
Scammonii  f  drach.  duodecim, 

Z  ingiberis, 

Piperis  Idn'gi, 

Fhliorum  Rhtst  ficcorum 
Cinnamomi ,  feu  CanelU  fileSta,  - 
MacU 

LigM  Alo  'és ,  - 
Sernlnum  Anifi , 

Fceniculi , 

Dauci  Cretici, 

Calanga  i'enuioris  ,fing.  drach.  duM 

&  ptiifi. 

Probè  omnia  trita  ,  melle  delfürHà- 
to  excipiantur  in  Eleüuanum.. 

Scholia. 

In  hoc  Eleltuario  pulveris  flm 
uncia  novem  Daily  li  ,  Penidia  ,& 
Amygdala  ,  conllituunt  uncias  vi- 
ginti  duos  &  fimijfem  ,  qua  junéii 
uneqs  tredechti  &  femijfimellis  de- 
JpUmati  &  coEli ,  effciun’t  uricidstri-^ 
ginta  fix ,  feu  libras  très  que,  efi 
quantitas  hic  cApetita  ,  ut  fint  uncii 
très  pulveris  in  libras  Jingulas,  cum 
DaSlyl.  Penid.  &  amygdal.  tum 
meîlis. 

PAR-d 


DeJ  EleÛèiairej  purgatifs  mots.  381 


PARAPHRASE. 

CEt  Eleduaire  a  pris  le  nom  des 
Pattes  non  du  tout  meures  mi- 
fes  au  çonimencement  ,  &  en  plus 
grande  quantité  qu'autre  qui  foit  :  tant 
pont  corriger  racrimonic ,  chaleurj  & 
bçcité  de  la  Scammonée ,  que  pour 
retarder  fôn  aétion  effrenée  >  &  foï- 
tifier  par  Idp  adftriétion  les  vif- 
ceres  qu’elle  bleffe-  La  bafe  eft  le 
Turbith  3  duquel  il  n’a  pu  être  nom¬ 
mé  f  {source  qu’un  autre  décrit  par 
Mefoé  au  livre  des  fîmples  en  avoit 
pris  ion  appellation  ,  qui  pour  le 
jpurd’huy  n’eft  ufitc.  La  tardiveté 
de  la  bafe  eft  aceekrée  par  la  prom¬ 
ptitude  de  la  Sçammonée  ,  fa  nui- 
lànce  eft  corrigée  par  le  Gingertjbre, 
lequel  avec  le  Poivre  long ,  Canelle, 
Macis,  bois  d’Alo’és,  &  Galapga,  in- 
eifent  &  atténuent  le  phlegme  épais» 
que  la  bafe  purge  ,  à  quoy  le  vinai¬ 
gre  aide  beaucoup.  Les  fueilles  de 
lluë  feiches  ,  &  femences  y  ipnt 
miiès  pour  confirmer  les  vents ,  qui 
ï’engendrent  du  phlegme  :  les  Aman-; 
des  douces  ,  Penides  »;&  Mfel  écu¬ 
me,  pour  deterger  Içs  matières  craf- 
lès  viiqueules ,  çonferver  le  tout, 
&  empêcher  que  la  baie  n’extenuë  & 
p’amaigriftê  par  trop.  Mefiié. 

LE  MELANGE. 

ïl  faut  preir.ierem.ent  nettoyer  les 
Dattes  dehors,  de  toute  ordure  ,  5c 
dedans  des  os,  &  pellicules.,  puis, 
ks  infuicr  avec  petite  quÆutij®  .de 
'dn.aigre  trois  jours,  é iî. elles  îhflt 
dures ,  &  fèiches  )  ou  vingt-quatre 
ferres  (  lî  elles  font  .molles  &  , ter 


centes  J  dans  up  poç  de  verre  bien, 
couvert.  Airçirns  font  d’avis  de  les 
infirfer  au  bain  blanc  ,  &  d’autres 
en  Hydromel ,  pource  que  le  vinai¬ 
gre  eft  ennemy  d.es  parties  fperiTra- 
tiques  j  ce  qui  eft,  vray ,  lî  fêii'  ..  & 
en  quantité  h  mais  peu  Si  bien  ap- 
compagné  de  correctif ,  comme  içy, 
non  :  au  contraire  fins  iceiiiy  ,  céc 
Eleéluaire  lcroic  de  moindre  vertu, 
tant  pour  réfréner  la  bile ,  que  pour 
incifer  le  phlegme  épais,  caufe  des 
coliques  ,  &  fievres  chroniques. 
Aprez  il  les  faut  piler  au  mortier  de 
marbre  avec  un  pilon  de  bois  ,  & 
les  palîèr  fur  un  tamis-  renverse 
avec  une  aieillere  d’argent  un  plat 
creùx  deflous.  La  poudre  fera  fai¬ 
te  ainfi. 

Du  commencement  il  faut  piler  an 
mortier  de  bronze  ,  le  bois  dVJops,, 
Turbith  ,  Gâlanga,  Gingembre  avec 
quelques  Amandes  mondées  ,  afp. 
d’empêcher  leur  exhalation:  étant  à 
demy  pilez  on  y  ajoutera  la  Canelle 
Poivre,  femfnçes.  Macis  , &Ruë:; 
le  refte  des  .Amandes  mondées  fte 
leurs  pelliçules  ,  fora  incisé  fort  me- 
nju  fiir  une  fueille  de  p<3pier  blanc,, 
avec  un  couteau  de  Cordonnier,  lef- 
quelles  on  refiibtililèra  au  mortie.c. 
avec  les  Penides  ,  tant  fiibçikment; 
que  faire  fe  ppurra  :  la  SGammpnée. 
aiiffi  fora  pulverisçe  à  parc  ,  &  mife- 
à  part  :  les  autres  poudres  feront, 
mêlées  avec  les  Amandes  &  Peni- 
d.es.  Cela  faip ,  on  prendra  treize 
onces  demie  de  miel  éeume,  & 
ctiit,  lefijuelles  jointes  avec  la  dofe 
des  Datt.es  ,  Penides  ,  &  Amandes, 
feront  trente  fix  onces  ,  qui  valent 
trois  livres  de  Medecine ,  ■  qui  .rc-^ 
viendra  i  crois  onces  de  poudre  pour 
chacune; 


Livre  1.  Se&ion  VIII. 


}S4 

chacune  livre  ,  quantité  iuffifante 
pour  doucement  purger.  Au  Miel 
encore  chaud ,  &  la  balîine  encor 
deflùs  le  feu,  on  détrempera  les  Dat¬ 
tes.  Icelle  ôtée  &  à  demy  refroidie, 
on  y  ajoutera  peu  à  peu  les  poudres: 
finalement  la  Scammonée ,  pour  gar¬ 
der  le  tout. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  purge  bcnignement  la  bile  & 
la  pituite ,  &  pour  ce  il  eft  fîngiilier 
aux  fièvres  compliquées  &  longues: 
à  la  douleur  du  ventricule,  à  la  co¬ 
lique  ôc  aux  intemperatures  froides 
de  ces  parties. 

R  E  M  A  R  QJ/  £. 

IL  eft  prefque  impojftble  de  con- 
ferver  un  tems  raifonnuble  le 
Diaphœnic  fans  quil  fe  dejfeiche, 
&  le  flm  foHvent  quil  ne  fe  per¬ 
de  ,fi  on  ne  met  fur  cette  defe  d'E- 
leHuaire  que  treize  onces  &  demie 
de  miel  delfumé  &  cuit  ainjî  que 
Bauderon  enfeigne  , parce  quil  ne 
ftauroit  avoir  une  vraye  confiden¬ 
ce  ,  attendu  que  douz.e  onces  &  de¬ 
mie  de  pulpe  de  dattes,  avec  les 
treize  onces  &  demie  de  miel  ne 
peuvent  incorporer,  &  emhrajfer  neuf 
onces  de  poudre  d'un  côté ,  fix  on¬ 
ces  deux  drachmes  de  Pe.mdes  de 
l'autre  qu'on  met  en  poudre  ,  & 
trois  onces  Jtx  drachmes  d' Aman¬ 
des ,  le  tout  compris  avec  les  Dat¬ 
tes  pe  font  trente  une  once  &  demy, 
le  moyen  qu'une  fi  petite  quantité 
de  miel  puijfe  donner  corps  &  con- 
ferver  tant  d'ingrediens  ?  la  raifon 
veut  &  l’experience  nous  apprend. 


que  celuy  qui  doit  etnferver  les  au., 
très  fioit  en  plus  grand  poids  pour 
le  moins  du  triple  ,  &  icy  il  en. eft- 
du  cont’càire  ,  &  c'eft  mal  à  pro, 
pofs  que  l'Autheur  de  la  Paraphra- 
fe  conte  en  cet  Eleüuaire  les  Dat.^ 
tes  ,  les  Penides ,  &  les  Amandes 
pour  miel ,  ny  l'un.ny  l'autre  à  la 
façon  qu'ils  y  font  employés  nefjf 
peuvent  pas  conferver  eux  mêmes, 
bien  loin  de  pouvoir  aider  à  con¬ 
ferver  toute  la  compofition  ;  c'efi 
pourquoy  .pour  y  remédier  ;  en  pre¬ 
mier  lieu ,  il  faut  imiter  Fernel  en 
fion  Diaphœnic  pour  les  Dattes  quil 
veut  qu'on  les;  pefe  après  les  avoir, 
infusés  ,  cuits  &  pafsés  avec  l'Hy¬ 
dromel  ^  qu'on  en  prenne  la.jujie- 
quantité  de  douze  onces  él.  demie; 
car  de  les  pefer  avant  les  meftre 
en  infufion  avec  le  vinaigre  ils  au- 
gme'ntent  beaucoup  de.  poids.  Les 
Amandes  pelées  feront  pafsées  par 
un  tamis  renversé  fi  fubtiles  qui  ft 
pourra  ,  &  a  rnéme  tems  mêlées 
avec  la  pulpe  de  Dattes.  Les  Pe¬ 
nides  aujfi  feront  mifes  en  poudre, 
&  le  miel  étant  coulé.,  dejpumé  & 
non  entièrement  cuit  on  les  jette¬ 
ra  dedans. pour,  en  continuer  lacuit.r. 
te  ,  &  de  cete  façon  U  y  aura 
plus  de  Syrop  a  raifon  des  Perti- 
des  qu'en  aura  cuit  avec  le  miel, 
comme  aujfi  moins  de  pulpe  ,  pour 
l'avoir  pesée  après  être  dejftichee, 
&  moins  de  poudre  pour  en  avoir 
tiré  les  Penides.  Et  ainfi  fans  cho¬ 
quer  l'intention  de  fen  Autheurla 
compofition  fe  confervera  beaucoup., 
mieux.  Nonobflant  toutes  ces  rai- 
fons  pour  être  plus  ajfeuré  ,  fi  fuis 
de  l'avis  de  Joubert  d'augmenter 
.le  miel  de, fix  onces ,  &  ne  faut 
pas 


Des  EleBuatres  purgatifs  mois.  3  8  5 


craindre  que  l’EleBuaire  ne 
fait  encores  bien  purgatif ,  puü 
qu’il  y  aura  environ  JeiK.e  grains 
de  Scammonée  par  once  d’EleSiuai- 
re ,  &  une  drachme  fi x  grains  de 
Turbith,  quantité  qui  eft  ajfez.  gran¬ 
de  pour  purger  fans  augmenter  la 
dofe,  pour  raifon  de  l’addition  '  du 
miel. 

Ceux  qui  compofe'ront  le  Dia- 
phœnic  fuivant  le  Di^fenfaire  de 
loubert  feront  avertis  de  prendre 
garde  aux  exemplaires  François, 
qu’on  y  a  obmis  les  Amandes^,  & 
changé  la  dofe  des  Penides ,  au 
lieu  de  cinquante  drachmes  que 
Mefué  y  en  demande ,  on  ny  en  a 
mis  que  trente  drachmes,  &  aux 
exemplaires  Latins  in  folio,  imprefi- 
fan  de  Francfort ,  Apud  Her  'edes 
Andrea  VEecheli  ,  Les  Amandes 
y  manquent  aujf,  &  la  dofe  des 
Penides  de  ’  Mefué  s’y  trouve  com- 
flette. 

Le  Diaphonie  de  Fernei  efi  aufiî 
dtfeêlueux  en  qttelques  dofes ,  l’Ar- 
tiUe  en  fera  de  même  averti,  pour 
y  prendre  garde'; 

Noués  qu’il  ne  faut  pas  que  le 
mieibo  'ûille  long  tems  pour  lés  Ele- 
duaires  purgatifs  ,  &  du  contraire, 
pour  nourrir  ou  peur  corroborer ,  il 
faut  qu’il  cuifi  long  tems. 


Eleduarium  Indum  majüs, 

D.Mef. 

Turbith  optimi ,  drachm.  qttin- 
quaginta. 

^^cchari  cryïlallini;  & 
fenidiarum  ,  àtriufqtte  drach.  vi- 
ginti ,  éér  non  une.  viginti. 


Diadacrydii,f^^‘*’”»‘'>^*'* 
drach  duo.\  n^rem.qmaejue 

decm  1  McoCydo-' 

l.  ntorum  emedatur. 
Cinnamomi ,  feu  CanellafeleSia, 
Caryophyllorum, 

Nardi  Indica, 

Refarum  rubrarum, 

Cafiia  lignea  aromatic.  &  non  pur- 
gatricis. 

Macis,  & 

Cyperi,  fing,  drach.  quat. 

Santali  citrini  ,  drachm.  dttas  & 
femifi. 

Ligni  Aloës ,  & 

Nucis  Mofehata, ,  utriufque  drach, 
duos, 

Galaganga  tenuioris,  ex  China  ad 
nos  allata, 

Hicyl,  id  efi ,  Cardamomi  ma\or.  ex 
Serapione , 

Cardamomi  minoris , 

Afari ,  & 

MaBiches  ,  fing.  drachm,  ünam  & 
dimid. 

Ex  arte  fiat  pulvis,oleo  Amyg-. 
dàlarum  dulc.  conficandus, 

&  fequenti  Syrupo  exci- 
piendus. 

êfié.  Succorum  Cydoniorum. 
Granatorum. 

Apii  ,& 

Fœniculi,  depuratorum,  utriuf¬ 
que  lib.fiemif. 

Meliis  optimi  deéfumati  &  coSti, 
triplum  hoc  efi  une.  i<é.  feu  lib. 

Qmniam  pulvis  efi  une.  iredicim, 
ünciàvero ,  qua  librarn  fuperat, 
Saccharo  cryîlallino ,  &  Fenidijs 
penfatur,  qua  in  genere  pul.  èen- 
fenda  haud  veniunt. 


Cçc 


FA 


5 86  Livre  /.  Seaton^yll L 


PARAPHRASE. 

CEt  Eleduaire  eft  nommé  Indum, 
pource  qu’il  a  été  inventé,;,  & 
premictcment  mis  en  ùlàge  par  'les 
Médecins  des  Indes  Orientales  ,  & 
furnommé  majus ,  à  la  di&refice  du 
fuivant  moindre  en  nombre  de  mé¬ 
dicaments  &  non  de  vertu.  La  bafe 
eft  le  Turbith,  la  .tturdiveté  duquel 
eft  accélérée  par  le  Diagrede  (  qui 
n’eft  autre  cHofc  que  la  Scammonéc 
préparée  dans  un  coing  )  au  lieu  du¬ 
quel  je  ferois  d’avis  qu’on  prit  de 
la  Scammonée  :  la  puülânce  de  la¬ 
quelle  eft  corrigée  par  le  llic  de 
Coings ,  de  là  lîccicé  >  &  âpreté  par 
les  Penides  ,  &  lùccre  Candit.  La 
nuifance  du  Turbith  clt  double  ,  à 
fçavoir  à  l’eftpmach  ,  &  qu’il  amai¬ 
grit  le  corps.  La  première  eft'^eor- 
rigée  par  le  Maftich  ,  Macis,  &  Ma- 
nuguétte  ;  la  fécondé  par  l’huile  d’A- 
maqdes  doiiç.es.  Les  autres,  médica¬ 
ments  aromatics  y  font  rois  ,  pour 
par  leur  bonne  odeur  fortifier  le  ven,- 
tricule,  cœur  &  autres  vilcéres  ,  in- 
cifer  &c  atténuer  le  phlegme ,  &  con¬ 
duire  la  faculté  de  la  baie  au  cer¬ 
veau,  poiélrine ,  &  jointures ,  où  fou- 
vent  telle  humeur  eft  contenue:  leur 
chaleur  eft  modérée  par  le  fîic  de 
Grenades ,  &  Rofès ,  qui  corrobo- 
^renc  le  ventricule  :  le  Nard  Indic, 
&  Santal  citrin ,  le  foye  :  le  bois  d’A- 
loés  le  cœur  :  le  Galanga ,  Cypere, 
&  Cardamome,  la  ratte,  reins  ,  & 
matrice:  l’Alàrum,  &  fucs  d’Aéhe, 
&  de  Fœnoüil  ,  y  font  mis  pour 
delèpiler  les  conduits ,  &  conduire 
par  la  voye  des  urines ,  &  mèhftrues, 
k  portion  plus  tenue  tle  MEiel,,  Pe¬ 


nides  ,  &  fuca-e  Candit ,  pour  cor¬ 
riger  l’âpreté  &■  ficcité  des  pou- 
dres  ,  &  pour  deterger  le  phlegme, 
dôMier  la  faveur ,  rendre  leuraafôn 
meilleiire  ,  coriferver  le  touté^i 
befôin.  ' 

LE  MELANGE. 

Il  faut  curienfement  coticaffer  le 
bois  d’Alo'és  &  Santal  citrin  avec 
quelques  gouttes  d’eau  Rofe  :  .  puis 
on  y  ajoutera  le  Turbith  ,  Ic  Cype- 
re,  Galanga,  Nard  Indique  indsé, 
la  Canellè  ,  Callè  aromati<ÿae  ,  'l’A- 
fàruin  ,  &  le  Gerôfle  ;  le  tt)uc  à  de- 
my  pulvérisé  &  tamisé  i  on  y  ajoùt- 
tera  le  grand  &  petit  CardaindftBe, 
le  Macis  ,  &  Müfêade  ;  finalement 
les  Rôles  mondées.  Il  faut  pilveri- 
fèr  le  Maftich  à  part  ,  la  Scammo- 
née  op  le  Diagrede  ,  le  fuecre  Çan- 
dit  &  Penides ,  puiis  le  tout  fera  mê¬ 
lé.  Àprezon  prendra  les  fues' dépa¬ 
rez  au  Soleil  ,  ou  fur  le  feu  qu'em 
ftra  bouillir  ,  avec  trois  livrçs  de 
miel  blanc  à  part,  écn'roé  &c  cuit  en 
forme  dTléétuaire  mol  :  puis  le  tout 
à  demy  refroidy  ,  on  y  ajoûttera  peu 
à  peu  les  poudres,,  pour  le  tout  ref- 
fèrrer  étant  froid  dans  fon  pop^ 

LES  FACFLTEZ. 

H  purge  tout  le  ventre  inferieur, 
&  les  jointures  ,  &  auffi  les  excre- 
ments  des  humeurs  pituiteufes ,  & 
putrides  ;  &  eft  propre  au  ventricu¬ 
le  de  aux  affedions  qui  en  procèdent, 
&  à  la  douleur  de  la  coliqu  e  j  &  né¬ 
phrétique  ,  Sc  dilîipe  les  vents. 

RR 


Des  BleBmires  purgatifs  mois.  587 


REMARQVE. 

EJSl  cet  EleEitmre  en  four- 
ra  mêler,  avec  la  fsudra  ,  les 
PenUes  &  le  fuccre  Candit  après 
la  avoir  fubtilisés.  Et  au  lieu  de 
flotter  la  foudre  avec  l’h-uife  d" A- 
mandes  douca  comme  dit  'Mefué, 
il  fera  beaucoup  meilleur  &  plus 
mile  pour  la  fanté  d'en  arrou- 
fer  les  -ingrediens  de  ^ueltjiues  goû¬ 
ta  lors  qu'ils  feront  tous  concafsés 
dans  U  mortier  :  cela  fait  on  conti¬ 
nuerai  de  la  battre  durant  un  tems, 
&  de  la  forte  l'huile  fe  mêlera  é" 
fei  communiquera,  également  jufqua 
aux.  moindra  partia  chacune,  en 
recevra  fa  potion  ,  ce  qui  ne  fe 
fourrait  faire  autrement.  La  quan¬ 
tité  de  >  l'huile  ne  fi  point  limitée, 
ài.quof  l'Artiéfe  prendra  foigneufi- 
ment  garde,  nfi^çn  mettra  pas 
plus  haut  d'une  drachme.  La  Scam- 
monée  fera  triturée  a  part  avec  dou- 
Xf  gouttes  d'huile  d' Amandes  dou¬ 
ta.-  Les, fiscs  feront  dépurés  fiepa- 
rément  i&  pour  le .  furpltts  on  fisi- 
vra  Bauderon. 


Eleduarium  Indnm  minus, 
D.  Mcf. 

V,.  Turbith  optmi,& 

■Bacchari,  utriufque  drach.  centum, 
Scammonii  Antiocheni ,  drach.  duo- 
décim. 

Macis , 

Piperis , 

Zingiberis , 

Caryophyllerum, 

Cinnamomi,reii  Canella fieleéla  . 


Heyl,  id  efi,  Cardamomi  tnajorü,  d* 
PPucü  Mofchata,fing.draeh.feptem. 
Fiat  pulvis  cum 

Mellis  deffumati  &  coüi  tripla, feu 
lib.  quatuor  :  fiât  Eleéluarium 
ufiii  reponendum. 

FARAPHRAS  E. 

CEt  EleÆmire  ne  cede  point  au 
precedent  en  yertii ,  lequel  a  pris 
leno'm  &  bafè  du  Turbith',  comme 
l’autre  :  fa.  vertu  tardive  eft  accélérée 
par  la  promptitude  de  laScammonée. 
Les  médicaments  arrbmatics  y  font 
mis  tant  ^ur  la  defenlc  du  cœur* 
&  des  ^fccresj.quc  pour  incifer  & 
atténuer  le  phlegme ,  &  confiimer  les 
vents.  Le  fiiccre  &  le  miel  y  font  mis 
pour  dëtergèr ,  Ôc  rendre  leur  ad:ioii 
meilleure  ,  conforver  le  tout,  &  cor¬ 
riger  leur  âpreté  Sc  ficcité. 

LE  MELANGE. 

Le  foccre,  &  Seammonée  foronc 
pulyerifoz  chacun  à  part  :  tous  les 
autres  ‘  le  foront  cnfemble.  A  part 
on  prendra  quatre  livres  de  miel 
blanc  écumé  ,  cuit  &  encore  chaud, 
auquel  peu  à  peu  on  diflbudra  les 
poudres,  foccre,  Scammonée ,  la  bat 
fine,  &  le  miel  à  demy  froids  :  puis  le 
tout  fora  refervé  au  befoin.  Icy  fc 
trouve  161^  drachmes  de  poudre 
{  fans  le  foccre  )  qui  valent  i  o.  on¬ 
ces,  le  triple  eft  6o.  onces  de  miel.  Si 
fuccre' qui  valent  f.  livres  qu’il  faut 
prendre  :  ainfi  n’y  aura  que  4.  livres 
de  iniel  &  une  de  foccre  y  mention¬ 
née.  La  demy  once  dcfo.ccrc  qui  refte 
eft  pour  la  drachme  de  poudre ,  qu’il 
y  a  de  plus.  . 

Ccc  X  LES 


388  Livre  l 

LES  FAÇfLTEZ- 

Il  a  les  mêm.es  vertus  que  le  pre¬ 
cedent  j  finon'iqu’il  purge  plus  püif- 
ftmment  la  pituite.^  , 

REMARQJ/E. 

‘Autheur  de  la  Paraphrafe  na 
point  obfirvé^.  en  cet  Eleblt^^ire 
non  pltü  quan  precedent  la  quanti¬ 
té  de  poudre  pour  liv^e  de  miel  qu'il 
a  prejerit  en  la  reigle  generale  qu’il 
a  donné  d  l’entrée  de  la  Seétion  6. 


Benèdida.  laxativa,  D.Nicol- 
Salernit, 

IZ-  Turhith  optimî y 
Corticis  Radicis  Efitla  Aceto  pra- 
parut.  &■ 

Sacchari  ,fingul.  drach^  decem. 
Diacrydîi  y  feu  Scamrhonii  prap^- 
rati  y 

HermodaBylorum  ,&  ,  . 

Rofarum  rubrarumyjingul.  drachm . 

quinque y 
Caryophyllorum , 

Spica  Nardi ,, 

Zingiberisy, 

Croci  y 

Seminum  Saxifragia  ,  , 

Amami  ,  aut  f^cced.  ejpts  Ace- 
ri  veri, 

Setini ,  id  efi  yApii  feu  Eleo- 
felini  Gracorum  3 
Petrofelini  fativi ,, 

Carvi  Cretici  , 

Fœniculi  y 
Afparagi, 

Rufei,  vnlgo  Erufci.„ 


Seâion  VIII. 

Mitlii  jolis,  fest  Lhhojpemi 
•.  .  firacorunt  y 

JiPacropipèris ,  id  efi,  Piperis 

Iqngi  y  y 

Cafdyimorni  maprliy .  , 

Salis  Ge'mmeiy 

Galanga  tenuioris J  ex  Chi^iaj  Zujt- 
,,  tamrurn  ^pavigatione  alUta^.,] 
Macis',  fingul.  drach,unaip,; 
Mellis  dejpumati  &  épBi^^i  omnim 
^^jpiplexpondui  :  fiat  EleBuaHm 
mode  y  ufui  repanenduni^  ,,  ^ 

PARAPHRASE. 

La  Benediéte,  eft  ainfî  nQranjée^ 
pource  que  ben^nement  üm 
violence  elle-  purge  ,1e  pliiegme  ea 
que,lque  parc , qu'il  lôijt  j  mêmpides 
joinâijEes.  La  bafè  cft  le  Turbitlj, 
la  vertu  fbiblenduquel  cft  fortifiée 
p^r  le  Sel  Gemmei,,& augmentée  par 
l’Efiîle  ,  &  là  tardiveté,  eft  accclci;- 
rce  par  le  Diagrcde  ,  &  conduite  aux 
jointures  par  les  Hermodaéfes.  Les 
medicajpents  arqpiacicSj  &  le  bafttan 
y  font  mis  3  tant  pour  incilcr3  .&  at¬ 
ténuer  le  phlegmc  épais  jSç  lenç>iqi‘ie 
pour  la  defence  du  cœur  3  ventricule 
&  autres  vilceres  3  contre  la  nuifance 
des  purg^tif^s  la  chaleur  delquelseft 
modérée  par  les  Rolès.  Les.lèracns^* 
diüredqucs  y  font  mÜès ,  tant  pour 
conlùmer  les  ventSj  que  pour  delbppi- 
1er  3  &  conduire  par  la  voye  de  l'uri¬ 
ne,  &  menftruës ,  la  portion  du  phle- 
gme  3  eft  atténuée  prar  les.  aromati¬ 
ques  :  le  lùccr&3  ôç  miel  yilènt-niis 
pour  deçerger  &  corriger  râpreré,& 
ficcité  de  toute  la  compofition,  ^ 
conlèrycr  les  elpeces  en  leur  vigueur^ 

LP 


^es  Eleâuéres purgatifs  mois. 


le  MELANGE. 


remarque. 


Il  faut  premièrement  infufèr  l’é¬ 
corce  d'Efuleÿ'cn  fore  vinaigre,  l’efpa- 
ce,  de  vingt  quatre  hèWes  ,  puis  la 
fèicher  &  pntverilèr  avec  le  Tur- 
bich’,  N*d  Indique  incife  gingem- 
bre5Galànga,  &  Hcrmodades.  Cetfx- 
cy  à  demy  pulverifez',  on  y  ajoutera 
les  féraencès  v  &  Acorc  vray  {  pour 
rAmgme,  )  gerofles  ,-  Poivre  ,  & 
Cardamome  :  finalement  le  Macis 
&  .rofes .  feuges.  Il  faut  pulverilèr 
à  part  le  fel  Gemme  ,  le  fàffran, 
Diagrede  ,  &  füeeré  :  'puis  le"  tout 
fera  diligemment  mêlé,  au  mortier: 
csla'fiii'é-on  prendra,  du  miél'^blanc 
écuiflé  &  cuit,' le  triple  de  la  pou¬ 
dre  ,  qui  revient  à  'cinquantb  trois 
drachmes'  làns  y  comprendre  le  fiic- 
cre  )  qui  valent  onces  cinq  drach¬ 
mes  :  le  triple  eft  dix  huit  onces  ,  &c 
ciHqdrach'ffles  de  miel ,  &  dix  drach- 
rads  de'fuccre'qu’il  y  a ,  font  dix  neuf 
onces ,  fept  draèhrnes ,  qui  eft  le  tri¬ 
ple  de  'la  poudre.'  '  Auquel  encore 
chaud,  &  non  du  tout-froid,  on  dé- 
tiBrâperapeu  à^eu  la  poudre',  en  for¬ 
te  qu’il  ny.  aye  aucuns  grumeàux , 
pour  rellèrrer  le  tolit  en  fon  pot  _  de 
terre  verni(ll',’&  bien  couvert,  at¬ 
tendant  l’occafion  pour  s’en  Icrvir. 

LES  FA  CVLTE  Z. 

Ellc^'tire  les  humeurs  .  pituiteufès, 
principalement'  celles  qui  tombent 
lut  les  jointures  ,  &  au'lîî  aux  reins, 
&  de  la  velfîCi 


NIcàtAfU  Alexandrinus  décrit 
U  'BenediSla  laxativa  feus  h 
mm  de  Ben  Pontica  au  chap. lo  ^.de 
fon  livre  fus  allégué ,  mais  parce  que 
la  defeription  différé  un  peu  d'avec 
c,elle-cji ,tant  en  quelques  dofes, qu'au 
nombre  des  '  ingrediens  ,  qui  efl  le 
fu]et  que  je  n  ky  point  changé  le 
furnom  de  l' Autheur. 

En  là  defeription  de  cet  Ele. 
élkaire'  fé  prefentent  cinq  dffcul. 
te  Z.  La  première  regarde  la  ra~ 
eipe  d'Efula  qu'il  convient  pren¬ 
dre  de  fept  eéfeces  que  Diofeori- 
de ,  ^  autres  anciens  en  décri¬ 
vent.  La  fécondé  -regarde  fa  pré¬ 
paration.  La  troifiéme  ,  la  dofe 
d'icelle.  La  quatrième  ,  fçavoir 
quelle  partie  nous  devons  prendre 
des  fuits  du  Brufeus  ,  &  des 
Aife^ges,  La  cinquième  ,  la  quan¬ 
tité  du  miel  pour  incorporer  & 
conferver  toutes  les  jSfeces.  A  la  Répence- 
première,  je  réponds  fu'ivant  GaJ.  U-  ùlupre- 
vre  huitième  de  la  faculté  des  fim- 
pies  médicaments  ,  que  de  toutes  les 
ejpeces  d'Efula  celle  quon  appel¬ 
le  Characias  qui  efi  le  male .  de 
Liefeoride  ,  (  que  quelques-uns 
appellent  Amygdaloides  )■  ejl  la: 
plus  vertuettfe  en  medecine  ,  que 
nous  devo'ns  preferer  aux'  autres' 
eéfeces.  Pour  fa  préparation  qui  ^ 
efi  la  féconde  difficulté  ,  Baude-  féconda. 
ron  dit ,  qffiî  fautl'ir.fufer  dans  du 
fort  vinaigre  par  vingt  qHatr.e  heu¬ 
res  ,  ^  aprez  le  faire  feicher.  Cette 
préparation  rne  femble  un  peu  brié- 
ve ,  pour  un  médicament  que  Mefué 
en  fin  livre  des  fiinples  purgatifs,. 

Ccc  %  chsti 


39° 

chapitre  zj.  dit  être  chaud  &  fec 
att  commencetnent  du  trdifiéme  de¬ 
gré  ,  compofé  d’une  fubftmce  ignée, 
aigue,  fubtile,  e^uil  ouvre  i'oripçe 
des  veines  ;  &  Gal.etf. Jpn  livre  hui¬ 
tième  fui  allégué  ,  dit  le  fùc  être 
chaud  au  quatrième  -degré.  Il  me 
femble  que  tout  fes  effets  requièrent 
une  pim  exaSle  .préparation  ,  telle 
que  Mefué  la  déérîf  dans  le  même 
livre  ?êr  chapitre  fus- allégué  fuivapt 
ludam  J  qui  dit , .  qutl  faut  infufir 
V écorce  de  la  racine  d'Ejula  dans 
du  Latél  doux  ou  du  vînaigre  ,  'cér 
changer  fouvent  de  lailt ,  &  'apres 
la  faire  feicher  :  mais  fé  voudroü  en 
la  place  du  laiél ,  l’infufer  dans  le 
Sérum  par  troif  fois ,  l’ayant  préala¬ 
blement  irffùfée  dans  le  vinaigre, 
par  vingt  quatre  heures.  " 

jl  Iti  '  La  regarde  la  dofe  qui  tfefi 
troifié-  point  conforme  dans  tous  les  Di  ff  en- 
faires  :  les  uns,  comme  Salernttdnm, 
Durenou ,  Bauderon  &  autres ,  en 
mettent  dix  drachmes,  Cordm,Fuch- 
Jius,  &  autres  n’en  mettent  que  cinq 
drachmes,  d’autres  l’ont  eptierément 
retranchée  ,  comme  ‘  Nicolam  Ale- 
xandrinus,  fuiv'ant  l’annotation  que 
loannes  Agr  icola  a  fait  fur  fa  def- 
cription.  Tous  ces  deford^'es  font  ve¬ 
nus  des  premiers  écrivains  ,  qui  en 
redôutoient  fans  doute  l’ufàge  ,  d 
quoy  nous  ne  devons  point  nom  ar¬ 
rêter  ,  aprez.  l’avoir  deü’ém  'eni  pré¬ 
parée  ,  fans  en  rien  retrancher  de  la 
dofe  de  dix  drachmes  ,  pour  crainte 
''d’aucun  mauvais  fuccét. 

Al»  La  quatrième  difficulté  mérité 
quatrié.  d’être  un  peu  examinée  attendu  les 
divers  fentim  'ent  des  Autheurs , 
'pour  f  avoir  au  vray  quelle  partie 
mm  devons  employer  du  fuit  du 


Livre  1.  Seâion  VI 11, 


Érufcus  ,  &  des  Affierges  :  les  uns 
tiennent  qu’il  les  y  faut  mettre  tous 
entiers  :  le's  autres  comme  Cou'dem- 
berg,,l‘  Autheur  duGutdon  des'  ’Afa- 
thicaires  ,  les  Médecins  d’ Anvers 
dans  leurs  Phàrmacopées;&  autres, 
quU  faut  prendre  la  pulpe  defei- 
chée;  les  autres  difent  qu’il  faut  re- 
jetter  cette  partie  comme  inuiilê  ;  '  ne 
contenknt  que  bien  peu  de  vériù ,& 
prendre  cettê  fubftahcc'  dure  où 
noyau  ',  qui  fe  trouve  au  dedàhs  du 
fuit  qui  coritient  toüdè  la  vertu  ape- 
ritive  requifé  en  cet  EleBuaire,ainfi 
qu’ont  tres'-bien  obfervé  Meffiêuü  les- 
Médecins  de  Parts  dans  leur  Dif- 
penfàire  auDiaphœnicpn  béhediüm 
qu  ilF -'appellent ,  quand  ils  ont  édit 
Acinorum  Brüfvi,&  'AÏforagi'é&c: 
Car  l'écorce,  &  la  pulpe  parficulii- 
remeht.décéluy-cy ,  quinfe  jotirs  oit 
unrttpü  aprez.  les  avoir  fait' ficher 
fe'-virmouluent  'é'  ou  fe  dejfeithent 
d’une  façon 'qu’il  n’en  faut  éfferèt 
que  la' feulé  peati  externe  ':  .éotnrne 
une  partie  rare,  quand  elle'  Auroit 
beaucoup  de  vertu  ,  ne  fatifoit  la 
cohferver  plus  ■  long-temps  qü’ita 
été  dit-  ;  mais' les  grains  qui  fini- de¬ 
dans  d’unè  fibftdnce-  com'paBé''& 
folide ,  qui  cbnèi'énn’ént  avèéie  ^- 
me  là  vertu  de  preduirè  leur  fembla- 
ble  étàns  jetiez.'  en  terre,  ’ee<  que"he 
fçauroient faire ,  ny  leurs  ccorcésijy 
leurs  pulpes.  >.:s\ 

Peur  une  plus  grande  preuve,  que 
ce  neflny  l’écorce,  ny'  la'âh'avidu-oit 
doit  employer  dans Jes  éompôf  tiens, 
c’efi  que  quand  Gérd'on  '  dernSdt 
dans  ces  Jrochifquesffemihis'  Gite- 
neorum ,  nom  ne  pratiqiéons  peint 
d’y  mèttre  l’écorce  ny'4a  chair'dcs 
Coings,  mais  bien  les  petits  grains 
qui 


Des  Eleâuaires  purgatifs  .  mois.  5  9  r 


am  font  au,4t^ans  ;  de  .même  au 
DUfrfinis  fmfle  ,  ^Haad  NicoUm 
/il^xandrintu  dotnande  Seminis  Ber- 
hèfù.,  'noMS.  rie.  fr^no^s  pae  mon  plus 
la,  pm  qui.  contient  le  fuc  çk,  ’los 
pepiiisl  maûmùs.,  prenons  les  pépins 
quiscfil^.^rpyefemence.^-,fembUble- 
taent.  epûanÀ  Mejfieurs  l es  Médecin^ 
nous  pjtfiriperit  d^ns  quelque  reme- 
de  mApJl/èd  h-fenror^ce  de  Paliurus 
naus.np,  , prenons  pas  non.plus  cette' 
en.ve.lppe  externp ,  ny.  moins  la  coque 
dure  qui  contynt  le  noyau.y  dp  tou^ 
te  ïâ.verm  aperitive.  pn  voila  af- 
[fx,  pour  . faire  voir,  quil  faut  prefe- 
re'(  dapçet  Ele^uaire ,  &  en  toute 
Oÿtre  compofitiop  ,'..ou  dp  s  fiuits  du 
itpfcup  &  .des  .JIfer§es  entrent , 
losfeuls  rifiyaux  ou  femerices  qui  font 
contenus  .dans  ces  fiuits,  dp  non  tous 
infiers ,  ny^  fe parement  leurs  pulpes, 
que  nous  devons  femblablement  re~ 
ietter  de  toute  forte  fi  autre  fruit, 
à  moins  que  ce  foit  pour  quelque 
vtps.ufarticuliere  quelles  ayent. 
jl  PPour  la  çinquiérne  difficulté  qui 
einjitit.  foncerm.la  quantité  .du  miel ,  je  di- 
ray  que  cette  compofition  efi  fujette 
a  fi  dojfikher,  de  meme. que  le  Dia- 
fhcenic  à  caufe.  de  la  petite^quantité 
de.  miel ,  de. celle  des  ingrédient 

chauds  (fi  fiées  qui  la  compofent  qui 
abfopi/ent  l"" humidité  du  Jyrop  que 

Bauderon  a  réduit  au  triple  de  la 
poudre,  au  contraire  de  ce  qu'il  a  dit 
ou  commencement  de  la  SePlion  des 
Elebluaires  mois  de  mettre,  trots  on¬ 
ces  de  poudre  pour  chacune  livre 
de  miel  cuit  fi  defiumé ,  aufquolle^ 
dofes  Bonifie  fe  doit  regler  (fms 
toutes fiie^en  abufer  )  i  celle  fn  de 
puvoir  mieux  conferver  cet.  Ele- 
Huaire,  Et  pour  fuppléer  aces  qua¬ 


tre  parties  ^e  miel  ,po.ur  une  de  pou¬ 
dre^,  venanfd  l'Ufage  de  cette  comfie- 
fitton .,  il  en  fant  aiegmefiéer  la  dofe 
d'uiféquatriéme  partie  fi  fi  finfi  les 
forces  ' fi  les  vertus  fiïcelle  feront 
toujours  égales.  ' 


Caryocoftinum  Iiicerti  Au- 
étofis. 

Caryophyllorum  j , 

Cofii  Candidi,  (vel  e]us  penuria  ra- 
dicis  tnula  Campana) 

Zingiberù  ,fi. 

Cy  mini,fag.  drach.  unam- 
HermodaBydorum ,  d.  coriïce  mun- 
■datorum  . 

Diadaprydij,  utriufq. drach.  duos. 
JHellis  optimi  ex  vino  albh  dejpumati 
fi  coBi,  triplum  , feu  uncias  très , 
fiqt  ÈleBuarium  firthriticü  affe- 
.  Bibpts  a  bile  falutare. 

P  xiRai.P  HRaiSE, 

CEt  Elediiaire  a  pris  le  nom  des- 
Gei:ofles^.&  Coftus  mis  au  com- 
menceœent ,  comme  des  principaux 
agents,  tant. pour  fortifier  les  yjfcercs, 
contrô  la  nuifance  de  là  bafè  les  Her- 
moda6tes,,que  pour.eoodiure  les"  fè- 
rofitez  bilieufes  ,.par  favpy,e  desuri- 
nes,menftruës  &  fiege,  félon  Avicen¬ 
ne  au  chapitre  du  Coftu.s,  La  vertu; 
fpible  &  tardive  de  la  bafe  eft  aug¬ 
mentée  &  accélérée  par  le  Diagrede.. 
Au  contraire.,  .la.eelerité  dc  cettuy-cy 
eft  retardée  par  la  tardiveté  des  Hcr- 
modaékes.  Leur  yertu  eft  conduite  aux 
jointure;S,.p ar  le  C oftii  s,  &  au  cerveau 
pir  les  gerofles,"  &  ces  d,c.ux  enfemble, 
a.vecJfi  gingembre, J.  jpcifcnt  fi  .atte- 
çuent 


Livre  L  Section  VI IL 


nuent  les  matières  craflcs,  &  gluantes. 
Le  Cumin  y  eft  mis  ,  pour  confumer 
les  vents ,  &  le  miel  pour  dçterger 
telles  matières  ainlî  dilpofces  •,  & 
pour  la  laveur,  Sc  conferver  longue¬ 
ment  leur  vertu. 

LE  MELANGE.  ' 

Il  faut  fubciiemcht  piulveçifcr  ?n- 
femble  les  racines,geroHes  &  Cumin, 
pour  ce  que  cetEleduaire  eft  dcftiné 
pour  les  jointures.  LeDiagrede  ou  la 
Scammonée  fera  piilverilëc  à  part. 
Le  miel  foie  d'Elpagne,  on  de  Candie, 
onde  Provence  ,  lera  écume  avec  du 
bon  vin  blanc  ,  &  non  avec  eau  (pour 
ce  qii’il  y  eft  mis  pour  fortifier  les 
jointures)  puis  cuit  enïyrop ,  &  pelé 
au  triple  de  la  poudre  ,  laquelle  on  y 
mêlera  avec  un  biftortier ,  la  bafline 
hors  du  feu  ;  finalement  la  Scammo¬ 
née.  Le  tout  étant  froid  ,  fera  gardé 
dans  fon  pot  bien  couvert  au  belbin. 
Les  Médecins  de  Lyon  s’en  fervent 
plus  qu’autres  que  je  fçaehe,  tant 
pour  la  précaution ,  qu’à  la  guerilbn 
des  gouttes  bilieufes. 

LES  FACULTE  Z. 

Il  purgé  la  bile  &  les  humeurs  fe- 
reufès  par  les  urines  &c  les  mois  ,  & 
corrobore  les  vilccres. 

Brief  Difeours  âtt  Coflm. 

Ce  nom  eft  emprunté  des  Arabes, 
qui  l’appellent  en  leur  langue  Coft,  & 
Gaft,  non  qu’il  croiflê  en  leur  pays, 
mais  en  Guzarate ,  &  Malaca ,  de  la 
on  le  tranfporte  au  Royaume  de  la 
Chine,dé  la  en  Ormus,ou  Taprobane, 


principal  ^port  des  Indes  Orientales, 
où  arrivent  les  Turcs  déroutes  parts, 
les  Arabes  ,  &  les  Perfes ,  pour  y 
achepter  des  cfpiceries  &  autres  dro¬ 
gues  pour  leur  commodité  ,  qu'ils 
tranfportent  en  l’ A  fie  mineur, en  Alep, 
Tripoly,  Alexandrie  :  de  la  àVenife, 
Marfcille ,  Lyon  &  autres  lieux  de 
l’Europe  :  lequel  nom  les  Grecs  ont 
retenu,  &  nous  avec  les  Latins.  Les 
anciens  Grecs  ,  comme  Diofcoridc, 
Galien,lcs  Arabes  Avicenne,  &  Sera- 
pion ,  les  Latins  &  Pline  ne  s’accor¬ 
dent  pas  avec  les  modernes  . Garcic 
du  lardin  &  aut.es:  parce  que  ceux 
là  en  conftituent  de  trois  fortes.  L’un 
Arabie  ,  l’autre  Indic ,  &  l’autre  Syr 
riac.  Ceux-cy  (  du  nombre  dcfquets 
principalement  eft  Garcia.,)s,n’en  f9nc 
qu’une  forte  tant  feulement ,  quieft 
l’Indic,  lequel  recent  n’eft  fi  amer,ny 
fi  acre  que  le  fcc  &  vieil  :  ce  qui  a 
tromper  les  Arabes,qui  ont  dit  qu  il  y 
en  avoir  de  deux  fortes,  l’un  doux,  & 
l’autre  amer,blanc,  leger,  &  fort  odo¬ 
rant.  Celuy  que  les  Efpiciers  de  Lyon 
vendent ,  eft  plutôt  le  Zerumbcrtdes 
Arabes ,  feconde  efpece  de  Zedpake, 
que  le  Coftus  Arabie,  ou  Indique,  ou 
Syriaque,pour  n’avoir  toutes  les  mar¬ 
ques  que  les  Grecs*  &  Arabes  luy  at- 
tribuent.  Plutôt  que  de  prendre  une 
chofe  incertaine,  &  inconnue' ,  en  at¬ 
tendant  qu’on  nous  en  apporte  du 
vray  des  Indes ,  je  ferois  d’avis  que 
les  Apothicaires  priflênt  autant  pelant 
de  la  racine  d’Inule  Campane  fre¬ 
quente  en  nôtre  Europe  ,  &  connue 
de  tous,  pour  avoir  ferablable  veitu 
que  le  Coftus. 

RE 


J)  ts  EleBuaire  s  purgatifs  mois,  395 


REMARQ.VE. 

QVùy-que  B^uderon  ait  étk  incer¬ 
tain  de  l’Autheur  dü  Çaryo- 
.  tofiinum  ,  U  nom  a  neanmoins  don¬ 
né  dans- fà  Pharmacopée  la  vraye 
deferiptiotf  de  Bayria  à  qui  Mef- 
fenrs  les  -Médecins  de  Lyon  P  at¬ 
tribuent -fort  a  propos ,  ainfi  que  j'ay 
'Vérifié'  avec  la  pratique  manufcrite 
i'keluy  toute  la  différence  qu’il  y 
a  ,  efi  que  ce  premier  ne  décrit  que 
■la  huitième  partie  de  la  defcripiion 
de  ce  dernier  j  l’nfi  &  l’autre  di- 
fint  ,  de  cuire  le  miel  avec  le  vin 
blanc  mais  j’ejlime  qu’il  efi  pim 
it propos ,  de' le  àuiri  ■&  deffuriter 
avec  l'eau  de  fontaine  (  quoyque 
l'Âutheur  du  mélange  l'è  deffende 
par  exprez,  )  &''dy  ajouter  aprez. 
l’avoir  un  peu  pim  cuit  qu’en  Ele- 
duarre  mal ,  comme  a  été  cy-devant 
dit  en  la  Theriaqué,  une-  once  de  bon 
vin  blanc ,  pour  en  mieux  confiVver 
les  efirits.  Si  on  le  mettait  au  com¬ 
mencement  ,  ils  fie  diffiperoient  en 
bouillant  ,  &  la  compofifîon  ferait 
fruftré'e  de  la  vertu  qu’elle-a  de  cor¬ 
roborer  les  ■  jointures ,  fuivant  Vin- . 
tention  de  l’Autheur, 


Diafenna ,  D.  Nicol.  Ale- 
xandrini. 

Sacchari  cryflaHini ,  unc.fex. 
Avellanarum  tofiarum ,  nurn.  qùin- 
quagintâ'. 

Senne  mundata ,  une.  très. 
Gnnamorni ,  une.  unam. 

Vapidis  Laljuli  loti  &  non  ufii;, 
drach.tres. 


Serici  tantillum  torrefaéli,  &  minu- 
tim  incifi , 

Cary  ophy llorum , 

'Galanga  tenuioris ,  ex  China  ad  nos 
àllata  , 

Piperis  nigri ,  . 

Spica  Nardi, 

Seminis  Ocimi  ,  id  efi  ,  Bafili- 
conis. 

Fol. Cary  ophy  llorum  feu  Malahathri 
Gracorum  (  ab  odore ,  &  fapore 
Carj'ophyl.fic  nominatorum,  ) 
Cardamomi , 

Croci, 

Zingiberü , 

Zedo'aria , 

Florûrh  Rdrifmarini ,  & 
Ma'cropiperis ,  drach.  duos. 

Lapidés' Arment  loti  vel .  Cyanei, 
quia  dmbo  funt  ejufdem  faculta- 
As  i  drach.  unam. 

Mellis  defiumati  triplum  hoc  efi, 
librOs  duos  &  femifi. 

Fiat  FlèSluarium^ 

PARAPHRASE. 

■\  TYrepfiis  au  premier  des  Aati- 
J.VJLdotes  chap.  46J.  décrit  un  Elc- 
étuaire  de  femblable  nom  j  plus  pré¬ 
cieux  qui  n'eft  pas  ufité.  La  bafè  eft 
le  Senné  dont  il  a  pris  le  nom  :  ià 
vertu  purgative  foible  ,  eft  augmen¬ 
tée  par  les  pierres  d’Azur  &  Armé¬ 
nienne.  La  vertu  menelagogue  de 
ces  trois  ,  efl:  Conduite  au  cerveau 
par  rOcimum  ,  &  Rofinarin ,  aux 
poulmons  pat  ieb'ucCre  :  le  Sericum, 

Sc  fafFran  y  font  mis  pour  la  deFenfê 
ducœur,contre  leur  nuifànce  :  le  nard 
Indique  ,  &  Folium Indura  .lequel 
pour  1  odeur  &  faveur  du  Gerode» 
eft  appelle  par  l’Autheur  ,  folium 

Ddd  Ca  - 


394  Livre  L  SeBionVllL 


Carypphyllorum  ,  jaçoit  que  ce 
fbicnt  des  plantes  differentes  pour  le 
foye.  Les  autres  medicam,ens  aroma- 
tiçs  y  font  mis ,  tant  pour  le  ventri¬ 
cule  ,  &  autres  vifoeres ,  que  pour  in- 
effer,  &  atténuer  les  matières  froides, 
&  terreftres  ,  &  confomer  les  vents, 
dont  les  melancholiques  abondenn 
les  avellaines  y  font  miles  en  quantité 
afin  d’empécher  l'élevatipn  des  va¬ 
peurs  melapefioliques  au  cerveau,  & 
au  cœur  par  leur  adftrûftion  :  le  miel, 
y  eft  mis ,  pour  deterger  les  matières 
crall’es,  donner  la  forme,  &  confoïyer 
les  elpeces- 

LE  MELANGE. 

Au  prcjîjiçr  rang,  de  triuiration  il 
feue  mettre  le  Galanga  ,  Zedoaire, 
gingembre,  nard  Indique  inçifé  me¬ 
nu  ,  le  Serieimiide  meme  incile  &  Ic- 
gerement  torrifié,  &  gerofles  :  au 
deuxieme  'rang  Ic^  avellaines  torri- 
fiées ,  la-  canelle,  poivre, -Folium ,  lè- 
mences  &  ,  Senne  :  finalement  les 
fleurs  de  rofinarin.  Chacun  à  part 
il  faut  pulveiifer  le  lîiccre  candie, 
foffean,  pierres d' A zur,&  Arménien¬ 
ne  ,  qtfil  faut  laver  àpart  avec  plu- 
fieurs  eaux  ,  afin  de  corriger  leur 
nuilànce q^ui  e  ft  leur  vertu  vomitive 
contraire  à  nos  delîèins.  Cela  fait,, 
©n  prendra  deux  livres  &  demy  de 
miel  blanc  ,  écumé  ,  cuit  &  pcle, 
&  encore  chaud  ,  &  fix  onces  de 
foccre.  qu’il  y  a  ,  font  trois  livres, 
auquel  peu  à  peu  on  dilfoudra  les 
poudres  mélées ,  pour  garder-  le  tout 
au  befoin>. 


LES  F  A  cr LTE  Z. 

Elle  allégé  les  mclancholiques, 
maniaques ,  quartenaires ,  ratteleux 
elephantiques  :  bref  toutes  les  zi 
ferions  procédantes  de  la  bile  noire 
&  brûlée. 

RE  M  ARQ^V E. 

A  deferiptien  du  Diafefim,e^ 
tente  de  NicoUm  AlexandrU 
&  n  appartient  en  rien  à  Salerni- 
tanm  eu  a  L' Antidotarium  parum. 
Nicelai  Prapofiti  ,  non  pim  que 
N icol.Myrepf  Alexand.  a  qulBam 
deron  l’aÀédiê,  Ce  premier  le  décru 
dans  fin  livre  de  la  compojitio/i 
des  medicamens  fus  allegue\^  cha¬ 
pitre  i^o.  d’ou  i’ay  pris  occafwn 
de  corriger  le  nom  de  lAntheur. 
d  qui  celuy.  de  la  ParaphrafeJ’avek 
attribué.  •  , 

Pauderon  veut. que,  le  Lapk^La- 
muli ,  &  le  Lapii  Armenim  foim 
lavez,  avant  que  d’être  employez 
en  cette  cempojition.  Nicql.  Alexan- 
drinus ,  MyrepfuSj,  ny  Salernitmm 
ne  font  peint  mention  de  cette  h- 
tion.-fefiime  neantmoins  que  pour  fa- 
tkfaire  aux  efirits  plus  crédules  de 
nôtre  profifilon  ,  &  n  encourir, point 
de  blâme  de  me  ranger  du  côté-  de 
Bauderon  puis  que  Mefiié  en  une 
do  fi  plus  moindre  qui  e  fi  dans  fi 
ConfiSiion  Alkermes  le  pratique 
ainjî,  cela  rendra  l’ufage  de  ce lle-cy 
moins  fujpeêle  quoy  qu’à  dire.  Xa  vé¬ 
rité  fi  on  fait  confideration  de  la 
quantité  qu'il  y  entre  de  .  ces  deux 
pierres  par  défi  de  cet  EleUuairCy 
m  jugera  la  lotion  y  être  comme 


Des  E le  B Hair  es  purgatifs  mois,  59^ 

Jkperflu'é ,  mmltflant  ce  je  diray  un  Pour  Vùflion  ou  legere  ’tdrrefu- 
mst  fur  icelle,  fuis  que  le  Paraphra-  Clion  que  Nicoioi  Alexmdrinus'  dé¬ 
fié  la  taifee  eu  la  àonpÜ:ion  Âlkpr-  mande  de  lafoye  crue,  fe  crop  quelle 
mes,  le  tout  afin  que  lArtifie  qui  efl  nejt  guère  d  propos  de  faire ,  puis 
privé  des  oeuvres  de  Méfité  en  un  cas  que  ce  nefi  à  autre  intention  qUe 
plus  urgent  irbuve  icy  en  abbregé  poub  la  mèttre  plus  facilement  en 
celles  qu’il  y  enféigdè 'qui  ne  diff'e-  poudre ,  en  outre  quelle  pourrait  re^ 
rent  point  l’une  &  l’autre. 

Prenez,  du  Lapis  Laz.uli  qui  fait 
pur  &  net  )  tfi  beau  en  couleur,  pul- 
verifez-le  fubtilement  pour  en  fia- 
ciliter  l’operàtion  ,  jetiez.  '- le  dans 
une  phiole  d  demy  pleine'  d’eau  de 
fontaine  &  non  de  puits ,  fi  elle  nefi 
de  là  meillèHre-agitez,-lcs  ehfedible 
l'efiace  d’un  ''demy  quart  d’heure, 
laîJfeXj  'ritJfeoi'b'ia  fioudr'e  par'  uWe 
petite  'efiace'lle  temps' qu'on  pourra 
contebljufqùes'  d  cent  j  vérfez.  toute 
l’eoK  par  mclination'  pour  y  en  re¬ 
mettre  de' nouvelle ,  êb  faire  la  mê¬ 
me  operation  qui  fera'  reiterêé  par 
douif  fois  ebfervdnt  la  difiance  de 
cinq  d  fix  heures  d’une  lotion  d  l’au¬ 
tre,'  &  ainfi  on  e'myertera  toute  l’a¬ 
crimonie  fuperficielle  ,  &  même  ta 
fepàrdtiori  fefsra  de  toute  autre  im- 
pureié  'üt  corps  étranger  du  Lapis 
Laftli  qui  refiera  au  fonds  duvaifi 
feau  très  beau  en  couleur,  Aprelfil 
le  faut  laver  derechef  trois  ou  quatre 
fois  pour  cet  EleSimire  avec  l’eau 
deborrache  ,  ou  de  bugiojfe ,  &  pour 
la  Confeüion  Alkermes  avec  de  bon- 
fit  eau  Rofe. 

N.  que  fl  on  fait  cette  lotion  en 
byver  il  faut  faire  tiédir  l’eau  de 
tbaqui  '  lotion  L’ opération  achevée 
on  mettra  la  poudre  fur  m  porphy¬ 
re  pour ’ia  refubtilifer  en'' poudre 
mpal^tihle  &  de  la  forte  on  aura 
fiùvant  les  Galenifies  une  prépara¬ 
tion  complette. 


cevoir  de  V alteration  en  fes  quali¬ 
tés  &  vertus  ;  les  moyens  que  n'ouf 
avons  cy  -  devant  donnes  particu- 
liereinent  au  Diâmofchi  dulcis  fujfi- 
fent  pour  cela  où  l’Artifié  aura 
recouŸs  s’il  veut  être  exaêl  en  fiés 
corhpofitions . 

Les  Noifettes  ,  non  plus  né 'doi¬ 
vent  être  torréfiées  puis  que  ce  nefit 
d  autre  intention  que  pour  èn  fepa- 
rer  la  pmu ,  &  pour  plus  facilement 
les  'mettre  en  poudre  ;  peur  la  pre¬ 
mière  intention  d'ans  l'eau>  chaude 
layeaà  s'en feparera  aifemenfou  bien 
avtc  un  couteau  on  les  peut  peler  le- 
fehfnehf:  '&  pour  la  fécondé  elles  fe 
puîvérifiront  avec  les  autres  ingre- 
diens  qui  forit  fecs,&  que  quand  il  en 
refleroif  ^elquune  on  les  pajfera 
par  un  tamis  renverfé  comme  a  été 
cy -devant  dit  des"  amandes  a» 
Diaphmic- 

Gonfedio  Haniecli  major, 
D.Mcf 

lib- 


lib. 


Succi  Fumarix  depurati 
unam,  '■ 

’Fajfularum  enucleatarum  , 
dimid. 

Frunorum  dulcium  ,  nùm.  fiexa- 
ginta. 

Myrobalanor.  Citrearum ,  unc.qua- 
tuor, 

Cepularum , 

Ddd  2  In 


^q6  Livre  L  SeBion  VI IL 


Indarum  , 

Rhabarbari  optimi ,  & 

Epithymi  ,fing-  une.  duoi. 

Agarici  albi  &  rupati , 
Colocynthidis  mmutim  incifn , 
Rolypedif  quirni,  jîng.  drach.  obla- 
decim. 

Semin^'vel  florumviolamm ,  drach.. 
quindecim. 

Abfinthij  Pontici  feu  Romani  vul^ 
garis  idem. 

Summitatum  Thymi,  & 

Senn&  mundata,fing.mc.  mam,  alq 
drach.'fex.  \ 

Vermtamen  prier  dofis  magis  pro- 
batur  , 

Seminum  Jniji ,  CT 
Fœniculi, 

Rofarum  rubrarum  ,  fingul.  drach. 
fe.x. 

Macéra  dies  quinque  .in  Sera  laBis 
Caprini ,  aut.  Afinini  in  ,vafe  vi- 
..  treo  ,  firiEti  orificq ,  &  obfiruEli. 

Deinde  femel  fervefiant ,  mani- 
■  bm.fi'icentur  &  colentur.  In  par- 
.  te  una  colatura  dijfelve 
'Tamarindorurn ,  me.  quinque. 

Cajfia  fifiuU  purgatricii ,  unc.quar 

Manna  ,  une.  duM. 

Reliqtiium  decpEli  eolati  coque , 
cum 

Sacchari  albi ,  lib.una  &  dimidia, 
ad  mellü  crajjltudinem ,  addenda 
fub finem 

Seammonij  crajfe  triti,  unc.mam',  & 

,  feoniji. 

Myrobalanor.  Citrearum ,  . 

Cepu-larurn ,  & 

Jndarurn  ,  finguh  une.  dimi- 
diam. 

Bellericarum ,  & 

Smklicarum , 


Rhabarbari  optimi,  .iji., 

Seminum  Fumaria  ,  Jing.  drachm 

Anifi ,  & 

Spica  Nardi  ,  utriufque  drachm, 
duos.  ,vy 

Fiat  pulvù  in  SleBuario  mif 
cendus. 

PARAPHRASE. 

L'Aucheur  de  cet  Eleâuaite  ou 
Confection  eft  Hamech ,  Méde¬ 
cin  Arabe  fort  ancien  que  quelques 
uns  interprètent  Mahomet ,  lequel  eft 
diverfement  nommé  par  lean  fils  de 
Mefiié  :  car  il  l’appelle  en  l’onguent 
de  Lino  J  Heben  Zezar  5  auDiaphœ- 
nicon  fils  de  Zezar ,  &c  en  la  diftifi- 
«Stion  des  Emplâtres  ,  il  l’appell^fils 
de  Zacharie  ,  qui  fût  pere  de  Rhafîs 
(qui  a  dédié  fes  œuvres  à  Alnianlèt 
Roy  desPerfeSi;&  Medes)  grand  pra¬ 
ticien,  pour  montrer  à  mon  opinion 
que  c’étoit  un  antre  que  fon  pere- 
grand  nommé  Hamech  J  qui  fût  fils 
de  Haly  ,  &  cetcuy-  cy  fât  fils 

d’AbdelaRoy  de  Damas-,  principale 
ville  de  Syrie.  Il  eft  fur  nommé  grand, 
à  la  diflfercnce  du  fùivant  de  fembla- 
ble  nom  ,  moins  corapofé ,  &  labo¬ 
rieux-.  Il  y  a  auffi  trois  bafes ,  l’une 
Cholagoguc ,  comme  les  Myrobalans 
Citrins,  &  Rheubarbe.  Leur  vertu 

purgative  ,  &  tardive  eft  accéléré 
par  la  Scammonée ,  l’acrimonie  dP 
laquelle  eft  corrigée  prav  ;  les  Pru¬ 
nes  ,  &  -Tamarinds  ;  au  conOtairc‘h 
célérité  eft  retardée  par  l’adftiidiu" 
'des  Myrobalans.  L’autre  bafe  eft  Me* 
nelagogue  :  comme  les  Myrob^- 
lans  ,  Indes  ,  Polypode  ,  Senne^ 
&  Epithyrae.  Leur  vertu  purgative 


D&f  EleBuaires  purgatifs  mois.  397 


eft  angmentée  par  le  fuc  de  Fuine- 
terrc,  &  Sérum  j  particulièrement 
le  Thym,  l’Epithyme,  &  les l'emen- 
ces ,  le  Senné  ,  Polypode ,  en  i'n- 
cifant ,  atténuant  &  confumant  les 
vents,  &  defopilant.  La  troiziéme 
bafe  elt  phlcgmagogue  comme  les 
MyrobalansCepules,&  Agaiic.  Leur 
vertu  tardive  efi  augmentée  ,  &  ac¬ 
célérée  par  la  Colocynthe  :  &  au  con¬ 
traire  l'Abfmthe,  &  Rofes  y  font  mi- 
fes ,  pour  la  defence  du  ventricule, 
contre  la  nuifaheedes  baies,  comme 
le  Nard  Indique  pour  le  foye  ;  la 
CalTe, Manne  ,  Pallûles.,  Sérum  & 
fiiccre  ,  y  font  mis  pour  corriger  leur 
ficcité,  &  chaleur,  deterger  les  ma¬ 
tières  mires  corroborer  les  au¬ 
tres  vifeeres  par  l’adftriâion  légè¬ 
re  des  PalIuIes ,  qui  aufli  refiftent  à 
"•la  pourriture  des  humeurs  (  Gai.  li¬ 
vre  huitième  des  medicamens  lo¬ 
caux  )  8i  pour  donner  la  forme, 
&  conferver  le  tout.  Si  les  Myro- 
bajans  qui  j  entrent  en  tla  poudre , 
font  confriquez  au  mortier  ,  ou  ar- 
roufèz  d'huile  d’Amande  douces,leur 
âpreté  &  ficcité  lèra  corrigée,  ôc  tou¬ 
te  la  confeétion  rendue  teancoup  plus 
falubre. 

LE  MELANGE. 

Le  mélange  preferit  ferable  répu¬ 
gner  aux, préceptes  de  Galien  &  de 
Mefuémême  en  lès  Canons, &  ail¬ 
leurs  ■,  poup  ce  que  d  une  lèule  ébul¬ 
lition  on  ne  peut  avoir  la  vertu  re- 
quife  du  Tolypode  Prunes  ,  feraen- 
ces  ,  &  Ablînthe,  &  les -bouillant 
davantage  ,  on  ditninueroit  beau¬ 
coup  la  vertu  des  bafes ,  comme  My- 
lofcalans.  Agaric,  Rheubarbe,  Co^ 


locynthe,  Epithyme,  Violes,  Rolès,& 
Nard  Indique.  L'antre  raifon  eft  que 
le  Sérum  en  Pefpace  de  cinq  jours 
s  enaigrit  ,  indice  certain  de  putre- 
faétion  ,  qui  corrompt  la  vertu  te- 
quife  de  tout  l’Eleéluaire.  Ce-  con- 
lideré  ,  plufieurs  doéles  Médecins 
ont  été  d'avis  de  preferçr  la  lùivan- 
te  defeription  à  la  prefente  pour  être 
facile  à  préparer  ,  &  non  moindre 
en  vertu.  Toucesfois  veu  (que  pour 
le  jourd'huy  les  vieux  Apothicaires 
le  donnent  en  chef-dosuvre  aux  jeu¬ 
nes  qui  veulent  paftèr  maîtres ,  pour 
aufquels  gratifier,  &  lins  dérober 
aux  préceptes  de  Galien,  Méfié  ôc 
autres,  j’enlcigneray  le  moyen  pour 
y  pouvoir  parvenir.  Premièrement  il 
faut  recouvler  du  Sérum ,  ou  laictéfe 
de  laiét  de  Chevre  ou  de  celuy  d'A- 
hellè ,  qui  foie  recent ,  6c  duquel  ou¬ 
tre  le  homage ,  la  recoéte ,  félon  les 
Italiens  ,  ou  Serat ,  felon  les  Pied- 
montois  ,  Dauphinois ,.  &  Proven-: 
ccaux  ,  foit  feparée ,  car  telle  laiétée 
ne  s'enaigrit  facilement,  quantité  ftif- 
fifànte.  Dans  icelle  il  faut  un  peii- 
faire.  boiiillir  le  Polypode  concafsé,. 
puis  .on  y  ajoutera  les  Prunes,  femen- 
ces,  Abfinthe  &c  PaOnles  mondées 
de  leurs  .pépins ,  puis  le  tout  viiidé 
dans  un  pot  de.  terre  vernifséjqui  foit 
étroit  d'emboLicheurc  ,  &  couvert,, 
qu  on  tiendra  fiir  les  cendres  chau¬ 
des  :  le  jour  fiivanc  on  y  aujoutera: 
les  Myrobalans  concaftèz  la  Co- 
locynthe  incisée  :  le  troiziéme  jour 
le  Senné ,  Agaric ,  Si  Thym  :  le  qua¬ 
trième  le  Rhaibarbe  incisé  ,  ou  r⬠
pé  >  ou  groffierement  concafsé  ;  le* 
cinquième  l’Epithyme,  Rofès  ,  Vio¬ 
lés,  &  ftc  de  Fumeterre  :  le  fiizié- 
irife  jourf  le  tout  ainfi  infusé  )  on  leur 
Ddd.  }  fêta. 


3^8  Livre  L 

fera  prendre  un  bouillon  ,  8c  non 
plus  ,  comme  dit  Mefiié  >  puis  le 
tout  à  demy  refroidy  ,fera  frotté  en¬ 
tre  les  deux  mains ,  &  fort  expri¬ 
mé.  Dune  partie  de  la  colature  fe¬ 
ront  kumeétez’  les  Tamarinds ,  pour 
pallêï  plus  facilement  for  le  tamis, 
&  les  canons  de  laCaflè  lavez.  L  aü- 
tre  pardc  d'icelle,  fora  avec  le  foc- 
cre'regnis  cuire  en  forme  convena¬ 
ble^  aprez  ôn  y  détrempera  la  pulr 
pe  de  Tamarinds  ,  ,  &  Manne: 

finalement  le  tout  étant  à  demy  re- 
froidy  on  y  ajoutera  peu  à  peu  la 
potidre  ,  faite  comme  s'enfoiit.  , 

Les  MyrobalanS  mondez  de  leurs 
os,'&  arroii fez  d’un  petî  -d'huiled'A- 
mandes'  douces, facilement  fo  ptilve- 
riforontàvec  le  Rheubarbe,Nard  In¬ 
dique  incisé  ,  Sc  fomences.  le  fo- 
rois  bieÀ  d'avis  qu'on  prît  du  Dia- 
grede  ,  qui  n’éft  autre  chofe'  que  la 
Scamraonée  corrigée  par  fo  euitc 
dans  un  coing  :  car  qui  voudroit 
prendre  de  la  Scammonée  cOncafo 
sée,  &,  Ta  bouillir  au  Syrop  pour 
la  corriger ,  comme  'veut  Mcfoié ,  elle 
ne -fo  fond  point  ,  &  fi  elle  cft  da¬ 
vantage  pulveriséo  par  la  chaleur  du 
feu  ,  elle  fo  grumcle  ,  &  donhe  mau- 
vaifo  forme  à  l’Elèétuaire  ,  &  fo 
vermen  efl  moindre; -Ainfi  faifont 
on  ne  derôge  à  l'interidofi  de  l'Au- 
theur  ,  ny  à  fes  préceptes.  Si  on 
prend  du  Dîagrcde  ,  qü’on  le  pul- 
verifo ,  §c  mêle  avec  les  poudres, 
&  qu'on  ne  le  fàce  bouillir.  Ainfi 
faifont  TEleOtuaire  en  fora  pliis  pur¬ 
gatif.  -^i  dé  la  Scammonéc  il  en  faut 
aire  de  même. 


Seâ/o/i  VI II. 

LES  EACFLTEZ. 

Cette  Confé(5tion  purge  l  uné  & 
l'autre  bile,  &  la  pituite  làléc  :  pouf 
ce  rcfpeél:  elle  eft  propre  à  toutes 
les  maladies  qni'èh  nailfent  àla  gale, 
au  cancer  exnlceré,  &  a\ix,  comble.- 
xions  grbffieres.  =' 

r:e  m  ær  ^  'i 

BA^tideron  en  'aucune  ’/ft  eâi~  ‘ 

tiens  ne  nom  a  limité  la  quan¬ 
tité  dn  Sérum  laûü ,  non  plus  que 
fin  inventeur  Mefué  en  fin  \Anti-  ' 
dotaire  ,  qui  eft  lé  fuf  et  qiie  kad- 
coujnd’autres  Authet&s  des  Dilfen- 
fiairès  lei  ont:  imités' fans  doute  pour 
deux  ràifins.  La  première  .eu  égard 
aux  ingrèdieûs  de  la  dééoélm'fii 
pefetii  'fularante  onces  ou  davanta¬ 
ge,  la  pim  grand  partié  de  fubftarf- 
ee  fort  rare  qui'  dintan'dent'  quan¬ 
tité' de  iiqiteur  pour' les  imbiber, 
parce  quils  occupent  beaucoup  de 
place ,  ou  pour  l'es  infufer.  Et  la  fé¬ 
condé  a  raifin  de  la  quantité  du  fuc- 
cre  qui  eft  petite  ,  en  compàraifori 
des  autres  ingrediens ,  &  par  ain¬ 
fi 'ils  on  mû  en  p'éin'e  ceux  qui  afti-^ 
rem  eh -ta  niaitTifi'  quand 'ofi  leur 
donne  cette  compofition  pour  éjfdy 
de  leur  travail  ;■  mais  les  Méde¬ 
cins  d’Aufiourg  qui  ont  été  plus  di-^ 
ligens  a  éplucher  bepttoup  de  parti¬ 
cularités  en  leur  Pharmacopée ,  que  ^ 
les  autres  en  leur- édition  pliée  en^ 
long  de  l’an  iyi)7.  fis  ont  limite 
la  quantité  du  Sérum  a  doufe  li¬ 
vres  ,  que  nous  devons  fuivre  plu¬ 
tôt  que  Sylvim  a,u  livre  troisième  ^ 
de  fa  Pharmacopée  qui  n’en  dernari- 


Dej  EleBuair&s 

de  que  Jix  Hures  ,  &  Bernard  de 
Sennio  au  livre  quatrième  de  la 
comfofition  des'medicaments  qui  en 
depande  vingt  livres.  A  tout  le 
moins  fi  treiz.e  livres  de  Sérum  la- 
Üis poids  de  medecine  ,  qui  font 
neuf  livres  onz.e  onces,poids  de  Mar¬ 
chand,  y  compris  le  fuc  de  Fume- 
terre  ne  fuffifent ,  on  fera  toujours 
receu  d’y  en  ajoâter  un  peu  davan¬ 
tage  ,  puis  que  l’Autheur  le  per¬ 
met ,  fans  qu’un  afptrant  à  la  mal- 
trife  en  puijfe  être  repris.  Et  pour  ce 
qui  regarde  l’ordre  qu’il  convient 
teftr  en  la  decoBion ,  &  en  l'infu- 
fon  des  ingrediens  Bauderen  dans 
fin  mélangé  a  explique,  celuy  de 
l’ÀHtheur  de.  la  ConfeBion  À  .  qui 
U  voudra  ohfirver  ,  fînon  fen  pro- 
fofiray  un  autre  non  moins  métho¬ 
dique  qu  utile.  En  premier  Heu  Mrês 
avoir  éleu  &  exaBement  difpensé 
tous  les  fimples  de  la  decoBion  ,  il 
faut  avoir  du  laiB  récemment  tire 
de  Chevres  noires  bien  faines,  nour¬ 
ries  fur  la  montagne ,  d’un  âge  jeu- 
tie  ,  quarante  jours  après  le  part ,  en¬ 
viron  lemilieu  du  Printems^,  appro¬ 
chant  plutôt  de  l’Etè  que  de  l’Hy- 
ver ,  dr  le  faire  cailler,  avec  la  fleur 
du  Char flon  .nôtre.  Dame ,  &  enfui- 
te  le  lafjfir  refondre  en  eau  ,&  la 
clarifier  pour  en  feparer  entière¬ 
ment  la  partie  Cafeûfe  ,  &  la  Bu- 
tyreufe ,  er  dans  neuf  livres  on  fe¬ 
ra  outre  (ÿ-  prendre  une  ébullition 
“tt  Polypede,  incisé  &  concafsèfort 
menu,  enfuite  on  y  jettera  les  Fru- 
neaux  mondés  de  leurs  os  les 
aifins  fecs  de  leurs  pépins. ,  les  fl-  ^ 
mences  à' Anis,  &  de  Fcenouil ,  après 
«  Myrohalans  mondés  ,  l’Abfln- 
^  ‘  vulgaire ,  CF  en  dernier  lieu  U 


purgatifs  mois.  59^ 

Senne ,  &  la  fommité  de  Fhym,  tous 
ces  ingrediens  chacun  en  leur  rang 
feront  médiocrement  cuits  dans  un 
pot  de  terre  vernie  couvert  ,  étreir 
d’emboucheure  ,  l’ayant,  tiré  du 
feu  on  le  mettra  -fur  y  les  cendres 
chaudes  l’efface  de  vingt  -  quatre 
heures ,  pendant  ce  tems-lâ  on  re¬ 
muera  fouvent  les  matières.  Inconr 
tinant  après  avoir  diffosé  cette  in- 
fujion  dans  les  trois  livres  qui  re- 
ftent  du  petit  laiB  ,&  la  livre  du 
fuc  de  Fumetery e.-depuréimettrês  fe- 
parément  en  infufion  la  Rheubar- 
be  coupée  à  trenches ,  l’Agaric  tro-. 
chifqué ,  la  Colocynthe  mondée  de 
fies  grains  ^  incisée  menu  ,  les  Ro- 
fes ,  (F  lés  Violeé-  .  dans.yjsn  pot  de 
terre  convenable  , fur  une  cha¬ 
leur  de  cendres  entretenué  par  le 
rnéme  ejface  que.dejfiu.  Le  deux.ié.j 
me  jour  faut  augmenter  la  chaleur 
a  la  première  infuflo^  luy  fai¬ 
re  pr.en.4re  derechef  une. petite  ébul¬ 
lition  ,  remuant,  fouvent  ‘‘la  matiè¬ 
re  pour  .empêcher,  quelle  nq} s’atta¬ 
che.  au  poh-^fayant  tfirée  du  feu  ,  & 
â  demy  refi.eidie  La  coulerés  &  ex- 
primerés  flr't  les  ingrediens  ,  ce¬ 
pendant,  qu  on  travaillera  ,â  la  der¬ 
nière  ^huÙition  de[  la  prèyniere  in- 
fufion .,ferés  chauffer  la  fecende,\uf- 
quâ  ce  quelle.y.foit  prêter  a  bouil¬ 
lir  ,  la  remuant,  fouvent,  comme  dit 
efl ,  &  les  mêlerés  enfemble  ,c’efl  à 
dire  la  colature  de  la  première  fi-  ' 
ra  versée  dans  le  pot  de.  la  dernie- 
t'e  J  .çF  continuerés  la  même  chaleur 
une.  ou^  deux,  heures ,  le  tout  bien- 
couvert  fans  qu  ils  bouillent,  cela 
fait  la  coulerês  &  exprimerés  com¬ 
me  deffus  1  ainfi  vom  aurés  une 
quantité  fufflfante  de  liqueur  peur 


•1 


4^0  '  Livre  I. 

faire  ves  coBions  ^  infufions ,  lef- 
quelles  doivent  être  dehevées  dans 
deux  jours  complets  ,  &  'r^on  en  fix, 
qui  eft  un  terme  a  pourHr  les  in- 
grediens  dans  le  petit  laiB  :  veu 
même  qu'ils  font  tout  d'une  fubfian- 
ce  petite  ou  moyenne,  excepté  le  Po- 
lypode  d^fmjfrir  une  forte  coBion, 
ayant  prefque  tous  leurs  vertus  en 
la  fttperficie  ne  demandent  que  la 
feule  infufion  pour  communiquer 
toute  leur  vertu  à  la  liqueur ,  les 
autres  comme  l'es  faits  avec  deux 
ébullitions  feront  entièrement  ramol¬ 
lis ,  il  ny  a  que  le  Polypode  qui- 
demande  une  langue  coBion  ;  fui- 
.vant  quelques-W^s  i  mais  quand  il 
eft  bi^n  concafsé  cela  doit  dimi¬ 
nuer  cette  longue  coBion ,  a  caitfe 
que  fon  centre  ou  loge  fa  vertu  pur¬ 
gative  de  même  que  fa  fuperficie 
eft  divisé  en  menues  parties  -,  de 
maniéré  quon  peut  dire  pour  lors 
fa  vertu  purgative  être  en  la  fu¬ 
perficie. 

le  feroü  d’avis  de  laijfer  raf 
feoir  durant  quelques  heures  la  co- 
lature  pour  en  feparer  le  plus  clair 
far  inclination ,  &  que  le  reBant 
fut  filtré  par  la  carte  •,  &  fi  la 
quantité  de  la  liqueur  excede  de 
beaucoup  celle  du  fuccre ,  comme  il 
ne  peut  être  autrement  de  la  fai¬ 
re  évaporer  au  B.  M-  jufqu’à  pa¬ 
reil  poids  ,  &  par  après  avec  une 
livre  &  demie  de  fuccre  fin  &  non 
de  la  cajfonnade  les  faire  cuire  en 
Syrop  pour  un  EleBuaire  a  la  va¬ 
peur  de  l'eau  boiüllante  ,  comme  d 
été  cy-devant  dit  en  quelques  en¬ 
droits  d’une  confiBance  convenable 
a  pouvoir  conferver  le  tout.  Et  que 
la  Manne  fût  pilée  dans  un  mortier 


Seûion  Vin. 

de  marbre  avec  un  peu  de  Syro» 
pour  la  pajfer  d  travers  un  tamis 
comme  la  pulpe  de  Cafte ,  &  celle 
de  Tdmarinds  ,  &  que  la  Scamme. 
née  ou  Diagrede  foit  mêlée  avec  les 
autres  ingrediens  de  la  poudre,  eom-  ■ 
me  dit  l’Autheur  du  mélange  ,piiHr 
le  tout  être  -  mêlé  enfemble. 


Confeclio  Hamech  à  Baude- 
rono  caftigaca ,  &  dirpofita,  , 
pro  Vibanis  ôc  naturis  dé- 
licatoiibus. 

%.  Sert  laBis  Caprilli ,  vei  Jadis 
.Afin'ini ,  lib.  duos , 

Succi  Fumaria  ,  lib.  unam  ,  &  fe- 
miji 

Pajfularum  Damafcenanmrmnda<‘ 
tar.lib.femifi. 

Prunorum  dulcium ,  num.  Ix. 

Polypodii  qiterni  contufi ,  une.  qm- 

Fol.  Senna  mandat,  une.  duos, 

Rhabarbari  feleBi  fcalpro  futorio 
incifi,  & 

Agarici  trochifeati ,  utriufque  une. 
unam  &  femif.  , 

Myrobalanorum  Citrearum  ,  v,nc. 
unam , 

Ce  P  ul  arum  & 

Indarum  oleo  Amygdalaram 
dulc.  confiicatar. 

Seminum  Violarum, 

Caftut£y&- 

Anifi, 

Abfinthii  Pontici  majoris  ficcati 

Rofarum  rubrarumi 

Epithymi ,  & 

Flerum  Thymi  ,fing.  drach.fex- 

Manna  Cdlabrin.  une.  duos. 


Des  El e  Bu  air  es  purgatifs  mois,  40 1 

fiJedulU  Cajfu ,  une  quatuor.  la  négligence  des  CorreBeurs  de 


Tamarindorum ,  unc.quinque. 
Sacchari  albi,  lib.  unam  &  femij?. 
Fui.  Scammonii ,  une.  unam  & 
.  Çemiji. 

Shabarhari  optimi,  une.  unam. 


te  Paraphrafe  ,  qui  ont  fait  dire  a 
Bauderon  en  quelques  éditions  ,  & 
même  en  la  fiiiéme  revifion ,  qui  efi 
celle  en  laquelle  Baud.  pere  ajouta 
cette  Confeilion  Hamech  en  fa  Phar- 


Qwnque  Mfrobalanorum  ol.Amyg*  macopée  ,  qui  fut  l’an  1 6ti.  If.  Sert 
Ml.  dulc.  cenfricat,  fingul.  une.  laüis ,  vel  AJini  lib.  duos.  Il  efi 
fort  ajfeuré  que  Bauderon  na  jarnaù 
dit.  yi.  Seri  laBis  ,  fans  nommer  l’a- 


femifi. 

Seminum  Fumaria  ,  & 

Anifi,  utriufque  dràch.  duos. 
Hardi  Indiea ,  ferup.  quatuor. 

Fiat  EleBuarium  ut  fequitur.  In 
fiBili  vitreatOi  mediocriter  in  la¬ 
ite  &  fucco  bulliant  Pruna  exof 


nimal  duquel  il  voulait  qu’on  prit 
le  laiB  pour  en  extraire  le  Sérum, 
ce  qui  m’a  occafionné  d’y  ajouter 
le  furnom  de  Caprilli  ,  comme  du 
plus  ufité  ,&  le  meilleur  pardejfus 
fata ,  UU&  Damafcena  mundat.  la  autres ,  tant  pour  la  Medecine 
Polypod.  contufum  }  Semina,  Ab-  que  pour  s’en  alimenter.  Cette  fau- 
finthium  ,  &  Serina.  Deinde  ex-  te  ne  s’y  trouve  pas  feule ,  il  en  efi 
traigneminijce  Rhaharhar.  Aga-  échapé  une  autre  ,dqui  je  ne  fçay 
ric.lllyrobalan.  Rofas  ,  Epithy-  l'attribuer ,  qui  efi  pourtant  confi- 
’  derable  ,  de  vouloir  qu’on  cuife  & 

qu’on  infufe  environ  trente  onces  de 
divers  ingrédient  dans  quarante- 
deux  onces  de  petit  laiEt ,  ou  de  fuc 
bulliant.  Semirefigeratis  ,  fiieen-  de  Fume  terre  ,ce  qui  efi  impojjible, 
turmantbus,  &  in  torculari  ex-  a  moins  de  l’augmenter  comme  nous 
primantur.  Ex  parte  una  colatu-  venons  de  dire  en  la  ConfeBion  Ha¬ 
ro,  bumeBentur  Tarnarindi  ,  &  mech  grande ,  jufques  k  neuf  livres 
Caffia  &  fuper  cribrum  inverfum^  poids  de  Médecine ,  le  fuc  de  Fu- 
cernantur.  Alteraverbpars  cola-  meterre y  compris,  &  puis  procéder 

tur&  coquatur  in  Syrupum  cum  a  la  decoBion  &  infufion  des  ingre- 
Saccharo  &  Manna ,  in  quo  ca-  diens  fuivant  l'Art, 
lente  diffblue  Tamarindos  cretos 

&  Cajfiam.  PoBremo  extra  ignem  '  '  ' 

inijce  pulverem  &  Scamrnon.  ne 


,  & florem  Thymi.  Cooper- 
to  fiBili  macéré ntur  fimul  ho- 
ris  viginti  quatuor.  Deinde  cum 
reliquis  unica  tantum  ebullitione 


catore  tgnts  coéat  in  grumes  ,  ^ 
formam  EleBuarii  vitiet  :  &  re- 
ponatur  ufui. 

REMARQJ/E. 


Confedtio  Hamcch  minor, 
DMef. 

.  Pajfularum  mundatarum  , .  lib. 


Myrobalanorum  Indarum ,  feu  ni- 
-  grarum  idem, 
l’entrée  de  cette  de feription  Cepularum,& 

XJ  on  reconnaît  afsés  quelle  a  été  Epithymi,fng.drach.qmnquaginta, 

E  e  c  Pruno 


40L  Livre  L  Seâian  Vl  IL  Des  EleB,  Çfc. 


Prunorum, 
fujubarum,  & 

SebeBea  ,Jing.  num.feptuaginta. 
Sernin.  Fumaris, ,  vel  fucci  ejufdetK 
depurati , 

Abfirnthii  Pontici ,  tit.riufque.  drach. 
■  'uiginti  y. 

Hafce  ,  id  efi ,  Thymi , 

Calaminthet  montant, , 

Polypodii  epuerni  contnjî  ^ 

Agarici , 

GlycyrrhiXf  ,  & 

Rad.  JBugloJft ,  Jîng-  dràch.  decem, 
Stâichadü  Arabica., 

Cham&dryos  , 

Charnapityos ,  f 

Bedegarüyid  efi ,  Spipa  alba,  (  hu- 
jud  penuria  fume  fpongiam  Cy- 
mrhedi,<vel  Cardui  henedibH)& 
Seminis  Amfi,fifig-  drachm.  quin- 
qpe. 

Coquantur  in  aqua  fùjfciehti  ad  ter- 
tias.  Golatura  dijfolve 
Sapa  ex  optirno  muBo  parata  ,  lib. 
duoi.  ■  , 

Meilia  optimi  defiumatiylib.  unam. 
Scammonii,  une.  duat. 

Mx.  arte  fiat  EleBuarium  ufui  ne- 
cejfàrio. 

paraphrase. 

CEc  Eleftuaire  a  pris  le  nom  & 
farnom  ,  comme  le  precedent. 
Sa  balè  font  les  Myrobalans  ;  leur 
âpreté  eft  corrigée  par  les  firLiks,  Re- 
glilïc:,  &  Buglolïè,  leur  chaleur  par 
les  Prunes  J  leur  vertu  foible  eftau- 
gmencéet  par  le  fuc  de  Fumeterre,, 
Polypode,  Epithymej  &  Agaricjleur 
tardiveté  eft  accélérée  par  la  Scam- 
monée  J-Thym,  &  Anis ,  les  herbes, 
&  Stœchas  y  £bnc  mis  ,poiir  conduire 


leur  vertu  en  diversTifeeres  &  pour 
incifer-&  atténuer  le  p|rlegrne,  & 
delbpiler.  Les  fruits ,  le  vin  cuit,  & 
miel,  éciimé  ,  y  font  mis  pour  de- 
terger;,  &  rendre  leur  aétion,  meiU 
leure  ,,  &  le  tout  conlerver  ;  l’Abfin'- 
the  y  eft  mis  pour  la  defence  du 
ventricule  ,  contre  la  nuifanee  des 
purgatifs  .,  comme  le  Bedegar ,  pour 
celle  du  jfoye  j  au  lieu  duquel  on 
pourra  preridre  le  Cliardon  bénit,  on 
1  épongé ,  qui  croit  fur  le  Cynorrho- 
don  des  Anciens ,  qui  par  fen  adfttir 
ûion  le  corrobore  luftifamment. 

LE  MELANGE. 

Au  premier  rang  de  deco’ftion, 
on  mettra  le  Polypode  concalsé,  & 
racines  de  Bugloftè  incisées  ,  l’épi¬ 
ne  blanche ,  ou  fon  lùccedanée  ;  au 
fécond  rang  ,  les  herbes, l’Anis,  Sc 
fruits  :  au  troiziéme  la  Regliflê,  l’Ab- 
finthe  Stœchas,  Ôc  Myrobalans t 
finalement  l’Agaric  ,  &  Epithyrac, 
que  le  tout  revienne  au  tiers.  Le 
tout  vuidé  dans  un  grand  plat  creux 
d’étain  ,  ou  de  terre  vernifsé  ,  fera 
couvert  d’une  double  toile,  jufques 
à  ce  qu’ils  foient  à  demy  refroidis, 
pour  les  exprimer.  Le  mkl  blanc 
&  écumé  fera  cuit  avec  la  colatu- 
re,  en  forme  d’Eleéfiiaire ,  puis  on, 
y  ajoutera  le  vin  cuit  pour  le  recui¬ 
re  cnfcmble,,&  finalement  on  y  ajou¬ 
tera  la  Scammonée  fribtilement  pul¬ 
vérisée  ,  la  baffine  ôtée  de  dcflîis  le 
feu  ,  ôc  plus  qu’à  demy  refroidie,, 
afin  que  la  chaleur  ne  la  faüè  gni- 
meler  &  donne  mauvaife  fr>™e  a 
l’Eletftiiaire.  Quelques-uns  font  in- 
fufèr  à  part  l’Agaric,  i’Epithyme ,  & 
Thym ,  dans  une  partie  de  la  cola- 


'Seaion  IX. 

ture  >  puis  luy  donnent  un  boüillonj 
&  l'expriment  ,  eftimans  qu'il  en 
foit  plus  laxatif.  L  une  &  l'autre  ma¬ 
nière  eft  bonne,  non  qu'il  en  loit 
plus  purgatif. 

LES  FACrLTEZ. 

Il  purge  la  melancholie ,  &  les 
huràeiirs'  brûlées.'  Pourceil  convient 
à  k  itoanie,  à  la  melancholie  ,  au 
vettige  j  au  defaut  de  mémoire ,  Sc 
aux  vices  du’  cuir,  tels  que  font  la 
gale’ ,  la  lepre  ,  la  morphée  ,  le  can¬ 
cer  ,  &  daftes. 

REAlARQyE. 

ILny  a  P oinf  d‘ EU Sindire  en  cet¬ 
te  Pharmacopée^ ,  du  U  decoSlioh 
fùit  chargée  d'ingrediens  ,  comme  èjt 
celle-cy  :  car  il  y  en  a  environ  cin- 
gmnte-fix  onces  qui  la  compofent, 
four  lés  cuire  il  y  convient  une 
grande  quantité  d'eau ,  Ô'  de  quelle 
fafon 'qu'on  les  cuife  &  qu’on  fajfe 
confumer  la  deceStion  ,  il  n y  peut 
que  reHer  quantité  de  liqueur ,  qui 
furpafera  extraordinairement  celle 
du  mtel  &  du  Sapa  ,  a  moins  de 
divifer  les  ingrediens  en  deux,  com¬ 
me  a  été  dit  en  la  ConfeEtion  Ha- 
mech  grande.  De  ceux-qui  font  les 
plue  longs  a  cuire ,  ou  de  fubfian- 
ee  plus  dure  ,  'on  en  pourra  faire 
une  decoEtion  ,  &  ^des  autres  qui 
n  endurent  pas  longue  coElion  on 
les  infufera  dans  la  colature  de  la 
djeoEtion  par  vingt-quatre  heures 
dans  un  pot  de  terre  couvert  fur 
les  cendres  chaudes ,  &  ainfi  on  en 
confervera  mieux  la  vertu  d’un  cha- 
<ifffimple  ,  par  l'ordre  de  la  coElion 


Des  Hier  es.  403 

&  infufion  ,  pour  ce  faire  l' Ar¬ 
tiste  aura  recours  aux  ‘precedentes 
ConfeEtions,  &  avec  la  colature  il  fe¬ 
ra  fin  Syrop, ainfi  qu'il  efi  dit  cy-de- 
vant. 

l'eSlimeroü  que  cette  ConfeEtion 
devroit  plutôt  tenir  rang  parrny 
les  Syrops  purgatifs  qu'entre  les 
EleEtuaires ,  à  raifin  qu'il  n'y  en¬ 
tre  point  de  poudre  pour  faire  le 
corps  autre  que  la  Scammonée ,  de 
quojl  je  m'étonne  fort  &  que  Me- 
Jué  qui  étôit  fiavant  en  la  com- 
pofition  des  médicaments  l’y  aye 
mife  ,  comme  aujfi  qu’il  ne  fe  foit 
apperceu  que  de  quelle  façon  qu'on 
y  mêlera  la  Se'ammanée  elle  ne  s’y 
trouvera  jamais  également  mêlée  i 
fi  on  la  fait  cuiri ,  elle  fe  feparera 
&  defeendra  en  partie  au  fonds  du 
pot ,  fi  on  l’y  met!  en  poudre  ,  elle 
nagera  dejfui  ou  defeendra  a  fonds, 
&  cela  dépendra  particulièrement 
de  la  confiftence  du  Syrop ,  &  par 
ainfi  l’ufage  n’en  peut  être  que  fu- 
jpeB ,  à  moins  qu'elle  y  foit  dijfou- 
te  fuivant  Us  préceptes  de  la  Chy- 
mie,  aujfi  voyons-nous  que  cette  Con¬ 
feEtion  n'ejt  point  Ufitée. 

-m-  -m-  -m- 

>  SECTION  IX. 

Des  Hieres. 

fiera  JïmpleXyD.Galem. 

"If.  Cinnamomi  aut  Canella  fiUEta, 
Xylobalfami  (  hu]m  leco  fume  tan- 
'  tundem  furculor.  Lentifci  ,  vel 
Macis,  vel  Terebinthi  arboris.} 
Afari, 


E  eo  A  Spict 


Rtmar- 
qae  de 
f  Altëi. 


404  Livre  1. 

Spicit  Indicei , 

Croci,  & 

Ji^afiiches fing.  drach.fex. 

Alo'és  non  lot& ,  drachm.  centum  feu 
tincioi  duodecim ,  &  femijfem. 
Metlis  deipumati ,  triplurn ,  hoc  efi 
Ub,  quatuor  &  une. très. 

paraphrase: 

HIere  eft  un  nom  Grec  >  qui  fi- 
gnific  làcrée  ,  &  grande.  Pi- 
cre  lignifie  amere,  noms  qui  lujc  c©n- 
vienent  fore  bien,  tant  pour  fes  gran¬ 
des  ,  lacrées  &  rares  vertus  à  plu- 
lieurs  maladies ,  que  pour  la  laveur 
amere  ,  pour  caufe  de  l’Aloè's  qui 
y  entre  en  grande  quantité.  Galien 
au  lèptiéme  de  (à  méthode  i  &  au 
liziéme  des  livres  qu’il  a  composé 
de  la  lânté^,  &  au  deuziéme  deJuji- 
ticme  des  Médicaments  locaux  la 
décrit ,  non  qu’elle  loit  de  Ibn  in¬ 
vention  :  car  long  tems  auparavant 
luy  elle  étoit  pradiquée  à  Rome, 
&  ailleurs ,  ain£  qu’on  peut  colliger 
de  fes  écrits  même.  Vray  eft  que 
félonies  occurrences  qui  te  prefen- 
toient  il  diminuoit.la  dofe  du  Saffran, 
ou  changeoit  l’Alàrum,  peur  le  Car- 
pelînm,  qui  a  qnafi.femblables  ver¬ 
tus  que  nôtre  Valériane  grande.  On 
la  failbic  préparer  avec  Alo'és  lavé. 
Quand  il  étoit  queftion  de  pUis  cor¬ 
roborer  que  purger  ,  on  augmen- 
toic,  ou  diminuoit  la  dofè  de  i’A- 
loés  ,  la  bafe  eft  l’Alocs ,  la  tardi- 
veté  duquel  eft  accélérée  par  les  Mé¬ 
dicaments  aromatics  ,  lefquels  re- 
fiftent  à  la  pourriture  des  humeurs, 
les  digèrent ,  &  corroborent  les  vif- 
ceres ,  incifént,  &  atténuent  les  ma¬ 
tières  craiïês  &  vifqueufès.  Le  Ma-. 


Seâim  IXe 

ftich  y  eft  mis  pour  le  ventricule* 
&  corriger  l’acrimonie  de  la  bafe, 
pour  ce  qu’elle  ouvre  l’oi;ifice  des 
veines  de  la  matrice  &  du  fi€ge,& 
mêmement  de  ceux  qui  font  fujets 
aux  hemorrho'ides  :  l'Afarum  y  eft 
mis  pour  defappiler  les  conduits  bou¬ 
chez  ,  &  conduire  par  la  voye  de 
L’urine  une  partie  des  humeurs  cer- 
rompuës  ;  le  miel,  pour  deterger,ren' 
dre  toute  la  compofition  plaifame, 
de  plus  longue  durée,  &  plus  put¬ 
ative  qu’elle  ne  feroit. 

LE  MELANGE. 

Enfemble  il  faut  pulverifer&ta- 
mifér  le  bois  d’Alocs  (  ou  Santal 
citrin  ,  ou  Les  branchettes  du  Len- 
tife,  ou  celles  du  Térebiiîthe,  pour 
le  Xylobalfàme  ),  la  Candie,  l'Afa- 
rum  3  &  Nard  Indique  incisé.  Il 
faut  pulvcrifér.  à  part  le  Saffian^  Ma- 
ftich ,  &  Aloês  arrousé  de  quelques 
gouttes  d’huile,  afin  qivil n’exhale, 
&  n’adhere  au  mortier:  puis  le  tout 
fera  mêlé ,  &  dilibiit  en  quatre  li¬ 
vres  trois  onces  de  miel  écuméi  & 
cuit  féulement  en  Syrop  à  demy 
chaud  t-  la  baffine  ôtçe  de  dellus  le 
feu  :  car  la  quantité ,  &  ficcité  de  la 
poudre ,  defièiche  &  épailîit  affez  b 
miel,  encore  qu’il  foit  moins  cuit  que 
pour  un  autre  Ekduaire. 

LES  FACFLTEZ. 

C’eft  un  ftngulier  purgatif  à  l’i- 
leofe,aux  humeurs  putrides,  &q«i 
font  adhérantes  aux  tuniques  du 
ventricule ,  &  au  teinéb  dépravé,  On 
l’ordonne  auffi  utilement  aux  fufw- 
fions  &  autres  fÿmptomes  qui  pro¬ 
cèdent  du  vice  <de  l’eftoraach  j  &  * 
ceuS' 


Des  Hier  es,  405 


ceux  qui  font  conftipcz  ,  &  aux 
femmes  qui  n'ont  pas.,  bien  lents 
mois.  Sa  vertu  s’étend  jufques 
au  foye  >  &  aide  fort  'à  l’ello- 
macL 

RE  MARQ.V  E. 

Alien  au  livre  fécond  des 
Medicamens  .  locaux  ,  décri- 
yant  la  Hiera  fiera  Jîmfle  ^  de¬ 
mande  VAlo  'és  pmflement ,  qui  efi 
la  caûfe  c^ue  Bauderon  dit  par 
exprez.  Aloés  non  Iota.  GjU/slques- 
uns  veulent  que  les  foudres  des 
Hier  es  foient  fubtijes  ,  &  quel¬ 
ques  autres  grojfieres  .•  mais  four 
concilier  ces  deux  opinions  il  faut 
difiinguer ,  quand  on  s'en  veut  fer- 
pir  contre  les  obftrullions ,  alors  il 
faut  qfte.  les  poudres  foient  fub- 
tHes  &  AU  contraire  pour  les 
afedions  de  lefiomach  &  du  cer¬ 
veau  refi-oidü  ,  il  faut  que  les 
poudres  foient  grojfieres  ,  'feftime 
qu'en  les  compofant  il  faut  faire  la 
poudre  moyenne. 


Hiera  Fiera  cum  Agarico. 

^pecierum  Hiera  fimplicis,fne 
^loé ,  ^ 

Agarici  trochifeati,  utriufq.drach. 
fisc. 

Aloes  non  iota  ,  une.  unam  ,  & 
ferniji. 

Mellû  dejpum,ati ,  une. nouent ,  mif- 
ee.&  ferva  ufui. 


PARAPHRASE. 

CEtte  Hiere  a  pris  le  fûtnom  de 
l’Agaric ,  qui  la  fait  différer  de 
la  precedente  &  y  a  été  mis  pour 
augmenter  la  vertu  purgative  de  l’A- 
loës  :  les  poudres  >  &  miel  y  font 
mis,  pour  les  raifons  cy-dellus  dé¬ 
clarées. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  prendre  une  drachme  de 
chacun  des  médicaments  Ipecifiez 
en  la  precedente  Hiere  ,  qui  font  en 
nombre  de  fîx  j  puis  y  ajouter  au¬ 
tant  pefànt  d’Agaric  trochifqué  j  &C 
pulverifè  :  aprez  on  y  mettra  une 
once  &  demy  d’Aloës  non  lavé, 
&  pulverifè  ,  puis  le  triple  du 
tout  ,  de  miel  écumé  &  cuit  qui 
revient  à  neuf  onces.  Auquel  en¬ 
core  tiède  ,  on  détrempera  les  pou¬ 
dres  ,  pour  garder  le.  tout  dans  fon' 
pot  au  .befoin- 

REM  ARCtVE'. 

BAuderon  en  fa  Paraphrafe  dit 
que  l'Agaric  fait  différer  cette- 
Hiere  de  la  precedente  ,  &  qu'il 
AuqmenH  la.  vertu-  purgative  de 
l’rile’és ,  quelle  aide  peut-il  donner 
A-  l'Alo'és  pour  luy  augmenter  fa 
vertu  purgative  ?  puis  qu'on  mo¬ 
déré  la  do  fi  de  ce  dernier  de  plus  dé 
la  moitié  \  il  me  fimhle  qu'on  la  luy 
devait  laijfer  toute  entière  four  êtres 
un  peu  plus  purgative.. 


E  e-e  j; 


Hicrai 


40 6  Livre  L  SeBiort  IX. 

te ,  moins  compofee  ,  &  piirgati. 
ve.  La  bafe  eft  l'Aloës  ;  ;a  varm 
Hicra  compofita  ,  D.  Nicol.  foible  de  laquelle  cft  fortifiée  par 
Alexand.  Médicaments  aromatics ,  qui  in. 

Client,  atténuent ,  &  digèrent  les  hit- 
Cinnamomi ,  feu  CanelU  feleSie,  mettrs  froides,  confument  les  vents 
SpicA  Indicé ,  &  defopilent  les  conduits  étroits ,  & 

€roci ,  bouchez  :  fa.  tardiveté  eft  aecelerée 

Schoenanthi  ,  id  eji  ,  foris  lunci  par  la  Colocynthe  :  au  contraire  la 
odorati,  '  célérité  de  celle- cy  eft  réprimée  par  la 

JfaH,  Tardiveté  de  rAloës  ,  qui  a  une  parti- 

Cajfi£  ligne  a  aromat.  &  non  purga-  ailiere  vertft  de  la  corriger,  &  ren- 
tricü  ,  ■  dre  Ibn  aétion  meilleure  j  Authenr 


Xjilohalfami  (  vel  fuccedan.  Surcu- 
lorurn  Lentifci  ,  )■ 

Carpobalfami  (vel  fucced'.ejmfemin 
Lentifci ,  vel  Terebinthi ) 
Seminii  vel  foruni  violarum , 
jibjtnthij  Pontici  major ù ,  feu  vul- 
garis  nofiratü , 

Epithymi , 

Agarici  alhi , 

Rofarum  rubrarum ,  ' 

Turbith  optimi , 

Mafiiehes ,  & 

Pulpa  Colocynthidis  ,  Jing.  drachm. 
dimidiam. 

Aloes  quantum  omnium  aliaram 
cierum,  hoc  efi,  une.  unam. 

JMellû  delpurnati ,  triplum  vel  quan¬ 
tum  fafficit ,  fiat  Elebluarum. 

paraphrase. 

SAlernitanus  ,  &  Myrepfiis  réfè¬ 
rent  cette  Hiere  à  Galien  ,  ce  qui 
n’eft  pas  vraÿ  lèmblable  ;  pour  ce 
qu'il  n’a  connu  le  Turbith  ,  qui  y 
entre.  Elle  eftdeicripteparNicolaus 
Myreplùs  en  la  lèélion  vingt  troilié- 
me  chapidre  feptiéme  des  Antidotes. 
Le  fùrnom  de  compolee  y  eft  mis 
pour  faire  différence  de  la  prcccden- 


Melîié  au  chapitre  de  l’Alocs  :  1’ 
gafic  y  eft  mis ,  pour  conduire  la  ver- 
tu  de  la*  bafè  au  cerveau  ,  pul- 
mons  ,  matrice  :  le  Turbith-  aux 
joinétures,  &  l’Epithÿme  à  la  ratte: 
le  Saf&an  y  eft  mis  pour  la  deferife 
du  cœur  ,  contre'  la  nuifance  des  pur¬ 
gatifs  :  le  nard  'ndic  cellé  du  foyer 
l'Abfintîie,  Rôles  ,  &  Maftieh ,  celle 
du  ventricule  :  la  Canellc ,  Xylobal- 
fame  &  Carpoballàme  ,  celle  de  la 
matrice  :  l’Alàrum  conduit  les  fero- 
fîtez  par  la  voye  de  l’urine  :  les  vio¬ 
les  y  Ibnt  miles  pour  corriger  k'cha- 
leur,  &  lîccité  de  l’Aloës-,  &  Colo¬ 
cynthe  :  le  miél  pour  deterger,  &  con« 
lèrver  les  elpèeès. 

LE  mélangé: 

Au  premier  rang  de  trituration, 
il  faut  mettre  le' Xylobaliàme '(  'où; 
Ion  luccedanée  le  bois  d’dloës, 
Santal  citrin  ,  ou  le  bois  de  Len- 
tilc  )  le  Turbith  ,  nard  Indique  in- 
cifé  ,  l’Alàrum  ,  Cafte  aromati¬ 
que  ,  &  Canellc  :  au  lêcond  rang, 
le  Carpoballàme  ,  ou  les  Cubebes 
Ibn  lîiccedanée  (  ou  la  femence  de 
Lentifc  )  PAbfmthe  ,  &  Schœnan- 


Des  Hieres,  407 


the  :•  au  troifiéme  les  Rofes  ,  Vio- 
ks ,  &  Epithynie.  Chacun  à  part 
faut  piler  le  Maftich  ,  faftran  , 
Aloës  5  &  Colocynthe  :  TAgaric 
fera  râpé  avec  une  ferre  ,  &  mêlé 
avec  les  autres  poudres  ,  qui  fe¬ 
ront- détrempées  ail  triple  du  tout 
de  miel  écumé  &  cuit  en  Syrap  à 
demy.  froid  ,  ainfi-  qu'il  a  été  dit, 
pour  le  garder  au  belbin.  Si  l'A¬ 
garic  étoit  trochifqué,  toutelaeom- 
poiition  en  feroit  meilleure. 

'  LES  FACFLTEZ. 

Elle  convient  aux  crudîtez ,  in- 
difpofirion  &  renverfement  d’elfo- 
maçh,  '  aux  douleurs  de  telle ,  & 
migraine  ,  aux  ratteleux  ,  aux  vi¬ 
ces  du  foye  &  de  l'eftomach ,  & 
à>ceux  qui  vomiffent  la  nourriture, 
comme  aulfi  à  la  fquinance  ,  à  l’épi- 
leplîc  ,  &  aux  cacharres. 

REMARQVE. 

CEtte  Hiere  compofée  deit  être 
\plufiot  attrihuje  a  Nicolam 
Mexandrinni  quà  Nicelaut 
repfm  ,  comme  le  pltu  ancien  des 
deux  qui  la  décrit  ,  fonâ  le  nom 
de  Hier  a  fiera  ,  au  ehapit.^o^. 
de  fon  livre  des  médicaments  /o» 
eaux  ,  qui  efi  le  fujet  de  la  cer- 
reilion  que  fay  faite  du  fitrnom  de 
«  dernier. 

En  cette  Hiere  &  autres^comme 
*ajfi  en  toutes  les  compojïtions  ou 
la  Colocynthe  efi  fmplement  deman¬ 
dée  fans  correQion,  U  y  faut  fubfii- 
tuer  en  fa  place  les  Trochifques  A- 
Ihandal,  ainfi  que  nôtre  maître  Mé¬ 
fie  dit  dans  fon  Antidotaîre  aucha^ 


pitre  des  Trochifques  Alhandal , 
Trochifei  Colocynthidos  in  Hier am 
Hermetû,  &  compofitiones  alioi  inji- 
ciendi  loco  Colocynthidos. 


HLcra  Lôgadij  ,  D.  Nieoi 
Alcxand. 

iLf.PulpA  Colocynthidos,  éf 
fpolypodij  querni  ,  vtriufq.  drach. 

duoi.  . 

Euphorbij , 

Polij  rnontani ,  & 

Cocci  Gnidq  ,  fing.drachm.  unam,-. 

femifi.  &  gran.fex. 

Abfinthij  Eontici  majoris  feu  vuH 
garü , 

Myrrha  ,  utriufq.  drach.  unam  ,  & 
gran.  duodecim. 

Centaurii  minoris , 

Agaricï  albi  faminini. 

Ammoniaci  Thymiamatis  ,  feu  op- 
timi , 

Fdij  Indi  ,  feu  Malabatri  (3ra- 
cormn ,  \ 

ScilU, 

Spica  Indica ,  & 

JDiacrydÿ ,  fiing,  drach.  unam. 

Aloës  Socotorina ,  id  efi,  ex  Socoto- 
ra  Infula  ,allata  &  perlucida' 
vitri  infiar. 

Summitatum  -Thymi, 

Cajfia  lignes,  aromatics, 
Chamsdryos , 

EdeJUj  Thebaici,  & 

Prafii)  albi,  fing.  ferup.  unum  ,  &' 
gran.  quatùordecim. 

Cinnamomv ,  feu  Canells  feleêla , 
Opopanacis , 

Cafiorei ,. 

.drifiolochis  longs, 

Trium  Piperum , 

Graci^, 


4o8  Ltme  L 

Croci , 

Sagapeni,  & 

Semift.  Petrofelini  M^ccdonici,fing. 

drach.femiji. 

EUebori  albi ,  & 

Nigri  ,  vtriùfque  gran.fex. 
Mellis  optimi  dejpumati  «mnium 
triplex  pondui  ,~feu  me-  decem, 
fiat  Hiera  nfui  necejfario  repa- 
nenda. 

PARAPHRASE.  ' 

yTYrepfiis  décrit  cette  Hiere  en 
XVXla  vingt  troifiéme  fcétion  des 
Antidotes  chapitre  deiixiétpe,  laquel¬ 
le  a  pris  le  nom  de  fon  inventeur 
Logadius  ,  natif  d’une  bourgade 
nommée  Memphis.  La  bafe  eft  la 
Colocynthe  ,  üà  vertu  purgative  eft 
augmentée  par  la  gr.aine  de  Thy- 
raelca  que  les  Grecs  appellent  Coe- 
con  Gnidium  ,  Diagrede  ,  Ellébo¬ 
re  blanc  ,  &  noir  j  &  Euphorbe. 
Leur  nuilânee  &  acrimonie  eft  mo¬ 
dérée  par  les  Gommes ,  &  leur  ce- 
lerité  eft  reprimée  par  l’Aloës  :  leur 
renin  eft  corrigé  par  le  Caftor ,  & 
Myrrhe.  Leur  vertu  purgative  eft 
conduite  au  cerveau  par  l’Agaric: 
à  la  poitrine  par  le  Thym ,  &  Prat 
jfîum  :  à  la  'ratte  par  le  PoJypode, 
Ellébore  ,  &  Chamedrys  :  à  la  ma¬ 
trice  par  la  Centaurée ,  Ariftolochej 
&  Polium  :  aux  jointures  par  les 
Scilles.  Et  pour  ce  que  tels  purga¬ 
tifs  violents  d’une  vertu  fecrette , 
blellèntles  parties  principales,  il  a  été 
befbin  dé  les  accompagner  d’autres, 
qui  aulfi  d’une  vertu  fecrette  ,  & 
manifefte  les  fortifialfent  :  comme 
le  Caftor  ,  lequel  fortifie  aulfi  le 
cerveau  :  le  làffran ,  Calfe ,  Sc  ca- 


Seükn  IX* 

nelle  le  cœur  :  le  nard  Indique  k 
foye  :  le  folium  Indiim ,  la  matrice; 
l’Abfinthe,  &  poivre,  le  ventricule, 
&  inteftins  :  la  graine  dePerfil,  les 
reins  ,  &  veffie.  Le  miel  y  eft  mis 
pour  deterger ,  addoucir ,  donner  la 
forme ,  rendre  leur  aélion  meilkire, 
&  les  conferver. 

LE  MELANGE.' 

Au  premier  rang  de  trituration  & 
enfemble  feront  mis  les  racines  ,  & 
écorces.  Au  fécond  les  herbes,  fruits, 

lèmences  dePerfil,Caftor,&  Bdel- 
Iium,  fi  ces  deux  font  fccs.  A  parc  cha¬ 
cun  il  fout  pulverifèr  l’Euphorbe ,  A- 
loè'Sj  myrrhe,lâffian,&  Diagrede, avec 
quelques  gouttes  d’huile ,  afin  qu’ils 
n’exhalent  &  offencent  celuy  quiles 
pulverifo,  &  n’adherent  au  mortiet:- 
de  même  la  Colocyntheinciféc,  l’A¬ 
garic  fora  râpé.  &  trochifqué,  quoy 
qu’il  ne  foie  ipecifié  :  les  gommes  fe- , 
ront  dilToutes  avec  du  vin ,  ou  hydre- 
mel,  plutôt  qu’avec  du  vinaigre,  poM 
ce  qu’il  eft  ennemy  des  parties  exan- 
gucs  &  fpermatiques  ,  puis  les  cou¬ 
ler  à  caufo  des  ordures ,  &  cuire  jgf- 
'  qu’à  ce  qu’elles  commencent  à  s’h-- 
pailfir  comme  miel,  aprez  on  les  mê¬ 
lera  avec  du  miel  blanc  écumé ,  cuit, 
&  pefé  au  triple  du  tout  (  revenant  à 
dix  onces  )  encore  chaud  ,  puis  peu  à 
peu  les  poudres,  pour  le  tout  referrer 
dans  fon  pot  au  befoin. 

LES  FA  CVL  TE  Z. 

Elle  change  les  maladies  longues 
engendrées  de  melancholie,  &  h* 
chaffe:  excite  l’appetic ,  &  redonne 
de  la  force  aux  corps  ,  &  rend  les 
malades  joyeux.  Elle  aide  fort  au  mal 
caduc, 


Dci  Hier  es.  40^ 


ttdnc  ,  au  vertigô  ,  &  à  ceux  qui 
tombentinopiuement,  qui  écumeur, 
qui  [e  mordent  la  langue  ,  tellement 
vexez  de  convulfion ,  qu'ils  femblent 
à  quelques-uns  être  obfedez  du 
Piable.  Elle  convient  aux  biljeux, 
&  à  la  lepre  des  Arabes  ,  (  qui 
éft  l’elepharitic  des  Grecs  )  dans  le 
commencement.  Comme  aulîî  à 
ceux  qui  ont  de  gale  maligne, 
aux  léthargiques  ,  à  ceux  qui 
rendent  involontairement  leurs  ex- 
crements  ,  principalement  à  ceux 
qui  ont  avalé  quelque  poiiôn  :  6c 
eft  propre  aux  ratteleiix.  On  la 
donne  auffi  aux  pleuredques  ,  & 
aux  maux  du  péricarde.  Elle  ex- 
pulfe  les  humeurs  vitieuiès  ,  &  pro¬ 
voque  les  moisi  On  tient  aulfi  ' 
quelle  vaut  beaucoup  à  la  feiatique, 
&  aux  douleurs  des  reins ,  <k  à  tou¬ 
tes  fortes  de  maladies  longues ,  pri- 
fe  trois  fois  chaque  mois  ,  le  poids 
de  trois  drachmes  avec  quatre  ou 
cinq  onces  d'hydromJ ,  Sc  cueille- 
rce  de  fel. 

REMARQ.VE. 

CEtte  Hlere  Logadÿ ,  de  même 
‘jue  la  precedente  efi  décrite 
mot^a  mot  par  Nicel.  /tlexandrinm 
fin  livre  preallegué  chap.  ■^  lo. 
fitts  le  nom  de  Hiera-îtogodion  Em- 
podifion  J  ce  qui  ma  donné  oc cafion 
de  corriger  le  nom  de  l'Autheur^  à 
pit  uBauderon  l'avoit  attribuée  en 
fiv.eur  de  Nicol.Alexand.quoy  qu’il 
”  tffifoit  pas  l’inventeur,  mau  le  plus 
tgedes  deux,  &  mêmes  des  autres 
/i«  décrivent. 

de.  ne  diray  rien  flA  cette  deferip- 
*  en  de  Hiera  Logodij  le  refervant 


à  la  fuïvante  ,  ou  toutes  chofes  fe¬ 
ront  déduites  en  detail ,  lefquelles  il 
faudra  rapporter  à  un  cloacun  des 
ingrédient  malins  de  cette  ~cy, 
comme  étant  fort  peu  differentes 
l’une  de  l'autre, 

RaiTons'  pour  prouver  îa  pré¬ 
paration  de  toute  forte  de 
médicaments,  S>c  particuliè¬ 
rement  la  corredion  de 
ceux  qui  font  purgatifs  ma¬ 
lins  &;  deictaires. 

La  préparation  efi  fi  neceffaire 
en  toutes  les  chofes  qui  font  crées 
par  la  nature  fi  fimples  quelles 
puiffent  être ,  &  pour  quel  ufage 
que  ce  fait  ,  quon  ne  fiauroit  em¬ 
ployer  la  moindre  d’icelles  pour  l’u- 
fage  de  l’homme ,  fans  y  avoir  appor¬ 
té  quelque  apprêt  ,  aux  uns  plus, 
aux  autres  moins  ,  tant  fiour.  ceux 
que  noùs  employons  à  notre.' firvt- 
ct  extérieur ,  que  pour  nos  ali- 
ments  même  :  quoy  qu’ils  ayent 
mains  de  diffroportion  avec  notre 
nature  ,  ils  ne  font  point  pourtant 
propres  pour  nous  nourrir -&  nous 
alimenter  ,  quils  ne  fient  con¬ 
venablement  préparez,  ;  à  plus 
forte  raifon  le  médicament  fm- 
ple  qui  a  la  faculté  d' altérer  no¬ 
tre  nature  par  fa  première  ,  fé¬ 
condé  ,  troifiéme ,  &  quatrième  qua- 
lite'^felon  Galien ,  au  premier  livre 
des  fimples. 

Et  parce  qu’entre  les  Medica- 
mens  fimples  ,  celuy  qu’on  appelle 
purgatif  efi  le  plus  contraire  d  notre 
nature  ,  d  raifon  de  quelque  ma¬ 
lignité  qu’il  poffede  plus  ou  moins 
F  ff  fui 


410  Livre  /. 

fuivatit  la  divifidn  (jtie  Mefaé  en 
fait  (  laquelle  notu’-  eft  confirmée 
far  l’experience  )  fopu  deux  genres, 
f^avoir  bénins  ,  &  violans ,  &  far 
cette  divifion  il  efi  •  necejfiaire  de 
diflinguer  entre  f  réparation  &  car- 
reélion. 

La  préparation  convient  (  com¬ 
me  a  été  dit  )  généralement  a  toutes 
chofes  créées  avant  les  rnettre  en 
ufagb  ;  pour  ce  qui  regarde  l’hom¬ 
me  ,  &  pour  les  animaux  il  en  efi 
du  contraire  ,  à  caufe  du  péché  de 
nôtre  premier  per e  -,  &  laeorreBion 
appartient  tant  feulmient  a  tom  la 
médicaments  qui  ont  des  qualités^ 
nuifibla  à  quelque  partie  de  nôtre 
corps ,  ou-  qui'  fient  doués  de  quel¬ 
que  qualité  maligne- 

Or  nous  appelions  préparation 
pharmaceutique  •  généralement  pri- 
fie  Vaélion  par  laquelle  nous  rendons 
le  médicament  propre  pour  être  mis 
en  ufiage. 

Cette  préparation  fie  fait  en  ge¬ 
neral  en  deux  fa^ns  ,  comme  dit 
JUfefiué  au  chapitre  premier  du  fé¬ 
cond  Lheoreme  ,  en  ajoutant  à-  un 
médicament  purgatif  une  autre  dro- 
^e  qui  aye  une  faculté  contraire 
a  cet  excez.  ;  ou  bien  far  artifice 
en  luy  acquérant  indufirieufement 
quelque  venu  falutaire  pour  le  ren¬ 
dre  meilleur. 

-  Cette  carre élion  par  addition  fi 
fait  toujours  par  fin  contraire  ,  & 
fort  rarement  par  des  drogues  qui 
aider  t  d  leur  operation  fans  con¬ 
trariété  ,  comme  quand  nous  ajoutons 
le  Zingembre  au  Tisrbith,  &  à  Bul¬ 
garie  le  fil  Gemme. 

La  préparation  par  artifice ,  ou 
honte  acquifi ,  fi  fait  comme  dit  Sar 


Seâion  /  X 

ladin  parlant  de  Befiice  de  l’A¬ 
pothicaire  ,  en  triturant  ,  lavant 
cuifant  ,  &  infufant  les  médica¬ 
ments. 

^ Par  la  fubtile  trituration  la  ver¬ 
tu  purgative  de  VAfarum  efi  de 
beaucoup  ajfoiblie ,  &  i’aperitive  au¬ 
gmentée  -,  &  par  la  même  tritura¬ 
tion  ,  la  vertu  aperitive  du  Crifial 
de  Tartre  efi  diminuée  ,&  la  pur¬ 
gative  manifeéiée  aprfs  Bavoir  imbu 
de  Befl>rit  univerfel. 

J^àr  la  lotion  la  vertu  vomiti¬ 
ve  du  Lapis  Laztuli ,  fuivant  le  fen- 
timent  commun,  efi  emportée  on  cor- 
rigée ,  qui  efi  maligne ,  &  la  pur¬ 
gative  demeure  ;  comme  aufii  par  la 
lotion  le  Cancamum  efi  rendu  moins 
laxatif. 

Par  la  coBHon  dans  le  Coing,  la 
malignité  de  la  Scammonée  fie  trou¬ 
ve  corrigée. 

Et  par  Binfufion  la  qualité  ma¬ 
ligne  des  médicaments  purgatifs  efi 
reprimée  ,  par  exemple  le  granum 
Gnidium  ,  &  BEfiula  infusés  dam 
le  vinaigre  ,  ou  dans  Beau  fiel  fie 
dépouillent  de  leur  acrimonie,  & 
merdication. 

Chacune  de  ces  préparations  ont 
diverfies  confiderations  ,fiur  lefiquel- 
les  je  ne  m‘ arrêt ery  point  ,pour  vt--^ 
nir  au  fiujet  qui  m’a  occafionné  d'in- 
fierer  en  cette  Paraphrafie  ces  rai- 
fions ,  <ér  la  deficription  de  la  Bée¬ 
ra  Logodii  qui  fuit ,  &  de  la-  bail¬ 
ler  en  chef  d’œuvre  a  un  de  nos 
Zfiirans  à  la  mattrifie ,  qui  efi  a 
l’imitation  da  maîtres  .Apothicaire, 
de  la  ville  d’ Ai.x  en  Provence', 
pour  lefiquels  j’ay  beaucoup  d’tBitne, 
de  ce  qu’ils  préfèrent  Bhonneuf  ée 
leur  profejjïon  a  l’intarefi  de  leur 
bourct 


Des  Hieres,  41 1 


hoHrce  :pour  preuve  de  'cette  véri¬ 
té  ,  cejl  ^uau  moü  de  luillet  de 
l’aniôj^.  uymtun  nouveau  maî¬ 
tre  A  recevoir  luy  donnèrent  pour 
m  des  effays  de  fa  maitrife  la  mê¬ 
me  cempofition  de''  la  Hiera  Lo- 
pdii  que  fay  fait  faire  a  nôtre 
A^iram  ,  ^ui  efi  la  première  de 
Cinq  difirentes  deferiptiops  que  Ni- 
eolm  Alexandrinm  atf/ibue  k  Lo- 
pdiui  ,  qui  nefi  point  en  -ufage 
pour  les  raifons^  qùe  je  déduiray 
cji-aprez..  ,  " 

Dépuis  ce‘tems-la,les  maitres  Jîpo- 
thicaires  d'Aix  furent  en  des  gran¬ 
des  contentions  touchant  l’Agaric, 
ta  Scammonée ,  l' Euphorbe  ,  l' Ellé¬ 
bore  noir  ,  la  .'Colècynthe ,  l’Elate- 
rinm  &■  la  femence  de  Thymèlêe 
tous  médicaments  violents  malins 
&  venimeux  que  l’inventeur  de  la 
compofition  y  fait  entrer  ,  fans  en 
demander  la  correbH'on  d’aucun  en 
farticulier  ;  mais  par  les  paroles 
qu'il  a  ajoutées  au  pied  de  fin  or¬ 
donnance  ,  qui  font,  &  probe  eonfe- 
dam  ,  il  donne  a  conneître  fin  in¬ 
tention  ,  &  entend  par  icelles  ,  que 
ces  ingrediens  fiaient  corrigés  com¬ 
me  nous  dirons  cy-apres  ,  cefl  à 
quoy  l’aifirant  ne  prit  pas  garde, 
&  ne  fit  point  la  refleEtion  qu’il 
devait  faire  fur  des  paroles^  fi  im¬ 
portantes  }  mais  procéda  à  fon  chef- 
d’oeuvre,  &  y  èmploya  les  fufdits 
ingrediens  fimplement  ainfi  qu’il  les 
trouva  décrits  dans  l’Autheur  :  Et 
quoy  qu’il  travaillât  en  prefence 
de  perfinnes  qui  n’ignorent  rien  e» 
dur  art  ;  neantmoins  quelques-uns 
par  tolérance  approuvèrent  fon  tra- 
vail ,  il  fiy  detsx  ou  trois 

maîtres  Apothicaires  qui  relevè¬ 


rent  dans  la  juBice  »  que  l’Agàrie, 
l’Euphorbe  ,  la  Scammonée  ,  l’ Ellé¬ 
bore  noir  ,  la  Coloeynthe  ,  l’Elate- 
riimi.&  la  femence  de  Thymelée 
ne  doivent  point  être  employés  inté¬ 
rieurement  fans  être  corrigés jé"  fu¬ 
rent  feulement  fiutenus  par  monfieur 
Jofiph  Mignard,  DoEleur  Médecin, 
aggregé  en  la  célébré  Vhiverfité 
d’Aix  ,  &  non  par  mefieurs  les 
Profejfeurs  royaux  ,  comme  fay  dit 
en  ma  precedente  édition  ,  pour  na- 
voir  pas  été  bien  instruit  de  cette 
vérité ,  qui  parait  par  le  Paradoxe 
que  ledit  fieur  Mignard  fit  im¬ 
primer  fur  cette  matière  en  l'an 
1655.  ou  il  fait  voir  par  plufieurs 
raifons-,  qu’il  eft  deda  derniere  im¬ 
portance  de  corriger  tous  les  fufdits 
fimples..  purgatifs  qui  y  entrent  en 
nombre  &  '.en  une  ■  quantité  confi- 
derable ,  comme  l’on  verra  par  la 
defiription  mi  fi  cf- après.  Tou-, 
tes  ces  raifons  quoy  que  fondées 
fur  l’Authorité  des  plus  prudents 
Médecins  des  fiecles  pafsés,  &  fur 
l’experience  firent  grandement  con¬ 
testées  par  le  pin*  grand  nombre 
des  maîtres  Apothicaires  ,  &  de 
mefieurs  les  Profefeurs  royaux  ,  qui 
fiütenoient  qu'il  ne  les  fallait  point 
corriger ,  ee^^fnt  fans  doute  a  défi 
feih  de  favorifier  le  prefientê  ,  plu¬ 
tôt  que  de  luy  vouloir  nuire.  Après 
beaucoup  de  raifins  d’un  côté  &  d'au¬ 
tre  ,  le  petit  notnbre  qui  tenait  pour 
la  correétion  defdits  médicaments, 
voyant  que  leur  voix  ne  pouvait  pré¬ 
valoir  par  defus  celle  de  leurs  con- 
tretenans ,  &  demeurer  d'accord  du 
fait  ,  quelques  particuliers  en  écri-, 
virent  en  divers  endroits  k  leurs 
amis  pour  ffitvoir  leur  fient iment, 

F  f  f  i  comme 


Livre  L 

comme  ils  firent  aujfi  \.noui  ,  far. 
deux  àiv'erfies  foii.  Nôtre  compag¬ 
nie  donc  s" étant  ajfemhlée  pour 
ce  fujet  ,la  quefiion  fut  ptopofee 
fur  laquelle  fut  opiné  par  deux 
foii  >  ou  pour  n  avoir  poi  été  bien 
coneeué  de  quelques-uns  -,  ou  trou¬ 
vée  difficile  par  les^autres  a  re¬ 
foudre  fur  le  champ,,  de  manière 
qu'il  fût  conclud  que  dans  huit 
jours  aprez.  il  fè  firoit  une  autre 
affiemblée  ,  &  chacun  aurait  loi- 
fir  de  fie  préparer  :  la  fécondé  af- 
femblée  fe  fijk  j  mais  d'en  rappor¬ 
ter  le  détail  cela  fer  oit  trop 
long,,  outre  qu’il  ne  me  feroit  pas 
feant  ,  &  ainfi  nom.  ne  fifmes 
point  de  réponfe  à  ces  Jldeffieurs 
qui  effieroient  quelque  chofe  de 
nom.  U  efl  vray  aufft  que  l’em¬ 
barras  que  nom  avions  pour  lors 
dans  nôtre  corps  y  contribua  en 
partie.  ' 

Et  par  ce  que  la  même  difficulté 
qui  efl  encore  entre  Jrfeffiteurs  les 
Médecins  &  les.  maiflres  apothi¬ 
caires  d'Æx  fe  trouve  aujourd’huy 
parmy.  nom.  ,  cela  me  perfuada 
damant  pim  de  travailler  fur  ces 
Remarques  que  de  donner  pour 
effiay  de  mattrife  la  même  Hiera 
Eogodij  a'  nôtre  -flfpir.ant  ,  com¬ 
me  a  été  déjà  dit  afin  de  fsûte- 
tenir  avec  luy  qu'on  ne  peut  arti- 
fiement  ,  &  méthodiquement  pro¬ 
céder  a  la  faElion  de  cette  compo- 
fitièn  ,  &  qu'il  efl  neceffiaire  apre^ 
avoir  obfervé  toutes  les  réglés, 
tant  generales  que  particulières, 
de  l'eleélion  d'un  chacun  des  fim- 
ples  qui  la  compofent ,  de  préparer 
ou  pour  mieux,  dire  de  corriger  tom 
Isj  ingredi.ens  ,  qui  font  doue.z,.  de 


SeBion  IX* 

quaütez.  malignes  ,  comme  la  Ci- 
locynthe  ,  l’ Ellébore  noir ,  la  Scm^ 
menée  ,  l'Jgaric  ,  l' Euphorbe ,  1‘ E- 
laterium  ,  &  la  femence  de  Thyme, 
lée  ,  &  avant  preuver  la  necejfui 
qu’il  y  a  de  les  corriger  ,  U  faut 
flavoir  cannottre  quelles  font  leurs 
qualités  &  vertm  malignes  ,  .é 
en  quoy  elles  confiftent  j.  comme 
aufft  quelle  efl  la  defeription  de  l'a 
Hiera  Logodij ,  qui  efl  le  fu]et-  .de 
nôtre  contention  de  cinq  differen¬ 
tes  deferiptions  que  Nicel.  Âlir. 
xandrinm  ,  &  Nicol.  Myrepfw, 
font  porter  le  furnorn  de  Logodim 
dans  leurs  œuvres ,  avec  les  raifm 
pour  quoy  les  Autheurs  des  autres. 
Diffienfaires  l'ont  rejettée  ;  .é.-èn 
fuitte  de  l'examen  de  leurs  qualite^^ 
&  vertm  malignes ,  je  me  flrviray 
d'un  nombre  eonflderahle  d'Authh 
ritez.  pour  convaincre  d'erreur  ceux 
qui  fans  fçavoir  l'importance  de  la 
queflion ,  difent  qu'il  ne  fautny  f. re¬ 
parer ,  ny  corriger  la  malignité  d^r 
ceux  ,  puis  que  l’Autheur  par  eXr 
prez.  n'en  dit  mot  en  particulier  ,  & 
la  defeription  efl  telle  que  s'enfuit.' .. 


Hiera  Logodij  prima  deferip^ 
tio  Nicolai  Myrepfî^ 
Aîexand.  ^ 

y:.  Agarici , 

Elaterij , 

Salis  Ammoniaci ,  ''‘l 

-ribfinthi] 

Ammoniaci , 

Folior.  Indicorum, , 

Ellebori  nigri, 

Scills,  tofla.. 


D&s  Hierùs. 


Scmmanü , 

Myrrhir& 

Zmgiberü ,  ft>ig-  drach.Jèx. 

Âlo  'és  fiava , 

Bttfhorbii,  Htri'ufque  drach.  cBo: 
Polit  herbi  ■> 

C4u,  ■ 

Chm&dr'yos , 

Centmrii  min  or  y." 

Hyftrid , 

Bdcllii,  &’ 

Marmbü ,  jîng.  drach.  qmnque^ 
Piperii  âlbi , 

Ctnnamomi , 

Opopasacü, 

Sagapeni,  ■ 

Ptferis  4ongi , 

Croci  ,  & 

Petrofelini  Macedonichfing.  drach^ 
quatuor 
Caftorei , 

Piperii  nigri, 

AriBolochiü  rotund.:  fing.  drachm-^ 
tru  &  femiji 
Colocynthidos  ' 

Polypodii ,  utriufque  drach.  oElth.- 
Spica  Nardi ,  df 

Crani  GnidüyUtriufque  drach.  fex. 
H&c  trita  in  pollinem  madefacito 
cum  melle  ^ttico  def^umato  fuf- 
ficienti. 

Opopanacem ,  Sagapenum  y  folue  in 
mortario  cum  melle-,  probe  cori- 
feÜam  recondein  ‘vafe,&  utere. 

Par  la  defcription  de  la  Hiera 
Logodii  cy  jointe-,  il  efl  aisé,  de  ju- 
gir  quon  ne  la  peut  cornpofer  fans 
corriger  les  ingrediens purgatifs  ma¬ 
lins  qui  y  entrent  au.  nombre  de 
fipt ,  bien  que  t’Autheur  d'icelle 
n  en  die 'rien  en  particulier  ;  fi  efi- 
neanmoins  qu'il  doit  fuffire  à 


415 

l'ArtiPie  que  l'inventeur  de  cette 
compofition  aye  ajouté  au  pied  de 
la  defcription ,  probe  ceÿfiéiam,  qui 
vaut  autant  a  dire  quelle  fait  fai¬ 
te  fuivant  l'Art  j  or  l'Art  veut 
qu’il  fait  écrit  ou  non,  de  prépa¬ 
rer  tous  les  médicaments  fait  fimplei 
ou  composés, qui  participent  de  quel¬ 
que  qualité  nutfible  a  notre  natu¬ 
re  ,  comme  a  été  cy-devant  dit, 
que  ne  devons-nous  pas  faire  d  ceux 
qui  en  pojfedent  de  mortifères,  com¬ 
me  quelques-uns  des  fm-nemmés, 
ainfi  que  nous  verrons  par  l'exa¬ 
men  qui  en  fera  fait  des  uns  '  apres 
les  autres,  &  commenceray  par  le 
moindre ,  qui  efi 

L’Agaric. 

'.Quoyque  Mefité  aye  logé  l'Aga¬ 
ric  au  rang  des  purgatifs  violents,. 
il  n'efi  pas  tel  ,  qu'à  raifan  de  l'a 
violence  avec  laquelle  il  agit  quel¬ 
quefois  en  caufant  le  vorniffement, 
lors  qu'il  n'efi  pas  corrigé  comme  il 
faut  de.  cettè.  humeur  baveufe  qui 
abonde  aux  fongus,  ou  en  prenant  le 
mâle  pour  la  femelle  ,  puis  que  Me- 
fué  ne  le  fait  chaud  qu'au  premier^ 
degré,  &  fec  au  fécond,  &  dit  néant- 
moins,  que  's'il  n'efi  préparé  comme  il 
faut  avec  le  vin  blanc  &  Gingembre 
par  trois  foisyquil  ne  purge  que  fort, 
lentement ,  &  provoque  le  vomijfe- 
mk'nt  ,&  qu’au  contraire  étant  cor¬ 
rigé  ainfi  qu’il  ordonne ,  il  purge  les- 
humeurs  grojfieres  fans  nuifance  yqui 
efi  le  fufet  pour  lequel  tous  les  Méde¬ 
cins  le  demandent  pour  lesmedecines 
en  ces  propres  termes ,  Agarici  recen- 
ter  trochifcati,afin  que  la  tenuité  du' 
vin  blanc ,  jointe,  avec  celle  du  Gin- 
Fff  3  gernbxt: 


414  Livre  1. 

^embre  fuijfent  incifer  la  mucefitè 
de  l'Agaric  ,  &  porter  fa  vertu 
jufyues  aux  parties  les  plsu  éloignées 
de  notre  corps. 

De  rElacerium. 

Matthiole  fur  Diofcoride  au  li¬ 
vre  fiz.iéme,  chapitre  tremetroix.iê- 
me  des  venins ,  dit  que  le  fuc  de 
Concombres  fauvages  que  nous  ap¬ 
pelions  Elaterium  pris  en  breuva¬ 
ge  caufe  fiux  de  ventre  ,  vomijfe- 
ment  dangereux ,  trenchées  de  ven¬ 
tre  ,  étouffement ,  difficulté  d'halei¬ 
ne  ,  &  en  fomme  débilité  tant  les 
vertus  principales  de  la  perfonne, 
que  les  pauvres  patiens  tombent  en 
défaillance  de  cœur  fans  pouvoir 
avoir  leur  haleine  ,  &  jettent  une 
futur  fioide.  Finalement ,  qui  ny 
donnerait  ordre  ,  les  patiens  tombe¬ 
raient  en  un  Jdnglot  continu ,  qui 
les  firoit  pâmer  &  les  étrangle¬ 
rait. 

De  l’Ellebore  noir. 

Au  même  livre  &  chapitre  fus- 
allegué ,  Matthiole  après  Avicenne, 
dit  que  l' Ellébore  noir  caufe  de  ter¬ 
ribles  accidents, comme  flux  de  ven¬ 
tre  intolérable  ,  étouffement ,  jpafl 
mes  ,  deffaillance ,  &  petitement  de 
cœur  ,  item  qu'il  rend  la  langue 
feiche,  tient  les  dents  ferrées ,  fait 
rotter  inceffamment ,  &  met  tout  le 
corps  en  feu ,  &  s'il  n'y  ejl  remé¬ 
dié  promptement ,  les  patients  tom¬ 
bent  en  un  tremblement  univerfel 
qui  les  emrneneroit. 

l'ajoute  par  expérience  ;  qu'un 
jour  ayant  goûté  un  petit  filament 


Se&ion  IX. 

d'Etebore  noir ,  il  me  fembla  me 
heure  durant ,  on  davantage ,  qu'on 
m'eût  perce  le  bout  de  la  langue 
bien  avant  avec  une  aiguille  tres- 
fubtile  &  ardente. 

De  la  Scaminonée. 

Le  même  livre  ',  &  chapitre  des 
venins  de  Matthiole  ,  dit  que  la 
Scammonée  échauffe  ,  la  gorge  &  le 
gofier  J  &  enflâme  generalement  tout 
le  corps  rongeant  l'eétomach  &les 
hoyaux,  &  caufant  des  fanglots,& 
des  flux  de  ventre  fort  fâcheux  par 
fon  acrimonie  ,  qui  ejl  en  abhregé  ^ 
ce  que  Mefué  en  a  dit  en  fon  livre 
des  fimples. 

De  l’EiipIiorbe. 

Quant  â  l'Euphorbe  qui  ejl  ehau- 
de  &  feiche  au  quatrième  degré-, 
&  fuivant  Matthiole  au  livre  & 
chapitre  deffus  allégué ,  il  brûle  la 
gorge  &  le  gofier  ,  &  enflâme  ge¬ 
neralement  tout  le  corps ,  rongeant 
avec  pim  grande  célérité ,  &  l'e- 
Jlomach  ,  &  les  boyaux  que  ne  fait 
la  Scammonée ,  &  caufant  des  fan- 
glots  ,  &  des  flux  de  ventre  fort 
fâcheux. 

De  la  fenacnce  de  Thynaclea. 

Cette  femenee  fuivant  Diofçori- 
de,  livre  quatrième  ,  chapitre  \(>7. 
dit  être  appellée  par  les  Grecs  Gra- 
num  Guidium.  Matthiole  en  fon 
Commentaire  fur  le  même  livre,  & 
chapitre  ftu-allegué ,  dit  que  cette 
plante  ejl  Jî  violente  &  furieufe  en 
fit  purgation ,  que“plufieurs  en  font 


De4  Hieres.  411 


morts  i  pttrce  que  racUm  les  in- 
teWitis  &  les  hoymx  ,  &  ouvrant 
intérieurement  1‘orifice  des  veines,, 
les  de fiitu'e  de  toutes  forces  ,&  fi¬ 
nalement  les  emmeneroit  s'il  ny 
était  ■pourveu  }  ce  qui  a  accafion- 
né  les  airabes  avec  grandes  rai- 
fins  de  VappeMer  Lyon  de  terre,  & 
herbe  fiaifiant  mourir  les  hommes.. 

De  la  Colocynrhc. 

La  Colecynthe  par  fion  extremt 
amertume  au  livre  &  chapitre  der¬ 
nier  allégué ,  caufie  les  memes^  acci¬ 
dents  que  la  Scammonée  ,  &  mê¬ 
me  avec  beaucoup  plus  -de  violen¬ 
ce ,  à  caufie  des  parties  terreïlres 
qui  y  dominent  i  &  félon  Mefiué, 
l’amer  dejfieiche ,  confiume  ,  vlcere, 
ouvre  l'orifice  des  veines  ,  excite 
hémorragie  ,  eu  flux  de  fiang  :  outre 
ce  la  Colocynthe  appliquée  au  bas 
“ventre  des  femmes  enceintes  ,  tué 
l’é'^fant  dans  la  matrice, 
fi  Après  avoir  rapporté  les  authe- 
rites  ey-dejfus  alléguées  de  Mat- 
thiole  fur  Diojcoride ,  de  Diofcoride, 
d Avicenne  ,  cfi  de  Mefué  touchant 
la  violence  &  malignité  d’un  cha¬ 
cun  des  ingrediens  cy-dejfut  fieci- 
fics  ,  que  Logodius  fait  entrer  dans 
la  Hiera  cy-derniere  écrite.  le  rap¬ 
porter  ay  enfuite  celles  d’Hippocra- 
de  fis  commentateurs ,  pour 
faire  voir  le  danger  qu’il  y  a  d'u- 
fir  de  tels  purgatifs  malins  (jr  vio¬ 
lents  fans  eorreélion. 

Au  difcours  de  l'Aphorifine  treï- 
ttaeme  d  Hippocrate ,  livre  quatrié- 
m ,  commentées  par  le  Long,  il  dit 
parlant  des  Ellébores,^-  particulie- 
nment  du  noir,  le  propre  defquels 


>  ejt  de  purger  par  voye  de  vomifi 
fement  ;  mais  avec  telle  violence, 
qu’en  échange  des  utilités  quelles 
apportent  en  évacuant  les  fuper- 
fiuités  du  corps  ,  ils  laijfent  long 
tems  après  au  ventricule  des  irn- 
preffions  de  leur  malice  &  neneno- 
fité^,  rendent  les  autres  parties  fi 
débités  par  les  efforts  qu  elles  en  fouf- 
fient,  qu’une  maladie  femblable  eff 
moins  importante  qu’une  fiant é  re¬ 
couvrée  avec .  tant  de  travail  ce 
qui  arrive  notamment  quand  les: 
préparations  deués  &  convenables, 
ont  été  négligées ,  ou  mal  foignés. 

Hipocrates  au  livre  quatrième, 
Aphorifme  feix.iéme ,  dit  que  l’ El¬ 
lébore  efi  dangereux  a  ceux  qui  onts 
les  chairs  faines  ,  parce  qu'il  fait: 
convulfion. 

Galien  au  livre  de  ceux  qu'il 
convient  purger  ,  chapitre  JlTféme,. 
rapporte  d'Hippocrates  en  propres^ 
termes  :  que  le  médicament  purga¬ 
tif  teint  petit  foit-il ,  faut  qu'il  défi 
cende  au  fonds  du  ventricule ,  & 
en  defcendant  il  infeBe  ,  &  blefffi. 
grandement  l'eSîemach  ,  &  tout  ce 
qui  efi  aux  environs  du  ventricu¬ 
le  ,  non  feulement  par  fa  qualité,, 
mais  aufft  par  fa  fuh  fiance  englou¬ 
tie.  Davantage  au  livre  deuTfiéme,. 
&  chapitre  enz^iéme  -,  ce  qui  ejf 
d'effencè  fubtile,  exerce  plus  firndaim 
fan  aBion  propre  que  ce  qui  efi. 
eraffe  ,  ainfi  que  témoigne  Galien,, 
qui  au  premier  livre  des  fimples- 
medicamens  ,  dit  que  les  chofes  dont 
ta  quantité  corporelle  efi  petite, 
agijfent  davantage  que.  celles  dont 
elle  efi  grande. 

Hippocrates  en  la  SeBion  cin¬ 
quième  ,Aphorifme  premier,  dit  :  la: 

cjenvuti 


41^  Livre  L 

■con^ulfioft  après  U  prife  de  l’Elle- 
iore  efi  mortelle. 

/Totu  les  accidents  cy-dejftu  qui 
Jànt ^causés  par  l' Ellébore ,  i’Ela- 
terium  ,  l'Euphorbe ,  la  Scammonée, 
la-  Colecynthe ,  la  femence  de  Thy- 
melea  ,  &  l’Agaric  ne -procèdent, 
comme  chacun -f^ait  que  de  Fexcés 
de  la  chaleur  qui  fe  trouve  en 
chacun  de  ces  médicaments ,  exce¬ 
pté  l’Agaric  (  comme  il  fera  dit 
cy-aprés  )  ce  qui  a  été  fort  bien 
reconnu  par  les  plus  dotles  qui  ont 
écrit  de  la  faculté  des  Jlmples  mé¬ 
dicaments  purgatifs, .en  difant  qu’ils 
ne  doivent  point  être  employés  dans 
aucune  .  compofttion  fans  une  légi¬ 
timé  préparation  qui  leur  abbate 
l’excès  de  leur  chaleur  ,  comme  il 
fera  cy-aprés  preuvé  par  bonnes  au- 
thorités  ;  que  Jî  anciennement  on 
les  a  employés  faps  correélion  qui 
nous  apparoiffe  ,  il  faut  répondre  à 
cela ,  ou  que  les  corps  étaient  plui 
robuéîes  ,  &  d’un  tempérament  plus 
humide  ,  pour  refifier  a  leur  cha¬ 
leur  ,  ou  qu’ils  n  étaient  pas  fi  vio¬ 
lent  que  les  notre,  à  raifon  du  cli- 
jnat. 

Asfejfteurs  les  Médecins  qui  pra¬ 
tiquent  parmy  les  Septentrionnaux, 
comme  ceux  d' Allemagne  fe  fer¬ 
vent  en  toute  leur  pratique  des 
médicaments  les  plus  chauds  que 
mm  ayons  ,  tant  alteratifs  que  la¬ 
xatifs  ,  a  raifon  du  tempérament 
du  leurs  pays  ;  fi  eji-ce  neap.tmoins 
que  quand  ils  veulent  fi  fervir 
des  fm-nommés  dans  les  compofi- 
tions  des  Ancien^  ,  ils  en  deman¬ 
dent  la  préparation  ,  ce  qui  nous 
doit  inciter  davantage  de  ne  les 
employer  autrement  j  &  que  les.re- 


Se^ïon  /X 

cens  mêmes  ne  les  ordonnent  peint 
dans  des  compofitions  fans  être  préa¬ 
lablement  corrigés. 

Meffieurs  lès  Médecins  d’Au- 
Jhourg  en  AUemagne  en  leurs  Phar¬ 
macopées  des  années  1615, 

&  1655.  dre  fiées  par  ordre  de 
leur- Sénat ,  &  authorisées  par  m 
nombre  de  plus  de  vingt-  celehref- 
&  fameux  Médecins ,  difent  en  la 
Seilion  fiizdéme  des  Pilules ,  &  en 
l’Annontation  qu’ils  on  faite  fur  les 
Pilules  de  Agarieo  ,  qu'au  lieu  que 
Mefué  demande  l’Agaric  fmple-- 
ment ,  qu’il  y  faut  mettre  le  prépa¬ 
ré  jdf  au  lieu  de  la  Colosymhe,  quHl 
y  faut  fubiiituer'  les  Trochifquet 
Alhandal,  non  ^feulement  en  ces  Pi¬ 
lules  ,  mais-en  toutes  autres; 

Voila  une  Annotation  generale, 
qui  regarde  toutes  les  Pilules  ou 
l’Agaric  &  la  Colecynthe  entrent 
fans  être  corrigés,  qui  s’obferve  dans 
l’Allemagne  ,  qui  ef  un  pays  foid, 
&  ou  tous  les  hommes  font  pour  k 
plus  part  fanguins. 

Les  mêmes  Médecins  d’Auf 
bourg  en  la  SeBion  fus-alleguees  au 
modus  faciendi  des  Pilules  à  Eu- 
phorbio  de  Mefué ,  dans  lefqueUef 
entrent  l’Euphorbe,  la  Colecynthe,  & 
l’Agaric  ,  fans  .  correBion ,  Us  di- 
fent ,  qu’il  faut  fiigneufernent  tri¬ 
turer  l’ Euphorbe  ,  l’Agaric  trochtf 
qué ,  df  les  Trochifques  AlhandA, 
&■  les  malaxer  avec  les  Gommes- . 
dijfoutes  en  du  vin  dans  le  mor¬ 
tier  chaud ,  &c.  La  prudence  de  ■ 
ces  meffieurs  -efi  d  remarquer  de  ce 

qu’ils  répètent  ce  quils-^viennent  de 

dire  ,  qui  devrait  fuffire  pour-c^’f" 
tes  fortes  de  Pilules  j  mais  c  efi-  afin 

d’imprimer  ces  paroles-  plus  avant- 


Des  Hiercs. 


^ans  l'elfrtt  de  VArüTle  peur  les 
y  faire  obferver  en  tomes  autres 
compofitions. 

Dans  les  memes  Pharmacopées  & 
en  la  même  Seüsion  des  Pilules  en 
l'ohfervation  quils  ont  faite  en  cel¬ 
les  de  Nitre,ils  difent  derechefqiten 
tentes  les  compojitions  ,  ou  il  efi  de¬ 
mandé  la  Colocynthe ,  quil  y  faut 
mettre  les  Trochifques  Alhandal,  cjp 
au  lieu  de  la  Scammonée ,  le  Dia- 
ÿrede  ,  &  femblablement  au  lieu  de 
1‘ Ellébore  ,&  de  P  Euphorbe  fimple- 
ment  demandés ,  ils  veulent  quon  les 
y  employé  corrigés.  Et  aux  Pilules 
de  Colocynthe  de  Pldefué  ,  deman¬ 
dent  aujfi  en  1‘ Annotation  quils  y 
ont  faite ,  au  lieu  de  la  Colocynthe 
fimplement  demandée ,  quon  y  fub- 
fijtuë  les  Trochifques  Alhandal 
en  toute  autre  compofition. 

Les  mêmes  Médecins  en  la  Se- 
Sion  4.  des  Hieres,  &  en  l’Annota¬ 
tion  quils  ont  faite  fur  la  fécondé 
defcription  de  la  Hiera  Logodii,qui 
diffère  beaucoup  en  nombre  &  en  do- 
fe  des  fmples  purgatifs  malins  de 
la  première  defcription  de  l’Antido- 
taire  de  Nicolaui  Myrepfu  ey-der- 
nier  mentionnée  ,  difent  aujf  qu’au 
lieu  de  là  Colocynthe ,  non  feulement 
en  cette  compofition  ,  mais  en  toute 
■  ^f  re ,  qu’il  faut  fubBituer  les  Tro- 
çhifques  Alhandal. 

Quercetan  qui  a  tant  excellé  par 
fis  doües  écrits  en  l’une  &  en  l’autre 
tnedecine,  nous  donne  une  prepara- 
don  de  l  Elmerium>  en  la  page  8  8  . 
de  fa  Pharmacopée  Dogmatique , 
dans  un  petitit  traitté  de  remedes 
Jpagyriques  qu’il  a  joint  fur  la  fin, 
laquelle  préparation  efi  digne  d’être 
e  firvee,a  caufe  des  rares  effets  qui  en 


4 17 

refultent ,  parce  qu’en  icelle  l’inten¬ 
tion  d’un  vray  Médecin  rationeffe 
trouve  accomplie  en  la  curation  de 
l’ hydropif  e  ,  qui  efi  qu’au  moment 
qu’ils  évacuent  les  fcrofités  par  les 
hydragogues ,  il  s  fortifient  les  vifice- 
' res  par  des  Jpecifiques ,  &  cela  fie  re¬ 
marque  après  l’évacuation  que  l’E- 
laterium  fait  par  l’addition  de  l‘e- 
fprit  du  vin  du  Diamargaritum  fit- 
gidum ,  &  autres  que  Quercetan  y 
ajoute. 

VVecker  dans  fort  grand  Diéf  en-- 
faire  colomne  994.  baille  la  même 
préparation  fur  l’ EUterium.  Quer¬ 
cetan  ,  &  T'^Fecker  difent  que  e’efir 
le  vray  moyen  de  rendre  fon  aélioK 
loiiable  &  fans  danger. 

Quercetan  en  la  page  de  la 
préparation  des  remedes  Chimiques, 
a  bien  reconneu  la  violence  &  la  ma¬ 
lignité  de  la  femence  de  Thymelea, 
lors  quil  dit  qu  après  l’avoir  deuè- 
ment  préparée  elle  fi  peut  donner 
pour  évacuer  lés  excreikents  fereux 
jufques  à  une  fcrupule  avec  une  on¬ 
ce  d'huile  d’ Amandes  douces,  qu’il 
ajoute  pardeffus  la  préparation  ,  ap¬ 
préhendant  qu’elle  ne  s’attachât  à 
l’eftomach  ou  aux  inteSiins. 

Par  dejfus  les  témoignages  cy-def- 
fus  allégués ,  qui  font  fans  répliqué 
comme  procedans  de  la  plume  de 
gens  doües  cF  expérimentés  en  la 
pratique  j’apporteray  les  raifons  des 
Moines  qui  ont  commenté  TAriti- 
dotaire  de  Mefué,  au  chapitre  de  la 
Hiera  Herrnetis  &  autres  fembla- 
bles,  &  généralement  en  toutes  fortes 
de  compofitions  ;  au  lieu  de  la  Colo¬ 
cynthe,  ils  difent  qu’il  y  faut  fiihfii- 
tuer  tes  Trochifques  Aihandal. 

Les  mêmes  Moines  au  chap.j^. 

Ggg  dt 


41 8  LivrçJ». 

de  r EleStuarium  IndtimÀif^tJf  que 
toutes  &  quante^^  ^oü  que  nom  trou¬ 
verons  la  Scammcinée  entre/  dan^^ 
une  çompofition^f  qu’il  J>  faut  fuhfii- 
tuer  le  Diacre  de. 

Et  en  la  page  242.  les  fufdits 
J^doines,  difent  quil  ne  faut  poiqt' 
bailler  le  Turfith  ,  la  Colocjnphe^ 
la  Scammonée  &  femblables  fans 
préparation.  , 

J/agq  444.  les  derniers  nommés, 
difen  t  quîl  ne  faut  point' donner  la 
Cohcynthe  fans  être  préparée. 

Et  au  chapitre  ,19}  .des  Eilules 
d’ Euphorbe  ,  les  mêmes  difent  que 
de,  toutes  les  Gommes  l'Euphorbe 
efi  la  pim  chaude  ,&  la  pim  acre, 
(ér  qu‘'il  ne  la  faut  pcà  employer  fans 
préparation. 

Fernel  en  fa  Terapeutique  in  oBa- 
Vo-,pagt  çn  la  Hiera  J^iaco- 
locymidos  demande  la  Scarnrnonée, 
V Ellébore  poir ,  f  Euphorbe  &  la 
Coloçÿntheprepares ,  &  apres  quil^ 
foient  triturés  &  arrousés  avec  hui¬ 
le  d’^ma.ndes  douces,  é'  qu’on,  le^ 
fijfe.imbiber-^reéf,a^ce  de^deux  jours 
dans  le  mucilage  de  Gomme  Ara¬ 
bique  ,e^\  de  Tragacanih  tiré  avec 
eau  Rofp ,  &c.  Cçtte  façqn  d’agir 
vaut  autant  qu'une  triple  prépa¬ 
ration  ou.  correBion  ,  pour  aba- 
tre  l’acrimonie  de  ces  médicaments, 
&  nom  donne  bien  a  connottre  le 
danger  eminant  qu’il  y  a  de  s’en  fer- 
vir  fans  corriger  leur  malignité. 

Après  toutes  ces  authoritês  cy- 
deffm  alléguées  en  détail, je  puis  di¬ 
re  que  nom  ne  vityms  point  de 
Pharmacopées  modernes  ny  récen¬ 
tes  ,  qui  foient  drefsées  du  cenfen- 
ternent  de  plufeurs  JHe de cin s, com¬ 
me  celle  de  Londres  en  Angleter- 


SeBion  IX. 

re,  de.  Bruxelles  ,  d‘Anv.ers,  au  pa^ 
bas  ,  de  Lyon',  d‘AuJbeurg  in  AlU- 
magne  en  fin  Manttjfaje  livre  de 
Servit  or  is,  &  un  grand  nombre  d’au- 
très  que  je  po'urrois  alléguer ,  ' fi  fi 
brièveté  icy  réqutfi  ne  me  la  fat- 
foie  obmettre  ,  qu’on  ny  "rimafqlbe 
comme  de  tems  en  tems  ceux  qui 
fe  font  donnés  la  peiné  de  les  dref- 
fer  ,  ont  toujours  fait  une  SeBion 
particulière  '  de  ta  corréBion ,  & 
préparation  de  certains  médica¬ 
ments  ,&  entre  autres  dés  fàs-nom- 
mês  :  le  tout  nd  été  fuit 'quepourfi 
rendre  propres  d  être  mis  en  ufàge, 
comme  font  les  pierres,  me  taux, os 
tels  autres  de  nature  filidé  &.çompié, 
Béj  &  des  autres  comme  de  la  Sem-'' 
mqpée,  de  P  Euphorbe, de  la  Cotocyn- 
the,  de  la  femence  de  ’ThyrneUèj  de 
l’Elaterium  de  l’  Agaric  ,  des  Élkr 
bores  &  autres  pour  en  corriger  leur 
malice  ,  avant  de  les  employêr  dans' 
les  compoftions ,  foient  m  'agtBfàr 
les ,  ou.  officinales ,  fans  que  meme 
les  Authey^rs  an  demandent  'ta  pré¬ 
paration  -,  comme  nous  voyons 
la  'ConfeBion  tde  Hyacinthe  ,  au,^ 
Diamargariturn  fiigidum .,  &  au¬ 
tres,  que  les  Autheurs  qui  les  ont.  ' 
décrites  ne  demandent  'point  que  les 
fragments  ny  les  Coraux  qui  les 
compofent  foient  .préparés  ■/  eej^efi. 
pas  d  dire  quii' s’en.  failLe''finir  ats^ 
pied  de  la  lettre  ,  il  nous'  ffr& 
beau  voir  de  les  piler  avec,  les 
très  i'hgredienfyfans  preparatiey.Jl  \ 
en  doit  être-,  dé  même  dp  tm  les. 
médicaments  purgatif  mdtins  ,  lef 
quels  bien  qutll  foient  demanaes^ 
fans  correBiop  lors  que  nous  com-^ 
pofins  un  médicament  feit  magt-. 
final  ou  officinal ,  l’Arti  fie  ne  Icf  J- 


Des  f{ ter  es,  419 


àoit  jamais  employer  fans  les  avoir 
leptimemnt  corrigés. 

Il  ne  fi  faut  pas 'étonner  fi  dans 
les  comfojttiens  que  nom  trouvons 
décrites  par  les  anciens-  Grecs  ,  "il 
n’y  eft^^^fait  menuéi  de  la  cprre-. 
üign  oii  préparation  des'  medica- 
m'ents^'firnples  ^p\rgaiifsj  màlinsl 
parce  que  de  leur  tems  la' médeci¬ 
ne  était  ^granfiém^ntf  dèfeflueufe , 
poHt'n'avoir  pas  encor, es  r'eceu  le  lu- 
Jlre  d‘m  grand  nornhre  de  compo- 
fitions ,  que  les  odrahes  qui  fânt'^e- 
nus  après  les  Grecs  ',  ' &  Tes  Latins 
ont  augmentée ,  &  de  plufieurs  ra¬ 
res'  &  falutaires  préparations ,  atn- 
Ji  que  li'hvre  des  fimples  médi¬ 
caments  purgatifs  de  JlSefué  fait 
mention  de  chapitre  ' en  chapitre  fur 
un  chacun  d'içeùx  ,  &  cefi  de  Id^ 
oh  les  prudents  Médecins  '  ont^  pui¬ 
se  les  raifons  qui  Us  ont  induits  d 
demander  la  correUion  des  médi¬ 
caments  malins. 

le  prévois  que  heaâcoup  dé'per- 
fcnsMis  qui  exercent  la  Pharmacie 
hhl  sUtre  peinés  de  fiavojr  quel- 
^eft  f importance  de  la  correSiion 
des  médicaments  ''  mali'ny  ,  s’élève¬ 
ront  contre  moy  ,  &  rn  allégueront, 
que  Logodius  en  Ja  Pliera  a  fufii- 
fpmment  pouveu  d  la  correction  de 
I  Agaric  ,  de  l'Elqper'mm  ,  de  V El¬ 
lébore  i  de  la  Scammonée  ,  de  la  Co- 
loc^hthé,  de  f  Euphorbe ,  &  de  ia 
femence  de  fk'ym'elea ,  en  y  fÆant 
entrer  d'autres  fimples  q'ui  'Teur 
fervent  de  correEUf:  &  a  l’ihfiant 
rdaUegueront  lès  ^raifons  d'é’  notre 
^A^n^ralie^aufquellès  je  puis  fans 
'"ne  ■mprendre ,  répondre  'que  je  n'dy 
P'>ênt  leu.  Autheur  'qui  con- 
firrnê  mieux  les  ignoràns  opiniâtré^ 


dans  leur  erreur  que  luy  ,'en  la  Pa- 
raphrdfe  qu’il  a  donné  fur  la  Hie- 
ra  Logodii  ;  q'jùant  d  moy  'favbu'c 
luy  être  grandement  redevable,  de 
ce  qu’il  nom  a  drefsé  avec  tant  de 
foins  fa  pharmacopée  faPleiPa- 
raphraféS,0‘  Mélanges  i^u’il  a  a'joû- 
tés  d  chacune'  des  cofnpofitlèms ,  if a- 
vail  d  la  vérité  digne  de  grande 
louange  ;  mais  fur  la  cornpofitioii 
de  la  Hier  a  'hogodii ,  je  ne  puis 
me  rét'éMir  fans  forcer  mon  incli¬ 
nation  ,  de  dire  ' avec  tout  le  fe- 
JpeCi  ^ue  je  dois  d  une  perfonne  de 
fin  meripé,  qu’il  a  manqué  d  exa¬ 
miner  les  fimples  qui  la  compofent, 
avant  que  de  paraphrafir  f  ur  icel¬ 
le ,  Pn  ce  qu’il  veut  que  la  vertu 
purgative  de  la  Colecynthe ,  qui  n’eft 
que  trop  violente  &  maligne ,  foit 
augmentée  par  la  femépee  de  Thy- 
melea  ,  Diagred'e  ,  Ellébore  blanc, 
&  noir ,  &^l’ Euphorbe  's  &'  qui'  la 
nuifiance  &  acrimonie  de\  ceux-cy 
fôit  modérée  par  lès  Gommes ,  qui 
fàht'''toutes  de  'qu'alité'  chaude'^,  'Ô' 
font  des  ejfets  pernicieux ,  par  les 
autlforités  cf-aprés  alléguées. 

Pour  la  première  ,  Galien  dit  au 
fizàéme  livre  dé'S'  médicaments  fini- 
pies  ,  que  le  Bdellium  étant  vieux, 
il  efi  fort  amer  au  goût  ,  &  efi 
aigu  &  fie. 

Pour  la  fécondé ,  Jifèfué  au  li¬ 
vré  des  fimples  médicaments  pur¬ 
gatifs ,  'chapitre  dix-heufviéme,  dit 
que  le  Sagape.num  purge  &  évacué 
les  'Humeurs  grofiferes  &  vifq'ueu- 
fes ,  l’eau  qtii  caufe  l’hy drop ifie  J& 
fin  naturel  efi  de  purger  le  -  cer¬ 
veau  &  les  nerfs  ,  &  de  faire  mou¬ 
rir  l’enfant  dans  lé  ventre  de  la  me- 
fi',  le prenant'par  la  bouche-,  jts^s 
Ggg  ^  s’il 


Livre  L  SeBion  IX. 


4  2- O 

s’il  peut  ferviy^  de  ^cerreSiif  à.  des 
mediçaments  delet^^vres  ,pms  que  fé¬ 
lon  Galien  ,Jjvrei  hftiiiéme  ^es  mé¬ 
dicaments  Jiniples,  c’efi  une  fub fian¬ 
ce  tenue ,  fufitile  ,  &  ignée,. 

Pour  la  traiz.iéine  Galien,  au  lir 
vre  dernier  allégué  des^  médicaments 
Jimples^,  dit  que  l'Opqpanax  efi 
chaud  au  troisième  degré,.  &  fec  au 
fécond  ,  efi  qu’il  a  la  façulté  de 
tuer  l’enfant  dans  le]  ventre, ,,  de  ^:a 
mere  -^il  purge  le  filegme  greffier  & 
vifqueux  ,  &^,p,articujieremen,t  ce- 
luy  des  jointures  ;  fie  là  U  faut  in¬ 
férer  dé  toute  neceffité  ,  qu’il  doit 
,^êtKe  corrigé  ,  &  msn  employé  pour 
,  corre^f  ,  ,,\.- 

Pofir  la  quatrième da  Jfiyrrhefui- 
vant  Galien  au  fiuitiéme  Itrurefins- 
allegué  ,  efi.  chaud^.&  fiche  aufe. 
cond  degré que  par  fon  amertu¬ 
me  elle  tu'è,  les  vers  ,  ?fi„  fait  mourir 
l’infant  au.ysentre  de  lacrnere  :  tous 
les  me  die  agents  dfiüés  d&t  elles,  qua¬ 
lités  ,.pe  pe^venfi  être  fessés-  pour 
correSlifs  des  médicaments  qui  font 
raalins  &  deleaaires. 

Et  pour  fia  cinquième ,  Diojcori- 
4e  au  lipre  troisième  ,  chapitre  82. 
fiit  que  l’xisnoniac  efi ^^remeUitif, 
attraéif ,  &  chaud- ,  &  qu’il  .efi 
bon ,  a  refoudye  toutes, -tumeurs  & 
duretes  5  pris  en  breuvage  ,  qu’il 
lâche  ie  ventre  fait  fortir  l’en- 
fknt  hors  du,  pentre  de'  la  mere, 
fr  partant  l’Amoniac  a  caufe  des 
effets  fufdits  f  pe  peut  être  receu 
pour  correctif 3  a  des  médicaments 
q.ui  fini  acres  .&  violans ,  d  moins 
de  leur  augmenter  leur  aUion  vio- 
fiente. 

.Après  avoir  examiné  les  cinq 
.fùfdites  Gommes 3  &  trouvé  quelles 


pejfedent  des  qualités  tenues  é'fuj,. 
tile/^  &  en  outre  quelles  purgent,  fi 
nefiay  comme  quoy  exeuftr  IA„. 
theur  de  la  Paraphrafe  fitrfia,  Hie- 
ra  Logodii  -,  de.  dire  q.ue  l’àcrm- 
nie  ,  ^  malignité  desf Ellébore ss-it 
l’Euphorbe  fia.,,Colofiyrifhe ,  ÿ- 
de  la  Scammonée  ypuiffi  itré  Corri¬ 
gée  par  des  Gommes  qui  font  doiiées 
de  qualités  que  je  puis  dire  ,mli- 
gŸies  ,.  approchantes  de  .  celles. .quil 
veuf  , qu  elles  corrigent.,  . ,,, 

"Et.  quant  ffee  qail  dit. que  tels 
médicaments  violens  ,parlar>îMe  U 
Coleçynthf,  de  l’Euphorbe ,  de  la  fs- 
mence  de  Thyntelée  que  d’u^e 
vertu  fecr.ette  .  bleffent  ter  parties 
.principales  ,  qu’il  efike.fom  de  les 
.  accompagne^  d’antres  >q.m  a.ujjl  dk- 
^ne  vertu  fectrette  &  manifefi'ejes  jôr- 
tifiajfent.  ÿ  en  cela  fl  fait  voir. que  fon 
opinioft  ne  peut  être  receué,  en,.à- 
fant  qae  la  Olocy  nthe,  les  Ellébores, 
l’Euphorbe ,  &  autres  de  même  na¬ 
ture  ,  qui  fontechauds  par  excès  ,  ^ 
violents  ,  par  utfe  vertu  fecrette, 
bleffent  les  parties  principales  é  le 
.  moindre  efi  capable  de  jUger  fiii  co^ 
traire.  I)  autant  que  félon  Mc  fié  en 
fon  premier  TheoY,eme  ,  tous  les  mé¬ 
dicaments  acres,  par  leur  grande  & 
excejfive  chaleur ,  ils  mordent ,  pi- 
„  quenj ,  pénétrent,  brâlent ,  vlcerent, 
amaigriffent  les  -corps ,&c.  !.  .  ' 

Et  les  med'icamenp  amers  fe- 
.lon^  Mefuê  au  même  Theereme  -, 
la  faculté  de  fiichèr  ,  corfumer ,  ul¬ 
cérer  ,  .plfts  puiffamment  qm 
acres  3  &  à  raifon^  df’  leur  fubBan- 
ce  craffe ,  ouvrent  lynifiee  des  vei¬ 
nes  ,&  caufent  flux  de  fangK^e-tte- 
nusnt,  dejfe'ichent &c. 

Et  les  médicaments  qui  fitittom- 
foses 


Des  Hier  es.  4^I 


ŸOiés  de  faveur  atpi'é  &  amere 
tout  epfemlle  font  très-mauvais  ,fm- 
vant  Mefué  ,  comme  iW^Scammo- 
née  -y  je  vous  laiffe  à  penfér  fi  tous 
■lee^efeis  fiifdits  qui  procèdent  de 
l’dcreMe  l’amer,  '&  de  l’aigtü  &  de 
l’amer ,  qui  -fonf-  lei^qukltités  fécon¬ 
dés ,  precedentes  comme  l’acre  d’ùne 
caufe  effcient.e  chaude ,  ûfii'gnée ,  & 
d’une  m'aterieRe  ,  fuhtile  ,  &  aigue, 
comme  aujfi-- la  caufe  efficiente  des 
médicaments  purement  amers  efl'  la 
chaleur  ,s'  &  la  materielle ,  efi  une 
■  fuhHdnee  derrèïire  ,  &  par  confe- 
que'nt  fiiche  &  comme  la  caufe  effi¬ 
ciente^  materielle  de  ceux  quijont 
■Mgus\,  &  amers  prdcéd"ént  du  mé¬ 
lange  d’une  fubiîance  fubtile  &  ai- 
gu'é’i  &  d’une  fubSîancé  'terreiîre 
&  fiiche  ;  la  caufe  efficiente  étant 
toujours  la  chaleur  ,  jugés  je-vous  ' 
prie  avec  foute  l’attention  que  le  fu- 
jet  le  requiert'  ,  fi  ta  férocité  de 
tels  '•'■médicaments  purgatifs  '  "peut 
procéder  de  quelque  vertu,  fêtret- 
te,ainfi  que  l’Autheur  de  la  Para- 
phrafi  dit. 

En  outre  fin  fientiment  ifl ,  que 
le  Cafior  fortifie  k  '  cerveast ,  le  Saf- 
fran  ,  la  ’>GajJë',  Canelle  ■  le  cœur;  le 
Nard  Indic  le-fofe  :  le  Folium  la 
matrice ,  l’Abfinthe,  &  le  Poivre, 
le  ventricule  ,  &  inteBin's  la  fi- 
mence  de  Perfil  -  les  reiûs  &  la  ‘ûef- 
cie  :  tout  cela  neji  nullement  con- 
cjuant ,  pouf  avoir  la  moindre  pen- 
d’employer  la'  Colocinthe ,  l’Eh- 
phorhe  ,  ejrc.  médicaments  malins 
dans  la  Hiera  Logodii  fans  côrre- 
üion ,  veu  que  tous  les  autres  qui 
y  entrent  font  chauds  ,  qu’au  lieu 
de  Corriger  leur  malice  leur  augmen¬ 
tent  leurrsnusrimome,' 


En  la  continuation  des  preuves 
de  la  correlH'on  dêh  fiifdits  médica¬ 
ments  ^mp  les  malins  &  deletaires, 
l'exdmen  fait  de  leurs  qualités  ^ 
vertus  ,enfernble  de  celles  def  Gom¬ 
mes  que  Baudei'on  veut  qu’eRes  fer¬ 
vent  pour  refiener  l’opetation  de 
ceux-là  ,  &.  bien  que  les  Authori- 
■fés-  cy- devant  citées  doivent  fùffire 
&  au  delà  pour  con’tfain'cre  les  plus 
opiniâtres  ^ui  pourraient  être  de 
fon  party  ,fi  efl- ce  neantmoins  afin 
qu’ils  paffe'nt  condamnation  contre 
eux-même  après  avoir  o  'ùi  fon  fer¬ 
ment  q'ùe  je  rapporteray  fur  diver- 
fes'*  compofitions  les  unes  après  les 
autres ,  que  je  n  ay  voulu  obmettre 
contme  beaucoup' plus  favorable  -,  fur 
ce  qu’il  vient  de  dire,  que  les  medi- 
'e'aments  'acres  &  niordicans  fervent 
pour-  augmenter  l'a  vertu  purgdti- 
ve  des  médicaments  amers  ,'\e  que 
je  concédé  dvec  Jldefité ,  pour  l'è  re¬ 
gard  dO  ceux  qui  font  bénins  j  mais 
non  pas  qu’il  faiRe  croire  que  l’Eù- 
■phorbe ,  les  Ellébores ,  'fa  femençè  de 
Thymelée ,  la  Cotocf  héhe ,  la  Scafn- 
monée  ,  &  autres  qu’ils  puiffint  être 
employés  en  aucwae  compUfitidn  fans 
étre-‘  corrigés  ,  puis^-hise  Bauderon 
au  livre  premier, SctHon  neuvième,, 
en^  la  Paraphrafe  'des  Trochifques 
Alhandal ,  dit  que  de  la  Colocyntke 
ainfi  préparée  &  corrigée  fe  doi¬ 
vent  fervir  les  MédeHns  ,  &  les 
ApothicAres‘'en  toutes  les  compofi¬ 
tions  qu’on  adapte  ikhrieurement, 
comme  font  les  Hieres  ,  &  Pilules, 
hors  qu’il  ne  fitt  expreffiement  ffieci- 
fiê  par  l’Autheur  :  voilà  une  con¬ 
tradiction  manifcBe  ,  &  •  fans  ré¬ 
pliqué. 

-'•En  fecérid  lieu  ,■  parlant'  des  fa- 
Ggg  3  cultes 


42.î<  Livre  l 

chIuz.  defdits  Trochifquet  Alhan. 
dal',  il  difji  on  fulverife  fubtile- 
ment  la.  Çolocynthe  ,  &  qupn.  la 
malaxe.xiroû  fois  avecjes  mucil/^ges 
des  gommes ,  e Ile  eji^  pim  utile  poUr 
la  m.êlen  d^ns  toujes  les  compofi- 
lionsdntprnes  qst  autrement  ;  car  fa 
nuifance  étant  ainfi  corrigée ,  elle 
pmge  fans,,  ennuyi  Ja  pituite  des 
jointures.  ; 

Pour  un  troffiémé.f'iî  dit  en  la 
Seélion  fixiéme  Paraphrafe  de  la 
Çonfeêiion  Hamech  que  Vacrimonie 
de  U  Scarfimonée  efi  corrigée  par  les 
"prunes  Tamarinds ,  ce  qui  ef^ 
vray  femflahle  ,  non  contraire^ 
tel  que  celuy  quil  a  , fait  en  la  Pa¬ 
raphrafe  fui  alléguée  de  la  Hier  a 
Logodij ,  ou  iLveut  que.  la  chaleur^ 
de  plufeurs  mediçamonis  corrigent 
Vacrimonie  &  la  violence  de  heau- 
coup  d'autres.  ■ 

Pour  un  quatrième,  Bauderon^  dit 
en  la  même  Cef^âion.f^amech ,  que 
fi  les  Myrobalans  qu^ .purent,  en  la 
poudre  étoien^yçonfiiquez.  au  mor^ 
tier ,  ou  arroufezi;  avec  huile  d’A- 
mandes,^  douces ,  leur  âpreté  &,^fic- 
cité  ferait  âorrigée..,  &  toute  la  com- 
pofition  rend^  pim  ftlubre  5  puis 
que  nôtre  Paraphrafe  i a  fait  confi- 
derafion  de  Vâpreté  de  ficcité  des 
JHyrobalans  qui  entrent  en  fubfan^ 
ce  dany  ladite  ÇonfeSiion  ,  qui  pefent 
deux  onees  deux  dragmes  ,  fur  qua¬ 
rante  onces  de  composition  ,  que. ne 
demit-il  pas  faire  en  la  Hiera  Lo- 
godij,  olf  il  entre  pim  de  medicamens 
malins  &  violens, ,  defquels  V opera¬ 
tion  ef  tout  à  fait  fufeéle  &  dange- 
reufe.  'Etau  mélange  il  ajoute  dn 
fien  ,  .qu  il  ferait  d'avis  qu'on  p.rli 
du  Diagrede  qui  nef  autre  chofe 


Seâion  IX, 

que  la  Scammonée  corrigée. 

Voyez.  MeJJieurs,  qui  paroifii 
étroitement  attache'^,  â  l'efmon 
de  Bauderon  fur  U  Hjer^a  Lo.god^, 
fans  vms  donneif  la  pitne  dgv0- 
infrufie  ailleurs  ,  ou  bien  de^par- 
courirfa  Paraphrâfe  ,  peut:  favojr 
s'il  obfervpit  en  toutes  fa  comfofi. 
tiens  ,  oitil.  y  entre  des  fiiaplep  mé¬ 
dicaments  violens  &  znalins  ;  ce. 
quil  a  négligé  en.  ladite  Hiere  Lo- 
godij  ,  &  vous  y  aurie\tromé ces.^ 
manifefes  éontradifiops , enfe^ace 
de  neuf  ou  dix  p  âge  s'âe  papier , 

Vnfi  .çinquiéme  contradiUiop  pa¬ 
rait  ep  la  même  Seéliop.^d’  auUvre 
fm  alleguf  "ku  mélange  du  DiaprUf 
nis ,  ou  À  dit  avoir  ôté  trois  drach¬ 
mes  de  Canelle  qui  entraient  dans  U-, 
dite  compoffion.^r  trois  livres  d'ë-' 
lefuatre  ,  par  qp  quelle  efi-trop 
chaude  pour  la  fie.vre s  ardentes  :  qui . 
que  cffpitpiui  fajfe  rcfiexipn  là  def- . 
fm  fins  contredit jugera  de  la  ne- 
cefîie  qutl  y  a  de  corriger  Us  Me-, 
dicamens  acres^&  malins..',  que  fi- 
Bauderon  veut  qu'on  obferve  xs. 
qu'il-  vient  de  dire  'touçhant  la  Q- 
locy  nthe  pour  les  Hieres ,  &  PUit- 
les  ,  qu'il  veut  qu  'on  y  ftbfitué  Uf 
Trochifq  ues.^.  Alhandal  ,  &  pf' fi-, 
Confeélipn  Hamech,  que  là  Scammoq. 
né^,^it  ' corrigée  par  les  Pj^snes  ^ 
Tamarinds  j  &  que  les  Myraba- 
lans  qtti  entrent  dans  la 'poudre, 
fient  confiquez  ,  ou 
d’huile  d’ Amandes  douces.pourcf^, 
riger  leur  ficcité  5  &  quiL  efi  a  avis , 
qu’on  y  mette  la  Scammonée' corn-.  , 
gée ,  qui  efi  le  Diagrede  ;  &  au 
Diaprunis  fur  trois  livres  dtpt‘V 
Sleétuaire ,  quil  en  ait  re.pranche 
tràis  drachmes  de  Canelle"-,  â  kaùft 
de 


Dô^  Hieres.  41? 


dept  chaleur  ‘Jugez  je  voM  prie  à 
quqy  ne  ferohs'-hbui  pM  oïlMf.^  de 
faire  en  la  Hiera  Logodij ,  dans 
quelle  il  y  entre  ,  comme  aftéff- 
dévant  'dit  ingrédient  des 

plus-‘ rh'alins  violéns  ,  &  deletaires 
quo'h  tire  dey  vegetyiHx'  fkns  aucu¬ 
ne  preparaf  hn  ny  corrediion ,  qued 
la  Scille  qui  èh"  fait  un  huitième , 
que  iÂutheur  demande  quelle  foit 
terrifiée ,  ou'dejfeichée  ,  &  cefi  fui- 
vant  Mef^é  en  fin  fécond  Theore- 
me^pour  luy  augn?e.nter  fit',  vertu 
purgative  ,  de  maniéré  que  toutes 
ces  confiderdèiôks  qui  font  tres-gr un¬ 
ies  ,  lé  devaient  perfmder  de  don- 
neFfon  fentiih'ent  d  corriger  un  cha¬ 
cun  defdit's  ingrediens,  comme  je  fe- 
ray  encores  'voir  enfiiitte  en  la  con¬ 
fection  deyPilkles ,  eu  il  a  obfervé 
ce  que  je  viens  de  dire  ,  quey  que  tù 
nécejfité  ny  fuft  pas  Jî grande  j  dau- 
tant  plùî  qu  il  dit  ,  aprelfi.NicP- 
latfs  Myrepfm  ,  que  la  'Hiera 
Lo^dij  Convient  aux  bilieux  ,  &  d' 
lalLepre.  ^ 

Non-content  des  raifons  Jus  allé¬ 
guées  dît  Paràphrajte  qui  veut  que 
Ici  Medicamens  Jîmples  qui  font 
malins  ,  qtton  employé  dans  les 
Pleftuaires  cy-deffus  fpe'cifieljfqïent 
corrigé z^fay  ''été  curieux  de  par¬ 
courir  plus  avant  fa  Phdrmacopée^ 
^  notamment  la  'Seéiion  huitième 
des  Pilules,  oitfay  trouvé  en  termes 
expre\^  ès  ytfajlîchines,  qu’il  efid’a- 
qu'au  lieu  de  V ^'garic,  on  prenne 
troqhifquê  ,  par  Ce  quilefi  plus 
purgatif,  &  .  mains  nùifîble  au  ven¬ 
tricule.  "  ; 

Et  aux  Pilules  OBomera'  d  la 
fin  de  la  Paraphrafi il  éfi  d'avü 
P  en  prenne  auffi  ENgark  t'raçhifi 


que  ,  &  de  la  Cqlocÿff^he  corri¬ 
gée  ,  quoy  que  Nicol.  Myrepfus  les 
demande  fans  cerreUien. 

Comme  aujfi  aux  PilUles  de  5  . 
Myr'obalanorum  qui  font  du  më- 
rnè'  'Àutheur.  ,  il  veut  fembl^ble- 
ment ,  qu'au  lieu^de  la  Colocyn- 
the  ,  '^on  y  mette  les  Trochijques 
Æhandal. 

Es  Pilules  Aggregatives  dé¬ 
crites  par  Mefué  U  dit  qu'd 
part  il  faut'  pulverifer'  les  Iro- 
chifqués  Alhandal  pour  la  Càlo- 
cynthe.  '  ;  ' 

De  même  aux  Pilules  de'jdgari- 
eà  ,  Jldefué  y  demande  l'Agaric  ô' 
la  Colocy  nthe  f  &  Bauderon  vePit 
qu'on  y  fubfijtuë  l’Agaric  troc%ifi 
qué  i;  &  fes'‘lrochifques  Alhandal 
pouir  la  Colocynthe.  Cofieus  fur  Jtie- 
fué,  dit  fur  les  rnèmes  Pilules  ,  que 
fi  on  corhge  le  'Turbïïh,  l- Agaric,  &' 
la  Colocynthe  ,  quelles  ne  feront  pas 
tant  nuifibles.  ■  '  ' 

Et  fernblablement  au  mélange  des  ' 
Pilules  Aurées  'qu'il  attribué  d  P^i- 
cofdus  Jldyrtpjhs  Alcxand’rihiës'', 
il  dit  que  la  Colocynthe  corrigée 
fiera  pilée  d  part  ,  laqéglle  ejl 
becBcûup  plus  ajfeurée  "éfifi  la  non 
préparée  ,  que  l' jiutheur  '  y  de~ 
mande. 

Il  dtPdùJfi  au  mélange  des  Pi¬ 
lules  ,  fine  qiiibus'  dé  Plicolaus  Sa- 
lernitanus ,  yjuil  y  faut  employer 
l' Agaric  trochifiué  ,  'qui,  efi  plus 
vigoureux  ,  filus  affeuré  &  moins 
nuifiible.''  ' 

Et  aux  pilules  Lucis  muforis  de 
Mefué ,  Bauderon  dit  au  mélange,, 
qu'il  faut  trkurér  V  Agaric  ,  &  la 
Coiocynthe  troehtfquex,  a  pdtt ,  & 
l’Autheur  les  demande  fans  prépa¬ 
ration. 


42-  4  Livre  L 

ration.  Il  efi  a  remarquer  que  fur 
trente  cinq  onces  que  la  poudre  qui 
campofe  la  majfe  defdites  Pilules 
pefe  fans  y  comprendre  le  fac  de 
Fœnoml ,  que  M.efué  demande  pour 
la  malaxer  ,  &^il.p.y  entre  fur  tou¬ 
te  cf/te  quantité  qu’une  derny  once 
de  Colocynthe  ,  &  cinq  dn^chmes 
d' jdgaric  ^  &  .f  neantmoins  Baude- 
ron  efi  d’avis  de  des  préparer  afin 
qu’ils  foiept  corrige'^ 

Aux  Pilules  de  Rhabarharo  de 
JHefuéjBaHderm  dans  fa  Paraphra- 
fe,  dit, ces  Pilules  non  pim  que  nelles 
de  Rhafis  livre  9.  chap.  69.  ne  font 
point  ufitées  d  caufe  du  Mcz.ereon 
qui  y  entre,  qui  efi  le  Th^melea ,  ou 
Chamalea  que  les  Arabes  confon¬ 
dent,  comme  dit  JHatthiole  livre  4. 
chap.  [67.  fur  Diofcoride ,  cette  re- 
marque'n  efi  pas  de  petite  confidera- 
tion  :  car  fur  neuf  onces  deux  drach¬ 
mes  de  poudre  fans  y  comprendre  le 
Sérum  laSlis  pour  la  malaxer  ,  n’y 
entre  que  quatre* drachmes  de  Me- 
K.ereon  ,  qui  ont  fait  entièrement 
abandonner  l’ufage  defdites  Pilules, 
luge  K.  fans  préoccupation  ce  qu’on 
ne  doit  pas  faire  de  la  Hiera  Lo- 
godij ,  ou  il  entre  cinq  onces  &  demy 
de  fimples  médicaments  purgatifs 
des  pim  malins  que  nom  ayons  ,  qui 
font  encore  s  accompagnez,  d’un  bon 
nombre,  d’autres  qui  font  chauds 
jufqu’au  troifiéme  degré  ,  fans  y 
comprendre  d’autres  purgatifs  qui 
font  au  nombre  de.  prois  ou  quatre, 
qui  relevent  de  beaucoup  la  malig¬ 
nité  des  premiers. 

Et  pour  clorre  les  raifons  qui 
font  voir  la  necejfité  qu'il  y  a  de  pré¬ 
parer  ou  de  corriger  les  Jlledica- 
ments  malins ,  je finiray  par  les  pro- 


Seüion  IX* 

près  termes  dqnt  VAutheur  deUpa. 
raphrafe  s’efifervy  aux  Troehifques 
Alhândal.  De  la  Colocynthe  airfi 
préparée  &  corrigée  ,  fe  doivent 
fervir  les  Médecins  ,  é'  -npathi. 
caires  en  toutes  les  compofitions 
qu’on  adapte  intérieurement rVomme 

font  les  Hieres-,  &  PiluleT,quoy  qu'il 
ne  fut  exprejfement  fpeàfié  pa 
l’Autheur. 

Voila  beaucoup  de  témaignagss 
que  je  viens  de  recueillir  de  U 
pharmacopée,  de  Bauderon  ,  qui 
fervir-ont  pour  fortifier  tant  de  et- 
lebres  authoritez.  cy  -  devant  ak- 
guées  des  Autheurs ,  que  d'un  fic¬ 
elé  à  l’autre ,  tom  les  plut  doUes  de 
la  Médecine  ont  réitéré,  &  tout 
enfemble  fermeront  la  bouche  aux 
parefieux  qui  arrefient  leur  veujé  & 
la  bornent  au  premier  objet  qui 
frappe  leur  fins  comme  nom  avons 
veu  au  jugement  de  ‘la  Hiera  Lo- 
godij  que  s’ils  eujfent  détourné 
leur  veué  tant  fiait  peu  dans  cette 
Pharmacopée  ,  fans  difficulté  ils 
euffent  été  d’opinion  contraire, 
puis  qu'en  des  compofitions  de  moin¬ 
dre  confequence  ,  -  je  veux  dire 
dans  lefquelles  n’entre  pas  une  fi 
grande  quantité  de  purgatifi^t- 
lins  -,  neantmoins  il  en  confiille  & 
ordonne  la  correétion  ,  imitant  en 
cela  tom  les  pim  recens  ,  qui  re- 
connoijfans  la  faute  que  les  An-^ 
ciens  ont  faite  ;  fi  ce  n'a  pp  ete  a 
leur  égard-,  qui  pouvaient  être  des^ 
hommes  pim  robuftes  &puiffans  ,  a 
tout  le  moins  ce  feroit.  aujour^uy 
à  nôtre  gritnd  préjudice ,  défaire  en¬ 
trer  dans  nos  compofitions  des  médi¬ 
caments  fimples,  tels  que  les  anciens 
les  décrivent  ,fans  corriger  leur  me- 


De^  H  ter  es,  4x5 


îUe  que  par  le  mélange  de  cer¬ 
tains  autres  médicaments  chauds, 
fans  être  douez,  de  qualité"^  con¬ 
traires  ,  qui  efi  le  vray  moyen  pour 
refrener  celles  qui  contrarient  a  nô¬ 
tre  nature  :  le  froid  ou  le  ternperé  & 
l'aigre  corrigent  l'acre  ,l'amer ,  &  le 
filé  de  même  ;  le  falé  ,  l'amer  ou  l'a¬ 
cre,  corrigent  le  froid  ,  &  l'humide, 
far  ce  moyen  nom  rendons  les  médi¬ 
caments  fimples  qui  font  de  leur  na¬ 
ture  deletairés  ,falutair&s  &  propres 
àâtremùen  ufrige. 

Il  efl  d  remarquer  que  les  compo- 
fttions  que  les  Autheurs  qui  font 
ncnui  entre  les  modernes  &  les  re¬ 
cens  ont  'luge  être  fernicieufes  ,  ils 
les  ont  deiaiffées  ,  pour  être  compo- 
fées  de  quantité  de  fimples  trop  vio- 
ients ,  comme  il  nom  eft  aifê  d'en  ju¬ 
ger  par  celle  de  la  Hiera  Logodij 
dont  efl  queflion  ,  qu’on  a  confideré 
fon  ufage  pernicieux  j  &  cettt'verité 
paroit  évidemment ,  de  ce  que  tomles 
Médecins  qui  ont  dre  fié  des.  Phar¬ 
macopées  fioit  en  particulier  ,  ou  par 
.deliberation  des  Vniverfitef,ils  l’ont 
tous  rejettée. 

Nicolam  Prapofitm  nom  donne 
■la  fécondé  defcription  ,  Fvecker  en 
baiMe  deux  ,.  fravoir  la  cinquième 
'&  la  fécondé  ,  Mefiué  dans  fon  An- 
tidotaire  nous  baille  la  féconde , 
Paulus  Suardus  dans  ,  fon  Thefau- 
rus  Aromatariortim  décrit  la  troi- 
fiéme ,  Vdlerus  Cor  dus  donne  .la  fé¬ 
condé  ,  les  Médecins  d'AuJhourg, 
ceux  de  Londres  ;  nôtre  célébré 
Chancelier  avec  Bauderon  nous  dé¬ 
crivent  la  fécondé  ,  &  -  quantité 
d  autres  Pharmacopées  ne  fant peint 
fienfton  d'aucurie  des  cinet  dif¬ 
ferentes  defcriptions  des  Hieres 


que  Nicotaus  Alexandrihus  ,  avec 
Nicbl.  Myrepfus  attribuent  a  Logo- 
dius  pour  les  avoir  jugées  perniciéu- 
P  ou  fufiebtes  en  leurs  ufage. 

le  vous  conjure  tous  ,  qui  mépri- 
fe^  l'a  préparation  ou  correêtion 
des  Médicaments  fimples  purga¬ 
tifs  violents  &  malins  ,  de  confide- 
rer  pourquoy  tant  de  célébrés  (^fa¬ 
meux  penfionnages ,  que  je  viens  de 
citer  ont  delaifié  &  rejetté ,  cette 
première  defcription  'de  Hiera  Lo¬ 
godij  :  je  finis  pefinadé  qu'on  ne  fiau- 
roit  alléguer  autre  raifion  plus  pro¬ 
bable,  que  celle  du  danger  qui  s'en 
pourrait  enfiuivré  de  fon  ufage  ,  à 
caufe  de  la  quantité  des' fimples 
medicamens  purgatifs  violents  qui 
y  entrent ,  au  poids  de  cinq  onces 
deux  "drachmes ,  comme  a  été  cy- 
devant  dit ,  fur  cinq  livres  douze 
onces ,  que  pefie  toute  la  dite  cem- 
pofition  ,  &  vous  faits  jugez  du 
danger  qu'il  y  peut  avoir  de  com- 
pofier  cette  première  defcription  de 
Hiera  Logodij  fans  corriger  la  iier- 
tu  caufli'que  &  brûlante  de  l'Eu¬ 
phorbe ,  de  l‘£llebore  ,  de  la  Scani- 
monée ,  de  la  Colocynthe  du  Mezè- 
reon  &  la  violence  de  l’ ElateHum, 
comme  aufii  les  fâcheux  accidiSnts  du 
vomifiement  qui  font  caufiez  par 
PAgaric  ;  puis  qu'il  ne^  nous  efi  pas 
loifible  d’employer  le  Senné  fans 
correEiif,  la  Rheubarbe  aufii  qui  efi 
bénigne  en  infufion  nous  l'accom¬ 
pagnons  toujours  d'un  de  fies'corre- 
tip  ,  &  un  nombre  infini  d'autrèsi 
de  femblable  nature  ;  Et  partant 
je  conclus''  avec  tous  les  fiages  & 
prudens  Médecins,  que  la  Colocyn¬ 
the  ,  i' Euphorbe' ,  la  Bcammonée, 
LeMezereon,  oHThymelia,l' Elle-- 
H  h  h  bore 


42-  6  Livre  J. 

bore  noir  ,  VElaterion  ,  &  l’ J garic 
doivent  être  exajdement  préparé'^ 
&  corrigez  en  toutes  les  cernpoji- 
tians  de  Hier  a,  Logodij ,  &  parti- 
culierement  en  oeUe  dont  efi  que- 
Jtion ,  &  non  feulement  icy ,  mais  en 
toutes  les  autres  comp options. 


Hicra  picra  fimplex D. 
Rhaf., 

'y:.  Rofarum  ruhrarurn , 

Spica  Hardi  , 

Mafiiches  , . 

Xylobalfami  ^ 

Carpobalfami . 

Cinnarnomi , 

Xj/lecaJfifi^ 

uojdri  ,f  ng,.  drach.  un&m.- 
dlo  'ès  Socotorina  ,wnc.  dttas. 
Xerantur  exaBifimè  &  per  crihrum 
décujfa  in  ufum  reponantur. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

QVoy  que  la  defcription  de  la 
Hiera  fmple  de  Rhafs  cy- 
jointe  différé  de  peu  de  celle  de  Ga¬ 
lien  cy-devant  décrite  ,  je  n’ay  .pas 
laiffé  de  l’ajouter parmy  mes  Remar-r 
ques  y  par  ce  que  fans  icelle ,  on  ne 
pourrait  légitimement  compofer  les 
Rilules  Cocchées  de  Rhafis  ,  çfr  y 
fiihfiittier  en  faplace  celle  de  Galien, 
que  nous  tenons  ordinairement  dans 
nos  boutiques  ,  dr  que  nom  em¬ 
ployons  indifféremment  dans  tou¬ 
tes  les  compoftions  ,  &  pour  éviter 
a  l'avenir  yareil  manquement  'fen 
ay  tiré  la  defcription  met  à  met, 
du  livre  neufviéme  de  Rhafis  ,  dé¬ 
dié  au  Roy  xilrnanfor  du  chap.tr oi- 


SeLlion  IX» 

fiérne  de  la  douleur  &  apofieme  d» 
l’efiemach,  cette  Hiére  fe  trouve 
rarement  dans  les  Fharmacopéej. 
entre  ceux  qui  la  déçriventfont  và- 
lerius  Cordus,  que  Bauderon  en'fa 
Raraphrafe  fur  les  Pilples  Çecchéet 
de  Rhafis  accufe  de  l'avoir  fûppo. 

fée  des  Médecins d'Jufiourg  'en  leur 

édition  pliée  en  long  ,  dans  laquelle 
s’ efi  gliffé  une  faute  par  mégarde,. 
qu'on  y  a  ajouté  les  Cubehes ,  j'efii- 
me  que  cela  a  procédé  de  d’impri¬ 
meur,  puis  que  dans  trois  autres  édi¬ 
tions  que  j'en  ay  in  fçlio  ,il  n’en  efi 
point  fait  de  mention.  'Ceux"  qui 
voudront  réduire  cette  Hiere  infor¬ 
me  d' jEleéluaire  ,  le  pourront  facile¬ 
ment  en  mêlant  la  poudre  qui  doit 
être  fort  fubtile  ,  fuivant  fin  du- 
theur  avec  une  quantité  convenable 
de  miel  defiùmé. 


Hiera  Dlacolocyntliidos  Pa- 
chi}  D.  Scribon.  Largi. 

’ijL.  Stçechadis  Arabie ss 
Marrubij  feu  Praffij  albi, 
Chamadryos  ,■ 
yigarici  fœmininil& 
Golocynthidis  ,fng.  drach.  decem- 
Opopanacis  , 

Sagapeni  , 

Seminis  P etrofilini 
Arifiolochiss  rotunda  , 

Piperis  albi  ,  fi/gul.  drachm- 
quinq. 

Onnamomi  ,feu  Ganella feleéte, 
Spica  Hardi, 

Myrrha , 

Folij,  (  Mef  .  &  My  repf  lcgunt  Po- 
Iq  facilis  fuit  Typographi  lapfiu, 
pro  F.  reponéntis)  & 

Cratt„ 


Deé  Hkres.  417 


Cmi  ,ftrig.  irttch.  quatuor. 

Mcllù  optmi ,  &  deffumati  tri- 
plum  :  hoc  çfi  lib.'tra. 

PARAP  HRASE. 

CEtte  Hiere  eft  nopimée  du,fiom 
de  fà  bafe  la  ColQcynthe  &  re- 
feri^  à  ,  Pacchius  natif  et' -  ntioche 
aiitliteur  de  Catinenfe,  çorniTie  de  ce- 
liiyiqui  avdit  éprouvé  fes  ^grandes 
&  rares  vertus  à  fort  honneur ,  & 
profit  'des  malades.  Non  qu'il  en. 
altéré  l’inventeur,  car  long-temps  , 
auparavant  .'elle  avoir;  été  q,fitée. 
Paul  Æginete  ,  au  livre  7 . ,  chapi¬ 
tre  8.  &:  Mefûé  la  referent  à  Ar- 
chigene.  My^repfùs  en  la  Seétion 
vingt  trois  des  ,  Antidotes  chapi¬ 
tre  Z 2.  la  nomme  Hiere  de  Marru- 
be  Ce  Pacchius  fut  fi  accorc  (  à 
ce  qu'écrit  Scribonius  Largus ,  au 
chapitre  5)7.  du  livre  qu'il  a  écrit  de 
la ’compofition  *des  médicaments  ). 
que  luy  vivant  ne  voulut 'donner 
cette  defeription  ,  ny  montrer  de 
quels  médicaments  il  l'a  compofoit, 
le  contentant  "du  profit,  qu'^en  ti¬ 
roir  ,  &  de  rédiger  en  un  Æn  livr'e 
par  écrit  les  diverlès  &  difiSciles  ma¬ 
ladies,  que  par  fon  uüge  il  en  avoir 
gueries.  Luÿ  mort,  le  proconfiil  , 
qni  pour  lors  prefidoit  en  Antio¬ 
che,  trouva  ce  livre  en  fi  Biblio¬ 
thèque  ,  parmy  d'autres  :  lequel’ 
ayant  leu  &  trouvé  en  iceluy  cho¬ 
ies  rares  &  dignes  d’un  Empereur 
amateur  des  lettres  l'cnvbya  à  l'Em¬ 
pereur  Tibere  Celàr  (  fous  le  rég¬ 
né  duquel  nôtre  Sauveur  ,  &  Ré¬ 
dempteur  lefus-Chrifl:  foulirit  mort 
&  paffion  )  qui  le  commupiqua  in- 
continant  à  fon  Médecin  Scribonius, 


qui  a  tranfork  en  fon  livre  fos  allé¬ 
gué  ,  tout  ce  qu'il  trouva  d’cxeel- 
lent  au  livre  de  Pacchius,  Sc  ce  qu'il 
en  avoit  depuis  expérimenté.  Du  de¬ 
puis  on  l’a  nommée  de  fa  bafe ,  la 
Colocynthe  ,  comme 'nous  avons 
dit.  Cette  defoription  mérité  d’être 
préférée  à  toute  autre  de  femblable 
nome  foit  de  Ruffus  ou  autre.  Les 
gommes  ou  liqueurs  ,  de  Sagap>e- 
num  ,  &  Op’opanax  ,  y  font  mis 
pour  corriger  l’acrimonie  exulcera- 
tive  des  membranes  du  ventricule  ôc 
inteftins  dé  la  bafe  ,  &  la  rendre  lu¬ 
brique,  ^  pour  deterger  le  phleg- 
me  :  le  foffran  y  eft  mis  pour  la  de- 
fence  du  cœur ,  contre  la  nuilànce  de 
la  bafe,  le  Nard  Indique  pour  celle 
du  foye  :.la  Canelle,  Folium,  Poivre, 
Myrrhe,  &  fomence  de  perfil ,  y  font 
rnis  pour  incifer&  attenuer  le  phleg- 
me,  confirmer  les  vents,  &  refifter 
à  la  pourriture  des  humeurs ,  &  cor¬ 
roborer  k  ventricule.  L'Agaric  con¬ 
duit  là  vertu  au  cerveau  ,  &  jointu¬ 
res  ;  le  Praflium  à  la  poitrine,  le  Stœ- 
cas  au  foyé  &  à  la  ratte  ,  l'Arifto- 
loche  à  la  matrice  ,  le  miel  conlèrve 
les  e^eces  ,  rend  leur  aétion  meilleu¬ 
re  3  &  donne  la  forme. 

Z£  MELANGE. 

Le  mélange  n’eft  point  dilTem- 
blable  à  celuy  que  nous  avoni 
déclaré' en  l'Hiere  de  Logodiiis,  fi 
on  veut  faire  un  Elecluaire  mol  : 
Horfinis  que  Paul  Æginete  confeille 
de  fondre  les  liqueurs,  avec  Hydro¬ 
mel  ,  &  non  au  vinaigre ,  pour  les 
raifons  cy-delTus  déclarées.  Qiie  fi 
on  veut  garder  la  poudre  peur  en 
compofer  Pilules  ,  Opiates ,  ou  autre 


Livre  L  SeBion  /X  Des  Hieres. 


genre  de  remede  ,  il  fendra  nettoyer 
les  liqueurs,  &  les  pülverifer  avec 
les  autres  fecs ,  pour  garder  fe  ront  à 
la  necelfité.  '  Pourveu  qp'un  Apoti- 
caire  tienne  en.  fa  boutique ,  ces  cinq 
différences  dé  Hiere  ,  il  fiffit  pour 
toute  antre  qu’on  fçauroit  defirer,  fbit 
de  Ruffus,  Hernies,  Galien,  Archi- 
gene ,  ou  des  Arabes ,  defeuclles  on 
ie  fèrvira  lelon  les  faifbns,  âges,  com- 
plexions,  caufes,  5c  temps  des  ma¬ 
ladies  diverfes. 

Z£S  FA'CVLTEZ.  \ 

On  l’ordonne  heureufement  con¬ 
tre  plnfieurs  maladies  ,  dit  Spribo- 
nius.  -Car  elle  guérit  les  epilepfîes, 
manies  ,  tournoyetueijs  ,ik.  yonleurs 
de  tête ,  les  afthincs ,  &  difficultcz 
de  refeircr ,.  les  affeéhi.ons  foporife- 
res  ,  î’cphialtes ,  de  plufieurs  autres 
maladies,,  tant  des  yeux  &  aureilles,. 
que  de  la  têm.  Elle  piirgç  âuffi  tres- 
bien  reftomaçh  ,  &.  corrige  fes  yices 
du  foye.  Nettoye  la  ratte  ,  &  dimi¬ 
nué  là  dureté ,  foulage  les  maux  des 
inteûins ,  &  difeute.  lés  tumeurs  de 
toutes  ces  parties ,  ou  les  fbit  bien-tôt 
pafoître ,  &  provoque  les  purgations 
retenués. 

REMARQ^VE. 

Ette  Hiere  efi  diverfement  dé¬ 
crite  datts  les  Dijpenfaires  : 
Bauderon,  Falerim  CordH6,le's  Mé¬ 
decins  de  Lyon,  avec  du  Renou  font 
conformes  ;  Mefué  ,  le  Luminare 
ma]ui ,  les  Moines  ,  &  autres  diffe¬ 
rent  grandement  [de  ces  premiers  en. 
leurs  dejeriptions  3  tant  au  nombre 
des  Jtmphs  qui  la  compofent,  quen. 


leurs  dofes  ;  ceux-cy  mettent  le  fo¬ 
lium  au  Heu  du  Folium  ,  pe  Us 
premiers  entretenu,  ^elle  àéffrip. 
tion  quon  dijpenfe  .  iï  fe  faut, toi 
jours  fouvenir  de  fubfiituerà  U  Ce- 
locynthe  les  Trochifques  Alhandal, 
dr  enja  place  de  l'Agaric ,  l' Aga¬ 
ric  nouvellement  trdchifqué ,  quoy 
quil  ffoit.  dit  derechef  par  Baude- 
ron  que  le  Sagapenum ,  &  l'Opop»- 
nax  y, .font  mis  pour  corriger-  ta- 
crimonip  exulcerative  de,  lu  Colo- 
cynthé. 


Hiera  picra,  D-Mef. 

Alo'és  Soccotorina 3  drach.quinr 
decim.  , 

Epithymi  ,&■ 

Cofii  3  ana  drach.quinque. 
Euphorby  3.  - 

Croci  3 

Spica  Mardi  , 

Chamadryos  3  ana  drach.fex: 

Agarici 

Caffia  lignea  , 

Maftiches  3  cÈt 

Calami  aromatici  ,  ana  drachm. 
feptem. 

Xylobalfami  3  drach.  quatuor. 

Cary  ophy lier um ,  & 
Scammonijpraparati,  ana  drachm- 
duos. 

Tiperis  alhi ,  çér 
N.igri  3 
Centiana  , 

Amomi ,  ana, drach.  unam.. 

Mellis  deffumati  quantum  fiiffid(~ 
fiat  Eleèluarium.  : 


RE, 


Livre'!.  SeBion  X.  De^Tilules.  419 


.  R  E  M  A  R  QJ  E. 

Pour  lej^raifom  cy-devknt  dites 
en  la  Hiere  de  Rkajîs\  'fay  in¬ 
féré  la  defcriptien  cfy-dejfm  de  la 
Hiera  fiera  de  Mefué  ,'^'afin  que 
l'ArtiHe  ne  fiit  pas  en  peine  a  l'a¬ 
venir  de  récourir  ailleurs  qüdnd 
U  voudra  compofer  les  Pilules  de 
Agarico  de  Âdefué  ,  &  telles  au¬ 
tres  compojïtions  du  meme  Au- 
theur. 

Pour  le  modus  faciendi ,  il  ny  a 
non  plus  de  difficulté)  qu’a  celle  de 
Nicolaùi  Alexandrinm:  l’ Euphorbe 
doit  être  exaêlement  corrigée  ,  com¬ 
me  enfeigne  Mefué  'au  livre  des 
fmples  médicaments  purgatifs  ,  en 
fin  propre  chapitre.  '  ' 

SECTION  X. 

Des  Pilules. 

De  Piltilù  in  généré. 

I  L  VL  A  eft  le  diminutif  de  Pi- 
la  J  ainiî  dite  pour  caufe  de  fa 
figure  fpherique  &  ronde  :  les  Grecs 
les  nomment  Catapotia  ,  nom  dérivé 
du  Grée  Kcira.vtiva> ,  id  eft ,  devdroj 
^  pource  qu’on  les  avalle  fans  mâcher. 
viLT  figure  ronde  a  été  inven¬ 

tée  par  les  Anciens  ,  afin  que  de  fes 
parties  inégales  ,  le  ventricule  qui 
premier  les  reçoit  ,  n’en  fût  blefséj 
&  qu’il  les  embrafle  plus  facile- 
nient  &  les  reduife  de  puilTance  en. 
aftion. 

L’autre  raiibn  eft  pour  s’accona- 


moder  aux  malades ,  qui  ne  peuvent- 
lifer  de  potions  purgatives ,  &  ufent 
facilement  de  chofes  folides. 

La  troiziéme  donnée  par  Chrîfto-  Trotté. 
phorus"  Florentin' ftir  Meftié  J  eft  afin 
d’ïttirer  plus  commodément  des  par¬ 
ties  éloignées  les  humeurs  froides, 

&  vifqueufes,  qui  ne  cederoiènt  aux 
médecines  liquides  ,  qui  séjournent 
moins  au  ventricule. 

La  quatrième  eft  pource  que  la  - 
plus  part  font  composées  de  medî-  iriémey 
caraents  malins^  violents ,  &  ingrats 
au  palais»,  qui  s’inlînueroient  facile¬ 
ment  aux  membranes  du  ventricule 
&  inteftins  ,  &  rongeroient  par  leur 
acrimonie  les  veines  Capillaires  du 
mefontere,  &  veine  porte ,  dont  s’en-’ 
foiyroient  grandes  douleurs,  hyperca- 
tharfes  ,  &c.  Deiquels  neantmoins^ 
étant  bien  corrigés  de  leur  nuifon- 
ce  ,  &  accompagnez  /  nous  en  ufons- 
avec  heureux  foccez  à  guérir  les 
grandes  maladies  ,  qui  ne  le  peuvent 
guérir  par  médicaments  bénins  &- 
gracieux. 

Des  Pilules,  les  unes  font  Anodi-  Difer^^ 
nés  &  incraftàntés,  comme  celles  de 
BdelIio,  &dc  Cynogloife.  Les  au¬ 
tres  font  alteratives ,  comme  celles 
qu’on  attribue  à  Ruffus  ,  les  autres^ 
Alcphangines ,  de  Maftich ,  &  d’A- 
lôes  lavé ,  qui  purgent  peu  ,  &  cor¬ 
roborent  beaucoup.  Les  autres  font 
purgatives  ,  ou  de  la  première  ré¬ 
gion,  comme  celle  de  Hiere  fimple,. 
de  Benediéle  ,  &  Affajeret  :  oiv  de¬ 
là  féconde  région  »  comme  celles- 
des  cinq  efpeces  de  Myrobalans ,  &C.. 
ou  de  la  troizicme  liabitude  de  tout 
le  corps  ,  comme  celles  de  la  pier-- 
re  d’Azur  ,  &  Arménienne,  Arthri-- 
tiqiics,  de  Colocynthe ,  &c  qui  avec: 

H  h-h.  }  force.' 


430 

forc;c  purgent  des  parties  loingtai- 
nes..Les  autres  différences  qui  fe  pren¬ 
nent  de  la  nature ,  &  difpofîtions  des 
maladies ,  &  de  leurs  efets ,  le  peu¬ 
vent  rapporter  à  ce  que  deflïis. 
rfttsin-  Nous  Lifons  des  incraflàntes  'en 
erajftin-  £q^.j  petite  quantité  >  à  caulè  de  leur 
*tgrân  narcotique  j  envitônd'lienre  du 

tium.  lômmeil  :  c^es  alteratives  ie  matin' à 
jeun  trois  ou  quatre  heures  avant  le 
repas  fans  garde  ;  ou  plus  où  moins 
félon  les  âges ,  iexe»  failbns ,  com- 
plexions  des  malades. 

VargA-  Lgs  purgatives,  de  le  première  re- 
tium^  gion  fe  doiveac  prendre  loing  du 
repas ,  leftomach  étant  vuide;  celles 
regtonu.  feconde ,  &.,^i- 

ziéme  regiori,  iê  prendront  plusloihg 
du  repas ,  ou  aprez  le  premier  fopi- 
meiIj  ..ou  quand  le  malade  s'en^va 
coucher  ,  s'il  n  a  foupé  ,  puis  dor¬ 
mir  aprez  :  &  délors  qu'elles  com¬ 
mencent  d'operer  >  il  faut  veil¬ 
ler,  &  ne.  Ibrtir  à  l'air  de  ce  jour, 
pour  les  dângers  qui  en  pourroient 
Sot»,  avenir.  On  n'en  doit  ulèr  au  com¬ 
mencement  des  fievres  ,  &c  lors  que 
les  humeurs  font  fixés  dans  les  corps 
&C  crues  ,  poLirce  qu’elles  les  ébran- 
leroient,  &  ne  les  évacueroient,  d’où 
s’enfoivroienc  plufiieurs  fyinptomesî 
autant  ou  plus  fâcheux  que  le  mal 
même.  Les  maigres  &  qui  ont  l'e- 
ftoraach  fort  foible  ,  n’en  doivent 
ufer  ,  pource  qu’ils  ne  les  peuvent 
réduire  de  puilîànce  en  aétion  fans, 
dommage.  » 

Modtcs.  La  manière  de  les  prendre  .,  cft 
diverfè ,  félon  la  nature  dès  malades, 
&  leur  coutume  :  les  unes  facile¬ 
ment  foules,  ou  dorées  :  les  autres 
avec  quelque  liqueur  plaifante  ,  foit 
via-j  Syrop  >  bouillon  ,  œuf  mollet. 


Livre  h  Seâion  X. 


vin  cuit,  Raifînée,  po'ûlpe  de  Pom¬ 
mes  cuites ,  de  Prunes  ,  de.  Raifms 
(  non  avec  leurs  écorces  ,  qui  fou- 
vent  empêchent  qu’elles  ne  fe  peu- 
vent  dilîoudre  dans  l’eftomach  )  on 
pain  à  chanter,  mublies  ypain  cuit,  ou 
autre,  femblable  matière.  La  pou¬ 
dre  de^  Pilules  Anodines,  &,ineraC- 
fantés  ,  &  qui  font  deftihées  pour  la 
première  région,  ne  doiç^être  fifob- 
dlc  que  pour  la  deuxième  &  ,trpi-' 
ziéme  région  :ny  de  celle's-cy,  tant 
fubtiles  que  pour  les  Eleétuaires' 
mois  ,  ou  folides ,  alteratifs ,  ou  pur¬ 
gatifs  :  afin  qu'elles  foient  4e  plus 
longue  durée ,  &  fojournenc  plus  au 
ventricule  ,  &  que  leur  ateraebon 
en  foit  plus  grande  ,  aullà^  qu’étant 
fort  fubtile,  elle  s’infi^nueroic  làcile- 
ment  aux  membranes  inferieures  du 
ventriciilp,  &  inteftins  &  dans  les 
veines  meferaiqiies ,  &  cauferoic  par 
fon  acrimonie,dbuleurs  hypercathar- 
fos,  &c.  Celles  qu'on  veut  tôt  pren¬ 
dre  ,  fe  peuvent  malaxer  avec  eau 
diftillée,  via,  fuc ,  ou  decoétfon  con¬ 
venable  à  la  bafe  :  celles  qufon  veut 
garder  long  teras  ,  feront  malaxées 
avec  miel  Rofat ,  Oxymcl  ,  Syrop» 
ou  liqueur ,  ôc  Gommés  ,  ou  autre 
femblable  corps  gluant,  &  vilqueux, 
afin  que  l’air  ambiant  ne  les  dellei-i 
che  ,  ayant  qu’elles  foi.cnc  fcrràen* 
tées.  , 

La  malfe  fo  doit  former  les  mains, 
oinétes  de  quelque  huile  doux,&  l’eu- 
veloper  de  peau  blanche,  non  tein¬ 
te,  ou  parchemin  blanc  au  lî  engraif 
sé ,  afin  de  fi  bien  boucher  les  potes, 
d’icelle,  que  l'air  ambiant  nedilCffi 
fa  vertu. 


Des  Pilules.  4-^1; 


De  Pilalis  in  fpecie. 

PiluU  de  Cjnogliffo  ,  D.  ASef. 

Myrrhe  optimx.  idrachm.  [ex. 
Thurü  maris ,  drach.  qmncjue. 
Radie.  Cynoglejfi ,  d^ach.  quatuor, 

Seminü  Éyofeiami  alhi ,  &  . 

Opii ,  utriufque  drach.  quat'uor. 
Croci,-'&  ■ 

Caftorei  (  cum  Fernelio  )  utriufque 
"  drach.  unam  &  femij^. 

Cum  aqua  Rofarum  fliUatitia ,  vel 
SyrupB  Ftolato  forma  majfam  ufui 
reponeudam.  ' 

PharmacopsLM  ,  qui  haï  P  Uni  ai  in 
ojficina  parafas  hahuerit  ,  Lau- 
dano  Chimiatrorum  carere  po- 
terit. 

paraphrase. 

L’Aiitheur  de  ces  Pilules  eft  Me- 
lué  &  non  Nicolas  Myrepfus 
qui  les  déciit  en  fon  Antidotaire,  di- 
ûinâion  ro.  Ions  le  nom  de  leur 
effet  3  ad  omnes  morbos  Catarrhi. 
Leur  Baie  eft  l'Opium  j  &  lufquia- 
me  :  lem-  Vertu  incsaffante  èft  au¬ 
gmentée  par  la  racine  de  langue  de 
chien  3  que  les  Grecs  appellent  Cy- 
noglolPum  C  dont  elles  ont  pris  leur 
nom  )  &  Encens.  Le  Saffran,  &  Ca- 
ftot  y  font  mis,  pour  corriger  la  hui- 
fance  de  la  bafe.  La  Myrrhe  pour 
deterger  ce  qui auroit  coulé  aux  poul- 
mons ,  &  fortifier  le  ventricule,com- 
céluy  qui  '  eh  reçoit  le  premier 
•unpreffion  à  bien  ou  à  mal.  Qucl- 
'l*^ts-uns  ne  font  dmyis  de  dilpen- 


ièr  ces  Pilules,  pouree  que  nôtre  Cy- 
nogloll'c  produit  tige  ,  fleur ,  &  fe- 
men’ce  ,  &  non  le  vraÿ  décrit  par 
Diofeoride ,  au  livre  quatrième,  cha¬ 
pitre  l'a  3.  ne  produit  ny  l’une  ny 
l’autre.  Toutesfëis  pax  la  faveur  on 
connoîtra  que  nôtre  Cynoglofle  re¬ 
froidit ,  deflêiche ,  &aclfti'aint,  qui 
font  des  qualitez  propres  pour  in- 
crallcr  les  iheumes ,  à  quoy  ces  Pi¬ 
lules  font  adaptées  par  leur  inven¬ 
teur.  Nous  avons  delaifsé  le  Gero- 
fle,  Canelle  &  Jityrax  rouge, men¬ 
tionnez  par  Nicolaus  Salernitanus, 
commenté  par  Platearius,  comme  inu¬ 
tiles  ,  &  non  mentionnées  par  Mé¬ 
fié  ,  ^duquel  il  les  a  tranferites.  Au 
lieu  d’iccu.x  nous  avons  mis' le  Caftor 
pour  corriger  là'  huifànce  de  l’Opium', 
&  iulquiame  ,  &  ce  par  l’avis  de 
Fernel-hou  me  autant  doéte  ,  &  cx- 
perMenté  .que  nôtre  fiance  en  ayé 
pioduiç.' 

ZE  MELANGE. 

La  racine  de  Cylioglo'flc',  femen- 
ce  de  lufquiame  ,  &  Caftor ,  fe  pul- 
verifè.  ont  enfeinble  :  la  My n  he ,  Saf- 
fran  ,  &' encens  à  part.  L’Opium 
fera  incisé  menu  ,  &  dilîoüt  avec 
l’eau  Rofe,.  puis:  on  y  ajoûtera  les 
poudres ,  aprez  6n  formera  ■  la  maf.  - 
fè ,  comme  dit  eft.  La  dofe  eft  de- 
my  fcrupule  pour  le  plus  (  fi  elles 
font  recentes  ,)  ou  deux  fcrupules,. 

(  fl  elles  font  vieilles  J  pource  que 
par  ficceffon  de  tems,  la  vertu  froi-- 
de  de  la  bafe  eft  furmontée  par  la. 
chaleur  des  autres. 


LES 


Livre  L  Seâton  X, 


452. 

LES  FAC  FL  TE  Z. 

Ces  Pilules  {ont  propres  aux  ca- 
îharrhes  j  à  la  toux  ,  &  autres,  afte- 
(ftions  qui  en  piocedent,  &  provo¬ 
quent  le  lommeil. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

La  defeription  que  Bauderon 
noHi  donne  ,  différé  de  celle  de 
nôtre  célébré  Chancelier.  Celuy-ld 
demande  quatre  drachmes  &  de¬ 
mie  de  racine  de  Cj/nogloffe  ,  &  une 
drachme  &  demie  de  CaHor  ,  & 
cettuy-cy  ,  quatre  drachmes  de  raci¬ 
ne  de  Cynogloffe  ,  &  point  de  Ca- 
ftor,  &  peur  le  furplut ,  ils  font  con¬ 
formes  avec  Mefué ,  excepté  duCa- 
ftor,  que  ce  premier  y  a  ajouté,  com¬ 
me  il  a  cy-devant  dit  en  fa  Para- 
phrafe.  Pour  le  modus  faciendi ,  il 
le  faut  fuivre ,  hormis  qu'il  ne  faut 
point  diffoudre  l’Opium  avec  l'eau 
Lofe, pour  en  malaxer  les  poudres, au 
contraire  il  le  faut  exaéiement  pré¬ 
parer  comme  il  a  été  dit  cy-devant 
au  Reqmes  Nicolai  ,  &  malaxer 
le  tout  avec  du  Syrop  Ftolat ,  ou 
de  Papavere ,  &  ce  fera  un  moyen 
pour  empecher  que  la  maffe  ne  fi 
deffeiche ,  comme  il  aviendroit  fi  on 
les  malaxoit ,  comme  en  feigne  Bau- 
deron  qui  a  fuivy  a  peu  prés  le 
fi'ntiment  de  Nicolaus  Alexandri- 
nus  qui  les  décrit  au  chap.j^ç).  de 
fin  livre  fus-allegué. 


Pilules  de  Bdellio  majores, 
D.Mef 

%.  Bdellii  optimi  ,  drachm.  dm- 
dectrm 

Seminis  Ameos  ,  drach.  très, 
Myrobalanor.  Cepularum , 
Indarum , 

Bellericarum ,  & 
Emblicarum , 

Concharum  Fenerearum,id  efi,Por- 
cellanar.  ufiarum  >  & 

Succini ,  vulgo  Karabe  ,fing.  drach. 
duos  &  femifî. 

Liffolue  Bdellium  fucco  Porri  fe- 
finis  ,  id'  efi ,  non  tranfflantati, 
&  forma  maffam. 

TARAPHRASE. 

CEs  Pilules  ont  pris-  le  nom  de 
lair  baie  le  Bdellium ,  &  le  fur- 
nom  de  grandes,  a  la  diflference  d’au¬ 
tres  de  fèmblablc  nom ,  décrites  par 
Méfué  ,  &  Rhafis  au  livre  neuviè¬ 
me,  chapitre  80.  à  AlmanfoiS  qui 
aiîjourd’huy  ne  font  point  ufitees. 
La  vertu  incralPante  du  Bdelliuraselt 
augmentée ^ar  les  Myrobalans ,  Ka¬ 
rabe  ,  ou  Ambre  jaune  ,  &  les  Por- 
cellaines  brûlées ,  que  Mefué  appel¬ 
le  Ve  nerearumj  de  Venus,  pourçe  que 
les  femmes  de  bas  lieu  s’en  ier- 
vent  pour  ornement.  Ce  font  des 
petites  coquilles  blanches  5  d’alfez  vil 
prix ,  de  connues  d’un  chacun.^ 
contraire  la  bafe  corrige  leilr  apie- 
té  &  ficcité  ,  &  rend  lubriques  les 
Myrobalans  ,  la  fèmence  d’Ameos 
par  fa  vertu  aperitive ,  &  atténua¬ 
tive  du  phlegrae  ,  empêche  que  1^* 


T)es  Pilules,  43  5 


Myrobalans  n  opiicnt  :  le  lue  de 
jeunes  Poiirreaiix  ,  &  /îicculents  dè- 
terge  le  phiegme  ,  qu'il  conduic 
par  le  fiege  ,  veiîîe  &  matrice  ,  don¬ 
ne  corps  à  la  maflè,  &  conferve  le 
tout. 

LE  MELANGE. 

Les  Myrobalans  feparés  de  leurs 
os ,  fe  pulverilèront  avec  la  femen- 
ce  d'Ameôs  ,  y  ajoutant  quelques 
gouttes  d'iiuyle  d'Amandes  ;.les  au¬ 
tres  le  pulvcriferont.  chacun  à  part, 
cela  fait  J  il  faut  dillôudre  au  mor¬ 
tier  le  Bdellium  >  avec  quantité  fuf- 
filànte  de  fuc  fufdit  :  puis  on  y  ajou¬ 
tera  les  poudres  ,  dont  on  forme¬ 
ra  une  raalTe ,  ayant  les  mains  oin- 
étes  d'huile  ,  .laquelle  par  quelques 
jours  fera  exposée  à  l'air,  &  gar¬ 
dée  comme  dit  elt..  La  dofe  eft 
d'une  drachme  à  deux.  Veu  que 
pour  le  jourd'huy  on  nous  appor¬ 
te  de  ludée  »  &  d'ailleurs  le  vray 
Bdellium  ,  ayant  les  marques  que 
Diofeoride  luy  attribué  ,  nos  Apo- 
tliicaires  n'uleront  de  quid  pro  quo, 
s'ils  me  croyent ,  mais  ils  tâche¬ 
ront  de  le  connoître  pour  le  fça- 
voir  bien  choi&.en  l'achetant  ,  & 
s’en  fervir. 

LES  EACVLTE  Z. 

Ces  Pilules  font  propres  aux  ca¬ 
tarrhes  ,  à  la  toux ,  &  autres  affe- 
ûions  qui  en  procèdent ,  &  provo¬ 
quent  le  fommeil. 


REMARQUE. 

LE^  mots  de  venarum  oh  vene- 
rearum  ufiarum  employés  par 
les  interpreteS^e  Mefué ,  dans  les 
diverfes  éditions  de  [es  œuvres  me 
font  naitre  une  difficulté  ,ffavoir  ce 
quil  faut  prendre  pour  né  contfe- 
venir  point  à  l'intention  de  l‘Ju~ 
theur  dé  ces  Pilules.  Ces  mots  chés 
les  Autheurs  font  diverfement  ex~ 
pliqués ,  car  les  uns  difent  venerea- 
rum  id  eft  radicum  Acori,  les  autres 
venearum  id  eft ,  radicum  Chœlidon. 
major,  les  autres  venarum,  id  eft  ra¬ 
dicum  Rubia  tinéiorum  v  &  d'autres 
difent  qu  il  faut  dire  avec  le  texte 
Arabe  de  Mefué  Avellanarum  ufta- 
rum  ,  au  lieu  de  venerearum  ufta- 
rum.  Ceux  qui  employent  la  racine 
drAcorus  verui  dans  ces  Pilules, font 
lesAutheurs  du  Lumen Apothecarie- 
rum,&  celuy  du  Thefaurus  Aroma- 
tariorum  ,  qui  enfeigne  aujft  la  ma¬ 
niéré  de  le  brûler  ou  terrifier.  Bau- 
deren  explique  ces  mots  autrement, 
&  dit ,  Concharum  venerearum ,  id 
eft  Porcellanarum  uftarum. 

Le  traduBeur  des  Synonymes  de 
Serapien  l'explique  encore  d'une  au¬ 
tre  fa^n  en  ces  mots  ,  Vénéra  id  eft 
Cochlear  quod  defsrunt  peregrini  d 
JanBa  Iacobo:maüje  trouue  que  cet¬ 
te  interprétation  ne  convient  point 
avec  celle  de  Baud.  veu  la  grande 
différence  que  nom  remarquons  entre 
les  coquilles  que  les  Pèlerins  Appor¬ 
tent  de  faint  Jacques  fur  leurs  ha¬ 
bits  ,  avec  les  petites  Porcelaines 
qui  font  uniformes:  de  ces  premières 
au  contraire  ,  les  unes  feint  gran¬ 
des  ,  les  autres  petites  ,-les  unes  ca^ 
lii  neleés. 


434  Livre  L 

tielées  ,  &  les  mitres  mies ,  les  mes 
plattes,les  autres  creufes, comme  nom 
‘Voyons  tous  les  jours  ;  &  ainfi  que  le 
rapporte  Rondelet  en  la  i.  partie 
de  fon  hifloire  des  Poijfons  ,  livre  i. 
chap.  11.  &  iz.  &  Baud.  veut  quon 
prenne  ces  petites  coquilles  blanches, 
qu’il  appelle  Concharum  venerea- 
rum,  id  efi,  Porcellanarum,  dont  les 
femmes  de  bas  lieu  fe  fervent  pour 
des  brafelets  :  en  les  préparé  di- 
verfement ,  pour  les  mettre  dans  des 
eaux  &  autres  embellijfements  defii- 
nés  pour  la  face.  Rondelet  en  la  par¬ 
tie  fm-alleguée,  livre  z .  chap.18 .  z  p. 
3  O.  d"  3  1 .  de  la  même  hiBoire  ,  dé¬ 
crit  quatre  eéfeces  de  coquilles  de 
Venus  bien  differentes  de  celles  que 
Baud.  y  employé ,  defquelles  quatre 
eépeces  ,  il  n’y  a  que  la  derniere  qui 
ait  quelque  rapport  avec  celle  de  ce 
premier ;qui  font  fart  petites  de  cou¬ 
leur  de  laiil, dedans  eîl'  dehors, &  cel¬ 
les  de  ce  dernier  font  beaucoup  plus 
groffes  ,  blanches  en  déhors,&  bleues 
en  dedans  avec  un  petit  ceKçle  doré. 

PeBime  que  s'il  s’en  fallait  tenir 
a  l’interprete  des  Synonymes  de  Se- 
rapion,  &  à  ceux  des  autres  Arabes, 
que  nous  devrions  prefirer  les  co¬ 
quilles  qui  viennent  de  S.Iacques,Ji 
elles  étaient  douées  de  quelque  ver¬ 
tu  particulière  pardeffus  celle*  que 
nous  trouvons  fur  les  rochers  &  aux 
plages  des  mers  ;  mais  comme  il  n’y 
a.  point  de  différence  non  plus  en 
leurs  formes  qu’en  leurs  vertus, nous 
devons  preferer  à  toutes  autres  les 
.petites  Porcellaines  dont  Baud. fait 
mention  ,  &  au  deffaut  d’icelles ,  la 
quatrième  ejpece  que  Rondelet  dé¬ 
crit  ,  comme  étant  d’Én  genre  fort 
approchant  de  cédés  de  Baud. 


SeBion  X. 

Vne  fécondé  difficulté  me  parait 
en  l’uBion  de  ces  Coquilles,  que  j’efe. 
ray  dire  n’être  prefcrite  que  pour 
les  réduire  plus  facilement  en  pou- 
dre:  or  quand  on  les  diffoudra  avec 
une  liqueur  convenable ,  qui  nayt 
point  de  qualités  contraires  d  leurs 
vertus  adSlringentes  &  incraffan- 
tes  ,  comme  f  on  les  paffoit  par  le 
feu  qui  leur  change  leur  qualité 
froide  en  chaude,  il  en  fera  beau¬ 
coup  mieux ,  comme  il  fera  un  peu 
plus  exaéiement  cy-aprés  remarqué 
aux  Trochifques  de  Karabé. 

Le  Bdellium  fait  une  troitiéme 
dijfrculté ,  de  ce  que  l’Autheur  du 
mélange  veut  qu’il  fait  diffout  dans 
le  mortier  avec  le  fuc  de  Bourreau, 
cela  ne  fe  peut  pas  bien  faire  de  la 
forte  ;  il  le  faut  mettre  en  poudre, 
&  l’imbiber  d’un  peu  de  fuc  de  Bour¬ 
reau ,  dépuré  par  vingt -quatre  heu¬ 
res  au  froid  ',  après  on  y  mêlera  un 
peu  du  miel  Rofat  coulé,  afin  de  con- 
ferver  la  maffe  des  Bilules  en  une 
bonne  confiBence ,  autrement  elle  fe 
deffeicheroit  comme  du  bois ,  &  pour 
le  furpjus  on  y  procédera  comme. 
Bauderon  enfeigne. 


Piluîæ  3e  Aloë  Joca  >  încerti 
Authoris. 

5^.  Aloës  fucco  Rofarum  lots, ,  «w. 
unam. 

Agariei  trochifcati ,  drach.tres. 
MaBiches ,  drach.  duos. 

Bulveris  EleBuarii  Viamofchi  dnlc. 
drach.  dimid. 

Cum  vino  Malvatico ,  vel  Apisino,, 
aut  Jîmili  ,fiat  maffa. 


BARÂ 


D&s  Pilules  455 


taraphrase. 

L’Autheur  de  ces  Pilules  nous  cft 
incertain ,  Iclquelles  ont  pris  le 
nom  de  leur  bafe  PAloê's  lavé.  Sa 
vertu  purgative  foible  eft  augmen¬ 
tée  par  l'Agaric  ,  Sc  conduite  au  cer¬ 
veau  par  la  poudre  de  Diamofchum: 
le  Maftich  augmente  la  vertu  corro¬ 
borative  de  la  baie  :  le  vin  y  eît  mis 
pbiic  le  cœur ,  ventricule  Sc  vifceres, 
Sc  pour  donner  la  forme. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifèr  PAloés  ,  &  le 
laver  pliifieurs  fois  avec  le  fïic  de 
Rofes  rouges  ,  puis  le  Icicher,  Sc 
derechef  le  pulverifèr ,  aprez  on  le 
malaxera  avec  l'Agaric  trochifquéj 
Sc  Maftich  pulvérisé  chacun  à  part, 
&  la  poudre  de  Diamofchum  ,  avec 
quantité  fùffilante  de  Malvoifie ,  ou 
^ufeat ,  ou  autre  excellent  vin  ,  dont' 
on  formera  une  mafic ,  qui  fera  gar¬ 
dée  au  befbin  comme  nous  avons  dit. 

LES  FACVLTEZ. 

Elles  purgent  le  cerveau ,  le  ven- 
trichle  &  les  autres  vifceres  :  les  yeux 
&|la  matrice,  de  leurs  humeurs  pu¬ 
trides  ,  &  les  corroborent. 

REMARQVE. 

Our  avoir  de  bon  Alo'ès  lavé 
ainjl  quon  l’ appelle  impropre- 
tnent ,  il  faut  prendre  du  Succotrin 
tjui  fait  tranlparant ,  le  mettre  en 
poudre  fuhtile ,  le  dijjbudre  avec  du 
de  Rofa  dépuré  ,  filtré  par 


la  carte ,  versés  la  dijfolution  dans 
un  matroi,  &  à  la  vapeur  du  B-M. 
les  tiendrés  l’eéfacè  de  quelques  heu¬ 
res  jufques  à"ce  que  V Alo'ès  foit  en¬ 
tièrement  dijfout,  que  filtrer  és  chau¬ 
dement  par  une  nouvelle  carte  y  &  le 
ferés  fieicher  au  Soleil  dans  un  vaif- 
feau  de  terre  vernie  ,  on  de  ver¬ 
re  ,  ou  bien  a  une  douce  vapeur  du 
B.M.  derechef  le  dijjoudrés  en  pa¬ 
reille  quantité  du  fine  de  Rofes  que 
dejfus  ,  &  le  ferés  évaporer  fans  le 
filtrer.  Ceux  qui  defireront  un  Alo  'és 
plus  excellent  ,  ils  répéteront  la 
même  dijfolution  ,  &  évaporation 
diverfes  fois  en  la  même  quantité 
de  fuc  de  Rofes  que  dejfus  extrait 
des  Rofes  pâles  i  comme  il  a  été  cy- 
devant  remarqué  en  l'Eleétuaire 
Rofat. 

Il  ejf  necejfaire  d’ajouter  un  peu 
de  miel  deifumé pour  çonferver  la 
confidence,  de  la  màffe. 


Pilulæ  Maftichinæ ,  D.  Pétri 
de  Ebano. 

Agarici  trochifeati ,  drachm. 
très. 

Madiches  Chia  ,  drach.  quatuor. 

Alo'és  optima  ex  Socotora  allata, 
drachm.  decem  ,■  forma  majfam 
cum  Altili ,  id  e fi  ,  v'ino  dulci 
coda.  Nam  Altil  Arabihus ,  dul- 
ce  fonat. 

PARAPHRASE. 

PEtrus  Ebanus ,  furnommé  Con- 
ciliator,  décrit  ces  Pilules  à  la 
fin  du  19"  chapitre  de  fes  additions 
fur  la  pratique  de  Méfié,  ou  il  traicte 
lii  Z  de? 


43  6  Livre  1.  Seal  ton  X, 


des  remedes  convenables  à  l'appe- 
tit  dépravé.  U  leur  a  imposé  le  nom 
du  Maftich ,  non  de  (a  baie  l’Aloés, 
pource  que  les  precedentes  en  avoient 
déjà  pris  leur  appellation  :  la  tardi- 
vecé  de  l’Alocs  j  cft  accélérée  &  au¬ 
gmentée  par  rAgacic  trochilqué  :  fà 
nuiiànce  eft  corrigée  par  le  Maftich, 
qui  par  fon  adftriéèion  fortifie  le 
ventricule  ,  le' vin  cuit  corrige  leur 
ficcité  >  adoucit  ,  dccerge  ,  donne  la 
forme,  &eonferve les  elpeces.  Dau- 
tant  que  ces  Pilules  ont  prelque 
femblable  vertu  que  les  preceden¬ 
tes  :  ceux  qui  les  auront  en  leurs 
boutiques  ,  s'en  pourront  paffer,  & 
au  contraire. 

LE  MELANGE. 

Quoy  que  l’Authenr  ne  commande 
exprez  lAgaric  trochilqué,  fi  lùis- 
je  d'avis  que  Ion  le  prenne ,  pource 
qu'il  eft  plus  purgatif,  &  moins  nui- 
fible  au  ventricule ,  que  le  non  tro¬ 
chilqué  { pour  lequel  ces  Pilules  font 
deftinées  )  &  la  bafe  mieux  fortifiée. 
Chaque  médicament  fera  pulv'eri- 
sé  à  part ,  puis  le  tout  fera  malaxé 
avec  le  vin  cuit,5<:  la  pâte  longuement 
battue  ,  afin  d'àccelcrer  leur  fermen¬ 
tation  ,  réglé  generale  pour  toutes 
fortes  de  Pilules  qu'on  gardera  au 
befoih.  La  dolè  eft  d'une  drach¬ 
me  à  deux  ,  long  tems  aprez  le 
fouper, 

LES  FACVLTEZ. 

Elles  prelèrvcnt  l'eftomach  de  tou¬ 
tes  maladies  ,  le’  purgent  bénigne¬ 
ment  ,  &  le  corroborent  :  empê¬ 
chent  ia  putrefeâion  des  humeurs. 


&  guarentiflent  ceujt  qui  enufentdes 
douleurs  d'eftoma'ch,  de  tête, de  ven¬ 
tre  ,  de  matrice.  Elles  font  propres 
à  la  triftelfe  &  melancholie ,  &  aux 
vices  de  la  matrice., 

REMARQV'E. 

IL  neft pM  croyable  qtton  fe  pmf- 
fe  appercevoir  ,  Jî  m  n  exami¬ 
ne  exaétement  le  dejhrdre  que  eau- 
fe  la  dépravation  ,  ou  le  change¬ 
ment  d'm  mot  en  m  autre  dans  la 
defeription  d'une  compoftion  ,  qui 
me  fait  dire  ^qu  il  ne  faut  pas  trouver 
étrange  ,  fi  les  Pilules  MaHichi- 
font  ordonnées  d'être  malaxées 
avec  differentes  liqueurs,  par  ceux 
qui  les  décrivent  dans  leurs  Di- 
jpenfaires.  La  caufe  ne  nous  eft  pas 
inconnue  :  la  proximité  quil  y  a 
entre  les  mots  Altillia  &  Ttlk ,  nom 
le  donne  affez.  à  connohre  ,  en  ce 
quils  fignifient  deux  liqueurs  bien 
differentes ,  &  tout  a  fait  contrai¬ 
res' ,  tant  en  leurs  origines  ,‘qu  en 
leurs  qualités  &  vertus.  Si  les  pri- 
vtiers  qui  ont  corrompu  le  mot  de 
AltiJlia  ,  en  luy  Jùppofant  celuy  de 
Tilla  ,  pour  n  entendre  pas  ce  qu'il 
fignifioit ,  euffent  tant  fait  peu  fait 
réflexion  fur  les  vertus  que  Con- 
ciliator  ,  qui  eft  Petrus  de  Ebano 
donne  à  ces  Pilules  ,  entre  autres 
quelles  font  propres  contre  fo  'vi¬ 
ces  de  la  matrice  j  effets  qui  d  la  vé¬ 
rité  precedent  particulièrement  du 
fuc  de  l'Armoife ,  qui  eft  fort  hfi 
fteric ,  Ô'  pour  cette  raifon  ,  certains 
ont  appeUé  la  plante  Mater  pkn- 
tarum  >  je  veux  dire  qu  ils  nau- 
r oient  )amais  changé  le  mot  de  Al- 
tillia  pour  celuy  de  Tilk ,  dautaat 


Des  Tilules,  4J7 


e^M  ce  f  renier  fignifie  le  fisc  à‘Ar- 
moife ,  &  ce  dernier  le  Rob  o»  Sa- 
fa  qui  efl  nôtre  vin  cuit ,  flut  pro¬ 
pre  far  fa  douceur  d'émouvoir  la 
matrice  ,  que  de  la  foulager.  La 
corruption  de  ce  mot  fie  vérifié  clai¬ 
rement  par  les  divers  exemplaires 
de  differentes  éditions  des  œuvres 
de  Mefiié  ;  deux  petits  que  j'en  ay 
inoBavo  des  années  1 5 1  3 .  1 340. 

difent ,  conficiantur  cum  Tilla  ,  id 
.  efl ,  vinum  coBurn  ,  ut  dicit  Simon, 
lanuenfits ,  &  dans  d’autres  exem- 
,  flaires  infolio  pim  correBs  des  an¬ 
nées  4  5 4  1 .  1 5-6 2 .  \  6 2.7^.  ces  deux 

derniers  cornmentés  par  CoBam , 
Manardm  ,  &c.  on  y  lit  chacun 
en  particulier ,  conficiantur  cum  fuc- 
eo  Altillia ,  qui  efl  le  fuc  de  l’Ar- 
V  moife  ,  comme  a  été  dit-  Avicen- 
,  ne  au  livre  cinquième  ,  fomme  pre¬ 
mière  ,  Tome  premier  de  la  Thé¬ 
riaque  à  Efdra  ,  dit  que  ce  fuc  Al¬ 
tillia  efl  Alfel'engefif ,  qu  on  appel¬ 
le  Ahrotonum  fylveflre  i.qui  efi  une 
eifece  d’Armoife.'  Plempim  en  la 
traduBion  d’ Avicenne  l’appelle  Be- 
tengiafif,  &  dit  que  ce  nom  figni- 
fie  l’Armoife  ,  &  que  cette  plan¬ 
te  a  été  àppellée  par  les  vieux  in¬ 
terprètes  d’Avicenne  Ahrotonum, 
^  par  Bellunenfis  fuivant  les  Co¬ 
des  de  Conéîantinople  ,0“  de  Leyde 
AlhJpiBun ,  d’où  le  mot  de  Altilli 
femhle  dériver.  Les  Eéfagnels  ap¬ 
pellent  l’Armoife  Altiliam  ,feu  Al- 
timilian. 

Entre  les  Autheurs  qui  mala¬ 
xent  ces  Pilules  avec  le  fuc  d'Ar-  . 
^oifefont  lacohm  de  Manliqs  ,..  Pau- 
lusSuardm,  &  qui  ont  retenu  les 
^'’ts  de  fucco  Altillia  ,  &  les  ex¬ 
pliquent  pour  le.  fuc  d’Armoife, 


Fuchfius,  Nicolaus  Prapofitut ,  Cou- 
denberg  ,  les  Médecins  d’Amfter- 
dam  ,  en  leurs  Pharmacopées. 

Après  toutes  ces  raifons  &  au- 
thorités ,  nous  ne  devons  point  fai¬ 
re  de  difficulté  d’employer  le  fuc 
d’Armeife  a  demy  évaporé  avec 
un  peu  de  miel ,  le  premier  pour 
malaxer  les  ingrediens  mis  en  pou.- 
dre  ,  &  le  dernier  pour  donner 
corps  d  la  majfe  ,  &  rejetter  le  vin 
cuit. 


Pilulæ  Stomachicæj  D-Mef, 

5^.  Myrobalanorum  Citrearum , 
'Aloés  feleBa  ,  & 

Turbith  optimi ,  fin  gui.  drachm.de- 
cem. 

Rofarum  rubrarum , 

Spica  Indica, 

MaBiches ,  fing.  drachm.  duos  ^ 
femifi. 

Seminis  Anijï  >  drathm.  unam  # 
femifL 

Salis  Gemmei^  (  quia  vero  Sale  Indo 
earemus ,)  & 

Croci ,  utriufque  drach.unam. 

Cum  fucco  Ab finthii  forma  maffam.. 

paraphrase. 

De  ïix  defoiptioiK  de  Pilules 
itomachiques,  données  par  Me- 
£ié  diftinclion  dixiéme  de  fon  An- 
tidotaire,  j’ay  retenu  la  derniere  avec 
Nicolaus  Præpofitus  ,  Cordus  & 
quelques  autres  ,  pource  qu  elles  cor- 
.roborenc  fiilElàmmcnt  le  ventricule, 
&  purgent  benigneinent  les  humeurs 
y  contenues.  Elles  ont  pris  le  nom 
de  leur  effet.  La  bafe  font  les  My— 
lii  3  robai 


4  58  Livre  L 

robalans,  l’Aloes,  &  Turbith  mis 
au  commencement  :  la  vertu  tardive 
de  l'Aloè's  eft  accélérée  par  le  Tur- 
bich,  Seau  contraire  J  le  ièl.  gemme 
fortifie  le  Turbith ,  lequel 'avec  l'anis, 
fàffi:an&  nard  Indique,  incilènt,  at¬ 
ténuent  le'  phlegme  épais  confir¬ 
ment  les  vents  ,  fortifient  le  cœur 
&  foye ,  &c  donnent  aide  à  la  bafe, 
à  purger  le  phlegme  ,  la  bile  j  &  les 
lèrofitez  :  le  maftich  corrige  leur 
nuilànce  ,  &  fortifie  le  ventricule:" 
les  rofcs  modèrent  leur  chaleur,  lef- 
quelles  avec  les  Myrobalans ,  par  leur 
adftridion  ,  empêchent  Télevation 
des  vapeiirs  au  cerveau.  Ceux  qui 
voudront  examiner  de  prez  les  au¬ 
tres  deferiptions  de  femblablc  nom, 
trouveront  les  unes  trop  violentes, 
les  autres  foibles  ,  les  autres  non 
fufEfamment  accompagnées  de  cor- 
reélifs  ,  ou  leurs  dofes  mal  propor¬ 
tionnées  ,  félon  la  bafe  conftituée: 
que  s'il  eft  queftion'de  purger  de  la 
féconde  ou  troifiéme  région ,  il  y  en  a 
d'aucr  s  plus  convenables. 

LE  MELANGE. 

Au  Turbith  àdemy  pulvenfé,on 
y  ajoutera  le  Nard  Indique  incifé, 
l’anis ,  les  Myrobalans ,  &  roiès.  Il 
faut  piler  à  part,  l’Aloè's,  le  Maftich, 
fol  Gemme ,  &  faffiran  ,  puis  on  les 
mêlera  ,  oC  malaxera  avec  le  foie 
d’Abfinthe  (  fi  tôt  aprez  on  en  veut 
ufor,)  finon  au  foie  ,  on  y  ajoutera 
un  peu  de  miel,  pour  le  cuire  en^Sy- 
rop  ,  &  d'iceluy  former  la  mallè, 

(  laquelle  à  deray  feichée  à  l'air  )  fo¬ 
ra  gardée  au  befoin.  La  dofe  eft 
d’une  drachme  ,  à  une  &  demy  :  car 
ceux  qui  habitent  des  régions  tempe- 


Seâion  X. 

rées ,  ou  froides ,  ou  humides ,  font 
lus  faciles  à  émouvoir,  que  ceux  qui 
abitent  en  région  chaude  ,  comme 
l'Ethiopie,  Egypte,  A rgie,  Provence, 
Candie ,  Se  l’italic. 

LES  FACFLTEZ. 

Elles  évacuent  les  humeurs  bi- 
lieufos  ,  &  pitniteufes  ,  principa¬ 
lement  celles  qui  attaquent  la  tê¬ 
te  ,  le  foye  ,  &  le  ventricule. 
Elles  corroborent  auflî  l'cftomac, 
aident  à  fa.  coétion  ,  &  excitent 
l’appetit. 

R  E  M  A  R  Q,V  E. 

LEs  fï-equentes  fautes  que  mm 
avions  aocoufthmé  de  trouver 
dans  les  cornpojîtions  cy~devant , 
nom .  avaient  donné  quelque  petit 
relâche  ,  qui  nous  faifoit  croire  que 
le  Correcteur  avait  été  pim  exaB 
à  la  correction  d'icelles  ;  mais  en 
voicy  une  qui  me  fait  dire ,  que 
1‘ Antheur  des  Facultez.,&  le  cor¬ 
recteur  n'ont  pas  moins  négligé  cette 
compojîtion  que  beaucoup  d'autres, 
puis  quelle  procédé  par  omijfwn 
dans  les  trois  éditions  de  Sauva¬ 
geon  imprejfion  de  lean  lof  ,  qui 
efi  d'une  drachme ,  &  demy  d  unis, 
la  correClion.de  ces  fautes  ne  fe  peut 
jamais  bien  faire  ,  s'il  n'y .  ^  deux 
correcteurs  ,  un  qui  life  l'original, 
&  l'autre  la  copie  ,  pour  exatie- 
ment  vérifier  ,  fi  le  Cempofiteur  a 
omis  quelque  ingrédient  ,  ois  chan¬ 
gé  les  dofes ,  quand  il  aura,  fait  l  un 
eu  l'autre ,  ou  tom  les  deux  enfetn- 
hle  ;  cela  ne  paroit  point ,  a  moins 
quon  aye  feeu  tous  les  ingrédient 


439 


Des  Pilules. 


par  cmr  <\ni  entrent  en  une  co?npo- 
fttion  )  &  Its  dofes  d’iceux ,  par  ce 
cjue  bien  quon  en  omette  quelqu’un, 
cela  ne  change  point  le  fens ,  comme 
tnm  difcours  lié.  Fay  donc  remU 
la  defcription  en  fon  premier  étap,& 
pourie  farplui ,  il  faut  fuivre  Bau- 
deron,  tant  pour  la  trituration  que 
pour  le  mélange,  r 


Pilulæ  aliæ  Stomachicæ  ,  feu 
ante  cibuni,  D.  Mef. 

'^.Aloes  optima  ,  ex  Socotora  infu- 
la  allata,  drach.fex. 

Mafiiches  Chia ,  & 

Rofarum'  rubrarum ,  utriufq.drach. 
duM. 

Coi^pone  majfam  cum  fucco  Solani 
vel  Syrupo  Ahfinthites. 

'  ,?ARAP  HRASE. 

CEs  Pilules  décrites  par  Mefoéj 
au  lieu  preallegué ,  font  fore  ufi- 
tées  &  oAt  pris  le  nom  de  leur  effet; 
La  bafe  efl:  l'Aloës  :  le  Maftich  for¬ 
tifie  le  ventricule,  &  lés  rofès  modè¬ 
rent  leur  chaleur  :  &  le  lire  de  Sola- 
'  num  (  ou  le  fyrop  d'Abfinthe  )  meil¬ 
leur  que  le  dit  fiie ,  fortifie  le'  foye> 
donne  la  forme  ôc  conferve  le  tout. 

LE  MELANGE. 

Chaque  médicament  à  part  fera 
pulverifé ,  puis  feront  malaxez  avec 
le  lue  de  inorelie ,  ou  fyrop  d’Ab- 
finthe,  pour  garderie  tout  au  befbin. 


-  LES  FACVLTE  Z. 

Elles  purgent ,  &  corroborent  le 
ventricule,  &  font  utiles  pour  tempe- 
rer  l'ardeur  d’iceluy. 

REMAR.Q.V  E. 

CEtte  defcription'  efi  conforme 
avec  celle  de  fon  inventeur 
Mefué  ,  excepté  du  Jyrep  d‘AbJin~ 
the ,  quil  n’en  fait  point  de  men¬ 
tion  pour  malaxer  lee  poudrée.  Ceux 
qui  les  voudront  malaxer  avec  le 
jÿrop  d’Ahfinthe  ,  comme  Baude- 
ron  dit  être  plue  propre  pour  le 
foye ,  au  lieu  du  fuc  de  Solanum  li¬ 
quide.,  ils  y  en  pourront  mettre 
une  drachme  &  demy  ex afîement 
deffeiché  a  la  vapeur  de  l’eau  ,  en 
ce  faifant ,  ils  accompliront  Finten- 
tion  de  Mefué  ,  qui  veut  aprez. 
Diofeoride  ,  que  ce  fuc  foit  utile 
pour  rabattre  l’ardeur  de  la  bile , 
&  modérer  l’ intempérie  chaude  de 
l’ejlemach. 


Pilulæ  Alephanginæ  ,  feu  de 
Aromatibüs,  D.Mcf. 

2L.  Cinnamomi  ,  feu  Canella  fe- 
leEla, 

Cuhebarum  , 

Ligni  Aloes  (  hu]m  pennria  fume 
tantundem  Santali  citrinî.) 

Calami  aromatici  veri  ,  vel  ejtta 
gfficinarum  fie  nominati. 

Macis , 

Nucis  Mofehafa, 

Cardamomi , 

Garyophyllorum , 

Afari',. 


440  Livre!,  SeBion  X, 


Afari  , 

Majtiches , 

Schœnanti  ,id  eji ,  fiorü  Imd  odo- 
rati  , 

Carpobalfami  ,  vd  fuccedan.  ejm 
remi?7Ü  LentiÇci  ,  vel  Tereb'm- 
thi  ,  & 

Spicm  IndicA ,  fin  g.  une.  unam. 

Âbfitithij  Pontici  mA]QTÜ ,  feu  vul- 
garis  ftcci,-  & 

Refarum  rubrarum  .Htriufi}.  draeh. 
cjuinque. 

Terantur  ■  crajfmfcule  ,  &  parum 
eoquantur  in  acjUA  lib.fex  (  ut 
ipfemet  Mefué  tefiatur  lib.  fimpl. 
cap.  de  Aidés  )  ^  non  duodecim. 
Deinde  fiieenmr  manibus  , 
exprimantur  ;  Tmn 

'dfi..  Aloës  optirHiH  pulvenfata ,  lib. 
unam. 

Lava  in  parte  una  decoEti  colati. 
Deinde  ficcetur ,  &  puherifetur 
Ô"  ipfi  ajfmde  reliquum  decoEti, 
ficca  ad  Salem  ,  fi  afioi  fiierit: 
vel  in  Stupha ,  fi  hyems ,  df  cum 
Afyrrha  eleEta  pulverifata ,  & 

Majliches ,  utriufque  drach.  quin- 
que. 

Croci,  drach.  tribus,  forma  majfam. 

PARAPHRASE.  ' 

MEfué  dit  que  ces  Pilules  {ont 
de  {on  invention ,  qu’il  appelle 
Alephangines ,  du  nom  Arabe  Ale- 
phangia  ,  qui  lignifie  Odorant  & 
Aromatic  :  tels  que  font  les  Medi- 
camens  qui  encrent  en  la  decodion. 
La  bafe  eft  PAloès  lavé  en  la  deco- 
élion  >  &  non  en  eau  de  pluye  ,  ou 
de  fontaine  ;  car  fi  l’Aloës  eft  pre- 
iflierement  lavé  plufieurs  fois  ,  cora- 
tne  iidit  ,  il  fprtifiefa  lé  ventriciilcj 


mais  il  ne  purgera  pas  du  ccfveau, 
&  ventricule  la  pituite  craflè,  &  k- 
meurs  conrompuës ,  qui  eft  le  pre¬ 
mier  point  qu’il  touche  :  au  contrai- 
re,  s’il  eft  lavé  en  une  partie  delà 
déco  dion ,  comme  je  fuis  d’avis,  par 
icelle  ,  fa  vertu  corroborative  des 
vifeeres  ,  &  purgative  fera  augmen- 
tée ,  ainfi  on  aura  l’un  &  l’autre ,  & 
l’Apothicaire  fera  relevé  de  beaucoup 
de  peine  :  le  Maftich',  &-nîyrrhey 
{ont  mis  pour  refifter  à  la  poiirtitâte 
des  humeurs  ,  corriger  la  ficcité 
de  l’Aloës  ,  &  le  rendre  lubrique; 
le  {àftran  y  eft  mis  pour  la  defence 
du  cœur. 

LE  MELAEPGE. 

Le  mélange  icy  enlcigné  par  Me¬ 
fué  répugné  diredemeVit  aux  pré¬ 
ceptes  par  luy  écrits  au  i-.  Theoreme, 
chapitre  de  la  déco  dion  &  ailleuts, 
où  il  enfeigne  qùe  les  Medicaraths 
Aromatics  n’endurent  point  dé  cn- 
dion  /ou  fort  petite  ,  il  comman¬ 
de  icy  qu’on  les  fallè  bouillir  en  dou¬ 
ze  livres  d’eau ,  jiifqu’à  la  confomp- 
tion  des  deux  tiers  ,  de  lotte  que 
par  une  telle  ébullition  ,  leur  vertu 
requife  {ans  douce  fe  perdroit.  Da¬ 
vantage  la  dolè  de  l’eau  qu’il  Spé¬ 
cifié  au  chapitre  de  l’Aloës ,  qui  eft 
•  fix  fois  autant,  qui  revient  environ 
dé  fix  livres ,  à  fix  livres  &  demie, 
{ùffira  pour  les  railbns  que  deffiis  : 
auflî  que  la  i  ficcité  &  quantité  des 
medicamens  en  boivent  fine  partie, 
de  maniéré  qu’avec  légère  ébullition 

elle  reviendra  à  quatre  livres  de  deco- 

dion  coulée ,  qui  eft  la  jufte  quantité 
qu’il  requiert  icy.  il  faudra  donc  pre¬ 
mièrement  concalld  les  medicamens 


Des  Pilules,  441 


AroiiiMics  ,  puis  leur  donner  une 
ou  deux  ébullitions  avec  l’eau  j  & 
Donplus,  dans  un  pot  de  verre  j  ou 
de  terre vernilîé  couvert,  ou  baffine 
étannée  lûr  le  feu  clair  ,  &  non  fii- 
meiix  ny  violent.  Apres  on  l’ôterade 
delfiis  le  feu ,  &  on  le  couvrira  d’une 
double  toile,  jufqu’à  ce  qu’ils  fôientà 
dcmy  fi-oids,puis  entre  les  deux  mains 
le  tout  fera  frotté  ,  &:  'bien. exprime. 
Cela  fait  d’une  {partie  de  k  coîatnre, 
l’Aloès  pulv.erifé  fera  lavé ,  puis  dcG- 
feiché  au  Soleil  ardent ,  ou  dans  une 
étuve,  ou  fur  les  cendres  chaudes, 
&  pulverifé ,  auquel  on  ajoutera  la 
Myrrhe,  Maftich ,  ôc  ûffian  pulve- 
rifez  chacun  à  part ,  pour  diflbudre 
le  tout  enlcmble  dans  un  grand  plat 
de  terre  verniffé ,  avec  le  relie  de  la 
deebâion  coulée.  Puis  il  la  fort  def- 
feicher  (  non  du  tout  )  comme  avoos 
dit ,  dont  on  formera  une  malle  ,  les 
mains  oinéles  d’huile  d’amandes  , 
qu'on  envelopera  de  peau  blan¬ 
che  ,  ou  parchemin  aulîî  oinéfc 
d’huile  ,  afin  qu’elle  ,fe  puilîè 
plus  longuement  garder.  La  dolè 
eft  d’une  drachme  à  deux  ,  la  plus 
grande  ,  deux  Aurées  qui  valent  huit 
lérupules. 

Z£S  FACFLTEZ. 

CEs  Pilules  purgent  le  cetveau,  le 
ventricule  &  les  organes  des  lèns 
de  leurs  humeurs  cralïes ,  purriaes& 
pituitciifes ,  &  dilî  pent  les  douleurs 
qui  en  proviennent ,  fortifient  l’eûo- 
mach  &  la  coélion. 


R  E  M  A  R  Q^V  E. 

MEfué ,  eu  les  premiers  copifiesi 
de  fes  œuvres  en  la  defeription 
des  Pilules  Alephangines  ont  fort 
exeedé  en  U  quantité  de  l'eau  ;  car 
pour  cuire  quatorii.e  onces  &  deux 
drachmes  d’ingrediens  ,  ils  en  ont 
mis  douae  livres.  Bauderon  a  réduit 
cette  quantité  d  fix  livres ,  ou  pour 
le  plus  d  fix  livres  &  demie ,  qui  efi 
tres-fufiifante  pour  infufer  par  vingt 
quatre  heures,  les  fus  nommez,  ingre- 
diens  dans  un  vaiffeau  de  terre 
bien  couvert ,  aprez.  les  avoir  préa¬ 
lablement  incifez.  &  concajfe'^ ,  & 
fur  la  fin  leur  donner  une  legere 
ébullition  ;  cef  de  la  forte  quil 
faut  procéder  en  cette  decoéiion, 
quoy  que  ce  ne  fait  pas  fuivre  l'Au- 
theur  de  la  cempofition  ,  ny  ce- 
luy  de  la  Paraphrafe  :  la  vertu  de 
chaque  fimple  fe  confervera  mieux 
&  ne  Je  dijfipera  point ,  comme 
fi  on  les  cuifoit  jufquà  la  confomp- 
tion  des  deux  tiers ,  comme  parle 
le  premier,  &  d'un  tiers  fuivant  le 
dernier. 

Au  lieu  de  fuivre  Bauderon  en 
la  première  lotion  de  l‘.:iloës,  je 
voudrais  fuivre  Mefué ,  parce  quil 
prétend  par  le  moyen  de  l'eau  ele 
pluye  feparer  quelque  qualité  étran¬ 
gère  de  l'Alo  'és  ,  qu'on  ne  pourrait 
feparer  par  la  deceSien ,  par  ce 
quelle  efi  dé, a  empreinte  de  la 
vertu  des fimples  ,  bien  loin  de  l'at¬ 
tirer ,  la  decoSion  communiquerait 
les  fiennes  d  l'Alo  'és  ;  aprez.  l'avoir 
lavé  avec  l'eau  de  pluye  &  defi'ei-  ' 
ché  comme  a  fté  cy-deuant  dit  ,  fera 
derechef  dijjout  avec  la  fufdne 
Kkk  deçà 


I 


44^  Livre  l.;  S eâltm  X 


decoSlion  &  filtré  chaudement  (s’il 
fie  peut  )  par  la  -carte  pour  mieux 
purifier  l’une  &  l’autre  ,  &  en  fiui- 
te  fieront  expofiefi^  au  Soleil  ,  & 
quand  ils  fieront  d’une  confifiance 
•moyenne ,  on  y  ajoutera  la  Myrrhe,^ 
le  Aïajiich  le  fiajfiran  en  poudre, 
#■  a  mefiure  que  ces  matières  s’ épaifi- 
firent  ,  il  convient  de  lej  remuer 
fiouvent ,  afin  que  le  mélange  fieit 
égal  ,  &  fittr  la  fiai  fy  veudreûs 

ajouter  environ  une  once  de  miel 
dejpurne  ,  pour  les  raifions  ja  dit- 
tes  ,  &  au  fiurplus  y  procéder  com¬ 
me  defiits. 


Pilulæ  R.ufïî ,  feu  communes. 

Jlloés  eleSla  ,  feu  Secotorina» 
une.  duos. 

Myrrha  optima  ,  unc.  unam. 

£roci  optimi ,  une,  dimidiam  :  for¬ 
ma  majfiam  cum  vino  rubrù  op- 


RE  M  ARQJE. 

CEs  Pilules  doivent  être  ma¬ 
laxées  ,  non  avec  le  vin  rou¬ 
ge  ,  maü  avec  Oinomel  ,  comme 
pratique  du  Renou  ,  en  la  SeStion 
quatrième  ,  chapitre  deuxième  ,  & 
e’efi  afin  que  la  mafie  fie  confierve 
en  une  confiiftence  convenable  ,  ce 
quelle  ne  pourroit  faire  ,  fi  les 
poudres  étaient  malaxées  avec 
du  vin.. 


Pilulæ  contra  Peftem,  D.  Bau- 
deroni. 

1^.  Aloes  Socetorina,  une. duos. 
Myrrha  optima,& 

BoLi  Armena  ver  a  optma^utriufique 
une.  unam. 

Croci  Corycq:,fieu  potiorû, 
Theriaca  veterU  &  probata,  ntriuf- 
que  une.  dimidiam. 

Cum  Syrupo  Limonum  (  fit  fiit  ejlas) 
vel  vino  rubro  optimo  ( fi  hyems 
juerit  :)  forma  mafam  ufiui  repa- 
nendam. 

PARAPHRASE. 

QVelques-uns  doutent  que  ces 
Pilules  fôicnt  de  RufRis  Ephe- 
fien  J  veu  qu  on  ne  les  trouve  point 
au  livre  qu'il- a  compofe  desmedi- 
camens  (  qui  eft  feulement  un  frag¬ 
ment  échapc  de  Tinjure  du  temps) 
mais  par  luy  empruntées  de  Rhafis 
au- livre  quatrième  ,  chapitre  de  la 
précaution  contre  la  peflej  auflî  qu’en 
celles  que  Paul  EginetCj  Avicenneli- 
vre4.  Fen.i.  Traitté  4.  chap.  y.  dé¬ 
crit  au  livre  x  chap.  3-6.  n’entre  le 
felFran ,  mais  l’Aloés  &  Ammoniac 
de  chacun  deux  portions ,  &  une  de 
Myrrhe,  qu’il  donnoic en  potion  avec 
demy  verre  de  vin  excellent  chacun 
jour.  Telle  opinion  cft  allez  mal  fon¬ 
dée  ,  pour  ce  que  Ruffus  eft  plus  an¬ 
cien  que  Rhafis  ny  Galien  auflî  :  car 
il  .florillbità  Rome  du  temps  des  Em¬ 
pereurs  Trajan  &  Adrian:  &  Galien 
au  temps  de  Marc-Aurele,  Commo- 
dus  Antoninusjquiontété  long¬ 
temps  aprez.  Aulîî  que  la  pluspai't 


Des  Pilnles, 


de  tes  écrits  totit  perdus  ,  &  non 
parvenus  juicju’à  nous.  Pour  le  re¬ 
gard  du  fâffian  ,  ii  fe  peut  faire  que 
ceux  qui  ont  été  dépis  Paul  Egi- 
netcj  comme  Avicenne  Fen.  I.  trai¬ 
té  4.  chapitre  5.  Payent  lùppofé  au 
lieu  de  l’Ammoniac  ,  &  réduit  en  Pi¬ 
lules  ,  plutôt  qu’en  potion  ^  pour  le 
degouft  de  l’Aloës  /  3c  Myrrhe  ,  ôc 
pour  être  plus  convenable  en  temps 
de,  pefte  qu’iceluy.  Il  faut  la  moitié 
moins  de-  faffran  que  de  Myrrhe^ 
pour  ce  que  il  grande  quantité  peut 
caufer aux  malades,  douleur  de  tête, 
fpafme,  ou  convulfion  canine.  De 
celles-cy,  j’ay  compofé  les  miennes 
contre  la  pelle,  qui  fut  grande  en  L’an¬ 
née  1586.  y  ajoutant  de  plus  le  Bol 
Oriental,  Sc  la  vieille  Thériaque.  La 
bàlè  eft  l’Abës  ;  fà  vertu  deterlîve 
eft  augmentée  par  la  Myrrhe  en  l’a- 
doLicilIànt ,  laquelle  avec  icelle  refifte 
à  la  pourriture  des  huineurs  (  mere 
nourrice  de  la  pelle  :  )  le  faffran  3c 
vin  excellent ,  y  font  mis  pour  cor¬ 
roborer  le  cœur,  contre  lequel  les  ve¬ 
nins  agiffent  principalement  :  le  Bol 
d'Armenis ,  5c  la  Theriaque  vieille, 
&  bonne  félon  la  defeription  d’An- 
dromache  y  font  mis  pour  combattre 
le  venin  d’une  forme  elfentielle,  Sc 
non  de  leur  qualité  manifelle. 

MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  chaque  médica¬ 
ment  à  part ,  lelqucls  mêlez  au  mor¬ 
tier  feront  malaxez  avec  du  meilleur 
vin  qu’on  pourra  trouver ,  pour  gar¬ 
der  le  tout  au  befoin.  Il  ne  faut  pas 
aver  l’Aloës  ,  pour  ce  qu’il  ne  faf- 
t  de  corroborer  le  ventricule  :  mais 
ariili  benignement,  5c  fans ,  violeft-i^ 


445 

ce ,  purger  les  humeurs  corrompues, 
qui  y  pourroient  être.  La  dofe  eft  tfnc 
drachme  le  matin  à  jeun,  trois  ou 
quatre  heures  avant  dilner  ,fans  gar¬ 
der  la  chambre  :  en  temps  de  pc  lie. 
On  pourra  boire  apres  deux  doï^s 
de  vin  pur,  fi  c’eft  en  hyver ,  ou  en 
jemps  pluvieux ,  &  le  malade  vieux 
ôc  phlegmatique  :  fi  c’eft  en  été ,  & 
que  la  région  foit  chaude  ,  ou.  le  ma¬ 
lade  jeune,  ou  cholérique  ,  on  boira 
aprez  un  peu  d’eau  de  Scabieufe  ou 
de  Buglolfe ,  ou  de  Chardon  bénit, 
ou  d’autre  de  femblable  vertu. 

LES  EACVLTEZ. 

Elles  prefetvent  de  la  pefte ,  dau- 
tant  qu’elles  nettoyent  &  purgent 
l’eftomach  de  toutes  les  humeurs 
corrorapuès. 

REMARQVE. 

CEs  Pilules  doivent  être  maU- 
xêes  de  même  que  la  preceden¬ 
tes  avec  Oinomel,  fi  c’eft  en  hyver, 
&  en  été  avec  le  fiyrop  de  Limon, 
ou  bien  en  hyver  avec  le.même  Jy.^ 
rep  fait  au  miel. 

De  beaucoup  de  compofitions  que 
Bauderon  décrit  dans  fa  L’harma- 
copée  foui  fin  nom ,  je.  nen  ay  trou¬ 
vé  que  cinq  ou  fix,  qui  foient  décri¬ 
tes  dans  fa  pratique  :  ce  neft  pas 
que  je  vueille  dire  quelles  ne  puif- 
fent  être  fiennes ,  &  même  les  au¬ 
tres  peuvent  être  décrites  dans  fon 
Snchiridion ,  que  )e  nay  feeu  re¬ 
couvrer. 


K  k  k  a  Piiu 


444-  Livre  L  Seüion  X» 


Pilulæ  HIeræ  fimplids,  D. 
Galeni. 

Cinnamomi  ,  feu  Canelle.  fi- 
leSta , 

Xjlobalfami ,  am  fuccedan.  ejtu  fur^ 
culorum  Lemifii  P  cria. 

Afari  umCarpefij  ,  cum  Calen.i. 

ficundum  loco,s. 

Spica  Indice  , 

Croci  & 

Mafiiches ,  fing.  drach.  très. 

Aloes  optime  ,  drachm.  quinqua- 
ginta. 

Cum  melle  Rofito  paretur  majfa , 
vjui  reponenda. 

LES  F ACFLTEZ. 

Elles  font  propres  aux  maux  d  e- 
ftomach  caufoz  d’humeurs  bilieufos 
&  picuiteufes  ,  &  à  ceux  qui  ibnt 
vexez  de  fufFufions,  &  autres  îympto- 
mes  procedans  du  vice  du  ventricu^ 
le  :  comme  auffi  à  ceux  qui  ont  le 
ventre  referré  >  &  aux  femmes  qui 
n’ont  pas  bien  leurs  purgations. 

R  E  M  A  R  CLV  E. 

Es  Pilules  font  diverfiment  dé¬ 
crites  par  les  Autheurs  des  Di- 
fpenfaires  ;  les  plus  conformes  à  leur 
inventeur ,  font  ceux  qui  les  décri¬ 
vent  comme  Bauderon  ,  &  fi  la  def- 
cription  nefi  pas  conforme  a  celle  de 
Gai.  qui  demande  de  chaque  ingré¬ 
dient  une  once  ,  &  au  lieu  du  Xylo- 
balfamum  j  il  y  fait  entrer  le  Carpo- 
balfamum  &.centdrachmes  d’Aloës, 
il  efi  vray  que  dans  l'Epitome  de 


Lacuna  la  defcription  efi  ctnfrme 
avec  celle-cy  dejfus,excepté  feulement 
quelle  éfi  doublé  du  poids.  Galien 
veut. que  la  poudre  fait  fubtile. 


Pilulæ  Hieræ  cum  Agarico. 

Specierum  Hier  a  fimplic.  k  Go- 
len.  prafcript.  & 

Agariei  trochifcati  ,  utriufq.  une, 
femifi: 

Aloes  optima ,  une.  unam. 

Cum  Melle  Rofato  fiat  mafia. 

LES  FACFLTEZ. 

Elles  foulagent  les  maux  qui  pro¬ 
cèdent  d’humeurs  craflès  &  pituiteu- 
fes  J  principalement  de  l’eftomach  & 
de  la  poitrine. 

R  E  M  A  R  Q.V  E- 

IE  nay  peu  trouver  l'Autheur  de 
ces  Pilules  ,  qui  efi  la  caufe  que 
je  ne  diray  rien  fur  icelles ,  fi  ce  nefi 
que  les  deferiptions  que  nous  en  trou- 
•  vons  dans  les  Difienfaires  different 
fort  peu  les  unes  des  autres.  Outre 
VAlo  'és  qui  entre  dans  la  Hierefm- 
pie  de. Galien ,  l’Autheur  de  ces  Pi¬ 
lules  entend  quony  en  mette  la  dofe 
ey-defius  preferipte  ;  afn  quelles 
fiient  plus  efficaces  pour  Veftomach. 


Pilulæ  Hieræ  compofit.  D.Nic. 
Alexand. 

yi.  Caneïïa  fileüta  ,  feu  Cinna¬ 
momi, 

Spiest  Nardi , 

Crect 


Des  Filuleé. 


441 


Cnd  vptmi, 

Schananthi  ,  feu  florii  lumi  odg~ 
Jfiri! 

Xylob/tlfami ,  (  aut  Succéda»,  ejm 
furculor.LentifciyVel  Terebimhi) 
XilocaJfta,U  ejl ,  Cajfia  lignea  are-- 
matica  > 

Carpohaljami  y  aut  fuccedan.  e]m  fi- 
rninü  Lentifci ,  vél  Terebinthi, 
Semin.  vel  floruiH  Fiai  arum , 
Ahfinthii  Pontici  majorü ,  feu  vul- 
garis, 

Epithymi,  _ 

Agarici  alhi  faminirii, 

Rofarum  rubrarum, 

Turbith  eptimi, 
ùlecynthidü ,  & 

MaHiches  y  fingul.  drach.  femifi. 

Alo  'és  Socotorina ,  une.  unam. 

Cura  melle  Rofato  fiat  majfa. 

LES  FACFLTEZ. 

Elles ‘conviennent  aux  indiipofi- 
tions  de  la  tête,  des  nerfs,  &  à  la  cru¬ 
dité  du  ventricule. 

REMARQVE. 

C'^Eux-là  s’abufent  grandement, 
jqui  dans  leurs  Diifenjaires  at¬ 
tribuent  les  Pilules  de  cam¬ 

pe  fit  a  à  Nicolam  Myrepfia  .dle- 
xmdrinui  ,  eîr  ceux  aujfi  qui  les 
attribuent  d  Nicelaus  fimplement 
»e  font  pas  moins  exempts  de  cet 
^ui  5  parce  que  s’il  faut  entendre, 
tomme  il  y  a  apparence ,  que  ce  der¬ 
nier  fait  Nicelaus  Alexandrinus , 
tes  f  Unies  ne  luy  doivent  apparte¬ 
nir,  non  plus  qua  ce  premier ,  en 
te  qu  ils  ne  les  décrivent  ny  fous  le 


mm  ny  fous  la  forme  de  Pilules.  Il 
eft  bien  vray  ,que  tous  les  deux  dé¬ 
crivent  cette  compefiiion  dans  leurs 
.Antidotaires  en  la  Seblion  des  Hie- 
res ,  ce  dernier  fous  le  nom  de  Plie¬ 
ra  fiera,  chapitre  40; .  d'où  ce  pre¬ 
mier  l'a  empruntée ,  &  la  rapporte 
met  d  met  en  la  SePlion  1  j .  chapi¬ 
tre  feptiéme  des  Antidotes ,  feus  le 
nom  de  Hiera  Galeni ,  auquel  elle 
ne  peut  être  non  plus  attribuée  par 
la  raifon  que  l'Autheur  de  la  Pa- 
raphrafe  en  donne  en  la  Seltion  des 
Hieres  que  Galien  na  peint  conneu 
le  Turbith  qui  y  entre  ,  qu  on  ne 
laijfera  pas  fans  réponfe  ,  en  difant 
que  Galien  décrit  dans  fes  oeuvres 
un  Eleüuaire  fous  le  nom  du  Tur¬ 
bith  a  &  par  cenfequent  il  en  a  eu 
la  conneijfance  ,  ce  que  j  avoué ,  & 
répond  d  même  tems  en  faveur  de 
la  vérité,  que  la  defeription  de  cet¬ 
te  compofition  efi  comprife  dans  les 
livres  qui  ont  été  ajoùtés  d  ceux  de 
Galien  qu'on  appeUe  Spurii,  qui  n'ont 
point  d'authorité ,  &  par  toutes  ces 
raifons  ,  j'ay  corrigé  le  nom  de  My- 
repfits  ,  &  mû  en  fa  place  celuy 
d' Alexandrinus  ,  non  pas  comme 
ayant  inventé  ces  Pilules,  mais  com¬ 
me  le  premier  des  deux  Nicolas 
qui  décrivent  cette  compofition  fous 
le  nom  de  Hiera  ,  comme  a  été  cy- 
devant  dit. 

La  raifon  pourquoy  Bauderon  na 
point  Paraphrasé  ny  enfeigné  le  mé¬ 
lange  de  ces  Pilules  ,  non  plus  que 
de  celles  de  Hiera  cum  Agartco, 
a  été  pour  nufer  de  redite  fur  un 
même  fujet ,  puis  que  l'une  &  l'ait- 
tre  font  toutes  conformes  en  nom¬ 
bre  y  dofes  y  dr  memes  ingrediens  que 
les  Hieres  cy  -  devant  décrites  en 
Kkk  J  la 


44^  /. 

la  SeUion  neuvième,  quiportent  mê¬ 
mes  noms  ,  du  mélange  desquels  on 
Je  pourra  fei'vir  pour  ces  Pilules, 
excepté  ÿour  U  confidence  de  eel- 
les-cy  qui  doivent  être  foUdes.L’ Ar- 
tijle  fe  fouviendra  toujours  au  lieu 
de  l’Agaric  Jimpk  ,  dy  mettre  du 
trochifqué ,  &  en  la  place, dé  la  Co- 
locjnthe,les  “Irochifques  Alhandal. 

Il  efi  a  remarquer ,  qu’aux  trois 
dernier  es  éditions  des  additions  de 
Sauvageon  ,  on  y  aohmisle  JÇj/locaf- 
fia  ,  e^i  efi  une  faute  digne  de  cor- 
reliisn ,  laquelle  j’y  ay  remife. 


Pilulæ  Bencdi^tæ ,  D.NicoI. 
Sal'ernit. 

Specierum  Benediêl'a  laxativa, 
drach.fex. 

MeüU  Rofati, quantum  fufficit,  com- 
pone  majfam. 

PARAT  HRASE. 

VEu  que  ces  quatre  fortes  de  Pi¬ 
lules  font  compofécs  de  fèmbla- 
bles  médicaments  que  leurs  Antido¬ 
tes  ,  &  ne  different  que  du  miel  Ro- 
fatj  pour  le  blanc  ccumé»  &  en  moin¬ 
dre  quantité  ,  on  pourra  voir  ce  que 
nous  en  avons  déclaré  en  la  Seétion 
precedente.  Si  les  Apothicaires  tien¬ 
nent  en  leurs  boutiques  les  pou¬ 
dres  ,  il  ne  fera  befoin  d’avoir  la 
malfe  en  Pilules. ,  pource  que  fur 
le  champ ,  avec  miel  Rofàt ,  ils  for¬ 
meront  telle  quantité  de  Pilule?  qu’ils 
voudront. 


SeÜion  X 

LES  FAcrLTEZ. 

Elles  attirent  les  humeurs  pitui- 
teufes  qui  tombent  fur  les  joinéhi- 
res ,  elles  purgent  aufli  les  reins  & 
la  veffie. 

REMARQ^VE. 

IL  y  a  dans  ce  Diéfenfaire  & 
ailleurs  peu  de  Pilules  fans  AUes 
comme  celles-cy  ,  cela  doit  être  cau- 
fe  puis  quelles  ne  different  que'  de 
la  quantité  du  miel  aVec  la  Bene- 
dida  laxativa  qu’on  fe  doit  pajfer 
de  les  compofer  (  comme  a  été.  cy- 
dejfus  dit  )  qu’au  befoin ,  puis  que 
l’ Eleduaire  peut  fuffire  en  tout  tems 
a  leur  deffaut  ,fans  le  garder  même 
en  poudre. 


Pilulæ-AfTajeretjD.Aviiirefinx. 

3^.  Maftkhes  chia  ,&  v  v 
Myrobalanor sCitrearum ,  utrmfque 
une.  femifi. 

Pulveris  Hier  a  fimpl-Gal.unc.unam, 
Aloés  Socotorina ,  une.  duos. 

Cum  Syrupo  Stœchadis  forma  msf 
fam  ufui  reponendam.  ' 

PAR  AP  H  RASE,  i 

L’Autheur  de  ces  Pilules  eft  Avi¬ 
cenne  3  livre  3.  Fen.  I.  Traitté  5- 

chapitre  19.  la  bafe  eft  l’Aloës  3  dont 

la  tordiveté  eft  accelereé  par  la  pon¬ 
dre  d’Hicre  3  pour  caufe  des  médi¬ 
caments  aromatics  qui  y  encrent.  Les 
Myrobalans  y  font  mis  poutremjje-^ 
cher  par  leur -adftfididn  îM&vation  ' 


T>es  Pilules.  447 


jjs  vapeurs  bilieufcs  au  cerveau, 
qui  y  caufent  des  douleurs  :  leMa- 
^  y  eft  mis  pour  corroborer  le 
ventricule,  &  corriger  la  nuifance  de 
l’Aloës  &  Myrobalans  :  le  Syrop 
de  Stuechas  y  eft  mis  pour  deterger 
le  phlegme  ,  que  la  poudre  d’Hicre 
a  incisé,  &  atténué ,  &  poui\  don¬ 
ner  corps  à  la  niaflè  ,  &  conlèrver 
long  tetns  la  vertu. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pulvctifèr  chacun  à  part, 
le  Maftich  (  avec  quelques  gouttes 
d’eau  )  &  les  Myrobalans  ,  &  Aisés 
(avec  quelques  gouttes  d’huile  )  auf- 
quds  oii  ajoutera  la  poüdre  d'Hic- 
re, pour  malaxer  le  tout  avec  le  Sy- 
rep  de  Stœchas,  en  fearme  convena¬ 
ble  :  ayant  les  mains  oinétes  d’hui¬ 
le,  on  formera  la  maflè  ,  qui  fera 
refferree  au  belôin,ainfi  que  plufieurs 
fois  nous  ayons  déclaré. 

Z £5  EACVLTEZ. 

Elles  évacuent  fans  ennuy  la  bi¬ 
le  flave  &  la  pituite ,  principalement 
du  ventricule ,  partant  elles  font  pro¬ 
pres  ai>x  douleurs  de  tête  par  fympa- 
tbic  du  ventricule. 

R  E  M  A  R  C^y  E. 

La  corruption  efi  Jî  grmtU  dans 
‘pielques  exemplaires  dje  Bau- 
dfw  ^ue  depuis  fa  quatrième  edi- 
>  qui  fit  en.  Lan  160-7.  fiu-- 
fi»irpcittnt  ces  Pilules  au  livre  y. 

I.  Train è  i.  chapitre  .2.9.  d’A~ 
"^ioenne  5  U  y  4  an  lùvre ,  & 
‘da  procédé  des  Imprimeurs  & 


faut  lire  livre  treiziéme  ,  &e.  Ces 
Pilules  pour  n’avoir  pas  été  dofées 
par  fon  Autheur  ,  ne  laijfent  poi 
d’être  bien  correctes  dans  beau¬ 
coup  de  Dif>enfaires  ;  je  n’.ay  peu 
trouver,  jufques  à  prefent  celuy  qui 
les  a  dosées,  qu’au  rapport  de \Man- 
lius ,  qui  dit ,  que  ceft  Gentilü  a» 
Commentaire  qu’il  a  fait  fur  Avi¬ 
cenne. 


Pilulæ  Oâomeræ ,  feu  de  oélo 
rebusjD.NicolMyrepf 

5^.  Aloés  optima  ,  qualis  ex  Soco- 
tora  Infula  adfertur ,  & 
Diaerydii ,  utriufque  drach.  duos. . 
Intexioris  pulpa  Colocynthidè , 
Epithymi  Cretici  >  tanquam  pr&- 
fiantioris, 

Agarici  albi , 

MaSiiehes  Chia, 

Dauci  Cretici , 

Aîyrobalanor.  Ceputarum ,  & 
ulbfinthii  Pontici  majorés  ,  finguf 
drach. unam. 

Cum  fie  CO  Solani  ,  forma  majfam 
ufui  reponendam. 

PARAPHRASE. 

Nlcokus  Myrepfos  en  la  Sfétion 
îi,  chapitre  3.  des..  Antidotes^ 
&  aprez  luy  Salernitanus  décrit  ces 
Pilules ,  aulquclles  ils  ont  imposé  le 
nom  du  nombre  des  médicaments 
quiles  conftituent  (  exceptant  la  ba-, 
fe,  &  fire  de  Solanum.j  Elles  ont 
quafi  femblables  vertus  que  les  foi- 
vantes  ,  &  Pilules  Aggn  gatives.  La 
bafe  eft  PAlo'és  ,  dont  la  vertu  cho- 
lagoque  eft  augmentée  par  ■  le  Dia- 


Livre  L  SeBion  X. 


448 

grede  ,  &  la  phlegmagogue  j  par  la 
Colocjrnthe  qui  accéléré  la  vertu  tar¬ 
dive  :  le  Maftich  y  eft  mis  pour  cor¬ 
riger  leur  nuilance  ,  &  fortifier  le 
ventricule  :  l'Ablînthe ,  le  foye  -,  les 
Myrobalans,  par  leur  adftriction,eni- 
pecbent  que  la  Colocynthe  ne  pé¬ 
nétré  trop  lôudainemcnt  aux  parties 
les  plus  éloignées  ,  afin  qu’elle  pur¬ 
ge  le  phlegme  de  la  première  &  fé¬ 
conde  région; le  Daucus  incile  j  at¬ 
ténué  le  phlegme  j  &  confîime  les 
vents  :  l’Agaric  conduit  la  vertu  de 
la  baie  au  cerveau  :  l’Epithyme  à  la 
ratte  :  le  fuc  corrige  la  chaleur  des 
purgatifs,  &  du  foye,  &  defôppi- 
Ic  les  conduits  bouchez ,  &  donne 
forme  à  la  malle.  Pour  plus  gran¬ 
de  feureté  ,  je  fèrois  d’avis  qu’on 
prît  de  l’Agaric  trochifqué  ,  èc  de 
la  Colocynthe  préparée  ,  comme  il 
fera  dit  aux  Trochifes  Alhandal  cy- 
aprez. 

LE  MELAIS  GE. 

Il  fent  pulverifer  enfemble  le  Dau¬ 
cus  ,  l’Ablînthe  ,  les  Myrobalans 
&  Epithyme.  Chacun  à  part  l’Aga¬ 
ric  ,  Colocynthe ,  Diagrede  &  Ma¬ 
ftich  :  puis  le  tout  malaxer  enfem¬ 
ble  avec  le  fiic  de  Morelle  ,  aupa¬ 
ravant  cuit  en  Syrop  avec  un  peu 
de  miel  écumé ,  pour  en  former  une 
malîè  ,  qu’on  gardera  au  beïbin.  La 
defe  eft  d’une  drachme  à  une  & 
demie  quand  on  fe  voudra  cou¬ 
cher  ,  les  humeurs  préparées ,  com¬ 
me  dit  Hippocrate  en  l’Aphorifene 
neuvième  a  du  Uvre,  fécond. 


LES  FACFLTEZ. 

Elles  purgent  les  humeurs  craC 
fes  de  la  tête,  aiguifent  la  veuc,& 
dilîipent  les  fùfïùiîons. 

R  E  M  ARQVE. 

CEs  Pilules  font  décrites  far 
Nicolms  Alexandrinus  en  fort 
livre  de  la  eomfejîtion  des  medi- 
caments  locaux  ,  fous  le  nom  de 
Heptamera,  chapitre  j^^.mais far¬ 
ce  quelles  different  un  peu  de  la 
prefente  defertption  du  Daucus  de 
Crete ,  &  des  Jifyrobalans  Chebuls, 
quoy  que  des  autres  ingredtens,  é 
des  defes  fient  confirmes  y  je  n'y 
ay  rien  voulu  changer  pour  le  nom 
de  l’Autheur. 

Bauderon  a  exaüement  ebfervé 
tout  ce  quil  yak  faire  :  &  pour  la 
Colocynthe  dans  fa  Paraphrafe ,  il 
dit  etre  d'avis  d'y  mettre  de  la  pré¬ 
parée  y  &  pour  l" Agar-ic  fmfk  du 
,  trochifqué. 


Pilulæ  5.  getieribus  Myrobîfc- 
lanornm ,  D.  Nicolai 
Myrepfî. 

^Quinque  ffecierum  Myrobala- 
nerum , 

Agarici  albiffmî, 

Diadacrydii,  id  ejl,  Scarnmond  P*’’ 
parati , 

Colocynthidis  ,  & 

Senne,  mudata ,  fingul.  drach.  du«s> 
&  femifi. 

Rhabarhari  optimi,fcrup  (quatuor- 
Epithymi  Creticiy 


Des  Pilules. 


Anift ,  , 

Turbith  optimi 

Zingiberis  (ex  Nicolai  Pr&pojîti  in- 
ftimo) 

Lapidés  La'^uli  loti  tantum,  &  non 
ufti,& 

JlLaBiches ,  fin  gui.  drach.  unam,  tfi 
Gran.  fèxdecim. 

Alo'és  optima  ,  une.,  fiemifi.  compone 
majfam  cum  fucco  Foeniculi,  vel 
Abfinthii  Pontici  ,  feu  Roma¬ 
ni,  idem. 

.  PARAPHRASE. 

■XyfYrepfus.  déclic  ces  Pilules  au 
IVllivre  preallegué  chapitre  9.  lel^ 
quelles  ont  pris  leur  .npm  de  la  ba- 
fe  les  cinq  efpeces  de  My-robalans, 
qui  avec  choix  en  csorroborant ,  ou 
refTerrant  purgent  1  une  &  Taucre 
bile,  &  le  phlegme.  La  vertu cho- 
lagogue  des  Myrobaîaiis  cirrins,  elt 
augmentée  par  le  Rheubabe  non 
mentionné  au  -texte  de  Salernita- 
nus  :  leur  ,  tardiveté  eft  accélérée 
par  le  Diagrede.  La  vertu  ^.mene- 
lagogue  foible  des  Myrbbalans  In¬ 
diens  eft.-angmentée  par  -le  Senné, 
&  Epithyme  :  leur  tardiveté  eft  ae- 
celerée  par  la  pierre  d’Azim.  La 
vertu  phlegmagogue  des  Myroba- 
lans  Cepules ,  Bcilerics  ,  &  Emblics, 
eft  augmentée  par  l'Agaric ,  &  Tur¬ 
bith  :  leur  tardiveté  eft  accclerée  par 
la  Colocynthe.  Au  contraire  la  cé¬ 
lérité  du  Diagrede  ,  pierre  d’Azur 
&  Colocynthe ,  eft  retardée  par  la 
craftitie  des  Myrobalans ,  &  Rheu- 
barbe.  L'Alocs  y  eft  mis ,  pour  ren¬ 
dre  falubre  l'aétion  des  purgatifs  vio¬ 
lents.  L'Anis  pour  incilcrle  phleg- 
^«confiimer  les  vents , -donner  bon- 


449 

ne  odeur,  &  corroborer  la  vertu  foi¬ 
ble  du  Senné, &  Epichyme  ;  de  me¬ 
me  le  Gingembre,  à  l’Agaric  &  Tur¬ 
bith  :  le  Maftich  y  eft  mis  pour  for- 
tilier  le  ventricule  contre  l’injure 
des  purgatifs ,  &  empêcher  que  l'A- 
loés  n’ouvre  l’orifice  des  veines  du 
fiegé  :  le  fîte  d’Abfinthe  fortifie  le 
foye  deterge  les  matières  crallêsi 
donne  corps  à  la  malfe ,  &  conferve 
les  efpeces. 

Ceux  ,  qui  formeront  la  maftè  aveç 
le  flic  d’Abfînthe,  &  non  de  Fœ-r 
noüil ,  y  pourront  ajouter  à  la  pour 
dre, de  la  fètnence  autant  que  d’anis.  i 

LE  MELANGE.  i 

Enfemble  il  faut  pmlverifcr  le  Tur¬ 
bith  ,  Gingembre,  Anis,  Senné ,  & 
Epithyme.  Les  Myrobalans  mondez 
de  leurs  os ,  fè  pulvcrifèronc  enfèm- 
ble  avec  quelques  gouttes  d’huylCe 
tant  pour  les  rendre  lubriques,  cor¬ 
riger  leur  âpreté  ,  que  pour  empê*. 
cher  qu’ils  n’exhalent ,  &.fèpulve- 
riferont  avec  le  Gingembre  >  &  Tur¬ 
bith.  A  part  chacun  ,  il  faut  curieu- 
femeht  pulverifèr  le  Diagrede  ,  & 
les  Trochifes  Alhandal,pour  la  Cq-' 
locynthe  ,  le  Rheubarbe,  Maftich, 
èc  la  pierre  d’Azur  lavée  (  comme 
dirons  aux  Pilules  qui  en  ont  pris 
leur  appellation,  j  l’Al©ës,  &  l’Aga¬ 
ric  ,  avec  lïne  rappe  -on  ferre.  Cela 
fait  on  cuira  le  fuc  avec  du  miel  écuirjé 
en  Syrop ,  dont  on  formera  (  des 
poudres  mêlées  au  mortier  )  la  màt 
fc  les  mains  oinétes  d’huile  ,  laquel¬ 
le  fera  gardée  au  befbin.  Ladpfe  cft 
d’une  drachme ,  à  une  &  demie. 


LU 


LES 


450  Livre  I. 

LES  F  A  cr LTE  Z. 

Elles  {ont  propres  aux  maux  dk- 
ftomach ,  à  la  melancholie  »  &  aux 
raceleux  »  à  1  endeure  :  &  purifient 
le  fang. 

REM  ARQVE. 

Auderon  demande  que  le  Lapù 
LaXjtli  fait  lavé  ,  &  Mjirepfm 
nen  fait  point  mention ,  fans  doute 
c’efi  k  raifon  de  la  petite  quantité 
qu’il  y  en  entre ,  'felîime  auffi  de 
quelle  fa^on  qu’on  l’y  mette  lavé 
eu  non ,  qu’il  ny  aura  nul  danger, 
puisqu’il  n’y  entre  pas  deux  grains 
par  drachme  de  Pilule  ,  d’ailleurs 
la  lotion  cy-aprés  prefcripte  efi  de 
petite  efficace  ,Ji  l’ Article  ne  confi- 
dere  meurément  les  paroles  de  l’Au~ 
theur  de  la  Paraphrafe ,  lefquelles 
jointes  avec  nos  raifons  cy-devant 
alléguées  en  la  Confiélion  Alkermes 
de  Mefué ,  il  reujjira  bien ,  &  ain- 
fi  faquiefce  tres-volontiers  k  cette 
lotion  J  afin  que  l’Artiéîe  fait  dili¬ 
gent  k  ehferver  toutes  les  prépara¬ 
tions  de  fi  petite  importance  qu’el¬ 
les  foient  :  pour  le  jfùrplus ,  il  faut 
fuivre  l’Autheur  du  mélange. 


Pilulæ  Po!ychrefl:æ,fen  Aggre- 
gativæj  D.  MeE 

Alo'és  Socotorina ,tanquampra- 
ftantiorü ,  & 

Turbith  optimi ,  utriufque  drachm. 
fex. 

Liacrydii ,  drachm.  quinque  vel  fex 
eum  alqs. 


SeBion  X. 

Myrobalanorum  Citrearum ,  ejr 
Rhabarbari  optimi,  utriufque  drach.  ■' 
quatuor. 

Succorum  Eupatorii  Mefae  ,  vel 
Agrimonia  noSiratû ,  & 

Abfinthii  Pontici  md]aru, 
utriufque  drach.  très. 
Myrobalanorum  Cepularum ,  & 
Indarum , 

Agarici  albijfimi, 

Colecynthidü ,  & 

Polypodii  querni  ,  fing.  drachm. 
duos. 

Maéliches  Chia , 

Rofarum  rubrarum , 

Salis  Gemmei , 

Epithymi  Creténfs 
Seminis  Aniji ,  é" 

Zingiberis,  fing.  drach. unam. 

Curn  EleSluano  Rofato  cholagogo. 
D.  Me f  forma  mafam, 

TARAPHRASE. 

CEs  Pilules  font  de  rinvention 
de  Mefué ,  à  ce  qu  il  écrit  en  la 
diftinélion  diziérae  de  fon  Graba- 
din  J  &  fort  ufitées  ,  parce  qu’el¬ 
les  font  univerfèiles.  Elles  font  nom¬ 
mées  Polychrefces ,  pource  qu’avec 
choix  elles  purgent  les  trois  hu¬ 
meurs  ,  &  conviennent  à  plufieufS 
ufages  :  &  aggi  cgatiyesjpource  qu’el¬ 
les  amafïènt  de  toutes  parts  les  hu¬ 
meurs  corrompues ,  afin  que  la  natu¬ 
re  plus  aisément  les  jette  hors.  La 
bafè  Cholaguogue  font  les  Myroba- 
lans  Citrins  ,  Alo'és  &  Rheubar- 
bedeiir  tardiveté  eft  accélérée  par  le 
Dkgrede.  La  bafe  phlegraagoguc» 
font  les  Myrobalans,  Cepules,  Aga¬ 
ric,  &  Turbith  leur  tardiveté  eft  ac¬ 
célérée  par  la  Colocynthc.  La  inenc- 
lagogue 


Des  "pilules,  451 


lagogue  eft  le  Polypode  ,  Epichy- 
me  J  &  Myirobalans  noirs  defquels 
latardivecé  >  comme  des  autres  baies, 
eft  accélérés  par  le  Diagredc  &  Co- 
locynthe.  Le  fei  Gemme  corrige  te 
vice  du  Turbith  ,te  Gingembre  celuy 
derAgaric,l'Anis  celuy  du  Polypode. 
Lc  'Maitich  y  eft  mis  pour  la  de- 
fénce  du  vencricule,  contre  la  nni- 
fance  des  purgatifs  :  tes  Rotes  pour 
celle  du  foye  :  les  fucs  poiu:  inciter 
&attenuer  les  matières  craltes&  vif- 
(jueufcs,  &  deteppilcr  tes  conduits 
bouchez ,  tant  du  foye  que  des  vei¬ 
nes  meteraiqacs  :  l’Llectuaire  Ro- 
fat  Cholagoguc  de  Meiïié  y  eft  mis 
pour  augmenter  la  vertu  des  bâtes, 
donner  forme  à  la  mafle  longue¬ 
ment  la  conter  ver  au  befoin.  Ceux 
qui  auront  ces  Pilules  te  pourront 
palier  des  deux  precedentes  deteri- 
pdons  ,  &  des  Impériales,  La  do- 
fe  eft  d’une  drachme  à  une  èc  de¬ 
mie.  Elles  ne  font  utiles  en  Eté, 
ny  au  commencement  des  maladies, 
ny  ^  ceux  qui  font  oppilez ,  pour 
caufe  de  la  cralîitie  des  Myroba- 
lans  :  au  contraire  utiles  au  Prin- 
tems.  Automne,  &  Hyver,  &' aux 
maladies  compliquées ,  les  humeurs 
étans  digérées. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  pulveriter 
le  Turbith  ,  Polypode  ,  &  Gingem- 
bte,  Anis  Myrobalans  ,  &  Rheu- 
hatbe  ,  puis  on  y  ajoûtera  les  focs 
d'Abftnthe  &  d’Eupatoire  deiteichez 
au  Prînrems ,  ainfî  que  nous  avons 
déclaré  eiKla  Seélion  deiiziéme,  pa¬ 
ge  vingtième  de  cette  Paraphrate,afin 

PW  leur  lîccité  ils  te  puilicnt 


aiféraent  ptdveriter  :  finalement ,  on 
y  ajoûtera  les  Rotes  &  Epithyme. 

Il  faut  pulveriter  chacun  à  part, 
TAloés ,  te  Diagrcde  les  Trochites 
Alhandal  (  pour  la  Colocynthe  )  le 
Maftich,  &  le  tel  Gemme,  l’Aga¬ 
ric  fera  rappé  avec  une  ferre  ,  ou 
l’on  prendra  du.  trochilqué  ,  qui  te 
pulvcrifera  facilement  :  aprez  le  tout 
("mêlé  au  mortier^  fera  malaxé  avec  ' 
l’Eleéluaire  Rolàt,  de  la  defetiption 
de  Mefué  ,qui  eft  un  peu  plus  épais 
que  Syrop  ,  &  moins  qu’Opiate.  La 
malle  fera  long  rems  battue  au  mor¬ 
tier  ,  afin  qu’elle  foit  plutôt  fermen¬ 
tée  (  les  mains  oinétes  d’huile  d’a¬ 
mandes  douces  ,  &  quelques  jours 
exposée  à  l’air  )  fera  referrée  dans 
de  la  peau  blanche  ,  ou  parchemin 
auffi  oinét  dans  un  pot  de  verre  ou 
de  terre  vernifsée ,  &  non  pas  dans 
une  boitte. 

LES  FACFLTEZ. 

Elles  font  fort  propres  à  divertes 
incommoditez  de  la  tête ,  du  ventri¬ 
cule,  du  foye  (  pourveu  qu’il  n’y  ait 
point  d’obftruàions  :  )  car  elles  pur¬ 
ent  de  ces  parties  ,  &  des  organes 
CS  fens ,  la  pituite ,  &  Tune  &  l’au¬ 
tre  bile.  Partant  on  les  peut  ordon¬ 
ner  avec  heureux  foccez,  aux  fievres 
longues  &  compliquées  ,  aux  vi¬ 
ces  de  la  tête,  du  ventricule  ,  & 
du  foye. 

REMARQ^VE. 

En  la  defeription  de  tes  Pilu¬ 
les  ,  'fay  trouvé  dans  trois  di¬ 
vers  exemplaires  de  Mefué  de  dif¬ 
ferentes  éditions  la  dofe  des  fucs 

LU  Z  d'Jlt 


452.  Livre  L 

d'Abfinthe  &  d’Eufaioire  de  deux 
drachmes  de  chacun.  Les  J\doines 
y  font  conformes  ,  Mefué  de  ï'^eni- 
fe  apud  luntas  en  met  trois  drach¬ 
mes  de  chacun  ;  comme  fait  Bau- 
deron  &  quelques  autres.  Et  les 
Bdoines  mettent  cinq  onces  de  Rheu- 
harbe  au  lieu  de  .cinq  drachmes: 
toutes  ces  variétés  viennent  par 
fois  &  bien  fouvent  des  Imprimeurs, 
comme  celle  des  JlLoines  ,  &  d'au¬ 
tres  fois  de  la  vieille  &  de  la  vul- 
guaire  verfion  des  œuvres  de  Me¬ 
fué  :  V Agaric  doit  être  récem¬ 
ment  trochifqué  ,  &  pour  la  Colo- 
cynthe ,  faut  prendre  les  Trochifques  . 
AlhandaL 


Piluîæ  de  Agarico ,  D.  Mcf. 

'IL.  lurbith  optimi,  drach.  quinque. 
Ëulveris  Hiers.  Fiers  fimpl.D.Gal. 

drach.  quatuor. 

Agarici  albijfmi ,  drach.  très. 
Colocynthidis & 

Sarcocolls,  utriufque  drach.  duos. 
Radicis  Ire  os 
Prajfii  albi ,  & 

Myrrhs  ,  fin  g.  drach.  unam. 

Cum  Sapa  compone  maffam  ufui  re- 


^ARAPHRASE. 

CE  s  Pilules  ne  font  pas  de  Me- 
lîié  mais  d'Avicenne  qui  les  dé¬ 
crit  au  Fen  i  o.  livre  troiziémej  Trait- 
té  premier,  chapitre  40.  de  la  cura¬ 
tion  del’Aftme,  duquel  il  les  a  em¬ 
pruntées.  Il  y  a  ajouté  la  Myrrhe  : 
car  les  exemplaires  d'Avicenne,  que 
j'ay  .eu  en  main  *  ne  font  mention 


SeÛïon  X. 

de  la  Myrrhe;  ouÿ  B'ellnneiifis,& 
Mefué ,  qui  peutêtte  ont  eu  d’autres 
exemplaires,  plus  ou  moins  correéts, 
que  les  miens  ,  imprimez  à  Venife, 
&  à  Lyon.  Elles  ont  pris  le  nom 
de  la  baie, l’Agaric,  la  vertu  foible 
duquel  eft  augmentéepar  le  Turbith: 
leur  tardiveté  eft  accélérée  par  la 
Colocynthe  ,  corrigée  comme  di¬ 
rons  en  la  Seé^ion  fuivante.  La  pou- 
dre  de  Hiera  complété  (  làns  miel  ) 
y  eft  mile  pour  fortifier  le  ventricu¬ 
le  ,  contre  leur  nuifance ,  &  rendre 
leur'aélion  meilleure  ;  notamment  la 
Sarcocolle  ,  celle  de  la  Colocyn¬ 
the  empêchant  par  fa  lenteur ,  que 
par  Ion  acrimonie  elle  n’écorche  les 
veines  melèraiques,  &  n’enfiâmeles 
vilceres  :  la  vertu  de  la  baie  eft  con¬ 
duite  aux.  poulinons  par-  l’Iris  & 
Pralîium.  Mefué  y  a  ajouté  la  Myr¬ 
rhe  ,  tant  pour  deterger  la  pituite  y 
contenue,  &  des  autres  vifeeres,  que 
pour  refifter  à  la  pourriture  des  hu¬ 
meurs  :  le  vin  cuit  corrige  la  liccite 
des  purgatifs  ,  adoucit  &  deterge, 
donne  corps  à  la  malle  ,  &  conferve 
le  tout.  La  dofe  eft  de  deux  drach¬ 
mes  pour  le  plus. 

LE  MELANGE. 

Aux  racines  d’îris,  Turbith  à 
demy  pulverifez  ,  on  ajoutera  le 
Praflîum  blanc  fêiché  ,'qu’on  pulve- 
rifera  enfemble.  Chacun  à  part,  « 
faut.piler  TAgaric  trochilqué'f  meil¬ 
leur  que  le  non  préparé  )  aiiffi 
Trochifcs  Alhandal  (  pour  la  Colo- 
cynthe)  avec  quelques  gouttes  d  hiu- 
le  Violât  ou  d’Amandes.  La  Myrrhe, 
&  Sarcocolle  ,  fe  pulveriferont  racle 
lement  làns  addition  :  puis  on  y 


Des  Pilules,  455 


ajoutera  la  poudre  d’Hiere  j  pour  ma¬ 
laxer  le  tout  enlêmblc ,  avec  le  vin 
cuit  &c  en  foimer  une  maffe ,  cora- 
tne  a  été  plufieurs  fois  dit  ,  qu'on 
gardera  au  beibin.  On  n'en  doit  don¬ 
ner  aux  enfans  ,  vieillards  femmes 
enceintes  ,  ny  à  ceux  qui  font  par 
trop  debiles. 

Z£S  FACKLTEZ. 

Elles  nèttoyent  le  thorax  de  la  pi¬ 
tuite  craffe  putride  :  pour  ce  elles 
conviennent  à  la  toux  ,  &  à  l'afthme 
invétérée. 

REMARQJ/E. 

E  trouve  la  defeription  de  ces 

Pilules  ,  un  peu  dijfemblables 
dans  /es  exemplaires  de  APeJué, 
en  vieille  lettre  d’avec,  ceux  de  Ve¬ 
nise  en  lettre  ronde  :  les  vieux  de¬ 
mandent  trois  drachmes  de  la  pou¬ 
dre  de,  Hiera  Fiera  ,  &  ceux  de 
Fenife  en  bonne  lettre  quatre  drach¬ 
mes.  Bauderen  &  quelques  autres 
demandent  la  Poudre.  de  Hiera  Fi¬ 
era  Jimpl.  Galeni ,  de  quoy  je  méton- 
’ne ,  puis  que  la  coutume  efi  telle  ,  ou 
à  tout  le  moins  la  doit  être,  quand 
un  /intheur  a  décrit  une  compojition, 
&  lors  qu’il  en  décrit  quelque  au- 
tte ,  ou  il  fait  entrer  une  compoji¬ 
tion  qu’il  aura  déjà  inventée  ,  & 
qu’un  autre  Autheur  en  auroit  décrit 
une  qui  portera  le  même  nom ,  il  efi 
tres-ajfeuré,  qu’il  faut  toujours  pré¬ 
férer  atome  autre  celle  de  fin  Au- 
theur  quoy  qu’il  ne  s’en  explique 
point  ;  par  exemple  Jidefue'  a  dé¬ 
crit  un  EleSluaire  de  Hiera  Pi- 
tra  ■  qu’il  dit  être  de  fin  invention. 


pourquoy  prendre  celle  de  Galien, 
poffible  me  repartira-on  que  les  Pi¬ 
lules  de  Agarico  que  Mefué  décrit 
ne  font  pas  fiennes ,  &  qu’il  lésa  pri- 
fes  mot  à  mot  du  lieu  fus  allégué  d’A¬ 
vicenne  par  Bauderon  5  a  cela  je  ré¬ 
pons  qu’il  n’importe,  puis  quelles  luy 
ont  été  attribuées  &  que  l’inventeur 
d’icelles  ,  demande  fimplement  avec 
Mefué,  Hiera  Fiera,  c’ efi  pourquoy 
j’efiime  luy  devoir  rendre  cette  de- 
ference ,  comme  s'il  en  était  le  vray 
iniienteur,  outre  que  mon  fintiment 
efi  que  celle  de  Mefué  efi  plus  ejfca- 
cieufe  ,  qui  efi  la  caufe  que  fen  qy 
inféré  la  defeription  d  la  fin  de  la 
SeUion  des  Hieres  de  cette  Fharma- 
copéé,  afin  que  ceux  qui  s’en  voudront 
firvir  fiient  relevesj^  de  la  peine  de 
les  chercher  ailleurs.  La  Myrrhe  n’a 
point  eté^ajoutée  en  ces  Filules  par 
Mefué ,  puis  quelle  s’y  trouve  en 
certains  exemplaires  d’Avicenne  , 
comme  il  efi  marqué  en  la  marge  de 
l’Edition  de  Vincentius  Vdlgrifius 
de  Venife ,  de  l’an  1  5  64. 


Pilulæ  Aurcæ-,  D.  NicoL 
Alexand. 

'Pf.  Alo'és  Socoterîna ,  feu eptima,  & 

Diadacrydiq  ,  utriufque  drachrn. 
quinq. 

Rofarum  rubrarum  ,  & 

Seminum  Apij,  utriufq.  drach,  duos, 
&  fernifi. 

^nijî,  & 

Fœniculi,  utriufq.  drdch.unam, 
&  fimifi. 

Fulvis  Hiera  Fiera  ,  (  hujus  lo- 
co  Salernitan.  habet  Mafiiehes 
tantumdern  ) 

Cro 


LU  3 


454  Livre  L  SeBion  X, 


Craci i  & 

Colocynthidis  drach.  umm, 

Mucaginii  Gunrni  Tragacanthi  f 
quant,  fuj^cit  .‘formetur  ma  fa. 

PARAPHRASE. 

De  l'infcription  de  ces  Pilules 
comme  de  plufieurs  autres  lieux, 
il  appert  q^ue  Nicolaus  Myrepllis 
Alexandrinüs  a  été  peu  versé  en  la 
langue  Latine  ,  les  appellant  Aorias 
pour  Anreas  :  tel  nom  leur  eft  im¬ 
posé  par  les  Latins ,  tant  pour  cau- 
le  de  leur  couleur  jaune  comme  l'or, 
(  à  caille  du  Saffran  )  que  pour  leur 
excellence  entre  les  autres  Pilules, 
comme  l’or  entre  les  métaux. 

La  balè  eft  l’Alo'é  ,  la  vertu  cho- 
lagogue  duquel  eft  augmentée  par  le 
Diagrede  :  la  phlegmagogue  par  la 
Colocynthe  :  le  Saffran  y  eft  mis 
pour  la  defence  du  cœur  contre  la 
nuifance  de  la  Colocynthe,  &  Dia¬ 
grede  :  la  poudre  d’Hiere ,  ou  Ma- 
ftich  3  l’un  de  l’autre  lônt  bons  pour 
le  ventricule  :  les  Rôles,  pour  le  foye: 
les  lémences  incilênt  &  atténuent 
le  phlegme,  diiüpent  les  vents,  ôc 
conduifent  les  ferofitez  bilieufes  par 
la  voye  des  vrines  :  le  mucilage  de 
Tragacanth  detcrge,addoucit,d<.  rend 
lubrique  la  Colocynthe,  donne  corps 
à  la  malle  ,  &  conlèrve  les  efpeces: 
la  célérité  du  Diagrede ,  Colocyn¬ 
the  ,  eft  reprimée  par  la  tardiveré 
de  l’Alo'és  ,  &  au  contraire  quel¬ 
ques-uns  font  d’avis  de  mettre  Icu- 
lement  la  moitié  du  poids  requis  du 
Diagrede  ,  pource  que  pour  cha¬ 
cun^  prife  il  .y  a  environ  une  feru- 
'  pille  ,  qui  lèroit  trop,  attendu  que 
la  corî^mune  dofe,  lèlon  Melùé,  eft 


de  douze  grains ,  telles  raifons  font 
foibk's. 

Premièrement  Nicolaus  requiert 
du  Diagrede ,  qui  n’eft  autre  cho- 
le' que.  la  Scammpnée  dépouillée  de 
fon  acrimonie'',  Sc  malignité  à  de- 
my  rabatué  par  la  coction  dans  un 
Coing. 

Secondement  ces  Pilules  font  pour 
purger  le  cerveau  ,  &  parties  de  la 
troiziéme  région,  les  humeurs  y  con¬ 
tenues  ,  où  des  mediçamentS'  bénins 
ne  peuvent  parvenir  :  mais  les  vio¬ 
lents.  Davantage  les  médicaments 
violents  pris  en  petite  quantité  font 
foibles  :  que  s’il  y  en  a  trop  d’tine 
drachme ,  on  fe  contentera  de  de¬ 
mie  drachme  ;  que  h  l’Apothicaire 
n’a  point  du  Diagrede ,  au  lieu  de 
cinq  drachmes ,  qu’il  fe  contente  de 
deux  drachmes  &  demie  de  Scam- 
monée  J  qui  reviendra  à  deniy  feru- 
pulc,  pour  chacune  drachme  ,  quan¬ 
tité  fuftifente  pour  purger  un  corps 
délicat. 

LE  MELANGE. 

On  piilera  cnfemble  les  femcnccs 
&  les  Rofes  ,  chacun  à  part  la  Co¬ 
locynthe  corrigée  ,  que  les  Arabes 
appellent  Alhandal ,  qui  eft  beaucoup 
plus  affeurée  que  la  non  préparée, 
tant  feibrilespuiflê-clle-êrre,  le  Dh- 
grede ,  l’Alocs  ,  le  Maftich ,  &  Saf- 
fran  ;  aprez  toutes  les  poudres  fe¬ 
ront  mêlées  enfemble  au  mortier ,  & 
malaxées  avec  quantité  feflifente  de 
mucilages  de  Gomme  Tragacanth, 
tirée  avec  eau  Rofe  ,  &  11  on  a  pris 
de  la  Colocynthe  la  maflè  lera  gatpi 
dée .  comme  nous  gvons  , déclaré.;. 
Quelques-uns  font  d’avis  d’ajouter  1 


De^  Pilules.  ,  45  c 


lapitdre  demy  dractime  de  gomme 
Tragacaiicli ,  pour  caufè  de'  la  Colo- 
cynthe  >  Sc  former  la  malîè  avec 
miel  tolàc , -pour  ce  q^ue  rhumidité 
èi  mucilage  au  dedans. ,  la  fait  mol¬ 
lir  ,  &  peu  de  temps  aprez  fs  feiche 
fl  fort  J  qu’une  partie  de  la  verm  pur¬ 
gative  fe  perd  :  ce-  qui  n’avicnt  "pas 
étant  formée  avec  miel  rolàt,  ce 
qui  eft  bien  vray,  Pôur^ee ,  fi  l’on 
prend  femblable  poids  de  Trochilc 
Alliandal  que  de  Colocyntbe ,  il  ne 
fera  pas  befoin  d’y  ajouter  la  gom¬ 
me  Tragacarith  en  poudre  ,  ôc  ce 
lcra  auffi  bien  ■  fait  de  former  la 
maife  aveclemièl  rofàt.  Au  contrai¬ 
re  ,  fl  on  prend  la  Colocyntbe  ,  on  y 
mettra  demy  drachme  de  gomme 
Tragacan'th  Sc  on  malaxera  la  poudre 
avec  miel  rofat ,  &  non  avec  les  mu¬ 
cilages. 

L£S  FACFLTE  Z. 

Elles  purgent  le  cerveau  j  aigui- 
fént  la  veuë  ,  difcutent  les  vents 
du  ventricule  &  des  inteftins  ,  & 
lâchent  le  vennre  fans  aucune  nui- 
lânce, 

R  E  M  A  R  dV  E. 

BAuderon  s’efi  oublié  de  dire  que 
Nicolaus  Myrepfiu  Alexandri- 
m  n  était  point  verfé  en  la  langue 
Latine ,  d'avoir  appelle  ces  Pilules 
■dorioi ,  pour  Aureoi.  Cette  faute 
devrait  être  plutôt  imputée  à  Fuch- 
fus  qui  a  tourné  fes  œuvres  de  Grec 
w  Latin ,  s'il  n'y  avait  pim  d'ap- 
f<irence  qu'elle  procédé  de  l’Impri- 
qui  amis  a.  &  i.  pour  u.&  e. 
damant  plus  que  Nicolaus  Ale- 


xandrinm  efi  plus  ancien  que  Ni¬ 
colaus  Myrep  fus  ,  qui  les  décrit  en 
fen  livre  fis  allégué  de  la  compojî- 
tïon  des  medicamens  chapitre  S07, 
fous  le  nom  de  Pilula  Aurea  qui  ne 
different  en  rien  de  la  defcription 
cy-deffits  que  de  la  poudre  de  Plie¬ 
ra,  qui  efi  le  fujet  de  la  correÉlion 
(pue  fay  faite  du  nom  de  My- 
repfits. 

Il  efi  encores  d  remarquer  que 
Bauderon  attribué  mal  à  propos, 
ces  Pilules  d  Nicolaus  Myrepfus 
ALexandrinus  ,  damant  que  celles 
qu'il  décrit  enla  SeUion  ^i.ch.  1 1 7. 
fint  beaucop  differentes  de  celle-cy, 
car  il  y  entre  au  nombre  de  i  7.  in- 
grediens  d"  dans  celle-cy  qui!  a 
empruntées  de  Nicol.Prappfitus  (& 
non  de  Jilyrepfus ,)  il  n'y  en  entre 
que  dix  ce  dernier  demande  le  Ma- 
fiich,  comme  Nicol.Salernitanus ,  & 
ce  premier  a  mis  en  fa  place  la pou- 
dte  de  la  Hier  a  Picra ,  c'efi  en  quoy 
elles  different  tant  feulement.  Et  fur 
ce  que  Bauderon  dit  qu'il  faut  former 
la  maffe  avec  le  miel  rofat ,  je  trouve 
qu'il  a  eu  grande  raifon ,  entre  que 
par  ce  moyenâl  diminuera  la  quan¬ 
tité  du  Diagrede  ,  qui  fe  monte  au¬ 
trement  jufiqu'd  dix  neuf  grains  par 
drachme, par  ce  que  l'e  miel  ne  fe  def- 
feiche  point  dans  les  Pilules ,  comme 
font  les  fies  &  les  mtteilages,  il  con- 
frvera  beaucoup  mieux  la  maffe  & 
la  vertu  des  ingrediens  qui  la  com- 
pofent  par  fa  vifeofité  ,  que  ne  font 
ceux  qui  fe  deffeichent  d'eux  mêmes 
n  ayant  point  d'humeur  propre  pour  . 
refifier  d  l’air.  loubert  a  amoindry 
la  dof  du  Diagrede  de  la  moitié  a 
cauf  de  lagrande  quantité  qu’il  y 
en  entre. 

Pila 


45^  Livre  1,  SeÜlon  X, 


Pilulæ  Coccîæ  majores  ,  D. 
Rhafis. 

Pdveris  Hier&  PicrA  defcript. 
Rhafii ,  drach.  unam. 

Turbith  optimi ,  & 

Stœchadü  Arabie  a  ,  utriufq.draeh. 
quïnq. 

Colocynthidü ,  drachm.  très ,  ferup. 
unum. 

Scammonq  ,  drachmas  duos  ,  & 
femiji. 

Cum  Syrnpo  Stœchadü  ,  vel  fucco 
Abjïnt-hij  ex  MeÇuAi  praferipto 
in  fua  praxi  ;  forma  maJfam,,Hfui 
necejfario. 

paraphrase. 

CEs  Pilules  font  de  l’invention  de 
Rhafis  ,  à  ce  qu’il  dit  au  premier 
chapitre  du  livre  neufviéme  qu’il  dé¬ 
dié  à  Almanfor,  Roy  des  Perfes.  Elles 
ont  pris  leur  nom  de  Coccos  quifig- 
nifie  grain  :  pour  ce  qu’on  les  forme 
rondes  comme  des  pois.  Qiielques- 
uns  aprez  Gentilis ,  &  Matthieu  des 
Degrez,  pour  deux  raifons  font  d’a¬ 
vis  d’y  mettre  deux  fcrnpules  &  de- 
my  de  Scammonée ,  plutôt  que  deux 
drachmes  &  demy  :  SI  eftiraent  que 
la  faute  provient  des  Imprimems. 
Leur  autre  raifon  eft  qu’elles  feroient 
trop  forte,  pour  en  donner  Ja  dixiéme 
partie  en  une  fois ,  comnSe  veut  l’Au- 
theur.  Ces  raifons  ne  font  pas  fùtfi- 
fantes  :  car  Mefué  qui  étoit  Arabe,  & 
qui  les  a  tranferites  de  Rhafis  en  fà 
pratique  au  chapitre  de  Soda ,  que 
les  Grecs  appellent  Cephalaeam ,  & 
nous  douleur  de  tête  invétérée  de 


mot  à  mot  ,  horfinis  que  par  tout 
il  double  la  dofe  des  médicaments 
&  aprez  luy  Nicolaus  Myrepfûs,  au 
chap.i.  dclaSeffion  32;  tous  lifent 
deux  drachmes  &  demy,  &  nçn  deux 
fcrupules  &  demy.  Leur  fécondé  rai¬ 
fon  eft  auffi  mal  fondée ,  pour  ce  que 
l’Autheur  fuppofe  une  maladie  inve- 
terée  &  grande  ,  à  laquelle  les  re¬ 
mèdes  bénins  n’ont  point  profité  & 
les  forces  être  falubres  félon  Hippo¬ 
crates  Aplmrifme  fixiéme  de  la  pre¬ 
mière  Seéïion.  Pour  le  regard  de  la 
dixiéme  partie,  qui  eft  la  dofcfuppo- 
fée  par  Rhaffs  ,  ,il  eft  facile  d’endon- 
der  moins.  Quant  à  la  Hicraqe  croy 
que  Rhafis  n’a  entendu  autre  que 
celle  que  Galien  décrit  au  feptiemede 
fà  méthode ,  &  ailleurs ,  dont  avons 
athplement  parlé  en  la  Seélion  pre¬ 
cedente,  plutôt  qu’une  fùppoféepar 
Cordus. 

La  bafe  eft  la  poudre  d’Hiere 
fiqiple  mifè  au  commencement  & 
en  plus  grande  quantité  qu’autre 
qui  foir ,  de  laquelle  elles  n’ont  peu 
prendre  leur  appellation ,  p’our  cau- 
fe  des  fïis-;  mentionnées.  Sa  vertu 
cholagogue  eft  ^augmentée  par  la 
Scammonée  ,  &  la  phlegmagogue 
par  la  Colocynthe ,  &  Turbith  :  & 
leur  .célérité  ,  eft  retardée  par  la"  ba¬ 
fe  :  le  Syrop  de  Stœchas,&  faflruf 
y  font  mis  tant  pour  fortifier  le  cer¬ 
veau,  que  les  autres  vifeeres  ,  contre 
la  nuifance  du  Turbith ,  Colocynthe, 
&  Diagrede,  ôc  pourincifer,  atténuer, 
detcrger  le  phlegrn^,  &  defopiler ,  SC 
donner  corps  à  la  maife.Ccux  qW^ti" 
ront  ces  Pilules ,  s’en  pourront  lervit 
au  lieu  de  celles  de  Sarcocolle ,  pont 
être  compofées  de  femblables  inedi- 
c  aments ,  horfmi  s  le  Diagrede. 


Dej  Pilules. 


le  MELANGE. 

Il  faut  piler  enfemble  le  Tiubith 
&  Stœchas,  A  part  la  Colocynthe  & 
Scamraonéc  ,  puis  on  les  mêlera  avec 
la  poudre  de  Hiera  fimpie ,  pour  les 
malaxer  avec  le  lÿrop  ,  donc  on  for¬ 
mera  une  malFe  >  ayant  les  mains 
ointes  d'huile  ,  laquelle  on  relFer-. 
rera  au  befoin,  quelques  jours  aprez 
qu’elle  aura  demeuré  à  l’air.  La  do- 
le  eft  de  deux  fcrupules ,  ou  d’une 
drachme  '&  demie  pour  les  robu- 
lles,  &  aux  grandes  &  invétérées 
maladies. 

LES  FACFL  TE  Z. 

On  les  peut  appcllcr,  céphali¬ 
ques  ,  par  ce  qu’elles  puisent  le 
cerveau  fort  heureufement ,  &  dé¬ 
chargent  les  nerfs  des  humeurs  craf- 
fes&  lentes. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

BAuàeron^en  décrivant  ces  Pi- 
lules  afait  tort  à  Rhafis  de  pré¬ 
férer  la  Hiera  Fiera  Jîmple  de  Ga¬ 
lien  à  celle  quil  décrit  dans  fin 
Antidotaire ,  comme  attjfi  d’aceufir 
Valerius  Cordus  d‘ en  avoir  fitppofé 
une  defiription  pour  compofer  lef- 
dites  Pilules  :  mais  pour  la  jufitfi- 
cation  de  ce  dernier,  je  diray ,  quelle 
apparence  y  a-il  que  cela  fait  ainfi, 
veu  que  Rhafis  a  écrit  long-temps 
avant  Cordus ,  &  que  la  defiription 
de  la  Hiera  que  Bauderon  aceufie  ce 
dernier  d'avoir fiuppofé,  il  ne  la  tirée 
d  ailleurs  que  des  œuures  de  ce  pre¬ 
mier ,  comme  on  vérifié  par  la  pre- 


457 

miere  édition  du  Dijpenfaire  de  Cor¬ 
dus  ,  qui  fut  imprimée  un  peu  aupa¬ 
ravant  celle  quon  imprima  in  fidlo 
a  Noremberg  par  ordre  du  Sénat, en 
l'an  1548.  &  les  œuvres  de  Rhafis 
tournées  d'Arabe  en  Latin  furent 
premièrement  imprimées  ,  en  l'an 
15x5.  beaucoup  de  temps  avant  la 
première  Tharrnacopée  de  Cordus. 
fans  y  comprendre  le  temps  qu'il  y 
avoit  qu’elles  étoient  écrites  ou  im¬ 
primées  en  Arabe  ,  &  de  là  je  puis 
conclurre  que  cette  Hiere  fuppgfie 
fera  de  Rhafis  &  non  de  Cordus  ,  qui 
l’a  tranferite  feulement  pour  en  illu- 
firer  fa  pharmacopée  :  cette  vérité 
paroit  par  la  conformité  des  deux 
deferiptions,  tant  au  nombre  des fim- 
ples  médicaments  qui  les  compofent, 
de  leurs  noms,  que  des  dofis  d'iceux. 
le  m'étonne  que  notre  Paraphrafie, 
dans  la  recherche  curieufe  qu'il  a 
faite  pour  rendre  fa  Paraphrafi 
plus  accomplie  qu'un  grand  nombre 
d'autres  Pharmacopées  qui  à  propre- , 
ment  parler, ne  font  que  des  lifies  de 
fimples  medicamens  qui  n'expliquent 
quoy  que  ce  fait ,  ne  fi  fait  apperceu 
de  la  Hiera  Picra  de  Rhafis  ,  qui 
efi  le  fiijet  que  je  l’ay  ajoutée  parmy 
mes  Remarques. 

Pour  la  Colocynthe ,  il  faut  pren¬ 
dre  les  Trochifques  Alhandal.  Pou- 
bert  en  fa  Pharmacopée  a  fuivy  la 
correElion  de  Matthieu  de  Gradi, 
fur  le  commentaire  de  Rhafis  pour 
la  dofe  de  la  Scammonée,  que  j'eflirne 
ne  devoir  être  imité, par  ce  que  tout 
bien  fupputé ,  il  n'y  entre  pas  huit 
grains  de  Diagrede  par  drachme  de 
Pilule ,  à  raifon  que  le  Syrap  aug¬ 
mente  le  poids  de  la  majfe. 

Mmin  Piîu 


45  ^  Livre  L 


Pilulæ  Cocciæ  minores,  D.Ga- 
len  iemendatæ. 

Tulverù  Hier  a  Fiera  fimflick 
Galeni. 

Diagredij  ,  & 

Trochifeorum  Alhandal. 

Omnium  a^ualiter  terantur  &  cri- 
hellentur ,  &  cura  Syrupe  de  Stœ- 
èhade  fiat  mafia. 

REMARQVE. 

N  O  tu  n  avons  jamais  eu  fiit  pour 
le  pafie  ou  pour  le  prefent  des 
Pilules ,  dont  Vufiage  ait  été  fi  fie- 
quent  que  des  Cocchées  mineures  ;  car 
tous  les  Apothicaires  en  font  munis  fi 
rnal  foient-ils  fournis ,  &  d'une  ch o fie 
je  m'étonne  ,  qu'ils  ayent  autant  ig¬ 
noré  fon  inventeur  &  le  lieu  de  leur 
defieription ,  que  le  frequent  ufiage  de¬ 
vait  poufi'er  leur  curiofiité  a.  en  faire 
me  exacte  recherche,  le puisajfeurer 
cette  vérité,  qu’aucun  que  je  connoif. 
fie  ne  m'a  feeu  dire  fiuivant  quel  Bif- 
penfiaire  il  les  compofioit ,  ny  le  lieu 
où  elles  étoieni  décrites  :  chacun  les 
diffienfie  défia  tête ,  ou  fiuivant  quel¬ 
ques  mémoires  qu‘ils  fie  fient  commu¬ 
niqués  les  uns  aux  autres  en  forme 
de  fie crêt,  qui  efr  la  caufie,que  les  uns 
y  font  entrer  l'Aloês ,  comme  fion  in¬ 
venteur  ,  les  autres  en  fia  place  y 
rmttent  la  poudre  de  Hiera  picra 
jémpl.  Gai.  les  uns  malaxent  les  in- 
grediens  en  poudre  avec  le  Syrop 
rofiat  ;■  les  autres  avec  le  fiyrop  de 
Stœchade  :  mais  afin  qu'a  l’avenir,  fn 
les  compofié  de  même  façon  &  qu’on 
mfioit  plus  en.  cerne  peine  comme  cer- 


Secîion  X. 

tains  ont  été  pour  le  pafifié,  eu  en  trou- 
vei  la  defieription,  quand  on  les  don¬ 
nera  pour  ejfay  de  mahrifie  \à  ceux 
qui  fié  voudront  faire  recevoir  rna\. 
très  Apothicaires  ;  le  diray  en  leur 
faveur,  &  de  ceux  qui  les  compofient 
dans  leur  boutiques  ,  que  Galien  en 
efi  l'inventeur ,  &  qu'il  les  décrit  en 
divers  endroits  de  fies  œuvres  ,parti. 
culierement  au  premier  livre  ,chapu 
îre  dernier  de  la  compofition  des  mé¬ 
dicaments  frelon  les  lieux,  &  les  com- 
pofie  avec  l’Aloês  ,  Colocynthe , 
Scammonée ,  &  les  malaxe  avec  le 
fiuc  de  choux.  Serapion  en  donne  aufr 
une  defieription  fous  le  nom  de  Kokja 
Gai.  qui  fiant  un  peu  plus  compojees. 
La  defieription  que  fen  ay  cy-defus 
inférée ,  efi  tirée  de  la  Pharmacopée 
de  Lyon  ,  qui  efi  U  feule  de  plus  de 
quarante,  que  fen  ay  de  differents 
Autheurs  qui  les  décrivent. 


Pllulæ  Catliolicæ,  feu  Impéria¬ 
les  ,  D.  Fernelii. 

Aloes  Socotorina , une.  duos. 
Ehabarbari  optimi,  une.  unam ,  & 
fiemijê. 

Agarici  tra.chificati ,  &  ,, 

$enn&  mandata,  ana  une.  unam.  .  i 
Cinnamomi,  drach.  très.  .  , 

Zingiberis,  drach.duas..  ;;  j 

Hueü  Mofichata ,  ■; 

CaryophyUorum , 

.  Spica  Nardi ,  & 

Àf affiches ,  ana  drach.  unam.  ' 
Cum  Syrupo  violato  fubaBa  cogm- 
tur  in  mafijdm  ,  ufiisL 

pA 


Des  Pilules. 


459 


paraphrase. 

I’Ay  impfé  le  nom- de  Catholiques 
à  ces  Pilules,  décrites  par  Ferncl 
{ au  livre  7.  de  fa  méthode  fous  le 
nom  d’imperiales  )  par  ce  que  l'ap¬ 
pellation  m’en  a  femblé  meilleure,  & 
plus  proprejpour  mieux  exprimer  leur 
vertu  vniverfelle  ,  à  purger  de  tout  le 
corps  l’une  &  l’autre  bile ,  &  lapitui- 
•  twque  celle  d’Imperiales.  Toutesfois 
mi  chofe  11  peu’ifnporEante ,  je  lairray 
îcs  volontez  d’un  chacun  libres ,  foie 
de  les  dénommer  Catholiques,ou  Im¬ 
périales  ,  veu  qu’il  n’importe  beau- 
coupj  meyennaiit  qu’on  s’entende  les 
uns  les  autres ,  &  qu’on  ne  commette 
desfautesjauprejudice^es  malades.La 
bafe  de  la  bile  ell  la  Rheubarbeda  ver¬ 
tu  foible  de  laquelle  eft  augmentée  par 
l’Aloës,  &  Canelle.  'La'bafe  de  la  me- 
lancholie  eft  le  Senné,  fa  vertu 'foible, 
eft  accreuë  par  les  gerofles,  &  Mufea- 
des.  La  pituite  a  pour  bafe  l’AgariCj 
la  vertu  foible  d’icelle  eft  augmentée 
par  le  Gimgembre  &  Aloë,  Autheur 
Mefuc.  Le  Maftic  y  eft  mis  pour  la 
defenfe  du  ventricule ,  contre  la  nui- 
fancedes  bafes ,  comme  le  Nard  In¬ 
dique  du  foye  contre  la  nuifence  de 
l’Aloës.  Si  toute  la  maflê  eft  malaxée 
avec  le  Syrop  violât ,  feit  de  neuf  in- 
lufionSjelle  fera  plus  purgative ,  qu’a¬ 
vec  celuy  qui  eft  fait  d’une  ou  deux 
feulement  :  lequel  y  eft  mis  tant  pour 
contemperer  l’acrimonie  de  la  bile,  & 
fiecité  des  bafes ,  que  pour  donner 
corps  à  la  malle,  &  pour  conferver  leur 
vcrtu,rendre  leur  aétion  meilleure,  & 
fiupcfeher  leur  exhalation. 


LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  à  part  l’Aloës 
avec  quelques  gouttes  d’huile ,  afin 
qu’il  n’adhere  aiimorticr.Le  Maftich 
avec  quelques  gouttes  d’eau  ,  pour 
même  confideration.  Le  Rheubarbe, 
&  l’Agaric  trochilqué  ,  le  feront 
fans  humidité.  Enfemble  fe  pour¬ 
ront  pulverifer  le  Gingembre  ,  le 
Nard  Indique  incifé  menu ,  la  Ca- 
nellc ,  les  Gerofles  ,  la  Mufeade  & 
le  Senné  curieufement  mondez  de 
toutes  ordures.  Puis  toutes  les  pou¬ 
dres  mêlées  au  mortier  feront  ma¬ 
laxées  avec  le  fyrop  violât  de  neuf 
infufions  (  aihfi  qu’il  eft  décrit  cy- 
devant  )  la  malTe  en  fera  gardée  au 
befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

Ces  Pilules  purgent  benignement 
&  avec  chois  routes  fortes  d’humeurs 
des  vifeeres  :  elles  corroborent,  Sc 
libèrent  les  obftruéiions ,  &  aident 
la  coélion  de  toutes  les  parties  du 
corps,  &  pour  ce  relpeét  méritent, 
d’être  appellées  catholiques  ou  uni- 
verfelles. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

C  Es  pilules  ne  fe  trouvent  point 
également  dofées  dans  Les  exem¬ 
plaires  de  differentes  éditions  de 
fin  inventeur  ,  dans  ceux  de  Tier- 
re  de  la  Roaviere  de  l’an  1604.-  U 
my  entre  qu’une  drachme  &  demie 
de  Rheubarbe,  au  lieu  qu’il  y  en  doit 
■entrer  une  once  &  demie,  comme  aux 
exemplaires  plus  correSls.  Céüx 
M  m  m  Z  qui 


4^0  Livre  /. 

^ui  maUxeroat  ces  Pilules  avec  du 
Sjrop  violât  fait  au  miel ,  la  majfe 
s’entretiendra  mieux  ,  que  s’il  eft 
fait  au  fuccre  à  caufe  de  la  vifcejîtê 
qui  refifie  mieux  à  l’air  &  conferve 
plus  long-temps  la  vertu  de  la  corn- 
ipofition. 


Pilulæ  fine  qnibus  eflc  nolo,  D. 
Nicol.  Salernic. 

Aloes  oftima  iota.,  drach.qua- 
tuordecim. 

Scammonij  probe  triti  ,  drach.  fex, 
&  dimid. 

§luinque  générant  Myrobalanorum 
mundatarum . 

Rhabarbari  feleSti, 

/biafiiches , 

Abfinthij-  Pontici  majoris  feu  vul- 

Rojarum  rubrarum , 

Seminii  vel  forum  violarum» 

Senna  mandata  , 

Agarici  trochifcati  i  & 

Seminis  Cuféuta  ,  fingul.  drachm. 
unam. 

Dijfolve  Scammonium  fucco  Fœnicu- 
li  i  &  forma  majfam. 

P  ARA  P  H  RAS  M. 

CEs  Pilules  font  ainfi  nommées, 
pour  ce  qu’un  perc  de  famille 
ne  doit  pas  être  fans  icelles  ,  pour 
leurs  grandes  vertus  à  purger  avec 
choix  les  trois  humeurs  ,  &  à 
bon  droit  fe  dévoient  auflî  nom¬ 
mer  catholiques.  La  bafc  font  les 
Myrobalans  ,  qui  purgent  la  bile 
jaune  ,  &  noire  ,  &  le  phleg- 
me.  La  vertu  des  Citrins  eft  aug- 


Seâion  X 

mentéc  par  le  Rheubarbe  ,  &  A- 
loës  :  celle  des  Çepules ,  Bellerics, 
&  Emblics  ,  par  l’Agaric  crochif- 
qué  ,  &  Aloës ,  celle  des  noirs  par  le 
Senne,  leur  tardiveté  eft  accélérée  par 
la'Scammonée  :  &  au  contraire  fa 
célérité  eft  reprimée  par  les  Myroba¬ 
lans,  Aloës,&  Rheubarbe: le Maftich 
y  eft  mis  pour  la  defenfc  du  ventricu¬ 
le  ,  contre  l’injure  des  purgatifs  :  & 
les  Rofes  &  Abfinthe,  dufoye:  les 
Violes  pour  corriger  l’âpreté ,  &  Cicr^ 
cité  delà  bafè  :  fe  Cufcuta ,  &  fuc  He  ' 
Fœnoüii,  pour  ouvrir ,  decerger,  fof- 
tifier  lé  Senné  &  donner  corps  à  la 
malle. 

Ceux  qui  auront  ces  Pilules,  fe 
pourront  paffer  des  Pilules  Arabi¬ 
ques  ,  Sc  de  celles  qui  ont  pris 
leur  appellation  des  cinq  efpeces 
de  Myrobalans  fus  écrites  :  pour  ce 
qu’elles  purgent  plus  benignement, 
&  font  compofées  qualî  de  fembla- 
bles  médicaments.  Si  l’Alocs  n’eft 
lavé,  les  Pilules  en  feront  plus''pur- 
gatives  ,  &  plus  convenables  aux 
effets  qu’on  leur  attribué’  ,  &  cor¬ 
roboreront  allez  ftilElàmment  les 
vifeeres  par  l’adftriébion  des  My¬ 
robalans  ,  Maftich  ,  Rofes ,  &  Ab¬ 
finthe. 

ZF  MELANGE, 

Les  Myrobalans  ,  rheubarbe, 
Abfinthe  ,  Ctilcute  fè  doivent  pul- 
verifér  enfèmble.  A  part  chacun 
r Aloës  ,  la  Scammonéc  ,  le  Ma- 
ftic  ,  &  Agaric  trochifqué  ,  quj 
eft  plus  vigoureux  ,  plus  alTeurc 
&  moins  nuifible  que  le  non  prep^' 
ré.  Cela  fait  il  faut  dillbudrc  la 
Scammonéc  en  quantité  fiiffifante 


Des  F  Utiles. 


de  flic  de’  Fœnouil  ^  puis  an  y  ajoû- 
teia  les  poudres ,  pour  du  tout  en  for¬ 
mer  une  malle  ('  aprez  1  avoir  longue- 
anent  battue  )  qu'on  gardera  :  frnon 
au  lue  dépuré  >  on  ajoutera  du  miel 
écumé  5  pour  en  faire  un  Syrop  j  du¬ 
quel  la  malrefera  formée  ainli  qull 
a  été  dit.  La  dolê  eft  d'une  drachmcj 
à  une  ôc  demie. 

Z£S  FACVLTEZ. 

Elles  tirent  du  cerveau  la  bile  & 
la  melancliolie  ,  &  lont  fort  pro¬ 
pres  à  éclarcir  la  v'euë ,  &  à  la  con- 
lèrver  :  à  la  fufFulîon ,  aux  douleurs 
&  tintement  d’oreilles.  On  les  don¬ 
ne  aulîi  heureufement  en  l’ileolè. 

R  E  M  A  R  dy  E. 

C£s  Pilules  ne  fe  trouvent  point 
également  dosées  dans  les  exem¬ 
plaires  de  differentes  éditions  de 
lAntidotariumparvum  JSFicol.  Pra- 
pffui  que  l’Autheur  de  la  Para- 
phrafe  &  autres  Aifent  être  de  Ni- 
ctlausSalernit anus,  mais  ils  Je  trem¬ 
pent  grandement  :  dans  ceux  de  l’an 
if4’.  n’ejl  demandé  que  quatre 
drachmes  d’Aloés ,  &  les  autres  en 
demandent  comme  ceux  de  l’an  1 540. 
1555.  &c.  quatarz.e  drachmes ,  qui 
efl  la  dofe  que  prefque  tous  les  Au- 
theurs  des  Dilfenfaires  ont  gardée, 
ee  que  nous  devons  faire  aujfi.  Il 
efl  icy  d  obferver  après  avoir  dif 
faut  une  once  de  Scammonée  bien 
'cheifie  dans  le  fuc  de  Fœno'ùtl  exa- 
Hement  dépuré  &  fltré ,  &  aiguisé 
de  quelques  gouttes  de  bon  offrit  de 
‘^in ,  de  le  mettre  en  digefîion  au 
£‘M.au  fur  les  cendres  chaudes  par 


vingt-quatre  heures  ,  &  furflja  fin 
luy  donner  une  legere  ébullition, 
le  couler  chaudement  par  un  linge 
denfe  ,  &  ajouter  d  la  colature  de- 
my  once  de  miel  blanc ,  puis  a  la 
vapeur  du  bain  évaporer  l’humidi¬ 
té  en  remuant  doucement ,  jufqnà 
ce  qu’il  ny  refie  plus  d’humidité 
que  ce  qu’il  en  faut  pour  incorpo¬ 
rer  &  malaxer  toutes  les  poudres, 
l’ay  ajouté  deux  drachmes  de  Scam¬ 
monée  pour  le  dechet  qu’il  y  a  en 
la  préparation,  fuivant  mon  fenti- 
ment. 


Pilulæ  Opticæ ,  feu  lucis  ma¬ 
jores  ,  D.  Mef 

5^.  Rofarum  Rubrarum  , 

Semin.  Ftolarum  (  quia  potenîim 
purgat  flore  ) 

Abfinthii  Pontici  feu  Romani, 
idem , 

Colocynthidis , 

Turbith  optimi  , 

Cubebarum , 

Calami  Aromatici  veri  ,  vel  ejus 
qui  in  offeinis  fie  nominatur. 
Nucis  Mofehata , 

SpicA  Nardi, 

Epithymi  Cretenfis  J 
Carpohalfami ,  vel  fuccedanei  ejus, 
femin.  Lentifçf  ,  vel  Terebinth. 
vel  Cubebarum  ,  cum  Galeno , 
Xflohalfami  ,  vel  fuccedanei  ejus 
furculorum  Lentifci  (  Pena  )  vei 
Santali  citrini , 

Seminum  Sifeleos  , 

Rut  a, 

Anifi, 

Fœnicnli ,  & 

Apii , 

M  m  ra  3  Schee 


Livre  1 

Schœnanthi  ,  id  efi[fiorii  Imci  edo- 
rati) 
jtfari , 

Mafîieha  ChU , 

XlaryofhyUorum , 

Cinnamemi ,  vel  Canelld,  Jèleêia , 
Cajfia  Ugneit,  Aromatic<t&  non  pur- 
■gatrtcü, 

Croci;  & 

‘J\4acü  ifing.  drifch.  duM. 

^iyÿn([tte  genemm  Jidyroh’alanorU,& 
Rhabarbari  optimi  ,  Jingul.  me.  fe- 
miji. 

Agarici  albijfmi ,  & 

Senna  mundatA ,  utriufque  drachm. 
qttinque 

-Euphrafia ,  drach.  fex. 

A  lois  Secetorina  ,  ad  pondui  om¬ 
nium. 

Çompone  majfam  cum  fucce  Fœ- 
niculi  depurato. 

PARAPHRASE. 

CEs  Pilules  ont  pris  le  nom  de 
IcLUS  effets  J  pour  ce  qu  elles  cla¬ 
rifient  la  veuë  5  en  purgeant  le  cer¬ 
veau  des  matières  crafics  &  vifqueu- 
fes  J  qui  lofFulquent »  &  le  corro¬ 
borent.  L,e  furnom  de  grandes  y  eft 
mis ,  pour  mettre  différence  aux  au¬ 
tres  de  fèmblable  nom  ,  qui  font 
moindres  en  vertu  j  &c  nombre  de 
médicaments  ,  &  moins  ufîtées.  Elles 
approchent  aux  precedentcSjfîne  qui- 
bus  ,  horfmis  qu’elles  purgent  ^us 
la  pimite  3  &  celles-cy  la  bile.  La 
baie  font  les  Myrobalans  ^  delquels 
elles  n’ont  pris  l’appellation  ,  pour- 
ce  que  d’autres  en  avoient  été  nom¬ 
mées.  La  verm  cholagogue  des  My¬ 
robalans  Citrins  eft  augmentée  par 
l’Aioés  3  &  Rheubarbe  j  la  melana- 


SeStion  X 

gogue  des  Myrobalans  Indes ,  ou 
noirs  3  eft  augmentée  par  l’Epithy. 

J  Senne  t  la  phlegmagogue 
des  Myrobalans  Cepules ,  Belltries, 
&  Emblics ,  eft  augmentée  pat  l’A- 
loës.  Agaric  &  Turbith.  La  Colo- 
cynthe  par  fo  célérité  fert  de  véhi¬ 
culé  3  tant  à  la  bafe  qu’aux  autres 
purgatifs  :  au  contraire  la  craffitie 
des  Myrobalans  reprime  fa  violence, 
&  célérité.  Leur  vertu  purgative  eft 
conduite  au  cerveau  par  les  Cube- 
bes  3  Macis  3  &  Gerofle  :  aux  yeux 
par  l’£uphraife3  &  fuc  de  Fœnoüil. 
Les  autres  médicaments  aromatics, 
&  fomences  y  font  mis ,  tant  pour 
incifer  3'&  attenuer-le  phlegme  épais, 
&  conlîimer  les  vents,  defoppilerles 
conduits  bouchez,,  que  pour  refifter 
à  la  nuifance  de  la  bafe  de  l’Aga¬ 
ric  3  Senné ,  &  Celocynthe ,  &  for¬ 
tifier  l’Aioés  3  Turbith ,  Senne ,  Epi- 
thyme,  &  Agaric.  Le  Maflichyeft 
mis  pour  la  fauve-garde  du  ventri- 
cule-3  contre  la  nuifance  des  purga¬ 
tifs  :  le  Saftfan  du  cœur ,  le  Nard 
Indique  -,  &  Schœnanthe  du  foye  : 
les  Rofes  ,  &  violes  pour  corriger 
leur  chaleur,  &  ficcité  :  le  fuc  de 
Fœnoüil  3  &  l’Abfinthe ,  détergent  le 
phlegme,  ôc  l’Afarum  le  conduitavcc 
la-bile,  piar  la  voye  de  l’urine,  aidé 
dés  Telricnces  aperitives. 

EE  MELANGE. 

Il  fàiit  côneaflèr  le  Xylobalfarot^ 
ou  fon  foccedanée  le  bois  d’Aloës, 
ou  Santal  citrin ,  ou  le  bois  de  Len- 
tife,  ou  de  Terebinthe,  puis  on  y 
ajoutera  le  Turbith,  un  peu  aprez 
on  y  mettra  l’Afàrum ,  le  Nard  In- 
die  incisé,  les  écorces,  la  Canne  odo¬ 
rante, 


D&s  PHulci.  4^t 


rante,  la  Canelle.  Ceux-cy  à  demy, 
piilverifez ,  on  y  ajoûtçia  les  Gero- 
fics,  Schœnanthe  C  pource  qu’il  en- 
•  dure  longue  trituration  )  les  fruits 
&  femences,  finalement  l’Ablinthe» 
l’Euphraife  ,  Rôles  &  Violes ,  Sen-r 
né ,  Mufcade  j,  Macis  ,  Sc  Epichyme* 
Il  faut  pulverifer  à  part  les  Myra- 
balans  avec  quelques  gouttes  d’hui¬ 
le,  tant  pour  corriger  leur  âpreté, 
&  fiecité,  que,  pour  empêcher  que  le 
plusJfubtil  ne  s’exhale  :  le  Rheu bar¬ 
be  ,  le  Maftich,  le  SafFran ,  la  Colo- 
cynthe,  l’Agaric  trochifqué  >  &  l’A- 
locs.  Cela  fait,  on  les  mêlera  au 
mortier,  puis  avec  Syrop  fait  avec 
du  fuc  de  FœnoUil  &  miel  depurez, 
on  les  malaxera  &  battra  long  tems 
au  mortier ,  afin  qu’ils  loient  plutôt 
firmentez  ,  dont  on  formera  une 
malfc  ,  les  mains  8^  peau  blanche 
oinétes  d’huile  ,  pour  les  ferrer  au 
belbin.  La  dolè  eft  d’une  drachme,  à 
une  drachme  &  demie. 

les  facfltez. 

Elles  aiguifènt  la  veuë  &  la-  for- 
tifîent  ,  évacuent  les  excremcnts, 
uaintiennent  le  corps  en  fànté.  Ü 
U  eft  befoin  de  s’abftcnir  de  man¬ 
ger  aprez  les  avoir  prilès. 

remarqve 

IL  ffut  obferver  en  la  compojî- 
tion  de  ces  Pilules ,  de  JubBituer 
tomme  VAutheur  du  mélange  à.  la 
fnlpe  de  Celocynthe  les  Trochifques 
<dlhandal  ^  &  d,  l’Agaric.  Jîmple, 
It  trochifqué.  Et  avant  malaxer  les 
pudres  avec  le  fuc  de  Feemüil ,  eu 
^  fait  avec  le  miel  5  je.  vmr 


droit  évaporer  lentement  le  fuc  par 
moitié ,  &  fur  cette-  quantité  de  Pi-r 
Iules  mêler  avec  ieeluy  quatre  on¬ 
ces  de  miel,  deifumé  pour  former  la 
maffe  ,afin  quelle  fait  de  plus  lon¬ 
gue  durée. 


Pilulx  de  Fumaria  ,  D.  Avi- 
cennæ. 

1^.  Myrohalanorum  Citrearmn , 
Cepularum ,  & 

Indarum , 

Scammoïiii  Antioche  ni ,  fing.  drach, 
quinque. 

Aloés  Socotorina ,  drach.  feptem. 
Cum  fucco  Fumaria ,  bis  fermetur 
majfa ,  &  tertio  cum  Syrupe  Fuma¬ 
ria  ,  &  reponatur  ufuL 

PARAPHRASE. 

CEs  Pilules  ont  pris  leur  nom 
du  fnc  de  Fnmcterre  dépuré,, 
lefquelles  font  décrites  par  leur  inj-- 
vcntcur  Avicenne  au  Fcn  7.  du  li¬ 
vre  4.  Traittc  5.  chapitre  7.  trait* 
tant  de  la  cutation  du  prurit  ,  &c 
de  la  rongne.  Leur  balè  À  la  Scam- 
monée  ,  la  célérité  &c  tenuité  de  la¬ 
quelle  eft  reprimée  par  les 
balans  &  Alods,  qui  par  leur  ad- 
ftriétion  fortifient  les  vifteres  ,  8c 
iceux  font  corrigez  de.  leur  nuilàu- 
ce.  par  le  fiic  de  Fumeterre  ,  én  Tle* 
fbpilant  les  veines  du  fbye  qu’ils 
opiicttt.  Qm  eft  l’occafion  poiirquoyr 
Avicenne  veut  que  la  ,malîè  {bit  pat: 
trois,  fois  (.  avec,  ieeluy  )  malaxée.:- 
nous  nous  coptenterons  de  deux  iSc 
la,  treiziéme  avec  le  Syrop  qu-’om 
fait  du. {ùe  de  Fumeterre  ,  afin  que 


4^4  Livre  1. 

la  raaflê  ne  fe  deflreiche,&  fc  con- 
ferve  longuement. 

le  MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  enfèmble  les  My- 
robalans  ,  &  les  arroufer  d'un  peu 
d’huile  Violât ,  ou  d’Amandes  ,  tant 
pour  corriger  leur  âpreté  &  ficcitéj 
que  pour  les  rendre  plus  lubriques, 
&c  empêcher  qu’ils  ne  s’exhalent.  A 
part  chacun  on  pilera  la  Scammo- 
née  &  l’Aloës  aulli  avec  quelques 
gouttes  d’huile  :  puis  la  maire  fera 
par  deux  fois  malaxée  avec  le  fîic 
de  Fumeterre  dépuré  au  Soleil ,  ou 
fur  le  feu.  Finalement  pour  la  der¬ 
nière  fois  avec  le  Syrop  qu’on  fera 
avec  d’autre  lue  ,  &  miel  éciimé, 
fera  malaxé ,  dont  on  formera  une 
mallç,  qui  fera  gardée  au  befoim 

LES  FACFLTEZ. 

Elles  tirent  &  purgent  les  hu¬ 
meurs  bilieufes ,  acres  &  falées ,  & 
partant  elles  conviennent  à  la  gra- 
telle,  galle  &c  autres  maladies  du 
cuir. 

REMARQUE. 

CEs  pilules  font  mal  citées  en 
queleiues  éditions  de  Bauderon,, 
particulièrement  dans  celles  de 
Sauvageon ,  qui  difent  être  décri¬ 
tes  par  Avicenne  au  Fen  7.  livre  1. 
Trait  té  5.  chapitre  7.  au  contraire 
elles  font  décrites  au  quatrième,  li¬ 
vre  Fen  7.  trait  té  3.  chapitre  7. 
traittant  de  la  curation  du  prurit. 

Pour  procéder  plus  méthodique¬ 
ment  au  mélange  de  ces  Pilules ,  il 


SeBîon  X 

faut  fnalaxer  la  poudre  avec  te 
fuc  de  Fumeterre  dépuré  par  l'ejpa. 
ce  de  deux  heures  ,  puis  en  former 
des  petits  trochifes ,  quon  ferafei- 
cher  d  V ombre ,  étant  fecs  il  Us  Lut 
mettre  en  poudre,  &  derechef  re¬ 
malaxer  cette  poudre  avec  du  fuc 
de  Fumeterre,  &  former  de  nou¬ 
veaux  Trochifes  comme  devant ,  é 
reiterer  la  même  operation  jufquu 
à  une  troiz.iéme  fois,  &  à  la  quatrié:. 
me  &  derniere  fois  la  poudre  fera 
malaxée  avec  du  Syrop  de  Fumeterre 
/impie  nouvellement  composé  ( 
efi  pojfible  )  &  on  y  procédera  fuL 
vant  fin  inventeur.  Qjfi  voudra, 
abréger  le  tems  &  les  operations, 
&  avoir  des  Pilules  douées  déplus 
grande  vertu  que  les  fus-écrites  na> 
qu  a  malaxer  les  poudres  avec  du 
fuc  de  Fumeterre  bien  fipuré  & 
évoporé  jufques  à  confiftence  de  miel 
liquide  ,  &  y  ajouter  un  tiers  de 
Syrop  de  Fumeterre  ,  de  cette  fa-i 
çon  la  majfe  fera  fufffamment  tna-, 
laxée  en  une  feule  fois  ,  &  l'in¬ 
tention  de  FAutheur  plus  qeiaccomr 
plie. 


Pilulæ  de  Eupatorio  majores,  > 
D.Mefuæi. 

Tfi.  Alo’és  optima,  drach. quinque. 
Rhabarbari  feleüi ,  drachm.  .très  & 
femiji. 

Myrobalanor.  Citrearum , 

Succor.  Eupatorii  Mefu&i ,  vel  hu- 
jsss  defeélu  Gracorum ,  & 

Abjîhthii  P  ont  ici,  fin  g.  drach- 
très. 

Mafiiehes  Chia ,  drach.  unam- 
Croci ,  drach.  dimidiam. 

Cm 


Des  Vtluled.  4^5 


C««2  Çhcco  Intyhi  >  (id  efl ,  Endivia 
Jaiiv<e)depHrat0  compone  metjfam. 

paraphrase. 

CEs  pilules  n  ont  pris  le  nom  du 
Rheubarbeleiir  bafè,  pour  cau- 
fe  des  fuivantcs ,  qui  en  ont  pris  leur 
appellation  )  mais  du  liic  d'Eupatoire» 
ou  Hepatoire,  comme  de  celuy  qui  de 
toute  fa  nature  convient  au  foye,  pour 
lequel  elles  ont  été  composées,  il 
eft  vray  que  f  Eupatoire  décrit  par 
Mefu^é  eft  dilferablable  à  celuy  des 
Grecs ,  vulgairement  appelle  Àgri- 
moine.  Ceux  qui  n  auront  celuy  de 
Mefuc  (  qui  eft  rAgeraron  de  Diof^ 
coridc ,  fi  nous  croyons  à  Matthio- 
le  )  pourront  fans  difficulté  pren¬ 
dre  l’Agrimoinc  vulgaire  ,  pouree 
qu'elle  convient  fort  bien  aux  ma¬ 
ladies  froides  du  foye  ,  foie  hydro- 
pifie  5  ou  autre.  La  vertu  foiblc  du 
Rhaibarbe  j  eft  augmentée  par  l'A- 
loes  5  Sc  Myrobalans  :  les  fiics  d'Eu- 
patoire  &  d'Abfinthe  (  delfeichés  de 
leur  humidité  fiiperflu'é  ,  ainfi  que 
nous  avons  déclaré  en  la  Seétion  a. 
cy-devanc  )  y  font  mis ,  tant  pour 
conduire  le  vertu  des  purgatifs  au 
foye  J  que  pour  la  corroborer  :  le  Saf- 
ftan  pour  le  cœur ,  &  digerer  les  hu¬ 
meurs  à  l'expulfion  :  le  Maftich  pour 
la  deffence  du  ventricule  &  corriger 
la  nuifance  de  l'Aloés,  le  lue  d’En- 
dive  ,  pour  corriger  la  chaleur  du 
foye  &  des  purgatifs,  &  donner  corps 
a  la  malle. 

MELANGE. 

Myrobalans  &  Rheubarbe  con- 
«aflez  on  ajoutera  les  fuçs  d'Abfin¬ 


the  &  d’Eupatoirc  delTeichez  pouf 
les  pulverifer  enfemblc.  Il  faut  pui- 
vcrilcr  l’Aloës ,  le  Maftich,  &  Saffian 
àpart,  pLxis  on  les  mêlera  enlcra- 
ble  pour  en  former  la  malle  avec 
duSyropfait  avec  beaucoup  de  fiic 
d'Endive  ,  &  peu  de  miel  écumé, 
qu’on  gardera  au  beloin.  La  dofe  eft 
d’une  drachme  à  deux. 

LES  EACVLTEZ. 

Elles  libèrent  les  obftruaions  du 
foye  ,  &  gueriffent  la  jaunilTe  qui 
en  procède  &  les  douleurs,  &  les 
fièvres  périodiques  ,  ou  qui  retour¬ 
nent  en  '  certain  tems, 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

CEs  Pilules  ,  comme  il  a  été 
JoMvem  répété,  tant  par  l‘Au- 
theur  de  la  Paraphrafe  que  de 
nom ,  feront  malaxées  (  pour  en- 
mieux  conferver  les  vertus  &  la 
confiftence  )  avec  un  Sy  rop  fait  de 
miel  &  du  fuc  d' Endive ,  évaporé  de 
la  moitié  ,  pour  en  feparer  par¬ 
tie  de  l'humeur  aqueufe  ou  fu- 
perflu'é. 


Pilulæ  de  Rhabarbaro, 
D.Mef. 

Pul\‘eris  Hiera  picra  frnpl. 
D.Galeni ,  drach.  decem. 
Myrobalanornm  Citrearum , 
Trochifeorum  Diarhodonû,utriuJque 
drach.  très,  &  femiji. 

Ravedfeni  ,  id  eft  ,  Rhabarbari, 
drach.  très. 

Succorum  Glycfrrhiz.a ,  & 

N  n  n  Ab 


a66  Livre  L  SeBïon  X. 


Abfinthii  P  ont  ici  major ü  fe» 
vulgarû , 

Maftiches  Chia  ,  Jlngul.  drachm. 
unam. 

Seminum  Apii ,  & 

Fœniculi  ,  utriufque  drachm. 
femiJL 

Çum  fiicco  Fœniculi  dépurât o  forma 
majfam. 

PARAPHRASE. 


tenuatives  ,  &  confcmpcives  jgj 
vents ,  &  leur  fîccité  ,  par  le  fcc 
de  Regliflè  :  leur  tardiveté  eft  ac¬ 
célérée  par  les  lîics  d'Abfinthe,  & 
Fœnoliil  qui  defoppilent  (  avec  l'aie 
de  des  femences  )  le  foye  ;  les  Trtf. 
chifques  Diarrhodon  le  fortifientic 
le  Maltich  le, ventricule.  La  dofe  eft 
d  une  drachme  à  deux.  G^ux  qM 
auront  les  prefentes  ,  fe  pourrofit 
palier  de  celles  d’Eupatoirc ,  &  au 
contraire. 


QVoy  que  le.  Rhenbarbe  &  le 
Ravedieni ,  foit  même  chofe; 
Il  elt-ce  que  Mefué.  en  la  diftinétion 
diziéme  >  donne  deux  deferiptions 
de  Pilules  :  l’une  lùrnemmée  du 
Rhenbarbe ,  qui  eft  cette-cy  :  l’autre 
de  Ravedfeni  ,  fort  dilfemblable  en 
nombre  de  médicaments ,  &  de  pur- 
■gatifs.  Celles-cy  non  plus  que  cel¬ 
les  de  Rhafis ,  livre  neuvième  cha¬ 


pitre  69.  traittant  la  cure  de  l’hy- 
dropiiîej  ne  font  point  ufitées  à  cau- 
fe  du  Mezereon ,  qui  eft  le  Thy- 
mælea  de  Diofooride  qui  y  entre 
en  quantité  »  lequel  pour  là  vene- 
nofité  gâte  le  foye  ,  fource  de  l’hy- 
dropifie.  Celles  qui  ont  pris  le  nom 
du  Rhenbarbe  font  foit  ufitées,  pour- 
ce  qu’elles  font  composées  de  mé¬ 
dicaments  bénins  ,  &  convenables 
a  ce  que  Mefoé  propolè  ,  &  ne 
peuvent  gâter  les  vilceres  :  mais 
les  remettre  en  leur  premier  état', 
fouf  d  y  ajouter  ce  qui  fora  avisé 
par  le  do6te  &  expérimenté  Mé¬ 
decin.  Leur  bafo  eft  le  Rheubar- 
be ,  dont  elles  ont  pris  leur  nom  : 
là  vertu  foible  eft  augmentée  par 
la  poudre  d’Hiere ,  &  Myrobalans,. 
leur  craiï.tie  eft  corrigée  par  les  fe¬ 
mences  aperitives,  incilives ,  &  àt- 


LE  MELANGE.'-^ 

Les  focs  foichez  ,  comme  dit 
eft ,  fo  pourront  aisément  pnlve- 
rifor  avec  le  Rheubarbe ,  femeà- 
ces  &  Myrobalans.  Les  Trochif- 
ques  ,  &  Maftich.  fe  pulveriferont 
à  part  ;  après  feront  mêlez  avec 
la  poudre  d’Hiere,pour  les  mala- 
xer  avec  le  Syrop  fait  avec  quan¬ 
tité  de  foc  de  Fœnoüil  dépuré) 
&  peu  de  miel  écumé,  pour  en 
former  une  maftè  ,  ainlî  qu’il  a 
été  déclaré ,  qu  on  gardera  au  be- 
foin. 

LES  FAcrLTEZ. 

Ces  Pilules  purgent  les  humeurs 
erafles,  lentes,  &  accompagnées  d’is- 
fignes  putrefaélions  :  &  font  pro¬ 
pres  aux  fievres  longues  &c  rebelles), 
qui  precedent  de  cette  forte  d'hu¬ 
meurs  &c  d’autres  :  coimme  aiiffi  1 
la  douleur  du  foye  &  à  l’hydropt- 
fie  qui  commence. 


ble 


4^7 


Deif  pilules. 


REMAROJ/E. 

B Auderm  fait  injure  à  Mefué 
de  fuppofer  dans  ces  Pilules  la 
poudre  de  Hiera  picra  Galeni  à  la 
fmne>  puis  que  Mefué  eft  l'inven¬ 
teur  de  cette  compofition  ,il  ne  peut 
jamais  avoir  entendu  quil  y  fût 
mis  autre  Hiera  picra  que  celle  quil 
décrit  :  c’efi  pourquoy  il  y  faut 
mettre  celle  de  Mefué  (  la  defcri- 
ftion  de  laquelle  fay  ajoutée  à  la 
SeBion  precedente  des  Hieres  )  pre- 
ferahlement  à  toute  autre  ,  ce  qui 
fmble  avoir  été  entendu  par  l‘Au- 
,theur  de  la  Paraphrafe  en  fa  pre~ 
miere  édition ,  quand  il  a  écrit, 
Puheris  Hiera  picra  fimplic. 
il  efi  vray  que  depuis  fa  féconde 
.édition  jufqnes  d  prefènt  le  mot  de 
,Galeni y  a  été  ajouté  de  même  que 
,  cdny  de  fimplicis  en  la  première, 
^  quoy  l’Artifte  ne  fe  doit  arrêter, 
^non  plus  que  pour  les  Trochifques 
^de  Diarhodon  ,  qu  il  faut  .aujfpren- 
.)^re  ceux  de  Mefué  ;  de  quatre  de^ 
feriptions  quil  en  donne  ,  la  premiè¬ 
re  doit  être  preferée  aux  autres 
que  Bauderon  décrit  en  la  SeÛion 
fuivante.  Les  poudres  feront  rka- 
■  Uxées  comme  M  efi  en  feigne  au  mé¬ 
lange  cy-defus. 


Püulæ  IndæHaly,  D.  Mef. 

Caryophyllorumfdrach.  unam- 
Succi  Eupatorii .  injfijfati ,  & 

Spicd.  fndica,  utriufque  drach.duas. 
Agarici  albijfmi ,  - 

Lapidù  Cyanei  ,  id  efi  Laz,uli  loti 
tantum ,  &  non  ufii. 


Colocynthidis ,  & 

Salis  Indi  (  vel  in  ejus  penuria) 
Gemrnei ,  fing.  une.  dimidiam. 
Myrohalanor.  Indarum  feu  nigra- 

EUehori  nigri  veri ,  &  non  adul- 
terini  , 

Pelypodii  querni,  fingul.  drachm. 
quinque. 

Epithymi  Cretenfis ,  & 

Stœchadü  Ar abic a, utriufque  drach. 
fisc. 

Pulveris  Hiera  picra  fimpl.  D. Ga¬ 
leni  ,  drachm.  duodecim. 

Cum  fucco  ylpii  depurato  eempone 
rnajfam. 

PARAP  HRASE. 

MEfnc  referc  ces  Pilules  à 

mais  quel  eft  céc  Haly ,  je  ne 
le  puis  deviner,  j"ay  cherché l'efpa- 
ce  de  quelques  jours  en  mon  Haly, 
fils  d'Abbas  cecte  defeription  ,  la¬ 
quelle  il  ne  m'a  pas  été  poffible  d'y 
trouver.  Elles  font  nommées  Indes 
pour  caufe  du  fol  Indique ,  au  lieu 
duquel  nous  prenons  du  fol  Gemme, 
pource  que  pour  le  jourd'huy  que 
je  fçache,  on  ne  nous  apporte  du 
vray,  qui  foit  noir  tirant  lur  le  roux, 

&  des  Myrobalans  noirs  ,  ou  Indi-  a 
ques  qui  y  entrent  en  allez  bonne 
quantité,  Mefué  au  chapitre  de  l’El- 
lebore'  les  décrit  un  peu  autrement. 

Leur  bafo  eft  l’Ellebore  noir  &  vray 
( 6c  non  le  feux  alTèz  frequét.  jLa  ver¬ 
tu  menelagogne  eft  augmentée  par 
la  pierre  d'Azur  lavée,  ôc  non  brû¬ 
lée  (  afin  que  fo  faculté  vomitive  foit 
corrigée ,  &  que  la  purgative  icy  re- 
qiiife  y  demeure  )  l'Epithyme,  &  Po- 
lypode.  La  vertu  foible  de  ceux-cyy 
N  n  n  Z  eft 


4^8  Lwre  L 

eft  fortifiée  par  le  fel  Gemme.  La 
Colocynthe  y  eft  mifc  pour  au¬ 
gmenter  la  vertu  phlegmagogue  de 
la  bafè ,  &  la  conduire  en  la  troir 
ziéme  région  j  comme  1" Agaric  en 
la  première  &  féconde.  La  poudre 
d'Hiere  eft  icy  mile  en  quantité  pour 
refifter  à  la  puiftànce  de  la  bafe  & 
des  purgatifs  violents ,  &  fortifier  le 
yeptricuie,&  rendre  leur  action  meil¬ 
leure.  Leur  célérité  eft  reprimée  par 
les  Myrobalans.  Les  Gerofles  pour 
fortifier  le  cœur  &  cerveau.  Le 
Nard  Indique  le  foye.  Le  Stoechas 
conduit  la  vertu  de  la  bafe>  &  pur¬ 
gatifs  au  cerveau  »  &  au  vifeeres  auC. 
quels  il  eft  fort  excellent.  Les  fucs 
y  font  mis  pour  defbppiler ,  incifer, 
atténuer  ,  &  deterger  les  humeurs 
crallès  &  terreftres  (  qui  le  plus  fou- 
vent  refîdent  à  la  ratte  )  &  en  con¬ 
duire  une  partie  par  la  yoye  de  l'u¬ 
rine,  &  donner  corps  à  la  rnaife,  & 
pour  conlèrver  les  efpeces  La  dofè 
eft  d'une  drachme  à  quatre  fcrupules 
pour  les  plus  robuftes. 

LE  MELANGE. 

Le  fùc  d'Eupatoirc  delïèiché  de 
fon  humidité  fùperflu'c ,  Ce  pnlyerife- 
ra  fi-îcilement  avec  les  racines  inci¬ 
sées ,  Gerofles,  Stœchas,  Myroba¬ 
lans  &  Epirhyroe.  Il  faut  pulveri- 
fêr’à  part  le  fel  Gemme,  l'Aga¬ 
ric  ,  &  la  Colocynthe  trochifqués, 
Sf  la  pierre  d’Azur  lavée ,  Sc  non 
calcinée,  puis  on  y  ajoruera  la  pou¬ 
dre  d’Hiere  ,  pour  malaxer  le  tout 
au  , mortier ,  avec  le  Syrop  fait  du 
liiç  d'Ache  dépuré,  &  miel  écume, 
&,  cn  former  une  raallè ,  ayant  de¬ 
meuré  quelques  jours  à  l'ombre 


Se  Bien  JT. 

fera  gardée  (  comme  dit  eft  )  au 
befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

On  s'en  fert  aux  affeétions  me- 
•  lanchoiiques,  comme  au  cancer,  le- 
pre  morphée  :  à  la  melancholie  ma¬ 
ladie  ,  &  à  la  crainte  &  triftellè  qui 
l'accompagnent  :  à  la  fièvre  quarte,  à 
la  jaunillc  venant  de  la  ratte ,  ôc  àla 
douleur  de  ratte. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

IL  faut  fubHkuer  (  avec  lAutheur 
du  mélange  )  a  l'Agaric  fmple 
le  trochifqué ,  pour  la  Colocynthe  les 
Trochifqués  Alhandal ,  &  t‘ Ellébo¬ 
re  noir  ,  par  mon  fentiment,  doit 
être  corrigé  ainfi  que  Mefué  le  re¬ 
commande  en  fon  livre  des  fimfles 
médicaments  purgatifs. 

Si  tous  les  Apothicaires  étoient 
curieux  de  voir  les  bons  Autheurs 
modernes  ,  qui  ont  par  leur  f  avoir 
illuSlré  la  medecinepardejftu  les  An¬ 
ciens  ,  tant  en  y  augmentant  le  nom¬ 
bre  des  compofitions ,  qu’en  inven¬ 
tant  des  falutaires  correBions ,  & 
préparations  par  les  fimples  médi¬ 
caments  purgatifs  malins ,  ils  tron- 
veroient  que  Mejué  entre  les  Ara¬ 
bes  a  fin  excellé  en  l’un  '&  en  l’au¬ 
tre  ,  &  na  donné  aucun  chapitre 
en  fon  livre  des  fimples ,  ou  U  n’ait 
décrit  la  prepÀranon  des  uns  pour 
leur  augmenter,  lettr  vertu  foible, 
&  la  correElion  de  ceux  qu’il  a 
jugé  malins ,  ce  qui  eft -ignoré  au- 
jourd’huy  de  la  plus  part  de  nous> 
d’où  vient  quen  la  dtéfenfation  de 
leurs  compofitions  ,  ils  ne  ftpaveutet 


jûes  Filmes.  '  4^9 


,jn‘ils  font,  &  ne  s’inftrmfent point 
de  la  qualité  faluhre  ,  ou  infaln- 
ye  des  medicamens ,  les  employant 
fans  préparation  ny  correélion  au¬ 
cune  ,  fi  l’/lutheur  nen  fait  ex-, 
prep  mention  en  qmy  ils  s'abu- 
fent  grandement  &  font  grand 
tort  au  public  ;  qu'il  fait  écrit  ou 
non  ,  tl  ne  faut  pas  laijfer  d'imi¬ 
ter  nôtre  grand  Mefué  ,  que  tout 
tyaét  qu'il  ait  été  a  nous  donner 
&  décrire  de  fi  beaux  &  fi  utiles 
préceptes  ;  neantmoins  il  s'efi  con¬ 
tenté  de  le  dire  une  fois  pour  tou¬ 
tes  en  chaque  ^chapitre  de  fon  li¬ 
me  des  fimples  preallegué ,  &  n  en- 
dit  prefqué  pim  mot  en  décrivant 
les  compofitions  en  fon  Grabadin, 
c'efi  pourquoy  il  convient  d  l'Apo¬ 
thicaire  d’avoir  fes  œuvres  ,  dans 
lefquejles  il  trouvera  dequoy  fe 
pouvoir  dignement  acquit er  de 
fa  profejfton  ,  en  homme  d'hon¬ 
neur. 

Il  faut  auffi  de  même  qu'aux 
autres  Tilules ,  au  heu  de  la  Hiera 
picra  Galeni,  mettre  la  Hiera picra 
Mefu&i ,  .é'  malaxer  les  poudres. 
Comme  en  feigne  Bauderon. 


Pilulæ  è  Lapide  Lazuli , 

'  D,  Mef. 

V-Scammonij  ^ntiocheni , 

JEllebori  nigri  veri ,  &  non  ad.ul- 
terini. 

Salis  In di  ,  aut  Gernmei,  fing.  drach^ 
•  duos  &  fèmifi. 

Caryophyllorum ,  & 

Seminü  Anifi  ,  mriufque-  une-,  di- 
'  midiam. 

Smptdà  (yanei ,  feu  Lazjsli  loti  & 


non  ufii ,  drachm.fex, 

Spithymi  Cretenfis , 

Polypodij  querni ,  & 

Agarici  albijfimi  ,  fingul.  une. 
nnam. 

Pulveris  Hiera  picra  fimpl.  D.  Ga¬ 
leni  ,  drach.quindecim. 

Cum  fucco  Intybt  ,id  efi ,  Endivia 
depurato  ,  vel  cum  Syrupo  Sapo- 
ris  de  P  omis ,  forma  majfam.  Do- 
fis  erit  d  drach.  una  ad  drach.  un- 
&  fiemifi. 

PARAPHRASE- 

CEs  Pilules  ont  pris  le  nom  de 
leur  balè  la  pierre  d'Aznr.  On  en 
trouve  quelques  pièces  en  une  fon¬ 
taine  du  Vigan^  pays  des  Cevenes» 
ayant  les  vrayes  marques  que  Diofeo- 
rideluy  attribue  )  Sa  vertu  melenago- 
gue  eft  augmentée  par  PEllebore  noir 
ôc  la  Scammonée.  Leur  célérité  eft 
modérée  par  la  tardiveté  du  Polypodej 
&  Epithyme  >  qui  les  conduifent  à  la 
ratte,  liege  de  lamelancholie,  comme 
P.ngaric  âu  cerveaujlequel  eft  corrigé 
&  fortifié  par  le  fel  Gcmme.L’anis  eft 
pour  incifer ,  atténuer les  humeurs 
terrettresjconfnmer  les  vents^ôc  don¬ 
ner  bonne  odeur.  La  poudre  d’Hie- 
re  pour  fortifier  le  ventricule  con¬ 
tre  la  nuifance  des  purgatifs  vio¬ 
lents  Le  gerolle  y  eft  rnis  pour  le 
cœur  ,  &  le  fjc  d'Endive  pour  le 
foye  ,  &  donner  corps  à  la  maire  y-'tZ- 
conlêrvcr  les  efpcees  en  Lur  vi¬ 
gueur  :  on  au  lieu  d'iceluy  j  les  pou¬ 
dres  lèront  malaxées  avec  le  lyrop 
de  pommes  de  Sabor  cy -devanc 
décrit.  La.  dofe  eft  quatre  ferupu- 
les.  Ceux  qui  auront  ks  Piiules  Indes> 
fe  poufrtmt  facilement,  paffer  de 
Nnn  3,  eek 


Livre  L  SeBion  X. 


470 

celles-cy.  Et  au  contraire  ceux  <jui 
auront  celles-cy  fepalTeront  des  pre¬ 
cedentes,  &  de  celles  qui  ont  pris 
leur  nom  de  la  pierre  Arménien¬ 
ne  i  pour  ne  différer  pu  fort  peu  en 
vertu. 

LE  MELANGE. 


chée.Que  s’il  Mit  de  dix  fois,qu‘eft^ 
il^  èefom  de  cinquante  :  fi  c ’eft  l'E. 
té,  on  la  pourra  chique  jour  lav« 
une  ou  deux  fois  ,  &  le  même  jour  la 
fcicher  ,  &  ainfi  continuer  les  jours 
fuivans,  ju%r'à  ce  qu’il  fuffife,  Par 
tel  moyen  fon^  ufage  fera  aireuié& 
non  autrement. 


‘Le  mélange  eft  fèmblable au  pre¬ 
cedent  déclaré  aux  Pilules  Indes. 
Pour  ce  je  me  contenteray  de  dire 
iey’ quelque  chofè  delà  préparation 
dd  ia.-  pierre  d’Azur. 

~  Nous  préparons  la  pierre  d’Azur, 
IZy  on  Arménienne ,  pour  ôter  ce  qui  eft 
frepure  côïitraire  à  nos  deffèins.  La  vertu 
Upkr.  ieyftéquife  eft  la  purgative,  &  cor- 
re  à,' A-  Pdljorative  :  la  contraire  eft  la  vomiti- 
vé ,  laquelle  fè  perd  par  la  lotion  : 
&  les  autres  deux  demeurent ,  que 
•fi  la  vomitive  &  purgative  étoient 
contraires ,  comme  en  la  Confeétion 
Alkermes  ,  il  la  faudroit  calciner, 
'fuis-da  laver ,  ainfi  la  corroborative 
dëPjeuretoit ,  ainfi  que  le  veut  Trail- 
lan,  à  la  fin  du  premier  livre, &  Me- 
feé.  Puis  donc  que  la  feule  verm  vo¬ 
mitive  nous  eft  contraire  par  l’avis 
de  nôtre  Autheur ,  il  la  faut  laver, 
&c  non  brûler ,  ainfi  que  s’enfuit. 
Comme  Prenez  telle  quantité  de  pierre 
il  fnut  d’Azur  qu’il  vous  plairra ,  laquelle 
laver  pilerez  dans  un  mortier  de  marbre, 
&  pilon  de  bronze ,  ou  autre  mctail: 
^  ‘  piiis  avec  eau  claire  l’agiterez  lon¬ 
guement  en  broyant  du  même  pilon. 
Aiprez  vous  la  laiilèrez  r’aficoir  ,  &c 
‘•épancherez  l’eau  :  puis  avec  d’autre 
'“«an  l’agiterez ,  &  ferez  comme  dit 
eft.  Continuant  ainfi  autant  de  fois 
que  l’eau  en  forte  claire ,  &  qu’elle 
ait  perdu  fon  acrimonie  étant  fei- 


LES  FAcrLTEZ. 

Elles  conviennent  aux  affeftions 
melanchoiiques  ,  engendrées  de  bile 
adufte ,  comme  eft  le  cancer ,  la  le- 
pre  ,  &  la  fievre  quarte. 

REMARQVE. 

En  ces  Pilules  on  prendra,  com¬ 
me  a  été  dit  fouventefois ,  a  U 
place  deda  Scammonée  le  Dia^rer 
de  :  la  Hier  a  picra  de  Mefiié,poiir 
celle  de  Galien  ,  V Agaric  trochif- 
que  pour  le  Jîmple.  La  lotion  de 
la  pierre  d‘A'i(jir  fe  fera  comme 
l’avons  décrite  au  Eiafenna  :  & 
les  poudres  feront  plutôt  malaxées 
avec  le  Sjrop  de  Régis  Sa  h  or ,  fie 
non  pas  avec  le  fuc  d’Endive. 

Bauderon  dans  les  Pilules  de  Ha- 
ly  ,  &  dans  celles  cy  dit  >  Elkkori 
nigri  veri ,  &  non  adulterini  ,fans 
donnersle  moyen  de  difeerner  cet¬ 
te  racine  d’avec  celles  du  Napel- 
lus,  qui  fe  rejfemblent  fort,  que  quel¬ 
ques  fois  les  herherisles  confondent 
par  mégarde  ou  autrement.  Or  on 
les  difeerne  en  ce  que  le  Nafel- 
1ms  a  une  petite  racine  longuetteen 
forme  d’tin  petit  naveau  ,  uutonr 
de  laquelle  font  attacheT^  les  fk^‘ 
mens ,  &  ceux  de  l’ Ellébore ,  font  at¬ 
tachez.  a  une  petite  racine  noueife. 


Deé  Pûmes,  47 1 


qui  A  diverfes  formes  ;  ^uant  an  refie 
des  fe  rejfernblent  fort. 


Pilulæ  Fætidæ  maiores , 
D.Mef: 

y:.  Serapini ,  vulgo  Sagapeni  > 

Jmmoniaci , 

Opopanaeü  , 

Bdellij , 

Colocynthidü , 

Seminü  Tegmi  ^îd  efi  ,  Rut  si  agre- 
ftis,  &  H  arme  l  .nrabum  , 

,  Aloés  Socotorins,,  tanquam  prafian- 
tijfma ,  & 

Epithymi  Cretenjls  ,  fing.  drachm. 
quinque. 

Tarbith  optimi ,  drach.  quatuor. 

Scammonij  uintiochem  ,  drachru. 
très. 

Alfcebram ,  id  efi ,  Efula praparata 
in  Aceto ,  & 

Hermodaüylorum ,  tttriujq.  drach. 
duos. 

Zingiberü  ,  drachm.  unam  0" 
femifi. 

Cinnamomi ,  feu  CaneUa  felebla  , 

Spici  Indice, , 

Croei,  &  • 

Cafiorei ,  fin  g.  drach.  unam. 

Euphorbij  ,fcrup.  duos. 

Dsjfolve  Gummi  Jùcco  Porri,  & 
compene  maffam. 

paraphrase. 

Cmbien  gue  Rhafis  au  ncufvic- 
e  livre  chapicre  fcptiéme ,  Se- 
rapion,  Haly,  &  Mefué  en  fbn  An- 
àdotaire  j  &  en  la  curation  univec- 
fclle  des  maladies  nerveufes  ,  nous 
ayent  laillë  par  éaic  plufieurs  def- 


criptions  des  Pilules  Fœtîdes  :  Pulà- 
ge  feulement  a  approuvé  celles-cy, 
lefquelles  ont  pris  leur  nofti  des  gom¬ 
mes  fœtides,  qui  y  entrent  :  ou  pour- 
ce  qu'elles  chaflTent  du  corps  les  hu¬ 
meurs  puantes,  &  corrompues  (  line, 
&  l'autre  opinion  eft  vraye.  )  Le  fur- 
nom  y  eft  mis  pour  faire  différence 
des  autres  qui  font  moindres  en  ver¬ 
tu  ,  &  nombre  de  Medicamcns.  La 
bafe  eft  la  Colocynthe,  fa  célérité  eft 
augmentée  pat  l'Euphorbe,  &  Scani'* 
monée ,  &  icelle  reprimée  par  la  tar- 
diveté ,  &  craffitie  de  l'Alcè’s ,  Epi- 
thyme  &  Turbith.  Les  Hermoda- 
<ftes  ,  &  Efule  ,  conduifent  leurs 
vertus  aux  jointures.  Les  gommes  y 
font  mifos  en  quantité  pour  cor.dger 
la  violence ,  &  malignité  des  pur¬ 
gatifs  violents,  &  empêcher  (  par 
leur  lenteur  )  qu’ils  n’excorient  les 
membranes  internes  du  ventricules 
&  inteftins ,  &  n’ouvrent  les  orifices 
des  veines ,  n’excitent  hypcrcatharfcs 
&  doiilears  extremes  ,  &  qu'elles  n^ 
parviennent  trop  foudain  aux  partjés 
éloignées  du  centre ,  &  pour  rendre 
leur  aétion  meilleure.  Et  pour  ce 
que  tels  purgatifs  violents  offenfent 
le  cœur ,  ventricule ,  foye,  &  les  au¬ 
tres  vilceres  :  le  faffian  y  eft  mis, 
pour  là  defenfè_du  cœur,  le  Nard 
Indic  du  ventricule ,  la  canelle  pour 
refifter  à  la  pourriture  des  humeurs: 
Galien  au  livre  huitième  des  Médi¬ 
caments  locaux.  Le  Caftor  refifte  à 
leur  qualité  veneneufe  ,  &  fortifi&^le 
cerveau  origine,  des  nerfs.  La  fcin^- 
cede  rue  fàuvage  ,  le  Gingembre  & 
foc  de  Porreaux  ,  incifont  &  ,afa:e- 
nuent.le  phlegmc  épais  &  vifquéux, 
Gon&ment  les  vents  ,  détergent. & 
donnent  corps  à  lamaiïè,&_cpnit;r- 
v-enf 


472^  L 

vent  le  tout.  La  dofè  eft  d’une  drach¬ 
me  à  quatre  Icnipules  ,  le  corps 
étant  dué'ment  préparé  >  &  non  au¬ 
trement.  Ceux  qui  auront  ces  Pilu¬ 
les  ,  le  pourront  pallèr  de  celles  qui 
ont  pris  le  nom  de  la  Colocyntiie, 
&  de  celles  de  l’Opopanax ,  &  du 
Sagapeoumou  Serapinumj  en  y  ajou¬ 
tant  les  Myrobalans ,  pour  être  preC- 
que  compofées  de  lèmblablcs  medi- 
camens.  Leur  mélange  n’eft  point 
dillemblablc  de  celuy  des  Pilules 
fuivantes. 

LES  FACVLTE  Z. 

Elles  évacuent  la  pituite  cralîe  & 
crue  J  &  pour  ce  elles  conviennent 
aux  maladies  qui  en,  naillènt  »  à  la 
goutns;  podagre ,  gonagre ,  à  la  dou¬ 
leur  de  l’épine  du  dos  &  des  au¬ 
tres  joidtures ,  &  du  ventricule  :  à  la 
colique ,  à  la  morphée  &  à  la  lepre 
des  Arabes. 

REMARQJE.  ' 

IL  faut  toujours  prendre  pour  la 
campojîtion  de  ces  Pilules  le  JDia- 
grede  ,  &  les  Trochifes  Jlhandal, 
en  la  place  de-  la  Scammoriée  , 
de  la  Colocynthe  ;  1‘ Euphorbe  doit 
.  être  corrigée  f  mblahlement  fuivant 
VAuthorité  de  Mefué  livre  des  fim- 
ples  chap.  17. 

Bauderon  a  confondu  dans  fa 
defcriptiifn  le  “peganon  de  Lobel, 
avec  V Harmala  des  Arabes  ,  efr 
quoy  que  ce  foiem  deux  ejpeces  de 
Eue  fauvage  -,  neanmoins  il  les  faut 
difiinguer  afin  que  l' Artifte  ait 
connoiffance  de  fon  travail  par 
leurs  différentes.  Le  Peganon  efi 


SeBîon  X. 

Ruta  Sylvefirü  miner ,  &  Harme^ 
la,  Ruta  Sylvefirü  major  Matthit- 
li  -y  &  cefi  de  celle-cy  que  Mt- 
fué  entend  quen  prenne  pour  U 
cornpofition  d»  ces  Pilules ,  par  et 
quelle  efi  d'un  frequent  ufage  dans 
le  pays  d'Arabie. 

Les  gommes  étant  en  larme,  net¬ 
tes,  &  bienehoifies  ,  fi  elles  font  re^. 
centes  ,  feront  pilées  dans  un  mof 
fier  de  bronz.e'chaud,  aufquelles  faut 
ajouter  peu  a  peu  un  Syrop  fait 
avec  miel  &  fue  de  Fourreau  ,  & 
petit  a  petit  on  y  mêlera  la  poudre, 
pour  le  tout  être  malaxé  trois  ou 
quatre  ^heures  durant  ou  davanta¬ 
ge  s'il  efi  neceffaire. 


Pilulæ  de  Hcrmodaélylis  ma- 
ipres ,  D.  MeC 

tlfi.  HermodaSbylorum , 

Aloes  Socotorina ,  tanquam  prajlan- 
tijfima. 

JiLyrobalanor.  Citreanm , 

Turbith  optimi-, 

Colocynthidü , 

Bdellij  Thebaiei)  feu  optimi ,  & 
Sagafeni ,  vulgo  Serapini  ,  fingul. 

drach.fex. 

Cafiorei  ,  ' 

Sarcocolla  , 

Euphorbij, 

Opopanaeü , 

Seminü  Ruta  agrefiü,  feu  domefiica, 
vel  Harrnel ,  & 

Apij ,  fin  g.  drach.  très. 

Croci  optimi  ,  drachm.  tinam  ét 
femifi. 

Cum  fucco  Braffica  depurato  forma 
maffam  ufui  reponendam- 

PA 


Des  Pilules, 


475 


PARAP  HRASn. 

CE  s  Pilules  ont  pris  le  nom 
de  leur  baie  les  Hetmoda- 
ûes  ,  miles  au  commencement  : 
le  liirnom  de  grandes ,  pour  met¬ 
tre  différence  aux  autres  de  lèmbla- 
blc  nom  ,  moindres  en  nombre  de 
Médicaments ,  qui  ne  font  pas  uli- 
tées.  Leur  vertu  purgative  eft  re¬ 
tenue  en  la  première  région  ,  par 
l’Aloes  &  les  Myrobalans  ,  &  con¬ 
duite  en  la  fécondé  par  le  Turbith, 
&  en  la  troifiéme  par  la  Colocyn- 
the  ,  Euphorbe  &  Sagapenum. 
La  celericé  de  ces  trois  eft  répri¬ 
mée  par  la  tardiveté  des  Myroba¬ 
lans  ,  Aloè's  ,  &  Turbith  ,  & 
au  contraire  l’Opopanax  >  &  Bdel- 
lium  y  font  mis  pour  les  conlî- 
derations  déclarées  aux  preceden¬ 
tes,  comme  auffi  le  Caftoreum  :  les 
Myrobalans  y  font  mis  contre  l’in¬ 
jure  de  l’Alods  &  pour  fortifier  par 
leur  adftriction  le.  ventricule ,  &  le 
fcye:  le  làffran,  le  cœur,  contre  la 
nuifance  des.  purgatifs  violents  :  la 
Sarcocolle ,  celle  de  l’Eupliorbe  ;  les 
feraences  pour  incifor  &  atténuer  le 
phlegme  ,  &  confumer  les  vents, 
fie  conduire  les  ferofitez  bilieufes, 
avec  1  aide  du  foc  de  choux  ,  par  la 
voyc  de  l’urine.  Ceux  qui  auront  ces 
Pilules  en  leurs  boutiques  ,  fe  pallè- 
r®nt,  de  .celles  qui  ont  pris  leur  nom 
dd  l’Euphorbe  décrites  par  Mefué: 
pour  ce  qu’elles  ont  prefque  fembla- 
blts  vertus.  La  ddfe  forad’unÇ  drach- 
>00  J  à  quatre  fcrupules. 


LE  MELANGE. 

Au  Turbith  à  demy  pulverifc  on 
ajoutera  les  Hermodattes  ,  femen- 
ces  5  Myrobalans ,  &  Bdellium  s’il 
eft  foc  ,  finon  il  fora  fondu  avec 
les  liqueurs  &  le  Caftor.  Il  faut 
pulverifer  l’Aloës  ,  le  faffran ,  Sar¬ 
cocolle  ,  Colocynthe  ,  &  Euphorbe 
chacun  à  part  ,  avec  une  amande 
pour  empefoher  qu’ils  n’offenfont 
eeluy  qui  les  pulverifo.  L’Euphorbe 
ne  doit  pas  être  fi  fiibtil  que  les  au¬ 
tres,  pour  les  raifons  que  Mefiié  écrit 
en  fon  propre  chapitre  ,  du  livre 
des  fimples  médicaments  purgatifs, 
puis  on  les  mêlera.  Il  faut  ,  fondre 
au  foc  de  choux  l’Opopanax  ,  & 
Bdellium ,  s’il  eft  mol  &  recent ,  & 
le  Sagapenum,  puis  les  couler,  &  cui¬ 
re  en  moyenne  confiftence ,  puis  on 
y  ajoutera  toutes  les  poudres  ,  pour 
battre  le  tout  long-temps  au  mortier  à 
coups  de  pilon ,  &  en  former  une 
mallê,  ayant  les  mains  ointes  d’huile, 
laquelle  foichée  ,  fera  forrée  pour 
s’en  forvir  au  befbin. 

LES  EACVLTEZ. 

Elles  font  propres  à  la  podagre,  5c 
autres  douleiurs  froides  des  jointures. 

R  E  M  A  R  dV  E. 

L  faut  de  même  ohferver  en  la 
compofition  de  eu  Pilules  ,  ce  que 
nom  venons  de  dire  aux  Fœtides  ma¬ 
jeures  dt  ailleurs,  tant  pour  la  Colo¬ 
cynthe  ,  que  pour  l’ Euphorbe  :  fi  je 
répété  fouvent  ces  fiibfiitutions , 
ou  préparations  ,  ce  nefi  pas  fans 


474  Livre  1, 

eauje  ,  fçach/tm  trop  bien  à  mon 
grand' regret  ,  ^ue  la  plus  grand 
partie  des  oipothicaires  ne  travail¬ 
lent  par  autre  intereft  ,  que  ce- 
luy  de  leur  hourfe  ,  qui  leur  fait 
ignorer  &  rnéprifer  le  plus  beau 
&  le  plus  falutaire  de  leur  profef- 
Jîon.  Et  pour  le  fuc  de  choux  dé¬ 
puré ,  avec  un  peu  de  miel  ,  il  en 
fera  fait  un  fyrop  pour  malaxer 
les  poudres. 

l’eflime  aujfi  être  beaucoup  meil¬ 
leur  en  toute  forte  de  compofition, 
s’il  fe  peut  de  mettre  les  gommes  en 
poudre  que  de  les-  dijfoudre  peur  les 
raifans  cy -devant  alléguées  en  nôtre 
Remarque  de  la  Theriaque. 


Pilulæ  Arthriticæ  ,  D.  Nicol. 
Salernitæ. 

y:.  HermadaElylorum , 

Turbith  optimi,  & 

Agarici,  albijjimi ,  fing.  unc.dmid. 
Cafia  lignea  aromatica  &  non  pur- 
gatricù, 

S  pie  a  Nardi, 

Carybphyllorum , 

Carpohalfarni ,  aut  fuccedanei  ejut 
feminü  Lentifci  aut  Terebinthi, 
Xylobalfami  ,  aut  fuccedanei  ejus 
fitrculerum  Lentifci  >  aut  Tere¬ 
binthi  , 

Macis , 

Galanga  tenuioris  qualis  ex  Ùoina 
adfertur  ^ 

Zinz.iberis , 

Mafiiches  , 

Ajfa  foetida  , 

Seminurn  Fanicuti 
Anifi , 

Saxifragia  » 


SeSlion  X 

Jéfaragi» 

Rufci,  vulgo  Brufii ,  & 
Lithospermi ,  id  efi  .  Milii 
folie, 

Rofarum  rubrarum ,  & 

Salis  Gemmei,  fing.drach.duas. 
Scammonq  Antiocheni,  une.  unam. 
Alo  'és  Socoterina  feu  optima  ad  pon¬ 
dus  omnium. 

Confiée  majfam  cum  fucce  Feenkuli 
vel  lut,  Arthetica  ,feu  Chamepi- 
tyos  depurate  &  repont  ufisi. 

PARAPHRASE. 

CEs  Pilules  font  de  Salemitanus, 
&  non  de  Myrepfus ,  lefquelles 
ont  pris  le  nom  des  joinuiresque  les 
Grecs  appellent  «fTpaç  >  aulquelles, el¬ 
les  font  adaptées.  Leur  balè  font  les 
Hermodaéles  :  leur  verni  foiblc  eft 
'^augmentée  par  le  Turbith  &  Agaric: 
&  celle  de  ceux-eyjparlefel  Gpnrae 
&  Gingembre  ,  qui  avec  les  autres 
medicamens  aromatics  corroborent 
tous  les  vifeeres  ,  contre  la  nuifancc 
de  la  bafe ,  de  PAgaric  &  Turbith» 
&  rendent  leur  aékion  meilleiuej& 
particulierernent,  le  Maftich  y  eft 
pour  le  ventricule  »  &  le  nard  Indique 
pour  le  foye.,  La  Scammonée  eft  icy 
mife ,  pour  fèrvir  de  véhiculé  aux 
purgatifs  &  Aloé,  &  bafe  :  les  femen- 
ces  pour  incifer,  &:  atténuer  le  phlcg- 
me»  confiimer  les  vents ,  &  conduire 
par  la  voye  de  Purine  les  fciofitex 
qui  fervent  aux  humeurs  gluantes  vif 
queulcs  .Sr  terreftres  de  véhiculé  5C 
caufent  les  douleurs.  L’Affa  fœtid* 
eft  icy  mifo  pour  deterger  le  phlcg- 
m;:,  &  refifter  par  fà  lenteur  à  la  nui^ 
fonce  de  la  Scammonée,  &  Aloe,  qui 
par  fon  aerimonic  ouvre  les  veines  du 
*  mpien 


Des  Pilules,  475 


iBcfentere  &  fiege,  &  excorie  ;k  ven¬ 
tricule,  &inteftins.  Les  rofcs  y. font 
mifes  pour  conccmperer  la  chaleur  de 
toute  la  compofition  :  le  fuc  de  Ca- 
mæpitys  (  de  fa  forme  efTentielle  ) 
conduit  la  vertu  de  la  bafo ,  &  des 
autres  purgatifs-  aux  jointures,  donne 
corps  à  la  maife  ,  &  confèrvc  leur 
vertu.  La  dôfc  cft  d  unedrachmei,  à 
«ne  &  demie  pour  le  plus. 

LE  MELANGE. 

Premièrement  il  faut  concalTer  le 
Xylobalfame,  ou  fon  fuecedanée  le 
bois  d'Aloës,  ou  Santal 'Citrin  ,  ou  ïe 
Lentifc  ou  de  Therebinthe  :  puis  on  y 
ajoutera  le  Turbith,  &  Galanga  :  un 
peu  aprez  le  Gingembre,  le  Nard  In- 
dic  incifé  ,  le.geroHe,  lacanelleT  & 
l’AlIè  fœtide  curieufement  mondée, 
laquelle  le  pnlverifera  facilement  en 
Il  petite  quantité  ,  .av^c  les  autres, 
Ceux-cy  à  demy  pulverifez  &  tami- 
fez  on  y  mettra  les  femenecs  &  fruits, 
les  Hermodactes,  le  Macis ,  &  les  ro- 
fes.  Il  faut  pulverilèr  à  part  l’Agaric 
(avec  une  râpe  )  le  Maftich  .,  le  fel 
Gemrne,ia  Scammonée,  &  Aloqs.Cc- 
la  fait  les  poudres  Icront  mêléfes  au 
mortier ,  &  malaxées  long- temps  à 
coups  de  pilon  avec  le  Syrop,  qu’on 
fera  exprez  avec  du  focdefœnoüil, 
ou  de  Chamæpitys ,  &  miel  écume. 
Aprez  on  formera  la  malîc  comme  il 
â  etc  dit ,  qui  fera  refecrée  au  belbin. 
Ceux  qiü  auront  en  leurs  boutiques 
CCS  Pilules  ,  s’en  pourront  forvir  au 
utu  des  Benediétes,  pour  être  compo- 
fets  quafi  de  mêmes  medicamens ,  ,& 
femblables  en  vertu. 

Voilà  plufieurs  fortes  de  Pilules, 
tant  poui-  incrafler  les  ïbeiimes  ,  & 


appifor  les  douleurs  ,  que  pour  pur¬ 
ger  benignement ,  modérément ,  & 
avec  violence  les  humeurs ,  qui  poiir- 
roient  être  en  la  première,  fécondé,  & 
troilléme  région. 

LES  FA  CVL  TE  Z. 

Elles  font  fingulieres  à  la  podagre, 
&  aux  douleurs  des  jointures  de 
caufo  chaude. 

REM  AR.dV  E. 

Our  clorre  cette  SeÜ:ion,je  dimy 
quen  la  compejïtion  de  ces  Pi* 
lul'es ,  il  faut  prendre  panr  les  fe- 
mences ,  ou  fruits  d’Ajperges  &  de 
Brufem  les  noyaux  qu'on  trouve 
d.ans  leurs  peaux-,  foit  qu  ils  foient 
fecs  ou  recens  ,■  ainfi  qu’il  a  été  dit 
en  la  Remarque  de  la  Benediéla 
laxativa. 

Si  bien  Nicolaus  Salernitanm  (  à 
moy  inconnu.-,  &  s’il  y  a  quelqu'un 
qui  le  connoijfe  p^jfjfes  œuvres ,  je  le 
Jupplie  tres-ajfeHueufement  de  m’en 
donner  la  connoijfance  )  &  V A u~ 
theur  de  la  Paraphafe  ,  ne  difent 
rien  fur  l’Agaric,  il  y  faut  preferer 
Le  trochifqué  -,  &  fuffit  de  f  avoir  en 
general  qu’il  purge  mieux,  &  n’efi 
pas  fi  nuifible.  De  même  pour  la 
Scammonée  ,  le  Diagrede  doit  être 
préféré ,  a  raifon  des  fâcheux  acci~ 
■dens  qu’on  remarque  en  la  purga¬ 
tion  quand  elle  efi  feule  dans  une 
poudre ,  par  des  fâcheux  bondijfe- 
mens  d’efiomach,  &  de  trenchéelde 
ventre  qui  s’en  enfuivent. 

S.E 


Oo  o  i  . 


47^  Livre  L 

SECTION  XI. 

Des  Trochifques, 

De  Trochifcis  in  genere. 

E  nom  de  Trochifqnc  vient  du 
Grec  Tpi3;t's'«®'  >  id  eft  j  Rotula. 
Il  eft  auffi  quelque  fois  appelle  des 
Grecs  kukAjV«^  id  eft  ,  paruus  cir- 
culus  lèu  orbiculiis  :  d’autres  fois 
•'^pTiffic®-  ,  ■  id  eft  J  paruus  pa¬ 
ris  ,  icu  Paftillus  On  a  toû jours 
jufques  icy  retenu  l’appellation  Grec¬ 
que  de  Trochifque  ,  plutôt  que  la 
Latine. 

C’eft  un  médicament  corapofé 
de  plufieurs  lîmples  lècs ,  pulverifezj 
compris  &  liez  cnièmble  de  quel¬ 
que  liqueur  convenable  j  comme 
vin  J  eau  diftil^e  ,  fùc  ,  mucilage, 
gomme  ou  liçp^|r , fondue  :  défor¬ 
mé  folide  ,  afin  que  là  vertu  foit 
de  plus  longue  durée  :  de  figure 
ronde  dont  il  a  pris  le  nom  :  du  poids 
d’une  drachme  pour  le  plus  fou- 
vent  ,  ou  moins  ,  au  Jugement  Sc 
difcrction  de  l’Apothicaire  :  delîèi- 
ché  le  plus  fouvent  à  l’ombre ,  en  un 
lieu  aëréj  chaud  &  foc,  exempt  de 
pouffi -re  ,  QU  autre  immondice.  On 
les  garde  dedans  des  pots  de  verre, 
on  de  terre  vernidèz  ,  plutôt  que  d’é¬ 
tain  ,  à  caufe  du  plomb  que  les  Po¬ 
tiers  y  mêlent  ,  bien  bouchez  ,  afin 
que  leur  vertu  ne  s’exhale ,  atten¬ 
dant  la  necelîité.  Leur  différence 
eif  telle  que  des  Pilules  :  car  les  uns 
iacrairenï  les  huraeürs  ,,  les  autres 


Seâion  X  L 

font  alteratifs  ,  les  autres  purgatifs, 
les  autres  alexitairesj  ainfî  que  nous  dé¬ 
clarerons  particulièrement. 


De  Trochifcis  incraflanti- 
bus  in  fpecie. 
Trochifei  Bechici  nigri ,  D.Mef 

Succi  Glyeyr'rhiXa ,  & 
Sacehari  albi,  utriuf^ne  aureas  [ex, 
feu  une.  unam. 

./^myti , 

Tragacanthi ,  & 

yJmygdalar.  dulc.  mundat.  fingul. 
drach.  quatuor. 

Muccaginisfemin.  Pjylîij,,vel  Coto- 
neorurn  ,  aqua  Rofarum  extrade, 
quantum  fuficit  ,  fiant  pafiilli 
figillati. 

I ARAP  HRASE. 

MEfoé  en  là  pratique,  &  chapitre 
de  la  toux  provenant  de  matiè¬ 
re  chaude,  &foiche,  décrit  cesTro- 
chilques,  qu’il  appelle  Pilules  fiiblin- 
gues ,  parce  qu’en  les  tenant  à  la  bou¬ 
che  làns  les  mâcher,  on  les  laifîé  fon¬ 
dre  tout  bellement.  Ils  ont  pris  leur 
nom  de  leur  effet ,  comme  le  furnom 
de  leur  couleur noire,caufée  du  foc  de 
reglifle,leur  bafe.  Leur  adftriétion  efl 
augmentée  par  les  mucilages  de  coings 
ou  de  Plyllium.  Leur  vertu  ineralîan- . 
te  eft  augmentée  par  l’Amydon  & 
gomme  Tragacanth  :  la  deterfive ,  & 
lenitive  par  les  Amandes  douces  & 

fuccrc  fin.  Quelques -uns  y  aïoûtent 

de  Styrax  Calamite  ,  ou  autre  cho- 
fo  qu’ils  connôiflûnt  être,  ncceflaire 
félonies  occurrences. qui  fc  prele°- 
tent 


Des  Trochifques.  477 


tent  ,  ce  qui  n’eft  point  permis  à 
l’Apothicaire  ,  fans  l’avis  des  Mé¬ 
decins  mais  fe  doit  conrencer  des 
prefentes ,  qui  font  agréables  an  pa¬ 
lais,  &  excellentes  pour  incrallèrles 
rhftiraes ,  qui  tombent  .en  la  poidlri- 
ne,&:  à  deterger  ce  quiyeft  décou¬ 
lé.  le  les  ay  plutôt  inférés  en  cet¬ 
te  Seétion  qu’en  la  precedente,  pour- 
cc  que  pour  le  jourd’huy  on  les  for¬ 
me  iü  figille  de  marques  faites  à  plai- 
£r ,  en  figure  de  rotules ,  ou  petits 
pains  que  nous  appelions  Trochifes^ 
plutôt  qu’en  figure  de  Pilules. 

LE  MELANGE. 

Les  Amandes  ièront  mondées  de 
leurs  pellicules  :  puis  incisées  avec 
un  tranchée  ou  couteau  de  Cordon¬ 
nier,  iur  une  fueille  de  papier  blanc, 
tant  fubtil  qu’il  fera  poffible  ,  aprez 
on  les  reilubtililèra  au  mortier  de 
marbre  avec  l’Amydon ,  &  fuccre 
.  fin.  Il  faut  pulverifèr  le  fuc  de  Re- 
glifle  ,  &  la  Gomme  Tragacanth 
au  mortier  &  pilon  de  bronze  ch.^uds, 
chacun  à  part  ;  laquelle  Gomme  fera 
aprez  pesée  &  non  aupDaravant ,  à 
caulè  du  dechet  :  puis  le  tout  fera 
mêlé  ,  &  malaxé  avec  le  mucilage 
(  fait  d  s  f  mences  de  Coings ,  ou  de 
PfylliuiTj ,  ou  des  deu  x  cnfcmblc  ,en 
eau  Rofe)  en  forme  de  pâte,  la¬ 
quelle  étendue  fur  du  papier  blanc, 
fera  coupée  par  petites  pièces ,  arron¬ 
die,  i.  arquée,  &  iéichée  à  l’ombre., 
&  gardée  au  beloin.. 

les  facvltez. 

^  Ils  conviennent  à  la  toux  invete- 
fee»  procédant  de  caufè  chaude  & 


feiche,  incraflent  les  humeurs  fùb- 
fils  qui  chéent  du  cerveau  fur  le 
poulmon ,  qu’ils  detergent  ,  corro¬ 
borent  ,  &  facilitent  le  crachat  & 
fon  expedoration. 

REMARQVE. 

Arce  quil  efi-  mal-aisé  de  met¬ 
tre  en  foudre  fefarément  le  fuc 
de  Reglijfe  noir ,  a  moins  quil  ait 
été  hrùlé  en  évaporant  l'humidité, 
&  four  lors  il  ne  vaut  rien,  draù- 
fon  qu'il  a  ferdu  fa  douceur  far 
le  feu  ,  &  acquis  une  amertume, 
&  far  confequent  une  qualité  & 
vertu  contraire  ;  U  le  faut  donc  fi¬ 
ler  le  mieux  qu'on  fourra  ,&  l’hu- 
meSler  un  feu  avec  de  l'eau  Rofe, 
&  le  fijler  long  tems  dans  un  mor¬ 
tier  de  marbre  ,  &  y  ajouter  peu 
d  peu  du  mucilage  de  la  femence 
de  FJyllium  ,  jufqu'à  ce  quil  n'y 
fareijfe  aucun  petit  grain  ,  &  qu'ils 
foient  de  confiSlence  unie  ,  &  éga¬ 
lement  mêlés ,  aufquels  faudra  join¬ 
dre  les  Amandes  pajfées  par  un  ta¬ 
mis  renversé  y  comme  a  été  dit  au 
Ltaphœnic ,  &  ailleurs  ,  &  four  les 
fubtilifer  davantage,  il  les  faut  tri¬ 
turer  avec  le  fuccre  dans  un  mor¬ 
tier  de  marbre  ,fi  fubtilement  qu'il 
fe  fourra  avec  l'Amydon_lavé, qu'on 
aura  auparavant  &  k  fart  mis  en 
poudre  fubtile  :  cela  fait ,  faut  ma,- 
laxer  le  tout  comme  dit  Bauderon. 

Ceux  qui  fe  ferviront  du  Juc  de 
Regliffe  blanc  tiré  fans  feu ,  comme 
nom  avons  cy-devant  dit  en  la  re¬ 
marque  de  la  Eheriaque ,  auront  un 
Bechique  incomparablement  flm  ex¬ 
cellent  en  toutes  fes  parties  ,  qu-'a- 
vec  le  noir. 

Tcq; 


Ooo  J 


47* 


Livre  /.  Seâion  X  /. 

ïerois  icy  &  ailleurs ,  que  nos 


Trochifci  BechicI  albi ,  incerti 
Au(5toris. 

Fui.  Iridii  Florentin di 
Idmyli  ;  mriufque  une.  unam  & 
dimid. 

Sacchari  cryflallim ,  & 

Fenidiarum  ,  utriujfue  une.  qua¬ 
tuor. 

Sacchari  alhi  ,ltb.unam. 

Cum  muccagine  Gurnmi  Tragacan- 
thi ,  aqua  Rofarum  extrada ,  for¬ 
ma  paHillos  figillo  aliquo  ,Ji  vis, 
ebjîgnatos  ,  qui  Jiccati  ujùi  re- 
fonantur. 

FARAF  H  RASE. 

L'Authetir  de  ces  Trochi'q.ues» 
ou  Pilules  fiiblingucs  (  qui  ont 
pris  leur  nom  ,  &  fornom  de  leurs 
effets }  &  couleur  comme  les  prece¬ 
dentes  )  nous  cft  incertain,  lelquelles 
neantmoins  font  fort  ufitées  &  ap¬ 
prouvées.  Leur  bafe  eft  l'Iris  d'£f- 
clavonie  ,  ou  en  lôn  lieu  celuy  de 
Florence  :  incifif,  atténuatif,  &  de- 
terfif  des  matières  craflès  &  vilqueu- 
fes  contenues  és  poulinons ,  &  poi- 
étrine.  Sa  vertu  deterfive  cft  augmen¬ 
tée  par  le  fticcre  Penides.  L'A- 
mydon  &  Tragacanth  y  font  mis, 
tant  pour  incraftèj:  les  rheumes  fob- 
tils ,  que  pour  corriger  lapreté  & 
ficcité  de  la  trachée  artere  ,  causée 
d'iceux ,  &  pour  donner  corps  à  la 
malfe. 

LE  MELANGE. 

Le  mélange  &  repofition  n’eft  difo 
fèanblable  aux  precedents.  le  defi- 


thicaires  fiiffent  plus  curieux  de  br 
honneur  ,  &  profit  des  malades,  me 
de  leur  gain  propre,  &  qu'ils  cora- 
pofaffent  ces  foblingucs  ('comme il 
eft  dit  cy-deffus  )  plutôt  qu'avec  li 
grande  quantité  d'Araydon  ,  &  le 
Succre  fin,  fans  l'Iris ,  &  Sucere  can¬ 
die  comme  ils  font, 

LES  FACVLTEZ. 

Ils  foulagenc  mervcilleulèment 
ceux  qui  font  fojets  à  la  toux,  &  à  la 
difficulté  de  refpiration. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

BAuderon  baille  le  mélange  de 
ces  Troehifques  femblable  à  ce¬ 
luy  des  precedents  :  mais  il  me  [em- 
ble  quel  doit  être  different  ,&  four 
y  procéder  plus  méthodiquement;  il 
faut  prendre  chacun  des  ingrédient 
feparément  en  poudre  fubtile;  le  mu¬ 
cilage  de  la  Gomme  Adraganth 
doit  être  extraiêi  de  la  plus  blan¬ 
che  &  déliée  avec  de  l’eau  Rofe, 
d’une  confîffence  épaiffe  &  pajfé  a 
travers  un  tamis  fubtil ,  mêlé  avec 
un  blanc  d’œuf  frais  ,  puis  faut  mê¬ 
ler  le  tout  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  &  les  malaxer  un  long  tems, 
'&  en  apreT^  en  former  des  petits 
Troehifques ,  eu  petits  bâtons  qu  on 
fera  feicher  en  un  lieu  fee  i  &  ist 
préparation  s’en  doit  faire  en  tems 
fec  &  non  humide. 


Formiite 


Deâ  Trochifqiies. 


A79 


Formulæ  Bechicæ  inccrti 
Au<Sloris. 

Fui.  Diaireos  Jimfl.  & 
Diatragacanthi  jHgidi  recens 
prsparati ,  utrinfyue  drach, 
très. 

Ful.rad.Glpcirrhifa per  denfum  fe- 
cernkulurn  tra  eSha  ,  drach. fex. 
Sacchari  cryBaUini  tenuijjimè  triti, 
lih.femiÿ. 

Sacchari  albi  pulverifati,  lib.unam. 
Cm  mmcagine  Gummi  Tr  gacan- 
thi  aqua  Rofanm  extraSba ,  for- 
mentur  orhiculi ,  qui  ficcati  ujui 
repenatitur. 

7ARAP HRA  SE. 

G  Es  formules  font  plus  plaifàn- 
tes  que  les  precedentes  ,  tant 

Eur  incraficr  les  rheuines  decou- 
;  d’ans  la  poidtrine,  que  pQijr  dg- 
terger  la  matière  y  contenue. 

REMAROVE. 

CEtte  formule  a  été  ajoutée  dans 
la  Paraphrafe  par  Bauderon 
pere  ,  en  la  fiK.iéme  édition  de  fa 
Pharmacopée  ,  laquelle  n’eft  point 
améprifer.  Pour  le  mélange,  il 
fàm  garder  le  modm  faciendi  des 
precedents  Trochifs ,  que  fi  on  y 
djoute  deux  grains  de  Alufc ,  & 
autant  d' Ambre  gris ,  on  rendra 
«  remede  beaucoup  pins  agréa- 
oie,  dr  recherché  des perfonnes  dé¬ 
liâtes. 


Trochifci  Ramlcli ,  D.  Mef! 

Succorum  Rumicis,  id  efi ,  Ace- 
tofa ,  vel  ejus  loco  fitcci  Cydonio- 
rum  mmat:urorim,unc.  fedecim. 

Succi  Baccarurn  Jbfyrthi ,  ttnc.  qua¬ 
tuor. 

Omphacii ,  id  efi ,  Agrefta  ,  drach. 
feptem. 

In  hti  juccü  parum  bulliant. 

Gallarum  Cyprejjl  recentium  ,  curio- 
sè  tritarum  ,  une.  très. 

BaccharumMyrthi  contufarum,mc. 
duoi. 

Rofarum  rubrarum ,  une.  unam. 

Colatura  immitte  fequentem  pul- 
verem. 

Santali  citrini ,  drach.  decem. 

Gummi  Arabici ,  une.  unam  &  f- 
mifi. 

Rofarum  rubrarum , 

Garnis  Rhoü  ,id  efi ,  Sumach , 

Spodii  ifing.  une.  unam , 

Ltgni  Alo'és  , 

Caryophyllorum  , 

Macis ,  & 

Nucü  Mofehata  ,  fin  gui.  une.  di- 
mid. 

Deinde  in  fcutella  lapidea  ,  vet 
terrea  uitrata  foli  exponantur^ 
dum  ficcentur , pofi  tere  minutim 
&  cum 

Caphura  ,  aureo  uno ,  id  efi ,  feru- 
pul.  quatuor  &  aqua  rofatum, 
fac  Trochifeos  ,  in  umbra  fic- 
candos. 

jNonnulli  arotnatiXant  Mofehi  drac  h, 
mius  epuarta  parte  ,  hoc  efi , 
granü  i  8,  &  non  ly.  &  repo- 
nunt  ufiti. 


PARA 


480  Livre  l 

PARAPHRASE. 

RAmich  efl:  un  nom  Arabe  dépra¬ 
vé  (  félon  quelques-uns)  de  Ru- 
mex,  Rumicis,  qui  eft  le  Lapathum  de 
Diofcoridcjdont  il  conftitué  plufieurs 
efpeces  i  du  nombre  defquelles  eft 
nôtre  Ozeille'-,  diôle  Oxalis  &  Ace- 
tofa  ,  icy  inife,  au  commencementj 
&  en  plus  grande  quantité  qu’au¬ 
tre  qui  foit  tenant  lieu  de  bafe.  D’au^ 
tres-eftiraéc  qu’il  fignifie  Galles,pour- 
ce  qu’il  y  en  entre  allez  bonne  quan¬ 
tité  ,  fe  fondant  fur  l’authorité  de 
Serapion  ,  au  livre  des  fimples  ,  cha¬ 
pitre  i4o.  dépravé  icy  comme  ail- 
laus.  Cette  opinion  efl:  allez  légè¬ 
re:  car  qui  lira  foigncufèment  les  écrits 
de  Sarapion  &  de  Meftié  même,  il 
fera  contraint  de  confeffer  ,  que  ce 
nom  fe  prend  ,  non  feulement  pour 
un  médicament  adftringcnt  ,  mais 
pour  tout  autre.  Que  s’il  eûtfigni- 
fié  le  foc  d’Ozeille  ,  il  eût  dit  en 
vain  que  quelques-uns  prennent  eh 
fbn  lieu  du  fiic  de  Coings  non 
meurs  ,  pour  fbn  adftridion  requi- 
fc.  La  bafe  fera  l’un  ou  l’autre  de 
ces  focs  ,  i’adftriétion  defqucls  efl: 
augmentée  par  les  focs  de  Myrtil¬ 
les  ,  &  d’Aigras,  Sumach  ,&  Galles 
de  Cyprez ,  communément  appellées 
noix  ,  qu’on  doit  prendre  pour  les 
remedes  internes  ,  plutôt  què  celles 
de  Chêne ,  dont  fe  fervent  les  tein¬ 
turiers  ,  ainfi  que  dodement  Nicol. 
Præpofitus  nous  a  laillé  par  écrit.  La 
vertu  réfrigérante  de  la  bafe ,  eft  au¬ 
gmentée  par  les  Rofes ,  &  foc  d’Ai- 
gras.  Leur  vertu  terreftre  &  adftrin- 
gente  eft  conduite  au  cerveau  par 
les  Getofles,  Sc  bois  d’Alo'ês  :  au 


SeBion  XL 

foye  par  le  Santal  citrin ,  &  Spode. 
Le  Macis  ,  &  Mufeade  y  font  mis 
pour  la  defenfe  du  ventricule ,  con¬ 
tre  la  nuifance  de  la  bafe.  Le  Mufe 
du  cœur  ,  &  matrice.  Le  Camphre 
y  eft  mis  pour  par  fà  tenuité  de  par¬ 
ties  ,  faire  penetrer  &  fetvir  de  vehi- 
aile  aux  adftringens.  La  Gomme 
Arabique  y  eft  mife  pour  corriger 
l’àpreté ,  &  ficcité  de  toute  la  corâ- 
pofition. 

L  E  .  MELANGE. 

Le  bois,  de  Santal  &  d’Alocs  à 
demy  pulverifez  on  y  ajoutera  les 
Gerofles  ,  &  Sumach  jj  uis  la  Muf¬ 
eade  ,  &  Macis  ;  finalement  les  Ro¬ 
fes  feiches.  Il  faut  piilverifer  à  part 
la  Gomme  Arabique ,  le^  Spode ,  le 
Camphre  ,  &  le  Mufe,  puis  on  les 
mêlera  avec  les  autres  ,  horfinis  le 
Camphre  ,  &  le  Mufe.  Cela-fait  on 
fera  premièrement  bouillir  les  Ijloix, 
ou  Galles  de  Cyprez  fort  concalïées, 
&  Myrtilles  dans  les  focs  d’Ozeiliej 
ou  de  Coings,&  de  Myrtilles, &  d’Ai¬ 
gras  ,  afin  que  leurs  vertus  y  foient 
plutôt  transférées,  finalement  les  Ro- 
fês.  En  la  colature  dans  un  plat  df 
terre  vernifsé,  on  détrempera  les  pou¬ 
dres  ,  lequel  fera  tenu  au  Soleil 
chaud,  ou  dedans  uneTtfluve  ,  ou 
for  les  cendres  chaudes ,  en  remuant 
quelquefois  ,  jufques  à  ce  que  Tlui- 
midité  fbit  évaporée  Puis  derechef 
on  refobtilifera  la  poudre'  ,  à  laquelle 
on  ajoutera  le  Camphre  &  le  Mufc; 
Aprez  avec  eau  Rofe  on  fera  une 
pâte,  dont  on  formera  les  Trochif- 
ques,  qu’on  feichera  &  gardera  com¬ 
me  dit  eft.  Il  foffira  à  l’Apothicaire 
d’en  dilîîper  la  quatrième  ou  huitie- 


Des  Ü’rochifques.  481 


jTK  patrie ,  pource  qu’ils  font  fort 
peu  uncez,  horfinis  aux  compofitions 
des  Anciens  J  comme  auDiacodium, 
Gallia  Alephangina,  Emplaftrcs  Dia- 
phœnicon  de  Mcfiiéj  aux  Trochif 
qiies  de  Terre  figillée  ,  &  quelques 
'  autres. 

LES  EACVLTEZ. 

Ils  fortiiîenc  le  ventriculcjle  cœiu'j 
le  foye  debiles  ,  les  yifoeres ,  &  in- 
teflins  trop  lâches  :  appailent  le  cho¬ 
iera  morbus ,  &  rendent  l’eüprit  tran¬ 
quille  :  arrêtent  toute  éruption  de 
(angjen  le  mêlant  avec  d’autres  mé¬ 
dicaments  qu’on  fouffle  dans  les  nar- 
rincsj  s’il  découle  p'ar  là. 

REMARQVE. 

MEÇué  efl  confirme  en  tout  fies 
Antidotairei ,  &  demande  de 
faire  deux  decoEiions  ,  la  prerme- 
re  eji  celle  de  la  fernence ,  ou  bayes 
de  Myrtilles  avec  les  Rofes  ,  la  fé¬ 
condé  veut  quelle  fait  faite  de  Gal¬ 
les  vertes  dans  la  colamre  de  la 
frontière ,  &  quelles  y  demeurent 
en  fuhiîance  avec  les  ingrediens 
de  U  poudre.  UAutheiir  du  mèlan- 
Ifen  reformant  le  modm  faciendi 
de  cette  compofition ,  a  réduit  les 
deux  décollions  en  une  ,  &  efl  con¬ 
traire  a  Mefu'e  qui  veut  que  les 
Galles  entrent  en  fubîîance  dans 
‘a  compofltion ,  &  luy  les  met  dans 
‘a  decoSiion  ,  &  après  la  celature 
ee  jette ,  ce  qui  me  fait  dire  apres 
oubert,  l' Autheur  du  Luminaire 
taajus,  ceux  du  Lumen  Apotheca- 
riorum ,  du  Thefaurm  Aromatario- 
aum ,  (jr  le  Guidon  des  Apothicai¬ 


res ,  que  nom  de-Vons  fuivre  la  mé¬ 
thode  de  Méfié ,  &  laijfer  celle  de 
Bauderon. 

■  Il  efl  auffl  a  remarquer  qu’au  lieu 
des  Galles  recenses  on  y  a  mis  les 
noix  de  Cyprès ,  ce  changement  a  été 
fait  après  la  quatrième  édition  de 
Baud.  j’eiiime  qu’on  ne  le  doit  pas 
fuivre ,  k  moins  que  les  Galles  nous 
manquent  ,  c  efl  pourquoy  il  faut 
dijpenfer  ces  Trochifques  fuivant 
Méfié,  ou  de  quelques  dif^enjaire 
qui  luy  foit  confirme. 


Trochifci  de  Karabe,D.Mef. 

yè.  Succini,  id  efl,  K arabe ,  Au- 
reos  fex ,  hoc  efl,unc.unam. 

Cornu  Cerui  ufli, 

Gummium  Arabici  ulii, 
Tragacanthi , 

Acacia  vers, ,  vel  ejus  penuria  no- 
firatis, 

Hypociflidis , 

BalauSiiorum , 

Mafliches , 

Coralli  rubri  ufli, 

Laces. ,  & 

Seminis  Papaveris  nigri  affl,  fingul. 

Aurebs  duos ,  feu  ferup.  oito. 
Thuris, 

Croci ,  & 

Opii, fingul.  Aur.unum  ,&  dimi- 
dium,feu  drach.  duas  cummuc- 
cagin.  femin.  Pfyllii ,  forma  Tro- 
chifeos ,  &  repone  ufiei. 

PARAPHRASE.  - 

PAul  Eginete,  Aduarius  »  Oiiba- 
fius  ,  Marcellus ,  &  Rhafis  décri¬ 
vent  des  Trochifques  de  fcrablable 
P  PP  noiHj 


§2-  Livre  L  SeBton  X 1. 


nom  J  qui  ne  font  point  ufités  ;  mais 
ceux-cy  décrits  par  Mefué  en  k  di- 
ftinétion  huitième  des  Trochiiqucs, 
lefqnels  ont  pris  le  nom  de  leur  ba¬ 
ie  le  K  arabe  ,  mot  Perlique  &  non 
Arabe.  AYiccnne  livre  r.  traitcé  2. 
chapitre  .371.  qiiæft.  9 1 .  qui  cft  l'E- 
leétmm  des  Grecs  j  ou  SiiCcinum  des 
Latins  1  ou  Ambre  jaune,  donc^pn 
fait  des  chappelets  pour  les  femmes. 
L'Aftriélion  de  la  baie  eft  augmen¬ 
tée  par  l'Acacia  ,  Hypociftis  ,  &c.^ 
l'incrallànte  par  les  Gommes  ,  & 
Opium  :  le  Saffian.  y  eft  mis ,  pour 
la  defèncc  du  cœur  ,  contre  l'injure 
dudit  Opium  :  Sc  le  Maftich  du  ven¬ 
tricule  :  la  Laque  du  foye  :  le  muci¬ 
lage  du  Pfyllium  ,  pour'adoiicir ,  ôc 
corriger  l’âpreré  &  liccité  de  la  baie». 
Sc  donner  corps  aux  Trochifques,  & 
conferver  leur  vertu. 

Z£  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  calciner  ou 
brûler  la  corne  de  Cerf  &  le  Co¬ 
rail  ,  &  torrifier  la  Gomme  Arabi¬ 
que,  &  la  femence  de  Pavot  noir 
fur  une  pelle  de  fer  chaude ,  puis  les 
pulyeriier  chacun  à  part  ,  comme 
auffi  l'Ambre  jaune, le  Tragacanjth, 
le  Maftich  ,  l'Encens  ,  le  Safiran, 
rl'Opium ,  &  la  Gomme  Laque,  l'A¬ 
cacia  ,  &  Hypociftis  incifez  fort  me¬ 
nu  ,  iè  pulveriièront  aisément  avec 
les  Balaiittes  concaiiéts  ,  (  auiquel- 
les  pour  empêcher  qu'elles  n'adhe- 
rent  au  mortier  )  on  ajoutera  une 
OU  deux  Amandes  amtres  ,  cela  fait 
©n  les  mêlera  toutes  enfemble,  pour 
ks  mala.'.er  avec  le  mucilage  de  Plÿl- 
hum ,  tiré  avec  eau  Roiè,  ou  de  Pian- 
tain,  dont  ôn  formera  des  Trochif¬ 


ques  du  poids  d'une  drachme,  qu’on 
feichera  à  l'ombre ,  &  gardera  au 
befoin.  Aureus  eft  le  nom  d’un  poids, 
qui  vaut  la  fiziéme  partie  -d’une 
once  ,  qui  font  quatre  fcnipulcs, 
ou  une  drachme  &  demie  ,  fe- 
Ion  Salernitanus ,  qui  conflituë  ,(  & 
mal  )  fon  once  de  9.  dragmes 
pour  8. 

LES  EACVLTEZ: 

Ils  arrêtent  par  leur  adftridion 
l'éruption  du  làng ,  de  quelque  part 
qu'il  vienne ,  loit  des  narrincs ,  bou¬ 
che  ou  matrice ,  &c. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

IE  ne  fuit  comprendre  peurijmy  ■ 
efl- ce  que  Mefré preferit  de  bru-  \ 

1er  en  ces  Trochifques  la  corne  de  , 
Cerf,  la  Comme  Arabique ,  le  Co¬ 
rail  rouge  ,  &  la  femence  de  Pavot 
noir  :  car  par  le  moyen  de  l'uBion 
toute ^  cette  humeur  gluante  ,feiche 
&  terrefire  qui  lie  &  ferre  fi  étroi¬ 
tement  les  diverfes  parties  qui  corn- 
pofent  un  mixte  froid  &  adSirin- 
gent  fe  c  on  fume ,  &  de  fioid  quil 
étoit  auparavant ,  il  devient  chaud 
&  acre ,  ainfi  que  nous  voyons  ar¬ 
river  aux  cailloux  ,  &  etux  co¬ 
quilles  qui  fe  reduifent  en  chaux, 

&  d’infipides  deviennent  fales,  acres 
&  mordicans  ;  ce  qui  me  fait  dire, 

que  fl  les  ingrediens  fm-nommes, 

acquièrent  ainf  de  la  chaleur,  & 
que  la  corne  de  Cerf  perde  entière¬ 
ment  fa  vertu ,  comme  a  été  cy-àe’ 
vant  dit ,  que  tels  rnedicamens  M 

conviendront  point  à  ce  que  Mejf^ 
les  ^defiine.  Ce  que  fen  dis  ce  n  ej 


485 


Des  Droch  'tfqucs. 


m  pour  glojfer  fur  la  doBrine  de 
ce  grand  genie  de  la  Medecine, 
„stu  pour  en  pajfant  dire  mon  fen- 
timent  >  comme  je  fais  en  tout  autre 
rencontre. 

L’Jmbre  jaune  doit  être  prépa¬ 
ré  fur  m  porphyré,&  réduit  en  fub- 
tiles  parties  avec  l'eau  de  plantain. 
Il  ne  faut  point  ajouter  d'jAmandes 
ameres  pour  empêcher  que  les  Ba- 
laufies  n  adhèrent  au  mortier.  , 


Trochifci  de  Terra  Sigillata, 
D.Mef. 

IL.  Gttmmi  Arahici  ajfi, 
Trochifeorum  Ramich , 

Fotior.flor-um  Rofarum  rubranm, 

f  Gummi  efl  ar- 
1  bonis  Draco 

nominata,  in 
j  infulis  Cana- 

1  rijs  luxurid- 

SanguinkDraconis'^  tis  :  quod  k 

I  colore  sdguis 

j  Draconu  in 

.  lachrymkho- 

I  die  nomina- 

'v.  tur. 

Semink  Rofar-um, 

Amyli  affi, 

Spodii  J 

aicacia  ver  a  ,  vel  ejm  defeêlu  tan- 
tundem  nofiratü , 

Hypoeiflidii , 

EupHidis,  id  efl ,  fucci  folior.  Ci- 
ftidü,  in  hujus  penuria  dofis  Hy- 
pocifi.  duplicetur  ,quoniam  Jîmi- 
les  -vires  oh'tinet  ex  Avicenna 
hb.i.fimpl.  cap.  3,^0,. 

Eapidie  H&matitis , 

EaUuïiiorum , 


Boli  Armena, 

Terra  Sigillata , 

Sedenagi ,  id  efl,  Acinorum  Jldali 
Granati  qui  magis  his  compe- 
tunt  quam  femen  Fumaria  ,  aut 
Cannabis  ex  Avicenna  ,in  Syno- 
nymis , 

Coralli  rubri , 

Succini  vulgo  Karabe , 

Seminis  Portulaca  ajfa , 

Jdornu  Cerui  ufii, 

Thuris  mafculi, 

Gallarum  Cup  reflî, 

Croci ,  fîng.  drach.  duos. 
Jldargaritarnm , 

Gummi  Tragacanthi ,  & 

Sern.  Papaveris  nigri ,  fing.  drach. 
unam  &  femiji. 

Cujn  aqna  (  vel  fucco  tanquam.  po- 
tiori  )  Plantaginü  ,  forma  Tro- 
■chifeos  in  umbra  Jiceandos  ,  & 
ufui  reponendos. 

T  ARAPH  RASE. 

CEs  Trochifqiics  ont  beaucoii^ 
plus  de  force  que  les  precedents 
de  K  arabe,  foit  intérieurement  pris 
ou  extérieurement  appliquez  ,  pour 
arrêter  le  fàng-dc  quelque  part  qu'il 
provienne,  pourveu  qu'ils  foient  dif- 
îbus  avec  liqueur  convenable.  Me- 
faé.  Ils  ont  pris  le  nom  de  leur 
bafe ,  la  Terre  figillée  ,  qui  non  feu¬ 
lement  de  fa  propriété  de  fubftan- 
ce,  refifte  aux  venins  ,  mais  auffi  de 
là  qualité  manifefte  arrête  tonte  forte 
de  flux. 

,ZE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  calciner ,  ou 
brûler  la  corne  de  Cerf ,  &  torrifîer 
Ppp  a  for 


484  Livre  L 

fur  une  pèle  de  fer  chaude  j  la  Gom¬ 
me  Arabique  ,  l’Amydon  &  la  fe- 
mence  de  Pourpier  :  puis  feront  fub- 
tilement  pulverifez  chacun  à  part: 
de  même  le  l^ng  de  Dragon  hn  en 
larmCj  tel  qu  on  l'apporte  des  Ifles 
Canaries  &  non  du  brouillé.  Les 
Trochifques  de  Ramich  ,  le  Spodey 
la  pierre  Hématite  le  Bol  de  Levant» 
la  Terre  figillée ,  le  Corail  »  l'Encens, 
le  Karabe ,  le  Saffi-an  ,  les  Perles ,  & 
Gomme  Tragacanth,  comme  a  été 
ailleurs  déclaré. 

Il  faut  pulverifer  enlèmble  les  Gal¬ 
les  ou  Noix  de  Cyprez  ,  la  lèmence 
de  Pavot,  les  Pépins  de  Grenades, 
les  Balauftes ,  les  lues  d'-'.cacia, & 
Hypociftis ,  les  Rôles  &  leur  Icmen- 
cc  contenue  au  ftiiiét  ,  lequel  étant 
meut  eft  rouge ,  &  non  ces  petits 
grains  jaunes  qui  loilt  au  milieu  de 
k  Rofe  ,  lefquels  feichez  font  noirs, 
&  fauflément  appeliez  de  quelques- 
uns  Athera  ,  qui  eft  le  noin  d'une 
compofition  anciennement  ufitée,  &c 
non  CCS  petits  grains-là.  La  poudre 
parachevée ,  lèra  malaxée  avec  leCic 
de  plantain  dépuré.  Puis  de  la  pâte, 
on  formera  des  Trochilqucs  ,  lef¬ 
quels  feichez  à  l'ombre  feront  gar- 
,d^és  au  befoin. 

LES  FACFLTEZ: 

Ils  conviennent  au  crachement 
de  fang  ,  beus  avec  eau  de  Plan¬ 
tain,  à  l'hemorrhagie  du  nez,  en 
liniment  au  f  ont ,  &  aux  purga¬ 
tions  immodérées  des  femmes  ,  en 
injeétion.  dans  la‘  matrice ,  ou  en  U- 
niment  aux  parties  honteules  ,  en 
injeétion  à  la  veflie  lors  qu'on  pif- 
fe  le  kng,  &  aux  autres  hemorrha- 


Seciion  X  L 

gies  appliquez  fur  la  parlàe  d'où  le 
kng  coule. 

REM4RQJ/E. 

MEfué  fe  fert  dans  ca  Trochif. 

durnoE  de  SedenagiJ^ 
quel  mot  eft  diverftment  imrpre- 
té  par  ceux  qui  ont  tourné  /« 
vres  da  Médecins  Arabes  en  La¬ 
tin,  fuivant  Mefué ,  Sedenegi  figbi. 
fie  Blatta  Biz.antia,  fuivant  Sèra- 
pion  &  Rhafis  Sedenigi  fignifie  Lap. 
cÆmatitss  fuivant  Avicenne  Sede- 
aegi  eft  expliqué  comme  nous  avons 
cy -devant  dit  en  la  Remarque  du 
Bhylonium  Perficum  en  trois  diver- 
fies  façons  ,  pour  Hamatites,  Amy- 
ftum ,  &  pour  Seminis  Granatorm. 
Voila  les  interprétés  de  trois  célé¬ 
bra  doileurs  Arabes  differens  fur 
ce  met  j  il  eft  vray,  que  parce  qu’il 
y  a  quelque  lettre  plus  ou  moins 
en  un  met  quen  l’autre,  ils  peu¬ 
vent  fuivant  ce  changement  figni- 
fier  diverfies>  chofes ,  neantmoins  il 
me  femble  que  nous  ferions  tort  À 
Méfié,  puis  que  la  compofition  ef 
fienne  ,  de  préférer  une.  autre  ex¬ 
plication  a  celle  de  fin  interprété, 
à  moins  que  le  Blatta  Bit-antia 
nous  manquât ,  on  y  pourrait  fùh- 
ftituer  les  pépins  de  Grenada ,  & 
ceux  qui  feront  privés  de  Lun  & 
de  l’autre  ,  fe  trouve  qu’il  fera  a 
propos  d'y  fibBituer  le  Lapis  Hé¬ 
matites. 

'Nonob.Bant  que  Baud^ron  fi  foit 
fisjfifamment  expliqué,  quelle. eft.  & 
oMrefide  la  vraye  femence  de  la  Ro¬ 
fe ,  je  diray  que  beaucoup  par  fau¬ 
te  de  leHure  s’imaginent  que  les  pe¬ 
tits  grains  quon  trouve,  parmy  lu 


T>es  Trochifque^.  485 


fiieiHes  h  Réfesfeiches  ;  ^ui  rejfem- 
hltnth  la  fmence  du  Pourpier,Joient 
U  vraye  :  mais  au  contraire  c'efi 
l'excrement  des  petits  vers  qui  s'en¬ 
gendrent  parmy  les  fueilles  des  Ro- 
fes  quelques  jours  aprez.  les  avoir 
frites  feicher  d'une  hutnidité  étran¬ 
gère  qui  procédé  de  l'air  qui  fi 
joint  avec  une  humeur  crue  indi- 
gefie  que  la  Rofi  porte  de  fa  naif- 
frnce ,  ainfi  qu'il  a  été  cy- devant 
dit ,  en  la  poudre  de  Diarhodonis 
Ahhatis.  Ce  ne  feront  pas  non 
fine  ces  petits  grains  jaunes  qu'on 
appelle  pfcules  ,  qui  font  atta¬ 
chez  au  milieu  de  la  rofi  ,  comme 
quelques-autres  croyent  ;  mais  elle 
eji  contenue  dans  le  petit  bouton 
que.  les  Latins  appellent  Caput  Ro- 
frrum ,  &  les  François  pied  des  ro- 
fes ,  &  c'efi  celle  qu'il  faut  employer 
en  cette  compofition  &  en  toute  au¬ 
tre.  Il  faut  fiavoir  que  de  tous  les 
Rofiers ,  il  n'y  a  que  ceux  qui  font 
les  Rofes  fmples  qui  portent  de  fi- 
menee ,  èf  il  efi  fort  rare  que  les 
doubles  en  portent. 

Pour  la  terre  Sigillée ,  il  faut  fub- 
flituerle  Bol  de  Levant  far  ce  que 
toute  la  terre  Sigillée  ,  qui  efi  en 
cours  de  marchandife  efi  faujfe  & 
JÙppofée. 


Collyrium  ,  feu  Trochifci  aibi 
Rhafis. 

Cerufi  aqua  Rofarum  Iota, 
drach  decem 

Sdrcocolla  crajfioris  in  laite  mace- 
rata,  drach.  très. 

Amyli,  drach. duos,  (  hu]  m  non  memi- 
ait  Rhafs ,  habet  Matthans  de. 


Gradi  comment,  in  Rhafm.) 
Gummi  Arabici ,  (  ex  D-  Anthonij 
Saporta  Dollor.  Àfonfielienf.  pra- 
ceptoris  noflri  confilio  )  & 
Tragacanthi  ,  utriufque  drachrn- 
unam. 

Caphura,drach.femifi.  (  cum  Sylvioy 
&  funt  -albiores  quam  cum  Opio, 
ut  annotât  Rhafs.) 

Singula  per  fi  pulverâta  &  mixta 
excipiantur  aqua  Rofarum,  vel 
lailè  muliebri  cum  Rhafi ,  &  for- 
mentur  Trechifriparui,  qui  ficcati 
reponantur  ufui.  Opium  utendi 
ternpore  addi  poteft ,  fi  necejfitas 
eogat.. 

PARA?  HRASE. 

CE  que  les  Arabes  appellent  SieR 
nous  avec  les  Grecs  l’appelions 
Collyre,  remedc  propre',  &  paicicu- 
lier  pour  les  yeiix,comrne  les  Peflàires 
à  la  i-natrice,lcs  clyfteres  pour  le  lîege. 
Il  efl;  appelle  blanc  par  Ibn  inventeur 
Rhafis  au  ÿ  .livre  à  Alnianlor ,  ch.  i  y. 
pour  faire  différence  des  autres  de 
lèmblablenom’,  qui  font  d’autre  cou¬ 
leur.  Nous  y  avons  ajouré  l’  Amydon,. 
par  l’avis  de  Matthieu  des  Degrez,  au: 
commentaire  qu’il  a  écrit  fiu  ce  chap. 
&  la  gomme  Arabique,  par  l’avis  & 
confeil  de  feu  M.  Anthoine  Sapor- 
te ,  l’un  de  nos  maîtres  ,  pour  lors 
Chancelier,  &  Proftllèur  Royal ,  en 
l’V nivcrfité  de  Montpelief ,  homme 
très  -  docte  ,  &  grand  praticien. 

Sylvins  au  commentaire  qu’il  a 
écrit  fur  ces  Trochifques  ,  au  lieu, 
de  l’Opium  ,  il  y  met  du  Cam¬ 
phre  ,  par  ce  moyen  ils  ^en  font 
plus  blancs  ,  &  fort  convenables 
pour  conlèrver  la  veue  :  mais  moins 
P  ,p  P  3  ano' 


4^^  Livre  L 

anodins  pour  les  grandes  ophthal- 
mies.  Que  s’il  avient,  on  l’y  pourra 
ajouteri  &  en  telle  q^uantité  qu’il  fe¬ 
ra  necelîàire.  Avicenne  Fen  tertii 
traétac.  i.  cap,  9.  pouree  on  prendra 
le  Camphre ,  afin  qu’ils  foient  plus 
blancs ,  &  non  l’Opium  qui  les  rend 
noirs. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pliifîeurs  fois  laver  premiè¬ 
rement  la  Cerufè  avec  eau  Rolè,  puis 
la  feicher  au  Soleil ,  dans  une  écuel- 
le  &  la  couvrir  d’un  linge  blanc, 
pourcaufè  de  la  poulhere.  On  choi- 
lira  de  la  plus  groll'e  Sarcocolle  ,  qui 
fbit  entière  &  nette,  auparavant  nour¬ 
rie  au  iaiét  de  femme  pour  corri¬ 
ger  fon  acrimonie.  Le  Coll/re  en 
fera  plus  an'odyn  ,  qu’on  pulveri- 
fera  tres-fubtilement ,  comme  toute 
autre  forte  de  drogue  deftinée  pour 
la  veuë  ,  pour  caufe  du  fèntimé^nt 
exquis  de  la  conjonëlive ,  ou  mem¬ 
brane  adnace,  de  même  l’Amydon, 
Gomme, &  Camphre  fèmblable  poids 
que  d’Opium  chacun  à  part.  Cela 
fait,  on  les  mêlera,  avec  un  peu  d’eau 
Rofè  on  en  fera  une  pâte  ,  de  la¬ 
quelle  on  formera  des  Trochifques, 
de  telle,  figure  qu’on  voudra  ,  les¬ 
quels  fcichez  à  l’ombre ,  feront  gar¬ 
dez  au  befoin. 

LES  F AerLTEZ. 

Ils  conviennent  à  plufieurs  mala¬ 
dies  des  yeux  :  temperent  leurs  dou¬ 
leurs  &:  inflammations,  arrêtent  les' 
fluxions  ,  detergent  la  matière,  deS- 
fèichent  &  corroborent. 


SeBion  X  h 

remarque. 

Pour  procéder  méthodiquement 
A  la  lotion  de  U  Cerufi  après 
lavoir  choifie  &  paj]'ée  par  le  ta- 
rnii  renversé  ,  U  en  faut  prendre 
une  livre ,  la  mettre  dans  une  bou¬ 
teille  de  verre ,  &  verfer  pardef 
fus  environ  dix  livres  d'eau  de  fon¬ 
taine  ,  eu  de  telle  autre  qui  fait  pu¬ 
re  &  de  la  meilleure ,  puis  lu  agi¬ 
ter  long-tems  enfemble ,  cela  fait  lu 
faut  laijfer  raffoir  l’efface  de  vingt- 
quatre  heuru  ,  &  vuider  l’eau  par 
inclination  ,  &  y  en  remettre  in- 
confinant  d’autre  que  faut  agiter 
comme  dejftu  ,  continuant  la  meme 
operation  par  cinq  à  fix  fois  ,  & 
pour  la  derniere  ,  après  en  avoir 
exaBement  feparé  l’eau  commune, 
qui  voudra  y  jetter  une  livre  de 
bonne  eau  Rofè  (  non  qu’elle  luy 
communique  autre  qualité ,  comme 
je  croy,  que  fon  odeur)  obfervant  l’a¬ 
gitation  que  dejfus,  on  en  pourra  puis 
après  former  des  petits  Trochifques, 
&  ainfl  elle  fera  bien  lavée  &  pré¬ 
parée.  Il  efi  aujfi  a  propos  de  la¬ 
ver  l’Amydon,  pour  en  feparer  quel¬ 
que  mauvaife  qualité ,  qui  pourrait 
procéder  du  mélange  qst’on  y  fait 
comme  de  la  chatix  vive. 


DeTrochirds  alcerantibus, 
&  aperientibus. 
Trochifei  de  Caphura  ^  V.Mif 

y.  Caphura, 

Amyli , 

Cardamomi , 


Dej  Trochifaties.  4S7 


#  Uitti  Jloës,  fing.  fcrup.  duos. 
Sminum  quatuor  frigidor.  nia]or. 

mandat. 

Cummium  Jrahki,  & 

Tragacanthi 
Croci  & 

»  Spk<t  Nardt  ,  fingul.  ârachm. 
unam. 

Clycyrrhiz.it  recentù  raft  &  inci- 

fa,  & 

Spodij  ,  utriufq.  drachJuas. 
iantdi  eitrini  ,  drachm.  duas  & 
femij?. 

^  Smhari  alhi  (  cryftallini  fo- 

ÜHi,)  & 

*  Manna,  uriufq.  drach.tret. 

Rofarum  .  ruhrarum  ,  une.  dimi- 

diam. 

Cm  mucjcag..  femin.  Pjyllij  aqua 
vei  fucco  Rofarum  extrada 
compone  faÛillos  ufui  repo~ 
nendos. 

PARAPHRASE. 

LEs  Tiochifques  de  fêinblable 
nom  J  décries  par  Avicenne  au 
livre  cinquième  traiccé  ü.  par  Sera- 
pion  au  traitte  7.  chapitre  i  8.  par 
Rhafis  au  9.  livre  à  Almanfor  cha¬ 
pitre  68.  ne  font  pas  pour  le  jour- 
d’hjy  uficez  -,  mais  ceux-cy  décrits 
par  Mefùé  en  la  huitiéme'diftinétion 
de  fon  Anridotaire.  le  ièrois  de  Ea- 
vis  de  Sylvius ,  que  le  Nard  Indi¬ 
que  ,  le  bois  d'Aloës ,  &  le  Carda¬ 
mome  fuirent  oftez  ,  pource  qu’ils 
mnt  trop  chauds  pour  les  fievres  ar¬ 
dentes  J  &  inflammations  du  foyej 
J^entricule ,  &  poitrine.  De  même  le 
luccre  Sc  Manne  ,  pource  qu’ils  font 
en  bref  pourrir  cts  Trocliifques ,, 
^nû  que  bexperience  montre  :  ce 


qui  n’advient  pas  à  ceux  ,  où  l’on 
n’en  met  point.  Myreplus.  en  dé¬ 
crit  en  la  Scétion  4 1 .  chap.  6 1 .  qui 
ne  font  à  rejetter  ,  &  qui  ne  cèdent 
à  ceux-cy.  La  bafè  Ibnt  les  rofes 
mifes  au  commencement  par  Mefué 
delquelles  ils  n’ont  peu  prendre  leur 
appellation  J  pour  ce  que  deux  autres 
que  nous  décrirons  cy  -  aprez ,  en 
font  nommez  :  mais  du  Camphre 
que  nous  avons  mis  au  commence¬ 
ment  ,  commençant  par  moindre 
dolè  J  &  finillànt  par  la  plus  gran¬ 
de  ,  &  dilpolànt  chaque  médica¬ 
ment  en  fon  ordre.  Il  eft  icy  mis 
pour  par  là  tenuité  de  parties  ,  fai¬ 
re  penetrer  la  vertu  des  rofes  ^ 
Gommes,  Spode ,  Amycion ,  lefquels 
incraflent  les  fluxions  qui  tombent, 
à  la  poitrine.  Lai  Reglilfe ,  &  lùccre 
Candit  y  conduilènt  leur  vertu,  com¬ 
me  le  Santal,  &  Spode,  au  foye.  Les. 
lemences  conduifent  par  la  voyc  de 
rurinc  la  bile  &  les  lèrcjfltez.  Le  mu¬ 
cilage  de'Plÿllium  y  eft  mis  pour 
réfréner  leur  acrimonie,  adoucir,  de- 
teiger ,  &  corriger  la  ficcité  &  âpre¬ 
té  des  adftringents  ,  &:  de  la  tra¬ 
chée  artere  ,  donner  corps  aux 
Trochifques  ,  &  conferver  leur 
vertu. 

LE  MELANGE. 

Au  Santal  à  demy  pulverifé  on: 
ajoutera  la  regliffè  ratiflée ,  &  inci- 
lée ,  fur  la  fin  les  rôles.  Les  gom¬ 
mes  feront  pulverilees  chacune  à. 
part  dans  un  mortier  ,  &  pilon 
chauds  ,  &  aprez  pelées  ce  qu’il  en 
faut.  Les  lemences  froides  mGndecS:^, 
feront  hachées  lùr  un  pa}ier  blanc, 
avec  un  tranchet  dé  Cordonnier 
&: 


488  Livre  h 

&  reHibtilifëes  avec  les^autres  pou¬ 
dres  dans  le  mortier.  Il  faut  auflî 
pulverilèr  à  part  l'Amydon ,  le  Spo- 
dej  &  Camphre.  Cela  fait  toutes  les 
poudres  feront  mêléeSj  puis  malaxées 
avec  le  mucilage  de  PfÿHium  >  tiré 
avec  eau  ou  fuc  de  rofes  j  dont  on 
formera  des  Trochifques  ,  qui  feront 
gardez.  Àinli  faits  fans  les  cinq  in- 
grediens  fus  mentionnez  marquez 
par  une  *  ils  feront  très- excellents, 
à  ce  que  Mefùc  promet  ,  fàuf  d'y 
ajouter  le  fiiccre  candit  ,  &  man¬ 
ne  au  temps  de  la  necelîité.  Si¬ 
non  qu’on  préparé  les  liûvans  de 
Myrepfus. 

LES  F  AcrLTE  Z. 

L’iuagc  de  ces  Trochifqiies  eft 
fort  frequent ,  aux  fieyres  ardentes, 
pour  temperer  l’ardeur  de  la  bile  &C 
du  fang  ,  l’intemperature  chaude  du 
ventricule  &  du  foye  ,  &  la  foif 
excellîve  qui  en  procède  :  comme  auffi 
à  la  jaunillc  ,  à  la  phtliifîe  &  fievre 
hectique. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

CEux  qui  ont  traduit  les  oeu¬ 
vres  de  Mefué ,  oufes  comrnen- 
tateurs  femblent  avoir  ignoré  la 
différence  qui  efl  entre  le'  Têre- 
mabin  &  la  Manne,  de  ce  quen 
beaucoup  de  compofitions ,  ils  ont 
pris  un  mot  pour  l’autre  ,  &  quoy 
qu’ils  [oient  tous  deux  produits  des 
Affres  &  qu’ils  tombent  de  l’air  en 
forme  de  rojee  ,  fi  efi  -  ce  néant- 
moins ,  que  la  différence  en  efi  gran¬ 
dement  confiderablp  pour  l'ufage 
de  la  Médecine  :  ce.  qui  a  été  fort 


Seéîîon  X  L 

bien  obfervé  par  Avicenne ,  &  par 
Serapion  ,  qui  en  ont  traité  diverfe- 
ment  en  deux  chapitres  fiparez,.  Car 
en  premier  lieu  U  Manne  fort  peu 
de  temps  aprezi  qjée'Ue  efi  tombée 
fur  les  plantes  ou  fur  les  pierres, 
elle  s’y  endurcit  ,  &  on  l’amajfe  en 
grains,  &  en  greffes  larmes ,  ^  h 
Tereniabin  au  contraire  demeure  lu 
quide  comme  le  miel  ,  tel  qu’on  le 
recueille  fur  les  plantes ,  fans  que 
la  concrétion  de  l’un ,  &  la  fluidi. 
té  de  l’autre  procédé  ,  comme  Mat- 
thiole  s’ efi  voulu  perfuader,  delà 
qualité  &  vertu  des  diverfes  plan¬ 
tes  ou  ils  tombent.  De  pim  la 
Manne  efi  purgative ,  &  le  Tere¬ 
niabin  ne  l’efi  prefque  point ,  par 
ce  que  fa  vertu  purgative  fe  trou¬ 
ve  diffufe  dans  une  humidité  fu- 
perflu’é  d’on  vient  qu’ils  different 
en  leur  température  de  même 
quen  leur  vertu.  Ce  qui  nom  doit 
faire  obferver  dans  cette  confu- 
fion  ,  lors  que  la  Manne  nom  efl 
preferipte  dans  une  compofition, 
telle  que  les  Trochifques  de  Ga- 
phura  ,  de  Berheris  ,&  d'Eupatoi- 
re  ,  d’y  mettre  en  fa  place  le  Te¬ 
reniabin,  &  dans  une  compofition. 
purgative  comme  la  ConfeÜion  Ha- 
mech',  l’ Eleébuaire  rofit  de  Me¬ 
fué  &  autres  ,  il  y  faut  mettre  la 
Manne.  Mais  on  me  dira  que 
nous  forâmes  entièrement  prive^da 
Thereniabin ,  &  de  la  vraye  con-^ 
noiffance  d’iceluy ,  a  cela  il  efl  aifi 
de  répondre,  en  difant  que  c’eft plu¬ 
tôt  notre  négligence  qui  nom  fait  i^-^ 
norer  tous  les  deux,  que  la  difficHlte 
qu’il  y  peut  avoir  d’en  recouvrer  du 
Comté  de  Geritie ,  es  terres  de  Friu- 
li  prés  de  Henife  ,  ou  Matthiole  en 


Des  Irochifques.  489 


Çes  Commentaires  fur  Diofcoride  li¬ 
vre  f  rentier  chapitre  7  5 .  delà  Suye 
à' Encens ,  dit  avoir  veu  en  l'an 
ij4(î.  de  deux  fortes  de  JiSanne 
liquide  &  grainée  ,  ou  du  grand 
Cuire  d'Egypte ,  où  il  s" en  ^orte, 
^fen  débité  grande  quantité, pour 
U  conférer  avec  cette  rofée  qui  tom¬ 
be  es  environs  du  S.  ejprit.  en  Lan- 
^uedoc ,  comtne  je  diray  plut  parti¬ 
culièrement  cy-aprez.  aux  Trochif 
tjues  de  Berberis  ,  &  que  fi  elles  fe' 
trouvent  conformes  en  toutes  leurs 
f unies ,  comme  je  rten  doute  nulle¬ 
ment,  nous  ne  ferons  pas  obligez,  k 
l'avenir  d'emprunter  des  étrangers-, 
ce  que  nous  pouvons  facilement  re¬ 
cueillir  dans  nôtre  pays  -,  finon  il 
nous  fera  aujfi  facile  d'en  faire  venir 
de  loin,  ou  bien  de  pre"^,  comme  il  en 
efi  des  autres  drogues. 

Il  faut  en  ces  Trochifques  laver 
ÏAmydon  ,  aprez.  l’avoir  mis  en 
poudre  &  fubtilement  pafié  par  un 
tamis  pour  en  feparer  quelques  im¬ 
mondices  comme  de  l'écorce  de  Fro¬ 
ment,  &  autres  petites  faletez  ;  ou¬ 
tre  que  par  la  lotion  on  errsportera 
Iqfaleure  cU4a  chaux  fi  on  y  en  a 
mêlé  ,  comme  quelques-uns  pra¬ 
tiquent. 


Trocliifci  alij  de  Capliura  ,  D. 
N.  Myrepf. 

Caphura ,  drach.  femifi. 

Croci ,  drach.  duos, 
jimyli ,  drach.  très. 

Kofarum  ruhrarum  , 

Gummi  Arahici ,  &  ■ 

Traga’canthi , 

^podq  ,fing.  une.  femifi. 


Seminum  Cucumeris  mundati,  & 
Portulaca , 

Glycyrrhiza  rafe ,  fingul.unc.unam. 
Cum  muccagine  femin.  Pjyllq ,  ex 
aqua  Rofarum  extraôia  ,  fiant 
pafiilli  ,  qui  in  umhra  ficcati, 
U  fui  reponantur. 

PARAPHRASE. 

CEs  Trochifques  font  décrits  par 
Myrepfis  an  livre  preallegué» 
dclquels  le  nom ,  balè  ,  &  mélange, 
cft  tel  que  des  precedents  ,  &  leur 
ulàge  beaucoup  plus  allcuré  que  d’i- 
■  ceux  ,  en  tout  ce  que  Mclùc  promet. 
Pource  je  ferois  d'avis  que  les  Apo¬ 
thicaires  les  preparalfent  plutôt  que 
les  autres  :  s'ils  n’aiment  mieux  re¬ 
trancher  les  cinq  ingrediens  y  men¬ 
tionnez  marquez  d'une  étoile ,  coiTl- 
mc  nous  avons  dit  cy-devant. 

LES  FA-eVLTEZ, 

Ces  Trochifques  ont  les  mêmes 
'  vertus,  que  ceux  de  Mefùé.  Mais 
leur  ufage  en  efl:  beaucoup  plus  feur, 
d’autant  qu’il  n’y  entre  point  de  cho- 
•  fes  chaudes  :  &  partant  font  fort  pro¬ 
pres  à  la  chaleur  du  foye. 

REMARQ.VE. 

En  ces  dernier  es  éditions  de  la 
Paraphrafe  de  Bander  on  ,  qui 
ont  été  veués  &  reveu  'és  par  Sau¬ 
vageon ,  s'eft  glijfé  une  faute  confi- 
derahle  j  au  lieu  que  dans  toutes 
les  precedentes  éditions ,  comme  au  fi 
'  dans  l'Antidôtairede  N icolatss  jMy^ 
repjùs ,  on  y  lit  Croci  drachm.  duos, 
&  dans  celle-cy  on  y  Ut  Croci  drach- 
t^q  q  mam 


4^  Livre  L 

mam  femijftm  ,  qui  efi  la  caufe  que 
fay  remU  la  defcription  cy-dejfus  en 
fin  premier  état ,  qUoy  que  pojfible 
cet  Autheur^l’avoit  fait  expreti.,  corn- 
meily  a  beaucoup  d'apparence. 


T^ociiifci  de  Spodio  cum  femi- 
iic  Acecolæ ,  D-  Mef. 

y:.  Rofarum  rubrarum  ,  draehm. 
duodecim. 

Spodij ,  drach.  decem. 

Semitmm  Acetofa ,  drach^fix. 
Portulaca  & 

Coriandri  ex  Aceto  praparatty 
&  torrefabti , 

.Pulpa  Sumach  ,Jîng.  drach.  duos  & 
fimifi. 

Amyli  afjî , 

Florurn  Balaufiiorum ,  & 

Bascarum  Berberù ,  fing.  draebm. 
duos. 

Gummi  Arabici  afii,  drach. mam  & 
femifi. 

Omphacq,  id  efi ,  fùcci  Fvarum  im- 
rnaturarum  ,  quantum  fujfcit, 
'  forma  pafiillos ,  quibut  uteru  cum 
fucco  aliquo  adfiringente. 

PARAPHRASE. 

CE  s  Trochifques  ont  pris  le  nom 
de  leur  bafe  le  Spode  :  le  liir- 
nôm  pour  la  différence  des  autres  de 
fèmblablc  nom ,  où  n'entre  la  fèmenT- 
ce  d  ozeille ,  qui  ne  Ibnc  ufîtez ,  non 
plus  que  ceux  qu' Avicenne  décrit 
au  livre  j.  traicté  i^.Serapion  traitcé  7. 
chap.  1  8.  Rhafis  livre  9.  chap.  72. 
Myrepfus  Se(ftion  4 1 .  chapitre  j  2. 
Les  autres  médicaments  y  font  mis, 
tant  pour  augmenter  là  vertu  refri- 


SeSiion  XL 

gérante,  &  deficcative ,  que  pour  in- 
eralfer  ,  &  arrêter  toute  forte  de  flux 
accompagnez  de  fievre. 

„  LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifcrà  part  le  Spode, 
l’Amydon ,  &  la  Gomme  Arabique 
torréfiée  r  les  autres  fè  pourront 
pulverifer  enlèmble  ,  &  mêler  avec 
les  fiifdits  :  puis  malaxer  le  tout 
avec  verjus  d’aigras ,  &  en  former 
Trochifques  du  poids  d'une  drach¬ 
me  ,  qu'on  feichera  à  l'ombre ,  & 
gardera  au  befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

Ils  conviennent  aux  fièvres  bi- 
lieufès  ,  où  il  y  a  flux  de  ventre  ; 
&  appaifent  l’inflammation  du  ven¬ 
tricule  &  du  foye  ,  &  la  foif  im¬ 
modérée. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

BAuderon  apre'^  Méfié  demm- 
de  le  Coriandre  préparé  dans 
le  vinaigre  ,  .&  n  en  feigne  point 
comme  il  y  faut  procéder  ,  fre- 
fippofant  que  l’Artifte  doit 
voir  ce  que  c'efi ,  ou  bien  qu  U  h 
peut  apprendre  <P ailleurs  ,  &  per 
ce  que  la  variété  de  cette  prépara¬ 
tion  efi  grande  ,  j’en  ay  voulu  dire 
un  mot ,  &  commencer  par  ceux 
qui  le  font  infufer  vingt  quatre 
heures  dans  du  fort  vinaigre  ^  Itu 
ayant  tiré  le  font  feieber  fur  un 
huile  chaud  ,  &  le  remuent 
vent  :■  les  autres  le  préparent , 
le  font  tremper  trois  foù  vingt  qu<f^ 
tre  heures  en  fort  vinaigre  ,  » 

■’  aprez. 


Des  Trochijqtics,  49 1 


4tfnz.  le  mettent  feicher  ;  Us  Au¬ 
tres  le  lAuent  Avec  de  l'eau  com¬ 
mune  pour  en  ôter  la  poujfiere  qui 
fe  trouve  parmy ,  &  apres  l'avoir 
fait  feicher  ,  l'infufent  pendant 
neuf  jours  dans  du  vinaigre ,  & 
le  remuent  deux  ou  trois  fois  le 
jour,  aprez.  l’avoir  tiré  du  vinai¬ 
gre  le  font  doucement  terrifier ,  ou 
feicher  au  Soleil  i  d'autres  aprez. 
l’avoir  lavé  dans  l'eau  commune, 
le  mettent  tremper  pendant  trois 
jours  dans  l’eau  de  fontaine  ,  & 
changent  d'eau  tous  les  jours  :  le 
quatrième  l'infufent  dans  du  vi¬ 
naigre  par  trois  jours  &  le  remuent 
fouvent  fans  le  changer  ,  puis  fepa- 
rent  le  vinaigre  par  inclination-,  & 
font  feicher  le  Coriandre.  Il  faut 
pendre  garde ,  que  de  quelle  fa- 
qu’on  le  préparé  ,  qu'il  fait  bien 
fec  avant  de  le  ferrer ,  particuliè¬ 
rement  en  fes  longues  infufions , 
pour  aucune  defquelles  je  ne  me  de- 
termineray  point  laiffant  le  chois  à 
lArtifle  d’aggréer  celle  qui  luy 
plairra  le  plus  :  il  obfervera  feu¬ 
lement  ,  fait  en  infufant  le  Co¬ 
riandre  dans  l’eau  ,  ou  dans  le 
"Vinaigre  ,  que  la  liqueur  couvre 
&-qu'ellene  nage  point 

Pour  le  Berberis  ,  U  faut  prendre 
os  grains  qui  font  au  dedans  du 
fuit  feparement  de  leur  peau, corn¬ 
et  il  a  été  cy  devant  remarqué  en 
f  Stnediéla  laxativa  ,  &  ail¬ 
leurs. 


Trochifci  de  Berberis  » 
D,  Mef. 

Ifi.  Baccarum  Oxyacantha  aut 
fucci  earum  , 

Succi  Glycyrrhifji , 

Seminü  Portulaca ,  & 

Spodij  ifing.  drach.  très. 

Seminü  Citruli  mundati,  drach.  très 
&  femijé. 

Rofarum  rubrarum  ,  drachmat 
fex. 

Spica  Nardi, 

Croci, 

Gummi  Tragacamhi ,  & 

.Amyli,  fing.  drach.  unam.-. 
Caphura,  drach.  femiJS. 

Cum  Manna  Calabrina  uncia  uud 
fucco  alio  Oxyacantha  foluta , 
fac  Trochifios  :  quoniam  drac- 
ma  très  fucci  non  /ufficereut 
ad  formandum  Trochifeos. 

PARAPHRASE. 

La  diverficé  des  opinions  ,  de 
ceux  qui  ont  fait  imprimer  des 
Diipenfaires  ,  &  les  indications  di- 
verlès  avec  la  diverfité  des  deferip- 
tions  qu’on  trouve  en  Avicenne , 
Serapion  ,  Rhafîs  ,  Myrepfus  aux 
lieux  prealleguez  ,  &  de  Melué 

même  >  fait  balancer  ,  &  douter 
les  Apothicaires  j  quelle  deferip- 
tion  de  Trochifques  de  Berberis , 
ils  doivent  choifir  ,  pour  la  com- 
pofition  de  l’Eledtuaire  rofat ,  donc 
les  Pilules  Aggregatives  font  for¬ 
mées.  le  confeille  à  ceux  qui  n’onc 
pas  la  commodité  d’en  conGilrcr 
quelque  doéte  &  expert  Médecin, 
Q_qq  î  de 


492'  Livre  1.  Seaton  XL 


de  fuivre  la  prefènce,  de  MeCié, 
comme  celle  qui  a  plus  d'energie , 
aux  effets  qu^^n  en  prétend»  &  mieux 
compofée  »  qu'aucune  des  autres  de 
fèmblablc  nom  ,  &  facile  à  difpen-' 
(èr  ,  &  digne  d’un  tel  Eledbuaire. 
La  baie  efl:  le  fùc  de  Berberis  qui 
a  beaucoup  plus  de  force  »  que  la 
ièmence  dont  ces  Trochifqncs  ont 
pris  leur  appellation,  b  a  vertu  réfrigé¬ 
rante  efl:  augmentée  par  les  lèmen- 
ces  de  Pourpier ,  &  de  Citrouilles» 
la  deficcative  par  le  Spode,  &  Amy- 
don.  Le  fùc  de  Reglilîe  &  Gomme 
Tragncanth ,  y  font  mis  pour  con¬ 
duire  la  vertu  de  la  bafe  à  la  poi- 
dtrinc  »  &  modérer  fôn  âpreté  »  & 
ficcité  :  les  Rôles  pour  la  dcfence 
du  ventricule  :  le  Saffran  pour  le  foye. 
Le  Camphre  fèrt  de  véhiculé  à  la 
bafe  ,  à  l’Amydon ,  au  Tragacanth» 
&  au  Sp'Gde.  La  Manne  y  eft  mi- 
fè  pour  deterger ,  adoucir  »  &  con- 
ferver  le  tout. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  enfemble  le  Nard 
Indic  incisé  »  le  fuc  de  Reglilîe  in¬ 
cisé  >  les  fèraences  &  les  Rofès.  Il 
faut  piler  à^part  le  Spode  ,  l’Amy- 
,don  ,  le  Camphre  ,  le  Saffran»  &c 
.Gomme  Tragacanth.  La  Manne  fera 
diffoute  avec  le  fïic  de  Berberis»  deC- 
quels  la  poudre  fera  malaxée.  Ceux 
qui  n'auront  pas  moyen  de  recou¬ 
vrer  du  flic  de  Berberis»  qu'ils  pren¬ 
nent  les  Bayes  nouvcllemcnt.feichées, 
qu'ils  piilveriferont  avec  les  autres 
ingrediens  »  &  feront  diflbudre  leur 
Manne  »  avec  eau  Rofè ,  dont  ils  for¬ 
meront  leurs  Trochi'^ues  qu'ils  fèi- 
cheront  à  l'ombre  &  garderont  au 


befôin.  Aucuns  doutent  de  la  qiian' 
tiré  de  la  Manne,  qu'il  y  convicn- 
droit,  dautant  que  Mefué  ne  la  fpe- 
cifie  point.  le  réponds  qu'une  once 
fuffit  fîir  la  quantité  de  la  poudre  • 
car  qui  en  mettroit  davantage  »  elle 
feroit  pourrir  les  TroehifqueS  »  peu 
de  tems  aprez  »  comme  nous  avons 
dit  de  ceux  de  Camphre  »  &  ne  fe- 
roient  de  fi  longue  durée. 

LES  FACFLTEZ. 

Ils  tempèrent  l'ardeur  de  la  foif 
des  fièvres  ardentes. 

REMARQJE. 

SI  Mefué  n'a  point  limité  U 
quantité  du  Tereniahin  en  [et, 
Trochifques  de  Berherù,ça  été  fans 
doute  pour  deux  raifons  :  la  pre¬ 
mière  pour  ne  f  avoir  precifement 
combien  il  en  falloit  pour  maUxer 
les  ingrediens  qui  les  compofent  ; 
la  fécondé  efi  que  fi  on  y  mettoit 
le  fuc  de  Berberis ,  comme  il  l!y  de¬ 
mande  pour  fubliitut  du  fiait  -,  il 
y  faudrait  moins  de  Tereniahin 
mais  comme  prudent ,  il  l’a  laiffé 
au  jugement  de  l'ArtiBe  ,  pour  y 
en  mettre  la  juBe  quantité  quil  en 
faudrait  pour  les  incorporer  ,  fait 
avec  le  fuc  de  Berberis  ,  ou  avec 
la  femence.  Et  l'Autheur  de  la  Pa- 
raphrafe  defirant  de  porter  cette 
compofition  au  pltts  haut  point  de 
fa  perfeBion  ,il  y  a  fait  des  addi¬ 
tions  en  divérs  tems ,  qui  me  fim- 
blent  (  fans  tout  es  fois  prétendre  de 
choquer  fit  mémoire  que  f honore) 
qui  ny  conviennent  point.  La  pre¬ 
mière  parait  fur  ce  quon  lit  dans 


Bei  Trochifquej.  4(35 


U  vrny  texte  de  Mefué ,  conficUn- 
tur  cum  Tereniabin ,  &  dans  la  pre¬ 
mière’ édition  de  la  Pharmacopée 
de  Bauderon  en  y  Ut  ,  cum  Man- 
nafrc  Tr.ochifcos ,  à  limitation  des 
exemplaires  de  Mefué,  imprimés  en 
bonne  lettre ,  qui  difent  de  même, 
>cm  Mannafac  Trochifcos.  G^ue  fi 
'  Baudcron  eût  tant  fait  peu  donné 
'•d’attention  à  ces  paroles  ,  je  puis 
dire  que  la  belle  connoiffance  quil 
’àvoit-  des  qualités  &  vertus  des 
■medicarnens ,  lauroit  détourné,  & 
fis  fuccejfeurs  de  lerreur  de  ceux 
qu'l'  1‘ avaient  précédé,  de  mêler  par- 
■  my  les  adftringents  ,  &  des  incraf- 
fans ,  un  purgatif  folide  pour  leur 
,  donner  corps.  Et  en  fa  fécondé  edi-' 
t’m ,  on  y  lit ,  cum  Manna  fuceo 
Ox/acantha  foluto  fac  Trochifcos. 
■Et  quoniàrn  drachme  très  fucci  non 
fuffcerent  ad  formandum  Trochif¬ 
cos.  Et  aux  trois  dernieres  éditions 
de  Sauvageon  lerreur  fe  trouve  in¬ 
comparablement  plies  grande  ,  en  ce 
qu'on  y  lit ,  cum  Manna  Calahri- 
na  uncia  ■  ma  fuvco  alio  Oxya- 
cantha  foluto  fac  Trochifcos  ,  çfrc. 
Ce  changement  de  la  Manne  pour 
le  Tereniabin ,  les  diverfes  additions 
de  la  dofé  de  la  Manne  &  dti  fuc 
de  Berberü  choquent  lintention  de 
Mefué  :  car  le  Tereniabin  efi  ce 
Hippocrate  appelle  Miel  Cedrin 
^u  Hure  des  ulcérés ,  &  Galien  asi 
livre  de  la  faculté  des  Aliments 
Rofée  du  mont- Liban  ,  parce  qu’el- 
ly  recueilkit  de  leur  tems  en 
•abondance  ,  comme  fe  fait  kprefent 
fr  les  Cedres  ,  laquelle  ’fefiime  ne 
«ifferer  quk  raifon  du  climat ,  avec 
Rosée  gluante  ,  de  faveur  dou- 
&  de  confifiance  d‘un  fyrop  fim- 


ple ,  qui  tombe  en  un  tems  calme 
&  ferain ,  env’iron  le  mois  de  May, 
en  certains  endroits  du  Languedoc, 
comme  ^  été  cy- devant  dit ,  que  les 
habitans  du  pais  nomment  en  leur 
vulgaire  la  Melade ,  à  raifon  de  fa 
couleur ,  faveur,  &  confiïianee ,  la¬ 
quelle  Rosée  n  a  po'int  de  rapport 
avec  la  Manne  qui  en  doit  être 
re’iettée ,  tant  a  raifon  de  fa  folidi- 
tê ,  que  de  fa  vertu  purgative ,  qui 
ne  com/ient  point  avec  les  quali¬ 
tés  ^  vertus  des  fufdits  Trochif 
ques ,  comme  fait  le  Tereniabin  fans 
l’aide  du  fus  de  Berberü ,  qui  n’y 
entre  que  pour  fubéîitut  de  la  fe- 
mence ,  comme  a  été  dit^-En  outre 
fa  derniere  addition  de  la  Manne 
choque  ce  qu’il  a  cy-devant  dit  en 
la  Paraphrafe ,  &  au  mélange  dès 
Trochifques  de  Caphura  ,  oit  il  fait 
confideration  de  troü  drachrnes  de 
Manne ,  &  d’autant  de  Sucer e  can- 
dit  fur  pareille  quantité  de  Trochif¬ 
ques  ,  difant  que  de  les  y  mettre 
en  bref  ils  les  feraient  carier ,  ainfi 
que  l’ expérience  le  confirme  ,  è* 
qu’il  les  y  faut  ajouter  au  tems  de 
la  neceffité.  Il  avait  plus  de  raifim 
de  fe  corriger  icy  où  il  fait  entrer 
deux  drachmes  plus  de  Manne  qu’a 
ceux  de  Caphura  le  Succre  candit 
y  comprü.  Et  pour  fin  in,  je  diray 
quil  faut  tirer  la  Manne  de  cés 
Trochifques  ,&  en  '  la  place  du  Te¬ 
reniabin,  lequel  [oit  pour  le  peu  d’u- 
fage  quil  reçoit  en  la  Médecine, 
fait  pour  fon  vil  prix  ,  fait  qu’on 
ne  daigne  pas  de  nous  l’apporter  du 
grand  Caire  ,  &  autres  lieux  du 
_  Levant  où  il  efi  fort  conneu  ,  & 
s'y  en  recueille  grande  quantité,  que 
les  Marchands  du  pats  gardent 
Qjj  q  J  dans 


494  Livre  L 

dans  des  pots  de  terre  &  le  ven¬ 
dent  dans  leurs  boutiques ,  fuivant 
Selon  livre  i.  chapitre  65.  de  fes 
Obferv ations .  le  dis  dont  quen  la 
place  du  Tereniabin  ,  il  faut  con- 
cajfer  la  Gomme  Tragacanth  ,  & 
Vinfufer  par  vingt-quatre  heures 
au  froid  dans  une  once,  &  demye 
de  bonne  eau  Rofe  :  &  fi  on  efr  obli¬ 
gé  d‘ y  mettre  le  fisc  de  Berberè,au 
defaut  de  la  femence  »  qui  l’y  con¬ 
vient  mieux  ,  il  fuffira  d’une  once 
d’eau  Rofe  avec  le  fuc  de  Berherü  ÿ 
puis  après  U  en  faut  malaxer  la 
poudre  dans  un  mortier  pendant 
une  heure  ou  deux  ,  pour  en  former 
de  petits  Tr.ochifques ,  &  les  faire 
feicher  en  lieu  convenable ,  pour  les 
ferrer  &  garder  au  befoin.  Voilà 
tout  ce  que  j’ay  peu  dire  le  plus 
fuccinStement  qu'il  m’a  été  pojfible 
JÙr  le  Tereniabin ,  avec  ce  que  j’en 
ay  dit  cy-devant  aux  Trochifques 
de  Caphura  ,  ayant  à  dejfain  obmis 
d’autres  chofes  confiderables  ,  pour 
garder  la  brièveté  icy  requife. 

Tfochifci  Diarhodonis, 

D.  Mcf: 

Rofarum  rubrarum  ,  Aur.  fex 
feu  une.  unam. 

Clycyrrhina ,  Aur.  très ,  id  efr  une.' 
dimid. 

Spiea  Indice,  j  & 

Ligni  Alo  'és ,  utriufqùe  Aur.  duos, 
feu  ferup,  o£to. 

JHaiîiches ,  drach.  duos. 

Spodii ,  Aur.  unum  ,feu  feruptd. 
quat. 

Croei  ,  Aur.  femifr.  feu  fcrupul. 
dues. 


Seâion  X  L 

Cum  vi'no  albo  ,  compene  paiîiUst 
ufui  reponendos. 

LES  FACFLTEZ. 

ILs  font  fort  propres  aux  fievres  pi, 
tuiteufes  ,  invétérées  &  compli¬ 
quées,  qui  renverfent  les  farces  du 
ventricule ,  &  en  appaifent  les  dou¬ 
leurs  ,  &  détergent  les  humeurs,  qui 
y  font  adhérantes. 

R  E  M  A  R QV  E. 

CEs  Trochifques  doivent  être 
employés  dans  toutes  Les  compo- 
fitions  inventées  par  Mefué  quand 
ils  font  demandés ,  &  n’y  faut  point 
fubfUtuer  ceux  de  Nicolas  Alexan¬ 
drin  ,  comme  pratiquent  pour  l’or¬ 
dinaire  les  ignorant  &  pare  feux  de 
notre  An. 


Trochifei  DiarhodonisjD  Ni- 
col.  Alexandrin!. 

yL.  Rofarum  rubrarum  v iridium, 
drachm.  très.  Salerait,  habet  une. 
femifr. 

Spodii ,  drach.  duos. 

Santali  rubri,  drach. unam  &  fentifr. 
&  gran.feptem. 

Santali  alhi ,  drach.  unam  &  gtan. 
duodecim. 

Croei ,  ferup.  duos ,  &  gr an.  vginti. 
Salernit.  habet  ferup.  duos  gran. 
feptem. 

Caphura  ,  ferup.  femifr.  fru  gt*”- 
duodecim. 

Cum  aqua  Rofarum  ,  forma  pafiil- 
los. 


para 


D&f  Trochifquei.  455 


<^ARA  P  H  RA  SE. 

T  One  ainiî  que  les  Gi'tes  met¬ 
tent  différence  entre  Chalcan- 
tiim,  &  Chalcnm  Anthos,  entre  Leu- 
ca  cantha ,  &  Acantka  Leuce ,  entre 
Aphronitrum  &  Aphrofnitiim.  Auffi 
les  Arabes  font  différence  entre  les 
Tiochifqiies  Diarhodon  &  de  Ro- 
fîs.  Avicenne  5  ierapion  ,  &  Rhafis 
en  décrivent  de  fèmblable  nom  5  qui 
ne  iont  point  ufitez  :  mais  ceux  de 
Mefiié  aux  compofltions  qui  font  de 
fon  invention ,  comme  ceux  de  Ni¬ 
colas  en  celles  qui  font  de  la  fîen- 
ne  J  lefquels  (  1  un  fe  conformant  à 
l’autre  )  nous  avons  décrits ,  afin  que 
les  Apothicaires  en  voient  la  difie- 
rence ,  Si  ne  prennent  les  uns  pour 
les  autres  aux  compofitions  qu’ils 
feront  de  Mcftié  ,  ou  de  Nicolas. 
La  différence  qu’on  trouve  en  Sa- 
Icrnitanus  touchant  les  poids  eft  pe¬ 
tite,  &  ne  mérité  pas  de  s’y  arrê¬ 
ter.  Ces.Trochiftjues  ont  pris  le  nom 
de  leur  bafe  ,  les  Rofes ,  mifes  au 
commencement. 

Le  mélange  félon  Mefue. 

Il  fout  pulverifèr  enfèmble  le  bois 
dAlocs,  la  Regiiffè  ratifsée  &  inci¬ 
sée,  &  le  Nard  Indic  auffi  incisé  fort 
Rienu,  puis  fur  la  fin  on  y  ajoute¬ 
ra  les  Rofes.  Il  faudra  pulvcrilèr  à 
part  le  Maftich  ,  .le  Spode,  &  Saf¬ 
ran,  £Liis  malaxer  le  tout  avec  du 
vin  blanc ,  dont  on  formera  des  Tro- 
diifques  du  poids  d’une  drachme, 
Stt’on, feichera  à  l’ombre,  pour  les 
garder  au  befoin. 


Le  Mélange  félon  Nicolas  Ale- 
xanirin. 

Il  faut  pulverifer  enfcmbleles  San- 
taux  ,  &  les  autres  chacun  à  part  : 
puis  on  prendra  la  quantité  de  Rô¬ 
les  rouges  recentes  rcquifes  ,  qu'on 
pilera  curieufement  au  mortier  de 
marbre ,  puis  on  y  ajoûtera  peu  à  peu 
les  poudres,  &  fi  befoin  eft  ,  un  peu 
d’eau  Rofe  ,  &  fiir  la  fin  le  Cam¬ 
phre  pour  du  tout  en  former  des 
Trochifques ,  du  poids  d’une  drach¬ 
me  qu’on  feichcra  à  l’ombre,  &  gar¬ 
dera  au  befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

Ces  Trochifques  ont  les  mêmes 
vertus  ,  que  ceux  de  piarhodon  de 
Mefué. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

Es  Trochifques  font  décrits  par 
Nicol.  Alexandrinm  (  plutôt 
que  par  Nicolans  Myrepfus  Ale- 
x-andrinui')  au  chapitre  160.  de  fon 
livre  fm- allégué ,  &  ne-différent  en 
rien  de  la  defeription  cy-deffm  ,Jî- 
non  que  eeüe-cy  ne  contient  que  la 
ffTféme  partie  de  Vautre  ,  qui  efi  la 
caufe  que  fay  corrigé  le  nom  de  VAu- 
theur.  Lefquels  Trochifques  comme 
Bauderon  dit  en  fa  Paraphrafe  ,  ^ 
cofnme  nom  avons  dit  ailleurs. >  doi¬ 
vent  être  employés  dans  les  compo- 
fitiens  de  Nicolam  Alexandrinm, 
&  de  Myrepfm,  &  non  dans  celles 
\les  Arabes,  a  moins  que  par  exprès 
il  enfla  demandé  d’autres  par  leur 
inventeur. 


Pour 


Livre  1, 

Pour  bien  former  ces  Trochifques, 
il  y  faut  ajouter  un  fcrupule  de 
Comme  Tragacanth  en  poudre  fub- 
tile  pour  fervir  de  colle  à  lamaffe, 
&  pour  en  mieux  confirver  les  ver¬ 
tus  ,  puis  malaxer  le  tout  l'efface . 
d’une  heure ,  avec  la  quantité  re- 
quife  de  bonne  eau  Roje. 


SeBîon  XL 

mifes,  tant  pour  confumer  les  vents, 
que  pour indfer, atténuer,  &  deter- 
ger  le  phlegme,  qui  oppile  les  con-' 
doits  étroits ,  &  iceiuy  conduire  avec 
les  fèrofitez  biliculès  par  la  voyc  de 
1  urine  ,  &  menftnies  :  les  Rôles  y 
font  mifes  pour  modérer  la  chaleur 
des  autres. 


Ttocliifci  de  Rhabarbaro, 
D.Mef. 

Rhabarbari  eptimi  ,  drachm. 
decem. 

Succi  Eupatorii  Mef  vel  Gr&co- 
rum,& 

Amygdalarum  amararum,utriufque 
une.  dimid. 

Rofarum  rubrarum  ,drach.  très. 

SpicA  Nardi, 

Rubia  tinflorum ,  feu  Erythrodani 
Gr&corum , 

Seminum  Apii,& 

Anifi, 

Abjînthii  Pontici  majoris,  feu  Ro¬ 
mani,  idem  ,& 

Afari ,  fin  g .  drach .  unam. 

Forma  Trochifeos  cum  fucco  Eupato¬ 
rii  praferipto  ,&  repone  ufui. 

PAR  AP  H  RASE. 

C  Es  Troeliilques  ont  pris  le  nom 
de  leur  bafe ,  la  Rheubarbe,  mis 
au  commencement  ,  la  faculté  du¬ 
quel  efl:  conduite  au  foyepar  le  Nard, 
&  iceiuy  eft  fortifié  par  Ibn  adftri- 
étion,  comme  le  ventricule  par  l'Ab- 
finthc.  Le  foc  d'Eupatoire ,  ou  d’A- 
grimonie ,  ou  d’Ageratum ,  avec  les 
Amandes  ameres ,  l'Alàrum  ,  Rubia 
tindorura  ,  &  les  femences  y  font 


LE  MELANGE. 

Le  Rheubarbe,  &  Afarum  doi¬ 
vent  être  fobtilement  pulverifez,poiir- 
ce  qu’il  eft  queftion  ,  non  de  piir- 
g'er  par  le  fiege  ,  mais  de  provo¬ 
quer  les  urines  ,  ouvrir  les  conduits, 
&  corroborer  le  foye.  Les  autres 
médicaments  fo  pulveriferont  enlem- 
ble  ,  puis  avec  d  autre  lue  d’Eupa- 
toire  dépuré  ,  &  non  feiché ,  fe¬ 
ront  malaxez  &  réduits  en  Trochif-, 
ques  ,  qu’on  Icichera  &  gardera 
comme  dit  eft. 

LES  FACFLTEZ. 

Ils  conviennent  aux  obftrudions, 
douleur,  &  tumeur  contre  nature 
.  du  foye ,  &  aux  difpofitiqns  invété¬ 
rées  à  l’hydropifie  ,  jaunillc  &  cor¬ 
ruption  d’iceluy. 

REMARdVE. 

Our  malaxer  plus  méthodiques^ 
ment  les  Trochifques  de  Rhabar¬ 
baro  qu'il  nefi  icy  dejfus  preferit 
par  l’Autheur  du  mélange  ,  &  Ifi 
rendre  plus  efficaces  contre  les  tfi- 
diffiofitions  deflinées -,  il  fautliqui- 
fier  le  fiuc  d’Eupatoire  de  Méfiés 
deffieiché  avec  d'autre  fie  d'Eupa-, 
toire  liquide  ,  dépuré ,  &  lesredui- 


Des  Drochifquts.  497 


it  tn  me  mft^ance  convenable, 
tour  ]H^ement  'embrajfer  toute  la 
foudre  ,  &  de  la  majfe  en  former 
des  petits  Trochifques  ,  après  les 
avoir  battues  deux  heures  durant 
dans  le  mortier. 


Trochifci  de  Abfinthio,  D.M. 

Jhfinthii  Pontki  veri.  Jèu  ne- 
Jlratis  vulgarü , 

Rofarum  rubrarum ,  & 

Semini)  Anifi ,  fing.  drach.  duos. 
Rhabarbari  feleSli , 

Sncci  Eupatorii  Mef.  vel  Graco- 
rum  {  funt  arnho  ejufdem  facul- 
tatü) 

Radie.  Âfari , 

Seminii  Âpii , 

Amygdalarnm  amararum , 

Spice  Indica , 

MaÜkhes ,  & 

Folij  Indici ,  feu  Malabathri ,  fing. 
drach.  unam. 

Forma  Trochifeos  cum  fucco  Inty- 
bi ,  feu  Endivia  fativa. 

paraphrase.  . 

Es  Trochifquës  ont  .pris  le  nom 
Vj  de  leur  bafe  l'Abffnthe  vulgaire, 
qui  eft  le  vray  Pontique  de  Diofeori- 
de  ou  Romain  de  Mefiié ,  que  nous 
ayons  furnommé  grand  au  Syrop 
d'Abfînthe  &  ailleurs ,  comme  l’autre 
petit,  qui  croît  en  nos  jardins,  fort 
aromatic,  mais  amer,  &  agréable, 
que  nous  avons  auffi  appelle  petit 
Ponde ,  pource  qu’en  toutes  choies  il 
fft  moindre  que  l’antre.  Les  autres 
médicaments  y  lônt  mis  pour  fem- 
olables  confiderations  qu’avons  dé¬ 


claré  aux  precedents.  Mefoé  eft  d’a¬ 
vis  de  les  donner  avec  une  déco¬ 
ction  d’Ablînthe,  d’Eupatoire ,  d’A- 
che,&ç. 

LE  MELANGE. 

La  trituration"  &  mélange  des  mé¬ 
dicaments  ,  doit  être  tel  qu’avons  dé¬ 
claré  aux  precedents,  horfmis  que  le 
lîic  d’Eupatoire  doit  être  dépouillé 
de  fon  humidité  luperfluë ,  comme  il 
a  été  dit  cy-devant  ,  &  pulvérisé 
avec  les  autres  médicaments  fees. 
L’autre  fuc  dépuré  fervira  pour  leur 
donner  corps ,  &  les  conlèrvcr. 

LES  FACFLTEZ. 

Ils  remédient  aux  obftruétions  du 
ventricule  &  du  foye ,  &  aux  dou¬ 
leurs  des  fièvres  longues  qui  en  pro¬ 
cèdent  ,  fortifient  ces  parties ,  &  tou¬ 
tes  les  autres  dediées  à  la  nutrition, 
&  provoquent  l’appetit. 

R  E  M  A  R  QV€. 

Es  amandes  ameres, parce  queU 
les  font  icy  en  petite  quantité, 
fe  mettront  en  poudre  facilement 
avec  les  autres  ingrediens ,  &  avec 
le  fuc  d' Endive  dépuré ,  faut  liqué¬ 
fier  celuy  d'Eupatoire  ,pour  en  ma¬ 
laxer  les  poudres ,  comme  a  été  dit 
aux  Trochifquës  precedents  de  Rha- 
barbaro. 


Trochifci  de  Eupatorio,D-M.  ' 

yi.  Sueci  Eupatorii  inSfiJfati ,  & 
Manne, ,  utriufque  une.  unam. 

Rrr  Eofa 


49  s  J^t'vre  1. 

Rafarum  ruhrarum,  une.  dimid^ 
Spodii ,  drach.  très  &  femiÿ. 

Spicm  Nardi,  drach.  très. 
Rhabarhari  optimi 
u4fari,& 

Semin-.  uiniji ,  Jing.  drach.  duiu. 
Cum  alto  Jucco  Eupatorii ,  formen- 
tur  Trochtfii. 

PARAPHRASE. 

CEs  Trochifques  ont  pris  le  nom 
de  leur  bafè  j  le  fiic  d'Eupatoire 
de  Mefùé  qui  cû  EAgeratum  de  Diofc 
lèlon  Matchiole ,  ceux'  qui  ne  ràuront 
pas,  pourront  prendre  TEupacoire  des 
Grecs,  qui  cft  nôtre  Agrimoine.  Sa 
vertu  incifrve>&  atténuative  des  ma¬ 
tières  craflès  ,  &  conlîimptive  des 
vcnts,&  defoppilative,  eft  augmentée 
par  rArarum,Anis,&  Rhenbai'be,  qui 
n’eft  pas  icy  mis  comme  purgatif, 
mais  comme  apéritif ,  &  pour  con¬ 
duire  la- bile  par  la  voyede  i'urine>& 
pour  corroborer  par  fon  adftriétion 
le  foye  ,  avec  Eaide  qu’il  reçoit  du 
Nard  Indique, &:  Spode.  LesRoiès 
y,  Ibnt  mifès  pour  fortifier  le  ventri¬ 
cule  ,  &  modérer  leur  chaleur  :  la 
Manne  pour  ad  'oucir,.&  corriger  leur 
ficcité ,  rendre  lem-  aélion  meilleure* 
&  les.conlerver. 

LE  MELANGE. 

Il  finir  pulverifcr  enfemble  le  Nard 
mené ,  l’Anis ,  &.  les  Rofes..  A  part  le 
Spode,,l’Afàrum,  &  Rheubarbe  fort 
lùbtilemenr,pGurles  raiibns  déclarées 
auxTrochifques  deRheubarbe.  Si  le 
fced‘Eupatoire  eft  fec  ,  il  fe  pourra^ 
pulveiiièr  avec  les  autres ,  comme  le 
NaidiJi’ADis*.Aj(àiuœ,&  Rôles.  Cela 


SeBion  XL 

feit  on  prendra  d’autre  fiic  d’Eupa- 
toire  dépuré,  qu’on  cuira  en  Syrop  li- 
quide  (  ou  peu  cuit  )  avec  la  Manne, 
duquel  les  poudres  feront  malaxées, 
dont  on  formera  des  Trochifques,du 
poids  d’une  drachme  ,  qu’on  feicheia 
à  l’ombre ,  &  gardera  au  belbin. 

LES  EACVLTEZ. 

Ils  guerillènt  l’obftrudion  &  tu¬ 
meur  contre  nature  du  foye  &  de  la 
ratte  :  comme  aufll.  les  fièvres  rebelles 
qui  les  fiiivent  &  la  jaunilTe,  &  l’hy- 
dropifie  dans  leur  commencement, 

R  E  M  A  R  QJV  E. 

BAuderon  dis  l’entrée  de  cettt 
defeription  pour  mieux  faire  en~ 
tendre  l’intention  de  Me  fui  fur  les 
mots  de  fucci  Eupatorii  ,  y.  a  ajeû- 
té  celuy  de  iriijijfati,  &  fur  la  fin  il 
a  écrit  cum  alio  fucco  Eupatorii,. 
formenéur  Trochifei  j  mais  fi  notre 
Paraphrafte  a  bien  re  'ùjfi  en  fa  pre¬ 
mière  additionyil  a  aujfi  mal  rencon¬ 
tré  én  fil  dernier  e  explication  :  car 
Mefité  dit  fimplement  fac  Erorhif- 
cos, cum  fucco  herbarum.  Or  pour  le 
mot  de  herbarum  -,  Baud.  a  entendu 
e[ue  c’étoit  l’Eupatorium  j  qui  eft- 
une  contrariété  manifeéle ,  ainfique. 
nom  lifbns  dans  le  Luminare  ma- 
jm ,  Lumen  Apothecariorurn ,  Ehe- 
fiaurus  Aromatariorum  ,  loubert,. 
Luys  de  Oviedo  Bothicario  en  Ma¬ 
drid  ,  &  autres  qui  expliquent 
fucco  herbarum  ,pour  les  fines  d’ En¬ 
dive  ,  d’Oublon ,  &  de  Borrache, 
ou  Buglojfe  ,  à  l’imitation  de  Me- 
fiué  en  la  Seétion  feptiéme  de  fon 
Grabadin ,  quand'il  parle,  du  moyen 


Des  ^rochifques,  4^0 


k  faire  Les  infufîàns  des  fiscs.  .Que 
fi  Mefisé  eût  entendu  de  former 
lefdits  Trochifqm  avec  le  fine  d'Eu- 
fatoire ,  il  s'en  fieroit  expliqué  au¬ 
trement. 

Pour  procéder  au  mélange  fui- 
vm  l'intention  de  Mefisé,  H  faut 
piler  comme  à  été  dit  le  fisc  d’Eu- 
pmire  dejfeiché  avec  le  Terehiabin, 
dr  non  la  Manne ,  pour  les  raifons 
cy-àevant  déclarées  aux  Trochif 
qms  de  Caphura  ,&  fi  hefoin  eji,  on 
y  ajekera  le  fisc  des  herbes  fisfdites 
pour  malaxer  les  poudres. 

Notés  que  l'Autheur  de  la  Para- 
phrafe  dit  que  la  Manne  efi  icy 
mife  pour  conferver  les  eéfeces. 


Trochifei  de  Lacca ,  D-Mef 

Lacca  mandata  &  Iota  ut 
dixi  fiupra  , 

Suceorum  Glj/cj/rrhiza, 

Eupatorii 

Abfinthii  Pontici  majorés  ,feu 
ruBici  diéti 

Oxyacantha  ,  vulgo  Berberis. 

Rhabarbari  optimi,  (  vel  potitts  Pha- 
pontici  ) 

■driBolochia  lonoa, 

Cofii, 

Jfiri, 

■dmygdalarum  amararum, 

Ruhia.  tinSlarum  ,  feu  Erythrù- 
dani , 

Rchmanthi,  id  efi,  forés  Itmci  odo- 
rati, 

Seminum  Anifi ,  & 

Apii ,  fing.  drach.  Unam. 

Forma  pafiUlas  cum  fiscco  Eupatorii 
pondo  drachm.nnim. 


PARAP  H  RA  S  E. 

PLufieurs  defetiptions  de  fèmbla- 
ble  nom  fbnc  déduites  par  My- 
rcpfus,  Avicenne  ,  Serapion,  &  Haly 
en  leur  Antidotaire  ,  &  par  Rhafis, 
qui  ne  font  pas  en  ulàge  :  mais  la 
prefente  de  Melùé  en  la  diftinétion 
‘  huitième  de  fon  Grabadin  ou  Anti¬ 
dotaire.  La  bafe  eft  la  Gomme  Lac- 
que  dont  ces  Trochifques  ont  pris 
leur  appellation ,  laquelle  lî  elle  eft 
lavée  comme  nous  avons  déclaré  en 
la  poudre  Dialacca  ,  Scétion  quatriè¬ 
me  i  acquierra  plus  de  tenuité,  & 
de  force  que  celle  qui  n  eft  point 
lavée.  Sa.  vertu  ineifive  &  atténua¬ 
tive  ,  deterfive ,  &  delbppilative ,  eft 
augmentée  par  le  lue  d’Eupatoire, 
(  ou  Agératum  deDiofeoride ,  au  lieu 
duquel  on  peut  prendre  nôtre  Agri- 
moine,  )  les  Amandes  amercs,l'A- 
riftoloche ,  Coftus ,  Afarum  ,  Rheu- 
barbe ,  8c  Schœnanthe.  Les  femen- 
ces  y  font  mifos  pour  confumer  les 
vents ,  &  avec  l’aide  du  Rubia  tin- 
(ftorum ,  conduire  par  la  vOye  de  l’u¬ 
rine  ,  &  menftrues  les  ferofitez  ôc 
pimite  incisée  :  l’Abfinthe  ou  Alvi- 
ne  ,  y  eft  mis  pour  fortifier  le  ven¬ 
tricule,  &  le  Berberis  le  foyc  ;  le  fuc 
de  Regliife ,  pour  corriger  leur  âpre¬ 
té  &  ficcité.  Au  lieu  du  Rheubarbe, 
qui'prendroit  du  Rhapontic  vray,  ces 
Trochifques  en  feroient  plus  effica¬ 
ces  à  tout  ce  que  Mefoé  promet, 
pource  qu’il  n’eft  pas  icy  queftion 
de  piu-ger  ,  mais  d’ouvrir  &  dof- 
roborer  les  vifcercs,  8c  provoquer 
les  urines  &  menftrues.  Pour  ce  l'A¬ 
pothicaire  doit  fort  fubtilifer  le  Rheu¬ 
barbe  8c  l’Afariim  :  car  pulverifèi: 

Rr  r  1  ^roffic 


oo  Ltnjre  1.  Seaton  X 1. 


groiîieretnenr ils  lâchent  le  ven¬ 
ue  J  &  ne  provoquent  point  les  uri¬ 
nes  ,  ou  fort  peu. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  curieuléinent  concalfer  les 
racines ,  puis  on  y  ajoutera  le  fie  de 
Reglillè  *  Schœnantiic  j  &  Abfinthe 
ineilez,  le  Berbeiis  j  &  amandes  ame- 
res ,  nettoyées  dé  leurs  pellicules  ,  & 
les  femences. 

Il  faut  pulverifèr  à  part  la  Gom¬ 
me  Lacque ,  nettoyée  &c  lavée  avec- 
la  decoétion  d'Ariftoloche,  &  Sch’œ- 
nanthe,  com'me  nous  avons  dit  au 
Dialacca  ,  &  f  Alàrum ,  &  Rheubar- 
be  fort  fubtilement ,  puis  on  mêlera 
les  poudres  au  mortier  pour  les  ma¬ 
laxer  avec  le  fuc  d’Eupatoirc  dépuré 
au  Soleil  j  ou  fiir  le  feu  ,  dont  on 
formera  des  Trochilques  du  poids 
d’une  drachme  ,  lefquels  feichez  à 
l’ombre ,  feront  gardez  au  beloin. 

LES  EACVLTEZ. 

Ils  font  propres  aux  ofallructions 
du  foye  &  de  la  ratte ,  &  à  plufieurs 
fievres  longues,  &  qui  en  procèdent: 
comme  auili  à  l’alcites ,  efpcces  d’hy- 
dropifie,  &  provoquent  les  urines. 

REM'ARQVE. 

L  faut  ramollir  les  fucs  de  Re- 

glijfe  &  d’Eupatoire  avec  quel¬ 
que  liqueur  convenable  comme-  la 
decoblion  du  Ruhia  tin  El  or  um ,  pour 
en  incorporer  les  poudres  ,  &  pro¬ 
céder  comme  a  été  cy-devant  dit. 
On  pourra  relever  contre  moy  ,  de 
se  que  je  contredis  à  Bauderon ,  qui 


veut  que  ces  Trochifques  foient  ma¬ 
laxés  avec  le  fuc  d'Eupatoire  liqui¬ 
de  ,  il  ejl  vray  que  telle  eft  [on  in¬ 
tention  &  non  de  Mefué  j  maù  par¬ 
ce  que  le  fuc  d'Eupatoire  dejfeiché 
y  entre  déjà  une  foü ,  &  qu'il  ctn. 
tient  beaucoup  plut  de  vertu  que  l'a¬ 
queux  ,  pour  furvenir  k  l'intention 
de  ce  dernier  ,  )'ay  creu  que  pour 
fortifier  la  vertu,  du  Rubia  tinEle- 
rum ,  que  ce  changement  pourvoit 
être  biert  receu- 

L’Autheur  de  la  Paraphrafe  en 
toutes  fies  éditions  demande  le  fuc 
d' Abfinthe, &  l'Autheur  de  la  com- 
pofition  au  contraire  demande  fm- 
plement  l’ Abfinthe. 


Trochifei  de  Capparibus» 
D.Mef. 

Ofi.  Cortieum  Radieum  Capparis,& 

Seminis  Agni  caEti,feu  viticü,utriuf- 
que  drach.  fex. 

Ammoniaci,  une.  dmidiam,ex  Mtf 
pneferipto. 

Seminis  Melanthii ,  vulge  Gith ,  & 
Nigella  Roman  & , 

Calaminthes  montana , 

Acoriveri,falfo  Calami  aromatki 
in  ofiieinis  diEli, 

Amygdalarum  amararum, 

Seminis  NaEîureii , 

Eoliorum  Rut  a, 

Zriftolochia  rotunda,  vel  tennis  cum 
Rhafi,  & 

Succi  Eupatorii  ,fi'ng.drach.  duos. 

Cyperi ,  & 

ScolopendriiyUtriufque  drach.  mam. 

Pulvis  loarum  omnium  excipiatur 
-/Immoniaco,  Aceto  fioluto,  &  fit- 
ma  paflillos ,  ufui  neceffano. 


Des  l^rochifques,  501 


PARAPHRASE. 

CEtte  defcription  eft  prefciéc  à 
bon  droit  à  celles  que  décrivent 
Rhafis  chap,  70'  «iu  livre  9.  Avi¬ 
cenne  livre  5.  traicté  8.  Serapion 
au  traitté  7.  chapitre  j8.  pour  ce 
qu’elle  eft  compoféc  de  médica¬ 
ments  plus  convenables ,  &  mieux 
proportionnez  que  les  autres ,  à  tout 
ce  que  Mefué  promet.  Ces  Tro- 
chilqiies  ont  pris  le  nom  de  leur  ba¬ 
ie,  l’écorce  de  Cappres,  mife  au  couif 
mencement.  Sa  vertu  incifîve ,  atté¬ 
nuative,  &  aperitive  des  conduits 
étroits  bouchez  ,  eft  augmentée  par 
les  racines  d’Ariftoloche  ,  Cypere, 
Amandes  ameres ,  fùc  d’Eupatoire, 
Calamentj  &  Scolopendre ,  ou  Cete- 
rach.  La  Rue  ,  ik,  lèmcnces  ,  y  font 
mifes  pour  confùmer  les  vents  ,  Sc 
l’Ammoniac  pour  ramollir  la  dureté 
delaratte,  Sefoye.  La  dolè  fera  du 
poids  de  quaac  lcrupules  ,  avec  une 
decoétion  d’écorces  de  Cappres  ,  de 
Frefne,  &  Tamaris. 

LE  MELANGE. 

Les  racines  &  écorces  dc^  Cap¬ 
pres  feront  mis  au  premier,  rang  de 
trituration.  Au  fécond  le  ftic  d’Eu- 
patoire  delïèiché  de  Ion  humiditéi 
ainfi  qn’il  a  été  dit  en.  la  Setftion  fé¬ 
condé  des  Robs.  Au  trorfiéme  les. 
Amandes  ameres  pelées  ,  &  tou¬ 
tes  les  lèmences.  Au  quatrième  les 
herbes.  L’Ammoniac  f>ra  diflôut 
au  vinaigre  ,  &  cuit  en  confiftence 
de  miel  ,  &  d’iceluy  on  en  mala¬ 
xera  les  poudrées  ,  pour  en  former 
s  Trocliifques  du  poids  de  quatre 


fcrupules  ,  qui  feront  lèichez  & 
gardez  comme  nous  avons  dit  des 
autres. 

LES  FACFLTEZ. 

Ils  conviennent  à  la  dureté  de  la 
tatte ,  &  en  diffipent  les  vents. 

REM  ARQ.VE. 

’Autheur  de  la  SParaphrafi 
s'efi  trempé  d'avoir  pris  L'Ari- 
fioloche  longue  que  Rhajîs  deman¬ 
de  en  la  defeription  de  ces  Tro- 
chifques  pour  la  tenue  qui  efi  la 
Clématite. 

La  Gomme  Ammoniac  fera  dif¬ 
fame  dans  du  vinaigre  ,  &  cou¬ 
lée  comme  dit  Bauderon ,  ou  bien 
fi  elle  efi  pure  &  nette  ,  il  fiera 
mieux  de  la  mettre  en  poudre  aufi 
fiuhtile  qui  fi  pourra  ,  comme  aujji 
le  Jhc  d'Eupatoire  apres  on  les 
humeSlera  &  malaxera  enfimble 
iufques  a  ce  qu'ils  fiaient  égale¬ 
ment  mêlés  avec'  de  la  decoSlion 
de  Scolopendre  ,  cela  fait,  on  y  mê¬ 
lera  ta  poudre  ,  dt  on  continuera 
de  malaxer  le  tout ,  l’efiace  d’une- 
bonne  heure. 


Trochifei  de  Bdelîio  ,  D. 
Avicennæ. 

y:.  Rofarum' ruhrarum  ,  drachm, 
decem. 

Bdellij ,  drach.  très. 

Nardi  Indice ,  drach.  duos.  • 
Amygdalarum  amararum ,  & 

Cofii  ,,  utriufq.  drachm.  unam ,  & 
fimifi. 

Rrr  3  Myr 


502.  Livre  /. 

Myrrhdt, ,  & 

Maftkhes  ,  utriufque  draehm, 
mam. 

Diffelve  Bdell'mm  cum  vino  ,  & 
finge  ŸafiiUos  fonda  drachm. 
dnarum. 

T  ARAP  HRASE. 

L’AutheiirdecesTrochifques  eft 
Avicenne  au  livre  3.  fen.  14. 
traitcé  3.  chap.  1^.  qui  ont  pris  le 
nom  de  la  bafe ,  leBdellium  j  propre 
pour  ramollir  la  dureté  des  vifceres. 
Sa  vertu  eft  augmentée  par  la  Myr¬ 
rhe:  Le'Coftus  &  amandes  ameres 
font  mis  pour  incifèr  Sc  atténuer 
pituite  crallè  &  vifqueufe  (  qui  le 
plus  fouvent  eft  cauic  de  la  dureté 
d’icenx  vifceres  )  &  pour  ouvrir  les 
conduits  bouchez.  La  vertu  de  la 
bafc  eft  conduite  au  foye  ,  &  ratte 
par  le  Nard  Indic,  qui  les  corrobore 
par  fon  adftridion.  Le  Maftich  y  eft 
mis  pour  la  defcnfè  du  ventricule, 
contre  l’injure  du  Coftus  ,  Sc  les 
rofes  en  quantité ,  popr  modérer  fa 
chaleur. 

LE  MELANGE. 

On  pulveriièra  enfcmblc  le  Co¬ 
ftus  &  Nard  Indique  incile,  les  aman¬ 
des  ameres  mondées  de  leurs  pelli¬ 
cules  ,  Sc  les  Rôles.  Il  faut  piler  à 
part  la  Myrrhe ,  Sc  Maftich  ,  puis 
on  les  mêlera  avec  les  autres.  Le 
Bdellium  indle  ou  concalTé  puis  dit- 
fout  avec  du  vin  blanc  ,  pource 
qu’il  Sft'plus  àperitif  que  le  clairet, 

Sc  cuit  en  confiftence  de  miel  liqui¬ 
de  duquel  les  poudres  feront  mala¬ 
xées  ,  pour  en  former  des  Trochif- 


SeBîon  XL 

quesdu  poids  d’une  drachme  qu’on 
gardera  au  befoin.  ^ 

LES  FA  CVL  TE  Z. 

Ils  libèrent  le  foye  de  fes  obftru- 
étions  ,  Sc  endifeutent  la  dureté,  en 
diftblvant  l’un  d’iceux  dans  l’Hydro¬ 
mel  ,  ou  quelque  decoétion  conve¬ 
nable. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

IL  faut  filer  grojfiertment  k 
Bdellium  ,  &  l'infufer  far  vinp 
quatre  heures  au  foid  dans  du  vtn 
blanc ,  afreT^faut  fajfer  ce  Muci¬ 
lage  a  travers  un  tamis ,  &  en  mala¬ 
xer  les  foudres  four  en  former  des 
fetits  Trochifques. 


Trochifei  de  Myrrha»D. 
Rhafis.  ' 

y:.  Lufinorum  ad  amuffim  âontri- 
torum,  drach-quinque. 

Mjrrha  oftima  ,  drach.  très. 
Foliorum  Rutha , 

Mentaftri ,  & 

Pulegij  Ceruini, 

Radie.  Rubia  tinHoru  m , 

Ajfa  fœtidét  , 

Sagafeni ,  & 

Ofof  anacü ,  fing.  drach.  duos. 

Osm  decoEio  Baccharum  Juniperi,vel 
fucco  Arthemifia,  vel  Suih<t,fir- 
rnentur  Pajlilli.  Dofis  efi  drach: 
âuarum . 


PA 


Des  Trochifques. 


505 


"  PJRJPHRASE. 

RHafis  décrit  ces  Trocliîfques 
au  livre  chapitré  8j.  qui 
leur  a  impofé  le  nom  de  la  Myr¬ 
rhe,  leur  bafe.  Sa  vertu  inciiîve, 
atténuative  ,  ^  aperitive  eft  aug¬ 
mentée  par  les  Lupins  ,  herbes ,  &c 
racine  ,  &  la  deterfive  par  les 
Gommes. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  concaffer  la  racine  des 
Teinturiers  puis  y  ajouter  le  Cu¬ 
min  ,  les  Lupins ,  &  les  herbes, 
qu’on  pulverifera  enfemble.  Il  fauc 
pulrerifer  à  part  la  Myrrhe.  Les 
Gommes  feront  fondues  en  la  de- 
coûion  ,  faite  des  Bayes  de  Ge- 
nevre  ,  fuivant  l’opinion  même  de 
R-hafis  ,  ou  fur  d’Armoife  ,  ou  de 
Rue  ,  félon  les  autres  ,  qui  auffi 
lont  propres  à  provoquer  les  mois 
fupprimez.  Apres  on  les  fera  cui¬ 
re  (  étant  coulées  à  caufe  des  or- 
dures  'qui  y  font  )  en  confi- 
ftence  de  miel  liquide  ,  pour  en 
malaxer  '  les  poudres  ,  pour  du 
tout  en  former  des  Trochiiques, 
du  poids  d’une  drachme  ,  qu’on 
lcichcra,&  gardera  comme  dit  eft. 

■LES  F  A  Cr LTE  Z. 

Ils  provoquent  les  mois  fîip- 
primez  ,  &  facilitent  l’accouche¬ 
nt  J  &  l’cxpulfion  de  l’arriére., 


R  E  M  A  R  Ctv  E. 

A  deferiptio»  des  Trochifqttes 
de  Myrrhe  que  Buuderon  nous 
communique  dans  fa  Paraphrafe 
différé  en  deux  façons  de  celle  de 
Rhaffs  fon  in  venteur  d’où  il  l’a  im.. 
pruntée.  Premièrement ,  en  ce  que 
dans  l’original  correB  on  y  lit  Pule~ 
gi]  Cervini ,  &  dans  la  coppie  de 
Bauderon  Pulegij  cum  flore.  Secon¬ 
dement  ,  efique  Bauderon  nous  flair 
lire  dans  la  fienne  Gymini,  &  Rhafls 
ne  fait  point  mention  du  Cumin.  Ces 
deux  fautes  font  confliderahles  ,,  & 
m’ont  donné  lieu  de  conférer  plus 
de  trente  pharmacopées  toutes  dif¬ 
ferentes  en  Autheurs  ,  &  en  Edi¬ 
tions  (  dont  les  noms  feroient  en- 
nuyans  des  les  reciter  )  pour  dé¬ 
couvrir  cet  erreur  fi  bien  'faye 
trouvé  prefque  en  toutes  les  fitf- 
dites  Pharmacopées  que  leurs  .  iu- 
theurs  font  entrer  le  Cumin  en  ces: 
Trochifques  aprez.  avoir  exaBe- 
ment  examiné  les  dofes  difeordan- 
tes  de  cette  defeription ,  tant  par¬ 
le  nombre  des  fimples ,  qm  de  leurs 
noms  &  vertus  ÿ  fay  creu  la  devoir 
corriger  pour  la  rendre  conforme^ 
à  la  plus  légitimé  de  fin  inventeur, 
en  retrènehant  les  mots  de  ,  cum 
flore  ,  que  Bauderon  avoir  ajouté  à: 
Pulegij  ,  &  celuy  de  Cymini,  &  en' 
re filmant  a-  Pulegij  le  furnom  de- 
Ceruini.  Et  quoy  que  cette  erreur 
vienne  de  loin,&  qu  ’elle  fiit  authori- 
fée  d’un  grand  nombre  de  Diéf  enflai— 
re  s  députe  plies  d'un  fie  de  &  demy,. 
fi  efl-ce  qu’il  ne  m’a  point  été  par- 
trop  diffeile  à  reconnaître. 

Lobelius  en  fis  correBtons  Jùr- 
lài 


504  Livre!, 

la  ‘Pharmacopée  de  Rondelet  mm 
veut  perfuader  que  Cordm  ,  Flo- 
rentinm  ,  &  Bauderon ,  ont  _  ajouté 
le  Cumin  en  ces  Trochifques ,  ce  qui 
eft  difficile  a  croire  j  il  efi  bien  vray 
quun  chacun  d’eux  l'a  retenu  dans 
fa  defcription,&  Cordm  a  retenu  les 
deux  enfemble  f  avoir  le  Pulegium 
Cervinum,  &  Gyminum  ,  mais  de  la 
on  ne  f  aurait  conclurre  seuils foient 
les  premiers  qui  l'y  ayent  mis , 
ny  moins  qu'ils  en  ayent  délibéré 
entreux ,  par  ce  quils  ne  fe  font  ja¬ 
mais  entrevem ,  &  quils  ont  écrit 
long-temps  l'un  avant  l'autre  ,  par 
exemple  Florentinm  a  écrit  en  l'an 
ï  407.  Cordm  en  l'an  Bau¬ 

deron  en  l'an  j  j  88.  de  tout  ce  qu'on 
les  peut  accufer ,  c'ef  d'avoir  autho- 
rifé  l'erreur,  qui  a  donné  lieu  a  ceux 
qui  font  venm  aprel^eux  de  les  imi¬ 
ter.  l'ajoute  encores  quefi  quelqu'un 
des  fm-nommes^  avait  fait  cette  ad¬ 
dition,  comme  dit  Label ,  il  en  aurait 
dit  quelque  chofe  particulièrement 
Bauderon. 

.Mais  quant  a  la  fource  de  la  dé¬ 
pravation  du  mot  de  Ceruini,  elle 
procédé  de  quelque  écrivain  mal 
verfé  en  la  connoiffiance  des  plantes  a 
eaufe  de  la  proximité  qui  efi  entre 
les  mots  de  Ceruini,  &  de  Cumini,ou 
Cimini  ,  s'imaginant  que  celuy  de 
Ceruini ,  qui  efi  le  furnom  (  comme  a 
été  dit  cy-deffim.)  de  Pulegium  an- 
gu  fi  if  olium,five  Pulegium  Ceruinum 
Monffielienfium  odoratim  ,  fih  un 
mot  dépravé  par  l'Imprimeur  de 
Cuminum  ou  Ciminum,  cela  fe  jufiifie 
par  trois  exemplaires  de  Nicol.Pra- 
■  pofitus  que  fay  en  main  le  premier 
de  Bolongne  de  l'an  1488.  le  fécond 
de  Lyon  de  l'an  6.  dans lefquels 


Seâion  XL 

on  Ut  Pulegij  Geruini,é  dans  U  tni. 
fiéme  de  Paris  de  1 5  8  2.  PuUeù 
Cimini. 

Le  premier  qui  efi  tombé  dans  cet 
erreur,  a  fervyde  planche  a  tous  les 
-Autheurs  des  Pharmacopées  qui  n'oiit 
pas  daigné  de  voir  les  originaux  pim 
correSts  des  inventeurs  des  compofi. 
tions  pour  les  conférer  les  uns  avec  les 
autres ,  comme  nous  avons  remarejui 
en  plufiéurs  endroits  de  cette  ‘Para'- 
phrafe ,  &  ainfi  la  dépravation  de  et 
met  efi  venue  jufques  a  nom. 

Mais  pouffiant  ma  curiofité plus 
avant,  je  ne  trouve  point  que  les  ver- 
tus  du  Cumin  conviennent  avec  celles 
qu'on  attribué  d  ces  Trochifques  tant 
fuivant  Diofeoride  livre  y  chap.^y. 
qui  dit  que  le  Cumin  re ferre  l'abqn- 
dance  du  flux  ^enflrual ,  que  de  ce 
que  nous  lifens  au  premier  des  Anti¬ 
dates,  ch.  iQO.de  Nic.MyrepfAle- 
xandrinus ,  Antidotus  è  Cumino  con- 
fert  fiigiditati  :  fiomachi  inflatis,eo- 
licis  ,  feb'ri  quartana  laborantihtfs, 
ventriculique  concoÜionem  juvat.  Ce 
qui  fut  jugé  de  m.ême  n'y  convenir 
point  par  Meffieurs  les  Medecins.de 
Paris  en  leur  Codex  Medicarnenta- 
rius  qui  ont  retranché  de  la  dejerip- 
tion  defdits  Trochifques  le  Cumin,  & 
ont  mis  en  fa  place,  le  Perfil  de 
cedoine. 

On  me  pourroit  objeller  ce  que  Cal- 
dit  au  livre  7.  des  fimples  medica- 
mens,que  le  Cumin  provoque  l'urine, 
mais  cet  effiet  différé  un  peu  du  pre¬ 
cedent.  ^e  fi  en  vouloit  afembler 
dans  une  compofition  tous  les  fimples 
qui  ont  des  vertus  femblables,  eu  ap* 
yrochantes  pour  combatre  les  rnala- 
dies  aufquelles  elles  font  defiinées,on 
n' aurait  jamais  achevé ,  mais  enfi>f 


Des  Trochifques.  505 


thù  des  plus  jpecifiques  &  plus  ap. 
prouvez.,  fait  en  leurs  ejpeces ,  ou  en 
leurs  genres,  comme  nous  devons  em¬ 
ployer  en  ces  Trochifques  le  Pule- 
gimn  Ceruinum  ainfi  que  Rhufis  de¬ 
mande  dans fis  exemplaires  correüs, 
comme  le  plus  excellent  d’entre  toutes 
les  autres  ejpeces  par  l’approbation 
de  Mejpieurs  nos  Profejfeurs  royaux, 
&Dodeurs  en  la  faculté  de  Mé¬ 
decine  de  cette  Ville  ,  pour  être 
plus  efficace  tant  en  fes  qualitez.. , 
qu'en  fes  vertus.  Voyez.  Label 
in  fin  jidverfaria  pag.  z  1 5 .  (ÿ* 
I.Bauhinen  fin  hifioire  des  plantes 
tonte  3.  livre  z8.  chap.  5 1 .  Ceux  qui 
en  feront  privez.  ',  “&  ne  le  pourront 
recouvrer  ,  luy  fubftituerdnt  le  Di- 
liam  de  Crete  ,  qui  efi  d’ejfence  fubti- 
le,  &  au  demeurant  il  luy  efi  fembla- 
ble,  Gai.  livre  6.  des  fimples  Médi¬ 
cament. 

Pt.pour  le  mélange ,  il  faut  mon¬ 
der  les  Lupins  de  leurs  écorces  &  les 
piler  avec  la  racine  des  Teinturiers, 
enfemble  les  herbes,la  Myrrhe,l’a4f 
fafœtida,  &paffierle  tout  par  un  ta' 
mùfubtil.  Le  Sagapenum,  &  l’Opo- 
panax  choifis  en  larme, grofiîerement 
pilez  &  peu  a  peu  humeéiez.  jufques 
a  entière  diffiolution  feront  malaxez. 
*fiec  un  des  fies  ou  decoEiion  d’un 
dit  fimples  cy-dejfus  JpecifieX, ,  & 
teduits  en  une  pfie  confifience ,  fans 
?»  il  en  demeure  de  refie  que  ce  qu’il 
infant  P  eur  incorporer  &  malaxer 
*  pondre  dans  le  mortier ,  deux  eu 
itois  heures  durant,  &  du  tout  en  fir- 
tner  des  Trochifques.  La  longue  ma- 
nxation ,  aux  Trochifques ,  &  aux 
dules ,  efi  comme  la  fermentation 
*nx  compofitions  liquides. 


Trochifei  Alkekcngi , 
D.Mef. 

Baccarum  -  Halicacabi  ,feu  Al- 
■  kekengi ,  drach.  très. 

Seminum  Citruli , 

Albatheca  ,  idefi  ,  Melonis 
Indici ,  & 

Cucurbita ,  fing.drach.  très  & 
femifi. 

Boli  Armena, 

Gummi  Arabici , 

Thuris , 

C  Gummi  efi  ar¬ 
borés  Draco 
nominata ,  in 
Infulis  Cana- 
riis  luxurian- 
tés  ,  quod  à 
colore  ,  San- 
guis  Draco  - 
nés  namina- 
^tur. 

Seminis  Papaver.  albi  , 
Amygdalarum  amararum , 

Succi  Glycyrrhifjt , 

Gummi  Tragaeanthi , 

Amyli , 

Nucleorum  Pineorum ,  fing.  drach. 
fex. 

Seminum  Apq ,  & 

■  Hyofeyami  albi ,  & 

Succini ,  vulgo  Karabe , 

Boli  Armena ,  vel  nofiratis ,  vel  Si- 
nopidés, 

Dpij,  fing.  drach.  duos. 

Compone  Pafiillos  cum  Succo  Hali¬ 
cacabi, pondo  drach.  unius,  ^  re- 
pone  ufii. 


Sanguinis  Draconis,d 


Sff  PA 


Livre  L  SeBhn  X  L 


506 

PARAPHRASE. 

De  toutes  les  delcriptions  de 
femblable  noiHi  qu’on  trouve 
en  Avicenne  Serapion  ,  Rhafis  & 
Myrepfus ,  aucune  n’eft  ulîtée ,  mais 
feulement  cette-cy ,  décrite  par  Me- 
iué  à  la  fin  de  la  huitième  diftin- 
étion.  La  bafe  de  ces  Trochifques 
eft  l’Halicacabura  ,  appelle  des 
Grecs  (pve^a.xiS'u)  ,  &:  des  Arabes 
Alkekengi  ,  qui  eft  une  e^ecc  de 
Solanura  ,  convenable  aux  grandes 
douleurs  des  reins ,  &  pour  les  vl- 
ceres  »  qui  fouvent  y  adviennent* 
&  à  la  difficulté  d’urine.  Sa  vertu 
réfrigérante  eft  augmentée  par  le 
Hyofeyame  ,  Pavot  s  &  Opium  > 
de  forte  que  l’ardeur  >  de  l’urine 
cauféc  de  bile ,  bu  pituite  falée  eft 
modérée.  Son  adftridion  cft  aug¬ 
mentée  par  le  Karabé,  fang  de  Dra¬ 
gon  en  larme  ,  tel  qu’on  l’apporte 
des.  (fles  Canaries  ,  Bol  "fin  ,  ou 
Terre  figilléc  j  ou  de  Blois  &  com- 
mun  :  de  forte  que  les  vlceres  des 
reins  avec  le  temps  fe  peuvent  ei- 
catrifor.  Les  fomences  froides  y 
font  mifes  ,  pour  challcr  la  bile, 
par  la  voye  de  l’urine  ,  ôc  modérer 
foa  acrimonie  ,  comme  aiilîî  les 
Amandes  ameres  &  Apnim  le  fleg¬ 
me  falé.  L’encens ,  la  gomme  Ara¬ 
bique ,  &  Tragacantli ,  l’Amydon, 
les  Pignons  >  Sc  fuc  de  Regliftê  y 
font  mis  poirr  deterger  les  vlcc- 
res  ,  Sc  erapefoher  que  l’urine  par 
fon  acrimonie  en  paflant,  ne  les  ac- 
«roilfo. 


ZE  MELANGE. 

^  Les  femenccs  d’Alkekejige , 
d’ApiUm  de  Hyofcyame ,  de  Pa- 
vot  ,  fo  pulveriferont  facilement, 
avec  le  fuc  de  Regliffe  :  les  autres 
femences  froides  mondées  ,  &  les 
Amandes  &  Pignons  feront  ha- 
chez  tant  menu  que  faire  fé  pour- 
ta  ,  fur  unefueille  de  papier  blanc, 
avec  un  couteau  de  Cordonnier: 
lefquelles  aprez  feront  liibcilifées 
au  mortier  avec  les  ,  autres  pou¬ 
dres.  Les  Gommes  Arabique  & 
Tragacanth  ,  feront  pulverilées  au 
mortier  ,  Sc  pilon  chauds  enfemble, 
puis  pefees  à  caufo  du  dechet. 

Les  autres  feront  pilez  chaam 
à  part.  L’Opium  fora  dilfout  avec 
le  fuc  d’Alkekcnge ,  -.auquel  on  ad- 
joûtera  les  poudres  ,  pour  mala¬ 
xer  le  tout  enfomble  ,  &  en  for¬ 
mer  des  Trochifques  du  poids  du¬ 
ne  drachme,,  qu’on  ffichera  àlbm- 
bre  ,  &  gardera  au  befoin  dans 
un  pot  de  verre  ,  ou  de  terre  ver- 
nilié.  Leur  ufage  fera  avec  Hy¬ 
dromel  ,  ou  lulep  violât  ,  ou  de 
lujubes  ,  cy-devant  décrits  ,  en  la 
Seélion  deuxième. 

LES  FACFLTEZ. 

On  s’en  fort  hcureufemrnt  aux 
vlceres  des  reins  Sc  de  la  veffie,& 
à  la  dyfurie  ,  &  piflement  de  fâng 
qui  en  procèdent 


Des  Trochifques. 


remarqje. 

AVrés  avoir  bkn  examiné  & 
confideré  la  defcription  des 
trechipjHes  d'Mkekenge  de  Mefué, 
jy  ay  trouvé  une  faute  qui  efi  de 
U  même  nature  ,  &  non  de  moin¬ 
dre  confequence  que  la  precedente 
des  Trochifques  de  Myrrhe ,  autho- 
risée  d’un  grand  nombre  de  Dijpen- 
foires ,  laquelle  faute  confiéle  de  ce 
qn’on  lit  pour  cinquième  ingrédient 
de  la  defcription  Boli  Amena  ,  & 
fur  la  fn  ,  l'erreur  nous  fait  lire 
immédiatement  après  Charabe  Bo¬ 
li  fimpletnent.  Les  Autheurs  des 
Biéfenfaires  fur  ce  dernier  mot  de 
ïïoli  ne  font  point  d’accord  ,  con- 
fiderant  qu’il  entrait  deux  fois  dans 
cette  eompojîtion ,  luy  ont  donné  di- 
'oerfes  explications  ,  croyans  fans 
doute  que  Mefué  ou  fes  interprè¬ 
tes  avaient  oublié  de  s’exprimer  : 
les  uns  comme  celuy  de  la  Para- 
pbrafe  a  écrit  Boli  Armena ,  vel 
noHratis ,  vel  Sinopidis  :  les  autres 
Terra  fgUlata  ,  ^  d’autres  Terra 
Lemnia  ,  ef  tout  cela  n’a  été  qu’un 
travail  en  vain  ,  contraire  à  l’in¬ 
tention  de  Mefué  j  car  fi  le  defiein 
de  Mefue  avait  été  d’ admettre  une 
autre  forte  de  Bol  eu  de  Terre  dans 
ces  Trochifques ,  que  le  Bol  Orien¬ 
tal  ,  qu’il  y  demande  au  commen¬ 
cement  ,  il  s’en  ferait  expliqué, puis 
qn  il^  n’ignoroit  point  la  connoijfan- 
ce  du  Bol  commun,  non  plus  que 
celle  des  Terres  Lemniene  figillée, 
^  du  Sinople.  Et  quoy  qu'on  life 
prefque  dans  toutes  les  œuvres  de 
Mefue  de  differentes  éditions  ,  j’ en¬ 
tend  parler  des  moins  correéis ,  deux 


507 

fois  le  Bol,  il  efi  d  remarquer  ,  que 
cette  faute  efi  venue  de  ce  que  dans 
les  exemplaires  les  plus  corrects  de 
cet  Autheur  imprimés  à  fiénife, 
apud  ]untat  ,  anno  i6iy.  on  y  Ut 
Succini  boni  ,  Ô'  dans  les  dépravés 
fuccini  Boli,  ou  Charabe  Boli  ;  de 
maniéré  que  par  la  rejfemblance 
qu’il  y  a  entre  ces  mots  de  boni  à 
boli ,  cette  faute  s’y  efi  glifsé  in- 
fenfiblement  en  changeant  l.  pour  n. 
par  inadvertance  des  premiers  Cor 
piétés ,  ou  des  Imprimeurs  des  œu¬ 
vres  de  Mefué.  Voila  paurquoy  nom 
devons  corriger  cet  erreur  à  l’exem¬ 
ple  du  doUe  &  fiavant  Rondelet 
en  fon  Officine  Pharmaceutique ,  qui 
a  retranché  de  la  defiription  de  ces 
Trochifques  ce  dernier  Bol  ,  &  y 
a  ajouté  fur  la  fin,  Aliqui  addunt 
Terrain  figillatam  ,  fed  in  optimis 
exemplaribus  Mefu&i  non  legitur. 
MeJJieurs  les  Médecins  d’Améier- 
dam  Tont  de  meme  retranché  en 
leur  Pharmacopée  in  quarte  de  l’an 
iS)6. 

Pour  le  mélange ,  TOpium  fera 
préparé  comme  il  a  été  cy-devant 
dit, au  Requies  ITicolai,&  on  le  met¬ 
tra  en  poudre  avec  les  autres  in- 
grediens.  Des  Bayes  d’ Alkekenge, 
il  n’en  faut  prendre  que  les  petits 
grains  jaunes  qui  font  dedans.  La 
Gomme  Tragacanh  fera  grojfiere- 
ment  pilée  ,  &  réduite  en  pâte  avec 
la  decoBion  d’ Alkekenge  ,puü  avec 
icelle  mélerés  &  malaxerés  toutes 
les  poudres  dans  un  mortier  ,  & 
peur  la  fin  en  formerés  des  petits 
Trochifques. 


Sss  i  Tro 


5o8  Livre  L 


Trochifci  Gordonij. 

"yL.  Seminum  4.  jrigidor.  major, 
mundat. 

T^apapaveris  alH , 

Jldaluarum  , 

Gojfipij ,  vulgo  Bornhacis. 
Tortulaca  , 

Cetoneorum ,  & 

Myrthillorum  , 

Çummium  Arabici , 

Tragacamhi , 

JSIucleorum  Pineormn  mundator. 

‘Pifiaciorum  , 

Sacchari  cryflallini ,  & 

Penidiorum , 

Glycyrrhiz.a  mundat  a  , 

Hordei  mundati , 

JMucaginis  feminis  PJjllt]  ,& 
Amy^alarum  dulc.  fing.  drachm. 
idaot. 

Eoli  ArmeriA ,  feu  Orientalis, 
Sanguinis  Vracenis  ,  (  efi  Uquor 
arboris  Draco  diBa.  ) 

Spodij  Arabum  fcilicet  ,nam  Graco- 
rum  intro  non  fumendum, 
Rofarurn  rubrarum ,  & 

Myrrha  ,fing.  unc.femiJS. 
Sxcipiantur  Hy  drame  lie  &  fingan- 
tur  Paftiüi ,  pondo  drach.  dua- 
rum  &  reponantur  ufui. 

paraphrase. 

GOrdon  eftl’Antheur  de  ces  Tro- 
chifqiieSj  qui  les  décrit  en  la  par¬ 
ticule  6.  chap.  1 0,  de  fa  Pratique  3  où 
il  traitte  de  la  cure  des  ulcérés  des 
féiris,  La  baie  eft  double  &  non  dùin 
mcdicamentj  mais  de  plufieurs.  L  une 
aperitive  3  &  deterfive  :  l’autre  delï- 


SeBion  X  L 

cative  3  &  agglutinative.  Les  aperi- 
tifs  3  &  deterfifs  3  font  les  fcmences  * 
froides,  de  Mauves,de  Coins, les  Pig¬ 
nons,  les  Piftaches,  amandes, la  rcglif. 
fe,  l’orge,  les  Penides  ,  le  fuccre  can- 
dit,  &  l’Hydromel.  Les  agglutinatift, 
&  deiîccatifs,fbnt  le  mucilage  dePfyl- 
lium,  les  femences  de  pourpier,  coings 
&  de  Myrthilles,la  Myrrhe,  les  gom¬ 
mes  ,  le  Spode ,  les  rofes ,  Icfang  de 
Dragon,  &  l’un  ou  l’autre  Bol.,. Ceux 
qui  auront  ces  Trochifques,  fe  pour¬ 
ront  palfer  des  autres  que  le  même 
Gordon  décrit  au  chapitre  fuivant  du 
lieu  prealleguéjfauf  d’y  ajoûter(quand 
la  neceflité  le  requerra  )  des  Trochif¬ 
ques  de  Terre  Sigillée,  à  la.^ertudef- 
quels,ils  approchent  bien  fort,^:oiii- 
me  ceux-cy,aux  precedents  d’Allft- 
kenge. 

LE  MELANGE. 

La  Reglillè  ratilfée ,  &  incifée,  fe¬ 
ra  pulveriféc  avec  l’orge ,  SC  femencc 
de  Mauves,  de  Myrrhilles ,  de  Pavot 
de  Pourpier ,  de  Coton,,  de  Coings, 
&  les  rofes.  Les  femence’s  froides, 
les  Amandes  ,  Pignons^,  Piftaches, 
&  gommes  feront  pulverifées ,  com¬ 
me  nous  avons  dit  aux  precedents.  Il, 
faut  pulverifèr  le  Spode ,  la  Myrrhe, 
le  fang  de  Dragon  en  larme ,  Sc  non 
du  brouillé,  le  Bol  fin  du  Levantjdia- 
cunàpart.  Lê  mucilage  detPfyllium 
fera  extrait  avec  Hydromel  pour 
en  malaxer  toutes  les  poudres  mê¬ 
lées,  &  en  former  des  Trochifques 
du  poids  d’une  drachme,  qu’on  gar¬ 
dera  au  befôin. 

LES 


Des  Drochifcjues . 


les  fa  CTL  te  Z. 

•  Ils  font  propres  aux  ulcérés  des 
•teins  &  autres  parties  internes  j 
d’autant  qu’ils  lénifient,  détergent, 
lémperent  l’aciiinonie  des  humeurs, 
&  cpiroborent  :  pris  par  la  bou¬ 
che  avec  du  laid,  au  poids  d’une 
drachme.  On  s’en  fert  aulîi  aux  inje- 
âions. 

R  E  M  A  R  QJ/  E. 

J  les  Treckifcjues  de  Gordon  font 
àiverfement  décrits  par  Bande- 
ton  &  îbnhert ,  qmy  qu'ils  ayent 
tiré  leurs  deferiptions  d’un  même 
-Juthetir  -,  la  raifon  de  cela  eft , 
que  Bauderon  a  pris  la  fienne  de 
la  particule  finiéme  ,  chapitre  i  o . 
des  ifeuvres  de  Gordon ,  6»'  il  trai¬ 
te  de  ta  cure  des  vlceres  des  reins, 
&  louhert  à  ce  qu’il  dit  d’un  exem¬ 
plaire  écrit  k.la  main  ,  qui  efi  en 
la  Bibliothèque  du  College  du  Pa¬ 
pe  Frbain  k  Montpelier  de  la  mê- 
Vie  particule  6 .  chapitre  1 1 .  où  il 
traitte  de  ceux  qui  pijfent  le  fang, 
é‘  ainfi  U  n’efi  pas  incompatible 
que  ces  deux  deferiptions  fient 
beaucoup  differentes  ,  puis  quelles 
font  employés  pour  deux  maladies 
qui  different  auffi  de  beaucoup ,  voUk 
pourquoy  c’eft  fans  ju'.et  que  Dure- 
nou  au  livre  chapitre  i^.de  fin 
Antidotaire  au  Commentaire  qu’il 
^  fait  fur  lefdits  Trochifques  blâ- 
tne  louhert  en  difant ,  qu’il  a  gran¬ 
dement  dépravé  cette  defeription, 
fonfeulement  pour  avoir  voulu  chan¬ 
ger  la  dofe  des  fimples  qui  y  entrent'-, 
auffi  pour  y  avoir  voulu  ajott- 


509 

ter  plufieurs  autres  chofis  autant 
precieufes  que^peu  neceffaires.  l’ay 
voulu  donner  xét  advis  k  l’Artifie, 
afin  que  quand  il  fera  obligé  de 
les  compofir  ,  qu’il  ne  prenne  pat 
comme  l’on  dit  Marte  pour  Renard. 
Les  deux  deferiptions  fi  trouvent 
conformes  en  dofes  &  en  médica¬ 
ments  aux  lieux  cy-deffut  cités  :  U 
efi  k  remarquer  que  celle  de  lou- 
bert  efi  incomparablement  plus  cor- 
reéle  qu’une  que  )’ay  troïkiée  dans 
Gordon ,  en  une  édition  de  Guil¬ 
laume  Rouile ,  k  Lyon  de  l’an  1559. 
qui  dit ,  % .  quatuor  feminum ,  fii- 
gid.  maprum  mundaterum ,  feminis 
Papaveris  albi  ,  Tragacanthi  ,  U- 
quiritia  mandat.  Maïtiches,  Thu- 
ris  ,  Myrrha ,  Ambra  grifa ,  ana 
une.  unam  ;■  &  louhert  dit ,  'éfiL.  Se- 
minum  quatuor  frigidorum  majorum 
mundaterum  ,  &c.  ana  drachmas 
duos ,  cette  faute  vient  de  l’Imprir- 
meur ,  d’autant  plus  efi-elle  proba¬ 
ble  ,  de  ce  que  louhert  a  emprun¬ 
té  la  fienne  d’un  manuferit  de  l’Au- 
theur  ,  lequel  n’auroit  pas  mis  une 
once  d’ Ambre  gris  fur  quatorze  on¬ 
ces  de  matière  telle  que  celle  de  ces 
Trochifques.  La  compofition  de  ceux 
de  louhert  fi  peut  faire  en  tout 
tems  ,  er  ceux  dé  Bander  on  au  tems 
que  la  neceffité  le  requiert ,  car  de 
les  garder  ils  fe  ranciraient ,  k  rai- 
fin  de  la  quantité  des  fémences  hui- 
S^eufis  qui  y  entrent,  fl  faut  extrai¬ 
re  le  tnucilage  de  la  Gomme  Tra- 
gacanth  ,  comme  celuy  de  Pfyl- 
lium  ,  mais  feparement  ,  &  les  mê¬ 
ler  enfemhle  pour  malaxer  la  pou¬ 
dre  ,  puis  en  former  des  Trochif¬ 
ques. 


S  s  s.  I  De 


510 


Livre  1. 


De  Trochifds  purgantibus. 

Agarnus  Trochifcatm ,  I>.M. 

Agarici  alhifmi  ferra  rapati 
quantum  voluerü.  lacera  vi- 
no  albo  infufionis  Zingiberis ,  & 
fac  paliam  ,  &  ex  eu  Trochif- 
cos.  Rejiccati  pulverifentur ,  & 
denuo  ex  eadem  infufiene  for~ 
mentur  TrechJfiL  Idque  tertio 
fiat. 

^  ARAP  HRASE. 

QVoy  que  TAgaric  foie  un  mé¬ 
dicament  de  famille,  félon  De- 
moente  ,  fîeft-ce  qu'il  a  befoin 
d'aide  ,  à  caufe  de  fa  vertu  foible, 
^  de  Gorredtif,  pour  caufe  de  fes 
qualitez  contraires ,  nuifibles  au  ven¬ 
tricule  :  tels  font  les  médicaments 
incifîfs,  atténuatifs ,  &  deterfifs,  com¬ 
me  le  Daucus,  le  Liguftic,  le  Gin¬ 
gembre  ,  le  fel  Gemme  ,  miel  Ro- 
lat ,  Oxymel.  Pour  le  jourd'huy  les 
Médecins  fuivans  Melîté  au  liyre 
des  fimplcs ,  &  chapitre  propre ,  le 
préparent  ainfi.  Ils  inEiIènt  du  Gin¬ 
gembre  (  incisé  ou  concafsé  )  au  vin 
blanc  l'elpace  de  vingt-quatre  heu¬ 
res  dans  une  phiole  bien  bouchée  : 
uis  râpent  leur  Agaric  blanc  ,  ôc 
ien  choifi,  qu’ils  malaxent  avecicc- 
luy  vin  blanc ,  dont  ils  forment  des 
Trochifqixes  ,  qu’ils  font  fcicher  à 
l’ombre ,  &  gardent  au  befoin.  le 
ne  puis  paflèr  fous  filence  l’erreur 
que  commettent  ceux  qui  étant  plus 
curieux  de  la  couleur  que  de  la  ver¬ 
tu  des  médicaments  ,  ne  malaxent 


SeBion  XL 

lair  Agaric  ;  mais  l’arroufent  feule, 
ment  de  vin  blanc ,  en  forte  qu'il 
fe  puilfe  former  en  Trochifques  & 
le  font  feicher.  De  maniéré  que  n’é¬ 
tant  corrigé  comme  il  faut  ,  il  nefe 
faut  pas  étonner  s'il  provoque  le 
vomill'ement  à  ceux  qui  en  ufeDt,& 
ne  purge  les  matières  craffes, com¬ 
me  il  feroit  au  préjudice  des  mala¬ 
des  ,  &  du  deshonneur  des  Méde¬ 
cins  qui  l’endurent.  Pource  je  les 
prie  qu’à  l’avenir  ils  ne  fe  conten¬ 
tent  de  le  malaxer  une ,  mais  dx-m, 
trois  &  quatre  fois.  Ainlî  faifantles 
malades  feront  purgez  fins  nuifan- 
ce,à  leur  contentement  de  à  l’hon¬ 
neur  des  Médecins  ,  ôc-qu’ils  ne 
s’arrêtent  pas  tant  à  la  couleur  blan¬ 
che  comme  ils  font  :  mais  '^à  leur 
devoir  &-  au  foulagement  des  mala¬ 
des.  S’il  efl;  préparé  arec  eau  de  vie 
il  aura  plus  de  vigueur,  quayecle 
vin  blanc ,  &  ne -fera  pas  moiiis  blanc 
qu’avec  iccluy. 

LES  FACFLTE  Z. 

Ils  purgent  la  pituite  crafle  &  len¬ 
te  de  la  tête  ,  de  la  poictrine  ,  & 
des  autres  parties  fans  nuifançe  ,  h 
on  les  malaxe  deux  ou  trois  foh 
avec  du  vin  blanc  de  l’infofion  de 
Gingembre,ou  avec  l’Oxymel  fimple- 

REMARQVE. 

POur  faire  que  l’Agaric  Eiochif- 
qué  fait  toujours  blanc  ,  U 
choifir  de  celuy  qu'on  rmti  appor¬ 
te  du  .côté  de  Fenife  en  grops  pi‘‘ 
ces ,  blanc ,  leger ,  &  fiiable  & 
de  celuy  de  Briançon ,  qu’on  sipp^f 
te  en  petites  pièces,  lequel  quoy  qu  u 


Des  Trochifques. 


tit  Us  autres  marques  de  hoHté , 
pur  l’ordinaire  il  fi  noircit  de 
luy-même  apres  l’avoir  malaxé  une 
fi)is  i  &  ttela  procédé  de  ce  que 
fon  humidité  fingeufi  ,  gluante  & 
fuperfluë  ne  fi  pas  bien  cuite  & 
dgerée ,  neantmoins  il  purge ,  mais 
plus  lentement ,  &  avec  plus  d’in¬ 
commodités. 


Tiochirci  Alhandal,  D.Mcf. 

Pulpa  Colocymthidis  alha  & 
levis  a  granis  purgat&,unc,  decem 
&  non  drach.  decem. 

Imdatur  fircipe  ,  ut  decet  j  pofieet 
eum.unciauna  olei  Rofati  fiicetur, 
&  forma  Trochtfios  cum  rnuc- 
cagine  ex  Gummi  Tragacanthi:, 
aîrahici ,  &  Bdellii  ftngulorum 
drachmas  fix,  aqua  Rofarum  die- 
hui  quatuor  macerat. 

Sicca  in  umhra  :  tere  iterum  curio- 
se  J  cum  eadem  muccagine 
forma  rurfus  Trochifios  ,  qui  fic- 
cati  reponantur  ufui. 

R  ARA  R  H  RASE. 

CEs  Trochifîjiies  ont  pris  le  nom 
de  la  Colocynthe  jque  les  Ara¬ 
bes  appellent  Handal,  &  Handaals 
nom  qui  juiques  aujonrd'’hay  ell  de- 
®£uré.  L'huile  Rofaty  eft  niis,pour 
la  rendre  lubrique  ,  &  afin  quel¬ 
le  n  adhéré  aux  membranes  inté¬ 
rieures  du  ventricule  >  &  inteftins. 
Eoiirce  il  ell  beiomqu  elle  lôit  fub- 
olemenc  pulvérisée.  Les  Gommes 
y  Ibnt  niifes  ,  non  feulement  pour 
luy  donner  corps  ,  mais  prindpa- 
‘«flient  pour  réprimer  là  chaleur  &. 


51 1 

acrimonie,  Scattraélion  demeforée- 

De  la  Colocynthe  ainfi  préparée, 
&  corrigée  fe  doivent  fervir  les  Mé¬ 
decins  ,  &  Apothicaires  en  toutes 
les  compofitions  qu  on  adapte  inté¬ 
rieurement,  comme  Ibntles  Hieres, 
&  Pilules,  quoy  qu’il  ne  fûtexpref- 
lèmcnt  fprecifié  pat  l’Autheur. 

Z£  MELANGE. 

Il  faut  infefer  les  Gommes  en^ 
eau  Roiè  l’clr^acc  de  trois  ou  qua¬ 
tre  jours.  DuraiiC  ce  ou  piurgera  la 
Colocynthe  de  les  grains  ,  6c  au¬ 
tre  ordure,  s’il  y  en  a  ,  laquelle  on 
incilèra  &  puiverilera  avec  quel¬ 
ques  gouttes  d’huile  Rolai  ;  puis  avec 
une  partie  des  mucilages  on  en  for¬ 
mera  des  petits  Trodnlquc-s  ,  afin 
qu’ils  loient  plutôt  C  es.  Iceux  fei- 
chez  feront  derechef  longuement 
pulverifez  au  mortier,  &  pour  la 
fécondé  fois  avec  le  refte  des  mu¬ 
cilages  malaxez  ,  &  réduits  en  Tro- 
cfailques  ,  qui  feront  ferrez  au  be- 
foin.  Le  texte  de  Mef  ^é  efticy  de*- 
pravé  :  car  au  lieu  de  dix  drachmes» 
de  Colocynthe ,  il  faut  lire  dix  onces,, 
k  faute  vient  des  Imprimeurs  ,  qui 
ont  pris  5.  pour 

LES  F  A  CELTE  Z. 

Si.  on  pulverifè  fort  Cibdlemcnt 
la  Colocynthe,  Si  qu'on  la  malaxé' 
trois  fois  avec  les  mucilages ,  ellé' 
fera  plus  utile  pour  mêler  dans  tou¬ 
tes  les  compofitions  internes,  qu’ati- 
trement  :  car  fa  nuifànce  étant  ainfî» 
corrigée,  elle  purgera  fans  enriuy,' 
la  pituite  des  joinétures. 

RLE 


512, 


Lime  L  SeB'ion  X L 


RE  M  4RCiyE 

I'Ay  veu  dans  mes  quatre  exem¬ 
plaires  des  œuvres  de  JÜefué  dif- 
ferens  en  édition,  le  premier  in  oüa- 
vo  d’IrnpreJJion  de  Finife ,  de  l'an 
ijij.  deux  in  folio ,  lettre  Gothi¬ 
que  ,  imprejfion  de  Lyon  ,  le  pre¬ 
mier  de  l'an  i  ;  14.  le  fécond  de  l'an 
1  )-4 1 .  le  quatrième  aujfi  in  folio  de 
Venife ,  de^  l'an  1615.  tout  lefquels 
exemplaires  décrivent  les  Trochif- 
qttes  Alhandal  de  la  forte ,  IJL.  Pul- 
pa  Colocynthidu  alha  &  Unis  mun- 
da  àgranis  drachm.  decem ,  &c.  au 
lieu  de  dire  Pulpa  Colocynthid.  une- 
decem,  comme  fait  le  vieux  manuf- 
crit  que  j'ay  en  main  ;  cette  fau¬ 
te  peut  procéder  des  Imprimeurs 
(  comme  a  dit  le  Paraphrafte ,  ) 
eu  des  coppiéies  de  Mefué  -,  d'où 
quelle  vienne  divers  Dilpen/àires 
ont  retenu  mal  a  propos  la  dofe  de 
dix  drachmes  ,  parce  qu'il  n'y  a 
point  d'apparence  que  les  correctifs 
foient  en  plus  grande  quantité  que 
le  médicament  qu’on  doit  corriger, 
le  ne  m'arrêteray  point  k  citer  ceux 
qui  les  décrivent  diverfement  ,  il 
fuffit  que  l'erreur  foit  bien  connu. 

Mefué  par  exprès ,  dit  qu'tl  faut 
fubîlituer  en  la  Hiera  Herrnetis 
les  Trochifques  Alhandal  pour  la 
Colocynthe  ,&  en  toutes  autres  Con¬ 
férions  ,  comme  avons  cy-devant 
dit  en  la  Hiera  Logodii.  Micha'él 
Capella  excellent  Médecin  en  fes 
additions  fur  l'Antidotaire  de  Me¬ 
fué ,  dit,  &  fi  gener aliter  faciunt  do- 
£li  Aromatarii.  loubert  en  fa  Phar¬ 
macopée  dit  la  même  chofe  en  au¬ 
tres  termes ,  &  quand  il  s'agira  de 


la  mettre  en  infufion ,  ou  en  déco. 
non,faut  prendre  la  pulpe  mon¬ 
dée  fimplement ,  &  Bauderon  k  U 
fin  de  fa  Paraphrafe  en  dit  de  ml- 
mé  ,  après  cela  nous  devons  être 
deuément  avertis  de  n  employer  point 
la  Colocynthe  intérieurement  fans 
l'avoir  corrigée  ,  &  lors  qu'il  en 
faudra  cuire  en  deceCtion  pour  les 
cly Itérés ,  on  la  peut-  aujfi  prendre 
fans  être  corrigée ,  &  en  donner 
jufques  k  demyonce. 


Ti'ocliifci  Diaiai/.id.  eft,  de  Vio- 
lis,  D.  N.  Al. 

Florum  Violarum  recentium 
mundatar.  drach.  quinque. 

Amyli ,  drach.  très. 

Seminis  Papaveris  alhi,  drach.  duos 
Cèr  ferup.  unum.. 

Plantaginü ,  drach.  unarn. 

Rhabarbari  optirni ,  & 

Balfami  ,  vel  fuccedanei  e]m  ,elei 
Caryophyllorum,vel  Nucis /Idof 
chata  utriufque  fcrup.umm. 

Aqua  Refarum-  quantum  fiffidt-' 
fiant  paliilli  ufui.  His  raro  uti- 
mur ,  ni  fi  in  nonnullù  compoft- 
tionibus. 

PARAP  HRASE. 

CEs  Trochifques  ont  pris  le  nom 
de  leur  balè  ,  les  Violes  nii- 
fès  au  commencement.  Leur  ve^ 
tu  purgative  eft  augmentée  par  le 
Rheubarbe  ,  &  la  refrigerativc  j  pat 
la  fèmencc  de  Pavot  blanc.  Leur 
vertu  eft  conduite  aux  poulinons, 
par  l’Amydon  :  au  foye  par  la  tt- 
mence  de  Plantain  :  aux  reins  & 
matnee 


Des  ^rôchifquts.  5 1 1 

mawice  par  le  Baume  (  m  Con  fiic- 

cedanée  l'huile  de  Geroflcs  ,  ou  de  iSS  FA  CVLTEZ. 
Mulcadc.jPource  ils  conviennent  aux 


grandes  inflammations  de  ces,  par¬ 
ties,  &  pour  lâcher  le  ventre  en  ra- 
flioilidànt. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  piler  les  Icmences,  &  le 
Rheiibarbe  enlèmble  ,  &  l’Amy- 
don  à  part.  Aprez  on  mondera  les 
fleurs  de  Violes  purpcirées  de  leur 
patrie  herbacçc  ,  qu'on  pilera  cu- 
rieufement  au  morder  de  marbre’, 
puis  on  y  ajoutera  les  poudres ,  & 
le  Baume  pour  du  tout  en  former 
des  Trochifques ,  qu’on  fera  Icichcr 
â  l'ombre,  &  gardera  au  befoin.  S'il 
ne  fuffit  de  l'humidité  des  Violes 
pour  malaxer  la  quantiùé  des  pou¬ 
dres,  on  y  ajoutera  un  peu  d’eau  Rô¬ 
le,  ou  de  Violes. 

Les  Violes  blanches  peu  ôdoran- 
Ks,,&  purgatives  ,  ne  conviennent 
icy.  Le  Cheyri  des  Arabes  qui  eft 
nôtre  Violier  jaune  fort  odôrant  eft 
meilleur,  encores  plus  font  les  pur- 
purées,  qbon  appelle  Violettes  de 
Mars ,  ptiacipalement  fi  l'Apothicaire 
prend  des  premières  (  qui  n'ont  été 
hveee  de  la  pluye  )  &  non  des  der- 
nieres:  ,pource  que  les  premières  font 
plus  odorantes  &  .plus  purgadves.  Si 
non  qu’on  prenne  des  fleurs  de  Cliey- 
ri  fort  odorantes ,  &  purgadves.  Ces 
Trochiiques  font  peu  ufitez  ,  horfo 
ons  en  certaines  compofitidns-  des 
Anciens. 


Ils  adoucifiènt  les  inflammations 
des  vifoeres  ,  amollillènt  le  ventre, 
&  purgent  benignèment. 

K  E  M  A  R  Q^V  E. 

CÉs  Trochifques  font  de  Nice- 
latu  Alexandrifim ,  &  non  du 
furnommé  par  quelques-uns  Saler- 
nitanUi  :  ce  premier  les  décrit  en 
fen  livre  preallegué ,  chapitre  1 6o. 

'  feus  le  nom  de  Trochifisu  JDiani ,  vel 
JDiaui ,  &  ne  fait  point  mention 
des  fleurs  de  Fïolettes  blanches  re¬ 
censes  ,  comme  le  prétendu  Saler- 
nitanus  tflii  dit  Trochifei  Diani  di- 
cüntur  a  Vielis  albü  :  &  loannes 
Agricola  Ammonitu  en  l' Annotation 
.quil  a  faite  fur  les  œuvres  de  Ni- 
colaus  Alexandrinui ,  &  fur  lefdits , 
Trochifques  dit  Leucoion ,  efi  fGala 
alba  /  ex  albis  autem  Violü  Tro- 
chifeos  conficere  oportet ,  de  qnibus 
lib-i .  cap.i  il.  Diofeorid.  conjtde- 
rat.  Mais  icy  fe  prefente  me  diffi¬ 
culté  qui  femble  nétre  pas  petite, 
fçavoir  de  quelles  fleurs  de  f’iolier 
il  faut  prendre  pour  compojèr  ces 
Trochifques  ,  ou  de  celuy  de  Théo- 
phrafie  ,  qui  efi  le  Leucoion  bulbo- 
fum,  que  Fuchflus  appelle  la  fleur 
F'iolette  y  parce  quelle  a  l'odeur 
de  la  Violette ,  ou  de  celuy  de  Diof- 
coride  ,qui  efi  le  Violier  jaune,  im¬ 
proprement  appeUé  Leucoion,  duquel 
il  y  a  quelques  efieces  ,  &  encores 
des  Violettes  de  Mars  blanches. 
Gluant  a  moy  j’e  élimé  qu'il  faut  Jùi- 
vre  Bauderon ,  &  y  mettre  des  pur¬ 
purines  récemment  feichées  &  non 
T  te  Aveç 


J14  Livre  L 

4tvec  leur  humidité ,  non  foi  pour 
augmenter  la  vertu  purgative  de  la 
JRheubarbe  ,  parce  quelle  ny  entre 
P  ai  en  quantité  non  p  lui  que  les  Vio¬ 
les, à  raifon  que  la  vertu  des  adfirin^ 
gents  ou  des  incrajfans  furmonte 
leur  vertu  purgative  ,  voila  pour- 
quoy  il  ny  a  nulle  conjideration  d 
faire  pour  ce  regard.  Pour  former 
lefdits  Trochifques  il  y  faut  ajou¬ 
ter  le  mucilage  d'un  fcrupule  de 
Gomme  Iragacanth  tiré  avec  l'eau 
lofe.. 


DeTrQchifçis  Arexiterij?. 

trochifci  Gallu.  MofchafA^  D.Mef 

Ltgrii  Aloè s  crudioptmi,drach. 
quinque. 

Amharis  Cineritii ,  drach.  très. 

Jtdofchi  Orientalis  ,  drach.  unam. 

Cum  mjicagine  Gummi  Tragacan- 
thi  ex  àquà  Rofarum  extraétâ 
fac  Païiillos  figura  fiolii  Myr-' 
thei  ;  figillentur  ,  &  vafi  vitmo 
reponantur. 

AUi  Ambrant  ole'ct  Balanino  in 
vafi  vitreo  filuunt ,  &  hoc  oleo 
cunHa  comprehendunt. 

^  A  RA  P  H  BASE. 

CE  nom  de  Gallia,  ne  peut  figni- 
fier  Gallfes ,  ou  noix  de  Cyprcsç» 
comme  nous  avons  dit  aux  Trochif- 
ques  de  Ramichj  veu  qu’il  n’en  en¬ 
tre  point  icy.  le  ne  puis  deviner  ce 
que  Mefué  Myrepfiis  au  premier 
des- AntidoteSjchapitre  4  z4  ont  youlu 
entendre  par  tel  nom  :  hnon  que  ecs 
Xwhiiques  ayent  é,cé  inycptez  ,  0? 


Seâion  X  /. 

premièrement  vfite2  pat  Içs 
cins  de  France  qui  s’appelle  en  La¬ 
tin  Gallia ,  long-tems  avant  Mefué. 
Ils  ont  pris  le  furnom  de  Mufe,  com- 
me^dc  celuy  qui  tient.le  premier  lieu 
entre  les  bonnes  odeurs. 

LE  MELANGE. 

Chaque  médicament  fera  pulv^ 
risc  à  part  3  puis  on  les  mêlera  & 
malaxera  avec  le  mucilage  de  la 
Gomme  Tragacanth  >  extraidt  avec 
eau  Rôle ,  dont  pn  formera  des  Tro- 
chifques  en  forme  de  fueille  de 
Myrthe  ,  qu’on  marquera  comme 
nous  avons  dit  des  lubKngues, lef- 
quels  feront  gardez  en  pots  de  ver¬ 
re  bien  bouchez.  Quelques-uns ,  dit 
Mefué  3  dilîblvent  l’Ambre  gris  avec 
l’huile  de  Gland  unguentairé  ou 
noix  Myreplîque  (■  poucce  qu’il  ne 
rancit  pas  comme  les  autres  hui¬ 
les  :  )  puis  y  ajoûtetît  les  autres  pou¬ 
dres  3  &  forment  leurs  Trochifques 
comme  dit  eft.  Outre  ce  qu’ils  font 
aiexitaircs ,  ils  font  convenables  aux 
maladies  froides  du  cerveau ,  cœur,, 
matrice  3  &  des  autres  vifeeres,  Ils 
entrent  en  plufieurs  compofitions, 
qui  font  de  l’invenaon  de  Melùé. 
Ceux  de  Myteplûs  entrent  en  cel¬ 
les  qui  font  de  la  fienne.  Ils  ne  font 
point  autrement  ufitezi  Ceux  qui  les 
voudront  difpenfer  3  auront  recours 
au  lieu  preallegué. 

LES  TACVLTE2, 

Ils  corroborent  le  cerveau  &  le 
cœur  3  &  rétabliflent  les  forces  ab^ 
batues  par  quelque  longue  maladie: 
arrêtent  le  vomilfemept  5c  le 

dti 


Des  DrocbifqüiS^  5^5 


de  :  fefidénf  l’iialcîne  &  l’b- 
denr  de  toïit  k  corps  agreâble ,  & 
proficênc  au  yeûtrieuk  &  lîiacricé 
refraidis. 

RÈMARQJE. 

A  defcripiion  dé  ces  Trochif- 
qua  en  quelques  exemplaires  de 
Mefué  fe  trouve  deprdvêe  en  la  do- 
[e  de  l'Ambre  grütles.vieux  de  let¬ 
tre  Gothique  en  demandent  trois 
drachmes ,  &  ceux  de  Pinife  apud 
hmas  anno  1613.  n  en  demandent 
que  deux  drachmes  ,  Bauderon  a 
retenu  la  prefniire  dofe  ,  co'nïfhe  la 
flm  correUe.  Vay  veu  quantité  de 
vieux  exemplaires  de  différentes  édi¬ 
tions  ,  &  en  manufirtt  de  Me- 
fné  qui  ne  font  mention  du  Cam¬ 
phre  ,  comme  difeni  les  Moines  qui 
l'ont  retenu  dans  leur  defcription, 
ny  dans  un  grand  nombre  d'au¬ 
tres  Antidetaires.  ^ue  fi  on  com- 
pofoit  ces  Trochifques  avec  le  Cam¬ 
phre  ,  il  eji  tres-affeuré  que  leur 
odeur  ferait  autant  ou  pim  defa- 
greable  ,  qttelle  efl  agreabfle  fans 
icehty  ,  dr  on  nen  fiauroit  ufer  inté¬ 
rieurement,  à  caufé  de  la  faveur  & 
fi  fin  odeur  qui  fint  extremernént 
ingrates  ;  &  au  contraire  le  Cam¬ 
phre  n'y  étant  pas  (  comme  on  les 
préparé  ordinairement  )  c'eft  un  re- 
mede  U  plits  délicieux  pour  fin 
^figf,  fait  extérieurement  ou  in- 
ttrieuremtnt  que  nom  ayons  pour 
ceux  qui  n’en  craignent  point  l’o¬ 
deur.  Pay  obfirvé  que  le  nombre 
des  ingrediens  ,dr  leur  dofe  efigar- 
dfe  par  les  Diffenfaires  ,  &  nay 
trouve  que  les  Moines  qui  y  fini 
entrer  le  Camphre. 


Peur  procéder  ptsù  Mihodiquè- 
ment  au  mélange  que  deffm  ,  le 
bois  d'Alo'és  étant  réduit  en  poü- 
dre  fubtile  ,  il  faut  couper  l’ Am¬ 
bré  grü  auffi  menu  qti'il  fe  pour¬ 
ra  avec  un  coûté  au ,  &  fur  un  por¬ 
phyre  bien  net  le  broyerés  avec  le 
Mufc  ,  &  un  peu  de  mucilage  de 
Gomme  Tragaeanth  ,  tiré  comme  dit 
èft  ,  jufqud  ce  qu’ils  filent  fiib- 
tils  &  également  rnélés  ,  après  y 
mlleré's  le  bots  d’Aloës  &  contt- 
nûerés  de  les  broyer  me  heure  du¬ 
rant-,  dr  avec  ùn  peu  d’huile  d’a¬ 
mandes  douces  faut  oindre  le  bout 
dés  doigts  peur  manier  là  phte  dr 
éh  former  des  Troàhifqûés ,  qu’il  faut 
fâi'ré  fiichér [fiigneüfiméni  à  l’om¬ 
bre  entré  déûx  papiers  :  ou  bien 
après  avoir  broyé  l’Ambre  ,  &  /e, 
Mufc  avec  ün  peu  de  mucilage 
fur  le  porphyre  ,  en  peut  prendre 
cette  mixtion  &  ta  mettre  dans  un 
mortier ,  pour  y  mêler  le  bois  d'A- 
loë's  en  poudre  &  les  malaxer  en- 
femble  ,  ainfi  le  mélangé  s’en  fera 
mieux  ,  parce  que  la  matière  fur 
la  fin  efi  trop  firme  ,  &  on  ne  la 
pourrait  gouverner  fur  le  porphyre, 
comme  on  fira  dans  un  mortier  à 
coups  de  pilon. 


Tfochifci  Alîptæ  Mofehatæ, 
D.  N.  Alex. 

Ladani  puri ,  uHc.  très. 

Styraeü  calamites ,  une.  ,.unam  & 

.  fimif 

Styraeü  rubri,  unc.-unam. 

Lighi  Alo  ’és  optimi ,  drach.  duos-.. 
Ambra  cinéritia,  drach.  unatn.' 
Captmra ,  ferup.  unum  &  femifi- 

T  te  2  Mofehi^ 


5 1 6  Livre  I 

Jdcfcèi  .jlrupulfèmij^. 

Comporte  PaÈillos  ctink  Aqua  Rofa- 
rum  :  ficctntur  in  umbra  ,  &  re- 
pen^ntur  ufùi.  Myrepfm  habet 
Caphurtt  JcrupuLfem.  ut  Mofchi. 
In  reliquü  conftntiunt. 

PARAPHRASEE 

ALipta  /  {èlon  Salernitanus  )  fi- 
gnifie  mixcui'c  ,  ou  mélange  : 
Moichata  pour  caufc  du  Mufc  qui  y 
encre.  Ainfî  ces  Trochifques  ont  pris 
leur  nom  &  fùrnom  de  plufieurs  mé¬ 
dicaments  odorans  mêlez  enfemble 
pour  parfumer  le  cerveau,  &  ma¬ 
trice.'  Leur  bafe  eft  le  Ladanum  ,  mis 
au  commencement.  Sa  vertu  adftrin- 
gente  eft  augmentée  par  le  Styrax, 
&  conduite  au  cerveau  par  le  bois 
d’Aloês  :  au  cœur  &  mamee  par 
LAmbre  ,&  Mufc,  Le  Camphre  icy 
rais  en  petite  quandcé  ne  peut  nui¬ 
re  à  la  matrice,,  mais  par  fà  tenui¬ 
té  de  parties ,  fek  penetrer  la  ci  affi- 
tie  de  la  baie,  ju^ucs  au  cerveau, 
&  à  la  poidrine.  Myreplùs  au  pre¬ 
mier  des  Antidotes,  chapitre  425.. 
y  en  met  fêalement  demy  krupuléi 
comme  de  Mufc  ,  &  non  un  Icm- 
pule ,  &  demy  comme  Salernitanus. 
Lt  pour  le  refte  ils  font  d  accord'. 

LE  MELANGE. 

Le  mélange  enfcigné  par  Saler- 
nitanus  eft  long  &  laborieux.  Pour 
avoir  plutôt  fiit,  faut  faire  ainfi.  Pul- 
vehfcz  chaque  médicament  à  part, 
puis  les  mêlerez  comme  s'enfuit.  Il 
faut  chauftèr  un  mortier  &  pilon  de 
bronze  ,  &  en  iceluy  agiter  &  battre 
Is  Ladanum  toncafsé  avec  un  peu 


SeBion  X  L 

d'eau  Rofe  ,  jufqu’à  ce  qui  foi, 
bien  fondu  ,  &  n  y  aye  aucun  «ru- 
meau.  Puis  on  y  ajoûtera  le  Styrax 
rouge, &  Calamite,  quon  agitera 
auffi.  Puis  on  y  ajoûtera  le  bois  d‘A- 
loê's  fubtilement  pulvérisé ,  aprez  le 
Camphre ,  Mufc  ,  &  Ambre  dif- 
fous  enfemble  ,  avec  eau  Rolè  dans 
un  autre  mortier.  De  la  pâte  à  de- 
my  refroidie ,  on  formera  des  Tro- 
clftfqucs  de  telle  grollèur  ôc  for¬ 
me  qu’on  voudra ,  qui  feront  fei- 
chez  à  l’ombre  ,  &  gardez -pour  la 
neceflitc. 

LES  FACFLTEZ. 

On  les  recommande  fort  pour 
être  efficaces  au  cerveau ,  foye ,  ven¬ 
tricule  ,  &  autres  parties  deftinées 
à  la  nutrition ,  5c  pour  reftaurcr  les 
efprits.  Ils  font  aulli  propres  à  l’aftkr 
me  des  enfens ,  &  à  ceux  qui  ne 
peuvent  retenir  le  laid,  ils  peuvent 
encor  fervir  à  parfumer  en  teti«  de 
pefte. 

REMARQVE. 

La  deferiptiqn  des  Trochifquu 
d'Alipta  Mofehata  de  Salem- 
tnnw,  autrement  de  PAntidotarium 
parvHm  Nicolai  P r Ap ofiti  ,.eft  tel¬ 
lement  conforme  à  celle  de  Nicol. 
Alexandr.  en  nombre  d’ingredtent 
&  dofes  d’iceux  ,  qne  fny  raye  le 
nom  de  ce  premier,  pour  ren¬ 
dre  l’honneur  qui  efi  deu  a  A£- 
calaus  AJexandrinui  ,  qui  au  cha¬ 
pitre  368.  du  livre  fiu-allegue  les 
décrit. 

Si  le  Styroi  calamite ,  &  rouge 
fe  peuvent  mettre  en  poudre,  tl 


Des  Trochifques*  5  1 7 


tnfera  Uaucoup  meilleur  ;  car  pour 
les  Autres  ingrediens  ,  la  difficul¬ 
té  n’en  ffira  pas  grande ,  &  leurs 
vertus  fe  conferverom  beaucoup 
mieux  i  fi  on  met  l'Ambre  gris  en 
poudre  dans  un  mortier  avec  la 
mitié  d’une  Amande  ,  puis  on  y 
apûtera  peu  à  peu  le  bois  d’ A- 
loës  en  poudre  fubtile ,  &  on  con¬ 
tinuera  de  les  triturer  le  plus 
Subtilement  qu’on  pourra  j  on  en  fe¬ 
ra  de  même  du  Mufc ,  avec  deux 
tu  trois  gouttes,  d’huile  d’ Aman¬ 
des  s’il  eft  fec.  Le  Ladanum  fe¬ 
ra  [ubtilement  trituré  à  part  au 
poids  de  trois  onces  &  demie ,  à 
Ciufe  du  fable  qui  fe  trouve  par¬ 
te)  J  &,  paffié  par  un  cicotrinoir. 


&  ainfi  la  poudre  pourra  être  ma¬ 
laxée  avec  le  mucilage  de  la  gem¬ 
me  Tragacanth  deux  eu  trois  heu¬ 
res  durant  dans  un  mortier  de 
bronTj  à  froid ,  &  de  cette  métho¬ 
de  les  parties  plus  fubtiles  des  in¬ 
grediens  ne  s’évanouyront  point  en 
l’air  ,  comme  fi  on  les  malaxait  en 
un  mortier  &  filon  chauds  j  ainfi 
qu’il  eft  enfeigné  par  V  A utbeur  du 
mélange.  L’odeur  du  Camphre  eft: 
fi  ingrate  ,  quand  elle  fe  trouve: 
mêlée  avec  celles  de  l’Ambre  & 
du  Mufic  ,  que  je  ne  feray  point  dif¬ 
ficulté  de  le  réduire  d  un  demy 
fcrupule ,  comme  Uicol.  JMyrepfus 
Alexandrinut. 


Tm 


T 1 1  J 


5i8 


Livre  L  SeBïon  X  L 


Trochifci  Cyphi ,  D.  Damocratis. 


Vu&  Palfi.  piniuif- 

in. 

in 

in 

in 

— r-* 

JîmA,  mundatA  d  cor- 

fimtU. 

dufto. 

\quadru. 

fextu- 

oBuplo,  ! 

decupk  \dmde- 

tice  tenui ,  &  ah  ad- 

1 

'plo. 

plo.  '  1 

!  1 

1 

cuplo. 

nü probe  Uvigatt, 
Terebinthina  para  , 
JMyrrh&  optima  &  fe- 

mri. 

39- 

3«9- 

\ 

XViij. 

'•^xq. 

^XV]. 

^XX. 

^xxiij. 

Schœnanthos , 

utri. 

3^ 

39* 

1  ... 
3Ȕ/- 

3^/- 

"^viij. 

^Xij. 

Cinnamomi,  feu  Cane  U. 

9^. 

■  ^ 

feiea. 

^iiij. 

dvj. 

3viij. 

9^. 

dxij. 

Calami  àromatici. 

9^. 

gr.v. 

duq. 

Û. 

hix. 

3xiij. 

&. 

dxviq. 

'B.xxij. 

Bdellij  lachrjfma , 

SpicA  Nardi , 

CajfiA  nigra  lign.  aro- 

mat. 

Cjfperi  , 

Baccarnm  luniperi 

grandium  &  pin- 
guium^ 

Gran. 

Gran. 

3/- 

3iiij. 

5ÿ- 

dvii]. 

dviiij. 

xvj. 

xxxij. 

Grdiij. 

Gran, 

xvj. 

Gr.viij. 

(5. 

A^alathi , 

Cr.xi. 

Gran. 

Gran. 

Gran. 

Biiq. 

dv.S. 

Croci  optimi , 

xxij. 

xliii}. 

lxv\. 

gr.viij. 

Gr.lx 

Gr.v. 

Gr,x. 

Gr.xx. 

Gran. 

Gr.  xl. 

Gr.l. 

XXX. 

Meiis  Attki  ,  sut 

Callia  Uarbonen- 
fis,  & 

Vint  optimi ,  utriufque 

modum  medioerem 
adformandos  Pafiil- 
los  ut  dicemus. 

para 


Trochifquej.  j  i  o 


PARAPHRASE. 

CE  nom  de  Cyphi  n'eft  pas 
Grec  5  mais  étranger,  qui  figni- 
fie  odorant  ,  &  eft  indéclinable-. 
Les  Prêtres  d'Egypte  parEuiioient 
.  anciennemenc  leurs  Dieux  de  ces 
Trochifques  pour  les  avoir  propi¬ 
ces  en  ce  qu’ils  requeroient  d  eux. 
Depuis  les  Médecins  ,  du  nom- 
‘  bre  delquels  eft  Andromachus  ,  & 
Damocrates ,  &  notamment  ce  grand 
Roy  Mithridate  ,  ont  trouvé  par 
expérience  qu’ils  étoient  fort  ex¬ 
cellents  aux  venins ,  à  la  pcûe  ,  iSc 
aux  maladies  froides  du  cerveau ,  & 
du  foye ,  &  pour  les  defluxions  qtii 
tombent  à  la  poitrine. 

i  LE  MELANGE. 

Ceux  qui  ne  pourront  recouvrer 
du  vray  Afpalathe ,  qu’ils  prennent 
femblaÛe  poids  de  Zedoàire,  qu’ils 
concalTcront  au  mortier  ,  avec  la 
racine  de  Cypere  ,  puis  y  ajoute¬ 
ront  le  Nard  Indique  incifé ,  k.Ca- 
nelle ,  Çaffe  aromatique  ,  la  Canne 
odorante  ,  la  graine  de  Genevrier, 
&  :Schœnanthe  ,  qu’ils  pulverilc- 
ront  enfemble  &  paffetonc  par  un  ta.- 
mis;  fubtil. 

Il  faut  piler  à  part  le  Saffian, 
pois  on  mondera  les  Raifins  blancs,. 
&  gras  de  leurs  pépins  Sc  pellicu¬ 
les  ,  pour  les  piler  à  part  au  mor- 
de  marbre  ,  Sc  paffer  fur  un 
^tnis  renverfé  avec  une  cueillere 
“  Argent  ou  Ipatule  ,  puis  on  en. 
pefcra  le  poids  requis.  Cela  fait 
,^amocrace  (.  de  l’authorité  de  Ruf-  . 
«5  Ephefîeu  ,  cjccellenr  Mededn. 


qui  floriilbit  à  Rome  du  temps  des 
Empereurs  Ti  ajan  &  Adrian  )  die 
qu’il  faut  agiter  au  mortier  de  mar¬ 
bre  le  Bdellium  ,  &  la  Myrrhe, 
avec  un  peu  d’excellent  vin  ,  en 
forte  qu’ils  fe  fondent  &  retiennent 
la  forme  d’un  liniment  ,  ou  miel 
liquide.  Aprez  on  prendra  trois  ou 
quatre  onces  de  Miel  blanc  écume 
&  cuit  en  forme  de  Syrop,  au¬ 
quel  encore  chaud  on  détrempera 
la  pulpe  des  Raihns  palfée  comme 
dit  cft  ,  la  Terebinthine  ,  puis  le 
Bdellium,  Sc  Myrrhe  fondus,  fina¬ 
lement  les  poudres  pour  du  tout  en 
forme  des  petits  Trochifques,  qui 
feront  fèichez  à  l’ombre ,  Sc  gar¬ 
dez  dans  impôt  de  verre,  ou  de 
terre  vernilîe ,  bien  bouché ,  pour  la 
neceffité. 

LES  FAcriTE  Z. 

Outre  qu’ils  encrent  au  Mithri- 
dat  ,  ils  fervent  aux  ulcérés  inter¬ 
nes  des  poulmons  ,  &  du  foye  ,  & 
de  parfum  en  temps  contagiçux. 
Les  Preftres  des  Egyptiens  ch  en- 
cenfbient  leurs  Dieux  ,  afin  de  fe  les 
rendre  propices.  Ils  conviennent 
auiïï  aux  defluxions  ,  principale¬ 
ment  en  celles  qui  découlent  des. 
ventricules  du  cerveau  for  les  par¬ 
ties  fobjacehtes.. 

REMARQVE. 

IE  me  fiiù  fris'  garde  en  cette: 

fécondé  revijîon ,  n  était  pas 
mains  neee faire  de  Mvifèr  far 
cla0s  les  dofes  des  ingrediens  des 
Trechifques  de  Cyphi  a  caufe^quiH 
entrant  à-ans.  le  Mithridat  ,  que 


to  Livre  L  SeSfîon  XL 


de  ceux  A' Heâycroi  ^ui  entrent  en 
/<f  Theriaque  5  far  ce  que  fuivant 
l’ufage  ou  U  débité  ,  les. uns  en 
compofent  plue  À  la  fois  que  les 
autres  ,,  &  ainfi  fans  avoir  la 
peine  de  fitpputer  les  dofes  ,  ils 
choijîront  celle  qui  leur  conviendra 
le  plue. 

^our  procéder  avec  plut  de  mé¬ 
thode  au  mélange  de  ces  Trochif- 
ques  que  dejfus ,  il  faut  mettre  en 
poudre  le  Bdellium  &  la  Myr- 
rhe' ,  avec  les  autres  matières  qui 
fini  triturables  ,  en  faire  une 
poudre  fuhtile.  A  part  le  faffran 
choifi  fera  triture  ,  &  la  pulpe 
des  raifins  blancs  extraiEbe  com¬ 
me  il  efi  enfei^né  cy  -  d.ejjus  par 
Vautheur  du  mélange  ,  s'ils  font 
fecs  &  que  la  pulpe  ne  puijfe  paf- 
fer  fans  les  humeEler  ,  il  faudra 
ouvrir  les  grains  ,  en  tirer  les  pé¬ 
pins  &  legerement  humeEler  le  de¬ 
dans  avec  de  bon  ' vin  blanc  ,  pour 
les  imbiber  fur  une  chaleur  lente. 
‘Pour  la  Terebinthine  ,  a  l'imita¬ 
tion  de  Mejfeurs  les  Médecins 
d'Aufbourg  en  leur  Pharmacopée^ 
aprez..  Damocrates  &  Galien  ,  il 
la  faut  faire  cuire  lentement  dans 
l'eau  ,  afin  que  les  Trochifques 
fiaient  plus  fecs  ,  (fr  qu'ils  n  adhè¬ 
rent  entre  les  doigts  ,  ny  l'un  con¬ 
tre  l'autre  j  comme  il  arrive  pour 
l'ordinaire.  Cela  fait  les  poudres 
feront  malaxées  en  un  mortier  avec 
la  Terebinthine  d  demy  dejfeichée, 

la  pulpe  de  Raifins  qui  fufii- 
ront  pour  les  incorporer  ,  fans  y 
mettre  du  vin,  ny  du  miel  ,  qui 
ny  fervent  l'un  ,  que  pour  ramol-  ' 
lir  les  Gommes  ,  &  l'autre  pour 
donner  corps  d  la  compofition ,  & 


en  diminuer  les  forces.  Jpret. 
on  formera  les  Trochifques  comme 
dit  efi. 

Ces  Trochifques  font  décrits  par 
Galien  au  fécond  livre  des  Anti¬ 
dotes  ,  ou  il  fait  entrer  neuf  drach¬ 
mes  de  Calamut  aromaticus  ,  com¬ 
me  auffi  loubert  qui  a  pris  fit  def- 
cription  de  Damocrates  ,  (ÿ*  Sau- 
deron  nen  met  que  trois  drachmes 
jufqu’â  l'édition  de  Pierre  Rigand 
de  l'an  161^.  ou  il  a  été  entière¬ 
ment  omis ,  &  comme  auffi  dans  les 
éditions  de  Sauvageon  ,  &  dans 
celle-cy  comme  en  la  precedente, 
j’ay  refiitué  la  defeription  &  U 
dofe  du  Calamus  aromaticus  a  neuf 
drachmes. 


Trochifei  Scillini ,  D.  An- 
drotnachl. 

ScilU  affata ,  lib.unam- 
Farina  Orobi  albi ,  &  non  rufi ,  un- 
cias  oElo. 

Forma  Trochifeos ,  qui  in  nmbrafic- 
cati  reponantur  ufui. 

paraphrase. 

CEs  Trochifques  ont  pris  le  nom 
de  leur  bafe  les  S  cilles  j  chau¬ 
des  &  fèiches  au  fécond  degre, 
qui  onc  trois  facilitez.  L'une  eil 
manifefte ,  incifivc  ,  atténuative  ,  & 
deterfive  des  matières  crall'es  & 
vifqueuiês  en  quelques  parties  qu  el¬ 
les  foienc.  L'autre  eft  purgative» 
félon  Mefué.  La  troifiéme.  eft  oc¬ 
culte  ,  &  celclle  par  laquelle  aies 
refiftent  aux  venins  félon  Diofto- 
ridc  ,  &  Galien ,  qui  eft  l'occafion 


Des  Trochifques,  511 


qu^Andromachus  les  mec  en  fa 
Thcriague-  Cette  vertu  alcxirairc 
eft  augraentée  par  TErnura  ,  ou 
Orobc  blanc,  plutôt  que  celuy  qui 
eft  roux ,  pour  ce  qu'il  ell  moins 
amer  ,  '&  reïifte  davantage  aux  ve¬ 
nins  ,  &  pourriture  des  humeurs. 
La  ôcilie  perd  là  tnauvailè  qua¬ 
lité  &  humidité  fuperriué  i 
pliis  Uâcjilentc:,  par  le  moyen  de 
ifflâtion'ou  coébion.  Galien  au  hui¬ 
tième  livre  des.fimplcs. 

Z£  MÉLANGÉ. 

On  prendra  des  vrayes  Scilles 
apportées  d’Efpagne  &  jion  du  Pan- 
ctation que  les  Herbpriftês  ap¬ 
portent  de  Provence  ,  &  les  ven¬ 
dent  aux  Grollîérs  'de  Lyon  ,  pour 
ce  qiic^  leur  vertu  eft; ,  beaucoup 
moindre,  félon  Diqfcoride  &  Ga¬ 
lien  ,  qui  foienf  "de  ;  tpoyèhnè  grof- 
•feur  nourries  en  licu'’iib'ré,,  &  con¬ 
venable  à  leur  namrë  ,  loin  de  la 
met  &  des  bains  chauds  ,  &  ac¬ 
compagnées  de  plufieurs  de  même 
e^eee,,  cudllies  âprez  les  moif- 
fonS  ou  au- <  commencement  de 
l'Autoinne  ,  lofs  que  les  fueilles 
font  quali  feiches  ,  &  que  par  la 
chaleur  de  l’Eté  ,  leur-  humidité  fii- 
perfluë-cftÆopfumée  ,  y  reftanc  feu- 
iément  la  radicale  icy  requilè  ,  au 
plein  de  la'Lunç,  làir  étant  clair  & 
lerain.  Les  Scilles’  ainfi  choilîes, 
lônt  de  grand  effet.  Qn  coupera 
la  tête  de  chacune  ,  &  on  en  ôte¬ 
ra  la  première  peau  ,  puis  on  les 
cnvclopeta  de  pâte  ,  dont  on  fait 
le  pain  bis  ,  &  non  de  terré  graf- 
le  (  comme  veut  Critôn  )  pour  ce 
ffie  cela  eft  trop'  fordide.  Aprez 


(  ainfi  envelopées  )  on  les  fera  aii-' 
re  au  four  ,  julqu’à  ce  que  la  pâte 
iè  fende.  Si  à  travers  des  fentes» 
un  petit  poinçon  de  bois  ,  entre 
facilement  dedans  les  Scilles  ,  c’eft 
figne  qu  elles  font  allez  cuites.  Etant 
reffoidies  »  on  prendra  le  plus  net, 
horïmis  le  cœur  ,  qu’on  lairta  ; 
puis, oij  les  pilera ‘dedans  un  mor¬ 
tier  de,  marbre  ,  avec  un  pilon  de 
bois  &  palïèra  à  travers  le  ta¬ 
mis  ■ ,  :aulqueiles  on  ajoutera  les 
deux  tiers  de  farine  d’Orobé  blancf 
comme  -fur  une  livre  de  Scilles 
(  ■  qui  vaut  doitâc  onces  )  huit  de 
ferme.  Le  tout  malaxé  au  mor¬ 
tier  (  ayant  les  mains  oinétes  d’hui¬ 
le  )■  fera  réduit  eh  Trochifqnes, 
du  poids  d’une  drachme  ,  qu’on 
feichcra  àd’ombre  ,  &  gardera  au 
befôin  ,  dans  des  pots  dè  verre  bien 
bouchez.  ' 

LES  F  A  cr LTE  Z. 

Ils  incilènt  &  detergent  les  hu¬ 
mours  crallês  &  lentes  ,  &  convien¬ 
nent  à  l’epilepfie,  &  aux  maladies  vc- 
nimeulès. 

REMARQ.VE. 

IE  naurois  jamais  tant  décou^ 
vert  de  diffrop orrions  qu’il  jy  a 
en  certaines  cotnpojitions  de  cette  ■ 
Pharmacopée  ,  fi  je  ne  rréy  éteit 
attaché  par  un  examen  très  -  par^ 
ticulier  ,  qui  m'a  fait  remarquer 
en  la  Confeélion  de  ces  Trochif- 
ques  de  Scilles  ,  le  befoin  qu'ils  onf 
d'être  corrigex. ,  fi  en  defire  qu'ils 
pojfedent'  les  vrayes  qualite'j^  & 
vertus  que  fin  inventeur  leur  ai- 
Vuu  tribtié 


jzL  Livre  L 

trihu'é  qui  ne  eonjîfient  point  en 
Vhmniâité  dés  ScilLes  ,  comme  beaur 
foup  fe  font  perfuadez..  Diofcori- 
de  l’a  fort  bien  reconnu  en  décri¬ 
vant  fon  vinaigre  Scillitic  ,  li¬ 
vre  cinquième  ,  chapitre  vingt  deu¬ 
xième  ,  quand  il  demande  l’exjk- 
cation  des  lamines  des  Scilles,  avant 
que  de  les  mettre  en  infùfon  dans 
le  vinaigre  il  eft  vray  qu’il  le 
faifoit  à  une  intention  qui  reüjfit 
en  bien  ,  contre  fen  fintiment  j 
car  autrement  l’humidité  fur-abon¬ 
dante  &  excrementeufe  quelles 
ont ,  quoy  quelle  tienne  de  l’àcre, 
ce  neft  quen  apparence^,  comme 
s’y  trouvant  dijfoute^inf  qu’il  a 
■  été  cy-devant  dit  en  la  remarque 
du  vinaigre  Scillitic  ,■  elle  raba- 
treit  de  même  toute  l’acidité  du 
vinaigre  ,  par  le  combat  qui  Jur- 
vient  du  rencontré'  de  la  faveur 
acre  &  de  l’humidité'fkperfuè  des 
Scilles  avec  racidité  du  vinaigre^ 
le  rendrait  fans  effet,  ou  à  tout  le 
moins  de  tres-petite  vertu.  La  mê¬ 
me  humidité  jkperfu'é  ,  n’abonde 
pas  moins  aux  Scilles  ,  qu’on  em¬ 
ployé  pour  ces  Trochifques ,  aprez. 
qu  elles  font  cuites  au  fur  enve- 
lopêes  dans  de  la  pâte ,  que  dans 
celles  qui  font  crues  :  car  leurs 
humiditel^  ne  different  entre-elles  , 
que  du  plus  ou  du  moins  de  vifco- 
fté.  Les  premières  en  ont  moins 
que  les  dernieres  ,  'èf  qui  pis  efi, 
ceft  que  toute  cette  humidité  étant 
deffeichée  comme  il  arrive  en  ces 
‘Ir'ochifques  ,  de  doutée  onces  de 
pulpe  de  Scille  ,  incorporée  avec 
huit  onces  de  farine  d’Orobes ,  qui 
ff  nt  vingt  onces  ,  tout  cela  fe  ré¬ 
duit  a.  enz.e  onces  ou  environ  pour 


SeBion  X 1. 

le  plus n’y  reflant  de  Scilles , 
trois  onces  ;  qui  me  fait  dire  qu’il 
nef  pas  poffible  ,  que  l’intention 
de  Galien  ,  aprez.  Jindromachus 
ait  été  d’admeptre  une  fi  petite 
quantité  de  pulpe  de  SeÜle ,  fur 
une  plus  grande  quantité  de  fa¬ 
rine  d’Orobes.  L’Autheur  dé  U 
Laraphrafe  nous  veut  perfitadér 
que  la  vertu  alexitaire  des  Scil¬ 
les  efi  augmentée  ,  par.  celle  des 
Orobes  ,  au  contraire  elle  en  efi 
fort  affeiblie,  &  nd  été  ajoutée  en 
cette  compofition  ,  que  pour  en 
pouvoir  plus  facilement  former  des 
Trochifques  ,  (  comme  le  pain  'à 
la  chair  de  viperes.'}  Et  quUnt 
le  dire  de  Bauderon  aurait  lieu, 
fi  efi-ce  neantmoins  ' que  la  bffe  & 
le  fondement  d’une  compofition, 
de  laquelle  elle  porte  le  nom  ,  y 
doit  être  en  fubfiance  ,  'en  pim- 
grande  quantité  qu’aucun  autre  in¬ 
grédient  ,  a  moins  qu’en  moin¬ 
dre  quantité  ,  fà  vertu  furrnon- 
tat  dé  beaucoup  celle  des  autres, 
ce  qu’on  pourrait  bien  dire  de  cel- 
le-cy ,  fi  la  dijproportion  'n’y  était 
fi  grande. 

Tour  remédier  doneques,  a  .cet 
abus,  il  faut  prendre  des  Scilles,. 
il  n’importe  pas  beaucoup  quelles 
foient  rouges  eu  blanches , fi  bien  il  y 
en  ait  beaucoup  qui  prennent  les 
routes  pour  le  Pancratium  fans 
fçavoir  la  raifon  p'ourquoy  ,  en  cela 
ils  fe  trompent  grandement ,  quoy 
qu’ils  ayent  l’authorité  de  Clufms, 
qui  d'une  ejpece  en  fait  deux. 
Gjuant  â  moy  je  prefireray  tou¬ 
jours  avec  vÆtius  livre  treifieme 
chapitre  8J5.  les  rouges  aux  blan¬ 
ches  ,  pour  être  moins  4cres  & 


Des  Trochifmes.  515 


fitordicantes.  Le  temps  de  la  col- 
leB'm  doit  être  fuivant  Galien  , 
doMe  environ  le  milieu  du  Prin¬ 
temps  Apres  avoir  'jette  leurs  fueil- 
les  ,  &  quelles  font  feichées  ,  ou 
hien  ftr  la  fin  de  l'Automne:,  aprez. 
mir  fieury  ,  que  la  tige  efifei- 
che.  Ainfi  choifies  ,  les  faut  ne- 
toyer  en  dehors  ,  &  les  envelopér 
avec  de  la  pâte  faite  de  farine 
à’Orobes  ,  &  les  faire  '  médio¬ 
crement  cuire  dans  le  four ,  aprez. 
il  en  faut  divifer  les  écailles  ,  dr 
fur  une  table  hien  nette  ,  en  un 
lieu  fec  &  acre  les  faire  feicber ,  & 
fubtilement  triturer. 

Et  par  ce  que  l' Antheur  veut 
qu'on  prenne  douze  onces  de  pulpe 


de  Scilles  humide ,  &  qu'on  les  ma¬ 
laxe  avec  huit  onces  de  farine  d'O- 
robes  j  'je  prendra]/  trois  parues. de 
la  poudre  des  Scilles  dejf^ichée,  avec 
une  partie  de  farine  aOrobe  fub- 
tile  ,  pour  les  malaxer  enfemhle 
dans  un  grand  mortier  de  marbre, 
avec  de  bon  vin  blanc  *  ou  du  muf- 
cat  ,  pendant  deux  heures ,  &  eir 
fuite  en  firmer  des  Trochifques  bien 
deliez  ,  &  les  faire  feicher  à  l'om¬ 
bre.  p^ilâ  s'il  me  femble  la  méthode 
la  pim  utile  pour  la  compofition  de 
ces  Trochifques  ,  qui  feront  incom¬ 
parablement  plus  ejficacieux  qu'à 
l'ordinaire ,  &  de  plus  longue  du¬ 
rée  en  leurs  vertm ,  &  moins  fujet's 
aux  vers. 


S^4 


Livre  L  Se^ion  X  L 


Trochîfci  Hedychroi ,  D.  Aiidromachi. 


Mari,  id  efi.  Ma- 
jorana  terni  folio 
cdoratijfma  ,  gen- 
tilis  vulgo  diSla , 
jîmaraci  ,  id  efi.  Ma¬ 
jor  an  a  nofiratis  & 
non  MatricariAiCum 
nonnullit. 

Ji^falathi  (  hu]us  fe- 
nnria  fume  tantun- 
dem  Santali  citri~ 
ni  ,  vel  Zedoa- 
riA  )  & 
uêfari, 

Schœnanthi , 

Calami  arornatici 
Fhu  Pomici , 

Cofii  Arabici  , 
JCylobalfami , 
Opobalfami  ,  &  • 
Ginnamomi, 

MyrrhA  eléBa 
Folij  Indi , 

Nardi  IndicA  , 

Croei  optimi ,  & 

CaJfiA  ligneA  àroma- 
ticA  , 

Amomi  , 

Mafiiches , 

Cum  vino  Faterno  am 
fimili,  forma  Pafiit- 
los  nfuL 


fimflo.  duplo.'^quadru- 


d^. 


ZP 


3iiÿ. 


9ÿ. 


dviÿ. 


fexta-  >oBuph, 

fto.  I 


'^décupla,  \dmdi- 

\c.fk 


dxij. 


Iv-  J4 

9«ÿ..  Idvy 


Bxvj. 


¥V' 

fiiij. 

dviij. 


para 


jDe4  Trochifqua.  515 


PARAPHRASE, 

GAlien  au  premier  des  Antido- 
ees  nous  alïèurc  qu’Andro- 
mâchus  a  été  l’Autheur  de  ces  Tro- 
chifques ,  &  qu'il  les  avoir  décrits 
en  carmes  Hexamètres  ,  comme  là 
Theriaque'  où  ils  entrent  ,  comme 
aiiffi  au  Dialènna ,  que  Myrepfus  dé¬ 
crit  au  premier  des  Antidotes  ,  cha¬ 
pitre  4155.  Actius  fc  vante  Sermon  6. 
chapitre  9.  d'en  avoir  usé  avec  heu¬ 
reux  fuccez  J  en  la  curation  d'un  Po- 
lypus,  qu'un  certain  Richard  avoir. 
Les  Aticiens  en  ont  peu  usé  >  non 
plus  que  pour  le  jourd'huy  les  Mo- 
derties.  Pour  ce  les  .Apiothkaitcs  en 
doivent  feulement  difpenlèr.ce  qu'il 
leur  en  faut  pour  la  compofîtion  de 
leur  Theriaque. 

^  LE  MELANàE. 

Au  premier  rang  de  trituration 
il  font  mettre  les  bois ,  &  racinçs: 
au  deuzipme  la  Canellej&  CalTe  aro- 
tnatique-j  le  Folium ^  &  Schœnan- 
the  ;  au  troiadéme ,  les  herbes  de 
Marjolaine  vulgaire  j  &  gentilc ,  qui 
eft  le  Marum  icy  requis  :  car  elle 
jales  feuilles  plus  petites  &  eft  plus 
odorante ,  &.  plus  amere  que  nô¬ 
tre  vulgaire.  Ceux  qui  n'en  auront 
point  pourront  prendre  le'  double 
de  la  vulgaire,,  ou  de  ^la  Bàllàmites 
plutôt  que  le  Partheniüm,  ou  Matri- 
eaire  de  Diofeoride.  Il  faut  pulve- 
rifer  à  part  le.Saffranj  la  Myrrhe, 
&  le  Maftich ,  puis  on  les  mêlera 
comme  s'enfuit. 

Au  mortier  premièrement  on  dif^ 
hîudra  la  Myrrhe,  avec  du  vin  'de 


Falemcjou  Mal voifîe 4011  Mufcat> 
ou  quelque  autre  excellent  vin  rou¬ 
ge  &  vieil  J  puis  on  y  ajoutera  le 
SafFran  ,  &c  Maftich  ,  &  l'Opobal- 
fâme  J  ou  fon  fùccedanée  ,  l'huile  de 
Gerofle  ,  ou  de  Mufeade  ,  ou  le 
vray  Styrax  liquide  ,  qui  en  pour- 
roit  recouvrer ,  &  non  ce  vulgaire 
pbant,  digne  d'un  verolé,  &  non  d'u¬ 
ne  telle  compofîtion.  Aprez  on  y 
ajoûtera  la  poudre  lus-mentionnée, 
laquelle  fîiffifamment  malaxée ,  de  la 
pâte  on  en  formera  des  petits  Tro- 
chifqucs ,  qui  feront  fèichez  à  l'om¬ 
bre  &  gardez  dans  des  pots  de  ver¬ 
re,  au  befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

Us  conviennent  à  la  pelle  &  ma¬ 
ladies  où  il  y  a  du  venin  ,  entrent 
pour  ce  regard  en  la  Theriaque,  & 
fervent  au  Polype ,  comme  il  a  été- 
rapporté  cy-deflùs. 

RE  MA  RQ VE. 

N  cette  fecende  édition  fay 
doublé  la  defiription  des  Pro- 
chifques  d'Hedyehroi  jufques  k  dou- 
'  Ze  fois  J  k  caufe  comfne  il  a  été 
dit.,  quils  entrent  tdans  la  Theria~ 
que  :  &  pour  faire  que  chacu¬ 
ne  de  ces  dofis  fe  rapportent  )u~ 
ftement  k  celles  de  la  Pheriaque , 
je  nay  pris  que  le  tiers  des  àofes 
de  Bauderon  ;  la  Jîmple  nous  don¬ 
ne  trois  onces  la  double  fix  ,  & 
ainfi  des  autres  %  le  tout  en  faveur 
&  pour  la  commodité  de  chaque- 
fidele.  diJf  enfateur  de  ces  compo- 
fitions. 

Pour  le  mélange  il  ne  faut  point 
Vint.  3,  di^ou‘. 


Livre  L  SeBion  X  L 


51^ 

dijfoudre  la  Myrrhe  comme  enfel- 
gne  Bauderon  j  mais  il  la  faut  pi~ 
1er  avec  les  autres  ingrediens  é" 
les  pajfer  dans  un  tamis  fitbtil  ;  il 
faut  aujjl  piler  ou  incorporer,  fui- 
vant  quelques-uns  ,  l’huile  de  Muf- 
cade  ,  fuivant  quelques  autres  le 
Baume  noir  du  Peru  pour  le  vray 
Baume,  avec  un  peu  de  la  poudre, 
&  y  ajouter  un  peu  d'excellent 
vin  &  ‘les  battre  jufquà  ce  quils 
foient  bien  &  deuement  mêlés  en~ 
femble  ;  Le  reéle  de  la  poudre  y 
fera  jpinte  avec  quantité  JuffiJan-. 
te  de  vin ,  pour  le  tout  être  ma¬ 
laxé  pendant  quelque  tems  ,  cela 
fait  on  formera  des  petits  Trochif- 
ques  ,^qui  feront  feichez.  d  l’ombre 
dans  un  double  papier,  en  un  lieu 
fec  &  couvert. 

lufques  icy  ]e  nay  peu  quafi  com¬ 
prendre  fur  quoy  fe  fondent  quel¬ 
ques  maîtres  Apothicaires  de  Mont- 
pelier,  de  fubhituer  au  Marum  la 
Matricaire  dans  les  Trochifques 
d’Hedyichroi  pour  leur  Theriaque, 
en  cela  ils  errent  grandement ,  & 
contreviennent  direStement  à  la  def 
cription  des  mêmes  Jrochijques ,  qui 
efi  inferée  dans  le  Diéfenfaire  d'un 
célébré  &  fameux  Profejfeur  du 
Roy  de  cette  Fhiverfité  de  Méde¬ 
cine  de  fen  tems  ,  qui  dit  Amara- 
ci  hoc  efl  Matricaria.  le  ne  m'é- 
tonnerois  pas  moins  ,  Jî  je  ne  fça- 
'vois  qu’il  y  a  eu  des  Autheurs  fort 
anciens  ,  (fr  des  modernes  qui  ont 
donné  divers  Jynonymes  à  la  Ma¬ 
tricaire  ,  &  entre  autres  quelques- 
uns  l’ont  appellée  en  Grec  Amara- 
con  ,  &  d’autres  en  Latin  Ama- 
racHs  ;  mais  fans  choquer  la  mé¬ 
moire  de  ces  grands  hommes  ,  & 


ta  vente,  je  puis  dire  que  les  ms 
&  tes^  autres  fe  font  grandement 
trompes  ,  &  cela  paroit  évidem¬ 
ment  en  la  remarque  que  notre  il. 
luBre  Chancelier  a  faite  ,  en  l’On- 
guent  Martiatum  fur  le  mot  de 
Amaraci  j  qui  avait  été  dépravé 
comme  il  dit,  &  changé  pour  Ta- 
marifci  ,  ainfi  qu’on  peut  vérifier 
a-vec  la  defeription  de  Nicolas  Ale. 
xandrin  Médecin  Grec  ,  lequel fim. 
pie  avec  quelques  autres  il  a  re. 
ftitué  en  la  defeription  dudit  On. 
guent,&  remis  l’Amaracm  au  lieu 
de  Tamar'ifcus  ,  ce  que  pour  une 
plus  claire  intelligence  il'' a  expli¬ 
qué  le  mot  d’ Amaraci ,  contraint 
par  la  force  de  la  vérité ,  &  con¬ 
tre  le  fentiment  qu’il  avait  eu  un 
peu  auparavant  aux  Trochifques 
d’Hedychroi  pour  la  Marjolaine. 
Cela  me  fufifit  peur  faire  voir  que 
la  confufion  efi  grande ,  qu’il  fail¬ 
le  que  par  négligence,  on  fuhéli- 
tué  une  plante, qui  na  ny  des  quali¬ 
tés  ny  des  vertus  approchantes  de 
celles  que  fin  inventeur  y  deman¬ 
de  :  car  le-  Marum  efi  fort  aro- 
matic ,  &  d’odeur  agréable ,  là  Ma¬ 
tricaire  au  contraire ,  en  compàrai- 
fon ,  fin  .odeur  efi  fàcheufe  &  im¬ 
portune  j  que  bien  elle  pojfede  quefi 
ques  vertus  ,  en  ne  l’emploje  que 
pour  les  afieSlions  hyfieriques ,  tant 
on  fe  défié  des  autres ,  &  le 
rum  anciennement  on  l’emfloyoit 
pour  les  Onguents  aromatiques  ,& 
de  bonne  odeur ,  comme  nous  avons 
cy -devant  dit  ,  que  ces  Trochif¬ 
ques  étoient  ufités  :  &  icy,  il  y 
mû  comme  Antidote ,  &  de  bonne 
odeur  :  c’efi  pourquoy  il  efi  de  no¬ 
tre  devoir  de  recouvrer  le  Matant, 


DesTrochîfques.  ,  177 


le  qui  ne  nem  fer*  piu  diffici¬ 
le  ,  fuis  quon  mm  affieure  quil 
en  vient  heaucouf  mx  IJles  d'Hy  e- 
rcs  en  Provence ,  proche  de  Tolon, , 
^  quand  la  vraye  effiece  manque¬ 
ra  aux  moins  curieux  ,  a  tout  le 
moins,  font-ils  obligés  d’employer 
le  Uarum  de  Syrie  de  Label ,  que 
nom  avons  dans. le- pais  ,  pour  nem- 
floyer  plue  à  l’avenir  la  JlLatricai- 
rè  eh  ffi  place. 


Troclîifci  de  Vjpcris ,  D.  An- 
dromachi. 

Qrnis  Fipere,  ium  Anetho, 

'  [aie  ,  •&  aqua  co£ia  ,  uncias  ' 
oüo. 

Medulle  P  mis  albiffilmi  affii ,  & 
temiffimè  triti ,  une.  duos. 

Sine  jure  (  ne  fitum  contrahant,  aut 
*  acèfcant)  formA  ex  arte  Paflillos, 
Opohalfamo ,  aut  ejm.  fuccedaneo 
manibm  inunSlis ,  ut  monet  Gai,, 
lib.  de  'Pheriaca  ad  Pifonem. 

paraphrase. 

De  TL  faut  choifir  des  Vipères  gro{- 
«i»»  JL^ès  ,  &  bien  nourries  ,  dépoüil- 
iori.  lées  de  leur  vieille  peau  >  8c  exer- 
citées  environ  la  fin  du  Printems,:. 
Ou  au  commencement  de  l’Eté  (  lî 
la  Prime  vere  a  été  froide ,  &  j)lu- 
vieùfe  J  8c  non  kicontinant  aprez 
quelles  font  forties  de  leurs  caver¬ 
nes  J  ou  quand;  elles  ■  font  plei- 
j  nesj  ponrce  qu’elles  font  maigres,, 

,  &  peu  fucculentes.  Celles  qui  fc 

I  BOOTriiTent  prez  de  la  mer  ,  ou  des 
nains  chauds  ,  ou  qui  font  prifos 
cœur  de  l’Eté,  ne  font  pas  bonf 


nés  parce  qu’elles  excitent  aisément 
la  foif  aux  malades. 

Des  Viperes  ainfi  choifies  ,  vous 
en  prendrez  celle  quantité  qu’il  vous 
plairra  ,  que  verfeiez  dans  un  baC- 
fin  de  cuivre  large  &  profond  afin 
qu’elles  n’en  puilicnt  fortir  aisé¬ 
ment.  Vous  les  fouetterez  làns  les 
foparer,:avec  des  verges  déliées,  ou 
primes  comme  de  Geneft ,  ou  Bou¬ 
leau,  ditBetuIa  ,  &  non  avec  des 
grollîeres,  ou  rudes,  pour  ne  meur¬ 
trir  leur  chair  :  auilî  que  les  primes- 
les  piquent  plus  vivement  ,  8c  par 
tel  moyen  leur  venin  monte  à  la  tê¬ 
te  pour  fe  vanger  de  celuy  qui  les- 
a  offencées.  Ainfi  faifànc  on  aura 
plutôt  fait  que  de  les  foiietter  l’u¬ 
ne  aprez  l’autre  ,  cela  parachevé  om 
les  prendra  l’une  aprez  l’autre  avec 
des  gans  doubles  par  le  bout  de  la. 
queùê  :  pour  autant  qu’ainfi  prifos 
elles,  ne  fe  peuvent  redoubler  pout. 
mordre ,  comme  feroic  un  autre  for- 
pent  commun ,  à  caufo  que  les  apo- 
phyfos  des  veitebres  de  leur  dos 
fe  produifonc  les  unes  for  des^  au¬ 
tres  :  ce  qui  empêche  leur  rediipli-  • 
cation  fopine  pour  fo  guinder  en. 
haut.  Puis  for  un  plot  de  bois  ,  avec 
un  couteau  bien  aiguisé  on  les  cou¬ 
pera  à  deux  doigts  prez  de  la  tê¬ 
te  ,  &  autant  an  dAfoiis  du  nom¬ 
bril.  Et  de  plus  il  faut  prendre  gar¬ 
de  à  celles  qui  aprez  leur  amputa¬ 
tion  ne  fo  remuent  ou  fort  peu  ,  pour 
les  rejetter  comme  inutiles.  Cela; 
fait  on  écorchera  le  tronçon  du  mi¬ 
lieu,  comme  une  Anguille  ,  lequel’ 
fendu  de  long  en  long  ,  fora  net¬ 
toyé  de  fos  entrailles  ,  &  graille.  Cel¬ 
le-là  comme  réceptacle  du  venin,. 
8c  celle-cy  comme  excrement.  Aprez 


l8  Livre  /.  Seé^ion  XL 


il  les  faut  laver  de  plufieurs  eaux 
claires  &  nettes  :  ainfi  de  toutes  les 
autres.  En  fuite  on  les  fera  bouil¬ 
lir  en  quantité  fuffifante  d'autre  eau 
dedans  un  ^ot  de  terre  vernifsé> 
ou  baffine  ctannée  bien  nette  fir 
des  charbons  allumez  &  )&ns  fu¬ 
mée  ,  y  ajoutant  un  peu  de  fel 
(  à  caufe  de  la  iâveut  )  &‘d’Ànetli: 
ce  que  le  dode  Apothicaire  con- 
noîtra  à  peu  prez  être  neceirake, 
foit  manipule  ou  ‘fafciculc^,  ou-  plu- 
fieurs  félon  la  quantité  des.  Vipères)  ' 
qui  foit  reçent  ,  pour  corri^r  ce 
peu  de  venin  qui  pourroit  être  refté. 
en  la  fobftance-de  la-chair,  julqu'à 
ce  que  les  os  &  épines  ,  fe  puifïènt 
facilement  feparer.  Aprez  on  ■met¬ 
tra  la  chair  fur  une  nappe  'blanche 
étendue  (ùr  une  table.  Ainfi  ayant 
plufiairs  lèrviteurs.,  ou  ièrvantes  pn 
lèparera  curieufdment  les  os  &  épi¬ 
nes  de  la  chair  (  à  peine  en  peut- 
on  tirer  de  chacune  Vipere ,  pour 
grolfe  qu’elle  foit,  demy  once  bu 
fix  drachmes  :  mais  communément 
deux  ou  trois  drachmes.)  laquelle 
fera  exadement  pilée  au  mortier  de 
marbre,  avec  un  pilon  de  bois.  Puis 
on  y  ajoutera  la  quatrième ,  ou  cin¬ 
quième  partie  de  pain  blanc  bien 
fermenté ,  &  cuit  dans  un  four ,  puis 
à  part  delfeiché  &i  fubtileracnt  pul¬ 
vérisé  &  tamisé.  Exemple,  fur  qua¬ 
tre  onces  de  chair  triée  ,  il  faut  une 
once  de  pain  ou  fix  drachmes ,  le¬ 
quel  eft  feulement  mis  pour  donner 
corps  à  la  chair ,  afin  qu’elle  fc  puif- 
fê  réduire  en  Trochifques  ,  &  con- 
fêrver  plus  longuement,  &  non  pour 
augmenter  fa  vertu  (  comme  nous 
avons  dit  de  la  farine  d’Orobe  pour 
celles  de  Scilles:  )  car  moins  il  y  en 


aura,  de  tant  feront-ils  tneillents  \ 
la  morfure  &  piqueure  des  bêtes 
venimaifes,  &  par  confequentà  h 
Theriaque.  Andromachc  le  pere,  Au- 
theur  de  ces  Trochifques ,  nexpri- 
me  la  dofe  du  pain  ;  Criton  excel¬ 
lent  Médecin  y  en  mettoit  feule- 
ment  la  fiziérae.  partie  ,  d’autres-  y 
en  mettoient  la  tierce,  &  ajoûtoient 
du. bouillon:,  ou  les  Vipères  avpient 
été  cuites,  &  formoient  leürs  Tro- 
chilquès.  Galien  &.  ceux  qui  l’ont 
fiiivy  ,  ont  trouvé  -  par,  expérience 
que  cette  addition  étoit  caufe  qu’ils 
s’aigrilibient  &.  chanfilïbient  ,  ou  fe 
moifillbient,  &  que  fans  .iceliiy  ,ds 
étoient  plutôt  fees,'&  fe  gai-doient 
plus  long-tëms  en  leur  vertu ,  la  ma¬ 
nière  deiquels  fe  pratique  aujout- 
d’huy.  De  telle  pâte  ainfi  préparée, 
on  formera  des  petits  Trochiîquçs,, 
ayant  les  .doigts  oinéls  dGppbalb- 
mc,  QU  d’huile. de  Gërôfîe,  ou  de 
Mnlcade ,  fiiiyant  la  doétrine  de  Ga¬ 
lien '.au  livre  qu’il  a  composé- de  la 
Theriàqûc  dédié  à  Piiôn  j  puis  on 
les  feichera  fur  un  tamis  renver¬ 
sé  ,  afin  que  l’air  ambiant  delfus 
&c  deilbus  les  delïciche  ,  &  qu’on 
ne  foit  contraint  de  les  tburher  lôu- 
vent  à  l’ombre  ,  &  ribn  au  Soleil, 
&  en  lieu  fort  aéré  ,  chaud ,  fec., 
exempt  de  poufliere  ,  ou  autre  vile¬ 
nie  ,•  puis  on  les  gardera  dans  des 
pots  de  verre  ,  ou  de  terre  vernif- 
séê,  &  non  d’étain,  pour  caufe  du 
plomb  que  les  Potiers  y  mêlent,  qui 
foient  bien'  bouchez  jufqu’au  be- 
foin.  V 

Voilà  le  dénombrement  des  Tro¬ 
chifques  iheraffans  ,  alteratifs ,  pur¬ 
gatifs  ,  &  Alexitairès  dont  l’Apotw- 
caire-  doit  être  muny  en  fà  boua-^ 


Des  T^rochifqtiej.  51^ 


<jnc>  pwr  fcrvir  lois  que  le 
Médecin  en  ordonne.  Et  cela  fuffi- 
fe  pour  les  médicaments  internes. 
Parlons  maintenant  des  remedes  ex¬ 
ternes,  &  mettons  fin  au  premier  li- 
fre  de  cette  Paraphrale  ,  pour  venir 
au  fécond. 

LES  FACFLTEZ. 

Ces  Tiocfiifqiics  font  fort  fou- 
verains  contre  la  morfore  des  Vipè¬ 
res  &  des  autres  animaux  véné¬ 
neux  ,  Sc  pareillement  contre  cel¬ 
le  d'un  chien  enragé  ,  &  contre  la 
Icpre ,  appel Ice  des  Grecs  Elephan- 
(iafis. 

REMARQVE. 

IL  y  A  da  chofes  tres-importAtt- 
tts  a  remArquer  en  Ia  prepArA- 
tkn  des  Trochifques  de  Vipères  des 
Anciens  qui  méritent  non  feule¬ 
ment  d’être  meurément  confiderées, 
mais  Aujfi  exAÜement  corrigées  t 
cemme  nous  ferons  -voir  pur  Ia  fui¬ 
te  de  ce  difeours.  En  premier  lieu, 
je  puis  dire  fans  0voir  dejfein  d’of- 
fencer  qui  que  ce  foit ,  que  de  quel¬ 
le  fa^n  qu'on  puijfe  procéder  en  Ia 
compofitioH  defdits  Trochifques  j’en- 
tens  parler-  de  ceux  qu’on  eélime 
les  meilleurs ,  par  Ia  moindre  quan¬ 
tité  de  pain  qu’ils  reçoivent  ,com- 
ttte  de  la  quatrième  ou  cinquié- 
we  partie  que  les  plus  fideles  di- 
fftnfateurs  d’iceux  mêlent  avec  la 
thair  de  V peres  ,  qu  après  avoir 
fmfeicher  lefdits  Trochifques  ,  le 
pain  s’y  trouve  toujours  pour  le 
txoins  en  pareil  poids  que  La  chair. 


En  fécond  lieu,  lors  qu'il  s’agit 
de  faire  cuire  les  Viperes  ,  les  uns 
y  mettent  plus  de  fel  que  les  au¬ 
tres  ,  ou  pour  ne  fpavoir  pas  à 
quelle  intention  il  y  a'  été  mis, 
&  en  quel  tems  il  y  en  faut  met¬ 
tre  ,  &  en  quel  non ,  ou  parce 
que  Galien  n’en  limite  point  la 
quantité ,  &  encore  moins  Andre- 
machus  fon  inventeur ,  qui  nen  fait 
point  de  mention.  Ce  fel  s’y  fait 
remarquer  en  deux  façons  ,  fça- 
voir  a  la  langue  en  mâchant  lu 
Trochifques  par  l’imprejfon  quel¬ 
le  y  fait  de  fa  faveur  falée ,  &  à 
l'œil  ,par  une  eff’ervefcence  qui  pa- 
roit  en  la  fuperficie  des  Trochif¬ 
ques  qui  les  blanchit.  En  troiK.ie- 
rne  heu ,  ceux  qui  ne  font  point 
expers  en  cette  compofition  jettent 
la  decoSion  ou  le  hoùillon  ,  dans 
lequel  ils  ont  fait  cuire  leurs  Vi¬ 
pères  ,  &  ainfi  ils  affoiblijfent  leurs 
Trochifques  de  beaucoup.  Et  pour 
un  quatrième,  il  y  en  a  d'autres 
qui  font  cuire  les  Viperes  dans  une 
petite  quantité  d’eau  ,  après  les  ex¬ 
priment  â  la  prejfe ,  jettent  la  chair, 
(V  mêlent  du  pain  en  poudre  à 
diferetion  avec  la  liqueur  expri¬ 
mée  ,  tant  quHl  y  en  ait  ajfès  pour 
abforber  toute  l'humidité ,  les  ma¬ 
laxent  long- tems  enfemble,  jufques 
à  les  pouvoir  firmer  en  Trochif¬ 
ques  ,  d’où  vient  qu’au  lieu  d'ê¬ 
tre  noirs  ils  font  roux.  Et  cet¬ 
te  dernhre  méthode  efi  la  pire 
de  toutes  ,  comme  nous  dirons  cy- 
fiprés. 

Je  pourrais  bien  encores  alléguer 
quelques  autres  façons  d’agir  qui 
procèdent  des  Anciens  ,  pratiquées 
X  X  X  par 


550 


Livre  L  Se&ton  X  L 


■par  ceux  qui  deshsmrent  nôtre  pratiquent  pour  l'erdinaire  ,  je 
profejjion  ,  fi  ce  que  ]e  viens  d’al~  dots  clorre  Cette  Setion  carme  U 
léguer  -ne  fuffifoit  pour  juger  par  ''  '  ■ 

cét  écha-ntillon  de  tout  le  rete.  Or 
pour  les  corriger  en  quelque  fa- 
^on  ,  quoy  que  mon  dejfein  -ne  fait 
point  d’approuver  en  aucu-ne  ma¬ 


niéré  ,  que  ce  foit  le  pain  d'ans  la 
compofitien  des  Trochifques  de  Vi¬ 
pères  ,  au  co'ntraire  de  l’en  rejet- 
ter  comme  inutile  &  grandement 
prejudiciable  j  néanmoins  'je  fuis 
contraint  pour  un  plus  grand  bien, 
en  faveur  de  ceux  qui  ne  veulent 
en  rien  déroger  de  la  doEtrine 
des  Anciens ,  de  leur  donner  une 
meilleure  méthode ,  afin  de  leur  fai¬ 
re  éviter  un  pim  grand  mal ,  pour 
compofer  l'efdits  Trechifques  ,  qui 
efi  de  cuire  les  Viperes  dans  un 
vaijfeau  clos ,  en  la  moindre  quan¬ 
tité  d’eau  qui  fi  pourra  ,  après  de 
les  exprimer  legerement  par  un 
linge. ,  &  prendre  fi'pt  onces  de  cet¬ 
te  chair  exprimée  fiparée  des  os, 
a  la  fiçon  des  Anciens ,  &  une 
once  de  pain  en  poudre  fubtile  ,  le 
■tout  mis  dans  un  mortier  pour  y 
être  exatement  ^ilé  &  malaxé, 
fur  la  fin  on  ajoutera  le  bouillon 
duquel  on  aura  fait  évaporer  au 
JB.  M.  l’humidité  Juperfiué  ,  les 
aya-nt  réduits  en  la  co'nfiflance  qttil 
faut  on  en  formera  de  petits  Tro- 
ehifques ,  &  pour  le  fitrplm  on  Jùi- 
vra  l’Autheur  du  mélange^ 

Après  avoir  touché  en  pajfant 
ftr  une  partie  des  erreurs  qu’on 
a  de  coutume  de  commettre  en  la 
p  -eparation  des  Trochifques  de  Vi¬ 
peres ,  èjy-  donné  une  méthode  plus 
correcte  qu  'aucune  de  celles  qui  fe 


fin  du  premier  livre  des  medica. 
ments  internes  par  wne  autre  mil. 
leure  préparation  ,  fi  nous  défions 
de  recueillir  les  fruits  d’un  fi  puif. 
fiant  remede  ,  &  pour  cet  effet  jy 
ajoûteray  cette  fécondé  formule  de 
Trochifques  de  Viperes  ,  qui  fi. 
pajfe  en  bonté  toutes  celles  qui  ont 
été  inventées  dépuis  les  Anciens, que 
jay  recuillie  en  partie  d’un  de  mes 
intimes  amis  ,  qui  a  de  tout  tenu 
par  fa  capacité  fait  honneur  à  no. 
tre  profejfion  ,  &  l’autre  partie 
efi  de  mon  invention.  Et  pour  y 
procéder  le  plut  méthodiquement 
que  l’importa-nce  du  fujet  requiert, 
on  prendra  les  Viperes  environ  le 
milieu  du  mois  de  May  ,  qui  efi 
le  tems  preferit  par  l’Autheur  du 
mélange  ,  après  les  avoir  legere- 
ment  irritées ,  nettoyées  dedans  ^ 
déhors  ,  fiparé  la  tête  &  non  la 
queue ,  il  les  faut  jetter  dans  un 
grand  b  afin  plein  d’eau  ,  &  cel¬ 
les  qui  ne  fi  remueront  point ,  ou 
qui  fi  remiseront  lentement  feront 
rejettées  comme  inutiles  ,  ce  qui 
confirme  cette  vérité  efi  ,  quelles 
fintent  mauvais  ,  fuivant  que  le 
même  amy  m’a  afieuré ,  marque  in¬ 
faillible  de  corruption  ,  ce  que  je 
n’ay  eu  encore  occafion  d'expen- 
menter.  Au  contraire  celles  qui  na¬ 
geront  long-tems  ,  &  qui  fi  ^  dé¬ 
mènent  vigoureufement  dans  l  eau, 
il  les  en  faut  tirer  ,  les  tffuyer 
d’un  linge  blanc  &  fie ,  puis  enfi¬ 
lées  par  le  bout  devers  la  tete» 
fieront  exposées  en  un  lieu,  aèrci 
exempt  de  poufiiere ,  jufques  a 


T) es  Trochifques.  551 


^ân  jîccité,  jÛprês  il  les  faut  in-> 
cifer  fort  menu  pour  les  mettre 
flfu  facilement  en  poudre  fuhtile, 
en  un  tems  fec ,  enfemble  les  foyest 
&  les  cœurs ,  &  avec  la  Gomme 
Arabique  dijfoute  en  du  vin  blanc, 
ou  bien  avec  Vinfufion  de  la  fom- 
tnité  d'Aneth  en  malaxer  la  pou- 
ire  dans  un  mortier  de  marbre 
pendant  deux  ou  trois  heures  ,  ^ 
en  former  des  petits  Trochifques , 
qui  feront  fichées  entre  deux  pa¬ 
piers  ,  en  un  air  propre  comme  a 
hé  déjà  dit ,  cela  fait  il  les  faut 
fotter  avec  du  baume  du  Per^. 

Foilà  comme  je  croy  la  vraye 
méthode  quen  doit  garder  en  la 
compofîtion  de  ces  Trochifques,  pour 
les  avoir  tels  qu’il  faut  les  em¬ 
ployer  dans  la  Theriaque  :  car  de 
qu’on  les  préparé  pour 
I  ordinaire  fi  exaéiement  ,  qu’on  y 
procédé  en  prenant  quatre  onces 
de  chair  de  F'iperes  ,  cuite  avec 
l'Aneth  &  le  fil,  &  une  once  de 
pain  en  poudre  :  je  fhàtiens  enco¬ 
re  une  fois ,  q^g  çg  mélange  ré¬ 
duit  en  Trochifques  après  les  avoir 
fi»  ficher  ,  que  le  tout  ne  pefie- 
ra  pas  deux  onces ,  le  furplus  du 
poids  confiFloit  en  une  humidité 
fiptrflug  qui  était  contenue  dans 
a  chair  des  Vipgres  ,  que  par  l’é- 
^aporation  d’icelle  le  poids  dimi- 
r>ue  de  trois  quarts ,  pour  le  moins, 
fins  toutefois  que  la  chair  diminué 
^ri  rien  de  fa  vertu. 

Mais  que  n’avons  nom  pas  fujet 
««  dire  encore  de  ceux  a  qui  l’a- 
’^arice  fait  abandonner  l’honneur  de 
profeffion  :  j’ôfe  bien  ajfenrer  que 
fir  une  livre  de  leurs  .  Trochifques 


qu’il  ny  fiauroit  avoir  quatre  on-= 
ces  de  chair ,  &  que  le  reile  efi 
tout  de  pain  :  fupposé,  encore  qu’il, 
n’y  en  reiie  pas  davantage  com¬ 
me  d  ceux  qui  font  faits  avec  l’ex- 
prejfion  des  Fiperes  ,  &  le  pain,  que 
pour  tout  poids  ils  ne  donnent 
que  celuy  du  pain  qu’on  y  a  mis, 
&  leur  vertu  confifée  en  la  feu¬ 
le  teinture  roujfe  qu’ils  ont  ,  qui 
efi  un  abus  incomparablement  plut 
grand  qu’aucun  antre  qu’on  puifi 
fe  commettre  en  la  préparation  de 
ce  médicament.  Pour  la  juîfifica- 
tien  de  tout  ce  que  dejfus ,  je  ne  de¬ 
mande  point  d’autres  preuves  ,  ny 
d’autres  témoins  de  cette  vérité, 
que  la  propre  confcience  de  ceux 
qui  les  préparent ,  étant  bien  per- 
fuadé  qu’ils  n’ofiroient  dénier  la 
chofi  devant  ceux  ^ui  l’entendent, 
s’ils  ne  voulaient  etre  convaincus 
par  l’experience  auffi  bien  que  par 
la  raifon.  Voila  comme  quoy  le  pu¬ 
blic  efi  abusé  par  ceux  qui  re¬ 
çoivent  ces  Trochifques  dans  leur 
Theriaque  ,  après  avoir  été  abusé 
eux-mêmes  ,  en  croyant  d’y  avoir 
mis  la  chair  de  Vipères  ,  ils  n'y  ont 
mU  que  du  pain. 

Que  fi  on  me  demandait  d'où 
procèdent  des  fautes  de  telle  im¬ 
portance  ,  je  ne  pourrais  les  attri¬ 
buer  qu’aux  premiers  inventeurs  de 
cette  compofîtion  j  mais  comme  ils 
écrivoient  en  un  tems  qu’un  fui 
homme  avait  fur  fis  bras  les  trois 
parties  de  la  Medecine  ,  il  ne  leur 
était  pas  pofible  d’apporter  toute 
la  juiieffe  requife  en  la-'confiru- 
üion  des  médicaments  qu’ils  corn- 
pofiient  :  ceft  pourquoy  U  me  fem- 


5  5  ^  Livre  1.  SeBïon  X  /. 

hle  que  nom  devons  aujfi-tk  at-  Vtfere ,  car  s'ils  Veulent  comui 
tribuer  ees  fautes  a  leurs  defcen-  Us  »e  l' auraient  feint  re]ettée, corn- 
dans  qui  les  ont  authorisées  par  me  font  les  os ,  qui  contiennent  in- 
leur  jilence ,  au.  lieu,  de  Iss  eorri-  comparablement  plus  de  venu  dans 
ger ,  &  ainji  ces  premiers  font  en  leur  fubBance  folide ,  que  la  chair 
quelque  façon  excufibles ,  parce  que  de  V^ipere  dans  fa  fubBance  rnol- 
leur  emfloy  qui  était  grand  ne  le ,  qui  ejl  pleine  d'humidité  fuper- 
leur  permettoit  pas  de  fçavoir  tout,  fiu  'é comme  nous  venons  de  dire, 
quoj  qu'ils  eujjént  des  belles  lumie-  ne  participent  d'aucun  fel  fixe  ny 
res  pour  la  connoijfance  des  mala-  volatil  ,  ainfi  que  fiant  les  os  qui 
dies ,  &  des  remedes  pour  les  corn-  en  ont  receu  leur  folidité,d‘aul'on_ 
battre  ,  neantmoins  à  canfe  de  la  tire  particulièrement  ce  puijfant  re- 
brieveté'  de  la  vie  de  l'homme  ,  mede  ,  duquel  on  voit  des  effets  ad- 

6  de  la  longueur  de  V uirt  ,.  ils  mirables  aux  maladies  les  plus  de- 

ne  pouvaient  pas  fatisfaire  tout  plorables  ;  ce  que  na  pas  ignoré  le 
d'un  coup  en  certains  rencontres,  doBe  Jean  Charles  Rofemherg ,  en 
■à  des  chofes  qui  demandent  un  fre-  fes  œuvres  intitulées  Rhodologia, 
quent  exercice ,  &  un  homme  tout  livre  x.  chapitre  35.  qui  [ubHitu'e 
entier  peur  en  reconnaître  les  de-  aux  Trochijques  de  Fiperes  des  An- 
fauts.  ciens  la  poudre  de  l'épine  medul- 

jiprés  toutes  ces  raifhns ,  il  me  laire  des  JAiperes  ;  mais  avec  tout 
femble  être  juBe  de  fatisfaire  en  cela  je  crains  qu'il  ne  faille  don- 
quelque  façon  ceux  qui  font  con-  rier  au  tejns  ce  que  la  raifion  ne 
firmés  &  tellement  imbsss  dt  la  do-  feut  gagner  fur  les  eéfrits  ,  qui 
ürine  des  Anciens,  qui  croiraient  de  leur  fera  poffible  embraffer  un  jour 
commettre  un  crime  s'ils  avaient  après  avoir  veu  quelques  experien- 
contredit  à  une  fyHabe  de  leurs  ces  de  cette  vérité,  ce  quils  rejst- 
écrits ,  le fquels  ne  manqueront  point  tent  maintenant, 

de  me  repartir  de  nouveau  ,  com-  Tous  ceux  qui  feront  refiexion 
me  ils  ont  déjà  fait  en  la  prece-  fur  les  fubBances  des  os  &  de  la 
dente  édition  ,  qu'en  rejettant  le  chair  de  la  Tipere  ,  fans  difficulté 
■pain  de  ces  Trechifques ,  pour  y  ad-  approuv  eront  les  os  dans  nos  Tro- 
mettre  les  vertebres  &  les  épines  d«  chifques  ,  plutôt  que  le  pain  dans 
Viperes ,  qu’^Andromachus  en  a  re-  ceux  des  Anciens  ,  quand  U  s’y 
jetté ,  les  croyant  inutiles  ,  ain-  trouvereit  même  une  quantité  pim 
fi  j'offence  fa  mémoire  en  contre-  proportionnée  qu'il  ne  fait ,  &  ttt 

Venant\  à  fin  intention.  A  quoy  je  m’aïïegueront  point  »  comme  quel- 

répons  avec  tout  le  reffieB  que  je  ques-uns  ont  déjà  fait  ,  que  poffi- 
dois  à  la  mémoire  de  ce  vénéra-  ble  on  le  l’y  a  ajouté  pour  corri- 
ble  vieillard ,  &  à  tous  fes  defcen-  ger  le  venin  de  la  F'ipere ,  puifiue 
dans  ,  qu'ils  nont  point  conneu  une  ces  animaux  en  perdant  la  vie  ils 
déi  parties  la  plus  importante  de  la  .  perdent  entièrement  leur  venin,  & 


Des  Trochif^ues.  533 


cela  fe  vtrifie  tout  les  jeurs  ,  par 
U  frequent  ufage  que  nom  avons 
de  ta  chair  de  viper e  en  poudre, 
qu’on  en  donne  dépuü  un  fcrupu- 
le ,  jufques  à  une  drachme  ,  fans 
encun  correüif,  ny  préparation, 
que  s’il  luy  refait  quelque  venin 
uprez.  la  mort  ,  il  le  faudrait 
fans  doute  corriger  pour  éviter  le 
mauvais  fucce\^  ,  qui  fe  pourrait 
enfuivre  par  fon  operation.  Voi¬ 
la  pourquey  le  pain  n’a  été  ajou¬ 
té  à  la  chair  de  viperes  ,  que 
far  ce  qu’il  efl  fpongieux  ,  il  s’im- 
hihe  facilement  de  l’humeur  gluan¬ 
te  ,  de  ladite  chair  ,  &  de  ce 
mélange  ,  il  fe  fait  comme  une 
colle  par  l’union  des  deux ,  autre¬ 
ment  on  aurait  beaucoup  de  peine 
d’en  former  des  Trochifques  ,  ce 
qui  a  été  cy- devant  obfervê  ,  par 
l’Autheur  de  la  Paraphrafe.  D’ail¬ 
leurs  on  fait  de  tout  temps,  que 
la  force  du  pain  ,  ne  convient  que 
pour  nourrir  l’homme,  G^t^e  fi  nota 
nom  en  fervons  intérieurement  ,■ 
comme  au  Tragea  granorum  AB. 
ad  dyfenteriarn  ,  &  extérieure¬ 
ment  an  Cataplafme  de  Mica  pa- 
nis  y  il  n’y  efi  mis  que  pour  don¬ 
ner  le  corps  à  ces  cornpofitions. 

Ceux  qui  peur  la  defenfè  de 
leur  erreur ,  mettent -en  avant  que 
les  os  de  la  vipere  n’ont  point  de 
vertu  ,  ignorent  ce  que  Hippocr'a~ 
>‘s ,  Galien  ,  eV  Pline  ,  difent  que 
de  porter  la  tête  d’une  vipere,. 
^ndu'é  au  col fert  contre  les  af 
pliions  du  gefier  &  l’angine.  Et 
de  porter  le  cerveau  dans  une  pe- 
^*te  peau  pendue  au  col  ,  avance 
^  dentition  des  petits  Enfans,  Et 


ceux  qui  mangent  du  foye  de  v/- 
peres  cuit ,  font  prefervez.  de  la 
morfure  des  bêtes  venimeufes  -,  que 
de  porter  les  os  dans  du  tafetas 
o-u  linge  teint  en  pourpre ,  amoin- 
driffent  le  parexijme  de  l’epilep- 
fie  &  du  vertige.  On  mêle  aujfi 
la  dépoïtiUe  dans  des  medicamens 
ophthalmiques  ,  elle  efi  recom¬ 
mandée  pour  la  gratellc.  Et  aujji 
elle  facilite  l’accouchement  aux 
femmes  ,  fi  on  la  lie  à  la  cuiffe 
droite  :  G^^e  la  graiffe  fert  a  la 
fuffufion  de  la  veu  'é ,  a  la  brûlure,, 
empêche  que  le  poil  ne  vient  point 
fous  les  aiffelles  &  abat  Us  enle- 
veures  du  vijage. 

Si  dans  le  premier  âge  de  la 
medecine  les  .Anciens  ont  remar¬ 
qué ,  tant  de  differentes  vertus ,  en. 
chacune  des  fufdites  parties  de  la 
vipere  en  les  appliquant  extérieu¬ 
rement  fans  aucune  préparation,, 
doit-on  trouver  étrange  ,,  fi  dans: 
le  fiecle  où  new  femmes  ,.  qu’on, 
ait  découvert,  par  le  moyen  de  la. 
Chimie  ,  ce  que  La  nature  auoit 
caché  dans  le  centre  des  mixtes,, 
&  que  par  l’art  du  feu  ,  on  ti¬ 
re  un  fel  volatile  des  os  de  la  vi¬ 
pere  ,.  qui  contient  non  feulement 
tout  ce  que  les  fus-nommez.  leur 
ont  attribué  ;  mais  beaucoup  d’au¬ 
tres  admirables  effets  ,  qui  prou¬ 
vent  manifefiement  que  les  vertè¬ 
bres  de  ces  animaux  ne  font  point 
deftitnées  de  vertu  comme  difent 
certains  ,  que  fi  pendus  au  col ,  ils: 
ont  la  faculté  de  modérer  le  pa- 
roxifine  de  l’epilepfie  &  le  verti¬ 
ge  3  à  plus  forte  raifin  ,  pris  inté¬ 
rieurement  à  la  façon  que  nous  les; 

^.x  X  y  erm 


154  Livre  L  SeÛion 

employons  en  poudre  fubüle  fans 
difficulté,  .leur  vertu  fe  manifefte 
davantage  par  ■  l’entremife  de  no^ 
tre  chaleur  naturelle.  Gisant  il  ny 
aurait  que  cette  feule  raifon ,  nom 
devons  entièrement  rejetter  le  pain 
des  fufdits  Trachifques  t  &  en  ce 
faifant  nom  rendrons  à  notre  pro¬ 
chain  ce  que  la  charité  nous  re¬ 
commande. 

le  ninfifleray  pat  davantage 
fur  cette  matière  ,  puis  que  les  pim 
grands  Médecins  d'aujourd'huy 
préfèrent  l’ufage  de  la  vipere  en 
poudre  a  celuy  des  Trachifques  de 
viperes  des  Anciens  y  mais  quel¬ 
qu’un  me  pourra  répondre  qué 
quand  les  Médecins  ordonnent  la 
’ondre  de  vipere  qu'ils  entendent 
]ue  les  os  foient  feparem  de  la 
%ihair  ,  i  avoué  qu’il  y  en  peut  avoir 
qui  l'entendent  ainfi  ,  ne  fçaehant 
pas  la  difficulté  qu’il  y  a  de  les 
feparer  -,  non  pim  que  le  peu  de 
vertu  que  la  chair  contient  en  com- 
paraifon  des  os ,  comme  nom  avons 
déjà  allégué  ;  cejl  pourquoy  en 
tout  rencontre  cette  derniere  fir- 


X/.  Trochifques. 

mule  de  Trochifques  de  viperes  doit 
être  preferée  à  toutes  celles  qui  dé. 
cendent  des  Anciens. 

Gluant  a  moy  ,  je  fuis  tout  per. 
fuadé  que  quantité  de  gens  d'hon. 
neur  les  préféreront  aux  autres, 
puis  que  ]e  l’ay  déjà  veu  de  mes 
yeux  qui  les  ont  remettez,  de  leur 
Theriaque ,  peur  y  admettre  ceux, 
cy.  Mais  par  ce  qu’il  pourrait  re. 
fier  quelque  fcrupule  dans  rejjrit 
de  certains  touchant  la  quanttte-, 
fçavoir  fi  nom  en  devons  mettre 
pareil  poids  que  de  ceux  des  An. 
ciens ,  ou  bien  de  le  diminuer  ,  at. 
tendu  que  dans  notre  compoftion, 
il  n’y  a  rien  d’inutile ,  ny  de  fuper. 
fiu  comme  le  pain  ,  qui  excede  en 
tout  dans  ceux  des  Anciens ,  ainfi 
qu’il  a  été  cy-devant  remarqué.  A 
quoy  je  répons  que  nous  en  devons 
mettre  pareil  poids  que  de  ceuxda 
Anciens  ,  fans  le  diminuer  en  rienl 
attendu  que  par  une  exaSle  fuppu- 
tation  que  f  en  ay  fait  ,  U  n’en  re¬ 
vient  que  neuf  grains ,  ou  environ 
defdits  Trochifques ,  fur  chaque  on. 
ce  de  Theriaque. 


Fin  du  premier  Livre. 


SECOND  LIVRE 

PHARMACOPEE 

^  D  E 

B'AV  D  E  RO  N, 

CONTENANT 

LES  REMEDES  EXTERNES: 

DIVISE’  EN  QVATRE  S  E  C  T  I  O  N  S. 

Ânjec  un  Traitté  des  Eaux  difliüées  qu'un  Apothicaire  doit  tenir 
en  fa  Boutique. 

Par  LAVRENS  CATHELAN,  Maître  Apothicaire 
de  Montpelier. 

U  mt  nwm  de  nouveau ,  corrigé ,  augmenté  en  cette  fécondé  Edition 
/'<»r  FRANÇOIS  VERNY,  Marne  Apothicaire 
de  la  même  fville. 


5 


LIVRE  SECOND 


DES  MEDICAMENS 

EXTERNES- 


PREFACE. 

V'  iïnjre  precedent  nous  anjons  paraphrasé  le  pim 
familièrement  ejuil  nom  a  été  pojfhle ,  les  compof- 
tions ,  ^  Antidotes  internes ,  do^H  é Apothicaire  doit 
garnir  fa  boutique  :  afin  qùen  tout  te'ms ,  dge  Qd  fixe ,  on  aye 
y^jen  de  fiuhrvenir  aux  pau'vres  malades.  De  même  en  ce  fé¬ 
cond  heure  y  nom  décrirons  les  compofitions  externes  :  non  toutes  y 
fnaù  les  principales  ^  pim  ufitées  que  l’Apothicaire  doit  pré¬ 
parer  en  tems^  lieu  y  ^garder  pour  s’en  ferevir  au  hefoin: 
comme  font  les  fiuiles.y  Onguents ,  Cerats  ,  ^  Emplâtres ,  en 
commençant  toujours  par  les  pim  fimples ,  ^  puis  aux  com- 
Pofz.  de  degré  en  degré. 


SECTION  I. 

Huiles  en  general, 

|j|0  VT  ce  qui  a  vie  fous  le  Ciel 
de  ,1a  Lune  ,  eft  neceilairement 
par  une  chaleur  naturelle  ,  (Sc 


humidité  radicale ,  qui  luy  eft  fami- 
herc.  Cette-cy  eft  aérée  >  grailè  & 
fîibftantifique  J  laquelle  fè  peut  natu¬ 
rellement  J  ou  artificiellement  feparer 
de  fâ  matière ,  fbit  plante  j  minerai, 
animal  ou  excrement  d’iceluy, félon 
que  plus  ou  moins  chaque  corps  en 
participe.  Cecy  iè  peut  voir  à  l’œil  : 

A  ^ 


car 


Ve 

l'Huile^' 
natu-  'J 
rel,  qui 
fort  para 
la  cha¬ 
leur  du  , 
Soleil. 


Ve  quel 


ttfer  au 
lieu  de_ 


me. 


4  ’Livre  IL 

car  il  fe  trouvé  peu  dç.  .corps  ,  qui 
étant  jettés  aii  fcujiieproduifent  quel¬ 
que  t.âmè  ,  indice  certain  d\ine  hu-r 
meur  aérée ,  grade  dciTubilahrifiquc, 
^ue  nous  appell’erons  huile  pétant 
Réparée  de  fa  matière. 


Divîfion  dès  Huiles. 

'.^Teuf  Hitile  ejl  naturel  ou  artificiel, 

T  -’E  natulel  fè  fait,  ou  par  la  cha- 
"l_ileur  du  Soleil,  qui  attire  du  de¬ 
dans  au ,  dehors  r  ou  dé  celle  qui  éii 
enclolc  aux  vifceresdc  la  terre.  Exem- 
'  pie  dufSoleil,/’£/<co^e/i,  félon  Diof- 
■  coride  fort  du  tronc  dc  'cercains  ar- 
‘  bres  qui  naident  au  terroir'  de,-Pal-  ■ 
myrc  ville  de  Synt.'Le. Balfam‘ileon, 
ou  Opoififamum  fort  d'autres  ar¬ 
bres,  qùinaidbiehten  ludé&i&'main- 
tenant  en  Egypte  ,  au  ^and  Caire.  • 
De' l’un  ny  de  l'autre- pour  le  jour- 
'd'huy  pn‘  ne  nous  en  apporte -  des 
•  vrays ,  qui  ayent  toutes  lès  marques 
que  Diofeoride ,  Galien ,  &  Melué 
leur  attribuent  ;  mais  des  brouillés,  ' 
deiophiftiquez  :  ce  qui  a  occafidnné 
nos  nrajeurs  ,  ou  devanciers ,  d'ufer 
en  leur  lieu  de  fùccedanées ,  qui  ap- 
prochadènt  à  leur  vertu  :  comme  pour 
l'Opobalfàme  ils  prenoient  la  liqueur 
qu'ils  tifoient  de  la  MyiThe  recente, 
&  la  nommoient  Styrax  liquide ,  ou 
Stacbe  fort  diflèrenr  du  Styrax  liqui¬ 
de  ,  que  nos  Apothicaires  tiennent 
■pour  le  jourd’huy  en  leurs  boutiques», 
puant  &  digne  des  verolez ,  pour  lef- 
qirels  fouvent  on  s'en  fert  en  la  copo- 
fîtion  de  leurs  Antidotes  :  comme  au 
Mithridat,Theriaquè,&autres.Main- 
tcnantque  le  Stade  ou  Styrax  liquide 


SeBion  L 

vray.  jcft  auflî  rare  (  ou  peu  s'en  faut) 
que  le  vray  Opobalfame  des  anciens- 
nous  ufons  de  l’huile  de  gerofles  ou 
de  noix  mùfcades  ,  en  la  compofi. 
tion  de  tels  Antidotes,  plutôt  que  de 
la  liqueur  de  la  Myrrhe  pulvérisée, 

&  mife  dedans  l&^lanc  ?dè  teiife 
durS^Sc  tenue  d'ans  une  cave,  com&e 
‘quelques-uns  font mal,". 

Weeker  au  livrc'déuziémejchapi- 
'  tre  dix-huitiéme  d®  Abtidotaire 
-Çiecial, 'dit  qu’on  apporté  de  la  nou¬ 
velle.  E^agne  ,  &  Anienque  ,  un 
vnouv'eau  Baume  ,  que  les  halÿtans  de 
ce  pays-là'  appellent  Liquidambar, 
qui  ne  cede-  à  eeluy  de  ludée  ,  tant 
célébré  par-  nos  anceftres,  &quia 
été  beaugônp  plus  Gher';>-qu’il  n’eft 
à  prefent.  La  caufe  pourquoy  (  à  mon 
avis  }  nous  n'avons  pas*  dm  vray 
Baume,  eft  que  le  gland-druic  Sei¬ 
gneur  des  régions  ou  il  croîri,  &  tn 
petite  quantité-,  le  garde  pour  !iiy> 

&  pour  foire  prefent  aux  Roys  fes 
amis,  &.ne  permet  qù’on  en  vende 
pour  quelque  prix  que  ce  foin.  .  4 

Pour  exemple  des  Huiles  qui  for- 
tent  naturellement  par  la‘  ehakiii 
enclolc  aux  vifeercs  de  la  terre  ,  je 
'  propaoféray  l'Hiiile  de'  Petrole ,  qui  rW«' 
naturellement  fort  en  Italie  de  cer-  '«V 
tains  rochers ,  dont  il  a  pris  le  nom. 

De  ceux-cy  ,  je  ne  prétends  en  foire 
foire  plus  long  dilcours  ;  mais  prin¬ 
cipalement  de  ceux  qui  fc  préparent 
par  l'art  &  indtiftrie  de  l'Aptl^ai- 
re  :  &  ce  en  plufieurs  maniérés. 


Des  Huiles  artificiels. 

LEs  Huiles  artificiels  fontfofiples» 
ou  compoïèz.  Les  fimple^  fo 


Des  Huiles  artificiels. 


(OU  par  expreflîon,ou  par  diftillation. 

!  Par  diftillation  j  ou  par  afcenfoire,  ou 
ijdefcenlôire^defquels  il  fera  parlé  en 
Jon  lieu.  • 

Des  compofezj  les'  uns  foritdits 
'.fimples  (  abufivement  parlant ^  au 
-tefpeét  des  autres  de  femblable  nom, 
spliis  compofez.  Les  autres  retiennent 
le  furnom  de  compo'sé,  &  fe  font  par 
..«ixpïeffion:ainlî  que  fuivant  la  doétri- 
,np,de-  Mefué  ,  des  pliü  doétes 
.[f^dant-Dicu  )  nous  montrerons. 

pes  Bulles  en  pamculiey^qui  fe 
•a:  :  font  par  expnpôn. 

ENtre.lés  Huiles  fimpl.es,qui  fè 
fdqt  pAr^expreiïïbn  ,  le  plus  fre- 
/  qnent  de  tous  eft  ccluy  qu’on  fait  des 
-  olives  ineuresy  pource  il  eft  nommé 
;i  commun,  il  a  .diverlès  qualitez,  Ic' 

,  .  lon  qu’il  eft  récent  ou  vieil ,  falé,  . 
ejOu  l^é  ,  ou  du  lieu  où-il  .  croît  :  ,car 
':,h  nature  (  comme  dit  Platon  en  lôn 
Timée  .)•  donne  ■aux  plantes  ‘  certai¬ 
nes  ,&  particulières  vertus  en  cer¬ 
tains  lieux  (  outre  l’influence  i.des 
aftres  )  quelle  dénie  en  d’autres.  le 
lailfeà.part  l’experience  maîtreflè  des  - 
Arts ,  qu’on  en  void  journellement: 
àqueydoit  prendre  garde.  l’Apothi¬ 
caire  afin  ;de  ne  détruire  la'.fa- 
'iCflltéfln.  médicament  qu’il  compôfe,  ■ 
;  &  fruftrer  l’intention  des  AutheLirs,ôC 
i'Mçd'ecins  'qni  l’ordonnent  au  préju¬ 
dice  des  malades ,  &  à  fon  deshôn-< 

■  neur,  même. 

dC’Huile  d’olives  meures  ,  fe  fait  ; 
conimunement  au  mois  de  lanvier,' 
&  on  ajnaflè  les  olives  eh  Novem- 
ote ,  &  Décembre  ,  &  on  les  expri- 

•  We  comme  s’enfijin 


5 

Prenez  quantité  d’olives  meures, 
&  noires  que  lairrez  environ  fèpt  ou 
huit  jours ,  en  quelque  coin  de  mai- 
fon  ,  fur  le  f  pavé  ,  ou  aijçrelieu  net 

couvert  que  la  bize,  ou  le  froid 
ne  donne  dcflùs  :  durant  ce  elles  s’é¬ 
chauffent,  èc  fe  dépouillent  de  Itur 
humidité'  aqueufê  ,  noire ,  &  excre- 
menteufè,  qui  eft  caufe  qu’elles  de¬ 
viennent  ridées.  Apres  on  les.  met 
au  moplin  à  ce  deftiiié pour .  être 
brisées  par  une  meule  qui  pafle  def- 
fùs.  Puis  on  les  met  dedans  des  et 
portins'ÿ’ ou’xabdts  ,  faits  de,  palme, 
ou  de  loncs  (  l’entréjftefqucls  eft  au 
milieu.)  Iqçux  remplis  de  ceç  olives 
(  reduites^ên  pâtes.^  )  &, .mis  les  uns 
Âir  les  autres  fousje  preflqir ,  &  ar- 
rousées  d’eau  chaude  ,  on  lés  expri¬ 
me  avec  grande  force.  Lé  premier 
huilé  qui  .fort  des  olives  fans  aucu¬ 
ne  expreffiqn  ,  par  la  feule  compret 
.  flou  'des  cabans ,  &  ayant  les-  avoir 
Varrousées  d’eàu  chaude,.  e,ft  àppellé 
vierge.,  &  eft  le  meilleur  :  le  fécond 
eft  celuy  qui  vient  apre2,que  l’on  ti¬ 
re  par  forte  exppeflîpn  ,  qui  eft  neant- 
raom.s  excellent  :  le  troiziéme  eft  le 
mfciihdre  de  tous  qu’on  tire  par  une 
fécondé  forte  ex  preflion  aprez 
■avoir  remué  la  pâte  dans  les  cabats 
Sejetté  quantité  d’eau  bouillante  def- 
fiis.jj^ela  fait ,  on  cueille  l’huile  fiir 
lôauqu’on  reflerre  dans  des  grands 
yafe.s  de  terre  ou  piles  de  pierres  ,  oià 
il  fè  purifte  à  loifir,  &  garde  lông 
tems.  . 

.,  La  refldencc  ôtée  de  ces  efportins, 
eft  tranfportée  dans  un  autre  moulin 
pour  être  derechef  pafsée  fous  une 
autre  meule  ;  puis  on  la  remet  dedans 
des  cabats  plus  fo  ts  que  les  pre¬ 
miers  ^u’on  ajance  l’un  fiir  l’autre 


Livre  IL  Secîton  I. 


comme  devant ,  &  puis  par  une  plus 
force  expreffion  de  la  force  de  neuf 
Hommes  rendent  encore  l'huile  qui  y 
reftoitjqui  eit  beaucoup  moindre  que 
le  precedent ,  &  moins  plailant  j  que 
quelques-uns  mettent  à  parc ,  les  au¬ 
tres  non.  La  rcfidencc  qui  demeure 
avec  l'eau ,  beaucoup  plus  épaillè  que 
l'huile,  eft  LAmurca  des  Anciens ,  & 
non  la  fece  qui  le  treuve  dedans  les 
piles  ,  aprez  que  Thuile  en  eft  été. 

REJVIARQVE. 

IL  J!  a  encore  une  quatrième  for¬ 
te  d’hmle  qui  fe  tire  des  olives 
dont  l’^-utheur  de  la  Parap.hrafe 
ni  fait  point  mention  j  parce  que 
fans  doute  il  ne  ia  pas  connue  i  auf- 
Jt  efi-il  plus  caché  &  plus  mySie- 
rieux  que  les  autres ,  à  raifon  quon 
Je  tire  d‘un  lieufecret  quon  appel¬ 
le  communément  l’Enfer ,  oit  toutes 
les  eaux  qui  ont  fervy  peur  jet  ter 
fitr  les  olives, font  conduites  par  des 
sanaux  foufterrains  &  cét  huile 
appartient  au  maître  du  moulin ,  Le¬ 
quel  procédé  de  la  laveure  des-  ca- 
pats  quon  fait  a  huis  clos  tous  les 
Samedis  an  foir ,  &  par  quelque  au¬ 
tre  adrejfe  qui  neji  connue  que  par 
ceux  du  travail.  Celuy-cy  :  vaut  un 
peu  plus  que  le  dernier  de  Baud.  qui 
ne  peut  etre  employé  qud  faire  du 
Savon,  a  caufe  qu’il  efi plus  cras. 


De  t Huile  Omphacin. 

L^Huile  Oinphacin  fc  fait  des  oli¬ 
ves  non  meures ,  un  peu  aupa¬ 
ravant  qu'elles  commencent  à  chan¬ 
ger  de  .couleur ,  de  meme  façon 


que  le  precedent.  Il  eft  appelé  deS 
Grecs  ,  ëc  Latins  ,  Omphacinum  ,  & 
Ornotribes ,  c’eft  à  dire  ,  crud  .&  ad- 
.ftdngenc. 

Ceux  qui  n’auront  pas  moyen  de  „ 
recouvrer  cet  huile  ,  qu'ils  faflènt 
bouillir  dans  1  huile  commun  des  tin  n. 
fommités  de  rejettons  de  chêne,  de 
Cynorhodon  ,  Rubi  ,  Lentifci ,  Ca- 
prifolii ,  Liguflri ,  Rofarum ,  ou  au¬ 
tre  fèmblable  ,  la  quantité  quds  ver¬ 
ront  être  necellaire  ,  avec  un  peu  ' 
d'eau  ,  jiifqu'à  ce  que  l'humidité  foit 
prcique  conlumée ,  ôc  non  du  tout, 
afin  que  l'huile  en  boiullant,  n'ac-' 
quiereda  chaleur ,  &  qu'au  lieu  de 
refroidir  ,  il  nléchauffc .  dont  ils  fe¬ 
ront  leur  huile  rolàr,  Omphacin ,  & 
onguents  que  nous  déclarerons  cy- 
aprez. 

REM  AR  QVE. 

Auderon  veut  quon  faJfe'.boHiIlir 
dans  l’huile  meur ,  pour  le  ren¬ 
dre  approchant  aux  vertus  de  l’ Om¬ 
phacin  ,  les  foriomitez.  de  Chêne ,  de 
Lentifque  ,  ■&  antres  adjlringens; 
cette  méthode  ne  me  femble  pas  etre 
la  meilleure ,quoy  qudy  dye  ded’hu- 
midité ,  la  chaleur  du  feu  s’infimh 
&  pénétré  dans  l’huile  tant  foit  peu 
que  le  feu  le  prefe,ou  quil  y  fajfe  de 
fejour  dejfus  :  c’eft  pourquoy  il  vaut 
beaucoup  mieux  laver  l’huile  avec 
une  decoélion  de  fimmitez,  de  Chene, 
de  Lentifque  ,  dt  de  Plantain.  Pour 

faire  cette  lotion  il  faut  prendre  la 

quantité  d'huile  clair  ,  &  tlonx 
quon  voudra ,  &  le  mettre  dans  une 
phiole  de  laquelle  il  y  ait  les  deux 
tiers  de  vuide,  &  verfer  par  dejfus 
autant  peftnt  de  la  decoBion  fufdite. 


Des  Huiles  artificiels,  y. 


tju'ilj/  a  d’huile  ,  &  les  agiter  pen- 
4ant  un  quart  d’heure  ,  cela  fait 
fm  rajfoir  l’huile  ,  &  en  fe- 
ptrer  la  decodrion  four  y  en  remet¬ 
tre  de  nouvelle  ,  &  continuer  cette 
eftration  neuf  eu  dix  foü  ,  &<  ainjî 
aurez,  un  huile  plus  approchant 
des  vertus  de  l’Omphacin,  que  ce- 
hy  du  Paraphrafie  exempt  d’Em- 
pyreume.-  Jî  dire  la  vérité  ,  )’ay 
firt  peu  de  foy  pour  les  qualitex.  & 
vertus  que  les  -Autheurs  attribuent 
a  l’hutle  Omphacin  plus  qu’à  ce- 
luy  qui  efi  fait  des  Olives  meu¬ 
res,  &  ne  feray  point  de  difficul¬ 
té  au  rencontre  de  preferer  l’arti- 
ficiel  pour  les  raifons  que  nous  dé¬ 
duirons  cy -âpre  z.  en  la  remarque  de 
l’huile  d’amandes  ameres. 


Oleum  Amygdalarum  dul- 
cium ,  D.  Mef. 

Amygdalarum  dulcium  à  cor- 
tice  lignofo  ,  &  membranofa  cute 
purgatarum  quantum  fufficit.  Te- 
rmtur  accuratè ,  &  âffiufo  aqu&  mo- 
mento,  vafe  excipiantur ,  &  circiter 
horas  quinque  in  aqua  calida,  vel  ca- 
lente  arena  ,  aut  Jîmili  centinean- 
tur ,  foveanturque  ut  aliqudntulum 
incalefcant  ,  poftea  facculo  conclu- 
ft,  torculari-premantur,dum  Oleum 
emanet. 

faM  modo  fiunt  Olea  Amygda- 

îni  V  amararurn ,  Caryinum ,  id  efi, 

Uucum  luglandium  ,  &  Balani- 
nm,  id  efi ,  de  Ben,  utrumque  tan¬ 
dem  vim  habet  ,  tefie  Diofiorid. 
hb.  I.  cap.  3^.  Leptocaryon  ,  id  efi 
■dvellanarum  ,  Ckryfomelorum  ,  id 


efi  Pracociorum  ,  Nucleorupi  Per" 
ficorum  ,  Ceraforum  ,  Pifiaciorum, 
Strobylorum,  id  eB,  Pineorum,  NÛ-,  ■ 
cis  Indica,  Anacardiorum  ,  Mof- 
chat  a,  &c.  ’  j 

Item  Olea  Seminum  Cnici,id  « 

Carthami^,  &  Cocci  Cnidij  ,  id 
Thymelea  .-utriufque  eadem  efifa-"ya^a- 
cultas,verum  Cnici  invalidit>r,Diofi:  dajSeji- 
corid.  cap.  35.  lib.  i Raphani ,  &  ’liorura 
Adelanthij  ,  fmt  ambo  eiufdemfa-”'^'^'^ 
cultatis.  Diofiorid.  Lini  &  Ricins  ' 

id  efi  ,  de  Cherva  ,  hac  duo  eandem 
fortiuntur  vim  tefiibus  Aétio  lib.  i. 
cap.  de  Oleis ,  &  Myrepfo  feét.  1 6, 

Sefami ,  &  Amygdalarum  dulcium:' 
idem.  Paulus  &  Mefue  -,  Gyuatmr. 
fem.  frigidorum  maprum  Melonis, 
Cucumeris  ,  Citruli  ,  &  Cucurbi-  . 
ta  y  Citrij  &  Arantij  :  LaBuca,  ' 
Papaveris  :  Cannabis  ,  Sinapi ,  & 
Staphidis  Agria  :  &  fie  de  multis 
aliis. 

paraphrasé. 

IL  ncfîifEt  pas  à  l’Apodbicaire  dé  ._ 
monder fes  amande s>de lune  &'de 
l’autre  écorccjcomme  dit  Mefué,iliais 
qu’il  avilê ,  qu’il  n’en  y  aye  d’ameres,  ; 
ou  des  rances  ,  &  vieilles  tant  qu’il 
luÿ  fera  poifble  ,&  qu’il  ne  préféré  . 
le  gain  à  fon  honneur  ,  &  à  la  fanté 
des  malades  ,  qui  commettent  leurs 
vies  entre  lès  mains. 

Ceux-là  font  dignes  de  reprehen-  Erreur 
fion  ,  qui  ne  mondent  les  amandes- 
de  leur  peau  membraneulê  ,  pource  *  ‘ 
que  j>ar  lônadftridtionelle  rererre,& 
rend  âpres  les  lieux  que  l’huile  doit 
dilater, &  lenir,  qui  ^ft  tout  le  con¬ 
traire.  le  dis  eecy  afiïpqu’à  l’avenir, 
on  ne  choppe  plus  en  femb^ble  er¬ 
reur 


8  Liure  IL 

tcur  qii'on  a  fait  pour  le  paiFé. 

Pour  donc  bien  travailler  métho¬ 
diquement  ,  il  faut  bien  choifir  les 
amandes  :  puis  les  peler  de  leur  pe- 
lurcjavec  eau  tiedcj  <Sc  les  feicher  avec 
un  linge  :  puis  les  piler  cxadement 
au  mortier  de  marbre,  avec  un  pilon 
de  bois  ,  jufqu’à  ce  qu  elles  Ibient 
réduites  en  pâte ,  &  icelles  mifes  dans 
un  fachet  de  toïle  ,  on  d'étamine,  (  un 
peu  laxe,  )  la  convient  doucement,  & 
non  tout  à  coup  exprimer  à  la  prelïè, 
fans^les  chauffer.  Tel  huile  tiré  fans 
feu,eft  tres-plaifant,  &  excellent  en 
tout  ce  que  promettent  Diofcoride, 
Galien  ,  &  Mefué ,  par  leurs  dodcs 
écrits. 

Pour  chacune  livre  d’amandes, 
commimement  on  en  tire  quatre  on¬ 
ces  d’huile  ,  6c  bien  fouvent  plus. 

La  refidençe  derechef  pilée,  &  ar- 
roufée  d’un  peu  d’eau  ,  6c  chauffée  au 
bain  Marie  (mile  dans  un  pot  de  ter¬ 
re  verniffé  bien  bouché  )  ou  dans  les 
cendres ,  ou  arenes  chaudes  (  comme 
ditMefùé  J  ou  fur  .le  feu  médiocre 
('  cornu  e  four  le  jourd’huy  on  fait) 
en-rémuant  avec  le  fpatule  ,  (  afin 
qu’elle  ne  fe  brûle  )  Sc  mife  au  même 
fachet  ,  6c  exprimée  diligemment, 
rendra  encore  pour  chaque  livre  prez 
de  deux  onces  ,  qui  fcivira  aux  on¬ 
guents  ,  !k  emplâtres ,  ^od  la  chaleur 
n’eft  fufpede.  Ainfi  les  Apothicaires 
ne,  perdront  ou  ne  diminueront  leur 
gain ,  6e  profiteront  beaucoup  aux 
malades. 

LES  FACFLTE  Z. 

L’huile  d'amandes  douces  adoucit 
l’âpreté  de  gorge ,  du  poulmon  6c  des 
autres  parties  (  même  externes  )  cor- 


SeBion  L 

rige  toute  dureté  6c  ficcité  des  join* 
turcs  &  autres  membres;  &  pour  ce 
regard  il  engraiffe  ,  &  convient  aux 
hectiques  :  augmenté  la  fcmence ,  & 
en  injedion  tempère  l’arduir  de  la 
matrice,  6c  de  l’urine. 

REMARQJE. 

P  Oui'  avoir  'Ehuile  d’mandet 
douces  doué  des  ejualite\^requU 
fes  qui  foit  clair  &  dépouillé  de  tout 
ce  que  certains  croyent  être  contrai^ 
re  d  fes  qualités^  &  vertuf ,  il  faut 
prendre  des  amandes,  nouvelles  de 
trois  ou  quatre  mois ,  qui  feient  gref¬ 
fes  unies  en  la  fupe.rficie ,  &  les  jet- 
ter  dans  l'eau  mediocrernent  chau¬ 
de  &  les  y  laijfer  jufqua  ce  que  la 
peau  s'en  fepare  entre  les  dqigts, 
alors  il  les  en  faut  tirer,  les  peler  & 
à  même  tems  les  étendre  fur  m  lin¬ 
ge  blanc  &  les  mettre  en  un  lieu 
aéré  par  cinq  ou  fix  jours  plut  ou 
moins ,  afin  t^ue  l  humidité  qui  les 
avoir penetrees  foit  entièrement  dif- 
fipée  ,  &  quelles  fixent  remifes  en 
leur  premier  poids  ;  aprez  on  tes  pi¬ 
lera  dans  un  mortier -^de  marhrt, 
pour  les  pajfer  dans  m  tan,is  de 
crin  ,  fans  les  engrdijfer  comme  au¬ 
cuns^  pratiquent  &  dans  un  fac  de 
toile  forte  ,  en  tirer.e\^  'l'huile  à  la 
preffe  fans  feu.  ^an  don. pile  &  ex¬ 
prime  les  amandes  fi-iê't-  les  avoir 
pelées  ,  il  efl  impojfible  d'en  tirer 
l'huile  ,  à  raifion  que  leur  partie  a- 
queufe  s'efi  imbibée  de  l'eau  quelles 
avaient  trempé ,  qui  fait  une  vifeo- 
fité  avec  Ha  partie  oleagineufe , 
efi  la  caufe  que  les  amandes  fortent 
du  fac  en  forme  de  vermijfeaux ,  ou 
bien  le  fac  fe  creve. 

■‘a  r  , 


De^  Huiles fîmpîes. 


Les  Huiles  fuivins  fe  font 
de  même  façon. 

fçavoir. 

CElay  d’amandes  amefës  ,  de 
gland  onguentaire ,  &  de  noix 
communes ,  qui  ont  fèmblables  ver¬ 
tus  :  d’Avellaines  de  noyaux  de  pê¬ 
ches,  de  Pignons  ,  de  noix  Indiques, 
d’Anacafdes:,.&  de  mufcade. 

LES  FACVLTE  Z. 

L’huile  dlamandcs  amercs  refèr- 
re  les  obûratSlions  ,  refbùt  &  diffi- 
pe  les  vents  ,  cotnrae  au  tinteinent 
des  oreilles. ,  qui  rend  l’ouye  dure: 
adoucit  les  alperitez ,  appaife  la  dou¬ 
leur .  desmerfs  ,  amolbc  les  durerez, 
&elFace  les  tache's  du  vifage. 

REMARQ,V  E. 

L'Autheur  qui  a  a'-joutê  les  fa- 
çulteT^  aux  compojttious  de  cet¬ 
te  Pharmacopée  ,  s'efi  grandement 
trompe  ^.quand  il  a  leu  dans  quel¬ 
ques  exemplaires  des  Oeuvres  de 
Mefué-,  OÎeurn  de  Amygdalk  ama- 
tie  efi  aperitiuum  opilativum  :  pa¬ 
roles  quil  a  expliquées  contre  le 
fens  de  ce  dernier  ,  en  disant  que 
t  huile  d’amandes  amer  es  referre 
Jes  éflruélions  ,  au  lieu  de  dire 
qu‘il  ouvre  les  obfiruüions.  Si  Sau- 
"vageon  eùfl  tant  fait  peu  confideré 
tu  contrariété  de  ces  mots  ,  ou  bien 
quil  eufl  tiré  les  faculté z.  de  cét 
pile  des  Oeuvres  de  Mefué  de 
tirnprcjfion  de  Eénife  apud  luntoi 


9 

de  Van  mil  fix  cens  ‘vingt-trois ,  oh 
il  auroit  leu  Oleum  ex  Amygdalù 
amaris  obftruéla  aperjt  ,  fans  dou¬ 
te  il  aurait  évité  cette  erreur  qui 
n  efi  pas  petite  ;  mais  encores  di- 
ray-'ie  ,  quil  s’en  efi  enfuivie  une 
pim  grande  entre  les  Autheurs,  qui 
attribuent  a.  cét  huile  les  principa¬ 
les  vertus  y  que  Diofcoride  &  Ga¬ 
lien  donnent  aux  amandes  ameres, 
comme  d’ouvrir  les  ebfir^élions  ,  de 
refoudre  &  dijfiper  les  vents ,  d’«~ 
facer  les  lentilles  du  vifage  ,  &c. 
lefquelles  vértm  nefs  trouvent  point 
en  la  partie  deagineufe ,  mais  tant 
feulement  en  la  partie  aqueufe ,  ou 
toute  l’amertume  des  amandes  re- 
fide  y  qui  efi  dans  leur  marc ,  ainjt 
que  ceux  de  nôtre  profejfion  peu¬ 
vent  juger  par  la  faveur  'douce  de 
l’huile  y  qui  en  efi  épreint ,  &  par 
les  qualitez,  &  vertm  que  Mefué 
en  fes  Theerefines  attribue  a  la  fa-  ■ 
veur  amere.  Il  en  efi  de  même  des 
oliues  quoy  qu’en  leur  parfaite  ma¬ 
turité  elles  foient  ameres  &  d’ un- 
mauvais  goût  y  &  lors  que  l’huile 
en  efi  fe'paré  par  exprejfwn  ,  il  elt 
doux  &  entièrement  dépoüillé  de 
la  faveur  ingrate  de  fon  fruit ,  qui, 
demeure  femblablement  attachée  au 
marc  ,  comme  d  la  partie  la  plus 
terrefire.  C’efi  en  cela  que  paroif 
fent  les  merveilleux  effets  de  la 
nature  ,  par  le  fecret  mélangé  de 
diverfes  fubfiances  quelle  fait  en 
la  production  des  mixtes  en  mêlant 
exactement  la  fubfiance  aqueufe 
avec  l’deagineufe  ,  la  faveur  ame¬ 
re  y  avec  la  douce ,  &  ainfi  des  au¬ 
tres  fans  que  leurs  qualitez.  & 
vertus  le  plus  foüvent  fe  commu-r 
niquent  les  unes  aux  autres ,  com- 
b  me 


10  Livre  IL 

mç-  noHi  voyons  en  l’olivier  qui  efi 
amer  en  mues  [es  parties  ,  &  nean¬ 
moins  comme  je  viens  de  dire  y  fin 
fruit. nom  donne  fin  huile  qui  efi 
doux  :  &  de  fin  tronc  refude  fans 
artifice  un  fine  blanc  de  fubfiance 
aqueufe,  dé  faveur  douce,  qui  fi  con¬ 
cret  comme  la  manne  5  duquel  je  ne 
fêr  ois  P  as. moins  étonné  fi  je  ne  l’a- 
voù  veu  &  goûté ,  que  le  doéte  Lo- 
hel  qui  le  décritfort  a  propos  en  fis 
Adverftires  fim  le  nom  de  Elœome- 
U  3  ou  le  curieux  aura  recours  s’il 
defire  d’in  voir  l’hifioire  au  long, 
&  apre"^  luy  lean  Bauhin  en  fin  hi~ 
fioire  des  plantes  tome  premier  li¬ 
vre  fixiéme  chapitre  deuxième.  En 
voilà  ajfez^  fur  ce  fujet ,  pour  don¬ 
ner  à  connottre  à  ceux  qui  défirent 
fi  retirer  de- l’erreur  ,  que  l’abm 
efi  ires-pernicieux  de  's’imaginer 
que  tous,  les  huiles  que  nom  tirons 
par  exprejfion  des  fruits  ,  comme 
aujfi  de  ceux  ,  que  nom  faifins  par 
imprejfion  ,  des  autres  parties  des 
plantes  dans  l’huile  commun ,  ayent 
tes  qualitesi  &'  vertus  ,  que  les 
Autheurs  leur  attribuent ,  comme. 

11  fera  plus  particulièrement  '  dit 
cy-aprez..  Ces  deux  exemples  fit  fi¬ 
rent  donc  à  l’Artifie  curieux  ,  ' ou 
'il  pourra  faire  des  reflexions  dignes 
de  fin  honneur. 


Ceux  des  [emences  Jtiirvames 
fe  font  de  meme. 

Comme  de  la  graine  de  Thymæ- 
lea,  &  de  Carthame  ,  qui  ont 
femblables  vertus  (  hormis  que  de 


SeBion  L 

cettuÿ-cy,la  force  eft  moindre,  Diof. 
coride  chap.  3  5.  du  premier  livre)  de 
Refort ,  &  Melantium ,  de  Lin  i  & 
dé  Cherva  ,  ou  Paume -Chrill:  :  de 
Sefàme,  &  d’amandes  douces  :  des 
quatre  femences  froides  grandes ,  de 
melons  ,  de  concombre ,  de  citrouil¬ 
les  ,  &  de  courges  :  de  citrons, 
de  limons  ,  &  d’orenges  :  de  lai- 
élues  5  &  de  Pavot ,  de  chanvre  de 
mouftarde,  &  Staphifagte,  &c. 

La  différence  eft  qu’il  ne  faut 
pas  s’amufer  à  l’écorce'  de  certai¬ 
nes  Icmences  ;  comme  de  la  Iiifquia- 
iîie  J  du  Pavot  ,  des  laiétuës ,  de 
froment ,  de  moutarde  ,  de  Lin ,  de 
Melanthium,de  refort, &  de  chanvre, 
qui  ne  fe  peuvent  monder  ,  comme 
les  autres. . 

Pourvèu  que  l’Apothicaire  tienne 
de  ces  Icmences  ,  il  lufEt,  &  non 
leurs  huiles  tponree  qu’en  touttems 
ils  fè  peuvent  faire'’,' fi  la  néceflité  lé 
requiert  :  joint  qu’ils  font  meil¬ 
leurs  recens  ,  que  vieils,  &  font  plus 
plaifiins. 

Quant  à  celuy  du  froment  il  le 
peut  faire  entre  deux  Jamincs  de  fer, 
moyennement  chaudes  ,  comme  dit 
Mefiié  ,  ou  per  afienfum  ,  domine 
celuy  de  briques ,  (aduquel  nous  trai- 
’  torons  en  fbn  lieu  )  du  pèr  defeenfim 
(comme  dit  loubert)  &  en  allez  bon¬ 
ne  quantité.  .  ' 


Ih  Oleum  fem'm.  Ehuli^D. 
^atthioli. 

La  femence  d’hieble  nommec^^® 
Latins ,  Ebulus  ,  fepafée  de  Ion 


Des  htmles  Jïmples.  ii 


ÊLÛt.  noir ,  >  &,  feichée  fera  pilée  3 
avec  un  pilon  de  bôiisdans  un  mor¬ 
tier  &  réduite  en  maffè  ,  laquelle 
trempera  toute  la  nuit  en  eau  chau¬ 
de  ,  puis  le  tout  mis  dedans  un  vaif- 
feau  étanné  j  de  large  entrée  ,  on 
lejfera  cuire  à  petit  feu  ,  en  re¬ 
muant  bellement  avec  un  bâton  , 
ou  pilon  de  bois.  Cela  fait ,  la,  baf- 
fine  ôtée  de  delTus  le  feu  ,  ôc.  re¬ 
froidie ,  on  ôtera. Ipctime qui  nage, 
paç  dellûs  (provenue  tant  par  la  cha¬ 
leur  ,  que  pav  1  agitation  continuel¬ 
le  :  )  puis  on  atnaflera  Thuilc  avec 
,  une  cueillere ,  qu’on  gardera  au  be- 
foin. 

Z£S  FAC^LTEZ. 

L’huile  de  feraence  d’hieble ,  ap- 
paife  toutes  les  douleurs  des  join¬ 
tures -principalement  celles  qui  pro¬ 
cèdent  de  la  vcrole  :  diffipe  la  pituite 
aaflè  qui  tombe  ïiir  les  jointures ,  & 

.  provoqué' les  mois. 

REM  ARQ^VÉ.’  ' 

Our  extraire  l’huÙfde  la  fe- 
mence  d'hiehle  quil  fait  doiié 
de-'fes  plus  -rares  •vertus  &  quali- 
tez.  ,  feparé  de  toute  impureté ,  au 
lieu  de  le  tirer  ^ar  ebuliitiou  qui 
efl  me  façon  grojjîere  qui  a  la  ve¬ 
nte  en  rend  beaucoup)  plus  -,  mais 
il  nefi  pas  fi  Jubtil  ,  il  le 
fout  extraire  par  voye  de  dîjlilla- 
tion  ,  &  y  procéder  ainfi.  Prenez, 
une  quantité  de  femence  d’hieble 
conca fierez,  ,  par^  exemple  qua¬ 
ire  livres  ,  y  verferez  par  défi- 
Jus  d  eau  de  -fontaine  chaude  vint- 
*inq  OH  trente  livres  ,  aprelj^  vint- 


quatre  heures  d’infufion  fur  tes  cetp. 
dres  chaudes  ,  faut  verfer  le  tout 
dms  une  grande  cucurbite  de  refri- 
geratoire,- garnie  de  fan  chapiteaujé 
dèfius  plein  d’eau  froide  ,  &  fier  un 
fourneau  convenable,  diflillerez  par 
degré  de  feu  félon  l’Art ,  dans  fin 
récipient  qui  contienne  quinze  ou 
feize  livres ,  que  laifierez  remplir, 
l’eau  &  l’huile  monteront  tous  deux- 
enfamble.  La  difiillatien  étant  pa^ 
rachevée  ,il  faut  feparer  l’huifi  & 
le  ferrer,  pour  le  befiin  ;  de  la  forte 
il  efi'  éfiencifié.,  &  beaucoup  plus pea 
netrant  qu  autrement. 


Oleum  Laurinum ,  D.  1 
Mefue. 

BaccJéarum  Lauri  maturarum, 
ac  rec'entium  ,  quantum  videbi- 
tur  :  teranmr  in  pila  ,  deinde 
ex...aqua  'coquantur  in  lebete.  T^ofl 
torculari  piano  ,  non  cave  ,  expri- 
mantur  in  vas  fubjelilum  ,  in  que 
aqua  fupernatans  Oleum  colliga- 
tur.  Fax  rurjus  eontrita  ,  &  affu- 
fa  c fiente  aqua  exprimatur  cavâ- 
to  torculari ,  colligatur  Oleum  ,  & 
reponatür. 

Simili  modo  fiunt  Olea  ex  Bac- 
cis  Lentifci  ,  Têrebinthi  ,  Hede- 
ra  ,  Myrthillorum  ,  luniperil,  h9c 
odoratius  ,  &  ad  omnia  efiicacms 
eo  ,  quod  fit  ex  Ligna  per  defaeh- 
fum,de  quofufiusfiio  loco. 


b  Z  PyA 


Il  Lime  IL 

*PARAP  HRA  SE. 

L’f^uile  Laurin  efl;  de  fi  vil  prix» 
qu'il  ne  fe  fophiftique  point  pour 
la  grande  quantité  de  -Baiés  récen¬ 
tes  5  qu  on  amalfe  en  Italie  j,  Lan¬ 
guedoc  ,  &  ailleurs.  De  maniéré  que 
les  Apothicaires  ont  meilleur  mar¬ 
ché  de  Tachepter  de  ceux  qui  le. 
font  ,  que  de-  prendre-  la  peine  de 
le  préparer  comme  Mefué  enlèig- 
ne  ;  d’autant  qu’il  efl:  reçent  Sc 
v.erd  ,  de.  tant  il  efl:  meilleur.  Diofi- 
corjde  fait  de  même  façon  les  hui¬ 
les  de  Lentifc  ,  de  Terebinthe  ,  de 
Lierre  ,  de  Myrtilles  ,  &  de  Gc- 
nevre.  Car  les  huiles  de  Myrthil- 
les  ,  de  Terebinthe  &  de  lunipe- 
re  plus  compolè2  ',  fe  font  autre¬ 
ment  ainfi  qu’en  leur  lieu  fera  dc- 
monftré. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  foulage  les  indifpofitions  froi¬ 
des  ,  &  les  douleurs  qui  les  füi- 
vent  de  toutes  les  parties  du  cer¬ 
veau  ,  des  nerfs  ,  des  .jointures  , 
du  colon  J  du  ventricule  ,  du  foye, 
de  la  ratte  des  reins  j  &  de  la  ma¬ 
trice. 

R  E  M  A  R  QJ/  E. 

En  la  precedente  Edition  ’faj/- 
été  de  fentiment  contraire  a 
l’Antheur  de  la  Paraphrafe  ,fitrlc,e 
^qu’il  dit  que  le,  vil  prix  de  l'hui¬ 
le  Laurin  eét  caufe  quon  ne  le  fophi- 
Bique  point  ^  &  au  contraire  je  di- 
foü  que  cela  procedoit  du  mélan¬ 
ge  qu'en  y  peuveit  faire  avec  de  la 


S'eBion  L 

graijfe  de  P  arceau  ;  maù  depté 
avoir  fait.,  voyage  exprez  k  Cal^ 
•vijfon  à  cinq  "lieues  de  tMontp». 
lier  ou  l’on  en  fait  tant  les  ans 
grande  quantité  ,  pour  f  avoir  au 
vray  la  méthode  que  ceux  qui  It 
tirent  tiennent  j  fay  aprü  deé^ 
bouche  de  gens  dignes  defoy ,  q^au 
mois  de  Septembre  ils  prennent  de 
quatorze  a  quinze  quintaux  de 
Bai^s  de  Laurier  entières  (  deji 
quelles  ip  payent  ordinairen^m 
vingt  fols  du  quintal  )  les  mettent 
dans  une  grande  chaudière.  &  vetr 
fent  par  dejfus  tant  d’eau  qu’ellt 
.  couvre  les  Baies  d’un  demi  piee^ 
puis  les  font  bouillir  l’eépace  de 
quelques  heures  ,  apre\^  tirent  fe 
feu  J  &  derechef  verfent  d'eau 
froidz-j  dans  la  chaudiere-t  ,  pour 
plus  facilement  tirer  l’huile  qui  na-. 
ge  dejfus.  Cela  fait  ils  remettent 
le  feu  &.  le  continuent  en-  tout  l’e\. 
Jpace  de  vingt  -  quatre  heures  ,  (f 
de  tems  en  tems  en  retirent  l'hutn 
le  comme  devant  ,  &  de  la,  forte  y 
ils  en  recueillent  fuivant  qui'  lés 
Baies  fint.  grajfes  (  car  toutes  les., 
années  elles  ne  fontL,  pas  égales^ 
depuis  cent  ,  jufques  a  cent  qua¬ 
rante^  livres.  Les  autres  faix,'' 
qu’il  ^envient  de  faire  ne  fe  mon\ 
tent  qu’ environ  de  cinquante,  fols  y 
&  vendent  leur  huile  le  moins 
vingt-quatre  livres  le  qttintal , 
par-  ainfi  ils’ y  profitent  beaucoup, 
i&  ne  le  fephifiiquent  point  fuivant 
ce  que  'diverfes  perfonnes  m’ont  pro- 
tefié.. 

Cette  méthode  mej}  pas  feulement- 
grejfiere  ,  mais  je  trouve  y  avoir, 
d  redire  en  deux  fapons.  Premiè¬ 
rement  ,  en  ce  qu’ils  difent,.qu  il  n'y 


Des  Huiles  /tmpîei 


4  que  V écorce  des  Baies  qui  rende 
l’huile  ,  qui-  eft  la  raifon  fourquoy 
ils  les  font  cuire  totstes  entières  ,  & 
que  le  noyau  nen  rend  point,  fi  cela 
étoit ,  il  leur  fierait  fort  inutile  ,& 
tout  à  fait  fiuperflu  ,  de  faire  cuire 
fl  long  tems  lefidites  Baies  ,  parce 
qu'a  la  première  ébullition  Vécorce 
s  ouvre  &  rend  fort  huile  -,  &  parce 
que  le  noyau  efi  plus  épais  &  plus 
compare, il  requiert  une  plus  longue 
coéiion  pour  rendre  aux  ouvriers  ce 
qu’il  a  de  meilleur  ,  c'eft  la  caufie 
(fans  connaître  leur  travail  )  quils 
lafofît  bouillir  fi  long  tems  ,pa'r ce 
quils  en  reçoivent  pim  grande  vti- 
lité.  Secondement ,  je  dis  quune  fi 
longue  coélion  'difiipe  par  voye  d’J-^ 
vaporation  toutes  les  parties  le  pim 
Umt'es,  ijr  fubtiles  dudit  huile ,  ce~ 
qui  eft  grandement  confiderable ,  & 
que  1‘ Apothicaire  curieux  doit  cor¬ 
riger  ,  particulièrement  quand  il 
le  veut  employer  pour  la  fanté  de 
l'homme. 

J'ajoûteray  encores  par  une  par¬ 
ticulière  expérience  que  fen  ay  fiai- 
to  feparément  de  Vécorce  ,  &  du 
noyau,  que  tous  les  deux  rendent 
d'huile,  fous  cette  différence,  que 
lecorce  poids  par  poids,  en  rend 
plus  que  le  noyau  :  celuy-là  efi  d’un 
verd  fort  obfcur ,  &  odorant  ,  & 
celuy-cy.  d'un  verd  perdu  ,  moins 
«dorant  ,&  plus  concret. 

far  cette  obfervation  ,  Vécorce 
doit  être  toâjours  préférée  dans  les 
«ompofitions  ,  comme  il  a  été  re- 
fnrqué  cy. devant  en  divers  en¬ 
droits.. 


Oleum  Ovorum,D,Mel^ 

Ova  recentia  elixatione  indu- 
rat  a  ,  numéro  viginti ,  aut  trigin- 
ta.  Ex  hù  vitellos  exime ,  &  com- 
■minutos  in  fartagine  <  terrea  vi- 
trata  igni  mediocri  affa  ,  moven- 
do  ffatula  ferrea  ,  donec  ruhefi- 
cant ,  &  oleum  ah  iis  manare  in- 
cipiat.  Deinde  offam  feruenteth 
inijce  in  faeculum  lineum  ,  vel 
puis  confextum  ,  Ô"  exprime  tor- 
culari ,  quodque  expreffum  fuerii 
oleum ,  ufui  repone. 

‘T  ARAPH  RASE.  " 

CEt  liiiile  comme  pkifieurs  au¬ 
tres  J  ne  fe'"cioit  préparer 'qu'au 
tems  de  la  necelîîcé  ;  pource  prenez 
vingt  ou  trente  œufs ,  que  vous  ferez 
bouillir  eneau  jufqu’à  ce  qu'ils  foient 
durs.  D'iceuxj  vous  prendrez  les  mo¬ 
yeux  5  que  vous  brilerez  dans  iinç- 
càlie  éta^rnée  ,  ou  de  terre  vernif- 
sée  J  ^vec -i;efpatnlc  ,  ou  ciieillere- 
que  rôtirez  ,  on  fricaflèrez  lùr  périt' 
feu  en  les  remuant  toujours  ,  juiqu'à 
ce  qu'ils  commencent  à  rougir  ,  &. 
que  prefsé  entre  les  doigts ,  ils  com¬ 
mencent  à  rendre  une  liqueur  gralîè:. 
aprez  foudaincmenc  feront  mis  de¬ 
dans  le  fàchec  à  ce  deftiné ,  fait  de 
toile,  ou  d'étamine  ,  &  exprimez  aœ 
prelïoir  entre  deux  ais,  ou  pots  chauf-, 
fez.  L'huile  qui  en  difl:illera,lèra  gar¬ 
de  au  befôin. 


LES  FACVLTE.Z- 
Cet  huile  nettoye  le  cuir  ,•  guérit 
jâ  grateile  &  rongne,  &  autres  viees^- 
b  5  duj  > 


IA  Livre  11.  SeBion  1. 


du  cuir ,  régénéré  les  cheveux  de  la 
têce ,  guérit  les  viceres  malins  &  fiftu- 
leux  J  &  eft  auffi  propre  aux  dou¬ 
leurs  des  dents  Sc  d'oreilles. 

REMARQUE. 

Anderori  croyant  d'avoir  l'hui- 
le  d’œuf  pim  parfait  a  ajouté  a  la, 
defcription  d’icel'uy  aprez..  ^  Ova 
le  mot  de  recentia  ,  qui  par  mon 
fentiment  ne  convient  point  a  fin 
modm  faeiendi  ,  parùe  que  fi  on  pre¬ 
nait  dei  œufs  fiais  ou  recens  pour  en 
extraire  l'huile  aprez,  les  avoir  cuits 
dans  l’eau  &  legerément  fiicafielf 
comme  il  ’  convient  de  faire  pour 
avoir  un  huile  doué  des  véritables 
qualite\^  &  vertm  que-les  Autheurs 
ïuy  attribuent  ,  je  fout ie ns  qu’on 
n’en  fiauroit  tirer  que  fort  peu  ou 
point ,  parce  ,que  la  matière  pajfe- 
roit  a  travers  le  fac  à  mode  de  ver- 
mijfeaux  ,  à  moins  que  les  œufs  fufi 
fent  beaucoup  fiicajfez,,&  ainfi l'hui¬ 
le  ferait  beaucoup  altéré.  Si  nimis 
torrentur  in  fartagine  vitellaiOleum 
rnulto  minus  anodintm.efi  ,  fine  do- 
lorem  aufert.  La  caufi  de  cela  efi 
que  la  partie  aqueufiefi  abonde  plus, 
laquelle  fe  treuve  mêlée  avec  la  par¬ 
tie  oleagineufe  ,  les  deux  enfemble, 
font  une  vifeofité  qui  les  fait  paf- 
fer  ainfi  d  travers  la  toile ,  &  pour 
empêcher  que  cela.n’  arrive  ,  il  faut 
prendre  des  œufs  de  cinq  a  fix  jours, 
moyennant  qu’ils  ne  filent  point  cor- 
rompm ,  comme  il  pourrait  arriver 
dans  les  grandes  chaleurs  de  l’Eté, 
&  de  ceux-là  ou  d’un  petit  plus 
vieux  fuivant  la  faifin  de  l’année, 
on  en  tirera  beaucoup  d'huile  en  les 
torrifiant  médiocrement. 


L’eleélion  en  toute  forte- dé  me^ 
dicament  doit  précéder  la  preparaà 
tion,&  quoy  qu’elle  ne  fait  pas  icy. 
beaucoup  confiderable  en  faveur  des 
curieux, je  r apport eray  le  texte  d'A¬ 
vicenne  en  fin  traitté  de  la  Chy- 
fnie,diétion  feptiême ,  chapitre  deuXf 
qui  dit  que  tes  œufs  du  mois  de  Mars 
&  d' Avril  pour  le  printems  ;  fini 
à  preferer  aux  autres  ;  &  pour  l'Au¬ 
tomne  ceux  du  mois  de  Septemhr,e, 
&  OElobre ,  d’une  'jeune  poule  d’un 
an  qui  habite  avec,  le  coq.L'on  pen- 
fe  que  les  œufs  longs  foiefi  les  mâlâ, 
&  les  plus  ronds  led- fertiellet- 
Mefué ,  Bauderon  ny  autres  Au- 
theurs  que  'je  connaijfe  ,  aucun  n’-'ef 
feigne  le  moyen  de  blanchir  l'hui-. 
le  d’œufs,  qui  eft  lapèrfeüion  en  fa 
vertus  ,j  tant  pour  raifon  du  feu  qui 
luy  a  communiqué  de- fa  chaleur  en 
les  déjfeichant,,  •&  altéré  fis  princi¬ 
pales  qualitez.  ,  que  de  cette  tant, 
louable  humidité  jpiritueufe ,  qui  efi 
la  caufe  que  les  œufs  frais  font  re¬ 
cherchez,  foigneufement  pour  sen 
alimenter  ;  puis  qu’en  moins  de~cinq 
à  fix  jours ,  elle  eft  altérée  :  par  ce 
moyen  ce  premier  en  eft  chafsé  cm- 
me  contraire ,,  &  ce  dernier  reB'i- 
tué  comme  neceffaire  5  mais  )’en  di- 
ray  deux  mots  en  faveur  de  cén^ 
qui  font  honneur  à  nôtre  prefeffion. 
Il  faut  tirer  cet  huile  au  commen¬ 
cement  du  mois  de  May 
un  vaijfeau  de  verre ,  ou  de  tene 
vitrée,  couvert  d’un  linge  deliefiex- 
poferef^  au ferain  l’efface  de  quin'^e 
ou  vingt  nuits ,  tous  les  matins  d  a- 
iterez.  fort  avec  me  fpatule  de 
ois,  eè"  le  firrerelfen  un  Utn 
pendant  le  'jour  j  le  foir  venu  le  re¬ 
mettrez,  au  ferain,  &  continuerez,^ 


Des  Huilée 

jnfqnkce  quHl  fait  bien  blanc  ,ob- 
prvant  toujours  un  ■  tems  doux-  & 
ftrain,  &  ninfi  aureT^un  huiler  qui 
jira  des  merveilleux  ejfets  ,  joarti- 
eulierement  four  le  feu ,  &  qui  ci~ 
extrifera  au-  delà  d’aucun  remede 
^ue  je  connoijfe.  Il  y  en  a  quel¬ 
ques-uns  qui  l'e  blanchijfent  au  So¬ 
leil  ,  &  y  ajoutent  de  la  cire  blan¬ 
che,  &  le  lavent  fouyent  avec  eau 
de  fontaine  ,  mais  ce  nefi  pas  le 
meilleur. 


'Des  Htùlës  compqfez- 

En  continuant  les  huiles ,  qui  font 
ufitez  par  les  Médecins  Dogma- 
dqnes ,  il  relie  à  traitter  de  ceux  qui 
fc  font  par  imprelîïon.  De  ceux-cy> 
les  lins  font  dits  lîinples  :  comme  le 
'Nardin  j  de  Scorpions  ,  &g.  au  refo 
dl  des  autres  de  fomblable  nom, 
is  compofez  :  ainfi  que  par  les  foi- 
vans  difeours  il  fera  montré. 


Oieum  Rofai'um  comple- 
tum  ^  D.M. 

Foliorum  forum  Rofarum  recen»- 
tium  &  apertarum  ,  incifarum 
■  vel  çontufarum  ,  quant,  fuf.  in 
'cas  vitreum  - conijce  ,  &  affunde 
Olei  (  ex  olivis  m'aturis  )  récen¬ 
tes,  vel  aqua  fantana  aliquoties 
loti  (  ob  falfedinem  )  quantum 
fitffcit.  Obturato  vafe  ,diebus  fe- 
ptem  infolentur  ,  aut  in  loco  ali- 
*  quo  calido  :  tum  coque  in  duplici 
"Cfife  (  cum  pauco  fucci  Rofarum, 
^tlaqua  infufionis,  &  non  vint 


cûwpofezs.  1 5 

ui  perperam  fit  k  .quihufdam.) 
Exprejfis  folqs ,  &  abieSlü ,  nova 
.  immitte  ,  macéra  iterum  dies  fe- 
ptem  ,ut  prim ,, tertio  idem  fiat, 
&  ferva  utendi  tempore. 

PARAPHRASE. 

I’Açoit  que  Mcfoc  nous  ayé  décrit 
quatre  manières  ,  ou  diflèrénces 
d'huile  rofat,  fi  eft-eeque  lufoge  en 
a  approuvé  feulement  deux  :  fçavoir 
celuy  qui  le  fait  des  rofes  épanouies 
avec  Thuile  d’olives  meures ,  qu’on 
fornomme  complet  :  l’autre  de  rour 
ges  ,  non  épanoiiies ,  avec  l’huile  d’o¬ 
lives  vertes ,  &  adftringcntes ,  qu’on 
fornomme  Omphacin  ,  &  Omotri- 
bes ,  &c. 

.  Pour  le  complet,  prenez  de  fueil- 
les  des  fleurs  de  rofes  épanoiiies ,  & 
recentes ,  que  vous  concaflèrez ,  ou 
inciferez  environ  une  livre ,  d’huile 
("d’olives  meurs  j  doux  &nonfàlé, 
quatre  foftiers ,  qui  pefont  fix  livres, 
à  raifon  chacun  de  dix-huit  onces  : 
qu’infuforez  dans  un  grand  pot  de 
terré  vernifsé  étroit  d’entrée ,  &  bou¬ 
ché  avec  un  parchemin  mouillé ,  for 
les  cendres  chaudes ,  ou  au  bain  ma¬ 
rie  ,  ou  dans  un  fumier  chaud  ,  l’ef- 
pacedefept  jours,  qui  foffira  ( non 
quarante  comme  veulent  Aëtius  libro 
primo ,  Paul  libro  oétavo  ,  capite  vi- 
geflmo,  &  Myrepf  feét.  1 6.  cap.  i } .) 
ou  au  Soleil  ardent.  Puis  on  y  ajou¬ 
tera  un  peu  de  foie  de  rofos ,  ou  de 
l’infuflon  plutôt  que  du  vin  ,  com¬ 
me  font  quelques-uns  ;  pource  qu’il 
eft  chaud ,  &  répugne  à  l’intention, 
.&  des  anciens  ,  &  des  Médecins  qui 
l’ordonnent.  Aprez  au  bain  marie,on 
les  fera  un  peu  boiflUirCpoiuce  que  la 


oUum 
RofatS 
comfle- 
tum  hoe 
modo  fit. 


1^ 


Livre-  IL  SeBion  L 


longue  cuite  difîîpe  leur  vertu  )  puis 
on  les  exprimera.  En  la  colauire  de¬ 
rechef  on  y  infufera  d’autres  rôles 
comme  devant ,  qu'on  cuira  &  ex¬ 
primera  :  puis  pour  la  troiziéme  fois, 
on  y  pourra  laiïîèr  les  rofes  durant 
toute  l’année';  fiaon  on  les  exprime¬ 
ra  ,  puis  on  gardera  l’huile  au  belbin. 
Nos  Apothicaires  lé  contentent  d’u¬ 
ne  infulîon,  &  ne  la  font  point  bouil¬ 
lir  au  bain  marie  :  leur  huile  auffi  n’a 
pas  telle  vertu  qu’il  cft  requis ,  &  les 
malades  n’en  reçoivent  pas  tel  pro¬ 
fit  qu’on  en  peut  defirer. 

LES  FACrLTEZ. 


Il  étaint’les  inflammations,  il  cor¬ 
robore,  &  affermit,  .&  tempéré  l’ar¬ 
deur  du  ventricule  &  le  recrée  :  il 
modéré  auffi  la  chaleur  des^reins  :  ap- 
paife  la  douleur  de  tête  de  caulé  chau¬ 
de  ,  arrête  les  fluxions,-  &  l’impe- 
tueux  mouvement  des  humeurs. 


REMARQUE. 


MEfuê  n  exprime  point  la  quan¬ 
tité  cthuile  ,  non  plut  que^cel- 
le  des  rofes  pour  compofer  fin  hui¬ 
le  rofat  complet ,  &  Bauderon  pour 
fatisfair'e  l' ArtiUè  &  le  relever  de 
peine  preferit  une  livre  de  rofes  fur 
fix  livres  d’huile  ,  le  tout  enfermé 
comme  dit  efi  dedans  un  vaijfeau,  & 
fur  les  cendres  chaudes  l’infafe  pen--' 
dant  fept  jours  ,  lequel  tems  doit 
être  abhregé ,  &  réduit  d  la  moitié, 
afin  d’avoir  les  rofer  en  leur  par¬ 
faite  bonté ,  ou  bien  de  réduire  les 
trois  infufions  quil  demande  en 
deux  ,  &  mettre  a  chacune  une  li¬ 
vre  &  dernÿe  de  rofes  épluchées, 
&  cencafsées  ,  &  je  voudrais  enco¬ 


re  ne  les  pefer  qu’apref  en  avoir 
tiré  le  fuc.  Cette  procedure  femhlt- 
ra  rude  à  quelques-uns  ,  mais  auf. 
Ji  fuis-je  bien  apuré  d’être  imi¬ 
té  de  ceux  qui  aiment  leur  pro- 
fepion  ,  .par  la  co?jneipance  qu’ils 
en  ont  ils  jugeront  de  la  necejft- 
té  qu’il  y  a  de  ce  faire  par  les 
raifons  que  nous  en  donnerons  cy- 
aprez.  en  l’huilé  de  coings  ,  quoy 
que  les  rofes  n’abondent  point  trop 
en  humidité  fuperfiuë.  Il  efi-  d  re¬ 
marquer  qu’il  ne  faut  point  ajou¬ 
ter  d’infufion  ,  ny  du  fuc  de  ro¬ 
fes  ,  quand  on  voudra  cuire  *ledit 
huile ,  en  aucune  des  infufions ,  par¬ 
ce  que  les  rofes  quoy  qu’exprimées 
de  leur  fuc ,  il  leur  refie  api.  d’hu- 
'  midité  pour  dépendre  que  là  cha¬ 
leur  du  feu  n  altéré  les  qualitez.  de 
l’huile  :  d’atlleurs  le  feu  qu’il  con¬ 
vient  d’aug-menter  en  chacune  des 
infufions  avant  les.  couler  fera  mo¬ 
dérée  ,  parce  qu’il  ne  faut  pas  que. 
la  matière  bouille ,  &  fupra  de  la 
remuer  fouvent,  &  de  prendre  gur- 
de  que  les  rofes  ne  s’attachent  au 
fonds  du  vaipeau. 


Oleum  Rofatum  Ompha- 


cinum ,  D.M. 


Oleum  Rofatum  Omphacinum  fi 
ex  oleo  rudi ,  id  efi  ,  ex  olivis 
immaturis,'&  folijs  Rofarum  ruhr, 
nondum  apertis  ,  maceratis  0 
coéiis ,  ut  Rofatum  completum. 

ohm 

paraphrase.  R, (ai 

.  /V 

L’Huile  R'olàt  Omphacin,  le  com- 
pofe  comme  le  precedent  hors-  f  kut 
mis  qu’il  faut  prendre  de  gros  bou-  mdi. 


^es  Huiles  compofez^,  '  1 7 

't6ns  dé  rofès  rouges  non  épanouies,  fajfe  boiüllir  ,  &  fartant  il  ny  faut 


femblable*  quantité  que  defîïis 
d'huiie  des  olives  tiré  ayant  leur 
maturité.  Ceux  qui  n  auront  pas  la 
'commodité  d’en  recouvrer  ,  qu  ils 
prennent  de  l’artificiel,  par  nous  dé¬ 
crit  au  corntnencemerrt  de  cette  Se- 
dion ,  &  y  ajouteront  plus  grande 
quantité  de  fiic  d’autres  rolès,&  le  fe¬ 
ront  pliis  long  tems  bouillir  au  B.  M. 
&  changeront  par  trois  fois  les  rofes, 
comme  dit  eft.Ainfî  faifantdes  Méde¬ 
cins  ne  feront  pas  dti.  tout  fruftrez  de 
Sur  intention, pourec  qu’il  réfrigéré, 
M'eferre  plus  que  le  precedent  rolàc 
complet. 

LES  FACULTE  Z. 

Il  éteint  plus  puilïàmrnent  les  in¬ 
flammations  ,  if  corrdbore  &  unit  les 
parties ,  &  arrête  auili  plus  efficace¬ 
ment  les  fluxions,  qué  le  Rolàt  com- 
plet  &:’rétient  îà  matière  écoulée  aux 
parties  ,*  &  foulage  la  difl'enterie  pris 
en  breuvage. 

REMARQVE. 

BSuderon  na  point  fuivy  AEefuê 
en  fa  defeription  tde  cet  -huiley 
mp  quo'a  peut  voitfAans  fon  Anti~ 
doiaire ,  ou  il  demande  du  fuc  de  Ro~ 
fee,&  d'infufid  de  chacun  une  partie, 
&il  huile  lavé  comme  il  aété  cy-de- 
Wnt  dit  trois  parties  ,  &  de  fueilles 
d^/ofs  rouges  etntufa  quantité fuf- 
■Jjjdnte  :p^ar  cette  quantité  fuffifante, 
dfaut  'entepdre^  la  quatrième  par~ 

•  ^  de  l’huile ,  qui  efi  fur  trois  livres 
d  huile  ,  une  livre  de  rofes  ;  cette 
eymite  exçede  celle  de  la  prece- 
tnie  defeription  du  complet  j  l‘ay 
^>hji  augmentée  ,  afin  qu’on  ne  la 


point  d’infufion  non  pim  que  du  fue 
de  rofes  j  pour  le  furplm  on  procéde¬ 
ra  aux  infufions,  comme  a  été  cy-de- 
vant  dit  en  l’huile  rofat  complet. 

üém  les  Autheurs,ont  fait  grande 
différence  entre  l’huil.e  Ômphacin, 
&  celuy  qui  fe  tire  des  olives  meu¬ 
res  ;  celuy-ld ,  ils  l'ont  toujours  em¬ 
ployé  pour  les  médicaments  froids,ou 
tempereT^,  &  celuy-cy  four  tous  les 
médicaments  ois  il  nefi  befoin  de  re- 
ftreindre  ou  de  rafraîchir.  Mais  par 
l’experience  que  je  viens  de  faire 
tout  prefentement, faufile  reffeü  que 
je  dois  a  cette  célébré  antiquité ,  ils 
fe  font  trompez.,  de  faire  différer  cet 
deux  huiles  en  leurs  qualitez,  &  ver¬ 
tus  ,  comme  nom  lifons  dans  leurs 
écrits  jpuifque  par  l’experience  que 
j’en  ay  faite,  ils  ne  different  point  en 
faveur,  qui  efi  la  vray  e  marque  pour 
fies  connaître  ;  neammoins  ce  ne  fera 
pas  une  erreur  grande  de  prendre  de 
l’ Omphacin, pour  en  compôfer  les  re- 
medes  oit  il  a  été^deBiné ,  non  pim 
que  de  prendre  eeluy  qui  efi  tiré  des 
olives  meures,  en  la  place  de  i Om¬ 
phacin. 


Olea. 

fTiolarum, 
P'apaveris, 
ISfymphaa, 
Myrtini, 
Ligkfiri,  ■ 
Sambuci, 
Cheyrinii 
Anethi, 
Chamameli, 
Meliloti, 
Jafmini, 


Livre  I  L  Seâion  1.- 


LUiorum,Jîmpl. 

Simili  modo  fiant ,  quo  Oleum  Ro- 
fatum  praficriptum. 

fR  A  RAP  H  RASE. 

L'Huile  violatj&  de  blanc  d’eau  ou 
Nénuphar  »  le  font  de  même  que 
Violatü  Rofat  Omphacin.  Celuy  de  Pavot 
ÿiym-  fe  fait  plus  Ibiivent  avec  les  fleurs, 
fhii ,  fueilles,  &  têtes,  tant  du  blanc  que  du 
noir  contulèsj  avec  huile  Omphacin, 

fVSTtSt  '  ,  1  /*  r* 

qu  avec  la  lemençc  pai-expieliionvEt 
aiiffi  par  trois  diverfes  infiilions,  & 
Guitcs,comme  le  Rofat  Omphacin, 

R  E  M,A  R  QV  E. 

La  fleur  de  violes  doit  être  a  de- 
my  feiehée,&.  celle  de  Nénuphar 
filée  &  exprimée  de  même ^que  les 
rofes  avant  les  mettre  eninfufLo  dans 
l’huile  Omphacin  ,  ou  bien  fieichées 
comme  les  autres, d  caufi  que  leur  fuc 
eft  vifqueux  &  difiicvle  d  tirer. 

Des  fueitles  &  fleurs  de  Pavot,  il 
en  faut  aujfi  tirer  le  fuc,&  incifer  les 
têtes  quand  on  leïysoudra  mettre,  ou 
jipa'rémem  dans  l’huile  Omphacin, 
ou  dans  celuy  des  olives  meures^- 


oleum  ■  Mjrùnum, 

I  'Huile  Myrtin  le  fait  avec  les 
^fiieillcs  verdes  de  Myrte  cuittes 
au  B.  M.  avec  I’huilePmphacin,Lom- 
liae  le  Rolàt.  Celuy  de  Myrthilles ,,  le 
fait  des  Bayes  irecentes  par  expret 
lion,  comme  avons  dit  de  l’huile  Lau¬ 
rin  cy-devant. 

R  E  M  A  R  QJP  E. 

LEs  fueilles  de  Myrte  doivent 
être  concafsées  tant  feulement. 


&  puis  infusées  dans  l’huileverd,iH 
meur ,  il  n  importe  lequek 

Celuy  de  Bay  es, que  nem  appelions 
de  Myrthilles  ,  le  plus  fouventonle 
fait  par  impreffion  dans  l’huileéom. 
rnun ,  ou  avec  de  la  graifie  de  pour¬ 
ceau  ,  que  par  expfefion ,  parce  que 
de  ce  dernier  'on  en  tire  tresspéM,mais 
aujji  il  doit  être’ préféré  aux  antres. 


Oleum  Ligujlri. 

L'Huile  de  Liguftre,  appelle  dis 
Grecs  Cyprmum ,  &’  des  Arabes 
Alcannki,  le  fait  av.ec  les  fleuts,,& 
huile  d’olives  iheures,  comme  le  ro¬ 
làt  complet”.  ^ 

REMAR^OVE. 

IL  faut  pilex  &  exprimer:  les  fleurs 
du  Ligufire  l  comtr^  aét^it  des 
rofes  ,  .flr  de  même  tes  inflqer  dans 
l’huile. 

O  le  a  Ligujlri,  lafmini,  Gcnifia,  'tà- 
marifei^,  Sarnhùci ,  chamanflli, 
Meltloù ,  Auethi ,  Chepri,  &  li- 
h6rum,Jimplk.  -,  ■  4;..- 

LEs^  Huiles  de  laliTiin,de  Geneft,de 
Tamaris.,  de  Sambuci.de  Camo¬ 
mille,  de  Me’ilot,  d'Aneth,  de  Violier 
jaune,  que  les  Grecs  nomirient  Leu- 
coion,  &  les  Arabes  Keiri, ,  &  de  Lis 

blanc  lîmple ,  fe  doivent  faire  des 
fleurs,  &  huile  douxjpar  trçis  diverfes 

infufions ,  comme  le  rolà't  complets  1- 

RE  MARQVE.'-  ’ 

SI  on  fait  l’huile  de  lafmin  pour 
l’odeur,  il  faut  prendre  les  fleurs^ 


Des  Hmles 

de  cehy  à'E^ngne  quand  ils  com¬ 
mencent  de  fleurir  ,  &  les  infufer 
dans  l’huile  d' Amandes  douces  fans 
les  concajfer ,  parce  quelles  ont  l’o¬ 
deur  en  la  fuperficie ,  er  non  en  de¬ 
dans, comme  heaucpip  d^ autres, &  te¬ 
nir  te.^^aijfl  au  par  Z 4.  heures  décou- 
vei^^  en  un  lieu  aëréfe  lendiemain 
couleref  l'huile  par  une  étamine  bien 
nette  fans  exprimer  la  fleur, &  répé¬ 
terez,  tous  les  jours  la  même  infufion 
avec  des  nouvelles  fleurs  ,  jufqud  ce 
^ue  l’huile  jbit  fuffifamment  ernpre- 
de  l’odeur  d’icelles.  . , 

.  J^elques  a:utres'le  préparent  ainfi, 
&  prennent  les  amandes  douces  jsi- 
lées  dp  pafsées  Jî  fubtilement  qu’ils 
fement ,  aprez,  dans  une  terrine  a 
'fonds  large  mettent  un  lit  de  fleuri 
far  dejfsis  un  de  la  poudre  d’ aman¬ 
de'-, êp  continuent  de  la  forte  tant  qu’ils.^ 
ojitde  matière  pour  employer ,  fài- 
fant  firayum  fuper  firatHm,puis  cou- 
trent  hur  terrine  d’un  autre  vaif- 
feau  fait  en  dome,&  gardent  cela  en 
•le'tat  ,jufqu  au  lendemain  qu’ils  en 
fepareni,  la  fleur,  &  en  remettent  de 
Xmmlle  de  la  même  façon  que  def 
fus,  tant  de  fais  que  les  amandes  ayent 
attiré  fuffifamment  l’odeur  de  la 
pur  ,^cetd'  fait  l’ayant_  exa^ement 
fiparee  ,  ils  tirent  l’huile  de  la  pou- 
dre  à  la  préjfe ,  &  .le  gardeny pour 
f  odeur.  D’autres  au  iieu  des  aman¬ 
des  sis  prennent  le  noyau  du  Clans 
ffigùèntaria ,  qu’ils  mettent  en  pou- 
dre ,  ^  procèdent  comme  dit  eft. 

St  on  defire  s’en  fervir  en  méde¬ 
cine,  on  y  procédera  comme  a  été  dit 
c.n  l’huile  Rofat.  ’  '  ' 

LEs  flcMrs'de  Genefi ,  de  Sambuc, 
de  Violier  )aune,&  <de  Lis  blanc 


compofezs. 

doivent  être  pilées  &  exprimées 
ou  a  demy  feichées  ,  é"  infusées 
Comme  en  l’huile  Rofat  complet.  Les 
fleurs  de  Tamaris, de  Camomille  ,  de 
Melitot ,  &  les  fommitez.  d’Aneth, 
feront  feulement  grojfierement  pilées 
&  infusées  en  pareille  quantité  d’hui¬ 
le  &  nombre  d'infufions' que  dejfus. 

Les  rares  vertus  que  les  Autheurs 
ont  attribué  d  l’huile  de  Camomille 
fait  par  impreffwn,a  fait  dire  a  De- 
vigo ,  au  livre  huitième  de  fin  An- 
tido%sf.re,&  d  plufiurs  autres  que  cet 
huile^oit  bei?it,& pour  cet  effet  l’ont 
appellé  '  Oleumbenediüum  -,  ce  qui 
nom  doit  perfuader  de  le  préparer 
pim  méthodiquement  qu’d  l'ordinai¬ 
re  &  d’imiter  le  doÛe  &  fiavant 
Hofmannm  auùi  .chtip.du  fécond  li¬ 
vre  des  médicaments  officinaux  qui 
■en  do'àne  une  defiription  fort  exatle, 
composée  de  la  fleur  recente  de  Ca¬ 
momille  ,  aprez'en  avoir  fiparé  les 
petites  fleurs  blanches  qui  font  au 
tour  du  jaune  s  il  la  faitïincifer  ou 
Concaffer ,  &  mettre  en  infufion  dans  ' 
■un pot  avec  une. quantité  proportion- 
née  d’huile  commun,  le  couvre  d’un 
linge ,  l’expofi  au  Solel  par  quelques 
jours ,  aprez  l’avoir  coulé  &  expri¬ 
mé  Le  marc  ,  répété  la  rnême  opera¬ 
tion  par  trois  fois,  feferois  d’avis  au 
lieu  de  prendre  la  peine  dé  fiparer 
les  petites  fleurs  blanches  qui  font 
au  tour  de  la  tête  'faune ,  qu’on  prit 
la  Camomille  jaune  cultivée  ,  que  le 
fiavant  &  curieux  lean  Bauhin  ap- 
pelle  Cham&melum  aureum  perègH- 
nur/l  capitula  fine  filff- 

Aîaiss’ily  a  quetqm  chofe  d’ex¬ 
traordinaire  en  la  préparation  de 
l’huile  dé  Camomille  d’Ofm'annm,que 
ne  dirms-nom  pas  de  celuy  qu’on  tire. 

c  Z  df! 


xo  Livre  IL  Se  B  ton  /. 


de  toute  la  même  fieur  y e cerne  far 
la  diBillation  au  refiigeratoire  qui 
efi  de  couleur  cerulacée  ou  d’a'^r, 
couleur  qui  efi  autant  digne  d'admi¬ 
ration, qu  il  éfi  curieux  d'en  recher¬ 
cher  la  caufe.  Les 'uns  comme  Erne- 
fius  en  fon  traiité  des  huiles  qu'on  a 
joint  à  la  pratique  d'Hartmannm, 
&  Schroderm  femhlent  qu'ils  vueil- 
lent  dire ,  que  cette  Couleur  procé¬ 
dé  du  mélange  qu'ils  font  de  la  fleur  ^ 
de  Camomille  avec  la  Terebinthine 
qu'ils  diftillent  enfemble.  Et.,Tur- 
nej/Jfertê  dit ,  que  du  fTeda  qui  efi 
la  tfirche  du  Pin  &  de  la  fleur  de 
Cdmornille  fe^  tire  un  huile  de  couleur 
d'Afur.  Il  parait  bien  par  leraifon- 
nemen't  de  ces  grands  hommes  ,  que 
ce  qu'ils  en  diflent  efi.  plutôt  par  oùir 
dire  ,  que  par  expérience  qu'ils  en 
ayent  faite  j  car  je  fcay  far  une' ex¬ 
périence  confirmée  de  quatre  à  cinq 
fois  quen  diîiiÛant  l'eau  de  la  fleur 
de  Camomille  recente  ,  toutes  le'sfoü 
que  j'ay  fait  l'opeyatiçp  fans  autre 
mélange  que  Veau  commune ,  l'huile  . 
qui  a  Jurnagé  au  de  fus  de  l'eau  di- 
fiîllée  a  été  d'un  très -beau  violet ,  ^ 
d'une  odeur  fort  agréable  j  ce  qui  fait 
voir,  que  la  Terebinthine,ny  le'Teda 
ne  contribîtent  rien  a  cette  couleur 
apurée ,  &  n'y  fervent  qup  pour  au¬ 
gmenter  la  quantité  de  l'huile, 

LES  FACKLTEZ. 

L’Huile  violât  éteint  les  iiiflarama- 
tions  ;  foulage  les  pieiu'etiqueSj; 
adoucit  l’âpreté  de  l’artere  &  du  poul- 
monj'tenipere  les  tumeurs  chaudes, 
modéré  les  phlegmons ,  &  appaifè 
les  douleiirs. 

L’fiuilede  Pavot ,  engraifle,  adou¬ 
cit  l’àpre  artère,  appaife  l’ardeur  des 


fièvres ,  &les  rêveries ,  &  provoeme 
le  fomméiJ4 

L’huile^e  Nymphéa ,  rcfiiocrè  dj. 
vantage  que  lè  violât  ,  concilie^le 
fommcil ,  tempere  le  foye,  &  les  reis 
échauffez  :  appaife  les  ardeurs  de  Ve¬ 
nus  ,  fi  on  en  frotte  foustent  les^ÿt- 
lies  honteufès ,  &  addoucit  les<(8ou- 
leurs  de  tête. 

L’huile  Myrthin  (  quoy  que  plus 
foible  que  celuy  qvii  fe  feit  efes  Ba^ts 
recente^;  refrigqre,  referre,  adiîreiilt, 
fortifie' re  cerveau,  les  nerfs, 
ventricule,  reticnt'ks  cheveux' &  ,e1n- 
peche  leur  cheutÈ;  remeefie  aux  gtn- 
dves  &  à  la  douleur  de  dents ,  afe- 
mit  les  membres  lâches  &  debiles, 

■  &  corrige  l’éruption  des  pullules  en 
liniment.  '  ^  - 

L’huile  de  Liguftre  ou  de  Trpëfee, 
.foulage  les  parties  nerveufes  Srem- 
^êche  que  les  chaveux  nedeviénrieht 
chenus.  *  î'' 

L’huile  deSuflau,  addoiÆÉ &:  net¬ 
toyé’ le  cuir,  c6rrobore'-l, es  nerfs, & 

•  eri  appaife  les  douléurs  :  &..eft  ton  à 
'la  qauhilîè.  '  ff 

L’huile  de  Cheyri,addouéitladolp 
lair  des  -nerfs  &  autres  partiés-'du 
-corps  îdifeute  les  humeurs. contenues 
au  thorax,  aux  reins ,  &  eri  la  vefeie. 

.L’huile  d^’Aneth',  appaife  les  dou¬ 
leurs  froides,  ouvre  les  pores,  ref^t 
&  difeute  les  tranchées  de;.  ventp^ 
causées  de  vents;amollit  la  diuetédés 
apofthémes  .5c  tumeurs  :  modéré  le 
frifîôn^des  fièvres,  provoque lefo^- 
meil ,  Sc  les  fiieùrs. 

L’huile,  de.  Camomille  ,  échauffé, 
refont  modérément ,  appaife  lesdo.ÿ- 
leurs  de  caufe  froide ,  &  fortifie  les 
nerfs. 

L’huüe  de  Melilot,  aies  memes 
veims 


Des  Huiles  compofezj.  i  i 


vertus  &  faailcez  ,  que  celiiy  de  Ca- 

roomillc* 

L’huile  de  lafoiin  ,  réchauffe  les 
corps  rafroidis ,  &  fortifie  les  parties 
lacs. 

L’hu^jc  de  Lis  fimple  écheaiifi*  mo- 
deréaient  j  &  relout.;  appaife  les 
doitlptirs  delà  poitrine,dfe  l’eftoinach, 
du  coliHii  ,  de  la  matrice  3  des  reins, 
&  de  la  veffie  j  de  quelque  caufe 
qu’elles  procèdent  :  aofdoucit  coûte 
lotte  d’acaniotiie-  comme  auiii  -Ja 
toux  :  accéléré  ia  lùppuration  des  tu¬ 
meurs  &.  facilite  l’accouchement. 

REMARCiyE. 

IL  efi  à  noter  quil  ne  fam  point 
àdjoMter  amün  fuc  ny>  hiHmidité 
aux  fufdits  httiks ,  parce  que  cha- 
qjfe  fimple  porte  fon  fuc  ^  &  le  moins 
quil  y  en  peut  avoir  nkft  que  le 
meilleur. 


Oleum  Cydoniorum ,  .D- 
Mefue. 

“dfi.  Garnis  Cydoniorum  pramaturo- 

•  rnm  cum  cortice  &  femine  trito- 
rum,  &  Succi  eorumdem,  utriufq. 
pares  portiones. 

Olei  Omphacini ,  omnium  par  pon¬ 
dus. 

kfîtnde  diebus  quindecirn ,  in  vajè 
ifitreo  fuper  cineres  calidos. 

Deinde  hôris  quatuor  coque  in  du-, 
plici  vafe. 

Caro  Cydo>:iorum ,  &  Suce  us  m'uten- 
,  rurfus  i.ifkndantur &  co- 
qùantur ,  m  diximus  :  &  fimilifer 
tertio  pojlremo  ,  colatum  '  Oléum 
teponj  üfiui  ni'cejfario.. 


‘PARAPHRASE. 

POur  le  jôurd’huy  nous  râpons 
avec  une  râpe  ,  une  quantité  de 
coings  ,  puis  avec  le  double  d’huile 
Omjdiacin  ,  faifons  cuire  le  tout  en- 
lemble  dans  une  courge  de  verre  ou 
pot  de  terre  vernillc ,  étroit  d’embou- 
cheure ,  &  couvert ,  au  B.  M.  &  non 
dans  une  baffine  ,  pour  caulè  que  le 
lue  fait  lortir  hors  l’huile  j  &  la  vertu 
requilc  fe  perd  :  an  contraire  acquiert 
une' qualité  du  tout  contraire.  L’htt- 
midicé' ccünlùmée  ,  nous  exprimons 
les  coings,  puis  derechef,  avec  l’hui¬ 
le ,  y  cuifons  de  ndilveaux  coings  r⬠
pez  cofflme  devant ,  &  derechef  les 
exprimons  :  puisl’hiiile  coule-nous  le 
gardons  au  befoin.Toutesfois  'iî  quel¬ 
qu’un  veut  fuivre  l’intention. de  ion 
Autheur ,  il  feue  faire  infuièr  lyte  paf^ 
tie  dés  coings  Coupez  par  petites  piè¬ 
ce^  ,  avec  autant  dè'inc  &  lé  double 
d’huile  Omphacin  i  l’cipace'de  qiiih-. 
ze  jours ,  iïu  les  cendres  chaudes  & 
les. cuire  au  B.  M.  l’eipace  de. quatre 
heures,,  puis  les  couler  &  ‘  continnèt 
telle  infufion  ,  &  coétion  jüiqu’à 
trois  foîs7&  fera'fort  bien. 

LES  FAC  FL  TE  Z. 

Il  réfrigéré  adllreint ,  &  corrobore 
la  faculté  retentrice  du  ventricule,  ai¬ 
de  à  la'  co6tion,arrête  le  vomïfîêment. 
Partant  il  conuient  au-  choléra  mot- 
bus,  à  la  lichterie ,  dyiènterie  ;  il  forti¬ 
fie  Quelque  partie  que  ce  ibit  laxe  &. 
&leb'ile  :  5c  arrête  les  iîieurs  immo¬ 
dérées.  . 

•e  3.  î»E 


li  Liure  IL 

remarc^ve. 

L'Huile  de  coings  ne  fe  doit  fai¬ 
re  pour  être  tel  quil  faut,  ny  de 
lafa^an  de  Mefue,  ny  de  celle  du 
Paraphrafie, ,  fans  recevoir  grande 
alteration  en  fes  vertus  par  une  fi 
longue  frequente  coUion  ,  &  pour 
éviter  cela  ,  il  faut  prendre  d'hui¬ 
le  meur  clair  &  net  ,  exempt  d'o¬ 
deur  forte  (  comme  il  s  en  rencon¬ 
tre  fouvent  )  trois  livres ,  &  une,  li- 
njre  de  chair  de  coings  râpée  de  la¬ 
quelle  on  aura  exprimé  , le  fuc  ,  & 
enfermerez^  le  tout  dans  un  pot  de 
terre  plombé  &  bien  bouchf  ,  que 
mettrez,  fur  les  cendres  chaudes  par 
l’ejpace  de  cinq  a  fix  jours  ,  &  le 
remuerez,  fouvent  '  avec  une  Jpatulcj 
avant  le  couler  ,  luy  ferez,  prendre 
une  legere  ébullition  -^  eela'faifyei- 
tererez.  la  même  infufion  jufqu  à 
une  troifiême  ,  &  la  derniere.on  la 
pourra  laijfer  un  mois  au  foledl  s'il 
efi  vigoureux.,  ou  huit  ]ours  au  B. 
JH.  ou  fur  les  cendres  chaudes,  ,  & 
le  remuer  parfois.  -Glm  voudra  ab- 
hreger  ces  trois  infufions  ^  les  ré¬ 
duire'  à  deux  prendra  une  livre 
&  demi  de  chair  de  coings  prépa¬ 
rée  comme  de  fus  ,  &  la  mettra  in- 
fufèr  avec  trois  livres  d’huile  fur 
les  cendres  chaudes  durant  huit 
jours  ,  ejj  le  neuvième  ,  on  luy  fera 
prendre  ' june  legere  ébullition  ,  re¬ 
muant  pltts  fouvent  que  dejfus  les 
matières  afin  qu'eues  n  adhèrent 
contre  le  vaijfeau  j  l'èxpreffwn  faite 
par  une  forte  toile  ,lacolature  fe¬ 
ra  remife  dans  le  pot.  avec  pareil¬ 
le  quantité  de  chair  de  coings  ex¬ 
primée  comme  dit  efi  ,  &  par  le 


Se&ion  L 

meme  tems  &  chaleur  que  dejfm  n 
procédera  à  la  derniere  infrfon 
l'exprefton  en  étant  faite  il  faut  il 
ver  l’huile  par  diverfes  foù  auec 
du  fuc  de  coings  qui  foient  un  peu 
verds  dans  une  grande  pk^k  com¬ 
me  il  a  étéÿy-devant  dit  èn..l''hui. 
le  qui  doit  are  fubftitué  pourf^m- 
phacin  ,  &  à  chaque  lotie, n  en  [épu¬ 
rer  exaUement  le  fuc  d'avec  l'huile 
avan  t  d’y  en  remettre  de  nouveau. 
De  quelle  dt  ces  deux  façons  qu’on 
préparé  l’huile  de  coings,  U  me  Qm- 
ble  qu’on  l’aura  plus  eficacieùiç  que 
celuy  de  l’Autheur  ,la  raifen  de  ce¬ 
la  efi  ,  que  ïa  ^quantité  de  fuc  qui 
efi  dans  la  c^^ir  des  coings  à  caufe 
de  fon  .aquifité  ’refifie  &:  empêche 
l'huile  quil  ne  la  peut  pénétrer 
pour  en  attirer  fonmfiriBion }  mais 
lors  que'lcfuc  en  efi  feparé,  l'hui¬ 
le  en  pénétré  beaucoup  mieux  la, 
chair  que  je  tiens  pour  lors  plus  ad- 
firingenic  t  &  ne  fert  de  rien  de  di¬ 
re  quen  faijant  boiiillir  long-ums 
l’huile  ,  la  chair- &  le  fuc  de  coings 
enfemhle  ,  que  le  fuc  en  confu- 
mant-  communique  fa  vertu  à  l’hui¬ 
le  &  la  chair  aujft  ,cela  efi  vray, 
mais,^  elle  efi  bien  petite  ,  outre  que 
l’huiley  acquiert  beaucoup  plut  de 
chaleur  que  d’adfiriBion,&  partant 
il  fera  moindre  que,  le  notre. 

On  en  pourrait  faire  encore  djune 
autre  façon  qui  rapportera  la  faveur 
&  l’odeur  des  coings  &  par  c^fe- 
quent  la  vertu, fi  on  prend  - .  ou  3  -li¬ 
vres  de  chair  de  coings  meurs  forte¬ 
ment  exprimée  de  leur  fuc  ,  &  l^ 
piler  derechef  dâns  un  mortier  de 
marbre  &  PhurneBer  de  bon  huile 
doux  exempt  d'odeur  ,  &  pH^^ 
tout  l'efbace  de  deux  ou  trois  heu¬ 
res, 


Des  Huiles  comp-ofeZj.  z5 


res,  afreX^étendre  la  matière  dans 
des  hajfins  de  terre  &  la  laijjer  à 
i’air  jept:  à  huit  jours  ;  cela  fait ,  la 
faut  piler  derechef  une  heure  du- 
X0nt,&  en  exprimer  l’hmle  a  la  pref 
fe  ,duquétrhuile  il  en  faut  derechef 
humeâer  de  nouuelle  chair  de  ^oings^ 
^précéder  comme  deffm  jufeiuà  une 
tjuaniéme  fois ,  &'amfi  on.  aur^a  un 
huile  plus  excellent'  eju.aucum  des 
fw  écrits.  " 


Gletim  Liliôrunl  comjjofîc.  D. 

"  Mefue. 

If.  Foliorum forum  Liliorum  albo- 
rHm,unc.o£io. 

M‘tfti’ches. 

Cakmi  aromafîci  veri ,  vel  .offeina- 
rum  fie  nominati, 

Cofii,& 

Carpobalfami  f  'vel  fuccedan,  'e]m  fe~ 
-i^ms  Lentifci,fîng.  une.  unam. 
£innmomi,  vel  ÇanelU,  & 
Caryophyllorumÿumufq.  une.  dimid. 
Gmi,  dr.ach.  très-. 

Omntaprater  folia  forum  Liliorumi 

■  in  aefua  fujfcienti  '■^.-horis  mace- 
rentur,eér  femel  ’àut  bis  ferveant. 

'  Titnc  iniiee. 

Olei  dulcis',  vel  Sefamini,  lib.  duos. 
Ft  additis  "LUij  floribus  ,  in  vafe 
vitreo  infola  dies  40.  pofl  cola¬ 
tum  reponatur. 

■  Paraphrase. 

T  Kiiile  de  Lis  compofë  a  plus  de 
^~<vertu  J  our  tout  ce  que  promet 
qiiélc-  fîraple  fus  mcntionné> 
le  devroic  à  ben  droit  preparet>& 
celiiy-Ià;  (  comme  pour  le  jouir- 


d'huy  on  fait.  )  Prenez  donc  les  me- 
dicanjcns  icy  mentionnez  que  vous 
concalîérez  &  infuferez  en  petite 
quantité  d'eau  relp’ace  de  14.  heures, 
dans  un  pot  .  de  terre  verniflé  ,  qui 
foit  éu'oitel’emboucheure  &  couveir, 
Itu-  les  cendres  chaudes  :  puis,  le  jour 
hiivantjil  leur  faut  donner  une  ebulli- 
tion,&‘les  exprimer. Aprez  on  y  ajou¬ 
tera  deux  livres  d  huile  doux  &  com¬ 
mun  ,  èi  les  fleurs  des  Lis  fèparées 
des  grains  jaunes  ,  lefquelles  fleurs 
(  tomme  des  rofes  ^  pour  leur  fimili- 
tude  ,  font  appellées  flicilles  ,  qu  on 
lairra  l'elpace  de  quarante  joiu’s  au 
fbleil  ,  infülèr  ,en,.lôn  pot  :  puis- le 
tout  fera  cuit  au  B.  M-  julqu'à’la  con- 
ïômption  d'une  pài  tiede  la  colature, 
&  lion  du  tout  ;'puis  coulé  ,  &  gar¬ 
dé  au  befoin. 

LES  FA  Cr E  TE  Z. 

Il  échauffe  &  refont  :  pour  ec-refo 
peél  il  addoucit  &  digéré  les  hu-^ 
meurs  qui  excitent  douleur  en  la  poi¬ 
trine  ,  eftomach  ,  colum  ,  matrice, 
reins,  &  veflie.' 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

F  Aire  'cuire  les  fimples  qui  corn- 
pofentl-huile  de  Lis  dansd’eau  ce 
ferait  vouloir  difiiper  par  plaifir  les 
plus  fubtiles  parties  qui  compofent 
leurs  vertus ,  &  diminuer  de, beau¬ 
coup  celle  du  Maftich  ;  par  mon 
fentiment  cette  méthode  doit  etre 
corrigée  ainfi  ,  aprez,  avoir  choijî & 
péfé  le  Calamus  dromaticus  ,  le  Co- 
ftus  ,  Carpobalfame  ,  canelle  ,gero- 
fle  feront  mis  en  poudre  grofiiere , 
comme  aujfi  le  faffran  fera  fubtik- 


X4  Livre  IL 

ment  trituré yon  en  formera  cette  pou¬ 
dre  aprez.  lavoir  legerernent  arrou- 
sée  de  bon  vin  rouge  dans  un  linge 
denfe  &  en  deux  livres  d'huile  doux 
on  fera  diffoudre  fur  Un  petit  feu  le 
Jfyfafiich  en  larme  pulvérisé ,  puis 
on  verfera  cette  diffolution  dans 
un  pot  de  terz:e  vernie  avec  le 
no'ùet  qui  y  doit  être  pkfpendu  dans 
l'huile  ,  le  pot  bien  bouché  de  par¬ 
chemin  mouillé  ,  fera  mis  au  B-  Ai. 
pendant  cinq  à  Jîx  jours  ,  eu  bien 
pendant  un  mois,  au  foleil ,  &  de  fois 
a  autre  le  no'ùet  fera  exprimé:  cela 
fait  prendrez.  Jîx  onces  de  fueilles 
de  fleurs  de  Lis  feparées  du  ']aune, 
0"  plus  qud  demi  feiches  les  inci- 
ferez.  ou  concajjerez.  fort  menu  ,  & 
les  jetterez,  dans  t’huile  ,  pout  en 
continuer  Vinfuf  on  ' encore  l’eéjace 
de  dix  ou,  dou'te  'jours  ,  durant  le¬ 
quel  tems  ôn  remuera  fouvent  la 
fleur ,  &  le  no'ùet  exprimé  comme 
dit  eïl  J  d"  pour  la  fèn  ,  on  fera 
prendre  une  léger e  ébullition  a  feu 
lent ,  enfuitte  coulerez.  &  expprne- 
relj  fortement  le  tout  ,  &  t’huile 
ferré  &  gardé  au  befoin.  De  cet¬ 
te  façon  l'huile  *fera  incomparable¬ 
ment  meilleur  que  le  .precedent, 
particulièrement  Jî  on  réitéré  l’in- 
fufion  en  la  même  dbfe  jque  d^ 
fus. 


Oleum  Irinum  j  D-Mcf 

“yc..  Radicum  Iridis  contufarum,  lib. 
unam. 

Flor.um  e'jufdem  Iridis,  &. 

Decotli ,  (  vel  fipotentiusrequiris) 
fucci  alterius  radie.  Ireos  utriujl- 
que  lib.  duos 


SeBion  1. 

Oki  dulcis,  lib.  quinq.  ~ 
Coque  in  vafe  duplici. 

Radices  é"  folia  fiorim  noipa  immit. 
te,priorib.  exprejfis  &  abjeEi'is,ut 
in  oleo  Rofato  completo.dixhms, 

P  AR  AP  H  RASE. 

CEt  huile  approche  en.  vertu  au 
prçcedentj  &  a  beaucoup  plus  de 
forée.  Pour  ce  ceux  qui  le  tiendront 
en  leurs  boutiques  ,  fe  pourront  paf- 
fer  dé  celuy ;dè  Lis  compdîi. 

Il  faut;  premièrement  concaffêr  les 
r.iciness&  les  feire  cuire  au  B.M.  dans, 
une  courge  de  verre  ,  ou  de  cuivre 
étannée  avec  le  ’fuc ,  ou  d'ecodtion  fai¬ 
te  d’autres  racines,&  fieurs,  de  phaqun 
deux  livres ,  &c  d’huile  d’olives  meu¬ 
res  cinq  hvrês  ,  ou  ée  qu’il  çn  fau¬ 
dra  ,  i’efpace  environ  de  deux  heu- 
A'cs  ,  p|iis"ën.l’expriméra.  Enlaco- 
lature  bh  y  ajoitrera  de  nouvelles  ra¬ 
cines  &c  fleurs  comme  devant»  (Jlie 
de  nouveau  on  cuira .»  comme  diteft, 
&  exprimera.  Aprez  pour  la  troiÇé- 
me  fois  on  en  fora  de  même  rainft 
l’humidité  fe  çonfumera  peu  à  peu. 
L’huile  étant  coulé  J  fora  gardé  , dans 
Ion  pot  bien  bouChé  jufqu’au  befoin. 

Les  fleurs  pource ,  qu’-elles  n’en¬ 
durent  pas  longue  decoétion  ,  feront 
mifos  long' tems’  aprez*  les  racinés» 
qui  efl:  'une  réglé  generale  en  tou¬ 
tes  decodiohs. 

LES  F  A  cr  LTE  Z- 

Il  deterge»  atténué ,  cuit,  Sc  refout  , 
puiflTammenf  :  pour  ce  il  appaife  fe* 
douleurs  froides  des  oreilles ,  du  foycj 
de  la  ratte ,  de  la  matrice  Sc  des  join¬ 
tures.  Il  aide  à  la  fiippuration  de* 

phleg 


T)cs  Huiles 

phlegmons ,  il  cuic  les  matières  con¬ 
tenues  dans  les  poulmons  &  poitri¬ 
ne  :  diffipe  les  ecroüelles  &  ancrés 
tumeurs  dures.  Ilfert  auffi  à  la  eon- 
vulfion  &  à  la  puanteur  du  nez.  Il 
petre  mieux  &  reloue  plus  piiiiram- 
ment  que  l'huile  de  Lis  :  mais  aulîî 
il  eft  moins  anodyn  j  &  n'adoucic,  ny 
n'avance  pas  fi  bien  la  liippuration 
qu’iceluy. 

REMARQVE. 

LAf  defeription  de  V huile  Irin, 
de  l'Autheur  de  U  Paraphrafe, 
«eji  point  confirme  avec  celle  de 
fon  inventeur  ,  en-  ce  que  ce  pre¬ 
mier  excede  en  la  quantité  de  la 
decoBion  ou  du  fuc  d'Irü ,  &  re¬ 
kit  rhuile  à  cinq  livres  j  au  con¬ 
traire  de  ce  dernier  ,  qui  en  de¬ 
mande  quantité  fujfifante  de  "cha- 
i  maü  quelle  defeription  quon 
iiueide  fièvre  ,  elles  ont  également 
hefoitide  correüion, 

£n  premier  lieu  pour  y  procéder 
^teo  la  méthode  requife  ,  il  faut 
frenfie  la  racine  d’Irû ,  la  râper 
t  tn  tirer  le  fuc  &  en  pefer  une 
^kre  ,jue  mettreT^  en  infufion  avec 
cinq  livres  d’huile  dans  un  vaiffeau 
convenable  couvert  d’un  parche- 
kn  fur  les  cendres  chaudes  ,  par 
cfiqa  fix  jours  ,  remuant  foupent 
^matière  afin  que  la  chaleur  agif- 
ftgdement ,  particeilierement  fur 
P  pn  ;  le  dernier  jour  la  chaleur 
m,  augmentée  pendant  deux  à 
‘cou  heures ,  puis  on  l’exprimera. 

la  colature  on  y  a]oùtera  une 
‘cctf  de  la  fleur  de  la  meme  plan- 
c  payant  préalablement  &  dili- 
irnment  faite  feicher  plus  qud 


compofeZa-  2. 5 

demy  ,  &  .incifée  firt  menu ,  le  pot 
couvert  fera  tenu  en  infufion  par  le 
même  efiace  fi  temps  ,  &  chaleur 
que  devant  ;  la  colature  &  exprefi 
fion  derechef  faite  ,  on  procédera 
k  une  fécondé  infufion  de  fleur  au 
même  poids  &  apprefi  que  dejfius^ 
fans  qu’il  foit  befiin  d’y  a  jouter  au¬ 
cune  humidité. 

Parce  que  cinq  livres  'd’huile  ne 
peuvent  embrajfer  une  livre  de  fleur 
d’iris  apprefiée  comme  dèffus,  il  faut 
divifer  les  deux  infufions  en  trois 
ou  en  quatre. 


Olcum  Mofehatnm  ,  incerti 
Aùâioris. 

Mofehi  i  drach.  unam. 

Nucis  Mffchata,  num.quatuor  (vel 
Nucis  Indica,  drach.  duos  ) 

Bdellij  niollis 

Carpohaifami ,  vel  fuccedan.  ejtu 
feminis  Lentifci  ,  vel  Terebinthi, 
vel  Cuhebarum,  & 

Qtryophyllorum  ,  finguL  un ciam 
femijl 

Xylobalfami  ,  vel  fuccedan.  ejm 
furculorum  Lentifci ,  aut  There- 
binthi ,  vel  ligni  Alo'és. 

Caffia  Ligne  a  aromatica ,  vel  Ca- 
nella  nigriorü , 

Adyrrha 

Croci ,  & 

Styracis  calamites ,  f  ngul.  drach. 
fix. 

JlIaBiches , 

CoBi, 

Spica  Hardi, 

Folij  Indi ,  feu  Malabathrï  Grâce- 
rum ,  & 

Foliorum  Florum  LiUorum,  fngut. 

d  une» 


Lhre  IL 

me.  mam  &  dimid. 

Vini  odorati  ,  (  &  non  aquA  )  lib. 
dimid. 

Olei  commmis,  tib.fex. 

Omnia  leviter  trita  coqumtur  in 
duplici  vafe  ad  vini  ferè  con- 
Jùmptionem,  &  cokntur  ufui. 

PARAPHRASE.  . 

L’Autkeur  dè  eet  Huile  m’eft  in¬ 
certain  ,  poiirce  -que  je  trouve 
que  Nicolaus  Myrepfus  au  premier 
des  Antidotes  chapitre  2 1  o.  en  la 
grande  Trypherc  en  a  fait  mention, 
&  aprez  luy  Salemitanus  en  TEle- 
dluaire  furnoinmé  Lithontribon , 
ôc  en  l’Onguent  Aregon.  Paul  Egi- 
nete Aétius  ,  &  quelques  autres 
qui  ont  precedé’Manlius ,  autheur 
du  grand  Luminaire ,  duquel  je  lay 
tranTcrit,  ^ changé Ibn  ordre,  met¬ 
tant  le  mule  ,  &  mulcades  ,  dont 
il  a  pris  ■  le  nom  au  commence¬ 
ment  ,  &  l’huile  commun,  à  la  fin. 
Il  faut  concalTer  le  tout ,  &  cuire  en 
double  vailîcau  ,  avec  le  vin ,  &  hui¬ 
le  ,  julqu’à'la  confomption  d’iceluy: 
puis  le  couler  &  garder,  tant  pour 
fortifier  les  vifeeres ,  les  échauffer,  & 
lefôudre ,  que  pour  former  les  Pom¬ 
mes  de  fenteur  ,  &  prefervatives 
de  pefte. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  eft  fort  propre  contre  la  froideur 
de  tout  le  corps  ,  principalement 
du  ventricule  ,  &  à  la  douleur  de 
côté  en  liniment  :  comme  auffi  à  la 
ftrangurie  ,  colique,  &  à  tous  les yi-^ 
aes  des  nerfs. 


Seâian  /. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 
Olcum  Mufîèlinutn ,  D.  Nicol. 
Alexandrini. 

Olei  Pmici ,  lib.oSla. 
cAqua,  fextarios  dms. 

Folij,  '  ■  ' 

SpicA  Nardi, 

om, 

Maftiches ,  ana  me.  tnt. 

Styracii , 

Croci  , 

Myrrha , 

CaJfiA  aromatiçA , 

Xylocinnami ,  ana.mc.  mam  &  fem. 
Cariophyllorum  , 

Carpohalfami, 

Bdellij ,  mO'i'unc.  unam.  - 
Mpfehi,  drach.fex. 

Hucis  IndicA ,  num>  qpatmr.  ^ 

Folium ,  Crocum,  Myrrham,  Xy- 
locajftam ,  Catfobalfamum ,  Bdtl- , 
lium  ,  contufa  &  in  aqua  hidm  in- 
fitfa  cum  Oleo  coque  vfque  ad  con- 
fumptionem  ,  &  pofi  infiigidatio- 
nem  univu  diei  gnaviter  cola  ,deinde 
Caryophyiorum ,  Spica ,  Nu- 
cù  fuhtilijfimum  pulverem  decoUio- 
ni  adde ,  &  in  parte  Olei,  Styra- 
cem>  APafiiehem,  Mofihurn  contufa 
immitte  ,  iterumque  modicum  Mi, 
&  infiigidatum  diligenter  recondey 
ufuique  referva  j  calefacit  enim  re~ 
jrigerata  membra  &  debilibusM- 
bur  inducit. 

Vbila  les  propres  termes  de  U 
defeription  ,  du  modus  faciendi  & 
des  ‘vertus  de  l’huile  Jtéujfeltn  de 
Nicolaus  Alexandrinus ,  tireX^  du 
chapitre  7 1.2.  de  la  compofitio'n  des 
Jldodicaments  locaux  ,  dé  [es  tèU' 
v.res  ,  que  tay  voulu  rapporter  de 
met. 


Dts  Hmléd  comüofez>,  2.7 


,not  l  mot  àam  les  Remarques  de 
cette  Pharmacopée  ,  four  faire  con~ 
nottre  .à  ceux  qui  font  pri'vez.  de 
fan  travail  la  différence  quil  y  a 
de  cette  defcription  à  celle  des  au¬ 
tres  Bi^enfaires.  Et .  bien  quelle 
foit  la  mieux  proportionnée  en  fes 
dofes ,  elle  a  neantmoins  hefoin  de 
çérreBion  en  fhn  rnodus  faciendi  j 
mais  aidant  que  d’entrer  en  la  cor- 
redion  d’icelu/i  il  êfi  préalablement 
necefaire  de  fçavoir  ,  ’quefi  -co 
qu  entend  nôtre  Autheur par  Oleum 
Punkum ,  eu  fuivant  quelques  au¬ 
tres  par  Oleum  Pumicum.  Ce  mot 
de  Pumicum  d  le  prendre  en  fon  fens 
literd\fîgnifieroit  l’huile  de  Grena¬ 
des, de  môme  que  celuy  de  Pumicum. 
h''Huile  de  Pierre  Ponce  :  J}‘au- 
tresidjfent  que  par  Oleum  Pumi- 
cwm, ,  il  faut  entendre  nôtre  huile 
d’Olive  doux  :  d’autres  le  même 
huile  qui  foit  bien  purifié  :  d’autres 
encore  difent ,  que  ceft  un  huile  qui 
vient  d’ nfrique  i  mais  tout  cela 
n'efi  rien  dire,  quoy  que  les  der- 
tiiers  fe  fiaient  plus  approchez,  de 
la  vérité  ^  de,  l’intention  de  L’Au- 
theur  ,  il  eft  'tres-certain  ,  qu’il 
na.  pas  ajouté  le  mot  de  Pnnicum 
a  celpy  d’Oleum  en  vain ,  &  quant  ' 
a  may  je  tiens  -pour  ceux  qui  di- 
fint  que  ceft  un  huile  qui  vient 
d'Afrique  tpuifque  le  mot  de  Pu- 
nicum  fignifie  le  pais  fans  m’en  ex- 
fUquer  d'avantage ,  &  que  ce  doit 
etre.  ce  merveilleux  Huile  ,  que 
Louysi-  CadamoFie  en  fes  naviga¬ 
tions  ,  dit  avoir  veu  au  Royaume 
»e  Senega  ,  qui  eft  d’odeur  de  vio- 
ktte ,  de  faveur  douce ,  approchan¬ 
te  a  celle  de  l’huile  d’Olive ,  &  de 
eouleur  faffranée  ,  que  nôtre  Au- 


theur  entend  de  prendre  ,  qui  ne 
nous  eft  pas  inconneu  ;  car  je  ftay 
que  plufieurs  curieux  Apsthicaires 
de  la  France ,  l’ont\veu  &  le  con- 
noiffent  par  les  vrayes  fnarques  de 
Cadamofte  ,  &  des  fçavans  Méde¬ 
cins,  qui  l’employent  avec  heureux 
fuccez. ,  tant  intérieurement  '  qu  ex¬ 
térieurement.  De  moy  je  puis  affeu- 
rer  en  avoir  un  ,pot  d’environ  deux 
livres  ,  qui  a  les  marques ,  &  qua- 
lite\^que  deffus  ,  de  conftftence  un 
peu  plus  ferme  que  du  Beurre. 

Aprez.  avoir  eu  la  vraye  con- 
noiffance  de  l'huile  Punicin ,  refit e 
pour  procéder  au  mélange  de  con- 
caffer  ou  inçifer  le  Folium  Indum, 
le  Spica  Nard  ,  le  Coftus ,  le  Sty¬ 
rax  ,  la  .Myrrhe  ,  la  Caffe  aroma¬ 
tique ,  le  Cinnamum  ,  ou  la  grojfe 
Canelle  ,  le  Geroftx  -,  le  fruit  du 
Baume  ,  &  non  les  Cubebes ,  ejr  le 
Bdellium  -,  tous  lefquels  ingrédient 
feront  mis  dans  un  matras  ,  avec 
huit  livres  poids  de  Médecine 
d'huile  Punicin  de  Cadamofte,  dans 
lequel  on  aura  fait  dijfoudre  fur 
un  petit  feu  le  maBich  grofftere- 
ment  pulverifé  ,  aprez.  on  le  bou¬ 
chera  exaEtement  ,  &  à  mfme 
temps,  dans  un  autre. matras  faut 
mettre  d  part  en  infufion  le  mufc 
fubtilement  pulvérisé  avec  l’huile 
qu’on  aura  tiré  par  exprejfiàn  du 
noyau  de  qtiatre  noix  d'Inde,  (  & 
non  de  Mufcade  )  le  vaiffeau  fermé 
comme  le  precedent ,  feront  mis  au- 
B.  M.  pendant  douz.e  ou  quinze 
jours ,  qu’on  remuera  fouvent  pour 
faciliter  la  pénétration  des  huiles, 
dans  les  ingrédient ,  afin  d'en  atti¬ 
rer  leur  vertti  5  le  dernier  jour  ,  le 
feu  fera  augmenté  pendant  qud- 
d  1  ques 


i8  Livre  1 L 

^ues  heures  ,  aprez.  la  colature 
faite  les  infufîons  feront  mêlées  & 
ferrées  enfemble  dans  me  phiole 
bien  bouchée  pour  s‘en  fervir  au 
hefoin.  De  cette  fa^on  il  nefi  pas 
hefoin  <  d'une  liqueur  ny  d'autre  , 

■  pour  aider  à  la  coélion  des Jîmples. 


Oleum  Hyperici,  D.  lacobi  de 

'  Manliis- 

Summitatum  Hyperici  ,  uncias 
très. 

Jnfunde  triduo  in  vino  odàrifere, 
quant,  fujf  poft  coque  in  vafe  be- 
nè  obfiruào  deinde  former  ex¬ 
prime,  &  ^nopum  Hypericum  rur- 
fm  macéra  :  coque  ut  prius  ,  & 
exprejfq  colato  adde 
Olei  antiqui ,  une-fex. 

'Terebinthina ,  une.  très. 

Croci,fcrup.  unum. 

Coquantur  in  duplici  vafe  ad  vini 
-  confmnptionem.  Cola  &  ujui  ‘re- 
'  pone.  Nonnulli  Iteilia  JUfedici 
■  addunt  Gurnmi ,  &  pul.  Sarco- 
ticos ,  ut  Balfami  vires  fupplere 
queat.  At  fatiui  fuerit  fmplicim 
habere. 

PARAPHRASE. 

CR  T  Huile  eft  appelle  d’aucuns 
fimple,  aurefpeâ  d’un  autre  de 
fèiïib;able  nom,  ufîré  des.  Médecins 
de  Florence  ,  &  non  en  France, 
gue  je  içache  beaucoup  plus  com- 
pofé  &  artificiel,  l’ay  tranferit  cet- 
tuy-!-y  de  Manlius  au  lieu  prealle- 

fué ,  lequel  a  pris  le  aiom  de  fa  baie 
Hyperieum..  La  Tercbinthine  y 
«£t  mile  pour  deterger»  &  agglud- 


SeSlion  L 

ncr  les  playes  &  vlccres ,  &  le  Sa& 
fran  pour  corroborer  les  mcrabies 
blelfez  ,  lefquels  aiidi  meflangez 
fervent  de  Baume  poun  les  paii- 
vres.  Pource  il  ne  faut  diminuer  . 
leur  dofe.  Prenez  de  l’Hypericum  baf 
fleury  ,  avec  Ibn  bouton  que  ferez 
inflifer  l’elpace  de  trois  jours,  fut 
les  cendres  chaudes  j^avec  bon  vin 
blanc ,  ou  clairet ,  daus  uii  pot  de 
terre  vernilfé.  'Aprez  on  le  fera 
bouillir  au  B.  M.  environ  demyheu- 
re  :  puis  on  l’exprimera.  En 
lature  on  y  infufera  derechef  de 
nouveau  Hyperieum  autres  trois 
jours  ,  puis  on  les  -cuira  ôc  expri¬ 
mera  ,  continuant  jufques  à  trois 
fois  ,  comme  dit  efl:.  Cela  fait  ,on 
ajoutera  à  la  colature  l’hiiile  requis, 
qu'on  fera  bouillir  en  doublai  vaif 
feau  ,  Sc  au  B.  M,  julqu’à  la  eon- 
fomption  du  vin  ou  à  peu  prez ,  y 
ajoûtairt  fur  la  fin  le  Safran ‘pul  ve- 
rife  ,  &  hors  du  feu ,  la  Terebin- 
thine  ;  puis  étant'rcfroidis ,  foa  gar¬ 
dé  à  la  neceflité. 

Quelques-uns  non  du  tout  (  com¬ 
me  enfeigne  Manhus  )  font  infnler 
l’huile  &  le  vin  avec  l’Hypericon 
trois  jours  ;  mais  au  lien  de -ce, .ils 
luy  donnent  trois  ou  quatre  bouil¬ 
lons  ,  &  l’expriment,  &  changent 
d'Hypericon  jufqu’à trois  fois:  fina¬ 
lement  y  ajoutent  le  Safran  &  Tere- 
binthine,  comme  delïtis,  Sc  le  gardent 
au  befoin.  Cette  méthode  n’eft  pas  à 
rejetter.  Ceux  qui  en  voudrontcora- 
polèr  plus  grande  quantité ,  pourveu 
qu’ils  gardent  la  proportion  des  uns 
comme  des  aumes  ,  le  pourront 
faire. 


Z£S 


Des  Huiles  compofez^. 


les  facfltez. 

Il  écIiaulFaj  ddïèiche  j  corrobore, 
confoiide  les  playes ,  principalement 
les  .parties  ncrveules  ;  guérie  les 
blelleiites  :  addoucit  la  douleur  des 
cuilFes  ,&  de  la  veffie,  provoque 
liirine. 

REMARCLVE. 

F\Our  la  fommité  À’Hy]>ericon  il 
faut  entendre  les  fleurs  les 
houtons  qtti  contiennent  la  femen- 
■ce  &.  en  prendre  le  poids  requis  & 
le  concajfer  pour  le  mettre  en  in- 
ftifon  avec  huit  onces  d’huile  com¬ 
mun  (  &  non  avec  du  vin  pour 
les  raifons  cj-dejfous  )  dans  un 
vaijfeau  de  terre  commode  ,  bien 
couvert  fur  les  cendres  chaudes 
par  cinq  d.fix  jours  ;  avant  les 
couler  faut  augmenter  un  peu  le 
feu  &  remuer  fouvant  la  matière 
afin  qu’elle  s’échauffe  également 
par  tout ,  l’expreffion  faite  ,  la  co- 
lature  fera  remife  dans  le  pot  avec 
de  nouvelle  fommité  au  même  poids, 
chaleur  &  temps  que  déjfu  ,  pour 
la^  fécondé  infùfon  ,  laque  de  reite- 
tee  pour  la  troifiéme  fois  ,  obfer- 
Vftnt  exaUement  tout  ce  que  def 
&  quant  au  furplm  fuivrez. 
Bauderon.  Tay  changé  la  façon 
do  l’vrfufian  de  l’Antheur  pour 
^t!o  ratfan  fort  confiderable  ,  qui 
que  le  vin  n’attireroit  jamais 
^a  teinture  rouge  de  l’Hypericon, 
comme  fait  l’huile  ,  &.  quand  il 

I  attirerait  bien  ,  V huile  ne  Vatti- 
foroit  jamais  du  vin  ,  ai;  fi  il 
Je  trouverait  grandement  defeélueux„ 


on  y  en  pourra  pourtant  ajouter 
environ  deux  onces  d  la  premiers 
infufion. 

L’Artifie  treuvera  de  quoy  s'e¬ 
xercer  dans  cette  feétion  des  hui¬ 
les  s’il  fait  reflexion  fur  ce  que  la 
fleur  de  Camomille  qui  efl  cornpo- 
fée  de  blanc  &  de  jaune  ,  nom 
donne  par  la  difiillation  un  hui¬ 
le  de  couleur  d' A^ur  ,  comme  a 
été  cy  -  devant  Remarqué  j  eîr 
quand  nous  le  faifons  par  infu- 
fien  dans  l’huile  doux  ,  elle  nous 
donne  une  couleur  verte.  Et  l’Hy¬ 
pericon  qui  a  fa  fleur  jaune  efir 
fon  bouton  vert  ,  imprime  dans 
l’huilé  commun  une  belle  couleur 
rouge  ,  &  dans  l’eau  non.  Le 
Safran  qui  eft  rouge  ,  avec  quel¬ 
que  peu  de  jaune  n  imprime  point 
fans  medium  fa  couleur  a  ■  l’hui¬ 
le  ,  ny  a  aucune  graife  i  &  ain- 
fi  de  beaucoup  d’autres  parties  de 
plantes  qui  -  ne  communiquent  point 
leur  légitimé  couleur  aux  hui¬ 
les  ,  que  nom  préparons  par  im- 
prefion  ,  non  pim  que  leurs 
vertm.. 


Oleum  MaftiGhinum  ,  I>- 
McfLié. 

fi- .  Maétiches  Chia  ,  une.  très. 

Fi  .  i  odoriferi  >  vel  Aqua  vit.& ,  une- 
quatuor. 

Olrt  Rqfati  completi,  Itb.  unam. , 
Coque  in.  dupliei  vafè  ad  vins  c<m>- 
furrjptionem  ,  efif  cola. 


dl  J 


50 


Livre  II 

PARAPHRASE. 

MEfué  nous  décrit  cet  .Huile 
en  deux  maniérés  :  Tune  fans 
vin ,  &  plus  grande  quantité  d*HuiIe, 
prilè  d'Avicenne  au  livre  5 .  diap.  10. 
L'autre  nous  l'avons  tranfcrite  de 
luy ,  &  ainfi  qu'il  eft  par  tout  ufité. 
Il  a  pris  lemom  de  fa  tjafè  s  le  Ma- 
ftich.  Le  vin  y  eft  mis ,  pour  aug¬ 
menter  la  vertu  corroborative,  &  em¬ 
pêcher  que  le  Mafti ch, 'di  l'huile  n'a- 
quierent  quelque  chaleur  étrangère 
en  bouillant. 

Le  tout  mis  en  double  vaillèau, 
■Sc  B.  M.  fera  bouilli  jufqu'à  la  con- 
fomption  du  vin  ou  de  l'eau  de 
vie  ,  avec  laquelle  le  maftiçh.  fe 
fondra  plus  facilement  qu'avec  le 
vin  ,  &  fera  gardé  dans  foh  pot  bien 
bouché  ait  beloin. 

Z  ES  FACFLTE  Z. 

Il  fortifie  par  fbn  adftriébion  ,  le 
cerveau,  le  ventricule ,  les  nerfs  ,  &  le 
foye:  &c  eft  convenable  à 'la  liente- 
rie  ,  au  vomillbment ,  &  à  la  crudité 
d'eftomach. 

REMARQ.VE. 

L'Autheur  de  la  Paraphrafe  a 
creu  apre\^  MeÇué  que  le  Ma- 
fiieh  en  larme  ne  fe  dijfolvoit  point 
dans  l'huile  ,  fi  on  ne  le  faifoit 
bouillir  enfemble  avec  quelqm  lU 
^neur  fpiritueufe  :  plufieurs  Apo¬ 
thicaires  aujourd’huy  attachez,  a 
l'intereft  de  leur  bourfe  font  de  ce 
fentiment  ,  &  d'autres  qu'il  ne 
fiauroit  s'y  dijfoudre  j  cela  proce- 


\  SeâionL 

de  aux  uns  &  aux  autres  de  ne 
confiderer  pas  quelle  efl  la  nature 
du  maftich  ,  &  quelle  eft:  celle  de 
l'huile  :  les  curieux  de. leur  hon¬ 
neur  y  auront  bien-tot  pénétré-,  ^ 
ne  leur  fera  pas  difficile  d'en 've¬ 
nir  a  bout  ,  qui  fera  la  caufe  que 
je  nen  diray  pas  d'avantage  ,  fi 
ce  neji  qu'il  ne  faut  pas  faire  eut- 
re  l’huile  avec  aucun,e  liqueur ,  puis 
qu'il  ne  s'agifl  icy  que  de  la  dijfo- 
lution  du  maftich  dans  l  huile. 
Pour  ce  faire  il  le  faut  triturer 
grojfterement  ,&  le  jet  ter  dans  une 
petite  quantité  d'huile  ,  &‘-  fur  un- 
feu  modéré  le  ferez,  chauffier  dou¬ 
cement  en  remuant  toupùrs-,  ]uf- 
qua  ce  qu'il,  fffit  diffiqut  j  alors*  ti¬ 
rerez.  vôtre  vaiffieau  du  feu ,  &  y 
joindre"^  le  rèfte  de  l’huile  ,  étant 
bien  mejl'ez.  enfemble  ,  le  ferrétqix. 
pour  le  befojn.  ^e  fi  pendant  la  dif- 
folution  du  maftich  ,  on  y  veut  ajou¬ 
ter  quelque  once  d'excellent  vin  ort¬ 
ie  pourra. 


De  Oleis  Ablîncliij ,  Mencliæ» 
Sampfuchi  ,  &  Rutx,  . 
D.Me/: 

Ofi.Succi  &.  foliorumrecentiùm  con- 
tufoŸum  vèl  inciforum  ,  utriiifois 
harum  herbarum  aqùalem  portioy 
nem  ,  oie]  veterü ,  &  clari  &  non 
OmphaCini  ( quoniam  illud\çalid(s 
hoc  ftigidis  rnagis  competit)  quan- 
tum  fufficit ,  infola  dies  i  j .  obtu- 
rato  vafe  :  poft  coque  in  diplomate 
horis  Sf.  exprime  :  hoc  bftaut  ter 
itéra,  &  ujui  reconde. 

P  A 


Des  Huiles  compofez»  3 1 


PARAPHRASE. 

CE  s  quatre  fortes  d’huiles  fe  pré¬ 
parent  comme  l’huile  de  Coings: 
hormis  qu’aulicu  derhiiile  Omphacin, 
il  faut  prendre  du  doux  fait  d’olives, 
meures,  ou  romme  il  s’enfoit.  Prenez 
une  partie  de  l’ime  de  cçs  herbes  ré¬ 
centes  ,  qu’il  faut  concallèr  au  mor¬ 
tier,  &  avec  autant  de  foc- tire  d’au¬ 
tres,  &  deux  parties  d’huile  d’olive 
doux,  que  vous  infoferez  epfomble, 
dans-  un  pot  de  terre  verniflTé.,  for 
les  cendres  chaudes  ,  où  au  Soleil 
ardent  l’eipace  de  quinze  jours ,  qui 
foit  couvert.  Aprez  il  le  faut  cuire 
au  bain  marie  julqu’à  la  confomp- 
tion  de  fon  humidité  ,  puis  le^  tout 
exprimé  ,  de  nouveau  on  y  ajoû- 
tera  de  nouvelle  herbe  ,  &foc,  qui 
infuferont  autres  quinze  jours  ,  & 
feront  cuits  &  exprimez  ,■  comme 
diteft  :  aprez  v  l’huile  fera  relTerré  au 
befoin.  Ceux  qui  pour  la  troifiéme 
fois_  changent  le  foc  ,  &  l'herbe, 
donnent  plus  de  force  à  leur  huile,que 
ceux  qui  le  changent  feulement  deuxj 
encore  moins  ,  qui  une  foule  fois. 

LES  FAcrLTE  Z. 

L’huile  d’Abfinthe  échauffe  mo¬ 
dérément  ,  fortifie  le  ventricule ,  & 
aide  la  coébion,  provoque  l’appetit,. 
ouvre  les  obftrudions  ,  tue  les  vers. 

L’huile  de  menthe  ,.  corrobore  lé 
ventricule  &  autres  parties  en  linr- 
joent  :  favorife  la  coétion  par  fà  cha¬ 
hut  modelée. 

L’huile  de  Marjolaine  eft  profita- 
oh  à  la  laflitude  ,  &  aux  maladies 
dù  toveau.  ôc  des.  nerfs  :  partant  il 


cft  propre  à  la  paralyfie  en  fomenta¬ 
tion  ou  en  bain  ,  &  à  la  convulfion 
canine,  fi  on  en  fait  injeétion  dans 
les  oreilles  en  diffipe  le  tintement 
caiifé  de  vents  :  provoque  les  mois, 
&  fèrt  auflî  contré  la  piqueure  du 
Scorpion. 

L’huile  de  Rue  échauffe,  atténué’ 
les  humeurs  crafiès,  dilcute  les  vents 
plus  puilfarament  que  l’huile  d’A- 
neth.  Il  convient  à  la  colique ,  &  à  la 
paralyfie,  &  à  la  convulfion,  au  ra- 
fioidilfement  de  la  matrice  &  de  la. 
velfie. 

REMÀRQVE. 

H  la  comfojîtion  de  ces  Huiles,, 
quoy  quils  ne  femblent  pas  être; 
des  remedes  importuns  ,  d  caufe.^ 
quils  font  externes  ,  il  ne  faut 
neantmoins  pas  négliger  leur  exaSle 
co7npefition ,  parce  quil  n  en  eji  pas 
de  l’huile  ,  comme  de  l’eau  pour 
attirer  la  vertu  des  plantes  :  il  y  a 
des  ApotToicaires  en  ce  rencontre,, 
fi  bien  ,  qu’en  beaucoup  d’autres ,  qui 
agijfent  aveuglement  ,  comme  le^i 
femmes  qui  fe  mefentjie  nôtre  pro- 
feffion  fans  f  avoir  ce  quelles  fonpx 
celles-cy  imitent  les  finges ,  &  ceux- 
là  les  ignorant ,  qui  fans  proportion 
&  fans  préparation  aucune , fourrent' 
les  herbes  dans  l’huile  ,fe  contentant 
d’une  legere  incifion  ,  puis  cuifent  4 
grands  boitillons,  &  tiennent  long-., 
temps  leur  huile  fur  le  feu  ,  juf~ 
qu’a  ce  que  l’humidité  en  efi  en-.; 
tierement.  confmnée  ,  &  que  .  {e^ 
tout  foit  grillé.  La  connoijfance.' 
qu’ils  ont:  de  cette  confomption ,  efi; 
qu’ils  en  jettent  fur  les  charbons; 
allumez., .s’il  s’enfiamme pans  furner 


L  Livre  IL  SeBion  1, 


&  pétiller  ils  difent  quil  efi  cuit, 
&  quil  ny  refte  pim  d'humidité  ; 
alors  toute  la  vertu  efi  flambée  ,  il 
n’y  réfie  pim  rien  qu'un  huile  rofii, 
duquel  la  force  dwfeu  a  fait  fepa~ 
rer  un  certain  ejprit  de  l’huile  qui 
efi  mordicant  que  certains  Chymi- 
fies  appellent  huile  de  fentinelle. 
Ignorance  s'il  en  fufi  jamais  une; 
la  même  chofe  qu'ils  voyent  en 
jettant  l'huile  dans  le  feu  ne  le 
voyent -ils  pai  dans  la  bajjîne  que 
l'humidité  fait  enlever  des  vefcies. 
au  dejfm  de  l'huile  ?  d'ailleurs  nen~ 
tendent  -  ils  pas  le  pétillement  au 
fonds  du  vaijfeau  ,  qui  efi  caufe  de 
l'humidité  aqueufe  avec  l'huile  / 
&  pour  une  troifiéme  marque  ,  ne 
voyent-ilf  pas  aufii  les  vapeurs  qui 
s’enlevent  ,  comme  en  une  deco- 
nion  aqueufe  î  Voila  trois  marques 
certaines  pour  juger  quand  il  y  a 
de  l'humidité  dans  un  huile  qu.on 
fait  bouillir. 

Tour  donc  procéder  méthodi¬ 
quement  a  la  compofition  de  tels 
Huiles  il  faut  prendre  la  plante 
lors  quelle  efi  en  fa  perfection',  l'in- 
cifer  &  la  piler  dans  un  mortier 
de  marbre  ,-  comme  fi,  on  en  vou¬ 
loir  tirer  le  fuc  -,  aprez.,  la  mettrez, 
dans  un  pot  de  terre  vernifié  ,  fur 
laquelle  verferez  de  bon  huile  clair, 
fufqu'à  ce  qu'il  furmonte  l'herbe 
d'un  petit  demy  travers  de  doigt  ; 
l'ayant  bouché  fera  tenu  fur  les 
cendres  chaudes  pendant  cinq  d  fix 
jours  ,  &  par  fois  la  matiere.-fera 
jjemuêe  avec  une  fiatule  ;  ce  temps 
expiré  faut  augmenter  la  chaleur 
&  luy  faire  prendre  une  fort  lege- 
re  ébullition  ,  puis  le  coulere"^  ,  & 
l’exprimerel^fort.  En  la  colature 


infuferez  pareille  quantité  d’herbe 
incifée  &  pilée  que  deffm ,  &  prg. 
cederez  de  même  en  cette  infufion-^ 
qu'en  la  première ,  &  la  réitérez, 
encore  une  fois ,  &  à  cette  troifiéme 
augmenterez^  le  feu  durant  le  der¬ 
nier  jour  ,  fans  toutesfois  que  l'hui- 
le  boitille  ,  &  remuer ef^fouventi,  afin 
que  la  chaleur  agijfe  égalemint  par 
tout  ;  ainfi  faifant  aurel^ces  quatre 
h'uiles  qut  rapporteront  chacun  U 
faveur ,  l'odeur  &  ,les  vrayes  &  lé¬ 
gitimés  vertus  de  leur  fimple  fans 
qu'ils  parcipent  d'aucune''  quitté 
du  féu.  Il  nefi  nullement  befoin  de 
fuc  ,  ny  autre  liqueur  pour  les 
cuire. 


Oleum  Nardinum  fîmplex, 
D.'Mef: 

Ifi.  Nardi  Indica  ,  minutim  ineife, 
unt.  très. 

Vini ,  & 

Aqua ,  vit  a,  vtriufq.  une.  duos,  & 
dimid. 

Olei  Sefami ,  vel  dulcis ,  lib.  unam, 
&  femifi.  ( Mefuê  Ole)  libr.dimi- 
diarn  tantum  habet.  At  cjuanti- 
tas  hac  parcior  rnihi  videtur  ad 
bafim  ,  qua  pondéré  levés  efi  ,  & 
viribus  potens  :  ob  id  ejus  dofm 
auxi.  )  Coquantur  in  duplici  va-^ 
fie  lento  igné ,  ad  humoris  ferme 
confumptionem  ,  fréquenter 
moveantur  :  colatum  reponatur 
ufui. 


PA 


Des  Huiles  comPofeZi.  '  35 


para?  HRASE. 

CEt  huile  a  pris  le  nom  de  fa  ba- 
fe'le  Nard  indicdcquel  nous  ap- 
pllons  /împIe,poiuce  qu'il  eft  moins 
compofé  que  les  deux  autres  de  fem- 
blable  nom ,  décrits  par  Mefué  mê¬ 
me}  qui  ne  font  en  ufàge.  L'eau  de 
vie  &i  le  vin  y  font  mis  pour  em¬ 
pêcher  J  que  la  bafc  &  l'huile  en 
bouillant  ne  perdent  leur  vertu  ,  & 
en  acquièrent  une  étrangère.  Lado- 
fe  de  l'huile  Ipccifiée  par  l'Au- 
theur  m’a  femblé  petite  au  refpeét 
(lu  Nard} qui  eft  fortleger;  pourcc 
j’ay,  fuivi  Nicolaus  Præpofitus  &c 
quelques  autres  ,  qui  y  en  mettent 
une  livre  &  demie.  L'huile  d'olive 
doux^Sc  clair  j  a  fomblablc  feculté 
qiiele Sefamin,  ^  n’importe  lequel 
l’Apothicaire  prénne.. 

LE  MELALNGE. 

Il  faut  incifer  le  Nard  indique  avec 
de  gros  cilèaux ,  &  le  faire  bouillir 
avec  l’huile  ,  eau  de  vie  &  vin  ,  au 
B.  M.  dans  une  courge  de  cuivre 
Étannée  J  jufqu'à  la''confomption 
de  l’humidité  j  &  le  remuer  fou- 
v^t  avec  une  Ipatule  de  bois  (  afin 
qS^il  ne  fe  brûle  )  puis  l’exprimer  èc 
garder. 

les  EACVLTE  Z. 

11  échauffejattenu'é,}  digéré  &  cor¬ 
robore.  Il  eft  merveilleiilêment  pro¬ 
pre  aux  indifpofitions  froides  &  fla- 
Weiifes  du  cerveau  ,  du  ventricule, 
du  fûye }  de  la  ratte ,  des  reins ,  de  la 
J  &  de  la  matrice.  Il  purge  le 


cerveau  fi  on  en  fait  injeeftion  dans 
les  narines.  11  rend  le  teint  &  l’o¬ 
deur  du  corpis  agréable. 

REMARQUE. 

BAuderon  en  la  defeription  de 
l’huile  Nardin  fauorife  beau¬ 
coup  les  Apothicaires  qui  font  ava- 
ricieux ,  en  ce  que  Mefué  en  tout  fes 
exemplaires  ne  demande  que  fix 
onces  d’huile  Sifamin  pour  trois  on¬ 
ces  de  Nard  inUic ,  &  Baud.  en  met 
une  livre  &  demie  ,  &  prend  pré¬ 
texte  fur  ce  que  fix  onces  d’huile  ne 
fujffent  pas  pour  imbiber  &  attirer 
la  vertu  de  trois  onces  de  Nard  in- 
dic  :  1’ avoue  bien  que  fuivant  le  mo- 
dus  faciendi  cj-dejfus preferit  que  ce¬ 
la  ne  fefçauroit  bien  faire,  mais  auf- 
fi  qu’on  y  peut  remedier  d’ailleurs 
fans  excéder  en  la  quantité  de  l’hui¬ 
le  qui  affoibliroit  par  trop  le  peu 
de  vertu  que  trois  onces  de  Spi- 
ca  Nard  luy  pourroient  communi¬ 
quer ,  confit  deré  qu’il  efi  fec  &  ari¬ 
de  ,  chaud  feulement  au  premier  de¬ 
gré ,  &  fec  à  la  fin  du  fécond  ,  de 
petite  odeur  ,  qui  ne  participe 
d’aucun  fuc  gommeux  ,  refineux, 
ny  mucitagineux  ,  qui  ne  fiauroit 
communiquer  que  de  faibles  vertus 
a  une  telle  quantité  d’huile  ,  qui 
efi  la  caufe  qu’en  me  reformant  je 
remettray  la  defeription  en  fin- 
premier  état' fuivant  Mefué  ,  & 
corrigeray  fin  modus  faciendi.  Tre- 
'nez.  fix  onces  d'huile  doux  clair 
&  net  ,  une  once  de  Nard  indic 
incisé  &  concapé  pour  le  rendre 
plus  délié  :  arrousez.-le  de  quelques 
gouttes  d’excellent  vin  &  l’enfermés 
dans  un  linge  que  metrez,  avec  l’hui- 


34  Lime  IL 

le  dans  m  vaijfeau  de  terre  ver- 
mjfée  fait  à  mode  d"me  cucurhite 
d‘Alembic’,aprez.  l'avoir  bien  fermé 
le  tiendrez,  au  B.  M-  Vejpace  de 
huit  purs  ,  &  de  terns  en  tems 
prejferel^  le  no'ùet  avec  une  jpatu- 
le  pour  mieux  faciliter  par  Ven¬ 
trée  &  la  fortie  de  Vhuile  ,  Vat- 
traélion  &  communication  de  la 
vertu  du  ndnet  dans-  iceluy  :le  der¬ 
nier  pur  mettrez,  votre  pot  fur  une 
chaleur  un  peu  plus  grande  pen¬ 
dant  deux  heures-,  ©“  exprme- 
rez.  le  no'ùet  plut  fouvent  :  cela 
fait  coulere\  Vhuile  ,  &  expri- 
mere'if  fortement  le  no'ùet.  Dans  la 
colature  infuferez.  derechef  une  on¬ 
ce  de  nouveau  Spica  JSVard  prépa¬ 
ré  comme  devant  obfervant  le  de¬ 
gré  de  chaleur  &  le  tems  que 
dejfus  ,  la  colature  derechef  faite, 
Vinfufion  fera,  encore  une  fois  réi¬ 
térée  pour  une  troifiéme  fois.  Voi¬ 
la  le  moyen  d’infùfir  trois  onces  de 
Nard  in  die  ,  dans  fîx  once  s, d’hui¬ 
le  ,  &  d’en  attirer  la  vertu. 

.  Nota  que  Ji  on  ne  prend  de  bon 
Spica  Nard  ,  pour  la  compojïtion 
de  cét  huile  ,  qu’il  en  faudra  aug¬ 
menter  la  dofe. 


Oleum  de  Capparibus  in- 
certi  Auétoris. 

Corticis  Radicum  Capparis ,  une. 
unam. 

Corticis  médianes  Tamarifci, 
Foliorum  vel  Florum  ejufdetn  Ta¬ 
marifci, 

Cyperi, 

Semtnis  Agni ,  id  efi,  Cafii,feu  Viti- 
ci(,& 


SeBion  L 

Scolopendrij  ,  vulgo  Ceteretch  ,fm, 
drach.  duos. 

Butes,  drach.  unam. 

Fini  optimi,  & 
Acett,utriufq.unc.  duos. 

Olei  dulcis,lib.unam. 

Crajftufcule  comminuta  coque  in  du- 
plici  vafe  ad  humoris  confump'u- 
nem.  Cola  &  ufui  repone. 

T  A  RA  P  H  RA  SE. 

T  ’Autheur  de  cct  huile  m’efl:  incer- 
X-<tainjleq.uel  a  pris  le  nom  de  fa  b- 
fè  mife  au  commencement,&  en  plus 
grande  quantité  qu’autre  qui  y  foif. 
Les  autres  medicamps  y  font  mis, 
pour  augmenter  fa  vertu  indfive ,  at¬ 
ténuative  ,  déterfive ,  digérante  ,  & 
corroborante  des  vifeeres.  Le  via  & 
le  vinaigre  y  font  .mis  pour  les  frire 
pénétrer  pins  profondément ,  &  em¬ 
pêcher  leur  iiilion.  .L’huile  comme 
aux  precedents  ,  &  fîiivans,  y  fert  ile 
matière  pour  recevoir  la  forme  des 
medicamens ,  ou  leur  faculté  requifc, 
&  la  cohfèrver.  ,  f 

LE  MELANGE-  \ 

Il  faut  concaffer  les  racines ,  écor¬ 
ces  ,  &  fcmences ,  &  incifer  les  h^- 
bes  &•  fleurs  ;  puis  avec  le  vin,  vinai¬ 
gre  &  huile  les  faire  bouillir  dans  un 
pot  de  terre  vernillé  ,  ou  courge , de 
cuivre  étanné  ,  au  bain  marie ,  juf- 
qu’à  la  confômption  de  l’humidite 
(  ou  à  peu  prez.  )  Àprez  que  le  tout 
fera  expirimé  ,  l’huiic  fera  ^ 
befoin. 


ILS 


Des  Huiies  compofez^, 
les  eacvltez. 


Il  refont  &  addoucit  ;tourc  forte 
de  douleur  j  &  dfobftruÀion  de  ra¬ 
ie,  en  exténuant  &  detergeant  quel¬ 
que  dureté  que  ce  foit. 

R  E  M  A  R  av  E. 

CEt  huile  n  ayant  peint  d’Au- 
thfur  certain  est  cattfe  que  la 
'defmpHon  efl  en  defirdre  &  toute 
itjrayée ,  (ÿ"  qu'il  efi  diverfement 
‘décrit  dans  les  Antidoiaires  ;  de 
flm  la  dofe.  des  ingrediens  des  pim 
correSls  me  femble  être  trop  petite 
pour  les  vertm  qu'on  luy  attribué-, 
fonr.faire  qu'il  en  ait  davantage ,  il 
fm  augmenter  la  dofe  de  chacun 
des  ingrediens,  (  excepté  du  vin,  du 
' vinaigré' ,  &  de  l'huile  )  pour  le 
moins  de  deux  tiers,  &  reviendront 
'alors  d  fept  onces  une  drachme ,  fur 
doul^  onces  d'huile  \  quantite'f  qui 
firent  beaucoup  mieux  proportion¬ 
nes  l'une  avec  l'asnre  ,  que  ne  font 
pas  deux  onces  trois  drachmes  fur 
douze  onces  d'huile ,  à  quoy  fe  mon- 
fi  la  defeription  de  Baud. 

^  Bostr  le  mélange  ,  prendrez.  Ici 
teorcês  des  racines  récentes ,  les  in- 
tifirez  fort  menu  ,  &  concajfcrez 
lis  fueiile s ,  fleurs  e-r  fernences ,  au^i 
tecentes  ,&  le  tout  mis  dans  un  pot 
fe  terre  convenable  ,  vous  y  verfe- 
.  par  dejjus  dou\e  onces  huile 
oommun  -,  qui  efi  une  livre  poids  de 
Médecine  ,  le  pot -étant  bouché  ain- 
fi  que  l  operation  le  requiert  l'ex- 
poferez  au  foleil  durant  un  mois , 
Pps  avec  deux  onces  en  tout  de 
,  ,  &  de  vinaigre  ,  les  infuferez 


3  5 

&  cuirez  fur  les  cendres  chaudes 
par  un  pur  entier  ,  remuant  fou- 
vent  avec  vne  ffatule ,  ?ér  pour  la 
fin  le  coulerez,,  &■  exprimerez  fort 
le  marc  ,  l’huile  reposé  fera  ferré 
pour  le  befbin. 


Olcum  Coftinum,  D-Mef. 

Cajfta  lignea  aromatica  ,  une. 
nnam* 

Cofli  amari  ,feu  veri ,  une.  duos. 
Summitatum  Sampfuchi ,  une.  obio. 
Fini  odorifert,  quant. fujf. 

Olei  Sefamini  ,  vel  dulcis  ,  lib. 
très. 

^ajfata ,  biduo  infundantur  :  dein- 
de  coquantur  in  duplici  vafe ,  ad 
humoris  confumptionem.  Colatum 
repone. 

PARAP  HRASE. 

CEt  huile  n’efl;  pas  de  l'invea- 
tion  de  Mefoé  :  car  Serapion  au 
traité  7.  chap.  25.  §c  Avicenne li- 
yre  5.  traité  10.  l’avoient  décrit 
long-tems  auparavant  :  defquels  il 
l’a  tiré.  La  bafe’eft  le  Coftus  ,  du¬ 
quel  il  a  pris  le  nom  »  comme  du 
principal  agent.  Les  Arabes  ont  con¬ 
nu  de  deux  fortes  de  Coftus  :  l’un 
qu’ils  ont  fornommé  doux ,  &  l’autre 
amer.  De  laquelle  difference  les  Grecs 
ne  font  point  mention.  Bien  eft-il 
vray  que  celuy  qui  eft  fec  ,  Se  vieil, 
eft  beaucoup  pins  amer  ,  que  celuy 
qui  eft  recent  ,  à  caiifo  de  Ibn  humi¬ 
dité  aqueufe.  le  ne  fçay  H  cela  auroit 
trompé  les  Arabes,  Aduarius  Si  quel¬ 
ques  autres,  qui  fe  contentent  de  conr 
noîtrcles  medicamens  par  ouïf  dire 
e  2  ou 


Lime  IL 

ou  par  la  lecbiire  des  livres ,  fans  plus 
grande  recherche.  Dù  blanc  qu  on 
apporte  d'Arabie  il  .ne  s'en  trouve 
qui  ait  toutes  les  marques  que.DioC- 
coride  luy  attribue  ;  de  celuy  des  In¬ 
des  3  &  de  Syrie  J  il  s’en  trouve  bien 
peu.  Ceux  qui  n'auront  pas  du  vrayj 
qu’ils  prennent  la  racine  d'Enulc 
Campane ,  ou  que  l'Apothicaire  en 
fôn  lieu  ,  préparé  l'huile  d'Enulc 
Campane  j  compolë  &  décrit  par  le 
même  Mefué  ,  qui  a  lemblable  vertu 
que  le  prelènt.  Le  mélange  n'eft 
point  dilTemblable  au  precedent  de 
Capprcs. 

LES  F ACVLTEZ. 

Il  échaufFe,ouvre  les  obftruélions, 
fortifie  les  parties  nerveufês  j  telles 
que  font  les  nerfs  ,  les  mincies,  les 
tendons,  les  ligamens  ,1e  ventricule: 

de  plus  le  foye  ,  &  les  cheveux 
,b*ancs ,  &  donne  au  corps  une  plai- 
fànce  couleur  &  odeur. 

R  E  M  A  R  QJ/  E. 

Et  huile  fi  trouve  diverfiment 
décrit  dans  l’Antidotaire  de 
Mefué  j  on  lit  dans  les  uns  Olei  Se~ 
farnini  lib.  très  ,  &  en  d"" autres  lib. 
duoi,  .&  pour  la  dofi  des  autres  me- 
dicarnens  ,  ils  font  conformes  't-juais 
avec  Avicenne ,  &  Serapion ,  les  dé¬ 
fier  iptions  different  auffi  de  beaucoup^ 
que  fay  voulu  rapporter  cy-deffous. 
Stff.  Coffii  amari,  drach.  decem. 
CaffaAfach.fiex. 

Foliorum  Armarmacori,  fiextar.  de¬ 
cem  ,  hoc  eB,  une.  o£to. 

Terantur  profité ,  &  infundantur  irt 
'  vim  ip  noéie ,  &  proUcifintur  fiuper 


SeBion  1. 

eas  Olei  Sejamini  ,  lib.  una  &  fit. 
mifi.  &  -decoquantur  in  vafie  dupU- 
ci ,  donec  cofffiurnatur  vinum ,  &  re- 
maneat  Oleutn.  Lefiime  que  nom  de¬ 
vons  plutôt  retenir  cette  deficrip. 
tion  que  celle  de  Mefué  veu  que  la 
quantité  de  l' huile  eji  moindre  de  la 
moitié,  &  par  ce  moyen  les  verm  en 
fieront  plus  unies ,  ou  bien  en  prépa¬ 
rant  celuy  de  Mefué  ,  il  rty  faut 
mettre  que  deux  livres  d’huile ,  au 
lieu  de  trois,  &  ainfii  il  en  fiera  meil¬ 
leur.  Pour  le  modut  faciendi  ,  il  y 
faut  procéder  ,  comme  a  été  cy-de- 
vant  dit  en  l’huile  Nardin  ,  &  di- 
vifer  les  ingrédient  en  deux  infu- 
Jîons. 

Oleum  Crod ,  D.  Mef. 

Croci,'& 

Calami  aromatici  ,  utriufque  une- 
unam. 

Myrrhét,  une.  dimid. 

Infundantur  fîmul  diebus  quinque 
in  Aceto.  Die  fixto  tete  macéra. 
Cordmneni-,  id  efi  ,  Carui  ,drachm. 
novem, 

Septimo  die  coquantur  fîmul  lento 
igné ,  cum 

Olet  ,  lib.  una  &  dimidia  ad  Aceti 
confumptionem, 

(  Sunt  qui  loco  Aceti,  Vinum  fiupp»- 
nunt  )  Cola  &  repone, 

TA  RAPHRASE. 

CE  t  huile  eft  peu  ulîté,  quoy  qu’ij 
convienne  fort  à  ce  que  Melue 
promet ,  lequel  fi  n’ay  voulu  laillèr 
en  arriéré ,  pource  qu'il  eft  necef- 
faire  en  la  compofition  de  lem* 


Des  Huiles  compofez^. 


37 


jiàtre  de  RanU ,  que  nous  décrirons 
cy-aprez  en  la  dernière  feétion  de  ce 
livre  fécond. 

le  MELANGE. 

Il  faut  concaflèr  la  Canne  odoran¬ 
te,  &  Myrrhe,  Sc  lesinfufèr  avec  le 
fafftan  en  petite  quantité  de  vinai¬ 
gre,  ou  vin  fefpace  de  cinq  jours: 
puis  on  y  ajoutera  le  Cordumenc, 
ou  Carvi ,  pour  encore  l’infulèr  un 
jour  entier  f  &  ce  lèront  Cix)  dans 
un  pot  de  terre  vernifsé ,  qui  foit 
étroit  dWbouclïeuce  ,  &  couvert. 
Le  lêptiérae  jour  Sc  au  même  pot, 
on  les  fera  bouillir  cnfètnble  ,  quafi 
jufqu’à  la  confompdoh  de  la  liqueur. 
L'huile  coulé  fera  gardé  au  befcân. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  fortifie  les  nerfs  &  la  matrice, 
&  appaife  leurs  douleurs  :  diflîpe  les 
durerez ,  &  rend  le  teint  agréable. 

REM  ARQJ  E. 

IEHime  quon  doit  procéder  au 
mélange  de  l’huile  de  Safran  de 
la  forte:  en  premier  lieu  il  faut  pi¬ 
ler  grofiertment  la  Canne  odoran¬ 
te ,  la  femence  de  Carui ,  &  let  arou- 
jer  a  caufe  de  leur  fccitê  de  quel- 
ques  gouttee  de  bon  vin  rouge  ,  & 
dans  un  rnatras  avec  la  quantité 
d'huilè  requife  qui  efi  d’une  livre 
^  dernye  :  quantité  qui  excede,  pour 
t>y  avoir  que  trois  onces  cinq  drach- 
d’tngrediens  qui  n’y  fçauroient 
eommuniquer  plus  de  vertu ,  que  ce 
qatls  en  pojfedent  par  le  propre  fen^ 
timent  de  l’Amheur:&  fi  encore  di- 


ray-\e  qu’outre  qu’ils  y  fiaient  en 
petite  quantité ,  il  y  en  a  comme  la 
bafie  qui  ne  communique  prefique 
rien-de  fia  vertu  d  l’bmle,quoy  qu’il 
en  pojfede  beaucoup.  Cette  façon  de 
parler  fiemblera  rude  aux  uns  &  ri¬ 
dicule  aux  autres, de  dire  que  les  fila¬ 
ments  du  fiaffran,qui  font  de  fiubfian- 
ce  rare  &  jpongieufie,  composée  pour 
la  plus  grand  partie  ,  départies  te¬ 
nues  qu’au  premier  atouchement  de 
quelle  liqueur  aqueufie  que  ce  fiait ^ 
tout  d  l’inélaht  luy  attire  fia  couleur, 
&  odeur, avec  Jes  qualités  &  vertus 
fans  aucune  aide  :  &  dans  l’huile, 
au  contraire  le  chaud  ny  le  fioid, 
ne  font  point  capables  de  luy  faire 
communiquer  ny  de  fia  couleur  ,  ny 
de  fon  odeur.  Si  nous  en  recherchons 
la  caufie ,  nous  dirons  en  deux  mots, 
que  le  fiafiran  en  fia  (ubfiance  na 
rien  de  balfiamique  ,  &  que  la  na¬ 
ture  aqueufi  ,  bouche  les  pores  de 
l’oleagineufe  ,  de  même  la  nature 
eleagvneufie  bouche  les  pores  de  l’a- 
queufie ,  qui  efi  la  caufie  que  le  fiafi^ 
fian  ne  communique  ny  fia  couleur 
ny  fin  odeur  aux  fiubftances  grajfes 
&  oleagineufis ,  comme  aux  aqueu- 
fis.  Cate  petite  digreJJIon  ,  nom 
avoit  un  peu  écarté  de  notre fiujet, 
que  nom  reprendrons  ,  &  dirons 
qu’il  convient  donc  de  doubler  l.n  do-, 
fie  du  Calamus  aromaticus  ,  &  du 
Carvi ,  fur  la  livre  &  dernye  d’hui¬ 
le  fi  on  defire  qu’il  ait  des  vertus 
approchantes  a  celles  qu  an  luy  at¬ 
tribué',  apres:,  avoir  exaüement  bou¬ 
ché  le  vaiffeau,  le  mettrefau  B-M, 
par  l’eéface  de  huit  'jours  ,  la  cha¬ 
leur  également  entretenue ,  le  faut 
remuer  fiuvent ,  fur  ta  fin  luy  don¬ 
ner  plus  de  chaleur  ,  comme  a  été 
'  e  5  cy 


38  Livre  11  SeUion  L 


cy-àevmt  dit  ;  cela  fait,  le  coulere"^ 
&  exprimere"^  le  marc  à  la  prejfe. 
En  une  partie  de  la  colature y  dif- 
foudre"^  par  Ventremife  d'une  peti¬ 
te  portion  d'un  )aune  d'œuf,  la  tein¬ 
ture  époijfe  d'une  once  de  fajfran, 
&  celle  de  demy  once  de  Myrrhe 
en  larme  ,  celle-la  extraiüe  avec 
l'eau  de  vie  commune ,  &  celle-cy 
avec  d’excellent  ejprit  de  vin  ,  & 
pour  la  fin  mêlerez,  les  fieux  por¬ 
tions  d’huile  enfemble  ,  pour  le  gar¬ 
der  au  befoin.  Voilà  la  méthode  qui 
me  femble  la  meilleure. 


„  Oleum  de  Piperibus,D.Mef. ,, 

Myrobalanor  j  Cepularum, 
Bellericarum, 

Emblicarum,  & 

Indarum  ,fing.dra'ch.  quin- 
que. 

Radicum  Apii ,  & 

Fœniculi ,  utriufque  drach.  très 
:  &femiji. 

Zingiherü ,  drach.tres. , 
ffium  Piperum  ,  fin  g.  drach.  très, 
(  une.  très  habet  Mef.) 

Sagapeni, 

Qpopanacif  ,&  • 

Ammoniaci ,  (  mendofe  legit  Mefué 
Hyofeyami  albi,)  fing.drach.duoi 
&  fem. 

Tkrbith ,  drach.  duos ,  &  non  drach. 

duodecim ,  curn  Me  f. 

Surculorum  recentium  Hafech  hu- 
midi ,  id  efi, 

Hyffopi  recentiitvel  tantundem  Sur- 
■  cvÀorum  Thymi  viridis  ,  feu  hu- 
midi ,  '& 

foliorum  Ruta  virentium  ,fing.  ma- 
nip.femifi. 


Parum  trita  coquantur  ad  ter- 
tias  m  aqua  lib.  duodec.&  non 
ut  habent  exemplaria  noflra.Colatu- 
ra  adde  elei  Cicim ,  id  efi: ,  Ricnn- 
ni ,  feu  de  Cherva  ,  hewinas  duos, 
feu  libram  unam  &  dimidiam.  De- 
inde  percoquantur  ad  aqua  confnrtfi 
ptionem  :  pofi, colatum  ufui  reconde. 

^oniam  perpauci  funt,  qui  olf  um 
de  Cherva  habeant ,  hu]m  vice  fu- 
matur  oleum  Raphani ,  vel  Melm- 
thii ,  vel  Lini.:  quoniam  funt  ejuf- 
dem  facultatis ,  teBibué  'Diofiorid. 
A  'étio  ,  &  Myrepf.  vel  oleum  Iri- 
num,aut  Cheyrimm,aut  Amygïala- 
rum  amararum,  tefiibus  Mef  &  Ni- . 
eolao  Prapofite.  Sequentia  non-nifi 
utendi  tempore ,  &  necejfitoi  poftu- 
let,  funt  permifeenda  :nam  impen- 
fim  caleret. 

Qfi.  Rad.  Ireo's  ,  drach.  feo^.  ■ 
Calarni  aromatici ,  drach.  duos  ,& 
femifL 

Seitaragi,  id  efi,  Iberidù  Greco- 
rum  ,feu  Nafiureii  agrefi.  drach. 
duos  (  male  vertit  interpres. 
Tapfia ,  peim  Cajfta ,  ut  colligimus 
ex  Serap.cap.i-j t  Hib.fimpl.&  Avi- 
cen:  lib.  1.  cap.666.  Tapfia  vero  Se- 
rapien.  meininit  cap.  ^içj  fTnterpres 
Synonym.  Avicenna  hanc  vocem  in- 
terpretatur  Tapfiam  herbafn ,  na- 
fiurtio'  fimitem.  Quid  'diferiminù 
fit  inter  Iberirn ,  feu  Nafiurmm^ 
agreSie ,  &  Tapfiam,  etiam  rnedio- 
criter  verfattu  in  materia  medica 
facile  judicabit.) 

Anifi, 

Cordumeni,  id  efi  ,  Carvi ,  alii  Car- 
damomi  (  utrum  fumas,  parum  re- 
fert ,  ambo^  calent  &.  ficcant  5  •  or- 
din.  Avicen.  lib.i.c.  1  y  ^.&  ’ 
utriufque.  drach. unam.  &femifi- 
SpicA 


T>es  Hmlej  compofez^. 


Spicii  Nardi ,  drach.  mam. 
ixprefmü  Hyjfopi  vel  Thymufex- 
tirids  très. 

jivicen.  &  Mef.  hanc  defcriptio- 
nem  fnnt  mntmti  ex  Serap.  tra^lat. 

noûiine  Alkekengt, 
pro  Alkeleniçi.  Qjuandoquidem  Al- 
kekenp ,  feu  Halicacabum ,  non  re- 
cipit ,  ut  ah  eo  nuncupationem  for- 
tktur.  Alkeleniçi  vero.  Arab.  Po- 
lychryjlon  Gracorum  &  multi  ufus 
Latinis  fonat.  Méfié  neutrim  ap~ 
pellationem  retinuit;fe'd  a  bafi  trium 
Piperum  nominavit.  Contextus  Mef. 
variât  ah  eo  Serapionü  &  Avicen- 
M,  non  in  fimpliciîm  numéro  ,fed 
pondéré  :  ut  liquet  ex  defcriptio- 
tmtn  collatione. 

P  ARA  P  HR  A  SE. 

MEfné  a  empninté  de  mot  à  mot 
cette  deüèriptiôn  d’Avicenne,li- 
vre  , .  traitré  i  o.  Ions  le  nom  d‘Al- 
ki^engi,  qui  eft  une  efpcce  de  Sola- 
'miin  J  mot  dépravé  d' Alkele’üici,  qui 
fignifie  convenable  à  plnfieurs  cho- 
fcs  :  -car  elle  n’en  peut  prendre  fon 
appellation  ,  attendu  qu’il  "n’y  en¬ 
tre  d'AUykenge ,  ou  Halicacabum. 
Comme  auffi  de  Serapion  traitré  7. 
chap.  iç.  fous  le  nom  d’ Alkeleniçi: 
Jaquelle  appellation  Mefiié  n’a  pas  re- 
Knuë,  lîiais  la  luy  a  imposée  du  nom 
<le  la  balèjlcs  trois  elpeces  de  poi¬ 
vre  ,  qu’il  met  au  premier  rang ,  & 
les  autres  au  troiziéme.  L’autre  dif¬ 
férence  eft ,  non  au  nombre  des  mé¬ 
dicaments  ,  mais  en  leur  dolè  :  car 
Méfié  s’eft  contenté  de  la  moitié, 
ainfî  qu’on  peut  voir  conférant  les 
defctiptions  des  uns  &  des  autres.  Ce 
Êilànt  on  trcuvera  la  defcriptioa  de 


39 

Mefué  J  manquer  en  ftx  endroits. 

Premièrement  en  la  dofe  du  poi¬ 
vre,  mettant  trois  .onces  ,  pour  trois 
drachmes  :  j’eftime  la'  faute  provenir 
des  Imprimeurs,qui  ont  pris  f  .pour 
eu  égard  au  grand  nombre  des  iri- 
grediens  &  à  leur  dofe ,  &  à  celle  de 
l’huile  qui  eft  petite  j  dont  neuf  drach¬ 
mes  fiilhront  avec  l’aide  des  antres 
pour  conftituer  une  bafè.  La  fécon¬ 
dé  eft  qu’Aviçenne  ,  &  Mellié  lifent 
lufquiame ,  pour  l’Ammoniac ,  men^ 
tionné  par  Serapion.  Car  à  quel  pro¬ 
pos  un  médicament  froid  au  qua- 
tiiéme  degré ,  avec  plufieurs  chauds 
mêlez  pour  la  gucrilon  de^maladies 
froides  du  cerveau  :  que  ce  foit  pour 
contempeter  leur  chaleur  ,  il  n’y  a 
poinr  d’apparence,  eu  égard  à  l’ad¬ 
dition  qui  eft  entièrement  chaude, 
pour  augmenter  fa  vertUjcn  cas  qu’el¬ 
le  ne  fût  fuffifinte.  Joint  que  l’Am¬ 
moniac  y  convient  aullî  bien  ,  que 
pôurroient  faire  les  autres  liqueurs. 
La  troiziéme  eft  en  la  do  le  duTur^ 
bith  :  car  Meliié  y  en  met  douze 
drachmes ,  Serapion  &  Avicenne, feu¬ 
lement  quatre.  La  moitié  eft  deux. 

La  faute  première  &  cette- cy, vien¬ 
nent,  des  Imprimeurs  ,  qui  ont  pris, 
le  poinét  mis  devant  2.  ponr  un  i. 
en  chiffre,  qui  vaudrpitdix  lefqu  elles 
chiffres  jointes  enlèmble  font  dou- . 
ze  ,  qui  eft  la  dofe  mal  lîippofée  aux 
exemplaires  de  Meliié.  La  quatriè¬ 
me  &i  moindre ,  eft  aux  herbes  ;  car 
Avicenne  fiir  toute  la  quantité  y  en 
met  de  chacune  une  poignée  ,  & 
Mellié  autant  lîir  la  moitié  que  fur 
le.tout ,  de  forte  que  ce  lèioit  demy 
poignée  de  chacune,  &  non  une.  La 
cinquième  eft  en  l’eau  :  car  Serapion, 
&  Avicenne ,  fiir  le  tout  y  en  mettent 
’vingç.  - 


40  Livre  î  L  SeBion  L 


vingt-quatre  livres.  Prenant  la  moi¬ 
tié  des  ingredienSj  comme  a  fait  Me- 
flié  :  il  faut  prendre  aulîi  la  moitié 
de  l’eau  qui  fera  i  z.  livres ,  quantitité 
plus  que  iüffifantè  pour  cuire  iîx  on¬ 
ces  ,  &  une  poignée  de  médicaments, 
qui  ne  font  pas  légers ,  èc  qui  n’en¬ 
durent  longue  decodion.  La  fiziérae 
&  dernicre  faute  que  j’y  trôuv.e,vient 
des  interprètes  d’Avicenne  &  Méfié 
qui  ont  traduit  Seitaragi  ,  Tapfia, 
qu’ils  ont  dit  reilèmbler  au  Naftur- 
ciutn  fauvage  ,  qui  efl:  l’Iberis  des 
Grecs.  Que  Seitaragi  ,  ôc  Tapjîa 
fbient  feniblables  plantes  ,  Sccapion 
au  chap.  5  yz.  &  Avicenne  livre  z. 
chapitre  666,  montrent  du  contrai¬ 
re  ,  qui  attribuent  mêmes  vertus  à 
leur  Seitaragi ,  que  les  Grecs  à  leur 
Iheris  ,  ou  NaTiurcium  fauvage. 
loint  que  Serapion  au  chapitre  ^  5  9. 
traitte  à  part ,  6c  exprez ,  6c  bien  au¬ 
trement  du  Tapfia.  Davantage  l’cx- 
perience ,  6c  l’œil ,  6c  iâveur  peuvent 
juger  du  contraire  conférant  une 
plante  avec  l’autre.  Finalement  le 
Cordumenum  n’eft  le  Caràamomum, 
mais  Carvi  ••  j’açoit  qu’ils  fcient  tous 
deux  chauds  6c  fecs  au  treizième  de¬ 
gré  ,  6c  convenable  à  ce  que  promet¬ 
tent  les  Autheurs  de  cet  huile.  Voyez 
Avicenne  au  livre  preallegué  chapi- 
tace  1 5S-  6c  1 60. 

Cette  deicription  ainfi  remifè  en 
fa  première  forme ,  6c  ielon  l’inten¬ 
tion  des  plus  anciens  Arabesdes  œu¬ 
vres  defquels  ont  été  dépravés  en 

idufieiirs  endroits ,  ce  qui  a  fait  fail- 
ir  plufieurs  qui  n’y  ont  pas  regardé 
de  fi  prez  ièvvira  pour  l’avenir.  Pour 
chacune  once  d’huile  on  trouvera 
deux  drachmes  5c  demie  de  poudres, 
y  compris  les  Gommes ,  ou  liqueurs. 


fans  y  comprendre  les  herbes ,  qnan. 
tiré  fuffifante  pour  un  commence¬ 
ment.  Que  s’il  ne  fiiffit ,  on  y  pour¬ 
ra  ajouter  une  prtie  d’huile  d’Eu- 
phorbe  :  'ou  l’addition  ipecifice  pat 
Mefué ,  Avicenne ,  6c  Serapion  en 
la  preiènte  deicription. 

LE  MELANGE. 

Donc- en  douze  livres  d’eau-,  on 
fera  premiereincnt  bouillir  les  raci¬ 
nes  de  Fenouil,  6c  d’Ache,  mondées 
de  leur  matrice  ,  ou  bois ,  6c  contu- 
fes  :  un  peu  aprez  les  herbes ,  ôc  li¬ 
queurs  incisées.  Finalement  les  My- 
robalans,  Turbith ,  Gingembre,  6c 
Poivres  concafsées..,  que  l’eau  rciiien- 
ne  au  tiers  ou  au  quart.  Le  tout  ex¬ 
primé  ,  la  colaturc  icra  bouillie  avec 
deux  hemines  d’huile  (  qui  valent  fé¬ 
lon  les  Grecs  ,  une  livre  6c  demie) 
de  Kerva ,  ou  de  quelqu’une  des  fus 
mentionnées,  par.l’authorité  de  Diof 
coridc ,  Aëce ,  Myrépfus ,  Mefué ,  & 
Præpofitus  ,  juiqu’à  ce  qu’elle  foit 
évaporée.  L’huile  coulé  ièra  gardé, 
au  beibin.  En  cas  qu’il  fût  belôin 
de  plus  grande  force  (  le  Médecin 
le  commandant  )  à  cet  Fluile ,  y  fim- 
dra  faire  bouillir  de  noiiveau ,  d’au¬ 
tre  decodion  faire  de  Thym  ,  ou, 
d’Hyilopc ,  en  laquelle  on  fera  cui¬ 
re  les  racines  d’iris,  ou  flambe,  la 
Canne  odorante ,  l’Anis ,  6c  Naftur- 
cium  fauvage  ,  le  Cordumene  ,  ou 
Garni  ,  6c  Nard  indique  jufqu’à  la 
cbnlomption  d’icelle  ;  puis  le  tout  ex¬ 
primé  ,  on  fè  fèrvira  de  l’huile. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  foulage  les  maladies  froides  des 
nerfs  ,  comme  la  paralyfie  ,  la  con- 
Yulfion, 


Des  Hmles  compofeZj  4 1 


vulfîotijle  tremblement, repilepfe la 
goutte  J  comme  auffi  celles  de  la  ma¬ 
trice  5  du  colum  ,  des  reins ,  de  la 
veffie  :  d'autant  quil  échauffe ,  atte- 
Dué  j.deterge,  donne  aira’nx  obftru- 
ûions  ;  iompt  la  pierre  ,  difcyte  les 
vents ,  &  amollit  la  dureté  de  la 
ratte. 

REMARQVE. 

La  defcription  Vhuile  de  Poi¬ 

vre  efi  tellement  differente  çhem 
Itf  Arabes ,  comme,  en  Avicenne,  Se- 
rafm,&  Méfié,  que  c’ efi  ce  qui 
a  h^né  lieu  a  beaucoup  de  Méde¬ 
cins  fit  ont  drefsé  des  Pharmace- 
fées  ÿ  -de,  le  décrire  fi  diverfement 
P  on  ne  fiait  qui  en  croire  pour -le 
lien  diïf  enfer  ;  ce  qui  'a  fait  diYe 
à  Eauderon  ,  qu  en  la  defcription  de 
Mefué  il  ffdvoit  fix  fautes  e^  égqrd 
4  celle  d’Avicenne ,  d’ou  il  l’a  em¬ 
pruntée  mot  à  mot ,  &  cela  paroit 
dit-il,  en  ce  qujl  n’a  pris  que  la 
moitié  de  la  dofe  des  ingrediens'& 
<jue  neanmoins  la  dofé  du  ,  Poivre, 

&  du  Turbith  ,  font  augmentées  de 
beaucoup  ,  &  ^u  il  a  retenu  en  leur 
titier  ceilè  des  h~érbes  &  de'  l’eau.  ' 
la  premier^,  &  la  troitiémé  de  ces 
fmes  l’Autheur  .  de  la  Paraphraje 
les  attribué  aux  Imprimeurs  :ce  que 
IMrois  creu  volorliiers  ,  fi  de  mes 
peux  jé  n  avais  veu ,  pour  le  moins 
iiinjt  fois  ^ans  un  vieux  Méfié 
mmùfirit  que  fay. 

'ff-  Trium  Piperum ,  ana_  une. très, 
urbith  albi  boni ,  drach.  duodecim. 
ImIù  recentis., 

■#  humidi„ 

Idior.  Rut  a  humida  ,  quantum  de 
f'nguiù  manu  chpi  potefi. 


Decoquantur  omnia  pofi  contritio- 
nem  eorum  cum  aqua  lib.  xxiiiq. 
iQui  me  fait  dire  que  l’Impri-  ' 
mettr  na  point  failly  en  la  dofe  des 
fufdits  '  ingrediens  5  mais  que  c  efi 
Méfié  qui  a  expreffement  changé 
ladite  defcription  ;  &  cela  fe  véri¬ 
fié  par  trois  raifons  ,  la  première  en 
l’augment  de  la  dofe  dit  Poivre  long,  , 
&  noir  :  la  fécondé  en  l’addition 
qu’il  y  a  faite  du  Poivre  blanc  -,  (jp 
la  troisième  en  ce  qu’il  a  tiré  le 
Poivre  long  &  noir  du  troiz.iéme 
ordre  de  la  defcription  pour  les  met¬ 
tre  au  premier  :  fen  pourrais  ajou¬ 
ter  encore  autres  deux ,  l’une  qui  re  • 
garde  la  dofe  dit  Turbith  ,  qu’il  a 
aujfi  de  beaucoup  augmentée,  &  l'au-  ' 
tre  fiand  il  a  changé  le  nom  de 
oléàm  Alkekengi  fiivant  Avice:  - 
ne ,  ^  de  oleum  Alkeleniçi  fiivant  ' 
Serapion,  pour  luy  donner  celuy  de  ' 
oleum  de  ‘Piperihm  :  en  voila  affei. 
pour  faire  voir  quelle  a  été  l’inten¬ 
tion  de.  Méfié ,  pour  paffer  à  la  ■ 
Hyofeyame  ,  fans -toutesfois  m’y  ar¬ 
rêter  ,  au  lieu  de.  laquelle  plufieurs 
mettant  l’Amgniac  ,  &  d’autres  ont 
retenu  cette  première^,  je  diray  feu- 
leMént  quion  lit  dans  tous  les  exern-  '' 
plaires  d’'é^viceniîe  ,  &  de  Méfié 
Hyofeyamt,  &  ngn  Arnoniaci ,  com¬ 
me  en  Serapion  ,  pour  faire  voir 
comme  Avicenne ,  Serapion  &  Mé¬ 
fié  I  lifent  tous  dans  leur  receptes 
Catilis  recentis  ,  oit  Baud.  &  beau¬ 
coup  d’autres  Autheurs  fe  font  m'é¬ 
pris  ,~quand  ils,  ont  -écrit  Snreulo-. 
rum  recentium  Hafech  humida,  qui 
font  deux  plantes  bien  differenfes-,au 
lieu  d’écrire  comme  les  fifiommelf 
Caulis  recentis  ,  &  feparer  ces  mots- 
par  une  virgute  de  Hafech  humide,, 
f  qui 


4^  Livre  IL 

ijui  font  deux  pUntei  bien  differen¬ 
te  quils  ont  confondue  en  une ,  en 
changeant  le  mot  de  Càulè  pour  ce- 
luy  de  Sur culorum, bien  que  ce  deux 
mots  fgnpfient  une  même  chofe  com¬ 
me  tige  j,  re]ettons  y  firgeons .  Ce  pre¬ 
mier  Jignifie  auffl  un  chou  qu’ils  ont 
tiré  pat  mégarde  ce  cet  huile  qu’on 
y  doit  temettre  j  toute  &  quante- 
foù  quôn  le.  préparer  a  ,  tant  parce 
que  le  premiers  .Arabe  qui  l’ont  dé¬ 
crit  le  y  demandent ,  comme"  font 
auffi  l’Autheur  du  Luminaire  ma- 
jm ,  loubert,  Cordui ,  Fuchfm ,  'Ni- 
colapti  PrapofitMS ,  &  autres  en  leurs 
Diéfenfaires  ,  qu’a  raifon  des  ex¬ 
cellentes  vertus  qu’ils poffedent  ,lef- 
quelles  conviennent  a  celles  de  l’hui-  ' 
le  de  Poivre  que  les  Autheurs  leur 
attribuent ,  comme  Gai.  Diofcorid'e, 
Chryffpe  ancien  Médecin  au  livre 
quil  a  composé  du  Chou ,  &  Mat- 
thiole  y  que  pour  abréger  je  ne  rap- 
porteray  point.  Il  y  aurait  beaucoup 
d’autres  chofes  a  dire  fur  cette  com- 
'poftionytant  fur  la.qudntité  de  l’eau, 
que  fur  la  decoBion.  qu’on  veut  fai¬ 
re  cenfumer  dans  l’huileyfi  je  ne  men 
étais  fuffifamment  expliqué  cy-de- 
vant  y  que  pour  éviter,,  les  redites: 
il  faut  pour  procéder  utÜement  a  la 
confection  de  cet  huile  piler  tous  les 
ingrediens  en  poudre  grofflere  y  & 
les  arroufer  qui  voudra  d’un  peu 
de  vin  -,  la  R/dé ,  le  Thym,  &  les 
Choux  y  feront  aujfi  incifez. ,  &  con- 
un  moi  tien  de  marbre, 
pour  le  tout  être  mis  dans  un  pot 
de  terre ,  vit;  é  étroit  d’emhoucheu- 
re  y  avec  la  quantité  d’huile  que 
l’Ai.  tkeur  y  demande  :  le  pot  bien 
bouché  fera  exposé  au  Soleil  ardent 
Velface  d’un  mois ,  ou  au  B.  M.  ou 


Seâion  L 

fur  les  cendres  chaudes ,  pendant 
huit  jours  y  aprez.  cela  mettres^lè 
pet  fur  Un  degré  de  feu  fort  modé¬ 
ré  quelques  heures  durant,  fans  que 
l’huile  bouille  ,  remuant,  fouvent  la 
matière  avec  une  Jpatule  jpuis  cou- 
Itref  le  tout ,  &  exprimerel^  beau¬ 
coup  le  marc  afin  que  l’huile  n’y  re- 
jl e  dedans.  Ceux  qui  voudront  fai¬ 
re  l’addition  des  autres  ingrediens 
qui  fuivent  en  la  defcription  de  cet 
huile  y  les  concafferont  comme  défi 
fus  y  &  les  infuferont  dans  le  mê¬ 
me  pot ,  comme  a  été  dit  ez.  prectr 
dents.  .  , 

Pour  la  dofe  de  trois  onces  de 
chaque  Poivre ,  &  de  celle  de  dou- 
^e.  drachmes  du  Turbith  ,  mon  fer.r 
tf lient  efi  qu’on  les  obferve,  attende 
la-  quantité  d’huile  &  le  peu  de  ver¬ 
tu  que  tels  ingrediens  luy  peuvent 
commnniquer  ,  pour  les  raifons  cjt- 
devant  dites.  v. 


OlcLiui  de  Euphorbio  fimpl- 
D.Mcf: 

Df.  Euphorbiiy  une.  dimid.; 
OleiL'encoi  luteiyfeu  Cheyrinii& 

■  Fini  odoriferi ,  utr'mfque  une.  quin- 
que.  '  , 

Coquantur  fimul  ad  vini  confurnptio- 
nem.  Cola  &  r'epone. 

REMARQyE. 

LEs  Arabes  pour  n’avoir  mis  lf 
main  à  l’œuvre  nouo  ont  laijse 
des  compojhions  ,  qu’fi  les  confide- 
rer  ,  il  faut  en  plufieurs  rencon¬ 
tres  y  corriger  quelque  chofe  y 
ajoutant  ou  en^  diminuant  • 


"Des  Huiler  cowpoféZo.  45 


ixemple  efi  l’huile  d' Euphorbe  Jlm- 
pte  Méfié  y  a  voulu  ajouter  le 
vin,  duquel  Gai.  ne  fait  nulle  men¬ 
tion  au  livre  cy-aprez,  allégué  en 
U  Paraphrafe  du  composé  ;  j’efii- 
m  aufjï  qu’il  ny  doit  point  être 
feceUifuis  qu'il  n'y  efi  mis  que  pour 
empêcher  que  l’huile  en  hojiUlant 
nt  fe  hràle  pendant  la  fufion  de 
l’Euphorbe,  lequel  étant  mis  en  pou¬ 
dre  ,  on  le  peut  hardiment  jetter 
dans,  l’huile  un  peu  chaud  ,  il  s'y 
difoudŸa  en  un-  inSiant  ,  fins  que 
four  cela  il  le  faille  faire  bimllir 
aucunement  ;  que  fi  on  defire  que 
cet  huile  participe  de  la  qualité^  du 
vin,  il  me  femble  qu'enfle  lavant 
méthodiquement  (  aprez  la  dijfo- 
lution  d?  l’Euphorbê  )  comme  nous 
avons  dit  en  l’huile  Omphqcin  par 
cinq  a  fix  fois  avec  du  bdn  vin 
un  peu  chaud  ,  qu  alors  il  poffe- 
dera  autant  ou  plus  les  qualitez. 
.&  Vertus  corroborantes  du  vin  que 
ft  on  avait  fait  cuire  &  bo  'ullir 
l’huile  avec,  parce  que  les  parties 
plusfubtiles  s’évaporent  ,&  le  der¬ 
nier  efi  purement  aqueux. 


Oleum  de  Eupliorbio  comp. 
D-MeC 

Staphidis  agria, 

Candifi  ;  id  efi ,  Strutq ,  vulgo  Sapo~ 
narifi ,  utriufque  unc.femtfi. 
Pyrethri,  drach.fex. 

Calaminthes  tnonfana,  une.  unam  & 
femifi. 

,  drach.  decem. 

^ihrei ,  drach.  quinque. 

^ita  trlduoque  macerata  in  vini 


odoriferi ,  lihris  tribus  &  dimid- 
coquantur  ad  médias.  Deinde  fi- 
ca  multurn  diuque  manibus ,  & 
cola,  &  cum  olei  Leucoi  lutei,feu 
Cheyrini,  aut  Sefamini,  vel  dul- 
cis  libra  una  &  dimidia  ,  coque 
ad  vini  reliqui  confurnptionem  : 
tune  inpferge. 

Euphorbü  recentis ,  &  albi  tenuijfi. 
me  triti ,  une.  femifi.  &  recoque 
parum.  Colatum  fervetur  ufiti. 

paraphrasé. 

MEfuc  a  emprunté  la  premiè¬ 
re  defeription  deThnile  d'Eu- 
phdrbc  de  Galien  à  la  fin  du  fé¬ 
cond  livre  des  médicaments  locaux: 
la  fécondé  d’Avicenne  livre  cinquiè¬ 
me,  traitté  diziéme ,  À  laquelle  feu¬ 
lement  il  ajoute  le  Staphifagre  ,  Sc 
Strtithium  qu’il  appelle  Condifum, 
different  en  face  au  Sàponaria  ,  & 
de  peu  en  vertu  j  pour  ce  qui  n’au¬ 
ra  l'un  ,  pourra  prendre  l’autre.  La 
defeription  première  &  fimplc  cil 
en  ùfàge  pour  Ic^  jourd’huy  ,  quoy 
que  U  vertu  lôit  moindre.  Si  l’A¬ 
pothicaire  n’a  de  l’Euphorbe  blanc 
Sc  recent  ;  mais  de  deux  ou  de 
trois  ans ,  Sc  roux  ,  qu’il  augmen¬ 
te  la  dofé'*de  fon  Euphorbe  de  deux 
drachmes,  qui  eft  la  ipioitié  de  la  do- 
fe  fpeci fiée  .par.  l’Autheur,  pource 
que  tel  Euphorbe  roux  eft  vieil,  n’eft 
pas'fi  chaud  que  le  recent ,  &  blanc: 
autrement  fbn  huile  fèroit  moiudic 
en  vertu. 

ZE  ME  LANGE. 

Il  faut  fiibtilcment  pulverilèr  l’Eu¬ 
phorbe  au  mortier  avec  quelques 
f  Z  goût 


44  Livre  IL 

goHttë  d'hnile  Cheyrin  ,  que  les 
Grecs  ont  appelle  Leucoion  ,  afin 

■  qu’il  n’ofFcnce  celuy  qui  le  pulve- 
rife  :  puis  le  faire  bouillir  avec  le  vin^ 
&  l’huile  jufqu’à  la  conlompcion  d'i- 
celuy  ,  &  le  garder  au  befoin. 

le  laillê  l’huile  d’Enule  Campa- 
ne  y  pource  qu’il  a  fèmblable  vertu 
que  celuy  de  Lis  composé  3  &  Irin, 
&  quelques  autres  qui  ne  font  point 
ufi  tez. 

LES  FAC  FL  TE  Z. 

H  eft  profitable  aux  afFedions 
froides  du  cerveau  &^des  nerfs  :  & 
auilî  aux  douleurs  de  tête,  à  la  lé¬ 
thargie  mis  dans  les  oreilles  y  il  ‘fou¬ 
lage  aulîî  les  douleurs  des  jointures, 
du  foye,  de  la  ratte  ,  fi  on  vient  à  en 
oindre  ces  parties. 

REMARQyË. 

Our  les  mêmes  raifons  cy  -  de¬ 
vant  -plufieurs.  fois  répétées.,  il 
faut  infufer  tfui  les  fufdits  ingre- 
diens  ,  aprex.  les  avoir  concajfe'S^, 
&  quant  on  en  augmenterait  la 
dofe  d'un  chacun  de  la  moitié ,  il 
en  ferait  meilleur  5-  je  dis  infufer 
dans  la  quantité  d'huile  requife 
par  l'efface  d'un  mois  au  Soleil ,  ou 
-  bien  au  bain  marie  par  huit  a  dix 

■  purs  remuant  (  comme  a  été  cy- 
devant  dit  )  de  tefns  ’en  tems  la 
matière ,  afin  que  la  chaleur  agijfe 
egalement  par  tout  le  vaijfeau  ;  le 
tems  expiré  ,  mettrez,  le  pot  fur 
une  chaleur  pim  grande  pendant 
quelques  heures  ,  &  y  apùterez  en¬ 
viron  deux  onces  de  bon  vin,  & 
fur  la  fin  la  chaleur  fera  encore 
.augmentée  ,  jufqu'à  ce  qu'on,  ap- 


Seâion  L 

perçoive ,  que  l'huile  cmmencera  à 
bouillir,  &  y  pttere\^  l'Euphorbe 
en  poudre  fur  le  bord  du  pot  ,  & 
la  remuereT^  doucement  avec  une 
fpatule ,  pour  en  faciliter  la  dijfo- 
lutien  qui  fe  fera  foudain  :  le  vaif. 
feau  tir é  du  feu  &  à  d'emy  refroi- 
dy  couleref^le  tout  &  l'exprimerez. 

Il  faut  obferver  en  la  conjpofi- 
tion  de  cet  huile  de  .prendre  du 
CaHor  la  partie  ontiueufe  ,  dr  en 
doubler  le  poids  ;  &  pour  le  Sapo- 
naria  la  fleur  a  demy  feichée. 


Des  huiles  qui  fe  font  des 
animaux  entiers  ou  de 
leurs*  parties. 

Oleum  Lumhricorum  imerti 
AiiUoris, 

Olei  veteris  &  clari ,  lib.  duat. 
Lumhricorum  terre firium ,  vino  al- 
ho-  lotorum,'lib.  unam. 

Fini  rubri  ,  une.  quatuor  ant  lib. 
■  femijï. 

Coquantur  fimul  ad  vini  confumptio- 
nem,  &  exprirHantur ,  dein  oleum 
fuo  vafi  cooperto,r'eponatur  ufiei. 

paraphrase. 

IL.  faut  curieufèment  laver  les  vers 
de  terre  avec  du  vin  blanc*,  &  les 
y  laiflèr  tremper  quelques  heures, 
afin  qu’ils  fe  vuidenfde  la  rerre,  dont 
ils  fe  nourrilïênt  :  lefquels  vous  ferez 
bouillir  dans  un  pot  de  terre  plombe, 
étroit  d’emboucheure  ,  & 
avec  l’huile  &  vin  clairet ,  jufqu’^  ce 
qu’il  foit  confumé.  Aprez  ‘on  l  ex- 


Des  Huiles  compofeza. 


primera ,  &  on  gardera  l’huile  en  fon 
pot  bien  bouché  attendant  la  necellî- 
té.  Si  pour  une  fécondé  fois  on  réité¬ 
ré  ladite  infuhon  des  Lombris.&  du 
vin  pour  les  cuire  en  l’hiiile ,  &  an 
même  pot,  comme  devant,  la  force 
en  fera  plus  grande. 


45 

,  nettoyeT^  avec  de  l’eau ,  & 
ejfuyez.  entre  deux  linges  blancs. 
Ou  bien,  qui  les  mettra  dans  un  ma- 
tras  bien  bouché  dans  le  ventre  d’un- 
cheval  l’ejpace  de  15.  ou  2.0.  jours, 
ils  fe  refondront  en  liqueur. 


L-ES  FACFLTEZ. 

IL  eft  convenable  aux  douleurs  des 
jointures,  &:  des  nerfs  procedans 
de  caufe  froide. 

■  REMARQVE. 

C'y  Et  huile  éfi  décrit  -par  Aétitis, 
jau  liv/e  premier, fermon  fécond, 
'chapitre  i(-i>.traittaht  des  Lombrû, 
&  le  compofe  avec  deux  parties 
d’huile  Rofat  &  une  de  Lombrü,  & 
ne  d’tffere  avec  le  prefent ,  que  de 
l’huile  Rofat  a  l’huile  commun  :  le¬ 
quel  qu’on  compofe  des  deux ,  n’im¬ 
portera  pas  beaucoup  y^mpyennant 
qu’onycuife  deux  ou  trois  fois  des 
vers  en  mhne  quantité  que  Bande- 
non  y  demande ,  &  qu’on  ne  lesfajfe 
pas  griller  dans  l’huile ,  comme  quel¬ 
ques-uns^  pratiquent^  maLd  propos, 
&  fufira  d’y  ajouter  quatre  onces  de 
vin',  à  caufe  de  l’humidité  que  les 
vers  portent  avec  eux.  Mon  fenti- 
merit  ef  de  laver  &  tremper  les  vers 
uvec  de  l’eau  ■  &  non  avec  du  vin 
■blanc , parce  que  le  vin  les  tu'è  fou- 
dain ,  ^  dans  Beau  ils  fe  nettoient 
mieux ,  dedans  &-déhors. 

Ceux  qui  defireront  un  huile plus 
efficace ,  l’extrairont  per  defeenfim, 
•par  une  chaleur  modérée  de  la  pro- 
-  fubSîance  des  vers  fans  addi¬ 
tion,  les  ayant  predahlamiU  bien 


Oleum  Scorpioniim  fimplex, 
D.Mef. 

'df.  Scorpiones  numéro  viginti ,  plus 
menufve pro  eorum  magnitudi- 
ne.  Infundantur  in  libris  duabus 
olei  An-tygdalarum  amararum,  in 
vdfe  vitreo  probe  obBruBo,  men- 
fe  uno  foli  afiuanti ,  vel  aliq  ca- 
lido.  Pafl  colenturi  &  oleum  fer- 
’vetur  ufui. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  rompt  &  châfïè  la  pierre  des 
reins  &  de  la  veffie  en  frottant  les 
lombes  ,  &  la  région  de  l’os  pubis, 
&  du  perinée  ,  ou  en  injeétion  dans 
le  conduit  de  l’urine. 

R  E-M  A  R  QJV  E. 

QVby  que  Mefué,  &  autres  Au- 
theurs  fçaehent  dire ,  je  ne  puis 
me  perjuader  que  l’huile  de  Scor¬ 
pion  fimple  puijfe  avoir  les  ver¬ 
tus  quils  luy  attribuent ,  de  chaf 
fer  la  pierre  des  reins  dr  de  la 
veffie ,  en  fottant  la  région  des  lom¬ 
bes  ,  &  de  l’os  pubis ,  &  du  peri¬ 
née  ,  ny  de  quelle  autre  fa^on  qu’en 
s’en  puijfe  fervir  ,  attendu  la  petite 
quantité  de  feorpions  que  Mefué*y 
fait  entrer ,  qui  font  au  nombre  de 
io.  fur  demi  livres  d’huile  d’aman- 
f  5  des 


4^  Livre  IL 

des  anieres  ,  qui  ne  revient  pasià 
un  Scorpion  fur  chacune  once  d’hui¬ 
le.  le  ne  defavoué  point  que  l’hui¬ 
le  d' Amande  amere  de  foy  nait 
quelque  petite  faculté  contre  'la 
pierre  5  mais  aujft  de  croire  que 
celle  qu’il  peut  emprunter  de  vingt 
Scorpions  fait  grande  ,  c’efi  ce  qui 
n’efi  pas  croyable  j  car  de  la  fa- 
^qn  qu’on  le  préparé  ils  ne  peu¬ 
vent  communiquer  que  de  leur  ex¬ 
térieur.  Or  la  partie  extérieure  de 
c^  animaux  eji  une  petite  croûte 
déliée  &  dure  ,  qui  ne  f  auroit 
être  pénétrée  par  l’huile .  ;  &  une 
marque  de  cette  vérité paroit  quand 
on  les  laijfe  quinllj  purs  en  infu- 
fîon  J  ou  un  mois  ,  comme  il  eft  cy- 
devant  preferit.  Le  dedans  de  ces 
animaux  ,  qui  abondent  en  humi¬ 
dité  extrementeufe  fe  corrompt  fa¬ 
cilement  a  faute  d’être  pénétré  par 
l-huile  ,  d'oû  s’en  enfuit  une  puan¬ 
teur  cadavereufe  tout  à  fait  infisp- 
pôrtable ,  ce  qui  méfait  dire  ,  que 
pour  avoir  un  huile  doué  a  peu 
prés  des  vertus  que  les  Autheürs 
luy  donnent  ,  &  pour  éviter  la 
puanteur  ;  de  prendre  cent  Scorpions 
vivans  ,  &  les  faire  un  peu  chauf¬ 
fer  dans  un  vaijfeau  de  verre  juf- 
qu’à  ce  qu’ils  commencent  de  luire 
fur  le  -dos  &  de  fe  tourmenter  ,  a 
même  temps  ,  il  les  faut  ]etter  tout 
vifs  dans  deux  livrés  d'huile  d’a¬ 
mande  amere  qui  fit  clair  &  bien 
repofé,  dans  lequel  en  aura  infufé 
au  chaud  pendant  cinq  a  fix  jours 
demy  livre  du  marc  d’amande  ame¬ 
re  ,  derechef  fortement  exprimé ,  le 
vaijfeau  feudainement  bouché  fera 
mis  au  B.  M-  eu  fur  les  cendres 
chaudes  pendant  fept  a  huit  jours. 


Seâion  L 

aprez.  cela  le  coulerez  ,  ex¬ 
primerez  ,  &  le  ferrerez  pour  le 
b  e foin. 

Il  y  aurait  encore  de  belles  cu- 
riofitez  a  rechercher  ,  fi  U  briè¬ 
veté  requife  qu’il  faut  garder  en 
ce  rencontre  ne  m’interdifoit  de 
m’étendre  davantage  tant  fur  les 
diverfes  ejp'eces  de  feorpions  que 
Pline  ,  Albert  le  grand,  &  autres 
naturalises  en  font ,  que  de  ceux 
qu’il  faut  employer  pour  la  compo- 
fition  de  cet  huile  ,  f  avoir  s’il  faut 
prefrer  les  gros  ^qui  font  champê¬ 
tres  ,  de  couleur  roujfe  &  de  deux 
fortes  :.les  uns  qui  ont  des  ailes, 
&  les  autres  qui  rien  ont  point ,  à 
ceux  qui  font  petits  noirs  &  do- 
meSiques  :  des  males  ou  des  femêl- 
les ,  de  ceux  qui  ont  plus  ou  moins 
de  neuds  en  la  queue  ,  qui  vien¬ 
nent  en  des  climats  temperez ,  ou 
intemperez  en  chaleur  ,  des  plus  ou 
des  nîoirts  venimeux ,  &  de  la  fai- 
fon  qu’il  les  convient  prendre  j  fur 
cela  les  curieux  auront  recours  a 
Avicenne ,  Aldrohandus ,  &  autres 
cy-devant  cit'ez. 


Oleum  Scorpionum  compofi- 
tutn ,  D.  Mef, 

Radicum  AriBolochia  ro- 
tunda  , 

Gentiana , 

Cyperi ,  & 

Cortic.  radie.  Capparum ,  fing.ûnc. 
unam. 

Oleum  Amygdalarum  amararum, 
fextar.  urium  ,  feu  ,  uncias  oUo- 
decim. 

Contundantur  radie.  &  infundantur 


Des  Huiles  compofez,, 


in  Oleo  di.es  i  o,  in  vafe.  vitreo, 
opercfilato ,  cum.fucci  Raphani, 
iih.femip.  Deinde  in  duplici  vafe 
coquantHr  fd  fucci  confumptio- 
nem ,  addenda  fub  finem  ,  Scor- 
piones  decem  ,  aut  quindecim. 
'  Obtura  vas  ,  infola  iterum  menfe 
mo  &  utere. 

paraphrase. 


47 

(ou  aprez  Texpreffion  faire  )  on  y 
ajoutera  dix  ou  quinze  Scorpions, 
puis  le  pot  couvert  de  parchemim 
mouillé  ,  fera  tenu  au  Soleil  ardent 
environ  un  mois.  Finalement  ,  on 
coulera  Thuilc  ,  &  exprimera  fort 
le  marc. 

LES  F  AC  FL  TE  Z. 


MEfuc  a  emprunté  fôn  huile  de 
Scorpions  compofé  du  neiif- 
viéme  livre  de  Ruafis ,  chap.7  qui 
dôicécre  tenu  .aux  boutiques,  &iion 
le  lîiiiple';  pource.que  la  vertu  de  la 
hafe  des  Scorpions,  (  donc  il  a  pris 
le  nom  ) ,  ell  augmentée  par  les  ra¬ 
cines  ,  qui  d’une  fecrete  taculté  ,  auffi 
bien'  qui  ceux  ,  redirent  aux  yenins, 
&  ,à  la  pelle  ,  6l  brifent  le  calcul. 
Le  fuc  de  Reifort  (  ores  que  Rha- 
fis,  &  dvleluc  n’eii  faUent  mention) 
y  aide  beaucoup  ,  .&  empefehe  que 
les  racines  ne  le  brûlent,  avec,  l’huile, 
au  lieu  de  fè  cuire. 

LE  MELANGE. 

Il  fout  en  premier  lieu  concalïèr 
,Ies  racines  ,  &  i\fpace  de  vingt 
jours  ,  les  inflilèr  avec  un  lèxtier, 
ou  dix  huit  onces  d’huile  d’n  man¬ 
des  am.'res  ,  dans  un  pot  de  terre 
vernilîë  ,  &  couvert  au  Soleil ,  ou 
autre  lieu  approchant  à  fa  chaleur. 
Apres  on  y  ajoutera  demy  livre  de 
%  de  Reifort ,  pour  boüiLir  le  tout 
enfemble  au  même  pot  jufqu’à  la 
confomption  du  fie  :  autrement  les 
racines  ne  fe  pouiroient  cuire  fans 
fo  brûler ,  &  leur  vertu  requifè  fè 
deftruiroit,  A  la  fin  de  la  decoékion. 


L’huile  de  Scorpions  compofé > 
mell.é  avec  d’autres  ,  médicaments 
alexitaires,  remedie  à  la  pelle  ,  Sc 
aux  venins ,  ielon  le  témoignage  de 
Manardus. 

REMARQ.VE. 

RHafs  au  chaf.-îA,,  de  fan  neuf- 
vienne  livre  a  /Umanfr,  du* 
quel  .Mefué  a  emprunté  fan  huile 
de  Scorpions  ,  comme  efi  ey-dejfùs 
dtt  y  ne  demande  quune  liure  d'hui- 
le  y  (P’  Mefué  fextarium  unum  qui 
vaut  dixhuit  onces  ,  &  pour  les 
dpfes  des  autres  /impies  elles  font 
toutes  conformes  ,  de  maniéré  qu’il, 
s’en  faut  tenir  a  Rhafis  y  fi  on  de- 
fire  quü  fait  pim  efficace  ,  &  pour 
le  fuc  de  Reifirt  Bauderon  le  l’y  a. 
ajouté  y  comme  il  dit  ^y  pour  faire - 
cuire  les  racines  avec  l’huile  i  fans- 
lequel  elles  fe  brûleraient  y  &  nefe 
pourraient  cuire.  Les  racines  ne 
s’amolliffient  point  en  cuifant  dans, 
l’huile  y  au  contraire  quelle  humi¬ 
dité  qu'il  y  ait  ,  .elles  s’y  durcif 
&  s’y  deffieichent ,  à  raifon  quelles 
participent  d’une  humidité  aqueu-  . 
fe  y  &  l’huile  qui  efi  gras  ,  grande*  - 
ment  fufceptible  du  feu  ,  comme 
noui avons  dé,  a  dit  ,  qui  luy  fait  - 
pénétrer  promptement  les  ingre* 


4  8  Livre  IL  SeBton  L 


diens  fecs  qui  luy  font  de  nature 
contraire  ,  quand  on  les  fait  cuire 
jufqu  à  la  confomption  des  fucs, 
comme  enfeigne  le  Taraphrafie  & 
en  ahforbe  en  un  infant  l'humidi^ 
te,  lors  qu  elle  y  eft  en  petite  quan¬ 
tité  ,  o'u  quil  n'y  en  a  du  tout 
point  ,  comme  en  celuy  de  Rha- 
fis  J  voila  la  raifon  pourquoy  tel¬ 
les  matterei  font  en  un  moment 
brûlées ,  eér  grillées  :  par  cette  mê¬ 
me  raifon  il  ne  faut  'lamaM  faire 
cuire  a  gros  bomUôns  ,  ny  par  un 
long-temps  à  niediocres  ,  comme  il 
a  été  cy -devant  fouvent  remarqué  ; 
&  comme  nous  avons  veu  en  tels 
huiles ,  que  bien  on  y  mette  de  li¬ 
queur  ,  elle  ne  fçaurôit  empefcher 
que  l'huile  n'y  reçoive  une  no¬ 
table  altera'tion_  en  fes  qualité"^  ?ér 
vertus  ,  de  même  que  les  ingré¬ 
dient  ,  (jr  parrain  fi  tous  lef  hui¬ 
les  qui  empruntent  leur  vertu  des 
végétaux  particulièrement  ,-.fe  doi-  ' 
vent  faire  par  vhye  d'infufion  ; 
&  quand  on  fera  obligé  de  les 
préparer  par  voye  de-coSlion  -,  com¬ 
me  ceux  de  Renard  de  petit 
Chien  ,  de  Lambris ,  &  autres  de 
femblable  nature  ,  il  convient  d 
l' Article  d’y  tenir  l’œil  ,  cefi  d 
dire  d’en  prendre  un  foiti  tres-pdr- 
ticulier  ,  s’il  defire  s’aquiter  de 
fin  devoir  envers  Dieu  ,  &  fin 
prochain. 

Pour  le  modus  faciendi ,  il  faut 
concajfer  les  fimples  &  les  arrdu- 
fer  d’environ  une  once  de  bon  vin 
blanc  ou  du  fuc  de  Reifort  &  'les 
infufir  dans  la  quantité  d'une  li¬ 
vre  d’huile  d’amandes  ameres  em¬ 
preint  de  la  vertu  de  fin  niarc, 
comme  été  cy  -  devant  déclaré. 


fur\  la  même  chaleur  >  &  eJfkce^de 
temps  que  dejfus  ,  la  'chaleur  fur 
la  fin  augmentée  &  l’exprefm 
faite  ,  dans  la^colature  jetieret 
trente  ou  quarante  Scorpions  de 
bonne  grofieur ,  &  le,  tout  mis  dans 
un  vaijfeau  convenable  fera  tenu 
pendant  huit  purs  au  B.  M.  puis 
on  procédera  a  la  colature  ,  corn- 
me  dit  efi  ,  &  l’huile  fera  gardé 
au  befoin. 


Oleum  Scorpionum  compofic. 
defcriptionis  Macthioli. 

Cfi,.  Olei  Oli'varüm  vetuflijfmijik  . 
très.  ■  . 

Foliorum  Hyperici  virentis  contuf 
manip.  très. 

Jnfilentur  fimul  in  vafe  vitreo  prô- 
bè  obiurato  recondita  -,  per  dê- 
xem  aM  duodecim  dies  ;  Dehine 
in  B.  M-  hork  viginti  quatuor 
macerentur  :  pofiea  colentur  & 
exprimantur.  v 

Hoc  fado. 

^.Hyperici, 

Cham&dryos , 

Calamintha , 

Cardui  benediéli  ,  ana. 
unum. 

Herha  contufa  ,  colato  Oleo  ad- 
mifieantur  ,  &  in  balneo  marte 
per  triduum  macerentur  & 
primantur. 

Port ’hæc. 

Florum  Hyperici  à  caulihtu 
repurgatorum  ,  &  negUg^”^^^^ 


49 


Des  Hmles  compofeK,, 


mîuforum ,  manip.  très, 
h^mdantur  in  colatum  Oleum ,  & 
per  triduum  ,  in  halneo  praf- 
cripto  macerentur  >  colenmr  & 
exprimantur.  Eadem  infufio  ter 
4ut  quater  repetatur,  additü  vi~ 
cijfm  recentibm  fioribus ,  donec 
Oleum  fanguineum  colorem  at~ 
quifierit. 

Hîs  peraélis. 

'ij.,  Granorum  viridiùm  Hyperici 
defiorefcentû ,  ab  illius  cacurnine 
exceptorum,  manip.  très, 
ùntundantur  ,  &  vino  albo  me- 
raco  perfitfa cum  Oleo  pradi- 
Bo  J  diebus  o£to  continuü  info- 
lentur  ,  deinde  per  triduum  in 
balneo  maria  macerentur  ,  & 
.exprimantur  Granorum  recen- 
tium  feu  fummitatum  Hyperici 
femine  turgentium  infufionem , 
&  exprejjionem  ter  aut  quater 
iterando  ,  donec  Oleum  fangui- 
nis  colore  fatwratum  videatur. 

Tune. 

Scordii  recentk 
Calamintha , 

Centaurq  minoris , 

Cardui  benediÜi , 

Verhena  , 

Biiiarnni .  Cretici  ,  ana  manip. 
ferniji. 

Comufa  &  in  Oleo  tranfcolato 
fuhmerfa  per  triduum  in  Bal- 
nee  macerentur  ,  colentur  &  ex- 
primantur ,  vt  fuprà. 


Poftea. 

ZeJoaria , 

Radicis  Diüumni  alhi , 

Gentiana , 

TormentilU  , 

udrifiolochia  rotunda  ,  ana.  drach. 
très. 

Scordij ,  manip.  unwn. 

Tundantur  ut  prius ,  &  c^m  Oleo 
Jupra  diblo  ,  tribus  diebus  ma¬ 
cerentur  ad  calorem  Balnei 
Maria,  colentur  &  exprimantur: 
in  exprejfsm ,  &  colatum  infun- 
de  denuo. 

Styrqcü  calamita, 

Benjoinii ,  ana.  drach.  fex. 

Baccarum  luniperi,  une.  fem. 

Melanthq ,  drach.  duos. 

Cinnamomi  elebti  ,  drachmas  no- 
vem. 

lunci  odorati , 

Cyperi  ,  ana.  drachm.  unam  & 
femip. 

Santali  alhi ,  unc.femiJS. 

Hac  trita  ,  eodem  trium  dierum 
jpatio  ,  in  Balneo  Maria  mace¬ 
rentur  ,  &  exprimantur ,  adden- 
do  colatura  calenti , 

Scorpiones ,  trecentos  diebus  canicu- 
laribus  collep:os. 

prius  vafe  vitreo  ,  cineribus 
calidü  impojko  includantur ,  & 
ibi.  contineantur  donec  pra  co¬ 
lore  fudare  ,  atqne  irafei  coepe- 
rint  :  pofiquam  verc  per  triduum 
in  balneo  macerati  fuerint  ,  il¬ 
lis  abjebtû ,  infunde  in  Oleo  fer- 
colato. 

Rhabarbari  optimi , 

Myrrha  ele£la , 

^Âlo  'és  hepatica ,  ana.  drachm.' très. 

g  Nar 


O  Livre  IL  SeBton  1, 


Nardi\  Indica ,  drach.  dnoi. 

Croci  ,\drach.  unam. 

Theriacâ,  eleBa  , 
jllithridatij ,  an.  mc.femij?. 

Terenda  teràntur  ,  £$“  cum  Oleo 
pradiüü  Jtmplicibui  medica- 
to  ,  Jîmul  in  Balneo  Maria 
triduo  macerentur  ,  oleumque 
non  ampliui  tranfcolandurn  ,  in 
ufm  medicos  reponatur. 

Pour  rendre  cette  Pharmaco¬ 
pée  plut  accomplie  quelle  na 
été  jufques-icy  ,  fay  ]ugé  a  pro¬ 
pos  dy  ajouter  cet  Antidote  tant 
excellent  ,  décrit  par  Matthiole 
au  Tro'éme  de  fon  commentaire 
fur  Diofcoride  ,  livre  fiAéme  des 
venins  ,  qui  par  la  feule  appli¬ 
cation  par  dehors  ,  au  battement 
des  ancres  ,  des  temples  ,  des 
mains  ,  des  pieds  ,  fur  la  partie 
externe  du  cœur  ,  VoriBion  .réité¬ 
rée  de  trois  en  trois  heüres ,  eji 
fort  finguUer  contre  tous  poifons 
prit  par  la  bouche ,  pourveu  quils 
ne  foient  corrofifs.  U  fort  aujji 
grandement  contre  la  morfure  des 
ty^'sfies  ,  des  Viperes  ,  &  de 

toutes  •  autres  hefies  venimeufes  : 
appliqué  aujfi  aux  lieux  fifdits, 
tout  froid  une  fois  lé  jour  ,  il  pre- 
ferve  de  pejie  ceux  qui  s’en 
oignent,  Jl  efi:hon  mjfi  pour  ^gué¬ 
rir  ceux  qui  font  déjà  péftîfèrez., 
il  tué  les  vers ,  mis  dans  les  na¬ 
rines  ,  &  fur  le  battement  des 
arteres  :  les  merveilleux  effets  de 
ce  grand  Antidote  paroiffent  par¬ 
ticulièrement  3  là  ou  les  autres  re- 
medes  n’ont  rien  peu  faire.  Ce 
feroit  toujours  à  recommencer  d’en¬ 
treprendre  à  vouloir  '■  décrire  tou¬ 


tes  fes  rares  vertus  il  me  frfr. 
ra  de  dire  pour  la  fin  ,  que  cefi 
tin  des  grands  remedes  qui  foit 
dans  toute  la  medecine  Galéni¬ 
que  \  moyennant  que  l’Artifle  ny 
ejpargne  pas  fes  foins  ,  &  qu’il 
frit  exaB  vbfirvateur  en  tous  les 
points  de  la  recepte  -,  il  verra  que 
fes  vertus  furpafferont  au  de  la  de 
ce  que  j’en  ^dü. 

fen  ay  voHslu  inferer  icy  la 
defeription  ,  mot  à  mot ,  que  j’ay 
tirée  de  l’Autheur  ,  potir  relever 
de  peine  ,  ceux  qui  le  ~  voudront 
dtff enfer  ,  quelque  fois  à  faute  de 
Matthiole  , ,  ils  en  pourroient  être 
priveTj^  ,  commme  j’ay  veut^n  quel¬ 
que  rencontre  ,  veu  quelle  '  ne  fe 
trouve  que  rarement  dans  les  dif- 
penfaires.  ' 

T^our  le  modus  faciendi  ,  au 
commencemeài  du  mois‘-dé  May, 
il  faut  prendre  du  plus  Vieux 
huile  d’ Olive  clair’  &  rèpofé  qu'on 
pourra  trouver  trois  livres  poids 
de  feiz.e  onces  ,  -dafïs,  lequel  on 
mettra  trois  poignées  fueHles  d’Hy- 
pericon  legerement  coricaffées  ,  & 
on  enfermera  le  tout  dans  un 
vaiffeau  de"'  terre  vitrée  ,  dedans 
&  dehors  ,  qui  contienne'' deux 
fois  autant  que  ce  qu’on.-  met'  de¬ 
dans  ,  bouche"^  ce  vafe  avee^  du 
liege  dr  du  paHhemin  mouille  f-& 
le  rhette\^  au  Soleil  ,  par  dix'  ou 
douXe  jours  ,  puis  au  B.  M-  psit 
vingt  quatre  heures  ;  aprex.  le 
couTere'X^  &  l’exprimerez,  frrt, 
&  les  autres  ixfufions  les  conti¬ 
nuerez,  de  temps  en  temps  ,  & 
tiendrez,  le  vaiffeau  toujours  fur 
le  feu  ,  pour  profiter  le  temps 
à  iaufe  des  frequentes  infrfioff 


Des  Hmîes 

auil  convient  faire. 

iJUeJfieurs .  jes  Médecins  de 
Ijon  ont  doublé  la  dofe  de  l‘hm- 
le  en  la  defcription  de  leur  Phar¬ 
macopée  ,  de  lan  mil.  fix  cens 
vinlt  huit  ,  fans  doute  ils  ont 
jmt  confideration  des  Médica¬ 
ments  ,,  ^ui  y  entrent  en  pim 
^md  lpeÙs.  que  V huile  ;  mais, 
ds'en  faut  tenir  à  la  defcription 
cy-defui.  '  ■ 


.  Olcum  Vuîpinum  ,  D. 
Mefué. 

Vulpem  adultam  ,■  &  bene  ha- 
bitam-,  qualis  reperitur  tèmpere 
vi'ndemiarum ,  evifceratam  & 
■■^in  partes  divifam. 
d'pa  fontans ,  &  marina  vriufq. 
'  quant,  fujf.  ' 

Qlei.vieteris  Û  clari  ,.fextarios  duos, 
&  [emjj?. 

Salis,  une.  très. 

Coquantur  ad  vulpis  artuum  dijfo- 
■  littionem.  ' 

■dt  inter  coquendum  adjice, 
Snmrnitatum  Anethi ,  & 

Hyfâpi ,  vel  fhymi,  vtriufq.manip. 
unura  &  non  îbj. 

ïieinde  cola  ,  &  recoquantur  qd 
decoSii  evaporationem  -  ,  eum 
\diElarum  herbarum,  Anethi  fei- 
licet  ,  0-  Hyjfopi  .,  vel  Thy- 
tti .,  vtriufque  libra  una  ,  tum 
exprime ,  de  repone  01  eum. 

•paraphrase. 

Aul  Æginete  ,  &  Mefcé  fonc 
davis  de  prendre  &  bouillir  le 
?.<nard  vif  en  l'huile  ,  &  rejet- 


compofe^.  51 

ter  les  entrailles  ^  Sa  non  k  peau. 
A  l'opinion  defquels  je  ne;  puis 
du  tout  condefeendre  :  car  de-  le 
bouillir  vif  ,  ou  mort  cela  n’aitg^ 
.  mente  j  ny  diminue  k  vertu  de 
l'huile. 

Touchant  k  peau  ,  elle  ell  peu 
fiicculente  :  au  contraire  les  .  en¬ 
trailles  font  gralfes  ,  &  .  par  con- 
fequent  vtiles  :  pour  ce  je  lèrois  d’a- 
•^is  qu'il  fut  fait  ainfî. 

l?rcnez  un  Renard  de  «noyen  âge 
gras  &. refait  ,  tels  qu'ils  font  au 
mois  de  Septejnbre  ,  &  Octobre, 
ayant,  été  nourris  ,  &  engraiflèz  de 
raifins. 

Il  le  faut  écorcher  ,  &  nettoyer 
les  entrailles  de  leurs  excremens  Sc 
les  ■  cuire  avec  le  Renard  ,  .  divilè 
en  petites  pièces  (  afin  qu'il  foit 
plutoft  cuit  )  en  égale  portion 
dlcau  de  fontaine  &  marine  >  ou 
faumiire  ,  pour  ceux  qui  habitent 
loing  de  la  Mer  >  &c .  f  ontaineS'#- 
lées  ,  en  quantité  fuffiknte  veu 
que  celle  que  Mefoé  fpecifie  ,  ne 
foffit  3  jufqu'à  ce  que  les  os  fe  fe- 
parent -de  leur  chair  ,  y  ajouftant 
du  commencement  le  feT  requis, 
&  fur  la  fin  l’Aneth  &  L'Hy/To- 
pe  ,  ou  Thym  ,  de  chacune  une 
poignée.  Cela  fait  ,  ,les  faut  ex¬ 
primer  avec  une  force  toile  :  puis 
ajoufter  à  la  cokture  ,  l'huile  re¬ 
quis  &  d’autre  Anech  ,  &  Hyfo 
fope  ,  de  chacun  une  livre  pour 
aiire  le  tout,  enfèmble  ,  julques 
à  la  confomption  de  rhumidicé  , 
ou  à  peu'  prez.  Aprez  par  la  mê¬ 
me  toile  feront  for:  exprimez  ,  Sc 
l’huile  fera  gardé  ;  air.fi  tcf  hui¬ 
le  ,  aura  plus,  d’energie  ,  qu'autre- 
ment. 

g  ^ 


De 


5  î-  Livre  IL  SeSiion  /. 


De  même  façon  Te  iàit  riiui- 
.  oleum  le  de  Chiens  ,  Chats  ,  Lézards  , 
Caielle-  ^  autres  animaux  ,  fans  addition 
ntm.  ti^erbes ,  ü  exprez  il  n’étoit  ain- 
ii  commandé  >  par  quelque  dqde 
&  expérimenté  Médecin  ;  poiir- 
ce  qu’en  tout  temps  ,  ces  Hui¬ 
les  ih  peuvent  faire  ,  il  n’cft  pas 
de  befoin  de  les  tenir  aux  bou¬ 
tiques. 

Oîeum  -L’Huile  de  Ranettes  ou  Gce- 
Rana-  nouilles  ,  pour  l’Emplâtre  de  lean 
r/*n$.  de  Vigo  ,  fe  fait  non  feulement 
des  telles  de  Grenouilles  ,  comme 
dit  Mefué  ;  mais  des  entières  & 
plus  charnues  ,  qu’on  fait  bouil¬ 
lir  ,  avec  deux  fois  autant -d’Htii- 
le  doux  ,  dans  un  pot  de  verre 
bien  bouché  avec  un  peu  d’eàu , 
julques  à  leur  dilïblution  ,  com¬ 
me  les  precedents  qu’on  garde  au 
befoin. 

Oleum  Vipères  &  de  Ser- 

Serpen-  même ,  hormis  que 

tium.  lèrois  d’avis  que  les  telles  & 
queues  fullènt  coupées  &  leurs  en¬ 
trailles  jettées.  Icelles  comme  mai¬ 
gres  ,  leiches  ,  dures  &  peu  fuccu- 
lentes ,  ccux-cy ,  comme  réceptacles 
de  leur  venin  ,  y  laiffant  toutesTFois 
la  graillé  ,  comme  utile  à  ce  que 
promet  Melùé. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  eft  propre  aux  podagres  & 
autres  efpeces  de  gouttes  en  tout 
temps  ,  (Sc  poim  appailêr  les  douleurs 
de  reins. 


R  E  M  A  11  QJ  E. 

BAuderon  n'efi  point  confirme 
en  fin  moàm  faciendi  avet 
Méfié  pour  le  regard  des  déco- 
étions  :  Les  exemplaires  'de  ce 
dernier  ,  de  differentes  éditions, 
ne  conviennent  point  avjji  pour 
la  quantité  de  l’huile.  Dates  les 
uns  on  y  lit  Kifi  duos  &  femif- 
fim  ,  &  dans  les  autres  Kifi  très 
&  fimiffem.  Bauderon  nh  s'efi 
point  firvi  du  mot  de  Kifi, 
qui  ejl  Arabe  ,'  que  l'Inierpre- 
te  de  Méfié  a  retenu  ;  mais  en 
fi  place  il  a  mis  celuy  de  Sex~ 
tarius  ,  que  les  Latins  ont  tiré 
du  verbe  Grec  ^sV«ç  ,  qui  figni- 
fie  même  chofi.  Il  efi  aufiifi 
notter  en  paffant  ,  que  cette  rhe- 
fire  nous  donne  divers  poids  ,  ■& 
"  cela  procédé  du- plus  ou  du  moins 
de  la  crajficie  &  denjtté  ,  ou  de 
la  rareté  ,  &  tenuité  de  la  fub- 
fiance  des  matières  qu’on  mefir'e , 
comme  aujfi  de  la  différence  qu’il 
y  a  entre  la  mefire  dec  Grecs, 
&  celle  des  Komains  j  car  e'he'^ 
les  premiers  ,  .elle  contienP  hme 
livre  &  demy  ,  poids  de  me'-^ 
decine  ,  qui  valent  dix  huit  oncei 
d’huile  ,  &  chez,  les  derniers 

vingt  onces. 

'Tour  le  modus  faciendi  ,  fins 
prétendre  blafmer  ces  deux  grands 
hommes  ,  je  diray  ,  que  pdfir  y 
procéder  plus  utilement  ,  quU 
faut  prendre  un  Renard  tel  que 
dejfus.  apret  l’avoir  écorché  & 
coupé  par  petites  pièces  ,  les  ex- 
trernitez.  jettées  ,  fera  mû  dans 
un  pot  de  terre  vernie  ,  stvee 


Dùs  Huiles  compofez^.  5  2' 


,  e^urntité  fufffante  à'eau  mari¬ 
ne  &  àe  fontaine  ,  ou  four  mieux 
faire  avec  Veau  manne  feule  &  ^ 
deux  onces  de  fel  pour  ceux  qui  fe¬ 
ront  voifins  de  la  mer  ,  &  d’eau 
de  fontaine  &  quatre  oncei  de  fel 
pour  ceux  qui  en  feront  éloignel^ 
avec  quarante-cinq  ou  cinquante  on¬ 
ces  pour  le  plus  d’huile  d'olives 
meures ,  qui  font  deux  Kifi  &  de- 
my  ;  le  tout  bien  couvert  dans  le 
■  pot  fera  cuit  devant  un  petit  feu, 
comme  un  bouillon  de'  malade ,  juf- 
^  qu'au  defojfement  de  la  chair,aprez. 
coulé  par  me  forte  toile  &’ le  marc 
bien  exprimé  :  la.  colature  remife 
dans  le  même  pot  enfemble  les  fom- 
mitez.  d'Aneth,de  Thym,  ou  d’Hyf- 
fope.  muvellement  fetchées  &  bien 
choifes ,  incisées  ou  concafsées  ,  de 
chacune  fx  onces ,  ou  pour  le  plus 
huit ,  quantité  fufifante  qui  com¬ 
muniqueront  beaucoup  plus  de  ver¬ 
tu  a.cét  huile  ,  en  la  façon  que  je 
les  y  employé ,  que  ne  feroit  fas  cet¬ 
te  grande  quantité  que  VJiutheur 
y  en  demande ,  d  caufe  que  par  les 
longues  collions  ,  les  parties  tenues 
&  fubtiles  ,  epui  compofent  leurs 
principales  vertus  fe  dijfiperoient 
en  l'air.  Le  tout  dis-\e ,  fera  enfer¬ 
me  dans  le  fùfdit  pot  exaUement 
bouché,  ou  dans  un  matras ,  qu’on- 
tiendra  au  bain  marie  l’effacé  de 
huit  jours  ,  le  neuvième ,  le  feu  fe¬ 
ra  augmenté  ,  pour  faire  bouillir  le 
B.  upe  heure  durant  ;  aprez.  l’avoir 
coulé ,  &  exprimé  comme  défes,f- 
paree  l  humidité  fi  point  y  en  a,  & 
l'huile  ferré  dans  une  phiole  ,  fera 
gardé  au  befoin- 


Oleum  de  Caftorio  fîmpl.  D. 
N  icol.  Præpofiri. 

Caflorii  ,  unc .  unam. 

Aqua  vite,  vel  vini  ,■  une.  duos. 

Qlei  veterü ,  lib.  unam. 

Bulliant  in  duplici  vafe  dum  liqudf 
abfumptus  fit  ,colatura  fiervetur. 
In  CaSlorü  genitalibus ,  vel  pubç 
prominet  tumor  ,  ex  fanie ,  virm 
ole'hte  ,  Cyftide  inclufa,  kPhar- 
macopais  perperam  pro  tefliculü 
ufurpams.  Si  hoc  oleum  ex  fanie 
comparetur  ,  quid  facile  oleo  li- 
quatur ,_  non  coquenda  ,  fed  agi- 
tatione^,  &  calefaüione  mifeenm 
da.  Si  verb  ea  ficca  fit  pulveri- 
fietur  ,  &  coquamr  ,  ut  monui  : 
parvam  fuBinct  coliionem  ob  ejtss 
tenuitatem.  Liquorem  non  expref- 
fit  JN icol.  fed  ex  Fernelio,&  Syl¬ 
vie  ,  addidi ,  ne  coquendo  oleum 
uratur  eurn  Caflorio. 

REMARQJE. 

BAuderon  décrit  cet  huile  de  Ca- 
fior  en  meilleur  ordre  ,  qua  Ni- 
colaus  Prapofitusfon  inventeur  :  qui¬ 
conque  imit  croit  ce  dernier, il  fe  pour- 
roit  ajfeurer  que fon huile  revaudrait 
rien,  &  feroit  en  tierement  grillé  par 
la  confomption  quü  en  demande  du 
tiers.  Arnaud  de  villeneufve  le  dé¬ 
crit  dans  fon  Antidotaire  de  même, 
&  y  a.oute  une  once  de  pulpe  de 
Colocynthe  Cars  aucune  humidité', 
il  veut  aujfi  qu’on  le  fajfe  êv'apbVer 
d’un  tiers  ,  ce  qui  ne  fe  doit  ;  il 
de  fend  de  prendre  du  Caflor  noir-, 
je  ne  fçay  s’il  dit  cela  à  L’imitation 
g  3  d’Avi 


5  4  hïvre  1 1 

à' Avïeenne  livre  x.trmtei.  cha¬ 
pitre  i  lô.  que  le  noir  eft  venin, 

6  qu'il  tue  en  un  pur  ;  maü  je  di- 
ray  avec  raifon ,  que  le  noir  ny  le 
gris  ny  conviennent  point  ' ,  a  cau- 
fe  quils  jfbnt  de  nature  friable  ^ 
de  fubSiance  aqueufe  ;  &  foferay 
bien  ajfeurer  qu  Arnaud  de  ydle- 
neufve  entend  quon  prenne  eette 
fubilance  huileufe  concrète  qui  fe 
trouve  dans  une  petite  vefci'e  im¬ 
médiatement  attachée  ’à  cette  gref¬ 
fe  bourfe  qui  contient  le  vr^y  Ca- 
ftor  (  qüe  nous  employons  aux  An¬ 
tidotes,)  qui  pendant  la  vie  de  l'a¬ 
nimal  efi  fluide  ,•  qui  a  fait  dire  à 
quelques  naturalises,  que  le  Bie-^ 
vre  fortant  de  l'eau  a  de  coutume 
d'en  engraijfer  fa  queue,  (  qui  eft  de 
nature  de  poijfon  écailleufe  )  pour 
aller  paître  fur  la  terre,  &  c*fft  la 
véritable  fubSance  qu'il  faut  em¬ 
ployer  en  la  compojîtion  de  cet  hui¬ 
le  ,  &  non  la  partie  feiche  &  ari¬ 
de  ,  qu’il  faut  referVèr  pour  les  An¬ 
tidotes  ;  &  parce  que  la  quantité 
d’une  once  eft  très  -  petite  fur  une 
livre  d’huile  ',  j'eftime  qu'il  y  en  faut 
pour  le  moins  deux  onces  ,  l’un  fe 
diftbudra  facilement  dans  l’autre, 
par  le  moyen  d’une  petite  chaleur, 
outre  que  le  plus  fouvent  quand  le 
CaftorJ-eftireeent  cette  fubftàncé  eft 
fluide ,  &  ainfi  aurez,  un  huile  efti- 
cacieux  ,  qui  ne  fera  ny  roty  ny 
grillé. 


Oleum  de  Caftorco  compon:. 
D.Iacobî  de  Manlijs. 

Df.  CaSorii, 

Styracis  Calamites, 


.  Seâion  I. 

Galbani, 

Euphorbii, 

Caffia  lignes,  aromatics, 

Croci, 

Opopanacis, 

Carpobalfami  ,  ziel  fuccedanei  ejut 
jemin.  Lenttfci,vel  Therebinthi,, 
vA  Cubebarjim, 

Spics  Nardi  ,&  * 

CoSi  ',  fing.  drach.  duos, 

Cyperi ,  ' 

Schœnanthi, 

Piperis  lorrgi, 

'  Nigri, 

Sabina 

Pyrethri  ,  fing.  drachm.  duos  & 
femifi.  ' 

Olei  Oliivarum,  lib.  unam,vel  duiu. 
Vini  albi ,  lib.  duos. 

BulLiant  omnia  fimul  ad  confumptio-, 
nem  vini. 

P  AR  AP  H  RASE. 

IE  defirerois  que  Hiiiile  de  Caftor 
composé  J  félon  la  prefénte  deferi- 
pcioni,  tut  tenu  aux  boutiques ,  plutôt 
que  le  fîmple  ,  pource'qu  en  toutes 
choies  il  a’ plus  de  vertu.  Dans  une 
partie  du  vin  il  faut  fondte  le  Gall 
banum,  Sc  DOpopanax ,  puis  les  cou¬ 
ler  Sc  cuire  en  la  conlîftance  de  miel: 
Aprez  concatî'erez  les  autres  médi¬ 
caments  ,  &  les  ferez  cuire  au  bain 
marie  avec  l’huile  requis ,  julqu’à  la 
confbmption  d’iceluyjou  à  peu  prez: 
puis  le  tout  fera ‘exprimé  J  ôè  à  l’hui¬ 
le  on  ditîbudra  lés  gommes  >  avec  un 
pilon  oirfpatule  de  bois,  jufqu’à  ce 
que  le  tout  fbit  bien  'mélangé,  & 
froid  pour  le  ferrer  dans  fon  pot  bien 
bouché  ,  attendant  la  necelîîté.  ' 


LES 


Des  Huiles  compofez,.  55 


les  facfltez. 

Cet  huilé  eft  plus  efficace'  que  le 
fimple  aux  affeââons  froides  des 
nerfi  &c  des  articles.  Il  eft"'  bon  à  la 
foiii'ditéj  &  au  tintement  des  oreil¬ 
les,  à  la  paraiyiîe,,aii  tremblement, 
&  à  la  convulfion  ,  dc  au  frilïbn  des 
lièvres,  ü  on  en  frotte  1  epine  du  dos. 

REMARC^VE. 

IL  efi  à  remarquer  ,  qtte  de  fui- 
vre  Bander  oh  au  modm  faciendi 
âel' huile  de  Caftor  composE  quil  en- 
feigne  en  fa  Paraphrafe  ,  quon  s‘é- 
loigneroit  bien  de  ce  quil  s'ejt  ima¬ 
giné ,  de  mêler  l’Opopanax  &  le 
Gdhannm  dans  l’huile ,  &  qu’ils  y 
'tenir  ,  cela  né  fe  peut  nulle¬ 
ment,  à  caufe  des,  diverfes-  fubfian- 
cés  qui  les  compofent  comme  a  été 
cy-devant.  dit,&  encore  moins’ aprez. 
les  avoir  dijfom  dans  du  vin ,  paree 
ijual^ry  ils  abondent  plus  en  humi- 
iité  dqueufe  ,  qui  efi  une  fub fi  an  ce  , 
diriélment  opposée  a  léole^gineufe, 
j«i  efi  caufe  qu’elles  ne  Jympatife'nt 
point  énfemble,.  Pour  y  procéder 
dof!c,,;^vec  plue  de  méthode  &  et^. 
•dniÉe,  ü  faut  concajfer  un  chacun 
des  ihgrédiens  cy  -d.efiue  fiecifieX^ 
comme  a  été  dit  jn  llhaile  de  Pi- 
peribus  ;  les  ?ndtieres  exaÜement 
mfiées  (  excepté  le  faffran  qui  fera 
accommodé  cornme  dit  efi  )  feront 
^ifis  en  un  nouet ,  dans  un  linge 
un  peu  clair  ,  &  quelle  y  fait  au 
large  ,  le  fujpendre  avec  un  filet 
dans  un  pot  de  terre  '  vernie  étroit 
d  émhouçheure,aveç  unp.livre  de  jèi-. 
^e  onces  a  huile  pour  te  pim  ,  & 


non  deux,  ny  trois ,  comme  dit  Bau- 
deron  ,  &  environ  trois  .onces  de  bon 
vin-,  bouchez,  le  vaijfeau  exaélement, 
(fi  le  ,mettefen  infufion  fur  les  cen¬ 
dres  '  chaudes  par  huit  purs , pendant 
ce  tems-ld  ,  exprimerez  fouvent  le 
noiïet  ,  le  neufvifme  jour  augmen¬ 
terez  le  feu  ,  &  l’entretiendrez  bien 
chaud  durant  deux  ou  trois  heures, 
fans  que  l’huile  bouille  ,  apref  le 
couleref  &  l’exprimerez  fort.  En 
la  colature  y  ajouterez  la  teintu¬ 
re  épaijfie  de  deux  drachmes  de 
faffran ,  comme  a  été  dit  en  la  Re¬ 
marque  de  fon  huile.  Et  pour  le 
Cafior ,  il  faut  prendre  la  fubfian- 
ce  graffe  &  huileufe ,  ainfl  qu’il  a 
été  dit  en  l’huile  précédant  &  au 
lieu  de  deux  drachmes ,  il  eh  faut 
mettre  demy  once. 

l’ay  remis  la  defcription  cy-def- 
fus  en  fon  premier  état  ,fuivant  Ja- 
çobùs  de  Manlijs  pour  le  regard 
de  la  dofe  de  l’huile ,  que  Baude- 
ron  en  toutes  fes  éditions  avait  au-, 
gmenté  d’une  livre,  quantité  qui  ex-  , 
cede  ,veu  qu’il  n’y  entre  que  qua¬ 
tre  onces  trois  drachmes  d’ingre- 
diens  qui  font  toute  la  vertu  de  la 
compofition. 


Balfafnnm  Polychreftum,  D.  B. 
Bauderoni. 

Of.  P^adicum  Symphyti  ma]orû,unc. 
quatuor. 

Plantàginis ,  une  duas. 
Herbarum  Symphyti  medii ,  vulgo 
Bugula, 

Symphyti  parvi  ,  vulgo  Pru- 
nelU, 

Befoniea, 


Vermi 


Lhre  IL  SeBion  L 


Virmkula,nt, 

PrirnulA  verit 
uigrimonia, 

Herbat,  J^iapenjia  ,feH  Samculx, 

^hfinthii  Pontici  majorü, 

Kohertl ,  quA  efi  qnarta  Geranït  Jpe~ 
des  Matthioli, 

Verbe-fiA, 

J\4Ulefolii, 

PilofelU, 

PimpinellA ,  & 

Centaurii  minons  ^ana  manip.  mum 
&  femiji. 

Contufis  omnibus  recentibus  in  mer~ 
tario ,  a ffunde, 

ÀqUA  vit  A  reUificatA ,  une.  oSio  Jî- 
rnul  macerentur  fuper  cineres  ca- 
^'lidos  die  bus  quatuor  ;  quint»  ,  ex 
hü  tepefaBü  exprimetur  fucetu, 
in  'quo  dtjfolve 
Terebinthina  clara, 

Oleorum  Lini, 

Sambuci ,  (  vel  communie  ve- 
terü  )  & 

Hyperici ,  ana  lib.  unam. 
Bidliant  in  duplici  vafe  ad  fued 
ferme  confumptionem ,  deincolen- 
tur  ,  &  reponantur  in  ampuUa 
vitrea  ,  diligenter  cera  obdubla, 
ufibpa  extemporaneis. 

P  ARAP  HRASE. 

DEja  Syrie ,  de  l’Egypte,  &r  lu- 
dée  principaleraent  des  vergers 
de  Hiericho  (  Ciré  jadis  tres-richc, 
en  la  tribu  de  Benjamin ,  diftante  de 
Hieruiàlem  environ  vingt  lieues  )  on 
apportoit  autresfois  des  Baumes  tres- 
excellens ,  celebrez  par  les  Anciens, 
la  connoiilànce  delquels  nous  étant 
déniée  ,  nous  jfbmmcs  fruftrez  de 
l'effet  de  leurs  rares  &  flngulieres 


verras.  Au  defïâut  de  caix  M.  Brice 
Bauderon  mon  pere  a  composé  ce- 
luy-cy  ,  lequel  j’ay  jugé  être  digne 
pour  fes  eftets ,  d’être  inféré  au  pre- 
îènt  traicté  ,  pour  l’utilité  publique: 

&  prie  les  Apothicaires  ,  de  le  tenir 
fait  dans  leurs  boutiques ,  afin  que 
les  Médecins,  Chirurgiens,  &  au¬ 
tres  ,  lors  de  la  neceffité  s’en  puilTent 
lèrvir  ,  ainfi  que  je,  le  declateray  cy- 
aprez- 

Son  Autheur  luy  a  donné  le  fur- 
nom  du  mot  Grec  5ToAtl3;;p»ri»'  >  c’eft 
à  dire  ,  multi  ufui  ,  pour  montrer 
qu’il  eft  utile  à  pîufîêurs  ufages,  com¬ 
me  pour  arrêter  quelque  hémorrha¬ 
gie,  pour  agglutiner  les  playes  ré¬ 
centes  ,  mondifier  les  rilceres  fôrdi- 
des ,  &  iceux  incarner,  guérir  Ics-fo- 
lutions  de  continuité ,  &  contufions 
.faites  au  cerveau  ,  nerfs  ,  tendons, 
membranes ,  &  jointures ,  étant  acr 
-cpmpagné  comme  je  diray  maintenat. 

Sa  bafe  eft  la  Terebinthine  (la- 
quelle  feule  eft  comme  un  Baume  fa- 
railler  aux  playes  :  Diofeoridg  ,  & 
Galien  )  fa  vertu  deterfive  ,  tnondifi-  eft  f»- 
c^tive  &  chaleur  foible  font  augmen;  w/w/ 
tées  par  l’huile  d’Hyperiçum  les 
fueilles  de  Bétoine,  Géranium,  Cen¬ 
taurée,  Eupatoire,  Sc  Abfmthe.  La 
remoUitive  par  l’huile  de  Lin  ,lequel 
y  entre  encor,  avec  les  autres  froids, 
pour  tempérer  &  difeuter  l’inflam- 
mation  qui  foit  ordinairement  les 
playes ,  &  ulcérés  au  commencement. 

La  digeftive  &  agglutinative  eft  ac¬ 
crue,  par  le  Diapenfia  ou  Sanickp^ 
Verbenc ,  le  Millefoüum  ,  & 
folle,  laquelle  par  fà  froideur  médio¬ 
cre  ,  &  fa  grande  fîccité  ,  condenle 
&  reftreint  les  hémorrhagies ,  exci¬ 
tées  de  quelque  caufo  que  ce 


37 


l^és  Huiler  compofezj. 


ii(Jée  toutesfois  par  la  Pimpinelle, 
Vérmieulairej  racines  de  Plantain  ,  &c 
Confire,  tant  grande ,  moyenne,  que 
petite.  Le  Prinuila  veris  y  cfl  mis  pour 
le  cerveau,  nerfs ,  &  jointures.  L"eau 
de  vie  pour  feire  pénétrer"  le  tout, 
par  là  tenuité  de  parties ,  avec  l'ai¬ 
de  .des  kerbes  chaudes  ,  §c  l'huile 
d’Hypericum  ,  fondre  &:  difibudre 
les  grumeaux  de  fàng','  oii  autre  hu- 
meur'caillée,  &  delîcicher  les  vlce- 
rcs  Ibrdides'. 

LE  ME  LAN  G,E. 

Il  faut  premièrement  couper  les  ra¬ 
cines  de  la  grande  Confire  ,  &  Plan¬ 
tain  ,  ou  les  cohcalîbr  ,  puis  rneifer 
menu  les  herbes  l'une  aprez  l'autre 
(  au|»kravant  mondées  &  lavées  )  8c 
les  mêler  enlcmblé  dans  ùn  mortier, 
avec  lés  racines.  Et  de  là  miles  avec 
l’eau  de  vie  rcétifiée  dans  un  pot  de 
,1;,  terre  vernifsé  bien  couvert  en  infu- 
rion,relpace  de  quatre  jours  fiir  les 
cendres  chaudes.  Le  cinquiéthe  jour 
linfôfion  étant  tiede,  il  en  faudra  ex¬ 
primer  le  lîic ,  8c  difibudre  dans  ice- 
luy  la  Terebinthine  la  plus  claire,& 
ttanlparante  qu'on  pourra  trouver, 
avec  les  huiles  de  Lin  ,  de  Sambuc, 
^^flypericum  ,  tel  que  nous  l’avons 
décrit  Ainfi  le  toutferk  cuit  dans\m 
double  vailfeau  ,  quafi.  jufques  à  la 
conlomption  du  fuc  &  non  du  tout: 
puis  le  tour  étant  coulé ,  fera  gardé 
dans  ùne  pfiiole  de  verre  bien  bou¬ 
chée  avec  cire  blanche,  decouverte 
d’une  double  peau  pour  les  ulàges 
luivans ,  ©u  dutres  que  le  Médecin 
avil’era  comme  s'il  veut  arrêter  le 
bhg ,  il  faudra  joindre  au  prefent  les 
drogues  fui  vantes. 


R  EM  ARQJE. 

ON'  peut  infufer  tom  les  fitfditf 
ÿmples  aprea  en  avoir  tiré  par¬ 
tie  du  fuc ,  pour  les  raifons  cy-de- 
vant  dites  en  la  prefente  SeUion 
dans  la  quantité  d‘eau  de  vie  reSii- 
fiée,  que  Bauderon  y  dernanJfe  pen¬ 
dant  un  jour  &'  non  quatre ,  &  le 
fécond  -jour  au  lieu  d'en  tirer  le  re- 
fté  du  fuc  avec  l'eau  de  vie ,  il  y 
faut  verfer  par  dejfus  les  huiles  de 
Lin  ,  de  Sambuc  &  d' Hyperictim, 
aveeja  Terebinthine  de  Vénife  ,  ^ 
derechef  continuer  l'mfufion  pen¬ 
dant  huit  jours  en  un  lieu  chaud^ 
lefquels  pajfef  feref  cuire  le  tout! 
fur  un  degré  de  chaleur  fort  modé¬ 
ré,  fans  qu’ils  hoiiillentjpar  un  au¬ 
tre  pur  entier  a  vaiffeau  couvert,, 
dr  fins  attendre  la  confomption  de 
l'humidité,  remuant  fouvent  les  ma- 
tienes  i  aprel^  cela  le  coulerez.  & 
exprimerez,  fortement  ,  '  Ô'  ayant 
lafsé  rajfeoir  l'huile  en  feparerez.  ce 
qu'il  y  pourra  avoir  d'humidité , 
ferrerez,  le  Baume  pour  le  hefoin. 

Sanguinem  Eftens. 

If.  Olei ,  feu  Balfami  praferipti, 
une.  quatuor. 

Cera  alba ,  & 

Refina,  ana  drach.fx., 

Boli  Orientalis, 

Sanguinis  Draconis ,  (  id  efi  Gummi 
arborés  Draco  diSla,  quod  à'co- 
lore  rubro  fanguinis  hodie  nomi- 
natur.) 

Lapidis  Hamatitis,  aha.  drach.  très. 
Alo  'és  Hep at ica, 

Coralli  rubri ,  & 


h 


Mumiti 


jg  Livre 

MumUiAttA  drach.mam&fmij^. 
Chalcanthi  wfti ,  drach.  mm. 

Fiat  mgaentum  ufiti. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

L'Autheur  de  U  Paraphrafs  rîa 
point  ehfervê  en- cet  onguent  la 
proportion  dei  dofes  de  l  huile  de 
Baume  avec  la  Ciré  ,  Refine ,  &  les 
foudres  j  il  y  en  a  plus  des  trois  der¬ 
niers  qu’il  ne  faut ,  car  au  lieu  de 
faire  un  Onguent ,  on  feroit  un  Gé¬ 
rât,  ou  pour  mieux  dire  un  Onguent 
qui  feroit  de  confiFlence  de  Cerat: 
ctfi  pourquoy  il  faut  augmenter  la 
dofe  de  l’huile  de  deux  once's  ,  & 
ainfi  la  confiBence  en,  fera  meil¬ 
leure. 

Les  poudres  doivent  être  fort  fuh- 
tiles  ,  &  le  fang  de  Dragon  trituré 
un  long  tems. 


IL  Se^ioh  L 


remarqje:' 


IL  en  eft  encore  pis  pour  U  dif 
proportion  des  dofes  dût  GluHnm 
de  Bauderon,  que  du  precedent  On- 
guent  pour  arrêter  le  fang,  ou  il 
fait  'entrer  environ  fep^  once?  d‘m- 
grediens ,  d’une  confiftence  ferme  & 
folide  ,fdns  y  comprendre  Us  pou¬ 
dres  ,  fur  quatre  onces  de  Baume-, 
celuy-cy  feroit  quafii  en  forme"d'em- 
plâtre  particulieremesif fi  on  U  corn- 
pofoit  en  Hyver. 

Il  faut  mettre  .en  poud'A  le  Gal- 
hanuni ,  l'Amoniac  ,  &  l’Opopemax-, 
car  de  les  dîjfoudre-  en  du  vin  ou 
du  vinaigre ,  les  parties  les  pim  te¬ 
nues  &  fubtiles  s’éÿaporeroient  ,& 
ainfi  ils  diminueroient  beaucoup  de 
leurs  vertus  ,  comme  il  a  éii  ej- 
■devant  remarqué  en  l’Elekmrede 
Baccis  Lauri. 


Glutinans- 

Olei  prafcripti ,  une.  quatuor. 
Gumrni  Elemi  ,  & 

Sévi  Arietis,  an:  une.  duos. 

Cera  alba ,  drach.  Jix. 

Refina, 

Picis  Navalis 
Gummium  Ammoniaci, 

Galbani, 

Opopanacis,  Aceto  folutorum 
(yel  vino  fi  facuiati  fuerint 
nervi)  &  ad  mellis  crajft- 
tiem  coBorum  ,  an.  drachm. 
très. 

Pulvis  Fhuris, 

MaBicis ,  & 

Sarcocolla ,  ana  drach.  duos. 
Fiat  unguentum  ,  coque  ntitor. 


Sarcoticum. 

Olei  praferipti ,  une.  quatuor. 
Cer&  alba  ,& 

Refîna  ,  an.  drach.  fix. 

Gummium  Ammoniaci,  une.femif. 
Galbani, 

Pulverum  Arifiàlochia  rotunda, 
Thuris,  ‘  ^ 

MaBicis, 

SarcocoUa ,  & 

Myrrha ,  an.  drach.  duos. 
Croci,  fcrup.unum. 

Fiat  unguentum  utendi  tempore. 

REMARQVE. 

Pour  les  raifons  cycdejfus  dites, 
cette  compofitiynne  peut 


Des  Huiles  compofez». 


le  mm  d’ Onguent ,  que  fin  inven- 
tenr  luy  a  donné  d  raifion  des  do-- 
fes  des  médicaments ,  qmy  quelles 
ttyent  plus  de  proportion  que  les  fus 


L'Ammoniac  &  le  Galbanum 
feront  mis  en  poudre  ,  plutôt  que 
à  foui ,  ou  bien  qui  les,  mettra  en 
foudre  grÆere  &  en  fera  un  noüet, 
&  le  fuéfendra  dans  un^  vaijfeau 
commode  ,  &  avec  l’huije  cy-defi 
fut  requis  ,  par  le  moyen  d'une  len¬ 
te  chaleur  &  frequente  ekprejfion, 
l’huile  attirera  la  vertu  defdites 


Ccrebro,  nervis,  &  junduris 
aecommodum. 


Oleiifeu  Balfami  prafiriptijib.  sées. 


59 

ra  vfer  diverfement  ,  &  Tappro- 
prier  liiivant  les  indications  qu'il 
aura  pris  fur  fon  liijet.  Par  iceluy 
les  Chirurgiens,  feront  relevez  de 
beaucoup  de  peine  ,  &  auront  de 
l’honneur  en  l’ulàge  ,  outre  le  pro¬ 
fit  du  malade  3  pourveu  qu’ils  le 
fçaehent  approprier ,  &  qu’il  foit  dif- 
pensé  fidellcment.  La  première  de- 
fciiption  leur  fervira  pour  reftrain- 
dre,  ôc  étancher  les  hémorrhagies 
au  commencement.  La  fécondé  pour 
agglutiner.  La  troiziéme  pour  re- 
generer  la  chair  ,  là  où  il  y  aura 
déperdition  de  fubftance  3  les  au¬ 
tres  intentions  generales  premilès. 
La  dernière  pour  les  nerfs  3  joinctu- 
res ,  cerveau  &  autres  parties  mem- 
braneufes  3  ou  tendineufès  bief- 


Gummium  Elemi ,  une.  très. 

Hedera,  & 

Cera  alba ,  an.  une,  unam. 
hiherum  Salvia , 

LavenduU ,  & 

Cafiorii ,  an.  drach.  très. 

Ligni  Alo  'és, 

Cubebarum, 

Caryophytlorum, 

JSfacis, 

Baccarum  Lauri,  & 
luniperi ,  an.  drach.  unam  & 
femifi. 

Croci  ,firup.  duos. 

Fiat  unguentum. 

paraphrase. 

CEs  ^quatre  delcriptions  ont’  été 
ajoutées  ity  ,  '  pour  montrer 
les  divers  vfages  de  ce  Baume ,  lè- 
oa  1  exigence  du  cas  ,  &  accidents 
lùrviendronc.  Chacun  en  pour¬ 


Le  mélange  n’eft  autre  que  ce- 
luy  que  nous  enfeignerons  mainte¬ 
nant  en  la  fuivante  feétion  des  On¬ 
guents. 

REM  ARQVE. 

CEtte  quatrième  compoftion  efi 
de  meme  confiflence  que  les 
trois  precedentes*,  de  quoy  je  m’éton¬ 
ne  que  l'Autheur  de  la  Paraphra- 
fe ,  qui  était  prt  versé  en  la  Phar¬ 
macie  les  ait  dosées  de  la  fine3 
pour  leur  donner  le  nom  d’On- 
guent  ,  comme  aujf  de  les  avoir 
rangées  à  la  fin  de  la  Seblion  des 
hmles  ,  puis  qu'il  dependoit  de  luy 
de  les  loger  en  tel  endroit  qu'il 
auroit  trouvé  bon.  le  ne  les  ay 
point  voulu  changer  ailleurs  ,  pour 
ne  rompre  pas  en  cet  endroit  l'or¬ 
dre  qu'il  a  tenu  ;  je  diray  feule¬ 
ment ,  par  avis  à  ceux  qui  les  vou- 
h  a  dront 


6 O  Lîure  IL 

àront  préparer  ,  à’ augmenter  la 
quantité  du  Baume  ,  comme  a  été 
cy-devant  remarqué  en  la  premiè¬ 
re  dejeription  ,  &  des  autres  ma¬ 
tières  qui  donnent  le  corps  à  propor¬ 
tion  des  poudres  ,  afin  que  celle-cy 
dt  les  autres  ayent  la  vraye  con- 
fifience  convenable  à  leurs  noms. 


Balfamum,  D.Mcfue  falso  Gui¬ 
don!  tributum. 

Op.  Myrrha  eleélar 
Spica  Nardi, 

Thurü, 

Opobalfiami^ 

SarcocolU, 

Carpobalfami, 

Aiafiiehes 

Gumrni  Styracis  liquida^ 

Æo'és  hepatica, 

Sanguinis  Draconù  veri^ 

Jl^umia, 

Bdellih 
.Ammoniaciy 
Croci,  & 

Gumrni  Arabicî  ,  an.  drachm. 
duas. 

Labdani  eteüi  ,  & 

Succi  GaSlorii ,  an.  drachm.  duas,& 
femifî. 

jUdofchi  Orientais  ,  drachm.  fe- 
mijé. 

Terebinthina  Vineta  ad  pondus  om¬ 
nium  •  mifice  omnia  hac  ,  pul- 
verifa  pulverifianda  cum  Tere- 
binthina  &  pone  hoc  totum  in 
alembico  ,  &  ingeniosè  diéiilla\ 
ejl  enim  ars  ficut  de  aqua  Ro- 
fiarum. 


Seâién  JL^ 

R  E  M  A  R  QV  E.  ' ^ 

IL  y  a  quelques  Autheurs  qui 
donnent  le  fiurnom  de  Guidon 
d  ce  Baume  ,  croyant  quil  en  efi 
Vinventeur  :  ceux-là  pourraient 
être  détrompe!^  s’ils  preneient  U 
peine  de  lire  fion  traitté  troiGé- 
me ,  deélrine  première  des  play  es 
in  general ,  où  ils  verraient  que 
Guidon  l’attribué  à  Heben  Me. 
fiué\ comme  la  vérité  efi  telle ,  qu’il 
ejl  décrit  au  chapitre  deul^énte  du 
Supplementum  de  Mefué  par  Pe- 
trus  Aponenfis  ,  &  quoy  que  cet¬ 
te  partie  n’ait  point  receu  d’alte. 
ration  par  la  traduUion  de  la  lan¬ 
gue  comme  V Arabique  ,  fi  efi -ce 
neantmoins  que  ce  Baume  fie  trouve 
diverfement  décrit  dans  les  exem¬ 
plaires  de  Mcfiué.  Celuy  de  Veni- 
fe  inoBavo  de  l’an  t  pp.  y  deman¬ 
de  l’Opopanax  ,  comme  fait  ^  aitfft 
Guidon  ,  df  RenoUi'&  l’infolio  de 
Venifie  de  l’an  lôrp  demande  au 
lieu  de  l’Opopanax  ,  l’ Opobalfatne-, 
de  pim  ces  deux  derniers  deman¬ 
dent  fimplement  le  Caflor ,  &  dans 
cinq  OH  fix  exemplaires  dijferens 
en  imprejfion  que  j’ay  veu  w  y  lit 
fucciCaftorii.  Guidon  de  l’an  i  ^^7- 
efi  defieUueux  en  fa  deficription  de 
l’Ammoniac  ,  de  la  Sareocolle ,  du 
Labdanum  ,  &  duCaftor,  &  y  fait 
entrer  le  Styrax  rouge.  T^randal  - 
dans  fies  œuvres  infolio  de  l’an 
le  décrit  aujfi  au  chapitre  cinquième 
de  fies  formules  parlant  des  huiles, & 
y  à  ajouté  avec  If  Benjoien  quelques 
herbes  chaudes  ,  &  en  a  rejette  le 
mufiç ,  le  Çaftor ,  le  Labdanum,  & 
l’Ammoniac.  Ce  qui  me  fait  dire  q$e 


Des  Onguents  en generaL  6i 


pur  le  bien  dijpenfen  on  doit  fmvre 
Meff‘é  preferablement  à  tout  autre, 
tant  four  l’Opobalfame ,  ou  fin  fub- 
fiim  ,  que  pour  le  fiuc  de  Caftor, 
farce  qu’ils  p  conviennent  mieux 
que  l’Opopanax  ,  ny  le  Cafior  fec  & 
aride  ,  à  raifin  de  leur  confifience 
liquide  grajfi  &  oleagineufi ,  qui  fie 
joint,  &  fi  mêle  plus  facilement  avec 
celle  du  Baume  a  caufi  de  leur  ana  ■ 
logie^  ,  '&  ainji  leur  ,yommuniquent 
mieux Jeur  vertu ,  au  lieu  que  l’O- 
fopanax ,  &  le  Cafior, fie  ne  com¬ 
muniquent'  la  leur  ,  quen  partie. 
Four  le  fie  de  Cafior  tl  faut  enten¬ 
dre  cette  liqueur  huileufe  de  la¬ 
quelle  a  été  cy-devant  parlé  ,  & 
'jp''d«ubler  la  dofe  ,  parce  quelle 
ef  un  peu  plus  faible  que  la  noire 
eu^roufifire  qui  efi  feiche.  Et  quant 
à  la  Gomme  de  Styrax  liquide ,  il 
faut  entendre  du  Styrax  le  plus  re¬ 
cent  en  larme  qui  efi  encore  mol. 

Pour  le  mélange ,  Méfié  &  tous 
les  autres  Autheurs  qui  le  décri¬ 
vent  ,  veulent  quon  mêle  tous  les 
ingrediens  concafseT^  aveç.  pareil 
feids  de  Terebinthine  de  Vénifi,  & 
quon  mette  le  tout  dans  un  alem- 
bip  à  difliUer  :  il  me  fimble  que  cet¬ 
te  méthode  nefi  pas  la  meilleure ,  de 
neler  quatre  onces  &  demie  d’ingre- 
diens  fies',  avec  tant  feulement  qua¬ 
tre  onces  &  demie  de  Eerebinthi- 
rto  j  car  que  pourront  rendre  tou¬ 
tes  ces  matières  de  liqueur  ?  ce  ne  fe- 
*4,  jamais  plus  haut  de  deux  onces 
&’’fimie  ,  le  xe fiant  demeurera  re¬ 
tenu  par  la  ficcité  d.es.  ingrediens, 
ott  en  Colephçne  à  moins^de^  pouf 
fer  le  feu ,  ÿ-  alors  la  liqueur  qui 
eh  fortireit  -,  au  lieu  de  rapporter 
une  banne  odeur  ne  fentiroit  que  le 


brâlé ,  tel  quon  le  trouve  le  plus 
fouvent  chef^  les  Apothicaires  ,  il 
efi  très  certain  qu’étant  altéré  par 
le  feu  en  fin  odeur  ,  il  ne  fiauroit 
etre  autrement  qu’il  ne  le  fût  en  fis 
merveilleufes  vertm  quon  luy  attri¬ 
bué ,  voila  pour  quoy  fefiime  qu'il  y 
faut  procéder  comme  s’enfuit. 

Tous  les  fufdits  ingrediens  bien 
éleus  ,  &  chacun  filon  fin  poids 
les  faut  mettre  en  poudre  grojfie- 
re  ,  ^  fibfiituer  à  la  Terebinthine, 
pareil  poids  de  la  liquéur  jauue  qui 
■  fi  tire  par  difiillation  de  la  Tere¬ 
binthine",  qui  efi  la  plus  excellente 
d’entre  la  blanche  qui  vient  la  pre¬ 
mière  ,&  la  rouge  qui  fort  la  der- 
niej-e  ,pour  les  nerfs  refroidis  &  au¬ 
tres  parties  nerveufes,  &  la  liqueur 
du  Cafior  doublée  ,  le  tout  fera  mis 
dans  une  cornue  bien  bouchée,  &  fur 
les  cendres  chaudes  par  deux  fois  • 
vint-quatre  heures  ;  cela  fait ,  jette-r 
rez.  dans  la  c.ornué  huit  onces  du 
plus  excellenr’vin  ,■  à  même  tems 
l’ajufierez.  fur  un  fourneau  à  fa¬ 
ble  ,  &  au  bec  d’icelle ,  mettre^  le 
mufi  en  poudre  ,  'enfermé  dans  un 
linge  délié ,  &  qu’il  ne  f oit  pas pyef 
sé ,  afin  que  la  liqueur  en  pajfant 
eînporte  toute  fin  odeur ,  &  fa  ver¬ 
tu  j  luteTf  puis  apreX^  exaRement 
un  récipient  que  le  bec  de  la  cor¬ 
nue  entre  fort  jufte  dans  fin  col, 
&  difiillez.  par  un  feu  lent ,  jufqu’à 
ce  que  toute  la  liqueur  oleagineu¬ 
fi  fait  pafsée  ,  &  avant  que  tes  in¬ 
grediens  puiffent  recevoir  aucune 
alteration  du  feu  ,  alors  cejferez. 
la  difiillation ,  &  les  vaiffiaux  ra- 
foidis ,  les  déluterez ,  &  exprimereX^ 
fort  le  mufi  dans  la  liqueur  difiil- 
lée-,  feparez.  les  liqueurs  l’une  d'avec 
h  5  l’autre,, 


Livre  IL  SeBion  1 1. 


l’autre,  &  dans  l’Oleagineufe ,  y 
mejlerem  l’Opobalfame  ou  m  de 
fes  fubfiituts ,  &  pour  la  fin ,  fer¬ 
rerez.  chacun  a  part  ,  pour  s’en 
fervir  au  befoin.  De  la  forte  au¬ 
rez.  un  Baume  tres-excelknt  ,qui 
fùrpajfera  de  beaucoup  en  ‘vertu 
celuy  qu’on  préparé  pour  l’ordi¬ 
naire. 

Nota  quil  fera  beaucoup  mieux 
de  mettre  le  Mufc  en’  poudre,  l’en¬ 
fermer  dans  un  linge  ,  comme  dit 
efi ,  &  l’infufer  dans  le  Baume  di- 
fiillé  par  quatre  à  cinq  purs  ,  au 
B.  M.  dans  un  vaijfeau  exacte¬ 
ment  bouché. 

Ce  Baume  efi  fi  important  i  qu’il 
mérité  bien  d’être  méthodiquement 
préparé  pour  attirer  fans  altera¬ 
tion  la  vertu  des  fimples  qui  le 
compofent ,  qui  efi  la  caufe  que  je 
donne  cette  fécondé  façon  de  le 
préparer.  Prenez,  tous  les  fimples 
triturables  avec  les  Gommes  &  en 
faites  une  poudre  grojfiere ,  &  y 
meflerez.  la  liqueur  du  Cafior  ,  & 
le  Baume  ,  &  en  faites  un  no'ùet 
que  mettre\  dans  un  vaijfeau  con¬ 
venable  avec  la  liqueur  jaune  de 
Térebinthine  ,  le  vaijfeau  artifie- 
ment  fermé  ,  fera  tenu  au  fable 
pendant  cinq  à  fix  jours  ,  fur  la 
fin,  la  chaleur  fera  augmentée  & 
le  no'ùet  prejfé  de  temps  en  temps, 
apre^  cela  le  coulerez.  &  expri¬ 
merez.  le  marc  ,  &  en  la  eolature 
encore  chaude  ,  y  diffoudrez.  le 
mufc  ,  pour  le  fout  garder  au 
befoin. 


SECTION  II. 

Des  Onguents. 

A  V  T  A  N  T  que  le  Liniment 
tient  le  milieu  ,  entïe  les  Hui¬ 
les,  &  les  Onguents  il  ne  fera  pas 
hors  de  propos  dé  déclarer  fommai- 
rement  ce  que  c’eft ,  &  de  quoy  il  .  ■  v.; 
fe  compolc ,  auparavant  que  de  trait- 
ter  des  Onguents. 

Liniment  a  pris  le  nom  de  fon  M- 
ufagé.  Sa  forme  tient  le  milieu  en- 
tre  riiuile  &  1  onguent  5  car  il  eftj 
plus  épais  que  l’huile,  &  plus  mob 
que  l’onguent  :  parce  qu’on  n’y 
met  point  de  Cire.  Il  fe  compofe 
eommunémenl  avec  huile,  terebin- 
thine,  graiffes,  beurre,  moelles,  miel,T 
poudres ,  Sec. 

Pour  le  jourd’huy, improprement 
parlant ,  on  appelle  liniment  l’on-! 
guent  plus  mol  qu’il  n’eft  requis, 
quoy  qu’il  y  entre  de  la  cire ,  gom¬ 
mes  ,  liqueurs ,  refîne  ,  &c.  On  ne 
le  préparé  fînon  lors  qu’on  s’en  veut 
fervir  ,  félon  l’ordonnance  des  Mé¬ 
decins  ,  &  Chirurgiens. 


Des  Onguents  en  general. 

ONgitent,  dérivé  fon  nom  d’oin¬ 
dre  :  pourcc  que  d’icelny ,  les 
parties  malades  en  font  ointes.»  Il 
fe  compofe  des  parties  des  plan¬ 
tes,  animaux,  métaux ,  minéraux  ,  & 
terres. 

L’huile  y  fert  de  matière ,  &  « 
cire  pour  donner  la  forme,  &  P®'’? 
^  Ion 


Des  Onguents  en  general.  6  5 


longuement  retenir  la  vertu  des  in- 
grediens  fur  la  ^tie  affedée ,  par 
la  craflîtie ,  8c  abn  que  l  adion  s'ac- 
eomplilfe  fuivant  l'opinion  d'Avi¬ 
cenne  livre  premier,  chapitre  deuxie¬ 
me,  Fen  quaméme,  dodr.  cinquième. 
La  quantité  de  la  cire  félon  Galien, 
au  livre  troifiéme  des  médicaments, 
Itcirt  lèlon  les  genres ,  &  Paul  Æginefe  li- 
vre  feptiéme  chapitre  dix  ftptiéme 
drachmes  pour  chacune 
imts.  once  d’huile  ,  Sc  une  drachme  de 
poudre.  Cette  dofè  n’eft  pas  de  tous, 
&  toujours  obièrvée  ,  ioient  par 
'  les‘anciens  ,  ou  modernes  :  mais 
fouvenî  diverfifiée,  félon  les  inten¬ 
tions  diverfes.  Pource  les  Méde¬ 
cins  taifenc  fouvent  la  dofe  de  la  c»- 
rc ,  &  la  lailïènt  au  jugement  de  i'A- 
pdthieaire  expert  en  ion  Art  ,  qui 
félon  la  quantité  de  l'huile.  Poudres, 
refine,  colophonc,  &c.  le  fçaura  bien 
&ire. 

La  cire  blanche  aux  Onguents 
froids ,  doit  être  preferée  à  la  jaune. 
Au  contraire  la  jaune  aux  On¬ 
guents  chauds  :  ainlî  qu'il  fera 
plus  amplement  monftré .  en  parti¬ 
culier. 

Davantage  nous  n'entendons  pas 
icy  parler  des  Onguents  fpecifiez  par 
Diofeoride  au  premier  livre  de  la 
niatiere  medicale  (  qui  ne  font  autre 
choie  qu’huiles,  compolcz  de  dro¬ 
gues  aromatiques ,  dont  nous  avons 
traitté  en  la  precedente  Seétion  & 
non  de  tous  )  mais  de  ceux  qui  font 
en  ufage,  &  qu’on  tient  aux  bou¬ 
tiques. 

La  différence  le  prend  de  leurs 
effets ,  &  de  l'ordre  qu’on  obferve 
-  en  la  curation  des  vlceres.  Tontes- 
rois  nous  les  diftinguerons  en  deux; 


à  fçavoir  en  froids ,  &  çhfuuds ,  $c 
commencerons  par  les  moins  eom- 
poièz,  comme  nous  avous  fait  des 
autres  çompoficions  aux  preceden¬ 
tes  Sellions. 

REMARQVE. 

Eux  qui  dejîreront  fçaveir  U 
maye  ài'vijion  des  Onguents 
des  anciens  &  des  modernes  avec 
leurs  ujages  ,  auront  recours  d,  ce 
que  nous  en  avons  dit  ,  en  la  Re~ 
marque  de  la  Theriaque  ,  ou  fay 
parlé  de  1‘ Arifioloçhe  clématite  ou 
tenue. 


Des  Onguents  en  parti¬ 
culier. 

Et  premièrement  des  froids. 

Vriguentum  Rofatum  »  D. 
Mefue. 

Axungia  Forci  recent ü  novics 
aqua  calente  dr  toties  jrigida 
Iota  (  vt  fit  expert  omnk  odo- 
Tis.  ) 

Rofarum  rubrarum  recentium , 
vtriufq.  lib.  très. 

Infundantur  fimul  dies  feptem  vt 
marceficant  ;  tum  coque  igni  lento, 
&  cola. 

Rurfus  tantum dem  Rofarum  r^cen- 
tium  &  contufarum  per  tôt  idem 
dies  marcefeere  dimûte  :  fonde 
igni  ut  prius  cola  ;  tune  af- 
fitnde. 

Succi  Rofarum  riibrarwn ,  lib.  unam 
&  fèmifi. 

Olei 


^4  Livre  IL 

Olei  Amygdalarum  dulcium,  lih' 
femifi. 

Coque  igni  lento  ,  ad  fucci  con- 
fumptionem ,  &  repone  ufui. 
Vtendi  tempore  ,  fi  vigilU\adfint, 
confulatque  jHedicm  adde  Opij 
Aqua  Rofarum  fioluti  ,  quan¬ 
tum  videbitur ,  ut  monet  Mefi. 

paraphrase. 

De  s  pireceptes  couchez  par  Diof- 
coride  livre  deuxième  chapitre 
foixante  huitième  j  traittant  la  nja- 
niere  de  rendre  les  grailFcs  odoran¬ 
tes  J  Mefuè  a  compofè  cet  onguent 
lequel  a  pris  le  nom  de  fa  bafe ,  les 
rolês  rouges  ,  &  fùc,  tres-excellcnt  à 
ce  qifil  promet. 

Pour  le  méthodiquement  com- 
polèr  lèlon  Méfié  il  faut  net¬ 
toyer  la  graiife  de  Poreeau  de  fes 
membranes  ,  &  la  laver  pluficurs 
fois  avec  de  l’eau  qui  ioit  plus  que 
tiede ,  puis  autant  de  fois  avec  eau 
froide  ,  afin  qu’elle  perde  toute 
la  fenteur  étrangère  qu’elle  peut 
auoir  ,  &  qu’elle  reçoive  plus  fa¬ 
cilement  celle  des  roiès.  On  y 
ajoutera  autant  de  rôles  rouges  ré¬ 
centes  &  contLifes  ’  au  mortier  de 
marbre  que  de  graillé, ,  qu’on  lair- 
ra  infufer  au  Soleil  ardent  ,  envi¬ 
ron  fept  jours  :  ou  trois  fiir  les 
cendres  chaudes  (  fi  on  eft  pref- 
fè  )  dans  un  pot  de  terre  vernilTé, 
qui  foie  étroit  d’emboucheure  j  & 
bien  couvert.  Aprez  on  leur  don¬ 
nera  une  ou  deux  ébullitions,  fiir 
lin  petit  feu ,  puis  on  les  exprime¬ 
ra.  De  rechef  à  la  graille  coulée  , 
on  y  ajoutera  de  nouvelles  rôles 
rouges  ,  comme  devant  contulcs. 


Se’Bîon  II, 

qu’on  infufêra  ,  cuira  ,  &  expri¬ 
mera.  ,  A  la  colature  on  y  ajoû- 
tera  la  moitié  autant  pefant  que  de 
gralïè’,  de  lue  de  rôfes  rouges,  & 
la  fixiéme  partie  d’huile  d’Aman- 
des  douces  nouvcUenient  tiré  fur 
trois  livres  de  graiife  ,  il  y  aura 
une  livre  &  demie  de  lire  ,  &  de- 
my  ,  livre  d’huile  ,  pour  cuire  le 
tout  enfemBle  à  petit  feu,  jufqu’à 
la  conlbmption  du  ,  fuc  ,  (^oii  à 
peu  prez.  )  Pource  qu’il  vaut 
mieux  qu’il  y  en  deiqçurc  une  on¬ 
ce  ou  deux  ,  que  s’il  étoit  telle¬ 
ment  confumé  ,  que  la  graille"  & 
huile  acquillènt  une  chaleur  con¬ 
traire  à  la  froideur  des  rofes,  Fai- 
lànt  airifî  deux  infufions  ,  &  co- 
étions ,  cet  Onguent  fera  rouge.  & 
odorant  ,  &  ne  fera  belbih  de 
l’Orcanetcou  Anchulà ,  commçfont 
quelques  -  uns  ,  contre  l’intention 
■  de  l’Àutheur  :  lequel  ainfi  fait  fera 
gardé. 

Ceux  qui  le  voudront  faire  fort 
blanc  &  odorant  ,  comme  Poma- 
de  >  au  lieu  de  rofes  rouges ,  pren- 
dronfdes  rofes  blanches  mufquces, 
qu’ils  acheront  menu  avec  un  cou¬ 
teau  ,  &  ne  les  contuferont  point 
au  mortier  :  &  de  femblables  rô¬ 
les  tireront  du  fuc  ,  feront  les 
infufions  ,  &  codions  ,  comme 
dit  eft. 

De  même  façon  on  pourroit  fai¬ 
re  onguent  de  fleurs  de  violes ,  de 
Nénuphar  ,  de  .fàugè  ,  de  rofma- 
rin  ,  &  autres  fleurs  odorantes, 
ainfi  qu’enfeigne  Diofeoride. 


Des  Onguents  froids,  6^ 


,  les  FACFLTE  Z. 

Il  appaifè  les  inflammacions , 
eryfîpeles  &  heipes  ,  &  adoucit  la 
douleur  de  tefte  procédant  de  caulc 
chaude  ,  &  rintcmperature  chaude 
du  ventricule  &  du  foye. 


R  E  M  A  R  Q^V  E. 

L'Onguent  rofat  de  Mefué  ne 
fe  pratique  point  pour  le  pré¬ 
sent  .que  je  f^ache  ,  a  moins  que 
et  [oit  par  des  vieux  .Apothicai¬ 
res  qui  ont  de  tout  temps  négli¬ 
gé  leur  profejfion  ,  &  qui  nont 
•voulu  fçavoir ,  que  ce  que  les  an¬ 
ciens  ont  écrit  ;  car  de  la  façon 
qu'il  eft  décrit ,  au  -  lieu  de ,  defei- 
cher  la  graijfe  pour  faire  durer 
plus  long  -  temps  fa  vertu  s  '  ce  fe- 
roit  luy  augmenter  fin  onéjsuofité 
corruptible  qui  ferait  rancir  l'on¬ 
guent  en  peu  de  temps  ;  mais  com¬ 
me  il  n^efi  pas  conneu  de  tous  le 
moyen  d'empefeher  ;cette  corrup¬ 
tion  ,  fans  faire  tort  a  beaucoup 
de  fçavans  de  nôtre  profejfion  3  je 
diray  qu’il  y  en  a  peu  qui  l'enten¬ 
dent  ,  &  le  tout  confifi^  d'en  fe- 
parer  exaüement  deux  humidi- 
tet  y  qui  y  quoy  quelles  filent  en 
petite  quantité  ,  &  dé  '  nature 
«leagineufi  ,  font  corrompre  la 
graijfe. 

fjuelques-unes  pour  la  dejfiicher, 
la  font  tremper  &  lavent  avec  l’eau 
•vie  I0  autres  avec  de  l’eéfnit 
de  vinaigré  defegmé  :  les  autres 
‘^t/ec  de  l’eau  de  chaux  vive  e  & 
d  autres  avec  du  fuc  de  limons  di- 
fidlé,  de  tous  ceux-là  ,  les  der¬ 


niers  font  plus  èloigneZy  en  leur 
croyance  &  tous  enjemble  ne  s’ap¬ 
prochent  guere  de  la  vérité. 

Peur  ne  m’éloigner  p^  davan¬ 
tage  d’un  plus  utile  modus  facien- 
di  de  l’onguent  rofat  que  le  pre¬ 
cedent.  Il  faut  prendre  pendant 
le  plus  grand  froid  de  l' Hyver , 
de  la  graijfe  de  Porceau  ,  &  non 
de  Truye  (  quoy  quelle  foit  ejii- 
mée  la  meilleure  par  quelques-uns) 
que  connoifirez-  par  la  mollejfe 
de  celle-cy ,  &  par  la  fermeté  y  ou 
folidité  de  l’autre  ,  choijijfilfdonG 
de  la  plus  ferme  qui  foit  bien  blan¬ 
che  ,  dr  de  la  plus  ’épaijfe  de  cette 
première  ,  &  en  feparez.  les  mem¬ 
branes  y  aprez.  coupezp  -  la  par  pe¬ 
tits  morceaux  ,  &  Ta  pilez,  d'ans 
un  mortier  de  marbre  ,  mettelf-la 
dans  un  pot  de  terre  vernijfé  que 
ferez,  fondre  fur  un  petit  feu ,  fa-ns 
la  faire  boïiillir  ,  étant  fondue  Ten- 
tretiendrélffur  une  moindre  cha¬ 
leur  que  la  première  y  jujqu’à  ce 
quelle  foit  bien  d.epurée  ,  &  qu’on 
voÿe  à  travers  le  fonds  du  .pot, 
alors  la  tirerez,  du  feu  ,&  la  cou¬ 
lerez.  par  un  linge  blanc  &  denfe 
dans  des  pots^  qui  tiendront  une 
livre  ou  deux  que  laijferez  ou¬ 
vert  vint  quatre  heures  au  froid, 
puis  avec  wn  double  papier  ,  ou 
parchemin  'les  fermereTf  pour  '  les 
garder  jufquà  la  ftifin  des  ro- 
fes.  Dés  que  les  rofes  commence¬ 
ront  de  venir  y  prendrez,  la  quan¬ 
tité  de  la  fufdite  graijfe  que  vou¬ 
drez.  J  apreîj  l’avoir  lavée  dans 
un  grand,  mortier  de  marbre  avec 
d’eau  de  fo'ntaine  ,  la  plus  froide 
fera  toujours  la  meilleure  ,  (  &  non 
comme  difent  Mefué  &  Bauderon 
i  avec 


Livre  IL  SeBion  IL 


6é 

4vec  de  l’eau  tiède  ,  ).  ou  bien  pour 
ravoir  pim  fraifehe ,  la  fere"^  ra¬ 
fraîchir  à  la  glace  ,  &  la  change¬ 
rez.  trois  ou  quatre  fois  en  un  jour, 
la  derniere  lotion  fera  faite  ,  avec 
de  bonne  eau  rojee  qui  ne  fait  piCS 
fermentée.  Cela  fait  ,  l’humidité 
exaElement  feparée  efiendre"^  la 
graijfe  fur  un  linge  blanc  en  qua¬ 
tre  doubles  ,  qui  en  fuceera  '  ce 
qui  J/  pourra  avoir  ■  demeuré  d’^a- 
'  queux ,  aprez.  y  me  ferez,  un  peu 
moins  de  rofes  épluchées,  que  Jlde- 
fué  y  en  demande  ,  cueillies  en 
boutons  d  demy  ouvers  y  comme  a 
ejlé  cy-devant'' dit  en  V EleEluaire 
rofat  defquelles  faut  avoir  tiré  le 
fuc  :  ce  me  fange  fait ,  fera  .enfer¬ 
me  dans  un  vaif'eau  propre  & 
tenu  en  une  chaleur  de  cendres 
trois  ou  quatre  jours  ,  fur  la  fin 
la  chaleur  fera  augmentée  pen¬ 
dant  deux  ou  trois  heures^,  la 
matière  fouvent  remuée  avec  me 
fpatule  de  bois.  La  colature  & 
fexprejfion  faite  par  un  linge 
blancj^  &  denfe  la  faut-  laiffer 
rafroidir  ,  en  feparer  l’humidi¬ 
té  qui  fie  trouvera  au  fonds  ,  & 
la  remettre  dans  le  pot  avec  pa¬ 
reille  quantité  de  rofes ,  préparées 
comme  dit  a  été  ,  obfervant  la 
chaleur  ,  le  temps  ,  &  autres 
chofès  qu^en  la  precedente  j  & 
pour  rendre  l’onguent  pim  odo¬ 
rant  y  la  reitererez,  par  une  troi- 
fiéme  fois,  ifonguent  étant  froid, 
il  en  faut  feparer  derechef  l'bu- 
midite ,  en  telle  forte  qu'il  n’y  en 
refie  point  ,  &  le  ferrer  en  di¬ 
vers  pots  bien  couverts  que 
tiendrez,  renverfez,  ,  en  un  lieu 
frais  &  fie.  Voila  y  pour,  ce  qui 


concerne  l'Onguent  de  Rofat  de 
Mefué.  ■/. 

L'onguent  rofat  que  tiennent 
ceux  qui  font  ^  honneur  h  notre 
profeffion  en  leurs  boutiques  ,  efi 
à  peu  prez,.  préparé  comme  le  fuf. 
dit ,  à  moins  qu’on  n’y  cherche  pat 
du  tout  tant,  de  faptn  ;  d’autres 
fi  contentent  de  mefer  avec  la 
graiffe  y  mal  préparée  ,  les  rofes 
indifferamment  comme  il  fe  ren¬ 
contre  ,  les  fueille's  toutes  entiè¬ 
res  j  les  autres  fi  contant ent' d’me 
infufion  j  les  autres  eh  font  deux', 
les  autres  concajfent  les  rofes ,  ^ 
y  ad'oùtent  du  fuc  d’autres  re¬ 
fis  ,  pour  le  faire  bouillir  ,  com¬ 
me  a  été  dit  cy-deffm  >  le  co¬ 
lorent  avec  la  racine  d’Or'eane- 
te  ;  niais  à  dire  le  vray  ,  tous 
ces  Onguents  n  ont  prefqke  pour 
toute  vertu  que  la  couleur  rouge. 

Il  m’efi  arrivé  quelquefois  de 
preparesr  cet  onguent  fans  le  colo¬ 
rer  avec  l’orcanete  ,  que  beaucoup 
de  perjônnes  l’ont  refufé  difant  qu’il 
n’étoit  pas  bon.  Puifque  nous  fom- 
mes  contrains  de  nous  fervir  de 
l’orcanette  pour  luy  donner  cou¬ 
leur  ,  de  trois  eépeces  que  Diofe- 
en  defiritv  -,  il  n’y  a  que  celle  qu’on 
appelle  Onoclea ,  qui  foit^  froide  & 
feiche ,  &  les  autres  font  chaudej, 
Gai.  livre  6.  des  fimples  Médica¬ 
ments,  &  participent  de  quelque  peu 
d’acrimonie. 

Ceux  qui  defireront  avoir  un 
onguent  rofat  mufqué  ,  prendront 
de  graiffe  blanchi  dejfeichée.  de 
fin  humidité  fuperfiué  &  en  cou¬ 
vriront  le  fonds  de  deux  bafms 
de  terre  de  l’efpaiffeur  dvn  de¬ 
my  travers  de  deigt,  &  mettront 


Des  Onguents  froids,  67 


ie  fueillei  de  rofes  mufquées  ,  fur 
la  graijfe  de  l’un  ,  &  le  couvri¬ 
ront  de  l'autre  ,  &  les  laijferont 
ainfi  l'efface  de  vingt  quatre  heu¬ 
res  y  le  lendemain  on  retirera  ces 
rofeif  'four  y  en  remettre  de  nou- 
nelles  fur  la  graijfe  du  bafin^  qui 
a  fervy  '  de  couverture  -à  l’autre 
changeant  ainfi  tous  les  purs,  juf- 
cjttd  ce  que  l’odeur  foit  bien 
avant  empreinte  dans  la  graijfe, 
&  pour  '  en  faciliter  plus  prompte¬ 
ment  la  communication  ,  de  deux 
en  deux  purs  faudra  retourner  la 
graijfe  ie  d'ejfus  dejfous ,  apref  la 
ferrerez  dans  un  pot  pour  s’en  fir- 
vir  au  lieu  de  pornade. 

L'Aùtheur  de  la  Paraphrafe 
s’efi  trompé  quand  il  a  dît,  faifant 
ainfi  deux  infufions  ,  &  collions, 
cet  onguent  fera  rouge  &  odorant, 
^  ne  fera  befoin  d’orcanfte  ;  car  les 
rofes  rouges,  ne  donnent  point  leur 
teinture  à  la  graijfe ,  non  plus  qu’à 
l’huile  ,  comme  elles  la  donnent  à 
teau  i  &  l'orcanette  au  contraire 
communique  la  fienne  %  la  graijfe, 
&  à  toutes  les  fubjlances  grajfis , 
&  non  à  l'eau  fans  un  medium.  En 
Voilà  ajfeTf  pour  exercer  l’ejprfi  des 
curieux  pour  chercher  la  cqufe  de 
ces;  differéhs  effets. 


Vngucntum  Nutricum,  feu  de 
Lichargyro,  vel  Triphar- 
macum,D-Mef. 

yi.  Zitharsryri  auri  tenuiffme  triti, 
.  lib.ferdji 

Plei  Rofati  '  Omphacini ,  vel  alte- 


Aceti  acerrimi  ,  vtriufque  quan¬ 
tum  Lithargyrus  agitata  in  mor- 
tario  ebibere  poterit ,  &  jujlnm 
crajftiem  acquifiverit. 

paraphrase^ 

CE  T  Onguent  eft  appelle  Nu- 
tritiim  ,  pour  ce  que  la  Lithar- 
ge  agitée  au  mortier  avec  le  vinai¬ 
gre  ,  &  huile  rofat ,  eft  nourrie  , 
c’eft  à  dire ,  acquiert  une  certaine 
elpece  de  confiftence  ,  &  accre- 
tion.  Il  eft  aufll  nommé  Triphar- 
macum  :  pource  qu’il  eft  compo- 
fé  de  trois  :  &  de  Litharge ,  comme 
de  fa  haSk. 

Quelques-uns  aù  lieu  de  vinai¬ 
gre  ,  y  mettent  du  fiic  de  Mor el¬ 
le  appellée  Solanum  ,  ou  de  plan-^ 
tain  ,  de  cerufe  ou  autre  femblablc. 
Ce  que  l’Apothicaire  ne  doit  point 
faire  ,  s’il  ne  luy  eft  expreilèment 
commandé  par  quelque  dode  Mé¬ 
decin  ou  Cjiirurgien.  Il  différé  de 
l’emplaftre  nommé  Tripharraacnra 
de  la  feule  cuite.  Méfié  la  emprun¬ 
té  de  mot  à  mot  de  Serapion  trait- 
té  fêptiérne  ,  chapitre  a  B.  faits  le 
nom  de  Merdafengi  ,  qui  fignifie 
en  langue  Arabique  ,  Litharge 
voyez  les  interprètes  d’iceluy  ,  & 
d’Avicenne. 

LE  MELANGE. 

La  Litharge  curieuf  ment  pulye- 
rifée  3  •  le  doit  du  commence¬ 
ment  &c  longuement  noun'ir  avec 
un  peu  d’huile  ,  &  vinaigre  afin 
qu’on  ne  la  noyé  >  en  fe  penfant 
hafter.  Quoy  avenant  j  il 
’pburrbit  elpàilîir  ,  quelque  agità'- 
i  Z  tion 


és 


Livre  IL  SeéJion  IL 


don  qy’bn  y  fift  ou  difEeilemcnt. 
S'il  eft  fait  dans  un  mortier ,  & 
avec  pilon  de  Plomb  3  il  fera  plus 
■  refrigeratif  ,  &  deliccatif  ^  mais  il 
n  en  fera  pas  li  blanc  3  mais  plu¬ 
tôt  gris. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  eft  inearnatifj  &  epulotique  :  & 
eft  auffi  propre  aux  vices  du  cuir, 
■&  à  deftcicher  les  ulcérés  3  &  à  les 
cicatrifer. 

R  E  M  À  R  C^V  E. 

Onguent  Nutritum  eft  dé- 
\^rit  par  Serap.  au  trait  té  fep- 
iiéme  chap.  iS.  de  fon  Antidotai- 
’r^e ,  &  non  au  chap.8.  comme  dit 
Eauderon  en  fis.  éditions.  Jkfefué 
en  la  diftinStion  unxâéme  ,  de  fin 
Grabadin  le  deftrit ,  fom-le  nom  de 
Triapharmacum  :  &  Avicenne  au 
Livre  cinquième  ,  fin^ne  première 
le  décrit  fous  le  nom  de  Fnguen- 
tum  ruhrum ,  &  y  fait  entrer  de 
plus  la  racine  de  Euhif  TinStorum, 
ny  l'un  ny  l’autre  ,  ne  preferivent 
point  i huile  Rofat ,  mais  le  commun^ 
les  deux  premiers  ne  dofent  point 
les  ingrediens ,  &  ce  dernier  met 
quatre  onces  moins  de  Litharge  que 
d’huile ,  &  dix  livres  de  vinaigre. 
Bander  on  dit  d’en  mettre  autant 
qu’il  en  faudra  de  l’un  &  de  l’au¬ 
tre  pour  luy  donner  une  banne  con- 
fiftence  -,  d’autres  comme  loubert  3 
preferivent  les  dofes  qu’ils  ont  em¬ 
pruntées  de  Guidon ,  qui  ne  font  pas 
non  plus  que  les  autres  en  Un  bon 
ordre  ,  qui  les.  voudro.it  fuivre  n'en 
‘skndro.it  ]amais.  à.  bout ny  à  fin 


honneur , y  ayant  beaucoup  pip^ 
Lytharge  qu’il  ne  faut.  A'kolm  ' 
Prapofitus  le  décrit  auffi  tres-md 
en  deux  exemplaires  diffetens.  dont 
voicy  la  deftription.  'df.  Lithargm 
triti  part.  iq.  Aceti  vini  unc.fmif. 
fem ,  Olei  Rofati  quod  fufficiit  £„ 
cette  deftription  ,  fi  bien  qu’aux 
autres  ,  le  defordre  y  eft  en- 
eore  plus  grand.  Duboys  enfin 
Scholte  le  detrit  moins  mal  que 
les  autres.  Apref  avoi-yrappohé 
toutes  ces  difterentes  deferiptions, 
qu’on  ne  fiauroit  fuivre  d  raifon  de 
l’inégalité  des  défis,  qui,  s’y  rencon¬ 
trent  grandes  ,  'aux  unes' plus,  aux 
autres  moins ,  qui  feraient  que  l’on¬ 
guent  ne  garderait  pas  ja  confi- 
ftence  huit  'purs ,  particulièrement 
celuy  qui  ferait  compofé  avec  k 
fue  de  plantain ,  ou  de  Solanum , 
pour  les  raifins  que  nous  dirons  cy 
aprez..  Mais  en  voicy  me  qui^me 
femble  être  plus  ’jufte  ,  que  je  fais 
préparer  en  ma.  boutique.  Prenët, 
Litharge  d’or  triturée  &.,Jpbtile- 
ment  cicotrinée ,  &  non  laveejfix  on¬ 
ces  :  huile  rojatpu  tel  autre jque  Toc- 
cajion  requerra  ,  dix  huit'onces  ,  & 
de  fort  vinaigre  dix  onces  pour  le 
plus.  Il  faut  commencer  de  nourrir 
la  Litharge  dans  le  rnôrtier  avec 
un  peu  d’huile ,  &  l’ agiter  quelque 
temps  avec  le  pilon  ,  &  apres,  y 
mettrez  un  peu  moins  de  vinaigre, 

&  l’agiterez  par  la  même  e^açe 
que  devant  ,  &  ainfi  faut  continuer, 
aprez  Hun  ,  l’autre  ,  ’ptfqu’d  ce  que 
l'huile  ,  &  le  vinaigre  foient  em¬ 
ployez,  obfervanttoupurs  de  mettre 
un  peu  plus  d’huile ,  que  de  vinaigre, 

&  une  diftance  égale  fans  fe  pré¬ 
cipiter  pour  avoir  ’pluftofl  fait-  Si 
pair 


Des  Onguents  froids. 


.,piir  'hazard  ,comme  il  arrive  ajfez 
.  joHvent  5  d  ceux  qui  font  impatiens, 
four  abréger  le  tems  qutl  faut  pour 
nourrir  la  trois  enfemble ,  on  met 
plut  d’huile  a  la  fois  quil  ne 
faut:  ^  on  no^e  leur  matière ,  on 
la  remettra  fkcilemen  f  en  bonne  for¬ 
me ,  en  y  ajoutant  peu  a  peu  du  vi¬ 
naigre  ,  en  l’agitant  fans  y  mettre 
d'huile  que  la  confidence  ne  foit  re- 
mife.:  l’ay  voulu  donner  cet  avis 
qui  eft  infaillible  ,  pour  tirer  de  pei¬ 
ne  beaucoup  de  perfonnej  qui  tom¬ 
bent  0  cet  inconvénient  ,  particu¬ 
lièrement  ceux  a  qui  on  le  pour¬ 
rait  donner  pour  ejfay  '^de  mai- 
mfe. 

Cet  onguent  fe  fait  plus  comtno- 
derpent  ,  &  a  plus  de  vertu  ra- 
faichijfante  avec  le-  vinaigre  qu’a¬ 
vec  les.  fucs,  parce  que  celuy-là  je 


^9 


quod  carior  fit  ,  augeat  Boli  do~- 
fim  &  non  peccabit. 

^PARAPHRASE. 

CEt  onguent  eft  déctit  par  Guf 
de  Càuliac  en  fon  traitté  fepcié- 
me ,  dodtdne  première  >  chapitre  cin¬ 
quième  J  qu’il  a  tiré  des  écrits  de 
Gai.  livre  y .  des  fimp.  médicaments. 
Il,  a  pris  le  nom  de  fà  bafe  j  le  Bol 
de  Levant  :  la  vertu  deficcarive  du¬ 
quel  eft  augmentée  par  la  terre  jfîgil- 
lée  J  apportée  de  Lemnos  >  pour  le 
jourd’huy  appellee  Stalimene.  Ceux 
qui  n’ont  la  commodité  d’en  recou¬ 
vrer  fi  gjande  quantité  (  pour  être 
trop  chere  )  qu’ils  prennent  autant 
pe'lânt  d’ptre  Bol  j  .onde  la  terre  de 
Blois  5  oii  autr.c  graflè  &  gluante ,  «Sc 
ne  feront  mal.  Sa  vertu  réfrigérante 


lie  plus  facilement  -avec  le  fel  de  eft  augmerit^.par  les  fiics  des  her- 
Saturne ,  que  ceux-cy  ,  qui  ne  pene-  bes^  réhig^^^cs  fiis  Ipecifiées  ,  ou 


t  ' du  tout  point  la  Litharge ,  & 
ne  font  que  fe  lier  fimplement  avec 
icelle  &  l’huile. 


Vnguentum  de  Bolo,  D. 
Giiidonis. 

Terrsi  figillata ,  lib.  dimidiam. 

Boli  Arme;, a  ,  lib.  unam. 

•deeti  ,vel  fucci  Solani  ,  vel  Plan- 
taginis  ,vel  alterim  e-ufdemfa- 
cultatis ,  lib.  unam-,  &  femifi. 

Olei  Rofati  Omphacini ,  fi  fiert  po- 
tefi ,  lifi  très. 

Benfim  agitentur  in  mffrtario  ,  do- 
ttec  linimenti  crajfitudui£m  ac- 
^uirant  (  ut  in  unguento  Nutri- 
to  diximus  )  &  reponantur  ufùi. 
^i.quis  terram  figtllatam  renuat, 


vinaigre, 

La  inani^Pde  le  compolèr  n’eft 
^diflfeinblafte^u  precedent ,  honnis 
"qu’il  iaut  qu’i^oit  un  peu  plus  mol 
qu’il  n’eft  requis,  fi  on  le  veut  gar¬ 
der ,  pource  qu’il  s’épaillit  en  fe  def- 
fcichant. 

,LES  EACTLTEZ.  . 

• 

Il  réfrigéré ,  adftraint  &  corrobç- 
re  :  partant  iltconvient  au  commen¬ 
cement  des  fluxions  chaudes,  com¬ 
me  an  phlegmon..  &  ei  yfipcle ,  &c. 

REMAR'i^n^E. 


CEt  onguent  nefi  pas 

réglé  f  en  fis  dofis  ,  ér  qui  le 


des  mieux- 

_jreglef  en  fis  dofes  , 
compofereit  comme  if  efi  cy  de  fus 
décrit ,  k  troHveroit  en  peu  de  jours 


7 O  Livre  11.  SeBion  II, 

dur  &  folide  i  &  en  état  a  rte  s* en  La  bafe  eft  la  Cerufe,  l’aciimo. 

pouvoir  fervir  j  il  ejl  vray  aujfi,que  nie  de  laquelle  eft  corrigée  par  b 
de  quelle  autre  façon  quon  le  côm-  lotion  fa.te  en  eau  roî'e.  L'huile  ro- 
pofe  ,il  ne  fi  P  04  de  longue  durée  en  fat»  &  aubins  ou  blancs  d'œufs,  j 
fa  eonfiétence ,  qui  efi  le  fu'jet  quon  font  rnis  pour  augmenter  la  vertu  re- 
ne  le  préparé  quau  terns  de  la  ne~  frigerante  de  la  baie  :  &  le  Cam- 
cejfité  ,  mais  en  voicy  notre  rnetho-  phre  pour  fervir  de  véhicule.  La  cire 
de ,  qui  efi  plus  reguliere';  il  faut  bla,nchc,  pour  donner  corps  à  l'on- 
prendre  huit  onces  de  Bol  Orien-  guenœ 
tal  ,  une  livre  vinaigre  rofat  ,  &■ 
une  livre  &  demie  huile  rofat ,  & 
le  tout  fera  nourry  &  agité  enfem- 
ble  ,  comrne  a  été  déclaré  au  pre¬ 
cedent  -,  excepté  qn  il  faut  com-  frotter  fur  un  tamis  renversé  ( 
mencer  de  nourrir  le  Bol  avec  le  papier  net  au  ddlôus  )  la  Cerufe: 
vinaigre  (  au  lieu  quau  nutri-  puis  la  laver  ^plufieurs  fois  en  eau 
tum  on  commence  par  l'hmle  )‘&  deïontaine»  &  finalement  en  de  l’eau 
continuer  ainfi^  comme  dit  efi  :  le  roiê,  puis  la  ièicher  dans  un  plat  de 
cas  arrivant  quon  noyer  oit  ledit  terre  vernifsé  ,  qui  foit  couvert  d’un 
onguent ,  on  le  rerhettra  aisément  linge  blanc  au  Soleil.  Aprez  on  fera 
comme  le  nmritum  par  le  moyen  fondre  à'^petit  feu  la  cire  blanche 
du  vinaigre  »  en  'ob^rvant  de  que  avec  l’huile  roiàt  clair  &  net  dans 
dejfus.'  un  vailfcau  de  terre  vernifsé  »  ou  d’é- 

_  tain  &  non  de  cuivre  :  puis  retiré  de 

delïùs  le  feu  ,  on  y  mêlera  la  Ceni- 
Vfiguentum  Albui?f5.RhafisAfo  avec  un  pilon  ou  fpatule  de  bois, 
^en  remuant  continuellement-»  jufqu’à 


LES  FACFLTEZ, 
Pour  le  faire  beau  &  bon  ,  faut 


1^..  Cera  alla,  quartar.  unurn  feu, 

Cerufa  aqua  rofarum  Iota  ,  lib.  fe~ 
rnif.  feu  unc.fex. 

Olei  rojati  ,  Hb.  unai^  ,feu  une.  duo- 
decim. 

Albumina  ovorum ,  tria. 

Caphura  ,drachm.  unam.  Technice 
paretur  vnguentum. 

PARAPHRASE. 

RHafis  décrit  cet  onguent  contre 
la  brujiiire,  au  chapitre  i8.  du 
livre  7.  dé  fon  Conrinent  »  lequel  à 
pris  Ipiom  de  fa  couleur  blanche. 


ce  qu’ils  foient  froids.  Aprez  on  y 
ajoutera  les  aubins  d’œufs  ,  &  le 
Camphre  fubcilement  pulvérisé,  puis 
fera  relfcrré  en  fon  pot  au  befoin.  Il 
n’y  faut  de  Litarge ,  ny  autre  chofe, 
comme  quelques-uns  font  {'HC  mal) 
s’il  n’eft  exprez  commandé  ,  pour 
quelque  confîderation  inconnue  .  à 
l'Apothicaire. 

LES  FACVLTE  Z. 

Il  eft  propre  aux  brûlures  »  au 
prurit ,  à  la  gratelle  »  aux  excoria¬ 
tions  de  chaleur  ou  frottement ,  ajix 
ulcérés ,  à  'I’erüprionL  des  puitùies. 


Des  Onguents  froids-.  ji 


aux  Certes  »  à  rintcmperie  chaude 
des  vlceres  ;  5c  femblables  vices  du 
cuir. 

REMARQJ/E. 

InoMi  trouvons  l’onguent  hUnc  de 

Rhajts  diversement  décrit  en  nos 
J>l)itrmacopées,cela  procédé  de  ce  que 
Son  inventeur  le  décrit  en  deux  fa~ 
pns  da'^s  fes  œuvres.  La  première 
M  traitté j}ptiéme,chapitre  dix- hui¬ 
tième,  Sous  le  nom  d’ Onguent  de  Ce- 
ruSe,  QU  il  truite  de  lu-Jérulure  du 
feu,  de  reau,&  de  l’huile.  La  fécon¬ 
dé  au  premier  livrée  de  Divifionum, 
chapitre, 1 5  6lfous  le  norn.  d’Onguent 
hlanc  ,  ou  il  traite  ,0.u0  de  la  brû¬ 
lure  du  feu.  SO:  première  defcription 
efi  scelle  que  Baud.^om  rapporte  fi- 
deilement.,&  ne  différé  que  fort  peu 
tnladofe  des  trois  derniers  ingre- 
diens.  Et  en  lajèconde  il  ny  entre 
que  l’huile  rofat,  la  Csrufe,&  la  cire 
fans  dofe.  Sur  laquellê  Duboy^  en  fa 
rnethode  a  fait  fon  annotation. 


Vnguentum  De/îccativum  ru- 
bruiB  incerti  Auftoiis. 

y,.  Olei  Rofati  Omphacini ,  Ub. 
unarn. 

Cera  alba  ,  une-  qui}: que. 

Liquaiis  infferge  pulverem  fequen- 
tem. 

y:.  Ldpidû  Calaminaris  fubtUiJfrnè 
tritt  &  loti, 

Terra  Lernnia  ,  vel  BoÜ  Armena, 
utriufque  une.  quatuor 

Lithargyri  auri ,  dn 

Csrufa ,  utriufque  une.  très. 

Caphura ,  drach.  unam. 

Technicè  fiat  unguentum* 


PARAPHRASE. 

L’Aiicheur  de  cet  onguent  nous 
eft  incertairij  lequel  a  pris  le  nom 
de  Ibn  eftet ,  &  le  fuinoin  de  la  cou-, 
leur  rouge  que  luy  donne  fa  bafe  la 
pierre  Calamite.  Sa  vertu  deficcati- 
ve  eft  augmentée  par  la  Litharge» 
Cerufè  &  Boh  pour  la  terre  Sigillée: 
la  refrigerativc  par  l’huile  rolàt  Om- 
phacin.'  La  cire  luy  donne  corps ,  le 
Camphre  par  fa  tenuité  de  parties, 
fait  pénétrer  la  cralïîtie  de  la  bafè, 
&  des  autres  deficcatifs  5c  terreftres. 

LE  ME  L  AH  GE. 

■  Il  faut’  pulverifer  chacun  à  part, 
le  Camphre  la  Litarge ,  le  Bol  &  la 
pierre  Calaminaire ,  qu"il  Æut  laver 
à  caulè  de  Ion  acrimonie  ,  5c  la  Ce- 
rnf^,  comm^  été  Ibuvent  dit:  puis 
à  petit  feu  'faire  fondre  la  cire  dans 
l'huile.  Aprezhors  du  feu,  on  y  mê¬ 
lera  les  poudres  :  finalement  le  Cam¬ 
phre’,  en  remuant  toujours, avec  un 
pilon  ou  fpatule  de  bois ,  julqu'à  ce 
que  tout  loit  refroidy  ,  afin  que  les 
poudres  par  leur  pelant eur  ji’aillent 
au  fonds,  &  le  puilîtnt  mieux  mê¬ 
ler.  Sylvius  copf  illeque  Thiiile,  & 
la  Litharge  foient  premièrement  nour¬ 
ris  à  parc  fur  1  ■  leu  afin  qu’il  en  foie 
plus  deficcarif,  5c  aggltitinatif,  avant 
qn’y  mettre  la  cire  ,  ny  les  antres  in- 
grediens  :  ce  qui  eft  bien  vray ,  mais 
aiilfi  il  réfrigéré  moins  qualité  ne- 
celîàire  à  la  chaleur  étrangère  ,  qui 
Ibuvent  accou  pjgne  les  ulcérés.  De 
cette  forme  Ce  fera  un,  cerat  :  car  pour 
un  onguent ,  il  y  faut  moins  de  cire. 


LES 


72.  Livre  IL  Semon  IL 


LES  FACFLTEZ. 

Il  rafraichic,  corrobore  ,  arrête  les 
fluxions  J  defFend  la  partie  afîcctée, 
reloue  &  confume  les  humeurs  lu- 
perHucs  3  deiîèiche  les  ylceres  &  les 
conduit  à  cicatrice. 

R  E  M  A  R  C^V  E. 

‘Autheur  de  la  Paraphrafe  dit 
que  cet  onguent  na  point  d'Au- 
theur  3  dequoy  je  rn  étonne  3  que  luy 
qui  a  été  fort  exaét  pour  f  avoir  la 
vérité  de  toutes  chofis  ne  Je  fait  ap- 
ferceu  que  Nicolam  Prapojîtm  le 
décrit  3  &  duqpiel  il  y  a  apparence 
que  la  defeription  qu  il  nous  en  don¬ 
ne  ,  en  a  été  empruntée, attendu  ijue 
les  ingrediens  &  les  dofes  font  con¬ 
formes  3  excepté  que  Pr&pofitus  y 
.  fait  entrer  l’huile  rofa^,  &  l'jouile 
violât  3  &  Bauderon  n’y  met  que 
V huile  rofatyfans  doute ,  parce  quil 
ejl  dit  en  ta  glojfe  de  Prapofitus, 
quil  croit  ^uavec  l’huile  rofatfeul 
il  feroit  meilleur  ,  parce  que  l’huile 
rofat  participe  de  Jiiptiçité. 

En  cet  onguent  je  trouve  y  avoir 
grande  diéfroportion  entre  l’huile 
&  les  poudres  ,  &  de  la  cire  mê¬ 
me  3  qui  ejl  3  que  fur  douTf  onces 
d’huile ,  il  y  a  cinq  onces  de  cire 
blanche ,  &  quatorz^e  onces  de  pou^ 
dres,  qui  font  fort  défàcatives  ,fa>is 
y  comprendre  le  Camphre.  Quicon¬ 
que  le  compoferoit  ainfi  a  l’entrée 
de  l’Hyver  ,  feroit  apeuré  d’avoir 
un  emplâtre  fur  la  fin ,  c’éjl  la  cau- 
fe  pourquoy ,  il  faut  augmenter  la 
quantité  de  l’huile  rofat  d’une  fois 
autant ,  qui  font  Z4.  onces  \  la  ciré- 


blanche-  aujfi  d’environ  deux  oncesi 
quantité  convenable  pour  donner  le 
corps  a  cet  onguent ,  pour  tenir  la 
pefanteur  des  poudres' en  un  mêlan~ 
ge  égal  3  &fur  chacune  once  d’huile, 
&  de  cire ,  y  aura  prez  de  demji 
once  de  poudre  j  dofe  fufiifante  pour 
dejfeicher  puijjâmment. 


VnguentLim  Pompholigos,  D. 
Nicol.  Alcxaud. 

Olei  'Rofati  Omphacini  ,  une. 
vigir^ti.  • 

Succi  Granorum  Solani ,  unj^de,  } 
Coquantur  fimul  ,  ad,  hujui  ferme 
confitmptienejn ,  tuhe  liqua.  ^  • 
Cera  alba,&.  nop  fiav a, me.  qmnque. 
Cerufe  Iota, une.  quatuor.  ^  ^ 

Plumbi  ujlijoti  &  tenuifime  pul- 
verifati(non  üSlurn  tenuijfimepuU 
verifatum'anteponerem)  &-'  J  ' 
Pompholygos  ■(  hujus  penuria  Tuti& 
praparata)  utriufque  une.  duos. 
Thurü  puri  fuhtilijfmejtilverijatî, 
une,  unarn.  ~  y 

Ex  arte  paretur  unguentnm,  ufui  re- 
,ponendum.  .  ’  '  ' 

faraphra  sep 

LAutheur  de  cet  onguent  meft 
incertain  (  (juo)2que  Piæpoficus 
rattribuë  à  Nicolas  )  ne  l’âyant  peu 
trouver  aux  Sedions  520.  &l  35°* 
des  Antidotes ,  félon  Myrepfus  jou  il 
traître  des  Onguents ,  Ceioines ,  & 
emplâtres.  Si  quelqu’un  le  trouve^i  - 
leurs  il  me  fera  plaifir  de  cotter  le 
lieu  3  pour  le  foulagcmcnt^  éclair- 
cilfement  des  Ledteur^.  I  ay  fiivy 
Nicolaus  Præpofitus  l  horfœis  que 


Des  Onguents  froids.  75 


j’ay  double  la  dofè  de  Thiiilc ,  &  en 
ay  mis  vingt  onces  pour  dix ,  pource 
qu’il  ne  fuflifoic  pas  à  une  fi  grande 
quantité  de  cite,  &  de  poudres,  pour 
compofer  un  onguent  mais  un  em¬ 
plâtre. 

La  bafe  eft  le  Pompholfx  dont  il 
a  pris  le  nom  j  comme  celuy  qui 
tient  le  premier  rang  entre  les  miné¬ 
raux  ,  6c  métaux  à  dellêicher  làns 
mordacité.  Galien  au  neuvième  li¬ 
vre  des  fimples  ,  &'  quatrième  des 
'  médicaments  locaux.  loinc  que  fa¬ 
cilement,  &  à  vil  prix,  on  en  peut 
recouvrer  des  fondeurs  de  cui  vre ,  & 
d’attilierie  :  car  la  Tutie  elpecede 
Cadmie  )  pour  le  jourd’huy  eft  pri- 
fe  (  &  mal  )  pour  le  Pompholix ,  & 
a  beaucoup  moindre  vertu.  La  cau- 
fc  de  tel  erreur ,  fiiivy  par  nos  Apo¬ 
thicaires,  vient  de  Serapion&  d’A¬ 
vicenne,  qui  ont  eftimé  la  Tutie,  &c 
Pompholix  être  même  choie.  Ceux 
qui  ne  fç auront  connoître  la  differen¬ 
te  de  l’un  avec  l’autre ,  qu’ils  lifcnt 
Diofcoride,&  Galien.  Ceux  qui  n’au¬ 
ront  pas  la  eonimodité  de  recouvrer 
du  vray  Pompholix  ,  prendront  en 
attendant  de  la  Tutie  préparée  ;  ôc 
lavée  ,  &  fubtilement  pulvérisée. 

Au  lieu  du  plomb  brûlé  avec  le 
fouphre,je  lèrois  d’avis  qu’on  prît 
du  crud ,  lequel  limé  ou  battu  en  la¬ 
mines  fubtiles ,  ôc  infusé  en  fort  vi¬ 
naigre  ,  environ  vingt-quatre  heures, 
fe  pulverifera  facilement  ,  en  friant  au 
mortier  de  bronze;  &  plus  facilement 
que  h  brûlé  mêmet  &quoy  qu’il  ne 
mit  infiiséj  il  fe  peut  pulverifer(étant 
llmé)  aulfi  fubtil  qu’on  voudra.  La 
taifon  eft ,  que  par  le  moyen  du  iou- 
pbre  Sc  du  feu ,  il  perd  fa  vertu  re- 
fiigerative ,  &  acquiert  une  chaleur. 


ôc  acrimonie  ,  qu’il  ne  perd  entière¬ 
ment  par  la  lotion  ;  qui  caufe  de  la 
douleur  &  mordacité  aux  ulcérés ,  au 
lieu  d’éteindre  la  chaleur  qui  y  eft 
foûvent.  Quelqu’un  dira  que  Diolco- 
ridê  Sc  Gai.  les  Arabes ,  &  plufiturs 
des  Modernes  ,  en  ont  usé  avec 
heureux  fiiccez.  le  le  confelfe,  mê¬ 
me  j’en  ay  usé,  &  trouvé  par  expé¬ 
rience  ,  plus  d’effet  au  plomb  pulvé¬ 
risé  ,  comme  j’ay  dit  qu’au  brûlé.  Et 
croy  que -fi  les  Anciens  eulfent  efti- 
tné  qu’il  fe  fut  peu  pulverifèr  fans 
calciner,  qu’ils  l’euflentmis  enufage, 
ôc  préféré  à  l’autre.  On  ne  fe  doit 
émerveiller  de  cela:  car  ils  n’ont  pas 
peu  tout  fçavoir  ny  expérimenter, 
ôc  il  nous  doit  fiiffîre  des  rares ,  Sc 
doétes.  préceptes  qu’ils  nous  ont  laif» 
sc  par  écrit,  avec  l’aide  defquels  nous 
pouvons  voir  plus  outre  ,  étans  mon¬ 
tez  fiir  leurs  épaules. 

LE  MELANGE. 

Les  pourdres  d’Encens  ,  Cerufê, 
plomb  crud  ,  ou  brûlé  ,  Sc  Pompho¬ 
lix  ,  doivent  être  fort  déliées ,  afin 
que  leur  âpreté  ne  caufe  douleur  aux 
vlceres  ,  &  contraigne  les  malades 
de  rejetter  tel  onguent,  comme  j’ay 
foiivent  veu  avenir.  Ces  trois  der¬ 
niers  fe  doivent  laver  chacun  à  part, 
afin  de  corriger  en  quelque  façon 
leur  acrimonie  ;  principalement,  fi  le 
plomb  a. été  br-ûlé.  S’il  n’a  été  brû¬ 
lé,  il  n’eft  pas  befoin  de  le  laver  : 
veu  que  la  lotion  eft  pour  corriger 
l’acrimonie  acquile  du  fouphre ,  ÔC 
du  feu.  Cela  fait, on  fera  bouillir  le- 
fiic  de  Solanum  auec  l’huile  rofat 
Omphadn ,  quafi  jufqu’à  fa  totale 
confomption ,  pour  les  raifôns  cy  de- 
k  vanc 


Liére  IL 

vanc  déclarées  :  puis  on:  les  coulerai», 
&  y  fondra  la  cire  blanche.  Icelle 
fondue  3  on  y  ajoûtera  la  Cerulèj  le 
PomphoÜx  J.&  le  plomb  :  finalement 
l’encens ,  afin  qu’ü  ne  fe  grumele  par 
la  chaleur  :  pource  il  le  fiant  remuer 
continuellement  avec  un  pilon  de 
bois  3  jufqu’à  ce  que  l’onguent  fioit 
froid.  Aprez  on  le  refierrera  dans  fon 
pot  pour  le  befoin. 

LES  FACVLTEZ. 

H  deiïèiche  les  ulcérés  des  jam¬ 
bes  3  tempetedeur  chaleur ,  defleichc 
l’humidité  »  corrige  la  malignité  car- 
cinomateufe»  appaifo  la  douleur  3  & 
eâ  lingulier  à  incarner  &  cicatrifer.. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

"Autheur  de  l'onguent  Eompho- 
ligas,  a  été  incertain  a  celuy  de 
la  Parap'hrafe ,  &  a  beaucoup  d'au- 
fres  y  &  quoy  qu’il  l'eût  trouvé  dé¬ 
crit  dans  Nicolaut  Prapojîtm  ,  il 
jugea  bien  qu’il  n'en  étoit  point  Vin- 
venteur, comme  en  effet,  il  efide  Ni- 
colam  Alexandrinui  chap.  ioiS.de 
fon  livre  pre  aile  gué  ;  s'il  diffère  de 
celuy  de  Bauderon  en  quelques  do- 
fes  des  ingrediens ,  &  non  en  leur 
nombre  ,  neantmoins  peur  le  mélan¬ 
ge  ,  celuy  de  JSéicolaus  Alexandri¬ 
nui  efi  a  préférer ,  comme  convenant 
mieux  a  fes  intentions  ,  qui  fint  de 
deffeicher  fans  mordacité  les  eryjt- 
pelles  ,  les  ulcérés  fordides  des  jam¬ 
bes  ,  de  temperer  leur  chaleur  ,  ap- 
paifer  les  '  douleurs ,  d'incarner ejf 
de  cicatrifer. 

Four  le  modm  faciendi,que  Bau¬ 
deron  propofi  toutes  fes  mentions 


SeSiton  IL 

ne  f  auraient  être  accomplies  avte. 
Les  deux  moyens  qu'il  donne  pur 
mettre  le  plémb  en  poudre  fJis% 
brûler ,  qui  ne  font  ny  lesvrays-ih 
les  plus  feurs  moyens  d'y  procéder, 
puifque  fans  addition ,  ny  une  lon¬ 
gue  trituration  on  le  peut  mettre  en 
poudre  fubtile  :  car  de  faire  cuite 
&  confumer  huit  onces  de  fuc-,  de 
Solanum  avec  vingt  onces  d'huile 
refit  Omphacin  ,  cela  ne.  fe  peut, 
fans  que  le  feu  ny  introduife  f 
qualité  ignée  ,  &  quelle  ne  chajp 
tout  a  fait  fa  rafiaichiffante  fr  ad- 
firingente  vertu  avec  celle  du  .So¬ 
lanum.  Mais  Vinvemeur  de  nôtre 
onguent  y  procédé  plus  méthodique¬ 
ment  ,  en  incorporant  peu  a  peu 
dans  un  mortier  de  marbre  m  So¬ 
leil  ,  par  une  longue  agitation ,  une 
quantité  proportionnée  du  fuc  d( 
Vva  Lupina  avec  celle  de  l’onguent, 
&  par  ainfi  toutes  les  qualités.  & 
vertus,  requifes  cf  neceffaires  s’p 
trouvent  confervées  :  ou  bien  qui 
voudra  encore  y  procéder  autrement, 
aprex.  avoir  fait  liquifier  la  cire 
blanche  dans  l'huile  rofat ,  y  mêler 
exaSement  par  une  longue  agita¬ 
tion  trois  ou  quatre  onces  pour  le 
plus  de  fuc  de  Solanum  purifié  par 
refidence  ,  &  en  dernier  lieu  les 
poudres  :  &  cette  dernkre  mefo- 
de  fera  meilleure  pour  la  couleur. 
Quant  aux  dofes,il  .faut  fuivre  Bau¬ 
deron,  &  augmenter  l'huile  rofat  de 
deux  onces  en  Eté  ,  &  de  quatre 
en  Hyver^ 

Bauderon  s’ efi  trompé  de  dire  que 
le  plomb  brûlé  avec  le  fouphre  ac¬ 
quiert  chaleur  &  acrimonie  nulle¬ 
ment  ;■  comme  aufii  quand  U  rt  dit 
que  le  plomb  limé  &  infuse  tnvf 
tort 


t)es  Onguents  froids.  75 


fun  heures  en  fort  vin- 

éÿ-e  Je  met  facilement  en  poudre. 


Vnguentutn  Ophthalmicum, 
D.B.Textorrs. 

Tutis,  Alexandrins,-  pr&par ata, 
me.  unam. 

Boli  Orientalis  ex  Armenia, 

&rufs  aqua  rof arum  lots  ,  utriuf- 
que  drach.  duos. 

Qram  ruhri  prsparati  ,  drachm. 
unam. 

Çafhurs  optims,  (  qualis  h&die  s 
China  adfertnr,  )  & 

Opii  Thèbaici,  vel  Meconii  utriuf 
qucygran.  oBo. 

Sutyri  recentis ,  infulfi ,  &  aqua  ro- 
[arum  iqti ,  unc.fex. 

Compone  ex:  arte  unguentum  'ufui 
reponendum. 

pamap  hrase^ 

L’Autheur  de  cet  onguent  eft  Be¬ 
noît  Textor  >  excellent  Médecin 
du  Pont  de  Vaux  en  BrelFe ,  qui  luy 
a  imposé  le  nom  de  Ion  effet,  &  non 
de  fa  bafe  la  Tutie ,  mile  au  com¬ 
mencement.  Sa  vettu  réfrigérante 
eft  augmentée  par  l’Opium ,  &  Co¬ 
rail  :  la  deliccativc  des  humeurs,  qui 
tombent  fur  les  yeux ,  par  le  Bol 
d  Arménie.  Le  Camphre  fert  de  vé¬ 
hicule  ,  tant  à  la  bafe,  qu’aux  au¬ 
tres  deficcatifs.  Le  beurre  recent  & 
non  falé ,  donne  corps  à  l’onguent, 
addoudt  la  douleur  des  yeux,&  cor- 
^ge  l’âpreté  ,  Sc  ficcité  des  terre¬ 
stres  :  &  quoy  que  quelque  portion 
diceluy  y  entrât  par  inadvertence, 
nu  découlât  ,  il  ne  les  offenlè  pas 


tant ,  comme  il  pourroit  faire,  s’il  y 
avoit  de  l’huile.  Son  ufàge  doit  être 
aprez  les  purgations  univerfelles,  & 
faignée  :  autrement  il  ne  pourroit 
profiter.  Ceux  qui  le  feront  avec 
Pomphôlix  ,  auront  un  onguent  meil¬ 
leur,  qu’avec  Tutie,  icy  mentionnée. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  hibtilement  pulverifèr  cha¬ 
que  médicament  à' part ,  &  laver  avec 
eau  rofe  plufieurs  fois  la  Tutie,  le 
Bol ,  la  Cerufè  ,  &  Corail  :  puis  le 
tout’  fera  malaxé  avec  le  beurre  ré¬ 
cent ,  &  non  vieil ,  ou  fàlé  pour  s’en 
fèrvir.  Il  fe  doit  préparer  lors  qu’on 
s’en  veut  lèrvir,&  non  pour  le  gar¬ 
der  long  tems  en  la  boutique. 

Ceux  qui  n’auront  pas  la  commo¬ 
dité  d’avoir  du  beurre  recent ,  qu’ils 
prennent  autant  pefànt  de  graillé  de 
chevreau  bien  lavée ,  8c  purgée  de 
fès membranes.  De  cet  onguent  on 
engraille  les  angles  des  yeux ,  les 
paupières,  &  le  tarie ,  Ibuvent  &  fans 
chauffer ,  à  condition  que  rien  n’y 
puiflè  entrer ,  à  caufe  du  fentiment 
exquis  de  la  membrane  adnate. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  empêche  les  fluxions  des  yeux» 
temperc  la  chaleur  &  l’acrimonie  des 
■  humeurs,  arrête  &  defléiche  leur  trop 
grande  humidité ,  en  ôte  la  rougeur, 
8c  fortifie  l’œil,  fî  on  l’applique,cora- 
me  il  eft  dit  cy-delîiis. 

REMARQVE. 

I-Eftimc'  cet  onguent  de  tres-petk 
■ufage  ,  pour  raifon  de  fa  compofi- 
k  Z  tion^. 


"'y6  Liure  IL 

tion  ,  particulièrement  à  caufe  du 
Camphre  ,  &  de  V Opium  ,  que  plu- 
Jieurs  perfonnes  craignent  fort  ,  ce 
premier  par^  fin  odeur  pénétrante, 
&  ce  dernier  par  fis  effets  qui  affou~ 
piffent  &  endorment  :  la  quantité 
des  deux  neantmoins  y  efl  fort  pe¬ 
tite  ,  qui  ne  doit  pas  faire  appréhen¬ 
der  aucun  mauvais  fuccez.-,  pour  fa- - 
tis faire  a  ceux-là,  ,  j’en  donner ay  une 
formule  fort  fimple  de  long  tems 
expérimentée  en  cette  ville,  on  choi- 
fira  des  deux  ,  ceUe  quon  voudra 
préparer. 

làf  '.  Butyri  recentis  aqua  rofarum 
loti ,  une.  quatuor. 

Tutia  Alexandrina  prapar.-  drach. 

Sacchari  candi,  drach.  très. 

Vitrioli  albi ,  gran.  xxiiij. 

Jkfifee ,  fiat  unguentum  fecundum 
artern. 

Tous  ces  ingrédient  triturez,  fub- 
tilement,  feront  incorporés  avec  le 
beurre ,  apref  en  avoir  fort  exa- 
Rementfeparé  l’humidité  de  l’eau 
rofe. 


VngLiencum  Popnieum ,  D-Ni- 
col.  Salernit. 

y:.  Oculorum  ,  feu  Gemmarum  po- 
puli  nigra ,  lib.  unam  &  femiji. 

Axungia  Perd  recentis ,  lib.  très, 
vel  duos  cum  alqs. 

Oculi  Populi  contùfi ,  macerentur 
cum  Axungia  ,  ad  Ma]um  ufque 
menfem,  deinde. 

"df.  Foliorum  Papaveris  nigri, 

JHandragora ,  (  hu]us  penuria  fume 
tantundem  Baccarum,vel  filiorum 
Sambuci  niontani ,  feu  Sylvefiris: 


SeBion  IL 

quia  fimiles  obtinet  vires ,  tefii. 
bus  Trago ,  &  Pena.) 
Hyofeyami, 

Solani, 

Vèrmicularis, 

Semper  vivi  mafiris  ,fiu  Sedi, 
vel  Aiz.oi  \ 

■'  LaRuca, 

Perfinata ,  vulgo  Bardane, 
Violarum, 

Scatunceli  ,  vel  Pmbilici  ve- 
neris. 

Cymarum  Rubi  tenerrimarum yfing 
une.  très. 

Herba  tufie  in  mortario ,  Oculis  & 
Axungia  mifeeantur  :  &  per  oBo 
vel  decem  dies  fimul  macerentur. 
Deinde  fiipra  lenturn  ignem  fem- 
per  movendo  cum  piftillo  coquan- 
tur  cum  vini  optimi  ,  Itbra  una 
vel  fucci  Solani,  &  Aceti  uiriuf- 
que  libra  dimidia  :  ut  fit  effiea- 
cius ,  ad  huius  ferme  confumptk- 
nem  ,  tum  exprimantur.  torcula- 
ri  &  expreffum  unguentum  ufii 
■  reponatur. 

PARAPHRASE, 

SAJernicanns  a  emprunté  cette  de- 
feription  de  Myrepfus ,  Seétion 
treizième  J  chapitre  45.  &  y  a  ajou¬ 
té  la  Bardane  qu’il  ne  faut  pas  re- 
jetter ,  comme  dit  Fuchfius  :  pource 
que  par  fa  chaleur ,  elle  fait  péné¬ 
trer  la  froideur  des  autres.  Pour  fem- 
blable  raifon  le  vin  y  efl:  rois  :  toutes- 
fois  je  ferois  d’avis  qu’on  y  mît  du 
vinaigre  &  fuc  de  Solanum  en  fon 
lieu  de  chacun  demy  livré ,  afin  qu  il 
fût  plus  froid. 

Davantage  Myrepfis  ne  fpecifie 
pas  la  dolède  la  graiflë,  &  roet  des 
herbes  de  chacune  demy  oncejlaqueb 


Des  Onguents  froids. 


,fe  quantité  ne  fitffiroit  à  celle  qui  eft 
fpecifiée  par  Salernitanus ,  ny  à  la  ba- 
fe  :  ce  qui  m’a  occafionné  de  fuivre 
,  plutôt  celuy-cy  que  Myrepilis. 

Cet  onguent  a  pris  le  nom  de  la 
iafe  les  bourgeons ,  ou  yeux  de  Peu¬ 
plier  noir  mis  au  commencement  &c 
en  plus  grande  quantité  que  toutes  les 
autres  herbes ,  lefquelles  y  font  mifes, 
pour  augmenter  fa  vertu  réfrigéra  n- 
horfmis  la  bardaiie  j  pour  la  raifon 
que  deflùs.  La  graiiTe  de  prorc  doit 
etrerecentej  &  nettoyée  de  fes-.  mem¬ 
branes  ,  &  lavée  ,  laquelle  tient  icy 
lieu  de  ciré,  &  d’huile,  &  pourcon- 
ferver  longuement  leur  vertu. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  cueillir  au  mois  de  Mars 
les  bourgeons  ou  les  yeux  du  Peu¬ 
plier  noir,  la  Quantité  requifê ,  âc 
les  concalïèr  au  mortier,  &  y  ajou¬ 
ter  la  graifle  rccente  ,  fie  nettoyée 
(  comme  dit  eft,  )  fie  les  mettre  dans 
un  pot  de  terre  vernifsé,  fie  les  cou¬ 
vrir  jufqu’au  mois  de  May  fuivant, 
daatant  que  les  herbes  icy  mention¬ 
nées  ne  fe  trouvent  plutôt  en  leur 
vigueur.  Alors  elles  feront  cueillies, 
&  nettoyées  de  toute  foüilleure  ,  fie 
contufes  au  mortier ,  pour  les  infiifèr 
enfemble  avec  la  graille  fie  l^s  yeux 
de  Peuplier,  environ  huit  ou  dix  jours 
en  lieu  chaud.  Puis  le  tout  mis  dans 
une  baffine  ;  fur  le  feu,  avec  du  vinai¬ 
gre  ,  fie  flic  de  Solanum  ,  de  chacun 
demy  livre,qui  reviendra  à  la  livre  du 
vin  mentionné  au  texte ,  feront  bouil¬ 
lis  quafî  jufqu’à  la  confbmption  d’i- 
ceux  ,  fie  de  l’humidité  des  herbes. 
Qjje  fi  on  ne  peur  pour  lors  recou¬ 
vrer  fi  grande  quantité  de  Solanum 
on  en  puine  tirer  le  fac  reqiiis. 


77 

qu’on  triple  la  dofe  d’iceluy,  {'c’eft  à 
dire  de  l’herbe ,  J  pour  fuppléer  au 
defaut:  parainfiil  fera  plus  verd,  fie 
plus  refrigeratif,  qu’avec  le  vin.  Du- 
^  tant  leur  cuite,  il  les  faut  continuel¬ 
lement  remuer  au  fonds ,  avec  un  pi¬ 
lon  de  bois ,  afin  qu’ils  ne  fè  brûlent, 
fie  qu’on  connoifle  plus  aisément 
leur  cuite.  Aprez  on  les  exprimera-à 
la  prellè ,  avec  une  forte  fèrpiliere ,  ou 
toile  neuve  ,  en  forte  que  rien  n’y 
demeure. 

L’onguent  étant  ftoid,  fera  ferré  en 
fon  pot  attendant  la  necefîîté.  H  le 
faut  renouveller  tous  les  ans  :  autre¬ 
ment  fa  vertu  réfrigérante  fè  perd  par 
le  tems  ,  fie  la  chaleur  de  la  graille 
furmonte  la  froideur  ,  fie  par  confè- 
quent  eft  inutile. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  provoque  le  fômmeil ,  fie  pro¬ 
fite  aux  febricitans  fie  aux  douleurs 
de  tête  causées  de  chaleur ,  fi  on  en 
frotte  le  f  ont  fie  les  temples ,  ou  les 
plantes  des  pieds  ,  ou  les  carpes  ou 
poignets  des  mains. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

E  diray  en  pajfant  fans  faire  cor- 
reÜien  fur  le  nom  de  l’Autheur  de 
E  Onguent  Populemn ,  que  Nicolam 
Alexandrinus  en  efi  E  inventeur  ^  ou 
à  tout  le  moins  celuy  duquel  Myre- 
pfu-.,  Pranotius,  &  Salernitanus  Pont 
emprunté.  Ce  premier  le  décrit  dans 
fon  livre  de  la  compojîtion  des  me- 
dicanutnts  locaux  chap.  i  o  3  y .  mais 
parce  quen  la  defeription  de  Nico- 
lam  Salernitan.les  fueilles  de  Man^ 
dragore  &  de  Pavot  noir  y  entrent, 
quil  rien  efi  point  fait  mention  dans 
k  i  fe 


'  yS  Livre  IL 

ee  premier ,  nonobjtam  que  la  dofe 
de  deux  livres  de  graijfe  ny  con¬ 
vienne  pas  ,  comme  celle  de  trois 
livres  d‘ Alexandrinm  y  (quel' Au- 
theur  de  la  Paraphrafe  a  retenu 
avec  raifon  à  caufe  de  la-quantitê' 
d'herbes  qui  pefent  cinquante  une 
once  )  je  n'ay  point  changé  le  nom 
de  l' Autheur. 

i  P’our  le  compofer  avec  plus  de 
méthode  qu'il,  n'efl-  cy-dejfus  prefi 
crit  :  il  faut  prendre  les  yeux  oUj 
bourgeons  de  ‘Peuplier ,  lors  qu'ils 
font  plus  gluans ,  les,  concajfer  & 
les  me  fer  avec,  la  graijfe  dejfeich’ée, 
ou  de  la  préparée  comme  a  été  dit 
en  l'onguent  rofat ,  &  les  mettre 
dans  un  pot  de  terre  vernijfé  cou¬ 
vert  d'un  parchemin  ,  &  au  Soleil, 
en  attendant  la  faifon  des  autres 
herbes ,  lefquelles  il  faudra  incifer 
fort  menu  ,  les  piler ,  &  des  plus 
fucculentes  en  tirer  une  bonne  par¬ 
tie  du  fuc  y  puis  les  incorporer  exa- 
Slement  avec  l'infujîon  du  Peu¬ 
plier  y  cela  fait  le  pot  fera  tenu 
fur  les  cendres  chaudes  ,  pendant 
fept  a  huit  jours  ;  apre'X^  on  les 
fera  boûiUir  ,  comme  imperceptible¬ 
ment  y  remuant  fouvent  la  matière 
avec  me  Jpatule  de  bois  ,■  fans  y 
adfoùter  du  vin  ny  autre  liqueur, 
parce  que  les  herbes  ont  ajfez.  de 
fuc  pour  fupporter  leur  coStion  ,  at¬ 
tendu  quelle  doit  être  fort  legere,. 
&  que  l'infufion  fufdite  de  Cept  a 
huit  purs  au  chaud  y  fupplée ,  & 
ainfi  les  qualité'^  &  vertus  de 
l'onguent  ne  recevront  nulle  alte¬ 
ration  comme  il  arrive  autrement. 
La  marque  ajféurêe  de  la  coélion 
dff>(.  plant  es  fera  lors  que  la  graiffé- 
fem^.jhffifamment  empreinte  dé  lat- 


Se  B  ion  IL 

couleur  &  def  odeur  d-'tceUes  ;  cé. 
la  étant  ,  coulere\^  le  tout  chaus 
dement  par  une  forte  toile  qui 
naye  point  fervy  à  couler  d'hui¬ 
les  &  l'exprimerez  à  la  prejfe. 
L'onguent  froid  ,  en  fepare- 
rez  l’humidité  qui  fe  trouvera 
au  dejfous  ,  &  le  ferrerez  dans 
fan  pot.  . 


Vngucntum  Comitiflæ  ,  D. 
Guilielmi  Varignanæ. 

Corticum  médian  a  Cafanea- 
rum  y 

Glandium ,  &  * 

Gquprcus  , 

Cortic.  Fabarum. 

Baccarum  MyrthiUorum 
Hippuris  -,  id.ejl,  Cauda  Equine  ,^ 
Gallarum, 
tAcinorum-  vus. , 

Sorborum  immaturorum  ,  &  fc- 
corum  y 

BFefjilorum  pariter  immaturorum 
fccorum , 

FoUorum  Pruni  SylveBris  ,  (  undt 
fit  Acacia  nofira  )  & 

Glaucij-  y  vel  ejus  defeétu  radie. 
Chelidonij  majoris  :  qus  fuo  ca- 
lore  alia  fubire  facit  :  (  non  ef 
enim  verum  Glaucij  fucceda- 
neum  :  nam  Glaucium  Aétio  ad- 
ftringit  &  rejHgerat  :  )  fingul. 
une.  unam  &  femiji. 

Contufa  coquantur  in 
Aqua  T>lantaginis  ,  lib.  oBo.  vel 
quantitat.  fiujfcienti  ad  mé¬ 
dias. 

Colatura  ,  fequentia  novies  laven- 
tur  y  recentem  colaturam  fingulh 
vicibus  affundendo- 

Ff.Olee 


T)es  Onguents  froids. 


Olcorum  Myrthini ,  & 
Mafiichini,  utrmfq.lib.unam 
&  femifi. 

Ceu  alhtz  fotita  quam  Jlava  ,  une, 
oÜo.  & 

His  liquatü  >  &  lotü ,  injperge  pul- 
vmm  fequentem. 

Trochifeorum  de  Karabe  ,  uncioi 
duae. 

Ortie.  medianA  Castanearum, 
Gl^ndium , 

Çi^ercHs , 

Cdkrum  •  fmg.  une.  unam. 
Myrthillorum , 

.4einornm  uva, 

Sorborum  immaturorum  ,  &  ficco- 
rum ,  & 

Oneris  ojfis  cruris  Bovk ,  fing.  une. 
Çemiji. 

Technicè  paretur  unguentum  ufki 
reponendum. 

paraphrase. 

CEt  Onguent  fût  premièrement 
compolé  par  Guillaume  de  Va- 
rignane  ,  ainfi  qu’il  écrit  au  chapi¬ 
tre  io.  traittant  de  la  curation  des 
raenftrnes  demefùrées  ,  en  faveur- 
dune  Contelïè  de  Vadre  ,  qui  en 
étpit  griefvement  travaillée,  &  par 
iceluy  preièrvee  d  avortement.  La 
bafe  eft-de  plulîeurs  Médicaments 
adftringents  ,  dont  il  cft  compo- 
fé  :  leur  vertu  terreftre  ,  par  la 
chaleur  de  la  racine  de  la  gran¬ 
de  Chelidoine  (  chaude  &  leiche 
au  troifiéme  degré  )  pénétré  plus 
profondément  ,  qu’elle  ne  feroit 
fans  elle. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  compofer 


79 

l’onguent  des  huiles,  cire,  &  pou¬ 
dres  J  fpecifiez  à  -la  fin  :  puis  le 
laver  plufieurs  fois  avec  la  eolaturc 
de  la  decoétion  ,  faite  des  drogues 
concallées  ,  &  mifes  au  .premier 
rang  ,  en  foffifance  quantité  d’eau  de 
plantain  ,  oonfiimé  à  la  moitié. 
Chaque  fois  qu’on  le  lavera  ,  il 
faudra  épancher  la  colature  qu’on 
y  aura  mife  ,  &  y  en  remettre  de 
nouvelle  ,  puis  il  fera  referré  au 
belbin. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  empêche  non  feulement  l’avor¬ 
tement  :  mais  auffi  arrefte  le  flux 
de  ventre  &  les  hemorrhoides  ,  & 
fortifie  les  reins  relâchez. 

REMARQVE. 

LEs  trou  dernières  éditions  de 
Sauvageon  font  defeSiueufes  en 
la  dofe  des  douze  premiers  ingre- 
diens  qui  compofent  la  decoüion  : 
les  premières  éditions  de,  Bauderon 
que  fay  veu  de  fuitte  jufqua  la 
quatrième  ,  contiennent  ces  mots. 

Cortic.  médian  A  Cafianearum 
Glandium ,  &c.  fingul.  une.  unam 
&  femij^.  Sauvageon,  ou  l’Impri¬ 
meur  ont  oublié  ,  flngulor.  unciam 
unam  &  femijfem  ,'ce  qui  m‘ a  obli¬ 
gé  de  remettre  la  defeription  en  fin 
état  premier. 

D’une  petite  portion  de  la  de- 
coSHon  exactement  faite  avec  le 
-fie,  ou  de  la  decoClion  de  plan¬ 
tain  ,  au  lieu  de  l’eau  que  l’Au- 
theur  y  detnande  ,  je  suoudroü  im¬ 
biber  la  poudre  dans  un  mortier, 
&  la  faire  feicher  fiigneufiment 
a» 


8  O  Livre  1 L  SeBion  1 L 


au  Soleil  ,  &  derechef  la  triturer  y 
&  repajfer  par  un  tamis  firt  fuh- 
til.  Cette  humeüation  fe  fait  de 
la  poudre  ,  pour  luy  commupi- 
ijuer  une  nouvelle  vertu.  La  ci¬ 
re  blanche  étant’ fondue  dans  les 
huiles  y  le  tout  fera  lavé  avec  la 
decoélion  ,  ainf  que  Bauderon 
prCfcrit  y  quoyque  Varignane  ordon¬ 
ne  dy  ajouter  l'huile  de  Mafiich, 
aprez.  avoir  fait  la  lotion  de 
l'onguent  ,  &  par  la  même  raifon 
qu'tl  peut  avoir ,  je  voudrais  laver 
les  huiles  y  &  cire  qui  ejl  le  cor^s 
dudit  onguent  ,  avant  d'y  meler 
les  poudres. 


Vngiientum  Stypticum  ,  D. 
Fernclij. 

SlJL'  Gallarum  immaturarum , 
Uucum  Cuprejji, 

Baccarum  Myrthi , 

Balaufiiorum 
Malicorij-,  vulgo  Pjîdia. 

Corticurn  Glan-dium , 

Acacia  ver  a ,  vel  nofiratis 
Rhois ,  vulgo  Sumach  y  & 

Jldafiicis  ana  une.  unam. 

Omnia  exquijitè  trita  macerentur 
circiter  dies  quatuor  ,  in  Succis 
ALejpilorum  ,  &  Sorbormn  irn- 
maturorum  :  deinde  lento  igné 
ficcentur ,  &  cum 
Olei  Rofati  Aqua  Aluminofa  fa- 
pius  loti,  lib.  urla  &  femiji. 

Cera  alba  ,  une.  quatuor. 

Fiat  Vhguentum  ufui  reponen- 
dum. 


PARAPHRASE. 

FErnd  au  livre  fepciéme  de  fa 
mcchode  curatiue  ,  traitté  des 
onguents  ,  nous  a  laiffé  par  écrit 
la  prefeiite  del'cription  ,  laquelle  il 
a  compolée  liir  la  precedente  ,  dé¬ 
crite  par  Guilhaume  de  Varigna- 
ne  J  &  luy  a  donné  le  nom  de  fon 
effet  adftringenc.  Il  ne  cede, point 
au  precedent  en  force  ôc  vertu  r 
quoyque  plus  fimple  &  moins'  la¬ 
borieux  à  compolér.  Ceux  qui 
auront  cettuy  -  cy  en  leurs  bouti¬ 
ques  (  ce  que  je  confeille)  fe  pour¬ 
ront  paflèc'  de  l'autre  ,  làns  tenir 
tant  de  compofitions  fupcrllucs. 
Toutesfois  je  laiffe  les  volontez  li¬ 
bres  ,  fans  vouloir  ôter  à  perlbn- 
ne  ,  l'honneur  qui  luy  eft  dcu. 
Mais  pour  moy  ,  je  me  fervirois 
plutôt  de  l'onguent  de  Fernel,quede 
celuy  de  Varignane  ,  furnoinme 
Comitilfæ. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  enlêmble  tous 
les  ingrediens  j  (  horfinis  le  Ma- 
ftich  qui  fe  doit  pulverifer  à  part 
fort  lubtilement  )  &  les  influer 
l’efpace  de  quatre  jo^s  ,  dans  les 
fucs  extraits  des  Sorbes  j  Sc  Nè¬ 
fles  verdes  ,  &  non  encores  mai¬ 
res.  Puis  les  defïcicher  à  petit  feib 
&  aprez  les  réduire  en  onguent, 
avec  la  Cire  blanche ,  3c  huile  ro- 
fat  lavé  plufieurs  fois  avec  eau  alu- 
mineufe.  Si  on  ne  peut  recou¬ 
vrer  les  deux  flics  y  mentionnez, 
que  l'on  prenne  au  double.,  ^ 
celuy  qu’on  aura  en  main  ,  ou 


Des  Onments  froids,  8 1 


fonblable  poids  du  fuc  de  poiresf' 
fauvages  ,  ou  de  quelque  autre  ar¬ 
bre  adftringent ,  &  on  ne  fera  pas 
mal  J  parce  que  c’eft  un  remede  ex¬ 
terne  ,  où  la  lèuie  adftridtion  eft  re- 
qiiife  pour  arrêter  toute  forte -de- 
vacuation  demefùrée  ,  ibit  du  ven¬ 
tre  ftipericur  ou  inferieur ,  des  he- 
morrhoides  j  menftrues  /  fueurs  ,  & 
autres. 

LES  EACFLTEZ. 

Il  relferre  les  parties  &  les  con¬ 
duits  trop  laxes  ,  intercepte  &  rc> 
poiSte  lès  fluxions  :  ernpelche  la 
defcente  de  la  matrice  j  du  fiege,  de 
l'inteftin  :  &  eft  fort  propre  à  arreftcr 
le  hémorrhagies. 

REMARQ.VE. 

La  méthode  du  DpSle  Fermi 
efi  louable  d’infufer  les  fou¬ 
dres  de  fort,  onguent  dans  les  fucs 
des  Sorbes  &  Nefler  ;  mais  fim- 
froHve  aujjî  l’exication  qu’il  en 
fait  fur  le  feu,  veu  que  ' les  ingre- 
diens  font  divifiz.  en  parties  fub- 
tiles  que  la  moindre  chaleur  du 
feu  peut  facifement  altérer  ,  que 
pur  éviter  cela  il  faut  hume^er 
la  pftudre  dans  un  rnortier^avec 
un  pilon  ,  &  la  laijfer  vint  quatre 
heures,  eéf  puis  l’expofer  au  Soleil, 
^  la  remuer  fouvent  „Jtant  fei- 
^he  ,  la  faut  triturer  df  repaffer 
par  le  même  tamis  fubtil  ou  l'on 
laura  paffee  la  première  fois-,  cela 
fait  laverez^  l’huile  &%a  cire  li- 
quifiée  enfernble  avec  l’eau  alurni- 
neufe  telle  qtte  la  décrirons  en  fon 
lieu  ,  au  traitté  des  eaux  difiil- 


lées  ,  (  car  celle  qH*in-  tient  dans 
les  boutiques ,  fl  exactement  quelle 
fait  difiillée  ,  elle  efi  de  tres-petite 
vertu  ,  comme  nous  dirons  plus  am¬ 
plement  )  apreX^  en  avoir  bien  fe- 
paré  l’humidité,  finalement  y  mejle- 
refyos  poudres ,  pour  le  tout  être 
ferré  au  befoin. 


VngLicntum  ad  pruritum  fea- 
biofum,  D  Renodæi. 

Axungia  Suilla ,  fucco  Scabiofe 
fapius  Iota ,  lib.  femif. 

Radie.  Oxylapathi  cocta  in  Aceto, 
ad  putrilaginem  ufque ,  &  per 
fetaceumtrajeCla ,  & 

Sulphuris  ,  in  fucco  Limonum  loti, 
ana.  une.  unam  &  femiji. 

Vnguenti  Populei,  fucco  Inula  Cam- 
pana  nutriti  ,unc.  femij^. 
Omnibus  in  rnortario  fubaClis  fiat 
unguentum  ufui. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

’Eftime  que  M.  Renoud  très  do- 
6te,  &  expert  Médecin  de  Paris, 
eft  l'autheur  de  cét  onguent.  Pour  le 
moins  je  1  ay  emprunté  du  cinquiè¬ 
me  livre  de  fon  Antidotaire  ,  chapi¬ 
tre  5.  où  il  le  décrit  :  &  il  fera- 
ble  qlr’il  ait  été  tiré  de  i'Enulatum, 
décrit  cy-aprez  chapitre  415.  félon 
Nicolau^'  Præpofitus.  Il  a  pris  le 
nom  de  fon  effet  du  prurit  ,  & 
gratellc ,  où  il  eft  fort  propre,  le  Pay 
icy  inféré  pour  ceux  qui  s’en  vou¬ 
dront  fervir  aux  enfans  &  plus  dé¬ 
licats  ,  foient  hommes ,  ou  femmes, 
pource  qu’il  n'y  entre  point  d’ar¬ 
gent  vif. 


1 


Le 


Si  Livre  1 L 

Le  mélange  n  eft  point  dilïèmbla- 
ble  à  celuy  de  i’Enuiatum ,  aucpnel 
on  àt^ra  recours. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  adoucit  les  ferolîcez  bilieufès, 
&  la  pituite  làlée  &  acre  :  tempere 
toutes  fortes  d'humeurs  chaudes ,  & 
guérit  le  prurit  &  gra  telle. 

.  REMARdVE. 

Enoud  ,  ny  V Àutheur  de  la 
Parayh/afi  n  expriment  point 
la  façon  d,e  laver  le  fonphre  •,  fça- 
Voir  s’il  le  faut  laver  entier,  ou  s’il 
le  faut  mettre  en  poudre  ,  &  aprez. 
le  laver  ,  ou  bien  s’il  le  faut  fon¬ 
dre  ,  &  en  fuitte  le  laver.  De 
toutes  ces  lotions  je  ne  puis  m’ima¬ 
giner  laquelle  des  trois  luy  con¬ 
viendrait  mieux  :  je  fuis  tout  per- 
fuadé  que  les  unes  nyt  les  autres, 
ny  peuvent  rien  contribuer  fait 
pour  lé  corriger  de  quelque  qualité 
maligne ,  ou  pour  luy  augmenter  fa 
vertu  dejîccative  j  attendu  que  le 
fouphre  efi  'un  corps  refineux  ,  ou 
une  graiffe  de  la  terre ,  contenant 
en  foy  quantité  d'acidité  vitrioli- 
que ,  fes  parties  font  fi  exaÜement 
mélangées  enfemble ,  qu'aucune  li¬ 
queur  ne  les  .peut  pénétrer  fait 
aqueufe  ,  ou  'oleagi'neufè  ,  que  par 
une  addrejfe  de  ceux  qui  font  enten¬ 
dus  en  la  Chimie  ,  &  partant  la  lo¬ 
tion  pretendu'é  ne  fçauroit  luy  aug¬ 
menter  fit  vertu ,  ny  luy  rabatre  fa 
chaleur.  G^ue  fi  on  defire  .  que  le 
juc  de  limon  contribué  quelque 
chofe  de  fa  vertu  a  cet  o'nguent, 
il  y  en  faut  ad  jouter  un  peu  quand 


Seâîon  IL 

le  mélange  fera  fait,  autrement  c'efi 
travailler  en  vain.  Ceux  qui  an 
lieu  du  fouphre  ,  y  mettront  une 
drachme  &  demy  ,  de  fin  Sel  au- 
ront  un  onguent  beaucoup  pim  e§. 
cacieux. 

En  pafani'  je  diyay  fur  le  fijet 
du  fouphre  en  faveur  de  la  verU 
té  que  c  efi  erreur  de  croire  que  la 
chaleur  des  eaux  des  bains  ,  com¬ 
me  celle  de  ■  Paleruc  en  Languedoc 
&  autres  de  telle  nature ,  procédé  du 
fouphre  &  du  Bithume,  comme  quel¬ 
ques-uns  croyent  ,  attendu  que  le 
fouphre  ny  le  ‘Bithume  ne  fi  dijfol- 
vent  point  dans  l’eau  fimple.  ITau- 
tres  difent*,  que  cette  chaleur  procé¬ 
dé  d’un  feu  fiufierrain.  Cette  fé¬ 
condé  erreur  ,  nefi  pas  moindre  que 
la  premiers. 


VÎigLientum  Pomatum  incerti 
Au6toris. 

'if.  Axungia  Forci ,  lib.  fex.  . 
Separatis  pellicalü  abluatur-per^. 
die  s  ,  fin gulis  die  bus  aquant  re- 
novando^  ultima  veré  vice  in 
Aqua  Rofarum  :  rnox  fepar'entur 
omnes  pellicuU  réliqua,  pingueda 
autem  teratur  in  mortario  mar- 
moreo  ad  mollitiem  addendp  fi- 
quentem  pulverem. 

“yj.  Ireos  Florentia ,  une.  oBo. 
Caryophyllorum. 

Coriandrï, 

Ben'joinij, 

Styracis  calamita  , 

Calami  a^rnatici ,  & 

Rofarum  rubrarwn  ,  ana  unciAW 
firnifi. 

Fl  arum  LavenduU,  gran-xxot- 

^  frit* 


Des  Onments  froids.  8  3 


Trita  fimul  &  aptata  relin<]uan- 
tur  per  triâmm  in  Jripdo  ;  rnox 
ad  cineres  calidos  tantum  maf- 
Jd  tota  calefiat  ,  ita  ut  aqmf- 
cat  pinguedo  ,  qua  per  .linteum 
mundum  colemr  ,  ac  tandem  in 
eedem  mq,rtano  agitetur  ad  ni- 
•  veam  alhedinem. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

Ette  Pharmacopée  a  été  veu'é, 
reveué  >  &  augmentée  de  temps 
en  temps  par  Brkita  ,  &  Gratian 
Sauderon  pere  &fils  &  en  dernier 
lieu  par  Sauvageon  de  beaucoup 
de  compofiiions  ,  le  pim  fouvent  des 
Moins  ufitées  à  nôtre  égard  ,  fans 
epiamun  d'eux  Je  fait  donné  la 
peine  d'y  ajouter  une  defcription 
de  Pomade  ,  qui  eji  un  rernede  des 
■plus  familiers  que  nom  ayons ,  dr 
duquel  on  ne  fçauroit  fepaffer  parti- . 
culierement  en  Hyiier ,  ce  qui  m'a 
donné  occafion  d'en  choijfir  une ,  eér 
de  préférer  cette-cy  a  beaucoup  d'au¬ 
tres  ,  tomme  m'ayant  fembléla  meil¬ 
leure  'pour  la  l'y  inferer ,  par  les 
ôons^  effets  que  )'en  ay  fouventesfoü 
veu.  JD’une  chofe  on  me  pourra  bl⬠
mer  de  luy  donner  l?  nom  de  poma¬ 
de ,  fans  que  les  pommes  entrent  ny 
partie  d'icélles  en,  fa  compcftion, 
tomme  pour  l'ordinaire  en  l’officina- 
^o  \  mais  cela  fe  fait  â  d-effein  'y  afin 
<iHelle  fait'  de' plus  longue  durée,  fça- 
chant  trop  'bien  que  leur  humidité 
f  ifqueufe  fe  mêle  affez.  facilement 
otvec  une  humidité  fuperfué,  que 
la  graiffe  a  en  elle ,  &•  de  cc  me- 
f^ngenah  la  corruption  tofi  aprez. 
ojue  la  pomOlde  ejl  faite.  Ceux  qui 
■Jjftpront  dejfeicher  celle-cy  ,  de  fin 


humidité  ,  feront,  une  pomade  de 
pim  longue  durée  fans  quelle  ran- 

l'a)  voulu  loger  cette  pomade 
entre  les  onguents  froids  téf  les 
chauds  ,  cornone  tenant  le  milieu 
entre  les  deux  en  température. 

Pour  le  meflernge  il. n'y  a  rien  â  y 
ajouter ,  il  n'y  a  qu'à  obfirver  ce 
qui  -efi  dit  en  la  defcription. 


Des  Onguents  chauds. 

VngdenUm  Bafilkum  minm , 

D.  Mef. 

yi.  Cera  flava  à  firdibm  repur- 
gata , 

Pick  Navalis  , 

Refîna  pura,fing.  lib.dimid, 

Olei  dulcis  ,  iib.  duos ,  aut  cjuantum 
fujfcit,fiat  ungtientum. 

P  ARAP  HRASE. 

PAnl  Æginetc  au  livre  7.  chapi¬ 
tre  17.  compofe  cet  onguent, en 
forme  d’emplâtre  j  lequel  répond 
au  Tetrapharmaaim  de  Galien,  com- 
pofé  de  cire  ,  poix  ,  refine  ,  &: 
graillé  ,  au  lieu  de  l’huile,  en  por¬ 
tions  égales.  Mefoé  l’a  trfinferit  de 
Serapion  traitté  fepciéme  ,  chapi¬ 
tre  28.  &  d’Avicenne  livre  cinquiè¬ 
me  ,  traitté  onzième  ,  klqucls  l’on^ 
appelle  Bajilicum  ,  comme  royal  & 
grand  en  vertu-  Quelques  uns  l’ont 
aullî  appellé  Tetrapharmacnm , 
pourec  qufil  'efi:  compole  de  qua-  , 
cre  Médicaments.  Le  fiirnom  de  mi¬ 
nm  ,  y  eft  mis  à  la  différence  d’un 
1  2  autre 


84  -LîvrelL 

antre  de  fèmblable  nom  plus  compo- 
fé  quin’eft  ufîté. 

f  Si  fuivanc  la  Pharmacopée  du 
College  de  Lyon  (  qui  ajoute  à  cet 
onguent  du  liiif  de  bouc  &  There- 
binthine  j  de  chacun  demy  livre  ) 
il  ne  pourra  plus  être  nommé  Te- 
trapharmacnm  :  msxs  i\.  en  fera  plus 
efficace. 

LE  MELANGE. 

La  cire ,  refîne  >  8c  poix  noire  net¬ 
tes  de  toute  ordure  feront  hachées 
par  petits  morceaux  :  afin  qu’elles 
(oient  plutôt  fondues ,  Sc  avec  moin¬ 
dre  feu  en  l’huile  d’olive.  Cela  fait, 
&  étans  à  demy  refroidis  ,  ils  fe¬ 
ront  agitez  avec  un  pilon  de  bois 
jufqu’à  tant  que  le  tout  foit  roux  : 
afin  de  monftrer  par  là  ,  qu’il  differe 
du  grand  BafiÜcon ,  qui  doit  être 
noir.  Toutesfois  nos  Aporhicaires 
n’y  regardent  pas  de  fi  prez  &  fans 
l’agiter  ,  le  lailïènc  avec  fi  couleur 
noire  :  joint  que  les  Barbiers  igno- 
rans  ne  l’eftimeroient  pas  bon ,  s’il 
étoic  d’aurré  couleur  que  noir.  Mais 
les  couleurs  n’agilicnt  point ,  &  font 
indifférentes  aux  Médicaments’,  ainfî 
que  nous  avons  dit  cy-devant  en  la 
Theriaque. 

LES  FA  CVL  TE  Z. 

Il  échaufe  ,  humecte  ,  appaife  la 
douleur  ,  &  aide  à  la  foppuration ,  & 
ciî  propre  aux  inflammations  dans 
le  temps  de  leur  augmentation. 


Seûîon  1  /. 

REMARQUE. 

IL  n  importe  en.  rien  fi  on  ne  fuit 
rApitheur  du  mélange  ,  quand 
il  nom  dit ,  que  la  cire ,  refine ,  & 
poix  noire  fiaient  fi  exa^ement  net. 
tes  de  toute  forte  d’ordure  ,  moyen', 
nant  quelles  fiaient  belles  ,  parce 
quen  leur  pim  grande  pureté ,  U 
fie  trouve  toujours  quelque  corps 
étranger ,  quil  ny  a  que  la  feule 
colature  qui  en  puijfe  faire  l’en- 
tiere  fieparation  ;  doneques  apreic 
ces  matières  liquéfiées  dans  l'hui. 
le  ,  fieront  coulées  par  .  un  lirge 
denfie  ,  afin  que  jufiquau  pim  dé¬ 
lié  toute  l’impureté  refie  fur  le 
couloir  ,  quon  pourra  même  le- 
gerement  exprimer  ,  fans  qu  aucu¬ 
ne  hétérogénéité  putffie  pajfer.  Pour 
le  regard  de  la  couleur  roujfe  t 
comme  elle  y  efi  introduite  par 
l’agitation  ,  elle  change  aùjfi  bien 
tôt ,  (ÿ“  n’e'fi  point  de  durée  d  cau- 
fie  de  la  noirceur  de  la  poix ,  quelle 
a  tiré  du  feu. 

L’ ./iutheur  de  la  Paraph%fe  a 
adjoûté  en  la  deficription  cy-  iefi- 
fim  d  Picis  le  fiurnom  de  jV4‘Z'<î- 
lû  ,  duquel  ‘fftot  Jldefiué  ne  fait 
point  de  mention ,  &  ne  s’ efi  point 
expliqué  ,  cofnme  il  devait  '  pour 
donner  d  entendre  aux  mains  ■  en- 
téndm  ,  ce  qu’il  faut  prendre  en 
ce  rencontre ,  qui  efi  lapoix  quon 
racle  des  vieujc  navires ,  comme  il 
fiera  lit  pim  clairement ,  avec  les 
rdifions  pourquoy  ,  en  l’ emplâtre  Ce- 
roneum.  * 


Vngiie» 


T>es  Onguents  chauds.  --  8  j 


VngLientiim  AvaxuT/liKcv ,  iJ  efl:, 
ReficicnSjVuIgo  Refumptî- 
vumjD.N.Piæpofui. 

Bntyri  reeentü ,  lih.unam. 
Certflava ,  potim  quam  albm  y  une. 
[ex. 

Axmgiit  Forci  infulf£,,quart.unum, 
feu  une.  trei. 

GaUin£, 

A'.atis,  & 

Anfer.ü, 

Oleorum  AmygdalarM7n.  dulc.  loco 
•violatiy 

Cham&meli ,  & 

Anethini  ,Jîng.  une.  dueu. 
Mucilagin.  Radicü  Bifinalva, 
lœnugr&ci  y  & 

Lini ,  atjua  rofarum  extraBei, 
fing.  une.  unam. 

OEfypi  humida ,  unc.femij?. 

Fine  unguentum. 

PARAPHRASE. 

G  Et  onguent  a  pris  le  nom  de  fon 
effet  ;  lequel  j'ay  tranicrit  de  Ni- 
colaus  Piæpofitus  ,  &  corrige  par 
l’avis  de  Rondelet  3  fonde  lur  bon¬ 
ne  railon  :  en  liibUituant  la  cire  jau¬ 
ne  pour  la  blanche  ,  &  l’huile  d’a¬ 
mandes  douces  pour  le  violât,  & 
en  ôtant  les  mucilages  froids ,  ad- 
ftringens,  &  incralîàns ,  en  augmen¬ 
tant  les  emolliens  ,  relaxans ,  &  di- 
gerans ,  de  Guymauve ,  Lin ,  &  Fœ- 
nugræc.  Quelqu’un  dira,  que  hiivant 
la  doefnn:  de  Galien  ,  telle  adftri- 
ûion  y  eft  rtqnile  ,  vea  qu’on  ne 
s  en  (èrt  au  commencement  des  flu¬ 
xions  ,  qui  tombent  en  la  poidtrine. 


le  le  eonfeflè,  mais  non  fi  grande, 
&  que  celle  de  l’eau  rofe  y  fiâffît, 
comme  nous  avons  dit  au  lyrop  de 
reglifle. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  extraire  les 
mucilages  de  Guymauve  ,  Lin ,  &c 
Fœnugrec,  avec  eau  rofe  :  Se  iceux 
encore  chauds ,  y  détremper  l’Oeiÿ- 
pus.  Aprez ,  on  fera  fondre  la  cire 
hachée  inenu ,  avec  les  huiles ,  fiir 
les  cendres  chaudes ,  ou  à  petit  feu  : 
puis  on  y  ajoûtera  le  beurre  &  les 
graiffès  nouvelles ,  &  non  falées.  Le 
tout  à  demy  froid ,  on  y  ajoûtera  les 
■  mucilagesVf  fans  les  confiimer  avec 
les  huiles ,  grailles ,  comme  en  plu- 
fieurs  autres  ,  pource  que  leur  quan¬ 
tité  eft  fort  petite)  &  l'Oefipus  mêlez, 
qu’on  ferrera  en  fon  pot  ,'aLi  belbin. 

’Ceux  qui  auront  cét  onguent,  fe 
pourront  palier  de  l’onguent  Pedlo- 
ral ,  &  de  Adipibus ,  décrits  en  plu- 
fieurs  ^di  fpcnlàires , 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  amollit ,  ôc  eft  convenable  par 
fz  chaleur  fort  modérée ,  aux  afthma- 
tiques;heél:iqiies,  pleuretiquesytabi-  ' 
des ,  &  aux  febricitans. 

REMARQJ/E. 

ÏL  faut  que  t oui  les  ingrediens  de 
cet  onguent  foient  recens,  &  s’il 
y  en  avait  quelqu’un  qui  ne  le  fit 
P  ai ,  celuy-la  ferait  bien- tôt  rancir 
&  perdre  la  compojîtion  :  Âuffi  ne  fe 
peut-elle  guere  aonferver  ,  a  caufe 
de  la  diverfité  des  graiffès  &  des 
mucilages  qui  la  compofent. 

1  5  Sau 


8^  Livre  IL 

'  Bauderon  avec  toute  fon  exacti¬ 
tude  ,  ne  donne  point  de  réglés  ge¬ 
nerales'  ny  particulières  pour  la  con¬ 
fection  des  mucilages.  Durenoud  au 
livre  cinquième  de  fes  inCtruUions 
JP harmatiques, chapitre  dixiéme  dit, 
que  pour  faire  des  mucilages  ,  qui 
foient  pim  épais  qu’a  l’ordinaire  ,  il 
faut  prendre  pim  d’une  once  de  fme- 
ces,ou  de  racines  fur  une  once  d’ eaù\ 
de  même  fi  on  Us  defire  liquides,  il 
faut  augmenter  la  quantité  de  l’eau, 
Ô'  diminuer  celle  des  femenyes ,  cet¬ 
te  méthode  je  ne  l' allégué  pas  pour 
être  receué-  ,  à  caufe  de  la  diffro-- 
portion  qu’il  y  a  de  la  liqueur  avec 
/«  femences  ,  c’eft  pourquoy  ,  pour 
avoir  la  quantité,  &  la  qualitésre- 
quife  de  chaque  ingrédient  des  fief 
dits  mucilages ,  il  convient  prendre 
deux  onces,  de  chacune  des  femen¬ 
ces  mondées  ,  &  feparément  verfer 
fur  chacune  d’icelles  huit  onces  d’éau 
chaude  ,  &  les  laifier  tremper  au 
fioid  vingt-quatre  heures  ou  davast- 
tàge  \  &  pour  connoitre  quand  l’eau 
aura  tiré  leur  rnucofité  ,  en  la  re¬ 
muant  elle  paraîtra  comme  de  clai¬ 
re  d’œuf  ,  que  fi  on  l’agite  avec 
une  jpatule  de  bois  fie  rendra  enco¬ 
re  plus  épais  ,  alors  les  coulerez. ,  & 
les  fereX^  évaporer  d’un  tiers  ,  fur 
une  chaleur  lente  ,  en  les  remuant 
toùieurs.  Pour  le  mucilage  d’Jll- 
thea  ,  il  faut  prendre  quatre  onces 
de  la  racine  recente  bien  nettoyée, 
coupée  par  petites,  tranches  ,  &  y 
verfer  dejfim  une  livre  d’eau  chau¬ 
des  ér  la  faire  tremper  &  cuire  com¬ 
me  les  precedents ,  &  de  chacün  d’i- 
ceux  en  prendre  le  poix  requis.  Vbi- 
■td  s*il  me  femble  la  vraye  méthode 
q^’il  faut  garder  pour  avoir  des 


SeBion  IL  .  , 

mucilages  tels  qu’il  convient  les  em¬ 
ployer  en  cette  compofiüon  ,&  que 
je  ne  voudrais  pas  extraire  avec 
l’eau  rofe ,  comme  Bauderon  enfei. 
gne  ,  non  par  les  mêmes  raifions  qui 
l’ont  perfuadé  d’oter  de  cét  ouguent 
les  mucilages ,  qu’il  appelle  adfirin- 
gents  ,  dt.  refiigerans  ;  car  par  mon 
fentiment  l’eau  rofie  n’ejl  point  ad- 
firingente  ,  mais,  parce  que  l’Au- 
theur  ne  la,  demande  point  ,  é'  jp 
la  croys  inutile.  Pour  le  fiurplus  il 
faut  prendre  les  huila  d’Aueth ,  de 
Camomille  ,  &  f^iolat  de  Mefiué, 
(  &  non  comme  plufieurs  les  prépa¬ 
rent  dans  leurs  boutiqna  )  &  dans, 
iceux  faire  fondre  la  cire  blanche, 
l’onguent  étant  fioid ,  on  y.  ajoute¬ 
ra  la  mucilages  qu’il  faut  exaile- 
ment  mêler  par  une  longue  agita¬ 
tion  ,  GT  en  fuite  le  beurre ,  &  les 
graijfies. 


VnguentnmDialthæas,  D.Ni- 
col.  Alexand. 

Radicum  Bifinalvx,  lib.unam 
Seminum  Pœnugmci ,  & 

Lini,utriufque  lib.  dimidiam. 
ScilU  recentis ,  quart,  unum. 
Singula  Iota ,  tritaque  triduo  ma- 
cerentur  in  aqua,  lihrü  tribus, 
&  dimid.ia  :  quarto  vero  die  bul- 
liant,donec  inifijfentur  ;  mox  [ac¬ 
cula  inclufa  exprimantur.Tunc. 

Mucilag.  illius  percolata  ,  Hb- 
unam. 

Olei  commun,  lib.  duos ,  &  rurfius 
bulliant  ad  mucaginis  confumptio- 
nem  &  [uperiîiti  oleo ,  liqua, 
Cera  flava ,  lib.  fimifi. 

Colophania ,  & 


Des  Onguents  chauds,  S7 


Jlijîna  ,  utriufque  quart,  unwn. 

ferebinthina,  ' 

G/ilbani ,  & 

Qummi  Hedera ,  aut  Jucci  ejufdem, 
png-  une.  unam. 

Sic  para  mguentum ,  quod  ufui  re- 
ponatur. 

paraphrase. 

T  A  bafe  de  cet  onguent  3  eft  la 
Xjtacine  de  €uiinauve  ,  mife  au 
èbmmencement,  dont  il  a  pris  foh 
nom  :  laquelie^pour  fès  grandes  ver¬ 
tus  à  la  curation  de  plufieurs  mala¬ 
dies  ,  tant  internes  qu’externes  3  a 
dérivé  fon  nom  du  verbe  jGrec  a’à- 
S-elm  ,  ik  a’A'3-6»,  id  eft ,  Ou-'o  3  Sc 
Medeor. 

L’Autheur  eft  Nicolaus  MytepfuSs 
furnominé  Alexandrin,  en  la  Seâion 
^.chapitre  4.9.  je  ferois  bien  davis 
qu'il  fut  fait  iàns  Coloj  hoae  ,  Sc 
Gomiries,pource  que  nous  n’en  avons 
point  de  la  vraye3mais  une  brouil¬ 
lée,  qui  eft  delà  refidence  de  la  Te- 
rebinchine  diftillée  3  qu’on  fiippofe 
pour  icelle  :  celles-cy  pour  être  trop 
chaudes  ,  &  qu^on  les  y  peut  ajou¬ 
ter  en  tout  teins ,  fi  la  necellîté  le  re¬ 
quiert.  Et  il  lèroit  plus  convenable 
aux  maladies  de  la  poiétrine, qu’avec 
Gommes,  &  Colophone. 

Z£  MELANGE. 

Premièrement  il  faut  diligemment 
nettoyer  les  racines  de  Guimavnc, 
noniinée  des  Grecs  Ahljæa  :  puis  les 
concillér  au  mortier  ,  comme  anffi 
les  lemences  3  &  les  infufec  enfem- 
ble  avec  crois  livres  &  demy  d’eau, 
lût  les  cendres  cluudes ,  l’eipac«-de 


trois  jours.  Le  quatrième  on  les  fera 
boiiillir  allez  longuement  üit  le  feu, 
dans  une  ballîne  de  cuivre  :  puis  on 
Jes  exprimera  bien  fort  avec  une  fèr- 
pilicre. 

On  fera  fondre  à  parc  les  Gom^ 
mes  de  Galbanum,  &  d’Hedera  avec 
du  vin  :  puis  elles  feront  coulées ,  & 
cuites  à  la  confiftence  de  miel,auC- 
quelles  on  ajoutera  la  Terebihthine. 
Cela  fait  on  prendra  une  livre  de 
mucilages  coulez ,  qu’on  fera  bo'ûil- 
lir  avec  l'huile, dans  la  même  balfi- 
ne  bien  nette  jufqu’à  ce  qu’ils  fôient 
conliiraez ,  enremliant  toujours  avec 
un  pilon  de  bois ,  afin  qu’ils  ne  fe 
brûlent  point ,  ôc  n’adherenc  à  la  baC- 
fine.:  puis  on  coulera  l’huiie. 

On  fera  fondre  la  dre  jaune  en 
l’huile  chaud  .  hachée  par  petites  piè¬ 
ces  ,  &  la  Refine ,  Si  Colophone  pul- 
verifez,  afin  d’étre  plûtôt  fondus  ; 
puis  la  bafirne  étant  otée  de  deflhs  le 
feu  ,  on  y  ajoutera,  les  gommes  mê¬ 
lées  avec  la  Terebinchiiic,en  rem'uant 
bellement  jufqu’à  ce  que  le  tout  foie 
froid,  pour  le  ferrer  au  befoin. 

Si  la  gomme  d’Hedera /ft  fêiqhe 
&  nette  ,  on  la  pourra  fnbCilement 
-pulverifèr  ,  &  ajouter  à  la  fin  ,  aprez 
le  Galbanum  Si  Terebinthine.  Ceux 
qui  n’auront  de  la  gomme  ,  qu’ils 
prennent  autant  pefànt  du  fiic  d’He¬ 
dera  muràlis. 

LES  FACFLTEZ.  - 

Il  échauffe,  huraé>fte,adoucit  &  di¬ 
géré  ,  challè  l’intemperature  froide, 
profite  aux  ncrfs,endurcit,  &  corrige 
la  .trop  grande  ficcirc,  &  remedie  à 
la  pleurefie ,  &  autres  affèétions  en¬ 
gendrées  d’humeurs  cru'és  qui  adhè¬ 
rent  aux  mufcles, 

^  RE 


88 


Livre  IL 

R  E  M  A  R  QV  E. 

NIcolam  Alexandrinm  au  cha¬ 
pitre  5^7.  de  fon  livre  des 
médicaments  locaux  décrit  l'onguent 
Dialthaas  fous  le  nom  de  unguentum 
Calaïlicum  Dialthea  ;  &  parce  que 
fa  defcription  efi  plus  méthodique, 
que  celle  de  Afyrepfus ,  fay  corri¬ 
gé  le  nom  de  celuy-cy  fur  Baude- 
ron  qui  a  régulièrement  ohfervé 
fa  defeription  j  mais  a  mon  fenti- 
ment  ils  excédent  en  la  quantité 
des  racines  &  femences  ,  qu'ils  en 
veulent  infufer  deux  livres  trois 
onces ,  en  trois  livres  &  demy  d'eau, 
l’eépace  de  trois  jours,  &  le  quatriè¬ 
me  les  faire  bouillir  jufquà  ce  que 
les  Aiucilages  foient  épais  5  cette 
méthode  efi  conforme  à,  celle  de  Re- 
noud  cy-dev'ant.  allégué  en  l'onguent 
Refumptif ,  &  par  les  mêmes  rai- 
fons  ne  peut  être  receu'é  ,  &  le  mo¬ 
yen  d’y  procéder  plus  artifiement 
efi, de' prendre  les  racines  préparées, 
&  coupées  fort  menu  ;  comme  a\  été 
dit  au  Refumptif,  &  les  femences 
en  la  quantité  que  de fius ,  fans  rien 
concaffer  ,  fur  lefquelles  faut  ver- 
fer  huit  livres  d'eau  chaude,  &  laif- 
fer  le  tout  en  infufion  par  un  jour 
ou  deux  ,  le  troiûéwe  on  les  fera 
bouillir  fur  un  feu  médiocre  ,  en  re¬ 
muant  toujours ,  jufques  qu'ils  ayent 
acquis  une  confifience  convenable, 
un  peu  plus  liquide  que  les  prece¬ 
dents  i  (  à  caufe  qu'il  les  faut  fai¬ 
re  cuire  Àerechef&  confumer  dans 
l’huile  :  )  puis  feront  pafsez  par  un 
tamis. 

Aprelj  les  avoir  fait  confumer 
dans  l'huile ,  en  remuant ,  comme  a 


SeBîon  IL 

été  dit  par  l'Autheur  du  mélange, 
on  y  mettra  de  belle  cire  jaune ,% 
belle  Refine  roujfe ,  de  Colophane  de 
la  plus  tranfparante  ,  &  de  Tere- 
binthinefinejle  tout  fera  pafsé  chau¬ 
dement  par  un  linge  épais, afin  que 
l'onguent  en  fait  plus  net ,  &  plus 
beau. 


Vnguentum  Nicotianum, 
D.  loLibecti. 

“y:.  Foliorum  Nicotiana  contufirum,  ' 
lib.  duos. 

Axungia  Forci  recentis  ,  vel  Iota, 

■  lib.  unarn. 

Jhtacerentur  fimul  per  noBem ,  cum 
pauco  vini  rubri, 

Mane  bullianl.  igni  lento ,  ad  vint 
confumptionem, 

Colato  expreffo ,  adde. . 

Succi  PHicotiana,  lib.  dimidiam, 
Refina  Abiegna  ,  une.  quatuor. 
Coquantur  ad  liquoris  confumptio¬ 
nem  :  addenda  fub  finem,  pul. 
Ariflolochia  rotunda,  une.  duos. 
Cera  citrina,  quantum  fuficit  :  fiat 
.  unguentum. 

paraphrase. 

CEt  onguent  a  pris  le  nom  'de  fa 
bafe  ,  la  Nicotiane  3  ou  Petunb 
ou  herbe  à  la  Reine  ,  apportée  d  ou¬ 
tre  mer  ,  &  donnée  à  la  Reine  de 
France  ,  comme  chofè  digne  d’une 
PrincelTe,  pour  fes  grandes  &  ra¬ 
res  vertus  J  à  mondifier  les  ulcérés, 
quels  qu’ils  foient  &  lans  douleur- 
amollir  >  &  digérer  la  matière  fcio- 
phuleufe  ,  &  delïêicher  la  gratellc  en 
quelque  âge  &  fexe  que  ce  foit*  Ce 


Lies  Onguents  chauds.  ^9 


a  occalîonné  les  Médecins ,  & 
chirurgiens  de  la  mettre  en  ulàge, 
Sc  corapofer  cet  onguent  au  profit 
des  pauvres.  Cette  herbe  a  été  aux 
anciens  Grecs ,  Sc  Arabes  inconneuë. 
Pour  le  jourd'huy  frequente  ,  Sc  cu- 
rieufement  cultivée  aux  jardins  de 
France. 

££  MELANGE. 

Il  faut  concaiTer  au  mortier  Therbe 
recentej  &  d’tuie  partie  en  tirer  demy 
livre  dufuc  :  l’autre  fera  boiiillie  aVec 
la  grailTe  de  porc  recente ,  ou  lavée 
(  auparavant  infusée  avec  un  peu  de 
vin  clairet ,  l’efpace  d’une  nuit  )  juC- 
qu’à  la  confbmption  du  vin  :  puis 
on  l’exprimera.  A  la  colature  on  fe¬ 
ra  derechef  boüillir  le  fuc  ,  jufqu’à  la 
conibmption  :  puis  on  y  fera  fondre 
la  cire ,  &  refine  :  &  la  badine  ôtée 
de  delTus  le  feu ,  &  à  demy  refroi¬ 
die,  on  y  ajoutera  la  poudre  d’Ari- 
ftoloche  ronde ,  pour  refièrrer  le  tout 
au  beioin. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  mondific  les  vlceres  fans  dou¬ 
leur  ,  amollit  Sc  digere  les  icrophu- 
les, profite  au  prurit  &  à  la  galle. 

REMARC^VE. 

Dûtes  ces  longues  &  frequen¬ 
tes  coSlions  de  la  graijje  de 
porc  aosec  la  Nicotiane  ,  ou  le  iiin 
Hanc  ,  &  encore  une  fécondé  fois 
avec  le  fsc  de  Nicotiane ,  ne  font 
altérer  la  vertu  de  la  graijfe,d!‘ 

Ae  la  Nicotiane  même  :  pour  éviter 
(ela  ,  apre\^  avoir  deuement  pré¬ 


paré  la  graiJJ'e  de  porc ,  il  en  faut 
prendre  deux  livres,^  y  mêler  une 
livre  de  la  grande- Nicotiane  ,  ou 
des  trois  eijfeces  de  celle  qui  a  les 
fiieillcs  plus  gluantes ,apre\en  avoir 
tiré  une  partie  du  fuc  ,  &■'  les  in- 
fufer  par  quvnfe  fours  au  Soleil  ar¬ 
dent  ,  ou  par  cinq  d  fx  fours  fur 
les  cendres  chaudes  j  peu  de  tems 
avant  les  couler  ,  le  feu  fera  au¬ 
gmenté  fufques  d  leur  faire  prendre 
une  legere  ébullition  ,  en  remuant 
fouvent  les  matières.  La  colature. 
&  l’exprejfion  faite  par  une  forte 
toile  ,faut  remettre  dedans  pareille 
quantité  de  Nicotiane  ,  choifie  & 
préparée  comme  devant ,  pour  une 
fécondé  infufion ,  &  la  réitérer  une 
troisciéme  fois  j  d  la  derniere  on. 
pourra  ajouter  un  peu  dey/in  blanc, 
&  luy  faire  prendre  deux  legeres 
ébullitions  ,  pendant  lefquelles  on 
remuera  toujours  avec  une  jpatule 
de  bois  5  aprez.  on  y  mettra  les  au¬ 
tres  ingrediens  en  la  forme  cy-def- 
fus  pr^cripte  par  Bauderon. 


Vnguentum  mundificacivimi 
de  Relina,D  louberti. 

Refina, 

Terebinthina, 

Olei  Rofati,& 

Mellis ,  fing.  lih.  femiji. 

Cera  nova ,  quart,  un'um. 

JiLyrrha, 

Sarcocolla, 

Farina  Fœnugraci  ,  & 

f  ini ,  fing.  drach.fix. 
fhuris ,  & 

JlLaBiches ,  mriufque  drach.  très, 
Ftat  unguentum. 


Livre  IL  SeBion  IL 


T  ARA  P  H  RA  SE. 

MOnfieur  loubeit  confclTe  avoir 
tiré  cét  onguent  GU  mondifica- 
tifdè  l'emplâtre  de  refine,  décrit  par 
Guy  de  Cauliac ,  au  chapitre  cinquiè¬ 
me  de  l'on  Antidotaire,  le  ftrois  d'a- 
vis  qu'au  lieu  du  miel  commun ,  & 
deipumé  ,  qu’on  prît  du  miel  rofet, 
afin .  qu’il  fût  plus  convenable  pour 
tout  ce  qu’il  promet. 

Il  a  pris  le  nom  de  fon  effet ,  & 
le  furnom  de  la  refine  mile  au  com¬ 
mencement. 

L’huile ,  3c  cire  y  lônt  mis  pour 
la  forme,  ou  confiftcnce.. 

ZE  M,ELAN GE.. 

Il  faut  fubtilement  pulverifer  cha¬ 
cun  à  part  la  Myrrhe  ,  Sarcocolle, 
l’Encens  ,  Maftich ,  Fœnugrec,  & 
Lin  :  puis  fur  petit  feu  on  fera  fondre 
la  refine  ,  &r  cire  hachée  par  petites 
pièces.  Aprez  la  baffinc  ôtée  de  défi- 
fils  le  feu,  on  y  ajoutera  la  Tcrebin- 
tliine,&  le  Miel  :  finalement  les-  pou-, 
arcs  les  unes  aprez  les  autres  comme 
les  farines:puis  la  Myrrhe ,  6f  Sarco¬ 
colle  >  puis  le  Maftich ,  &  l’Encens  à 
la  fin ,  de  peur  qu’elles  ne  faffent  de 
grumeaux  par  la  chaleur. 

LES  F  A  CV LTE  Z:. 

Il  deterge  les  ulcérés  fins  dou¬ 
leur.  Il  eft  auffi  propre  à  régénérer 
h  chair  „  &  convient  principalement 
aux  parties  nerveufes.. 


remarqve. 

IL  faut  augmenter  la  dofe  de  l'huU 
le  refat  pardepu  la  preferipte  de 
fix  onces  jufquà  huit  ,  pour  don- 
ner  un  corp  convenable  au  nom 
d‘ onguent  a  cette  compoftion,&  afin 
que  la  vertu  d'iceluy  ne  foit  point 
affaiblie  par  l'addition  de  l'huile  ro- 
fat ,  on  augmentera  la  dofe  de  U 
Myrrhe ,  SarcocoUe»  farines  de  Lin, 
&  de  Fœnugrec ,  de  deux  drachmes 
de  chacun,  de  l' Encens, Maflkh, 
la  moitié  moins.  Le  miel  doit  être 
crud  &  non  deffiumé  ,  parce  qu’il 
mondifie  davantage  :  le  vieux  &  fo¬ 
nde  efl  d  preferer  a  tout  autre,. 


Tnguentum  munàïficatmm  de 
Jfio^x  Pharmacop.Lugdm. 
defumptim. 

D  Autant  que  M.  Bauderpn  :n’a- 
voit  inféré  aucune  defeription- 
de  cet  onguent  dans  fon  livre,  & 
fçacliant  la  grande  utilité  d’un  inon- 
dificatif  de  cette  forte  ,  ufîté  avec: 
heureux  fuccez  par  les  Chirurgiens- 
de  la  ville  de  Lyon  :  j’en  ay  bien 
voulu  gratifier  le  public  ,  &  relever 
de  peine  &  de  perplexité  les  Afo- 
thicaires,&  Chirurgens,  qui  ne  fçaii- 
roientoù  recourir  pour  s’aftêuter  d’u¬ 
ne  fidele  préparation  comme  d’ice- 
luy.  Ce  que  j’ay  fait  fiir  l’avis*  & 
prière  que  j  ’en  ay  receu  de  leur  part, 
âc  principalement  d’un  de  mes  anus 
fort  versé  en  la  Pharmacie. 
Foliorum  Apii, 

Abfinthii  vulgarù, 

Gonfolida  majoriscu  radicihtUy 


D&s  Onguents  chauds. 


Cofi/olidit  media, 

^grimonia, 

Flantaginis, 

Betonka, 

Hy^erick 
Centaurii  minoris, 

Telephii ,  (  CraJfuU  oÿîcinar.) 
MillefoUi, 

Caprifihi, 

Solani, 

Veronica, 

Pimpinella, 

Vérbena, 

Caulinm  rubrorum,- 
Centinodia 
Fragaria  ,■  & 

Anagallidis  ,  Jîngul.  manip. 
duos. 

Olei  communis. 

ùra  nova ,  an.  Ub.  très. 

Refint, 

Sivi  Arietini ,  an.  Ub.  fex. 
Terehinthina ,  Ub.  duo». 

Herba  contufa  coquantur  cim  oleo , 
Terebinthina  ,  ^  fevo  addi- 
ta  pauca  Rofacea.  Colentur  & 
exprimantur.  In  colamra  U- 
quatis  Cera  &  Refina ,  dijfolve, 
Myrrhs, 

Mois, 

Ctncrorum  uîierum ,  an.  une.  duat. 
^<idic.  Arifiolochia  rotunda, 

Ireos  Floremiaypul.  an.  une-,  unam. 
Fiat  unguentum  fecundum  artem. 

R  E  M  A  R  QJV  E. 

IF  ne  puis  croire ‘'que  Mejfieurs 
les  Jlledecins  de  Lyon  ayent  do- 
leur  onguent  mondificatif  magi- 
firal ,  tel  quil  efi  décrit  dans  cette 
Pharmacopée,  quoy  que  cette  dejeri- 
ptionfoit  conforme  avec^celle  de  leur 


Dilf  enfaire  de  Van  1 6ii,fen  irnpu^ 
ter  ois  volontiers  la  faute  aux  Impri¬ 
meurs  ,  qui  peuvent  avoir  interposé 
quelque  dofe  ;  car  a  vouloir  fuivre 
la  defeription ,  il  efi  du  tout.impojfi- 
ble  de  faire  un  onguent ,  mais  plutôt 
un  Cerat ,  ce  qui  me  fait  dire  quil 
faut  diminuer  la  dofe  de  la  cire  de 
deux  livres,  celles  de  la  refine,  &  du 
Juif  de  quatre  livres  chacune,  &  au¬ 
gmenter  l’huile  d’une  livre ,  afin  que 
fit  confidence  aye  du  rapport  à  celle 
de  nos  Onguents  Officinaux. 

Pour  le  mélange  ,j’y  voudrois  pro¬ 
céder  ainfi ,  qui  efi,  au  mois  de  May 
de  cueillir  toutes  les  herbes  qui  fè 
trouvent  en  état ,  &  augmenter  leurs 
dofes  d’un  quart ,  ejui  revient  à,  une 
demie  manipule  de  chacune, les  inci- 
fer  menu ,  &  les  piler  dans  un  mor¬ 
tier  de  marbre  ,  pour  en  tirer  une 
partie  du  juc  ,  des  unes  plus,  des  au¬ 
tres  moins  -^puis  les  ]etter  dans  l’hui¬ 
le  ou  l’on  aura  fait  fondre  par  une- 
lente  chaletir  la  cire ,  la  refine ,  le 
Juif,  &  la  Terebinthine ,  &  enfermer 
le  tout  dans  un  pot  de  terre  vernie, 
couvert  d’un  bon  parchemin  ,  &  le 
tenir  en  lieu  chaud  pendant  quel¬ 
que  tems ,  jufquà  ce  que  les  plantes 
reculées  de  la  faifon  /oient'  en  état 
d’y  être  ajoutées ,  cela  éta,nt  fait, le 
vaiffieau  fera  tenu  fur  une  chaleur 
firt  temperée  pendant  huit  jours, du¬ 
rant  lefquels  il  convient  de,  remuer 
fouvent  la  matière  ;  le  neuvième  faut 
augmenter  la  chaleur  ,  ÔJ  l’entrete¬ 
nir  quelques  heures  en  état  d’être 
prête  d  bouillir  ,  &  la  remuer  toù- 
je_urs  ,  fur  la  fin  on  luy  donnera  urie 
legere  ebtdlition.La  colature  &J’ex- 
préffiton  fortement  faite,  &  l’onguent 
refioidy  ,  l’hnmid.ité  qui  fe  trouvera 


Livre  IL 

AU  defius  exactement  feparée  ,  fi 
point  y  en  a  ,  on  y  mêlera  les  pou¬ 
dres  fubtilement  cicotrinées. 

Si  apreT^  avoir  cotdé  l’onguent 
il  nétoit  pat  ajfe\yert  \  avant  d'y 
mêler  les  pfludres, ce  ferait  une  mar¬ 
que  qu’il  ne  ferait  pas  fujffamment 
empreint  de  la  vertu  des  fimplesy 
pour  lors  il  y  faudrait  faire  une  fé¬ 
condé  infifion. 


Vnguentum  AureumjD.Mef. 

Olei  communis  ,lib.  duas&  fe- 
mifi.feu  une.  XXX, 

Cera  flava  y  lib.  femifi.  feu  vnc.fex. 
Têrebinthina  clara  ,  une.  duos. 
Refina  ,  & 

Colophonisty  utriufque,unc  ,  unam  & 
femifi. 

Rulveris  T‘hmis,& 

Maftiches  ,  utriufque  une. 
unam^  '  .  - 

Creci  y  drach.  unam. 

Technice  fiat  unguentum. 

paraphrase. 

Et  onguent  a  ‘diverfès  appella- 
tionS ,  comnae  Aurenm ,  Regis, 
&  Coffiitis ,  tant  pour  fes  rares  ver¬ 
tus  dignes  d’ün  Comte,  ou  d  un  Rop, 
<jue  pour  ià  couleur  jaune,  &  ièm- 
blable  a-  l’or.  Le  mélange  n’eft  pas 
dillèiijblable  à  celuy  du  mondifîcatif 
cy-devant  déclaré. 

LES  FACFLTEZ. 

]1  efi  propre  pour  agglutiner  &  in¬ 
carner  :  appaife  la  doidcur,  accéléré 
la  cicatrice. 


Se  Si  ion  IL 

REM  arqj/e. 

Pour  faire  que  la  couleur  de  cet 
onguent  fait  conforme  a  fan  nom, 
il  faut  choifir  de  la  eire  la  plus'jau- 
'ne  Je  la  Refine  &  Colophane  des  pim 
roufes  ,  &  les  liquifier  fur  un  petit 
feu,  dans  l’huile  commun  quifiit 
rneur ,  roux  &  bien  purifié,  avec  k 
Terebinthine  aufii  de  la  plus  jaune, 
&  tranfiarante  dr  pafer  le  tout  à 
travers  un  linge  bien  ferré.  Aucuns 
y  ajoutent  le  faffran  en  poudre fuh- 
tile  ,  pendant  que  ces  matières  font 
chaudes  ,  s’imaginant  qu’il  eontrU 
bue  beaucoup  plus  a  la  couleur  de 
cet  engue-nt  qu  autrement  ;  mais  nous 
apprenons  le  contraire  de  l’expe- 
rience  ,  comme  a  été  cy-devant  dit 
en  la  SeEUon  des  Huiles  ;  l’onguent 
a  demy  fioid  on  le  l’y  mêlera  avec 
l’Encens  &  le  JiAafiich  ,  de  même 
choifis  ,  &  fubtilement  cicotrine^, 
remisant  doucement  avec  un  bifior.- 


Vnguentum  Apoftolorump 
D.Avicennæ.  ' 

Terebinthina, 

Cera  fiava  ,  potins  quarn  alha. 
Refîna ,  & 

Ammoniaci ,  fing.  drachm.  quattsor- 
decim. 

Lîthargyri  aur i, drach. 'novem- 
Arifiolochia  rotunda  ,  vel  longa,' 
Ehuris  mafeuli ,  & 

Bdellii',  fing.  drach.  fiex. 

Myrrha ,  & 

Galbani,  utriufque  drach.  quatuor. 
Opopanaeûs ,  & 


Des  Onguents  chauds. 


porù  tÆris ,  vel  «^ruginü,  utrinf- 
que  drach.  duas. 

Bdellium  ,  &  gummi  infmddntur 
in  Aeeto  ;  tum  coque  ad  mellis 
crajjitiem  &  illü  adde  Terebin- 
thinam. 

Tandem  liqua  Ceram ,  &  Rejimm, 
cum 

Olei  commnnis  ,  librû  duabw  (  h<ec 
quantitas  qmvis  tempore  fufficit,) 
&  ’inijce  Lythargyrum  aliqtian- 
diu  nutritum  (  emplaSiri  inSikr) 
&  extra  ignem  adhuc  tepens  pul- 
veres  &  Gummi ,  cum  Terehin- 
thina.  Sic  concinnatum  unguen- 
tum  ufiii  reponatur, 

TARAR  HKASE. 

CEt  onguent  a  pris  le  nom  des 
Apôtres  :  non  qu’ils  en  ayenc  été 
les  inventeurs,  ou  qu’ils  en  ufàHent  à 
guérir  leurs  malades.  Car  ils  n’ufoicnt 
point  de  drogues ,  mais  au  nom  de 
lefus-Clirifl:  nôtre Rcdemptau'jqu’ils 
prêchoienr  être  le  fils  de  Üieu ,  &  le 
Meffie  promis  en  la  Loy  par  les  Pro¬ 
phètes  ,  ils  les  guerilioient.  Mais 
du  nombre  de  douze ,  autant  qu’ils 
étoient  :  comme  il  eft  composé  de 
douze  drogues  (  iàns  y  comprendre 
1-huilc  :  )  l’eftimc  Avicenne  en  avoir 
été  l’inventeur  J  qui  florüibit  dutems 
de  S . Anguftin  ,  l’an  de  iàlut  418.  car 
■iUc  décrit  au  livre  cinquième ,  fom> 
rae  J.  tiaitté  11. 

LE  MELANGE. 

ON  donne  fouvent  cet  onguent 
en'  chef-d’œuvre ,  aux  Apothi¬ 
caires  qui  fc  veulent  pafllr  maîtres; 
poiïrce  qu’il  eft  difficile  de  le  rédui¬ 


re  en  forme  convenable  ,  ïàns  au¬ 
gmenter  la  cire  ou  refîne ,  en  une  fi 
grande  quantité  d’huile  requife.  Pour 
y  parvenir ,  il  faut  infufer  le  Pdel- 
lium  5  s’il  eft  mol  &  recent ,  (  finon 
le  pulverifèr  comme  la  Myrrhe  ,  l’En^- 
cehs ,  l’Ariftoloche  longue  ,  &  la  Li- 
targe javec  le  GalbanunijAmmoniac, 
&  Opopanaxjdans  du  vinaigre ,  envi¬ 
ron  demy  jour  fur  les  cendres  chau¬ 
des  ,  augmentant  leur  dofe  d’une  fi- 
ziéme  partie,  pour  caufe  des  impure- 
tez  qui  y  font ,  puis  on  les  fera  boiiïl- 
lir.  Etant  bien  fondues  on  les  coulera 
à  travers  une  toile  ou  étamine.  Puis 
feront  cuites  à  la  confiftence  ou  épaif- 
feur  de  miel.  A  icelles  encore  chau¬ 
des  J  on  ajoutera  la  Terebinthine. 
Cela  fait  la  Litarge  fubtilemcnt  pul¬ 
vérisée,  ièra  nourrie  avec  une  par¬ 
tie  de  l’huile  requis  quelque  tems 
fiir  un  petit  feu ,  comme  qui  voudroit 
faire  l’emplâtre  Diachylon:  puis  on  y 
ajoûtêra  peu  à  peu  le  refte  :  puis  la 
cire ,  &  refine  grôflierement  pfée.  La 
bail  ne  Otée  de  deifuSAle  feu,  on  y 
ajoutera  les  Gommes  &  Terebinthi¬ 
ne,  auparavant  mciées.  'Vn  peu  apréz 
les  poudrés  :  comme  l’Arifiolocbe,  la 
Myrrhe:  &  finalement  l’Encens  &  le 
Veidet ,  lequel  il  ne  fan  t  pas  augmen¬ 
ter  pour  luy  donner  la  couleur  plus 
verde.Car  fi  on  en  mêleit  plus  grande 
quantité,  il  çauf  roit  par  Ion  acrimo¬ 
nie,  douleur  &  inflammation  aux  vl- 
cercs  ;  ainfi  que  Galien  au  j.  de 
Méthode  ,  nous  a  doéfcment  laifsé 
par  écrit.  Etant  fioid  ,  il  fera  gardé 
au  bcfbin.  Voilà  comme  il  m.e  lèm- 
ble  qu'il  fiiutcompo{èr'  cétongùcnr> 
fans  y  ajouter  choie  qui'  toit  des  do- 
fes.  Si  quelqu’un  fç  'it  quelque  au¬ 
tre  meilleure  méthode ,  ii  obligera 
m  5 


^4  Liure  IL 

la  profeffion  d’en  faire  part  au  pu¬ 
blie.  Ceux  qui  auront  cet  onguent 
en  leurs  boutiques,  le  paieront  de 
l’onguent  Cerafeos. 

LES  E ACVLTEZ. 

Il  nettoye  &  deterge  les  playes 
&  les  ulcérés  rebelles,  t5e  fiftuleux; 
confomiue  &  ronge  la  chair  ba- 
veulè  &  morte ,  &  en  fait  revenir  de 
nouvelle. 

REMARQVE. 

’Autheur  de  la  Paraphrafe  efi 
en  partie  caufe  qu'on  a  fouvent 
baillé  cet  onguent  in  chef  d’œuvre 
a  ceux  qui  fe  veulent  faire  rece¬ 
voir  maîtres^  Apothicaires  ,  &’^le 
fera  à  l’advenir  ,  a  caufe  dit-il 
de  la  difficulté  qu'il  y  a  de  le  ré¬ 
duire  èn  fa  vraye  conjîftence  ;  mais 
je  treuve  que  la  plus  grandé^diffi- 
culté  a  ceffié  ,  quand  il  en  a  re¬ 
tranché  une  .  livre  d’huile  ,  de  la 
defeription  fans  dire  mot  en  faveur 
de  ceux  qui  le  font  en  Hyver , 
qu  Avicenne  veut  quon  y  en  met¬ 
te,  trois  livres  ,  &  en  Eté  deux  li¬ 
vres  ,  dont  voicy  les  propres  ter¬ 
mes  del’Autheur,  &  decoquantur 
in  Efiate  cum  duahus  lihris  Olei, 
&  in  Hyeme  cum  lihris  tribus.  De 
notirrir  la  Litharge ,  ou  de  la  cuire 
fur  le  feu  ,  ce  nefi  pas  être  Artifte, 
c  efi  un  temps  mal  employé  d  moins 
dé  le  faire  en  Hyver  ,  &  d’y  met¬ 
tre  trois  livres  d’huile  ,  .cemme,fon 
inventeur  demande  ;  car  autrement 
en  quelle  faifon  que  ce  foit ,  aprelf 
avo^Firiture  &  cicotriné  toutes  les 
poudres  ,  dijfout  les  gommes  en  fort 


SeBion  IL 

vinaigre  ,  cuites  en  cenfifiefii 
de  miel  ,  y^  avoir  a]oüté  U  Bdel. 
lium  trituré  fi-  fubtilement  qu’il  fe 
pourra  ,  é'  réduit  le  mit  en  vrage 
forme.  A  part  ,ffiut  fondre  ladre, 
&  la  refine  en  l%uilè  ,  &  les  coti 
1er  a  travers  un  linge  jsour  en  fe- 
parer  tes  ordures  qui  s’y  peuvent 
rencontrer ,  &  y  jetterez  le  Feràt 
en  remuant  toujours ,  afin  qu’il  com- 
muni^iie'  mieux  fa  couleur  verde; 
éteins  d  demy  froids  on  y  diffiostdra 
les  gommes  ,  avec  lefquelles  Ik'  Te- 
rehinthine  aura  auparavant-  été 
exaElêment  me  fée',  &  environ  de¬ 
my  once A’excellenf  vin  pour  fervir 
de  medium  uniffiant  :  finalement  les 
poudres',' continuant  l’agitation  avec 
un  .bi fi  orner  ,  jufqu’d  ce  qu’il  foit 
froid.  De  cette  meikode  il  n’y  a 
quoyque  ce  foit'  à  craindre ,  ny  du 
coté  delà  confifience  ,  fans  augmen¬ 
ter  la  dofe  de  la  cire  ,  ny  celle  de  la 
Refine,  non  pltis  que  du  coté  de  la 
couleur  ,  fans  augmenter  la  dofe  du 
Herdet.  Si  les  Apothicaires  plus  cu¬ 
rieux  de  leur  hource  ,  que  de  leur 
honneur  au  lieu  de  la  livre  de  Mé¬ 
decine  qui  ne  pefe  que  douze  onces, 
comme  il  a  été  fouvent  répété, pren¬ 
nent  la  livre  marchande  qui  en  pe¬ 
fe  feize  ,  l’huile  fe  trouvant  aug¬ 
menté  de  huit  onces  ,  ils  ne  fiau- 
raient  év'iter  de  toute  neceffité',  ou 
d’augmenter  la  cire  ,  &  la  refine, 
ou  de^^ater  l’onguent.  Ce  vice  efi 
fi  fort  invétéré  parmy  quelques- 
uns  de  notre  profeffiion  >  quil'efi 
irnpoffihle  de  leur  pouvoir  faire 
comprendre ,  que  la  livre  dont  nous 
devons  confiruire  nos  cornpofitions 
tant  Officinales  que  Magifttalfi, 
nefi  compofée  que  de  douze  o^ces. 


Des  Onguents  chauds. 


êhI  sfi  caufe  quils  brouillent  non 
feuler^tnt  la  compojition  de  cet  on- 
mnt  J  en  augrnentain  la  quantité 
%  la  Litarge  ,  &  la  cuifent  &  re- 
cuifent  avec_^  l'huile  ;  maü  aux  com- 
pojitions  les  plus  importances  ils  en 
ufent  de  la  forte  :  toutes  ces  inven¬ 
tions  ne  valent  rien,  &  fenf  indignes 
de  gens  d’honneur. 

Ceux  qui  pourront  mettre  tou¬ 
tes  les  gemmes  en  poudre  fubtile  ,  fe¬ 
ront  beaucoup  mieux  ,  parce  qu’en 
les  dijfolvant  ,  quand  on  les  def- 
feiche  ,  ce  quelles  ont  de  plus  Jubtil 
s'évapore  ^  outre  que  la  confifien- 
ce  de  l’onguent  en  efl  meilleure  ,  ^ 
ne  fe  feparent  point ,  comme  il  arri¬ 
ve  autrement. 


Vnguentum  Ægyptiacum, 
D.Mef. 

Mellis  commuais  ,  une.  quatuor- 
decim.  • 

Aceti  fortü ,  une.  feptem. 
tÆruginü  i^rü,  une.  quinque. 
ùquantur  igni  lento  ad  iufiam 
crajfitudinem  ,  &  reponantur 

para?  HRASE. 

CEt  Onguent  efl:  aînfi  appelle, 
ponixe  que  les  Médecins  d’E¬ 
gypte  en  ont  été  les  inventeurs  ,  ou 
comn*  quelques-uns  eitiment  pour 
A  couleur  bazanéc  ,  comme  aux 
Egyptiens.  Mcfiié  luy  a  aj  oûté  le 
lufnom  de  Magnum ,  pour  les  gran¬ 
des  vertus.  Quelques-uns  y  ajoû- 
tent  l’Encens  ,  d’autres  l’Alun.  Ce 
l’Apotljicaire  ne  doit  faire  fans 


5î 

le  commandement  du  doéte  Méde¬ 
cin,  ou  Chirurgien  ,  pour  caulè  à 
ce  le  mouvant.  Le  miel  doit  être 
crud ,  &  non  ccumé  ,  afin,  qu’il  de- 
terge ,  &  deflèiehe  plus ,  lequel  tient 
icy  lieu  d’huile ,  &*de  cire  pour  don¬ 
ner  là  forme.  Sa  vertu  defficatiuc 
efl:  augmentée  par  le  vinaigre  ,  &c 
verder.  L’acrimonie  de  tettuy-cy  efl: 
'  corrigée  par  la  codicn,  ik  la  cou¬ 
leur  verde  changée  en  roux  ,  ou  ba- 
zanée ,  &  moins'  fulpeéte  aux  ma- 
ladest  <ptc  la  verde.  Le  vulgaire  le 
trompe  ,  en  ce  que  les  tantes  ,  qui 
font  ointes  de  cet  onguent ,  &  mi- 
fes  aux  vlceres,  tirées  du  loir  au  ma¬ 
tin  ,  &  du  matin  au  loir ,  le  trou¬ 
vent  verdes  :  eftimant  cela  provenir 
de  la  lànie  vimlente  ;  rien  moins  , 
mais  du  verdet  qui  le  décuit. 

LE  MELANGE. 

Le  vinaigre  &  le  miel  ayant  un 
peu  bouilly ,  on  y  ajoutera  le  verdet 
pulverifé  ,  pour  cuire  le  tout  enlèm- 
ble,  julqu’à  la conlcrmption  d’iceluy, 
&  que  l’onguent  tienne  le  milieu 
entre  mol  ,  .&  dur,  pour  plus  ailè- 
ment  en  couvrir  les  tentes.  Etant  re- 
firoidy  ,  il  lèra  lèrré  dans  Ibn  pot  & 
gardé  au  beloin. 

LES  FACFLTEZ. 

Ü  deterge  les  vieux  vlceres  &  les 
fiftules  ,  en  ôte  la  pourriture  &c  la 
lànie  :  mange  la  chair  liiperfluë  ôc 
morte  ,  ce  qu’il  feit  beaucoup  plus 
puiflàmment,  que  l’onguent  A pofto- 
lorum ,  mais  auffi  avec  plus  de  dou¬ 
leur. 

RB 


Livre  IL 

REMARQ,VE. 

’Aiitheur  de  la  Paraphrafe  dit 
que  l’acrimonie  du  vinaigre  fe 
corrige  par  la,  c<Mion  avec  le  miel, 
au  contraire  elle  s’ augmenter  oit 
par  les  raifons  cy-devant  alléguées 
en  la  Remarque  de  l’Oxymel  jîm- 
ple  ,  n  était  que  fin  '  acidité ,  dgif-  ' 
fiant  contre  l’acrimonie  du  Verdet, 
l’un  &  l’autre  s’érnoujfient.  Il  n  im¬ 
porte  prefique  point ,  qu'on  fia  fi  cui¬ 
re  cet  Onguent  dans  un  vaijfieau 
de  cuivre ,  moyennant  que  ce  fiait 
fiur  un  petit  fieu  :  le  Fêrdet  doit 
être  fiée  &  fiuhtilement  trituré. 


Vnguenttitn  Enuîatum  ,  D. 
Nico!.  Præpofîti. 

yi.  Radie.  InuU  Campana  ,  in- 
Aeeto  coéla  ,  tufia  ,  &  creta , 
lih.  unam. 

Axnngia  Tord  veïeris  ,  &  fialfik, 
Olei  communie ,  &  veteris,  utriufiq. 
une.  très. 

Hydrargyrî ,  id  eft  ,  Argenti  v'i- 
vi  ,  & 

Tèrebinthina  clara,utriufiq.unc.duai. 
Cera  nova  ,  une.  unam. 

Salis  communie ,  unc.  dimtd. 

Fiat  Figuentum. 

PAR  AP  HR  ASF. 

IL  fcmblc  que  cette  defeription 
aye  été  prife  des  trois  derniers  cha« 
pitres  de  la  ièdion  troifiéme  des  /An¬ 
tidotes  de  Myrepfiis.  Mais  par  qui, 
|e  ne  le  puis  conjeéturer  ,  fi  ce  neft 
pr  Præpofitus  duquerje  Lay  tranfi. 


Seâion  IL 

crit.  La  bafe  de  Cet  onguent  eft  U 
racine  d'Ennlc  C^ampane,  de  laquel¬ 
le  il  a  pris  le  nom.  Qiielques-uns 
craignent  fon  ulàge  ,  pourcaufe  de 
l  argent  vif  qui  y  entre  :  ce  qu’ils 
ne  doivent  pas  faire  ,  n  étant  pas 
fi'  dangeraix  que  plufieurs  doâes 
ont  eftimé  ,  mais  utile  aux  her¬ 
pès  ,  ou  dertres  ,  &  gratelles.  Præ¬ 
pofitus  y  met  leulement  deux  on¬ 
ces  d’Axonge  ,  &  nous  trois  ,  au¬ 
tant  que  d’huile  ,  avec  Fernel,  & 
Icubcrt ,  pour  donner  plus  de  corps 
à  l’onguent  ,  &  à  la  quantité  des 
racines.  ’ 

'le  MELANGE. 

Il  faut  ptemierement  laver  les  ra¬ 
cines  ,  les  concairer'^  cuire  en 
quantité  fùffifànte  de  vinaigre ,  y 
ajoutant  un  peu  d’eau  pour  modé¬ 
rer  fon  acrimonie  :  puis  les  piler 
avec  un  pilon  de  bois  dans  un  mor¬ 
tier  dfe marbre,  &  avec  une  fpatu- 
le  de  bois  les  palfer  à  travers  un 
tamis  renverfe,  Aprez  l’argent  vif 
fera  longuement  agité  au  mortier 
avec  la  graille  de  Porc  vieille  &  fa- 
lée  ,  en  forte  qu’il  ne  paroilTe  point: 
puis  on  y  ajoutera  la  Terebinthine, 
&  fcl  pulverifé ,  &  le  corps  de  l’on¬ 
guent  fait  de  l’huile ,  &  Cire  fondus 
enferable.  Finalement  l’Emile  Cam- 
pane  préparée,  comme  dit  eft  ;  ainh 
incorporé ,  fera  gardé  au  befbin. 

.LES  FACVLTEZ- 

Il  eft  efficace  au  prurit  &  àla.g'al- 
le,  tantfeiche,  qu’humide,  &  aux  au¬ 
tres  vices  du  cuir. 


Des  Onguents  chauds, 
R  E  M  A  R  QV  E. 


POur  éviter  la  longue  coÜion 
qu'il  convient  faire  à  cette  ra¬ 
cine  four  la  ramollir ,  je  donne- 
ray  deux  moyens  four  y  parve¬ 
nir  ;  le  premier  efi  de  râper  les 
racines  d'Snule  Campane  ,  &  de 
les  mettre  dans  un  pot  de  terre 
vernijfé  ,  &  verfer  par  dejfut  de 
bon  vinaigre ,  qui  furmonte  les  ra¬ 
cines  dÿun  bon  travers  de  doigt, 
coHvrez.fe  ,  &  le  laijfe'^en  infujion 
par  deux  fois  vingt  quatre  heures, 
fur  les  cendres  chaudes  ,  remuant 
par  fois  avec  une  fpatule  de  bois, 
pour  empêcher  que  les  racines  ne 
s’attachent  au  fonds  du  pot  j  le 
troifiéme  jour  les  ferez,  cuire  à  pe¬ 
tit  feu  en  remuant,  toujours  ,  ]uf- 
ques  d  la  confomption  du  vinai¬ 
gre  :  cela  fait  ,  les  faut  verfer 
dans  un  grand  mortier  de  mar¬ 
bre  ,  &  les  pilere'èf  &  pajferez. 
par  le  tamis  renverfé.  Si  la  pulpe 
efi  trop  humide  ,  la  dejfeicherelf 
dans  un  grand  plat  de  terre  ver¬ 
nijfé  pour  la  réduire  en  bonne  con- 
fifience. 

Le  fécond  moyen  fera  de  pren¬ 
dre  des  plus  greffes  racines  d'Enu- 
le  Campane  ,  aprelf  les  avoir  bien 
nettoyées  ,  les  faut  plier  dans  du 
gros  papier  moïùllé  ,  &  les  faire 
cuire  fous  les  cendres  chaudes ,  ou 
fans  les  plier  en  du  papier  ,  dans 
une  cloche  de  Cuifine  ,  comme 
quand  on  fait  cuire  des  fruits  , 
eu  dans  un  pot  de  terre  bien  cou- 
uert  au  four  ,  &  pour  connoitre 
leur  cuite  ,  les  faut,  percer  avec 
un  poinçon  de  bois  ,  ■.  s'il  paffe  fans 


n 

refiftence  ,  les  faut  tirer  du  feu, 
les  nettoyer  du  papier  ,  &  autres 
ehofes  étrangères,  aprez.  les  pilerez., 
&  pafierez  comme  devant  par  le 
tamis  renverfé ,  la  pulpe  paffée  y 
ajouterez  quelque  once  de  fort  vi¬ 
naigre  ,  &  s'il  efi.befoin  de  La  défi, 
feicher  y  procederelj,  comme  d  la 
precedente. 

le  ]oindray  îcy  non  pour  la  per- 
feElion  de  cet  Onguent  ,  par  ce 
qu’il  n'y  a  rien  d  craindre  ,  quel¬ 
le  forte  de  Mercure  qu’on  y  em¬ 
ployé  J  mais  pour  d'autres  com- 
pof  tiens  pltss  importantes  ,  ois  il 
entre  en  plus  grande  quantité ,  ou 
pour  le  donner  intérieurement , 
aprez  l’avoir  duément  préparé  j 
les  vrayes  &  légitimés  marques, 
afin  de  dificerner  le  bon  d'avee 
le  mauvais  pour  en  pouvoir  don¬ 
ner  feurement.  Il  faut  prendre 
gros  comme  un  petit  poi^x  de  Mer¬ 
cure  ,  &  le  mettre  dans  une  cueil- 
liere  d’ Argent  ,  &  le  faire  évapo¬ 
rer  fur  le  feu  :  s’il  laiffe  une  tache 
noire  ,  il  ne  vaut  rien  s’il  en 
laiffe  une  grife ,  il  efi  médiocre  j  & 
s'il  en  donne  une  faune  ,  alors  c’efl 
du  meilleur  &  du  plus  parfait  en 
coêiion  naturelle  ,  exempt  de  beau¬ 
coup  de  vice ,  que  celuy  des  autres 
marques  ont  ,  particulièrement  lu 
noir.  Cette  eleêlion  femble  n'être 
guère  confiderable  ;  mais  fachef^ 
quelle  efi  de  grande  importance, 
je  n’en  diray  pas  davantage ,  fuffit 
qu’il  y  en  aura  beaucoup  qui  m’en¬ 
tendront. 

Par  ce  que  l’Onguent  cy-deffus 
preferit  a  une  odeur  defiagreable, 

&  qtdà  raifon  d'icelle  ,  il  y  en  a 
beaucoup  qui  s’en  ferviroient  à 
n  caufe 


Livre  I  J.  SeBion  11, 


■caufi  qu'il  éfi  bon  four  les  affe^ 
liions  cy-devant  déclarées ,  qui  le 
rejettent ,  à  cette  eccajîon  l  en  d'on- 
neray  me  d'efetiftion  tirée  du  J>re~ 
cedent  qui  nefi  fyu  moindre  en- 
'vertus. 

)/(-  Axungia  Ford  receHtü  >  lib.. 
unarn. 

Radie.  Enul&  Campana  fubtiliter 
pul'ver.unc.tres. 

Argenti  vivl,  & 

Terebinthina  clara,  ana  utlc.  m'am 
■&  femiji. 

Aceti ,  une.  unam. 

Eiat  ‘vnguentum. 


Ireos ,  une.  très. 

Filicü , 

Ebuli,  & 

Tribulor.  Aquatkorum ,  Jîng, 
une.  duos. 

Radiées  ha  recenses  Jïnt  ,  terqua- 
terque  laventur  ^  contundan- 
tur  in  mortario  &  macerenm 
triduo  in 

Olei  veteris  non  rancidi  ,  Uh, 
quatuor. 

Tieinde  parumférvefiant  &  inex- 
prejfo  eleo  liquefac. 

Cera  citrina,potius  quam  alhaimc. 
quindecim ,  in  'Vhguènti  crajfity- 
dinem ,  quod  ufmreponatur. 


Il  fdut  humeéter  dans  un  rnor^ 
ner  de  marbre ,  la  poudre  d'Snule 
Campane  avec  de  fort  vinaigre  ,  & 
les  hien''mêlet'  énfimble  ,puü  ta  faut 
étendre  dans  un  plat  -  b.ajfm  de  ter¬ 
re  vernie  pour  l'a  faire  fetcher  étant 
feiepe  ,  la  faut  repajfer  fùbtile- 
-ment  par  le  même  tarais  qu  onVa 
pajfée  ta  première  fiés.  A  part 
dans  un  mortièr  'de  bronz.e  ,  faut 
'éteindre  l’Argent  vif  "avec  ta  li- 
rebinthine  ,'dr  les  agiter  long-temps 
enfemble  que  ce  premier  rie  p'a- 
roiffe  point  du  mit ,  &  en  fuitte 
y  mêler  peu  a  peu  la  graijfe  ,  &  in 
dernier  lieu  .  la  poudre  ;  le  tout 
bien  mêlé,  fera  ferré  dans'iin  pot.tÉf 
gardé  au  befiin,. 


Vnguentum  Agrippæ  ,  D. 
Nicol.  Sal. 

Radicum  Brÿonia  ,  lib.duas. 
€ucumeris  AfifAni,  lib.  mam. 
SpiJla  y  lib.jemijj.. 


PARAPHRASE. 

L'Autheiir  de  cet  Onguent  eft 
Agrippa  R.oy  de  ludée  ,  '(  grand 
amy  de  rEmperenr  Cajus  Ce&> 
fùrnommé  Caligule  ,  Autheur  lofe- 
■phe  )  lequel  pour  les  experienceSj, 
qu'il  avoit  faites  de  fes  vertus  ne  le 
voulut  communiquer  à  fes  difcipks. 
Salernicanus  l'a  tranferit  de  Myrep- 
iiis  Sedtion  5.  chapitre  4 ••  chan¬ 
geant  lèulement  les  racines  de  Mau¬ 
ves  blanches ,  pour  celles  de  Con¬ 
combre  fàuvage  :  pour  ce  à  mon 
avis  qu’il  convient  mieux  aTHydro- 
pifie  J  à  quoy  il  eft  approprie  pa^ 
Myreplîis  que  les  Mailves  blanches- 
Ceux  qui  font  loin  de  la  mer  ,  & 
rie  pourront  recouvrer  des^Scüles 
’vrayes  ,  qu'ils  prennent  le  Pancra- 
“tium  allez  commun  ,  ou  des  Oig¬ 
nons  fort  acres  au  double.  Et  àU’ 
lieu  du  Tribule  marin ,  qu’ils  pren¬ 
nent  de  celuy  qui  croift  aux.  étangSj 
&  rivières  ,  le  fruit  duquel  éwnt 
cuit  J  eft,  fort  favoureux  :  &  qui  "C 
Dour 


99 


Des  Onguents  chmds. 


R  E  M  A  R  Q^V  E. 


pourra  avoir  de  Tun  ny  de  l’autre, 
qu’il  prenne  des  racine  des  Panicaut, 
dit  Eryngiura. 

le  MELANGE. 

Prenez  yos  racines  récentes  ,  & 
nonfeiches  ^  que  cqiicairerez  au  rpor- 
tier  ,  &  infai'erez  trois  jours  ,  ou 
fept  dans  l’Huile  ,  afin  qu’il  ayc 
plus  d’cnergiç.  Aprez  .  on  les  fera 
moyennement  cuire  :  (  cap  la  lon¬ 
gue  decodion  diffipe  Icnr  vertu) 
puis  on  les  exprimera  ;  &  dans 
l’huile  coulé  on  fera  fondre  la  cire 
neufve ,  &  non  blanche  ,  pour  les 
raifons  déclarées-  au  conimencc- 
ment  de  cette  Seétipn  ,  étans 
froids  feront  referrez.  I^y  expé¬ 
rimenté  (  âpre?  Fernel  )  ces  raci¬ 
nes  fort  contufes  ,  &  malaxées 

avec  vieille  graille  ,  fans  cqûion, 
&  appliquées  fur  le  ventre  des  ma¬ 
lades  ,  avoir  plus  de  force  que 
l’onguent  ;  c’eft  pour  ce ,  que  leirr 
vertu  le  diminue  bien  fort  par  la 
coétion. 

LES  FACFLTE  Z. 

Il  efl:  non  feulement  propre  à 
amollir  ;  mais  aulîi  il  atténué'  & 
incife  puilfamment ,  &  difeute  les 
tumeurs  œdemateufes  ,  &  guérit 
les  indifpofitions  invétérées  des  nerfs, 
remedie  à  la  douleur  des  reins, 
lâche  le  ventre  ,  &  foulgge  ,les  hy- 


LEs  racines  étant  bien  lavées 
&  nettoyées  ,  il  les  faut  r⬠
per  comme  celles  de  Bryonia  ,  de 
Concombre  fauvage  ,  d"Irü  ,  &  de 
^cille ,  chacune  à  part ,  &  les  au¬ 
tres  qui  font  menues  les  incïfe- 
rez.  fort  menu ,  &  concajferez. ,  & 
en  -tirerez,  fepqrement  la  partie^ 
plus  aqueufe  du  fuc  ,  puis  en 
poids  requis  de  cha¬ 
cune  d'icelles.  Et  afin  que  Vinfu- 
f  on  fie  puijfe  faire  mieux  à  pro¬ 
pos  ^  plus  utilement  ;  diviferez. 
les  piatieres  en  deux  ,  &  en  met¬ 
trez  me  portion  dans  un  vaijfeau 
commode  de  terre  vernie  ,  Cr  par 
dejfui  quatre  livres  dhuile  de  Len- 
tifque  fuivant  Salernitanus  ,  ou 
d'huile  commun  fuivant  Bauderon, 
dans  lequel  par  mon  fentiment  au¬ 
rez  premièrement  fait  fondre  la 
cire  ,  afin  quelle  attire  en  tant 
qu’il  fe  pourra  ,  -fa  portion  de  la 
vertu  des  fimples  par  l’entremife 
de  l'huile  &  de  la  chaleur  :  le 
pot  bouché  fera  expofif  fur  une 
chaleur  modérée ,  pendant  huit  ou 
dix  jours  ,  jufquà  ce  que  l’huile^ 
ou  le  corps  de  l’Onguent  qye  par¬ 
faitement  pénétré  les  racines ,  & 
attiré  la  vertu  d’iceUes ,  le  dernier 
jour  la  chaleur  fera  augmentée  , 
ef  la  matière  fouvent  remuée  avec 
une  fpatule  :  la  çolature  &  l‘ex- 
p.reJfion  fortement  faite  ,  la  remet¬ 
trez  dans  le  pot  avec  l’autre  par¬ 
tie  des  racines  ,  _&  procéderez  en 
cette  fécondé  infufion  ,  de  même 
quen  la  precedente  ,  l’onguent 
étant  fioid ,  l'humidité  qui  fe  trou¬ 


vera 


I  00 


Livre  1 L 

ver  a  au  dejfoui  ea  fera  feparée  exa- 
Slement. 

JL  efi  a  remarquer  que  1‘ Au- 
theur  du  mélange  dit  quil  ne  faut 
poi  faire  beüillir  long- temps  les  ra¬ 
cines  ;  car  la  longue  coélion  dijftpe 
leurs  vertus,  fur  quoy  ;e  fuis  étonné^, 
par  ce  que  les  fufdites  racines  n’ont 
rien  de  volatil  ,  elles  abondent  en 
humidité  plutôt  temperée  que  chau¬ 
de  ,  &  n  rnt  aucune  aromaticité',  H  ' 
na  point  ebfervé  ce  quil  vient  de 
dire  en  la  decoBion  du  jyrop  de 
Stœchade  ,  ou  il  fait  cuire  treiz.e 
onces  de  firnples ,  qui  font  pour  la 
plus  part  chauds  ,edorans,  &  compo- 
fe\_ke  parties  tenues  &  fubtiles,  en 
huit  eu  dix  livres  d’eau,  jufques  à  la 
confomption  de  la  moitié. 

le  fuis  obligé  encore  de  dire  pour 
le  bien  des  Artifies  &  du  public, 
qu’il  ne  faut  pas  s’étonner  fi  Baude- 
ron  a  remarqué  aprez.  Fernel ,  que 
les  racines  crues  de  cet  Onguent 
contufées  &  malaxées  avec  vieille 
graijfe  ,  &  puis  appliquées  fur  le 
ventre  des  malades  ,  avaient  plus 
de  force  que  l’Onguent  ,  non  pas 
que  la  vertu  d’icelles  fe  diminué, 
comme  ils  difent ,  par  la  longue  co- 
Bion  (  mais  cela  procédé  comme  a 
été  cy  -  devant  déclaré  en  l’Huile 
de  faffran  )  de  la  contrariété  qui  efi 
entre  la  fubfiance  aqueufe  des  ra¬ 
cines  ,  dt  l’Oleagineufe.  Ce  qui  nous 
doit  inciter  a  ne  négliger  rien  en  la 
comp'ofition  des  Huiles  ,  dr  On¬ 
guents  f  lors  qu’il  s’agit  qu’ils  em¬ 
pruntent  leurs  qualités.  &  vertus 
des  végétaux  par  la  voye  de  l’infu- 
fion ,  ou  de  la  coQion. 


Seâion  IL 


Vnguentum  Aregon,D.Nicol. 
Salernitan. 

"yi.  Firiufque  Coniza  feu  Pulicarle 
majoris,Jcilicet  minoris ,  & 
LaureoU  ,fing.  une.  novem. 
Ne'peta  ,  feu  Calamenti  monta- 
ni ,  & 

Foliorum  Sicydis  ,  feu  Cucumeris 
agrefiis ,  utriufq.  unc.fex. 
Radicis  Sicydis,  feu  Cucumeris  agre¬ 
fiis,  & 

Ari ,  vulgo  larri  (  vel  Iridis 
cum  Mfrepfo)- 
Rorifmarini, 

JbJaiorana  , 

Serpilli  ,*& 

Ruta  ,  fingul.  mcias  quatuor  & 
femij?. 

Foliorum  Lauri., 

Sabina  , 

Salvia ,  & 

Radicum  Bryonia  ,  fittgtth 
très. 

Tyrethri, 

Zingiberis 
Piperis  & 

Euphorbq,fing.  une.  unam 
AJafiiehes ,  & 

Thuris  ,  utriufq.  drachm.  fex  cum 
Jlfyrepf.  nam  Salem. hahet  q,vij.^ 
Oleorum  AJuJfelini ,  feu  Jldofchati, 
une.  duos,  &  femij^. 

Petrolei,  une. unam. 

Eaurini ,  dr 

Adipis  VrfiniyUtriufq.mc.trei. 
Butyri,  une.  quatuor. 

Cerafiava  ,unc.  quindecim. 

Olei  communisylib.  quinque.  Sic  pa¬ 
ra  unguentum. 

Radices  df  Herba  Majo  menfi 

leBai 


Des  Onguents  chauds.  i  o  i 


3  &  pargata  ,  qmm  recet¬ 
tes  funt  3  centmdantur  &  macc- 
rentttr  in  oleo  communi  diehns 
feptem  cnm  aqua  -vit se ,  vel  vini 
optiini  libra  ma.  Oüavo  die  ce- 
qmmir  ,  donec  tahefcant  ,  & 
ahfumpta  ferè  fit  hnmiditas,  De- 
itide  in  percolato  Oleo  ,  liqna 
Ceram  :tum  adde  Butyrum,  u4di- 
pem,  Oleum  Laurinum>  Afofcha- 
tum ,  Petroleum  3  &  pulueres ,  & 
repone  ujhi. 

‘PARAPHRASE. 

CEt  Onguent  a  pris  le  nom  de 
fon  effet  :  car  Arcgon  fignific 
Aiixiliare,  c  cft  à  dire  aidant  ou  don- 
nantdècours ,  &  foulas.  Salcrnitanus 
l’a  emprunté  de  Myrepfus  ,en  la  Se- 
éfion  treizième ,  chapitre  quarante- 
huitième  ,  y  ajoutant  les  racines  de 
Bryonia,  &  lesfueilles  de  Concom- 
hre  fanvage  ,  &  les  deux  efpeccs 
de  Coniza  :  &  fiippofant  les  raci¬ 
nes  de  larrus ,  &  de  Concombre 
fauvage,  pour  celles  d’iris  Al- 
thea.  Vue  chofe  que  j’y  trouve  de  fù- 
perflu  J  c’i  ft  la  dofè  de  Pulicaria ,  la¬ 
quelle  me  fcmblc  (  avec  Cordus ,  & 
Fcrnel jfuffiie  de  trois  orices,com- 
fflc  des  autres  herbes  de  Laurier ,  &c. 
&  non  neuf. 

LE  MELANGE. 

Le  mélange  eft  enfeigné  par  l’Au- 
theur  même.  A  fçavoir  j  qu’il  faut 
cueillir  au  mois  de  May  les  racines 
A  herbes  ,  les  nettoyer  &  concaf- 
Et  au  mortier  :  puis  en  l’efpace  de 
Ept  jours  les  infiifcr  avec  l’eau,  ar¬ 
dent  ou  bon  vinsse  l’huile  commun 


vieil, dans  un  pot  de  terre  vernifsé,. 
fur  les  cendres  chaudes.  Le  huitième 
jour  on  les  fera  cuire  jufqu’àla  con- 
Ibmption  de  l’humidité.  Aprez  on 
les  exprimera  au  prelloir  dans  un 
fachet  de  toile  neuve,  &  en  l’huile 
on  fera  fondre  la  Cire  :  puis  on 
y  ajoûtera  le  Beurre  ,  &  la  graille 
d’Ours  ,  &  les  Huiles  de  Laurier, 
&  Mullelin  (  décrits  en  la  preceden¬ 
te  SeétioH  J  &  de  Pétrole  :  finale¬ 
ment  les  poudres  de  Pyrethre ,  Gin¬ 
gembre,  Poivre,.  Euphorbe,  Maftich, 
&  Encens  ,  la  baffinc  ôtée  de  defïns 
le  feu ,  &  à  demy  refroidie  ,  pour 
relferrer  le  tout  au  belbin. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  échauffe ,  extenuë  Sc  digere,  ce 
qui  le  rend  efficace  aux  maladies 
froides  des  nerfs ,  comme  à  la  con- 
vulfion  ,  à  la  paralyfic  des  lombes  & 
jpin<5tures,&  auffi  à  la  colique.  Il  pro¬ 
fite  ài  la  fievre  quarte,  fi  on  en  frotte, 
auparavant  l’accez  ,  l'épine  du  dos  & 
des  épaules. 

R  E  M  4  R  QJ/  £. 

A  Peine  trouve-on  deux  deferi- 
ptions  de  l'Onguent  Aregon^ 
qui  feient  conformes  en  nombre  de 
fimples ,  ou  composés  ,  &  en  leurs . 
dofes  ;  la  raifon  de  cela  eji  ,que  les- 
uns  ont  pris  leur  defeription  de  Ni- 
colam  Alexandrinus  :  les  autres  de 
Nicolaus  Myrepfus  Alexandrinus,. 
les  autres  de  Nicolaus  Prapofitus, 
les  autres  de  Nicolaus  quon  fur- 
norn-me  Salernitanus ,  duquel  l'Au- 
theur  de  la  Paraphrafe  a  emprun¬ 
té  la  fiennei  Qne  s’il  a  trousuê. 


Livre  1 L  Seâion  IL 


1  Oi 

comme  il  dit,  de  fuperfitt  la  dofe 
de  neuf  onces  de  Pulicaria  ,  je 
ne  trouve  y  <9'*?  pl*>^  à  re¬ 

dire  que  fur  la  dofe  de  demy  on¬ 
ce  d'huile  Mujfelin  ,  a  quoy  faire 
une  fi  petite  quantité  d'huile  fur 
cinq  livres  onx.e  onces  d'Onguent, 
poids  de  table  ,  duquel  il  nen  re¬ 
vient  qu  environ  deux  grains  (jr 
demy  par  once  du  fufdit  Onguent, 
qui  efi  le  Jujet  que  j'ay  fuivy  JSfi- 
colam  Pr&pofitui  en  fin  édition  de 
l’an  en  ay  mû  deux  on¬ 

ces  &  demy  ,  quoy  qu'en  un  autre 
plus  vieux  exemplaire  du  même  Au- 
theur ,de  l'an  i^iS.il  nen  deman¬ 
de  que  demy.  once. 

Pour  le  modus  faciendi  (  comme 
a  été  fouvent  cy-devant  déclaré  en 
ces  deux  dernieres  Seêlions  ,  ^ 
comme  dirons  en  quelques  endroits 
cy-aprés  )  il  faut  tirer  une  partie 
du  fuc  de  racines ,  &  des  herbes 
plut  humides  ,  &  des  moins  chau¬ 
des  ,  les  autres  firent  incisées  & 
concafiées ,  (jr  toute  la  matière  de 
l’infufion  divisée  en  deux,  aufquel- 
les  pour  n'ufir  de  redite  ,faut  pro¬ 
céder  ,  comme  d  été  dit  en  l'On¬ 
guent  Agrippa  :  ayant  préalable¬ 
ment  fait  fondre  la  Cire  &  le  Beur¬ 
re  dans  l'huile  commun  ;  le  Mujfe¬ 
lin  ,  le  Petrole ,  &  Laurin  ,  tiré  de 
l'écorce  des  Bayes ,  avec  la  graif- 
fe  d'Ours ,  feront  ajoutés  à  la  cola- 
ture  de  la  féconde  injitfien  ,  à  la- 
qjuelle  refioidie ,  &  l’humidité  bien- 
feparée ,  on  mêlera  les  poudres  fub- 
tilement  pafsées. 

Ceux  qsii  defirermt  que  leur  On¬ 
guent  participe  de  quelque  petite 
vertu  du  vin ,  au  lieu  de  le  faire 
cuire  avec  l’huile  ejf  les  autres 


fimples ,  comme  il  efi  cy-dejfui  pref 
erit ,  ils  en  humeéleront  la  poudre, 
&  la  feront  feicher  d  l'ombre,  & 
derechef  U  pajferont  fubtilement,& 
la  mêleront  dans  l'Onguent. 


VngLientum  Martiatum  mag¬ 
num, D.NicolAiexand. 

Olei  communie  antiqui  ,  lib. 
quatuor. 

Cera  citrina,  &  non  alba  ,  lib. 
unam. 

Cyrnarum  Rorifmarini  fiorentiurn , 
Feliorum  Lauri  & 

Rut  a ,  fingul.  une.  quatuor 
Amaraci,  potius  quam  Tamarifii, 
une.  très. 

Efi>rii,feu  Ebuli , 

Sabina , 

Balfamita ,  id  efi  -,  Mente,  aqm- 
tica , 

Eleliffhaci  ,id  efi ,  Saluia , 

Ocymi ,  id  efi ,  Bafiliconis , 

Polit  montant , 

Calaminthes , 

Arthemifia , 

Inuia  Campana , 

Betonica , 

Branca  urfina, 

Sparguli!,,feu  Aparines  Grccorum, 
Abfinthii  Pontici,  feu  Romani, feu 
vulgarù  idem, 

Harba  Fénti  ,  feu  Anémones  Syl- 
vefiris , 

PimpinelU  , 

Agrimonia  ,  feu  Eupatorii  Grsco- 
rum , 

Herba  Paralyfeos  ,  vulgo  PrinuiU 
verts, 

Herba  Sanéla  Maria  ,  feu  CoBi 
hortenfis  noÜratU , 

Cytna 


Des  Onguents  ciiauds. 


tfmîn'um  Snmbud, 

QrupiU  ,  Se7>tperuim  minork, 
u'èl  vemicuiark , 

Ssmpervivi  maiork ,  feu  Sedi ,  vel 
Aifn ,  idem , 

Millrfoiii. 

Chmndtyos, 

^in^ue  Ner'vid  ,  feu  PlanMgmk 
min.  hujus  non  merninit  Salerni~ 
Unui. 

Cmauni-fninork , 

Fragaria>  & 

■fmaphylli  >  futgul.  une.  duos ,  & 

fem^ji 

Tetrahit;feu  Herbt!,  luduicm  (  cum 
Sdérnitmo ,  quonium  non  habet 
Myrep.  ) 

R/tdick  Altbua, 

Cymini ,  & 

Myrtha  ,fing.  une,  unam  &  dimid. 
Sakrnitanus  legit  Myrthu  ;  fa- 
cilü  fuit  Typographi  lapftu ,  t 
pro  r,  reponentk, 

Fmugrdci ,  & 

•Rutyri ,  utriufque  une.  unam. 
■Sminum  Vrtiea, 

Fiolarum  ,  & 

Papaverk  albi  potiui  quhn 
nigri ,  cum  Salernit. 

Ment&  fativa, 

lubid  tinFiorum ,  (  hujus  non  me- 
*mimt  Salernit.) 

■MentaSîri  ,  feu  Monta  Syheflrk, 
vel  Ment  a  Sarraeeniea ,  idem 
li^pathi  acuti , 

Relytrki , 

Oirdiobatani,  id  efi  Carduneeli,feH 
Cardui  benedibU, 


ïOf 

hrnit.  &  -hujus  fequaces,  habent 
Mature llam  ,  feu  SoLm-um , 
Prifolii  acetati ,  (  quod  Allehtyam 
■mneupant  Pharmacopai  nojiri } 
Scolopendrii  ,  vel  Lingua  Ceruina 
cum  Salernitang  (arnbo  firnt  e]uf~ 
•dem  facultatk,) 

•ÇriFfula  ,  id  efi  ,  Euphthalmi ,  feu 
Cotula  non  fœtida , 

Herba  Campherata,  id  efi  Abrotani 
mark , 

Styraçk  Calamites 
T hurts ,  & 

Medulla  Cerui ,  fin  g.  unc.femiJL 
Axungia  Frfina, 

Gallina ,  & 

Anferk ,  ( hane  pratermifit  Sa- 
lermtanus  )  & 

MaFiiehes  ,fing.drach.fex. 
-OleiNardini,  une.  unam  :  legendum 
potius  quam  draeh.  unam. 

Herba  &  Radiées  in  Majo  men~ 
fe  colle  Si  a  recentes  ,  &  manda¬ 
ta  ,  terantur  &  feptem  diehus  im 
vino  optimo  macerentur  OSiavo 
vero  die  coquantur  ad  médias.. 
Ac  turn  oleum  commune  ajfunda-^ 
tur  ,  rurjumque  coquatur  ,  dum 
herba  contahefeant ,  ac  vinum 
prorfùs  abfumptum  fit.  Deinde 
colentur  ,  &  exprirnantur.  Qleo 
liquetur  Cera  5  deinde  inijce  Eu- 
tyrurn ,  Medullam,  Axungiat,  (fr 
Oleum  Nardinum.  Denique  ex¬ 
tra  ignem,  Pulvera,  ThurkMa- 
fitches,&  Styrack,  Concretum  un— 
guentum  feruetur  ufui. 


■Matrijylua  ,feu  Periclymeni,vulgo  PA  R  A  P  HR  AS E. 

Caprifolii, 

Heba  Mfifchata  i  (  efi  prima -Gé-  üÇ  A^emitanus  •  a  tranücrit  cefOhv 
raniifie'eies  )  liguent  dcNicolaus  Myrepfus  Ale- 

Charnamèli,  hujtu  f/iee  'Sa-  xandtinus ,  qui-le  dcait  en  la  Se- 

âioi», 


104  Lhte  II,  SeBion  IL 


dion  J.  chapitre  46.  qui  double  par 
tout  la  dofè  des  ingrediens ,  lequel 
il  dit  avoir  été  inventé  &  compo¬ 
sé  par  un  tres-doéte  Médecin,  nom¬ 
mé  Martianus  ,  dont  il  en  a  pris  le 
nom  ;  de  forte  qu’il  le  faudroit  nom¬ 
mer  Martianum ,  &  non  Martiatum. 
Il  eft  fornommé  grand  ,  tant  pour 
fos  grandes  .vertus  ,  que  pour  le 
grand  nombre  des  médicaments  qu’il 
reçoit  ,  &  pour  mettre  différence 
d’avec  les  autres- de  femblable  nom, 
moins  composés.  Au  lieu  du-Tama- 
ris  aprcz  loubcrt  ,  j’ay  fupposé  la 
Marjolaine  ,^pource  que  là  vertu  eft 
plus  convenable  à  ce  que  l’infcri- 
ption  promet  :  pource  auffi  qu’il 
fe  peut  par  tout  trouver  de  la  Mar¬ 
jolaine  récente ,  &  non  du  Tama¬ 
ris.  Auffi  j’ay  réduit  l’huile  Nar- 
din  à  une  once  ,  pour  ce  qu’une 
drachme  &  quinze  grains  ,  à  iî  gran¬ 
de  quantité  d’Onguent,  .  eût  été  de 
peu  d’effet. 

LE  MELANGE. 

Au  mois  de  May  il  faut  cueillir 
les  racines ,  herbes  &  fomences,  puis 
les  nettoyer ,  concafîèr ,  &  infufor 
dans  un  pot  de  terre  vernifsé  avec 
de  bon  vin ,  l’efpace  de  fopt  jours 
for  les  cendres  chaudes.  Le  huitiè¬ 
me  on  les  fera  cuire  jufqu’à  lacon- 
fomption  environ  de  la  moitié  du  vin: 
puis  on  y  ajoutera  l’huile  commun, 
pour  enfomble  les  faire  bouillir  Jufo 
ques  à  la  totale  confomption  du  vin. 
Aprez  feront  exprimez  à  la  preflè, 
dans  un  fàc  de  toile  :  puis  l’huile 
étant  remis  fur  le  feu  ,  on  y  fera 
fondre  la  cire  :  aprez  on  y  ajoute¬ 
ra  les  graifles,  beurre ,  moelle  ,  & 


huile  Nardin  :  finalement  étant  à 
demy  refroidis,  on  y  ajoutera  leSty- 
rax  pulvérisé  avec  quelques  gout¬ 
tes  de  vin ,  de  même  le  Maftich ,  &; 
l’Encens  ,  fans  humidité.  Il  feudra 
continuer  de  remuer  l’Onguent  en  la 
baifine  avec  un  pilon  de  bois  jufqu’à 
ce  qu’il  foit  froid  ,  afin  qu’il  nelbit 
grumeleux ,  &  le  ièrrer. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  eft  fingulier  aux  affeétions  froi¬ 
des  du  cerveau ,  des  nerfs  &  des  ar¬ 
ticles  :  au  tremblement,  à  la  convul- 
fion ,  à  la  paralyfie  ,  à  la  goutte  :  & 
fort  efficace  à  ramollir  les  tumeurs 
dures ,  principalement  de  la  ratte. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

Bien  que  NicoUus  Myreffus 
Alexandrin,  décrive  l’Onguent 
Martiatum ,  ce  neft  pat  qu’il  luy 
ait  été  légitimement  attribue  far 
l'Autheur  de  la  Paraphrafe ,  Du- 
renoud  ,  '  &  astres  ,  au  préjudice 
de  Nicolaus  Alexandrinus  qui  la 
décrit  avant  luy  en  fin.  livre  des 
Médicaments  locaux, chapitre  993. 
&  au  chapitre  çç)^. il  en  décrit  un 
autre  “fous  le  même  nom ,  &  ne  dif¬ 
férent  quant  au  titre,  que  de  ma¬ 
gnum  ,  à  ufuale  :  cela  m’a  don¬ 
né  lieu  de  corriger  le  nom  de  l  Au- 
theur. 

Cet  Onguent  pour  être  un  des 
quatre  Onguents  chauds  qu  on  ap¬ 
pelle  ,  efi  composé  d’un  grand  ramat 
de  Jîmples  ,  qui  ont  des  qualités  f 
contraires  les  unes  aux  autres ,  que 
d’un  tel  mélange  ,  U  rien  fiaurott 
refulter  ce  qu’on  en  promet,  qm”>‘ 

contraint 


l^es  Onguents  chauds.  105 


^trmnt  à  dite  qu  U  aurait  hefoin 
de  eorretlion  ,  tant  -peur  certains 
fmplet  qui  me  femhlent  fort  inu- 
tils ,  que  fur  l’explication  de  cer- 
fains  noms  d’ieeux  ,  quaujfi  fur 
la  dofes  de  quelque!  autres  j  &  fi¬ 
nalement  fur  le  modus  '  faciendi  ; 
mais  parce  que  mon  intention  nefl 
pat  de  grojfir  ce  ^volume  ,  que  le 
moins  qui  fe  pourra  ,  pour  ne  le 
rendre  importun  ;  ;e  diray  feule¬ 
ment  que  loubert ,  &  Bauderon  ces 
deux  grands  hommes  ,  ont  eu  rai- 
fon  de  tirer  de  la  defcription  de 
cet  Onguent  le  Tamaris ,  &  d‘y  re¬ 
mettre  en  fa  place  l'Amaracumfans 
qu'ils  eujfent  veu  les  oeuvres  de  Ni- 
eolaus  Âlexandrintis  qui  l'y  de¬ 
mande.  Cette  erreur  ne  peut  proce-- 
der  que  des  interprètes  Grecs ,  ou  du 
Imprimeurs ,  à  caufe  de  la  rejfem- 
hlance  ou  raport  quil  y  a  entre  le 
mot  de  Tamarifci  ,  t}vec  celuy  de 
olmarici.  Bauderon  après  quelquu 
autru,veut  quon  prenne  pour  Cam- 
phorata  l'Abrotanum  mas. 

Lu  dofu  me  paroijfent  de  me- 
fort  irregulieru ,  lu  unes  pour  ' 
otre  trop  grandu  ,&  lu  autru  pour 
ctre  trop  petitu  j  par  exemple  lu 
derniers  1 9.  ingrediens  ,  defquels  U 
demandé  que  deux  drachmu 
l't  chacun  ,  quelle  apparence  y 
^'il  3  que  çait  été  l'intetition  de 
fitt  Autheur  de  mettre  deux  drach¬ 
mes  de  chacune  de  ces  herbu  fur 
etnqlivru  poids  de  Medecinc3d' On¬ 
guent  ,  d'autru  qui  y  font  en 
beaucoup  plia  grande  quantité  ?  en 
cela  il  n‘y  point  d'apparence  3  tion 
plus  que  de  proportion. 

Pour  le  modus  faciendi ,  je  trou- 
tufii  qu'il  y  a  beaucoup  à  re~ 


dire  X  d'infufer  tous  lu  fimplu  pen¬ 
dant  fept  jours  dans  du  vin  ,  & 
après  de  lu  faire  bouillir  jufqu'à 
la  confomption  de  la  moitié  :  U 
efi  inévitable  ,  que  par  cette  longue 
coÜian  toute  la  vertu  des  fimples 
chauds  ne  s’évapore  &  ne  fe  per¬ 
de  ,  de  même  que  l’elfrit  du  vin  ne 
fe  dijftpe  3  &  que  lu  fimplu  qui  font 
tempérés  n’y  reçoivent  quelque  al¬ 
teration  :  après  cela  que  peut-il. re¬ 
fier  ,  quand  derechef  on  aura  fait 
confumer  la  colature  de  la  déco- 
Ction  avec  l’huile  ,  que  lu  verts» 
lu  pis»  faibles  des  ingrediens ,  qui 
n’ont  psu  eu  afiez.  de  tenuité  pour 
s’être  enlevées  avec  les  autres  j  ose 
fe  trouveront  donc  tant  de  belles 
verts»  que  fin  inventeur  luy  at¬ 
tribué  ?  qui  font ,  comme  a  été  dé¬ 
claré  çy-dejfs» ,  de  fervir  aux  af- 
feSiions  f  aides  du  cerveau,des  nerfs, 
a  toutes  les  maladies  qui  procèdent 
de  caufe  fioide  ,  à  ramollir  la  du¬ 
reté  de  la  ratte,&  particulièrement 
a  l’hydropife.  Le  moyen  d'y  re¬ 
médier  ,  efi  de  divifer  ,  comme  a 
été  proposé  cy-devant  3  toute  la  ma¬ 
tière  de  l’infufion  en  deux ,  de  dou¬ 
bler  la  dofe  des  19.  derniers  ingre¬ 
diens  ,  a  l'imitation  de  mejfestrs  les 
ALedecins  de  Lyon,  d'Aufourg, 
de  Londres  en  lettrs  Pharmacopées, 
(  comme  fay  fait  en  la  defcription 
cy-deffs»  )  d'exprimer  une  partie  du 
fuc  des  pis»  humides  ,  les  infufer 
dans  l’huile ,  (  où  l'on  aura  dijfout, 
&  fait  fondre  les  matières  graf- 
fes ,  )  pendant  le  tems  ,  &  en  fesn- 
blable  chaleur  qu'il  a  été  cy  devant 
dit ,  aux  Onguents  Agrippa  , 
Aregon . 

<9  Vnguen 


o6 


Livre  IL 


Vnguentiim  Ncapolicanum , 
D.B.Baud. 

5^.  Axungi&  fuilU  v  et  tris  ,  lib. 
unam. 

Argenti  vivi ,  lib.  femij^.  feu  une. 

oEio  ,fi  fortim  reqmritnr. 
Tèrebinthina  ,  aqusi  vitit  Iota  ,  une. 
très. 

Cera  flava  ,  une.  âu4s. 

Oleorum  Lmrinit 
Rutacei; 

Petrolei 
Lumbricorum , 

Qharn&meli  ,  & 

De  Spiest  neSirate ,  ^g.  une. 
unam ,  &  fefnifî. 

Styracis  liquida  ,  draeh.  [ex., 
Euphorbii  fubtUifimè  triti  ,  me., 
dimid. 

Fiat  Vnguentum  ,  quod  ufui  repona- 
tur.  Si  adfint  ulcéra,  utendi  tem~ 
pore  adde , 

Lithargyri  aurei,.unc.  duos. 
Ginabrü  ,  une.  unam  &  fimij?. 

Gerufa  ,&^ 

Minii,  utriuf^uè  une.  unam. 
Jldithridatii  veteris ,  & 

Xheriaca  probat  a,  utriufque.  me, 
dimid.  &  utere. 

paraphrase. 

CEt  Onguent  a  pris  fbn  npm 
de  fôn  efïèt.  Pour  ce  qu^’il  eft 
fpuverain  à  la  gueiifon  du  mal. 
(rlurnommc  de  nos  François  )  de  Na- 
pies.,  La  bafe  eft  l'Argent  vif,  qui; 
combat 'contre  tel  mal ,  plutôt  de  fà; 
forme  clïënticlle  ,  que  de  la  quali¬ 
té  œanifefte..  La  graiffe  de  Porc ,  & 


SeBion  LL 

Phuile  de  Cfoioroillë  y  font  mis, 
tant  pont  ramollir,  &  relaxer,  quê 
pour  refoudre  plus  facilement  l'Ar* 
gent  vif.  Les  autres  huiles  pour  rare- 
lier  les  pores  du  cuir,  digérer  l'humeur 
verolique  ,  &  1  attirer  du  dedans  au 
dehors  par  les  lueurs.  L'huile  de 
vers,  &  la  Terebinthine  (  aidée  du 
lècours  qu'elle  reçoit  de  la  lotion 
de  l'eau  ardent  )  fortifient  grande¬ 
ment  les  nerfs.  Le  Styrax  hquidc 
y  eft  mis  pur  ramollir  les  tuphes, 
©U  tumeurs  dures  ,  qui  louvent  ac¬ 
compagnent  ces  pauvres  verolez. 
L'Euphorbe  fert  de  véhiculé  à  la 
balè  :  &  la  Gire  pour  donner  corps 
à  l'Onguent  ,  làns  laquelle  il  fe- 
roit  par  trop  mol.  Le  Mithridat, 
&  Theriaque ,  y  .font  mis  pour  cor¬ 
riger  la  virulence  de  l'humeur  ye- 
rolique.  La  Litharge,  Cinabre,  Ce- 
rulè &  Mine ,  y.  font  mis  pour  def- 
fcicher  les  ulferes  ,.  quand  il  y  en 
aura.  Autrement  ils  n'y  eonviennent 
pas  ,  pource  qu'ils  bouchent  les  po¬ 
rcs  du  cœur  ,  &  empêchent  l'era- 
ption  des  fueurs  ,  par  leurficcité,à 
quoy  plufieurs-  ne  prennent  pas  gar¬ 
de  ,  au  préjudice  du  malade ,  8c  à 
leur  deshonneur. .  C'eft  pourquoy  je 
Gonlèille  aux  Apothicaires ,  de  tenir 
en  leurs  boutiques  cét  Onguent  làns 
deficcatif  :  làuf  à  eux  d'y  en  ajoa- 
ter ,  quand  là  neceflîté  le  requerra: 
ou  Gommes,  ou  autres  médicaments, 
tel  qu'il  fera  avisé  par  le  doéte  &  ex¬ 
pert  Médecin  ,  ou  Chirurgien ,  ayant 
égai'd  au  temperamment  du  malade, 
à  la  failôn ,  à  l'âge ,  au  lèxe,  & 
parties  les  plus  afteftées,  ôi  fi  k  mai 
eft  recent ,  ou  invétéré, 

U- 


Des  Onguents  chauds.  107 


le  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  pulverifer 
fubtilement  l'Euphorbe  avec  quel¬ 
ques  gouttes  d’huile.'  La  Licharge, 
le  Cinabre,  la  Cêrufè,  &  la  Mi¬ 
ne  chacun  à  part.  D’wne '■partie  de 
la  graillé  ,  foa  éteint  l’Argent  vif, 
au  mortier  de  bronze  ,  [ou  avec  la 
Sauge.  Le  refte  avec  les  huiles  lèra 
fondu  ,  la  Cire  hachée  menu  fur 
les  cendres  chaudes  j'puis  hors  du 
feu  &  à  demy  rehroidis  ,  on  y  ajou¬ 
tera  la  TerebinChioe  lavée  ,  ipuis 
l’Euphorbe,  le  &:yfà}c  liquide,  le 
Mithridat ,  &  Theciaque.  Le  tout 
ainfi  mélangé  ,  fera  ajdûté  peu  à 
peu  au  mortier  ,  avec  l’Argent  vif 
y  éteint  ,  pour,  le  tout  ièrref  au 
btfoin.  Les  autres  poudres  auilî  y 
lèront  ajoutées  ,  iî  le  malade  eft 
reinply  dulceres  ,  pour  les  raifbns 
que  delîus  ,  autrement  non.  Ceux 
qui  pour  donner  corps  à  cet  On¬ 
guent  ,  au  lieu  de  la-  Cire ,  y  vou¬ 
dront  mettre  des  jaunes  ,  ou  moyens 
d’œufs  endurcis  ,  le  pourront  fai¬ 
re  J  ponrveii  qu’ils  fbient  bien  agi¬ 
tes  au  mortier,  autrement  l’Onguent 
feroit  grumeleux  ,  &  de  mauvaifè 
grâce. 

LES  lACVLTEZ. 

Il  fait  attraélion  dit  virus  vero; 
lique,  le  corps  étant  pre-mierement 
purgé,  donc  rexpulfîon  s’enfuit  par 
lâ  provocation  abondante  de  la  fà- 
lite,  fi  on  en  frotte  tous  lés  mem- 
blés  du  corps  ,  fiHon  aux  régions 
des  vifeeres ,  &  de  la  tête ,  eu  il  faut- 
s'en  abftenk. 


REMARQVE. 

La  deferipion  de  l’Onguent 
Neapolitanum  de  cette  Phar¬ 
macopée  ,  Avec  celle  de  la  prati¬ 
que  du  même  Autheur  different  en- 
la  dofe  du  Mercure  ,  &  en  cette 
dernier e  il  ne  jait  point  mention  de 
la  Litharge ,  du  Cinabre ,  du  Mi¬ 
nium  ,  du  Mithridat  &  de  la  Thé¬ 
riaque  neammoins  il  luy  don¬ 
ne  le  nom  de  Vhguentum  Alexi- 
pharmacHm,de  plus  la  dofe  du  Mer¬ 
cure  a  été  augmentée  de  deux  on- 
ces  .par  Sauvageon , ainfi  qu’on  vé¬ 
rifié  par  touta  lee  precedentet  édi¬ 
tions  de  Bauderon  ,  qui  ne  font 
mention  que  de  dix  onces.  Il  efi 
auffl  d  remarquer  ,  que  l’Imprimeur 
nous  fait  lire,  en  tomes  les  éditions 
de  l’ Autheur  des  facultés  Argenté 
vivi  lib.  femiji.  feu  drachmas  oéiof 
au  lieu  de  lire  feu  une.  eSto  fi  for¬ 
tins  requiritur. 

En  la  première  édition  fay  dit 
que  la  quantité  du  Mercure  étoit 
trop  grande  pour  la  quantité  de  cét 
Onguent ,  &  celle  des  eorreélifs  trop 
petite  5  maü  l’experience  du  depuis 
m’a  fait  voir  en  divers  rencontres^ 
qu’on  craint  d’ordinaire  ce  qu’on  ne 
connaît  pas  bien ,  &  qu’on  peut  mê¬ 
ler  fur  trente  onces  de  graiffe  de 
Porc  ,  y  compris  fept  à  huit  onces 
d’Onguent  -Martiamm  ,  Therebin- 
thine ,  ou  huile  Laurin,  vingt-cinq 
onces  de  Mercure  bien  purifié ,  ou 
cheifi,  comme  a  été  cy -devant  dit 
en  l’Onguent  Enulatum ,  fans  que 
l’ufage  de  telle  mixtion  puiffe  eau- 
fer  aucun  fitcheux  accident ,  à  cer- 
pames  perfmnes ,  à  d’antres  leur 
O  1  pour 


io8  Livre  II  SeBion  IL 


pourvoit  nuire.  Il  fujflt  que  I Âr- 
tilie  [oit  foigneux  de  bien  choijlr 
fon  Mercure ,  ou  bien  qu‘il  le  tire 
du  Cinnabre  commun-,  ou  du  fublimé 
correjif,  &  que  le  mélange  en  fait 
exaüement  fait ,  &  ainji  il  y  '  du¬ 
ra  moins  à  craindre ,  de  même  qu'a 
celuy  que  quelques-uns  compofent 
aupurd'huy  iufques  à  parties  égales 
de  Mercure  &  de  graiffe  fans  cor- 
reUif  II  efi  vray  ,  qu'en  beaucoup 
de  rencontrées  en  pareilles  oecafions, 
on  ne  met  pas  toujours  fi  grande 
quantité  de  Mercure  :  cela  .  n'ar¬ 
rive  que  pour  ceux  a  qui  il  efi  dif¬ 
ficile  de  donner  le  fiux  de  bouche. 


VngLientum  Citrcum,D.NicoL 
Myrçpf.  Alex. 

élfi.  Caphura  hChina  aHata ,  drach. 
unam. 

Marmerü  albi ,  & 

Boracii  ,  utriufque  drach.  duos, 
uimianti  ,  (  hujus  penuria  fu¬ 
me  tantundem  uiluminü  plu- 
mei  ) 

Vmbilici  Marini ,  feu  Belliculi ,  & 
Be  lier  ici ,  idem. 

Tragacanthi  albi  » 

.^myli  y 
CryUalli , 

Antali , 

Dentali , 

Thuris  albi,  & 

Nitri  yfing-  drach.  très. 

Coralli  albi ,  une.  dimidiam  , 

Gerfa,  feu  Cerufie  ex  Dracuntio  mi¬ 
nore  praparata  ,  une.  unam , 
{lerufa  Fêneta yUnc.  fex. 

Horum  fiat  pulvis. 

Adipis  fuilli  faits  expertü ,  «e 


recentis  ,  lib.  unam  &  femifi.’ 

Seui  Caprini  ,  une.  unam  ,  &  f, 
mifi. 

Adipis  Gallinacei ,  une.  unam , 

Adipes  in  duplici  vafe  liquentur; 

In  ijs  macerentur,  &  leniterco- 
quantur  Citrea  mala  duo,mmi- 
tim  concifa.  Deinde  Adipes  co- 
lentur  &  in  his  omnia  curiosè 
trita  inqçiantur  ,  &■  rudieuU 
fuhigantur  t  novijfmè .Borax ,  (fr 
Caphura  tenuijfimè  trita ,  in^er- 
gantur.  Colinm  fie  Vhguentm  ac 
eoncretum ,  repone.  Satius  fuerit 
puluerem  habere  Hn  offeina  ,  & 
utendi  tempare  praparare,  ut  do- 
eui.  Nam  tempore  rancefcit,& 

&  çandorem  amittit. 

PARAPHRASE. 

SAIernitanus  ne  différé  d'ayecMy- 
repfus  qifen  la  dolc  de  l'Amian- 
tum  mettant  une  once  pour  trois 
drachmes.  Par  cette  defeription  com¬ 
me  en  plufieurs  autres  Myrepliis 
Seétion  treizième  j  chapitre  42.  de- 
montre  affez  d’avoir  été  peu  versé 
en  la  langue  Latine ,  &  en  la  con- 
noiflànce  des  médicaments ,  &  qu’il 
a  tranferit  ces  Antidotes  ,  tant  des 
Autheurs  Grecs  j  &  Latins ,  que  Bar¬ 
bares  ,  qui  l’a  voient  précédé  »  en  re¬ 
tenant  leurs  appellations  :  comme 
Amiantumj  Antali ,  Dentali. 

Pour  l’Amiantum  on  prendra  l’A- 
lum  de  plume,  en  attendant  qu’on 
puilTe  recouvrer  du  vray  de  î’ifle 
Eùbée  à  prelènt  Negrepont ,  & 
qu’on  puilTe  fç  avoir  au  vray,  ce  que 
c’eft.  Pour  Antali,  &  Dentali  qui 
ne  font  pierres ,  mais  petites  coqui- 
les ,  qui  fe  trouvent  au  rivage  de  la  lifdi 
mer, 


Des  Onguents  chauds,  109 


mer ,  ceux  qui  ne  les  connoiflènt 
pas  J  ou  qui  en  lont  éloignez  ,  & 
n’en  peuvent  rencontrer,  qu’ils  pren¬ 
nent  lèmblable  poids  de  Porcelai¬ 
nes  :  qui  font  allez  connuës,&  à  bon 
marché  ,  ou  de  Nacres ,  ou  autres 
coquilles  blanches ,  qui  ont  fembla- 
bles  vertus  qu’iceux.  Le  Dentali  eft 
quafî  femblable  à  la  .Porcelaine, 
hotfmis, qu’il  ell:  plus  pointu  ,  a  la 
forme  d’une  dent  Canine  ,  dont  il 
a  pris  le  nom  ,  &.  eft  d’une  fubftan- 
ce  plus  dure.  Antali  relîèmble  au 
Purpura  de  Diofooride ,  pource  qu’il 
eft  creux ,  .&  étant’rompu  ,  a  com¬ 
me  de  petites  veines,  &  droites  ,  fi- 
nilTant.çn  pointe  ,  de  temperamment 
Cffji  froids, &  focs.  Gerfa  e°ft  un  motde- 
]d  ptayé'.de  Cerufo  ,  qui  fe  fait  avec 
les  racines  de  Dracontiura  minus, 
ou  ^iCrpentaria  de  Diofooride ,  ainfi 
qu’enfoigne  Platearius  au  Commen¬ 
taire  qu’il  a  composé  foir  l’Antido- 
taire  dç,"SalerHiEanus ,  ôc  aprez.luy 
Gçrdus  ,  &  Fuchfius  en  leurs  Dif- 
penfaïres..  Ceux  qui  q,e  pourront  re¬ 
couvrer  de  telles  racines,  qu’ils  pren¬ 
nent  de  celles  d’Amm  ,  ou  larrus 
aflcz  frequent  &-  comnu  de  tous,  & 
de  qiiaft  femblable  vertu,  que  la  Ser¬ 
pentine  ,  ou  Coulevrée  petite. .  Le 
Ml.  Bellerici  pour  la  fimilitude  qu’il  a  à 
un  nombril  eft  appellé  Vmbilicus  ma- 
•  rinus  ,  dont  il  s’en  trouve  allez,  à 
Marfcille,Lyon  &  ailleurs. 

Nos  Apothicaires  tant  icy  qu’ail- 
Icurs  ,  fo  forvent  du  Borax ,  dont  les 
Orphevres  fo  fervent  à  fonder  l’Qr 
fort  different  du  naturel,  &  artificiel, 
décrit  par  Diofooride  au  livre  i.  chap. 
74.  parlant  de  l’urine ,  &  au  livre  5.. 
ehap.  54.  &  aprez  luy  par  Galien  au  li- 
we  çj,  des  Amples. 


Touchant  le  Camphre ,  ceux  qid 
en  voudront  fçavoir  l’hiftoire,  qu’ils 
lifont  Avicenne ,  Scrapion ,  &  Gar¬ 
cia  du  lardin ,  &  Matthiole  fur  DioC- 
coride,  defquels-ils  en  apprendront 
ce  qu’il  en  faut  fçavoir ,  lequel  eft 
icy  mis  pour  véhiculé  aux  autres. 
Cet  Onguent  a  pris  le  nom  des  Ci¬ 
trons  qui  y  entrent  ,  &  ne.fo  doit 
appeller  Citrinum  -, ,  (  car  il  n’eft  pas 
citrin  )  mais  Citreum. 

Icy  les  grailles  fuppléent  le  de¬ 
faut  de  l’huile  ,  &  cire  :  lelquelles 
fo  mêleront  avec  la  poudre,  lors 
qu’on  s’en  voudra  forvir  ,  &  non 
plutôt,  pource  que  l’Onguent  fo  ran- 
ciroit,  &  perdroit  fa  couleur  blan¬ 
che  peu  de  tems  aprez  ,  &  ne  feroit 
fl  plaifant ,  appliqué  fur  les  vifages 
délicats. 

A  ces  fins  fuffira  de  tenir  la  pou¬ 
dre  faite  ,  &  pour  une  drachme  y 
mêler  une  once  de  graiffb  pour  le 
moins  :  car  qui  en  mettra  plus,  l’On¬ 
guent  en  aura  plus  de  vigueur. 

Quelques-uns  fons  prendre  tant 
de  peine  ,.  incorporent  la  poudre  avec 
le  quadruple  de  Pomade ,  &  y  ajoû- 
tent  un  peu  de  fuc  de  Citrons ,  &  ce 
avec  heureux  foccez. 

LE  MELANGE. 

On  peut  enfomble  pulverifor  fob- 
tilement  le  Marbre  i  Corail  blanc ,  le’ 
Cryftal,  &  les  Coquilles ,  dans  un 
mortier  de  marbre,  &  pilon  de  fer. 
Il  faut  pulverifor  à  part  l’Amydon, 
le  Tragacanth  blanc  ,  clair  &  net 
(  avant  que  le  pefor ,  à  caüfe  du  dé¬ 
chet  J  l’Encens,  le  Borax ,  Camphre 
&  Amiantum  ,  ou  fon  foccedanée 
l’Alum  de  plume. 


ï  1 0  Livre  I L  Se^hn  1 L 


La  Cemfè  fè  frie  fur  un  tamis  ren- 
verfé  )  un  papier  net  mis  au  dellbus. 
Le  Gerfa  fe  piilverife  auffi  à  parc  : 
puis  toutes  les  poudres  fe  mêlent  au 
mortier  ,  &  fe  gardent  au  bcfoin. 
Que  s’il  eft  que&on  de  paradiever 
l’onguent  j  on  choifira  ides  graiilês 
requifes ,  recentes  ,  fondues  fur  petit 
feu ,  &i  dans  icelles  infuferont  l’elpa- 
ce  d’une  nuit  ,  deux  Citrons  ha¬ 
chez  par  petites  pièces,  foit  écorce, 
pulpe  ,  &  fiic  ,  &  le  jour  fùivant, 
au  pot  de  terre  verniflé  ,  où  ils  au¬ 
ront  infofé ,  feront  cuits  &  coulez 
dans  une  terrine  vernifTée  ,  ou  plat 
d’étain  creux  ,  Sc  non  dans  une  baf- 
fîne  :  pour  ce  que  le  cuivre  change 
facilcinent  la  co'ulcur  blanche.  Aprez 
♦avec  aine  Ipatule  de  bois  en  remuant 
les  poudres  ,  lèront  mêlées  le  Bo¬ 
rax  ,  &  Camphre  à  la  fin.  Ainfi  tel 
Onguent  fera  relferré  au  befbin. 
Avant  l’ufàge  d’iceluy  ,  il  lèroit  bon 
■de  laver  la  fece  de  quelque  décoction 
deterfivc  :  puis  l’oindre  de  l’On- 
guetK,  Sc  la  couvrir  d’un  linge  blanc, 
ôc  ainfi  continuer  tous  lesifbirs  ,  juf- 
qu’à  ce  que  les  taches  foient  ôtées. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  deterge  les  puftules  &  taches 
engendrées  de  bile  ou  de  pituite 
ûlée  ,  qui  bourgeonnent  îùr  le 
cuir  ,  principalement  du  vi%e, 
comme  auffi  les  noirceurs  ,  lentil¬ 
les  &  dartes  :  efface  la  deformité 
des  cicatrices  ,  &  guérit  les  rou¬ 
geurs  des  yaix  ,  &  les  vices  du 
cuir. 


R  E  M  A  R  QJ/  E. 

POur  methodiquernem  procéder 
en  U  Confiàien  de  l’onguent 
Citrin  ,  OH  Citreum  ,  àprex,  une 
eyÆe  préparation  des  graijfes 
comme  a  été  cy-devant  dit  en  la 
PoMade  ,  il -faut  prendre  tome  U 
matière  qui  contient  le  Jùc  dans 
de  petites  njefeicules  de-  deux  Ci¬ 
trons  qui  foient  bien  Aigres ,  qu’on 
divifera  en  petits  morceaux,  ( &  non 
comme  dit  l’Autheur  de  la  Para- 
phrafe)avec  leur  écorce  ,  qui  ne  con¬ 
tient  aucune  vertu  convenable  a 
celles  qu’on  attribué  à  cet  onguent', 
les  ay  ant  mêlez,  enfemble ,  on  les 
mettra  dans  un  pot  de  terre  ver¬ 
nie  bien  couvert  ,  ■  &  fur  les  cen¬ 
dres  chaudes  pendant  un  jour',  re¬ 
muant  fiuvent  la  matière  avec  une 
jpatule  de  bois.  Les  autres  ingré¬ 
dient  feront  artifteThent  préparez 
fur  le  porphyre  (  &  non  triturez 
dans  un  mortier  de  marbre  &' pi¬ 
lon  de.  fer ,  comme  dit  l’Autheur  du 
Mélange  )  fçavoir  le  Marbre ,  l’-d- 
miantum  ,  l’Frnbilicus  marmis,  le 
Cryflal,  VAntali,  Dentali,  &  le  Co¬ 
rail  blanc,  chacun  d  part. 

le  ferais  d’avis  de  réduire  le 
poids  de.  la  Cerufe  de  Fénife  a  cel¬ 
le  de  la  Serpentaire ,  &  ainfi' cet¬ 
te  doje  ferait  conforme  a  certain 
exemplaire  de  Nicolam  Myrepfus 
Alexandrinus  j  car  d  qùoj  faire 
onle  onces  fept  drachmes  de  pou¬ 
dre  fur  vingt  'onces  &  deiny  d  d- 
xonges  ?  il  n’y  a  en  cela  nulle 
proportion.  Bauderon  l’a  ainfi  fort 
bien  '  reconnu  ,  quand  U  a  dît  en 
fen  mélange  ,  qu’il  fuffira  d’y  me- 


Des  Onguents  chauds.  1 1 1 


Ur  fnr  me  once  de  graijfe  ,  me 
drachme  de  poudre  ,  &  je  croy  que 
cefi  tout  ce  qui  s'y  peut  faire  ; 
OH  pour  le  plui  une  drachme  & 
demie  :  de  plus  que  fis  défis  con¬ 
viennent  à  nos  reigles  generales, 
un  chacun  y  avifira.  Pour  para¬ 
chever  notre  modm  faciendi  ,  U 
faut  reprendre  nos  graifies  dans 
ïefquelles  avons  rnü  deux  Citrons 
en  infufion  ,  &  fur  un  feu  fort  mé¬ 
diocre  les  fereif  cuire  pendant  une 
heure  ou  deux  ,  jufques  à  ce  que 
lés  verrez,  claires  &  tretn^aran- 
tes  dans  le  pot  ,  comme  a  été  cy- 
devant  dit  ;  cela  étant ,  les  cou¬ 
lerez.  par  un  linge  blanc  ,  fans 
exprimer  le  marc  que  fort  legere- 
ment  ;  étans  refroidies  en  fipare- 
r-ez.  r humidité,  fi  point  y  en  a ,  & 
y  mêlerez,  les  poudres  dans  un 
mortier  de  marbre  avec  un  pilon 
de  bois..  Je  me  rangeray  tres-vo- 
lontiers  au  fintiment  de  Bauderon 
de  ne  faire  le  mélange  de, cet  On¬ 
guent  ,  quau  temps  qu  on  s'en  vou¬ 
dra  fervir  ,  car  autrement  il  fi 
ranciroit,  l'efiime  àujfi  que  ceux- 
la  ne  font  mal  qui  mêlent  la  poudre 
avec  de  bonne  Pomade  officinale  & 
»»  peu  de  fuc  de  Citron. 

Bauderon  s'ifi  fuffifamment  exf 
pliqué  pour  nom  donner  a  enten¬ 
dre  ,  ce  que  c’eji  que  Entait  »  Den- 
^ali Cerfa.  ferpentaria  ,  Amian- 
tus ,  Faha  marina  ,  eu  Vmbilicus 
marinm ,  &  Borrax  ,  &  nous  a 
taifé  le  JJitre  des  Anciens  ,  qui 
nous  eft  moins  connu  &  auffit  im¬ 
portant  qu  aucun  des  fus-nommez:, 
pour  les-  grandes  utilite.z.  quon  en 
retire ,  particulièrement  pour  la-fan- 
tf-}  fursjuoy:  pour  demeurer  dans  ks 


termes  de  la  brièveté  que  je  me 
fuis  proposé  de  garder  ,  je  ne  par- 
ticularifiray  rien  que  ce  que  je  ne 
puis  éviter  de  dire.  Les  nobles 
predu^ions  quil  nous  donne ,  font 
fans  doute  la  eaufi  quil  efi  dpre- 
fint  connu  de  peu  de  perfinnes ,  par 
fin  ancien  nom  ,  quoy  quil  fait  en 
cours  de  marchandifi  affie\^  fre¬ 
quent  ,  &  connu  de  beaucoup  de 
perfinnes  qui  l'employent  en  divers 
ufages  fom  le  nom  de  Natron ,  ou 
Anatron ,  que  neantmoins  ils  igno¬ 
rent  quil  fait  le  vray  Nitredes  An¬ 
ciens.. 

De  fiavoir  d’où  dérivé  ce  nom  de 
Natron  ou  Anatron ,  qui  'n’eji  ny 
Grec  ,  ny  Latin ,  ny  Arabe  ,  quelle 
recherche  que  i’en  aye  fieu  faire ,  ie 
nay  peu  trouver  l’origine  de  ce  mot,- 
a  moins  comme  il  y  a  beaucoup  d’ap¬ 
parence  que  ce  fiyent  les-  Philofo- 
phes  Chimiques  qui  ont  impofi  des 
noms  aux  remedes  dont  ils  ont  pré¬ 
tendu  tirer  de  grandes  vertm ,  afin 
de  cacher  les  chofis  quiis'  ont  vou¬ 
lu  rendre  pim  myflerieufis  ;  Comme- 
P.aracelfi  e^  fin  -  Diüionnaire  des¬ 
termes  cachez.  de  l’Art  Spagyri- 
que,  qui  dit  en  propres  termes-./lna- 
chron  vel  Anathron  ,  efi  jpeciesfalis; 
qmd  in  pétris  crefiit ,  quidam  SaV 
Nitrum  appellant^ 

Je  ne  diray  rien  n<m  plits  dess 
Anatrons  artificiels  que  de  cettuy- 
cy ,  comme  n’étant  pas  de  notre  fuiet' 
mais  feulement  que  le  vray  Nitre- 
des  Anciens  croit  en  divers  en¬ 
droits  ,  &  celuy  que  nous  avons- 
auieard'huy  nous  efi'  apporté'  de: 
JUemphis  ,  qui  efi  le  grand  Caire  ■ 
ds  Egypte.  Il  y  en  a  de  naturel  & 
d’artificiel,  comme,  du  fil  marin  avec  ■ 


nr 

lequel  quelques-uns  crsyent  qu’il  y 
et  beaucoup  de  rapport,  qui  fut  la 
caufe  que  l'année  dérniere  le  Fer¬ 
mier  de  la  Gabelle,  du  Languedoc, 
intenta  un  procez.  mal  à  propos  ,  a 
un  des  pim  illujires  de  nôtre  pro- 
fejfon.  ^  ■ 

Le  Nitre  efi  un  fel  compofe  de 
diverfes  fubftances.  falines  ,  fa  corn-  ■ 
pofition  fi  fait  connohrê  au  fenti- 
ment  de  la  langue  par  une  legere  aci¬ 
dité  accompagnée  de  ftypticité ,  & 
fur  la  fin  d’une  petite  faleure.  Ce  nefi 
pat  fans  caufe  fi  Schrederus  en  dé¬ 
crit  un  artificiel  qui  participe  de 
toutes  ces  qualiteT^  ;  au  defaut  du 
naturel ,  on  doit  l’employer prefera- 
blement  à  nôtre  Nitre,  ou  Salpêtre. 

Sa  couleur  nefi  pat  toujojtrs  la 
même  ,  car  par  fois  il  efi  rouge  comme 
témoigne  Profier  Alpinus  en  fin  li¬ 
vre  de  la  medecine  des  Egyptiens  U- 
vre  4.  chap.  i  r,  en  propres  termes, 
cum  Nitro  rubro,quod  Natrum  ap- 
pellant,  d’autrefois  il  efi  grisâtre  ;  & 
quelque  fois  blanc ,  particulièrement 
celuy  qui  fi  concret  en  la  furface, 
appellé  de  quelques-uns  Aphroni- 
trum.  Gj^and  on  le  met  fur  les  char¬ 
bons  allumez. ,  il  fi  couvre  de  cen¬ 
dres  ,  &  finalement  en  fiuflant  défi 
fus  il  fi  fond.  Voilà  les  vray  es  mar¬ 
ques  du  Nitre  des  Anciens ,  fur  le¬ 
quel  je  pourrais  dire  des  chofies  bien 
curieufis,  que  par  des  confiderations 
je  fuis  obligé  de  taire.  Ceux  qui 
en  voudront  fiavoir  de  plus  grandes 
particularitez  ,  les  apprendront  de 
Theophrafie,  de  Pline  ,  de  Matthio- 
le  ,  &  de  Selon  en  fis  obferva- 
tions. 


Livre  IL  Seâion  IL 


Vngaentum  de  Arthanita  ma- 
jus,  D.  Mef. 

y:..  Succi  Cyclamini  ,  feu  Arthani- 
ta ,  lib.tres. 

Olei  Irini ,  lib.  duos. 

Succi  Cucumeris  Afinini  -,  & 

Butyri  vaecini  ,  utriufque  lih. 
unam. 

Polypodij ,  lib.  dimid. 

‘Fulpa  Colocynthidos  ,  une.  qua¬ 
tuor. 

Suphorbij,  nnc.femif. 

Sicca  hac  tria,  térè',&  macéra  dies 
oSlo,fuccis ,  oleo,  &  Butyro  in  va- 
fe  vitreo  angufiiori ,  benè  obtura- 
to.  Poft  femel  fervefac. 

Cola ,  deinde  adde  fequentia  duo, 
Aceto  difoluta. 

Sagapeni,  Aureos  quinque,feufcruf. 
viginti  , 

Myrrha  ,  Aureos  duos ,  feu  fcrup 
oSla.  ■ 

Bulliant  fimul  agitando  cum  fufie 
ad  fucc'orum  fetè  covfumptionem. 
Tune  prbjiçe  fuper  ea, 

Cera  fiava  ,  une.  quinque. 

Fellis  Taurini ,  Aureos  quinque,  feu 
ficrup.  viginti. 

Tandem  liquata  Cera,  adde  fequen- 
tium  pulverem . 

Scammonij  , 

Alo'és, 

Mézereon ,  feu  Cocci  Gnidij,velfem. 
Thymelea  ,  idem. 

Celocynthidis  ,  & 

Turbith ,  fing.  Aureos  quinque,  feu 

'  ficrup.  viginti. 

Salis  Gemmei ,  Aureos  très  :feu  une- 
dimidiam. 

Euphorbij, 

^  ^  ‘pife 


^es  Onguents  chauds.  115 


^\prk  longi , 

Zingiberis ,  & 

Chm^meli ,  fingul.  Atireos  dms: 
feu  fcrup.  oilo. 

paraphrase. 

MEfiié  décrit  cet  Onguent ,  au 
livre  des  Médicaments  purga¬ 
tifs  ,^au  chapitre  de  Arthanita  :  com¬ 
me  aiilîi  en  fon  GTrabadin  j  y  ajou¬ 
tant  de  plus ,  de  Canelle  de-ux  Ali¬ 
tées  &  demy  once  d’Euphorbe  ,  en 
la  decoftion  ,  ce  qui  ne  m'a  pas 
femblé  bon.  Il  l'attribue  à  Alexan¬ 
dre  ,  fi  c'ell  Myrcpfiis  lùrnommé 
Alexandrin  >  ou  aiitrè  de  lèmblable 
nom  5  je  ne  le  puis  airenrer  ,  ne- 
l’ayant  içeu  trouver  en  aucune  des 
Sedions  dudit  Myrepfus,  qui  me  fait 
eftimer  être  quelque  autre  ,  duquel, 
les  œuvres  ne  font  parvenues  juf- 
qu’à  nous ,  ou  que  nos  exemplaires 
font  moins  complets ,  que  ceux  que 
Mefué  a  voit. 

Cet  Onguent  a  pris  le  nom  de  fa 
bafe  J  la  racine  d' Arthanita  des  A- 
rabesj  nommce  des  Grecs  &  des 
Latins  Cyclaminns  ,  &  du  vulgai- 
le  )  Cyclamen  ,  &  Panis  Porcinus. 

Sa  vertu  purgative  eft  augmentée\ 
par  le  fuc  de  Concombre  Afinin, 
Colocynthe  ,  Scammonée  ,  3c  fruit 
dn  Thymalea,  Leur  célérité  eft  répri¬ 
mée  par  le  Polypode ,  Turbith  ,  & 
Aloës.  Leur  nuifance  eft  corrigée} 
parle  Sagapenum  ,  Myrrhe  ,  &  fel 
Gemmé.  L'huile  ,  Beurre  &  Cire 
domptent  leur  acrimonie  ,  &  don- 
||ent  corps  à  l’Onguent.  Le  Fiel,  Sc 
1  Euphorbe  tant  en  la  decodion, 
qo  en  la  poudre  y  fervent  de  vehicu- 
De  forte  qu’on  ne  doit  tant  re¬ 


douter  Ion  vfagc  ,  ôc  le  rejettcr 
(comme  quelques-uns  prefchent 
étant  un  remcde  extérieur  y  3c  f  bien 
proportionné  comme  il  eft.  Joint 
que  les  dodes  s’en  fçavent  bien 
aider  ,  aprez  les  nniverfels  j 
félon  les  âges  ,  fexes  ,  fàifons, 
tempéraments  des  malades  ,  avec 
heureux  fuccez  ,  ôc  non  les  brouil¬ 
lons  ,  ignorans  >  &  peu  expéri¬ 
mentez. 

ZE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  concafler  le 
Polypode  ,  &ç  Euphorbe  &  ineifer 
fort  menu  la  Colocynthe  pour  les 
infufèr  enfèmble  avec  les  Sucs, 
l'huile  ,  ôc  beurre  dans  un  pot  de 
terre  verniflé ,  étroit  d’emboucheu- 
re  ,  fur  les  cendres  chaudes  envi¬ 
ron  huit  jours.  Durant  ce  temps  on 
fera  tremper  à  part  ,  le  Sagape¬ 
num  &  la  Myrrhe  dans  du  vinai¬ 
gre  ;  ôc  la  poudre  fera  faite  comme 
s’cnfiiit. 

Il  faut  pulverifèr  enfèmble  le 
Turbith,  le  Gingepibre. ,  &  la  Co¬ 
locynthe  hachée  menu  ,  la  Camo¬ 
mille  ,  le  Mezereon  ,  ôc  le  Poivre 
long ,  à  part  chacun,  la  Scammonée. 
l’Alocs ,  l’Euphorbe ,  &  le  fel  Gem¬ 
mé’,  puis  toutes  les  poudres  feront 
mêlées  enfemble. 

Le  neufviéme  jour  &  au  meme 
pot,  on  fera  bouillir  ce  qui  fera  de¬ 
dans  ,  deux  ou  trois  boliillons.  Aprez 
on  les  exprimera  :  puis  on  y 
ajoutera  en  la  colature  ,  le  Saga¬ 
penum  ôc  la  Myrrhe  ,  qu’on  avoir 
infufé  au  vinaigre  à  part  pour  le 
cuire  tout  enfèmble,  jufqii'à  la  (qua- 
lî  totale  )  confomption  ,  tant  des 
P  fucs^ 


9^  Rf 


1 1 4  Livre  1  /. 

flics  3  que  du  vinaigre ,  en  remuant 
'  continiicilemenc  avec  un  pilon  de 
bois  J  puis  on  y  ajoutera  k  cire  neuf- 
ve  hachée  &  icelle  fondue ,  &  la  baf- 
fine  ôtée  de  déillis  le  feu ,  on  y  ajou¬ 
tera  le  fiel  3  &  peu  à  peu  les  pou¬ 
dres.  Etant  ftoid  il  fera  referré  au 
befoin. 

Le  fîirnom  de  grand  y  eftmis ,  à 
k  différence  d\vn  autre’ de  femblable 
nom  3  moindre  en  vertu  3  en  nombre 
de  Médicaments  ,  &  artifice. 

LES.  EACVLTEZ. 

Il  purge  par  le  vomiflèment ,  fi 
on  en  frotte  l’eftomach,  &  par  le  bas 
fi  on  en  oinét  les  hypocondres  :  pour 
cç  il  eft  mervéilleufimentf  propre  aux 
hydropiques  3  évacuant  copieufement 
les  humeurs  fereufes.  Il  tue  auffi  les 
vers  >  &  les  chalfe..  Ons'en  fertpour 
ceux  qui  ne  peuvent  prendre  des 
Médicaments  purgatifs. 

REMARQVE. 

MEfué.  attribué  cet  Onguent  à 
Alexandre  en  fin  livre  des 
fmples  Médicaments  purgatifs  au 
chapitre  jus  allégué  ,  &  Bauderon 
dit  ne  fiavoir  au  vray  ,  fi  c’eft  Ni~ 
eolaui  Myrepjité  Alexandrinm ,  eu 
quelque  autre  Nicolas  AlexandriUy 
de  qui  Mefué  vueille  parler  -,  Il  efl 
bien  vray  que  Nicolas  Alexandrin 
en  fon  livre  de  la  compofition  des 
Médicaments  fuivant  tes  lieux  y 
chapitre  1054.  décrit  un  Onguent 
qu'it  appelle  Vnguentum  Catharti- 
cum  purgàns  phlegma  &  melancho- 
liam  3  qui  efl  bien  différant  du  fuf- 
dit  »  à  raifin  de  ce  je  n  ay  rien  cor^ 


Seâion  1  /. 

rigéqnoy  qu’il  fiit  compofé  detnU 

mes  ingrediens. 

Tour  le  modm  faeiendi,  il  fam 
prendre  les  Sues  du  Cyclamen,  & 
de  Concombre  fauvage  'd.epure\  far 
refiàence  pendant  un  jour.-aprez.  y 
faire  bouillir  le  Polypode  bien,  con- 
caffé  y  jufquà  la  confomption  d'un 
quart  ,  &  y  ajouter  la  Colocynthe 
purgée  de  la  femene'e,&  incij^e  fort 
menu  pour  la  faire  cuire  lemementt 
jufquà  ce  que  l’humidité  feit,oi( 
évaporée ,,  ou  imbibée  dans  la  Cole. 
cynthe  ;  alors  faut  ver  fer  tomes  ces 
matières  dans  un  pot  de  terre  t)er- 
nie,  avec  la  quantité  requife  d’huile, 
le  beurre  ,  &'  l’Euphorbe  triturée-, 
&  l’ayant  bouché  avec parchemin,k 
mettrez,  fur  les  cendres  chaudes 
par  deux  fois  vingt  quatre  heures , 
&  remueresc  fiuvent  afin  que  la  cha¬ 
leur  pénétré  également  la  matière 
y  contenue  e  cela  fait  faut  augmenter 
la  chaleur ,  &  luy  faire  prendre  une 
fort  legere  ehnllitien  approchant  de 
la  confomption  de  l’humidité-,  après, 
par  une  forte  toile  ferez  la  celature, 
&  l’exprimereT^  médiocrement.  Le 
Sagapenum  s’il  efl  triturable,  en  le 
mettra  en  poudre  fubtile ,  finon  il 
fera  diffout  dans  le  vinaigre ,  coulé, 
&  cuit  en  confifiance  de  miel, y  ajou¬ 
ter  es^la  Myrrhe  en  poudre ,  (  fi  ek 
ne  fi  peut  mettre  en  poudre  fubtile) 
afin  qu’elle  fi  mêle  plus  facilement 
par  la  chaleur  en  les  recuifant  pour 
les  réduire  en  vraye  cenfifience. 
Pour  la  cire ,  fiel ,  &  poudres,  faut 
fuivre  Bauderon. 


Vnguatt 


Des  Onguents  chauds,  1 1 5 


Vnguentnm  Splcniciim  ,  D. 
Bric.Bauderoiîi. 

Gnmmi  Ëlemi,  & 

Succi  Nicotiana  majorie ,  ana  une. 
mam. 


Gummi  Ammoniaci ,  uiceto  Cappa- 
mm  foluti  &  coCli,  & 

CeraflavA  ,  ana  drach.  duae. 

Liquatû  extra  ignem,  inyce., 
Tnlveris  AriBolochia  rotunda ,  & 
Lqnga , 

Cjiclaminü,  (  Panis  Porcinivulgo) 
ma  drach.  mam. 

Fiat  vnguentum  ufui  reponen- 
dum. 

PARAPHRASE. 

L'Autheur  de  cet  Onguent  Ta  fort 
bien  furnommé  3  du  nom  de  la 
partie  à  laquelle  il  s'adapte  ,  comme 
liiy  étant  propre  :  je  lay  trouvé  par- 
iny  les  papiers  de  mon  perc ,  dans 
un  traitté  qu'il  a  fait  de  affeétibus 
Splenisj  &  eftime  qu'il  foitde  ion 
invention  ,  &  experiençe.  Pour  le 
moins  3  je  ne  l'ay  pu'  voir  ailleurs. 
L’examinant  de  prçz  3  j'ay  connu 
qu’il  mérite  de  tenir  rang  en  là  Pa- 
raphrafe  pour  deiopiler  j  &  ramollir 
les  duretez  de  la  ratte.  Sa  baie  ejft 
la  gomme  ditteElemi ,  la  faculté  ra- 
.ïuoliitive  de  laquelle  eft  augmentée 
par  la  gomme  Ammoniac  3  c’eftà 
dire  venant  de  Ammon  qui  eft  un 
temple  en  Lybie  3  où  lupiter  étoit 
adoré  en  forme  de  Relier  où  elle 


croifl:  en  quantité.  Les  poudres  du 
Cyclamen  ,  &  des  Ariftoloches  y 
font  raifes,  tant  pour  échauffer  3  in- 
ciièr  J  &  atténuer  des  matières 
cralTes,  &  vifqueufeSs  cauiès  desob- 
ftrudtions  &  duretez ,  aidées  tant  par 
le  fuc  de  Nicotiahé,  ou  Petum  qui  ré¬ 
chauffé,  abftergCj  &  dücute  les  vents, 
que  par  l’huile  d’Hypericum,  lequel 
par  ià  chaleur  fond  &  difibut  les  hu¬ 
meurs  endurcis ,  &  épais  :  comme 
par  ià  tenuité  de  parties  ,  avec  le 
vinaigre  de  Cappres  3  il  inciie ,  atté¬ 
nué  3  fait  penetrer ,  &  empêche  l’ex¬ 
halation  des  autres  par  fpn  humidité 
oleagineuiè.  La  Refine  y  entre,  par¬ 
tie  pour  ramollir,  échaufïèr  &  digé¬ 
rée  avec  les  autres,  partie  pour  donner 
forme  à  toute  la  compofition ,  avec  la 
cire  jaune. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  fondre  la  gomme  Elemi, 
avec  le  iîte  de  la  grande  Nicotiane 
(  ou  Tabacum  ,  &  Petum  :  )  &  la 
gomme  Ammoniac  avec  le  vinai¬ 
gre  ,  où  les  Cappres,  trempent.  Puis 
avec  l’huile  d'Hypericon  ,  faire 
fondre  la  Refine  ,  la  Cire  ,  y 
ajoutant  les.  Gommes  fondues  ,  & 
cuittes  :  finalement  hors  du  feu, 
on  ajoutera  les  poudres  ,  pour  le 
tout  garder  au  beibin.  De  cet  On¬ 
guent  on  en  peut  faire  un  emplâtre, 
en  y  ajoutant  un  peu  de  Tercbin- 
tfiine ,  diminuant  la  dofe  de  l’huile, 
&  augmentant  celle  de  la  cire ,  & 
de  la  refine. 


P  i 


les 


1 1 Linive  1 L  Seciion  1  /. 


LES  FACFLTEZ. 

Il  a  une  vertu-  remollitive  j  & 
refout,  ouvre  &c  corrobore  la  ratte 
endurcie  ,  aprez  les  remedes  uni- 
verfèls, 

R  E  M  A  R  CLV  E.  ' 

E  me  trouve  bien  en  peine- quel 

nom  donner  à  cette  compojitien 
bplenique  ,  &  ne  pourroü  me  per- 
fuader  que  Briciui  Bauderen  ,  qui 
étoit  bon  Pharmacographe  f»  eut 
été  l'inventeur  ,  quoy  que  fin  fils 
die  ;  fi  je  ne  l'avois  trouvée  dé¬ 
crite  inot  k  mot  dans  fa  pratique., 
comme  elle  eft  icy  rapportée  ,  par¬ 
ce  que  les  dofis  font  fi  irregulie- 
res  ,  qui  me  feroit  croire  que  la 
defcription  ferait  venue  d'ailleurs. 
De  P'appeller  Onguent  ,  elle  nefi 
pas  de  la  cohfifiance  ;  de  luy  don¬ 
ner  le  nom  d'Emplafire  ,  la  con- 
fijlence  ne  s'y  trouve  pas  auffi  en¬ 
tièrement..,  aucun  autre  nom  ny 
fiauroit  mieux  convenir  que  ce- 
luy  de  Cerat  :  c'eft  pour  quoy  ,  U 
valait  mieux  -  le  loger  entre  i  Les 
Cerats  ,  que  parmy  tes  Onguents  ^ 
mais  pour  ne  démentir  pas  fin 
nom  ,  quand  on  le  compefera ,  il 
faudra  augmenter  la  dofe  de  l’hui¬ 
le.  La  Gomme  Elemi  ,  fi  elle  efl 
•molle  ,  la  faut  faire  fondre  dans 
l' Huile  avec  la'  Cire  ,  &  la  Refi¬ 
ne  ,  &  fi  elle  efl  fiiche  ,  on  la 
pourra  pulverifer  fi  on  veut  :  l’A- 
moniac  aufli  fi  pourra  pulverifer 
s'il  efl  fie  autrement  on  le  dtfi 
fiudra  comme  dejfus.  L'Onguent 
a  derny  froid  on  y  mêlera  les  fou¬ 


dres  fubtilement  pajféesy  &  finale, 
ment  le  fuc  de  Nicotiane ,  réduit  en 
■  cenfiftance  de  miel  j  voila  s'il  me  fem- 
ble  le  moyen  ,  &  la  vraye  méthode 
qu’il  faut  garder  pour  le  compofer 
artiflement. 


Vngucnruni  contra  Vermes. 

Olei  Abfi-nthij, 

Atnygdalini  amari  & 

Rut&  ',  ana  une.  duos. 

Succi  Foliorum  PerficorUm , 

Adatricaris,  ana  une,  unam. 
Abrotoni  ficci  , 

Rofarupi  rubrar. 

Farina  Lupinorum ,  . 

Centaurij  minorü 
Corallina 

SeminU  contra  Fermes 
Cornu  Cerui  ufli  ,  ana  drachm, 
unam.: 

Alo  'és  Socotorinà, 

Fellù  Taurini  ,ana  drach.  duat. 
Cera  ,  drachm.  fex ,  aut  quantum 
fufficit. 

Fiat  Fnguentum. 

PARAP  HRASE, 

A  Fin  que  ce  livre  ne  fuft  de» 
fedueux  d'aucun  remede  ou 
coiTipofition  ,  qui  peut  venir  en  ufa- 
gepour  fubvcnirà  toutes  les  .occur¬ 
rences  &  neceffité  du  corps  humain; 
fy  ay  encores  ajoute  cer  Onguent, 
emprunté  de  la  Phannacopée  de 
Lyon  ,  où  il  eft  fort  "en  ufage 
pour  tuer  les  vers.  La  difficulté 
qu'on  éprouve ,  principalement  aux 
petits  bnfans  ,  à  faire  prendre  des 
Médicaments  internes  pour  cet 


Des  Onguents  chauds,  1 1 7 


effet  J  tant  purgatifs  que  fpecifiques  3 
de  leur  nature  acres ,  fàicz  ,  acides, 
&  amers,  ce  qui  les  rend,  encorcs 
plus  dégoucans  &  delâgreables ,  rend 
cette  compofition  comme  necellairc. 
On  en  frotte  d'iceluy  la  région  de 
l'umbilic,  ou  bien  on  en  dilibut  quel¬ 
que  portion  dans  la  decocHon  com- 
rauiie  d’un  clyftere. 

REMARQJE. 

£  àmeurfi  furprû  du  dire  de 

menfienr  Sauvageon  ,  quon  puijfe. 
difoudre  de  cet  Onguent  centre  les 
vers  J  qui  eft  amer  dans  les  cljfie- 
res^  il  men  exeufera  s°ll  luy  plaît, 
cela  ne  fe  peut  ,  fans  choquer  & 
renverfer  la  pratique  des  pim  fça- 
tans  Médecins ,  qui  nant  jamais 
employé  les  médicaments  amers  fim- 
ples  ou  composés  dans  les  clyferes 
four  tuer  les  vers ,  que  centre  ceux 
qu'on  appelle  uifcarides  ,  qui  font 
les  plus  petits  ,  femhlables  à  ceux 
qui  s'engendrent  dans  le  fornage, 
qui  ont  leur  origine  au  bout  du 
fondement,  produits  d'une  pituite 
falée  :  car  pour  les  autres  deux 
eéfeces  ,  qui  font  les  longs  les 
eucurhitins  ,  ils  ont  toujours  prati¬ 
que  les  médicaments  doux  pour  les 
mirer  en  bas ,  &  au  contraire  on 
baille  tous  les  jours  avec  heureux 
fuccés  les  médicaments  amers' par 
la  bouche  ,  pour  les  chajfer  par  le 
bas ,  (jjr  peu  de  tems  après  les  cly- 
fieres  doux  peur  les  y  attirer.  De 
plus  parmy  les  f^avans,  il  nefi  nul¬ 
lement  pratique  de  mettre  l'huile 
eu  matière  grajfe  dans  les  clyfie- 
res  pour  attirer  les  vers  j  dans 
m.  onguent  il  y  a  de  l'huile  ,  & 


par  confquent  il  n'y  conviendra, 
point,  r aurais  encores  d'autres  cho- 
fes  h  dire  fur  la  dijfolution  qu'il 
en  conviendrait  faire  dans  la  de- 
coéiion ,  que  j'obmettray  d  dejfein, 
pour  finir  cette  Seélion  ,  après  avoir 
dit  un  mot  fur  lé  mélange  que 
mejfieurs  les  Médecins  ont  laifsS. 
De  tous  les  ingrediens  triturables, 
comme  de  l’ Abrotanon ,  des  Rofes, 
des  Lupins  ,  de  la  Centaurée ,  Co- 
radine  ,  corne  de  Cerf,  Semencon- 
tra  ,  &  Alo  'és  ,  il  en  faut  faire 
une  poudre  fubtile  3  dr  parce  que 
la  corne  de  Cerf  brûlée  n'a  point 
de  vertu  ,]e  la  voudrais  préparer  fur 
le  marbre  ,  &  l'humeÙer  avec  un 
peu  d'infufion  d'Abpnthe  vulgai¬ 
re  pour  la  rendre  utile  k  quelque 
chofe  Après  dans  la  quantité  des 
huiles  d'Abfinthe,  d' Amandes  ame- 
res  ,  &  de  Rué  cy-dejfus  requife, 
an  y  fera  fondre  environ  une  once 
&  demy  (  fuivant  la  faifon  )  de 
Ctre  jaune  ,  au  lieu  de  fix  drach¬ 
mes' qui  ne  fufiifent  point  pour  fai¬ 
re  le  corps  ;  &  '  au  lieu  de  l'huile 
d' Amandes  ameres  qui  n'a  point 
de  vertu  contre  les  vers  (  par  les 
raifons  cy-devatit  alléguées  en  la 
SeUion  des  Huiles)  'je  voudrais  rem¬ 
placer  fa  dofe  de  celuy  d'Abfin¬ 
the  &  de  Rué  3  l'Onguent  k  demy 
fioid  ,  on  y  aioûtera  les  fiscs  de 
fueilles  de  Pefeher ,  &  de  Matri- 
caire  évaporés  de  leur  humidité fi- 
perfiué  i  feduits  en  confifience  d' On¬ 
guent  ,  de  chacun  une  once ,  &  fina¬ 
lement  le  fiel  de  Taureau ,  le  toute 
bien  mêlé  ,  fera  ferré  au  befoin.. 


F  3 


SE  Cî 


Il 8  Livre  î L  SeBton  111 


SECTION  III. 
Traicté  des  Cerats  en  ge¬ 
neral. 

E  Cerat  eft  appelle  des  Grecs 
KiipuTti  ôc  K»pÉAat/o(':ponrce  qu'ils 
le  coinpofoicnt  avec  égale  portion 
d’huile  ôc  de  cire.  Depuis  ,  comme 
encore  pour  le  jourd’huy,  on  y  ajou¬ 
te  de  la  Colophone,  Re/îne,Tere- 
binthine ,  Gommes ,  moelles  ,  graif- 
fes,  Larmesj  Sucs,  Poudres,  6c  c.  félon 
l’intention  diverfè  de  celuy  qui  l’or¬ 
donne  ;pour  la  dolè  de  la  cire,  fera 
laifsée  au  jugcmeiijt  de  l’Apothicaire 
expert  ;  car  s’il  y  entre  de  la  Te- 
rebinthine.  Grailles,  &  Gommes  :  ou 
que  ce  foit  en  Eté ,  &  que  la  Cire 
mit  recente  8c  grade ,  il  y  faudra 
moins  d’huile  :  encore  moins  s’il  y 
entre  des  Poudres  ,  &  que  ce  foit 
en  Hyver,la  Cire  vieille,  afin  qu’il 
foit  de  confiftence  convenable. 

Quelques-uns  ont  limité  la  dolc 
de  la  poudre  à  une  drachme  ôc  de- 
my  pour  chacune  once  d’huile  ,  & 
la  moitié  moins  de  Cire  que  d’huile: 
&  pour  les  Emplâtres  ponion  égale, 
ce  qui  ne  s’obferve  pas  toû jours: 
mais  s’augmente  ou  diminué  félon 
la  force  qu’on  en  prétend.  ' 

Ce  remede  doit  tenir  le  milieu 
entre  Onguent ,  ôc  Emplâtre  :  c’etl 
à  dire  non  fi  mol  qu’iceluy  ,  ny  fi 
dur  que  cettuy-cy  ,  afin  que  par  la 
chaleur  il  ne  fe  fondît  fi-tôt  que 
l’Onguent  appliqué  fiir  la  partie  ma¬ 
lade  ,  ôc  qu'il  n’empêchât  la  perlpi- 
ration  ,  en  reffêrrant  &  comprimant 


le  cuir ,  &  mufclcs  fervant  à  1^  ref- 
piration  ,  &  exhaiailbn  de  la  ma, 
tkre  y  contenue  ,  comiiiC  il  fe. 
roit  s’il  ctoit  dur  comme  Em¬ 
plâtre. 


Traittê  des  Cerats  en  particulier. 

Ceratum  album  refrigerans, 
D-Galeni. 

5^.  Cera  alhx  elota ,  .dr  mn  favi, 
me.  mam. 

Olei  Rofati  Omphaeini ,  une.  ms, 
aut  4.  fi  mollius  re^uirü. 

-Licjuentur  firnul  invafe  dupliei  ;  re- 
fi-igerato  ajfunde  pautatim  in 
mortario,  aquit,frigidijfimx,quan- 
tnm  abforhere  poterit ,  fubigen- 
do  ,  &  percHtiendo.  PoHrmo 
adde  Aceti  clari ,  &  tennis  pa- 
mm ,  mpote  me.  femifi.  um  eir- 
citer. 

U  on  débet  hoc  Ceratum  eo  ufque 

■  fieper  partent  affebiam  manere, 
dum  manifeflè  inealeat  :  fed  fub- 
inde  aJfîdnèmutari.Hxc  Gai. 

paraphrase. 

CE  Cerat  ,  ou  Onguent  eft  dé¬ 
crit  par  Galien  au  livre  premier 
des  fimples  ,  chapitre  6.  &  au  10. 
de  la  méthode ,  lequel  poiu  être  fim- 
ple  ,  &  peu  difïèrent  de  la  nature 
des  Onguents ,  nous  l’avons  mis  in- 
continant  aprez  ,  &  au  commence¬ 
ment  des  Cerats.  U  a  pris  le  nom 
de  fa  couleur  ,  &  le  furnom  de  la 
qualité  réfrigérante.  Ceux  qui  le  dé¬ 
lireront  plus  froid  ,  au  lieu  de  l’eau 
ftoide ,  qu’ils  le  lavent  avec  les  uie* 
^  de 


Des  Cerats  en  particulier,  l  i^ 


de  plantain  >  Morelle,  Lai  Ctuc,  Pour¬ 
pier,  &c.  &  fi  encore  y.us  ,  ils  y 
ajo  teront  de  l’Opium.  Ce  cjuc  tou- 
tesfois  l’Apothicaire  ne  doit  faire, 
fans  le  iceu  &  exprez  commande¬ 
ment  du  docèe  &  expert  Médecin. 

H  cft  meilleur  qu’il  lôic  fait  en 
tems  de  la  necelîîté ,  que  de  le  gar¬ 
der  fait  en  fa  boutique ,  pource  que 
par  le  tems  la  vertu  réfrigérante  icy 
rcqiiife  fe  perd. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  fondre  la  Cire  blanche  en 
l’iiuile  Rofàt  Omphacin ,  lîir  de  l’eau 
chaude  ,  ou  fur  la  chaleur  des  cen¬ 
dres  :  puis  les  jetter  dans  un  mor¬ 
tier  ,  Je  étant  froids  ,  les  agiter  & 
Ibuvcnt  laver  avee  eau  froide  ,  &c 
fur  la  fin,  avec  un  peu  de  vinaigre 
Rofat. 

L’Vfage  félon  Galien  eft  ,  de  l’é¬ 
tendre  fiir  linges  blancs ,  &  l’appli¬ 
quer  liir  la  partie  échauffée  ,  &  le 
renouveller  fou  vent ,  &  n’attendre 
qu’il  fbit  échauffé  ,  &  continuer  juf- 
qu’à  ce  que  l’inflammation  fbit  mo¬ 
dérée.  Alors  il  faudra  ceflèr  de  peur 
d’éteindre  (  avec  l’inflammation  )  la 
chaleur  naturelle  de  la  partie,  au  pré¬ 
judice  des  malades  ,  &  déshonneur 
de  ceux  qui  l’appliquent. 

LES  FACFLTEZ. 

lleftfbrt  ufité  aux  inflammations, 
aux  ei-yfipeles ,  herpes ,  charbons  ,  & 
a  toute  intemperature  chaude.  On 
s  en  fèrt  aufli  fort  fréquemment  pour 
Ii.nimenE  aux  hypochondres  des  fc- 
bricitans.. 


R  E  M  A  R  QV  E. 

CEux-là  font  dignes  de  repre- 
henfon,  epui  par  avarice  em- 
ployent  dans  ce  Cerat  la  Cire  jan- 
ne  au  lieu  de  la  blanche  ,  s’imagi¬ 
nant  fans  doute,  par  la  lotion  quils 
y  font. puis  après ,  d’emporter  ce  que 
cette  première  y  a  introduit  j  ce 
qui  nef  pas  pojfible.  L'erreur  n’efi 
pas  moindre  de  ceux  qui  difent  que 
du  tems  de  Galien  on  apportoit  du 
Royaume  du  Pont ,  de  la  Cire  qui 
était  naturellement  blanche  ,  exem¬ 
pte  de  chaleur  &.  d’acrimonie  ,  de 
laquelle  on  fe  fervoit  pour  les  On¬ 
guents  &  Emplâtres  rafràichijfans, 
&  qu'on  ne  csnnoijfoit  point  la 
.blanche  artificielle  ;  mais  le  con¬ 
traire  de  cela  fe  vérifié  par  le  deu- 
x-iéme  livre  ,  chapitre  76.  de  Diof 
coride ,  ou  il  enfeigne  le  moyen  de 
la  blanchir  ;  &  par  Galien  mê¬ 
me  ,  livre  premier  de  la  compoji- 
tion  des  médicaments ,  fuivant  les 
genres. 

Ceux-là  fe  trompent  aufiî,  qui 
difent  que  de  laver  le  Refiigerant 
de  Galien  avec  Les  fucs  de  Plantain^ 
Mer  elle ,  Laiüues ,  Pourpier ,  &c, 
fera  plus  rafiaichijfant  que  de  la 
laver  avee  de  Veau  -y  &  fi  encore 
plus  en  y  ajoute  de  l'Opium ,  bien 
loing  de  la,  car  l’Opium efi  chaud 
&  non  froid  ;  &  Veau  aiguisée  d’un 
peu  de  fort  vinaigre ,  c  efl  a  dire 
de  quelques  gouttes , 'rendra  l’On¬ 
guent  pim  rafraiehifiant.. 


Ceratuna 


I  lo 


Livre  IL  Seélion  1  IL 


Ceratum  Santalinum,  D.Mel^ 

Olei  Rofati  loti  ,  (m  fit  prit- 
ftantim  )  lib.  mam. 

CevA  albA  ,  drach.  tringinta. 

r  Rofarum  ruhrartmi  ,  drach. 

Idmdecim. 

Santali  rubrii  drach.  decem. 
I  Santali  albi ,  & 

Pal.  Citrini  ,  utriu/qae  drachm. 
fex. 

1  Boli  Armenay  drach.  feptem. 
I  Spodii ,  unc.femifi. 

L  Caphura  j  drach.  duos. 

Fiat  Ceratum. 

PARAPHRASE-. 

CE  Cerac  a  pris  le  nom  de  la 
bafe  les  trois  Santaux  :  l’huile 
&  Cire,  y  font  rais  pour  luy  don¬ 
ner  corps ,  &  le  Camphre  pour,  fer- 
vir  de  véhiculé  à  la  balè.  Les  autres 
y  font  mis  ,  tant  pour  augmenter,  fa. 
vertu  réfrigérante ,  <jue  la  coa'obo- 
rante  des  vifeeres. 

LE  MELANGE. 

Enfemble  il  faut  pnlverifer  lés 
Santaux ,  &  les  arroufer  de  quel- 
ues  gouttes  d’eau  Rofe ,  &  fur  la 
n  y  ajouter  les  Rofes,  Il  faut  pul- 
verifer  chacun  à  part ,  le  Bol ,  Spo- 
dc ,  &  Camphre, puis  les  mêler  en- 
femblc  avec  les  Santaux  ,  &  les  Rô¬ 
les.  Aprez  on  fera  fondre  la  cire 
blanche  avec  l’huile  ,  lùr  eau  chau¬ 
de  ,  ou  cendres  chaudes,  puis  ôtez  de 
dellùs  le  feu,  &  à  demy  refroidis, 
peu  à  peu  on  y  ajoutera  les  poudres. 


pour  le  tout  reflèrrer  au  befoin,dans 
fon  pot  bien  couvert. 

Si  l’huile  Rofat  n’eft  Omphacin 
ou  recent ,  mais  vieil ,  il  le  faut  la¬ 
ver  plufieurs  fois  avec  eau  tiede ,  & 
à  icelle  feparée  on  y  fondra  la  dre 
comme  dit  eft.  Que  fi  la  cire  n’eft 
blanche ,  mais  citerne ,  que  les  Apo¬ 
thicaires  avaricieux  fubftituent 'pour 
icelle ,  pource  que’lle  n’eft  fi  chere, 
&  que  l’Onguent  eft  rouge  ,  qui 
couvre  la  couleur  :  à  tout  le  moins 
qu’ils  la  lavent  lôuvent  avec  de  l’eau 
tiede.,  puis  avec  de  la  froide  ,  afin 
que  les  malades  &  les  Médecins ,  ne 
Ibient  fruftrez  du  fruit  qu’ils  en  pré¬ 
tendent.  Car  la  cire  blanche  aullî 
bien  qu’aux  Onguents  eft  meilleu¬ 
re  aux  Cerats  refrigerans  que  la 
jaune  :  au  contraire  la  jaune  eft  meil¬ 
leure  aux  chauds  que  la  blanche. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  appaifè  les  phlegmons  &  tou¬ 
tes  les  intempéries  chaudes  du  ven¬ 
tricule,  du  foye  &  autres  parties. 

RE  HAROJE 

A  defeription  du  Cerat  San- 
talin  fie  trouve  prefque  confor¬ 
me  dans  tout  les  Diffenfaires  a 
celle  de  Mefué ,  cefl  une  mar¬ 
que  d'approbation  que  les  Aatheurs 
luy  donnent.  La  cire  blanche  ar¬ 
tificielle  ny  doit  point  être  ebmi- 
fie  y  comme  beaucoup  pratiquent. 
Pour  l'huile  Rofat  Omphacin  ,  il 
n'importe  en  rien  qu'en  y  fubfii- 
tué  le  complet  ,  mais  le  commun- 
non  ,  comme  il  n'arrive  que  trop 
foHvent  parmy  ceux  qui  n'ont  autre 
visee 


Des  Cerats  en  particulier. 

n  leur  frofejfim  que  de  gaig- 


LÉ  Mélange'. 


ner  de  l  argent. 


Ccratum  Stomacliicura,D,M. 

%.  Olei  Rofati  completi ,  lih.  unam 
&femsj.<.  ■ 

Cerit  flaua  ,  &  pur  a  ,  une.  qua~ 
mr, 

ç  Rofarum  ruhrar.& 

I  MaHiches ,  drach,  vi- 

I 

Pulverem  Abjinthii  Pont,  maio- 
j  ris , drach  .quindecim. 

I  Nardi  Indica  ,  drach. 
decem. 

Cera  ■&  Oleum  igni  liquata ,  ftpè 
laventur  aqua  Rofarum.  Iterum 
liquata ,  laventur  aquü  parti- 
hm  vini  aufteri ,  &  fucci  Cpdo- 
niorum,  cum  pauco  Aceto.  Pofire- 
mo  reliqua  pulverata  mifeean- 
tur-,  &  fiat  Ceratum ,  quod  ufui 
reponatur. 

par  AP  H  RASE. 

MEfiié  a  tiré  ce  Cerat  du  livre 
huitième  de  la  Méthode ,  &  li¬ 
vre  huitième  des  médicaments  lo¬ 
caux  de  Galien  ,  en  changeant  les 
Rôles  pour  l’Aloès  ,  &  les  fueilles 
d’Ablînthe  pour  lé  fuc  :  le  Nard 
Indic ,  hhuile ,  &  cire  pour  l’Onguent 
Nardin  :  &  augmenté  la  dolc  du 
Maftich.  Voila  comme  s’eft  gouver¬ 
ne  Melué.  Le  nom  luy  eft  imposé 
de  la  partie  à  laquelle  il  eft  appro¬ 
prié  (  pour  le  tout  )  car  (  à  propre¬ 
ment  parler)  l’eftomach  eftlonticc' 
luperieur  du  ventricule. 


Il  feut  fondre  la  cire  neuve  avec 
l’huile  Rolât  complet,  puis  les  la¬ 
ver  pluficurs  fois  avec  eau  Rolè. 
Aprez  on  les  fera  refofidre  &  rela¬ 
vera  avec  égales  portions  de  lue  de 
Coings,  &  vin  adftringent  ,  avcc- 
un  peu  de  vinaigre.  Cela  fait ,  on  y 
ajoutera  les  poudres  faites  comme 
s'enfuit. 

Le  Nard  Indic  incisé  ,  l’Abfin- 
the,  &  les  Roics  fe  piilvcrifeiont 
enfemblc  ,  &  le  Maftich  à  part.  Le 
tout  ainil  mélangé  ,  fera  gardé  au 
befoin. 

LES  FA  CFLTE  Z. 

Il  corrobore  le  ventricule  &  le 
foye  ,  aide  à  la  coétion  ,  confume 
les  vents  ,  cuit  les  humeurs  crues, 
excite  l'appetit  ,  &  appaife  le  vo- 
miliement. 

REMARQVE. 

Es  Arabes  ont  beaucoup  tra¬ 
vaillé  pour  illuErer  la  Méde¬ 
cine  ,  ainfi  que  novu  avons  cy-de- 
vant  dit  aux  raifo'ns  qui  preuvent 
la  préparation  des  ingrédient  ma¬ 
lins  de  la  Hier  a  Legodii  ,non  pat 
tant  feulement  à  nom  inventer  des 
rernedes ,  mais  encor  es  ils  ont  appor¬ 
té  de  la  pohtejfe  d  ceux  des  Grecs, 
comme  a  fait  Mefué  en  dofant , 
&  mettant  en  bon  ordre  le  Cerat 
Stomachic  de  Galten,  &  autres  com- 
pojitions. 

Pour  le  modui  faciendi  faut  fai¬ 
re  fondre  la  cire  &  le  Mafiic  a 


1  Li 


Livre  IL  SeBion  HJ, 


petit  feu  dans  l'huile  Rofat  ,&  les 
agiter  doucement  jufqua  ce  quils 
[oient  à  demy  fioids  ,puis  avec  eau 
Refe  les  faut  iaver  deux  ou  trois 
fois  ,  &  à  chaque  fois  faut  changer 
d’eau  5  cela  fait ,  fur  une  moindre 
chaleur  que  la  première  on  le  re¬ 
fera  fondre  ,  '  a  l'infîant  refoidir 
pour  en  feparei  exaÜement  l'eau 
qui  s'y  était  mêlée  ,  après  la  fepa- 
ràtion  faite  ,  derec  hef  avec  du  fuc 
de  Coings  ,  du  gros  vin  &  un  peu 
de  vinaigre  ,  le  corps  de  l’Onguent 
fera  lave  par  trois  ou  quatre  fois. 

le  voudrais  encores  humeéler  la 
poudre  pour  un  plus'  grand  •bien 
avec  le  fuc  de  Coings  ,  la  faire  fei- 
cher  ,  trituter ,  &  pajfer  par  un  ta¬ 
mis  fuhtil  ,  comme  a  été  cy-devant 
dit  aux  Onguents  foids,  fi¬ 
nalement  mêler  le  tout  enfemble. 
Mon  fentiment  efi  que  la  lotion 
dé  l'eaù  Rofe  ne  contribué  rien 
à’ ce  Cerat  ,  comme  a  été  cy-de¬ 
vant  dit. 


Ceratum  Oefipatiim  Gaicno 
adfcriptui:o,D.M. 

y:.  Oefipi,  drachm.  feumc.de- 
cem. 

Oleorum  Chamameli , 

Irini ,  utriufque  unc.fex, 

Cera  fiava ,  une.  très, 

M^‘Fikhes  ,& 

Terebinthina,  utriufque  unc-.unàm. 
Refin  a ,  une.  dimid. 

SpicA  Nardi  ,  drachm..  duos  ^ 
dimid, 

Croci ,  drach.  unam  &  femiJS.. 

Si  quu  addiderit, 

Ammoniaci ,  une.  unam ,  Cr 


Styracis  calamites  ,  une.  femifem: 
efficacius  erit  ad  emotliendum  tu. 
mores  duros,,  &  quacunque  alia 
Pauli  &  Philagrü  Cerata  pdi- 
centur,&  prafiabit.Rondeletm. 

PARAPHRASE- 

MEfué  référé  ce  Cerat  à  Galien 
en  fa  méthode  livre  1 4- lequel 
à  pris  le  nom  de  fa  bafe  l’Oehpe,. 
que  nous  avons  mis  au  commence¬ 
ment,  &  fAutheiir  à  la  fin. 

Ceux  qui  voudront  luy  donner 
plus  de  f-orce  ,  &  qu*il.  fupplée  le 
defaut  de  celuy  de  Paulus ,  &  Phi- 
lagrius, qu'ils  y  ajoutent  rAmmoniaCi, 
&  le  Styrax  calamite^ 

Z£  MELANGE; 

Le  Maftich ,  Nard  Indic  j  &  Saf- 
fran  iê  pulverilèront  chacun  à  part, 
puis  feront  mêleï.  Aprez  fur  les  cen¬ 
dres  chaudes,  on  fera  fondre  la  dre 
neuve  ,  &  nette ,  &  Refine  dans  les 
huiles  :  puis  la  balLnc  ôtée  de  deffiis 
le  fèu ,  on  y  difioudra  l'Oefipe  avec 
un  pilon  de  bois,  la  Tcrebiathinc& 
Ammoniac,  auparavant  fondu ^ cou¬ 
lé  ,  &  cuit  en  confiltence  de  mieh 
Finalement  les  poudres  &  Styrax  puL- 
verisé  à  part,  en  remuant  toujours, 
juiqu  a  ce  qu'il  loit  froid  ,  pour  le 
relierrer  au  befoin. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  amollit,  &  digère  les  tumeurs 
dures  du  foyc ,  de  la  r.-.tte,  de  la  ma- 
tric  ,  des  nerfs,  des  joindures  &  au¬ 
tres  parties,  &  efi:  fort  anodin. 

RB 


Des  Cerats  en  particulier.  113 

REMARQVE.  fARAP  hrASE. 


(■yE  Cerat  aujfi  bien  c^e  le  pre- 
jcedent  a  été  réglé  par  Mpfité, 
(jmy  quajfez.  mal  ,  pour  y  avoir 
flui  d’huile  d  l’un  &  d  l'autre 
qu’il  ne  faut ,  jf  ne  fçay  d  qui  en 
attribuer  la  faute ,  dfl’Autheur ,  d 
[es  interprétés  ,  ou  aux  coppitles  de 
[es  œuvres. 

Si  l'Amoniac  efi  fec  ,  il  fe  met¬ 
tra  facilement  en  poudre  fubtile, 
&  fera  meilleur  ainft ,  que  difbut, 
coulé ,  &  cuit  au  vinaigre  :  le  Sty¬ 
rax  calamite  de  même  fera  mis  en 
foudre  ;  le  Âfafîich  choifi ,  doit  être 
fondu  dans  les  huiles ,  comme  a  été 
[cuvent  dit ,  fur  une  lente  chaleur, 
&  le  reBe  des  poudres  y  fera  ajouté 
fur  la  fin. 


Ceràtum  de  Arnogloffô, 
D.  Gai. 

Foliortm  Plantaginù  maje- 

Tanù  SyncomiBi ,  id  efi  ,  d  fur  fur  e 
non  - omnino  purgati ,  & 

Le'ntium  contufarum  ,  fingul.  pares 
portiones. 

Coquantur  in  aqua  fufficiehti.  De- 
■inde  piBentur^  in  mortarie'  mar- 
moreo  ,  (p'  fuper  crib'rum  cer- 
nantur.  Vtendi  '  tenipore  prâpa- 
tandum  erit.  Avic.  Ubr.  quâr- 
^0  >  fen  j .  traBatu  primo ,  capt¬ 
ât  decimo.  Addit  Gallas.  Serapio 
vero  traBat.-s^.  cap.t.1.  non  dif 
fentit  d  Gai, 


CEcy  à  parler  proprement,  n’eft 
un  Cerat,  ny  Emplâtre,  quoy 
que  Serapion&  Avicenne,  aux  lieux 
preallegués  ,  Payent  ainfi  nommé  : 
mais  un  Malagme  ou  CataplaCne, 
tant  pour  ce  qu'il  n'y  entre  point  de 
cire ,  que  pource  qu’il  n’eft  de  con- 
fiftence  dure  comme  doit  être  l’Em¬ 
plâtre,  pour  raifon  de  laquelle  je  l’ay 
mis  au  rang  des  Cerats ,  comme  aufli 
le  fiüvânt.  Avicenne  y  ajpûte  des. 
Galles ,  autant  que  des  autres.  Il  ne 
fe  doit  préparer  finon  lors  qu’on 
s’en  doit  lèrvir  :  pource  que  fraiche- 
ment  fait  ,  il  a  plus  de  vertu’  que 
vieil  :  &  qu’en  tout  tems ,  on  peut 
facilement  recouvrer  du  Plantain  que 
lés  Grecs  appellent  Arnogloflùm, 
id  cft  ,  liiigua  Agniria,  &  Plantago, 
qui  eft  la  balè  ,  dont  il  a  pris  Ion 
appellation. 

Panis  Syncomiftus ,  ainfi  nomme 
des  Grecs  ,  cft  celuy  qu’on  fait  de 
ferine  pafiée  par  un  gros  tamis,  &c 
tient  le  milieu  entre  le  pain  blanc 
&  le  vulgaite,  duquel  une  partie  du 
fbn  a  été  ôtée.  Les  habitahs  de  ce 
iieu  l’appellent  Oferain. 

LE  MELANGE., 

^1  faut  concalTcr  les  Lentilles ,  & 
iheifer  le  Plantain ,  puis  les  cuire  en- 
fértiljle ,  en  Quantité  fiiffifatite  d’eau, 
piiis  étans  à  demy  cuits ,  oh  y  met¬ 
tra  égale  portion  (  que  de  l’un  d’i- 
ceux  )  de  pain  fait  de  farine  de  fro¬ 
ment  entière  ,  non  du  tout  purgée 
du  fon.  Le  tout  fort  cuit ,  fera  pilé 
dans  un  mortier  de  marbre, de  pafsé 


114  Livre  IL  SeBion  1 1 L 


à  travers  un  tamis  renverse  ,  avec 
une  fpatule  :  &  tiede  appliqué  fur 
les  Anthrax  ,  ou  charbons  pelhlcn- 
tiels.  Si  quelqu'un  commande  d’y 
ajouter  des  Galles  fèmblable  poids 
que  les  autres  érans  concalïées  ,  on 
les  cuira  avec  le  Plantain  ,  &  Len¬ 
tilles  J  &  on  fera  comme  dit  eft. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  réfrigéré  j  repercute ,  &  digé¬ 
ré  médiocrement  >  pour  ce  regard  il 
convient  aux  anthrax  ,  comme  il  eil 
dit  ;  mais  au  commencement ,  aprez 
la  faignée  &  le  ventre  étant  dé¬ 
chargé. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

E  Cerat  aujfi  a  été  réglé  -par 
Avicenne  :  le  modm  facien- 
di  efi ,  quil  faut  faire  cuire  les 
Lentilles  entières  en  Jufifknte  quan¬ 
tité  d’eau  fans  les  concajfer,  com¬ 
me  veut  l’Autheur  du  mélange  ; 
étans  k  demy  cuites  ,  on  y  ajoute¬ 
ra  de  Plantain  incisé  menu  ,  ou 
Arnoglofo  des  Grecs  ,  &  fur  la 
fin  on  y  mettra  le  pain  bü  :  la 
decoblion  coulée ,  le  marc  fera  pi¬ 
lé  &  pafsé ,  comme  a  été  cy-defi- 
fia  dit.  Afin  que  la  pulpe  aye  la 
confidence  requifi ,  après  avoir  cou¬ 
le.  la  decoElion  faut  exprimer  le- 
gerement  le  marc  ,  qui  voudra  évi¬ 
ter  de  le  mettre  fur  le  feu  pour 
te  cuire,  ou  confumer  l'humidité 
fùperfiuë.. 


Ceratum  de  crufta  panis,  D.B. 
'  ,  Montagtianæ. 


Crufia  panis,  tojia  &  in  Aceto 
macerata ,  une,  duos. 

Oleorum  Maflichini ,  & 

Cydonierum  ,  utriufque  me. 
unam. 

Pulverii  JiEaTliches , 

Ment  a  , 

Spodii , 

Coràllt]  rubri  * 

Santali  albi  & 

Rubri  ,fing.  drach.  unam. 
Farina  Hordei  quantum  fujfcit;  fiat 
Ceratum  ,vel  Emplaftrum  utendi 
tempore  praparandum. 

L>ARAPHRA  SE. 

CE  Cerat  eft  de  même  namre 
que  le  precedent,  à  fçavoir  qu’il 
n’eft  Cerat  ,  ny  Emplâtre  :  mais  un 
vray  Cataplafme  ,  quoy  que  Monta- 
gnana  même  au  chapitre  detiziémc 
de  fon  Antidotaire  ,  l’appeUe  Em¬ 
plâtre. 

Il  a  pris  le  nom  de  û  bafe,Ia  croû¬ 
te  de  pain  rôtie ,  l’adftridibn  de  la¬ 
quelle  eft  augmentée  par  les  pou¬ 
dres.  Le  Vinaigre  leur  fertde  véhicu¬ 
lé,  &  les  huiles,  &  farine  pour  leur 
donner  corps. 

Si  on  y  ajoute  une  one  de  cire, 
il  fera  plus  folide,  &  plus,  aisé  à  met¬ 
tre  en  magdaleons. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  rôtir  fur  les  charbons  al- 
hunez  la  croûte  de  pain  >  &  toute 
chaude- 


Des  Cerats  en  particmier.  115 


chaude  la  lailfcr  tremper  en  fort  vi¬ 
naigre  ,  jiifqu’à  ce  qu’elle  foie  ten¬ 
dre  »  puis  ou  lu  pilera  au  mortier, 
ic  paflera  fur  le  tamis  ,  comme 'nt^us 
avons  dit  au  precedent.  Aprez  on 
fera  fondre  la  Cire  avec  les  huiles, 
puis  le  pain  ainfi  pafsé ,  fera  incor¬ 
poré  avec  les  poudres  ,  &  farine 
d’orge,  ce  -qu’il, en  faudra,  pour  le 
tendre  de  telle  forme  qu’on  voudra, 
foie  Cerat  ou  Emplâtre. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  arrête  le  vomiflêment  par  Ion 
adltriclion,  &  fortifie  le  ventiicule. 

REMARQVE. 

IE  trouve  quelques  difficultés  aux 
dofes  de  eette  comfojîtion  ,  fait 
pur  le  réduire  en  forme  de  Ce- 
rat ,  ou  en  forme  d‘ Emplâtre-,  com¬ 
me  aux  huiles  cqui  y  font  en  trop 
grande  quantité  ,  &  en  la  fari¬ 
ne  d‘orge  qui  neft  peint  réglée. 
Bauderon  nom  en  a  rapporté  fidè¬ 
lement  la  defeription  de  fin  inven- 
teur  i  mais  pour  furvenir  â  fis  def- 
fauts ,  il  me  femble  qutl  fera  bon 
â’y  procéder  de  la  forte.  Il  faut 
prendre  une  croûte  de  pain  &  la 
faire  fiieher  dans  un  four  ,  fans 
quelle  fie  brûle  ,  car  elle  perdrait 
entièrement  fin  adéiriélion ,  &  tou¬ 
te- chaude  la  faut  faire  imbiber  de 
fort  vinaigre  jufquà  ce  quelle  fait 
bien  imbu'é ,  alors  la  faut  mettre 
feicher  en  une  chaleur  medioçre,  & 
la  rechauffier  de  nouveau  pour  de¬ 
rechef  la  faire  imbiber  &  fiieher 
comme  devant ,  cela  fait  on  en  pren¬ 
dra  deux  onces  pour  réduire  en 


poudre  fubtile  :  les  autres  ingré¬ 
dient  auffi  feront  mis  en  poudre,  & 
avec  la  quantité  des  huiles  fm- 
mentionnés  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  le  tout  fera  malaxé  enfemble. 
Si  on  fuivoit  JHontagnana ,  lAu- 
theur  du  mélange ,  &  quon  mala¬ 
xât  la  croûte  de  pain  humide  avec 
les  poudres  &  les  huiles  ,  les  hui¬ 
les  ne  fi  mêleroient  point  avec  la 
croûte  de  pain  ,  â  caufe  du  ^vinai¬ 
gre.  Et  quant  â  la  cire  que  Baude¬ 
ron  confiiUe  d'y  en  mettre  une  once, 
il  en  faudrait  beaucoup  pim  pour 
luy  donner  corps  de  Ceraf  ou  d' Em¬ 
plâtre  ,  ou  du  tout  point  ;  elle  n’y 
ferviroit  auffi  que  pour  augmenter 
la  quantité  de  l'Emplâtre  ,  .  &  af¬ 
faiblirait  de  beaucoup  fis  vertm. 
Pour  la  farine  d’orge  de  laquelle 
efi  demandé  quantité  fuffifante  ,  il 
y  en  aura  affiez.  de  demy  once  ,  & 
s'il  refie  d'huile  après  avoir  donné 
la  confidence  convenable  aux  pou¬ 
dres  il  le  faut  retrancher. 

Il  me  refie  encore  une  difficulté  de 
laquelle  \e  n  ay  pû  être  éclaircy  ,que 
Bauderon  &  tom  ceux  qui  rapportent 
cette  compofition  en  leurs  Pharmaco¬ 
pée  ont  fuivy  ,  qui  efi  que  Monta- 
gnana  a  dit  Santalorum  amborum 
ana  drachmam  unam,  &  tom  l'ex¬ 
pliquent  pour  Santali  albi  ,&  rubri, 
ana  g  j.  fiavoir  non  pourquoy  ils  en¬ 
tendent  plutôt  le  Santal  blanc ,  & 
le  roîtge  ,  que  le  citrin  ,&  le  blanc, 
ou  bien  le  rouge  &  le  citrin  ?  je  nen 
ay  peint  trouvé  la  raifon  jufques- 
icy ,  â  moins  qu'ils  eliiment  le  ci¬ 
trin  pim  chaud  que  les  autres ,  par 
cette  raifon  fi  j'avois  à  compofir  ce 
Cerat ^  je  ly  mettroü  preferable- 
ment  au  blanc. 

q  3 


SEC 


lié  Livre  IL 

ê®- -S^- -S^S- 

SEGTION  IV. 

Des  Emplaftres. 

De  Em^laflru  in  genere. 

IjMM  P  L  A  s  T  R  E  encre  les  reme- 
des  externes  j  eft  le  plus  foüde 
de  tous.  Son  nom  vient  du  Grecj 
«fi^rAas'poV  ,  de  àjTTO  yi 
Comme  qui  diroit  forme  en  mallè 
tournant  dune  part&  d'autre,  com¬ 
me  dit  Gorræus ,  bouchant  les  po¬ 
res  du  cuir  auquel  par  fa  lenteur  il 
adhéré. 

.  Les  derniers  Grecs  y  ont  ajoute 
«ne  R.  que  les  Latins  ont  retenue 
avec  la  declinaifôh  neutre  &  laiffc 
la  féminine  to  îfXTrXaç-pov  hoc  Em- 
plaftrtim  ,  &  non  »  ê/zw-Aarpo?  hæc 
Emplaftrus.  Ce  genre  de  remede  a 
été  excogicé  pas.  les  anciens  (  à  mon 
jugement  )  afin  qu’il  fejournât  plus 
à  la  partie  fans  fe  fondre  que  les 
Onguents  &  Cerats  cy-devant  dé¬ 
clarez  :  auflî  pour  corroborer  & 
dellèicher  ,  adftreindre  ou  molli- 
fier,  confumer  J  &  digerer  les  hu¬ 
meurs  qui  feroient  retenus ,  en  icel¬ 
le  ,  &  pour  longuement  conlèrver 
leur  vertu. 

Les  Modernes  s'accordent  avec 
Paul  Æginete ,  livre  7.  ehapit.  1 7. 
qu’il  fe  compofede  toutes  les  par¬ 
ties  des  plantes  ,  des  minéraux  ter¬ 
res,  cendres  ,  coquilles,  des  ex- 
crements,  des  animaux  entiers  ,  &c 
de  leurs  parties.  Les  uns  y  font  mis 
pour  donner  coprs ,  plutôt  que  pour 


SeBion  1 V. 

augmenter  la  vertu ,  comme  l’huile, 
la  cire  ,  la  Litharge  ,  &c.  pour  ce 
leur  dolè  n’efl:  fouvent  Ipecifiée;  mais 
laillcc  à  la  dilcretion  de  l’expert 
Apothicaire.  Les  autres  y  font 
mis  pour  diftribuer  la  vertu  '  des 
terreftres  aux  parties  éloignées , 
comme  eau  ,  vin  ,  vinaigre  ,  fuc 
liquide ,  &c.  Les  autres  pour  l'un 
&c  l’autre  ,  comme  font  les  poudres, 
qui  donnent  corps  &  augmentent 
la  vertu  de  i’Emplaftre.  le  laiffè 
l’odeur  ,  &  couleur  tant  recomman¬ 
dée  des  Anciens ,  &  Modernes.  On 
doit  icy  notter  que  les  poudres  ne 
doivent  être  lî  fobdles  que  pour  les 
Onguents. 


De  Emplaftiis  in  fpede. 

EmpUftrtm  Album  coBum ,  feu 
de  Ceruja  ,  incerei  Au- 
thoris. 

1^.  Olei  Rofati  complen ,  lib  dm. 

Cerufte  ,  lib.  mam  &  femip. 

Cera  alb<z,  une.  quatuor. 

Coque  in  ’vafe  fiannato,  vet  plumbd- 
to  terreo,  igni  lento  in  mafam, 
ex  qua  forme ntur  Mugdali&  ufui 
necejfario. 

PARAPHRASE. 

La  bafo  de  cet  Emplâtre  eft  la 
Cerufe  ,  dont  il  prend  le  horo, 
&  la  couleur.  L’huilè  y  fert  dtJ  ma¬ 
tière  ,  &  la  Cire  pour  luy  .donner 
corps  ,  &  le. rendre  'gluant; 
Æginete  au  livré  7.  chap.  T7.&  My- 
repfiis  en  la  SéiSlîbn  i  0.  'chap:  1 


Des  Emplafires,  iij 


y  ajoutent  d’Amydon  ,  Litharge, 
&  blancs  d’œnfs  ,  &  varient  au 
poids  J  ce  que  ne  doit  faire  TA- 
pothicaire  ,  s'il  ne  luy  eft  exprez 
commandé.  ChriftophoruSj  &  loii- 
bert  ,  font  d’avis  de  le  compofcr 
avec  égales  portions  d’huile ,  ôc  de 
Cerule  ,  lans  cire  ,  Litharge ,  ny 
autre  choie.  Ainfi  il  eft  pilûtôc 
cuit ,  &c  plus  blanc  3  auffi  n*tft-il 
fl  gluant  3  &  adhérant  à  la  partie, 
&peu  de  teraps  aprez,  il  devient  fi 
fec,  qu’on  ne  le  peuc  étendi  c ,  ainfi  que 
nous  l’avons  t  anlciit  de  Coidus,  il 
eft  d’une  bonne  co'nfiftence,  6c  tres- 
fouverain  pour  tout  ce  qu’il  promet, 
qui  me  fait  conlèiller  aux  Apothicai¬ 
res  de  Ciivre  plutôt  Cctte  delcription 
qu’autre  qui  foit. 

LL  MELANGE.. 

Premièrement  quand  l’Apothicai¬ 
re  veut  compofer  cet  Emplaftre, 
GU  le  Diachylon,  blanc  ,  ou  antre 
femblable  luivant  l’avis  de  Galien 
au  livre  1.  des  Médicaments  lè- 
lon  les  genres  ,  il  doit  choifir  un 
air.  clair  &  lèrain  ,  &  non  plu- 
uieux  caligineux  ,  ou, opaque  ,  & 
de  la  Cerulè  foit  blanche ,  &  non 
fàlfifiée  avec  Ochre  blanche ,  la¬ 
quelle  pulveriféc  ftir  un  tamis  ren- 
verlé  3  fera  cuite  avec  l’huile  rolât 
cotEplet,  qui  foit  fort  clair  ,  dans 
une  balfine  d’étain  ,  ou  de  terre 
verniftée  ,  ftir  un  petit  feu  &  con- 
tiriuellement  remuer  ru  fonds  la 
Cerule  J  avec  une  fpatule  large ,  «afin  , 
qu’elle  ne  fe  brufle  j  &  ioit  plu¬ 
tôt  cuite.  Ce  qui  fe  connortra  fi  on 

met  un  peu  fin;  un  marbre  ,  oU/, 
dans  l’eau  3  6c  étant  maniée .  entre 


les  doigts  3  érenduë  fiir  le  métacar¬ 
pe  3  elle  n’adhere  ,  ôc  fe  leve. 
net  :  alors ,  il  fera  temps  d’y  ajou¬ 
ter  la  cire  blanehe  ,  nette  de  toute 
ordure  ,  laquelle  le  rendra  dtiébile 
dont  on  formera  des  Magdaleons, 
qui  couverts  de  papier  blanc,  feront 
gardez. 

LES  FACVLTE  Z. 

Il  guérit  les  excoriations  faites 
par  les  fouliers,  de  cotipeure  ou  au¬ 
tre  caulè. 

R  E  M  À  R  (^V  E. 

Et  EmpUfire  eft  diverfe- 
ment  décrit  par  les  a- 
thettrs  ,  aujfi  efl-il  rarement  com^ 
Tofé.  comme  ils  le  décrivent ,  cha~ 
cnn  y  augmente  fuivant  Jon  fenti~ 
ment ,  les  uns  la  Cerufe,  des  autres  y 
ajoutent  de  la  Litharge,  &  cela  pro~ 
cede.  de  deux  chofes  ;  la  première  de 
ce  quiLn'a  point  d'Autheur  certain,. 
&  quil  na  ]amaü  été  décrit  re- 
guherement  ,  la  fécondé  eft  ,  que 
bien  que  la  Cerufe  fe  tire  du  Plomb 
comme  la  Litharge  ,  elle  n  abon¬ 
de  pas  tant  en  fel  :  la  raifon  de 
cela  eft  ,  que  fune  fe  fait  par  un 
feu  aètHel,&  l'autre  par  un  feu  oh 
chaleur  pontentielle  en  outre  fefti~ 
me  qu'on  bro  'ûille  &  fofiftique  la  Ce¬ 
rufe  ,  par  le  mélange  d'autre  ma¬ 
tière  ,  qui  fait  que  fur  une  livre 
d'huile  3  il  fuftt  de  derny  livre  de 
Litharge  ,  &  tout  le  contraire  de 
la  Cerufe ,  il  en  faut  deux  livres  fur- 
une  d'huile  3  à  moins  quelle  foit' 
de'  la  bonne  qui  eft  bien  blanche, 
fort  fiïable  ,  &  moins  pefante  qm 


12.8  Livre  11, 

la  commune  j  &  volcy  comme  je  le 
eempofe. 

Cerufa ,  Ub.  duos. 

Olei  Rofati  compieti  ,  Ub, 
unam. 

Cera  alba ,  une.  quatuor. 

Coquantur  lento  igné  donec  fit 
coUUm,. 

Il  y  a  le  pim  fouvent  difficul¬ 
té  k  cuire  cet  Emplafire  >  à  luy 
conferver  fa  couleur  blanche  ,  & 
d  empefeher  que  l’huile  rofat  ne 
reçoive  point  d’alteration  pendant 
fa  cuite  -,  ou  -à  tout  le  moins 
très -peu  ;  pour  y  remedier  ,  il 
faut  cuire  L’hmle  ,  &  la  Cerûfe 
fur  un  feu  très -lent ,  qui  efl  cau- 
fe  que  l’ Emplafire  demeure,  fix  à 
fept  heures  a  fe  cuire ,  &  afin  que 
cette  longue  coüion  ne  l’altçre point 
ny  en  fa  couleur,  ny  en  fes  qualités. 
&  vertm ,  il  y  faut  jetter  de  temps 
k  autre  de  l’eau  de  fontaine  durant 
la  cuite ,  &  ainfi  on  l’aura  tel  qu’il 
faut  ,  moyennant  quon  le  cuife 
dans  une  grande  lerrine  de  la  ci¬ 
re  blanche. 


Tela  Emplaftica,  vulgo  Spara¬ 
drap  ,  D.  Bauderoni. 

y:.  Olei  communie ,  &  veteris , 
i/lxungia  Porci ,  & 

Lithargyri  auri  Jubtiliter  pulvera- 
ti,fing.  Ub.  unam. 

Cerufe , 

Cera  flava , 

Picis  JSTavatis , 

.Adipis  Arietü ,  aut  Hadi ,  finoul. 
lib.femifi.  ^ 


SeBion  I  V, 

Colophonia  ’ 

Refina,  utriufq,  une.  quatuor. 
Thuris ,  & 

Mafiiehes ,  utriufq.  une.  unam. 
fpufltuor  priera  fimUl  coquantur 
fitper  ignem  femper  fiatula  mo. 
vende  ,  ne  urantur ,  donec 
ftam  crajfttudinem  nancifeantur. 
-Reliqua  minutim  incifa  cum 
Adipe  Arietis  inijciantur  ,  & 
coquantur  in  Emplafirum.  Huk 
adhuc  calido  ,  tela  vetufiate' 
quedammodo  ]am  attrita  ,  de- 
mergatur  utrimque  imbuta,  atque 
infelta,  retrahit  ur,  extenditur,  & 
reponitur  ufui.  Vlcera  antiqua 
blandè  deterget,  &  exficcat  citra 
morfum. 

LES  FACFLTEZ. 

Ge  Sparadrap  eft  incarnatif  & 
glutinatif  il  appaife  ^uffi  les  flu¬ 
xions  ,  &  corrobore  les  parties  aul- 
quelles  il  eft  appliqué. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

VN  chacun  verra  quelle  a  ete 
la  négligence  de  ceux  qui  o'ot 
fait  imprimer  la  Paraphrafe  de 
Bauderon  par  les  fautes  qu’tls  ont 
laiffié  gliffier  dans  cette  compofi- 
tion  :  la  première  parait  la 
dofe  de  l’huile  qui  doit  être  d  une 
livre  ,  comme  dans  la  fécondé  édi¬ 
tion  de  l’an  i55><5.  qui  fut  lors  que 
l’Autheur  nom  l’infera  en  fa  Pa¬ 
raphrafe  ,  laquelle  dofe  a  ete  ob- 
fervée  jufquaux  éditions  des  an¬ 
nées  1639.  1648.  &  l'ôjo.  que 
Sauvageon  a  veu'és  &  reveuês,com- 

me  il  paroit  des  additions  qu 


119 


Des  Ewplafires, 


ùites ,  OH  d'huile ,  par  mé- 

garde  ou  autrement,  fut  réduite  a 

quatre  onces. 

Sn  la  même  édition  on  lit ,  Ce- 
rufe ,  Cera  flava  ,  Ptcü  Navalü, 
^  /idipu  Arietü  am  Hadi  Jtn- 
gnlor.  hbram  femtJS.  &  en  la  qua- 
rnème  édition  de  Bauderon  ,  de 
l'an  1607  .  on  a  feparé  la  graijfe 
de  Relier  de  la  dofe  des  autres 
trois  ingrediens  ,  pour  les  joindre 
avec  la  Colophone  ,  &  la  Refine, 
ou  il  efi  dit  ,  yîdipis  Arietü ,  aut 
Hedi  ,  Colophonia  ,  &  Rejina  fin- 
gtflor.  u/.cias  quatuor  ,  &  dans  tou¬ 
tes  les  autres  éditions  de  Bauderon 
que  ]‘ay  pu  voir  ,  notamment  aux 
trois  dermeres  de  Sauvageon  ,  on  a 
fuivy  cet  erreur  -,  de  plus  on  y  a  ajou¬ 
té  je  ne  fçay  qui  >  &  depuis  quand 
Thurü,&  Mâftiches  utrmfq.unciam 
mam.  Toutes  ces  fautes  bien  recon¬ 
nues,  ont  été  corrigées  en  la  defcrip- 
tion  cy-def  'us  ,  que  j'ay  rendue  con¬ 
forme  a  fin  original  de  l',an  1 596. 
retenu  l'Encens  &  le  Mafiich. 


Emplaftriim  de  Minio,D.Ioan- 
nîs  Vigonis. 

X- Oki  Rofati,  lib.unam  & fimij?. 
Terebinthina  ,  uric.  decem. 

Axungia  Forci  >  unc.feptem. 

Sebi  Cafirati  ^ 

Vdccini ,  utriufq.  lib.fimiJS- fiu  unc. 
fix. 

Olei  Myrthini , 

F/gttenti  Populei  ,  & 

Cerufa ,  fin  g.  une.  quatuor. 

Litargy  ri  auri , 

Argenti  ,  utriufque  une.  très 
&  femiji. 


Mini^  ,  une.  tret. 

Axungia  Gallina,  me.  duos. 

Cera  alba,  quantum  Juffeit  j  fat  ex 
arte  Emplafirum. 

PARAPHRASE. 

IEan  de  Vigo  tant  au  livre  5 .  elia- 
pitre  4.  &  au  livre  8.  chap.  1 6. 
qti 'ailleurs  de  fa  grande  Chirurgie, 
nous  décrit  plulîeuis  Onguents  ,  Ce- 
rats  ,  &  Emplaftres  de  femblable 
nom ,  qu  oh  ne  tient  aux  boutiques, 
mais'le  fuidit  qu’il  décrit  au  dernier 
chapitre  du  livre  5.  de  là  petite  Sc 
compendieufè  Chirurgie,  fous  le  nom 
d’Onguent.  il  a  pris  le  nom  de  fa 
baie  le  Minium ,  lequel  perd  fa  cou¬ 
leur  par  la  cuite  ,  &  devient  noir, 
ainfi  que  l’Autheur  même  le  con' 
fclîé. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  nourrir  fir 
le  feu  ,  l’elpace  de  quelque  temps ,  la 
Lithargc  avec  l’huile  en  remuant  tou¬ 
jours-:  puis  on  y  ajoutera  la  Ccrufe, 
le  Minium  >les  Grailles,  l’huile  M^r- 
thin,  &  l’onguent  Populeum  ,  &  on 
augmentera  le  feu,  &  remuera  tou¬ 
jours,  jufqu’à  ce  qu’il.lbit  cuit.  Aprez 
la  bafline  ôtée  de  delTus  le  feu  ,  in- 
continant  on  y  ajoutera  la  Cire  blan¬ 
che  &  Terebinthine.  Le  tout  à 
demy  froid  ,  fera  mis  en  Magda- 
leons,  de  telle  grolTcur  qu’on  voudra, 
qui  lèront  cnvelopez  de  papier ,  & 
relferrez  au  befoin. 


LES 


I  î  O  Livre  1 L  SeBion  1 V. 


LES  EACVL  TE  Z. 

Il  guérit  les  ulcérés  rebelles  ,  ra¬ 
fraîchie  iSc  defleiche. 

REMARQ.VE. 

Et  Emplaftre  efl  décrit  au 
lieu  fm-allegué  par  de  Tigo  :  le 
noMbre  des  ingrediens  ,  &  les  dé¬ 
fis  ont  été  fort  bien  obfirvez.  par 
Bauderon  excepté  celle  de  l’huile 
rofat  ,  duquel  l’Autheur  nen  met 
qu’une  derny  livre  ,  &  Bauderon 
une  livre  &  demy  j  \e  neflime 
pas  que  ce  fait  une  faute  de  l’Im¬ 
primeur  ,  ny  que  Bauderon  l’aye 
augmenté  d'une  livre  par  mégar- 
de,  au  contraire  je  croy  qu’il  l’a  fait 
d  dejfein  quoy  qu’il  n’en  die  rien, 
qui  efi  la  caufe  que  je  n’ay  pm  re¬ 
mis  la  defeription  cy-dejji»  fuivant 
de  Tigo.  Si  j’avois  neantmoins  d 
préparer  cet  Emplaflxe  ,  je  n’y  met- 
trois  qu’une  demy  livre  d’huile  ro¬ 
fat ,  par  ce  qu’il  y  entre  en  Huiles, 
Onguent ,  Grajfes ,  ou  Terebint.hine, 
fans  y  comprendre  les  Suifs  quaran¬ 
te  cinq  onces  ,  &  de  Litharges  , 
Cerufi  ,  &  Minium ,  quatorz-e  on¬ 
ces ,  lefqnelles  dofis  ne  font  pas  fi 
bien  proportionnées  que  celles  de  de 
Vtgo  ;  que  pour  réduire  l’ Emplaftre 
en  bonne  confiftence  particulièrement 
fi  on  le  compofoit  a  la  fin  du  Prin¬ 
temps,!  faudrait  par  trop  augmen¬ 
ter  la  Cire. qu’en  luy  donnant  corps 
ajfoibliroit  grandement  la  vertu  de 
la  compofition.  Il  ne  faut  pas  s’éton¬ 
ner  fi  Bauderon  dit  que  cet  Empla¬ 
ftre  eftmoir  ,  ceue  noirceur  procédé 
du  long  féjour  qu’il  fait  fur  le  feu 


d  caufe  dé  la  quantité  des  matières 
grafies  &  oleagineufes.  Pour  le  me- 
ftusfaciendi,  U  faut  cuire  les  Li¬ 
tharges, Cerufi,  Minium, graifes  de 
Pourceau ,  de  Poule  ,  avec  les  Hui- 
les  rofat  &  Myrthin  ,  en  les  re¬ 
muant  toujours  fur  un  feu  modé¬ 
ré  ,  &  ayant  acquis  la  confiftence 
d’ Emplaftre  telle  quelle  eft  cy-de- 
vant  déclarée  en  lEmplaftre  de  Ce- 
rufe  par  l’Autheur  de  la  Paraphra- 
fi  ,  on  y  ajoutera  les  Juifs  de  Mou¬ 
ton  châtré ,  de  Fâche, &  la  Terehin- 
thine  :  finalement  la  cire  jaune  en 
la  moindre  quantité  qui  fi  pourra. 
Ceux  qui  voudrbnt  préparer  cet 
Emplaftre  ,  y  reüjfiront  mieux  en 
Hyver  qu’en  autre  faifon  ,  &  ne 
feront  pas  obligez,  de  le  charger 
de  tant  de  cire ,  &  ainfi  il  en  fera 
meilleur. 


Emplaftrum  pro  fracluris ,  & 
diflocarione  Offium,D.Ioan- 
nis  Vigonis. 

Of.  Mucaginis  Radie.  Althes,lib. 
duos. 

Radicum  Fraxini  ,  &  Foliorum 
ejpts , 

Confolida  majos^ü ,  velminorü, 
&  Foliorum  ejus. 

tPhfyrthyllorum  ,  &  Foliorum 

e  jus  , 

Foliorum  Salicis  ,  fingul.  manip. 
unum. 

Contundantur  ,  &  eoquantur  in 

aquis  partibus , 

Aqua  extinliionis  Fabrorurn  ,  & 
vini  rubri  aufteri ,  ad  médias  & 
celentur , 

€>k 


Des  Emplajîres, 


Gelatura  cot^uAtur  cum  Mucagine 

pnudiÜA  ,  & 

Olesrum  Rofati  Omphacim , 
JlSyrthillorum-^  & 

SM  Hyrcini ,  fing.  lib.femip. 
Lithargyri  Anri  & 

aArgenti  ,  utrmfque  me. 
tributs.  ' 

Boli  Armen& , 

Terrai.  SigillatA  >  & 

TerebinthinA ,  fing,  me.  duAb. 

Mihij ,  drach.  decem. 

Myrrhe ,  & 

Thnrü,Htriufiq.  unc.feTnifi. 
Maftiehes ,  drach.  ma. 

Cere,  quantité  fùfficienti,  fiat  Cera- 
tum ,  aut  Emflaftrum. 

PARAPHRASE. 

CEt  Emplaftre  ou  Cerat  a  pris 
le  nom  de  fbn  effet.  lean  de 
Vigô  fon  Autheur  le  décrit  au 
line  8.  de  fà  Chirurgie  chapitr.  i6. 
lequel' luy  a  impofé  tel  nom ,  pour 
monftrer  aux  Chirurgiens  -  moins 
advilèz  ,  de  combien  il  doit  être 
préféré  aux  Emplaftres  de  Oxy- 
gocLim  ,  &  Ceroneuin  j  defqucis 
pour  femblable  canfe  ,  ils  ont'ac- 
coûcumé  de  fe  fervir  au  préjudi¬ 
ce  des  malades.  Sa  bafe  eft  de 
plufîeurs  adftringcnts  ,  mis  en 
grande  quant^é  >  &  nombre ,  tant 
pour  forcifier^  la  partie  blellée ,  que 
pour  empefeher  la  defeente  des 
humeurs  en  icelle.  La  Graillé  de 
houe  y  eft  mife  pour  refoudre  l’hu- 
®cur ,  qui  (  auparavant  le  remede 
appliqué  )  y  eft  découlé.  L  nui- 
lo  Myrchin  ,  &  de  Therebinthi- 
oc  y  font  mis  tant  pour  fortifier  les 
nerfs  ,  que  pour  appaifer  les  dou¬ 


leurs.  Le  Mucilage  de  Guimauve  y 
eft  mis,  pour  ramollir  les  duretez  des 
coups  ,  orbes  aux  parties  contu- 
fes  ,  ou  rompues  ,*  ou  dehoiiées  , 
&  pour  reftaurer  les  os  briféz, 
&  rompus  ,  par  le  témoignage 
même  d'Avicenne  ,  &  de  lean  de 
Vigo.  La  Litharge  ,  &  Minium 
donnent  corps  (avec  la  cire  )  à  l'£m- 
plaftre. 

ZE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  tirer  deux 
livres  de  Mucilages  ,  des  racines 
de  Guimauve  ,  &  les  mettre  à 
part.  Aprez  en  égales  parties  d'eau 
ferrée  des  Marefehaux ,  &  vin  rou¬ 
ge  ,  &  adftringent  ,  il  faut  cui¬ 
re  enfemble  ,  toutes  les  racines,  , 
fueilles  ,  &  Baies  de  Myrthilles 
fus  mentionnées  étans  incifées ,  ou 
conmfés  au  mortier  ,  jufqu’à  la 
confomption  de  la  moitié  defdits 
vin  &  eau  ,  puis  les  couler  &  ex¬ 
primer,  En  la  coulatiu-e  on  ajou¬ 
tera  les  Mucilages  ,  les  Huiles  , 
la  graille  de  Bouc  ,  &  la  Lithar¬ 
ge  piilverifée  ,  pour  cuire  le  tout 
fiir  le  feu  ,  dans  une  baffine  de 
Cuivre  large  ,  en  remuant  tou¬ 
jours  au  fonds  ,  avec  une  longue 
&  large  fpatule  de  bois  ,  afin  que 
la  Litharge  ne  fe  brufle  jufqu'à  ce 
que  l’humidité  foit  prefque  ,  & 
non  du  tout  confumée.  Aprez  on 
y  ajoutera  la  Tercbinthine  ,  le  Bol, 
Terre  Sigillée  >  ou  Argille  ,  & 
Minium. 

Finalement  la  cire,  plus  oû  moins, 
félon  ce  qu’on  voudra  faire  ,  foit 
Cerat  ,  ou  Emplaftre.  La  bafti- 
né  étant  hors  du  feu  ,  5c  à  demy 
r  2.  rafroi 


Livre  IL  SeBion  IV. 


rafroidie  >  on  y  ajoutera  les  pou¬ 
dres  de  Myrrhe  ,  d’Enccns  ,  &  de 
Maftich  J  pour  en  former  du  tout 
des  Magdalcdns  ,  de  telle  groflcur 
qu'on  voudra,  Icfquels  on  peut  gar¬ 
der  au  befoih. 

l’ay  difjaosé  les  mediGaments  fé¬ 
lon  l'ordre  que  l'Apothicaire  doit 
tenir  au  mélange  ,  fans  y  avoir 
ajouré  ou  diminué  chofe  quelquon- 
que. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  eft  propre  aux  feaétnres  &  lu¬ 
xations  ,  il  fortifie  les  parties  par 
fon  adftriétion  ,  &  empeche  les 
fluxions  fur  lefdites  parties.  Les 
Chirurgiens  s'en  fervent  au  lieu 
de  l'Emplâtre  Oxycrocenm ,  ou  Ce- 
roneum  ,  qui  attirent  par  la  for¬ 
ce  des  Gommes ,  les  humeurs  fur  la 
partie. 

R  E  M  A  R  E. 

BAuderon  four  rendre  cet  Em¬ 
plâtre  flm  adB'ringent ,  et  ajou¬ 
té  au  lieu  de  l’eau  commune  que 
de  V'igo  y  demande  pour  cuire  let 
ingrediens  ey  -  de  fus  avec  le  gros 
vin  ,  l’eau  de  forge  des  Maré¬ 
chaux  ,  &  veut  qu’ après  avoir  cou¬ 
lé  la  deceétion  ,  qu’on  cuife  pêle- 
mêle  le  fuc  de  la  racine  d’Al- 
thea,  qui  eft  fon  mucilage  ,  qu’on 
extraira  comme  a  été  cy- devant 
dit  en  l'Onguent  Dialthaa  ,  avec 
les  huiles  ,  &  les  Litharges.  Gjui 
voudra  bien  préparer  cet  Empl⬠
tre  ,  il  ne  faut  pas  qu’il  juive 
en  fon  modus  faciendi  ,  ny  l’Au- 
theur  du  mélange  ,  ny  celuy  de 


l’Emplâtre  ;  mais  il  y  faut  pro¬ 
céder  ainft.  Après  avoir  artiiîe- 
ment  fait  la  deceélion ,  &  les  mu¬ 
cilages  d’Althaa  ,  on  les  fera  cui¬ 
re  ,  &  confumer  fur  un  feu  mé¬ 
diocre  ,  &  lent  ,  avec  les  huiles 
jufqu’à  la  confemption  de  l’ humidité j 
après  l’huile  fera  coulé  dans  une  au¬ 
tre  bafftne ,  &  dans  la  colature  on 
mettra  les  Litharges  pour  les  cuire 
enfernhle  fur  un  feu  lent,  en  remuant, 
comine  dit  eft,  avec  une  ftatule  de 
bois  ,  (ÿ*  par  intervale  on  jette¬ 
ra  dans  la  bafftne  un  peu  d’eau  de 
forge ,  ou  de'  mucilage  d’Althaat 
l’Emplâtre  étant  cuit  en  bonne  con- 
fiftence ,  on  y  ajoutera  la  Terebin- 
thine  ,  le  fuif  de  Bouc ,  &  le  moins 
de  cire  qui  fe  pourra ,  pour  les  rai- 
fins  alléguées  au  precedent  :  la  baf¬ 
ftne  tirée  du  feu  ,  &  la  matière 
a  demy  refroidie  ,  on  y  mêlera  les 
poudres ,  pour  en  fermer  des  M/tg- 
daleons. 

Il  eft  a  remarquer  ,  que  de  Figo 
ne  dofi  point  les  racines ,  ny  les  her¬ 
bes  ,  en  un  vieux  exemplaire  que 
i’ay  de  fis  œuvres  de  l’an  1 5  5 1 .  • 

Bauderon  a  réglé  le  tout  par  ma-, 
nipuls  ;  j’eBime  cette  quantité  nê- 
tre  pas  bien  proportionnée  avec 
celle  des  huiles  ,  qui  eft  petite ,  & 
qu’il  peut  fuftire  d’une  once  de 
chacune  ,  parce  qtten  toutes  cho- 
fes  les  proportions  font  requifes» 
particulièrement  en  nos  compofi- 
tions.  Le  mucilage  d’Althaa  ex¬ 
cédé  aufft  d’environ  la  moitié ,  mo¬ 
yennant  qu'il  fiit  épais  ,fuffit’d’me 
livre. 


Des  Emplâtres. 


Eraplaftrumde  BetonicajD.Ni- 
col.Præpofiti. 

SuccorKm  Betonica , 
Flmtaginü ,  & 
Apiitfing.lib.mam. 

Cerm  fiava ,  . 

Eejina, 

IHcü  Navalü ,  & 

Terebinthiniü  ,Jing.  Ub.femfem. 

Hac  dempta ,  reLiqua  in  fuccü  co- 
quantur  eum  trium  herbarum 
virentium  &  contüfarum  ,  fingul. 
manipptl,  uno  ,  ut  fit  efficacité 
&  viridim  ,  &  cum  jpatula  U- 
gnea  femper  moveantnr  ad  hu- 
mditatü  (.fermé  nçn  autem  to- 
tiui  )  confumptionem  ,  ne  uran- 
tnr.  Deinde  terculari  expriman- 
tur  ;  deinde  adde  Terebinihinam, 
&femeL  aut  bü  buUiant  ;  ex  maf- 
fa  forma  rnagdalias  ufui. 

[.  PARAPHRASE. 

PRæpofitus  rapporte  cet  Empl⬠
tre  à  Nicolas  ,  mais  quel  il  cft, 
je  ne  le  puis  deviner  j  ne  l’ayant  fçeu 
trouver  en  l’Antidotaire  de  Myre- 
pfus  ny  de  Salernitanus.  Il  a  pris 
le  nom  de  fa  bafe  le  lùc  de  Betoi- 
ne  J  mis  au  commencement.  Il  eft 
iifité  en  plufîenrs  lieux  j  ainfi  que 
nous  1  avons  tranfcrit  dudit  Præpo- 
fitus.  Si  en  la  decodion  on  y  ajoû- 
te  un  manipùl  de  chacune  des  her¬ 
bes  fos-mentionnées,recentes  &  con- 
tnfes,  l’Emplâtre  en  fera  pilus  verd 
&  vigoureux. 


135 


LE  MELANGE. 


Il  faut  cuire  la  cire ,  refine  ,  & 
poix  noire  avec  les  fucs  &  herbes 
contiilès  dans  une  grande  baffii  e 
(  afin  quelles  ne  verfent)  jufqu^sà 
leur  confomption  :  puis  on  les  ex- 
primera  ,  &  fiir  la  fin  on  y  ajoute¬ 
ra  la  Terebinthine^  à  laquelle  il  fiif-  ' 
fit  de  donner  un  ou  deux  bouillons, 
puis  on  formera  desMagdaleons,  qui 
l'eront  envelopez  de  papier  blanc ,  & 
gardez  pour  le  befoin. 


LES  FACFLTEZ. 

Il  a  la  vertu  d’aider  à  la  fuppu- 
ration ,  quand  la’  matière  y  eft  àf- 
posée ,  bu  à  la  digerer  &  refoudre. 
Il  fortifie  la  tête  d’une’  particulière 
propriété ,  &  eft  propre  aux  playes 
&  ulcérés  d’icelle. 


R  E  M  A  R  CLV  E. 

BAuderon  dit  que  Nicalam  Pra- 
fofitié  référé  cet  Emplâtre  â 
Nicolas ,  &  quil  ne  la  fieu  trouver,, 
ny  dans  Nicol.  Myrepfks  Alexan- 
drinus ,  ny  dans  Nicoleipu  Salernita- 
nus  :  je  ne  m’en  étonne  pas ,  parce 
quil  y  a  grand  nombre  d’Autheurs 
qui  ont  écrit  de  la  Médecine ,  qui 
portent  le  nom  de  Nicolas  ;  Yen 
pourrais  citer  prefentement  environ 
de  45.  àf  50.  par  nom  &  furnom ,  fi 
je  ne  croyais  d’être  ennuyeux  ;  &  de 
tout  le  fufdit  nombre  ,  il  ny  a  que 
Nicolaus  Alexandrinus ,  Nicolam 
MyrepOa  Alexandrinus ,  Nicolam 
Prapofitusi  qui  ayentfait  de  la  corn- 
pefition  des  médicaments  ou  des  An- 
r,  f  tidotai, 


I }  4  Livre  1 1. 

Hdetairei  ,  avec  Nicol.  Hoftresham, 
Médecin  Angloit  ,  qui  a  fait  un 
Antidotaire ,  &  Nie  élans  Machel- 
Ins  qui  a  fait  dix  livres  de  la  cem- 
pofition  des  médicaments  locaux,  de 
ces  deux  derniers  U  nen  efl  feint 
fait  mention  en  tout  ce  Diipen- 
faire. 

Pour  le  modus  faciendi ,  il  faut 
du  commencement  faire  bouillir  la 
cire  ,  la  Refine ,  &  la  Poix ,  avec 
la  quantité  des  fiscs  jpecifiés ,  quon 
aura  tiré  des  herbes  en  leur  par¬ 
fait  enbonpoint ,  iceux  à  demy  con¬ 
sumés  -,  on  )ettera  dans  la  baffine 
le  marc  de  la  Beteine ,  du  Plan¬ 
tain  ,  &  de  VAche  ,  defqkels  on  a 
tiré  les  fufdits  fiscs,  pour  le  tout 
être  cuit  enfenihle  jufquà  la  con- 
fomption  de  l'humidité ,  après  on  y 
ajoutera  de  la  Terebinthine  choifie 
telle  quantité  qu’il  en  faudra ,  pour 
donner  la  )uFie  confiéience  d'Em- 
plâtre  a  la  majfe  j  cela  fait  a  travers 
une  forte  toile  on  le  coulera  chau¬ 
dement  ,  &  on  l’exprimera  fort. 

Bauàeron  fe  contredit  un  petit, 
quand  il  dit  en  fa  defeription  Pi- 
cis  Navalis,  &  en  fion  mélange  il 
dit  Simplement ,  Poix  noire  s  la  dif¬ 
férence  efi  grande  entre  ces  deux 
poix  ,  comme  fera  dit  cy- après  en 
l’^Emplâtre  Ceroneum-,  )’eflim,e  qu’il 
s'en  faut  tenir  a  cette  dernier e , par¬ 
ce  que  Prapofitus  la  demande  Sim¬ 
plement. 


Eiaiplaftrum  Gracia  Dei,D.Ni- 
col.Praepofici. 

%.  Refina ,  lib.  unam. 
Terebinthina ,  lib.femiJS. 


SeBion  IV, 

Cera  ,  une.  quatuor. 

MaBiches,  une.  unam. 

Herbarum  Betonica, 

Pimpineüa ,  & 

Verbena  recentium  ,fing.  ma- 
nip.  unum , 

Herba  reeentes  tufit ,  ex  vino  alho 
coquuntur  ad  tertie  partis  con- 
Sumptionem,tolant)sr  ;  Herbarum 
fisbiiantia  abijcitur.  In  colato  ju¬ 
re  ,  Cera  Refina ,  &  Mailkhe 
coquUhtur  ,  ad  juSlarn  confifien- 
tia’m.  Auferuntur  ab  igné,  & 
additur  Terebinthina  ,  fiamla 
moventur  ,  &  fit  Emplaflrum, 
in  Magdalias  reducendum ,  & 
U  fui  reponendum. 

PARAPHRASE. 

Alnfi  que  la  Grâce  de  Dieu  rc- 
joüit  merveilleulcmcnt  ceux  qui 
la  reçoivent  ,  auffi  font  les  mala¬ 
des  qui  fe  fervent  (  à  propos  &  en 
tems  opportun  J  de  cét  Emplâtre.  Le 
mélange  n’eft  point  dilfemblable 
au  precedent  de  Betonicaj  horlinis 
qu’il  faut  concailèr  les  herbes  ,  & 
les  cuire  avec  le  vin  blanc  jiifqu’à 
la  coolômption  du  tiers ,  Sc  prendre 
la  colacure  au  lieu  des  fucs ,  &  fai¬ 
re  comme  dit  ell. 

ZES  FACrzTEZ.  . 

On  s’en  lèrt  pour  deterger  les 
playes  &.vlccces,  &  les  agglutiner^ 
&  pour  fortifier  les  parties  aufquelles 
on  l’applique.  Toutes  leïquejles  chp^ 
fes  il  fera  p>lus  puifîàmmentjfi  on  le 
préparé  avec  du  vin  rouge. 

RE 


Des  Emplâtres, 


M5 


R  E  M  A  R  QV  E. 

SI  I  le  nombre  &  let  elfecet  des  fim- 
)ples  ,  qui  compofent  deux  Em¬ 
plâtres  de  Be  tonie  A ,  &  Gratta  Dei 
ne  different  que  de  peu ,  nous  pou¬ 
vons  dire  quen  leurs  dofes  ils  dif¬ 
ferent  de  beaucoup  ,  &  que  de  les 
çompofer  comme  ils  font  décrits, 
leurs  vertus  feraient  tout  d  fait 
faibles  :  cefi  potirquoy  l'Artifte  fe 
pourra  diffenfer  librement  en  eet- 
tuy-cy  particuliea-ement ,  de  dou¬ 
bler  ou  tripler  la  Betoine  ,  la  Pim- 
pinelle  &  la  Vérbene  ,  &  procé¬ 
der  â  la  decoélion  ,  ou  plutôt  d 
me  infufon  de  vingt-quatre  heu¬ 
res  au  chaud  avec  le  vin  blanc, 
puis  renverfer  toute  cette ^  matiè¬ 
re  dans  une  haffine  ,  avec  la  Re¬ 
fîne  ,  &  la  Cire  blanche ,  com¬ 
me  Prapofitus  écrit  en  trois  divers 
exemplaires  que  fay  en  main  de 
l’an  14S8.  1538.-  &  /îSi. 
ceux  qui  l'ont  imité  font  Meffieurs^ 
les  Médecins  de  Lyon  ,  de  Lon¬ 
dres  en  Angleterre  ,-  Guidon ,  au 
traité  feptiéme ,  doElrine  premiers,*- 
chapitre  6 .  Du  Boys  en  fa .  métho¬ 
de  &  autres.  le  dis  la  Cire  blan¬ 
che  &  non  la  ]aune  ,  comme  de¬ 
mande  l'Autheur  de  la  Paraphra- 
fc  >  &  cuire  le  tout  eafemble  juf 
qu’à  ce  que  l'humidité  fait  .pref- 
que  confumée  ,  &  fur  la  fin  on  y 
a]outera  le  Mafiich  en  larmes  pi¬ 
le  &  la  Terebinthine ,  le  tout  fera 
puis  après  coulé  &  exprimé  comme 
le  precedent ,  étant  fioid  on  en  for- 
tetra  des  Magdaleons. 


Emplaftrum  Diachylon  album, 
feu  fimpl.  D.Mef. 

Olei  communis  &  veteris  (  vel 
Irini ,  aut  Chamameli ,  ut  fit  Va¬ 
lentins  ,  Mef.  Authore  )  lib. 
très. 

Lithargyri  auri,  d  fordibus  pur- 
gati,  cr  pulverifati ,  fi  lavetur, 
albius  evadet  Emplafi.  lib,  unam 
&femiji. 

Mucagin.  Radie.  Althat , 
Fœnugraci ,  & 

Lini,,  fing.  lib.  unam. 

Technicé  fiat  Emplafirum. 

paraphrase. 

CEt  Emplâtre  n’eft  de  l’invenrioiv 
de.  Melùé ,  car  auparavant  liiy 
Serapion  l’avoit  décrit  en  foa  trait- 
té  feptiéme ,  chapitre  28.  &  Avicen¬ 
ne  livre  cinquième ,  traitté  onzième 
au  chapitre  des  Ongnents.  Il  a  pris 
le  nom  de  fâ  baie  les  mucilages, 
que  les  derniers  Grecs  ont  nommé 
,  &  les  Latins  SiKciim  &  Mu- 
cagincra.  Le  furnom  eft  blanc,  com¬ 
mun  ,  ôc  fimple  :  blanc  à  cauiè  dç 
fa  couleur  ;  commun,  piource  que  le 
vulgaire  s’en  ièrt  fouvent  :  fimple, 
à  la  différence  de  philîeurs  fuivans 
de  même  nom  plus  cpmpofez.  L’hui¬ 
le  y  fert  de  matière ,  &  la  Litharge 
pour  luy  donner  corps. 

LE  MELANGE. 

Pour  proprement  faire  cet  Em¬ 
plâtre  ,.  &  qu’il  fcit  blanc ,  il  faut 
clioifir  un  air  qui  foie  beau  &  clair,. 

Sc 


i%6  Livre  î L  SeBïon  IV, 


6c  curieufèment  nettoyer  les  racines, 
6c  l.mences  ,  &  les  concallêr  au 
mortier ,  6c  y  mettre  moins  de  Fœ- 
niigrcc  J  que  de  Lin ,  &  de  racines 
d^nltbæa  :  [iiis  les  infufer  en  eau 
chaude  l'efpace  d’un  jour  naturel, 
&  les  cuire  &  couler  en  une  forte 
toile.  Vne  partie  des  m  .cilages  fera 
bouillie  dés  le  commencement  avec 
l’huile  ,  de  Litharge  ,  dans  une  gran¬ 
de  6c  Ipatitufe  balhne ,  lur  un  teu 
médiocre  ,  &  «muée  continuelle¬ 
ment  aveenne  £■  atule  de  bois  qui  loit 
large  :  autrement  la  uitharge  au  lieu 
de  le  nourrir  avec  l’huile  ,  par  fa  pe- 
fanteur  iroit  au  fonds ,  6c  fe  brû- 
leroit.  L’avantage  qui  en  provient, 
d’y  mettre  du  commencement  une 
partie  des  muccilages  ( ou  tous  )  efb 
qu’ils  lulpendent  la  Litharge  en  haut, 
6c  font  qu’eile  efl;  plutôt  nourrie, 
6c.  empêchent  que  le  teu  ne  brû¬ 
le  l’huile  ,  6c  que  l’Emplâtre  en 
eft  flutôt  cuit  &  .  plus  blanc.  Les 
mucilages  étans  prefepie  confumez, 
on  y  inetLia  le  reûdu  ,  qu bn  fera 
conlumer  peu  à  peu  Ce  qui  trom- 
piuiîeurs  Apothicaires  ,  qui  au 

u  de  le  feire  blanc  ,  le  font  noir, 
eft  qu’ils  font  trop  grand  feu  ,  lors 
que  les  mucilages  font  qiiafi  con¬ 
fumez  ,  6c  que  du  commencement 
ils  en  tout  trop  peu  ,  car  plus  un 
Emplâtre  demeure  fur  le  feu  ,  de 
tant  plus  la  balhne  de  cuivre,  le 
noircir. 

Donc  il  vaut  mieux  qu’il  relie  un 
peu  de  mucilages  ,  que  d’attendre 
qu’ils  foierit  du  tout  confumez  ,  6c 
qu’il  y  den.eure  moins  en  augmen¬ 
tant  le  feu  du  commencement  ,  & 
non  à  la  fin,  comme  ils  font.  La 
marque  pour  connoître  quand  il  fora 


cuit ,  nous  l’avons  déclaré  en  l’Em. 
plâtre  de  Cerufe  cy-devant. 

Le  tout  à  demy  froid  fera  réduit 

en  Magdaleous, qu’on envelopera de 

■f^aprier  blanc  &  qu’on  gardera. 

LES  F ACFLTEZ.' 

Il  amollit  &  foulage  les  feirrhes 
du  foye  ,  de  la  racte ,  du  ventricu¬ 
le  6c  autres  parties  :  &  mêitie  les 
rumeurs  Icro^huleufes  ,  &  autres 
duretez. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

CEt  emplâtre  efl  diverfement 
décrit  entre  Serapion  tramé  fe- 
ptiéme, chapitre  tingt-huitiéme  ^Avi¬ 
cenne  livre  cinquième  ,  fomme  pre¬ 
mière  ,  trait  té  onXiéme  &  Mefué; 
Avicenpe  favorife  de  beaucoup 
les.  Apothicaires  peu  expérimentés 
au,  travail  ,  &  qui  négligent -de 
fçavoir  les  réglés  de  leur  Art ,  & 
Ifs  -aépirans  aufquels  on  le  peut 
donner  en  fepmaine  ou  en  chef-d’m- 
vre ,  en  ce  quil  décrit  la  quanti¬ 
té  .des  fernences  de  Fœnugrec  ,  & 
de  Lin  ,•  &  de  la  racine  d'Althsa 
pour  faire  les  mucilages ,  ce  que  lu 
autres  fus -nommez,  ne  font  point; 
.  &-  voicy  fes  propres  termes,  y:.  Fce- 
nugraci  ,  &  feminis  Lini^  ^  ail- 
thaa  alha  omnium  an  a  KiUati  i. 
Pour  le  rnodus  faciendi ,  Batideron 
eft  contraire  d  Avicenne, en  ce  quil 
dit ,  quil  faut  prendre  moins  de 
Fœnugrec , que  de  Lin,&  quil  faut 
concajfer  les  fernences  &  les  raci¬ 
nes  d'Althaa  ;  il  ne  faut  faire  ny 
Vun  ny  Vautre  ;  mais  infufer  la 
quantité  de  quatre  onces  de  cha¬ 
cune 


Des  Emplâtres,  157 


cHtte  defdites  femençes  mondées  de 
toutes  faletés  ,  &  Autant  de  raci¬ 
nes  d'Althaa  ,  bien  nettoyées  (  fui- 
vant  Avicenne  au  lieu  preallegué) 
dr  coupées  à  trenches  dans  jix  li¬ 
vres  d  eau  chaude  pendant  vtngt- 
(juatre  heures  ,  le  téndemain  les 
faut  cuire  jufeju'a  une  confiSîence 
convenable  ,  &  les  couler  d  tra¬ 
vers  un  tamif cela  étant  fait  faut 
prendre  une  lÿvre  &  demy  de  Z,i- 
tharge  fubtilement  cicotrinée  ,  (fr 
trois  livres  d‘ huile  commun  ,  ou 
de  tel  autre  cy-déffus  jpecifié  ,  & 
dans  une  hafjine  '  à  fonds  Large ^ 
avec  une  fpatuje  de  bois  faut  re¬ 
muer  continuellement  fur  mt  feu 
réglé  &  proportionné  à  là  matière 
cpùm  veut  cuire ,  &  quand  l’hui¬ 
le  ,  &  la  Litharge  feront  liés  en- 
femble  ,  on  y  a,oùtera  peu  à  peu 
les  fufdits  muctlages  ,  avant  que 
d’y  en.  remettre  de  nouveau  il  faut 
attendre  (jue  le  premier  fait  qua- 
fi  confumé  ,  dr  on  continuera  ain- 
fi,  jufqua  ce  que  L  Emplâtre  fait 
en  bontje  confiÈence  &  qu’il  ne 
paroijfe  pas  gras  en  le  maniant ,  ce 
^ui  arrive  pour  l’erdinJtre  quand 
en  ne  laijfe  pas  corfumer  les  muci¬ 
lages  au  point  qud  faut  avant  d’y 
en  remettre  de  nouveau. 

Ceux-là  feront  beaucoup  mieux 
qui  feront  cuire  '&  coffimer  avec 
Ihutle  une  partie  des  mucilages, 
acaufe  de  la  quantité  qu’il  y  en 
^  après  avoir  coulé  l'huile  &  fpa 
^e  l  humidité  cuiront  la  Litharge 
avec  le  refte  des  rnucilages  com- 
tne  dir  a  été,  l’EmpL.tre  en  fera, 
ttteilleur. 


Emplaflriim  Diachylon  Irea- 
tum,  D.Mef. 

y:.  Mafa  Emplaftri  prafcripti  ad- 
huc  calida ,  lib.  unam. 

Pulveris  Iridit  Florentia  »  une, 
unam. 

Forma  Magdalias,  &  répond . 

PARAPHRASE. 

Le  fùrnom  de  cet  Emplâtre  te 
friit.  difterer  du  precedent  :  «ar 
fiiceluy  étant  cuit,  ôc.  encore  chaud 
la  baigne  ôtée  de  delîiis  le  feu 
on  y  ajoute  par  chacune  hvre  d'Em- 
plât  e  ,  une  once  de  poudre  d’I-. 
ris  de  Florence  ,  on  aura  le  Dia¬ 
chylon  Ireatum  ,  qui  forpalïèra  en 
vertu  le  fimple ,  &  commun. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  a  les  mêmes  vertus  que  le  pre¬ 
cedent  ;  mais  il  attire  plus  puillàm- 
ment,  incilè  &l  refont. 

REMARQVE. 

CHriiîophortfs  en  fon  addition 
fur  JlÈefué  a  dosé  cét  Empl⬠
tre  comme  il  efl,  rapporté  ey  -’def- 
fus  par  Bauderon.  Il  efi  à  ohfer- 
ver  quand  on  le  voudra  eompo- 
fer ,  fi  on  prend  la  majfe  au  mo¬ 
ment  quelle  efl  faite ,  que  l’Empl⬠
tre  ne  fait  fi  cuit  qtse  le  fimple 
comme  aujft  quand  on  le  voudra 
compofer  avec  de  la  majfe  vieille: 
de  la  boutique  ,  il  y  faudra  a'iaû~ 
ter  environ  deux  onces  de  quelnue 
f  huiie^ 


138  Livre  IL 

huile  tel  quon  jugera  convenir  a 
fes  vertm  ,  particulièrement  fi  cefi 
en  Hyver  puii  y  malaxer  la  pou¬ 
dre  d‘Iris.  Là  raifion  de  cette  ad¬ 
dition  d’huile  efi  ,  que  la  poudre 
d'Irü  dejfeiche  puijfarnment  la  vifi- 
cojîté  qui  avait  uny  l’huile  &  la 
Litharge  enfemhle  »  qui  fait  que 
le  plus  fouvent  quand  on  veut  ra¬ 
mollir  l’Emplâtre  entre  les  doigts, 
il  fie  hrife  quafi  comme  de  la 
terre ,  &  cela  arrive  par  une  con¬ 
trariété  de  fubflance  ou  antipat  fi 
qu’il  y  a  entre  l’Irü  de  Florence, 
l’huile ,  &  la  Litharge  i  quand  ils 
font  liés  &  cuits  enfemhle. 


Emplaftrum  Diachylon  ma-' 
gnum,  D.Mef. 

Dfi.  Lïthargyri  auri fuhtilijfmé  pul- 
verifati  ylib.unam. 

Oleor'um  Irini, 

Chamamelini,& 

Anethini  ,fing.  une.  oélo, 

’T'herebinthina  ,  une,  très. 

Refina  Fini  ,& 

Cera  flava ,  utriufque  une.  duos.  ■ 

Jiducagin.feminum  Lini , 

Fœnugr&ci , 

Fteuum  recentium  ae  pin- 
guium. 

'  Vvarum  pajfarum , 

Glutinü  Alkanach  ,id  efi ,  Ichthyo- 
colla 

Suceorum  Iridis 

Scîlla ,  aut  Paneratii ,  & 

Oefipi  humida ,  fing.  dracK.  duode- 
cim  &  femifS. 

Technicè  paretur  EmplaFlrum  ufui 
recondendum. 


SeBion  IK 

PARAPHRASE. 

Le  fnrnom  de  cct  Emplâtre  y  eft 
mis  pour  fa  grande  vertu,  & 
plus  grand  nombre  de  médicaments 
qu'il  reçoit,  que  le  lîmple  preferit, 
duquel  il  différé. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  du  Commencement  nour¬ 
rir  fu-  le  feu  leVliuiles  ,  la  Lichar- 
ge  &  tousses  mucilages  de’Lin,& 
Fœnugrec  j  puis  à  iceux  conlïimez 
on  y  ajoutera  caix  de-  figues  ,  & 
raifins,  en  remuant  toujours ,  com« 
me  nous  avons  dit  au  precedent, 
julqu'à  ce  qu’ils  foient  quafi  cuits 
&  confirmez.  Aprez  on  y  ajoutera 
la  colle  de  poifibn  •  fondue  avec  le 
fue  d’Ireos  ;  un  peu  aprez  rOefipc 
dilibut  avec  le  fiic  de  Scilles.  Jina- 
lement  la  Gireÿ  Refinc,  &  Tercbin- 
thine ,  puis  du  tout  à  demy  refioi- 
dy ,  on  en  formera  des  Magdaleons 
qu’on  gardera  au  bgfoin.  ;  • 

LES  FAC  FL  TE  Z. 

Il  amollit  les  feirrhes ,  &  refdult 
les  inflations. 

REMAROyi' 

En  l’Emplâtre  Diachylon  ma¬ 
gnum  ,  il  y  a  diverfes  chofes'i 
confiderer  qui  brouillent  bien  fou- 
vent  les  aéfirans  en  la  matttifis 
quand  on  le  leur  donne  en  chef- 
d’œuvre  ,  pour  raifon  de  quelques 
dofes  ,  qu’à  la  vérité  il  femhle  y 
avoir  beaucoup  â  redire  :  l«'  ?fi~ 


Des  Emplâtres.  1 3  a 


miere  fiir  ce  que  Mefué  demande 
des  Mucilages  de  Lin  ,  de  Fœnu- 
grec ,  de  figues ,  &  de  raifins  ,  les 
fucs  d’Ireos  noftroi ,  &  de  Scille  de 
ehacun  douk.e  drachmes  &  demie, 
voyant  les  fufidits  ingrediens  ainjl, 
dosés ,  il  y  à  peu  de  pérfonnes  qui 
ne  jugent  d’abord  quil  y  doit  avoir 
faute  du  coté  de  l’Imprimeur  ,  qui 
au  lieu  de  mettre  le  caraliere  de 
l’once  i  il  a  mis  celuy  de  la  drach¬ 
me  ,  fondés  en  partie  fur  ce  qu’ils 
difent ,  qu’il  n’y  avait  point  de  ne- 
cejfité  qui  put  obliger  Mefué  de 
partager  une  drachme  de  chacun 
des  mucilages  cfi  des-  fufdits  fucs 
en  Un  Empl'atre  ,  où  il  y  a  plutôt  ne- 
ceffité  d’y  en  ajouter  ,  tant  pour  luy 
augmenter  fies  vertus ,  que  pour  y 
avoir  a  fuffifince  d’humidité  pour 
l’entretenir  fur  le  feu  pendant  fa 
■cuite  ;  car  fur  quarante-quatre  on- 
'ces*d’ Emplâtre  ,  il  n’y  entre  que 
ônXe  onces  de  fucs  ou  de  mticila- 
gts  i  qs^e  s’ils  y  refloient  en  leur 
enfer  pàfds  &  que  leur  humidi¬ 
té  fuperflué  ne  fe  confimâi  point,  ce¬ 
la  pourrait  être  confiderable  ,  mais 
ils  n’y  laijfent  qu’une  très  -  petite. 
tiertu^s’ils  ne  font  exaUement  faits, 
en  comparaifon  de  ceux  du  Dia- 
chylon  album  :  qui  efi  la  caufe, qu’un 
chacun  de  ceux  qui  compofent  cét 
Emplâtre  dans  leurs  boutiques  nob- 
fervent  point  les  fufdites  dofes  tou¬ 
chant  les  fucs  ,  &  les  mucilages t 
car  on  a  de  coutume  d’y  en  ajouter 
beaucoup  plus  ,  confideré  que  cette. 
addition  nefi  point  prejudiciable  à 
lacompofition  ,  au  contraire  elle  luy 
augmente  fes  vertus  ' ,  comme  a  été 
cy- devant  dit  :mais  la  chicane- que 
certains;  maîtres  apothicaires  font. 


naître  en  la  maîtrife  de  ceux  qui 
aéfirent  en  icelle  ,  plutôt  par  ma¬ 
lice  ,  ou  ignorance ,  que  par  fiien- 
ce  ,  veut  quon  obferve  ponHuelle- 
ment  l’Autheur ,  qui  le  plus  fou- 
vent  n’efi  point  méthodique ,  fans 
augmenter  ny  diminuer  les  dofes 
des  ingrediens  d’une  cornpofition, 
.quoy  qu’il  y  aye  de  grandes  dif- 
proportioTis  ,  &  quelque  fis  même 
d’tmpoffibilité  >  comme  femble  y  en 
avoir  en  celle-cy  :  c’eft  ce  qui  m’a 
perfuadé  de  confronter  rnes  quatre 
exemplaires  de  Mefué  de  diverfes 
imprejfians,  un  vieux  manufcrit ,  & 
le  Commentaire  des  Moines  fur 
Mefué  que  j’ay  trouvé  tous  confor¬ 
mes  ,  tant  au  nombre  des  ingre¬ 
diens  J  qu’en  la  dofe  d’iceux  ,  ex¬ 
cepté  ces  dernijrs  ,  qui  ont  Jùivy 
l’ancienne  verfion  de  Aie  fié  en  cet¬ 
te  compofition  ,  comme  en  beaucoup 
d’autres ,  en  laquelle  les  mucilages 
d’Aithaay  entrent -en  pareille  dofe 
que  les  fus-nommés  ;  non  content 
de  cela  ,  de firant  d’être  plus  ample¬ 
ment  fatisfait,  &  de  fatüfaire  en- 
cores  les  curieux  de  nôtre  prefef 
fion  y  je  les  ay  confrontés  ‘  avec  la; 
Pharmacopée  de  loubert ,  avec  cel¬ 
le  des  Médecins  d’ Aufourg  en  Al¬ 
lemagne  ,  de  Londres  en  Angleter¬ 
re  ,  de  Louis  Oviedo  Eoticario  as 
Madrid.,  Bauderon  in  folio  de  Lon¬ 
dres  ,  Durenoud ,.  Luminare  majus,. 
Nicolaus  Prapefitus ,  'Decker ,  Du- 
boys  en  fa  méthode ,  Sylvius  ,  Fuch- 
fus,  Condembeyg,! Autheur  du  Gui- 
.don  des  Apothicaires ,  Cronembur- 
gius  ,  Corduf  ,  Férnel ,  Dinus  Flo¬ 
rentins  ,&  Rondelet.  De  toutes,  les; 
Pharmacopées  ou.  Antidotaires  de 
ces.  Autheurs  „  je;  nay  trouvé-  que 
Sv  Z.  M>ndee 


140  Lhre  IL 

Rondelet  feul  ,  qui  demande  dans 
la  defcription  de  cét  Emplâtre  dou- 
z.e  onces  de  chacun  des  fucs  &  mu¬ 
cilages  ,  &  tous  les  autres  font 
confirmes  à  la  dofi  de  douze  drach¬ 
mes  &  demie  ,  avec  Méfié  &  Bau- 
deren:  '&  quoy  que  cela  doive  dé¬ 
pendre  plutôt  de  1‘ Apothicaire  que 
du  Médecin  ,  je  diray  quen  s'en 
peut  tenir  a  la  dofi  cy^dejfus  pref 
cripte  ,  quand  il  s'agira  d'un  aSle 
de  mattrife ,  puifque  fins  -les  au¬ 
gmenter  ,  on  peut  facilement  par¬ 
venir  d  la  vraye  confitJion  de  cet 
Emplâtre ,  pour  l’avoir  ejfayé  di- 
verfes  fois  ,  &  m'ayant  fort  bien 

Êajfons  a  la  fécondé  confidera- 
tion  ,  qui  eft  de  fçavoir  quelle  quan¬ 
tité  de  femences  de  Lin  &  de  Fœ- 
nugrec  3  de  figues  ,  &  de  raifins 
gras  &  fies  3  il  faut  prendre  peur 
extraire  la  quantité  des  mucila¬ 
ges  que  l'Auth'eur  y  demande.  Peur 
le  regard  des  femences  ,  l' Article 
aura  recours  a  ce  qui  a  été  cy-de- 
vant  déclaré  en  l'Onguent  Dial- 
thaa  J  mais  parce  que  la  quantité 
de  ceux-cy  neji  pas  fi  grande  ,  on 
en  prendra  a  proportion  ,  comme 
aujfi  de  la  racine  de  Guimauve  à  qui 
l'y  voudra  mettre.  Pour  les  figues 
&  les  raifins  qui  n’abondent  point 
en  mucofité  comme  les  femences  de 
Lin,  &  de  Fœnugrec ,  il  en  faut 
prendre  des  plus  gras  fix  onces  de 
chacun ,  qui  foient  doux  &  non  ai¬ 
gres  ,  mondés  de  leurs  pépins  ,  in¬ 
cisés  fort  'menu  ,  &  les  infufer  24. 
heures  feparément  en  une  livre 
d'eau  chaude  fir  une  chaleur  mo¬ 
dérée  ;  après  les  faut  faire  cuire 
jufiqu’à  la  confomption  de  la  moitié. 


SeBion  IV, 

les  '  couler  &  fortement  exprimer 
par  une  toile  ,  &  fur  un  feu  lent 
faire  évaporer  l’humidité  ftperflué, 
à  la  reduélion  de  douze  à  treilje 
drachmes }  alors  les  aurés  en  vraye 
firme  de  mucilages. 

le  ferots  neanmoins  d’avis  d’ex¬ 
traire  la  pulpe’  &  les  mucilages 
de  ces  deux  derniers  -,  &  les  '  ré¬ 
duire  en  firme  d’Eleéluaire  liqui¬ 
de  ,  &  les  ajoàter  fur  la  fin  quand 
l’Emplâtre  eft  cuit ,  &  il  en  fe¬ 
ra  meilleur.  On  en  pourrait  faire 
de  meme  des  autres  mucilages  & 
même  des  fucs. 

La  treiziéme  difticulté  ou  cou- 
fideratien  eft ,  quelle  quantité  d’I- 
éliecole  il  faut  pour  faire  douze 
drachmes  é"  demie  de  mucilages, 
&  dans  quelle  liqujeur  la  'diffou- 
dre  -,  pour  ce  faire  il  faut  prendre 
demy  once  d’Iétiocole  ,  l’incifer  fort 
menu ,  &  l'infufer  dans  quatr'e  on¬ 
ces  d’eau  chaude  pendant  14.  heu¬ 
res  ,  puis  la  faut  mettre  fur  le  feu 
pour  faire  évaporer  tout  douce¬ 
ment  l’humidité  ,  en  remuant  juf- 
qu’a  ce  que  le  tout  fait  réduit  a  la 
quantité  requife ,  de  douze  a  treize 
drachmes. 

Pour  la  quatrième  confideration,il 
faut  fiavoir  qu’eft  ce  qu’entend  Mé¬ 
fié  par  Refina  Pini,  &  quelle  forte . 
de  Refine  il  faut  prendre ,  quoy 
qu’il  n'y  aye  point  dé  différence, 
qtsant  a  l’arbre  qui  porte  U  Re¬ 
fine  ,  que  nous  appelions  commune, 
d’avec  celle  que  nôtre  Autheur  de¬ 
mande  en  cet  Emplâtre  ,  fi  ejf-ce 
neantmoins  qu’il  y  a  grande  diffé¬ 
rence  de  l’une  à  l’autre  ;  car  la  com¬ 
mune  fi  tire  par  l’art  du  feu  ,  & 
celle  qu’en  furnomme  de  Pin  refude 
d’eUe 


Des  Emplâtres,  141 


Selle  meme  du  Pin  en  forme  de 
larme ,  laquelle  efi  plue  grajfe  & 
milleure  que  la  commune^  ceft  de 
cette  derniere  quil  faut  prendre 
pour  cet  EmpUftre  ,  que  certains 
Grecs  appellent  Antorritos  ,  id  efi, 
"  [ponte  fluens ,  les  autres  Protorritos, 
id  efi  3  primiflua,  Galien  livre  3. 
des  Médicaments  félon  'les  genres, 
&  les  Apothicaires  Refîna  Fini. 
Il  y  aurait  beaucoup  d'autres  cho- 
fes  à  dire  fur  ce  fujet  ,  fi  je  na- 
vois  déjà  été  trop  long  en  cette 
Remarque, 

La  cinquième  confîderation ,  efi 
le  moyen  pour  extraire  le  fuc  des 
Scilles ,  qui  efi  tel ,  de  faire  cuire 
me  petite  Scille  dans  les  cendres 
chaudes  pliée  ddSts  un  papier  mouil¬ 
lé ,  ou  bien  l'enveloper  de  pafie ,  & 
la  faire  cuire  au  four  •,  les  marques 
de  fa  cuite  font  cy- devant  données 
aux  Trochifques  des  Scilles  -,  aprez. 
toute  chaude  la  faut  piler  dans  un 
mortier  de  marbre  ,  &  en  tirer  le 
fuc  à  la  preffe. 

Et  parce  quil  ne  faut  rien  omet¬ 
tre  de  necejfaire  touchant  les  confi- 
derations  de  cet  Emplafire  ,  il  fe 
prefente  encores  les  huiles  d’Aneth, 
de  Camomille  ,  &  Irin ,  quil  faut 
prendre  ou  compofer  ,  comme  a  été 
cy-devani  dit  en  leur  ScSlion. 

Voila  pour  ce  qui  regarde  les 
^ificulte\.ey-dejfus  propofées ,  refie 
maintenant  d'en  faire  un  ben  mé¬ 
lange  ;  car  d'iceluy  dépendent  en 
plus  grande  partie  les  effets  que  les 
Autheurs  luy  attribuent.  En  pre¬ 
mier  lieu  il  faut  prendre  une  livre 
de  Litharge  fubtilement  cicotrinée, 
avec  la  quantité  des  huiles  cy-def- 
fits  3  les  ayant  mis  dans  une  b  affine 


&  fur  un  feu  modéré ,  les  faut  re¬ 
muer  legerement  avec  la  fiatule  de 
bois  ordinaire  des  Emplafires ,  jup 
ues  h  ce  qu'ils  foient  liez,  enfem- 
le ,  alors  on  commencera  d'y  ajou¬ 
ter  peu  à  peu  les  Mucilages  de 
Lin  &  de  Fœnugrec  3  iceux  confu- 
mef^,  on  y  mettra  ceux  de  Figues 
&  de  raifins ,  ^  aprez  la  confernp- 
tion  d' iceux  ,  les  fucs  d’iris  tir  de 
Scille,  &  lors  quie  l' Emplafire  fera 
quafî  cuit ,  l'Oefipe  ,  &  en  dernier 
lieu  l'IIliocolle  j  toute  l'humidité 
des  fucs  ,  &  Mucilages  cenfumée, 
&  l' Emplafire  entièrement  cuit ,  on 
y  fera  fondre  la  Cire  ,  &  la  Refi¬ 
ne  ,&  la  baffine  tirée  du  feu  la  Th- 
rebinthine. 

l'omets  a  deffein  d’autres  peti¬ 
tes  ohferuations  ,  m'affeurant  que 
l'Artifie  tant  fait  peu  qu'il  entende 
le  travail ,  ne  les  omettra  point, 
toutes  &  quante  fois ,  qu’il  compofi- 
ra  cet  Emplât  re  de  la  façon  ,  il  fera 
doué  de  plus  grandes  vertus  qu’à 
l'ordinaire. 

Emplaftrum  Diachylon  Gum- 
matum ,  D-  Chriftoph. 

Maffam  Emplafiri  DiachyU 
magni  integram,  fkperius  ferip- 
tam  ;  cui  diffolve 
Cummium  Ammeniaci 

Galbani ,  vel  Serapini ,  & 
Bdellij  ,  vino  diffolutorum  & 
ad  Me  lits  craffitudinem 
coBorum ,  fingul.  une.  unam 
forma  Magdalias  ufui  ne- 
ceffario. 


142-  Livre  IL 

FARAtHRASE. 

Le  s  gommes  d’ammoniac,  de 
Galbanum  ,  &  Bdellium  ,  (fon¬ 
dues  avec  du  vin,  coulées  &  cuites, 
jufqu’à  l’épaifleur  de  miel ,  dilîbutes 
en  rEmplaftre  precedent  étant  cuit, 
&  encore  chaud  )  font  la  différen¬ 
ce  ,  &  luy  donnent  lefurnom  de 
Gomme. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

BAuderon  dijfout  les  Gommes 
dans  du .  vin  :  Chriftophorui  ne 
fait  point  mention  de  eeite  difolu' 
tion  ;  cefi  à  dire  qu‘il  faut  tâcher 
de  les  mettre  en.  poudre,  &  fEm- 
flaftre  en  fera  beaucoup  meilleur, 
par  ce  quen  les  dijfoluant  j  ou  en- 
fai  fant  evaporer  l’ humidité  ,  les 
parties  les  pim  fubtiles  &  tenues, 
d'icelles  s'évaporent ,  &  ainf  per¬ 
dent  beaucoup  de  leurs  vertus ,  com¬ 
me  a  été  cy-devant  dit  en  quelques 
endroits. 


Emplaftrum  de  Mucaginibus, 
D.Bencd.  Textoris. 

eJMucagimm.  Radick  Al- 
thaa  , 

Lini , 

Fœnugraci ,  & 

Ficuum  ,  fing.  une.  quatuor,. 
Terebinthin  a 
Oleorum  Chamameli ,  ^ 

Liliorum , 

Refina  Fini, 

MedulU  crurk.  vituli ,,  aut  £0- 

^vk ,  & 


Seâion  I  V. 

Butyri  recentk  infulfi,  ftngtil.unc. 
duos. 

Cera  citrina  ,  une.  viginti  ,  aut 
Fiat.Ernplafirum  in  Magdalias. 


Emplaflirpm  de  Muccagini- 
bus  Gumniatutn ,  cjufdera. 
Textoris.  ■ 

PradiBam  majfam  ,  cui  adde, 
Cummium  Ammoniaci ,  une.  dum. 
Bdellij ,  & 

Sagapeni ,  vino  folutorum  ,  & 
coQorum  ',.  utriufque  me.. 
■  unam. 

Forma  MâgdaliaFpapyro  ohduUas, 
&  ufui  repone.. 

farafhrase. 

TExtor  a  tilïù  cet  Emplaftre  du: 

precedent,  &  fuivant  que  Me- 
fiié  référé  au  fils  de  Zacharie  ,  fur- 
nommé  Rhafis  duquel  icya  Mafeon,. 
nous  ufons  fbuvent  avec  heureux 
fiiccez  :  pour  ce  il  m’a  femble 
bon  de  l’inièrer  en  cette  Catego¬ 
rie  ,  afin  qu’un  chacun  le  puilfe 
pratiquer  J  au  lieu,  du  precedent  & 
fuivant.. 

.  LE  MELANGE. 

Il  faut  faire  confùmer  fur  le  feu 
médiocre  les  Mucilages,  avec  lea 
Huiles,  Beurre,  &  Moiiclle  eif re¬ 
muant  toujours  :  puis  on  y  ajou¬ 
tera  la  Cire  ,  &  Refine.  Finale¬ 
ment  la  Térebinthine  ,  la  bafline 
Qtée  de  dellus.  le  feu  j  puis  du  mut 


Des  Emplafires,  143 


i  (kmy  refroidy  ,  on  en  reformera 
des  Magdaléons ,,  quon  envelopera 
de  papier  j,  «Sc  qn  on  gardera.  Pour 
le  plus  compofé  &  gommé ,  dn  fera 
fondre  les  gommes  ou  liqueurs  d"A  ra- 
moniaç,  Bdellium  ,  &  Sagapenum, 
avec  du  vin  r  puis  on  les  coulera, 
&  cuira  à  Lepelfeur  de  Miel  ,  8i 
ajou/era  à  l’Emplaftre  cuit ,  &  en-_ 
core  fur  le  feu^,.  puis  la  Terebinthi- 
ne ,  donc  on  îônjiera  (.  comme  dit 
eft  )  des  _  Magdaléons.  '  LMpothi- 
cairp  doit  tenir  1  un  &  1  aucte  fepa- 
pareraent  ,  qui  TervirOnt  au  lièu 
àj'fuivanc ,  &  des  precedents ,  dé¬ 
crits  par  Mefiié.  Toutesfois  pour  fa- 
tisfàire  à  ceux  qui  ont  plus  d  affeétion 
en  l’un  qu’en  Pautre  ,  ôc  ne  rendre  ' 
cet  cEuvre  moins  complet ,  lé  fuivant 
fera  tel.,  .  '  ,  .  • 

LE.S  FA  CTL  TE  Z. 

Ces  deux  Emplaferes  amollit 
fent ,  cuifent  Si  aident  à  la  ifuppurà- 
n'on  ,  &  font  propres  aux  tumeurs 
dures. 

REMARQJÈ. 

IE  faut  procéder  aux  Mucila- 
^  ^es  de  cet  Emplafire  ,  comme  a 
ete  dit  au,  Diachyl.  magnum  ,  aug¬ 
mentant  OH  diminuant  la  quanti¬ 
té  des .  femences  &  racines  ,  fui¬ 
vant  la  ‘quantité  qu  on  en  a  de  be- 
fiin.  Four  la  cuitte  d'iceux  avec 
les.  huiles  ,  le  beurre  ,  &  la  mouelr- 
le  de  Veau  ,  il  y  faut  a]outer  U 
cire  &  la  refîne ,  par  ce  que  plut 
il  y  aura  de  matière  -,  pour  recevoir 
ou  attirer  la  vertu  des  Mucilages, 

I  Emplafire  en  fera  rneillenr  :  La 


confomptioh  étant  entièrement  fai¬ 
te  ,  en  y  ajoutera  la  Terebinthi- 
ne ,  puis  le  tout  fera  conté  par 
un  linge  net  :  l’Emplafire  encore 
chaud  ,  on  y  mêlera  les  Gommes 
infufées  &  cuittes ,  fi  on  ne  les  a 
pas  mifes  en  poudre ,  &  fi,  elles  font 
en  poudre  ne  les  faut  peint  mê¬ 
ler  que  la  matière  ne  fait  a  demy 
refroidie.  Suivant  la  faifon  que 
l’on'  compofera  cet  Emplafire  ,  il 
faudra  jsn  peu  plut  ou  moins  di¬ 
minuer  la  dofe  des  Huiles  d'envi¬ 
ron  une  once  de  chacun  ,  &  pefer 
jufiement  la  Terebinthine  ,  &  le 
Beurre. 


Emplaftrum  Filij  Zachariæ, 
D.Mef. 

"3^.  Cera  citrina , 

Medulla  cruris  vacca , 

Adipis  Anatis ,  & 

Gallina  , 

Maceagin.  Semin.  Lini , 

Fœnugraci , & 

Althaa. 

Oejypi  humida ,  & 

G  lutin  ü  Pifeium ,  fing.mc.  très. 

Olei  Lini ,  vel  (  huius  loco)  Leucoi 
lutei,  vulge  Cheyrini  ,  vel  utriuf- 
que ,  quantum  fiiff  cit ,  fiat  Em- 
flafirum  ,  in  -Magdalias  redu- 
cendum  ,ufui  necejfario. 

PARAPHRASE. 

QVi  par  le  fils  de  Zacharie  a  en¬ 
tendu  Mefeié ,  nous  l’avons  dé¬ 
claré  en  la  Seétion  6.  fat  la  Confe¬ 
ction  Hamech. 


LE 


144 


Livre  1 L  SeBion  I V, 


LS  MELANGE. 

Il  faut  faire  boüillir  les  Mucila¬ 
ges  avec  les  huiles  ,  grailles,  & 
motUe  ,  jnfqu’à  ce  qu’ils  foienc 
conmmez  ,  en  remuant  alhdiie- 
ment ,  avec  un  pilon  ou  fpatule  de 
bois  :  puis  on  y  ajoutera  1  Oefype 
detrempée  avec  la  colle  de  poillôn 
fondue  a  part.  Finalement  la  cire 
pour  du  tout  en  former  des  Mag- 
dalcons  ,  comme  dit  eft.  le  laif- 
fe  deux  tmph.ftres  :  l'im  furnom- 
mé  Di.  chylon  compoficura  :  l’au- 
tie  de  Mucaginibus  ,  delquels 
l’Autueur  nous  tft  incertain  ,  & 
auiii  pour  ce  qrle  les  fuidits  fup- 
leent  leur  defaut ,  &  ont  ferabla- 
les  vertus. 

LES  FACVLTE  Z. 

Il  amollit  &  relôut  les  dure¬ 
rez  &  les  nœiids  des  jointures, 
&  appliqué  lur  le  thorax  ,  aide 
à  expectorer  le  excrements  craf- 
fès  ,  &  vifqueux  des  poulinons  & 
poitrine. 

R  E  M  A  R  dy  E. 

L  nefi  poi  pojfible  de  bien  fai¬ 
re  un  Emplaftre  fuivam  la  def 
cription  des  ingrediens  cy  -  défia, 
comme  ils  font  do  fez.- ,  &  encore 
moins  s'il  fallott  fuivre  l'ancien¬ 
ne  verjion  de  MeÇué  ,  e^ui  dit, 
MedulU  cruris  Vâceini  ,  yidipù 
.^natü  ,  &  dipü  Gallina  ana 
uncioi  très  &  femtfern  ,  &  plus 
bas  Olei  Liai  quaf.tjsm  ffficit  &c. 
Par  ce  que  cette  quantité  de  graif 


fes  ou  de  moelle  ,  d'Oefype,  d'Iük- 
cole  ,  &  d'huile  y  font  en  trop 
grande  quantité  pour  trois  onc» 
de  cire  ,  qui  ne  peuvent  fuffire 
pour  donner  un  corps  d'EmpUfire 
aux  fufdits  ingrediens  :  pour  y 
parvenir  faut  dqnc  augmenter  la 
cire  pour  le  moins  environ  de  deux 
livres  ,  attendu  qu’il  n’y  entre 
point  de  poudres  y  les- Mucilages 
aujfi  doivent  être  augmentez,  pour 
le  moins  d’une  autre  fois  autant, 
&  cuire  la  cire  avec  les  graijfes, 
moelle  ,  l’huile  &  les  Mucilages; 
de  la  colle  de  Peijfon ,  il  en  faut 
prendre  une  oneç  &  la  faire  dijfoü- 
dre  en  huit  onces  d’eaU  chaude, 
comme  dit  efi  en  l’Emplafire  Dia- 
chylen  magnum  ,  &  la  faire  éva¬ 
porer  de  la  moitié  ;  cela  fait  fans 
la  couler ,  avec  l’Oefype  &  tou¬ 
tes  les  autres  matières  bouilliront 
enfernble  )ufquk  la  confômption-de 
l’humidité  en  remuant  fouvent.  La 
bajfine  tirée  du  feu  l’Èmplaftre  fe¬ 
ra  coulé  par  un  linge ,  &  réduit  en 
Magdaleons. 


Emplaftrum  Tri^yjharmacunb 
D.  Mef. 

Lithargyri  auri  fubtilijfimè 
triti ,  & 

Aceti  vini  rubri  acerrimi,  utriufq. 
lib.  unam  .• 

Olei  communis  antiqui ,  lib.duas. 
Coque  in  Emplafram. 


fA 


F'"  , 

Deâ  Emplâtres,  145 


PARAPHRASE. 

CEt  .Emplaftre  efl;  décrit  par 
Mefiié  en  la  diftiBétion  onziè¬ 
me  fous  le  nom  d.’Onguent  ;  le¬ 
quel  a  pris  le nom  -du  nombre 
des  crois  Médicaments  qui  le  com- 
pofenc.  .  .  , 

LE  ME  L  An  GE, 

Le  Mélange  eft  facile  :  c^-  du 
commencement  il  faut  nourrir  la 
Litharge  avec  .l'Huile  ,  fur  un  feu 
médiocre  :  puis  on  l\ugmentera 
tout  d'un  coup  J.  &  _y  ajoûtera-on 
du  plus  fort  vinaigre  qu'on  'jpour- 
ra  trouver  3  lequel  luy  donnera 
(  avec  le  feu  )  la  couley.r  .  foffifom- 
mcnt  rouge  ,  fins  le  brouiller  (  par 
l'addicion  dii  verdet.  )  Etant  cuit  & 
à  dcmy  froid  3  fora  réduit  en  Magda- 
ieons  3  qùfon  gardera. 

LÈS  FAC.FLTE  Z. 

il  eft  •  farcotique  &c  agglutina- 
tif.  Pour  ce'  il  agglutine  les  playcs 
fanglantes  3  &  amollit  les  fîftulcs 
qui  n'ont  pas  un  cal  endurcy  3  & 
deflciche  fans  mordacité  3  au  témoi¬ 
gnage  de  Galien  au  livre  premier  de  la 
compofition  des  Médicaments  félon 
les  genres. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

Et  EmplaÈre.efi  des  pim  fa¬ 
ciles  à  faire  de  ceux  quil  con¬ 
vient  cuire  la  Litharge  avec  l’Hui- 
3  comme  le  pim  fimple  de  tom-, 
maü  neanmoins  il  ne  faut  pat 


fuiure  la  Méthode  de  VAutheur  dtt 
mélange  ,  qui  dit  aj  mettre  le  vi¬ 
naigre  tout  a  coup  :  au  contraire 
il  ly  faut  mettre  peu  à  peu  ,  & 
nf  en  faut  point  remettre  ,  que  lê 
premier  ne Jpit  confumé ,  autrement 
qui  fiiivroit  Bauderon  &  augmen- 
teroit  le  feu  tout  d  coup  ,  l'Smpla- 
fire  ferait  plutôt  cuit  que  le  vinai¬ 
gre  confumé ,  qui  ferait  eaufe  qu'il 
refleroifigras  ,  &  quon  le  brûlerait 
pour,  le  dejfeicher. 


Emplaftrum  Palmentn  ,  feu 
Diachalciccos  ,  D. 
Galeni'. 

Chalcitidü ,  aut  e]m  penuria  vî- 
trioli  Romani  ,  une.  quatuor. 

Axungia  Suillaveterü ,  lib.  duoi. 

Lithargy  'ri  Auri,  & 

Olei  veter,ü ,  utriufq.  lib.  tret. 

Coque  igni  lento  ,  ajftduè  movendo 
jpatula ,  ex  ramo  P  aima  recen- 
ti,  Vèl  hujm  penuria  Arundinû, 
vel  Gi^ercm ,  vel  Pruni  Sylve- 
firis,  vel  Meéfili,  vel  alterim  ar- 
borù  adfiringentù  ;  ea  lege ,  ut 
extrema  pars  fapè  abradatur  & 
refeindatur  :  aut  novus  ramm  fup- 
ponatur ,  donec  'iuftam  crajfttudi- 
nem  conquirat  ;  tum  in  Magda- 
lioi  formetur  majfa. 

Fitridlum  aut  Chalcitis  in  media 
Emplaftri  addendum,  ut  acrimo- 
niam  deponat  ;  fi  ufium  fit ,  fini 
coBionis  ii/ijce. 


t  ÈA 


14^  Livre  IL  Seâion  IV. 


PARAPHRASE. 

CEt  Emplaftre  eft  décrie  par  Ga¬ 
lien  J  au  livre  premier  des  Me- 
dicamcncs  félon  les  genres  ,  lequel 
a  pris  le  nom  delà  Chàlcite  ,  qui 
y  entres  au  lieu  de  laquelle  nos  Apo¬ 
thicaires  prennent  le  Chalcanthum 
ou  Vitriol ,  facile  à  recouvrer.  Pour 
ce  il  le  faudroit  plutôt  appeller  Dia- 
chalcantheos ,  ou  Diachalcanthi;,  que 
Diachalciteos.  Quelques-uns  lenonà- 
ment  Palmeum  ,  pour  eau  le  de  la 
fpatule  de  Palmier  récent ,  dont  il 
devroit  être  remué  durant- là  cuitte. 
Aux  lieux  où pn  ne  trouve  du  Pal¬ 
mier  reçent,  on  pourra  s’aider  d’une 
faite  de  Liguftre  »  ou  de  Canne ,  ou 
de  Chefne  ,  ou  Prunier  fauvage , 
ou  de  Mefplier ,  ou  de  quelque  au¬ 
tre  arbre  adftringcnt  :  à  condition 
que  durant  la  cuitte  on  eduppe  trois 
ou  quatre  fois  le  bout  d’jcelle  ,  afin 
de  luy  donner  plus  d’adltriétions 
qui  n’aimera  mieux  avoir  plufieurs 
fpatules.  Le  Vitriol  Romain  pour 
la  Chalcitc ,  doit  être  mis  (la  Lkhar- 
e  étant  iùffifamraent  nourrie  avec 
Huile  &  Graillé  )  &  non  plutôt,* 
afin  que  par  la  coclion  il  perde  ion 
acrimonie  ,  &  foit  plus  delîccatif, 
&-  moins  douloureux.  Pour  caufe 
du  dechef  (  en  fe  cuiiànt  )  on  dou¬ 
blera  la  dofe  finon  qu’on  le  calcine 
à  part  :  puis  fera  pulverifé',  pefé  & 
«as,  a  l’Emplaflre  étant  du  tout  cuit. 
Aprez  on  formera  des  Magdaleons 
qu’on  gardera. 

Oiiclques-uns  font  infuiér  aupa¬ 
ravant  des.  fleurs  de  Liguftre  dans 
l’Huile  ,  &  Graille ,  &  y  ajoutent 
an'  peu  de  fuc  de  racines  de  Can¬ 


nes  ,  &  font  bouillir  enfemble ,  les 
expriment  ,  &  y  cuifent  leur  Li- 
tharge  ,,  remuant  avec  une  fpatu¬ 
le  comme  dit  eft.  D’autre^  en  au¬ 
tre  iàifon  au '  lieu  de,  fleurs ,  trem¬ 
pent  des  rejettons  ,  &  fueilles  de 
Cannes  hachées  avec  du  fuc  tiré 
des  racines  de  Cannes  avec  l'Hui¬ 
le  &  Graillé  J  &  fe  gouvernent  au 
furplus  ,  comme  dit  eft ,  méthode  qui 
ne  repi^ne  point  à  l’intention  de 
ion  Autheur. 

.  LES  F  ACFLTE  Z. 

Il^  arreflië  toutes  fluxions  récen¬ 
tes  ,  &  rciout  lés  invétérées  :  il 
agglutine  les  ulcérés  malihs  &pe- 
beiles-  ‘  f,r 

remarqje. 

BAuderon  a  fort  bien  exfrimé 
tout  cè^  qu’on  doit  ebferver  four 
bien  c'ompsfer  i’Emplafire  Bia- 
chulciteos  ,  eu  égard  aux  divers 
lieux  ,  eu  endroits  aufquels  on  le 
peut  préparer  ■  j.  ]a]oùteray  feule¬ 
ment  ,  que  pendant  Id  cuite  d’ice- 
luy  ,  il  y  faut  tenir  de  l’humi¬ 
dité  ,  &  la  laijfer  bien-  confu- 
mer. ,  avant  que  d’en  remettre  de 
nouvelle  ,  pour  les  raifens  que 
venons  de  dire  au,  Triapharma- 
con.  Au  defaut  du  Chalcim  ntt- 
turel  ,  què  Galien  y  demande ,  il 
faut  prendre  de  l’artificiel  ,  qtti 
foit  bien  rubifie  ,  ou  de  la  refi- 
dence  de  la  diflillation  de  l’efprit 
de  Fitriol ,  moyennant  que  l’Hufi 
le  nen  ait  point  été  tiré  en  fuit- 
te  de  l’ejprit  preferablernent  a  tou¬ 
te  autre  forte  de  vitriol  crud  •  v 


Des  Emplaftres,  147 


(tv,  defaut  de  celuy-cy  ,  le  don- 
hle  poids  de  Vitriol  bien  dejfeiche 
pfquà  blancheur.  V  Emplafire 
cuit  &  la  bajfme  hors  du  feu  on 
l’y  ajoutera  en  poudre  fort  fubti- 
le.  le  ne  diray  pas  les  raifons 
poUrejuoy  le  Chalcitü  naturel  ,  ou 
artificiel  doiuent  hre  jcy  préférez, 
à  quelle  forte  de  Vitriol  que  ce 
foit ,  étant  tout  perfuadé  ,  que  la 
moindre  reflexion  que4’ArHfie  cu¬ 
rieux  y  fera ,  il  s‘en  i'nftruira  am¬ 
plement. 


Eai^afti'um  de  Baccis  Lauri, 

D.  Mcf. 

yi.  Baccarum  Lauri ,  une.  duos- 
Mafiiches_ , 

Thuris  , 

Myrrha ,  fing.  uhc.  unam. 

Cyperi  ,  & 

Cofii  ,  utriufque  unciam  dimi- 
'^tdiam. 

Mejlis  deffiumati ,  queCntum  fufîcit, 
fiat  Emplafirum , 

Annot/it  Mefué  futurum  •  ejfica- 
cius.  ad'  hydropjm  ,  fi  pondus 
Cyperi  triplicttu’r  ,  &  Stercus 
Capra  aut  Vacca  ficcum,ad  pon¬ 
dus  omnium  mifceatur.  Sed  pra- 
flat  firnplicius  hdbere  ;  alia 
enim'ufus  ’tempore  ,  facile  adii- 
cientur. 

paraphrase. 

CEt  Emplaftre  a.  pris  le  nom 
de  fa  bafe ,  les  Bajes  de  Lau- 
ner  mifes  an  commencement  ,  & 
en  pins  grande  dofe  qiî’antre  qui 
y  foie.-  Le  Miel  conferve  les  eipe- 


ces  ,  donne  corps  à  l’Emplaftre, 
&  firpplée  le  defaut  dautre  matiè¬ 
re.  U  faut  pulverifer  enfemble  le 
Cypere  ,  Coftus  ,  &  Baies  de  Lau¬ 
rier.  Chacun  à  parc  l'Encens  ^  la 
Myrrhe  j  &  M^ftich  ;  puis  le  tout 
malaxer  avec  miel  écume  pour  en 
former  des  Magdaleons,  ou  la  p⬠
lie  fe-  confervera  dans  un  pot  de 
terre  vernillë  ,  qui  fera  bouché. 
'  Ainlî  fe  deflèichera  moins ,  qu'en 
Magdaleons  ,  &  fera  de  plus  lon¬ 
gue  durée.  La  dofe  du  Cypere  ne 
lèra  triplée  ,  ny'Ie  fien  de  Chè¬ 
vre  ,  ou  de  Vache  ajoutez  ,  s'il 
n’eft  exprez  commandé  par  quel¬ 
que  Médecin. 

LES  FACVLTEZ. 

Il  appailè  les  douleurs  du  vefitri- 
cule  J  des  inteftins  ,  du  foye, 
des  reins  ,  de  la  veffie,  de  la  ma¬ 
trice  ,  &  des  autres  parties  cau- 
fées  des  vents ,  ou  d'intemperaturc 
chaude. 

REM  ARQ.VE. 

L'Emplaflre  de  Baccis  Lauri 
mériterait  plutôt  le  nom  de 
Cataplafme  ,  à  raifon  de  fa  confi- 
fience  ,  que  celuy  qu'on  luy  a 
donné.  Cet  Emplafire  ne  fe  doit 
point  compofer  qu'au  temps  de  la 
necefiité  ,  k  caufe  que  fin  ufage  efi 
petit  parmy  nous  ,  &  en  le  gar¬ 
dant  long-temps  en  quelle  firme 
que  ce  foit  mol  ou  filide ,  fa  vertu 
fe  diminué  de  beaucoup  ,  outre 
qu'on  ne  le  fçauroit  étendre  pour 
en  faire  des  Emplafires.  Les  Baies 
de  Laurier  doivent  être  recentes 
c  Z  de 


1 48  Livre  1 1, 

de  Jix  mois  ,  defquelles  fam  pren¬ 
dre  l’écorce  ,  tant  feulement ,  com¬ 
me  la  partie  la  plus  utile  ,  &  laif 
fer  le  noyau.  G^ant  h  l'ufage  de 
cette  compofition  j  elle  aura  plus 
d’efficace  ,  fi  on  étend  fimplement 
de  Miel  médiocrement  defpumé , 
&  décuit  avec  un  peu  de  bon. vin 
blanc  fur  une  Alude  ,  que 
par  deffiis  on  y  finapife  la  poudre 
en  quantité  convenable ,  ^  qu’on 
l’applique  chaudement  fur  la  par¬ 
tie  ajfeStée  ■'  Ceux  qui  pratique¬ 
ront  cette  méthode ,  verront  plus 
fenfiblement^  les  ejfets  que  Mefué 
promet  de  fin  Emplaftre ,  (moyen¬ 
nant  que  les  fimples  qui  le.  com- 
pofent  ayent  été  bien  choifis  ,  ) 
que  ceux  qui  le  compoferont  com¬ 
me  deffus. 


Emplaflimm  de  Sulphure,  in- 
certi  Authoris. 

7icis  navalis  , 
kefina ,  & 

Cens,  fiavst  ,  fingul.  une.  duo- 
decirn. 

Sulphuris  tenuiffïmè  triti,  & 

Olei  Chamameli  ,  utriufque  une. 

quatuor. 

Térebintkints  , 

Pulverum  Ire  os  ,  eè’ 

Cymini ,  >  fing.  une.  unam  ,  & 
fermfi. 

ex  arte  paretur  Smplafirum  in 
Mngdalioi. 


SeBion  IV, 

F  ARAP  HRASE. 

L’Autheur  de  cec  Emplaftre  m’eft 
incertain  :  lequel  pour  être 
ufîcé  de  quelques  -  uns  ,  je  ne 
lay  point  voulu  lailFer.  Il  a  pris 
le  nom  de  fa  bafe  ,  le  Soii- 
phre.  Il  refont  les  matières  dé¬ 
coulées  ,  &c  arreftées  aux  imifcles 
du  thorax. 

LE  MELANGE. 

Il  feut  premièrement  pulvéti- 
fer  la  racine  d'iris  ,  &  i^min 
enfemble  &  le  Souphre  à  part,  & 
les  mefler  :  puis  fondre  la' Cire  > 
Refine  ,  &  Poix  noire  '  ,  hachées 
par  petits  morceaux  ,  avec  l'Hui¬ 
le  de  Camomillej  Aprez  &c  hors 
du  feu  ,  on  y  ajoutera  la  Tere- 
binthine.  Finalctoent  les  poudres, 
pour  de  la  niailè  en  former  des 
Magdaleons ,  de  telle  grofièur  qti'dn 
voudra  ,  lefquels  envelopeaf.;.  de 
papier  blanc  ,  feront  garder- au 
befoin.  , 

LES  F  A  CF  LTE  Z. 

Il  adoucit  &  refout  les  dou¬ 
leurs  de  cofté  ,  engendrées  de 
vents  lors  qu'il  n'y  a  point  de 
fievre. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

CEt  Smplafire  efi  fi  peu  ufite, 
qui  efi  la  caufe  qu’il  efi  rare¬ 
ment  décrit  dans  les  Pharmacopées, 
je  ne  le  trouve  que  dans  celle  de  Lyon. 
Martin  Ruland  dans  fes  Centu- 
rke 


Des  Emplâtres. 


i\is  en  décrit  un  de  fcmblable  nom, 
mais  qui  différé  bten  de  eettuy- 
cy ,  que  les  Autheurs  des  Dijpen- 
[aires  appellent  Emplafirum  JDia- 
fulphuris  Rulandi  ,  qu‘il  compofe 
'avec  fin  huile  de  Souphre  (  que  plu- 
feurs  igporefit  )  la  Myrrhe ,  &  la 
Refine  ,  quelques-uns  y  ajoutent  de 
la  cire-yauquel  il  attribué  des  effets 
merveilleux  j  pour  le  prefint  nom 
nom  contenterons  du  notre.  Si  l'Ar- 
tOle  par  fin  addreffe  peut  diffou- 
àre  le  Souphre ,  au  lieu  de  le  met¬ 
tre  en  poudre  ,  l'Emplâtre  en  fe¬ 
ra  beaucoup  plus  efficace  ,  ce  quon 
reconnaîtra  facilement  p-ar  fies  ef- 
fets. 


Emplaftrum  de  Mcliloto, 
D.Mef. 

Ofi.  Radie.  Ireos , 

Cyperi 

SpicA  JSfardi , 

Caffta  Lignea, 

Semin.  Ameos  , 

Apii, 

Aniji  ,  eum  Nicel.  Prstpofi- 

to,&^- 

Caruiyid  efi,  Cordumeni  ,fîng. 
drach.  nnam ,  &  fimijé. 
Florum  Chamameli , 

Coma  Abfinthii  Pontici, 

Sampfuchi, 

Fœnugraci, 

Face  arum  Lauri  excorticatarum,  & 
Radie.  Althaayjihg.  drach.  très. 
Styraeü  Calamites  ,  & 

Bdellii,  utriufque^  drach.  quinque. 
Ammoniaci  ,  drach.  decem. 
Terebinthina. ,  une.  unam 
Ficus  pingues  ,  nurn..duodecm. 


Sebi  Caprini,  & 

Refîna,  ,  utriufque  une,  duos  ,  & 
femif. 

Cera ,  & 

Meliloti ,  ufriufque  une.  fi x. 
Oleorum  Sampfuchi ,  & 

Nardini,  vel  de  ^ica ,  utriuf¬ 
que  quant,  fitff. 

■'Fiat  ex  arte  EmplaHrum,  in  Mag- 
dalias  formandum.  Diffolue  Gurn- 
mi  Ammoniaeurn ,  &  Bdellium  in 
Aceto  :  queniam  in  decoBo  Me- 
liloti  yÇhamameli ,  &  Fœnugra¬ 
ci  agrè  foluuntur  &  non  minus 
efficax  erit. 

TARAPHRAl  SE. 

MEfiié  a  composé  cét  Empl⬠
tre  fur  ceux  de  fèmbhble  nom, 
décrits  par  Galien  au  livre  de  la 
compofition  des  médicaments  lo¬ 
caux  ,  lequel,  a  pris  le  nom  de  fa 
bafe  le  ^Melilot^mis  au  commence¬ 
ment  par  l^Autheur  ,  ôc  par  nous 
à  la  fin  :  pource  qu'avons  commen¬ 
cé  par  la  .  moindre  ,  Sc  finy  par  la 
plus  grande  dofè  à  l’imitation  dé 
Damocrates. 

LE  MELANGE. 

Au  premier  rang,  de  trituration 
feront  mifès  les  racines  ,  Sc  Canel- 
le  :  au  deuziéme  ,  ks  femcnces  :  an 
treizième  j  les  herbes  &  fleurs  :  il 
faii'f  pulverifèr  le  Styraÿ  à  part,  puis 
les  mêler  avec  les  autres.  Si  les  fi¬ 
gues  font  nouvelles  ,  il  les  faut  pi¬ 
ler  à  part  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  &  palTer  à  travers  un  tamis, 
avec  une  fpatule  Si  elles  font  dures 
&  vieilles ,  elles  fé  pul vérifieront ,  les 
t  3,  hacharur 


150  Livre  IL 

hachant  menu  avec  les  autres  mé¬ 
dicaments.  L’Ammoniac,  &  Bdel- 
lium  lèront  fondus  avec  du  vinai¬ 
gre  (  qui  fèrvira  de  véhicule  )  puis 
coulez,  &  cuits  à  confiftence  de  miel: 
auiquels  on  y  ajoutera  de  la  Terc- 
binthine.  Cela  fait  on  fera  fondre 
en  quantité  iiifhlànce  d’huile  Nar- 
din ,  ou  d’Afpic ,  &  de  Marjolaine, 
la  Cire,  Refinc,  &  graillé  ;  puis  on 
y  ajoutera  les  figues  pafsees  :  puis 
•les  Gommes  ,  &  Terebmthine  :  fi¬ 
nalement  les  poudres,  la  baffine  ôtée 
de  dcllûs  le  feu ,  &  à  demy  froide. 
Aprez  on  formera  des  Magdaleons, 
qui  feront  pliez  de  papier  ,  ferrez, 
&  gardez  au  befoin.  Præpofîtus 
ajoute  de  plus  d’Anis  lémblable  poids 
que  d’Apium. 

Icy  mal  à  propos,  &  fans  caulè 
M.  lean  Renou  Médecin  ,  au  relie 
tres-dode  ,  a  cénlriré  mon  perc  fur 
le  Commentaire  qu’il  d  fait  lùr  cét 
Emplâtre  ,  décrit  au  cinquième  li¬ 
vre  de  Ibn  Antidotaire";  chapitre  4. 
difant  qu’il  a  mis  trop  d’hiiile  ,  & 
qu’avec  telle  quantité  on-ffiroit  plu¬ 
tôt  un  Onguent  qu’un  Eihplâtre.  Il 
fe  trompe  ;  car  jamais  thon  pere  ne 
penlà  à  y  mettre  une  livre  ou  dou¬ 
ze  onces  d’huile  :  mais  y  a  mis,  quan¬ 
tum  fatis  ,  lailïànt  cela  à  la  difere- 
tion  de  l’Apothicaire  :  Ifoilà  com¬ 
ment  il  lity  impofe  au  préjudice  de 
fâ  réputation ,  ce'  qu’il  ne  doit  fai¬ 
re  s’il  me  fémble  fi  à  là  legere,  ayant 
emprunté  plufieurs  chofes  du  labeur 
de  mon  dit  pere ,  pour  Gonftruire,  & 
embellir  Ibn  œuvre. 


SeSiion  IV, 

LES  FACFLTEZ.  ' 

Il  amollit  toute  dureté  du  ven- 
tricule  ,  du  foye  ,  de  la  ratte  ,  & 
des  autres  vifeeres  ,  &  dilcutc  les 
vents. 

R  E  M  A  R  QJV  E. 

,  w 

MEfùé  ny  ceux  qui  [ont  venm 
après  luy ,  je  penfe  quils  ne 
fe  font  point  apperceu  ,  a  tout  le 
moins  ils  nen  ont  point  fait  fem- 
blant ,  de  la  dièfropettion  qu’il  y  a 
entre  la  poudre  qui  compofe  lés  ver¬ 
tus-.  de  cét-  Emplâtre  de  Meliloto, 
&  les  matières  qui  y  entrent-  pour 
donner  corps  à  la  mafe  ;  car  y  com¬ 
pris  les  Gommes  celle  -  là  pefe  14. 
onces  1.  drachmes ,  &  peferoit  en¬ 
core  davantage  on  le  compofoit 
fuivant  l’ancienne  verfion  de  Me- 
fué  ,  en  laquelle  on  lit  Radie.  Ireos, 
Cyperi ,  dtc.  ana  drachmas  duos  & 
femijfem  ,  au  lieu  que  dans  la  nou¬ 
velle  il,  nen  eft  damandé  qu’une 
drachme  &  demy  de  chacun  ,  cela 
augmenteroit  encore  da  poudre  de 
fx  drachmes ,  &  cèlles-cy  qui  fer- 
~ve^t  à  faire  le  corps  &  donner  la 
formé  qui  font  la  Cire  ,  la  Refîne  Je 
Suif,  &  la  Terehinthine  ne  pefent 
que  douTf  onces  &  demy  :  je 
comprends  pas  icy  les  huiles ,  quoy 
que  la  poudré  y  fait  en  trop  gran¬ 
de  quantité,  ce  ne  fl  pas  à  dire  qu  U 
en  faille  guère  davantage  ;  parce  que 
la  poudre  des  Emplâtres  qM  ef 
composée  d’ingrediéns  chauds ,  w’ 
aromatiques  pour  la  plus  grand  par¬ 
tie  comme  celle-cy  ,  par  leur^  cha¬ 
leur  naturelle  tiennent  toufurf 


Des  Emplâtres.  1 1 1 


l'Emplâtre  mol  au  commencement 
fendant  quelque  tems  quand  il  efi 
nouvellement  fait  -,  de  pim  la  pou¬ 
dre  de  cet  Emplâtre  efi  compo¬ 
sée  prefque  toute  de  médicaments 
de  fuhJlanee  rare  &  legere  ,  com¬ 
me  la  fleur,  de  Afelilot  ,  le  Spiea 
Nard  y  l’Abfinthe  ,  la  Mar'plaine, 
&  autres ,  qui  en  petit  poids  occu¬ 
pent  beaucoup  de  place  ,  nefi 
pas  pojfible  que  cette  quantité- de 
poudre  puiffe  être  incorporée  ,  d'ans 
là  quantité  de  la  Cire  ,  Suif,  .Ee  'fine, 
Terebinthine,  &  le  peu  d,’ huiles  qu-on 
p.peut  mettre  :  une  marque  de  ce¬ 
la  efi.,  que  bien  qu’on"  augmente  de 
quelques  onces  la  Cire  &  la  Refine, 
qutfnd  il  faut  rouler  la  majfe  pour 
la  réduire  en  Magdaleons ,  L’eau 
dont  'on  mouille  le  marbre  la  pé¬ 
nétré  en  fa  fuperficie ,  en  fepare  de 
poudre  ,&  en  tire  la  teinture  >-  c’efi 
fourquoy  ,  fcSîime  qu’jl  faut  au- 
.  gmenter  la  Cire  dé  huit  onces  ,  la 
Refine  de  deux  onces  &  la  Tere- 
himhine  de  quatre  otrces  ,  &.  envi¬ 
ron , une  demy  once  -  'de  chacun  des 
huiles  de  Marjolaine ,  &  Nardin, 
&  non  d’Aff'ic  ,  à  moins  qu’il  fiât 
fait  par  imprejfipn  ,  &  ainfi  tl  y 
aura  environ  quin'i(j  onces  deux 
drachmes  de  poudre ,  y  compris  les 
Gommes  &  les  Figues  qui  fie  met¬ 
tront  aisément  en  poudre  parmy  la 
quantité  des  autres  médicaments  s  & 
fingt-fix  onces  &  demy  de  Cire, 
Refine  ,  Suif,  &  Terebinthine  ;  é' 
de  la  forte  obfervant  ces  propor¬ 
tions  ,  l'Emplâtre  fera  en  une  meil¬ 
leure  forme  ,  &  ne  s’éloignera  point 
des  vertus  qui  luy  font  attribuées. 

le  fuis  obligé  en  paffant  de  dire- 
t'ucare  un  mot ,  fur  la  plainte  que.- 


Gratian  Bauderon  vient  de  faire 
contre  du  Renou,fur  ce  qu’il  a  dit 
en  fin  Commentaire  fur  le  même 
Empïâtre  que  de  fuivre  Bauderon, 
&  mettre  fix  onces  de  chacun  des 
huiles ,  on  ferait  plutôt  un  Onguent 
qu’un  Emplâtre  :  du  Renou  ni  en  ex- 
ciifira  s’il  luy  plait ,  Bauderon  pere 
n’a  jamais  parlé  de  ' la  forte,  dans 
aucune  des  trois  éditions  que  du 
Renou  luy  cite  de  fa  Pharmacopée, 
dont  voicy  les  propres  termes  qu’il 
accorde  -luy -même.  Cela  fait  on  fe¬ 
ra  fondre  en  fix  onces  d’huile  Nar¬ 
din  &  de  Marjolaine  la  Cire  ,  Refî¬ 
ne  ,  &  graifi'e  ;  par  cette  façon  de 
parler  ,il  n’y  a  perfinne  qui  ne  ju¬ 
ge  ,  que  Bauderon  a  entendu  tant 
feulement  prendre  fix  onces  des  deux 
huiles ,  trois  onces  de  chacun  ,  & 
non  douz.e  ' onces  de  deux  ;  voila  com¬ 
me  qmy  du  Renou  s’ efi  trompé-, 
mais  il  y  auroit  matière  d’en  dire  da¬ 
vantage  de  gjuirici  de  Augufiis ,  en 
fin  Lumen  Apothecariorurn  ,  &  de 
Suardus ,  en  fin  Thefattrus  Aroma- 
tariorum  imprimés  â  Lyon  en  l'an 
1536.  &  â  Vênife  en  l’an  1^66. 
l’un  &  l’autre  en  la  même  deferi- 
ption  &  dofe  des  ingrediens  de  cêt 
Emplâtre  iifint ,  olei  Sambfuci ,  id 
tfi  ,  Mujorana  ,  &  oléi  Spica ,  anw 
lib.  duos.  le  ne  puis  croire  néant- 
moins  ,  que  cette  faute  foit  échap¬ 
pée  de  la  plume  de  ces  Sçavans  hom¬ 
mes  ,  mais  qu-elle  procédé  des  Im¬ 
primeurs  ;  voila  pourquoy  le  plus 
fouvent  en  de  tels  rencontres  on  fe: 
trompe.. 


Emplæ 


Livre  IL  SeBion  IV, 


Emplaftrum  de  Meliloto  ,  D. 
Benedidi  Tcxtoris. 

Uarii  CelticA , 

Chanhumeli , 

Radie.  Cj/peri,  & 

Althaa 

■  Croci  ,fing.  une.  airnidiam , 
Fœnugnzci  , 

Iridü , 

Atyrrha ,  & 

Amrnoniaei ,  fing  .une.  unam. 
A'ielÜoti ,  draeh.  vigimiquinque. 
Têrehinthina  elara,  draeh.  quhiqua- 
ginta. 

Cera  flava ,  draeh.  een^m. 

Oki  Liliaeei ,  & 

Aeeti  ,  quantum  Juffieit.^Fiat  Em- 
plafirum  in  M.agdalîas. 

^  ARAP  HRASE. 

TExtor  a  tilîù  céc  Emplâtre  fur 
le  precedent  :  auquel  il  ne  cede 
en  vertu  j  à  tout  ce  que  promet  Mé¬ 
fié  J  &  s’il  eft  facile  à  faire  ,  & 
moins  comp.osé. 

LES,  FACFLTEZ. 

Il  a  les  mêmes  vertüs  que  le 
precedent. 

RE  M  ARQJ  E. 

CEt  Emplâtre  de  Meliloto  efi 
à  la  vérité  plut  eorreCt  que  le 
preeedent.  Textor  fans  doute  s’efi 
appereeu  de  la  trop  grande  quan¬ 
tité  des  poudres  qui  y  entrent ,  e‘eji 
pourquoy  il  a  augmenté  de  la  moi¬ 


tié  les  matières  qui  donnent  le  corps 
&  diminué  a  proportion  celles  qui 
en  compofent  les  vertus.  Jl  ti'efi.pas 
icy  befoin  de  dijfoudre  la  Gomme 
Ammoniac ,  parce  quelle  fe  mettra 
facilement  ên  poudre  avec^  les  au¬ 
tres  médicaments.  Les  Autheurs  de¬ 
mandent  la  difolution  des  Gommes 
pour  deux  'raifons.  ;  la  première 
parce  quils  croyent  qu'elles  ne  fi 
peuvent  pas  mettre  en  poudre  pour 
être  trop  molles ,  eu  bien  pour  la  fé¬ 
condé  quelles  font  impures ,  &  que 
pour  les  purifier,  les  faut  dijfoudn 
&■'  couler  f  pour  éviter  céta,  il  les 
faut  choifir  pures  &  nettes ,  &  les 
pulverifer  avec  les  autres  ingrediens 
fecs ,  &  ainfi  ies^Gommes  confirve- 
ront  toutes  leurs- vertus. 


Emplaftrutn  Divînbm , D.Ni- 
col.  Præpofiti. 

3^.  Opopanaeù , 

Maéfic'hes , 

AriBolochia  longa ,  & 

t/Eru^nis  ,  fing.  une.  unam. 

OUbani  ,  id  efi ,  Thuris  ,  drachm. 
novem. 

Galbani,& 

Myrrha-,  utriufque  draeh.  decem. 

Bdellii,  une.  duos. 

Ammoniaci,  une. très,  &  draeh.  très. 

Lapidis  Heraclii,  id  efi ,  Magne-- 
tis ,  tinc.  quatuor. 

Cera  fiava ,  une.  oEla. 

Lithargyri  Auri ,  & 

Olei  communie ,  utriufque  lib.unam, 
&  femifi. 

Sic  para  EmplaBrum  Lithargy- 
rium  cequendum  ;  tune  Cera  mi- 
nutim  concifa  addenda,  ea  U- 
quata 


Des  Emplâtres. 


quata  ah  igné  aufertur ,  addun- 
turcjue  Gummi ,  &  Bdellium  ex 
Aceto ,  lel  vino  dijfoluta  ,  co¬ 
lata  &  ce£la.  Deinde  pulveres 
triti ,  Afjrrha  fcilicet,,  Thurü, 
MaBiches  ,  Arîfloloch,  &  Aïa- 
gnetis.  ToBremo  zÆrugo  ,  ne  diu- 
tiui  coüa  EmplaBrum  rubr. 
evadat. 

PARAPHRASE. 

RæpofitLis  rapporte  cet  Empl⬠
tre  à  Nicolas,  mais  quel  il  eft, 
je  ne  le  puis  deviner,  attendu  qu’aux 
Anddotaires  de  Myrepfus  ,  &  Sa- 
lefnitanus  ,  je  ne  l’ay  pû  trouver  : 
lequel  neantmoins  pour  fes  rares  ver¬ 
tus  à  la  curation  des  vieils  ulcérés, 
a  mérité  le  nom  de  Divin.  Sa  cou¬ 
leur  vient  du  Yerdet  cuit,  ou  non: 
car  cuit ,  il  le  fait  rouge  ,  ,&c  non 
cuit  verd.  Il  eft  meilleur  qu’il  foie 
cuit  que  crud. 

LE  MELANGE. 

Premierement.  il  faut  pulverifer 
chacun  à  part,  la'Litharge,  l’Aymanti 
la  Myrrhe ,  &  Bdellium  ,  slil  eft  fec, 
l’Encens,  Maftich,  Ariftoloche,  & 
Verdet.  Il  faut  fondre  enfèmble,  avec 
du  vinaigre  ou  vin  ,  le  Galbanum, 
Opopanax ,  Ammoniac  &  Bdelüûm, 
s'ilaft  mol ,  &  recenc:  pui-sdes  cou¬ 
ler  &  cuiré  à ,  l’épeffeur  de  miel. 
Cela  fait  la  Litharge  fera  agitée  avec 
l’huile  dedans  la  balline  :  puis  cuite 
en  remisant  toujours  ,  afin  qu’elle 
ïie  fe  brûle.  A  quoy  l’Apothicaire 
prendra  garde  »  .pour  le  peu  d’huile 
Su’il  y»  entre.  Àprez  on  y  ajourera 
la  Cire  hachée  menu.  Icelle  fondue 


&  la  baffine  ôtée  de  deifos  le  feu, 
on  y  mettra  les  Gommes.  Vn  peu 
aprez  les  poudres  d’Ariftoloche,d’Ay- 
mant,  de  Myrrhe ,  Maftich  >  &  En¬ 
cens.  Finalement  le  verdet.  Ceux  qui 
le  voudront  rouge,  l’ajoûteront  un 
peu  avant  la  Cire.  Le  tout,  étant 
quafî  froid ,  fora  réduit  en  Magda- 
leonsjdc  telle  groftèur  qu’on  voudra. 

LES  EACVLTE  Z. 

Il  eft^^onvenable  aux  ulcérés  ma¬ 
lins  ,  il  deterge  ôc  abforbe  leur  pour¬ 
riture,  régénéré  de  nouvelle  chair, 
&  conduit  à  cicatrice. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

N  la  première  0“  fécondé  édi¬ 
tion  de  la  Paraphrafe  de  Bau- 
deron ,  la  defeription  de  V Emplâtre 
Eivinum  a  demeuré  en  fon  entier^ 
&  conforme  avec  ceO.e  de  Nicelam 
Prapojitui  -,  maü  en  la  troisième 
édition  qui  fut  en  l'an  1 603 .  la  do- 
fe  de  la  pierre  d'Aymant  fîit  alté¬ 
rée  ,  car  au  lieu  quil  en  efi  de- 
rhandé  en  fin  original  quatre  onces, 
on  rien  a  mit  que  trois  onces ,  faute 
qui  fe  vérifié  par  toutes  les  éditions 
qui  en  ont  été  faites  du  depuis ,  la¬ 
quelle  dofi  fay  reBituée. 

Peur  bien  &  duément  compofir 
cet  Emplâtre  il  faut  fubtilement  ci- 
cotriner  tous  les  ingrediens ,  (  après 
en  avoir  fait  une  exaéle  eleÈiion 
d'.un  chacun  en  particulier  )  par¬ 
ticulièrement  la  Litharge,  &  l‘Ay- 
mant.  L' Opopanax  ,  le  Galbanum, 
l'Ammoniac  ,  &  le  Bdellium ,  fe¬ 
ront  choifis  a  les  pouvoir  mettre  en 
poudre  ,  finon  feront  dijfous  dans  Le 
U  vinaigre^ 


154  Lî^re  1 1. 

vinaigre ,  a  la  referve  du  Bdellium 
^ui  fera  mis  en  poudre  &  ^joûté  a 
la  colature  des  Gemmes ,  càmme  a 
été  cy-devant  dit  en  quelques  en¬ 
droits  ;  pour  le  furplui*,il  faut  Juj- 
vre  Bauderon.  ^ 

Ceux  qui  voudront  diffenjèr  cet 
Emplâtre  fuivant  du  Renou  pren¬ 
dront  garde  aux  éditions  in  eétavo 
de  Geneve  par  Choiiet ,  les  in  quar¬ 
to  de  Paris  de  Van  l  'SoS.  &  les  in 
folio  de  Lyon  ,  dans  toutes  lefquel- 
les  éditions ,  efi  écrit  par  l‘j4utheur 
du  Commentaire  a  que  le  voulant 
corriger  en  modérant  la  quantité 
de  l'huile  ,  &  dj  la  Litharge  d’un 
tiers  chacun  ,peur  fubroger  en  leur 
place  quatre  onces  de  TêrehinfBi- 
ne  qui  ont  été  ebmifes  ett  '  toutes  les 
dejcriptisns  cy-dejfus  par  les  Impri¬ 
meurs ,  ainfi  qu  on  peut  vérifier  par 
les  exemplaires  de  Paris ,  uipud  So- 
cietatem  Minimum  anno  1623,  qui 
font  les  plus  correéls  ,  &  les  plus 
augmentés. 


Emplaftrum  de  MafticJac ,  iû- 
certi  Aurhoris. 

%.  Maîiiches , 

Eerebinthina , 

Picis  Navalis , 

Oleorum  Maliichini  ,  ^ 

Nardini ,  lib.  dimidiam. 
Refina ,  & 

Cera ,  utriufque  lib.  duos ,  &  ‘ 

His  liquatis  extra  ignem  addepjtl- 
verern  fequentem, 

Ifi.  Ladani  puri,  df 
Thuris ,  utriufque  une.  quinque. 
Felior.  Lentifci  ,  vel  ^  alterius  ar- 


SeBion.  î  V, 

bpris  adlîringentis  ,& 
Mynhyllorum ,  utriufque  une.  que. 

tuor. 

Sumach , 

Berberis, 

HypoiiÛidis. 
jicacia , 

Rofarum  rubrarum , 

Santali  rubri, 

Boli  jirmena , 

Coralll  rubri,  & 

Terra  figillata ,  fing.  une.  duos. 
Galange,], 

Cyperi , 

Mentt,  ficca , 

Coriandri  praparati 
Lipii  Alo'és ,  & 

Cinnamomi  p  fingul.  une.  unam  & 
femlfi. 

Cymini ,  ex  Aceto  priut  infiifi^  & 
torrefaéli,  " 

Abfinthii  Pontici  majoris ,  feu'  ru- 
fiiçi , 

Sampfuchi  a 

Florum  Rarifinarini  >  & 

Troehife.  Gallia  Mofehata  ,  fingul. 
une.  femiji. 

Forma  Magdalias. 

paraphrase. 

L'Autheur  de  cet  Emplâtre  nous 
cft  incertain,  lequel  a  pris  le  nom 
de  fa  bafè ,  le  MafticH,  mis  au  com¬ 
mencement  :  l’adftriâion  duquel  eft 
augmentée  par  une  partié  des  médica¬ 
ments  qui  y  entrent  '.L’autre  partie 
y  cft  miiè  pour  1«  vifeeres  :  le  refte 
pour  luy  donnej'-  la  forme,  l’ay  cm- 
prurS^riCcçce  d^ription  de  la  Phat- 
macopé^e  loubert. 

LE 


Des  Emplâtres.  1 5  ^ 

LE  MELANGE.  REMARQUE. 


Au  premier  rang  de  trituration 
feront  mis'les  Bois  ,  5c  Racines  ,  & 
Canelle  j  au  fécond  l'Acacia ,  & 
pociftis  incifez ,  &  tontes  les  fçmen- 
ces  J  au  troiziéme  les  herbes  ,  & 
fleurs  de  Rofmariri.  Chacun  à  part 
il  fâutpulverifer'leLabdanum  J  l'En¬ 
cens  J  le  Jdafticl^jj^le  Corail,  le  Bol, 
la  terre  iîgillée,  &  les  Trochilques. 
Ceux  qui  n'auront  du'Lentilc,  qu'ils 
prennent  des  fueilles  de  Myrthilles, 
ou  de  queloue  autre  arbre  adftrin- 
gent.  Auparavant  que  pulverifer  le 
Cumin ,  il  le  feat  infufer  au  vinai¬ 
gre  une  huit ,  puis  le  torrifier  lur' 
une  poêle  chaude.  Cela  f|dt, faut  fon¬ 
dre  la  Cire ,  Refine ,  &  Poix  noire 
furnomméej,Navale  (  poarce  que  d'i- 
cçlle  foiidùe  ,  les  Navires  ,  &  au¬ 
tres  Val&aux  efe  mer  en  font  oinebs ) 
avec  les  Riiles ,  puis,  on  y  ajoutera 
la  Terebinthine.  La  baffine- ôtée  de 
delllis  le  feu,  on  y  ajoutera  le  Lab- 
danum  ,  &  IVlallich.  Vn  beu  aprez 
les  autres  poudres  ,  en  reliant  bel¬ 
lement  ,  jufqu'à  ce  qu'elles  fbient 
bien  incorporées  ,  &  qrril  n'y  pa- 
roiflè  plus  de  grumeadic.  Aprez  on 
formera  de  gros  Magdaleons  ,  qui 
feront  cnvelopez  de  papier  blanc, 
&  gardés  au  befoin.  Cet  Emplâtre 
peut  fiippléer  au  defeut  des  tiivans, 
pro  Stomacho ,  matrice  ,  &  Lab- 
dano. 

les  facvltez. 

Il  fortifie  le  ventricule ,  &  appâi- 
fe  fon  ardeur ,  &  arrête  le  vomillê- 
ment, 


CEt  Emplâtre  eji  de  grande 
efficace  j  maü  je  puis  ajouter 
cette  lârite  ,  que  fes  effiet s  feront 
au  double  plus  grands ,  a  qui  s‘tn 
•voudra  fervir  de  la  poudre  feule 
Jînapisée  fur  quelque  matière  con~ 
venahle  ,  comme  Terebinthine ,  & 
autres  ,  ainfi  que  je  m" en  fuis  heu- 
reufement  fervy  ,  &  m'en  fers  tous 
les  jours.  Pour  le  bien  compofer  dr 
réduire  en  màffie  ,  en  premier  lieu 
il  faut  faire  la  poudre  bien  fubtile, 
principalement  le  Labdanum  ,  le 
Corail ,  le  Bol ,  &  la  Terre  figillée. 
Du  Labdanum  il  en  faut  prendre 
fept  onces  le  triturer  &  cicotriner 
fuhtilement  ,  pour  en  avoir  cinq 
onces  ,  les  deux  onces  qui  refe¬ 
ront  ne  font  que  fable  ou  autre 
impureté  qui  nont  point  de  ver¬ 
tu  ;  après  faut  faire  diffioudre  dans 
huiles  en  une  moindre  quanti¬ 
té  quils  y  font  preferits  ^  le  Ma- 
fiieh  grojUerement  trituré  fur  un 
feu  mod^J  :  d  part  on  fera  fon¬ 
dre  la  Poix  commune  ,  f  par  la¬ 
quelle  ne  faut  pas  entendre  la  Na¬ 
vale  )  la  Cire ,  la  Refine  ,  &  fur  la 
fin  y  ajouter  la  Terel^nthine ,  & 
les  huiles  ou  l’on  a  fait  fondre  le 
Mafiich  ,  toutes  ces  matières  mêlées 
enfemble ,  feront  coulées  a  travers 
un  linge  ,  &  la  colature  à  demy 
refroidie  les  poudres  y  feront  exa- 
Element  mêlées ,  &  la  maffie  réduite 
en  Magdaleons. 


Empla 


U  i 


1 5  6  Livre  1 L 


Emplaftrnm  pro  Stomacho, 
D.Mef. 

Agallechi ,  feu  Ligni  Alo’és , 
Abjînthii  Romani ,  feu  Pontici  ma- 
jorü  idem , 

Gummi  Arabici, 

JldaHiches , 

Cyperi , 

Cofti ,  & 

Zingiberts ,  fing.  unc.fmifi- 
Calami  Aromatici  ojfcinarum ,  pra 
Tjeroy 

Thuris , 

Alo  'és  HepaticA  >  fingul.  drachm. 
très. 

Carjophyllorum  , 

Macis , 

Ctnnamomi , 

SpicA  Nardi , 

ÎJucis  Mofchata , 

GalliA  Mofchata  ,  a» 
Schcenanthi ,  Jing.  dracn.  unam  ,  & 
femiji. 

Excipe  Mina  compofita.,  feu  aro- 
matica  :  &  utendi  tenfpore  cum 
panno  intenderü  ,  fuffies  Ligna 
Aloës.' 

paraphrase. 

CEt  Emplâtre  a  pris  le  nom  de 
(à*  vertu  corroborative  du  ven¬ 
tricule  ou  eftomach  refroidy.  Icy  la 
Mine  de  Coings  cft  mile  pour  don¬ 
ner  corps,  &  forme  à  l’Emplâtre, 
par  nous  décrite  en  nôtre  Scétion 
ièconde  &  par  Meiué  en  la  diftin- 
étion  irziéme  de  fon  Grabadin. 

Le  mélange  eft  facile  à  celuy  qui 
gardera  l’ordre  en  lar  trituration  ade- 


SeBion  IV. 

ctit  au  precedent  :  &  que  les  poudres 
foient  malaxées ,  en  quantité  fiitfi, 
fante  de  gelée  de  Coings  aromatisée, 
pour  en  former  des  Magdaleons 
qu’on  gardera  au  befoin*’' 

LES  FAC  FL  TE  Z. 

Il  échauffe  le  ventricule,  &  cor¬ 
robore  le  foyc. 

REMARQUE 

CEt  Emplâtre  ne  ddiipoint  te¬ 
nir  rang  entre  les  remedes  of¬ 
ficinaux ,  parce  qu  on  ne  s‘ en  f  au¬ 
rait  fervir  quinae  jours  apres  l'avoir 
composé ,  â  raifon  qu’il  ny  entre  au¬ 
cune  matière  grajfe  &  oleagineu- 
fe  â  luy  pouvoir  cenferver  fa  con¬ 
fidence  ,  c'efi  peurqmy  il  faut 
tenir  la  poudre  dÛigémment  & 
foigneufement  préparée  de  bons  mé¬ 
dicaments ,  '&  au  tems  de  la  ne- 
cejfité ,  au  lieu  de  la  malaxer  avec 
la  gelée  de  Coings  ,  il  la  faut  fina- 
pifer  au  dejfus ,  on  ,en  verra  de 
beaux  effets. 


Aliud  Emplaftrum  pro  Stotna- 
cliO;D.Benediâi  Textoris. 

Ofi.  Coralli  rubri, 

Alo  'és  Iota , 

Monta  ficca , 

Abfinthii  Pontici  3^ 

Cinnamonii , 

Nucü  Mofchata, 

Macis , 

Cal^nga , 

Calami  Aromatici  , 

MafHches, 


M^nnA 


Des  Emplaftres. 


liAtins,  Thwis, 

StyrAcis  Calamites ,  & 

Benuiinij  ,  fin  g.  drach.  très. 
Caryophyllorum ,  & 

Eofarum  ruhrarum,  utriufq.  dr.fiex. 
Labdani  puri ,  & 
Terehinthina,:Mriufq.  me.  oBo. 

Cera'  nova  ,  lib.  mam,  &  femiji. 
Forma  Emflafirum.  Hoe  Matifeo-, 
ni  praparatur. 

T  ARAP  HRASÉ. 

QVcIques-uns  pour  mettre  diffé¬ 
rence  au, precedent  5  appellent 
cet  Emplaftre  de  Labdano ,  comme 
de  celuy  qui  y  entre  en  plus  grande 
quantité  qu’autre  qui  y  foie.  Et  nous 
avons  retenu  1  appellation  qui  dc- 
monftie  fou  effet. 

Le  mélange  n’eft  pas  diflèmbla- 
ble  à  celuy  de  Maftich  :  horfinis 
qu’il  n  y  entre  point  d’hiiilc.  La  quan¬ 
tité  de ’Terebinthine  fùpilée-ie  de¬ 
faut  J  &  icnd  l'Emplaftreplus  gluant, 
&  adhérant. 

Z£S  FACVETEZ, 

Il  a  les  mêmes  vertus  que  le  pré¬ 
cédant. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

CEt  Smplajire  doit  être  le  vray 
Officinal  ,  &  le  precedent  le 
Magifiral  5  cettny-cy  ejt  jvrE  pra¬ 
tiqué  en  beaucoup  d’endroits,  &  fait 
fi>rt  bien ,  moyennant  que  la  dofe  de 
la  cire  ne  fait  point  augmentée  en 
fuppofant  la  livre  des  JlEarçhands  à 
celle  de  Medecine,comnie  pratiquent 
plufieurs  &  même  en  chef  d’oeuvre 


*57 

ainfi  que  fay  veu  de  mes  propres 
yeux  d  mon  grand  étonnement:  ceux- 
là  à  la  vérité  ne  fe  fondent  guère  de 
la  vertu  des  compofitions  pourveu 
quils  'en  faffient  beaucoup  ,  eir  à 
moindres  fiais  pour  affiouvir  leur  de- 
tefiable  avarice. 

Il  eft  à  remarquer  ,  comme  je 
viens  de  dire  une  fois  en  l'Empla- 
fire  de  Maftiche  ,  que  pour  avoir 
huit  onces  de  Labdanum  ,  fubti- 
lement  cicotriné ,  il  en  faut  pren¬ 
dre  douze  onces  ,  &  laiffier  les 
quatre  onces  dernieres  qui  refiftent 
k  la  trituration  ,  par  ce  que  ce  neffi 
que  terre ,  ou  fable ,  qu’on  mêle  avec 
le  Labdanum  tandis  quil  efi  fiais 
&  mol  :  le  refiant  de  la  poudre 
doit  être  fuhtile  ,  dt  les  défis  bien 
cbfirvées  de  tout  les  fimples ,  aprez 
en  avoir  fait  préalablement  une 
légitimé  eleBion.  Par  ce  que  huit 
onces  de  Térebinthine  ne  fuffifient 
pour  donner  la  confifiance ,  il y  faut 
ajouter  deux  ou  trois  onces  d’huile 
d’ Abfinthe. 


Eniplaftrum  pro  Matrice ,  D- 
Benediéli  Textoris, 

Dfi.  Cera  flava  , 

Picis  PJavalis,  & 

Terebinthina,  fing.  une.  quatuor. 
Mafiiehes ,  & 

Thuris ,  utriufq.  une.  duos. 

Labdani ,  une.  unam. 

Styracis  Calamites , 

Calamenti  , 

Origani  & 

Nucis  Mofihata ,  fing.  une.  fimi fi. 
Calami  'îromatici,feu  Acori  veri,. 
Radie.  Mardi  Indice  , 

5  Fhn 


158  Livre  IL 

*PhH,  îd  efi,  Valeriant,  ma— 
pris  , 

BiHorta,  & 

Caryephyllorum  ,  fingul.  drachm. 
duos. 

Trochifc.  Alipta  Mofihau  , 

Gallia  Mofchata  ,  mriufque 
drach.unam. 

Mofchi  optimi ,  fcrup.femlJS. 

Olei  Nardini ,  equant,  frfficit  ;  fiat 
Emplafirum. 

Hanc  deferiptionem  retinendam, 
&  eaieris  mminis  antepo- 
nendam  cenfieo  :  e\md  feleâio- 
ribns  medicamentis  titule  eaun- 
ciatis  ,  fit  compofita  ,  &  mira 
artificio  concinnata.  Vèrumta- 
men  fi  cuipiam  Nicolai  Prapofi- 
ti  magü  placpterit  >  parabit  ut 
Jiquitur. 

PARAPHRASE. 

CEt  Emplaftrc  a  pris  le  nom 
de  la  partie  5  pour  laquelle  il  a 
prindpalcmenc  été  compofé  ,  le¬ 
quel  pour  être  compofé  d’un  grand 
artifice  ,  &  de  Médicaments  choi- 
fis  ,  &  convenables  à  la  Matri¬ 
ce  ,  je  fèrois  d’avis  qu’il  fuit  pré¬ 
féré  à  celuy  que  Præpofitus  dé¬ 
crit  ,  ainfi  que  tout  homme  de 
bon  jugement  pourra  connoî- 
fttcj  conférant  une  defeription  a^ée 
l’autre.  Toutesfois  ceux  qui  fe¬ 
ront  plus  affeétionnez  à  l’un,  qu’à 
l’autre  Autheur  ,  le  prépareront 
ainfi  que  cy  -  aprez  il  fera  de-  . 
cia  ré. 


Seéiion  1 V, 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifcr  les  Racine's  i  les 
Gerofles  ,  Mufeades,  &  les  Herbes 
enismble. 

A  part  chacun ,  le  MafticB^  En- 
.cens  ,  Styrax  ,  Labdanura'V  lé 
Mufe^i  &  les  Trochifques  :'puis 
le  tout  ièra  mêlé  enfemble,  Aprez 
on  fera  fondre  cnièmble  la  Cire, 
&  la  Poix  ,  avec  environ  deux 
onces  d’Huile  Nardin  :  puis  on  y 
adjoutera  la  Terebinthine.  Cela 
fitft ,  &  la  balîine  orée  de  delfiis 
le  feu  ,  on  y^adjoûtera  peu  à  peu 
les  'poudres  en  remuant  toujours, 
afin  qu’elles  ne  fe  grumelcnt  pas, 
pour  du  tout  ,  en  former'  des 
Magdaieons  ,  qu’on  gardera  au 
beioin. 

LES  FACFLTEZ. 

Il  eft  fingulier  à  la  defeente  & 
mouvement  dépravé  de  là  matri-' 
ce  :  &  appaife  les  fymptomes  hy- 
fteriques. 

REMARQVE. 

POur  la  racine  de  Nard  _  In- 
die  ,  il  ne  faut  entendre  autre 
ehofe  que  Te  Spica  Nard  même, 
puis  quHl  fia  peint  d’autre  raci¬ 
ne  qui  nous  “paroifie  que,  certains 
petits  ^laments  noirs  attachez,  au 
fonds  de  l’efipy  ,  'prefque  pri¬ 
vez.  de  l’odeur  ,  &  de  la  fa¬ 
veur  d’icèluy  ,  &  pstf  confisquent 
de  la  vertu  ,  ou  bien  nota  l’y  pour¬ 
rions  prefierer  cette  partie  Itgneu- 
fe  qui  fe  trouve  par  fois  au  dedans 


Dùs  Emplâtres,  15a 


(jul  ffi  aromatiqHc  ,  mais  elle 
(fi  apz.  diÿicile  à  trouvefd  à  cau- 
fe  qu-'élle  efi  fort  friable, '&  d’el¬ 
le  mme  fe  met  en  foudre  Ij  &  fe 
perd. 


Emplaftrum  pro  Matrice,  D. 
Nicol.  Præpofîci. 

y:.  Lahdani  puri ,  lih.  quatuor. 
Pïcis  Navalis  ,  lib.  très. 

Ceri  fiai) a ,  lib.  mam  ,  &  femiÿ. 
Terehirtthina,lih.femiJL  , 

Liquatis  omnibus  ,  inq^  pulverem 
fequentern. 

%.  Radie.  Biflorte, ,  lib,  unam 
Lignorum  *  Aloès ,  & 

“Saniali  Citrini , 

Nucü  Mofchata  , 

Berberü ,  & 

Jinthera ,  fing.  me.  unam. 

Cinnamomi  -, 

Caryophyllorum , 

Schœnanthos ,  & 

Florum  Chamameli  ,  Jingul.  unes 
femift. 

Mafiiehes , 

Thuris,  ■ 

Trochifeor.  Alifta  Mofçhatd ,  ^ 
Gallia  Jbîofchatet, 

Styracis  Calamites ,  & 

Rubri ,  Jingul.  drach.mam. 
Mofehi  optimi  ,drach.femîjt. 

Bat  Ernplafirum  in  Magdalias 
ufui  reponendum. 

Schplia. 

Anthera  nomen  ep  compoptionis 
,  ad'oris  gingiva^umque  ulcéra, 
JDiofceridk^,  Galeno  ,  Taulo , 
Myrepfo ,  ufitata-qua  nunc  exo- 


levit.  At  Frapeptui  nullam  cem- 
foptionem,  hic  intellexit  t  fed 
apices  ,  feu  granula  ilia  lutea, 
qua  Rofarum  captllü  innitent, 
quaque  pccata  nigricant  ,  & 
falso  ah  eo  &  d  reliquis  fui 
temporis  ‘Froceribus  Medicis 
nuncupanmr  Anthera.  Hac  vox 
.  videtur  decurtata  ex  Grâce  no- 
*  mine  ,  &  po'/©- ,  id  ep, 

fios  Rofa. 

LE  MELANGE. 

Enfemblc  il  làiu  pulvcrilèr  les 
Bois ,  Racines  ,  Candie ,  Gcrolle, 
Seraences;,  &  Fleurs.  A  part  cha¬ 
cun  ,  le  Maftich  ,  Encens  ,  les 
Trbchifgues ,  le  Styrax  rouge  ,  &c 
Calamite ,  &  Mule  ,  puis  on  les 
niêlèra.  Le  Eabdanum  en  Ix  gran¬ 
de.  quantité  le  doit  fondre  dans  un - 
mortier  ,  &  pilon  fort  chauds  : 
puis  on  y  ajoutera  la  Cire,  &  Poix 
noire  fondues  à  part  en  une  baffi- 
ne.  Etans  bien  incorporez  ,  on  y 
mettra  la  Terebinthinc  fine  ,  fina¬ 
lement  les  poudres.  le  ferois  bien 
tTavis  ,  qu"on  y  ajoutât  un  peu 
d'Huilc  Nardin  ,  pour  caulè  de  la 
grande  quantité  de  poudres  ,  afin 
de  rendre  l'Emplaftrc  plus  traita¬ 
ble  ,  &  empelchcr  qu’il  ne  le  deC- 
fciche  fi-tôt  ,  &  le  conlcrve  pFus 
longuement, 

LES  FACFLTEZ. 

Il  a  les  mêmes  vertus  que  le 
précédant. 


RE 


1 6o  Livre  1 L  SeBion  1 V, 


REM  ARQ.V  E. 

Et  Emplajlre  me  femhleroit 
mal  dofé  qua/tt  au  LahAanum, 
Cire,  Poix  Navale  ,  &  Bifiorte  i 
fi  je  ne  l'avais  trouvé  conforme 
non  feulement  en  fa  defcription 
dans  trois  diverfet.  éditions  de  Ni- 
colauâ  Prapofitus  niais  encàre 
dans  les  plus  célébrés  Pharma¬ 
copées ,  c'efi  ce  qui  me  fait  croi¬ 
re  ,  que  telle  a  été  l'intention  de 
fin  inventeur  ;  pajfant  plus  ou¬ 
tre  ,  venant  a  l'p,xamen  de  la 
defcription  de  Bander  on  fy  ay 
vérifié  une  faute  confiderable  ,  qui 
s'y  efi  glijfée  ,  depuis  fa  fécon¬ 
dé  édition  ,  jufques.  a  notre  pre¬ 
mière  ,  ainfi  qu'on  peut  voir  par 
celle  de  Benoifi  Rigaud  à  Lyon 
en  l’an  tj88.  qui  efi  conforme 
avec  celle  de  Nicolaui  Prapofitta 
en  laquelle  on  lit  ,  Maftiches , 
Thuris  ,  é'cé  ana  drachmam 
unam ,  &  dans  toutes  les  autres 
éditions  de  Bauderon  ,  efi  écrit, 
Mafiiches  ,  Thuris ,  &c.  fingu- 
lorum  draehmas  très  ;  en  remet¬ 
tant  les  dofis.,  comme  elles  font 
en  l'original  ,  fay  corrigé  la  def¬ 
cription. 

Gjuiconque  préparera  cet  Sm- 
plafire  ,  au  lieu  de  ramollir  le 
Labdanum  dans  un  mortier  de 
bronz.e  avec  fin  pilon  chauds ,  com¬ 
me  enfeigne  l'yîutheur  du  mé¬ 
lange  ,  mon  fentiment  efi  de  le 
mettre  en  poudre  ,  le  cico- 
triner  fubtilement  ,  &  de  rejet- 
ter  tout  ce  qui  refifiera  a  la  tri¬ 
turation  ,  comme  matière  étrtange- 
re  &  impure  qui  efi  fable ,  ou  ter¬ 


re.  Des  autres  ingrédient ,  U  en 
fera  fait  une  poudre  fubtile  i  fui- 
vant  l'ordre  de  la  trituration. 
La  Paix  Navale  &  la  Cire, 
feront  fondut  enfemble ,  &  fur  ta 
fin  on  y  ajoutera  la  TerehintU- 
ne  en  quantité  fùfiifante  ,  cardes 
fix  once/  qu’il  en  efi  demandé  ne 
fiauroient  fuffire  pour  donner  une 
confifiénce  convenable  d  l'Em- 
plafire  :  le  tout  fondu  enfemble 
fera  coulé  d  travers  un  litige  ,  & 
les  poudres  mélées  ,  comme  a  été 
cy  -  devant  dit  >  en  celuy  de  Ma- 
fiiché.  ,  . 


Emplaflrum  Oxyeroceum ,  D. 
Nicol.  Alcxand. 

'^L.  Croci  optimi , 

Puis  Navalis 
Colophonia  ) 

Cera ,  fingul.  me.  quatuor. 
Terebinthina , 

Galban.i ,  . 

Àmmoniaci  , 

Myrrha, 

Thffris ,  & 

Mafiiches ,  ’fing.  une.  unam ,  draeh 
très. 

Galbanum  ,  &  Ammomàcum  ma- 
çerentur  in  Aceto  noüe  una, 
igni  iiquata  ,  &  colata  coquan- 
tur  ad  Aceti’confiimptéonem.  Si- 
mul  liquantiir  Pix  Navalis  , 
Cera  ,  &  Colephohta  :  turn  addi- 
tur  Terebinthina  cum  G.  mmis. 
Pofiremo  pulver.  /tiafiiehes, 
Myrrha  ,  &  Thuris  femper  mo- 
vendo  fiatula..Tbi  refiixeritfiiper 
marmor  Oleo  inunÜum  fundimr, 
&  Crocus  .fulver.  inéfergttur. 


Des  Emplâtres.  1 6[ 


to.fttUgitw  in  MAgddiai,&  repo- 
nitur  EmpUSlrnm. 

PARAPHRASE. 

MYrepCis  fùrnommé  Alexan¬ 
drin  ,  décrit  cet  Emplâtre  en 
U  Sedion  lo.  chapitre  i^.des  An¬ 
tidotes  ;  lequel  a  pris  le  nom  tant 
du  vinaigre  où  les  Gommes  font 
dilToutes  i  que  du  SaiEan ,  qui  y  en¬ 
tre  en  grande  quantité  j  qui  caufè 
la  cherté  d’iceluy.  Poiirce  aucuns 
Apothicaires  pour  en  faire  ineilleur 
marché  aux  Barbiers  j  y  en  rhettent 
iculcment  une  once ,  qui  me  fèm- 
ble  hiflire  y  veu  qu’il  n’augmente 
Ai  beaucoup  la  vertu  de  l’Empl⬠
tre.  Au  lieu  d’iceluy  aucuns  y  met¬ 
tent  femblable  poids  de  poudre  ad- 
ftringenccj  afin  de  le  rendre  plus 
convenable  aux  fraétures  &  diilo- 
cations ,  &  s’en  fervent  au  lieu  du 
Cerat  décrit  par  de  Vigo ,  livre  hui¬ 
tième ,  chapitre  feiziéme,  de  fa  gran¬ 
de  Chirurgie  ,  &  par  nous,,  cy-de- 
vant  J  &  avec  heureux  iîiccez.  Ce 
qui  ièroit  probable  j  lî  les  Gom¬ 
mes  chaudes ,  &  attradives  de  Gal- 
banum  &  Ammoniac  en  étoient 
ôtées. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  chacun  à  part, 
le  Saffran,  l’Encens,  la  Myrrhe  ,  & 
Maftich  :  puis  fondre  la  Cire  ,  Poix 
noire,  &  Colophone  ,  avec  deux 
pnees^ d’huile  de  Maftich.  Cela  fait  on 
y  ajoutera  le  Galbanum  ,  &  Am¬ 
moniac  (  auparavant  infifez  dans 
du  vinaigre  l’efpace  d’une  nuit,  & 
cuit  jufqu’à  la  conjfômption  d’ice¬ 


luy  )  &  Terebinthine  ,  la  baffne 
ôtée  de  dellus  le  feu  ,  en  remuüant 
toujours  avec  une  fpatule.  Vnpcu 
aprez  &  quafi  froid  ,  on  y  ajoL.te- 
ra  les  poudres  d'Encens ,  de  Myr¬ 
rhe  ,  &  Maftich.  Finalement  étant 
froid,  on  le  malaxera  fur  un  mar¬ 
bre  oind  d’huile  ,  ou  dans  un 
grand  mortier,  avec  le  Saftran  ;  puis 
on  en  formera  des  Magdaleons 
qu’on  gardera  au  bclbin.  Ceux 
qui  auront  cet  Emplâtre  en  leurs 
boutiques  ,  le  pourront  paflèr  du 
hiivant  :  &  au  contraire,  pourcc 
qu’ils  font  peu  diftèmblablcs  en  fa¬ 
culté. 

LES  FACULTE  Z. 

Il  amollit  toute  dureté,  &  dif- 
cute  les  douleurs  de  caufo  froide: 
mais  il  n’empêche  pas  la  defoente 
des  humeurs  for  les  articles  :  au  lieu 
duquel  il  faut  ufer  du  Cerat  propre 
aux  fraétures  des  os ,  décrit  cy-de- 
vant. 

RE  M  ARQJ^E. 

L‘ Emplâtre  Oxycroceum  efl  mal 
attribué  a  Nicolaus  Myrepftu 
Alexandrinui  ,  puifque  long-tems 
avant  luy ,  Nicolam  Alexandrinm 
Va  décrit  en  fan  livre  de  la  com~ 
pefition  des  médicaments^  locaux, 
chapitre  a 8  7,  fous  le  même  nom, 
nombre  ,  &  dofe  d'ingrediens  que 
dejfus,  en  faveur  duquel  j'ay  cor¬ 
rigé  le  nom  de  VAutheur.  Par 
la  Poix  Navale  il  faut  entendre 
celle  quon  racle  des  Navires  quand 
on  les  veut  enduire  de  nouvelle , 

&  non  celle  dont  on  les  enduit,  ainfi 
X  que 


Lhre  î  1.  SeBïon  1 V, 


\6'L 

c^ne  NicoUui  Jl^jrepfm  Alexan- 
drinui  l’explique  en  fin  Anüdo- 
taire  Section  troifiénie  ,■  chapitr. 5  2. 
des  Onguents  ,  comme  la  pim  pro¬ 
pre  ,  &  k  fon  defaut  il  veut  qu  on 
prenne  la  commune  lavée  plujteurs 
fois  en  eau  marine  ,  &  ceux  qui 
feront  éloignez,  de  l'a  mer  ,  la  la¬ 
veront  auec  l’eau  fil  ;  pour  le 
furplpts  il  faut  fuivre  Bauderon, 
excepté  en  fon  mélange  quand  il 
dit  d’y  ajouter  '  deux  onces  d’Hui- 
.  le  de  Màftich  ,  parce  que  'fefii- 
me  la  Terebinthine  ,  y  convenir 
mieux.  ' 


Emplaftrum  Ceroneum,D-Nic. 
Alexand. 

'y.  Cera  citrina  ,  & 

Picts Nàvalubenf  colata,  utriufq. 

une.  duos,  ârach.  très. 

Sagapéni ,  une.  duos. 

Ammoniaci , 

Terebinthina , 

.Colophonia ,  & 

Croci  ,  Jîngul.  une.  unam  ,  'drachme 

très. 

Alo'és  Hep  aile  a, 

Xhuris ,  & 

Myrrha ,  fing.  une.  undm. 

Opopanaeü 

Galbani.x 

Styracis  Càmites 

jÇfafiiches , 

Aluminû ,  & 

.  Fœnugraci ,  fing.  'drach.fex. 

Çonfita  ,  id  efl  ,  Styraeû  ru- 
bri ,  & 

Bdellij,  utrlufq.drach.  très. 
Lithargyri,  draph.  ûndm,'&  femiJS. 
Gmnmi  in  viho  per  nollèm  matcèren- 


tur ,  nm  coqûantur  àt  vini  con- 
fumptionem  :  deinde  his  adde  Te- 
rebinthinam. 

Poflea  liqùa  Ceram  ,  Picefn  ,  (± 
Colophoniam.,  tum  dijfilve  Gum- 
mi.  Paulo  poji  reliquapulvirata, 
exceptés  Alee  ,  &  Croco  ,  qiu 
fuper  marfnor  Oleo  Laurino'inun- 
Elurn  fitbigàntur ,  manihus  eo'dem 
Oleo  inunélis ,  &  'reducantur  in 
Àfagdalias. 

PARAPHR  A  SE. 

CEt  Emplaftre  a  pris  le  nom 
de  la  cire ,  lequel  efl:  décrit  en 
l’Antidotaire  de  Nicol.  Salernitànus. 
Sa  vertu  eft  peu  düTemblable  au  pre¬ 
cedent  :  de  fdrte  qii'ayaht  1  un  en  fe 
peut  palier  de  rautre. 

"'ZA  MELANGE. 

Il  feut  pulverifer  chacun  à  parr> 
le  Safïcan  ,  l'Aloës  ,  l'Encens ,  la 
Myrrhe  ,  le  Maftich  ,  le  Styraï 
fouge  ,  &  Çalamite  >  l’Alum  >  lé 
Fœnugrec  ,  laLitharge  >  &le  Bdel- 
iium  s’il  eft  fèc  3  linon  l’infiifer 
avec  les  Gommes  de  Galbanura» 
Sagapenum'  ,  Opopanax  3  &  Am¬ 
moniac,  avec  du  vin  rouge  lefpa- 
ce  d’une  nuit  ,  étant  incilez  ou 
concallez  Le  jour  fuivant  étant 
fondues  fur  le  feu  il  les  convient 
couler  ,  ëi  oiire  jufqu’à  lu  con- 
iomption  d’iceluy  ,  aufquelles^on 
àjouftera  la  Terebinthine.  Ce  a 
fait  ,  on  fera  fondre  la  Cire  ,  a 
Poix  Navale,  qui  fera  côulee, 
la  Colophonc  ,  lîir  petit  feu  :  pt*^* 

Otez  de  deflùs  ,  on  y  ajoutera  es 

Gommes  »  &  TérebinÜiine  mêlez, 
en 


D&s  Emplâtres. 


1^5 


en  remuant  toujours  avea-la  fpaai- 
le  :  un  peu  aprez  on  y  ajoutera  la  Li- 
tharge,  le  Fœnugrec,  rÀliag^ ,  ja  Myr- 
rhcji'Encens  le  Styrax ,  le  Mafl:ich,5e 
le  Bdellium  pulvérisé  »  s’il  étoit  fèe. 
Le  tout  étant  froid  &  mis^  iiir  un 
marbre  oind  d’huile  Laurin  ,  lèra 
malaxé  avec  l’Alocs  ,  &  SafEan, 
ayant  les  mains  oinctes  dudit  hui¬ 
le  Laurin  :  dont  on  formera  aprez 
des  Magdalepns ,  qui  lèront  gardez 
au  befoin. 

LES  F ACFLTEZ. 

il  amollit  la  dureté  de  la  ratte; 
&:  eft  convenable  p  l’hydropihe  ^  & 
maladies  froides  de  la  matrice  i  & 
à  celles  de  la  poictrine  3  &  des  épau¬ 
les  aufli  de  froid. 

REMAR.Q_VE. 

BAuderon  attribué  cet  Efnplàtre 
a  Nicolapti  Salernitaum  ,  d’att- 
tres  comme  les  Médecins  de  Lon¬ 
dres  en  leur  Pharmacopée ,  &  Du- 
boys  eh  fa  méthode  l'attribuent  a 
Nicol.  Alexandrins,  chapitre  iSô. 
de  la  cornpojîtion  des  rnedicame-^ts, 
félon  les.  lieux ,  comme  c'efi  la  yie- 
tite  qu'il  le  décrit  au  même  chapi¬ 
tre  &  livre  fs- aile  gué ,  jos  le  nom 
de  Emplafirum.  Çerojna.  Il  ejl  à  re¬ 
marquer  quen  la  compojîiion  d'ice- 
luy  les  dopes  des  ingrediens  font  fort 
irregulieres  ,  tant  en.  la  defcrippio'n 
de  .Salernitanm  (à  qui  l'Àutheur  de 
la  Paraphrafe  l'attribué  ,  comme  d 
tte  dfia  dit  )  quen  celle  d'Alexan- 
'^"inus  ,  par  exemple  une  drachme 
demy  de  Litharge  fur- io .  oncef 
■  dfyny  d'.E^plâtre ,  •&,]}pt  onces 


&.  demy  cire ,  Colophane  ,  Poix  Na¬ 
vale  ér  Lerebinthine  ,  qui  font  tout 
les  ingrediens  ^ùi  peuvent'  donner 
corps  d  l'Emplâtre  ,&  c  'en ferver  la 
vertu  des  autres  efjeces  qui  y  eri- 

trent  j  comme  a  8.  onces  deux  drach¬ 
mes  de  poudres ,  &  a  4.  onces  7. 
drachmes  de  Gommes  :  Or  lés  in¬ 
grediens  qui  doivent  donner  la  for¬ 
me  a  une  conipoftion &  conferver 
les  autres  ejpeces  ,  faut  qu'ils  y 
foient  en  une  q  uantité  proportionnée, 
afin  que  du  composé  il  en  refaite  les 
effets  promis  ;  &  en  cet  Emplâtre, 
les  poudres  y  font  en  plus  grand 
poids  que  la  cire ,  &  ' autres  deftinés 
pour  le  corps ,  &  encore  4.  onces  7. 
drachmes  de  Gommes  qui  ne  contri¬ 
buent  que  tres-peu  pour  la  confi- 
fience  de  l' Emplâtre  ',  parce  que 
comme  Gemmes  elles  participent  de 
la  fubfiance  aqueufe ,  &  de  l’olea- 
gineufe  -,  &  par  ain fi  cette  dilfro- 
portion  de  matières  feraient  quen 
peu  de  tems  l'Emplâtre  deviendrait 
.  fiable ,  &  quon  ne  le  joourroit  éten¬ 
dre  fur  la  peau  ;  &  pour  remedier  à 
cela  il  convient  augmenter  la  dofe 
de  la  Cire  Poix  Navale ,  &  Colo¬ 
phane  d'une  autre  fois  autant ,  qui 
efi  'doubler  lé  poids ,  &'de  la  Tere- 
hinthine  là  quantité  qu'il  '  en  fau¬ 
dra,  ou  bien  on  y  pourra  mettre  deux 
onces  d’huile  Laurin. 

Il  efi  icy  k  obferver  qu'il  faut 
prendre  pour  la  Poix  Navale  cel¬ 
le  ^ffon  racle  des  vieux  Navires, 
parce  qu'elle^  y  "cônvtefit  beaucoup 
mieux  ^ue  la  corhmuhe'  ;  &  Sâler- 
nitdnm  donne  bien  a  ’eonnoitre  qu'il 
entend  'parler  de  célle-lk  ,  quand 
il  l'exprimé àihfi  ,  fiL,  Pîcis  Navtt- 
lii  bene  colata  ,,.  &c.  c'efi  a  dèffein, 
V''  i"  ■  '  que 


I  ^4  Lî'vre  1 L 

que  le  bois  ,  &  autres  matières 
étrangères  ,  qui  fe  mêlent  parrny  en 
la  raclant  ,  en  foient  ftparées  par 
la  colature.  Et  Mejfieurs  les  Mé¬ 
decins  de  Londres  en  leur  Phar¬ 
macopée  au  même  Emplafire  di- 
fetjt.  ’yi.  Picis  Navalü  ,j.ex  na- 
•vihui  vetujlü  derafa  ,  qua  multi- 
plieem  aqua  marina  loturam  funt 
expert  a. 

P‘our  le  Modus  faciendi  de  V  Au- 
theur  &  de  Bauderon  ,  il  ne  le  faut 
pas  fùivre pour  nêtre  point  métho¬ 
dique  ;  mais  pour  y  mieux  procé¬ 
der  ,  en  premier  lieu  ,  les  pou¬ 
dres  étans  faites  d'ingrediens  choi- 
Jis  ,  &  fubtilement  pajfez.  ,  les 
Gommes  dijjoutes  auec  le  vinaigre^ 
coulées  &  cuites  ,  &  le  Bdellium 
a]oùté  comme  a  été  cy-devant  fou- 
vent  dit ,  dans  un  vatjfeau  à  part 
fur  un  petit  feu  ,  faut  faire  fon¬ 
dre  la  Poix  Navale  ,  ta  Cire ,  la 
Colophane  ,  &  y  a  'pûter  fur  la  fin 
deux  onces  d' Huile  Laurin  ,  &  le 
tout  pajjé  d  travers  un  couloir  ,  on 
y  mêlera  les  Gommes  avec  lefquel- 
les  on  'aura  mêlé  la  Terebinthine 
remuant  toujours  avec  un  bijtor- 
tier  -,  cela  fait ,  les  poudres ,  pour 
du  tout  en  former  des  Mngdaleons, 


Emplaftrum  loannîs  Vîgonis, 
feu  de  Ranis.. 

Nini  rubrt  optimi ,  tib.d'uas^ 
ftixungia  P  or  ci ,  & 

Kituli ,  utriufq.  lib.  unam^ 
Panas  viuentes ,  num.  fex. 
Lumbricorum  Vino  lotorum  ,  une. 
tr6s,&  fernif. 

aixmgii,  fi'iper£aHne.duas,&  fmif. 


Sea'îon  IV. 

Succorum  Radie.  Ebuli, 

Inula  Campanst , 

Oleorum  Chamameli , 
udnethi , 

De  Jpica  nofirate 
Liliorum  ,  fing.  une.  duos. 
Laurini  ,  une.  nnam  & 
femifi. 

De  Croco ,  une.  unam. 

Thuris,  drach.  decem. 

Euphorbq ,  drach.  quinq. 

Schœnanthi , 

Staehadü  Arabica  ,& 

Matricaria  ,fing.  manip.  unum. 

Bulliant  omnia  fimul  ad  vint  ferme 
confumptionem. 

Colatura  adde  Lithargyri  Auri, 
libêunam. 

Terebinthina  clara,  une.  duos. 

Cera  citrina  potius  quam  alba,  quan¬ 
tum  fufficit. 

Adde  fub  finem  Styraeù  liqmdh 
une.  unarn,  &  fem. 

Tum  ab  igrte  depone  &  ubi  refri- 
xerit  ,  mifee  Argenti  vivi  fait' 
va  hominis  je j uni  ,  vel  p^m 
adipe  fuillo  extinBi  ,  unciM 
quatuor.  NonnuUi  hoc  duplù- 
cant  ,  ali]  triplicant  , 
druplicant ,  ut  fit  effcacius  in- 
Syphihdernorbo,  feu  Neapolita- 
no  curando. 

P  ARAP  HRASR. 

IEan  de  Vigo  Aurhetir  de  cet  Em- 
l-lafti-e  le  décrit  au  livre  f .  ch.t. 
de  fa  Chirurgie  ,  traittant  la  ett- 
ration  du  mal  de  Naples  ou  grof- 
fè  Verole.  Il  a  pris  le  nom  des  Ra- 
hettes  ,  ou  Grenouilles  qui  y  en* 
trenf.  Q^ielques  -  uns  ic'  travail¬ 
lent  fort  ,  ■  attendu  mie  l’Autheut 

■*.  g. 


Des  Emplâtres.  lé^ 


ne  fpecilîe  point  les  GrenoüilleSjCel- 
les  des  m-irêts  ,  &  étangs  ,  ou  de 
celles  qui  j  demeurent  par  les  buili- 
fons ,  &  làucelent  Cir  les  arbrif- 
feaux  en  Etc  ,  ne  fçachant  de  quel¬ 
les  ils  doivent  prendre.  Celles-cy 
font  pleines  de  venin ,  fi  nous  cro¬ 
yons  ce  que  Pline  en  divers  lieux 
nous  en  a  lailsé  par  écrit ,  5c  plu- 
lîetirs  autres  doétes  perlonnages. 
Nous  mangeons  de  celles-là  làns 
niiifance  ,  &  il  s’en  trouve  par 
tout  J  5c  grande  quantité.  le  fou- 
haiterois  qu'on  fit  lcrupuleux  aux 
choies  de  eonlèqucnce  ,  &  non 
icy.  Car  il  n’importe  defquelles 
l’Apothicaire  prenne  ,  pourveu  que 
ce  foit  des  plus  grolTes  ,  &  vi¬ 
ves  (  comme  ,  dit  l’Autheur  )  lôient 
de.  marefts,  ou  de  buiflbns.  Joint 
que  c’eft  un  remede  externe ,  &  non 
interne. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  premièrement  cuire  les 
Greno-'illcs  vives ,  &  Lombris  (  la¬ 
vez  avec  du  vin  )  avec  les  grailfes 
de  Porc  ,  &  Veau  s  &  le  vin  re¬ 
quis  ,  jufqu'à  la  conlbmpcion  du 
tiers ,  puis  on  y  ajoutera  la  Matri- 
caire  ,  le  Stœchas  ,  &  Schœnan- 
the.  Vn  peu  aprez  on  y  ajoutera  les 
fucs ,  &  les  huiles  d’Aneth,  de  Ca- 
momile  ,  de  Lis ,  Laurin ,  &  graifi. 
le  de  Vipere ,  ou  de  Serpent  (  prifes 
au  mois  de  Iiullet  )  qui  ne  pourra 
avoir  d’icelle  jufqu’à  la  confbm- 
ption  de  la  moitié  de  l’humidité  y 
reftante  :  laquelle  fêrvira  à  la  cuite 
de  la  Litharge  fur  le  feu  médiocre, 
en  remuant  continuellement  avec  la 
%atule  ahn  qu’elle  ne  brûle,  comme 


cy-devant  il  a  été  déclaré  :  puis  on 
y  ajoutera  la  cire,  icelle  fondue  ,on 
ôtera  k  baffine  de  delliis  le  feu, 
pour  y  ajoûter  les  huiles  d’Alpics, 
&  de  Saf&an  (  décrit  par  Mefué,  en 
fon  Antidotaire  ,  diftinétion  12.  ) 
l’Euphorbe ,  &  l’fincens  pulverifèz, 
finalement  le  Styrax  liquide ,  &  la 
Terebinthinc.  Etant  froid  ,  fur  un 
marbre  oinét  d’huile ,  on  y  mala¬ 
xera  l’Argenr  vif  auparavant  éteint 
avec  une  portion  de  la  grailfe 
de  Porc,  ou  avec  la  Terebinthi- 
ne  ,  plutôt  qu’avec  la  falive  Hu¬ 
maine  ,  quoyque  l’Autheur  le  prefi 
crivc  ainfi  ,  pour  du  tout  en  fo;:met 
des  Magdaleons  qu’on  gardera. 

LES  EACVLTEZ. 

Les  vertus  de-  cet  Emplâtre  ont 
été  déclarées  cy-devant  au  traitté 
des  Onguents ,  ou  le  Leéfeur  aura 
recours. 

REMARQ^V  E- 

E  modtts  facietidi  de  l’Autheur 
de  la  Paraphrafe  non  pim  que 
Celuy  de  lean  de  Vigo  ,  fans  leur 
faire  tort  ne  doivent  point  être  fui- 
vis  ;  celuy- cy  me  femhle  être  meil¬ 
leur  ,  qui  eft  de  faire  cuire  let 
Grenouilles ,  les  vers  de  terre  ,  les 
herbes  ,  &  fleurs  chacun  en  fon 
rang  ,  fans  y  oublier  la  Camomi- 
le  ;  puis  qu’en  la  defeription  de 
l’édition  de  l’an  1  ^  ^  .  des  œttvres 
de  l’Atheur  elle  y  eft  demandée 
&  quelle  y  convient  beaucoup ,  le 
tout  dans  un  pot  couvert  avec 
de  bo'/l  vin  jufqu’à  la  confomption 
d’un  tiers -y  la  colature  faite  &  le 
X  J  mare 


i6é  Livre  IL 

inarc  bien  exprimé  ,  la  decoSlio» 
fera  remife  au  même  pot  avec  les 
graijfes  de  Porc ,  de  Veau  ,feparées 
de  leurs  membranes ,  hachées  menu, 
&  celle  des  p^iperes ,  les  huiles  de 
Camomille  d'Aneth ,  de  Lis ,  &  de 
Safran  ,  pour  le  tout  faire  cuire 
lentement  jufques  al’ entière  confom- 
ftien  de  l’humidité  ;  après  les  avoir 
coulés  ,  feparé  exactement  l’humi¬ 
dité ,  s’il  J/  en  reCie  ,  la  colamre  fe-. 
ra  mife  dans  une  grande  bajfine 
avec  la  Litharge  fubtilement  cico- 
trinêe  &  non  lavée  ,  &  fur  un  pe¬ 
tit  feu  on  les  fera  cuire  en  remuant 
toiïjours  ,  étant  en  forme  de  Uni¬ 
ment  ,  les  Jucs  y  feront  a\outés ,  ou 
fi  mieux  on  aime ,  parce  qu’ils  ne 
fuffifent  point  tout  le  long  de  la 
cuite  pour  entretenir  d’humidite  a 
V Emplâtre ,  une  decoEtion  de  Camo- 
mile  ,  qu’en  cas ,  on  retrenchera  de 
la  première  decoCiion ,  &  fur  la 
fin  y  ajoùterés  les  fiscs  ,  l’Emplâtre 
entièrement  cuit ,  on  y  fera  fondre 
la  Cire  ,  la  bajfine  tirée  du  feu  & 
d  demy  refroidie  les  huiles  d’Ajpic 
tè"  Laurin  ,  avec  les  poudres  y  fe¬ 
ront  exactement  mêlés. 

L’Argent  vif  fera  éteitit  dans 
un  mortier  avec  la  Térebinthine,  & 
Styrax  liquide ,  &  agités  un  long 
tems  enfemhle  jufqu’ a  ce  qu’il  n’y 
paroijfe  point  ,  .&  mêlé  dans  la 
majfe  de  l’Emplâtre  ,  non  pas  com¬ 
me  dit  Bauderon  fur  le  marbre  oinCi 
d’huile  ,  mais  dans  la  baffine  l’Em¬ 
plâtre  étant  encore  chaud ,  pour  le 
pouvoir  mieux  incorporer. 

Certains  brouillons  pour  augmen¬ 
ter  la  couleur  grife  â  leur  Empl⬠
tre  y  mêlent ,  ce  que  je  ne  diray 
pas  pour  n'en  donner  la  çonnoif 


Section  IF, 

fance  a  d’autres  qui  en  pourrsient 
mal  U  fer,  pour  faire  paraître  qu’ils 

n’y  ont  point  épargné  le  Mercu¬ 
re  -y  mais  tout  cela  eft  condatnna- 
ble  }  il  n’importe  de  la  couleur, 
moyennant  que  tout  y  fiit  en  ù 
forme  qu’il  faut  un  homme  don¬ 
neur  ne  doit  point  demander  d’au¬ 
tre  témoignage  que  celuy  de  fa 
çonfeience  ,  quand  il  efi  conneu 
pour^  tel. 

Ceux-là  fe  trompent  grandement 
qui  difent  que  les  Ranetles  qu’on 
trouve  fur  les  buiffons  font  pleines 
de  venin  ,  au  contraire  etes  font 
fort  utiles  à  la  pleurefie ,  &  â  toute 
forte  d’hemorrhagie  prifes  intérieu¬ 
rement, &  quand  cela  feroit  je  fuis  du 
fentiment  de  ceux  qui  tiennent  que 
certains  animaux  venimeux ,  en  per¬ 
dant  .  la  vie  ,  ils  perdent  le  venin. 


Emplaftram  ad  HerniarajD. 
Nicol:  Præpofl 

y:.  Lithargyri  Auri , 

Cera  rtsbra, 

Colophona  ,  ^ 

Galbani  j 
Amtnoniaci ,  & 

Terebinihina  ,fing.  une.  duos. 

Pieu  Navalis  ,& 

Aleës ,  utriufque  une.  très. 

Boli  Axsuena , 

Symphyti  /najoris ,  & 

Minorés,  *  ■ 

Ariftolochi.a  (onga ,  & 

Rotunda , 

Gypfi, 

Lumbricorum  terra ,  & 

Gallarum ,  fing.  une.  quatuor. 
■Baccancfn  Vifei  Quercini  >  aut  alte- 
rius 


Des  Emplâtres, 


r'm  arhorü  adfiringentû. 

Myrrhe ,  & 

Thurü ,  fing-mc.  fex.  , 

Sitigninù  Humdni  ,  vel  Sùilli  Jîcci, 
lih.  una.m. 

Pellù  d  veruece  mex  uhi  Mata  efi, 
cum  fua  lana  coquatur  in  aqua, 
ad  e\tu  dijfolutienem.  Deinde  ex- 
frejfa  feîle,  &  rejeüa  lana ,  Bac- 
coi  vifci  querni  in  ee  jure  '  diu 
coque  ,  &  cela.  Colatura  inqce 
Lithargyrum  :  paulo  J? o fi  Colo- 
fhoniam,  Cerarn ,  &  Picem  >  fem- 
fer  movendo  ,  ne  urantur.  Dé¬ 
coda  propè  cqnfûmpto  ,  Galha- 
num ,  &  Ammoniacum  vino  fe¬ 
inta  ,  colata  ,  &  ad  me llis  craf- 
fitie'm  'cilla  ,  &  Terebinthina  ex¬ 
tra  ignem ,  tnqcienda  erunt,& 
Lumbrici  vino  p^rgati  ,  &.  in 
recenti  ad  eorum  folutionem  coSli 
fir  fe  ,  vel  cum  pelle  Arietis; 
pofireme  reliqùa.pulverata.  Tem¬ 
père  nimis  durefiit  ,  nifi  adda- 
tur  oleum  Myrtinmn ,  aut  Ma- 
flichinum  ad  uncias  olie  ;  vel 
'Sèrebtnthina  défis  auge antur ,  ad 
ancias  fex  ,  aut  elle  ,  &  jvrma 
Magdalias. 

para  P  hrase. 

(■'Et  Emplâtre  a  pris  le  nom  de 
jion  effet  ;  quelques-uns  le  fîir- 
notnment  de  la  peau  de  Belier,  qui 
y  entre.  D  autant  que  le  Guy  ou  Vif- 
dis  de  Chefee  eft  rare ,  en  la  com- 
pofîtion  de  cet  Emplâtre ,  plutôt  que 
prendre  ce  bois  que  ndë  A  pothicai- 
rcs  acheptent  des  Herborises ,  je  fè- 
rois  d  avis  qu’ils  prilfent  lés  Baies 
d  autre  Guy  ,  foit  de  Poirier ‘iàuva- 
gej  ou  dautfe  arbre  adftrigentj  au 


167 

tems  des  vendangés ,  qui  font  gluan¬ 
tes  &  adftringentes  ,  &  qui  facile¬ 
ment  en  bouillant  fo  fondroientj 
&  rendroient  l’Emplâtre  beaucoup 
meilleur  que  tels  bois.  Pour  le  re¬ 
gard  du  fang  Humain  ,  il  ne  faut 
pas  prendre  celu'y  qu’on  tire  des 
Hommes  cacochimes  ,  mais  pleto- 
riques  au  Prin-tems  à  la  précaution, 
lequel  doit  être  feiché  >  Sc  pulvéri¬ 
sé  :  car  crud  ,  il  foie  moifir  l’Em¬ 
plâtre  ,  &  la  quantité  reqnifo  ne  s’y 
trouve  pxrint  ,  ou  femblable  poid-s 
du  fong  de  Pourceau  delleiché  ,  fa¬ 
cile  à  recouvrer,  &  qui  a  fomblable 
vertu  que  celuy  d’Homme, 

LE  MELANGE. 

Gn  peut  pulverifer  enfcmble  les 
racines  d’Ariftolochc  longue  &  ron¬ 
de,  &  du  grand  &■  petit  Sj.mphy- 
tu.m.  Et  chacun  à  part ,  la  Litharge, 
l’Àloës  ,  le  Bol ,  le  Gyp  ou  Plaftres, 
la  Myrrhe ,  le  fong  Humain ,  l’En¬ 
cens  ,  &  les  Galles  qu’on  gardera. 
Cela  fait  ,  il  fout  prendre  la  peau 
d’un  jeune  Belier  graflet  &  recente, 
laquelle  hachée  avec  fa  laine,  fora 
bouillie  en  quantité  fiiffi  Tante  d’eau, 
jufqu’à  ce  qu’elle  foit  du  touiffon- 
duë ,  y  reftant  feulement  la  laine  y 
puis  on  l’exprimera  par  une  forte 
toile.  Durant-ee ,  on  peut  à  part  foi¬ 
re  bouillir  les  vers  de  terre  (  lavez  6c 
depurez  avec  du  vin  )  en  telle  quan¬ 
tité  de  vin  ,  qu?à  force  de  bouillir 
ils  ’fo  fondent ,  qui  Jji’aimera  mieux 
les  -foire  bouillir  avec  la  peau  de  Be- 
He'r  pour  fe  relever  dé  peine..  Avec 
vin  ■  clairet  il  faut  fondre  les  Gom¬ 
més  ,  puis  les  couler  &  cuire  juf- 
qufo  l’épelfetir  d-u  mielv  au%uelle.s^ 


i68  Livre  IL  SeBion  IV, 


on  ajoutera  la  Terebinthine.  En  la 
colature  de  la  peau  de  Bélier ,  on 
y  fera  cuire  les  Baies  de  Guy ,  fait 
de  Chefne  ou  d'autre  arbre  adftrin- 
gent ,  jufqu’à  ce  qu'elles  y  (oient 
fondues ,  puis  par  la  même  toile  on 
les  coulera.  A  cette  colature  on  y 
ajoutera  celle  des  Lombrics ,  fi  on 
les  fait  fondre  à  part  j  &  la  Lithar- 
ge  avec  demy  livre  d’huile  Myrtin, 
ou  de  Lentifc ,  ou  de  Maftich  >  qu'on 
fera  cuire  enfemblc  en  remuant  tou¬ 
jours  avec  la  Ipatirle  >  afcn  qu'elle  ne 
le  brûle,  jufques  à  ce  que  l'humi¬ 
dité  fupcrtluë  foit  quafi  confiimée. 
Aprez  on  y  ajoutera  la  Cire ,  Poix, 
&  Colophone  :  puis  on  ôtera  la 
baflîne  de  dellus  le  feu  ,  pour  y 
mettre  les  Gommes  ,  &  Terebin¬ 
thine.  Finalement  les  poudres ,  pour 
du  tout  étant  refroidy,  en  former 
des  Magdaleons ,  qu'on  gardera  au 
befoin.  Cette  defeription  eft  receuc, 
&  préférée  aux  autres  de  lèmbla- 
ble  nom. 

Z£S  FACFLTEZ. 

Il  reftreint  &  corrobore  les  par¬ 
ties  trop  laxes ,  appaife  les  fluxions  : 

&c  relFerre  la  dilatation  de  la  pro- 
duétion  du  péritoine  ,  par  laquelle 
l'inteftin  delcent  dans  le  ferotum. 

R  E  M  A  R  03^  E. 

CŒt  Emplâtre  eft  autant  irre- 
\gulier  ,  foit  en  fa  defeription, 
aux  dofes  des  ingrediens  ,  i^u’au 
modm  faciendi  de  JAicolaui  Prapo- 
fttm  â  qui  on  l'attribué  ,  quU  fe¬ 
rait  tres-mal  aisé  &  même  impojfi- 
ble  d'en  fortir  avec  honneur ,  èi  qui 


s'en  voudrait  tenir  a  iceluy  ;  ««j 
eft  la  caufe  que  tout  les  Apothi¬ 
caires  q^i  le  compofent  y  font  di. 
verfes  additions  ;  les  uns  augmel- 
tent  la  Gre,  la  Colophone  ,  la  Poix, 
&  la  Terebinthine  ,  d'autres  aug¬ 
mentent  la  Litharge  jufques  au  poids 
de  demy  livre ,  &  y  ajoutent  une 
livre  d'huile  adftringent  j  mais  en 
tout  ce  procédé  on  contrevient  a 
l'intention  de  l'Autheur  ,  lequel 
pour  n'avoir  conftderé  les  diverfes 
Jub élances  qu'il  faifoit  entrer  dans 
fin  Emplâtre,  ejl  cauje  de  tout  ce¬ 
la  ;  neantmeins  puis  qu'il  ne  peut 
avoir  une  cenfiftence  convenable 
pour  le  garder  au  tems  de  la  ne- 
cejftté  ,  j'eftime  qu'il  eft  â  propos, 
après  avoir  fait  la  poudre  la  plus 
fubtile  qu'il  fi  pourra  ,  réduit  U 
livre  du  fang  Humain  â  quatre 
onces  ,  dijfout  les  Gommes ,(  fi  elles 
ne  font  trituraBes  comme  a  été 
dit  cy-deftus  )  cuit  l^  peau  d'un  jeu¬ 
ne  Belier  recente  (  â  laquelle  je  pré¬ 
féré  une  feiche ,  à  caufe  de  fin.  hu¬ 
midité  fuperflué  qui  empêche  que 
l'eau  n'attire  pas  en  cuifant  la  fub- 
ftance  glutineufe  d'icelle  )  les  Baies 
de  Guy  de  Chefne ,  &  les  vers.de 
terre ,  &  le  tout  réduit  en  confî- 
ftence  de  miel  laijfant  le  moins  d'hu¬ 
midité  qu’il  fi  pourra  ,■  qtte  ft  une 
peau  recente  ne  fufiit  pas  ,  il  en 
faut  prendre  deux ,(  car  une  feiche 
fuffira  J  veu  la  quantité  de  poudres, 
qui  fi  monte  (  la  livre  dû  fang  Hu¬ 
main  réduite  à  quatre  onces)  juf- 
quâ  quaranteftept  onces  ;  &  qu’il 
n'y  a  en  Cire  ,  Poix ,  Colophone  ,& 
Terebinthine  que  neuf  onces  ;  ceft 
pourquoy  il  faut  incliner  au  fenti- 
ment  de  du  Renou,  qui  eft  d’augmen¬ 
ter 


Des  Emplâtres, 


ter  la  cire  d'une  livre ,  y  cemprü 
les  deux  onces  ,  &  parce  que  cet¬ 
te  quantité  ne  fçaureit  encore^  fuf- 
jire  pour  embrajfer  la  quantité  de 
quarante-fept  onces  de  poudres  ,  les 
Gommes ,  &  les  Colles  ,  &  conferver 
la  majfe  en  conffience  d'Emplk- 
tre  ,faut  augmenter  les  huiles  ad- 
firingents  )ufques  à  feize  onces, 
&  la  Litharge  jufques  d  huit  on¬ 
ces  ,  &  les  cuire  en  Emplâtre  : 
fendant  la  cuite  faut  mêlera  part 
les  Gommes  avec  la  Terebinthi- 
ne  ,&  la  colle  de  Belier  au  poids 
de  trente-deux  onces  le  tout ,  qui 
font  deux  livres  marchandes  ,  & 
l'Emplâtre  cuit  on  jettera  dans  la 
bajfine  la  Poix  ,  Colophane  ,  &  ci¬ 
re  blanche  ,-qu’a  caufe  de  fa  qua¬ 
lité  doit  être  preferée  à  la  rou¬ 
ge ,  êtans  fondus  ,  &  la  bajfine  ti¬ 
rée  hors  du  feu  ,  la  celle , y  fera 
exaUement  mêlée  ,  &  en  fuite  les 
foudres.  Finalement  on  en  forme¬ 
ra  des  Jldagdaleons.  Voilà  la  meil¬ 
leure  méthode  qu'il  m’a  femhlé 
donner  à  cet  Emplâtre  :  Ji  quel¬ 
qu'un  en  'fait  quelque  autre ,  par 
le  moyen  de  laquelle  la  compofi- 
*ion  fit  de  pim  grande  ejfcace, 
je  prendray  â  grand  honneur  s'il 
me  la  communique  ,  cependant  j'ay 
creu  d'en  pouvoir  ufer  de  la  for¬ 
te,  fans  faire  tort  à  l'Autheur  de 
l'Emplâtre. 


Emplaftrum  Apoftplicum ,  D. 
Nicol,  Alesand. 

3^.  Lithargyri  Auri ,  unc.fe.v. 

Cera  rubra  ,  df 

Colophonia  ,  utriufque  une.  duos. 


Propoleos  ,  & 

Vifei  Quercini,  utriufque  unc.unam, 
Amrnoniaci ,  & 

Cadmia  ,  feu  Lapidés  Calaminarü, 
utriufque  drach.fex,legendum  po- 
tim  quâm  nneias  fex. 

Mafiches , 

Thuris  ,  & 

JlLumia ,  fing.  une.  dimid. 
Térebinthina , 

Bdeim, 

Galhani , 

Opopanacis , 

Myrrha , 

SarcocoUa  , 
zÆrü  ufli, 

Squamma  (cÆris,vel  Lapidés  Calcü, 
iAEruginü,  loco  Prajfti  viridis 
DiSlamni  Cretici  >  & 

Aristolochia  rotunda  ,fi>}g.drachm. 
très. 

Olei  veteris ,  quantum  Jufficit  :  fiat 
Emplafirum  rubrum. 

PARAPHRASE. 

SAlernicanus  a  emprunté  cet  Em¬ 
plâtre  ,  fur  celiiy  que  décrit  My- 
repws ,  furnommé  Alexandrin  en 
la  Seétion  première  des  Antidotes, 
chapitre  premier,  en  changeant  la 
doiè  ,  &  augmentant  le  nombre  des 
médicaments  :  laquelle  a  pris  le  nom, 
non  du  nombre  des  Apôtres,  mais 
de  ion  efficace  admirable ,  &  approu¬ 
vée.  Propolis  ,  félon  Diofeoride  eft 
une  matière  cireufe ,  odorante,  qu’on 
trouve  aux  troux  des  ruches  des  mou¬ 
ches  à  miel  ,  au  lieu  duquel  l’A¬ 
pothicaire  peut  prendre  de  cette  c^- 
re,  que  le  vulgaire  furnommé  Vier» 
ge  fort  odorante  :  car  je  me  dou¬ 
te  fort ,  qu’il  ne  voudra  prendre 

y 


170  Ltvre  IL  Seâion  IJ/l 


la  peine  de  rechercher  aux  niches 
le  vray  Propolis ,  mentionné  icy  j  & 
ailleurs. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  enfcmblc  les  ra¬ 
cines  de  Diétam  ,  &  d'Ariftoloche.. 
Les  autres  le  feront  chacun  à  part, 
comme  la  Litharge  ,  la  Cadmie ,  ou 
pierre  Calamine ,  l’Encens  ,  le  Ma- 
ÎHch,  la  Mumie ,  la  Myrrhe ,  Sarco- 
colle,  d’ Airain,  &  l’écaille  d’iceluy, 
ou  la  chaux  vive,  Verdet  &  Bdcl- 
lium  ,  s’il  eft  fcc.  L’Ammoniac,  Gal- 
banum,  Opopanax  ,  &  Bdellium, 
s’il  eft  mol  &  recent  ,  feront  fon¬ 
dus  enfèmblc  dans  du  vin  rouge , 
coulez  &  cuits  ,  aufquels  on  ajou¬ 
tera  la  Terebinthine.  Cela  fait  on 
cuira  la  Litharge  pulvérisée  avec  une 
livre  d’huile  vieil ,  fîir  un  feu  mé¬ 
diocre  :  en  la'rcmiiant  toujours  ,  juC- 
qu’à  ce  qu’elle  foie  bien  nourrie  ,  & 
à  demy  cuite  :  puis  on  y  ajoutera 
l«s  Baies  de  Guy ,  foit  de  Chefhe  ou 
d’autre  arbre  adftringent.  Vn  peu 
aprez  on  y  mettra  le  Verdet,  l’écail- 
lè  d’Airain ,  ou  la  chaux  vive & 
l’Airain  brûlé ,  qui  en  bouillant  Iny 
donneront  la  couleur  rouge.  Aprez 
on  y  mettra  la  Cire  rouge  &  vierge, 
puis  le  Propoüs,  Colophone.  Iceux 
fondus,  on  y  ajoutera  les  Gommes  & 
Tercbinrhine.  Finalement  les  pou¬ 
dres  ,  la  balLne  ôtée  de  deflîis  le  feu, 
Sc  à  demy  rafroidie  :  puis  on  en  for¬ 
mera  des  Magd^leons  ,  ayant  les 
mains  oindes  d’huile  Laurin  ,  qui 
foront  envelopez  de  papier  blanc ,  & 
gardez  au  befoin.  Ceux  qui  ne  vou¬ 
dront  cet  Emplâtre  rouge  ,  qu’ils 
j^ettentlc  Verdet, l’Airain. brûlé,  & 


fon  écaille  à  la  fin  s  comme  les  au¬ 
tres  poudres ,  &  ne  les  faflênt  cui¬ 
re  ,  &  il  fora  verd. 

LES  EACVLTEZ. 

Il  eft  propre  aux  douleurs  de  la 
partie  pofterieure  du  col,  &  des  reins: 
il  attire  les  fléchés  &  éclats  qui 
font  fichez  au  profond  de  quel¬ 
que  partie ,  &  le  virus  éjaculé  par 
quelque  bête  venimeufo  aux  parties, 
internes.'  Il  eft  convenable  aux  abf- 
cez  ,  carcinomes ,  clouds ,  fcrophules 
rebelles ,  ulcérés  malins ,  &  à  la  mor- 
fure  du  chien  enragé. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

L’Emplâtre  Apoftolicum  nefi 
point  de  l’invention  de  Nkolam 
Myrepfiu  Alexandrinm  qmy  que- 
l'Autheur  de  la  Paraphrafe  die  que 
Salernitanui  en  ait  emprunté  la  de- 
feription ,  comme  il  paraît  du  livre 
de  la  compojttion  des  médicaments 
locaux  ,  chapitre  t^yde  NicoUm 
Alexandrintis ,  qui  le  décrit  mot  a 
mot  comme  dejfm ,  &  Salermtanui, 
eu  pour  mieux  dire  Nicelam  Pra- 
pofitut  en  fon  petit  Antidotaire  qu’on 
a  joint  avec  les  œuvres  de  Mefue, 
des  années  1 5  i  3 . 1 5  r  4-  '  5 40' 

J  f72.  dr  1613.  tous  demandent 
d’ Ammoniac  ,  &  de  Calamine  de 
chacun  Jix  onces ,  &  Bauderon  n  en 
met  que  fx  drachmes  de  chacun, 
qui  efi  la  véritable  dofe  de  Mko- 
laus  Alexandrinus  ,  &  tous  les  an¬ 
tres  exemplaires  de  Jtx  onces  font^ 
fautifs ,  &  quoy  que  tels  ,  Us  ont  ete 
fuivü  neantmoins  de  beaucoup  de 
pharmacoeraphes. 

^  ^  ^ant 


Des  Emplâtres.  iji 


Quant  au  Propolü,  île  fi  diver- 
fment  appelle  par  les -^  Autheurs, 
ou  je  ne  m’arrêtera^  point ,  je  di~ 
ray  feulement  que  c’efi  une  ma¬ 
tière  qui  fe  trouve  a  l'entrée  des 
ruches  à  miel ,  comme  dit  Diofco- 
ride  ,  lùûre  i.  chapitre  77.  de  la¬ 
quelle  les  abeilles  bouchent  les  trous 
de  leurs  ruches  avant  l’Hyver, 
pour  fe  dejfendre  de  l’injure  du 
froid  ,  &  n’efi  point  de  la  natu¬ 
re  de  la  cire  ,  ny  en  fa  confiden¬ 
ce  ,  ny  en  fa  couleur  ,  non  plus 
qu'en  fa  pe fauteur  ,  ny  odeur ,  il 
ne  fe  dijfout  point  en-  aucune  li¬ 
queur  aqueufe  ^  ny  oleagineufe  ,  au 
contraire  il  eft  friable  ,  &  fe  met 
facilement  en  poudré  ,  fin  odeur 
fe  rapporte  beacoup  d  celle  des 
bourgeons  du  Peuplier  ,  ce  qui  n’efi 
pas  incompatible ,  puifque  les  abeil¬ 
les  la  recueillent  fur  iceux.  Pour 
la  compofition  de  cet  Emplâtre, 
nous  prendrons  doncques  cette  ma¬ 
tière  pour  le  vray  Propolü  que 
réduirons  en  poudre ,  tant  pour  cet 
Emplâtre  ,  que  pour  toute  autre 
compofition.  L’huile  fera  réglé  k 
une  livre ,  comme  dit  Bauderon  en 
fin  mélange  ,  eu  pour  le  plus  k  frei¬ 
ne  onces  ;  &  peur  le  furplus  on 
procédera  comme  au  precedent  de 
contra  rupturam.  Ceux  quiluy  vou¬ 
dront  encores  augmenter  fa  couleur 
rouge  par  dejfus  ce  que  Bauderon 
en  a  dit ,  un  moment  avant  que 
l’Emplâtre  fait  cuit  jetteront  danf 
baffine  le  Lapü  Calaminaris  Jub- 
filement  pulvérisé. 


Emplaftrum  Nicotianæ,  D. 
loann.  Neander. 

“y:.  Succi  Nicotiana  majorés  ,  Ub. 
fernifi. 

Abfinthii  Pentici  majoris,unc. 
quatuor. 

Oleum  Hyperici ,  & 

Irini ,  vel  Sambuci ,  ann,  une, 
unam  &  fernifi. 

Foliorum  Abfinthii  Pontici 

PrunelU  ,  vel  Symphyti  mi- 
noris , 

Scrophularia  minoris  ,  Mat- 
thioli ,  ann.  manip.  unum. 

Vini  albi ,  une.  unam ,  &  fernifi. 

Bulliant  omnia  fimul  ad  vini  ,  & 
(uccorum  fermé  confumptionem, 
in  vafe  dneo  ,  fimper  movendo 
cum  jpatula  lignea ,  ne  urantur: 
deinde  torculari  exprimantur 

Tum  liqua 

Cer&  flava  ,  une.  quatuor^ 

Adipis  Hirci ,  & 

Terebinthina ,  ann.  une.  duos. 

Pulver.  Thuris 

Aiadiches ,  & 

Myrrha,  ann.  une.  unam. 

Fiat  Emplaftrum  in  Magdalias  re- 
ponendum.  Strumas  ,  &  quojvis 
tumores  duros  ab  hurnore  frigi¬ 
de  potenter  remollit ,  ac  refoluk. 

PARAPHRAiE. 

L'Excellence  de  cet  Emplâtre  l’a 
fait  tenir  pour  fecret  jufq^ues  à 
prefent.  Son  Authetir  m’eft  incer¬ 
tain.  le  l’ay  eu  de  M.  lean  Dnpuy» 
Doéteur  en  la  faculté  de  Médecine, 
mon  contenaporain ,  refident  à  Mer- 
y  i  cigny. 


Livre  IL  SeBion  IV, 


l-^-L 

cigny  ,  lequel  m’en  à  fait  partj  fça- 
chant  le  deffein  quejavois  despre- 
icntes  additions.  Sa  bafe  eft  le  fnc 
de  la  grande  Nieotiane  (  vulgaire¬ 
ment  appellée  Petum  >  &  par  les 
Elpagnols  Tabaco  )  mis  au  com¬ 
mencement,  &  en  plus  grande  quan¬ 
tité  que  tout  autre  ingrédient  ,  auffi 
en  a-ii  pris  foii  nom.  Par  fa  cha¬ 
leur  ôc  ficcité  il  digéré,  relout,  &  ab- 
forbe  les  matières  froides ,  humides, 
crailès ,  &  glaireulès ,  des  écroüel- 
les ,  &  autres  tumeurs  dures  ,  cau¬ 
sées  d’humeurs  ftoides.  Leur  dure¬ 
té  eft  ramollie  par  les  huiles  d’iris, 
&  d’Hypericum  ,  par  les  Gommes, 
Terebinthine  ,  6c  graillé  de  Bouc. 
Toutes  lelquelles  encor  (.comme 
la  balè  )  ont  pouvoir  de  dilfipeif, at¬ 
ténuer  ,  digerer,  cuire,  &  promou¬ 
voir  le  pus ,  ouvrir  ,  deterger  agglu¬ 
tiner  ,  quand  belôin  eft.  Sa  cha¬ 
leur  ,  &  ficcité  conlomptive  des  hu- 
miditez  eft  accrue ,  outre  les  fufdits, 
par  le  lîic  d’Abfinthe,  &  vin'blanc, 
Icfquels  par  leur  tenuité  des  parties 
font  penetrer  les  autres.  Le  Prunel- 
la  y  eft  mis  ,  partie  pour  agglutiner 
avec  l’Encens,  partie  pour  par  là  fri¬ 
gidité  contemperer  la  chaleur  de  tou¬ 
te  la  compolîrion.  La  Scrophulai- 
re  y  eft  ajoutée  pour  la  frmilitude 
de  fubftance  ,  &  propriété  occulte 
qu’elle  a  (  auflî  bien  que  la  balè) 
aux  écrouelles  ,  hemorrhoidcs ,  Icir- 
hes  ,  &e  toutes  tumeurs  dures ,  nées 
.  de  caalè  froide  j  comme  auffi  pour 
aider  aux  autres  pr  fa  chaleur,  & 
faculté  digeftive,  atténuative,  &  1cm- 
blables.  La  Cire  jaune  n’y  lcrt  que 
pour  donner  corps  à  l’Emplâtre. 


L£  MELANGE. 

Il  faut  pulverifer  chacun  à  part, 
l’Encens  ,  le  Maftich,  &  Myrrhe: 
apiez  on  fera  bouillir  les  herbes  ré¬ 
centes  ,  avec  les  fucs ,  vin  blanc,  & 
huiles ,  dans  une  baffine  de  cuivre, 
qu’on  remuera  continuellement  au 
fonds  avec  une  Spatule  de  bois, afin 
qu’ils  ne  fc  brûlent  ,  &  il  ne  faut 
pas  attendre  que  toute  l’humiditç 
ibit  confumée.  Le  tout  étant  expri¬ 
mé  par  la  prelfe  ,  on  fera  fondre, 
&  liquéfier  dans  la  colature,la  cire, 
&  le  luif  de  bouc,  ou  de  chèvre, 
&  hors  du  feu  la  Terebinthine.  Le 
tout  étant  plus  qu’à  demy  rafroidy, 
on  y  ajoutera  les  poudres  ,  pour 
(  étant  *du  tout  rafroidy  )  en  for¬ 
mer  des  Magdaleons ,  qu’on  gardera 
au  befoin.  „ 

LES  FACFLTEZ. 

Il  incilc  &  deterge  les  humeurs 
cralles  &  lentes  :  amollit  les  tume.nrs 
dures  engendrées  d’humeurs,  froides, 
comme  font  les  écrouelles  :  raon- 
difie  le  pus  des  ulcères ,  &  les  con¬ 
duit  à  cicatrices. 

REMARQVE. 

Et  Emplâtre  et  pafse  durant 
un  long-tems  pour  un  fecret, 
ainfi  ^ue  dit  Bauderon ,  &  déclaré 
ne  fçavoir  quel  en  e'fl  l'inventeur^ 
&  comme  mon  dejfein  a.  été  de  voir 
cette  Pharmacopée  le  plus  exaSte- 
■rnent  que  le  peu  de  tems  que  '{y  ay 
employé  me  le  pouvoir  permettrCi 
&  les  occupations  ordinaires  dema 


Des  Emplâtres.  175 


frsfejfion  pour  tâcher  d'en  corri¬ 
ger  la  fautes  qui  me  feraient  con¬ 
nues ,  &  que  la  fréquenta  éditions 
y  ont  laifsé  glijfer  ,  pour  cét  ejfet 
fay  été  donc  curieux  de  recouvrer 
la  divers  Autheurs  ,  defquels  notre 
Paraphrafte  a  tiré  fa  compofitions 
four  l'ornement  de  fin  travail,  afin 
de  la  conférer  la  uns  avec  la  au- 
tra  ,  comme  aufrî  fay  tâché  de  dé¬ 
couvrir  l'Autheur  de  certaina  co'm- 
fofitions  qu'il  dit  nen  avoir  point 
de  certain  ,  comme  en  cet  Empl⬠
tre ,  que  je  n'ay  fieu  trouver  dé¬ 
crit  en  aucun  lieu ,  quen  un  trait- 
té  de  la  Nicdtiane  de  lean  Nean- 
der  fameux  Méedecin  â  Leyden,  qui 
le  décrit  mot  â  mot  excepté,  une  pe¬ 
tite  différence  qui  fi  trouve  en  la 
dofe  du  fuc  d'Abfinthe  ,  que  Bau- 
deron  nen  met  que  trois  onca ,  & 
Neander  quatre ,  de  cela  j'infere, 
que  celuy-cy  en  efr  l'inventeur-, 
farce  qu'il  a  fait  fa  Tabacologie 
avant  que  celuy-lâ  eut  ajouté  cet 
Emplâtre  en  fa  Pharmacopée  ,  qui 
efi  le  fijet  que  fay  reÜitué  la  dofe 
du  fuc  d'Abfinthe ,  &  attribué  la 
compofition  â  Neander. 

Pour  donner  un  corps  convena¬ 
ble  d' Emplâtre  â  cette  compofitiont 
il  efi  neceffaire  de  changer  les  do- 
frs  }  par  exemple ,  faut  augmenter 
celle  de  la  cire  fufques  â  douz.e  on- 
ces  ,&  fi  encor  es  naura-il  la  vraye 
confiBence-  d'un  Emplâtre  j  &  par¬ 
ce  qu'en  augmentant  la  cire  on  di¬ 
minuera  de  beaucoup  la  vertu  dudit 
Emplâtre,  il  faut  â  même -teins  aug¬ 
menter  la  dofe  des  fiscs  ,  &  du  vin 
blanc  chacun  â  proportion ,  dr  ain- 
fi  des  poudres ,  â  la  referve  de  la 
'^erebinthine  &  du  Juif  de  bouc. 


&  de  cette  première  ,  il  en  faut 
mettre  feulement  ce  qu'il  convien-. 
dra  pour  luy  donner  corps  ,  ou  bien 
fi  on  lot-juge  plus  utile  que  les  hui¬ 
les  ,  il  faut  retrancher  de  leur  do- 
fie  environ  d'une  once  des  deux ,  & 
ainfi  on  pourra  doubler  la  dofe  du 
Juif  de  bouc. 

Quant  au  modus  faciendi ,  afin 
que  l'Emplâtre  participe  plus,  tant 
de  la  vertu  des  fiscs,  du  vin  blanc, 
que  des  herbes  ,  on  fera  cuire  en- 
fiemble  fur  un  feu  modéré ,  les  hui¬ 
les  ,  la  cire  ,  le  Juif ,  avec  le  vin 
blanc ,  les  fiscs  &  les  herbes  ,  & 
pour  le -Jurplus  ,  faut  fuivre  Bau- 
deron  J  &  de  la  forte  l'Emplâtre  en 
fera  meilleur. 


Empiaftrum  GummiElcmi  in- 
ccrci  Authoris. 

“yi.  Gummi  Elemi  infruBa  diffeBi,, 
une.  quatuor, 

Cer&  flava  ,  une.  duos.  ' 
Terebinthina ,  une:  unam  ,  &  fe- 
miJS. 

Colophonia ,  & 

Pulver.  AriBolochia ,  & 

Rotundayfing.  une.  unam. 

Fiat  Emplajlrum  ufui  reponendum: 

T^ARAPHRASE. 

ENcore  que  TAutheur  de  cet  Em¬ 
plâtre  me  fbit  incertain ,  je  n'ay 
pas  iaiisc  de  llnferer  en  la  prclènte 
Pharmacopée ,  à  canlè  des  grandes 
faeukez  qu'il  a  pour  defopiler  la  rat- 
te  J  ramoilk  fes  duretez  j  &  diffiper 
les  humeurs  froides  ,  &  les  vencofi- 
tez  qui  jfoiiyenc  L'enflent  j  &  cau- 
y  3  fens 


174  Livre  IL  Seâion  IV, 


fent  douleur.  U  a  pris  fon  nom 
de  fà  baie  j  la  gomme  Elemi ,  mi- 
fc  au  commencement  ,  &  en  plus 
grande  quantité  que  nul  des  au¬ 
tres  médicaments  ^  &  eft  tres-pro- 
pre  pour  digerer  ,  incifer  ,  atténuer 
les  humeurs  groflieres  ,  &  melan- 
choliques  par  fa  chaleur  ,  &  fic- 
cité  3  pour  ramollir  la  ratte  endur¬ 
cie  par  là  vifeolîté  j  &  tenuité  de 
lîibftance  ,  &  pour  la  fortifier 
par  fa  legere  adftridion.  Les  au¬ 
tres  ingrediens,  aident  la  vertu  de 
la  baie  ,  ayant  la  vertu  de  diiîî- 
pr  ,  atténuer ,  échauffer  les  matiè¬ 
res  crues  &  indigeftes  ,  & 'ramol¬ 
lir  les  endurcies,  La  Cire  jaune  y 
eft  mile  pour  donner  corps  à  TEm- 
plaftrc. 

LE  MELANGE. 

Il  faut  fondre  la  gomme  Ele¬ 
mi  avec  du  vin  blanc  ,  &  cuire  à 
Lépailfeur  du  Miel  :  puis  avec  la 
Tcrebinthine  y  fondre  la  Cire  & 
Colophone  ,  &  hors  du  feu  met¬ 
tre  les  poudres  :  puis  le  tout  ré¬ 
duit  en  Magdaleons  >  on  le  garde¬ 
ra'  au  beloin. 

LES  FACVLTEZ. 

Quoy  qu’il  foit  très  -  propre  aux 
tumeurs  de  la  ratte  ,  il  l’eft  auffi  à 
toutes  autres  turtieurs  difficiles  à  re¬ 
foudre. 

R  E  M  A  R  Q,V  E. 

A  defeription  de  V Emplaflre 
de  gomme  Elemi  fufi  ad)entêe 
en  la  fixiéme  édition  de  cette  Ehar- 


maeopée  par  Brice  Battderon.  Pohy 
le  Mélange  ,  U  ne  peut  être  fui. 
vy  ,  pour  nétre  poi  Méthodique-, 
que  pour  y  procéder  plus  .artifle- 
ment  ,  on  coupera  à  petits  mor¬ 
ceaux  la  gomme  Elemi  ,  fi  elle 
efi  molle ,  ou  bien  fi  elle  efi  feiche, 
on  la  mettra  en  poudre  grojfiere, 
&  dans  une  bajfme  on  la  fera  fon¬ 
dre  avec  la  cire  &  la  Colophone  fur 
un  petit  feu,  en  remuant  douce¬ 
ment  J  ces  matières  fondues ,  on  y 
ajoutera  la  Terebinthine  ;  fi  c’efi 
en^Hyver  ,  il  faudra  augmenter 
la'r-dofe  d'environ  une  demy  once, 
au  Printemps  on  gardera  la  dofe 
cy-de]ffi6  ,  &  en  Eté  fufiir a  d'y  en 
mettre  une  once  ;  le  tout  coulé  par 
un  linge ,  &  la  matière  un  peu  re- 
pofiée ,  la  poudre  des  Arifioloches  ci- 
cotrinée  fubtilement ,  y  fera  mêlée 
avec  un  bifiortier  pour  en  êtrefor* 
médes  Magdaleons. 


Emplaftrum  Vulnerariiira,  D- 
Paracellî.. 

y:.  Olei  communie ,  lib.  duM. 
Lithargyri  Auri ,  lib.  unam. 

Cera  fiava  ,  lib.femifi. 
Terebinthina  clara  ,  une.'  qua- 

Gummium  Ammoniaci ,  & 

Elemi ,  ana  une.  duos. 

Olei  Laurini  ,  une.  unam  & 
femifi. 

Gummium  Bdellij , 

Opopanacis ,  & 

Galbani 

^ulverum  Radicis  Ariftolochia  ro- 
tmda , 

Lapt 


Des  Emplâtres.  175 


Lapldü  Calaminarù 
JlSaSiiches , 

MyrrhiZ  , 

Thurü ,  & 

Æo  'és ,  ana  une.  unam , 

Fiat  Emplajirum. 

PARAP  HRASE. 

I’Ay  bien  voulu  inferer  icy  cetEra- 
plaftre  ,  pour  contenter  un  cha¬ 
cun  J  par  ce  qiie  je  fçay  que  plu- 
fieurs  Chirurgiens  &  autres  en  font 
grand  cas  pour  la  gucriiûn  des 
playes.  Mais  d’autant  que  la  do¬ 
ctrine  de  ion  Aiitheur,  ny  de  fes 
SeCtatenrs  n’a  point  de  fympathie, 
ny  de  confiarmité  avec  ceux  de  nô- 
ftre  profeflîon  dogmatique  ,  je  ne 
faits  non  plus  d’erat  de  cette  des¬ 
cription  j  que  durefte  de  fes  écrits: 
je  me  contenteray  ièulement  ,  d’en- 
feigner  le  Mélange  pour  l’édifica¬ 
tion  de  ceux  qui  s’en  voudront 
fervir. 

LE  MELANGE. 

En  premier  lieu ,  il  faut  pulveri- 
fèr  chacun  à  part  ,  les  racines  de 
l’Ariftoloche  ronde  ,  le  Lapis  Ca- 
laminatis  ,  (  qui  eft  la  Cadmie  fof- 
filc  ou  naturelle  »  de  laquelle  fe  icr-? 
vent  les  Artilàns  ,  pour  rendre  le 
Cuivre  ,  qui  eft  rouge  jaune  ,  )  le 
Maftich  l’Encens  ,  l’Alocs ,  &  la 
Myrrhe  ;  puis  il  eft  befoin  d’incS 
fer  menu  &  fondre  la.  gomme  Ele- 
mij  le  Bdelliuin,  l’Ammoniac,  le  Gal- 
banum  ,  &  Opopahax  dans  le  vi¬ 
naigre  c  les  couler  ,  &  cuire  juf- 
ques  à  la  confidence  du  Miel.  La 
Eitharge  iùbtilemenr  pulvetifée  &. 


lavée ,  comme  nous  avons  dit  cy- 
devant  au  Diachylon  ,  dans  une 
large  baffinc  de  Cuivre  ,  avec  les 
huiles ,  en  remuant  continuellement 
au  fonds  avec  une  large  fpatule  de 
bois  ,  autrement  la  Litharge  fe  brû- 
lei’oit ,  &  ne  fe  nourriroit  point  avec 
les  Huiles-  Cela  fait  &  la  baffine, 
hors  du  feu ,  on  y  fera  fondre  la 
Cire  jaune  :  puis  on  y  mettra  la 
Terebinthin'e  :  peu  aprez  les  poudres, 
&  le  tout  étant  quafi  refroidy ,  on  y 
mettra  l’Encens ,  &  l’Aloës ,  afin  que 
la  chaleur  ne  les  faife  grumeler.  De 
telle  pafte  on  en  formera  des  Mag- 
daleons  ,  qui  feront  pliez  &  gardez 
au  befoin. 

LES  EACVLTEZ. 

/'^Voy  qu’il  en  fbit  des  dogmes 
V^de  Paracelfe  ,  cet  Emplaftre 
eft  fort  renommé  pour  les  rares 
.effets:  qu’il  produit  en  la  cure  des- 
playes,  &  ulcérés  rebelles  &  ma¬ 
lins  :  &  peut  être  un  des  princi¬ 
paux  -reraedes  ,  dont  il  fè  fervok 
dans  les  cures  de  telle  maladies ,  où 
on  luy  donne  tout  au  moins  cette 
louange  d’avoir  été  heureux ,  enco- 
res  qu’il  ne  fit  obferver  à  fes  ma¬ 
lades  aucun  régime  de  vivre  con- 
venabl'e  J  mais  au  contraire  ,  il-  les- 
traittoit ,  comme  on  dit ,  le  ventre, 
plein.  Au  témoignage  d’Oporinns, 
qui  eft  d’autant  plus  croyable,, 
qu’ayant  été  fon  domeftique  l’efpa- 
ce  de  deux  ans  ,  il  a  été  té¬ 
moin  oculaire  de  lès  déportemens,. 
qn’il  reprefènte  au  refte  fort  abo¬ 
minables  ;  quoy  qu’il  ne  peut, 
diflimuler  fbn  adreife  ,  en  la  cu¬ 
ration  de  plufieurs  grandes  mala- 
diesi. 


lyê  Livre  IL  SeBion  IV. 


dies  ,  &  fur  tout  de  celles  que 
delFus. 

R  E  M  A  R  QJ/  E. 

E  ne  f^ay  -par  quel  fentiment 

Bauderon  en  fa  Paraphrafe  té¬ 
moigne  être  fâché  contre  l’inven¬ 
teur  de  cet  Emplaéire  ,  &  ceux  de 
fa  Seéle  ,  &  en  parle  avec  grand 
mépris  ,  &  de  fes  remedes  :  U  m’en 
excufera  s’il  luy  plait  ,  f  je  dis 
qu’il  ignore  icy  ce  qu’il  a  dit ,  au 
livre  i .  Seélion  6.  de  cette  Phar¬ 
macopée,  en  la  ‘Paraphrafe  du  Dia- 
carthami  ,  parlant  -de  cet  excel¬ 
lent  Médecin  Arnaud  de  faille- 
neuve  qui  fiorijfoit  du  temps  d’E- 
rafme  ,  de  Petrus  Aponenfis  ,  & 
de  Martin  Luther  ,  l’an  de  fa- 
lut  IJ 20.  &c.  Il  ny  a  perfanne 
qui  doute  qu  Arnaud  de  faille-neu¬ 
ve  ne  fut  un  grand  Médecin ,  doué 
de  grandes  lumières  de  la  Philo- 
fsphie  des  Sages  ,  outre  les  témoi¬ 
gnages  que  fes  doêles  écrits  en  ren¬ 
dent  ,  Bauderon  l’avoué  tacite¬ 
ment  ,  quand  il  dit  qu’il  fiorijfoit 
l’an  de  falut  ijio.  deux  cents 
vingt  ans  ,  apreTj  avoir  pris  -naïf 
fance  dans  le  monde  -,  ainfi  que  rap¬ 
porte  Symphorianus  Campegim  qui 
a  décrit  la  vie  dudit  Arnaud  de 
Ville-neuve  ,  dans  laquelle  il,  dit, 
qu’il  naquit  en  l’an,  1300.  Cette 
longueur  d’années  ,  fi  Bauderon  ne 
s’eft  trompé  en  fin  calcul  de  2  20. 
ans,  ne  peut  procéder  que  de  la  ver¬ 
tu  de  quelque  puijfant  Elixir  de 
vie  tiré  de  la  Philofophie  des  Sa¬ 
ges  ,  ce  qu’on  ne  pourroit  faire  de 
la  Médecine  Galenique  ;  c’ejl  pour- 
quoy  il  me  femble  que  Bauderon 


ne  devait  point  blâmer  le  general 
pour  un  particulier  :  s’il  avait 
quelque  chofe  â  dire  fur  la  vie  de 
Par  ace  fe  ,  ceux  de  fa  cabale  n’en 
doivent-  pas  être  blâmez..  Il  n’y  a 
perfonne  de  bon  fins  ,  qui  ne  f⬠
che  bien  faire  la  différence  qu’il 
y  a  entre  les  remedes  Galéniques, 
&  les  Paracelfifles  ;  ceux  qui  les 
confidereronffans  paffion  fianront 
bien  donner  leur  approbation  à  ceux 
que  l’Autheur  de  la  Paraphrafe 
condamne.  le  n’en  diray  pas  davan- 
tage  ,  pour  ne  m’éloigner  par  trop 
de  mon  fujet  ,  qui  ejt  de  pourfui- 
vre  l’Examen  des  compofitions  de 
ce  Difj^nfaire,  &  de  faire  voir  que 
la  defeription  de  cet  Emplajire  de 
Bauderon  n’efi  pas  conforme  â  cel¬ 
le  que  Paracelfe  décrit  en  fa  pe¬ 
tite  Chirurgie  in  oSlavo  ,  livre 
troifiéme  page  406.  Imprimée  à 
Paris  ,  l’an  161^.  par  de  Va- 
rennes  ,  tant  au  nombre  des  in- 
grediens  ,  qu’aux  dofes  d’iceux, 
ainfi  qu’on  void  en  la  defeription 
fuivante.'' 

Pour  le  mélange  il  y  faut  pro¬ 
céder  comme  s’enfuit  ,  première¬ 
ment  il  faut^  comme  dit  Bauderon, 
pulverifer  fubtilement  chacun  des 
ingrediens  â  part  ,  diffoudre  les 
gommes  d' Ammoniac  ,  Galbanum, 
&  rOpopanax  dans  le  vinaigre, 
les  couler  ,  &  les  cuire  ,  &  y 
ajouter  le  Bdellium  en  poudre ,  com¬ 
me  a  été  en  quelques  endroits  cy- 
devant  dit ,  mais  fi  les  gommes  fi 
peuvent  mettre  en  poudre ,  il  en 
fera  mieux.  La  Litharge  cicotrinee 
fera  cuite  avec  l’huile  requis  fur  un 
feu  modéré,  en  remuant  continuelle¬ 
ment  avec  me  fpatule  convenable. 


Î77 


Des  Emplâtres. 


confervant  le  i^uit  fe  pourra 
la  blancheur  de  l'EmplaJire ,  fur  la 
fn  de  la  cuite  on  y  ajoutera  le  La¬ 
pis  Calaminaris  ,  derechef  broyé 
jùr  le  marbre  avec  l’huile  Lau¬ 
rin  tiré  du  noyau  des  Baies  ,  & 
non  de  l’écorce ,  parce  qu’il  efi  trop 
verd  comme  il  a  ete  remarqué  en- 
la  première  SeBion  de  ce  fécond  li¬ 
vre  >  fans  en  augmenter  la  quan¬ 
tité  prefcripte  ,  comme  plufieurs 
pratiquent.  La  gomme  Elemi  fera 
fondue  dans  l’Emplaftre! ,  comme  au 
precedent ,  &  pour  le  furplm-faut 
fuivre  Bauderon. 


Ernflajîmm  Jd^ulneramm 
Paraceljt. 

Verus  Paracelfi  ccxtus. 

y:.  Galbant , 

Opopanacis ,  ana  une.  unam. 
Ammoniaci , 

Bd'ellij ,  ana  une.  duos. 

01  ei  Olivarum  ,  H  b.  duos. 

Cera  noua  ,  lib.femijL 
Lithargyri  fubtilif  pulver.  lib.unam 
&femifL 

Ariflolochia  rotunda ,  & 

Longa  , 

Lapidis  Calaminaris  praparati, 
Myrrha , 

Thuris , 

Olei  Laurini ,  ana  une.  unam. 

‘  Terebinthina  Iota,  une. quatuor. 
Mifce ,  fiat  Emplafirum  fecundum 
artem. 


R  E  M  A  R  Q,V  Eà 

Our  abbreger  cette  Remarque,  je 
ne  rapporter ay  point  le  mélange 
de  l’ Autheur,par  ce  qu’il  n’efl  point 
méthodique  ,  il  me  fuffir a  de  dire, 
qu’il  ne  doit  point  différer  dupre^ 
cedent  ;  &  fur  ce  qu’il  dit  de  malsÿ^ 
xer  la  maffe  de  l’Srnplafire  ,  les 
mains  ointes  d’huile  Rofat  ou  de 
Camomile,il  vaut  mieux  d’y  enmet- 
tre  quelques  onces  du  commencement 
avec  la  Litharge ,  &  ainfi  les  dofes 
de  ces  ' deux  derniers  feront  mieux 
proportionnées. 


Emplaftrum  Epipafticum,  fea 
Veficacorium  ,  incerti 
Authoris; 

yé.  Sinapi, 

Euphorbij , 

Tiperis  longi ,  fing.  drach.fex. 
Staphy  dis-agria ,  & 

Pyrethri,  utriufq.  unc.  unam. 
Gummium  Ammoniaci  » 

Galbant , 

Bdellij ,  & 

Sagapeni  ,  fing.  une.  unam ,  & 
femifi. 

Cantharidarum  ,  une.  duos  *  & 
femifi. 

Picis  Navalis, 

Refîna  ,  & 

Cera  nova ,  fing.  une.  très. 
Terebinthina ,  quantum  fuffeit. 

Fiat  Emplafirum  ufui  reponendum. 


lyB  ,  Livre  l L 

PARAPHRASE, 

ÎE  ne  fçay  quel  eft  l’Authenr  de 
cet  Emplaftre  ,  tant  y  a  que  les 
effets  foudains  ,  que  je  luy  ay  yen 
produire,  étudiant  en  Mcdecine  à 
Mcntpelier  l’an  léoj,  m’ont  oc- 
cafionné  de  l’infèrer  icy  ,  pour 
l’ufage  &  utilité  du  public.  Il  a 
été  fiirnommé  V eficatorium  ,  qiiod 
Veficas  in  corio  ,  feu  cute  exci- 
let  :  par  ce  qu’il  élève  des  peti¬ 
tes  bouteilles  ,  ou  veilles  au  cuir 
de  la  partie  où  il  eft  applique.  Les 
Anciens  appelloicnt  ce  genre  dere- 
medes  Pyrotiques  ,  Metafyncriti- 
ques  &  Pbœnigroes  ,  nous  rete- 
nans  la  dénomination  commune 
de  £bn  eflFcc  ,  le  nommerons  Ve- 
ficatoire.  Sa  bafe  font  les  Cantha¬ 
rides  :  leur  vertu  Pyrotiqiie  ,  ou 
Riibrificative  ,  eft  augmentée  par 
l’Puphorbe  ,  Pyrethre  ,  Mouftarde, 
Poivre  long  ,  &  Staphylagria  ,  ou 
herbe  aux  poux.  Les  Gommes  & 
Refincs  ,  y  lônt  mifes  pour  atti¬ 
rer  du  centre  à  la' err conférence ,  ôc 
rendre  l’aétion  des  autres  meilleure. 
La  cire  pour  donner-forme  &  corps 
à  l’Emplaftre. 

EE  MELANGE.  -, 

A  part  il  faut  pulverifer  l’Eu¬ 
phorbe  ,  avec  deux  ou  trois  gout¬ 
tes  d’huile  ,  de  peur  qu’il  n’exha¬ 
le,  &  bldfe  celuy  qui  le  pile.  Les 
autres  fe  peuvent  pulverifer  enfera- 
blé.  Les  Gommes  fè  doivent  fon¬ 
dre  enfemble  ,  &  cuire  avec  de 
fort  vinaigre  ,  comme  fouvent  nous 
avons  dit.  La  Cire ,  la  Refine  ,  &c 


SeBion  1  K  . 

la  Poix  noire  ,  fc  fondront  avec 
quatre  ou  cinq  onces  de  Terebin- 
thinc  claire  ,  puis  on  y  ajoûtera 
les  Gommes  cuites  :  finalement 
les  poudres  hors  du  feu.  La  maf 
fe  fera  gardée  en  gros  Magdalcons, 
attendant  l’occafion  de  s’en  fer- 
vir.  le  ferois  icy  de  l’avis  de  Ga¬ 
lien  ,  livre  onaéme  des  fimples 
Médicaments,  qu’on  prit  les  Can¬ 
tharides  toutes  entières  ,  fans  ôter 
la  tefte  ,  les  pieds  ,  ôc  les.  ailes, 
comme  veut  Hippocrates  au  qua¬ 
trième  de  viélu  acutorum  ,  parti- 
cule  I  11. 

R  E  M  A  R  CLV  E. 

CEt  Emplaftre  rarement  dé~ 
crit  dans  les  Diftenfaires  ,cjtiÿ 
eft  la  caufe  que  chaque  ,Apothi- 
caire  en  a  deux  ou  trois  deferip- 
tiens  differentes  ,  parmy  certains 
remedes  particuliers  ,  quils  ont 
qui  pajfent  pour  fecrets.  Mon- 
tagnan  a  en  [on  Antidotaire ,  Bi- 
nm  FlorentinuS  en  quelques  firmu- 
les  de  remedes  ,  quil  baille  fur 
la  fin  du  Commentaire  quil  a  fait 
fur  les  trois  ,  quatre  &  cinq  par¬ 
ties  Fen.  4.  fur  les  Canons  dÂvi- 
cenne  ,  le  décrivent ,  qui  eft  k  la  vé¬ 
rité  plus  puiffant  ,  &  même  je  les 
eftime  dangereux  ,  particulière¬ 
ment  la  defeription  de  ce  premier, 
par  ce  quil  y  fait  entrer  l’hêrbe 
appelléc  Pes  Corninw  ,  qui  eft  une 
plante  fi  cauftique  &  bridante  que 
je  vis  une  femme  k  Montpelier  en 
l'an  1654,  au  temps  de  la  moip 
fSi  ,  qui  aprez  en  avoir  amaffe 
une  poignée  ou  deux  k  la  cam- 
pagne  ,  oit.  elle  était  allée  pour 


Des  Emplajîres,  179 


^nolfoafiir  ,  s'êtant  ajfife  dejfui  en-- 
niiron  me  demy  heure  durant ,  la 
'uertu  caujlique  &  brtiflante  de 
cette  plante  traverfa  fon  copMon-, 
cr  fa  chernife  ,  &  fit  un  tel  ef¬ 
fet  ,  (luelle  luy  vefcia  toutes  les 
fejfes  3.e  la  grandeur  d’un  cj^a- 
jieau  ,  avec  une  chaleur  &  dou¬ 
leur  infupportable  ,  &  rendit  gran¬ 
de  quantité  d’eau  ,  je  la  fis  pen- 
fer  comme  un  veficatoire ,  je  le  puis 
afeurer  pour  avoir  veu  la  femrde 
&  tr.aittée.  le  fuis  du  fe miment 
d’ôter  la  Faix  noire  ,  &  .d’y  met¬ 
tre  en  fa  place  la  Foix  4e  Bour¬ 
gogne  ,  &  d’ augmenter  la  dpfe  des 
Cantharides  de  derny  once.  T>our 
mieux  conferver  la  vertu  de  cet 
Emflafire ,  il  le  faut  garder  tout 
en  une  maffe,  particulièrement  l’Hy- 
ver  ,  &  nen  faire  pas  beaucoup  d  la 
fois  ;  j’ay  quadruplé  la  defcripfion 
four  ceux  qui  en  employant  beau¬ 
coup.  Four  le  mélange  d  Bau- 
deron'. 


Empîaftrum  de  Linaménto, 
D.  Rambaudi. 

Linamenti  minutim  incifi ,  lib, 
femijî. 

Olei  communie  ,  lib.  duos. 

Cerufz  ^lib.unam. 

Cera  citrina ,  lib.femifi. 

Olibani  fubtilifi  triti ,  une.  quatuor, 
Fiat  Smplaftrum  ufui  in  Magâa- 
lias  condendum. 


FARAFHRASE.  . 

L'Autheur  de  cet  Emplaftre  eÆ 
M.  Nicolas  Ramband  ,  qui 
exerce  heureufement  la  Chirurgie  à 
Fontenay  le  Comte ,  ville  de  Poito  u, 
qui  luy  a  donné  le  nbm  de  la  Char¬ 
pie.  Quelques-uns  y  ajoutent  d'au¬ 
tres  Médicaments ,  félon  les  diver- 
fes  indications  qu'ils  prennent  du 
mal  ,  &  de  la  nature  de  la  par¬ 
tie  ofïènfée.  l'ay  retenu  cette  def- 
cription  ,  comme  la  plus  fimple  & 
facile. 

LE  MELANGE. 

Dans  une  grande  &  large  baffin» 
de  Cuivre,  lous  une  cheminée,  il 
faut  fi  long -temps  faire  bouillir 
l'Huile  avec  la  Charpie  hachée  me¬ 
nu  ,  qu’elle  fe  fonde  entièrement 
&  ,  n’apparoilTc  plus  :  puis  on  y 
ajoutera  la  Cerule ,  &  un  peu  d'eau 
afin  qu'elle  foit  plutôt  cuite  ;  puis 
la  Cire.  Finalement  la  balfine  à  de¬ 
my  refroidie  ,  on  y  ajoutera  l'En- 
eens  pulverile.  De  la  malle  on 
en  fera  des  Magdaleons  pour  le 
befoin. 

REM  ARQVE. 

IL  nefi  pas  de  befoin  de  faire  cui¬ 
re  fi  long-temps  la  Charpie  avec 
l’Huile  pour  en  faire  l’entiere  difi 
folution  ,  comme  rapporte  l’Au- 
theur  du  Mélange  ,  par  ce  que 
l’huile  qui  nefi  icy  employé  que 
pour  faire  une  partie  du  corps  de 
l’SmpUfire  ,  par  cette  longue  co- 
Ction  recevrait  une  notable  altera- 
z  2  tioni 


1 8  O  L  ivre  î  I.  Se  B  ion  1 V, 


tion ,  il  fitffit  que  la  Charpie  fait 
pajfée  à  travers  un  tamis  renver~ 
sJ ,  comme  a  été  dit  de  la  Soye 
crue  en  la  poudre  du  Diamofchi 
dulcü,  &  ainfi  avec  de  bonne  Ce- 
rufe  de  Venife  (  autrement  la  quan¬ 
tité  ne  fùffiroit  point)  la  Charpie, 
&  l’Huile  feront  mis  enfemble  dans 
une  bajfine,  &  cuits  en  remuant  com¬ 
me  dit  eji  ,  en  confidence  d’Empla- 
fire  ,  &  pour  le  furplus  on  fuivra 
Bauderon. 


Emplaftrum  ad  Fœtum  re:i- 
nendum. 

3^  Oleorum  Baccar.  Lentifci ,  & 

*■  JHyrthillorum , 

Lithargyri  Jubtiliffim-.  triti  ,  an-a 
une.  oEto. 

Cera  albst  une.  quatuor, 
Terebinthina  Iota  in  fucco  Burfa 
Pafiorü ,  une.  très. 

Glutinû  Pellis  Arietin a  ,  & 
JEtyoeolla ,  ana  une.  duos.. 

Boit  Armena  y 

Florum  Granerum  Kermes, 

Flofculi  BLofarum  rubrarum  , 

Cytini 

Seminis  Berberis ,  & 

Plantaginü  ,  ana  une.  unam, 
&  fémifs. 

^Bapidis  nÆtites 

Sarcocolta 

Jidumia, 

Sanguinis  Draconù  veri ,  & 
Humani,  ana  unc..unam, 

Thnris  , 

Myrrha, 

Croci  IHartis  adfiringentis 
Coralli  rubri  praparati  ,  & 

Buccim  y  ana  unc.femiff. 


Fiat  Emplaflrum  fecundum  artem. 

F ay  bien  voulu  inferer  icy  U 
defeription  de  cet  Emplafire  ad- 
ftringent  ,  pour  aider  aux  femmes 
enceintes  ,  qui  fo?it  fujette^de  fe' 
bleffer ,  a  porter  leurs  Enfans  en 
leur  terme  :  les  heureux  effets  que 
)'en  ay  veu  en  divers  rencontres 
m’ont  perfuadé.  a  cela.  Le  modm 
faciéndi  fera  tel  -,  il  faut  prendre 
dix  ou  doume  onces  de  la  peau  fei. 
che  (  rafee  de  fon  poil  )  d’un  pune- 
Belier  ,  &  la  couper  par  petites 
pièces  ,  l’infufer  par  vingt  qua¬ 
tre  heures  fur  les  cetïdres  chau¬ 
des  dans  un  pot  de  terre  avec  qua¬ 
tre  livres  d’une  legert  decoéiion  de 
racine  de  Symphytum  ma'jus  ;  le 
lendemain  la  faut  faire  bouillir  & 
confumer  lentement  ■  jufques  à  ce 
que  le  tout .  fit  en  confifiènee  de 
Miel,  &  lepajfer  par  untamisren- 
verfé y  pour  en  prendre  le  poids,  re¬ 
quis  ;  de  même  il  faut  prendre  une 
once  de  celle  de  Poijfon  incifée.fort 
menu  ,  &  l’infufer  comme  deffus  en 
dix  ou  douz.e  onces  de  decoBion  de 
Burfa  Pafloris ,  le  lendemain  on  la 
fera  difoudre  ,  &  evaporer  qu’il 
n’en  refie  que  le  poids  de  deux  on¬ 
ces  y  âpre  Z.  cela  on  la  coulera  :  ce¬ 
pendant  qtte  les  infufions  &  de- 
eoBions  fufdites  fe  front  ,  faut 
triturer  &  cicotriner  fubtiiement 
chacun  à  part  comme  la  Mumie, 
le  vray  fang  de  Dragon  en  lar¬ 
me  ,  le  fang  Humain ,  l’Encens, 
la  Myrrhe  ,  le  faffran  de  Mars, 
le  Corail  rouge  ,  le  Carabe  ,  la 
Pierry  d’ Aigle ,  &  le  Bol  Oriental-, 
les  plus  durs  feront  préparez  fur  le 
Porphire,  &  les  autres  refians  feront 


Des  Emplâtres,  1 8 1 


triturées  enfemble  ,&  pafsés  le  pim 
fubtilemefJt  quil  fe  pourra  :  après 
les  huiles ,  &  la  Lttharge  cicotri- 
n’ee  ,  &  non  lavée  ,  feront  cuits  & 
remués  pendant  quils  demeureront 
fur  le  feu ,  comme  a  été  fouvmt  re¬ 
pué  ,  &.  de  tems  en  tems  en  y 
ajoutera  un  peu  d'eau  dé-  pied  de 
Rofe  ,  peur  empêcher  que  les  hui¬ 
les  ne  foient  gueres  altérés  par  la 
chaleur  du  feu  ,  &  en  faciliter  la 
cuite  avec  la  Litharge  ,  &  fur'  la 
fin  en  y  mettra  les  colles  ,,qu  il  fau¬ 
dra  dejfeicher  un  petit  fur  une  cha¬ 
leur  lente  ,  autrement  le  fe^-  gril- 
leroit  tout  ;  la  hajfine  Hors  du  fçM 
on  y  ajoutera  la  cire  blanche  ,  & 
la  quantité  de  Terebinthine  lavfe 
comme  dejfm  ,  qu  il  faudra  pour  luy 
donner  la  cenfijlence  requife ,  &  fi¬ 
nalement  les  poudres  ,  le  tout  ex,a- 
Uejnent  mêlé  en  fera  formé  des  Mag- 
daleons .^elques-uns  pourront  trou-  ■ 
uer  à  rédire  ,  de  ce  que  dans  cet 
Emplâtre  ,  il  y  entre  de  la  Lithar¬ 
ge  ,  je  l'ay  fait  exprès ,  pour  éviter 
d'y  mettre  de  U  Poix ,  ou  de  la  Re¬ 
fine,  que  feélime  ny  convenir  pas 
fi  bien. 


Emplâftrum  pro  Comiflura  in- 
certi  AucStoris. 

^  Labdani  puri ,  unc.quatuor. 
Styracü  Cdlamites  ,  & 

Benioinii ,  ana  une.  duos, 

Gummi  Ammoniaci , 

Thurü , 

Maïiiches ,  efi 
Sandaraca  ,ana  une.  unam. 

N  mis  Mofehata, 

&nnamomi ,  & 


Cary ophy lier nm  ,  ana  drach.duas. 
Styracü  liquida  ,  quantum  fufficit. 

Fiat  Emplâftrum. 

Pour  rendre  cette  Pharmacopée 
plus  accomplie ,  fy  ay  ajouté  la  de- 
feription  du  fufdit  Emplâtre  ,  par¬ 
ce  que  la  compofition  nom  efi  fou- 
vent  ordonnée ,  &■  chacun  le  com- 
pofe  diverfement  ,  les  uns  bien  & 
les  autres  mal  :  les  effets  que  fi  en 
ay  veu  depuis  vingt-huit  ans  en  ça 
m'ont  obligé  de  proférer  cette  de- 
feription  a  quelques  autres  qui  fe 
trouvent  en  desPharmacopées  étran¬ 
gères.  Cét  Emplâtre  &  la  poudre 
de  Guetiete  que  j'ay  décrite  au  livre 
premier ,  Sefilion  quatrième  ,  de  ces 
Remarques  ,  jrFes.  ay  recouvers  de 
Provence  ,  oit  l'une  &  l’autre  ont 
pafsé  fort  long-tems  pour  fecrets 
tres-particuliers. 

Peur  le  mélange ,  faut  triturer 
l'Encens ,  le  Mafiich ,  &  Sanda- 
race  chacun  a  part ,  &  cicotriner,- 
comme  auffi  le  Lahdanum ,  duquel 
fe.  faut  toîijours  fouvenir  d'en  laif- 
fer  environ  la  quatrième  partie, 
qui  nefi  que  terre  ,  ou  fable  -,  ta 
Canelle ,  Mufeade  ,■  &  Gerojle ,  fe¬ 
ront  pilés  enfemble  le  pim  fubtile— 
ment  quilfe  pourra:  le  Styrax  , le 
Benjoin,  &  l'Ammoniac  feront grof 
fierement  triturés  ,  puü  dans  un- 
mortier  de  bron\e-  &  pilon  chauds' 
feront  malaxés ,  jufques  â  ce  qu'ils 
foient  mois  &  bien  mêlés  :  après  on 
y  ajoutera  le  Labdanum ,  peu  après 
L'Encens  y.  le  jtdafiieh  ,&  Sândara- 
ce ,  &  enfuite  la  poudre  des  Aro- 
mats  :  finalement  le  Styrax  liqui¬ 
de.  le  ferais  d'avü  d'y  ajouter  um 
peu  de  Tirebinthine  pour  luy  don-- 
2  3  ner 


J 8 2-  Lhre  IL 

ner  me  meilleure  cotjJiSience ,  le  tout 
exaBement  mêlé-,  avant  que  le  mor¬ 
tier  &  filon  perdt'nt  leur  chaleur, 
faut  tirer  la  maffe  ,  &  en  former 
un  Jl^agdaleon. 


Emplaftruna  Diaphœnicuni 
fi'ig.  D.Mef. 

DaBylorum  maturitati propin- 
qjior.  une.  quinque. 

Carniâ  Cydonior.  in  vino  auBero  co- 
Borurn  ,  une.  unam  &  femiJS. 
Tortellarum  de  feenis ,  id  ejl  Ÿ^nü 
bifeoBi,  une.  unam. 

Styraeü  Calamites , 
jikaBiches , 

Labdani , 

.Acacia , 

Succi  Agrefitt  feu  Omphacii, 
Labrufea  ,  id  efi  ,  forum  uvarum 
Agrefium, 

Rofarum  rubrarum, 

Santali  citrini , 
yidyrrha , 

Trochifei  Ramich , 

Xyloaloës  ,  fing.  une.  femij?. 

Cera  alba  ,  une.  quatuor. 

Olei  Rofatt ,  une.  quindecim. 

Vint  auBeri  quantum  fufîcit  ad 
infundendum  infundendâ,  &  com- 
pone  ErnplaBrum  utendi  tem- 
pore  fujfcit  Xy  ioalo'és  addere. 

PARAPHRASE. 

CFt  Emplâtre  auffi  bien  que  le 
fuivant  ,  ont  pris  leurs  noms 
oie  leurs  bafes  ,  les  Dadbes  mifes  au 
commencement  ,  &  en  plus  grande 
quantité  qu'autre  qui  y  foie.  Ils  font 


SeBion  IV, 

attribue ,  &  dignes  d’être  plus  prati- 
quez  qu'ils  ne  font.  ^ 

Le  MELANGE. 

f  rgmiercment  il  .faut  cuire  les 
quartiers  des  Coings  en  quantité  fiif- 
blàiite  de  gros  vin  ,  &  a'dïlfingent. 
Iceux  à  demy  cuits,  on  y^ ajoutera 
les  Dades  mondées  de  leur  os ,  & 
incisées  j  un  peu  aprez  on  y  ajou¬ 
tera  le  Eifeuit  brisé  menu.  i\prez 
le  tout  fera  exprimé  &  pilé  dans  un 
rndjcier  de  marbre ,  &  paisé  à  tra¬ 
vers  leutamis.  Cela  fait  laut  pulve- 
riftr  chacun  à  part,  le  ityrax 
Mallich ,  la  Myrrhe  ,  &  les  Trochif- 
ques  de  Ramich.  Enfcmble  feront 
pulverifez le  bois  .de  Santal ,  & 
d'Aloés,  Acacia ,  Rofes ,  &  les  fleurs 
d^la. vigne  lauvage  ,  qu'on  appelle 
Oenanthe ,  &  f  abrufea.  Aprez  on  fe¬ 
ra  fondre  la  cire  blanche  dans  l'huile 
Rolat  étans  encore  chauds  on  y 
fera  fondre  le  Labdanum  groffiere- 
ment  pulvérisé ,  &  le  Maftich ,  puis 
on  y  ajpûtera  le  flic  d'Aigras ,  &  ce 
qu'on  aura  pafsé  à  travers  le  tamis  : 
finalement  les  poudres ,  pour  du  tout 
deuëment  incorpo'ré  &  à  demy  ra- 
froidy,  en  former  des  Magdaleons 
de  telle  groffeur  qu'on  voudra  ,  qui 
feront  envelopez  de  papier  blanc ,  & 
gardez  au  befoin.  Mefué  confeille 
(  avant  qu'applique-r  cet  Emplâtre 
fiir  quelque  vifeeres  )  le  parfiimcr 
avec  du  bois  d’Alocs  ,  afin  qu’il  foit 
plutôt  réduit  de  puilïànce  en  aftion, 
&  que  fa  vertu  pénétré  plus  profon¬ 
dément,  &  pour  réjouir  les  malades 
par  k  bonne  odeur. 


Des  Emplâtres. 


R  E  M  A  R  QV  E. 

IE  ne  f^ay  qui  >  uy  pourquoy  on 
avait  tiré  la  deferipion  des  Em¬ 
plâtres  fioid ,  ’&  chaud  de  Diaphœ- 
nk  de  cette  Pharmacopée  ,  croy 
quelles  avaient  été  obmifes,  ou  quon 
les  en  avoit  tirées  à  dejfein  députe  la 
première  édition  de  Sauvageon  ; 
quoy  quil  en  fait  ,  afin  quon  ne 
m'imputât  pas  de  l’avoir  fait  je  les 
ay  remifes  en  leur  place ,  parce  aujf 
quelles P'nt  dignes  de  tenir  rang^kn 
cette  Phartnacopée.  Cet  Emplâtre 
ne  doit  être  préparé  qu'au  'hefoin, 
veu  la  quantité  de  pulpes  qui  y  en¬ 
trent  'qui  abondent  en  humidité,  & 
cette  humidité  qui  pojfede  la  plus 
grande  vertu  quelles  ayent  venant 
à  fe  dejfeicher  par  le  tems  ;  la  vertu 
de  l'Emplâtre  fe  diminue  de  beau- 

Quant  au  modm  faciendi  on  y 
•doit  pf-oceder  de  la  forte  ;  f  avoir, 
faut  infufer  les  DaStes  mondées,  com- 
rne  dit  efi  ,  incisés  menu  dans  un 
pot  avec  quantité  fufifante  de  vin 
par  vingt-quatre  îoeures  fur  les  cen¬ 
dres  chaudes ,  après  les  faire  cuire 
iufqu'â  ce  quil  n'y  reéiera  d'hu- 
nidité  que  ce  qu'il  en  convient  pour 
donner  la  confiflence  d'une  pulpe  un 
peu  ferme  ,  quon  ver  fera  dans  un 
mortier  de  marbre  pour  y  être  pi- 
J  en  ayant  préalablement  pesé 
<^i»q,  onces,  &  avec  la  quantité  re- 
l^ifede  Coings  cuits  dans  'une  clo- 
<^he  de  cuifne ,  ou  au  four  dans  un 
pot ,  le  tout  fera  pafsé  â  travers  un 
tamis  renversé  ;  pendant  l'infufion 
on  mettra  en  poudre  fubtile  tom 
enfemble.  les  bois  de  Santal,  l'jilo'és. 


i8} 

l'acacia  ,  les  Rofà ,  les  feurs  de  la 
vigne  fauvage  ,  le  Styrax  ,  la  Myr¬ 
rhe  ,  &  les  Trochifques  de  Ramich  : 
le  Labdanum  fera  trituré  a  part 
&  cicotriné  ,  &  non  fondu  comme 
veut  l'xijitheur  du  mélange ,  pour 
en  avoir  derny  once  de  pur ,  il  en 
faut  prendre  fix  drachmes ,  pour  les 
raifons  cy-devant  dites  :  la  poudre 
ainf  faite  fera  arrousée  de  bon  ver-, 
jus  dans  un  mortier  de  marbre ,  & 
après  on  la  fera  feicher.  Au  lieu 
de  quinfe  onces  d’huile  Kofat ,  il 
n'en  faut  prendre  que  cinq  onces,  ou 
l'on  fera  dijfoudre  le  MaFiich  en 
poudre  grojfere  ,  feize  once  de 
cire  blanche  ;  pour  le  furplus  >  on- 
fuivra  Bauderon. 


Emplaftrum  Diapliœnîcum  ca- 
lidiim  5  D.  Mef. 

y:.  Oleorum  Nardini ,  & 

Rofati  ,  utriufque  une.  quor^ 

Cera  flava ,  une.  duos. 

Fiat  Ceratum ,  tum  . 
y.  Daily lorum  ficcorum»  n.  qua.^ 
draginta. 

Tortellarum  de  feenis ,  id  efl panü 
bifioQi ,  drach.  quinque. 

Biduo  macerentur  vino  odoro  :  pojt: 
cum  Daltillü  ,  &  pane  bifcoHo 
terre  permultum , 

Carnü  Cydoniorutn  in  vino  coliorum, 
une.  unam.  * 

Deinde  mifee  Ceratum  praferiptum:- 
mndendoque  in  mortario  per- 
mifee  pulverem  fequentem. 
y.  Mafliches, 

Thurü , 

Abfnthii  Pontici  ,  feu  Romani  ,  > 


154  Livre  IL  Seâion  IV. 


Jingul.  drachm.  duat ,  & 

Lahdani  puri ,  drach.  duoi. 

Æoës  hepaticdiy 
Ligni  Alo'és 
Jldacü , 

Calami  aromatici 
Spica  Nardi, 

MyrrhA, 

AcactA  , 

GalltA  J  (  Thomas  de  Garbo  mendo- 
fe  legit  >  Gallarn  quercui  &  non 
Galliam  ) 

Trechifci  Ramich  ,  Jingtil.  drachm. 
unam. 

Hat  pulvü  fuperioribm  mifcen- 
dtts ,  &  forma  Aïagdalias.  Ften- 
di  tempore  fuffi  Xyloaloés  ,  ut 
pracedens. 

PARAPHRASE. 

CEt  Emplâtre  ne  différé  en  appel¬ 
lation  ,  ny  en  méthode  de  le- 
compofèr  au  precendent ,  ains  feu¬ 
lement  en  fa  qualité ,  pour  donc  le 
compofèr  J  TApothicaire  y  aura  re¬ 
cours  ,  pour  é  viter  prolixité. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

trouve  en  la  defeription  que 
Bauderan  nous  rapporte  de  VEm^ 
plâtre  Diaphœnicon  calidum  ,  une 
contradiction  manifetie  avec  Me- 
fué  ,  fon  inventeur ,  en  ce  que  ce- 
luy-cy  demande  firnplement  Gallia, 
&celuy-lâ  rapportant  l'authorité  de 
Thomas  de  Garbo  ,  dit  Gallia  (Tho¬ 
mas  de  Garbo  mendosè  legit ,  Gal- 
lamQuercut,&  non  Galliam)  ;  con¬ 
tradiction  dis-je ,  toute  manifeCte  à 
l’intention  de  Mefité  ,qmna  enten¬ 
du  autre  chofe  par  Gallia ,  que  les 


Trochifques  de  Gallia  Mofehata  ;  & 
cette  vérité  fe  vérifié  en  beaucoup 
d’autres  compofitions  de  Mefué  ,é‘ 
particulièrement  en  celle-cy  même 
où  il  a  dit  firnplement  Ramich',  au¬ 
quel  mot  Ba'uderon  ,  pour  le  ren¬ 
dre  plus  intelligent,  luy  a  fait  pre- 
ceder  le  mot  de  Trochifeorum  :  ce 
quil  a  entendu  pour  le  Rarniek ,  U 
le  devoit  aujfi  entendre  pour  le  Gal¬ 
lia.  Vhe  autre  preuve  de  mon  di¬ 
re  paroh  és  deferiptions  des  Em¬ 
plâtres  de  Gallia  Mofehata  ,  que 
Mefué  décrit  dans  fon  Grabadin, 
en  lafCconde  defûription,  tant  dans 
un  vieux  manuferit,  que  fay  de  fes 
œuvres ,  que  dans  des  divers  exem¬ 
plaires  eh  impr'ejfion  que  )’ay  veu  :  il 
dit  fimplèment  s  Ifi.- Gallia,  le  mot 
de  Gallia-,  icy  ,ny' ailleurs  ne  peut 
fignifier  Galles ,  ainfi  même  que  Bau. 
deron  Va  relevé  fort  â  propos  au 
livre  precedent ,  en  la  SeClion  neu¬ 
vième  des  Trochifques  de  Gallia  Mof¬ 
ehata.  Les  DiCfenfaires  qui  décri¬ 
vent  cet  Emplâtre  Diaphœnicum 
calidum  comme  le  Luminare  ma- 
jsis,  Lumen  Apothecariorum ,  mef 
fleurs  les  Médecins  d’Aujbourg ,  le 
Ricettario  di  Fiorence,entendent  tous 
par  le  mot  de  Gallia,  les  Tochif- 
ques  de  Gallia  Mofehata  ,  &  l’eX- 
friment  a,injî.  De  pltss  les  effeüs 
qu’en  leur  attribué ,  conviennent  di¬ 
rectement,  â  ceux  de  l’ Emplâtre  ,  & 
les  Galles  non  ,  qu’entant  quelles 
font  adfiri'ngentes  ,  &  par  ainfi  U 
faut  rejet  ter  le  ;fentiment  de  Tho¬ 
mas  de  Garbo ,  &  les  Galles  de  Chef 
ne  de  cette' compofition. 

Cet  Emplâtre  ,  encore  plus  que^ 
le  precedent,  ne  doit  être  préparé 
qu’au  terns  quo  s’en  voudrafervir,& 
ainfi 


Des  Emplâtres.  185 


««»/  paferaj/  les  dofes  des  hui¬ 
les  ,  &  de  la  cire  fans  les  chan¬ 
ger;  La  lotion  de  l’Alo'és  nefi  nul¬ 
lement  conJiderdhU  ,  non  pat  mê¬ 
me  aux  Onguents ,  Cerats ,  &  Em¬ 
plâtres  ,  'mdis  encore  aux  autres 
compofitions*,  parce  quelle  ne  Je- 
pare  point  la  vertsju  purgative  ,  de 
la  corroborative ,  comme  Je  font  ima¬ 
ginés  pl'ufeurs  Autheiirs  fondés 
fur  l’Authoritéde  Galien  Jivre  trei- 
zàéme  5  de  la^acnlté  desAjîmples 
médicaments  a  raifon  que  l'Aloés, 
eji  un  fuç  épejfi ,  qui  fe  di0ut  en¬ 
tièrement  dams  les  liqueurs  aqueu- 
fes  ,  que  de  jetter  la  dijfolution  ce 
fer\it‘  tout  'iperdre  ,  il  la  faut  donc 
faire  évaporer  ,  après  on  trouve¬ 
ra  l'Aloés  aujfi  amer  quil  Jtoit 
auparavant  avec  toutes  fes  quali¬ 
tés  &  vertM, 


Emplaftrum  è  Cymino. 

JL-  Seminis  Cymini 
Baccarum  Lauri ,  & 

Cera  ,  ana  lib.  unam. 

Refina  Fini  ,  lib.  duat. 

*'  Communie ,  lib.  très. 

Olei  Anethini  ,felibram, 

Mtfce  fiat  Emplajérum. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

L'fjàge  d’un  certain  Emplâtre 
que  le  vulgaire  appelle  en  cet¬ 
te  ville  Cire  Cuminiane ,  efi  Jî fie- 
quent  ,  que  tous  les  Apothicaires 
le  tiennent  en  leurs  boutiques  y  fans 
qu’ils  en  ayent  une  defcription  ré¬ 
glée  ;  qui  ejl  le  fujet  de  l'emprunt 
que  fay  fait  de  cette -cy  de  la 


■  Pharmacopée  de  Londres, pour  l'in- 
ferer  en  mes  Remarques  ,  l’ayant 
preferée'  à  quelques  autres  ,  tant 
a  raifon*"  de  fes.  rares  effeéis  fou- 
vent  expérimentés ,  que  pour  la  Ja- 
tüfaéHon  de  .  ceux  qui  par .  leur 
probité  honorent  notre  profejfon.  Et 
afin  que  ceux  qui  le  préparent  ne 
foient  point  deceus  en  leur  elje- 
rance.y  ils  prendront  du.  Cumin  qui 
ne  fera  ny  vieux  »y  carié  ,  &  le 
mettront  en  poudre  au  moment  qu’ils 
voudront  compofer  l’ Emplâtre,  avec 
les  Baies  de  Laurier  choifies  ,  com¬ 
me  a  été  cy-devant  dit  en  la  Thé¬ 
riaque  Diatajfarum  ,  '  excepté  qu’à 
caufe/de  la  quantité,  on  les  pren¬ 
dra' toutes  entières.  Pour  ta  Refine 
de  Pin ,  il  faut-  avoir  recours  à  ce 
qui  en  a  été  dit  ïn  la  Remarque  da 
Diachylon  magnum: 

Lfhuile  d’Aneth  fera  composé 
exprès  de  deux  'ou  trois-  infufions 
dans  un  vaijfeau  fermé  avec  la  Jom- 
mité  de  la  plante ,  ou  avec  la  fe- 
mence ,  ainfi  qu’il  a  été  cy-devant 
fouvent  remarqué ,  parlant  des  hui¬ 
les  chauds  ,  ou  bien  tiré  par  ex- 
prejfwn ,  qui  fera  beaucoup  plus  ex¬ 
cellent. 


Emplaftruni  Stypticum  >  D. 
Crolli. 

Oleorum  Lini  ,unc.oElo. 
Hyperici , 

Lumbricorum , 

Cham&melini ,  & 

Laurini , 

Lapidés  Calaminarü ,  ^ 

Minii , 

Lithargyri  Auri ,  & 

a  a  Ar 


J  8^  Livre  1 L 

Argenti , 

Sandaraca  Arabum ,  & 
'Terehifjthina, ,  and  une.  très, 
(jummium  Galbant  y 
Serapini , 

Ammoniaci , 

Bdellii ,  & 

Opopanacis  y  ana  me.  unam, 

& 

Jliumia  tranfmarinAy 
Ji/fagnetis  pr&parati y& 

Hamatitis  praparati ,  ana  drachm. 
fex.  . 

Carabe  citrina  y 
Olibani  y 

JUprrha  Alexandrina, 
eAloés  hepatica  , 
tArifiolochite,  longa ,  & 

Rotunda , 

Vitrioli  albiy 
Corallorum  alborum,  & 

Rubeorum  pr&paratorum' 
Matris  PerlarHnty 
Sanguinis  Draconû  vert , 
iTerra  Aiedicata  Strigenjts  ,  ^ 
Camphora ,  ana  unc.femij?. 

Fl  or.  Antimonii  y 

Croci  Martis ,  ana  drach.  unam. 

Colophonia ,  & 

Cera  citrina  ,  an.a  lib.  femift. 

Fiat  ErnplaHrum. 

remarque. 

L’Efiime  generale  e^ue  font  ceux 
qui  font  'entèndus  en  nôtre  pro- 
fejjion  de  l’Emplâtre  Styptique  de 
Crollim  y  &  les  beaux  effets,  que 
nom  en  voyons  tous  les  jours  y  quand 
il  efl  jidelement  préparé  rnant  obli¬ 
gé  d’en  inferer  la  deferiptian  dans 
cette  Pharmacopée  ,  comme  auj/l  d 
raifou  de  ce  qu’on  le  trouve  rare- 


SeBion  IV. 

ment  décrit  ailleurs ,  dans  les  Di- 
Jpenfaires ,  &  pour  corriger  h  tno- 
dm  faciendi  de  fin  inventeur  qui 
n’eft  pas  tel  qu’ilfautyje  le  réglé, 
ray  ainfi. 

En  premier  lieu  y  pour  procéder 
méthodiquement  au  mélange  de  cet 
Emplâtre  ,  aprfs  une  exaEe  lo¬ 
tion  quil  convient  de  faire  de  cha¬ 
que  ingrédient  ,  qui  le  compofinf, 
préparés  fur  le  Porphire  les  pim 
durs  y  les  autres  chacun  à  part, 
feront  triturés  &  fubtilement'cico- 
trinéi.  Le  Crocus  Martis  adflrin- 
gent  préparé  avec  l’eau  forte.  Les 
Gommes  qui  ne  fi  pourront  tritu¬ 
rer  fubtilement  y  pesées  en  la  quan¬ 
tité  requtfi  y  fuivant  leur  pureté 
ou  impureté  y  dijfiutes  dans  du  fort 
vinaigre  y  coulée  s. y  &  un  peu  plus 
qu’à  demy  cuites  le  Bdellium  eu 
poudre  y  avoir  été  ajouté ,  comme 
nous  avons  cy-devant  dit  en  quel¬ 
ques  Remarques.  Après  dans  une 
bajfine  l’huile  de  Lin,  ceux  d’Hype- 
rïeumyde  Lombrics ,&  de  Camomille, 

(  que  nom  avons  mis  en  la  place 
du  commun  ,  pour  les  raifons  que 
nous  dirons  cy- après  )  avec  les  Li- 
tharges  d’Or  &  d’ Argent,  &le  Mi¬ 
nium  y  feront  nourris  ,  cuits  fur  un 
feu  lent  y  &  remués  avec  une  jpa- 
tule  de  bois ,  jufquà  ce  qu’ils  ayent 
acquis  une  filidité qu’en  les  remuant 
entre  lés  doigts  ils  ne  s’y  atta¬ 
chent  point }  alors  on  y  ajaûtera 
en  deux  fois  l’huile  Laurin  ,,  le  La¬ 
pis  Calaminaris  ,  l’H&matites ,  & 
enfuit e, le  Sandaraca  Arabutn  ,  ou 
Gomme  de  Genevrier  en  poudre  gref 
.Jîere  qui  fi  dijfiudra  fiudain  ,  la 
Colophane  ,  céf  la  Cire  jaune.  La 
baffine  tirée  hors  du  feu  ,  on  y  met¬ 
tra 


Des  Emplâtres.  1 87 


ira  les  Gommes  bien  dejfeichées ,  la 
Terebinthine  ,  &  finalement  les  fou¬ 
dres, le  tout  étant  bien  mêlé ,  la 
tnajfe  rafioidie  ,  on  en  formera  des 
Magdaleons. 

La  raifon  pourquoy  nota  n'avons 
point  gardé  le  mélange  de  Crollius, 
ny  de  quelques  autres  qui  dé¬ 
crivent  fin  Emplâtre  ,  eji  qu'ls 
ne  font  point  méthodiques  ,  que  e(e 
les  fuivre ,  en  dijfiperoit  en  partie 
les  principales  vertus  de  l’Empl⬠
tre. 

Fay  fubSîitué  peur  l'huile  d'o¬ 
live  ceux  d’Hypericon  ,  de  Lom¬ 
brics  ,&  de  Camomille  ,parce  qu'ils 
augmentent  en  quelque  façon  les 
vertus  de  l’ Emplâtre, ainfi  que  l'Au- 
theur  l'a  reconneu  ,  quand  il  a 
dit  de  le  malaxer  les  mains  oin- 
âes  de  ces  huiles  ,  avant  que  de 


le  rouler  en  2p(agdaleons.  Fay  aujjî 
augmenté  le  poids  des  Litharges 
de  demy  once  de  chacune  ,  pour 
mieux  faciliter  la  cuite  ,  &  luy  don¬ 
ner  une  meilleure  confiéience  ,  & 
pour  empêcher  qu'on  ny  ajoute  point 
de  cire  &  de  Colophane  pardefiut 
la  dofe ,  parce  quelles  affoibliroient 
les  vertus  de  l’Emplâtre, 

Pour  la  fin  il  efi  à  remar¬ 
quer  ,  que  les  moins  curieux  ,  & 
les  plus  innocens  en  notre  Art. 
commettent  une  lourde  faute ,  de 
prendre  pour  Mumia  tranfinari- 
na ,  la  Manne  purgative  ,  fon¬ 
dés  fur  l’authorité  de  Planis  Cam- 
pi,  en  fin  DiStionnaire  des  ter¬ 
mes  obfcurs  des  Philofiphes  Chi¬ 
miques  ,  qui  dit  que  la  Mumie 
tranfmarine ,  efi  la  Manne  fuivant 
Paracelfe. 


aa  Z  APPEN 


APPENDIX 


A  D 

PHARMACOPOEAM,  IN  QJ k 
formulas  aliquotRertledioi:Um,quæ  in  commu^ 
ni  ufu  veniunCjdefcribuntur  :  quibus  carere  ^ 
non,  débet  Pharmacopœi  offidna. 

'AT  icy  ajmté  ,  comme  par  Appendice  y  (Quel¬ 
ques  defcriptions  communes  ,  gj)  ujitées  (  les¬ 
quelles  fe  doiofent  tenir  prettes  dams  la  bouti¬ 
que  de  l'Apothicaire  )  d'autant  qu'il  ny  a^voit 
lieu  propre  en  ce  li<vre  pour  les  y  colloquer  y  que 
celuy-cy.  Nous  commencerons  par  les  DecoBions  ordinaires  de 
Medecine  ,  puis  nom  décrirons  quelques  eaux  principales  y 
^  composées  ,  qui  connjiennent  aux  maladies  ,  tant  in^ 
ternes  qu  externes  ,  prifes  par  la  bouche  j  ou  appliquées  exté¬ 
rieurement  i  od  quelques  remedes  domeHiques.  Finalement: 
quelques  préparations  de  Médicaments  Jîmptes ,  necejfaires  de 
[çarvoir  :  mettant  fin  à  cette  «unjre  par  un  fiommaire  traitté: 
des  poids  ».  ^  mejures ,  ufités  en  Medecine. 


Jjêcpcl:i0.i 


udd  Thaymacopœam. 


Decodio  communis  Me-' 
dicinæ. 

y..  Hordei  mmdati  ,pugil.  mum. 
Prunorum ,  paru  fèx. 

Pafularum  mmdatarum ,  & 
Clpcjrrrhiza  ,  ana  ufic.femiji. 
Sminum  Anijî ,  & 

Fœmculi ,  ana  drach.  duos ,  fi 
Hyems  fuerit.  Si  vero  ^Ær 
fias  )  fiibBitues  , 

Seminum  quatuor  fiigidorum  majo- 
rum ,  ana  drach.  femifi. 

Flerum  trium  cordialium  ,  Pugil, 

•  unum. 

ùque  ex  arte  in  aqua  fuficienti,  ad. 
médias  :  dein  cola  ufiti. 

R  E  M  A  R  CLV  E  . 

L‘Amheur  de  V Appendix  en 
nous  prefcrivant  la  decoüion 
commune  de  Médecine  ,  déterminé 
bien  la  dofe  des  fimples  ,  &  ne  ré¬ 
glé  point  la  quantité  de  Veau  pour 
les  cuire  ,  ny  la  vraye  reduBion 
d'icelle ,  difant  fimplement,  coque  ex 
arte  in  aqua  fufiieienti  ad  médias^ 
de  maniéré  que  pour  fuppleer  au 
■premier  ,  U  faut  avoir  recours  a 
nos  réglés  generales  ,  qui  veulent 
lors  que  nous  avons  à  cuire  divers 
fimples  qui  ont  leurs  vertus  en  leur 
centre,  de  les  faire  bouillir  un  long¬ 
temps  ,  ainfi  que  dit  PHicolaus  Saler- 
nitanus  ( que  certains  appellent  )  en 
fin  Càtholicon  Polypodij  querni  in 
nqua  diutijfmè  decoque ,  &  que  fi 
nous  avons  à  cuire  des  ingrediens 
qui  foient  de  médiocre  fubfiance  ,  il  \ 
fiut prendre  fix  parties  d‘eau ,  fur 


I  89? 

une  partie  d’iceux ,  ainfi  que  dit 
l’ Eùchiridium  des  Myropoles  :  ^ 
quand  il  s'agifi  d'ingrediens  qui 
font  de  très  facile  coBion ,  comme 
des  fleurs ,  que  peur  attirer  leurs 
vertus ,  qui  pour  l’ordinaire  efi  en 
la  fuperfleie,  il  fuffit  de  les  faire  in- 
fufer  au  chaud  ypour  lors  il  faut  con- 
fiderer  ce  quon  a  a  faire  j  fi  c’efi 
pour  une  feule  dofe  de  Médecine,  ou 
de  lulep ,  ou  tel  autre  remede ,  de 
prendre  la  ptfie  quantité  des  ingre¬ 
diens  avec  celle  de  l’eau ,  qu’il  con¬ 
vient  avoir  de  liqueur  four  faire  la: 
dijfolution  &  pour  être  plus  mé¬ 
thodique  ,  il  faut  réduire  les  mani¬ 
pules  des  herbes  recentes  &  humi¬ 
des  dépuis  une  a  deux  onces, fisivant 
qu  elles  fint  ^lus  ou  moins  pefantesy 
les  fâches  à  derny  once  :  les  Pugil- 
les  des  chofes  recentes  faivant  aufii 
la  nature  quelles  font ,  d’une  drach¬ 
me  à  deux  ,  &  des  fâches  à  la  moi¬ 
tié  -,  de  maniéré  que  pour  les  fimples: 
cy-dejfui  preferits,  à  cattfe  que  Bau- 
deron  veut  que  la  decoBion  fiit  cen- 
fumée  de  la  moitié ,  il  faudra  pren¬ 
dre  vingt  onces  d’eau  de  fontaine,- 
dans  laquelle  on  fera  bouillir  l’orge 
jufqu’a  ce  qu’il  aye  grofii  ;  apren.  en- 
piettra  les  Pruneaux  mondez-  de 
leurs  os  ,  les  Raifins  de  leurs  pé¬ 
pins  ,  l’anis ,  &  le  FœnoùH  ,  fi  c’efi 
en  Hyver  ,  &  les  femences  froides 
g^r arides  en  Eté,  &  en  dernier  lieu 
la  Reglijfe  rafae  &.  contufée ,  &  les- 
trois  fleurs  cordiales  temperées  :  les 
quatre  femences  fioides  avant-  de 
les  employer,  doivent  être  trempées 
en  eau  froide  pendant  une  demy 
heure  ,  aprez.  les  faut  frotter  entre, 
les  mains  ,  fi  long-temps  que  l’èau 
en  forte,  claire  }  &  nottez  apreff^, 
SL-a..  j  celât 


1^0  jippendix 


cela  qu'il  les  faut  concajfer  ,  fans 
s'informer  fi  c'efi  ,  ou  pour  de- 
terger  ,  ou  pour  adoucir  &  Unir, 
a  moins  que  par  expresL  il  fait  or¬ 
donné  par  quelque  Médecin  en¬ 
tendu  :  la  decoÙion  faite  &  cou¬ 
lée  ,  fi  on  y  veut  infufer  eu  cui¬ 
re  des  laxatifs  ,  cela  fe  doit  fai¬ 
re  à  part  ,  &  alors  la  decoBion 
ne  doit  être  confumée  que  d'un 
quart  ,  ou  pour  le  pim  d'un  tiers, 
&  ainfi  ,  il  y  aura  de  decoétion 
pour  trois  potions  ,  autrement  fans 
laxatifs  on  la  pourra  faire  confimer 
de  la  moitié. 

Il  J  a  une  faute  en  la  dofe 
des  quatre  femences  fioides  ,  de 
fèmhlable  nature  a  celle  que  ’fay 
corrigée  du  Catholicon  de  Nicolas, 
qui  efi ,  qu'au  lieu  de  demy  drach¬ 
me  de  chacunp ,  il  en  efi  demandé 
deux  drachmes ,  qui  font  deux  on¬ 
ces  des  quatre  ,  que  j'ay  réduit  d 
deux  drachmes. 


Deco£tio  Pedoralis. 

Hordei  integri  ,pugil.  unum. 
Caricarum  pinguium , 

Jujubarum  ,  vel  Sebefien ,  & 
DaElylorum ,  ana  paria  tria. 
Faffularum  mundatarum  ab  aci- 
nis  & 

Clycyrrhiz.4 ,  ana  une.  fm. 

Hyfiopi  mediocriter  ficca  ,  manip. 
femifs. 

Bulliant  m  aqua  fuffieienH  ad  mé¬ 
dias  ,  ô"  colatura  ferveiur  ftfiti. 


remarqje. 

IL  faut  ebferver  en  cette  dece- 
élion  lés  mêmes  réglés  ,  &  ordre 
qu’a  la  precedente  decoHion  de 
Médecine. 


Dccodio  coenmuriis  Cly- 
fteris. 

'yL.Herbarum  4.  emollientimn ,  & 
Mercurialis,  ana  manip.  unum.  ■ 
Seminis  Fœnicnli  ,  une.  femifi.  fi 
Hiems  ,  vel 

Seminum  4.  fiigidor.  majerum,  me. 

unam;  fi  nÆfias  fuerit 
Coque  ex  arte  in  aqua  fufficienti 
quantitate ,  &  colatura  utere. 

REMARQVE. 

L.A  DecoElion  commune  de  Cly- 
fiere  que  nous  tenons  dans  nos 
Boutiques ,  pour  l’ordinaire  nous  la 
compofons  avec  les  quatre  herbes 
remollitives,  les  fleurs  de  Camomil¬ 
le  &  de  Melilet ,  &  lu  femence 
d'anis  ou  de  Fœno'ùil  en  Hyver  par¬ 
ticulièrement  ,  &  en  Eté  on  change 
au  lieu  des  fleurs  &  femences  chau¬ 
des  ,  on  y  met  quelques  herbes,  purs 
&  femences  rafiaichijfantes  fui- 
vant  que  l'occafion  fe  prefente  :  cet¬ 
te  Decoêlion  en  Eté  fe  peut  garder 
trois  jours  dans  une  Cave  fraifehe, 
&  en  Hyver  ,  de  quatre  jufques  a 
cinq  pour  le  plus. 


fiAd  Pharmacopœam. 


191 


Aqua  Theriacalis ,  D.  Baii- 
(leroni. 

Of.  Theriaca  me^ÎA  AtAtii  probat  a, 
une.  très. 

Radicum  TorrrtentilU  , 
yingelicA  , 

Scorz.onerA  , 

DiStamni  Cretici  & 

Ligni  Sajfafias  ,  ana  une.  duos. 

Boli  Oïientalis  ,  une.  unam. 

Seminum  luniperi  » 

Citri  mundati  y 
Cardui  benediHi  , 

Aeetofd ,  & 

PortulacA,  an4  une.  femiji. 

Herbarum  Eetonka , 

XalthAyfiu  CalenduU , 
Melijfophylli ,  id  efi,  Citragi- 
nky  feu  Melijfa. 

Seordij  ,  &■ 

Borraginù  y  vel  Buglojfi,  ana 
Manip.  unum. 

Cinnamomi,^& 

Maeùy  ana  draeh.  duos. 

Jncidenda  ,  &  contmdenda ,  inci- 
dantUTi  eontundahfurcpue  ,  &  fi- 
mul  biduo  maeerentur  fuper  cine- 
res  ealides  in  vaje  vitreo  ohtu- 

.Aeeti  Rofati ,  ex  vine  albo  optimo 
parati  ,.lib.  duahm. 

Sueei  Limenum,  vel  Citrij  Mali ,  & 

Omphaeij,  ana  lib.fem.fiu  unc.fsx. 

Deinde  difiillentur  in  Bdneo  Ma¬ 
ria,  aqua  defluens  fervetur 
ufui. 

Dojts  ad  pracautionem  efi  uncia 
una  •  efr  ad  curationem  uncia 
dut.. 


paraphrase. 

En  l’année  mil  cinq  cens  huitan¬ 
te  lîx  ,  le  ravage  de  la  Pefte 
fut  fi  grand  j  qu’on  le  peut  com¬ 
parer  aux  contagions  les  plus  veni- 
meufès  &  vehementes ,  qui  ayent 
été  jamais ,  &  dont  la  mémoire  en 
refte  parmy  les  Hiftoriens.  Pour 
lors  la  mort  moiflohnoit  tellement 
les  Hommes  ,  quelle  fepibloit me¬ 
nacer  de,  fa  faux  ,  le  fôudain  re¬ 
tour  du  Monde  ,  dans  le  préci¬ 
pice  de  fon  premier  Chaos.  Ce 
qui  contraignit  M.  B.  ,  Bauderon 
mon  pere  de.compofer  cette  Eau, 
qu’il  a  furnommée  Theriacale  ,  pour 
caufe  de  la  Theriaque  là  balè , 
mife  au  commencement  &  en  plus 
grande  dolè.  que  toute  autre.  Sa 
vertu  alexitaire  eft  augmentée  par 
tout  le  refte  de  la  corapofition , 
qui  ne  tend  à  autre  fin  ,  que  de 
refifter  à  la  malice  du  venin  ,  & 
preferver  par  là  faculté  cardiaque, 
le  cœur  &  parties  vitales  d’ice- 
luy.  Il  s’en  lervit  heureufement , 
&  avec  bon  liiccez  pendant  cet¬ 
te  mortalité  ,  au  profit  de  plu- 
fieurs  ,  une  partie  delquels  relpire 
encore  à  prçfent  ,  pour  en  ren¬ 
dre  bon  témoignage.  On  s’en  peut 
lervir  en  Hyver,  &  en  Eté  modé¬ 
rée  toutesfois  fiiivant  l’occurrence, 
qui  fe  prefenterg  à  l’avenir  ,  par 
Meflîeurs  les  doétes  ,  &c  bien  ex¬ 
perts  Médecins,  qui  feront  pour  lors, 
&c  non  par  l’avis  des  ignorans.Si  l’on 
s’en  fert  à  précaution  ,  ce  fera  le 
matin  au  poids  d’une  once.  Et  in¬ 
continent  qu’une  perlbnne  fe  fenti- 
ri  atteinte  de  ’  la  pefte  ,  au  poids 


191  ^pPendix. 


de  deux  onces.  Car  ft  la  perte  avoir 
déjà  pris  pied  ,  on  n'en  recevroit 
un  tel  profit.  le  dis  cecy  j  afin  qu’on 
ne  blâme  mal  â  propos  le  remede 
fort  bon  de  Jfôyj  s'il  eft  deuement 
adminiftré. 

LE  MELANGE. 

Les  Racines,  le  Sartafra^^,  les'fe- 
mence*s,  &  écorces  doivent  être  con- 
cal'sées ,  &  Içs  h^bfes  recentes  in¬ 
cisées  ;  puis  avec  Tî  Theriaque  ,  & 
Bol  deXevant ,  infufcr  ^le  tout  avec 
les  fucs  j  &  vin.aigre  fiir  le  s  cendres 
i  elpÆe  de  deux  jours ,  en  un  pot  de 
terre^bien  bouché,  que^a  vertu  hç 
s’exhale.  Le  ilSidcmain  dans  un  Alem- 
bic  de  verre  bien  luté  au  B-M.  le  tout 
fera  dirtillé  ,  &  i’eaii  qui  en  fortira 
fera  garefée  au  beloin..-  ’ 

REMAR.QVE.' 

La  quantité  des'  ingrediens  de 
cette  eau  Theriacale  n'eft 
juîiement  freportiemée  avec  celle 
des  fucs  }  ^  vinaigre  que  l’Autheur 
y  demande  -y  car  d'infufipi^:^.  &  di- 
fiUler  vingt- deux  onces  d  cojnter  les 
manipules  de  la  Betoine  ,  &  autres 
herbes  pour  fine  onc^gi  de  chacune, 
la  plus  grande  partie  de  matière 
feiche ,  &  Jpongieufe  ,  &  la  liqueur 
ne  fe  monte  qua  tr.ente-Jîx  onces, 
defqnelles  il  en  faut  pour- le  moins 
deux  livres  pour -les  imbiber ,  &  de  - 
toute  necejfité ,  faut  qu'il  en  reéie 
dans  l’ A lembic  pouf  empêcher  que 
la  matière  ne  s'y  attache  ,  de  f  rte 
qu'on  ne  fçauroit  tirer  guere  plus  de 
huit  à  dix  onces  d'eau  ,  voila  pour  la 
première  difficulté.  La  fécondé  que 


je  remarque  en  cette  defcriptîon 
n'eft  pas  petite'-,  &  eji  beaucoup 
plus  importante  que  la  premier^, 
fur  ce  que  Bauderon  a  fans  doute 
on  diverfes  con/tderations  lors  qu'il 
s'efi  voulu  fervir  pour  menéirue, 
du  vinaigre ,  du  fuc  de  Limon,  é- 
du  vetjus  pour  enlever  par  la.  di- 
fiillation  la  vertu  des  ingrediens, 
&  comme  Alexitaires  pour  reffier 
à  la  pourriture  des  humeurs  ,  com¬ 
me  font  tous  les  acides ,  ou  pour  cm- 
temperer  la  chaleur  de  quélques- 
un^  des  ingrediens  de  la  compofi- 
tioh  J  mais  *'.  fûelle  qu'ait  été  fin 
intention ,  a  moins  que  ce  n'ait  été 
la  dernier e ,  il  m'en  exeufera  ,fije 
dis  qu'il  s'en  xfi  bien  éloigné  des 
autres,  fans  y  p§nfer;car  tous  ceux 
qui  s'entendent  à  ladiélillation  des 
liqueurs  ac'ides  f^avent  trej-hien 
que  la  quatrième  parti»  du  vinai¬ 
gré  e  fi  un  pur  flegme  infipide ,  com¬ 
me  a  été^cy-devant  .fin  en  la  'Se- 
élion  de'uûéme,  du  premier  livre  -au 
Syrop  Aceteux  ,  &  qde  le  verjus ■& 
le  fuc  de  Limon ,  stt  la  difiillation 
ne  donnent  .puemiè ;  acifiité  -,  qùoy 
qu'on  le-s,Æ^e  jufqué’s-  à  ce  qu'il 
ne.  reSle  dans  Aa  Cucéirbite  qu'une 
majfe  en  form^.  d’extmiél  ,  où  tou¬ 
te  l'acidité  des  fufdits  fuc^  efi-  ré¬ 
duite.  Si  ces  liqmurs  -acides  par 
la  ditiillation' ne^^onnent  que  leur 
flegme ,  fepra-en  vaifi  que  nom  les 
mettrons  en  telles  compofitions  pour 
refiB^  d  la  pourriture  des  hümeurs 
&  combattre  les  venins  ,  parce  que 
leur  flegme  s'efi  fepa/é  de  cette  qua¬ 
lité  :  de  rnêrne  ,  fi  c  efi  pour  enle¬ 
ver  avec  plus  de  -fitcilité  par  leur 
tenuité  de  fubélance  la  vertu  des 
ingrediens ,  cela  ne  fe  peut  par  la 
meme 


Pharmacopœam,  i  ^  5 


CJarera  fimplex. 


ijnime  ritifin.  Et  par  ainfi  de  cette 
compofition  on  ne  [^aurait  tirer  par 
la  diflilluition  que  les  pha  aqueufes 
parties  des  menfirulès. 

Il  efi  mjfi  a  remarquer  que  la 
racine  de  Tormentille  ,  de  Scor- 
z.onaire  ,  le  Bol  de  Levant ,  les 
femences  de  Citron  ,  de  Char¬ 
don  bénit  ,  d’ Oreille de  Pour¬ 
pier  ,  &  la  Borrache  ,  font  inu¬ 
tiles  en  cette  compofition  ,  par 
ce  que  leur  vertu  refie  dans  V  A- 
lernbic  ,  par  les  raifons  que  nom 
dirons  en  la  difiillatton  des  Baux 
firnples. 

Pour  donc  extraire  cette  ■  Eau 
avec  la  méthode  requijè  ,  je  vou- 
<drois  prendre  quatre  onces  de  bon¬ 
ne  Theriaque  ,  1‘ Angélique  ,  le 
BiUam  de  Crete  ,  le  Sajfafras  de 
chacun  deux  onces  &  demy  ,  de 
femence  de  Genevre  ,  deux  on¬ 
ces  ,  de  Bctoine  ,  de  fueilles  de 
SoHcy  ,  de  JlPeJifie  -,  de  Scordeum, 
de  chacune  une  poignée  &  demy, 
de  Canelle  ,  &  de  Macis ,  de  cha¬ 
cun  demy  once  ,  toutes  ces  matières 
incifées ,  &  concajfées ,  puis  avec  la 
Theriaque  ,  infufir  le  tout  avec 
deux  livres  d’excellent  vinaigre, 
tS"  deux  livres  d’une  bonne  deco- 
üion  de  Scordeum  ,  &  difiiller  au 
fable  &  non  au  B.  M.  La  difiilla- 
tion  faite,  on  ajoutera  d  l’Eau  vingt 
tu  trente  gouttes  de  bon  Ejprit  de 
Souphre ,  &  de  cette  maniéré  l’in¬ 
tention  de  l’Autheur  fera  mieux 
accomplie. 


'Aqua  vit  (Z  ,  lih.  femifs.  feu  une. 
fcx. 

Aqua  Rofarum  ,  une.  quatuor. 
Sacchari  albi ,  une.  très. 

Cinnarnomi  interioris  &  fele£li,unc 
unam. 

Infundantur  fimul  in  vafe  vitreo 
firtHiori ,  bene  operculato ,  fiatio 
24.  horarum. 

Deinde  bü  aut  ter  colentur  per  ma- 
nicam  »  Hippocratü  diSiam  ,  & 
ferva  ufui. 

Cor  &  partes  principes  reficere  & 
recreare  ;  calorem  nativum  fove- 
re,  &  fiatus  dijeutere  potens  efi. 
Dofis  uncia  una  ,  mane  tantum 
jejuno  ventricule. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

Eux  qui  dijfoudront  quatre 
grains  d’ Ambre  gris  ,  dans 
l’Eau  de  vie  ,  aprez.  y  avoir  inft- 
fé  la  Canelle  ,  avant  d’y  mettre  le 
fuccre  ,  y  allumeront  le  feu,  fans 
remuer  la  matière  ,  &  le  laijfe- 
ront  éteindre  de  foy-même  ,  ils  au¬ 
ront  une  Eau  clairette  d’un  goût 
excellent ,  &  d'un  merveilleux  ef¬ 
fet  5  à  celle  -ry  ,  il  ne  faut  point 
mettre  d’Sau  refe.  Si  l’Ambre  fe 
diffout  radicalement  ,  il  n’y  faut 
point  mettre  le  feu  ,  mais  bien 
la  dofe  cy  -  defins  de  bonne  Eau 
rofe. 


bh 


Cia 


qÀ PP  en  dix 


15,4 


Clareta  compofica. 

Radicù  Pœoni*  Luna  decrtfcen- 
te  colUB;& ,  & 

Vifci  G^i^ercini,  a«a  une.  duM. 
Lignorum  Lentifci  ,  vel  Terebin- 
thi ,  & 

Lauri  ana  mc.femij^. 

Flqrum  Betoniex, , 

Rorifmarini ,  & 

Salvia ,  ma  Pugillos  duos. 
Macerentur  fimul  ,  ut  dixi  fu- 
pra  ,  in 

Vint  albi  optimi,  lib.una  &  femi^. 
Acjua  Melijfa ,  lib.'femij^. 

Saçchari  albi ,  une.  quinque. 
Cinnamomi  interioris,  une.  dimid. 
Difiillenttir  omnia  fimul  in  duplici 
vafe ,  &  fervetur  ufiii. 

PARAP  HRASE. 

CEs  Eaux  furnommées  Clarettesj 
font  de  l’invention  des  Moder¬ 
nes  ,  &  fort  ufitées  par  les  Dames  de 
la  Cour,  &fouvent  mal  à  propos,  à 
leur  préjudice.  Pour  ce  je  leur  con- 
ièille  de  prendre  avis  de  leur  Méde¬ 
cin,  auparavant  que  d’en  ufer.  L’une 
&  l’autre  font  faciles  à  mélanger,  pour 
peu  qu’un  Apothicaire  foit  verfé  en 
fon  Arc.  La  compofée  cft  fouverainc 
à  i’epilepfie  ,  &  aux  autres  maladies 
froides,  tant  du  cerveau  que  des  nerfs, 
étant  prife  à  jeun,  le  poids  d’une  on¬ 
ce,  ou  la  quantité  de  deux  ou  trois 
cucillcrées.  De  même  façon  on  en 
peut  compolèr  d’autres,  pour  d’autres 
maladies,  s’accommodans  aux  mala¬ 
des  &  faifons. 


R  E  M  A  R  C^V  E. 

Eue  Eau  différé  de  la  fimfft 
tant  en  fa  compofittim  qu'en  [et 
effets  :  une  difficfilté  s’y  prefente, 
qui  eft  confiderable  ,fiavoir  à  quel¬ 
le  intention  fon  inventeur  y  amis  le 
Succre ,  fi  c'efi  qu'il  fe  foit  imaginé 
de  le  faire  paffer  en  fubfiancejiffut 
dans  l'eau  par  le  bee  de  l'Alembic, 
eu  bien  ce  qu'on  appelle  accident, 
qui  efi  fa  faveur  douce  ;  c'eft  en  quoy 
il  s'efi  grandement  trompé  aprem 
beaucoup  d'autres  ,  par  ce  que  ny 
l’un  ny  l’autre  ne  montent  point  en 
la  diftillation  ,  comme  nous  dirons 
plus  amplement  ey-aprez  au  Traitté 
des  Eaux  diftillées  de  Cathelan  par¬ 
lant  de  l’Eau  d’abfinthe,  &  en  l'Sau 
celefte  de  leande  Vigo.  l'ay  peine  d 
croire  que  fi  l’Autheur  de  la  Para- 
phrafe  avoit  exercé  la  Pharmacie, 
comme  fay  fouvent  euy  dire ,  qu'il 
auroit  pris  garde  d  cette  erreur  & 
en  auroit  dit  fon  fentiment ,  puis  que 
l’ expérience  fait  voir,  d  l'œil  des 
moins  oculez,  quen  cuifant  feiTj 
ces  de  fuccre  en  Tablettes  de  fuccre 
rofat ,  qu'il  augmente  de  poids  d  en¬ 
viron  deux  onces ,  comme  a  été  cy- 
devant  dit  en  la  SeBion  6.  de  là  U 
faut  conclurre  que  le  fuccre  ne  mon¬ 
te  point  en  la  diftillation ,  la  même 
chofè  fe  voit'  en  la  Confie  B  ion  ^  des 
Syrops  ;  c'efi  paurquoy  l’Eau  étant 
diftillée  on  y  peut  ajouter  le  fuccre^ 
ou  bien  fi  on  appréhende  que  lefuc- 
cre  faffe  gafter  l'eau,  on  le  luy  pour¬ 
ra  mêler  quand  on  s'en  voudra 
fervitc. 


tcAd  Pharmacopœam. 


^9S 


Aqua  contra  Calculum ,  D. 
Renodæi. 

yi.Radicum  Sryngij, 

Omnidü,feH  Refl&  Bonis, 
Rhaphani  S/lveftrü ,  & 
yipij ,  ana  une.  duos, 
^iliquarnm  Fabarum  recentium , 
me.  tret. 

Herbarum  Saxijragia , 

‘Pimpine/U 
Betoniea  , 

CriftA  marin  A ,  quA  Gallis  Ba¬ 
cilles  dicitur. 

Sijymbrij  aquatici  ,  GaHice 
Greffon , 

Ameos  -vel  feminü  ejufdem,  & 
Summitaturn  AlthaA  ,  ana  manip. 
duos. 

Mda  Citria  in  orbiculos  feSla ,  nu¬ 
méro  tria. 

Baccarum  Halicacabi ,  vulgo  Al- 
kfkengi , 

Ckerum  rubrarunt ,  & 

Seminü  Lithosperrni  ,  id  efi ,  Afilq 
folü ,  ana  me.  duos. 

Macerentur  per  diem  integrarn  in 
vino  albo  tenui.  Deinde  diflïl- 
lentur  in  Alembico  vitreo ,  & 
stqua  fervetur  ufui.  Dojts  efto 
mciA  duA  pim  minufve  pro  in- 
dicatiene  varia  ,  &  laborantis 
palato  ;  utendi  tempore  ,  fi  in 
fingulas  dofes  addideris  Olei  Vi- 
trieli  guttam  unam ,  aut  alteram 
"^ires  habebit  eff.cacieres. 


PARAPHRASE. 

I’Ay  emprunté  cette  defeription  de 
l'Antidotaire  de  Maiftrelean  Re- 
noud  Médecin  de  Paris  ,  deferip¬ 
tion  huitième  ,  de  PAppendice  du 
fixiéme  livre  page  j  1 7 .  pour  l’avoir 
jugée  digne  de  cette  Paraphralè  > 
&  propre  à  ce  que  fon  infeription 
promet.  Cette  Eau  a  pris  ton  nom 
de  fôn  effet  ,  pour  être  compoféc 
de  Médicaments  à  ce  convenables. 
Le  mélange  eft  facile  ,  &  s’entend 
comme  de  ceux  que  nous  avons  dit 
cy-dcllus  J  fins  qu’il  foit  icy  befoin 
d’ufer  de  repticion. 

■  R  E  M  A  R  QV  E. 

Auderon  dit  avoir  emprunté 
la  defeription  de  cette  Eau  de 
Renaud  ,  &  néanmoins  par  l'exa¬ 
men  que  j'en  ay  fait  ,  je  ne  Vay 
pas  trouvée  conforme  avec  aucun 
des  exemplaires  de  ce  dernier; 
dans  celle-cy ,  il  y  a  de  plus  la  Be- 
toine ,  &  le  Sijymbrium  aquaticum, 
de  laquelle  addition  Bauderon  ne 
fait  nulle  mention  ,  dequoy  je  m'é¬ 
tonne  ;  car  c'efi  fon  ordinaire.  Il 
demande  de  même  Herbarum  Sa- 
xifragia  ,  fans  s'expliquer  autre-^ 
ment  ,  c'efi  un  mot  a  deux  figni- 
fications ,  par  la  première  ,  on  peut 
entendre  que  Bauderon  s'efi  voulu 
fervir  de  ce  mot  ,  pour  fe  mieux 
exprimer  ,  &  dire  de  prendre  de 
chacune  de  ces  plantes  qui  fuivent, 
qui  font  au  nombre  de  fix  ,  la  par¬ 
tie  herbue  &  non  les  autres  ,  ou 
bien  que  par  ce  mot  Herbarum 
Saxifragia  ,  U  a  voulu  entendre 
b  b  a  qu’on 


ic^6  oAppendix 


qu’on  prit  toutes  les  e^eces  de  Sa¬ 
xifrage  ;  Renaud  s’efi  fort  bien 
expliqué  fur  ce  mot  en  difant, 
Saxifagarum  omnium  ,  par  cet¬ 
te  façon  de  parler  il  entend  de 
prendre  toutes  les  eéfeces  de  Saxi¬ 
frage  ,  comme  aujfi  Bauderon  ,  mais 
non  pas  fi  precifement  :  Il  ne  re¬ 
fie  maintenant  que  de  fiaveir  quel¬ 
les  font  les  ejpeces ,  &  combien  il 
y.  en  a:  Diofcoride  ,  &  Matthio- 
le  de  l’an  156^.  en  font  quatre 
elfeces,  l'édition  de  l’an  i  $60.  qui 
eft  la  derniere  revifion  de  Jlfat- 
thiole  il  en  a  fait  cinq  elf  eces ,  & 
Dalechamp  en  fon  hiBoire  des  plan¬ 
tes  en  fait  dix  elpeces ,  fçavoir  le¬ 
quel  des  deux  il  faut  fuivre  j  par 
mon  fentiment  cfux  qui  eompo fe¬ 
ront  cette  eau  ,  y  mettront  tou¬ 
tes  les  ejpecÈs  qu’ils  pourront  re¬ 
couvrer  ,  particulièrement  celles  qui 
y  peuvent  plus  contribuer  de  ver¬ 
tu  ;  car  ce  ne  ferait  jamais  fait, 
fi  an  les  y  voulait  mettre  tou¬ 
tes.  Ces  difrcultés  refolues  ,  il  ne. 
relie  main  te  fiant  que-  de  mettre 
la.  main  a  .f  œuvre  pour  en  dé¬ 
crire  Le  modm  faciendi.  Premiè¬ 
rement  il  faut  prendre  les  plan¬ 
tes  &  les  parties  d’kelles  lors 
quelles  fon  en  leur  enbonpoint , 
les  incifir  ,  &  concafrer  ,  les  ci- 
'trons  coupés  à  tranches  (  quoy- 
qu’ils  frient  aujfi  inutiles  en  cet¬ 
te  compofitien  que  quelques  au¬ 
tres  fimples  qui  y  entrent  )  les 
frernences  concafsées  ,  le  tout  fera, 
mis.  dans  une  Cucurbite  de  ter¬ 
re  vernie ,  ou  de  ,  verre  -,  (^-  par 
dejfus  on  ver  fera  de  bon  vin  blanc 
quantité-  f  jfrfante  pour  les  cou¬ 
vrir  '&  furmonur  tant  feulement 


de  trois  petits  travers  de  doigts-^, 
après  y  adapterés  fon  chapiteau] 
&  les  collerés  avec  de  la  colle  de 
farine  ,  &  laifferés  le  tout  en  di- 
geftion ,  l’eiface  de  deux  fois  vingt- 
quatre  heures  ,  puis  fur  un  four¬ 
neau  a  fable  le  diflillerés  ,  obfer- 
vant  les  degrés  de  fiu,&  quand 
aurés  tiré  environ  de  cinq  à  fix 
onces  d’eau  ,  faut  changer  de  ré¬ 
cipient  ,  &  continuerés  la  diftil- 
lation  iufques  à  ce  que  ver  rés  le 
marc  s’abaijfer  ,  &  qu’il  ny  re¬ 
fie  d’humidité  que  pour  conferver 
le  vaiffeau  ,  &  empêcher  que  la 
matière  ne  s’attache  au  fonds  ;  alors 
il  faut  cejfer  l’operation  ,  apres 
ferés  ficher  le  marc  pour  le  brû¬ 
ler  &  réduire  en  cendres  qui  fient 
blanches ,  &  en  tirerés  le  fil  qua- 
joûterés  à  fin  eau  ■;  puis  la  fer- 
rerés  pour  le  befin.  Bauderon  a 
fort  bien  fait  d’ajouter  l'huile  de 
vitriol  a  cette  eau  au  moment  qu’on 
s’en  veut  firvir  ,  &  'fefiime  qu'on 
doit  préférer  l’effrit  bien  defegmé 
a  l’huile. 

l’ajoute  icy  le  fil  du  marc  de 
la  diftillation  ,  non  pas  comme  je 
croy  qu’il  participe  de  la  vertu 
des  ingreâtens  ,  mais  parce  que  le 
propre  de  la  faveur  falée  eft  d’ou¬ 
vrir  tes  opilations  ,  de  purger  en 
raclant  &  de  deterger  j  qui  font  tous 
des  effets  qui  conviennent  a  ceux 
de  cette  eau  ,  &  ainfi  q.uey  quen 
petite  quantité  fin  operation  s  en: 
trouvera  fortifiée. 


VinutB: 


Aâ  Pharmacopa 


Vinnm  Nephricicum ,  D. 
Bauderoni. 

Radicum  Rhaphani  JÿlveJirù, 
Eryngii , 

Brufci, 

Perfonatd 
Fetrofelini ,  & 

Ononidü  ,fing.  lib.  unam^ 
Raccarum  hmiferi , 

Halisacabi  , 

Rufci ,  & 

Lauri , 

Seminü  Milii  Solù  ,  fmguL  Ub. 
femiji. 

Feliorum  Betomcs., 

PimpinelU  ,& 

Parietaridi ,  fing..  manip.  qua- 


157 

futtdantttr  in  mufta  y  fia  non  mi¬ 
nus  efiicax  erit ,  &  diutihs  fer- 
“vabitur. 

REMARQVE. 

POar  la  campefitian  du  vin  iVe- 
phritic  y  il  faut  prendre  du  vin 
blanc  qui  fait  bien  dépuré  ,  plutôt 
verd  que  doux  ,  dans  lequel  on 
infufera  les  matières  en  la  forme 
fitfdite.  Les  Semences  f  aides  entiè¬ 
res  feront  bien  concafsées ,  les  ayant 
prealableme}it  lavées , comme  a  été 
cy-devant  dit  en  la  decoélion  de 
JlLedecine. 


Vinum  Hydragogum ,  D.Baa- 
deroni. 


Semin.  quatuor,  frigid.  majorumyfing.. 
une.  duos. 

Radices  mandata  d  matrice,  &  con- 
tufa  y  vel  incifa ,  cum  baccis ,  fie- 
minibus  &  herbü  in  dolio  mufliy 
feu  vini  eptimi  tempore  vinde- 
miarurn  ,  lib.  50.  femipleno  ,  & 
hene  obturato  ,  ne  quid  Jpirety 
macerentur  jpatio  triumyaut  qua¬ 
tuor  menfium.  Deinde  colentur, 
&  vinum  in  vafis  vitreu  dili- 
,  genter  ohéiruüü ,  ne  vis  vini  va- 
nefeat  j  fervetur  ufui.Dofis  eritab 
uncia  un  a  ad  très ,  mane  per  tri- 
duum  ante  novilunium ,  purga- 
to  priiis  corpore  ,  horis  très  an¬ 
te  primum  paflum.  Ne  vinum 
acefeat  in  dolio  ab  humiditate 
txcrementitiay  Radices,  herba, 
fruélus  y  fi  fint  recenses  per  bi- 
duum  aut  triduum  in  Sole ,  aut 
kypocauSlo  ficcentur ,  deinde  in. 


jfi.  lalap  y 
BLechoacam , 

Iridis  noïlratis  ,  per  taleolas  di- 

vif  A  y 

'  Eful A-  in  aiceto  infufa  &  ficcat  Ay 
fing.  lib.  unam , 

Radie.  ChamAleonis  albi, 

Semin.  Ebuli  y  & 

Petrofelini  y  fing.  lib.femifi.. 
Eoliorum  Eupatorii 
SoldanelU  ,  & 

Laureola  yfing.manip.fex. 
Çinnamomi  feleSti ,  une.  duos.  ^ 
Nard* indicA.  minutim  incifa ,  me.- 
unam. 

JlLufii  vini  albi  optimi  lib.p,o.  Sin- 
gula  incifa  aut  conmfa  maceren¬ 
tur  in  dolio  non  plena  ,  hene  ob¬ 
turato  y  ne  vis  vanefeat ,  fiatium 
trium  aut  quatuor  menfium  :  de¬ 
inde  colenmr  ,  vinum  reponatur- 
ufui  in  vafis:  vitrais  ,  cera  ahftru- 
b  b  Sisyy 


\Jppendix 


i^S 

£lû  y  ne  quid  jpiret.  Dojts  erit 
ah  mcia  una  ad  duat,  bü  in  heb- 
domade  ,  horü  tribus  ante  pa- 
ftnm  furgato  prius  corpore.  Non 
convenit  afluante  ceelo  ,  neque 
biliojîs  naturis ,  neque  puerü  ,  ne- 
que  gravidü  ,  neque  fenibus, 
neque  febricit antibus  ,  aut  acu- 
to  morbo  detentü  :fed  tantum  re- 
buflis ,  &  diuturno  morbo  deten- 
tis ,  &in  Hjeme ,  &  ceelo  jrigido, 
aut  temperato.Ternpore  vindemia- 
rum  praparandum. 

R  E  M  A  R  Q^V  E. 

N  ce  vin  de  même  qu'au  pre¬ 
cedent  ,  faut  prendre  le  vin 
blanc  qui  [oit  bien  purifie  ,  &  un 
peu  verd  ,  afin  qu’il  attire  mieux 
la  vertu  des  fimples ,  &  qu'il  pafi- 
fe  plus  promptement  en  fon  opera¬ 
tion. 


Lac  Virginale,  D.  B.Bauderoni- 

Litargyri  Auri  fubtilijf.triti, 
une.  duoi. 

Aceti  vini  albi  acerrimi  ,  vel  di- 
ftillati  quod  potentius  ,  lib.  fe- 
miJS. 

Agitentur  diu  fimul  in  phiala  :  dein 
per  filtrum ,  fieu  pannum  denfium 
difiillentur  &  fieruentur  ufiui  in 
diêla  phiala,  cera  diligenter  ob- 
duSla. 

Caphura ,  drach.fiemifiS. 

Aluminis  Rupei ,  & 

Cerufia  >  ana  drach.  duos. 

Salis  Ammoniaci ,  drach.  fiex,  aut  fi 
minus  r e quiris ,  unc.fimifi. 

Aqua  florum  Fabarum  ,  aut  vitis 


vinifiera  ,  qua  pojl  ejus  ampu- 
tationem  defiuit  menfie  Martin, 
vel  in  harum  penuria, 

Aqua  Rofiarum  ,  lib.fiemifi. 
Pulveres  mixti  diu  agitentur  in 
altéra  phiala  ,  dein  fiubfideant: 
tum  guttatim  difiillentur  ut 
prior  ,  &  aqua  fimiliter  repo- 
natur. 

Si  uiendi  tempore  ,  ha  du  a  aqua 
menfiura  aquali  mificeantur  ,  la- 
£tis  colorem  pra  fie  fièrent  ;  unàe 
illis  inditum  efi  nom  en. 

Plurimum  valent 
Ruhori  fiaciei ,  herpetibus  &  cutis 
aiferitatem  detergent. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

LEs  dofies  des  ingrediens  qui 
compo fient  le  Lait  virginal  ne 
font  pas  bien  réglées  ,  par  exem¬ 
ple  celles  du  Camphre  &  de  l’A- 
lum  ,  doivent  être  réduites  à  la 
moitié ,  &  celle  du  fiel  Ammoniac 
a  quatre  ficrupules  ,  ou  pour  le  plus 
a  vne  drachme  &  demie.  Pour  le 
modus  fiaciendi  ,  U  faut  prendre 
la  Litharge  fiubtilement  cicotrinée, 
la  mettre  dans  un  vaifieau  com¬ 
mode  ,  &  verfier  pardefius^  de  bon 
elfrit  de  vinaigre  fieparé  de  fion 
phlegme  &  les  faire  digérer  fur  une 
chaleur  lente  en  remuant  fiouvent 
la  matière  jufiqu'à  ce  que  le  vi¬ 
naigre  fieit  doux ,  apres  le  filtrer. 
Le  Camphre  fiera  dijjout  avec  fin 
peu  d'eéfrit  de  vinaigre  ou  de  vin. 
Et  pour  le  fiurplus  faut  fiuivre  l  Au- 
theur. 


Aqua 


Aà  Pharmacopœam, 

- - - P  SE. 

Aqua  Vulneraria,  D.  Biicii 

Bauderoni.  T'-^y  cy-devant  un  Baume 

Xcôniposé  par  le  même  Autheur, 


yL.  Radicum  S/mphj/ti  maprü,  une, 
quatuor. 

Ryrohz,  à  Pyri  folio  di£ta, 
AriiVel  Serpentaria  ma'jorü , 
Cyclaminü, 

Angelica  JyheBrü 
•  AriBolochia  rotunda  ,  ana  une. 
duoi. 

Htritarum  Symphyti  médit ,  vulgo 
Subie. 

Symphyti  parvi ,  vulgo  Pru- 
nelU  > 

Diapenjîa  ,  vulgo  Sanicula 

Alchimill'd. ,  vulgo  Pedü  Leo- 

Scrophularia  ma'pris  Mm- 
thioli , 

Virga.  Aures. , 

Roberti ,  (  qua  efi  quarta  Ge- 
ranii  Jpecies  Matthioli)>& 

Sambuci ,  ana  manip.  unum. 

^ABacorum ,  aut  Cancrorum  fiuvia- 
tilium,  Lunaplena  eaptorum ,  & 
in  Clihano  pofl  detraBum  pa- 
nem  ajfarum  ,  numéro  oSto,  aut 
decern. 

Mumia  (  Sanguinem  eoneretum  dif- 
foluit  )  unc.femiji. 

Contujis  omnibut  reeentibm  ,  eum 
Mumia  pulverata.  Infundantur 
omnia  Jîmul  in  aquis  partibm 
aqua  ô‘  vini  albi  ,  librü  qua¬ 
tuor  in  fiEiili  vitrato ,  aut  vitreo 
ttafe  firiSli  orù  ,  operculato  ,  fu- 
per  cineres  calidos  korü  Xà,.-  tum 
in  eodem  vafe  parum  bulliant,  & 
exprîmântur  ufui. 


M.  Brice  Bauderon  mon  pere ,  pro¬ 
pre  pour  toute  hémorrhagie  pro¬ 
venante  de  caufê  externe ,  pour  les 
playes  recentes ,  &  ulcérés  ftns  fra- 
âure  d  os.  Il  décrit  maintenant  une 
Decodtion,  ou  Eau  pour  les  folu- 
tions  de  continuité  ,  tant  internes 
qu'externes,  où  il  y  a  fraéture  d’os, 
loir  par  arquebufades  ,  ou  autre  in- 
ftrument  de  guerre  De  laquelle  le 
patient  boira  tous  les  matins ,  envi¬ 
ron  quatre  onces ,  s'il  n’y  a  point 
de  fievre  5  &  autant  fur  les  deux 
heures  aprez  midy.  De  la  même  dc- 
codion  le  Chirurgien  en  pourra  la¬ 
ver  la  playe ,  ou  vlcere  :  que  s’il 
eft  intérieur  &  profond  ,  il  en  fera 
injedion  avec  la  fyringue,  toutes  & 
quantesfois  qu’il  penlèra  Ion  mala¬ 
de.  Que  h  le  malade  eft  quelque 
grand  ieigneur  ,  ou  G  deheat  qu’il 
ne  puilïc  ou  vueille  ufer  de  telle  de- 
codion  qu’on  en  diflille  au  B.  M.^ 
avec  unAlembic  de  verre,  une  par¬ 
tie  pour  luy  en  donner  à  boire  le 
matin,  &  environ  les  deux  heures 
aprez  midy ,  telle  quantité  que  deC- 
fus  i  en  continuant  long-rems.  Il 
n’eft  pas  défendu  d’y  mettre  du  fic- 
cre  ,  plus  ou  moins  félon  fbn  goût, 
&  d’y  laifler  tremper  iin  peu  de  ca- 
nelle  entière  fans  la  concaflèr  ,  G  fbn 
eftomach  eft  crud ,  &  froid  ;  &  de 
l'autre  partie  de  la  decodion  le 
Chirurgien  s’en  fervira ,  ainû  que 
dit  eft, 

Cette  Eau  ou  Decodion  diiîbut 
le  fang  caillé ,  s’il  y  en  a ,  Êit  for- 


\^ppendix 


100 

tir  les  efquilles  des  os  rompus  ,  & 
confolide  les  vlceres  ,  tant  par  fes 
qualitez  manifeftes  ,  que  d  ufte  pro¬ 
priété  occulte  j'Sc  fimilitLidt  de  fub- 
ftance.  Si  le  malade  étoit  cacochi- 
me ,  &  avoir  la  fièvre  >  il  faiidreit 
appeller  quelque  Médecin  expert, 
pour  luy  ordonner  les  rcmedes  ne- 
celîâires  ,  &  neftimer  que  cet¬ 
te  eau  foit  fiiffifànte  ,  la  fievre  y 
étant  pour  le  guérir.  Le  mélange 
eft  facile  ,  &  le  peut  entendre  de 
ce  que  ddïiis. 

L’Autheur  de  cette  Paraphrale 
drelTa  la  prclènte  compofition  &  la 
reduifit  en  expérience  avec  heureux 
fuccez  ,  au  rétablillement  de  plu- 
ficurs  blelTez  ,  fe  retirans  des  guer¬ 
res  5  pour  leur  indifpofition  dans  les 
Hôpitaux,  principalement  en  celuy 
de  la  ville  de  Mâcon  ,  duquel  mon 
dit  pere  avoir  la  charge  pour  lors, 
comme  il  a  encor  dcprelènt  pendant 
le  régné  d’Henry,  le  Grand  ,  d’heu- 
reulè  mémoire,  quatrième  du  nom. 
Ce  qui  me  l’a  fait  icy  inférer,  com¬ 
me  tres-Litile  à  l’accomplillèrfient  de 
cet  œuvre  j  &  guerifon  des  pauvres 
blellêz. 

R  E  M  A  R  QJ  E. 

A  <]uaf2titê  de  4.  li'vres  d'eau 
&  de  vin ,  que  Bauderon  pref- 
crit  pour  macerer  vingt-quafre  on¬ 
ces  &  demy  d’ingrediens  que  fon 
eau  vulnéraire  co?itient  i  ou  davan¬ 
tage  ,  ne  fçauroient  fuffire  ;  parce 
qtte  l'infujion  de  vingt-quatre  heu¬ 
res  en  lieu  chaud  ,  &  après  une 
legere  coStion ,  qu'il  veut  qu'on  en 
faffe  ,  abforheroit  la  plus  grande 
partie  de  l'humidité  j  é"  qui  la  cou- 


leroit  après,  au  lieu  d’ne  decoélioH 
claire,  n  aurait  qu'une  liqueur  hour- 
beufe,  de  laquelle  on  ne  s'en  pourrait 
fervir  que  pour  laver  les  pUyes, 
&  non  pour  Jyringuer  ,  &  encore 
moins  pour  en  boire  comme  veut 
l'Autheur  d'icelle.  Pour  remedier 
a  cela ,  il  faut  recourir  a  nos  ré¬ 
glés  ,  &  prendre  la  dofe  la  plus 
médiocre  des  liqueurs  :  é"  quant 
a  ce  qu'il  dit ,  que  pour  les  déli¬ 
cats  on ,  la  pourra  difiillér  j  fi  on 
la  diBille  ,  fes  effets  fe  réduiront 
a  fort  peu  de  chofe  ;  il  vaut  mieux 
en  ce  recontre  la  clarifier  ,  &  y 
ajouter  fur  une  livre  une  once  & 
derny  de  fuccre. 


Aqua  ad  fuffufionem,  D  Bau- 
deroni. 

“yé.  Herbarum  Chelidonii  majorû, 
Fœniculi , 

Kerbena ,  & 

Euphrafia,  ana  tnanip.  unum, 
Rma  ,  manip.  femiff. 

Omnia  recentia  minutim  incifa 
aéfergantur'-vino  malvatico  ,vel 
Apiano  ,  aui  alio  optimo  ,  '& 
cum 

Seminum  Ruts,  , 

Sileris  montani ,  & 

Sifeleos  Majfilienfis ,ana  drach. 
tribus. 

Flormn  Rorifmarini ,  PugH 

Fellü  Perdicum  ,  aut  alterius  ani- 
malis  ejufdem  naturs,unc.mami 
&  ferniff. 

DiBillentur  in  Alemhico  vitreo  ut 
diiium  fspè  ,  &  aqua  fervetur 
ufui. 

P  J 


Pharmiücopœam^ 


PARAPHRASE. 

G  E  t  Eau  a  pris  fon  nom  de 
fon  effet  ,  de  laquelle  on  fe 
peut  fêrvir  au  commencement  des 
catarades  pour  deterger  la  matiè¬ 
re  vifqueuiè ,  retenue  entre  la  mem¬ 
brane  adnate  ,  &  uvéc  ,  prez  de  la 
pupille  &  humair  cryftallin  ,  qui 
empêche  que  les  efprits  vifùels  ne 
piiiilènt  librement  palïèr  pour  di- 
ftingucr  les  objets  qui  fè  prefèntent. 
Que  fi  telle  matière  y  croupit  long- 
terasj  elle  s’endurcit  fi  fort,  qu’on 
eft  contraint  d’en  venir  à  l’operation 
manuelle.  Cette  eau.  ne' peut  for vir 
à  la  goutte  forene  ,  parce  que  cette 
maladie  confifte  au  nerf  optique ,  où 
fa  vertu  ne  peut  parvenir  pour  le 
déboucher, 

R  E  M  A  R  QV  E. 

T  A  quantité  du  vin  nefi  point  li~ 
limitée  en  cette  eau  ;  il  y  en  faut 
mettre  peur  le  moins  une  livre  de 
feiXj  onces  ,  &  diBiller  par  degré. 
L’eéfrit  qui  fortira  le  premier ,  par 
mon  fentiment  doit  être  feparéy  par.- 
ce  qu  il  efi  trop  ardent  pour  met~ 
tre  dans  les  yeux  ,  outre  quil  ne 
participe  point  de  la  vertu  des 
fimples. 


Hydromel  vinofum. 

3^.  Aqua  Fluviatilis,  vel  fontana, 
lib.  vinginti , 

Mellis  Gallia  Harbonenjis  ,  lib. 
unam. 

Coquantur  Jîmul ,  donec  Ovum  cru^ 


101 

dum  injeélum  innatet  :  tune  re- 
move  ab  igné  ,  &  macéra  fi- 
mul  in  Sole  ardente  ,  vel  Hy- 
pocauîlo  ,  Jpatio  uniiu  menjîst 

Baccarum  Oxyacantha  Arabum 
vulgo  Berberis  reçentmm  unciu 
ma  :  colatum  fervetur  ufui, 

PARAPHRASE. 

CEt  Hydromel  eft  foirnommé  Vi¬ 
neux  ,  à  caufo  de  fa  faveur  plai- 
fontc  ,  comme  du  vin.  Etant  bien 
fait  comme  il  eft  déclaré  cy-deffûs: 
il  fora  convenable  aux  maladies  froi¬ 
des ,  &  à  expurger  la  matière  froi¬ 
de  contenue  aux  poulmons ,  &  à  for¬ 
tifier  le  ventricule  ,  corriger  les  cru- 
ditez  d’iceluy  ,  aider  la  concodion, 
exciter  l’appetit,  diffiper  les  vents, 
appaifor  la  colique  pituiteufo,  &  pro¬ 
voquer  les  vrines.  Ceux  qui  pren¬ 
dront  d’eau  de  riviere  ,  pour  la 
compofition  de  cet  Hydromel,  la 
doivent  laiftèr  raflèoir  quelques 
jours  auparavant  ,  &  feparer  la  re- 
fidence.  Sans  cela  elle  ne  foroic 
bonne, 

REMARQJE. 

POur  bien  reüjftr  en  céfHydro.- 
mel ,  il  faut  /que  l’eau  foit  bien- 
pure  ,  &  le  miel  du-  meilleur ,  & 
les  cuire  dans  un  grand  vaifeau 
de  terre  vernie  ;  durant  la  cui¬ 
te  il  faut  continuellement  écumes 
le  pot. 


QÂppendix 


Pruna  foluciva,  D.  B.  Bau- 
deroni. 

IJL,  Seminis  Anifi  ,unc. 
Polyfoâii-querni  contuji ,  & 

Senns,  mundatA  ,  ana  une.  très. 
Prmorum  dulcium ,  & 

Mann  A  Calabrina  ,  ana.  une.  oblo. 
Cary  o^hy  lier um  integrorum ,  Paria 
(juatuor. 

Coquantur  ex  arte ,  in  aqu&  libris 
duabta,  &  firventur  ufui. 

PARAPHRASE. 

MOn  pere  a  composé  ce  re- 
mede  pour  les  personnes  vieil¬ 
lis  ,  délicates ,  &  faciles  à  émou¬ 
voir  ,  parce  qu'il  purge  benigne- 
menc  ,  &  fans  violence  les  trois 
humeurs.  le  le  décrits  icy  com¬ 
me  remede  familier  &  domefti- 
que  »  que  chacun  mal  habitué  3  & 
valétudinaire  doit  avoir  chez  foy. 
La  commune  dolè  du  Syrop  fe¬ 
ra  trois  ou  quatre 'Cucillerées  ,  Sc 
fîx  ou  huit  pixmes  ,  le  matin  tant 
feulement  fans  garder  la  cham¬ 
bre. 

XE  MELANGE. 

IK  faut  premièrement  bouillir  mé¬ 
diocrement  dans  l'eau  le  Polypo- 
de  CO  icafsé  avec  l'Anis  :  puis  le 
Senne  bien  mondé  de  lès  bûches, 
&  ordures  :  auquel  il  fiihra  de 
donner  un  bouillon  avec  les  Gé- 
rod  ees-  entiers  ,  aprez  faut  couvrir 
le  tout  ,  &  laifïcr  tremper  quel¬ 
ques  heures  y  puis  l’exprimer.  La, 


colature  pour  toute  clarification ,  fe¬ 
ra  pafsée  deux  ou  trois  fois  for 
le  blanchet ,  &  cuitte  avec  les  Pru¬ 
neaux  de  D^mas  noirs  ,  &  doux: 
&  la  Manne  en  Syrop  cuit  qu’il  fe 
puiffe  garder  fans  fe  moifir.  Pont 
empêcher  que  le  Syrop  ne  fe  can¬ 
dide  ,  il  faut  prendre  quatre  on¬ 
ces  de  Manne,  &  quatre  onces  de 
Succre. 

remarç^ve. 

Ette  compojition  four  être  de 
B.  Bauderon  Autheur  de  la 
Paraphrafe ,  efi  beaucoup  irrégu¬ 
lier  e  en  la  defe  des  ingrédient 
de  l’eau  j  car  on  ne  J^auroit  cui¬ 
re  Ô"  attirer  la  vertu  de  trois  on¬ 
ces  de  Polypode ,  qui  efi  d’une  lon¬ 
gue  cobtion  ,  trois  onces  &  demy. 
de  Senne  avec  fon  correBif  dans 
deux  livres  d’eau  ,  &  fi  enco¬ 
re  par' recharge  ,  dans  la  colatu¬ 
re  ,  il  veut  faire  une  fécondé  de- 
coElien  de  huit  onces  de  Pruneaux. 
Pour  y  bien  procéder ,  il,  faut  pren¬ 
dre  pour  le  moins  quatre  livres 
d’eau  ,  &  y  faire  bouillir  le  Po¬ 
lypode  bien  concafsê  un  tems  rai¬ 
sonnable  pour  en  attirer  la  vertu, 
&  procéder  pour  le  furplm  fuivant 
l’ordre  preferit  ;  puis  dans  la  co¬ 
lature  cuire  les  Pruneaux  avec  au¬ 
tant  pefant  de  Succre  ,  &  fur  la 
fin  on  y  ajoutera  quatre  onces  de 
belle  Manne  en  larme ,  &  ainfi 
on  aura  une  compofition  ou  confi-. 
ture  beaucoup  plus  agréable ,  qu  en 
la  firme  cy-defiiu  ,  &  de  plus  lon-^ 
gue  durée. 

Pulvis 


A d  Pkarmacopœam.  l  o  3 


Pulvis  contra  Lumbricos ,  D* 
Baudcroni. 

Seminum  contra  vermes. 
Acetofa , 

Formlaca ,  & 

Caulium  , 

Cornu  Orui  uHi , 

CorallmA , 

Rafura  EborU ,  & 

Rhabarbari  eptimi  ,  ana-  une.  fi- 

miJS. 

Radicum  Filicii ,  & 

N  Dibiamni , 

Sminü  Citrii  mali  mundati ,  tè" 
Lupinorum  ,  ana.  drach.  duM. 

Fiat  pulvis  ufui  reponendtu. 

PARAPHRASE. 

Le  nom  de  cette  poudre  ^  (  pris 
de  fôn  effet  )  montre  alfez  fon 
ufage.  Ceux  qui  s’en  voudront  fer- 
vir  J  la  pourront  donner  aiix  en- 
fans  pleins  de  verSv»  le  poids  d’u¬ 
ne  drachme  ,  ou  qiiatre  fcrupules, 
feule  OH  avec  un  peu  de  vin  blanc, 
ou  mixtionnée,  avec  la  v  pulpe  de 
pommes  cuittcs,ou  raifiné  ,  ou  vin 
cuit  :  ou  pmir  les  plus  délicats  ,  en 
Eledtuaire  folidc  ,  fait  avec  fuccre 
dillôut  en  eau  de  Meliflè  ,  ou  en 
Opiate  avec  le  fyrop  d’Ahfînthe,  le 
matin  à  jeun ,  ou  le  ibir  fur  rheure 
du  repos ,  loing  du  fouper ,  au  dé¬ 
font  de  la  Lune. 

REMARQVE. 

N  la  préparation  de  cette. pou¬ 
dre  il  y  a  quelques  petites  ob- 


fervations  qui  ne  fe  doivent  pat 
négliger  ,  comme  de  préparer  le 
Sernen  contra  au  fuc  de  Limon,  ain- 
Jî  qu’il  a  été  dit  en  l’Opiate  Sa- 
lomonü  ;  mais  icy  je  ne  voudrois 
que  l’arroufer  Jîmplement  deux  ou 
trois  trois  fris,  &  le  faire  feicher 
chaque  fois  ,  comme  aujf  de  cueil¬ 
lir  la  racine  de  Fugiere  (  j’entends 
celle  qui  efi  la  plus  profonde  dans 
la  terre  )  quand  :  la  poujfiniere  fe 
couche ,  qui  efi  en  Autonne  ,  &  les 
feicher  au  Soleil ,  Matthiole  .li¬ 
vre  quatriétne  ,  chapitre  179.  Les 
Lupins  doivent  être  mondés  de 
leur  écorce.  La  corne,  de  Cerf  brû¬ 
lée  n’a  point  de  vertu  ,  comme  il 
a  été  amplement  remarqué  en  la 
Confeêlion  de  Hyacinthe  ,  il  faut 
mettre  en  fa  place  la  raz.Hre  d’i¬ 
celle  ,  ou  'bien  préparée  philofophi- 
quement. 


Glandes,  feu  Balani  folurivæ, 
D.  Baudcroni. 

Saponis  Genuenfis  ,lib.  très. 
Granorum  Colocynthidis ,  une.  treSé 
Pulveris  Hiers,  Fiers  Galeni 
Radicum  Veratri  alhi  ,  id  efi,  El- 
lebori  albi  ,  vel  ejus  loco  Tur- 
peti 

HermodaSlylorum ,  & 
Efulsprsparats  in  Aceto,ana 
-  •  une.  duos. 

Salis  Gemmei ,  une.  unam. 

Sueei  Mercurialis,  quantum  fujfcit. 
Fiat  pafia,ex  qua  concinnentur 
,  Balani  feu  Juppofitoria  .-ingtar 
Glandis  quercins  ,  qus  ficcata 
ferventur  ufui. 


cc  Z 


RE 


104 


jéppenâix 


R  E  M  A  R  QV  E. 

C'jEj  GIahs  ou  JhppoJîtolres  font 
fort  acres ,  &  le  feraient  da¬ 
vantage  ,  fi  la  femence  de  la  Calo- 
cynthe  était  purgative ,  comme  Bau- 
deron  a  voulu  croire  ;  mais  fans  of- 
fencer  fa  mémoire  ,  il  nefi  pas  le 
feul  a  s'être  mépris  ,  puifque  la  plus 
grand  partie  des  fiavans  en  la  Mé¬ 
decine  l'efiiment  purgative  ,  &  que 
parmy  ceux  de  notre  profejfien  ,  il 
y  en  a  beaucoup  d’avaricieux  fous 
cette  croyance  qui  la  mêlent  tous 
les  jours  dans  une  certaine  compo- 
fition  qu’ils  appellent  Opiate  d  Cly- 
fieres  avec  ce  qu'ils  ont  de  plus 
méchants  purgatifs  ,  comme  il  fe¬ 
ra  plus  amplement  déclaré  en  nô¬ 
tre  ^ppendix  au  Catholicon  pour 
les  Clyfieres.  Tous  ceux  qui  feront 
curieux  d'en  apprendre  la  vérité» 
pour  n'être  plus  trompée  d  l'ave¬ 
nir  ,  s’ils  examinent  cette  femen¬ 
ce  comme  le  Jujet  le  mérité ,  ils  ju¬ 
geront  quelle  pojfede  des  qualités 
&  vertus  bieh^ontraires  a  celles  de 
la  pulpe. 

Pour  le  mélange  que  Bauderon  d 
obmis ,  il  faut  couper  le  faven  par 
petites  pièces  >  &  le  mettre  dans  une 
bafiine  avec  fix  onces  de  fisc  de 
Mercuriale  peur  le  faire  fondre 
fur  un  petit  feu,  pendant  l'a  fufion 
il  faut  rem  'uer  ces  matières  afin  que 
le  fisc  fe  mêle  mieux  avec  le  fit- 
von  ,  la  bajfine  tirée  du  feu  df  d 
demy  rafioidie  on  y  mêlera  la  pou¬ 
dre  fubtile  des  ingrédient  tritura- 
hles ,  puis  on  en  formera  des  Suppo~ 
fitoires. 


Cauterium  êhoeupsKov.  D.  An> 


brofii  Paræi. 

Cineris  Pale  a  ,  cum  filiquU 
fabarum , 

Cineris  Gjuyrcut,  ana  lib.  très. 
Calcis  vive,  lib.  quatuor 
Cineris  Gravellati,  lib.unam. 
Aluminis  Rochst ,  une.  quatuor 
Macerentu\  in  fitula  aqua  biduo, 
ut  dicam  inox  ,  &  fiat  pafia  de 
qua  formentur  Globuli  Lenti¬ 
cule,  inSiar  aut  Pifi ,  ufui  in  Cau- 
teria  reponendi. 

paraphrase. 

I'Ay  emprunté  la  defeription  de 
ce  Çautere  ou  Ruptoire  poienciel 
du  livre  vingt- cinquième  delà Clù- 
riirgie  d'Ambroife  Paréo  chapitre  3  2. 
où  il  le  décrit  fous  le  nom  de  Cau- 
tere  de  velours  :  moy  je  lay  fur- 
nommé  du  mot  Grec  oXootpmov  >  qui 
fignifie  auflî  velours  ,  parce  qu'ils 
font  doux  comme  velours  en  leur 
operation  »  &  ne  font  aucune  dou¬ 
leur  étants  appliqués  :  joint  que 
l'Autheur  les  a  recouvrés  pour  du 
velours  :  il  en  raconte  l'hiftoire  fort 
plaifantc&fàcctieufo,  l’aille  voir  qui 
voudra  au  lieu  preallegué. 

TE  MELANGE. 

Premièrement  il  faut  mettre  les 
cendres  faites  de  la  paille  de  Febves 
avec  fos  goullcs  ,  &  celle  du  bois 
du  Chefne  Aans  un  foau  d’eau  de 
riviere  ,  mile  en  un  chauderon  de 
cuivre,  qite  l’on  reraiiers  enfemble: 


Fharmacopœam.  z  o  5 


puis  y  faut  éteindre  la  chaux  vive,  & 
le  tout  agiter  derechef  avec  un  bâton 
par  plufieurs  fois ,  &  les  laillèr  infu- 
fer  enfcmble  deux  jours  entiers  : 
aprez  il  les  faut  couler  deux  ou  trois 
fois  fur  un  linge  denfe ,  &  épais  juf- 
ques  à  tant  qu’elle  devienne  claire. 
L’eau  ainfi coulée  fera  cuitte  à  grand 
feu  de  charbon  ,  dans  une  baffine 
d’airain  >  ou  de  terre  plombée,  re¬ 
muant  toujours  avec  le  bâton  juiqu’à 
'  ce  que  l’humidité  aqueufe  fbit  quafi 
conlumée,  &  non  du  tout  :  de  la¬ 
quelle  on  formera  des  Cautères  delà 
groiîèur  d’un  pois  chiche  ,  ou  autre 
forme  que  l’on  voudra  :  &  iceux  fe¬ 
ront  gardez  au  befoin  dans  une 
phiole  de  verre  bien  bouchée ,  avec 
cire  &peau,  laquelle  fera  tenue  en 
lieu  foc  ,  autrement  l’air  y  entrant, 
ils  fe  reduiroient  en  eau ,  Sc  foroient 
inutiles. - 

REMARQVE. 

BAudersn,  &  autres,  ont  fait  des 
^grands  manquements  en  la  def- 
criftion  de  ces  Cautères  :  Le  fire~ 
mier  efi  quon  les  attribue  au  25. 
livre,  chap.il.  des  œuvres  de  Pa¬ 
ré  ,&  font  décrits  au  livre  1 6.  cha¬ 
pitre  32.  Le  fécond  efi  que  Saude- 


ren  a  omis  les  Cendres  Gravelées, 
&  l'Alun  ,  je  veux  dire  Bauderon, 
ou  les  Imprimeurs  ;  Le  treifiéme 
quil  veut  tirer  le  fel  de  unlj  livres 
quatre  onces  de  cendres,  eu  de  chaux 
vive  avec  un  feau  d’eau ,  ou  U  en 
faut  pour  le  moins  quatre  ou  cinq 
foü  plui  ;  parce  que  les  cendres  & 
particulièrement  la  chaux  boivent 
quantité  d’eau.  Ayant  pour  l’infu- 
Jton  procédé  ainfi  qu’il  efi  preferit, 
faut  couler  ladite  lexive ,  &  met¬ 
tre  les  cendres  fur  le  couloir  ,  non 
pas  comme  l’entend  Paré ,  pour  en 
attirer  le  feu  qui  efi  dans  icel¬ 
les  -,  mais  afin  que  la  lexive  pafie 
plus  lentement  pour  être  pim  clai¬ 
re  ,  obfervant-  le  Jùrplm  de  l’ope¬ 
ration  comme  efi  cy-dejfm  dit, 
excepté  fur  la  fin  ,  qu’il  faut 
que  le  feu  fait  petit.  Bauderon 
de  Londres  ne  met  que  trois  li¬ 
vres  de  Chaux  ,  au  lieu  de  qua¬ 
tre.  l’ay  corrigé  le  tout  &  refii- 
tué  d  la  deferiptivn  de  Paré  ,  ce 
qui  lifp  avoit  été  rauy  par  omif- 
Jfîon  :  &  au  tieu  de  quatre  on¬ 
ces  d’Alun  de  Roche  ,  il  y  en 
faut  mettre  une  once  &  demy 
de  brujlé  ,  réduit  en  poudre  fub- 
tile  ,  fur  la  fin  de  la  defficatiem 
des  fels. 


cc  3 


Nün; 


^ppendix 


zo6 


Nuncupationura  qnarundam  abfolutè  fcriptarum 
cxplanatio. 


r  Jpû. 

I  y 


! 

Gluinque  Radices  ape- J 
rientes. 


\  J’  ipar Agi, 

f  Majores. FaesncuU  , 


j  Tetrofelim  , 

L  Rufci , 
r  Graminis 

I  I  RubtA  major is  , 

^  Minores.^  Ononidü  , 

1  Capparis , 
l.  Eryngij 
y  Malua. 

\  Althaa ,  id  efi  ,  Bifmalua. 

^  Viola  nigra , 

KAcamm,  id  efi,  BrancaJfiFfina. 
V  MercurialU  , 

\  Sida  feu  Beta , 
f  Parietaria , 

\iAtriplex. 
f  Polytrichum. 

I  Capillm  Veneris , 

^  Adianthum  vulgare. 

I  Salvia  visa. 

•  L  Aiflenium ,  feu  Ceterach. 

■y  Viûlarum,  vel  Rofarum. 

^  Frigidi.  <  Buglojfi, 

rr.FUr,.ar^UlA 

\Calidi.  <  Melileti , 

Anethl ,  alias  LUiorum. 


Herba  4>  Emollientes. 


Alias. 


Herha  $ .  Capiüares. 


§l^inque  Fragmenta  pretiofa. 


C  Saphyri 
1  Granati, 
Smaragdi , 

]  Flyacinthi ,  & 
\.Sardini, 


oAd  Pharmacopœam, 

f  M-donum. 


10  J 


f  FrigidaS 


'^atuor  Semina.  ^ 


^  '  J  Cucumeriiy 

KCitruU 
f  Laduca 
\  Portulaca. , 

Intybi,  id  efi,  Endivi»  , 
\Cichgrij 
^  Aniji 

I  ,  ,  y  •  \  FçenicHli , 

I  r  Mapra.^  ^ymini , 

Calida.  \  '^Carui  , 

î  Ameos  , 


Çl^Atuor  AquA  Cardiales^ , 


§lMtmr  AquA  PleurkicA. 


Fna  Olea  Stomachica. 


^  Minora.^ 

<  Danei , 

^  Endivia 
\  Cichorij 

")  BugloJJiyvel  Borraginis. 
\Scabiofa, 
r  Cardui  B.  JlFariA , 

\  Taraxaconis , 

Cardui  benediSti, 

K^cabiofa , 

^  Abfinthij 
J  Cydomorum. 

Mafiichinum 
^  Althaa , 

rcalid». 

)Agnppa, 

n.  ,  Tr  ,  }  \Martiatum, 

B^atuor  Fnguma.  <  ç Album, 

Uni«V4.i 

*  )  Citrinum  , 

K^Populeum, 

r  Bafilicmn,  digerit,matHrat. 

it^tmr  Fnguenta  Chirurgis  ad  ma-\  Firide ^poflolor.mundificat^ 
num,  Aureum  ,  incarnat. 

\ Album,  cicatrisât. 


PRE 


2*08  ^Âppendix 


PREPARATIONS 


de  plufîeurs  Médica¬ 
ments  fîmples. 

De  ia  Scammonée. 


ou  quatre  doigts.  Et  puis  on  le  tien¬ 
dra  au  B.M.  jufqua  ce  que  le  fuc 
acquière  couleur  de  laid.  Et  on  y 
ajoutera  d  autre  fue  tant  de  fois  qu’il 
ne  tire  plus  cette  couleur  de  Laift. 
Ayant  laifîe  raiîèoir  cette  liqueur ,  on 
mettra  la  refidence  dans  quelque  pot 
de  terre  vernilîc  ,  qu’on  tiendra  au 
Soleil  5  ou  dans  une  étuve. 

Préparation  des  Poulmens  de 
Renard. 


Première  préparation. 

Lu  ScS-  R  E  N  E  Z  de  la  Scam- 

monée  ^  @  monée  choifie  &  pulve- 

^s'apZüe  s 

vUgrt-  Coings  huit  onces.  Mé- 

de,  lez  -  les  enferable  ,  & 

aprez  les  avoir  lailï’é  macérer  l’elpa- 
ce  de  vingt  quatre  heures  ,  il  fau¬ 
dra  évaporer  l’humidité  à  chaleur 
lente ,  &  garder  la  refidence. 

Seconde  préparation. 

Il  faudra  enfermer  ladite  Scam- 
monée  pulverifée  dans  la  .  cavité 
d’un  Coing-,  mondé  de  fon  cœur: 
qu’on  enduira  tout  au  tour  de  pâte, 
&  puis  on  le  fera  cuire  au  four  ,  ou 
fous  lès  cendres  chaudes  ,  ainfi  qu’il 
convient.  Et  aprez  ou  tirera  la  Scam- 
monée. 

troijiéme  préparation. 

On  prendra  de  la  Scammonée 
pulverifee  quatre  onces.  Qu’on  met¬ 
tra  dans  un  matras  de  verre  ,  y  ver- 
fànt  du  lue  de  Coing  dépuré ,  tel¬ 
le  quantité  ,  qu’il  fumage  de  trois 


Il  faut  laver  loigneufcœent  les 
Poulmons  frais  d’un  Renard  (  en 
ayant  premièrement  ôté  l’âpre  arte- 
tere  1  avec  vin  blanc  ,  où  l’on  aura 
fait  boiiillir  de  l’Hyflôpe  &  Scabieu- 
fe  ,  puis  les  delléicher  dans  un  four 
médiocrement  chaud  j  de  telle  forte 
qu’ils  ne  brûlent  pas.  Et  aprez  les 
refierrer  &  garder  envelopez  d’Ab- 
finthe ,  de  Marrube  ou  Hyiïbpe  fccs. 

Préparation  du  fang  de  Bouc. 

Vous  nourrirez  à  la  mailon  un 
mois  durant  un  Bouc  d’âge  moyenj 
avec  Pimpinelle ,  A che,  Perfic, Mau¬ 
ve,  Saxifrage  ,  &  autres  herbes  fem- 
blables.  Aprez  luy  ayant  fait  ouvrir 
les  arteres ,  vous  en  recevrez  le  fang 
qui  encodera  ,  que  laiffercz  rafleoir 
&■  figer  j  en  épanchant  la  ferofité» 
&  faifant  feicher  au  four  la  raallè  du 
fàng  coagulée.  Le  vray  temps  de 
faire  cette  préparation  ,  eft  fur  la 
fin  de  l’Eté  >  environ  les  jours  Ca¬ 
niculaires. 


Pre 


Pharmacopcsam»  lo^ 

TreparMion  de  la  futie.  Freparation  de  la  Coriandre. 


On  embrafera  jiifques  à  ce  qu’elle 
blanchilTej  la  Tucie  des  Arabes  oü 
la  Cadmie  des  Grecs ,  pour  le  moins 
trois  fois  dans  un  crcufèc,  l’éteignant 
autant  de  fois  avec  eau  Rôle  :  &  â 
la  fin  fera  broyée ,  envelopéc  dans  un 
linge  net  j  fera  pourmenécj  &  agitée 
dans  quelque  vaiiîèau  plein  d’eau 
claire  j  afin  que  la  partie  pfus  fobtile 
s’écoule  dans  l’eaiij&que  la  plus  cralîè 
&  impure  refte  dans  le  noüet.  Aprez 
il  la  faudra  laillèr  ralîèoir  j  &  verfer 
l’eau ,  qu’dl  n’y  refte  plus  rien  d’utile. 

Préparation  de  l'Euphorbe. 

L’Euphorbe  fobtileraent  pulverifé 
fera  broyé  j  &  réduit  lïir  le  porphy¬ 
re  au  marbre ,  à  confiltance  de  Col¬ 
lyre,  avec  fùffifante  quantité  d’huile 
d’Amandes  douces ,  aprez  on  met¬ 
tra  la  malfe  dans  un  Coing  cavé  ,  oii 
dans  un  Citron  ,  &  envelopée  de 
pafte  on  la  fera  cuire  au  four.  L’Eu¬ 
phorbe  ainfî  préparé  ,  eft  gardé  dans 
un  vaiiîèau  de  verre  bien  bouché. 

Préparation  du  Bol  dl Arménie. 

Aucuns  le  préparent  avec  Eau  rofê, 
d’autres  avec  du  vin.  Etant  bien 
broyé  &  liny ,  ils  le  délayent  fi  lon¬ 
guement  ,  qu’il  n’y  refte  aucune  ordu¬ 
re  ou  fable.  Puis  dclîèiché  au  So¬ 
leil  ,  ou  à  l’Air ,  on  le  relferre  pour  la 
neceffité . 


On  macérera  la  fcmence  de  Co¬ 
riandre  dans  du  fort  vinaigre  l’efpac 
ce  de  vingt  quatré  heures,  puis  étant 
fèichée  ,  on  la  rellèrrera.  On  prépa¬ 
ré  de  même  la  femence  de  Cumin. 

Préparation  des  Perles. 

On  concaflè  les  Perles  dans  un 
morder  de  bronze  &  on  les  réduit  en 
pondre  ou  alcool  tres-fitbtil  ,  les 
arroufànt  cepandant  d’un  peu  d’eau 
rofè  ,  de  peur  que  les  parties  plus 
fùbtiles  ne  s’exhalent ,  &  leur  vertu 
ne  s’en  dirninué'.  *Les  C-oraux  &c 
pierres  precieufes  fe  préparent  de  mê¬ 
me  rhaniere. 

Maniéré  de  laver  t Alo  'és. 

Prenez  de  l’Aloës  fiibtilementpul- 
verifé  ,  autant  que  vous  defirerez. 
Mettez-le  dans  un  pot  de  terre  ver- 
nifle  ,  avec  quantité  fùffifante  d’eau 
bouillante ,  qu’elle  fumage  de  deux 
oit  trois  doigts ,  agitant  le  tout  avec 
une  fpatule ,  afin  que  les  parties  plus 
pures  de  l’Aloé's',  fè  mêlent  avec 
l’eau ,  laquelle  fera  épanchée  ,  y  en 
remettant  d’autre  brouillante  :  la  re¬ 
muant  &  verfant  pour  la  féconde 
fois  J  afin  que  les  ordures ,  &  parties 
plus  impures  en  puiflènt  être  fepa- 
rées  :  &  que  les  plus  .  pures  mélan¬ 
gées  avec  l’eau  aprez  l’évaporation 
de  l’humidité  foient  réduites  enmaf- 
fe  ,  qu’on  gardera  au  befbin. 


La 


dd 


ai  O 

La  maniéré  de  faire 
tOefype. 

On  vcrfèra  fur  la  Laine  gralïè,. 
(  qu  on  appelle  fuccide  )  c’eft  à  di¬ 
re  qui  n"eft  pas  nettoyée  ny  mon¬ 
dée  >  &  qui  aura  été  tondue  au 
col  ,  &  entre  les  cuilTes  des  bre¬ 
bis  haraflees  5  de  l-eau  bouillan¬ 
te  à  plufieurs  fois  ,  &  on  la  la¬ 
vera  (oigneulèment  ,  jMfquçs  à  ce 
qu’elle  aye  depofé  toute  graif- 
le  dans  l’eau.  La  Laine  étant  ex¬ 
primée  fera  mife  à  part.  Quant  à 
l’eau  gralîc  &  lordidc  ,  elle  fera 
verfée  &  renverfée  du  haut  d’un 
vaillcau  en  un  autre  ,  fi  longue¬ 
ment  qu’elle  devienne  écumeulè; 
ce  qu’étant  on  lailfera  ralfeoir  l’é¬ 
cume  ,  &  on  recueillira  là  graillé 
qui  nage  fur  l’eau.  Et  on  verlèra 
&  renverfcra  de*  l’eau  commune  def- 
fus  5  pour  en  ramalfer  de  nouvelle 
graillé.  Ce  qu’on  fera  fi  longue¬ 
ment  ,  qu’il  n’apparoilîè  plus  ny 
écume  ny  graillé  fur  l’eau.  Alors 
on  lavera  dans  de  l’eau  pure  ,  la 
graillé  ramallce  avec  l’écume  ,  la 
nettoyant  avec  la  main  ,  en  ôtant 
les  ordures  ,  qui  '  s’y  retrouvent , 
changeant  Ibuvcnt  d’eau  ,  juf- 
ques  à  ce  qu’elle  en  forte  clai¬ 
re  >  &  que  la  grailfe  approchée 
de-  la  langue  ,  n’aye  aucune  acri¬ 
monie  ;  laquelle  on  gardera  dans 
un  pot  de  terre  bien  fort,  &  en  un 
beu  froid - 


^ppendix 

REMARQ^VE. 

IE  nay  rien  voulu  dire  en  par- 
ticulier  fur  les  fufdites  prépa¬ 
rations  ,  quoy  qu’elles  fient  fort 
defeBueufes  ,  par  ce  que  fau- 
reis  été  obligé  d’y  en  ajouter  d'au¬ 
tres  qui  y  manquent  ;  en  outre 
que  cela  incitera  l'apothicaire 
curieux  de  recourir  Au  livre  de 
Serviterii  ,  qui  éfi  joint  à  la 
fin  des  œuvres  de  Mefué  ,  ou 
il  trouvera  aujfi  la  correüion  ,  & 
préparation  de  quantité  de  fim- 
ples  ,  qui  fans  doute  le  fatis- 
feront. 


SOMMAIRE 


TR  AI  TTE' 

DES 

POIDS  ET  MESVRES 

CY-DEVANT  VSITEZ. 

SL  V  S  I  E  V  R  S  de  nos 
devanciers  ont  fi  do¬ 
ctement  écrit  des  Poids 
&  Mefurcs  ,  que  ce  me 
feroit  perdre  le  temps, 
l’ancre  &  le  papier  ,  fi  ce-n’étoît  ou 
pour  gratifier  nos  Apothicaires 
François  ,  peu  verfez  aux  langues 
étrangères  ,  ou  les  relever  de  pei¬ 
ne  :  &  pour  ne  rendre  cet  œu¬ 
vre  defeCtueux  ,  &  les  obliger  de 
rbendier  ailleurs  ,  pour  apprendre 


^■ceam. 


Il  I 


ce  qu’ils  ne  doivent  ignorer  ,  & 
les  retirer  de  leur  erreur  invété¬ 
rée  J  à  leur  des- honneur  ,  ■&  pré¬ 
judice  des  malades.  Ce  que  je  fe- 
ray  le  plus  fticcintement  qmil  me 
fera  poffible  :  commençant  par  le 
plus  petit  poids  ,  je  pourkiivray 
jufques  à  la  livre  Romaine  ,  &  non 
outre. 

Le  Grain  eft  le  moindre  poids 
qui  ibit  j'qiii  fertdc  baie,  ou  fon¬ 
dement  ,  &  matière  des  autres  : 
lequel  pour  là  petitelîè  ,  les  Grecs 
ont  appelle  Lepton.  Maintenant 
la  queftion  eft  de  fçavoir  de  quel 
grain  on  le  doit  conttruire  :  foie 
de  ceux  de  Cuivre  ,  recctis 
approuvez  de  toutes  les  Nations  du' 
Monde  j  &  qui  ne  reçoivent  alte¬ 
ration  ,  &  defquels  les  Maîtres  des 
Monnoyes ,  Orfèvres  &  Marchands 
fe  fervent  à  la  fabrication  de  leurs 
poids  J  pour  pefer  l’Or  >  &  l’Argent, 
métaux  fi  exquis,  &  neceffaires  au 
commerce. 

Ou  de  Froment  ,  ou  d’Orge, 
Ers,  Lentilles  ,  Lupins,. &c.  que 
les  Grecs  (  entre  *lefquels  la  Mé¬ 
decine  a  eu  plus  de  crédit  )  d’un 
feul  mot  ont  nommé  Siton ,  nom 
commun  &  general  à  tous  grains 
propres  à  faire  pain.  Qui  a  occafion- 
né  aucuns  pour  la  conftruétion  de 
leurs  poids  ,  de  prendre,  des  grains 
de  Froment ,  les  autres  d’Ers^s  les 
autres  de  Lentilles  ,  les  autres  de  Lu¬ 
pins.  Ainfi  autant  de  telles  ,  au¬ 
tant  de  diverfes  opinions.  Djc  la 
s’eft  enfuivy  une  faute  ,  qui  n’eft 
pas  petite  ',  à  fçavoir  que  leurs 
poids  n’étoient  pas  toujours  uns , 
&  de  même  :  mais  plus  ou 
moins  pefans  j  lèlon  la  bonté  du 


terroir  &  la  clemence  de  l’Air, 
où  tels  grains  étoient  provenus.  Car 
fi  la  failon  «oit  pluuieufe  ,  le  ter¬ 
roir  propre  ,  &  melioré  de  fumier, 
les  grains  étoient  mieux  nourris, 

&  par  conlèquent  plus  pefans.  Au 
contraire  plus  légers  ,  fi  la  fai- 
fon  étoit  feiche  ,  &  le  terroir 
maigre  ,  moins  labouré  6c  melioré 
de  fumier. 

Dav%ptage  une  autre  erreur  non 
moindre,  eft  commis  par  plufieurs 
Apothicaires  ,  conftruifans  leurs 
poids  de  Plomb  ,  lequel  amafte 
facilement  de  l’ordure ,  lür  Içiirs 
Banques  ,  le  plus  fouvent  grallès 
&  mal  nettes  :  pour  lefquels  net¬ 
toyer  ,  ils  fe  diminuent  toujours 
en  les  frottant  :  de  forte  que  leurs 
poids  ne  demeurent  pas  en  leur 
entier.  ■ 

Pour  donc  établir  vne  doélrinc 
afleurée  ,  &  qui  foit  gardée  par 
tous  les  climats  de  la  terre ,  &  évi¬ 
ter  tels  inconveniens  j  je  foroi?  de 
l’avis  de  Mpnfieur  Fernel  ,  per- 
fonnage  autant  doéle  ,  &  experi-  grains 
menté  que  l’Europe  eh  aye  pro-  , 

diiit  depuis  mil  ans  .en  çà  :  que 
les  poids  fuflènt  confttuits  de  Lotte 
ton  ,  ou  de  Suivre  ,  ou  d’autre  Medeci- 
metail  folide,non  de  Plomb de  ne. 
grains  (  non  de  Froment ,  d’Orge 
ou  autre  femblable  )  mais  de  Cuivre, 
defquels  touteî  les  Republiques ,  les 
Maîtres  des  Monnoyes,  &  les  Orphe- 
vres  fe  fervent  ,  en  la  conftruéîion 
•de  leurs  poids  ,  pour  pefèr  l’Or ,  & 
l’Argent ,  qui  ne  reçoivent  altera¬ 
tion  comme  le, Plomb  ,  à  caufède 
fà  mollelfe  en  les  frottant  ,  &  fe 
maintiennent  nets ,  &  font  plus  fa¬ 
ciles  à  nettoyer. 

d  d  i  ^  le 


1 1 2.  Des  Poids  des  Me  fur  es,  • 


le  ferois  auffi  d’avis  ,  que  nos  ca- 
raderes  fiiirent  ôtés  du  milieu  de 
nous  ;  &  qu’au  lieu  d.’iceux  >  nous 
écrivilîîons  nos  poids  par  les  premiè¬ 
res  lettres  ou  fyllabes  ,  un  poindt 
après  J  pour  ne  donner  occafionaux 
apprendts  encore  peu  versés  en  la 
connoiirance  d’iceux  ,  de  commettre 
femblablesfautcSiqui  ne  lontqnc  trop 
fouvent  arrivées ,  au  préjudice  des 
malades.-  • 

chd-  î- 'autre  poids  qui  fuit  le  grain 
au.  étojc  nommé  des  Grecs  ChâlcHs ,  6c 
Æreo-  fy£reolKi ,  plus  ufité  entre  eux  qu’il 
n’aft  maintenant  :  lequel  contenoit 
deux  grains. 

Sili^ua  eft  appellé  des  Grecs  Ce- 
ratioriy  6i  des  Arabes  Kirat,  laquel¬ 
le  contient  deux  Chalques ,  ou  qua¬ 
tre  grainSi  Quelques-uns  la  font  un 
Dmich.  peu  moindre.  Dauieh ,  eft  le  nom 
d’un  autre  poids ,  feulement  uficé  en¬ 
tre  les  Arabes  ,  non  entre  les  Grecs, 
ny  Latins  ;  lequel  contient  deux  fili- 
qués-,  ou  huit  grains. 

oklta.  Ohaltu  ,  eH  le  nom  d’un  autre 
poids ,  appelle,  des  Arabes  Omlofat, 
fort  uiité  entre  les  Anciens  ,  &  les 
Modernes  ,  (gient  Médecins  ,  maî¬ 
tres  des  Monnoyes  ,  Orphevres ,  & 
Marchands,  Poiirce*  qu’il  contient 
trois  Jîliques ,  ou  ilx  chalques,  ou 
douze  grains  ,  ou*  demy  denier  ,  ou 
demy  icrupule,  6c  le  marquent  par 
les  premières  tetties  ,  ifn  poindl  aprez 
O  b.  Nicolaus  Salernitanus,Saladinus, 
NiçolausPræpofitus,  &la  plus  part 
de  nos  Apochicaires ,  par  leurs  vers 
tant  célébrés  ,  le  conftituent  de  dix 
grains  Ôc.non  de  douze. 

SerttiH-  ScfHpulm ,  oj.  Scrupule,  c’eft  ce 
Im.  '  que  les  Marchands  ,  6c  Orphevres 
■  appellent  denier  ;  6c  les  Grecs  Gram,' 


ma  ^uafi  primum  ponderis  elemen- 
tum  :  pource  qu’ils  le  compofoienc 
d’autant  de  grains  qu’il  y  a  de  let- 
très  en  leur  alphabet ,  qui  font  en 
nombre  de  vingt-quatre  :  il  fe  mjt.  . 
que  par  les  premières  lettres  ainfi, 
Scrup.  ou  9.  De  cecy  on  peut  colli- 
ger  l’erreur  ^ue  plufieurs  commet¬ 
tent  fuivans  1  opinion  invétérée,  & 
fondée  fur  l’authorité  defdits ,  Sder- 
nitanus  ,  Saladin,  &  Præpofitus ,  en 
conftituant  le  fcrupule  feulement  de 
vingt  grains ,  &  non  de  vingt-qua¬ 
tre  ,  ielon  la  doétrine  même  des 
Grecs  ,  &  de  l’ulàgc  approuvé  par 
tous  les  Royaumes  du  monde ,  & 
Marchands ,  Orphevres  ,  &  Maîtres 
•  des  Monnoyes.  A  l’opinion  de  toqs 
lefquels  il  vaut  mieux  acqiiiefcer, 
qu’a  tels  quels  Autherirs,&ignorans, 
ou  opiniâtres  Apothicaires, qui  n’ont 
envie  de  fortir  du  bourbier  d’igno¬ 
rance. 

Que  s’ils  défirent  de  fiiivre  au 
fcrupule,  &  drachme  ,  que  ne  les 
fuivcnt-ils  de  même  en  l’once ,  & 
la  cpmpofènt  de  neuf  drachmes,com- 
me  ils  font  enfcl^nés  par  leurs  Car¬ 
mes  mêmes ,  &  non  de  huit,  com¬ 
me  enfeighent  les  Grecs. 

Pour  ce  je  fuis  d’avis  qu’ils  fui-  au¬ 
vent  nôtre  opinion  ,  mieux  fondée 
que  la  leur.  Et  pour  n’avoir 
peine ,  &  déveloper  leur  efprit  de 
tant- d’affaires ,  6c  affèurer  les  Me- deMi- 
decins  ,  de  ce  qu’ils  ordonneront 
pour  les  malades  ,  il  faut  prendre 
douze  onces  poids  de  marc  ufité  en 
la  plus  parc  du  Royaume  de  France, 
pour  une  livre  de  Médecine  ,.  &  trojs 
onces  pour  un  quarteron  ,  6c  non 
quatre.  Car  crois  eft  le  quart  de 
douze ,  comme  quatre  de  feize.  Cha- 


Des  Poids  ^  des  ]\defures.  2, 1.5 


cune  once  poid  de’ marc  ,  contient 
huit  dtachmes,  &  chacune  drach¬ 
me  ,  trois  fcrupules  ou  deniers  >  &c 
chacun  fcrupule  ,  deux  oboles ,  ou 
ving- quatre  grains  ,  qui  diiènt  ic- 
ptance-deux  grains  pour  chacune 
drachme.  Ainfi  faifant  feront  beau¬ 
coup  foulages  ,  &  leur  efprit  en  re¬ 
pos  J  &  les  Médecins  ailcurés  de  ce 
qu'ils  ordonneront. 

dDch-  Drahma  on  Drachme  eft  appellée 

”>*•  des  Grecs  Holce.  C’eft  la  huitième 
partie  d'une  once,  &  non  la  neu¬ 
vième,  comme  veut  Salernitanus ,  & 

'  tous  ceux  qui  ont  foivy  &  fuivent 
fon  opinion  ,  &  fe  marque  ainfi, 
drach.  ou  5, 

Dm-  Denarim ,  ou  Denier  de  Medeci- 
ne  ,  eft  plus  pelant  que  celuy  des 
Orphevres.  Car  celuy  des  Orphe- 
vres  eft  ce  que  les  Médecins  appel-  ■ 
lent  forupule  ,  qui  contient  vingt- 
quatre  grains  :  &  celuy  des  Méde¬ 
cins  contient  8  a.  grains  &  deux  fc- 
ptiémes  de  grain,  de  maniéré  que  les 
lept  deniers  valent  une  once.  Le  vul¬ 
gaire  à  Rome ,  du  tems  de  Galien, 
confondoit  la  drachme  avec  le  de¬ 
rnier,  pour  le  pe>j  de  différence  qu’il 
y  avoir,  &  même  en  chofe  de  pe¬ 
tite  conftquencc  :  Ainfi  qu’on  peut 
colliger  de  liiy  même  au  livre  hui¬ 
tième  des  médicaments  locaux  ,  di- 
lànt  que  le  denier  des  Romains  eft 
la  drachme  des  Grecs.  Il  fe  marque 
par  ou  ainfi,  Den. 
jlg.  Attretu  ,  Ei^aginm ,  Sextula,  &  So- 
nn,  lidurn  ne  diftèrent  en  valeur  ,  mais 
de  nom  foulement.  Car  ils  font  la 
fiziéme  partie  d’une  once,  qui  eft 
quatre  fcrupules  ,  fiiivant  nôtre  fup- 
putation  ,  fondée  fur  la  doèlrine  des 
Grecsjàraifon  de  huit  dradrmes  pour 


once.  Ou  une  drachme  ,  &  demie, 
fuivant  la  doèlrine  de  Salernitanus, 
qui  établit  fon  once  de  neuf  drach¬ 
mes.  Ils  fe  marquent  par  les  pre¬ 
mières  lettres,  ainfi,  Am-Exag.  Sext- 
&  Solid. 

Ajfarim ,  ou  Sicilicui ,  eft  le  nom  . 
d’un  poids  que  nous  appelions  vul- 
gairement  quart  d’once,qui  font  deux 
drachmes ,  lequel  non.  pour  le  jour- 
d’huy  n’eft  pas  pratiqué  par  les  Mé¬ 
decins.  Car  ils  fpecifient  le  nom  des 
drachmes  qu’ils  veulent  être  mifos 
en  leurs  ordonnances. 

Due  lia, le  nom  d’un  autre  poids 
aciennement  ufité ,  qui  eontenoit  la 
tierce  partie  d’une  once  ,  qui  vaut 
huit  forupules ,  &  fo  marque  auffi  par 
les  premières  lettres.  Duel. 


■  Dupondium  ,  c’eft  nôtre  demie 
once,  &  fe  marque  |.fi.  ou  une. 
fem. 

Fncia. 

Vheia ,  ou  once  ,  c’eft  la  douziè¬ 
me  partie  de  la  livre  Médicinale,  tant 
des  Grecs  que  des  Latins  ,  laquelle' 
contient  huit  drachmes ,  ou  fept  de¬ 
niers,  ou  vingt  -  quatre  fcrupules  r 
ou  f  7  grains ,  qui  font  trantc-fîx 
grains  de  plus  ,  que  celle  de  Saler- 
nitanus,  qui  établit  la  fienne  de  neuf 
drachmes  ,  &  chacune  drachme  de 
foixante  grains  :  qui  font  de  plus 
nonante-fix  grains  pour  chacune  on- 
.  ce' ,'  à  celle  de  nos  Apothicaires,, 
conftituant  la  leur  de-  huit  drach- 
nies,  &  chacune  drachme  de  foixan¬ 
te  grains ,  &  de  vingt  leur  fcrupule.. 

d  d  i  Lefquels 


XI 4  l^esVoiâs 

Lefquels  nonante-fix  grains  ,  valent 
à  leur  compte  une  drachme  &  de¬ 
mie  &  fîx  grains  :  &  au  nôtre  qua¬ 
tre  lcrupules.  Voilà  de  combien  eft 
plus  legere  leur  onccjque  celle  de  leurs 
Aiichcilrs  ,  &  des  vers  par  eux  tant 
célébrés  ,  &  de  celle  des  Anciens 
Grecs.  Elle  fe  marque  ainfî,  me. 
ou  %. 

Sextans,  fDeux  Onces. 

Triens,  \  I  Trois  Onces. 

^adrans,  Vcôtiéc.'^  Quatre  Onces. 
Quincunx,  |  j  Cinq  onces. 

Sexmx,  J  ISix  Onces. 

.  Semis  ,  fignifie  la  moitié  du  poids 
nommé  J  Ibit  Grain,  Obole  ,  Scru¬ 
pule  ,  Drachme  ,  Once  ,  Livre , 
&  ainfi  de  tous  autres  poids  ,  & 
mefiires  ,  &  fe  marque  par  les 
premières  lettres  ainfi  ,  fem.  ou  S 
ou  fi. 

Septmx,  T  fy.Onces.  • 

Besyfeu  Ofturix,  j  j  S.Onces. 

Dodrans,  ).Cütiét.-<  9.0nces. 

•Dextans,  |  |  lo.Onces. 

Bemx,  J  Lii.Onces. 

Lil’fa.  As.  Ponde. 

La  livre  de  Medecine  ,  du  nom¬ 
bre  des  onces  qu'elle  contient ,  ell 
appelléc ,  Quelquesfois  des  La¬ 
tins  Pondo  (  fans  addition)  &  Libra. 
Car  Panda  avec  addition  ,  ne  fè 
prend  pas  pour'  livre  j  mais  pour- 
poids  ,  ôc  efi  indéclinable  :  com¬ 
me  Ponde ,  Grant ,  Oboli ,  Scrupu- 
U ,  Drachma ,  Denarii ,  mcia  ,  li- 
hra  unius  ,  vel  Plurium.  C'eft  à  di¬ 
re  le  poids  d’un  grain  ,  d’un  fcrnpulj 
d'une  drachme  j  d’un  denier ,  d'une 
once  >  d’une  livre  »  ou  de  plufieurs. 


^  des  Adefmes, 

&  le  marque  par  les  premières  let¬ 
tres  un  poinét  après,  ainfi  ,  As. 
Pond.  lib. 

De  ce  que  delfus  on  peut  colliger 
la  livre  de  Medecine ,  tant  des  Grecs, 
que  des  Romains,  contenir  fix  mille 
•  neuf  éents  douze  grains.E|  celle  de  Sa- 
lernitanus,SaIadinus,&  Præpofitus,fix 
mille  quatre  cents  huiebante  grains, 
qui  eft  moins  de  quatre  cents  tran- 
.  te-deux  grains ,  qui  valent  juftement 
fix  drachmes  chacune ,  à  raifon  de 
feptante-deux  grains.  Celle  de  noS' 
Apothicaires ,  conftituans  leur  livre 
de  douze'onces ,  &  chacune  once  de* 
huit  drachmes ,  &  chacune  drach¬ 
me  de  ïbixante  grains.  Leur  hvre 
ne  revient  qu'a  cinq  milles  fept  cents 
foixantc*  grains  :  qui  eft  de  moins 
à  celle  de  leurs  Aiitheurs ,  dont  ils 
fe  veulent  prévaloir  de  fept  cents 
vingt  grains  ,  qui  valeht  à  leur  com¬ 
pte  une  once  demie.  Et  à  celle 
des  Grecs  »  &  Latins  anciens ,  à  mil¬ 
le  cent  cinquante-deux  grains,  qui 
valent  juftement  deux  onces ,  à  rai- 
fbn  de  lèptante-deux  grains  pour 
chacune  drachme.  Tay  bien  voulu 
calailer  le  tout,  pour  leur  montrer" 
en  quoy  ils  fe  trompent  enla  con- 
ftrutftion  de  leurs  poids  ;  afin  qu’à 
l’avenir  ils  loient  plus  '  avilèz  qu’ils 
n’ont  été  au  pafsé,  &  ne  s’arrêtent 
tant  à  leurs  Autheurs  ,  &  aux  vers 
fiilciits,  comme  ils  font,  &  tâchent 
de  fiiivre  une  opinion  fondée  fur 
la  railon ,  &  authorité  ancienne.  La 
livre  des  Marchands  François  n’eft 
pas  toute  une,  pour  le  plus  elle  con¬ 
tient  feize  onces ,  &  celle  des  Mé¬ 
decins  douze  ,  &  celle  des  Orphe- 
vres ,  &  maîtres  des  Monnoyes  huit 
onces,&  chacune  once  huit  drachmes. 


Des  Poids  0^  des  oPldefitres.  1 1 5: 


Sc  chaciine  drachme  trois  deniers, 
que  nous  appelions  fcrupule,  5e  cha¬ 
cun  denier  ou  fcrupule  vingt-quatre 
ai»  &  ^  vingt  J  Mm  ou  Mt- 

Mim.  r.a,  c’eft  la  «livre  du  Royaume  d' A t- 
tique  ,  gouvernée  par  les  Athéniens, 
qui  contient  cent  drachmes ,  qui  eft 
demie  once  de  plus  que  celle  des 
Grecs ,  5e  Romains ,  que  nous  avons 
fiiivy ,  5e  devons  fùivre  comme  plus 
clairs-voyans. 

Des  Mefures, 

Celuy  qui  conlîderera  la  mifère 
de  ce  monde  ,  trouvera  qu'il  n’y  a 
chofe  permanante,  5e"  par  confe- 
qnent  né  s’étonnera  pas  de  ce  tpie 
plufieurs  poids  Se  mefures  des  cho¬ 
ies  tant  folides ,  que  liquides  ,  an¬ 
ciennement  fort  ufités,  ne  le  Ibnt 
plus  :  car  il  viendra  un  autre  tems, 
que  pluffeurs  mefures  qui  font  main¬ 
tenant  en  ufage  ne  le  foront  plus  : 

.  5e  au  lieu  d’icelles  d’autres  fuccede- 
ront ,  comme  dit  le  Poçte  Hotacc 
des  vocables.  Pour  donc  établir' une 
chofe  alfeurée  pour  l’avenir ,  il  faut 
rapporter  les  mefures  anciennes,prin- 
cipalement  celles  qui  font  mention¬ 
nées  aux  compofitions  des  Anciens 
cy-devant  Paraphrasées  en  faveur 
des  jeunes  (  5c  peu  versés  aux  lan¬ 
gues  étrangères  )  Apothicaires  Fran¬ 
çois  :  &  au  plus  prés  qu’il  lèra  pof~ 
lîble  à  nos  poids  ,  5c  non  à  nos  me¬ 
fures  ,  qui  font  autant  differentes, 
pour  le  moins  qu’il  y  a  de  Provin¬ 
ces  en  ce  Royaume  :  quoy  qu’il  foit 
gouverné  par  un  Monarque  Henry 
1 V.  du  nom,  1 6 1  o.  Pour  y  parvenir 
il  fout  confiderer  que  les  mefores 
font  pour  les.chofcs  liquides ccutu- 


me  les  poids  pour  les  folides  :  5c 
que  pour  les  liquides  elles  pefènt 
plus  ou  moins ,  félon  la'  nature  de 
la  liqueur  qu’on  veut  mefurcr.  Pat- 
exemple  l’huile  pour  ctre  d’une  na¬ 
ture  aérée ,  ôc  legere ,  eft  plus  lé¬ 
ger  d’une  neuvième  ,  que  le  vin  qui 
ett  de  médiocre  fubftance';  au  con¬ 
traire  le  miel  pour  être  d’une  fobftance 
terreftre,  5c  pefante,  il  eft  d’une  moi¬ 
tié  plus  pefànt  que  l’huile.  Ce  con- 
fîdcré  il  fera  facile  .à  l’A'pothicai- 
re  en  quelque  chmat  qu’il  habite ,  de 
.rapporter  les  mefures  des  Anciens, 
à  celles  de  fon  pais ,  ou  à  fon  poids, 
pourveu  qu’il  entende  ce  que  s’en¬ 
fuit.  Parlant  des  poids,  nous  avons 
gardé  l’ordre  compofitif  icy  le  re- 
folutif.  Pour  décrire  le  Sextier  ,  5c 
Hemine  mentionnées  aux  compofi¬ 
tions  des  Anciens ,  cy-devant  Para- 
plirasées ,  il  faut  commencer  à  celuy 
donc  ils  font  defocndiis ,  qui  eft  le 
Congiüs. 

Congms ,  ou  Chm. 

Congius  ,oM  GW,  étoit  une  me- 
fiire  iifitée  ,  tant  en  la  Région  d’A- 
thenes ,  qu’à  Rome  :  lequel  en  Athè¬ 
nes  pefoit  neuf  livres  ,  5c  à  Rome 
fîx. 

Sextariffs ,  Chijl. 

Le  Sextier  appellé  des  Latins  Sex^ 
tartHi,  5c  des  Arabes ,  Chifi  >  eft  ain- 
fi  nommé ,  pource  qu’il  contenoit  la 
fiziéme  partie  du  Congius  ,  qui  fe- 
roit  en  Grece  une  livre  5c  demie ,  5c 
à  Rome  vingt  onces ,  qui  valent  une 
hvre  huit  onces., 


Qitulai,. 


Des  Poids  des  Adefures. 


CotuU ,  ou  Hem'ma. 

Le  Comla  ,  ou  Hmina ,  c’ctoit 
la  moitié  du  Sextier  ,  qui  revient 
en  Grece  à  neuf  onces ,  &  à  Ro¬ 
me  à  dix.  Ainfi  que  des  écrits  de  Ga¬ 
lien  y  nou's  pouvons  colliger  j  tant 
aux  livres  premiers ,  des  médica¬ 
ments  ,  félon  les  genres ,  qu’ail- 
leurs.  Difànt  (  aux  comportions 
d'Andromachus  ,  &  d’Heras  )  le 
Sextier  contenir  dix-huit  onces ,  &c 
l’Hemine  dixj  Luy  qui  étoit  Grec . 
de  nation  j  &  qui  habitoit  à  Ro¬ 
me  ,  s’accommodoit  tantôt  à  fon 
pais  ,  tantôt  à  celuy  où  il  demeu- 
roit  y  principalement  en  chofè  de 
peu  de  confequence ,  &  qui  ne  peut 
beaucoup  nuire ,  fbit  huile ,  eau ,  fuc 
vin  ,  ou  miel.  Exemple  de  ce  que 
dcfliis  félon  Æginctc. 

Congius. 

Le  Congius  contient  neuf  livres 
d’huile  ,  dix  de  vin  ,  &  douze  li¬ 
vres  &  demy  de  miel. 

Sextier. 

Le  Sextier  dix-huit, onces  d’hui¬ 
le  y  de  vin  vingt»  de  miel  vingt- 
fépt ,  qui  valent  deux  livres  &  un 
quarteron. 

L’Hemine. 

L’Hemine  contient  neuf  onces 
d’huile»  dix  de  vin»  qui  eftde  fub- 
ftance  médiocre  :  &  treize  onces 
&  àeipie  de  miel. 


Myjlrttm  Magnum. 

Le  grand  Myftrc»  contient  trois 
onces  d’huile  »  trois  onces  &  huit 
fcrupul.  de  vin  »  &  quatre  onces  & 
demye  de  miel. 

Acetabulum. 

L’A  cetable  contient  dix-huit  drach¬ 
mes  d’huile  :  &  deux  onces  douze 
fcrupules  de  vin:  &  trois  onces  qua¬ 
tre  fcrupules  de  miel. 

Cyathm. 

Le  Cyate  »  njefùrc  ainfi  appcllée 
pour  fa  fémblanceà  un  verre»  con¬ 
tient  douze  drachmes  d’huile  :  & 
une  once  &  demie ,  te  quatre  feru^ 
pules  de  vin }  &  deux  onces  deux 
drachmes  de  miel. 

Myjlrium  parvum. 

Le  petit  Myftre  contient  fix 
drachmes  d’huile  :  &  vingt  fcrupules 
de  vin  3  &  neuf  drachmes  de  miel. 

Voilà  fommairement  les  niefures 
dont  les  Autheurs  des  precedentes 
compofitions  »  foient  Grecs  »  La¬ 
tins’»  ou  Arabes»  fc  font  aidés» 
lefquelles  l’Apothicaire  diligent  &c 
curieux  de  ce  qui  luy  appartient 
Içavoir  en  fon  Art  »  pourra  faci¬ 
lement  accommoder  à  celles  de  fon 
pays. 

S’enfuit  des  autres  mefures  »  pour 
les  chofès  feiches  .»  qu’on  ne  pe¬ 
lé:  pour  le  plus  fôuvcnt  » .  &  entre 
nous  plus  pratiquées  que  les  pre¬ 
cedentes. 

Du 


Dei  Foids  des  <sFldeJures.  "lij 

trele  bout  des  trois  premiers  doigta 
(è  peut  légitimement  comprendre 
fans  Gxcez ,  &  fe  marque  aulîî  par  la 
première  lettre ,  ainfi  ,  A 

Il  refte  le  Semis  ,  qui  lignifie  la^ 
moitié  de  la  melure  j  qui  précédé ,  ôc 
iè  marque  ainfi ,  S.  ou  /i. 

le  laide  plufieurs  auttes  poids, 
Sc  mefures  dont  les  Anciens  le  lér- 
voient  ,  pource  que  les  Audieurs 
des  precedentes  compofitions  n'en 
font  mention.  Tputesfois  s’il  y  a 
quelqu'un  qui  defire  en  fçavoir  da¬ 
vantage  ,  il  pourra  lire  ce  que  do¬ 
ctement  en  ont  écrit  CelCis  ,  Scri- 
bonius  Largus  ,  Pline ,  Galien ,  Paul 
Æginete  ,  &  de  notre  tems  Sil- 
vius  ,  Sc  Fernel  ,  delquels  il  ap¬ 
prendra  allêz  pour  fe  contenter.  Sur 
ce,  je  prie  Dieu  pour  l’avenir  me 
faire  la  grâce  de  pouvoir  faire  cho- 
fe  qui  loit  à  là  gloire ,  &  au  pro' 
fit  de  mon  prochain.  Ainfi  Ibit-iî. 


anagramma  avctoris. 

BKBVIVS  ID  CVKABIS. 

5ridus  Bauderius, 

•vel 

Bricius  Bauderonus. 

VIKOS  ABVNDE  CVKABIS. 


c  e 


Des  Mefures  des  Herbes ,  dr  des 
Fleurs. 

Premièrement  nous  commence¬ 
rons  au  Falacule  comme  la  plus 
grande ,  qui  contient  tout  ce  que 
le  bras  plié  en  rond  peut  contenir, 
Sc  fe  marque  par  les  premières  let¬ 
tres  ,  un  poinét  après  ,  ainfi ,  Fa/c. 
Nous  en  nions  communément,  quand 
nous  voulons  mefiirer  les  herbes  ré¬ 
centes  ,  à  la  compofidon  des  bains 
artificiels. 

Mmifulus. 

La  manipule  contient ,  ce  que  la 
main  clolè  peut  contenir  ,  &  le 
marque  aulîî  par  la  'première  let¬ 
tre.  M> 


La  Pugille  contient  tout  ce  qu’en- 


trait 


L  ny  a  rien  en-îou- 
te  la  Pharmacopée, 
Melîîeurs ,  qui  iheri- 
te  plu^  .'de.  reforma- 
cion  ,  qlie  la  proce¬ 
dure  qu’oh  tient  au- 
jonrd’huy  à  dilîillcr  les  Eaux  dans 
les  Boutiques.  Pour  autant  quon 
fè  fett  en  cela  communément  de 
certains  vaiflèaux  ,  qui  au  lieu  de 
rendre  de  belles  Eaux  claires  ,  agréa- 
blés  ,  &  utiles  pour  la  fanté  des 
malades  :  tout  au  contraire  elles  ibnt- 
troubles,  de  mauvais  goût,  &  pre¬ 
judiciables  à  ceux  qui  en  ufent ,  ain- 
ü  que  je  le  feray  voir  plus  particu¬ 
lièrement  cy-aprez.  Sans  que  per- 
ü>me  fe  lèii  encore  mis  en.  devoir 


(  que  je  fçache  )  de  remedier  à  et 
delbrdrc ,  comme  lî  à  déllèin  on  fe 
fut  peu  foucie  dfe  l'incommodité 
qui  en.  renient  d  ordinaire.  Nonàum  Cml- 
vnut'inte^r}'  de  liqiCorihHi  vi  calo- 
rü  exhahantihiu  ,  ac  per  diBillate- 
ria  ‘v'àfcula  mirifico  opéré  elicitii  jinintis,, 
definivit.  Car  entre  plufieurs  Phar¬ 
macopées  ,  qui  courent  prelenteinent 
parroy  notjs  ,  on  ne  trouve  point 
pourtant  én‘ aucune  ce  qu'on  defi- 
reroit  ,  touchant'  l’importance  des¬ 
dites  Eaux  difliüées.  Que  lî  Mat- 
tlriole,  Weeker,  Liebaut,  Sylvius, 

&  quelques  autres  Médecins ,  fem- 
blent  en  avoir  dit  quelque  chôfe  en- 
leurs  livres,  &  Antidetaires  :  je  trou¬ 
ve  neantmoins  qu’ils  ne  s’y  font  p^s 
awito 


l^raitté  ded  Eaux  àift^iüées,  %\ 


stnêcé  ainfi  que  le  fujet  le  mérité, 
&  comme  j  cfpere  de  faire  en  ce 
lieu.  Voilà  pourquoy  j  ay  creu  ne¬ 
tte,  pas  mal  à  propos  de  donner  cét 
avis  an  public  ,  qui  contiendra  trois 
chofcs  neceflàires  pour  l’intelligen- 
tim  ce  de  cette  matière,  La  première  ic- 
M"  ra  le  Cathalogue  des  Eaux  qu  un 
ilus'  ■AP°diicaire  doit  tenir  en  fa  Bouti- 
m  U-  fécondé  quels  vaiiîèaux  on 

fiillu.  employé  mal  à  propos  aujourd'huy 
ùms.  pour  les  extraire.  Et  finalement  le 
vray  &  légitimé  moyen  de  tirer  les- 
dites  Eaux  ,  pour  les  avoir  de  la 
qualité  requife  ,  c’efi;  à  dire  avec  l’o¬ 
deur,  laveur  &  propriété,  celles  qu’on  . 
les  trouve  aux  matières  defquelles 
elles  font  excraittes,  fans  qu’aux  dites 
Eaux  il  lé  perçoive  aucun  Empy- 
reume  ,  ny  autre  qualité  étrange  & 
defagreable  ,  ainfi  qu’il  a  vient  in- 
falliblement  en  celles  qui  font  mal 
dillillées,  le  ne  parleray  point  en  ce 
lieu,  comment  &  par- .qui  la  diftil- 
lation  fut  inventée  ,  ny  de  la  qu&- 
ftion  qu’on  a  voulu  agiter  quelque¬ 
fois,  pour  rechercher  &  relbudre  fi 
les  Anciens  Grecs,  &  Arabes  ont 
conneu  la  diftillation  ,  &  s’ils  ont 
hvin.  usé  des  Eaux  diftillées.  Les  uns  Ibû- 
Milkr  Grecs  en  fçavoient 

lis  '  qtielqne  chofe  ,  &  que  les  Arabes 
Uhx.  femblenty  avoir  ajouté  pourlaper- 
feétion  de  cette  fcience.  D’autres 

iifiillu.  que  ny  les  uns  ny  les 

autres  n’employerent  jamais  que  des 
décodions  bien  épurées  ,  &c  nulle¬ 
ment  les  Eaux  telles,  qu’on  les  di- 
ftille  aujpurd’huy  ;  ainfi  que  Monar- 
des  en  un  petit  difeours  qu’il  a  fait 
des  choies  Perfiqnes,  le  eonfiritie  di- 
fant  VfHrpabant  enim  antiqai  (  in- 


quit  )  pro  aquü  non  hoi  fubUma~ 
tiones  ,  fed  ex  herbis  fuccas  ex-  . 
trahêbant  ,  &  pgfi  levem  fervo- 
rem  excoUbant.  Et  fedimine  ff£ia 
fupremam  ,  ac  defecatam  partem 
fecernebant ,  &  ilia  utebantur  pro 
aquù. 

Pour  la  relolution  dequoy,  comme 
qu’il  en  Ibic  ,  je  r’envbye  les  eu- 
rieux  à  Liebaut ,  *&  aux  autres  qui 
en  traiccent  amplement  ,  fans  m’y 
arrêter  davantage  ;  puilque  j’entre- 
prens  de  travailler  (  icy.  comme  j’ay 
dit  )  dû  moyen  de  bien  exactement 
diftiller  les  Eaux  qu’un  Apothicai¬ 
re  doit  employer  d’ordinaire ,  ayant 
cllimé  le  furplus  pour  ce  regard 
inutile  :  fiippliant  les  plus  curieux 
de  m’exeufer  ,  fi  je  ne  les  conten¬ 
te  fur  ce  fujet  ,  comme  ils  defire- 
roient  ,  &  luivant  l’importance  de 
cette  matière.  Dilànt  donc  pour  par-  -Divi- 
1er  du  fait  que  j’ay  entrepris ,  que  /o» 
nos  Eaux  diftillées  fe  divifent  en 
Eaux  fimples ,  &  en  composées.  Gel-  ' 
les-là  étans  tirées  d’une  féulé  ma¬ 
tière  ,  &  celles-cy  de  pluficurs  mé¬ 
langées  enfemble.  Les  premières  fe 
peuvent  diftinguer  en  deux  façons, 
ou  bien  en  Eaux  froides  ,  com¬ 
me  celle  de  Nénuphar  ,  &  fembla- 
bles  :&  en  chaudes  ,  comme  celles 
d’Abfinthe ,  ou  autre  de  même  nature, 
le  fçay  bien  qu’on  pourroit  enco- 
res  les  divifer  fuivant  les  parties 
des  plantes  dclquelles  on  les  tire, 
comme  eh  Eaux  de  racines  ,  de 
fruits,  de  fueilles  ,  de  fleurs  &  fc- 
mences,  ou  bien  en'  Eaux  de  Piin- 
tciîis,ou  d’Eté  ,  ou  d’Auîonne.  Mais 
pour  s’accommoder  à  l’ulage  corai- 
mun  &  vulgaire ,  la  prt  miere  divi- 
fion  fora  prefentement  par  moy  en- 


XXÔ 

fiiivie  >  étans  lefdites  Eaux  Emples, 
froides,  &  chaudes,  comme  celles 
qui  s’’enfuivenc. 


ait  te  des  Eaux  âifiillées. 

le  rôle  de  celles  qu  il  faut  en  nos  Bou¬ 
tiques  cft  tel  que  s'enfuit. 


•'1,  Ahjînthii  y 
i.  Acetofa, 

5.  Agnmoniiy 

4.  BetonicA  > 

5.  Borraginist 

6.  Bdglojft , 

7.  Cardui  bened. 

8 .  Chelidonii , 

9.  Cichorii, 

10.  EndivvA, 

ni  EuphraJiAy 

12.  Fœ>nculi, 

1 3 .  EnmartA  , 

14.  Graminüy 

15.  Hjijfopiy 

1 6.  LaÜHca , 

17.  Liliorum , 

1 8.  MatriJfylvA  » 

19.  MatrkartA  r 

XQ.  JHeliJfA , 

X  I .  Papaverü  rubri  » 

X  2 .  PimpinelU , 

X  3 .  PUntaginü, 

24.  Portulacxy 
2 J,  Rofarumy 
x6.  Arthemifia  y 

27.  Scabioft , 

28.  THjfilaginû , 

le  ne  mettray  point  en  ce  pre¬ 
mier  catalogue  trois  Eaux  necelfai- 
res  à  un  A  pothicairc ,  quoy  qu'el¬ 
les  foicnt  fimples  &  non  compo¬ 
sées,  Içavoir  l'Eau  de  miel ,  l’Eau  de 
vie,  &  le  vinaigre  diilillé  :  parce  que 
telles  Eaux  doivent  être  diftillées  par 
des  formes  particulières ,  ain/î  que  je 
le  feray  voir  cy- après  lorfque  j'au- 
lay  parlé  des  Eaux  composées ,  dont 


f  Ctnnamomi  MatthïoU , 

I  Imperialü  Varandai, 

Ac^vA.^  CœleStù  loann.  de  Figo, 

I  Theriacalis  Rondeletii, 
Aluminofa  Liebaudii. 

Et  voilà  la  premiei*e  choie  que  j’ay 
promife ,  qui  me  fera  palfer  au  fécond 
poinét  concernant  les  vaiffeaux  qu’on 
employé  aujourd'huy  mal  à  propos 
pour  les  extraire.  Surquoy  je  remar-  cinq 
que,qu'on  fe  fert  aujourd'huy  de  cinq  finis  de 
fortes  de  vafes  aux  Alembies,  comme 
on  parle.  Le  premier  cft  un  grand  va- 
fe  de  cuivre ,  appelle  refrigeratoire,  i,Refrù 
qui  porte  de  l'eau  fraîche ,  quieon-  sennei- 
dcnle  les  efprits  ,  ce  dit-on ,  qui  par-  "• 
viennent  juCjues  au  haut  de  la  chap 
pe ,  &  fait  que  leldites  Eaux  en  font 
par  après  fort  bonnes ,  en  quoy  ceux 
qui  les  ont y  procèdent  ainfi.  Ils  dé¬ 
coupent  ôc  pilent  lés  herbes  ,  foit 
chaudes  ou  froides  indifteramment , 

&!  ajoutent  de  l'eau  commune  en 
iÇihz  bonne  quantité  lùr  icelles ,  puis 
bouchent  bien  la  courge ,  &  la  cliap- 
pc,  Sc  pofent  le  Refrigeratoire  ou 
£ir  un  trepied  ,  ou  dans  un,  four¬ 
neau,  qui  a  une  grille  pour  le  Ibû- 
tenir,  ôc  là  avec  un  bon  fat  chauf¬ 
fent  ledit  vafe  ,  qui  touche  immé¬ 
diatement  j  ou  peu  s'en  faut ,  la-ha- 
me  du  feu  ou  la  braife ,  &  en  te¬ 
nant  curieulèment  l'Eau  delà  chappe 
fraîche  par  divers  changemens  ,  ils 
diftillent  ainfi  les  Eaux  en  abon¬ 
dance  &  avec  facilité  ;  car  en  un 
jour  il  en  fort  plus  grande  quan¬ 
tité  ôc  plus  promptement  ,  qu’on 

n'en  pourroit  avoir  en  une  fèpraaine 
pac 


Tarait  te  des  Eaux  dtftîüées.  m 


pr  le  moyen  d’un  autre  forte  de 
vafe.  Que  fi  on  demande  pourqnoy 
ce  valè,  a  été  fabriqué  plutôt  de  cui- 
■  vre  qiie  de  quelque  autre  matière  j 
je  réponds  qu’on  en  pourroit  ren¬ 
dre  trois  raifons.  La  première  pour 
autant  que  la  connoiffance  de  travail¬ 
ler  le  cuivre  eft  beaucoup  plus  ancien¬ 
ne  que  du  fer. 

îline.  — PofiertHS  ferri  efi  Arifque  rf- 
pertm. 

Sed  prior  Arts  erat  ,  quam  ferri 
cognitus  nfiis. 

La  lècondcjparce  que  le  cuivre  eft 
plus  beau  &  plus  agréable  ,  voilà 
pourquoy  les  roues  &  gentes  des  cha¬ 
riots  étoient  faits  de  cuivre  j  &  les 
chevaux  étoient  ferrés  de  cette  ma¬ 
tière  par  magnificence  anciennement, 
d’où  vient  qu’on  appelloic  Chalco- 
podes  ,  bien  que  quelqu’un  ait  pen¬ 
sé  que  ce  mot  de  Chalcps  ait  été 
attribué  quelquefois  au  fer  auffi  bien 
qu’au  cuivre.  Finalement  j’eftime 
que  ce  mctail  a  été  jugé  prefcrable, 
pour  autant  qu’un  tel  &  'fi  .grand 
vafe  fait  de  fer  eût  été  pefent  & 
importun  à  merveilles  ,  &  dange¬ 
reux  à  rompre.  Car  le  fer  qui  eft 
beaucoup  plus  aigre  &  plus  pefant 
ne  s’étend  pas  en  fi  menues  lamines 
fans  fe  rompre  comme  feit  le  cui¬ 
vre  ;  outre  qu’en  peu  de  teins  par 
la  force  du  feu,  le  fer  eût  jetté  for¬ 
ce  cralfe  ,  &  fe  feroit  diminué  par¬ 
ce  moyen  :  car  fi  on  remarque  les 
forges  des  Marefehaux  &  des  au-, 
très  ou  le  cuivre  eft  ouvragé  ,  on 
verra  bien  qu’és  premières  la  ctal- 
fe  eft  abondante  ,  &  qu’és  autres 
ü  ne  s’en  trouve  .gueres.  Lt  de  fait 


à  raifon  de  fa  durée ,  les  Romains 
l’ont  préféré  pour  en  faire  les  fta- 
tiics ,  médaillés ,  &  tablettes ,  fur  lef- 
quelles  ils  tenoient  leurs  ordonnances 
gravées,  comme  pour  fervir  d’un  per¬ 
pétuel  témoignage  à  la  pofterité. 

Mais  voyons  le  fécond  Alembic  secotiA, 
qu’on  employé  aujourd’huy,qui  s’ap-  Rofaire. 
pelle  Rofàire,  à  caufe'de  la  coûm- 
me  qu’on  a  pris  d’y  diftiller  J’Eau 
Rofe,  lequel  eft  un  petit  fourneau 
de  fer  qui  porte  une  couppc  de  cui¬ 
vre  ,  couverte  d’une  grande  &  poin- 
(ftu'é  chappe  de  plomb ,  dans  laquel¬ 
le  couppc  ils  mettent,  leurs  herbes 
qu’on  pile  ,  ou  incife  grollîere- 
ment  avec  cette  circonftance,  felon 
quelques-uns ,  qit’immediatement  au 
delfus  de  la  matière  qui  diftille  dans 
la  couppc ,  il  y  faut  mettre  un  peu 
de  fable  d’un  travers  de  doigt  ou 
environ  ,  afin  que  par  le  feu  qui 
chauffe  immédiatement  le  vafe  où 
font  lefdites  herbes  &  chofes  fem- 
blables elles  ne  viennent  à  fe  brû¬ 
ler  en  quelque  forte  :  ce  qu’on  é'^'i- 
tera  par  le  moyen  dudit  fable  ,  qui 
eft  entre  le  feu  &  les  herbes  fuf- 
dites.  Lequel  vafe  au  refte  peut  avoir 
pris  vogue,  &  s’être  maintenu  jufe 
ques  à  prefant  pardeflîis  les  autres’, 
pour  quatre, raifons  affez,- valables  en 
apparence.  Dont  la  première  eft,  que 
telles  Eaux  ne  retiennent  point  on 
fort  peu  d’empyreume  paflànt  par  ce¬ 
rnerai  ,  parce-  que  le  plomb  reçoit 
fort  peu  d’ardeur  &  acuité  du  feu, 
comme  plus  mol  qu  il  eft  ,  &c  qui 
fefond  à  plus  douce  ôc  legerc  cha¬ 
leur  que  les  autres  métaux  -,  ainfi; 
que  Matthiole  femblc  l’avoir  creu. 

Voilà  pourquoy  les  Spagyriques  ôc 
Diftiilateiirs  en  toutes  leurs  extra- 
ee  3  üions; 


Vline 
//v.54- 
chu^.  i8. 


iiL  ait  té  des  Eaux  âtHiUées. 


étions  des  fubftances  qui  craignent 
Taduftion,  ufent  des  bains  de  Plomb 
à  caufè  qu’il  rend  une  chaleur  beau¬ 
coup  plus  modérée  &  égale  que  nç 
fçauroit  faire  le  fer ,  le  cuivre ,  &  la 
terre  ciiitte,  qui  gardent  long-teanps 
une  imprcfllon  de  feu  forte  &mor- 
dicante.  Secondement  la  Chappe  de 
lomb  augmente  la  froideur  aux 
erbes,  &  Eaux  froides  ,  &  corri- 
e  la  chaleur  de  celles  qui  font  chair¬ 
es ,  &  les  rend  par  ce  moyen  meil¬ 
leures  &  plus  exquifes ,  ce  qui  pro¬ 
vient  à  raifon  de  fa  qualité  rafraichif- 
lànte.  Voilà  pourquoy  appliqué  en 
placque  liir  les  reins  ,  il  a  la  vertu 
de  reprimer  la  chaleur  de  l’Homme 
trop  addonpé  à  luxure  >  ainli  que 
Caluns  grand  orateur ,  au  rapport 
de  Pline,  fc  garcntilloit  des  pollu¬ 
tions]  nodurnes  ,  &  importunes  qui 
le  deftournoit  bien  lôuvcnt  de  vac- 
uer  à  fes  eftudes.  AdaUigatü  Inm- 
onm  &  remm  parti  laminü  fii- 
gidiore  natma  inhibere  impetui  ve- 
neris  :  vijaque  in  quitte  venerea 
fponte  natma  erutnpentia  ufqm  in 
mor.hi  genm  ,  hû  laminis  Caluus 
orater  cehibuijfe  tradimr  ,  vires- 
que  corperü  fludiorum  lahori  eufio- 
dijfe.  Et  de  fait  nous  nous  lèrvons 
des  mortie^  &  pilons  de  ce  metail 
pour  aider  &  augmenter  la  froideur 
des  matières  qu’on  y  broyé.  En  troi- 
fiéme  lieu  on  peut  dire  que  telles 
Eaux  qui  paffent  par  la  Chappe  de 
plomb ,  acquièrent  une  vertu  corro¬ 
borative  que  ce  metail  leur  imprime, 
comme  il  en  eft  dolié  particulière¬ 
ment  fuivant  ce  qu’on  remarque  de 
l’Empereur  Néron ,  au  rapport  de 
Pline,  qui  avoir  accoiiftumé  de  por¬ 
ter  urc  placque  de  Plomb  fur  la  poi- 


drine  pour  fortifîer  par  ce  moyen  fa 
voix,  fous  laquelle  placque  il  chan- 
toit  plus  vigoureufement  fes  chan- 
fons  lubriques  ,  ce  qu’il  n’auroit 
fait  fans  icelle.  Nero  Princeps  (in- 
quit  Pliniui  )  lamina  plumhi  peUo- 
ri  impojîta  ,  fuh  ea  cantied  excla¬ 
mant  ,  alendü  vecibui  demanfiravit 
rationem.  Finalement  difent  ceux- 
cy  ,  telles  Eaux  étant  diftillées  par 
CCS  Chappes  ,  acquièrent  encores 
une  propriété  rare  qu’on  remarque 
au  plomb  ,  à  fçavoir  de  conlèryer 
de  corruption  &c  pourriture.  Voilà 
pourquoy  on  fè  fert  de  ce  metail ,  à 
faire  des  cailles  pour  mettre  les  corps 
morts ,  qu’on  yeut  longuement  con- 
férver  en,  leur  entier.  De  plus  on  ap¬ 
plique  une  placque  de  Plomb ,  fur  le 
ventre  des  Enfans  ,  pont  les  prefer- 
vér  &  garentir  de  la  vermine ,  par  le 
moyen  de  quoy  tels  Alembics  feront 
preferèz  à  tous  autres. 

Mais  delaillânt  les  .  deux  '  façons  rMî/îj- 
fiifdites ,  je  trouve  que  d’autres  em- 
ployent  des  Courges  &  Chappes 
de.  cuivre  bien  étannées  au  dedans, 
au  canal  defquellcs  Chappes  ils  op-  fajfe  à 
polènt  un  tuyau  de  fer  blanc ,  appef  «’avirs 
lé  ferpentine  ,  qui  traverlè  un  ton- 
neau  pertuifé  pleiii  d’eau  froide  , 
afin  que  les  elprits  des  herbes  pailans  d'ea». 
p’ar  ledit  canal  fbyent  pluftot  ,con- 
denfèz  ,  &  lefdits  vafes  de  cuivre 
font  pofèz  ,  ou  fur  tripied ,  QU  dans 
un  fourneau  ,  où  il  y  a  une  grille 
qui  les  fouftient  ,  &  la  avec  bon 
feu  ils  eftiment  que  cette  façon  de 
faire  efi:  préférable  ,  allèn.rant  que 
l’étameure  ,  qui  eft  -.au  dedans  de 
ladite  Courge  &  Chappe  ,  empef  , 
che  parfaitte.nenr  que  leidites  Eaux  : 
n’attirent  rien  d’étrange  dudit  W*"'.;' 

'  vre. 


Trait  té  des  Eaux  âifttlUes.  i-tj- 


vre  J  &  qu’ainfi  elles  font  fort 
bonnes. 

(Sjun-  D'autres  mettent  encores  lesjier- 
mmt  bes  dans  des  Courges  de  terre  ver- 
Oituf  nie ,  qu'ils  couvrent  de  Chappes  de 

Vütie  ■‘■•Il  •  1 

«Wié"  ajancent  fur  des 

cAd/i/ie  grilles  dans  des  petits  fourneaux, 
iswr-  comme  les  precedents  3  &  ainfi  ils 
infiftent  ,  plus  à  propos  que  les 
autres  ,  &  leurs  Eaux  font  préfé¬ 
rables  ,  à  caufè  que  de  la  terre  ver¬ 
nie  ,  &  de  la  Chappe  de  verre  ne 
peut  rien  procéder  d'étrange.  Fina- 
lèmént  dautres  méprifànt  toutes  les 
jilm-  procedures'  fiifdites  ,  s'arreftent  à 
fc  celle -cy  ,  pour  diftiller  les  Eaux 
défirent ,  à  fçavoir  de  fe  fer-, 
vir  en  cela  de  Courges ,  &  Chap¬ 
pes  de  verre  qu’ils  adjancent  pro¬ 
prement  dans  une  conppe  de  fer  , 
ou  de  cuivre  pleine  de  cendres , 
fous  laquelle  couppe  il  y  a  un  four¬ 
neau  pour  faire  feu.  Et  ainfi  ils  af- 
feurent  que  c'eft  la  façon  de  diftil¬ 
ler  la  plus  parfaite  :  car  du  ver¬ 
re  ne  peut  être  communiqué  la  moin¬ 
dre  chofê  du  monde  ,  qui  foit 
étrange. 

Mais  Meffieurs  ,  contre  tou¬ 
tes  les  fufditeS  façons  de  faire  ,  je 
fuis  contraint  avec  regret ,  de  re- 
prefenter  aujourd’huy  au  public ,  que 
je  m'étonne  grandement  de  k  né¬ 
gligence  &  du  peu  de  curiofitc  de 
ceux-là  qui  diftillent  les  Eaux  des 
plantes  &  autres  chofès  exquifes  de 
la  forte.  Car  il  n'y  a  rien  en  tou¬ 
te  la  Pharmacie  de  plus  ‘confits, 
rien  de  plus  étrange ,  &  qui  rende 
de  plus  mauvaifes  &  dcfàgreables 
liqueurs  ,  que  ces  fortes  d’Alem- 
hics  &  vafès  :  par  ce  que  flairant 
&  gouftanc  telles  Eaux  diftiilées  a. 


on  les  trouvera  infailliblement  toutes 
indifféremment  chargées  de  beaucoup 
d'Empyreume,  Et  qui  pis  eft  tant 
s’en  faut  qu'elles ,  ayent  les  pro- 
prietez  qu'on  defire  ,  qu’au  con¬ 
traire  lès  froides  deviennent  chau¬ 
des  ,  &  les  chaudes  acquièrent  des 
qualitez  étranges  &  fort  nuifibles. 

D'où  vient  que  les  Médecins  &l  les 
malades  ,  qui  employent  telles  Eaux 
avec  les  fyrops,  penfànt  compofer  des 
lûlcps  raffaichiffaris  &  agréables  5  fe 
trouvent  entièrement  fruftrez  de  leur 
efperance  :  celuy  là  pour  ne  recon- 
noître  aucun  prolît  ,  par  le  moyen 
d’un  tel  remede ,  &  celuy  cy  fè  trou-i 
vant  échauffé  plus  qu’auparavant ,  & 
ennuyé  d’avoir  avalé  un  fi  defàgrea- 
ble  breuvage.  Pour  autant  que  le 
mauvais  gouft  ,  &  jene  fç.ày  qupy  u<iihi(>, 
de  fâcheux  qu’il  en  reffent  par  aprez,  lum.- 
l’excite  &c  luy  caufê  infailliblement 
des  naufées-,  mal  d’eftomach  &  au¬ 
tres  incotniiioditez  beaucoup  plus 
importunesTT^fie  s'il  avoir  pris  une 
decoélion  d’herbes  &  antres  chofes 
qu'on  fait,  bien  clarifitées  en  forme 
d’Apozeme.  Que  fi  q  uelque  opiniâtre 
&  mal  avifé  vient  à  méprifèr  toutes 
ces  remontrances,  colnme  je  croy 
qu'il  ne  s'en  trouvera  que  trop  ;  je 
croy  être  ncceffairé  de  le  preflèr  par 
raifons  en  ce  lieu,  pour  luy  feire  con- 
felîèr  fon  ignorance ,  en  luy  partiel^ 
larifànt  d  où  viennent  les  defauts  aux 
Eaux  qui  font  diftiilées  dans  les  fîtf- 
dits  vafes,  afin  que  changeant  d’avis 
&  de  méthode ,  il  employé  d'orefna- 
vant  le  vray  &  légitimé  moyen  pour 
diftiller  des  Eaux  très- exquifes. 


2.14  Trait teZj  des  Eaux  âiftiÜées, 


Contre  tAlemhîc  appelle'  Refri- 
geratoire. 

Difbns  donc  en  premier  lieu  con¬ 
tre  le  Refifigeratoirc  cy- devant  allé¬ 
gué  ,  îjue  c'eft  une  grande  faute  de 
diftiller  les  iierbeà  dans  cette  for¬ 
te  d'Alembics  ,  pour  deux  raifons 
tres-bonnes.  La  première  ,  par  ce 
qu’en  ce  failànt  on  eft  contraint  de 
verfer  dans  iceluy  quantité  d’eau 
commune  ,  comme  j’ay  dit  cy-dc- 
vant  ;  pour  empefcher  que  lefdi- 
tes  herbes  ne  fe  bruflent  j  comme 
fans  doute  il  adviendroit.  D’od 
s’enfuit  ainfi  faifant  ^que  l’Eau  qui 
en  fort  n’eft  juftement  ,  ou  peu 
s’en  faut  ,  que  de  l’eau  commune: 
mais  de  la  propre  liibftance  deC- 
dites  herbes  ,  fi  peu  que  rien.  Par 
ce  que  l’eau  commune  qu’on  y  a 
verfée  par  delfus  ,  qui  nage  fur 
ces  matières  ,  comme  plus  difpo- 
féc  à  monter  pluftot  ,  fo  trouve 
diftillée  avant  que  la  liqueur ,  & 
l’humidité  defoites  plantes  foit  for- 
tiej  ce  que  ncantmoins  on  recher¬ 
che  d’elles. 

Et  l’autre  raifomeft,  que  le  cui¬ 
vre  imprime  infeilliblement  à  ces 
herbes  tendres ,  &  encor  mieux  aux 
Eaux  ,  comme  plus  tenues  une  acui¬ 
té  manifefte  ,  &  qui  ne  peut  être 
que  fort  dommageable  ,  eu  égard 
aux  chofes  qui  procèdent  de  ce  me- 
tail  i  comme  eft  le  Verdet ,  &  autres 
qui  pourroient  beaucoup  nuire  à  ceux 
qui  en  prendroient  par  la  bouche. 
Voilà  pourquoy  les  Anciens  d’Egyp¬ 
te  ne  continuèrent  guère  de  boire 
dans  des  taffes  de  cuivre  au  rapport 
d’HerodotCj  pour  raifon  de  la  roüil- 


leurcj  &  quelque  autre  mauvaife  qua¬ 
lité  qu'ils  reconnoiflbient  en  leur 
breuvage. 

Outre ,  pour  reprouver  cette  forte 
d’Alembic ,  que  tels  diftilleront  pour 
avoir  promptement lefdites  Eaux,  & 
afin  d’efpargner  le  temps ,  &  depef 
cher  la  befogne ,  contraints  de  foire 
un  tel  &  fi  bon  feu  au  dellous  de 
flâme  ou  de  braife  ,  qu’à  les  voir 
faire ,  on  diroit  qu’ils  veulent  roftir 
le  bœuf  de  Milon  Crotoniates,  du¬ 
quel  parle  Cicéron  en  fon  livre  de  Se~ 
Ke^?«re,confumans  par  ce  moyen  les 
vertus  de  ces  herbes  tendres  ,  ainli 
que  Monardes,au  lieu  preallegué,s’é- 
crie  contre  ce  procédé.  Maxime  hoc 
evenit  mftrû  partihui,  quibut  cauft 
majorii  lucri  tmto  intendio  fubdu- 
cuntur  :  quod  non  tantum  vires  ac 
facultates  tenerarum  herbarum  con- 
fumeret ,  fed  Milonis  taururn  deco- 
queret.  Qui  me  fait  refoudre  à  rçjct- 
ter  une  telle  forte  de  valè  :  car  jamais 
tels  vaiftéaux  ne  fiirent  inventez  pour 
tirer  l’eau  des  fleurs  ou  herbes  ten¬ 
dres  ;  mais  tantfeulement,  comme  je 
penfe,  les  Huiles  des  .bois ,  écorces, 
fleurs,  graines ,  &  autres  chofos  chau¬ 
des  ;  comme  de  Canelle,  Sauge,  Rot 
marin ,  d’écorce  d 'Orange  ,  d’Anis, 
Fenouil,  &  fcmblables.  Defquels  hui¬ 
les  &  ellênces  je  ne  parleray  pa^  pre- 
fentemene  ,  tant  à  caufe  que  je  me 
veux  arrefter  au  fijjet  particulier  que 
j’’ay  propofé  ,  qii’aufli  pour  autant 
que  Liebaut,  &  Baptifta  Porta,  en  dé¬ 
crivent  les  vrayes  méthodes'  pour  les 
extraire,  ou  les  curieux  de  ces  chofes 
pourront,  avoir  recours ,  fi  bon  leur 
fombic. 


ùn 


des  Eaux  dtïiiüées.  115 


Contre  l'Alemhic  appelle'  Ro-  . 
faire. 

Quant  au  fécond  Alembie  ap¬ 
pelle  Refaire  ,  couvert  duneChap- 
pe  de  plomb  ,  il  eft  auffi  rejetta- 
ble  que  l’autre  ,  quoy  qu’il  fcmble 
que  les  raifons  cy  -  devant  alléguées 
ayent  quelque  poids  pour  les  met¬ 
tre  en  compte  ,  lefquelles  j’abbatray 
facilement  '&  fans  grand  artifice. 
Et  premièrement  contré  celle  qui 
regarde  la  mollelTe  &  tendreté  du 
plomb  ,  qui  peut  empefeher  que 
lefdites  Eaux  ne  fe  relïèntent  de 
la  chaleur  du  feu ,  comme  font  les 
autres.  le  dis  qu’on  fe  trompe: 
car  quoy  que  je  n’en  voululfe  pas 
accnlér  la  Chappc  de  plomb ,  pour 
les  confiderations  fïis  mentionnées: 
que  ce  neantmoins ,  il  y  a  de  l’ap¬ 
parence  ,  que  cela  provient  de  la 
Couppe  de  cuivre  qui  eft  au  deC- 
fous  ,  laquelle  contient  les  herbes 
qu’on  diftille  ,  ajoutant  à  cela ,  que 
le  feu  n’eft  pas  gouverné  au  deflbus 
avec  telle  prudence  qu’il  fèroit  re¬ 
quis  &  necelfaire.  Q^e  fi  nous 
en  devons  croire  à  Pline  ,  lors 
qu’il  dit  qu’un  vafe  de  plomb, 
plein  d’eau  ne  fe  fondra  point  fur¬ 
ie  feu  ,  comme  il  fera  fi  on  y  jette 
un  brin  de  cuivre  ,  voire  que  ledit 
cuivre  pervertit  tellement  la  qualité 
dudit  plomb,  qu’au  lieu  de  refifter 
au  feu  par  fà  température ,  il  fe  brûle 
&  ne  peut  fubfifter ,  nous  employe- 
rons  cela  pour  une  troifiéme  raifon 
Vline  contre  ces  Rofàires.  £t  mirum , 
54-  ac^ua  addita  non  liquefeere  vafa  è 
■  plutnbo  confiât  :  eadem  in  aqua 
calculus  areujue  quadrant  fi  ad- 


datur  ,  vas  perurit.  Et  finalemen*^ 
encores  contre  les  louanges,  de  la¬ 
dite  Chappe  de  plomb  ,  je  pourrois 
dire  ,  que  fi  ce  metail  a  tant  de  bel¬ 
les  qualitez  pour  diftiller  des  bon¬ 
nes  Eaux  des  Herbes  ,  qu’il  fau- 
droit  donc  que  non  feulement  la 
Chappe  ;  mais  que  la  Couppe 
pareillement  fut  de  même  étoftè 
dc  ainfi  il  y  auroit  plus  d’apparen¬ 
ce  de  les  admettre  :  car  on  auroit 
foin  de  ne  foire  pas  trop  grand 
feu  au  dcllbus  ,  de  peur  que  tout 
ne  vint  à  fè  fondre.  Si  bien  que 
ou  de  la  Couppe  de  cuivre  ,  ou 
du  mélange  du  cuivre  avec  le  plomb, 
ou  du  trop  grand  feu  qu’on  y  em¬ 
ployé,  telles  Eaux  ne  fe  trouvent  ja¬ 
mais  que  defagreables. 

Mais  afin  que  perfônne  ne  fe 
mette  eh  peine  de  faire  foire  tel¬ 
les  fortes  de  vafès  tout  de  plomb, 
pour  diftiller  les  Eaux  de  la  for¬ 
te  :  je  feray  voir  que  je  ne  bl⬠
me  pas  le  plomb  ,  pour  la  cha¬ 
leur  ,  &  empyreume  tant  feule¬ 
ment  :  car  on  y  pourroit  en  cela 
apporter  quelque  ordre  &  remc- 
de.  Mais  il  y  a  d’autres  maux 
&  préjudices  qui  en  reviennent, 
qui  font  d’aufli  ,  voire  de  plus 
grande  importance  que  l’empyreurae 
cy-deyant  allégué  ,  comme  je  feray 
voir  aprez  avoir  répondu  aux  autres 
raifons  de  ceux  qui  Ibûtienncnt  les  ro¬ 
fàires  avec  les  Chappesfufdites,difant 
contre  ce  qu’ils  ont  dit  en  fécond 
lieu ,  que  le  plomb  par  fà  froideur, 
q)cut  augmenter  la  froideur  aux  Eaux 
des  herbes  froides ,  &  fervir  par  ce 
moyen  de  correébif  à  celles  des  herbes 
chaudes,&  les  meliorer  ainfî  pqurl’u- 
fàge  des  malades ,  qu’ils  fè  trompent. 

ff  D'aa 


lié  Trait îeZj  des  Eaux  âiftiüees. 


D’autant  que  la  qualité  dès  telles 
Eaux  eft  bien;  telleraenç  pervertie  , 
aprez  avoir  palFé,  par  telles  Chap- 
pes  J  qu’au  lieu  que  les  froides 
ayent  la  v-crtu  plus  rafraichiiran- 
te  J  comme  ils  difènt  :  au  contrai- 
it  nous  vérifions  par  expérience» 
qu’elles  s’échauiFent  &  font  gran¬ 
dement  prejudiciables  »  &  que  les 
chaudes  perdent  entièrement  •  leur 
odeur  J  laveur  &  propriété  ».  ainfi 
même  qu’il  fo  remarque  en  l’Eau 
d’Abfinthe  »  laquelle  au  lieu  d’ê¬ 
tre  amerc  au  gouft  >  foivant  la 
qualité  de  ladite  plante  ,  &  com¬ 
me  elle  devroit  être  ,  elle  fo 
trouve  douceaftre  ,  &  de  laveur 
comme  fâde.  Ce  qlii  montre  clai¬ 
rement  que  le  plomb  renverfe  & 
amollit  entièrement  la  vertu  & 
propriété  de  l’Eau  fulHite.  Qiie  fi. 
laditte  Chappe  a  la  force  d’étein¬ 
dre  l’amertume  de  l’Abfinthe  &  luy 
faire  acquérir  un  gouft  tout  con¬ 
traire  :  qui  eft  -  ce  qui  m’erapef- 
chera  d’eftimer  &  de  croire  que 
Its  Eaux  des  plantes  tendres  ,  & 
délicates  ,  qui  ne  peuvent  pas 
refifter  à  des  changemens  fi  con¬ 
traires  ,  ne  foyent  perverties  & 
entièrement  altérées  >  Non  ,  il 
jfàut  refoudre  que  telles  liqueurs» 
ne  retiennent  du  tout  les  quali- 
tez  des  fueilles  &  fienrs,  d’où  on; 
les  tire  ,  &c  par  confequent  qu’el¬ 
les  font  non  leulement  inutiles  ; 
mais  falcheufes  &  prejudiciables  à 
prendre. 

Et  quant  à  ce  qu’il  a  été  al¬ 
légué  cy  -  devant  de  la  vertu  cor¬ 
roborative»  que  le  plomb  peut  im¬ 
primer  auldites  Eaux  ,  fiiivant  l’e- 
atemple  de  Nexon.  l’Empereur..  Iç. 


réponds  qu’autre  chofe  eft  d’appli¬ 
quer  le  plomb-  extérieurement ,  & 
autre  d’en  prendre  la  decoétion  par 
la  bouche.  Car  en  repouflànc  par 
antiperiftafe  ,  comme  on  parle ,  la 
chaleur  au  dedans  de  la  poiélri- 
nc  par  application  externe»  la  cha¬ 
leur  fe  renforçant  par  ce  moyen 
au  dedans  »  peut  faire  avoir  la 
voix  plus  forte  comme  on  a  dit. 
Mais  qu’il  ait  quelque  vertu  par- 
dculiere  »  pour  corroborer  &  im¬ 
primer  aux  Eaux  »  la  vertu  fuf- 
dite  »  rien  moins  ,  cela  eft  ridi¬ 
cule.,  Comme  aiilfi  laditte  froi¬ 
deur  du  plomb  fait  confover  les 
corps  morts  de  corruption  »  & 
contre  -  garder  les  Enfans  de  ver¬ 
mine  -,  par  ce  que  la  corruption 
&  la.  vermine  n’intcrvienc  jamais 
en  un  foj.et  que  moyennant  une 
humidité  &  chaleur  temperéc.  Si 
bien  que  le  plomb  qui  eft  foid» 
repoullànt  comme  j^’ay  dit  »  la 
chaleur  au  dedans  »  diffipe  &  re¬ 
font  la  matière  d’oû  s’engendre 
la  vermine.  Et  lors  qu’il  confer- 
ve  les  corps  morts  de  pourritu¬ 
re  »  cela  lè  fait  par  le  moyen  de 
la  frigidité  ».  &  feicliereié  con¬ 
traire  ».  à  ce  qui  le  veut  corrom¬ 
pre.  Par  le  moyen  de  quoy  il  fe 
vérifié  ,  qu’il  ne  produit  pas  ces 
effets  pour  caufo  de  quelque  ra¬ 
reté  qui  fo  puilîè  remarquer  ca 
la  .matière.  Que  fi  la  froideur 
de  ce  metail  étoit  tant  confide- 
rable  »  pour  eftimer  les  Eaux  froi¬ 
des  »  qui  auroient  paffe  à  travers 
iceluy  ,  pour  être  plus  froides  ;  il 
s’cnfiiivroit  que  les  Eaux  douces 
d’une  vertu  narcotique  »  feroient 
les  plus  excellentes  ,  comme  fort 


^raitte  des  Eaux  dïjiïllées.  x-lj 


froides  :  ou  bien  les  Eaux  qiu 
font  actuellement  placées  ,  com¬ 
me  la  grefle  ,  la  neige  ,  ic  fom- 
blables.  Chofo  abfurde  néant- 
moins  :  car  au  contraire  telles  Eaux 
font  courre  hazard  de  la  vie ,  à 
ceux  qui  en  boivent  »  ainfi  que 
Iju.ji.  Pline  l’ailiire.  .Nivem  quidem 
glaciemque  fuipdlijfimam  elemen- 
ti  ejtu  videri  rmror  ,  uppojîta 
grandinum  augmenta  ,  è  qtàbas 
pefiileritijfimum  patum  ejfe  con- 
venit. 

Mais  il  eft  temps  que  je  décou- 
X)iofco-  vce  mieux  les  vices  de  ces  Chap- 
rUe,  pes  de  plomb  j  afin  que  je  con¬ 
tente  les  plus  dcgoutez  opinia- 
n'es  fur  cet  article  ,  aufqutfs  j  e  re- 
prefente  ,  que  puis  que  la  Lithar- 
ge  &  la  Cerufo  procedans  du 
plomb  J  comme  on  fçait ,  font  dro¬ 
gues  mortelles  &  dangereul'es  pour 
prendre  par  la  bouche  y  fans  que 
je  me  mette  en  peine  d"en  faire  de 
grandes  preuves  :  que  donc  le 
plomb  ne  peut  être  gueres  bon 
pour  la  fantc  des  perfonnes  ,  puis 
qu’il  demeure  confiant  ,  que  les 
Eaux  en  pafiànt  par  ces  infiru- 
mens  y  retiennent  ou  peuvent  ac¬ 
quérir  par  l’impreffion  que  leur 
donne  ce  metail  ,  ce  qui  efi  de 
fon  tempérament  &  de  là  matière. 
Ce  qui  efi  fort  véritable  ,  &  plqs 
làcilcmcnt  que  ne  fait  pas  une  Eaii 
minérale ,  qui  pafle  toute  froide 
à  travers  les  métaux  j  car  la  force 
du  feu  en  la  difiillation  ,  fait  que 
-le  dedans  defdites  Chappes  ,  prin¬ 
cipalement  des  neuves  ,  efi  toute 
couverte  d’une  fleur  blanche  »  qui 
n’efi  autre  eholè  que  pure  Cerufe, 
fur  laquelle  les  Eaux  pal&nt  en  di- 


fiillant ,  &  en  attirent  la  qualité  d’i¬ 
celle.  D’où  il  s’enfuit  qu’il  fe  peut 
enfuivre  des  grands  maux  de  leur 
ulàgc  par  aprez.  Et  notamment  ou¬ 
tre  ■  les  naufées  ,  mal  d’efiomach  , 
comme  j’ay  dit  cy  -  devant  j  la  dif- 
lènterie  tres-fàcheulè  ,  ainfi  que  Ga¬ 
lien  &  Aétiu^  le  difent  de  l'Eau  de 
pluye  y  qui  paflê  par  des  canaux  &  /.  «. 
conduits  tàits  de  plomb.  Ce  qui  pro-  caf.nU 
vient  à  caufe  que  ce  metail  efi  froid 
&  lèc  :  car  lors  que  les  Eaux  en  ont 
tiré  telles  qualitez  ,  il  avient  'qu’el¬ 
les  fo  trouvent  aucuneiuent  adfirin- 
gentes  ,  par  cette  communica¬ 
tion  y  &  léjournent  plus  de  temps 
dans  l’eftomach  ,  qu’il  ne  feroit 
necclfaire  »  refroidillcnt  cette  par¬ 
tie  ,  &  empelchent  la  digefiion, 
en  telle  forte  ,  qu’aprez  ce  détra¬ 
quement  y  il  s’en  enfuie  le  flux 
de  ventre  :  &  finalement  la  diflén- 
terie. 

Si  bien  pour  conclnfion  >  que 
tant  à  caufe  que  lefdites  Eaux  re¬ 
tiennent  quelque  vertu  des  plantes 
d’où  elles  font  tirées ,  qu’elles  fen- 
tent  fort  l’empyreume  >  &  que  de- 
lailîànt  leurs  bonnes  qualitez  ,  el¬ 
les  en  acquièrent  détranges  &  dan- 
gereufes.  le  reviens  à  ce  point  de 
dre  hardiment  qu’il  ne  faut  point  thkt. 
dorefnavant  difiiller  les .  Eaux  dans  1. 1  .c, 
ces  Rofaires  ,  fuivant  même  ce  que 
Matthiole  ,  &  particulièrement  Cro- 
nemburgius  de  Cologne  en  di¬ 
fent.  Hac  cum  eJfe  'vera  canftet  neconsr 
quü  igitur  nunc  in  plumbeü  cam- 
panis  diBillatas  aquas  amplius 
tifurpare  volet  ,  nifi  plané  Me- 
dicus  temerarius  ,  aut  homo  fa-  ftftiU*- 
lutis  fua  contemptor  atidax  y  tity 
cum  equidem  exitialem  facultatcm 
ff  a  UU 


12,8  Traitté des  Eaux  àiJiïÜéei. 


ilU  fortiantur  /'  mais  afin  que  je  ren¬ 
de  raifon  d'iiii  tel  Alembicj  &d'ôù 
vient  qu’il  a  été  iifi[éj&  comme  il  y  a 
de  l’apparence  qu’on  en  a  eu  autrefois 
quelque  railon  particulière  j  j’eftime 
(  fans  toutesfois  l’allèurcr  pour  cho- 
fe  vraye  )  que  tels  vafes  s’appro- 
prioieiit  pour  diftillcr  tts  Eaux  dé¬ 
diées  pour  la  guerilbn  des  ulcérés 
&  des  playes  :  car  le  plomb  con¬ 
vient  fort  bien  à  cela.  Peurveu  tou¬ 
tesfois  qu’en  tirant  les  Eaux  dans 
ces  valès  ,  le  feu  foit  gouverné  avec 
modecacion  &  prudence  ,  afin  qu’au 
lieu  de  rafraicHir,  ou  defièicher  la 
playe,  elle  ne  s’enflâme  davantage. 

Centre  l' Alemhic  à  ferpentine ,  & 
les  deux  mtres. 

Et  pour  fiivre  mon  dellèin  ,  & 
arler  des  autres  vafes  qui  fuivent, 

fçavoir  la  courge  &  chappe  de 
cuivre  J 'enfemble  lorfque  la  courge 
eft  de  terre  &  la  chappe  de  verre, 
ou  bien  lorfque  tous  deuj^lont  de 
verre,  qu’on  pofè  dans  les  cendres, 
ou  dans  la  fable  cy-devant  allégués, 
pour  diftiller  l’eau  des  plantes  fraî¬ 
ches.  le  remontre  que  toutes  ces  pro¬ 
cedures  font  rejettables  :  car  ou  foit 
que  le  cuivre  &  la  terre  imprime  aux 
herbes  quelque  acuité  &  chaleur 
cxceflîve ,  comme  il  avient  fans  dou¬ 
te  ,  ainfi  que  j’ay  dit  cy-devant;  car 
tels  vaillèaux  font  posés  immédiate¬ 
ment  for  le  feu  ;  ou  foit  qu’on  met¬ 
te  les  derniers  dans  les  cendres  ou 
dans  le  foble ,  toujours  il  s’enfoit,& 
qu’on  l’éprouve  avec  curiofité  tant 
qu’on  voudra ,  que  telles  Eaux  re¬ 
tiennent  beaucoup  d’empyreume,  & 
ju’ont  jamais  été  trouvées  tels  Alem- 


bics  pour  les  extraire  t  mais  bien 
plutôt  d’autres  liqueurs  differentes  à 
celles  des  herbes  &  fleurs  recentes. 
Comme  par  exemple  ,  dans  la  cour¬ 
ge  &  chappe  de  cuivre  étannées 
on  pourra  diftiller  l’Eau  de  vie,  com¬ 
me  je  diray  en  fon  lieu  cy-aprés. 

Dans  la  courge  de  terre  vernie  avec 
la  chappe  de  verre ,  on  pourra  tirer 
l’huile  de  Terebinthine  &  fcmbla- 
bles ,  &  lors  qu’on  veut  mettre  les 
Alembics  entiers  de  verre  dans  les 
cendres,  cela  eft  bon  pour  tirer  l’Eau 
de  Canelle  >  ÜEaii  Impériale  ,  & 
d’autres  aromatiques.  Mais  non  ja¬ 
mais  Iqg  fueilles,  fleurs,  ou  antres 
parties  de  plantes  recentes. 

Par  toutes  lefquellés  confiderations,  roîî'jw 
je  fois  contraint  d’aflèurer  &  de  di-  mtjm 
re  revenant  à  mon  fujet,  en  rejet- 
tant  les  fufdites  cinq  fortes  d  Alcm- 
bics  ,  &  vafos ,  qu’il  n’y  a  qu’un  des  fi- 
foui  &  unique  moyen  pour  bien  &  m. 
deuëment  diftiller  les  Eaux  des  plan¬ 
tes  fraîches  ,  &  un  autre  pour  ex¬ 
traire  les  Eaux  composées.  Le  pre¬ 
mier  eft  par  cette  forte  d’Alembic 
qu’on  appelle  vulgairement  Bain  Ma¬ 
rie  ,  &  l’autre  pour  les  Eaux  com¬ 
posées  eft  l’Alembic  &  chappe  de 
verre ,  qu’on  ajance  dans  les  cen¬ 
dres.  Lefqnels  deux  vafos  rendront  , 
les  liqueurs  claires  &  exemptes  des 
vices  cy-devant  allégués,  parce  qu’au  fcrl'em 
goût  &  à  l’odeur  on  reconnoîua  à  des  An- 
peu  prés  fons  écriteau  la  {dus  grand 
part  d’icelles  ,  de  quelles  plantes 
elles  auront  été  tirées.  Ce  qu’on  véri¬ 
fiera  en  l’Abfinthe,  l’Eau  delaquel-’ 
le  fo  trouvera  amere  &  fort  defogrea- 
ble  :  &  les  '  safraichiflàntes  feront 
agréables  &  plailàntes ,  &c  qui  plus 
eft  douées  des  conditions  &  qualités 
deforées. 


T^raitté des  Eaux  difitüés. 


defirées.  Pour  autant  comme  le  re¬ 
montre  Matthiole  ,  que  ledit  bain 
d  eau  chaude  retient  par  ïon  humi¬ 
dité  J  &  conferve  les  parties  fubti- 
Ics  ,  &  garde  qu'elles  ne  fe  reibl- 
vent  &  evanoüillèntj  comme  il  avient 
aux  autres.  Car  ny  le  feu  ne  leur 
peut  apporter  aucun  préjudice ,  à  rai-  ' 
ion  de  l’entre  deux  dans  lequel  les 
Alcmbics  de  verre  fe  repolènt  ,  ny 
le  verre  leur  imprimer  rien  d’étran¬ 
ge  :  pour  railbn  duqud  vafè  appel- 
lé  Bain  Marie ,  je  dois  reprelenter 
trois  chofes ,  &  après  je  viendray 
à  l'Alembic  de  verre  posé  dans  les 
cendres. 

La  première  fera  comment  cft-ce 
qu’eft  fait  le  Bain  Marie;,&  en  quelle 
Ibrte  les  Alembics  feront  rangés  dans 
ce  vafe. 

Le  fécond  d’où  viennent  ces  mots 
de  Bain  &  de  Marie. 

Et  finalement  le  moyen  de  fè  fer- 
vir  d’iceluy  pour  y  bien  procéder, 
afin  que  Icfdites  Eaux  fbient  de  du¬ 
rée  &  fort  exquifes.  * 

S*i»  Difons  donc  fur  le  premier  ar- 
ticlc  J  qu'il  faut  avoir  un  grand  vaif- 
fèau  de  cuivre  comme  un  chaude- 
ron,  appuyé  &  élevé  fur  trois  pieds» 
de  fer,  au  milieu  duquel  y  aura  une 
tour  de  la  même  étoffe  ,  qui  porte¬ 
ra  la  grillé  au  fonds.  Ce  grand  chau- 
deron  fera  plein  d’eau  commune  & 
dans  icelle  on  arrangera  fix ,  ou  fept, 
ou  huit  Alembics  ,  ou  tant  qu’on 
voudra ,  fiiivant  que  la  capacité  le 
pourra  permettre  ,  Icfquels  Alem¬ 
bics  de  verre  feront  retenus  par  des 
petits  couvercles,  qui  s’attachent  con¬ 
tre  le  bord  du  ■  vafè  ,  &  contre  la 
tour  fufdite.  Puis  comme  ils  font 
ainfi  arretés  ,  afin  qu’ils  ne  fortent. 


qu’ils  ne  branlent,  &  qu’ils  ne  fè 
chocquent  l’un  contre  l’autre ,  il  faut 
faire  feu  dans  ladite  tour  apposée  au 
milieu  defdits  Alembics  ,  &  par  le 
moyen  de  ce  feu  l’eau  qui  eft  dedans 
ce  vaifTeau ,  s’échauffera ,  &  cette  eau 
chaude  échauffera  les  Alembics  de 
verre  qui  y  font  fosés  ,  &  ainfi  par 
ce  moyen  l’eau  eh  diftillcra  tres-clai- 
re  &  fort  agréable  ,  avec  les  mê¬ 
mes  qualités  qu’ont  les  plantes  d’où 
on  les  tire  ,  le  faifànt  de  telle  forte 
que  d’un  côté  il  y  ait  un  tuyau  de 
la  même  matière  de  cuivre  ,  qui  fè 
puiffe  fermer  &  ouvrir  aisément  pour 
par  iceluy  fortir  l’eau  ,  lors  qu’elle 
fera  trop  chaude,  &  audelTûs  du  cou¬ 
vercle  il  eft  befoin  qu’il  y  ait  un 
trou  pour  infufèr  par  là  de  l’eau  fraî¬ 
che  ,  tant  lors  qu’elle  s’eft  diminuée, 
qu’au  ffi  lors  qu’elle  fèra  trop  ,  chau¬ 
de,  &  qu’on  la  voudra  temperer  en 
quelque  forte.  De  laquelle  façon  de 
Bain  Matic  j’en  ay  un  tres-bicn  fait, 
auquel  j’appofefîx  Courges  ou  Alem¬ 
bics  de  verre  ,  le  modelle  duquel  fe 
pourra  voir  dans  le  grand  Difpcn- 
fàire  de  Vvecker,  qui  en  reprefen- 
te  fort  bien  le  portrait  &  la-fi- 
gure. 

Et  pour  venir  au  fécond  article 
touchant  les  noms  de  Balneum ,  & 
de  Marie,  je  trouve  premièrement 
qu’a  caufè  qu’en  un  tel  vaiffeati  le.ÿ 
Alembics  s’échauffent ,  comme  faî- 
foient  anciennement  les  perfonnes 
dans  nn  bain ,  &  principalement  les 
Romains  ,  que  de  là  ce  vafè  a  été 
ainfi  appelle.  Car  les  anciens  Ro¬ 
mains  par  faute  de  linge  dont  la 
commodité  n’étoit  pas  telle  comme 
maintenant,  au  rapport  de  Vigine^ 
rc  fiir  Tite-Live  ,  étoient  contraints 
££  I  pouE 


s  aine  a, 
Thermt 
idem. 


i  3  O  Trait  té  des  Eaux  difiillées. 


pour  fe  délivrer  de  la  poudre, fiieur, 
cralFe ,  &  ordure ,  &  le  tenir  nets, 
de  fe  chaufFer  &  laver  fort  fouvenc 
dans  des  cuves  pleines  d’eau  ,  ou 
bien  dans  des  chambres  ou  loget- 
tes ,  qu’on  appelloit  Sudatoria  ,  & 
nous ,  étuves  feiches ,  là  où  ils  s’oig- 
noient  d’huiles  odorans  ,  liqueurs, 
parfums  &  compofitions  d’intinies 
fortes  :  les  uns  le  fàifànt  pour  fe 
nettoyer  ,  comme  j’ay  dit  de  mê¬ 
me  que  les  Turcs  &  autres  peuples 
Orientaux,  à  caufe  des  chaleurs  deccs 
quartiers-là.  Et  les  autres  pour  s'en¬ 
tretenir  par  ce  moyen  en  bonne  fen¬ 
te  ,  bien  que  quant  à  la  iànté  qu’on 
pouvoit  attendre  de  ces  baignements, 
c’eft  une  queftion  non  encores  bien 
refoluë  en.  la  Médecine  j  car  quel¬ 
ques-uns  la  tiennent  plutôt  pour 
une  mollelfe  &  coutume  delicieufe, 
qui  ne  fervoit  qu’à  ramollir  les  nerfs 
&  les  mufeles,vcu  même  que  Sué¬ 
tone  en  la  vie  d’Augufte.  en  parle 
ainfi.  Verum  tantam  infirmitatem 
wagna  cura  tntbatur  in  primü  la- 
vandi  raritate.  Lcfquelles  cuves 
pleines  d’eau  ,  &  énives  feiches  j  au 
leftc  s'appellerent  indifféremment  en 
langue  Grcque  Thermae  j  de  •ô-epju.o'ç, 
qui  fîgnifie  chaleureux  ,  5c  en  Lattin 
Balneum  «570  t«  BaXttvlis  :  hoc  efi, 
k  glandibui  ,  en  confideration  des 
écorces  des  Glands  ,  defquellcs  on 
fe  fervoit  pour  échauffer  tant  ledit 
bain  que  l’étuve  feiche:  car  cette  ma¬ 
tière  comme  grallé  &  huileufe,  qu’el¬ 
le  eft ,  tient  le  feu  affez  long-tems,  & 
oiK-re  le  rend  plus  ardent  que  ne 
faifôit  pas  le  bois  ,  ou  les  torteaux 
errduits  de  poix,  defquels  on  fe  fer- 
voit  en  d’autres  chofes.  Voijà  pour- 
quoy  Suidas  difoit  fer  cét  article  : 


Glandes  hominibui  apud  antiquif. 
Jintos  :  cortices  vero  earum  igni 
alimenta  prabuijfe.  Si  bien  qu’ayant 
ce  vafe-cy  quelque  rappou  aux  cu¬ 
ves  fus-mentionne'es,  le  nom  de  Bal¬ 
neum  luy  a  été  donné. 

Et  pour  le  regard  du  fuivant ,  à 
feavoir  ccluy  de  Marie  ,  j’eftime 
qu'on  fe  trompe  d'alleguer  qu’il  fe 
doit  rapporter  à  la  Vierge  Marie, 
comme  quelque  melanchoüque  a 
voulu  dire,eftimant  qu’un  tel  vaif 
feau  ait  pris  cette  appellation ,  à  caii- 
fe  qu’elle  avoir  usé  d’une  telle  for¬ 
te  d’eau  chauffée ,  ce  qui  eft  ahfur- 
de  &  ridicule  :  car  plutôt  ce  nom 
provient  de  Mare ,  la  Mer  ,  &  Bal¬ 
neum  Maris,  comme  pour,  dire  Bain 
d’eau ,  à  caufe  qu’on  a  appelle  bien 
fouvenc  de  ce  nom  de  Mer  les  lieux 
où  il  y  avoir  quantité  d’eau,  quoy  que 
ce  ne  fût  que  de  la  commune,  com¬ 
me  le  lac  Alphaltites  ;  appelle  Mer, 
à  raifen  de  l’abondance  d'eàù  qui 
y  eft  ,  en  comparaifon  des  lacs  or¬ 
dinaires.  Et 'd’autant,  (  pour  revenir 
au  fait  dont  eft  queftion  )  que  les 
courges  de  verre  trempent  dans  un 
grand  vafe  de  cuivre  plein  d’eau 
«commune ,  &  que  la  quantité  eft 
fort  grande ,  en  comparaifon  de  cel¬ 
le  qu’on  y  diltille  des  plantes ,  j’efti¬ 
me  quant  à  tiioy ,  que  de  là  le  nom 
de  Mer  a  été  icy  employé  à  pro¬ 
pos.  Et  de  fait  ,  ce  n’eût  pas  été 
allés  de  dire  qu'on  devoir  diftiller 
les  plantes  dans  un  bain  feuleraenn 
car  le  nom  de  Balneum  étoit  équi¬ 
voque  ,  attribué  comme  j’ay  dit, 
aiifli  bien  au  Bain  d’eau  chaude,  com¬ 
me  auffi  à  l’étuve  feiche  qui  n’eut 
été  qu'une  pure  confiiiîon,  laquel¬ 
le  eût  rnis  en  doute  les  premiers 

diftilla 


ir 


ÎVo/î 

hinSs 


Trait  té  des  Eaux  dtfiillees.  x  5  r 


diftillatcurs  j  qui  neulTent  fçeu ,  fi  les 
Alcmbics  dévoient  tremper  dans  l’eau 
commune  ,  ou  s’ils  devoknt  être 
chauiFez  comme  dans  une  étuve  fei- 
che.  Que  fi  on  me  demande  la 
raifon  pourquoy  on  a  retenu  ce  nom 
de  Marie  ,  en  delailTânt  celuy  de 
Maris  j  puis  qu’il  eft  le  plus  légiti¬ 
mé  :  j’eftime  pour  y  répondre,  que 
c’cft  ou  par  la  faute  des  Imprimeurs 
qui  ont  pris  fecilement  une  lettre 
pour  une  autre,  ou  bien  qu’il  peut 
être  que  les  diftillatcurs  ont  trouvé 
bon  d’ufer  d’une  telle  ambiguité 
pour  ne  profaner  pas  leur  fcience, 
&  qu’ainfi  la  chofe  a  coulé  infen- 
fiblcmenr  jufqucs  à  nous.  Mais  j’en¬ 
tends  encores  quelqu’un  ,  qui  m’ac- 
eufèra  d’erreur  ,d’cftimer  que  "Ther- 
ma  &  Balneum  ayent  été  tout  un, 
fignifiant  indiffèramment,  &  le  bain, 
&  l’étuve  feiche  ;  parce  qu’au,  con¬ 
traire  on  croît,  &  ainfi demeure  vé¬ 
rifié  en  plufienrs  endroits  que  Bal- 
aeumefi  le  lieu  pour  fè  laver, &  T^er- 
nit,  l’étuve  feiche  feulemiene.  A  quoy 
je  réponds  ,  que  j’appelleray  hardi¬ 
ment  &C  les  bains  d’eau  chaude  & 
les  étumes  aulfi-tôt  Thermes,  com¬ 
me  bains ,  puifque  les  Médecins  en 
ont  ainfiusévà  fçavoir,  Fallope,Dor- 
toman  >,  &  quelques  autres.  Parle 
moyen  dequoy  je  concluds  ,,  en  reve¬ 
nant  en  ma  première  opinion,  que 
B«lneum  Maria  prend  l’origine  de 
fbn  appellation  par  ce  moycn,&:  qu’il 
ne  fûftifoit  pas  de  dire  Balneum ,  fi. 
on  n’y  eut  ajouté  celuy  de  Maris,. 
puifque  les  Alembics  doivent  trem¬ 
per  dans  l’eau  commune  ,  &  non 
point  être  chauffés. dans  l’étuve  fcu- 
fement. 

Mais  parlons  du  treiziéme  &  der¬ 


nier  article ,  fçavoir  pour  reprefen-  eonjid'e^ 
ter  comment  on  doit  difliller  les  eaux  railes 
des  plantes  dans  ce  vafe ,  furquoy  il 
y  a  trois  poinâs  confiderables.  dfimêei 

Le  premier  comment  on  doit  ac-  dans  le 
comftioder  les  fleurs  ,  ou  les  herbes  Saî» 
qu’on  veut  diftiller  dans  un  Alembic 
de  verre. 

Le  fécond  comment  on  peut  gou¬ 
verner  le  feu  &  l’eau  ,  ou  les  Alem¬ 
bics  trempent. 

Et  finalement  qu’eft-ce  qu’on  doit 
faire  aufdites  eaux  après  quelles  font 
_  diflâllées. 

Sur  le  premier  poinâ:  il  y  a  trois 
opinions  diverfcs.  La  première  efl 
de  ceux  qui  veulent  qu’aprés  avoir 
broyé  les  herbes  dans  le  mortier  de 
marbre  ,  on  les  mette  digerer  quel¬ 
ques  jours,  avant  que  commencer 
la  diftillation  d’icelles  qui  fc  fait  en 
mettant  la  courge  qui  contient  la  ma¬ 
tière  en  un  tiou  où  il  y  ait  au  fonds 
de  la  chaux ,  &  tout  à  l’entour  da 
fumier  ,  en  forte  toutesfois  que  le¬ 
dit  Alembic  foit  tout  couvert  d’ice- 
celuy  ;  car  fi  ladite  courge  était  à 
demy  découverte  feulement ,  c’efl:  à 
dire  à  demy  enterrée  dans  le  Rimier, 

&  à  demy  exposée  à  l’air ,  cela  s’ap- 
pelleroit  circulation. 

D’autres  difênt  quït  ne  faut  que  ^vecker 
piler  011  incifèrles  herbes  feulement,  f°’*’ 

&  à  icelles  ajouter  une  diziéme  par- 
tie  de  fel  commun  ,  puis  les  diftil-  lur,  l.i. 
Lcr  de  la  forte  ,  à  caufè  que  ledit  Enchî- 
fèl  a  cette  faculté  de  eonferver  lef- 
dites  eaux  ,  &  garder  qu’elles  ne  fè 
corrompent. 

Finalement  d'autres  difènt,  qu’on 
ne  doit  faire  autre  chofè  ,  qu’inci- 
fer  ,  Ou  piler  les  fueilles  ou  fleurs- 
qu’on  veut  diftiller,  &c  les  mettre  dans 
ke 


1 3  L  Tarait  té  des  Eaux  diflïüées. 


les  Alembics ,  &  ainfi  en  tirer  l’eau 
fans  autre  ceremonie. 

^  toutes  lefjnelles  procedureSj  je 
réponds  que  la  dernierc  me  lèmble 
préférable ,  d  autant  que  fi  on  fè  met 
à  digerer  lefdites  plantes  ,  il*y  ar- 
river,-!  fans  doute  quelque  corruption 
&  changement ,  en  forte  qu’au  lieu 
que  leurs  Eaux  feuent  de  la  quali¬ 
té  requife ,  on  les  trouvera  par  après 
d  odeur  >  faveur ,  &  qualités  contrai¬ 
res.  Et  fi  on  veut  ajoûter  du  fèl  à 
icelles  ,  fliivant  la  fécondé  opinion 
cy- devant  alléguée  ,  j’eftime  qu’ii 
n’y  auroic  pas  grand  danger  :  mais 
qu’il  ne  le  faut  pas  faire  ,  non  pas 
pour  croire  que  telles  Eaux  deullènt 
pourtant  être  fàlées  :  car  le  fel  ne 
monte  nullement ,  &  il  ne  faut  pas 
s’imaginer  que  cette  raifon  fbit  ri¬ 
dicule  J  pour  ce  qu’on  voit  bien  que 
l’eau  de  la  Mer  diftillée  devient  dou- 
-  ce ,  &  ne  retient  rien  de  fa  faleu- 
re ,  pour  autant  que  le  fel  demeiire 
au  fonds,  &  ne  peut  monter.  Et  de 
fait  quelqu’un  a  osé  dire ,  que  fi  le 
fel  montoit  par  la  force  du  feu  en  la 
diftillation ,  il  n’y  a  nulle  difficulté, 
qu’on  eût  moyen  de  feire  des  Eaux 
diffillées  purgatives.  Chofe  neant- 
<imy  on  moins  impoffible  ,  &  qu’on  l’efl 
fàye  tant  qu’on  voudra  ,  quoy  que 
iVeaa»  Vveclcer  aye  creu  que  l’eau  d’Hie- 
purga-  ble  purge  ,  &  Cordus  que  celle  de 
tives,  fleurs  de  Pefeher  eft  laxative.  Car 
après  avoir  efTayé  &  refïàyé  de  di- 
ftiller  des  drogues  laxatives ,  on  n’a 
rien  extraiét  par  tout  que  des  li¬ 
queurs  fans  effeét  &  inutiles,  témoin 
l’eau  Rofè,  qui  au  lieu 'de  purger, 
comme  font  les  Rofes  en  leurs  fub- 
ftances,  &  leurs  fucs,  eft  neantmoins 
a’dftringente  &  corroborative.  Mais 


quoy  qu’il  en  foit  pour  ce  regard, 
fans  affirmer  que  la  vertu  purgati¬ 
ve  dépende  de  quelque  portion  de 
fel  qui  peut  être  en  la  plante,  j’en¬ 
tends  de  rejetter  le  fel  de  cette  di¬ 
ftillation  ,  pour  n’alterer  aucunement 
la  qualité  des  herbes  ,  &  principa¬ 
lement  des  rafraichillantes  ,  comme 
peut-être  il  ayiendroit.  Que  fi  on  me 
veut  alléguer  ,  que  peur  empêcher 
leur  corruption  ,  il  y  faudroit  trou¬ 
ver  quelque  autre  remede  ,  piùfque 
je  redoute  le  mélange  dudit  feL  le 
réponds  que  quoy  qu’on  falfe ,  apres 
un  an  elles  ne  font  plus  bonnes; 
car  il  faut  qu’annuellem'ent  on  en  re- 
diftille  de  recentes,fi  mieux  on  n’ai- 
me  ufèr  de  la  circulation  cy-devant 
alléguée,  par  le  moyen  de  quoy  on 
•penfe  qu’elles  fè  confervent  plus  lon¬ 
guement. 

Mais  pour  parler  du  fécond  poinét 
qui  regarde  le  degré  du  feu  &  de 
l'eau  chaude  ,  on  remarquera  que 
lors  qu’on  diftille  les  fleurs  froi¬ 
des,,  comme  de  Nénuphar  &  fera- 
blables  ,  il  faut  que  le  feu  foit  pe¬ 
tit  ,  &  en  forte  que  l’eau  ne  foit 
que  tiede  ,  de  peur  qu’elles  ne  foient 
altérées  par  telle  chaleur  qui  leur 
eft  contraire  :  mais  aux  herbes  ou 
fleurs  chaudes  ,  il  'tft  requis  que 
l’eau  foit  plus  chaude,  afin  de  moyen- 
ner  que  la  vapeur  monte  plutôt  Se 
avec  plus  de  force  :  car  leur  ver¬ 
tu  eft  plus  difficile  à  extraire.  Et 
voilà  ce  qui  concerne  le  foin  qu’on 
doit  avoir  pendant  qu’on  diftille. 

Venons  au  dernier  qui  eft  de  fça- 
voir  ce  qu’on  doit  faire  après  qii  el¬ 
les  font  extraiétes.  Sur  quoy  il  feLi^ 
entendre  ,  que  ■  quant  aux  froides, 
il  ne  fliuc  faire  autre  chofe  que  de 
les 


Train  é  da  Eaux  difiiliées,  1 5  5 


les  cxpofèr  dans  des  phioles  an  So¬ 
leil  durant  quelques  jours  ,  &  les 
couvrir  d  un  parchemin  pertujsé  avec 
une  égaillé  ,  afin  de  donner  ilTue 
aux  parties  excrementeufes  d’icel¬ 
les.  Mais  les  chaudes  iè  doivent 
gouverner  d’une  autre,  forte.  Car 
avant  que  de  les  expofer  an  Soleil, 
il  les  faut  renverfer  for  le  marc  qui 
eft  l'cfté  dans  l’Alembic  &  d’où  el¬ 
les  ont  été  e}£traiétes  ,  &:  ainfi  les 
rcdiftiller  ,  yoift  julques  à  trois  ou 
quatre  lois.  Car  de  penler.avoir  la 
vertu  d’une  plante  chaude  pr  une 
feule  diftillation ,  on  lè  trompe  ,  ain- 
fî  que  r£nchiridium  l’a  remarqué 
fort  gentiment.  Et  voilà  tout  ce 
qiri  dépend  de  la  diftillation  des 
Eaux  qui  fe  doivent  diftiller- des 
plantes  fiaîches.  , 

Palîbns .  maintenant  au  vailTeau 
pour  diftiller  les  Eaux  composées  ; 
qui  eft  un  Alembicr  de  verre  enter¬ 
ré  dans  les  cendres.  Pour  raifon  du¬ 
quel  je  dis  qu’à  caufe  qu’il  faut  ti¬ 
rer  avec  plus  de  force  les  vertus  des 
drogues  aromatiques,  qui  font  la  plus 
part  feiches  ,  &  que  la  chaleur,  de 
l’eau  ne  foffiroit  pas  pour  les  tirer 
comme  des  fleurs ,  &  herbes  :  que 
cette  méthode  efï  la  plus  parfaite , 
contre  l’opinion  toutesfpis  de  Mat- 
thiole,  qui  dilUlle  l'eau  de  Canelle 
dans  le  Bain  Marie. 

Touchant  lefquelles  Eaux  compo- 
tù^rd  avons  au  refte  à  remar- 

rMes'  ‘1“^'^  chofos.  La  pren.iere,  qu’eft- 
mx  ce  qu’il  fout  foire  avant  la  diftillation 

Eaux  d’icelles.  La  fécondé  lors  qu’elles  di- 
mpo-  ftillcnt.  Et  finalement  après  que  l’Eau 
eft  extraidte.  Car  ces  obfervations 
font  differentes  de  celles  des  Eaux 
des  plantes  fraîches.  D’autant  en  pre¬ 


mier  lieu  ,  qu’aufdites  Eaux  com¬ 
posées  ,  il  eft  requis  &  necclfairc 
de  foire  infulér  les  ingrediens  pour 
les  attendrir,  vingt- quatre  heures  du¬ 
rant  ,  ou  environ  ,  dans  des  liqueurs 
propres  ,  comme  eft  l’eau  de  vie, 
le  vin  blanc ,  ou  autres  que  les  heurs 
Médecins  ordonnent  ,  &  ce  fur  les 
cendres  chaudes  ,  dans  la  courge  de 
verre  bien  étoupéc  ,Vou  bien  aux 
rayons  de  la  chaleur  du  Soleil ,  fi  le 
tems  eft  propre.  Parce  qu’aurrement 
les  foifanc  diftiller  fans  avoir  été  in¬ 
fusés  au  preallable  ,  on  ne  tireroit 
que  fort  peu  de  la  vertu  des  aro¬ 
matiques  ,  qui  font  la  plufpart  des 
drogues  foiches  &  dures ,  au  refpeét 
des  herbes  fus  mentionnées. 

Et  quant  au  fécond  poinét  .con- 
fiderable  en.cét  ouvrage  ,  on  deman¬ 
de  s’il  fout  foir^  le  feu  plus  grand 
au  commencement  de  la  diftillation, 
Sc  le  diminuer  peu  à  peu ,  à  mefu- 
re  qu’on  remarque  que  l’eau  fe  pa¬ 
rachevé  ,  ou  bien  au  contraire  com¬ 
mencer  par  une  pefite  chaleur  ,  ôi 
finir  par  une  grande.  A  quoy  je  ré¬ 
ponds  fans  m’arrêter  à  rapporter 
quelques  raifons  qui  fe  pourroient 
rendre  d’une  part  &  d’autre ,  que  la 
derniere  procedure  me  fomble  pré¬ 
férable  ,  d’autant  que  les  drogues 
aromatiques  ayant  infosé  dans  l’eau 
de  vie  ,  ou  dans  le  vin  blanc  ,  ou 
autres  Jiqueurs  femblables  ,  &  ayant 
icelles  drogues  aromatiques  leurs 
vertus  fiibtiles  &  teniics^xonHac 
le/ditcs  liqucurs-;-ûl'cIF'certain  que  les 
meilleurs  elprits  ,  qui  font  les  plus 
fubtils  ,  montent  plutôt  que  les  der¬ 
niers  ,  qui  font  plus  tardifs  &  plus 
crallés,  &  par  ainfi  il  me  ftmble 
que  le  feu  doit  être  plus  foible  au 
g  g  corn 


X54  Traitte  des  Eaux  difitllées. 


commencement ,  que  non  pas  vers 
la  fin  de  la  diftilktion  d'icelles.  Car 
fi  le  feu  étoit  trop  violent  au  com¬ 
mencement  ,  lors  que  les  clprics  les 
plus  fiibtils  &  tenus  diftillent,  ils 
fe  confiimeroienc  aisément  par  l’aptk 
tude  qu’ils  ont  (  à  caulè  de  leur  te¬ 
nuité  )  de  s’enflâmer  &  prendre  feu. 
Voilà  pourquoy  nous  n'admettons 
au  fait  des  Eaux  composées  aro' 
matiques  ,  que  l’eau  qui  a  diftillc 
la  première  ,  comme  meilleure  ,  qui 
cft  plailànte  au  goût ,  &  aromatique,^ 
&  delaiflbns  la  derniere  à  part  j  qui 
fe  trouve  fans  force  &  aucunement 
infipide  ,  comme  nous  dirons  par-^ 
lant  de  l'eau  de  vie  cy-aprés.  Que 
fi  quelqu'un  diloit  >,  qu’a  caulè  de  la 
•tenuité  des  elprits  deldites  Eaux 
aromatiques  >  il  feroit  donc  meilleur 
de  les  tirer  par  le  Bain  Marie  plu¬ 
tôt  que  par  les  cendres  ,  comme 
plus  temperé  ^  ainfi  que  Matthiole 
le  defire  en  Ion  eau  de  Canelle.  A 
cela  je  réponds  ,  qu'il  eft  voircment 
requis  une  chaleur  modérée  en  cel- 
les-cy  ,  mais  non  pas  avec  telle  len¬ 
teur  que  rend  le  Bain  Marie  :  car 
les  elprits  des  Eaux  aromatiques  lor- 
tiroient  trop  lentement.  D’où  s'en- 
fuivroit  que  les  uns  feroifnt  diflî- 
pés  avant  que  les  autres  y  vinlFent. 
Au  lieu  que  fi  la  chaleur  eft  un  peu 
plus  forte  comme  eft  celle  des  cen¬ 
dres  ,  leldits  elprits  aromatiques  font 
poufsés  tôt  &  promptement  pour 
s’unir,  s'alïêmbler,  &  foire  par  ce 
moyen  une  Eau  fort  exquilè. 

Mais  parlons  du  dernier  poinâ. 
On  dit  qu'il  fout  expolcr  leldites 
Eaux  composées  au  Soleil  ,  comme 
nous  le  devons  faire  des  plantes  fi-aî- 
ches.  Contre  quoy  je  dis  qu’en  ce 


foilànt  la  foute  feroit  grande,  pour 
autant  que  fi  les  efprits  s’exha&nt 
parle  papier  percé  en  ces  Eaux  aro^ 
matiques ,  que  par  ce  moyen  le  plus 
exquis  ,  &  ce  qu’on  prife  le  plus 
en  eelles-cy  qui  font  composées ,  fi 
perdroit  entièrement ,  &  reftèroient 
infailliblement  de  peu  de  valeur’,  ou 
quafi  inutiles.  Ce  qui  me  fait  con- 
clurre  ,  que  donc  après  que  les  Eaux 
aromatiques  font  extraides  ,  il  ne 
fout  que  les  bien  Boucher  &  ferrer 
pour  s’en  fervin  au  befoin  fins  autre 
ceremonie.  Remarquant  toutesfois , 
que  la  derniere  eau  ,  comme  foi- 
ble  &  infipide ,  ne  foit  point  mêlée- 
avec  la  première,  qui  eftpuiifinte 
&  bonne. 

Mais  voyons  les  exemples  de  ces 
Eaux ,  &  premièrement  de  l’eau  de 
Canelle,  qui  a  été  inventée  par  Mat¬ 
thiole  ,  &  puis  nous  pourfuivrons 
de  décrire  les  autres  qui  fuivent  au 
catalogue. 

REMARQVE. 

CAtelan  a  frit  des  faibles  ef¬ 
forts  ,  pour  -vouloir  frire  cen- 
nohre  (  comme  il  parle  )  l’abus  <\ue 
commettent  ceux  qui  fe  fervent  des 
V  ai  féaux  par  luy  fr  s- mentionnes,, 
qui  font  au  nombre  de  cinq  ,  qu  ti 
dit  être  employés  en  la  diÈillation 
des  Eaux  /impies  &  composées,  que 
nous  tenons  ordinairement  dans  nos 
boutiques  ;  mais  d  la  vérité  fans 
croire  de  frire  injure  d  fr  mémoi¬ 
re  ,  que  f honore  autant 
doit ,  il  s'en  ejt  mal  aquité.  C  eft 
avec  déplaijîr  que  fen  parle  de  la 
forte  i  mais  le  fujet  que  fay  en 
main  de  commenter  cette  Pharnia- 
copee,. 


Tarait  té  des  Eaux  dtjiiüées.  z  3  5 

co^k  J  à' en  corriger  les  erreurs  qui  thiole  ,  l’ Enchiridium  ,  P^ec^r , 
s'y  font  glijfées  par  les  fequentes  Liebaut,&  quelques-autres  Mede- 
editions ,  qui  en  ont  été  faites  ,  ou  cins  ,  qui  en  ont  écrit  ,  ne  s'y  font 
bien  en  apùtant  mon  fentiment  aux  pas  arrêtés  ainji  que  le  fujet  le  me- 
compof  fions  même  des  plus  cele-  .rite,&  comme  f eéfere  (  dit- il  )  de 
.  lebres  Autheurs-i  fajf  été  contraint  faire  en  ce  lieu,  c'efi  fur  quoy  je  ne 
en  certains  endroits  de  leur  contre-  le  puü  excufer  :  car  Liebaut  dans  ces 
dire  ,  parce  que -la  matière  en  la-  quatre  livres  qu'il  a  faits  en  Fran- 
quelle  je  me  fuis  particulièrement  çoü ,  de  la  Médecine, dr  de  la  Philo- 
attaebé  ,  regarde  directement  l'ojf-  fophie  Chymique  in  oClavo,contenant 
ce  d'un  vray  Pharmacien ,  a  qui  586.  pages,  il  ne  traitte  prefque 
Mefieurs  les  Médecins  fe  voyans  que  de  la  diBi/lation ,  &  des  cho- 

trop  chargés  ,  ont  remis  la  compo-  fis  qui  en  dépendent,  tant  en  gene- 

fition  des  Médicaments  ,  avec  tout  ral  qu'en  particulier  des  Eaux  ftm- 

ce  qui  en  dépend  cela  m’a  obli-  pies  &  composées.  Matthiole  & 

gé  de  dire  mon  fentiment  avec  plus  l' Enchiridium  en  ont  dit  quelque 

de  liberté ,  fans  neantmoins  preten-  chofe  en  general,  aufquels  date- 
dre  de  choquer  perfonne.  Je  veux  lan  s'ejt  un  peu  trop  attaché ,  par- 
doncques  dire ,  que  Catelan  n  a  pris  ticulierement  à  ce  premier,  ce  que 
qu'en  partie  pour  fondement  de  fon  neantmoins  fobmettray  d  dejfein, 

traiité  des  Eaux  diéiillées  ,  ce  que  de  même  ce  qu’il  n,  dit  en  particu- 

Matthiole ,  l’Autheur  de  l’Enchi-  lier  des  cinq  fortes  des  différons 

ridium  des  Myropoles  ,  Vvecker,  vaiffeaux  ,  dont  on  fi  peut  fervir 

&  Liebaut  en  ont  écrit ,  de/quels  pour  la  diflillatien  defdites  Eaux, 
il  rapporte  quelques  raifons  ainfi  qu'il  reprouve  fans  véritablement 
qu'il  les  a  entendues  ,  &  d’une  cho-  les  avoir  bien  connus  :  en  outre, qu’il 
fi  je  m’étonnereis  ,fi  je  ne  fiavoispas  feroit  le  premier  a  être  blâmé,  s’il 
qu’il  a  en  coutume  dé  réfuter  f mvent  y  avoit ,  ainfi  qu’il  dit ,  du  manque- 

des  chofes  qu’il  a  en  d’autres  en-  ment ,  de  ce  qu’il  a  toujours  pra- 

droits^  approuvées ,  comme  il  prati-  tiqué  le  premier ,  qu’il  appelle  Re- 

que  maintenant  en  la  diftillation  au  figeratoire  ,  pour  la  provifion  des 

Refaire  ,  &  autres  vaiffeaux  ,  &  Eaux  fimples  de  fa  boutique.  Il 

*uffi  de  ce  qu’il  a  laifsé  beaucoup  ne  me  fera  pas  difficile  d'avouer 

d’autres  chofes  a  dire ,  qui  font  très-  qu’il  peut  avoir  manqué  en  la  pro¬ 
importantes  pour  illuftrer  notre  pro-  ce  dure  de  la  diftillation-,  mais  quant 

feffion  ,  &  qui  euffent  été  auffi  fort  au  vaiffeau  non  ,  moyennant  que 

utiles  au  public  ,  qui  auroient  fer-  le  vafffeau  aye  été  bien  diJfosé. 

vy  fans  doute  de  lumière  ,  &  don-  De  tout  fon  difcours  qui  contient 

tio  d’intelligence  pour  l’Art  de  di-  trente  -  deux  pages  de  papier  in 

fiiller ,  plutôt  que  de  le  renverfir  oBtavo  ,  il  ne  nous  a  point  donné 

tomme  il  a  fait, pour  ne  s’être  pas  en-  en  particulier  un  formulaire  pour 

tendu  luy-même.  difliller  les  Et^ux  fimples  de  fon  ca- 

£n  premier  lieu  il  dit ,  que  Mat-  talogm  ,  ayant  feulement  dit  en 
^  gg  Z  la 


Z  5  6  Tarait  té  des  Eaux  dijiillées. 


la  page  1 1 .  quil  ny  a  quun  feul 
&  unique  moyen  pour  bien  diftiller 
les  Eaux  des  plantes  fiaiches ,  &  un 
autre  pour  extraire  les  Eaux  com¬ 
posées.  Le  premier  efi  en  cette  forte 
d’Æemhic,  quon  appelle  ‘vulgaire¬ 
ment  Bain  Marie ,  &  l’autre  peur 
les  Eaux  composées ,  eji  à  l'Alem- 
bic  &  Chappe  de  verre  ,  qu  on  a]an- 
ee  dans  les  cendres ,  &  dit  que  les 
Eaux  ainfi  difiillées  rapporteront 
leur  vray  goût,  comme  celle  d‘Ab- 
Jînthe  fera  amere  ,  &  les  rafraichif 
fautes  feront  agréables  &  plaifan- 
tes.  Ce  nefl  pas  fans  caufe  fi  fay  dit 
que  Catelan  s’ était  un  peu  trop  at¬ 
taché  à  Matthiole  ,  qui  dit  au  troi- 
Tyéme  livre  de  fes  Commentaires  fur 
Diofcoride ,  chapitre  vingt-quatre, 
de  l’Aluine  marine,  que  l’Eau  d’Ab- 
finthe  difiillée  par  la  Chappe  de 
plomb  eft  douce  :  car ,  dit-il,  cet¬ 
te  douceur ,  ne  fe  trouve  non  feule¬ 
ment-  en  l’ Eau  d'fiillée  de  l’Aluine-, 
mais  e-n  toutes  les  autres  Eaux  di- 
fttllées  de  quelles  autres  herbes  que 
ce  foient  ;  la  raifon  eft  que  le  plomb 
de  l’Alembic  ,  étant  fuperficielle- 
ment  abbrevé  de  la  vapeur  des 
herbes  fe  convertit  incontinant  en 
douce  Cerufe  ;  il  n’eft  de  merveil¬ 
le  ,  fi  les  Eaux  qui  e-n-  difiillent 
ayant  acquis  cette  liqueur  douce 
du  plomb ,  fe  trouvent  aujfi  douces,, 
au  goût.  Telles  ne  font  '  It/S  Eaux 
d’Alki-ne  diftmées'.par  Alembics  de 
verre  ‘en  vaijfeau  double  dans  le 
bain  d’eau  chaude  j  car  elles  font 
fujjîfàmrnent  ameres  ,  &  ne  font  au¬ 
cunement  douces  ;  la  caufe  de ,  cela 
efi  ,  que  le  bain  par  l’humidité  de 
fon  Eau  retient  fes  parties  fi/btiles. 

Catelan  fans  pcnetrer  plus  avant. 


pour  s’informer  des  Autheur's  ou- 
des  Artifies  entendus  en  cette  ma¬ 
tière,  de  la  différence  y  ou  rejfem- 
blance  qu’il ^  a  de  la  faveur  ame¬ 
né  à  la  falee  ,  a  fuivy  Matthiole, 
avec  lequel  il  s’efi  grandement  mé- 
conté  ,  que  s’il  eut  mieux  exami¬ 
né  Vvecker  ,  chapitre  trente- neu¬ 
vième,  livre  troiz.iéme  de  fin  grand 
.Viéfenfaire  qu’il  n’a  pas  fait ,  & 
joint  quelques  experiances  avec  le 
raifinnement  de  cét  Autheur  ,-  il 
aurôit  veu  qu’il  y  a  certains  fm- 
plesf  qui  par  la  diéîillation  ne  don¬ 
nent  point  leur  faveur  ,  &  que  les 
Eaux  qur’on  en  -diélille  font  infipi- 
des ,  comme  celles  qu’on  tire  des  cho- 
fes  douces  ,  falées  ,  &  ameres,  ainfi 
que  luy-même  a  dit  en  la  page  lî. 
de  fin  traitté  que  le  fil  ne  monte 
nullement  en  la  diétilUtion  (  s’en¬ 
tend  le  fil  fixe  )  il  aurait  donc  ap¬ 
pris  quil  en  efi  de  même  de  l’amer, 
&  du  doux  ,  que  du  falé.  On  me 
pourrait  objeéler  ce  que  Galien  dit 
au  vingt-u-niéme  chapitre  du  qua¬ 
trième  livre  de  la  faculté  des  fim- 
ples  ^  médicaments  ,  que  la  fa¬ 
veur  falée  approche  grandement  de 
la  faveur  amere ,  d’autant  que  tou¬ 
tes  deux  font  composées  de  pa-rties 
terreéîres  &' chaudes ,  xfr  que  néant- 
moins  ,  Id  différence  qui  efi  entre  ces 
deux  faveurs-  efi-  manifèfié  ;  parce  ■ 
que  l’ amere  a  été  plus  élaborée  &' 
atténuée, &  partant  rendue  plus  fub- 
tile  par  la  chaleur  feiche ,  &.  ta  fa- 
lée  efi  pim  c^ajfi  &  plus  grajfîet-e, 
n’ayant  pas  tant  été  éloboutéelpar 
la  chaleur  ,  &  partant  aufii  sU'e  n’efi 
pas  fi  chaude  ,  que  l’ amere  ',.ny  ne  fi' 
pas  composée  de  parties  fit  fnbtiles, 
i  qui  efi  la  caufe,  que  la  faveur  amere^ 
monte. 


^raitte  des  Eaux  àîHiüces.  2.)y 


monte  en  la  diFiillation  ,  &  non  la 
falée  :  à  cela  il  faut  réfondre  ,  que 
quelle  tenuité  quil  fe  puijfe  trou¬ 
ver  en  la  faveur  arnere  flm  qu‘en 
la  falée ,  elle  ne  précédé  que  de  la 
chaleur ,  qui  l’a  un  peu  plut  raré¬ 
fiée  ,  &  la  terreBre  qui  efi  tou¬ 
jours  fa  caufe  materielle,  c’efi  celle 
qui  prédominé ,  &  par  fa  pefanteur 
empêche  que  l’amertume  des  plan¬ 
tes  ameres  ne  monte  point  en  la  di- 
fiillation.  Les  Moines  qui  ont  com¬ 
menté  Méfié,  au  chapitre  de 
leur  commentaire,fembler oient  avoir 
eu  meilleure  raifon  ,  fi  ce  qu’ils  di- 
fe?n  était  vray  ;  mais  leur  opinion 
efi  entièrement  erronée ,  de  dire  que 
l’Abfinthe  fait  amer  en  fa  fuper- 
ficie ,  &  doux  en  fon  centre ,  d’où 
vient  difent-ils  ,  qu’on  fent  au  goû¬ 
ter  l’eâu  qui  en  efi  diHillée  par.  la 
force  du  feu  plus  douce  qu  arnere, 
voulant  dire  par  leur  faible  raifon, 
que  U  faveur  arnere  confiBe  en  des 
parties  tenues,  &  que  par  la  force 
du  feu  elles  s’évaporent ,  ou  font  con- 
furnées  r  en  cela  il  faut  difiinguer  de 
la  tenuité  &  fubtilité  des^  medica- 
inents ,  des  chauds  eéf  des  aroma¬ 
tiques  ,  qui  font  composés  de  telles 
parties  ;  la  faveur  monte  la  premiè¬ 
re  ,  accompagnée  des  eéfrits  ,  com¬ 
me  plus  volatils ,  parce  qu’ils  ne  pro¬ 
cèdent  d’aucune  terreifirité  ,&  des, 
amers  au  contraire ,  par  les  raifons. 
cy-dejfus  alléguées. 

Mais  qui  a  jamais  oui  parler  de 
la  forte ,  qu’en  un  *corps  fimilaire, 
qui  efi  grandement  amer  en  tou¬ 
tes  fis  parties ,  il  y.  ait  de  la  dou¬ 
ceur  cachée  en  fin  centre ,  &  que  la 
faveur  arnere  foit  en  la  fuperficie,qui 
efi  pour  l’ordinaire  cachée  dans  le 


centre  des  médicaments  ,  qui  font 
doués  de  faveur  douce&  amere,com- 
rnet  nom  voyons  en  l’Agaric  qui  efi: 
doux  au  commencement  quand  on  le 
goûte,  &  puis  amer  fur  la  fin-,  la  mê¬ 
me  chofe  par  oh  au  Polypode  ,  en  la 
Rofe,&  autres  j  de  là  il  faut  inferer, 
que  les  parties  terreBres  &  fiches 
avec  l’humidité, qui  compôfent  la  fa¬ 
veur  arnere ,  font  toujours  cachées 
feus  les  parties  aérienes ,  &  humi¬ 
des, qui  compofent  la  faveur  douce. 

En  voila  afiez,  pour,  faire  voir, que 
la  faveur  arnere  puremét  aqueufi,n’a 
rien  de  volatil.  Refie  maintenant  de 
dire  un  mot  fur  l’Eau  de  Nénuphar 
au  Bain  Marie, proposée  par  Catelan,. 
ue  pour  la  bien  difiiller  ,  l’eau  du 
ain  ne  doit  être  que  tiede.  J’appel¬ 
le  à  témoins  tous  ceux  qui  entendent 
l’Art  de  difiiller, &  qui  ont  tant  foit 
peu  de  connoipfance  de  la  compofi- 
tion  des  fimples,  pour  être  juges  non 
fuJpeBs  de  fin  procédé  ,  &  fiavoir 
d’eux,  fi  par  un  tel  degré  de  cha¬ 
leur  ,  on  pourrait  extraire  la  vraye 
vertu  rafiaîchiffante  des  fleurs  de. 
Nénuphar  blanc,  qui  confifie  en  une 
humidité  aqueufi  ,  &  vifqueufi,  ac¬ 
compagnée  de  tant  foit  peu  de  fie  ter- 
reBre,  qui  fait  que  lie  s  fint  froides  cjr 
humides  au  fécond  degré  j  car  cette 
chaleur  tiede  de  l’eau  du  bain  n’efi 
pas  feulement  capable.de  faire  mon¬ 
ter  aucune  vapeur  empreinte  de  la 
moindre  vertu  du  fimple,ny  prefque 
de  faire  fuer  la  chappe  de  l’ Alernbic,. 
a  raifon  de  l’httrmdité  lente  &  froide,, 
que  les  fleurs  de  Nymphéa  partici- 
pét.I’obmets  a  dejfein  beaucoup  d’au¬ 
tres  raifons  fur  ôe  fùjet,pour  dire  en 
deux  mots  que  cette  fapsn  de  diBil- 
ler  efi  autant  rejettable  qu’inutile 
gg  3  ^ 


2-58  lirait  té  des 

&  equant  a  la  façon  de  difiiller 
les  Eaux  des  plantes  chaudes ,  & 
les  aromatiques  ,  on  y  pourra  pro¬ 
céder  ainji  quil  dit  par  un  de¬ 
gré  de  feu  proportionné  à  la  ma¬ 
tière  quon  difiille  ,  À  la  referve  . 
tout  es  fois  qu’au  lieu  de  mettre 
l’Alembic  dans  les  cendres ,  il 
faut  le  mettre  dans  du  fable ,  & 
de  ne  renverfer  point  l’eau  une 
fois  difiiUée  fur  le  marc ,  comme 
dit  Catelan  pour  attirer  toute  la 
vertu  de  la  plante  ,  k  moins  que 
ce  fit  fur  de  nouvelle  matière 
femblable  k  la  première  ,  &  cette 
difiillation  s’appelle  pour  lors  re- 
élification  ,  qui  fe  pratique  par 
ceux  qui  preferent  leur,  honneur  k 
l’interefi  de  leur  bourfe  ,  pour  ren¬ 
dre  leurs  Eaux  plus  efcacieufes, 
comme  il  fera  dit  cy  -  apreot.  en 
l’Eau  de  Canelle. 

La  façon  de  difiiller  ou  d’ex¬ 
traire  l’Eau  des  plantes  fiaifches 
eu  temperées  ,  feroit  me  des  bel¬ 
les  inventions  de  toute  la  ALede- 
cine  Galenique ,  &  Spagirique  ,fi 
les  Eaux  qu’on  en  tire  par  la  di- 
fiillation  rapportaient  les  vérita¬ 
bles  vertus  des  plantes  :  mais  au 
contraire  ,  quoy  que  les  uns  &  les 
autres  fçachent  dire  ,  elles  ne  font 
pour  l’ordinaire  autre  chofe  que 
l'humeur  fuperfluë  des  plantes ,  le 
phlegme  ,  l’eau  de  la  pluye  ou  des 
puits  qui  les  ont  arroufées  ,  laquel¬ 
le  humeur  fe  fepare  facilement  de 
fon  fis  jet  ,  comme  volatile  ,  pour 
n’avoir  aucune  liaifon  avec  les 
principales  -parties  qui  compofent 
la  vertu  des  plantes  ,,  ^  cette  hu¬ 
midité  n'y  fert  que  pour  les  faire 
croître  &  vegeter  par  l’entremife 


Eaux  di[iiüées, 

de  la  chaleur  du  Soleil-,  c’efipour- 
quoy  la  chaleur  du  feu  poujfe  cette 
humidité  en  haut  ,  qui  abandonne 
avec  la,  couleur  de  la  plante  ,  ou 
de  fon  fuc  ,  les  parties  gommeufes, 
vifqueufes  ,  mueilagineufes , 
qui  contiennent ,  embrajfent  &  re¬ 
ferrent  étroittement  prefque  toutes 
les  faculté  Z.  e fient  ie  lie  s ,  tant  alte- 
ratives  que  laxatives  des  Végé¬ 
taux  ,  avec  les  faveurs  ameres, 
douces  &  falées  comme  a  été 
cy- devant  dit  ,  qui  ne  montent 
jamais  pour  pafier  par  le  bec  de 
l’Alembic  ,  qu’en  très  -  petits  ato¬ 
mes  (  s’il  m’eft  permis  de  parler  de 
la  forte  )  fi  on  ny  apporte  un  plus 
grand  artifice.  Mais  ,  puis  que 
la  necejfité  nous  contraint  de  nom 
fervir  des  Eaux  difiillées  ,  &  que 
nous  ne  fçaurions  nous  en  pafier ,  il 
faut  inventer'  un  moyen  ,  qui  fé¬ 
condé  le  plus  preft  qu’il  fe  pourra- 
l'intention  de  Mefiieurs  les  Mé¬ 
decins  ,  &  pour  pirer  de  l’erreur 
un  nombre  infiny  de  perfonnes ,  qui 
ont  de  ,Siecle.  en  Siecle  ,  croupy 
dans  une  nonchalance  que  fans  les 
efiencer  ,  on  peut  appellér  igno¬ 
rance  crafie  en  un  fujet  qui  efi  firt 
confiderahle  ,  pour  l’honneur  des 
Apothicaires ,  &  pour  l’utilité  pu¬ 
blique  ,  attendu  que  l’ufage  de  fû¬ 
tes  Eaux  en  efi  fert  grand  durant 
toute  l’année,  &  que  de  la  façon 
qu’on  les  tire  pour  l’ordinaire ,  cel- 
les  qu’on  croit  être  les  meilleures 
ne  vallent  du  tout  -fien  :  mais  avant 
que  d’entrer  au  modus  faciendi , 
il  faut  rejetter  toute  forte,  de  Bain 
marie  ,  pour  l’ufage  des  fufdites 
Eaux  ,  que  plufieurs  admettent 
autant  artificieufement  que  les 
Eaux 


lirait  té  des  Eaux  dt  Fît  liées.  15^ 


Saux  quilsy  diflillent  y  font  inu¬ 
tiles  &  fans  effets  y  enfemble  toute 
autre  forte  d‘ Alejnbtcs  affetlez., 
comme  inventions  trompeufes  :  leur 
principal  ufage  ,  nefi  que  pour  fe 
faire  admirer  du  public  y  &  des 
moins  infiruits  en  notre  profejfion-, 
&  de  tous  les  moyens  qui  me  font 
connus  jufques  à  prefent  ,  concer¬ 
nant  la  difiiUation  des  plantes  fiaif 
ches  y  humides ,  ou  tempérées ,  fans 
toutesfoü  divifer  les  operations  des 
plantes  fucculentes  ,  nitreufes  y  d'a- 
vec  celles  qui  font  fucculen- 
>tes  y  qui  participent  d’un  fuc  vo¬ 
latil  y  comme  'quelques  -  uns  ont 
pratiqué  y  cettuy-cy  me  femble  te 
meilleur. 

Par  exemple  y  prenez,  de  l’Oz.eil- 
le  y  quand  elle  commence  de  monter 
en  tige ,  incifez.-la,  &  la  pilez,  pour 
en  tirer  le  fuc  à  la  preffe  ,  duquel 
dépuré  par  refidencé ,  en  mettrez, 
trente  livres  dans  une  Cucurbite  de 
Cuivre  bien  nettoyée  ,  qu‘il  y  en 
aye  le  tiers  de  vuide  »,  logez^-la 
dans  un  fourneau  à  grille  >  ■  &  la 
eouvreX^  de  fon  Chapiteau  exa  - 
élément  lavé  &  bien  étanné  y  &k 
fon  bec  y  joindre's^  un  récipient  y  les 
)ointures  fermées,  le  deffus  du  Chap~ 
piteau  garny  d'eau  froide ,  fouvent 
renouvellée,  quand  elle  fera  échauf 
fée  y  diflillere'^  par  un  degré  de 
fiu  modéré  ,  jufques  à  ce  quenr 
ayez,  tiré  les  deux  tiers  d'eau ,  & 
an  peu  davantage  ;  alors  il  faut 
eeffer  le  feu ,  les  vaiffeaux  refroidis, 
"nuiderez.  le  fruc  re fiant  dans  la 
Cucurbite  ,  le  coul'ereT^  a  travers 
ttn  linge  dans  une  terrine  ,  &  le 
mettrez  en  un  lieu  le  plus  frais  que 
pourrez.,  trouver  durant  deux  jours 


pour  en  recueillir  le  tartre  qui  fe 
trouvera  attaché  au  tour  de  la  terri¬ 
ne ,  le  laverez  foigneufement  &  le 
ferez  feicher  :  a  même  temps  la 
Courge  vuidée,  il  y  faut  mettre  une 
bonne  partie  du  marc  de  la  plante 
qu'aurez  tiré  le  fuc  ,  fur  lequel 
verferez  l'Eau ,  qui  en  a  été  diflU- 
lée  y  &  encore  par  deffus  quelques 
livres  d’Eau  de  fontaine  ,  &  de¬ 
rechef  difiiller  comme  deffus  ,  qu’ait 
ne  refte  dans  la  Courge  autre  hu¬ 
midité  y  que  pour  éviter  que  le 
marc  ne  s'attache  au  fonds  du 
vaiffeau ,  &  dans  cette  Eau  ainfi 
difrillée  y  diffoudrez  ,  s'il  vous  efi 
pojfihle  y  le  tartre  de  la  plante, 
qu'aurez  recueilly  dans  le  vaiffeau. 
Cela  fait  dit  en  paffant ,  pour  don¬ 
ner  fujet  a  l’Artifre  >  d’une  dili¬ 
gente  recherche,  s'il  y  prend  plaijir; 
mais  par  ce  que  ce  tartre  efl  un.  fil 
effentiel  lequel  acaufi'  du  mélange 
de  fia  co'mpefition  ne  fe  diffout  point 
dans  l'Eau  froide,  fi  ce  n'efi  en  la 
faifant  bouillir  ,  &  foudain  que 
l'eau  commence  de  perdre  fa  cha¬ 
leur  y  le  fiel  reprend  fa  première 
forme  ;  cefr  pourquoy  fi  l'Artifle 
cherche  U  moyen  unifiant  &  qu’il 
y  prenne  peine ,  il  le  pourra  ren¬ 
contrer  y  &  de  la  forte  s'il  en  faut 
croire  quelques-uns  ,  il  aura  une 
Eau  tout  a  fait  excellente ,  &  meil¬ 
leure  que  de  quelle  autre  ffion 
non  la  puiffe  difiiller  ,  laquelle 
ouchêe  d'un  double  papier  pertui- 
fé  avec  une  épingle  ,  la  tiendre'é^  a 
L'air  par  cinq  à  fix  jours  ,  apref^ 
la  retirerez  &  la  bouchères^  pour 
la  garder  au  befioin. 

Gfitelques-uns  pourront  trouver 
k  redire  ,  de  ce  que  je  n'y  ajoute 
points 


2. 4  O  Trait  té  des 

point  U  fel  fixe  de  la  plante ,  pour 
une  plut  grande  perfeètion ,  a  quoy 
je  réponds  ,  que  cette  addition  cau- 
fieroit  plutôt  la  perte  de  l'Eau  , 
que  fa  eonfervation  &  durée ,  par 
ce  que  les  parties  de  l'humidité  fur- 
monteroient  de  beaucoup  ,  celles  du 
fel ,  &  au  lieu  de  luy  augmenter 
fis  vertus ,  comme  on  fe  perfuade, 
l'eau  fe  corromprait  d  caufe  de  leur 
inégalité.  Outre  que  de  quelle  fa¬ 
çon  qu’on  puijfe  préparer  les  plan¬ 
tes  &  les  exhiber  ,  leur  fel  fixe 
n'agit  point ,  &  ne  fe  peut  feparer 
de  leur  fujet  que  par  l'art  du  feu 
&  l'entremife  de  l'eau  pour  l'ordi¬ 
naire.  £f  je  diray  encores  que  les 
fels  fixes  des  Végétaux  font  pri¬ 
vez.  de  la  vertu  de  leurs  ' plantes, 
&  qu’ils  font  tous  femblables  les 
uns  avec  les  autres  ,  &  par  Con¬ 
fisquent  inutiles  peur  rendre  leurs 
Eavux  meilleures.  Voilà  comme 
je  croy  la  meilleure  méthode  de  di- 
fiiller  les  herbes  fiaifches  ou  tem¬ 
pérées',  qui  feront  accompagnées 
de  la  vraye  odeur ,  &  de  la  faveur, 
entant  qu'il  fe  peut  des  plantes, 
dont  elles  auront  été  tirées  (  excep¬ 
té  de  celles  cy  -  devant  refervées) 
avec  leur  vrayç  ejfence ,  qui  na¬ 
gera  par  defius  concrète  ,  comme 
celle  de  la  Rofe  ,  mais  en  mtind.re 
quantité. 

Mais  par  ce  me  dira-on  que  ce 
travail  efi  long  ,  &  quaujour- 

d'huy  la  fidelité  de  ceux  de  nô¬ 
tre  profejfion  efi;  mal  recompenfée, 
à  caufe  des  brouillons  qui  y  font 
en  plus  grand  nombre  ,  comme  il 
nefi  que  trop  véritable  -,  jen  voicy 
une  autre  formule  ,  qui  efi  moins 
laborieufe  ,  mais  qu’il  feroit  befoin 


Eaux  âifiiïlées. 

de  renouveller  les  Eaux  de  fix  en 
fix  mais  ,  s’il  était  pejfible  ;  c'efi 
qu'il  faut  prendre  le  fuc  d’Ozeille, 
ou  de  telle  autre  plante  fucculente 
qu'on  voudra  ,lequel  dépuré  comme 
dejfus ,  fera  difiillé  dans  un  Refi-i- 
geratoire  bien  net  ,  les  jointures 
fermée  s, le  dejfus  garny  d’eau  fioide, 
&  le  dejfous,  d'un  feu  médiocre  ,  en 
tirerez,  d'eaù  claire  les  deux  tiers 
du  fuc  ou, un  petit  plus  ;  aprez  cef- 
ferej^^le  feu  ,  &  'ceux  à  qui  il fem- 
blera  bon, y  procédèrent  peur  l'addi¬ 
tion  du  fel  ejfentiel  comme  a  'été 
cy- devant  dit ,  comme  aujfi  de  la 
façon  de  couvrir  la  phiole ,  &  du 
temps  de  la  tenir  à  l'air. 

Cette  Eau  je  l'efiime  de  beau¬ 
coup  inferieure  à  la  precedente  ,  & 
une  bonne  decoEbion  de  la  même 
plante ,  fera  toujours  préférable 
parmy  ceux  qui  s’entendent  à  tel¬ 
les  Eaux. 

Voilà  pour  les  plantes  fucculen- 
tes  en  general ,  qui  font  fioides  ou 
ternperées ,  refie  le  moyen  de  difiil- 
ler  les  chaudes ,  &  ameres  par 

exemple  de  celle  d' Abfinthe.Prenez 
huit  livres  d'Abfinthe  Pontic  ou 
vulgaire ,  incifez-le  menu ,  &  le  pi- 
dez  comrne  fi  en  voulielj  tirer  le 
fuc,  metteXjle  dans  un  grand  pot 
de  terre ,  &  par  dejfus  verfeTjvingt 
livres  d’eau  chaude  tres-pure  ,  cou¬ 
vrez  le  pot  Ô'  le  laijfez  en  digeftion 
par  deux  fois  vingt  quatre  heures, 
aprez  vuidez  le  tout  dans  la  Cu- 
curhite  de  Cuivra  ,  joigneZ-y  fou 
Chappiteau  à  Refrigeratoire  garny 
d'eau  froide ,  &  difiUle"^  par  un 
degré  de  feu  ,  qu’une  goutte  fuive 
immédiatement  l'autre ,  &  en  tireX, 
environ  douze  livres  ;  aprez  les 


ait  té  des  Eaux  diftillées.  141 


vaijfeaux  démontez.  ,  coulerez.  & 
exprimer e"^  fortement  le  marc ,  la 
coulature  avec  l’eau  difiillée  feront 
jettées  fur  pareille  quantité  d’Ab~ 
finthe  bien  conca0,digererez.,&  di- 
Jlillerez.  somme  deffm  j  l’eau  qu’en 
extrairez, ,  fera  plus  excellente  de 
beaucoup  qu’à  la  façon  ordinaire, 
{fans  que  toutesfoü  elle  /hit  arnere) 
particulièrement  elle  fervira  pour 
les  fievres  intermitantes  ,  Ji  on  y 
a'joûte^  dix  grains  du  fel  fixe  de  la 
plante  fur  deux  onces  d’icelle  ,  & 
deux  onces  d’eau  de  Chardon  bénit, 
préparée  de  la  meme  façon, &  qu’on 
exhibe  cette  mixtion  au  commence¬ 
ment  de  l'acce'/.  Ces  eaux  ainfi  di- 
fiillées  les  faut  boucher  feigneufi- 
ment  fans  les  expofer  à  l’air  pour 
s’en  fervir  au  befoin. 

Puis  que  Cathelan  nous  a  voulu 
lai/fer  fuccintement  fans  méthode 
ny  raifon  le  degré  de  chaleur  du 
feu  pour  difiiller  l’eau  de  la  fleur 
de  Nénuphar  au  B.  M.  fans  pref- 
crire  la  quantité  de  la  fleur  ,  ny 
celle  de  l’eau  de  fontaine  qu’il  y 
convient  mettre  ,  je  me  fens  obli¬ 
gé  d’y  fatüfaire  ,  d'autant  pins  que 
je  reprouve  entièrement  fin  procé¬ 
dé  :  que  pour  s’en  acquiter  plus 
dignement  ,  il  faut  prendre  fix 
livres  de  fleurs  de  Nénuphar  blanc, 
fiparée  du  jaune  ,  les  bien  concajfer 
au  mortier  de  marbre  ,  puis  des 
mettre  dans  un  pot  de  terre  ,  &  y 
verfer  par  dejfus  douz.e  livres  d’eau 
de  fontaine  qui  fiit  chaude  s  le  pet 
bien  couvert  fera  tenu  en  dige- 
ftion  fur  les  cendres  chaudes  l’ef 
P  ace  de  vingt- quatre  heures  ,  & 
fur  la  fin^  faut  augmenter  la  cha¬ 
leur  jufques  à  ce  que  la  matière 


commencera  de  bouillir ,  le  vaiffeau 
tiré  du  feu  &  àdemy  froid  ,  La  co- 
lature  en  fera  faite  à  travers  une 
forte  toile,  &  l’expreffion  à  la  prefi 
fi,  fera  verfée  fur  une  pareille  quan¬ 
tité  de  fleurs  de  Nénuphar  -,  con- 
caffées  comme  devant  renverfer 
le  tout  dans  une  Courge  de  cuivre 
bien  nette  ,  &  la  couvrir  de  fa 
Chappe,  puis  fur  un  fiurneau  à  gril¬ 
le  par  un  degré  de  feu  modéré  de 
charbon  &  non  avec  du  bois ,  com¬ 
me  quelques-uns  pratiquent ,  diftil- 
lerez.  votre  eau  qu’une  goutte  puiffi 
pouffer  l’autre ,  comme  a  été  cy -de¬ 
vant  dit  J  &  l’eau  de  la  Chappe 
fouvent  rafi-aifihie ,  jufques  àl’ex- 
traélion  d’environ  neuf  livres  de 
liqueur  ;  alors  ceffirez.  l’operation 
.&  par  cinq  à  fix  jours  la  phiole 
fera  tenue  à  l’air  couverte  du  dou¬ 
ble  papier  pertuifé  comme  les  pre¬ 
cedentes.  Cette  eau  ainfi  préparée 
fera  incomparablement  douée  de 
plus  grandes  vertus  que  celle  de  nô¬ 
tre  Collègue  au  B.  M.  (  quoyque  je 
fois  perfuadé  que  de  quelle  façon 
qu’on  difiille  ces  fortes  d'Eaux, 
qu’elles  font  de  tres-petite  vertu.) 
Et  ainfi  on  procédera  à  celle  de 
Pavot  rouge  ,  qui  efi  d’un  frequent 
ufage  en  cette  ville  ,  &  autres  de 
telle  nature  de  fleurs  ,  defqueUes  on 
ne  peut  facilement  extraire  le  fuc 
que  par  artifice.  Voilà  trois  formu¬ 
les  des  plus  méthodiques  pour  tirer 
les  eaux  fimples,  deux  pour  les  her¬ 
bes,  &  une  peur  les  fleurs ,  qui  peu- 
uent  fervir  de  réglé  pour  toutes  les 
autr0 ,  refie  maintenant  de  dire  un 
mot ,  fur  chacune  des  eaux  compo- 
fées  qui  fuivent. 

Notez  que  moyennant  quon 
h  h  net 


142-  lirait  te  des  Eaux  dtjiillées. 


nettoye  bien  le  dedans  du  Refrige- 
rateire  ,  toutes  les  fois  quon  s‘èn 
voudra  fervir  ,  &  quon  obferve  les 
formules  prefcriptes  ,  on  aura  des 
eaux  diftmées  de  plue  grande  ver¬ 
tu  par  le  moyen  de  ce  vaijfeau ,  que 
par  aucune  autre  forte  d’Æembic , 
attendu  qu'il  ny  a  rien  a  craindre 
du  côté  du  Cuivre  ,  quey  quon  aye 
feu  dire  cy- devant  ;  mais  qu'on  ny 
metfe  rien  d'acre,  ny  de  merdicant, 
puis  que  nous  voyons  que:  cette  forte 
de  met  ail,  efi  le  plus  employé  qu'au¬ 
cun  autre  pour  l'appret  des  vian¬ 
des  ;  que  s'il  y  avait  du  danger, 
comme  nôtre  Collègue  préfuppofe 
cy-devant  ,  en  ne  s'en  frviroit 
point  dans  la  cwifine  des  Grands, 
comme  l'on  fait  ,  ny  en  beaucoup 
d'endroits  de  la  France ,  ouils tien¬ 
nent  l'eau  pour  boire  ordinairement 
dans  des  vaijfaux  de  Cuivre. 


Aqua  Cinnamomi  ,  D.Mat- 
ihioU. 


rentes.  Mais  par  ce  que  cec  Au- 
theur  deftinoit  lefdites  eaux  Impé¬ 
riales,  pour  l'embelliirement  duvifa- 
ge  feulement  ,  au  contraire  de  ce 
que  nous  recherchons  pour  la 
fanté  :  il  n’y  a  eu' encores  pcrfon- 
ne  ,  qui  fe  foit  fervy  de  ces  deux 
receptes. 

Voilà  pourquoy  chaque  Apothi¬ 
caire  juiques  à  prefent  a  eu  la  lîen- 
ne  particulière ,  fans  qu’il  y  euft  de 
la  correlpondance  entre  elles.  Ce 
qui  a  entretenu  une  grande  confii- 
fion  parmy  nous  pour  ce  regard- 
Pour  à  quoy  obvier  ,  &  aprez  avoir 
reprefenté  tous  ces  inconveniens  à 
Monfieur  de  Varanda  ,  il  a  trouvé 
bon  d’en  drelïèr  une  recepte  colli¬ 
gée  de  toutes  les  autres,  que  je  luy  ay 
fournies.  El;  aprez  une  meure  deli¬ 
beration!,  il  me  fit  l’honneur  enl’an- 
né  1607.  de  m’en  donner  la  recep¬ 
te  ,  qui  eft  telle  comme  s’enfuit ,  la¬ 
quelle  j’ay  depuis  enfui  vie  avéc  bon 
fuccez ,  &  pourra  à  l’avenir  être  te¬ 
nue  pour  très-  bonne. 


4^.  Aqua  Rofarum,  lib.  quatuor. 

Cinnamomi  lib.  unam. 

Fini  albi ,.  lib.fmif. 

Zih.  I.  Infundantur  fmul  fuper  cineres  ca- 
eap.  13.  lidos  horas  14.  in  vaf  vitreo 
in  Diof-  operculato ,  fequenti  v.ero  Àie  di- 
eorii.  fillentur  ut  artis  efi. 

PA  fions  outre  à  la  féconde  qui  fiiit, 
j,m  c-  ^  fo'avoird’cau  Ifnperiale.Pourrai- 
rîale.  -laquelle  j’ay  à  reprefenter  , 

qu'aucun  Autheur  (que  jefçache) 
n’a  encores  décrie  l’eau  Im^iale, 
lînon  Liebaut  en  fon  livre  qu’il  a 
fait  des  embeilüîëments  ,  lequel 
eo  rapporte  deux  receptes  diftë- 


R  E  M  A  R  QV  E. 

MAtthiole  donne  diverfsdef- 
crip  tiens  de  l’eau  de  Cane  lie, 
dans  fs  trois  éditions ,  f  avoir  dans 
celles  dés  années  153  b.  ^ 
il  y  fait  entrer  une  livre  &  demy 
de  vin  blanc  ,  &  dans  celle  de 
l'an  i\  b’},  il  n'y  en  met  que  de¬ 
my  livre,  s’il  en  faut  croire  a  Def 

moulins  en  fa  verfion  Françoifi , 
■car  pour  l'original  qui  efi  d  im- 
prejjion  de  Venif  ,  jufques  icy ,  je 
ne  l'ay  peu  vérifier ,  &  c’efi  celle 
que  nôtre  Collègue  a  fiùvy  ■  néant- 
moins  il  fe  trouve  fort  peu  d' Apesi' 
câsus,^ 


Tarait  té  des  Eaux  diHillées.  X4.5 


ca,ires  ,  ^ui  la  compofent  ny  d’une 
fa^on  ny  d’autre.  Les  uns  n’y  met¬ 
tent  point  d’eau  Rofe  ,  que  le  feul 
vin  blancr  ,  d’autres  la  difiillent 
avec-  la  feule  eau  commune-,  les 
autres  y  mettent  parties  égales 
d'eau  Rofe  &■  de  vin  blanc ,  & 
d’autres  y  mettent  tout  d’eau  Rofe. 
Gluant  à  moy  j’incline  très- volon¬ 
tiers  à  la  defcription  de  l’ fdutheur 
d  une  livre  &  demy  de  vin  blanc, 
excepté  ,  par  ce  que  nous  n’avons 
point ^de  fi.  bonne  Canelle  comme 
avoit  Matthiole  de  fon  temps  ,  je 
fuis  d’avis  . qu’on  la  reélifie  fur  une 
même  quantité  de  la  meilleure  Ca¬ 
nelle  quart  pourra  choifir  ,  & 
d’augmenter  les  liqueurs  jufques 
au  double  ,  &  ainfi  l’eau  furpaf- 
fera  de  beaucoup  la  precedente , 
fi  l’xirtifte  garde -les  mefitres ,  & 
proportions  requifes  en  la  difiil- 
lation. 

Ceux  qui  defirerent  encor  es 
avoir  une  eau  de  Canelle  beaucoup 
plus  effcacieufi  ,  (fr  qui  ne  confî- 
dereront  point  la  dépance  ,  ny  le 
travail  y  prendront  une  livre  de 
bonne  Canelle  choifie  &  convajfée,  la 
mettront  dans  une  Cucurbite  de 
verre  ,  &  verferont  par  dejfus  fix 
livres  de  bon  vin-  blanc  ,  qui  ne 
fait  ny  doux  ,  ny  vert ,  icelle  exa- 
îiement  couverte  de  fa  Chappe  ,  les 
jointures  bien  collées  avec  de  la 
colle  de  farine  ,  ou  d’amydon ,  ou  de 
parchemin  ,  en  façon',  que  les  plus 
fubtils  eéfrits  ne  pmjfent  refiirer-, 
aprez.  ajanceront  leur  Alembic 
dans  une  terrine  au  fable  ,  au  bec 
duquel  colleront  aujfi  un  récipient, 
&  aprez.  deux  jours  de  macéra¬ 
tion  ,  diftilleront  par  un  degré  de 


feu  modéré  ;  &  quand  l’eau  com¬ 
mencera  de  dijiilkr  blanche  ,  pour 
lors  ils  augmenteront  tm  peu  le 
feu  ,  &  continueront  la  difiillation, 
jufques  a  ce  que  la  Canelle  fera 
entièrement  découverte  :  les  vaif- 
feaux  rafioidù  ,  tireront  la  Canelle 
de  la  Cucurbite  ,  &  en  mettront 
de  nouvelle  bien  choifie  ,  qui  ne 
fente  pas  le  bois  “en  la  mafchant, 
même  poids  que  devant-  ,  apre'{^ 
l’avoir  concaffée  verferont  fur  icel¬ 
le  ,  l’eau  de  la  precedente  ,  & 
environ  deux  livres  du  meilleur 
vin  blanc  :  toutes  les  jointures 
bien  codées  comme  dejfrn  j  apre\^ 
vingt  quatre  heures  de  macéra¬ 
tion  ,  difiilleront  du  commence¬ 
ment ,  par  un  plus  petit  degré  de 
feu  que  le  premier  de  la  prece¬ 
dente  'difiillation  ,  &  quand  on 
s’appercevra  ,  que  l’eau  commen¬ 
cera  a  dégoutter  blanche  ,  il  faut 
foudain  changer  de  récipient  ,  & 
le  coller ,  avec  une  bande  de  linge, 
&  à  même  temps  augmenter  le  feu, 
jufques  qu'on  en  ait  tiré  environ  de 
trois  livres  de  la  fécondé  diqueur, 
fans  y  comprendre  la  première ,  qui 
efi  l’efirit  du  vin  blanc  ,  Ô^de  la 
forte  ils  auront  une  eau  ,.  ou  fi  j’a- 
fe  dire  un  ejprit  de  Canelle  d’une 
faveur  merveilleufe  ,  qui  ne  pique 
point  la  langue ,  feparée  de  l’efirit 
de  vin  ,  &  qui  fait  des  grands 
effets  ,  particulièrement  pour  let 
femmes ,  qui  font  en  travail  d' En¬ 
fant  ,  fans  les  échauffer  ,  qui  fur- 
paffera  toutes  les  meilleures  eaux 
de  Canelle  fimples  ,  qui  ayent  ja¬ 
mais  été  inventées  :  bref  c’efi  un 
Elixir  ,  qui  efi  capable  de  refiau- 
rer  toutes  les  facultez.  du  corps 


2.44 

humain ,  contenant  en  fey  la  meil¬ 
leure  partie  du  vray  foulphre  de 
la  Canelle ,  qui  ne  s'en  fepare  point) 
que  Jix  mois  ,  ou  une  année  aprez. 
la  difiillatien  de  ladite  Eau. 


Aqua  Imperialis,  D.  Va- 
randæi. 

Ortie is  Citri  Jîcei , 
Arantierum , 

Nucis  Mefchata , 

Cary ephy lier um  ,.& 

Cinnamomi  »  ana  une,  duoi. 

Çyperi , 

Jreos  Flerentia  , 

Calami  arornatici,  ana  une.  unam. 
Zedoari^  , 

Galanga , 

Zingiberù ,  ana  unc.femiji. 
Summitatum  Lavendula , 

Rorifmarini,  ana  man.dms, 
Foliorum  Lauri , 

Major  an  A , 

Hyjfopil 
MeliJfA  , 

Mentha , 
eSahia ,  & 

Thyrni ,  anamanip.unum. 
Rofarum  atharum  ,  & 

Pallidarum  recentium  ,  ana 
manip.  femi^. 

AquA  Rofarum,  lih. quatuor. 

Vini  alhi  optimi ,  lih.  duos. 

Contujis  priué  contundendù  infun- 
dantur  per  2-4,.  horas  in  Alemhi- 
co  vitreo  fuper  cineres  calidos, 
deinde  difiihentur ,  ut  artis  eft. 


Trait  té  des  Eaux  âifiiüèes. 


D  Autant  que  cette  Eau  fe  trou^ 
veroit  deux  fois  décrite  dans  cè 
livre,  je  lay  tirée  de  l’Appendix; 
t’avertillânt  aprez  Monfieur  Baude- 
ron  qui  l’a  preferée  à  celle  de  lean 
de  Vigo ,  qu’elle  a  été  compofée  par 
feu  M.  lean  de  Varanda  Confeiller, 
Médecin  ,  &  ProfelTeur  du  Roy, 
Doyen  en  l’Vniverfité  lâmeufe  de 
Medecine  à  Montpelier  ,  l’un  des 
plus  doétes  perfonnages  de  fon 
tems  :  pour  être  plus  courte  &  cotn- 
pofee  de  Médicaments  faciles ,  &  à 
faire  &  à  recouvrer ,  &  convenables 
pour  accomplir  les  effets  fus- men¬ 
tionnés  ,  &  avec  plus  de  méthode 
&  artifice. 

On  luy  a  impofé  ce  nom  fpecieux 
d’Imperiale  pour  deux  railôns ,  par 
ce  qu’il  n’appartient  qu’aux  Princes, 
&  grands  Seigneurs  d’en  ufer  fou- 
vent,  à  cauiè  de  fon  prix  &  valeur; 
ou  bien  elle  eft  dite  Impériale  ,  par 
ce  qu’elle  eft  la  plus  excellente  des 
Eaux  cordiales. 

REMARQUE. 

QVoy  que  les  dofes  des  ingre- 
diens  qui  compafent  l'Eau  Im¬ 
périale  fiient  mieux  propertionnees, 
que  de  celles  qui  fuivent  avec  la 
liqueurs  qui  y  entrent  pour  enle¬ 
ver  leurs  qualiteTi  &  vertus  ;  je 
ferais  neantmoins  d'avis  ,  défai¬ 
re  les.  livres  de  l'eau  Rofe  ,  & 
du  vin  blanc  de  feiXe  onces ,  au 
lieu  de  la  livre  de  Medecine ,  qui 
nefi  que  de  douXj  onces  ,  atten¬ 
du  la  quantité  des  matières  feiches 
qui  y  entrent  j  &  au  lieu  de  l  eau 
Rofi  ordinaire,  qu'en  prît  de  cel¬ 
le  qu'en  tire  des  Rofes  fermentées. 

Ziff 


Tarait  té  des  Eaux  dtfiilîees. 


Le  moins  fitciendi  de  l’ean  de  Cn- 
neîle  icy  obfervé  ,  on  en  fourra  ti¬ 
rer  deux  livres  &  demie  de  liqueur 
du  même  poids  que  dejfm ,  &  ainfi 
l’Eau  fera  fort  efficacieufe. 


La  treizième  Eau  c^>mposée, 
qui  efi:  L’Eau  Celeftc. 

Aqua  Cxleflu. 

IE  la  trouve  décrite  diverlcment 
pr  deux  Authenrs  :  la  première 
par  Matthiole  au  chapitre  du  vin  di- 
ftillé  J  laquelle  il  n  appelle  pas  Ce- 
lefte  5  mais  Eau  de  vie  composée 
ièulement.  Et  Tautre  en  l’Antido- 
taire  de  lean  de  Vigo  ,  qu'il  quali¬ 
fie  proprement  de  cette  appellation. 
Leiquelles  je  prétends  au  relie  de 
rapporter  icy  toutes  deux ,  pour  lail^ 
fer  la  liberté  aux  plus  curieux  de 
compofer  1  une  ou  l'autre  qui  leur 
fera,  la  plus  agréable  3  déclarant 
neantmoinS  que  j'ay  composé  deux 
fois  celle  de  Matthiole  ,  par  l'avis 
de  feu  Jacques  Cathelan  mon  pere, 
lors  vivant  auffi  Maître  Apoticaire 
de  cette  ville ,  qui  entendoit  fort  bien 
ce  qui  étoit  de  là  profeffion ,  ainfi 
que  ceux  qui  l'ont  connu  ,  ne  le 
nieront  pas  ;  à  caufe  difoit-il ,  dé  la 
grande  confufion  qui  fe  remarque 
en  celle  de  lean  de  Vigo  >  tant  à  la 
dofe  mal  proportionnée  des  ingre- 
diens  ,  qu'en  la  Méthode  qu'il  la 
décrit  pour  la  diftillerj  ainfi  que  je 
deduiray  particulièrement  cy-aprés  : 
&  deux  auoresfois  celle  de  Vigo, 
que  je  corrigeois  en  quelques  arti¬ 
cles  5-  comme  je  montreray  aulfi  tan¬ 


tôt  ,  qui  m'a  fomblé  ainfi  beaucoup 
plus  exquife  que  celle  de  Matthio¬ 
le  que  j 'a vois  fait  auparavant.  La  de- 
cifion  dequoy  toutefois  je  remets 
aux  fieurs  Médecins ,  pour  en  or¬ 
donner  ce  qu'ils  trouveront  bon  ,  à 
quoy  je  me  conformeray  fans  opi¬ 
niâtreté. 


Aqua  vitæ  Matthioli  compofî- 
ta  ,  quam  nos  Cœleftem 
appellare  polTumus. 

Cvmamomi  )  unc.mam. 
Zingiberü ,  unc.  femif. 

Santali  alt/i , 

Citrini ,  & 

Rubri  ,ana  drach^fex. 
Caryophyllorum , 

Galanga , 

Nucis  Mofehata  ,  an  a  draeh.  duos- 
&  femij?. 

Maeü , 

Cubebarum  ,ana  draeh.  unam. 
Cardamomi  major is  ,&  mineris, 
Seminis  Nigella  Roman &,ana  draeh. 

Zedoaria ,  une.  femif.. 

Seminis  Anifi, 

Fœniculi  dulcùs , 

Paftinac.  fylveBris  , 

Bajîlici , 

Radicis  Angelica , 

Cdryophyllata , 

Liquiritia , 

Calami  aromatici ,, 

Faleriana  minorü , 

Eolisrum  Sclareet , 

Thymi, 

Calamenti , 

Pulegii , 

Menthax 

hh  5; 


SérfiUi, 


14^  Tarait  te  des  Eaux  dtfiïüees. 


SerpiUi , 

Ma)erana ,  ana  drach.  duoi. 
Florum  Rofarum  mbrarum  , 

Salvix, 

Roris  marini , 

Betonic& , 

Stœchadü , 

BugloJfi,& 

Borraginü,  ana  drachm.  mam, 
&  femiji. 

Corticis  Citri  ficci ,  drach.  très. 
Pulveris  Diambra , 

Aromatici  Rofati  , 

Diamefihi  dulcü , 
Diamargariti  fiigidi , 
Diarhodenis  Abbat.  & 
EleEtuarii  de  Gemmü-,  ana  drach. 
très. 

Contundenda  contundantur  &  in- 
fundantur  ,  in  libr.ü  duodecim 
Aejua  vit  a  optima  per  quin- 
decim  dies  j ,  deinde  diBillentur, 
ut  artis  ejl.  In  qua  Aqua  in- 
fmdantur  Sautait  citrini  drach- 
rna  dua  ,  Ambra  grifa  ,  &  Mof- 
chi  in  nodulo  pofitorum  ,  ana 
fcrupul.  femijf.  lulepi  Rofati  U- 
bra  -  ttna ,  mijce  &  reponan- 
tur  per  quindecim  dies.  t)emum 
celentur  in  alio  vafe  &  refer- 
ventur  ufui. 

REM  ARQVE. 

N  la  defeription  de  l'Eau  de 
vie  de  Matthiole ,  s’y  trouve  fix 
fautes  remarquables,que  neanmoins 
mut  réduirons  en  cinq  principales, 
pour  y  en  avoir  deux  de  même  na¬ 
ture  :  les  deux  premières  precedent 
du  peu  de  connoijfance  que  notre 
Collègue  avait  des  jtrnp  le  s  ,  de  pren¬ 
dre  deux  plantes  de  qualités  & 


vertus  contraires  à  l’intention  de 
ce  premier  ,  pour  deux  autres  ,  fit 
par  la  rejfemblancé  des  noms  ou  de 
leurs  Synonymes  ,  &  les  fueilles 
d’une  plante,  pour  la  racine  d’une 
autre  ,  &  encores  une  esfece  pour 
une  autre  ,  &  enfuite  de  ces  équi¬ 
voques,  il  y  a  une  obmijfwn  de  deux 
ingrédiens. 

La  première  de  ces  fautes  paraît 
de  ce  que  nous  lifons  dans  la  def¬ 
eription  de  la  fufdite  compofnion 
au  livre  cinquième ,  chapitre  feptié- 
me  du  Commentaire  de  Matthiole 
fur  Diofeoride  e\^  éditions  de  Fal- 
degrife  de  Fénife  de  l’an 
&  de  Nicolas  Bajfet  de  Franc  fort 
de  l’an  1598.  Radicis  Caryophyl^ 
lata  ,  lefquels  mots  en  la  verfion 
Françoife  du  \  Commentaire  dudit 
Alatthiele  par  Anthoine  du  Pinet, 
celuy  de  Radicis  fût  traduit  pour 
racine ,  ■&  le  traduSleur.  retint  le 
mot  de  Grec  de  Caryophyllata  ,& 
dans  la  verfion  Françoife  du  même- 
Commentaire  par  lean  Defmoulins 
ces  mots  font  traduits  pour  racine 
de  Benoîte.  Favoüe  qu'en  ces  deux 
verfions  differentes  ,  bien  que  les 
mots  de  Caryophyllata ,  &  de  Be¬ 
noîte  ne  fignifient  qu’une  même  cho- 
fe ,  que  les  moins  oculés  en  la  bo¬ 
tanique  y  peuvent  être  furprü ,  & 
qu’il  efi^  neceffaire  pour  une  plus 
claire  intelligence  de  l’Artifie  d’ex¬ 
pliquer  d’où  font  dérivés  cés  deux 
mots  ;  celuy  de  Caryophyllata  luy 
a  été  donné ,  de  ce  que  la  racine 
'de  cette  plante  d  l’odeur  de  Gere- 
fie  J  &  celuy  d’herba  Benediéla,  de 
ce  que  la  plante  entière  poffede  des 
rares  df  excellentes  vertus  :  mais  ce 
qui  a  beaucoup  contribué  à  l’erreur 


lirait  té  des  Eaux  dtjiïüées.  x  47 


àe  notre  Collègue  ,  comme  je  puü 
conjeÜurer  ,  efi  quil  a  tiré  la  fuf- 
dite  defcripTîon  de  la  verfien  de 
I.  Defmoulins ,  &  au  lieu  de  dire 
en  Latin  Radicis  aingelica  ,  Bene- 
diSta  ,  ou  bien  Radicis  Angelica, 
Cariephyllata  ,  il  a  dit  ,  Radicis 
Angelica  ,  foliornm  Betsnica  ,  s'i¬ 
maginant  que  le  mot  de  Beneite 
étoit  une  faute  de  V Imprimeur, 
pour  avoir  interposé  quelques  let¬ 
tres  J  d'autant  que  les  mots  de  Be¬ 
noîte  &  de  Betoine  font  composés 
de  même  caraHeres  l’un  que  l’an¬ 
tre  ^  ^  au  lieu  de  dire  Betoine, il 
aurait  dit  Benoîte,  au  contraire  cela 
procédé  de  ce  que  notre  Collègue 
na  pas  entendu  ce  dernier  Syno¬ 
nyme  V  &  comme  une  erreur  le  plus 
fouvent  en  attire  une  autre  d  foy, 
il  changea  à  même  tems  le  mot 
de  racine  pour,  celuy  de  feuille  j 
parce  que  la  racine  de  la  Betoine 
n’efi  point  uftée  que  fort  rarement 
en  la  Jü/fedecine  ,  &  ainji  s'en  en- 
fuivirent  deux  fautes  fur  ce  fm- 
ple.  ^uant  au  relie  la  differen- 
ce  efi  grande  entre  la  Ben  oit  e  & 
la'  Betoine  ,  tant  en,  ejpece  qu'en 
venus. 

Nom  lifons  aujfi  dans  les  mêmes 
éditions  Latines  cy-dejfm  alléguées 
de  Matthiole  ,  faliorum  Sclarea, 
qui  efi  le  grand  Horminum  de  quel¬ 
ques-uns  ;  Cr  dans  les  deux  vef- 
'  fions  Francoifes  ces  mots  ont  été 
tournés  pour  les  fieilles  de  la  Scla- 
rée  que  notre  Collègue  a  pris  pour 
l'Efclaire ,  qui  efi  la  Chelidoine 
grande ,  &  a  écrit  dans  fa  dejeri- 
’ption.foliorum  Chelidonii  minoris,  oh 
l’erreur  efi  aufiï  double  :  en  prernier 
lieu,  d'avoir  pris  la  Chelidoine  pour 


la  Sclarée ,  &  en  fécond ,  d'y  avoir 
ajouté  le  mot  de  minoris  ;  parce 
que  quand  un  Autheur  demande 
dans  une  compofition  un  fimple, 
duquel  il  y  a  d'autres  efi>eces,il  faut 
toujours  prendre  l'elfece  la  plus 
excellente  ,  &  la  pim  familière  , 
c'efi  a  dire  ,  celle  qui  efi  la  plus 
en  ufage ,  à  moins  que  par  exprès 
l’Autheur  de  la  compofition  s'eti 
fait  expliqué  ;  comme  nôtre  Collè¬ 
gue  devait  faire  en  cét  endroit ,  en 
tout  cas  préférer  la  grande  Cheli¬ 
doine  d  la  petite  :  la  différence  de 
la  Sclarée  d  l'Efclaire  ,  n'efi  pas 
moins  connue  ,  &  l'équivoque  de 
moindre  importance  que  les  prece¬ 
dentes. 

La  cinquième  ,  quoy  qu'elle  fait 
aufii  double  ,  nous  la  reduifons  com¬ 
me  a  été  dit  cy-deffus  ,  en  upe'qui 
efi  que  Matthiole  fait  entrer  en 
la  fusdite  defeription  de  toutes  fes 
éditions  le  Pulegium ,  &  la  Bden- 
the ,  que  nôtre  Collègue  ou  l'Impri¬ 
meur  y  ont  obrnis ,  &  bien  comme 
je  veux  croire ,  que  cette  faute  pro¬ 
cédé  de  ce  dernier ,  fi  efi-ce  ,  qu'il 
étoit  du  devoir  de  ce  premer  de  la 
corriger  après  la  première  édition 
de  fin  ouvrage.  , 

Quelques-uns  pourraient  encore» 
faire  naître  une  autre  diffculté  en¬ 
tre  la  verfion  de  Definolim ,  &  cel¬ 
le  du  Pinet  ,  fi  on  voulait  pren¬ 
dre  les  paroles  au  fins  de  la  let¬ 
tre  ,  quoy  que  neammoins  il  n'y  ait- 
rien  d  redire  ,  de  ce  que  ce  pre¬ 
mier  demande  en  fa  defeription 
VEleüuaire  de  Gemmis,  &  ce  der¬ 
nier  demande  en  fa  place  l'Ele- 
éluaire  de  Marguerites,:  en  cela\ils 
ne  different  point  que  du  nom,  bien 


X  48  Tarait  te  des  Eaux  àifiiüées. 


que  dans  cét  Antidotam  ou  Phar¬ 
macopée  y  aye  grande  différence  en¬ 
tre  le  Diamargaritum  frigidum 
qu'on  pourrait  prendre  poür  l'E- 
ieétuaire  de  Marguerita  ■&  ce- 
luy  de  Gemmii  ,  fi  ce  premier 
ny  entrait,  dé-ja  une  fois  j  mais 
cette  diffculté  fera  non  feulement 
vuidée  par  tous  les  exemplaires  La¬ 
tins  de  Aiatthiole  ;  mais  auffi  de 
ce  qu’il  y  a  quelques  Autbeurs, 
qui  ont  voulu  donner  le  nom  de 
Perles  ou  de  Marguerites  d  l’Ele- 
£luaire  de  Gemmis  ,  que  du  Pinet 
a  fuivy  en  fa  traduélion  ;  à  caufe 
que  l&  Perla  y  entrent  en  une 
plfts  grande  dofe  ,  qu'aucune  da 
pierres  precieujes  que  la  Latins 
ont  appelle  Gemma  j  cefi  pourquoy 
il  faut  prendre  l' EleBuaire  de  Gem¬ 
mis  tel  qu'il  efi  cy- devant  décrit 
en  la  quatrième  Seélion ,  fans  re¬ 
courir  d  d'autres  compofitions  pour 
ne  contrevenir  d  l'intention  de  l'Au- 
theur. 

Vbild  touta  la  fautes  de  l’Au- 
thâur  du  Traitté  des  Eaux  difiil- 
lées  exaElement  recueillies,  de  cet¬ 
te  excellente  cempofition  ,  que  peur 
l'honneur  de  fon  inventeur  &  le 
bien -public  lu  avons  corrigées ,  & 
reSlitué  d  la  cempofition  ce  que  la 
négligence  de  ceux  qui  m'ont  de¬ 
vancé  luy  avaient  fait  perdre  ,  .en 
la  faifant  conforme  d  trois  originaux 
de  Matthiole  du  plus  correils  que 
f  dy  en  main. 

Relie  de  paffer  maintenant  de 
la  correliien  d  la  vraye  méthode 
de  la  compofer ,  afin  que  de  cette 
Eau  il  en  puiffe  refulter  lu  effeBs 
promis,  qui  fera  de  .prendre  tous 
les  fimplu  deüement  choifis  , parti¬ 


culièrement  ceux  que  nous  avons 
en  nôtre  dilfofition  récemment  fei. 
chés  pour  lu  pim  vieux  depuis 
deux  mots ,  après  les  avoir  inci¬ 
ses ,  concafsés  &  infusés  avec  la 
quantité  fufdite  d'eau  de  vie  reUi- 
fiée  dans  un  Alembic  de  verre  bien 
luté  avec  un  chapiteau  &  récipient: 
&  parce  que  la  quantité  de  l'eau 
de  vie  efi  de  douane  livres ,  qui  ex¬ 
cédé  de  beaucoup  le  poids  des  in- 
grediens ,  qui  ne  pefent  que  qua- 
torz.e  onces  ,&  deux  ou  trois  drach¬ 
mes  ;  en  cela  il  faut  remarquer  que 
Matthiole  a  entendu  (  fans  qu'il 
s'en  fait  expliqué,  &  la  raifon  U 
veut  )  d'en  tirer  de  liqueur  par 
la  diHillation  tout  autant  quelle 
fera  Jpiritueufe ,  qui  reviendra  d  un- 
peu  pim  au  delà,  de  la  moitié  de 
celle'  qu’en  a  mis  dans  l’Alemhic, 
pafsé  cette  quantité le  relie  efi  de 
petite  vertu  j  c'eft  pourquoy  il- fau¬ 
dra  peur  lors  ceffer  la  diHillation, 
que  fi  on  en  tirait  davantage ,  & 
y  mêlant  une  livre  de  lulep  Ro- 
fiat  »  ce  mélange  rabatroit  grande¬ 
ment  de  fa  vigueur i  &  pourrait  etre 
caufe  quelle  fe  corromprait  ,  tant 
à  raifon  du  lulep  Rofat  ,  que  du 
phlegme  qui  fe  trouverait  dans  l'eau 
diliillée  ;  pour  le  furplus  j'elîime 
qu'en  peut  fuivre  l'Autheur  de  la 
Paraphrafe  ,  comme  auffi  on  la  peut 
diliiller  au  fable  de  même  que  l'eau 
de  Canelle  ,  obfervant  un  degrede 
feu  un  peu  pim  moindre. 

La  Pharmacopée  de  Londre  en 
Angleterre  ne  difiille  point  les  pou¬ 
dres  cordiales  ,  mais  elle  la  mde 
&  diffout  dans  l’eau  diàillée ,  cont¬ 
re  fon  inventeur  avec  le  Santal 
citrin,  l'Ambre ,  le  Mafic  ,  & 


^raitté des  Eaux  difti liées.  140 


luhf  Rofat  ,  après  bouche  exaSle- 
ment  la  phiole ,  &  la  garde  pour 
le  befoin.  le  prefereroü  volontiers 
cette  méthode ,  '  néteit  la  crainte 
tjue  les  fleurs  qui  entrent  dans  les 
poudres  par  leur  vifcofité  ne  cau- 
fajfent  quelque  alteration  d  Veau. 

L’Autheur  du  Bauderon  in  fo- 
lio  de  Londres  ne  s’efi  point  appert 
eeu  de  Verreur  de  Cathelan ,  de  la 
racine  de  Caryophyllata  ,  &  de  la 
fueille  de  la  Sclarée ,  non  pim  que 
de  Vomijfion  du  Pulegium  ,  '  &  de 
la  Menthe  ,  &  a  erré  en  la  dojè 
de  V Ambre  grü  &  du  Mufc  ,  au 
lieu  de  demy  fcrupule  de  chacun, 
il  en  met  demy  drachme  ,  &  la 
Pharmacopée  de  Londres  in  folio  de 
Van  1639.  un  fcrupule  de  eha-' 


Aqua  Cœleftis ,  D.  loannis 
Vigonis. 

y:.  Cinnamomi, 

Caryophyllorum , 

Nucis  Mofchata  > 

Zingiberü, 

Zedoaria , 

Galanga , 

Piperis  longi , 

Rotundt, 

Corticis  Citranguli, 

SpicA  Nardi, 

Ligni  Alo  'és , 

Cubebarum , 

Cardamomi , 

Calami  aromaticit 
Chamadryos  > 

Chamapithyàs , 

Macis , 

Thurü  albi. 


TormentillA  rotunda  , 
HermodaVtylorum , 

MedulU  Ebuli  albi , 

Seminü  luniperi  , 

Baccarum  Lauri» 

Serninis  &  florum  Matricaria, 
Semin.Apii, 

Fœniculi , 

Anifii 
Salvia  , 

Majorana , 

Ment  h  A , 

Pulegii , 

Stœchados , 

Rut  a , 

Scabiofa , 

Lunaria  minor. 

Agrimonii 
Centaurii 
Fumaria , 

Pimpinella , 

Crifpini  feu  Taraxacenü , 
Euphrafla , 

Capill,  Veneris, 

Capit.  Monach.  vel  Endivia , 
Serninis  Acetofa, 

Santali  citrini , 

Alo  'és  Hepatica  , 

Florum  Sambuci , 

Rofarum  rubrar. 
Rofarum-albarum , 

Bafilicanis , 

Rorifmarini , 

Ambrofina , 

Rhabarbari ,  ana  une.  duos. 
Ficuum  ficcarum, 

Vvarum  Paffarum, 

DaSiylorum  fine  ofiibm 
Amygdalarum  dulc. 

Cran.  Pini ,  ana.  une.  unam. 

Aqua  vita  eptima  ad  quant'itatem 
omnium , 

Sacchari  quadrupUciter  pradiVla- 
ii  rum 


i  5  O  Trait ié  des  Eaux  diftiÜées, 


rum  rernm  ,.videlicet  pro  tma  li- 
bra  fonantur  de  faccharo  lib. 
quatmr. 

Jiddlis  albi ,  Ukras  duat 
Pofimodum  addantnr  infia  /cripta. 
Radiais  Gentiane, 

Flerum  Anthos , 

NigilU^,  qua  nafcitur  in  frumen- 
■  tü, 

Bryonis.  , 

Radiais  panis  Porcini, 

Abfimhii,  ana  una.fém^- 
Et  ante  quant  di£ta  aqua  ad  di- 
fiillandum  ponatur  in  diÜa  aqua 
pluries  lamina  Aurea  aandens 
extinguatur.  Deinde  ponentur 
in  ea  miimt&  Perla,  Orientales, 
&  difiiilabis  tpfam.  Et  adver- 
te  ne  perla  fila  'remaneant ,  vi- 
deliaet  fine  aqua  ahm  p^nuntur 
ad  ignem  ,  qua  in  aol  are  deva- 
Jiarentur.  Et  itla  àqua  fia  amn 
.  aura  confie  El  a  ,  &  -cum  Per  lis, 
valet  contra  multos  infirraitates 
jam  diElas^ 

Voilà  les  propres  termes  de  cet 
Authenrqiii  fèmble  avoir  gran¬ 
dement  erré  en  la  dolé  des  ingre- 
diens ,  &  par  après  en  la  méthode 
qu'il  veut  en-lcignerjcomme  j'ay  déjà 
dit.  Car  quant  à  la  dofè  des  ingre- 
diens ,  il  employé  quatre  livres  de 
fuccre ,  &  deux  livres  de  miel  pour 
chaque  livre  do  matière ,  ce  qui  clè 
ablurdc  :  car  tous  les  ingrediens 
pefent  neuf  livres  ,  à  quoy  il  faii- 
droit  employer  trente-iîx  livres  de 
lliccrc ,  8c  dix-huit  livres  de  miel, 
qui.  reviendroit  à  cinquante-quatre 
livres  ou  environ  ,  fi  on  s'arrêtoit 
à  çela.  Après  il  veut  qu  on  employé 
des.  Perles  ûus  '  fpecifier  la  quan¬ 


tité",  &  eftime  qu'on  les  doit  con- 
ièrver,  en  forte  qu’elles  ne  perdent 
pas  leur  couleur.  Chofe  admirable 
de  penfer  que  des  Perles  entières 
puiflént  fervir  à  cette  Eau  ,  &  puis- 
les  retirer. 

En  quatrième  lieu ,  l’extindion 
d  une  lame  d’or  qu’il  recommande, 
cft  inutile  ,  ainfi  que  tout  homme 
de  jugement  confelïera  franchement. 
Car  ,  quand  ainfi  feroit  que  l’on 
pourroit  apporter  quelque  rare  pro¬ 
priété  à  cette  Eau  par  le  moyen  de 
cet  or  ,  cela  n’aviendroit  pas  par 
cette  extinélion.  Ce  qui  nre  fait 
fouvenir  de  la  folie  de  ceux ,  qui 
pour  foire  des  bons-  reftaurans ,  font 
bouillir  une  chaîné  d’or  dans  le 
bouillon  ou  confirmé  ,  parce  qu’ils 
attifent  proprement  la  feule  crafle 
que  peut  avoir  cet  or ,  &c  rien  plus. 
Car  ils  l’en  tirent  plus  fplendidc  8c 
plus  beau. 

Mais  quant  à  la  Méthode  de 
cet  Autheur,  il  y  a  deux  abfiirdf 
tés  auffi.  La  première  en  ce  qu’il 
veut  infufer  les  ingrediens  avec  le 
fuccre  ôc  le  miel.  Chofe  étrange 
qu’un  tel  Médecin  ait  écrit  cela. 
Car  la  vifeofité  du  fuccre  &  du  miel 
empêchera  que  les  aromatiques  ne 
lâcheront  point  leurs  vertus  dans 
cette  infiifion.  Et  voilà  pourquoy 
nous  n’infufons  jamais  le  fucae  avec 
la  càneile  dans  le  vin ,  qüatrd  on 
veut  foire  l’hi]'ocras. 

Finalement  cét  Autheur  fait  deux 
infiifions  fêparées  dès  drogues  qiii 
peuveuc  bien  tremper  enfemble ,  de 
quoy  je  ne  me  puis  imaginer  aucu¬ 
ne  raifon  pour  cela.  Que  fi  on  vou¬ 
loir  corriger  tous  ces  defouts  ,  Yom- 
me  j’ay  foie  deux  fois  :  on  trouvera 
■'  ’  que 


-fT 

fuivrO 


Tarait  té  des  Eaux  diJliÜées.  %  5  i 

que  ce  fera  une  treS-bonne  5c  ex-  Renoii  Médecin  de  ia  faculté  de  Pa" 


ente  Eau.  Et  voicy  comment. 
Au  lieu  de  la  grande  quantité  du 
foccrc  5c  du  miel ,  on  y  mettra  une 
livre  du  premier  ,  &  demie  livre 
de  l'autre  ,  d’autant  que  je  penfe 
que  tels  ingrcdiens  n'y  {ont  mis 
qiK  pour  adoucir  la  violence  5c  l'⬠
preté  des  autres  qui  pourroient  dé¬ 
goûter  ceux  qui  en  uferoicnt.  Pour 
les  Perles  une  once  fufEt  à  mon 
avis ,  Iclquelles  il  faut  brilèr  avant 
que  de  les  y  employer.  Pour  l'ex- 
tindion  de  la  lame  d'or  j  je  rejet¬ 
te  cela  entieremcnt.|  Et  pour  les  deux 
ihfufions  fufdites ,  en  premier  jieuj 
je  voudrois  inflilèr  tous  les  ingre- 
dicns  dans  le  vin  diftillé,  lans  en 
excepter  aucun ,  hormis  le  luccre 
ôc  le  miel  :  lefquels  je  penfe  de¬ 
voir  être  ajoutés  ,  lors  qu'on  com¬ 
mencera  la  diftillation  feulement 
5c  non  plutôt  ,  à  caufe  de  leur 
vifeofité  Si  bien  qu'aprés  avoir- 
procédé  comme  cela ,  fur  ces  lîx 
articles  ,  il  faudra  diftiller  le  tout 
felo^J'Art.  Et  ainfî  j'eftime  que  cet¬ 
te  Eau  fera  exquife  ,  &  comme  il 
faut. 

Palibns  à  l’Eau  Theriacale  de 
Rondelet  ,  que  nous  retenons  en 
cette  ville ,  plutôt  que  plufîeurs  def- 
criptions  qui  fe*  trouvent  aux  autres 
Antidotairesjcommc  une  en  la  Phar¬ 
macopée  du  fieur  Bauderon>  qui  cft 
de  fon  invention  ;“de  Weeker  ,  qui 
en  rapporte  une  autre  en  IbnThreîbr 
particulier,  de  Dalcchamps ,  qui  en 
raifoit  faire  une  autre  à  Lyon ,  que 
le  College  de  Nuremberg  approuve 
en  leurs  Difpenlàires  j  de  Sylvius , 
qui  en  avoir  composé  une  autre  ,  que 
le  même  College  a  retenue ,  &  de 


ns ,  qui  en  fait  une  autre  particu¬ 
lière.  D’autant  que  tous  ces  Au- 
theurs  peuvent  avoir  eu  quelque  con- 
\  lideration  particulière'  poiu'  les  ha- 
bitans  de  leur  Province ,  qui  me  fait 
dire  que  pour  même  conlideration» 
la  recepte  dudit  Rondelet  doit  être 
enfuivie  en  cette  ville  comme  s’en¬ 
fuit. 

REMARQ^VE. 

E  deferdre  qui  fe  trouvé  en  la 
defeription  de  l’Eau  Celefte  de 
le  an  de  Kigo ,  tant  en  la  confufion 
des  ingrédient ,  qu’au  nombre  d’i~ 
ceux  ,  peut  être  en  partie  caufe 
quelle  nef  plus  ufitée  dans  cette 
ville  comme  elle  étoit  cji-devant,  ou 
bien  de  ce  que  certains  font  de  la 
Medecine  comme  de  beaucoup  d’au¬ 
tres  chofes  d  la  mode  &  n’aiment 
que  les  chofes  nouvelles.  Cethelan  en 
a  relevé  quelque  chofe  tres-d  pro¬ 
pos  ,  que  pour  n’ufer  de  redites ,  je 
pajferay  aux  obmifions  qui  y  ont 
été  faites  j  fait  par  fon  defaut ,  ou 
de  celuy  de  l’ Imprimeur  qui  font 
de  trois  ingrédient  ,  fçavoir  du 
Poivre  rond  ,  ou  noir  ,  de  la  pe¬ 
tite  Lunaire  ,  &  de  la  Rué  ;  def 
quels  ingrediens  perfome  ne  s’en, 
efi  apperceu ,  &  ont  pafsé  ]ufqHes 
aux  dernieres  éditions  de  Sauva¬ 
geon  fans  qu’on  ait  daigné  d’y  pren¬ 
dre  garde  pour  les  corriger^  Ces 
fautes  font  remarquables  ;  &  com¬ 
me  les  deferip tiens  des  compof  lions 
doivent  être  gardées  en  leur  pure¬ 
té  fans  aucun  changement  ny  al¬ 
teration  ,  d  moins  que  par  exprès 
cela  procédé  du  dofle  &  experi- 


‘Traîîté  des  Eaux  dtfiîHées. 


mente  Médecin  ,  qui  efi  le  fujet  que 
J  ay  remis  les [ufdits  ingrediens  en  la 
defcriptim  que  yay  rendue  confor¬ 
me  à  celle  de  l’édition  de  Jean  de 
Camhray ,  de  l’an  1531-  comme  il 
fera  dit  cy-aprés.  En  fuite  de  ces 
omijftons  ,  il  me  refie  une  dificul- 
té  confiderable  ,  qui  a  roulé  long- 
tems  en  mon  efprit ,  que  notre  Col¬ 
lègue  n’a  nullement  touchée  ,  mais 
s’il  faut  dire  plutôt  authorisêe  par 
fon  filence  ,  qui  efi  de  fiavoir, 
qu’efi-ce  qu’a  entendu  de  Vigo 
par  Arnbrofina  ,  Ambrofini  ,  ou 
Ambrefina  ,  ain fi  qu’il  efi  diver- 
fement  écrit  en  la  defcription  de 
fon  Eau  Celeéie  és  differentes  édi¬ 
tions  de  fis  œuvres  imprimées  à 
Lyon  par  lean  Creéfin  ,  lean  de 
Cambray  ,  &  Anthoine  Vincent, 
és  années  1517.  1530.  1531.  '& 
IJ35>.  d'  en  d’autres  exemplai¬ 
res,  que  pefiime  moins  correRs,  im¬ 
primés  auffi  a  Lyon  par  Charles 
Eefnot  en  L’an  13  9 1.  le  mot  d’Am- 
hrofina ,  Ambrofini  ,  ou  Ambrefi¬ 
na  a  été  tourné  &  dépravé  en 
Ambra  fina  ;  pour  l’intelligence 
de  ce  dernier  ,  on  ne  peut  pren¬ 
dre  autre  chofi  pour  fa  propre 
fignification  que  de  l’Ambre  fin  -, 
mais  quelle  apparence  y  a-il  ?  que 
fi  de  Vigo  eût  voulu  faire  entrer 
de  l’Ambr'e  fin  dans  fin  Eau  Ce- 
iefie  ,  il  fi  ferait  fans  doute  mieux 
expliqué ,  &  '  aurait  usé  d’un  au¬ 
tre  terme  plus  intelligent ,  en  di- 
fant  Ambra  grifa ,  au  Ambaris  ci- 
neritii  optimi ,  comme  a  fait  Brice 
Bauderon ,  édition  6.  en  l’Appen- 
dix ,  que  de  celuy  de  Ambra  fina, 
pour  le  difiinguer  abfilument  de 
l’Ambre  jaune  &  du  blanc  .*  car  au¬ 


trement  pour  Ambra  fina  i  on  peut 
aujfi'bien  entendre  le  jaune ,  ou  le 
blanc ,  que  le  gris  j  de  dire  que  de 
Vigo.  ait  ignoré  la  eonnoiffance  de 
ces  deux  derniers  Ambres ,  c’efi  ce 
qu’il  ne  faut  pas  fi  perfuader  ,fans 
effencer  trop  finfiblement  fa  mé¬ 
moire.  Doncques  pour  avoir  une 
pim  parfaite  intelligence  de  la  fig¬ 
nification  du  mot  Arnbrofina  ,  je 
me  fuis  curieufiment  porté  de  voir 
exaRement  tomes  les  œuvres  de 
cet  Autheur  ,  depuis  le  commence¬ 
ment  jufques.  à  la  fin  ,  pour  m’en 
infiruire-,  après  cela  je  puis  affeu- 
rer  être  véritable ,  que  de  Vigo  n'a 
employé  le  m.ot  d’ Arnbrofina ,  Am¬ 
brefina  ,  OH  Ambrofini ,  qu’une  feu¬ 
le  fois  en  toutes  fis  œuvres  ,  qui 
efi  en  fa  fufdite  Eaty  Celefie  :  & 
pour  Atnbra  fina  >  que  nôtre  Collè¬ 
gue  'a  retenu ,  il  ■  ne  fait  non  plus 
mention  d’aucune  forte  â’Ambre, 
non  pas  môme  en  fon  grand  Ele- 
Ruaire  cardiaque  &  contre-venin, 
ou  il  fait  -  entrer  des  plus  rares  in¬ 
grediens  de  la  Médecine  ,  ce  qui 
me  fait  dire  ,  qu’il  faut  de  tou¬ 
te  neceffité ,  qu’il  ait  entendu  par 
le  mot  d’ Arnbrofina  cette.,  plante 
qui  efi  décrite  fans  figure  dans 
le  grand  herbier  François  en  viel¬ 
le  lettre  Gettique  ,*oû  U  efi  dit, 
l’Ambrofiana  efi  une  herbe  fem- 
blable  a  Eupatorium  ,  mais  elle 
n’efi  pas  fi  longue  >  ou  bien  cer¬ 
taines  compofitions  que  Philippe 
de  Macédoine  ,  &  Archevius  ont 
inventées  fuivant  Galien  ,  livre 
deuzàéme  ,  chapitre  huitième  di¬ 
xième  des  Antidotes  ,  qu'ils  .ont 
appellées  Ambrofia  5  mais  parce 
que  les  ingrediens  qui  entrent  en. 

ceâ 


ces  compojîttons  font  déji 
une  fois  dans  l'Eau  Celefie  ,  & 

que  l’ufage  d'icelles  nef  point  re¬ 
tente  parmy^  nous  ,  il  me  femhle 
quon  doit  plutôt  prendre  une  des 
plantes  quon  nomme  Ambrofia, 
comme  mieux  contenante  aux  mer¬ 
veilleux  effeSls  quon  attribué  a 
cette  Eau  CeleBe  i  fuivant  les  Poè¬ 
tes  &  plufieurs  yîutheurs  graves 
&  dignes  de  foj  ,  qui  difent  que 
cette  noble  plante  ne  fût  appel¬ 
le  Ambrofia  par  les  Anciens  j  que 
parce  quelle  conferve  long-tems  la 
perfonne  en  fa  verdeur  ,  ^  la  fait 
vivre  en  fanté  ;  tout  ainfi  que  les 
Poètes  difent  que  VAmbroifie  main¬ 
tient  &  immortalife  les  Dieux, 
Jidatthiole  livre  troisième,  chapi¬ 
tre  HZ.  Voila  la  confequence  que 
je  tire  du  mot  d’ Ambrofina  ,  qui 
efi  le  diminutif  d' Ambrofia ,  a  cau- 
fe  de  fes  rares  vertus  ,  quon  l'y 
doit  employer  preferablement  h 
tout  autre  ingrédient  j  &  me  fem¬ 
hle  que  ça  été  l’intention  de  l’Au- 
theur  ,  dont  les  œuvres  ont  été  dé¬ 
pravées  par  les  fiequentes  éditions 
qui  en  ont  été  faites.  On  me  pour- 
roit  objebler  ,  que  fi  cela  avoit 
été  fon  intention  df  faire  entrer 
V  Ambrofia  comme  une  herbe ,  qu  il 
ne  l'auroit  pas  feparée  de  la  do- 
fs  d’un  grand  nombre  d'autres 
fimples  de  même  nature  qui  la 
precedent  ,  pour  l'a  'mettre  fous 
une  autre  dofe  plus  moi/ndre ,  qui 
n'efi  que  la  huitième  partie  ,  s'il 
n  avoit  eonfideré  eét  ingrédient 
comme  précieux  &  de  grande  ver¬ 
tu  ,  tel  que  l’Ambre  gris  :  à  cela 
je  réponds ,  qu’en  l’édition  de  lean 
de  àarnhray  cy-dejfus  alléguée ,l’ Am- 


2-5  J 

brofine  &  la  Rheubarbe  y  font 
feus  la  dofe  de  deux  onces  de  cha¬ 
cun  ,  qui  efi  la  dofe  generale  de 
tous  les  fimples  qui  les  precedent, 
&  j’oferay  bien  dire  que  cette  défi 
cription  doit  être  fuivie  comme  la 
plus  correlie. 

Et  pour  une  derniere  preu¬ 
ve  de  mon  raifonnement ,  je  di- 
ray  que  fi  de  Vigo  avait  eu  in¬ 
tention  d’admettre  l'Ambre  gris  en 
fon  Eau  <CeleFle  ,  que  c’eût  été 
pour  râifon,  de  fes  excellentes  ver¬ 
tus  ,  &  qu’il  en  aureit  fait  men¬ 
tion  comme  il  fait  de  l’Or  ,  & 
des  Perles  aux  dernieres  paroles, 
qui  fuivent  immédiatement  l’addi¬ 
tion  de  ces  deux  derniers  ,  dont 
voicy  les  propres  termes.  Et  ifia 
Aqua  fie  cum  Auro ,  &  P  crûs 
confella  valet  contra  multos  in- 
■firmitates  jam  dillas.  le  vous  laif- 
fe  k  penfer  s’il  aurait  oublié  d’y 
comprendre  l’Ambre  gris  le  plut 
précieux  de  tous  les  ingrediens, 
tant  en  fes  vert tss ,  quen  fon  prixi. 
qui  fût  entré  dans  cette  compofi- 

Et  pour  la  TormentiUe  ronde, 
qui  efi  demandée^  en  la  même  def- 
cription  ,  il  entend  qu’on  prenne 
la  vraye  TormentiRe  de  nos  Offi¬ 
cines  ,  ftifant  différence  delà  Ri- 
ftorte  ,  que  quelques  recens  con¬ 
fondent  enfimHe  ,  a  caufe  du  rap¬ 
port  que  ces  deux,  racines  ont  eu 
leurs  qualités  &  vertus  ainfi  que 
dit  Devigo  en  fon  livre  feptiéme 
de  la  nature  des  fimples  :  ét  d’au¬ 
tres  prennent  la  Tormentilk  pour  le 
vray  Penthaphylon.  Lacuna  en  fe.s 
annotations  fur  Diofeoride,  livre  4.. 
chapitre  43. 


Trait  té  des  Eaux  ai  Bill  ces. 

employés 


ait  té  des 

le  nay  fçeu  trouver  ny  compren¬ 
dre  ,  quefl-ce  que  l'Autheur  en¬ 
tend  par  MedulU  SbuU  alhi , 
veu  que  tous  ms  ^  Botaniques  ,  ne 
fmt  quune  epfece  d'Ebulta  qu'ils 
appellent  Sambucui  herhacea ,  ou 
Sambucui  humilù,  qui  porte pi  moel¬ 
le  blanche  ,  à  moins  qu'il  voulut 
entendre  cette  ejpece  de  Sambuc 
'étranger  ,  &  rare  qui  porte  des 
baies  blanchafires.  Dodonatu  pen- 
tad.  6.  livre  4.  chap-ti. 

Apres  avoir ,  reftitué  a  la  compo- 
Jition  ce  qu'il  y  avait  de  defeblueuxi 
il  efi  tems  de  pajfer  au  modm  facien- 
di  d'icelle  ,  eu  )e  trouve  aprez.  notre 
Collègue  y  avoir  beaucoup  de  cho- 
fes  a  corriger ,  fans  pre]udicier  à 
l'honneur  de  fin  Inventeur  -,  au 
contraire  cette  correliion  relèvera 
de  beaucoup  les  vertta  admirables 
qu’il  attribué  k  fin  Eau.  En  pre¬ 
mier  lieu  il  faut  prendre  la  moitié 
d.e  la  dofe  d'un  chacun  des  fimples, 
les  incifer ,  concajfer  ,  &  les  infufer 
au  B-  pur  deux  fois  vingt  qua¬ 
tre  heures ,  avec  treiz.e  livres  poids 
de  table  de  bonne  eau  de  vie  rebli- 
fiée  ,  dans  unvaijfeau  que  les  Chi- 
miftes  appellent  de  rencontre  :  aprel^ 
il  faut  verfer  le  tout  dans  me 
grande  Cucurbite  de  verre,  les  j oin- 
Hures  de  la  Chafpe  &  du  récipient 
exaSlement  collees  enfimble ,  l'A- 
lembic  logé  fur  un  fourneau  a  fable 
on  diftiliera  par  un  degré  de  feu 
fort  modéré ,  jufques  kl'extraBion 
de  huit  livres  de  liqueur  prenant 
garde  que  les  matières  qui  font  de¬ 
dans  la  Cucurbite  ,  ne  fe  brûlent-, 
alors  faut  cejfer  la  difliUation ,  les 
vaijfeaux  rafreidis ,  H  faut  démon¬ 
ter  l’ Alembic ,  couler  &  bien  ex- 


Eaux  dijîiüées, 

primer  par  un  linge  ,  ce  qui  refe¬ 
ra  dans  la  Cucurbite  ;  la  colature 
fera  mêlée  avec  l'eau  diflUlée ,  ^ 
k  même  temps  verfée  fur  l'autre 
moitié  des  fimples  incifiz.  &  con- 
comme  les  precedents  :  le 
vaijfeau  bien  bouché  fera  têtu  en 
infufion  fur  la  même  chaleur  ,  & 
temps  que  dejfus  ,  &  pour  le  fur- 
plus  en  procédera  ainfi  qu'il  a  été 
cy-devant  dit  ,  prenant  fiigneufe- 
ment  garde  au  feu  &  particulière¬ 
ment  fur  la  fin  ,  que  la  matière 
n' adhéré  au  fonds  du  vaijfeau,  pour 
y  avoir  eu  trop  de  chaleur  au 
commencement  ou  faute  d'humidi¬ 
té.  Cela  fait  ,  au  lieu  de  faire 
rougir  une  lame  d'or  par  diverfes 
fois  &  l'éteindre  dans  l'eau  j  par 
ce  que  cette  extipUion  ,  de  quelle 
façon  qu'on  y  procédât ,  ne  pourrait 
que  diffiper  les  plus  fubtils  elfrits, 
Cr  enfiâroe'r  l'eau ,  au  lieu  de  luy 
communiquer  fis  vertus  ,  que  pour 
l'éviter  je  ferois  d'avis  ,  qu'on  fub- 
fiituât  k  cette  extinBion  de  la  la¬ 
me  d'or  ,  l'or  en  fueille  ,  & 

qu'on  y  en  mit  deux  liurets ,  dans 
le  récipient  de  la  dernière  dif  il¬ 
ia  t  ion. 

le  fuis  perfuadé  qu'il  y  en  au¬ 
ra  beaucoup  qui  n'approuveront 
pas  me  telle  fubflitution  -,  mais  les 
raifons  y  font  pour  la  defince  de 
cette  pratique  aufiquelfis  je.  ne 
m'arr e fier ay  point ,  pour  ne  fortir 
pas  de  ?non  fujet ,  &  ne  grejfir  ce 
volume  que  le  moins  qu’il  me  fera 
poffible  :  &  au  lieu  des  Perles  en¬ 
tières  ,  que  de  Vigo  y  demande ,  & 
Catelan  des  brifées  ou  concafiées  en 
leur  placelfy  voudrais  mettre  deux 
drachmes  du  Magifiere ,  ou  du  fil 


ait  té  des  Eaux  âiïîiJlées.  i« 


àt  Perla,  &  aprez.  bien  boucher 
&  ferrer  exaUement  la  phiole  en 
double  vefïe  ;  car  cette  eau  efi  fort 
fujette  a  l’air  qui  l’enleve  facile¬ 
ment  ,  comme  j’ay  une  foü  veu,par-, 
ticulierement  s’il  y  a  beaucoup  de 
vuide  en  la  phiole. 

Et  fur  ce  que  l'^utheur  deman¬ 
de  quantité  de  fuccre ,  &  de  miel, 
pour  infufer  &  diftiller  avec  les 
autres  Jimples ,  fa  méthode  efi  dire- 
üement  contraire  a  la  raifon  &  a 
l’experiençe  ,  ainfi  qu’il  a  été  cy- 
devant  dit  en  la  Remarque  de  l’eau 
Clairette  compofée.  Cathelan  n’efi 
non  pim  recevable  en  la  modéra¬ 
tion  qu’il  en  a  voulu  faire  de  la 
quantité  d’iceux  que  fon  inventeur 
de  les  y  avoir  mis  ,  par  ce  que  le 
fuccre ,  ny  le  miel  ne  montent  ja¬ 
mais  en  la  difiillation  particuliè¬ 
rement  ce  premier,  ny  le  dernier, 
quand  il  fe  trouve  mêlé  avec  quel¬ 
que  liqueur ,  que  la  liqueur  qui  le 
contient  ne  foit  entièrement  pajfée-, 
&  quant  il.  en  fer  oit  autrement, 
qu’il  fe  détacheroit  quelque  chofe 
de  leurs  corps ,  elle  ne  participerait 
d’aucune  douceur  ,  comtne  l’expe- 
rience  fait  voir  aux  moins  éclair eXj 
qui  efi  neantmeins  partie  du  fujet 
pour  lequel  de  Vigo  les  y  a  mis, 
afin  que  par  leur  faveur  douce. 
Peau  en  fut  rendue  plus  agréable: 
de  maniéré  que  pour'^fatisfaire  à' 
l’intention  de  l’uiutheur  ,  je  vou¬ 
drais  jetter  dans  la  bouteille  de 
l’eau  quinze  purs  ,  ou  un  mois 
aprez  l’avoir  difiillée  ,  deux  on¬ 
ces.  de  fuccre  Candit  en  poudre, 
iéf  une  once  de  miel  blanc  de  Nar¬ 
bonne  ,  OH  de  femblable  en  bonté ,  & 
ptihtê ,  ÇT  tenir  la  phiole  au  JB,  M. 


par  deux-jours  n'aturels.  Mais  pof- 
fible  on  m’ob'jeêiera  que  le  fuccre 
ny  le  miel  ne  fe  dijfolvent  point 
dans  l’eau  de  vie  reêlifiée  j  Pex- 
perience  leur  fera  voir  du  con¬ 
traire  à  qui  le  voudra  ejfayer  ; 
par  cette  méthode  (  quoy  qu’il  y 
aye  des  fimples  qui  ny  fervent 
de  rien)  Peau  fera  fort  excellen¬ 
te  ,  &  furpajfera  incomparable¬ 
ment  les  vertus  de  celle  de  fon 
.siutheur. 


Aqua  Theriacalis  ,  D.  Ron- 
deletij. 

y:.  Theriaca  antiqua  optima ,  une. 
fex. 

Mithridatq  optimi  ,  une.  très. 
Radie.  Helenij,  une.  duodecim, 
Gallitrici  ,manip.  quatuor. 
Chelidonij  ma'pris,  manip.  duos. 
Infundantur  per  diern  &  noBem 
in  vini  maluatici  fufficienti  qttan- 
titate  J  contufis  efi  concifis  om¬ 
nibus  ,  pofimodum  difiillentur. 
C’efi  à  fçavoir  dans  PÆembic  de 
verre  pofé  dans  les  cendres  com¬ 
me  i’ay  dit. 

R  E  M  A  R  Q.V  E. 

L  efi  aifié  de  reconnaître  quel¬ 
les  font  les  compofitions  que  Bau- 
deron  a  inférées  dans  fa  Pharma¬ 
copée  ,  d’avec  les  autres  qui  y 
ont  été  aiontées  ,  par  ceux  qui 
Pont  commentée  ,  non  feulement 
par  fes  Paraphrafes  &  Mélan¬ 
ges  ,  mais  encore  de  ce  qu’il  a  tou- 
iours  nommé  P.Autheur  &  l’endroit 
des  oeuvres  d’ou  il  les  a  prifes,. 


1 J  ^  Tarait  té  des  Eaux  diflillées. 


quand  il  les  a  connm^  Nôtre  Col¬ 
lègue  nen  a  point  ufé  de  la  forte, 
il  s’efi  contenté  de  mettre  le  nom 
de  l'Autheur  aprez.  le  titre  de  la 
compofition  ,  comme  en  celle-cy  que 
)‘ay  'vérifié  avoir  été  tirée  du 
chap.^6.  de  l’Epilepfie  des  œuvres 
de  Rondelet  ,  &  en  doublant  la 
dofi  des  ingrediens  ,  il  s’efi  ou¬ 
blié  de  doubler  la  dofe  du  Galli- 
tricon  ,  &  de  la  grande  Cheli- 
doine ,  qui  efi  le  fujet ,  qu’au  lieu 
de  deux  manipules  de  ce  premier  ■ 
fen  ay  mis  quatre  ,  &  de  cette 
derniere  ,  deux  pour  une.  Et  par 
ce  que  le  mot  de  Gallitricon  avec 
celuy  de  Gallitricon  ,  ont  grand 
rapport  enfernble ,  ne  différant  que 
d’un  C.  a  un  G.  '&  Ji  neantmoins 
les  plantes  different  de  beaucoup 
en  toutes  leurs  parties  j  fen  ay 
voulu  advenir  les  .apothicaires 
peu  verjiz  en  la  connoiffance  des 
fimples  ,  afin  qu’ils  ne  prennent 
pas  l’une  pour  l’autre  ,  le  Galli¬ 
tricon  efi  la  Sclarée  ,  de  laquel¬ 
le  nous  venons  de  parler  en  la  Re¬ 
marque  de  l'eau  Celefie  de  Mat- 
thiole  ,  &  le  Gallitricon  efi  nôtre 
Capillaire. 

Pour  le  mélange  ou  modus  fia- 
ciendi ,  il  faut  couper  en  petites 
roueües  la  racine  d’Enule  Campa- 
ne  ,  ou  bien  qui  la  voudra  râper 
fera  encore  mieux  j  les  herbes  fe¬ 
ront  incifées  &  concaffées  ,  &  le 
tout  infufé  par  un  jour  entier  dans 
fept  livres  de  bonne  malvoïfie , 
comme  parle  fon  inventeur  ,  c’efi 
k  dire  du  plus  excellent  vin  du 
pays  ;  pour  le  furplus  on  ebferve- 
ra  pour  nufer  fi  fouvent  de  redi¬ 
tes  ,  le  même  ordre  qui  efi  cy -de¬ 


vant  prefcrit  en  l’eau  Celefie. 


Aqua  Aluminofa ,  D.Lie- 
bautij. 

Succorum  Plantaginü , 
Portulaca , 

Agrsfia , 

Aluminis  Rupei  ,ana  tib.  unam. 
Albumlna  Ovorum,  num.duodecim. 
DifiiUentur  fimul  ,.prius  agitata 
baculo  ,  ut  artis  efi. 

C  A  T  E  L  A  N. 

CEcte  Eau  ,  pour  n’être  em¬ 
ployée  que  pour  les  playes  & 
ulcérés  ,  coiiune  je  penfcj  ou  au¬ 
trement  extérieurement  :  j’eftime 
qu’il  ne  fera  pas  mal  à  propos  delà 
diftiller  dans  un  Rofeire  j  à  con¬ 
dition  que  le  feu  foit  gouverné 
avec  grande  modération  ,  afin 
qu’elle  ne  reçoive  de  l’empyreu- 
me  ,  &  que  cela  ne  préjudicié  à 
ceux  qui  la  voudroient  employer. 
Remarquant  en  cellc-xy ,  qu’il  ne 
faut  point  diftinguer  la  première 
d’avec  la  derniere  ,  comme  j’ay  dit 
des  Aromatiques  :  car  il  n’en  eft 
nullement  beioinen  ladite EaUj  pour 
autant  qu’elle  ne  fe  doit  point  gou¬ 
verner  comme  les  precedentes  ; 
mais  comme  celle  des  plantes  fraif- 
ches  ,  quoy  qu’elle  foit  compofée. 
Voilà  pourquoy  on  la  pourra  ex- 
polèr  au  Soleil ,  de  même  que  les  ' 
Eaux  fimples  ,  pour  luy  faire  per¬ 
dre  les  vapeurs  excrementeufes.  La¬ 
quelle  au  refte  Liebautfcmble  avoir 
inventée,  îk  nous  l’enfitivronSjpuis 
que  le  fitur  Bauderon  l’a  approuvée: 

dont 


ait  té  des  Eaux  âtHiÜées.  ^57 


«font  l’Authorité  &  recommanda¬ 
tion  doit  être  de  grand  poids  ,  pour 
fa  grande  intelligence  en  la  Médeci¬ 
ne  J  Sc  particulièrement  au  fait  de 
la  compolîtion  des  Médicaments  : 
ainfi  que  le  témoigne  l’œuvre  ex¬ 
cellente  qu’il  en  a  compofé  »  Sc 
le  plus  alîèuré  qu’on  puille  fuivre , 
pour  toutes  celles  qui  font  les  plus 
ufitées. 

Refte  de  parler  maintenant  des 
trois  fortes  d’Eaux  que  j’ay  promis 
au  commencement  de  ce  difcouis,  qui 
eft  l’eau  de  miel ,  l’eau  devic^  &.de 
vinaigre  ,  qui  font  necellàiies  à  l’A¬ 
pothicaire,  linon  toujours  au  moins 
lors  que  les  Sieurs  Médecins  l’or¬ 
donnent. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

Otre  Collègue  nom  a  fidelle- 
ment  rapporté  la  fécondé  def 
cripHon  de  l'eau  Æumineufe ,  que 
Liebatn  décrit  au  2.  livre  chapi¬ 
tre  t  O  .  ;des  feçrets  de  fa  PhilofophAe 
Chimique  ;  excepté  que  ce  dernier 
demande  de  tom  les  ingrédient 
égalés  parties  ,  &  ce  premier  a 
réglé  la  dofe  d’un  chacun  a  une 
livre  ,  &  les  blancs  d’œufs  au 
nernbre  de  douze,-  On  fe  pourrait 
firmalifer  fur  ce  nombre  ,  &  dire 
que  douze  blancs  d’œufs  ne  pefent 
pas  me  livre  ;  neanmoins  j’efti- 
me  qu’il  ny  a  rien  a  redire ,  com¬ 
me  fur  le  rnodm  faciendi ,  qui  doit 
être  changé ,  dr  la  dofe  des  Afedi- 
caments  reformée  ,  afin  que  de  la 
conformité  d’icelles ,  &  d’une  plus 
légitimé  préparation  ,  il  en  puijfe 
refulter  une  partie  des  effets  promu 
par  fin  inventeur. 


le  m’étonne  &  non  fans  fùjet 
que  plufieurs  uiutheurs  en  ayent 
inféré  là  defcripti'on  dans  l'eurs 
Dijpenfaires  ,  fans  avoir  preveu 
les  defirdres  qui  font  en  cette  co?n- 
pofition  pour  les  corriger  Le  pre¬ 
mier  ejl  en  la  dofe  des  Sucs  ,  qui 
doit  être  pour  le  moins  de  trois  ou 
quatre  livres  dé  chacun  ;  le  fi.- 
cond  regarde  les  blancs  d’œufs ,  que 
de  quelle  fa^on  qu’on  les  y  mette, 
a  la  première  chaleur  ils  fe  fepa~ 
reront ,  comme  il  arrive  a  la  cla¬ 
rification  des  décollions  &  Syrops: 
&  àinfi  ils  ne  communiquent  pref- 
que  rien  dé  Leurs  qualitez  &  ver¬ 
tus  à  cette  eau  au  contraire  ils 
attirent  plutôt  ~de  la  vertu  des  au¬ 
tres  matières  ,  ou  ils  font  em¬ 
ployez  ,  comme  ce  fl  le  propre  de 
beaucoup  d’autres  chofis  de  fem- 
blable  nature  ,  que  plus  on  les  fait 
boïtillir  dans  l’eau,  plsss  elles  s’en- 
durcijfent  :  '  le  troifiéme  n’efl  pas 
moins  confiderable ,  que  les  deux 
precedents  ■,  de  mettre  a  diéliller 
une  livre  d’ailum,  avec  trois  livres 
de  fiscs  qui  ne  fiauroient  fisffire 
feulement  pour  diffoudre  V /ilum\. 
&  en  fitite  pour  en  tirer  quoy  ? 
tous  ceux  qui  entendent  V  Art  de 
difliller ,  &  qui  connoijfent  la  na¬ 
ture  des  mixtes  ,  fiaveht  très- bien 
que  par  une  telle  diflillation  l’A- 
lum  ne-  peut  rien  communiquer-  à 
l’eau  de  fa  fiubflance  &  par  con- 
fequent  de  fis  qualitez  &  vertus 
que  le  nom  qu’il  luy  donne  impro¬ 
prement  ,  non  pas  même  fa  partie 
plus  volatile  qui  efl  fin  phlegme, 
quoy  qu’il  abonde  en  quantité ,  par 
■ce  qu’il  ne  monte  point  avec  la 
vapeur ,  quand  il  efl  dijfout  dans 
k  k  quel 


^  5  8 


Traitîé  des 


quelque  liqueur  y  &  quand  il 
monterait  bien  ,  il  ferait  inutile 
pour  les  affeÜions  aufqnelles  l’eau 
uilumineufe  efi  deftinée  :  Et  pour 
l’eifrit  qui  efi  plus  concentré  & 
attaché  à  des  parties  plus  crajfes 
&  terreéîres  que  le  phlegme  ,  il 
ne  fe  détache  que  par  la  force 
du  feu  &  au  fec  lors  qu’il  efi 
pri'vé  de  fon  phlegme.  Par  toutes 
ces  raifons  ,  je  puis  hardiment 
conclurre  qu’use  eau  Alumineu- 
fe  ,  préparée  de  la  forte  ne  par¬ 
ticipant  peint  des  qualitez.  ,  & 
vertus  de  l’Alum  ,  que  c’efi  mal 
à  propos  qu’on  luy  a  donné  le 
nom  d’ Alumineufe  ,  quelle  efi 
inutile  ,  ne  participant  feulement 
que  d’une  petite  vertu  rafrai- 
chijfante  des  Sucs  ,  &  des  blancs 
d’œufs  ,  qui  ne  mérité  pat  d’en 
parler  ,  &  par  ainfi  une  telle 
compofition  ne  pourra  fervir  d  de- 
terger  les  ulcérés  de  la  bouche' y 
ny  encore  moins  à  les  dejfeicher, 
ny  en  aucune  autre  partie  du  corps 
humain,. 

Pour  donc  corriger  tous  les  fuf- 
dits  defauts  ,  du  mieux  qu’il 
me  fera  '  pofiîble  ,  il  faut  pren¬ 
dre  trois  livres  de  chacun  des 
(ufdits  fîtes  depurex.  feparetnent 
par  rejidence  &•  celuy  de  ver¬ 
jus  tiré  de  Raifins  blancs  ,  lors 
de  leur  pim  forte  acidité  ,  dans 
lefjuels  il  faut  mêler  une  dou~ 
x.aine  &  demie  de  blancs  d’œufs,, 
réduits  en  eau.  ,  par  une  longue 
&  forte  agitation  ,  ou  bien  qui 
aimera  mieux  les  faire  cuire  é" 
durcir  dans  une  partie  des  fucs, 
apresf  on  coulera  la  liqueur  par 
un  linge  #  les  blancs  d’œufs 


Eaux  âiftiüees. 

primez.  ,  feront  exactement  pilez, 
dans  un  grand  mortier  de  mar¬ 
bre  &  difiouts  petit  à  petit  avec 
'la  colatwre  pour  être  recoulez, 
&  fortement  exprimez  par  une 
étamine  ,,  &  ce  qui  refi.era  de 
pajfer  ,  fera  derechef  pilé  ,  dijfout 
&  coulé  ,  jufques  à  ce  qu’il  s’y 
refie  plus  rien  ,  &  que  tous  les 
blancs  d’œufs  avec  les  fites  fient 
réduits  en  forme  de  laiCt  ,  cela 
fait ,  faut  diétilkr  ce  mélange  dans 
un  grand  Alemhic  de  verre,  au 
fable  par  un  degré  de  feu  con¬ 
venable  jufques  à  l’extraClion  des 
trois  quarts  de  la  liqueur  :  ce  qui 
refiera  dans  la  Courge  fera  filtré 
&  mis  dans  une  terrine  en-  lieu 
fiais ,  par  l’efface  de  quelques  jours-, 
apres^  on  feparera  l’humidité  par- 
inclination  -,  &  le  tartre  qui  fe 
trouvera  dans  la  terrine  fera  la¬ 
vé  en  eau  de  fontaine ,  feiché,  & 
dijfout  dans  fon  eau ,  comme  il  a 
été  cy- devant  dit  en  la  firmule 
de  l’eau  d’eTfille.  Si  bien  j’aye  évi¬ 
té  ,  tout  autant  qu’il  m’a  été  pojf- 
hle  de  mêler  dans  les  operations 
Caleniques  de  celles  des  Paracelfi- 
fies,  néanmoins  pour  une.  plus  gran¬ 
de  perfeClion  en  ceUe-cy,  .  j’y  ajoûte- 
ray  fur  chaque  livre  d’eau  poids  de 
table  une  once  du  JiEagifiere  li¬ 
quide  d’Alum  ,  ainfi  que  Schroede- 
rus ,  ou  Schroderus  le  décrit  en  fin 
livre  j.chap.i^.  Finalement  Itou- 
fera  mi  fe  dans  un  grand  mafias 
bien  bouché  ,  &  iceluy  tenu  a  la 
vapeur  du  B.  M-  par  un  jour  natu¬ 
rel  ,  l'ayant  retiré  on  ferrera  Ikau; 
pour  le  hefain,. 

Aqnii 


gÿMrt 
fortes 
d'Eait 
de  mie!. 


Vremie- 
re  Em 
de  miel. 


^raitte  des  Eaux  difiillees.  159 


Acfu/t  Mellü. 

ON  la  tire  pour  quatre  diverfcs 
intentions ,  de  quatre  façons 
differentes.  La  première ,  pour  aton- 
ger  la  barbe  &des  cheveux.  La  fé¬ 
conde  5  tant  pair  niondifier  les 
pkyes  faperficielles  &  profondes, 
que  pour  guérir  les  rayes  ,  &  ca- 
tarades  des  yeux.  La  troifiérae, 
pour  confumer  les  excroillànccs , 
ou  vifeolîtez  ,  de  quelque  ma- 
4in  &  fordidc  ulcéré.  £t  finale¬ 
ment  pour  en  ufer  intérieurement, 
pour  le  fbulagement  des  Afthma- 
tiques.  En  quoy  on  y  procéde¬ 
ra  comme  s’enfîiit  ,  félon  que 
i’Enchiridium  ,  &  Liebaut  font  re- 
rriàrqué. 

Prenez  telle  quantité  de  miel 
qu'il  vous  plairra  ,  purifiez-le,  fui- 
vant  l'Enchiridiura  ,  c’eft  à  dire 
comme  je  l'entends ,  qu'il  fbit  écu¬ 
me  &  réduit  en  confiftence  de  Sy- 
rop.  Puis  pour  faire  la  première 
eau ,  mettez  dudit  miel  dans,  une 
courgè  de  verre ,  qui  fera  posée  dans 
le  Bain  Marie  ,  &  faites  que  la 
quantité  que  verferez  dans  ledit 
Alembic  ,  n'excede  pas  la  cinquiè¬ 
me  partie  de  fà  capacité  ,  c’eft  à 
dire  ,  que  fi  la  courge  contient 
quinze  livres  à  peu  prez  f,  n’y  en 
mettrez  que  trois  livres  dudit  miel, 

Suel  vous  ajoûterez  un  peu  de 
c ,  ou  des  petits  cailloux ,  afin 
que  ledit  miel,  ne  vienne  à  ver- 
fer  ,  bien  que  à  caufe  de  la 
température  dudit  Bain  Marie ,  & 
que  le  miel  eft  éeumé ,  je  ne  pen- 
le  pas  qu'il  foit  en  danger  de  ver- 


fer  ,  comme  il  feroit  autrement. 

Aprez  pour  fiiire  la  fécondé  eau  seconde 
miel ,  il  faut  pofer  ledit  Alembic  de  £««  de 
verre  dans  les  cendres  ,  là  où  on  ti- 
rera  ladite  eau. 

Et  pour  la  troifiéme  ,  il  faut  Troijîê- 
mettre  ledit  Alembic  dans  du  fa-  meEmt 
ble  ,  qui  porte  uhe  chaleur  plus  ‘ 
■forte ,  S>c  plus  vigoureufe  que  les 
autres  deux.  Mais  par  ce  que  j'ap- 
iprehende  que  la  courge  de  verre 
ne  fè'Cailêdans  ledit  fable  ,  j'efti- 
me  qu’il  faudra  que  ladite  courge 
foit  de  terre  ,  &  couverte  d'une 
chappe  de  verre  :  car  elle  refiftera 
■  mieux. 

Et  finalement  pour  la  qiiatrié- 
me  eau  ,  voicy  comme  Liebaut 
l’a  enfèignée.  Prenez  le  miel  pu- 
rifié  ,  diftillez-le  dans  le  Bain  Ma¬ 
rie  ,  comme  la  première  ,  puis  ren- 
verlèz  ladite  eau  for  le  marc  ,  & 
rcdiftillez-là .,  &c  pour  la  troifié¬ 
me  fois  ,  rercerez  la  même  cho- 
fe ,  &  continuez  ainfi  jiifqucs  à 
la  lîxiéme  fois  ,  elle  fera  excel¬ 
lente  pour  les  Afthmatiques  ,  ou 
pou  fil  K. 

Voyez  une  autre  préparation  au 
Traitté  Chymique,  en  la  Sedion 
des  animaux. 

REMARCLVE. 

Notre  Collègue  s’eft  iomié  U 
peine  de  divifer  /<*  difiilU- 
tion  de  l'eau  de  miel  en  quatre, 
pour  accomplir  comme  il  parle , 
les  quatre  intentions  pour  lefquel- 
les  on  difiille  ladite  eau  t  mais  c  efi 
fe  travailler  en  vain  ,  d'autant 
que  par  une  feule  operation  fur  un 
même  fourneau ,  &  dans  un  même 
kk  Z  vaif 


mifi 


i6q  Tarait  té  des  Eaux  difi idées. 


Tiileg- 


vai^ü  au  fable  on  les  peut  mieux 
accomplir  j  en  moins  de  temps  & 
de  fais  en  obfervant  la  degresi  de 
chaleur ,  que  de  la  façon  quil  en- 
feigne  :&fa  première  méthode  nefi 
nullement  recevable  ,  de  deipumer 
le  miel  pour  le  difiiller  ,  comme  Ü 
s'efi  imaginé  qu'il'  le falleit  defpu- 
mer  fuivant  l' En  ch  iridium  &  cuire 
en  conf fiance  de  jyrop  ,  &  le  mêler 
avec  du  gravier  5  il  efi  certain 
que  de  cette  façon  ,  on  tireroit  en 
premier  lieu  l’eau  qui  referait  dans 
le  miel  en  quantité  de  la  defiuma- 
tion  ,  qui  rendrait  les  autres  li¬ 
queurs  du  miel  defeElueufes  en  leurs 
operations. 

Pour  y  procéder  donc  avec  mie 
Afethode  beaucoup  plue  reguliere,il 
faut  prendre  du  plus  beau  miel  du 
mois  de  May  ,  qui  ne  fait  point 
aqueux  ny  nouveau ,  &  le  mettre 
dans  une  grande  courge  de  verre, 
dont  les  trois  parties  foie»tvuides,y 
ayant  joint  fon  chapiteau  ,  placerez, 
votre  Æembic  dans  une  terrine  au 
fiible  ,  ’iufques  d  la  hauteur  du  miel, 
difiillerez.  par  un  petit  degré  de fiu 
très  modéré  ;  la  première  liqueur, 
qui  montera  fera  la  moins  noble.  G^i 
efi  le phlegme  ,  de  couleur  (Hanche 
&  injipide  ,  comme  le  moins  atta¬ 
che  monte  au.  commencement  de 
même  qu'aux  corps  acides  :  la  fè- 
f  rconde  liqueur  efi  teinte  en  jakne 
qu’on  appelle  efirit  qu't  efi  de  fa¬ 
veur  aigre  :  la  troifiéme  efi  rouge, 

'  qu’on  nomme  improprement  huile, 
q-ui  efi  de  faveur  acre  &  mordi- 
cante  ,  moyennant  que  celuy  qui 
conduira  la  difiillation  foit  prudent 
pour  bien  conduire  et  gouverner  le 
feu,  il  reujjîra  parfaittem.ent  bien  en 


cette  ■  operation  ,  fans  faire  aucun' 
mélange  avec  le  miel  pour  l’ empê¬ 
cher  de  monter.. 


Jfua  Fit  a. 

IL  faut  avoir  un  grand  pot  de  Cui-  lo  SerZ 
vre  J  que  poièrez  fur  un  trepiedj 
pour  y  faire  du  feu  au  deflous ,  fur 
lequel  pot  de  Cuivre  faut  appofer  fiadédt 
une  lèrpencine ,  qui  traverlè  un  ton-  fi»  or- 
neau  pertuifé ,  qui  foit  plein  d’eau 
fraifohe.  Pour  la  defcription  de  qiioy 
je  ne  m’y  arrefteray  pas  particuliè¬ 
rement  y  puis  que  c’eft  une  chofe 
commune  qu’on  voit  par  tout.  Seu¬ 
lement  j’ay  à  reprefonter  5  que  pour 
foire  de  bonne  eau  de  vie ,  il  faut 
mettre  de  bon  &  puiffant  vin  dans 
ledit  pot  J  la  troifiéme  partie  de  là 
capacité.  C’eft  â  dire  ,  que  fi  le  vafe 
contient  quinze  livres  j  avec  cinq  li¬ 
vres  de  vin  ,  il  y  en  aura  affez  pour 
une  diftillation  >  de  quoy  on  en  tirera 
une  livre  foulement ,  ou  environ  j  qui 
foit  forte  Sc  puilïânte  :  &  alors  on  cef- 
fora  de  faire  du  feu.Puis  il  fout  jetter  le 
phlegme  qui  eû  au  fonds  du  pot  &  y 
remettre  de  nouveau  vin,  juiques  à  ce 
que  vous  ayez  tiré  d’eau  de  vie  ce 
qii’il  vous  plairra.  Remarquant  qu’il 
fout  que  le  feu  foit  fort  &  vigoureux 
au  commencement  pour  prompter 
ment  pouller  les  efprits  ^dii  vin  à 
monter ,  .èc  diftiller. ,  fons  leur  don¬ 
ner  loifir.  de  fc  perdre  &  évanoiiic. 

.Qne  fl  on  veut  avoir  de  bonne  eau 
de  vie  reétifiée  ,  comme  on  parle  »  il  vie  re- 
feudea  au  lieu  de  vin ,  prendre  ladite  êtifiée. 
eau  de  vie  diftillée,  &  la  rediftih 
1er  ,  Sc  apres  reiterer  cette;  forte 
de  diftillation.  Jufques  à  quatre  ou 
cinq- 


Trait  té  des  Eaux  âifiiüées,  zér 


cinq  fois  :  car  alors  on  recouvrera 
une  pui0ànte  Eau  ardent  :  mais  en 
petite  quantité.  Car  à  chaque  reéti- 
fication  il  ne  s  en  tire  guere  plus 
que  la  moitié  qui  foit  de  la  quali¬ 
té  requife  ,  &  de  laquelle  on  puilïê 
faire  cas.  Sur  la  redilîcation  dequoy 
il  faut  que  je  découvre  un  fecret 
qu’un  Allemand  m’a  fort  loué,  pour 
avoir  d’auffi  excellente  Eau  de  vie 
par  une  feule  diftillation  ,  comme 
pourroit  être  celle  qui  auroit  été  pai- 
séc  3c  repafsée  jufques  à  la  cinquiè¬ 
me  ou  fiziéme  fois ,  &  voicy  com¬ 
ment  cela  fé  fait. 

On  mettra  un  morceau  d’éponge 
à  l’embouchenre.  du  pot  qui  con¬ 
tient  le  vin  ,  en  forte  que  ladite  épon¬ 
ge  puilTe  comme  boucher  le  trou. 
Puis  il  faut  appofer  par  delfus  ladi¬ 
te  forpentine  ainiî  qu’il  a  été  dit. 
D’où  s’enluivra  que  les  efprits  qui 
feront  merveilladement  fobtiles  3c 
aërésj  pallcront  à  travers  l’éponge: 
mais  les  plus  aqueux  Sc  groffiers, 
qui  ne  pourront  par  leur  grolïieré- 
té  traverfer  une  telle  épelfeur' ,  fe¬ 
ront  retenus  par  ladite  éponge.  Et 
finalement  retomberont  en  bas  au 
fonds  du  pot.  Si  bien  que  par  ce 
moyen  en"une  feule  fois  on  tirera 
la  plus  parfoite  fubtilité  qui  foit  dans 
le  vin.  Or  on  éprouve  i’eau  ardent 
bonne  &  bien  fobtilisée  lors  qu'une 
goutte  d’huile  commun  jettée  dans 
une  pleine  phible  d’Eau  ardent ,  s’en 
va  incontinant.à  fonds.  Contre  le 
naturel  des.  autres  liqueurs,  que  l’hui¬ 
le  furmonce  par  fa  Icgereté.  Que  fi 
on  veut  mertre  de  l’Eau  ardent  dans 
un  plat,  .  &  ^.y., approches,- le  feu  ,  en 
forte  qu’elle  prenne  Hâme,  fi  ladite 
Eau  ardent  eft  excellente  ,  à  la  fin  il 


ne  fo  trouvera  aucune  humidité  dans 
le  plat  ,,  an  contraire  après  que  le 
feu  aura  cefsé ,  &  qu’il  fera  éteint, 
il  fe  trouvera  du  phlegme  au  fonds 
du  plat  infipide,  &  qui  ne  prend  nul¬ 
lement  feu, 

REMARQVE. 

yîthelan  ne  noja  a  fai  bien’ 
édifiés  furVEau  de  vie, non  flm 
quen  beaucoup  d’autres  rencontres,.  ' 
fans  doute  d  catfie  que  les  plus  rne- 
chàniques  s'en  mêlent  &  d  fort  peu 
de  fiaiz.  car  pour  l’ordinaire  ils 
la  tirent  des  vins  gâtés  &  pour¬ 
ris  ,  &  ainfi  l’ouvrier  &  l'ouvra¬ 
ge  ne  font  point  confid'erables  :  & 
d’autres  qui  croyent  d’êire  plus 
fubtils  ,  s’imaginent  de  faire  des 
coups  de  maîtres  dans  la  faible jfe 
de  leurs  eifrits  ,  fe  fervent  de  la. 
lie  ,  ou  bourbe  du  vin  qu’on  jette 
des  tonneaux  d.  la  faifon  des  ven¬ 
danges  et'  qui  pis  efi ,  que  ceux- 
cy  fe  ventent  d’en  tirer  une  meil¬ 
leure  Eau  de  vie  et  en  plus  gran¬ 
de  quantité  qu’on  ne  fçauroit  faire 
d’un  excellent  vin ,  ce  qui  efi  abfur- 
de.  Et  bien  que  Cathelan  n’aye 
peint  imité  ny  les  uns  ny  les  au¬ 
tres  ,fi  efi-ee  neantrnoins,  qu’il  nefi 
point  méthodique ,  puis  qud  beau¬ 
coup  moins  de  fiaiz.  &  de  peine 
qu’il  n’enfeigne ,  et"''  .tout  d^un  *coup,. 
par  une  fuie  disliiiatiqn  ,  on  peut 
tirer  duxbçn  vin  ^nyxc'eüent  efirif 
de  vin  ,  (t  unerSanne  eau  de-vie, 
fans  ufer  de  reElification  ;  ny  même 
fe  fervir  du  fecret  de.  l’yflemand,. 
enjnettant  Joi-xantc.  livres,  du  meil¬ 
leur  vin  rouge  dans,  une  Cucurbit.e 
de  cuivre .,  qu’il  i/.y.  reéle.  que  le 
k  k  3  quartz 


^6l  ^raitté des  Eaux  diflïüées. 


quart  du  P^ijjfitiu  de  vuide  ;  fin- 
iaqtielle  faut  pifidn  fon  chapiteau 
rejrigeramre ,  qui  eft  le  cd  de  la 
hauteur  de  deux  coudées  ,  les  jein~ 
tares  exdâefnent  fermées  avec  de 
la  colle  de  farine ,  tant  du  chapi¬ 
teau  de  la  courge  qsie  du  bec  de 
l'Aiernbic  avec  le  récipient  >  qui  ne 
doit  contenir  qu  environ  une  livre 
&  demie  ;  le  dejjus  garny  d’eau 
fi-atche ,  &  fur  un  fourneau  a  gril¬ 
le  ,  au  lieu  d’un  grand  feu  cy-def- 
fm  allégué  par  nôtre  Collègue ,  pour 
en  pouffer  les  efprits  qu’ils  ne  fie 
perdent  comme  îï  efi  dit  ;  au  con¬ 
traire  faut  échaujfer  le  fourneau 
&  le  vaiffeau  tout  doucement ,  & 
continuer  également  le  feu ,  jufquà 
ce  qu’une  goutte  puiffe  pouffer  l’au¬ 
tre  tant  feulement  ,  V entretenant 
ainfi,  les  eéfrits  médiocres  ne  mon¬ 
teront  point  avec  les  plus  fubtils, 
(  qui  font  ceux  qui  compofent  l’Eau 
de  vie  )  &  font  la  caufe  pour  l’or¬ 
dinaire  qu’il  faut  ufer  de  reSlifica- 
tion  pour  avoir  de  bon  effrtt  de 
vin,&  cela  ne- procédé  que  de  l’im- 
patience,ou  pour  mieux  dire  de  l’im¬ 
prudence  de  ceux  qui  y  travaillent, 
aufquels  il  fernble  ,  qu’il  n’eft  qu’a 
pouffer  le  feu  pour  avoir  têt  ache¬ 
vé  leur  operation  ,  ou  bien  ou  mal  ; 
&  quand  ils  en  font  à  la  reôlifi- 
cation ,  ils  enfant  de  même  ,&  de 
la  fbrte  ils  n’achevent-  jamais.  le 
dis  donc  que  le  récipient  qui  tient 
une  livre  &  demie  fera  plein  d’e- 
ffrit  ,  qu’il  en  faut  foudain  chan¬ 
ger  un  autre  ,  qui  tienne  quatre  li¬ 
vres  ,  &  le  coller  exaBement  com¬ 
me  le  precedent  :  cependant  faut 
auffi  bien  boucher  avec  du  ùege, 
de  la  cire  [molle  ,  double  veffie 


le  premier  pour  en  conferver  la  U- 
queur  ,  laquelle  s’appelle  propre¬ 
ment  efprit  de  vin  ,  &  continuer 
la  difidation  au  même  état  que 
deffm ,  qu’une  goutte  pouffe  l’autre, 
jujqu’k  ce  que  le  dernier  récipient 
fait  plein ,  qui  fera  la  vraye  Eau 
de  vie  ,  feparée  toutes  fois  des  plus 
tenues  &  fubtiles^  parties  de  l'ame 
fulphurée  ,  c’eff  à  dire  de  l’eéfrit 
de  vin-,  cela  fait  on  doit  ceffer  la  di- 
fiillation. 

le  pafferay  fous  filence  les  autres 
Operations  qui  fe  peuvent  faire  de 
ce  qui  rejie  dans  l’Aiernbic ,  quoy 
qu’il  y  aye  des  chofes  tres-curieu- 
fes  a  dire ,  comme  fur  le  phlegme, 
d’un  huile  qui  s’en  peut  tirer  par 
la  Cornu'é,&  finalement  du  fel  qu’on 
en  peut  auffi  tirer  ,  après  avoir  bru- 
lé  le\ marc,  &  autres  chofes. 


Spkitus  vini  Anthofatus  D- 
Rondelerii. 

Aqua  vita  quater  ad  minus 
diHillata,  partes  très. 

Summitatum  forum  Anthos , partes 
duos, 

Pone  in  amphorâ  bene  obturata 
per  diern  &  noBem  cum  v'afi  be¬ 
ne  cooperto ,  mox  aquam  &  fo¬ 
res  bene  diBilla.  Aq'ua  per 
excellentiam  facra  diBa  efi  ad 
infammationes  ,  fervans  vitam 
hominum  :  oportet  omni  hebdema- 
dà  accipere  ^ij.  cum  aquâ  &  vi- 
no  fade  abluta.  HaC  aqua  mi- 
rum  in  modum  mundificat ,  fa- 
ciemque  longiffimè  confervat. 

RE 


Tarait  té  des  Eauk  difiïllees.  163 


R  E  M  A  R  CLy  E.  . 

On^elet  Confeiller  &  ASedecin 
du,  Roy ,  Chaneelier  an  cette 
celehre  Faculté  de  Afedecine ,  dé¬ 
crit  cette  Eau  dani  fan  traîné  de 
Fucis  ,  fous  le  titre  ,  yîd  dealban- 
das  faciei  maculas  &  cicatrices  au- 
ferendas  aqua  farniliarü  Paulo  Pon- 
tifci  maximo ,  d'ou  je  viens  de  ti¬ 
rer  la  defcription  pour  Vinferer 
parmy  mes  remarques ,  ayant  feu¬ 
lement  a]of,té  au  modus  faciendi 
pour  en  faciliter  la  préparation 
de  coHcaJfer  la  fleur  de  Rojmarin^ 
pour  les  raifons  que  nous  dirons 
fin  lieu.  le  luy  ay,  donné  le  nom 
de  Spiritus  vint  ainthofatus  D.Ron- 
deletii  ,  &  l'ay  attribué  a  Ron¬ 
delet  5  comme  le  premier  que  je 
croy  qui  Pait  décrit  dans  fit 
eeuvres  ,  bien  quil  n'en  foit  pas 
l’inventeur ,  non  plus  que  la  Rei¬ 
ne  d'Hongrie  ,  quoy  quelle  en  perte 
le  nom. 

Cette  Eau  ma  remis  dans  la  mé¬ 
moire  quelque  chofe  dont  j’ay  cy- 
devant  parlé  fur  le  fujet  de  la  va¬ 
nité  de  certains  Chimifies  ,  parti¬ 
culièrement  de  ceux  qui-  nont  au¬ 
tre  intelligence  en  la  Chimie  que 
celle  de  faire  les  operations  ,  lef 
quels  neantmoins  parce  qu'ils  ont 
Pejprit  ambitieux  ils  s'imaginent  de 
fi  pouvoir  acquérir  de  l'eflime  & 
de  la  réputation  en  cachant  ce  qu’ils 
ignorent  a  ceux  de  qui  ils  ne  font 
,  point  connus,  &  de  pajfer  dans  leurs 
efprits  pour  fçavans  ,  &  ainfi  n’ont 
pas  honte  de  fe  drejfer  des  trophées 
de  vanité  par  la  plume  d’autruy, 
afin  d’aUer  du  pair  avec  les  Hant- 


mannus  ,les  Daviflhfts  ,  tes  Schroders 
&  les  plus  habiles  de  la  Chimie. 

JSioui  avons  un  exemple  de  cet¬ 
te  vérité  en  la  perfinne  d’un  Chi- 
miÜe  qui  vient  tout  fraîchement  de 
mettre  au  jour  un  traitté  de  Chû- 
mie  ou  il  n’y  a  rien  qui  foit  fien 
que  les  feules  operations  ,  le  furplus 
de  fin  prétendu  ouvrage  a  été  fait 
par  un  fiavant  qui  en  a  drefsé  le 
difcours  ,  &  mis  le  tout  en  beaux 
termes.^ 

Le  premier  trait  de  la  vanité 
de  cet  Ecrivain  parait  au  frsntijpi- 
ce  de  fin  livre  ,  ou  il  prend  fans 
aucun  titre  la  qualité  de  Diflilla- 
teur  &  Dermnfirateur  ordinaire  de 
la  Chimie  en  la  faculté  de  Méde¬ 
cine  de  Mempelier. 

Le  fécond  dans  fin  avis  an  Le- 
Beur  quand  il  dit  ,  que  quantité 
de  Médecins  l'ont  importwié  peur 
l'obliger  de  mettre  au  jour  fin  ou¬ 
vrage  ,  à  raifon  des  chemins  plus 
cours  &  des  méthodes  plus  aisées 
que  l'ajfiduitê  de  plufieurs  années 
luy  ont  acquis  en  travaillant.  Mais 
fuivant  ce  que  j'en  ay  pu.  appren¬ 
dre  en  lifant  fan  livre  d  la  hâte, 
je  n'y  ay  encore  rien  remarqué  que 
des  redites  des  Efirivains  qui  l'ont 
précédé  -,  &  neantmoins,  il  veut  paf- 
fir  pour  novalifle  pour  n  avoir  fait 
quabbreger  par  l'adrejfe  d'autruy 
le  diCcours  des  operations  de  fis  de¬ 
vanciers.  Et  comme  ce  ne  fi  pas 
icy  le  lieu  ou  j'en  doive  dire  da¬ 
vantage  la  compofition  ne  me  le 
permettant  point  ny  la  prejfe  qui 
roule  depuis  quelques  mois  fur  mon 
manufcrit ,  je  renvoyé  Le  reSîe  lors 
que  je  traitteray  un  jour  de  la  Chi¬ 
mie  ,  ou  je  prétends ,  Dieu  aidant,,. 

det 


Traittê  des  Eaux  dijiiüées. 


de  réfuter  à  MJir  ce  que  Vamhi- 
tien  a  juggeré  à  nôtre  reformateur. 
En  attendant  je  pafferay  fuccin- 
tement  fur  fin  Eau  de  la  Reine 
’d’ Hongrie  pour  faire  voir  le  con¬ 
traire  de  ce  quil  met  en  avant, 
quand  il  dit  quil  la  fiait  mieux 
préparer  qu  aucun  autre  de  la  vil¬ 
le.  Si  cet  parole!  ne  fi  trouvent  pat 
en  terrnei  exprès  dans  les  fueilles 
imprimées  quil  diBrihue  avec  fin 
Eau ny  dans  fin  livre  ,  elles  luy 
font  fiuvent  firties  de  la  bouche, 
au  préjudice  de  l’honneur  des  Maî¬ 
tres  Apothicaires  de  cette  ville  ,  qui 
entendent  fans  comparaifin  mieux 
que  luy  l'eleBion  ,  la  préparation, 
&  la  mixtion  des  médicaments. 

Il  dit  encore  en  la  page  514. 
de  fin  prétendu  travail ,  qu’il  en¬ 
voyé  de  fin  Eau  dans  toutes  les  par¬ 
ties  du  Royaume  ,  d  ceux  qui  fia- 
chant  -avec  quelle  exaSlitude  il  la 
fait,  luy  font  l’honneur  de  s’adref- 
fer  a  luy  peur  en  avoir. 

Après  ces  belles  paroles  il  efi  bien 
juBe  que  je  fajfe  voir  quelle  efl  la 
méthode  de  nôtre  DiBÙlateur  ,  efr 
de  quelle  maniéré  il  procédé  à  la 
compofîtion  de  fin  Eau  delà  Rei¬ 
ne  d’Hongrie:  Il  dit  quil  prend 
deux  parties  de  feur  de  Rofmarin 
cueillie  au  commencement  d' Avril 
en  tems  firain  ,  exaBément  mon¬ 
dée  de  fa  partie  barbue ,  &  trois 
parties  de  bon  effri't  de  vin.  Au 
contraire  il  prend  les  fleurs  de  Rof¬ 
marin  en  tout  tems  ,  fai  fin ,  &  telles 
qu’on  les  luy  apporte  ,  fans  obferver 
le  tems  -  de  la  c.olleBion  qui  doit 
être  clair  dt  firain  après  le  levé 
du  Soleil  qui  en  difipe  la  rosée, 
&  l’employé^-  fans  la  '  monder  ;  car 


peur  la  monder  de  l’herbe  d"  de 
tout  ce  qu’il  y  a  d’inutile ,  comme 
des  fleurs  flétries  ,  ainfi  que  l’Au- 
theur  l’entend ,  vingt  perfonnes  par. 
jour  ne  luy  fiauroient  fuffire  à  cela. 
Pour  ce  qui  regarde  la  dofe-de 
l’ejprit  de  vin',  U  ne  la  garde  pas 
non  plus ,  d’ autant  que  les  trois  par¬ 
ties  de  la  flacon  qu’il  les  employé  ne 
fiauroient  aujfl  donner  deux  livres 
d’eau  empreinte  de'  toute  la  vertu 
ejfentielle  du  Rofmarin  qu’il .  luy 
attribué  ,  par  les  raifons  cy-aprés 
déclarées.  D’ailleurs  le  prix  de 
trente  d  quarante  fils  la  livre  qu’il 
la  vend  ,  cotfflrme  tout  ce  dejfus. 
Au  lieu  que  s’il  la  preparoit  com¬ 
me  il  dit  ,  il  ne  la  pourroit  don¬ 
ner  a  moins  de  quatre  flancs  la 
livre. 

Apres  toutes  ces  raifons  ■  ne  voi- 
là-il  pas  une  grande  exaBitude  ,ou 
pour  mieux  dire  une  grande  vani¬ 
té  accompagnée  de  la  derniere  né¬ 
gligence  de  nôtre  ouvrier,  qui  veut 
pafjér  fous  des  belles  paroles  em¬ 
pruntées  pour  l’unique  en  cette  vil¬ 
le  d  bien  exaBement  compofir  l’Eau 
de  la  Reine  d’Hongrie ,  fl  fa  façon 
de  procéder  ne  découvrait  fin  ar¬ 
tifice  ,  qui  efi^  de  furprendre  ceux^ 
qui  fe  confient  en  luy.  l’omets  d 
dejfein  d’autres  chefes  ,  comme  a 
été  cy-devant  dit  ,  pour  pajfer  au 
modus  faciendi  ,  qui  me  firnhle  le 
plus  convenable.  Prenés  en  Avril, 
ou  en  May  deux  livres  de  fleur 
de  Rofmarin  cueillie  &  nettoyée 
comme  dit  eftl ,  concaffés  -  la  dans, 
un  mortier  de  marbre  parce  que 
de  l’employer  toute  entière  ,  trois  li¬ 
vres  d’elfrit  de  vin  ne  fiauroient 
la  couvrir  ,  d  caufe  quelle  efl  fort 


Trahie  des  Eaux  âiBiüées.  léf 


îej^ere ,  &  aînfi  la  flm  grande  par¬ 
tie  de  fa  vertu  re  fierait  dans  1‘ A  lent- 
hic ,  V ayant  donc  cancafsée  mettês-la 
dans  une  cucurbite  de  verre  avec  la 
quantité  prefiripte  de  nôtre  effrit 
de  vin  :  couvres  la  cucurbite  d‘une 
chappe  qui  fait  jufie  ,  lutés-en  les 
jointures,  places  vôtre  Alembic  dans 
une  terrine  au  fable,  joignés-y  un 
récipient ,  apres  l'avoir  collé  laifsés 
le  tout  en  l'état  pendant  24.  heu¬ 
res ,  puis  difiillés  par  un  petit  de¬ 
gré  de  feu  jufquà  ce  qu’il  ne  refie 
dans  la  cucurbite  d’humidité  que 
pour  la  conferver.  Les  vaiffeaux 
étans  froids ,  coulés  la  refidence,  ex¬ 
primés  fortement  le  marc,  cela  fait 
mettes  la  colature  dans  un  petit 
Alembic  pour  en  continuer  la  di- 
fiillation  tant  que  la  teinture  foit  en 
confifiance  d’extrait. 

^ui  voudra  garder  la  ^.&  la  x. 
de  ces  Eaux  feparement  pourra  s'en 
fervir  fuivant  les  occafions ,  &  bou¬ 
chera  exaélement  les  phioles  comme 
a  été  cy- devant  dit. 

jQui  voudra  aujft  garder  l’extrait 
s’en  pourra  fervir  intérieurement  & 
extérieurement. 


Actttm  difiillatunt. 

Le  vinaigre  diftillé  rend  fa  liqueur 
la  plus  exquilè,  tout  au  rebours 
des  Eaux  aromatiques  &  de  l’Eau 
ardent  delquelles  j ’ay  parlé  cy-de- 
AnM~  vant.  Car  au  lieu  que  la  première  Eau 
«wl*  *1“*  d’icelles  eft  ce  qui  eft  le  plus 
Hnéù,  excellent,  au  contraire  en  celle-cy 
c’eft  la  derniere  qui  a  force  &  vertu, 
&  la  première  n’eft  que  flegme  pro¬ 
prement  infipidc  &  fans  propriété: 


dequoyje  nay  pas  voulu  rendre  rai- 
Ibn  ,  crainte  de  n’y  fatisfaire  point 
comme  il  feroit  requis.  Voilà  pour- 
quoy  pour  venir  au  lait  on  prendra 
de  bon  vinaigre  &  fera  mis  dans  un 
Alembic  de  verte  julques  à  la  trei¬ 
ziéme  partie  de  fa  capacité  ,  puis  il 
le  làuc  polèr  au  milieu  des  cendres, 
là  où  du  commencement  on  fera  pe¬ 
tit  feu ,  car  on  n’en  tire  rien  que.de 
l’eau  inutile  pour  lors  j  mais  après 
on  augmentera  le  feu  peu  à  peu  juf- 
ques  à  le  haulfer  puiflarament  >  avec 
railôn  touccsfois ,  qui  fera  ibrtir  vers 
la  fin  une  liqueur  puilïàmment  cor- 
rofive  &  telle  qu’on  la  recherche  pour 
plufieurs  &  diverlès  intentions. 

Et  voilà  Melîîeurs  ce  que  j ’ay  pu  F»»  de 
dire  fur  ce  fiijet  auquel  quelqu’un 
plus  curieux  &  mieux  versé  que  moy 
pourra  librement  ajoûter  pour  fin- 
ftrudbion  de  ceux  qui  défirent  faite 
progrès  à  la  vertu  mr  ce  fujet. 

Que  fi  je  ne  me  fliffè  proposé  de  me 
reftreindre  aux  Eaux  diftillées  lèulc- 
meht,  j’aurois  palsé  outre  à  parler 
du  Baume  de  Guidon,  tant  renom¬ 
mé  en  la  diftillation  duquel  plufieurs 
belles  choies  fe  peuvent  remarquer, 
pour  autant  que  la  plus  part  de  ceux 
qui  le  tirent  y  eraployent  des  vafes 
contraires  à  la  qualité  d’iceluy,  & 
pervertiflènt  par  ce  moyen  les  inten^^ 
rions  de  ceux  qui  le  louent  tant,  ôc 
de  fon  Autheur.  Mais  ce  fera  pour  La  plus 
une  autrefois  ,  à  fçavoir  iorlque  je  part  de 
meterayau  jour  les  receptes  de  quel- 
ques  compofitions  qui  font  aujour- 
d’huy  en  vogue  parmy  nous,&  qu’on  ajoutées 
ne  trouve  point  réglées  en  aucune  e»  cttte 
part ,  comme  font  la  poudre  de  Gou- 
cete,  le  Laudanum,  l’Emplâtre  de  Ve- 
ficatoite  ,  l’Emplâtre  de  Paracellè, 

U  ron 


Z  66  Traitté  des  Eaux  difiillées. 


'Onguent  de  Tuthie ,  le  Lai <3:  Virgi¬ 
nal  J  l'Huile  de  S corpion  de  Matchio- 
le  J  les  Pilules  Cochées  mineures  j  les. 
Pilules.MercurialeSjla  Poudre  de  Mer¬ 
cure  ,,  le  Collyre  de  Lanfranc  >  & 
l’Eau  des  Harque  bu  fades  :  à  quoy  je 
m’emploieray  avec  curiofîcé  au  plu¬ 
tôt  5  Dieu  aidant. 

R  E  M  A  R  QV  E. 

N  la  difiillation  de  l’ef^rit  dte. 
vinaigre ,  notre  Collègue  a  inge- 
nuément  confefsé  la  vérité ,  &  en 
tout  fon  procédé  nom  a  fait  connaî¬ 
tre  la  différence  quil  y  a  entre  un 
Galenifie  &  un  Paracelfifie  ;  enfem- 
ble  la  neceffité  quil  y  a ,  que  ce  pre¬ 
mier  entende  toutes  les  deux  Afe- 
decines  s'il  dejtre  pim  dignement 
s' acquit er  de  fa  charge ,  lors  qu’il 
nom  a  dit ,  qu'il  n'a  pas  voulu  don¬ 
ner  la  raifon  pour  quoy  la  partie  la 
moins  noble  du  vinaigre  monte  la 
première  en  la  diHillation, crainte  de 
n'y  [àtisfaire  point  comme  il  ferait 
requis  j  &  tes  Aromatiques  au  con¬ 
traire  ,  comme  le  vin  &  autres  don¬ 
nent  ce  qu'ils  ont  de  plus  excellent 
le  premier.  Sur  quoy  je  me  fins  obli¬ 
gé  de  dire  fuccintement que  noh- 
fiulement  du  vinaigre  „mais  de  tou¬ 
tes  les  chofis  aigres  &  acides  le  phle- 
me  monte  le  premier  ,  comme  il  a 
été  remarqué  en  quelques  endroits 
ey- devant.  Et  combien  que  le  vi¬ 
naigre  ,  qu'on  doit  employer  aux  ope¬ 
rations  de  la  Chymie  procédé  des 
vin  ,  toutefois  les  premières  liqueurs 
que  la  chaleur  du  feu  en  fepare, 
font  bien  differentes  l'une  de  l'autre, 
parce  que  les  eifrits  vineux  ,  qui 
rendaient  le  vin  de  bonne  odeur  & 


de  faveur  agréable ,  ayant  été  con- 
fondus  &  pêle-mêlés,  (  fuivant  quel¬ 
ques-uns  ,  &  fuivant  quelques  autres^ 
diffipés  )  par  une  fermentation ,  que 
j’ofe  appetler  accidentaire ,  qui  chan¬ 
ge  le  bon  vin  auffl-tot  que  le  mé¬ 
diocre  en  vinaigre  ,  alors  l'aigreur 
eu  le  fisc  Vitriolic ,  qui  avait  paru 
pendant  la  verdeur  des  raifins ,  & 
qui  dépuis  leur  maturité-  ne  pa>- 
reiffoit  plus ,  maintenant  il  furmon- 
te  fur  toutes  les  autres  parties ,  com¬ 
me  s'y  étant  trouvé  en  plus  gran¬ 
de  quantité,  occupe  non  feulement  la 
place  de  l'ejprit  vineux  ,  mais  s'é¬ 
tend  fur  les  autres  parties  quil  oc- 
cupoit  du  commencement  :  &  cela, 
fait  voir  que  la  force  du  vin  confifle 
en  des  parties  qui  font  également  cui¬ 
tes  dr  digérées  d’une  fubflance  tenue 
&  fubtile  qui  s’évaporent ,  &  s'al¬ 
tèrent  facilement  ;  &  les  parties  du 
vinaigre  font  purement  aqueufis, 
terreBres ,  crues  &  indigeBes.  Sui¬ 
vant  que  les  parties  de  ce  premier,, 
font  plus  tenués  &  fubtiles- ,  eUes 
font  en  moindre  quantité  dans  le 
vin ,  &  plus  faciles  à  être  enlevées 
par  la  chaleur  du  feu  ,  à  raifin 
que  toutes  chofis  tendent  vers  leur 
principe  ;  &  au  contraire  des  cho- 
fes  acides,  comme  l'aigreur  fi  trou¬ 
ve  attachée  en  un  fil ,  quoy  que  vo¬ 
latile  ,  comme  fil ,  il  tient  toujours 
de  la  terrefireité  &  du  fixe, qui  efi  la 
caufe  qu'en  la  diBillation  du  vinai¬ 
gre»  le  phlegme  monte  le  premier,, 
comme  la  partie  la  plus  fimple»  la 
moins  attachée  ,&  la  p lus  vile ,  &' 
l'ejprit  fuit  après,  qui  efi  un  fil  vo¬ 
latil  refiut  en  liqueur ,  ce  premier 
fuivant  l’ expérience  confiituè  là 
quatrième  partie  du  vinaigre,  quan^ 


^raitté des  Eaux  âiBtÜées»  %éj 


U  ejl  du  meillemr,  &  les  autres  trois 
parties  replantes  contiennent  l‘e~ 
Jprit ,  l'huile  &  du  tartre  qui  con¬ 
tient  aujfi  un  e  if  rit,  un  huile,  &  un 
fel  fixe. 

Çe  n'ejl  pas  fans  caufe  fi  Mefuê 
ce  grand  genie  de  la  Medecine  en¬ 
tre  les  Arabes ,  demande  en  fon  Sy- 
rop  de  Aeetofiitate  Citri  la  confem- 
ption  de  la  troisième  partie  du  fuc 
de  citron  pour  rendre  le  Syrop  pim 
efiicacieux  par  la  feparation  d’une 
troiz.iême  partie  du  phlegme ,  com¬ 
me  inutile  à  foh  intention.  Si  cét 
Autheur  ,  qui  n  avait  point  comme 
je  croy  des  principes  de  la  Chy- 
mie  en  a  usé  de  la  forte  par  la  for¬ 
ce  de  fon  ejprit ,  a  plus  forte  rai- 
fon  nous  qui  femmes  en  un  fiecle 
plus  éclairé  devons-nous  du  moins 
l'imiter  ,  fi  nom  ne  voulons  pas  en¬ 
chérir  par  dejfm  pour  bien  prépa¬ 
rer  nos  médicaments. 

Il  me  Juffira  de  nen  dire  pas  da- 
•vantage  pour  faire  voir  d’où  procé¬ 
dé  que  le  vinaigre  donne  par  la 
difiillation  fon  efirit  le  dernier  ,  & 
que  le  vin  donne  le  fien  le  premier: 
relie  maintenant  de  dire  un  mot 
fur  la-  façon  de  diSîiller  ce  pre¬ 
mier. 

Prenés  huit  livres  du  plus  fort  & 
duj?lm  vieux  vinaigre  que  peurrés 
trouver ,  mettés-le  dans  uneHucur- 
bite  de  verre  ou  de  bonne  terre  ver¬ 
nie  que  logerés  dans  une  autre  ter¬ 
rine  au  fable ,  l'ayant  eonverte  de 


fon  chapiteau ,  diSîillerés  lentement, 
jufques  à  ce  quen  aurés  tiré  l'en¬ 
tier  phlegme  ,  obfervant  que  le 
vinaigre  ne-  bouille  point  j  après 
changés  d^  récipient ,  fermés  tou¬ 
tes  les  jointures  ,  augmentés  le  feu 
peu  à  peu,  &  continués  la  diéitlla- 
tion ,  jufques  d  ce  que  verrés  na¬ 
ger  quelques  nuages  au  dejfus  de 
l'ejprit  du  récipient  j  alors  il  faut 
cefier  &  mettre  d  part  la  refiden- 
ce  qui  efi  dans  la  courge,  Ô"  que» 
aurés  amafsé  quantité ,  la  deHille- 
rés  dans  une  Cucurbite  bajfe  ,  en 
tirerés  encores  d'effrit  &  quelque 
peu  d'huile  gras  ,  rouge,  ebfcur ,  & 
d’odeur  un  peu  cLefagreable  j  cal¬ 
cinant  les  feces  - en  tirer êe  un  fel 
très-  blanc. 

Pour  le  furpltts  j’ay  pour  la  pim 
grande  partie  fatisfait  d  ce  que  nS- 
tre  Collègue  avoit  promis  de  don¬ 
ner  un  jour  en  cette  Pharmacopée, 
comme  le  Baume  de  Guidon  ,  la 
poudre  de  Guttete ,  &  autres  ainfi 
qu’on  peut  voir  dans  les  SeBions 
cy-devant  où  je  les  ay  logées  en 
leur  rang  &  ordre. 

Et  pour  les  préparations  Chy- 
miques  contenues  au  Traitté  ful- 
vani  ,  je  ne  les  parcourray  point, 
refervant  cela  d  une  autre  occa- 
fion ,  le  tout  moyenant  la  grâce  de 
Dieu  tout  -  puifiant  ,  auquel  com¬ 
me  au  feul  fouverain  Médecin  des 
corps  &  des  âmes  ,  fait  honneur 
&  gloire  au  fiecle  des  fiecles.. 


H  Z  APPEN 


2,68 


APPENDIX 


s  V  R 

LES  REMARQVES 

DE  BAVDERON. 


pâ  refitfer  à  la  priere  qtti  fna,  été 
par  des  perfomes  d’honneur  ^  de  me^ 
d'ajouter  aux  Remarques  que  j'ay  fai~ 
tr  la  pharmacopée  de  Bauderon  la  Con- 
r  ou  Confiture  de  fleur  d'Orange ,  le  Ca- 
tholicon  de  Nicolas  en  forme  de  Syrop  ,  la  poudre  Ca^ 
cheBique  de  ^turcetan ,  celle  de  Cornachin  ,  les  Pilules  de 
Mercure  t  de  Barberoujfcy  le  Baume  d’Arcem ,  le  Collyre  de 
Lanfranc ,  l'Eau  de  tête  de  Cerf.  Et  parce  qu'il  ny  anjoit 
point  de  defcription  d'un  Çatholicon  pour  les  Clyfieres ,  j'y 
en  ay  ajouté  une  ;  j'aurois  aujfi  rangé  toutes  ces  compo- 
fitions  chacune  en  fa  SeBion  ,  fi  la  diligence  de  l'Impri¬ 
meur  ne  marvoit  denjancé  d'en<z>iron  de  la  moitié  de  mes 
Remarques  ,  outre  qu'il  y  en  a  quelqu'une  qu'il  ny  avait 
lieu  pour  loger  ,  horfnis  tAppendix  de  Bauderon  ,  qui  eflla 
caufe  que  je  lel  ay  réduites  en  un  Appendix, 


Condi 


fur  Icâ  Remarques  de  Bauderon, 


^  Condiiura  Gemmarum  florum 
Aurmtiomm. 

IL  faut  prendre  les  boutons  de  la 
fleur  d’Orange  un  peu  verts  en¬ 
viron  de  quatre  ou  cinq  jours 
avant  qu’ils  iôyent  éclos  j  &  les 
percer  du  côté  qui  tcnoit  à  l’ar¬ 
bre  avec  un  poinçon  de  bois  fort 
délié  ,  que  jetterez  dans  une  eau 
(èl  médiocre,  où  l’on  les  fera  trem¬ 
per  par  cinq  à  fix  jours  ;  cela  fait 
on  coulera  l’eau  par  inclination, 
puis  on  les  fera  cuire  dans  d’eau 
de  fontaine  jufques  à  ce  qu’en  les 
perçant  avec  le  meme  poinçon 
que  deiïùs  ,  ils  tombent  d’eux 
mêmes  fans  s’y  tenir.  Alors  on  ti¬ 
rera  la  bafline  de  delliis  le  feu, 
aprez  en  avoir  verfé  l’eau,  la  fleur 
fera  étendue  fur  un  linge  blanc  pour 
la  faire  égouter.  Cependant  il  faut 
pefèr  une  livre  defîiccre  ,  fiirdeux 
livres  de  boutons  fleur  d’Orange, 
pefez  avant  être  mis  dans  la  fàu- 
mure  ,  qu’on  clarifiera  &  cuira  fur 
un  feu  medioere,  un  peu  plus  qu’en 
fÿrop  ordinaire ,  dans  lequel  on  jet¬ 
tera  les  fleurs ,  pour  en  continuer  la 
cuitte  jufques  à  une  confiftence  con¬ 
venable  à  les  pouvoir  garder  de  fè 
moifîr.  Voilà  ce  que  j’ay  peu  donner 
touchant  cette  confiture  à  la  prière 
qui  m’en  a  été  faite ,  comme  a  été 
cy- devant  dit. 


Syrupus  Catholîcus  deferip- 
tionis  noftræ. 

Pelypod^  qnerni  mmdati,  me. 
fex. 

SennA  Alexandrin,  mundata. 
PulpA  CajfiA  ,  & 

Tamarindornm ,  ana  une.qua- 

Rhabarbari  eleBit 
Florum  vtalar.  recentium ,  & 
Seminis  Anifi  mundati  ,  ana  une. 
duat. 

Sem.  quatuor  fiigidor.  major,  une. 
ftmiJS. 

GljyejirrbizA  rafA , 

Penidiarum ,  & 

Sacchari  cryfiaEini  ,  ana  drachm. 
très. 

Coquantur  ex  arte  in  aquA  fonta- 
na  librü  oBo ,  &  cum  Saccha¬ 
ri  albi  lib.  duabus  &  femiJS.  fiat 
Syrupus. 

Et  par  ce  que  je  ne  fçay  ny  pour 
avoir  veu ,  ny  ouy  dire  qu’il  y  eut 
aucune  defeription  du  Catholicon  de 
Nicolas  en  forme  de  fiyrop,  j,emc 
fuis  enqnis  de  diverfes  perfonnes 
curieufes  de  la  profeffion  pour  m’en 
éclaircir  davantage  ,  &  n’en  ay 
rien  peii  apprendre  ,  que  pour  ne 
refter  pas  court  à  la  prière  qti’oix 
m’avoit  fait  d’en  donner  une  deferip¬ 
tion,  j’ay  dreflé  ctlle-cy  ,  &  reformé 
quelque  chofe  ,  tantfiir  les  ingre- 
diens,que  fiir  lesdofes  j  j’enay  tiré 
la  femence  de  fœnouil  de  la  deco- 
élion  &  le  Polypode  de  la  poudre,  &: 
diminué  la  dofe  de  l’aniSiComme  auflï 
celle  de  fuccre. 


^7^  P  en  dix 


Pour  y  procéder  le  plus  métho¬ 
diquement  qu’il  m’a  femblé  bon  ,  il 
faut  cuire  le  Polypode  de  Chefne 
bien  mondé  &  concairé  dans  huit 
livres  d’eau  de  fontaine  flir  un  feu 
de  charbon  ,  jnfques  à  la  confomp- 
tion  de  la  troifiéme  partie  >  Ôc  y 
ajouter  en  leur  rang  une  partie  de  la 
femence  d’anis ,  les  femences  froi¬ 
des  ,  &  la  reglillè.  La  colature 
bien  exprimée  Sc  clarifiée  par  le 
filtre  ,  fera  divifée  en  deux  parties> 
dans  une  defqueücs  faut  infufer  par- 
vingt  quatre  heures  fur  les  cendres 
chaudes  dans  un  pot  de  terre  vernie 
bien  couvert ,  le  Senné  Alexandrin 
mondé  avec  le  refte  de  l’anis  con- 
eailë  ,  ôc  fur  la  fin  luy  faut  donner 
une  legere  ébullition  ,  la  couler  & 
exprimer  cliaudement  j  &  dans  cet¬ 
te  colature  ,  on  difïbudra  la  pulpe 
de  calfe  de  Levant ,  &  de  Tama- 
rinds  ,  pour  les  infufer  dans  le  mê¬ 
me  pot  J  &  à  fèmblable  chaleur  & 
couverture  pendant  cinq  à  fix  heu¬ 
res  ;  &  fîir  la  fin  on  les  fera  chauf¬ 
fer  jufques  à  ce  qu’on  la  voye 
frémir  ,  aprez  par  une  étamine  on 
coulera  ôc  exprimera  le  tout  ,  Sc 
en  fiiitte  la  faut  rccouler  diverfès 
fois  par  une  petite  manche  de  toi¬ 
le  ,  pour  la  bien  purifier  ou  cla¬ 
rifier. 

Pendant  ces  infulîons  faut  pro¬ 
céder  à  celle  des  violettes  recences, 
Sc  non  des  fèiches  ,  exaéfement 
mondées  de  la  partie  herbue  ,  &  de 
leurs  ongles  blanches  legerement 
concalîces  qu’on  infufera  dans  l’a«- 
tre  partie  de  la  première  dccoétion, 
le  tout  fera  mis  dans  un  pot  de  ter¬ 
re  bien  couvert  fur  un  fèmblable 
degré  de  chaleur  >  par  une  même 


efpace  ,  que  celle  de  la  Caflè ,  & 
des  Tamarinds  ;  &  derechef  dans 
la  colature  fort  exprimée  j  faut  infu- 
fèr  la  Rheubarbe  choifie ,  coupée  à 
trenches  cinq  ou  fix  heures  fur  une 
chaleur  lente  ,  puis  k  faut  couler 
•&  legerement  exprimer  ;  la  deco- 
•étion  fera  ferrée  dans  une  phiole, 
pour  la  lailler  repafer  pour  la  mieux 
feparer  de  fes  feces  ;  cela  fait  les 
deux  teintures  feront  mifes  en  des 
vaiflèaux  evappratoires  au  B.  M. 
pour  en  feparer  l’humidité  fiiper- 
fluc  J  où  l’on  jettera  les  fuccres  de  la 
poudre  Sc  du  fyrop  >  fnbtilement 
pulverifcz  ,  pour  en  continuer  J  éva¬ 
poration  jufques  à  ce  qu'ils  ayent 
acquis  la  yraye  confiftence  de  fyrop 
compofe  :  lequel  refroidi  3  on  ferre¬ 
ra  dans  une  bouteille  de  verre.  Pour 
la  dofè  on  en  pourra  donner  fuivant 
les  corps  dépuis  demy  once  pour  les 
jeunes  enfans  de  la  mammelle ,  juf- 
qnes  à  deux  onces  pour  les  grandes 
perfonnes^ans  quelque  liqueur  con¬ 
venable. 


Puîvis  Cacheélicus,  D.Qner- 
cetani. 

Limatura  Chalyhü  in  tennif- 
fimum  alkool  fer  fimflic. 
aquam  redaÉla  ,  vel  cum  ShI- 
f  hure  calcinatx  ,  nt  nrtü  ejf, 
une.  unarn. 

FacuU  Radie.  AronU,  drach.  mm, 
&  femiJS. 

Cornu  Cerui  Philofofh.  prafA- 

Suceini  praparati ,  & 

Cinnamomi  eleUi ,  ma  ferupuU 

Ejfcn 


fur  lej  Remarques  de  Bauderon.  2.nt 


BjfentiéL  Corallorum  ,  & 

MargKritarum  ,  ana  fcrup. 
duos. 

jimbr/x,  gript ,  drach.  femiJS. 
Sacchari  albi  quant,  fuffic.fiat  pul- 
vii  guftui  gratm. 

Bojis  femicochleare  argenteum 
mane. 

PAr  1  examen  que  j  ay  exactement 
fait  de  la  defcription  de  la  poudre 
Cachectique  de  Quercetàn  depuis 
,  la  fécondé  Edition  catine  de  fà  Phar¬ 
macopée  dogmatique,  à  Paris  par 
ClaudeMorel eal'an  i6o7.in quarto,, 
&  in  oétavo  de  la  même  année ,  juf- 
ques  à  la  Pharmacopée  deSchroderus 
de  l’an  16  6.  j’ay  vérifié  dix  Pharma¬ 
copées,  ou  des  Autheurs  qui  la  décri¬ 
vent  dans  leurs  œuvres  dediîïèren- 
tes  Editions  tant  Latines  ,  queFran- 
çoilès  ;  ce  qui  me  fait  dite  n’avoir 
trouvé  une  compofition  plus  dépra¬ 
vée  que  cellc-cy ,  foit  pour  le  nombre 
des  ingrediens ,  que  pour  la  dofè  d’i- 
ceux  :  caries  uns  y  mettent  une  drach¬ 
me  &  demie d’Ambre gris ,  d’eifence 
de  Coraux  &  de  Perles ,  de  chacun 
deux  drachmes,  d’autres  une  drach¬ 
me  d’Ambre  gris  ,  d’autres  n’en 
mettent  qu’une  demy  drachme,  d’au¬ 
tres  d’elTénce  de  Coraux  &  de  Perles 
deux  fcrupules  de  chacun  :  les  uns 
mettent  comme  Ion  Inventeur  ,  la 
corne  de  Licorne,  d’autres  y  fùbfti- 
tuent  la  corne  de  Cerf philofophiqiie- 
ment  préparée  ,  d’autres  par  omiiÊon 
ac  mettent  ny  l’un  ny  l’autre,  comme 
il  eft  a  remarquer  en  l’edirion  in  quar¬ 
to  de  Claude  Morel ,  de  l’an  1 607. 
d’où  je  puis  dire,  que  les  delèriptions 
defeélueulès  en  ont  été  tirées  ;  Sc  au 
contraire  en  l’inoétayo  delà  même 


année ,  &  par  le  même  Imprimeur ,  la 
corne  de  Licorne  y  eft  retenuë.Sehro- 
derus  dans  fon  Quereetanus  redivi- 
vus,  met  une  once  &  demie  de  fecule 
de  racine  d’Aron ,  3c  dans  la  def. 
cription  de  là  Pharmacopée  cy-deffus 
alléguée,  il  n’en  met  qu’une  drachme 
Sc  demie  :  voilà  une  dépravation  £ 
grande  en  cette  poudre,  qu’il  eftim- 
polîîble  de  la  pouvoir  préparer  lùi- 
vant  l’intention  de  Qiiercetan  par  au¬ 
cune  de  ces  defcriptionsjà  caufe  de  la 
difformité  Sc  contrariété  des  dolès 
des  ingrediens,&  de  l’omiffion  qu’on 
y  a  faite  :  d’aeeufer  l’Autheur  de  ces- 
fautes  la  penlee  en  lcroit  criminellei. 
tous  ceux  qui  le  connoilfoient  par  lès 
doétes  écrits  l’innoccnteroient  tou¬ 
jours  par  les  belles  lumières  qu’il 
nous  a  laüré  de  l’une  Sc  de  l’autre  Mé¬ 
decine  ,  d’avoir  voulu  mettre  une 
drachme  Sc  demie  d’Ambre  gris  fur 
quatre  onces ,  ou  environ  de  poudre; 
de  même,  d’y  faire  entrer  demy  once 
d’elTetîce  de  Coraux ,  &  de  Perles  fur 
la  même  quantité  :  comme  auffi  une 
once  ôc  demie  de  fecule  d’Aron ,  ce 
qui  me  contraint  derechef  de  dire 
que  toutes  ces  fautes  procèdent  des 
Correéteurs. 

l’ay  fait  tout. mon  pofîible  pour 
tâcher  de  recouvrer  la  première  édi¬ 
tion  de  la  Pharmacopée  dogmatique 
de  notre  Auriieur ,  pour  cirer  une 
preuve  certaine  de  cette  vérité,  qui 
fut  imprimée  à  Paris  par  Claude  Mo¬ 
rel,  en  l’an  tfiof.  où  fans  doute  la 
defcription  de  la  dite  poudre  s’y 
trouve  en  là  pureté ,  comme  dans  la 
lource,  mais.ç’a  été  en  vain.  Ce 
que  voyant  de  toutes  ces  delcrip- 
tions  foutives ,  j’en  ay  tiré  une  véri¬ 
table  ,  par  exemple ,  pour  la  dofe  de. 

l’Am. 


Frepa- 
ratio  de 
l'Acier. 


172.  ^ppendix 

l’Ambre  gris  j  ’ay  fîiivy  deux  grands  che,  on  l'arroufera  de  quelques  goût- 


hommes.  Ri viere  en  fa  pratique,  Pro- 
feifcur  en  l’Vnivcrfité  de  Medecine 
de  cette  ville,  &  Schroderus  en  fa. 
Pharmacopée  :  pour  i’Elïènce  de  Co¬ 
raux  &  de  Perles ,  j’ay  fùivy  l’édition 
Ftançoife  de  Claude  Morel ,  de  l’an 
1614.  &  pour  la  corne  de  Licorne, 
j’ay  fuivy  la  Pharmacopée  d'Auf- 
bourg  in  oijavo  de  l’an  i6n* 
le  lailïê  à  part  toutes  les  autres  rai- 
Ibns,  qui  m’ont  induit  à  faire  ce  chan¬ 
gement  pour  être  plus  hiccint,  afin  de 
palfer  à  la  préparation ,  avant  que  par¬ 
ler  de  la  mixtion ,  il  convient  dire 
un  mot  fur  la  préparation  de  l’Acier, 
de  la  fecule  d’Aron,  d’expüquer  le 
mot  de  l’Eflènce  de  Coraux  Üc  de 
Perles ,  &  pour  la  préparation  phi- 
lofophique  de  la  corne  de  Cerf,(que 
je  confidere  plus  aujourd’huy  que 
je  n’ay  fait  pour  le  pafsé  )  je  ren¬ 
voyé  l’Artifte  à  Schroderus  ,  à  Ltffe- 
vre,  &  à  ce  que  nous  en  avons  dit  en 
la  Remarque  de  la  Confedion  de 
Hyacinthe ,  ôc  commcnceray  par  l’A¬ 
cier  comme  la  bafe  de  la  poudre. 

Il  faut  prendre  de  limaille  d’Acicr 
nouvellement  limée  ,  &  la  mettre 
dans  un  plat  de  terre  vernie ,  &  l’ar- 
roufer  d’eau  de  fontaine  aiguisée 
de  bon  efprit  de  Souphre,  l’éten¬ 
dre  fiir  tout  le  plat  ,  &  la  laillèr 
fèicher  :  cela  fait ,  la  faut  mettre  en 
poudre  ,  l’arroiifèr  derechef,  &  ré¬ 
péter  cette  operation  tant  de  fois  que 
tout  l’Acier  foit  tourné  en  rouille, 
que  triturerés  &  laveiés  jufques  à  ce 
qu’il  foie  tout  pafsé  avec  l’eau  en 
forme  de  limon  tres-fîibril  ,  qu’on 
laÜlèra  repofèr  pendant  quelques  heu¬ 
res  ,  après  faut  verfer  l’eau  par  incli¬ 
nation  ,  &  la  poudre  étant  bien  lèi- 


tes  d'excellente  eau  de  Canelle ,  telle 
que  l’avons  cy-devant  décrite. 

La  fecule  de  la  racine  d’Aron  fe  p«/«. 
préparé  de  même  que  celle  de  la  *■«««* 
Coulouvrée  ,  excepté  qu’aprés  l’a-  f 
voir  faite  feicher ,  il  y  faut  ver- 
lèr  pardefl'us  un  peu  d’eau  de  Fou-  /mwt 
gere  ,  ou  de  Scolopendre  (  ou  pour 
mieux  faire  de  la  decoétion  )  &  les 
faire  digerçr  au  B.  M.  l’efpace  d’un 
jour  ou  deux  ,  après  la  fecule  fera 
fèichée  à  L’ombre. 

Et  parce  que  nôtre  Autheur  de- 
mande  l’ellènce  de  Coraux  &  de  "  î** 
Perles  ;  il  faut  fçavoir  que  ce  mot 
d’effcnce  eft  general ,  qui  comprend 
tout  ce  qu’on  tire  de  plus  exquis  des 
mixtes  ,  qui  eft  la  plus  lècrecte  ôc 
meilleure  lùbftance  d’iceux  ,  que  la 
nature  a  enfermée  &  cachée  comme 
dans  leurs  entrailles ,  pour  la  mieux 
conferver  ,  qu’on  cxtraiét  tantôt  en 
Sels ,  en  Magifteres ,  d’autresfois  en 
efprits  ,  en  huiles  ,  &c.  Et  cela  dé¬ 
pend  de  la  nature  des  mixtes  ;  don- 
qiie  pour  bien  &c.  deuément  prépa¬ 
rer  cette  poudre ,  &  ne  contrevenir 
point  a  l’intention  de  l’ Autheur  ,  il 
faut  prendre  les  Sels  de  Coraux ,  & 
de  Perles  ,  ou  bien  leurs  Magiftei'és, 

(  quoy  que  quelques-uns  n’elHment 
pas  )  pour  la  préparation  dsfquels, 
le  curieux  aura  recours  au  Traitte 
Chymique  qui  fuit. 

Et  pour  finir  cette  préparation,  & 
procéder  au  mélange,  il  faut  tritu¬ 
rer  l'Ambre  gris ,  comme  nous  avons 
cy-devant  dit  aux  poudres  Cordiales, 
avec  la  moitié  d’une  Amande  amè¬ 
re  pelée ,  oii  l’on  mêlera  peu  à  peu 
le  Crocus  Marris  j  chacun  des  au¬ 
tres  ingrediens  triturés  à  part  y  fe¬ 
ront 


fur  les  Kentarques  de  Bauderon,  "lj j 


,  ront  ajoutez  ,  avec  autant  pefànt 
de  fùccre  ,  comme  il  y  a  d’autres 
elpeees  ,  le  tout  exactement  mêlé, 
fera  ferré  dans  une  phiolc  de  verre 
bien  bouchée  pour  le  belbin. 


Pulvis  Cornachini,D.Rober- 
ti  Dudley  ,  Comitis  de 
VVarnich. 

Diagredij  julphurati  ,  grstna 
feptem. 

Antimonij  diaphoretici ,  gran.fex. 
Cremorü  7artari,fcrftp.  unum. 
Mifce, fiat  Pulvis  pro  unica  dojt. 

La  négligence  qu’on  a  apporté  à 
la  correction  des  Impreffions  des 
Pharmacopées  ,  eft  la  caulc  qu’on 
a  changé  en  beaucoup  de  compofî- 
dons  la  doic  des  ingrediens ,  &  qu’on 
y  en  a  obmis  des  autres  ,  comme 
nous  avons  fbuvent  remarqué,  &  par 
ce  moyen  on  a  rendu  quantité  de 
compofitions  toutes  difformes,  ce  qui 
nous  fait  voir  en  quelques  rencontres 
des  mauvais  &  pernicieux  fùccez  en 
leur  operation.  Cette  Poudre  pour 
n’ê trépas  décrite  ny  connue  de  beau¬ 
coup  d’Autheurs  n’eft  pas  entière¬ 
ment  exempte  de  cette  corruption  : 
ainfi  que  j’ay  obiervé  en  quelques 
Diipcnlaires  ,  la  plus  correcte  de  tou¬ 
tes  me  femble  celle- cy ,  que  j’ay  em¬ 
pruntée  de  Schroderus. 

Pour  la  bien  &  deuè'ment  préparer, 
il  faut  choifir  de  bonne  Scammonée, 
la  triturer  groflîerement ,  puis  l’éten- 
dré  fir  une  fucille  de  papier  gris  fort 
délié  &  mince ,  &  la  mettre  lur  un 
tamis  renverfé ,  &  au  dcflôus  dudit 


tamis  une  petite  éaiele  de  terre  avec 
du  Souphre  allumé  dedans,d’une  di- 
ftance  convenable ,  afin  que  la  cha¬ 
leur  ne  puillc  endommager  la  toile 
du  tamis  ,  ny  fondre  d’abord  la 
Scammonée  ,  qu’on  remuera  fou- 
vent  avec  une  carte  ,  jufques  à  ce 
qu’elle  commencera  à  fe  liquificr, 
&  que  fa  mauvaife  odeur  ibit  dif- 
fipée  f  alors  on  tirera  le  feu  ,  & 
étant  refroidie  on  en  pefera  fix ,  lèpt, 
ou  huit  grains  ,  plus  ou  nioins  fai- 
vant  l’âge ,  la  conftitution  ou  tem¬ 
pérament  du  malade.  On  obfervcra 
aulfi  de  même  la  dofè  de  l’Anti¬ 
moine  diaphorctic  depuis  cinq  ,  fix  , 
à fept grains,  fiir'la  préparation  du¬ 
quel  je  ne  diray  rien  non  plus  que  de 
celle  de  là  creme  de  Tartre,  pour  ne 
grolfir  ce  volume  de  vaines  redites, 
puis  qu’ils  font  décrits  par  Sauva¬ 
geon  en  fon  Tiaitté  Chymique  ey- 
aprez  attaché. 


Catholicum  pno  Clyftcribus. 

Polypodij  querni  contufi  ,  lib. 
femifi. 

Foliorum  Main* , 

F'iolaria , 

Parietaria ,  & 

Mercuriulû ,  am  manip-duos. 

Seminis  Fœniculi ,  me.  mam. 

Coquantur  omnia  ex  arte  in  librù 
duodecim  aquA  fontamt  ud  ter- 
ti&  partis  cenfumptionem,  colatu- 
râ  coque 

JlPellis  optimi ,  lib.oBo.  ad  Syrupi 
crajfttiem ,  deinde  dijfolve. 

PulpA  Prmerum  Damafeenorum 
in  una  parte  decofli  coÜorum, 
lib.  duos. 

Po 


ram 


uippendix 


t74 

I&ften  adde  pHlverem  fequentem. 
y:.  FoUorum  Senn&  >  nm.  oile,. 
Rhabtirhari , 

Polypodq, 

Florurn  viotaruin-,  & 

SeminU  Aniji ,  ana  mc^quatmr. 
Semimm  quatuor  jrigidorum  majo- 
rum  ,  unc.unam. 

I^iquiritia ,  unc.femtji. 

Fiat  Eleituarium  ut-  artis 

POur  éviter  l’abus  que  quantité 
d’Apothiçaires  coi^imettent ,  ou. 
ut  le  moins  leur  ôter  toute  excu- 
à  l’avenir  de  dire  qu’ils  ne  trou¬ 
vent  point  dans  leurs  Difpenfaires. 
la  delcription  d’aucun  Catholicon 
pour  les  Clyfteres  j  j’ay  voulu  don¬ 
ner  celle  cy  ,  qui  eft  tirée  du  Ça- 
îholicon  ordinaire  deS'  Médecines 
que  nous  tenons  en  nos  Boutiques^ 
pour  leur  faire  abandonner  cette 
vieille  erreur  invétérée. ,  que  quel¬ 
ques-uns  ont  confervé  jufqu’à  pre- 
fènt'en  une.  compofition  qii’üs  ap¬ 
pellent  Opiacé  pour  les  Clyfteres;., 
compofée  des  plus  vieilles  drogues, 
dé-  leurs  Boutiques  j  comme  font 
cuirs  de.  Scarainoiiée  d’Aloës ,  pouf-, 
£erc ,  racleures  des- plus  violens  pur¬ 
gatifs,  vieilles  malles  de  PiluleSjTap 
fia,  du  Sennéqui  a  une  fois  fèrvy  pour 
les  dccoéiions  de.Medecine ,  femen- 
ce  de  Colocynthe  &  aiitres  de  vil 
prix  ;  dé  laquelle  compofition  ils 
s’en  fervent  en  tous  rencontres,  fans 
diftinguer  ,  .  ny  la  condition  des 
perfonnes  ,  ny  les  inaladies  ,  au 
grand  préjudice  des.  pauvres  ma¬ 
lades-,.  de  l’honneur  de  Meffieurs 
les  Médecins  ,  &  de  leur  propre 
«onfcience. 

P.ovu'  le  mélange ,  il  faut  conca£ 


fer  lé,  Polypodè  ,  &  le  faire  aiire-ttn 
long-temps  en  douze  livres  d’eau, 
avec  la  femence  de  fenouil ,  puis,  on  y 
mettra  les  herbes  nettoyéçs  &  lavées, 
jufques  à  la  confomption  d’un  tiers, 
&  dans  une  partie  de  la  colature,  on 
y  fera  defpumer  &  cuire  le  miel ,  &. 
dans.l’âutre  k.s  prunes  ,  &  palfées 
qu’elles  fbient  parun  tamis  fubtil,  on 
dilibuefra  la  pulpe  dans  lefÿrop,  & 
finalement  on  y  mêlera  la  poudre, 
qui  ne  doit  pas  être  trop  lûbtile,. 
le  topt  étant  froid  fera  ferré,  pour  le 
befoin. 


Pilulæ  Barbe.i'Qpflæ- 

yi:  Alo'és  optima ,  drachifex. 
Mj/drargyri  fucco  Rofarum  exiin- 
drach-  très. 

Agarici  traçhifcati ,  drach.  duos. 
Rhabarhari  eleSli ,  drach.  u.nam- 
Cinnâmomi ,  • 

Myrrha  ,&'  ■ 

Màftiches ,  ana  draçh.femÿ-  ■ 
Pulverü  Diamofehi ,  & 

Diambra ,’  ana  ferup. 

Cum  Térebinthin.  jf.  majfa  Pilu-^ 
larum  de  cu]m  draehma  fiant: 
Pilula  nevem  deaurataicapiat 
in  prima  dofi  dp  deinde  ufque. 

ad:  2i]. 

Le  peu  de  temps  que  j’ay  eu  pour 

l’examen  de  la  defeription  de  ces 
Pilules  m’a  ôcé  le  moyen  de  pou¬ 
voir  faire  une  exaéfe  perquificion’ 
de  fon  Inventeur.  Ceux  avec  lefe 
quels  j’en  ay  conféré  ne  m’en  ont 
fçen  donner  aucune  lumière,  qui  eft' 
la  caufe  que  je  me  fiiis  arrêté  aux 
deferiptions  que  j  ’en  ay  trouvées  dans 


fur  les  K  emarqua  de  Bauderon.  x  7 1 


Balfamum  A'tcei 


les  œuvres  de  Rondelet  »  &  de  Va- 
randal  deux  des  grands  hoinraes  de 
leurs  temps,  en  nôtre  Vniverfité  dé 
Médecine  j  la  mémoire  dél^uels 
vivra  à  jamais  par  les  dodes  volu¬ 
mes  qu'ils  nous  ont  laiirés.  De  ces 
deux  delcripcions  ,  j'ay  préféré  cel¬ 
le  de  ce  premier,  à  celle  de  ce  der¬ 
nier  ,  pour  mîavoir  ièmblé  plus 
corredte.  La  préparation  fera,  tellej 
qu’il  faut  prendre  du  Mercure 
ernd  exadement  choilî  ,  itûvanc 
les  vrayes  &  légitimés  marques 
que  j’en  ay  cy-dévant  données  en 
l’onguent  Enulatum.  Cela  fcmble 
ridicule  de  dire  que  j  ’aye  préfé¬ 
ré  de  donner  i’eledion  du  Mercu¬ 
re  en  une  compoficion  externe ,  ou 
elle  n’eft  prefque  point  confidera- 
ble,  ce  que  j’avoue  j  la  raifon  de 
cela  eft  que  l’Enulatum  a  été  la 
première  compolîtion  de  cette  Pa- 
raphrafeoù  le  Mercure  y  entre,  qu’il 
valoit  autant  de  la  donner  en  ce  ren¬ 
contre  qu’en  un  autre  ,  &  qu’elle 
lèroit  auflî  bien  reçeué  là  qu’ail- 
leurs.  Le  Mercure  donc  ainfî  choi¬ 
lî  fera  éteint  avec  une  quantité  pro¬ 
portionnée  de  Terebinthine  un  pai 
delîèichée ,  telle  qu’il  convient  pour 
embraffer  toutes  les  poudres ,  laquel¬ 
le  dépend  du  plus  ou  du  moins  ,  fui- 
vant  la  iàilbn  ,  &  qu’elle  fera  plus 
liquide ,  ou  plus  Iblide  :  chacun  des 
autres  ingrediens  feront  triturez  fe~ 
parement ,  &  tons  enlèmble  malaxer 
dans  un  mortier  de  bronze  pendant 
deux  ou  trois  heures. 


^ .  Sept  ’Cafirati.  antiqui  &  Uque- 
fa£ti ,  une.  àuas. 

Gummi  Elemi ,  & 

Terehinthinii  Abietü  quam  vulg» 
de  Abiete  vacuntyéna.  une.  unam, 
&  femifi. 

PingueAinü  Poreina  antiqua  lique- 
fftbtdi ,  une.  mam. 

Mifce  &  ad  ignem  Unimentum 
facité. 

Le  nom  de  Baume  bu  de  Lirà- 
ment,  fiivant  Arceus ,  ny  celu.y 
d’onguent ,  fuivant  quelques  autres 
ne  convient  point  à  cette  compolî¬ 
tion  qu’à  railon  de  fa  vertu  balümi- 
que  ;  car  à  caufe  de  fa  conlîftance  fô- 
lide ,  on  ne  le  fçauroit  prelque  em¬ 
ployer  ,  fans  le  liqtiifier  avec  quel¬ 
que  huile  convenable  ,  iîiivant 
l’intention  du  doéte  Médecin.,  ou 
Chirurgien  ,  lors  qu’on  s’en  voudra 
fêrvir. 

Outre  ce,  en  la  defcriptiond’Ai” 
cens  ,  il  y  a  quelques  .mots  qui 
fcmblent  être  ambigus  ,  qiii  mé¬ 
ritent  d’être  expliqitez  en  faveur 
de  ceux  qui  alpirent  à  la  maiftri- 
fe  ,  pour  éuiter  k  chicane  qu’on 
leur  pourroit  apporter ,  li  on  le 
leur  donnoit  pour  elky  de  leur 
-travail.  Le  premier  eft  le  mot  de 
Caftratî  ,  qui  eft  un  mot  general, 
qu’on  peut  approprier-à  toute  for¬ 
te  d’animaux  chaffrez  qui-  portent 
fuif  ,  &  neantmoins  tous'  les  Au- 
theurs  l’attribuent  par  éxcellence 
au  Bouc  chaftré.  Le  fécond  regar¬ 
de  le  mot  de  liquefaéti  ,  qui  ne 


j/éppendix 


fignifie  en  ce  rencontre ,  finon  que 
le  fiûf  foie  fondu  fans  addition  >  & 
coulé  pour  en  lèparcr  la  membra¬ 
ne  qui  l’envelope  extérieurement, 
&  les  pellicules  qui  lient  intérieu¬ 
rement  les  parties  de  la  graifle  les 
unes  avec  les  autres.  Il  faut,  aufîî 
entendre  la  même  cbolè  du  mot  de 
liquefaétæ  ,  qui  vient  apres  Pin- 
guedinis  Porcinæ  antiquæ  : ,  car  on 
pourroit  objeder ,  qu’attendu  que 
la  confiftence  du  Baume  eft  trop  Ib- 
lidc  ,  que  pour  ces  mots  de  Li- 
quefaéti,  &  liquefaétæ  ,  l’Autheur 
a  fous  -  entendu  qu’on  liqtiifiât  le 
fuif,  &  la  graiflè  de  Pourceau, 
avec  addition  de  quelque  liqueur 
oleagineufo  ,  ce  qui  n’eft  point. 

Pour  le  modus  faciendi ,  il .  faut 
faire  fondre  for  un  petit  fou  la 
gomme  Elemi ,  coupée  par  petits 
morceaux  avec  le  foif  de  chaftré , 
la  badine,  tirée  de  defllis  lé  feu, 
on  y  ajoutera  la  graiflè  de  Pour¬ 
ceau  ,  &  la  Terebinthine  de  Sa¬ 
pin  ,  le  tout  étant  froid  ,  la  compo- 
fîtion  fera  ferrée  &  gardée  pour  le 
befoin. 


Collyrium  LanfrancL 

*  Op.  Vtni  alii  ,  tih.mam. 

Aquét,  Rofarum ,  & 

Flantaginii  ,.ana.  quart. mnm. 
Auri  pigmemi ,  drach.  duM. 
Viridü  tÆris ,  drach.  unam. 

Alo  'és  ,  & 

Mj/rrha  ,  aM  ferup.  duor. 
lèrantur  fubtilijjîmè  ,  &  fiat  Col- 
lyrium. 


Le  Collyre  de  Lanfranc  n’a  pas 
eu  un  meilleur  fort  que  beau¬ 
coup  d’autres  compofidons  ,  lequel 
pour  n’avoir  été  réimprimé  fi.  fou- 
vent  ,  n’a  pas  moins  été  exempt 
d’alteration  ,  foit  pour  le  nom¬ 
bre  des  ingrediens  ,  ou  en  leur 
dofe  :  &  Cela  fe  vérifié  clairement 
en  confrontant  les  defciiptions  les 
unes  avec  les  autres à  moins  que 
fon  inventeur  reuft  diverfement 
décrit  ,  ce  que  je  ne  puis  .^  ny 
accorder  ,  ny  improuver ,  pour  ne 
l’avoir  vcu.  l’en  aurois  fait  une 
plus  exaéte  perquifition  ,  fi  la  prefi 
îè  qui  roule  déjà  for  mon  manufi , 
crit  ,  comme  j’ay  cy-devant  dit, 
n’eut  tiré  de  mes  mains  avant  le 
temps  cette  defeription  ,  que  Je 
rapporte  toute  conforme  à  cdle  de 
Paré  de  l’Impreflion  de  laques  Du- 
puy  ,  de  l’an  1582.  je  l’ay  pré¬ 
férée  à  d’autres  qui  portent  le  mê¬ 
me  nom ,  pour  l’avoir  jugée  la  plus 
digne  de  tenir  rang  parmy  ces  Re¬ 
marques. 

Sa  préparation  doit  être  telle: 
il  faut  triturer  fubtilement ,  &  par 
un  long -temps  l’Orpigment  ,  le 
Verdet,  l’Aloes,  &la  Myrrhe,,  fèpa- 
rement  feront  auffi  mis  en  poudre 
fobtilc,  &  dans  un  matras  ,  forlef- 
quels  on  verfèra  le  vin  blanc  bien 
dépuré  ,  &  non  doux  ,  les  eaux  ro- 
fe  &  de  Plantain  ;  le  tout  bien  bou¬ 
ché  fera  tenu  au  foble  médiocrement; 
chaud  par  deux  jours  ,  qu’on  re¬ 
muera  fouvent  pour  .faire  palier  plus 
facilement  la  vertu  des  poudres 
dans  les  liqueurs  :  &  ceux  qui  feront 
preflez  de  le  préparer  for  le  moment, 
au  lieu  de  î’infufion  de  deux 
jjours  luy  feront' prendre  une  ébul¬ 
lition* 


fur  les  Rmarqm 

Ütion  J  cela  fait ,  on  le  ferrera  ('  fans 
le  couler  )  pour  le  befoini 


Aqùa  Tophorutn  cornu  Cerui 
incerti  Audoris. 

Cor  ma  Cerui  mvella  ,  fattgui- 
ne  adhuc  (kcculenta ,  infiuftu. 
la  cencide ,  diBiltaque  in  Alem- 
bico  vitreo  per  fe. 

IE  n’aurois  jamais  eu  la  pensée 
d’ajouter  la  delèription  de  l’Eau 
de  corne  de  Cerf ,  que  quelques-uns 
appellent  Eau  de  tête  de  Cerf,  dans 
mes  Remarques  ,  fi  elle  ne  m’a- 
voit  été  demandée  par  des  pcrfbn- 
nes  que  je  n’ay  peu  refufer ,  ainfi  que 
j’ay  cy-devant  [dit ,  pour  être  hors 
d’ulàge  en  beaucoup  d’endroits  ,  à 
caufe  de  l’impolfibilité  qu’il  y  a  de  la 
préparer  exaâement  comme  en  ce 
pays-cy.  Et  pour  y  procéder  artifte- 
ment  ,  il  faut  prendre  environ  le 
mois  de  May  en  pleine  Lune,  de- 
my  douzaine  de  cornichons  de  Cerf 


Fin  de 


de  Éktiderôif.  2.77 

tendres ,  d’un  démy  pie^  de  long  , 
ou  environ  récemment  tirés  de  la 
tête  de  l’animal ,  qu’on  coupera  par 
trenches  ,  &  à  même-tems  on  les 
rangera  par  couches  au  fond  d’une 
Cucurbite  de  verre  fans  aucune  ad¬ 
dition  de  liqueur  ,  &  audclliis  faut 
exaétement  luter  les  jointures  de 
fon  chapiteau  avec  de  bone  colle 
de  farine ,  .&  placer  l’Alembic  dans 
une  terrine  &  fur  un  fourneau  à  fa¬ 
ble  ;  fbn  récipient  luté  de  même 
avec  le  bec  du  chapiteau ,  &  par  un 
degré  de  chaleur  fort  modéré  ,  il 
en  faut  tirer  toute  l’Eau  qui  en  pour¬ 
ra  fôrtir  julques  à  ce  que  la  corne 
foit  entièrement  fèiche  ,  obfervànt 
ncantmoins  qu’elle  ne  fe  brûle  point: 
&  ceux  qui  y  voudront  ajouter  le 
fèl  du  marc  artiftement  tiré  par  la 
cornue  quand  ils  voudront  exhiber 
ladite  Eau,  elle  fera  incomparable¬ 
ment  meilleure  ,  tant  pour  l’acou- 
chement  des  femmes  ,  comme  on 
s’en  fert  heureufèment  'à  Paris ,  que 
pour  les  fièvres  malignes  :  la  dofe 
eft ,  d’une  cuillerée  d’argent ,  jufques 
à  deux. 


i'Jppendix. 


mm  5  trait 


T  R  A  I  T  T  B 

C  H  Y  M I Q VE 

CONTENANT 

LES  PREPARATIONS, 
Vfages ,  Facultez  &  dofes  des  plus 
célébrés  &  ufitez  medicamens 
Chymiques. 

lEVEY  ET  AVCMENTE'  EN  CETTE 
Derniere  Sdition. 

Par  GVILLAVME  SAVVAGEON,  Doâ:.  Mcdl- 
Aggregc  au  College  des  Médecins  de  Lyon* 


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A  MONSIEVR 


LE  RAYER, 

ESCVYER.SIEVR  DE 

la  Chevaleraye,  Confèiller  du 
Roy,  &:  Subftitut  de  MonHeur 
le  Procureur  General. 

O  N  s  I  E  FR, 

le  derogerois  à  vôtre  jugement ,  fi  je 
navois  autre  intention  ,  en  vous  prefen- 
tant  ce  petit  Extrait  Chymiqucy  que  de  vous  aflèurer  de 
la  fincerité  de  nos  affedions  j  que  vous  connoiflèz  inti¬ 
mement.  Celle  de  ne  me  pouvoir  tenir  de .  publier  les 
vertus  qui  me  font  connues ,  à  la  moindre  occafion  que 
j en  ay ,  ma  fuggeré  la  prefente  ,  pour  honorer  de  ce 
témoignage  public  quelques-uns  des  vôtres.  Entre  lef- 

n  n  quelles 


£  P  1  S  ^  R  £. 

quelles  je  mets  en  tête ,  celle  qui  doit  être  iiifeparaUe 
des  perfonnes  de  pareille  dignité  que  la  votre  :  l’entends 
cette  inviolable  équité  ,  qui  vous  rend  fi  convenable, 
non  feulement  en  l’exercice  de  votre  charge  -,  mais  qui 
éclate  perpétuellement  par  le  zele  &  dcfir  que  vous  avez 
de  voir  regner  cette  belle  vertu  dans  toutes  les  adions 
humaines.  Et  je  n’en  puis  obmcttre  une  autre ,  qui  vous 
porte  a  chérir  &  favorifer  ceux  qui  ont  quelque  vertu 
utile  au  public  ;  mais  principalement  dans  la  profeflîon 
des  lettres,  l’en  puis  dire  quelque  chofe ,  en  ayant  à  mon 
égard  reflènty  d’aulîi  véritables  elFeéls,  que  fi  vouseuf- 
fiez  rencontré  un  fujet  qui  les  eût  méritez.  Votre  mo- 
deftie ,  Ôc  le  deflèin  de  ce  livret  (  auquel  je  dois  con¬ 
former  mon  ftyle  )  ne  me  permettant  de  cumuler  icy 
tant  d’autres  loüables  qualitez  qui  reluifent  en  vos 
mœurs,  &:  en  votre  cc:mverfation  ;  il  me  fuffira  de  vous 
confirmer  par  des  bons  continuels  offices,  l’inclina¬ 
tion  que  fay  d’être  à  jamais , 

MON  S  I  EFR, 


Vôtre  tres-affedionné  ferviteur 
G.SAVVAGEON.. 

A  D  V  E  B. 


AVERTISSEMENT 


AV  LECTEVR. 

A  Chymie  a  eu  quelque  tems  ce  malneur  d'être 
non  feulement  peu  connue  carejfée  -,  maû 
même  indignement  traittée  ^  /ehutêe.  Les 
principales  caufes  en  pou<-voient  être  ou  une  nou' 
rvauté  prétendue  ,  ou  les  téméraires  ejfais  ^ 
mau’naU  fuccez  de  [es  remedes  j peut-être  mal preparez^^  em- 
ployez.par  des  perfonnes  peu  ^versées  en  la  connoijfance  des  rnedi- 
c  amen  s  y  des  maladies  y  ^  des  corps,  ce  fl  à  dire  en  un  mot, 
ignorant  en  la  Medecine.  A  quoy  la  dijflculté  ^  le  travail  pim 
laborieux  de  cét  Art  pouaioit  encores  contribuer  quelque  chofe. 
Le  tems ,  qui  décomvre  enfln  les  a'vantages  ^  les  inconnjeniens 
des  chofes ,  aprez^la  reconnoijfance  de  l’utilité  de  fesremedes,en 
a  fait  encores  admirer  la  gentiüejfe  ppd  li^  curioflté. 

Encores  qu'il  ne  fujffoit  pas  pour  la  rejetter ,  de  dire  feule¬ 
ment  quelle  étoit  nouvelle.  Car  quand-bien  on  accorderoit, 
quelle  n'auroit  point  été  connue  ny  praBiquée  dés  Anciens ,  ce 
ferait  un  faible  argument  de  conclurre  par  là  à  fin  rebut.  Ce  qui 
efl  maintenant  nsieux ,  a  été  autres  fois  munjeau.  Chaque  flecle 
s'efl  fîgnalé  de  quelque  particulière  in^êntion  ^  rareté.  Si  on 
fi  fut  fvoulu  tenir  aux  feules  intentions  des  Anciens, de  corn- 

n  n  i  Heft 


i84  avertissement 

bien  de  chofes  ferions-ncus  ^n<vez^,  qui  fer-oent  ^  à  l'milm, 
^  à  temheüijj'emem  du  monde  f  les  chofes  anciennes  mentent 
à  la  rverité  d'être  reater'ees ,  non  ptcs  ftm'plement  pour  être  tel¬ 
les  5  mais  pour  être  conformes  à  la  nuerité  à  la  raifon.  On 
ne  doit  pas  pourtant  méprifer  les  chofes  nounjeües  ^Jî  eües  ont 
cela ,  arvec  une  égale  utilité.  Et  on  ne  ren^erfe  en  àueune  façon 
par  cette  nouvelle ,  ou  plutôt  peu  uftée  ina/ention  de  la  Chymicy 
les  anciennes  préparations  de  la  Medecine  ;  au  contraire  elle  en 
reçoit  un  nountel  enrichijfement  Qf  décoration  :  Dautant  que 
par  le  moyen  de  fes  medicamens ,  comme  a<vec  autant  d'armes 
pim  legeres  ^  acerées ,  eüe  luy  fert  ou  à  combattre  ^  exter¬ 
miner  les  maladies ,  ou  à  en  prefer-ver.  l'entends  icy  feulement 
parler  de  cette  partie  de  Çhymie  ,  qui  a  pour  objet  la  prépara- 
non  des  medicamens.  En  cette  eonfderation  elle  doit  être  recon- 
neuè  ^  tenue  pour  compagne  de  la  Pharmacie^  entant  quelle  <vi- 
fe  à  une  même  fin ,  quelle  fie  foumet  j  comme  eüe'  doit 3  d 
l'empire  3  aux  maximes  ^  préceptes  de  la  Medecine  3  dont  eÜe 
fait  partie  ;  doit  emprunter  d'eÜe  la  connotjfance  de  Tâ  ma¬ 
tière  medecinale  3  des  corps  >  des  maladies ,  de  leurs  caufes  ^ 
fympt'Omes. 

Pour  defabufer  (  en  paffant  J  ceux  qui  eHiment  la  Chymie 
être  une  mi-uention  de  Paracelfe  ,  il  ejî  tout  au  moins  certain 
quelle  a  été  pratiquée  plufieurs  fiecles  arvant  quil  njint  au 
monde  3  même  par  des  habiles  Médecins  qui  fui^ientla  do- 
Brine  de  Galven  y  comme  de  Rémond  Luüe ,  ^  d'Arnaud  de 
Villeneufivcy  Mais  en  remontant  encore  bien  pim  haut ,  nom 
trouruons  qu  eüe  a  été  en  rvogue  du  tems  de  Mefué  s  q^i  foriffok 
U  y  a  pim  de  500.  ans.  Le  témoignage  duquel  efi  d'autant  plus 
recervahle  3  que  cefl  un  des  principaux  Maures  (&  ArtiBe s  de 
ha  pharmacie  Dogmatique,  Ledit  dMefué  (or.  Aniïàoui- 


AV  LECTEVR.  185 

re ,  qu'il  appelle  en  [a  langue  Grabadin  dift.  15.  en  parle 
fi  honoraUemem ,  quil  exhorte  les  Médecins  de  con<ver[er  aruec 
les  Alchymifies ,  s  ils  défirent  connoitre  les  fubfiances  occultes 
des  mixtes  par  le  moyen  du  feu  ;  lefquels  ont  cét  arvantage 
(dit-il)  de  découvrir 3  ^  mettre  en  enjidence  ce  quil  y  a  de  plu4 
caché  fecret  dans  iceux.  Lequel  fuffrage  ne  montre  pa^  feu¬ 
lement  l’antiquité  de  la  Chymie  ,  mais  encores  fin  excellence. 
Car  fi  la  di<uerfité  des  chofeSi  qu’un  fiul  arbre  des  Indes  produit^ 
du  fruit  duquel  appelle  Cocos ,  on  exprime  tant  de  fies  de  di- 
everfi  confiflence ,  de  goûts  ^  fanjeurs  differentes ,  d'eau  fa- 
.njeureufii  de  rvinj  de  fyrop,  d’huyle  \  nom  caufi  tant  d’admira¬ 
tion,  quoy  que  ce  fiit  a^vec  fort  peu  d’artifice  .•  Cet  Art  en  doit  bien' 
donner  daatantage  pour  fin  ingenieufi  fibtilité  à  extraire  d’un 
même  corps  tant  de  dintjerfis  fubfiances  ,  qui  y  font  fi  étroitte- 
ment  enferrées ,  quoy  que  bien  fowziem  contraires. 

Quant  à  ce  qui  eft  de  la  difficulté  qu’on  a  peu  faire  à  ne' 
t  admettre  fi  facilement ,  pour  le  danger  quil  y  pouvoir  aruoir 
en  l’ufage  de  fis  medicamens  ;  cette  retenue  a  été  excufable,^ 
à  caufi  du  hazard  qu'il  y  a  en  l’épreuve  des  medicamens  in- 
connm  ,  eu  égard  d  la  dignité  du  fijet ,  en  faveur  duquel 
on  ne  fçauroit  être  trop  circonfpeB  d  admettre  l’ufage  des  mu- 
(veaux  medicamens ,  principalement  purgatifs.  Defquels  Hip¬ 
pocrate  a  autresfoü  dit,  qu’il  était  befiin  d- une  grande  fortune 
pour  leur  exhibition  r  ne  s’agiffant  pas  de  moins  que  du  cuir 
de  t  homme.  Mais  maintenant  ,■  depuis  que  les  longues  épreu¬ 
ves  de  nos  devanciers,  ^  celles  que  nom  voyons  tom  les  jours^ 
de  nos  yeux, accompagnées  de  bons  Juccez.,  nom  en  donnent  af- 
feurance ,  nom  ne  devons  nullement  en  abhorrer  l’ufige  ,qui  efl 
pour  le  moins  au  fi  certain  (  apres  les  préparations  exquifis' 
qfion  leur  donne  )  qu’étoim  du  temps  d’ Hippocrate  ,  l’edeborey 


2,8^  ADVERTISSEMENT 

la  colocymhe  ,  le  pepliam  ,  felateriam  ,  dont  il  ufoit  fré¬ 
quemment. 

Ce  que  je  dis  non^  feulement  des  medkamens  tirez^  des  ani¬ 
maux  ^  aiegetauXidont  il  ny  a  aucun  doute  :  mais  aujf  de  ceux 
•des  minéraux  ^  métaux ,  que  cet  Au  a  rendu  fi  trait  table  s, 
quils  ne  retiennent  rien ,  ou  peu  de  leurs  qualitez^cruésy  njiolen- 
tes  ^  malignes ,  qui  les  aboient  tant  fait  défrier.  Et  toute  la 
^violence  qui  leur  refie  ,  ne  peut  être  feparée  de  leur  naturel  ^ 
ejfence  :  dont  on  ne  doit  laijfer  den  tirer  le  bien  quils  peuvent 
produire  aux  occafionsy  ou  les  autres  remedes  ont  perdu  l’efcrimey 
cefî  à  dire  aux  grandes  ^  rebelles  maladies ,  conformement  a 
la  maxime ,  qu’aux  maux  extremes  il  y  faut  des  remedes  ex¬ 
trêmes  :  comme  a- un  nœud  fort  ^  rebelle^  un  coin  de  meme.  Si 
bien  que  la  dificulté  qu’il  y  faut  apporter  y  confifie  plutôt  a  dif- 
cerner  la  necefiité ,  opportunité  y  ^  deu'é  admimflration  de  tels 
remedes  ,  que  leur  ruehemence  prétendue  ,  puis  que  la  condition 
du  mal  la  rend  necejfaire. 

Si  les  operations  de  Chymîe  font  quelque  peu  plus  laborieufesy 
que  les  communes  :  cela  ne  doit  point  rebuter  ceux  qui  ont  du 
courage  ^  du  zçle  pour  le  bien  ^  famé  de  l'homme ,  a  quoy 
elles  font  defiinées ,  comme  tout  homme  de  bien  en  doit  a^oir  :  les 
belles  chofes  ont  cela  ,  quelles  ne  s’ acquièrent ,  ou  ne  s’exécutent 
pas  fans  peine.  Le  fouhait  de  Galien, qui  a  eu  quelque  ombrage^ 
idée  de  cet  Artydefirant  pajfionnement  de  pourvoir  arri-ver  a  la 
connoijfance  ^  addrejfe  de  la  feparation  des  di'verfes  fubfian- 
ces  qui  fe  trouvent  au  ruinaigre ,  qui  le  tenoit  en  grande  perple¬ 
xité,  doit  Oter  cette  apprehenfion  aux  âmes  qui  en  feroient  at¬ 
teintes.  Et  maintenant  le  plus  petit  Chymife  du  monde  luy  don- 
neroit  delà  fatüfaBion  en  cela,  ^  de  l’admiration  en  d autres 
chofes  bien  plus  ingenieufes.  Croilius  aojance  jufques  à  ces  termes. 


AV  LECTEVR.  187 

(j»e  textreme  dejtr  de  ce  grand  homme ,  U  eut  été  bien  aife 
de  fer  fvir ,  ^  fe  foimettre  à  Parac^ife  aux  ppM  ruils  offices  ^ 
miniBeres  de  fes  fourneaux. 

Mdü  fans  ufer  d’une  fi  infolente  exaggeration ,  je  pajfe  bien 
pim  avant 3  ^  foutiens  hautement ,  comme  une  propofition  très- 
certaine  ^importantes  Que  quiconque  veut  exceller  en  la 
Medecine ,  ne  doit  point  ignorer  la  Chymie. 

Premièrement  on  acquiert  par  iceüe  une  pim  intime  con- 
noijfance  des  avions  naturelles  3  principalement  nutnti'rues  5  de 
celles  contre  nature  s  ^  des  meteores  qui  fe  forment  au  corps 
humain.Car  par  le  rapport  des  operations  Chymiques,  qui  imitent 
n>ifiblemem  cédés  de  la  nature  par  la  conférence  des  matières ^ 
qù on  dijîille  ou  fub limé,  par  exemple,  ^  par  la  confideration  de 
leurs  eonditions  ^  proprietez, ,  on  n)ient  d  connottre  l’effence, 
^variété ,  differente  des  humeurs  •,  la  maniéré  de  leur  elenja- 
tion,  ou  plutôt  de  leurs  fvapeurs  ou  exhalaifons  ,  leurs  effets  ^ 
proprieteZj  Ce  qui  fe  remarque  principalement  és  maux  de  flu¬ 
xion,  ^  aide  d  les  connoitre  pi  m  parfaitement.  Si  le  lieu  me  le 
permettoit,  je  dilaterois  cette  preunse ,  ftf  t amplifierois  de  la  fi- 
militude  des  tvatffeaux  Chymiques ,  des  fourneaux  de  leurs  éta¬ 
ges  3  ^  offices  3  arvec  ceux  du  corps  humain ,  par  le  mini  fl  ère  du 
feu,  principalagem  en  la  Chymie ,  comme  l’efl  audit  corps  la  cha¬ 
leur  3OU  naturelle  ou  étrangère.  Le  LeÛeur  judicieux  pourra  luy 
meme  tirer  de  grandes  preunses  de  ces  propofitions,  lors  qùen 
contentant  fa  curiofité ,  il  ‘verraÇentr  autres)  difiiller  l’ejprit  de 
Vitriol:  Ou  il  apprendra ,  comme  par  la  puiffance  du  feu ,  d'une 
matière  fi  folide  il  s’exprime  une  liqueur  5  comme  les  efprits  nu- 
btleux  remplffent  la  cornue ,  qdils  hrifent  ^  fracaffens  affez, 
fouuent  3  quoy  que  forte  ^  jjacieufe,ce  qui  arriue  autant  par 
l  acrimonie  irruption  de  la  liqueur ,  que  par  la  (violence  du 


iSS  ADVERTISSEMENT 

feu.  Et  transférant  cela ,  il  ^erra  (ju'tl  fe pajfe  quelque  chofe  de 
pareil  és  aBions,ou  plutôt  [ ymptomes  de  beaucoup  de  maladies^ 
comme  és  migraines  maàgnes  ,  aneuryjmes  j  palpitations ,  par 
ï effort  de  la  dermere  dej quelles  Fernel  rapporte  au  chap.  u. 
du  5.  livre  de  la  Pathologie  ,  les  cBes  du  thorax  anjbir  été 
rompues  s  ^  celles  qui  font  au  deffm  de  la  mammelle  auff  bien 
fou<z>ene  difoqt^ées.  Laquelle  hifloire  nous  pouatons  confirmer 
renchérir  par  celle  dont  nous  a<ztons  été  témoins  oculaires ,  il  y  a 
quelques  années  à  Fougues  (  comme  il  s'y  rencontre  dé  ordinaire 
des  maladies  fort  étranges  )  en  une  Damoifelle  de  condition ,  à 
laquelle  une  palpitation  extraordinairement  n)ioleme  a<voit 
difloqué  quelques  cotes  a  cBé  de  la  mammelle  gauche ,  ^  même 
ébranlé  le  flernon ,  ^  rompu  la  cla>vicule  gauche. 

En  deuxième  lieu  ,  on  comprend  bien  mieux  la  nature  des 
mixtes  par  t évidente  refolution  des  di<verfes  fuhftances  qui  les 
compofent ,  comme  leurs  rurais  principes  cffentiels ,  phyficfues  ^ 
palpables  ,  que  par  les  metaphyfiques ,  purement  imelleBuels 
quon  enfeigne  à  ïécole. 

En  tro  'ijîéme  lieu  on  en  tire  de  puiffantes  armes -contre  les  en¬ 
nemis  de  notre  njie^  dont  on  fe  ferruira  a^vec  plus  d'affeurance 
dextérité,  fi  on  en  fait  l’étoffe ,  la  fabrique  ^  la  trempe. 

Les  Apothicaires ,  qui  doi^vent  conspirer  à  même  fin ,  font 
aujfi obligez,  de  s'y  rendre  fçaruans  Qs)  experts.  Et  ce  d  autant 
plus  qu'y  ayant  maintenant  fi  grande  njarieté  parmy  les  Mé¬ 
decins,  de  fiyle  ^  maniéré  d' ordonner,  qu'il  s'en  trou<ve  peu, 
qui  naffaifonnent  fort  foulent  leurs  ordonnances  de  quelque  re- 
mede  Chymique,  comme  d'un  grain  defel:  que  beaucoup  de 

perfonnes  les  préfèrent  aux  communs  :  ils  ne  pew^ent  fans  un 
grand  préjudice  de  leur  honneur  ^  contentement  des  malades, 
fe  diif  enfer  de  cette  connoiffance ,  ^  moins  de  tenir  leurs  bou- 


AV  LECTEVR.  189 

tiques  garnies  de  cette  forte  de  remedes.  Et  puù  il  ny  a  mainte¬ 
nant  aucun  DtJ^enfaire  qui  rien  àye  quelques-ms ,  jujques  d  ce- 
luy  de  Parts ,  lequel  en  approuate  l’ufage  par  l'échantillon  du 
rvm  emetique  ^  Mercure  doux. 

Les  chirurgiens  aujjî  rien  tireront  pas  un  petit  anjantagey 
quand  ce  ne  jeroit  que  d'en  mieux  connoître  les  différences  d ul¬ 
cérés  y  f  Ion  celles  des  fucs  qui  y  affluent  les  entretiennent ,  qui 

ont  un  grand  ra^^ort  a^ec  ceux  des  ^végétaux  ^  minéraux  i 
^  d'en  tirer  de  puffans  remedes  externes  pour  les  playes  ^  ulcé¬ 
rés  malins  ^  rebelles . 

le  ne  croirois  pas  au  refie  iauo'ir  beaucoup  obligé  y  en  te  dêcriuant 
les  remedes  Chymiques  les  pim  ufitezffi je  ne  les  euffe  accompagnez^ 
de  certaines  réglés  ^  préceptes  pour  ien  bien  ferasir.  Car  les  me- 
dicamens  font  ou  moins  que  rienyou pernicieux  s'ils  font  mal  em¬ 
ployez^  Ce  que  pouvant  même  arriver  és  pim  beninsy  quelle  pré¬ 
caution  ne  doit-on  pas  apporter  és  remedes  ChymiquesfSi  fJippo- 
crate  prefcrit  tant  de  circonfianceSy  je  ne  diray  pas  feulement  pour 
iellebore  ;  mais  même  pour  l'ufage  du  laiB  ^  de  la  ptifaneyou  fuc 
d'orge  mondé,  jufques  d  dire  du  dernier  y  quily  a  telle  pleurefie  ou 
douleur  de  cotéyfff  les  temps^quil  peut  caufer  ^  accélérer  la  mort  y 
étant  mal  donné  y  quoy  qu'il  ny  aye  celuy  qui  rien  fçache  la  déli¬ 
cat  ejfe  ^  bonté  y  ou  il  n  entre  rien  d'étrange  ^fafcheux  y  ^  la 
maniéré  de  le  préparer  ri  ayant  rien  de  ruehement.  Et  fi  mainte¬ 
nant  les  pim  fçaaians  a^ifez.PraBiciens  n’ordonnent  pas  <uo- 
lontiers  la  Rheubarbe  dans  les  fienjres  bilieufes  y  qui  ont  leur  fiege 
ou  leur  entretien  dans  un  foye  trop  chaud  ,  bfen  quon  die  quelle 
foit  lame  du  foye  s  feulement  d  caufe  de  fes  parties  fubtiles  ^ 
ignées  :  A  pim  forte  raifon  faut-il  bien  pim  redouter  les  medi- 
camens  Chymiques  y  exaltezja  pim  part  ,  par  la  force  du  feu, 
à  un  degré  de  chaleur  non  médiocre  ,  Qd  qaafi  toujours  tirez. 

O»  par 


igo  ADVERTISSEMENT  AV  LEGTEVR. 

par  des  menflruès  ou  dijfohvans  puijfans ,  acres  ^  corrofîfs  f 
Si  bien  que  s'tlfaut  tant  d art  ^  de  difcretion  pour  ordonner 
les  alimens  ^  les  medicamens  les  plushenins ,  il  en  faudra  bien 
davantage  pour  les  remedes  nsiolens ,  tels  que  font  une  bonne 
partie  des  Chymiques.  Car  ce  quon  dit  quils  font  dépouillez,  de 
leur  matière  plus  grojfere  >  cejt  ce  qui  les  rend  d'autant  plus 
dangereux ,  fatfans  par  leur  aBinjité  ^  tenuité  de  fuhjîance, 
une  plus  prompte  ^  puijfante  imprejfon. 

le  me  fuis  donc  étudié  et  accompagner  les  deferiptions  de  leurs 
njertus  propres  à  certaines  maladies ,  le  temps  maniéré  de  leur 
exhibition ,  ^  lajufie  quantité.  Car  à  moins  que  cela ,  ils  ne 
peurvent  être  que  nuifiles  ^  pernicieux ,  comme  ils  ne  le  font 
que  trop  és  mains  des  Empiriques  ignorans  ^  temeraires.  Te 
difant  feulement  ce  mot,  auant  que  te  quitter,  quils  font  bien 
fufpeBs  pour  premiers  remedes  au  commencement  des  malades, 
principalement  où  il  y  afeure ,  pour  legere  quelle  foit  3^  ou  il 
y  ale  moindre  foupçon  d’inflammation  interne. 


DE 


2.^1 


DE  ARGVMENTO 

huius  libelli , 


EPIGRAMMA- 

Chymice  folers  Elixir  face  reliBa 
Materia  jujîi  ^rolicit  ignU  ope  : 

Exigea  fi  forte  dofi  fint  grata  palato , 
Dogmaticftm  cordi  fal  henè  tftta  dahit. 


oo  i 


DES 


DES 

VEGETAVX. 

SECTION  PREMIERE. 

SA  diftiibiuion  que  notis  reluit  plus  evidemmenc  en  l’elabora- 

faifons  de  ce  petit  Trait-  tion  des  medicamens  qui  s’expri- 
té  en  quatre  Sections  >  ment  des  Minéraux  Sc  Métaux,  £t 
fçavoir  eft ,  des  Végétaux,  que  comme  la  Chymie  imite  la  na- 
Animaiix,  Minéraux,  &  Métaux,  fait  ture  és  plus  nobles  &  fubtiles  ope- 
voir  que  l’objet  de  la  Chymie  cil  rations  qu’elle  exerce  dans  les  Ani- 
auffi  univerfel ,  que  celuy  de  la  Phar-  maux  en  la  eodlion ,  digeftion  &  cx- 
macie  :  Etque  .ç’a  été  une  grande,  tradiondes  fiics  alimentaires  ;  en  ce 
ignorance ,  d’eftimer  que  toute  l’ctu-  qui  eft  de  la  préparation  des  elTenccs 
de  Sc  employ  de  la  Chymie  ne  s’é-  qu’elle  tire  des  Végétaux  &  Ani- 
tendoit  que  fur  les  Minéraux  &  Me-  maux  ;  elledèmble  la  uirpaffer  en  celle 
taux  j  loit  qii  elle  s’y  occupât  pour  des  Minéraux  &  Métaux  :  D’autant 
le  grand  œuvre  ,  ou  pour  la  prepa-  que  la  puiilànce  &  vertu  de  la  nature 
ration  des  medicamens ,  qu’on  efti-  eft  limitée  fiuTes  objets  végétaux  & 
moit  pour  ce  refpeél  tous  violens  »  animaux  étant  trop  foible  &  peu 
&  peu  amis  de  la  nature.  Au  con-  proportionnée  pour  diftbudre  &  li- 
traire  elle  a  cet  avantage  par  delïus^  queiier  une  matière  lî  folide  Sc  coin- 
la  pharmacie,  qu’elle  tire  de  cette  paéte,qu’eft  celle  des  Minéraux  & 
derniere  forte ,  des  medicamens  beau-  Métaux  ,  &  d’en  extraire  en  fuitteles 
coup  plus  agréa  blés, doux  Sc  bénins,;  divers  focs,  dont  ils  font  intimeraènt 
que  ne  feit  la  Pharmacie  :  Et  qu’il  imprégnez.  En  quoy  (dy-jc)laChy- 

faut  tenir  pour  certain ,  que  les  medi-  mie  lemble  fe  relever  par  deflùs  la 

camens  communs  ne  font  pas  tous  nature,  tirant  des  quinteftènees  de 
bénins ,  ny  queles  minéraux  &  me-  cette  forte  de  matière ,  que  les  fens  SC 
lalliques  ne  font  pas  tous  violens,.  laraifon mêmenepouvoientpenetrer 
ainfi  que  nous,  l’avons  touché  en  ny  découvrir. 
i’Avantprop'os.  Si  bien  qu’il  faut 
avouer  ,  que  l’induftrie  chymique- 

D» 


Se^ion  première.  193 


Des  Kofes. 

CE  n'efl:  pas  fans  raifon  que  nous 
donnons  à  la  Rofe  le  premier 
rang  dans  ce  petit  Bouquet  Chymi- 
que  ,  étant  la  plus  noble ,  &  com- 
nte  la  reine  des  fleurs.  le  fçay  bien 
que  cette  dénomination  d'excellen¬ 
ce  a  été  jufqucs  icy  déférée  à  la  fleur 
de  Rolmarin  ,  qualifiée  d'un  nom 
emprunté  des  Grecs  amhos  ;  c’efl:  à 
dire,  la  fleur.  Mais  fans  offènfer  la 
làge  Antiquité  ,  je  m'étonne  com¬ 
me  elle  a  pu  au  préjudice  de  la 
Rolè  ,  luy  attribuer  cette  prérogati¬ 
ve.  Car  fl  nous  conflderons  non 
feulement  la  beauté  de  fà  couleur, 
&  la  fuavité  de  fon  odeur  j  mais  Ibn 
grand  ulàge  dans  la  Medecine ,  nous 
reconnoîtrons  évidemment  l'avan- 
tage  qu'elle  a  de  mériter  ce  nom 
par  excellence.  Car  qui  ne  fçait  le 
grand  nonibre  de  mcdicamens  ,  tant 
Amples  que  compofez  ;  alteratift, 

■  corroboratifs  ,  que  purgatifs  ,  où 


elle  fert  ou  de  bafe  y  ou  d’un  des 
principaux  ingrediens  ?  Ce  que  j’en¬ 
tends  non  feulement  des  compofl- 
tions  qui  fe.  préparent  &  gardent 
communément  es  Boutiques  :  mais 
aufli  de  celles  qu’on  appelle  Magi- 
ftrales ,  ou  qui  s’ordonnent  félon  la 
diverfe  exigence  des  oceaflons.  Qui- 
Gteroit  de  la  Medecine,  l’eau  Rolè, 
fbn  baume ,  fon  huile ,  fes  confer- 
ves ,  fes  Syrops  tant  alterarifs  que 
purgatifs  ,  fon  miel,  fon  onguent, 
la  rendroit  fort  defeétueufe  j  fens 
parler  d’infinies  eompofltions  tant 
internes  ,  qir’externes  ,  où  la  Rofo 
tient  lieu  d’ingredient  neceflâire. 
Nous  refer  vans  de  traitter  feule¬ 
ment  icy  des  Medicamens  qui  fo 
préparent  avec  un  artifice  plus  exaét- 
&  curieux  ,  tel  que  la  Chymie  nous^ 
enfeigne  :  lequel  reluit  principale¬ 
ment  en  la  leparation  des  diverfes^ 
fiibftances  &  du  pur  d’avec  l’impur.- 
Le  Doéte  Eieftadius  Médecin-  Ale-- 
man ,  a  rédigé  fes  emploits  en  ces; 
vers. 


SI  Rofa  non  ejfes ,  medicina  invifa  jaceref-, 

Phamaca  nam  frabes  omnia  grata  Kofa.- 
Tu  àulcore  tuo  medicamirta  trïUia  gujîu 
Candis  ,  nil  in  te ,  fies  tener ,  injtpidum  : 

Tejlis  Hygeta  mihi  locufles  :  mm  te  fine  raro: 

Hac  ara  charitum  fiacrificare  fotefl. 

Fundie  aquam  gratam  Rofa ,  magnam  é"  fpirîtauni  njïni'r 
Et  firagrans  oleum  &  ballàmum  odoriferum. 
Confervam  prabet ,  p\ep  ./uavem^ueSympumy 
Purgantem ,  fuGcum  ,  mcl ,  rotulas ,  fpGcies.- 
Ad  multos  U  fus  hoc  nobis  nsbiie  germen 
Conferves  annis  omnibus  „  aime  T>  B  VS.. 

Livre  LL. 


1^4  Dts  Végétaux^ 


IIEm  de  Rofe. 

ON  prendra  des  Rofes  pâles 
ou  blanches  les  feules  fueilles, 
mondées,  &c  tant  fôit  peu  contufès 
au  mortier  :  &  puis  les  ftratifier 
avec  du  fel  dans  un  pot  de  terre 
étroit  d’emboucheure  ,  de  cette  fa¬ 
çon  ,  fçavoir  feire  une  couche  de 
Rofe  ,  par  exemple  d’une  poignée 
ou  deux ,  Sc  puis  les  afperger  d’une 
,  demie  poignée  de  fel  commun,  & 
recommencer  un  autre  rang  de  Ro¬ 
fes  à  la  même  quantité  ,  &  du  fèl 
dellüs  :  continuant  ainfi  alternati¬ 
vement  ,  jufquesà  ce  que  le  vailTeau 
foit  remply ,  jufques  environ  les  trois 
quarts.  Alors  il  faut  boucher  l’ori¬ 
fice  du  vaiifeau  avec  une  veffie  de 
porc  mouillée,  &  le  mettre  en  di- 
geftion  dans  une  cave  ou  autre  lieu 
froid  ,  l’efpace  d’un  mois  ,  fîx  fc- 
maincs  au  plus.  Après  il  faut  ôter 
cette  matière ,  &  la  mettre  dans  le 
vailîèau  diftillatoire  d’airain,  appel- 
lé  P^Jfie ,  jufques  à  la  moitié  de  fa. 
capacité,  verfant  delliis  de  l’eau  de 
fontaine  j  telle  proportion  que  le 
quart  demeure  vuidc.  Le  vailîèau 
étant  bien  bouché,  avec  fon  alem- 
bic  ôc  récipient  ,  on  diftillera  à  feu 
du  treizième  degré.  Et  il  en  for- 
tira  l’eau  ,  puis  l’elprit ,  &  enfin 
l’huylc. 

Or  cét  huyle  n’étant  pas  fi  li¬ 
quide  que  celuy  des  plantes  chau¬ 
des  ('comme  eft  la  lavande )  la  fepara- 
tion  ne  s’en  fiiic  pas  par  le  vailîèau 
feparatoire  ,  ains  en  coulant  la  li¬ 
queur  au  travers  d’un  linge  bien  net, 
il  reliera  au  fonds  du  hnge  l’huyle 


de  Rofes,  congelé  à  gnife  de  bciir- 
re.  Il  faut  racler  cét  huyle  avec  un 
couteau ,  Sc  le  garder  ,  à  caufe  de 
fa  rareté ,  dans  quelque  bocte  déli¬ 
cate  ,  bien  bouchée. 

Quant  à  l’eau  qui  relie  ,  mélan¬ 
gée  avec  un  elprit,  il  la  faut  verfer 
dans  un  matras  à  long  col.  Lei^uel 
éunt  bien  bouché,  &  fon  alembic 
bien  ajullé  ,  &  un  récipient  au  bec 
'  de  l’alembic  ,  '  le  tout  bien  étoupé 
avec  de  la  velfie  de  porc  mouillée, 
on  dillillera  au  bain-marie  à  feu  du 
premier  degré  :  &  il  en  fortira  feu- 
lement  la  matière  plus  fpiritueulè, 
l’eau  demeurant  au  fonds  du  matràs. 
Que  s’il  ne  dégoutté  plus  rien  dans 
le  récipient ,  ce  fera  un  ligne  que  la 
dillillation  fera  parachevée  :  partant 
il  faudra  ôter  le  récipient ,  dans  les¬ 
quel  on  aura  l’efprit  fubtil  &  odo¬ 
rant  des  Rolès ,  qui  ell  appellé  par 
les  Chymilles  Mercure. 

L’eau  tirée  en  la  maniéré  cy-def- 
fiis  ,  ell  de  beaucoup  meilleure  gar¬ 
de,  &:  moins  llijette  à  corrirption, 
que  celle  qui  fe  tire  par  le  bain-ma¬ 
rie  dans  une  cucurbite  de  verre ,  foit 
qu’on  le  contente  d’une  feule  dillil¬ 
lation  ,  ou  qu’on  la  reïtere ,  pour  en 
rendre  la  liqueur  plus  efficace  ,  en 
verlànt  cette  eau  diltillée  fur  de 
nouvelles  Rofès  ,  réitérant  cela  jufi 
ques  à  deux  ou  trois  fois  ;  dont  elle 
devient  fi  odorante  ,  qu’elle  peut 
communiquer  une  très  -  fenfible 
odeur  à  dix  fois  autant  d’eau  com¬ 
mune. 

Ce  qu’elle  fera  encor  plus  puif- 
fomment ,  fi  on  met  dans  le  canal  de 
l’alembic  ,  ou  au  bout  d’iceluy ,  un 
grain  ou  deux  de  mule  ou  d’ambre 
gris  i  dautant  que  l’eau  s’en  imbibe 
de 


Seâion  première. 


Z95 


de  Todciir.  D’autres  au  lieu  d’ambre 
gris  ou  de  mufc  ,  y  mettent  un  peu 
de  racine  d’iris  de  Florence.  Ceqn 'au¬ 
cuns  ne  pratiquent  qu’en  l’eau  qui 
fe  tire  des  fleurs  de  violettes  pour¬ 
prées, 

Facultez^  de  la  Rofe. 

AVparavant  que  de  pouvoir  dé¬ 
cider  des  facultcz  des  diverfes 
fcbftances  Sc  eflcnces  quife  tirent 
de  la  Rôle  >  il  en  faut  établir  les  efpe- 
ces  Sc  différences  ,  dont  les  unes 
font  blanches  ,  &  les  autres  pâles, 
les  autres  rouges  &  incarnates.  De 
plus  ,  que  tant  les  unes  que  les  au¬ 
tres  font  composées  de  divériès  fub- 
ftances ,  &  principalement  les  pâles^ , 
Icfquelles  îubftances  peuvent  être 
feparées  par  l’arc.  Ce  que  Galien 
a  reconnu  ;  (  livre  3 .  des  Medica- 
mens  fimples)  Et  chap.  10. 

des  Jîmples,  Et  le  même  Galien  (  li¬ 
vre  4.  des  Jimples  )  dit  quil  'y  a  au 
fuc  de  la  Rofe  trois  excremern.  Vun 
terreftre ,  tel  quefl  dans  le  vin,  la 
lie ,  OH  le  tartre  ;  Vautre  aerien ,  qui 
répond  par  proportion  d  la  fleur  du 
vin  :  le  treiz.iéme  aqueux, qui  efi  eau- 
fe  de  r ébullition  &  corruption.  Il  dé¬ 
duit  en  fijitteles  diverj(èsqualicez,qui 
fuivent  la  diverfiré  de  ces  parties.  La 
qualité  qui  paroic  âpre  au  goût, procè¬ 
de  delàterreftretté  &  froideur. L’ame- 
■re  vient  d’une  fibftâce  tenue  &  chau- 
de.  Et  l’aqueufc  tient  le  milieu  de  eon- 
fiftence  &  de  qualitez.  C’eft  à  dire  en> 
Un  mot,  que  la  vertu  odoriférante  Sc 
laxative  de  Ir  Rolè  (  laquelle  dernire- 
re  neft  qu  es  f  aies)  conflfte  és  par¬ 
ties  lùprfieielles  ;  Sc  la  deterflye  Sc 
l’aflxingente  dans  le  centre.. 


Facultez^  de  î Eau  Rofe. 

POur  ce  qui  efl  maintenant  des 
vertus  particulières  de  l’Eau  rolè, 
il  fufllt  pour  les  vérifier  ,de  remon¬ 
trer  le  grand  ulàge  qu’elle  a,  non  feu¬ 
lement  dans  la  Médecine  ;  mais 
aufïï  en  l’appareil  &  aflâilbnnement 
des  plus  délicieux  mets  pour  la 
bouche  ,  Sc  és  parfiims.  Quant  à 
ce  qui  eft  de  la  Mcdecine ,  elle  a  une 
tres-evidente  vertu  en  la  corrobora¬ 
tion  des  elprits  animaux  ,  Sc  vi¬ 
taux  ,  Sc  à  temperer  &  rafraîchir  les 
humeurs,  quoy  que  Cardan  au  li¬ 
vre  des  Medicamens  Jimples  ,  dit 
que  la  Rolè  Sc  les  liqueurs  qui  en 
procèdent ,  provoquent  la  défaillan¬ 
ce  de  cœur,  contre  l’opinion  &  ex¬ 
périence  de  tous  les  autres  Méde¬ 
cins.  Amatus  Lufitahus  ,  en  la  cura-^ 
tion  i  -  de  la  1.  Centurie  ,  rapporte- 
bien  plus  à  propos  la  lyncope  qui  ar- 
rivoit  à  un  certain  Religieux  Domi¬ 
nicain  par  la  veuë  ou  odeur  de  la 
Rolè ,  Sc  une  averlîon  ou  antipathie 
naturelle  toute  particulière. 

Facultez^de  l'Hayle. 

ON  attribue  telle  vcrm  à  l’Huy- 
le ,  que  fl.  on  en  frotte  le  lom- 
inet  de  la  tête  d’une  goutte  ou 
deux,  cela  elffiiflilànt  de  confortcir 
le  cerveau  &  de  le  rafraîchir,  ou¬ 
tre  la  Ibuèfve  odeur  qui  en  exhale¬ 
ra  durant  quelques  jours.  Mais  la 
rareté  de  cette  liqueur ,  ou  plutôt: 
de  ce  predeux-  baume ,  dont  à  peine: 
lè  tirera-il  de  cent  livres  de  rofes,, 
une  drachme  ,  n’en  permet  guc- 
res  l’ulâge  Sc  employ  que  flir  les: 

^  Grands,. 


19^  Veget4UXi 


Grands.  C’eft  pourquoy  il  faut  être 
averty  »  que  l’impoftiirc  feit  fbu- 
vcnt  palFer  l’huyle  de  bois  de  Rofès 
qui  eft  fort  commun ,  pour  le  vray 
&  légitimé  »  dont  nous  parlons  ,  cet- 
tuy-cy  étant  d’une  confiftcnce  plus 
cpailïè,  &  d’une  odeur  incompara¬ 
blement  plus  exquifè. 

L<^  teinture  de  Rofes. 

P  Renez  demie  once  de  Rofes  de 
Provins,  ou  incarnates  ,  incisées 
menu  avec  des  cifeaux  j  que  mettrez 
dans  une  médiocre  phiole  de  verre, 
verfant  par  deirus  demie  drachme 
d’efprit  de  vitriol  ,  &  deux  livres 
d’eau  de  fontaine.  La  phiole  étant 
bien  bouchée  ,  il  la  faut  laiflèr  en 
digeftion  à  chaleur  lente  ,  durant 
quatre  ou  cinq  heures  ,  jufques  à  ce 
que  l’eau  foit  entièrement  rouge  8c 
vermeille.  Ce  qu’étant ,  il  faudra  ver- 
fer  par  inclination  cette  liqueur ,  la 
filtrer  &  garder. 

Cette  teinture  ,  outre  qu’elle  eft 
fort  agréable  à  la  veuë  &  au  goût,  lî 
elle  eft  edulcorée  avec  fuccre ,  com¬ 
me  elle  fe  fait  d’ordinaire ,  eft  propre 
à  rafraîchir  l’intemperie  chaude  des 
vifeeres  ,  ôc  principalement  du  foye, 
qu’elle  peutauffi  corroborer ,  à  cau- 
^  fe  de  l’impreffion  qu’elle  tient  de  la 
fùbftance  de  la  Rofè  :  &  participe 
de  quelque  vertu  aperitive  ôc  diiire- 
tique  ,  à  caiife  de  fon  mcnftruë,  l’ef 
prit  de  vitriol. 

Cette  compofition  peut  tout  au 
moins  fiippléer  au  défiant  du  iyrop 
de  Refis  ficcü  ,  qu’on  préparé  com¬ 
munément  ;  ôc  aux  fins  que  delfus, 
ôc  parciculierement  en  la  dyfente- 
rie,  P^iir  laquelle  Scnnerais  ordon¬ 


ne  une  teinture  de  Rofes  plus  ar- 
tificieufe  &  composée  ,  ôc  que  le  Le- 
deur  pourra  voir  dans  le  cinquième 
livre  de fes 

chapitre  le  reconnois  auflî  qu’el¬ 
le  peut  être  fùbftituée  au  lieu  de 
lulep  Alexandriri,que  les  Médecins 
de  Paris  ont  autrefois  baptizé  du 
nom  de  Royal ,  ou  pour  avoir  été 
fort  frequent  &  famiÜer  au  Roy 
François  premier,  ou  pour  fes  ver¬ 
tus  Royales  de  temperer  la  chaleur 
étrangère  ,  ôc  la  foif. .  La  compo¬ 
fition  dudit  lulep  eft  dans  le  Bau- 
deron. 


llEa>u  y  l'Efprit  ^  Buyle  de 
Generure, 

Renez  des  bayes  de’  Genévrier 
fiicculentes ,  &  non  dclîèichées, 
bien  contufès  au  mortier,  par  exem¬ 
ple  quatre  livres ,  que  mettrez  dans 
un  grand  pot  de  terre  bien  fort, 
étroit  d’emboucheurc  ,  vcrfànt  def- 
fus  environ  fix  pintes  d’eau  de  fon¬ 
taine  ,  qui  fiirnage  delfus  d’un  travers 
de  main.  L’orifice  du  vailfeau  étant 
bien  bouché  avec  veffie  de  porc ,  il 
le  faudra  laificr  en  digeftion  à  cha¬ 
leur  lente,  l’efpace  de  vingt-quatre 
heures.  La  digeftion  faite ,  il  faut 
tirer  du  vailfeau  toute  la  matière ,  ôc 
la  mettre  dans  la  veffie  d’airain, y 
adaptant  l’alembic  avec  le  refrige- 
ratoire.  Toutes  les  jointures  étant 
bien  bouchées,  il  faut  faire  la  diftil* 
lacion  ,  donnant  le  feu  au  troizieme 
degré ,  pour  en  mieux  tirer  la  vertu. 
Et  dans  trois  ou  quatre  heures  ,  il  en 
fortira ,  par  le  moyen  de  ladite  di- 
ftillatiom 


s eB ton  Premieh»  i  ay 


filiation  ,  l’Eau,  l’Elpric  ,  &  l’Iiuyle 
<le  Genevre. 

La  troiziéme  partie  de  la  liqueur, 
Æ’eft  à  dire  ,  environ  deux  pintes, 
étant  diftillée ,  &  le  vailTeau  rafroi- 
dy ,  il  faut  ôter  le  reeipient  avec 
l’alembic,  de  la  vcffie.  La  refiden" 
ce  ou  le  marc  qui  reftoit  dans  la 
veflîe  étant  exprimé  au  prellôir ,  & 
en  ayant  tiré  le  foc  ,  il  faut  de 
nouveau  reverlèr  delfos  ladite  relî- 
dence  cette  liqueur  ipiritueufo  & 
oleagincufo  ,  avec  encore  quelques 
Manipules  d’autres  bayes  contulès- 
Et  de  nouveau  adapter  l’alembic 
à  la  vcffie  avec  fon  récipient ,  les 
jointures  bien  étoupées  ,  on  procé¬ 
dera  à  une  féconde  diftillation  ,  à 
feu  fort  lent  &  modéré  ,  tel  qu’efl: 
celuy  du  premier  degré.  Cette  di¬ 
ftillation  fe  fait  au  bout  de'  huit  ou 
dix  heures. 

La  quatrième  partie  de  la  li¬ 
queur  étant  diftillée  ,  qui  peut  arri¬ 
ver  à  une  pinte  &  demie ,  il  faut  cn- 
cores  ôter  le  récipient  :  &  alors  on 
verra  fornager  au  deftits  de  la  li¬ 
queur  ,  l’huyle  clair  de  Genevre  : 
Q^on  feparera  de  l’eau  &  de  l’et 
prit ,  par  le  moyen  du  vailfeau  qu’on 
appelle  féparatoire  :  &  on  le  gardera 
dans  un  valé  de  verre  bien  bou¬ 
ché. 

Quant  à  l’efprit ,  il  le  feut  feparer 
avec  l’eau ,  dans  un  matras  au  bain- 
marie,  à  feu  du  fécond  degré.  Y 
tiyant  environ  une  once  ou  deux 
de  liqueur  diftillée ,  &  la  diftillation 
ne  fe  faifant  plus  que  fort  lente¬ 
ment,  ce  fera  un  indice  de  la  fépa- 
ration  de  l’efprit  d’avec  l’eau.  Il 
fondra  encores  ôter  le  récipient,  & 
garder  fort  foigneufement  cét  efprit 
Livre  II. 


en  un  vafè  de  verre  très- bien  bou¬ 
ché.  Enfin  on  verféra  l’eau  dans 
une  cucurbite  de  verre  ,  à  laquelle 
on  adaptera  fbn- alembic  ,  &  réci¬ 
pient  ,  pour  diftiller  au  bain-marie 
au  fécond  degré  de  feu  ,  jufqiies  à 
ce  qu’il  refte  feulement  le  tiers.  Cela 
fait  ,  on  aura  une  eau  fpiritueufe, 
claire,  odoriférante,  qu’il  faut  bien 
conferver. 

Cette  fepararion  parachevée ,  il 
fout  ouvrir  la  vcffie ,  &  en  tirer  le 
foc  avec  ce  qui  eft  contenu  au  fonds, 
qu’il  fout  mettre  dans  un  fachet  de 
toile ,  Sc  puis  l’exprimer  bien  fort  au 
prellbir.  Ce  foc  ainfi  exprimé  doit 
être  coulé  par  la  manche  d’Hippo- 
cras  ,•  &  puis  mis  dans  une  poèllc 
de  cuivre  j  où  on  le  lairra  épaiffir  à 
confiftence  de  miel ,  &  après  le  gar¬ 
der  dans  quelque  vafè  de  verre  ou 
de  terre  plombé. 

Finalement  il  fout  delîcicher  les 
feces,  que  les  Chymiftes  appellent 
communément,  mortHum,&c 

les  réduire  en  cendres  très  fobtiles. 
Si  on  verfe  de  l’eau  chaude  fur  ces 
cendres,  on  en  tirera  le  fél  des  cendres 
dillôutcs  en  l’eau  ,  ou  une  Icxive, 
laquelle  étant  bien  deffieichéc,  elle 
fe  réduira  en  une  poudre  tres-fubti- 
le.  Partant  cette  lexive  étant  pre¬ 
mièrement  filtrée ,  &  évaporée  à  lîc- 
cité  ,  on  aura  pour  lors  le  fél  de  Ge¬ 
nevre. 

Faculté  de  l’Eau  de  Gene/vre. 

B  Eue  le  matin ,  &  le  fbir  loing 
du  repas  ,  appaife  les  douleurs 
des  reins  &c  de  la  vedie  ,  &  les  pu¬ 
rifie  &  nettoye  :  elle  provoque  l’u¬ 
rine  èc  les  mois  fupprimez  ,  chafte 
PP  le 


Des  Végétaux  y 


le  Écui(5i:  tuortj  &  remédié  aux  ve^ 
nins.  La  doiè  cfl:  d  une  once  &  de¬ 
mie.  Elle  convient  à  toutes  les  ma¬ 
ladies  articulaires  >  fi  on  en  frotte  les> 
membres  &  joindlures  tous  les  ma¬ 
tins,  à  midy  &  fur.  le  fpir,,  durant 
qitelqucs  jours.. 

Faculté  de  tEj^rit  ,  ^  de 
iHuyle  de  Gemnjre,. 

QVant  à  l’huylc  Ôc  Elprit,  il  eft 
fort,  recommandé  en  la  tempê¬ 
te ,  pour  le  preferver  de  l'air  infeûé. 
Gar  il  eft  tenu  d’aucuns  au  lieu  de 
baume  naturel.  Il  a  auffi  la  vertu  de, 
corroborer  le  ventricule.  Quelques- 
uns  s’en  fervent  auffi  à  la  verole, 
dans  quelque  eau  convenable ,  ou 
dans  du  vin  blanc.  La  dol'e  eft  d’un 
demy  fcrupule  à  un  fcrupule, 

Facttüez.  de  lExtraiB. 

IL  a  une  grande  force  pour  provo¬ 
quer  les  fueurs,  fi  on  en  prend  en¬ 
viron  une  drachme  le  foir ,  à  l’heu¬ 
re  du  fommeil,  pour  le  moins  trois 
heures  apres  le  repas ,  ou  le  matin  à 
ÿeun.  Les  pa'ifans  d’Allemagne  s’en 
fervent  pour  céc  eftet  au  liai  de; 
Theriaque.. 

Faculté  du  Sel. 

IL  provoque  l’iirine  ,  &  (  au  dire 
de  quelques-uns  )  rompt  la  pierre, 
mêlé  avec  eau  de  Geneyre  :  &  pce- 
fèrve  de  pourriture.  La  dfffè  eft  d’uii 
demy  fcrupifie  4  un  fçrupulç. 


Faeukez,  de  la  Tém.. 

La  Terre  peut  auffi  fervir  à  mé¬ 
langer  avec  les  poudres ,  qu’on 
compofe  pour  firoter  les  dents,  qu’on. 
appelle  Dentifrices. 


Exti-aids  alteratiê. 
ExtraiB  d'Ahfymhe: 

IL  faut  faire  fèicher  l’Abfynthe 
Romain  en  quelque  lieu  à  l’om¬ 
bre  ,  &  puis  le  couper  fort  menu 
avec  de  gros  cifeaux ,  &  le  mettre 
dans  lin  matras  étroit  d’emboii- 
cheure  ,  en  verfanr  defllis  de  Tefprit 
.  de  vin  reétifie ,  qu’il  fiirnage  de  trois 
doigts* ,  bouchant  l’orifice  du  vaif- 
feau  avec  vefiie  de  porc  mciiillée,.- 
la  laiflànc  en  digeftion  l’efpace  d’un 
jour  &  daine  nuit,  à  chaleur  lente 
au  fourneau  de  cendres ,  jufques 
ce.  que  l’efprit  ait  tiré  la  teinture  :  la¬ 
quelle  il  faudra  verfèr  pr  inclina¬ 
tion,  &  remettre  d’autre  A bfynthe,  . 
£c  boucher  l’orifice  du  vailTeau ,  Sc 
rejetter  la.  digeftion  comme  delïiiSj 
&'  après  l’extradion  de  la  teinture, 
fèparer  la  liqueur,  la  filtrer,  &  la 
garder  dans  un  verre  étroit  d’emn 
boucheure. 

FAGVL  TE  Z. 

Cét  extraid  eft,  popre  aux-indif-- 
pofitions  d’eftomach  ,  lequel  il  cor¬ 
robore  ,  de  aide  à  la  codion  di- 
Qçluy ,  &  provoque  l’appetit ,  &  a; 


SeBiof^  première,  a 99 


suffi  qiielqne  vertu  de  tuer  les  vers. 
On  le  prend  le  matin  à  jeun  dans 
un  peu  de  vin  blanc  y  y  diiloluanc 
quelques  gouttes  dudit  extraiéè.  Il 
n'y  a  vin  d’Abfinthe  qui  l'égale  en 
vertu. 

Sel  d Ah fimhe. 

IL  faut  réduire  -en  cendres  tres- 
ffibtiles  l’Abfinthe  avec  les  fueil- 
Jes,  fleurs  &  racines.  De  ces  cen¬ 
dres  ffiit  fiiite  lexive  avec  de  l'eau 
chaude.  Cette  lexive  étant  filtrée 
&  évaporée ,  le  lèl  reftera  au  fonds, 
lequel  on  clarifiera  ;  en  le  dilldluanc 
deux  ou  trois  fois  le  filtrant  &  le 
coagulant  derechef. 

F  A  C  FL  TE  Z. 

Ce  fel  a  les  mêmes  vertus  qiie 
i'Abfinthe.  Il  a  cela  de  plus  qu'il 
provoque  mieux  les  urines,  &  ex- 
piilfe  les  matières  graveleufès  &  la 
pierre.  En  le  mêlant  auffi  avec  les 
poudres  fudorifiques ,  comme  celle 
■de  chardon  bénit ,  il  provoque  hai- 
reufement  les  fiieurs.  La  dofe  eft  d'un 
fcrupiile  à  deux. 


ExtraiB  de  GnMac. 

P  Renez  du  Guaiac  râpé  une  livre. 

Mette'z-le  dans  une  grande  phio- 
le,  en  vcrlànt  pardelius  de  l'elprit 
de  vin  rectifié ,  &  d’eau  de  chardon 
bénir ,  parties  égales ,  qu’elles  fur- 
nagent  d’un  travers  de  main.  L’o- 
tifice  du  vai fléau  étant  bien  bouché 
avec  veffic  de  porc  ,  il  làut  kiflèr  le 


tout  en  digeftion  à  chaleur  lente, 
julques  à  ce  que  la  liqueur  Ibit  im¬ 
bue  de  la  teinture.  Ce  qu’étant ,  il 
la  faut  fcparer  par  inclination  ,  & 
verfer  derechef  d’autre  elprit  de  vin, 
&  eau  de  chardon  bénit  flir  la  refî- 
dence ,  &  commencer  tant  de  dige- 
Itions  &  lèparations  ,  j  niques  ^,à  ce 
que  l’cfprit  de  vin  ne  reçoive  plus 
aucune  teinture.  Alors  il  faudra  ver- 
1èr  tous  ces  extraits  ou  teintures 
dans  une  cucurbite  de  verre ,  pour, 
après  la  dillillation  au  baimmarie, 
les  réduire  à  conftitution  de  miel.  Et 
ainfi  on  aura  au  fonds  de  la  eucur- 
bite  l’extraid  de  Guaiac  ,  qu’il  fau¬ 
dra  en  tirer  pour  le  Garder  an  bc- 
■foin. 

FACFLTEZ. 

Cet  ex'traiét  n’eft  pas  lèiilemenî 
propre,,  à  caulè  de  la  baie  Ipeci- 
fique  le  Guaiac,  à  la  verole,  qu’il 
diifipe  par  les  foeurs  ;  mais  auffija 
beaucoup  d’autres  indilpofitions, cau¬ 
sées  d’humeurs  froides  &  lentes, 
&  qui  demandent  atténuation  &  in- 
cifion,  comme  par  exemple  àl’afth- 
me  invétérée.  On  s’en  pourroit  auf¬ 
fi  lèrvir  aux  maladies  malignes  & 
peftilentes  ,  dans  quelque  eau  con¬ 
venable  ,  pour  refondre  en  lueurs  les 
humeurs  viiTilentes.  A  caufc  de  quel¬ 
que  petite  amermme  qu’il  a  ,  il  eft 
plus  à  propos  d’an  ufer  en  forme  de 
pilules  ,  principalement  en  la  verole. 
La  dolè  eft  d’un  lèrupale  à  une  de¬ 
mie  dragme. 


:PP  ^ 


Le 


500 


JDes  Ve^etauxy 


Z>  Laudanum  arvec  Opium. 

LEs  Chymiftcs  appellent  cette 
compofition  Laudanum  Opia.~ 
tum  ,  d’autant  que  fa  bafe  principa¬ 
le  efl:  la  teinture  d’Opiura  ,  par  le¬ 
quel*  nous  commencerons  fa  delcri- 
ptiom 

Prenez  de  l’Opium  trois  onces, 
que  couperez  en  tr.-nches  ,  &  les 
fcrez  feicher  à  feu  lent,  dans^une 
écuelle  de  verre ,  les  retournant  pour 
les  feicher  également  des  deux  co¬ 
tez  afin  de  faire  par  ce  moyen 
évaporer  les  cl'prits  fétides  &  ma¬ 
lins  dudit  Opium  :  la  nuifânee  def- 
quels  pourroic  caufèr  de  dangereux 
fymptomes  au  cerveau,  comme  con- 
vulfion  ,  vertigo  ,  voire  même  un. 
fommeil  léthargique  ou  inorteL  L’O¬ 
pium  fc  puLverife  par  après-  aisé¬ 
ment  ,  &  puis  on  le  met  en  dige- 
flion  à  chaleur  lente  dans  un  ma- 
tras  de  verre  médiocre  ,  verfant  deC- 
fiis  du  vinaigre  diftillé  de  la  hauteur 
de  trois  doigts.  Cependant  la  par¬ 
tie  la  plusfubrile,&  la  vertu  de  l’O¬ 
pium-  eft  tirée.  La  liquair  étant  bien 
teinte ,  il  la  faut  feparer  des  feces 
par  inclination ,  la  filtrer  ,  &  la  met¬ 
tre:  dans  une  autre  cucurbite  de  ver¬ 
re  au  bain-marie ,  donnant  le  feu  au 
fécond  degré  y  Ôc  la  lailler  diftiller 
jufques  à  confiillenfic  d’excraid.  A  la 
refidence  ou  extraid  aiafi  préparé 
on  ajoutera  de  nouveau  de  bonne 
eau  Rofe  ,  qui  fumage  de  ti'ois 
doigts.  Le  vaiiTèau  étant  bien  bou¬ 
ché  avec  velîîe  de  porc  mouillée  ,  il 
faut  faire  une  nouvelle  digeftion, 
iufques  à  ce  que  l’excraid  foit  pref- 


que  entièrement  diffout.  Ce  qu’étant, 
il  le  faut  hltrer,&  l’évaporer  au  bain- 
marie  ,  comme  ddlûs ,  à  conlîften- 
ce  d’Opiate- 


ConeBifs  de  t  Opium. 

P  Renez  de  l’extraid  d’Opium, 
préparé  comme  ddlùs  ,  une  on¬ 
ce  y  de  l’extraid  de  fafîfan ,  demie 
once  du  magifterede  perles  &’co- 
raux  tait  fans  corrofion,de  chacun 
un  fcrnpule  ;  d’huyle  de  gyrofles  & 
de  Kaiabé ,  de  chacun  demy  feru- 
pule  y  de  mufe  &  d’ambre  gris,  de 
chacun  fix  grains.  On  mêlera  le  tout 
en  forme  d’Opiate. 

F  A  cYL  te  Z. 

Comme  entre  tous  les  fÿmptoc 
mes  qui  accompagnent  les  maladies, 
il  y  en  a  deux  ou  trois  entre  autres, 
qui  outre  l’enniiy  6c  l’etfroy  qu’ils 
caufènt  aux  malades ,  leur  abbatent 
&  ruinent  les  forces  j  les  grandes 
douleurs ,  les  longues  veilles ,.  6c  les 
evaaiatibns  immodérées  y  on  doit 
avoir  un  foin  particulier  pour  les 
appaifèr.  Les  Chymiftcs  ont  inventé 
pour  téc  eftèt  force  corapofitions 
de  ce  nom  ,  entre  lefquelles  j’ay 
chûifî  cette  -  cy  ,  comme  excellen¬ 
te,  tant  pour,  les- intentions  que  def- 
fus ,.  que  pour  les  manies ,  phrcnc- 
fies  ,  &  pour  toutes  fortes  de  vio¬ 
lentes  fluxions,  principalement  chau¬ 
des  ,  acres  &  malignes  ,.  &  fiir  tout 
en  celles  qui  fe  portent  fitr  la  poi- 
drine  ou  les  poulmons.  Bien  eft 
yray,'qiie  fi  on  s’enfère  à  la  toux. 


SeBion  première. 


301 


elle  ne  doit  être  accompagnée  de 
trop  grande  quantité  d'humeurs  craf- 
fes>  &  les  forcer  étans  trop  débi¬ 
les  :  car  il  feroit  à  craindre ,  que  le 
peu  de  chaleur  namrellc  ne  s  en  dif- 
fipât.  Avis  general  pour  toutes  au¬ 
tres  occalîons  ,  où  il  faut  être  bien 
avisé  pour  l'ulage  de  cette  forte  de 
remedes.  Car  encores  que  l’Opium 
foit  icy  fort  bien  préparé ,  &  mieux 
qu’en  beaucoup  de  comportions 
communes  où  il  entre  :  il  faut  fe  fou- 
venir  pourtant,  qu’il  faut  apporter 
une  grande  diferetion  en  fon  ulàge, 
comme  auÆ  en-  celuy  de  tous  les  au¬ 
tres  narcotiques.  Ç^e  ce  foit  (  s’il 
fo  peut  )  après  les  remedes  gene¬ 
raux  J  &  autres  ordinaires  j  mais  prin¬ 
cipalement  le  ventre  ne  doit  être 
taop  rclTerré ,  qu’il  faudroit  en  ce  cas 
relâcher  par  un  lavement. 

l’infereray  icy  le  palîàge  de  Ga¬ 
lien  livre  ii.de  la  Méthode  ,  où  il 
décrit  la  faculté  des  narcotiques. 
Pour  bien  mieux  retonnoître  leurs 
iacultez  &  ulàge  :  Les  remedes  nar- 
cotiqnes.Ç  dit-il  )  font  falutaires  aux 
humeurs  acres  &  mordicantes  ,  fur 
tout  a  celles  qui  font  d'une  confidence 
tenue  &  fuhtile,pource  qu’ils  rafiai- 
ehijfent  &  defieichent  extrêmement. 
D’ou  vient  qu’ils  caufent  non  feule¬ 
ment  de' l’engourdijfement  aux  fins  j 
maü  aufii  qu’tls  incrajfent  la  tenuité 
des  humeurs  ,  &  refrigerent  la  cha¬ 
leur  vehemente  &  excejfive. 

La  dofo  du  Laudanum  eft  de 
trois  grains ,  jufques  à  fîx  ou  fepr, 
en  forme  d’une  petite  pilule  j  oir  dif- 
fous  dans  quelque  liqueur  réfrigéran¬ 
te,  ou  Syrop  convenable ,  lors  qu’on 
eft  contraint  d’en  ufer  après  les  au¬ 
tres  remedes  plus  bénins  &  moins 


dangereux.  Ou  bien  quand  on  le 
donne  aux  grandes  fluxions  de  poi¬ 
trine  telles  que  delliis  ,  &  és  fu- 
rieufes  douleurs  d’une  colique  bi- 
lieufo  ,  mêlé  &  incorporé  avec  la 
conforve  liquide  de  violes  ;  ou  és  dy- 
fenteries  avec  la  conferve  de  rôles 
liquides. 

Quelques  Praâiciens  en  fifont  eC. 
dites  coliques  biheufes  ,  le  mélan¬ 
geant  avec  quelque  Opiate  purga¬ 
tive  ,  plutôt  raihorative  que  dia- 
grediée  ,  vifant  en  même  tems  à 
deux  des  indications  qu’on  fo  pro- 
pofe  és  vehementes  Ôc  atroces  dou¬ 
leurs,  qui  font  d’ôter  la  caufo  &  le 
fentiment  trop  exquis  à  la  partie. 
Mais  il  faut  y  procéder  bien  lâge- 
ment ,  &  avec  une  grande  circonli  e- 
éfion,  &  en  moindre  que  la  jufte 
dofe ,  afin  de  n’arrêter  de  empêcher 
l’aélion  du  pugatif. 

Le  doéfe  Primerolc  (  livre  cha¬ 
pitre  44.  de  fis  erreurs  populaires,) 
approuve  fort  la  Laudanum  de  la  de- 
foription  foirante  j  tirée  de  la  Phar¬ 
macopée  de  Londres  ,  dont  les  com- 
pofitions  font  cllimécs  dès  experts  eu 
la  Pharmacie. 

Prenez  de  bon  Opium ,  tel  qu  eft 
le  Thebaïque  extraiét  dans  l’eÇu'it 
de  vin,  uné  once  -,  du  làffran  extraiét 
de  même  ,  demie  once  ;  du  eaftor, 
une  dragme.  Mêlez-y  une  demie  on¬ 
ce  de  la  teinture  des  elpeccs  de.Diam- 
ba  recentes,  extraiétes  auffi  enl’cC- 
prits  de  vin  ;  y  ajoutant  pour  le 
rendre  à  la  vérité  plus  agreableC mais 
auflî  moins  convenable  aux  femmes 
fojettes  aux  foftbcations  de  matri¬ 
ce  )  d’ambre  gris  ,  &  de  mufe ,  de 
chacun  fix  grains  -,  d’huyledemufoa- 
de  dix  gouttes. 

L’eva 


PP  î 


^  Des  Végétaux. 


L'évaporation  en  étant  faite  à  la 
chaleur  ticdedu  bain  marie  on  en 
formera  une  maflè  ,  dont  la  dofe  fora 
un  peu  moindre  que  de  la  preceden¬ 
te,  comme  de  deux  grains,  jufques  à 
quatre,  principalement  fi  on  la  doit 
réitérer ,  fur  l’obforvation  du  foccez 
de  la  première  prifo  (  car  on  le  peut 
reïteret  félon  l'exigence  du  mal  )  & 
pour  plus  grande  feureté  en  cette  for¬ 
te  de  remedes  un  peu  dangereux  ,  à 
ceux  qui  n'en  ont  pas  fait  de  fre¬ 
quentes  expériences. 

Enfin  félon  les  diverfes  inten¬ 
tions  qu’on  a  de  fe  fervir  de  cette 
forte  de  remedes ,  il  les  faut  donner  à 
divers  temps  (ainfi  qu'a  très- bien 
remarqué  Bauderon  parlant  du  Dia- 
codium  :  )  car  il  les  faut  donner  le 
foir ,  fi  c’eft  pour  provoquer  le  fom- 
meil  i  le  madn,  pour  les  grandes  dou¬ 
leurs  ■,  &  pour  arrêter  les  évacua¬ 
tions  immodérées ,  comme  l'iiemor- 
rhagie  ;  quatre  heures  avant,  ou  qua¬ 
tre  heures  apres  fouper ,  pour  incraf- 
fer  les  humeurs  trop  fubtiles  dans  les 
fluxions. 


Extraits  purgatifs. 

Extrait  de  î fdeHehore  noir. 

Renez  des  racines  d'Hellcbore 
noir  bien  conditionné ,  une  livre. 
Faites  -  les  infufor  durant  vingt-qua¬ 
tre  heures  en  foiffifante  quantité  de 
vinaigre  rectifié.  Puis  épanchez  le 
vinaigre ,  &c  faites  médiocrement  foi- 
cher  à  feu  lent  les  racines  :  &  concaf- 
fées  grofïïerement  on  les  mettra 


dans  un  grand  matras  ,  verfant  par 
dclliis  du  fuG  de  pommes  odorifé¬ 
rantes  ,  deux  portions  ;  du  fuc  de 
■Rofes  pâles  aulîi  dépuré  ,  une  por¬ 
tion  ,  ou  telle  quantité  qnecesfucs 
iurnagent  de  deux  ou  trois  doigts. 
Il  faut  laüFer  le  tout  en  digeftion  au 
bain-marie  ,  jufques  à  tant  que  les 
fucs  acquièrent  une  couleur  com¬ 
me  vermeille  ,  &  foient  puiflàtnment 
imprégnez  de  toute  la  fubllance  & 
vertu  de  l’Hcllcbore.  Alors  on  les 
coulera  ,  &  on  exprimera  les  feees 
au  preflbir,  &  on  mêlera  l'exprelfion 
avec  la  colaturc  :  &  derechef  on  re¬ 
jettera  fur  lefdites  feces  de  nouveau 
fuc  de  Rofes  bien  dépuré  ,  dont  on 
extraira  encores  toute  la  teinture  ou 
clfence  au  bain  marie,  en  coulant  & 
exprimant  de  rechef  le  tout;  qu'on 
mêlera  avec  l'autre  colature  &  ex- 
preflion  ,  pour  le  mettre  dans  un 
rand  matras ,  en  faire  digeftion  au 
ain  marie  ,  &  en  feparer  le  pur  de 
l’impur  î  &  enfin  faire  evaporer  à  feu 
lent  l'humidiré  aqueufo ,  jufques  à  ce 
que  l’extrait  refte  au  fonds  en  forme 
&  confiftence  un  peu  plus  épailfe 
que  du  vin  cuit,  &le  referver  pour  la 
neceflité. 

facflte?:. 

Cette  préparation  fort  excel¬ 
lente  &c  ingenieufe  rend  cet  ex¬ 
trait  convenable  aux  maladies  me- 
lancholiques  ,  provenans  de  la  bile 
noire  adufte ,  dont  la  qualité  acre  & 
maligne  eft  corrigée  par  le  fuc  de 
pommes  ,  comme  auflî  celle  de  la 
bafe  ;  dont  la  vertu  prgative  eft 
anffi  temperée  par  le  fuc  de  Rôles. 
Il  convient  donc  à  l’epilepfie,  à  la 
lepre 


SeBion  première, 


feprcrà  la  ficvre  quarte  rebelle ,  à  la 
melancholie  J  à  la  manie.  Ladofeefl; 
d’un  fcrupule,  à  deux  en  forme  de 
pilules  ,  en  cas  que  la  complexion 
chaude  &  fèiche  du  malade  y  ou  de  la 
iâifon  n’y  répugne  ;  ou  plutôt  en 
quelque  liqueur  propre ,  telle  qu’eft 
l’eau  de  Buglollê ,  ou  quelque  deco- 
dtion*  hépatique  &  fplenique.  Cat 
ii  ne  fiiffîc  pas  qu’un  médicament 
contraire  de  premiere-s  qualitez  à 
l’hunieur  peccante  j  mais  encore  de 
eonfiftanee.  Ce  qu’il  faut  finguliere* 
ment  observer  en  l’humeur  mélan- 
eholique  y  qui  veut  être  à  bon  cicienf 
kumeôlée  ,  tant  en  la  préparation,, 
qu’en  l’évacuation. 

Voilà  les  principales  vertus  ,  quf 
ont  été  reconnues  de  toute  l’anti¬ 
quité  en  l’Hellebore  noir  ,  fi  vanté 
de  THippocrate  même  ,  &c  par  luy 
heureufement  employé  en  la  cure  ■ 
des  filles  iniènfées  de  Prétus.  Qiiel- 
ques  modernes  Médecins  ,  princi¬ 
palement  Chymiqiies  ,  attribuent 
aux  fueilles  d’Hellebore  noir  des 
vertus  prefque  égales  à  la  pierre 
philolbphiqiic  i  &c  que  réduites  en 
baume,  elles  prefervent l’hoirime  de 
routes  infédions  externes  ,  &  de 
toutes  pourritures  internes  :  qu’elles  ■ 
le  maintiennent  en  l’état  qu’il  a  été 
engendré ,  le  garantilîànt  de  toutes 
ftrtes  de  maladies  :  qu’elles  purgent 
avec  plus  d’excellençc  ,  que  quel- 
qu’autre  purgatif  que  ce  foit,  extirpant 
jufques  aux  fibres  les  humeurs  pec¬ 
cantes. 

Encore  que  ces  éloges  fôient  un 
peu  fujets  à  cautions  ,  il  cft  tout  au 
msins  certain  que  l’Hellebore  étoic 
fi  frequent  parmy  les  anciens  ,  que 
les  perfonnes  d’étude  s’en  Ek voient 


comme  d^un  remede  fingulier  pour  fè 
procurer  une  plus  grande  netteté  & 
vivacité  d’cfpric,  lors  qu’ils  en  avoient 
de  beibin  pour  quelque  fujet  d’appa¬ 
reil  ,  ou  pour  la  diipute  ,  ou  pour  la- 
compofîtion. 


Extrait  de  Rheuharhe. 

P  Renez  de  bon  Rheubarbe  incifë 
en  morceaux ,  une  livre.  Faites-le 
infiiièr  dans  de  l’eau  de  cichorée, 
oii  aura  infufé  du  nard  indique  ,  & 
de  la  eanelle  :  que  l’eau  firrnage  de 
trois  ou  quatre  doigts  dans  un  vaifi. 
ièau  bien  clos ,  qui  ièra  mis  au  bain 
marie  à  chaleur  modérée,  l’efpace  d& 
trois  jours.  La  digeftion  étant  faite,: 
&  l’eau  teinte  étant  feparée  par 
inclination  il  y  faudra  ajouter  de 
nouvelle  eau ,  réitérant  tant  de  fois^ 
que  l’eau  ne  tire  plus  aucune  tein-- 
tute.'  Enfin  exprimant  les  feccs  ,•  de 
mêlant  la  colature  filtrée  avec  la^ 
première  teinture  ,  on  en  lèparera 
l’humidité  fuperfliië  au  bain  vapo¬ 
reux  ,  jufques  à  ce  que  l’extrait  re¬ 
lie  au  fonds,  en  confiftence  de  yin^ 
cnit.. 

F  A  cr  LT  E 

Il  eft  auffi  recommandable  pour' 
fa  bénignité  &  clcroence  ,  pour  en. 
pouvoir  nier  aux  complexions  les- 
plus  foibles  &  délicates  ,  mêmes 
aux  petits  enfans,  que  pour  lès  ver¬ 
tus,  dont  les  principales  fiant  d'être 
lôuverain  aux  obftruélions  de  foye 
&  de  ratte ,  à  la  iaunillè ,  à  l’iiydropi  - 
fie  3  à  la  lepre  dans-  fon  commence- 
mentjà  tciues  fortes  de.  flux,  de  ven¬ 
tre,. 


504  Des  Végétaux  ^ 


tre ,  &  à  la  dyfTenteiie  >  en  y  ajoutant 
le  fafftan  de  Mars'  adftringent ,  & 
1 ’elprit  de  vitriol.  Et  par  ce  moyen  le 
Rheubarbe  évacué’  les  humeurs  acres 
&c  corrompues ,  le  vitriol  empcfchc 
la  putrefaâion  ,  &  le  làffran  de 
Mars  adftreint  &  retient  le  flux.  Il 
eft  aufli  jfeuverain  pour  tuer  les  vers. 
La  dofe  eft  depuis  une  dragme  juf- 
ques  à  deux ,  finon  aux  petits  enlans 
d’un  fci  upale  ou  plus  félon  leur  agCj 
diflbut  dans  quelque  fyrop  ou  eau 
diftillée  appropriée  au  mal ,  le  matin 
à  jeun,  fans  garder  cliambre,  ains  plu¬ 
tôt  fè  promenant  pour  accelereu  l’o¬ 
peration. 

On  prépare  de  même  les  extraits 
fui  vans ,  dont  les  boutiques  ne  de- 
vroient  être  dégarnies. 

De  Bryone , 

De  Colocynthe  ; 

De  Séné , 

De  Scammonèe. 

Ajoutant  à  chacun  fon  men- 
ftru’ê  ou  diffolvant  propre  j  èc  fon 
correélif.  Sçavoir  la  decoétion  de 
fèmence  de  fenouil  &  de  grains  de 
Genevre ,  pour  la  Bryone  :  i’efjarit  de 
vin  où  aurainfufé  le  Bdellium  ,  pour- 
la  Colocynthe  :  le  fiic  dépuré  de 
pommes  de  bonne  odeur ,  &  l’anis 
ou  le  gyrofle ,  pour  le  Séné  :  le  fîic  de 
Coings j&  l’eau  de  vie,pourla  Scam- 
monéc. 


Panchymagogue. 

P  Renez  de  l’Hcllebore  noir  pré¬ 
paré  ,  une  once.  Mettez  -  le  en 
digeftion .  à  chaleur  modérée  ,  dans 


un  matras  à  col  long  ;  de  la  femen- 
ce  d’hieble  contufè ,  quatre  onces  • 
des  hermodattes  &  turbith  ,  de  cha¬ 
cun  deux  dragmes  :  que  mettrez 
dans  un  autre  matras ,  verfant  par 
deflûs  la  decoétion  claire  de  la  crè¬ 
me  de  tartre  ,  qu’elle  fumage  de  fix 
ou  huit  doigts  ,  la  tenant  en  lieu 
chaud  par  l’efpace  de  deux  jours, 
pour  en  tirer  la  teinture.  Puis  pre¬ 
nez  du  fènné  une  once  ,  de  la  rheu¬ 
barbe  inciféemenu  demie  once ,  que 
mettrez  encore  feparcment  en  un 
autre  matras  ,  verfant  auffi  par  def- 
fus  l’eau  qui  eft  reftée  des  cryftaux 
de  tartre  (  car  elle  eft  aperitive ,  & 
corrige  les  tranchées  que  le  fenne 
excite)  autant  qu’il  conviendra  pour 
en  extraire  ftitEfimment  la  tein¬ 
ture. 

Il  faut  premièrement  remarquer 
en  cette  operation  ,  que  les  matiè¬ 
res  filtrées  des  autres  extraits  fe 
doivent  evaprer  ,  auparavant  pe 
de  vacquer  à  l’infufion  ,  filtration 
&  évaporation  du  fenné  &  du  rheu¬ 
barbe. 

En  fécond  lieu ,  que  leur  évapora¬ 
tion  fc  doit  faire  en  un  inftant  au 
bain  marie, &  en  plufieurs  vailfeaux 
féparez.  Car  par  ce  moyen  ce  qui  eft 
de  volatil  au  fénné  &  en  la  rheubar¬ 
be  ,  ne  s’exhale  pas ,  ce  qui  arriyeroit 
par  un  plus  long  fejour. 

En  troifiéme  lieu ,  lors  qu’ils  au¬ 
ront  acquis  une  confiftence  conve¬ 
nable,  on  les  doit  ajouter  aux  autres 
extraits ,  &  retirer  de  la  chaleur. 
Alors  on  prendra  un  quatrième  ma¬ 
tras  ,  où  on  mettra  de  l’aloés  fbco- 
trin  cinq  onces  ,  verfant'  de  l’eau 
chaude  de  Tartre  ,  même  quantité 
quedeflùs.  Le  vaifléau  étant  mis  en 


•  SeBion  première,  505 


■leu  chaud  j  -quatre  heures  aprez  »  ou 
pour  le  plus  fix ,  feparez  le  menftruë 
teint  par  inclination ,  le  filtrant  à  plu- 
£eurs  fois. 

Il  faut  être  adverty  ,  qu’il  ne  faut 
pas  repaflèr  le  menftruc  fur  les  feces 
de  l’aloès  ,  pour  en  tirer  d'autre  tein¬ 
ture  >  que  ce  qui  en  a  été  tiré  la  pre¬ 
mière  fois.  Car  ce  qui  refte,  ouvre  les 
veines,  &  échauffe  par  trop.] 

Toutes  lefquelles  choies  étans 
bien  oblèrvées ,  il  faudra  difïoudre 
dans  cette  première  teinture  ,  une 
once  de  feammohée.  Alors  on  mêle¬ 
ra  toutes  les  teintures ,  &  on  les  éva¬ 
porera  au  bain  marie  à  confiflenee 
de  miel ,  y  ajoutant  fur  la  fin ,  une 
dragme  d'huyle  d’anis  ou  de  fe¬ 
nouil. 

T  A  CV  L  T  E  Z. 

Les  Chymiftes  ne  voulans  nier 
de  mêmes  noms  que  les  Médecins 
Dogmatiques  ,  qui  nomment  ce  cé¬ 
lébré  purgatif  propre  à  purger  tou¬ 
tes  leurs  humems,  CatholicHm ,  l'ont 
nommé  Panchymago^ue  :  ce  médi¬ 
cament  étant  compoie  d’ingrediens 
propres  à  purger  toutes  fortes  d'hu¬ 
meurs  ,  y  comprenant  mêmes  les 
ferofîtez  ;  mais  plus  forts  &  véhé¬ 
ments  ,  que  ceux  qui  entrent  dans 
le  Catholicum  commun.  Ce  qui  rend 
i’ufàge  de  ce  Panchymagogue  moins 
univerfel  ,  que  de  celuy-là  :  dont 
on  fc  fert  indifféremment  en  tou¬ 
tes  fortes  d’âges  ,  de  complexions, 
&  de  maladies.  Ce  qui  ne  lè  doit 
en  cettuy-cy  ,  beaucoup  moins  aux 
fièvres  continues  ,  aux  complexions 
foibles  ,  ôc  temperamens  chauds. 
C’eû  pourquoy  on  ne  s’en  doit  fer- 


vir,  qu’aux  complexions  robuftes, 
&  aux  matix  ou  il  y  a  une  grande  va¬ 
riété  &  complication  d’humeurs, 
ou  lors  qu’elles  font  contenues  & 
épanchées  en  divêrfes  régions  du 
corps,  mêmes  en  l’habitude  &  join¬ 
tures  :  d’où  il  attire  les  ferofîtez  ,  à 
caufe  d’une  partie  de  fes  purgatifs 
qui  agilîcnt  julques-là.  La  dofe 
eft  d’un  fcrupule  à  deux  pour  le 
plus ,  ou  diflbut  dans  un  bouillon, 
ou  décoction  convenable  ou  en  pi¬ 
lules. 


Du  Tartre. 

La  Creme  de  Tartre. 

IL  fout  piler  groffierement  une  lie. 

vre  de  Tartre ,  tres-blanc  ,  comme 
eft  celny  de  Montpellier.  Puis  le  la¬ 
ver  à  plufîeurs  fois  avec  de  l’eau 
f.oide  changée  &  reïterée.  Cela 
fait ,  on  le  mettra  dans  une  terrine 
de  terre  ,  verfant  deflîis  fuffifante 
quantité  d’eau  de  fontaine ,  qui  fîir- 
nage  de  cinq  ou  fix  doigts ,  qu’on 
fera  bouillir  à  feu  lent ,  julques  à 
ce  que  l’eau  foit  rendue  acide.  Alors 
il  fondra  couler  par  la  manche 
d’Hippocras  cette  liqueur  dans  un 
autre  .vaiffeau.  Et  on  verfera  d'au¬ 
tre  eau  fur  la  refidence ,  qu’on  fera 
bouillir  comme  deffus  ,  jiifques  à 
acidité ,  &  la  couler  de  même.  On 
reïterera  tant  de  fois  ce  travail,  juf- 
ques  à  ce  que  tout  le  tartre  foit  diC- 
lout ,  &  converty  en  liqueur  acide. 
Alors  on  mettra  toutes  ces  liqueurs 
durant  vingt  quatre  heures  en  lieu 
froid  i  OH  bien  fi  longuement ,  que 
qq  cette 


yoé  Des  Végétaux. 

eecteeau  ait  perdu  fcn  acidité  ,  ^  On  a  obfsrvé,  que  hifage  dï- 
devienne  claire ,  comme  eau  de  fort-  ecluy  n'étoit  point  autrement  pro- 
ïaine.  En  vcriànt  doucement  par  in-  pre  aux  picrocholes ,  &  à  ceux  qui 
clination  l'eau  contenue  dans  la  ter-  étoient  fujjïts  aux  douleurs  de  té- 

on  verra  au  fonds  d’icelle  la-  te ,  caufées  de  la  chaleur  des  hy- 


crème,  &  aux  parois  des  petits  cry- 
ftaux  dudit  tartre.  Lefquels  avec  ladi¬ 
te  crème  il  faudra  laver" deux  ou  trois 
fois,  les  deflêicher  ,  &  les  pulverifer 
fiir  un  marbre,.  &  en  garder  la  poudre 
au  befoin. 

Qui  voudroit  avoir  cette  crème 
plus  blanche  &  plus  luilànte ,  il  la 
feiudroit  faire  bouillir  de  nouveau 
dans  d’autre  eau. 

F  A  C  FL  T  R  Z: 

Ce  médicament  eft  un -des  plus 
communs  apéritifs  ,  qui  foit  en  la 
Médecine  ,  pour  libérer  les  obftru- 
étions  de  tous  les  vifeeres.,  &  pour 
deterger  le  ventricule  &  le  mefentere^ 
de  leurs  humeurs  cralFes  &  tartareu- 
fcs  ;  telles  que  font  celles  qui  entre¬ 
tiennent  Iss  fièvres  quotidiennes ,  & 
tierces  baftardes  ;  les  pâles  cou¬ 
leurs  ,  caufées  tant  par  le  vice  du 
foye ,  que  de  la  i-atte.  Il  faut  aupa¬ 
ravant  que  d’en  ufer,  que  le  corps  ait 


pochondres-,  dilïbut  feul  dans  un 
bouillon  comme  on  l’ufe  dlordi- 


Femlt  de  Bryme^ 

ON  coupera  menu  avec  un  cou¬ 
teau  de  bois  les  racines  de. 
Bryone  ,  bien  nettoyées  &  lavées 
auparavant  j  puis  on  les  broyera 
dans  un  mortier  de  marbre  ou  de 
pierre.  En  apres  on  les  mettra  dans 
un  fachet  de  toile  ,  pour  en  tirer  le 
foc  au  prelîbir  avec  forte  éxpreC- 
lion.  Lequel  on  mettra  dans  une 
terrine  vernilTée ,  &  tiendra  l’élpace. 
d’un  jour  &  d’une  nuit  dans  un  cel¬ 
lier  ou  autre  lieu  froid.  Et  on  verra 
au  fonds  une  matière  épailîîe  tres- 
blanche  ,  &  à  la  fommité  une  eaui 
trouble  x  telfemblant  à  du  petit  laiâr- 
On  feparera  cette  eau  ou  matière 
aqueufe  de  celle  qui  efoiépailfe ,  qui: 


été  nettoyé  de  fes  plus  groffiers  ex-  reliera  au  fonds  à  guife  d’amidon. 

qu'on  appelle  Fecnle  de' 


De  foy  il  ne  purge  peint,  ou  bien 
peu  :  mais  rnèlé  avec  des  purgatifs, 
principak-mentavec  Icfonné,  il  aigui- 
&  leur  vertl^  purgative. 

Quelques- uns  s'en  fervent  à  lago- 
Hon  bée  virulente  j  mais  mal  à  pro¬ 
pos,  principalement  dans  les  trois 
premiers  temps  du  mal  j  damant  qu'il 
rend  Icsurines  plus  acres  &  ardentes, 
S  caufo  de  fà  grande  quantité  de  fel 
fixa.. 


Bryone.  On  la  fera  foicher  à  l'om¬ 
bre,  on  la  pulverifora  Re  gardera  aitr 
befoin. 

FAerLTEZ^ 

C’eft  un  remede  interne ,  &  ex¬ 
terne.  On  s’en  fert  interieurémenr 
avec  louable  foccez  aux  foffocations^ 
de  matrice ,  à  l’afthme  &  aux  obftru- 
âiions  des  parties  naturelles ,  &  a* 


SeSion  premkre. 


307 


l’hydropifie  dans  le  commencement. 
La  dôfè  eft  d’un  ■fcmpule  à  deux 
^Lcrapulcs  5  mélangeant  cette  poudre 
Ævec  quelque  autre 'médicament  con¬ 
venable  en  forme  folide.  Par  le  de¬ 
hors  elle  eft  propre  à  detergcr  la 
crallcj  ordures  &  lentilles  du  cuir  ,  ôc 
à  le  blanchir  ;  pour  ce  elle  eft  mile 
au  rang  des  fards. 


Quelques  Huyles  Chymi- 
ques.  plus  uficez. 

Hi^yle  d£  Mdjiic. 


FACVLTE  Z. 

Comme  l’huyle  clair  de  maftic  fc 
prend  feulement  par  dedans  en  la 
débilité  d’tftomach  &  des  inteftins; 
l’autre  auffi  ne  s’ule  que  par  dehors, 
ou  lèul  en  forme  de  liniment ,  ou  le 
mêlant  avec  quelque  autre  remede 
convenable  ,  comme  onguent.  lia 
une  vertu  finguliere  pour  les  parties 
nervculès ,  à  les  conforter.  Ce  qui 
le  rend  propre  à  la  goutte  &  à  la  po¬ 
dagre.  La  dofe  de  celuy  qui  le  prend 
par  dedans ,  eft  de  trois  gouttes  juf. 
ques  à  cinq. 


ON  pulvcrifèra  groffiereraent  le 
Maftic  ,  &  on  le  mêlera  avec 
autant  de  tête  morte  de  Vitriol, 
•qu’on  nomme  Colcothar  ,  mettant' 
l“un  &  l’autre  dans  une  retorte  de 
verre  médiocre  ,  pour  diftiller  au 
fable ,  à  feu  du  premier  degré,  trois 
heures  durant.  Apres  il  firaudra  aug¬ 
menter  le  feu  au  fécond  degré ,  juf. 
ques  à  ce  que  toute  la  diftillarion  fbit 
parachevée  5  ce  qui  Ce  fait  dans  dou¬ 
ze  ou  quatorze  heures.  Alors  on  mê¬ 
lera  cette  liqueur  diftillée  avec  de 
nouveau  colcothar  pour  diftiller  de¬ 
rechef  dans  une  retorte  de  verre.  Et 
enfin  la  liqueur  diftillée  fera  redti- 
fiée  au  bain  marie  à  feu  du  fécond 
degré,  dont  fbrtira  une  eau  fpiritueu- 
fe ,  avec  l’huyle  clair  du  maftic.  On 
feparera  cet  huyle  par  le  vailîèau  fe- 
paratoire.  Quant  à  la  matière  ou  huyle 
épais  qui  refteen  la  retorte  ,  il  le  faut 
auffi  tirer  &  garder  feparement. 


Huyle  de  Myrrhe,, 

ON  mettra  dans  un  matras 
étroit  d’emboucheurc  de  la 
Myrrhe  groffierement  pulverife'e , 
verfant  par  defliis  autant  d’efprit  de 
vin  reélifié  qu’il  en  fendra  pour  l’ex- 
tràétion.  On  filtrera  par  apres  le 
menftruë  ,  &  on  le  fera  evaporer  au 
hain  marie,  à  eonfiftencede  Syrop, 
Et  on  aura  au  fonds  l'extrait  ou  une 
matière  oleagineufè  odoriférante  de 
la  myrrhe  oleagineufè  odoriférante 
de  la  Myrrhe. 

F  A  C  F  L  T  E  Z. 

Cet  extrait  ou  huyle  ,  outre  qu'il 
eft  fort  propre  à  tous  les  vices  du 
cuir ,  fi  on  en  frotte  chaudement  la 
partie  .affeélée  rdl  prefeive  de  pour¬ 
riture  ,  confolidc  les  playes  récentes, 
deterge  les  ulcérés  ,  &  guérit  la  du¬ 
reté  d’oüye. 


qq  1  Huyle 


3o8  Des  Végétaux. 


Buyle  d' Ambre. 

ENcores  que  Crollius  n'admct- 
te  1  ambre  jaune  en  la  Médeci¬ 
ne  ».  comme  engendré  d'iin  bitume 
tres-cf^  uré  3  ains  feulement  le  blanc: 
au.  defaut  &  àcaufe  de  la  rareté  Sc 
cherté:  de  cettuy-cy  Ton  pourra  em¬ 
ployer  le  jaune.  On  reconnoit  en 
lun  &  en  1  autre  diverlcs  feailtez, 
dont  la  plus  évidente  eft  l’aftringen- 
te ,  laquelle  rcfîde  en  Ion  huyie  :  & 
l’autre  mom.  maniRHei  qui  eft  l’ape- 
litive  ,  le  retrouve  en  Ion  Ici  volatil 
&  partie  Ipiritueufe.  Lelquelles  lub- 
ftau-es  le  feparent  en  la  maniéré  Cli¬ 
vante. 

Prenez  de  Pàmbre  blanc  ou  jau¬ 
ne  une  livre ,  que  concalTerez  en  pe¬ 
tits  fragments  tels  qu’ils  puiflent 
paiTer  par  le  col  d’une  retorte»  qu’il 
fraudra  adapter  au  fourneau  de  re- 
verbere.  Il  en  lortira  premièrement 
l’efprit  avec  plufieurs  nuées  blan¬ 
ches  ,  qui  rempliront  le  récipient» 
auquel  Ciccedera  l'huyle  jaune,  & 
en  îûitte  un  huyie  noir  &  épais  ,  ôc 
finalement  le  Ici  volatil  autour  des 
parois  du  récipient ,  &ainfi  fe  para¬ 
chève  cette,  diftillation.  Ayant  laif- 
fc  rafroidir  les  vaillcaux  »  &  ctans 
delutez  ,  on  ôtera  du  récipient  par 
une  douce  inclination  l’huyle  & 
l’clprit ,  &  on  les  mettra  dans  une 
retorte  de  verre  ,.qu’on  polèra  Cir  les 
cendres  chaudes.  Et  au  lieu  de  cet 
huyie  ôc  elprit»  qui  étoient  craflès^ 
Ôc  noirs  aupravant,  ils  en  fbrtiront 
tous  purs  Ôc  bilans  »  pourveu  qu’om 
leur  donne  un  feu  modéré-  L’opera¬ 
tion  étant  finie,  on  pourra  reâifier 
$et  elprit  &  huyie  »  ôc  leslèparerpa» 


lefeparatoire,pour  être  gardez  fepa- 
rement 

F ACJTLTE  Z. 

On  a  reconnu  de  telles  vertus  en 
cet  huyie  ,  qu’il  a  été  appelié  par 
excellence  huyie  bénit.  Il  eft  mer- 
veilleulèment  elEeace  aux  grandes 
maladies  du  cerveau  comme  au 
vertigo  ,  fi  on  en  frotte  la  nuche  du 
col  i  à  l’epilepfie  ciTendelle  ,  c’eft  à 
dire ,  qui  a  Ion  fiege  au  cerveau»  tant 
pur  la  prefervation  du  paroxyfme» 
que  pour  la  cure»  dans  eau  de  peo- 
ne ,  à  la  paralyfie ,  tant  en  Uniment  à 
la  région  de:  l’épine  du  dos ,  que  pris 
intérieurement  dans  quelque  de- 
cotftion  ludorifique ,  en  continuant 
l’ulage  pendant  quelques  Icmai- 
ncs ,  ayant  la  vertu  d’operer  par  les 
beurs  &  urines  ;  aux  Ciffocations. 
de  matrice  ,  fi  on  dilibut  quelques 
gouttes  dans  eau  d’armoilc  ou  autre 
convenable  ;  à:  la  lùppréffion  d’uri¬ 
ne  »  provenant  principalement  d’hu¬ 
meurs  crafles  &  mucilagineulès 
dans  eau  de  gramen  ou  autre  fem- 
blable..  On  luy  attribue  auffi  une 
vertu  cardiaque ,  pur  prelcrver  & 
guérir  la  pefte le  mêlant  avec  quel¬ 
que  liqueur  cordiale,  ou  vin  blanc» 
une  ou  deux  gouttes  pur  la  pré¬ 
caution  ,  &  trois  ou  quatre  pour  la. 
cure. 


L’ejprie 


SeBion  première. 


109 


Ue^rit ,  huyle  a/inaigre  de 
Terehinthine, 

ON  mettra  quatre  livres  de  Te- 
rebinthine  de  Vcnifè  bien  la¬ 
vée  dans  une  grande  cornue  de  ver¬ 
re  ,  &  on  diftillera  au  fable ,  gar¬ 
dant  les  degrez  du  feu.  Il  fbrtira 
premièrement  le  phlegme  ,  lequel 
étant  diftillé  »  ce  qui  fe  fera  dans 
cinq  ou  fïx  heures  environ ,  à  feu 
du  premier  degré  ,  il  diftillera  un 
huyle  blanc  :  alors  on  donnera  le  fé¬ 
cond  degré  de  feu.  Et  alors  qu  en 
diftillant ,  les  gouttes  tireront  fiir  le 
jaune ,  on  augmentera  le  feu  j  niques 
à  la  fin  de  la  diftillation,,c’cft  à  di¬ 
re  ,  jufques  à  ce  qu’il  diftille  un 
huyle  épais  reftneux  :  &  il  reftera 
au  fonds  de  la  cornue  la  colophonc.^ 
Alors  on  ôtera  le  récipient ,  &  on 
reétifiera  au  bain-marie  à  feu  du  fé¬ 
cond  degré  la  liqueur  diftillée  :  il  en 
fôrtira  le  phlegme  mêlé  j  avec  l’efpric 
de  l’huyle.  Que  s’il  ne  diftille  fins 
aucune  liqueur  fpiritueufé ,  ce  fera 
un  indice  que  la  diftillation  eft  pa¬ 
rachevée.  C’eft  pourquoy  on  ôtera 
le  récipient  ^  &  on  feparera  l’huyle 
blanc  qui  nage  fur  l’eau  fpiritueufci 
au  vaiilcau  feparatoire  ,  pour  le 
garder.  Finalement  on  ôtera  la  cu- 
eurbitc ,  &  on  aura  au  fonds  un  huy» 
le  noirâtre  tirant  fer  le  rouge ,  qu’il 
feudra  tirer  &  garder  à  part ,  &  en- 
fémblement  le  vinaigre  ,  lequel  ne 


fe  peut  feparer  que  ,quelqiie  tems 
après.  Car  laifïànt  quelques  jours 
cette  refîdence  fans  l’agiter, le  vinai¬ 
gre  s’élèvera  de  foy-meme  ,  qu’on 
féparera  par  une  douce  inclination, 
pour  le  garder. 

CTL  TE  Z. 

On  fé  fert  feulement  par  le  de¬ 
dans  de  l’hnyle  blanc  reéfcifié  de  te- 
rcbinthinCjlaqueUc  a  la  vertu  de  chaf. 
fer  le  gravier  ôc  la  pierre  des  reins  : 
il  femble  pourtant  être  plus  propre 
à  la  dyfiirie  &  difficulté  d’urine 
causée  de  quelque  humeur  craflé  & 
glutineufé.  On  ne  s’en  fert  que  trop 
aux  gonorrhées  ;  mais  le  plus  fou- 
vent  mal  à  propos  &  indifférem¬ 
ment  dans  tous  les  tems.  Ce  qui 
ne  peut  être  fans  danger  jufques  à 
la  déclination  :  d’autant  qu’il  peut 
augmenter  l’ardeur  des  parties  affe- 
étées ,  par  fa  chaleur  &  tenuité  de 
parties.  Ce  qui  le  rend  auffi  fùfpeâ: 
en  la  phthifé,.  où  Béguin  le  confeille 
mal  à  propos.  On  le  donne  depuis 
huit  gouttes  jufques  à  douze  dans 
quelque  eau  convenable. 

L’huyle  rouge  eft  fort  propre  aux 
indifpofitions  froides  des  nerfs  & 
parties  nerveufes  ,  comme  à  la  para- 
lyfîe&  à  la  goutte.  Et  mélangé  avec 
les  onguents  &  emplâtres  propres. 

Quant  au  vinaigre ,  il  peut  fervir  à 
diflbudre  les  coraux  ,  &  les  perles, 
tout  ainfi  que  le  vinaigre  diftülc. 


qq  J  DES 


DES 


A  N  I  M  A  V  X. 

SECTION  SECONDE. 


Du  Miel. 

JCem  ^  tejj?ne  de  Miel. 

SL  fauwnélcr  deux  livres 
de  bon  Miel  roux ,  de 
bonne  odeur  &  de  goût 
plailànt,  avec  demie  livre 
de  fin  fablon  lavé.  Et  mettre  ce  mé¬ 
lange  dans  une  grande  cucurbite  de 
verre ,  &  diftiller  au  ftble  à  feu  du  fé¬ 
cond  degréjil  fortira  l’eau  ou  le  phleg- 
me  du  miel.  Lors  qu’on  appercevra 
des  gouttes  jaunâtresjon  otera  le  ré¬ 
cipient,  y  en  mettant  un  autre,  &  aug¬ 
mentant  le  feu  premièrement  d’un  de¬ 
gré,  continuant  fucceffivement  juf- 
ques  au  troiziéme  :  &  on  verra  fortir 
l’efprit  rouge  du  Miel.  Les  gouttes 
venans  à  cefler ,  ce  fera  un  figne  que 
la  diftillacion  fera  parachevée.  Partant 
on  ôtera  le  recipent ,  &  on  gardera 
au  befoin  cecte  liqueur  vermeille,  qui 
s’appelle  ejprit  de  Miel. 


FACULTE  Z. 

L'elprit  de  Miel  eft  peu  ,  ou 
int  employé  intérieurement  en 
Medecine ,  étant  d’une  clfencc 
trop  atténuative  &  prompte  à  s’en- 
flâracr  J  Paracelfè  même  le  tenant 
veneneux  ,  lors  que  la  lublimation 
en  eft  reïterée.  On  ne  s’en  fêrt 
gueres  ,  que  pour  teindre  les  che¬ 
veux  en  couleur  d’or  ,  &  pour  les 
faire  croître  &  attirer  le  poil  Sc¬ 
ia  barbe.  Que  Ci  on  en  veut  tein¬ 
dre  lès  cheveux  ,  il  les-  faut  oin¬ 
dre  fouvent  de  cét  elprit ,  les  laiflant 
lèicher  d’eux-mêmes.  Si  c’eft  pour 
faire  venir  &  croître  la  barbe  ,  il 
faut  premièrement  bien  rafer  la  par¬ 
tie  ,  &  puis  la  firotter  par  fois  de 
cét  elprit. 

Hnyle  de  Cire. 

ON  fera  fondre  une  livre  de  Ci¬ 
re  jaune  bien  nette  5c  purifiée, 
&  de  bonne  odeur  dans  quelque 
pot 


SeBton 

pot  oit  vailFeaii  de  terre  fur  le  feu. 
La  diflblution  étant  faite ,  on  y  mé¬ 
langera  une  demie  livre  de  fiblon 
bien  net  &  lavé  j  dont  le  mélange 
û  fera  avec  une  cuilliere  de  bois, 
pour  le  réduire  comme  en  pâte.  De 
sette  maffé  on  formera  de  petites 
baies ,  qu’on  mettra  dans  une  retor- 
te  de  verre ,  pour  diftiller  au  làble  à 
fcu  du  fécond  degré.  L’huyle  diftil^ 
lera  à  guife  de  beurre  coagulé.  Le¬ 
quel  huyle  ainfi  coagulé,  s’il  eft  deux 
ou  trois  fois  rcélifié  dans  la  retorte, 
une  portion  d’iceluy  fè  tournera  en 
une  liqueur  de  couleur  d’or. 

C  r  L  T  E  Z. 

L’hnyle  épais  de  coagulé  de  Ci*- 
re,  eft  feulement  ulîcéc  extérieure¬ 
ment.  Mais  ccluy  qui  eft  clair,  l’eft 
quelquesfois  intérieurement.  Il  at¬ 
ténué  ,  pénétré  &  refôut  efEcacc- 
ment  il  guérit  les  contufions  en 
peu  de  tems  ,  confolide  les  filfures 
des  mammelles  j  &  en  difeute  les- 
tumeurs  ,  qui  proviennent  dû  laiét 
cailléi  il  convient  auflî  aux  affe- 
•élions  des  parties  nerveufés ,  com¬ 
me  à  la  goutte  ,  &  à  la  retraétion  de 
nerfs ,  en  faifànt  premièrement  quel¬ 
ques  friétions  en  la  partie  avec  un- 
linge  chaud  ;  &  pais  l’oignant  du¬ 
dit  huyle.  Pris  intérieurement  il  le- 
nit  &  deterge.  Pour  ce  il  convientaux 
vlcercs  internes. 

La  TèinUure  de  Miel. 

ON  prendra  du  Miel  épurédeux 
onces  ,  qu’on  mêlera  avec  du 
fablon  ,  &  on  le  mettra  dans  un 
matras  medioae  &  étroit  d'em- 


fécondé.  j  r  r 

boucheure ,  y  verfànt  dclïùs  de  Pef- 
prit  de  vin  reftifié  ,  &  le  laifîànt  en 
digeftion  ,  jufques  à  ce  que  la  li¬ 
queur  foit  bien  colorée.  Puis  il  fau¬ 
dra  fèparer  par  inclination  cette  li¬ 
queur  ,  la  filtrer,  &  la  laiffer  éva¬ 
porer  ,  à  ce  qu’il  en  refte  le  tiers, 
&  on  aura  au  fond  la  teinéture  ver¬ 
meille  du  Miel. 

FACFL  TE  Z 

Il  y  en  a  qui  fe  fervent  de  cette 
teinéture  en  la  phthifé  ou  ulcéré  du 
poulmon;  Ce  qui  ne  fê  doit  ,  fi  le 
corps  efl  bilieux ,  fi  les  humeurs  font 
firbtiles  &  fereufes ,  &  s’il  y  a  fiè¬ 
vre.  Mais  hors- ces  inconveniens ,  il 
eft  convenable  aux  affeélions  du 
poulmon  ;  mais  principalement  aux 
temperamens  froids, &  fur  tout  aux 
vieillards.  La  dofe  eft  de  deux  drag» 
mes  à  demie  once  ,  en  quelque  li¬ 
queur  propre, comme  eft  la  decoétion 
du  tuffilage. 


Magifleres,. 

Ma^jîere  du  Crâne  humam. 

IL  faut  prendre  du  Crâne  d’un 
homme ,  qui  ait  été  deflciché  aux 
cuifans  rayons  du  Soleil  ,  &  le  li¬ 
mer  en  parties  tres-fùbtiles.  De  la¬ 
quelle  limeure  on  prendra  une  on¬ 
ce,  qu’on  mettra  dans  une  phîolc, 
verfànt  par  dellus  du  vinaigre  di- 
ftillé  ,  fortifié  avec  l’efpiit  de  nitre. 
Le  vaifTeau  étant  bien  bouché  avec 
du  papier  j  on  le  mettra  par  l’cfpace 
d’une  heure  ou  deux  en  digeftion  à. 

chaleur- 


5 1 1  Des  Animaux 

ehaleur  lente.  On  verfèra  en  après 
la  liqueur  par  inclination  »  en  re¬ 
mettant  fur  la  refîdenee  d  autre  vi¬ 
naigre  fortifié  0  &  la  digérant  de 
même  que  deffiis.  Ce  qu  on  réité¬ 
rera  tant  de  fois ,  que  la  fiibftance 
du  Crâne  Ibit  prefque  toute  dillbu- 
te.  Alors  il  faudra  filtrer  toutes 
ces  fôlutions ,  &  les  mettre  dans  un 
grand  vaiflèau  preciptatoire  ,  pour 
y  faire  la  précipitation  comme  il 
s  enfiiit,  On  verfera  goutte  à  goutte 
dans  ees  fôlutions  de  f  huyle  de  tar¬ 
tre  fait  par  défaillance  :  &  on  ver¬ 
ra  incontinent,  la  précipitation  de  la 
matière  au  bas  de  la  liqueur.  Cet¬ 
te  précipitation  étant  faite  ,  il  faut 
bien  remuer  cette  matière  contenue 
au  verre  »  &  filtrer  la  liqueur  par 
le  papier  gris.  Et  il  y  réitéra  une 
poudre  tres-blanche  &  fubtile,  qu’on 
cdulcorera  avec  eau  de  fontaincjpour 
la  delfeicher  &  garder  au  befôin. 

F  A  CVL  TE  Z. 

Cette  poudre  eft  propre  aux  affe¬ 
ctions  &  maladies  du  cerveau  ,  & 
principalement  à  l’epilepfie.  On  la 
dilfout  dans  quelque  Jiqueur  fpecifi- 
qiie,  comme  eft  l’eau  des  fleurs  de 
tillet  »  ou  la  decoCtion  des  racines 


,  SeBion  fécondé, 

de  péone  mâle ,  de  polypode ,  &  gay 
de  chefne  avant  le  paroxyfine  ,  juf 
mes  à  un  fcrupule.  Si  on  s’en  veut 
fervir  à  précaution ,  fuffira  d’un  de- 
my  fcrupule  le  marin,  en  continuant 
l’ufàge  durant  quelques  jours, 

i!Magifiere  de  U  Corne  de 
Cerf, 

L  fè  préparé  de  même  que  celuy 

du  Crâne  humain.  Il  faut  fçavoir 
qu’il  y  a  un  certain  tems  qu’on 
tient  qu’elle  a  plus  d’efiheace  ,  qui 
eft  depuis  l’Aliomprion  jufqu’à  la 
Nativité  de  Nôtre  Dame.  C’eft  pour- 
quoy  il  fàudroit  donc  pour  lors  la 
prendre  fur  l’animal. 

FA  CVL  TE  Z. 

Ce  Magiftere  eft  entiôrement  dia- 
phoretique  &  cordial.  Pour  ce  il 
convient  aux  venins ,  à  la  rougeole 
&  vérole  des  enfens  ,  aux  fièvres 
malignes  ,  en  évacuant  la  matière 
par  le’s  fùeurs ,  aux  palpitations  de 
cœur  &  aux  fÿncopes.  La  dofè  eft 
d’un  demy  fcrupule  à  une  demie, 
dragme ,  dans  eau  de  chardon  bé¬ 
nit  J  ulmaria ,  autrement  reine  des_ 
prez  »  ou  autte  femblable. 


DES 


5’3  ^ 


DES 


M  I  N  E  R  A  V  X. 

SECTION  III. 


Dépuration  du  Sel. 

N  prendra  une  livre  de 
lêl  marin,  >  qu'il  faudra 
mettre  dans  un  grand 
vaifîèau  precipitatoire , 
deffiis  deux  livres  d'eau 
de  fontaine,  le  làiffànt  diiroudrc  à  cha¬ 
leur  lente  durant  quelques  heures.  La 
digeftion  faite  ,  il  faut  filtrer  la  li- 
H  queur ,  &  la  laifTer  evaporer  j  niques 

à  ficcité  dans  une  bafiîne  ou  dans 
un  vaillèau  de  verre.  On  verta  au 
fonds  un  lèl  blanc  comme  neige, 
qu'on  gardera  au  belôin. 

Decrepitation  du  Sel. 

IL  faut  mettre  dans  un  creufetune 
livre  de  lèl  marin ,  lequel  on  met¬ 
tra  liir  les  charbons  ardents  ;  le  creu- 
lèt  étant  bien  couvert  &  bouché  de 
Ibn  couvercle.  Alors  on  verra  un 
grand  combat  &  pétillement.  Il  le 
fout  iaiirer  fi  longuement  fur  le  feu, 
julques  à  ce  qu'on  n'oye  plus  aucun 


verfant 


bruit ,  qui  fera  un  ligne  que  la  decre- 
pitation  fera  faite.  Alors  il  fout  re¬ 
tirer  le  creulèt,  &  garder  ce  lèl  pour 
fes  ufages. 

Hefprit  de  Sel. 

PRcncz  une  livre  &  demie  de  Sel 
dépuré  ou  decrepité  ,  comme  dit 
eft  :  que  mêlerez  bien  avec  trois  li¬ 
vres  de  briques  pulvérisées ,  &  met¬ 
trez  le  tout  dans  une  cornue  bien  lu- 
tée ,  avec  un  grand  récipient,  dans  le¬ 
quel  on  aura  mis  une  livre  d'eau  de 
fontaine.  Ayant  bien  bouché  tou¬ 
tes  les  joinftures  &  filfures ,  il  faut 
diftiller  à  feu  ouvert.  Premièrement 
durant  cinq  ou  fix  heures  à  feu  du 
premier  degré.  Et  après  durant  trois 
ou  quatre  heures ,  à  feu  du  fécond 
degré.  Et  en  lùite  par  quatre  ou 
cinq  heures ,  du  treizième.  Et  le  te¬ 
nir  fi  longuement  lut  le  feu  ,  juf- 
ques  à  ce  que  le  récipient  paroilïc 
remply  d'elprits  3c  de  nuages.  Et 
alors  il  faut  donner  le  feu  au  qua¬ 
trième  bi  dernier  degré  ,  en  conti- 
r  r  nuant 


5 1 4  I^es  Minéraux^ 


nuant  la  diftillation  à  feu  tres-vehe- 
ment,  jufques  à  ce  que  le  récipient 
devienne  clair  ,  &  vuide  de  nuages. 
Alors  il  faut  refrigerer  les  vaiflêaiix, 
&  ôter  doucement  le  récipient:  ôc 
on  verra  l'efprit  de  (èl ,  mêlé  avec 
fon  phlegme.  Il  faudra  en  après 
'feparer  par  la  cucurbice  au  bain-ma¬ 
rie  ,  ce  phlegme  d’ayec  l’huyle  3  à 
feu  du  fécond  degré.  Et  il  reliera 
au  fonds  f huyle  de  fel  >  d’une  cou¬ 
leur  dorée.  Si  on  pouffe  céc  huy- 
le  à  fai  du  quacriémé  degré  >  il  en 
fortira  une  liqueur  claire ,  &  tranf- 
parante  >  laiffant  au  fonds  fon  corps 
doré  &  quelque  peu  falé.  Cételpric 
étant  rectifié  3  il  fera  beaucoup  plus 
lùbtil)  que  l’huyle  commun  de  fel. 
C’eft  pourquoy  il  cft  de  parties  ,  fi 
fùbtiles  3  que  u  on  ne  le  gardoit  en 
un  verre  bien  fort  3  il  le  confuraeroit 
&  romptoit  aisément. 

FACFLTE  Z. 

Cét  elprit  mêlé  avec  l’huyle  de 
terebinthine  &  l’huylc  de  cire  >  eft 
propre  à  appaifer  les  douleurs  de 
la  podagre  &  des  articles  ,  en  oi¬ 
gnant  de  ce  liniment  les  parties  af- 
feélécs.  Ce  qui  fe  doit  entendre3 
lors  que  la  caufe  eft  froide  3  ou  pour 
le  moins  à  la)  déclination  du  mal. 
On  s’en  lèrt  auffi  intérieurement 
pour  conforter  toutes  les  parties  in¬ 
ternes  3  le  dilibluant  dans  quelque 
eau  convenable  aux  parties  &  aux 
maladies  ,  aufquelles  on  s’en  veut 
lèrvir  3  la  caufè  étant  aulîipliuôtftoi- 
dc  qu’autre. 


Dépuration  du  Nitre. 

ON  diffoudra  une  demie  livre 
de  Nitre  dans  une  livre  d’eau 
de  fontaine  à  chaleur  lente.  La  dit 
folution  étant  faite  3  on  filtrera  la 
liqueur  3  Sc  on  la  fera  evaporer 
jufqnes  à  la  conlbmption  des  deux 
tiers  3  &  on  mettra  la  refidence  dans 
un  verre  precipitatoire ,  qu’on  tien¬ 
dra  une  heure  ou  deux  en  un  lieu 
froid  3  ou  dans  une  cave.  Et  on 
veua  comme  de  beaux  petits  ro¬ 
chers  3  en  forme  de  cryftaux.  On  fe- 
parcra  par  inclination  “  la  liqueur 
qui  fumage  ,  &  on  la  fera  enco- 
res  evaporer ,  julques  à  ce  qu’il  en 
refte  feulement  le  tiers  j  &  la  te¬ 
nant  aufli  en  lieu  froid  >  il  fe  for¬ 
mera  des  cryftaux  3  qu’on  tirera  du 
verre  3  on  les  feichera3  &  gardera 
au  befoin. 

pierre  de  prunelle ,  ou  Chryjîal 
minerai. 

P  Renez  du  Nitre  depiué  une  de¬ 
mie  livre  3  qu’il  faut  mettre  dans 
un  creulèt  de  terre  non  poreufè3 
&  le  plus  fort  qu’il  fe  pourra, 
comme  font  les  <  creufèts  d’Alema- 
gne.  Il  le  feiit  laiifer  fondre  à  cha¬ 
leur  lente.  La  folution  étant  faite, 
on  jettera  dans  le  creulct  fix  dra^- 
mes  de  très- bon  foulphre  pulvérisé, 
&.on  le  tiendra  encores  furie  foi 
durant  un  quart  d'heure.  Après  on 
le  tirera  du  creufet ,  comme  en  for¬ 
me  de  rotules. 


Fj^cri 


SeMion  troiz^iéme. 


FACFLTE  Z. 

C'eft  un  des  plus  iifitez  remedes 
que  la  Chymic  fournilïe,  dont  on 
fe  fert  même  aux  inflammations  & 
maladies  chaudes  internes  ,  comme 
aux  fievres  chaudes  Sc  malignes, 
aux  fluxions  chaudes  fur  la  gorge, 
diflout  dans  quelque  liqueur  con¬ 
venable  J  qui  peut  être  la  ptilàne 
commune  dans  les  fievres.  Il  provo¬ 
que  auflî  les  urines ,  &  eft  fort  ufité 
aux  gonorrhées  virulentes  ,  dilibut 
dans  heau  de  cichoréc  au  commence¬ 
ment  >  &  à  la  declinailôn  dans  l'eau 
de  plantain.  La  dolè  de  la  liqueur 
pour  toutes  ces  fortes  de  maladies, 
peut  être  celle  d'un  julep  ordinaire, 
ce’ll:  à  dire,  de  quatre  ou  cinq  onces, 
&  du  Cryftal  depuis  un  icrupule 
jufques  à  une  dragrae.  On  le  peut 
aufli  étant  pulvérisé ,  incorporer  avec 
quelque  Conferve  propre. 

Dépuration  oa  rajjînement  du 
Vitriol. 

Le  Vitriol  fe  dépuré  de  même 
façon  que  le  Nitre  ,  fçavoir  par 
folution  ,  filtration  &  évaporation  ; 
&  on  aura  des  cryftaux  ,  non  à  la 
vérité  blancs ,  mais  verdâtres. 

Vitriol  (Vomitif. 

P  Renez  deux  onces  de  Vitriol 
blanc ,  que  diflbüdrcz  dans  une 
livre  d'eau  de  fontaine.  La  diflblu- 
tion  étant  faite ,  on  filtrera  &  laiffe- 
ra  evaporer  la  liqueur.  On  diflbu- 
dra  de  nouveau  cette  matière  coagu¬ 
lée  dans  de  l'eau  de  cichorée,  qu'on 


315 

filtrera  &  évaporera'  comme  dellûs. 
Et  on  aura  au  fonds  une  matière 
blanche  ,  qu'on  appelle  Fitriol  vo¬ 
mitif. 

F  A  C  FL  TE  Z. 

Dautant  que  la  neceflîté  oblige 
bien  fouvent  d'ufer  de  remedes  vo¬ 
mitifs  (  moins  ufitez  pour  le  prefène 
que  du  tems  d'Hippocrate  )  lors  que 
les  humeurs,  principalement  bilieu- 
fès  ,  y  ont  de  l'inclination  :  on  pour¬ 
ra  fe  fèrvir  plus  fèurement  de  ce  re¬ 
mède  dans  les  fievres ,  que  des  vo¬ 
mitifs  d'antimoine,  qui  font  plutôt 
deftinez  aux  maladies  longues  &  re¬ 
belles.  On  luy  attribue  la  vertu  de 
purger  &  attirer  principalement  de 
la  tête.  La  dofè  cft  de  huit  grains 
jufques  à  quatorze  dans  quelque  eau 
convenable,  comme  l'eau  de  fleurs 
de  geneft. 

Calcination  dit  VitrioL 

ON  mettra  du  Vitriol  Romain 
dans  un  pot  de .  terre  plombé, 
qui  fôit  bien  fort,  après  on  le  met¬ 
tra  fîir  les  charbons  ardents ,  pour  le 
diflbudre ,  &  cuire  ;  en  le  remuant 
pour  cét  effet  avec  une  cuillère  de 
bois.  On  le  laillèra  fi  long-tcms  fur¬ 
ie  feu, qu'on  n'apperçoive  plus  au¬ 
cune  humidité  ;  ains  que  la  matière 
étant  bien  dcflèichée ,  paroiflè  blan¬ 
che.  Le  pot  tiré  hors  du  feu  &  re- 
froidy ,  il  le  faudra  rompre ,  &  en 
ôter  le  Vitriol  ,  le  pulverifer  &  le 
garder. 


r  c  1  Le 


}  1 6  Des  Minéraux^ 


Le  phlegme ,  effrit  hnyle 
de 

Renez  de  vitriol  ainfi  calciné, 

ilx  livres ,  que  mettrez  dans  une 
cornue  de  'terre  bien  lutée  tout  à 
l’entour.  On  enfermera  cette  cor¬ 
nue  dans  un  fourneau  à  feu  ouvert, 
avec  le  récipient  bien  ajufté  &  luté 
au  col  de  la  cornue  ,  &  les  joindu- 
res  bien  étoupées.  Il  faut  commen¬ 
cer  la  diftillation  à  feu  du  premier 
degré  durant  quinze  ou  dix -huit 
heures  ,  jufques  à  ce  qu’il  appa- 
roilîê  de  petits  nuages  dans  le  réci¬ 
pient.  Alors  il  faut  augmenter  le 
feu  au  fécond  degré  l’efpacc  de  fîx 
heures.  Et  puis  donner  le  feu  du 
treizième,  douze  heures  durant.  Fi¬ 
nalement  le  quatrième  &  dernier  de¬ 
gré  ,  jufques  à  ce  que  l’on  n'ap- 
perçoive  plus  aucuns  nuages  ou  ef- 
prits  dans  le  récipient.  Toute  cet¬ 
te  diftillation  fè  fait  pendant  fc- 
ptante-deux  heures  j  c’eft  à  dire, 
l’efpace  d’environ  trois  jours.  Alors 
il  faut  faire  refroidir  la  cornue ,  &. 
ôter  le  récipient ,  &  mettre  la  li¬ 
queur  diftillée  dans  une  cucurbite. 
de  verre  ,  &  en  faire  nouvelle  di¬ 
ftillation  à.  feu  du  fécond  degré',  & 
bain-marie.  Laquelle  pn  continue¬ 
ra  Cl  longuement,  que  tout  le  phleg¬ 
me  foit  diftillé  :■  ce  qu’on  recon- 
noîtra  ,  alors  que  les  gouttes  qui- 
diftillent,  commenceront  dette  aci¬ 
des,.  Alors  on  ôtera  la  cucurbite,, 
&  on  mettra  à  part  dans  un  vaif- 
feau  de  terre  le  phlegme  diftillci, 
pour,  s’en  férvir  au  befôin.  Et  on 


mettra  la  ,  cucurbite  avec  la  rçft. 
dence  dans' le  fable,  &  on  le  reéli- 
fiera  Sc  feparera  l’efprit  de  l’huyle 
cauftique  de  vitriol  qui  reftoit  au 
fonds  de  la  cucurbite ,  à  feu  du  fé¬ 
cond  degré.  L’indice  que  tout  l’ef¬ 
prit  fera  diftillé  ,  fera  quand  il  ne 
diftillera  rien  ,  ou  peu.  Alors  il  fai- 
dra  ôter  le  récipient  ,  &  on  en  ti¬ 
rera  l’efptit  de  vitriol  tranlparent 
comme  cryftal  pour  le  garder.  La. 
CLicurbite  étant  refroidie  ,  il  la  fau¬ 
dra  ôter ,  &  on  aura  au  fonds  une 
liqueur  fort  noire  ,  aes-acide ,,  pi¬ 
quante  &  cauftique  j  qu’on  en  tire¬ 
ra  auflî ,  pour  le  garder  en  un  vafe. 
de  verre  très- fort. 

Sei  de  Vitriol. 

Toutes  ces  diftillations  du  phleg¬ 
me  ,  de  l’efprit ,  &  de  l’huyle  de 
Vitriol  étant  faites ,  il  faudra  ôter 
la  cornuë  &  en  tirer  la  tête  mor¬ 
te  qu’on  appelle,  qui  fera  de  couleur 
rouge-noire  ,  dont  on  extraira  le  fèl 
avec  de  l’eau  chaude  ,  ainfi  qu’il  â- 
été  enfeigné  és  autres  fels.  ' 

Fr^eukez.,  du  phlegme. 

Le  phlegme  ,  qui  cft  la  liqueur, 
fort  la  première  ,  eft  convenable  aux- 
ulceres,  &  inflammations.  On  s’en 
fért  auffi  en  gargarifme  és  ulcérés  de. 
la  bouche. 

Facultez.  de  l’E^d-- 

.  Il  n’y  a  maintenant  rien  de  fi  fre¬ 
quent  dans  la  Medecine  que  lefprit 
de  Vitriol ,  qui  s’eft  rendu  recom¬ 
mandable,  non  feulement  pour  fbn^ 
agréable 


Seâwn  troifiémel  3 1 


agréable  acidité  ;  mais  beaucoup 
plus  pour  fcs  rares  vertus  dans  les 
nevrcs  ardentes  &  malignes  :  des¬ 
quelles  il  tempçre  l’ardeur  &  la 
pourriture  des  humeurs  ,  dont  elles 
Son  caufées ,  étant  dillbut  dans  quel¬ 
que  liqueur  convenable  ,  à  laquelle 
il  Sert  de  véhiculé  pour  l’aider  à  pé¬ 
nétrer  dans  les  veines.  Il  cft  aulïî 
diurétique  ,  &  tue  les  vers.  La 
dolè  cft  de  trois  gouttes  jufques 
à  fix. 

Il  faut  pourtant  en  ufer  modéré¬ 
ment  aux  corps  fecs  &  bilieux  ,,  & 
jamais  enlèmblcmcnt  avec  rcfprit 
de  nitre  ;  defquels ,  quoy  qu’on  s’en 
ferve  lèparement  ,  non  ièulement 
fans  dangers  &  nuifanec  >  ains  avec- 
beaucoup  d’alegement  en  plufîeurs 
occafions  j  neantmoins  qui  ne  fçait 
que  l’eau  forte  fe  fait  de  leur  mé¬ 
lange. 

Facultez^  de  thuyle. 

Cet  huyle  cauftique  eft  feule¬ 
ment  employé  extérieurement.  Car 
on  en  fait  des  cautères  potentiels. 
On  le  mêle  auffi  avec  le^  emplâtres 
és  ulcères  putrides  &  cancers  ul¬ 
cérez. 

F(^cdtez^du  fil. 

Ce  fel  a  une  faculté  vomitive, 
qu’il  exerce  avec  beaucoup  de  per¬ 
turbation  fiir  l’orifice  du  ventiiculej 
dont  il  évacué  les  humeurs  vitieii- 
fes ,  qui  y  font  contenues  dans  fà. 
capacité  purgeant  dellùs  Sc  dellous/. 
à  guifè  du  Vitriol  vomitif. 


Fleurs  de  foulphre. 

ON  mettra  une  livre  de  foulphre’ 
pulverifé  dans  unecucurbite  de 
terre  verniflee ,  qui  ait  un  permis  au 
milieu ,  avec  un  alembic  aveugle: 
par  lequel  la  fùblimation.  en  étant 
faire  ,  l’on  puilfe  mettre  de  nouveau 
foulphre  pulverifc  ,  cuillicrée  à  cüil- 
lierée.  Puis  il  faudra  boucher  ce- 
trou  avec  fbn  couvercle ,  jufques  à 
ce  que  tout  fbit  fiibliiné  ;  réitérant 
&  continuant  ainfi,  jufques  à  tant 
qu’on  aye  fùfEfànte  quantité  de 
fleurs  de  fpulphre.  Gr  pour  faire  la- 
fùblimation  ,  il  faut  enduire  le  bas- 
de  la  CLicurbite  d’un  lut  bien  fort ,  & 
la  mettre  au  fourneau^  de  fublima- 
tion ,  luy  donnant  le  feu  mediocre.- 
, Cette  fùblimation  fe  fait  par  l’efpace 
de  quinze  ou  dix-  huit  heures  :  la¬ 
quelle  étant  faite  ,  on  verra  aux  pa¬ 
rois -de  l’alembic  les  fleurs  fiibtiles. 
du  foulphre.  Lefquelles  on  detergera- 
avec  une  patte  de  lievre  ,  pour  le» 
garder  au  befbin.- 

FAC  FL  TE  Z. 

Ces  fleurs  font  convenables  aux; 
indifpofitions  du  poulmon  ,  com¬ 
me  à  la  toux  invétérée  ,  & 
l’afthme  j  C'eft  bien  leur  plus  fre-- 
quent  &  plus  fèur  ufàge ,  qui  n’eft 
pas  à  propos  dans  la  phthift ,  ainfli 
que  l’a  bien  remarqué  Je  commen¬ 
tateur  de  Béguin.  On  s’en  peut  aufli! 
fèrvir ,  à  provoquer  les  fiieuirs  mê¬ 
me  au  mal;  vent-rien,  &.  en  grande’ 
piitrefaétion  d’humeuis  ,.  &  en  la 
gale.  On  les  peut  prendre  avec  la- 
poulpe  d’une  pomme  cuitte,  dansun- 
rr  J;  cBuf 


Del  Minéraux  , 


,18 

un  œuf  mollet  j  ou  tes  mélanger  avec 
des  conferves  ou  fucc're  en  tablet¬ 
tes.  La  dote  eft  d'un  demy  fcrupulcj 
jufqiies  à  demie  dragme.  L’uiàge 
n'en  eft  pas  trop  affeuré  aux  femmes 
groflès ,  crainte  qu’elles  ne  leur  pro¬ 
voquent  les  mois. 

Halle  de  Soulj/hre. 

On  fufpendra  une  grande  &  fpa- 
cieufe  campane  de  verre  lous  la  che¬ 
minée,  avec  un  fil  de  fer.  Sous  laquel¬ 
le  on  mettra  une  terrine  bien  vernif- 
féc ,  ayant  un  permis  au  milieu  }  Sc 
dans  icelle  terrine  ,  un  creufet  rem- 
ply  de  foulphrc.  On  pofera  cet¬ 
te  terrine  fur  un  trepied,  afin  que 
p^r  le  moyen  des  charbons  allumez 
deffous ,  le  Ibulphre  qui  eft  dans  le 
creufet ,  fe  fonde.  Etant  fondu ,  il  y 
faudra  mettre  le  feu  avec  un  fer  ar¬ 
dent  :  &  étant  allumé  ,  il  faut  incon¬ 
tinent  ftilpendre  la  campane ,  &  la 
laillèr  fi  longuement  ,  que  tout  le 
fbulphre  fbit  brûlé  &  confumé. 
Alors  il  faudra  ôter  la  campane,  la 
renverlèr,  &  la  tenir  durant  cinq  ou 
fix  heures  en  quelque  lieu  frais.  Et 
on  aura  au  fonds  du  vaiflèau  une  li¬ 
queur  acide  &  fort  agréable,  que 
Ion  pourrait  mieux appcller ,  elprit, 
qu’huyle  de  Ibulphre,  daiitant  qu’il 
ie  fait  des  purs  clprits  du  foul- 
phre. 

F  A  CVLT  E  Z. 

On  s'en  fert  âux  mêmes  indif- 
pofitions  de  la  poitrine  &  du  poul- 
mon  ,  où  il  eft  befoin  d’exficcation, 
ne  de  fleurs  de  foulphre  :  &  aux 
evres,  dans  quelque  liqueur  con¬ 


venable  ,  pour  provoquer  les  futurs. 
On  l’ordonne  aufli  aux  hydropi¬ 
ques  ,  &  à  ceux  qui  ont  la  pierre. 
La  dolè  eft  de  trois  gouttes  jufques 
à  fix. 


De  l'Amimoine. 

ENcores  que  l’Antimoine  lè  trans¬ 
forme  és  métaux  ,  &  qu'il  .ayc 
(  comme  difentles  Chymiftes)  un 
I  mercure  métallique  :  dautant  qu’il 
luy  manque  les  deux  autres  fubftan- 
ces  qui conftituent  les  métaux,  fça- 
voir  eft  le  fel  &  le  tbulphre  métalli¬ 
ques  ,  parlâittement  digerez  avec 
ledit  mercure  ,  &  que  pour  ces  con- 
fiderations  de  participer  de  la  na¬ 
ture  du  minerai  &  du  metail ,  il  eft 
appellé  hermaphrodite  :  nous  le  ré¬ 
duirons  neantmoins  à  la  categorie 
des  minéraux.  Et  traitterons  de  cet¬ 
te  idole  des  Chymiftes ,  non  en  tant 
qu’il  eft  un  des  principaux  fujets 
de  la  tranfmutation  métallique, 
aprez  laquelle  la  cupidité  fe  tour¬ 
mente  fi  paflîonnément  :  ains  pour- 
ce  qu’il  fournit  quantité  de  medica- 
mens  ,  qu’on  entend  retentir  à  tout 
bout  de  champ.  Et  fi  on  s’en  rap¬ 
porte  aux  Chymiftes ,  ils  exaltent 
tellement  l’Antimoine  ,  qu’ils  luy 
donnent  des  vertus  comme  incroya¬ 
bles  &  balfamiques ,  avec  cet  avan¬ 
tage  de  purifier  le  corps  de  toute  m- 
feétion  ,  &  que  s’il  ne  trouve  rien 
de  contraire  fur  quoy  agir  ,  il  ne 
touche  ,  ny  n’attaque  la  fubftance 
du  corps.  Qui  eft  un  des  pernicieux 
paradoxes  de  Paracelfe,  qui  dit  que 
les  purgatifs  opèrent  d’une  Iciencc 


Se  B  ion  troifiéme. 


infufè  J  &  fi  iuftement  »  qu'ils  n’acti- 
renc  ny  plus ,  ny  raoins  qu'ils  ne  doi¬ 
vent.  Bref  ils  attribuent  à  l'Anti¬ 
moine  pour  triomphes  ordinaires, 
la  cure  certaine  de  la  lepre  ,  de  la 
goutte  &  de  la  verole.  Au  moins 
on  ne  fçauroit  douter ,  qu’étant  bien 
préparé  ’&  ordonné  ,  on  n'en  tire 
de  grandes  &  remarquables  utili- 
tcz.  Mais  il  eft  beloin  d'une  gran- 
diffime  dextérité  pour  l’employ.  Car 
on  peut  dire,  par  proportion  ,  des 
remedes  violens  (  tels  que  font  ceux 
qu'on  tire  des  minéraux  &  métaux) 
ce  qu’on  dit  des  machines  de  guerre 
les  plus  terribles ,  que  c’eft  plus  par 
le  conlcil ,  que  par  leur  effort  qu’ils 
produifont  leurs  plus  grands  effets. 
Que  les  uns  &  les  autres  font  de 
fàifon ,  lors  que  les  remedes  &  ex- 
pediens  doux  &  modérez  ne  reüffifi- 
fent  pas.  Et  que  leur  jufte  &  légiti¬ 
mé  cmploy  defireroit  bien  une  con¬ 
duite  plus  fçavante  &  judicieufe, 
que  n’eft  d’ordinaire  celle  de  ceux 
ou  qui  les  fabriquent,  ou  qui  les 
manient  &  employent ,  &  plus  fou- 
vent  à  tort  &  à  travers. J  que  bien  à 
propos. 

Foye  d* Antimoine ,  communé¬ 
ment  appelle 

Crocus  metallorum. 

Rcnez  du  nitrc  &  de  l’Antimoi¬ 
ne,  -de  chacun  deux  onces  j  que 
pulveri  ferez  ,  mêlerez  &  verforez 
cuillerée  à  cueillerée  dans  un  mor¬ 
tier  de  fonte  fur  les  charBons  ar¬ 
dents.  Apres  la  première  cueillerée. 


il  faudra  embrafer  cette  matière  avec 
un  charbon  allumé  ;  laquelle  pre¬ 
nant  auffi-tôt ,  il  la  faudra  remuer 
avec  une  verge  de  fer.  La  flamme 
étant  comme  appaiféc  ,  on  verfera 
une  autre  cueillerée  de  matière  dans 
le  mortier,  qui  s’enflammera  d’elle- 
même  ,  &  on  l’agitera  comme  l’au¬ 
tre  ,  fi  longuement  qu’elle  s’embrafo 
tout  à  fait ,  &  fe  convertiflè  en  une 
poudre  rougeâtre  ,  qu’on  appelle 
pour  cette  couleur  Safran.  Alors  il 
■  faudra  retirer  le  mortier  du  feu  ,  &c 
piilverifèr  la  matière  &  l’cdulcorer 
deux  ou  trois  fois  avec  eau  tiede ,  en 
la  filtrant  par  le  papier  gris  ^  puis  oi» 
fera  feicher  la  poudre. 

F  A  C  V  LT  E  Z. 

Les  Chymiftes  préfèrent  l’ufàge 
du  fàffran  des  métaux  aux  vomitifs- 
communs  de  femence  de  refort ,  ou 
de  racine  d’afarum  &  s’en  fervent 
fort  fréquemment  en  toutes  les  oc- 
cafions  ,  où  le  vomiflèment  eft  con¬ 
venable.  Mais  il  faut  que  ce  foie 
principalement  aux  flevres  longues 
&  rebelles ,  comme  aux  fievres  tier¬ 
ces  baftardes  ’,  &  aux  quotidien¬ 
nes.  La  dofo  eft  de  huit  à  quinze 
grains,  félon  la  force,  &complexion 
des  malades  ,  infufez  dans  du  vin 
blanc  ,  ou  autre  liqueur  convenable, 
dont  il  faut  feulement  prendre  l’in- 
fufion. 

C’eft  un  piiifTant  argument  de 
l’utilité  de  ce  médicament,  puis  que 
le  Difpenfàire  de  Paris  imprime 
l’an  1638.  en  a  compofé  fon  vin 
emetique  ,  duquel  au  befoin  on  fait 
des  coups  de  maître..C’cftpourquoy 
en  le  doit  toûpurs  tenir  auffi  prefc 
q,ue 


Des  Aiinerauxy 


3  lO 

que  Rullandus  tendit  fon  eau  fi  re¬ 
nommée,  qu’il  appelloit  benifte, 
qui  croit  (  ce  tient-on  )  compolee  de 
cette  bafe  ,  avec  le  fiic  de  limons. 
Mais  d’autres  ( plus  vray  lèmblablc- 
ment  )  la  font  bien  plus  compofée, 
comme  s’enfuit. 

Eau  henîte  de  Rullandm. 

P  Renez  du  nitre ,  fel  commun ,  Sc 
antimoine ,  de  chacun  deux  on¬ 
ces  ;  que  pulverilèrez  &  mettrez 
dans  un  crenfet  bien  fort  &  bien 
luté  ;  avec  fbn  couvercle  ,  troiié 
par  le  milieu ,  auffi  luté  j  faifànt  fon¬ 
dre  la  matière  .contenue  audit  çreii- 
fet  à  feu  ouvert,  jufques  à  ce  qu’il 
ne  forte  plus  aucune  fumée  par  le 
trou  du  couvercle.  Alors  on  conti¬ 
nuera  le  feu  fort  violent  durant  de¬ 
mie  heure.  Le  creufèt  étant  tiré  du 
feu ,  &  refroidy ,  on  le  brifera,  ôC0a 
aura  au  fonds  une  matière femblable 
au  régulé.  Laquelle  on  nettpyera 
de  fes  feces  &  ordures  j  8c  puis  on 
la  pilera  fubtilement  au  mortier ,  ôc 
on  aura  une  poudre  fort  rouge.  Dont 
on  mettra  une  once  dans  une  gran¬ 
de  phiole,  verfant  délliis  quatre  li¬ 
vres  de  bon  vin  blanc ,  &  une  once- 
d’eau  de  ferpolet.  Le  vaifleau  étant 
bien  bouché ,  on  le  mettra  en  dige- 
ftion  à  chaleur  lente  ,  jufques  à  ce 
que  la  liqueur  en  aye  parfaitement 
imbibé  la  teinmre.  Cequ’étant ,  on 
fêparera  cette  liqueur  par  inclina¬ 
tion  ,  oi)  la  filtrera ,  &  gardera  au 
befbin. 


FACFLTE  Z. 

Cette  teinture  eft  un  peu  plus 
benigne ,  que  le  médicament  prece¬ 
dent  ,  purgeant  doucement  par  haut 
&  bas  J  &  quelquefois  feulement  par 
les  felles.  On  en  donne  mtme  aux 
enfans  depuis  undemy  fcrupule  juf¬ 
ques  à  quinze  grains.  Et  on  en  étend 
aulïî  l’iifage  à  plus  de  maladies,  com¬ 
me  à  l’epilepfie  ,  aux  indifpoficions 
d’eftomach ,  aux  douleurs  de  tête  par 
fympathie,  La  dofe  eft  d’une  drach¬ 
me  à  deux. 

llhuyle  d Antimoine. 

ON  prendra  une  livre  d’Anti- 
moine ,  &  deux  onces  de  fel 
gemme,  qu’on  mêlera,  pulyerifera 
&  mettra  dans  une  cornue  de  terre 
bien  lucée ,  avec  un  récipient  qui  foit 
ample ,  les  jointures  bien  bouchées, 
on  diftillera  à  feu  ouvert.  On  verra 
premièrement  fortirle  phlegrae,  aprez 
un  huilorougeaftre.  Cette  diftilla- 
tion  parachevée  (  cequifè  fait  dans 
moins  de  vingt- quatre  heures  )  on 
ôtera  le  récipient,  &  verfèra  cette 
liqueur  dans  une  cucurbitc  ,  &  on 
extraira  au  bain  marie  le  phlegmc 
de  l’huyle ,  qui  viendra  le  premier, 
clair  comme  eau ,  &  en  fuite  une  li¬ 
queur  rougeaftre,  qui  eft  l’huyle.  On 
gardera  à  part  le  phlegme  ,  pour  fer- 
vir  à  une  autre  diftillation  ,  d’huyle 
aufli  à  part. 

F  A  CVL  TE  Z. 

Cet  huylc  n’eft  ufité  qu’extetieu- 
rement  aux  playes  &  ulcérés  putri¬ 
des 


Se^ton  trotjtéme.  311 

des ,  qn’il  prcfei've  non  feulement  de 

pourriture,  &  les  mondifie,  mais  les  Fleurs  blanches  ^  rouges 

dAmimoim. 


Jniiwoim  dia^horetique. 

Renez  de  l’Antimoine  crud  pul- 
verilc ,  &  du  nitre  ,  de  chacun 
deux  onces  ,  qu’il  faudra  mêler  ,  & 
mettre  dans  un  crcufet  >  avec  fon 
couvercle  percé  au  milieu ,  les  join¬ 
tures  bien  lutées.  £t  mettre  puis  apres 
le  creufet  bien  de/Tdché  fur  les  char¬ 
bons  ardents.  Où  on  verra  (  tout  de 
même  qu’au  fàf&an  des  métaux  )  un 
grand  combat.  Au  bout  de  trois  heu¬ 
res  ,  il  iàudra  tirer  le  creufet  hors  du 
feu ,  &  réduire  en  poudre  la  matière 
contenue  au  crcufet ,  &  la  mêler  de 
nouveau  avec  autant  de  nitre  :  de 
étant  accommodé  comme  deilits  ,  il 
fera  recuit  fiir  le  feu ,  où  il  demeure¬ 
ra  durant  dix  huit  ou  vingt  heures, 
ou  fi  long-temps  que  la  matière  con¬ 
tenue  au  crcufet ,  devienne  fort  blan¬ 
che.  Ce  qu’étant,  il  la  faudra  tirer,pul- 
verifer,  dulcifier,  fcicher  &  garder. 

lACVLTE  Z. 

On  fait  état  de  ce  remede  en  beau¬ 
coup  de  maladies  ,  comme  à  la  véro¬ 
le,  à  la  pefte ,  à  la  podagre ,  aux  fiè¬ 
vres  ,  obftructions ,  &  douleurs  de  la 
ratte ,  &  opéré  fans  violence  &  lefion 
des  forces  ,  par  les  fueurs ,  &  par  les 
urines  ;  &  rarement  par  les  urines 
feules.  Du  K^nouau  chap.S .  liv.i, 
de  la  mat.  medîc,  extolle  ces  fleurs 
comme  un  très -excellent  fudorific. 
La  dofe  eit  de  quinze  à  vint  grains. 


ON  prendra  un  pot  de  terre, 
ayant  un  trou  au  milieu ,  c’eft 
à  dire  en  devant  j  fur  lequel  on  met¬ 
tra  un  autre  pot ,  auflî  troué  par  le 
haut,  &  encore  un  autre  par  defliis, 
qui  couvrira  les  deux  autres ,  &  le 
trou  du  pot  du  milieu.  Les  joinmres 
&  fiflùres  étans  bien  lutées  ,  on  les 
mettra  fur  les  charbons  ardents,  qu’on 
arrangera  tout  à  l’entour  jufques  à 
la  moitié  du  pot  d’embas  -,  dans  le¬ 
quel  on  mettra  parce  permis , cuille¬ 
rée  à  cuillerée  une  livre  d’ Antimoi¬ 
ne  pulverifé.  Ce  qui  ne  fè  doit  fai¬ 
re  tout  à  coup  ,  ains  par  degrez ,  y 
en  mettant  feulement  d’heure  à  au¬ 
tre  une  cueillèrée  ,  tant  que  ladite 
hvre  durera.  Et  aprez  chaque  cuil¬ 
lerée  ,  il  faut  incontinent  étouper  le 
trou  i  lailîànt  lefdits  pots  fur  le  feu 
durant  vint  quatre  heures.  Puis  les 
laiflTer  refroidir ,  &  les  deluter  &  fc- 
parer.  On  verra  à  la  fommité  du  pot 
d’en  haut  des  fleurs  blanches  ,  & 
dans  celuy  du  milieu  des  fleurs  jau¬ 
nâtres  ;  lefquelles  on  detergera  fub- 
tilemcnt  avec  une  plume ,  ou  un  pied 
de  lievre. 

F  A  CrL  TE  Z. 

Ces  fleurs  ont  les  mêmes  vertus 
que  les  Croeui  metallerum ,  ou  foye 
d’Antimoine  :  mais  elles  opèrent 
avec  plus  de  violence  ,  principale¬ 
ment  les  jaunes,  qu’on  donne  plus 
librement  aux  pauvres  &  robuftes; 
comme  les  blanches  aux  riches  & 
plus  délicats.  On  ne  s’en  doit  fer- 
ff  vir 


5 IL  Des  Minéraux, 


vir  qu’aux  maladies  longues  &  re¬ 
belles,  &  qui  n’ont  cédé  à  aucuns 
rnedicamens  ;  telles  que  pourroient 
être  beaucoup  de  celles, ou  le  vul¬ 
gaire  eftime  qu’il  y  a  de  l’enchante¬ 
ment  &  forcellerie.  Et  de  fait,  un 
des  plus  anciens  &  fameux  Chymi- 
ftes  de  ce  temps ,  fe  vante  d’avoir 
guery  de  ce  remede  deux  malades  de 
cette  forte.  Le  même  du  R,enou  n’en 
defaprouve  pas  auffi  autrement  l'ufa- 
gc  ,  ordonné  comme  il  faut.  La  dofè 
eft  de  quatre  grains  jufques  à  fix 
dans  deux  onces  du  vin  blanc  ,  ou 
eau  de  cychorée. 


DV  MEKCVKE. 

AVparavant  que  de  propofèr 
quelques-unes  des  plusufitées 
préparations  des  rnedicamens  que 
la  Chymie  tire  du  Mercure,  nous 
examinerons  au  préalable  trois 
points  fort  utiles.  Le  premier , 
quel  efl  fon  tempérament.  Le  fé¬ 
cond,  s’il  eft  vénéneux  &  dangereux. 
Le  troifiéme  ,  fi  les .  préparations 
Chymiques  font  les  plus  conve¬ 
nables. 

Dii  temperamem  du 
Mercure, 

A  Près  avoir  bien  épluché  les 
laifôns  de  part  &  d’autre  tou¬ 
chant  le  tempérament  du  Mercure, 
les  uns  le  tenans  chaud ,  avec  telle 
tenuité  de  fiibftancc,  que  feulement 
appliqué  à  la  plante  des  pieds,  il 
monte  &  s’infinuë  jufques  au  cer¬ 


veau  ,  &  par  la  même  vertu ,  excitant 
le  flux  de  bouche ,  de  ventre  &  les 
fueurs  :  les  autres  au  contraire  confi- 
derans  les  fymptomes  qui  Clivent  lôn 
mauvais  ou  trop  frequent  ufage ,  fça- 
voir  eft  le  tremblement  ,  laparaly. 
fie,  levertigo,  la  Cirdité,  les  réfé¬ 
rent  à  fa  froideur.  Et  me  trouvant  fi 
empefehé  apres  les  plus  habiles  du 
métier  }  j’aurois  fujet  de  fouhaitter 
en  ce  détroit  &  perplexité  Mercu¬ 
re  meme  pour  interprété ,  ou  pour 
guide. 

Néantmoins  voyant  qu’entre  ces 
deux  extremitez  ,  il  y  a  une  voye  mi¬ 
toyenne  qui  paroit  bien  vray-fem- 
blable  ,  qui  eft  d’y  reconnoître  des 
fubftances  &  qualitez  mixtes.  Car 
produifant  vifiblcmcnt  des  effets  fi 
contraires  de  chaleurs  &  de  froi¬ 
deur  ,  il  les  faut  imputer  à  des  fub- 
ftanccs  Sc  qualitez  oppofées.  Ce  que 
les  operations  Chymiques  de  fubli- 
mation  &  précipitation  de  fès  diver- 
fès  fubftances,  femblent  confirmer. 
Et  Avicenne  ,  lequel  le  fait  tantôt 
froid  &  humide  Uv.  2.  traîné  2. 
cîtap.  47.  tantôt  chaud  &  acre, 
fin  6.  livre  traîné  1,  femblere- 
connoitre  cette  variété  de  fubftances. 
Car  autrement  il  fè  contrediroit.  Et 
l'hiftoire  fabuleufe,qui  donne  à  Mer¬ 
cure  des  ailes  aux  pieds  &  un  égal 
commerce  au  CieL&  en  la  terre  ,  in- 
finuë  tacitement  l^ubiguiré  de  là 
couipofiiion. 

Si  le  Mercure  efi  dangereux. 

SI  nous  voulons  nous  en  rappor¬ 
ter  à  l’authorité  des  anciens  Me- 
decins,de  Diofeoride,  liv.^.  chap.J- 
qui  dit  que  le  mercure  beu  a  une  fa- 
^  ^  culte 


SeBion  troîZ»iéme,  315 


cuit*  pcrnideflife  ,  dautant  qu'il  en¬ 
dommage  les  intellins  par  ià  pelàn- 
tcur.  ^x.  au  (>.  livre  chap.  xo.cÿiil 
produit  les  mêmes  fympcomcs  que 
1  ecume  d'argent  ;  d'Aetius  tetra- 
hibL^.ferm.i.chap.  79.  qui  eft  de  la 
même  opinion  que  Diofcoride  j  de 
Galien  ,  lequel,  quoy  qu'il  avoue 
an  livre  9.  des  fimples,  qu'iL  n'en 
ait  jamais  fait  l'épreuve ,  il  le  met 
neanemoins  au  rang  des  venins  ;  d'A¬ 
vicenne  ,  qui  fen.  6.  livre  4.  trait- 
té  I.  chapitre  3.  le  met  pareillement 
au  nombre  des  venins  chauds  &  acres: 
&  de  quelques  modernes  ,  éntr 'au¬ 
tres  de  Fernel  dans  le  Traitté  de  la 
verole ,  inféré  dans  fès  œuvres ,  où 
il  le  décrie  par  quelques  exemples 
de  pernicieux  effets  &  déplorables 
fymptomes  de  certains  verolez ,  qu'il 
impute  au  traittement ,  &  ufage  du¬ 
dit  Mercure. 

Mais  le  temps  &  l’experience, 
qui  donnent  le  crédit  ou  le  rebut 
apx  medicamens  ,  ont  fait  reconnoî- 
tre  qu’il  n'eft  pas  (i  dangereux, 
qu'on  n’en  puiffe  tirer  de  tres-gran- 
des  utilitez  en  certaines  maladies, 
aufquellcs  il  eft  fi  convenable,  qu'il 
paflè  pour  ’  remede  fingulier  &  fpe- 
cifique.  Ce  qui  fe  doit  entendre  non 
feulement  de  celuy  que  les  Chy- 
miftes  préparent  en  quelques  ma¬ 
niérés  plus  approuvées  ;  mais  mê¬ 
mes  du  crud.  Duquel  les  plus  célé¬ 
brés  Médecins  modernes  ,  comme 
Brallàuolus  ,  Amatns  Lufît.  ôc  Mat- 
thiole  ont  usé  auffi  hardiment,qu’heu- 
reufement. 

Car  Braflàvolus  ,  doéte  &  fça- 
vant  Praéliciemew livre  de  l'exa¬ 
men  des  fimples  ,  dit  qu'il  en  a  don¬ 
né  aux  enfàns  travaillez  des  vers 


jufqucs  à  un  fcrupule.  Amatus  Lu- 
fîtanus  (  que  les  grandes  &c  nom- 
breufès  cures  qu'il  a  fait  par  l’Euro¬ 
pe  en  rendent  plus  croyable  )  en  fies 
Commentaires  fitr  Diofcoride,  appel¬ 
le  ceux-là  ignorans  en  da  praétique, 
qui  vitupèrent  le  Mercure  :  &  dit 
que  les  Médecins  d'Efpagne  l'or¬ 
donnent  comme  un  excellent  antido¬ 
te  aux  enfàns  enforcelez  &  tourmen¬ 
tez  des  vers. 

Quant  à  Matthiole  ,  duquel  un 
chacun  eft  informé  de  la  dodtrine, 
ne  réeonnoît  point  d’autre  nuifance 
au  Mercure ,  que  celle  de  fa  pefan- 
teur  :  laquelle  neantmoins,  avec  fà 
fùbftance  fluide  ,  le  fait  prompte¬ 
ment  fbrtir  par  les  felles  ,  fans  fè- 
’ourner  dans  le  ventricule,  nydans 
es  inteftins  ,  fi  on  fécondé  fà  for- 
tie  par  le  mouvement  du  corps  en 
fè  pourmenant.  Ce  bel  Epigramme 
d’Aufône  ,  qui  commence  par  Toxi- 
ca ,  juftifie  de  cette  faculté  dejeéfive. 
Mattliiole  dit,  qu’au  pars  de  Gorits 
en  Efclavonic  on  en  donne  pour  der¬ 
nier  remede  aux  difficiles  accouche- 
raens  jufques  à  un  fcrupule.  Et  qu'au¬ 
cuns  en  donnent  aux  petits  enfàns 
pour  tuer  leurs  vers  ,  la  quantité  de 
deux  grains  de  mil,  fans  qu’il  en  ar¬ 
rive  d'inconvenient. 

Mais  pour  ne  nous  point  tenir 
aux  feules  authorités  des  Médecins 
étrangers ,  les  plus  habiles  de  nôtre 
nation  ,  qui  nous  doivent  donner  plus 
d’alfeurance ,  tant  s'en  faut  qu'ils  en 
ayent  redouté  l'ufage ,  qu’ils  le  tien¬ 
nent  un  des  antidotes  du  mal  ve- 
nerien. 

Rondelet  ,  au  chapitre  dernier 
du  Livre  qu’il  a  intitulé  j  Du  mal 
Italien  j  dit  des  merveilles  du  Mer- 
ff  Z  ~  cure. 


514  Minéraux^ 


CHre  ,  déchifrant  les  proprietez  qu’il 
a  pour  ce  mal,  de  quelque  façon  qu’il 
foie  adminiftré. 

DuLaurens  auchap.14,.  du  livre 
fur  ce  fujet  ,àit  qu’il  faut  de  neceffi- 
té  recourir  aux  remedes  mercuriels, 
lors  que  les  antidotes  ludorifiqucs 
n’ont  peu  guérir  le  mal. 

Les  authoritez  que  nous  produi- 
fôns  en  leur  lieu  ,  tant  du  Diipen- 
faire  de  Paris ,  que  de  celuy  de  Mon- 
fieur  du  Renou,  juge  tres-capable 
&  competant ,  puis  qu’il  a  traitte  lî 
dignement  &  pertinemment  de  toute 
la  matière  médicinale  tant  fîmple, 
que  compofêe ,  en  faveur  du  Mer¬ 
cure  en  qualité  du  médicament  in¬ 
terne,  doivent  prévaloir  à  toute  autre 
preuve. 

Si  les  préparations  Chymiqm 
font  les  plus  conve¬ 
nables. 

IE  ne  decideray  pas  cette  queftion 
par  la  prérogative  que  les  Chy- 
miftes  donnent  généralement  à  tou¬ 
tes  leurs  préparations ,  à  la  préféren¬ 
ce  des  communes  :  mais  par  l’exa¬ 
men  de  la  railbn  ,  &  de  l’expe- 
ïience. 

Comme  il  étoit  difficile  de  che- 
vir  de  ce  Prorée  ,  lequel  bienTou- 
vent  au  lieu  d’un  effet  efpcré  ,  en 
feifbit  voir  un  autre  ,  quelque  cir- 
confpeûion  qu’on  y  put  apporter:, 
comme  au  lieu  de  l’évacuation  par 
embas ,.  provoquoit  celle  du  flux  de 
bouche  ou  les  lueurs  ,  ou  au  con¬ 
traire  ,.  quelquefois  une  feule  ,  d’an- 
tresfbis  plufieurs  enfemble ,  cette 
diverfité  provenant  de  celle  de  fes 


diverfes  fubftances  confufes  en  un 
même  fujet,  agilTans  félon  la  difpo- 
fition  des  feijets  qu’elles  rencon- 
troient:  Il  femble  qu’étans  feparées. 
par  les  préparations  Chymiques,  on 
les  peut  réduire  à  une  plus  certaine 
deftination.  Comme  fi  on  le  veut 
rendre  vray  purgatif ,  c’eft  à  dire, 
évacuant  les  humeurs  par  vomiflè- 
ment,  ou  par  les  felles  ;  il  luy  faudra 
eonferver  telle  vertu  autant  qu’il  fe 
pourra ,  en  la  bridant  ou  augmen¬ 
tant  par  l’addition  de  quelque  autre, 
ou  lors  de  la  préparation ,  ainfi  qu’il 
fe  fait  en  la  poudre  emetique  par 
la  conjonûion  de  l’Antimoine  ; 
ou  apres  être  préparé  ,  &  lors  de 
l’ufàge  ,  comme  au  Mercure  doux, 
en  le  mélangeant  avec  quelque  pur¬ 
gatif  ,  comme  il  fera  remarqué 
en  fbn  lieu.  Pour  la  vertu  diapho- 
retique  ,  elle  eft  prefque  infeparablc 
du  Mercure ,  fl  elle  n’eft  corrigée  Sc 
b.  idée. 

Ces  raife)ns  font  d’autant  plus- 
vray-femblables  ,  que  l’experiencc 
les  a  confirmées  ,  puis  qu’on  ne  fe 
fort  plus  gueres  du  Mercure,  que 
préparé  à  la  Chymique.  Car  il  ar¬ 
rive  d’ordinaire  és  chofes  qui  confi- 
ftent  en  expérience ,  que  les  demie-  % 
res  font  accomplies.  Ce  qui  a  lieu 
és  medicamens ,  dont  le  réitéré  & 
continuel  ufage  donne  une  plus  in¬ 
time  &  certaine  connoiilanee  :  & 
qu’il  y  a  de  l'apparence  de  croire, 
que  comme  on  a  premièrement 
douté  des  facultcz  du  Mercure,  prin¬ 
cipalement  en  qualité  de  remede 
interne  5.  aprez  qu’on  s’eft  rendu 

£lus  hardy  à  s’en  fervir ,  &  pour 
i  cure  d’un  mal  qui  eludoit  &  fe 
mocquoit  de  toutes  fortes  de  reme- 


SeBton  troiz^iéme,  52,5 


des  J  qu  on  s  eft  encor  apres  entière¬ 
ment  aguerry  à  ion  ufage  :  il  lèmble 
que  l’artificieulè  préparation  Ghy- 
mique»  qui  a  été’j  je  ne  diray  pas  in¬ 
ventée  ,  mais  grandement  pratiquée 
depuis ,  ne  relevc  TefEcace  de  ce  mé¬ 
dicament. 

Beurre  d' Antimoine  ^  de 
Mercure. 

Renez  du  Mercure  lùblimé ,  & 
de  l’Antimoine  crudj  ou  du  Ré¬ 
gulé  d’ Antimoine  (  qui  fera  meilleur^ 
de  chacun  demie  livre.  Que  pulve- 
riferés ,  mêlerés  ,  &  mettrés  dans  une 
cornuë  de  verre,  avec  fon  récipient 
bien  ajufté.  Ou  bien  au  lieu  d’un 
récipient ,  prenés  encores  une  autre 
cornuë  de  verre ,  pour  ne  point  chan¬ 
ger  de  vaiffeau  pour  la  redification 
de  cette  liqueur.  On  diftillera  au. 
iàble  à  feu  du  premier  degré  l’efpa- 
ce  d’environ  trois  heures  ,  jufques  à 
ce  que  la  liqueur  commence  à  filer. 
Et  venant  à  diftiUer ,  on  augmentera 
le  feu  au  fécond  degré.  Lequel  on 
entretiendra  ,  jufques  à  tant  que  la 
madere  ne  paroifl'e  plus  liquide  au 
col  de  la  cornuë  ,  ains  coagulée  à 
guifè  de  beurre.  Alors  on  donnera  le 
feu  au  treizième  degré.  Et  avec  des 
charbons  ardents  ,  qu’on  tiendra 
avec  des  pincettes ,  &  qu  on  appro¬ 
chera  delà  cornuë, on  difiôudra  cet¬ 
te  liqueur  coagulée.  Autrement  elle 
cauferoit  obftmction  au  col  de  la¬ 
dite  cornue ,  &  par  conféquent  la  fi^. 
roit  rompre.  N  y  ayant  plus  rien  de 
coagulé  ,  il  faut  pouller  le  ftu  au 
quatrième  degré.  Et  pour  lors  il  fc 
fublimera  une  matière  vermeille». 


qu’on  nomme  «»««ï^re,avec  le  Mer¬ 
cure  courant  ,  parfaitement  purifié. 
La  fùbliraation  du  cinnabre  ,  &  du 
Mercure  vif  étant  faite  ,  il  faudra 
celïér  la  diftillatiort.  Partant  le  vaiC- 
feau  étant  refioidy ,  on  remettra  le 
récipient  ou  la  cornuë  dans  le  fable, 
&  on  redifiera  le  plus  pur  de  cette 
matière ,  d’avec  le  reftè,  &  il  diftille¬ 
ra  à  feu  du  fécond  degré  ,  comme  du 
beurre  blanc  &  clair.  Et  lors  qu’il 
commencera  de  diftiller  des  gouttes 
rougeâtres  ,  on  ôtera  auffi- tôt  le  ré¬ 
cipient  ,  &  on  vuidera  ce  qui  fera 
dedans.  Après  on  donnera  le  feu  du 
quatrième  degré  au  cinnabre  &  au 
Mercure  courant  Et  on  verra  au 
fonds  du  récipient  le  Mercure  vif 
courant  ,  pur  &  luifant  comme  de 
l’argent,  &  au  col  de  la  cornuë  un 
cinnabre  très -vermeil  du  Mercure 
ôc  de  l’Antimoine ,  lequel  on  de- 
tergera  avec  une  plume  ,  comme 
auffi  le  Mercure  courant  ,  contenu- 
au  fonds  du  récipient  ,  pour  les- 
garder  fqparément.- 

Préparation  du  Mercure: 
de  rvie.. 

ON  divifcra  la  liqueur  f  que  nous; 

avons  dit  être  fémblable  à  du; 
beurre  )  qu’on  ayoit  reférvée ,  en 
deux  parties  égales.  L’une  ,  on  la 
mettra  dans  un  verre  precipitatoire; 
verfànt  de  haut  par  dcftùs  de  l’eau- 
de  fontaine,  qu’dle  fiirnage  de  trois- 
doigts  ;  ôc  ©n  verra  auffi-tôt  tou¬ 
te  la  liqueur  acquérir  une.  couleur 
de  lai(ft}la  laillànc  durant  un  quarc: 
d’heure  doucement  rallèoir.  Et  apr&. 
on  aura  au  fonds  un  précipité  très- 
ff  3,  blanc- 


Dùf  Minéraux^ 


blanc.  Lequel  on  mêlera  derechef, 
en  l’agitant  avec  fbn  eau  qui  fùr- 
nage  :  &  puis  on  le  filtrera.  Et  il 
réitéra  dans  le  filtre  une  matière 
très- blanche ,  qu  on  édulcorera  deux 
ou  trois  fois  avec  e|u  tiede  ,  pour 
liiy  ôter  fa  corrofion  ;  &:  puis  on 
la  fèichera  ,  pour  en  faire  >  d  ex- 
cellens  vomitoires ,  purgeant  en  fort 
petite  dofè.  Quant  à  la  liqueur  qui 
a  été  coulée  par  le  filtre  ,  qu’on 
appelle  eau  acide  ou  aceteufe  3  on 
la  gardera  pour  fes  ulàges. 

Du>  Bezoard  minerai 

De  l’autre  partie  on  en  prépare¬ 
ra  le  Bezoard  minerai ,  en  la 
maniéré  fîiivantc.  On  mettra  ce 
beurre  dans  un  grand  verre  precipi- 
tatoire,  veriànt  par  defllis  goutte  à 
goutte  de  l’elprit  de  nitre  :  ce  qu’é¬ 
tant  ,  on  verra  auffi-tôt  une  for¬ 
te  ébullition  &  vehemente  chaleur 
au  vaiireau.  On  verfera  de  cét  ef- 
prit  de  nitre  fi  longuement  que  on 
verra  ce  combat  &  ébullition  dans 
la  hqueur.  Laquelle  on  lailïcra  de¬ 
rechef  rallèoir ,  comme  devant ,  l’ct 
pace  d’un  quart  d’heure.  Après  on 
l’agitera  ,  on  la  filtrera  ,  édulcore¬ 
ra  &  dellèichera.  Etant  dellêichée, 
on  la  mettra  dans  un  creulèc 
bien  fort  ,  en  luy  donnant  le  ]fcu 
fort  violent  une  heure  durant.  Après 
le  creufèt  étant  rafroidy,  on  pul- 
verilèra  cette  matière  dans  un  mor¬ 
tier  de  marbre  ,  verlànt  par  defiîis 
de  l’elprit  de  vin  bien  épuré  de  Ion 
phlegme  ,  à  la  hauteur  d’un  tra¬ 
vers  de  doigt.  Alors  il  faudra  era- 
jbrafer  cét  cfprit ,  &  cependant  rc- 
miier  continuellement  au  fonds  du 


mortier ,  avec  une  Ipatule  de  bois, 
la  matière  ,  jufques  à  ce  que  tout 
l’elprit  foit  brûlé  Ôc  confumé  ,  & 
qu’on  y  voye  une  poudre  tres-fei- 
che ,  qu’on  gardera  dans  un  vafe  de 
verre. 

Faculté^,  du  Mercure  de  <vie, 

IL  n’y  a  rien  de  fi  frequent  pour 
le  jourd’huy  ,  que  cette  poudre 
emetique ,  qu’on  éprouvé  journel¬ 
lement  être  le  plus  noble  de  tous, 
les  raedicamens  purgatifs  ,  qui  fe 
tirent  de  l’Antimoine  &  du  Mer¬ 
cure  3  qu’on  ne  fait  point  de  feru- 
pule  de  donner  mêmes  aux  enlaiis, 
aux  perfonnes  foibles  &  délicates, 
&  aux  fièvres  continues ,  pour  pur¬ 
ger  les  humeurs  contenues  au  ven¬ 
tricule  &  parties  adjacentes.  Les 
Chymiftes  s’en  lèrvent  fort’  Ibu- 
vent  aux  pâles  couleurs  ,  &  en  la 
verole  ;  &  luy  attribuent  une  Ibu- 
veraine  vertu  ,  outre  l’évacuation  des 
humeurs  putrides  &  virulentes  ,  de 
purifier  l’humeur  radicale.  On  s’en 
peut  auffi  fervir  és  maladies  lon¬ 
gues  &c  déplorées  ,  &  principale¬ 
ment  en  celles  où  il  y  a  foupçon 
de  virus  ou  levain  verolique ,  com¬ 
me  il  arrive  fort  fouvent  ,  &  lâ 
où  on  ne  penlè  pas.  Elle  purge 
principalement  par  le  vomillèment, 
d’où  elle  a  pris  le  nom  d'emetique  5 
&  par  les  Telles.  Sa  dolc  eft  de  deux 
grains  jufques  à  quatre  ,  dans  quel¬ 
que  conferve  ,  ou  cxtraiél  conve¬ 
nable. 


Faeuîtex. 


SeBion  troiZiîéme, 

feellanc  louverturc  avec  de  la  cire 
i^actiltez^  de  l'eau  acide.  .d’Efpagne. 


ON  s’en  feit  intérieurement  aux 
jiileps ,  &  a  la  vertu  de  cor¬ 
roborer,  coniumer  les  humiditez ,  & 
d’appaiièr  la  ioif.  Mais  il  vaut  miedx 
n’en  ufer  que  par  dehors ,  étant  pro¬ 
pre  à  mondifier  les  playes  &  ul¬ 
cérés. 

Facultez.  du  Bezpard  minerai. 

IL  ne  produit  fbn  operation  ny 
par  le  vomiflement ,  ny  par  les 
felles ,  ains  par  les  urines ,  &  par 
les  fueurs  ,  atténuant  &  refclvant 
les  humeurs.  De  là  vient  qu’il  eft 
excellent  aux  maladies  &  fièvres 
malignes  &  peftilentes  ,  &  en  la 
vérole ,  &  eft  mis  au  rang  des  re¬ 
mèdes  alexiteres  j  c’eft  pourquoy 
on  ,1’a  nommé  Bel(oard ,  pour  ap¬ 
procher  ou  égaler  en  vertu  le  vray 
Bezoard.  Encores  que  les  Chymi- 
ftes  plus  accorts  ,  l’ayent  long- 
tems  déguisé  fous  l’appellation  énig¬ 
matique  ,  d'écume  des  deux  dra¬ 
gons  ,  à  caufe  du  combat  &  lèdi- 
tion  qui  furvenoit  après  l’affufion 
de  l’elprit  de  nitre.  La  dofe  eft 
de  fix  grains  à  douze  ,  dans  un 
véhicule  convenable  ,  comme  vin, 
eau  de  chardon  bénit ,  de  canelle, 
ou  theriaclc. 

Facultez^du  Mercure  courant. 

ON  fait  auffi  état  du  Mercu¬ 
re  courant ,  pour  prefervatif  en 
tems  de  pelle ,  fi  on  le  porte  pendu 
fur  la  région  du  cœur  ,  enfermé  dans 
la  coque  vuide  d’une  ayellaine  ,  en 


Facultez^  du  Cinnahre. 

ON  ne  s’en  fert  qu’exterieure- 
ment  aux  ulcérés  chancreux 
procedans  de  la  vcrole  ,  avec  l’em¬ 
plâtre  de  Vigo. 


Mercure  doux. 

P  Renez  du  Mercure  crad  fix  on¬ 
ces  ,  du  Mercure  fiiblimé  huit 
onces.  Broyez -les  exaélement  dans 
un  mortier  de  marbre  ,  ou  de  bois 
&  non  de  métal  (  car  le  Mercu¬ 
re  ne  veut  point  de  métal  )  jufi 
qu’à  ce  qu’il  n’apparoillè  plus  de 
Mercure  crud.  Mettant  le  tout  dans 
une  cucurbite  à  long  col  ,  ou  dans 
une  phiolc  médiocre  ,  l’emplillànc 
un  peu  plus  que  le  tiers  -,  la  fiibli- 
raation  s’en  fera  au  fable  ou  cen¬ 
dres  durant  dix  ou  douze  heures. 
Après  laquelle  le  vaillèau  étant  ra- 
froidy ,  on  le  calfera  ,  &  on  fèpa- 
rera  toutes  les  diverfes  fubftances 
qui  s’y  remarquent  vifiblement  ;  la 
luye  (  qui  eft  *ïa  partie  la  plus  vo¬ 
latile  &  veneneufê  ^  qu’on  pourra 
garder  pour  mélange  avec  les  remè¬ 
des  topiques  ;  les  feces  &  le  Mer¬ 
cure  crud  ,  qu’il  faut  jetter  là  ,  de 
ne  referver  que  la  partie  cryftalli- 
ne  ,  qui  retrouve  au  milieu  dn 
matras  :  laquelle  fi  elle  n  eft  alfez. 
dulcifiée  (  te  qui  fe  reconnoîtra  fi» 
appliquée  fiir  quelque  iilcerc  fbrdi- 
de ,  elle  fait  elchare  )  on  reïtere- 
rà  encore  une  &  deux  fois  la  me- 


5i8  Des  Minéraux  y 


me  operation  ,  y  ajoutant  encore 
du  Mercure  crud  en  la  fécondé, 
&  non  en  la  troiziéme.  Ce  qui 
luy  diminue  fa  vertu  purgative ,  le 
pendant  auffi  plus  diaphoretique. 

FACFLTE  Z. 

Si  la  Faculté  de  Medecine  de  Pa¬ 
ris  ,  entre  les  rcmedes  Chymiqiies 
tiré;  du  Mercure  a  fait  choix  de 
cette -cy  ,  l'ayant  inféré  dans  ion 
Difpcniàire  :  je  ne  dois  plus  être  fi 
fcrupuleux  de  l'exclurre  en  cette 
édition  (  comme  j 'a vois  fait  en  la 
première  )  du  rang  des  autres  pré¬ 
parations  -,  qui  ont  pour  baie  ou 
pour  adjoinét  le  Mercure.  Du  Renou 
au  fil ,  chapitre  21.  livre  2.  de  fin 
Antidotaive  ,  ne  le  deiàprouvc  point 
étant  bien  préparé.  Outre  que  les 
expériences  &  les  fiiccez  de  ion 
uiage  (  qui  font  la  vraye  pierre  de 
touche  )  m’en  ont  tendu  plus  cer¬ 
tain. 

On  s’en  fert  entre-autres  en  la 
maladie  venerienne ,  ou  tout  ièul, 
le  corps  étant  bien  préparé  ,  &  net¬ 
toyé  de  ies  plus  groilès  humeurs  de 
vingt  à  trente  grains ,  dans  quelque 
conierve  ,  comme  celle  de  rôles. 
Et  lors  fi  outre  les'^  dejeétions  ,  il  ‘ 
vient  à  provoquer  le  flux  de  bou¬ 
che  ,  cela  n ’eft  point  trop  à  crain¬ 
dre  ,  étant  convenable  à  ce  mal. 
Ou  on  le  mélange  avec  quelque 
extraiéb  ou  pilules  purgatives ,  qui 
accélèrent  ion  operation  un  peu 
tardive  par  les  ièlles  ,]  ôc  retiennent 
.celle  du  flux  de  bouche.  La  pro¬ 
portion  du  mélange  doit  être  envi¬ 
ron  de  parties  égales  j  comme  par 
■exemple,  de  douze  ou  quinze  grains. 


avec  demie  dragme  de  pilules  co, 
chées  ,  ou  un  fcrupule  de  Panchyma- 
gogue. 

il  faut  être  un  peu  diferet  & 
retenu  à  le  donner  aux  bilieux ,  & 
aux  corps  extenuez  ;  les  replets  Ôc 
pituiteux  en  pouvans  ufer  plus  li¬ 
brement. 

S’il  arrive  que  les  humeurs  bi- 
liculcs  palfiins  par  le  goficr  ,  après 
le  vomillèment  ,  y  laiflent  ou  dou- 
leur ,  ou  ardeur  :  on  l’appaifera  par 
un  gargarifinc ,  avec  la  feule  deco- 
élion  d’orge,  raifins  cuits,  &rofcs 
de  Provins. 


Turhith  minerai. 

ON  -difloudra  une  once  de  Mer¬ 
cure  crud  dans  deux  onces  d’eau 
forte.  La  diflblution  faite ,  on  en 
Yuidera  par  inclination  la  liqueur 
dans  un  petit  matras ,  Sc  on  l’eva- 
porcra  à  ficcité  au  fable  ,  à  feu  du 
premier  degré.  L’exficcation  étant 
faite ,  on  donnera  le  feu  au  troizié¬ 
me  degré  ,  fi  longuement  qu’on  ap- 
perçoive  au  fonds  du  matras  une 
matière  fixe,  vermeille  comme  cin- 
nabre  :  &  à  la  fommité  une  ma¬ 
tière  volatile  de  couleur  jaune.  On 
retirera  alors  le  matras  ,  ,&  on,  le 
rompra  ,  &  on  fèparera  la  matière 
plus  fixe  qui  fera  au  fonds  du  ma¬ 
tras  ,  de  l’autre  moins  fixe  :  &  on 
gardera  celle  qui  fera  plus  vermeil¬ 
le  ,  par  l’ufage  de  la  Medecine  :  & 
l’autre  moins  fixe  qui  étoit  au  déf¬ 
ions  ,  pourra  être  derechef  fiiblimée 
&  mêlée  avec  la  poudre  ou  maflè 
pour  la  fiibhmation  du  Mercure. 
Quant  à  cette  poudre  vermeille ,  il 


SeBion  troiZiiéme, 

la  faudra  enflàmer  dans  un  mortier 

de  marbre  ,  verlànC  par  defliis  de  F  A  C  V  L  T E  Z. 

refprit  de  vin  ,  qu'il  lurnage  tant  fait 

peu,  &  le  remuer  avec  un  bâton.  Ce  ^précipité  blanc  n’opere  pas 
jufques  à  ce  que  l’humidicé  dudit  avec  telle  vehemente  comme  le  pre- 
efprit  foit  toute  confuméc.  Alors  il  cipité  rouge  Et  convient  principa- 
faudra  tirer  Sc  garder  cette  poudre  lement  à  la  verole  ,  foit  comme  rc- 
dans  un  verre.  •  mede  interne  ,  foit  comme  externe. 

Or  l'on  reconnoîtra  fi  la  prepa-  Il  y  en  a  qui  s'en  forvent  aulîî  aux 

ration  de  ce  précipité  de  Mercure,  fards ,  à  caufo  de  la  grande  force 

ou  turbith  minerai  ,  eft  bien  faite,  qu'il  a  de  blanchir.  La  dofo  ell:  dé¬ 
fi  on  frotte  un  écu  ou  autre  pièce  puis  quatre  grains  juives  à fopt,in- 

d'or  de  la  poudre ,  &  qu'il  ne  blan-  corporé  avec  quelque  maflè  de  pilu- 

chille  pas.  .les  ou  cxtraiét  purgatif,  afin  d’acce- 

lerer  ion  operation. 

FA  C  ZL  TE  Z- 


Il  eft  propre  aux  fievres  tierces 
bâtardes  ,  &  quartes  ,  à  la  verole, 
&  à  la  galle  ,  &  aux  maladies  où  il 
y  a  grande  corruption  d'humeurs.  La 
dofo  eft  de  trois  grains  jufques  à 
cinq,  incorporé  avec  quelque  ex¬ 
trait  purgatif.  Il  exerce  fon  opera¬ 
tion  par  les  folles, vomilfomens,  quel- 
quesfois  par  les  fiieurs  &  urines.  On 
s'en  fort  aullî  extérieurement  aux  ul¬ 
cérés  putrides  &  chancreux. 

Dit  Mercure  précipité  blanc. 

On  dilibudra  une  once  de  Mer¬ 
cure,  comme  defiûs  ,  dans  deux  on¬ 
ces  d'eau  forte.  Et  après  là  dilfolu- 
tion ,  on  foparera  par  inchnarion  la 
liqueur  ,  &  on  la  précipitera  avec 
de  l'eau  falée  dans  un  vaiflèau  preci- 
pitatoirc  ;  &  aulE-tôr  il  fo  préci¬ 
pitera  au  fonds  du  vafo  une  poudre 
blanche.  La  précipitation  faite  ,  on 
agitera  la  matière ,  qu'on  filtrera  ,  ôc 
édulcorera ,  pour  la  garder  au  bc- 
foin. 


CONCLFSION. 

Avant  que  de  finir  ce  Traitté,  je 
veux  encores  gratifier  le  Le- 
(fteur  ,  propofant  quelques  confide- 
rations  generales,  fore  importantes, 
pour  lufage  du  Mercure,  de  quel¬ 
que  façon  qu'il  foit  préparé. 

Premièrement  que  la  forme  la 
plus  convenable  de  le  donner  ,  eft  la 
folide,  comme  en  pilules  (  l'incor¬ 
porant  avec  la  terebenthine  ,  ou  avec 
l'extraid  de  colocynthe  :  )  de  peur 
qu'arrêtant  trop  au  palais  ,  il  n'ex¬ 
cite  le  flux  de  bouche,  &in  lamma- 
tion  de  gorge  ,  par  l’attradion  qu’il 
fait ,  d’une  particulière  propriété ,  des 
humeurs  plus  fubtiles  &  tenues, au 
palais. 

2.  Il  faut  différer  le  bouillon  plus 
de  deux  heures  j  &  manger  demie 
heures  après  le  bouillon ,  afin  qu’il 
ne  fojourne  longuement  dans  l’e- 
ftomach. 

3.  En  incorporant  le  Mercure  ,  il 
tt  eft 


3  3  O  Des  A^hermxt 


eft  bon  d’y  ajouter  une  ou  deux 
gouttes  d’huyle  de  foulphre  :  pour- 
ee  qu’il  modéré  fà  malignité  &  rend 
fes  efpvics  volatils  ,  qui  donnent 
aux  parties  Cipcrieurcs  ,  fixes  j  & 
corrige  les  lymptomes  qui  l’accom¬ 
pagnent. 

4.  le  dis  derechef  ,  qii  on  ne  le 
doit  donner  fi  librement  aux  bi¬ 
lieux.  Dautant  qu’en  faifant  une  im¬ 
modérée  attradion  de  leurs  humi- 
ditez  tant  fereufes  qu’autres  ,  qui 
font  le  frein  de  la  bile  ,  cela  leur 
peut  préjudicier  &  irriter  leur  com»' 
plexion. 


Des  Coiaiix. 

L<s>  teinture  de  Coraux. 

Renez  demie  once  de  Corail  rou¬ 
ge  pulvérisé  j  que  mettrez  dans 
une  phiole  étroitte  d’emboucheurc, 
verfant  par  defiris  de  l’e^rit  de  bois 
de  chefne  diftillé ,  une  once  ;  foit 
faite  digeftion  un  jour  &  une  nuitjou 
fi  longuement  ,  que  la  liqueur  de- 
yienne  parfaitement  teinte.  Et  lors 
on  vuidera  cette  teinture  par  incli¬ 
nation  ,  &  par  le  moyen  d’un  pe¬ 
tit  vafe  precipitatoire  on  fermera  l’é¬ 
vaporation  à  ficcité  ,  au  fable  à  feu 
du  premier  degré.  Ce  qu  étant ,  on 
verra  au  fonds  une  matière  vermeil¬ 
le  en  forme  de  Coraux.  On  pulve- 
rifera  cette  matière  ,  &  on  la  re¬ 
mettra  dans  une  phiole  étroite  d*cm- 
boucheure  ,  verfant  par  dcJdiis  de  l’ef- 
prit  de  vin  redifié  ,  qu’il  fumage 
d’ùn  bon  travers  de  doigt.  Et  on 
tn  fera  encore  digeftion  à  chaleur 


lente,  fi  longuement,  que  cét’efprit 
foit  entièrement  tdut.  i  ors  on  le 
fêparera  par  inclination  ,  reverfanc 
fur  la  refidence  d’autre  efprit  de  vin, 
réitérant  les  digeftions ,  &  faifant 
les  feparations  tant  de  fois  qu'on 
appercevra  de  la  teinture  en  la  liqueur. 
Alors  il  faudra  filtrer  toutes  ces  li¬ 
queurs  ,  &  les  diftiller  dans  une  cu- 
curbite  au  bain-marie,  à  feu  du  fé¬ 
cond  d.gré  ,  qn'il  en  refte  le  tiers. 
Cét  efprit  diftiHc  fera  gardé  pur 
ime  autre  operation.  C^ant  à  ce 
qui  refte  an  fonds  de  la  cucurbitc, 
il  le  faut  garder  à  parc  dans  un  verre 
bien  clos ,  étroit  dlcmbouchenre.  Et 
on  aura  unç  liqueur  fort  vermeille, 
préparée,  fins  corrofion. 

F  A  CVLTE  Z. 

Cette  liqueur  a  la  vertu  d’arrê¬ 
ter  toutes  les  évacuations  immodé¬ 
rées  ,  comme  la  trop  grande  profü- 
fîon  des  mois  &  autres  hémorrha¬ 
gies  ;  &  des  flux  de  ventre  &  ve- 
miflèmens  ,  dans  quelque  liqueur 
convenable  ,  comme  pourroit  être 
l’eau  de  plantain.  Elle  conforte  & 
corrobore  l’eftomach  &  le  cœur, 
par  une  grande  fympthie  qu’elle 
a  avec  nôtre  chaleur  naturelle  ;  & 
purifie  le  fâng ,  &  pource  elle  eft 
convenable  à  la  lepre.  La  dofe  eft 
de  fix  gouttes  jufques  à  douze  dans 
quelques  liqueurs  convenables, bouil¬ 
lons  ,  eaux  diftillées  appropriées 
au  mal  ,  &  auifi  dans  des  œu» 
mollets. 


Magiftere 


SeSiion  tmz^iéme. 


33 


Magijiere  dn  Corail  fans 
corrojîon. 

IL  faut  mettre  demie  once  de  Co¬ 
rail  rouge  bien  pulvérisé  dans  une 
phiole  J  veifànt  par  deiîus  de  très- 
bon  vinaigre  diftillé  j  qui  uirnage 
de  trois  doigts.  Et  le  laiflèr  en  di- 
geftion  à  chaleur  lente  durant  qua¬ 
tre  ou  cinq  heures.  La  digeftion 
faite,  il  faut  l'eparer  la  liqueur  par 
inclination ,  &  la  filtrer.  Ôn  mettra 
la  moitié  de  cette  liqueur  dans  un 
grand  vafe  precipitatoire  ,  veriànt 
par  deffirs,  goutte  à  goutte,  de  l’huy- 
le  cauffic  de  Vitriol ,  autant  qu’il  en 
faudra  :  &  on  verra  incontinent  au 
fonds  du  valc  un  précipité  fort  blanc. 
Cette  précipitation  étant  laite  ,  on 
agitera  la  liqueur  avec  le  précipité, 
on  la  filtrera  ,  &  on  la  deflèichera 
à  chaleur  fort  lente.  Et  on  aura  un 
magiftere  tres-fubtil,  qui  fe  dillbu- 
dra  aisément  dans  quelque  liqueur 
que  ce  foih 


Le  fel  de  Corail. 

ON  evaporera  à  ficdtc  l’autre 
partie  du  Corail ,  dillbus  dans 
un  petit  vaiflèaii  precipitatoire  ,  au 
fable  à  feu  du  fécond  degré  :  &  on 
aura  au  fonds  un  fel  qui  n’a  rien  de 
doux ,  ains  eft  acre  comme  les  au¬ 
tres  fels.  Lequel  on  gardera  dans 
quelque  vafè  de  verre  bien  bouché, 
autrement  il  fe  fondroit  aisément. 

FACt^LTEZ. 

Le  magiftere  eft  plus  ufîté  pour:, 
prendre  intérieurement  ,  que  le  fcl> 
&  mêmes  dans  les  fievres ,  pour 
être  de  parties  fubtiles  &  tenues, 
doux  ,  &  nullement  corrofif.  Il  a 
la  vertu  de  çonforter  &  corroborer, 
&  de  provoquer  aucunement  les 
fùeurs. 

Quant  au  fel ,  il  eft  fort  propre 
aux  deeres ,  qu’il  preferve  de  pour¬ 
riture. 


tt  2. 


DES 


DES 


M  E  T  A  V  X. 

SECTION  IV. 


■  L  n  y  a  pas  moyen  de 
laiflèrpaflèr  cetce  propre 
&  derniere  occafion,fans 
dire  un  petit  mot  des 
métaux.  Il' faut  avouer  que  leiirufage 
eft  du  tout  ncceflàire  dans  la  Médeci¬ 
ne  ,  quelque  nombre  qu'il  y  ait  d'au¬ 
tres  medicamens.  S'il  n'y  a  mainte¬ 
nant  aucun  remede  fi  frequent  es  lon¬ 
gues  maladiesjquelcs  eaux  minérales, 
qui  font  la  plupart  imprégnées  d'ef- 
prits  métalliques,  quel  fcrupule  fera- 
on  d'imiter  la  nature  en  la  préparation 
ôc  mixtion  'de  ces  fiibftances  métal¬ 
liques  ?  Les  Anciens  (  dont  on  atfe- 
6te  de  citer  les  exemplaires,  pour. élu¬ 
der  les  nouvelles  inventions  )  Ce  1er- 
voient  de  l'acier,  de  l'airain  brûlé, 
de  l'écaille  d'airain,  &  autres  fèmbla- 
bles  pour  rcmedes  internes  &  purga¬ 
tifs  ,  avec  peu  ou  point  de  prépara¬ 
tion.  Scra-il  donc  maintenant  poflî- 
ble,je  ne  diray  pas  de  blâmer , mais 
de  ne  pas  extoller  l'art  qui  nous  four¬ 
nit  des  medicamens  dépouillez  de 
leurs  qualitcz-malignes  J  à  la  referye 


de  celles  quî  font  necellâires  pour 
leur  operation  ?  C'eft:  être  trop  déli¬ 
cat,  oü  timide,ou  ignorant,  que  d'en 
redouter  l'ulage.  Toute  la  retenue  & 
Iclècret  gît  en  la  dextérité  de  l'em- 
ploy.  Ce  n'eft  pas  la  feule  qualité  mé¬ 
tallique,  qui  en  doit  foire  condam¬ 
ner  l'ufoge,  puis  qu'il  y  ades  végé¬ 
taux  plus  dangereux ,  dont  on  fe  lèrt 
même  utilement.  Tout  ce  qu’on  peut 
alléguer  contre  ,  c'efl:  à  dire  qu’ils 
font  ennemis  de  la  nature.  Mais  fans 
m’engager  en  la  decifion  de  ce  pro¬ 
blème  ,  étant  obligé  d’écrire  Chymi- 
quement,  c’eft  à  dire ,  fuccintftement 
&  fons  fiiperfluité  :  je  diray  en  paf- 
font,  qu'il  peut  partir  des  métaux  non 
foulement  des  vertus  purgatives  & 
grandement  puiifontes  pour  émou¬ 
voir  la  nature ,  defquelles  on  fe-  peut 
fervir  à  bienj  maisauflî  des  facilitez 
alteratives  &  corroboratives,  encore 
qu'ils  ne  fè  convertiilènt  pas  en  no¬ 
tre  fiibftance.  Car  il  iuftit  qu'ils  foient 
aidez  de  nôtre  chaleur  naturelle , 


s  edi  ton  quatrième. 


Ja  produiStioni  de  leurs  effets ,  par  la 
feule  diffufîon  de  leur  qualité  à  giiilè 
de  lumière. 


Du  plomb ,  ou  Saturne. 
Calcimtion  de  Saturne. 

ON  mettra  une  demie  livre  de 
plomb  dans  un  pot  de  terre 
vernüréj  couché  de  côté  fur  les  char¬ 
bons  ardents.  La  diffolution  étant 
faite on  le  remuera  fi  long-temps 
avec  une  fpatule  de  fer ,  qu’il  ne  pa-- 
roilTe  plus  fluide  ains  foie  converty' 
en  une  poudre  comme  jaunâtre.  Alors- 
il  faudra  encores  continuer  à  le  re-- 
muer  durant  deux  ou  trois  heures; 
&  on  aura  une  poudre  rouge  com¬ 
me  vermillon.  Ayant  acquis  cette 
couleur,  on  ôtera  cettè  poudre,  qui 
s’appelle  Chaux  de  Saturne ,  qu’il 
faut  garder  pour  lès  ufages_ 

Succre  de  Saturne. 

IL  faut  prendre  quatre  onces  de 
cette  poudre  ou  chaux  de  Satur¬ 
ne  ,  &c  la  mettre  dans  un  vaifîcau 
precipitatoire  médiocre  ,  vcrfànt 
par  delfus  du  vinaigre  diftillé  ,  qu’il 
fumage  de  trois  doigts  ;  on  fera  di-- 
geftion  à  chaleur  lente  l’efpace  de 
quatre  ou  cinq  heures ,  ou  fi  longue¬ 
ment  que  le  vinaigre  foit  rendu’ 
doux.  Alors  il  faudra  feparer  la  li¬ 
queur  par  inclination  ,  Sc  la  garder. 
On  reverfera  d’autre  vinaigre  diftil-  - 
lé  lirr  la  refidence ,  pour  en  fare  une 
nouvelle  digeftion  ,  &  ainfi  conti¬ 
nuer  fi  longuement,  que  la  liqueiw=^ 


participera  de  quelque  douceur.  Ce¬ 
la  eeflant ,  il  faudra  filtrer  toutes  ces 
hqueurs ,  &  les  partager  en  deux. 
L’une  des  parties  fera  mife  dans  un 
petit  vaiffeau  precipitatoire  médio¬ 
cre,  &fera  évaporé  jufques  à  ficcité 
au  fable  ,  à  feu  du  fécond  degré. 
Apres  on  diflbudra  derechef  la  refi¬ 
dence  delTeichéc  ;  puis  on  la  filtrera, 
&  evaporera  ;  réitérant  le  tout  juf- 
ques  à  trois,  quatre,  cinq ,  &  fix  fois: 
&  enfin  on  aura  le  fùccre  ou  fel  de 
Saturne ,  fort  blanc  &  doux  comme 
du  vray  foccre.  • 

F  A  C  FL  Te  Z. 

C’efl  un  des  plus  excellens  reme-- 
dés  que  la  Chymie  nous  fournifiè. 
On-  s’en  fert  tant  intérieurement, 
qu’exterieu rement.  Intérieurement  (ce 
qu’on  ne  doit  neantmoins  faire  fans 
grande  neceffité_}  au  grandes  inflam¬ 
mations  ,  diflbus  de  deux  à  trois 
grains  dans  quelque  eau  convenable,- 
comme  de  plantin  ou  de  rofes.  Quel¬ 
ques-uns  l’ordonnent  an ffi  dans  les 
gonorrhées  viinlentes.  Quant  eft  de 
îon  ufàge  externe ,  il  efl;  fbuverain  en 
toutes  inflammations,  &  aux  fiftules- 
&  ulcères  malins  :  aux  puflnles  &  ta¬ 
ches  du  vifege  ,■  mêlé  avec  hiiyle  de 
tartre  fait  pr  defiiillance  ,  fi  on  en  ■ 
frotte  lefdites  puflules;&  taches.  Si  on  ■ 
i’en  vent  fervir  pour  modérer  & 
éteindre  l’ardeur  venerienne,  ce  doit  • 
plutôt  être  enlinimenc,  avec  queU- 
que  huyle  réfrigérant,  comme  de  ne.;- 
nuphar ,  à  la  région  des  reins. 


cî'  3- 


334 


Des  Métaux  ] 


Magijîere  de  Saturne. 

L’Autre  partie  de  la  liqueur  dou¬ 
ce  de  Saturne  lera  mifedans  un 
vaiireau  precipitatoire ,  veriànt  par 
delFus  goutte  à  goutte  de  l’huyle  de 
tartre  hit  par  défaillance  >  autant 
qu’il  futfira  :  &  on  verra  au  fonds 
du  vailfeau  une  matière  blanche  ti¬ 
rant  fiir  le  laicl.  Alors  il  la  faudra 
laitier  ralTcoir ,  fans  la  remuer ,  par 
l’efpace  d’une  demie  heure  :  &  il  re- 
fteraau  fonds  une  malle  tres-blan- 
che  de  Saturne ,  fur  laquelle  nagera 
la  liqueur  de  tartre  avec  fbn  vinaigre} 
laquelle  onfèparera  par  inclination. 
Et  on  dilibudra  la  refidence  dans  de 
l’eau  commune }  on  l’agitera,  filtrera, 
édulcorera,  &  fâchera  à  chaleur 
lente ,  pour  la  reiferrer  dans  un  vafe 
de  verre. 

FA  CVL  TE  Z. 

On  luy  attribue  les  mêmes  ver¬ 
tus  qu’au  fùccre  de  Saturne  ,  tant 
pour  les  uhges  internes  ,  qu’exter¬ 
nes.  La  dote  eft  autre  que  du  fuccre, 
fçavoir  d’un  demy  fcrupule ,  avec 
qudque  eau  convenable,  aux  grandes 
inflammations  internes ,  &  exceflî- 
ves  ardeurs  de  Venus.  -Qn  le  niêle 
avec  les  remedes  topiques ,  (  comme 
linimens ,  &  emplâtres  propres  )  aux 
inflammations }  tumeurs,  Sc  écrouel¬ 
les.  Quelques-uns  s’en  fervent  pour 
cofmetique  ou  fard  »  incorporé  avec 
de  la  pommade. 


.  Huyle  de  Saturne. 

SI  on  étend  le  fuccre  de  Saturne 
préparé  comme  dcfliis ,  pulverifé 
fiir  une  plaque  ou  lanùne  de  verre, 
&  qu’on  la  mette  en  une  cave ,  pour 
être  diflous  (  comme  l’huyle  de 
tarue  ,  )  il  fc  refbut  en  peu  de  temps 
en  huyle. 

FACVLTE  Z. 

Il  n’efb  en  ufàge  que  par  le  dehors, 
5c  eft  fîngulier  en  Uniment  aux  in¬ 
flammations,  eryfipeles,  ulcères ,  fi- 
ftules  :  dont  il  tempere  la  chaleur,  & 
adoucit  la  douleur.  Il  mondifieaulfl 
les  playes  5c  ulcérés. 


Du  Mars,  ou  du  fer, 
ou  acier. 

Crocus  ou  faffran  de  tldm 
adjîrlngent. 

OVtre  les  préparations  que  Bé¬ 
guin  donne  du  fàffran  de  Mars 
adftringent,  les  fiuvantes  ne  font  à 
méprifer. 

La  première  fera  ,  en  mettant  des 
verges  ou  petites  barres  d’acier  au 
fourneau ,  à  feu  de  reverbere ,  afin 
que  la  flamme  atténuant  la  furface 
de  l’acier  ,  elle  produife  conime  une 
efpece  de  fafti  an  très  vermeil  i  ce  qui 
fe  pourra  faire  par  l’efpace  de  dou¬ 
ze  heures.  Ayant  ôté  les  verges  du 
feu ,  5c  étant  ratroidics ,  on  fecoiiera 
avec 


SeSfion  quatrième,  3  3  5 


avec  un  pied  de  lievre  la  poudte  qui  y 
eft  adhérante.  Et  ainfi  continuer  de 
les  remettre  fcr  le  feu  ,  julques  à  ce 
qu'on  aye  autant  de  fafFran  qu'on 
delîre. 

La  féconde  method?  eft  de  pren¬ 
dre  demie  livre  de  limaille  d'acier 
mondée  &  Invée ,  l’étendre  dans  un 
vailïèau  bien  ample  fîir  une  tuile  ou 
lame  de  fer ,  &  la  mettre  au  feu  du 
reverbere,  l’efpace  de  quarante  haiél 
heures.  Etant  ôtée  du  feu ,  il  y  faut 
ajouter  environ  dix  ou  douze  pintes 
d’eau  de  fontaine  j  &  laillèr  le  tout 
en  digcftion  un  jour  entier.  Et  apres 
cela  y  il  la  faudra  vivement  agiter  & 
remuer,  &  ayant  fcparé  par  incli¬ 
nation  l'eau  trouble  ,  on  la  lailfcra 
radèoir  durant  Ex-  ou  fcpt  heures. 
Alors  on  paflera  l'eau  claire  &  nette 
par  le  filtre  ,  &c  on  aura  au  fonds  du 
vailïèau  un  fafïfan  de  Mars  tres-fub- 
ril ,  &  dépouillé  de  toute  faculté 
aperitive, 

FACVLTE  Z. 

C’eft  un  excellent  corroboratif 
aux  maladies  ,  ou  la  faculté  retentri- 
ce  eft  débilitée  &  rclafchée  ;  comme 
celle  de  l’eftomach  en  la  lienterie, 
des  inteftins  en  la  diarrhée  ,  8c  dy- 
fènteric ,  du  foye  au  flux  hepatiquej 
8c  autres  évacuations  immodérées, 
des  mois  ,  fleurs  blanches ,  hemor- 
rhoides  ;  On  n’en  doit  ufer  qu*apres 
les  remedes  univerfèls.  La  dofè  eft 
d’un  demy  fcrupule  à  un  fcrupule, 
dans  quelque  liqueur  appropriée  au 
mal  &  à  la  partie  ,  ou  bien  avec  ht 
conferve  de  xofes. 


Saffran  de  Mars  apéritif. 

ON  prendra  de  l’acier  ardent  & 
enflammé  au  feu  de  reverbere 
ou  de  fufion ,  jufques  à  êtte  blanc: 
auquel  on  frottera  un  magdaleon  de 
fbulphre  ,  au  dellùs  d'un  vailïèau 
plein  d'eau  :  &  on  verra  l’acier  fc. 
fondre  aulîî-tôt,  8c  tomber  avec  le 
fbulphre  dans  l’eau ,  en  forme  de  pe¬ 
tits  globes ,  lefquels  font  fi  friables, 
qu’ils  fe  peuvent  pulyerifer  entte  les 
doigts. 

Aprez  on  réduira  par  trituration 
ces  petits  globes  en  une  poudre  fiib- 
tilc  j  ajoutant  une  égale  portion  de 
fbulphre  pulverifc  &  tamife,  mêlant 
le  tout  exaétement  ,  8c  l’étendant 
fur  une  lame  de  fer,  ou  dans  un  pot 
de  terre.  Metccz-lc  au  feu  de  réver¬ 
béré  vingt  quatre  heures  durant ,  8c 
à  la  fin  on  verra  l’acier  réduit  en 
poudre  violette ,  qu’il  faudra  dere¬ 
chef  pulverifèr  fubtilemcnt,  &  ver- 
fer  par  delTus  de  l’eau  de  fontaine  à 
la  hauteur  de  cinq  ou  fix  doigts.  On 
agitera  le  tout,  8c  on  verfèra  l’eau 
trouble  dans  quelque  vailïèau  net* 
8c  la  lairra-on  talloir  pendant  quel¬ 
ques  heures.  Alors  il  faudra  fèpa- 
rer  par  la  languette  l’eau  claire  8c 
nette ,  8c  la  reverfèr  flir  les  premiè¬ 
res  feces,  qu’il  faudra  remuer,  com¬ 
me  dellus.  Réitérant  cela  fi  longue¬ 
ment  que  l  eau  trouble  ,  verfée  à 
pluficurs  fois  ,  8c  derechef  fèparée, 
aura  laillc  une  fîiflîfânte  quantité  de 
foffran  très  fiibtil  &  impalpable. 
Finalement  pour  la  derniere  fois* 
feites  euaporer  l’eau  trouble  ,  &  il 
reliera  le  fàffran  de  Mars  apéritif, 
préparé  comme  il  faut  ,  avec  fon 


3  3^  T>ei  Métaux, 


e(pric  vitriolé  >.  qu’il  s’efl:  conlèr- 
vé  aprez  la  calcination  réitérée  j  & 
les  frequentes  ablutions  Sc  évapo¬ 
rations. 

FACFLTE  Z. 

Cette  préparation  a  quelque  èhofe 
de  plus  exquis  que  la  commune ,  & 
rend  ce  remede  plus  propre  aux  in¬ 
tentions  pour  lefquelles  on  l’ordon¬ 
ne  ,  fçavoir  aux  grandes  &c  rebelles 
obftruaions  du  mefentere ,  du  foye, 
de  la  ratte,  qui  caufent  les  pâles  cou¬ 
leurs  ;  des  veines  de  là  matrice,  dont 
arrive  la  fiippreffion  des  mois.  La 
dolè  cft  d’un  demy  fcrupule  dans 
quelque  liqueur  convenable  ,  qu 
mêlé  avec  quelque  opiate ,  conferv.e 
qu  tablette  ;  gardant  les  circonftan^ 
ces  (  ayant  l’ulage  )  des  remedes  ge¬ 
neraux  ,  &  le  continuant  longuement 
félon  la  grandeur  du  mal  ,  qui  peut 
obliger  d’en  ufer  .quelqucsfois  juf- 
ques  à  deux  ou  trois  fcmaincs  fans 
interniption  ,  fe  pourmenant  aprez 
1  avoir  pris  par  l’elpace  d’une  heu¬ 
re  ou  deux ,  &  beuvant  par  defliis 
quelques  cuillerées  de  quelque  li¬ 
queur  aperitive ,  en  cas  qu'on  le  prit 
,cn  forme  fp'ide. 


Du  Cuivre  j  ou  Venus. 
Calcination  de  Venm. 

ON  mettra  dans  un  creufet,  cou¬ 
vert  de  Ibn  couvercle  troué  au 
milieu ,  des  lamines  de  cuivre  ,  met¬ 
tant  entre  chacune  d’icelles  une  ihf- 


fîfante  quantité  de  foulphre  pulve- 
rifé  ,  ce  que  les  Chymiftes  appellent 
ftratifier.  On  luy  donnera  un  feu 
circulatoire  ,  l’augmentant  peu  à  peu, 
jufques  à  ce  qu’on  ne  voye  plus  for- 
tir  aucune  ftimée  frilphurée  par  le 
trou  du  couvercle.  Alors  le  vaiiTeau 
étant  refroidy ,  on  ôtera  le  couvercle, 
&  le  cuivre  calciné, du  creufet,  pour 
le  pulverifèr  au  mortier.  On  en 
mêlera  la  poudre  avec  de  nouveau 
übulphre ,  qu’on  mettra  dans  un  pot 
de  terre  verniiTé  couché  fur  le  côté, 
&  mis  f  ir  les  charbons  ardents,  pour 
le  calciner  derechef,  jufques  à  ce 
qu’il  devienne  rouge ,  comme  le  col- 
cothar  de  Vitriol  :  laquelle  poudre  fe 
nomme  Chaux  de  Venui ,  qu’il  faut 
garder  pour  d’autres  ufeges. 

Vitriol  de  Venm. 

IL  faut  prendre  de  la  chaux  de  Ve¬ 
nus  deux  onces  j  qu’on  mettra 
dans  L4ne  phiole  ,  verfent  par  dellus 
de  l’eau  de  fontaine ,  qu’elle  feirnage 
de  trois  doigts  ,  &  la  laifler  en  dige- 
ftion,  jufques  à  ce  que  la  liqueur  foit 
aucunement  teinte  de  couleur  bleue, 
&  d’une  faveur  vitriolée.  Alors  on 
filtrera  l’eau ,  &  on  la  fera  évapo¬ 
rer  ,  jufques  à  ce  qu’il  s’y  felfe  une 
peau.  Il  faudra  mettre  la  refidence 
en  quelque  lieu  froid  durant  vingt- 
quatre  heures.  '  Et  on  verra  au  fonds 
du  \ailïeau  de  tres-beaux  cryftaux 
de  Venus.  Lefquels  on  ôtera  du  vaif 
feau ,  pour  les  fcicher  à  l’ombre  ^ 
les  garder. 


facvl 


s eBton  quatrième.  537 


F  A  C  r  LT  E  Z. 

Ce  Vitriol  cft  fingulier  aux  maux 
des  yeux  ,  où  il  n'y  a  point  d'in¬ 
flammation  ,  ains  plutôt  fliffiifion , 
dilïout  dans  eau  rôle  ou  de  plan¬ 
tain  :  &  peut  égaler  ou  flirpallèr  les 
vertus  de  l’eau  décrite  dans  Bau- 
deron  dans  l’Appendix,  pour  me¬ 
me  effet. 


De  la  Lune  ou  Argent. 

MEttez  une  once  de  limaille 
d’Argent  tres-fin  dans  une  cu- 
curbite  feparatoire  >  verfàiit  par  def- 
fùs  autant  de  bonne  eau  forte ,  qu'il 
en  faudra  pour  le  diflbudre  ,  qui 
peut  être  environ  deux  onces.  Suf¬ 
fira  de  bien  boucher  l'orifice  du 
vailïcau  avec  du  papier  ,  &  le  lait 
fer  à  chaleur  lente  ,  pour  ctre  dit 
(bus.  La  dilTblution  étant  faite  j  on 
verfera  la  liqueur  dans  un  pot  de 
terre  veniffé  bien  fortj  avec  une 
demie  livre  d'eau  de  fontaine.  Aprez 
on  mettra  dans  le  pot  des  lamines 
de  cuivre  3  failànt  une  legere  ébul¬ 
lition  à  feu  lent  de  charbons.  X'e- 
bullition  faite  ,  on  retirera  le  pot 
du  feu  ,  &  on  le  laiffera  refroidir. 
Ce  qu'étant  >  on  feparera  par  incli¬ 
nation  la  couleur  qui  paroi  tra 
bleue.  Et  on  verra  autour  des  la¬ 
mines  de  cuivre  ,  une  chaux  fubtile 
argentée  ,  de  la  Lune.  Sur  laquelle 
chaux  on  verlèra  derechef  de  nou¬ 
velle  eau  de  fontaine  »  qu'on  fera 
auffi  bouillir  >  refroidir  ,  &  lèparer 
par  inclination  3  comme  dclîus.  Et 


on  aura  encores  au  fondas  du  pot  >  & 
autour  des  lamines  de  cuivre,  la  chaux 
edulcorée  de  la  Lune.  Laquelle  on 
fera  feicher,  &  garder  pour  d'autres 
préparations. 

La  teinture  de  t Argent. 

ON  mettra  une  dragme  de  chaux 
d’argent  dans  une  petite  phio- 
ie,  verfant  par  deflîis  de  l’elpritdc 
Vitriol,  qu'il  fiirnage  d’un  bon  doigt. 
Le  vaiflèau  étant  bien  clos ,  on  le 
tiendra  en  digeftion  fi  longuement 
que  le  menftmë  loit  entièrement 
teint ,  qu’on  feparera  par  inclina¬ 
tion  ,  rcverlànt  d’autre  efprit  de  Vi¬ 
triol  tant  de  fois ,  qu’on  appercevra 
quelque  teinture  en  la  liqueur.  Aprez 
on  fera  eyaporet  ces  teintures  à 
confiftence  d'cxrrait ,  tant  (bit  peu 
épais  j  verfant  fur  l'a  refidence  de 
l’efprit  de  vin  reffifié  ,  qu'il  fùr- 
nage  de  trois  doigts,  |.e  vaiffeau 
étant  bien  bouché  ,  on  le  tiendra 
de  nouveau  en  digeftion  ,  jufques 
à  ce  que  la  liqueur  fbit  encores 
bien  teinte.  On  feparera  par  incli¬ 
nation  cette  teinture  :  S>c  on  rever- 
fèra  d’autre  efprit  de  vin  feétifié, 
qu’on  mettra  en  digeftion  jufques  à 
une  finale  extraétion  de  teinture. 
Alors  toutes  ces  teintures  feront  fil¬ 
trées,  &  diftilléesau  bain  marie  ,  juf. 
qu’à  ce  qu'il  en  refte  le  quart.  Le 
vaifteau  étant  refroidy  ,  on  en  tirera 
la  refidence ,  qu’on  gardera  dans  un 
pot  de  verre. 

FA  CFL  TE  Z. 

On  recommande  fort  cette  tein¬ 
ture  pour  la  corroboration  du 
U  U  cer 


3  Des  Métaux^ 


cerveau  >  fut.lequel  elle  a  une  vertu 
fpecifîque  :  6e  partant  elle  eli;  propre 
aux  grandes  maladies  qui  ont  leur 
fîege  en  iceluy ,  comme  i’apoplexiej 
cpilepfie ,  léthargie. 

Diofcoride  donne  à  Targent  une 
vertu  alêxitcre  contre  le  venin  de 
Taconit ,  &  Avicenne  l'employe  à  la 
palpitation  du  cœur. 

Du  Sol  OH  de  l'Or. 

COmme  nous  avons  commencé 
ce  petit  ouvrage  par  laRofe,  la 
pius  belle  des  fleurs ,  la  plus  agréa¬ 
ble  à  l'œil  ,  la  plus  amie  du  cœur  ; 
nous  le  finirons  par  ce  mctail  le  plus 
exquis ,  le  phare  du  commerce  hu¬ 
main  ,  le  fils  aîné  &  mignon  du  So¬ 
leil.  Bien  que  mon  humeur  n'aye 
gueres  d’inclination  à  adorer  cette 
idole  du  monde,  qui  a  un  fi  fouverain 
empire  fur  les  affeélions  des  hom¬ 
mes  :  cela  tiendroit  pourtant  trop  de 
l’inofEcieux ,  fi  je  ne  couchois  iey 
quelques  traits  de  fes  préparations, 
&  des  vertus  qu’il  a  dans  la  Méde¬ 
cine.  L’employ  de  ce  mctail  pour  cet 
ufege  n’eft  pas  une  invention  de  la 
lèiile  Chymie  ,  quoy  qu’elle  fe  lbit 
étudiée  par  l’effort,  d’une  plus  indu- 
ftricufè  fiibtilité  de  renchérir  par  défi, 
fus  les  préparations  communes.  Car 
non  feulement  les  Arabes  i  chez  lef- 
quels  la  Chymie  a  pris  naiffance,. 
ou  pour  le  moins  fijn  acaoillèment:. 
mais  aullî  les  plus  anciens  Médecins 
Crées  aprez  Hipjpocrate,  entre  autres. 
Nicander  &  Diofcoride,l’ont  ordon¬ 
né  comme  antidote  de  l’argent  vif, 
qu’ils.eftimoient'un  venin. 

Poiu-  moy  je  tiens  que  cette  gran¬ 
de  vertu  civile  6c  mbr^e qu’il  a  de 


rejoüir  le  cœur,  procédé  d’une  vertu 
phyfique  &  fülaire  cachée  dans  ce 
metail.  Laquelle  le  rend  effeéhve- 
ment  propre  contre  les  paffions  du 
cœur,  telles  que  font  la  mélancho- 
lie,  la  palpitation  ,  lafyncope  ,  outre 
fa  faculté  alcxitere  generale  de  refi- 
fter  aux  venins.  Quand  je  n’aurois 
avec  Avicenne  ,  livre  des  medica. 
mens  cordiaux,  queFernel,  liv.^. 
chap.ii.de  la  Méthode,  pour  cau¬ 
tion  de  cette  verm naturelle, je  m’efti- 
merois  aflèz  fort  contre  tous  ceux 
qui  la  combattent.  Lefquels  je  me 
prefùme  avoir  été  fi  friands  &  ficupi- 
des  de  poflèder  l’or  tout  entier ,  qu’ils 
envioyent  la  (èule  communication 
de  là  vertu  ,  en  faveur  des  autres , 
quoy  qu’elle  fe  peut  diftribuer  fans 
dechet ,  à  guife  des  rayons  ou  de  la 
lumière  du  Soleil,  4ont  l’or  eft  un. 
hiéroglyphe ,  &  fÿmbole. 

Ce  que  les-  Autheurs  contraires- 
oppofènt ,  que  l’or  n’a  point  de’  fa¬ 
miliarité  avec  nôtre  chaleur  natu¬ 
relle,  &  que  ne  pouvant  être  diC- 
fous  ny  converty  en  nôtre  fiibftan- 
ce  ,  il  ne  peut  reparer  ny  reftaurer 
l’humidité  radicale  perie ,  comme  il 
arrive  en  l’heétique  confôramée ,  ou. 
au  marafine  :  Cela  n’empefche  pas 
que  par  fa  qualité  militaire  &  cor¬ 
diale  ,.  il  ne  caufè  une  telle  alteration, 
és  cfprits,  en  les  récréant.  &  unifiant, 
&  és  humeurs ,  en  prévenant  ou  cor¬ 
rigeant  leur  putrefaâion  ,  qu’il  ne 
corrobore  la  nature»  &  la  garde  de 
ILiccomber.  S’il  ne  remedie  pas  à 
l’inanition  confirmée,  les  alimens  les 
plus  fubftantiels  ne  le  peuvent  non 
plus.  Ce  fèul  defaut  ne  préjudicie 
rien  à  fa  vertu.  Il  y  a  fort  peu  de  ma¬ 
ladies  qui  ayent  pour  caufe  conr 


s eêîion  quatrième,  35^ 


jointe  l’inanition  j  ainS  plutôt  la  le- 
plction  &  putrefaôlion  :  pouvant  ob¬ 
vier  à  la  dernicre  ,  aprez  avoir  iuffi- 
famment  iàtisfait  à  l’autre  par  l’éva¬ 
cuation. 

D’autres  paflênt  encore  plus 
avant  >  Ôc  luy  attribuent  la  vertu  de 
purifier-  le  iàng ,  avec  lequel  il  a  une 
particulière  convenance ,  faifahs  une 
analogie  des  quatre  humeurs  aux  qua¬ 
tre  meaux  ,  du  fàng  avec  l’or  ,  de  la 
bile  avec  le  fer  ou  acier  ,  de  la  pi-» 
mite  avec  l’argent ,  &  de  la  melan- 
ckolie  avec  le  plonib- 

Cdcination  de  l'or. 

ON  réduira  en  poudre  tres-fîib- 
tile  deux  dragmes  d’or  tres-fin, 
ou  bien  des  petites  lamines  fort  dé¬ 
liées  :  lefquelles  onployera,  &  on  les 
mettra  dans  une  petite  phiole ,  ver- 
fànt  par  delliis  demie  once  d’eau 
royale.  Puis  on  la  tiendra  en  dige- 
ftionà  chaleur  lente,  jufques  à  ce  que 
la  lubftance  de  l’or  foit  convertie  & 
diflbute  en  la  liqueur.  Ce  qu’étant, 
on  verlèra  cette  liqueur  par  inclina¬ 
tion  dans  un  grand  vaiireau  precipi- 
tatoire ,  vcrfànt  par  delîiis ,  goutte  à 
goutte  ,  autant  d’huyle  de  tartre  fait 
par  défaillance  ,  qu’il  fiiffira  pour 
faire  la  précipitation.  Et  il  iè  fera  du¬ 
rant  cette  précipitation  un  grand 
combat  ;  lequel  finy  ,  on  verra  la 
matière  précipitée  vermeille  au  fonds  . 
du  vafe.  Alors  on  agitera  le  tout ,  & 
on  le  filtrera.  La  matière  reliant  dans 
le  filtre,  fera  edulcorée ,  delfeichéeau 
Soleil ,  &  gardée  pour  fes  ufàges . 


F  A  crL  TE  Z. 

Cette  poudre  a  une  vertu  cardia¬ 
que  ,  exaltée  par  defftts  Celle  qu’on 
attribué  à  là  bafe,  de  corroborer  le 
cœur ,  avec  lequel  elle  a  une  occulté 
fympathiè,  comme  il  a  été  dit  :  &  luy 
attribuè-on  en'co'rçs  celle  dé  provo¬ 
quer  les  iiieurs,  atténuant  les  hu¬ 
meurs  groflleïes  qui  oblcdent  le 
coeur.  La  dofé  eft  de  huit  ou  dix 
grains  ,  mélaUgéz  avec  quelque  eon- 
fèrve  cordiale ,  comme  eft  celle  de 
buglollé,  ou  bien  dans  déiîx  ôü  trois 
onces  d’eau'  cordiale  dé  buglollc, 
ulraaria ,  oü  chardon  bénit. 

Idor  potaUe. 

ON  mettra  une  once  d’or  lime 
dans  une  phiole  de  verre ,  ver- 
fant  par  deftus  quatre  onces  d’elprit 
de  fel  redifié  ,  avec  fon  alembic  & 
le  récipient  bien  joint  &  lutez  :  on 
le  mettra  en  digeftion  au  bain 
rie  par  l’elpace  de  quatorze  jours 
à  feu  du  premier  degré.  La  dige¬ 
ftion  faire,  on  verra  au  fonds  de  la 
phiole  la  lubftance  de  l’or  à  demy 
conluméc  Sc  fondiié.  Alors  on  fe- 
parera  par  inclination  ceue  Iblution 
teinte  en  couleur  d’or  :  &  on  rever- 
fera  de  nouvel  efprit  de  fel  redifié 
lîir  la  refidence ,  &  on  fera  une  di¬ 
geftion  de  même  à  la  precedente. 
Et  à  la  fin  on  fcparera  de  nouveau 
la  liqueur  teinte  en  or ,  &  puis  on 
verra  au  fonds  de  là  phiole  une 
malle  blanchillànte  ,  qu’on  tient 
pour  la  terre  de  l’or.  On  ôtera  cet¬ 
te  terre,  &on  remettra  de  nouveau 
ces  Iblutions  dans  une  phiole ,  &  on 
11  Z  les 


340  T)es  Métaux  i  SeBîon  quatrième. 


les  mettra  en  digeftion  au  tain  ma¬ 
rie  durant  quatorze  jours  à  feu  du 
premier  degré.  Aprez  on  les  diftil- 
Icra  à  feu  du  lècond  degré  jufques 
à  ficcité.  Alors  on  mettra  la  reiîdenr 
ce  dans  le  pcllican ,  verfantpar  deC- 
fus  de  l’elprit  de  vîn  épuré  de  fbn 
phlegme ,  quatre  onces.  L’orifice  du 
vailleau  étant  bien  bouché  avec 
veflîe  de  porc  mouillée  ,  on  fera  en- 
cores  digeftion  au  bain  marie ,  à  feu 
du  fécond  degré,  ou  dans  le  fien  de 
cheval  un  mois  durant ,  ou  ft  lon¬ 
guement  qu’on  voye  diftiller  par 
les  bras  ou  anfes  du  pellican  des 
gouttes  doi  ées.  Alors  on  ôtera  cet¬ 
te  liqueur  ,  on  diftillera  par  la  cu- 
curbite  au  bain  marie  à  feu  du  pre¬ 
mier  degré  Jufques  à  la  moitié.  Ce 
qui  refte,  fera  la  vraye  foliuion  ou 


F  / 


teinture  d’or  ,  qu’on  appelle  Or 
potable. 

F  A  C  F  L  T  E  Z. 

Cette -liqueur  fpkitueufe  eft  ré¬ 
putée  fi  fouverainede  amie  de  la  na¬ 
ture  ,  qu’eile  eft  capable  de  prefèrver 
le  corps  de  toute  infection ,  de  puri¬ 
fier  le  fàng  de  toute  impureté ,  cor¬ 
roborer  le  coeur  &  tous  les  vifeeres, 
.par  une  propriété  &  température  de 
tibftance  fort  proportionnée  à  nô¬ 
tre  humidité  radicale ,  qu’il  fixe ,  & 
en  retient ,  ou  tout  au  moins  modéré 
la  diflîpation  ^  retardant  par  ce 
moyen  la  vieillellc.  Septalius,  lib.y. 
Animadverjion.  prefere  la  folution 
Chymique  de  l’or  à  toute  autre  ma¬ 
nière  de  le  préparer. 


.7^0 


REP’ON 


341 


REPONSE 


DE  FRANÇOIS  VERNY, 
Maître  Apothicaire  de  Montpelicr  ,  à  TApo- 
logie  de  Monfîeur  lean  Zvvelfer  Médecin  de 
l’Empereur, 


^  Hemistocie  leThc- 
bain,  eftimé  le  plus  fàge 
&  le  plus  prudent  de 
^  *  tous  les  Grecs ,  difoit 
qu'il  n’y  avoir  point  de 
plus  grand  travail  au  monde  que 
de  voir  l’honneur  de  l’homme  de 
bien  être  exposé  à  la  mercy  d’une' 
langue  venimailc.  Q^e  ne  diroit-il 
pas  encore  en  ce  fîecle  de  corru¬ 
ption  ,  s’il  vivoit ,  du  procédé  de 
Monlîeur  lean  Zvvelfer,  Médecin 
par  la  faveur  de  là  majellé  Impé¬ 
riale,  de  ce  qu'ayant  voulu  relever 
les  erreurs  dont  il  a  fouillé  fes  Ani- 
madverfations  liir  les  Syrops  Ace- 
teux  composés  de  Mcfu6,lùr  celuy 
d’Armoife  de  Matthieu ,  &  lùr  la 


Confeélion.  d’Alkermcs  de  Mont- 
pelier  ;  il  voudroit  par  des  injures 
atroces  me  faire  palTer  danj  l’elprit 
de  ceux  de  qui  je  n’ay  pas  l’hon¬ 
neur  d’être  çonneu ,  pour  un  homme 
Le  plus  lâche,  le  plus  méchant,. & 


le  plus  monlïrueux  qu’on  fçauroic 
trouver.  Sa  defenfe  eft  un  tilîii  d’in¬ 
jures  &  de  menlônges ,  qui  font  voir 
avec  fa  malice  la  foiblelTc  de  ü 
caulè.  S’il  avoir  eu  de  fortes  railôns 
pour  s’oppofer  &  détruire  ce -que 
j’ay  relevé  contre  luy ,  il  s’en  fcroit 
fervy  :  mais  n’y  pouvant  feâsfeire, 
par  un  babil  extraordinaire  ,  plein- 
de  vanité  ,  de  conflifion  &  de  re¬ 
dites  ,  pour  m’empêcher  d’y  répon¬ 
dre  de  nouveau  ,  il  a  vomy  tout  ce 
qu’un  homme  forty  de  la  lie  du  der¬ 
nier  de  tous  les  hommes  pourroit 
avancer  d’injurieux  &  de  làle.  Tout 
cela  eft  fi  peu  de  chofcàmon  égard, 
que  quoy  qu’il  die  ,  je  ne  IçauroiS' 
m’Cn  offenler  j  le  mépris  que  j’en  fais 
fera  toujours  pris  des  honnêtes  hom¬ 
mes  à  mon  avantage  ,,  dautant  qu’il, 
n’appartient  qu’a  des  crocheteurs  &  à; 
des  harangeres  de  traitter  un  homme 
d’honnair  delà  forte-D’ailleurs  je  fins 
perlùadé  que  tous  ces  grands  hom- 
u  U  3.  mes„ 


342*  Réponce 


mes  qui  Iny  ont  fait  des  vers  avec 
tant  d eloges  ne  len  eftimcront  pas 
davantage  pour  être  de  fès  meilleurs 
arays ,  pardadierement  lors  qu'ils 
verront  par  ma  réplique  j  que  je  luy 
réponds  en  des  termes  les  plus  ci¬ 
vils  &  les  plus  retenus  qu’il  m’eft 
poffible.  Et  quant  au  refte  mon  hon¬ 
neur  fera  affés  réparé  moyennant  que 
j'aye  l’approbation  de  ceux  qui  pren¬ 
dront  plaifir  à  lire  mon  petit  la¬ 
beur. 

l’avoüe  d’avoir  donné  fujet  à 
Monfieur  Zvvelfer  de  s’en  piendre 
contre  raoy  :  mais  aulîî  il  eft  véri¬ 
table  qu’il  eft  le  premier  aggreftêur, 
&  que  je  n’aurois  rien  relevé  con¬ 
tre  luy  en  particulier  ,  s’il  ne  fe  fût 
direâ:ement  emporté  à  déclamer  de 
nôtre  Confedion  d’Alkcrmes  de 
Montpelierjpour  la  faire  palier  dans 
i’cfprit  de  ceux  qui  ont  quelque 
croyance  en  luy  pour  une  Con- 
fedion  de  néant  ou  de  petite  vertu. 

Laiflons  toutes  ces  raifons  à  part 
qui  ne  preiivent  rien  que  l’aigreur,  où 
la  mauvaife  humeur  de  nôtre  Dodeur  ' 
Bullatus  pour  luy  répondre  fur  le  fy- 
rop  Aceteux  composé  de  Mefiié,oùil 
dit  que  jel’accufe  de  détniireles  prin¬ 
cipes  d’Hippocrates ,  les  dogmes  de 
Galien  ,  &  toutes  les  loix  ancien¬ 
nes  des  Médecins.  Voyés  je  vous 
prie  équitables  Ledeurs,  quelle  ex¬ 
plication  Zvvelfer  donne  à  mes  pa¬ 
roles  ,  &  de  quelle  façon  il  les  dé- 
guife  pour  fe  donner  plus  de  *pri- 
fè  fur  moy  ,  &  comme  il  cherche 
à  parler  ,  li  où  il  n’y  a  que  deux 
mots  à  dire.  Mais  encore  ayés  la 
bonté  de  voir  comme  qiioy  il  tour¬ 
ne  le  fens  de  mes  paroles  ,  &  me 
traitte  de  groffier  &  d'impofteur. 


quand  il  dit  que  par  ironie,  j’ay  (Üt 
qu’il  eft  un  novatéur  Chimifte. 

Zvvelfer  je  vous  prie  d’ufer  de 
quelques  remedes  alterans,  qui  foient 
propres  pour  refirener  cette  humeur 
atrabile,  qui  prédominé  dans  vôtre 
corps,laquelle  par  fa  ferveur  corromp 
toutes  les  facultés  de  vôtre  cer¬ 
veau,  à  fçavoir  l’imagination  ,  la 
raifbn  &  la  mémoire ,  qui  vous  ôte 
l’apprehenfion  que  vous  deviiés 
avoir  de  ceux  qui  liront  la  remar¬ 
que  que  j’ay  faite  fur  le  fyrop  Ace¬ 
teux  que  vous  rapportés  en  vôtre 
Apologie ,  la  conférant  avec  la  ré- 
ponfe  que  vous  y  avés  faite  ,  fans 
neantmoins  y  avoir  répondu  i  ne 
découvrent  vos  ruiès  qui  ne  fçau- 
roient  guere  paflèr  plus  outre  ,  & 
que  de  cét  échantillon  on  ne  ju¬ 
ge  de  tout  le  refte.  Et  afin  qu’un 
chacun  foit  inftruit  de  nouveau  de 
cette  vérité ,  je  la  repeteray  mot  pour 
mot ,  parce  qu’en  la  precedente  de 
cette  édition,  j’y  ay  ajouté  quelque 
chofe  qui  la  rend  un  peu  diflembia- 
ble,  dont  voicy  la  teneur. 

[  La  vanité  de  certains-  Chimiftes 
eft  montée  en  fil  haut  degré  d’arro¬ 
gance,  qu’elle  leur  fait  oublier  aveu¬ 
glément  les  plus  beaux  préceptes 
de  la  Medecine  Galenique  ,  quils 
avoient  fiiccés  avec  le  laiéb  ,  &  ne 
s’employent  qu’a  la  détruire  de  tout 
leur  pouvoir.  Mais  lors  qu’ils  veu¬ 
lent,  comme  ils  difènt,  corriger  les 
abus  de  certaines  compofitions  ,  le 
plus  fôuvent  ils  ne  fçavent  ce  qu  ils 
font.  Tel  eft  Zvvelfer  en  fon  Ani- 
madverfîon  fitr  le  fÿcop  Aceteux 
composé  de  Mefiié ,  dans  la  Phar¬ 
macopée  d’Ausbourg  ,  &  fou  nou¬ 
veau  lêélateur ,  qui  veulent  avec  deux 
livres 


a  l' Apologie 

îijrres  de  vinaigre  diftillé,  parladi- 
ftillation  au  B,  M.  jufques  au,  fec  en¬ 
lever  le  fel  volatil  des  racines  &  des 
iemences  qui  le  compofcnt  ,  puis 
cuilênc  Je  mare  dans  crois  livres 
d’eau  commune  jufques  à  la  con*- 
fomption  des  deux  tiers,  ,  &  avec 
une  livre  de  colature,  veulent  cla¬ 
rifier  trois  livres  de  lliccre  fin  3  pour 
cuire  le  tout  en'  fuccre  Rolàc  ,  en 
après  avec  le  vinaigre  diftillé  em¬ 
preint  de  la  vertu  des  fufdics  in- 
grediens  dilîôudrc  derechef  le  fiic- 
erc  pour  le  réduire  en  lÿrop  au  B.M. 
Belle  façon  de  procéder  !'  je  con¬ 
jure  tous  les  bons  Artiftes  de  la 
bien  exaClemenc  conlîderer  3  ils  y 
remarqueront  prefque  autant  de  fau¬ 
tes  qu'il  y  a  des  mots  3  que  je  i=e- 
leverois  fort  à  propos  G  je  ne  ra’é- 
loignois  de  mon  deflèin.  l'ay  vou¬ 
lu  dire  cela  en  paflànt  renvoyant  le 
furplus  3  a  un  autre  volume  3  où  je 
prentends  déduire  le  tout  en  parti¬ 
culier.]  Cependant  jugés  par  les  ter¬ 
mes  de  cette  remarque  G  Zvvelfer 
a  eu  raifon  d’amplifier  mes  paroles, 
&  de  les  tourner  à  contre- fons  3  & 

G  la  différence  n’eft  pas-  grande  entre, 
£on  nouveau  Seélatenr  comme  j’ay 
écrit  3  &  un  novateur  Chimifte  com¬ 
me  il  dit.  Cher  amy  feites  vous 
mieux  donner  a  entendre  une  au¬ 
trefois  3  (  fi  vous  avés  la  peine  d  y 
revenir  )  ce  que  vous  n’entendez  pas, 
&  vous  répondrés  plus  à  propos.  Et 
quand  cela  feroic  que  je  vous  aurois 
appelle  novateur  Chimifte,  voudriés- 
vous  prendre  a  injure  ,  ce  que  d’au¬ 
tres  prendroient  à  honneur. 

Bien  que  j’aye  feit  deffeinde  ne. 
m’arrêter  point  aux  calomnies,injurcs 
Scinveélivesdu  fieur  Zvvelfer,neant^ 


de  Zvvelfer.  543 

moins  je  nepourray  éviter  qu’en  quel¬ 
ques  endroits  de  fon  babil ,  je  ne  me 
lente  obligé  d’y  répondre  ,  comme 
fur  ce  qu’il  clit  que  je  ne  fçaurois 
pas  faire  une  période  latine. 

Monfieur  Zvelfer  doéleur  bulla- 
tus  vous  ne  prenés  pas  garde  à  l’in¬ 
jure  que  vous  faites  à  vous  même, 
de  dire  que  je  ne  fçaiîlois  faire  une 
période  latine  ,  fans  douce  ça  été 
pour  me  devancer  &  pour  me  faire* 
taire  une  vérité  que  j’ay  appris  dé¬ 
nis  long-tems,  &  qui  m’eft  con- 
rmée  tous  les  jours  de  la  bouche 
de  diverlès  personnes  de  vôtre  na¬ 
tion  dignes  de  foy  que  je  pourrois 
nommer  par  nom  &  liirnom ,  qui 
m’ont  aflèuré  en  divers  tems,  que 
Monfieur  Zvvelfer  qui  fait  tant  le 
célébré  ne  Içauroit  écrire  ny  parler 
fix  mots  de  Latin  fans  broncher ,  & 
qu’une  partie  de  ce  qui  paroit  au: 
jour  fous  fon  nom  ,  il  l’a  composé 
en  Alemand  ,  &  a  emprunté  la  plu¬ 
me  d’autruy  ^our  le  tourner  en  La¬ 
tin  &  pour  luy  parachever  fon  ou¬ 
vrage.  Mais  làns  doute  on  me  ré-  • 
pondra  qu’il  n’eft  pas  polîîble  qu’un 
homme  foit  Médecin  ,  s’il  ne  Içait 
parler  Latin,  je* l’avoue  j  mais  pour 
répondre  à  cette  objeélion  ,  je  di- 
ray  auffi  que  Zvvelfer  a  fait  la  fon- 
élion  d’Apothicaire  l’elpace  de  quin¬ 
ze  ans  3  &  qu’ils  fçauront  qu’il  n’efl:: 
pas  Médecin  per  gradué  coujketos 
&  ordinarios -,  mais  bien  Médecin, 
en  vertu  d’une  bulle  que  fo  Maje- 
fté  Impériale  a  donnée  ,  &  ainfi  il- 
faut  conclurrc  que  fi  Zvvelfer  étofo 
Latin,  fon  ambition  qui  eft  grande,, 
l-’auroit  poulsé  de  palier  par  les  de¬ 
grés  accoûmmés  &  ordinaires  de 
cette  renommée  &  floriJÏànte  'Vni- 
verûté: 


544  Réponce 


verfîtc  en  Medeeine  de  Vienne  >  puis 
que  comme  il  dit  qu’elle  luy  a  été 
fi  favorable,  d’avoir  fait  fôn  Apolo¬ 
gie  &  agréablement  accorde  fa  cen- 
Iure,fàns  pomtant  le  cenfurer.  Néant- 
moins  je  dis  qu’il'  y  a  eu  de  la  pru¬ 
dence  en  Zvvelfer  de  ce  qu’il  a 
fauve  les  apparences  de  ne  s’étre 
pas  exposé  3  la  risée  de  fes  amis, 
&  de  ceux  qui  ne  connoilicnt  pas  fbn 
foible. 

Il  ne  faut  plus  infifter  fur  ce  poinâ, 
le  Latin  que  Zvvelfer  a  fait  im¬ 
primer  nous  le  confirme  ,  la  chofè 
nous  eft  trop  conneuë  pour  palïèc 
à,  fon  ingenieufè  préparation  du  fy- 
rop  Aceteux  composé  de  Mefùé, 
d’y  répondre  ponéluellemcnt  à  tous 
les  termes ,  fèroit  à  proprement  par¬ 
ler  abufer  de  l’ancre, du  papier,  ôc 
employer  mal  fbn  tems ,  parce  que 
toutes  fes  raifbns  font  tellement  em¬ 
brouillées  &  conflifès ,  que  je  ne  me 
veux  attacher  qu’a  ce  qui  mérité 
réponfè ,  pour  fatisfàire  à  mon  hon¬ 
neur. 

Avant  que  toucher  au  neud  de 
la  queflion,  il  eft  important  que" je 
fâft'e  voir  comme  Zvvelfer  s’eft  en 
partie  retrafté  de  fôn  modus  facien- 
di  du  fyrop  Aceteux  en  cette  der- 
nicre  édition  de  ce  qu’il  a  dit  en  fa 
precedente ,  de  mettre  les  ingrediens 
dudit  fyrop  à  diftiller  au  B.M.  avec 
deux  livres  de  vinaigre  diftillé  très- 
fort  jufques  à  ficcité  ,  comme  a  été 
déjà  dit.  Et  en  cette  derniere  edi- 
dition ,  après  avoir  veu  ce  que  j’ay 
relevé  à  propos  contre  luy  ,  recon- 
noiftànt  nne  partie  de  fa  faute ,  il  a 
creu  de  la  réparer  fîiffifàmment ,  en 
mettant  fes  ingrediens  en  macéra¬ 
tion  par  un  jour  dans  l’efprit  de 


vinaigre ,  cela  fait ,  il  coule  fon  ih- 
fufîüa,  exprime  les  matières  &  cla¬ 
rifie  la  liqueur.  le  vous  prie  tous 
clairs-voyaiis  de  confiderer  qu’eft-cc 
qui  l’a  obligé  de  fe  retraéter  de  la 
forte  ,  cela  procédé  de  ce  qu’il  n’a- 
voit'pas  bien  confideré  fa  premiè¬ 
re  operation  j  mais  qu’eft-ce  qu’il 
arrive  en  fa  fécondé  pratique  ,  pire 
qu’en  la  première. 

Le  neud  de  la  queftion  touchant 
le  fyrop  Aceteux  composé  de  Me¬ 
fùé,  eft,que  je  fou  tiens  que  Zvvel- 
fer  par  fbn  ingenieufè  préparation 
rend  là  compofition  de  ce  fyrop 

Ïilus  defcélucuiè  que  celle  de  Mc- 
ùé  le  peut  être  par  fbn  fentimenr. 
En  premier  lieu  le  bon  homme 
Zvvelfer  de  quoy  s’éroit-il  avisé  de 
diftiller  les  ingrediens  de  ce  fyrop 
au  B.  M.  avec  la  quantité  defignee 
de  tres-fort  vinaigre  diftillé  ?  c’étoit 
à  deflèin  de  fe  faire  admirer  en  fa 
nouvelle  pratique  ?  mais  comme  quoy 
en  fbn  imperfeélion.  Il  confie  de  ce 
procédé,  que  nôtre  Zvvelfer  eft  mal 
versé  dans  k  Chymie  ,  &  que  fa 
tête  va  plus  vite  que  fes  pieds  :  car 
pour  diftiller  i’efprit  de  vinaigre  très- 
fort,  ou  le  fort  vinaigre  diftillé  »& 
bient  deflegmé  avec  les  fiifdics  in- 
grediens ,  il  faudroit  faire  cette  ope¬ 
ration  par  un  degré  de  feu  plus  fort 
qu’au  B.M.  à  caufè  de  la  pekn- 
tcur  de  l’efprit  du  vinaigre,  qui  eft 
actaché  en  un  tartre  crud  ôc  indi- 
geft ,  qui  le  rend  difficile  à  monter. 
Pour  un  fécond  où  avoic-il  la  pen¬ 
sée  de  s’imaginer  d’enlever  par  cet¬ 
te  operation  les  parties  fulphurees, 
ccherces  Sc  balfâmiqucs  ,  comme  il 
parle  des  ingrediens  de  ce  fyrop,  que 
fon  nouveau  fcétateur  appelle  fel 
volatil. 


a  l'apologie 

volatil  J  que  pour  m’être  voulu  fcr- 
vir  de  fes  propres  termes  ,  Zvvcl- 
fer  m’en  reprend  en  invedlivant  con¬ 
tre  moy  J  ce  qui  fait  voir  qu’entre 
eux  ils  ne  s’entendent  point  en  leur 
raifonnement  non>plus  qu’en  leur 
méthode.  Ne  doivent-ils  pas  fçavoir 
que  le  vinaigre  diftillé ,  particulière¬ 
ment  celuy  qui  eft  très-fort  &  bien 
deflegme  j  n’eft  pas  un  menftru'é 
propre  pour  attirer  la  vertu  de  tels  in- 
grediens  :  font-ils  fi  depourveus  d’ex- 
pericnce  qu’ils  n’ayent  fait  quel¬ 
quefois  cuire  des  végétaux  dans  le 
vinaigre  ,  ou  partie  d’iceux  ?  igno¬ 
rent-ils  qu’ils  s’y  endurciflènt  au  lieu 
de  s’y  r’amollir  ,  la  raifon  de  cela 
eft'j  que  les  pores  du  vinaigre  ne 
conviennent  point  avec  les  atomes 
des  ingrediens  du  fiifdit  fÿrop  ,  &c 
par  confequent  les  parties  fulphu- 
rées ,  etherées ,  &  balfàmiques ,  Cli¬ 
vant  nôtre  maître  Zvvelfer  ,  ôc  le 
fel  volatil  ,  fiiivant  fon  fedtateur, 
ne  peuvent  être  difibutes  ôc  atti¬ 
rées  par  le  vinaigre  diftillé  j  à  cau- 
fo  de  fon  ^artre ,  au  contraire  el¬ 
les  reftent  dans  le  marc  ,  c’eft  la  rai¬ 
fon  pourqiioy  il  faut  être  prudent 
à  ne  mêler  point  certains  acides 
dans  les  infufions,  ny  dans  les  dé¬ 
codions  ;  fans  m’expliquer  plus  au 
long  3  les  entendus  comprendront 
ce  que  je  tais.  Pour  le  regard  de 
mon  Antagonifteil  n’en  faut  pas  di¬ 
re  davantage ,  puis  qu’il  m’avoue  fa¬ 
cilement  cette  vérité  s  en  reformant 
fa  nouvelle  Animadverfion  fur  ce 
fyrop,en  là  derniere  édition,  com¬ 
me  a  été  cy- devant  allégué,  quand 
il  a  changé  la  diftillation  pour  la 
macération.  Mais  ce  qui  prouve  en¬ 
core  mon  dire  ,  &  qui  découvre 


de  Zvvelfer,  54J 

la  foiblefïè  de  fa  fécondé  rncchpde, 
eft  qu’aprés  avoir  macéré  les  in¬ 
grediens  dans  l’efpnt  de  vinaigre, 
la  colature  &  l’expreffion  faite  ,  il 
verlè  fur  le  marc  trois  livres  d’eau 
&  les  fait  bouillir  lentement  jufqiies 
à  la  confomption  des  deux  tiers, 
pourquoy  faire  ?  pour  attirer  par  cet¬ 
te  longue  codion  ,  ce  que  l’efprit  de 
vinaigre  n’a  Iceu  attirer,  qui  font  les 
parties  craflês ,  gluantes  &  terreftres, 
afin  que  rien  ne  fe  perde  des  qua- 
litez  &  vertus  des  ingrediens.  Mais 
le  pauvre  homme  s’abufo  de  croire 
qu’il  n’y  ait  que  les  parties  crafo 
les  &  terreftres  qui  reftent  dans  le 
marc  de  la  diftillation  ou  de  la  ma¬ 
cération  ,  au  contraire  les  plus  fub- 
tilcs  ,  tant  du  vinaigre  diftillé  que 
des  autres  ingrediens,  d’où  la  prin¬ 
cipale  partie  de  ceux-cy,  qui  eft  aro¬ 
matique  fo  diffipe  par  la  longue  co¬ 
dion  ,  comme  avoue  Zvvelfer  mê¬ 
me  en  divers  endroits.  Cette  mé¬ 
thode  femble  à  quelques  -  uns  être 
quelque  choie  en  fon  extérieur;  mais 
à  la  confiderer  en  Artifte,elle  eft  con¬ 
damnable  par  les  raifons  lùs-alle- 
guées  &  par  l'experience. 

En  continuant  d’examiner  le  mé¬ 
lange  de Monfieur  Zvvelfer ,  je  feray, 
voir  à  l’œil ,  que  plus  il  s’exprime 
pour  conferver  les  vertus  entières 
des  ingrediens  de  ce  fyrop  ,  que 
plus  il  les  diffipe  ,  pôle  le  cas  même 
que  ce  qu’il  a  dit  fût  vray.  Il  prend 
une  livre  de  la  decodion  ,  tant  en 
l’une  qu’en  l’autre  édition,  la  clarifie, 
&:  avec  trois  livres  de  focere  fin  ies 
cuit  en  confiftcnce  de  Tablettes  ,  & 
avec  les  deux  livres  ou  environ  de 
fon  elprit  de  vinaigre  empreint  des 
prétendues  vernis  lulphurées,etherées 

XX  & 


34^  Reponce 


ÔC  balfamique  des  fiifdits  ingre- 
diens  ,  déciiit  fon  üiccre  pour  le 
rendre  en  confiftence  de  fyrop  par 
le  moyen  d'une  ou  de  deux  ébulli¬ 
tions  ,  ou  par  4a  feule  diflblurion  du 
fuccrc. 

En  premier  lieu  ,  il  devroit  fça- 
voir  ce  qu'il  ignore  j  que ,  de  cuire 
douze  onces  &  demie  d'ingrediens, 
comme  ceux  qui  composent  le  iÿrop 
Aceteux  en  trois  livres  d'eau  julqucs 
à  la  confômption  de  deux  tiers, 
apres  les  avoir  diftillés  avec  deux 
livres  d'efprit  de  vinaigre ,  qu'il  ne 
peut  relier  dans  le  vailîèau  qu'une 
matière  en  forme  de  bouHe  ,  qui 
contient  ,  comme  à  été  cy- devant 
dit ,  non  feulement  les  parties  craf- 
lès  Sc  terreftres  que  Zvvelfer  pré¬ 
tend  d'en  tirer  par  cette  codtion-, 
mais  auffi  les  parties  plus  aigués  de 
l'clprit  de  vinaigre  ,  &  les  plus  fub- 
tiles  &  tenues  des  ingrediens.  Cet¬ 
te  matière  coulée  Sc  fortement  ex¬ 
primée  ,  rendra  bien  environ  une  li¬ 
vre  de  liqueur ,  mais  il  arrivera  auf- 
il  en  la  clarifiant-,  comme  Zvvelfer 
demande  qu’elle  diminuera  de  beau¬ 
coup  de  fon  humidité  &  de  fi  ver¬ 
tu  ;  la  raifon  de  cela  eft  ,  que  le 
blanc  d’œuf  étant  exaétement  mêlé 
par  l’agitation  qu'on  en  feit  avec  la 
decoétion,  fi-tôt  que  la  chaleur  du 
feu  commence  de  les  penetrer  on 
en  void  feparer  le  blanc  d’œuf,  qui 
a  tiré  &  embrafsé  à  foy  toutes  les 
impuretés  de  ladite  decoétion  avec 
une  bonne  partie  des  atomes  qui 
contiennent  la  vertu  des  ingrediens, 
cela  fe  fait  d'autant  plus  facilement 
qu’il  s'y  trouve  de  l’acidité  du  vinai¬ 
gre,  d’où  vient  qu’en  tels  rencon- 
^es.  il  faut  doubler  la  dofe  des  in¬ 


grediens  ,  fi  on  defire  de  voir  quel¬ 
que  effet  de  la  compofition ,  comme 
nous  pratiquons  tous  les  jours  aux 
médecines  laxatives  que  nous  cla¬ 
rifions  pour  les  rendre  plus  agréa¬ 
bles  ,  qu’il  faut  doubler  la  dofe  dci 
principaux  purgatif;. 

De  plus  parce  que  cette  livre  de 
decoétion  contient  beaucoup  de  fe- 
ces  groflîeres,  qui  retiennent  quelque 
portion  d’humitiité ,  il  arrivera  qu'a- 
prés  l'avoir  coulée  il  n’en  reftera 
pas  fix  onces,  defquelles  je  defie 
toute  la  fubtilité  la  plus  ingenieii- 
fe  de  nôtre  Doéteur  fans  degrés  de 
pouvoir  diifoudre  trois  livres  de  fuc- 
cre ,  poids  de  Medecine  ,  pour  les 
pouvoir  cuire  de  la  façon  qu’il  en¬ 
tend  en  aucune  confiftence  de  fyrop. 

Voilà  mon  raifbnhement  que  je 
viens  de  tirer  de  l’expcricncc  avec 
toute  l’exaétitude  requife,  de  laquel¬ 
le  je  rapporte  une  fidele  vérité ,  qrri' 
eft  bien  opposée  à  celuy  de  nôtre 
très- aigu  cenfeur.  Ce  n’eft  pas  donc 
fans  flijet,  fi  j’ây  dit  qu'en  tout  fon 
procédé  il  y  avoit  prefquc  autant  de. 
fautes  qu’il  y  a  des  mots. 

Pour  un  fccondjMonfieur  Zvvelfer, 
vous  qui.  avis  exercé  laPharmacopfc 
jufques  à  l'âge  de  trente  ans ,  je  m’é¬ 
tonne  grandanentde  ce  qu'un  efprit 
u-anfeendant;,  comme  le  vôtte  en  ait 
rapporté  fi  peu  de  fruits  ;  ôC'  que  'le 
progrès  que  vous  avés  fait  en  Italie 
pendant  que  vous  y  avés  enfeigne 
la  Chymie  ,  ne  vous  aye  ouvert 
l’entendement,  pour  vous  faire  com¬ 
prendre  que  les  racines  &  les  fe~ 
mences  qui  compofènt  le  fyrop  Ace- 
teux  de  Mefué  ,  quelle  vifeofire 
qu’elles  puiffent  rendre  par  votre, 
longue  coétion  Sc  confômption  des 
^  deux 


a  t  Apologie 

deux  tiers  de  Thumidité  que  vous 
y  faites  entrer ,  pour  attirer  ee  qu’el¬ 
les  ont  de  plus  vilqueux  ,  que  par 
laddité  du  vinaigre j  &  la  clarifiea- 
tion  du  blanc  d’œuf  >  elle  fe  réduit 
entièrement  en  feccs  ,  &  ne  contri¬ 
bue  point  de  vertu  à  vôtre  lÿrop> 
comme  tous  les  clairs-voyans  vous 
allèureront  avec  l’experience.  Cet 
erreur  n’eft  pas  petit  Monfieur  Zvvel- 
fer ,  fi  vos  yeux  ne  l’ont  point  ap- 
perccu,  c’elfc  à  caufe  que  vos  fens 
étoient  par  trop  préoccupés  à  cher¬ 
cher  des  (aies  injures  ,  &  des  ca¬ 
lomnies  pour  noircir  la  vérité  qu'on 
vous  apporte.  Mais  encore  ce  qui 
redouble  mon  étonnement  eft  de 
vous  entendre  dire ,  de  cuire  le  fiic- 
cre  en.  confiftence  de  Tablettes  avec 
vôtre  décoction  ,  qui  n’eft  prelque 
que  le  refidu  du  vinaigre  ,  de  la  di- 
ftillatiott-on  de  la  macération  ,  com¬ 
me  il  vous  plairra  j  qui  refte  après 
l’évaporation  de  l’eau  de  la  deco- 
dtion.  Vous  êtes  trop  galand  hom¬ 
me  pour  ignorer  que  le  fuccre  que 
.quelques-uns  appellent  allez  pro¬ 
prement  fcl  balfamique  ,  foit  le  fiic 
dépuré  &  concret  d’une  plante  de 
fubftance  yifqueufe  ,  fi  pur  que  l’art 
le  puilic  rendre  :  il  fe  faut  fervir 
d’une  adreffe  plus  particulière  que 
celle  que  vous  voulés  introduire 
pour  le  réduire  en  forme  de  Tablet¬ 
tes  neantmoins  il  me  paroît  que 
vous  n’avés  point  fait  de  reflexion 
fur  la  fubftance  ,  &  moins  encore 
fur  celle  du  vinaigre  diftjllé  3  celle- 
là  eft  grofliere  6c  cralfe  3  &  celle- 
cy  tenue  3c  fubtile  ;  la  tenuité  de 
celles-cy  divife  ,  fepare  6c  defimit 
la  vifeofité  ôc  craflitie  de  celles-là, 
en  telle  maniéré  que  les  plus  hahi- 


âe  Zwelfer.  547 

les  hommes  par  l’art  du  feu  ,  com¬ 
me  vous  enfeignés  ,  n’en  fçauroient 
conduire  la  cuite  approchant  de  la 
confiftence  de  Tablettes  ,  fans  le 
brûler,  &  le  rendre  d’une  faveur 
entièrement  defàgreable ,  6c  de  ver¬ 
tu  contraire  à  vôtre  intention.  Voi¬ 
là  Monficur  Zwelfer  des  raifons  qui 
ne  preuvent  pas  les  avantages  que 
vous  vous  donnés  en  divers  en¬ 
droits  de  vos  écrits ,  ôc  qui  ne  cor- 
refpondent  point  aux  trophées  que 
vous  dites  vous  être  bâty  dans  les 
fciences ,  6c  à  la  fcience  confidera- 
ble  que  vous  avés  acquife  en  vos 
pérégrinations.  le  n’ufe  point  d’au¬ 
tres  termes  que  des  vôtres  ,  pour 
vous  dire  que  vous  prenés  grand 
plaifir  à  vous  chatouiller  ôc  de  vous 
entendre  louer  de  ceux  qui  ne  vous 
connoifiènt  pas  bien  ,  tout  cela 
fuggere  en  vôtre  cfprit  des  flate- 
rics  trompeufes  ,  vos  écrits  confir¬ 
ment  à  toute  la  terre  cette  vé¬ 
rité. 

Pour  un  troiziéme  Monfieur  Zvvel- 
fer  3  il  faut  que  je  vous  avoue  ,  que 
je  ne  puis  comprendre  où  eft-ce  que 
vous  aviés  l’efprit  ,  lorfquc  vous 
avés  dit  que  trois  livres  de  fuccre 
par  une  feule  livre  d’eau  ou  de  de- 
codion  peuvent  être  cuites  prcfque 
jufques  à  la  confiftence  de  Tablet¬ 
tes  3  non  pas  à  celle  de  fiiccre  Ro- 
far.  Zwelfer  il  faut  avouer  qii’il 
vous  manquoit  bien  d'expcrience  6c 
de  raifons  pour  amplifier  vôtre  ré¬ 
ponce  3  de  faire  différence  entre  la 
confiftence  du  fiiccrc  cuit  en  confi¬ 
ftence  de  Tablettes  ,  8c  celle  du  fùc- 
cre  Rofàt.  Vous  fçavés  fans  doute 
bien  ,  fi  vôtre  prefomption  ne  vous 
la  fait  oublier qu'il  n’y  a  point  de 
i  X  X  Z  diffe 


34^  Réponce 


différence  ,  ou  en  tout  cas  quand  il 
y  en  auroit  ,  il  le  feue  prendre  au¬ 
trement  ,  &  dire  cuites  prelque  en 
confîftcnce  de  fuccre  Rofat ,  &  non 
pas  à  celle  de  Tablettes  parce  que 
le  lliccre  Rofet  pour  avoir  quelque 
efpece  de  bonté  ,  qui  confifte  tant 
feulement  en  1  odeur  que  l’eau  Rô¬ 
le  communique  au  fuccre ,  comme 
avons  déjà  dit  en  Ion  lieu»  il  faut 
que  feize  onces  de  fuccre  Tabarzet 
cuit  avec  de  bonne  eau  Rofe  en 
fuccre  Rofat  &  réduits  en  Tablet¬ 
tes  donnent  deux  onces  pour  le 
jT^oins  d'augment ,  qui  revient  à  dix- 
huit  onces  avec  le  fuccre.  Et  au 
contraire  en  certaines  Tablettes  ou 
_Eleduaircs  folides  ,  où  il  y  entre 
des  pulpes  &  des  poudres  ,  il  faut 
que  le  fuccre  foit  plus  cuit ,  &  qu’il 
n’y  refte  point  ,  ou  tres-peu  d’hu¬ 
midité  j  à  caufe  des  pulpes  qui  dé- 
aiifent  le  fuccre  ,  &  ainfi  mon  pau¬ 
vre  amy  Zvvelfer ,  il  vous  feroit  plus 
fecile  d’approcher  la  cuite  de  vôtre 
ficcre  de  la  confiftence  du  lùccre 
Rofet  qui  ne  doit  pas  être  fi  for¬ 
te  que  celle  de  Tablettes  où  il  y 
entre  des  pulpes.  Voilà  le  myftere, 
ou  pour  mieux  dire ,  une  invention 
de  Zvvelfer  pour  amplifier  fe  ré¬ 
ponce  ,  à  la  façon  de  ceux  qui  ne 
fçavent  que  répondre  j  car  quoy  que- 
j’aye  fait  différence  entre  la  cuite 
de  Tablettes  &  celle  de  fuccre  Ro¬ 
fet  ,  il  ne  mérité  pas  d’en  parler, 
puis  que  l’ufege  a  donné  le  nom  de 
Tablettes  fimplement  à  noftre  fuc¬ 
cre  Rofet  J  à  caufe  qu’il  eft  d’un  ufa- 
ge  plus  frequent  qu’aucune  autre  for¬ 
te  de  Tablettes,. 

Palfons  au  quatrième ,  quand  me- 
me  je  concederois  êc  approuyerois- 


tout  ce  que  Zvvelfer  vient  de  dire,  il 
tombe  d’un  erreur  en  l’autre ,  &  feir 
voir  que  fon  procédé  eft  contraire 
à  fon  intention ,  quand  il  parle  de 
cuire  trois  livres  de  fuccre  fin  avec 
la  decod-ion  clarifiée  des  ingrediens 
en  confiftence  de  Tablettes,  &  après 
il  y  ajoute  le  vinaigre  diftillé ,  bien  ,  ** 
imbu  &  pénétré  de  la  vertu  des  in¬ 
grediens  ,  afin  que  par  la  feule  dif- 
Iblution  du  fuccre  fans  autre  cochon, 
de  peur  que  les  parties  fubtiles  & 
Ipirimeufes  des  ingrediens  qui  font 
dans  le  vinaigre  ne  s’évaporent 
par  une  longue  &  violente  co¬ 
chon., 

le  fiiis  en  peine  quel  jugement  je 
dois  feire  de  la  doétrine  de  Mon- 
ficur  Zvvelfer  ,  fi  je  n’avois  de  la. 
charité  pour  luy,  &  que  je  fulfe  com¬ 
me  il  parle  fens  Religion,  je  m’em- 
porterois  contre  luy ,  pouffé  d’un  ju-  ■ 
fte  reffêntiment  ;  mais  l’une  &  l’au¬ 
tre  m’émeuvent  à  compaffion,  de  voir 
que  la  mémoire  luy  defaut  d’une  pé¬ 
riode  à  l’autre  par  fes  frequentes  eon-  / 
tradiétions, 

La  reflexion  qu’il  a  fait  fer  la  Re¬ 
marque  de  ce  lÿrop  en  ma  prece¬ 
dente  édition  où  j’ay  dit,  qu’on  ne 
fç  auroit  cuire  en  confiftence  de  fuc¬ 
cre  Rofat  les  trois  livres  de  fuccre 
avec  une  livre  de  dccoéhon  ;  re- 
connoiffànt  une  partie  de  fe  faute, 
il  l’avoüe  en  la  réponce  qu’il  me 
feir  ,  en  difent  qu’on  les  peut 
cuire;  prelque  en  confiftence  de  Ta¬ 
blettes  ,  &  d^s  la  defeription  ,  il 
dit  en  propres  termes  ,  Coqurnttir 
ad  confiflentiam  Tabulati.  Mais  pau¬ 
vre  Artifte  ©ù  en  êtes-vous  ,  vous, 
n’y  voyés  goutte ,  fi  vous  ne  prenés 
des  lunettes ,  ou  fi  vous  n’ufés  de. . 

ce- 


a  l' Apologie 

ce  Collyre  dont  vous  paxiez  fi  fbu- 
vcnc.  Si  vous  ne  pouvés  cuire  vô¬ 
tre  fuecre  qu’approchaitt  de  la  con¬ 
fidence  de  Tablettes  ,  qui  eft  une 
confidence  un  petit  moindre  ,  fiii- 
vant  vous ,  que  celle  du  fuccre  Ro- 
fat ,  je  vous  foûtiens  avec  lexpe- 
riencej  que  vous  ne  fçauriés  faire 
entrer  trois  onces  par  livre  du  vin¬ 
aigre  didillé  ,5  que  vous  pretandés 
être  empreint  des  principales  vertus 
des  fimples  ,  pour  les  réduire  en  con¬ 
fidence  de  fyrbp.  Et  je  demande  que 
deviendront ,  les  neuf  onces  qui  re- 
fteront  de  vôtre  vinaigre’,  de  les 
jetter  5  fuivant  vodre  ièns  ,  ce  feroit 
perdre  la  moitié  de  la  vertu-  dudit 
îyrop  J  de  le  faire  cuire  &  confii- 
mer ,  il  en  arriveroit  de  même  par 
vôtre  raifonnement.  Voyés  dont  en 
quel  labyrinthe  vous  vous  êtes  jet- 
tés  ,  il  auroit  beaucoup  mieux  valu 
pour  vôtre  honneur,  que  vous  m'eut- 
fie?  laide  làns  réponce  ,  pour  évi¬ 
ter  le  blâme  que  vous  encoure?  de 
vos  meilleurs  amys. 

le  ne  dois  pas  laidèc  en  arriéré, 
s'il  m'ed  polTible ,  poiur  retirer  mon 
pauvre  Adverfaire  de  fon  devoyement 
iur  ce  qu'il  dit.  N’enfeigne-je  pas 
en  termes  cxpre?  ,  que  les  elpeces 
qui  redent  dans  la  cucurbite  -  après 
la  didillation  ,  à  fçavoir  les  femen- 
ces  &  les  racines  ,  dont  l'energie  & 
les  plus  fubtiles  parties  fe  font  dé¬ 
jà  par  la  didillation  changées  en 
vinaigre. 

Helas  pauvre  Zvvelfer  vous  êtes 
digne  de  commiferation  !  je  pardon- 
nerois  volontiers  une  telle  faute  à  un 
Apprentif  Chimide  de  fix  mois  ,  qui 
parleroit  comme  vous ,  ou  à  quel- . 
que  groffier  didiUateur  d’eau  de  vie  j, 


mais  à  Monfieur  Zvvelfer  qui  veut^ 
palier  pour  le  Phœnix  des  Chimi- 
ftes  en  Alleirjagne,  je  n'y  dois  poini/ 
de  quartier.  Il  faut  que  je  fade  con- 
noître  malgré  moy  qui  vous  êtes 
pour  abattre  de  vôtre  orgueil.  Bon 
Dieu  où  ed  l'elprit  de  ce  grand  Ge^ 
^nie  ,  qui  s'imagine  que  de  parler  à 
un  Apothicaire  de  Montpelier ,  que 
quoy  qu’il  die  ,  que  tout  doit  être 
bien  rcceii  ,  de  dire  que  les  plus 
lùbriles  parties  des  ingrediens  qui 
compofent  les  vertus  du  fÿrop  Ace- 
teux  composé  de  Mefiié  ,  ih  font 
changées  en  vinaigre  par  la  dif^la- 
tion.  Pauvre  cerveau  didoqué  T  fi 
cela  étoit ,  le  vinaigre  en  feroit  de¬ 
venu  plus  puidànt ,  par  le  renfort 
qu’il  auroit  receu  de  la  vertu  des¬ 
dits  ingrediens.  Amy  Zvvelfer  ,  il 
arrive  tout  le  contraire  ,  j’eftime 
qu'aprés  m’avoir  oui ,  en  quelle  alfie- 
te  que  vôtre  efyrit  fe  trouve ,  vous 
n'oferie?  fi  opiniâtré  que  vous  fbyez, 
me  defa vouer,  parce  que  c'eft  une 
vérité  fondée  far  la  raifon  &  fiir 
l'expedencc.  le  dis  qu’il  en  eû  du; 
contraire ,  parce  que  le  vinaigre  cli- 
ftillé  n’appete  point  la  vertu  balfà- 
inique  ,  etherée  &  fitlphurée  des  vé¬ 
gétaux  ,  comme  nous  vous  avons- 
cy-devant  dit;  mais  il  cherche  tou¬ 
jours  avec  avidité  ce  qu'il  a  perdu,, 
qui  eft  fon  phlcgme.  Or  en  cette 
diftillation  ,  les  racines  recentes  de 
Fœnoüil,  d'Achc  &  d'Endive  y  en¬ 
trent  au  poids  de  neuf  onces  ,  -qui 
font  humides  d’environ  de  quatre 
onces  de  fixe  ,  d'où  la  plus  grande; 
partie  eft  une  humidité  fuperduê,  que 
le  vinaigre  diftillé  attire  puidàmment,. 

&  laide  la  vertu  des  femences  :■  de 
feçon  que  la  partie  aqueufe  des  fucs 
XX.  J.  monte 


5  r  O  R  eponce 


monte  la  première  comme  le  phleg- 
me  quand  on  diftille  le  vinaigre ,  la¬ 
quelle  humidité  rapporte  une  petite 
partie  de  l’odeur ,  &  faveur  des  ra¬ 
cines'  de  fœnoiiil  &  d’ache,  &  attire 
aulïï  une  foible  odeur  &  faveur  des 
fernences,qui  font  de  petites  marques 
delà  verw  des  ingrediens  que  nôtre 
Adverfaire  exalte  tant.  L’cfprit  de 
vin  en  fait  de  même  fur  la  Canelle 
quand  on  en  diftille  l’eau  avec  le  feul 
vin  blanc ,  particulièrement  en  la  re- 
.élification  ,1’elprit  monte  le  premier, 
clair  comme  de  l’caii  de  fontaine,  fi 
on  change  de  récipient ,  avant  que 
les  gouttes  blanches  commencent  de- 
diftiller,  il  n’aura  ny  f  odeur  ,  ny  la 
faveur  de  la  Canelle  ,  &  ainfi  par 
cette  operation  l’efprit  de  vinaigre 
fe  trouve  beaucoup  plus  foible,  & 
ce  qui  contribue  encore  pour  l’aflbi- 
blir ,  cft  qu’il  en  demeure  environ 
de  neuf  onces  du  plus  fort ,  qui  eft 
imbu  dans  le  marc  qui  refie  dans 
la  eucurbite  ,  comme  a  été  cy- 
vant  allégué.  Examinez  bien  mes 
raifons  avec  tranquillité  d’efprit, 
Ôc  vous  les  trouverc.z  fort  judi- 
cieifiês. 

Mais  qu’ay  je  dit  mon  cher 
Antagonifie  ,  je  pourrois  m'être 
trompé  de  vous  acculer  d’ignorance 
fiir  ce  que  vous  venez  de  dire  que  les 
parties  plus  fubciles  des  ingrediens, 
par  la  .diftillation  fe  font  changées 
en  vinaigre.  Prenez  garde  que  ce 
ne  lôitplûtôt  un  effet  de  vôtre  adref.  ' 
fe  qui  vous  l’ait  fait  dire ,  lors  que  je 
'VOUS  ay  fait  prendre  garde  aux  fau¬ 
tes  que  vous  avez  faites  en  la  métho¬ 
de  de  ce  fyrop ,  &  que  pour  n’être 
pas  dit  qu’un  Apothicaire,  tel  que 
vous  le  dépeignez  ,  vous  aye  feit 


changer  d’opinion ,  vous  avez  pof- 
fiblecreu  qu’il  vous  feroit  plus  fiant 
de  dire  que  la  vertu  des  ingrediens 
s’étoit  changée  en  vinaigre  pour 
vous  couvrir,  par  ce  que  la  vertu  ful- 
phurée  ,  etherée  &  balfamique  >  ne 
paroit  que  très -peu  &  paroiftroit 
encore  moins  fi  le  fiic  des  racines  ne 
L’enlevoit  par  les  raifons  cy-devant 
alléguées  ,  neantmoins  quelle  des 
deux  intentions  que  vous  ayez  eu, 
vous  ne  fçauricz  vous  relever  de  telle 
cheute. 

Voilà  mon  cher  Antagonifie,  un 
échantillon  de  ce  volume  redicu- 
le  que  vous  attendiez  de  moy  ,  fur 
le  lÿrop  Aceteux  ,  refervant  le 
furplus  à  une  autre  occafion  ,  s’il 
vous  refie  du  cœur  pour  me  ré¬ 
pliquer. 

Nôtre  adverfiire  Zvvelfer  aprez 
s’être  demené  un  long-temps’,  com¬ 
me  l’oyfcau  fiir  la  branche,  fur  le 
lyrop  Aceteux  compofé  ,  &  nous 
avoir  fait  connoître  la  foiblelîè  de 
fin  genie  &  les  fautes  qu’il  commet 
en  l’une  &  en  l’autre  Medecjne.  il 
veut  encore  enchérir  ,  pour  mieux 
faire  admirer  fa  vanité ,  fiir  le  fyrop 
d’Armoife  de  Matthieu  ,  oùilper- 
fifie  en  fa  première  opinion  ,  &  dit 
que  la  pratique  &  l’exercice  luy  ont 
fait  voir  qu’une  dceoétion  non  feu¬ 
lement  de  quarante  trois  ingrediens, 
mais  de  plufieurs  autres ,  peut  par  le 
moyen  des  blancs  d’œufs ,  &  de  la 
crefi-ne  de  Tartre  être  clarifiée  ,  3c 
depurée  de  telle  forte  particulière¬ 
ment  lors  qu’il  n’y  a  point  de  cho- 
fes  i-nucilagineufes  ,  comme  celles 
qui  entrent  dans  le  fyrop  d’Al- 
thea ,  de  Fernel  ,  que  fans  beau¬ 
coup  dlartificc  avec  du  fuccre,  elle 


a  l' Apologie  de  Zwelfer.  551 


fè  peut  cuire  jufques  à  la  confîftcn- 
ee  de  Tablettes  j  .fàns  aduftion  du 
fuccre  ,  &  même  s'il  eft  neceC- 
faire  prsfjue  à  la:  confiftence  de 
penides. 

Si  Monfieur  Zvvelfer  nous  fait 
connoître  quelle  eft  fa  vanité  > 
quand  il  fe  met  au  rang  des  Illu- 
ftres  perfonnages  ,  il  ne  nous  don¬ 
ne  pas  moins  à  connoître  quelle  eft 
fà  capacité  en  difcourant  de.  fà  pro- 
feffion  ,  une  preuve  de  mon  di¬ 
re,  eft  qu'il  fbû  tient  également  & 
avec  chaleur ,  tant  le  menfbnge  que 
la  vérité ,  &  croiroit  de  commettre 
un  crime  de  ceder  à  ceux  qui  en  fça- 
vent  plus  que  luy,  l'ajoute  encore 
une  autre  preuve  de  cette  vérité , 
quand  il  dit  de  réduire  en  un  corps 
toutes  les  qualicez  &  vertus  des 
fimples  qui  compofènt  le  fyrop 
d’Armoifè ,  fàns  en  perdre  aucune 
petite  portion.  Mais  par  fôn  inge- 
nieufè  préparation  i  il  nous  fait  évi¬ 
demment  connoître  qu'il  en  fait  plus 
diflîper  qu'il  n’en  retient ,  &  ainfi  il 
fe  trompe  grandement  comme  l’on 
verra  par  la  fuite. 

En  premier  lieu  il  eft  à  remar¬ 
quer  que  Monfieur  Zvvelfer  dit 
qu'il  faut  procéder  en  la  eompofi- 
tdon  de  ce  fÿrop  de  même  maniéré 
qu'au  fyrop  Aceteux  ,  fi  on  defire 
de  conferver  toute  la  verm  des  fim¬ 
ples  tant  des  Aromats  que  des  au¬ 
tres  qu'il  faut  imbiber  avec  trois 
livres  d'eau ,  puis  aprez  diftiller  le 
tout  au  bain  marie  ,  jufques  à  fic- 
cité.  Mais  nôtre  bon  amy  Zvvelfer 
«e  prend  pas  gardé  qu’il  n'obfèrve 
pasicy  en  la  dofe  de  ces  ingrediens 
là  quantité  de  l’eau  pour  enlever  leur 
veitu.  qii'iL  a  obfervd  au  precedent 


où  il  renvoyc  l’Artifte,  fiir  lefqiiels 
il  a  doublé  la  quantité  du  vinaigre 
diftillé  ,  &  en  cetuy-cy  que  les  fim¬ 
ples  fuivant  la  defeription  de  Mef- 
fieurs  d’Ausbourgpefent  trente  fept 
onces,  il  n’y  met  de  liqueur  pour  les 
imbiber  ,  que  trente  fix  onces,  qui 
eft  une  once  moins  au  lieu  d’en  dou¬ 
bler  ladofè  comme  il. a  cy-devant 
fait.  De  là  on  peut  inférer  que  l’efe 
prit  de  nôtre  amy  Docteur  eft  iné¬ 
gal,  &  qu'il  a  grand  befoin  d’appren¬ 
dre  avant  qu’il  fe  doive  mêler  d’en- 
feigner. 

Confiderez  je  vous  prie,  s’il  y  a 
delà  proportion  entre  trois  livres  de 
liqueur  ,  &  s’il  eft  poffible  qu’elles 
puiffènt  attirer  par  la  diftillation  tou¬ 
te  la  vertu  des  Aromats  qu’il  appel¬ 
le  fulphurée,  etherée  &  balfàmiqiie 
de  trois  livres  une  des  fimples ,  qui 
entrent  en  la  compofition  du  fyrop 
d’Armoife.  Le  bain  marie  qu’il  y 
employé  ne  convient  point  pour  cet¬ 
te  operation  non  plus  qu’aux  pre¬ 
cedent  fyrop  ,  comme  il  a  été  dit.- 
Diftilier  jufques  au  fec,  cela  prefùp- 
pofè  d’en  retirer  autant  de  liqueur 
qu’on  y  en  a  mis  ,  mais  pour  ce 
feire,  ce  qu’il  n’eft  pas  poffible,  il  y 
faudroit  bien  employer  du  temps- 
pour  efperer  d’en  venir  à  bout ,  Sc 
l’operation  feroit  de  beaucoup  pluS' 
ennnyeufe  qu’vtile.  Au  contraire  ont 
ne  fçauroit  tirer  (  feifant  cette  ope¬ 
ration  dans  les  termes  de  l’Art)  plus- 
haut  de  dix  huit  onces  ,  le  reftanc 
de  la  liqueur  demeureroit  imbue', 
dans  le  marc  ,  avec  la  plus  grande- 
partie  de  la  tenuité  de  leur  fùbftan- 
ce ,  quoy  que  la  plus  grande  partie' 
des  fimples  ayent  leur  humidité  na¬ 
turelle  ,,elle  s’y  trouve  en  petite  quan- 


3  52-  Réponce  ^ 


tité  comme  aux  plantes  chaudes ,  &c 
comme  ils  font  d’une  fubftance  rare 
ils  font  capables  d’en  recevoir  beau¬ 
coup  d’ailleurs  &  de  la  retenir  par¬ 
ticulièrement  ceux  qui  font  fecsj 
que  fi  on  vouloit  poullcr  le  feu  à 
fonds  pour  en  retirer  toute  l’humi¬ 
dité  >  tout  ce  qui  toucheroitla  cucur- 
bitc  ,  comme  font  les  parties  crafi- 
fos  &  terreftres  qu’il  prétend  de 
tirer  par  la  coélion  aprez  la  diftil- 
lation  fe  brûleroient  ,  ce  qui  don- 
neroit  une  mauvailè  qualité  à  l’une 
&  à  l’autre  ,  à  fç  avoir  j  à  l’eau 
diftillée  &  à  la  decoétion  ,  &  de 
la  forte  ce  fcroit  un  travail  en  vain, 
&  prendre  une  peine  pour  gâter 
toute  la  compofition:  Enfin  de 
quelle  façon  que  le  doéte  ,  tres- 
fobtil  &  ingénieux  Zvvelfer  l’en¬ 
tende  »  il  ne  fera  rien  qui  vaille> 
foit  qu’il  n’en  tire  que  dixhuit  on¬ 
ces  ,  ou  qu’il  diftiile  julques  au  foc, 
cette  quantité  de  liqueur  eft  trop 
petite  pour  attirer  toutes  les  plus 
fubtiles  '  parties  des  ingrediens ,  & 
ce  qui  refteroit  d’aromat  dans  le 
marc ,  par  là  longue  coétion  s’en- 
voleroit ,  &  celle  -  cy  trop  grande 
pour  décuire  &  donner  la  confi- 
ftence  de  fyrop  au  foccrc  ,  qui  au¬ 
ra  cuit  avec  la  d^coélion  en  confi- 
ftence  de  Tablettes,  parles  raifons 
cy-devant  alléguées ,  que  pour  em-  . 
ployer  toute  la  liqueur  qui  contient 
la  fobftance  fulphurée  etherée  & 
balfamique  ,  il  la  faudroit  foire 
bouillir  avec  le  foccre  ,  d’où  le 
plus  fubtil  s’envoleroit  en  l’air  de 
même  qu’en  la  precedente  deco- 
étioH  ,  ou  bien  au  lieu  de  pren¬ 
dre  une  quantité  raifonnable  de 
foccre  comme  Mefiîeurs.  d’Aus- 


bourg  ,  qui  en  mettent  quatre  li¬ 
vre  .  ,  il  en  faudroit  prendre  pour 
le  moins  huit  à  neuf  livres  ,  quan¬ 
tité  qui  affoibiiroit  granckment  la 
vertu  dudit  fyrop  :  nôtre  dôéleqr  a 
bien  preveu  quelque  chofo  de  ce¬ 
la  ,  puis  qu’il  n’a  point  ofé  fc  dé¬ 
terminer  en  la  dofe  du  foccre  de 
peur  de  s’ambarrafler  davantage , 
il  a  dit  d’en  prendre  quantité  fuffi- 
fante. 

Nous  avons  fait  voir  clairement 
en  ce  premier  point  de  la  diftilla- 
tion  ,  la  confufion  &  le  defordre  de 
Monfieur  Zvvelfer  ,  enfemble  fon 
ambiguité  ,  qui  le  mène  d’un  er¬ 
reur  en  l’autre  ,  lors  qu’il  fo  voit 
preûTé  de  la  vérité  ne  fçaehant  où 
s’en  prendre  pour  répondre. 

Pour  un  îècond,  nôtre  Maiftre 
Zvvelfer  ,  n’eft  pas  en  moindre 
peine  à  faire  cuire  la  refidence 
'  ou  le  marc  des  ingrediens  de  la  di- 
ftillation  de  fon  fyrop  d’Armoife , 
qu’il  a  été  pour  les  difiiHer  j  car 
slil  a  pris  trois  livres  d’eau  pur 
cuire  ceux  du  fyrop  Aceteux  ,  qui 
ne  ptlènt  qu’une  livre  &  demy 
once  ,  il  en  faudroit  prendre  pour 
cettuy  -  cy  neuf  livres  à  propor¬ 
tion  ,  qui  eft  le  triple  dés  ingre¬ 
diens  ,  puis  qu’il  y  fout  procéder 
comme  en  celuy  -  là  &  les  foire 
confumer  des  deux  tiers.  Cela 
foit  ,  je  demande  à  nôtre  maî¬ 
tre  que  deviendra  pendant  cette 
longue  codion  fi  lentement  qu’on 
y  procédé ,  la  portion  de  la  ver¬ 
tu  des  aromats  qui  a  reftç  dans 
l’Alembie  ?  elle  fe  diffipera  en 
l’air  ,  qui  eft  autant  de  perdu. 
Mais  encore  comment  coulera -il 
fo  decodion  ,  puis  qu’il  n’y  tefte 


a  l' apologie 

qu’autant  pefànc  de  liqueur  qu'il  y 
a  de  mcdicamens  ,  qui  feront  ré¬ 
duits  comme  en  pâte ,  par  la  con- 
fômption  trop  grande  de  l’humidi¬ 
té  J  plutôt  capables  de  pafler  par 
un  tamis  renverfé  à  mode  d’un  Ca- 
taplafme  qu’à  travers  un  couloir 
pour  en  feparer  la  liqueur  ,  je 
veux  qu’il  en  pafle  une  livre  ,  que 
fèra-elle  ?  une  decodion  gluante 
&  vifqueufè  j  qui  contiendra  en 
elle  pour  le  moins  le  quart  de  fc- 
ees  ,  que  ferez- vous  de  ce  qu’il  y 
aura  de  clair  ,  fuivant  vôtre  mé¬ 
thode  pref'criptc  vous  la  clarifierez, 
ce  qiri  vous  reliera  aprez  la  cla¬ 
rification  ,  &c  la  colature  fera 
tres-peu  de  chofe  qui  ne  reviendra 
jamais  à  lîx  onces.  Cette  liqueur 
jlèra  -  elle  capable  de  diflbudre  & 
cuire  cette  quantité  fï.iffifântc  de 
fîiccre  que  nôtre  Dodeur  deman¬ 
de,  cette  quantité  fîiffifànte  fe  peut 
entendre  en  deux  façons  à  fçavoir 
pour  le  plus  ou  pour  le  moins  de 
quatre  livres  ,  qui  eft  la  dofe  de 
Meflieurs  d’Ausbourg  comme  a  été 
cy-devant  allégué  -,  mais  de  quel¬ 
le  façon  qu’il  l'cnténde  nôtre  Do- 
deur  devroit  bien  fçavoir  qu'il  y 
a  de  l’impoffibilité ,  s’il  n'a  recours 
à  quelque  philofophie  imaginaire 
,  qui  luy  falfe  croire  que  le  blanc  eft 
noir.  Et  ainfi  toute  là  procedure  eft 
ingenieufè  à  faire  diflîper  la  meil¬ 
leure  partie  de  la  vertu  des  ingrc- 
diens  de  ce  fÿrop  ,  au  lieu  de  la 
conferver  jnfques  aux  moindres  par¬ 
ticules. 

Pour  un  troifiéme,  je  ne  m’éton¬ 
ne  pas  fi  Monfieur  Zvvelfér  a  la 
hardicife  de  foûtenir  contre  la  vé¬ 
rité  qu’on  puilfç  cuire  la  fufdite 


de  Zvvelfer,  555 

decodion  avec  le  fiiccrc  en  con- 
fiftence  de  tablettes  &  même  preC- 
que  en  Penides ,  puis  qu'il  fait  gloi¬ 
re  en  tout  rencontre  d’en  ufer  de 
la  forte  pour  défendre  ce  qu’il  a 
mis  une  fois  en  avant.  Helas  où 
eft  vôtre  pensée  Monfieur  Zvvel- 
fer  d’avancer  des  chofes  fi  éloignées 
de  la  vérité  ,  il  en  eft  de  vous  com¬ 
me  de  ceux  qui  fçauroient  quelque 
chofe  ,  s’ils  n’étoient  déjà  perfua- 
dez  d’être  fçavans.  le  n’aurois 
point  d’autres  raifons  à  vous  allé¬ 
guer  Monfieur  Zvvelfer  ,  pour  ne 
point  ufer  de  vaine  redites  que  cel¬ 
les  que  je  viens  de  vous  dire  au 
Syrop  Aceteux ,  n’éroitque  vtJus  me 
pourriez  répondre  ,  que  ces  ingre- 
diens  icy  ne  font  point  imbibez  de 
l’efprit  de  vinaigre  comme  les  pre¬ 
cedents  ,  &c  que  par  confèquent  la 
'  difficulté  de  les  pouvoir  cuire  en 
confiftence  de  tablettes  celle.  Il  eft 
vray  ^u’il  n’y  a  point  de  vinaigre 
diftillé  ,  ,  mais  auffi  le  nombre  des 
medicamens  y  eft  plus  grand  ,  & 
le  poids  d’iceux  eft  triple  ,  qui  rend 
la  decoélion  de  beaucoup  plus  craf- 
ft  &  vifqueufè  5  &  les  racines  d’af. 
perges ,  de  Brufeus  &  autres  y  con¬ 
tribuent  beaucoup  ,  &  je  defie  nô¬ 
tre  célébré  Doéleur,  quoy  qu’il  fça- 
che  dire  de  pouvoir  cuire  le  fuccre, 
avec  la  decoélion  à  la  façon  'qu’il 
le  preferit ,  en  confiftancc  de  tablet¬ 
tes  à  pouvoir  jetter  fiit  un  mar¬ 
bre  ,  ou  fiir  du  papièr  fans  brûler 
le  tout  ,  &  encore  plus  de  pou¬ 
voir  approcher  la  cuitee  de  celle 
des  Penides,  j'en  appelle  à  témoins 
tous  ceux  qui  font  bien  verfez  en 
nôtre  profeffion  ,  car  pour  nôtre 
Dodeur  la  fuffifànce  qu'il  a  ,  luy  a 
y  y  fait 


5  5  4  Reponce 


'"ait  oublier  le  peu  qu’il  en  avoir  ap' 
pris ,  &  ne  luy  refte  que  des  moyens 
.pour  renverfer  les  compofitionsj  en 
décriiifant  leur  vercus  ,  en  coût  pu 
en  partie  ,  tant  par  là  méthode 
de  les  conftruire  ,  que  par  les  ad¬ 
ditions  ou  Ibuftradions  des  medica- 
mens  qu’il  y  pratique  ,  comme  il  fe¬ 
ra  plus  amplement  déclaré  en  Ibn 
lieu. 

Pour  un  quatrième ,  vôtre  derniè¬ 
re  pratique,  pauvre  Zvvelfer ,  lèra la 
clef  du  prelènc  fyrop ,  qui  ferme¬ 
ra  une  Dodrine  la  plus  erronée , 
qu’on  oferoit  mettre  fous  la  preflè. 
Quand  je  vous  accorderois  que  tout 
ce  que  vous  venez  de  dire  feroit 
vray  ,  en  bonne  cpnfcience  ou  fon- 
iez-vous  de  dire  en  l’Animadver- 
on  de  ce  Syrop.  Nota  tamen, 
^uod  deeoBum  ,  Jîc  Jpeciebuijam 
fiillationem  pajfis  paratum  ,  cum 
Sacchare  ad  totalem  Tabulati  con- 
pfientiam  redigendam  fit  ,  eut 
tandem  aqua  defiillata  odorifé- 
ra  &  fpiritHofa  incompeter.ti  quan- 
titate  (  ^-vij  circiter  ad  tb. /.  Sac- 
chari  )  addenda  efi  ,  ut  fine  ul- 
tenori  coUione  Syrupi  confifientia 
txurgat. 

Monfieur  Zvvelfer  vous  qui 
avez  entrepris  par  un  genie  tout 
particulier  de  corriger  les  compo- 
fitions  de  la  Pharmacopée  d’Aus- 
bourg  &  de  rcgler  les  dofes  des 
limples  qui  y  entrent  ,  pour  les 
rendre  plus  parfaites  en  leurs  ope¬ 
rations  ,  neantmoins  j’âpperçois  en; 
beaucoup  de  rencontres  ,  qu’au  lieu 
de  les  corriger,  &  d’ùnir  toutes 
leurs  vertus  enfemble  par  une  ju- 
fte  préparation  ,  vous  les  perdez- 
««parue,  potin  «’avoir  pas  de  bons. 


principes  ,  ce  qui  me  fait  dire- 
qu’aprez  vous  être  engagé  en  un  fi 
difficile  travail  que  vous  auriez 
prudemment  fait  de  conférer  avec 
quelque  habile  &  fçavant  Apotlii- 
Caire  de  beaucoup  de  chofes  que 
vous,  avez  écrit  qui  fe  trouvent 
contraires  à  vôtre  intention  &  ain- 
;fi  vous  auriez  fermé  la  bouche  aux 
plus  éclairez  de  nôtre  profeffion } 
car  un  jeune  apprencif  qui  fç aura 
les  réglés  generales  de  ,fon  Art,, 
vous  fera  voir  l’impoffibilité  qu’il 
y  a  de  réduire  -en  vraye  conlî- 
.ftence  le  Syrop  d’Armoifo  ,  fans 
aucune  coétion  avec  environ  fept 
onces  de  la  liqueur  odorante,  cy- 
.dellûs  defignée  une  livre  de  fuc- 
cre  qu’on  aura  fait  cuire  avec  la 
decoétion  fuldite  en  .confiftence 
de  Tablettes.  Vous  n’ignorez  pas, 
que  plus  le  fuccre  eft'  humide, 
moins  il  reçoit  de  liqueur  pour  le 
réduire  en  confiftence  convenable 
de  Syrop  à  le  pouvoir  garder  en 
attendant  l’ulàge.  Or  le  fuccre 
qu’on  aura  voulu  cuire  avec  la  dc- 
codion  des  ingrediens  du  Syrop 
d’Armoifo  ,  en  confiftance  de  Ta¬ 
blettes  ,  il  eft  fort  afleiu'é  que 
quelle. cuitte  qu’on  Iiiy  pille  don¬ 
ner  moyennant  qu’on  ne  le  brû¬ 
le  ,  il  n’y  entrera  jamais-  trois  on¬ 
ces  de  liqueur  pour  livre  de  fuc¬ 
cre  ,  à.  le.  réduire  en;  confiftence, 
pour  le  garder  làns  le  corrompre,. 
&  fi  encore  fo  fuccre  acquierra. 
«ne  mauvaife  qualité  qui  luy  chan¬ 
gera  là  vertu  ,  à  caufo  que  le  feu 
ayant  confiimé  l’humidité  la  plus 
fluide  de  la  decodion  ,  agiflànt. 
enfiiitte  fur  La  vilqueufo  ,  qui.  ne 
slévapoxe  point  ,,.mai5-s’épaiflît  &; 

devfoM- 


à  t  Apologie 

devient  plus  craire  ,  par  la  priva¬ 
tion  de  l'humidité  »  ou  du  luccre, 
“qui  y  eft  dilîôuc,  la  vifcofité  s'aug¬ 
mente  ,  alors  ils  adhèrent  au  poi- 
lon  &  changent  de  couleur  &  de 
vertu  ,  fans  qu’on  les  puillè  cui¬ 
re  approchant  de  la  confiftance  de 
Tablettes.  Ét  pour  lors  l'humidi¬ 
té  de  la  decoétion  y  refte  malgré 
toute  l’addrellè  de  nôtre  Artifte 
Zvvelfer  ,  qui  tient  lieu  &  pla¬ 
ce  de  l’eau  diftillée  y  empreinte  ' 
de  la  vertu  des  aromats  qui  y  cn- 
treroient  de  plus  >  de  laquelle  il  en 
reliera  environ  de  quatre  onces 
pour  livre  de  lùccre  ,  qui  lèroit 
un  grand  déchet,  de  la  vertu  du¬ 
dit  fyrop.  De  toutes  les  railôns 
cy-devant  alléguées ,  on  peut  juger 
que  Zvvelfer  ne  fait  que  dilcou- 
rir  {ans  fondement ,  ny  expérien¬ 
ce  ,  lèmblahles  fautes  pourroient 
être  pardonnables  à  un  Médecin, 
qui  n'auroit  jamais  mis  la  main  à 
l’œuvre  ,  pour  la  compofidon  des 
médicaments  ,  mais  à  Zvvelfer  non, 
puis  que  c’a  été  fon  premia  mé¬ 
tier  pendant  longues  années  ,  qui 
luy  donne  fojet  aujourd'huy  de 
cenfiirer  le  plus  fouvent  fans  rai- 
fon  toutes  les  Pharmacopées  en 
cenfijrant  celle  d’Ausbourg,  où  il 
commet  des  fautes  de  la  plus  gran¬ 
de  importance  fous  pretexte  de  bien 
unir  &  conhimer  toute  la  vertu  des 
ingrediens  làns  en  laillèr  perdre  au¬ 
cune  partie  ,  comme  on  fait  pour 
l’ordinaire  fuivant  la  pratique  des 
Anciens. 

Voilà  cher  Amy  Zvvelfer  le  vray 
examen  que  je  viens  de  faire  de 
vôtre  méthode  fur  le  lÿrop  d’Ar- 


Zvvelfer,  j  5  j 

raoilè ,  par  lequel  on  peut  voir  à 
l'œil  &  toucher  au  doigt  ,  comme 
tout  ce  que  vou^  ayez  mis  eir 
avant  touchant  iceluy ,  eft  contrai¬ 
re  à  la  railon  &  à  l’experience, 
bien  loin  que  vous  les  ayez  pour 
un  bon  fondement  en  vôtre  pra¬ 
tique.  Cependant  par  ce  qu'il  n'eft 
pas  j  lifte  aprez  vous  avoir  réfuté 
de  vous  quitter  fans  vous  donner 
une  meilleure  méthode  ,  pour  n'u- 
1èr  de  redite  ,  je  vous  renvoyé  à  ce 
que  j’en  ay  dit  cy-devant  au  fyrop 
d’Armoife  de  Fernel  de  la  ptefente 
édition  ,  que  Ci  vous  êtes  capable 
de  le  lire  avec  tranquilité  d'elprit, 
vous  y  verrez  une  méthode  iàns 
ferd  ,  que  je  vous  donne  dans 
l’équité. 

Monfieur  Zvvelfer  le  plus  vain 
de  tous  les  hommes  invente  des 
moyens  pour  fuir  de  répondre  pre- 
cifement  ce  que  j'ay  dit  contre  / 
fa  doétrine  ,  mais  il  a  beau  efqui- 
ver ,  il  faut  que  l'erreur  cede  à  la 
vérité  ,  les  injures  ôc  les  inveéli- 
ves  à  la  railon  &  à  l'experience 
qui  feront  des  fideles  témoins  qui 
le  condamneront ,  &  feront  voir  que 
fbn  orgueil  &  là  vanité  font  moins 
que  des  famées  en  l'air  ,  incapa¬ 
bles  de  produire  rien  de  bon.  Qui 
a  jamais  veu  femblable  vanité  à  la 
ficnne ,  quand  il  dit  ,  maintenant 
Thebes ,  Athènes  ,  Sc  Montpelier 
font  par  tout  ,  où  mes  remarques 
ont  été  leües.  Aucun  des  Apothi¬ 
caires  qui  a  bien  conccu  mes  rai- 
fons  &  veu  leur  juttice  &  leur  fon¬ 
dement  ,  n’a  plus  recours  aux  remè¬ 
des  étrangers. 

Mon  Adverlàire  eft  digne  de 
yjy^a  com 


356  Ré  fonce 


commiièration  ,  la  mémoire  luy  •  de¬ 
faut  comme  j'ay  déjà  dit  allez  lou- 
▼ent ,  il  ne  fe  fonvient  plus  de  ce 

gu’il  a  écrit  en  Ja  ligne  dixiéme  de 
i  première  page  ,  quand  il  recon- 
noit  &  avoué  la  foiblell’e  de  Ibn 
efprit  :  &  maintenant  il  le  met  en 
parallèle  pour  le  faire  aller  du  pair 
avec  celuy  de  ces  grands  hommes 
de  ces  villes  tant  anciennes  &  re¬ 
nommées  d'Athenes  ,  de  Thebes 
&  s’en  prend  particulièrement  à. 
la  hante  réputation  de  la  fameufe 
univerlîté  en  Medecine  de  Mont- 
pelier  en  remettant  le  fentiment  que 
des  plus  célébrés  Profellèurs  ont 
tneureraent  délibéré  fiir  la  Confe¬ 
ction  d’Alkermes.  A  louyr  parler 
il  femble  que  fes  remarques  ayent 
cclaircy  toutes  les  difficultez  qui  le 
rencontrent  dans  nôtre  profeffion. 
le  veux  croire  que  s’il  n’eut  pas 
tant  prefruné  ,  il  auroit  peu  faire 
quelque  chofe  de  meilleur  ,  mais 
comme  le  propre  de  la  prefomption 
efl;  de  rendre  aveugles  ceux,  qu’fcl- 
le  polTede  j  cela  fait  qu’ils  blânient 
tout  ce  que  les  plus  grands  hom¬ 
mes  fçauroient  entreprendre.  Nôtre 
Antagonille  eft  entièrement  polïcdé 
de  cette  deteftable  paffion  qui  le 
porte  à  médire  tantôt  des  Autheurs 
Grecs,  tantôt  des  Latins ,  tantôt  des 
Arabes.  Eft.-ce  procéder  en  hon- 
nefte  homme  d’en  ufer  de  la  for¬ 
te  ,  ne  fçaitril  pas  que  le  mépris 
qu’il  fait  de  ces  grands  hommes 
de  l’antiquité  ,  &  la  louange  qu’il 
fè  veut,  donner  que  tout,  cela  re¬ 
jaillit  contre  fà  prefomption  ôc  ion 
honneur,  fi  peut  qu’il  en  ait ,  il  fçait 
bienqtrela  louange  de  foy-même  left. 


digne  de  grand  mépris  :  on  ne  voit 
jamais  les  grands  hommes  fe  louer 
eux  mêmes  j  mais  il  n’en  eft  pas 
ainfi  de  nôtre  florilTant  Gcnie  Mon- 
ficur  Zvvelfer  DoCleur  bullatus ,  qui 
fe  veut  louer  luy  -  même  ,  de  peur 
qu’on  ne.^lc  loiie  ,  ou  qu’on  ne  le 
méprifè.  En  voilà  aflèz  pour  paf. 
fer  à  quelque  chofe  de  mcillciu- ,  qui 
fera  lûr  nôtre  Confe^on  d’Al- 
kérmes. 

le  me  fèns  obligé  pour  répliquer 
à  mon  Adverfàire  à  caufè  du  mau¬ 
vais  fens  qu’il  donne  à  mes  paroles 
en  fà  réponce  de  rapporter  mot  pour 
mot  la  plus  grande  partie  de  ce  qu’il 
a  dit  en  fôn  Animadvetfion  fur  nô- 
rre  Confection  Alkermes,  &  voi- 
cy  comme  il  commence.  On  peut 
voir  par  cette  defeription  que  toute 
cette  eompofition  où  Confection 
de  ceux  deMontpelier,  étant  préparée , 
ou  faite  contient  en  tout  trois  üvres, 
&  deux  ou  trois  onces.  Mais  que  cel¬ 
le  de  Mefiié  cy-delTus  décrite,  n’a 
plus  d’une  livre  &  deux  onces,  & 
partant  qu’elle  fiirpalTera  en  poids, 
celle  de  Mefiié  de  plus  de  .deux  li¬ 
vres  ,.  bien  que  neantmoins  pouf 
la  dofe  des  drogues  precieufes  qùi- 
y  entrent  elle  n’ait,  de  plus  que. 
trois  dragmes  de  Canelle  &  au¬ 
tant  de  bois  d’Aloés ,  ou  en  la  plac¬ 
ée  d’iceluy  du  Santal  citrin  ,  deux; 
fcrupules  &  deray  de  Mule,..  &  de- 
mye  dragme  d’or,  d.'où  appert  que: 
ceux.de  Montpelier  excédent  beau¬ 
coup  au  poids  de  fiiccre,  eu  égard, 
aux  drogues  qui  y  entrent ,  avec  la. 
quantité  dcfquelles  la  dofe  du  fuc- 
cre  n’a  aucune  proportion.  Et  paf 
confèquent  que  la  defeription  faite 


l’ apologie  de  Zevvelfer.  357 


par  Mefué  >  étant  pins  exaéle  en  la 
dofe  &  poids  du  îùccre  &  des  dro¬ 
gues  ,  elle  a  aufli  des  qualités  &  des 
vertus  plus  elïicadcufes. 

En  ma  precedente  édition  j’ay 
déjà  répondu  à  l'erreur  de  nôtre 
Doéteur  Zvvellêr ,  &  fait  voit  com¬ 
me  il  fe  trompe  grandement»  de  vou¬ 
loir  faire  comparaifon  de  la  defcri- 
ption  de  la  Confeétion  d'Alkerraes 
que  Meffieiirs  les  Médecins  d’Auf- 
bourg  pné.inlèré  dans  leur  Phar¬ 
macopée  avec  ta  nôtre ,  qui  k  cau- 
fe  du  petit  ufàge  qu’ils  en  avoienr, 
à  raifon  du  travail  qu’ils  eftimoient 
grand ,  &  de,  la  valeur  d’icelle  ,  à 
caulè  auffî  des  ingrediens  précieux 
qui  y  entrent  »  comme  ils  dilent  en 
leur  édition ,  pliée  en  long  »  de  l’an 
1597*  RiJro  eji  in  ufu  ,propter  ope- 
rojam  &  valde  preeiofam  ejtts  com- 
pejitionem  ,  &  Norimbergenf.  La- 
pid.  Cyanei  drachm.  lo.  jummt. 
Dojîs  d  drachma  femis  ad  inte- 
gram  adjummum.  Snnt  &  alia  tni- 
nm  operaft  &  preciofn  hujm  EleB. 
compojîtiones  m-  NeFiradami  & 
loiiberti ,  -quin  apud  neFiros  etiam 
Phannacep.  profiant.  Porto  monent 
Norimberg.  fbl.  278.  Serictm  arte 
infeBum  coloribtu  ad  médicamen¬ 
ta  interna  nuUo  modo  efie  afiumen- 
dum.  Sunt  &  alia  quadam  eleBuar. 
non  omittenda  quorum  nfm  ali- 
quando  fuit  celebrü  ,  ut  fequens.. 
le  veux  dire  qu’ils  ne  prirent  que 
là  nioitié  de  la  delcription  de  Me- 
liié,  &  Meilleurs  les  Médecins  de 
Montpclier  »  non  feulement  en  re- 
tindrent  l’entiere  defeription  ;  mais 
pour  en  rendre  l’ufàge  beaucoup  plus 
frequent  »  afin  de  ne  priver  ps  quan- 
cire  de  pcrfonnea  d’en  rdléntir  fes. 


admirables  effets  ,  ils  la  corrigèrent 
pour  s’en  pouvoir  fèrvir  plus  utile¬ 
ment»  fuivant  la  conftitution  du  cli¬ 
mat  &'  des  habitans.  Cette  cotre- 
étion  fe  fit  3  il  y  a  environ  fix  vingts 
ans.  Les  premiers  qui  y  mirent  la 
main  par  la  délibération  de  l’Echo- 
le  3  furent  M.M.  lean  Falcbi  &  Guil¬ 
laume  Rondelet»  &  après  eux  la  défi* 
cription  fut  mifè,  au  jour  par  M.M. 
Nicolas  Dortaman  »  &  Laurens  lou- 
bertj  tous  quatre  fameux  &  célébrés 
Profef leurs  de  nôtre  Echoie  de  Mont- 
pelier»  lefquels  changèrent  quelques 
dofes  »  comme  celle  du  fuccrc  fût 
augmentée  de  cinq  onces  deux 
drachmes  »  celle  du  .fiic  de  Kermès 
d’environ  de  deux  onces  :  celle  de 
l’Ambre  gris  diminuée  de  la  moitié; 
&  celle  du  Miifc  augmentée  de  deux 
tiers  :  les  autres  dofes  »  comme  du 
bois  d’Alô’cs  3  delà  Canelle,du  Lapis- 
Lazüli  &  des  Perles,  ils  les  laiflèrent 
en  l’état ,  comme  auffi  celle  du  fiic 
de  Pommes  &  de  l’eau  Rofè  ,  & 
pour,  la  Soye  crue  ,  au  heu  de  la 
faire  imbiber  dans  le  .fuc  de  Ker¬ 
mès  3  nous  la  faifons  infufer  &  cui¬ 
re  dans  l’eau  Rofè  &  le  fuc  de  Pom- 
mes  3  comme  ils  on  preferit. 

Nôtre  fubtil  Doéfeur  cL’inveébi- 
ves  Zvvelfer  »  depuis  luy  avoir  fait 
connoître  fon  erreur  ,  fur  la  compa- 
raifbn  qu’il  fàifbit.  mal  à  propos  de 
la  delcrij  don  des  Médecins  d’Auf- 
bourg,  qui  neft  que  la.  moitié  de 
celle  de  Meftié  »  comme  je  viens  de 
dire  »  &  la  nôtre  il  met  un  autre 
erreur  en  avant  pour  défendre  fom 
premier.  Car  dit-il ,  que  preuve-je; 
autre  chofe  »  fi  ce  n’eft  que  j.’ay 
enfeigné  dans  mes  Annotations»  que 
la  quantité  du  fîiccre  marquée  pour. 

yy  J,  læ 


358  Réponce 


îa  Gonfedion  d'Alkermes  eu  égard 
aux  autres  efpeces  eft  trop  grande, 
&  qu  elle  choque  l'Arc  de  la  rai- 
fon. 

Par  fa.  première  façon  de  parler, 
il  s'en  prenoit  feulement  à  nôtre 
Confection  d’Alkermes,  qu’il  con- 
damnoit ,  pree  qu'il  y  paroifloic  trop 
de  ficcre  ,  &  fe  loüoit  de  celle  de 
Méfié  ,  qui  eft  dans  la  Pharmaco¬ 
pée  d’Ausbourg  ,  qui  en  contient 
im  petit  moins  de  la  moitié  :  mais 
fc  voyant  preüé  après  avoir  rccon- 
neu  ion  équivoque ,  pour  n'avoiicr 
pas  la  vérité  y  il  s’en  prend  contre 
les  deux.  En  dilànt  que  j’ignore  cet 
Axiome  des  Philofophes  ,  que  les 
deux  parties  prifes  enièmble  ne  dif¬ 
ferent  pas  du  tout  ;  fi  donc  l’une  3c 
l’autre  moitié  de  la  confection  eft 
trop  fitccrée  (  parlant  de  celle  d’Auf- 
bourg  )  par  confequent  le  tout. 

Zvvelfer  ne  peut  point  alléguer 
iàns  s’éloigner  de  la  vérité ,  que  la 
Côfeétion  d’Alkermes  des  Médecins 
d'Aus  bourg  foit  trop  chargée  de  fiic- 
cre ,  parce  que  la  delcripcion  eft  de 
Mefiié ,  à  laquelle  ils  n’on  rien  chan¬ 
gé  ,  bien  qu’ils  n’ayent  pris  que  la 
moitié,  foit  qu’on  la  divife  en  deux, 
ou  qu’on  la  prenne  en  fon  entier, 
c’eft  toujours  la  même  ,  le  nombre 
des  médicaments  &  leurs  dofes  font 
de  même  ièmblables ,  &  ainfi  il  n’y 
a  rien  d’alteré  ,  excepté  celles  des 
Perles  &  du  Lapis  Lazuli ,  defquel- 
les  nous  en  dirons  la  railbn. 

Et  pour  celle  de  Montpelier,  quoy 
n’a-il  pas  été  permis  à  tonte  une 
célébré  ôc  fàmeuiè  Faculté  de  Mé¬ 
decine  ,  fi  floriftante  que  la  nôtre  de 
corriger  la  defeription  de  Mefiié, 
ou  pour  mieux  dire  de  la  regler 


ainfi  qu’ils  jugèrent  à  propos ,  pour 
en  rendre  l’ulage  plus  frequent  & 
utile ,  fuivant  la  conftitutioh  de  leurs 
concitoyens  j  c’eft  en  après  à  ceux 
des  autres  Provinces  ,  &  régions 
étrangères  d’en  ufer  de  celle-là,  fi 
bon  leur  femble  *  ou  de  celle  de 
Mefiié  ,  les  volontés  lont  libres , 
peribnne  n’y  eft  contraint,  puis  que- 
la  defeription  de  fon  inventeur  fub- 
fifte. 

Quand  nos  célébrés  Profelîèurs 
ont  fait  cette  correCfibn ,  ils  ont  eu 
leurs  raiions  de  même  que  Mefiié, 
quand  il  a  décrit  dans  Ion  livre  des 
fimples  fa  Confection  de  Lapide 
ftellato ,  &  dans  fiin  Grabadin  ,  ou 
Antidotaire  fa  Confèâ:ion  Alkcr- 
mes.  Dans  celle-là  ,  il  y  fait  entrer 
fix  drachmes  d’Ambre  gris ,  de  bois 
d-’Aloës  &  de  Canelle  quatre  drach¬ 
mes  de  chacun,  deux  drachmes  de 
Perles  ,  douze  drachmes  de  Lapis 
Lazuli  ,  un  fcrupule  de  Mule  ,  & 
une  drachme  d’or  fur  une  même 
quantité  &  compofition  de  iyrop 
de  Kermes  qu’a  celle- cy.  Ces  deux 
compofitions  ne  diffèrent  point  du 
nombre  des  ingrediens,  mais  bien  de 
leur  poids  &  en  leur  operation.  C’eft 
pourquoy  Monfieur  Zvvelfer  ,  je 
vous  conjure  en  amy  de  defiller  vos 
yeux  ,  8c  ôtés  cette  taye  que  vous 
avés  devant  ,  qui  procédé  de  pre- 
fomption  &  de  vanité,  &vous  ap- 
percevrés  que  cette  grande  quantité 
de  luecre  que  vous  dites  augmen¬ 
ter  nôtre  Confection  d’Alkcrmes 
fe  réduit  à  deux  onces  cinq  drach¬ 
mes  ,  faifànt  comparailbn  de  la  moi¬ 
tié  avec  celle  d’Ausbourg ,  &  avec 
l’entiere  defeription  de  Melué,àcinq 
onces  deux  drachmes. 

Monfieur 


k  l"  uépologie 

Moûfieur  le  Doéteui:  •  Zy velfer 
ajoute  d  auffi  bonne  grâce,  qidil  eft 
Philofôphc.  Si  vous  étiez  Philofo- 
phe  &  nojî  pas  Sophille ,  vous  tâ- 
chetié.s  de  preuver  direétemenc  ce 
que  je  vous  ay  nié ,  c’eft  à  dire  qu'il 
ell  injufte,  contre  la  méthode  >  & 
propre  ièulement  des  impoftures 
d'augmenter  tellement  la  quantité 
du  fuccre  ,  &  corrompre  les  Con¬ 
fections  qu'il  liirpalle  notablement 
les  autres  elpecei  où  toute  la  vertu 
médicinale  confifte  ,  &  ce  qui  fait 
le  principal  de  la  Gonfeétion  eft  en¬ 
fermé,  ce  qui  empêche  ou  retarde 
l'effet  de  tout  le  composé,  &  ainfî 
on  abufe  par  cette  tromperie  le  Mé¬ 
decin  &  le  malade. 

Il  ne  fiiit  être  ny  Philofôphe  ny 
Sophifte  pour  prouver  k  nôtre  Do- 
éteur  bullatus  le  contraire  de  ce  qu'il 
dit,  il  n'ÿ  faut  que  la  fîneerité,  qiff 
eft  la  partie  qui  luy  manque  ,  car 
s’il  étoit  fîneere  ,  en  quatre  mots  il 
feroit  démonté  ,  &  réduit  au  hlen- 
ee.  Il  s'en  prend  non  feulement  con¬ 
tre  moy  ,  mais  encore  contre  ces 
illnftres  perfonnages  qui  ont  réglé 
ladite  compolition ,  les  accule  en  ma 
perlônne  d’impofture  &  de  trompe¬ 
rie  ,  d'augmenter  tellement  le  fuccrc, 
8c  de  corrompre  leSi  Conférions, 
il  feait  bien  par  les  railbns  que  je 
viens  d'allegucr  ,  qti'il  prend  à  par¬ 
tie  la  vérité,  &  qu'en  mon  particulier 
je  ne  fais  que  lîiivre  la  correrion  de 
nos  célébrés  predcccflarrs  ,  les  flairs 
Profcireurs  ftis-nommés ,  l'àpproba- 
tion  que  ceux  qui  les  ont  fiirvécu  luy 
ont  donné ,  &  la  ratification  de  ceux 
qui  vivent  encore  aujourd’huy  ,  où 
fans  difficulté  il  n'y  a  point  de  com- 
£arajlbn  à.  faire,  d'un  clprit  plein  de 


de  Zwelfer.  359 

confufion,  comme  le  lien,  avec  la 
'moindre  particule  de  icience  deoes 
illuftres  perfonnages  ,  que  de  fiecle 
en  fiecle  la  pofterité  honnera  à  ja¬ 
mais. 

Nôtre  Adverfeire  n’à  rien  de  fi 
frequent  en  la  bouche  ,  .finon  que 
nous  augmentons  tellement  la  quan¬ 
tité  du  fuccre  en  nôtre  Confeétion, 
que  ce  n’eft  à  autre  dellêin ,  que  de 
rendre  odieùfe  nôtre  Confedion 
d'AlKermes,  afin  qu'elle  Ibit  rejettée 
de  ceux  qui  authorilènt  fon  capri¬ 
ce  ;  mais  le  bon  homme  fe  trom¬ 
pe  ,  car  tous  ceux  qui  liront  mes 
réponces  avec  un  efjirit  des-intereffiéy. 
fèront  autant  de  fidèles  témoins  qui 
le  condamneront.  Cette  grande  quan¬ 
tité  de  fuccre  qu'il  exagère  fi  fou- 
vent  J  fe  réduit  à  cinq  onces  deux, 
.drachmes  plus  qu’il  n'y  en  entre  à 
l'entiere''defcription  de  Mefoé ,  com¬ 
me  a  été  déjà  dit.  Vbyés  je  vous  prie 
fi  pour  defigner  la  quantité  de  cinq- 
onces  deux  drachmes  de  fuccre  ,  if 
fe  faut  fervir  de  ce  terme  d’augmen¬ 
ter  tellement  la  quantité  du  fiiccre- 
Cela  fait  voir  que  nôtre  Docteur 
Zvvclfer  a  plus  de  fiel  en  la  bou¬ 
che,  que  de  douceur  en  fon.  cœur;. 
Et.  quand  il  dit-  que  c’eff  tromper 
le  Médecin  &  le  malade,  s'il  juge 
que  la  Confection  foit  foible  en  fon. 
operation  ,  à  caufe  des  cinq  onces 
deux  drachmes  de  fuccre  ,  luy.  qui 
fait  ^ant  le  judicieux  ,  ne  fçait-il.- 
pas  le  remede  ,  il  ne  faut  qu'aug¬ 
menter  la  idofe  de  la  Confection 
d'un  quart  ou  d’un  tiers  ,  &  ainfî,! 
le  Médecin  le  malade  feront  dé¬ 
trompés. 

Nôtre  Antagonifte  après  s’être.; 
longjtems  agité  par  diverfçsi.  reprifes 
for 


360  Reponce 


(iir  fon  premier  poind  qu'il  appel¬ 
le  ,  s'eft  encore  avisé  pour  grollîr 
fon  volume  par  des  redices-  autant 
inutiles  qu  elles  luy  font  defavanta- 
geufes ,  pour  fou  tenir  fon  erreur  fous 
aucune  necellîcé  de  rapporter  i’an- 
cien  texte  de  la  Confection  d’Al- 
Jeermes.  de  Mefoé  >  avec  l’addition 
de  Sylvius  ,  &  -le  Commentaire  de 
ManardI  fur  la  même  Confeéfeion. 
Quelle  necelijté  je  vous  prie  y  avoit- 
il  de  noircir  du  papier  de  la  forte? 
cher  Zvvelfer  J  ces  témoins  que  vous 
produifoz  ne  depofont  rien  en  vô¬ 
tre  faveur  J  au  contraire  ils  font,  voir 
la  juftice  de  ma  caufe.  Vous  Içâvés 
bien  en  confcience ,  que  le  tout  dif¬ 
féré  de  la  moitié  :  la  defeription 
de  la  Confection  d’Alkermes  des  Mé¬ 
decins  d’Ausbougj  différé  de  la  moi¬ 
tié  du  fucere ,  &  de  toutes  les  au¬ 
tres  efpeces  de  celle  de  Mefue  ,  & 
la  nôtre  de  cinq  onces  deux  drach¬ 
mes  de  celle  de  Melùé  j.  làns  tou¬ 
cher  aux  autres  efpeces. 

l’avoüè  que  je  fais  effort  for  moy 
d’employer  lî  mal  mon  tems ,  de  ré¬ 
péter  fi  fou  vent  une  'même  chofo, 
cela  devroit  être  allez  dit  d’une  fou¬ 
le  fois  i  mais  puifque  Zvvelfer  m'y 
oblige  par  fos  rufos  &  finelfos ,  pour 
tâcher  d’échapper  du  piege  qu’il  s’ell 
luy-même  drciré,en  difànt  que  nous 
mettons  une  quantité  excelfive  de 
fuccre  en  nôtre  Confeélion  d’Al- 
kermes  ,  cela  fait  bien  voir  quelle  - 
eft  la  malice  de  nôtre  Doéteur,  après 
luy  avoir  pertinamment  réponduj  & 
feit  voir  que  cette  excelîive  quanti¬ 
té  qu’il  appelle ,  confifte  en  cinq  on¬ 
ces  deux  drachmes.  Mais  ce  n’eft 
pas  le  tout,  Zvvelfer  f  pour  brouil¬ 
ler  de  plus  fort  la  queftion ,  Sc  ren¬ 


dre  nôtre  Confedion  plus  ridicule^ 
entreprend  de  dire  que  fix  onces  de 
fuccre  cuites  en  forme  de  fÿrop 
avec  du  foc  de  Pommes  qu’elles  fof- 
fifent ,  foivant  les  -Anciens  ,  poiu: 
donner  corps  à  deux  onces  &  de¬ 
mie,  une  drachme  &  un  forupul  de 
poudre  qui  entrent  en  cette  Confe- 
dion ,  &  c’èft  pour  faire  voir  à  ceux 
qui  n’entendent  pas  la  règle  de  com- 
pofer  les  médicaments ,  qu’il  a  jufte 
raifon  de  dire  que  nous  mettons  une 
quantité  exceflîvc  de  fuccre  en  nô¬ 
tre  Confeébion. Voilà  une  belle  façon 
de  procéder  ,  digne  de  maître/  lean 
Zvvelfer  ,  qui  denotte  qu’il  a  chan¬ 
gé  là  foicnce  en  une  , vanité  infop- 
portablcjqui  le  plonge  dans  une  rêve¬ 
rie  ,  qui  fait  qu’il  n’épargne  non  plus 
par  fos  foppofoions  3c  moli^nces 
l’inventeur  de  la.  composition ,  ceux 
qui  l’ont  réglée  ,  que  ceux  qui  la 
compofent  ,  pour  le  tirer  s’il  pou¬ 
voir  du  goufre  ou  il  s’eft  malheu- 
reufoment  jetté.  En  cela  il  rcifem- 
ble  à  un  homme  qui  fo  noyé,  qui 
ne  feroit  pas  diffiarlté  de  fè  pren¬ 
dre  à  une  barre  de  fer  rougie  au 
feu ,  &  de  fe  brûler  les  mains  pour 
garentir  là  vie  :  ainfi  il  abandonne 
fon  honneur  pour  fauyer  les  appa¬ 
rences  de  fon  erreur. 

Et  en  fuite  il  dit  douze  onces  donc 
de  foccre  du  moins,  folon  Mefoé  (lef- 
quelles  âVec  la  liqueur  requifo  du 
fuc  de  Pommes  ou  de  quelque  au¬ 
tre  choie ,  qui  doit  forvir  à  la  con- 
fîftence ,  du  Syrop  ,  forpallèront  le 
-poids  de  dix-huit  onces  J  ont  etc 
ajoutées  avec  excez  à  cette  Con- 
feébion. 

Monfieur  le  Dodeur  Zvvelfer,  je 
vous  demande  pardon  de  ce  qtl^” 


a  l'apologie 

ma  precedente  édition  j  ay  dit  que 
vous  êtiés  ignorant  ou  malicieux, 
il  eft  fort  probable  par  vos  nou¬ 
velles  raifons  ,  que  vous  ères  tous 
les  deux  enfomble  ,  &  que  vous  ne 
vous  étudiés  qu’a  faire  divorce  avec 
la  vérité ,  de  dire  que  douze  onces 
de  fuccre,  pour  le  moins,  ont  été 
ajofitées  avec  excez  à  cette  Con- 
feétion ,  folon  Mcfoé.  le  vous  prie 
à  qui  imputa'és-vous  cette  addition, 
vous  ne  pouvés  l’imputer  qu’à  Me- 
fué  ou  à  îès  interprétés ,  de  dire  que 
ée  foit  une  faute  d'imprimerie  cela 
ne  peut  pas  être,  parce  qu’en  la  vieil¬ 
le  &c  en  la  nouvelle  verfion  ,  il  eft 
dit  en  propres  termes  Sacchan  Ta- 
bar^Jt  drachmas ,  cl.  Ôc  cela  eft  con- 
fornje  en  toutes  les  éditions  ,  &  à 
un’  manuferit  que  j’ay  veu  des  œu¬ 
vres  de  Mefiié.  Vous  avés  en  ce 
rencontre  de  même  qu’en  beaucoup 
d’autres  perdu  le  rcfpedt  &  la  vé¬ 
nération  que  vous  venés  de  feindre, 
que  vous  avés  pour  cét  Autheur  fi 
célébré,  de  l’aceufer  cou  vertement 
contre  la  vérité  ,  d’avoir  mis  trop  de 
fiiccrc  en  fa  Confeétion.  Ozés-vous 
bien  avancer  contre  fon  honneur 
ôc  l’experience  ,  que  douze  onces 
de  fuccre  cuites  avec  le  fuc  de  pom¬ 
mes  ,  ôc  réduites  en  confiftencc  de 
lyrop  fimple  furpaftèront  le  poids  de 
dix-huit  onces ,  y  a-il  rien  de  plus 
abfiirde',  à  quoy  vous  êtes-vous  em-  , 
ployé  pendant  le  tems  de  quinze 
années  que  vous  avés  exercé  la  Phar¬ 
macie  ,  n’avés-vous  pas  appris  que 
le  fuccre  cuit  en  confiftencc  de  fim¬ 
ple  fyrop,nc  prend  qu’un  petit  moins 
de  liqueur  qu’il  en  faut  pour  le  dif- 
fondre  à  froid ,  vous  apprendrés  par 
ià  que  douze  onces  de  fuccre ,  com- 


t^e  Zv>velfer,  5^1 

me  je  vous  ay  cy-devant  allégué  au 
fyrop  d’Armoifè  ,  ne  peut  retenir 
qu’environ  de  trois  à  quatre  on- 
ceà  de  liqueur  pour  livre  ,  ôc  fi  en¬ 
core  il  fout  diftingucr  la  liqueur, 
fans  autre  raifônnement  je  vous  ren¬ 
voyé  à  l’experience,  vous  qui  la  ci¬ 
tés  fi  fôuvent  ,  je  m’étonne  de  ce 
que  vous  ne  la  connoilfés  pas  mieux, 
le  n’euflè  jamais  creu  que  vous  feuf- 
fiés  été  capable  d’une  telle  foibleflè 
d’efprit  de  vous  rendre  le  defen- 
fèur  d’une  fi  mauvaife  caufè.  C’eft 
une  marque  que  vous  ne  voulés  pas 
qu’il  vous  foit  reproché  en  vôtre 
patrie  d’avoir  cédé  à  un  François 
de  nom  ôc  de  fait  ,  mais  malgré 
que  vous  en  ayés  ,  je  feray  con- 
noître  à  toute  la  terre  qui  vous  êtes, 
&  vous  feray  repentir  de  vous  en 
être  pris  mal  à  propos  contre  nôtre 
Confeétion  d’AlKcrmes. 

Nôtre  Adverfàire  au  lieu  de  s’ap¬ 
procher  de  la  vérité  pour  la  defen- 
ce  de  fà  caufo  ,  s’en  éloigne  à  tout 
rencontre ,  Ôc  voicy  comment.  Mais 
Verny  comme  vous  êtes  un  5ophi- 
fte  rusé  ,  vous  m’objcélerés  peut- 
être  que  le  foc  de  Pommé  ,  l’eau 
Rofo  dont  la  Soye  teinte  fraîchement 
par  le  foc  de  Kermes  ,  aura  été  in¬ 
fusée,  tient  lieu  de  quelque  efpece, 
de  quelque  poudre ,  du  de  quelque 
ingrédient  3  mais  cela  eft  manifefte- 
ment  faux. 

Il  n’y  a  perfonne  fi  dépourveu  de 
fons  ôc  de  jugement  qu’il  ne  con¬ 
damne  mon  Adverfàire  ,  Ôc  ne  ju¬ 
ge  à  même- tems  de  fà  rufe  par  fon 
artifice ,  de  dire  que  la  foc  de  Pom¬ 
mes  ,  l’eau  Rofo  ôc  la  foye  crue ,  tein¬ 
te  du  foc  de  Kermes  ,  ne  doivent 
point  être  contés  pour  aucune  efpe- 
2  z  ce 


3^2,  Reponce 


ce  d’ingrediens  en  la  Confeâion 
d’Alkernies  >  qui  eft  autant  com¬ 
me  s'il  dilbit  qu'ils  n'y  contribuent 
aucune  vertu.  Mais  le  contraire  de 
tout  cela  paroit  au  fyrop  de  Kcr-, 
mes  artiftement  composé  j  6c  com¬ 
me  nous  le  préparons  ,  làns  cho¬ 
quer  l'Authoiité  de  Mefué.  En  pre¬ 
mier  lieu  ,  il  paroit  au  lèntiment  de 
l'odorat  j  l'odeur  de  la  Rofè ,  du  fuc 
de  Pommes  &  de  la  Soye  j  quoy 
que  des  deux  derniers  l'odeur  en  foit 
petite  ,  &  au  fentiment  de  la  lan¬ 
gue  la  laveur  de  la  Rofe ,  l'agreable 
douceur  de  la  Pomme  j&  de  la  loye 
crue.  L'odeur  &  la  laveur  de  ces. 
ingrediens  ne  peuvent,  pas  refter.dans 
le  Syrop  ,  qui  font  deux  marques 
infallibles  qui  appartiennent  à  l’ele- 
étion  des  médicaments  ,  que  leur 
vertu  ne  s'y  trouve,  fi  cela  n'étoit, 
en  vain  compoferions-nous  tant  de 
diverfes  fortes  de  fyrops ,  tant  offi¬ 
cinaux  que  magiftraux  ,  dans  la  de- 
codion  delquels  y  entrent  diverlès 
fortes  de  fimples  ,  s'ils  ne  partici- 
poient  .  de  la  vertu  d ’iceux  ,  &  nô¬ 
tre  Ad  verfairefe  travailleroit  .en  vain 
au  lÿrop  de  là  Confedion  d^Alkcr- 
mes  qu'il  appelle  par  excellence  en 
fa  Pharmacopée  Royale,  quand  il  y 
fait  entrer  la  graine  de  Kermes  &c 
autres.  Notre  lyrop  de  Kermes  étant 
donc  miiny  des  qualités  &  verms 
des  lùldits  ingrediens  ,  il  eft  fort 
aflèuré:  qu'ils  augmentent  la  force 
des  autres  clpcces  de  la  -Confedion,. 
&  ainfî  ils  doivent  tenir  lieu ,  lîiivant 
l’intention  de  Melûé  ,  de  quelque, 
elpece.  dé  poudre  ,  ou  autrement  & 
particulièrement  le  fiic  de  Kermes  du 
plusraeiu-',  qui  y  entre  en  quantité 
d'environ  neuf  onces ,  qui  eft  ,1a  baie. 


&  le  fondement  de  la  compolTtion.. 
Mais  qiie  fert-il  que  je  raifomie  de  la. 
forte  avec  Monfieur  Zvvelfer  de  ma¬ 
tières  qu’il  ne  connoît  point, je  veux 
croire  que.  quandilauroitàfon  pou¬ 
voir  tons  les  ingrediens.  de  eetfe  Con- 
fedion ,  comme  nous  les  avons  icy, 
qu'il  ne  fçauroit  les  réduire  en  vraye. 
forme  d’Eleduairc  mol. 

Zv  velfer  dit  enfuite.  Car  l’on  voit 
par  plufieurs  Confedions ,  Ele.dnai* 
res  ,  ou  Antidotes  des  anciens  Mé¬ 
decins  ,  qui  ont  tQÛjours  obfervé, 
cette  méthode  ,.de  donner  pour  ha-, 
fc  6c  pour  fondement  aux.  efpeccs,, 
aux  poudres,., 6c  aux  ingred^ns  fo- 
lides  ,  pour  compofer  un  Eleduai- 
rc  ,  au  triple  feulement  pour  le  poids  ., 
du  fyrop ,  composé  ou  fimple  pré¬ 
paré  du  fuc  d’herbes  ,  ou  de  quelque, 
forte  decodion. 

Nôtre  Adverfaire  dit  bien  qu’en; 
plufieurs  Confeétions  ,  Eleduaiics, 
ou  Antidotes ,  les  Autheurs  ne  don¬ 
nent  que  le  triple  du  lÿrop  aux  pou¬ 
dres  ,  mais  des  autres  elpeces  il  n’eft  . 
pas  toû  jours  vray ,  car  bien  fou  vent,, 
ils  font  paftèr  ,  les  pulpes,  les  fruits. 
6c  autres  pour  lyrop ,  -comme  aux- 
purgatifs  liquides  6c  folides ,  6c  en 
d’autres  ils  y  mettent  ,  le  quadruple, 
de  lyrop ,  comme  nous  avons  re¬ 
marqué  cri  quelques  endroits  de  ja. 
Paraphrafe  de.Baudeton- 
.  Mais  Monfieur  Zvvelfer  ne  me 
defavouera  pas  auffi  ,  que  les  Au- 
theurs  tant  .anciens  que.  modernes,  en 
beaucoup  de  compofitions  ,  lùivant. 
que  les  elpeces  qui  y  entrent  font 
d'une  eilènce  plus  ou  moins  tenue 
ôc  fobtile  ,  qu'ils  y  mêlent  plus  ou. 
moins  de  fyrop  pour  les  incorporer, . 
afin  que  d'un  tel  mélange  il  en  re- 


a  t  Jpologte 

iîiltc  les  effets  quïls  en  elperent, 
car  s'ils  n’y  mettoient  du  lyrop  que 
le  tiers  ou  le  quart  des  eipcces ,  les 
malades  n*en  pourr-oient  point  ufcr 
intérieurement  iàns  en  recevoir'  de 
l’incommodité  ,  comme  de  la  Con¬ 
fection  d’Alkermes ,  fi  on  ne  dimi- 
nuoit  de  beaucoup  la  doic  ,  à  caufc 
de  la  force  des  ingfediens. 

Mefijé  qui  içavoit  incomparable¬ 
ment  mieux  la  maniéré  de  compo- 
fer  les  médicaments ,  que  nôtre  An- 
tagonifte  n'entendra  jamais  ,  &  qui 
lî’ignoroit  pas  les  règles  generales 
de  les  bien  mélanger ,  puis  qu’il  en 
a  fort  doctement  écrit,  non  plus 
que  les  forces  &  vertus  des  ingre-- 
diens  qui  compolbit  fa  Confection 
<l’Alkermes  ,  comme  aufli  la  valeur 
de  ion  (yrop  :  toutes  ces  chofes  par 
luy  meurément  confiderées  ,  le  portè¬ 
rent  à  la  décriretelle  que  nous  la  trou¬ 
vons  dans  fes  doâes  écrits.  D’ail¬ 
leurs  les  ingrediens  de  la  poudre 
font  tous  de  grande  efficace ,  com¬ 
me  cette  noble  production  de  la  mer, 
i’Ambre  gris,  à  raifon  des  parties  qui 
la  compofènt  ,  elle  poil'ede  plus  de 
vertu  en  un  grain  que  beaucoup  d’au¬ 
tres  ingredienS  en  une  drachme ,  la 
fubtile  Canelle,le  bois  d’Aloés  gem- 
meux  qui  y  enment  en  pareil  poids 
produiiènt  de  beaux  effets  en  petite 
quantité.  Les  Perles  &  le  Lapis  lazu- 
li  font  de  même  fort  eftimés,&  fingu- 
lierement  recommandés  pour  toutes 
les  affeCtiôs  aufquelles  la  Confection 
elt  deftinée.  Le  mufe  encore  qui  s’y 
trouve  en  moindre  quantité  que  l’am¬ 
bre  gris ,  par  fa  bonne  odeur  fortifie 
&  corrobore  le  cerveau  &  le  cœur 
plus  puiflàmment.  L’or  que  plufîeurs 
efliinent  ne  contribuer  rien  à  la  com- 


Zvvelfer, 


3^5 


pofition,  neantmoins  la  rend  beau¬ 
coup  plus  precieufo.  Le  fyrop  qui  am- 
brall'e  toutes  ces  efpeces,n’a  pas  moins 
de  vertus  qu’il  eft  ingenieufement 
préparé.  Voilà  tous  les  ingrediens 
qui  conftruifont  cette  noble  Confe¬ 
ction,  qui  joints  enfemble  félon  l’art, 
il  en  refulte  des  effets  du  tout  admira¬ 
bles  ,  que  j’obmettray  à  de'ffèin ,  pour 
juger  n’etre  pas  ncceffaire  d’en  par¬ 
ler  ;  mais  ceux  qui  délireront  s’inftrui- 
re  de  cette  vérité  les  trouveront  tout 
au  long  en  une  fiicille  pliée  en  qua¬ 
tre  ,  imprimée  à  Nifme  par  Guido 
Malignan,  en  l’an  1595.  &àMont- 
pclier  par  lean  Gillet,en  l’an  1601. 

Apres  cela  faut-il  faire  comparaifon 
de  la  quantité  des  Poudres  qui  y  en- 
tient  avec  celles  des  autres  compofi- 
tions  où  les  inventeurs  d’icelles  ont 
réglé  la  dofe  de  trois  à  quatre  onces 
pour  livre  de  fÿrop.  Mefoé  en  com- 
pofànt  fa  Confection  ,  croyés-vous 
qu’il  n’aye  pas  confideré  ce  qu’il  fai- 
fbit,  il  avoir  fos  raifons  pour  la  décrire 
ainfi ,  qu'avés-vons  Monfieur  Zvvel¬ 
fer  à  redire  de  fa  méthode,  veu  que 
de  plus  grands  hommes  que  vous, 
fans  vous  offencer,  l’ont  approuvée 
depuis  plufieurs  fiecles.  le  recônnoy 
bien  que  le  tems  que  vous  avés  em¬ 
ployé  à  la  Pharmacie  ,  vous  a  été 
court ,  puis  que  vous  n’y  avés  pas  ap¬ 
pris  que  les  Confections  liquides,  qui 
font  deftinées  aux  parties  principales, 
&  aux  vifeeres,  comme  cellc-cy,  que 
les  Autheurs  ne  preferivent  que  fix 
drachmes ,  ou  une  once  de  pondre 
pour  livre  de  fyrop.  Que  fi  on  incor- 
poroit  cette  quantité  de  poudre  cy- 
deffùs  preferipte  avec  le  triple  de  fÿ¬ 
rop  ,  comme  vous  dites  ,  &  qu’on  en 
donnât  une  cjrachme,il  n’y  ^uroii  point 
Z  Z  2  de 


Réponce 


564 

de  malade  qu’il  ne  mît  en  fêu,  à  moins 
qu’ils  eullènc  le  fàng  gelé  dans  les 
veines.  Voilà  pourquoy  cher  amy 
Zvvelfcr  prenés  en  bonne  .part  la 
leçon  que  je  viens  de  vous  faire, 
vous  en  avéz  bon  befoin  3  coftimc 
je  vous  diray  '  plus  particulièrement. 
Dieu  aidant,  en  vôtre  Confedtion 
d’AlKermes  ,  où  Je  vous  feray  voir, 
h  vous  avés  des  bons  yeux.,  que 
vous  êtes  auflî  mauvais  cenfeur 
que  méthodique  à  compolèr  des  mé¬ 
dicaments. 

Il  n’y  a  perlbnne,  qui  ne  juge 
bien  que  Monfieur  Zvvelfer  ne  s’en 
fût  jamais  pris  pour  la  quantité  du 
fuccre  contre  la  Cofeétion  d’Alker- 
mes  de  Mefué  ,  n’eût  été  ce  que 
j’ay  relevé  fort  à  propos  contre  luy, 
de  ce  qu’il  accule  injuftement  que 
la  nôtre  pefe  deux  livres  plus  que 
celle  de  Mefué  &  qu’elle  excede 
beaucoup  au  poids  du  fuccre  que 
nous  y  ajoutons  ,  après  qu’il  eût 
conceu  mes  juftes  railbns ,  le  voyant 
ftirpris  de  telle  façon  que  ne  pou¬ 
vant  s’en  dédire  ,  pour  fe  fauver  plus 
couvertement  dans  l’efprit  de  ceux 
qui  ne  fçavent  ps  dilHnguer  en¬ 
tre  conférions  lôlides  &  liquides, 
Eleruaires  Ôc  Antidotes ,  &  les  par¬ 
ties  du  corps  humain  à  qui  ils  font 
deftinés  ,  &  que  les  uns  reçoivent 
plus  de  poudres  que  les  autres,  com¬ 
me  a  été  cy-devant  allégué  :  les  uns 
reçoivent  de  pulpe  &  les  autres  non, 
&c  ainit  il  y  a  diverlès  confidera- 
tions  à  faire  ,  qui  méritent  d’être 
plus  curieufement  épluchées  que  n’a 
lait  nôtre  Doéleur  ,  qui  veut  à  quel 
prix  que  ce  Ibit  que  Mefué  excede 
en  la  quantité  du  lîiccre  de  fa  Con- 
feélion ,  &  que  nos  célébrés  Pro- 


felTeurs  n’ayent  pas  eu  droit  de  la 
regler ,  comme  ils  jugèrent  pouvoir 
faire  pour  la  rendre  plus  propre  à 
leur  ufage  ,  particuüerement  s’il  en 
faut  croire  ce  que  Meffieurs  les  Mé¬ 
decins  de  la  Republique  de  Nurem¬ 
berg  ont  ajoûté  au  titre  de  nôtre 
Confection  d’Alkermes,  qu’ils  dé¬ 
crivent  dans  leur  Difpenfaire  in  fo¬ 
lio  ,  de  l’an  iy£?8.  en  ces  termes, 
Confeitio  Alkermes  ,  front  Ollt- 
gium  Afontifpefuli  cnravit  para- 
ri pro  Rege.  Nôtre  Doéleur  ne  feait- 
il  pas  que  la  pratique  ordinaire  des 
Médecins  eft  d’augmenter ,  de  chan¬ 
ger  ,  &  de  diminuer  toujours  ce 
qu’ils  jugent  necefl'aire  dans  les  com- 
pofitions  officinales ,  &  qu’il  eft  au 
pouvoir  d’un  particulier  ou  de  plu¬ 
sieurs  ,  en  drelïànt  une  Pharmaco¬ 
pée  ,  d’ajouter ,  de  diminuer-,  ou  de 
changer  quelque  -choie ,  fi  bon  leur 
femble  :  qu’il  voye  la  Pharmacopée 
de  Paris ,  &  beaucoup  d’autres ,  il  y 
trouvera  des  chofes  confidcrables 
qu’on  y  a  changé.  Il  me  r’envoye 
à  voir  -les  Pharmacopées  des  An¬ 
ciens  ,  pour  apprendre  leur  façon  de 
dolèr  la  quantité  des  poudres  avec 
celle  des  Syrops  des  Conférions, 
Elecluaires  &  Antidotes  ,  par  la  ré¬ 
ponce  que  je  viens  de  luy  faire ,  il 
paroit  bien  que  je  fçay  mieux  de  la 
fiiçon  qu’ils  le  pratiquent  que  luy, 
&  que  je  n’ay  encore  jpoint  oublié 
mes  réglés  generales  ;  mais  qu’il 
regarde  luy  même  les  Autheurs ,  èc 
qu’il ‘apprenne  les  principes  de  la 
compofition  des  médicaments  qu’il 
ignore  ,  pour  n’imputer  pas  à  l’a¬ 
venir  à  des  grands  &  illnftres  per- 
lonnagcs  lès  fautes  &  les  erreurs. 

Pour  prendre  plus  d’ayantage  fur 
moy. 


à  l' jdpologie 


moy ,  il  dit  que  j’avoüe  que  nôtre 
Confedtion  d’Alkermes  &  celle  de 
Mefiié  eft  la  même  choie.  Voilà' com¬ 
me  il  m’impofe.  Tay  dit  &  le  foû- 
tiens  de  même  que  la  Confeâion 
d'Alkermes  de  Mefoé ,  &  celle  que 
nous  compofons  dans  nos  bouti¬ 
ques  font  fomblables  en  dofes ,  à 
la  referve  d’une  petite  différence 
que  je  diray  en  fon  lieu ,  &  afin  d’a¬ 
voir  plus  de  matière  de  déclamer ,  il 
a  fopprimé  mes  dernieres  paroles, 
pour  faire  voir  par  fon  injufte  cal¬ 
cul  ou  fupputation  ,  ce  qui  revient 
de  chaque  ingrédient  précieux  pour 
drachme  de  Confedtion  en  l’une 
•&  en  l’autre.  Et  que  tous  les  ingre- 
diens  de  nôtre  Confection  d’Alker- 
mes  étant  bien  unis  &  mêlés  pefent 
trois  livres  huit  onces ,  &  celle  de 
Mefoé  deux  livres  fîx  onces  ,  foivant 
la  nouvelle  fopputation  de  Zvvelfer, 
nôtre  Confedtion  pefoit  14.  onces 
plus  que  celle  de  Mefoé,  au  lieu  qu’el¬ 
le  ne  pefo  en  tout  que  huit  onces  ,  à 
prendre  le  fyrop  comme  nous  dirons 
cy-aprés ,  &  par  conléquent  il  y  doit 
entrer  pour  chacune  drachme  de  la¬ 
dite  Confedtion  un  tiers  &  un  quin¬ 
ziéme  de  grain  d'ambre  gris,  &  non 
pas  un  tiers  de  grain ,  comme  veut 
nôtre  Dodteur  ,  &  des  autres  ingre- 
diens  à  proportion.  le  n’infifteray 
pas  davantage  fur  ces  particules  de 
grains ,  puifque  j’ay  foffifàmment  fait 
voir  la  rufo  de  nôtre  fubtil  Adver- 
faire  ,  plus  capable  de  brouiller  les 
matières  que  les  éclaircir,  &  que  nô¬ 
tre  Confedtion  d’Alxermes  ne  pe- 
fe  en  tout  que  huit  onces  plus  que 
celle  de  Mefoé ,  &  les  huit  onces  pro¬ 
cèdent  une  partie  du  foccre,  &  l’au¬ 
tre  du  foc  de  Kermes. 


de  Zvvelfer.  5^5 

Mais  j’entends  venir  de  loin  mon 
Adverfoire  qui  ne  demai^de  pas 
mieux,  quoy  que  là  rufo  n’aye  pas 
voulu  obferver  à  l’endroit  de  Me- 
fué  l’augmentation  du  poids  que 
le  foc  de  Pommes  &  l’eau  R.o- 
fe  donnent  à  lyo.  drachmes  de 
foccre  pour  le  réduire  en  lÿrop, 
comme  il  a  fait  à  la  nôtre  ,  qui  la 
fait  pefor  quatorze  onces  plus ,  à  def- 
foin  pour  rabattre  du  crédit  &  de 
l’cflime  qu’on  fait  de  nôtre  Confè- 
dtion  d’AlKcrmes  ,  difoht  que  les 
deux  livres  de  foccre  qui  y  entrent 
retiennent  pour  le  moins  plus  de  fept 
à  huit  onces  de  foc  de  Pommes  ou 
d’eau  Rofo, dans  lefquels  nous  avons 
inftrsé  la  foye  crue  ,  pour  luy  don¬ 
ner  la  confiftence  de  fyrop.  A  quoy 
je  réponds ,  que  pour  compofor  ladite 
confedion  ,  qu’il  faut  prendre  trois 
livres  poids  de  Mcdecine ,  qui  font 
trente-fix  onces  de  fyrop  de  Kermes, 
complet  de  toutes  ces  efiseces  ,  com¬ 
me  il  y  a  encores  des  gens  d’honneur 
qui  le  pratiquent  (quand  ce  ne  foroit 
qu’un  )  en  cette  ville,  &  ainfî  la  Con¬ 
fedion  ,  fo  trouve  dans  une  juilelfe, 
ou  il  n’y  a  rien  à  redire. 

Toute  l’adreffe  la  plus  fubtile  de 
mon  Adverfàire  n’a  Iceu  diflimuler 
plus  long- tems,  ce  qu’il  a  voulu  ca¬ 
cher  par  divers  artifices ,  qu’enfin  la 
prefomption  de  fon  efprit,  pouffe 
par  un  defir  de  vengence,  luy  a  fans 
doute  fait  oublier  ce  qu’il  avoit  dit 
en  fon  Animadverfion  ,  que  la  Con¬ 
fedion  Alkermes  de  Mefoé  ne  pe- 
foic  pas  au  de- là  d’une  livre  deux 
onces  ,  &  que  celle  de  Montpelier 
la  furpafïbk  en  poids  de  plus  de  deux 
livres ,  à  deifein  de  faire  voir  la  foi- 
bleflë  de  la  nôtre  j  mais  comme  il 
Z  Z  3  arrive 


Reponce  ^ 


arrive  pour  l’ordinaire  à  ceux  qui 
veulent  combattre  la  vérité  par  le 
menfongc  j  lors  qu’il  leur  fcnible 
par  leur  foible  railôns  de  le  mettre 
à  couvert  d’un  côté,  ils  fe  décou¬ 
vrent  entièrement  d’un  autre.  Mon- 
fîeur  Zvvclfer  en  a  ufé  de  même» 
quand  il  a  voulu  fupputcr  les  parti¬ 
cules  des  grains  des  choies  plus 
precieulès  de  nôtre  Confecbion» 
ayant  voulu  accomparer  la  deferip- 
tion'  avec  celle  de  Mefué  qu’il  a 
cirée  de  fes-  œuvres»  &  aprez  en  avoir 
exaélement  calculé  les  ingrediens, 
à  Ibn  avantage  comme  j’ay  fait  voir 
cy-deiTus,  il  a  trouvé  &  dit  qu’elle 
pelc  deux  livres  fix  onces ,  qui  efl: 
au  de  là  de  plus  de  la  moitié»  de  ce 
qu’il  avoit  cy-devant  dit  qu’elle  pe- 
loit.  Voilà  une  hardielFe  bien  gran¬ 
de  qui  tient  de  la  derniere  effronte¬ 
rie  de  l’homme  »  qu’en  une  chofe 
des  plus  connues  de  nôtre  dilptite, 
il  fe  foit  voulu  fervir  de  femblables 
termes  pour  noircir  la  vérité  »  com¬ 
me  aulîi  quand  il  a  exagéré  la  dofè 
du  fuccrc  que  nous  y  employons  en 
des  termes  qui  lignifient  beaucoup 
plus  au  de  là  qu’il  ne  fe  monte  ,  com¬ 
me  par  la  grande  -  quantité  ,  par  la 
trop  grande  quantité  »  &  par  l’ex* 
celfive  quantité  »  &  pour  donner 
quelque  couleur  à  Ion  dilcours ,  s’en 
efl:  pris  à  Melîié  »  ainli  qu’a  été  dé¬ 
jà  allégué  »  en  difant  que  le  lyropde 
lîx  onces  de  lùccre  fufififoit  pour  in¬ 
corporer  toute  la  poudre  »  &  que 
douze  onces  defuccre  ont  été  ajou¬ 
tées  par  cxcez  à  cette  Confèélion. 
Voilà  des  termes  que  j’ay  voulu  briè¬ 
vement  répéter  pour  rafraichir  la 
mémoire  du  Ledteur  de  l’artifice  de 
Monfieur  Zvvclfer  afin  qu’il  puiife 


par  ce  petit  abrégé  juger  de  foE 
genie. 

Aprez  avoir  quitté  toutes  les.  ré¬ 
pétions  de  mon  Antagonifte  il  agréé-: 
ra  s’illuyplait»  que  j  e  lu  y  demandé 
s’il  refve  >  ou  s’il  n’eft  pas  en  loii 
bon  fens  ,  de  dire  que  le  mafe  ne 
loir  mis.  dans  la  Confeétion  d’Al: 
kermes  que  pour  l’odeur,  oléz- vous 
bien  démentir  un  grand  nombre 
d’illuftres  perfonnages  qui  en  onf 
décrie  fes  qualitez  &  vertus  »  qui 
dilènt  pofitivement»  que  lemnfcefl: 
chaud  au  fécond  degré  »  &  fec  au' 
troiliéme ,  qu'il  conforte  le  cœur  re¬ 
froidi  &  fujet  à  battement ,  qu’il  efl: 
bon  à  toutes  les  affeélions  du  cœiit 
pris  en  breuvage  ou  appliqué  exté- 
lieurement ,  qu’il  nettoye  les  tachës 
liibtiles  des  yeux  »  &  delïéiche  les 
fluxions  humides  :  qu’il  conforte  le 
cerveau  &  adoucit  les  douleurs  de 
tête  inveterées  provenant  d'abon¬ 
dance  de  flegme:  diflbut  avec  huile  ' 
de  Palme»  excite  à  l’ade  venerierf,' 
fl  on  en  oint  les  parties  honteu- 
fes»  &c.  Voilà  des  qualitez  &  ver¬ 
tus  en  bon  nombre  »  que  le  mule 
polîédc  »  qu’un  homme  bien  fenlé 
ne  révoquera  jamais  en  doute  »  fàiis 
en  rechercher'  beaucoup  d’autres» 
que  je  pourrois  dire  qui  ont  émeu 
Mefùé  à  le  faire  entrer  en  fa.  Con- 
fedion  »  &  non  la  iéule  odeur ,  com¬ 
me  veut  nôtre  prétendu  Dodeur. 
Et  pour  ne  flatter  point  la  vérité» 
je  veux  croire  que  fi  nos  célébrés 
Dodeurs  n’en  avoient  augmenté  la 
dofè  dans  leur  Confediôn  de  deux 
fcrupules  que  Zvv.elfer  n’en  auroit 
point  parlé  de  la  forte  ;  mais  par  ce 
qu’il  a  jugé  que  cette  addition  de 
deux  fcrupules  étoic  grandement 


a  l’apologie  de  Zwelfgr,  5^7 

fionfîderable  &  qu’elle  reh*iroit  de  authorifée  quand  vous  l’avez  pafle( 


beaucoup  les  forces  de  nôtre  Con¬ 
fection,  &  qu'elle  feroit  tort  à  là  ré¬ 
putation ,  que  puis  qu’il  étoic  lî  ayant 
engagé  dans  l’erreur ,  qu’il  falloir  ré.- 
pondre  ou  bien  ou  mal  voyant  qu’il 
avoir  épuifé  toute  là  honte ,  &  qu’il 
n’y  avoir  plus  pour  luy  de  répu¬ 
tation  à  perdre. 

Monfiehr  Zvvelfer  nelbyez  plus 
fi  vain  5c  li  prelbmptueux  ,  &  ne 
vous  emportez  point  lî  legeremcnt 
comme  vous  faites  à  tout  moment 
aux  injures  &  aux  invectives ,  louf- 
frez  je  vous  prie  qufon  vous  die  la 
vérité  fans  vous  émouvoir.  Vous 
fçavez  trop  bien  ou  à  tout  le  moins 
vôtre  âge  vous  le  doit  avoir  apris 
que  les  injures  ôc  les  invectives  font; 
des  armes  qui  ne  font  propres  à. 
rien ,  6c  qui  ne  lèrvent  que  pour  dé¬ 
couvrir  la  foibleffè  de  celuy  qui  s’cn 
fort  pour  la  defenlède  là  caulc.  Sou¬ 
frez  donc  encore  un  coup  je  vous 
prie .  d’agréer  mon  cher  Adverfaire, 
que  jp  vous  die  que  les  raifons  que 
vous  m’allegucz  pour  la  defcnce  de 
vôtre  fécond  point  ne  font  qu'une 
fiiitte  de  vos  lîippefitions  ordinaires. 
Vlous  dites  que  pour  vous  jultifier, 
rendre  innocentavee  les  Meffieurs 
d’Ausbourg  de  l’horrible  crime  que 
j’ay  commis  force  que  j’ay  ditqu’ils. 
ont  retenu  par  mégardc,  ou  par  la 
foiite  de  l’Imprimeur,  comme  il  y  a 
le  plus  d’apparence  l’cntiere  dofe 
des  Perles  5c.  du  Lapis  Lazuli,  qui^ 
cft  .de  deux  drachmes  de  chacun  j  au  .  ^ 
heu  qu'il  n’en  falloir  mettre  qu’une 
drachme  ,  ôc  vous  Monlîeur  le  cor¬ 
recteur  qui  êtes  venu  long  -  temps 
aprez  eux  qui  déviés  corriger  cet. 
tireur  3,  vous  l’avez,  non  feulement . 


làns  dire  mot ,  mais  vous  la  voulez 
encore  foûtenir  ôc  defendre  par  des 
raifons  tres-foibles ,  comme  je  diray 
cy-aprez  ,  qui  feront  connoitie  _à 
un  chacun  qui  vous  êtes.  le  ne 
trouve  rien  de  plus  ridicule  ôc  de 
plus  forprenant  que  ce  que  mon 
Adverfaire  met  en  avant  quand  il 
dit  qu’aprez  une  meure  réflexion  ôc 
aprez  y  avoir  bien  pensé  conjointe¬ 
ment  avec.  Meffieurs  'd’Ausbourg, 
ils  y  ont  ajoûté  la  fécondé  drach¬ 
me  de  Perles  ôc  de  Lapis  Lazuli  à  la: 
première. 

S’il  étoit  vray ,  ce  que  mon  Ad¬ 
verfaire  dit,  il  faudroit  qu'il  eut  pour 
le  moins  cent  ans  paflèz ,  ôc  voicy 
comme  je  le  prouve.  Zvvelfer  avoir 
quatorze  ou  quinze  ans  ,  lors  qu’on; 
le  mit  en  apprentifîàge  :  il  a  exercé 
la  Pharmacie  pendant  quinze  ans 
par  fo  propre  confeffion  ,  comme 
a  été  déjà  dit ,  ôc  feptante  deux  ans., 
qu’il  y  a  de  la  première  édition  de 
la  Pharmacopée  d’Ausbourg  qui  elt 
de  l’an  155(7.  dans  laquelle  la  def- 
cription  de  la  Confection  d’Alker- 
mes  de  Mefoé  eft  inférée  pour  la  moi¬ 
tié.  de  la  dofè  des  ingrediens ,  à  la  re¬ 
fer  ve  comme  dit  eft,  de  celle  des  Per¬ 
les  ôc  du  Lapis  Lazuli  qui  y  eft  entiè¬ 
re,  ôc  ainfi  il  y  a  grand  apparence 
que  mon  adverfaire  Zvvelfer,  étoic; 
en  ce  temps  -  là  ,  dans  les  prafta- 
tes  de  fon  Aycul  ou  de  fon  pere,- 
par  ce  que  fiiivant  nôtre  fopputa- 
tion  il  feroit  prefentement  âgé  de- 
plus  de  cent  ans  ,  comme  je  viens., 
de  dire,  ôc  partant  il  n’a  peu  com¬ 
me  il  met  en  avant  conférer  ny  dé-- 
liberer  avec  Meffieurs,  les  Méde¬ 
cins.  d,’Ausbourg,  pour  l’addition  de 
eette. 


568 

cette  drachme  de  Perles  Sc  de  La¬ 
pis  Lazuli.  Vne  autre  preuve  de  cet¬ 
te  vérité  eft ,  que  fi  c'étoit  une  ad¬ 
dition  faite  exprez  ,  que  dans  l’édi¬ 
tion  cy-defïïis  citée  de.  l’an  1597. 
les  Médecins  d’Ausbourg  en  au- 
roient  dit  quelque  chofè  en  l’anno¬ 
tation  qu’ils  ont  fiiite  fur  la  Con- 
fcéfcion  d’Alkcrmes  comme  ils  ont 
Élit  de  dix  drachmes  de  Lapis  La¬ 
zuli'  que  Meffieurs  les  Médecins 
de  Nuremberg  ont  ajouté  à  la 
defeription  de  la  Confeétion  Alker- 
mes  de  Mefùé  i  &c.'  que  je  rappor- 
tcfay  dé  .nouveau.  Raro  ejl  in  nfii 
f  'rojner.  operdfam  &  valde  pretia- 
fam  ejm  comfofitionem  &  Nori- 
hergenf  Lapid.  Cyanei drachm.io. 
fimunt.Dofis  à  draeh.femis  ad  inte- 
gramad  fammum: [mt  &  alla  minm 
aperofa  &  preciofa  hu]M  Elefluar. 
oompafipanes  ut  Nafiradami  & 
Joubtrti  y  qua  apud  nofiros  etiam 
Fharmacqp.,  proflant.  Porro  mo- 
nent  Norimbergenf.  fol.  272.  Se- 
ricum  arte  infeflum  celoribus  ad; 
médicamenta  interna  nulle  modo 
ejfe  'ajfumendum.  Sunt  &  alla 
quad.am  Eleüuar.  non  omitten- 
âa  quorum  ufm  aliquando  fuit 
selebrü  ,  ut  fequens  ,*  &  par  ce 
qu’ils  n’en  font  point  mention  d’un 
lèul  ‘mot  J  je  concluds  que  cette 
Addition  que  Zvvclfer  appelle  eft 
une  omiflion  qu’il  voudroit  faire 
palïèr  pour  adàtion  afin  de  pou¬ 
voir  mettre  à  couvert  fà  prefômp- 
tion.  Voilà  par  un  jufte  raifônne- 
ment  ,  ou  par  là  propre  depoiî- 
tion  le  fondement  du  fécond  point 
de  nôtre  prétendu  Doéteur  dé¬ 
truit. 

le  laifte  prefque  deux  pages  en- 


Kéfonce 

tieres  ISâ  y  répondre  ^  ou  par  ce 
qu’elles,  contiennent  de  trop  fre¬ 
quentes  redites  ou  des  raifons  auffi 
laies  qu’il  y  iroit  du  mien  de  ,.m’y 
attacher ,  d’autant  qu’elles  font  in¬ 
dignes  de  mon  honneur.  le  diray 
lèulement  que  ce  qui  prouve  la  l⬠
cheté  qui  procédé  d’une  vanité  in- 
fupportable  de  mon  Adverfaire  eft, 
quand  il  dit  que  la  viétoirc  que 
Zvvelfer  skft  acquife  :  les  trophées 
qu’il  s’eft  bafty  dans  .les  fciences, 
que  c’eft  ce  qui  m’a  rendu  inquiet 
ÔC  envieux  de  Ibn  bon-heur,  (^el 
jugement  ne  doit-on  pas  ..fairevdun 
homme  qui  fo  drefîê  des  trophées 
dans  lès  erreurs  j  &  qui  s’imagine 
des  viétoires  avant  que  de  cpmbattrci' 
s’il  connoiilbit  fes  défauts ,  il  s'hu- 
milieroit  par  fon  filenee  3  plutôt  que 
de  le  relever  par  une  extraordinaire 
foffifancc.  le  ne  fuis  pint  envieux 
de  ceux  qui  excellent  en  ma  prç^, 
feffion  ,  au  contraire  .je  les  honpi^ 
ôc  les  chéris.,  &  Moniteur  ZvvVhtÿ- 
a  mauvailc  grâce  de  parler  en  &s.tc£-: 
mesj  tous  ceux  qui  me  connoilfent, 
connoiffent  auffi  quelle  eft  ma  fince- 
rité  &  candeur. 

Il  n’eft  pas  mal-aifé  déjuger  par 
la  façon  d’écrire  de  Moniteur  Zvvel¬ 
fer  ,  qu’il  écume  de  furie  de  ce 
qu’un  Apotjiicaire  l’a  attaqué ,  fans 
doute  fa  prelbmption  luy  feifoit 
accroire  que  perfonne  n’oferoit  l’en¬ 
treprendre  ,  mais  il  voit  que  je 
ne  fois  pas  le  fciil  >  &  qu’on  ne 

l’elpargne  point  d’ailleurs.  Que  lî 
pour  le  pallé  ceux  qui  ont  eu  or¬ 
dre  d’écrire  contre  luy  ne  l’ont  pas 
fait  ,  ce  n’a  pas  été  à  faute  de  ma¬ 
tière  ,  &  encore  moins  de  foiencc} 
mais  ils  ont  eu  des  confideracions 
qui 


a  r  Apologie 

qui  les  ont  retenus,  qu’il  ne  pré¬ 
tende  donc  pas  d’en  tirer  de  Tayan- 
fage  ,  au  contraire  qu^il  fe  ditpo- 
fe  à  répondre  à  caix  qui  l’attaque¬ 
ront  ,  en  mon  particulier  je  ne 
luy  donneray  point  de  relâche  tant 
qu’il  plairra  à  Dieu  de  me  confèr- 
ver  la  vie  ,  &  aprez  moy  mes  dé- 
cendafls. 

Nôtre  Monfieur  Zvvelfer  pour 
authorilèr  l’addition  qu’il  prefiip« 
polè  avoir  été  faire  en  la  Con- 
feélion  d’Alkermes  de  Mefué  par 
les  Médecins  d’Ausbourg  des  Per¬ 
les  &  du  Lapis  Lazuli,  de  chacun 
une  drachme  ,  il  revient  encore  fur 
fon  premier  point ,  pour  faire  voir 
combien  il  luy  eft  utile  de  répéter 
les  chofes  paflées  ,  comme  celle 
qui  regarde  cette  exceffive  quan¬ 
tité  qu’il  appelle  de  fliccrc'  que  les 
Médecins  de  Montpelier  y  ont 
ajoûté  ,  &  de  là  il  tire  partie  de 
fon  argument  que  l’addition  des 
perles  &  du  Lapis  Lazuli  a  été 
faite  fort  à  propos  en  ce  qu’elle  re- 
haulle  de  beaucoup  &  fortifie  la  ver¬ 
tu  du  compofé.  Mais  je  diray  icy 
comme  cy-devant  ,  que  Monfieur 
Zvvelfer  par  un  defaut  de  mémoire 
ou  par  le  mouvement  de  fon  hu¬ 
meur  brûlante ,  qui  luy  ofte  l’ufà- 
ge  de  la  raifon  ,  varie  d’rm  mo¬ 
ment  à  l’auu-e  :  par  exemple  en  la 
réponfe  de  fon  fécond  point ,  il  dit 
avoir  conféré  &  délibéré  conjointe¬ 
ment  avec  Mefficurs  les  Médecins 
d’Ausbourg  de  l’addition  deidites 
deux  drachmes  des  Perles  Sc  du  La¬ 
pis  Lazuli,  &  à  prefentil  en  donne 
toute  la  gloire  à  Mefficurs  les  Méde¬ 
cins  d’Ausbouig ,  &  loue  leur  indu- 
ftrie  d’avoir  fait  la  fufdite  addition 


Je  Zvvelfer,  \ 

(fans  s’y  comprendre  comme  il  a  fait 
cy-devant  )  qui  releve  &  fortifi  c  la 
vertu  de*  tout  le  compofé ,  dequoy 
je  m’étonne  derechef  de  l’entendre 
parler  comme  un  homme  qui  perd  là 
mémoire  du  foir  au  lendemain  ,  & 
qu’il  fe  réfuté  d’une  page  à  l’autre, 
puis  qu’il  ne  fo  fouvienr  pas  de  ce 
qu’il  nous  fait  lire  en  fon  Animad- 
verfion  generale  de  la  Scétion  onziè¬ 
me  de  la  Pharmacopée  d’Ausbourg, 
parlant  de  la  préparation  Galenique, 
des  pierres  precieufes  qu’il  rejette  à 
caufè  qu’elles  font  très  dures  &  que 
nôtre  chaleur  naturelle  ne  peut  pas 
les  réduire  de  puillànce  en  aéfc ,  ou¬ 
tre  qu’elles  adhèrent  à  l’eftomach  Sc 
aux  inteftins.  Aprez  avoir  parlé  de 
la  forte,  pourquoy  eft-  ce  qu’il  fo  con¬ 
tredit  fi  manifeftement ,  quand  il  ad¬ 
met  les  Perles  Sc  le  Lapis  Lazuli  pré¬ 
parez  à  l’ordinaire  ou  à  la  façon  com¬ 
mune  dans  la  C.  A .  au  double  poids 
qu’ils  y  font  demandez  par  Mefoé, 
ç’a  été  à  deifein  d’authorifor  fon  er¬ 
reur  en  diftnt  que  cette  addition  re- 
hauflè  dé  beaucoup  la  vertu  de  la 
compoficion.  De  ce  difeours ,  ceux 
qui  font  moins  intereifez  que 
moy  ,  pourront  facilement  juger 
de  l’affiete  de  l’elprit  de  Monfieur 
Zvvelfer. 

Pour  prouver  la  quatrième  erreur 
de  Zvvelfer,  je  prendray  le  fensde 
fes  paroles  un  peu  plusyhaut  que  je 
n’avois  fait  en  ma  precedente  Re¬ 
marque,  ou  il  dit  ;  C’eft  pourquoy 
je  ne  me  puis  allez  étonner,  de  ce 
que  les  Autheurs  rejettent  fiincon- 
fiderément  ,  &  fi  imprudemment 
la  compofition  dç  Mefué  j  mais 
qu’au  contraire ,  ils  fiii vent  feulement 
celle  de  ceux  de  Montpelier  ou  de 
a  a  a  Lyon, 


370  Ré  fonce 


Lyon  J  bien  que  comme  ils  ad- 
voüent  eux-mêmes  ,  ils  ne  IbienC 
jamais  fans  fiics  ou  Syrop  ,  avec 
lequel  ils  puiffent  faire  une  alîèz 
bonne  &  jolie  Confection  ,  non 
feulement  G.  efficacieufe  que  ces 
étrangères ,  mais  encores  qui  la  fùr- 
paifera  de  beaucoup.  Et  à  la  vérité 
les  François  &  les  autres  nations 
étrangères  fe  mocquent  à,  bon  droit 
de  nous,  de  ce  que  méprifant  les 
chofès  qui  fe  peuvent  auffi  commo¬ 
dément  faire  en  nôtre  pays ,  &  s’y 
font  même  tous  les  jours,  nous  nous 
plailbns  fi 'fort  aux  étrangères  ,  ou 
qui  pour  le  moins  nous  font  portées 
de  loin. 

Monfieur  Zvvelfer  s’eft  fort  em¬ 
porté  fin-  ce  que  j’aydit  qu’il  avoit 
du  fùc  ou  Syrop  de  Kermes ,  avec 
lequel  il  pourroit  faire  une  meilleure 
Confeélion  d’Alkermcs  que  celle 
que  nous  leur  envoyons ,  &  en  même 
temps  pour  toute  réponfè  contre  fbn 
ordinaire  qui  eft  d’exagerer  beau¬ 
coup  les  petites  chofes  pour  les  faire 
paroitre  plus  grandes,  me  renvoyé 
feulement  à  la  page  251.  ligne  1 7. 
de  fà  precedente  édition ,  où  il  ne  dit 
autre  cliofe,.  que  ce  que  je  viens  de 
dire,  le  vous  prie  qu’on  examine  bien 
la  confufion  de  .fbn  difeours ,  que  fi 
on  n’y  trouve  pas  en  termes  exprez 
ce  que  j’ay  dit  un  peu.  trop  claire¬ 
ment  qu’il  avqit  du  fuc  ou  Syrop  de 
Kermes  avec  lefquels  il  pouvoit 
feire  une  meilleure  Confection  que 
la  nôtre-,  du  moins  on  y  trouvera  le 
fens.  Car  quels  Autheurs  entend  Mon- 
iîeur  Zvvelfer ,  pour  ceux  qu’il  taxe 
d’incôfideracion  &  d’imprudence  qui 
jireferent  nôtre  Confeélion  d’Alkcr- 
m&s  ,  &  celle  des  Meilleurs  de  Lyon 


.  à  celle  de  Mefiié.  le  réponds  qu’il 
entend  tous  ceux  qui  en  ont  inféré 
nôtre  defeription  dans  leur  Pharma¬ 
copées  ,  comme  Valerius  Cordus  en 
la  féconde  édition  infolio  du  Dilpen- 
faire  de  Nuremberg  de  l’an  155)8. 
qu’outre  la  defeription  de  Mefué  ,  il 
ajouta  la  defeription  de  Montpellier, 
&  loannes  Georgius  Volckramerus 
Doyen  du  CoUege  de  Nuremberg 
intime  amy  de  mon  Adverfairc  en 
la  quatrième  édition  de  l'an  1666,  de- 
leur  Pharmacopée ,  en  a  retranché  la 
defeription  de  Mefué  ,  &  y  a  re¬ 
tenu  la.  nôtre  en  toutes  les  parties 
excepté  de  la  Soye.  Pour  être  plus 
fuccint  je  n’allegiieray  que  ces  deux 
Autheurs  ,  &  derechef  je  demande- 
ray  à  Monfieur  Zvvelfer,  fi  Mellicurs 
les  Médecins  de  Nuremberg  que  je 
puis  appelle!-  fes  voifins comme  étant 
de  même  nation  ont  du  fuc  &  du 
Syrop  de  Kermes,  comme  il  dit  pour 
pouvoir  faire  une  jolie  Confeélion 
qui  furpailera  en  bonté  fes<  étrangè¬ 
res,  le  demande  encore  à  Monfieur 
le  Dodteur  qu’eft-ce  qu’il  enkend  par 
fes  ConfecSlions  qu’il  appelle  étran¬ 
gères.  Il  me  femble,  &c  c’eft  le  fen- 
timentde  quelques  fçavans  avec  lef¬ 
quels  j’en  ay  conféré  qu’il  ne  peut 
entendre  aucune  autre  Confeélion 
par  fes  étrangères  que  celles  qui 
font  envoyées  de  Montpelier  ou  de 
Lyon  en  Allemagne.  Ce  qui  con¬ 
firme  mon  fentiment  &  cette  véri¬ 
té  eft  qu’il  ajoûte  enfîritte.  A  la  ve- 
té  les  François  &  les  autres  Na¬ 
tions  étrangères  fo  mocquent  à  bon 
droit  de  nous  ,  de  ce  que  nous 
méprifons  les  chofes  qui  fe  peuvent 
auffi  commodément  faire  en  nôtre 
pays  êc  s’y  font  même  tous  les  jours, 
nous 


a  l’ Apologie 

nous  nous  plaifons  fi  fort  aux  étran¬ 
gères  ,  ou  qui  pour  le  moins  nous 
font  apportées  de  loin.  De  tout  ce 
railbnnement  que  devons  nous  re¬ 
cueillir  fi  ce  n’eft  que  Zvvelfer  veut 
par  la  confufion  de  fon  difcours  au¬ 
tant  plein  de  rulé  que  d'artifice  foire 
voir  qu'en  fon  pays  il  peut  foire 
tme  meilleure  Confeétion  d’Alker- 
mes  que  nous,  quoy  que  nous  fôyons 
dans  le  pays  ouleKermes  vient  en 
abondance  ,  &  que  les  autres  cho- 
fès  prccicufes  y  font  apportées  en 
quantité  par  le  moyen  du  com¬ 
merce. 

Il  eft  aife  de  répondre  à  nôtre  Do- 
deui;  Adverfoire  qui  veut  perfiiader 
les  moins  oculez  de  nôtre  profeflîon 
qu'en  fon  pays  on  peut  faire  une 
meilleure  Confeéfion  d'r\lKermes 
que  nous  en  leur  fiippofànt  le  men- 
fonge  pour  la  vérité. 

Pour  n'écrire  pas  deux  fois  une 
même  chofe  le  Lecteur  trouvera  la 
réponfo  de  cette  derniere  fiippofition 
de  Monfieur  Zvvelfer  en  la  page  de 
la  Confeétion  d'AlKcrmes. 

Monfieur  Zvvelfer  le  plus  em¬ 
brouillé  de  tous  les  hommes ,  le  plus 
fouvent  en  tous  fes  difcours  on  ne 
peut  comprendre  ce  qu'il  veut  dire,  il 
n'a,  rien  qui  luy  foir  plus  familier  que 
les  injures  &  les  inveétives  pour  dé¬ 
fendre  fos  erreurs  ;  car  au  lieu  de 
nous  donner  une  intelligence  nette 
&  fincere ,  il  demeuré  toujours  dans 
l'ambiguité  pour  fe  garentir  -des  ef¬ 
forts  de  la  -vérité.  Mais  encore  ce  que 
jetrouve  de  mauvais  en  luy  c'eft  qu'il 
h 'eft  pas  non  feulémcnt  content  de 
défendre  fa  propre  eau  fe  ,  mais  il 
veut  prendre-  encore  la  defenc'c  de 
certains  trompeurs  ,  ôc  m'accora- 


Je  Zvvelfer,  371 

pare  à  ces  Vipereaux  qui  rongent 
les  propres  entrailles  de  leur  rae- 
re  pour  fe  donner  la  vie  ,  &  en 
fuitte  il  dit  que  par  une  rage  fem- 
blable  à  celle  d'un  Chien  ,  je  n'é¬ 
pargne  point  mon  pays  &  ma  pro¬ 
pre  nation  ,  &  n’eft-ce  pas  dit-ih 
un  criiïie  le  plus  indigne  du  monde 
que  j’expofo  à  la  haine  &  à  la  rifec 
mon  feulement  de  toute  l'Europe; 
mais  encore  de  toute  la  Terre,  mes 
Compatriotes  les  Apothicaires  de 
mon  pays  &'  mes  familiers  conci¬ 
toyens  ,  comme  s'ils  étoient  des'  im- 
pofteurs  &  desperfbnhes  d'une  con- 
feienee  perdue. 

Il  n'eft  pas  difficile  de  juger  par 
le  difcours  de  Monfieur  Zvvelfer 
que  chacun  aime  fon  fomblable 
puis  qu'il  ne  fe  contente  pas  d’avoir 
pris  la  defence  d’une  fi  mauvaifo 
caufo  que  la  fienne  ;  mais  qu’il 
veut  encore  fovorifer  celle  de  ceux 
qui  par  une  mauvaifo  confcience 
fans  charité  pour  leur  prochain , 
pouffoz  par  un  defir  infatiable  de 
gagner  ,  les  uns  entreprenent  con¬ 
tre  les  Ordonnances  du  Parlement 
ôc  les  Reglemens  de  leur  Art  de 
tromper  &  brouiller  ledit  Syrop,&: 
les  autres  de  'faire  ce  qu’ils  n’ont 
jamais  appris  &  que  leur  profcffion 
ne  permet  pas  de  foire ,  Monfieur 
Zvvelfer  qui  eft  Médecin  élevé  à  un 
degré  plus  haut  que  celnyd’un  Apo¬ 
thicaire  qui  doit  veiller  lùr  ceux  qui 
font  mal ,  au  contraire  il  veut  au- 
thorifer  leiur  méchanceté  ;  mais 
qu’il  fçache  que  fa  Majefté  Im¬ 
périale  qui  l’a  honoré'  du  titre  de 
Médecin  qu’il  pofiède  ,  ne  l’au- 
roit  fans  doute  pas’fait  s’il  eut  cru 
qu’il  -en  eut  nfé  de  la  forte.  l’ay 


372-  Kepünce, 


plus  de  droit  encore  que  je  ne  dis 
pas  de  déclamer  contre  ces  peftes 
qui  en  ufent  mal ,  foie  qu’ils  Ibient 
de  ma  profeflîon  ou  non  »  m’y 
trouvant  obligé  par  la  charité  que 
je  dois  à  mon  prochain ,  &  par  ma 
propre  confeienee  de  relever  les 
choies  que  je  releve  à  l’encontre  de 
tous  ces  infâmes  ,  &  particulière¬ 
ment  contre  ceux  qui  veulent  inno¬ 
center  telles  gens. 

Monfieur  le  Dodeur  Zvvelfer 
aprez  avoir  fait  fumer  fa  bile  &  fon 
atrabile  contre  moy  en  faveur  de, 
ceux  qui  brouillent  &  qui  trompent 
le  Syrop  de  Kermès,  par  ironie,  il 
me  remercie  au  nom  de  toute  l’Alle¬ 
magne  &  de  l’Europe  du  bon  avis 
que  je  leur  ay  donné  qui  leur  fervira 
à  l’advenir  pour  fe  garder  de  fîupri- 
fe.  Mais  pour  revenir  à  là  façon  or¬ 
dinaire  d’impofer  à  la  vérité  il  dit, 
que  je  ne  me  fâche  point  s’ils'  pré¬ 
parent  déformais  leur  Confeélion 
d’AlIcermes  avec  des  grains  recens 
de  Kermes  ou  de  nouvellement  foi- 
chez.  Voyez  je  vous  piie  fa  hardielfe 
pour  juger  dequoy  n’eft-elle  pas  ca¬ 
pable,  .&  s’il  eftà  fon  pouvoir  de  re¬ 
couvrer  des  grains  de  Kermes  recens, 
&  même  de  celuy  qu’on  aura  nou¬ 
vellement  feiché  à  moins  d’un  foin 
très  -  particulier*  &  à  grand  frais 
qui  forpàlïèroit  de  beaucoup  la  cu- 
riofîré  de.  notre  Doéceur  ,:.qui  n’efo' 
qu’en  apparence  ,  &  quand  il  en 
auroitde  nouvellement  feichez,ils  n’y 
ftrviroieht  pas  davantage  que  ceux 
qu’on  auroit  ftichpz  depuis  un  an, 
par  ce  qu'ils  n’ont  pas- plus  de  vertu, 
l-’omettray  beaucoup  d’antres  .çhofos  à 
dedéin  qu’il  a  voulu  avancer  contre 
mon  honneur, ,  par  cç  qiie  tout  cela 


eft  au  delfous  de  moy  ,  je  foisfà- 
tisfiit  d’avoir  l’honneur  d’être  con¬ 
nu  de  beaucoup  d’honneftes  gens 
de  diverlès  nations  qui  m’ont  en 
autre  eftime  que  lijy  ,  &  que  tous 
ceux  qui  verront  nos  réponces  ,  je 
m’ofe  bien  promettre  qu’ils  incline¬ 
ront  pour  moy  ;  car  qu’eft-ce  qu’ils 
remarqueront  dans  les  lîennes,  qu’un 
babil  animé  de  prefomption  ,  qui 
ne  cherche  qu’à  efquiver  ,  &  à. 
couvrir  les  fautes  dés  impollèurs 
par  fos  propres  impoftures ,  comme 
quand  il  veut  exeufer  ces  brouil¬ 
lons  ,  qui  corrompent  la  vertu  du 
Syrop  de  Kermes ,  comme  a  été  cy- 
devant  allégué  ,  &  voicy  comme  it- 
continue. 

le  ne  crois  point  dy-je  qu’ils 
corrompent  cette  belle  Confeétion  à 
raifon  du  gain,  que  par  ce  qu’ils  man¬ 
quent  dans  les  premiers  principes  de 
nôtre  Art  ,  qu’ils  ne  fçavent  point, 
de  Philofophie  ;  &  par  ce  que  leur 
expérience  eft  defeétueufe  ,  & 
croyent  que  Ij.on  faifoit  cet  Ele- 
efuaire  avec  le  fuccre  Tabarzet,  à 
pinc  viendroit-elle  en  une  deu'écon- 
fiftance ,  par  ce  que  le  Syrop  compo¬ 
sé  de  ce  pur  Sucerc  degenereroit: 
en  cryftau.x  au  heu  qu’elle  demeure 
en  forme  de  Confection,  &  que  cet 
Eleduaire  ne  reflemblât  à  des  petits 
grains  de  Myriadis  fous  les  dents ,  ce 
qui  arrive  par  la  privation  de  l’humi¬ 
dité  ,  alors  elle  devient  entièrement 
foiche.  Cette  metamorphofo  furpalfc 
toute  la  force  de  vôtre  ciprit,.  dautant' 
que. vous  n’étes  pas  philofophe ,  6c 
e’eft  pour  cela  ,  que  vous  vous  êtes 
fervy  de  diverfos  rufes,  &  que  vous 
avez  diffamé  avec  une  bouche  pro- 
ftituée  vôtre  nation. 

Mon 


a  l'apologie 

Monfieur  Zvvclfer  par  Vôtre  pro¬ 
cédé  vous  me  donnés  à  connoître 
de  plus  en  plus  quel  eft  vôtre  eiprit, 
&  quel  eft  vôtre  fçavoir ,  vous  qui 
faites  tant  l'integre  ,  le  fincere  & 
le  confdentieux  ,  je  juge  par  vôtre 
dilcours  ,  que  vous  n’êces  ny  l’un 
ny  l’autre.  L’ambiguité  que  vous  gar»> 
dés  en  tous  vos  dilcours  ,  comme 
il  vous  a  été .  déjà  reproché  3  pour 
elquivcr  une  légitimé  réponce  ,  lèrt 
d’azile  à  vôtre  ignorance.  Vous  di¬ 
tes  que  vous  ne  croyés  pas  que  ces 
broiiillons  defquels  vous  faites  aller 
du  pair  leur  intereft  avec  le  vô¬ 
tre  corrompent  le  lÿrop  de  Kermes, 
à  railbn  du  gain  3-  mais  parce  qu’ils 
ne  font  pas  Philolbphes.  Faut-il  être 
Philolophe  pour  faire  le  lyrop  de 
Kermes  3  je  le  fouhaitterois  :  car  en 
ce  cas  l’abus  en  lèroit  moindres  j’e- 
ftime  que  la  prelbmption  qui  vous 
maîtrife  vous  perliiade  que  ceux  à 
qui  vous  parlés  font  deftitués  du 
bon  fens.  Ne  fçavés-vous  pas  que 
parmy  ceux  qui  n’ont  point  d’êtude3 
il  s’en  trouve  beaucoup  qui  font  ca¬ 
pables  de  tres-belles  chofes  3  &  qui 
peuvent  foire  les  plus  grandes  &  Tes 
plus  difficiles  compofition s  ^  moyen¬ 
nant  qu’ils  ayent  la  connoiftânee 
des  ingrediens  qui  les  compofont, 
&c  de  leur  jufte  poids  3  mais  ceux 
que  vous  prenés  fous  vôtre  pro- 
teétion  n’obfoivent  aucune  des  ré¬ 
glés  légitimés  de  la  compoficion  du¬ 
dit  lyrop  3  parce  que  l’avarice  les 
commande  3  84  en  cela  vous  faites' 
voir  une  double  malice  3  qui  eft  la- 
leur  3  &  celle  que  vous  avés  de  les  > 
protéger.  Car  fi  l’Autheur  du  lyrop 
de  Kermes  y  fait  entrer  de  la  foye^ 
dq-/uc  de  Pommes  3  &  de  l’eau  Ro- 


de  "Zwelfer.  575 

fe  3  &  qu’on  ne  les  y  mette  point3 
n’eft-ce  pas  dérober  à  la  compofi- 
tion  la  vertu  de  les  ingrediens ,  Sc 
fi  au  lieu  de  deux  livres  de  luccrc 
blanc  for  une  livre  de  pulpe  de 
Kermes ,  qu’on  y  en  mette  trois  ou 
quatre  livres  du  blanc  3  du  rouge, 
ou  du  miel ,  n’eft-ce  pas  corrompre 
entièrement  ledit  fyrop.  Après  cela 
y  a-il  un  homme  d’honneur  qui  doi¬ 
ve  prendre  la  defence  d’une  infigne 
fourberie  de  -  telles  gens  ,  qui  cher¬ 
chent  par  tous  moyens  l’occafion  de 
s’enrichir,au  préjudice  de  la  fanté  de 
leur  prochain.  N’ett-ce  pas  une  bel¬ 
le  Metamorphofe  que  vos  Myriadis,- 
que  vous  dites  forpallèr  toute  la  for¬ 
ce  de  mon  eiprit,  je  puis  dire  en 
fçavoir  plus  que  vous  fur  cette  ma¬ 
tière  3  &  d’en  avoir  plus  oublié  que 
vous  n’êtes  capable  d’en  apprendre. 
Cecy  me  fait  reflôuvcnir  de  ce  que 
je  vous'  ay  cy-devant  dit  en  la  Re¬ 
marque  de  nô  tre  C.  A.  que  vous 
n’aviés  point  veu  ny  conneu  le  foc 
ny  le  lÿrop  de  Kermes  fidellement: 
dilpensé.  Taises- vous  donc  fi  vous  ■ 
en  êtes  capable  ,  &  profites  de 
la  leçon  que  je  m’en  vay  vous 
faire. 

Monficur  Zvvelfer  vous  appren- 
drés  de  vôtre  maître  Verny  ,  que' 
pour  compofer  fidellement  le  lyrop  ’ 
de  Kermes ,  nous  prenons  par  exem¬ 
ple  deux  livres  de  pulpe  de  grains- 
de  Kermes  récemment  tirée  de  la; 
treizième  cueillette ,  c’eft  à  dire  de 
celuy  du  troiziémé,Samçdy  ,  à  con¬ 
ter  du  premier  jour  qu’on  a  coin-- 
mencé  de  nous  en  apporter  à  ven-- 
dre  3  à  laquelle  pulpe  nous  ajou¬ 
tons  deux  livres  de  foccre  fin-,  ou‘ 
Tabarzet  du  plus  fcc  réduit  en  pou-- 
aa»'-  3  dre- 


374  Reponce 


dre  fubtile.  A  part  nous  faifons  in- 
fufer  &  cuire  une  quantité  de  foye 
crue,  d’environ  de  quatre  à  cinq 
onces  dans  le  lue  de  Pommes  & 
l’eau  Rolè,  &  dans  la  colature  nous 
y  mettons  deux  livres  dumêmefuc- 
cre  que  delîùs,  &  les  cuilons  aiti- 
ftement  en  Elechiaire  mol ,  ou  un  pe¬ 
tit  plus ,  après  nous  le  mêlons  chau¬ 
dement  &  exaétement  avec  la  con- 
lêrve  de  Kermes ,  cela  faic  nous  ap¬ 
pelions  cette  compofîtîon  lÿrop  de 
Kermes  complet  ,  qui  ne  lè  candit 
point ,  ny  fe  cryftallilè  nullement, 
qiioy  que  vôtre  Philolôphie  imagi¬ 
naire  vous  fuggere.  Ce  que  je  viens 
de  vous  dire  ne  tient  ny  de  la  fincfic 
ny  de  l’artifice  ,  c’ell  la  vraye  pra¬ 
tique  de  ceux  qui  font  honneur  à 
nôtre  profeffion ,  &  la  mienne  pro¬ 
pre  ,  croyés-le  ou  ne  le  croyés  pas, 
cela  m’eft  fort  indiffèrent. 

Puis  que  nous  fommes  fur  la  four¬ 
berie  du  fyrop  de  Kermes,  je  veux 
encore  vous  donner  une  autre  inftru- 
6tion  touchant  le  même  fyrop ,  qui 
vous  apprendra  d’où  procèdent  vos 
Myriadis ,  puis  que  vous  ignorés  les 
choies  plus  triviales  de  la  profef- 
lion  ,  que  pour  les  entendre  vous 
venés  de  dire  qu’il  faut  être  Philo- 
fophe ,  oui  chés  vous ,  parce  qu’elles 
furmontent  la  force  de  vôtre  genie. 
Mais -à  Montpelier,  qui  cft  comme 
la  terre  natale  de  la  Medecine,nos 
apprentifs  Sc  nos  lèrvantes,  vous  en 
feroient  de  belles  leçons ,  for  ce  peu 
vous  dites  ,  que  de  mettre  du  fuccre 
Tabarzec  dans  le  foldit  lyrop,  en  le 
gouttant  il  craqueroit  fous  la  dent 
quafi  comme  de  Myriadis,  que  l’ex¬ 
plique  comme  de' grains  de  fable. 
Apprenés  que  cela  procédé  particu¬ 


lièrement  de  ceux  qui  le  fourbent 
par  trop  grande- quantité  de  fuccre 
qu’ils  y  mêlent  avec  la  pulpe  de 
Kermes ,  bien  qu’il  ne  foie  pas  du 
fuccre  Tabarzec, ‘parce  que  i’huini- 
dité  de  la  pulpe  n’étaht  pas  fofii- 
fante  à  le  pouvoir  dillôudre ,  il  en 
refte  une  bonnepartic,  ôc  aiufi  quand 
on  goutte  le  fyrop  le  foccre  craqueté 
fous  la  dent.  La  même  chofo  peut 
arriver  auffi  par  mégarde  à  ceux  qui 
prennent  la  pulpe  de  Kermes  du  plus 
meur ,  &  qui  n’y  mêlent  pias  le  foc¬ 
cre  en  poudre  fubtile ,  quoy  qu’ils 
gardent  les  proportions  requifos.  De 
l’heure  que  je  vous  parle ,  deux  four¬ 
bes  alîbciés  de  cette  ville  ,  ont  en¬ 
voyé  à  nôtre  infeeu  une  bonne  quan¬ 
tité  de  fyrop  de  Kermes  en  Hollan¬ 
de  ,  qu’à  ce  que  nous  avons  appris 
le  fuccre  y  paroi t  en  quantité  fort 
grolîlerement  mêlé,  qui  a  été  la  eau- . 
lè ,  que  celuy  qui  en  avoir  donné 
la  commiflion  ,  ne  l’a  point  voulu 
recevoir.  Si  nôtre  Scyndic  ou  quel¬ 
qu’un  de  nous  fe  fût  aperceu  de 
cet envoy ,  nous  l’aurions  arrêté,  & 
foie  condamner  à  être  brûlé  en  pla¬ 
ce  publique ,  comme  nous  avons  faic 
ey-devanc  Sc  d’autres  compoiltions 
aufli.  Voilà  Monfieur  Zyveltèr  com¬ 
me  les  Myriadis  font  introduits  dans 
la- pulpe  de -Kermes,  non  p'as  qu’ils 
s’y  engendrent  par  voye  de  cryllal- 
lifation ,  comme  vous  êtes  perfoadé, 
&  de  quelle  façon  nous  traittons 
nos  Concitoyens  en  ce  pais-  cy  quand 
nous  les  trouvons  en  fautes  ,  &  au 
contraire  vous  protégés  dans  la  vô¬ 
tre  peux  qui  vous  -fourbent. 

Monfieur  Zvvelfer  a  tant  de  bonté 
pour  moy,  qu’il  me  dit  en  paifant  que 
j  ’apprenne  comme  quoy  l’on  peut  pre- 
parèr 


a  l’Apologie 

parer  la  plus  excellente  Confeétion 
d'AikermeSjeniine  bonne  confiftence. 
avec  le  pur  fuccrc  >  comme  il  con¬ 
vient  J  pour  l’empecher  de  dégéné¬ 
rer  en  petits  grains  de  fùccre  j  & 
non  pas  avec  le  miel  ,  ny  ac  la  lie 
du  fuccre  ronge.  Voyés  dit-il  j  nô¬ 
tre  Pharmacopée  Royale  qui  a  été 
depuis  peu  mile  au  joufj  &  elle  vous 
fèrvira  de  pédagogue  &  de  préce¬ 
pteur  J  &c. 

Le  bon  Moniîeur  Zvvelfcr  s’eft 
voulu  fignaler  entre  les  Ecrivains  de 
ce  Jfiecle,  par  le  moyen  de  fes  Re¬ 
marques  >  &  de  là  Pharmacopée 
Royale ,  qu'il  appelle  allez  impro¬ 
prement.  Et  par  l’invention  de  fà 
preftantürme  Confection  d’Alker- 
mes  J  où  il  me  renvoyé  pour  me  fer- 
vir  de  précepte ,  fur  laquelle  je  me 
referve  ,,Dieu  aidant  d’en  relever  tes 
defauts  en  fbn  lieu  comme  a  été  ty- 
devant  dit. 

Monfieur  Zvvelfer  fans  faire  tort 
à  vôtre  prefomption  j  avoués  je  vous 
prie  franchement  avec  vôtre  inter¬ 
prète  que  vous  n’entendés  point  la 
matière  de  laquelle  vous  parlés ,  & 
quand  j’y  comprendray  celuy  qui  a 
fcit  vôtre  latin,  je  ne  m’éloigneray 
pas  de  la  vérité  ,  car  fi  elle  vous 
étoit  bien  connue  >  vous  n’uferiés 
pas  fi  ibnvent  du  Corinthe  de  lu- 
piter  comme  vous  faites.  le  ne  m’at- 
tandois  plus  vous  entendre  parler 
des  Perles  &  du  Lapis  Lazuli ,  puis 
que  vous  en  aviés  déjà  trop  dit  par 
diverfès  reprifis  à  vôtre  delàvan- 
tage  ;  mais  vous  y  êtes  revenus 
comme  un  homme  qui  s’éveille  d'ùn 
profond  iommeil  qui  a  oublié  en 
dormant  ce  qu’il  avoir  déjà  dit  au¬ 
paravant  ;iu  ou  comme  s’il  avoir  qucl^ 


de  'Zvvelfer.  3  7  5 

que  chpfe  de  meilleur  a  dire ,  néant- 
moins  vous  ne  faites  que  redire  ce 
que  vous  avés  cy-devant  dit  ,  & 
commencés  ainfi.  Pourquoy  eft-ce 
que  Zvvelfer  ne  pourra  pas  ,  pour¬ 
quoy  eft-ce  que  les  Mefileurs  d’Aiifr 
bourg  ne  pourront  pas  f  à  la  ma¬ 
niéré  des  enfans  Monfieur  Zvvel¬ 
fer  fe  met  le  premier  de  peur  qu’il 
a  de  s’oublier  )  ajouter  deux  drach¬ 
mes  de  Lapis  Lazuli  &  de  Perles  à 
ce  noble  Antidote  ,  puis  que  .ces 
choies  augmentent  beaucoup  là  ver¬ 
tu,  comme  au  contraire  vos  trom¬ 
peries  l’afoiblillènt  &  le  corrompent. 
Voy  dont  maintenant  Verny  com¬ 
me  un  petit  fétu  augmente  ton  cha¬ 
grin  pendant  qu’un  gros  pieu  t’a  aveu¬ 
glé  ,  &c.  Et  plus  bas  il  dit,  &  mê¬ 
me  n’a  pas  honte  (  parlant  de  moy) 
d’augmenter  la  dolè  du  fiiccre  pour 
trompier  la  Confeélion  d’Alkermes, 
de  fubftituer  pour  le  lucre  quel¬ 
que  méchant  fiiccre  pour  le  plus- 
pur. 

Cher  amy  Zvvelfer  ,  je  ne  me 
formaliferois  point  fi  Melfienrs  les 
Médecins  d’Ausbourg  avoient  rete¬ 
nu  en  la  delcription  de  leur  C.  A. 
l’entiere  dolè  des  Perles  &  du  La¬ 
pis  Lazuli  de  celle  de  Mefué,  par¬ 
ce  qu’ils  auroient  eu  droit  de  ce  fai¬ 
re,  fi  c’eût  été  leur  intention;  mais 
comme  cela  efl  arrivé  par  mêgarde 
par  la  faute  de  l’imprimeur  ,  ainfi 
qu’il  a  été-  dit,  autrement  l’annota¬ 
tion  pliée  en  long  cy-devant  citée, 
de  l’an  1557.  en  feroit  menrion, 
doneques  vous  ne  devés  point  cou¬ 
vrir  vôtre  erreur  d’un  fi  foible  pré¬ 
texte  ,  &  faire  tant  de  bruit  com¬ 
me  vous  faites  inutilement  pour  en 
clpcrer  un  plus  grand  avantage.  ïn 


37»  Réponce 


ne  veux  pas  dire  aiiflî  que  les  deux 
drachmes  de  Perles  ,  &  de  Lapis 
Lazulifoient  nuifibles  dans  laCon- 
fedion  d’Alkermes  j  mais  il  me  fe¬ 
ra  permis  de  dire  auffi ,  qu’ils  n  y 
fbnc  pas  fi  efficaces  comme  vous 
criés  ,  ainfi  que  je  prétends  prouver 
par  vos  propres  raifons  en  la  refixca- 
tion  de  vôtre  C.A.  Pour  les  trompe¬ 
ries  dont  vous  m’accusés  que  je  faits 
en  la  nôtre  c’eft  bien  contre  vôtre 
confcience  que  vous  parlés  j  puis  que 
je  ne  fois  que  fuivre  comme  vous 
devés  voir  ,  fi  vous  avés  la  veuë 
bonne ,  la  correction  qui  en  a  été 
faite  par  nos  Anciens  &  tres-illuftres 
Profefièurs  cy-devant  allégués  ,  & 
l’authorifàtion  que  leurs  fiiccefleurs 
luy  ont  concédée,  fans  y  rien  con¬ 
tribuer  du  mien  autre  que  la  defen- 
ce  de  vôtre  injurieufé  calomnie.  Et 
quand  mon  Adverfaire  dit  que  je  la 
corromp  ,  qu’il  fçache  qu’il  en  eft 
autrement ,  &  que  les  chofès  cor¬ 
rompues  en  paflànt  par  mes  mains 
en  fortent.bien  purifiées  ,  &  bien 
faines ,  &  qii’il  en  eft  de  Monfieur 
Zvvelfer  comme  des  mains  crochues, 
&  de  la  bouche  puante  des  Harpies 
qui  parurent  à  Enée  aux  Illes  des 
Strophades  ,  qui  par  leurs  cris  lu¬ 
gubres  ,  ou  par  l’attouchement  qu’el¬ 
les  firent  de  iès  viandes  les  cor¬ 
rompirent  ,  de  même  la  langue  & 
la  plume  de  mon  Adverlàire  cor¬ 
rompent  les  écrits  &  la  réputation, 
tant  des  Anciens  que  des  Modernes, 
qui  ont  écrit  la  compofîtion  des  mé¬ 
dicaments. 

Nôtre  Dodeur  Zvvelfer  eft  plei- 
nemént  perfuadé  qu’il  luy  eft  plus 
avantageux  de  foûtenir  fa  première 
-opinion,  quoy  qu’erronée  que  de  s’en 


retracter  honnêtement  ,  nonobftant 
que  je  luy  aye  fuffrfàmmenc  fait  voir 
en  ma  precedente  édition  par  l’au- 
thorité  d’Avicenne  ,  de  Serapion  & 
autres  ,  les  qualités  &c  veruis  de  la 
Ibye  crue ,  il  peififte  toujours  en  fa 
négative  ,  contre  laquelle  je  feray 
voir  de  nouveau  que  la  nature  n’a 
point  été  marâtre  à  la  foye  crue ,  & 
qu’elle  ne  l’a  pas  revêtue  de  moins 
nobles  qualités  &  vernis  que  les  di- 
vcrlès  étoffes  qu’on  en  fabrique, 
&  tiennent  rang  parmy  le  luxe  entre 
les  gens  de  condition  relevée.  Et 
voicy  de  la  façon  que  nôtre  Dodciir 
commence  là  réponce  fur  la  cin¬ 
quième  Æailbn  que  je  luy  ay  ap¬ 
portée. 

Les  paraboles  de  ce  maître  in- 
conneu  s’étendent  julqucs-icy  ,  lef- 
quelles  ne  faifant  rien  contre  nous,& 
n’ayant  aucune  force ,  nôtre  opinion 
demeure  dans  fa  pleine  vigueur ,  & 
nôtre  conclufion  en  nos  obfcrvatibns 
touchant  l’ulàge,  la  vertu  &  l’inefi- 
cacité  de  la  ioyc  crue. 

Il  faut  avouer  que  nôtre  Autheiir 
prefiime  beaucoup  de  croire  qu’u¬ 
ne  opinion  erronée  fans  fondement 
ny  railbn  comme  la  fienne,  doive 
prévaloir  Irir  celles  de  beaucoup 
d’Autheurs  qui  concèdent  tant  de 
belles  qualités  &  vertus  à  la  Ibye 
crue  que  je  luy  ay  cy-devant  allé¬ 
guées  ,  &  qu’il  vueille  prouver  ,  ou 
nier  par  rêverie  qui  a  fiiggeré  dans 
la  foiblcffè  de  Ibn  cerveau  que  la 
Ibye  crue  n’a  point  de  vertu  ,  au 
lieu  que  pour  prouver  quelque  cho- 
fe  de  difficile  d’apporter  non  lèule- 
ment  de  bonnes  authorités  j  mais 
des  expériences  certaines ,  pour  ren- 
yerfer  une  doétrine  qui  eft  approu- 


a  l' apologie 

vée  depuis  plufieiirs  ficelés  par  des 
bonnes  authorités. 

le  fus  perfiiadé  die  Zvvelfer  à 
tenir  l’opinion  contraire  ,  à  fça- 
voir  que  cette  (bye  des  cocons  j  à  * 
caufè  de  l’impureté  &  puanteur  qui 
s’en  exhale  diffipe  les  efprits  vitaux, 
abbat  les  forces  &  trouble  toute  l’e- 
conomie  corporelle  de  ceux  qui  en 
ufent. 

Zvvelfer ,  à  mon  grand  regret  en 
divers  rencontres  je  vous  ay  repro¬ 
ché  ,  ce  que  je  vous  reproche  en¬ 
core  ,  que  la  palî'on  que  vous  avés 
pour  défendre  vos  erreurs  ,  vous 
emporté  dans  un  aveuglement  fi 
grand,  que  tes  plus  groflîers  artilâns 
qui  travaillent  à  la  loye  crue ,  fè  rient 
de  vous  entendre  dire  que  les  cocons 
Ibient  impurs  &  puans.  Et  ceux  qui 
connoilfent  les  cocons  feientifique- 
ment  ne  peuvent  Ibufftir  d’entendre 
parler  de  la  (brte  un  homme  qui 
le  qualifie  Médecin,  particulièrement 
quand  il  dit  que  la  ibye  crue  à  cail¬ 
le  de  l’impureté  ôc  puanteur  qui  s’en 
exhale  dilhpeles  elprits  vitaux,  qu’el¬ 
le  abbat  les  forces,&  trouble  toute  l’e- 
conomie corporelle.  Monfieur  Zvvel¬ 
fer  ne  le  Ibûmettioit  pas  à  une  peti¬ 
te  peine  ,  de  me  faire  voir  un  feul 
exemple  de  ces  accidéts  qui  procèdent 
de  l’impureté  8c  puanteur  de  la  foye 
crue  ,  outre  que  celuy  de  l’oiiir  aire, 
qui  fait  quelquefois  de  grandes  im- 
prelfions  en  certains  elprits  ,  com¬ 
me  en  celuy  de  noftrc  célébré  Do- 
ébeur  qui  luy  fait  dire ,  ce  que  la  rai- 
fon  ôc  l’experience  luy  ont  caché 
jufques  icy. 

Et  en  continuant  ion  dilcours  er¬ 
roné  ,  ■  il  demande  s’il  y  peut  avoir 
quelque  Médecin  de  ma  nation ,  qui 


de  Zvvelfer,  5  77 

eftime  tant  cette  foye ,  &  qu’il  en 
prenne  la  defence ,  8c  qu’il  la  mette 
dans  les  remedes  cordiaux,  ou  s’il  en 
vient  jufquesdà,  ne  croit-il  pas  qu’il 
le  fait  pour  accorder  quelque  chofe  à 
la  fimplicité  des  Anciens. 

Si  Monfieur  Zvvelfer  avant  que  de 
prononcer  ià  ridicule  pensée  contre 
la  foye  crue  qu’elle  n’a  point  de  ver¬ 
tu  ,  s’il  l’eût  examinée  par  l’odorat 
après  en  avoir  ôté  une  petite  peau 
fort  déliée  de  lafuperficie  d’un  cocon, 
il  luy  auroit  exhalé  une  odeur  dou¬ 
ce  &  agréable ,  qu’on  peut  appellec 
flagrante ,  &  après  en  le  mâchant,  il 
luy  auroit  remply  la  bouche  d’une  fa¬ 
veur  douce  ,  plaifànte  8c  agréable, 
accompagnée  d’une  fort  petite  cha¬ 
leur.  L’odeur  &  la  fàveur^uivant 
les  Galeniftes  j  font  deux  marques 
tirées  des  qualités  fécondes ,  qui  def- 
cendent  des  premières ,  &  fui  vant  les 
Chimiftes  je  croy  qu’il  n’ignorerpas 
que  le  fel  donne  la  faveur  aux  mix¬ 
tes  ,  le  fouphre  l’odeur ,  &  le  mer¬ 
cure  la  coubur  ,  defquellcs  dépend 
la  compoficion  de  tous  les  médica¬ 
ments  fimples ,  qui  malgré  fà  mau- 
vaife  humeur  ,  luy  auroit  fait  accor¬ 
der  la  plus  grande  '  partie  des  qua¬ 
lités  &  vertus  que  les  Grecs,lcs  Ara¬ 
bes  8c  autre  luy  donnent ,  particu¬ 
lièrement  Avicenne  au  livre  des  for¬ 
ces  du  cœur,  duquel  j’ay  rapporté 
le  texte  Latin  ,  &  maintenant  je,  le 
rapporteray  en  François,  pour  l’in- 
ftruélion  de  ceux  qui  n’entendent 
point  la  langue  Latine. 

La  foye  crue  eft  du  nombre  des 
médicaments  qui  réjoiaiflent  fort. 
Celle  qui  eft  crué  eft  la  meilleu¬ 
re,  fi  eft-ce  qu’on  ufè  quelquefois 
de  celle  qui  eft  cuite  ,  principale- 
b  b  b  ment 


378  Ré  ponce 


ment  fi  elle  n’eft  point  teinte. 
Elle  eft  chaude  &  feiche  au  pre¬ 
mier  degré  3  &  à  caufe  de  ce  elle 
defi-iche  &  fijbtililè  avec  cette  fin- 
gulariré  &  don  de  nature  de  rc- 
gaillardir  &  réjouir  le  cœur.  Elle 
fortifie  le  cœur  ,  la  veuë  Sc  la  mé¬ 
moire.  Outre  ce  elle  rcjoiiit  mer- 
veilleufèment  les  vertus  naturelles 
^  plus  la  crue  que  celle  qui  apaf- 
sc  par  le  fèui  Toutesfois  on  ulè 
bien  quelquefois  de  celle  qui  eft 
cuite  pouveu  quelle  ne  foit  point 
teinte  de  couleur.  Elle  élargit ,  ren¬ 
force  3  purifie  3  &  éclaircit  les  ef- 
prits.  Sa  vertu  ne  s’étend  pas  feu¬ 
lement  à  une  forte  d’efprits  en  une 
difpofition  ;  mais  cela  luy  eft  pro¬ 
pre  d’aider  généralement  à  tous  ces 
cfprits  3  tellement  qu’elle  peut  reftau- 
rcr  les  elprits  animaux  3  vitaux  3c  na¬ 
turels. 

Après  quain  Médecin  de ,  mà  na¬ 
tion  3  ou  d’autre  aura  examiné  la 
foye  crue  par  les  qualités  fécon¬ 
dés  3  cy-dellûs  alléguées  3  fera- il  dif¬ 
ficulté  de  l’employer  dans  ces  re- 
medes  cordiaux  3  &  de  croire  qu’el¬ 
le  poftéde  des  qualités  &  vertus  qu’A- 
vicenne  &  autres-  luy  accordent  ?  non 
il  n’y  a  que  ceux  qui  parlent  par 
oüir  dire  comme  Monfieur  Zvvcl- 
fer  qui  preferent  le  ftntiment  erro¬ 
né  d’un  cenlèiu-  ign0ranr3.au  inti¬ 
ment  des  meilleurs  Autheurs  3,  qu’il 
n’a  pas  honte  d’aceufor  de  fimplici- 
té  3  quand  ils  exaltent  les  vertus  de 
la  foy  e  crue  que  fa  preforoption  con¬ 
damne. 

Monfieur  Zvvelfer  ne  manque 
point  d’artifice  pour  attirer  à  Ion 
party  ceux  qui  n’ont  pas  la  con- 
noilfance  des  cocons  à  foye.  Et  je 


ne  puis  me  perfiiader  (  dit-il  ;  que 
Verny  foit  fi  dépourveu  de*  juge¬ 
ment  qu’il  mette  dans  fa  Confeétio» 
les  Cocons  qu’on  tire  de  ces  vers 
infeeStes  tous  laies  comme  ils  Conty, 
Sc  fins  être  lavés  contre  le  fenti- 
ment  de  Méfié  fon  ancien  maî¬ 
tre  3  qui  preferit  qu’on  mêle  dans 
la  Confeétion  de  la  foye  qui  ne  foit. 
pas  crue,  mais  qu’elle  foit  imbuë 
du  fie  des  grains  qui  entrent  dans 
cette  compofition  ,  après  qu’elle  au¬ 
ra  été  purgée  &  préparée  comme  il 
fout. 

Monfieur  le  Doéteur  Zvvelfcr  a.. 
fins  doute  fait. forment  en  foname 
de  ne  dire  point  de  vérité  ,  puis¬ 
qu’il  sien  trouve  fort  rarement  dans 
lès  difeours  ,  de  quoy  je  m’étonne 
qu’un  grand  perfonnage  comme  luy^ 
dont  l’Empire  fait  à  prefent  fes  rro- 
pliécs  &  lès.  delices  au  liijct  de  la 
Pharmacie  qui  contre- fiir  le  Philo-, 
fophe  3  l’Hiltorien  &  le  naturaliftc3, 
en  Life  de  la  forte.  Quand  il  dit,  que 
les  cocons  font  tous  files  &  puanss, 
il  ne  fçait  dequoy  il  parle  :  car  pen¬ 
dant  que  les  vers  travaillent  à  con- 
ftruire  leurs  cocons  3  ils  rendent  la. 
foye  par  la  bouche3  &  s’enferment  au 
dedans  de  leur  travail  3  &  fi-rôtlair 
ouvrage  achevé  3  qui  eft  en  deux  ou- 
trois  jourS3  quelques  jours  après  avoir 
vuidé  la  foye  ils  prennent  la  forme 
d’un  papillon  blanc  3  &  percent  leurs, 
cocons  pour  en  fortir  3  fins  que  pen¬ 
dant  tout  letems  qu’ils  ont  demeuré; 
enfermés  3  qui  eft  d’environ  vingt 
jours  ils  ayent  mangé  aucune  cho¬ 
ie  3  Sc  par  confequent  ils  ne  font 
point  lîijets  à  rendre  aucun  excre- 
ment  d’où  pourroit  procéder  la  puan¬ 
teur  que  mon  Adverfaire  prefipp^ 


a  l'  j4pologk 

fè.  Il  arrive  même  quelque  fois  qu’il 
y^a  des  papillons  qui  reftenc  dans 
leur  cocon  &  y.  meurent ,  fans  que 
neantmoins  ils  y  laiiîènt  aucune  mau- 
vailè  qualité  ;  la  raifon  de  cela  eft, 
que  le  vers  qui  produit  le  papil¬ 
lon  ayant  rendu  là  loye ,  toute  l’hti- 
naidité  qu’il  avoit  dans  Ion  corps 
eft  pre%ie  épuisée  ,  il  en  refte  feu¬ 
lement  au  papillon  ce  qu’il  luy  en 
faut  pour  l’entretenir  en  vie  pen¬ 
dant  trois  ou  quatre  jours  julques 
à  ce  qu’ils  ayent  feit  leur  femen- 
ce,  &  par  confequent  les  cocons 
nont  belôin  d’aucune  lotion  ,  de  la¬ 
quelle  non  feulement  Mefuéjfes  com- 
inentateurs ,  ny  aucun  de  ceux  qui 
traittent  de  la  vertu  de  la  foye  n’en 
font  mention  d’un  feul  mot  ,  ce 
qui  fait  voir  clairement  à  ceux  mê¬ 
mes  qui  n’en  ont  point  la  connoillan- 
ce  ,  que  c’eft'une  fuppofttion  de  nô¬ 
tre  invincible  Dodeur  ,  qui  ne  fe 
foucie  pas  de  paroître  menteur  de¬ 
vant  ceux  qui-  fçavent  cette  vérité, 
moyennant  qu’il  Ibit  alfeuré  qu’il  y 
en  aura  beaucoup  d’autres  qui  le  croi¬ 
ront. 

L’adrefle  de  nôtre  Dodeur  n’eft 
pas  mauvaife  ,  p>our  faire  trouver 
quelque  apparence  de  vérité  en  fon 
erreur  ,  quand-  il  dit  que  Mefué 
preferit  qu’on  mêle  dans  là  Con- 
fedion  de  la  Ibye  qui  ne  Ibit  pas 
cmë  ,  mais  qu’elle  Ibit  imbue  du 
lue  des  -grains  qui  entrent  dans 
cette  compofition  ;  après  qu’elle  au¬ 
ra  été  purgée  &  préparée  comme  il 
fatu. 

Monlîeur  Zvvelfer  vous  n’êtes 
pas  atfez  fubtil  pour  couvrir  vos 
fuppofitions  ,  les  raifons  que  vous 
y  employés  Ibnt  trop  grolîïeres 


Je  Zvvelfer.  5  75 

pour  n’etre  pas  connues  d’un  cha¬ 
cun.  Faire  imbiber  la  foye  dans 
le  lue  de  Kermes  ,  voudries  -  vous 
appeller  cette  imbibition  ,  codion, 
ou  lotion  ,  vous  fçavés  bien  en 
confeience  que  par  la  diffinitîon  de 
ces  deux  préparations  le  nom  d’au¬ 
cune  ne  convient  à  l’intention  de 
Mefué  qui  a  été  feulement  de  fai¬ 
re  imbiber  ou  pénétrer  fimplement 
la  'foye  au  lue  de  Kermes ,  néant- 
moins  donnés  -  luy  le  nom  que  vous 
voudrés  ,  je  prevoy  bien  ce  que 
vous  voulés  dire  ,  que  la  Ibye  au 
Ibrtir  du  liic  de  Kermes  n’eft  plus 
crue ,  puis  qu’elle  eft  teinte  ;  mais 
cette  railbn  n’eft  point  valable  ,  & 
perfonne  n’oferoit  s’en  fervir  que 
vous  qui  ne  fçavés  où  vous  en 
prendre,  tant  vous  êtes  embarral- 
sé.  Mefeié  dit-il ,  ne  demande  pas 
la  Ibye  qui  foit  crue,  non  ;  mais  ceux 
qui  font  venus  après  luy  ont  ajou¬ 
té  à  là  defeription  le  mot  de  cruc- 
comiue  Bauderon ,  liir  lequel  je  tra¬ 
vaille  ,  pour  faire  connoîcre  à  ceux 
qui  preferent  l’intereft  de  leur  bonr- 
fe  à  celuy  de  leur  honneur,  que 
c’eft  de  celle-là  que  Mefoé  a  entendu 
qu’on  y  employé  comme  la  meil¬ 
leure  &  non  autre.  Pour  la  purgation 
&  préparation  que  nôtre  Dodeur 
veut  faire  procéder  à  l’imbibition  ,  il 
ne  me  fçauroit  faire  voir  que  Me- 
lùé  en  faftè  mention  d’une  lÿllabe, 
à  moins  qu’il  fut  d’accord  avec  Co- 
ftæus  un  de  fes  commentateurs ,  qui 
dit  fort  à  propos  qu’auparavant  d’em¬ 
ployer  la  foye  crue  en  cocons  dans 
les  compolîtions ,  qu'il  en  faut  fe- 
parer  legerement  la  peau  interne  & 
externe*,  parce  que  c’eft  la  partie 
plus  grolîiere ,  dont  voicy  les  pro- 
b  b  b  2  près 


jSq  Reponce 


près  termes.  Hoc  fumendum  in  me- 
dicina  ujùm.  Neque  autem  Seri- 
C({  fila ,  quA  interdum  fiumi  vidi- 
>  opportttna  funt  :  fed  ipfimet 
folliculi  deligendi  probatijfmi ,  nul- 
lum  pajfi  artificium  ,  detraSla  ex- 
terna  &  interna  veluti  aranea. 
Mais  il  eft  aisé  de  juger  que  mon 
Adverfaire  ne  l’entend  pas  ainfij 
car  pour  le  mot  de  purger  j  il  en¬ 
tend  làns  doute  que  la  foye  foit 
lavée  tant  de  fois  que  cette  mau- 
vaife  qualité  qu’il  prefiippolè  pro¬ 
céder  du  ver  qui  l'a  produite  foit 
emportée  ,  afin  de  conclurre  auffi  que 
fi  la  foye  a  quelque  vertu  ,  elle  la 
perd  entièrement  par  la  frequente  lo¬ 
tion,  Et  pour  le  mot  de  préparée^ 
je  le  palïêray  fous  filence,  pour  ne 
pouvoir  pas  pénétrer  dans  la  pen¬ 
sée  de  nôtre  Philolophe  qui  fc  de- 
kéle'à  trouver  des  mots  contraires 
à  l’intention  de  Mefiié  pour  la  defén- 
ce  de  ion  erreur  ,  afin  d’erabarrafler 
les  matières. 

le  regrette  Monfieur  le  Doéteiir 
Zvvclfcr  ,  &  fiiis  émeu  de  .compaC- 
fion  tout  enièmblc ,  de  ce  qu’il  em¬ 
ployé  fi  mal  à  propos  ion  petit  ta¬ 
lent,  qui  au  lieu  de  fe  contenir  dans 
les  termes  de  la  raiion  ,  il  s’en  écar¬ 
te  étrangement ,  &  voicy  comment, 
Faiibns  icy  ,  dio-il ,  quelque  digrei- 
fion ,  &  voyons  le  naturel  des  papil¬ 
lons  ,  &  ce  qu’en  diiènt  les  Philoio- 
phes.  Ils  naillènt  avec  quatre  ailes 
comme  nous  voyons  ,  ils  fe  nourrif- 
fcnt  de  fueilles  de  meurier,d’où  vient 
que  leur  fiibftancc  eft  homogène  à 
cét  aliment 

Choie  auflî  étrange  qu’elle  eft 
abiùrde  ,  que  mon  Adveriàire  fc 
vueille  mêler  de  philoiôpher  fur  une 


matière  qu’il  a  oublié  tout  ce  qiiïl 
en  pouvoit  avoir  appris ,  de  mettre 
en  avant  que  les  papillons  des  vers 
à  foye  fe  nourrilfent  de  fueilles  de 
meurier  ,  c’eft  avoir  Ikfprit  bien 
aliéné  d’ozer  écrire  une  erreur  fi. 
groffiere  &  fi  contraire  à  la  vérité, 
eft-il  polîible  que  cette  mémoire  fi 
heureuiè  que  la  fienne  aye  fi-tôt  ou¬ 
blié  tant  de  belles  chofes  qu’il  nous 
a  cy-devant  dit  avoir  obfervées  fiir 
ces  animaux  ,  je  puis  inferer  de  fon 
raifonnement  qu’il  commence  de 
mourir  par  la  mémoire ,  puis  qu’el¬ 
le  luy  manque  entièrement.  Quel 
jugement  ne  doit-on  pas  faire  de 
ce  grand  naturalifte ,  s’il  a  veu  quel¬ 
que  choie  de  ces  animaux  comme 
il  parle ,.  il  le  devroit  reflbuvenir 
que  les  papillons  des  vers  à  foye 
ne  mangent  ny  ne  boivent  quoy 
que  ce  lôit,  &  vivent  jufques  à  ce 
qu’ils  ayent  fitit  leur  lèmence  com- 
n:)e  je  viens  de  dire.  Cette  vérité 
eft  confiante  j  tout  le  monde  la  con- 
noît  dans  les  régions  qu’on  lait  des 
vers  à  Ibye,  même  les  petits  cn- 
làns ,  je  ne  trouve  que  mon  Adver- 
làire  qui  l’igilore  par  un  defaut  de 
mémoire  ,  qui  procédé  comme  je 
croy  de  trop  de  prelomption  ,  &  de 
chagrin  qu’il  a  contre  moy  ,  à  caufe 
que  je  le  tiens  au  eolei;,&  après  il  dit 
d’où  vient  que  leur  fubftance  eft  ho¬ 
mogène  à  cét  aliment. 

le  veux  qu’il  y  aye  quelque  conve¬ 
nance  entre  la  fireille  de:  meurier  Sc 
la  foye  crue,  cela  n’exclud  point  que 
par  le  changement  que  la  nature  du. 
ver  à  foye  fait  d’ime  fubftance^  en 
l’autre  que  la  foye  n  acquitte  d  au¬ 
tres  qualités  que  celles  de  la  fueille 
du  meurier ,  car  par  la  digeftion  qui  fè 


à  l' Âfologie 

fait  de  l’aliment  dans  le  corps  de 
l’Animal  J  il  faut  confiderer  qu’il  fc 
divife  en  trois.  La  première  partie 
fert  pour  la  fiibfiftance  de  l’animal: 
la  fécondé  pour  la  produdlion  de  la 
Soye  J  &  la  troifiémc  qui  eft  la  plus 
grofliere  ,  lônt  les  excremens.  Et 
comme^le  ver  à  foye  n’a  été  créé  a 
autre  intention  que  pour  faire  la  foye 
qui  ièrt  par  excellence  >  comme  a 
été  dit  pour  l’ornement  de  l’homme, 
il  eft  certain  que  comme  fà  produ- 
élion  eft  digne  de  grande  admiration 
dctoute  exti  aordinaire,qu’cllc  acquiert 
d’autres  vertus  que  celles  de  lafueil- 
le  de  menrier ,  par  l’union  fecrette 
qui  fc  fait  des  parties  qui  la  compo- 
fent,  &  cela  ne  doit  point  être  trouvé 
étrange ,  puis  que  l’excrement  de  la 
Belette  fent  le  mufc.  Que  le  mule 
fuivant  quelques-uns  eft  une  apoftu- 
me,  &  fuivant  d’autres  un  fàng  meur- 
try  d’un  animal  ,  cette  matière  quelle 
qu’elle  fbit  eft  toujours  corrompue,  fa 
corruption  fe  change  en  une  odeur 
fort  agréable  ,  qui  ne  procédé  point 
d’aucun  aliment  odprant  qu’ils  ayent 
mangez,  mais  par  un  fecret  de  la  na¬ 
ture  qu’il  faut  plutôt  admirer  que  d’en 
rechercher  la  caufè. 

le  pall'eray  encore  plus  avant  pour 
faire  voir  en  quelle  mifere  fe  trouve- 
roit  l’homme  qui  lait  les  dclices  de 
nourrir  fon  ventre  de  toute  forte  de 
viandes  pour  fàtisfaire  à  fon  appétit 
dépravé  ,  fon  pauvre  corps  ne  feroit 
pas  des  plus  heureux ,  ny  des  plus- 
fains  s’il  participoit  de  toutes  lesqua- 
litez  ôc  vertus  de  cette  grande  va¬ 
riété  de  viandes  qu’il  le  nourrit, 
l’avouë  bien  comme  j’ay  déjà  fait, 
que  les  aliments  qui  conviennent 
mieux  au  tempérament  de  l’hom- 


Je  Zwelfer,  3  8 1 

me  ,  que  ceux-là  Iny  font  plus  pro¬ 
pres  ,  qui  le  rendent  plus  fort ,  plus- 
robufte  &  qui  le  confervent  en  fan- 
té  ;  mais  non  pas  que  pour  cela  ils  luy 
foient  homogènes  ,  ainfi  que  nôtre 
Dodeur  le  veut  faire  entendre. 

Les  Perles  defquellcs  nôtre  Au- 
theur  relevc  de  beaucoup  les  ver¬ 
tus  qu’on  leur  attribue  ,  ont  leur 
femence  dans  la  propre  fubftance 
de  la  chair  des  coquilles  qui  les 
portent:  de  là  voudroit-il  inférer 
que  la  chair  de  ce  poiffon  eut  la  mê¬ 
me  vertu  que  les  Perles  ,  il  n’oforoit, 
voilà  poitrquoy  fa  confcquence  eft 
mauvaifo. 

le  voy  encore  venir  mon  Adver- 
faire  muny  de  nouvelles  armes  qui 
dit.  Les  vers  réduits  en  pondre  doi¬ 
vent  avoir  plus  de  vertu  que  la  Soye 
félon  le  dogme  inconteftable  des 
philofophes  ,  à  fçavoir  que  ce  qui  a 
été  produit  a  qudque  faculté  ,  elle 
doit  être  plus  eminante  en  celuy 
qui  en  eft  l’ôutheur  ,  ou  pro- 
dudeur. 

Monfieur  Zvvelfer  ne  fo  trou- 
verôit  pas  en  une  petite  peine ,  de 
répondre  fi  on  luy  demandoit  en 
quel  temps  il  voudrait  prendre  ces 
vers  à  foye  ,  pour  les  avoir  en 
leur  jlns  grande  vertu  afin  de  les 
mettre  en  poudre  ,  &  comme  qiioy 
les  préparer  puis  que  par  fon  dif- 
cours  philofophique ,  il  neconnoit 
point  la  nature  de  ces  animaux  ,  qui 
ont  le  corps  plein  d’une  humidité  ex- 
ercmentenfé ,  que  de  les  faire  feicher' 
il  ne  refteroit  qu’une  feule  peau- 
auftî  déliée  que  du  papier  ,  qui  eft 
pour  l’ordinaire  en  tous  les  ani- 
maux  d’un  autre  tempérament: 
que  celuy  des  autres  parties  dm 
bbb  J  corps. 


381  Reponce 


corps  cp’elle  enveloppe ,  pour  mieux 
refifter  aux  injures  de  l’air  ,  Ôc  par 
çonfequenc  toute  la  vertu  confifte 
plutôt  en  la  Soye  par  les  raifons  cy- 
devant  alléguées,  &  les  autres  parties 
de  l’animal  en  font  privées,  La  vertu 
de  l’écorce  de  tous  les  fruits  ,  les 
membranes  J  la  chair  &  les  fomences, 
different  fomblablement  de  vertu  les 
unes  des  autres. 

le  ne  doute  point  que  l’efprit  de 
Monfieur  Zvvelfêr  n’aye  foufFert  la 
gehenne  en  me  failànt  cette  répon¬ 
ce,  puis  qu’il  y  confond  pour  une. 
fécondé  fois  les  papillons  avec  les 
vers  à  Soye  ,  fons  avoir  égard  à 
leurs  fondions  qui  eft  bien  differen¬ 
te.  Celuy  là  fait  la'  femence  pour 
la  confervation  de  l’efpçce  ,  &  cet- 
tLiy-çy  la.  Soye  ,  &c  voicy  comme 
il  parle.  Que  Ci  les  papillons  n’ont 
aucun  rapport  aux  efprits  vitaux, 
quelle  vertu  peut  avoir  la  Soye  qui 
en  provient,  &  qui  exhale  beaucoup 
de  raauvaifo  odeur  avant  qu’il  fo 
change  en  papillon. 

Mon  pauvre  amy  Zvvelfer  vou¬ 
lez  vous  toujours  demeurer  dans 
le  déliré  ;  vous  êtes  grandement 
dévoyé ,  la  paffion  vous  tranlportc,  à 
quoy  penfoz-vousjil  n’eftpas  icy  qne- 
ftion ,  il  les  papillons  ont  du  rap¬ 
port  ou  non  ,  avec  les  eiprits  vi¬ 
taux  ;  par  ce  que  comme  nous  avons 
déjà  dit,  ils  ne  font  pas  la  Soye,  & 
pour  la  puantepr  que  vous  prefup- 
pofez  que  les  vers  rendent  avant 
qu’ils  fc  changent  en  papillons , 
vous  ne  prenez  pas  garde  que  vous 
parlez  à  un  homme  qui  a  obfervé 
tout  le  contraire  de  ce  que  vous  dites 
dépuis  quarante  fix  ans  qu’il  a  ob- 
forvc  des’  vers  à  Soye  en  ce  pays. 


que  la  puanteur  par  vous  alléguée, 
ne  procédé  nullement  des  vers  vi- 
vans ,  car  ils  n’ont  aucune  mauvai- 
fe  odeut ,  mais  elle  procédé  de  ce 
que  for  une  'grande  quantité  ,  il 
en  meurt  fouvent,  &  comme  ils 
abondent  en  humidité  excremenreu- 
fc  ils  fe  pourrilfent  promptement , 
ou  bien  comme  cét  animal  eft  fort 
délicat  que  la  moindre  choie  qui 
leur  foie  contraire ,  ils  pilfent  beau¬ 
coup  ,  ôc  comme  auflî ,  on  leur  laif- 
fo  quantité  de  rciîdence  de  la  foeil- 
le  dont  on  les  nourrit ,  fi  on  ne  les 
change  fouvent  il  s’en  enfuit  avec 
cette  humidité  une  odeur  defagrea- 
ble  qui  tend  à  pourriture  i  non  pas 
que  cela  procédé  des  vers  vivans, 
comme  l’experience  fait  voir  aux 
moins  oculez.  Voyez  Olivier  de 
Serres  qui  en  a  dit  toutes  les  fingula- 
ritez  ,  jufques  à  la  plus  moindie  au 
livre  5.  chap.  1 5 .  de  fon  traitté  d’Agri- 
ciiltiire. 

l’eftime  que  la  reverie  de  mon 
Adveriàire  ne  fçauroit  aller  guere 
plus  avant  &  qu’elle  eft  montée  au 
plus  haut  degré  de  fa  prefomption 
quand  il  dicT  Mais  nôtre  philoiôphe 
fo  trompe  ne  prenant  pas.  garde  à  la 
gcnealogie  qui  eft  entre  le  papillon 
provenant  de  formé  de  la  Soye  Sc 
entre  le  vers  à  Soye. 

Cela  ne  meriteroit  point  de  répon¬ 
ce  ,  par  ce  que  j  ’ay  bien  diftingué,  cy- 
delTus  les  vers  à  Soye ,  d’avec  les  pa¬ 
pillons  J  mais  par  ce  que  nôtre  au- 
theur  de  confufion  dit  encore  pour 
une  plus  grande  erreur,  que  le  papil¬ 
lon  provient  &  c.ft-  formé  de  la  Soye, 
au  contraire  il  eft  formé  du  vers  à 
Soye,  &  cette  metamorphofe  n’arrive 
jamais  qu’aprez  que  le  ver  avuidé 
tou 


a  l'apologie  de  Zwelfer,  585 


toute  ü  Soye ,  comme  a  été  cy-de- 
vant  allégué.  Toutes  les  frequentes 
redites  &  eonflifions  de  mon  Adver- 
fàire  font  autant  de  foi  blés  marques 
delà  defence,  que  je  ne  devrois  daig¬ 
ner  d  y  répondre. . 

le  ne  m  amuforay  point  dit  mon 
Advcriàire  à  réfuta- ce  qu’ Avicenne 
ôc  Serapion  ont  écrit  for  ce  foj  et  ci¬ 
tez  par  ledit  Vernis ,  puis  qu’ils  n  ap- 
puyent  point  leur  fentiment  for  au¬ 
cun  principe  de  philofopbie  ,  âuf- 
q;Uels  joppofo  ma  propre  expé¬ 
rience. 

Nôtre  pauvre  &  bon  amy  Zvvel- 
fer  cft:  malade  j  il  a  grand  befoin^ 
d’être  focouru ,  mais  proinptemefttj 
il  na  que  l’efprit  à  rendre  au  plus 
fort  de  nôtre .  combat  de  la  Soyê 
eruë,  les  armes  luy  tombent  des 
mains  ,  de  dire  qu’Avicenne  Sc 
Serapion  n’appuyent  [point  la  ver¬ 
tu  de  la  Soye  j'for  aucun  princi¬ 
pe  de  philofopbie  anfquels  il  op- 
po(è  fa  propre  expérience.  Qup^fo 
eft  fon  expérience  if  une  chimerê  for¬ 
mée  dans  lafoîblefTe  de  fon  cerveau 
qui  fait  croire  à  Athènes ,  Tbebes 
Sc  à  Montpelîer  quelle  eft  fa  pre- 
fomption.  Il  n'a  pas  voulu  rappor¬ 
ter  les  textes  que  je  luy  ay  cy-devattt 
cirez  d’Avicenne  &  de  Serapion^. 
afin  que  fo  réponfc  fon  s  raifon ,  par 
ie  mépris  qu’il  en  fait  eut  plus  d’ap¬ 
parence  de  quelque  vérité  ,  mais  au 
contraire  c’étoit  en  ce  rencontre, 
où  il  devoit  faire  paroître  la  force 
de  fon  efprit &  faire  voir  que  mal 
à  propos  les  Autheurs  ont  attribué 
tant  d’excellentes  qualitez  &  ver¬ 
tus  à  la  Soye  crue  j  plutôt  que  de 
nous  alléguer  fon  expérience  fri- 
Wc  qui  eonfifte  tant  feulement 


en  ces  paroles ,  que  la  Soye  crue  n’a 
point  de  vertu  cordiale,  parce  que 
la  fueille  de  Meurier  ,  qui  eft  l’ali¬ 
ment  des  vers  à  Soye  n’en  a  poiritj 
&que  comme  le  ver  eft  impur,  què 
la  Soye  qui  en  eft  produite ,  participé 
de  la  même  impureté.  Si  ainfîpar  cet¬ 
te  analogie  la  Soye  crue  n’a  point 
de  vertu.  Voilà  une  très  -  forte  ex¬ 
périence  pour  être  aveuglement  ôp- 
pofée  aux  qualitez  ôc  vertus , 
qu’Avicenne  &  Serapion  luy  at¬ 
tribuent  ,  qui  ont  tiré  leur  fonde¬ 
ment  ,  particulièrement  dès  quali¬ 
tez  fécondes  ,  qui  dépendent  du 
temperamment  des  Cocons  cy-dc- 
vant  alléguées  ,  à  foavoir  de  l’o- 
dair  ôc  de  la  faveur  qui  font  des 
vrays  principes  de  philolophie ,  pour 
kfqucls  renverfèr  ôc  détruire  ,  nô¬ 
tre  philofophe  fans  principe  n’à 
ofé  y  toucher.  Et  pour  le  for- 
plus  de  fa  prétendue  expérience, 
j’y  ay  fofEfommenc  répondu  cy- 
devant. 

La  fin  de  la  cinquième  raifon; 
que  nôtre  Autheur  me  donne  pour 
réponce  n’eft  pas  mauvaife  de  dire 
que  l’intention  deMefué  n'a  été  au¬ 
tre  en  mettant  la  Soye  crue  dans 
fe  Gonfcélion  d’Alkermes  ,  que 
pont  luy  foire  abforber  le  foc  de 
KermeS  pour  le  mieux  Goiiforver 
afin  de  le  tranfporter  plus  aife- 
ment  dans  les  pays  étrangers  & 
non  pour  fcs  tèrtnS.  Mais  il  nouS' 
paroit  du  Contraire  ,  par  les  paro¬ 
les  de  Mefoé  ,  qui  dir, 
rici  fucco  granorim  tinfiorutn  re- 
eenter  tifiSii ,  iih.j.  Jîicci  Pepiorum 
dulcium  ,  &  aqnct  Rofarum  ano; 
fe.  y.  f>.  “viginti  quatuor  horû: 
waeerandam ,  dewde  ^aulûper  his> 
itica 


Ré  fonce 


584 

incoque»dam  doftec  liquores  ru- 
hfcant ,  &c. 

En  ma  precedente  édition  j’ay 
fi  bien  expliqué  l’intention  de  Me- 
fiie  qu’il  me  ïùfEroit  d'y  r’envoyer 
le  Leéteur  pour  n’ufer  de  vainc  re¬ 
dite,  mais  comme  mon  Adverfài- 
re  ajoûte  une  Icéonde  fuppofition 
à  la  première  ,  je  me  fèns  obligé 
de  dire  derechef.  Que  fi  l’inten¬ 
tion  de  Meliié  n’eût  été  double  en 
failânt  entrer  la  Soye  dans  fa  Cort- 
féClion  qu’il  fe  lèioit  contenté  de 
la  faire  infufer  tant  feulement  dans 
le  fuc  de  Pommes  &  l’eau  rolè ,  Sc 
n’auroit  point  ajouté  ces  mots ,  dei»- 
de  paulüper  hü  incoquendam  , 
aprez  la  macération  ,  puis  qu’elle 
auroit  fùffi  pour  attirer  tout  le  fac 
que  la  Soye  ayoit  ablorbé  ,  mais  de 
toute  neceffité ,  il  falloit  que  la  co- 
étion  vient  en  fuitte  de  la  macerârion 
pour  attirer  la  vertu  de  la  Soye  crue, 
autrement  le  llic  de  Pommes  &  l’eau 
Rolè  fe  crouvans  empreints  du  fuc 
de  Kermes  ,  ou  de  l’humeur  gluan¬ 
te  qui  lèrt  de  cole  aux  vers  à  Soye 
pour  coler  Sc  joindre  enfemble  les 
diverfes  révolutions  du  fil  de  la  Soye 
que  le  ver  fiiit  en  formant  Con  Co¬ 
con,  cela  auroit  fait  que  la  vertu  de 
la  Soye  feroit  demeurée  dans  le 
mare  Sc  la  compofition  fruftrée  d’i¬ 
celle.  A  quoy  nos  Sieurs  Profelfeurs 
ont  prudamment  pourveu  ,  quand 
ils  ont  réglé  le  modus  faciendi  du 
Syrop  ,  qu’au  lieu'  de  faire  im¬ 
biber  la  Soye  crue  dans  le  fùc  de 
Kermes ,  8f  en  fuitte  l’infufer  avec  le 
fùc  de  Pommes  Sc  l’eau  Rofe ,  ils  ont 
preferit  d’infufèr  la  Soye  toute  fim- 
p!e  dans  les  fiifdites  liqueurs.  Cette 
méthode  ne  dérogé  en  rien  à  l’inten¬ 


tion  de  Mefiic ,  au  contraire  elle  eft 
préférable  en  deux  fa  ;ons  ,  la  pre¬ 
mière  de  ce  que  l’operation  en  eft 
plus  briéve  j  Sc  la  féconde  plus  utile, 
par  ce  que  la  liqueur  en  tire  plus  fa¬ 
cilement  la  vertu.  ' 

La  fécondé  fuppofition  de  Mon- 
fiem:  Zvvelfcr  ,  que  la  Soyc-ainfî 
teinte  par  Mefué  ,  &  afin  que  le 
fuc  de  la  graine  de  Kermes  ,  étant 
comme  ablorbé  dans  la  Soye  ,  fe 
conferve  plus  aifement ,  &  qu’il  foit 
porté  plus  aifement  dans  les  pays 
étrangers. 

Voilà  une  belle  rêverie  inventée 
à  plaifir  par  Monfieur  ZYvelfer,qui 
eft  dircétement  oppofee  à  l’intention 
de  Mefué  3  qui  demande  en  termes 
exprez  ,  que  la  Soye  récemment 
teinte ,  fbit  mife  en  infufion  à  mê¬ 
me  temps  l’avoir  tiré  du  fùc  de  Ker¬ 
mes  J  car  pour  la  tranfporter  en  pays 
étrangers  ,  il  la  faudroit  faire  fei- 
cher ,  &  il  arriveroit  bien  fbuvent 
qu’on  ne  l’employcroit  pas  de  long¬ 
temps  aprez  ,  &  ainfi  on  contre- 
viendroit  manifeftement  à  l’intention 
de  Mefùé.  Vne  autre  raifon  bien 
prelfante  eft  que  fi  Mefùé  n’eut  eu  au¬ 
tre  confideration  que  de  faire  imbi¬ 
ber  la  Soye  crue  dans  le  fuc  de  Ker¬ 
mes  pour  l’envoyer  en  pays  étrangers 
&  qu'il  n’eut  point  reconnu  de 
vertu  en  elle,  à  quoy  faire  fè  fcroit-il 
fervy  de  la  Soye  qui  coûte  beaucoup 
outre  le  temps  qu’il  y  faut  employer 
pour  la  mettre  en  état  à  la  faire  im¬ 
biber  ,  il  auroit  fans  doute  préféré  de 
vieux  linge  fin  Sc  délié ,  au  lieu  deJa 
Soye  qui  eut  été  non  feiilement  à 
meilleur  marché  j  mais  enéo  re  plus 
propre  fiiivant  Ion  intention.  l’aj  ou- 
teray  encore  deux  autres  moyens 


a  Apologie  âe  Zwelfer,  jSf 


pour  pouvoir  tranfporter  ledit  fuc, 
le  premier  en  le  reduilànt  en  con- 
ferve  avec  partie  égale  de  ILiccre, 
comme  nous  faifons ,  ainlî  que  nous 
avons  déjà  dit.  Le  fécond  en  fâilànt 
lèicher  les  grains  pour  en  feparer  la 
fleur  ou  la  poudre  vermeille  qui  eft 
la  pulpe  defeichée.  Voyez  la  Remar¬ 
que  £ir  la  Confection  de  Hyacinthe. 
De  tontes  ces  railbns  on  peut  inferer 
que  rintentiondeMefué  eft  bien  con¬ 
traire  au  ièntiment  de  mon  Adverlài- 
re  qui  s'en  prend  oà^il  peut  pour  le 
garentir  du  blâme. 

le  me  trouve,  plus  flirpris  que 
je  n’ay  encore  été  j  de  voir  de  quelle 
maniéré  &  avec  quelle  hardieflè 
mon  Adverlàire  continue  d’agir  de 
mauvaife  foy  ,  foit  en  tournant  le 
fens  à  mes  paroles ,  en  les  corrom¬ 
pant,  ou  en  tronquant  des  palïàges 
entiers ,  que  fi  on  ajoûfoit  toy.  à  ce 
qu’il  dit  je  paflerois  pour  un  mon- 
ftre.  Entre  beaucoup  d’exemples 
que  j’ay  cy-devant  rapportez  de  la 
rulè  de  Monfieiir  Zvvelfer,  j’alle- 
gueray  de  nouveau  ccluy  du  doCtc 
Coftæus ,  fiir  lequel  il  n’a  ofé  dire 
fbn  Icntiment,  par  ce  qu’il  eft  fàns 
répliqué  ,  &  qui  regarde  la  foye 
crue' ,  &  de  la  façon  que  nous  devons 
l’employer  dans  toutes  nos  compo- 
fitions,  que  je  lue  lèns  obligé  de  rap¬ 
porter  pour  une  fécondé  fois.,  pour 
montrer  au  doigt  la  fuite  de  mon  Ad- 
verfàirejdonc  voicy  de  Coftæus.ü/oc 
furnendum  in  AduHeinm  ufum.  Ne- 
que  mtem  Serica  fila,  qu&  interdum 
fiimividimm,  opportunajunt  :  fed 
ipfimet  fiflliculi  deligendi  proha- 
tijfimi ,  nullum  pajfiartificium ,  de- 
traSta  externa  &  interna  'ueluti 
aranea.  Si  Monfieur  Zvvelfer ,  eut 


peu  mordre  à  cette  aiithorité  ;  il  ne 
l’auroit  pas  fàns  doute  tronquée  de 
meme  que  celles  cy-devant  alléguées 
.  d’Avicenne ,  de,  Seràpion ,  &  autres: 
mais  par  ce  que  ces  paifages  font  fi 
formels,  &  fi  directement  oppofèz 
aux  erreurs  de  Monf.  Zvvelfer  qu’il 
n’a  ofé  y  toucher  fiir  l’appreheniton, 
qu’il  a  eu  de  n’y  pouvoir  fàtislâire, 
dequoy  je  m’étonne  j  car  impuné¬ 
ment  ailleurs  ,  en  des  rencontres 
aulfi  clairs  ,  il  a  vomy  en  fu¬ 
rieux  contre  la  vérité ,  tout  ce  que 
fon  humeur  attrabile  luy  a  peu 
fuggerer. 

Coftæus  ce  grand  perfonnage  qui 
étoit  de  la  Ville  de  Lauda  qu’on 
appellè  en  langue  du  pays  Lodi, 
dans  le  Milanois ,  n’a  point  ignoré 
la  connoilîànce  des  vers  à  foye  pour 
les  avoir  fouvant  obfèrvcz  chez 
luy  ,  non  plus  que  la  Soye  crue 
des  Cocons  puis  qu’il  en  preferit 
fi  à  propros  en  fon  Commentaire 
fiir.  Mefué  ,  la  maniéré  de  le.s  pré¬ 
parer  avant  que  de  les  employer 
pour  la  Medecine  ,  qui  eft  d’en 
feparer  une  petite  peau  déliée  ,  en 
forme  de  toile  d’Aragnée  tout  au 
tour  du  dedans ,  &  du  dehors  du  co¬ 
con  ,  non  pas  àraifonque  ces  peaux 
-participent  d’aucune mauvaife  quali¬ 
té  ,  mais  comme  la  partie  la  plus 
groffierc  du  cocon  il  la  rejette ,  qui 
eft  le  commencement  Sc  la  fin  de^ 
l’ouuvrage  du  ver  a  foye.  Les  au¬ 
tres  Commentateurs  de  Mefùé  com¬ 
me  Manardus  &  Sylvius  ,  ne  defop- 
prouvent  point  les  vertus  de  la  foye, 
particulièrement  ce  dernier  qui  dit  en 
propres  termes.  Sericum  aute  rufum, 
&  crudum  tingitur  fiucco  ex  granii 
tinüoriis  recentijfmis  extraite  :  id 
ccc  tridua 


Réponce  ^ 


tridns  ficcatum  maceratur  mo 
die  aqu&  Rofarum  foUw  libris  tri¬ 
bus ,  vel  aqusi  Rofarum,  &  Sueci 
Pomorum  dulcium  ,■  &c.  Qii’a-il  à 
-faire  doncqiies  nôtre  Doôlciir  iàns 
degrez  de  crier  comme  un  Sauvage 
contre  les  vertus  de  la  Soye  crue 
■fans  autre  connoillànce  que  fâ  feule 
■prefomption.j  qu’il  fc  taife  doneques 
•s’il  efl;  amy  de  foy-même  ,  aprez 
-tant  de  célébrés  Authoritez  3c  de' 
•bonnes  railons  que  je  liiy  ay  ap¬ 
portées  ,  &  qu’il  s’étudie  pour  ap¬ 
prendre  à  mieux  parler  ,  &  qu’il 
ne  parle  plus  par  oüir  dire  ,  s’il  ne 
veut  être  méprifé  de  fes  meilleurs 
amis.  Cependant  il  fçaura  ce  qui 
ne  fçauroic  entrer  en  fon  elprit,  qui 
eft  une  vérité  que  j’ay  appris  du 
mépris  &  du  peu  d’eftime  ,  que 
beaucoup  de  gens  fçavans  font  des 
raifons  qu’il  apporte  pour  la  de- 
fencc  de  fa  caufe  ,  qu’il  'fait  confî- 
fter  pour  la  plus  grand  partie  en  des 
injures,  des  inveétives  &  des  fup- 
poiîtions  étranges  pour  renverfêr  ce 
que  j’ay  dit  cemtre  fes  erreurs, 
en  donnant  un  fens  pernicieux  à 
mes  paroles  ,  &  tout  contraire  à  la 
vérité.  En  outre  de  ce  qu’il  ptend 
la  defence  à  cœur  de  ceux-là  mê¬ 
me  defquels  il  en  a  parlé  avec  grand 
mépris  en  la  page  de  fa  Remarque, 
où  il  dit  que  le  difeours  de  L.  Ca- 
telan  ,  n’eft  que  -niaiferie  ,  par  ce 
que  je  luy  avois  reproché  un  peu 
auparavant  ,  quand  il  parle  de  la 
qualité  maligne  de  la  foye  caufée 
par  la  pourriture  des  vers  ,  ou  deS 
papillons  ,  qu’il  avoir  tiré  les  pa¬ 
roles  en  partie  du  traitté  delà  Con- 
fcétion  AlKcrmes  de  Catelan ,  qui 
ne  feront  jamais  reçeuës  pour  texte 


d’Evangile,  queparmy  les pareffeex 
de  nôtre  Arc  ,  &c.  Et  voicy  ce 
qu’il  me  répond  par  un  tranfporc 
de  fon  humeur  brûlée.  Le  texte  de 
ce  maudit  novateur  a  rapport  au 
premier  paragraphe  que  nous  avons 
rapporté  ,  fi  ce  n’eft  qu’il  inveétive 
en  furieux  &  en  tigre  contre  Mon- 
■ficur  Catelan  Apothicaire  de  Mont- 
-pelier  fon  predecellèur  un  vray 
Saint  en  Paradis  j  ne  fe  feuve- 
nant  pas  qu’on  ne  doit  jamais  par¬ 
ler  que  fbbrement  des  ablèns  &  des 
morts. 

Confiderez  je  vous  prie  chers 
Leéteurs  la  réponlc  de  mon  Adver- 
faire  autant -pleine  de  fiel  que  fes  pa¬ 
roles  font  contraires  au  fens  des  mien¬ 
nes  de  dire  que  je  fuis  un  maudit  no¬ 
vateur  ,  ce  mot  de  maudit  eft  grave, 
qui  ne  convient  point  à  quoy  que  ce 
loit  que  j’ayedic  ny  enfeigné  ,  &:ce 
mot  de  maudit  n’eft  jamais  proféré 
par  des  gens  d'honneur  qu’en  des 
cas  énormes.  Si  j’ay  avancé  quelque 
chofè  de  nouveau  j  à  l’égard  de 
Monfieur  Zvvelfer  ,  c’a  été  avfc 
raifon,fi  j.e  ne  l’avois  point  prefte  par 
la  foixe  de  la  vérité  ?  ôc  qu’il  eut  peu 
me  répondre ,  il  ne  fe  fut  pint  em¬ 
porté  contre  moy ,  comme  il  a  faiq 
mais  pour  ne  laillér  pas  tant  de  vuide 
fiir  le  papier  ,  &  pour  facisfeire  à  fa 
paffion  &  à  celle  de  fes  partifans ,  il  a 
creu  que  c’étoit  un  moyen  à  pouvoir 
fâuver  les  apparances ,  puis  qu’il  ne 
me  pouVoit  ny  répondre  ny  réfuter, 
de  jetter  feu  &  flamme  contre  mon 
honneur  ,  qui  fait  que  je  conjure  tous 
ceux  qui  peuvent  avoir  de  l’inclina¬ 
tion  pour  luy  defùfpcndre  leur  juge¬ 
ment  jufques  à  ce  qu’ils  foient  plei¬ 
nement  perfiiadez  de  la  vérité  de  nos 


a  l'apologie 

Remarques.  Eh  fiiitte,  il  die,  que  j'in- 
veélivÆ  en  flirieux  contre  Moniieur 
Cacelan  ,y  a-il  rién  plus  éloigné  de  la 
vérité  ,  ces  proies  ne  font  elles  pas 
voir  à  Thebesjà  Athènes,  àMontpe- 
lier  &  à  tout  le  refte  de  la  terre  la  noir¬ 
ceur  de  la  malice  de  mon  Adveriàire. 
Ccque  jeliiy  ay  reproché  de  Mon- 
fienr  Catelan,  eftde  ce  qu’il  a  fîiivy 
en  partie  fon  opinion  pour  n’admettre 
point  la  foye  crue  dans  la  Confe- 
étion  d’Alkermes  ,  &  là  delTus  j’ay 
tant  feulement  dit ,  que  le  fèntiment 
de  Cathelan  ,  ne  fera  jamais  receu 
pour  texte  d’Evangile  ,  que  parmy 
les  pargifeux  de  nôtre  Art.  lugez  je 
vous  prie  ii  ces  paroles  font  Ibrties 
de  la  bouche  d’un  furieux ,  &  s’il  a. 
droit  de  m’accomparer  à  un  tigre ,  la 
plus  inhiunaine  bête  de  toutes,  &  à  un 
/  Scribe  &  Phariiîen  ;  ne  voilà  pas  de, 
belles  fleurs  dercthorique  non  moins 
dignes  de  louanges  ,  que  celles  qu’il 
continué’  de  vomir  enfuitte  ?  ne  font- 
ce  pas  de  belles  téponces  dignes  du 
plus  malin  de  tous  les  hommes  ? 
pourrois-je  plus  mal  employer  mon 
temps  que  de  réfuter  de  telles  ordu- 
■  res,  non  ;  c’eft  pourquoy  je  les  laillè, 
&  les  prend  comme  de  la  part  où 
elles  viennent  fans  qu’elles  puiflènt 
m’ofltèneer.  Les  Cantharides  qui 
exhalent  une  mauvaife  odeur  s’atta¬ 
chent  à  la  rolè,  &  le  vicieux  à  ,  la  ver¬ 
tu.  Voilà  les  railons  pourquoy  je  dois 
paflèr  outre  &  laiffer  ce  Phantôme, 
avec  lès  Syllogilmes  qu’il  n’entend 
pas  luynticme.. 

Monfieur  Zvvelfer  pourroit  pallèr 
dans  l’elprit  des  clairs-voyans  pour 
quelque  chofe  de  plus  qu’il  n’eft  pas, 
s’il'n’avoit  pris  pour  fiijet  de  là  de- 
fcnute ,  le  menfonge  &  pour  bouclier 


dè  Zvvelfer,  587 

les  inveélives  &  les  injures  ;  mais 
l’un  &  l’autre  donnent  bien  à  con- 
noitre  tel  qu’il  elè.  Venons  dit- il,  au, 
refte  que  je  pafle  lèus  lllence  pour 
n’être  que  menfonges  &  que  fable,  le 
vous  voy  affez  adroit  pour  ranger  à 
vôtre  party  Mefué  qui  fait  entière¬ 
ment  contre  vous  défendant  exprefte- 
ment  de  joindre  à  cette  Confeéton  la 
foye  fraiehement  teinte  dans  le  lire 
de  Kermes,  fi  ce  n’eft  que  ëifjaenlèr 
la  lôye  crue ,  &  la  dilpenlèr  fraiche- 
ment  teinte  du  fuc  de  grains  de  Ker¬ 
mes  ,  ne  foient  deux  propoficions 
identiques  dans  le  lèntimcnt  d’un 
acariaftre.  Monfieur  Zvvelfer  eft 
plus  qu’aveugle ,  au  lieu  d’un  guide, 
il  luy  en  faudra  donner  deux.  le  ne 
puis  comprendre,  comme  qiioy  il'olè 
dire  que  Mefiié  defend  expreflèment  ' 
d’employer  la  Soye  fraiehement  tein¬ 
te  dans  le  fuc  des  grains  de  Kermes 
en  là  Confeébion  ,  puis  que  les  pa¬ 
roles  de  Mefiré  Ibnt  fi  formelles  la 
dcfliis  qu’elles  ne  peuvent  être  in¬ 
terprétées  autrement,  que  par  le  pro¬ 
pre  Icns  de  la  lettre  qui  eft.  "^.Seri- 
ci  fucco  granorum  Kermes  recenter 
tinChi  lihram  tinam,  &c.  Aprez  cela 
les  plus  aveugles  font  capables  de 
juger  que  l’intention  de  Melùé  eft 
qu’on  prenne  de  la  foye  crué  ,  non 
teinte  &  qu’on  la  fàffè  imbiber  daiis 
le  foc  de  grains  de  Kermes  julques 
à  ce  qu’elle  foit  foffilàmment  pene-  - 
trée  dudit  lire ,  aprez  l’en  tirer  &  en 
pefer  une  livre  ,  pour  la  faire  inflifcr 
par  vingt  quatre  heures  dans  le  fiic 
de  Pommes  &  l’eau  rolè,  en  une  cha¬ 
leur  temperée ,  &  liir  la  fin  la  faire  un 
peu  cuire.  L’infufion  fo  fait  comme 
nous  avons  dit  à  deilèin  d’attirer  par 
le  moyen  de  la  liqueur  toute  la  verni 
ccc  Z  du 


Réponce 


388 

du  Kermès  ,  &c  par  là  ^ftion  cette 
humeur  gluante  qui  eft  en  la  Soye 
crue  ou  git  la  principale  vertu  ,  fans 
laquelle  le  ver  à  Soye  ne  pourroit 
point  unir  &  coler  le  fil  de  fon  tra¬ 
vail  l'un  contre  l'autre.  Voilà  l'in¬ 
tention  de  Melùé  expliquée  tout  au 
long  en  peu  de  mots,  je  vous  prie 
de  juger  aprez  avoir  parlé  de  la  for¬ 
te  s'il  defend  cxprelTemenr  ce  qu'il 
ordonne  en  termes  exprez  dé  faire, 
qui  eft  de  mettre  la  Ibye  fraichement 
teinte  ou  imbue  du  fiic  de  Kermes  en 
fà  Confection.  Pour  le  fiirplus ,  je  ne 

Sis  comprendre  ce  que  mon  Adver- 
re  veut  dire  (  il  m’obligera  de  s'en 
expliquer ,  )  quand  il  dit ,  fi  ce  n'eft 
que  difpenfer  la  foye  crue  ,  &  la 
difpenfer  fraichement  teinte  du  fuc 
des  grains  de  Kermes  ,  ne  foient 
deux  propofitions  identiques ,  dans  le 
fentiment  d'un  acariaftre.  Qui  a  j amais 
oui  philofopher  de  la  force ,  de  dire 
que  la  chofe  qui  n'eft  pas ,  &  la  chofè 
qui  eft,  foie  une  même  chofè,! 'incom¬ 
patibilité  y  eft  figrande  quêtons  ceux 
qui  s'en  appercevront,  feront  pauvre 
jugement  de  mon  Adverfaire. 

Pour  le  furplus  de  la  foye  crue ,  & 
de  fes  vertus  nôtre  philofôphe  dit 
que  ce  font  des  raifons  de  femmes,  & 
de  quenouilles  marque  du  genie  de 
l'Autheur  ,  ne  daignant  pas  de  le 
reflitcr  en  cela.  Si  j'étois  l'Autheur 
des  vertus  de  la  foye  crue ,  je  le  par- 
donnerois  plus  volontiers  à  Mon- 
fieur  Zvvclfer ,  mais  comme  ce  font 
des  Autheurs  approuvez  que  |e  liiy 
ay  cy-devantcitez,&que  c'eft contre 
leur  honneur  &  leur  réputation  qu’il 
s'en  prend,  je  me  fons  obligé  de  pren¬ 
dre  leur  défoncé ,  qui  eft  fondée 
&r  des  principes  de  philofophie. 


que  j'ay  cy-de^nt  expliquez.  Mais 
encore  n'a- il  point  rougi  plus  d'une 
fois  ,  quand  il  a  conceu  de  faire 
comparaifon  de  la  doCtrine  de  ces 
grands  hommes  ,  à  celuy  du  raifon- 
nement  des  femmes  &  de  leurs  que¬ 
nouilles.  Cette  lâcheté  luy  fora  long¬ 
temps  reprochée ,  il  en  fait  fouvent 
de  pareilles  ,  quand  il  ne  peut  pas 
prouver  &  défendre  fos  erreurs ,  ait 
contraire  il  les  multiplie  hardiment 
comme  en  ce  rencontre  de  la  foye 
crue ,  quels  perfonnage^  n'a-il  point 
foit.’combien  de  fois  s'eft-il  embrouil¬ 
lé  luy-même,  &  combien  de  fois, 
s'eft-il  contredit  ,  pour  fe  tirer  du 
précipice ,  que  fa  prefomption  luy  a 
creufé  &  par  fon  mal-heur  au  lieu 
d'en  forcir ,  il  s’y  enfonce  de  plus  en 
plus  comme  on  peut  voir  par  la  fiiit- 
ce  de  fes  arguments.  Il  ne  fert  de 
rien  de  m'alleguer  Ariftote ,  Pline, 
Tholofon  ,  Cardan  ,  Bayfius ,  ny 
Kirker  ,  tous  ces  grands  hommes,, 
ne  font  rien  pour  luy  ,  il  le  croit 
bien  ainfi  ,  aufîî  ne  rapporte -iL 
pas  leur  fentiment ,  je  doute  enco¬ 
re  s’il  connoitla  couverture  de  leurs 
œuvres. 

Si  Mpnfieur  Zvvelfer  ou  fon  in¬ 
terprète  fo  fut  direétement  atta¬ 
ché  au  fens  de  mes  paroles  ,  & 
qu'il  n’eut  pas  tant  criaillé  en  vain 
comme  il  a  fait ,  &  qu'il  ne  fe  ftit 
pas  donné  à  connoître  par  lès  dé- 
portemens  ,  en  ajoutant  à  icelles 
ce  qu'il  a  jugé  le  pouvoir  fàvo- 
rifor  d'un  côté ,  &  retranché  ce  qui 
luy  fembloit  nuifible  de  l'autre  ,  il 
en  foroit  beaucoup  plus  eftimé , 
par  exemple  voicy  comme  il  parle. 
Voyons  je  vous  prie  ces.  arguments 
&  CCS  fobtilitcz  contre  Zwelfor ,. 

fon 


a  l’ Apologie  de  Zwelfer.  389 


ion  raifonnement  n’eft  qu’un  (yllo- 
gifine  ,  encore  composé  pour  en  con¬ 
tenir  trois  virtuelement  que  je/ puis 
relever  de  cette  force.  Le  premier, 
Verny  dit  que  la  foye  eft  alexitaire 
&  cordiale  ,  &  voicy  comme  il  ar¬ 
gumente  ,  de  douter  ü  la  foye  a 
des  vertus  cordiales  ,  c’eft  le  mê¬ 
me  que  de  douter  fi  Zvvelfcr  eft 
Médecin  ,  mais  Zvvelfer  doute  j 
doneques  la  foye  a  des  vertus  cor¬ 
diales. 

Voilà  bien  argumenté  Monfieiir 
Zvvelfer  ,  vous  ne  prenés  pas  gar¬ 
de  de  la  façon  que  vous  altérés  mes 
paroles  par  vos  fineflès  qui  font  fi 
groffia-es  qu’elles  peuvent  être  ap- 
perçu'ês  de  tous.  Vous  les  altérés 
en  y  ajoutant  que  la  foye  eft  alexi¬ 
taire  &  cordiale  ,  e’eft  de  quoy  je 
n’ay  point  parlé  T  j*^y  dit  fimple- 
ment  que  la  foye  a  des  vertus.,  & 
que  de  douter  de  cela  ,  c’eft  dou¬ 
ter  que  Zvvelfer  foit  Médecin.  Ce 
n’eft  pas  que  je  vueille  me  retra- 
éter  ;  mais  il  ne  vous  eft  pas  per¬ 
mis  d’alcerer  mes  paroles  pour  les 
accommoder  à  vôtre  avantage  ;  j’a- 
voüe  neantmoins  d’avoir  fait  cette, 
eomparaifbn  afitz  mal  à  propos  par 
les  raifôns  que  je  diray  cy-aprés, 
pour  n’avoir  feeu  en  vertu  de  quoy 
vous  vous  qualifiés  Médecin.  Après 
par  la  réponce  que  vous  laites  à  mon 
argument ,  vous  faites  voir  aiiffi  une 
fiiite  de  la  même  alteration  en  ces 
paroles.  Si  félon  toy  Verny  douter 
lî  Zvvelfer  eft  Médecin  ,  &  fi.  la  lôye 
a  des  vertus  alexitaircs  eft  le  même, 
il  s’enfiiit  que  la  foye  eft  fans  vertu 
cordiale.  Voilà  une  réponcc  digne  de 
Monfieur  Zvvelfer ,  &  d’être  admi¬ 
rée  d’un  chacun,  à  laquelle  je  répond 


fondé  fiir  les  raifbhs  Cy-devant  allé¬ 
guées  qu’il  eft  vray  que  la  foye  a 
des  vertus  ,  &  que  Zvvelfer  neft 
Médecin  que  par  lettre  ,  en  quoy 
il  témoigne  en  effet  bien  ,  que  ce 
fût  une  impercinance  de  vouloir  fai¬ 
re  le  dialectique  avec  moy  ,  veu  que 
s’il  fè  fut  trouvé  Philofophe,  com¬ 
me  il  veut  faire  accroire  d’une  fa¬ 
çon  pourtant  allez  ridicule,  il  auroit 
pû  fbûtenir  les  examens  de  fbn  do- 
étorat  par  des  réporices  que  laPhi- 
lofophie  fournit  firffifamment  aux 
difputes  neceflâires  en  pareil  cas. 

Pour  le  fécond  fyllogifine  que  mon 
Advcifaire  appelle,  il  eft  très -mal 
fondé,  fîir  ce  que  j’ay  dit,  que  tou¬ 
tes  chofes  font  composées  des  qua¬ 
cre  éléments ,  fuivant  la  doeftrine  de 
Galien  ,  &  fuivant  celle  des  Ghi- 
miftes  ,  qu’en  tous  les  mixtes  il  y  a 
trois  principes  de  génération,  qui  font 
le  Sel,  Souphre  6c  Mercure  j  mais 
comme  cela  ne  regarde  point  nôtre 
difpute  qu’en  paflant  ,  je  ne  diray 
point  comme  ils  y  font  mêlés  ,  bien, 
eft  vray  que  du  mélange  d’iceux, 
fîiivant  qu’ils  y  font  proportionnés,' 
il  en  relùlte  divers  tempéraments, 
d’où  vient  que  les  médicaments  font 
doués  de  diverfès  qualités  &  ver¬ 
tus,  &  de  là  mon  Adverlàire  voit-  ‘ 
droit  faire  pafTcr  pour  un  argu¬ 
ment  uhiverfcl  contre  ma  propofi- 
tion ,  que  toutes  chofes  composées 
des  quatre  éléments  ,  ou  des.  trois, 
principes  font  cordiales  &  alexi- 
taires. 

Le  treizième  :^llogiCnc  eft  fon¬ 
dé  par  mon  adverfaire.,  fur  ce  que 
j’ay  dit.  Si  Mefùé  n’eût  pas  eu  du; 
fiic  des  grains  de  Kermes  ,  il  ne  l’au- 
ïoit  point  ordonné  en  ces  termes.. 
ccc  î 


390  Reponce 


Serici  crndi  fucco granorum  tin- 
Elorum  recenter  tinBi  libram  /.Voilà 
la  façon  du  raifonnemenc  de  Vcr- 
ny  >  !scc.  le  ne  rappoiteray  pas  iey 
la  premieie  période  de  la  réponce 
de  Monfieur  Zvvelfer  j  pour  com¬ 
mencer  là  où  il  dit.  Ou  Melîié  a  eu 
du  lue  de  Kermes  ,  Verny  ,  ou  non, 
quoy  que  vous  puilliés  répondre, 
vous  fériés  contre  vous  ,  car  s’il  en 
a  eu ,  il  eft  donc  faux  qu’il  ne  s’en 
trouve  de  véritable  qu’à  Montpe- 
.  lier  ,  qu’il  n’en  vient  jamais  aux 
pais  étrangers  ,  &  au  nôtre  qui  foit 
légitimé  ,  comme  tu  l’as  opiniâtre¬ 
ment  fou  tenu  cy-delFus. 

Cher  Leéteur  confiderés  je  vous 
prie  en  quelle  décadence  eft  l’cfpric 
de  ce  grand  Philolbplie  Monfieur 
Zvvelfer  de  continuer  toujours  de 
mettre  en  avant,  des  chofes  que  je 
n’ay  ny  dites  ny  longées.  Car  que 
Mefué  ait  eu  du  fiic  de  Kermes  ou 
non ,  s’il  en  a  eu  il  eft  donc  faux 
qu’il  ne  s’en  trouve  qu’à  Montpe- 
lier  du  véritable.  Zvvelfer  vous  vous 
trompés  grandement  >  &  vous  êtes 
ingénieux  à  vous  donner  de  peine 
fans  necelîîté ,  voyes  la  page  245.  du 
premier  livre  de  mes  Remarques ,  de 
la  première  edition^où  je  dis  que  vous 
n’avés  point  du  fuc  de  Kermes,  &c 
maintenant  j’ajoute  que  vous  n’en 
fçauriés  recouvrer  à  quel  prix  que  ce 
fut  de  la  façon  que  nous  l’em¬ 
ployons  pour  compolèr  nôtre  fyrop, 
parce  qu’auparavant  qu’on  l’eût  tranf- 
porté  en  vôtre  pais  il  le  gâteroit 
en  chemin,  à  caufe  de  Ion  humidi¬ 
té  ,  premièrement  il  en  deviendroit 
aigre  en  moins  de  deux  fois  vingt- 
jquatre  heures  par  la  grande  fermen¬ 
tation  qu’il  feit,  après  il  fe  dcllei- 


chcroit  &  en  fuite  fe  corromproit, 
à  caillé  qu’il  n’auroit  point  d’air.  Et 
pour  du  lÿrop,  je  vous  ay  dit  que 
vous  en  pouviés  recouvrer  ,  mais 
comme  quoy  le  plus  fouvent  brouil¬ 
lé  &  fophiftiqué.  Le  mot  de  plus 
Ibuvent  fi  vous  l’entendés  ,  ne  vous 
exclud  point  d’en  pouvoir  recouvrer 
du  véritable  ;  mais  je  vous  diray 
aulîî  qu’à  moins  de  le  recouvrer 
d’une  bonne  main ,  je  loûtiens  que 
vous  n’en  fçauriés  avoir  qui  fût  lé¬ 
gitimement  composé  comme  nous 
l’avons  cy-devanc  décrit.  De  met¬ 
tre  en  doute  Monfieur  Zvvelfer  que 
Mefué  n’aye  point  eu  de  Kermes 
en'fon  païs,c’eft  pailèr  pour  ridi¬ 
cule  ,  comme  de  dire  que  j’ay  dit 
qu’il  ne  fe  trouve  point  de  vérita¬ 
ble  lÿrop  de  Kermes  qu’a  Montpe- 
lier.  De  plus  il  dit  que  fi  Mefué  a 
eu  du  lue  de  Kermes ,  qu’il  eft  un 
brouillon  ou  fanatique  de  multiplier 
les  êtres  &  le  travail ,  teignant  pre¬ 
mièrement  la  Ibye  du  fuc  de  Kermes 
pour  (  par  un  lûrcroit  de  peine  fii- 
perfluë  )  le  retirer  de  cette  même 
loye  ,  ce  que  je  n’impolèray  jamais 
qu’à  vous  lèul ,  n’en  croyant  pas  ca¬ 
pable  l’âge  avancé  de  ce  venerable 
vieillard  Mefué. 

Monfieur  Zvvelfer  vous  aggreérés 
que  je  continue  de  prendre  la  de- 
fencc  de  Mefiié ,  &  que  je  vous  die 
que  vous  avés  perdu  tout  le  relpeét 
que  vous  devés  à  l’antiquité ,  d’a¬ 
voir  entrepris  de  traitter  Mefué  de 
brouillon  &  de  fenatique,  pour  avoir 
multiplié  les  êtres  ainfi  que  vous  di¬ 
tes,  qui  eft  de  faire  imbiber  la  Ibye 
crue  dans  le  fiic  de  Kermes,  &c  après 
l’infufer  &  cuire  par  vingt -quatre 
heures  dans  le  lue  de  Pommes  &c 
l’eau 


39  ï 


Têaii  Rofc:,  la  cokture  &  l’expref-  Mon  Antagonifte  in  acciife  d’iiij- 
fion  faite ,  la.  cuire  derechef  avec  le  pollure  ôc  de  faulïèté  i  &  voicy  com- 
fiiccre  en  forme  de  lÿrop.  Voilà  ce  me  il  brame  fur  le  texte  de  Mefué^ 
que  nôtre  Philolophc  appelle  multi-  qui  ditj  Sericum  fucee  granorum 

plier  les.  êtres  J  mais  après  avoir  re-  tinüorum  recenter  twHum  ,  dre. 
jette  cette  multiplication  d’êtres,  il  le  commence  dit-il  d'argumenter  de 
étqiî  du  devoir  de  nôtre  Médecin  cette  façon.  La  Ibye  crue  &  la  Ibye 
de  nous  cnlèigner  une  méthode  plus,  teinte  different  en  efpeces  ,  je  le  preu- 
briéve  pour  appuyer  fon  opinion^  ve,  la  Ibye  crue  félon  tous  eft  ceî- 
autrementil  faut  inferer  commc-dki-  le  qui  vient  des  cocons  fraîche- 
leurs  que  Zvyelfcr  reftite  tout  &  ne  ment  fans  aucune  hétérogénéité  {  fça- 
prouve  rien  ,  je  veux  croire  qu'il  voir  d'Alun  *  de  Tartre ,  de  fuc  de 
î'auroit  fait  s’il  l'eût  Iceu.  Quand  Me-  Citron,  &  le  rouge  )  &  dilposée 
fué  a  décrit  fon  fyrop  de  la  forte,  à  la  teinture,  Sc  fe  fait  en  fuite 
il  a  eu  des  railbns  toutes  particulie-  comme  je  le  montre.  Mais  il  impli- 
res  ,  d'une  partie  delquelles  nous  que  que  la  foyc  foit  crue  &  tein- 
avons  cy-devant  parlé.,  &  celle  qui  te  fous  le  même  regard,  doneques 
nous  refte  elf  pour  avoir  tant  feu-,  la  ibye  crue  &  la  teinte  different  en 
lement  la  vertu  de  la  foye  crue  qu’u-  elpeçe. 

ne  livre,  de  fie,  la  .ibye.  y  compriiè  Mon  Adverfaire  Zvvelfer  s’eft 
en  peut  contenir.  Mais  ce  qui  elf  beaucoup  travaillé  l’efprit  pour  fbr- 
encore  à  remarquer  eft  qu’aprés  que  mer  un  méchant  argument  dont  lé 
nôtreDoéteura  euofîencétres-iènft-  fijet  n'en  vaut  pas  la  peine  ,  que 
blement  la  réputation  de  Méfié  par  neantmoins  je  liiy  accorde  iàns  dif 
unc  efpece  de  fatisfaûion  ,  il  eft  piiter,  que  la  foye  crue  &  la  tein- 
revenu  fur  moy  pour  décharger  le  te  different  ,  &  de  là  mon  Adver- 
refté  de  la  bile,  en  difant  qu’il  n'im-  faire  veut  inferer  comme  il  a  cy- 
pofera  jamais  à  autre  qu’à  moy  fui  devant  dit,  que  la  ibye  que  ^keflé 
n'en  croyant  pas  capable  l'âge  avan-  ,  demande  n’cft  pas  crue  ,  parce  qu’eî- 
cé  de  ce  vénérable  vieillard  Me-  ..le  eft  fraîchement  imbue  du  fuc  des 
fié.  grains  de  Kermes  ,  qu'il  appelle  tein- 

Ce  pauvre  clprit  troublé  ne  fe  te  ,  .  en  cela  il  biaiiè  &  veut  qu’à 
fbuvient  plus  de  la  deicription  de  même-tems  ou  à  même  égard, que 
nôtre  iÿrop  de  Kermes  .que  luy-mê-  la  ibye  ne  peut  être  crue  &  teinte 
me  a  écrit  autant  de  fois  qu’il  fait  tout  cnfemble ,  ce  qui  eft  veritablé; 
réimprimer  iê^  Animadverfîons  ,  il  mais  comme  nous  l’avons  cy-de- 
fçait.bien  que  nôtre  méthode  de  le  vant  expliquéd’Aufheur  entend  qu’on 
compofcr  diftere  un  peu  de  celle  de  prenne  de  la  foye  crue ,  comme  la 
Meiùé  ,  &  par  conièquant  f  Mc-  meilleure  ,  &  qu’on  la  faflè  imbi- 
fié  a  manqué  en  quelque  choie  fui-  ber  dans  lé  fie  de  Kermes  ,  après 
vant  ibn  fens  (  ce  que  je  n’avoiie  cette  imbibition  Zvvelfer  veut  que 
pas  )  il  ne  m’en  doit  poit  attribuer  la  ibye  ne  ibit  plus  crue  comme  fî 


la  iàute. 


on  l'avoit  fait  cuire  ou  infufr  dans 
quelque 


Réponce. 


39L 

quelque  liqueur  :  voilà  un  mauvais 
raiibnnement  j  qui  contient  la  force 
&  la  fubtilitc  de  rargument  de  mon 
Advcilàire. 

L’embarras  oufè  trouve  Monfîeiir 
Zvvclfer  en  fa  huitième  réponce  eft 
auffi  grand  qu’il  ait  encore  été,  &  voi- 
cy  comme  il  parle.  le  répond  au 
long  &  au  large  à  l’argument  pro¬ 
posé  ,  premièrement  la  caufaleque 
tu  apportes  effrontément  eft  fauife, 
tu  interprètes  tres-mal  mon  texte  Ver- 
ny ,  fçavoir  que  le  fuc  de  KermeS 
eft  foffifant  chés  nous  pour  en  foi¬ 
re  le  fyrop  ,  parce  que  la  foye  fo 
teint  avec  le  fuc  des  grains  de  Ker¬ 
mès  ,  cite  &  marque  l’endroit ,  le 
Paragraphe  ,  la  ligne  ou  tu  as  trouvé 
cela  dans  mes  Aniraadveriîons. 

Moniteur  Zvvelfer  a  tres-mal  re- 
cueilly  le  fens  de  ce  que  j’ay  dit  avec 
raifon  contre  Iny  en  huitième  lieu, 
dont  voicy  les  propres  termes  pourluy 
en  rafraichir  la  mémoire ,  &  ce  que 
luy  -  même  a  écrit  en  fès  éditions 
in  odavo,  page  445.  '&  444.  de  fès 
Animadverfions  qu’il  me  demande 
que  je  luy  cite  l’endroit  vNosvero 
enm  nunc  neque  fucci  tnulto  minus 
granorum  Kermes  quihui  ubique  lo- 
corum  fericum  tingkur.  De  là  j’ay 
inféré  comme  il  m’a  du  depuis  ac¬ 
cordé  en  fa  derniere  édition ,  puis 
qu’il  avoit  du  lue  &  des  grains  de 
Kermesjqu’ilcntendoitcommodément 
avec  iceux  foire  du  fyrop ,  d’autant 
qu’en  tout  païs  on  en  teint  la  Ibye 
crue  fuivant  fon  fendment,  &  non 
la  vérité.  Et  en  effet  mon  Antago- 
nifte  en  décrit  un  en  la  page  7  i . 
auffi  plaifont  qu'il  eft  accompagné 
de  vertu  ,  que  j’avois  négligé  de 
voir,  tant  je  fais  d’état  de  fes  pro- 


dudions.  Et  avant  que  de  venir  à 
fon  lyrop  en  inveélivant  à  lôn  or¬ 
dinaire,  me  traittant  de  trompeur, 
dit  que  je  n’aime  que  les  broiiillards, 
les  tenebres  &  les  nuits.  N’ay-je  pas, 
dit-il,  condamné  la  lôye  teinte  qui 
étoit  neceffaire  pour  tirer  la  teintu¬ 
re  dans  la  Confeétion  d’Alkermes, 
la  railon  que  j’en  ay  eu  ,  ’eft  par¬ 
ce  que  la  loye  eft  teinte  &  colo¬ 
rée  par  le  moyen  de  l’Alun ,  du  Tar¬ 
tre  ,  &c.  qui  ne  valent  rien  prin¬ 
cipalement  pour  les  remedes  inter¬ 
nes  :  car  voilà  l’état  de  vôtre  contro- 
vcrlè. 

Monlieur  Zvvelfer  prend  plaillr 
de  tourner  mes  paroles  en  un  fens 
qui  luy  foit  favorable ,  mais  il  y  re¬ 
vient  fi  fbuvent  qu’il  en  foit  le  prin¬ 
cipal  fondement  de  fès  réponces, 
qu’il  revoyc  ce  que  j’ay  dit  en  ma 
huitième  raifon,  il  trouvera  que  je 
difj^utc  point  avec  luy  de  la  foye  im- 
bu'd  du  fiic  de  Kermes  ,  &  encore 
moins  de  la  fc)ye  teinte  par  art,  quoy 
que  je  die  qu’elle  s’en  puilfe  tein¬ 
dre  '  par  artifice  avec  l’aide  des  dro¬ 
gues  étrangères,  c’eft  feulement  pour 
foire  comparaifbn  avec  la  teinture 
qu’on  en  peut  tirer,  &c  en  foire  un 
fyrop.  Mais  où  en  êtes- vous  cher 
amy  ,  nos  plus  jeunes  apprentifs  s’é¬ 
tonnent  de  vos  erreurs,  où  avés-vous 
la  pensée  de  croire  que  Meffieurs  les 
Médecins  &  les  maîtres  Apothicai¬ 
res  d’Ausbourg  qui  font  tous  fça- 
vans ,  qu’ils  entendent  après  Mefué 
d’employer  dans  leur  fyi'op  de  Pom¬ 
mes  la  fôye  teinte  par  art.  Vous 
ne  prenés  pas  garde  à  l’injure  que 
vous  faites  à  ces  venerables  vieil¬ 
lards  en  les  taxant  d’une  ignorance 
bien  groffiere  ,  &  leurs  devanciers 


a  l' ué P ologte  de  Zwelfer,  395 


fans  vous  apercevoÎL-  que  l'erreur 
procédé  de  vôtre  mauvais  genie  :  car 
comme  il  vous  a  été  déjà  dit  plus 
d'une  fois ,  qu’on  ne  fe  fert  point 
de  la  graine  de  Kermès  ny  de  la 
fleur ,  qui  cft  fon  foc  delfeiché,  pour 
teindre  la  foye  chés  les  artifàns ,  &c 
que  quand  cela  feroit  j  Méfié  &  ceux 
qui  luy  ont  ficcedé,  auroient  été 
bien  dépouveus  de  jugement,de  pren- 
pre  une  livre  de  cette  foye  teinte 
de  la  maniéré  ,  laquelle  ne  feroit  pas 
capable  de  communiquer  aucune  ver¬ 
tu  riÿ  bonne  my  mauvaife  au  foc  de 
Pommes  &  à  l'eau  Rofe ,  qui  fout 
deftinés  pour  l’attirer ,  parce  que  la 
foye  a  été  lavée  &  relavée  avant  & 
après  être  teinte,  C'eft  pourquoy 
Monfieur  Zvvelfer  foyés  mieux  avi¬ 
sé  à  l’avenir  que  vous  n'avés  été 
par  le  pafsé  ,  ne  traittés  plus 
d’ignorance  &  d’ignominie  indifFe- 
ramment  tous  les  Autheurs  qui  vous 
ont  donné  des  lumières ,  comme  vous 
faites ,  fans  eux  qui  vous  ont  frayé 
le  chemin  vous  fériés  autant  qu'un 
rien  J 'rendes  à  leur  mémoire  ce  qui 
leur  eft  deu  &  vous  en  ferés  plus 
eftimé,. 

A  mon  grand  regret  Monfieur 
Zvvelfèr  j  il  faut  que  'je  répliqué  au¬ 
tant  de  -  fois  que  vous  répétés  des 
chofès  qui  ne  fervent  que  pour  am¬ 
plifier  vôtre  réponce,  &  nous  ren¬ 
dre  cnnuieux  au  Icéleur  de  repeter  fi 
fouvent  une  même  chofe.  Sçaehés 
donc  pour  la  derniere  fois,  que  pour 
la^  compofition  de  ce  Syrop  ,  fiiivant 
l’intention  de  Mefoé  &  de  Meflieurs 
d’Ausbourg  ,  il  faut  prendre  une  li¬ 
vre  de  foye  crue  des  cocons  échar- 
pie  &  récemment  imbue  &  teinte 
du  fuc  recent  des  grains  de  Ker¬ 


mès  ,  &  l’infufër  avec  les  fitfdi- 
tes  liqueurs  ,  &c.  &  ainfi  vous  au- 
rés  un  Syrop  tel  qu’il  convient  di¬ 
gne  de  l’intention  de  fon  inven¬ 
teur. 

le  répond ,  dit  Monfieur  Zvvel- 
ftr  ,  au  fécond  &  nie  tout  à  plat 
qu’il  foit  impoffible  de  faire  en  au¬ 
cun  lieu  le  Syrop  des  grains  fées, 
je  le  montre.  Il  n’efè  point  de  vc- 
getable  dont  l’on  ne  puilfè  fort  bien 
tirer  relfencc  par  l’application  jufte 
des  agens  aux  patiens  par  les  men- 
ftrucs  propres  &  fpecifiques ,  donc- 
ques  procédant  de  cette  façon ,  il  cfl: 
facile  de  tirer  la  teinture  des  grains 
de  Kermes ,  &c. 

Mon  Antagonifte  fe  met  en  pei-  ^ 
ne  de  prouver  eh  philofophant  une 
chofè  que  je  ne  luy  contefle  point,au 
contraire  que  je  luy  avoiie  ,  qui  eft 
fi  en  tout  pais  on  teint  la  foye  avec 
les  grains  de  Kermes ,  comme  il  dit 
qu’on  en  pourra  bien  faire  du  Sy¬ 
rop  en  y  ajoutant  des  chofes  con¬ 
traires  à  fes  qualités  vertus,  com¬ 
me  nous  avons  cy-devant  allégué, 
de  là  il  faut  inferer  que  mon  Ad- 
verfâire  n’efl:  ny  François  ny  Latin, 

8c  qu’il  a  la  ve'ùc  &  la  mémoire  cour¬ 
te  ,  voilà  pour  fa  majeure. 

La  mineure  eft  :  Or  eft-il  qu’il  y 
a  un  tel  i-nenftruë  homogène  &  ap¬ 
proprié  aux  grains  de  Kermes ,  dont 
le  Syrop  qui  n’eft  autre  chofe  que 
l'clfence  de  fes  grains ,  fe  peut  faire 
chés  nous  &  en  tout  païs. 

Monfieur  Zvvelfer  guidé  de  fà 
feule  preforaption ,  nous  veut  perfoa- 
der  que  le  Syrop  de  Kermes  n’eft 
autre  chofe  que  l’elïènce  defdits 
grains  ,  en  cela  le  bon  homme  erre, 
mais  je  pardonne  fon  errair,quoy 
d  d  d  qu’elle 


J  94  Reponce 


lÿii’elle  ne  /bit  pas  petite  j  de  s'ima¬ 
giner  de  pouvoir  faire  par  fon  ar¬ 
tifice  un  Syrop  aulîî  efficace  gue  le 
nôtre  >  qui  reçoit  environ  neuf  on¬ 
ces  de  pulpe  de  Kermes  recente  fiir 
lyo.  drachmes  de  fuccre ,  au  lieu 
que  le  fien  ne  fçauroit  recevoir  la 
vertu  qu’une  once  d  ccorce  de  Ker¬ 
mes  p^ut  communiquer  à  1 5  2  .drach- 
•  mes  de  fixccre  ,  defebtueux  encore  de 
la  loye  crue  >  du  fuc  de  Pommes 
&  de  l’eau  Rofe,  luges  je  vous  prie 
favorable  Ledeur  ,  lequel,  des  ces 
deux  Syrops  participe  plus  de  la  ver¬ 
tu  du  Kcrraes  >  de  ccluy  qui  reçoit 
la  pulpe  en  quantité  >  ou  de  l’autre 
qui  ne  reçoit  que  la  teinture  de  l’é¬ 
corce  grandement  alrereé  en  fa  fa¬ 
veur,  par  l’agent  qui  lèrt  d’aiguil¬ 
lon  au  menftruë  qui  luy  rabat  de  & 
veitu ,  c’efl:  ce  que  nôtre  grand  So- 
phifte  ne  connoît  point  encores. 
Mais  qui  ne  voit  pas  que  nôtre  Ad- 
verfaire  a  l’cfprit  non  feulement  plein 
d’erreur  &  de  confiifion ,  mais  pe¬ 
lant  de  ne  concevoir  pas  ce  qu’il 
reflite  d’un  côté  qu’il  l’admet  de  l’aur 
tre  en  Ibn  Syrop  ,  comme  la  ioye 
teinte  par  art,  à  caulè  du  Tartre 
&  de  l’Alun.  Il  n’erre  pas  fimple- 
ment  en  préférant  l’éeorce  du  Ker¬ 
mes  à  la  moële  delfeichée ,  comme 
liiy  avons  déjà  reproché^,  mais  en¬ 
core  de  ce  qu’il  fe  fçrt  de  la  li¬ 
queur  de  Tartre  pour  tirer  la  tein¬ 
ture  dés  grains^  ou  de  l’écorce ,  qui 
a  des  qualités  plus  contraires  à  cel¬ 
les  du  Kermes  que  le  Tartre  ,  que 
mon  Adverlaire  veut  qu  on  employé 
pour  teindre  la-  foye.  De  toutes  les 
confiderations  fufdites.  que  doit-on. 
ijiferer,  lî  ce  n’eft  que  le  bonhonr- 
2a@..  fe.  lailfe  pofièder  au  premier  ob¬ 


jet  qui  luy  frappe  le  fens ,  comme, 
quand  il  s’eft  appcrceu  que  la  liqueur 
de  Tartre  mêlée  avec  de  l’eau  elt 
un  puilfant  véhiculé  pour  attirer,, 
promptement  une  forte  teinture  d’un 
rouge  beaucoup  plus  obfcur  que  le- 
fujet,.  &  d’une  faveur  plus  defagrea- 
ble  :  de  là  il  s’imagine  que  c’ell  un. 
puilTànt  aiguillon  pour  en  extraire, 
la  vertu  ;  mais  ne  fçait-il  pas  qu'il 
en  fait  de  meme  fur  tous  les  végé¬ 
taux  ,  comme  nous  remarquons  par¬ 
ticulièrement  fur  le  Senné.que  néant- 
moins  la  teinture  ou  l’infufion  n’en, 
eil  pas  plus  purgative  ,  &  que  cet¬ 
te  couleur  obfcure  procédé  de  ce. 
que  la  liqueur  de  Tartre  attiré  la- 
partie  acerbe  &  ftyptique  du  Sen- 
né  qui  la  rend  confuîè  &  plus  épaif- 
fe  ,  &  ainfi  du  Kermes  ,  comme, 
nous  dirons  plus  amplement  en  fon  - 
lieu. 

Après  les  divers  détours  que  mon 
Adverlaire  a  fait  fur  la  Ibye  crue,, 
finalement  il  en  cft  forty  pour  ré¬ 
pondre  à  mon  neuvième  poinét,  du¬ 
quel  il  tourne  le  fens  de  mes  paro¬ 
les  ,  autant  en  là  faveur  que  Ibn  mau¬ 
vais  genie  a  d’adrelfe  de  mettre  à 
couvert  Ibn  incapacité,  &  voicy  com¬ 
me  il  les  rapporte.  Quoy  de  plus, 
inlénsé  ,,  quand  il  dit  &  s’étonne 
pourquoy  Zvvelfer  conlèille  de  le 
fervir  au  dedans  de  l’huile  de  Rolè 
fVerny  a  entendu  cuit)  &  de  dif- 
ibudre  avec  iceliiy  l’ambre  gris  ,piis 
que  toutesfois,à  ce  qu’il  dit,  en  ne 
s’en  fert  jamais  par  la  bouche,  & 
qu’il  n’y  a  jamais  eu  d’indication: 
fi  neantmoins  par  impoflîble  Zvvel- 
fcr  entendoit  l’huile  de  Rolè  diftil-- 
lé  ,  il  confeilleroit  une  chofe  im- 
poffible ,  n’y  ayant  aucun  même  en. 

&ance. 


a  l'apologie 

France  qui  fc  fervc  de  ce  fccret. 
A  quoy  répond  Verny  ,  que  je  n'ay 
point  entendu  Fhuile  de  Roiè  cuit 
ou  la  lie ,  comme  tu  J  le  veux  fbctc- 
ment  &  malicieiifèment- ;  mais  bien 
l'huile  diftillé  >  ou  pour  parler  mieux 
l'elTêncc  de  Rofe ,  qui  pour  être  nou¬ 
velle  &  inufitée  chés  vous,  elle  ne 
m’eft  point  pourtant  inconnue ,  elle 
eft  familière  &  en  ulàge  dans  les 
boutiques  de  nos  Apothicaires  qui 
en  tiennent  chés  eux  j  &c. 

Il  n’y  a  rien  qui  prouve  mieux 
une  vérité  que  la  vérité  même ,  c’eft 
elle  en  ce  rencontre  qui  fait  que 
je  rapporte  ce  que  j’ay  cy-devant 
dit  en  ma  première  édition  fur  l'hui¬ 
le  Rofàt ,  pour  découvrir  la  rufe  de 
mon  Adyerfairc  j  &  fes  emporte- 
mensjdont  voicy  les  propres  mots: 
fondre  l'Ambre  gris  avec  l’huile  Ro¬ 
fàt  ,  feroit  auffi  très  -  ridicule  >  & 
inoüi ,  de  fe  fervir  d’un  huile  qui 
ne  convient  point  pour  prendre  in- 
rieurement  ,  à  moins  qu’il  voulut 
entendre  ,  comme  je  puis  croire  ,  de 
celuy  qui  elt  extraiét  chimiquement, 
qui  eft  tres-rare ,  &  ne  convient  non 
j^s  à  cette  diilolution  que  le  pre¬ 
cedent  ,  pour  être  d’une  fubftance 
trop  tenue  &  fîibtile  ,  qui  s’envo- 
leroit  de  même  avec  les  parties  les 
plus  pures  de  , l’Ambre  gris.  Voilà 
ce  qui  a  donné  occafîon  à  la  répon¬ 
ce  de  Monficur  Zvvelfer ,  fans  que 
toutesfois  ,  je  fàqè  mention  qu’il  Ibit 
impoffible  de  dillbudre  l’Ambre  gris 
avec  de  l’ellènce  de  Rofe  ,  &  enco¬ 
re  moins  qu’il  n’y  a  aucun  Apothi- 
re  en  France  qui  fe  ferve  de  ce  fè- 
cret.  Des  fiippofitions  de  mon  Ad- 
verfàire  on  peut  juger  de  fon  génie, 
qui  cherche  la  lumière  dans  les  pro- 


de  Zvvelfer,  3  9  ç 

fondes  tenebres ,  pour  broüilller  les 
matières  à  deflein  d'en  tirer  quel¬ 
que  avantage  ,  mais  la  vérité  con¬ 
nue  le  décriera  parmy  fes  meilleurs 
amis. 

Zvvelfer  &  tous  ceux  qui  enten¬ 
dent  nôtre  profeffion ,  ne  Içauroient 
donner  autre  explication  aux  paro¬ 
les  d’un  Autheur  que  de  les  pren¬ 
dre  au  fens  de  la  lettre  ,  quand  il 
dit  fimplemcnt  :  Olei  Ci»namemi,vel 
etiam  Roptrurs  attt  alterius  alicujtu 
elei  aromatici  :  on  peut  CRtendte  des 
huiles  feits  par  imprefl.on  plutôt  que 
par  diftillation  ,  puis  que  nous  en 
avons  de  femblables  aromats  faits 
par-  impreffion  qui  ferîtent  fort  bon» 
üc  ne  “different  quant  à  l’odeur  du 
plus  GU  du  moins  de  ceux  qui  fontt 
extraits  par  diftillation ,  comme  de 
Sambfucusjde  Styrax  ,  de  lafinin, 
Mufeelin,  Rofàt, &  autres.  Nôtre 
Adverfàire  veut  dire  que  celuy  -  cj 
eft  fœtidc  &c  recuit  ,  que  c’eft  une 
raifïè  fondue  &  une  lie.  Voilà  une 
elle  loüange  pour  Meffieurs  les 
Apoithicaires  d'Allemagne»  qui  font 
fans  comparaifôn  plus  méthodiques 
que  luy  de  tenir  en  leurs  boutiques  un 
huile  Rofàt  recuit ,  une  graiftè  fon¬ 
due  ,  &  une  lie  :  ce  font  les  bel¬ 
les  epitetes  que  Monfieur  Zvvelfer 
donne  à  l’huile  Rofàt  des  boutiques, 
le  fçay  bien  auffi  que  tout  ce  qu’il 
en  dit  n’eft  pas  véritable  j  mais  que 
pour  fe  rehauflèr ,  il  veut  noircir 
de  fbn  propre  crime  les  plus  fidè¬ 
les  Apothicaires  de  fà  patrie ,  & 
neantmoins  il  ignore  cette  belle  pré¬ 
paration  que  nous  faifôns  par  im¬ 
preffion  des  huiles  des  aromats 
qui  font  d’une  odeur  fort  agréa¬ 
ble.  A  l’échoie  encore  une  fois ,  à 
ddd  i  l’échoie 


39»  Reponce 


l’échoie  Monfi  eur  Zvvelfer  des  maî¬ 
tres  Apothicair  es  deMontpelier  pour 
y  apprendre  ce  que  vous  ignorés, 
le  veux  doncques  dire  que  pour 
ôter  toute  ambiguité  il  falloir  écri¬ 
re  :  Olei  Cinnamomi  deBillati ,  vel 
etiam  Rofarum ,  auf  altenta  alicu- 
Olei  aromatici  ;  &  ainfi  toute 
difKculté  auroit  ccfle.  Et  comme  mon 
delfein  n’étoit  pas  de  m'attacher  à 
cette  primeur  ,  parce  que  ceux  qui 
entendent  la  Galcniqiie  &  la  Spa- 
gyriquc  ,  n'ont  point  de  peine  en 
Gcla,ce  que  j’ay  bien  témoigné,  quand 
j’ay  ajouté  aux  paroles  qui  font  la 
difficulté  parlant  de  L'huile  Rofat, 
qui  eft ,  à  moins  que  Zvvelfer  vou¬ 
lut  entendre  comme  je  puis  croire  de 
ecluy  qui  eil  extrait  Chimiquement: 
après  cela  mon  Adverlàirc  n’avoit 
pas  fujet  de  criailler  &  de  s’empor¬ 
ter  comme  il  a  fait  ;■  mais  puis 
qu’il  en  eft  venu  jufques-là ,  &  qu’il 
cft  fi  fenfible  à  l’éperon,  je  foûtiens 
qu’il  y  a  de  l’imprudence  en  luy  de 
n’avoir  expliqué  la  préparation  de 
ees  huiles ,  puis  qu’ils  fe  préparent 
en  diverfes,  façons  Galeniquement 
&  Spagyriquement ,,  particulierement 
quand  on  a  affaire  à  un  Apothicai¬ 
re  qui  n’a  aucun  principe  de  Chi-» 
mie  comme  il  s’en  rencontre  fouvant. 
Mais  au  fonds  qui  eft  le  princi¬ 
pal  ,  je  fuis  en  droit  de  fou  tenir 
auflj  qu’on  ne'  doit  mêler  avec  l’Am¬ 
bre  gris  aucun  des  huiles  fiis-nom- 
mes  pour  le  diflbudre  ,.  parce  que 
cela  eft  inoüi  &  contre  toutes  les 
réglés  de  la  compofition  des  médi¬ 
caments  ,  &  toute  perfonne  de  bon 
lèns  n’en  ulcra  jamais  de  la  forte, 
de  foire  que  l’agent  fait  beaucoup 
pliis.  puiffânt,  en  vertu  que  le  pa- 


-  tient  :  car  l’huile  de  Canelle  &  de 
Rofe  tirés  par  Alembic,  font  d’u¬ 
ne  elfence  beaucoup  plus  tenue  & 
fobtile  que  l’Ambre  gris  ,  qui  tft 
d’une  fubftance  plus  craflè  j  que  fi 
on  le  difioluoit  avec  un  de  ces  huiles 
la  vertu  &  l’odeur  d’iceluy  demeu- 
reroit  comme  enfevelie  dans  celle  de 
l’huile ,  &  au  lieu  de  conforter  &  de 
corroborer  tout  doucement  le  cœur 
&  le  cerveau,  qui  font  les  principales 
parties  de  ces  effets ,  il  allumeroit  le 
feu  par  tout  le  corps,  &  au  lieu  que 
l’ufoge  de  la  compe^fition.  en  fût  loua¬ 
ble,  il  foroit  par  ce  moyen  prejudicia¬ 
ble!,  &  bien  éloigné  par  fes  effets 
de  celle  de  Mefué  ,  de  façon  qu’au 
lieu  de  dire  qu’il  entre  de  l’Ambre  gris, 
dans  la  Confeélion  d’Alkermes ,  il 
foudroit  dire  qu’il  y  entre  de  l’efTen- 
ce  de  Canelle,  de  Rôle,  ou  de  tel 
autre  aromat  ambré. 

Qu’eft-ce  que  je  viens  de  direj’ap- 
perçois  de  loin  venir  mon  Adver- 
làire  avec  un  vifoge  tran^orté ,  qui‘ 
jette  feu  &  fl  âme  de  fo  bouche  dt 
ce  que  je  réfuté  &  condamne  fa  pré¬ 
tendue  dilfolution  de  l’Ambre  gris,, 
en  difont  que  quelques  gouttes  d’huit 
le  ne  font  point  capables  dediffou- 
dre  deux  drachmes  d’Ambre  gris,  ce 
que  je  luy  concédé  ;  mais  de  quelle; 
façon  qu’il  l’entende ,  c’eft:  une  fou¬ 
te.  qui  ne  fe  peut  point  défendre  par 
des  raifons  à  celuy  qui  prefome  être 
l’illuftre  des  illuftres  d’Allemagne,, 
fi  bien  il  ne  fe  qualifie  pas  tel  en. 
termes  exprès  ,  il  n’en  croit  pas  de 
moins ,  puis  qu’il  fe  traitte  de  fça- 
vant,  &  d’avoir  acquis  de  très- bel— 
les  foiences qui  eft  la  caufo  qu’il  ne- 
^eut  fouffl'ir  qu’on  le  taxe  d’igno¬ 
rance  en  difont  la  vérité. 

Monfiaiç 


à  l' Apologie 

Moniîeiir  Zvvelfer  n  a  point  de 
lionte  de  fà  honte  d’inventer  des 
choies  qui  font  bien  éloignées  de  la 
vérité  j  que  l’huile  de  rofc  diftillé 
cft  nouveau  &  iniifité  chez  moy. 
le  veux  qu’il  fçachc  qu’il  y  a  plus 
de  vingt  cinq  ans>qu’il  ne  s’eft  point 
palîé  d’année  que  je  n’aye  tiré  d’eflèn- 
ee  de  roiè ,  je  luy  pourrois  faire  ren¬ 
dre  des  bons  témoignages  de  cette 
vérité  par  des  hommes  irréprocha¬ 
bles  de  fa  nation ,  qui  m’ont  fou- 
vent  veu  tcavailler  for  cette  matiè¬ 
re  ,  &  que  je  fçais  incomparable¬ 
ment  mieux  que  luyj  ceque  c’eft.  Et 
quant  il  dit- que  l’ulàge  emeft  fre¬ 
quent  en  Allemagne,  &que  tousles« 
Apothicaires  en  font  fournis,  je  ne 
mets  point  en  doute  que  les  Apothi¬ 
caires  d’Allemagne  n’en  foient  four¬ 
nis,  &  qu’ils  ne  s’en  fervent  en  quel¬ 
ques  petits  rencontres  5  mais  non 
pas  pour  en  diffoudre  l’Ambre  gris 
dans  fa  Confeélion.  Mais  encore  où 
le  porte  fon  chagrin  de  dire  auffi,  que 
je  ne  fais  pas  fcrupule  de  fobftimer 
pour  l’elTence  de  Rofe  une  graille 
fondue  &  un  huile  cuit.  Il  foroit 
bien  en  peine  de  me  citer  l’endroir 
de  mes  Remarques  où  j’ay  fi  groffie- 
reraent  parlé.  Monfieur  Zvvelfer ,  où: 
eft-ce  que  vous  m'avez  ouy  dire 
quelque  chofo  de  fomblable  ,  hfèz- 
mon  bon  amy  ,  fi>  vous  fçarez  hfè 
&relifez  ,  fi  vous  trouvez  quelque 
chofo  d’approchant  je  me  foumets 
à-  la  rigueur  dé  la-  peine  que  [des- 
juges  plus  fovercs  foauroient  m’or-- 
donner.  Il  met  auflî  en  avant  que 
j’ay  dit  qu’il  n’y  a  aucun  maitre  Apo¬ 
thicaire  en  France,  qui  fo  forve  der 
ce  focret  de  dilibudre.  l’Ambre  griS' 
dans  auain  de  feshuiles  ,.  fi.  c’eft.  um 


de  Zvvelfer,  j  5)7 

focret  vous  m’avoiierez  bien  qu’il 
eft  des  plus  petits  &  qu’il  ne  vient 
que  de  naître  >  mais  je  n’ayjpoint 
parlé  avec  vôtre  fiipport  de  celà. 
Voyez  ce  que  je  viens  de  rapporter 
cy-devant  ,  que  j’ay  tiré  de  ma  pre¬ 
mière  Remarque  s’il  en  eft  fait  men¬ 
tion  d’un  foui  mot- 

le  lailfo  palTer  beaucoup  dé  cho-- 
fos  que  je  ne  daigne  point  d’y  ré¬ 
pondre  ,  &  en  lailferois  palfor  da¬ 
vantage  n’éfoit  que  mon  Adverfài- 
re  les  invente  fi  à  propos  qu’elles 
pourroient  foire  quelque  impreffion 
dans  l’eforit  d’aucuns  &  particu¬ 
lièrement  dans  celuy  de  fos  parti- 
fans  qui  par -ma  répliqué  ,  ver¬ 
ront  tout  le  contraire  ,  &  par  mê¬ 
me  moyen  ils  connoitront  le  per- 
fonnage  qui  ne  m’a  pas  plutôt  fi- 
ny  un  Eloge  qu’il  en  recommence 
lin  autre.  Vérny ,  dit-il  ,  retombe' 
dans  un  autre  délire  ,■  nous  des¬ 
gorge  &  nous  enfoigne  que  l’Ambre- 
gris  ,  ne  fo  peut  point  dilibudre  avee 
les  huiles ,  fi  ce  nfoft  par  l’entremifo' 
d’un  feu  on  d’une  chaleur  violente 
qui  diffipe  beaucoup  les  vertus  de' 
l’Ambre-,  &c. 

le  n’eftime  point  d’imbecilité  pa¬ 
reille  à  celle  de  l’efpric  de  Mon- 
fieur  Zvvelfer  ,  de  foûtenir  que  j’ay' 
dit  que  l’Ambre  gris  ne  fe  dilibucv 
point  avec  les  huiles  ,  fi  ce  n’eft; 
par  l’cntremife  d'un  feu  violent,  ne 
fe  fouvenant  pas  de  ce  qu’il  vient 
de  dire  en -la  page  precedente  254. 
ligne  25. 30.  3  I.  &  3  2.  que  je  luy- 
ay  fait  prendre  garde  d’être  avisé  à 
ne  commettre  point  à  la  violence 
d’un  feu  ouvert  l’Ambre  gris,  l’elîcn-- 
ce  de  Canelle,  &  tout  ce  quieft  fpiri- 
eueux en  quoy  j’acquiefee ,  dit- il,, 
d  d  d-  3,  && 


Ré  ponce 


&  foufctk  à  fon  fentiment.  Aprez 
cela  ,  il  ne  faut  point  douter  que  ce 
grand  génie  ne  s’entend  pas' luy  mê¬ 
me  ,  &  que  c’eft  un  grand  defaut  à 
un  écrivain  de  fè  contrarier  fi  fou- 
vent  comme  fait  mon  Adveifàire  & 
en  de  fort  petites  efpaces.  le  ne 
fçaurois  mieux  appliquer  le  prover¬ 
be  qu’à  luy  qui  dit ,  qu'il  faut  qu’un 
menteur  aye  bonne  mémoire  ,  & 
neantmoins  elle  luy  manque  le  plus 
fouvent  ainfî  qu’avons  remarqué  en 
divers  endroits. 

Le  mépris  que  mon  Antagonifte 
fait  de  tout  ce  que  les  plus  grands 
hommes  de  la  mçdecine  des*fiecles 
palfez  ont  inventé  eft  caufe  qu’il 
n’eft  pas  j^ûtôt  hors  d’une  erreur 
qu’il  retombe  dans  une  autre  par  fes 
artifices  pleins  de  confufions  &  de 
rêveries  ,  que  la  fuffifance  luy  en¬ 
gendre  dans  ion  elprit  &  luy  fait 
entreprendre  à  luy  leul  ,  ce  qu’un 
nombre  de  Célébrés  Médecins  ont 
de  la  peine  d’entreprendre ,  aprez  en 
avoir  meurement  délibéré  5  &  ce- 
luy-cy  fans  autre  délibération ,  paiïe 
par  defîlis  tout  ,  ajoute,  retranche 
aux  compofitions  comme  bon  luy 
Semble,  &C  vôicy  Ion  langage.  Si 
comme  a  été  dit  vous  joignez  l’Am¬ 
bre  gris  dilibiic  aux  Eleduaires ,  aux 
efpeees,  aux  poudres ,  même  avec  le 
fuccre  pulverifé ,  il  communique  & 
imprime  plus  efficacement  fbnodeur, 
fon  baume,  quefîau  dire  fecret  de 
Verny  vous  le  mettez  fimplement 
en  poudre. 

Cher  Amy  Zvvelfer  vôtre  fiifée 
fe  trouve  tellement  embroüillée  que 
je  n’y  vois  point  de  jour ,  que  vous 
la  puiffiez  deméler  ;  car  plus  vous  y 
travaillez  plus  vous  l’embrouillez. 


De  même  plus  vous  parlez  de  la 
diifolution  de  l’Ambre  gris ,  plus 
vous  groffilîcz  vôtre  erreur ,  je  ne 
puis  qüe  vous  plaindre ,  de  ce  que 
vous  n’avez  point  profité  de  mes 
avis,  &  de  vous  entendre  dite  ,  fl 
on  mêle  l’Ambre  gris  diilout  aux 
Eleduaires  qu’il  communiquera 
mieux  fôn  odeur  à  la  compofition 
que  fi  on  le  l’y  met  fimplement  en 
poudre  j  Monfieur  Zvvelfer  la  veuc 
vous  defaut  ,  de  même  que  la  mé¬ 
moire,  vous  n’y  voyez  plus  jufques 
à  l’extremité  de  vôtre  nez.  Cét  hui¬ 
le  ou  elTcnce  aromatique  eft  dépo'ûil- 
lée  de  toute  hétérogénéité  de  la¬ 
quelle  vous  prétendez  le  dilfoudre, 
ne  furraontera-elle  pas  en  force  & 
en  vertu  l’Ambre  gris ,  comme  nous 
avons  déjà  allégué,  le  même  huile, 
comme  de  nature  fort  fubeile  &  fpi- 
ritueufè  n’altera-il  point  la  qualité  & 
vertu  des  autres  ingrediens ,  de  tou¬ 
te  la  compofition  ,  le  fuccre  que 
vous  y  ajoutez  d’ailleurs  pour  fervir 
de  medium  à  la  trituration  ,  n’affoi- 
blira-il  pas  fon  effet.  Et  quant  à 
l'ufage ,  ou  çft  le  malade  qui  fera 
travaillé  d’une  fievre  continue  ,  au¬ 
quel  on  ordonnera  le  Diamargari- 
tum  frigidum  ,  la  Confedion  de 
Hyacinthe  où  telle  aune  compofition 
où  ily  auroit  de  J’Ambre  gris  dilîbut 
à  la  façon  de  Zvvelfer ,  pur  pren¬ 
dre  intérieurement  ,’ou  feulement 
appliqué  extérieurement  fur  le  cœur 
en  forme  d’epitheme  fblide  ,  liquide 
ou  en  liniment ,  qui  au  lieu  d’en  être 
fortifié  en  contemperant  la  chaleur 
de  la  fievre ,  qu’il  ne  la  luy  augmen¬ 
te  de  beaucoup.  La  feule  odeur  in- 
commoderoit  fi  fort  le  malade ,  que 
le  remede  luy  feroit  pire  que  le  mal, 
ainfi 


a  r  Jpologie 

ainfî  que  l'experience  me  fit  voir  en 
l’an  1631.  à  Chalons  fiir  Saône 
où  un  Médecin  que  par  difcretion 
je  ne  veux  pas  nommer  ,  ordon- 
noit  àifez  fréquemment  quelques 
gouttes  d’elïènçes  d’aromats  dans 
des  rcmedes  externes  pour  corro¬ 
borer  &  chaiTer  le  venin  >  delquels 
remedes  les  malades  n'en  pouvoient 
fbuffrir  l’odeur  ,■  à  plus  forte  railbn 
à  les  prendre  inrerieurement.  Tou¬ 
tes  ces  raifons  meurement  confide- 
rées  ,  ne  convient- il  pas  mieux  de 
mettre  l'Ambre  gris  en  poudre,  com¬ 
me  il  a  été  remarqué  en  divers  en¬ 
droits  de  la  Paraphrafe  ,  &  ainfi  il 
n’alterera  ny  les  qualitez  &  vertus 
des  compofitions ,  ny  ne  retardera 
point  la  fanté  des  malades.  Mais  en¬ 
core  mon  Adverfaire  oie  avancer 
contre  la  vérité  que  j’attribue  à  moy 
fèul  une  autre  méthode  de  pulve- 
rifer  T  Ambre  gris  ,  &  que  j’en  fais 
un  myftcre  &  un  iâcrement;  Eft-ce 
faire  un  myftere  iàcramental  d’une 
choie  que  j’ay  déclarée  tout  autant 
de  fois  que  j’ay  rencontré  des  com- 
fitions  ou  l’Ambre  gris  y  entre, 
moyen  de  le  mettre  en  poudre 
avec  les  diverfes  matières  onéiueu- 
lès  ,  qui  entrent  en  icelles  làns  rien 
emprunter  d’étranger  ,  qui  puiflè 
altérer  ou  affciblir  la  compofition, 
il  n*y  a  rien  de  plus  aile  ,  pour 
preuve  de  cette  vérité  que  de  par-^ 
courir  mes  Remarques.  En  cela 
mon  Adverlàire  fait  voir  la  mali¬ 
ce  de  Ion  genie  avec  (à  fôibledè, 
&  qu’il  n’a  point  de  -vigueur  non 
plus  que  d’honrair  ,  de  ce  qu’il 
n’àpprehende  point  que  mes  Re¬ 
marques  verront  le  jour  ,  en  une 
langue  que  toute  l’ Allemagne  les. 


Zvvelfer.  399 

entendra  ,  &  que  tous  lès  dé¬ 
tours  lèront  connus  julques  aux 
Enfans  ,  Toutes  lès  confidera- 
tions  luy  Ibnt  indifférentes  ,  il  luy 
fiifEt  de  làuver  les-  apparences  pre- 
lèntes. 

Mon  Advèrfaire  aprez  s’être  en¬ 
nuyé  de  parler  de  la  diliblution  de 
l’Ambre  gris  ,  il  s’eft  avisé  de 
changer  le  mot  de  le  diffoudre, 
pour  parler  plus  cathegoriquement 
en  ccluy  de  le  ramollir.  Au  relie 
dit-il ,  l’Ambre  gris  fe  dillbut  ou 
pour  parler  plus  cathegoriquement 
fe  ramollit  &  fe  partialifê'^ayec  tous 
les  fruits  qui  ont  quelque  onétuo- 
fité  ,  &  qui  luy  lont  homogènes, 
comme  font  les  Amandes ,  pignons, 
&  les  quatre  lèmences  froides  mon¬ 
dées.  Il  paroit  bien  que  h’elprit 
de  Monfieur  Zvvelfer  n’eft  pas  li- 
bi'c  ,  &  qu’il  cil  fort  preoccupé- 
de  dire  que  l’Ambre  gris  fe  diffout 
ou  pour  parler  plus  cathegorique¬ 
ment  fe  ramollit  par  le  mélange 
des  fruits  onûueux.  Mais  mon 
Adverlàire  ne  prend  pas  garde 
qu’il  parle  le  plus  improprement, 
qu'il  fe  puilïè  ,  car  les  fruits  qui. 
font  ondueux  ,,  comme  les  Aman¬ 
des  ,  &c.  font  compofèz^  environ 
d’une  partie  de  fubllance  oleagi- 
neufe  ,  &  de  trois  parties  defob- 
ftance  aqueufe  qui  eft  le  marc  ,  . 
&  par  conlèquent  ils  ne  convien¬ 
nent  point  pour  ramollir  l’Ambre 
gris,  &  encore  moins  pour  le 
dilToudre  Clivant  la  façon  inge- 
nieulè  'de  mon  Antagoniflc.  S’il- 
difoit  d’en  prendre  feulement  tout, 
autant  qu’il  faut  delHits  fiuits  pour 
en  engraillèr  le  fonds  du  morricr' 
&.le-  bout  du.  pilon  ,  il  parleroit: 

en! 


400  Reponce 


en  maître  Artifte  &  cathegoriqne- 
ment  j  &  cela  fe  fait  pour  empê¬ 
cher  que  l’Ambre  gris  ne  s’attache, 
&  qu’il  n’adhere  ny  à  l’un  ,  ny  à 
l’autre.  Voilà  très -cher  &  fub- 
til  Zvvelfer  ,  ce  que  j’ay  enfeigné 
en  divers  endroits  de  mes  Remar¬ 
ques  ,  comme  nous  avons  cy-de- 
yant  allégué  ,  que  je  ne  riens  pas 
pour  fecret.  Sçachez  que  cette 
méthode  quoy  que  commune  ,  eft 
à  préférer  à  toutes  celles  que  Mon¬ 
iteur  Zvvelfer  exalte  de  tout  Ibn 
pouvoir  particulièrement  en  ce  que 
l’Ambre  gris  n’y  reçoit  aucune  alte¬ 
ration  en  fa.  vertu  ny  les  autres  elpc- 
ces  ,  non  plus  qu’en  l’augmenta¬ 
tion  de  Ibn  poids ,  il  n’y  a  tant  fea- 
lement  qu’il  change  de  couleur  ,  qui 
n’efi:  rien  en  comparaifon  des  in¬ 
ventions  trompeufes  &  frauduleu- 
fes  que  nôtre  philolbphe  voudroit 
introduire  en  quoy  neantmoins  Mon- 
fieur  lean  George  Volokramcr , 
Doyen  de  la  faculté  en  Médecine 
de  Nuremberg  fpn  intime  &  un 
de  fes  partilàns  ne  l’a  point  imité 
en  la  Confeélion  d’Alkermes  qu’il 
décrit  dans  fa  Pharmacopée  in  fo¬ 
lio,  de  l’an  j666.  dreifée  par  l’avis 
&  confeil  de  toute  la  faculté ,  où  il 
nous  fait  lire  parlant  de  la  didblu- 
tion  de  l’Ambre  gris  ,  daris  le  Sy- 
rop  de  Kermes.  P  arum  etiamnum 
calemibtti  indamur  timbra  grifa 
mimtim  ificifa  &  pontufe,  drach- 
ms,  duA.  Si  Ion  amy  qui  l’a  imi¬ 
té  en  beaucoup  de  comportions, 
ne  l’imite  point  en  celle-cy  au  con¬ 
traire  il  luit  Melué  ,  c’eft  qu’il  ne 
1  approuve  point  ,  non  plus  que 
toute  la  lufditc  Faculté.  La  diflo- 
lution  de  l’Am.bre  gris  avec  le  jau¬ 


ne  d’œuf,  eft  fort  grofficre ,  Mon- 
fieur  Zvvelfer  ,  elle  peut  aller  d« 
pair  avec  celle  des  Apprentifs  d’Al¬ 
lemagne,  qui  fçavent  à  lôn  dire  le 
fecret  de  le  fondre  &  de  le  didou- 
dre  dans  le  fuccre  cuit  en  fuccre 
Roût.  Gardez  bien  toutes  ces  efpe- 
ces  de  fecrets  chez  vous  ,  qu’ils  ne 
fe  communiquent  point  en  France; 
car  il  y  auroit  beaucoup  à  perdre, 
pour  mon  Antagonifte  qui  finit  fa 
réponcc  ,  auffi  mal  qu’il  l’a  eom- 
mencée.  le  m’attendois  à  quelque 
chofe  de  meilleur  ;  mais  comme 
c’eft  une  vérité  inconteftable  qu’il 
ne  peut  fortir  d’un  fac  ,  que  ce 
qu’on  a  mis  dedans  ,  de  même 
il  ne  peut  Ibrtir  d’un  efprit  pre- 
lomptueux  ,  comme  celuy  de  mon 
Adverlâire ,  que  menlbnges  &  fii- 
percheries. 

Quant  au  refte  je  m’allure  que 
Monlieur  Zvvelfer  eft  fi  mal  édifié 
de  tout  le  contenu  en  là  réponce, 
qu’il  a  voulu  faire  un  dernier  effort 
en  forme  de  récapitulation  ,  lôus 
prétexte  de  me  rafraichir  la  mémoi¬ 
re  de  tous  ces  emportemens  ,  tra¬ 
vail  auffi  inutile  &  ridicule ,  qui  ne 
mérité  point  de  réponce ,  puis  que 
j’y  ay  plus  que  fatisfait,  ny  de  con- 
fulcet  fes  Animadverfions  de  la  pa¬ 
ge  ij2.  quilbnt  pures  fables  ,  de 
même  qu’une  bonne  partie  de  cel¬ 
le  des  Eaux  diftillées  ,  de  la  com- 
pofition  de  ces  lÿrops ,  &  de  cet¬ 
te  belle  méthode  d’infînuer  les  ver¬ 
tus  par  les  derniers  atomes ,  &  les 
parties  les  plus  menues  de  l’Ambre 
gris.  Aprez  ce  beau  travail ,  je  con- 
lèillé  à  Monfieur  Zvvelfer  de  fe 
repofer  ,  pour  refaire  fes  efprits , 
ôp  de  rire  tout  fon  làoul ,  à  ventre 
débow 


a  jd P ologie  de  Zvvelfer,  40 1 


déboutonné  de  cette  grande  diflî- 
pation  que  je  fais  de  la  vertu  des 
tnedicauients  pr  le  moyen  de  la 
coétion ,  &  fcr  tout  de  ne  te  con¬ 
tredire  point  ,  &  de  n’oppolèr 

point  le  '  menlbnge  à  la  vérité.  Il 
efl;  encore  important  à  Monfieur 
Zvvelfer  de  purger  &  de  repurger 
fon  pauvre  corps  ,  afin  qu'à  l'ave¬ 
nir  ,  il  en  forte  quelque  chofè  de 
meilleur  j  car  il  n'exhale  de  là 
bouche  qu'une  puanteur  horrible, 
Sc  cadavereufè  ,  capable  d’infe- 
éter  toute  la  Pharmacie  ,  marqiîe 
infaillible  que  le  dedans  de  ton 


corps  efl:  une  cloaque  de  pourritu¬ 
re.  Son  Epilogue  efl  une  étude 
toute  particulière  de  Ciocheteurs, 
de  Charretiers  &  d'Harangeres , 
recueillie  par  le  dernier  de  tous 
les  hommes.  Si  j'écois  fans  Re¬ 
ligion  comme  il  dit  ,  je  In  y  ré- 
pondrois  bien  autrement  que  je 
ne  fais  ,  mais  la  charité  que  je 
doits  à  mon  prochain  me  le  dé¬ 
fend  ,  Sc  ainfi  je  finiray  ma  ré¬ 
pliqué  ,  en  priant  Dieu  qu'fl  luy 
mette  une  garde  en  fa,  bouche  :  ôc 
qu'il  luy  garde  le  guichet  de  fes 
levres. 


eee 


REFV 


REFVTATION  DE  LA  NOËL 
liflSme  Confeâion  d’AlKetmes  de 
M.  I.  Zvvelfer. 


BP  R  E  Z  avoir  fufE- 
fammenc  répliqué  à 
la  réponcc  de  Moa- 
lîeur  le  Dofteur 

rop  Aceteux  compofe  de  Melîic  »  fiir 
celuy  d'Armoife ,  de  Matthieu,  fur  la 
Confeétion  d’Alkcrmes  de  Mefaé, 
&  ftr  la  nôtre  de  Montpelier ,  j’ay 
creii  être  de  mon  devoir  de  fortir 
hors  des  limites  de  la  rcponlè  de 
mon  Adverlàirc  &  de  pourfùivrc 
genereufement  ma  pointe,  pour  l'at¬ 
taquer  de  nouveau  en  quelque  en¬ 
droit  de  Ibn prétendu  travail,  où  il 
fut  mieux  préparé  qu’il  n’a  été  cy- 
devant ,  pour  le  combattre  avec’plus 
d’honneur.  Or  comme  la  Confe- 
drion  d’ Alkermes  qu’il  a  décrite  dans 
fà  Pharmacopée  royale  eft  une  des 
plus  precieufes  produdions  de  fès 
veilles ,  j’ay  auiîi  creu  que  c’étoit 
l’endroit  où,  je  devois  m’attachet: 
pour  faire  plus  de  breche  à  là  ré¬ 
putation,  dautant  plus  qu’en  quel¬ 
ques  endroits  de  là  réponlè  ,  il  me 
convie  de  la  voir ,  difant  qu’elleme 
lèrvira  de  pédagogue  &  de  pré¬ 
cepteur  pour  me  conduire  à  faire  une. 
plus  excellente  Confedion  d’Alker- 
mes  que  celle  de  Mefué  &  la  nôtre,. 
Pour.lâtûfaire,  doneques  à.macurio- 


lîté ,  &  fçavoîr  fi  Monlîeur  Zvvelfer 
ctoit  plus  entendu  en  la  compofition: 
des  Médicaments  ,  qu’à  la  cenlùre 
d’iceux  ,  en  examinant  là  Confe- 
dion  d’Alkermes ,  j’ay  trouvé  qu’il 
n’eft  ps  moins  habile  en  l’un  qu’en, 
l’autre ,  &  qu’en  tous  les  deux  ,  il 
tuy  eut  été  plus  glorieux  de  fe  taire, 
que  de  faire  connoître  où  la  pre- 
lômption  entraine  les  hommes  qui 
lôntdépourveus  de  jugement. 

En  premier  lieuil  eft  à  remarquer 
quelle  eft  l’inconftance  de  l’elprit  de 
Monfieur  Zvvelfer  ,  Se  de  quelle  fa¬ 
çon  il  poffede  la  matière,  medicale, 
àc  comme  quoy  il  la  manie.  Il  fit  im¬ 
primer  là  Pharmacopée  Royale  à, 
Goude  en  Hollande  en  l’an  î.655.. 
où  il  décrit  faditte  Confedion  d’Al¬ 
kermes  ,  &  en  dernier  lieu  il  l’a  faite 
imprimer  à  Nuremberg  en  Alemag- 
ne  en  l’an  1 66  8 .  où  il  la  décrit  aufli» 
mais  elle  eft  bien  différente  de  la. 
première,  pour  en  avoir  voulu  corri¬ 
ger  les  defauts,  oùil  a  fort  mal  renfll,. 
lans  que  le  filence  qu’il  a  gardé  de 
qiùnze  années ,  d’une  édition  à  l’autre 
y  aye  rien  contribué  de  bon,  qui  eft 
le  fujet  que  je  rapporte  aux  pages 

lîù vantes  ces  deux  dclcriptions afin 
qu’un  chacun  lôit  inftruit  du  procé¬ 
dé,  de.  mon  AdverJ&ire. 


Prima, 


Réfutation  de  la  ConfeB.  a  Ækermes y  Çfc,  403 


Prima  &  laudabilis  præclaræ 
Confedt.  dcfcripcio. 

Graneritm  Kermes , 

Corttnfa  nonnihil  farum  perco- 
quanmr  in  aqua  JtmpUci  inftilla- 
tis  aliquot  gHttulù  Olei  Tartari 
fer  deliqntHm  faüi  ;  Aqua  tin- 
£ta  colatur ,  aliaque  reaffunda- 
tur  curn  tantillo  Olei  Tartari 
pradiiii ,  acuta ,  faÜaque  unica 
ehullitione  rurÇui  coletur  ,  qui  la- 
bor  adhuc  tertiavice  reiteretur-, 
'vel  qmufque  aqua  ,  nulla  ampliut 
tinilura  imbuatur  ;  Huic  tinüu- 
ra  guttatim  &  per  vices  infun- 
datur  folmio  Aluminis  crudi,cum 
aqua  Jîmplici  faEli,  &  pr&cipita- 
bitur  Magifierium,  five  tota  fub- 
fiantia  granorum  Kermes  rubi- 
cundijfima  ,  demum  etiam  Oleum 
Tartari  &  fubito  Aluminis  alter- 
natim  inftillentur  quoad  aqua  ite- 
rum  alba  &  limpida  evadat ,  & 
tota  granorum  ejfentia  &  fubfian- 
tia pracipitata  j^t.qua  perfiltra- 
tionem  ab  aqua  feparanda,  &  af- 
fufa  aqua  recenti  pura  tandiu 
edulcoranda  eft ,  quoufque  nullus 
fapor,  nec  de  Oleo  Tartari,  nec  de 
Alumine  guftu  percipiatur.  Re- 
liüum  Magifierium  vel  ejfentia 
in  charta  vel  filtre ,  nonnihil  ex- 
ficcetur  adinfiar  pulpa  ,  interim- 
que  ajfervetur  :  jam  , 

Succi  Pomorum  dulcium  recen- 
tum  depurati,  tb.  iij. 
Abfirahantur  in  M.  B.  ad  remanen- 
tiam  partis  }.( tb./.  &  ^ij.  circi- 
ter  )  cui  immergantur 
Ortie,  recentium  extimorum  Citri, 


ùncia  quatuor. 

Et  fatia  digefiione  abfirahantur 
etiam  ab  hac  libra  ,  junblurü 
undique  claufis  aliquot  uncia, 
qua  tamen  refiduo  cum  certici- 
hus  reddenda  funt.  Liquor  pofiea 
coletur ,  cum  levi  corticurn  ex- 
prejfione  ;  in  quo  liquere  odori- 
fero  ejfentia  Citri  impragnato„ 
dijfolve , 

Saechari  albijfimi ,  tb.  ij. 

Liquatis  in  eo ,  dum  adhuc  ealet. 

Ambra  grifa ,  drach.  duabtu 
vel  tribus  cum , 

Pulver.  Ligni  Alo'és  gummo- 
fi  optimi ,  §y.  5^;.  jam  tum 
bénéficié  aliquot  guttula- 
rum  Olei  Rofarum  veri. 
permixtis  t  ^ibus  juper- 

'  addantur , 

Margaritarum  Oriental. pra^ 
paratar.  G. 

Magifierij  carulei  Lapidü 
Laz.uli ,  in  animadverfio- 
nibus  clajfis  xx.fuperpra- 
parationem  e'jufdem  Lapi- 
dis  edoBi, 

Cinnamomi  acutijfimi,  ^i.G. 

Mofehi  optimi  Orient  alis 
in  fiiritu  Rofarum  tan¬ 
tillo  foluti  ,  &  cum  pra- 
diüo  pulvere  Cinnamomi 
iterurn  ad  ficcitatem  reda- 
m,  3^. 

Elao  facchari  vel  ejfentia  G- 
tri  ficci ,  in  pragrejfa  man- 
tijfa  edoBi,  y-G. 

Magifierij  Alkermes  jamfa- 
Bi ,  &  nonnihil  humidi  ad- 
hue ,  ^ij,  vel 

Mifce  ,  fiat  ConfeBio  nobilijfma, 
cui  fi  liberet  ,  ad  faturandos 
eculos  vulgi  J  Auri  folia ,  vel 
e  e  e  z  etiam. 


404  Réfutation  de  U  ConfeB,  d\Alkermes, 


etiam ,  Jï  cuipiam  fuppeteret  ve- 
ra  ejfsMtia  Auri  in  competenti 
^uantitate ,  uliimo  addi  pojfet, 
atjue Jîc  Regia  efficeretur  Confe- 
Sli»  Alkermes. 


Sccunda  &  cmendatior  dcf- 
criptio  Zvvelfcri. 

y..  Granerum  Kermes ,  aut  fruSlta 
Kermes.  ^ij.  quis,  integra  ,  non 
centufa  ,  parum  coquantur  in 
aqua  Jimplici  fuff.  quant.  &  qui- 
dem  repentis  <vicibtts  inftillatü 
femper  aliquot  guttulü  Olei  Tar- 
tari  per  deliquium  faSii ,  quo 
ttfque  aqua  colore  rubro  imbua- 
tur.  Huic  aqua  tinüa  colata 
guttatim  ,  &  per  vices  infienda- 
tur  Aqua  Aluminis  ;  (aqua  com- 
munis  fcilicet  ,  in  qua  normihil 
Aluminü  tantum  folutum  Jît)  & 
pracipitabitur  magifierium  ,  & 
vel  tota  fubfiantia  Granerum 
Kermes  foluta ,  eaque  rubicun- 
dijfima  inflillando  tamen fapiui,& 
alternatim  ,  Oleum  Tartan,  & 
' aquam  Aluminis ,  quoad  folutio, 
feu  aqua  tinüa  a  granis ,  iierurn 
alba&  Pimpida  ferme  jvadat, 
totaque  granorum  tin^ura  ,  feu 
ejfentia  &  nohilior  fubfiantia 
pracipitata  fit  j  qua.  per  filtra- 
tionem  ah  aqua  féparanda  ,■  &  af- 
fiifa  fapius  aqua  recenti  pura 
téirndiu  edulcoranda  efi  quoufque 
nulla  vefiigia  fuperfunt  Alumi¬ 
nü,  &  Olei  Tartari.  Reliita  efien- 
tia,feu  Magifiermm  ,  in  charta 
hihula  aut  filtre  ,  lenijfmo  in  ca- 
lore  Konnihil  exficcetur  ,  ad  in~ 
fiar  cu]ufdam  pulpa  ,  interim- 


que  ajfervetur, 

lam  vero. 

Of.  Succi  Pemorum  redelentium  re- 
center  expreffi  ,  fine  dittturna  de- 
puratione.  lib.eQo, 

Cui  immer gantur , 

Seminü  feu  Granorum  Kermes  in- 
tegrorum  non  contuf.  drachm- 
fex. 

Ortie.  Limonum  recentium  &  ex- 
timorum ,  uncia  dua  femis. 

Arantiorum  recentium  exti- 
rnorum ,  uncia  una  femis. 

FaEla  maceratione  in  leco  tepido, 
vel  moderatè  calente  ,  per  diewr 
eolentur  ;  pofi 

Succo  colato  adde 

Sacchari  Canarini  albi ,  lib. quatuor. 

Coquantur  leniter  ad  confifientiam 
Sy  rupi  paulo  crafiioris  •.,cui,dum 
adhuc  parum  calet ,  adde 

Ambra  grifaoptim.unc.  femis, 
Frius  cum 

Seminis  Citri  excorticati  ,  uncia 
femis  ,  quam  eptimè  fubabla , 

Mefchi.  Orientalis,  drack'una. 

Cum  partie. 

Aqua  fiorum  Arantiorum  ad  pul~ 
ticulam  foluti , 

Fulv.  Ligni  Aloes  optîmi  &  gurn- 
mofi,  uncioi  duos  femis. 

Cinnamomi  acuti 

Margaritarum  Oriental,  prapa- 
ratarum. 

Lapid.Laz.uli  praparati,  carulei, 
vel  Magifier.  ejufdem.,  in  ani- 
madverfioni  bus  noftris  edeSli , 

Goralli  rubri  praparati ,  an.  unciam- 
iinam  femis.. 

Magifierij  Granor ,  Kermes ,  fuprai 
dejeripti ,  nannihil  adhuc  hnmü 
di,  uncias  très. 

Mifeeantur  exaUè'  ,  fiatque  Con~ 


de  M.I. 

feStio  tjobilijfma  j  cm  ad  fatu- 
randos  ocuhs  vulgi 
Auri  folia  centum ,  vel  ^lura ,  ar~ 
tificiosè  uniantur. 

A  Prés  avoir  répondu  à  la  fulmi¬ 
nante  cenfure  que  Monfieur 
Zvvelfer  a  fait  lùr  nôtre  Confc- 
étion  d’Alkernaes  ,  il  ma  femblé 
être  fort  jufte  de  faire  connoître  à 
tous  les  curieux  de  nôtre  profeffion 
les  deux  delcdptions  de  fa  Confe- 
élion  d'Alkermes ,  qui  font  autant 
pleines  d'erreurs  que  fon  elprit  eft 
foible  &  là  plume  medilànte,  dans 
lefquelfcs  il  fait  entrer  pour  fonde¬ 
ment  &  baie  un  Magiftere  imagi¬ 
naire  ,  qu'il  prétend  de  pouvoir  tirer 
de  deux  onces  de  la  coque  ou  de 
l'écorce  qui  environne  le  fuc  de 
Kermes ,  où  il  faut  remarquer  qu'en 
là  première  defeription  il  la  con- 
calFe  aucunement  ,  &  en  fa  fé¬ 
condé  il  recommande  de  la  met¬ 
tre  toute  entière  (  je  ne  fçay  par 
quelle  vifion  }  la  fait  infulèr  & 
cuire  dans  de  l'eau  commune  ,■  ai¬ 
guisée  de  quelques  gouttes  de  li¬ 
queur  de  Tartre  jufques  à  ce  que 
l'eau  en  foit  teinte,  coule  cette  tein¬ 
ture  ôc  répété  l'operation  par  trois 
fiais  ,  ou  jufques  à  ce  que  la  grai¬ 
ne  ne  donne  plus  de  couleur  rou¬ 
ge.  Après  avec  de  l'eau  d'alun  il 
en  précipite  la  teinture ,  filtre  par  la- 
Carre  là  précipitation  ,  lave  la  re- 
fidenfe  qui  refte  lur  la  Carte  tant 
qu'elle  fiait  entièrement  dépouillée 
de  la  faveur  de  la  liqueur  de  Tar¬ 
tre  8c  de  l'Alun.,  &  garde  ce  pré¬ 
tendu  Magiûcre  en  confiûence  de- 
pulpe. 

Nôtre  Doébeur  prétendu  nous  feit 


Cwelfer,  405 

voir  par  fa  pratique  qu'il  ne  con- 
noît  point  le  fiijet  duquel  il  veut 
extraire  Ibn  Magiftere  ,  qui  eft  d'u¬ 
ne  lùbftance  fort  rare ,  qui  ne  con¬ 
tient  en  fiay  ny  ne  participe  d'au¬ 
cune  partie  gommeulè ,  refineufe ,  ny 
mucilagineulè  ,  qui  fiant  les  vrayes 
fiibftances  des  végétaux  ,  qui  peu¬ 
vent  fournir  la  matière  qui  contient 
la  vraye  vertu  de  ceux  qui  en  parti¬ 
cipent  ,  que  par  un  autre  menllruë 
que  celny  de  nôtre  Doôfeeur  on 
pourroit  extraire  en  forme  de  Ma- 
gifterc.  D'où  vient  que  fon  ellênce 
ou  Magiftere  de  grains  de  Kermes, 
comme  il  parle ,  n'eft  à  proprement 
parler  qu’une  pure  défécation  ou  Ic- 
paration  des  impuretés  de  la  tein¬ 
ture  ,  qui  ne  participe  nullement  ny 
de  la  ]&veur  ,  ny  de  la  couleur  ,  ny 
de  l'odeur  de  la  graine  de  Kermes, 
audî  infipide  qu'une  terre  morte ,  qui 
fiant  les  véritables  marques  d’un  re- 
raede  de  nulle  vertu  ,  une  preuve 
de  cette  vérité  ,  eft  que  la  fàveur  du 
Kermes  demeure  en  partie  dans  le' 
menftruë  avec  celle  de  la  liqueur 
de  Tartre  &  d'Alun  ,  comme  nous 
avons  déjà  cy-devant  remarqué  en 
nôtre  Confedion  d'Alkermes.  Si  on; 
demandoit  à  Monfieiu  Zvvelfer. que; 
devient  l’autre  partie  de  fa  laveur 
amere  du  Kermes ,  je  m’aftèure  qu'il 
ne  feroît  pas  mal  cmbarralfé  d'y  ré¬ 
pondre  ,  attendu  qu'il  n'a  point  pre- 
veu  en  conapolànc  fon  Magiftere, 
ce  qui  pouvoir  arriver  ,  qui  eft  que; 
la  làveur  ûlée  de  la  liqueur  de  Tar¬ 
tre  a  la  faculté  d’étein^e  ou  de  tuer 
la  làveur  amere  du  Kermes  ,  qu’il; 
lilè  mes  Remarques  lûr  la  racine; 
confite  de  l'Enule  Campane,  &  fur 
les  ©lives  confites  ,  où  il  apprendra, 
cee  i  es: 


Aoé  Réfutation  de  la  ConfeSî.  / Ækermes 


cc  que  la  Philofbphic  &  la  Chimie 
luy  ont  caché  de  cefte  vérité.  Cet¬ 
te  oblèrvation  fera  fans  doute  ou¬ 
vrir  les  yeux  à  mon  Adverfàire,  & 
luy  fera  auffi  confiderer  que  lî  quel¬ 
que^  uns  condamnent  les  Magilte- 
res,  qu'ils  ont  quelque  raiibn  j  puis 
que  le  lien  ne  vaut  du  tout  rien.  Il 
auroit  fait  prudemment  de  tirer  1  ex- 
•traid  du  Kermes  ,  c’eft  à  dire  du 
flic  deffèiché ,  qui  luy  en  auroit  four- 
:ny  plus  grande  quantité  ,  &  qui  eût 
été  plus  efficace  pour  fervir  de  ba- 
fc  à  fa  nobiliffimc  Confeétion  d'Al- 
Jcermes ,  il  auroit  évité  cette  erreur 
qui  eft  grandement  confiderablc,  & 
fi  neantmoiris  nôtre  Aurheur  s’ima¬ 
gine  qu'il  doit  erre  admiré  &  con- 
fideré  non  feulement'  de  toute  fa,  pa¬ 
trie  ;  mais  que  Thebes  ,  Athènes* 
Montpelier  &  toute  l'Europe  ne 
font  plus  confiderables  dépuis  que 
fes  remarques  ont  paru  au  jourj& 
que  par  la  force  de  fon  Genie  il  a 
inventé  ce  grand  remede  ;  mais  je 
n'y  trouve  qu’un  mal  *  c'eft  qu’il  n’a 
point  de  vertu.  Si  la  bafc  &  le  fon¬ 
dement  de  fa  Confedion  eft  de  nul¬ 
le  vertu  ,  que  ne  devons- nous  pas 
inferer  des  autres  ingrcdiens  qu’il 
a  tous  maquignon  né  s  par  des  prépa¬ 
rations  inouïes  *  fi  ce  n'eft  que  le 
tout  eft  dcfedueux  ,  comme  nous 
ferons  voir  par  la  firite. 

Quand  le  Magiftcre  de  mon  Ad- 
verlàire  auroit  quelque  vertu ,  il  ne 
prend  pas  garde  qu’il  commet  une 
autre  faute ,  qui  eft  que  lors  qu’un 
Médecin  ou  un  Apothicaire  employé 
un  médicament  fimple  dans  une  com- 
pofition  J  il  doit  toujours  prendre 
la  partie  la  plus  excellente  de  l’efpe- 
cc  la  plus  familière  ,  qui  eft  celle 


qui  peut  contribuer  plus  de  vertu 
au  composé.  Or  le  fuc  de  Kermes 
dcfièiehé  ,  que  quelques-uns  appel¬ 
lent  fleur  de  Kermes  ,  &  d’autres 
vermillon,  à  caufè  de  là  couleur  ver¬ 
meille,  ou  des  petits  vers  qui  s’y 
engendrent  (  comme  nous  avons  dé¬ 
claré  plus  particulieremcnteniaCon- 
fedion  de  Hyacinthe  )  eft  de  beau¬ 
coup  plus  précieux  &  de  plus  gran¬ 
de  vertu ,  que  la  pellicule  ou  écor¬ 
ce  ,  &  ainfi  pour  ne  fçavoir  pas 
faire  la  différence  de  ces  matières 
mon  Advetlàire  enfeigne  l’erreur 
pour  ne  connoître  pas  la  vérité. 

Et  pour  ce  qui  regarde  la  dofe 
des  grains  de  Kermes  ,  &  celle  du 
Magiftere  humide  en  forme  de  pul¬ 
pe  que  nôtre  Dodeur  fait  entrer 
dans  fa  Confedion  *  il  ne  pouvoir 
pas  mieux  reuffir  ,  il  n’y  a  que  fa 
procedure  qui  furprend  beaucoup 
ceux  qui  connoiflènt  la  nature  du 
Kermes  ,  de  dire  que  la  qualité  de 
deux  onces  d’une  pellicule  fèiche 
&  aride  qui  ne  participe  point  d’au¬ 
cune  fiibftance  qui  fbit  propre  de 
rendre  trois  onces  de  Magiftere  en 
la  forme  fufdite ,  neantnioius  il  n’y 
a  rien  de  plus  véritable.  L'invention 
feroit  belle  *  &  la  matière  rendroit 
beaucoup  fuivant  l’apparence  j  fi  la 
préparation  n’étoit.  entiaement  trom- 
peufè ,  par  les  raifons  cy-devant  al¬ 
léguées  ,  Sc  comme  nous  dirons  plus 
amplement  cnfiiite.  Quand  j’accor- 
derois  quelque  vertu  au  Magiftere 
de  Monfieur  Zvvelfer,  il  ne  voit  pas  ■ 
que  les  frequentes  lotions  qu’il  y 
fait  pour  l’edulcorer  la  luy  diminue- 
ioienr,Sc  que  l’hunaidiré  qu’il  y  lailïê 
pour  l’entretenir  en  forme  de  pul¬ 
pe  l’affoibliroit  fort,  parce  qu’elle  s’y 
trouve 


de  Àd.  L 

tEouve  pour  le  moins  cviron  deux 
fois  plus  que  la  matière  précipitée» 
fiiivant  l’expcrience  que  nous  ve¬ 
nons  d"en  faire.  Puis  que  l'intention 
de  nôtre  Doéleur  étoit  d‘augmcn- 
tec  par  ion  artifice  la  .  vertu  de  fa, 
Confedion  ,  il  devoit  faire  feicher 
fon  prétendu  Magiftcre  :  car  par  ce 
moyen  s’il  avoir  quelque  verttu  »  il 
l'avoit  cuë  incomparablement  plus 
forte,  d'autant  que  l’humidité  qui 
luy  donne  la  conlîftcnce  de  pulpe 
eft  une  portion  de  l’eau  pure  & 
fimple  qu’on  y  a  employé  pour  la 
laver.  De  cette  operation  auffi  bien 
que  de  quantité  d’autres  le  Ledeur 
definterefsé  pourra  |uger  fi  Monfieur 
Zvvelfer  eft  capable  de  produire 
quelque  choie  qui  vaille.  Mais  en¬ 
core  nôtre  Advcrlàire  auffi  grand’ 
Chimifte  que  Pharmacien,  pour  fai¬ 
re  voir  qu'il  s'ôubÜe  d’un  moment 
à  l’autre  ,  &  qu’il  n’entend  pas  fbn 
métier,  comme  il  y  a  grande  appa¬ 
rence  s’il  avoir  bien  confideré  que. 
trente  gouttes  de  liqueur  de  Tartre 
Tcrsces  llir  trois  ou  quatre  onces 
d’eau  de  fontaine  ,  en  un  inftant 
fe  fait  comme  un  laid  virginal',  & 
peu  de  tems  après  la  blancheur  fe 
îèparc  &  fe  précipité  au  fonds  du 
vaillèau  en  une  poudre  blanche  de 
laveur  infipide  au  commencement; 
quand  on  en  met  lùr  la  langue». ôc 
un  moment  après  y  fait  une  fort 
légère  impreffion  qui  la  picote.  Que 
fi  on  luy  demandoit  fa  raifon  de 
cela  ,  il  fe  trouveroit  fans  doute  lùr- 
pris  ,  &  poffible  après  y  avoir  bien 
pensé  il  reftoroit  court  &  làns  ré- 
ponce..  Mais  enco  c  il  ignore  auffi, 
qu’en  verlànf  de  l’eau  d’alun  ,  fiif 
vant  fa.  méthode,  fur.  l’eau  de  foa^ 


Zvvelfer.  407 

taine  acuée^  de  quelques  gouttes  de 
liquair  de  Tartre,  que  le  laid  en 
devient  plus  blanc  &  plus  épais ,  Sc 
que  par  confequent  la  matière  qui 
s’en  précipité  s’y  trouve  en  plus 
grande  quantité,  qui  a  la  même 
laveur  que  le  Magiftere  de  la  liqueur 
de  Tartre.  Toutes- ces  raifons  font 
voir  que.  le  Magiftere  de  Kermes 
de  mon  Adverlàire  ,  eft  une  pure 
chimere ,  puis  que  le  Kermes  qui 
devroit  faire  toute  la  verm  d’iceluy 
n’y  contribué  du  tout  rien  ,  qu’un 
peu  de  là  fubftaiKe  de  couleur 
noire  fans  laveur  (  par  les  raifons 
alléguées  cy  -  devant  )  qui  fe  pré¬ 
cipité  avec  le  Tartre  &  l’Alun,  & 
les  trois  enlcmble  compolènt  cette 
belle  eflence  ,  &  noble  fiibftancc, 
fuivant-  le  dire  de  nôtre  Dodeur  qui; 
fe  précipité  en  Magiftere»  qu  il  appel-^ 
le  de  grains  de  Kermes. 

faut  que  j’advoüe  à  Monfieur 
Zvvelfer  que  j’aurois  eu  beaucoup’ 
de  peine  de  me  perfiiader  qu’il  eût; 
été  capable  de  telles  fautes  ,  fi  l’exa¬ 
men  que  j’ay  fait  de  fon  prétendu’ 
Magiftere  ne  me  les  avoir  décou-- 
vertes  :  elles  font  d’autant  plus  gran-- 
des  à  luy  qui  veut  paroître  commc- 
le  reftaurateur  de  la  Médecine  Ga¬ 
lénique,  Sc  comme  le  Soleil  levanîi 
delà  Chimie,  non lêulement de  l’Al¬ 
lemagne,  mais  de,  Thebes,  d 'Athè¬ 
nes  &  de  Montpelier.  Il  en  a  trop- 
dit  pour  éviter  avec  tous  fes  arti¬ 
fices  d’être  repris  des  moindres  Chi— 
miftes.  Toute  là  méthode  eft  tiffiië 
des  plus  groffiefes  erreurs  de  fospro— 
dudions  qui  luy  feront  à  jamais 
reprochées.  Il  n’âvoit  qii’afaire  de; 
me  folliciter  de  voir  fa  Confedionts 
d’AlkermeS’^difanc  qu’elle;  me- for— 
viroit: 


4oS  Réfutation  de  la  ConfeBJ' Mkemes 


'yiroit  de  pédagogue  &  de  préce¬ 
pteur  pour  me  conduire  à  faire  une 
plus  excellence  Confedion  que  cel¬ 
le  de  Mefué  &  la  notre.  Au  con¬ 
traire  je  n  y  ay  rien  trouvé  de  mé¬ 
thodique  ,  foie  en  la  préparation  des 
•ingrediens  ,  en  la  dofe  d'iceux  ny 
en  leur  mélange ,  comme  nous  con¬ 
tinuerons  cy- après  de  feire  voir  à 
ceux  qui  en  pourrt'ienc  douter.  Et  ma 
veuc  ny  a  fèrvy  que  pour  en  dé¬ 
couvrir  les  myfteres  cachez  par  le 
trop  d'artifice  qu’il  y  a  voulu  ap¬ 
porter  a  qui  au'  lieu  de  relever  la  ver¬ 
tu  des  ingrediens  les  altéré  Sc  les 
change  en  des  contraires  qualit4s  & 
vertus.  S’il  cft  làge  il  ne  Ce  mêle¬ 
ra  plus  à  l’avenir  de  compolèr  des 
remedes  de  la  forte,  non  plus  que  de 
cenhirer  les  compofitions  d’autruy, 
où  il  a  fi  mal  reülîi ,  ce  qu’il  ne  croit 
pas,  parce  que  fon  Genie  le  Hatte  &  le 
trompe  tout  enfemble. 

Le  fécond  poinct  de  Ion  erreur 
regarde  en  là  première  defeription 
le  fiic  de  .Pommes  dépuré  dont  il 
demande  trois  livres,  &  qu’on  en 
falTe  évaporer  au  B.  M.  deux  livres, 
6c  dans  la  refidencc  il  fait  infulèr 
quatre  onces  de  l’écorce  extérieure 
&  recence  de  Citron,  ôc  en  tire 
quelques  onces  d’eau  par  la  diftil- 
lation  ,  qu’il  remet  fur  fon  écorce 
de  Citron  par  maniéré  de  cohoba- 
tion.  Cette  méthode  eft  ridicule  8c 
entièrement  fùperfluë ,  indigne,  je  ne 
diray  pas  d’un  homme  qui  abon¬ 
de  en  fèns  comme  Monfieur  Zvvel- 
fer  -,  mais  d'un  homme  qui  n’a  qu’u¬ 
ne  fuperficielle  connoifiànce  de  l’une 
&  de  l’autre  Pharmacie  :  car  à  quoy 
faire  -  cette  extraction  de  quelques 
©nçes  -de  liqueur  pour  la  cohober 


fur  la  refidence ,  eft-ce  qu’il  s’ima¬ 
gine  qiK  à  caufe'que  lefuc  de  Pom¬ 
mes  elt  tievenu  plus  cras ,  à  raifon 
des  deux  parties  de  fon  humidité 
qu'lia  jugé  fujerî’uë  qu’il  en  a  fe- 
paré ,  qu  en  fuite  il  ne  puille  attirer 
Cette  fubftance  tenue  &  tres-fubtile 
qui  eft  dans  l’écorce  déliée  &  fu- 
perficelle  du  Citron  !  ne  fçait-il  pas 
aulfi  qu’une  telle  fiibftance  quoy 
qu’elle  foit  onélueufe  qu’elle  fè  de- 
tache  facilement  de  fon  fujet,  & 
fe  communique  avec  les  fubftances 
aqiieufès  par  l’entremife  particuliè¬ 
rement  de  la  chaleur  ,  6c  ainfi  tout 
fon  procédé  ne  tend  qu’à  multiplier 
les  êtres  ,  dequoy  j’ay  grand  fiijet 
de  m’étonner ,  puis  qu’en  un  ren¬ 
contre  qui  ne  meritoit  point  d’en 
parler ,  il  a  traitté  Mefué  de  brouil¬ 
lon  6c  de  fanatique ,  comme  a  été 
cy-devant  relevé.  Concluons  donc 
pour  ce  chef  qu’il  y  'auroit  icy  ma¬ 
tière  d’encherir  par  deftus  ce  qu’il 
a  dit  de  Méfié  ,  fi  mon  inclina¬ 
tion  y  étoit  portée ,  il  me  fuffit  que 
nous  aurons  des  juges  équitables 
qui  garderont  le  droit  d’un  chacun, 
le  n’infifteray  pas  davantage  fir  cet¬ 
te  matière  puis  que  nôtre  Aurheur 
a  reconneu  fa  fente  ,  &  qu’il  s’en 
eft  retraélé  en  fa  féconde  deferi¬ 
ption. 

Nôtre  Autheur  ayant  reconneu  fà 
première  feute ,  &  l’ayant  voulu  cor¬ 
riger  en  fà  féconde  defeription  il 
cft  tombé  dans  une  plus  grande  er¬ 
reur  ,  6c  voicy  comment.  Il  prend 
huit  livres  du  fie  de  Pommes  nou¬ 
vellement  tiréjfeparé  des  plus  grof 
fieres  feces ,  dans  lequel  il  fait  ma¬ 
cérer  par  un  jour  entier  fur  une  cha¬ 
leur  lente  fix  drachmes  de  grains 


de  Ai.  1.  T^vx^elfer.  409 


Kermes  (  qu'il  appelle  impropre¬ 
ment  fruit  )  entiers  làns  les  concaf;. 
fer  comme  il  dit  par  exprez  avec 
deux  onces  &  demie  d’écorce  ex¬ 
térieure  &  recente  de  Limon ,  &  une 
once  &  demie  de  celle  d’Orange. 
Il  eft  à  'remarquer  par  la  méthode 
que  nôtre  Autheur  enfèigne  de  com- 
pofer  fon  fyrop ,  qu’il  n’eft  point  ré¬ 
gulier,  &  qu’il  va  d’une  extrémité 
à  l’autre  ,  à  quoy  bon  de  mettre  les 
grains  de  Kermes  entiers  en  macé¬ 
ration  fans  les  concaflèr,  comme  il 
a  pratiqué  en  fa  prtecedente  édition, 
eft-ce  qu’il  appréhendé  que  les  grains 
de>'  Kermes  fe  reduifent  en  limon 
dans  le  fie  ,  'ou  qu’en  leur  centre 
il  y  ayt  quelque  vertu  cachée  contrai¬ 
re  à  fon  intention ,  ou  qu’en  les  eon- 
caiîànt  la  partie  plus  fubtile  s’exha¬ 
le  ,  ou  comme  ils  étoient  d’une  fub- 
ftanec  rare  que  le  fijc  les  pénétré 
trop  avant ,  non  mon  cher  Doéteur 
n’apprehendés  aucune  de  ces  confi- 
derations  ;  mais  neantmoins  c’eftune 
faute  ,  comme  auffi  de  n’en  mettre 
que  fix  drachmes  fur  la  quantité  de 
huit  livres  de  fie ,  qui  ne  revient 
qu’à  un  grain  ou  environ  par  drach¬ 
me  de  Confêaion.  Il  devoir  avoir 
pris  garde  à  cela  avant  que  d’entre¬ 
prendre  de  calculer  les  ingrediens 
précieux  de  nôtre  Confeétion,  & 
de  la  cenfirer,&  il  auroit  trouvé  que 
la  dilproportion  eft  de  beaucoup 
plus  grande  de  fon  côté  que  du  nô¬ 
tre  ,  parce  que  les  ingrediens  pré¬ 
cieux  en  leur  moindre  particule  ont 
plus  de  vertu  que  les  grains  de  Ker¬ 
mes  en  dix  grains ,  c’eft  jxiurquGy  il 
eft  plus  blâmable  qu’un  autre. 

Monficur  Zvvelfer  fait  tous  les 
efforts  poflîble  afin  de  s’acquérir  du 


crédit  ,  &  pour  paflèr  pour  un  il- 
luftriffime  entre  ceux  de  là  profef- 
fon,  fjn  ambition  eft  aulîi  grande 
que  fes  écrits  font  pleins  d’erreurs, 
comme  de  mettre  quatre  onCes  d’é¬ 
corce  extérieure  de  Limon  ,  &  d’O¬ 
range,  qui  participent,  comme  a  été 
dit  ,  d’une  eftcnce  trcs-fibtile^  en 
macération  dans  huit  livres  du  fjc 
de  Pommes  ,  &  après  la  colature  fai¬ 
te  il  y  ajoute  quatre  livres  de  Suc- 
cre  &  les  fait  cuire  enfemble  fur 
une  chaleur  lente  en  confifténee  d’E- 
leétuaire  liquide.  Monfieur  Zvvel- 
fer, vous  qui  feignes  de  polleder  tout 
ce  qu’il  y  a  de  plus  fingulier  dans 
ce  vafte  Océan  de  l’une  (Sc  de  l’au¬ 
tre  Médecine ,  que  je  vous  aye  cet¬ 
te  obligation  de  me  dire  par  quel¬ 
le  dextérité  empêcherez-vous  que  la 
principale  vertu  dcfhtes  écorces  de 
Limons  ôc  d’Oranges ,  que  le  fie 
de  Pommes  a  attiré  par  la  macéra¬ 
tion  ne  s'évaporent  &  ne  lè  diflî- 
pent  en  l’air  par  la  longue  coétion 
qu’il  convient  faire  jufjues  à  l’éva¬ 
poration  d’environ  fix  livres  huit  on¬ 
ces  du  flic  de  Pommes  avant  que  les 
quatre  livres  de  ficcre  fiient  en  con- 
fiftencede  Syroppour  un  Eleétuaire 
mol  ou  Confedion.  Vous  vous  ou¬ 
bliés  trop  fouvenc  pour  un  grand 
perfonnage,  Monfieur  Zvvelfer  :  fi 
vous  avés  eu  cette  prévoyance  pour 
le  lÿrop  AceteuX'dc  Méfié ,  d’en 
conlerver  la  vertu  etherée  ,  filphu- 
rée  &  balfamique,  comme  vous  par¬ 
lés  des  racines  d'Ache,de  Fcenoüil, 
d’Endive,  &  de  leurs  feinences-,  qui 
font  tous  d’eflènees  moins  fibtiles, 
que  les  écorces  extérieures  de  Li¬ 
mons  &  d’Oranges  j  je  veux  donc 
dire  qu’à  l’égal  de  celle-là  ,  &  de 
fff  beau 


410  R  efutation  de  la  ConfeB.  a  \Jlkermùs 


beaucoup  d’autres  que  vous  y  ob- 
fèrvés  la  meme  méthode ,  vous  dé¬ 
viés  avoir  usé  à  l’égal  de  celles- cy 
d’une  plus  grande  précaution  j  pour 
empecher  que  cette  vertu  toute  Ipiri- 
tueulè  qui  doit  animer  vôtre  lÿrop 
ne  le  dilfipe  en  l’air ,  afin  que  vô¬ 
tre  Confection  n’en  fût  fruftrée  & 
le  travail  perdu.  De  tout  ce  procé¬ 
dé  il  faut  hardiment  conclurre  en 
faveur  de  la  vérité ,  que  vôtre  efprit 
eft  plus  enclin  à  cenfurer  &  à  mé¬ 
dire  fur  le  travail  d  autruy  que  de. 
corriger  les  defauts. 

Nous  liions  enfûite  du  Syropdans 
la  première  defcription  de  nôtre  Au- 
theur  Ambra,  grifa  drachmü  dua- 
hm ,  vel  drachmü  tribtu ,  &  en  là 
féconde ,  Ambra  grifa  optima  me. 
fèmij?.  Dans  fa  première ,  il  mêle 
avec  l’Ambre  gris  quelques  gout¬ 
tes  d’elïènce  de  Rofe  avec  le  bois 
d’Aloè's  en  poudre  pour  en  faciliter 
la  fubtilization  :  &  dans  la  féconde, 
il  veut  qu’on  paîtriiTe  &  qu’on  broyé 
demy  once  d’ambre  gris  avec  au¬ 
tant  pefànt  de  f'cmence  de  citroft 
mondée,  en  l’une  &  en  l’aud-e  mé¬ 
thode  il  y  a  beaucoup  à  redire ,  par- 
âculierement  en  la  dernicre.  Pour  la 
première  à.  quoy  faire  d’y  a)joû- 
ter  quelques  gouttes  d’huile  de  Ro- 
fé ,  les  raifbns  cy- devant  alléguée» 
dendront  icy  lieu  de  rêponce ,  quoy 
que  Monlîeur  Zvvelfèr  ne  fe  fert. 
point  du  mot  de  dilToudre  ou  de  ra- 
molhr  l’ambre  gris  ,  je  ne  m’y  ar- 
rêteray  pas  davantage ,  puis  que-  fbn 
inventeur  l’a  defapprouvée  par  la 
corredlion  qu’il  en  a  faite  en  fà  fé¬ 
conde  édition  ,  qui  eft  auffi  redicule 
que  grofliere.  Oü-cft  qu’il  a  oui  dire,, 
att=  veu:  pratiquer  que  pour  mettre. 


l’ambre  gris  en  poudre,  il  le  feilk 
paîtrir  ou  malaxer  avec  pareil  poids 
de  fcmence  de  citron  mondée.  le 
defie  mon  Adverfairc  ,  qu’en  la. 
moitié  d’un  jour  il  fbit  en  fon 
pouvoir  de  mêler  exaétement  l’am¬ 
bre  gris  avec  la  femcncc  de  citron, 
qu’il  n’y  demeure  quelques  perits 
grains  de  l’tin  ou  de  l’autre  ,  outre 
que  je  fbutiens  qu’on  ne  les  fçauroit 
malaxer  &  paîtrir  fi  long-tems  que 
l'ambre  gris  n’en  devienne  extrê¬ 
mement  noir  ,  &  qu’en  le  battant 
ainfî  pour  le  bien  mêler  il  ne  per¬ 
de  quelque  chofé  de  fbn  odeur  Sc 
de  fa  vertu.  Voilà  pourquoy  Mon- 
fîeur  Zvvelfèr  rendés- vous  plus  adroit 
&  plus  deheat  en  vos  préparations,, 
quittés  cette  façon  grofliere  d’agir,, 
qui  relient  le  cuifinicr  plutôt  que  l’A¬ 
pothicaire.  Vous  fçaucs  que  l’àm- 
bre  gris  ,  fuivant  Mefiié ,  fe  liqui- 
fie  dans  le  fyrop  de  Kcrmes  médio¬ 
crement  chaud.  Si  Cathelan  vous 
a  cy-devant  épouvanté ,  quand  il  a. 
dit  qu’il  ctoit  difficile  à  fondre,  ôc 
qu’il  n’y  avoit  que  luy  qui  le  feeut 
bien  faire,  vous  avés  Monfieur  lean 
George  Volckramer  un  de  vos  inti¬ 
mes  qui  vous  l’enfeighe.  Vosappren- 
tifs ,  fuivant  vous ,  ne  l’ignorent  pas 
aulîî ,  il  fe  met  facilement  en  pou¬ 
dre,  comme  a  été  cy-devant  allé¬ 
gué  en  divers  endroits ,  fans  en  fai¬ 
re  fecret  ny  myftere ,  comme  vôtre 
plume  dévoyée  avance ,  &  en  fort 
peu  de  tems  ,  fans  qu’il  adhéré  au 
mortier. ,  par  l’entremife  de  tres-peu' 
d’onûuofité ,  fans  y  ,  employer  fi  mal 
à  propos  &  fi  inutilement  le  tems  ; 
mais  il  me  répôndra ,  qu’il  y  mêle- 
la  femence  de  citron  pour  deux  rai- 
£bns>  principales  ,,  la  première ,  parce 
qu’elle.- 


de  M.  1.  Zwelfef,  4 1 1 


qu’elle  eft  chaude  &  feiche ,  à  rai- 
ibn  de  ce  elle  atténué ,  digéré  &  de- 
tcrge  les  humeurs  ,&  par  fon  amer¬ 
tume  challc  les  vers ,  il  pourra  auffi 
dire  avec  quelques  autres  Médecins, 
que  cette  femcnce  eft  fort  médici¬ 
nale  pour  le  cœur,  &  qu’elle  vaut 
le  Bezoard  en  vertu  ,  &  que  par 
fbn  oniftuofité  empeche  que  l’am¬ 
bre  ne  s’attache  au  mortier.  le  ne 
prétends  point  icy  de  difputer  des 
vertus  de  la  femence  de  citron  -,  mais 
je  foûtiens  que  cette  précipitation 
eft  abltirde  &  ridicule ,  &  que  fi  une 
longue  malaxation  augmentoit  la 
vertu  de  la  compofition  ,  je  fouferi- 
rois  volontiers  au  fentiment  de  mon 
Adverlàire. 

Par  une  façon  commune  d’agir 
Monfieur  Zvvelfer  diflbut  Ion  mufo 
en  fa  première  deforiprion  avec  tant 
foit  peu  d’elprit  de  Rolè,  &  en  là 
féconde ,  comiiie  s’il  en  avoir  perdu 
la  mémoire,  il  l’imbibe  &  le  réduit  en 
forme  de  pulpe  avec  l’eau  de  Naphe. 
Voilà  une  belle  méthode  pour  met¬ 
tre  le  mufe  en  poudre  digne  d’un 
clprit  qui  n*a  point  d’aflîete  comme 
celuy  de  mon  Adverlàire  ,  qui  cher¬ 
che  de  le  faire  admirer  dans  lès 
nouveautés.  le  Ibuhaiterois  de  pou¬ 
voir  conférer  avec  luy  pour  m’in- 
ftruire  à  quel  deflèin  il  s’eft  Tervy 
de  l’efprit  de  Rçlè  la  première  fois, 
&  pourquoy  de  l’eau  de  Naphe  en 
la  fécondé  ,  puis  qu’il  ne  s’étudie 
par  lès  additions  &  artifices  qu’à 
rehaiillèr  la  vertu  des  ingrediens  pré¬ 
cieux  de  là  Confection  ,  veu  que 
l’eau  de  Naphe  n’égale  point  en  for¬ 
ce  l’efprit  de  rolè  ,  &  ainfi  fon  in¬ 
tention  qui  n’a  été  autre  qu’une  am¬ 
bition  de  paroître  lè  trouve  fruftrée. 


&  là  réputation  rnéprisée  de  tous 
ceux  qui  entendent  la  méthode  de 
compolèr  les  médicaments  :  car  il 
devoir  être  fatisfait  de  ce  qu’il  y 
avoir  déjà  employé  l’écorce  exté¬ 
rieure  d’orange  &  de  limon  ,  &  la 
lèmence  de  citron  qui  ont  des  ver¬ 
tus  fort  femblables  ,  fans  y  foire 
entrer  l’eau  de  Naphe  ,  qui  n’eft 
qu’un  pur  flegme,  en  comparailbn 
des  autres ,  plus  capable  d’émouflèr 
la  force  du  mufe  que  de  la  relever. 
Qu’il  fe  contente  donc  de  le  met¬ 
tre  en  poudre  ,  comme  pratiquent 
ceux  qui  connoiflènt  fa  nature  làns 
le  brouiller  d’aucun  mélange ,  &  il  y 
rcüflîra  'mieux. 

Le  Lapis  Laziili  nous  fournit  un 
fujet  confiderablc  pour  foire  voir 
à  nôtre  Autheur  le  mépris  qu’il 
fait  de  cette  pierre  pour  ne  con- 
noître  pas  là  nature  non  plus  que 
fa  préparation  ,  une  preuve  de  cela 
eft  qu’il  dit  en  Ibn  Animadverfion 
lùr  la  préparation  du  Lapis  Lazuli, 
page  414.  Seâtion  zo.  que  la  lotion 
de  cette  pierre  eft  inepte  &  ridicu¬ 
le  &  tout  à  fait  inconfiderable  :  car 
[y  la  pierre  eft  impure ,  mêlée  avec 
le  rocher  ,  ou  de  petites  pierres ,  que 
la  lotion  ne  les  feparera  point ,  ou¬ 
tre  que  l’eau  ne  Içauroit  s’empreindre 
d’aucune  làveur ,  qui  pourroit  être 
une  marque  d’une  vraye  lotion.  Nô¬ 
tre  Autheur  plein  de  confufion  à  Ibn 
ordinaire  auroit  encore  belbin  de  re¬ 
tourner  à  l’échoie  de  Ibn  premier 
apprentilàge  ,  pour  y  apprendre  de 
nouvelles  expériences  ,  qui  polfible 
4e  tireroient  d’une  partie  des  ténè¬ 
bres  de  l’erreur  qui  luy  ofEifqiicnt 
l’entendement ,  de  dire  que  la  lotion 
de  la  pierre  d’A/ur  eft  ridicule, inepte 

fff  1  & 


411*  Refat ation  de  la  Confeâ.d Alkermes 


&  tout  à  fait  inconfiderable.  lufques 
icy  je  n’ay  point  connu  de  plume 
plus  hardie  que  celle  de  ce  Dodenr» 
&  qui  detraibe  pluS'  aveuglément 
des  Audieurs,  au  lieu  de  les  hono¬ 
rer»  S'il  avoir  confideré  &  exami¬ 
né  la  pierre  d'Azur  ,  &  la  raifon 
pourquoy  Mefiié  prcfcrit  de  la  laver 
trente  fois  avec  l’eau  de  fontaine>  & 
dix  fois  en  l’eau  rofe,  il  auroit  obfèr- 
vé  qu’en  rompant  ou  en  divifant 
une  pièce  de  ladite  pierre  en  petits 
morceaux  qu’il  s'en  exhale  une  odeur 
defagreable  que  je  puis  accomparer 
à  un  fouphre  puant  ,  &  qu’en  le 
touchant  du  bout  de  la  langue ,  luy 
imprime  une  faveur  auflî  defagrea- 
ble  que  fon  odeur  paroit  au  nez. 
C’eft  ce  t]ui  a  fait  dire  à  ce  célébré 
Autheur  Mefué ,  que  la  pierre  d’A- 
zur  eft  chaude  au  fécond  degré  5  & 
feiche  au  troiziéme  ,  qu’elle  brûle, 
&  ulcère  ,  &  que  celle  qui  n’eft  point 
kvée  fait  tomber  le  poil ,  &  la  lar 
vée  le  retient.  Voilà  Monfieur  Zvvcl.- 
fer  la  raifon  pourquoy  la  lotion  après 
l’avoir  mifo  en  poudre  fobtile  luy 
convient  pour  la  dépouiller  entière¬ 
ment  de  cette  mauvaifo  qualité ,  & 
for  quoy  Mefoé  a  fondé  fa  lotion, 
làns  qu’il  s’en  foit  expliqué.  Et  for 
ce  que  mon  Adverlàire  dit  que  la 
lotion  ne  fepare  point  le  rocher  ou 
les  petites  pierres  qui  fe  trouvent 
attachées  avec  la  pforre  d’Azur  ;  le 
bon  homme  fc  trompe  ,  &  fait  voir 
qu’il  parle  d’une  matière  qu’il  ne 
doit  pas  connoître,  ou  qu’il  n’en  a 
jamais  préparé  exactement,  c’èft  ce 
qu’il  apprendra  d’un  Apothicaire, 
qui  eh  %  été  confirmé  par  diverfes 
expériences,,  qui  luy  ont  fort  bien 
E€ufli..Mais  on  a.  beau  parler  à  qiii. 


ne  veut  pas  écouter  ,  le  cerveau  de 
'telles'' gens  eft  pour  l’ordinaire  pre-^ 
occupé  de  prefomption  ,  qui  fomen¬ 
te  &  entretient  l’erreur,  qui  repouf¬ 
fe  toûjours  la  vérité  comme  fon  con¬ 
traire  ,  tout  ce'  que  je  puis  dire ,  eft 
de  le  renvoyer  à  l’cxperience  ,  qui 
luy  apprendra  qu’une  lotion  artifte- 
ment  fiiite  ,  &  fouvent  reïterée,  après 
avoir  fobtilement  pulvérisé  ladite . 
pierre  (  çomme  nous  venons  de  di¬ 
re  )  emportera  toute  fon  impureté, 
enfemble  fon  odeur  &  faveur  def¬ 
agreable.  La  raifon  de  cela  eft,  que 
la  pierre  d’Azur  eft  d’une  fubftan- 
ceplus  pure,,&  plus. cuite  en  toutes 
fes  parties  que  le  marbre  ou  rocher 
.  qui  fe  trouve  attaché  avec  elle  ,  & 
ainfi  fe  pulverifo  plus  facilement, 
&  l’eau  l’cnleve  &  laiife  la  pierre 
d’Azur,  à  caufo  qu’elle  n’eft  pas  fi. 
lubtile ,  outre  qu’elle  eft  plus  pelante 
demeure  au  fonds  du  vaillèau  bel¬ 
le  en  couleur.  G’eftce  que  Monfieur 
Zvvelfer  n’a  foeu  concevoir  jiifques 
icy ,  parce  que  fon  imagination  qui 
eft  accoutumée  à  le  tromper  ,  luy  fi¬ 
gure  qu’il  eft  le  plus  Içavant  de 
tous  les  Médecins,  la  creme  des  Apo¬ 
thicaires,,  d’où  vient  le  mépris  qu’il 
fait  de  la.  doétrine .  de  Mefoé  &  de 
Meffieurs  les  Médecins  d’Ausbourgr 
en  la  prclciiption  de  la  lotion  de 
cette  pierre ,  que  s’il  avoir  été  ca¬ 
pable  de  la  bien  confida-er,qui  ne 
contient  pas  en  tout  vingt  mots,, 
dans  ce  petit  abbregé  il  auroit  trou¬ 
vé  en  fobftance  tout  ce  que  l’Art 
requiert  pour,  là  légitimé  prépara¬ 
tion,  de  là,il  faut  inferer  queMon- 
jfieur  Zvvelfer  a  voulu,  cenforer  mat 
à  propos  cette  lotion. 

Mon  Adverlàire  fe  montre  fort 
diligent 


de  M.  1. 

diSgent ,  en  ce  qu’il  n’oublie  rien 
de  ce  que  l’artifice  lüy  peut  four¬ 
nir  pour  élever  au  plus  haut  de¬ 
gré  de  perfedion  fà  Confedion 
d’Alkermes  ;  mais  en  y  procédant 
de  la  forte  ,  il  ne  confidere  pas 
des  fautes  très  -  confiderables  qu’il 
fait  ,  quand  il  lit  en  fa  féconde 
defcription  j  Lapidü  Laz.uli  eaui- 
lei  pntparati ,  vel  Jl^agijîerifejuf 
àem ,  in  animadverjîonibm  noSlris 
edoHi  fi.  Yn  grand  perfonnage 
comme  mon  Adverfaire  doit-il  tom¬ 
ber  dans  une  telle  erreur  ,  de  faire 
comparaifon  de  la  dofc  du  Lapis 
Lazuli  en  fubftance  3  avec  celle  de 
l’outremer  qui  eft  fbn  Magiftere  : 
il  fçait  bien  s’il  entend  ce  qn’il  a 
écrit  3  la  différence  qu’il  y  a  entre 
la  pierre  d’Azur  3  &  fon  Magifte- 
rc  3  que  pour  extraire  une  once  8c 
demye  du  plus  beau  &  du  plus  fin 
de  cettuy-cy  >  qui  eft  la  première 
forte  qu’on  tire  de  la  pâte  par  l’cn- 
tremife  de  la  lotion  >  qui  eft  telle¬ 
ment  feparé  de  fbn  marbre  blanc, 
qui  commence  de  paroître  en  la 
couleur  de  celuy  qu’on^en  tire  par 
l'a  féconde  lotion  qui  la  rend  plus 
claire  &  de  moindre  vertu  ,  Sc  ain- 
fî  des  autres  lotions  :  Et  je  veux 
donc  dire  que  pour  avoir  une  on¬ 
ce  &  demye  dudit  Magiftere,  qu’il 
faut  prendre  pour  le  moins  huit  on¬ 
ces  de  la  plus,  belle  pierre  d’Azur, 
car  fi  l’impureté  paroit  ,  il  en  fau¬ 
dra  le  double  ,  de  là  il  faut  con- 
clurre  qu’un  tel  Magiftere  ,  contient^ 
en  une  once  ôc  demye  avec  fà  cou¬ 
leur,  toute  la  vertu  la  plus  efficace 
qui  étoit  efpaifè  en  toutes  les  par¬ 
ties  de  laquandté  de  la  pierre  d’A- 
aur  d’où  il  aura  été  tiré.  Par  c  ue. 


Zvvelfer.  4 1 3 

raifbn  Monfieur  Zvvelfer  dévoie 
diminuer  de  beaucoup  la'  dofe  d’nne 
once  &  demye ,  eu  égard  à  la  pu¬ 
reté  de  l’un  &  à  l’impureté  de  l’au¬ 
tre  ,  au  contraire  il  les  admet  en 
pareil  poids.  Il  n’ignore  pas  que 
les  médicaments  que  nous  donnons, 
par  drachmes  en  fubftance  ,  que 
nous  ne  donnons  de  leurs  Magiftc- 
res  que  par  grains  ,  par  ce  que  le 
plus  fbuvent  dix  grains  ou  moins, 
font  plus  d’effet  qu’une  drachme. 
Mais  encore  quand  il  a  eu  cette 
penfée  ,  il  n’a  pas  confideré  que 
tous  les  Apothicaires  ne  fçavcne 
point  préparer  l’outre-mer ,  &  que 
de  l’achepter  à  raifon  de  cent  tren¬ 
te  à  quarante  livre  l’once  ,  qu’il  ne 
s’en  trouveroit  aucun  ,  qui  voulut 
faire  cette  dépenfe  ,  à  moins  que 
ce  fut  pour  des  perfbnnes  de  haute, 
condition  ,  dautant  plus  qu’il  de¬ 
mande  le  Lapis  LazuIi  préparé  j, 
&  que  c’eft  à  l’arbitre  de  celuy 
qui  préparé  la  Confeâion  de  l’y 
mettre  ou  non  ,  il  eft  afléuré. 
que  ceux  même  qui  le  fçavcnt  pré¬ 
parer,  en  Magiftere  s’en  dilpenfc- 
ront  ;  pus  que  l’authorité  de  mon. 
Adverfaire  n’eft  point  approuvée.. 
Qu’il  foit  donc  plus  avifé  à  l’ave¬ 
nir  ,  qu’il  digéré  mieux  fés  pen- 
fees  avant  que  de  les  mettre  art 
jour  ;  car  à  parler  fans  paffion 
les  efprits  les  plus  pacifiques,  s’al¬ 
tèrent  &  s’émouvent  beaucoup  de 
voir  des  produétions  fi  erronées 
fi  fùjettes  à  la  cenfure. 

lé  demeure  comme  fiirpris  de*, 
ce  quf  Moi-fieur  Zvvelfer  h’a  point; 
apporté  d’autre  précaution  aux  Per¬ 
les  ,  que  la  préparation  ordinaire- 
de  nos  Boutiques  ,  attendu  qu’em 
£££  J  tous 


414  Réfutation  de  la  ConfeÜ.  d' J Ikerme s, 


tous  les  autres  ingrediens  ,  il  y  a 
ajouté  quelque  myftere,  fans  doute 
il  l’a  oublié  J  ou  bien  il  a  crcu  que 
les  Perles  d’elles  mêmes  font  futfi- 
fàntes  en  leur  vertu ,  fans  rien  em¬ 
prunter  d’ailleur  pour  la  rchaullèr, 
mais  comme  il  doit  fç  avoir  qu’il  y  a 
(  foivant  certains  )  à  redire  en  quel¬ 
que  choie ,  que  je  palferay  fous  fi- 
lenee  >  pour  ne  donner  point  de 
mauvaifes  impreflîons  à  ceux  de 
nôtre  profeffion  ,  qui  les  recher¬ 
chent. 

Diteî-moy  amy  Zvvelfer ,  chez 
qui  des  Autheurs  avez  vous  appris 
de  mettre  une  once  &  demye  de 
Perles  Orientales  préparées ,  fur  qua¬ 
tre  livres  de  fuccre  ,  qui  valent  qua- 
fante  huit  onces ,  ç’a  etc  de  vôtre 
boutique.  le  trouve  que  vous  excé¬ 
dez  en  libéralité  envers  vôtre  pro¬ 
chain  ,  je  loü crois  ce  procédé  Ci  vou§i 
l’aviez  fait  par  un  motif  de  charité, 
&  que  cette  dofo  ne  choquât  les  ré¬ 
glés  de  la  corapofition  des  médica¬ 
ments  ,  mais  au  contraire  c’eft  par 
une  pure  vanité ,  pour  paroitre  par 
delfus  tous  les  Autheurs  ,  qui  ont 
écrit  &  qui  écrivent  fur  cette  ma¬ 
tière  :  car  vous  n’en  fçauriez  nom¬ 
mer  un  qui  aye  dofé  les  Perles,  com¬ 
me  vous,  fur  la  quantité  de  quaran¬ 
te  huit  onces  de  luccre.  Si  elles  en¬ 
troient  feules  dans  vôtre  Confeétion 
ou  qu’elles  ne  fuflent  point  accom¬ 
pagnées  d’une  bonne  quantité  d’au¬ 
tres  efpeces  qui  font  de  grande  effi¬ 
cace  ,  je  pourrois  vous  exeufer  pour 
ce  regard  ,  c’eft  à  quoy  Monfieur  le 
Poéteur  vous  deviez  prendre  garde 
pqur  en  éviter  le  blâme.  Néant- 
moins  je  ne  fçaurois  é^er  de  loiier 
en  partie  la  modération  que  vous 


avez  faite  de  ce  qu’en  vôtre  premiè¬ 
re  defeription  fur  vingt  quatre  on-' 
ces  de  ficcre  ,  vous  y  faifîez  en¬ 
trer  le  même  poids  d’une  once  Sc 
demye  de  Perles  Orientales  prépa¬ 
rées  ,  qui  étoit  une  faute  au  dou¬ 
ble  plus  grande  que  vous  avez  cor¬ 
rigée  en  doublant  la  dofe  du  fuccre 
en  vôtre  derniere  ou  fécondé  def¬ 
eription. 

De  toutes  les  raifons  cy-deffiis 
alléguées  ,  il  n’eft  pas  difficile  de 
croire  ,  que  Monfieur  le  Doéteur 
Zvvelfer  n’eft  pas  capable  d’inven¬ 
ter  des  compofitions  Sc  particuliè¬ 
rement  une  nouvelle  Confection 
d’Alkermes ,  qu’il  fe  contente  de 
celle  de  Mefué  ,  ou  de  la  nôtre, 
quoy  que  certains  efprits  ,  comme 
le  fien  ayent  voulu  gloièr  contre 
elles  ,  cela  n’a  en  rien  diminué  de 
leur  éclat  &  de  l’eftime  qu’en  ont 
toujours  fait  ceux  qui  les  connoif- 
fent  par  leur  vertu ,  ainfi  nôtre  Ad- 
verfaire  Zvvelfer  n’a  fait  que  per¬ 
dre  fon  temps  en  abayant  de  loin, 
comme  tous  ceux  qui  s’en  font  mê¬ 
lez  avant  liiy.  Au  refte  je  ne  trouve 
rien  de  plus  ridicule  &  de  plus  mal 
compofè  que  les  deux  deferiptions 
de  fa  Confeélion  d’Alkermes  ,  à 
les  bien  confiderer  on  y  remarque¬ 
ra  des  fautes  fort  groffieres  ,  com¬ 
me  nous  avons  relevé  en  partie, 
fons  neantmoins  y  en  avoir  com¬ 
pris  quelques  autres ,  que  j’ay  omi- 
fos  à  delîèin  qui  fèrviront  un  jour 
de  matière  dans  une  autre  pccafion 
fi  mon  Adverfàire  m’y  convie.  le 
veux  donc  dire  qu’ayant  erré  en  tous 
les  principaux  points  de  la  compo- 
.fition,  comme  en  l’cleâion,  prépa¬ 
ration,  dofo ,  Sc  mélange  des  ingre¬ 
diens. 


de  A4. 1.  Zwelfer* 


âiens  ,  ce  fera  im  légitimé  moyen 
pour  les  rendre  méprifablcs  dans  fà 
patrie  même.  Et  les  Nations  ctran- 
gereS  auront  toujours  recours  à  nous 
malgré  la  jaloufie  &  la  malice  de 
Monfieur  Zvvelfer  j  qu’il  vomiflè , 
&  qu’il  revomilîe  tout  ce  qu’il  a  de 
plus  noir  dans,  le  corps  ,  le  tout  ne 
peut  que  rejaillir  à  fa  honte  &  confu- 
fion ,  &  nos  Çonfeftions  fidèlement 
dilîjenfces  auront  toujours  de  l’eftime 
chez  les  étrangers. 

Cher  Amy  Zvvelfer ,  pour  la  fin 
je  vous  diray  avoir  du  déplaifir  de  ce 
que  je  me  fuis  écarté  contre  vous ,  en 
des  termes  qui  ne  font  pas  dans  la 
bienfeance  parmy  les  gens  d’hon¬ 


415 

neur  de  nôtre  profeflîon ,  ce  n’eft  pas 
que  par  un  jufte  relfcntiment  hu- 
maiuj  je  ne  vous  en  eulTe  peu  dire 
beaucoup  au  delà  j  mais  comme  les 
injures  &  les  invedives  ne  peu¬ 
vent  rien  de  nôtre  demélé  :  j’ayfaic 
gloire  de  n’en  dire  pas  davantage, 
&  encore  ç’a  été  en  forçant  mon 
inclination  3  par  ce  que  vous  ayez 
excedé  en  cette  matière  ,  de  ma¬ 
niéré  ,  que  joignant  à  mon  natu¬ 
rel  un  mouvement  de  charité  ,  il 
ne  tiendra  qu’à  vous  que  tout  le 
palfé  ne  foit  oublié ,  finon  en  at¬ 
tendant  vôtre  reponee  ,  je  vous 
fijuhaitte  toute  forte  de  prolperité 
à  Dieu. 


TABLE 


DES  PRINCIPALES  MATIERES 

contenues  en  cet  Oeuvre. 


Le  premier  nombre  marque  la  Page  ^  ^  le 
dernier  le  Lj’-vre. 


A  • 

B  B  S^I  N  T  H  I  1  hifto- 

Acetabulum  quid, 
Aceti  Scillitici  præparatio ,  1 1 8.  i 


A  gallochi  hi  ftoria  j  1 60.1 

Ambaris  hiftoria  ,  î  54«i 

Ambre,  &  (es  fubftances,  308.1 

Amurca  veterum  quid ,  6.2 

Anacardiorym  hiftoria,  3  4^*  ^ 

Antheraquid,  zo.i 


Antimoine,  pourquoy  appelle  her¬ 
maphrodite,  3 18. 1.  Eft  un  des 
principaux  fiijets  de  la  tranfmu- 
tation  métallique,  ibid.  Les  Chy- 
miftes  luy  attribuent  des  vertus 
bâliàmiques .  '  3  ip. 2 

Antimoine  diaphoretique  Iodé  par 
du  Renon.  3  15)- 2 

Apiiun  montanum,qtiid ,  182.1 


Aqua  Theriacalis ,  '  19 1.2 

Aqua  ad  fuffufionem.,  200.2 

Aqua  contra  calculum ,  195.2 

Aqua  vulneraria ,  1 99.2 

Ardeiur  venerienne ,  le  fliccre  de  Sa¬ 
turne  y  convient,  333*2.  comment 
appliqué,  ibid. 

Aroraaticuin  Caryophyllamm,  i47*t 
Aromaticum  Rolàrum  Gabrielis, 
149. 1 

As,  214.2 

Airarius  quid,  213.2 

Afthme  ,  la  fecuIe  de  Bryone  eft 
propre  à  l’afthme.  3  o^.  2 . les  fleurs 
de  ioulphre.  327*^ 

Afyncritura  Aébiiarij ,  245.1 

Aurea  Alexandrina,  252.255*1 
Aureus  quid,  213.2 

B 

BAlfemura  polychreftum,  55.2 
Bauderoni  lans  ,  103.1 

Bail 


dçs 

Baame ,  l'huile  de  Genevre  cft  com¬ 
me  un  baume  naturel ,  2, 5  7 .  z 

Bedegaris  fuccedaneum  >  94.1 

Benedida  laxativa  388.389.1 
Be.s  ,  feu  odunx ,  214.1 

Bezoard  minerai  ,  pourquoy  ainfi 
appelle,  327.2 

pourquoy  écume  des  deux  dra¬ 
gons  ,  ibid. 

eft  excellent  aux  maladies  &  fiè¬ 
vres  malignes ,  ibid. 

Bryene ,  fecule  de  Bryone  deterge  la 
craiïè  &  ordure  du  cuir.  3  o  6. 2 

C 

CAnella&  Cinnamomnm,idem, 
275.1 

Calcanthum ,  ou  vitriol ,  271.1 

Catholicura  moins  violent  &  plus 
univerfclque-le  Panchymagogue. 

3  04.  2 

Calcanthi  &  Chalcitidis  difFerentia, 
272. 1 

Cancamum ,  non  eft  Lacea  ,  222. 


225.1 


Caryocoftinum ,  a.S'yiXov , 

591.1 

Cinnamomi  hiftoria. 

275.1 

Caffia  cum  Saccharo  pro 

Clyftcri- 

bus. 

570.1 

Catholicum  Fernelij  , 

362.1 

Cauterium  holofericum  , 

204.2 

CerMum. 

Quid ,  &  unde  didiim  > 

118.2 

Album  Galeni, 

ibid. 

Arnogloffi , 

123.2 

de  Crufta  panis. 

1 24.'2  . 

Oefypi , 

122.2 

Santalinum , 

120.^2 

Stomachicum  Galeni , 

1  2  1.2 

Cerveau ,  l’huile  de  Rofos  conforte 

Adatieres, 

le  cerveau ,  29 3. 2.  L'huile  d'Am- 
bre  merveilleulèment  efficace  aux 
grandes  maladies  du  cerveau.  ,08. 
2.  Le  magiftere  du  crâne  humain, 
311.2.  La  teinture  d’argent  cor- 
,  robore  le  cerveau ,  3  5  4  -  2 

Chalcite,  &  ^es  propriétez  ,  271.1 
Champignons ,  différences  ,  effets, 
tempérament ,  &  fymptomes  d’i- 
ceux  i  269.270.1 

Chalcitidis  (èrmocinatio,  ibid. 
C  halcus  quid ,  212.2 

Cheveux ,  l’efprit  de  miel  teint  les  ' 
cheveux  de  couleur  d’or,  51 1.2 

les  fait  croître ,  ibid. 

Chift  Arabum  quid ,  215.2 

Clarcta  fimplex  ,  &  compofîta, 
i94-i 

Cœur ,  l’or  a  une  occulte  fÿmpathic 
avec  le  cœur.  340.2 

Coétion  ,  l’extrait  d’Abfinthe  aide  la 

codion  de  l’eftomach  ,  298.2 

Collyrium  album  Rhafis,  25).! 

Conditura  cur  fiat ,  i .  i 

Confedio  quid ,  3  20.1 

ConfeBio. 

Alkermes,  321.1 

Hamech  major,  55)5.1 

minor,  401.1 

f  Hamech  à  D.  Bauderono  cafti- 
gata,  400.401.1 

Anacardina,  345.r 

deHyaeintho,  207.1 

Liberantis,  205.2 

Congius  quid ,  216.2 

Confèrva  Rofarum  mellis ,  23.1 

Solida ,  ibid. 

Contufion ,  l’huile  de  cire  refont  les 
contufions,  31 0.2 

Coraux ,  diffous  par  le  vinaigre  de 
terebinthine *  509.2.  ont  une' 

ggg  g«a 


Taille  des 

grande  fympathie  avec  nôtre  cha¬ 
leur  naturelle ,  3^0.1 

Corne  de  cerf,  quand  a  plus  de  ver¬ 
tu  ,  J  12.1 

Cordial  ,  l’huile  d’ Ambre  eft  cor¬ 
dial,  308.  2.  le  magiftcre  de  cor¬ 
ne  de  Cerf,  512.2. l’or  a  une  ver¬ 
tu  cordiale  ,  540. 2.  le  Bezoard 
minerai,  317*^ 

Coftus  quid  ,  55>2.i 

Croci  Marris  præparatio  ,  255.1 

Crocus  Marris  quid ,  &  unde  ditius, 
ibid. 

Cuir  ,  huile  de  myrrhe  propre  à  tons 
les  vices  du  cuir ,  3  07.  2.  la  fecule 
de  Bryone  en  deterge  la  crafle ,  & 
le  blanchit,  506.Z 

Cyathus  quid,  216.2 

D 

DArcheni  Arabum  qnid ,  156.1 
Davich  Arabum  quid ,  212.2 
Decodio  comraunis  Medicinæ  ,  Pe- 
dortilis,  &  Clyfter.  1 89 

Denarius  quid  ,  215.2 

Deunx  quid,  214.2 

Dextans  quid ,  ibid. 

Piacalamentum ,  1 5  2.  i 

Diacatholicum ,  358.1 

Diacinnamomum  ,  1 56.  i 

Diacodium  lîmplex  ,  &  compolitum, 
241. 1 

Diacomeron,  187.x 

Diacrocon,  feu  Diacurcuma ,  225.1 
Diacydonium  fimplex ,  1 7.  compo/î- 
tum,  ibid. 

Dia.cyminiim ,  185.1 

Difçours  Apologétique  iîir  la  Chal- 
cite,  268.1 

piffèrenccs  des  champignons,  269.1 
Pifficultez  fir  la  eonfedion  Alker- 
mes ,  3  2i., 

Diagalanga, 


Adaîieres, 

Diahyflhpus,  jgo.j 

Diaireos  fimplex,  173. 1.  Salomonis, 
174.  t 

Dialacca  magna ,  220.1 

Dialexis  de  Abfinthio ,  78.1 

Dialipfis  de  Chaleitide  ,  166.1 

Diambra,  t53>i 

Diamargaritum  fimplex  quid,  .... 

Diamargaritum  frigidura,  19 2.1 

Diamorum,  .  29.1 

Diamofchum,  196.1 

Dianilîim,  151.1 

Dianthos.,  154.L 

Dianucum,  31.1 

Diapenidion  cnm ,  &  fine  fpeciebus, 
'77-1 

Diaphœnicum,  582.1 

Diapraflîum,  .  182.1 

Diaprunum  fimplex,  &  compolitum, 
-4^.  I  3^1 

Diarrhodon  A bbatis ,  1 6r,  i 

Diafebaften ,  575*i 

Diafenna,  39  3- 1 

Diathamarum  ,  Icge  Diacomeron. 
Diatragacanthum  frigidum,  176.1 
Diatria^ntali ,  218.1 

Diatrium  Pipcrnm ,  167.1 

Diaxylalocs,  -  164.1. 

Dilcours  des  Perles ,  . . 

Dodrans  quid  ,  214.2 

Dofis  pul.  in  eleduariis  aromaricis, 
I47*  I 

Dofis  pul.  in  eled.mollibus,  &  foli- 
dis,  520.1 

Dofis  pulveris,  in  unguentis  com- 
ponendis,  quæ ,  81.2 

Douleur,  l'huile  dcRolès  fouverain 
à  la  douleur  de  tête,  295.  2.  Peau 
de  Genevre  propre  aux  douleurs 
articulaires.  297.1 

Dragma  quid  ,  &'quotgranis  con- 
ftet,  213.1 

Duella  quid ,  ibid. 


des  Adatieres, 


Dupondium  qiiid  *  ibid. 

Dyllenterie ,  Tcx traie  de  Rheubarbe 
en  la  dylïcnterie  avec  qnoy  mé¬ 
langé  >  3  O  J.  1.  le  làfFran  de  Mars 
adftringent,  535'i 

E 

EClegma  qnid  ,  &  cur  excogita- 
tum,  Ï37-Ï 

Eclegma. 

De  Caulibns  Gordonij,  ibid. 

dePapavere>  140.1 

dePineis,  141.1 

de  Pulmone  Vnlpis ,  1 3  p.  i 

Sanutn*  i43*i 

de  Scilla  fîmpl.  138.1 

Compolituin,  ibid. 

Effets  des  Champignons  >  269.1 


Eleétuarium  quid  ,  &  ejus  divifio, 
320.1 

EleBuarium. 

A  nalepticum,id  cft,reficiens,  189.1 


de  Baccis  Lauri  j  3  44-i 

de  Citro  folutivum  j  3  5  i 

CrociMartis,  235.1 

Diacarthami,  3  34*1 

Ducis,  169.1 

deGemmis,  i95>*i 

Indum  majus  ,  385.  1.  minus, 
387.1 

luftinura,  218.1 

Larticiæ  Galeni,  201.1 

Lætificans  Rhalls,  203.1  . 

Plercs  Archonticon ,  2 1 3.  i 

dePfyllio,  377-I 

Relûmptivum  :  vide  Analepticum, 
Rofatum  Melîié ,  280.1 

de  fucco  Rofârum ,  5  J  3  •  ^ 


Emplaftrum  quid ,  &  imde  di^um, 
I  26.  2 


Empîafirum. 


Apoftolicum , 

1^9.2 

de  A  rnogloflo , 

123.2 

de  Baccis  Lauri , 

I4J.2 

de  Betonica  , 

133.2 

Ceroneum , 

162,2 

de  Ccrufa , 

1 18.2 

contra  rupturam , 

130.2 

de  Crufta  panis , 

120.2 

Diachalcitcos , 

i4;.2 

Diachilum  album  » 

133.2 

Ireatum  , 

137.2 

Magnum , 

138.2 

Gummatum , 

141.2 

pro  fraéturis ,  &  dillocationc  of- 

fium , 

130.2 

Epilpafticum  ,  feu 

vcficatorium , 

177.2 

Divinum , 

132.2 

filij  Zacharia; , 

143.2 

Gratia  Dei , 

134.2 

Gummi  Elemi , 

173.2 

ad  Herniam, 

166.2 

de  lanua  :  vide  de  Betonica. 

de  Linaraento, 

179.2 

de  Maftichs , 

154*2 

pro  Matrice , 

159*2 

de  Meliloto , 

249.1 

de  Minio , 

129.2 

de  Mucaginibus, 

141.2 

Nicotianæ  j 

171.2 

Oxycrocaira., 

160. 2 

Paracelfi , 

175.2 

de  Ranis  loan.Vig. 

169.1 

Sparadrap , 

118.2 

de  Siilphure , 

148.2' 

pro  Stomacho  > 

156.1 

Tripharmacum , 

M4.*2 

Enchantement  ,  és  maladies  où 
le  vulgaire  croit  qu’il  y  a  de 
l’enchantement  ,  quel  remede, 
322.2 

gg'g  i  Ep^ 


des  Jidatieres. 


Epilepfie ,  l’extrait  d’Hellebore  noir 
propre  àl’epilepfie,  jo.-;.  2.  l’huile 
d’ Ambre,  308.2.  le  magiftcre  du 
crâne  humain,  301. 2,  l’eau  benite 
de  Rullandus 3  10»  2.  la  reinture 
d’argent.  '3  37*i 

Eftomach,  l’extrait  d’abfînthe  eor- 
.  roborel’eftoraach,  &  aide  àla  co- 
â:ion,298.2.1’huile  de  Maftic.307. 
2.  la  teinture  de  Coraux.  3  07.1 
faûulté  retentrice  d’iceluy  forti¬ 
fiée  par  le  làfFran  de  Mars  adftrin- 
gent.  534.2 

Evacuation,  la  teinture  de  Coraux 
arrête  toutes  les  évacuations  im¬ 
modérées. 

Exagium  q^uid ,  213.2 


FAlciculus  quid  ,  217.2 

Fièvres,  le  magiftere  de  Corne 
de  Cerf  convient  aux  fièvres  ar¬ 
dentes  &  malignes,  312.  2.  le  cry- 
ftal  minerai.  3  14.  2.  l’cfprit  de  vi¬ 
triol.  316.2.  le  Bezoard  minerai. 
326.  2 

Fard ,  feaile  de  Bryonc  mife  au  rang 
des  fards,  306.  2.  le  Mercure  pré¬ 
cipité  blanc.  324.2 

Fleurs  blanches,  arretées  par  le  laffian 
de  Mars  adftringent ,  3  3'5  •  i 

Flux ,  l’extrait  de  Rheubarbe  eft  pro¬ 
pre  à  toutes  fortes  de  flux  de 
ventre.  3  03,.  2 

Fluxion, le  Laudanum,  flngulier  aux 
fluxions  chaudes ,  acres  &  ma- 
hgnes  ,  300. 2.  principalement  à 
celles  qui  cheent  fut»  le  poul- 
mon  ,  ibid.  &c  le  Chryftal  mine¬ 
rai  aux  fluxions  chaudes  fur  la 
gorge-  314.2 

Fondement-  de  la.  Theze  de  Fontai- 
2-71.2 


Fontaine  Médecin  d’Aix  en  Proven¬ 


ce,  268.1 

Forces,  quels  fymptomes  abbatent 
grandement  les  forces,  300.2 

f  Formuiæ  Bechicæ  ,  4751.1 

Foye,  la  teinture  de  rofes  tempere 
l’ardeur  du  foye  ,  296.2 


G 

^^Alien  repris  fur  la  Canelle, 
Galanga  qnid 

Grana  ponderum,  qualia,  2 1 1 .2 
Glandes  folu  ti væ ,  203.2 

Gonorrhée ,  on  fe  fert  mal  à  propos 
de  la  crème  de  tartre  à  la  gonor¬ 
rhée  virulente,  305.2.  &dcl’hui-. 
le  blanc  de  terebinthine  ,  3  09.2 
au  contraire  le  cryftal  minerai  y 
eft  fort  propre  ,  3  14.2.  le  fiiccre 
de  Saturne ,  ibid. 

Goutte ,  l’huile  de  Maftic  bon  à  la 
goutte,  307-1 

l’huile  de  cire  ,•  3 1 0-2 

Gravelle,  le  fel  d’abfinthe  expulfè 
les  matières  graveleufès  ,  299.2 
l’huile  blanc  de  terebinthine, 
309.2 

Guajac ,  à  quelles  fortes  de  maladies 
propre,  outre  la  vcrole,.  299.2. 

H 


HEmina  qiiid,  216.2 

Hellebore,  tant  vanté  de  l’Hip- 
pocrate,  302.2 

Vertus  que  quelques  modernes  luy. 
attribuent,  ibid. 

Hemorrag-ie,  la  teinUire  de  Corail, 

l’arrefte,  330.2. 

Hiera  quid  ,.  405.1 

Hiera  cum  A  garico  ,  405..  i 


^'ahle  des  Aiatieres, 


Hiera  C  olocinthidos  >  4 1  <3  »  r 

Hiera  compolîta,  406.1 

Hiera  Logadii ,  407  •  i 

Hiera  dimplex  Galeni,  -  407.1 


Hiftoire  du  Sori,  Chakite  &  Mify, 

271-1 

Hiftoire  du  Vitriol  ou  Calcanthum, 
ibid. 

Humeur  radicale ,  purifiée  par  la  pou¬ 
dre  emetique,  311.  2.  fixée  par 
la  liqueur  de  lor,  340.  2.  corru¬ 
ption  des  humeurs  corrigée  par 
l’e-lprit  de  vitriol,  3  1 6.2 

Hydropifie  ,  l’extrai^t  de  Rheubarbe 
fouverain  à  Thydropific,  303.  2. 
La  fccule  de  Bryone,  3  06.2 .  l’hui¬ 
le  de  foulphre,  3 1  8.2 

Hydromel  vinollim ,  201.2 

I 

IAunifte,  l’extraiéb  de  Rheubarbe 
y  eft  excellent ,  303.2.  la  crème 
de  tartre,  3  oy.2.  le  làfFran  de  Mars 
apperitif,  3  54-2 

Inflammation  ,  cryftal  rnincral  fore 
ufité  aux  inflammations  internes, 

3  1 4. 2  le  fiiccre  de  Saturne,  333.2. 
aux  externes  l'huile  de  Saturne,. 

3  34-2^ 

Infufio  Rolàrum,  &  Violaiumi48.ï 
lulepus  quid  ,  3  6.  r 

lulcpus,  Rofarum,  &  Violarmn,  ibid. 
lùlepus  Zizyphorum  ,  feu  lujuba- 
lum.  3.7.1 

L 

Lkc  Virginale,  13)8.2 

Laccæ  hiftoria  St:  præparat. 

22f.I 

Laudanum  ,  la  neeeflîté  &  l’utilité 
de  ce  remede,  300.2 

Lèpre  l’exrraiâ:  d’Hellsbore  noir 


convient  à  la  lepre,  302,2.1’ex- 
traiâ:  de  Rheubarbe ,  ibid.  la  tein¬ 
ture  de  Coraux  ,  330.2 

Libra  medicinalis,  214.1 

Lindus  quid  ,  vide  Eelegma  ,137. 
&  fequent.1. 

Linimentum  quid,&  ulùs ,  62.2 

Lithontripticon ,.  229.1 


Lixiuium  duke  quid  ,  ut  parctur, 
66.2 

Looch ,  Lindus ,  &  Eclegtna  idem,. 


2i6.2 
l'huile  clair  de 
cire  conlblide  les  fiftûres  des 
mammelles,  307.2.  &  en  difeute 
les  tumeurs  provenantes  du  laid, 
caillé ,  ibid. 

Manie,  le  Laudanum  fouverain  à  la 
manie,  300.2.  fextraid  d’Helle- 
bore,  301.2 

Manipulus  quid  ,  217.2 

Manus  Chrifti  cura  perlis,  19  2.1 
Margaritarum  deforiptio ,  ibid. 
Motrice ,  fccule  de  Bryone  convient 
aux  foffocations  de  matrice,  3  06.2.. 


l’huile  d’Ambre , 

3  08.2 

Jeté!. 

Anacardinum  , 

2y.r 

Antholàtum ,. 

24.1. 

Mercuriale  ,• 

2y.i 

Paflùlatum 

26.1 

Rofatum , 

23.1 

Scilliticum , 

26.1 

Violatum, 

ibid. 

Melancholic',  l’extraid 

d’Hellefeo- 

re  noir  propre  à  la  Melancholic,. 

302.2 

Micleta  Nicolai, 

347-1' 

ggg  5 

Minai 

\  Æ"  Alâgtnïi  ç^uid  y 
J.VX Mammelles  , 


Taille  des  Matières. 


Mina  vetemm  quid ,  iij.i 

Miftnun  magnum ,  &  parvum  quid, 

ZI  6. Z 

Mithddatiuin  DemoCTacis  ,  z  5  (J.  i 
Miva  Cydoniorum  fimplex,'  &  aro- 
naatica ,  Z4.r 

Mois  ,  le  faffran  de  Mars  apéritif 
provoque  les  mois  ,  3  55.  la  tein¬ 
ture  des  Coraux  les  arrête,  3  îo. 
Z.  le  iaffran  de  Mars  aftringent, 
3  54*^ 

Mucliarum  Rofarum  ,  &  violarum 
quid,  48.1 

Mul'a  Ænea ,  vel  Egetea  ,  &  Zazen. 


NArcotic,advis  coniîderablespour 
Tufage  des  remedes  narco- 
cics,  30  r. Z 

Nerfs ,  riiuile  de  Maftic  conforte 
les  nerfs  ,  &  parties  nerveufès, 
307.1.  huile  rouge  de  Térében¬ 
thine  fort  propre  aux  indiipofi- 
tions  froides  des  nerfs,  309.  2. 
l’huile  de  cire  ,  3 10.2.  &  à  la  re- 
tradfion  d’iceux,  ibid. 

Nicotiana  unde  dida ,  1 1 4.  i 

O 

OBoI'us  quot  granis  conftet, 
zrz.z 

Obftrudtion,  l’extraid:  de  Rheubar- 
be  fouverain  aux  obftrnâions  du 
foye  &  de  la  ratte,  303.2.  la 
creme  de  tartre,  305.2.  la  fecule 
de  Bryone,  306.2.  l’Antimoine 
diaphorctique,  3Z1.2.  le  faffran 
de  Mars  apéritif  à  toutes  les  fortes 
d’bbftrudions  des  parties  nam- 
rellcs,  3  3J-1 

Odunx  &  Bcs ,  idem.  Z14.Z 


Oleum  quid ,  &  ejus  divifio  ,4.2  * 
Oleum. 


Abfinthii,  30.2 

Acori  veri,  20.2 

Amomi,  ibid. 

Amygdalarum  dulcium ,  7.2 

Amygdalarum  amararum ,  ibid. 

Anacardinum,  ibid. 

Anethi  fèminis ,  17.2 

Anethinum ,  ibid. 

Anifi  fèminis ,  ibid. 

Aurancii,  7.2 

Avellanarum ,  ibid. 

Balaniiium,  id  eft,  de  Ben,  ibid. 

Cinnabis ,  ibid. 

Capparum,  34-2 

Carthami,  ^  7.2 

Cariynum,  id  eft,  Nucum  ,  ibid. 
Caftorii  fimp.  &  compof.  534.1 
Ceraforum,  7.2 

Ghamæmeli ,  20.2 

De  Cherua ,  ièu  Ricinin,  7  z 

Cheyrinum  ,  zo.  z 

Chryfomelorum,  id  eft,  Præcocio- 
rum,  7.1 

Cinnamomi ,  4.2 

Citrii  ,  &  Citiuli ,  7.2 

Cocci  Gnidii,  id  eft  ,  Thymelcae, 
ibid. 

Croci,  36.2 

Cucumeris ,  &  Cucuibitæ ,  7  •  1 

Cydoniorum,  ibid. 

Cyprinum,  id  eft,  Liguftrinum, 
ibid. 

Ebuli  ièminis,  lo.z 

Euphorbii,  4^-^ 

Gith ,  id  eft  ,  Melanthi ,  7-^ 

Hederæ,  16.2 

Hyperici,  28.2 

laimini  ,  21.2 

Irinum,  24.2 


Ladttt 


liahle  des  Adatieres. 


Laétucæ  feminis , 

7.i 

Lautinum , 

1 1.2 

Lcntilci , 

7-2 

Leptocaryon,ii  eft,  Avelianarum, 
ibid. 

Liguftri, 

20.2 

.  Liliorum  fimp.  &  compof 

2  J. 2 

Lini  Ièminis , 

7.2 

Lumbricorum , 

4.3.2 

Maftichinum , 

29.2 

Meliloti, 

20.2 

Mellis , 

. 2 

Melonis  Ièminis, 

10.2 

Mentæ , 

30.1 

Mofehatæ , 

7.2 

Molchatelinum , 

25.2 

Myrthillorum , 

7.2 

Myrthinum , 

20.2 

Nardinum , 

. 2 

Nenupharis, 

31.2 

Nucum  iuglandium. 

7-i 

Nucis  Indicé, 

ibid. 

Nucleorum  Perfîcoram  , 

ibid. 

Nucleorum  Pineorum, 

ibid. 

Onrphacinum,  1 

16.2 

Ovorum , 

15.2 

Papaveris  feminis,  7.2, 

Papaveris  capitura ,  foliorum  ,  & 
florum,  20.2 

Perficoaitnj  7.2 

Philofophorum  j  1 

Pipéiis  fimplex,  38.2.  compof. 

20.2 

Piftacioratn,  7,2 

Raphani  ièminis ,  ibid. 

Ricininum,  id  cft,  Je  Chema. 

8.2 

Rofarum  coî-npletUïn3&  Ompha- 
cinniHj  15.2 

Sambudnum ,  20.2 

Sampfiichinum  »  3  0.2 

Scorpionum  fimp.  45.2.  compoC 
46.2 


Scfàmi  Ièminis,  7.1 

Sinapi ,  ibid. 

Stapliidis  Agriæ,  ibid. 

Strobylomm,  id  eft ,  Pineorum, 
ibid. 

T ere  binthi  arboris ,  10.2 

Thymeleæ,  7.2 

Violatiim,  18.2 

Vipennum ,  lege  Serpcrtinum, 
Viiipinum,  51.2 

Onolofàc  Arabum  quid,  212:2 

Opiata  qnid  ,  &  nfiis ,  338.1 

Opiata  Salomonis,  34i.r 

Opinion  de  Fontaine  errpnée,  271.1 
O  pium  ,  les  correctifs ,  300.2 

Or  employé  en  la  Médecins  par 
les  plus  anciens  Grecs,  338.  2. 
eft  l’antidote  de  l’argent  vif,  ibid. 
il  a  une  occulte  lÿinpathie  avec  le 
cœur ,  3  40.  2 .  l’or  potable  retarde 
la  vieilleflc ,  3  3i>.2: 

Ouye  ,  l’huile  de  myrthe  guérit  la 
dureté  d’ouye,  307.2 

Oxymel  ftmplex,  1 1 5 .  &  fcq.  r.  eom- 
pofitum, 

Oxymel  Scilliticum  fimp.i  1  S.i.com- 
pofimm.  121.Ï 

P 

P  Ailes  couleurs ,  la  creme  de  tar¬ 
tre  deterge  les  humeurs  ,  qui 
entretiennent  les  pâlies  couleurs , 

3  0(5.  2.  la  poudre  cmetique  les 
évacué',  326.2 

Panchymagpgue ,  lôn  alàge  n’eft  pas 
il  univcrfèl  que  du  Catholicum, 
304.2.  en  quelles  maladies  il  en 
feut  ulèr.  ibid. 

Paralyfie ,  l’huile  d’ambre  y  eft  pro- 
prcj  308.2 

Perles,  le  vinaigre  de  terebenthine 
diflbult  les  perles,  ?o9.2 

Pefte, 


Table  des  Aiatieresl 


Pefte  ,  riniile  &  .  refprit  de  Ge- 
nevre  ioiiverain  contre  la  peftcj 
196.1. l’huiled'Ainbre,  3o8.rAn- 
timoine  diaphorctique^  521.1 
Pkiloniim  Pcrficiim  ,  248.  i.  Ma¬ 
gnum  j  î47'i 

Pierre ,  le  fcl  d’abfînthe  expitllè  la 
pierre,  299.2.  l’huile  blanc  de  tc- 
rebinchine,  &  l’huile  de  foulphre, 

318.1 

Pilulæ  CLir  inventæ ,  &  unde  nomen, 

429.1 

Pilularum  differentiæ,  &  uliis,  429.1 
Puliarura  modus  ,  ibid.  Repofitio, 

450.1 

Pilulæ  de  Agarico,  45^-1 

Pilulæ  A  ggtegarivæ ,  450.1 

Püulæ  Catholicæ  ,  feu  Impériales, 
4j8.i 

JPilula. 


Albæ,  &  Nigts, 

235.1 

Alephanginæ , 

459.1 

de  Aloé  Iota, 

434.1 

Ante  cibum. 

439-1 

Arthriticæ, 

474- ï 

Aflàierct , 

44<5.i 

Aureæ , 

453.1 

de  Bdellio , 

431.1 

Benedictæ , 

446.1 

Cocciæ , 

45  6.1 

de  Cynogloflb , 

431.1 

de  Eupatorio , 

464.1 

Fœtidæ  majores. 

471.1 

Fumariæ , 

463.1 

de  Hermodadlylis, 

471.1 

de  Hiera  cum  Agarico, 

444.1 

Hieræ  comp.  &  ump. 

ibid. 

Indæ  Haly , 

467.1 

de  Lapide  Lazuli , 

469.1' 

Lucis  majores. 

461.1 

Maftichinæ, 

434.1 

de  quinqueMyreibolanis, 

448.1 

Odomeræ,  447.1 

Peftilentiales ,  441.1 

de  Rhabarbaro ,  465.1 

Ruffi,  feu  Communes ,  442.1 

Sine  quibus  cfTe  nolo  ,  460.  i 

Stomachicæ,  437.1 

Piperis,  hiftoria,  131.1 

Playes ,  l’huile  de  myrrhe  confolidè 
les  playes  recentes,  307.1 
l’huile  d’Antimoinc  propre  aux 
playes  putrides ,  310.1 

Podagre  ,  l’huile  de  Maftic  bon  à 
la  podagre,  307.2 

i’elprit  defel,  198.1 

l’ Antimoine diaphoretique ,  5  2 1 .2 
Poulmon ,  teinture  de  miel  eft  pro¬ 
pre  aux  affeftions  du  poulmon, 

511.1 

les  fleurs  de  (bulphre ,  317.1 

l’huile  de  (ôulphrc,  318.1 

Pourriture ,  l’efprit  de  Genevre  pre- 
ferve  de  pourriture,  29 J 

l’huile  de  myrrhe,  307.1 

l’elpric  de  vitriol  corrige  la  pour¬ 
riture  des  humeurs,  316.1 
Phthife  ,  ou  ulcéré  du  poulmon, 
l’huile  blanc  de  terebinthine  n’y 
eft  propre  ,  quoy  qu’en  dile  Bé¬ 
guin,  309.1 

ny  les  fleurs  de  Ibulphre,  3  17.2 
la  teinture  de  miel  y  convient, 

301.1 

Pruna  folutiva,  202.2 

Pugillus  quid,  217.1 

Pulvis  quid ,  &  cur  inventus ,  1 4;.  i 


PhIvü. 


contra  peftem  , 

113.1 

contra  lumbricos  , 

105.1 

ad  puerorum  Enterocelenj 

.  237.1 

ad  puerperamra  tormina , 

236.1 

Croci  Martis, 

23  3'Ï 

Piacy 

tables  des  AiaPÎerts, 


Diacydoniten  fine  fpedebus , 
23  '.I 

Hydragogus,  aif-i 

Puftules  ,  le  fiiccre  de  Saturne  eft 
fbuverain  aux  puftules  du  yiiàge, 
335-i 

QVadrans  quid,  214.2 

Quarte,  lextraidt  d'Hellebore 
noir  propre  à  la  fièvre  quarte. 
302.2 

le  turbith  minerai ,  328.2 

Quincunx  quid ,  ibid. 

Quotidienne ,  le  (affran  des  métaux 
peut  convenir  aux  fièvres  quo¬ 
tidiennes  rebelles ,  3  3  J  •  1 

R 

RAifons  réfutées  de  ceux  qui 
veulent  ôter  la  Chalcite  du 
Thériaque,  2.66.ôcüna,i 

Reins  ,  eau  de  Genevre  appaifè  les 
douleurs  ftoides  des  reins ,  les 
purifie  &  nettoye,  ^97’^, 

rhuilc  blanc  de  terebenthine 
chafte  le  gravier  &  la  pierre  des 
reins ,  309.2 

Refe^ni^des  difficultez  fiir  la  de- 
lcription  de  la  Confeètioh  Al- 
chcrmes,  322.1 

Requies  Nicolai,  242.1 

Rhabarbarum  cardiacis  an  mifeen- 
dum,  162.1 

Rob ,  &  Robub  quid ,  Sc  differen- 
tiæ,  27.1 

Rob  Cerafbrum,  34.1 

Rob  Cydoniorum  fîmp.  6ÿ  compofi 
ibid. 

RobdcRibes;  32.1 


Rofata  novella,  i68.t 

Rofès  ,  huile  de  Rofès  tempere  l’ar¬ 
deur  &  douleur  de  tête,  294.2 
la  teinture  de  Rofès  corrige  l’in- 
temperie  chaude  des  vifeeresi 
'296.2 

&  principalement  du  foye,  ibid^ 
S 

SAccharc  quid,  21.8.1 

SafFran  des  métaux ,  eft  le  plus 
ordinaire  Vomitif  des  Chymiftes, 
3?y-a 

oii  on  s’en  doit  fèrvir,  ibid. 
Sapa  quid,  &  quotuplex  ,  27.1 

Satyrii  conditura,  2.1 

S  crupulus  quid ,  212.2 

Secacul  Arabum  quid ,  6.i 

Semis  quid,  213.2 

Septunx  quid,  214.2 

Sericum  cnidum  ut  pulverandum, 
193.1 

Sextansquid,  214.2 

Sextula  quid ,  ibid. 

Sextarius  quid  ,  &  unde  nomen, 

Siliquaquid,  212.2 

Sinon  propric  quid,  ^1^2.1 

Solidum,  213.2 

Sori  quid,  271.1 

Suchahæ  fiiccedaneum ,  94.1 

Succorum  infpiflàtio,  2S.1 

Succrc  de  Saturne  fbuverain  aux 
inflammations  internes  ôc  exter¬ 
nes  ,  3332 

Sueurs,  l’extraid  de  Genevre  pro¬ 
voque  les  fucurs,  298.2 

l’extraièt  de  Guaiac  diffipe  la  vé¬ 
role  par  les  lueurs ,  .  299. 2 

rbuilc  d’Ambre  excite  les  fiieurs, 
308.2 


hhh 


les 


Tables  des  aPHatieres, 


les  fleurs  &  rhiiilc  de  foulphrc, 

317.1 

le  Biagiftere  de  la  corne  de  Cerf, 

312.2 

rAntimoine  diaphoredque.,  321.2 
la  poudre  d or,  338'^ 

Suffocation  de  matrice  ,  la  fécu¬ 
le  de  Bryone  y  eft  convenable, 
306.2 

rhuilc  d’ambre  ,  308.2 

Suppreflîon  d’urine  ,  l’huile  d’ambre 
y  eft  propre,  ibid. 

le  fafftan  de  Mars  apéritif,. 


Suppofîtoria  fblutiva, 

202.2 

Symphiti  conditura. 

4-1 

Syrupiis  quid  ,  &  cur 

inventus 

38.1 

Syraporum  ufiis , 

39.1 

.  Difterentiæ , 

40.1 

SyrupM. 

Abftnthii  major , 

.  78.1 

Acetatus  ftmplex,. 

41.1 

compof 

44.1 

Acetofitatis  Citrii, 

43-1 

Acccofî  fiiçci. 

ibid. 

Adiantinus  lîmpl.  & 

1 

0 

51.1 

Althææ , 

lOl.I 

Arancionmi , 

45.1 

Arthemifiæ , 

1.08. 1 

Betonicæ , 

103. 1 

Bizantinus  ftmpl.  Sç 

compof. 

8f.r 

Boraginis ,  &  Buglolîî , 

j6.i 

Gal.aminthes , 

1 1 5.1 

Chamædiyos,  "5)7,1 

Cichoni  fimpl,  &  compof.  S8.i 
Gydoniorum,.  34.1 

Epithymi,,;  J53.1 


Eupatorii, 

5)2.1 

Fumariæ  fimpl. 

53.1 

compof. 

130.1 

Glycyrrhizæ 

62.Ï 

Granatorum 

4.5.x 

Hydragogus , 

135.1 

Hyllbpi, 

65.1 

Intybi ,  id  eft  ,  Endiviæ  fimpl. 

H-i 

Intybi  ,  feu  Endiviat  compof 

-  87.1 

lujubinus , 

73.1 

Limonum , 

45.1 

Mentæ , 

81.1 

Muccarum  rof  &  viol.  48.1 

Mytthinus , 

83.1. 

Nicotianæ, 

114.1 

NymphæÆ ,  fimpl.  ' 

52.x 

compof. 

70.1 

Omphacii  ,  id  eft  , 

Agreftæ , 

3 

©xyacanthæ , 

ibid. 

Oxyfaccharura  fimpl. 

43.1 

compof 

S9‘t 

Papaveris  fimp.  &  compof  -76.1 

Papaveris,  Rhœas , 

7S-1 

Perficorum , 

121,1 

Pomorum  fimp. 

46.1 

compof 

12p. 1 

Praflîi , 

68.1 

Qüinquc  radicum. 

fC^hani,.  ' 

105.1 

Ribes, 

44.1 

Rofarum  ficcarum. 

47.1 

Rofàtusiîmp. 

48.1 

compof  &  laxat. 

123.1 

Scolopendrii , 

5,8a 

Stœchadis , 

5,5.1 

Symphyti , 

8-4.1 

Tiivlaginis, 

63.1 

Violatus  fimp. 

36., 

laxat. 

TOI.I 

Zizypbo’ 

Trahie  des  Matières. 


Zi^yphorum  fimp.  3,7.1 

eompof.  73.1 

T  , 

TAches  du  vifege ,  la  fecule  de 
Bryone  les  dctcrge ,  306.1 

le  fuccre  de  Saturne,  3  3  î-i 
Tartouffles  ,  defcripdons  ,  vertus , 

1.3.1 

Teintitre  de  Rofès ,  rafraîchit ,  cor¬ 
robore  ,  'Sc  eft  au/îî  aperitive> 
196.» 

teinture  du  Soled  que  c'eft, 

358.1 

Tempérament  des  Champignons , 

169.1 

Terebenthine ,  Thuile  blanc  de  téré¬ 
benthine  Ibuvent  mal  employé  aux 
gonorrhées,  309.1 

n'cft  propre  à  la  phthilè  ,  contre 
Béguin ,  ibid» 

Tcfte  hhuile  de  Rôles  oindt  aux 
temples  ,  tempere  la  douleur  & 
ardeur  de  tête,  295.i 

le  vitriol  vomitif  purge  principa¬ 
lement  la  tête ,  3  1 5'.i 

Thefe  de  Fontaine,  168.1 

Thcriaca  Andromachi,  262.1 
Theriaca  Diateflâron ,  3  1 7*i 

Tierce  ,  la  crème  de  tartre  de- 
terge  les  humeurs  qui  fomen¬ 
tent  les  fièvres  tierces  bâtardes, 

505.1 

le  làffiran  des  métaux  peut  conve¬ 
nir  à  ces  fîevres,  304.1 
le  turbith  minerai,  3  i8.t 

Toux  ,  le  Laudanum  quand  eft  pro¬ 
pre  à  la  toux,  3o®.t 

les  fleurs  de  foulphre  font  pro¬ 
pres  à  la  toux  invétérée ,  3 1 7. 2 

Triens  quid,  114.1 


Trochifeus  quid  ,  &  undc  nomen, 
476.1 

Trochifei. 


de  Abfinthio, 

497.1 

Agaricus  trochifeatus , 

jio.t 

Albi  Rhafis, 

485.1 

Alhandaal , 

yri.r 

Ahptæ  mofchatæ. 

515. 1 

Alkckengi, 

505.1 

Bechiti  albi ,  ôc  nigri , 

378.1 

Berberis, 

491.1 

Bdellii, 

501.1 

Caphuræ , 

489.1 

Cappatum  , 

500.1 

K  arabe. 

481.1 

Cyphi, 

5 18.1 

Diaion ,  id  eft ,  de  Violis , 

512.1 

Diarrhodon , 

494.1 

Eupacorii , 

497-1 

Galliæ  Mofchatæ, 

514.1 

Go'rdonii , 

508.1 

Hedycroi  magmatis. 

524.1 

Laccæ, 

499-1 

Myrrhæ , 

502.1 

.  Ramich , 

479-1 

Rhabarbari , 

496.1 

Scilini , 

520.1 

Spodii, 

490.1 

Terræ  figillatæ. 

483.1 

Viperini , 

277.1 

Tubera  Diofc. 

3-1 

Tryphera  magna. 

318.1 

Tryphera  Pcrfica , 

364.1 

Tryphera  Sarracenica, 

368.1 

V 

VEnin ,  l’eau  de  Genevre  bonne 
aux  venins,  296.2 

rcxtraidl  de  Guaiac,  299 

hhh  2  Ven 


l‘ahle  des  Matières. 


Ventficule  >  l'huile  de  Genevre 


corrobore  le  ventricule. 

258.2 

VngHtntum. 

Voyez  Efiomach. 

Ægyptiacum , 

95.2 

Vérole  ,  l’huile  de  Genevre  employé 

Agrippæ, 

Album  Galeni, 

58.2 

118.2 

à  la  vérole. 

25)7.2 

Album  Rhaûs , 

70.2 

l'cxtraia  de  Guaiac , 

25)5).  2 

Analepticum, 

81.2 

fleurs  de  foulphre , 

3i7.i 

Apoftolorum , 

5)2.2 

l’Antimoine  diaphoretique 

,321.1 

Aregon, 

100.2 

la  poudre  emetique» 

321.2 

Arthanitæ , 

I  12.2 

le  Bezoard  minerai , 

327.2 

Aurœm, 

5)2.2 

Verti'go ,  l’huile  d’ambre  efficace  au 

Bafilicum  minus. 

8j.2 

vcrtiêo  , 

308.2 

dcBola, 

65.2 

Vers ,  l’extraid  d’Abfinthe  tue  les 

Citreum, 

108.2 

vers , 

25)8.2 

Comitiiræ , 

78.2 

l’extraid  de  Rheubarbe , 

■303.2 

Deficcacivum  rubrum. 

71.2 

Vitriol  ,  vomicifs  de  vitriol  blanc 

Dialthæas , 

86.2 

plus  doux  que  l’Antimoine, 

,  3  15.2 

Glutinans , 

58.2 

■  Tefprit  de  Vitriol  &  fes 

vertus. 

Inulatum , 

5)6.2 

5IÊ.1 

de  Lithargyrio 

67.2 

Viperarum  præparatio  ôc  deledus. 

Martiatum , 

102.2 

227.1 

Mondificativum  de  Apio , 

.  SO.i 

Mundificativum  de  Refina ,  85). 2 

f  Vinum^. 

Neapolitanum  , 

106.2 

• 

Nicotianum , 

88.2 

Nephriticum , 

IP7.2 

Nutritum  , 

67.2 

Hydragogiim , 

ibid. 

Ophthalmicum, 

75-^ 

Vitrioli  hiftoria. 

272.2 

Pomphoügos , 

71.2 

Vlceres  ,  l’huile  de  myrrhe  deterge 

Populenm, 

76.2 

/ les  ulcérés , 

317.2 

ad  Pruritum  Icabioffim, 

8  1.2 

l’huile  d’Antimoine  mondifie  & 

■  puo  vulneribus  Cerebri , 

&  ner- 

guérit  les  ulcérés  putrides , 

vorum. 

55.2 

320.2 

ReCimptivunrn , 

85.2 

l’huile  de  vitriol. 

336.2 

Rolàtum , 

63.2 

l’huile  de  Saturne, 

334.  i 

Sanguinem  fiftens. 

57-i 

le  phJegme  de  vitriol  efl:  pro¬ 

Sarcoticum, 

38.2 

pre  aux  ulcérés  de  bouche. 

Splenicnm,, 

115.2 

316.2 

Stypticum, 

80.2 

Vncia  quot  conftet  granis. 

213.2 

contra  Vermes,. 

1 16.2 

Ynguentum  quid 

62.2 

Violatum , 

I  S. 2 

Viinc  ,  le  fel  de  Genevre 

provoi- 

qiie: 


Tahles  des 

que  l'urine î  i9%.i 

le  fcl  d'A  bfinthe  y  i 

Thuile  d’ Ambre,  308.2. 

l’huile  blanc  de  térébenthine, 
309.2  - 

le  cryftal  minerai ,  j  1 4.'2 


Matieresi 

Y 

Y  Eux,  vitriol  devenus  fînguliet 
aux  maux  des  yeirx  où  il  n  y 
a  point  d’inflammation,  eom- 
meauxtayes,  5  3^»^ 


h  h  h  5 


LISTE  . 


LISTE  DES  COMPOSITIONS 
dont  les  deux  detnicres  Editions  ont 
été  augmentées. 


E»  la  pemkre  Edition. 

gV  i  V  I  s  coHtra  Epi- 
lepfKim  ,  page  17 1. 

Pul.Cachedicus  j  270.1 


Pnl.  Cornachini ,  i  7  3  •  2 

Raifons  pour  prouver  la  préparation 
des  Medicamens  malins  &  dele- 
taires,  40p.  t 

Pilulæ  Cocciæ  majores ,  456,1 

Co  cciæ  minores ,  458.1 

Barberouflæ,  272.2 

Laccæ  præparatio  véræ  ,  2  2  j .  r 


Confedio  Allcermes  Monlpelienfi 
Hiera  Logodij  prima  delcriptio  » 


41J.1 

Picra  fîmp.  Rhaf  4  2  i 
Picradefcripc.Mef.  428.1 

Oleiim  Muirelinum ,  D.  N.  Alcxand. 
24.2 

Balfamum  D.Mciue’,  falfo  Guidoni 

tributum,  <>0.2 

Balfamum  Arcei ,  ^  7  5  •  2- 

Vnguentiim  Pomatum ,  82.2 


Emplaftriim  Vulnerarium  Paracclfi, 
177*2  '  . 

Ad  Fœtumretincndumj  180.2 
Pro  Commifltira ,  181.2 

Conditura  Geminar.  flor.  Aurantior. 
269.2 

Syrupus  CathoUcus>  ibid. 

C atholicum  pro  Cly  fteribus,  275.2 
Collyrium  Lanfranci  ■  276.2 

Aqna  Tophoram  Cornu  Ccrui,  277.2 
Olcum  Scorpionum  compof  Mac- 
thioli,  48.2 

En  la  Seconde  Edition. 

SAcchamm  Rofatum  ,  5  50,1 

Saccharum  Alchææ,  ?5i*i 
Tabellæ  Vivificanfes ,  352.1 

Emplaftrum  de  Cyminoj  1 85 .2 
Empl.  Stypticum  Crollij ,  ibid. 
Spiritus  Vini  Antholàcus ,  262.2 

Prima  &  laudabilis  præclara  Confe- 
dio  Aikermes  ,  p.  I.  Zwclfer. 
403-2 

SecLinda  &  emendatior  delcriptio 
ejufdem  Autoris.  40.5.2 


F  1 


Extrait  du  Privilège  du  Roj. 

PAr  Grâce  &  Privilège  du  Roy ,  il  eft  permis  à  J  e  a  n- 
Antoine  Huguetan,  &  Marc- Antoi¬ 
ne  Ravaud,  d’imprimer  ou  faire  imprimer ,  en  tel 
volume ,  caraderes ,  &  autant  de  fois  que  bon  leur  fem- 
blcra,  un  livre  intitulé  :  La  Pharmacopée  de  Bauderon  anjec 
les  Remarque  Si  Corrélions  i  ^  Augmentations  de  François  'Ver- 
ny  i  Maure  Apoticaïre  à  Montpelier ,  6c  ce  durant  l’efpace  de 
dix  ans, 6c  defenfes  font  faites  à  tous  Libraires,  Imprimeurs,, 
6c  autres  de  quelle  qualité  6c  condition  qu’ils  foient,  d’im¬ 
primer  ,  vendre  ni  débiter  ledit  livre ,  fi  ce  n’eft  du  confen- 
tenient  defdits  H  U  G  U  E  T  A  N  6c  Ravaud  ^  à  peine  de 
'  eonfifcation  des  exemplaires  ôc  autres ,  comme  il  eft  plus 
amplement  déclaré  en.  l’Original  des  LetU'cs  données  à 
Fontainebleau  le  31.  Odobre  166 j.  6c  fignées , 

CHASSEBRAS. 

tyfchevé  d’imprimer  le  15.  Avril  1672. 

Les  Exemplaires  ont  etc  fournis. 

Et  lefdits  feurs  Huguetan  &  Ravaud  ont  cédé  é’  tranfporte  leâm 
Privilège  au  Jîeur  Barthélémy  Riviere  fttivam  les  conventions  faitss' 
entreux.